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Cas d’application

Identification des forces qui poussent aux restructurations et aux faillites dans
le secteur du textile en France

Hier Petit Boy, le spécialiste du sportswear haut de gamme pour les 0-10 ans ; aujourd’hui
Jacquemard, le roi de la chaussette de qualité. De plans sociaux en redressements judiciaires
en passant par les cessions (Coq Sportif, Dim) et les dépôts de bilan (…), les firmes textiles en
France traversent une passe délicate. Au point que pour la fédération textile de la CGT, le
secteur est à présent « sinistré », avec pas moins de 2000 suppressions de postes par mois.
Et des perspectives pour le moins sombre, allant de 40 à 50% d’emplois en moins à l’horizon
2008. (…) De quoi donc inciter l’ensemble des syndicats à appeler de leurs vœux à un « plan
national d’urgence avec mesures de reconversion à la clé » sur le mode de la sidérurgie dans
les années quatre-vingt.
Au-delà de l’euro-fort, qui évidemment pénalise les exportations, la branche textile en France
souffre surtout « du nouveau paradigme en vigueur » dans la distribution, selon l’expression
de Gildas Minvielle, le responsable de l’observatoire au sein de l’IFM, l’Istitut Français de la
Mode. En clair, le mouvement global de concentration avec l’irruption de grandes chaînes
internationales, telles H&M, Zara ou Gap, s’est couplé aux deux spécificités hexagonales : la
tradition des hypermarchés et la poussée il y a une vingtaine d’années d’une série
d’enseignes du nord (Camaieu, Promod, Etam…).
Pour Gildas Minvielle, à cette concurrence exacerbée de Carrefour à Gap, typiquement
française, s’est ensuite greffé le phénomène asiatique, avec la libéralisation des quotas
depuis le début 2005 : « Jusque-là, les français exportaient au Maghreb des tissus puis
importaient en retour la production des confectionneurs tunisiens ou marocains. Les flux
circulaient dans les deux sens ; désormais les distributeur s’approvisionnent de plus en plus
en produits finis en Chine essentiellement, à des coûts dérisoires ». Le Maroc, l’un des plus
touchés par le démantèlement de l’accord multifibre de janvier dernier, vient tout juste
d’ailleurs de signer une convention pour relancer son industrie textile.
Cependant, ce différentiel des coûts salariaux n’explique pas tout. Les français demeurent
aussi structurellement moins « consommateurs » de vêtements que leurs principaux
voisins. A preuve, d’après l’IFM,, « le coefficient budgétaire du poste habillement par ménage
n’est que de 3,8% dans l’Hexagone, contre 5,2% en Angleterre, 5,5% en Allemagne et 7,5 en
Italie, de loin le pays le plus dynamique. Ce n’est d’ailleurs par un hasard si l’Italie a conservé
un maillage de fabricants indépendants relativement puissant.

TAF :
A l’aide du modèle PESTEL, repérer les grandes tendances de l’environnement qui expliquent
la situation de crise que rencontre le secteur du textile en France