Vous êtes sur la page 1sur 244

Dr

.MAZOUZI
_A
Tous droits de reproduction réservés
A V ANT-PROPOS

L'édition du livre « Céphalométrie et Orthodontie» s'est trouvé


épuisée plus rapidement qu'il n'avait été prévu.

Depuis lapuhlication de l'ouvrage, qui date de 1962, la Cépha-


lométrie a heaucoup évolué. Une nouvelle édition appelle de pro-
fonds remaniements et d'importantes additions. En conséquence, elle
demande une longue préparation.

Plutôt que de procéder d'ans l'immédiat à une simple réim-


pression, il nous a paru momentanément préférahle de reproduire
les principaux chapitres, laissant volontairement de côté ceux dont
le temps a plus ou moins émoussé l'intérêt.

Nous espérons que ce livre, hien que réduit, sera susceptihle de


rendre encore quelques services.

Louis MULLER.
HISTORIQUE

L'emploi de la radiographie de la, face comme moyen de diag-


nostic en Orthodontie est déjà assez ancien: on trouve des radio-
graphies de la face dans un article publié en 1919 par KETCHA~ et
ELLIS. Percy BROWN en 1921, PACINI en 1922, publièrent des
travaux tendant à rendre plus précise cette technique radiogra-
phique. (BROADBENT, 33)
C'est en 1922 que J. CARREA, de Buenos-Ayres, présenta un
travail intitulé : « Le radio-faciès à profil délinéé en Orthodonto-
métrie» (41). Cette contribution marquait une date dans l'emploi
de la radiographie comme moyen de diagnostic orthodontique, car
la méthode proposée éliminait'deux défauts majeurs des techniques
jusque là employées:

1) forte réduction de la déformation par agrandissement, en


utilisant une distance foyer-objet de 2 mètres, apportant une
augmentation considérable de la précision des mensurations
linéaires;

2) possibilité de délimiter, sur les films, le profil cutané en


ajustant un mince fil de plomb sur les téguments.

Les films, bièn que pris sans céphalostat, étaient orientés, et on


trouve dans la méthode d'analyse de J. CARREA plusieurs caracté-
ristiques intéressantes, reprises par la 'suite par d'autres auteurs :
angle de convexité, rapports de l'incisive inférieure avec le plan
facial, parallélisme du plan palatin et du plan de Francfort.
La même année, en 1922, Spencer R. ATKINSON, à l'Angle
College of Orthodontia, prenait des films de la face de profil, dans
le but d'établir les rapports des premières molaires supérieures et
de's key-ridges. Ces images devaient en outre montrer quelques-unes
des parties molles, ainsi que les rapports des maxillaires avec le

7
reste de la face et avec la base du crâne. H. B. BROADBENT superposa
certains de ces clichés sur des lignes de référence choisies en reliant
différents repères, tels que la Selle turcique et le Nasion, ou le
conduit auditif et l'orbite, afin de montrer plus clairement les
modifications apportées aux dents et aux maxillaires par le trai-
tement orthodontique. Le but initial de l'étude de la face chez les
jeunes sujets n'était donc pas de pure recherche; c'était aussi une
tentative pour élaborer une méthode qui puisse devenir clinique-
ment utilisable.
Ce premier essai, réalisé en utilisant des films fournis par un
laboratoire spécialisé, permit alors à BROADBENT de se rendre
compte « que la technique n'était pas suffisamment standardisée
pour garantir deux films superposables d'un même sujet, à un cer-
tain temps d'intervalle, et permettant de mesurer sur le vivant ce que
les anthropologistes mesuraient sur des crânes». (H. B. BROADBENT)
En 1925 et 1926, l'expérimentation avec le premier céphalostat
BROADBENT confirma qu'il était possible de prendre des radio-
graphies orientées de la face du sujet vivant donnant des résultats
qui égalaient en précision ceux qui étaient obtenus sur des crânes,
à l'aide du crâniomètre, en raison de l'efficacité de la standardi-
sation. Un objectif capital venait d'être atteint.
L'ensemble de la méthode fut présenté par BROADBENT en 1929
et 1930, et publié en 1931, dans la revue The Angle Orthodontist,
sous le titre : « Une nouvelle technique radiographique et ses
applications à l'Orthodontie ».
En 1926, l'étude de la croissance normale des dents et des
maxillaires, sur des enfants vivants et en bonne santé, avait soulevé
l'enthousiasme de l'Honorable Francis P. BOLTON. Depuis 1932,
la générosité de la Famille BOLTON a permis d'entreprendre une
étude « longitudinale» (*) à long terme, connue dans le monde
entier, sur la croissance faciale, et de fournir en outre quelques
trente installations céphalométriques de précision, au-dessous du
prix de revient, aussi bien aux Etats-Unis que dans d'autres pays.
(H. B. BROADBENT, 33)
Dans des travaux publiés en 1928 et 1929, C. O. SIMPSON (179),

