Vous êtes sur la page 1sur 5

Notion d’obligation :

L’obligation est un lien entre deux ou plusieurs personnes qui sont le débiteur ( qui doit la prestation et qui pour lui
c’est un passif) et le créancier, pour lequel, la prestation est un actif .

Classification des obligations :


1) Obligation de faire : Consiste a réaliser un acte positif (contrat d’entreprise ou prestation de service)
2) Obligation de ne pas faire : Engagement de s’abstenir de réaliser un acte positif
3) Obligation de donner : Consiste à transmettre le droit de propriété d’un bien *
4) Obligation de livrer : Engagement à remettre une chose, cette obligation peut découler de l’obligation de
donner.
5) Obligation de moyen : Engagement à mobiliser tous les moyens disponibles pour obtenir un résultat qui
n’est pas toujours garanti*
6) Obligation de résultat : Consiste à atteindre le résultat déjà défini, bâtir une maison par exemple.

Sources des obligations :


Le contrat est une convention par laquelle une ou plusieurs parties s’obligent à faire, à ne pas faire ou à donner
quelque chose

Les obligations contractuelles découlent des :

 Des quasi-contrats
 Des conventions
 Des actes juridiques
 Des autres déclarations de volonté

Classification des contrats :


A) Selon le DOC :
 Contrat Unilatéral : C’est un contrat qui fait naitre des obligations qu’à l’égard d’une seule partie sans
l’autre, l’archétype de ce contrat est la donation
 Contrat Synallagmatique/Bilatéral : Contrat qui engage la responsabilité de deux ou plusieurs parties , il est
caractérisé par le fait qu’il fait naitre des obligation réciproques : les parties deviennent à la fois débitrices
et créancières, et corrélatives: chaque partie ne s’engage que pour obtenir une contrepartie.

Intérêt de la distinction entre ces deux contrats :


Au niveau de la preuve : autant d’originaux que de parties dans le contrat bilatéral et un seul original dans le
contrat unilatéral

Au niveau de la résolution

 Contrat à titre gratuit : C’est un contrat dans lequel une partie procure à l’autre un avantage purement
gratuit
 Contrat à titre onéreux : Contrat qui assujettit chacune des parties à faire ou à donner quelque chose

Intérêt de la distinction :
La distinction se fait ici au niveau de la responsabilité, il y a responsabilité moindre du débiteur dans le contrat à
titre gratuit
 Contrat commutatif : Chaque partie s’engage à donner ou à faire quelque chose qui est regardée comme
l’équivalent de ce qu’on lui donne ou de ce qu’on fait pour elle, les parties s’engagent en connaissant au
préalable les avantages obtenus
 Contrat aléatoire: Contrat dans lequel les parties ne savent pas a priori les avantages qu’elles retireront et
les pertes possibles ( contrat d’assurance)

Intérêt de la distinction :
Rescision du contrat pour lésion : Non recevable dans le contrat aléatoire parce que les parties assurent
sciemment ce risque

 Contrat nommé : C’est un contrat régi et mentionné par le DOC


 Contrat innomé : C’est un contrat innomé car soit la loi ne l’a pas prévu soit parce qu’il s’agit d’un contrat
complexe compose de plusieurs contrat nommés ( contrat d’hôtellerie par exemple il inclut le bail et la
vente dans le restaurant et le dépôt du bagage)

Intérêt de la distinction :
La distinction nous permet de savoir quel régime serait applicable au contrat, c’est une distinction au niveau de la
qualification

A) Selon le mode de formation du contrat


 Contrat consensuel : Contrat non soumis à une loi précise il est formé par le seul accord des volontés
même oralement
 Contrat solennel : Contrat dont la formation outre l’accord des volontés requiert un certain formalisme
légal (acte sous seing privé ou acte authentique)
 Contrat intuitu personae : c’est un contrat qui se fait sur la base de la qualité du cocontractant (contrat
avec un artiste par exemple)
 Contrat de gré à gré : c’est un contrat dont le contenu est négocié et accepté par les parties du contrat
 Contrat d’adhésion : Contrat dont les clauses ne peuvent pas être négociées

Formation du contrat :
Pour former un contrat nous devons réunir obligatoirement 4 conditions : Le consentement- La capacité- L’objet et
la cause du contrat

A) Le consentement

Le consentement est la première condition de formation du contrat, il consiste en la rencontre entre l’offre et
l’acceptation

L’offre doit indiquer la volonté de son auteur et si elle est liée à un délai elle doit le respecter sinon elle peut être
retirée à tout moment

L’acceptation doit être pure et simple et expresse, le silence ne vaut pas acceptation sauf dans les domaines où le
silence le vaut par habitude, généralement entre les commerçants...

