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ÉLECTROTECHNIQUE

Chez le même éditeur

GIANCOLI D .C ., Physique générale


Vol. 1 - Mécanique et thermodynamique . Corrigé des exercices 1
Vol. 2 - Électricité et magnétisme . Corrigé des exercices 2
Vol. 3 - Ondes, optique et physique moderne . Corrigé des exercices 3

GUYON E ., BETRENCOURT C ., DEROCHE J .-C., Exploration de la matière . Structures et propriétés.


Avec des exercices corrigés de physique

HANUS R ., BOGAERTS P., Introduction à l'automatique .


Vol. 1 - Systèmes continus

HECHT E ., Physique

JOURNEAUX R ., Travaux pratiques de physique. Electricité, électronique, c,- - >--,,m

LIBOIS J ., Guide des unités de mesure . Un mémento pour l'étudiant

SAUZADE M ., Introduction à l'électronique analogique

SAUZADE M ., Introduction à l'électronique analogique . Problèmes e

SERWAY R .A ., Physique
Vol. 1 - Mécanique
Vol . 2 - Électricité et magnétisme
Vol . 3 - Optique et physique moderne

VAN de VORST A ., Électromagnétisme . Champs et circuits . 2e éd .

VANDER VORST A., Vanhoenacker-Janvier D., Bases de l'ingénierie m rc__~

VA' .DER VORST A., Transmission, propagation et rayonnement



ÉLECTROTECHNIQUE
a

• Théodore W
• Gilbert SYBILLE
Source des photographies : ABB Asea Brown Boveri

Pour toute information sur notre fonds et les nouveautés dans votre domaine de spécialisation,
consultez notre site web : w ww .deboeck .co m

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phie, microfilm, bande magnétique, disque, diapositive ou autre), sans l'autorisation expresse du propriétaire du
copyright, est interdite.

Diffusion exclusive pour l'Europe et l'Afrique


De Boeck Et Larcier s .a ., 2005 4e édition
Département De Boeck Université
Rue des Minimes 39, B-1000 Bruxelles

Imprimé au Canada

Dépôt légal :
Bibliothèque Nationale, Paris :juin 2005 ISBN PUL 2-7637-8185-3
Bibliothèque royale de Belgique, Bruxelles : 2005/0074/151 ISBN DBU 2-8041-4892-0
AVANT-PROPOS

Lors de la préparation de cette quatrième édition du grammables industriels (API) sur la modernisation de
livre Électrotechnique, nous avons ajouté plusieurs su- l'industrie . Dans ces sections, on présente justement
jets traitant des technologies qui ont un impact dans le un cas vécu, permettant de comprendre comment le
domaine des courants forts . Les sept paragraphes sui- passage aux API s'est effectué dans une entrprise, ainsi
vants décrivent les principaux ajouts . que les impacts tant au niveau technique qu'au niveau
sociologique .
1 . Les sections 29 .10 à 29 .13 du chapitre 29 présentent
les principes fondamentaux du dimensionnement des 5 . Le chapitre 42, sections 42 .61 à 42 .69, explique, de
machines électriques . On y démontre que le couple façon simple, le comportement et l'utilité du conver-
mécanique est un facteur déterminant dans la taille des tisseur électronique à trois niveaux ("three-level
machines tournantes . De plus, on constate que le ren- converter") . Ce nouveau type de convertisseur permet
dement, le coût par kilowatt, et plusieurs autres para- de générer une tension alternative variable à partir d'une
mètres favorisent la construction de machines et trans- source à courant continu fixe, tout en réduisant les dis-
formateurs de grande puissance . torsions harmoniques . Pour les grandes puissances, les
convertisseurs à trois niveaux remplacent graduelle-
2 . Le chapitre 31, sections 31 .16 à 31 .18, explique les
ment les convertisseurs classiques à deux niveaux .
propriétés et les avantages des transformateurs à haute
fréquence, soit ceux fonctionnant entre 400 Hz et 100 6 . Dans le chapitre 45, sections 45 .30 à 45 .37, on pré-
kHz. Ces transformateurs sont utilisés dans une foule sente les propriétés du vent et l'utilisation des éolien-
de dispositifs électroniques, comme les blocs d'alimen- nes pour en extraire l'énergie . On y explique les diffé-
tation à découpage électronique qui transforment la ten- rentes technologies de génération d'électricité, tout en
sion continue en tension alternative et vice versa . faisant ressortir les mérites de chacune d'entre elles .
3 . Dans le chapitre 34, sections 34 .19 à 34 .22, on ex- 7 . Le chapitre 45, sections 45 .38 à 45 .41, traite de la
plique les propriétés et le comportement de la machine production décentralisée . On regroupe sous ce nom
asynchrone à double alimentation . L'utilisation d'une l'ensemble des sources de production d'énergie élec-
fréquence fixe au stator et d'une fréquence variable au trique de petite puissance près des centres de consom-
rotor permet de faire varier la vitesse de cette machine mation . La production décentralisée s'est développée
lorsqu'elle fonctionne en moteur ou en générateur. Ces récemment, surtout grâce aux turbines à gaz associées
machines sont utilisées depuis longtemps comme mo- à la cogénération . La cogénération permet, grâce à un
teurs pour entraîner les pompes de grande puissance . échangeur de chaleur, d'extraire de l'énergie thermi-
Plus récemment, on leur a trouvé une nouvelle appli- que des gaz d'échappement très chauds rejetés par la
cation comme génératrices à vitesse variable, entraî- turbine entraînant la génératrice . L'augmentation du
nées par des éoliennes de quelques mégawatts . L'im- rendement global qui en résulte rend la cogénération
portance de cette technologie dans la production éo- attrayante pour les promoteurs privés qui peuvent ven-
lienne justifiait une description de ces génératrices spé- dre leurs excédents d'énergie électrique à la compa-
ciales . gnie d'électricité locale .
4 . Le chapitre 40, sections 40 .37 à 40 .41, démontre Au cours des dernières années, les méthodes de con-
l'impact énorme de l'introduction des automates pro- version de l'énergie électrique ont progressé de façon

VII

importante . Ainsi, il est étonnant de réaliser à quel point Ces nouvelles technologies ont permis la conception
l'électronique de puissance a envahi tous les domaines de nouveaux appareils tels que les convertisseurs stati-
de l'électrotechnique. Ce constat nous indique qu'on ques de grande puissance, les condensateurs à com-
ne peut plus étudier isolément les machines à courant mande par thyristors et les convertisseurs pouvant rem-
continu et à courant alternatif sans, par la même occa- placer les transformateurs à déphasage variable . Ces
sion, s'intéresser aux systèmes d'entraînement électro- nouveaux appareils, regroupés sous la rubrique FACTS
nique de ces machines . («Flexible AC Transmission Systems»), permettront
Comment expliquer ces changements importants? On aux lignes de transport et de distribution de porter des
les attribue principalement à la disponibilité de com- puissances accrues . De plus, à cause de leur réponse
mutateurs électroniques plus puissants comme les extrêmement rapide, ces convertisseurs peuvent stabi-
IGBT («Insulated Gate Bipolar Transistors»), pouvant liser un réseau menacé par une perturbation intempes-
fonctionner à des fréquences allant jusqu'à 20 kHz . tive .
Ces changements sont aussi dus à l'utilisation des thy- Le lecteur découvrira que, bien que ces innovations
ristors et des GTO («Gate Turn-Off thyristor») pou- touchent un vaste champ de connaissances, le fait qu'el-
vant porter des courants de plusieurs milliers d'ampè- les reposent toutes sur une base commune, lui permet-
res sous des tensions de 5 kV Enfin, ces changements tra d'apprécier la cohérence de l'électrotechnique . Par
s'expliquent aussi par la puissance des ordinateurs et exemple, le lecteur découvrira que les technologies et
des microprocesseurs qui exécutent des calculs en les équations propres aux machines synchrones sont
temps réel à des vitesses prodigieuses . similaires à celles régissant le transport de puissance
La plupart des entraînements industriels couvrent la active et réactive sur une ligne de transport ou à travers
gamme des puissances allant de 1 kW à 500 kW qui un convertisseur électronique . Il s'ensuit que les con-
correspond précisément à celle où la commande par naissances acquises dans un secteur sont renforcées et
IGBT est disponible . Ceci a provoqué une véritable élargies lorsque le lecteur les rencontre de nouveau dans
explosion dans le remplacement des systèmes d'entraî- un autre domaine . Cela lui permet de découvrir un su-
nement existants . Ces nouveaux systèmes à base d'élec- jet d'étude fascinant offrant un défi intellectuel enri-
tronique de puissance ont en effet des coûts d'entre- chissant .
tien réduits, des rendements supérieurs et une produc- Le lecteur constatera aussi que, malgré les profonds
tivité accrue . Par ailleurs, les systèmes d'entraînement changements qui touchent l'électrotechnique, cette
à courant continu sont graduellement remplacés par science continue à s'appuyer sur les grands principes
des commandes de moteurs asynchrones qui offrent découverts au siècle dernier.
une réponse dynamique toute aussi performante . Tous
les secteurs, tant industriels que commerciaux, sont Comme dans l'édition précédente, cette quatrième édi-
tion de Électrotechnique offre une vue d'ensemble des
touchés par cette révolution technologique . Grues, as-
lois fondamentales de l'électricité, des circuits électri-
censeurs, locomotives, ventilateurs, pompes, compres-
seurs, lignes de production, etc ., seront donc progres- ques, des machines électriques, de l'électronique de
sivement transformés . puissance, des systèmes d'entraînement et des réseaux
électriques modernes . À cette fin, la matière du livre
Ce n'est pas tout . L'électronique de puissance com- est divisée en quatre parties :
mence à avoir un impact dans un secteur relativement
Partie I Notions fondamentales et circuits
stable depuis plus de 50 ans, soit le transport et la dis-
tribution de l'énergie électrique . Ainsi, dans ce sec- Partie II Machines électriques et transformateurs
teur, les grosses machines rotatives comme les con- Partie III Électronique de puissance et systèmes
densateurs synchrones et les convertisseurs de fré- d'entraînement
quence sont remplacées par des convertisseurs stati-
Partie IV Réseaux électriques
ques qui ne contiennent aucune pièce mobile .
Ces grandes sections, regroupées en 50 chapitres, peu- L'exposé de la matière suit une progression graduelle
vent être abordées indépendamment les unes des autres et fait appel à des connaissances scientifiques élémen-
au gré du programme d'étude suivi par l'étudiant . Nous taires . Tant dans la pratique industrielle que dans l'en-
désirons, en particulier, signaler les points suivants : seignement universitaire, notre expérience de ces deux
A . Chaque chapitre a été réexaminé et révisé afin de champs d'action nous a appris qu'il n'est pas néces-
clarifier les expressions et d'améliorer l'aspect péda- saire d'avoir recours aux mathématiques avancées pour
gogique . Tous les problèmes en fin de chapitre ont été résoudre la plupart des problèmes techniques . Rares
révisés et leur solution est disponible sous la forme sont les techniciens et les ingénieurs qui doivent ré-
d'un manuel du professeur . soudre quotidiennement des problèmes impliquant le
calcul intégral et les nombres complexes . Par contre, il
B . Le chapitre 41 consacré à l'étude des harmoniques,
est crucial de maîtriser les principes fondamentaux qui
constitue toujours un sujet de première importance . On permettent de former un jugement technique ration-
montre comment ceux-ci sont créés et on explique leur
nel .
influence sur les condensateurs, les inductances, les
câbles, les transformateurs et la qualité de l'onde . Les De par son caractère multidisciplinaire et sa présenta-
harmoniques sont souvent vus comme la bête noire de tion simple de sujets souvent complexes, ce livre sus-
l'électrotechnique . Ce chapitre, unique en son genre, citera un intérêt certain pour une gamme très variée de
dissipe le mystère qui les entoure . lecteurs . Il s'adresse d'abord aux étudiants, aussi bien
des cégeps et des instituts de technologie que des uni-
C . Le volumineux chapitre 42 portant sur l'électroni-
versités, en leur offrant une information qui n'est pas
que de puissance continue de susciter beaucoup d'in-
toujours disponible dans les manuels spécialisés d'élec-
térêt . On y démontre la flexibilité extraordinaire des
trotechnique .
onduleurs autonomes et la façon dont ils génèrent des
ondes de formes diverses et de fréquences variables . Ce livre constitue également une source de référence
utile aux électriciens comme aux ingénieurs dans di-
D . Le chapitre 50, intitulé «Contrôleurs statiques de
vers domaines . Leur travail est facilité par le choix de
réseaux», explique les nouvelles technologies qui per-
tableaux résumant les propriétés des matériaux, par un
mettent de contrôler électroniquement le flux des gran-
répertoire de formules pratiques permettant des cal-
des puissances . On y discute aussi du principe des con-
culs rapides, et par l'explication des règles établies par
vertisseurs de fréquence .
les organismes de normalisation . Enfin, à une époque
En ce qui concerne la qualité de l'onde, on discute des où l'on accorde beaucoup d'importance à la formation
creux et des gonflements de tension, de l'influence des continue, ce livre est tout désigné pour l'autodidacte
harmoniques et des tensions transitoires . qui souhaite acquérir une connaissance générale de
Au fur et à mesure que la déréglementation de l'éner- l'électrotechnique .
gie électrique devient réalité, ces méthodes électroni- Pour tirer le maximum de ce livre, nous recomman-
ques de commander les flux d'énergie deviendront de dons au lecteur de faire les problèmes qui se trouvent à
plus en plus importantes . la fin de chaque chapitre . Nous y avons utilisé une ap-
Un traité d'électricité risquerait d'être incomplet s'il proche graduelle offrant trois niveaux d'expertise (pra-
ne couvrait pas des phénomènes importants comme tique, intermédiaire, avancé) qui permettront à chaque
l'inertie des masses, la résistance des matériaux et la catégorie de lecteurs d'aborder des problèmes adaptés
chaleur. Une attention particulière est donc portée sur à leurs besoins . Afin d'encourager le lecteur à résou-
les effets mécaniques et thermiques qui influencent le dre ces problèmes, nous donnons les réponses à la fin
comportement de l'équipement électrique . du livre . À ce propos, aux niveaux intermédiaire et
Pour toutes les raisons énumérées précédemment nous avancé, nous n'avons pas hésité à introduire des équa-
croyons que cette nouvelle édition répondra davantage tions dont les calculs utilisent les logarithmes et la tri-
aux besoins technologiques modernes, tant au niveau gonométrie puisque les calculatrices de poche permet-
théorique que pratique . tent de résoudre facilement ces équations .

IX
Il suffit de feuilleter ce livre pour constater la place De fait, depuis déjà des années, les suggestions et les
importante occupée par les photographies . Tous les commentaires de M . Sybille, comme collaborateur sur
appareils ou systèmes décrits sont illustrés à l'aide de le fond et la forme du livre, constituent une contribu-
schémas et de photos, les montrant en cours de mon- tion déterminante à l'aspect global de cet ouvrage .
tage ou en fonctionnement . Bien des gens n'ont jamais
Remerciements
eu l'occasion de visiter une centrale nucléaire ou de
Nous désirons remercier le professeur-ingénieur Pierre
voir de près l'équipement utilisé pour le transport et la
Lavoie dont les commentaires ont eu un impact impor-
distribution de l'énergie ; les photos leur permettront
tant sur l'aspect pédagogique du livre . Il a vérifié tous
de juger des dimensions imposantes de ces appareils .
les problèmes se trouvant en fin de chapitre et contri-
De plus, de nombreux problèmes font référence à ces
bué de façon importante à la rédaction des solutions
photos, ce qui les rend encore plus intéressantes .
qui se retrouvent dans le manuel du professeur.
En résumé, ce livre utilise à la fois une approche théo-
M . Lavoie compte plusieurs années d'expérience dans
rique, pratique et multidisciplinaire afin de donner une
l'industrie . Il a été responsable de la mise en route
connaissance globale de l'industrie électrique moderne .
d'automates programmables et il a assuré le service
Ce champ en plein essor offre déjà des occasions d'em-
après vente des systèmes d'entraînement à vitesse va-
plois intéressants pour plusieurs techniciens et ingé-
riable . Il a aussi été ingénieur chargé des projets in-
nieurs .
dustriels en électricité, instrumentation et contrôle . Il
Nous désirons faire une dernière remarque concernant a réalisé des plans et devis et a été responsable de la
l'utilisation de ce livre. L' électrotechnique a fait un saut surveillance de chantiers (centrales hydroélectriques
énorme depuis les dernières années, principalement à Alcan, etc .) . Son expérience industrielle très variée, en
cause de la disponibilité des microprocesseurs et des plus de son statut de professeur, représentent une con-
commutateurs électroniques à haute vitesse . Il s'en- tribution importante dans la préparation du présent
suivra maintenant une longue période de consolidation ouvrage .
durant laquelle les machines et les appareils existants
Mentionnons aussi les professeurs Hoang Le-Huy et
seront remplacés par des modèles plus modernes . Mais
Philippe Viarouge du Département de génie électrique
la technologie révélée dans ce livre ne changera pas de
de l'Université Laval pour leur contribution dans les
façon significative . Par conséquent, le lecteur, tout au
chapitres sur les entraînements électroniques . Nous
long de sa carrière, trouvera ce livre utile non seule-
remercions aussi M . Michel Dostie du Laboratoire des
ment comme manuel d'étude mais aussi comme livre
Technologies de l'Énergie d'Hydro-Québec (LTE) pour
de référence à long terme .
ses commentaires et l'information qu'il nous a fournie
Coauteur sur la production décentralisée . Enfin, remercions
Dans cette quatrième édition, le nom de Gilbert Sybille M . Jean Anderson, concepteur de matériel didactique
apparaît comme coauteur. Gilbert Sybille est un ingé- en électronique de puissance de Lab-Volt Ltée, pour
nieur professionnel comptant plus de 25 ans d'expé- ses commentaires avisés .
rience au service de l'Institut de recherche d'Hydro-
Encore une fois, nous remercions Karl Wildi pour son
Québec (IREQ) . Son expertise s'étend à des domaines dévouement et sa compétence en ce qui a trait à la pré-
aussi variés que la simulation des grands réseaux,
paration des figures et des photographies et, de façon
l'étude et la conception des systèmes de commande et
plus générale, à tout ce qui touche la mise en forme de
des contrôleurs statiques, la conception de logiciels
cet ouvrage .
utilisés pour l'étude et l'enseignement des réseaux, et
de l'électronique de puissance . Il a aussi exercé au cours Nous remercions aussi les responsables des Presses de
des années ses talents de pédagogue en donnant des l'Université Laval et en particulier Monsieur Denis
cours aussi bien aux ingénieurs d'Hydro-Québec Dion et Monsieur Benoit Bernier, pour avoir appuyé la
qu'aux étudiants universitaires . publication de cet ouvrage.

Louis Bélisle et Jean Lamontagne de Lumen ; Benoit


Nous remercions les compagnies d'avoir fourni leurs
Arsenault et Les Halmos de Rockwell Automation/
catalogues, bulletins d'information et photographies
Allen Bradley ; Hubert Bilodeau d'Hydro-Québec .
illustrant leur équipement. Ces informations techniques,
y compris les séminaires et visites industrielles, ont Enfin, nous ne pouvons oublier la contribution pré-
été des plus utiles pour conférer à ce livre son aspect pondérante des étudiants et étudiantes : c'est grâce à
pratique . À ce propos, nous soulignons la contribution leurs questions et à leurs interrogations que nous avons
des personnes suivantes : pu mettre en évidence, au cours des années, les vérités
fondamentales de l'électrotechnique .
Contributeurs commerciaux, industriels et institution-
nels : André Dupont, ingénieur conseil ; Raj Kapila, G .
Linhofer, Katherine Sahapoglu et Michel Couture de
ABB ; Roger Bullock, Gerry Goyette, Jim McCormick,
Invitation
James Nanney, Darryl J . Van Son et Roddy Yates de
Baldor Electric Company ; Jacques Bédard, Guy Gou- Nous vous invitons à visiter le site web
pil et Michel Lessard de Lab-Volt Ltée . ; Richard B . http ://www.wildi-theo .co m
Dubé de Général Electric Company ; Abdel-Aty Edris
Ce site contient des informations utiles et, toutes les
et Ashock Sundaram de Electric Power Research
deux semaines, il vous propose de résoudre un nou-
Institute (EPRI) ; Neil H . Woodley de Westinghouse
veau problème industriel dont nous fournissons la so-
Electric Corporation ; Maurice Larabie, Jean-Louis
lution .
Marin et Bernard Oegema de Schneider Canada ; T.R .
Daugherty de Edison Electric Institute ; Damiano Vous pouvez aussi nous rejoindre aux adresses élec-
Esposito et Vance E . Gulliksen de Carnival Cruise troniques suivantes :
Lines ; Scott Lindsay de Daiya Control Systems ; Jean- w ildi@wildi-theo .com svbille.gilbert@ireq .c a
François Rainville de Fluke Electronics Canada Inc . ;

XI

TABLE DES MATIÈRES


PARTIE I NOTIONS FONDAMENTALES ET
1 .38 Système de mesure p .u . à trois bases 23
CIRCUITS ÉLECTRIQUES
1-39 Résumé 24
1 NOTIONS DE MÉCANIQUE ET DE Problèmes -Chapitre 1 24
THERMODYNAMIQUE 1
1 .1 Les unités SI 1 2 NATURE DE L'ÉLECTRICITÉ 27
1 .2 Multiples et sous-multiples des unités 2 2 .1 Nature de la matière 27
1 .3 Emploi des exposants 2 2 .2 Attraction entre atomes et molécules 27
1 .4 Utilisation des symboles ( +) et (-) 2 2 .3 Structure atomique 28
1 .5 Force 3 2 .4 Dimensions de l'atome 28
1 .6 Couple 4 2 .5 Électrons libres 29
1 .7 Travail 4 2 .6 Conducteurs et isolants 29
1 .8 Puissance 5 2 .7 Distribution des électrons libres 29
1 .9 Puissance d'un moteur 5 2 .8 Sources d'électricité 30
1 .10 Énergie dans les corps en mouvement 6 2 .9 Courant électrique 30
1 .11 Énergie dans les corps immobiles 7 2 .10 Sens du courant 31
1 .12 Formes de l'énergie 7 2 .11 Protons et neutrons 31
1 .13 Transformation de l'énergie 8 2 .12 Résumé 31
1 .14 Principe de la conservation de l'énergie 8 Problèmes - Chapitre 2 33
1 .15 Rendement d'une machine 8
3 LOI D'OHM 34
1 .16 Sources d'énergie primaire 9
3 .1 Production d'électricité, différence
1 .17 Calcul du moment d'inertie et de
de potentiel 34
l'énergie cinétique de rotation 10
3 .2 Unité de différence de potentiel 34
1 .18 Couple, inertie et variation de vitesse 12
3 .3 Polarité 35
1 .19 Vitesse de rotation et charge d'un moteur 13 3 .4 Charges électriques 35
1 .20 Échange de puissance mécanique dans
3 .5 Courant dans un conducteur et dans une
un système d'entraînement 14 source 35
1 .21 Changement de vitesse d'un moteur
3 .6 Analogie hydraulique 38
entraînant une charge 14 3 .7 Unité d'intensité de courant 38
1 .22 Moteurs et entraînements linéaires 14 3 .8 Mesures d'une intensité de courant et
THERMODYNAMIQUE d'une tension 39
1 .23 Chaleur et température 15 3 .9 Loi d'Ohm 39
1 .24 Échelles de température 16 3 .10 Unité de résistance 40
1 .25 Chaleur requise pour chauffer un corps 16 3 .11 Application de la loi d'Ohm 40
1 .26 Rendement d'une turbine à vapeur 17 3 .12 Résumé 41
1 .27 Transport de la chaleur 17 Problèmes - Chapitre 3 42
1 .28 Propagation de la chaleur par radiation 17
4 PUISSANCE ET ÉNERGIE ÉLECTRIQUE 44
1 .29 Calcul des pertes par radiation 18
4.1 Circuit électrique 44
1 .30 Transport par conduction 18
4.2 Puissance électrique 44
1 .31 Calcul des pertes par conduction 19
4 .3 Expression de la puissance 45
1 .32 Transport de la chaleur par convection 20
4 .4 Puissance d'une génératrice 45
1 .33 Calcul des pertes par convection 20
4 .5 Puissance dissipée dans les fils
1 .34 Conversion des unités 21
conducteurs (effet Joule) 46
1 .35 Mesures en valeurs relatives, système p .u . 22
4 .6 Pertes dans les lignes de transport 46
1 .36 Système p .u. à base unique 22
4 .7 Chute de tension dans les lignes de
1 .37 Système de mesure p .u . à deux bases 23
transport 46
XII
4 .8 Puissance fournie à la charge 47 7 .4 Graphique d'une tension alternative 71
4 .9 Cas d'un court-circuit 47 7 .5 Addition de tensions positives et négatives 72
4 .10 Charges conçues pour produire de la 7 .6 Courants positifs et courants négatifs 74
chaleur 47 7 .7 Méthode des polarités 75
4 .11 Distinction entre «source» et «charge» 48 7 .8 Taux de variation d'une tension 76
4 .12 Énergie électrique 48 7 .9 Expression du taux de variation 77
4 .13 Emmagasinage de l'énergie 49 7 .10 Niveau de potentiel 78
4 .14 Résumé 49 7 .11 Résumé 79
Problèmes - Chapitre 4 50 Problèmes - Chapitre 7 80

5 CIRCUITS SIMPLES À COURANT 8 SOLUTIONS DES CIRCUITS À


CONTINU 51 COURANT CONTINU 81
5 .1 Groupement en série 51 8 .1 Première loi de Kirchhoff (concernant
5 .2 Groupement de résistances en série ; les tensions) 81
résistance équivalente 52 8 .2 Deuxième loi de Kirchhoff (concernant
5 .3 Groupement en parallèle 53 les courants) 84
5 .4 Groupement de deux résistances en 8 .3 Application pratique aux circuits 85
parallèle 54 8 .4 Théorème de Thévenin 86
5 .5 Montage en parallèle ; résistance 8 .5 Courants de maille 88
équivalente 55 8 .6 Théorème de superposition 89
5 .6 Répartition du courant dans un 8 .7 Utilisation de la méthode des deux indices 90
groupement parallèle 55 8 .8 Tension entre deux points d'un circuit 92
5 .7 Court-circuit 56 8 .9 Utilisation de la notation hybride 92
5 .8 Groupement de trois ou plusieurs 8 .10 Résumé 93
résistances en parallèle 56 Problèmes - Chapitre 8 93
5 .9 Conductance 57
5 .10 Groupement série-parallèle 57 9 ISOLANTS 96
5 .11 Résumé 58 9 .1 Conducteurs et isolants 96
Problèmes - Chapitre 5 59 9 .2 Comparaison des résistivités 96
9 .3 Types d'isolants 97
6 APPAREILS DE MESURE À
9 .4 Isolants solides 97
COURANT CONTINU 61
9 .5 Isolants liquides 99
6 .1 Le mouvement d'Arsonval 61
9 .6 Isolants gazeux 99
6 .2 Mesure des courants intenses ;
9 .7 Détérioration des isolants organiques 99
ampèremètre 62
9 .8 Durée de vie de l'équipement électrique 100
6 .3 Remarques sur les shunts 63
9 .9 Classification thermique des isolants 100
6 .4 Voltmètre 64
9 .10 Résistivité électrique des isolants 100
6 .5 Sensibilité d'un voltmètre 65
9 .11 Rigidité diélectrique - phénomène
6 .6 Précision d'un voltmètre 66
de claquage 100
6 .7 Ohmmètre 66
9 .12 Ionisation d'un gaz 102
6 .8 Mégohmmètre (Megger) 67
9 .13 Conductivité thermique 104
6 .9 Pont de Wheatstone 67
9 .14 Résumé 105
6 .10 Résumé 68
Problèmes - Chapitre 9 105
Problèmes - Chapitre 6 68

7 CONVENTIONS DE SIGNES POUR 10 CONDUCTEURS ET RÉSISTANCES 106


TENSIONS ET COURANTS 70 10.1 Bons conducteurs 106
7 .1 Cas des distances 70 10.2 Conducteurs résistifs 106
7 .2 Addition de distances négatives 10.3 Formes des conducteurs 106
et positives 70 10.4 Mils 107
7 .3 Méthode des deux indices 71 10.5 Circular mil, conducteurs ronds 107
10 .6 Les conducteurs ronds, jauge AWG 107 PILES PRIMAIRES
10 .7 Câbles toronnés 109 11 .7 Polarisation 138
10 .8 Fils de section carrée 109 11 .8 Pile au carbone-zinc 138
10 .9 Résistance d'un conducteur 109 11 .9 Pile au mercure 138
10 .10 Variation de la résistance avec la 11 .10 Pile alkalino-manganèse 139
température 111 11 .11 Durée de vie d'une pile primaire 139
PROPRIÉTÉS MÉCANIQUES DES CONDUCTEURS PILES SECONDAIRES
10 .11 Résistance à la traction 112 11 .12 Rendement d'une pile secondaire 139
10 .12 Traction et allongement 112 11 .13 Production d'hydrogène 139
ISOLEMENT DES CONDUCTEURS 11 .14 Pile au plomb - théorie de
10 .13 Types d'isolants 114 fonctionnement 140
10 .14 Capacité thermique des conducteurs 114 11 .15 Caractéristiques d'une pile au plomb 141
10 .15 Code régissant les installations 11 .16 Entretien d'une batterie 141
électriques 114 11 .17 Pile au nickel-cadmium 142
10 .16 Comparaison de divers conducteurs 115 11 .18 Piles primaires et secondaires spéciales 143
10 .17 Échauffement rapide des conducteurs - PILES À COMBUSTIBLE
facteur izt 116 11 .19 Pile à combustible 145
10 .18 Le rôle des fusibles 119 11 .20 La pile à hydrogène-oxygène 146
10 .19 Conducteurs liquides, électrolytes 119 11 .21 Types de piles à combustibles 146
10 .20 Résistance du sol 120 11 .22 Résumé 147
10.21 Résistance entre deux électrodes de terre 121 Problèmes - Chapitre 11 147
10.22 Mesure de la résistance d'une électrode
de terre 121 12 MAGNÉTISME 149
RÉSISTANCES 12 .1 Aimants naturels, aimants artificiels 149
10 .23 Classes de résistances 122 12 .2 Orientation des aimants 150
10 .24 Résistances à basse température 12 .3 Attraction et répulsion 150
(155 °C et moins) 122 12 .4 Lignes de force 150
10 .25 Résistances à température moyenne 12 .5 Sens des lignes de force 151
(275 °C à 415 °C) 122 12 .6 Détermination du spectre magnétique
10 .26 Radiateurs de plinthe 124 à l'aide de limaille de fer 151
10 .27 Résistances à haute température 12 .7 Prédétermination du spectre magnétique 151
(600 °C et plus) 124 12 .8 Flux magnétique (0) 152
10 .28 Température de fusion 125 12 .9 Densité de flux magnétique (B) 152
10 .29 Construction et comportement des 12 .10 Aimantation par influence 153
fusibles 125 12 .11 Effet du fer doux sur un champ
10 .30 Résistance de contact 126 magnétique 153
10 .31 Résistances non linéaires 127 12 .12 Nature du ferromagnétisme 154
10 .32 Le thermistor 127 12 .13 Théorie des domaines 154
10 .33 Le varistor 127 12 .14 Aimantation rémanente 156
10 .34 Résumé 128 12 .15 Aimants permanents 156
Problèmes - Chapitre 10 128 12 .16 Résumé 156
Problèmes - Chapitre 12 157
11 PILES ET ACCUMULATEURS 132
11 .1 Principe d'une pile 132 13 COURANTS ÉLECTRIQUES ET
11 .2 Théorie de fonctionnement 133 CHAMPS MAGNÉTIQUES 158
11 .3 Résistance interne 134 13 .1 Principes de l'électromagnétisme 158
11 .4 Décharge d'une pile 135 13 .2 Champ magnétique créé par un courant 158
11 .5 Capacité d'une pile 135 13 .3 Forme et sens du champ 159
11 .6 Couplage des piles 136 13 .4 Densité de flux 159

XIV
13 .5 Champ créé par plusieurs conducteurs 160 15 .7 Produit énergétique 191
13 .6 Champ produit par un courant dans 15 .8 Calcul d'un aimant permanent 192
une spire 161 15 .9 Variation du champ avec le temps et
13 .7 Force magnétomotrice (FMM) 162 la température - point de Curie 193
13 .8 Champ d'un solénoïde (bobine longue) 162 15 .10 Aimantion et désaimantation d'un
13 .9 Règle de la main droite pour un aimant permanent 193
solénoïde 163 15 .11 Conversion de l'énergie mécanique
13 .10 Comparaison des champs produits par en énergie magnétique 193
un aimant et un solénoïde à noyau d'air 163 15 .12 Cycle d'hystérésis 194
13 .11 Électro-aimants 163 15 .13 Pertes par hystérésis 194
13 .12 Applications des électro-aimants 164 15 .14 Pertes par hystérésis dues à la rotation 196
13 .13 Calcul des bobines pour électro-aimants 166 15 .15 Résumé 196
13 .14 Résumé 168 Problèmes - Chapitre 15 197
Problèmes - Chapitre 13 168
16 FORCES ÉLECTROMAGNÉTIQUES 198
14 CIRCUITS MAGNÉTIQUES 170 Sens de la force agissant sur un
16 .1
14 .1 Champ magnétique à l'intérieur conducteur rectiligne 198
d'un tore 170
16 .2 Intensité de la force 199
14 .2 Perméabilité magnétique 172
16 .3 Électrons et champ magnétique 200
14 .3 Explication de la perméabilité 172
16 .4 Force entre deux conducteurs 201
14 .4 Perméabilité relative 173
16 .5 Cas d'un cadre rectangulaire 202
14 .5 Courbe de saturation du fer 173
16 .6 Conséquences des forces entre les
14 .6 Densité de flux (B) 174
courants 203
14 .7 Champ magnétique (H) 175
16 .7 Applications des forces
14 .8 Courbe d'aimantation B-H du vide 175
électromagnétiques 204
14 .9 Courbe d'aimantation B-H d'un
16.8 Résumé 205
matériau magnétique 176
Problèmes - Chapitre 16 205
14 .10 Détermination de la perméabilité
relative 176
17 TENSION INDUITE DANS UN
14 .11 Analogie entre circuits électriques et
CONDUCTEUR 208
circuits magnétiques 178 17 .1 Tension induite dans un conducteur 208
14 .12 Solution des circuits magnétiques 17 .2 Valeur de la tension induite 209
simples 178 17 .3 Tension induite dans un conducteur
14 .13 FMM de même sens et de sens contraires 182 rectiligne 210
14 .14 Flux de fuite 182 17 .4 Polarité de la tension induite 210
14 .15 Le SI, le système CGS et le système 17 .5 Conducteur fermé sur une résistance 211
anglais 183 17 .6 Forme d'onde de la tension induite 212
14 .16 Résumé 183 17 .7 Tension induite dans un cadre 212
Problèmes - Chapitre 14 184
17 .8 Courbe de la tension induite 214
17 .9 Courbe de la tension induite en
15 HYSTÉRÉSIS ET AIMANTS 186
PERMANENTS
fonction du temps 214
15 .1 Énergie magnétique dans l'air 186 17 .10 Cycle et fréquence 214
15 .2 Énergie magnétique dans un matériau 17 .11 Valeur de la tension induite 215
magnétique 187 17 .12 Alternateur à cadre tournant 215
15 .3 Force d'attraction agissant sur un 17 .13 Génératrice à courant continu 216
matériau magnétique 187 17 .14 Amélioration de la forme d'onde 218
15 .4 Densité de flux rémanent et champ 17 .15 Différence entre un alternateur et
coercitif 188 une dynamo 218
15 .5 Types d'aimants permanents 189 17 .16 Résumé 219
15 .6 FMM et flux d'un aimant permanent 190 Problèmes - Chapitre 17 219
Xv
18 INDUCTION ÉLECTROMAGNÉTIQUE 220 20 .7 Augmentation de la tension 252
18 .1 Loi de l'induction électromagnétique 220 20 .8 Transfert de charges par contact
18 .2 Application 1 - Induction dans une mécanique 252
bobine 221 20 .9 Transfert de charges à l'aide d'une
18 .3 Application 2 - Tension induite dans source de tension 253
un cadre 221 20 .10 Distribution des charges sur deux
18 .4 Application 3 - Induction mutuelle 222 sphères conductrices 254
18 .5 Application 4 - Générateur à 20 .11 Champ et lignes de force électriques 255
réluctance variable 222 20 .12 Spectres électriques 255
18 .6 Champ magnétique et champ électrique 223 20 .13 Ionisation - applications et
18 .7 Polarité de la tension induite - Loi inconvénients 256
de Lenz 224 20 .14 Phénomènes atmosphériques 259
18 .8 Méthode de mesure du flux 226 260
20 .15 Paratonnerres
18 .9 Tension appliquée et tension induite
20 .16 Éclairs et lignes de transport 260
dans une bobine 227
20 .17 Tension de tenue aux ondes de choc, BIL 261
18 .10 Résumé 229
20 .18 Résumé 262
Problèmes - Chapitre 18 229
Problèmes - Chapitre 20 262
19 INDUCTANCE 230
21 CAPACITANCE 264
19 .1 Inductance mutuelle - le henry 230
21 .1 Unité de capacitance - le farad 264
19 .2 Self-inductance 231
21 .2 Formes de condensateurs 265
19 .3 Polarité de la tension induite 232
21 .3 Constante diélectrique 266
19 .4 Énergie emmagasinée dans le champ
21 .4 Tension de service, capacitance et
magnétique d'une bobine 233
dimensions d'un condensateur 266
19 .5 Fermeture d'un circuit inductif 234
21 .5 Condensateurs en parallèle et en série 267
19 .6 Constante de temps 235
21 .6 Énergie dans un condensateur 268
19 .7 Forme de la courbe exponentielle 237
21 .7 Condensateurs au papier, au plastique
19 .8 Ouverture d'un circuit inductif 238
et à l'huile 268
19 .9 Méthodes de suppression des arcs 238
21 .8 Condensateurs au plastique métallisé 268
19 .10 Courant dans une inductance 240
21 .9 Condensateurs électrolytiques 269
FORMULES POUR CALCUL D'INDUCTANCES
21 .10 Condensateurs électrolytiques à
19 .11 Bobine à noyau de fer ayant un entrefer 243 courant alternatif 270
19 .12 Bobine toroïdale à noyau d'air 243 21 .11 Charge d'un condensateur 270
19 .13 Bobine à noyau d'air 243 21 .12 Décharge d'un condensateur 270
19 .14 Rouleau de fil à noyau d'air 244 21 .13 Constante de temps 271
19 .15 Deux conducteurs parallèles 244 21 .14 Courbes de charge et de décharge 271
19 .16 Deux barres omnibus parallèles 244 21 .15 Loi fondamentale pour un condensateur 272
19 .17 Deux conducteurs concentriques 245 21 .16 Tension variable sur un condensateur 274
19 .18 Résumé 245 21 .17 Applications des condensateurs 274
Problèmes - Chapitre 19 246 21 .18 Condensateurs fonctionnant à
courant alternatif 275
20 PHÉNOMÈNES ÉLECTROSTATIQUES 250
FORMULES POUR CALCUL DE CAPACITANCES
20 .1 Le coulomb - unité de quantité
d'électricité 250 21 .19 Capacitance de deux fils parallèles 276
20 .2 Électrons libres dans un métal 250 21 .20 Capacitance d'un câble coaxial 276
20 .3 Transfert de charges et d .d .p . 250 21 .21 Capacitance d'une sphère par rapport
20 .4 Forces et énergie électrostatiques 251 à une surface plane 277
20 .5 Décharge des corps 21 .22 Résumé 277
251
Problèmes -Chapitre 21 279
20 .6 Conversion de l'énergie mécanique en
énergie électrostatique 252
Xvi

22 CIRCUITS SIMPLES À COURANT 23 .16 Division de deux vecteurs 311


ALTERNATIF 280 23 .17 Impédance d'un circuit 311
22 .1 Forme d'onde sinusoïdale 280 23 .18 Impédance vectorielle d'une résistance 312
CIRCUIT RÉSISTIF 23 .19 Impédance vectorielle d'une réactance
22 .2 Circuit résistif 281 inductive 312
22 .3 Puissance dissipée dans une résistance 282 23 .20 Impédance vectorielle d'une réactance
22 .4 Valeur efficace d'une tension ou d'un capacitive 312
courant sinusoïdal 283 23 .21 Résumé 312
CIRCUIT CAPACITIF
Problèmes - Chapitre 23 313

22 .5 Circuit capacitif 285 24 SOLUTIONS DES CIRCUITS À


22 .6 Réactance capacitive 286 COURANT ALTERNATIF 316
22 .7 Puissance réactive dans un 24 .1 Impédance d'un circuit 316
condensateur : le var capacitif 287 24 .2 Puissance apparente 317
CIRCUIT INDUCTIF SOLUTION DES CIRCUITS PAR LA
22 .8 Circuit inductif 288 MÉTHODE GRAPHIQUE (MÉTHODE 1)
22 .9 Réactance inductive 289 24 .3 Solution graphique d'un circuit parallèle 317
22 .10 Puissance réactive dans une bobine : 24 .4 Solution graphique d'un circuit série 318
le var inductif 290 24 .5 Solution graphique d'un circuit mixte 319
22.11 Comparaison entre les circuits R, L et C 291
SOLUTION DES CIRCUITS SIMPLES
22.12 Valeur moyenne d'un courant ou d'une À L'AIDE DE FORMULES (MÉTHODE 2)
tension périodique 291
22.13 Valeur efficace d'un courant ou d'une 24 .6 Formules donnant l'impédance de deux
tension périodique 293 éléments en série 319
22 .14 Temps, fréquence et l'angle 0 294 24 .7 Formules donnant l'impédance de deux
22 .15 Expressions généralisées d'une 294 éléments en parallèle 321
tension sinusoïdales 24 .8 Circuits résonnants, fréquence de
22 .16 Expressions avec angles en radians 296 résonance 322
22 .17 Résumé 296 24 .9 Circuits résonnants série et parallèle 323
Problèmes - Chapitre 22 296 SOLUTION DES CIRCUITS PAR LE
CALCUL VECTORIEL (MÉTHODE 3)
23 DIAGRAMMES VECTORIELS 299
24 .10 Représentation vectorielle des éléments
23 .1 Somme de deux courants sinusoïdaux 299
R, XL , Xc 325
23 .2 Concept de vecteur tournant 300
24 .11 Relation entre tension, courant et
23 .3 Représentation d'une tension sinusoïdale 301
impédance 326
23 .4 Représentation de plusieurs vecteurs 303
24 .12 Impédances des circuits série, parallèle
23 .5 Addition de vecteurs 303
et mixte 327
23 .6 Vecteurs négatifs et soustraction de
24 .13 Résolution de circuits quelconques 327
vecteurs 304
24 .14 Notation hybride 329
23 .7 Vecteurs «détachés» 304
24 .15 Résumé 330
23 .8 Vecteurs et phaseurs 305
Problèmes - Chapitre 24 331
CALCUL VECTORIEL
23 .9 Représentation polaire d'un vecteur 306 25 PUISSANCE ACTIVE, RÉACTIVE ET
23 .10 Représentation rectangulaire d'un APPARENTE 334
vecteur 307 25 .1 Notions préliminaires 334
23 .11 Conversion polaire = rectangulaire 308 25 .2 Sources et charges actives 335
23 .12 Conversion rectangulaire = polaire 308 25 .3 Sources et charges réactives 335
23 .13 Conjugué d'un vecteur 309 25 .4 Mesure de la puissance active et réactive 337
23 .14 Addition des vecteurs 309 25 .5 Charges active et réactive - puissance
23 .15 Multiplication des vecteurs 310 apparente 338
XVI I

25 .6 Facteur de puissance 339 27 .4 Enroulement imbriqué 380


25 .7 Amélioration du facteur de puissance 340 27 .5 Position des balais et zones neutres 382
25 .8 Systèmes comprenant plusieurs charges 342 27 .6 Génératrices multipolaires 382
25 .9 Résolution des circuits par la méthode PROPRIÉTÉS D'UNE GÉNÉRATRICE À C.C .
des puissances 343 27 .7 Valeur de la tension induite 384
25 .10 Transport de puissances P et Q entre 27 .8 Réaction d'induit 384
deux sources de tension 345 27 .9 Pôles de commutation 386
25 .11 Valeur de la puissance active 346 27 .10 Génératrice à excitation séparée 387
25 .12 Valeur de la puissance réactive 346 27 .11 Fonctionnement à vide 387
25 .13 Commande des puissances active et 27 .12 Génératrice à excitation shunt 387
réactive 347 27 .13 Réglage de la tension 388
CALCUL VECTORIEL 27 .14 Génératrice en charge 389
25 .14 Puissances sous forme vectorielle 350 27 .15 Génératrice compound additive 390
25 .15 Sens arbitraires des courants : effet sur 27 .16 Génératrice compound différentielle 391
les diagrammes vectoriels 352 27 .17 Caractéristiques en charge 391
25 .16 Résumé 353 27 .18 Spécifications d'une génératrice 391
Problèmes - Chapitre 25 353 27 .19 Commutation du courant de charge 391
27 .20 Résumé 393
26 CIRCUITS TRIPHASÉS 356 Problèmes - Chapitre 27 394
26 .1 Alternateur diphasé 356
28 MOTEURS À COURANT CONTINU 396
26 .2 Alternateur triphasé 357
28 .1 Force contre-électromotrice 396
26 .3 Montage en étoile 358
28 .2 Accélération du moteur 397
26 .4 Propriétés du montage en étoile 359
28 .3 Expression du couple 398
26 .5 Charges raccordées en étoile et en
28 .4 Expression de la vitesse 401
triangle 361
28 .5 Réglage de la vitesse par la tension de
26 .6 Puissance transportée par une ligne
l'induit 401
triphasée 363
28 .6 Réglage de la vitesse par le flux de
26 .7 Résolution des circuits triphasés 364
l'inducteur 403
26 .8 Charges industrielles 365
28 .7 Marche du moteur shunt en charge 404
26 .9 Séquence des phases 367
28 .8 Démarrage d'un moteur shunt 404
26 .10 Détermination de la séquence des phases 369
28 .9 Démarreur manuel pour moteur shunt 405
26 .11 Mesure de la puissance active (circuits
28 .10 Moteur série 405
triphasés à 3 fils) 369
28 .11 Réglage de la vitesse d'un moteur série 406
26 .12 Mesure de la puissance active (circuits
28 .12 Emploi du moteur série 407
triphasés à 4 fils) 371
28 .13 Moteur compound 407
26 .13 Mesure de la puissance réactive 371
28 .14 Inversion du sens de rotation 408
26 .14 Puissance instantanée d'un circuit
28 .15 Énergie cinétique de rotation et arrêt
triphasé 371
d'un moteur 408
26 .15 Mesure de la puissance instantanée 372
28 .16 Freinage dynamique 409
26 .16 Résumé 372
28 .17 Freinage par inversion 410
Problèmes - Chapitre 26 373
28 .18 Constante de temps mécanique d'un
PARTIE II MACHINES ÉLECTRIQUES ET système de freinage 411
TRANSFORMATEURS 28 .19 Enroulement de compensation 412
28-20 Moteurs à aimant permanent 413
27 GÉNÉRATRICES À COURANT CONTINU 377 PRINCIPES FONDAMENTAUX DES
CONSTRUCTION D'UNE GÉNÉRATRICE À C .C . ENTRAÎNEMENTS ÉLECTRIQUES
27 .1 Inducteur 377 28 .21 Les quatre quadrants de fonctionnement 414
27 .2 Induit 378 28 .22 Courbe du couple en fonction de la
27 .3 Collecteur et balais 379 vitesse 416
XVIII

28 .23 Courbes T - n relatives 416 TRANSFORMATEURS UTILISÉS


28-24 Résumé 419 EN PRATIQUE
Problèmes -Chapitre 28 419 30 .11 Transformateur idéal comportant un
noyau réel 451
29 PERTES, ÉCHAUFFEMENT ET
30 .12 Transformateur idéal à couplage partiel 453
RENDEMENT DES MACHINES
30 .13 Réactances de fuite au primaire et au
ÉLECTRIQUES 422
secondaire 454
29 .1 Pertes mécaniques 422
30 .14 Circuit équivalent d'un transformateur 455
29 .2 Pertes électriques dans les conducteurs 422
30 .15 Simplification du circuit équivalent 456
29 .3 Pertes électriques dans le fer 423
30 .16 Construction du transformateur 458
29 .4 Courants de Foucault dans un noyau
30 .17 Marques de polarité d'un transformateur
stationnaire 425
de puissance 459
29 .5 Variation des pertes avec la charge 426
30 .18 Test de polarité 460
29 .6 Puissance et capacité de surcharge 426
30 .19 Réglage de la tension ; transformateur
29 .7 Courbe de rendement 426 à rapport variable 461
29 .8 Normes d'échauffement 427 30 .20 Courbe de saturation et tension
29 .9 Mesure de l'échauffement 430 d'utilisation 461
FACTEURS AFFECTANT LA GROSSEUR ET LE 30 .21 Pertes, rendement et capacité d'un
RENDEMENT DES MACHINES ÉLECTRIQUES transformateur 462
29 .10 Impact de la tension nominale sur les 30 .22 Refroidissement des transformateurs 465
dimensions 431 30 .23 Application du système p .u . aux
29 .11 Variation des dimensions et du transformateurs 467
rendement en fonction de la 30 .24 Impédances d'un transformateur
puissance nominale 431 exprimées en p .u. 468
29 .12 Variation des dimensions avec la 30 .25 Mesure des impédances d'un
vitesse nominale 434 transformateur 470
29 .13 Couple nominal et dimsions 30 .26 Transformateurs en parallèle 473
d'une machine 435 30 .27 Résumé 475
29 .14 Résumé 436 Problèmes - Chapitre 30 475
Problèmes - Chapitre 29 437
31 TRANSFORMATEURS SPÉCIAUX 478
30 TRANSFORMATEURS 440 31 .1 Transformateur à secondaire double 478
30 .1 Tension induite dans une bobine 440 31 .2 Autotransformateur 479
30 .2 Tension appliquée et tension induite 441 31 .3 Transformateur conventionnel monté
30 .3 Transformateur élémentaire 442 en autotransformateur 480
30 .4 Marques de polarité d'un transformateur 443 31 .4 Transformateurs de tension 482
30 .5 Propriétés des marques de polarité 443 31 .5 Transformateurs de courant 483
LE TRANSFORMATEUR IDÉAL
31 .6 Transformateur de courant toroïdal 485
31 .7 Danger lorsque le secondaire d'un
30 .6 Le transformateur idéal à vide ; rapport transformateur de courant est ouvert 486
de transformation 444 31 .8 Autotransformateur variable 486
30 .7 Transformateur idéal en charge ; rapport 31 .9 Transformateurs à haute impédance 487
des courants 445
31 .10 Transformateurs pour fours à induction 489
30 .8 Conventions et représentation
31 .11 Transformateur à 3 enroulements 490
symbolique d'un transformateur idéal 446
31 .12 Transformateurs ayant un courant
30 .9 Rapport d'impédance 448
magnétisant important 492
30 .10 Déplacement des impédances du
31 .13 Modèle de transformateur spécial 492
secondaire au primaire et vice versa 449
31 .14 Analyse d'un transformateur spécial
lorsque le rapport des nombres de
spires est inconnu 494
XIX


31 .15 Circuit couplé généralisé 496 33 .15 Effet de la résistance du rotor 538
31 .16 Transformateurs à haute fréquence 497 33 .16 Moteur à rotor bobiné 542
31 .17 Bloc d'alimentation conventionnel 498 33 .17 Bobinages triphasés 543
31 .18 Alimentation à découpage 498 33 .18 Principe du moteur linéaire 546
31 .19 Résumé 501 33 .19 Moteur d'induction linéaire 547
Problèmes - Chapitre 31 501 33 .20 Déplacement d'un champ magnétique
linéaire 547
32 TRANSFORMATEURS TRIPHASÉS 504 33 .21 Propriétés du moteur linéaire 548
32 .1 Montage triangle-triangle 504 33 .22 Sustentation magnétique 550
32 .2 Montage triangle-étoile 505 33 .23 Résumé 551
32 .3 Montage étoile-triangle 507 Problèmes - Chapitre 33 551
32 .4 Montage étoile-étoile 507
32 .5 Montage en triangle ouvert 507 34 APPLICATIONS DES MACHINES
32 .6 Transformateurs triphasés 508 ASYNCHRONES TRIPHASÉES 556
32 .7 Autotransformateur survolteur - 34 .1 Standardisation et classification des
dévolteur et puissance intrinsèque 509 moteurs asynchrones 556
32 .8 Déphasage des tensions des 34 .2 Classification selon les conditions
transformateurs 512 environnementales 556
32 .9 Transformation triphasé-hexaphasée 513 34 .3 Classification selon les caractéristiques
32 .10 Transformation triphasé-diphasé 513 électriques et mécaniques 558
32 .11 Transformateur à déphasage variable 515 34 .4 Grosseur des moteurs 559
32 .12 Régulation de tension 517 34 .5 Choix de la vitesse des moteurs
32 .13 Transformation d'une charge asynchrones 559
monophasée en triphasée 519 34 .6 Moteurs à deux vitesses 560
32 .14 Marques de polarité des transformateurs 34 .7 Moteur asynchrone fonctionnant comme
triphasés 521 frein 562
32 .15 Résumé 521 34 .8 Effets de l'inertie 563
Problèmes - Chapitre 32 522 34 .9 Freinage par courant continu 563
34 .10 Conditions anormales de fonctionnement 564
33 MOTEURS ASYNCHRONES TRIPHASÉS 524 34 .11 Surcharge mécanique 564
33 .1 Parties principales 524 34 .12 Variation de la tension d'alimentation 564
33 .2 Principe de fonctionnement du moteur 34 .13 Rupture d'un fil d'alimentation 565
asynchrone 527 34 .14 Variation de la fréquence 565
33 .3 Champ tournant 527 34 .15 Moteur asynchrone fonctionnant comme
33 .4 Sens de rotation 530 génératrice 566
33 .5 Nombre de pôles - vitesse synchrone 530 34 .16 Convertisseur de fréquence 568
33 .6 Démarrage du moteur à cage d'écureuil 531 34 .17 Caractéristique couple/vitesse complète
33 .7 Accélération du rotor et glissement 532 d'une machine asynchrone 570
33 .8 Moteur en charge 532 34 .18 Expression du couple en fonction de la
33 .9 Glissement et vitesse de glissement 532 vitesse 570
33 .10 Tension et fréquence induites dans LA MACHINE ASYNCHRONE À
le rotor 533 DOUBLE ALIMENTATION
33 .11 Caractéristiques des moteurs à cage 34 .19 Moteur asynchrone à double
d'écureuil 534 alimentation 574
33 .12 Calcul approximatif des caractéristiques 34 .20 Moteur à double alimentation en
d'un moteur 535 mode sous-synchrone 576
33 .13 Cheminement de la puissance active 536 .21 Moteur à double alimentation en
34
33 .14 Courbes du couple en fonction de la mode hyper-synchrone 576
vitesse 539

XX
34 .22 Générateur asynchrone à double 36 ALTERNATEURS TRIPHASÉS 616
alimentation 576 36 .1 Principe des alternateurs de grande
34 .23 Résumé 581 puissance 616
Problèmes -Chapitre 34 581 36 .2 Nombre de pôles 617
36 .3 Stator 617
35 LA MACHINE ASYNCHRONE : CIRCUIT 36 .4 Rotor 619
ÉQUIVALENT ET VARIATION DE LA 36 .5 Excitatrice 621
VITESSE 585 36 .6 Excitation sans balais 621
35 .1 Le moteur à rotor bobiné 585 36 .7 Facteurs affectant la grosseur des
35 .2 Diagramme vectoriel d'un moteur alternateurs 622
asynchrone 588 36 .8 Marche à vide : courbe de saturation 624
35 .3 Puissances électrique, mécanique et 36 .9 Circuit équivalent d'un alternateur :
thermique 589 réactance synchrone 624
35 .4 Puissance transmise au rotor et 36 .10 Détermination de la valeur de X, 625
puissance mécanique 589 36 .11 Impédance de base d'un alternateur :
35 .5 Couple et vitesse de décrochage et valeur relative de XS 626
couple de démarrage 590 36 .12 Rapport de court-circuit 627
35 .6 Circuits équivalents de deux moteurs 36 .13 Alternateur en charge 628
industriels 591 36 .14 Courbes de régulation 628
35 .7 Moteur de 5 hp : calcul des grandeurs 36 .15 Synchronisation des alternateurs 631
lors du décrochage 591 36 .16 Synchronisation au moyen de lampes 631
35 .8 Courbe du couple en fonction de la 36 .17 Alternateur branché sur un réseau infini 632
vitesse 592 36 .18 Interprétation physique du
35 .9 Propriétés d'une génératrice asynchrone 593 fonctionnement d'un alternateur 634
35 .10 Mesure des paramètres 595 36 .19 Puissance active débitée 635
VARIATION DE LA VITESSE D'UN 36 .20 Commande de la puissance débitée 636
MOTEUR ASYNCHRONE 36 .21 Constante d'inertie H 636
35 .11 Moteur à vitesse variable et couple 36 .22 Réactance transitoire 637
constant 597 36 .23 Résumé 639
35 .12 Couple et courant en fonction de la Problèmes - Chapitre 36 640
vitesse de glissement 598
35 .13 Modification du circuit équivalent selon 37 MOTEURS SYNCHRONES 643
la fréquence d'opération 602 37 .1 Construction 643
35 .14 Plage d'opération lorsque la tension et 37 .2 Démarrage du moteur synchrone 644
la fréquence sont variables 603 37 .3 Accrochage du rotor 645
35 .15 Flux du stator dans une machine 37 .4 Moteur en charge - description 646
asynchrone et le rapport volts/hertz 603 37 .5 Moteur en charge - puissance et couple 646
35 .16 Commande du couple et de la vitesse 604 37 .6 Angles électrique et mécanique 648
35 .17 Couple et vitesse lors du décrochage 606 37 .7 Caractéristiques générales d'un moteur
35 .18 Freinage par récupération d'énergie 607 synchrone 649
35 .19 Fonctionnement en survitesse 609 37 .8 Excitation et puissance réactive d'un
35 .20 Fonctionnement en survitesse : aperçu moteur synchrone 650
préliminaire 609 37 .9 Facteur de puissance : courbes en V 650
35 .21 Autres façons de présenter les 37 .10 Compensateur synchrone 652
caractéristiques du moteur 612 37 .11 Couple de réluctance 653
35 .22 Résumé 613 37 .12 Arrêt du moteur 655
Problèmes - Chapitre 35 613 37 .13 Usages du moteur synchrone,
comparaison avec le moteur asynchrone 656
37 .14 Résumé 657
Problèmes - Chapitre 37 657

XXI

38 MOTEURS MONOPHASÉS 660 39 .14 Moteurs pas à pas et entraînements


38 .1 Construction d'un moteur asynchrone linéaires 701
monophasé 660 39 .15 Résumé 702
38 .2 Vitesse synchrone 662 Problèmes -Chapitre 39 702
38 .3 Couple en fonction de la vitesse 663 ÉLECTRONIQUE DE PUISSANCE
PARTIE III
38 .4 Principe de fonctionnement 663 ET SYSTÈMES D'ENTRAÎNEMENT
38 .5 Démarrage par phase auxiliaire 664
38 .6 Moteur à phase auxiliaire résistive 664 40 COMMANDE INDUSTRIELLE DES
Moteur à démarrage par condensateur 667 MOTEURS 706
38 .7
38 .8 Caractéristiques en charge des moteurs 40 .1 Dispositifs de commande 706
asynchrones 667 40 .2 Contacts normalement ouverts et
Vibration des moteurs monophasés 668 normalement fermés 711
38 .9
38 .10 Moteur à condensateur permanent 670 40 .3 Courant d'excitation d'une bobine de
Inversion du sens de rotation 671 maintien 711
38 .11
Moteur à bagues de court-circuit 40 .4 Diagrammes de commande 711
38 .12
(«Shaded-pole motor») 671 40 .5 Procédés de démarrage 712
Moteur série 672 40 .6 Démarreurs manuels 714
38 .13
38 .14 Moteur à répulsion-induction 673 40 .7 Démarreurs magnétiques 714
38 .15 Moteur à hystérésis 673 40.8 Marche par à-coups («jogging») 718
38 .16 Moteur synchrone à réluctance variable 675 40 .9 Inversion du sens de rotation 719
38 .17 Choix des moteurs monophasés 675 40.10 Freinage par inversion 720
38 .18 Systèmes d'entraînement synchro 676 40 .11 Démarrage à tension réduite 720
40 .12 Démarrage par résistances 722
CIRCUIT ÉQUIVALENT D'UN MOTEUR
MONOPHASÉ À CAGE 40 .13 Démarrage par autotransformateurs 725
40 .14 Autres méthodes de démarrage 727
38 .19 Répartition de la FMM 677
40 .15 Commutateurs à cames 707
38 .20 FMM tournantes dans un moteur
40 .16 Systèmes d'entraînements spéciaux 728
monophasé 678
AUTOMATES PROGRAMMABLES
38 .21 Déduction du circuit équivalent du
moteur monophasé 679 40 .17 Introduction 729
38 .22 Résumé 681 40 .18 Capacités des automates programmables
Problèmes - Chapitre 38 682 industriels 729
40 .19 Les éléments d'un système de
39 MOTEURS PAS À PAS 684 commande 729
39 .1 Moteur pas à pas élémentaire 684 40 .20 Exemples d'utilisation d'un automate
39 .2 Effet de l'inertie 685 programmable 732
39 .3 Effet d'une charge mécanique 686 40 .21 Parties d'un automate programmable
39 .4 Couple en fonction du courant 687 industriel 734
39 .5 Mode de rotation pas à pas 687 40 .22 L'unité centrale de traitement 734
39 .6 Mode de rotation en survitesse 688 40 .23 Console de programmation 734
39 .7 Accélération et décélération progressive 40 .24 Les modules d'entrée/sortie 735
(«ramping») 689 40 .25 Structure des modules d'entrée 736
39 .8 Types de moteurs pas à pas 689 40 .26 Structure des modules de sortie 736
39 .9 Enroulements et systèmes d'excitation 693 40 .27 Modularité des automates
39 .10 Fonctionnement à haute vitesse 697 programmables industriels 737
39 .11 Méthodes pour réduire la constante 40 .28 Les entrées et sorties à distance 738
de temps 698 40 .29 Circuits conventionnels et circuits
39 .12 Système d'excitation à deux niveaux de d'automate programmable 738
tension («bilevel drive») 698 40 .30 Règle de sécurité 739
39 .13 Instabilité et résonance 701 40 .31 La programmation 739

