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Exercices de Mathématiques

Polynômes : arithmétique, pgcd, ppcm


Énoncés

Énoncés des exercices

Exercice 1 [ Indication ] [ Correction ]


Montrer que deux polynômes A et B sont premiers entre eux ⇔ AB et A + B le sont.

Exercice 2 [ Indication ] [ Correction ]


Montrer que le Pgcd de X n − 1 et de X p − 1 est X pgcd(n,p) − 1.

Exercice 3 [ Indication ] [ Correction ]


Soient P, Q deux polynômes de C[X],
l premiers entre eux, et tels que P 2 + Q2 admette a pour
racine double. Montrer que a est racine de P 02 + Q02 .

Exercice 4 [ Indication ] [ Correction ]


Soient A, B dans IK[X] (non tous deux nuls) et soient U, V tels que AU + BV = pgcd(A, B).
Montrer que U et V sont premiers entre eux.

Exercice 5 [ Indication ] [ Correction ]


Trouver tous les polynômes U et V tels que (X − 1)3 U + (X + 1)2 V = 1.

Exercice 6 [ Indication ] [ Correction ]


Déterminer deux polynômes S et T de degré 5 tels que (1 − X)6 S + X 6 T = 1.

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Indications, résultats

Indications ou résultats

Indication pour l’exercice 1 [ Retour à l’énoncé ]


Montrer qu’on peut passer d’une identité de Bezout pour A et B à une identité de Bezout pour
A + B et AB (et réciproquement.)

Indication pour l’exercice 2 [ Retour à l’énoncé ]


Considérer la division euclidienne n = pq + r de n par p.
Montrer que X r − 1 est le reste dans la division de X n − 1 par X p − 1.
Constater alors que l’algorithme d’Euclide appliqué aux polynômes X n − 1 et X p − 1 suit en
parallèle l’algorithme d’Euclide appliqué à n et p.

Indication pour l’exercice 3 [ Retour à l’énoncé ]


Utiliser Bezout pour montrer que P + iQ et P − iQ sont premiers entre eux.
En déduire que a est racine double de P + iQ ou de P − iQ.

Indication pour l’exercice 4 [ Retour à l’énoncé ]


On a D = A ∧ B 6= 0. Simplifier par D dans une égalité de Bezout pour A, B.

Indication pour l’exercice 5 [ Retour à l’énoncé ]


Appliquer l’algorithme d’Euclide à (X − 1)3 et (X + 1)2 .
En déduire (X − 1)3 U0 + (X + 1)2 V0 = 1 avec U0 = −1 −1 2
16 (3X + 5) et V0 = 16 (3X − 10X + 11).
Trouver toutes les solutions en utilisant le théorème de Gauss.

Indication pour l’exercice 6 [ Retour à l’énoncé ]


Remarquer que (1 − X)6 S + X 6 T = 1 équivaut à ∀ x ∈] − 1, 1[, (1 − x)6 S(x) + x6 T (x) = 1.
Utiliser alors un développement limité. On trouve S = 1 + 6X + 21X 2 + 56X 3 + 126X 4 + 252X 5 .
Un changement de variable donne T (X) = −252X 5 +1386X 4 −3080X 3 +3465X 2 −1980X +462.

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Corrigés

Corrigés des exercices

Corrigé de l’exercice 1 [ Retour à l’énoncé ]


– Si (AB) ∧ (A + B) = 1 il existe U, V dans IK[X] tels que (AB)U + (A + B)V = 1.
Cette égalité s’écrit aussi A(BU + V ) + BV = 1.
Sous cette forme c’est une égalité de Bezout pour A et B.
On en déduit que les polynômes A et B sont premiers entre eux.
– Inversement, supposons que A et B soient premiers entre eux.
Il existe U, V dans IK[X] tels que AU + BV = 1.
(A + B)U + B(V − U ) = 1 (A + B) ∧ B = 1
 
Les égalités de Bezout montrent que
A(U − V ) + (A + B)V = 1 A ∧ (A + B) = 1
Puisque A + B est premier avec A et B, il est premier avec leur produit.
Conclusion : on a l’équivalence A ∧ B = 1 ⇔ (A + B) ∧ (AB) = 1.

Corrigé de l’exercice 2 [ Retour à l’énoncé ]


Soit n = pq + r la division euclidienne de n par p.
q−1
On a : X n − 1 = X pq+r − 1 = X r (X pq − 1) + X r − 1 = X r (X p − 1) X kp + X r − 1.
P
k=0
Puisque 0 ≤ r < p, il en découle que X r − 1 est le reste dans la division de X n − 1 par X p − 1.
On forme la suite des divisions de l’algorithme d’Euclide appliqué au couple (n, p) :

n = pq1 + r1 , p = r 1 q2 + r 2 , r1 = r 2 q3 + r 3 , . . . , rn−1 = rn qn+2

L’entier rn , dernier reste non nul dans cet algorithme, est le pgcd de n et de p.
Ce qui précède montre que l’algorithme d’Euclide appliqué aux polynômes X n − 1 et X p − 1
conduit aux restes successifs R1 = X r1 − 1, R2 = X r2 − 1, . . . , Rn = X rn − 1.
Dans cet algorithme Rn est le dernier reste non nul (car rn | rn−1 ⇒ Rn | Rn−1 .)
Il en découle que le pgcd de X n − 1 et de X p − 1 est Rn = X rn − 1 = X pgcd (n,p) − 1.

