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octobre 2010

Courbevoie, le 14

REfORME DES REtRAItES

Les jeunes qui manifestent
mettent en danger leur emploi
Malgré la forte mobilisation de mardi, le gouvernement ne réagit toujours pas. La JOC (Jeunesse Ouvrière
Chrétienne) appelle une nouvelle fois les jeunes à manifester samedi 16 octobre pour exiger une réforme
plus juste et plus équitable. Les jeunes travailleurs, les apprentis sont directement concernés mais n’ont pas
les moyens d’exprimer leur mécontentement. Eux ne peuvent pas faire grève au risque de mettre en péril
leur emploi, sur un marché du travail déjà pauvre. Des jeunes sont même mis à la porte lorsqu’ils décident
de faire grève !

« Lorsque j’ai annoncé que je ne serai pas là mardi pour la grève, ils ont tout simplement mis fin à mon contrat
! », raconte Benoît intérimaire. « Je suis en CDI à temps partiel. Je ne peux pas me permettre financièrement
de perdre une journée de travail, » explique Mylène, 23 ans, agent de sûreté dans un aéroport. Idem pour
Laurent, employé dans l’hôtellerie-restauration : « J’ai un contrat saisonnier, si je veux être repris l’année pro-
chaine, je n’ai pas intérêt à faire grève. » Nombreux sont les jeunes travailleurs à ne pas pouvoir faire grève :
insécurité de l’emploi, difficultés financières, pressions… Ces mêmes jeunes profiteront du week-end ou de
leurs journées de repos pour aller manifester samedi.

« Dans sa forme actuelle la réforme des retraites est profondément injuste. Aujourd’hui, on semble dire aux
jeunes qui entrent tôt dans le monde du travail et qui font souvent les métiers les plus pénibles, qu'ils ne
comptent pas, constate Stéphane Haar, Président de la JOC. Ils sont les premières victimes de la réforme et
pourtant ils ne peuvent pas manifester. Nous allons continuer de nous battre pour faire entendre l’avis des
jeunes de milieux populaires. »

Pour cette réforme, le dialogue social n’a pas été respecté. La JOC regrette que les jeunes n’aient pas été
consultés alors que le gouvernement n’a eu de cesse de répéter que cette réforme était faite pour eux. Pour
faire entendre la voix des jeunes, la JOC a créé avec 19 autres organisations le collectif « La retraite, une
affaire de jeunes ! ». En tant que première organisation nationale de jeunes de milieux populaires, le mouve-
ment continuera de porter la parole des jeunes travailleurs.

La JOC, c’est la Jeunesse Ouvrière Chrétienne : une association de
10 000 garçons et filles de milieux populaires âgés de 15 à 30 ans.
Contact presse :
Ensemble, ils discutent, réfléchissent et agissent pour avoir prise sur ce
Asmahàn BAUCHET
qu’ils vivent et changer ce qui ne va pas autour d’eux et dans la société.
Tél. : 06 80 13 74 83 - 01 49 97 00 18
Les initiatives qu’ils mènent touchent à toutes les dimensions de leur vie
E-mail : asmahan.bauchet@joc.asso.fr
: boulot, fric, logement, santé, loisirs… Avec 120 fédérations locales, la
JOC - BP 36 - 246, boulevard Saint-Denis
JOC est la seule association nationale de jeunes de milieux populaires.
92403 Courbevoie Cedex
Elle est gérée et animée par les jeunes eux-mêmes.
www.joc.asso.fr
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Ils expliquent pou

« J’ai fais la grève et ils ont mis fin à mon contrat »
Benoît, 25 ans, intérimaire. « Je travaille en intérim, j’avais une mission dans une usine, du travail à la chaîne.
Comme d’habitude on me promettait un CDI, j’étais sur un poste « pérenne ». Ils avaient les mots pour me faire
revenir chaque jour : « vous êtes indispensable, vous apprenez vite ! ». Et puis lorsque j’ai annoncé que je ne
serai pas là mardi, ils ont tout simplement mis fin à mon contrat : « alors on ne peut pas vous garder ». En reve-
nant à l’agence intérim, j’ai appris qu’il n’y avait pas CDI en vue, mais un contrat d’un mois seulement… »

«Je pénalise tout le monde »
Elise, 23 ans, aide médico-psychologique. « Quand il y a une manifestation prévue sur mon temps de travail,
je ne peux pas y aller. Je travaille dans une maison de retraite, et si je fais grève, je pénalise mes collègues
mais aussi les personnes âgées, car il n’y a pas assez de personnel. Si je décide d’aller manifester, c’est du
stress en plus pour les collègues et je ne veux pas mettre en péril la sécurité des personnes qui y résident.
Au début du mouvement de grève, j’ai hésité à en parler à ma directrice. Je voulais me mettre en grève tout en
continuant à travailler. Mais ça n’a pas de sens si je suis seule. »

« financièrement c’est impossible »
Mylène, 23 ans, agent de sûreté dans un aéroport. « Je ne fais pas grève, non seulement parce qu’on nous
met la pression avec le plan Vigipirate, mais aussi par choix. Je suis en CDI à temps partiel. Je ne peux pas me
permettre financièrement de perdre une journée de travail. Je ne pourrai pas non plus aller manifester samedi
car je travaille. Mais je soutiens le mouvement, je ne me vois pas travailler jusqu’à 62 ou 67 ans, surtout dans
mon travail actuel ! »

« Si je veux être repris l’an prochain, je n’ai pas intérêt »
Laurent, 26 ans, dans l’hôtellerie-restauration. « J’ai un contrat saisonnier, si je veux être repris l’année pro-
chaine, je n’ai pas intérêt à faire grève. Là où je travaille, ça ne se discute même pas, à la rigueur dans un grand
groupe peut-être. Si je fais grève, c’est la structure en entier qui ferme, et je suis sûr que ça ne sera pas
accepté. C’est le chiffre d’affaire qui compte avant l’avenir de nos retraites. Mardi, j’ai pu aller manifester parce
que c’était une journée de repos, mais samedi ce sera impossible… »

« Il y a un emploi à la clé, je ne peux pas me faire remarquer »
Goeffroy, 21 ans, BtS en alternance. « Je suis apprenti dans une entreprise, pendant les deux ans de ma for-
mation, je suis surveillé par mon maître d’apprentissage. Si je fais grève, c’est mal vu et je passe pour le fai-
gnant de service. Comme je sais qu’il y a un emploi à la clé, à la fin de mon apprentissage, je n’ai pas intérêt
à me faire remarquer. D’autant plus que j’avais demandé la semaine dernière à être muté, c’est le genre de
démarche qui ne plaît pas. »

Contact presse :
Asmahàn BAUCHET
Tél. : 06 80 13 74 83 - 01 49 97 00 18
E-mail : asmahan.bauchet@joc.asso.fr
JOC - BP 36 - 246, boulevard Saint-Denis
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