XXI I
40 .32 Les langages de programmation 740 42 ÉLECTRONIQUE DE PUISSANCE 784
40 .33 Le diagramme en échelle 740 42 .1 Différence de potentiel entre les bornes
40 .34 Le langage booléen 741 des éléments de base 784
40 .35 Le Grafcet 741 42 .2 La diode 785
40 .36 Avantages et inconvénients des 42 .3 Caractéristiques principales d'une diode 786
automates programmables 741 CIRCUITS UTILISANT DES DIODES
MODERNISATION D'UNE 42 .4 Chargeur d'accumulateur avec résistance 787
INDUSTRIE GRÂCE AU API 42 .5 Chargeur d'accumulateur avec
40 .37 Planification du changement 743 inductance 788
40 .38 Le personnel apprend à maîtriser les API 744 42 .6 Redresseur en pont monophasé 789
40 .39 Liaisons entre les API 744 42 .7 Filtres 790
40 .40 Programmation des API 745 42 .8 Redresseur triphasé à 3 pulsations 792
40 .41 Évolutions vers une entreprise virtuelle 747 42 .9 Redresseur en pont triphasé 795
40 .42 Résumé 747 42 .10 Courant efficace, courant fondamental
Problèmes - Chapitre 40 748 et harmoniques 799
42 .11 Propriétés du thyristor 800
41 LES HARMONIQUES 751 42 .12 Principe d'amorçage 802
41 .1 Composition d'une onde distorsionnée 751 42 .13 Puissance de commande 803
41 .2 Harmoniques et diagrammes vectoriels 753 42 .14 Principe de blocage 803
41 .3 Valeurs efficaces d'une onde CIRCUITS DE BASE UTILISANT
distorsionnée 753 DES THYRISTORS
41 .4 Facteur crête et facteur de distorsion 42 .15 Circuit 1 - Redresseur contrôlé
(THD) 754 alimentant une charge passive 805
41 .5 Harmoniques et circuits 755 42 .16 Circuit 2 - Redresseur contrôlé
41 .6 FP total et FP de déplacement 756 alimentant une charge active 806
41 .7 Charges non linéaires 756 42 .17 Circuit 3 - Onduleur non autonome 807
41 .8 Génération des harmoniques 758 42 .18 Circuit 4 - Contacteur électronique et
41 .9 Génération d'une puissance réactive 760 gradateur 809
42 .19 Circuit 5 - Cycloconvertisseur 809
EFFET DES HARMONIQUES
42 .20 Circuit 6 - Onduleur autonome 810
41 .10 Courant harmonique dans un 42.21 Circuit 7 - Hacheur 812
condensateur 761
CONVERTISSEUR TRIPHASÉ
41 .11 Courants harmoniques dans un
CONTROLÉ À THYRISTORS
conducteur 762
42 .22 Convertisseur triphasé en pont 812
41 .12 Tension harmonique et flux dans une
42 .23 Principe de fonctionnement en mode
bobine 763
redresseur contrôlé 812
41 .13 Courants harmoniques dans une ligne
42 .24 Principe de fonctionnement en mode
triphasée avec neutre 764
onduleur 814
41 .14 Harmoniques et résonance 765
42 .25 Convertisseur triphasé contrôlé
41 .15 Filtres harmoniques 770
alimentant une charge active 815
41 .16 Harmoniques dans les réseaux publics 772
42 .26 Commutation retardée - mode
41 .17 Courants harmoniques dans les
redresseur 816
transformateurs : le facteur K 774 42 .27 Commutation retardée - mode onduleur 818
ANALYSE HARMONIQUE 42 .28 Plage de commutation 818
41 .18 Procédure pour analyser une onde 42 .29 Circuit équivalent d'un convertisseur 818
périodique 776 42 .30 Courants dans un convertisseur triphasé
41 .19 Résumé 780 en pont 820
Problèmes -Chapitre 41 781 42 .31 Facteur de puissance 821

XXIII

42 .32 Période de commutation 822 42 .62 Convertisseur monophasé à deux


42 .33 Commutation naturelle 823 nivaux en demi-pont 858
42 .34 Angle de marge 825 42 .63 Convertisseur monophasé à trois nivaux 859
42 .35 Encoches de commutation 827 42 .64 Réalisation d'un convertisseur à
HACHEURS CONTINU-CONTINU trois nivaux 860
42 .36 Thyristor et GTO - caractéristiques 827 42 .65 Commande de la tension générée par un
convertiseur à trois nivaux à onde carrée 861
42.37 Le BIT - caractéristiques 828
42 .38 Le MOSFET - caractéristiques 828 42 .66 Réduction des harmoniques générées
par un convertisseur à trois nivaux 861
42 .39 L'IGBT - caractéristiques 829
42 .40 Applications du hacheur 829 42 .67 Convertisseur triphasé à trois nivaux 861
42 .41 Hacheur continu-continu à deux 42 .68 Convertisseur à trois nivaux à MLI 864
quadrants 829 42 .69 Convertisseur continu-triphasé à
42 .42 Le hacheur vu comme un transformateur MLI à trois nivaux 864
832 42 .70 Résumé 866
à c .c .
Problèmes -Chapitre 42 868
42 .43 Ondulation du courant continu 832
42 .44 Courant IH débité par la source 833
43 ENTRAÎNEMENT ÉLECTRONIQUE DES
42 .45 Hacheur électronique continu-continu 836
MOTEURS À COURANT CONTINU 873
42 .46 Hacheurs dévolteur et survolteur 837
43 .1 Entraînement limité au quadrant 1 873
42 .47 Hacheur à 4 quadrants 837
43 .2 Entraînement dans les quadrants 1 et 4
42 .48 Pertes dues à la commutation 839
par inversion du champ 876
CONVERTISSEURS CONTINU-ALTERNATIF 43 .3 Entraînement dans les quadrants 1 et 4
42 .49 Convertisseur continu-alternatif à onde par inversion de l'induit 877
carrée 841 43 .4 Entraînement dans les quadrants 1 et 4
42 .50 Convertisseur continu-continu à utilisant deux convertisseurs 877
modulation de la largeur d'impulsion 43 .5 Entraînement avec courant de
(MLI) 841 circulation 878
42 .51 Création de formes d'ondes alternatives 43 .6 Entraînement électronique dans les
quelconques 842 quadrants 1 et 2 880
42 .52 Convertisseur continu-alternatif à onde 43 .7 Fonctionnement dans les 4 quadrants 881
sinusoïdale 844 43 .8 Redresseur en pont avec diode de roue
42 .53 Génération d'une tension sinusoïdale 845 libre 882
42 .54 Tensions MLI et volts-secondes 846 43 .9 Redresseur mixte 885
42 .55 Autres méthodes de commutation 846 43 .10 Hacheurs et machines à c .c . 887
42 .56 Réalisation graphique de la MLI pour 43 .11 Application des hacheurs aux systèmes
convertisseur à 2 quadrants 847 de traction 888
42 .57 Réalisation graphique de la MLI pour 43 .12 Entraînement d'un moteur shunt
convertisseur à 4 quadrants (mode utilisant un convertisseur c .c . - c .c . 891
bipolaire) 848 43 .13 Introduction aux moteurs sans balais 896
42 .58 Réalisation graphique de la MLI pour 43 .14 Remplacement du collecteur 897
convertisseur à 4 quadrants (mode 43 .15 Moteur synchrone fonctionnant en
unipolaire) 850 machine à c .c . 898
42 .59 Convertisseur continu-triphasé 850 43 .16 Distinction entre un moteur synchrone
42 .60 Convertisseur triphasé : MLI par le et un moteur synchrone autopiloté 899
calcul de trois rapports cycliques 855 43 .17 Application d'un moteur à c .c . sans
balais 900
CONVERTISSEURS À TROIS NIVAUX
43 .18 Résumé 902
42 .61 Convertisseur monophasé à deux 902
Problèmes - Chapitre 43
nivaux en pont 857

XXIV

44 COMMANDE ÉLECTRONIQUE DES CONTRÔLE VECTORIEL


MOTEURS À COURANT ALTERNATIF 906
44 .22 Commande dynamique rapide des
44 .1 Types d'entraînements à courant
moteurs asynchrones 950
alternatif 906
44 .23 Principe du contrôle vectoriel 952
VARIATEURS DE VITESSE À 44 .24 Forces magnétomotrices spatiales 952
COMMUTATION NATURELLE
44 .25 Principe et mode d'opération du
44 .2 Moteur synchrone alimenté par une contrôle vectoriel 953
source de courant 908 44 .26 Orientation des FMM en régime
44 .3 Cycloconvertisseur à 6 pulsations 911 permanent 954
44 .4 Moteur synchrone alimenté par un 44 .27 Induction des courants dans le rotor 956
cycloconvertisseur 912 44 .28 Production d'un couple instantané 956
44 .5 Moteur asynchrone alimenté par un 44 .29 Commande vectorielle de n et T des
cycloconvertisseur 914 moteurs asynchrones 959
44 .6 Commande de vitesse d'un moteur à 44 .30 Fréquence de découpage 960
rotor bobiné 920
COMMANDE DIRECTE DU COUPLE
44 .7 Entraînement à vitesse variable utilisant
un gradateur 923 44 .31 Introduction 960
44 .8 Démarreurs statiques pour moteurs 44 .32 Commande du flux et du couple par
asynchrones 925 hystérésis 961
44 .33 Commande de la vitesse 962
VARIATEURS DE VITESSE UTILISANT DES
44 .34 Production du champ magnétique dans
ONDULEURS AUTONOMES
un moteur biphasé 962
44 .9 Note concernant les onduleurs
44 .35 Production d'un champ tournant 964
autonomes 927
44 .36 Commande du champ tournant par
44 .10 Onduleurs autonomes à ondes
hystérésis 966
rectangulaires 928
44 .37 Commande de la vitesse de rotation 967
44 .11 Onduleur à onde rectangulaire alimenté
44 .38 Logique de programmation des
par une source de courant 929
interrupteurs 967
44 .12 Onduleur autonome alimenté par une 44 .39 Vitesse de glissement instantanée et
source de tension 931
production du couple 969
44 .13 Variateur de vitesse pour moteur à cage 44 .40 Commande des moteurs triphasés 970
de 5 hp 933
44 .41 Système de commande par hystérésis 972
VARIATEURS DE VITESSE MLI 44 .42 Résumé 973
44 .14 Principe du variateur de vitesse à MLI 937 Problèmes - Chapitre 44 975
44 .15 Tensions générées par un variateur de
PARTIE IV RÉSEAUX ÉLECTRIQUES
vitesse MLI 939
44 .16 MLI synchronisée 941 45 PRODUCTION DE L'ÉNERGIE
44 .17 Variateur de vitesse MLI pour moteur ÉLECTRIQUE 983
asynchrone de 5 hp 941 45 .1 Appel de puissance d'un réseau 983
44 .18 Variateur de vitesse pour trains et 45 .2 Emplacement des centrales - transport
autobus 945 de l'énergie primaire 984
44 .19 Composants principaux d'un système 45 .3 Types de centrales 985
de traction 946 45 .4 Commande de la puissance et de la
44 .20 Modes d'opération du convertisseur fréquence - cas d'une centrale isolée 985
triphasé 947 45 .5 Commande de la puissance et de la
44 .21 Fonctionnement du convertisseur fréquence - cas de plusieurs centrales
monophasé 948 reliées 986
45 .6 Conditions lors d'une panne 987
45 .7 La fréquence et les horloges 988

xxv
CENTRALES HYDRAULIQUES PRODUCTION DÉCENTRALISÉE

45 .8 Puissance disponible 989 45 .38 Émergence de la production


45 .9 Types de centrales hydrauliques 989 décentralisée 1018
45 .10 Parties principales d'une centrale 45 .39 Cogénération 1019
hydraulique 991 45 .40 Technologies utilisées pour la
45 .11 Centrales à réserve pompée 992 génération décentralisée 1019
CENTRALES THERMIQUES
45 .41 Exemple de microturbine avec
cogénération 1020
45 .12 La combustion 994
45 .42 Résumé 1022
45 .13 Les éléments combustibles 994
Problèmes - Chapitre 45 1024
45 .14 Produits de la combustion 995
45 .15 Organisation d'une centrale thermique 995
46 TRANSPORT DE L'ÉNERGIE
45 .16 Turbines 997 ÉLECTRIQUE 1026
45 .17 Condenseur 997 46 .1 Organisation d'un réseau de transport
45 .18 Tours de refroidissement 998 d'énergie 1026
45 .19 Pompe d'alimentation en eau 998 46 .2 Types de lignes 1027
45 .20 Diagramme énergétique d'une centrale 46 .3 Tensions normalisées 1028
thermique 998
RÉALISATION PRATIQUE
CENTRALES NUCLÉAIRES D'UNE LIGNE AÉRIENNE
45 .21 Composition du noyau atomique 1000 46 .4
Composants d'une ligne 1028
45 .22 Énergie libérée par la fission atomique 1000 46 .5
Construction d'une ligne 1031
45 .23 Source de l'uranium 1001 46 .6
Lignes galopantes 1031
45 .24 Réaction en chaîne 1001 46 .7
Effet couronne - interférences
45 .25 Types de réacteurs 1002 radiophoniques 1031
45 .26 Exemple de réacteur à eau lourde : 46 .8 Pollution 1031
réacteur CANDU 1003 46 .9 Fils de garde 1031
45 .27 Exemple de réacteur à eau légère 1005 46 .10 Mise à la terre des pylônes 1031
45 .28 Principe du réacteur surrégénérateur 1006
PROPRIÉTÉS ÉLECTRIQUES DES
45 .29 Réaction nucléaire par fusion 1007 LIGNES DE TRANSPORT
PARCS D'ÉOLIENNES
46 .11 Circuit équivalent d'une ligne 1032
45 .30 Propriétés du vent 1007 46 .12 Simplification du circuit équivalent 1033
45 .31 Technologies de production d'électricité 46 .13 Valeurs des impédances de ligne 1034
à partir de l'énergie éolienne 1009 46 .14 Variation de la tension et puissance
45 .32 Turbine éolienne entraînant maximale transportable 1032
une génératrice à c .c . 1009 46 .15 Ligne résistive 1035
45 .33 Turbine éolienne entraînant une 46 .16 Ligne inductive 1036
génératrice asynchrone à vitesse 46 .17 Ligne inductive avec compensation 1037
constante 1009 46 .18 Ligne inductive reliant deux réseaux 1038
45 .34 Turbine éolienne entraînant une 46 .19 Récapitulation de la puissance
génératrice asynchrone à vitesse transportée 1039
variable 1010 46 .20 Choix de la tension de ligne 1040
45 .35 Turbine éolienne entraînant une 46 .21 Méthodes pour augmenter la puissance
génératrice asynchrone à transportable 1041
double alimentation 1011 46 .22 Transport de l'énergie à très haute
45 .36 Turbine éolienne et génératrice à tension 1044
aimants permanents à couplage direct 1012 46 .23 Échanges de puissance 1046
45 .37 Exemples de parcs éoliens 1013 46 .24 Puissances d'une ligne souterraine 1048
46 .25 Résumé 1049
Problèmes - Chapitre 46 1049

XXVI
47 DISTRIBUTION DE L'ÉNERGIE 48 COÛT DE L'ÉLECTRICITÉ -
ÉLECTRIQUE 1053 TARIFICATION 1089
POSTES DE TRANSFORMATION ET 48 .1 Tarification basée sur l'énergie 1089
D'INTERCONNEXION HT ET MT 48 .2 Tarification basée sur l'appel de
Appareillage d'un poste de puissance 1089
47 .1
transformation 48 .3 Indicateur d'appel de puissance 1090
1053
47 .2 Disjoncteurs 48 .4 Tarification basée sur la puissance
1053
47 .3 Interrupteurs à cornes apparente 1093
1056
Sectionneurs 48 .5 Tarification basée sur la catégorie de
47 .4 1059
Sectionneurs de mise à la terre client 1094
47 .5 1059
48 .6 Facture d'un abonné régulier 1094
47 .6 Parafoudres 1059
48 .7 Facture d'un abonné de moyenne
47 .7 Réactances 1062
Exemple de poste de transformation puissance 1096
47 .8
le poste La Suète 1064 48 .8 Détermination de la puissance à
La Suète - Distribution MT 1067 facturer 1096
47 .9
Réseau souterrain de centre-ville 1068 48 .9 Facture d'un abonné de grande
47 .10
puissance 1096
47 .11 Sainte-Foy - Distribution BT 1068
48 .10 Correction globale du FP d'une usine 1097
LIGNES DE DISTRIBUTION MT
48 .11 Cas d'un four à induction 1098
47 .12 Coordination de la protection 1069
48 .12 Compteur d'énergie ou wattheuremètre 1099
47 .13 Coupe-circuit à expulsion dirigée 1070
48 .13 Fonctionnement du wattheuremètre 1100
47 .14 Disjoncteur à réenclenchement
48 .14 Interprétation de la plaque signalétique,
automatique («recloser») 1071
lecture du compteur 1101
47 .15 Autosectionneur («sectionalizer») 1071
48 .15 Mesure de l'énergie triphasée 1102
47 .16 Résumé de la protection MT 1072
48 .16 Résumé 1102
SYSTÈMES DE DISTRIBUTION BT Problèmes - Chapitre 48 1103
47 .17 Systèmes de distribution BT 1072
47 .18 Mise à la terre (MALT) des 49 TRANSPORT DE L'ÉNERGIE À
installations électriques 1074 COURANT CONTINU 1107
47 .19 Choc électrique 1074 49 .1 Particularités du transport à c .c . 1107
47 .20 Mise à la terre des systèmes de 49 .2 Principe fondamental d'un système de
transport à c .c . 1108
distribution à 120 V et à 120/240 V 1075
49 .3 Relations entre tension, courant et
47 .21 Mise à la terre de l'équipement
électrique 1076 puissance 1110
47 .22 Disjoncteur différentiel de courant de 49 .4 Fluctuations de la puissance 1111
fuite 1078 49 .5 Caractéristiques E-I des convertisseurs 1112
49 .6 Contrôle de la puissance 1113
INSTALLATIONS ÉLECTRIQUES À
49 .7 Effet des fluctuations de tension 1114
L'INTÉRIEUR DES BÂTIMENTS
49 .8 Inversion de la puissance 1114
47 .23 Éléments principaux d'une installation
49 .9 Ligne bipolaire 1115
électrique 1080
49 .10 Composants d'une ligne de transport
47 .24 Appareillage dans une maison 1082
à c .c . 1116
47 .25 Commutateurs à trois et à quatre
49 .11 Inductances et filtres du côté c .c. 1116
directions 1082
49 .12 Transformateurs de convertisseur 1116
47 .26 Installations commerciales et
49 .13 Source de puissance réactive 1117
industrielles 1084
49 .14 Filtres harmoniques du côté c .a . 1117
47 .27 Alimentation d'un moteur 1084
49 .15 Liaison de communication 1117
47 .28 Résumé 1086
49 .16 Électrode de mise à la terre 1117
Problèmes - Chapitre 47 1086
49 .17 Exemple d'un convertisseur
monopolaire 1117

XXV I I

49 .18 Poste de conversion à 12 pulsations 1118 CONVERTISSEURS STATIQUES POUR


49 .19 Types d'installations 1121 RÉSEAUX DE DISTRIBUTION
49 .20 Ligne multiterminale de la Baie James 50 .12 Perturbations et qualité de l'onde 1158
à la Nouvelle-Angleterre 1124 50 .13 Pourquoi utiliser des convertisseurs
MLI APPLIQUÉE AU TRANSPORT MLI ? 1161
D'ÉNERGIE À COURANT CONTINU 50 .14 Réseau de distribution 1162
49 .21 Transport d'énergie à c .c . aux sites 50 .15 Compensateurs et analyse du circuit 1163
isolés 1130 50 .16 Le compensateur shunt : principe de
49 .22 Composition d'une génératrice statique 1132 fonctionnement 1163
49 .23 Vue d'ensemble du système de 50 .17 Le compensateur série : principe de
transport 1132 fonctionnement 1170
49 .24 Commande de la puissance active 1134 RÉGULATEUR DE PUISSANCE INTERPHASE
49 .25 Exemple de système c .c . à MLI 50 .18 Transfert de puissance entre deux
alimentant un site éloigné 1134 régions 1174
49 .26 Résumé 1136 50 .19 Régulateur de puissance interphase 1174
Problèmes -Chapitre 49 1137 50 .20 Résumé 1176
Problèmes es-Chapitre 50 1177
50 CONTRÔLEURS STATIQUES
DE RÉSEAUX 1139 APPENDICES 1179
CONTRÔLEURS POUR RÉSEAUX A-1 CONVERSION DES UNITÉS DE
DE TRANSPORT
MESURE 1180
50 .1 Le compensateur statique (SVC) 1140 A-2 PROPRIÉTÉS DES MATÉRIAUX
50 .2 Caractéristique V-I d'un compensateur ISOLANTS 1183
statique 1141 A-3 PROPRIÉTÉS DES CONDUCTEURS (ET
50 .3 Fonctionnement de l'inductance ISOLANTS) USUELS 1184
commandée par thyristors 1142 A-4 PROPRIÉTÉS DES CONDUCTEURS
50 .4 Composante efficace du courant RONDS EN CUIVRE 1185
fondamental 1143 A-5 LA MACHINE ASYNCHRONE :
50 .5 Système de commande et temps de RELATIONS FONDAMENTALES 1186
réponse du convertisseur statique 1144
50 .6 Capacitance série commandée par RÉPONSES AUX PROBLÈMES 1193
thyristors (TCSC) 1144 INDEX 1199
50 .7 TCSC à contrôle continu 1146
50 .8 Compensateur statique synchrone QUELQUES TABLEAUX DE RÉFÉRENCE 1208
(STATCOM) 1148
50 .9 Élimination des harmoniques 1151 FORMULES LES PLUS COURANTES 1210
50 .10 Contrôleur de puissance universel LISTE DE SITES WEB 1214
(UPFC) 1152
50 .11 Convertisseur statique de fréquence 1156

XXVIII
PARTIE I
NOTIONS FONDAMENTALES
ET CIRCUITS ÉLECTRIQUES
Notions de mécanique et
de thermodynamique

Note : Ce chapitre n'est pas essentiel à la compré- 1 .1 Les unités SI


hension des chapitres qui suivent, mais il présente plu- Le SI est un système métrique moderne qui a été adopté
sieurs notions de base concernant la mécanique, la par tous les pays du monde . En effet, les unités SI sont
thermodynamique et les unités de mesure. Ce chapitre plus faciles à manipuler que les anciennes unités mé-
est donc surtout une source de référence que le lecteur triques et bien supérieures aux unités anglaises (gal-
pourra consulter quand il en ressentira le besoin . On lon, pouce, etc .) .
recommande une lecture rapide pour commencer, et
Le SI repose sur sept unités de base qui sont :
une étude plus approfondie au fur et à mesure que les
1 . le kilogramme (kg), unité de masse,
divers sujets et unités seront présentés dans les chapi-
tres subséquents . En particulier plusieurs sujets trai- 2. le mètre (m), unité de longueur,
tés dans cette introduction ne seront compris complè- 3 . la seconde (s), unité de temps,
tement que lorsqu'ils auront trouvé une application 4 . le kelvin (K), unité de température,
pratique dans les autres chapitres . 5 . l'ampère (A), unité de courant électrique,
6 . la mole (mol), unité de quantité de matière et
Les appareils électriques sont le siège de phénomènes
7 . la candela (cd), unité d'intensité lumineuse .
mécaniques et thermiques, c'est pourquoi il importe
d'avoir une bonne connaissance des lois fondamentales Toutes les autres unités sont dérivées de ces unités de
qui régissent ces deux domaines . Cependant, avant base, soit par des lois naturelles, soit par définition,
d'entreprendre une étude de la mécanique et de la ther- soit par des relations géométriques . C'est ainsi que le
modynamique, il est indispensable de décrire le sys- newton (N), unité de force, est égal à 1 kilogramme-
tème d'unités adopté dans ce livre . Il s'agit du Sys- mètre par seconde carrée (kg •m/s 2 ), que le joule, unité
tème international d'unités, désigné universellement par d'énergie, est égal à 1 newton-mètre, et ainsi de suite .
l'abréviation SI .




















L LLLV I !lV I LVI IIVI\,(VL

Le tableau 1-1 présente une liste des unités SI utilisées fixes multiplient la valeur de l'unité par les facteurs
dans ce livre . De plus, on donne en appendice une sé- donnés dans le tableau 1-2 . Par exemple, 1 kilomètre
rie de tables qui facilitent beaucoup la conversion des = 1000 mètres, 1 millimètre = 0,001 mètre et 1 mé-
unités lorsque cette opération s'avère nécessaire . Le aawatt = 10 6 watts ou 1 million de watts .
lecteur pourra également les consulter afin de mieux
1 .3 Emploi des exposants
apprécier l'ordre de grandeur des diverses unités .
En électricité comme dans toutes les disciplines scien-
1 .2 Multiples et sous-multiples des unités tifiques, on rencontre des grandeurs dont la valeur va-
Les multiples et sous-multiples des unités SI sont ob- rie entre des limites énormes . On doit, par exemple,
tenus en faisant précéder ces unités de préfixes ap- pouvoir comparer la charge minuscule d'un électron
propriés comme kilo, méga, nano, déci, etc . Ces pré- avec celle, infiniment plus grande, d'un éclair, ou en-
core pouvoir mesurer des masses allant de la masse
infime d'un atome à la masse énorme de la terre . Le
rapport entre la plus grosse et la plus petite valeur est
TABLEAU 1-1 UNITÉS USUELLES DU SI tellement considérable qu'il a fallu trouver un moyen
simple pour l'exprimer . Par exemple, un courant élec-
grandeur unité SI symbole
trique de 1 ampère seulement correspond au passage
angle radian rad de 6 240 000 000 000 000 000 électrons par seconde .
F Comment exprimer simplement des chiffres aussi
capacitance (ou capacité) farad
grands? On utilise les exposants, et plus particulière-
chaleur joule J
ment les puissances de 10 .
champ magnétique ampère par mètre A/m
D'après cette méthode, les expressions 102 , 10 3 et 104
charge électrique coulomb c correspondent respectivement aux nombres 100, 1000
conductance siemens S
et 10 000 . Les chiffres 2, 3, 4, etc ., en position supé-
couple newton-mètre N •m rieure sont les exposants : on constate qu'ils indiquent
courant électrique ampère A le nombre de zéros suivant le chiffre 1 . Ainsi, 10 7 équi-
densité de flux magnétique tesla T vaut à 10 000 000 . De cette manière on peut écrire
énergie joule J qu'un courant électrique de 1 ampère correspond au
flux magnétique weber Wb passage de 6,24 x 10 18 électrons par seconde ; ce qui
est plus court et moins sujet à erreur .
force newton N
A Par un raisonnement analogue, on exprime des quan-
force magnétomotrice ampère
tités très petites en utilisant les exposants négatifs ; ainsi
fréquence hertz Hz
10-3 équivaut à 1/(10 3 ) = 1/1000 .
inductance henry H
longueur mètre m 1 .4 Utilisation des symboles (+) et (- )
masse kilogramme kg En arithmétique, on utilise les symboles (+) et (-) pour
pression pascal Pa décrire les opérations d'addition et de soustraction .
En électricité et en mécanique, on étend leur si-
puissance watt W
gnification pour indiquer le sens d'une force, d'un cou-
résistance ohm 52
rant électrique, d'une vitesse, d'une puissance, etc .,
surface mètre carré M2
par rapport à une direction de référence choisie . Par
tension volt V exemple, si un courant circulant dans un fil possède
température kelvin K d'abord une valeur positive (+) et ensuite une valeur
ou degré Celsius °C négative (-), cela indique qu'il a simplement changé
travail joule J de sens . De la même façon, si la vitesse d'une ma-
chine passe de +1000 r/min à - 400 r/min, cela in-
vitesse mètre par seconde m/s
dique que son sens de rotation a changé . Dans les cha-
vitesse de rotation radian par seconde rad/s
pitres qui suivent, nous rencontrerons souvent cette
signification des symboles (+) et (-) .

NOTIONS DE MECANIQUE ET DE THERMODYNAMIQUE 3

1 .5 Force Tout objet est attiré vers la terre par une force de gra-
Dans le langage courant, on se soucie peu de faire une vité . La valeur de cette force varie légèrement d'un
distinction entre les termes force, travail, énergie et endroit à l'autre sur la surface de la terre, mais, en
puissance ; cependant, chacun de ces mots a une signi- moyenne, elle équivaut à 9,8 newtons pour 1 kilo-
fication bien précise pour les personnes initiées, les- gramme . C'est dire qu'une masse de 10 kilogrammes
quelles ne les emploient jamais indifféremment l'un est attirée avec une force de 10 x 9,8 ou 98 newtons .
de l'autre . Nous en concluons que la force de gravité à la surface
terrestre est donnée par l'équation approximative :
La manifestation la plus familière d'une force est le
poids d'un corps qui correspond à l'attraction terres-
tre . Un ouvrier doit faire un effort musculaire (doit for- F = 9,8m
cer) pour soutenir une pierre, et il sent très bien l'ac-

tion de la pesanteur sur cette pierre . Il existe d'autres
sortes de forces : celle, par exemple, de la poussée sur F = force de gravité (ou pesanteur), en newtons
une balle de fusil des gaz provenant de l'explosion de [N]
la poudre, ou encore celle du frottement d'une roue
m = masse, en kilogrammes [kg]
d'automobile qui est freinée brusquement .
9,8 = accélération due à la gravité [m/s 2 ]
Dans le SI, l'unité de force est le newton (N) .

TABLEAU 1-2 MULTIPLES ET SOUS MULTIPLES DES UNITÉS SI

préfixe multiplicateur symbole exemple

yotta 10 24 Y 5 Ym -1 = 5 x 10 24 par mètre = 5 x 10 24 m -1


zetta 1021 Z 6 ZK = 6 zettakelvins = 6 x 1021 K
exa 10 18 E 2 ES2 = 2 exaohms = 2 x 10 18 S2
péta 10 15 P 3 PJ = 3 pétajoules = 3 x 10 15 J
téra 10 12 T 4 TW = 4 térawatts = 4 x 1012 W
giga 10 9 G 5 GW •h = 5 gigawattheures = 5 x 10 9 W •h
méga 106 M 6 MPa = 6 mégapascals = 6 x 10 6 Pa
kilo 103 k 7 km = 7 kilomètres = 7000 m
hecto 100 h 8 hL = 8 hectolitres = 800 L
déca 10 da 9 dam = 9 décamètres = 90 m
déci 1/10 d 1 dm 3 = 1 décimètre cube = (0,1 m) 3 = 0,001 m 3
centi 1/100 c 2 cm = 2 centimètres = (2/100) m = 0,02 m
milli 10 -3 m 3 mV = 3 millivolts = 3 x 10 -3 V
micro 10 -6 µ 4 .pF = 4 microfarads = 4 x 10 -6 F
nano 10 -9 n 5 ns = 5 nanosecondes = 5 x 10 -9 s
pico 10 -12 p 6 pA = 6 picoampères = 6 x 10 -12 A
femto 10 -15 f 7 fm = 7 femtomètres = 7 x 10 -15 m
atto 10 -18 a 8 aJ = 8 attojoules = 8 x 10 -18 J
zepto 10 -21 z 4 zC = 4 zeptocoulombs = 4 x 10 -21 C
yocto 10 -24 y 2 yg = 2 yoctograms = 2 x 10-24 g = 2 x 10 -27 kg
U aittraction gravitationnelle de la lune est environ six 1 .7 Travail
fois plus faible que celle de la terre, se chiffrant à
Si on déplace un objet quelconque d'une distance d en
1,6 newtons pour 1 kilogramme seulement . Sur la lune,
lui appliquant une force F, on effectue un travail W .
une masse de 10 kg ne pèse plus que 10 x 1,6 ou
Par définition, le travail est donné par l'équation :
16 newtons, ce qui explique pourquoi les astronautes
étaient capables de manipuler des charges écrasantes (1-3)
W = Fd
sans le moindre effort .

1 .6 Couple W = travail, en joules [J]
Le couple est une mesure de l'effort tournant . Il est F = force, en newtons [N]
égal au produit d'une force par la distance perpendicu- d = longueur du déplacement, en mètres [m]
laire entre l'axe de rotation et le point d'application de
D'une manière générale, le travail accompli est égal
la force . L'unité SI de couple est le newton-mètre (N .m) .
au produit de la force par le chemin parcouru (dans la
direction de la force) .
L'unité SI de travail est le joule ; il est égal au travail
effectué par une force de 1 newton sur une distance de
1 mètre.
Imaginons un treuil (Fig . 1-2) levant une masse de
50 kilogrammes . Si le treuil est actionné à la main, il
faudra qu'un ouvrier déploie une certaine activité pour
faire monter la masse à une hauteur déterminée . Cette
Figure 1-1
activité, ou travail, se mesure par le produit de la force
Couple T= Fr.
par la hauteur dont on a élevé la masse . Si la masse est
élevée d'une hauteur de 10 mètres, le travail sera :
Imaginons une corde enroulée autour d'une poulie
ayant un rayon r (Fig . 1-1) . Si on tire sur la corde avec W = Fil
une force F, la poulie aura tendance à tourner autour = 9,8 x 50 x 10
de son axe . Par définition, le couple est donné par = 4900 joules
l'équation : = 4900 J
Remarquons que le couple et le travail sont tous deux
T = Fr (1-2) obtenus en multipliant une force par une distance . Il
ne faut cependant pas confondre les termes travail et
où couple . Un travail est toujours accompagné d'un mou-
T = couple, en newton-mètres [N .m] vement ou déplacement quelconque où la force et la
F = force, en newtons [N] distance sont dans le même sens . Par contre, le couple
r = rayon, en mètres [m]

Exemple 1-1
Un moteur développe un couple de démarrage de
150 N-m . Si la poulie a un diamètre de 1 mètre .
quelle foi-ce de freinage faut-il appliquer sur la
poulie pour empêcher le moteur (le tourner?

Solution
Le rayon étant de 0,5 mètre, il faudra une force
F = Tir 150/0,5 = 300 newtons . Si le rayon avait Figure 1-2
été de 2 mètres, une force de 75 newtons aurait suffi . Travail W = Fd.
NOTIONS DE MÉCANIQUE ET DE THERMODYNAMIQUE 5

est simplement un effort tournant, obtenu par l'action


d'une force à une certaine distance de l'axe de rota-
tion, la force et la distance étant perpendiculaires . Un
couple peut exister même lorsqu'il n'en résulte aucun
mouvement. Un travail ne peut exister sans mouvement .

1 .8 Puissance
À la section 1 .7, il n'a pas été question du temps pris
par l'ouvrier pour faire monter la masse de 50 kg . Il
est aisé de se rendre compte qu'il lui est plus facile
d'élever la masse de 10 mètres en 10 minutes que de la
faire monter à la même hauteur en 1 minute seulement .
Le travail dépensé sera toutefois le même dans les deux
Figure 1-3
cas . On dira alors que la puissance mise enjeu est dix Puissance P = W/t.
fois plus grande dans le deuxième cas .
On définit la puissance comme étant la quantité de tra-
vail accompli par seconde . Plus une machine exécute Solution
un travail rapidement, plus elle est puissante . Inverse- La tension dans le câble est :
ment, le produit de la puissance par le temps nous donne
F = 9,8 x 500 kg = 4900 newtons
le travail . On finit toujours par terminer un travail, même
avec une faible puissance, si on y met le temps voulu . Le travail effectué est donc :
D'après ce qui a été dit plus haut, la puissance est dé-
finie par l'équation : W = Fil = 4900 x 30 = 147 000 joules

W = 147000
P= W (1-4) d'où la puissance P =
t t 12
= 12 250 W = 12,25 kW

12
P = puissance, en watts [W] la puissance en horsepower = 250 = 16,4 hp
W = travail effectué, en joules [J] 746
t = temps, en secondes [s] 12 250
la puissance en chevaux = 16,7 ch
735,5
L'unité SI de puissance mécanique est le watt ; il est égal
à 1 joule par seconde . On utilise aussi fréquemment un
1 .9 Puissance d'un moteur
multiple du watt, le kilowatt (kW), valant 1000 watts .
Le horsepower (hp) est une unité anglaise de puissance La puissance mécanique d'un moteur dépend du cou-
qu'on utilise parfois pour exprimer la puissance d'un ple qu'il développe et de sa vitesse de rotation . La puis-
moteur. Elle est équivalente à 746 watts et correspond sance P est calculée d'après la formule de base :
sensiblement à la puissance moyenne d'un cheval . De
même, le cheval-vapeur (ch) est une unité française de P = wT (1-5a)
puissance ; elle équivaut à 735,5 W.

Exemple 1-2 P = puissance mécanique, en watts [W]
Un moteur électrique actionne un monte-charge qui w = vitesse angulaire, en radians par seconde
élève une masse de 500 kiloerammes d'une hauteur [1/s]
de 30 mètres en 12 secondes (voir Fige . 1-3) . Calcu- T = couple en newton-mètres [N'm]
ler la puissance du moteur en kW . en hp et en ch .
Une autre formule, dérivée de la formule (1-5a) est

O tLtl, I MU I LUF11VIUUt

particulièrement utile lorsque la vitesse de rotation est Exemple 1-3


exprimée en tours par minute : un essai de frein de Pronv est fait sur un moteur
électrique . Les pesons indiquent respectivement
des forces de 25 N et (le 5 N . Le moteur tourne à
P = nT (1-5b) 1700 rhnin et le rayon de la poulie est de 0 .1 m .
9,55
Calculer le couple et la puissance développés par
le moteur .

P = puissance mécanique, en watts [W] Solution
T = couple, en newtons-mètres [N .m] Le couple T du moteur = (25 - 5) x 0,1 = 2 N •m
n = vitesse de rotation, en tours par minute
[r/min] nT
9,55 = facteur tenant compte des unités d'où la puissance P =
9,55
[valeur exacte = 30/n]
1700 x 2
Pour mesurer la puissance d'un moteur, on peut utili- 9,55
ser un frein de Prony qui est composé d'une courroie
= 356 watts
et de deux pesons à ressort D1 et D2 (Fig . 1-4) . La
courroie est tenue serrée sur la poulie par la vis V . La puissance est de 356 W, soit 0,48 hp environ .
Quand le moteur n'est pas en marche, les deux pe- Noter que cette puissance est entièrement convertie en
sons donnent la même lecture et l'effort tournant chaleur par le frottement de la courroie sur la poulie .
sur la poulie est nul . Cependant, quand le moteur Afin que la température de la poulie ne devienne pas
tourne dans le sens horaire, comme dans la Fig . trop élevée, il est parfois nécessaire de la refroidir par
1-4, la force indiquée par D1 dépasse celle indiquée une circulation d'eau .
par D2 . Sous l'action des deux forces F1 et F2, la Il est possible d'augmenter la puissance mécanique
poulie de rayon r est soumise à deux couples FI r et développée par le moteur en serrant la courroie davan-
Fer agissant en sens inverses . Le couple net déve-
tage .
loppé sera :
1 .10 Énergie dans les corps en mouvement
T = (F1 - F2) X r newton-mètres
Une pierre qui tombe, une automobile qui file sur la
Si on connaît la vitesse de rotation n, on peut en dé- route, un volant qui tourne, sont tous doués d'une pro-
duire la puissance du moteur. priété qui leur permet de faire du travail . Le travail s'ef-
fectue lorsque le corps en mouvement est ralenti ou
arrêté par un obstacle ou un frein quelconque .
On dit que ces corps en mouvement possèdent une éner-
gie cinétique W . Si le corps se déplace en ligne droite
l'énergie cinétique est donnée par la formule :

1 2
W = -MI) (1-6)
2


W = énergie cinétique, en joules [J]
Figure 1-4 m = masse, en kilogrammes [kg]
Frein de Prony. v = vitesse, en mètres par seconde [m/s]
NOTIONS DE MECANIQUE ET DE THERMODYNAMIQUE

Exemple 1-4
Une automobile de 2000 kg se déplace à une vitesse
de 100 kin/h . Calculer son énergie cinétique W .

Solution
Une vitesse de 100 km/h correspond à :

v = 100 000 m/3600 s = 27,8 m/s

E = 1 mv 2
2
1
x 2000 x 27,8 2
2
= 772 840 joules

Un corps tournant autour d'un axe (Fig . 1-5) pos-


sède aussi de l'énergie cinétique dont la valeur dé- Figure 1-5
pend de la vitesse de rotation, de la masse du corps, Énergie dans le volant tournant d'une poinçonneuse .
et de sa forme géométrique . L'énergie est donnée
par l'équation :
Nous verrons à la section 1 .17 comment calculer le
moment d'inertie, et dès lors, l'énergie dans le corps .
W= 1 JOo2 (1-7a)
2 1 .11 Énergie dans les corps immobiles
Même à l'état de repos, la matière a la propriété de
où pouvoir produire du travail . L'eau emmagasinée der-
W = énergie cinétique, en joules [J] rière un barrage peut, en tombant, effectuer un certain
J = moment d'inertie, en kilogramme-mètre travail ; un ressort tendu peut également, en se déten-
carré [kg .m2 ] dant, accomplir un travail . L'énergie ainsi emmagasi-
w = vitesse de rotation, en radians par seconde née dans un corps immobile s'appelle énergie poten-
[radis] tielle ; elle aussi se mesure en joules .

Une autre équation, dérivée de l'équation (1-7a), est Remarquons que l'énergie du ressort et celle de l'eau
particulièrement utile lorsque la vitesse de rotation est derrière un barrage peuvent être conservées indéfini-
exprimée en tours par minute : ment, jusqu'à ce qu'on permette au ressort de se dé-
tendre et à l'eau de s'écouler .

W = 5,48 x 10 3 Jn 2 (1-7b) 1 .12 Formes de l'énergie


Quels que soient l'état ou la forme sous lesquels se
ou
présente l'énergie, elle est toujours susceptible de se
W = énergie cinétique, en joules [J] transformer en travail . L'énergie et le travail peuvent
J = moment d'inertie, en kilogramme-mètre donc s'exprimer par la même unité, soit le joule .
carrés [kg-m 2 1 L' énergie se présente sous plusieurs formes, dont voici
n = vitesse de rotation, en tours par minute les plus familières :
[r/min]
5,48 x 10-3 = facteur tenant compte des a) L'eau d'une chute, en tombant, peut faire tourner
unités [valeur exacte = (n) 2 /1800] . une turbine et produire de l'énergie mécanique .


U CLCL .l n\lI CI~nIVlla(VL

b) La chaleur qui, transmise à l'eau d'un récipient, fait 1 .14 Principe de la conservation
soulever le couvercle de ce récipient n'est qu'une de l'énergie
autre forme d'énergie, l'énergie thermique . Chaque fois que l'énergie passe d'une forme à une
c) L'explosion de la dynamite qui ébranle des blocs de autre, on constate que la quantité d'énergie totale après
granit est une manifestation de l'énergie chimique . la transformation demeure la même . L' énergie se trans-
d) L' électricité produite par les génératrices et qui fait forme tout simplement ; elle ne peut être ni créée, ni
briller des lampes à incandescence n'est qu'une autre détruite .
forme d'énergie, l'énergie électrique . Cependant, quand on passe d'une forme d'énergie à
e) La chaleur libérée dans un réacteur atomique pro- une autre, au moyen d'une machine quelconque, toute
vient de l'énergie atomique . l'énergie recueillie n'est pas toujours utilisable prati-
Toutes ces formes d'énergie - mécanique, électrique, quement . Par exemple, l'énergie thermique produite
chimique, atomique et thermique - sont exprimées par dans un moteur d'automobile servira en grande partie
la même unité SI, le joule (J) . à chauffer inutilement les fumées d'échappement éva-
cuées dans l'atmosphère . De plus, une partie de l'éner-
1 .13 Transformation de l'énergie
gie mécanique développée par le moteur est dépensée
L'énergie présente sous une forme quelconque peut être pour vaincre la résistance de l'air et les frottements
transformée en une autre forme à l'aide de machines . des engrenages, paliers, etc . À cause de ces pertes,
On voit comment (Fig . 1-6) l'énergie chimique du char- l'énergie utile est inférieure à l'énergie fournie .
bon et de l'air se transforme, par combustion, en cha-
leur (énergie thermique) en utilisant une chaudière . 1 .15 Rendement d'une machine
Cette chaleur fait tourner la turbine à vapeur et se trans- Le rendement d'une machine est donné par le rapport :
forme en énergie mécanique . Enfin, la turbine peut en-
traîner une génératrice et produire de l'énergie électri- énergie utilisable W2
rendement =
que . Dans cet exemple, la chaudière, la turbine et la énergie fournie à la machine Wi
génératrice sont les machines qui effectuent la trans-
formation d'énergie . Dans cette expression, l'énergie utilisable équivaut au
L'énergie électrique à son tour, peut servir à des fins produit de la puissance utilisable par le temps et l' éner-
multiples . Par exemple, elle peut faire tourner les mo- gie fournie équivaut au produit de la puissance fournie
teurs d'une usine (énergie mécanique), chauffer les par le temps . Pour une transformation d'énergie don-
maisons (énergie thermique), décomposer certains mi- née, le temps est le même . Alors, on peut écrire :
nerais pour libérer l'aluminium pur (énergie chimique) .
uissance utilisable
rendement = p
puissance fournie
soit

P2
17 =
P1

Pour une transformation de l'énergie thermique (cha-


leur) en énergie mécanique, le rendement est très fai-
ble . Les rendements sont, pour une turbine à vapeur,
de 25 % à 40 % et pour un moteur à explosion (mo-
teur d'automobile, moteur diesel) de 15 % à 30 % .
Pour mieux apprécier l'importance de ces rendements,
Figure 1-6 il est bon de prendre conscience qu'un moteur ther-
La conversion de l'énergie d'une forme à une autre est effec-
tuée au moyen de machines .
mique qui possède un rendement de 20 % occasionne

NOTIONS DE MÉCANIQUE ET DE THERMODYNAMIQUE

des pertes de 80 %, C'est-à-dire que si une quantité de L'énergie atomique pourra sans doute pourvoir à tous
combustible libère 100 000 joules en brûlant, on récu- nos besoins dans l'avenir; il reste à résoudre, en parti-
père 20 000 joules en énergie mécanique et 80 000 culier, le problème de l'élimination des déchets radio-
joules sont perdus en chaleur dans l'atmosphère . actifs .
Les pertes sont données par : pertes = P t - P2 . L'origine de toute notre énergie (sauf l'énergie ato-
Le rendement des machines qui convertissent l'éner- mique) est le soleil ; c'est grâce à lui que nous dispo-
gie électrique en énergie mécanique est très supérieur sons aujourd'hui des combustibles fossiles que sont le
puisqu'il va de 80 % à 98 %, selon la grosseur de la charbon, le pétrole et le gaz naturel . Le soleil est une
machine . source d'énergie thermique sans pareil ; chaque jour il
inonde la terre d'une énergie des milliers de fois supé-
Exemple 1-5 rieure à celle que nous utilisons pour alimenter nos
Calculer le rendement d'un moteur électrique qui avions, nos trains, nos voitures, nos industries et nos
absorbe une puissance de 10 kW et dont les pertes, maisons . Si l'on pouvait un jour domestiquer cette
à pleine charge, sont de 1 kW. source d'énergie de façon économique, le soleil pour-
rait subvenir à nos besoins pour des millénaires .
Solution Quelle est la quantité d'énergie contenue dans ces di-
verses sources d'énergie primaire? Le tableau 1-3 nous
Puissance fournie = P, = 10 kW
donne une idée de l'énergie thermique libérée par les
Pertes = P, - P2 = 1 kW produits chimiques tandis que le tableau 1-4 établit une
Puissance utilisable = P 2 = 9 kW comparaison avec les autres sources d'énergie .
On peut être surpris de constater que les explosifs (TNT,
P2 9 kW
Le rendement est alors il nitroglycérine) emmagasinent moins d'énergie par ki-
P, 10 kW logramme que le charbon ; ces produits semblent en
contenir plus parce qu'ils brûlent avec une rapidité ef-
= 0,90 ou 90 %
farante lorsqu'on les allume . À cause de cela, les ex-
Noter que toutes les pertes dans le moteur se retrou- plosifs développent des puissances énormes ; c'est pour-
vent sous forme de chaleur . Dans certains cas, cette quoi on les utilise pour les travaux de démolition .
chaleur peut surchauffer et détériorer plus rapidement Le tableau 1-4 fait ressortir le fait qu'une grosse géné-
les bobinages . ratrice électrique débite en une heure une quantité
d'énergie équivalent à celle d'une bombe atomique de
1 .16 Sources d'énergie primaire 1 kilotonne . Cette énergie correspond sensiblement à
Pour subvenir à nos besoins, nous avons recours à plu- la consommation horaire d'une ville moderne de 1 mil-
sieurs sources d'énergie primaire . La plus grande pro- lion d'habitants .
vient de l'énergie chimique contenue dans le pétrole,
le charbon et le gaz naturel. Lorsque ces matériaux
TABLEAU 1-3 ÉNERGIE DES COMBUSTIBLES
brûlent, ils libèrent de grandes quantités d'énergie ther-
mique que l'on peut transformer en d'autres formes combustible énergie libérée
suivant les besoins . kJ/kg
L'eau derrière les barrages est une importante source nitroglycérine 7 000
d'énergie primaire mécanique mais, au niveau mon- TNT 15 000
dial, elle représente moins de 1 % des sources d'éner- bois de pin sec 18 000
gie chimique . Le vent est une source d'énergie méca- charbon 31 400
nique qui est de plus en plus exploitée . mazout 44 000
Comme source d'énergie primaire électrique, on pour- gaz naturel 49 000
rait penser aux éclairs . Cependant, même si l'on pou- propane, kérosène 50 000
vait domestiquer cette source d'énergie, ce qui est peu huile légère, essence 50 000
probable, l'énergie disponible ne pourrait jamais sub- hydrogène 140 000
venir à nos besoins .

I u CLOU I nV I CIrnIVNJUC

TABLEAU 1-4 ÉNERGIE ASSOCIÉE À QUELQUES SOURCES

source d'énergie énergie débitée durée du débit

100 tonnes de charbon 3100 GJ

bombe atomique de 1 kilotonne 4200 GJ 100µs

génératrice électrique de 1500 mégawatts 5400 GJ 1 heure


(une des plus grosses machines jamais installée)

éclair de forte intensité 10 GJ 150µs

soleil irradiant une superficie de 1 km 2 2200 GJ 1 heure

1 gramme de matière converti entièrement en 90 000 GJ


énergie, d'après E = met

énergie électrique moyenne consommée par une 4000 GJ 1 heure


ville moderne de 1 000 000 habitants

1 .17 Calcul du moment d'inertie et de Exemple 1-6


l'énergie cinétique de rotation Un volant solide en acier a un diamètre de 1 m et
Tout corps tournant autour d'un axe s'oppose à un chan- une épaisseur de 225 min (Fig . 1-7) . Si sa masse est
gement de sa vitesse. Cette propriété est caractérisée de 1400 k(-" calculer :
par son inertie, appelée plus correctement moment a) son moment d'inertie
d'inertie J. Le moment d'inertie dépend de la masse et
h) l'énergie cinétique lorsque le volant tourne a
de la forme du corps tournant . Connaissant le moment
1500 r/min
d'inertie J du corps, il est facile de calculer l'énergie
cinétique qu'il possède à une vitesse donnée . De plus,
la valeur de J permet d'estimer le temps nécessaire pour
amener une machine à sa vitesse finale ou pour l'arrê-
ter . L'unité SI de moment d'inertie est le kilogramme-
mètre carré [kg .m 21 .
Le tableau 1-5 donne les formules permettant de cal-
culer le moment d'inertie de quelques corps de forme
Figure 1-7
simple . Si le corps possède une forme plus complexe, Voir exemple 1-6 .
on peut le subdiviser en morceaux ayant les formes
simples illustrées dans ce tableau . Comme le moment Solution
d'inertie total d'un corps est égal à la somme de ses
moments d'inertie individuels, on peut trouver la va- a) En se référant au tableau 1-5, équation (1-10), le
leur de J pour des corps de formes assez variées . moment d'inertie est :

L'inertie joue un rôle important dans les machines ro- z


J - mr
tatives ; par conséquent il est utile d'en donner quel- 2
ques exemples . 2
1400 x 0,5
= 175 kgm2
2


NUI IUIVJ Ut MtI;AIVIUUt t I Ut I PitNIVIUUYIVANIIUUt

TABLEAU 1-5 FORMULES DU MOMENT D'INERTIE J AUTOUR D'UN AXE DE ROTATION

masse m à une distance r de l'axe o disque solide de masse m et de rayon r

j = mr 2 (1-9) J= mrz (1-10)


2

axe de rotation O

Figure 1-8 Figure 1-9

anneau rectangulaire de masse m et barre uniforme de masse m et


de rayons R 1 et R2 de longueur L

z z
J= m (R i +Rz )
z
(1-11) J= mL (1-12)
2 12

L
R,

R2 O

Figure 1-10 Figure 1-11

barre homogène de masse m à des


distances R 1 et R2 de l'axe
R,
< R2 J = m (R2 +R z + RI R2) (1-13)
O 3

m Figure 1-12

b) l'énergie cinétique est : Exemple 1-8


Calculer l'énergie emmagasinée dans le volant de
W = 5,48 x 10-3Jn 2 éq . 1-7b la Fig . I ' à 60 r/min et 600 r/min .
= 5,48 x 10-3 x 175 x (1800) 2
Solution
= 3,1 MJ
a) à 60 r/min, l'énergie emmagasinée est :
Exemple 1-7
Un volant avant la forme donnée à la Fig . 1-13 W = 5,48 x 10 3 x 10,6 x (60) 2
est composé d'un anneau de 80 kg et d'un moyeu = 209 joules
droit de 20 kg . Calculer la valeur de son moment
d'inertie . b) pour une vitesse de 600 r/min, soit 10 fois plus
grande qu'auparavant, l'énergie augmente non pas
de 10 fois, mais de 100 fois :
W = 20 900 J = 20,9 kJ

1 .18 Couple, inertie et variation de vitesse


Pour changer la vitesse de rotation d'un corps, il
faut lui appliquer un couple . Plus ce couple est élevé,
plus la vitesse augmente rapidement . D'autre part,
pour un couple donné, la vitesse d'un corps massif
(possédant un grand moment d'inertie) change plus
Figure 1-13 lentement que celle d'un corps léger . Le seul fait
Voir exemples 1-7 et 1-9 . d'appliquer un couple ne suffit pas à faire croître la
vitesse de rotation d'un corps ; on doit également y
Solution mettre du temps . C'est seulement en appliquant un
couple T pendant un temps Ot que l'on réussit à
Pour l'anneau, la valeur de J est donnée par l'équation
changer la vitesse de rotation . Une expression très
(1-11) :
simple relie ces divers facteurs :
m (Ri + R?)
J = 9,55 TOt
2 An = (1-14)
J
80(0,42 + 0,32)
= 10 kg m2
2 ou
An = variation de vitesse, en tours par minute
Pour le moyeu droit la valeur de J est donnée par [r/min]
l'équation (1-12) : T = couple en newton-mètre [N .m]
Ot = temps d'application du couple, en seconde
mL 2 [s]
J-
12 J = moment d'inertie, en kilogramme-mètre
20 x (0,6) 2 = carré [kg .m 2 ]
0,6 kg-m2 9,55 = facteur tenant compte des unités [valeur
12
exacte = 30/tt]

Le moment d'inertie total du volant vaut donc : Si le couple agit dans le même sens que la rotation, la
vitesse augmente . Par contre, si le couple agit dans le
J = 10 + 0,6 = 10,6 kg .m2 sens contraire de la rotation, la vitesse diminue . La
NOTIONS DE MECANIQUE ET DE THERMODYNAMIQUE Ij

valeur An peut donc représenter une augmentation ou cause des couples opposés, l'essieu subit une certaine
une diminution de vitesse . déformation due à la torsion, mais à part cela, rien ne
se produit .
Exemple 1-9
Supposons que l'on veuille faire tourner la charge dans
Le volant de la Fig . 1-8 tourne à 60 r/min . On désire
le sens horaire à une vitesse nt . Pour ce faire, on doit
porter sa vitesse à 600 rhnin en lui appliquant un
augmenter le courant I, afin que TM devienne supérieur
couple constant de 20 N •m . Calculer le temps re-
à Tc . Le couple net sur l'essieu agit dans le sens ho-
quis .
raire . La vitesse augmente progressivement mais dès
qu'elle atteint la valeur nt, on réduit le courant afin
Solution que TM soit de nouveau exactement égal à Tc . Le cou-
La variation de vitesse est : ple net sur le système est de nouveau nul et la vitesse
nt n'a dorénavant aucune tendance à augmenter ni à
An = (600 - 60) = 540 r/min diminuer (Fig . 1-15) .

Le moment d'inertie est: Ceci nous amène à une conclusion très importante .

J = 10,6 kg-m2 La vitesse de rotation d'une charge demeure fixe


lorsque le couple TM développé par le moteur est
On a donc :
égal et opposé au couple Tc exercé par la charge .
9,55 Tdt
An =
J De prime abord, il est difficile d'accepter cette conclu-
sion, parce qu'on est porté à croire que le système s'ar-
soit
rêtera tout simplement lorsque TM = Tc . Mais tel n'est
9,55 x 20 x At pas le cas . Le système composé du moteur et de sa
540 = charge reste plutôt dans une condition d'équilibre dy-
10,6
namique car le couple net est nul .
d'où
Le système tournant maintenant dans le sens horaire à
Ot = 30 secondes une vitesse nl, supposons que l'on réduise TM afin qu'il
1 .19 Vitesse de rotation et charge d'un soit inférieur à Tc . Le couple net sur l'essieu agit main-
moteur tenant dans le sens antihoraire . Par conséquent, tant
Lorsqu'un moteur électrique entraîne une charge mé- que Tc excède TM la vitesse diminue progressivement .
canique, on a un système régi par trois facteurs : le cou- Si cette condition subsiste assez longtemps, la vitesse
ple développé par le moteur, le couple exercé par la deviendra finalement nulle, après quoi le moteur se met-
charge, et la vitesse de rotation . tra à tourner en sens inverse . Si l'on ajuste le couple du
moteur de sorte que TM = Tc au moment où la vitesse
Nous expliquons maintenant comment ils sont reliés .
inverse atteint la valeur n2, le système tournera indéfi-
Considérons une charge couplée à un moteur par l'en- niment à cette nouvelle vitesse (Fig . 1-16) .
tremise d'un essieu (Fig . 1-14) . La charge exerce un
Noter que dans les figures 1-14, 1-15 et 1-16, les trois
couple constant Tc qui agit dans le sens antihoraire .
couples TM de même que les trois couples Tc sont iden-
D'autre part, le couple TM développé par le moteur agit
tiques, même si l'essieu est immobile ou si le sens de
dans le sens horaire . De plus, on suppose que l'on peut
rotation est horaire ou antihoraire.
faire varier le couple en augmentant ou en diminuant
le courant I circulant dans le moteur . Dès que les couples T M et Tc ne sont plus égaux et
opposés, la vitesse se met à changer . Le taux de chan-
Supposons que le système soit initialement au repos et
gement de la vitesse dépend de l'inertie des parties
que TM = Tc . Puisque les couples sont égaux et agis-
tournantes, aspect que nous traitons davantage à la
sent en sens contraires, le couple résultant est nul ; par
section 1 .21 .
conséquent, l'essieu n'a aucune tendance à tourner . À

I -r CLOU 1 r1U I r-unIVI000

charge charge charge


1

nie

T Î T

i
Moto u r moteur

Figure 1-14 Figure 1-15 Figure 1-16


L'essieu est immobile . L'essieu tourne dans le sens L'essieu tourne dans le sens anti-
horaire à une vitesse n t . horaire à une vitesse n 2 .

