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La catégorie mathématique des termes transcendentaux

Parmi les applications possibles du concept mathématique de catégorie la plupart sont situées
en mathématiques. Mais l’une des applications les plus simples est d’ordre philosophique. Le
but de la présente étude est d’en donner une définition.
Les objets de cette catégorie sont les quatre principaux termes transcendentaux énumérés par
Platon dans le Théétète : l’Être, le Vrai, le Bien et le Beau. Etant donné que les transcendentaux
se définissent comme les termes qui transcendent les frontières entre les catégories de l’Être, la
catégorie mathématique définie ci-dessous sera dite la catégorie Transcat.
Quelles sont les flèches1 de Transcat ?
Pour le titre de flèche entre termes transcendentaux il existe une candidate médiévale qui est
la convertibilité des transcendentaux. D’après cette spéculation, tous les transcendentaux
seraient « convertibles » les uns dans les autres. La convertibilité étant une relation symétrique
et transitive, tous les transcendentaux seraient liés entre eux par une relation d’équivalence.
Nous soutenons que cette spéculation est fausse parce qu’il existe un ordre naturel entre les
transcendentaux, de sorte que la catégorie Transcat en totalité peut se représenter par le
diagramme suivant :

Être    Vrai    Bien    Beau

Dans cet ordre naturel des transcendentaux, la raison est chaque fois différente : l’Être,
identique au 1 dans l’Algèbre de Boole, vient avant tous les autres transcendentaux parce que
tous les transendentaux se définissent du fait qu’ils transcendent les frontières entre les
catégories de l’Être et il vient avant le Vrai parce que la vérité se définit comme la
correspondance de la pensée à l’Être. Le Vrai vient avant le Bien parce qu’il n’y a pas de vrai
bonheur dans l’erreur, de sorte que, comme le dit Pascal, toute morale a pour commencement
d’apprendre à bien penser. Enfin le Bien vient avant le Beau parce que l’urgence d’éviter le mal
prime sur l’urgence d’éviter le laid. Conformément à l’esprit de la théorie des catégories, nous
pouvons faire abstraction de cette variation des raisons pour ne retenir que l’ordre qu’elles
engendrent progressivement. On aura remarqué d’ailleurs que la rationalité de ces raisons va en
décroissant régulièrement, ce qui renforce l’ordre obtenu en faisant abstraction de cette
variation.
Quant aux capacités déductives de Transcat, elles se découvrent quand on met en évidence le
rapport conceptuel entre les transcendentaux et les modalités comme dans la table suivante :

Nécessaire () Démontrable Obligatoire Canonique


   
Réel  ÊTRE (1) VRAI BIEN BEAU
   
Possible () Irréfutable Permis Admirable

La Table modotranscendentale

Cette table admet deux lectures. Dans les termes dont Proclus nous apprend qu’ils sont dûs à
la muse des Pythagoriciens, on peut y voir soit les modalités comme des transcendentaux

1
Nous adoptons ici le vocabulaire de Stéphane Dugowson qui distingue entre le genre de flèches et l’espèce des
morphismes, réservant le terme de morphisme au cas d’espèce des flèches capables de produire des
isomorphismes par préservation de la forme postulée par ledit terme.
respectivement elliptiques ou hyperboliques, soit les transcendentaux comme des modalités
paraboliques.