Corrigé de l’exercice 3 [ Retour à l’énoncé ]


Puisque P ∧ Q = 1, il existe U, V dans C[X]
l tels que U P + V Q = 1.
On en déduit A(P + iQ) + B(P − iQ) = 1, avec A = 21 (U − iV ) et B = 12 (U + iV ).
Il en découle que P + iQ et P − iQ sont premiers entre eux.
Or a est racine double de P 2 + Q2 = (P + iQ)(P − iQ).
Il est donc ou bien racine double de P + iQ, ou bien racine double de P − iQ.
Ainsi a est racine de P 0 + iQ0 ou de P 0 − iQ0 .
Dans tous les cas, il est racine de leur produit (P 0 + iQ0 )(P 0 − iQ0 ) = P 02 + Q02 .

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Corrigés

Corrigé de l’exercice 4 [ Retour à l’énoncé ]


Puisque A, B ne sont pas tous deux nuls, leur pgcd D est non nul.
Il existe deux polynômes A b et B
b tels que A = DA
b et B = DB.b
L’égalité AU + BV = D donne alors D(AU b + BV
b ) = D donc AUb + BVb = 1.
Cette égalité de Bezout prouve que U et V sont premiers entre eux.

Corrigé de l’exercice 5 [ Retour à l’énoncé ]


(X − 1)3 et (X + 1)2 étant premiers entre eux, il existe des solutions (U, V ).
On trouve l’une d’elles en appliquant l’algorithme d’Euclide à (X − 1)3 et (X + 1)2 .
D’abord (X − 1)3 = (X + 1)2 (X − 5) + 12X + 4, puis 36(X + 1)2 = (12X + 4)(3X + 5) + 16.
On en déduit : 16 = 36(X + 1)2 − (12X + 4)(3X + 5)
= 36(X + 1)2 − (3X + 5)((X − 1)3 − (X + 1)2 (X − 5))
= −(3X + 5)(X − 1)3 + (3X 2 − 10X + 11)(X + 1)2
Ainsi (X − 1)3 U0 + (X + 1)2 V0 = 1 avec U0 = −1 −1 2
16 (3X + 5) et V0 = 16 (3X − 10X + 11).
Pour tout couple (U, V ) on a alors :
(X − 1)3 U + (X + 1)2 V = 1 ⇔ (X − 1)3 U + (X + 1)2 V = (X − 1)3 U0 + (X + 1)2 V0
⇔ (X − 1)3 (U − U0 ) = (X + 1)2 (V0 − V )
U = U0 + (X + 1)2 C

Cela équivaut (Gauss) à l’existence de C dans IR[X] tel que .
V = V0 − (X − 1)3 C
Remarque : la solution (U0 , V0 ) obtenue par la méthode précédente est “optimale”, car elle
minimise les degrés. Pour toute autre solution (U, V ), on a deg U ≥ 2 et deg V ≥ 3.

Corrigé de l’exercice 6 [ Retour à l’énoncé ]


Puisque (1 − X)6 ∧ X 6 = 1, il existe des polynômes S, T tels que (1 − X)6 S + X 6 T = 1.
Remarquons que (1 − X)6 S + X 6 T = 1 équivaut à ∀ x ∈] − 1, 1[, (1 − x)6 S(x) + x6 T (x) = 1.
1 T (x)
Sous cette forme le problème devient : 6
= S(x) + x6 = S(x) + o(x5 ).
(1 − x) (1 − x)6
1
Cela signifie (puisqu’on veut deg S ≤ 5) que S(x) est le DL de en 0 à l’ordre 5.
(1 − x)6
1
Or 6
= (1 − x)−6 = 1 + 6x + 21x2 + 56x3 + 126x4 + 252x5 + o(x5 ).
(1 − x)
On en déduit donc S = 1 + 6X + 21X 2 + 56X 3 + 126X 4 + 252X 5 .
On remarque enfin que (1 − X)6 S(X) + X 6 T (X) = 1 ⇔ (1 − X)6 T (1 − X) + X 6 S(1 − X) = 1.
Cela signifie que le polynôme T est donné par T (X) = S(1 − X). On trouve alors :
T (X) = 1 + 6(1 − X) + 21(1 − X)2 + 56(1 − X)3 + 126(1 − X)4 + 252(1 − X)5
= −252X 5 + 1386X 4 − 3080X 3 + 3465X 2 − 1980X + 462

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