1 .20 Echange de puissance mécanique à celui imposé par la charge, la vitesse augmente . In-
dans un système d'entraînement versement, lorsque le couple du moteur est inférieur à
Considérons le cas de la Fig . 1-15 ; on observe que le celui de la charge, la vitesse diminue . L'augmentation
couple du moteur TM agit dans le même sens (horaire) ou la diminution de vitesse An est encore donnée par
que la vitesse n1 . Cela indique que le moteur fournit l'équation (1-14), sauf que le couple T est remplacé
de la puissance mécanique à l'essieu . Par contre, le par le couple résultant (TM - Tc) du système, soit
couple exercé par la charge agit en sens inverse de
la vitesse n1 . Par conséquent, la charge reçoit de la 9,55 (TM - Tc ) At
puissance mécanique de l'essieu . On peut alors An = (1-15)
énoncer la règle générale suivante : J

ou
Lorsque le couple développé par un moteur agit
dans le même sens que la rotation, le moteur four- An = changement de la vitesse de rotation
nit de la puissance mécanique à la charge . Dans [r/min]
le cas contraire, le moteur reçoit de la puissance TM = couple du moteur [N •m ]

de la charge . Tc = couple exercé par la charge [N •m ]

At = intervalle durant lequel les couples TM et


Par exemple, dans le cas de la Fig . 1-16, le moteur re- Tc sont appliqués [s]
çoit de la puissance de la charge parce que TM et n2 J = moment d'inertie de toutes les parties
agissent en sens contraires . Bien que cette condition tournantes [kg-m2]
soit inhabituelle, elle se produit pendant de courtes pé-
riodes dans plusieurs systèmes d'entraînement, no- 1 .22 Moteurs et entraînements linéaires
tamment dans les locomotives électriques . Les charges rotatives comme les ventilateurs et les
pompes centrifuges sont bien adaptées pour l'accou-
1 .21 Changement de vitesse d'un moteur plement direct avec des moteurs . Cependant, les char-
entraînant une charge
ges qui se déplacent linéairement comme les grues, les
Lorsqu'un moteur entraîne une charge, la vitesse est trains, etc., doivent être munies d'un «convertisseur de
habituellement stable. Dans cet état d'équilibre dyna- mouvement» pour transmettre la puissance provenant
mique, le couple TM développé par le moteur est égal d'un moteur tournant . Le convertisseur de mouvement
au couple Tc requis par la charge . Cependant, comme peut être constitué d'une poulie et d'une corde, ou sim-
on vient de le voir, si le couple du moteur est supérieur plement d'une roue qui se déplace sur un rail . Ces con-


IVV I IUINb Ut MLLANIUUL t I Ut I HLFiMUUYNAMIUUL 15

vertisseurs sont tellement simples que l'on ignore sou-


vent le rôle important qu'ils jouent .
Le mouvement linéaire est caractérisé par une vitesse
linéaire v et une force F . Pour le mouvement rotatif,
les grandeurs équivalentes sont la vitesse de rotation n
et le couple T. Quelle est la relation entre ces gran-
deurs dans le cas d'un convertisseur de mouvement ?
Considérons le pont de levage de la Fig . 1-17 . Le mo-
teur produit un couple T et tourne à une vitesse n . Le
vérin se déplace à une vitesse v, tout en exerçant une
force F. La puissance P2 utilisée pour lever la charge
est : Figure 1-17
Conversion d'un mouvement rotationnel en mouvement rec-
tiligne.
_ W _ Fd _F,d
P2 éq . 1-3 et 1-4
t t t
d'où P2 = vF Solution
La force de gravité sur la voiture est :
D'autre part, la puissance Pl développée par le
moteur est F = 9,8 m éq.1-1

nT = 9,8 x 1400 = 13 720 N


P 1 = éq.l-Sb
9,55 En utilisant l'équation (1-16), on trouve le couple T:
Si on néglige les pertes dans le convertisseur de
mouvement, on obtient : nT = 9,55vF
1,5 m
1800 T = 9,55 x x 13 720
P2 = P1 60s
T = 1,82 N-m
Par conséquent, pour un convertisseur parfait,
La puissance du moteur est :

nT = 9,55 vF (1-16) I, _ nT
éq.1-5b
ou 9,55
n = vitesse de rotation [r/min] 1800 x 1,82
T = couple [N .m] 9,55
F = force linéaire [N]
v = vitesse linéaire [m/s] 343 W
9,55 = facteur tenant compte des unités
THERMODYNAMIQUE
[valeur exacte = 30/n]

Exemple 1-10 1 .23 Chaleur et température


Le pont de la Fig . 1-17 doit soulever une voiture Lorsqu'on fournit de l'énergie thermique à un corps,
de 1400 kg à une vitesse de 1,5 m/min . Si le mo- on lui fournit de la chaleur . La chaleur est une forme
teur électrique tourne à 1800 r/min, calculer le d'énergie qui, dans le SI, se mesure en joules (J) .
couple et la puissance du moteur . Négliger les Qu'arrive-t-il quand un corps reçoit cette forme d'éner-
pertes . gie? Premièrement, on constate que sa température aug-


mente ; on peut s'apercevoir de cette augmentation de 1 .24 Échelles de température


température en le touchant de la main, mais un ther- Bien que l'unité SI de température soit le kelvin, le
momètre permet une évaluation plus précise . Deuxiè- degré Celsius (°C) peut, lui aussi, être employé avec le
mement, les physiciens ont découvert que les atomes SI. Les échelles de la Fig . 1-18 donnent la relation en-
du corps deviennent plus agités : à l'intérieur d'un so- tre ces deux méthodes de mesure de la température .
lide, ils vibrent rapidement sur place, tandis que, dans On y voit aussi l'échelle en degrés Fahrenheit .
un gaz, ils se déplacent de façon désordonnée et à
grande vitesse . Lorsque la température d'un corps est donnée en kel-
vins, on dit que cela représente la température absolue
Pour une quantité de chaleur donnée, l'augmentation du corps . On obtient la température absolue en ajou-
de température dépend de la masse du corps et du ma- tant 273,15° à la température exprimée en °C .
tériau dont il est composé . Par exemple, si on fournit
100 kilojoules de chaleur à 1 kg d'eau, sa température 1 .25 Chaleur requise pour chauffer un
augmente de 24 °C . La même chaleur transmise à 1 kg corps
de cuivre provoque une augmentation de température On a vu que l'augmentation de température d'un corps
de 263 °C . On voit donc que chaleur et température dépend de la chaleur qu'il reçoit, du matériau dont il
sont deux choses bien différentes . est constitué, et de sa masse . C'est ce qu'exprime la
Si l'on soustrait de l'énergie thermique d'un corps, sa relation suivante :
température diminue . Cependant, bien qu'il n'existe
aucune limite supérieure à la température qu'on peut Q = mcO (1-17)
atteindre (on atteint déjà des millions de degrés),
il existe une limite inférieure que l'on ne peut dé- ou
passer. Cette limite en deçà de laquelle un corps Q = quantité de chaleur, en joules [J]
ne peut plus être refroidi s'appelle le zéro absolu . m = masse du corps, en kilogrammes [kg]
Elle correspond à une température de 0 kelvin ou c = chaleur massique, en J/(kg .°C), grandeur
-273,15 °C . Au zéro absolu, la vibration des ato- qui dépend du matériau
mes cesse et plus rien ne bouge sauf les électrons 0 = variation de la température en °C ou en
qui continuent à tourner autour des noyaux atomi- kelvins
ques .
La chaleur massique de plusieurs substances est don-
née au tableau A-3 en appendice .

le fer fond 1806 1533 T 2791 Exemple 1-11


T T 1 Calculer la quantité (le chaleur requise pour aug-
450K 450°C 8 10°F
menter la te nipétalure de 200 litres d'eau de
le cuivre fond J_ 1356 1083 1 1981
I O °C à 70 ,` c si le réservoir est paurfaitei lent isolé
( 'i 1-191 . La chaleur massique de Veau est
l'aluminium fond 933 660 r-- 1220 4150 J/(k °C) .

le plomb fond 600 327 -621 Solution


l'eau bout 373 100 -212 Puisqu'un litre d'eau possède une masse de 1 kg, le
l'eau gèle 273 0 32
nombre de joules requis est:
0 -273 -459,67
ul V U Q = mc f

échelle Kelvin échelle Celsius échelle Fahrenheit = 200 x 4180 x (70 - 10)
= 50 160 000 joules
Figure 1-18 = 50,2 MJ
Échelles de température .
NU 1 IUNS DE MEUANIUUE E I DE I HEHMODYNAMIQUE I/

En fait, par suite des pertes dans la chaudière et d'autres


70 °c pertes parasites, et parce que la température minimale
est toujours supérieure à la température ambiante, le
rendement global d'une centrale thermique dépasse
rarement 40 % .
Tous les moteurs thermiques convertissant l'énergie
ÈO
thermique en énergie mécanique sont ainsi limités
200 litres au rendement théorique maximal donné par l'équation
(1-18) . Les moteurs à essence, les moteurs diesel et les
10 °c moteurs à réaction brûlent le combustible dans le mo-
teur même, élevant ainsi la température des gaz à T1 .
Figure 1-19 Puisque la température d'échappement T2 est sensi-
Voir exemple 1-11 . blement supérieure à la température ambiante, ces
moteurs sont limités par les mêmes contraintes que la
turbine à vapeur ; leur rendement est donc encore plus
1 .26 Rendement d'une turbine à vapeur
faible .
La puissance mécanique que peut fournir une turbine
à vapeur dépend, non seulement de la chaleur qu'on 1 .27 Transport de la chaleur
lui fournit, mais aussi de la température d'entrée Tl et Plusieurs problèmes en électrotechnique sont rattachés
de la température de sortie T2 de la vapeur . En effet, le au refroidissement adéquat des dispositifs et des ma-
rendement théorique maximal d'une turbine à vapeur chines . Cela exige une connaissance du mécanisme de
est donné par l'équation de Carnot : transport de la chaleur d'un corps à un autre . Dans les
sections qui suivent nous donnons un bref aperçu du
transport de la chaleur : (1) par radiation, (2) par
T conduction et (3) par convection . Nous donnons aussi
11=1- (1-18)
T1 quelques équations simples qui permettent d'évaluer
approximativement la perte de chaleur et l'échauffe-
ou ment de l'équipement électrique .

11 = rendement 1 .28 Propagation de la chaleur par radiation


T1 = température absolue de la vapeur à l'entrée Nous sommes tous conscients de la chaleur produite
de la turbine, en kelvins [K] par les rayons du soleil . Cette énergie radiante possède
T2 = température absolue de la vapeur à la sortie les mêmes propriétés que la lumière, passant facilement
de la turbine, en kelvins [K] à travers le vide qui sépare la terre du soleil . L'énergie
solaire se transforme en chaleur uniquement lorsque
Afin d'obtenir le maximum d'énergie mécanique pour les rayons rencontrent un corps solide comme les ob-
une quantité de chaleur (joules) donnée, on cherche à
jets ou les êtres vivants se trouvant à la surface de la
augmenter Tl et à diminuer T2 . La température mini- terre . Les scientifiques ont constaté que, comme le so-
male T2 est imposée par la température ambiante, si- leil, tout corps rayonne de l'énergie. La quantité d'éner-
tuée habituellement aux environs de 20 °C, soit 293
gie dégagée dépend de la température de ce corps . In-
kelvins . La température maximale T2 est limitée par la versement, tout corps reçoit, des objets qui l'entourent,
résistance des matériaux aux hautes températures et une quantité d'énergie radiante qui dépend de leur tem-
aux hautes pressions . Dans les turbines modernes, cette
pérature .
température est d'environ 500 °C, soit 773 kelvins, ce
Il y a donc un échange continuel d'énergie radiante
qui permet un rendement théorique maximal de
entre les corps matériels, chacun d'eux se comportant
comme un soleil miniature . Un équilibre s'établit lors-
= 1 _ 293 = 0,62 ou 62 % que la température d'un corps est la même que celle
773 des objets qui l'entourent ; le corps rayonne alors autant
d'énergie qu'il en reçoit, et sa radiation nette est nulle .
Par ailleurs, si le corps est plus chaud que son environ-
nement, il perd de la chaleur par radiation, même s'il
est situé dans le vide parfait . t1
400°C
1 .29 Calcul des pertes par radiation
Soit un corps de surface A, à une température Tt, placé
dans une enceinte dont les parois sont à la température
C 20 cm 7W
murs de
la pièce
T2 . La puissance nette P irradiée par le corps est don-
née par la formule
-3 cm

P= k4 (T4-T2 ) (1-19)
Figure 1-20
Voir exemples 1-12 et 1-14 .

P = puissance irradiée, en watts [W]
A = surface du corps, en mètres carrés [m 2] La résistance dissipe 186 W par radiation .
T i = température absolue du corps, en kelvins
1 .30 Transport par conduction
[K]
T2 = température absolue des parois, en kelvins Si l'on chauffe une des extrémités d'un barreau d'acier
[K] avec une flamme (Fig . 1-21), on constate que la cha-
k = constante de radiation [W/(m2.K4)] leur se propage graduellement vers l'autre extrémité .
On dit alors qu'il y a propagation de la chaleur par
Le tableau 1-6 donne les valeurs de la constante de ra- conduction ; les atomes du barreau situé près de la
diation k pour quelques surfaces que l'on peut rencon- flamme deviennent plus agités et leur agitation ther-
trer dans le calcul des pertes par radiation . mique se transmet de proche en proche aux atomes
voisins, jusqu'à l'autre bout du barreau .
Exemple 1-12
Le transport de la chaleur par conduction se fait plus
Une résistance cylindrique de 20 cm de long, ou moins bien selon la nature de la substance . Ainsi, le
3 cm de diamètre a une superficie de 188 cm 2 (Fig . cuivre est un meilleur conducteur que l'acier alors que
1-20) . Si elle fonctionne à une température de 400 °C les isolants sont reconnus comme étant de très mau-
lorsqu'on la dépose dans une pièce dont la tempéra- vais conducteurs de la chaleur.
ture ambiante est 20 C, calculer la puissance nette
dégagée par radiation . Prendre k = 5 x 10 - K .

Solution
Calculons d'abord les températures absolues Tl et T2 .

Ti = t i + 273
= 400 + 273 = 673 K
T2 = t2 + 273
= 20 + 273 = 293 K

On obtient d'après la formule

4 4
P=kA(Tl -T2 )
Figure 1-21
= 5 x le x 0,0188(6734 - 2934 ) Transport de la chaleur par conduction, par convection et par
=193-7=186W radiation .



NOTIONS DE MECANIQUE ET DE THERMODYNAMIQUE 17

1 .31 Calcul des pertes par conduction


La perte de chaleur par conduction fait intervenir la TABLEAU 1-6 ÉMISSIVITÉ DES MATÉRIAUX
conductivité thermique  du matériau transportant
la chaleur. L'unité SI de conductivité thermique nature de la surface constante de radiation
est le watt par mètre-degré Celsius [W/(m .°C)] . W/(m2 •K4)
Les tableaux A-2 et A-3 en appendice donnent la
argent poli 0,2 x 10 -8
conductivité thermique ~ pour plusieurs matériaux 4 x 10 -8
acier oxydé
utilisés en électrotechnique .
cuivre ordinaire 1 x 10 -8
cuivre oxydé 3 x 10 -8
émail non métallique 5 x 10 -8
matériaux isolants 5 x 10 -8
nichrome oxydé 2 x 10 -8
peinture aluminium 3 x 10 -8
peinture non métallique 5 x 10 -8
tungstène 2 x 10 -8
émetteur parfait 5,669 x 10 -8

Exemple 1-13
Figure 1-22 La différence de température entre les deux faces
Transport de la chaleur par conduction . d'une plaque de mica ayant les dimensions données
à la Fig . 1-23 est de 50 °C . Calculer la puissance
transmise sous forme de chaleur, en watts .
Soit une plaque d'un matériau ayant une épaisseur
d et dont les deux faces ont une surface A . Si l'on Solution
connaît la valeur de la conductivité thermique du D'après le tableau A-2 en appendice, la conductivité
matériau et les températures t t et t2 respectives des
deux faces, on peut calculer la quantité de chaleur
qu'il transporte en utilisant la formule suivante (voir
la Fig . 1-22)

P = ÀA (t 1 -t2 )
(1-20)
d

• = puissance (en chaleur) transmise, en watts 3 mm
[W]
• = conductivité thermique du matériau, en Figure 1-23
Voir exemple 1-13 .
watts par mètre-degré Celsius [W/(m °C)]
A = surface du matériau, en mètres carrés [m 2] thermique du mica est 0,36 W/(m .°C) . La chaleur trans-
t1, t2 = températures respectives des deux faces, en mise vaut donc:
degrés Celsius [°C]
• = épaisseur du matériau, en mètres [m] ÂA (tt - t 2)
P =
La chaleur transportée dépend de la différence de tem- d
pérature (tt - t2 ) entre les deux faces . De plus, elle est __ 0,36 x 0,02 (120-70)
toujours transportée de la face la plus chaude vers la 0,003
face la moins chaude . 120 W

LV LLLV 111V I LVI IIVIV(VL

1 .32 Transport de la chaleur par convection


Dans la Fig . 1-21, un barreau de fer, dont une extré-
mité est chauffée par une flamme, transmet la chaleur
par conduction à l'autre extrémité . En même temps,
une partie de la chaleur transmise se perd par radia-
tion . De plus, l'air se trouvant en contact avec le bar-
reau se réchauffe et, devenant ainsi plus léger, il se met
à monter comme dans une cheminée .
En montant, l'air chaud est aussitôt remplacé par de
l'air frais qui, à son tour, est réchauffé . Il se produit
donc une circulation d'air autour du barreau qui perd
Figure 1-24
ainsi une autre partie de la chaleur par convection .
Courants de convection dans un liquide .
Le même phénomène se produit lorsque l'on place un
corps chaud dans un liquide comme de l'huile . L'huile
Solution
en contact avec le corps se réchauffe, créant ainsi des
courants de convection qui suivent le chemin tracé à la On a :
Fig . 1-24 . Lorsque l'huile arrive en contact avec la cuve tt = 400 °C
métallique, elle se refroidit et, devenant plus lourde, t2 = 20 °C
elle glisse vers le bas pour ensuite remonter de nou- A = 188 cm2 = 0,0188 m 2
veau le long du corps chaud . La chaleur dégagée par le d' où
corps chaud se trouve ainsi transportée par les cou- t2) 1 .25
rants de convection vers la cuve extérieure . P = 3A (t, -
.25
La chaleur se dégage particulièrement bien lorsqu'on = 3 x 0,0188 (400 - 20) 1
utilise un ventilateur pour forcer une circulation plus = 95 watts
rapide d'air frais . Ce mode de transport de la chaleur
En considérant les pertes par radiation calculées dans
par convection forcée est employé dans la plupart des
l'exemple 1-12, la résistance perd donc au total
moteurs électriques pour assurer un refroidissement
efficace. P = (186 + 95) = 291 W
Remarquer que la chaleur dissipée par radiation est
1 .33 Calcul des pertes par convection
deux fois plus grande que celle dissipée par convec-
La perte de chaleur par convection d'un corps à l'air tion .
libre est donnée par la formule approximative :
Dans le cas d'une convection forcée, telle que celle
t2 ) "25 produite par un ventilateur, la quantité de chaleur trans-
P = 3A (t, - (1-21)
portée est donnée par :

P = chaleur dissipée par convection, en watts P = 1280 D (t2 - t, ) (1-22)
[W] ou
A = surface du corps, en mètres carrés [m 2 ]
tt = température de la surface [°C] P = chaleur transportée par convection forcée
t2 = température de l'air ambiant [°C] [W]
D = débit d'air refroidissant [m3/s]
Exemple 1-14 t1 = température de l'air à l'entrée [°C]
Calculer la perte de chaleur par convection pour la t2 = température de l'air à la sortie [°C]
résistance de la Fi 1280 = constante tenant compte des unités

NOTIONS DE MECANIQUE ET DE THERMODYNAMIQUE LI

Exemple 1-15 ÉNERGIE


Un ventilateur utilisé pour refroidir un moteur de kilotonne TNT
750 kW fait circuler 240 m 3/min d'air frais dans la
machine . Si la température de l'air â l'entrée est de 1,167x 106
22 °C et de 31 °C à la sortie, calculer les pertes
approximatives dans le moteur. kilowattheure
3,6
y
Solution mégajou e
Les pertes de la machine sous forme de chaleur sont :
1000 British thermal unit Btu
P = 1280D (t2 - t 1 ) 1,055
240
= 1280 x (31 - 22) = 46 080 W
60
= 46 kW 1000 calorie
4,184
1 .34 Conversion des unités jou e
Au cours des années, les unités utilisées en électricité, 1
en mécanique et en thermodynamique ont évolué gra- newton-mètre
duellement pour devenir aujourd'hui les unités SI . Tou-
tefois, on doit à l'occasion convertir les anciennes uni- r1
watt-seconde
tés en unités SI . C'est alors que les tables de conver-
sion fournies en appendice au tableau A-1 s'avèrent
6,24 x 10 16
particulièrement utiles . Elles sont composées de boî-
tes rectangulaires représentant diverses unités . Les y
électronvolt eV
boîtes sont réunies par des flèches portant chacune un
chiffre . Figure 1-25
Pour passer d'une unité à une autre, on doit traverser Table servant à la conversion des unités d'énergie .
une, deux ou plusieurs flèches . On applique alors la
règle suivante :
7 kW-h = 7 x 3,6 x 1000 x 1000 J
Lorsqu'on circule dans le sens de la flèche,
= 25,2 x 10 6 J = 25,2 MJ
on multiplie par le chiffre associé ; lorsqu'on cir-
cule dans le sens contraire, on divise .
Exemple 1-17
Convertir 777 calories en kilowattheures .
Les exemples suivants illustrent la méthode .

Exemple 1-16 Solution


En utilisant la même table, on doit traverser quatre flè-
Convertir 7 kilowattheures en joules .
ches, dont trois dans le sens opposé à la flèche . On
obtient donc :
Solution
En se référant à la table de conversion intitulée
ÉNERGIE (Fig . 1-25), on doit traverser trois flèches 777 calories = 777 x 4,184 - 1000 - 1000 - 3,6
afin de passer de kilowattheure à joule ; en appliquant = 9,03 x 10-4 kW . h
la règle, on obtient :



LL CLCIJ I r1V I CL,fIIN UUC

1 .35 Mesures en valeurs relatives, système Moteur puissance puissance relative


P.U . du moteur du moteur
Les unités de mesure SI mentionnées à la section 1 .34
A 25 kW 25 - 50 = 0,5 p .u .
servent à exprimer la valeur d'une grandeur. Par exem-
ple, la masse est exprimée en kilogrammes, la puis- B 40 kW 40 _ 50 = 0,8 p .u .
sance en watts et la tension en volts . Toutefois, on peut C 150 kW 150 _ 50 = 3 p .u .
souvent mieux apprécier l'amplitude d'une grandeur
en la comparant à une autre grandeur semblable . Sup- On pourrait aussi bien choisir une base de 15 kW . Dans
posons, par exemple, que le poids moyen d'un adulte ce cas les puissances relatives seraient:
soit 60 kg . On peut alors comparer le poids de n'im-
porte quel individu à ce poids moyen . Ainsi, une per- 25 kW - 15 kW = 1,67 p .u .
sonne pesant 72 kg aurait un poids relatif de 72/60 = 40 kW =15 kW = 2,67 p .u .
1,2 . Une autre personne pesant 52 kg aurait un poids
150 kW =15 kW =10p .u .
relatif de 52/60 = 0,87 .
Il est évident que pour trouver la valeur réelle d'une
Afin de signaler qu'il s'agit bien d'une mesure rela- grandeur exprimée en p .u. on doit connaître la valeur
tive, on ajoute le symbole p .u .* après le chiffre . Ainsi, de la base . Cependant, même si on ne la connaît pas, la
les poids des deux individus exprimés en valeurs rela- valeur en p .u . est une indication de sa valeur relative,
tives sont respectivement 1,2 p .u . et 0,87 p .u . ce qui est souvent fort utile .
Le système de mesure p .u . a l'avantage de donner le
poids d'une personne par rapport à un étalon conve- Exemple 1-18
nable, appelé base du système . Dans notre cas, le poids Dans un système p .u ., on choisit une longueur de
de base est 60 kg . Ainsi, si l'on indique qu'un boxeur hase Lh a , = 6 m . Déterminer la valeur en [mi . des
poids lourd pèse 1,7 p .u ., on remarque immédiatement grandeurs suivantes :
que son poids est bien supérieur à la moyenne et que,
a) une longueur de 9 in
de plus, sa masse est de 1,7 x 60 = 102 kg .
h) une surface de 28 m'
Noter que la valeur d'une grandeur exprimée en p .u .
C) un volume de 24 in 3
est un simple nombre sans dimension . Ainsi, il est faux
de dire que notre boxeur pèse 1,7 kg . Son poids est 1,7
unités, l'unité choisie étant 60 kg . Solution
a) la longueur en p .u . de 9 m est :
En général, un système de mesure p .u . utilise une ou
plusieurs grandeurs comme bases de comparaison . L réelle
Dans ce livre, nous aurons à choisir des bases conve- L = 9 m = 1,5 pu .
P .U . =
L 6 m
nables principalement pour la puissance, la tension et
la vitesse de rotation . b) afin de calculer la valeur relative de la surface, on
1 .36 Système p .u . à base unique doit d'abord trouver la valeur de la surface de base :

Si l'on choisit une seule grandeur comme étalon, on S base x L base


L base
dit que ce système p .u . possède une seule base . La base = 6m x 6m = 36m 2
peut être une puissance, une tension ou toute autre gran-
deur . Supposons, par exemple, que trois moteurs pos- donc, la valeur en p .u . de 28 m 2 est :
sèdent des puissances de 25 kW, 40 kW et 150 kW.
2
Adoptons comme base une puissance P B de 50 kW. S'il
ree e 28 m
S P .U . = 'jô p .u .
Les puissances relatives sont calculées comme suit: P
36 mZ _
Sbase

Le symbole «p .u .» est une abréviation de «par unité» ; en


anglais «per unit» .







NOTIONS DE MECANIQUE ET DE THERMODYNAMIQUE Li

c) Sachant que Lasse = 6 m, on trouve que le volume de 1 .38 Système de mesure p.u . à trois bases
base est : Lors de l'étude des machines électriques rotatives, on
Vbase=6mx6mx6m=216m 3 sélectionne trois grandeurs de base : (1) la puissance,
(2) la tension, et (3) la vitesse de rotation . Dans ce cas,
La valeur relative de 24 m 3 est donc :
on choisit comme bases les valeurs nominales inscri-
tes sur la plaque signalétique de la machine . À partir
V = Vréelle _ 24 m3 = 0, l 1 de ces bases on peut facilement déterminer la valeur
p .u . g p' u .
Vbase 216 m de base du courant, du couple et de la résistance .
L'exemple suivant montre la façon de procéder .
1 .37 Système de mesure p.u . à deux bases
En électrotechnique, le système p .u . devient particu- Exemple 1-20
lièrement utile lorsqu'on utilise deux bases . Les bases La plaque signalétique d'un moteur à courant con-
sont habituellement une tension EB et une puissance tinu donne l'information suivante :
PB . Ainsi, la base de tension pourrait être de 4 kV et la
base de puissance, 500 kW . On peut choisir les bases Puissance : 30 kW
indépendamment l'une de l'autre . Tension : 240 V
Il est important de noter que dès que l'on a choisi les vitesse : 1200 r/min
valeurs de base EB et PB, le courant de base IB et l'im- résistance du champ shunt : 42 S2
pédance de base ZB sont aussitôt imposés par les lois a) Calculer la valeur de base de la résistance et du
de l'électricité . On aura ainsi : couple
b) Sachant que le moteur développe un couple de
PB
IB = (1-23) 0,3 p.u . lorsqu'il tourne à une vitesse de 0 .65 p .u .
EB exprimer ces valeurs en tenues réels
et c) Calculer la valeur relative de la résistance du
champ shunt
EB
ZB = (1-24)
IB Solution
a) La valeur de la résistance de base est :
Exemple 1-19 2
Une source possède une tension nominale de 4 kV R = Ebase = 2402
= 1,92 52
base
et une puissance nominale de 500 kW. Connaissant p base 30 000
ces deux grandeurs de base, calculer les valeurs du
courant de base et de l'impédance de base . La valeur du couple de base est donnée par l'équation
(1-5), soit :
Solution
Le courant de base est : 9,55 Pbase
Tbase =
nbase
I = pB = 500 000 W
= 125 A 9,55 x 30 000
B EB 4000 V = 239 N •m
1200
et l'impédance de base est :
b) Un couple de 0,3 p .u. correspond à une valeur réelle
Z = EB = 4000 V de :
= 32Q
B IB 125 A
Tréel = Tp .u . X Tbase
Par conséquent, ce système p .u . à deux bases donne en
= 0,3 x 239 = 71,7 N-m
réalité un système à quatre bases .



L`t r-LLU I MU I tI,F1INIUVr-

Une vitesse de 0,65 p .u . correspond à une valeur Nous savons aussi que l'énergie peut exister sous plu-
réelle de : sieurs formes : mécanique, thermique, électrique et
atomique . Nous étudierons dans ce manuel les diffé-
X rents dispositifs permettant de stocker l'énergie ou de
n réel = np.u . n base
la transformer d'une forme à une autre . L'énergie ne
= 0,65 X 1200 = 780 r/min
se perd pas ; elle peut seulement se transformer. Le ren-
c) La valeur relative de la résistance du champ dement d'une machine exprimé en pour cent définit le
shunt est : rapport entre l'énergie utilisable et l'énergie fournie .
La différence entre ces deux énergies constitue les per-
R réelle 42 S2 tes dissipées en chaleur. Pour une machine thermique
R
= 21,9 p .u .
p .e shunt (ex . : turbine à vapeur, moteur à explosion) le rende-
= Rbase- = 1,92 £2
ment théorique dépend exclusivement de la tempéra-
ture des gaz à l'entrée et à la sortie .

1-39 Résumé Enfin, nous avons présenté le système d'unités utilisé


dans ce manuel et adopté par tous les pays, soit le Sys-
Dans ce chapitre nous avons présenté les lois de la
tème international d'unités ou SI . Il comprend sept
mécanique et de la thermodynamique qui gouvernent
unités de base dont sont dérivées toutes les autres uni-
le fonctionnement des appareils et machines électri-
tés . Des tableaux donnés en appendice facilitent la con-
ques . Nous y ferons référence dans les chapitres ulté-
version des anciennes unités aux unités SI .
rieurs .
Nous avons aussi expliqué le système p. u couramment
La force, la puissance, le travail et l'énergie associés à
utilisé en électrotechnique . Il consiste à exprimer les
un corps immobile ou en mouvement rectiligne peu-
différentes grandeurs en unités relatives (p .u .) plutôt
vent être calculés par des équations simples . Tout corps
qu'en unités réelles (SI) . Il a l'avantage de permettre
en mouvement possède une énergie cinétique dépen-
une évaluation rapide d'une grandeur en la comparant
dant de sa masse et de sa vitesse . Les corps en rotation
à une valeur de base, comme la tension nominale ou la
que sont les moteurs et générateurs constituent une
puissance nominale d'un appareil.
partie importante des appareils utilisés en électrotech-
nique. Dans ce cas les trois grandeurs utilisées dans
les équations régissant le mouvement rectiligne, soit
laforce, la vitesse et la masse, sont remplacées respec- PROBLÈMES -CHAPITRE 1
tivement par le couple, la vitesse de rotation et le mo- Niveau pratique
ment d'inertie . Ce dernier est fonction de la masse et
1-1 Exprimer en chiffres les expressions suivantes :
de la géométrie du solide . Nous avons vu que pour
changer la vitesse de rotation d'une machine tournante 103 10-2 4 x 10 5 3x10-3 3,1 x 102
il faut appliquer sur son arbre un couple net (différence 1-2 Convertir les chiffres suivants en utilisant des
entre le couple développé par la machine et le couple exposants et un seul chiffre avant la virgule :
imposé par la charge) pendant un certain temps .
3000 4 300 000 0,0003 0,000 000 752
Nous avons aussi présenté les principales lois et équa-
tions de thermodynamique gouvernant l'échauffement 1-3 Quelle valeur est associée aux préfixes SI sui-
ou le refroidissement d'un corps . La quantité de cha- vants?
leur ou d'énergie requise pour provoquer un change- kilo micro milli méga nano giga
ment de température donné dépend de la masse de ce
1-4 Nommer les unités SI de force ; de travail ; de pres-
corps et de la chaleur massique du matériau dont il est
sion ; de surface ; de masse ; d'énergie ; de puissance ; de
constitué . Nous avons vu aussi que le refroidissement
température .
des appareils électriques dissipant de la chaleur peut
s'effectuer de trois façons : par radiation, par 1-5 Un bloc de ciment a une masse de 40 kg . Quelle
conduction et par convection . Nous avons donné les est la force d'attraction de la gravité sur ce bloc? Quelle
formules permettant de calculer ces pertes . force doit-on exercer pour le soulever?



NOTIONS DE MECANIQUE ET DE THERMODYNAMIQUE LS

1-6 Quel travail faut-il dépenser pour soulever une 1-19 Évaluer la consommation d'énergie journa-
poche de sable de 75 kg d'une hauteur de 4 mètres? lière de la ville de Québec dont la population est de
500 000 personnes .
1-7 Un pont-roulant élève un poids de 600 kg d'une
hauteur de 20 m en 15 secondes . Évaluer en watts, et 1-20 Un gros transformateur pour usage intérieur
en hp, la puissance développée . recouvert d'une peinture non métallique doit être ré-
nové et on se propose d'utiliser une peinture à base
1-8 Un moteur électrique développe une puissance
d'aluminium . La température de l'appareil sera-t-elle
mécanique de 50 kW. Déterminer son rendement ainsi
affectée? Si oui, sera-t-elle plus basse ou plus élevée
que la puissance dissipée sous forme de chaleur sa-
qu'auparavant?
chant qu'il absorbe 55 kW de la ligne d'alimentation .
Niveau avancé
1-9 Un mécanicien exerce une force de 200 newtons
au bout d'une clef dont la longueur est de 0,3 mètres . 1-21 Une plaque recouverte d'un émail non métal-
Calculer le couple exercé sur le boulon . lique (k = 5 x 10-8 W/m2 •K4 ) fonctionne à une tem-
pérature de 80 °C dans un milieu où la température
1-10 Un moteur d'automobile tourne à une vitesse ambiante est de 20 °C . Calculer la perte totale en cha-
de 400 r/min lorsqu'il développe un couple de 600 N .m . leur si la surface est de 3 m 2 .
Quelle est sa puissance en watts?
1-22 Un plancher de ciment chauffé à l'électricité a
1-11 À combien de watts équivaut une puissance de une superficie de 100 m x 30 m. Sa température sur-
1 horsepower? facique est de 25 °C lorsque la température ambiante
est de 23 °C . Quelle est la chaleur approximative dé-
1-12 Une puissance de 2408 ch correspond à com-
gagée par le plancher, en kilowatts?
bien de hp?
1-13 Nommer et expliquer les 3 modes de transport 1-23 Une grande fenêtre de 1 m x 3 m possède une
de la chaleur. épaisseur de 10 mm . Calculer la perte de chaleur par
conduction, en watts, lorsque la température intérieure
1-14 Par quel moyen peut-on assurer une forte perte
est de 22 °C alors que la température à l'extérieur est
de chaleur par convection?
de -15 °C .
Niveau intermédiaire
1-24 Un moteur électrique blindé de 450 kW ayant
1-15 Dans le cylindre d'un moteur d'automobile, les un rendement de 90 %, est refroidi par une circulation
gaz atteignent une température de 500 °C . Quel est le forcée de l'air. Lors de son passage à travers les enrou-
rendement maximal possible du moteur si la tempéra- lements, l'air se réchauffe . Si l'on désire limiter l'aug-
ture ambiante est de 20 °C? mentation de la température de l'air à une valeur maxi-
1-16 Convertir les unités suivantes en unités SI, en male de 20 °C, calculer le débit d'air requis en mètres
utilisant le tableau A-1, en appendice : cubes par minute .
3 hp 4 livres masse 10 gallons canadiens 1-25 Une boîte métallique en forme de cube
3 acres 42 livres force 4 gallons américains (2 m x 2 m x 2 m) renferme une résistance de
5 pieds 3 pouces . 10 kW. Un ventilateur assure une température uni-
forme à l'intérieur de la boîte . Les parois sont en
1-17 Un système de chauffage résidentiel consomme fer, et elles ont une épaisseur de 10 mm . Calculer la
6 tonnes métriques de charbon pendant l'hiver . Quelle différence de température entre l'intérieur et l'ex-
est l'énergie calorifique disponible si le rendement de térieur des parois .
la chaudière est de 50 %?
1-26 Dans le problème 1-25, si l'on recouvre la boîte
1-18 S'il fallait utiliser du pin sec pour chauffer la d'une couche d'époxy ayant une épaisseur de 10 mm,
résidence du problème 1-17, combien de tonnes de bois quelle sera la nouvelle différence de température entre
seraient requises? l'intérieur et l'extérieur de la boîte?

Lb tLtU I MU I L(jhINIUUt

1-27 Dans le problème 1-26, calculer la température 1-32 Une ferme de 35 000 m 2 possède une superfi-
approximative à l'intérieur de la boîte si la tempéra- cie de 8,648 p .u . Calculer :
ture ambiante est de 20 °C . Suggestion : en choisissant a) la base de superficie, en mètres carrés
une température quelconque à la surface de la boîte, b) la base de longueur, en mètres
trouvez, par approximations successives, la tempéra-
c) la base de superficie, en acres
ture qui produit une dissipation de 10 kW par radia-
tion et convection . 1-33 Dans un circuit électrique, on prend comme
bases une puissance de 15 kW et une tension de 240 V .
1-28 Combien de Btu sont nécessaires pour élever la
Calculer:
température de l'eau d'un réservoir de 50 gal (EU) de
55 °F à 180 °F en supposant que l'isolation thermique a) le courant de base
soit parfaite? Combien de temps cela prendra-t-il si on b) la résistance de base
utilise un élément chauffant de 2 kW? 1-34 Une résistance est alimentée par une tension
1-29 Quatre personnes pèsent respectivement 70 kg, relative de 4 p .u . et elle dégage en chaleur une puis-
80 kg, 60 kg et 55 kg . On prend comme base un poids sance relative de 8 p .u . Calculer :
de 75 kg . Calculer le poids relatif des personnes . a) la valeur relative de la résistance
1-30 Un arbre a une hauteur relative de 3 p .u. Sa- b) le courant relatif circulant dans la résistance
chant que la longueur de base est de 2,5 m, calculer la
1-35 Un moteur ayant une puissance de 4,2 p .u .
hauteur réelle de l'arbre .
tourne à une vitesse de 1,2 p .u .
1-31 Dans une municipalité, on prend comme base a) calculer le couple relatif développé par le mo-
une longueur de 5 m . teur
a) Calculer la valeur de la superficie de base ; b) la puissance de base étant de 1 hp, calculer la
b) Un terrain mesure 20 m x 45 m . Exprimer ces puissance du moteur en kilowatts
dimensions en valeurs relatives ;
c) Exprimer la superficie du terrain en p .u .
2
Nature de l'électricité

Afin de comprendre la nature et l'origine de l'électri- deux atomes d'hydrogène et d'un atome d'oxygène .
cité, on doit examiner la structure même de la matière . La molécule d'ozone, un gaz libéré lors d'une décharge
Dans ce chapitre, nous étudierons les propriétés élé- électrique, est composée de 3 atomes d'oxygène . En-
mentaires des électrons et leur distribution à l'intérieur fin, la molécule de caoutchouc contient une chaîne d'au
d'un corps . Nous verrons aussi les propriétés des pro- moins 5000 atomes de carbone et 8000 atomes d'hy-
tons et des neutrons, ainsi que la composition atomi- drogène (Fig . 2-1) .
que de quelques éléments utilisés en électrotechnique . Si l'on fractionnait un échantillon de caoutchouc
2.1 Nature de la matière comme on l'a fait pour l'aluminium, il faudrait, rendu
au stade de la molécule, arrêter la subdivision, sans
Prenons un bloc d'aluminium et coupons-le en deux .
quoi les propriétés de la particule subdivisée ne se-
Reprenons une des parties et séparons-la également
raient plus les mêmes que celles de l'échantillon ini-
en deux . Si nous continuons ce procédé de fractionne-
tial .
ment des milliers et des milliers de fois, nous attein-
drons une limite où il ne sera plus possible de subdi- 2.2 Attraction entre atomes et molécules
viser la particule d'aluminium extrêmement petite ainsi Les atomes et les molécules s'attirent avec une force
obtenue, sans en changer les propriétés caractéristiques, gravitationnelle identique à celle qui attire une pomme
c'est-à-dire sans modifier la nature même de l'alumi- vers la terre . La force d'attraction augmente à mesure
nium . Cette dernière particule est appelée atome . que les molécules se rapprochent, mais elle demeure
La matière est ainsi composée d'atomes dont la struc- faible à moins que les molécules soient très serrées les
ture particulière caractérise les différents éléments tels unes contre les autres .
que l'aluminium, le carbone, le cuivre, l'hydrogène, Les molécules d'un gaz sont relativement éloignées
l'oxygène, etc . les unes des autres ; par conséquent, les forces d'at-
Dans la plupart des substances, cependant, la plus pe- traction sont négligeables, ce qui explique leurs mou-
tite particule qui conserve toutes les propriétés origi- vements indépendants et désordonnés .
nales est la molécule . Une molécule est un groupement Par contre, les atomes d'un corps solide sont tellement
de deux, trois, quatre, parfois jusqu'à des milliers d'ato- rapprochés les uns des autres que la force d'attraction
mes . La molécule d'eau, par exemple, est formée de devient très grande, ce qui donne au corps cette rigi-
27

LO tLtl, 1 NU 1 tUMIIUL)t

dité que l'on connaît . Contrairement aux molécules plus grande que les électrons seront plus près du noyau .
d'un gaz, les molécules (ou atomes) d'un corps solide
L'atome d'aluminium est représenté schématiquement
ne sont pas libres de se déplacer, mais demeurent fi-
à la Fig . 2-2 . Il comporte un noyau central autour du-
gées sur place . Elles vibrent seulement dans leur posi- quel gravitent 13 électrons sur des orbites définies
tion captive, l'amplitude des vibrations augmentant
(représentées par des traits pointillés) . Ces électrons
avec la température .
sont répartis en couches concentriques comme suit : la
Si la température est suffisamment élevée, les vibra- couche interne est complète avec deux électrons, la
tions intenses réussissent à éloigner les molécules les couche intermédiaire est très compacte et très stable
unes des autres, de sorte que les forces d'attraction ainsi avec huit électrons, enfin la couche périphérique ne
affaiblies transforment le solide dur en liquide . compte que trois électrons .
Toute substance est ainsi formée d'un ensemble d'ato-
mes . La constitution de ces atomes varie d'un corps à
l'autre, le noyau étant plus ou moins lourd et les élec-
®®
trons, plus ou moins nombreux . (Voir l'atome de cui-
vre et l'atome d'hydrogène, Fig . 2-2 .)
(a) eau, H 2 O (b) ozone, 0 3
2 .4 Dimensions de l'atome
Même si l'atome est extrêmement petit, on a pu néan-
moins, par des procédés ingénieux, évaluer ses dimen-
sions, son poids et sa charge électrique .

(c) partie d'une molécule de caoutchouc (C S H 8 )„

Figure 2-1
Représentation des molécules d'eau, d'ozone et de
caoutchouc avec leurs formules . La molécule de caoutchouc
est formée d'une longue chaîne de groupements C5H8, ce
qui lui confère sa souplesse .

2.3 Structure atomique


S'il était possible de le voir, on constaterait que tout (a) hydrogène, H (b) aluminium, AI

atome est composé d'un noyau très petit, très lourd et


portant une charge électrique positive (+) autour du-
quel tournent à une très haute vitesse des électrons por-
tant des charges négatives (-) . La charge totale des élec-
trons neutralise la charge positive du noyau de sorte
que l'atome est, dans son ensemble, électriquement
neutre . L'atome peut être comparé au système solaire,
dans lequel le soleil remplit le rôle du noyau et les
planètes, celui des électrons .
C'est un fait vérifié expérimentalement que les corps
chargés électriquement donnent naissance à des effets
d'attraction et de répulsion . Les charges électriques de
même signe se repoussent tandis que les charges de
signe contraire s'attirent. On conçoit donc qu'il existe Figure 2-2
des forces d'attraction électriques entre le noyau (+) Structure simplifiée de quelques atomes .
et les électrons (-) d'un atome ; cette force sera d'autant
NATURE DE L'ELECTRICITE 29

L' atome d'aluminium est tellement petit qu'il faudrait


en mettre environ 100 millions bout à bout pour for-
mer une chaîne d'une longueur égale à un centimètre .
L'atome le plus simple est celui de l'hydrogène parce
qu'il ne comporte, autour de son noyau, qu'un seul
électron. L'exemple suivant nous permet de fixer les
dimensions relatives du noyau et de l'électron . Imagi-
nons qu'on puisse grossir un atome d'hydrogène 100
millions de millions (100 x 106 x 106) de fois . On pour-
rait alors représenter le noyau de l'atome par un grain
de sel et l'électron par une balle légère de 10 cm de
Figure 2-3
diamètre, tournant autour de ce noyau à une distance
Les électrons libres à l'intérieur d'un morceau d'aluminium
d'environ 5 kilomètres . sautent continuellement d'un atome à l'autre .
D'après cet exemple, on réalise que la plus grande por-
tion de l'atome est vide . En effet, s'il était possible de un bloc de métal originellement neutre, l'excédent
comprimer les électrons et les noyaux ensemble, on d'électrons lui donnera une charge résultante négative
pourrait placer toute la matière d'une grande ville dans
(-) .
une boîte d'allumettes . Si on ne peut pas toujours voir
à travers un corps, qui pourtant est formé d'atomes si En somme, un corps devient positif ou négatif suivant
vides, c'est que les rayons lumineux sont déviés par qu'il y a manque ou surabondance d'électrons .
les atomes . 2.6 Conducteurs et isolants
2.5 Électrons libres Les corps métalliques comme le cuivre et l'aluminium
Revenons maintenant à l'atome d'aluminium de la Fig . ne possèdent respectivement qu'un et trois électrons
2-2 . On a vu qu'il n'y a que trois électrons sur l'orbite périphériques dans leur atome. Ces corps peuvent aban-
extérieure . Ces trois électrons, étant très peu retenus donner très facilement ces électrons ou en recevoir
par le noyau, sont relativement libres et, dans un échan- d'autres aussi facilement, et sont donc d'excellents
tillon d'aluminium, ils sautent continuellement d'un véhicules d'électrons . On les appelle conducteurs .
atome à un autre dans toutes les directions (Fig . 2-3) . Il n'en est pas ainsi des corps, comme le caoutchouc,
On les appelle électrons libres par opposition à ceux dont les électrons sont retenus énergiquement à leurs
qui restent liés au noyau . Ces électrons libres se dépla- noyaux par des forces considérables . Ces corps n'ont
cent avec une très grande mobilité dans les espaces pratiquement pas d'électrons libres, et ils sont nom-
entre les atomes et, dans leur mouvement désordonné, més isolants.
frappent les atomes avoisinants . Leur vitesse est de l'or- La quantité d'électrons libres est précisément ce qui
dre de 1000 kilomètres par seconde . Cependant, même distingue les corps bons conducteurs d'électricité des
si, dans un bloc de métal, ils sont en constante agita- isolants ; les électrons se déplacent facilement dans les
tion, ils ne quittent pas le métal . Comme le nombre conducteurs, difficilement dans les isolants . Un iso-
total de noyaux et d'électrons ne change pas, le bloc lant parfait, interposé entre deux conducteurs, s'op-
de métal sera électriquement neutre . La Fig . 2-3 n'est pose à tout échange d'électrons entre eux .
évidemment pas à l'échelle car un centimètre cube
d'aluminium compte plus de 10 22 électrons libres . 2 .7 Distribution des électrons libres
Si maintenant, par un procédé quelconque, on arrache Ordinairement, les électrons libres à l'intérieur d'un
un certain nombre d'électrons au bloc de métal, la barreau d'aluminium sont répartis uniformément, de
charge positive des noyaux ne sera plus exactement sorte que chaque millimètre de sa longueur soit élec-
équilibrée par la charge négative des électrons, de sorte triquement neutre (Fig . 2-4a) . Mais imaginons que
que la charge électrique résultante du bloc sera posi- l'on puisse, par un moyen quelconque, chasser un
tive (+) . Inversement, quand on ajoute des électrons à grand nombre d'électrons vers une extrémité du bar-

30 ELECTROTECHNIQUE

reau, celle-ci deviendra négative . L'autre extrémité, 2 .9 Courant électrique


privée de ses électrons habituels, aura une charge nette Si on relie les deux bornes d'une pile au moyen d'un
positive (voir Fig . 2-4b) . Le barreau aura donc des ex- conducteur (Fig . 2-5), les électrons, en surcroît sur la
trémités positive et négative bien que, dans son en- borne négative, se repousseront mutuellement et chas-
semble, il demeure neutre, n'ayant ni perdu ni gagné seront les électrons libres du conducteur vers la borne
d'électrons . Mais cette distribution inégale des élec- positive. De plus, cette borne positive, présentant un
trons est anormale et l'équilibre sera rétabli dès que manque d'électrons, attirera énergiquement les élec-
l'influence extérieure qui a provoqué la migration aura trons libres . Il en résulte un mouvement continuel
disparu . d'électrons dans le conducteur, de la borne négative à
la borne positive .
C'est ce mouvement d'ensemble des électrons libres
qui constitue le courant électrique .

Le mouvement d'ensemble des électrons est lent car


(a) ils rencontrent sur leur passage un très grand nombre
de noyaux d'atomes qui les font dévier et les retar-
dent. Ainsi, la vitesse d'entraînement des électrons dans
un conducteur qui alimente une lampe à incandescence
de 60 watts sous une tension de 120 volts est seule-
(b)
ment de l'ordre de 5 centimètres à l'heure . Bien que
cette vitesse soit très faible, le courant électrique s'éta-
Figure 2-4
a . Distribution uniforme des électrons libres à l'intérieur d'un blit très vite d'un bout à l'autre d'un conducteur (à une
barreau métallique . vitesse qui se rapproche de celle de la lumière: 300 000
b . Distribution non uniforme des électrons libres . kilomètres par seconde) . Au moment où l'on raccorde
un conducteur à une source d'électricité, des électrons
supplémentaires sont introduits à l'une des extrémités
2 .8 Sources d'électricité du conducteur. Presque instantanément, les électrons
Pour produire (ou générer) de l'électricité, il faut chan- libres localisés à l'autre extrémité sont contraints d'éva-
ger le peuplement relatif des électrons entre deux cuer . C'est un effet de proche en proche : les électrons
points . Les dispositifs capables de créer un tel surplus qui entrent par une des extrémités ne sont pas les mê-
d'électrons à un point et un manque à un autre point mes que ceux qui sortent presque aussitôt par l'autre .
sont appelés générateurs ou sources d'électricité . C'est grâce à la grande vitesse d'établissement du cou-
Cette répartition inégale des électrons peut être provo- rant électrique que deux personnes peuvent communi-
quée de plusieurs manières . On peut le faire : quer presque instantanément au téléphone . Les élec-
trons mis en branle par la voix d'une personne qui parle
1 . chimiquement, comme dans les piles et les accu- à une extrémité de la ligne provoquent aussitôt un mou-
mulateurs, vement semblable des électrons à l'autre extrémité, de
2 . mécaniquement, comme dans les dynamos et alter- sorte que les deux interlocuteurs peuvent communi-
nateurs, quer comme si aucune distance ne les séparait . La vi-
3 . par effet thermique, comme dans les thermocouples, tesse d'établissement du courant permet aussi la grande
ou rapidité des ordinateurs électroniques qui font leur cal-
4 . par effet optique, comme dans les cellules photo- culs des millions de fois plus vite que les calculatrices
électriques . mécaniques d'autrefois .
Dans chaque cas, le point (ou borne) ayant un manque Toutefois, la vitesse d'établissement du courant élec-
d'électrons possède une charge positive, donc une po- trique n'est pas instantanée : en effet, si l'on pouvait
larité positive (+) . Inversement, le point ayant un sur- relier la planète Mars et la Terre avec une ligne télé-
plus d'électrons aura une charge négative, et par con- phonique, cela prendrait 20 minutes pour transmettre
séquent, une polarité négative (-) . un message.

NATURE DE L'ÉLECTRICITÉ 31

2.10 Sens du courant En se référant aux Fig . 2-5b et 2-5c, on notera que le
Avant l'établissement de la théorie électronique du cou- courant circule aussi à l'intérieur de la pile . Cependant,
rant électrique, certains savants s'étaient imaginés que le courant conventionnel y circule de la borne négative
le courant électrique se déplaçait dans un conducteur à la borne positive, ce qui est l'inverse de son chemine-
extérieur au générateur de la borne positive du généra- ment dans le conducteur extérieur .
teur à sa borne négative . Malheureusement, ce sens 2 .11 Protons et neutrons
conventionnel du courant, qui a été choisi arbi-
Jusqu'à maintenant, nous avons considéré le noyau d'un
trairement, est l'inverse du sens de déplacement des
atome comme un corpuscule portant une charge élec-
électrons . Les électrons, dans un conducteur métallique,
trique positive . En fait, le noyau est composé de deux
se dirigent toujours vers la borne positive du généra-
sortes de particules : les protons et les neutrons . Le pro-
teur. Dans ce livre nous adopterons le sens convention-
ton possède une charge positive dont la valeur est égale
nel du courant parce qu'il est reconnu universellement .
à la charge négative de l'électron . Le neutron, comme
Il est bon, toutefois, de se rappeler que le sens du cou-
son nom l'indique, ne porte aucune charge . Les neu-
rant électronique est, en réalité, inverse du sens con-
trons ne subissent donc aucune force électrique d'at-
ventionnel (voir Fig . 2-5) .
traction ou de répulsion en présence des protons ou
des électrons .
La masse du neutron est sensiblement égale à celle du
des électrons libres
seps proton ; tous deux pèsent environ 1840 fois plus que
l'électron . La masse d'un atome est donc surtout con-
centrée dans son noyau .
Le nombre de protons et de neutrons dans le noyau
borne +++ -
positive (+) , = _ borne
d'un atome dépend de l'élément . De plus, comme cha-
négative (-) que atome est électriquement neutre à l'état normal, il
comporte autant de protons que d'électrons .
pile Le tableau 2-1 donne la composition atomique de quel-
ques éléments . À titre d'exemple, un atome de cuivre
contient 29 protons et 35 neutrons dans son noyau, alors
que 29 électrons gravitent autour de celui-ci . Les neu-
(b) trons font une contribution importante au poids du cui-
vre, mais aucune en ce qui concerne sa charge électri-
que . Toutefois, nous verrons que les neutrons jouent
un rôle critique dans les centrales nucléaires .
2 .12 Résumé
Dans ce chapitre nous avons appris que la matière est
constituée d'atomes qui sont regroupés en structures
plus complexes appelées molécules . Les atomes sont
constitués d'un noyau contenant des particules positi-
ves (les protons) et neutres (les neutrons) autour du-
quel tournent des particules négatives appelées élec-
trons .
Le nombre de protons est normalement égal au nom-
bre d'électrons si bien que les atomes ou les molécules
(c)
sont électriquement neutres . Le nombre de protons et
d'électrons (numéro atomique) est caractéristique de
Figure 2-5
a . Une pile est un générateur d'électricité . chaque élément et détermine ses propriétés chimiques .
b . Sens du courant électronique dans un conducteur La presque totalité de la masse de l'atome est concen-
connecté aux bornes d'une pile . trée sans le noyau . Comme deux charges de signes con-

3 1- tLtl I MU I tUMNIUUt

traites s'attirent, les électrons (-) sont attirés par le de ces électrons libres qui en se déplaçant d'un atome
noyau (+) . Les électrons sont répartis en couches el- à l'autre permet la circulation d'un courant électrique .
liptiques autour du noyau . Au contraire, les corps qui peuvent difficilement per-
Certains corps appelés conducteurs (ex . : cuivre, alu- dre des électrons sont appelés isolants. Ces matériaux
minium ) peuvent facilement perdre et échanger les sont utilisés pour empêcher la circulation d'un cou-
électrons de leur couche extérieure . C'est la mobilité rant électrique .

TABLEAU 2-1 COMPOSITION ATOMIQUE DE QUELQUES ÉLÉMENTS

numéro atomique masse nombre de masse


élément symbole z atomique neutrons volumique
(approx .) kg/m3

hydrogène H 1 1,008 0 0,0898 gaz


hélium He 2 4,003 2 0,179 gaz
bore B 5 10,81 6 2340
carbone C 6 12,01 6 2260
azote N 7 14,01 7 1,26 gaz
oxygène O 8 16,0 8 1,43 gaz
fluor F 9 19,0 10 1,696
néon Ne 10 20,18 10 0,902 gaz
sodium Na 11 22,99 12 970
aluminium AI 13 26,98 14 2700
silicium si 14 28,09 14 2330
souffre S 16 32,06 16 2070
chlore ci 17 35,45 18 3,18 gaz
chrome Cr 24 52,0 28 7190
fer Fe 26 55,85 30 7860
cobalt Co 27 58,93 32 8900
nickel Ni 28 58,71 31 8900
cuivre Cu 29 63,54 35 8960
zinc Zn 30 65,37 35 7140
argent Ag 47 107,87 61 10 500
tungstène w 74 183,85 110 19 300
platine Pt 78 195,1 117 21 400
or Au 79 197,0 118 19 300
mercure Hg 80 200,6 121 13 600
plomb Pb 82 207,2 125 11400
radium Ra 88 -226 138 5000
uranium U 92 238,0 146 19 070
plutonium Pu 94 -242 148

1 . Chaque élément possède un nombre défini de protons et d'électrons, donné par le


numéro atomique Z . Par contre, dans la nature, le nombre de neutrons sur le noyau d'un
élément n'est pas constant .
2 . La masse atomique donne la masse relative d'un atome par rapport à un autre, tel que
trouvé dans la nature . Ainsi les atomes de cuivre possèdent une masse, qui est, en
moyenne, 2,35 plus grande que celle de l'aluminium (63,54/26,98 = 2,35) .
3 . La masse volumique des gaz correspond à une température de 0 °C et une pression
de 101,325 kPa .

NATURE DE L'ELECTRICITE 33

Les générateurs ou sources d'électricité ont la propriété 2-8 a) Montrer le sens de déplacement des électrons
de produire une répartition inégale des électrons entre lorsque les bornes d'une pile sèche sont raccordées par
une borne positive (+) ayant un manque d'électrons et un conducteur.
une borne négative (-) ayant un surplus d'électrons . b) Dans ce conducteur, est-ce que les électrons circu-
Ces sources utilisent un procédé chimique (ex . : piles), lent de la borne (+) à la borne (-) ?
mécanique (ex . : alternateurs), thermique (ex . : c) Dans la pile, est-ce que les électrons circulent de la
thermocouples) ou optique (ex . : cellules photoélectri- borne (+) à la borne (-)?
ques) . Lorsque l'on relie un conducteur entre les deux 2-9 L'atome de fer contient 26 électrons . Dessiner
bornes d'une source, un courant se met à circuler dans un schéma de l'atome et indiquer la charge du noyau .
le conducteur et la source . Le courant conventionnel
2-10 En utilisant le tableau 2-1, déterminer le nom-
(inverse du courant électronique) circule de la borne
bre a) de protons ; b) d'électrons ; c) de neutrons dans
(+) à la borne (-) dans le conducteur.
un atome de plomb .

PROBLÈMES - CHAPITRE 2

2-1 Y a-t-il attraction ou répulsion lorsque deux char-


ges négatives sont rapprochées l'une de l'autre?
2-2 Représenter un atome d'aluminium de façon sim-
plifiée .
2-3 Qu'est-ce qui distingue un conducteur d'un iso-
lant?
2-4 Dans un conducteur métallique, le courant d'élec-
trons se déplace-t-il rapidement?
2-5 Sur quelle couche (intérieure ou extérieure) d'un
atome métallique les électrons libres se trouvent-ils?
2-6 Est-ce que les atomes d'un solide sont absolu-
ment immobiles?
2-7 Que veut dire «sens conventionnel» d'un courant
électrique?
3
Loi d'Ohm

La loi d'Ohm trouve des applications dans tous les nous l'avons vu, comprend la distribution et le mou-
domaines de l'électrotechnique . Ce chapitre explique vement des électrons localisés dans la matière .
la loi, de même que l'utilisation d'un voltmètre et d'un
Lorsque les deux bornes d'un appareil présentent res-
ampèremètre dans un circuit électrique .
pectivement un défaut (+) et un excès (-) d'électrons,
3 .1 Production d'électricité, différence de on dit qu'il existe entre elles une différence de poten-
potentiel tiel (en abrégé d .d .p .) . Cette différence de potentiel élec-
Le rôle des sources d'électricité est de transformer trique, appelée très souvent tension électrique, ou force
l'énergie mécanique, chimique, thermique ou radiante électromotrice, peut être avantageusement comparée à
en énergie électrique . Elles réalisent cette transforma- la pression développée par une pompe hydraulique dont
tion en maintenant constamment entre leurs deux bor- la valve est fermée : elle peut exister même s'il n'y a
nes une différence dans la population d'électrons . El- pas de courant d'eau .
les soutirent des électrons d'une borne et les accumulent Ainsi, dans la Fig . 3-3, la différence de pression hy-
sur l'autre ; une borne aura donc un manque d'élec- draulique entre les points a et b de la pompe peut être
trons tandis que l'autre présentera un surcroît d'élec- comparée à la différence de potentiel électrique entre
trons . La première sera donc positive car la charge des les bornes x et y du générateur G .
noyaux des atomes ne sera plus exactement équilibrée
par celle des électrons ; la surabondance d'électrons 3 .2 Unité de différence de potentiel
négatifs à la deuxième borne lui donnera une charge L' unité SI de différence de potentiel électrique (ou ten-
électrique résultante négative. sion) est le volt (symbole V), tiré du nom du célèbre
Les figures 3-1 et 3-2 montrent huit types de sources physicien italien Volta .
d'électricité . Il est important de noter que ces généra- Le kilovolt (kV) et le millivolt (mV) sont des multiples
teurs d'électricité ne créent pas plus d'électricité qu'une et sous-multiples du volt qui valent respectivement
pompe hydraulique ne fabrique de l'eau : l'électricité, 1000 volts et 1/1000 de volt . La différence de poten-

34

LOI D'OHM 35

3 .3 Polarité
On identifie la borne qui présente un excès d'électrons
par un signe (-), celle qui comporte un manque d'élec-
trons, par un signe (+) . Ces deux bornes sont nom-
mées respectivement borne négative et borne positive .
Elles possèdent respectivement une polarité négative
et une polarité positive .
Figure 3-3
La différence de potentiel entre les bornes x et y d'une 3 .4 Charges électriques
génératrice peut être comparée à la différence de pression
développée par une pompe entre les points a et b .
Les appareils qui reçoivent et transforment l'énergie
électrique produite par les générateurs se nomment
charges (voir Fig . 3-5) . Les trois principaux types sont :
tiel, ou tension, se représente par le symbole E et se
1 . Les charges qui transforment l'énergie électrique
mesure à l'aide d'un appareil appelé voltmètre
en travail . Exemples : moteurs, vibrateurs électri-
(Fig . 3-4) .
ques, électroplongeurs .
2. Les charges thermiques dans lesquels l'énergie élec-
trique est transformée en chaleur. Exemples : grille-
pain, chaufferettes, fers à repasser, lampes à incan-
descence, fours industriels .
3 . Les charges chimiques où l'énergie électrique est
transformée en énergie chimique . Exemples : bains
à galvanoplastie qui servent à plaquer du chrome
sur les objets ; bacs à électrolyse servant à produire
l'aluminium, piles rechargeables .

-) -
(a) chaufferette (b) bac à aluminium

Figure 3-4
Ce voltmètre numérique permet de lire les tensions conti-
(c) moteur
nues de zéro à 1000 V avec une précision de 0,05 % . Il peut
aussi mesurer les tensions alternatives . Cet instrument très
flexible permet aussi de mesurer les courants continus et Figure 3-5
alternatifs, la résistance, les fréquences, et la température . Quelques exemples de charges électriques avec leur
(gracieuseté de Fluke Corporation) symbole .
36 ÉLECTROTECHNIQUE

SOURCES D'ÉLECTRICITÉ

1 . Génératrice à courant alternatif


Principe de fonctionnement: Une tension est induite entre les bornes d'un
conducteur lorsqu'il se déplace dans un champ magnétique .

Énergie primaire - mécanique

Tension - 6 V à 25 kV c.a .

Puissance - 10 W à 2000 MW

Rendement - 20% à 99%

Symbole

2 . Générateur électrostatique
Principe de fonctionnement : Une courroie mobile amène vers une coupole C les
charges positives provenant d'une source S . Une haute tension positive s'établit
entre la coupole et la terre .

Énergie primaire - mécanique

Tension - 100 kV à 10 MV c.c.

Puissance - 10 mW à 10 kW

Rendement - 5% à 30%

Symbole ©

terre
3 . Pile
Principe de fonctionnement : Deux plaques de matériaux différents placées dans
un électrolyte approprié libèrent de l'énergie électrique par une transformation
de leur structure chimique .

Énergie primaire - chimique

Tension - 1 V à 2 V c .c .

Énergie emmagasinée - 1 kJ à 1 MJ

mima id électrolyte Rendement - 40% à80%

Symbole ----~I-

ip 10,
4 . Générateur à thermocouple
Principe de fonctionnement : Lorsque les points de jonction J 1 et J 2 de deux
métaux différents sont gardés à des températures différentes, un transfert
d'électrons s'effectue et une tension apparaît entre les bornes A et B .