(*) « Longitudinale» : ici, utilisé par opposition à verticale. Une étude longitu-
dinale est basée sur l'examen périodique des mêmes sujets, et nécessite, par consé-
quent, de longues années. L'étude verticale est entreprise sur des groupes de
sujets de différents âges, qui sont censés représenter la tendance générale moyenne
de l'évolution d'un individu; les résultats, plus rapidement obtenus, ne présen-
tent pas les mêmes garanties de précision.

8
de Saint-Louis, Etats-Unis, établit les conditions permettant d'obte-
nir des clichés sans déformation, avec définition des tissus durs et
des tissus mous, soucis constants des chercheurs de l'époque. Il
préconisait l'emploi d'un générateur susceptible de donner 40 mA,
sous 70 kV, avec distance foyer-objet de 4,50 m, et 5 secondes de
pose; il utilisait donc un matériel puissant. En ce qui concerne la
définition des tissus mous, il recommanda d'abord l'emploi de
deux films dans la même cassette, l'un devant les écrans, et l'autre
entre ceux-ci; ces films étaient ensuite superposés après dévelop-
pement. Puis il modifia sa technique, et ne prit plus qu'un seul
film, traité p;J.r affaiblissement dans la région intéressante. La règle
fondamentale, rayon central perpendiculaire au plan sagittal
médian, et à la surface du film, était parfaitement respectée, mais les
conditions de travail et d'installation du patient laissaient beau-
coup à désirer; de sorte qu'une des qualités premières du travail
céphalométrique, la standardisation, faisait défaut. (L. COOLS, 49)

Pendant toute cette période, les chercheurs européens n'étaient


pas restés inactifs. R. SCHWARTZ, de Bâle, en 1929, décrivait sa
technique de reproduction radiographique des tissus durs et des
tissus mous du crâne et de la face; la définition des tissus mous
était obtenue à l'aide d'une pommade radio-opaque, à base de
bismuth. Mais il travaillait à un mètre, et ses clichés subissaient
une forte déformation par agrandissement.
En 1931, la même année que BROADBENT, HOFRATH (87, 88),
de Düsseldorf, publiait une étude sur « L'importance de la Télé-
radiographie pour le diagnostic des anomalies des maxillaires ».
Il utilisait, lui aussi, un matériel assez puissant, 20 mA et 62 kV,
qui permettait une distance foyer-objet de 2,40 m environ, avec
pose de 5 à 6 secondes. Sa technique, très précise, comportait
l'emploi d'un céphalostat pour le maintien de la tête et du film;
les tissus mous étaient rendus lisibles à l'aide du procédé de FARMER
(affaiblissement au ferricyanure de potassium et hyposulfite de
soude). Enfin, cet auteur avait déjà recours, pour le diagnostic, à
une méthode d'analyse qui comportait le tracé du « quadrilatère
facial », qu'il employait auparavant sur photographie.
A la même époque, Oscar MEYER, de Bâle, mettait au point une
technique très voisine, puisqu'il utilisait une distance foyer-objet
de 2,35 m, avec 20 mA, et pose de 7 à IO secondes. (L. COOLS, 49)
L. COOLS, d'Anvers, présenta en 1933 une étude historique et

