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Histoire de la musique du XXeme siècle

Naturalisme et Vérisme au tournant du siècle

Naturalisme – France 1890/1914


Vérisme – Ecole italienne 1890/1914
Expressionnisme – Allemagne, début Xxème

Adaptation de courants extérieurs (littérature) dans le domaine musical. Ces termes représentent surtout des tendances
pour s'échapper du romantisme et aller au-delà.

I. Naturalisme et Vérisme

Genre dominant en France : l'opéra. On apprécia l'oeuvre de Meyerteer (Grang Opéra historique). Il est le
compositeur le plus joué à Paris au XIXème siècle. Mais à partir de 1893, lorsque Wagner commence à être joué,
Meyerteer est mis de côté. La musique de Berlioz est mise de côté, on refuse de le voir comme un compositeur d'opéra.
On aime la musique légère, le divertissement : Offenbach relance le dvt des théâtres populaires. La liberté de
programmation est donnée aux théâtres vers 1962.

Le Naturalisme est un courant issu de la littérature (Zola, Maupassant, Huysmans…) vers 1880. Apparition du
prolétariat, des « petits métiers », etc qui engendre des nouveaux écrits. 1Ers essais de musique naturaliste sur des textes
de Zola : 1891/93. Quotidien avec des personnages qui chantent en vers : échec. On puise alors dans le verisme pour
présenter sur scène des personnages de tous les jours, dans des situations quotidiennes.Rejet de l'alexandrin pour utiliser
la prose => plus de crédibilité.
Au début, musique trop complexe car les compositeurs sont souvent des wagnériens convaincus (Alfred
Bruneau – 1857/1934). Massenet, Gounod. Musique en partie lyrique qui veut s'échapper du romantisme. Influence de
Wagner : leitmotiv. Bruneau, le rêve, 1891, l'Attaque du moulin, 1893. Echecs, malgré la collaboration avec Zola.
Leur collaboration est repenssée. Zola écrit des livrets pour l'opéra : Messi d'or (?), Louise de Charpentier (le
grand succès naturaliste, plus de 1000x représenté) : œuvre mixte, mêle prose et vers, écriture wagnérienne et thèmes
populaires. → En Italie, surtout, recherche d'une musique plus simple avec textes en prose.
Mais qu'est-ce qu'une musique naturaliste ? Intégration d'instruments traditionnels (mandoline) pour donner
une couleur locale, mais bon… Importance du décor, du costume banal. Choix au départ mal vus par les amateur
d'opéra.

Charpentier est un compositeur de province issu d'un milieu modeste et il entend beaucoup de musique
populaire (dvt des Orphéons). Il crée le « conservatoire de Mimi Pinçon » pour les ouvrières. Il vient ensuite à Paris,
obtient le prix de Rome, voyage en Italie. Puis nostalgie qui le pousse à écrire Louise dans lequel il intègre beaucoup de
sa vie personnelle. Il y intègre des pièces écrites pour les rosières de son village, pour « la muse de Montmartre ». Il
récupère ces idées pour écrire Louise : idéaux sociaux, présentation du milieu populaire. Le public modeste s'y retrouve,
grand succès. (je t'aime mon amour de ma vie). Les personnages s'expriment avec le langage de l'époque, de tous les
jours. « Roman musical ». Julien est un marginal (musicien, poète) et tombe amoureux de Louise, fille d'ouvriers
modèles et miséreux (mais éduqués => volonté de Charpentier d'apporter la culture à tous les milieux sociaux). La mère
n'apprécie pas Julien à cause de son métier. Louise fugue (en 1900 ! La ouuuuf!) avec Julien et s'en va dans les coins
perdus : Montmartre. 1Ers lampadaires qui illuminent « l'Enfer » pour les parents. Louise devient la muse de
Montmartre. Le père tombe malade puis guérit et elle veut repartir. Le père ne veut plus la laisser partir, mais Louise est
irrémédiablement attirée par la « mauvaise vie ». Rapports sociologiques de grande importance : rapports conflictuels
générationnels, revendication de l'amour libre en dehors du mariage, rapport d'éducation parents/enfants, rapports
sociaux (transgression sociale possible?). Le père représente le monde du travail/Julien du monde du plaisir. Idée que
Paris, Montmartre sont les lieux du plaisir => sociétés juxtaposées.
Charpentier intègre des timbres musicaux de l'époque qui permettent de plonger le spectateur au coeur de Paris
(laitière, marchands qui circulent et qui utilisent chacun le timbre typique de son corps de métier) plus bruits d'un atelier
de couture. Rend sa musique plus vraie. La faute du drame est incombée à Paris, la ville-lumière et à la société semble
dire Charpentier.

♪. Julien se ballade à Montmartre.


♪. Conflit terminal père/fille. Apparition en arrière-plan de valses parisiennes qui attirent la jeune fille.