Énergie primaire - thermique


+ A B
Tension - 1 mV à 200 mV c .c.

Puissance - 1 mW à 1 W

Rendement - 3% à 10%

Symbole
0

Figure 3-1
Détails sur quelques sources d'électricité .


LOI D'OHM 37

SOURCES D'ÉLECTRICITÉ

5 . Générateur thermo-ionique
Principe de fonctionnement: En chauffant un métal A à une très haute
température, les électrons libres deviennent agités à un point tel qu'ils quittent
le métal pour s'accumuler sur une plaque B . Une différence de potentiel se crée
entre les deux plaques .

B Énergie primaire - thermique

Tension - 0,5 V à 3 V c .c .
20 mm' . o .o o .o.
Puissance - 1 mW à 100 W
\\`\\\
n Rendement - 1 % à 5%
1500 K A

1 Symbole

6. Cellule photovoltaïque
Principe de fonctionnement: Lorsqu'une jonction p-n au silicium (semblable à la
jonction d'une diode) reçoit de l'énergie radiante, un transfert de charges se
produit et une tension apparaît entre les bornes A et B .

radiation Énergie primaire - énergie radiante

A Tension - 0,3 V à 0,9 V C .C .

+ Puissance - 100 mW à 100 W

B Rendement - 8% à14%

Symbole -®-

7 . Pile à combustible
Principe de fonctionnement: La combinaison chimique de l'oxygène avec un
produit comme le pétrole ou l'hydrogène libère toujours une quantité d'énergie .
Habituellement, cette énergie apparaît sous forme de chaleur lorsque la
combinaison de ces produits se fait par combustion . La pile à combustible
permet à ces produits de se combiner chimiquement mais, au lieu de libérer de
l'énergie thermique ,c'est de l'énergie électrique qui apparaît.

Énergie primaire - chimique

Tension - 0,5 V à 1,5 V C.C.

Puissance - 10 W à 100 kW

Rendement - 30% à 70%

Symbole ©

cathode poreuse A A anode poreuse


8 . Générateur magnétohydrodynamique
Principe de fonctionnement : Un gaz ionisé à très haute température (appelé
plasma) est soufflé à grande vitesse entre les pôles d'un électro-aimant . Une
tension apparaît entre les deux plaques qui touchent les parois du jet .

N Énergie primaire - thermique/mécanique

Tension - 100 V à 5 kV c.c.

plasma Puissance - 10 kW à 100 MW


:
2500 K
S Rendement - 15% à 35%

Symbole ©

Figure 3-2
Détails sur quelques sources d'électricité .

38 ÉLECTROTECHNIQUE

Il existe bien d'autres appareils et dispositifs qui agis- D'une façon générale, et quelle que soit sa nature, une
sent comme charges électriques . Mentionnons les té- charge s'oppose toujours au passage d'un courant élec-
léviseurs et les lampes fluorescentes qui transforment trique . C'est précisément cette opposition qui permet
l'énergie électrique en énergie radiante visible, de à la charge de recevoir et de convertir l'énergie élec-
même que toute la gamme des équipements électro- trique .
niques de commande et de puissance .
3.7 Unité d'intensité de courant
3.5 Courant dans un conducteur et dans une Le courant hydraulique (Fig . 3-6) pourrait se mesurer
source par le nombre de gouttes qui passent en un point par
Nous avons vu au chapitre 2, Fig . 2-5, que le sens con- seconde, et le courant électrique (Fig . 3-7) par le nom-
ventionnel du courant est l'inverse du sens de dé- bre d'électrons par seconde . De telles unités ne seraient
placement des électrons . Dans une charge le courant évidemment pas pratiques .
conventionnel se dirigera de la borne positive (+) à la
borne (-) . Dans une source le courant passera de la
borne négative (-) à la borne positive (+) . pompe

Le courant qui conserve toujours le même sens est ap-


pelé courant continu . Nous verrons plus loin qu'il existe
également des courants qui changent périodiquement
de sens : on les appelle courants alternatifs . Les pre-
miers chapitres de ce livre porteront exclusivement sur
l'étude des courants continus et de leurs effets .

3 .6 Analogie hydraulique
Il est parfois plus facile de comprendre ce qu'est le
Figure 3-6
courant électrique en faisant une comparaison avec un Pompe et sa charge .
système hydraulique . La partie pointillée du schéma
de la Fig . 3-6 représente un tuyau partiellement rempli
de sable . La différence de pression développée par la génératrice
pompe fait circuler l'eau dans le circuit hydraulique .
On peut imaginer que l'eau est composée de milliers
de gouttes, qui rencontreront une certaine opposition
dans leur passage à travers le sable .
De la même façon, à la Fig . 3-7, la différence de po-
tentiel électrique du générateur fait circuler des élec-
trons à travers l'élément d'une chaufferette . Ces élec-
trons (analogues aux gouttes d'eau) rencontrent une
certaine opposition à leur passage, car ils rencontrent Figure 3-7
Génératrice et sa charge .
les atomes du métal qui se trouvent dans leur chemin .
Cette opposition dans le cas de l'élément d'une chauf-
ferette est assez considérable ; c'est pourquoi on l'ap-
pelle résistance . Le frottement entre les électrons et En électricité, l'unité SI d'intensité de courant est l'am-
les atomes produit un dégagement de chaleur . père (symbole A) . Ce mot a été adopté en l'honneur du
Dans la Fig . 3-7 la génératrice (une source) est raccor- savant français André Ampère . Un ampère équivaut au
dée à la résistance (une charge) au moyen de deux fils passage de 6,2 milliards de milliards (6,2 x 10 18 ) d'élec-
xl et y2. Les fils sont choisis afin qu'ils ne présentent trons par seconde .
à peu près aucune opposition au passage du courant Pour fixer l'ordre de grandeur d'un ampère, qu'il suf-
électrique . Il en résulte que la différence de potentiel fise de se rappeler qu'une lampe à incandescence de
aux bornes x et y de la source apparaît entièrement aux 100 watts tirera un courant de près d'un ampère sous
bornes 1 et 2 de la charge . la tension de 120 volts .
LOI D'OHM 39

L'intensité d'un courant (représenté par la lettre I)


s'exprime donc en ampères . Elle se mesure à l'aide
d'un appareil appelé ampèremètre (Fig . 3-8) . Pour
des intensités de courant moins élevées, on emploie
couramment le milliampère (mA) qui vaut un
1/1000 d'ampère .

Figure 3-9
Raccordement d'un ampèremètre .

gradué en ampères et sa position donne l'intensité du


courant . Un ampèremètre numérique affiche la valeur
du courant directement .
Pour déterminer la différence de potentiel (ou la ten-
sion électrique) entre les extrémités de l'élément, on
relie les deux bornes d'un voltmètre (V) à ces deux
points (voir Fig . 3-10, montage en parallèle ou en dé-
rivation) . Dans le cas d'un voltmètre analogique, une
aiguille s'arrête devant une division du cadran et in-
dique, en volts, la valeur de la tension mesurée . Un
voltmètre numérique affiche la tension directement .
Contrairement à l'ampèremètre, le voltmètre ne laisse
passer que très peu d'électrons, de sorte que sa pré-
sence ne modifie pratiquement pas la différence de po-
tentiel entre les bornes de l'élément chauffant .
Fait important à retenir : l'ampèremètre est intercalé
Figure 3-8 dans le conducteur qui mène à l'élément, tandis que le
Cet ampèremètre numérique permet de mesurer les courants voltmètre est branché directement aux deux extrémi-
continus de zéro à 1000 A avec une précision de 2 % . Il peut tés de l'élément .
aussi mesurer les courants alternatifs . La pince qui entoure le
fil permet de mesurer le courant circulant dans ce conducteur
sans que l'on soit obligé de le couper. Cette mesure de cou-
rant par induction est expliquée à la section 31 .6 du chapitre
sur les transformateurs spéciaux . (gracieuseté de Fluke Cor-
poration)

3 .8 Mesures d'une intensité de courant et


d'une tension
élément
Pour mesurer le nombre d'électrons qui passent, par
seconde, dans l'élément d'une chaufferette, on place
un ampèremètre entre le générateur et l'élément, de
façon qu'il soit traversé par tous les électrons (voir Fig .
3-9, montage en série) . Dans le cas d'un ampèremètre Figure 3-10
analogique, une aiguille se déplace devant un cadran Raccordement d'un voltmètre .

40 ÉLECTROTECHNIQUE

1A

essai n° 1 essai n° 2 essai n° 3

Figure 3-11
Le rapport entre la tension et le courant est un nombre constant appelé résistance .

3 .9 Loi d'Ohm que la tension est grande : en doublant la tension, l'in-


tensité du courant double, en triplant la tension, l'in-
La Fig . 3-11 montre comment sont disposés l'ampère-
tensité du courant triple .
mètre (A) et le voltmètre (V), destinés à mesurer, res-
pectivement, l'intensité du courant qui parcourt la C'est en partant des résultats d'une expérience sem-
chaufferette et la tension à ses bornes . blable que le physicien allemand Georg-Simon Ohm
énonça en 1827 la loi suivante :
Supposons qu'au moment où la lecture est prise, Fig .
3-11, (essai n° 1), le générateur applique une diffé-
le rapport entre la tension appliquée aux bornes
rence de potentiel de 2 volts et que le courant I résul-
d'un conducteur et le courant qui le parcourt est
tant soit de 1 ampère . Le rapport de la tension au cou-
un nombre constant .
rant égale :
Ce nombre constant caractérise une propriété du con-
• 2 volts
=2 ducteur : sa résistance . La résistance d'un corps quel-
I 1 ampère conque est l'opposition qu'il offre au passage du cou-
Agissons maintenant sur le générateur, Fig . 3-11 (es- rant. La résistance se représente par le symbole R .
sai n° 2), de manière que la tension aux bornes de l'élé- La formule de la loi d'Ohm s'écrit :
ment, indiquée par le voltmètre, soit de 4 volts . On
constate alors que l'ampèremètre marque 2 ampères . tension
= résistance
Le rapport de la tension au courant égale : courant

• 4 volts ou encore, en abrégé


=2
1 2 ampères
Reprenons l'expérience, Fig . 3-11 (essai n° 3), en ap- E =R
I
pliquant 6 volts à la chaufferette ; l'ampèremètre in-
dique maintenant 3 ampères . Encore une fois, le rap-
3.10 Unité de résistance
port :
L'unité SI de résistance est l'ohm (symbole S2)* .
• 6 volts D'après la définition SI, l'ohm est la résistance élec-
=2
1 3 ampères trique qui existe entre deux points d'un conducteur lors-

On voit donc que le courant est d'autant plus grand


* S2 est une lettre grecque qui se prononce «omega» .




LOI D'OHM 4

qu'une différence de potentiel constante de 1 volt ap-


pliquée entre ces deux points produit dans ce conduc- TABLEAU 3-1 EXPRESSIONS DE LA LOI D'OHM
teur un courant de 1 ampère, ce conducteur n'étant le cas facteurs facteur expression
siège d'aucune force électromotrice . connus inconnu
Dans la formule de la loi d'Ohm, si la tension E est
exprimée en volts et le courant I en ampères, la résis- 1 E, I R R =E
I
tance R sera exprimée en ohms . Exemple :
2 E, R I I =E
18 volts - 3 ampères = 6 ohms . R
3 .11 Application de la loi d'Ohm 3 I, R E E=RI
Maintenant que nous connaissons la relation qui existe
entre une tension de E volts appliquée aux extrémités
d'un élément possédant une résistance de R ohms et
parcouru par un courant de I ampères, il est facile, en
connaissant deux de ces facteurs, de déterminer le troi-
sième . Ainsi l'équation (3-1) peut être exprimée sous
les formes : Figure 3-12
Voir exemple 3-1 .

E -I ou volts = ampères (3-2)


R ohms Exemple 3-2
Une puissante lampe à incandescence ayant une
et
résistance R de 10 ohms est alimentée sous une ten-
E = RI ou volts = ohms x ampères (3-3) sion E de 120 volts . Quelle sera l'intensité I du cou-
rant tiré par cette lampe
Trois cas peuvent alors se présenter :
Solution
1 . On connaît la tension E et le courant I, on cherche la La forme (3-2) de la loi d'Ohm donne :
résistance R .
2 . On connaît la tension E et la résistance R, on cher- E _ I _ 120 volts
= 12 ampères
che le courant I . R 10 ohms
3 . On connaît le courant I et la résistance R, on cherche
la tension E. Exemple 3-3
Déterminer la chute de tension E dans un fil conduc-
Ces trois cas, résumés dans le tableau 3-1, sont illus-
teur dont la résistance R est de 50 milliohms, sa-
trés par les exemples numériques suivants .
chant qu'il porte un courant I de 300 ampères .
Exemple 3-1
Solution
Lorsqu'on branche un réchaud électrique à une
D'après la forme (3-3) de la loi d'Ohm:
source de tension E de 120 volts, il est parcouru par
un courant I de 5 ampères . Trouver la résistance R 10-3
E = RI = 50 x ohms x 300 ampères = 15 V
de l'élément du réchaud .
La solution du problème suivant fait intervenir deux
Solution des cas précédents .
En appliquant la forme (3-1) de la loi d'Ohm, la résis-
tance est donnée par : Exemple 3-4
Un fer à repasser alimenté par un réseau de distribu-
R 120 volts tion dont la tension est de 120 volts est parcouru par
E = = = 24 ohms
I 5 ampères un courant de 6 ampères . Si la tension du réseau
tombe à 100 volts, quelle sera la nouvelle intensité
du courant?


42 ÉLECTROTECHNIQUE

Les appareils qui sont branchés aux bornes d'une source


pour transformer l'énergie électrique sont des charges .
Ces charges peuvent transformer l'énergie électrique
Figure 3-13 produite par la source en énergie mécanique (ex . : mo-
Voir exemple 3-4 . teurs), thermique (ex . : appareils de chauffage) ou chi-
mique (ex . : bacs à galvanoplastie, piles en charge) .
Solution Dans un circuit formé d'une source et d'une charge,
circule un courant électrique . L'unité de courant élec-
Pour un appareil donné, le courant dépend de la ten-
trique est l'ampère (symbole A) . Si le courant circule
sion appliquée, laquelle est généralement fixée par le
toujours dans le même sens, on dit que c'est un cou-
réseau . Le seul facteur qui, ordinairement, ne varie pas,
rant continu . Par contre s'il change de sens périodi-
est la résistance, qui est une caractéristique de l'appa-
quement, il s'agit d'un courant alternatif.
reil .
On utilise un ampèremètre pour mesurer un courant
Il faut donc, en premier lieu, trouver la résistance R du
électrique et un voltmètre pour mesurer une tension
fer à repasser:
électrique ou différence de potentiel entre deux points
E 120 V d'un circuit . L'ampèremètre doit être branché en série
R = = = 20 Q
avec l'appareil dont on veut mesurer le courant alors
I 6A
que le voltmètre doit être branché en parallèle avec
Connaissant la résistance de l'appareil et la nouvelle l'appareil dont on veut mesurer la tension .
tension appliquée, le courant résultant sera : Enfin, la loi d'Ohm, une des lois les plus importantes
E 100 V régissant le fonctionnement des circuits électriques
I= -_ =SA s'énonce comme suit : le rapport entre la tension ap-
R 20£2 pliquée aux bornes d'un conducteur et le courant qui
Sachant que le courant est toujours proportionnel à la le parcourt est un nombre constant appelé résistance .
tension appliquée, le nouveau courant aurait pu être La résistance est une grandeur caractéristique de ce
calculé par une simple règle de trois : conducteur. L'unité de résistance est l'ohm (symbole
S2) . La loi d'Ohm permet de calculer une des gran-
100V deurs suivantes : tension, courant ou résistance lors-
I=6Ax =5A
120 V que les deux autres sont connues .

3 .12 Résumé
Dans ce chapitre nous avons introduit trois grandeurs
fondamentales en électricité : la tension ou différence PROBLÈMES - CHAPITRE 3
de potentiel, le courant et la résistance . Nous avons Niveau pratique
aussi appris qu'il existe deux grandes catégories d'ap-
3-1 Quel est le rôle des générateurs d'électricité?
pareils électriques : les sources et les charges .
Les sources d'électricité permettent d'imposer une dif- 3-2 Pourquoi une borne présentant un manque d'élec-
férence de potentiel ou tension électrique entre deux trons est-elle positive?
bornes . L'une des bornes présentant un défaut d'élec 3-3 Les générateurs créent-ils de l'électricité?
trons est la borne positive (+) et l'autre ayant un excès 3-4 Quelle est l'unité SI de tension électrique? Nom-
d'électrons est la borne négative (-) . Dans le cas d'une mer une unité plus grande .
source, cette différence de potentiel est aussi appelée
force électromotrice . L'unité SI de différence de po- 3-5 Nommer trois types de charges électriques .
tentiel (ou tension) est le volt (symbole V) . 3-6 La borne d'un accumulateur qui comporte une
surabondance d'électrons a-t-elle une polarité positive?

LOI D'OHM 43

3-11 Énoncer la loi d'Ohm .


3-12 Quelle est l'unité SI de résistance?

Niveau intermédiaire
3-13 Exprimer en kilovolts une tension de 4000 volts .
3-14 Exprimer une intensité de 0,2 ampères en mil-
liampères .
3-15 Quelle est la résistance d'un conducteur par-
couru par une intensité de 3 ampères lorsqu'on lui ap-
plique une tension de 6 volts?
3-16 Une chauffe-eau absorbe 15A sous 120V . Cal-
culer sa résistance .
3-17 Calculer le courant circulant dans un élément
de cuisinière électrique ayant une résistance de 10 Çà,
alimenté par une tension de 240 V.
3-18 Un fer à souder est alimenté à 120 V. Sachant
que sa résistance est de 50 ohms, calculer le courant
tiré .
3-19 On désire faire circuler un courant de 4 A dans
un rhéostat de 7 Q . Quelle tension doit-on lui appli-
quer?
3-20 Calculer la chute de tension dans un fil de 8 S2
lorsqu'il est parcouru par un courant de 15 ampères .
3-21 Une ligne de transport ayant une résistance de
Figure 3-14
Ohmmètres pour mesurer la résistance de l'isolation 6 ohms est traversée par un courant de 400 A . Quelle
d'un système ou d'un dispositif sous une tension continue est la chute de tension en kilovolts?
de 250 V ou 100 V. Ces instruments peuvent mesurer des
résistances comprises entre 10 kO2 et 1000 M OM. Léchelle 3-22 Une chauffe-eau tire un courant de 15 A sous
donne à la fois une lecture analogique et numérique une tension de 240 volts . Quel courant tirera-t-il si la
(gracieuseté Megger Instruments Limited) . tension baisse à 210 volts?
3-23 L'enroulement du champ d'une génératrice de
3-7 Soit un conducteur reliant les deux bornes d'une 500 mégawatts possède une résistance de 62,6 mQ .
pile . Les électrons se déplacent-ils dans le conducteur Quelle tension doit-on appliquer pour y faire circuler
du pôle positif au pôle négatif, ou vice versa? Quel est un courant de 4060 A?
le sens conventionnel du courant dans le conducteur? 3-24 Un éclair moyen implique un courant de 20 kA
3-8 Quelle est l'unité SI d'intensité de courant? Nom- et une tension de 200 MV. Calculer la valeur de la ré-
mer une unité plus petite. sistance offerte au passage du courant .

3-9 Quel appareil utilise-t-on pour mesurer le cou-


rant?
3-10 Les ampèremètres et les voltmètres sont-ils rac-
cordés de la même façon? Tracer des schémas illus-
trant la mesure d'une intensité de courant et la mesure
dune tension .

4
Puissance et
énergie électrique
4.1 Circuit électrique fournie par le générateur est, par suite, proportionnelle
Un circuit électrique est un ensemble comprenant des à ces deux mêmes grandeurs E et I . Il existe donc une
sources, des conducteurs et des charges . Le schéma de relation étroite entre la puissance, la tension et le cou-
la Fig . 4-1 représente un circuit comprenant un moteur rant électrique .
M et un générateur G qui l'alimente par l'intermédiaire
de deux fils conducteurs . Le circuit comprend aussi un
interrupteur permettant de commander la circulation
du courant. Si l'interrupteur est ouvert, le courant ne fil conducteur
passe pas car l'air constitue un bon isolant . Pour qu'il
circule, il faut qu'il y ait une suite ininterrompue de
conducteurs reliant les deux bornes du générateur. Dans
la Fig . 4-1, ces conducteurs sont constitués de deux fil conducteur 4
fils conducteurs et des conducteurs situés à l'intérieur
du moteur M, entre les bornes 3 et 4 .
Figure 4-1
4 .2 Puissance électrique Éléments d'un circuit électrique .

Nous avons déjà vu que si un courant parcourt une ré-


sistance (comme l'élément d'une chaufferette), le frot-
tement des électrons contre les atomes donne naissance
à un dégagement de chaleur . Puisque la chaleur est une
forme d'énergie et que l'élément seul ne peut pas la
produire, il s'ensuit que cette énergie doit provenir du
générateur (Fig . 4-2) .
On peut prouver expérimentalement que la puissance
dégagée sous forme de chaleur est directement propor-
tionnelle à la tension E aux bornes de la résistance et Figure 4-2
au courant I qui la traverse . La puissance électrique Chaleur dégagée par une résistance .

44


PUISSANCE ET ÉNERGIE ÉLECTRIQUE 45

0,1 Q2

50 A
turbine

7,5 HP 100 V Em = 90 V

50A
0,1 s2

Figure 4-3
Lénergie électrique est transportée de la source à la charge par des fils conducteurs .

4 .3 Expression de la puissance on a I = P
E
La puissance (P) dépensée par un courant électrique
entre deux points d'un circuit s'obtient toujours par le 3000 W =
d'où le courant I = 12,5 A
produit de la tension (E) entre ces deux points et de 240 V
l'intensité (I) du courant:
Exemple 4-3
P = EI Un courant de 3 A circule entre deux points d'un
circuit et transporte une puissance de 18 W . Déter-

miner la tension entre ces points .
P = puissance, en watts [W]
E = tension, en volts [V]
I = courant, en ampères [A] P
ona E=
I
Tout comme pour l'expression de la loi d'Ohm, on peut
facilement déterminer un des facteurs de l'expression 18W
d'où la tension E = = 6 V
de la puissance lorsqu'on connaît les deux autres . Se- 3A
lon que l'on cherche la puissance P, l'intensité I ou la
4 .4 Puissance d'une génératrice
tension E, on utilise respectivement les formules :
La Fig . 4-3 montre une génératrice G entraînée par une
turbine . La génératrice alimente un moteur M par l'en-
P
P=EI ou i =-
P ou E=- (4-2) tremise d'une ligne électrique composée de deux fils
E I conducteurs .

En appliquant ces formules, les trois exemples numé- Imaginons que le circuit électrique soit fermé, et que la
riques suivants peuvent être facilement résolus . différence de potentiel aux bornes de la génératrice soit
de 100 V. Pour une tension fixe (ce qui est généralement
Exemple 4-1 le cas des réseaux de distribution), le courant qui cir-
Évaluer la puissance fournie à un moteur qui tire cule dans ce circuit dépend exclusivement de la résis-
15 A sous 120 V. tance des fils conducteurs et des caractéristiques élec-
triques de la charge .
P=EI=120Vx15A=1800W Supposons que le circuit soit parcouru par un courant
de 50 ampères . La génératrice devra donc débiter une
Exemple 4-2 puissance électrique de :
Une génératrice produit une puissance de 3 kW sous
une tension de 240 V. Quel est le courant débité P = EI = 100 x 50 = 5000 W = 5 kW


46 ELECTROTECHNIQUE

Pour fournir cette puissance électrique de 5 kW elle P=RI 2 (4-3)


devra elle-même recevoir une certaine puissance mé-

canique de la turbine . En supposant que la transforma-
P = puissance dissipée en chaleur [W]
tion de l'énergie par la génératrice se fasse sans au-
I = courant dans le conducteur [A]
cune perte (sans aucun dégagement de chaleur et sans
R = résistance du conducteur [S2]
frottement), la valeur de cette énergie mécanique re-
çue, évaluée en horsepower sera de : On voit ainsi que, pour un conducteur donné, la puis-
sance dépensée par effet Joule*, est proportionnelle au
P = 5000 = 6,7 hp, car un hp vaut 746 watts carré de l'intensité du courant: si le courant double, le
746 dégagement de chaleur quadruple . Si l'intensité triple,
l'échauffement sera 9 fois plus grand .
Par contre, si le rendement de la génératrice n'est que,
disons, de 84 %, la puissance de la turbine qui l'entraî- 4 .6 Pertes dans les lignes de transport
nera devra être de 6,7 hp - 0,84 = 8 hp . Si la résistance de chacun des fils conducteurs de la
4 .5 Puissance dissipée dans les fils Fig . 4-3 est égale à 0,1 52, la puissance dépensée en
conducteurs (effet Joule) chaleur pour une intensité de 50 ampères sera :
Le mouvement d'ensemble des électrons libres dans
un conducteur est lent car leur chemin est obstrué par P = RI2 = 0,1 x (50 x 50)
des atomes qui les font dévier. Ces chocs, ces frotte- = 250 W par fil, soit 500 W pour la ligne
ments entre les électrons libres et les atomes produi-
sent un dégagement de chaleur, ce qui revient à dire Une partie des 5000 watts fournis par la génératrice à
qu'une partie plus ou moins grande de l'énergie élec- l'entrée de la ligne sera transformée inutilement en
trique transportée par le conducteur est transformée en chaleur le long des fils conducteurs . La puissance élec-
énergie thermique . trique transmise à la charge ne sera donc plus que :

Ce phénomène d'échauffement d'un conducteur par le P = 5000 - (2 x 250) = 4500 W


courant d'électrons constitue l'effet Joule : il sera évi-
demment d'autant plus grand que le nombre d'élec- Ces pertes inévitables par effet Joule dans les lignes de
trons en mouvement orientés dans un conducteur sera transport sont analogues aux pertes par frottement dans
plus considérable . les machines . Dans celles-ci, une partie de l'énergie
La chaleur dégagée dans les conducteurs d'une ligne mécanique est transformée inutilement en chaleur . Il
de transport (ou dans les enroulements d'un moteur) s'ensuit que les lignes de transport d'énergie électri-
augmentera donc avec la charge . Puisque ces pertes que doivent avoir une résistance aussi faible que pos-
dépendent du courant, il est utile de connaître l'expres- sible pour réduire les pertes par effet Joule ; elles utili-
sion de la puissance consommée par effet Joule en fonc- sent des câbles de grande section, constitués générale-
tion du courant . ment de métaux bons conducteurs (cuivre ou alumi-
nium) .
D'après la loi d'Ohm, la chute de tension E dans un
conducteur est égale au produit de sa résistance R par 4.7 Chute de tension dans les lignes de
l'intensité du courant I transport
La résistance de chaque fil conducteur de la Fig . 4-3
E = RI éq. 3-3
est de 0,1 S2 et comme le courant est de 50 A, il s'en-
suit que la différence de potentiel Ef aux bornes de
Si, dans la formule générale de la puissance consom-
chaque fil est de :
mée dans un circuit, P = EI, on remplace la tension E
par la valeur RI, on obtiendra pour l'expression de la Ef = RI = 0,1 x 50 = 5V
puissance électrique transformée en chaleur :

P = EI = (RI) x I * Les conducteurs utilisés le plus souvent dans les appareils


électriques étant des fils de cuivre, les pertes Joule sont
parfois appelées «pertes dans le cuivre» .

PUISSANCE ET ÉNERGIE ÉLECTRIQUE 47

fusible 0,1 s2

500 A

100 V court-circuit

500 A < 0,1 S2

Figure 4-4
Un fusible protège un circuit contre les courts-circuits .

Cette différence de potentiel est appelée chute de ten- courant sera seulement limitée par la résistance des fils
sion dans le fil conducteur . La chute de tension totale et deviendra :
dans la ligne (deux conducteurs) est donc de 10 V. La
tension de la source est de 100 V, mais à cause de la E 100 V
I= = = 500A
chute de tension de 10 V le long de la ligne, la diffé- R 0,2 S2
rence de potentiel El, appliquée aux bornes du moteur
n'est plus que de 100 V - 10 V = 90 V. C'est là une valeur excessive qui produit un dégage-
ment de chaleur intense .
Notons, en passant, que la tension entre les deux fils
de ligne diminue progressivement de 100 V à 90 V à Cette condition, que l'on appelle court-circuit, pour-
mesure que l'on s'éloigne de la source vers la charge . rait provoquer la destruction de la génératrice et la fu-
Par exemple, au centre de la ligne la tension entre les sion des fils, avec risque sérieux d'incendie .
deux fils est de 95 V mais le courant est constant par- Pour limiter les dégâts, on introduit à dessein dans beau-
tout dans le circuit . coup de circuits un point faible qui assure auto-
Si l'on utilisait des fils conducteurs de 0,01 0 (résis- matiquement la rupture du courant lorsque l'intensité
tance 10 fois plus faible qu'auparavant), la chute de devient trop forte . Les dispositifs qui remplissent cette
tension ne serait plus que de 1 V et la tension aux bor- fonction portent le nom de fusibles . Ce sont ha-
nes du moteur monterait alors à 99 V. bituellement des pièces ou des fils métalliques dont
l'alliage et les dimensions sont choisis de façon à ce
4.8 Puissance fournie à la charge qu'ils fondent sans danger lorsque la surintensité dé-
La tension aux bornes du moteur de la Fig . 4-3 est de passe une valeur prédéterminée . La fusion de la pièce
90 volts, et le moteur est traversé par un courant de interrompt le courant .
50 A . La puissance P,,, fournie au moteur est donc :
4 .10 Charges conçues pour produire de la
chaleur
Pm = Eml
Jusqu'à maintenant nous avons envisagé uniquement
= 90 V x 50 A = 4500 W les conséquences néfastes de l'effet Joule ; il existe tou-
Cette valeur correspond bien à la valeur de la puis- tefois des dispositifs comme les grille-pain, les ra-
sance calculée précédemment à la section 4 .6 . diateurs électriques, les fers à repasser, etc ., qui sont
spécialement conçus pour convertir la puissance élec-
La plus grande partie de cette puissance électrique ab- trique en chaleur. On les raccorde au réseau domici-
sorbée est transformée en puissance mécanique . Une liaire dont la tension, malgré des fluctuations occa-
faible partie sera cependant transformée en chaleur, par sionnelles, demeure sensiblement constante. Pour ces
effet Joule, dans les enroulements du moteur . appareils, on préfère utiliser une formule qui donne la
4 .9 Cas d'un court-circuit puissance P en fonction de leur résistance R, et de la
tension E appliquée à leurs bornes . En utilisant les équa-
Si les deux fils conducteurs du circuit se touchent en
tions P = EI et I = EIR, on déduit que P = E x (E/R)
un point situé près du moteur (Fig . 4-4), l'intensité du



48 ÉLECTROTECHNIQUE

Figure 4-5
Identification d'une source et d'une charge .

d'où dante du courant, et (3) en appliquant la règle suivante :

2 • si le courant sort de la borne (+), l'élément est


P = -
E
R une source ;
• si le courant entre par la borne (+), l'élément

est une charge.
• = puissance dissipée en chaleur [W]
• = tension aux bornes de l'élément [V]
Nous constatons d'après cette règle que l'élément A
R = résistance de l'élément [S2]
est une source et l'élément B, une charge .
Cette équation démontre que la puissance varie avec le Cette distinction importante entre source et charge nous
carré de la tension appliquée. Donc, lorsque la tension aidera à comprendre les échanges d'énergie dans les
double, la puissance quadruple ; inversement, lorsque circuits électriques .
la tension baisse de 10 %, la chaleur dégagée diminue
de 19 % . Les appareils de chauffage sont donc très sen- 4 .12 Énergie électrique
sibles aux variations de tension . On a vu au chapitre 1 que la puissance mécanique dé-
Remarquons que les appareils de chauffage sont les pendait du taux d'utilisation de l'énergie mécanique .
seuls appareils électriques à posséder un rendement de Il en est de même pour la puissance et l'énergie élec-
100 % ; en effet toute l'énergie électrique absorbée se triques . La puissance électrique P représente le taux
retrouve convertie en chaleur . d'utilisation de l'énergie électrique W, c'est-à-dire
l'énergie électrique divisée par le temps . Inversement,
4.11 Distinction entre «source» et «charge» l'énergie est la puissance électrique multipliée par le
Tout élément de circuit traversé par un courant est soit temps . On peut donc écrire l'équation (1-4) sous la
une source, soit une charge . Une source débite une forme :
puissance électrique tandis qu'une charge en absorbe .
Afin de mettre en évidence les différences entre les W = Pt
notions de source et de charge, supposons que dans le
circuit de la Fig . 4-5 les deux éléments A et B ren- où
ferment des dispositifs quelconques dont nous igno- • = énergie électrique, en joules [J]
rons la nature (source ou charge) . Admettons que des • = puissance électrique, en watts [W]
mesures au voltmètre et à l'ampèremètre aient fourni t = temps, en secondes [s]
les polarités de tensions et les sens de courants indi-
qués sur la figure . Comment identifier alors la source L'unité SI d'énergie électrique est le joule ; 1 joule est
et la charge ? égal à 1 watt-seconde . Si l'on exprime la puissance en
On y arrive facilement en observant (1) la polarité des kilowatts et le temps en heures, l'énergie électrique est
bornes de chaque élément ; (2) la direction correspon- donnée en kilowattheures (kWh) . Le kilowattheure

PUISSANCE ET ÉNERGIE ÉLECTRIQUE 49

n'est pas une unité SI, mais on l'utilise pour évaluer la Cette difficulté d'emmagasiner des grosses quantités
consommation d'énergie électrique dans les maisons d'énergie électrique constitue le problème de base des
et les usines (1 kW •h = 3 600 000 J = 3,6 MI) . compagnies d'électricité et les oblige à produire l'éner-
gie au même rythme qu'elle est consommée par l'uti-
Exemple 4-4 lisateur. Si l'énergie consommée diffère légèrement de
Une lampe de 100 W allumée pendant 20 secondes celle produite, le réseau électrique réagit violemment,
consomme 100 watts x 20 secondes, soit 2000 watt- provoquant des surtensions ou des excès de courants,
secondes d'énergie, ce qui équivaut à 2000 joules . lesquels entraînent l'ouverture immédiate des disjonc-
De la même façon, un alternateur de 1,50 kW four- teurs pour ne pas risquer l'arrêt complet du système .
Si l'on pouvait, un jour, conserver l'énergie électrique
nit pendant 20 heures une quantité d'énergie égale
aussi simplement que l'on conserve l'énergie chimi-
à 150 kW x 20 h . soit 3000 kW .h, Exprimée en jou-
les, cette énergie équivaut `1 3000 x 3 .6 x 10 6 = 10,8 que dans un litre de pétrole, la production, le transport
x 10`, i = 10_8 gigajoules = 10,8 GJ . et l'utilisation de l'électricité en seraient profondément
modifiés .
4 .13 Emmagasinage de l'énergie
4 .14 Résumé
D'énormes quantités d'énergie chimique sont emma-
Un circuit électrique est un ensemble de sources et de
gasinées dans les puits de pétrole et les mines de char-
charges interconnectées par des conducteurs . Pour
bon de la terre . Lors de la combustion de ces matériaux
chaque appareil on peut calculer la puissance électri-
on libère de l'énergie thermique, qui peut à son tour
que générée (pour une source) ou absorbée (pour une
être convertie en énergie électrique .
charge) . Cette puissance P en watts est toujours don-
Nous pouvons aussi emmagasiner de grandes quantité née par le produit de la tension E en volts à ses bornes
d'énergie mécanique en érigeant des barrages derrière et du courant I en ampères qui le traverse (P = EI) .
lesquels l'eau accumulée sert à faire tourner les tur-
Pour savoir si un appareil agit comme une source ou
bines d'une centrale hydro-électrique . Une autre fa-
une charge il suffit de noter le sens du courant par rap-
çon d'emmagasiner une quantité importante d'énergie
port à sa borne positive . Si le courant sort de la borne
mécanique est de comprimer de l'air dans un réservoir
positive il s'agit d'une source . S'il entre dans la borne
pour actionner des outils pneumatiques.
positive, il s'agit d'une charge . À tout instant la somme
L'énergie nucléaire renfermée dans les mines d'ura- des puissances générées par les sources est égale à la
nium représente une autre source très concentrée somme de puissances absorbées par les charges et les
d'énergie. conducteurs d'interconnexion .
Malheureusement, il n'existe aucune méthode permet- Des pertes de puissance sont dissipées sous forme de
tant d'emmagasiner des quantités importantes d'éner- chaleur (effet Joule) dans les conducteurs . Le courant
gie électrique . (Les batteries, par exemple, n'emmaga- circulant dans les conducteurs provoque aussi une chute
sinent pas de l'énergie électrique, mais plutôt de l'éner- de tension entre la source et la charge .
gie chimique qui est libérée sous forme d'électricité
À partir de la loi d'Ohm on peut dériver deux autres
lors de la transformation de leurs éléments chimiques .)
expressions pratiques de la puissance : P = RIZ et
Seulement deux dispositifs, la bobine et le condensa- P = E2/R
. La première est utile lorsque le courant
teur, peuvent conserver l'énergie électrique à son état est imposé (ex . : calcul des pertes Joule dans un con-
naturel ; cependant, si on tient compte de leur grosseur ducteur) . La seconde est utile lorsque le tension aux
et de leur coût, ces dispositifs emmagasinent très peu bornes d'une charge de chauffage est imposée .
d'énergie . En effet, l'énergie maximale qu'on pourrait
Enfin, l'énergie électrique W en joules (J) consommée
emmagasiner dans une bobine conventionnelle pesant
par une charge est obtenue en multipliant sa puissance
2 tonnes (2000 kg) suffirait à peine à faire briller une
P en watts par le temps d'utilisation t (W = Pt) . Une
lampe de 100 watts pendant deux minutes . Les di-
autre unité d'énergie utilisée par les compagnies d'élec-
mensions d'un condensateur pouvant emmagasiner la
tricité pour facturer l'énergie à leurs clients est le
même énergie seraient encore plus grandes .
kilowattheure (kWh) .

50 ELECTROTECHNIQUE

PROBLÈMES - CHAPITRE 4 4-12 Quelle est la chute de tension dans une résis-
tance qui dissipe une puissance de 10 W lorsqu'elle
est parcourue par un courant de 2 A ?
Niveau pratique
4-13 Calculer la puissance (en kW) d'une génératrice
4-1 Pourquoi une résistance chauffe-t-elle lorsqu'elle qui débite 30 A sous une tension de 220 V . Sachant
est parcourue par un courant ? que son rendement est de 88,5 %, calculer la puissance
4-2 Dans quelle proportion le dégagement de chaleur du moteur qui l'entraîne .
dans un conducteur varie-t-il lorsqu'on diminue de 4-14 Une résistance de 100 S2 peut débiter une puis-
moitié l'intensité du courant qui le traverse ? sance de 200 W. Quelle tension maximale peut-on lui
4-3 Quand y a-t-il un court-circuit ? appliquer ?

4-4 À quoi servent les fusibles ? 4-15 Pendant un court intervalle, un homme peut
développer une puissance mécanique de l'ordre de
4-5 Énumérer les principales applications de l'effet 1000 W. Cependant, de façon soutenue, il ne peut dé-
Joule . biter qu'une puissance de 15 W .
4-6 Quel est le courant tiré par une lampe de 60 W a) Exprimer ces deux puissances en horsepower .
sous une tension de 120 V ? b) Combien de kilojoules d'énergie mécanique un
homme peut-il débiter pendant une journée de huit
4-7 L'éclairage d'une maison est assuré par 9 lampes heures ? Exprimer cette énergie en kilowattheures .
de 100 watts . Trouvez le courant total tiré par ces lam-
pes lorsque la tension du réseau de distribution est de 4-16 Au Québec, en 1996, la consommation annuelle
120 volts . moyenne par abonnement domiciliaire était de
9300 kW .h . Quelle était la puissance moyenne utili-
4-8 Quelle est la différence entre l'énergie électrique sée, en watts?
et la puissance électrique ? Quelle est l'unité SI d'éner-
gie ? Donner une autre unité pratique d'énergie . 4-17 Compte tenu de l'information donnée au pro-
blème 4-15, combien d'hommes seraient requis pour
Niveau intermédiaire fournir, à court terme, la même puissance que la cen-
4-9 Quelle est la puissance électrique perdue dans un trale de génération de Beauharnois dont la capacité
conducteur dont la résistance est 10 S2 et qui est par- installée est de 1574 MW ?
couru par un courant de 3 A ? Niveau avancé
4-10 La plaque signalétique d'un fer à repasser porte 4-18 Une chaufferette de 1000W fonctionne norma-
l'indication suivante : lement sous une tension de 120 V . Quelle puissance
puissance : 480 W ; tension de service : 120 V. dégagera-t-elle si la tension baisse de 10 % ? Quelle
a) Déterminer son courant nominal et sa résistance . est, en pour cent, la diminution de puissance ?
b) Calculer le courant tiré, la puissance débitée et l'éner-
gie consommée pendant une heure si l'on branche le 4-19 a) Un moteur absorbe 15 A sous 120 V. Quelle
fer à repasser sur un réseau à 105 V. est sa puissance en horsepower, si on néglige les per-
tes ?
4-11 Un fusible de 100 A possède une résistance de b) Quelle puissance mécanique développe-t-il, si son
0,001 ohm. rendement est de 90 % ?
Quelle est la chaleur dissipée lorsque le fusible porte
a) le courant nominal ?
b) un courant de court-circuit de 1000 A ?
5
Circuits simples
à courant continu

La plupart des circuits électriques sont raccordés soit


en série, soit en parallèle, soit en série-parallèle . Dans
ce chapitre nous étudions ces trois types de circuits
et comment on peut les résoudre . Les circuits plus
complexes et moins fréquents sont expliqués au cha-
pitre 8 .
I, IL

5 .1 Groupement en série
Des appareils électriques sont raccordés en série lors-
que la borne de l'un est connectée avec la borne du
suivant, de façon à réaliser une chaîne . La Fig . 5-la
montre un circuit série formé d'une génératrice, d'un
moteur, d'une lampe et d'une chaufferette . Les circuits
séries possèdent trois propriétés principales
1) Le courant est le même dans tous les éléments .
Dans la Fig . 5- la, les courants sont tous égaux car les
électrons ne peuvent pas quitter les conducteurs dans Figure 5-1a
lesquels ils circulent . Par conséquent, les 4 am- Groupement en série mesure des courants à l'aide
pèremètres donnent la même lecture . d'ampèremètres .

'moteur = 'lampe - 'chaufferette = 'génératrice

IM = IL = Ic = IG

51



52 ÉLECTROTECHNIQUE

2) La somme des tensions aux bornes des charges est Ces trois règles s'appliquent à tout circuit série, quelle
égale à la tension aux bornes de la source. que soit la nature des charges . La Fig . 5-2 est une re-
présentation schématique des quatre composants du
Dans la Fig . 5-lb on aura
circuit .
Emoteur + Elampe + Echaufferette Egénératrice
5.2 Groupement de résistances en série ;
EM + EL + Ec EG résistance équivalente
Il arrive souvent que les charges dans un circuit série
soient composées entièrement de résistances . On peut
démontrer que
1) La résistance de l'ensemble de ces résistances est
égale à la somme des résistances individuelles .
II) On peut donc remplacer un groupe de résistances R1,
R2, R3 . . . Rn par une seule résistance équivalente R eq
qui tirerait le même courant de la source et qui dissi-
perait la même puissance . Celle-ci serait donnée par

Ec =R 1 +R, +R3 + . . . .+R„ (5-1)


tG
111111111
o C Considérons les trois résistances connectées en série
aux bornes d'une source de 220 V (Fig . 5-3a) . La résis-
tance équivalente à l'ensemble de ces résistances sera
Figure 5-1b donc
Groupement en série - mesure des tensions à l'aide de
voltmètres . R =4+6+ 12=2252
eq

La tension de 220 V provoque dans ce montage un


3) La somme des puissances absorbées par les char- courant de
ges est égale à la puissance fournie par la source .
I _ E = 220
C'est une conséquence de la loi de la conservation de = 10A
R I +R2 +R3 4+6+12
l'énergie. Étant donné que la puissance est égale au
produit de la tension aux bornes d'un élément par le En utilisant la résistance équivalente (Fig . 5-3b) on
courant qui le traverse, on aura trouve directement :
I _ E = 220-
Pmoteur + Plampe + Pchaufferette Pgénératrice = 10 A
Req 22
soit EM IM + ELIL + EC I c EG IG

6 S2

22 S2

4 S2 12 S2

220 V
220 V

(a) (b)
Figure 5-2 Figure 5-3
Diagramme schématique du montage de la Fig . 5-1 . Résistances branchées en série .


CIRCUITS SIMPLES À COURANT CONTINU 53

La puissance dépensée par effet Joule dans chacune


des résistances a pour valeur P = RI .

dans R 1 , P1 = 4 x (10) 2 = 400W

dans R 2 , P 2 = 6 x (10) 2 = 600W

dans R 3 , P3 = 12 x (10) 2 = 1200 W

soit au total : 2200 W. La puissance débitée dans la ré-


sistance équivalente a pour valeur:
2 220 V
P = 22x (10) = 2200 W

On vérifie donc que la résistance équivalente tire le Figure 5-4


même courant et dissipe la même puissance que l'en- Mesure des tensions aux bornes des résistances .
semble des résistances .
Aussi, la somme des puissances dépensées dans les Il s'ensuit que les points 1, 2 et 3 sont électriquement
résistances est bien égale à la puissance débitée par la au même potentiel que la borne A . De la même façon,
génératrice, soit les points 4, 5 et 6 sont électriquement au même po-
tentiel que la borne B .
P = EI = 220 x 10 = 2200 W

2) La tension aux bornes de chacune des résistances


est égale au produit de cette résistance par le courant
qui traverse le circuit . De plus, la différence de poten-
tiel aux bornes de l'ensemble est égale à la somme des
tensions individuelles aux bornes de chaque résistance .
Ainsi, pour le circuit considéré, la tension aux bornes
de chaque résistance sera E = RI

pour R I , E l = 4 x 10 = 40 V
pour R 2 , E2 = 6 x 10 = 60 V Figure 5-5
pour R 3 , E3 = 12 x 10 = 120 V Groupement en parallèle .

soit au total : 220 V


Tout comme les circuits série, les circuits parallèle
Ainsi, la somme des tensions indiquées par les volt- possèdent trois propriétés principales
mètres aux bornes des trois résistances est égale à la
1) La tension est la même aux bornes de chaque élé-
tension aux bornes de la génératrice, soit 220 volts
ment.
(Fig . 5-4) .
Sur le montage de la Fig . 5-6a, les quatre voltmètres
5 .3 Groupement en parallèle donnent la même lecture
Des appareils électriques sont raccordés en parallèle
lorsque leurs bornes sont connectées aux deux mêmes Emoteur Elampe Echaufferette Egénératrice
points . La Fig . 5-5 montre un groupement parallèle
formé d'un moteur, d'une lampe et d'une chaufferette =EG
EM =EL =Ec
branchés aux bornes A et B d'une génératrice . On sup-
pose que les deux conducteurs partant de ces bornes 2) La somme des courants tirés parles charges est égale
possèdent une résistance négligeable . au courant débité par la source .

54 ÉLECTROTECHNIQUE

5 .4 Groupement de deux résistances en


parallèle
Chacun des montages de la Fig . 5-7 représente deux
résistances R1 et R2 montées en parallèle car leurs ex-
trémités sont reliées aux deux mêmes points 1 et 2 .

10

1
Figure 5-6a
0-
Groupement en parallèle - mesure des tensions aux bornes
des éléments .

H 4
Dans la Fig . 5-6b, les courants indiqués par les quatre
20
ampèremètres donnent (a) (b)

moteur + (lampe + (chaufferette (génératrice

IM + IL + Ic IG (c)

Ce résultat est compréhensible, car le courant tiré par


chaque charge doit être fourni par la source .
Figure 5-7
3) La somme des puissances consommées par les char-
Trois manières de grouper 2 résistances en parallèle .
ges est égale à la puissance fournie par la source .

Comme pour les circuits série, on obtient Considérons une batterie d'accumulateurs de 30 V ali-
mentant une résistance R1 de 6 S2 (Fig . 5-8). Pour une
p tension de 30 V entre ses bornes 1 et 2, la résistance
p moteur + p lampe + chaufferette génératrice
tire un courant de 5 A de la source . En effet,
EM IM + ELIL + ECIc EG IG
I=E=30 =5A
Ces trois règles s'appliquent à tout circuit parallèle, R 6
quelle que soit la nature des charges . La circulation de ce courant ne change pas la tension
entre les points 1 et 2 ; elle est encore de 30 V. Si on
raccorde maintenant à ces deux mêmes points une ré-
sistance R 2 de 3 S2 (montage parallèle, tel qu'indiqué à
la Fig. 5-9), il circule un courant de 30 V/3 S2 = 10 A
dans cette nouvelle résistance .

R, 6£2

4
Figure 5-6b
Groupement en parallèle - mesure des courants dans les
éléments . Figure 5-8
Batterie alimentant une résistance de 6 S2 .


CIRCUITS SIMPLES À COURANT CONTINU 55

Exemple 5-1
Deux résistances (le 6 S2 et 3 £2 sont raccordées en
V parallèle (Fig . 5-9) . Calculer la valeur de la résis-
652
30 V 5A', R R2 10 A
3 S2 tance équivalente .
v

T2 Solution
- - - - E
D'après la formule, la résistance unique pouvant rem-
placer les deux en parallèle a pour valeur
Figure 5-9
Courants lorsqu'une résistance de 3 S2 est ajoutée en parallèle
avec celle de 6 S2 . R = R 1 R2 = 6x3 = 18 =
eq
2S2
R I +R 2 6+3 9
Comme ce courant vient de la même source, le cou-
rant total fourni par la batterie sera la somme On constate que la valeur de la résistance équivalente
des courants dans chacune des résistances, soit (2 S2) est inférieure à la plus petite des résistances (3 Q) .
5 A + 10 A = 15 A . Il est bon de se rappeler que le fait d'ajouter une
deuxième résistance offre un nouveau passage au cou-
Si les deux résistances étaient cachées, un technicien
rant et, par suite, diminue la résistance offerte à la
mesurant une tension de 30 volts et un courant de 15 A
source .
en déduirait qu'une résistance de 30 V/15 A = 2 S2 est
branchée à la source . 5.6 Répartition du courant dans un
Donc, deux résistances de 6 £2 et 3 S2 branchées en groupement parallèle
parallèle produisent le même effet qu'une seule résis- La connaissance de la résistance équivalente nous aide
tance de 2 Çà (Fig . 5-10) . à déterminer la répartition du courant entre deux résis-
tances raccordées en parallèle . Par exemple, lorsqu'on
connaît le courant total alimentant deux résistances
groupées en parallèle, on peut déterminer le courant
dans chacune en appliquant la méthode suivante (voir
Req Fig . 5-11) :
252
552
R

Figure 5-10 o- -o
Circuit équivalent du montage de la figure 5-9 . 10A 20 52 10A 44

5.5 Montage en parallèle ; résistance (a) (b)


équivalente
Pour le groupement parallèle, on notera que la résis-
tance unique équivalente à deux résistances en paral-
lèle est égale au produit des résistances divisé par leur
somme .
Ainsi la résistance Req de l'ensemble de deux résis- (c)
tances R1 et R2 en parallèle est donnée par la formule

R I R2
Req =
Figure 5-11
R, + R2 Répartition du courant de ligne entre deux résistances en
parallèle .


56 ÉLECTROTECHNIQUE

Dans cette figure, deux résistances de 5 S2 et de 20 S2 5 .8 Groupement de trois ou plusieurs


sont alimentées par un courant de 10 A . Calculons le résistances en parallèle
courant circulant dans chacune . Pour trouver la résistance équivalente d'un ensemble
de trois résistances, on procède comme suit (voir Fig .
a) on détermine tout d'abord la valeur de la résistance
5-13) :
équivalente
a) on trouve la résistance équivalente de deux des ré-
R = 5x20
= 4S2 sistances, soit
eq 5 + 20

b) on calcule la chute de tension dans la résistance équi- R = 8 x 10


= 4,44 S2
valente 8 + 10

E = RI = 10x4 _ 40V b) on calcule ensuite la résistance équivalente de la


combinaison parallèle de la troisième résistance avec
La tension commune aux deux résistances en parallèle la résistance équivalente déjà calculée
est donc de 40 V
c) une fois que la tension commune des résistances est R = 4,44 x 12
= 3,24 S2
connue, il est facile d'établir le courant circulant dans 4,44 + 12
chacune d'elles . Les schémas de la Fig . 5-14 indiquent clairement les
étapes que nous avons suivies .
40 V
Ainsi, dans la résistance de 5 0 : I = _ 8 A
On procédera de la même façon pour trouver la résis-
5Q
tance équivalente à plus de trois résistances en paral-
et dans la résistance de 20 52 : I = 40 V _ 2 A lèle .
20 S2 Cas particulier : La résistance équivalente à n résis-
soit au total : 8 A + 2 A = 10 A tances R identiques en parallèle est égale à Rln . Par
exemple, la résistance équivalente à 7 résistances de
L'intensité du courant est évidemment plus grande dans 21 Q en parallèle est de 21 £2 - 7 = 3 S2.
la plus basse résistance .

5 .7 Court-circuit s 52
Soit une résistance R I parcourue par un courant. Si on
dispose en parallèle avec celle-ci une deuxième ré- 100
sistance R2 constituée par un conducteur de forte sec-
tion, on dira que la résistance RI est court-circuitée
par la résistance R2 (Fig . 5-12) . 120

R2 ayant une résistance pratiquement nulle, elle sera


Figure 5-13
parcourue par tout le courant ; il ne passera qu'un cou-
Groupement parallèle de trois résistances .
rant négligeable dans la résistance RI mise en court-
circuit .
4,44 0
IR =0 Req
-H 3,24 4 F--
I, I,

Figure 5-14
Figure 5-12
Réduction progressive du circuit de la figure 5-13 .
Court-circuit de la résistance R 1 .




CIRCUITS SIMPLES À COURANT CONTINU 57

5 .9 Conductance Exemple 5-3


L'inverse de la résistance s'appelle conductance . Ainsi, Trouver la puissance dissipée dans chacune des résis-
une résistance de 25 £2 possède une conductance de tances de la Fig . 15
1/(25 S2) . L'unité SI de conductance est le siemens
(symbole S) et 1 siemens = 1/ohm . Une résistance de Solution
25 £2 a donc une conductance de 1/25 siemens, ou Il s'agit d'abord de trouver la résistance équivalente
0,04S . des résistances de 6 S2 et 30 S2 en parallèle .
La conductance G d'un groupe de résistances en paral-
lèle est égale à la somme des conductances de cha- R = 6 x 30 = 180
= 5 S2
cune . 6 + 30 36
Soit un groupe de résistances RI, R2, R3, . . . R,,, bran-
chées en parallèle dont la résistance équivalente est R eq. Le circuit se réduit à celui de la Fig . 5-16 . La résis-
Puisque la conductance G du groupe est égale à la tance équivalente des résistances de 10 Q et 5 S2 dis-
somme de leurs conductances individuelles, et que posées en série sera
G = 1/Req, il s'ensuit que +
R = RI R2 = 10 + 5 = 15 52
Le groupe mixte des trois résistances est donc finale-
1
G = 1 = 1 + 1 + 1 + .. + (5-3) ment remplacé par une seule résistance (Fig . 5-17) .
Req RI R2 R3 R„

Exemple 5-2
Soit cinq résistances de 10 . 20, 30, 40 et 50 £2 bran-
chées en parallèle . Calculer leur conductance et la
valeur de leur résistance équivalente .

Solution
La conductance G du groupe est

1
G= 1 + 1 + 1 Figure 5-15
+ + 1
10 20 30 40 50
= 0,228 siemens = 0,228S

Il s'ensuit que la résistance équivalente est

Req = 1 = 4,38 £2
0,228S

5 .10 Groupement série-parallèle Figure 5-16


Les groupements série-parallèle sont des groupements
mixtes . Pour résoudre de tels circuits on remplace les 15
résistances en parallèle par leur résistance équivalente,
et les résistances en série également par leur résistance
équivalente . Enfin on trouve la résistance qui peut rem-
placer cet ensemble de résistances équivalentes .
L'exemple numérique suivant illustre cette méthodo-
logie . Figure 5-17




58 ÉLECTROTECHNIQUE

On procède maintenant par la méthode inverse pour est égale à la somme des puissances dissipées dans
trouver le courant et la tension de chacun des éléments chacune des résistances .
(Fig . 5-18, 5-19 et 5-20) .
P = El = 90 x 6 = 540 W
Le courant débité par la source de 90 V, sera

I=E= 9c =6A
R 15 6A
La résistance de 15 Çà de la Fig . 5-18 est, nous l'avons
vu, la résistance équivalente aux résistances de 10 S2 et
de 5 S2 en série ; le courant sera donc le même dans
chacune de ces résistances (Fig . 5-19) . Les tensions
aux bornes des résistances de 10 S2 et 5 £2 seront res- Figure 5-18
pectivement

E = RI
E l = 10x6 = 60V

et E2 = 5x6 = 30 V
soit au total : 60V + 30V = 90V
On vérifie que la somme de ces tensions est bien égale
à la d .d.p . aux bornes de la génératrice .
Maintenant, on remarque que la résistance de 5 S2 rem- Figure 5-19
place les résistances de 6 S2 et de 30 S2 en parallèle . La
tension aux bornes de ces dernières sera donc égale à
celle aux bornes de la résistance de 5 S2, soit 30 volts
(Fig . 5-20) .
La tension commune aux résistances de 6 S2 et de 30 £2
étant de 30 volts, le courant dans chacun de ces élé-
ments sera respectivement

I = 30 =5A
i 6
et 12 0
= 3 =1A
30
soit au total : 5 A + 1 A = 6 A
Figure 5-20
Connaissant les courants dans chacune des résistances,
on peut trouver les puissances dissipées par chacune 5 .11 Résumé
d'elles en utilisant P = RI2 .
Dans ce chapitre nous avons appris à résoudre les cir-
P résistance de 10 S2 : 10 x (6) 2 = 360 W cuits simples comprenant les deux raccordements de
base : la connexion série et la connexion parallèle .
P résistance de 6 S2 : 6 x (5) 2 = 150 W
Dans un circuit série, le courant qui traverse les diffé-
P résistance de 30 £2 : 30 x (1) 2 = 30W rents éléments est le même . La tension apparaissant
aux bornes de l'ensemble est la somme des tensions
soit au total : 360 W + 150 W + 30 W = 540 W
individuelles de chaque élément . De plus, la résistance
On vérifie que la puissance débitée par la génératrice équivalente d'un groupement de résistances connec-

CIRCUITS SIMPLES À COURANT CONTINU 59

tées en série est la somme des résistances individuel- 5-7 On désire introduire une résistance additionnelle
les, soit de 2,5 S2 dans un circuit afin de limiter l'intensité de
Req =R i +R2 + . . .+R„ courant . Si on ne dispose que de résistances de 20 0,
combien faudra-t-il en disposer en parallèle ?
Dans un circuit parallèle, la tension appliquée aux dif-
férents éléments est la même. Le courant circulant dans 5-8 Trouver la résistance équivalente à l'ensemble de
l'ensemble est la somme des courants individuels cir- deux résistances de 45 £2 et de 15 S2 disposées en pa-
culant dans chaque élément . Pour des résistances bran- rallèle .
chées en parallèle, il est commode de définir la con-
5-9 Une résistance de 25 S2 est connectée en série
ductance G = 1/R . L'unité de conductance est le sie-
avec la bobine d'un relais dont la résistance est de 80 S2 .
mens . La conductance d'un groupement de résistan-
Si une tension de 50 volts est appliquée à cet ensem-
ces connectées en parallèle est la somme des conduc-
ble, quel sera le courant dans la bobine ? Quelle sera la
tances individuelles, soit :
puissance dissipée dans la résistance de 25 S2 ?
l/R eq = 1/R 1 + 1/R2 + . . .+ 1/R, Niveau intermédiaire
Dans le cas particulier de 2 résistances branchées en 5-10 Un groupe de deux résistances de 20 S2 et 30 S2
parallèle on a : disposées en série est raccordé à une source de 150 V.
Req = R 1 R2/(R l + R2) Quelle tension mesurera-t-on aux bornes de la résis-
tance de 30 S2 ? Quelle sera la puissance débitée par la
L'utilisation des lois mentionnées ci-dessus permet de source ?
trouver les courants, tensions et puissances dans cha-
cune des branches d'un circuit simple comprenant des 5-11 Si deux résistances de 20 S2 et 30 S2 sont grou-
groupements série-parallèle . pées en parallèle, déterminer la résistance équivalente
à l'ensemble . Sachant qu'elles sont alimentées par une
source de 150 V, calculer le courant tiré de celle-ci .
5-12 Un circuit parcouru par un courant de 18 am-
PROBLÈMES - CHAPITRE 5
pères se divise en deux branches parallèles dont les
Niveau pratique résistances sont respectivement 4 S2 et 5 S2. Calculer la
5-1 Trouver la résistance équivalente à l'ensemble de tension aux bornes des résistances ainsi que la réparti-
deux résistances de 25 £2 et de 82 £2 disposées en sé- tion du courant dans les branches .
rie . 5-13 Calculer la résistance équivalente à trois résis-
5-2 Trois résistances respectivement égales à 6 S2, 5 S2 tances de 25 S2, 50 S2 et 60 S2 en parallèle .
et 9 S2 sont groupées en série . Calculer leur résistance 5-14 Deux résistances de 25 S2 et 40 Q sont dispo-
équivalente .
sées en série dans un circuit . Sachant que la tension
5-3 Dans un montage série, tous les éléments portent aux bornes de la résistance de 40 £2 est de 50 volts,
le même courant . Expliquer. déterminer la tension aux bornes du circuit . Calculer
la puissance dissipée dans la résistance de 25 S2 .
5-4 Dans la Fig . 5-7b, si la tension entre les points 1
et 2 est de 40 V, quelle est la tension entre les points 3- 5-15 Deux résistances A et B sont connectées en sé-
4 ? entre les points 2-4 ? rie et alimentées par une génératrice sous une tension
de 75 volts . Si la tension aux bornes de la résistance A
5-5 Dans un groupement de résistances en série, la est de 40 volts et si un courant de 2 ampères circule
même tension est-elle commune à toutes les résis-
dans le circuit, déterminer la valeur de la résistance B .
tances ? Le même courant ?
5-16 On utilise 16 isolateurs en porcelaine entre une
5-6 Dans un groupement de résistances en parallèle, ligne à 132 kV et un poteau en bois . Calculer la valeur
la même tension est-elle commune à toutes les résis- de la tension moyenne aux bornes de chaque isolateur.
tances ? Le même courant ?