9
technique de la téléradiographie. Dans ce travail il communiquait,
notamment, le résultat de ses calculs sur la déformation par agran-
dissement pour des distances variant dc 0,50 m à 5 mètres, et
adaptait la méthode des « Réseaux de De Coster» à la technique
nouvelle de la téléradiographie. Cette adaptation représentait une
étape décisive et constituait un réel progrès.
En 1936, la technique téléradiographique était suffisamment
répandue en Europe pour que L. DE COSTER, qui avait largement
aidé à sa diffusion et qui présidait le Congrès de la Société Fran-
çaise d'Orthopédie Dento-Faciale, à Bruxelles, puisse réunir
six communications sur ce sujet. A ce congrès, G. KORKHAUS (97)
présenta sa technique de prise de films et sa méthode d'analyse.
Cette technique, comme celles de BROADEENT et de HOFRATH,
permettait une bonne standardisation des images, et rendait pos-
sibles les superpositions et les comparaisons pour les études à long
terme.
Depuis lors, sur les deux Continents, les travaux publiés sur
la céphalométrie, ou à l'aide de la céphalométrie, ont été incroya-
blement nombreux, et, sur tous les plans, des progrès considérables
ont été accomplis. Mais, la multiplicité même de ces travaux serait,
si l'on n'y prenait garde, susceptible d'apporter une certaine confu-
sion. Ainsi que l'a dit, d'une façon un peu désabusée, J. A. SALZ-
MANN: « le nombre accablant de contributions sur la céphalométrie
figurant dans la littérature professionnelle laisse le praticien
orthodontiste dans la même situation que le chercheur qui étudie le
muscle, car, d'après CZENT-GYORGII, la propriété essentielle du
muscle est que nous ne le comprenons pas. Plus nos connaissances
augmentent, et moins nous comprenons ... ».
PREl\lIÈRE PARTIE

TECHNIQUE CÉPHALOMÉTRIQUE
LES INCIDENCES
UTILISÉES EN CF,PHALOMÉTRIE

Les deux incidences utilisées en céphalométrie sont


1. le film latéral, de profil;
II. le film frontal, postéro-antérieur.
Ces deux clichés doivent être pris de façon à permettre les pro-
jections du tracé du film de profil sur celui du film frontal.

1. LE FILI\I DE PROFIL

C'est le plus employé, pour différentes raisons :


a) la déformation par agrandissement des images est moindre que
pour le film frontal, et peut être aisément calculée;
b) la croissance post-natale en longueur de la tête est bien supé-
rieure à la croissance en largeur. Il en résulte qu'entre deux
films successifs, on peut constater des différences plus impor-
tantes que sur le film frontal;
c) les méthodes d'analyse fournissent de très nombreuses mensu-
rations dans le sens antéro-postérieur, et malheureusement
peu dans le sens vertical;
d) le film frontal nécessite un tube plus puissant; pour ce film,
les appareils dentaires sont faibles, et demandent un long temps
de pose.
Le film de profil peut être pris dans les trois positions suivantes:
1) en occlusion,
2) en bouche ouverte,
3) en position de repos physiologique.
Il est utile de pouvoir disposer de ces trois images pour l'examen
du patient. En pratique, les films sont généralement pris dans
l'ordre: repos, occlusion, bouche ouverte.

13
1) LE FILM EN OCCLUSION.

Ce film est employé pour les analyses céphalométriques; il est


donc le plus courant.
La Figure 39 montre, d'après RICKETTS, la position moyenne du
condyle en occlusion; cette position est étudiée au moyen de trois
mensurations :
1) distance condyle-éminence articulaire, moyenne 1,5 mm;
2) distance condyle-cavité glénoïde, moyenne 2,5 mm;
3) distance condyle-conduit auditif, moyenne 7,5 mm.