La preuve écrite :
Le législateur prévoit que chaque acte juridique dont la valeur excède 250 MAD doit être établi par écrit
Si l’acte est sous seing privé et que son origine n’est pas contestable il fait foi de son contenu jusqu’à preuve du
contraire

Si l’acte est une convention synallagmatique elle doit être prouvée par autant de copies originales que de parties
sinon il est faux

Le consentement ne doit pas être frappée par un vice de consentement ( Erreur Dol Violence Lésion Maladies et
Cas analogues)

B) La capacité juridique :

La capacité juridique est l’aptitude à acquérir des droits et les exercer

Elle se divise en deux grandes parties :

L’incapacité générale : Elle frappe tous les actes pour le mineur émancipé et le majeur sous tutelle

L’incapacité spéciale : Elle frappe spécialement quelques actes précis

B.1) La capacité de jouissance

C’est la capacité d’être titulaire de certains droits et donc d’en jouir (contracter par exemple)

B.2) La capacité d’exercice

C’est la capacité d’exercer les droits acquis comme les mineurs émancipés

N.B. : Il est à noter que les actes de la vie quotidienne sont exclus de l’incapacité d’exercice et de jouissance.

C) L’objet :

L’objet est défini comme ce à quoi le débiteur est tenu envers le créancier

L’objet doit être licite

La prestation doit être possible

Le prix doit être juste sous peine de résoudre le contrat pour lésion

D) La cause

Le DOC subordonne la validité du contrat à l’existence d’une cause licite de l’obligation.

La notion de la cause varie de l’obligation au contrat et selon les types du contrat :

La cause du contrat est les mobiles de chaque personne : J’achete une voiture pour impressionner mes amis

La cause de l’obligation est la contrepartie des cocontractants : J’achete une voiture pour me deplacer et je vends
une voiture pour gagner de l’argent

Dans les contrats synallagmatiques la cause de chaque partie se trouve dans l’obligation de l’autre partie

Vices de consentement :
L’erreur- Le dol- La violence- La maladie et les cas analogues peuvent lorsqu’elles sont constatées provoquer
l’annulation du contrat.
A) L’erreur (Articles 40 41 42 43 44 55 et 56 du DOC)

L’erreur est une fausse appréciation de la réalité et si le contractant savait cette réalité il n’allait pas contracter

Le Droit distingue deux types d’erreur qui conduisent à la nullité du contrat :

 L’erreur sur la substance


 L’erreur sur la personne

La jurisprudence et la doctrine quant à elles distinguent d’autres types d’erreur

 L’erreur obstacle qui empêche la rencontre des volontés par exemple si un contractant comptait voulait
acheter un immeuble alors que le compte voulait vendre des parts sociales ou encore l’un voulait louer
mais l’autre croyait acheter Cette erreur porte sur la nature du contrat
 L’erreur vice de consentement qui porte sur la SUBSTANCE ; Un bracelet de plaque d’or au lieu de l’or pur
 L’erreur vice de consentement qui porte sur la PERSONNE ; Il faut que la qualité de la personne ait été
déterminante pour la conclusion du contrat Cette erreur porte sur la considération de la qualité de la
personne
 L’erreur indifférente qui ne remet pas vraiment en cause la validité du contrat soit parce qu’elle n’a pas
porté sur la substance ou bien sur la personne Par exemple une partie voulait acheter parce qu’elle
croyait par erreur hériter une fortune Cette erreur porte sur les motifs qui ont poussé la partie à
contracter ou encore la valeur du contrat

L’erreur ne doit pas forcément venir de la part de toutes les parties il suffit de l’erreur d’une seule partie

B) Le dol (Articles 52 et 53 du DOC)

Le dol donne ouverture à la rescision lorsque les manœuvres et les réticences mobilisées sont de nature que sans
ces dernières le contractant n’aurait pas conclu le contrat

Aux termes de l’article 52 le dol ne se présume pas il se prouve

On entend par dol des manœuvres frauduleuses ; le dol est en fait une erreur provoquée chez le contractant qui
conduit son partenaire à contracter

Pour que le dol soit constitué il faut :

- Une tromperie (mensonges ou autres manœuvres frauduleuses)


- Que cette tromperie ait produit l’erreur
- Que la tromperie émane du contractant

La victime du dol doit intenter une action en justice pour une nullité relative dans l’année qui suit la découverte du
dol et l’auteur du dol peut être amené à payer des dommages-intérêts parce que le dol est considéré comme un
délit civil

C) La violence (Articles 46 47 48 50 et 51 du DOC)

La violence porte atteinte à la liberté du consentement. La victime de la violence est parfaitement consciente des
inconvénients du contrat qui lui est imposé, mais elle donne son consentement pour échapper au danger qui la
menace.

Selon l’article 46 du DOC :


« La violence est la contrainte...moyennant laquelle on amène une personne à accomplir un acte qu’elle n’a pas
consenti ». Dans la majorité des cas, il s’agit de la violence morale.

Pour entraîner l’annulation du contrat, la violence, qu’elle soit directe ou indirecte, doit avoir déterminé le
consentement. Elle doit être injuste et illégitime. La violence, peut émaner soit d’un contractant, soit d’un tiers.

La nullité du contrat peut être demandée par la victime, dans l’année à compter du jour où la violence a cessé.