60 ÉLECTROTECHNIQUE

Niveau avancé 5-18 Dans la Fig . 5-22, la résistance de 32 £2 dissipe


une puissance de 1152 W . Déterminer la valeur de la
5-17 Le circuit donné à la Fig . 5-21 est raccordé à
tension aux bornes de chaque élément .
une génératrice dont la tension est de 108 V . Trouver le
courant et la tension pour chacun des éléments du cir-
cuit .
-1 8 S2

Figure 5-22
Voir problème 5-18.
Figure 5-21
Voir problème 5-17 .
6
Appareils de mesure
à courant continu

Dans ce chapitre, nous couvrons le principe de fonc- e) un noyau de fer doux cylindrique E concentre le
tionnement de quelques appareils de mesure à courant champ magnétique créé par l'aimant . L'aimant est
continu qui sont souvent rencontrés dans l'industrie . fixé au noyau par le support F ;
Nous limiterons l'étude aux instruments à affichage f) un cadran gradué G . La position de l'aiguille de-
analogique, c'est à dire ceux ayant une aiguille qui se vant les divisions du cadran donne la valeur du cou-
déplace devant un cadran gradué . Les appareils à affi- rant ou de la tension mesurée .
chage numérique possèdent essentiellement les mêmes Si aucun courant ne traverse le cadre, les ressorts en
propriétés, mais ils indiquent en chiffres la grandeur spirale maintiennent celui-ci dans une position telle que
mesurée . l'aiguille indique zéro sur le cadran . Lorsqu'un cou-
rant traverse les conducteurs de la bobine, les forces
6.1 Le mouvement d'Arsonval
électromagnétiques qui résultent de l'action du champ
La plupart des voltmètres et des ampèremètres à cou-
magnétique 0 sur le courant font tourner le cadre, tout
rant continu contiennent un élément de base appelé
en agissant contre la force de torsion des ressorts . L' ori-
mouvement d'Arsonval . Ce mouvement sert à faire gine de ces forces électromagnétiques est expliquée
dévier l'aiguille de l'instrument et il comprend les par-
dans le chapitre 16 .
ties suivantes (Fig . 6-1) :
La déviation du cadre, enregistrée par la déviation de
a) un aimant permanent A possédant deux pièces po- l'aiguille, est d'autant plus considérable que le cou-
laires N et S en fer doux . L' aimant produit un champ rant est plus fort : elle peut donc servir à la mesure du
magnétique 0 ; courant. Si l'on inverse le sens du courant dans le ca-
b) une bobine mobile B en forme de cadre, composée dre, le sens de rotation du cadre change .
de quelques centaines de spires de fil très fin . La
On incorpore au mouvement un système d'amortisse-
bobine est très légère et elle est soutenue par deux
ment afin que l'aiguille prenne rapidement sa position
pivots d'acier P qui tournent entre deux diamants ;
finale . Sinon, il faudrait attendre plusieurs secondes
c) deux ressorts en spirale C qui s'opposent à la rota- avant qu'elle cesse d'osciller autour de sa position
tion de la bobine . Les deux ressorts sont reliés aux d'équilibre .
extrémités de la bobine et servent à y amener le cou-
Selon sa construction, le mouvement d'Arsonval peut
rant I ;
donner une déviation complète de l'aiguille pour des
d) une aiguille D fixée au cadre; courants aussi faibles qu'un milliampère, parfois de

61

62 ÉLECTROTECHNIQUE

B bobine
F support
A aimant permanent
C ressort en spirale
pôle S

pivot P

Figure 6-1
Composants d'un mouvement d'Arsonval .

50 gA seulement . Cependant, la bobine peut suppor- rant à mesurer passe par le shunt (qui offre moins d'op-
ter des courants valant plusieurs fois celui qui provo- position au passage du courant), et une fraction cons-
que la pleine déviation . Par exemple, la bobine d'un tante du courant total est déviée dans l'instrument de
mouvement de 1 mA, possédant habituellement une mesure . L'ensemble du shunt et du mouvement d'Ar-
résistance de 50 ohms, dissipe seulement 50 tW lors- sonval porte le nom d'ampèremètre .
qu'elle porte son courant nominal . Une puissance aussi La Fig . 6-3a montre deux shunts constitués de deux
faible provoque une augmentation de température in- blocs de cuivre portant des vis de serrage et reliés par
férieure à 1 °C . La bobine peut donc supporter, sans plusieurs lames de manganine . Ce matériau est utilisé
dommage thermique, des courants de l'ordre de 5 à 10 car sa résistance demeure rigoureusement constante,
fois le courant nominal . quelle que soit la température . Le shunt se monte en
Lorsque le cadran est gradué directement en milliam- série dans le circuit d'utilisation dans lequel on veut
pères, l'instrument porte le nom de milliampèremètre . mesurer le courant, tandis que le milliampèremètre
(mouvement d' Arsonval) est raccordé en parallèle avec
6 .2 Mesure des courants intenses ; le shunt . La Fig . 6-2 montre les bornes A et B du shunt
ampèremètre
intercalées dans le circuit en question et le mil-
Il ne serait pas pratique de fabriquer une bobine de fil liampèremètre raccordé entre les points X etY du shunt .
assez gros pour supporter les courants intenses que l'on Lorsque le shunt porte son courant nominal, la chute
rencontre dans l'industrie, car elle serait lourde et, par de tension entre les bornes X et Y est généralement de
suite, très peu sensible . On contourne la difficulté en 50 mV
plaçant en parallèle avec un mouvement d'Arsonval
un conducteur de très basse résistance appelé shunt Le courant I qui traverse le circuit d'utilisation se di-
(Fig . 6-2) . De cette façon, la plus grande partie du cou- vise en deux parties : la plus grande partie IS passe dans

APPAREILS DE MESURE À COURANT CONTINU 63

sance dégagée pour une telle intensité est de 500 W, ce


qui requiert une bonne ventilation, assurée par la struc-
ture lamellée des plaques de manganine (Fig . 6-3b) .
L' exemple numérique suivant illustre la méthode à sui-
vre pour calculer un shunt, connaissant
1) la valeur du courant qui donne une déviation com-
plète de l'aiguille ;
2) la résistance du mouvement d'Arsonval et
3) l'intensité du courant à mesurer .

Figure 6-2
Montage d'un shunt de 100 A et d'un milliampèremètre .

le shunt et une faible partie ib est dérivée dans le


milliampèremètre . Si le courant I dans le circuit dou-
ble, les courants ib dans l'instrument etI, dans le shunt
doublent également . Le rapport des courants reste donc
constant, quelle que soit la valeur de I . La déviation Figure 6-3a
de l'aiguille causée par ib peut donc servir à la mesure Shunts de 2000 A et de 100 A .
de I .
Pour les instruments usuels, le zéro de l'échelle est
placé à l'extrémité gauche . On ne peut donc faire pas-
ser le courant que dans un sens déterminé . Une des
bornes est toujours marquée d'un signe (+) : si le cou-
rant entre par cette borne, l'aiguille dévie dans le bon
sens ; si le courant circule en sens inverse l'aiguille tend
à dévier vers la gauche, mais elle est arrêtée par une
petite tige sans toutefois être endommagée .

6.3 Remarques sur les shunts


Pour des intensités de courant inférieures à 20 A, le Figure 6-3b
shunt est logé à l'intérieur du boîtier de l'ampèremè- Shunt de 10 000 A, 50 mV, ayant une précision de 0,25 % .
Dimensions : 330 x 200 x 100 mm ; masse : 32 kg (gracieuseté
tre ; pour des intensités plus grandes, le shunt est placé
Cie Générale Électrique du Canada) .
à l'extérieur.
Dans le cas des ampèremètres de laboratoire, on uti-
lise des jeux de shunts extérieurs . Ceci permet la me-
sure des courants variant entre de très grandes limites Exemple 6-1
(de 0,01 à 500 A par exemple) en changeant tout sim- L'aiguille d'un milliampèremètre se rend au bout
plement les shunts, lesquels sont relativement peu coû- de son échelle quand un courant de 10 mA circule
teux . dans la bobine . Sachant que la résistance de cette
bobine est de 15 ohms, quelle doit être la résistance
Les shunts industriels sont construits pour mesurer des
du shunt qui permettra de transformer l'instrument
courants pouvant atteindre 10 000 A . Même si la chute
en un ampèremètre calibré de 0 à 50 A?
de tension correspondante n'est que de 50 mV, la puis-


64 ÉLECTROTECHNIQUE

Solution
On désire évidemment que l'aiguille se rende au bout
de l'échelle quand il passe 50 A dans le circuit d'utili-
sation (Fig . 6-4) .
0 0

Figure 6-5
Composants d'un voltmètre.

D'après la loi d'Ohm I = E/R, si la tension E aux bor-


nes de l'instrument double, le courant ib double, car la
Figure 6-4 résistance de l'instrument est constante . Ce courant ib,
Calcul d'un shunt (voir exemple 6-1) . en doublant, produit une déviation de l'aiguille deux
fois plus grande ; la déviation de l'aiguille peut ainsi
Puisqu'un courant de 10 mA donne une déviation com- servir à la mesure de la tension .
plète, le courant principal de 50 A devra se partager La résistance R est ordinairement logée dans le boîtier
comme suit : 10 mA (ou 0,010 A) dans la bobine et du voltmètre .
(50 - 0,010) = 49,990 A dans le shunt . La résistance
de la bobine étant de 15 ohms, un courant de 10 mA y Exemple 6-2
crée une chute de tension
La bobine d'un milliampèremètre a une résistance
E=RI=15x0,010=0,15V de 10 12 et donne une déviation maximale de
l'aiguille lorsqu'elle est parcourue par un courant
La bobine et le shunt étant en parallèle, cette même
de 5 mA . Quelle résistance extérieure faut-il bran-
différence de potentiel existe aux bornes X, Y du shunt .
cher en série avec cette bobine pour transformer
Le shunt traversé par un courant de 49,990 A sous une
l'instrument en un voltmètre calibré de 0 à 150 V?
tension de 0,15 V doit avoir une résistance de :
Solution
R = E = 0,15 V
= 0,003 S2 = 3 m S2 On désire que l'aiguille donne une déviation complète
1 49,990 A pour une tension de 150 V appliquée entre les points A
6 .4 Voltmètre et B (Fig . 6-6) . Pour cela, il faut qu'un courant de 5 mA
(0,005 A) passe dans la bobine .
On obtient un voltmètre à courant continu en plaçant
une résistance élevée en série avec un mouvement d' Ar-
sonval (ou un milliampèremètre), identique à celui uti-
lisé dans les ampèremètres . (Pour obtenir un ampère-
mètre, une basse résistance ou shunt était disposée en
parallèle avec le milliampèremètre .)

Pour mesurer la différence de potentiel entre les bor-


nes d'une source, on branche le voltmètre directement
entre les bornes (Fig . 6-5) . Une des bornes du voltmè-
tre porte toujours un signe (+) . Lorsque cette borne est
connectée du côté (+) de la tension que l'on veut me-
surer, l'aiguille dévie dans le bon sens ; autrement, elle
dévie dans le sens inverse . Le signe (+) sur le voltmè- Figure 6-6
tre permet donc d'identifier la polarité de la source . Calcul de la résistance d'un voltmètre (voir exemple 6-2) .


APPAREILS DE MESURE À COURANT CONTINU 65

Alors, une tension de 150 V entre A et B doit faire +150 V +150 V +150 V
circuler un courant de 0,005 A. La résistance entre ces
deux points doit donc être :

R = E =
1
150 V
0,005 A
= 30 000 S2 = 30 k S2 1 100 kÇ2

m m 1
V
Puisque la résistance totale du voltmètre doit
être de 30 000 S2 et que celle de la bobine est de
10 S2, il faut disposer une résistance extérieure R
I 75 V V
0 0
1 50 V

T
100 kQ

de (30 000 - 10) = 29 990 S2 en série avec le mou-


vement d'Arsonval . En pratique, une résistance de (a)
30 kQ2 ayant une précision de 1 % serait acceptable .
Figure 6-8
6 .5 Sensibilité d'un voltmètre Effet du voltmètre sur la tension à mesurer .
Du point de vue électrique, un voltmètre se comporte
gradué de 0 à 100 V ayant une résistance totale de
comme une résistance élevée lorsqu'il est raccordé à
100 kQ2 . En étudiant les schémas des figures 6-8b et
deux points d'un circuit pour la mesure de la tension
6-8c, on constate que la résistance effective entre les
entre ces points . Considérons, par exemple, le circuit
bornes 1 et 2 n'est plus de 100 kQ2 mais seulement de
de la Fig . 6-7 composé de deux résistances RI et R2
50 kQ . La présence du voltmètre dans le circuit a donc
raccordées en série sur une source E . Lorsqu'on bran-
modifié la résistance totale du circuit. Un calcul rapide
che un voltmètre aux bornes de la résistance R2, on
nous indique que la tension aux bornes de la résistance
place effectivement une résistance élevée (voltmètre)
R2 de la Fig . 6-8c tombe à 50 volts : c'est cette valeur
en parallèle avec R2 . Bien que la présence du voltmè-
qui sera indiquée par le voltmètre . Une personne non
tre ait un effet négligeable dans les circuits industriels,
avertie pourrait conclure, à tort, que la tension aux bor-
elle peut cependant entraîner des erreurs de mesure très
nes de R2 est de 50 volts même quand le voltmètre n'y
appréciables dans les circuits électroniques où les ré-
est pas branché .
sistances RI et R2, par exemple, auraient des valeurs
très élevées . Si un voltmètre de même graduation, mais ayant une
résistance beaucoup plus élevée (10 MS2 par exemple),
avait été employé pour la mesure de la tension aux
bornes de R2, son indication aurait été assez près de
75 V. Ceci résulte du fait que la présence d'une résis-
tance de 10 MS2 groupée en parallèle avec la résistance
R2 de 100 kS2 n'aurait pratiquement pas modifié la
valeur de la résistance entre les points 1 et 2 du circuit .
On dit alors que ce second voltmètre est plus sensible
que le premier, parce que sa résistance est plus élevée .
La sensibilité d'un voltmètre dépend du courant requis
pour produire une déviation complète. Elle est expri-
Figure 6-7 mée en ohms/volt et on la trouve par le rapport :
Mesure de la tension entre les points 1 et 2 .
résistance de l'instrument
Pour illustrer, considérons le circuit composé de deux = en ohms
sensibilité
résistances de 100 kQ2 groupées en série et alimentées graduation maximale
par une source de 150 V (Fig . 6-8a) . Puisque les résis- du cadran en volts
tances ont la même valeur, la tension aux bornes de 1
chacune est évidemment de 75 V . intensité du courant donnant une
Branchons maintenant aux bornes de R2 un voltmètre déviation complète de l'aiguille

66 ÉLECTROTECHNIQUE

Ainsi, la sensibilité d'un voltmètre ayant une calibra- Exemple 6-3


tion de 0 à 100 V et une résistance de 100 000 12 est : Un voltmètre calibré 0 - 150 V possède une préci-
sensibilité = 100 000 S2 =100 V = 1000 ohms/volt. sion de ± 2 0 . S'il indique 60 V lorsqu'il est rac-
cordé à un circuit, à quelle erreur maximale doit-on
La sensibilité d'un voltmètre à échelles multiples est
s'attendre
la même pour chacune des échelles . La meilleure sen-
sibilité que l'on puisse obtenir avec un voltmètre à
Solution
mouvement d'Arsonval est de l'ordre de 50 000 Q/V.
Étant donné que l'appareil est gradué de 0 à 150 V,
Les voltmètres électroniques permettent d'obtenir des
l'erreur de l'instrument pour n'importe quelle indica-
sensibilités bien supérieures, atteignant 10 MS2/V, mais
tion sur le cadran est : ± 2 % x 150 V = ± 3 V . Quand
leur emploi n'est indispensable que pour mesurer des
l'instrument indique 60 V, la tension réelle du circuit
tensions aux bornes de résistances élevées comme cel-
peut avoir toute valeur comprise entre
les rencontrées dans les montages électroniques (Fig .
6-9) .
(60+3)=63V et (60-3)=57V
Cela représente une erreur possible de

3V
- = ± 0,05 = ± 5 %
60 V

Cette erreur possible dans la lecture est 2,5 fois plus


grande que la précision spécifiée par le manufacturier
de l'instrument .
Cet exemple démontre que l'on doit se méfier des lec-
tures fournies par un instrument lorsque la déviation
de l'aiguille représente une faible portion de l'échelle
complète .

6 .7 Ohmmètre
Nous avons déjà expliqué (section 3 .9), comment l'on
peut déterminer la valeur de la résistance d'un corps
Figure 6-9 au moyen d'un ampèremètre, d'un voltmètre et d'une
Multimètre électronique à affichage numérique . Cet
instrument, construit avec des circuits à l'état solide, ne source de courant . Il est possible de mesurer di-
contient aucun mouvement d'Arsonval . Comme voltmètre, il rectement sa résistance, sans recourir à une source ex-
a une précision de 0,1 % et une résistance de 10 MQ . térieure, avec un instrument de mesure appelé ohm-
mètre .
La construction de cet appareil, dans sa forme la plus
6 .6 Précision d'un voltmètre simple, est donnée à la Fig . 6-10 . Il est constitué es-
sentiellement d'un milliampèremètre dont l'échelle est
La précision d'un appareil de mesure est l'exactitude
calibrée de zéro ohm à l'infini (eo), d'une pile sèche
avec laquelle l'instrument indique cette mesure . On
de tension E et d'une résistance variable Ro .
l'exprime habituellement en % de la graduation maxi-
male de l'échelle . Il ne faut pas confondre la sensibilité Si l'on raccorde un élément extérieur R x aux bornes A
d'un instrument avec sa précision . Ainsi, la sensibilité et B, l'aiguille s'arrêtera à une position intermédiaire
d'un voltmètre dépend de l'intensité du courant qui entre les valeurs extrêmes 0 et oo et l'échelle indiquera
produit la déviation complète de l'aiguille tandis que directement la valeur de sa résistance .
sa précision dépend du soin apporté à sa fabrication . Afin de mesurer avec assez de précision des résistan-
L'exemple suivant illustre l'effet de la précision sur ces très différentes, on construit des ohmmètres à plu-
l'erreur maximale d'une lecture d'instrument . sieurs échelles .
APPAREILS DE MESURE À COURANT CONTINU 67

Figure 6-10 Figure 6-11


Construction d'un ohmmètre . Mégohmmètre de 500 V avec génératrice interne pouvant
mesurer des résistances de zéro jusqu'à 100 MO (gracieuseté
Evershed & Vignoles Ltd.) .

II faut calibrer l'appareil avant de l'utiliser, car la ten-


sim de la pile sèche varie avec le temps . Pour la ca-
6 .9 Pont de Wheatstone
wation, on procède comme suit : on court-circuite les
fumes A et B (ce qui équivaut à mesurer une résistance Quand on doit mesurer la valeur d'une résistance
exuérieure de valeur nulle) et on ajuste la résistance avec une grande précision, on a recours au pont de
sable R o pour que l'aiguille indique zéro (0) . S'il Wheatstone . Il est constitué d'une source à courant
au impossible d'obtenir ce résultat, il faut alors chan- continu E, de trois résistances, R1, R2 et R3 de haute
por la pile . Quand rien n'est raccordé entre A et B, précision, et d'un microampèremètre (appellé galva-
Faigguille doit indiquer une résistance infinie (oo) ; puis- nomètre) . La résistance inconnue Rx est connectée dans
a*e la résistance est infiniment grande, il ne passe pas une des branches du pont comme le montre la Fig .
aie courant dans l'instrument. 6-12. Pour mesurer sa valeur, on fait varier RI jusqu'à
ce que le courant passant dans le galvanomètre soit
i8 Mégohmmètre (Megger)
Le mégohmmètre est un ohmmètre conçu spécialement
!ow mesurer les résistances très élevées allant de 1 MS2
à 1000 MS2 et plus . On l'utilise pour vérifier la résis-
taoce à la masse des circuits électriques et pour tester
hqualité de l'isolant des enroulements de machines .
Fuir cette raison, la tension de la source interne, au
feu d'être de quelques volts seulement comme dans le
ans d- un ohmmètre ordinaire, est plutôt de l'ordre de
500 V et peut même aller jusqu'à 10 kV dans certains
modèles . Cette tension est générée en tournant une
manivelle solidaire d'une petite génératrice à courant
continu localisée à l'intérieur de l'appareil (Fig . 6-11) .
D'autres instruments développent la tension requise
Figure 6-12
grâce à un circuit électronique qui multiplie plusieurs Pont de Wheatstone pour mesurer la résistance avec une
centaines de fois la tension générée par une pile sèche . grande précision .


68 ÉLECTROTECHNIQUE

nul . On dit alors que le pont est équilibré. Les points Nous avons vu aussi comment est construit l'ohmmètre
1 et 2 sont au même potentiel et on peut écrire les équa- utilisé pour mesurer les résistances . Cet appareil uti-
tions suivantes : lise une pile et une résistance branchées en série avec
le mouvement . La pile fait circuler un faible courant
i 2R2 = i R X (car V2 = Vx) dans la résistance à mesurer et le mouvement affiche
la valeur de la résistance en ohms . Pour mesurer des
i 2R 3 = i 1 R 1 (car V3 = V1) résistances élevées (1 MS2 à 1000 Mb2) on utilise un
mégohnimètre fonctionnant sur le même principe, mais
En résolvant ces équations, on trouve immédiatement
dont la source de tension peut générer des tensions
que :
pouvant atteindre plusieurs kilovolts .

Ri R2 Enfin, pour mesurer des résistances avec une grande


RX = précision on utilise un pont de Wheatstone compre-
R3 nant trois résistances de haute précision, un galvano-
mètre et une source de tension . La mesure consiste à
La précision de la méthode de mesure dépend du fait
équilibrer le pont en faisant varier une de ses trois ré-
que 1) la valeur de la résistance R X s'exprime en fonc-
sistances . La résistance mesurée est alors fonction de
tion de résistances connues avec une grande précision,
trois résistances connues .
2) la valeur de la tension E de la source n'intervient
pas dans le résultant et 3) la lecture sur le galvano-
mètre doit simplement être nulle . Avec un pont de
Wheatstone, on peut, sans difficulté, mesurer des ré- PROBLÈMES - CHAPITRE 6
sistances avec une précision de ± 0,01 % . Niveau pratique
6 .10 Résumé 6-1 Quelles sont les parties principales d'un mou-
Dans ce chapitre nous avons appris comment sont cons- vement d' Arsonval?
truits les appareils de mesure à courant continu à affi- 6-2 Comment peut-on déterminer la polarité d'une
chage analogique . Ils utilisent tous comme élément de pile sèche?
base le mouvement d'Arsonval qui est un ampèremètre
très sensible, donnant une pleine déviation pour des 6-3 À quoi servent les shunts? De quel alliage sont-
courants généralement inférieurs à 1 milliampère . ils constitués?
Pour obtenir un ampèremètre pouvant mesurer des cou- 6-4 Comment un milliampèremètre peut-il servir à
rant supérieurs à celui donnant la pleine déviation du la mesure d'une tension?
mouvement, on branche en parallèle avec celui-ci une
6-5 Comment exprime-t-on la sensibilité d'un volt-
résistance appelée shunt. On réussit ainsi à mesurer
mètre?
des courants pouvant atteindre 100 kA . Ces shunts sont
des résistances de précision ; les shunts prévus pour 6-6 Un instrument de mesure moins sensible qu'un
mesurer des courants intenses ( >20 A) sont branchés autre peut-il être quand même plus précis?
à l'extérieur du boîtier pour assurer une bonne ventila-
6-7 À quoi sert l'ohmmètre? Quelles sont ses parties
tion . Nous avons aussi appris comment calculer la ré-
principales?
sistance d'un shunt en utilisant la loi d'Ohm .
Pour obtenir un voltmètre, on branche en série avec le Niveau intermédiaire
mouvement une résistance . La sensibilité d'un volt- 6-8 Un voltmètre dont la sensibilité est de 100 S2/V a
mètre est donnée en ohms/volt . C'est l'inverse du cou- une précision de ± 0,1 % . Quelle valeur de courant
rant produisant la pleine déviation du mouvement . donne une déviation complète de l'aiguille?
Lorsqu'on effectue une mesure de tension dans un cir-
cuit comportant des résistances élevées on doit s'assu- 6-9 La bobine d'un milliampèremètre a une résistance
rer que la sensibilité de l'appareil est suffisante pour de 10 S2 et un courant de 20 mA donne une déviation
ne pas perturber le circuit et fausser les mesures . complète de l'aiguille . Calculer les résistances des

APPAREILS DE MESURE À COURANT CONTINU 69

shunts à employer pour obtenir des déviations com- 6-15 Dans le circuit de la Fig . 6-7, supposons que
plètes avec des courants a) de 100 mA et b) de 100 A? les résistances R1 et R2 aient maintenant une valeur de
100 £2 et que E = 240 V. On désire mesurer la tension
6-10 La bobine d'un milliampèremètre a une résis-
entre les points 1 et 2 au moyen d'un voltmètre à échel-
tance de 10 S2 et un courant de 20 mA donne une dé-
les multiples ayant une sensibilité de 1 kk2/V Quelle
viation complète de l'aiguille . Quelle résistance doit-
est la tension mesurée entre les points 1 et 2 si on uti-
on raccorder en série avec ce milliampèremètre pour
lise l'échelle 0-50 V?
obtenir un voltmètre gradué de 0 à 150 V?
Niveau avancé
6-11 Un voltmètre gradué de 0 à 150 V donne une
déviation complète lorsqu'il est parcouru par un cou- 6-16 Deux voltmètres ayant une échelle de 0-150V
rant de 1 mA . Sa résistance est de 150 k£2 . On désire ont une sensibilité de 10 kQ/V et 20 kW2/V respective-
le convertir en voltmètre gradué de 0 à 3 kV . Trouver ment. Si on les met en série aux bornes d'une source à
la valeur et la puissance de la résistance extérieure à 120 V, calculer la tension indiquée par chacun .
ajouter.
6-17 Les voltmètres électroniques à affichage numé-
6-12 Dans le problème 6-9, quelle doit-être la puis- rique sont généralement plus précis et plus sensibles
sance de dissipation du shunt de 100 A? Quelle est la que les voltmètres à mouvement d' Arsonval . Comment
puissance dissipée dans la bobine lors d'une déviation expliquer que ces voltmètres électroniques n'aient pas
complète de l'aiguille? complètement remplacé les autres?

6-13 Un voltmètre a une sensibilité de 2000 WV. 6-18 Un voltmètre gradué de 0 à 150V aune préci-
Quel est le courant donnant une déviation complète? sion de ± 0,2 % . En vérifiant une pile sèche, on me-
sure une tension de 9,3 V . Quelle est l'erreur maxi-
6-14 Dans le circuit de la Fig . 6-7,R1=R2=200 k£2
male possible dans cette mesure (en volts)? Quel est
et E = 240 V. On désire mesurer la tension entre les
le pourcentage d'erreur possible dans la lecture ?
points 1 et 2 au moyen d'un voltmètre à échelles mul-
tiples ayant une sensibilité de 1 k22,/V. 6-19 Dans le problème 6-18, serait-il préférable de
a) Quelle est la tension entre les points 1 et 2 quand le mesurer la tension de la pile avec un voltmètre de 0 à
voltmètre n'est pas raccordé? 15 V ayant une précision de ± 5 %? Expliquer .
b) Quelle sera la lecture du voltmètre si on utilise :
1) l'échelle 0-50 V?
2) l'échelle 0-300 V?
7
Conventions de signes
pour tensions et courants

Afin de faciliter l'étude des chapitres qui suivront, nous


présentons ici une notation permettant de donner sys-
tématiquement la polarité des tensions et le sens des
courants .

7 .1 Cas des distances


Nous allons tout d'abord appliquer cette notation con-
ventionnelle au cas des distances afin de rendre la dé-
monstration plus concrète . Disons que la distance ver- Figure 7-1
Concept de distances positive (+) et négative (-) .
ticale entre deux points A et B est de 100 mètres . Cette
DAB = + 100 m ; D BA = -100 m
information seule n'indique pas si A est au-dessus ou
au-dessous de B ; elle ne donne pas la position de A par
rapport à B .
De la même façon, on aura :
Il est possible de donner à la fois la distance et la po-
DBA =- 100 mètres
sition des points A et B en se servant de la convention
simple des distances positives et négatives . qui se lit :
Ainsi, à la Fig . 7-1, puisque A est plus haut que B, on la distance de B par rapport à A = - 100 m
dira que la distance de A par rapport à B est de
7 .2 Addition de distances négatives et
+ 100 mètres . Inversement, B étant moins haut que
positives
A, on dira que la distance de B par rapport à A est de
-100 mètres . Pour simplifier davantage, on emploie la En se référant à la Fig . 7-2, trouvons la distance ver-
notation : ticale entre les points A et C, sachant que
DAB = - 3 m et que DBC = + 5 m
DAB = + 100 mètres
La distance DAC sera donnée par la somme algébrique
qui se lit :
DAB + DBC .
la distance de A par rapport à B = + 100 mètres .
70
CONVENTIONS DE SIGNES POUR TENSIONS ET COURANTS 71

Comme pour les distances, la notation suivante est em-


ployée:
EAB = + 100 V (qui se lit : tension de A par rapport
à B)
EBA = - 100 V (qui se lit : tension de B par rapport
à A)
Par exemple, si l'on sait que la génératrice de la Fig .
Figure 7-2 7-4 a une tension E21 = - 300 V, il s'ensuit que la
Application des distances (+) et (-) . tension entre ses bornes 1 et 2 est de 300 V et que la
borne 2 est négative par rapport à la borne 1 . Cela
revient à dire que la borne 1 est positive par rapport à
DAC = DAB + DBC la borne 2 .
(- 3 mètres) + (+ 5 mètres)
Cette notation s'appelle méthode des deux indices .
= +2m

Il s'ensuit que A est 2 mètres plus haut que C .


Le schéma de la Fig . 7-2 illustre bien ce problème . On
sait que B est plus haut que A de 3 mètres et que C est
plus bas que B de 5 mètres (car la distance D CB est
négative) . La personne qui partirait de A pour se ren-
dre en C monterait de 3 mètres mais descendrait de 5
mètres . En C, il serait donc 2 mètres plus bas qu'en A Figure 7-4
(DCA = - 2 mètres) . E21 = - 300 signifie que la polarité de 2 est négative par
rapport à la borne 1 .
7 .3 Méthode des deux indices
On se sert des mêmes conventions de signes pour les
tensions électriques . La Fig . 7-3 représente un géné- 7 .4 Graphique d'une tension alternative
rateur dont la borne A est (+) et la borne B est (-) . Il est Au chapitre 22 nous étudierons des sources de tension
à remarquer ici que la polarité de A est positive seule- dont la polarité des bornes alterne périodiquement . Ces
ment par rapport à B ; la borne A a une polarité en tensions alternatives peuvent être avantageusement re-
vertu de l'existence de B, car, en soi, elle n'a aucune présentées au moyen d'un graphique . On porte sur un
polarité . En d'autres termes, la borne A du générateur axe vertical la valeur de la tension à chaque instant, et,
n'est pas positive par rapport à une des bornes d'une sur un axe horizontal, la valeur correspondante du temps
pile quelconque qui ne lui est pas raccordée (Fig. 7-3) . en secondes . Les valeurs de tension sont positives quand
On dira de la même façon que la borne B est négative elles sont au-dessus de l'axe horizontal, et négatives
par rapport à la borne A . lorsqu'elles sont en dessous (voir Fig . 7-5) .
Par exemple, à partir de l'instant zéro, la tension E21
de la génératrice croît d'une valeur nulle à + 100 volts
pour redevenir nulle au bout d'une seconde . Pendant
cet intervalle, la borne 2 est positive par rapport à la
borne 1 .
Pendant l'intervalle de 1 à 2 secondes, E21 est néga-
tive, donc la borne 2 est négative par rapport à la borne
1 . Les conditions qui existent après 0,5, 1,5 et 2,17
Figure 7-3 secondes sont clairement illustrées par les schémas I,
La polarité de la borne A est définie seulement par rapport à
II, III de la Fig . 7-5 .
la borne B.



72 ÉLECTROTECHNIQUE

E 14 est donnée par :

E14 = E12 + E34

D'après la Fig . 7-6 :


E 12 =+10V et E34 =-3V

0 f; il s'ensuit que :
E14 =(+10)+(-3)=+7V
o 2 17 3
temps secondes
La tension entre les bornes 1 et 4 est de 7 volts, et la
borne 1 est positive par rapport à la borne 4 .

nr II

10V

Figure 7-5
Représentation graphique d'une tension alternative .

7 .5 Addition de tensions positives et


négatives
Les deux exemples suivants donnent la méthode à sui-
vre pour déterminer la somme de plusieurs tensions . Figure 7-7
E 14 = + 7 V (voir exemple 7-1) .
Exemple 7-1
Soient deux eénératrices G 1 et G2 dont les tensions b) La borne 2 est reliée à la borne 4, et on cherche la
respectives sont données à la Fig . 7-6 . Elles peu- tension E 13 . En se référant à la Fig . 7-8, la tension E13
vent être groupées en série de deux façons :
est égale à la somme E12 + E43 (et non pas E12 + E34,
a) la borne 2 de G 1 raccordée i1 la borne 3 de G2 car la borne 2 est reliée à la borne 4 et non à la borne
(Fig . 7-7) 3) . Or, d'après la Fig . 7-6, E12 = + 10 V et E43 = + 3 V,
b) la borne 2 de G I raccordée à la borne 4 (le G3 donc
Fi ,, . 7-8)
E13 = E12 + E43
Trouver la tension résultante dans les deux cas .
E 13 = (+ 10) + (+ 3) = + 13 V
Solution
a) La borne 2 est raccordée à la borne 3, et on cherche La tension entre les bornes 1 et 3 est de 13 volts, et la
la tension E 14 . En se référant à la Fig. 7-7, la tension borne 1 est positive par rapport à la borne 3 .

10V
10V

3V

Figure 7-6 Figure 7-8


Voir exemple 7-1 . E 13 = + 13 V (voir exemple 7-1) .

CONVENTIONS DE SIGNES POUR TENSIONS ET COURANTS 73

Exemple 7-2 Cela signifie que la tension entre les bornes 1 et 8 est
Soit quatre génératrices indépendantes ayant les po- de 10 volts, et que la borne 1 est négative par rapport à
larités indiquées à la Fig . 7-9 . Déterminer la valeur la borne 8 .
et la polarité de la tension résultante (E l 8 ) lorsque
Exemple 7-3
les génératrices sont groupées en série (Fig . 7-10) .
Les deux machines à courant continu G 1 et G2 de
la Fig . 7-11 alimentent une résistance R de 10 S2 .
Les tensions à leurs bornes sont respectivement :
E,ve =-100V et E~r ,=-80V

Déterminer la valeur et le sens du courant dans la


résistance .

10Q
Figure 7-9
Génératrices indépendantes (voir exemple 7-2) .
80 V
Solution
D'après les valeurs et polarités données à la Fig . 7-9
pour chacune des génératrices, le lecteur vérifiera que :
Figure 7-11
E 12 = + 50 V donc E21 = - 50 V
G 1 est la source, G 2 la charge .
E 34 = + 20 V donc E43 = - 20 V
E 56 = - 40 V donc E65 = + 40 V
E78 = - 80 V donc E 8 7 = + 80 V
Solution
Pour trouver la valeur et le sens du courant dans la
Sachant que la borne 2 est reliée à la borne 4, que 3 est résistance, il faut tout d'abord trouver la valeur et la
reliée à 6, et 5 à 7 (Fig. 7-10), la tension E18 sera don- polarité de la tension EBC à ses bornes .
née par :
Esc = EBA + EAC
E 18 = E12 + E43 + E65 + E78 = (+ 100) + (- 80)
= (+ 50) + (- 20) + (+ 40) + (- 80) =+20V
= -l0V
Cela signifie que B est positif par rapport à C, et in-
versement, que C est négatif par rapport à B . Le sens
du courant dans la résistance sera donc de B vers C .
La tension aux bornes de la résistance étant de 20 V,
l'intensité du courant sera 20 V/10 £2 = 2 A .
Les machines à courant continu sont réversibles, c'est-
à-dire qu'elles peuvent fonctionner soit comme géné-
ratrices, soit comme moteurs .
En connaissant le sens du courant dans le circuit, nous
pourrons établir laquelle des deux machines agit
comme génératrice .
Figure 7-10 En effet, d'après la section 4 .11, pour une source
Génératrices en série (voir exemple 7-2) . d'énergie électrique, le courant sort toujours de la

74 ÉLECTROTECHNIQUE

borne positive . Pour une charge, le courant entre par la 7 .6 Courants positifs et courants négatifs
borne positive . En appliquant cette règle au circuit de On se sert des signes (+) et (-) pour indiquer le sens du
la Fig . 7-11, on trouve que Gl agit comme source (gé- courant dans un circuit par rapport à un sens de ré-
nératrice) et que G2 agit comme charge (moteur) . férence représenté sur un schéma .
Le courant dans un élément de circuit comme une ré-
puissance débitée par Gl = 2 A x 100 V = 200 W
sistance (Fig . 7-13) peut circuler de A vers B ou de B
puissance reçue par G2 = 2 A x 80 V = 160 W vers A . Il peut circuler dans deux sens, l'un choisi
puissance dissipée dans R = 2 A x 20 V = 40 W comme positif (+), et l'autre comme négatif (-) .

La puissance absorbée par la résistance R est dissipée


sous forme de chaleur tandis que la puissance élec-
trique reçue par G2 (le moteur) est transformée en puis-
sance mécanique . Figure 7-13
Le courant dans une résistance peut circuler de A vers B ou
Exemple 7-4 de B vers A .
Dans l'exemple 7- , si nous augmentons la tension
de la machine G2 à une valeur de 120 V tout en Le sens positif du courant dans l'élément est indiqué
rdant la même polarité (Fig . 7-12), nous consta- arbitrairement au moyen d'une flèche (Fig . 7-14) .
tons que la valeur et le sens du courant changent . Ainsi, si un courant de 2 ampères circule véritable-
En effet : ment de A vers B dans cette figure, il circule dans le
sens de la flèche (positif) et sera désigné par le nombre
algébrique + 2 A . Inversement, si le courant circule de
_ (+ 100) + - 1. 20) B vers A (sens opposé à celui de la flèche), il sera dési-
gné par le nombre - 2 A .
- 20 V

I
10 52

100 V Figure 7-14


La flèche indique le sens (+) du courant .

Exemple 7-5
Le courant dans le circuit (Fig . 7-15) est de - 8À .
Figure 7-12
G 2 est la source . Dans quel sens circule-t-il réellement, et quelle est
la polarité des bornes A et B'
Solution
La borne B est devenue négative par rapport à la borne
C . Le courant dans le circuit de la Fig . 7-12 sera donc
de sens inverse à celui de la Fig . 7-11 . Le courant aura
la même valeur : I = 20 V/10 £2 = 2 A .
La machine G2 agira maintenant comme source (gé-
nératrice) et G1, comme charge (moteur) .
Si les deux tensions EAB et EAC étaient égales, le cou- Figure 7-15
rant deviendrait nul . On dirait alors que les machines Schéma montrant le sens arbitraire du courant I.

«flottent» sur la ligne .



CONVENTIONS DE SIGNES POUR TENSIONS ET COURANTS 75

Solution le graphique) il circule de B à A dans la résistance


Puisque le courant est négatif, il circule dans le sens (sens de la flèche) . Pendant l'intervalle de 1 à 2 secon-
contraire à celui de la flèche, soit de B vers A dans la des, le courant décroît de + 2 A à zéro, mais il circule
résistance . Le courant dans une résistance circule tou- encore de B vers A dans la résistance . Entre la
deuxième et la troisième seconde, le courant croît de
jours de la borne (+) à la borne (-) ; il s'ensuit que EBA
a une valeur positive . Notons que dans la génératrice zéro à - 2 A, mais puisqu'il est négatif, il circule dans
le courant circule de A vers B (Fig . 7-16) . le sens contraire à celui de la flèche, soit de A vers B
dans la résistance .
Cet exemple illustre qu'il est possible de représenter
la valeur et le sens d'un courant variable dans un cir-
cuit en se servant d'un graphique et de la convention
de signes .

7 .7 Méthode des polarités


Bien qu'on puisse représenter la valeur et la polarité
Figure 7-16
Sens réel du courant lorsque 1= - 8 A . des tensions par la méthode des deux indices (E12, Eab,
ECD, etc .,) on utilise souvent une autre convention . Elle
consiste à identifier la tension par un symbole quel-
Exemple 7-6
conque (El, Ed V, etc .) et à identifier une des bornes
La variation du courant dans une résistance R est
par le signe (+) . Par exemple, la Fig . 7-18 montre une
donnée par le graphique de la Fig . 7-17 . Interpréter
tension El dont une des bornes est arbitrairement mar-
ce graphique .
quée (+) . Il est entendu que l'autre borne est alors né-
gative . (Dans plusieurs publications, pour éviter toute
ambiguïté, la borne négative est aussi indiquée) .

Figure 7-18
Autre convention pour désigner la polarité d'une tension .
Àd&
21~Wr Avec cette nouvelle convention, on applique les rè-
gles suivantes :
1 . Si l'on sait que El = + 10 V, cela signifie que
la polarité réelle des bornes correspond bien à
Figure 7-17 celle indiquée sur le schéma .
Représentation graphique de la valeur et du sens d'un
courant . 2 . Inversement, si l'on sait que Et = - 10 V, la
polarité réelle des bornes est l'inverse de celle
indiquée sur le schéma .
Solution
Pendant l'intervalle de temps de 0 à 1 seconde, le cou- Cette façon se désigner une tension s'appelle méthode
rant croît de zéro à + 2 A . Comme il est positif (d'après des polarités .


76 ÉLECTROTECHNIQUE

Exemple 7-7 7 .8 Taux de variation d'une tension


Soit le circuit de la Fig . 7-19 où, selon la conven- Lors de l'étude des circuits à courant alternatif, nous
tion établie plus haut, chacune des sources V i . V, . verrons que le taux de variation d'une tension ou d'un
V ; possède une borne désignée arbitrairement d'un courant peut être tout aussi important que sa valeur et
i ne (+) . Indiquer la valeur et la polarité réelle de sa polarité instantanées .
la tension aux bornes de chaque source sachant que
Soit une tension E qui varie suivant la courbe de la
-4V, ' IOVetV ; -40V.
Fig . 7-21 . On constate que la tension augmente de 20
volts durant le premier intervalle Att* (de 0 à 1 se-
conde) et de 10 volts durant le deuxième intervalle At2
(de 1 à 2 secondes) . Pendant le troisième intervalle At 3
(de 2 à 3 secondes), la tension ne varie pas .

Figure 7-19
Polarités arbitraires de chacune des trois sources . Voir
exemple 7-7 .
volts
+30

Solution E 20 I
10
Les valeurs et les polarités réelles sont données à la A 10
Fig . 7-20 . À première vue, il semble impossible que le o
point A soit à la fois positif (+) et négatif (-), mais
10
rappelons-nous que le point A ne possède pas une po-
20
larité (+) et (-) en soi, mais par rapport aux points B et
C respectivement. En effet, le point A est négatif par - 30 maman ,_

rapport au point B et positif par rapport au point C,


c'est pourquoi il porte deux signes contraires . Figure 7-21
Taux de variation d'une tension .

On dit que le taux de variation est respectivement de


20 V/s, 10 V/s et 0 V/s durant les intervalles Att, At2 et
At 3 . On observe que le taux est plus élevé quand la
pente de la courbe est plus raide . Lorsque la pente est
horizontale (intervalle At3 ), le taux de variation est nul .
De plus, on note que pendant les intervalles At 2 et At3 ,
la pente de la courbe «monte» vers la droite de cette
façon : / ; une telle pente, ou taux de variation, est con-
Figure 7-20 sidérée comme positive .
Polarités réelles de chacune des trois sources . Le point A
est (+) par rapport au point C, mais il est négatif par rapport Passé le sommet de la courbe, on constate que le taux
au point B . de variation pendant l'intervalle At4 est de nouveau
10 V/s et que pendant l'intervalle At 5 , il est de 20 V/s .
Cette nouvelle façon d'indiquer la polarité d'une ten- Cependant, la pente «descend» vers la droite de cette
sion nous sera particulièrement utile dans le chapitre
8, où nous traiterons de la solution des circuits plus
complexes . * A est une lettre grecque qui se prononce «delta» .



CONVENTIONS DE SIGNES POUR TENSIONS ET COURANTS 77

façon : \ ; on la considère comme négative . La pente est où


toujours négative pendant les intervalles At6 et At 7 , AQ = variation de la grandeur Q
devenant nulle pendant l'intervalle At8 . Durant les in- At = durée de la variation, en secondes
tervalles Atg et At t o, la pente est de nouveau positive, Qb = valeur de la grandeur Q à la fin de l'inter-
indiquant un taux de variation positif . valle de temps
Qa valeur de la grandeur Q au début de
Il est clair que le taux de variation d'une tension est
l'intervalle de temps
indépendant de sa valeur et de sa polarité instantanées .
Par exemple, lorsque la tension passe par zéro à l'ins- La grandeur Q peut être une tension, un courant, une
tant t = 5 s, son taux de variation est encore - 20 V/s . puissance, un flux magnétique, etc .
Aussi curieux que cela puisse paraître, une tension nulle On se souvient que le taux de variation est positif lors-
peut posséder un taux de variation non nul . que la courbe représentant la grandeur Q monte vers la
droite et négatif lorsqu'elle descend vers la droite . Il
Exemple 7-8 est facile de trouver le taux de variation quand on con-
Déterminer le signe du taux de variation (+) ou (-) naît cette courbe en fonction du temps . En se référant à
de la tension E l de la Fig . 7-22 aux instants taj, 4 tc la Fig . 7-23, le taux de variation pendant l'intervalle
et tai et indiquer les moments où ce taux de variation Att est :
est nul .
A Q Qb-Qa
éq. 7-1
At t At

Q2 -QI Q2 -QI
A tt t2 - tt

Durant l'intervalle At2 , le taux de variation est :

AQ Q4- Q3 Q4- Q3
AMWOdA

Figure 7-22
,uF9
5
5

e A t2

AQ
A t2 t4 - t3

et durant l'intervalle At3 , le taux de variation est:

Q6 - Q5
Voir exemple 7-8 . A t3 A t3

Solution
AQ
Les signes de taux de variation aux instants ta , tb, t, et
td sont respectivement (-), (+), (-) et (+) .

Le taux de variation est nul à chaque instant où la pente


de la courbe est nulle, c'est-à-dire lorsqu'elle est hori-
zontale . Cette condition se produit aux instants 1, 2, 3,
4,5et6 .

7 .9 Expression du taux de variation


Le taux de variation d'une grandeur Q est donné par
l'expression

AQ Qb - Qa
taux de variation = _ (7-1) Figure 7-23
At At Calcul du taux de variation d'une grandeur Q à divers instants .

78 ÉLECTROTECHNIQUE

7 .10 Niveau de potentiel* Intéressons-nous maintenant à la borne 3 . La tension


Nous venons de décrire deux méthodes pour représen- E31 entre les points 1 et 3 est alternative et on suppo-
ter les tensions dans un circuit . Nous présentons main- sera qu'au départ sa valeur est de 100 V (valeur crête)
tenant une troisième méthode qui nous sera par- et que la borne 3 est négative par rapport à la borne 1 .
ticulièrement utile lors de l'analyse des circuits ren- C'est dire qu'à t = 0, E31 = -100 V. La tension étant
contrés en électronique de puissance . Il s'agit de la alternative, le potentiel de la borne 3 devient tantôt
méthode des niveaux de potentiel. positif, tantôt négatif par rapport à la borne 1, comme
l'indique la courbe 3 .
Pour comprendre le fonctionnement des circuits élec-
troniques, il est utile d'imaginer que les diverses bor- Ainsi, pendant l'intervalle 0 à t1, le niveau du point 3
nes occupent un «niveau de potentiel» par rapport à est situé au-dessous du niveau de 1, ce qui indique
une borne de référence . La borne de référence est tout que la borne 3 est négative par rapport à la borne 1 .
simplement un point convenable, choisi dans le cir- Pendant l'intervalle t t à t4 , la polarité de E31 est in-
cuit, que l'on affecte d'un potentiel électrique nul . Les versée ; par conséquent, le niveau de la borne 3 se
niveaux de potentiel de tous les autres points du circuit trouve au-dessus de la ligne 1 . La borne 1 est alors
sont alors mesurés par rapport à cette borne de réfé- négative par rapport à la borne 3 car la ligne 1 est au-
rence . Le niveau de référence se représente par une dessous de la courbe 3 .
ligne droite horizontale dont le potentiel électrique
correspond à 0 V. Ces explications simples n'ajoutent rien à ce que l'on
savait déjà, mais nous verrons que cette méthode des
Considérons, par exemple, le montage de la Fig . 7-24
niveaux de potentiel permet d'identifier immédiate-
comprenant une batterie de 80 V, raccordée en série
ment la tension instantanée entre deux bornes quel-
avec une source de tension alternative E31 ayant une conques d'un circuit, ainsi que leurs polarités relatives .
tension crête de 100 V. Parmi les trois bornes 1, 2 et 3,
Par exemple, durant la période t2 à t3 , la borne 3 est
choisissons la borne 1 comme point de référence . Le
positive par rapport à la borne 2 car la courbe 3 est au-
niveau de potentiel de cette borne est alors représenté
dessus de la ligne 2. La tension entre ces deux bornes
par la ligne horizontale 1 sur la Fig . 7-25 .
passe par un maximum de (100 V - 80 V) = 20 V pen-
Considérons maintenant le niveau de potentiel de la dant cet intervalle . Ensuite, de t3 à t6 , la borne 3 est
borne 2 . À cause de la batterie, la différence de poten- négative par rapport à la borne 2 et la tension E 23 at-
tiel entre les bornes 1 et 2 est fixe à 80 V et la borne 2 teint une valeur maximale de + 180 V à l'instant t5 .
est positive par rapport à la borne 1 . On représente alors
On aurait pu choisir une autre borne comme borne de
le niveau de cette borne par une deuxième ligne hori-
référence . Ainsi, dans la Fig . 7-26, nous avons choisi
zontale 2 située 80 V au-dessus de la ligne 1 .

Figure 7-24
Choix d'un point de référence (1) pour établir le niveau de
potentiel des autres points dans un circuit .
Figure 7-25
Graphique montrant les niveaux des points 1, 2 et 3 lorsque
* L'étude de cette section n'est nécessaire que pour com- le point 1 est choisi comme point de référence .
prendre le chapitre 42 .

CONVENTIONS DE SIGNES POUR TENSIONS ET COURANTS 79

la borne 3 et, comme auparavant, on représente le po- Pour les tensions, il existe 2 notations :
tentiel nul de cette borne par une ligne horizontale 1) la méthode des deux indices et 2) la méthode des
(Fig . 7-27) . Sachant que la tension E31 est alternative polarités . Résumons ces 2 méthodes avec un exem-
et qu'au départ la borne 1 est positive par rapport à la ple :
borne 3 (Fig . 7-25), on peut tracer la courbe 1 . Soit une tension de 100 V entre les bornes A et B, A
Pour déterminer le niveau de la borne 2, on sait qu'elle étant positive par rapport à B .
est toujours positive par rapport à la borne 1, la diffé- Avec la méthode des deux indices on écrira:
rence de potentiel restant constante et égale à 80 V . Par
EAB = + 100 V ou EBA = - 100V
conséquent, on trace la courbe 2 de sorte qu'elle soit
toujours située 80 V au-dessus de la courbe 1 . Avec la méthode des polarités, on doit spécifier cha-
que tension sur le schéma par un symbole (disons El )
Si l'on compare les Fig . 7-25 et 7-27, on constate qu'el- et ajouter un signe + vis-à-vis de la borne que l'on
les n'ont pas la même allure ; cependant à chaque ins- choisit arbitrairement .
tant, les polarités relatives et les différences de potentiel
Avec ces deux méthodes, on spécifie toujours la va-
sont identiques . Du point de vue électrique, les deux
leur et le signe de la tension entre 2 bornes quelcon-
figures sont identiques et on laisse au lecteur le soin
ques .
d'en faire la vérification .
On utilise parfois une troisième notation ou méthode
Dans un montage électronique on sélectionne la borne
du niveau de potentiel . Avec cette méthode, toutes les
de référence de sorte que le fonctionnement du circuit
tensions sont mesurées par rapport à une borne com-
soit facile à suivre .
mune ou borne de référence.
7.11 Résumé Pour la notation des courants, on spécifie sur le schéma
Dans ce chapitre nous avons vu les conventions que chaque courant à l'aide d'une flèche et d'un symbole
nous utiliserons dans ce manuel pour donner systéma- (ex . : I, IA) . La flèche indique le sens du courant choisi
tiquement la polarité des tensions et le sens des cou- arbitrairement positif .
rants . Ces notations sont couramment utilisées dans Enfin, nous avons expliqué le concept de taux de va-
l'industrie . riation d'une grandeur. Par exemple, un taux de varia-
tion DIIOt = + 10 A/s pour un courant I indique que ce
courant augmente à cet instant, même si la valeur du
courant est négative .

Figure 7-26 Figure 7-27


Le point 3 est choisi comme référence . Graphique montrant les niveaux des points 1, 2 et 3 lorsque
le point 3 est choisi comme point de référence .


80 ÉLECTROTECHNIQUE

PROBLÈMES - CHAPITRE 7 Niveau intermédiaire


Niveau pratique 7-5 Dans le circuit de la Fig . 7-30, quels sont les va-
7-1 Trois sources à courant continu, G1, G2, G3 gé- leur et le sens réel du courant, aux instants (1), (2), (3)
nèrent des tensions E 12 = + 100 V, E34 = + 40 V et et (4)? Quelle est la polarité de la borne a par rapport
E56 = - 60 V. Indiquer les polarités (+) (-) des bornes à la borne b à chaque instant?
dans chaque cas (Fig . 7-28) .

Figure 7-28
Voir problème 7-1 .

7-2 Dans le problème 7-1, si Gl et G2 sont reliées


en série, quelle est la tension entre les bornes libres si :
a) les bornes 2 et 4 sont reliées ensemble
b) les bornes 1 et 4 sont reliées ensemble
7-3 Dans le problème 7-1, si les trois sources sont
connectées en série, quelle est la tension et la polarité
entre les bornes libres si :
Figure 7-30
a) les bornes 2-3 et 4-5 sont reliées ensemble
Voir problème 7-5 .
b) les bornes 1-4 et 3-6 sont reliées ensemble
c) les bornes 1-3 et 4-6 sont reliées ensemble
d) les bornes 1-6 et 5-3 sont reliées ensemble 7-6 En se reportant de nouveau à la Fig . 7-29, don-
e) les bornes 2-6 et 5-3 sont reliées ensemble ner le taux de variation de la tension pendant chaque
7-4 En se reportant à la courbe de variation de la ten- intervalle de temps de 10 secondes et indiquer son si-
sion El en fonction du temps (Fig . 7-29), indiquer sur gne .
le schéma de la génératrice la valeur de sa tension et la 7-7 En se reportant à la Fig . 7-30, donner le taux de
polarité de ses bornes aux instants (1), (2), (3) et (4) . variation du courant pendant chaque intervalle de
temps de 10 secondes et indiquer son signe .
7-8 Dans la Fig . 21-11, quel est le taux de variation
moyen de la tension pendant les intervalles suivants :
a)Oà7s b)7sà14s c)14sà21s
7-9 Dans la Fig . 21-12, quel est le taux de variation
moyen de la tension pendant les intervalles suivants :
a)28sà35s b)20sà22s c) 20,99 s à 21,01 s

7-10 Dans la Fig . 21-17, quel est le taux de variation


de la tension aux instants suivants :
a)5s b)8s c)lls

7-11 Dans la Fig . 7-5, quel est approximativement


le taux de variation de la tension aux instants suivants :
a) 0,5 s b) 1 s c) 2,17 s
Figure 7-29
Voir problème 7-4 .
8
Solution des circuits
à courant continu

Au chapitre 5, nous avons appris à résoudre les circuits


série, parallèle et série-parallèle . Il existe toutefois des
1
circuits dont les composants ne sont connectés ni
en série ni en parallèle, mais forment un arrangement
plus complexe comme, par exemple, le circuit de la
Fig . 8-1 . Pour résoudre ces circuits, il faut avoir re-
cours à la première et à la deuxième loi de Kirchhoff
concernant respectivement les tensions et les courants .

Première loi de Kirchhoff


La somme algébrique des tensions dans une bou-
cle fermée d'un circuit est égale à zéro . 1

Deuxième loi de Kirchhoff Figure 8-1


La somme des courants qui arrivent à un noeud Circuit dans lequel aucune des résistances n'est branchée
directement en série ou en parallèle avec une autre
est égale à la somme des courants qui en partent .
résistance .

Étudions à tour de rôle la signification de ces deux lois .

8 .1 Première loi de Kirchhoff (concernant les point quelconque, on fait le tour de cette boucle dans le
tensions) sens horaire, ou dans le sens antihoraire, on trouvera
d'après cette loi que la somme des tensions est égale à
Soit une série de tensions El, E2, E3, E4, raccordées en
zéro .
boucle fermée (Fig . 8-2) . Elles sont désignées selon la
méthode des polarités (section 7 .7). Si, partant d'un Lorsqu'on décrit la boucle, on doit affecter chaque ten-
81


82 ELECTROTECHNIQUE

Figure 8-2
Loi de Kirchhoff concernant les tensions : circuit composé
d'une boucle .

Figure 8-3
Circuit composé de plusieurs boucles .
sion d'un signe (+ ou -) correspondant à la polarité de
la borne rencontrée en premier lieu . Par exemple, sur
la Fig . 8-2, en partant du point A et en décrivant la Les tensions dont on parle dans la première loi de
boucle dans le sens horaire, on obtient : Kirchhoff ne sont pas forcément des sources de ten-
sion mais elles peuvent être produites par le passage
+ E2 - E, + E4 + E3 = 0 (8-1) d'un courant dans une résistance . Quel signe faut-il
donner à ces tensions? Considérons, par exemple, le
Noter que le signe (+) précède les tensions E-), E4 et E3 circuit simple de la Fig . 8-4 .
parce que dans chaque cas on rencontre d'abord la
borne positive .
Par contre, si l'on choisit le sens antihoraire et toujours
en partant du point A, on obtient :

- E3 -E4 + El -E2 = 0 (8-2)

Pour un circuit plus complexe (Fig . 8-3), on applique


la même règle : il suffit de suivre une boucle quelconque
et, pourvu que l'on revienne au point de départ, la Figure 8-4
somme des tensions est toujours nulle . Circuit contenant une résistance .

Pour le circuit de la Fig . 8-3, on vérifiera les équations


suivantes : À cause de leur polarité les sources El et E2 ont ten-
dance à produire les courants qui circulent respective-
en suivant la boucle 1 =* 2 = 3 =~> 4 =* 1
ment dans les sens horaire et antihoraire . Si l'on ne
on obtient
connaît pas la valeur de Et ni celle de E2, on ne peut
+ E l - E4 + E5 - E8 = 0 (8-3) pas en déduire le sens que prendra le courant I résul-
tant . On choisit alors un sens arbitraire . Prenons, par
en suivant la boucle 1 =* 4 => 5 => 3 =* 2 =* 1 exemple, le sens horaire comme sur la Fig . 8-5 .
on obtient Le courant I produira une tension RI à travers la résis-
tance . Le signe de cette tension dépend de la direction
+ E8 - E7 - E6 + E4 - Et = 0 (8-4)
du courant et du sens dans lequel on parcourt la bou-
cle. Lorsque l'on décrit la boucle, la tension RI sera
en suivant la boucle 3 = 2 = 5 = 3
précédée d'un signe (+) si on traverse la résistance
on obtient
dans le sens du courant et d'un signe (-), si on la tra-
+ E4 - E2 - E3 = 0 (8-5) verse dans le sens contraire . Par exemple, en parcou-

SOLUTION DES CIRCUITS À COURANT CONTINU 83

5£2

Figure 8-5
Choix d'un sens arbitraire du courant . Figure 8-7
Voir exemple 8-1 .

rant le circuit de la Fig . 8-5 dans le sens horaire, on


Solution
obtient:
Supposons que le courant circule de gauche à droite
- E l + RI + E2 = 0 (8-6) dans la résistance, et suivons le circuit dans le sens
horaire; on obtient :
La tension RI est précédée du signe (+) parce que l'on
traverse la résistance dans le sens du courant . -E 1 +RI + E2 =0
Si, par contre, on décrit la boucle dans le sens antiho-
Soit, en passant aux valeurs numériques :
raire, on obtient :

- E2 - RI + El = 0 (8-7) - 10 + 5I+20=0
5I=- 10
La tension RI est précédée du signe (-) parce que l'on
traverse la résistance dans le sens contraire du courant . I=-2A
N'étant pas sûr du sens réel du courant, on aurait pu La valeur du courant est de 2 ampères ; le signe (-)
choisir un courant de sens opposé à celui de la Fig . 8-5 . indique que son sens réel est l'inverse de celui que nous
Dans ce cas, si l'on décrit la boucle dans le sens ho- avions supposé . Un courant de 2 ampères circule donc
raire (Fig . 8-6), on obtient l'équation: dans le sens antihoraire, soit de droite à gauche dans la
résistance .
-E l -RI +E2 = 0
Exemple 8-2
Soit quatre sources ayant les tensions et polarités
indiquées a la Fig . 8-8a . Les sources sont alors rac-
cordées en série suivant le schéma de la Fig . 8-8h .
Trouver la valeur et la polarité de la tension entre
les bornes <,ouvertes» et B .
,A£

Figure 8-6
Choix d'un sens arbitraire du courant qui est l'opposé de celui
de la figure 8-5 .

Bien que certains termes changent de signe suivant le


sens choisi pour le courant, la résolution des équations
fournit toujours la bonne valeur et le bon sens du cou- Figure 8-8a
rant . Quatre sources indépendantes . Voir exemple 8-2 .

Exemple 8-1 Solution


Trouver la valeur et le sens du courant 1 dans le mon-
On peut choisir une polarité arbitraire pour une tension
tage de la Fig . 8-7 .
tout comme on peut choisir un sens quelconque pour

84 ÉLECTROTECHNIQUE

Figure 8-9
Loi de Kirchhoff concernant les courants .