AVERAGE CONDYLE POSITION

1.5mm. 2. 5 mm. 7.5 mm.

CONDYLE - EMINENCE CONDYLE- FOS SA CONDYLE - MEATUS

Fig. 39. - Position moyenne du condyle en occlusion.


A gauche : distance condyle-éminence articulaire.
Au centre : distance condyle-cavité glénoïde.
A droite: distance condyle-conduit auditif (D'après RICKETTS, Ameriean
Joumal qf Orthodonties, juin 1955).

Dans sa méthode d'analyse, W. WYLIE (voir page 149)détermine


la position de la cavité glénoïde par l'emplacement du condyle
(point le plus distal), qui est beaucoup plus aisé à localiser. L'étude
de RICKETTS confirme que la technique de W. WYLIE est valable
dans la plupart des cas, à condition, bien entendu, que le condyle soit en
position d'occlusion.
La Figure 40 représente, également d'après RICKETTS, un certain
nombre de condyles en position d'occlusion, et montre les varia-
tions que l'on peut observer dans l'adaptation des deux parties
constituantes de l'articulation temporo-maxillaire (partie fixe et
partie mobile), en ce qui concerne:
a) la dimension: en haut à gauche, le condyle paraît trop petit
pour la cavité; en bas à gauche, il paraît au contraire trop
grand;

14
b) laforme: celle du condyle peut être complètement différente
de celle de la cavité;
c) la position du condyle dans la cavité: le condyle peut être peu
enfoncé (en bas à droite), ou être placé au fond de la cavité
(en bas à gauche).
Che;;; les sujets normaux, le condyle est généralement situé
bien au centre de la cavité glénoïde, et les surfaces arti-
culaires sont lisses.
Les malocclusions Classe III, dans beaucoup de cas, sont
caractérisées par un condyle long, mince et étroit, placé
assez haut dans une cavité glénoïde peu profonde.

JOINT FORM

LARGE SHALLOW FOSSA

SMALL FOSSA

DEEP FOSSA
Fig. 40. - Différentes formes d'articulation temporo-maxillaire.
En haut : grande. cavité glénoïde peu profonde.
Au centre : cavité glénoïde petite.
En bas : cavité glénoïde profonde (D'après RICKETTS, Ameriean Journal
of Orthodonties, juin 1955).

15
2) LE FILM BOl'CHE OU\'ERTE.

Ce film est utile lorsque le condyle mandibulaire se trouve dis-


simulé par les olives auriculaires ou les structures voisines, sur
le film en occlusion,
Dans la position bouche ouverte, le condyle est fortement pro-
jeté en avant, son image, bien dégagée, devient beaucoup plus
lisible,
On prend un calque du condyle, du col, de l'apophyse coro-
noïde lorsque c'est possible, et on le reporte sur le tracé du film en

-5.0 mm

LOW HIGH

Fig. 41. - Positions pouvant être occupées par le condyle, en bouche ouverte.
A gauche: le condyle n'atteint pas l'éminence articulaire .
.Au centre : en ouverture forcée le condyle se place légè-rement en avant
du sommet de l'éminence.
A droite: condyle placé nettement en avant de l'éminence. Cette position
représente, selon RICKETTS, la position moyenne pour l'ouverture forcPe.
(D'après RrcKETTs, American Journal of Orthodonties, décembre r952)

occlusion, pour le compléter. Il faut remarquer que la superposition


des deux images de la mandibule ne peut pas toujours être réalisée
avec la précision souhaitée. Le mouvement d'ouverture n'est pas
obligatoirement symétrique; l'image du corps mandibulaire peut
donc se trouver déformée, par rapport à la position d'occlusion, et
rendre la superposition délicate.
Lorsque le contrasté est bon, ce film permet des observations en
ce qui concerne la physiologie musculaire et l'emplacement de la
langue.
On voit sur la Figure 41, d'après RICKETTS, la marge de varia-
tion de la position du condyle &Ur le film bouche ouverte : dans
certains cas, le condyle n'atteint pas l'éminence articulaire (à
gauche); dans d'autres, elle la dépasse nettement (à droite).
La distance est calculée entre l'axe de l'éminence articulaire et
le centre du condyle.
La position moyenne se situe légèrement en avant du sommet
de l'éminence (Fig. 41, au centre, et Fig. SI, à droite).