Vérisme > se réfère à l'origine à un courant littéraire italien des années 1870. Courant littéraire lui(même issu
d'un mouvement de jeunes bohèmes milanais. Idéaux romantiques portés au début du 19 e siècle par Napoléon qui
fascine la jeune génération italienne. Autours de 1870, unification de l'Italie. Plus de combat politique à mener,
recherche de nouveaux idéaux. En 1804, Napoléon avait créé une première unité Italienne puis débâcle de l'empereur et
retour des dominations autrichiennes, françaises, etc. Volonté de sortir de cette époque d'entre-deux. Cherchent une
certaine indépendance pour ne pas être dans les pas de la musique wagnerienne dont on commence à entendre parler.

Volonté d'aller vers plus de vérité ; admiration pour la littérature française et pour Carmen. Femme du peuple
qui s'éprend d'un soldat. Recherche de concision, de couleur locale vivante, goût pour les couches sociales moyennes.

Librettistes importants dans ce courant : Boïto, Illica, Giacosa, etc. Verga (1822-1840), père spirituel de ce
courant. Action violente rapide plutôt située dans le sud de l'Italie. Livrets parfois écrits en patois (sicilien). Mise en
avant des revendications sociales du Sud (« pauvres »). Opposition N/S : langue, niveau de vie.

Verdi donne l'impression aux jeunes musiciens de s'être sclérosé : à la fin des années 80, son écriture est décrite
comme ayant peu évolué. Verdi a la volonté de lutter contre les évolutions de l'opéra. Aïda est un de ses derniers opéra
et il est purement italien. En 1887, il compose Othello, opéra qui tient compte de certaines évolutions de son temps.

Les jeunes musiciens veulent s'affirmer en s'opposant à Verdi. Recherche notamment d'une ligne vocale plus
simple. Deux ouvrages principaux :
• Cavallera rusticana, (chevalerie rustique) Mascagni (1863-1945) : livret adapté d'une nouvelle de Verga.
Intrigue mêlant code d'honneur paysan, esprit chevaleresque et infidélité féminine dans un décor de village
sicilien le dimanche de Pâques. La musique renforce l'intrigue en jouant sur des éléments vrais : chanson à
boire, sons de cloches, salve regina chanté par la foule, etc. La nouvelle de Verga est réduite à minima.
• I Pagliaci (Paillasse), Leoncavallo. Le compositeur se serait inspiré d'une histoire vraie racontée par son père
juge. Intrigue se situant dans une troupe de cirque ambulant dans un village de Calabre. Infidélité féminine et
jalousie. Le mélange du jeu théâtral et de la réalité mène au drame.
• Importance du prologue de Paillasse, qui fait office de manifeste vériste = monologue qui explique ce que le
spectateur s’apprête à voir, et que l'histoire est vraie, qu'elle a eu lieu 20 ans avant.

« L'auteur a cherché à peindre une tranche de vie. Il a pour seule maxime que l'artiste est un homme et que
c'est pour les hommes qu'il doit écrire et s'inspire de la vérité ». « Au fond de son âme des souvenirs lui
revinrent, et avec de vraies larmes il écrivit, ses soupirs marquants la mesure. Vous verrez donc aimer comme
aiment les hommes, vous verrez de la haine les sinistres effets ; vous entendrez de la douleur les spasmes, des
cris de rage et des rires sardoniques. Et vous, plutôt que nos pauvres défroques de bouffons, considérez nos
âmes, car nous sommes des hommes de chair et d'os qui, tout comme vous, respirons l'air de ce monde
orphelin ! »

♪. Cavallera rusticana, n°3 : utilisation des cloches.

= Esthétique du coup de couteau : action directe, rapide et qui prend appui dans la vie quotidienne. Exotisme de
proximité (description des bas-fond de Naples, sud de l'Italie, village de Calabre, etc.). Utilisation d'instruments
traditionnels.

Les vrais compositeurs véristes sont ceux qui appliquent les principes véristes aux alentours de 1890. Puccini
peut-il être considéré comme vériste ? Cf Turandot : légende, Chine, pas vériste. Tosca non plus. Mais la Bohème oui
(1830).
+ compositeurs du début du siècle qui produisent une multitude de pièces, dont certaines véristes mais pas toutes (y
compris Mascagni).

Mascagni compose Cavallera rusticana pour un concours organisé par une maison d'édition. Cahier des
charges : opéra court en un acte, sujet facile, petite nouvelle.

Vérisme : entreprise de marquetting ? Mascagni rêve de composer un ensemble de trois opéras historiques et
n'est pas dans l'idée de composer du vérisme à 100 %.

Ce qui était frais et nouveau dans les années 90 et en opposition à Verdi devient peu à peu de la convention :
toujours présence d'une fête de village, d'une chanson à boire, etc. Glissement vers le cliché. Le véritable vérisme
disparaît très rapidement après 1905.