Figure 8-8b
Les sources sont raccordées en série, créant ainsi deux
bornes A,B . La tension Eentre ces bornes est supposée (+)
du côté A .

un courant. Disons que la tension E entre les bornes A Figure 8-10


et B est positive (+) du côté de la borne A (Fig . 8-8b) . Le point B est un noeud .
Suivons maintenant la boucle formée par les quatre
sources en série et le chemin en pointillé (dans l'air) La deuxième loi de Kirchhoff permet de calculer la va-
reliant les bornes ouvertes . En adoptant le sens leur et le sens du courant circulant dans un conducteur
antihoraire, on obtient : quelconque lorsque les courants dans les autres con-
ducteurs arrivant au même noeud sont connus .
+ E+ 80-40+ 20-50=0
E = - 10V Exemple 8-3
Trouver la valeur du courant dans le fil X (Fi -,-
La tension entre A et B est donc de 10 V, et la polarité 11), connaissant la valeur et le sens des courants
est l'inverse de celle qu'on avait choisie : la borne A est dans les quatre autres fils .
donc négative par rapport à la borne B .
Solution
8 .2 Deuxième loi de Kirchhoff (concernant les Supposons que le fil X porte un courant I qui se dirige
courants)
vers le nœud (Fig . 8-12) . D'après la deuxième loi de
La deuxième loi de Kirchhoff exprime l'impossibilité Kirchhoff, on obtient :
d'accumuler des électrons en un point. Dans un circuit
électrique, on appelle nœud un point commun où abou- 1+ 4+ 7+ 2= 8
tissent deux ou plusieurs conducteurs . Considérons les I = -5 A
courants I l , 12,13 et 14 circulant dans les sens indiqués
sur la Fig . 8-9 . D'après cette loi, la somme des cou-
rants qui arrivent au noeud A est égale à la somme des
courants qui en repartent . On obtient donc :

Il + 12 + 14 = 13 (8-9)

Dans le cas de la Fig . 8-10, on aurait au nœud B :

Ia +Ib +Ic =0 (8-10)


Figure 8-11 Figure 8-12
On cherche la valeur et le Voir exemple 8-3 .
car, d'après le sens des flèches, aucun courant ne part sens du courant dans le fil X .
du nœud B . Voir exemple 8-3 .



SOLUTION DES CIRCUITS À COURANT CONTINU 85

Le courant dans le fil est de 5 A et le signe (-) nous Ensuite, on peut choisir la boucle formée par la source
indique qu'il circule dans le sens opposé à celui de la de 108 V et les résistances de 6 S2 et 12 S2 .
flèche .
- 108 + 6 I l + 12 (Il + I2 ) = 0 (2)
8 .3 Application pratique aux circuits
Connaissant la façon d'appliquer les deux lois de On obtient ainsi un système de deux équations à deux
Kirchhoff, nous sommes en mesure de résoudre les inconnues Il et 12 . On peut donc trouver la valeur des
circuits les plus complexes . courants Il et 12.
Exemple 8-4
I l = 8A 12 =-3A
Calculer les courants et les tensions pour chacune
des résistances de la Fi- . 8-13 . et par suite

(h + 12 ) = 8A - 3A = 5A
3191452e
Les courants réels circulent dans le sens indiqué sur la
108 V
Fig . 8-15 . La «source» de 48 V est en réalité une charge
puisque le courant de 3 A entre par la borne (+) .

8A 3A
Figure 8-13
60 40
Voir exemple 8-4 .

Solution 108 V
On se donne des sens de courant arbitraires pour Il et
12 (Fig . 8-14) et, afin d'éviter l'emploi d'un troisième
courant inconnu, on indique un courant (Il + 12) dans
la résistance de 12 S2 . La direction de (Ii + 1 2) n'est pas Figure 8-15
\ arbitraire ; elle doit être choisie de façon à respecter la Valeurs et sens réels des courants . Voir exemple 8-4 .
deuxième loi de Kirchhoff . (On constate, Fig . 8-14, que
la somme des courants Il et 12 arrivant au noeud A est
égale au courant (Il + 12) qui en sort .) Exemple 8-5
Trouver les tensions et les courants dans chacune
des branches du circuit de la Fib . 8-16 .
1, 12

8 12
4 52

576V
A 10£2 B

Figure 8-14
On choisit des sens arbitraires pour les courants II et 12 . Voir 24 6
exemple 8-4 . Q S2

En décrivant la boucle formée par les deux sources et


C
les résistances de 6 S2 et 4 £2, on obtient d'après la pre-
mière loi de Kirchhoff : Figure 8-16
Voir exemple 8-5 . On cherche la valeur de la tension et du
- 108 + 6 I l - 412 + 48 = 0 (1) courant dans chaque résistance .





86 ELECTROTECHNIQUE

Solution On obtient donc un système de 6 équations (équations


On donne aux courants Il, 12 et 13 des sens arbitraires (4) à (9)) à 6 inconnues, ce qui permet de trouver les 6
(Fig. 8-17) . En utilisant le minimum de courants in- courants . On voit, cependant, l'avantage de réduire au
connus on réduit le nombre d'équations à résoudre . départ le nombre de courants inconnus comme on l'a
Cependant, une fois les sens de Il, 12 et 13 choisis, les fait sur la Fig . 8-17 .
sens des courants (Il + I2), (I2 + 13) et (Il + 12 + 13) sont
imposés par la deuxième loi de Kirchhoff.

76

(Il + 12+4) 15

m 1 57 V

24 13

I 1
Figure 8-18
On peut résoudre le circuit en choisissant six courants de
Figure 8-17
sens arbitraires au lieu de trois . Toutefois, cela augmente le
On choisit des sens arbitraires pour les courants Il, 1 2 et 1 3 .
nombre d'équations à résoudre .
Voir exemple 8-5 .

On obtient le système d'équations suivant :


8.4 Théorème de Thévenin
811 -1012 -12(12 +13 )=0 (1) Bien que les lois de Kirchhoff permettent de résoudre
10 12 + 24 ( Il + 12 ) - 613 = 0 (2) n'importe quel circuit, si compliqué soit-il, on peut
souvent en simplifier la solution en utilisant l'artifice
- 576 + 8 I l - 1012 + 613 = 0 (3)
du théorème de Thévenin, qui est d'ailleurs basé sur
après résolution, on trouve : les lois de Kirchhoff .

I1 = + 27A (Il +12 )=+15A


Énoncé du théorème de Thévenin
12 = - 12A (12 +13 )=+28A
Tout circuit à deux bornes ouvertes A et B com-
13 = + 40A (I 1 + 12 + 13 ) = + 55A posé de plusieurs sources et de plusieurs résis-
On aurait pu résoudre ce problème en se donnant plu- tances peut être remplacé par une source unique
sieurs courants arbitraires, comme sur la Fig . 8-18 . Dans E en série avec une résistance unique R .
ce cas, en parcourant les boucles, on obtient :
Soit un circuit composé de plusieurs sources et de plu-
8Il + 1012 + 1215 = 0 (4) sieurs résistances, représentées respectivement par des
cercles et des petits rectangles (Fig. 8-19) . Le montage
-2414 + 1012 +613 =0 (5)
possède deux bornes A et B lesquelles peuvent être rac-
- 576 + 8 I l + 2414 = 0 (6) cordées à une résistance Z. D'après le théorème de
Thévenin, ce circuit complexe peut être remplacé par
La deuxième loi de Kirchhoff nous fournit les équa- le circuit simple de la Fig. 8-20 . Dans ce circuit sim-
tions pour les courants : ple :
Il =12 +14 (7 ) a) La tension de Thévenin E est celle qui apparaît en-
15 = Il + 16 (8) tre les bornes A et B du circuit de la Fig . 8-19 (cir-
cuit ouvert) .
12 = 15 + 13 (9)


SOLUTION DES CIRCUITS À COURANT CONTINU 87

40

48 V

Figure 8-21
On cherche la valeur du courant circulant dans la résistance
de 6 52 . Voir exemple 8-6 .

Figure 8-19
Montage très complexe où l'on cherche la tension et le courant
Ainsi, trouvons d'abord la tension de Thévenin E appa-
dans la résistance Z . raissant entre ces bornes à circuit ouvert, c'est-à-dire
en enlevant la résistance de 6 S2 (Fig. 8-22) . La tension
aux bornes de la résistance de 12 S2 est alors
b) La résistance R de Thévenin est celle que l'on me-
surerait entre les bornes A et B si toutes les sources
1252
du circuit de la Fig . 8-19 étaient court-circuitées . 48Vx = 36V
452+1252
En comparant le circuit de la Fig . 8-20 avec celui de la
Fig . 8-19, on comprend pourquoi le théorème de Thé-
Il s'ensuit que la tension entre A et B vaut
venin est un outil puissant : il permet de trouver le cou-
(108 - 36) = 72 V. La tension de Thévenin E (Fig .
rant dans une résistance Z quelconque sans qu'on ait à
8-20) vaut donc 72 V.
résoudre le circuit au complet .
Ensuite, en supposant que les sources de 108 V et de
Appliquons-le à l'exemple 8-4 étudié précédemment . 48 V soient mises en court-circuit, on calcule la résis-
tance vue entre les bornes A et B (Fig . 8-23) . Elle est
composée d'une résistance de 12 52 en parallèle avec
une résistance de 4 S2, soit une résistance de 3 S2 . Celle-
ci est la résistance R de Thévenin . Le circuit équivalent
de Thévenin est donc composé d'une résistance de 3 52
en série avec une tension de 72 V (Fig . 8-24) .

652
Figure 8-20
Circuit équivalent du montage de la figure 8-19, selon le
théorème de Thévenin .

Exemple 8-6
Trouv ci- la valeur et le sens du courant circulant dans
la résistance de 6 S2 (Fig . 8-21) .

Solution
Le théorème de Thévenin permet de trouver la tension
et le courant dans une résistance à la fois . Puisqu'il
s'agit de la résistance de 6 S2, on doit déterminer le
Figure 8-22
circuit équivalent de Thévenin entre les bornes A et B On trouve EAB lorsque la résistance de 6 52 est enlevée du
(Fig . 8-21) . circuit . Voir exemple 8-6 .


88 ELECTROTECHNIQUE

0 452
Cependant, on peut les calculer encore plus simplement
en suivant le raisonnement suivant.
La chute de tension dans la résistance de 6 S2 étant de
12 8 A x 6 S2 = 48 V, la tension aux bornes de la résis-
tance de 12 S2 est (108 - 48) = 60 V. Par conséquent, le
courant dans celle-ci est de 5 A. Il s'ensuit que la ré-
sistance de 4 S2 porte un courant de (8 - 5) = 3 A cir-
culant dans le sens indiqué sur la Fig . 8-26 . Les cou-
rants respectifs sont bien identiques à ceux calculés
Figure 8-23 précédemment, et affichés sur la Fig . 8-15 .
On calcule la résistance entre les bornes A,B lorsque les
sources de tension sont en court-circuit . Voir exemple 8-6 .

6 Ç2
FI

Figure 8-26
Calcul des courants et des tensions dans tous les éléments
Figure 8-24 du circuit . Voir exemple 8-6 .
Circuit équivalent de Thévenin où E (Thévenin) = 72 V et R
(Thévenin) = 3 S2. Voir exemple 8-6 .
8 .5 Courants de maille
Lorsque la résistance de 6 S2 est branchée entre les Pour la résolution des circuits complexes, on emploie
bornes A et B (Fig . 8-25), on trouve qu'elle porte souvent la méthode des courants de maille . Par exem-
un courant de 72 V/(3 S2 + 6 S2) = 8 A, et que ce ple, dans le cas du circuit de la Fig. 8-27, on utilisera
courant circule de gauche à droite dans la résistance . les courants Il , IZ et 13 circulant respectivement dans
On pourrait trouver les courants circulant dans les deux les mailles (ou boucles) X, Y, Z du circuit . Ainsi, II
autres résistances par la même méthode de Thévenin . circule dans la boucle X, composée des résistances de
6 S2 et 3 S2 et de la source de 21 V . De la même façon,
le courant 12 circule dans la boucle Y, composée des
résistances de 3 S2, 4 S2, 7 S2 et 1 £2 .
Les polarités des sources de 21 V et de 46 V sont im-
posées par le problème, mais le sens choisi pour les
courants de maille est arbitraire .
Pour écrire les équations du circuit, on suit la méthode
habituelle en parcourant chacune des mailles à tour de
rôle. Il est utile de grouper ensemble toutes les résis-
tances associées à chacun des courants de maille . Par
exemple, en décrivant la maille X dans le sens horaire,
on écrira :
Figure 8-25
Calcul du courant dans la résistance de 6 52 . - 21 + ( 6 + 3)Il -3I2 = 0 (8-11)


SOLUTION DES CIRCUITS À COURANT CONTINU 89

20

21 V

Figure 8-27
Résolution d'un circuit par la méthode des courants de maille .

Les résistances de 6 S et 3 S2 sont groupées ensemble, Maintenant, il est facile de trouver la valeur et le sens
et le signe (-) figurant devant le terme 312 signifie sim- réel de tous les courants (Fig . 8-28) .
plement que l'on se déplace en sens inverse de 12 en Le grand avantage de cette méthode des courants de
décrivant la maille X dans le sens horaire . maille réside dans le fait qu'on utilise un nombre ré-
De la même façon, pour la deuxième maille Y, on écrira : duit d'équations . Il suffit d'employer autant de cou-
rants inconnus que le réseau possède de mailles .
(3 + 4 + 7 + 1)12 -3Ii +713 =0 (8-12)
8 .6 Théorème de superposition
Enfin, en décrivant la troisième maille Z, dans le sens Enfin, mentionnons une dernière méthode permettant
antihoraire, on aura : de résoudre les circuits, basée également sur les lois de
Kirchhoff. Elle utilise le théorème de superposition .
+ 46 + ( 2 + 7 ) 13 + 712 = 0 (8-13)
D'après ce théorème, le courant circulant dans
On obtient donc un système de 3 équations :
un élément de circuit est égal à la somme algé-
brique des courants qui seraient produits dans cet
9 Il - 312 = 21 élément par chacune des sources agissant seule,
-3 Il +1512 +713 = 0 les autres sources étant remplacées par des court-
712 +913 =-46 circuits .

De ces équations, on peut déduire les trois courants de Exemple 8-7


maille : Trouver les courants circulant dans chacune des
résistances de la Fig . 8-29 en utilisant le théorème
i l =+4A 12 =+5A 13 =-9A
de superposition .

6 S2 452

4A` 5A Y-

1A 4A

5A

Figure 8-28
Calcul des courants dans le circuit de la figure 8-27 .

yu ELECTROTECHNIQUE

6Q 4 Q2

Figure 8-29
Résolution d'un circuit utilisant le théorème de superposition . Figure 8-30
Courants produits lorsque la source de 108 V agit seule . Voir
exemple 8-7 .
Solution
Considérons d'abord le circuit comme si la source de
108 V agissait seule, la source de 48 V étant remplacée
par un court-circuit, (Fig . 8-30) . On trouve facilement
les courants de 3 A, 9 A et 12 A circulant dans les résis-
tances de la Fig . 8-30 .
Considérons maintenant le circuit comme si la source
de 48 V agissait seule, celle de 108 V étant, à son tour,
remplacée par un court-circuit . Les courants résultants
sont donnés à la Fig . 8-31 .
D'après le théorème de superposition, lorsque les deux
sources fonctionnent, les courants circulant dans cha-
que résistance sont égaux à la somme algébrique des
Figure 8-31
courants individuels, obtenus respectivement dans les
Courants produits lorsque la source de 48 V agit seule . Voir
circuits des Fig . 8-30 et 8-31 . Le résultat est donné à la exemple 8-7 .
Fig . 8-32 . On vérifie que les courants sont identiques à
ceux trouvés dans l'exemple 8-4 .

8.7 Utilisation de la méthode des


deux indices
Dans les sections 8 .3 à 8 .6 nous avons employé la mé-
thode des polarités (section 7 .7) pour décrire les ten-
sions . Nous pouvons aussi utiliser la méthode des deux 12-4=8A 9-6=3A
indices (section 7 .3) . L'exemple suivant montre la fa-
12 2=5A
çon d'appliquer cette méthode pour formuler les équa- Q
tions selon les lois de Kirchhoff.
La Fig . 8-33 montre un circuit composé de trois sour-
ces et de quelques résistances . Les noeuds sont identi-
fiés par des chiffres 1 à 6 . La valeur et la polarité des
sources E 12, E45 , E56 sont indiquées dans un tableau
Figure 8-32
séparé, faisant partie de la figure. Ces données repré- Superposition des courants créés par les deux sources . Voir
sentent des valeurs imposées . exemple 8-7 .


SOLUTION DES CIRCUITS À COURANT CONTINU 91

choisirons de façon arbitraire le sens horaire ou


252
antihoraire . Les tensions portent alors les indices cor-
respondant à la séquence des nceuds rencontrés .
Parcourons, par exemple, la boucle 1-2-3-4-1 dans le
sens horaire . En partant du point 1, on peut écrire :
E12 =+15 V
E12 + 2Il + 3I2 + 5(12 +13 ) = 0 (8-14)
E45 = - 25 V
E56 = + 35 V Ensuite, parcourons la boucle 3-5-4-3 dans le sens ho-
raire, en partant du point 4 . On écrit:

-3 12 + 4(I, -I2) + E54 = 0 (8-15)


Décrivons maintenant la boucle 4-1-6-5-4 dans le sens
60 antihoraire en partant, disons, du nceud 5 . On obtient :

Figure 8-33 E54 + 5(12 + 13) - 6(I, - 12 13) + E65 = 0 (8-16)


Sachant que E 12 = + 15 V, E45 = - 25 V, et E56 = + 35 V,
Nous désirons trouver les courants qui circulent dans on substitue ces valeurs dans les expressions précéden-
tous les éléments du circuit . Pour ce faire, nous répé- tes, ce qui donne les trois équations suivantes :
tons la figure en y inscrivant, dans trois des branches,
+15 + 21 + 312 + 5(12+13) = 0 (8-17)
les courants I1 , 12, 13 . Le sens de ces courants sont arbi-
traires (Fig . 8-34) . Cependant, la valeur et le sens des - 312 + 4(I1 -I2) + 25 = 0 (8-18)
courants dans les autres éléments du circuit doivent
respecter la deuxième loi de Kirchhoff . Par exemple, 25+5(12 + 13)-6(I,- 12 - 13)-35=0 (8-19)
une fois choisis les sens des courants 12 et 13 dans les La résolution de ces équations donne les résultats sui-
éléments de 3 S2 et de 25 V, le courant circulant dans la vants . Le lecteur aura avantage à les vérifier .
résistance de 5 £2 est nécessairement (I2 + 13), et il doit
I l = - 4,70 A 12 = 0,89 A 13 = - 2,54 A
nécessairement sortir du nceud 4 .
Les autres courants sont faciles à calculer . Leur valeur
Ensuite, on écrit les équations de tension selon la pre-
et leur sens réél, de même que la polarité réelle des
mière loi de Kirchhoff . En parcourant les boucles, nous
tensions, sont montrés à la Fig . 8-35 .

3
252
E
4,70 A
3
0,89 A~ 52 52 5,59 A
2,54 A
E12 = +15 V
E45 = - 25 V
E56 = + 35 V

5
(Il -12 -13) 3,05 A
52

Figure 8-34 Figure 8-35



92 ÉLECTROTECHNIQUE

8 .8 Tension entre deux points d'un circuit


Il arrive souvent que l'on cherche la valeur d'une ten-
sion entre deux points quelconques d'un circuit . Dans
ce cas, il suffit d'imaginer qu'un voltmètre soit bran-
ché entre ces deux points . En parcourant la boucle créée
par le «voltmètre» et les éléments du circuit entre ces 2
deux points, on écrit l'expression habituelle de la pre- (a) (b)

mière loi de Kirchhoff .


Figure 8-36
Par exemple, si on cherche la tension E23 aux bornes Circuit hybride .
de la résistance de 2 S2 (Fig . 8-34), il suffit de parcourir
la «boucle» formée par le voltmètre imaginaire VM et
cet élément . Ainsi, on écrit E23 - 2It = 0, ce qui donne Exemple 8-8
E23 = 21, = 2 S2 X (- 4,7 A) = - 9,4 V. Donc, la tension La Fig . 8-37 montre un circuit où E 8 V (nota-
est de 9,4 V et la borne 2 est négative par rapport à la tion selon la méthode des polarités ) et E_, = + 28 V
borne 3 . (notation selon la méthode des deux indices) . On
De même, on peut trouver la tension E31 entre les bor- désire connaître a) la valeur et le sens du courant
nes 3 et 1, en décrivant la boucle E 31 + E 12 + 2I1 = 0, ce circulant dans le circuit et h) la nature de G (source
qui donne ou charge L .
E31 =-E 12 -2I1 =-15V-2S2(-4,70 A)=-5,6V

8 .9 Utilisation de la notation hybride


Nous avons vu comment on peut résoudre les circuits
en utilisant pour les tensions, soit la méthode des deux
indices, soit la méthode des polarités . Il est parfois com-
mode d'utiliser les deux notations dans un même cir-
cuit . Nous l'appelons alors la notation hybride .
Considérons une source de tension Es dont une des Figure 8-37
Circuit hybride . Voir exemple 8-8 .
bornes porte le signe (+), selon la méthode des polari-
tés (Fig . 8-36a) . L'autre borne est évidemment néga-
tive (-) . La borne (+) porte aussi le chiffre 1, et la borne
(-) porte le chiffre 2, selon la méthode des deux indi-
Solution
ces . Supposons qu'un voltmètre fictif VM soit branché a) On choisit d'abord un sens arbitraire pour le courant
aux bornes de la source (Fig. 8-36b) . En parcourant la I, ce qui nous permet d'écrire l'équation suivante, en
parcourant la boucle dans le sens horaire :
boucle ainsi formée dans le sens horaire, on peut écrire
l'équation - 121 + E23 - EA = O
E 12 -Es =O
En substituant les valeurs données à E23 et à EA on ob-
Par conséquent, on obtient E12 = Es
tient
On conclut que, dans un circuit, on peut simultanément -121+(+28)-(-8)=0
exprimer les tensions selon la méthode des deux indi-
donc ,-121+36=0,soitl=+3A
ces et selon la méthode des polarités . La résolution d'un
tel circuit se fait par les méthodes que nous venons de Le signe (+) indique que le courant circule réellement
décrire . dans le sens de la flèche .
SOLUTION DES CIRCUITS À COURANT CONTINU

b) Puisque E23 = + 28 V, la borne 2 est (+) par rapport à ou antihoraire, sans que cela change le résultat final .
la borne 3 . Comme le courant sort de la borne (+), G Cependant, en pratique, on choisit habituellement le
est une source . sens horaire.

8 .10 Résumé Il est parfois plus rapide d'utiliser d'autres méthodes


dérivées des lois de Kirchhoff. Le théorème de Théve-
Dans ce chapitre nous avons appris à utiliser deux lois
nin permet de trouver la tension et le courant dans une
fondamentales pour la résolution des circuits à courant
branche particulière d'un circuit . Cette méthode con-
continu . Selon la première loi de Kirchhoff, la somme
siste à remplacer la portion du circuit alimentant la bran-
des tensions autour d'une boucle est nulle . Selon la
che d'intérêt par une source de tension branchée en série
deuxième loi de Kirchhoff, la somme des courants arri-
avec une résistance . Le théorème de superposition est
vant à un noeud est nulle . Alliées à la loi d'Ohm, ces
utile lorsque l'on doit résoudre un circuit alimenté par
deux lois permettent de trouver les courants et les ten-
plusieurs sources .
sions dans les branches des circuits même les plus com-
plexes . Pour l'écriture des équations de tension, nous On constate que les outils permettant de résoudre les
avons vu que l'on peut utiliser indifféremment la mé- circuits ne manquent pas ; mais tout comme on n'em-
thode des deux indices, la méthode des polarités ou ploie pas une masse pour enfoncer un clou, on n'utili-
une combinaison de ces deux méthodes . sera pas le théorème de Thévenin pour résoudre un sim-
ple circuit série . Seule l'expérience peut nous appren-
En appliquant la première loi de Kirchhoff, on a vu
dre quelle méthode est la plus rapide .
qu'on peut parcourir une boucle dans le sens horaire

PROBLÈMES - CHAPITRE 8 8-2 Dans la Fig . 8-38d, El = + 10 V, E2 = - 30 V et


R = 5 £1 . Trouver la valeur et le sens réel du courant I .

Niveau intermédiaire 8-3 Énoncer la première et la deuxième loi de Kir-


chhoff.
8-1 Écrire les équations des circuits (a), (b), (c), (d),
de la Fig . 8-38 . 8-4 Énoncer le théorème de Thévenin .
8-5 Trouver la valeur et le sens réel du courant I pour
les nceuds (a), (b), (c) de la Fig . 8-39 .

(a (b)

8A 3A
7A
A
4A

(a) (b) (c)

Figure 8-38 Figure 8-39


Voir problèmes 8-1, 8-2 . Voir problème 8-5.


y4 ELECTROTECHNIQUE

8-6 En utilisant le théorème de Thévenin, détermi- 8-8 En utilisant la méthode des courants de maille .
ner pour les circuits (a), (b), (c), (d) de la Fig . 8-40, la déterminer les valeurs de Il et de I3 dans la Fig .
valeur et le sens du courant dans chacune des résis- 8-41, circuits (a), (b) .
tances R.
8-9 Le circuit de la Fig . 8-42 représente un diviseur
de potentiel résistif permettant d'alimenter une résis-
70
1 L L 1 tance R à une tension de 10 V, 20 V, 30 V ou 40 V .
5 12 2 12 R 4252 1552 R Déterminer les valeurs de R1, R2, R3 et R4, sachant que
R1 +R2 +R3 +R4 = 200 S2 et que R = 100 S2 .
T T T T
(a) (b)
1
R, R2 O~3 R,

652 7 S2

10052

T T Figure 8-42
Voir problème 8-9 .
(c)

8-10 Une source de 100 V possède une résistance


interne de 10 S2 (Fig . 8-43) . Déterminer la valeur du
courant I et de la tension E aux bornes de la résistance
R, à mesure que cette dernière varie de zéro à l'infini .
(d) Pour quelle valeur de R la dissipation de puissance est-
elle maximale ?
Figure 8-40
Voir problème 8-6 .

100V
Niveau avancé
8-7 En utilisant le principe de superposition, déter-
miner les tensions et les courants dans les circuits
Figure 8-43
(a) et (b) de la Fig . 8-41 . Voir problème 8-10 .

8-11 Dans la Fig . 8-1 on donne les valeurs sui-


vantes : R1 = 10 S2, R2 = 20 S2, R3 = 30 £2, R4 = 40 S2,
(a)
R5 = 50 S2 et la tension de la source G est de 350 V .
En utilisant le théorème de Thévenin, calculer la
valeur du courant dans la résistance R3 .
8-12 Une source d'alimentation donne une tension
de 25 V à circuit ouvert . Lorsqu'on lui applique une
(b) charge de 10 A, la tension à ses bornes baisse à
24,9 V. Calculer :
a) la résistance interne de la source
Figure 8-41 b) la puissance maximale qu'elle peut débiter dans
Voir problèmes 8-7, 8-8 . une charge dont la résistance est variable


SOLUTION DES CIRCUITS À COURANT CONTINU 95

8-13 En utilisant le théorème de Thévenin seule- 8-22 Dans la Fig . 8-5, Et = +25 V, E2 = -11 V et
ment, calculer le courant dans la résistance de 3 S2 R = 3 S2 . Déterminer la valeur et le sens de I.
de la Fig . 8-27 . Ensuite, déterminer par des métho- 8-23 Dans la Fig . 8-16 on veut remplacer la résis-
des très élémentaires, le courant dans l'élément de tance de 12 S2 par une autre afin que le courant soit nul
6 £2 et la tension aux bornes de l'élément de 7 S2 . dans la résistance de 10 £2 . Quelle résistance doit-on
utiliser?
8-14 Dans le circuit de la Fig . 8-2, El = + 10 V,
E2 = - 2 V, E3 = - 13 V, E4 = + 6 V. Calculer la 8-24 Dans la Fig . 8-16, si l'on enlève la résistance
valeur et le sens réel du courant dans le circuit, sa- de 10 S2, calculer la nouvelle valeur de la tension entre
chant que chaque source possède une résistance in- les bornes A et B .
terne de 2 S2 . 8-25 Dans la Fig . 8-45, on désire remplacer le cir-
cuit entre les bornes A et B par un autre composé d'une
8-15 Dans la Fig . 8-21, quelle résistance doit-on pla-
seule source de tension E en série avec une résistance
cer en parallèle avec l'élément de 12 S2 si l'on désire
R . En utilisant le théorème de Thévenin, déterminer la
que le courant dans l'élément de 4 S2 soit nul ?
valeur de E et de R .
8-16 Dans la Fig . 8-21, si l'on place une résistance
de 10 S2 entre les bornes positives des deux sour-
ces, quel sera le courant dans cette résistance? Quel-
les seront les nouvelles valeurs du courant dans les
autres éléments résistifs ?
8-17 Dans la Fig . 8-21, si l'on intervertit la pola- Figure 8-45
rité de la source de 48 V, quel sera la valeur du cou- Voir problème 8-25 .
rant dans la résistance de 12 Q ?
8-26 Dans la Fig . 8-46, on désire remplacer le circuit
8-18 Dans la Fig . 8-26, si l'on branche une résis- entre les bornes A et B par un autre composé d'une
tance de 14 £2 en parallèle avec la résistance de 6 S2, seule source de tension E en série avec une résistance
quelle sera la tension à ses bornes ? (Utiliser de R . En utilisant le théorème de Thévenin, déterminer la
préférence le théorème de Thévenin .) valeur de E et de R .
8-19 Dans la Fig . 8-1, si le courant dans R3 est
nul, prouver que R1R5 = R2R4 quelle que soit la ten-
sion de la source .
8-20 Dans la Fig . 8-44 la résistance de 100 S2 dis-
sipe 4 fois plus de chaleur que la résistance R2 . Cal-
culer la puissance de la génératrice et la valeur de Figure 8-46
R, sachant que la source débite un courant de 6 A . Voir problème 8-26 .

8-27 Dans la Fig . 8-47, on désire remplacer le circuit


100 il entre les bornes A et B par un autre composé d'une
source de tension E en série avec une résistance R . En
6
utilisant le théorème de Thévenin, déterminer la va-
F-.O>à
leur de E et de R .

Figure 8-44
lbi problème 8-20 .

8-21 Dans la Fig . 8-2, Et = +10 V, E2 = + 17 V et


Figure 8-47
_ = -23 V. Calculer la valeur de E4 . Voir problème 8-27 .
Isolants

La conception et le fonctionnement de l'équipement miter le courant dans un circuit, ou transformer l'éner-


électrique dépend des matériaux disponibles . Ainsi, les gie électrique en chaleur, on utilise des conducteurs
propriétés des conducteurs et des isolants jouent un rôle résistifs comme le nichrome, la fonte et le tungstène .
crucial dans la construction des appareils électriques .
La démarcation entre les bons conducteurs et les con-
Dans ce chapitre, nous examinons les propriétés des
ducteurs résistifs n'est pas très nette, mais elle est fonc-
isolants, parfois appelés diélectriques. Le chapitre sui-
tion de l'usage auquel on les destine : ainsi, le carbone
vant traitera des conducteurs .
employé pour la fabrication des balais utilisés sur les
9.1 Conducteurs et isolants moteurs est considéré comme bon conducteur, tandis
Selon qu'ils possèdent ou non des électrons libres en qu'on le classe parmi les résistances lorsqu'il consti-
abondance, les matériaux peuvent être divisés grossiè- tue l'élément chauffant d'un four électrique . De la
rement en deux catégories : les conducteurs et les iso- même façon, l'argent, un des meilleurs conducteurs,
lants . est utilisé comme élément résistif dans certains fusi-
bles .
Dans les conducteurs comme l'argent et le cuivre, les
électrons se déplacent facilement . On dit que leur ré- Le tableau 9-1 donne la classification des matériaux
sistivité est faible car ils n'offrent que très peu d'oppo- les plus utilisés en électrotechnique .
sition au passage du courant . 9 .2 Comparaison des résistivités
Au contraire, le passage du courant se fait difficile- Afin de donner une idée de la résistivité relative des
ment dans les diélectiques car leurs atomes retiennent matériaux de chacun de ces groupes, comparons la ré-
énergiquement les électrons . La résistivité des diélec- sistance de trois échantillons ayant 1 millimètre de dia-
triques est très grande car l'opposition au passage d'un mètre et 1 mètre de long (Fig . 9-1) .
courant est très forte . Un diélectrique placé entre deux
conducteurs s'oppose donc au passage du courant en- On constate que le nichrome (alliage composé à 80 %
tre ceux-ci . de nickel et à 20 % de chrome) est à peu près 60 fois
plus résistif que le cuivre . La résistivité du caoutchouc
Pour le transport de l'énergie électrique, on utilise des
est exceptionnellement grande, plusieurs millions de
métaux bons conducteurs de faible résistivité, surtout
fois celle du cuivre .
le cuivre et l'aluminium . Par contre, si l'on désire li-
96

ISOLANTS 97

TABLEAU 9-1 CLASSIFICATION DES


MATÉRIAUX

bons conducteurs isolants


conducteurs résistifs 1 m
CUIVRE NICHROME
aluminium carbone air sec R=0,01652 R=1,052

argent eau salée amiante (a) bon conducteur (b) conducteur résistif
bronze fer caoutchouc
carbone fonte coton
cuivre manganine huile
laiton molybdène mica
mercure nichrome papier
or tungstène plastique CAOUTCHOUC

tungstène zinc porcelaine R=10 79 52

(c) isolant

Figure 9-1
9.3 Types d'isolants Comparaison de la résistivité d'un bon conducteur, d'un
On peut grouper les isolants dans deux grandes clas- conducteur résistif et d'un isolant .
ses : les isolants organiques et les isolants inorganiques .
En général, les isolants organiques tels que le caout-
chouc, le papier, l'huile, le coton, les matériaux ther- On est souvent porté à combiner deux ou trois isolants
moplastiques, etc ., sont composés de longues chaînes afin de créer un produit nouveau possédant les avanta-
moléculaires de carbone et d'hydrogène . Ils ne peu- ges de chacun de ses composants . Par exemple, on com-
vent pas supporter des températures élevées sans se bine la fibre de verre avec un vernis synthétique pour
désagréger. produire un isolant pouvant résister à la fois aux tem-
pératures élevées et aux chocs .
Par ailleurs, les isolants inorganiques tels que le mica,
la porcelaine, l'air, peuvent tolérer des températures 9.4 Isolants solides
dépassant parfois 1000 °C . Lors d'une réaction chimique, dite de polymérisation,
Le nombre d'isolants disponibles est impressionnant, certaines molécules simples peuvent s'unir de façon à
de sorte qu'il est difficile aujourd'hui d'en dresser une former une grosse molécule contenant plusieurs fois
liste complète . Cette diversité est due à l'arrivée sur le la molécule initiale . On dit alors que la nouvelle sub-
marché des isolants synthétiques (parfois appelés plas- stance ainsi formée est un polymère de la première
tiques) inventés et développés par les chimistes . Pos- molécule (Fig . 9-2) . Tous les isolants synthétiques sont
sédant des propriétés thermiques, électriques et méca- des polymères . Le caoutchouc naturel, les résines, les
niques bien supérieures à celles des isolants naturels, vernis et la bakélite sont des polymères . Selon leur
ces isolants synthétiques ont grandement modifié la composition et leurs parties constituantes, les polymè-
fabrication des fils, des câbles et des appareils électri- res peuvent être subdivisés en grandes classes comme
ques de toutes sortes . les polyvinyles, les polyuréthanes, les polyesters, les
polyamides, les polyimides etc . Ainsi, le nylon est un
Le nombre des isolants paraît encore plus impres-
polyamide, le Dacron® et le Mylar® sont des polyes-
sionnant du fait que les fabricants désignent générale-
ters et le Kapton® est un polyimide .
ment des produits identiques par des noms de com-
merce différents . Par exemple, le polyuréthane utilisé On utilise ces matériaux synthétiques pour couvrir les
pour isoler certains fils de cuivre est connu au Canada fils conducteurs servant à construire des bobines de
et aux États-Unis sous sept noms différents selon les moteurs, transformateurs, électro-aimants, relais, etc .,
fabricants : Polysol (Canada Wire), Soldereze (Phelps et pour isoler les fils servant à la distribution de l'élec-
Dodge), Isomelt (Pirelli Cables), Analac (Anaconda tricité dans les bâtiments . Parfois on combine ces iso-
Copper), Solderex (Essex), Gendure (General Cable) lants avec des matériaux tels que la fibre de verre pour
et Beldure (Belden) . créer des feuilles et des plaques isolantes possédant




98 ÉLECTROTECHNIQUE

• • • • • • • • • •

(b) polyéthylène CH 2 (c) chlorure de polyvinyle (PVC) C 2 H 3CI

0
• • • • •
000 000 0000000
(d) nylon C 12 N 2O 2 H 22

LÉGENDE

carbone C oxygène O hydrogène H azote N chlore CI

Figure 9-2
Structure moléculaire de quelques isolants naturels et synthétiques .

ISOLANTS 99

une grande dureté mécanique, une excellente résistance Ainsi, à une température de 2000 °C, sa résistivité se
aux hautes températures et des propriétés électriques compare à celle de la porcelaine mais lorsque sa tem-
supérieures . pérature se situe entre 5000 °C et 50 000 °C, sa résis-
Bien qu'on utilise de plus en plus des isolants synthé- tivité correspond à celle de l'eau salée .
tiques, les isolants naturels sont encore indispensables Dans les disjoncteurs, on utilise parfois un autre gaz
dans plusieurs applications . Le coton s'emploie dans isolant: l'hexafluore de soufre (SF6) . Ses molécules sont
la fabrication de feuilles et de plaques isolantes et pour capables d'absorber des électrons, ce qui lui confère
revêtir des câbles . Le papier est encore un des meilleurs une haute rigidité diélectrique (10 fois celle de l'air à
matériaux pour recouvrir les conducteurs à haute ten- une pression de 400 kPa) .
sion . Parmi les matériaux naturels inorganiques, citons Pour assurer le refroidissement des grosses machines
l'amiante qui sert à recouvrir les fils destinés aux en- rotatives, on utilise l'hydrogène . Beaucoup moins vis-
droits chauds et à fabriquer les panneaux isolants pour queux que l'air, l'hydrogène produit moins de frot-
les tableaux de commande . Le mica sert comme sup- tement aux hautes vitesses et, pour une même aug-
port pour les éléments chauffants des grille-pain, mentation de température, il absorbe une quantité de
comme isolant des collecteurs de machines, et à tout chaleur 14 fois plus grande . Enfin, l'hydrogène pré-
autre endroit où sa grande résistance aux hautes tem- vient toute oxydation des isolants et prolonge ainsi leur
pératures est requise . durée de vie . Cependant, les systèmes de refroi-
9 .5 Isolants liquides dissement à l'hydrogène sont très élaborés et deman-
dent un entretien permanent . Son emploi n'est donc
Dans les transformateurs de grande puissance, l'huile
justifiable que pour les plus grosses machines .
minérale est utilisée comme isolant et comme calo-
porteur et sert également à empêcher l'oxydation des Du point de vue sécurité, les explosions dans l'hydro-
conducteurs des enroulements . Notons qu'en l'absence gène sont impossibles, même en présence d'un arc,
d'huile, le problème de l'oxydation s'avérerait parti- pourvu que la concentration d'oxygène ne dépasse pas
culièrement grave dans les transformateurs à haute ten- 10% .
sion où les décharges électriques par effet couronne
9 .7 Détérioration des isolants organiques
produiraient de l'ozone, oxydant très puissant . En im-
mergeant les enroulements dans l'huile, on empêche Les facteurs qui concourent le plus à la détérioration
la formation d'ozone et on permet l'évacuation de la des isolants organiques sont : la chaleur, l'humidité,
chaleur vers la cuve extérieure ; de plus, l'huile étant les vibrations, l'acidité, l'oxydation et les surtensions
un meilleur isolant que l'air, on réussit par la même (Fig . 9-3) . Sous l'action de ces différents facteurs, l'état
occasion à réduire les dimensions de l'appareil . de l'isolation change avec le temps ; l'isolant se cristal-
lise et cette transformation est d'autant plus rapide que
Cependant, l'huile possède l'inconvénient d'être in- la température est plus élevée .
flammable, sa température d'ignition étant de l'ordre
de 150 °C seulement . Certains isolants liquides syn- En se cristallisant, l'isolant devient dur et cassant et
drétiques contournent ce problème, mais ils sont plus supporte très mal les moindres chocs ou vibrations
chers et, parfois ils sont incompatibles avec d'autres mécaniques sans se désagréger.
isolants qu'ils peuvent attaquer chimiquement . On peut s'attendre à une durée de vie de l'ordre de 8 à
10 ans pour la plupart des isolants organiques naturels
9 .6 Isolants gazeux
si leur température ne dépasse pas 100 °C, pour un
Dans les conditions normales, un des meilleurs iso- usage normal . Par contre, certains polymères synthé-
!ats connus est l'air qui nous entoure . Ses caractéris- tiques peuvent supporter, pendant la même période, des
tdgues thermiques sont supérieures à celles des porce- températures de l'ordre de 200 °C .
)k nes_ il peut aussi agir comme agent de refroidisse-
Les basses températures sont parfois aussi nuisibles
ment et ne coûte absolument rien .
que les hautes car elles risquent de geler et de casser
Cependant, à des températures élevées, l'air devient l'isolant. Certains isolants synthétiques conservent leur
bon conducteur par suite du phénomène d'ionisation . souplesse jusqu'à des températures de - 60 °C .


100 ÉLECTROTECHNIQUE

acide

produits microorganisme
temps chimiques fongueux
température élevée humidité

r
S02

poussière vermine ozone gaz nocifs vibration

Figure 9-3
Facteurs susceptibles de raccourcir la durée de vie d'un isolant .

9 .8 Durée de vie de l'équipement électrique destinés à la distribution de l'électricité dans les bâti-
Mis à part les défauts électriques ou mécaniques, la ments .
durée de vie d'un appareil électrique est limitée par la 9 .10 Résistivité électrique des isolants
température à laquelle est soumis son isolant : plus celle-
Lorsque l'on applique une tension à un isolant, aussi
ci est élevée, plus sa durée sera raccourcie . Des tests
bon soit-il, on provoque la circulation d'un très faible
effectués sur un grand nombre d'isolants ont démontré
courant, dont une partie passe à travers son volume et
que la durée de vie d'un appareil diminue de moitié,
une autre passe en surface . La résistivité surfacique
environ, chaque fois que la température augmente de
varie beaucoup avec l'humidité et la propreté de la sur-
10 °C . C'est dire que si un moteur possède une durée
face ; par contre, la résistivité volumique, habituellement
de vie normale de 8 ans à une température de 105 °C,
exprimée en téraohm-mètre (1 TS2 •m = 10 12 £2-m) est
on peut espérer une durée de vie de 4 ans à 115 °C, de
assez constante . Ces résistivités prennent une impor-
2 ans à 125 °C et d'un an seulement à 135 °C .
tance capitale lorsque les isolants sont soumis à des
9 .9 Classification thermique des isolants tensions très élevées comme dans le cas des bornes de
Selon leur aptitude à supporter des températures plus transformateurs ou des isolateurs de lignes à haute ten-
ou moins élevées, on range les isolants en 8 classes . sion.
Elles correspondent à des températures maximales de 9 .11 Rigidité diélectrique - phénomène de
105 °C, 130 °C, 155 °C, 180 °C, 200 °C, 220 °C, claquage
240 °C, et plus que 240 °C . Autrefois, ces classes étaient
La fonction principale d'un diélectrique est d'empê-
représentées respectivement par les lettres A, B, F, H,
cher le passage du courant lorsqu'on le soumet à une
N . R, Set C .
tension électrique . Cependant, ce diélectrique ne peut
Cette classification (voir tableau 9-2) est utilisée dans supporter des tensions croissant indéfiniment ; à une
la construction des appareils électriques . Comme nous certaine tension, il se produit un phénomène de cla-
le verrons au chapitre 10, on utilise une autre classifi- quage où la substance perd ses propriétés isolantes .
cation pour les isolants recouvrant les fils et les câbles Afin d'expliquer ce phénomène, considérons un iso-


ISOLANTS loi

TABLEAU 9-2 CLASSES D'ISOLANTS

classe définition

105 °C matériaux ou combinaisons de matériaux tels que le coton, la soie et le papier lorsqu'ils sont con-
venablement intégrés ou recouverts, ou lorsqu'ils sont immergés dans un liquide diélectrique tel
que l'huile . D'autres matériaux ou combinaisons de matériaux peuvent être inclus dans cette classe
si l'on démontre par expérience ou par des tests approuvés qu'ils ont la même durée de vie thermi-
que à 105 °C . (Auparavant appelée classe A .)

130 °C matériaux ou combinaisons de matériaux tels que le mica, la fibre de verre, l'amiante etc ., utilisés
avec des substances adhésives convenables . D'autres matériaux ou combinaisons de matériaux
peuvent être inclus dans cette classe si l'on démontre par expérience ou par des tests approuvés
qu'ils ont la même durée de vie thermique à 130 °C . (Auparavant appelée classe B .)

155 °C matériaux ou combinaisons de matériaux tels que le mica, la fibre de verre, l'amiante etc ., utilisés
avec des substances adhésives convenables . D'autres matériaux ou combinaisons de matériaux
peuvent être inclus dans cette classe si l'on démontre par expérience ou par des tests approuvés
qu'ils ont la même durée de vie thermique à 155 °C . (Auparavant appelée classe F.)

180 °C matériaux ou combinaisons de matériaux tels que l'élastomère au silicone, le mica, la fibre de verre,
l'amiante etc ., utilisés avec des substances adhésives convenables, tels que les résines au silicone .
D'autres matériaux ou combinaisons de matériaux peuvent être inclus dans cette classe si l'on
démontre par expérience ou par des tests approuvés qu'ils ont la même durée de vie thermique à
180 °C . (Auparavant appelée classe H .)

200 °C matériaux ou combinaisons de matériaux qui ont démontré par expérience ou par des tests ap-
prouvés qu'ils possèdent la durée de vie thermique requise à 200 °C . (Auparavant appelée classe N .)

220'C matériaux ou combinaisons de matériaux qui ont démontré par expérience ou par des tests approu-
vés qu'ils possèdent la durée de vie thermique requise à 220 °C . (Auparavant appelée classe R .)

240 °C matériaux ou combinaisons de matériaux qui ont démontré par expérience ou par des tests approu-
vés qu'ils possèdent la durée de vie thermique requise à 240 °C . (Auparavant appelée classe S .)

> 240 °C matériaux composés entièrement de mica, porcelaine, verre, quartz et de matériaux inorganiques
semblables . D'autres matériaux ou combinaisons de matériaux peuvent être inclus dans cette classe
si l'on démontre par expérience ou par des tests approuvés qu'ils ont la même durée de vie thermi-
que au-dessus de 240 °C . (Auparavant appelée classe C .)

Pour une explication complète sur les classes d'isolants, les systèmes d'isolants et les indices de température,
consulter les normes : IEEE Standards Publication N° 96, 97, 98, 99 et 101 ; IEEE Standard 117-1974 ; Underwriters
Laboratories publication on insulation systems UL 1446, 1978 .

102 ÉLECTROTECHNIQUE

lant solide placé entre deux plaques métalliques, rac-


cordées à une source de tension variable (Fig . 9-4) .
Lorsque la tension est nulle, les électrons tournant
autour des noyaux de chaque atome d'isolant suivent
une orbite circulaire (Fig . 9-4a) . À mesure que la ten-
sion augmente, ces électrons sont attirés vers la plaque

(c) tension de claquage


isolant solide
Figure 9-4c
Lorsqu'on atteint la tension de claquage, des milliards
d'électrons sont arrachés de leur orbite extérieur et
deviennent des électrons libres .

La tension de claquage requise pour provoquer cette


avalanche d'électrons dépend de la nature de l'iso-
lant et de son épaisseur . Le rapport entre la tension
(a) tension nulle (a) tension nulle
de claquage et l'épaisseur de l'isolant s'appelle ri-
gidité diélectrique . Elle est exprimée généralement
Figure 9-4a en kV/mm ou en MV/m . Le tableau 9-3 donne la ri-
Un isolant placé entre deux plaques métalliques . gidité diélectrique de plusieurs isolants, ainsi que leurs
autres propriétés électriques, thermiques et mécaniques .
Noter que le Mylar® possède une rigidité diélectri-
positive et repoussés par la plaque négative de sorte
que plus de 100 fois supérieure à celle de l'air sec .
que l'orbite décrite tend à s'aplatir et à prendre la forme
Cela permet la fabrication de condensateurs à 400 V
d'une ellipse, (Fig . 9-4b) . Si l'on continue à augmen- dont l'épaisseur du diélectrique n'est que de 0,006
ter la tension, la force d'attraction devient assez grande
mm, soit le dixième de l'épaisseur d'une page de ce
livre .

9 .12 Ionisation d'un gaz


Soient deux plaques conductrices séparées par un gaz
isolant, de l'air par exemple (Fig . 9-5a) . Appliquons
une tension aux bornes de ces plaques . Les quelques

gaz

(b) tension élevée

Figure 9-4b
Les électrons en orbite sont attirés vers la plaque (+) et
repoussés par la plaque (-) . li

pour arracher les électrons de leur orbite autour du


noyau (Fig . 9-4c) . Le même phénomène se produit pour
des centaines de milliards d'atomes, si bien que l'iso- (a)
lant qui était presque dépourvu d'électrons libres se
Figure 9-5a
trouve maintenant rempli d'électrons détachés comme
Un gaz entre deux plaques métalliques sous tension . Les
dans le cas d'un conducteur . Il se produit alors un court- atomes de gaz sont bombardés par les électrons libres à
circuit entre les plaques et l'isolant se détruit. l'intérieur du gaz .

ISOLANTS 103

TABLEAU 9-3 PROPRIÉTÉS DES MATÉRIAUX ISOLANTS

propriétés électriques propriétés thermiques propriétés


mécaniques

ISOLANT rigidité constante température conductivité masse notes


diélectrique diélectrique d'opération thermique volumique

MV/m ou kV/mm £R °C W/(m'°C) kg/m 3

air sec 3 1 2000 0,024 1,29


azote (N 2 ) 3,5 1 - 0,024 1,25 gaz à
hexafluorure de 30 1 - 0,014 6,6 0 °C
soufre (SF 6 ) (à 400 kPa) 101 kPa
hydrogène 2,7 1 - 0,17 0,09
oxygène 3 1 - 0,025 1,43

amiante solide 1 - 1600 0,4 2000


laine d'amiante 1 - 1600 0,1 400
Askarel®, Pyranol® 12 4,5 120 - 1560 liquide synthétique
caoutchouc 12 à 20 4 65 0,14 950
époxy 20 3,3 130 0,3 1600 à2000
huile minérale 10 2,2 110 0,16 860

mica 40 à 240 7 500 à1000 0,36 2800


Mylar® 400 3 150 - 1380 un polyester
nylon 16 4,1 150 0,3 1140 un polyamide
oxyde de 3 4 1400 2,4 - une poudre
magnésium (MgO)
papier imprégné 14 4 à 7 120 0,17 1100

polyamide 40 3,7 100 à 180 0,3 1100


polycarbonate 25 3,0 130 0,2 1200
polyéthylène 40 2,3 90 0,4 930
chlorure de 50 3,7 70 0,18 1390
polyvinyle (PVC)
polyimide 200 3,8 180 à 400 0,3 1100

polyuréthane 35 3,6 90 0,35 1210


porcelaine 4 6 1300 1,0 2400
sicone 10 - 250 0,3 1800 à2800
leflon 20 2 260 0,24 2200
verre 100 5 à 7 600 1,0 2500

104 ÉLECTROTECHNIQUE

électrons libres qui se trouvent toujours à l'intérieur


--c
d'un gaz sont accélérés vers la plaque positive et, dans
leur course, viennent heurter des atomes neutres . Si w
C
l'on augmente la tension à un niveau suffisamment
a
élevé, leur vitesse devient tellement grande qu'ils réus-
sissent à déloger des électrons de ces atomes . Les élec-
trons ainsi libérés sont à leur tour accélérés et heurtent
encore d'autres atomes de sorte que le gaz est traversé
par un flot d'électrons libres . Donc, lorsque le champ
0
(c) courant d'ionisation

électrique (exprimé en MV/m) atteint ce niveau criti- Figure 9-5c


Les ions arrivant à la plaque (+) captent des électrons, pour
que, le gaz devient conducteur . redevenir des atomes de gaz . Il s'ensuit un courant électrique
Les électrons délogés de leur orbite laissent derrière dans le circuit .
eux des atomes portant une charge positive . Ces ato-
mes chargés positivement sont appelés ions . Comme que dans les lampes au mercure et au sodium utilisées
les ions positifs sont libres de se déplacer (le matériau pour l'éclairage des rues .
est un gaz), ils se dirigent lentement vers la plaque né-
9 .13 Conductivité thermique
gative alors que les électrons se déplacent vers la pla-
que positive (Fig . 9-5b) . Les isolants sont tous de mauvais conducteurs de la
chaleur, leur conductivité thermique étant environ 2000
fois inférieure à celle du cuivre . L'air immobile est le
pire conducteur de tous : il conduit la chaleur 16 000
fois moins bien que le cuivre (Fig . 9-6) . C'est pour-
quoi on imprègne les isolants poreux (soie, coton) et
les enroulements avec un vernis pour éliminer les po-
ches d'air qui empêcheraient la chaleur de se propager

0
(b) ions et électrons
vers l'extérieur.
Cette faible conductivité thermique des isolants con-
duit les manufacturiers à réduire le revêtement des con-
ducteurs au strict minimum sans toutefois risquer le
Figure 9-5b
claquage ou compromettre leur dureté mécanique . Par
Un atome qui perd un électron devient un ion positif . Lion se exemple, la rigidité diélectrique d'une feuille de pa-
dirige vers la plaque (-) alors que l'électron est attiré par la pier de seulement 0,02 mm d'épaisseur suffirait à as-
plaque (+) .
surer l'isolation des enroulements d'un moteur fonc-

Dès qu'un ion touche la plaque négative, il capte un


air immobile isolant solide cuivre
des milliards d'électrons libres qui s'y trouvent et de-
vient de nouveau un atome de gaz ordinaire (électri-
quement neutre) . Mais les électrons captés par les ions
sont aussitôt remplacés par ceux qui arrivent à la pla-
que positive.
Le circuit formé par la source, les plaques et la région
gazeuse est donc traversé par un faible courant appelé
courant d'ionisation (Fig . 9-5c) . Si on augmente la ten-
sion encore davantage, ce courant d'ionisation peut
devenir un arc électrique, produisant ainsi un court- (a) (b) (c)
circuit entre les plaques .
Figure 9-6
L'ionisation d'un gaz est toujours accompagnée d'une
Une couche d'air ayant une épaisseur de 1 mm seulement,
luminosité et d'un bruit chuintant. Cette luminosité est offre la même résistance au transport de la chaleur que 8 mm
mise à profit dans les lampes fluorescentes, de même d'un isolant solide ou 16 000 mm de cuivre .

ISOLANTS 105

tionnant sous une tension de 300 volts ; mais la fragi- 9-6 Nommer trois isolants qui peuvent supporter les
lité mécanique de l'isolant impose l'utilisation d'une hautes températures sans détérioration appréciable .
épaisseur presque dix fois plus grande . 9-7 Énumérer les facteurs qui concourent le plus à la
Pour les appareils à haute tension, c'est surtout la ri- détérioration des isolants organiques .
gidité diélectrique qui détermine l'épaisseur de l'iso-
9-8 Un transformateur est isolé selon la classe H .
lant à utiliser. La très grande rigidité diélectrique des
Quelle température maximale peut-il supporter?
polymères spéciaux permet de réduire l'épaisseur de
l'isolant, ce qui favorise le refroidissement de l'appa- 9-9 Nommer 3 gaz isolants et donner un avantage
reil . marqué de chacun .
Niveau intermédiaire
9.14 Résumé
II existe un grande variété d'isolants solides, liquides, 9-10 Expliquer ce qui se produit lorsqu'il y a cla-
et gazeux. En plus des isolants naturels, on trouve sur quage :
le marché de nombreux isolants synthétiques qui ont a) d'un isolant solide
été développés pour différentes applications . b) d'un isolant gazeux
La rigidité diélectrique d'un isolant (en MV/m ou en 9-11 Un moteur électrique sous charge aune durée
kV/mm) mesure sa capacité à supporter les tensions de vie normale de 8 ans lorsque la température am-
élevées sans risquer sa destruction par claquage . Le biante est de 30 °C . S'il est transporté à un endroit où
tableau 9-3 résume les propriétés électriques, thermi- la température ambiante est de 60 °C, quelle sera sa
ques et mécaniques des principaux isolants . La cha- durée de vie probable?
leur est la principale cause de dégradation des isolants 9-12 Un électro-aimant isolé selon la classe 105 °C
solides . C'est pourquoi ces isolants sont répartis en a une durée de vie normale de 2 ans . Quelle sera sa
différentes classes selon leur aptitude à supporter les nouvelle durée de vie si on le rebobine en utilisant un
températures plus ou moins élevées tout en garantis- isolant classe 155 °C ? (On suppose que la durée de
sant une certaine durée de vie . vie dépend surtout de la température de la machine .)
Les isolants sont généralement de mauvais conducteurs 9-13 Une page de ce livre aune épaisseur de 80 µm .
de la chaleur. Cependant, certains isolants liquides et Si sa rigidité diélectrique est de 7 MV/m, quelle ten-
gazeux sont aussi utilisés comme caloporteurs pour le sion peut-on appliquer entre les deux côtés d'une page
refroidissement des appareils de grande puissance (hui- avant qu'il y ait risque de claquage?
les dans les transformateurs, SF 6 dans les disjoncteurs,
hydrogène dans les machines tournantes) . 9-14 En se servant du tableau 9-3, déterminer la ten-
sion de claquage approximative des objets suivants :
a) vitre d'une épaisseur de 3 mm
PROBLÈMES - CHAPITRE 9 b) deux sphères dans l'air, séparées par une distance
de 25 mm
Niveau pratique c) isolant en polyimide d'une épaisseur de 0,025 mm
qui recouvre un fil de cuivre utilisé pour le bobi-
9-1 Qu'est-ce qui détermine si un corps est un con-
nage d'un relais
ducteur ou un isolant?
9-15 On se propose d'isoler deux conducteurs avec
9-2 Quels sont les deux métaux généralement utili-
du papier imprégné . Quelle épaisseur minimale doit-
sés pour le transport de l'énergie électrique?
on utiliser si la tension entre les conducteurs est de
9-3 Les métaux bons conducteurs ont-ils une haute 200 kV?
ou une basse résistivité?
9-16 Pourquoi doit-on imprégner les enroulements
9-4 Nommer deux corps métalliques employés dans avec un isolant? Donner deux raisons .
ks éléments chauffants .
9-17 Pourquoi cherche-t-on à donner une épaisseur
9-5 Pourquoi isole-t-on certains conducteurs? minimale à l'isolant qui recouvre les conducteurs?

io
Conducteurs et résistances

Dans ce chapitre, nous étudierons les propriétés des 10 .2 Conducteurs résistifs


conducteurs de même que leurs applications . La plu- Parmi les matériaux résistifs, les plus importants sont
part des conducteurs sont des solides, mais on a vu que les alliages de nickel et de chrome comme le Ni-
dans des conditions spéciales, même un gaz comme chrome
chrome`Ret le Chromel® . On les rencontre dans les
l'air peut devenir conducteur . Certains liquides, comme éléments chauffants de toutes sortes et dans les rhéo-
l'eau salée, peuvent également conduire un courant stats et résistances .
électrique, de sorte qu'on peut les classer parmi les
Le tungstène est surtout utilisé pour la fabrication des
conducteurs .
filaments à incandescence à cause de sa haute tempéra-
10 .1 Bons conducteurs ture de fusion, ce qui permet une chaleur suffisamment
De tous les solides, l'argent est le meilleur conducteur intense pour émettre une lumière blanche .
d'électricité mais, en raison de son coût prohibitif, son Il existe au moins une trentaine d'autres alliages à base
usage est restreint aux contacts destinés à l'ouverture de nickel, de fer, de cobalt et de cuivre portant des noms
et à la fermeture des circuits électriques . Paradoxale- comme Nilvar® , Advance ® , Karma ® , Chromax ® ,
ment, il sert aussi comme élément résistif dans cer- Copel ® , Ohmaloy ® , etc., dont les propriétés particu-
tains fusibles . lières telles que la résistance à la corrosion ou la rigi-
Dans les applications générales, le matériau le plus dité mécanique les rendent utiles pour les applications
employé est le cuivre . On utilise des conducteurs d'alu- spéciales .
minium (seuls ou avec des fils d'acier) pour les lignes
10 .3 Formes des conducteurs
de transport d'énergie, car, pour une même longueur
Suivant leurs applications, les conducteurs prennent une
et un même poids, la résistance électrique de l'alumi-
grande variété de formes : on les rencontre sous forme
nium est sensiblement la moitié de celle du cuivre . Ce-
de fils de section ronde, carrée ou plate, sous forme de
pendant, pour une résistance donnée, son volume est
câbles toronnés et sous forme de barres (barres omni-
1,7 fois plus grand que celui du cuivre, ce qui le rend
bus) .
moins intéressant comme conducteur dans les machi-
nes électriques . Les conducteurs se présentent généralement sous forme
de fils de section ronde (Fig . 10-l a), obtenus directe-
Le bronze phosphoreux se coule très facilement et il
ment par tréfilage .
est très employé pour les pièces moulées .
106

CONDUCTEURS ET RÉSISTANCES 107

Les fils bons conducteurs de sections carrée et rec-


tangulaire (Fig . 10-1b, c) sont employés pour les en-
roulements à grande section des transformateurs et des
machines rotatives . L'emploi de tels conducteurs dans
les moteurs et génératrices permet une meilleure utili-
sation du volume des encoches .
Figure 10-2
Un cercle ayant un diamètre de 0,001 pouce possède une
surface de 1 cmil .

exprimée en circular mils, est égale au carré de son


diamètre en mils .
(a) (b) (c) (d) (e) (f)
Le kilocircular mil (kcmil) est une unité de surface égale
à 1000 cmil . Noter que l'unité kcmil remplace
Figure 10-1
aujourd'hui l'ancienne unité MCM . Exprimés en uni-
Diverses formes de conducteurs .
tés métriques :
1 cmil = (0,0254 mm)2 x 7t/4 = 0,000 506 7 mm 2
Les conducteurs constitués par un grand nombre de
petits fils (appelés torons) torsadés ensemble sont très 1 kcmil = 1000 cmil = 0,506 7 mm 2
souples (Fig . 10-1 d) . La pose des câbles de grande sec- Exemple 10-1
tion est ainsi facilitée . Dans le cas de certains conduc-
Trouver la section droite d'un fil rond ayant un dia-
teurs d'aluminium, un ou plusieurs fils centraux sont
mètre de 0,102 pouce .
en acier afin d'assurer une plus grande résistance mé-
canique du câble . Ces câbles portent le nom ACSR Solution
i KAluminum Cable Steel Reinforced») . Le diamètre vaut 102 millièmes de pouce ou 102 mils,
Pour les fortes intensités de courant rencontrées dans donc la section A vaut:
les centrales et les postes de transformation, on uti- A = 102 mils x 102 mils
lise des conducteurs nus de formes particulières qui
= 10 404 circular mils = 10,4 kcmil
assurent une meilleure dissipation de la chaleur ou
= 10,4 X 0,5067 = 5,27 mm 2
qui possèdent une plus grande rigidité mécanique
iFig . 10-le, f) . 10.6 Les conducteurs ronds, jauge AWG
Enfin, on utilise des conducteurs résistifs de sections Les diamètres des conducteurs ronds sont standardi-
ronde, carrée et plate dans la fabrication des chauffe- sés . Au Canada et aux États-Unis on indique le diamè-
rettes . des démarreurs de moteurs et des rhéostats . tre des conducteurs ronds par un numéro de la jauge
«Standard American Wire Gauge», dont l'abréviation
10.4 Mils
est AWG . Le système est aussi connue sous le nom
On utilise souvent le diamètre pour déterminer le cali- «Brown & Sharpe Gauge» (B & S) .
bre d'un conducteur. La valeur du diamètre est parfois
imprimée en mils . Le mil est une unité de longueur Le système AWG a été conçu en fixant des diamètres
anglaise égale à un millième de pouce . Il équivaut à de 460 mils et 5 mils respectivement pour les fils #0000
Œ0254 mm ou 25,4 pin . et #36 . Comme il y a 39 intervalles entre #0000 et
#36 le rapport entre deux diamètres successifs est de
10.5 Circular mil, conducteurs ronds (460/5)i°39 = 1,1229 . Le rapport entre deux sections
La valeur de la section droite des conducteurs ronds successives est donc 1,1229 2 = 1,261 .
est souvent exprimée en circular mils . Selon ce système, le diamètre du fil diminue à me-
Le circular mil (cmil) est une unité de surface : c'est la sure que le numéro de jauge augmente . Ainsi, le fil
surface d'un cercle ayant un diamètre de 1 mil (Fig . portant le #6 de la jauge est plus petit que le #4 . Le
10-2) . La section droite d'un conducteur circulaire, tableau 10-1 donne les propriétés des fils ronds cor-
1 08 ÉLECTROTECHNIQUE

TABLEAU 10-1 PROPRIÉTÉS DES CONDUCTEURS RONDS EN CUIVRE

Numéro Diamètre mQ/m


Section g/m
dAjauge
e ou
du fil nu 52/km
kg/km
B&S mm mil mm 2 cmil 25°C 105°C

250 MCM 12,7 500 126,6 250 000 0,138 0,181 1126
4/0 11,7 460 107,4 212 000 0,164 0,214 953
2/0 9,27 365 67,4 133 000 0,261 0,341 600
1/0 8,26 325 53,5 105 600 0,328 0,429 475
1 7,35 289 42,4 87 700 0,415 0,542 377
2 6,54 258 33,6 66 400 0,522 0,683 300
3 5,83 229 26,6 52 600 0,659 0,862 237
4 5,18 204 21,1 41 600 0,833 1,09 187
5 4,62 182 16,8 33120 1,05 1,37 149
6 4,11 162 13,30 26 240 1,32 1,73 118
7 3,66 144 10,5 20 740 1,67 2,19 93,4
8 3,25 128 8,30 16 380 2,12 2,90 73,8
9 2,89 114 6,59 13 000 2,67 3,48 58,6
10 2,59 102 5,27 10 400 3,35 4,36 46,9
11 2,30 90,7 4,17 8 230 4,23 5,54 37,1
12 2,05 80,8 3,31 6 530 5,31 6,95 29,5
13 1,83 72,0 2,63 5 180 6,69 8,76 25,4
14 1,63 64,1 2,08 4110 8,43 11,0 18,5
15 1,45 57,1 1,65 3260 10,6 13,9 14,7
16 1,29 50,8 1,31 2 580 13,4 17,6 11,6
17 1,15 45,3 1,04 2060 16,9 22,1 9,24
18 1,02 40,3 0,821 1 620 21,4 27,9 7,31
19 0,91 35,9 0,654 1 290 26,9 35,1 5,80
20 0,81 32,0 0,517 1 020 33,8 44,3 4,61
21 0,72 28,5 0,411 812 42,6 55,8 3,66
22 0,64 25,3 0,324 640 54,1 70,9 2,89
23 0,57 22,6 0,259 511 67,9 88,9 2,31
24 0,51 20,1 0,205 404 86,0 112 1,81
25 0,45 17,9 0,162 320 108 142 1,44
26 0,40 15,9 0,128 253 137 179 1,14
27 0,36 14,2 0,102 202 172 225 0,908
28 0,32 12,6 0,080 159 218 286 0,716
29 0,29 11,3 0,065 128 272 354 0,576
30 0,25 10,0 0,0507 100 348 456 0,451
31 0,23 8,9 0,0401 79,2 440 574 0,357
32 0,20 8,0 0,0324 64,0 541 709 0,289
33 0,18 7,1 0,0255 50,4 689 902 0,228
34 0,16 6,3 0,0201 39,7 873 1140 0,179
35 0,14 5,6 0,0159 31,4 1110 1450 0,141
36 0,13 5,0 0,0127 25,0 1390 1810 0,113
37 0,11 4,5 0,0103 20,3 1710 2230 0,091
38 0,10 4,0 0,0081 16,0 2170 2840 0,072
39 0,09 3,5 0,0062 12,3 2820 3690 0,055
40 0,08 3,1 0,0049 9,6 3610 4720 0,043



CONDUCTEURS ET RÉSISTANCES 109

respondant à chaque numéro de la jauge . Il est utile de d'un diamètre de 38,54 mils (1486 cmils), a donc ri-
retenir les deux règles suivantes qui s'appliquent au goureusement la même résistance qu'un fil #10 plein
système AWG : qui a une section de 10 400 cmils .
1 . Un conducteur qui a deux fois la section d'un autre Pour les conducteurs qui ont une section plus grande
porte un numéro qui est plus petit de 3 unités . Exem- que celle correspondant au 0000 (habituellement dési-
ple : la section du fil #5 est le double de celle du fil #8 . gnée 4/0), on indique généralement la section en mil-
2 . Un conducteur qui a 10 fois la section d'un autre liers de circular mils (kcmil) . Ainsi, un conducteur de
porte un numéro qui est plus petit de 10 unités . Exem- 250 kcmil ne correspond à aucun numéro de jauge .
ple : le fil #4 a la même section que 10 fils #14 .
10 .8 Fils de section carrée
La Fig . 10-3 indique comment on mesure le calibre L'usage veut que les fils de section carrée portent des
d'un conducteur au moyen d'une jauge . Tout isolant, y numéros correspondant à ceux des fils ronds . Si le côté
compris le vernis, doit être enlevé ; le fil nu doit être du fil carré est égal au diamètre du fil rond, les deux
inséré dans l'encoche et non dans l'ouverture circulaire porteront le même numéro (Fig . 10-4) . Par conséquent,
de la jauge . la section d'un fil carré est environ 25 % plus grande
que celle d'un fil rond portant le même numéro .