16
3) LE FILM EN POSITION DE REPOS PHYSIOLOGIQUE.

Les travaux de BRODIE et de THOMPSON ont donné beaucoup


d'intérêt à ce film. Il présente une utilité, non seulement en ortho-
dontie, mais aussi en prothèse partielle et surtout complète (PYOTT
et SCHAFFER, 149, THOMPSON et BRODIE, 188).
Ces derniers auteurs ont maintenu en observation 60 sujets
ayant besoin de restauration, partielle ou totale. Pour déterminer
la hauteur totale de la face, et étudier les variations dans le sens
vertical, ils utilisèrent une ligne droite réunissant le nasion au
gnathion. Dans un certain nombre de cas, l'articulé avait été
surélevé, et le cliché pris avec les appareils en place donnait une
hauteur supérieure à celle de la position de repos. Dans tous les
cas, sauf un, les procès alvéolaires subirent une résorption qui permit
non seulement à la mandibule de retrouver la position de repos
précédente, mais aussi de créer un nouvel espace libre entre les
appareils.

Mais, c'est l'orthodontie qui a le plus largement bénéficié et


tiré profit des travaux de THOMPSON.
Cet auteur a proposé une méthode qu'il appelle « analyse
fonctionnelle des malocclusions» qui, dit-il, « n'est pas destinée à
remplacer, mais seulement à compléter les autres méthodes» (191).
La notion essentielle est la fixité de la position de repos physio-
logique. Elle est, d'après BRODIE et THOMPSON, établie avant l'érup-
tion des dents; elle n'est modifiée ni par cette éruption, ni par la
perte des dents. Elle n'est altérée que par blessure, maladie, trismus,
perte de conscience et par le processus normal, mais lent, de vieil-
lissement de l'individu.
Nous devons signaler que cette stabilité absolue n'est pas recon-
nue par tous les auteurs. D'autre part, comme MERLE-BÉRAL et
DEPLAGNE (126), nous avons maintes fois été surpris qu'il ne soit
jamais fait mention de l'attitude et de la posture du sujet dans la
détermination de la position de repos; ces deux éléments agissent
sur l'équilibre des groupes musculaires, et sont probablement
susceptibles d'influencer la position de repos.

En ce qui concerne la facilité de l'obtention de la position de repos


pour la prise des films, les opinions sont également partagées;
certains auteurs sont assurés de l'obtenir aisément, et à coup sûr;
d'autres, dont nous sommes, redoutent que les positions d'inocclu-
sion données parfois par les enfants ne constituent pas toujours la
véritable position de repos.« La détermination de la position de
repos est très délicate, dit COUTAND (59). En fait, il n'y a que chez
le nourrisson que l'on peut être sûr de la déterminer sans erreur.
A partir de l'instant où un contrôle cérébral se produit, l'eXpérience
montre qu'il faut répéter les exercices, afin de déterminer sa posi-
tion exacte ».

17
Divers moyens ont été proposés pour l'obtention de la position de repos :
a). faire prononcer l'un des mots « Mississipi» ou« Maman »;
b) demander au sujet de déglutir, attendre deux secondes, et
prendre le cliché, procédé recommandé par THOMPSON et
BRODIE (188);
c) capter l'attention de l'enfant par une ou deux remarques,
afin de faciliter le relâchement musculaire;
d) faire respirer profondément, et prendre le cliché à l'inspira-
tion (CASTANO et CHATEAU, 42);
e) CHIKHANI (46) conseille de placer un fil métallique de 3/10
au collet mésial de la Ire molaire supérieure, le toron vesti-
bulo-mésial étant rabattu vers le plan d'occlusion; un autre
fil est placé dans les mêmes conditions au collet de la Ire
molaire inférieure. L'image des deux fils facilite la mensura-
tion de l'espacé libre entre arcades. L'auteur emploie cette
méthode avec des films intra-buccaux, en plaçant le tube du
côté opposé au film.

Les deux éléments à considérer pour« l'anafyse fonctionnelle » sont


A) l'importance de l'espace libre entre arcades;
B) l'analyse du parcours de la mandibule, de la position de repos à
la position d'occlusion.

A. IMPORTANCE DE L'ESPACE LIBRE.

D'après THOMPSON, un recouvrement incisif exagéré peut être


le résultat : soit d'une éruption insuffisante des dents postérieures,
soit d'une éruption excessive des dents antérieures, soit d'une combi-
naison de ces deux éléments.
Au cours de l'examen, la hauteur de l'espace libre et la présence,
ou l'absence, de supraclusion au niveau des dents antérieures, lorsque
la mandibule est en position de repos, permettent d'évaluer exac-
tement la situation, et de désigner la région responsable :
si l'espace libre est minime, et que les incisives demeurent en
supraclusion, celle-ci est le résultat d'une élongation des
dents antérieures.
si l'espace libre est grand, et que la supraclusion incisive ait
disparu en position de repos, il existe une éruption insuffi-
sante des dents postérieures (infragnathie molaire), sans
égression des dents antérieures, qui ne sont pas responsables
de la supraclusion;
dans le même cas de large espace libre, si les incisives présentent
encore, en position de repos, un certain degré de supra-
clusion, elles sont en partie responsables de la malformation.

18
B. ANALYSE DU PARCOURS DE LA MANDIBULE DE LA POSITION DE
REPOS A LA POSITION D'OCCLUSION.

Normalement (Fig. 42), le mouvement de la mandibule, de la


position de repos à la position d'occlusion, est presque un mouve-
ment de charnière, ou de rotation pure, autour d'un axe situé aux
environs du centre du condyle (THOMPSON). Il n'y a que peu, ou
pas, de mouvement de translation postéro-supérieure de la mandi-
bule. Un léger mouvement de translation peut s'observer chez les
sujets normaux (Fig. 42, tracé N° 6, en bas à droite).

Fig. 42. - Tracés superposés de sujets normaux, en position de repos et en


position d'occlusion, montrant les divers mouvements normaux que l'on
peut observer (D'après BOMAN, rèproduit par THoMPso", Ameriean Journal
of Orthodonties, janvier 1949).

Fig. 43. - Tracés superposés d'un sujet porteur de malocclusion Classe II,
division l, d'Angle présentant un parcours de fermeture normal (mouvement
de rotation pure du condyle, sans translation). Les rapports des molaires
sont aussi défavorables en position de repos qu'en position d'occlusion;
anomalie de type génétique.

19
Les incisives et le menton se déplacent vers le haut et vers
l'avant; les molaires, qui se déplacent sur un arc plus court, parce
que plus proches de l'axe de rotation, présentent un moindre dépla-
cement.
Dans les cas de malocclusion Classe Il :
si le sujet anormal, porteur de malocclusion, présente un
parcours normal, l'anomalie est de type génétique (Fig. 43); elle
pose des problèmes thérapeutiques qui peuvent être ardus à
résoudre.
si le sujet anormal présente un parcours anormal (avec mouve-
ment marqué de translation postérieure ou postéro-supé-
rieure, Fig. 44) l'anomalie est une anomalie fonctionnelle
de position (THOMPSON et BRODIE). Les rapports des molaires
sont parfois totalement corrigés en position de repos; le
pronostic, dans ces cas, est assurément meilleur (Fig. 45)'

... •
\:'
.:~'- <fP.~ la(}~.', '.~~-
,~:". ~(.f'-: {~~-'
l ,
, .
~ \ l
1
'
..~
.,
:~' ,1
1
l

1
'

, 1
1
20 Il ,7 3 .~
"
Fig. 44. - Tracés superposés, en position de repos et en position d'occlusion,
montrant les divers mouvements que l'on peut observer dans des cas. de
malocclusion Classe II, division 2, d'Angle (D'après THOMPSON, Amer/ean
]ol/rnal of Orthodonties, janvier 1949).