2~2 ~2112£Z z2 tiZOZgTg z-z

tiV l~
ti~ l 2,59
ô .<A mm

O)
Figure 10-4
CO
Dimensions d'un conducteur carré #10 et d'un conducteur
rond #10 .
Co
3 4 5 10.9 Résistance d'un conducteur
` 13

34
35
À une température donnée, la résistance d'un conduc-
teur dépend :
1 . de sa longueur
conducteur #4 2. de sa section
3 . de la nature de la substance qui le constitue
Figure 10-3 Nous avons vu que le passage du courant dans un con-
Mesure de la grosseur d'un conducteur avec une jauge AWG .
ducteur est analogue à l'écoulement de l'eau dans un
Un conducteur nu #4 peut se glisser dans l'ouverture 4 de la
jauge . La jauge et ses ouvertures (numérotées de 0 à 36) tuyau . On remarque par expérience que plus le tuyau
sont montrées grandeur nature . est long, plus sa résistance au passage de l'eau est
grande . De même en électricité, plus le conducteur est
10.7 Câbles toronnés long, plus sa résistance au passage du courant est
grande .
La section droite d'un câble toronné est également ex-
primée en millimètres carrés ou en circular mils : elle Si l'on remplace le tuyau par un autre ayant une plus
eu égale à la somme des sections de chacun des torons grande section, le passage de l'eau se fait plus libre-
et ne comprend pas la surface des interstices . Un fil ment, sa résistance est réduite . Il en est ainsi pour un
#10 toronné, habituellement formé de 7 conducteurs conducteur électrique : plus sa section est grande, plus


110 ÉLECTROTECHNIQUE

son opposition (résistance) au passage du courant est nanohm-mètre (n52 •m) valant 10-9 S2 •m pour décrire la
faible . résistivité des conducteurs .
Le passage du courant électrique dans un conducteur On trouvera au tableau 10-2, la valeur de la résistivité
se fait d'autant plus facilement que le nombre d'élec- de quelques-uns des métaux usuels . Le tableau 10-5
trons libres est grand. Or, ce nombre d'électrons libres en fin de chapitre fournit une liste plus complète .
varie considérablement d'une substance à l'autre . Donc,
Exemple 10-2
la résistance au passage du courant dépend de la na-
ture de la substance dont est constitué le conducteur ; Calculer la résistance d'un conducteur de cuivre
plus le nombre d'électrons libres est grand, plus la ré- ayant une longueur de 2 km et une section de 67 mm 2
sistance est basse. (Fig . 10-5) . La résistivité du cuivre vaut 18 n52-m
.

La formule qui donne la relation entre la résistance d'un


conducteur et les trois facteurs énumérés plus haut est
la suivante :

R=p l
- (10-1)
A


R = résistance du conducteur, en ohms [52]
p = résistivité de la substance, en ohm-mètres
[Q'm]
l = longueur du conducteur, en mètres [m]
A = section du conducteur, en mètres carrés
[m2]
Ce facteur p* qu'on appelle résistivité est précisément
ce qui caractérise l'opposition plus ou moins grande Figure 10-5
qu'offre un conducteur au passage du courant . Il varie Ligne de transport de 2 km .
suivant la nature de la substance dont est consituté le
conducteur. Elle varie aussi avec la température . Tout
comme la masse volumique, la résistivité est une pro- Solution
priété caractéristique d'une substance. En exprimant toutes les unités en mètres et en mètres
carrés on obtient:
Bien que l'unité SI de résistivité soit l'ohm-mètre
(Sà •m), nous utilisons plutôt un sous-multiple, soit le l
R = p
A
TABLEAU 10-2 RÉSISTIVITÉ DES CONDUCTEURS
9 x 2000
conducteur résistivité coefficient de = 18 x 10 = 0,53752
6
à 0 °C température 67 x 10
à0°C
Exemple 10-3
nQ2 •m 1/°C
Calculer la résistance d'un Fil #20 B & S en nichrome
argent 15,0 0,00411 ayant une longueur de 25 mètres, à une température
cuivre 15,9 0,00427 de 0"c .
aluminium 26,0 0,00439
tungstène 49,6 0,0055 Solution
manganine 482 0,000 015
D'après le tableau 10-1, la section d'un conducteur rond
nichrome 1080 0,00011
#20 vaut 0,517 mm2 . La résistivité du nichrome à 0 °C
étant de 1080 nQ •m (tableau 10-2), la résistance R du
` p est une lettre grecque qui se prononce «ro» . conducteur est donnée par :

CONDUCTEURS ET RÉSISTANCES 111

l Solution
R = p
A La résistance du conducteur à - 30 °C est donnée par :
25
= 1080 x 10 9 x R t = R o (1 + ut)
0,517 x 10 6 R_ 3o ac = 100 (1 + (0,00427 x - 30))
= 52,2 S2 = 100 (1 - 0,128)
10 .10 Variation de la résistance avec la 100 (0,872) = 87 mQ2
température
Lorsque la température d'un conducteur augmente, À 35 °C, la résistance deviendra :
l'agitation de ses atomes s'accentue . L'opposition au
déplacement des électrons (courant) augmente parce R,S c = 100 (1 + (0,00427 x 35))
o

que les collisions entre les électrons et les atomes se = 100 (1 + 0,149)
multiplient . C'est ce qui explique l'augmentation de la = 115 mQ
résistivité des métaux conducteurs avec la température .
La résistance de la ligne augmentera de 87 mS2 à
Cette variation obéit à la formule suivante :
115 mQ2, soit une variation d'environ 30 % de 87 mb2 .

P = p (1 + at)
r o (10-2a) Pour le même courant, les pertes dans la ligne élec-
trique peuvent donc être plus élevées de 30 % pendant
ou les chaleurs d'été que pendant les froids d'hiver .
p r = résistivité à une température t, en ohm- L'augmentation de la résistance est encore plus remar-
mètres [S2•m] quable pour le filament d'une lampe à incandescence
p o = résistivité à 0 °C, en ohm-mètres [S2 •m] dont la température de fonctionnement est très élevée .
a = coefficient de température, en 1/°C* En marche normale, le filament de tungstène possède
t = température, en °C une résistance d'environ 12 fois plus élevée à chaud
qu'à froid .
Pour le cuivre, a = 0,004 27 . On trouvera au tableau
10-2, la valeur de ce coefficient pour quelques-uns des Exemple 10-5
métaux usuels . Une lampe à incandescence de 60 watts possède une
Puisque la résistivité varie avec la température, il s'en- résistance de 17,6 S2 à 20 ''C (Fig . 10-6) . Si elle tire
suit que la résistance de tout dispositif électrique (bo- un courant de 0,5A sous une tension de 120 V, quelle
bine, fil, câble, élément chauffant, etc.) varie en pro- est la température du filament? Pour le tungstène :
portion . On peut donc exprimer la variation de la résis- et = 0 .0055 par °C .
tance par la formule :

R = R
r ° (1 + at) (10-2b)


R i - résistance à une température t, en ohms
R o = résistance à 0 °C, en ohms
a = coefficient de température, en 1/°C*
t = température, en °C

Exemple 10-4
Trouver la variation de la résistance d'une ligne
de transport dénergie entre des températures de
-30 `C et + 35 C, si la résistance des conducteurs Figure 10-6
de cuivre est de 100 mt2 ( milliohms ) à 0 ° C . La résistance d'une lampe à incandescence dépend de sa
température .
* a est une lettre grecque qui se prononce «alpha» .



112 ÉLECTROTECHNIQUE

Solution 10 .12 Traction et allongement


Il faut d'abord calculer la résistance du filament Si l'on augmente la force de traction F exercée sur un
à 0 °C . fil métallique, tout en observant son allongement d (Fig .
10-7), on obtient une série de valeurs que l'on peut
porter sur un graphique (Fig . 10-8) .
Rr =R0 (1 + at)
17,6 = Ro (1 + 0,0055 x 20)
17,6 = Ra (1,11)

d'où R o = 15,85 S2

Résistance à chaud = E/I = 120 V/0,5 A = 240 £2 .


En utilisant à nouveau la formule (10-2b) et en appe-
i F
lant t la température cherchée, on obtient :

240 = 15,85 (1 + 0,0055 t) Figure 10-7


Allongement dd'un conducteur .

d'où t = 2571 °C
Sur cette courbe, nous avons indiqué trois points im-
La résistance de certains alliages comme le constantan portants a, b et c, correspondant respectivement aux
et le manganine ne varie presque pas avec la tempéra- forces de traction F1 , F2 et F3-
ture ; c'est pourquoi on les utilise dans la fabrication À mesure que la force de traction croît de 0 à FI,, le fil
des résistances étalons et des shunts d'ampèremètres . s'allonge d'une distance dl . Dans la partie droite Oa
D'autres alliages à base de nickel et de chrome, comme de la courbe, l'allongement d est proportionnel à la
le nichrome et le chromel, possèdent une haute résisti- traction exercée et le fil se comporte comme un res-
vité et un bas coefficient de température ce qui permet sort . Il reprend sa forme originale dès que la traction
la construction d'éléments résistifs économiques dont cesse .
la résistance varie peu avec la température . Ainsi, la
résistance du nichrome V n'augmente que de 7 % lors-
que sa température passe de 20 °C à 1000 °C .

PROPRIÉTÉS MÉCANIQUES DES


CONDUCTEURS

10 .11 Résistance à la traction


Jusqu'ici, nous nous sommes intéressés aux propriétés
électriques et thermiques des conducteurs, mais dans
certains cas on doit considérer également leurs pro-
priétés mécaniques . Par exemple, la résistance des con- Figure 10-8
Allongement d'un fil en fonction de la force de traction .
ducteurs à la traction joue un rôle important lors de la
pose des lignes aériennes et du bobinage des en-
roulements . D'abord, il ne faut pas que la tension su- Pour des tractions F supérieures à FI, mais inférieures
bie par le conducteur dépasse la tension de rupture . On à F2, le fil perd un peu de son élasticité et il ne revient
ne doit pas non plus provoquer un allongement tel que pas à sa longueur originale lorsque la traction cesse .
le conducteur ne puisse plus reprendre sa longueur et Cependant, l'étirement permanent n'est pas sérieux ni
sa forme originales . Ces deux considérations de- dommageable . La force F2 au point b correspond à la
mandent une connaissance des forces qui peuvent chan- limite élastique ; on évite, en général, de dépasser cette
ger sa longueur de façon permanente . force plus ou moins bien définie .

CONDUCTEURS ET RÉSISTANCES 113

Si l'on continue à augmenter la traction, le fil s'étire


Exemple 10-6
rapidement jusqu'au point c situé au sommet de la
Quelle force de traction peut-on appliquer à un fil
courbe ; la tension F3 correspondante est la tension de
rupture et elle est sensiblement supérieure à la force de cuivre #12 recuit sans provoquer un allongement
F, . Au-delà du point C, une force même inférieure à a ppréciable . e t quelle force de traction provoque la
rupture'' Si le fil a une longueur initiale de 100 mè-
F3 réussit à étirer le conducteur jusqu'à sa rupture com-
tres, quelle sera sa longueur au moment de la rup-
plète .
turc? La section du fil #I2 = 3 .31 mm' .
Tous les conducteurs possèdent de telles courbes de
traction mais les forces F1, F2 et F3 varient beaucoup Solution
suivant le métal . La forme de la courbe dépend aussi La limite élastique étant de 35 MPa, la tension per-
de la température, les forces devenant plus petites et mise est :
hallongement plus grand quand la chaleur augmente .
Enfin, la valeur des forces varie beaucoup suivant que
F2 = (limite élastique) x (section)
le conducteur a été formé à froid, à chaud ou qu'il a été
X
recuit . _ (35 10 6 Pa) x (3,31 x 10-6 m2 )
Soit A la section de l'échantillon initial . On appelle 116 newtons = 116 N
limite élastique («yield strength»), le rapport F1/A ex-
La tension de rupture sera :
primé en mégapascals (MPa) et contrainte de rupture
t«tensile strength») le rapport F3/A exprimé en MPa .
Les catalogues donnant la résistance des matériaux F3 = (contrainte de rupture) x (section)
fournissent en général ces deux valeurs, ainsi que l'al- _ (220 x 10 6 Pa) x (3,31 x 10-6 m 2 )
longement à la rupture en pour cent (voir les tableaux = 728 newtons = 728 N
10-3 et 10-5) .
Enfin, l'allongement à la rupture étant de 60 %, le fil
En observant les valeurs fournies pour le cuivre recuit,
s'étirera de : 100 m x 60 % = 60 m . Il atteindra donc
on constate que la limite élastique est de 35 MPa, que
une longueur approximative de 160 m lors de la rup-
la contrainte de rupture est de 220 MPa et que le fil
ture .
s allonge de 60 % avant que ce point de rupture soit
atteint . Le tableau 10-3 illustre aussi la grande diffé- La Fig . 10-9 montre deux types de câbles en alumi-
ince entre le cuivre recuit et le cuivre durci . Le pre- nium utilisés dans les lignes aériennes . Le premier est
mier est utilisé pour les bobines, tandis que le second composé entièrement de torons en aluminium, alors
trouve son application dans les lignes aériennes . que le deuxième comprend une âme en acier. La ten-
sion de traction permise est beaucoup plus grande pour
le deuxième câble .
TABLEAU 10-3 RÉSISTANCE À LÉTIREMENT

métal limite contrainte allongement


élastique de rupture à la rupture

MPa MPa

allurninium pur 21 62 50
Figure 10-9
aluminium durci 140 160 2 a . Câble nu en aluminium, 500 kcmil, composé de 37 torons,
ayant chacun un diamètre de 2,951 mm . Le diamètre du câble
aévre recuit 35 220 60 est de 20,6 mm . La charge de rupture est de 40 kN ; courant
admissible : 640 A .
amure durci 410 470 14 b. Câble nu du type ACSR, 500 kcmil, composé de 37 torons
dont 30 sont en aluminium et 7 en acier, ayant tous un
1170 1300 15 diamètre de 3,279 mm . La charge de rupture est de 130 kN ;
courant admissible : 690 A .

114 ÉLECTROTECHNIQUE

Dans le cas des lignes de transport, on comprend faci- Le conducteur peut lui-même se désagréger par oxy-
lement pourquoi on doit renforcer un câble d'alumi- dation excessive .
nium avec une âme en acier . En effet, l'aluminium ne Pour les conducteurs isolés, la chaleur produite doit
possède pas la résistance à la traction requise pour les être transmise par les couches isolantes et ensuite dis-
câbles de longue portée . persée par radiation et par convection . Plus l'intensité
du courant dans le fil est grande, plus grande est l'élé-
ISOLEMENT DES CONDUCTEURS vation de température de l'isolant . Pour assurer une
durée de vie convenable à l'isolant, il est donc néces-
10.13 Types d'isolants saire de limiter le courant que peut porter un fil isolé .
La plupart des conducteurs sont recouverts d'un iso- On arrive ainsi à une conclusion importante qui s'ap-
lant afin d'empêcher le courant de passer d'un conduc- plique presque toujours : le courant maximal admissi-
teur à un autre ou pour éviter les mises à la terre . ble dans un fil isolé est fixé par la température maxi-
male admissible de son isolant .
L'isolement des conducteurs utilisés dans les machines
électriques est souvent assuré par du coton, de la soie 10 .15 Code régissant les installations
ou du papier imprégnés de vernis spéciaux . Aujourd'hui électriques
on utilise de plus en plus des isolants synthétiques pour La durée de vie des conducteurs servant à la distribu-
les machines de moyenne et de grosse capacités . tion de l'électricité dans les usines, les édifices et les
Les conducteurs utilisés dans les maisons, les usines maisons est particulièrement importante, car on ne peut
et les immeubles pour la distribution de l'électricité pas se permettre de changer les fils dans les murs tous
sont isolés par des isolants souples : caoutchouc, pa- les dix ans . Pour cette raison, le Code canadien de
pier, coton, cambric et produits thermoplastiques . Ces l'électricité exige des températures maximales par-
conducteurs doivent fonctionner à des températures peu ticulièrement basses pour les conducteurs employés
élevées afin de leur assurer une durée de vie très lon- dans les installations électriques . Selon le type d'iso-
gue . lant, les normes permettent des températures maxima-
les de 60 °C, 75 °C et 90 °C . Elles sont beaucoup plus
L'isolant à polyéthylène réticulé chimiquement, sou-
basses que les températures maximales admises dans
vent connu sous le nom XLPE (cross-linked
les appareils électriques (moteurs, transformateurs, etc .)
polyethylene), dont la rigidité diélectrique est
utilisant le même genre d'isolant . Aux endroits parti-
aujourd'hui entre 13 et 15 kV/mm, permet la construc-
culièrement chauds, on doit faire courir du fil isolé en
tion de câbles allant jusqu'à 400 kV. La température
amiante ; on peut alors se permettre des températures
maximale de 250 °C constitue un autre avantage pour
maximales aussi élevées que 200 °C .
résister aux chocs thermiques provoqués par des court-
circuits . Un conducteur doit dégager sa chaleur dans l'air envi-
ronnant et, afin d'établir le courant admissible, le Code
Les fils exposés aux hautes températures des fours élec-
canadien de l'électricité définit une température am-
triques doivent être recouverts d'un isolant d'origine
biante standard de 30 °C .
minérale . Le verre, l'amiante, la porcelaine et le mica
supportent très bien, sans détérioration appréciable, des Sachant que la température ambiante est fixée à 30 °C
températures très élevées . Cependant, leur application et que la température d'un conducteur quelconque ne
est limitée du fait de leur coût élevé et parce qu'ils doit pas dépasser une certaine valeur limite (disons
sont difficiles à manipuler. 75 °C), le Code spécifie le courant maximal que ce con-
ducteur peut supporter .
10 .14 Capacité thermique des conducteurs
Par exemple, le Code stipule qu'un fil #6 à l'air libre,
Étant donné que même les meilleurs conducteurs ont recouvert d'un isolant thermoplastique (type TW), dont
une certaine résistance, ils s'échauffent par effet Joule la température nominale est de 60 °C peut supporter
lorsqu'ils sont parcourus par un courant . un courant nominal de 80 A (Fig . 10-1 Oa) . Par ailleurs,
Dans le cas des conducteurs nus, si la température at- le Code stipule que le même conducteur isolé au sili-
teinte est trop élevée, il peut y avoir risque de fusion cone/caoutchouc (type SRK) peut supporter un cou-
ou de détérioration des parties voisines du conducteur . rant de 125 A (Fig. 10-10b) . Bien que sa température


CONDUCTEURS ET RÉSISTANCES 115

nominale soit alors de 200 °C, sa durée de vie sera la faible que si le conducteur était seul, afin de ne pas
même que celle du conducteur TW qui aura supporté dépasser la température permise pour l'isolant. Par
exemple, le Code spécifie que trois conducteurs #4,
type TW60, placés dans un conduit ne doivent porter
que 70 A chacun, alors qu'il permet un courant de 105 A
pour un conducteur seul .
10 .16 Comparaison de divers conducteurs
Les câbles montrés dans les Fig . 10-11 à 10-18 don-
nent une idée de la construction adoptée selon les ten-
sions qu'ils peuvent supporter et l'usage qu'on en fait .
(a) (b)
Figure 10-10 Les vues en coupe sont dessinées grandeur nature afin
Comparaison de la capacité ampérique de deux conducteurs que le lecteur puisse mieux apprécier les dimensions
de même section . physiques de ces câbles . Un examen détaillé de ces
figures révèle l'information suivante :
seulement 60 °C .
1 . Une augmentation de la tension de 5 kV à 30 kV
Le tableau 10-4, tiré du Code canadien de l'électricité, exige une plus grande quantité d'isolation, donc un
donne un aperçu des courants admissibles pour les di- câble plus gros . Par ailleurs, la capacité ampérique n'est
vers types de monoconducteurs, lorsqu'ils sont sus-
pas affectée de façon appréciable (comparer les Fig .
pendus seuls, à l'air libre, à une température ambiante 10-12a et 10-12b) .
de 30 °C .
2 . Un câble à 30 kV possédant un conducteur en alu-
Lorsque plusieurs conducteurs isolés sont placés dans
minium a une capacité de 343 A alors qu'un câble sem-
un même tuyau métallique (conduit), la chaleur déga-
blable en cuivre peut supporter 440 A (comparer les
gée par chacun contribue à l'échauffement de l'isolant
Fig . 10-12b et 10-12e) .
des conducteurs voisins . Le courant doit donc être plus

TABLEAU 10-4 COURANTS ADMISSIBLES


DES MONOCONDUCTEURS
EN CUIVRE À LAIR LIBRE
numéro classe classe classe classe
de jauge 60 °C 75 °C 90 °C 200 °C
AWG type TW type RW75 type R90 fil nu
TW75 RW90
12 25 25 25 55
10 40 40 40 75
8 55 65 70 100
6 80 95 100 135
4 105 125 135 180
2 140 170 180 240
1 /0 195 230 245 325
3/0 260 310 330 430
250 kcmil 340 405 425
(tiré du Code canadien de l'électricité 1996)
Figure 10-11
1W: conducteur isolé au thermoplastique et a . conducteurs isolé à l'amiante
destiné à un endroit humide b . conducteurs isolés et recouverts d'une gaine métallique
ltM : conducteur isolé au caoutchouc c . conducteurs sous plomb (gracieuseté Canada Wire and
Cable Co .) .

116 ÉLECTROTECHNIQUE

3 . Un câble à 30 kV formé de 3 conducteurs en cuivre que celui à 30 kV, 343 A, car il est protégé par une
a une capacité de 359 A par conducteur au lieu de 440 A lourde gaine d'acier, et parce qu'il transporte une plus
pour un câble ayant un seul conducteur (comparer les grande puissance (comparer les Fig . 10-12c et 10-15) .
Fig . 10-12b et 10-13) .
10 .17 Échauffement rapide des
4 . Pour une même tension de 600 V, une isolation R90 conducteurs - facteur 12t
au polyéthylène réticulé (XLPE) est plus mince qu'une
Il arrive parfois qu'un courant beaucoup plus grand
isolation RW60 . De plus, la capacité ampérique est plus
que le courant normal circule dans un conducteur du-
élevée (Fig . 10-14) .
rant une courte période . Les pertes Joule sont alors très
5 . Le câble sous-marin à 80 kV, 630 A est plus gros

(a) 5 kV 444 A cuivre (b) 30 kV 440 A cuivre (c) 30 kV 343 A aluminium

Figure 10-12
Capacité ampérique à l'air libre de trois conducteurs ayant une section de 250 kcmil (grandeur nature) .

Figure 10-13
Câble triphasé formé de trois conducteurs de section 250 kcmil (grandeur nature) .
CONDUCTEURS ET RÉSISTANCES 117

R 90
•01 M
XLPE
0 00040 .
600 V 425 A î

cuivre

Figure 10-14
Deux conducteurs isolés à 600 V (grandeur nature) .

80 kV 630 A

conduit d'huile
conducteur en cuivre 600 kcmil
écran au charbon
papier
écran à papier métallisé
gaine de plomb
gaine de renforcement
gaine en polyéthylène
- jute
gaine d'acier

figure 10-15
Vœ en coupe d'un câble sous-marin, grandeur nature . Diamètre extérieur 70 mm . Ce câble est immergé dans le
dW*mit de Long Island entre Northport (Long Island) et Norwalk (Connecticut) (gracieuseté Pirelli Cables Ltd) .
118 ÉLECTROTECHNIQUE

posons qu'il porte un courant I durant une courte pé-


riode t, où t est généralement inférieure à 15 secondes .
La chaleur Q générée dans le conducteur est donc :

3 conducteurs #6 (133 brins) Q = RI 2 t (10-3)


2 conducteurs #10 (104 brins)
En utilisant l'équation 1-17, on peut calculer la valeur
1 conducteur #8 (133 brins)
de l'échauffement 0

Figure 10-16
Q=mc0 éq . 1-17
Câble d'alimentation pour pompe submersible utilisé dans
donc
les mines . Il comprend trois conducteurs de puissance, deux
de commande et un de mise à la masse .
RI 2 t = mc0
d'où

0 = R (12t) (10-4)
600 A 250 kcmil me
6834 brins #34
coefficient d'utilisation : 30
Il s'ensuit que pour un conducteur donné l'échauffe-
gaine en polyéthylène
ment 0 dépend directement du facteur I2 t . Ce
facteur s'exprime en ampères carrés seconde (A 2. s) .
Nous avons vu que des températures élevées sont
Figure 10-17
Câble ultra-flexible de 600 A pour soudeuse électrique . dommageables pour l'isolant qui recouvre le
conducteur . Le facteur I2 t est donc très important
car c'est lui qui détermine la température maximale
du conducteur. Par exemple, un conducteur #2 en
425 A 250 °C cuivre initialement à 90 °C ne peut supporter un I2t
250 kcmil solide
supérieur à 22 x 106 A2 .S si l'on veut limiter sa tem-
isolant: oxyde de magnésium
pérature à 250 °C lors d'un court-circuit .
gaine de cuivre De façon générale, on peut calculer la valeur de 12t
lorsqu'on connaît (1) le calibre du conducteur, (2) sa
Figure 10-18 composition (cuivre ou aluminium) et (3) l'échauffe-
Câble pour usage dans les endroits très chauds . ment qu'il doit subir .
La valeur de I2 t pour le cuivre et l'aluminium est don-
née par les équations suivantes :
grandes, de sorte que la température du conducteur peut
monter de plusieurs centaines de degrés en une frac- pour le cuivre:
tion de seconde . Par exemple, lors d'un court-circuit,
des courants intenses circulent brièvement dans les fils 2 (234+0.
et câbles d'un réseau avant que le cicuit soit ouvert par 1 t = 11,5 x 104A 2logio (10-5)
234 + 00
un fusible ou un disjoncteur de protection . Dans ces
circonstances, la chaleur dégagée dans les conducteurs
n'a pas le temps de se dissiper à travers les parois exté- pour l'aluminium :
rieures et la température du conducteur monte rapide-
ment . Quel est l'échauffement dans ces conditions?
Supposons que le conducteur ait une masse m, une ré- 2 (228 + 0m
1 t = 5,2 x 10 4A 2logio (10-6)
sistance R et une chaleur massique c . De plus, sup- 228 + Bo


CONDUCTEURS ET RÉSISTANCES 119

où Solution

I - courant de court-circuit [A] a) En utilisant le tableau 10-1 on trouve


t = durée du court-circuit [s] A = 0,0507 mm 2 , et de l'équation 10-5 on obtient :
A = section nette du conducteur, sans compter 234 + 1083
les espaces vides [mm 2] 12 t = 11,5 x 10 4 x (0,0507)21og,o
0, = température initiale du conducteur [°C] 234 + 50
0,,,= température finale du conducteur [°C] = 197 A2 .s
Exemple 10-7 I2t
on a = 197
Une ligne aérienne en aluminium est composée d'un
conducteur #3 ayant une section de 26 .6 nom--- . Ce (30) 2 t = 197
conducteur peut .supporter un courant de 160 A en t = 0,22 s
régime permanent .
Donc le fusible «saute» 220 ms après que le courant
a) Calculer la valeur permissible de I'-t lors d'un
de 30 A commence à circuler .
court-circuit sachant que la température initiale est
de 80 'C et que l'on désire limiter la température 10 .18 Le rôle des fusibles
maximale à 250 (-' . Afin de protéger un conducteur contre les températures
b) On prévoit un courant de court-circuit de 2000 A . excessives occasionnées par des courts-circuits, on
Pendant combien de temps ce courant peut-il circu- place un fusible en série avec le conducteur. Le fusible
ler sans dépasser le seuil de 250 `C ? doit être conçu afin que son facteur 12t de fusion soit
inférieur à celui qui provoque une surchauffe du con-
Solution
ducteur . En effet, on veut que le fusible brûle avant
a) En utilisant l'équation 10-6 on obtient : que le conducteur atteigne une température excessive,
ordinairement de l'ordre de 250 °C . En pratique, le 12t
n,
12 t = 5,2 X 104A210910 228 + O du fusible est bien inférieur à ce seuil . Cependant, le
228 + Bo 12 t du conducteur demeure un critère important dans le
choix du fusible .
228 + 250
5,2 x 104 x (26,6)2log,o
( 228 + 80 10 .19 Conducteurs liquides, électrolytes
Les métaux tels que le mercure, le plomb, le fer, etc .,
= 7 x 106 A2 -s contiennent autant d'électrons libres à l'état liquide qu'à
b) Le courant de 2000 A peut circuler pendant un temps l'état solide, de sorte que sous ces deux formes ils sont
r donné par de bons conducteurs de l'électricité .
Cependant, un liquide comme l'eau pure est un excel-
2 lent isolant avec une résistivité 10 12 fois plus grande
1 t=7x 106
que celle du cuivre . Mais, si on ajoute à un litre d'eau
(2000) 2 t = 7 x 106 quelques cuillerées de sel de table, on constate que sa
t = 1,75 s résistivité diminue des dizaines de fois ; pourtant le sel,
est lui-même un excellent isolant . Comment le mélange
Exemple 10-8 d'un isolant liquide et d'un isolant solide peut-il don-
On se propose d'utiliser un fil de cuivre #30 comme ner une solution conductrice?
fusible . Si la température initiale du fil est de 50 °C .
En présence de l'eau, chaque molécule de sel, formée
calculer :
d'un atome de sodium (Na) et d'un atome de chlore
a) le I't requis pour faire fondre le fil (la tempéra- (Cl), se sépare en deux pour former un ion (+) de so-
ture de fusion du cuivre est de 1083 ° C) dium et un ion (-) de chlore . L'ion de sodium est un
b) le temps requis pour faire fondre le 171 si le cou- atome de sodium ayant perdu un électron, tandis que
rant de court-circuit est de 10A, l'ion de chlore est un atome de chlore possédant un
électron en trop . Ces ions se déplacent de façon désor-



120 ÉLECTROTECHNIQUE

donnée à l'intérieur de la solution aqueuse, un peu tifs et négatifs se déplaçant respectivement vers la droite
comme les électrons libres à l'intérieur d'un métal . et vers la gauche . Dans la batterie, les électrons circu-
Puisque les charges portées par les ions positifs et né- lent de la borne (+) à la borne (-) .
gatifs sont égales, la solution est, dans son ensemble, Le même phénomène se produit lorsqu'on mélange
électriquement neutre (Fig . 10-19) . avec de l'eau d'autres sels tels que le sulfate de cuivre,
ou des acides tels que l'acide sulfurique . L'électrolyte
ainsi formé est rempli d'ions positifs et négatifs re-
présentant chacun un atome (ou une molécule) ayant
perdu ou gagné un ou plusieurs électrons .

-------------------------- Habituellement, il se produit une réaction chimique aux


deux électrodes car les atomes libérés par la neutra-
CI lisation des ions réagissent souvent avec l'eau ou la
CI plaque avec laquelle ces ions viennent en contact . Il se
0 Na dégage alors des gaz autour des électrodes ou, encore,
la plaque se dissout à mesure que le courant électrique
circule.
Figure 10-19
Ions positifs et négatifs . Dans certains cas, les atomes libérés à une plaque
adhèrent sur celle-ci et forment une couche qui devient
Si l'on plonge deux électrodes raccordées à une pile de plus en plus épaisse à mesure que le courant cir-
dans cette solution (appelée électrolyte), les ions (+) et cule . Ce procédé, appelé galvanoplastie, permet de re-
(-) se dirigent respectivement vers les plaques de po- couvrir des objets conducteurs avec un dépôt métal-
larité opposée (Fig . 10-20) . Dès qu'un ion positif (Na+) lique .
touche la plaque négative, il capte un électron libre à Exemple 10-9
l'intérieur de cette électrode et devient un atome de
Deux électrodes ayant une surface de 1 .? in 2 sont
sodium neutre . De la même façon, chaque ion négatif
plongées dans de l'eau de nier dont la résistivité est
(Cl -) touchant la plaque positive libère son électron en
de 0 .3 t2-m . Si la distance entre les plaques est de
surplus pour devenir un atome de chlore neutre .
10 cm, calculer la valeur approximative du courant
lorsqu'on applique une tension de 10 V entre les élec-
trodes .
électrons Solution
La résistance de l'électrolyte est :

R = p l éq.10-1
A

= 0,3 S2-m x 0,1 m = 0,025 ohm


1,2 m2
Le courant vaut donc I = E/R = 12/0,025 = 480 A
On constate que, même si la résistivité de l'eau salée
Figure 10-20 est 20 millions de fois plus grande que celle du cuivre,
Migration des ions . le courant qui circule est tout de même appréciable.

Il s'établit ainsi un courant électrique dans le circuit 10.20 Résistance du sol


formé par l'électrolyte, les électrodes et la batterie . La résistance du sol joue un rôle extrêmement impor-
Cependant, on constate que le courant dans l'électro- tant dans les installations électriques . D'abord, pour
lyte n'est pas composé d'électrons mais d'ions posi- des raisons de sécurité du personnel et de l'équipement,

CONDUCTEURS ET RÉSISTANCES 121

tous les réseaux électriques sont raccordés à la terre 1 . résistance des électrodes mêmes - négligeable ;
i «mise à la terre») . Ensuite, certaines lignes haute-ten- 2 . résistance de contact entre les électrodes et le sol -
sion à c .c . utilisent parfois la terre comme conducteur négligeable ;
de retour portant des courants de plusieurs centaines 3 . résistance du sol dans les zones A et B entourant les
d'ampères . Enfin, comme le sol est un assez bon con- électrodes respectives - importante ;
ducteur, il offre un chemin à des courants de fuite de
4 . résistance du sol entre les zones A et B - négligeable .
toutes sortes qui peuvent provoquer la corrosion des
tuyaux métalliques enfouis dans la terre . La résistance (3) dépend surtout de la nature du sol et
de la profondeur à laquelle les électrodes sont enfon-
La résistivité du sol se situe entre 5 Q •m et 5000 S2 •m
cées dans le sol . L'expérience montre que la résistance
selon la composition de la terre (argile, sable, gra-
est surtout concentrée dans un rayon de 10 mètres
nit. etc.) et son degré d'humidité . Par exemple, au
autour de chaque électrode . Au delà de ce rayon, la
printemps, la résistivité du sol mouillé peut être de
résistance est négligeable . Par conséquent, la distance
50 4 •m alors que pendant la sécheresse d'été, elle
séparant les électrodes ne change pas la résistance en-
peut grimper à 300 S2-m . Remarquer que la résisti-
tre elles, à moins qu'elles soient très rapprochées .
vité du sol est plusieurs millions de fois plus grande
que celle du cuivre . On peut réduire la résistance (3) en enfonçant davan-
tage l'électrode dans le sol, ou en imbibant ce dernier
10 .21 Résistance entre deux électrodes de d'un produit chimique, tel que le sulfate de cuivre . En
terre général, la résistance diminue de moitié chaque fois
Malgré sa haute résistivité, le sol devient un excellent que la profondeur augmente d'un facteur de 1,7 . Par
conducteur grâce à la section presque sans limite qu'il exemple, si une profondeur de 1 m donne une résis-
offre au passage du courant . Par exemple, si l'on ap- tance de 80 S2, une profondeur de 1,7 m donnera une
plique une tension E à deux électrodes de terre piquées résistance de 40 S2 .
dans le sol, on constate que le courant s'étend à travers
tout le volume de la terre en suivant le chemin de la 10 .22 Mesure de la résistance d'une
électrode de terre
Fs . 10-21 . La résistance mesurée entre les deux élec-
trodes demeure relativement faible, même si elles sont On peut mesurer la résistance d'une électrode A, en-
distantes de plusieurs centaines de kilomètres . On peut foncée d'une profondeur h dans le sol, en utilisant le
distinguer 4 résistances sur le circuit de la Fig . 10-21 : montage de la Fig . 10-22 . Voici la procédure à suivre :

Figure 10-22
Mesure de la résistance d'une électrode de terre .

1) On enfonce dans le sol, à la même profondeur, une


deuxième électrode B, située à une distance d de
Figure 10-21
l'électrode A . Cette distance doit être au moins 10
Courant et résistance de terre . fois plus grande que la profondeur h .

122 ÉLECTROTECHNIQUE

2) À partir de l'électrode A, on plante une tige métal- RÉSISTANCES


lique C située à une distance de 0,6d de celle-ci, et
en ligne avec l'électrode B . On rencontre les résistances dans les démarreurs de
3) On applique une tension Et entre les électrodes A moteurs, les appareils de chauffage, les fusibles, les
et B, et on mesure le courant I qui en résulte . lampes à incandescence et les montages électroniques .
La plupart fonctionnent à des températures allant de
4) On mesure la tension E entre la tige C et l'élec-
100 °C pour les montages électroniques jusqu'à
trode A .
2000 °C pour les fours industriels .
5) Le rapport E/I donne la résistance du sol au voisi-
nage de l'électrode A . On dit tout simplement que 10 .23 Classes de résistances
c'est la résistance de l'électrode A . On peut diviser les résistances en trois classes arbi-
Il existe des instruments spéciaux pour mesurer la ré- traires selon qu'elles fonctionnent aux basses, moyen-
sistance d'une électrode (Fig . 10-23), mais la méthode nes ou hautes températures .
simple que nous venons de décrire donne une préci- 10 .24 Résistances à basse température
sion acceptable pour autant que les lectures soient pri- (155 °C et moins)
ses loin des installations électriques .
Les résistances à basse température fonctionnent à
155 °C ou moins . Elles sont surtout utilisées dans les
montages électroniques . Comme on les loge souvent
dans des boîtiers fermés, les bureaux de normalisation
ont prévu que des résistances pouvaient être soumises
à des températures ambiantes aussi élevées que 70 °C .
On peut donc tolérer pour cette classe de résistances
un échauffement (augmentation de température au-des-
sus de la température ambiante) de (155 - 70) = 85 °C .
Ces résistances sont petites et leur puissance varie de
1/4 watt à 10 watts environ . Elles sont fabriquées en
déposant une couche de carbone sur une tige de céra-
mique ou en bobinant un fil de nichrome sur un sup-
port de vitre ou d'époxy . Il existe dans cette catégorie,
Figure 10-23 une grande variété de résistances dont les spécifica-
Ohmmètre («megger») pour mesurer la résistance de terre . tions sont souvent établies par des normes militaires
Un générateur interne génère une tension maximale de 30 V
à une fréquence de 128 Hz . Cette fréquence assure que la (MIL specs) ou par des bureaux de normalisation
lecture de la résistance ne sera pas affectée par des courants comme EIA (Electronic Industries Association) et la
parasites de 50 Hz et 60 Hz circulant dans le sol . Les échelles CEI (Commission électrotechnique internationale) .
de 20 S2, 200 S2 et 2 kQ2 produisent respectivement des
courants efficaces de 10 mA, 1 mA et 0,1 mA (gracieuseté 10 .25 Résistances à température moyenne
Megger Instruments Limited) . (275 °C à 415 °C)
La majorité des résistances industrielles fonctionnent
à des températures moyennes comprises entre 275 °C
Exemple 10-10 et 415 °C . On trouve dans cette classe des résistances
Deux électrodes ,-\ et B séparées de 40 m sont enfon- fixes et des résistances variables (appelées rhéostats) .
cées à une profondeur de 80 cm dans un champ . Elles sont habituellement conçues pour fonctionner à
Une source de tension E_ 1 appliquée entre les élec- une température ambiante maximale de 40 °C . Leur
trodes y fait circuler un couvant de 0,2 A . On me- puissance varie de 10 watts à plusieurs kilowatts et l'élé-
sure une tension E de 19 V à une distance de ment résistif (fil ou ruban) est toujours un alliage de
60 'Ir x 40 = 24 m (le I' électrode A . La résistance de . nickel et de chrome. En général, on enroule le fil résistif
l'électrode est donc R = E/1= 19/0,2 = 95 £2 . sur un tube en céramique, après quoi on recouvre le
tout d'un émail en céramique qui garde les spires en
CONDUCTEURS ET RÉSISTANCES 123

place tout en les protégeant contre l'humidité et l'oxy-


dation . Les résistances ainsi protégées peuvent suppor-
ter un échauffement de 300 °C .
Les résistances plus puissantes et, par conséquent, plus
robustes ont leur élément résistif découvert ; l'échauf-
fement permissible est alors de 375 °C . Bien que cette
différence de température entre 300 °C et 375 °C ne
paraisse pas très grande, cela permet pourtant une aug-
mentation de la puissance dissipée d'environ 50 % . Figure 10-24c
Construction d'une résistance tubulaire de 100 W . Longueur :
Les Fig . 10-24a à 10-24i illustrent la construction de 165 mm, diamètre : 19 mm (Ohmite Mfg. Co .) .
diverses résistances ayant des puissances de 0,5 W à
200 kW.

Figure 10-24d
Élément de 750 W, 8,5 S2 servant au démarrage d'un moteur
à c .c . Longueur : 400 mm, diamètre : 40 mm .

Figure 10-24a
Élément de 2,45 kW, 70 A, 0,5 S2 servant au démarrage d'un
moteur à rotor bobiné . Dimensions extérieures : 485 mm x
130 mm x 50 mm (gracieuseté Ward Léonard) .

Figure 10-24e
Figure 10-24b Rhéostat de 1000 W servant à commander un groupe de
Cinq éléments en fonte de 200 kW chacun, servant à freiner lampes à incandescence . Diamètre extérieur : 305 mm
une machine de 160 MW . (gracieuseté Ohmite Mfg . Co.) .

124 ÉLECTROTECHNIQUE

Figure 10-24f
Potentiomètre d'ajustement de 7,5 W utilisé dans un montage
électronique . Longueur : 14 mm, diamètre : 13 mm
(gracieuseté Ohmite Mfg. Co.) .
Figure 10-24i
Étalons de résistance de 1 Q ayant une précision
de ± 0,000 001 % .

10.26 Radiateurs de plinthe


Par mesure de sécurité, les radiateurs de plinthe (Fig .
10-25a) fonctionnent à une température moyenne .
L'élément chauffant est logé à l'intérieur d'un cylin-
dre métallique portant des ailettes de refroidissement .
La température à la surface du cylindre est de 275 °C
environ et la température de l'air qui en sort est de l'or-
dre de 100 °C . Un thermostat de sécurité ouvre le cir-
cuit électrique si, pour quelque raison que ce soit, la
température intérieure dépasse 300 °C .
Figure 10-24g
Résistance de 33 300 000 000 Q2 (33,3 GQ) ± 5 Une construction spéciale canalise l'air frais par des
(gracieuseté Dale Electronics inc.) . voies appropriées, et permet d'éviter tout contact avec
les parties chaudes .

10.27 Résistances à haute température


(600 °C et plus)
Dans cette catégorie de résistances à haute tempéra-
ture, on rencontre les résistances utilisées dans les élé-
ments chauffants, les fours et cuisinières électriques,
les lampes infrarouges et les lampes à incandescence .
Leur température de fonctionnement varie de 600 °C à
2500 °C selon l'application . (À titre d'exemple, un élé-
ment de cuisinière (Fig . 10-25b) atteint une tempéra-
ture d'environ 950 °C à l'air libre) . La plupart des fours
industriels fonctionnent à des températures inférieures
à 1200 °C .

À ces températures élevées, la chaleur se dégage sur-


tout par radiation, la partie transportée par convection
devenant presque négligeable. À 1000 °C, par exem-
Figure 10-24h ple, une résistance à l'air libre dégage presque 90 %
Rhéostat motorisé pour régulariser la tension d'une source
de sa puissance par radiation et seulement 10 % par
triphasée (gracieuseté Ohmite Mfg. Co.) .
convection .

CONDUCTEURS ET RÉSISTANCES 125

rapprochant de celle produite par le soleil . Cependant,


le tungstène, qui fond à 3410 °C, conserve sa rigidité
mécanique jusqu'à 2500 °C, et à cette température il
émet une lumière qui est presque blanche .
Le molybdène, qui fond à 2610 °C, est utilisé comme
élément résistif dans les fours électriques à haute tem-
pérature . En général le four est maintenu dans une at-
mosphère d'hydrogène pour éviter l'oxydation des élé-
ments chauffants .
Enfin, le zinc, qui fond à 420 °C, est surtout employé
dans les fusibles . Bien que le plomb fonde à une tem-
pérature encore plus basse, il est rarement utilisé à cette
fin .

10 .29 Construction et comportement des


fusibles
Le point de fusion d'un élément conducteur est mis à
profit dans la construction des fusibles . Habituellement,
ces dispositifs contiennent une lame de zinc renfermée
dans un tube de fibre (Fig . 10-26) . La fibre est très
employée à cause de sa grande résistance aux arcs et
de sa dureté mécanique .

Figure 10-25
Comparaison des dimensions d'un radiateur de plinthe de
1250W, d'un élément de cuisinière de 1250 W et d'un chauffe- fusible à cartouche
30 A 250 V
eau électrique de 100 kW .
a . Radiateur de plinthe de 1250 W, 240 V pour installation
fusible à vis
dans une maison . Longueur : 1500 mm, hauteur : 185 mm .
15A 125V
b. Élément de cuisinière de 1250 W, 240 V. Diamètre :
205 mm .
c . Chauffe-eau de 100 kW pour un restaurant . Hauteur :
1500 mm, diamètre : 220 mm .

10.28 Température de fusion


La température de fusion est un des facteurs qui dé-
termine le choix des métaux utilisés pour la fabrica-
tion des éléments de four, des filaments de lampes à
incandescence et des fusibles .
La plupart des métaux ne conviennent pas à la pro-
duction de lumière parce qu'ils se ramollissent et fon-
dent aux environs de 1000 °C à 1300 °C . Or, à ces
températures, un conducteur devient rouge vif, et par Figure 10-26
conséquent, ne peut émettre une lumière blanche se Fusibles de divers calibres (gracieuseté Bussman Mfg .) .


126 ÉLECTROTECHNIQUE

1000
La lame de zinc (parfois d'argent) est amincie à un,
deux ou trois endroits sur sa longueur afin de créer des
points de plus grande résistance . Lorsque le courant 300s
200 A
dépasse la valeur nominale, ces zones faibles fondent
d'abord, coupant ainsi le circuit .
100
Lors d'un court-circuit franc, le courant devient très
intense, ce qui provoque, sous l'effet de la chaleur, une
25s
véritable explosion de l'élément fusible . La cartouche ~~ 300 A

de fibre doit pouvoir résister à la grande pression qui


se produit à ce moment et il faut éviter à tout prix que
l'arc soit maintenu par le métal vaporisé . Pour répon- ÎS
dre à ces exigences, on augmente la longueur du fusi- 400 A

ble à mesure que la tension d'utilisation augmente et


on réduit au strict minimum la quantité de métal qui
fond . 1
1 s ,
866 A
Pour un fusible industriel on spécifie non seulement le
courant nominal, mais aussi le courant maximal qu'il
peut interrompre . Par exemple, le fusible de 30 A de la
Fig . 10-26 peut ouvrir, sans faire éclater le tube de fi-
0,1
bre, un circuit dans lequel le courant de court-circuit
pourrait atteindre 200 000 A .
Les fusibles de grande capacité possèdent souvent un
élément fusible en cuivre ou en argent . La Fig . 10-27
montre les caractéristiques du temps en fonction du 0,01
courant de fusion d'un fusible de 100 A utilisé sur un 100 1000 10 000

réseau de distribution de 24 kV . Pour les périodes cour- - courant en ampères

tes, inférieures à une seconde, le 12t de ce fusible est


Figure 10-27
constant et égal à 750 000 A 2 •s . Temps de fusion en fonction du courant pour un fusible de
100 A utilisé dans un réseau de distribution aérien .
Les fusibles à vis utilisés dans les maisons fonction-
nent sur le même principe que les fusibles industriels ;
lors d'un court-circuit franc, les gaz sous pression peu- cendie . De plus, un mauvais contact tend à s'aggraver
vent s'échapper par de petits trous prévus à cet effet . avec le temps, à cause de l'oxydation due à l'échauffe-
En règle générale, les fusibles sont conçus pour sup- ment . Pour cette raison, on recommande que les joints
porter leur courant nominal à une température ambiante et points de contact soient vérifiés périodiquement . Les
de 50 °C . mauvais contacts sont toujours à craindre .

10 .30 Résistance de contact Exemple 10-11


Lorsqu'un fusible est mis en place, le contact avec les Les bornes d'un disjoncteur sont vissées a une barre
parties stationnaires n'est pas toujours parfait. Il en omnibus et la résistance de contact est de
résulte une résistance de contact appréciable qui peut 0,0001 ohm . Si le courant est de 6000A, calculer la
produire un échauffement considérable . La chaleur peut chaleur dissipée .
alors provoquer la rupture de l'élément fusible même
Solution
lorsque le courant est inférieur à sa valeur nominale .
La puissance dégagée sous forme de chaleur vaut :
En effet, tout joint peut chauffer lorsqu'il porte un cou-
rant . Un mauvais joint génère parfois assez de chaleur P = RI2
pour carboniser les isolants de support, créant ainsi un = 0,0001 x (6000) 2
danger de court-circuit à la masse avec possibilité d'in-
= 3600 watts

CONDUCTEURS ET RÉSISTANCES 127

Une telle chaleur aura tôt fait de griller les isolants Aux environs de 25 'C, sa résistance varie à raison de
avoisinants, de ramollir et d'oxyder les parties métal- 4 % par degré Celsius, ce qui rend le thermistor inté-
liques et peut même causer un incendie . Cet exemple ressant comme détecteur de température .
montre que même une résistance de contact très faible
10 .33 Le varistor
peut produire une température dommageable en pré-
sence d'un courant intense . Le varistor est également un conducteur non linéaire
dont la résistance instantanée décroît lorsque la ten-
10 .31 Résistances non linéaires sion à ses bornes augmente . Un type de varistor, ap-
La plupart des conducteurs possèdent une résistivité pelé Thyrite ® , est fabriqué avec des granules de car-
constante, c'est-à-dire que pour une température don- bure de silicium . Il se présente sous forme de disques
née, le courant circulant dans l'élément est propor- et sa caractéristique courant-tension (Fig . 10-29, courbe
tionnel à la tension appliquée. Il existe, cependant, une 1) montre que le courant augmente très vite avec la
catégorie importante de conducteurs pour lesquels le tension . Lorsque cette dernière augmente de 0,3 kV à
courant n'augmente pas proportionnellement à la ten- 12,5 kV, le courant passe de 1 A à 10 000 A .
sion ; pour cette raison, on les appelle résistances non Un autre type de varistor, composé de granules d'oxyde
linéaires . Les thermistors dont la résistance diminue de zinc, possède les propriétés montrées sur la courbe
avec la température et les varistors dont la résistance 2 de la Fig . 10-29. On constate que sa caractéristique
diminue avec la tension appliquée en sont deux exem- E-I est plus plate que la courbe 1, ce qui le rend encore
ples . plus efficace pour écrêter les surtensions . Ce genre de
10.32 Le thermistor varistor est souvent appelé varistor à oxyde de métal,
ou MOV («metal oxide varistor») .
La Fig . 10-28 montre la caractéristique d'un type de
thermistor. Elle montre que la résistance du thermis-
tor décroît brusquement quand la température aug- 100
mente. La résistance baisse progressivement de 4000 S2
à -50 °C, en passant par 100 S2 à 25 °C pour ne donner 12,5 kV
plus que 3 il à sa température maximale de 150 °C .
10
courbe 2
~7 kV
ô 2 kV
courbe 1
_o
Y
1

0,3 kV

0,1
1 10 100 1000 10 000
ampères

Figure 10-29
Caractéristique d'un varistor :
courbe 1 - type Thyrite®
courbe 2 - type à oxyde de métal (ZnO)

Pour des tensions plus élevées, on utilise plusieurs


varistors montés en série, comme dans les parafoudres
modernes . Placés en parallèle avec les transformateurs
et les sous-stations d'usines, les parafoudres suppri-
Figure 10-28 ment les hautes tensions qui risqueraient d'endom-
Caractéristique d'un thermistor . mager un appareillage coûteux .

128 ÉLECTROTECHNIQUE

10 .34 Résumé PROBLÈMES - CHAPITRE 10


La qualité d'un bon conducteur se mesure à sa faible
résistivité . Les principaux conducteurs utilisés en élec- Niveau pratique
trotechnique sont le cuivre et l'aluminium . On utilise
10-1 Pourquoi l'emploi de l'aluminium comme con-
aussi divers alliages pour la fabrication de conducteurs
ducteur est-il assez peu répandu dans les machines élec-
résistifs (lampes, éléments chauffants) . Les conducteurs
triques?
existent sous une grande variété de formes et peuvent
être recouverts de divers types d'isolants . 10-2 Qu'est-ce qu'un circular mil?
Au Canada et aux États-Unis, on utilise en plus des 10-3 De quoi dépend la résistance d'un conducteur
unités SI, le circular mil (cmil ou kcmil) pour expri- rond?
mer la section d'un conducteur simple ou d'un câble
toronné . Les fils normalisés portent aussi un numéro 10-4 La résistance du cuivre diminue-t-elle avec la
de jauge AWG . température?

Il est facile de calculer la résistance d'un conducteur 10-5 Qu'entend-on par l'ancien terme 500 MCM ?
connaissant sa résistivité, sa section et sa longueur .
10-6 Qu'est-ce qui limite le courant maximal admis-
Nous avons vu aussi que la résistivité et donc la résis- sible dans les fils nus? dans les fils isolés?
tance augmentent avec la température selon le coeffi-
cient de température (environ 0,4 % par degré Celsius 10-7 Pourquoi permet-on un courant admissible plus
pour les métaux usuels) . grand pour un conducteur isolé à l'amiante que pour
un conducteur isolé au caoutchouc?
Selon le type d'isolant dont ils sont recouverts et l'en-
droit où ils sont installés, les câbles et fils peuvent fonc- 10-8 Lorsque plusieurs conducteurs isolés sont pla-
tionner à diverses températures . Nous avons vu que cés dans un même tuyau métallique, pourquoi le cou-
l'augmentation de la température d'un conducteur sou- rant dans chacun doit-il être moindre que s'il n'y avait
mis à un échauffement rapide dépend de sa résistance, qu'un seul conducteur?
de sa chaleur massique et du facteur I2t. Nous avons
10-9 Qu'est-ce qui détermine l'épaisseur de l'isolant
donné les formules permettant de calculer le I2 t pour
autour d'un conducteur?
un conducteur de cuivre ou d'aluminium .
Au Canada, les installations électriques sont régies par 10-10 Pourquoi préfère-t-on parfois employer un fil
le Code canadien de l'électricité . #10 toronné au lieu d'un fil #10 plein?

Dans certaines applications, les propriétés mécaniques 10-11 Si un fil #12 toronné est remplacé par un fil
des conducteurs sont également importantes (résistance #12 plein de même longueur, sa résistance change-
à la traction) . Les caractéristiques électriques, mécani- t-elle?
ques et thermiques des principaux conducteurs sont 10-12 Pourquoi la résistance d'un fil augmente-t-elle
résumées dans le tableau 10-5 .
lorsqu'il porte un courant?
Les propriétés particulières de certains types de con-
10-13 Le fil #10 est-il plus petit que le fil #20? Quelle
ducteurs sont mises à profit dans des applications spé-
est la section de ces deux fils en cmils?
ciales . Par exemple : basse température de fusion des
fusibles pour la protection contre les surintensités et 10-14 Un moteur est bobiné avec deux fils #12 en
les courts-circuits, résistance non linéaire des varistors parallèle . Quel calibre de fil pourrait-on employer pour
pour la protection contre les surtensions . les remplacer?
Les conducteurs liquides ionisés, appelés électrolytes, 10-15 Un conducteur est formé de quatre fils #16 .
sont utilisés dans les piles ou les procédés de galvano- Quel est son numéro de jauge?
plastie. Enfin, mentionnons que la terre joue un rôle
important dans les installations électriques . Nous avons 10-16 Calculer la résistance de 210 m de fil #14 à
donné une méthode simple de mesure de la résistance une température de 25 °C . (Utiliser le tableau 10-1 .)
d'une électrode de terre . 10-17 Exprimer 500 kcmil en mm 2 .

CONDUCTEURS ET RÉSISTANCES 129

10-18 Le fil #4 carré a-t-il une section plus grande a) la résistance totale de la ligne à 25 °C
que le fil #4 rond? Si oui, de combien environ? b) les pertes dans la ligne si le courant est de 120 A
10-19 On doit choisir un câble qui devra porter un 10-32 En utilisant la formule R = pllA, calculer la
courant de 90 A. Quelle grosseur de fil est nécessaire résistance à 38 °C d'un fil #6 en aluminium, longueur
si l'isolant est en caoutchouc type RW75? (Voir tableau 1500 m . (Voir les tableaux 10-1 et 10-2 .)
10-4 .)
10-33 Quelle force de traction maximale peut-on
10-20 Expliquer ce qu'est un ion, un électrolyte . exercer sur un fil de cuivre #40 (recuit) sans provoquer
10-21 Pour quelle raison doit-on faire fonctionner les un allongement excessif? Quelle force provoquera sa
lampes à incandescence à très haute température? rupture?

10-22 Le radiateur de plinthe et le chauffe-eau de la 10-34 Comparer les puissances nominales que peu-
Fig . 10-25 ont presque les mêmes dimensions, bien vent transporter les 3 câbles de la Fig . 10-12 .
que les puissances absorbées soient respectivement de 10-35 Un élément de cuisinière de 2400 W ayant une
1 .25 kW et 100 kW. Comment expliquez-vous cela? surface de 600 cm2 atteint une température de 700 °C .
Calculer :
10-23 Si l'élément de cuisinière de la Fig . 10-25 avait
les mêmes dimensions que le radiateur de plinthe, quels a) la puissance rayonnée par l'élément sachant que la
seraient les effets sur la période de cuisson? constante de radiation k = 4,2 x 10-8 W/(m2 K4 )
10-24 Calculer la puissance absorbée par le varistor b) la puissance radiante reçue par l'élément si les murs
de type thyrite de la Fig . 10-29 lorsque la tension à ses de la pièce sont à une température de 25 °C
bornes est de 2 kV? 12,5 kV? c) la puissance nette perdue par l'élément, par radia-
tion
10-25 a) Quelle est la signification du facteur I2t ?
Niveau avancé
b) Un courant de 500 A circule dans un conducteur
pendant 3 secondes . Calculer la valeur de I2t. 10-36 Évaluer le courant de fusion d'un fil nu #20
en aluminium si on veut qu'il fonde en 0,5 s . La tem-
10-26 Que signifie le terme résistance non linéaire?
pérature initiale du conducteur est de 23 °C .
Niveau intermédiaire
10-37 Déterminer la résistance d'un fil de plomb
10-27 Un conducteur rond a un diamètre de 0,0172 ayant une longueur de 2 km et un diamètre de 2 mm, à
pouce . Quelle est sa section droite, en circular mils? une température de 130 °C .
10-28 Une bobine de fil #22 a une résistance de 10-38 Un câble en aluminium de calibre 477 kcmil a
400 S2 à 25 °C . Quelle est la longueur du fil? Quel est une contrainte de rupture de 155 MPa . S'il est com-
le poids de la bobine? (Utiliser les données du tableau posé de 19 torons ayant un diamètre de 4,02 mm, cal-
10-1 .) culer la charge de rupture en newtons et en livres force .
10-29 Déterminer à l'aide du tableau 10-1 et des rè- 10-39 La bobine de cuivre d'un électro-aimant pos-
gles propres au système AWG, la section en circular sède une résistance de 4 S2 lorsque sa température est
mils des fils #43 et #48 . de 22 °C . Après 2 jours de fonctionnement, on cons-
tate que le courant est de 42 A pour une tension de
10-30 La résistance mesurée d'un conducteur de cui-
210 V. Calculer la température moyenne de l'enroule-
vre est de 25 S2 lorsqu'il est plongé dans la glace fon-
ment à ce moment .
dante (0 °C) . Quelle serait sa résistance dans l'eau
bouillante (100 °C)? Note : le coefficient de tempéra- 10-40 La résistivité du sable sec (et du granit) est de
ture vaut 0,004 27/°C . l'ordre de 1000 S2-m . Calculer la résistance offerte par
un cube de 10 m x 10 m x 10 m de ce matériau .
10-31 Une ligne d'alimentation semblable à celle de
la Fig . 4-3 est composée de 2 fils conducteurs #4 en 10-41 Un câble triphasé de 15 kV, 750 kcmil, 90 °C,
cuivre . Si la distance entre la source et la charge est de semblable à celui montré à la Fig . 10-13, peut porter
800 m calculer un courant de 545 A lorsqu'il est logé dans un conduit .

130 ÉLECTROTECHNIQUE

Chaque conducteur est formé de 61 brins de cuivre . ne demeure pas constant mais augmente pro-
Calculer: gressivement avec le temps . Expliquer ce phénomène .
a) le diamètre de chaque brin 10-47 Un radiateur fonctionnant à une température
b) la chaleur dégagée par kilomètre, à une tempéra- de 800 °C est alimenté par une tension de 240 V . Si la
ture de 90 °C tension diminue à 210 V, quelle sera la nouvelle tem-
10-42 Dans le problème 10-41, si les conducteurs pérature? La température ambiante est de 20 °C et on
sont en aluminium, quel est le courant maximal qu'on suppose que les pertes par convection sont négligeables .
peut faire circuler dans chaque conducteur sans dépas- 10-48 La durée de vie d'une lampe à incandescence
ser les limites d'échauffement? varie inversement avec la cinquième puissance de la
10-43 Un fil #10 en aluminium porte un courant de tension à ses bornes . Si l'on applique la moitié de la
20 A . S'il contient 10 28 électrons libres par mètre cube, tension normale sur cette lampe, par quel facteur sa
calculer la vitesse du courant électrique en m/h . vie utile est-elle multipliée?
10-49 Une lampe à incandescence de 100 W fonc-
tionne à une température de 2600 °C . En négligeant
les pertes par convection et conduction, calculer la tem-
pérature du filament lorsque la puissance fournie à la
lampe est réduite à 50 W.
10-50 a) Quelle est l'énergie requise pour augmen-
ter la température d'une tonne d'eau de 10 °C à
90 °C?
b) Quelle est l'énergie requise pour augmenter la tem-
pérature d'une tonne de cuivre de 10 °C à 90 °C?
10-51 On désire faire circuler un courant très intense,
pendant une courte période, dans un fil en cuivre #12 .
La période de conduction est limitée à 0,5 s . Initiale-
ment, le fil est à 40 °C et on lui permet de s'échauffer
jusqu'à 90 °C . Calculer le courant admissible . (On sup-
posera que la chaleur dégagée à l'extérieur est négli-
Figure 10-30
Un réseau électrique comprend des centaines de milliers de geable .)
joints et de points de contact dont la résistance doit être
minimisée . Les joints à compression illustrés ici sont souvent
10-52 Le câble montré à la Fig . 10-12a porte un cou-
utilisés pour relier deux conducteurs (gracieuseté Hydro- rant de 444 A et sa température est alors de 90 °C .
Québec) . Calculer le courant que ce câble peut supporter lors
d'un court-circuit appliqué pendant 2 secondes, sans
10-44 Un four électrique pour la fonte d'acier doit dépasser la température maximale de 250 °C .
être gardé à une température de 1550 °C . Calculer la
10-53 Dans le problème 10-52, quel courant est ad-
puissance dégagée par les éléments chauffants s'ils ont
missible si la durée de la conduction est de 3 secon-
une superficie de 1 m2 et s'ils fonctionnent à une tem-
des?
pérature de 1650 °C . Utiliser la constante de radiation
k = 3 x 10-8 W/(mz K4 ) . 10-54 La résistance tubulaire de la Fig . 10-24c dis-
sipe une puissance de 100 W . Calculer sa température
10-45 Le chauffe-eau de 100 kW de la Fig . 10-25c
approximative si la température ambiante est de 40 °C .
doit élever la température de l'eau de 15 °C à 80 °C .
(Considérer les pertes par convection et par radiation
Quel débit maximal peut-on admettre en litres par mi-
et prendre k = 5 x 10 -8 W/(m2 K4) .)
nute?
10-55 Quelle tension faudrait-il appliquer sur la ré-
10-46 Si l'on applique une tension de 100 V sur le
sistance de la Fig. 10-24g afin de provoquer la circu-
thermistor de la Fig . 10-28, on constate que le courant
lation d'un million d'électrons par seconde?

CONDUCTEURS ET RÉSISTANCES 131

TABLEAU 10-5 PROPRIÉTÉS DES CONDUCTEURS (ET ISOLANTS) USUELS

propriétés électriques propriétés mécaniques propriétés thermiques


matériaux [symbole]
résistivité coeff . masse limite contrainte chaleur conductivité température
et p a volumique élastique de rupture massique thermique de fusion

composition ns2 m nf2 m à 0 °C kg/m 3 MPa MPa J/(kg °C) W/(m °C) °C
a 0 °C a 20 °C ( X 10-3)

aluminium [AI] 26,0 28,3 4,39 2703 21 62 900 237 660

argent [Ag] 15,0 16,2 4,11 10 500 - 172 230 408 960

Constantan ® 500 500 -0,02 8900 - 450 410 19,5 1250


54 % Cu, 45 % Ni, 1 % Mn

cuivre [Cu] 15,88 17,24 4,27 8890 35 220 380 394 1083

fer [Fe] 88,1 101 7,34 7900 131 290 420 79,4 1535

graphite/carbone [C] 8000 à 30 000 -- 0,03 2250 - - 710 --150 3600

laiton 60,2 62,0 1,5 ---8550 124 500 370 115 960
70 % Cu, 30 % Zn

manganine 482 482 ± 0,015 8410 400 - 20 960


84 % Cu, 4 % Ni, 12 % Mn

mercure [Hg] 951 968 0,91 13 600 - - 140 8,4 - 39

molybdène [Mo] 49,6 52,9 3,3 10 200 450 600 246 138 2620

Monel® 480 498 1,9 8840 530 750 530 22 1325


33 % Cu, 65 % Ni, 2 % Fe

Nichrome ® 1080 1082 0,11 8400 - 850 430 11,2 1400


80%Ni,20%Cr

nickel [Ni] 78,4 85,4 4,47 8900 200 500 460 90 1455

or [Au] dur 20,4 22,0 4,0 19 300 205 220 130 318 1064

platine [Pt] dur 98 106 3,9 21 400 180 250 131 71 1773

plomb [Pb] 203 220 4,19 11 300 5,5 15 130 35 327

tungstène [W] 49,6 55,1 5,5 19 300 - 1920 140 70 3410

zinc [Zn] 55,3 59,7 4,0 7100 - 70 380 110 420

eau pure [H 20] - 2,5 - 1000 - - 4180 0,58 0,0


X 10 14
air - - - 1,29 - - 994 0,024

hydrogène [H] L - - 0,09 - - 14 200 0,17 -


Piles et accumulateurs

Les piles sont des sources d'électricité qui transfor- (f.é .m .) d'environ 1 volt apparaît alors spontanément
ment directement l'énergie chimique en énergie élec- entre les deux électrodes . Si l'on branche une résis-
trique . Lorsqu'on raccorde ensemble plusieurs piles tance entre le pôle positif et le pôle négatif ainsi for-
pour produire une source de puissance ou de tension més, un courant commence à circuler comme le mon-
supérieure, on obtient une batterie d'accumulateurs que tre la Fig . 11-1 .
nous désignerons par le seul mot «batterie» . Le passage du courant produit une transformation gra-
L'invention de la pile électrique, par le professeur ita- duelle de la composition de l'électrolyte et des deux
lien Alessandro Volta en 1800, constitue une des plus électrodes et c'est grâce à cette réaction chimique que
importantes découvertes dans le domaine de l'électri- l'énergie électrique est libérée . Lorsque l'une des élec-
cité, car elle permettait d'obtenir, pour la première fois, trodes (ou l'électrolyte) est plus ou moins complète-
une source ininterrompue de courant électrique . Avant ment transformée, la f.é .m. disparaît et le courant cesse
cette époque, on ne connaissait que les décharges mo- de circuler. La pile est alors épuisée ou déchargée .
mentanées produites par l'électricité statique, lesquel- Dans le cas des piles primaires, la transformation chi-
les étaient peu propices pour déceler le champ magné-
tique et les autres phénomènes associés au passage d'un I

courant . C'est grâce à ces premières batteries élémen-


taires de Volta que les découvertes fondamentales
d'Oersted, de Faraday et d'autres scientifiques furent
rendues possibles .

11 .1 Principe d'une pile


Rien de plus simple que de construire une pile : il suf-
fit de plonger deux conducteurs différents (appelés
électrodes) dans une solution d'eau acidulée ou alca- Figure 11-1
line (appelée électrolyte) . Une force électromotrice Deux métaux différents et un électrolyte forment une pile .
132
PILES ET ACCUMULATEURS 133

urique désagrège progressivement l'une des deux élec- eau acidulée


trodes de sorte que la pile n'est plus utilisable lors- ion + ion -
qu'elle est déchargée . ee®eeee%e
Par contre, dans les piles secondaires, ou accumula- e ®eeé e e ®ee
teurs, la transformation chimique qui s'effectue lors ee e ee ee e e
de la décharge est réversible . On peut recharger ces
ee ee ee e eeeee
eeee
piles en y faisant circuler un courant en sens inverse,
ce qui redonne aux électrodes et à l'électrolyte leur Figure 11 -2a
composition chimique d'avant la décharge . Un acide mélangé avec de l'eau produit un électrolyte qui
contient des ions (+) et des ions (-) .
Bien que la construction d'une pile soit assez simple,
il faut toutefois trouver des électrodes et des électro-
lytes qui débitent beaucoup d'énergie, qui durent long- électrode A O- E ->O électrode B
temps, qui pèsent peu et ne coûtent pas cher.
Les électrochimistes ont réalisé un grand nombre de
e 9
piles primaires et secondaires dont les plus importantes, e 1)e C H
du point de vue commercial et industriel, sont données 9 ee ee Eaae
ee
au tableau 11-1 . Les tensions qu'elles développent se -9ee
situent entre 1,3 et 2 V environ, et leur énergie massi-
que varie de 300 kJ/kg pour une pile sèche au mercure Figure 11 -2b
Lélectrode A a une affinité pour les ions (+), ce qui lui donne
utilisable une seule fois, à 40 kJ/kg pour une pile au
une polarité (+) . Lélectrode B attire les ions (-), ce qui lui
plomb rechargeable des centaines de fois . donne une polarité (-) .

11 .2 Théorie de fonctionnement
Les réactions chimiques qui se produisent dans
une pile peuvent s'expliquer de la façon suivante
(Fig . 11-2) .
Considérons un électrolyte composé d'un acide mé-
langé avec de l'eau (Fig . 1 1-2a) . L'acide se dissocie en
ions positifs et négatifs comme on l'a expliqué à la
section 10 .19, chapitre 10. Si l'on plonge deux élec-
trodes différentes dans cette solution, on constate que
l'une d'elles tend à capter les ions positifs alors que Figure 11-2c
l'autre tend à attirer les ions négatifs . Cette affinité pour Lorsque les électrodes sont réunies par un élément
l'un ou l'autre des deux types d'ions rend une des élec- conducteur R, un courant I se met à circuler .
trodes positive et l'autre négative (Fig . 1 1-2b) .
Si l'on raccorde une résistance entre les électrodes, un
courant électrique s'établit et les ions positifs de la électrode I=o
complètement
solution se dirigent vers l'électrode positive tandis que
transformée +
les ions négatifs vont vers l'électrode négative .
Lors du contact avec les deux électrodes, les ions posi- e e
tifs captent des électrons alors que les ions négatifs en
E)
e e
perdent ; c'est précisément cet échange d'électrons qui e ® ee
provoque la circulation d'un courant électrique . L'ac- e ee
quisition ou la perte d'électrons produit en même temps
la transformation chimique des électrodes . Sur la Fig . Figure 11-2d
11 -2c, la partie hachurée des électrodes montre la por- La circulation du courant transforme les deux électrodes .

134 ÉLECTROTECHNIQUE

tion qui a été ainsi transformée . Lorsque l'une des deux chute de tension à l'intérieur de la pile .
plaques est entièrement transformée (Fig . 11-2d), le
On peut donc représenter une pile par une source de
courant cesse de circuler.
tension E° en série avec une résistance r (Fig . 11-3) .
Malgré leurs caractéristiques particulières, les piles ont La résistance interne dépend de la capacité de la pile,
plusieurs propriétés en commun . Nous étudierons de son état de décharge, de son âge, de sa température
d'abord ces caractéristiques semblables et analyserons et de sa constitution chimique .
ensuite les propriétés spéciales qui distinguent les pi-
les présentées au tableau 11-1 . Par exemple, la résistance interne d'une pile primaire
neuve N° 6 au carbone-zinc (diamètre 63 mm, hauteur
11 .3 Résistance interne 150 mm) est de 0,03 S2 environ . Cette résistance n'est
Au moment où l'on raccorde une résistance extérieure pas constante ; elle augmente lorsque la pile vieillit et
aux bornes d'une pile, on constate que la différence de au fur et à mesure qu'elle se décharge . Cependant, pour
potentiel diminue . Ce résultat provient du fait que la des courants normaux, la chute de tension interne est
pile possède une résistance interne provoquant une de l'ordre de 10 % de la tension à vide .

TABLEAU 11-1 PILES PRIMAIRES ET SECONDAIRES


PILES PRIMAIRES PILES SECONDAIRES
carbone- alkalino- zinc- lithium nickel- sodium- nickel lithium
mercure argent plomb
zinc manganèse air Mn 02 cadmium soufre M-H polymère

tension à vide V 1,5 1,35 1,5 1,6 1,45 3,3 2,0 1,3 2,1 1,5 3,2
tension d'utilisation V 0,8 0,9 0,8 0,9 1,1 2 1,7 1,0 1,5 1,2 2
minimale

énergie massique <J/kg 250 400 370 300 650 700 40 à 70 à 225 215 à 360 à
80 120 430 700

énergie volumique kJ/dm3 500 1400 900 1600 850 1000 à 150 à 150 à 400 750 540 à
2000 300 350 1200
taux de décharge bas bas bas bas très bas haut très haut très très
admissible bas haut haut haut
électrode positive Mn02 Zn Zn Zn 02 lithium Pb0 2 NiOOH S - lithium
+C

électrode négative Zn HgO + Mn02 A920 Zn Mn 02 Pb Cd Na - Vo x


graphite

électrolyte NH 4 CI KOH KOH KOH KOH H 2 SO4 KOH AI2 0 3 - polymère


ZnCI + ZnO + eau + eau + eau + eau + eau + etc
eau + eau

domaine de °C 0à 0à -30 à Oà -40 à -20à -40 à -60 à +300 60 à


température +50 +50 +50 +50 +40 +50 +50 +40 80

aptitude au stockage 1à3 5à7 4à5 4à5 3à4 5à7 2à4 4à6
ans ans ans ans ans ans ans ans
durée de vie années 2à3 4à5 3à4 4à5 2à3 5à20 10à20

Note : Les valeurs fournies dans ce tableau donnent les ordres de grandeur seulement . Pour connaître les caractéristiques précises
d'une pile, consulter les données du fabricant .

PILES ET ACCUMULATEURS 135

(à circuit ouvert) + A
Eo =1,5V
r = 0,2 S2
10

diamètre - 63 mm
hauteur - 150 mm

Figure 11-4a
Charge raccordée aux bornes d'une pile (exemple 11-1) .

0,2 S2

1 S2

Figure 11-3 Figure 11-4b


Pile sèche et son circuit équivalent . Calcul du courant et de la tension utilisant le circuit équivalent
d'une pile (exemple 11-1) .

11 .4 Décharge d'une pile


Exemple 11-1 Lorsqu'une pile alimente une charge, la tension à ses
Une pile a une f.é .m . de 1,5 V et une résistance in- bornes diminue très lentement pendant la décharge puis
terne de 0,2 S2 . Calculer l'intensité du courant et la tombe brusquement seulement lorsque la pile est pres-
tension entre les bornes A et B de la pile lorsqu'on que épuisée (Fig . 11-5) .
la raccorde à une résistance de 1 52 (Fig . 11 -4a) . Lorsque la tension atteint la valeur ultime E F , habi-
tuellement spécifiée par le fabricant, on considère que
Solution
la pile est déchargée . Dans le cas d'une pile primaire,
La résistance interne r agit en série avec la f.é .m. (Fig .
on peut se permettre de l'épuiser davantage, sachant
11-4b) . La résistance totale du circuit vaut :
que, de toute façon, on doit la jeter . Mais pour une pile
R = 1,0 + 0,2 = 1,2 S2 secondaire, il faut se garder de trop la décharger, car
cela peut réduire son pouvoir de récupération lorsqu'on
L'intensité du courant est alors veut la recharger.
1,5 V 11 .5 Capacité d'une pile
i = = 1,25 A
1,2 b2 La capacité d'une pile est la quantité d'électricité
La chute de tension interne est: qu'elle peut débiter avant que la tension à ses bor-
nes atteigne la tension E F de la Fig . 11-5 . Cette ca-
e = rI = 1,25 X 0,2 = 0,25 V pacité s'exprime généralement en ampères-heures
(A •h), bien qu'on puisse la donner en coulombs
La tension entre les bornes A et B vaut alors (1 A •h = 3600 C) . Une pile sèche ayant une capa-
cité de 30 A .h peut donc débiter un courant de 1 A
EAB = (1,5 - 0,25) = 1,25 V pendant 30 heures, ou bien 1/10 d'ampère pendant

136 ÉLECTROTECHNIQUE

borne (+) de chaque pile étant relié à la borne (-) de la


pile suivante (Fig . 11-6) . Les deux bornes libres cons-
tituent les bornes de la batterie .

a - pile au carbone-zinc b - pile au mercure

V
2,0

1,6
a b - pile au mercure (I= 20 mA)
E
1,2 b
E =1 V
a - pile au carbone-zinc q,
0,8
I = 200 mA Figure 11-6
E F = 0,8 V Groupement de deux piles en série alimentant une charge R .
0,4
Le «boîtier» des piles est négatif ; le pôle noir est positif .

0
0 20 40 60 80 100 120 140 160 180 h
>- temps
La force électromotrice de la batterie de piles grou-
Figure 11-5 pées en série est égale à la somme des forces électromo-
Courbes de décharge d'une pile au carbone-zinc (a) et d'une trices de chaque pile . La résistance interne de la batte-
pile au mercure (b) . rie est égale à la somme des résistances internes de
chaque pile .
La batterie d'une lampe de poche est généralement
300 heures . Cependant, la pile ne pourra pas débi-
formée de deux ou trois piles groupées en série .
ter un courant de 10 A pendant 3 heures (même si le
produit 3 A x 10 h donne 30 A .h), car la polarisation Exemple 11-2
de la pile serait excessive et la tension aux bornes tom- Trois piles sèches ayant chacune une résistance in-
berait brusquement . La capacité d'une pile n'est donc terne de 0 .3 S2 et une f.é .m . de 1 .5 V sont groupées
pas constante, mais dépend de l'intensité du courant en série . Quelle sera l'intensité du courant si l'on
débité . Plus le courant est intense, plus sa capacité en relie une résistance de 1012 aux bornes de cette bat-
ampères-heures diminue . terie?
Ordinairement, la capacité est spécifiée pour un temps
de décharge de 8 heures . Parfois on spécifie des pé-
Solution
riodes de 5 heures, ou de 1 heure . On doit alors se La force électromotrice de la batterie est :
rappeler que si le temps de décharge est plus court E = 3 x 1,5 V = 4,5 V
que celui spécifié par le fabricant, on perd de la capa- La résistance interne de la batterie est :
cité et que, dans le cas contraire, on en gagne .
r = 3 X 0,3 S2 = 0,9 S2
11 .6 Couplage des piles
La résistance totale du circuit vaut donc :
L' énergie limitée et la tension peu élevée des piles né-
R = 0,9 + 10,0 = 10,9 S2
cessitent leur couplage . On obtient alors une batterie
électrique . Le courant dans le circuit est :

1 . Groupement en série . Dans un groupement en série, 4,5 V


i = = 0,413 A
les piles sont placées les unes à la suite des autres, la 10,9 S2
PILES ET ACCUMULATEURS 137

La tension aux bornes de la résistance extérieure (et


aux bornes de la batterie) vaut donc :

E 12 = 10 £2 x 0,413 A = 4,13 V

Quand un appareil requiert


2 . Groupement en parallèle .
une intensité de courant plus grande que celle qu'une
pile peut normalement lui fournir, on est amené à grou-
per les piles semblables en parallèle . Dans ce mon-
tage, les bornes (+) sont reliées ensemble et les bornes
(-) sont reliées ensemble (Fig . 11-7) . La f.é .m . de la
batterie composée de piles semblables est la même que Figure 11-8
Groupement de quatre piles en série-parallèle .
celle d'une seule pile .

de deux groupes de deux piles en série, ces deux


groupes étant eux-mêmes reliés en parallèle .

Exemple 11-3
On désire alimenter sous une tension de 6 V un
relais dont la bobine a une résistance de 40 £2 .
On dispose de piles sèches de 1,5 V avant une
capacité de 30 A •h . Combien de piles sont requi-
ses et comment doit-on les grouper pour assurer
l'alimentation du relais pendant un minimum de
Figure 11-7 375 heures?
Groupement de deux piles en parallèle .
Solution
Tout d'abord, pour fournir la tension de 6 V, il suf-
fit de raccorder 4 piles en série .
Si les résistances internes des piles sont égales, le
courant débité par chacune d'elles est égal au cou- Le courant tiré par le relais est I = 6 V/40 0 =
rant total divisé par le nombre de piles . Si la résis- 0,15 A . Chaque pile pourrait facilement débiter ce
tance interne de l'une des piles est plus élevée que courant, sans que sa capacité en ampères-heures soit
celle des autres, elle débite un courant moins élevé diminuée . Il serait donc possible de relier seulement
que celui débité par chacune des autres piles . 4 piles en série pour alimenter le relais . Cependant,
avec ce groupement, chaque pile de la batterie se-
Toutes les piles que l'on veut grouper en parallèle
rait épuisée au bout de 200 heures, car 30 A .h/0,15 A
doivent être du même type . Il est très important de
= 200 h .
relier les bornes de même signe ensemble . En effet,
si la polarité de l'une des piles est inversée dans la Il faudra donc limiter le courant débité par les piles
batterie, cette pile sera détruite en quelques minu- à un maximum de 30 A .h/375 h = 0,08 A . Comme
tes . De plus, les autres piles se déchargeront com- le courant requis est de 0,15 A, il suffit de mettre en
plètement . parallèle 0,15 A/0,08 A = 1,87 groupes de 4 piles
en série pour alimenter le relais . Comme il est
3 . Groupement mixte .Quand on désire obtenir une
impossible de réaliser des groupes fractionnaires,
tension et un courant plus élevés que ceux d'une on doit utiliser deux groupes en parallèle . Ce grou-
seule pile, on emploie le groupement mixte (ou sé-
pement mixte de 8 piles est montré à la Fig . 11-9 .
rie-parallèle) .
Dans ce montage, chaque pile débitera un courant
Ainsi, à la Fig . 11-8, le groupement mixte est formé de 0,15 A/2 = 0,075 A .


138 ÉLECTROTECHNIQUE

0 CÀ 60À

mélange
relais
charbon (anode)
concassé
+ Mn0 2

Figure 11-9 NH Q CI
Voir exemple 11-3 . ZnCI électrolyte
H2 O
récipient en zinc
(cathode)

PILES PRIMAIRES

La plupart des piles primaires sont des piles sèches . Figure 11-10
On désigne sous ce nom les piles dont l'électrolyte Vue en coupe d'une pile «Eveready» au carbone-zinc (Union
est immobilisé par une substance absorbante . Puis- Carbide) .
qu'elles sont scellées, on peut les transporter et les
orienter dans tous les sens sans risquer de répandre le zinc, à un taux d'environ un gramme par ampère-
l'électrolyte . heure . Cette pile contient une énergie d'environ
11 .7 Polarisation 540 J/cm 3 .
Lors de la décharge d'une pile dans un circuit exté- 11 .9 Pile au mercure
rieur, il arrive souvent que de l'hydrogène se dé- La pile primaire au mercure (Fig . 11-11) possède plu-
gage sur une des électrodes et entoure celle-ci de sieurs avantages . Elle est robuste, petite, et peut être
bulles de gaz . Comme ces bulles d'hydrogène sont entreposée pendant de longues périodes . Sa résistance
de très mauvais conducteurs d'électricité, elles em- interne est basse de sorte que sa tension demeure très
pêchent le passage du courant . On constate alors constante lors de la décharge . Sa tension, à circuit
que le courant diminue d'autant plus rapidement que ouvert, demeure tellement stable qu'on peut l'utiliser
la pile est soumise à un taux de décharge plus élevé . comme source de tension de référence . Elle contient
Ce phénomène s'appelle la polarisation . trois fois plus d'énergie par unité de volume que la
Pour éviter la polarisation de la pile, on utilise une pile au carbone-zinc, ce qui explique son emploi dans
substance, appelée dépolarisant, qui absorbe les postes de radio portatifs, les missiles, les instru-
l'hydrogène au fur et à mesure de sa formation . ments de mesure portatifs, les montres électroniques,
les prothèses auditives et dans les appareils pour sti-
11 .8 Pile au carbone-zinc muler le cceur.
La pile au carbone-zinc, très répandue comme pile
pour les lampes de poche, comporte un récipient en
zinc qui constitue le pôle négatif (Fig . 11-10) .
Le pôle positif est un mélange de charbon concassé
et de bioxyde de manganèse ; l'électrolyte est un mé-
lange de chlorure d'ammonium et de chlorure de
zinc dissous dans l'eau . Ce mélange entoure un bâ- oxyde de mercure
ton de charbon qui sert de conducteur pour amener (cathode)
le courant à l'extérieur . Le récipient de zinc est sé- zinc (anode) électrolyte (KOH)

paré du mélange par une couche de papier poreux .


Figure 11-11
Lors de la décharge, la réaction chimique consomme Vue en coupe d'une pile au mercure (Mallory) .

PILES ET ACCUMULATEURS 139

11 .10 Pile aikalino-manganèse seau ou, encore, pour alimenter les dispositifs qu'on
Comme les piles au mercure, ces piles primaires al- ne peut pas raccorder facilement à un réseau de distri-
kalino-manganèse (Fig . 11-12) peuvent être entrepo- bution électrique. Ces deux applications principales per-
sées pendant de longues périodes sans se détériorer mettent de distinguer deux types de piles : celles qui
sensiblement . Bien que leur résistance interne ne soit travaillent peu souvent, mais qui doivent être toujours
pas aussi basse, et leur tension pas aussi stable, elles disponibles (éclairage d'urgence dans les édifices,
emmagasinent environ 900 J/cm3 . Elles sont supérieu- source d'énergie auxiliaire dans les postes électriques)
res aux piles carbone-zinc lorsqu'il faut alimenter des et celles qui sont utilisées dans les appareils mobiles
petits moteurs, des appareils photographiques, etc ., qui (automobiles, voitures électriques, sous-marins, avions,
demandent un gros débit de courant pendant une courte etc .) .
période . La première application exige une pile extrêmement
fiable qui dure de 15 à 25 ans, tandis que la seconde
demande une pile possédant beaucoup d'énergie par
rapport à sa grosseur, même si sa durée de vie est quel-
que peu restreinte .
À cause de son coût peu élevé, la pile au plomb est la
plus répandue, mais la pile au Ni-Cd trouve des ap-
plications lorsqu'on doit fournir de grandes puissan-
ces pendant de courtes périodes ou lorsque l'entretien
périodique par un personnel qualifié est impossible .

11 .12 Rendement d'une pile secondaire


Lorsqu'on recharge une pile secondaire, la quantité
d'électricité, en coulombs, qu'elle reçoit est presque
entièrement récupérable lors de la décharge . Selon son
état et sa construction, on peut obtenir des rendements
ampériques de l'ordre de 80 % à 90 % . Donc, une bat-
terie qui reçoit 100 A •h d'électricité pendant la charge
Figure 11-12
peut débiter de 80 à 90 A .h lors de la décharge .
Vue en coupe d'une pile al kali no-manganèse (Union Carbide) .
Par ailleurs, le rendement énergétique se situe entre
50 % et 70 % seulement, car la tension lors de la charge
est sensiblement supérieure à celle qui existe lors de la
11 .11 Durée de vie d'une pile primaire
décharge. On définit le rendement énergétique comme
À cause de réactions chimiques secondaires, une pile étant le rapport entre l'énergie en joules récupérée lors
se détériore même si elle n'est pas utilisée . Ainsi, la de la décharge et l'énergie fournie durant la charge .
capacité d'une pile neuve au carbone-zinc gardée dans
une pièce à une température normale (20 °C) devient à 11 .13 Production d'hydrogène
peu près nulle au bout de 4 ans . La température a une Plusieurs piles secondaires contiennent de l'eau dont
influence sur la durée d'une pile : une température éle- les molécules sont constituées de deux atomes d'hy-
vée accélère les réactions chimiques secondaires et drogène et d'un atome d'oxygène . Quand on recharge
diminue sensiblement sa vie utile . une batterie et surtout si l'on dépasse le seuil normal
de charge, l'eau se transforme peu à peu en hydro-
PILES SECONDAIRES gène et en oxygène. On peut observer le dégagement
de ces gaz à l'extérieur par le bouillonnement de l'élec-
Les deux principaux types de piles secondaires sont trolyte . Dans les piles secondaires scellées, ce déga-
les piles au plomb et les piles au nickel-cadmium (Ni- gement des gaz peut produire une pression interne de
Cd) . Elles sont utilisées pour fournir des puissances 400 kPa (relative) avant de provoquer l'ouverture
importantes pendant les pannes d'électricité sur un ré- d'une soupape de sécurité .


140 ÉLECTROTECHNIQUE

Pour les piles ouvertes, l'hydrogène forme avec l'air électrolyte H2 SO4
un mélange explosif. On doit donc éviter que le vo- +0 eau - 65 % 0-
lume d'hydrogène à un endroit ne dépasse 3 % du vo- acide - 35
lume d'air. La quantité d'hydrogène libérée par une
batterie déjà complètement chargée est donnée par l'ex-
pression approximative : Pb02 Pb

V = 0,25 EIt
ou Figure 11-13a
Pile au plomb chargée .
V = volume d'hydrogène, en litres [L]
E = tension de la batterie, en volts [V] Pb0 2 Pb
diminue diminue
I = courant, en ampères [A] PbSO4 PbSO 4
t = durée de la surcharge, en heures [h] augmente + - augmente

Par exemple, si l'on fait passer un courant de surcharge


de 2 A dans une batterie d'automobile de 12 V, elle électrolyte
dégage, dans une journée, environ le % d'eau augmente
le % d'acide diminue
V = 0,25 Elt
= 0,25 x 12 V x 2 A x 24 h
Figure 11-13b
= 144 L d'hydrogène Pile au plomb lors de la décharge .
On doit donc bien ventiler une pièce contenant des
batteries en charge et éviter d'y fumer. De plus, comme Pb02 Pb
chaque mètre cube (1000 litres) d'hydrogène est pro- + électrolyte +
PbSO 4 % o - PbSO 4
duit par l'électrolyse de 0,8 litre d'eau, il faut ajouter +0 eau - 85
acide - 15
de l'eau périodiquement à la batterie .
Enfin, mentionnons comme autre mesure de sécurité
que les électrolytes des piles secondaires sont très cor-
rosifs et que l'on doit éviter tout contact avec les yeux .

11 .14 Pile au plomb -théorie de


fonctionnement Figure 11-13c
Pile au plomb déchargée .
Une pile au plomb élémentaire est constituée d'une
plaque de plomb spongieux (Pb), et d'une plaque de
bioxyde de plomb (PbO2) plongées dans une solution
d'acide sulfurique (H2SO4) . La Fig . 11-13a représente
0 0
schématiquement les plaques d'une pile qui vient d'être
chargée . Les réactions chimiques qui se produisent sont
généralement expliquées par la théorie suivante .
1 . Décharge . Lorsque les bornes de la pile sont reliées
I&
à une charge extérieure, les réactions chimiques font
circuler un courant (Fig . 11-13b) . Pendant cette dé- électrolyte
charge, le bioxyde de plomb de la plaque positive se
transforme graduellement en sulfate de plomb (PbSO4)
et le plomb spongieux de la plaque négative se trans-
le % d'eau diminue
le % d'acide augmente
1LUMAI
forme également en sulfate de plomb. Lorsque les pla-
Figure 11-13d
ques deviennent à peu près identiques, la tension entre Pile au plomb en charge .
a un courant nominal de 160 - 8 = 20 A
PILES ET ACCUMULATEURS 141

rs-ci devient nulle et le courant cesse (Fig . 11-13c) . une batterie d'automobile . En effet, une densité plus
2. Charge . On peut recharger la pile en la reliant aux faible impose des électrodes plus grosses, ce qui as-
bornes d'une source à courant continu, de la façon in- sure en même temps une durée de vie plus longue .
diquée à la Fig . 11-13d . La borne (+) de la source est 11 .16 Entretien d'une batterie
relié à la borne (+) de l'accumulateur . On remarquera,
L'entretien d'une batterie est souvent dicté par l'usage
en comparant les Fig. 11-13b et 11-13d, que le sens du
courant pendant la charge est l'inverse de celui du cou- qu'on en fait . Ainsi, une batterie d'automobile reçoit
un soin plus ou moins attentif, tandis qu'une batterie
rant de décharge . Le sulfate de plomb est dissous par
de centrale hydro-électrique exige une surveillance
le passage du courant et les plaques reprennent leur
suivie et systématique . La durée de vie moyenne de la
état initial, comme le montre la Fig . 11-13a .
première est de 5 ans, et celle de la seconde, de 20 ans
11 .15 Caractéristiques d'une pile au plomb (Fig . 11-15) . On doit vérifier fréquemment le niveau
La tension aux bornes d'une pile au plomb pendant les de l'électrolyte et le maintenir à une position détermi-
née par l'addition d'eau distillée .
périodes de charge et de décharge normales est donnée
à la Fig . 11-14 .

V
décharge :-i charge
2,6
charge
2.4 normale 1,275
,. , .' 'o

2.0 les e „ o)
tension pa pile
1 .8 .B
lb ∎` 1,130
décharge norm
I I
0 2 4 6 8 10
0 2 4 6 8 10 12 h
- temps de décharge - temps de charge

Figure 11-14
Variation de la tension et de la densité de l'électrolyte pour
une pile au plomb, lors de la décharge et de la charge .

Le courant nominal est généralement basé sur une du-


rée de décharge de 8 heures . Ainsi, un accumulateur
de 160 A •h .
Figure 11-15
La résistance interne d'une pile utilisée dans une bat- Batterie au plomb ayant une durée de vie de 15 ans et plus
terie d'automobile est seulement de l'ordre de 2 mS2 . (Electric Storage Battery) .
Une telle batterie de 12 V, constituée de six piles de
2 V groupées en série, peut avoir à fournir un courant
de F ordre de 200 à 400A pendant l'intervalle très court La densité de la solution d'acide sulfurique donne une
requis pour le démarrage du moteur . indication de la condition de charge de la batterie . L' eau
Le tableau 11-1 indique que l'énergie massique peut pure a une densité relative de 1,00 alors que celle de
être de 40 kJ/kg ou de 80 kJ/kg selon l'application de l'acide sulfurique pur est de 1,85 . La solution acide
la pile . Cette différence importante provient du fait que d'une batterie d'automobile qui vient d'être chargée a
1-électrolyte des sources d'urgence est maintenue à une une densité d'environ 1,28 tandis que celle d'une bat-
densité relative de 1,21 comparativement à 1,28 pour terie complètement déchargée est de 1,12 .

142 ÉLECTROTECHNIQUE

La détermination de la densité se fait au moyen d'un dant désagrège les plaques . Lorsqu'on désire accélérer
pèse-acide (Fig . 11-16) . Le pèse-acide est plongé dans la réaction en amorçant la charge avec un courant ini-
l'électrolyte et le point d'affleurement du liquide sur tial intense, l'intensité de celui-ci ne doit pas dépasser
la graduation donne la densité . le nombre exprimant la capacité en ampères-heures .
Par exemple, le courant initial ne doit pas dépasser
160 A pour une batterie ayant une capacité de 160 A .h .
L'intensité de ce courant doit être diminuée à mesure
que la batterie se charge .
Les accumulateurs au plomb doivent être protégés con-
tre le gel, car même s'ils peuvent supporter des tempé-
ratures aussi basses que - 40 °C lorsqu'ils viennent
d'être chargés, leur résistance au froid est beaucoup
moins bonne lorsqu'ils sont partiellement déchargés .
Il faut donc tenir les accumulateurs bien chargés en
hiver, car autrement l'eau gèle, ce qui fend le boîtier .
La Fig . 11-17 montre la vue en coupe d'une batterie
d'automobile .

1 . borne
2 . bouchons avec
3 orifices
3 . trous de remplissage
et de ventilation
4 . couvercle
5 . indicateur de niveau
d'électrolyte
6, 7 . barre de connexion
Figure 11-16 entre piles
Mesure de la densité de l'électrolyte au moyen d'un pèse- 8 . plaque négative
acide (C & D Battery) . 9 . séparateur
10 . plaque positive
11 . récipient

On ne doit jamais abandonner une batterie qui est par-


tiellement déchargée, car un repos prolongé provoque
la sulfatation des plaques . Le dépôt blanchâtre de sul- Figure 11-17
fate de plomb sur les plaques devient dur et insoluble Vue en coupe d'une batterie d'automobile de 12 V (Electric
Storage Battery) .
dans l'acide ; la surface active des plaques est réduite
et leur résistance interne augmente . La capacité de la
batterie est ainsi réduite . Si la sulfatation est légère, on
11 .17 Pile au nickel-cadmium
peut la faire disparaître en faisant subir à la batterie
une longue surcharge à faible intensité de courant . La pile au nickel-cadmium (Fig . 11-18) est constituée
d'une électrode positive en hydroxyde de nickel et
On ne doit jamais pousser la décharge au-dessous de d'une électrode négative en cadmium, plongées dans
1,6 V, car le dépôt de sulfate sur les plaques devient une solution alcaline d'hydroxyde de potasse (KOH) .
alors très dur et très résistant; ce sulfate durci étant Pour les applications stationnaires, l'énergie volumique
insoluble, les plaques sont endommagées de façon per- est comparable à celle des piles au plomb. Les princi-
manente .
paux avantages de la pile au Ni-Cd sont les suivants :
Il est nécessaire de prendre quelques précautions pen- elle peut débiter des puissances énormes pendant de
dant la charge de la batterie . Ainsi, on ne doit pas pous- courtes périodes, on peut la décharger complètement
ser la charge trop loin, car le dégagement gazeux abon- sans nuire à ses caractéristiques, elle se décharge très

PILES ET ACCUMULATEURS 143

Soupape Protection des connexions


Une soupape à clapet empêche la F _- Les gaines de protection des con-
mise à feu, par une étincelle nexions, en PVC dur, éliminent
extérieure, du gaz contenu dans les risques de court-circuits
l'élément. Dans tous les types extérieurs .
d'accumulateurs il se forme en effet,
au moment de la charge, un
Groupes de plaques
mélange gazeux détonnant .
- Des baguettes verticales isolent et
Récipient en polypropylène . séparent les plaques positives
des plaques négatives.
Un espace entièrement dégagé a
été ménagé entre les plaques et le ()rei' e soudée par points au cadre
fond du récipient. Ceci évite les ut à la pochette supérieure de la
courts-circuits causés par les plaque.
boues sédimentaires .
- Matière active contenue dans des
pochettes. La matière active des
plaques positives est à base de
nickel . Celle des plaques négatives
est à base de cadmium .

Figure 11-18
Vue en coupe d'une pile au nickel-cadmium (gracieuseté de
Nife-Junger) .

lentement pendant les périodes inactives, elle ne dé-


gage pas de vapeurs nocives d'acide sulfurique et elle
est facile à entretenir.
Son débit élevé pendant de courtes périodes explique
pourquoi on l'utilise pour le démarrage des moteurs à
explosion . De plus, puisqu'on peut la charger et dé-
charger des milliers de fois, elle trouve une applica-
tion importante dans les installations stationnaires (Fig .
11-19) .
La densité de l'électrolyte, formée d'une solution de
20 % de KOH et de 80 % d'eau, ne change pas pen-
dant la charge et la décharge . On ne peut donc pas
mesurer l'état de la pile au moyen d'un pèse-acide .
Cependant, comme pour la pile au plomb, l'eau se dé-
compose lorsqu'on dépasse le seuil normal de charge,
libérant de l'hydrogène et de l'oxygène .

11 .18 Piles primaires et secondaires


spéciales
Figure 11-19
Il existe un grand nombre de piles primaires et secon-
Batterie composée de 3 groupes de 328 piles au nickel-
daires spéciales qui, ont été développées pour diverses cadmium, installée à l'aéroport de Sturup à Malmô, Suède .
applications . Par exemple, la pile primaire au lithium/ En cas de panne du réseau principal, elle assure la continuité
dioxide de manganèse est utilisée dans certains dispo- du service jusqu'à la mise en marche des génératrices
d'urgence . Cette batterie alimente un onduleur électronique
sitifs électroniques qui requièrent la conservation, à
de 180 kVA qui transforme le courant continu en courant
long terme, de données en mémoire, ou pour enregis- alternatif (gracieuseté de Nife-Junger) .



144 ÉLECTROTECHNIQUE

trer la date . Une autre pile primaire au lithium-ion sert (2) feuillard de lithium
à alimenter les pacemakers sur une période de cinq à anode (+)
dix ans . Cette pile d'une grande fiabilité fournit quel- (1) isolant / (3) électrolyte en
ques microampères seulement . face (-) de la cellule polymère solide

(4) oxyde de
On développe présentement des piles secondaires vanadium
spéciales pouvant fournir les grandes énergies et cathode (-)
puissances requises pour alimenter les voitures élec-
triques . Parmi les candidats possibles, mentionnons
les piles au sodium-soufre et au disulfure de fer et
de lithium . Toutes deux fonctionnent à haute
température . Les propriétés de la pile au sodium-
soufre sont résumées dans le tableau 11-1 .
Dernièrement, on a eu recours à une autre batterie
secondaire à base de lithium/métal-hydraté pour la face (+) de la cellule
traction automobile . En 1997, une voiture électri-
que, équipée de batteries de ce type, a effectué le Figure 11-20
trajet Boston-New York, une distance de 340 km, Construction d'une cellule ACEP.
sans recharge . On a utilisé 180 piles, donnant une
tension de fonctionnement de 220 V, une capacité Le tableau 11-2 donne les caractéristiques d'un mo-
totale de 126 A •h , et un poids de 431 kg . L'énergie dule composé de 8 cellules .
dépensée pour franchir la distance à une vitesse ap-
proximative de 85 km/h a été de 27,8 kW .h .
TABLEAU 11-2 CARACTÉRISTIQUES D'UN
D'autres batteries, à base de lithium-polymère, sont MODULE ACEP
présentement à l'étude pour alimenter les voitures
tension nominale 20 V
électriques . Ce type d'accumulateur, baptisé ACEP
(accumulateur à électrolyte polymère) a été déve- capacité à un taux C/3 120 A •h
loppé par un groupe de chercheurs d'Hydro-Qué- courant maximal 365 A
bec, de pair avec des sociétés américaines* . masse 15,7 kg
volume 11 kg
L'accumulateur est composé de cinq feuilles très
minces enroulées ensemble sous forme de rectan-
gle, comme le montre la Fig . 11-20 . La première Le taux C/3 correspond à une décharge de 3 heures à
courant constant . Comme la capacité est de 120 A•h , le
feuille est un isolant, la deuxième est un feuillard
courant correspondant est de 40 A . La batterie peut
de lithium métallique qui constitue l'anode (+) . La
être chargée et rechargée plusieurs centaines de fois .
troizième feuille est l'électrolyte à polymère solide,
Afin d'assurer une bonne performance elle est mainte-
suivie par une feuille polymère à base d'oxyde de
nue à une température entre 60 °C et 80 °C . De plus, la
vanadium qui devient la cathode (-) . Enfin, la cin-
quième feuille agit comme collecteur métallique du tension de chaque cellule est surveillée et régularisée
courant . Les cinq feuilles ont une épaisseur totale par un microprocesseur . La batterie ACEP offre une
de 0,1 mm seulement . En régime normal, la tension capacité énergétique par unité de masse neuf fois su-
périeure à celle d'une batterie au plomb convention-
est maintenue entre 3,2 V et 2,0 V.
nelle . Comme il n'y a pas d'électrolyte liquide, elle
peut être orientée dans toutes les directions . Enfin,
comme ses plaques sont très minces et souples, on peut
donner à la batterie n'importe quelle forme géométri-
La société 3M et le United States Advanced Battery Con- que, ce qui permet de l'adapter à de nombreux usages .
sortium, un partenariat associant General Motors, Ford,
Chrysler et l'Electric Power Research Institute, avec la par-
Cette batterie, encore en développement, indique le
ticipation du Département d'état américain de l'Énergie grand intérêt que l'on porte à la voiture électrique du
(DOE) et le Argonne International Laboratory. futur.


PILES ET ACCUMULATEURS 145

PILES À COMBUSTIBLE charge électrique


R
11 .19 Pile à combustible
électrons
Lorsqu'on fait brûler du bois, du charbon ou du gaz
naturel, l'oxygène de l'atmosphère réagit avec le com-
électrolyte
bustible pour produire une nouvelle substance . Cette
réaction chimique s'appelle oxydation . L'oxydation
d'un combustible dégage de grandes quantités d'éner-
gie, principalement sous forme de chaleur . La chaleur
dégagée peut être utilisée pour produire de la vapeur
qui fait tourner une turbine. Cette turbine entraîne à i
son tour une génératrice qui produit de l'électricité . ~n combustible oxygène
combustible ion ion oxygène
Malheureusement, lorsqu'on utilise de la chaleur pour
produire de l'électricité, le rendement est très faible .
Par exemple, le rendement d'un système thermo-élec- Figure 11-21
trique pouvant débiter une puissance de 1 kW est à Composants fondamentaux d'une pile à combustible .
peine de 20 % . Pour les grosses installations de
1000 MW, le rendement est seulement de l'ordre de
40 % . De plus, ces rendements sont obtenus en utili- dans l'électrolyte . L'électrolyte contient donc des ions
sant des températures à la limite de ce que les métaux positifs venant de l'électrode A et des ions négatifs
peuvent supporter. venant de l'électrode B . Les ions positifs et négatifs
Dans une pile à combustible, on contourne le problème se combinent pour former une substance électrique-
du faible rendement et des hautes températures en com- ment neutre. Cette substance s'accumule avec le temps
binant l'oxygène avec le combustible d'une manière et doit être enlevée afin d'empêcher la contamination
très astucieuse . En effet, la pile à combustible est un de la pile .
dispositif qui permet l'oxydation d'un combustible sans L'oxydation se produit donc à l'intérieur de l'élec-
le brûler. La quantité d'énergie libérée est la même, trolyte où les ions négatifs d'oxygène et les ions
mais elle apparaît directement sous forme d'énergie positifs du combustible se réunissent . Cependant,
électrique . Comment peut-on réaliser cette transforma- comme aucune énergie n'entre en jeu lors de cette
tion? réaction, toute l'énergie issue de l'oxydation est li-
Une pile à combustible est constituée essentiellement bérée aux électrodes sous forme d'énergie électri-
de deux électrodes A et B en contact avec un électro- que .
lyte (Fig. 11-21) . Elle comprend aussi un combustible Les électrons libérés à l'électrode A sont captés à
et une source d'oxygène . Le combustible que l'on dé- l'électrode B de sorte qu'un courant continu circule
sire oxyder est mis en contact avec l'électrode A, tan- dans la charge . L'électrode en contact avec le
dis que de l'oxygène est mis en contact avec l'élec- combustible est toujours négative . Selon le combus-
trode B . La charge électrique est raccordée entre les tible utilisé, la différence de potentiel entre les deux
deux électrodes . électrodes varie entre 0,5 V et 3 V.
Lorsque le combustible vient en contact avec son élec- En théorie, la puissance électrique fournie à la
trode il se produit une réaction spéciale qui a pour ef- charge est égale à la puissance thermique qui serait
fet de décomposer le combustible en ions positifs et en libérée si on brûlait le combustible . En pratique, il
électrons . Ces ions sont absorbés par l'électrolyte, où y a des pertes mais le rendement, même pour les
ils se déplacent lentement vers l'électrode B . Les élec- petites piles à combustible, atteint 40 % . Cette uti-
trons, par contre, sont captés par l'électrode A, traver- lisation directe de la combustion pour produire de
sent la charge et continuent vers l'électrode B . l'électricité constitue donc une nette amélioration
Les molécules d'oxygène qui touchent l'électrode B par rapport à la méthode conventionnelle utilisant
viennent capter ces électrons . Il s'ensuit que ces mo- les transformations intermédiaires en énergie ther-
lécules deviennent des ions négatifs qui se répandent mique et mécanique .



1 46 ELECTROTECHNIQUE

11 .20 La pile à hydrogène-oxygène ou un gaz, et l'électrolyte peut être un solide ou un


Les piles à combustible sont très complexes ; par con- liquide . De plus, l'oxygène peut être utilisé à l'état pur
séquent, nous nous limiterons à une description som- ou combiné avec d'autres substances .
maire de la pile à combustible la plus simple : la pile à La température de fonctionnement dépend du design ;
hydrogène-oxygène . certaines piles fonctionnent à des températures de
Il est bien connu que la combustion de 1 kg d'hydro- 60 °C, d'autres donnent leur meilleure performance à
gène consomme 8 kg d'oxygène . La réaction dégage 1000°C .
120 MJ de chaleur et le produit résultant est simple-
ment 9 kg d'eau .
Lorsque l'hydrogène est employé dans une pile à com-
bustible, les électrodes sont faites en platine et l'élec-
trolyte est une solution d'acide sulfurique . De l'hydro-
gène est continuellement fourni à l'électrode A et
de l'oxygène à l'électrode B (Fig . 11-22) . Si on four-
nit 1 kg d'hydrogène et 8 kg d'oxygène par heure aux
électrodes respectives, la réaction chimique produit
120 MJ/heure, soit une puissance électrique de
33,3 kW. La tension théorique est de 1,25 V ; il en ré-
sulte un courant débité de 33,3 kW =1,25 V = 26,7 kA .
On remarque que, tout comme les piles conven-
tionnelles, les piles à combustible sont des dispositifs
à fort courant et faible tension .

Figure 11-23
Cette pile à combustible contient 456 cellules raccordées en
série . Vingt de ces unités modulaires sont connectées en
série-parallèle pour fournir une puissance de 4500 kW. Détails
de construction : électrolyte ; acide phosphorique ; température
de fonctionnement : 190 °C; tension par cellule : environ 0,7 V ;
hydrogène hydrogène oxygène oxygène
densité de courant par cellule : 2500 A/m 2 ; rendement
(1 kg/h) ion ion (8 kg/h)
énergétique : 9500 Btu/kW •h ; temps de démarrage à partir
eau (9 kg/h) de 21 °C : 4 h ; temps de réponse : 0,5 s de 35 % à 100 % de
la puissance nominale (Electric Power Research Institute) .

Figure 11-22
Modèle simplifié d'une pile à combustible à hydrogène-
oxygène . Une pile à combustible est donc essentiellement une
pile primaire dans laquelle les agents électrochimiques
sont fournis constamment à une enceinte appropriée et
dont les produits résiduels sont constamment évacués .
11 .21 Types de piles à combustibles Une telle pile ne se décharge jamais car les produits
Il existe plusieurs façons de construire une pile à com- actifs (combustible et oxygène) sont remplacés au fur
bustible. Le combustible peut être un solide, un liquide et à mesure qu'ils sont consommés .

PILES ET ACCUMULATEURS 147

En résumé, la pile à combustible est un convertisseur PROBLÈMES - CHAPITRE 11


d'énergie chimique-électrique exceptionnel car :
Niveau pratique
1 . elle donne un rendement élevé par rapport à un sys-
tème thermo-électrique ; 11-1 Quelle est la différence entre une pile primaire
2 . elle peut être construite de façon modulaire et des et une pile secondaire?
unités peuvent être ajoutées selon le besoin ; 11-2 Nommez deux types de pile primaire et deux
3 . elle ne fait aucun bruit et elle ne produit pour ainsi types de pile secondaire .
dire pas de pollution . 11-3 Pourquoi ne doit-on jamais fumer dans une salle
La Fig . 11-23 montre une pile à combustible ayant une de batteries?
puissance nominale de 240 kW. 11-4 On se propose d'utiliser une batterie de piles au
carbone-zinc pour faire démarrer un moteur diesel de
11 .22 Résumé
10 kW. Est-ce un choix judicieux? Quel genre de bat-
Les piles permettent d'emmagasiner de l'électricité terie serait plus approprié?
sous forme chimique . Elles sont constituées essentiel-
11-5 Quel est l'avantage des piles scellées? Pourquoi
lement de deux électrodes, une électrode positive (+)
faut-il éviter de sceller les piles complètement?
et une électrode négative (-) en contact avec un élec-
11-6 Une batterie d'autobus a une capacité de
trolyte solide ou liquide . Lorsque la pile débite un cou-
300 A .h et sa tension nominale est de 12 V . Quel est le
rant, la circulation des ions (+) et des électrons à tra-
débit normal en ampères pendant 8 h? Pendant com-
vers l'électrolyte produit une transformation graduelle
bien de temps peut-on en tirer un courant de 10 A? Si
des électrodes . Il existe une grande variété de piles uti-
la batterie est déchargée, quel doit être le courant maxi-
lisant différents types d'électrolytes et d'électrodes . On
mal pendant la période de charge?
peut toutefois les regrouper en deux grandes catégo-
ries : les piles primaires qui ne sont plus utilisables une 11-7 Une batterie au nickel-cadmium de 12V aune
fois déchargées et les piles secondaires que l'on peut capacité de 100 A •h basée sur une période de décharge
recharger des centaines de fois . de 5 heures . Calculez la tension aux bornes lorsque le
courant est de 50 A sachant que la tension à circuit
Selon le type de pile la tension développée à vide est
ouvert est de 13 V et que sa résistance interne est de
comprise entre 1,3 V et 3 V environ . Toutefois, toute
2,4 mQ2 .
pile possède une résistance interne réduisant sous
charge la tension disponible entre ses bornes . Pour 11-8 On veut construire une batterie de 120 V utili-
obtenir une tension ou un courant plus élevé on rac- sant soit des piles au plomb, soit des piles au nickel-
corde les piles en série et en parallèle pour former une cadmium. Combien de piles seraient requises dans cha-
batterie ou accumulateur . La quantité de charge qu'une que cas?
batterie peut fournir est exprimée en ampères-heures .
11-9 Un pèse-acide de batterie d'automobile indique
La densité d'énergie ou énergie massique emmagasi-
une densité d'électrolyte de 1,1 . Doit-on recharger la
née peut varier de 40 kJ/kg pour une batterie au plomb batterie? Quelle est la densité indiquée lorsque la bat-
à 700 kJ/kg pour les piles au lithium .
terie est chargée complètement?
Les piles primaires les plus courantes sont la pile au
Niveau intermédiaire
carbone-zinc, la pile au mercure, la pile alkalino-man-
ganèse . Les deux principaux types de pile secondaire 11-10 La force électromotrice d'une pile sèche est
sont la pile au plomb et la pile au nickel-cadmium . Des de 1,5 V à circuit ouvert . La tension aux bornes est de
développements récents de piles secondaires spéciales 1,2 V quand une résistance de 6 S2 est connectée entre
à forte énergie massique permettent d'envisager le dé- ses bornes . Quelle est la résistance interne de la pile?
veloppement de la voiture électrique .
11-11 On veut alimenter une bobine avec un courant
Enfin, mentionnons les différents types de piles à com- de 300 mA pendant une période d'environ 100 heures .
bustibles qui utilisent la combinaison d'un combusti- Si la résistance de la bobine est de 20 Q, combien de
ble comme l'hydrogène avec de l'oxygène et permet- piles de 1,5 V sont nécessaires et comment doit-on les
tent de fournir des puissances supérieures à 100 kW . connecter? Chaque pile a une capacité de 30 A .h .

148 ÉLECTROTECHNIQUE

11-12 Dans le problème 11-11, s'il fallait alimenter 11-19 Une pile au nickel-cadmium peut débiter un
la bobine pendant 250 heures, combien de piles se- courant de 19,5 A pendant 8 heures avant que sa ten-
raient nécessaires et comment faudrait-il les connec- sion baisse à 1 V. La même pile peut débiter un cou-
ter? rant de 940 A pendant 5 secondes avant que sa tension
baisse à 1 V .
11-13 Une salle d'accumulateurs contient 500 piles
secondaires donnant une tension de 120 V Si l'on sur- a) Calculer la capacité en A .h dans ces deux cas .
charge les batteries pendant 4 heures, quelle quantité b) Quelle est la résistance interne de la pile à la fin de
d'hydrogène sera libérée, le courant de charge étant de la période de 5 secondes?
10 A? 11-20 Une batterie de 120 V servant à propulser
une voiture de mine doit fournir une puissance
11-14 Une batterie au carbone-zinc de 6 V ales di-
moyenne de 21 kW pendant 6 heures . Si l'on utilise
mensions suivantes : 135 mm x 70 mm x 100 mm .
des piles au plomb, calculez la masse approxima-
D'après le tableau 11-1, calculer :
tive de la batterie et le nombre de piles requises .
a) l'énergie disponible en joules Quel est le courant moyen débité? (Dans le tableau
b) la capacité approximative en ampères-heures de la 11-1, prendre 80 kJ/kg .)
batterie
11-21 On doit prévoir une source d'énergie d'urgence
c) le nombre d'heures pendant lesquelles on peut ali-
pouvant donner une puissance de 500 kW, à 240 V
menter une lampe de 6 W branchée sur la batterie
pendant 6 heures . Si l'on utilise des piles au plomb
11-15 Une pile au mercure pour montre a un dia- dont la durée de vie est de 15 ans et plus, calculer :
mètre de 11,5 mm, une épaisseur de 5,3 mm et pèse
a) le volume des piles
2,55 g . Sa capacité étant de 220 mA .h, déterminez le
b) le groupement des piles si chacune a une capa