Fig. 45. - Tracés superposés en position de repos et en position d'occlusion


d'un sujet porteur de malocclusion Classe II, division l, d'Angle. Les rapports
des molaires sont complètement corrigés en position de repos. Anomalie
fonctionnelle de position, avec pronostic généralement bon (D'après WVLIE,
The Angle Orthodontist, vol. 17, 1947).

20
D'après THOMPSON (191), « ce déplacement de la mandibule,
qui se produit dans un important pourcentage de cas, explique
probablement les différences de réponse au traitement, qui ont
toujours été observées par les orthodontistes, et qui étaient souvent
attribuées à la croissance, à l'appareillage ou aux méthodes de
traitement ».
Un parcours anormal ëst fréquemment provoqué par une inter-
férence cuspidienne, ou un mauvais rapport des plans inclinés
dentaires (Fig. 46), « la position de la mandibule avec les dents en
occlusion étant, de beaucoup, moins stable que la position de
repos ». (THOMPSON).

Fig. 46. - Tracés superposés en position de repos et en position d'occlusion,


montrant l'influence de mauvais rapports des plans inclinés dentaires sur le
parcours de la mandibule. En position de repos les incisives sont en bout à
bout, et les molaires en rapports normaux. Pour passer à la position d'occlu-
sion, la surface linguale de la couronne des incisives inférieures glisse sur la
surface vestibulaire des incisives supérieures.

PRÉGISIONS APPORTÉES PAR RICKETTS A L'ÉTUDE DE LA POSITION


DE REPOS PHYSIOLOGIQUE

R. M. R1CKETTS a confirmé les travaux de THOMPSON, et apporté


des précisions, en ce qui concerne:
A) la position du condyle dans la cavité, en position de repos;
Bl les caractéristiques de cette position chez les sujets normaux,
et les sujets porteurs de malocclusions;
C) l'influence du traitement sur la position du condyle et les
caractéristiques de la position de repos.

21
A. POSITION DU CONDYLE DANS LA CAVITÉ GLÉNOïDE EN POSITION
DE REPOS.
La Figure 47, de RICKETTS, représente les variations que l'on
peut rencontrer dans cette position.

2.7±I.OMM. 3,8t I.I.M.

~
Fig. 47. - Rapports du condyle avec la cavité glénoïde et le conduit auditif,
en position de repos.
A gauche: groupe témoin (normaux), condyle bien centré dans la cavité.
Au centre: groupe Classe II, le condyle est placé plus en bas et en avant
que dans le groupe témoin.
A droite : groupe Classe III, condyle long et mince, placé haut dans la
cavité (D'après RICKETTS, American Journal if Orthodonties, décembre 1952).

A gauche, est représentée la position èhez les enfants normaux


du groupe témoin; le condyle est bien centré dans la cavité.
Distance condyle-cavité glénoïde: 2,7 mm, SD + 1 mm (Dévia-
tion standard)
Distance condyle-conduit auditif: 7.4 mm, SD + 1,2 mm
Au centre, articulation de sujets porteurs de malocclusion Classe
II; le condyle est en bas et en avant, ce qui constitue une des
différences les plus caractéristiques.
Distance condyle-cavité glénoïde: 3,8 mm, SD + 1,1 mm (Dé-
viation standard)
Distance condyle-conduit auditif: 8,5 mm SD + I,g mm
A droite, position chez les sujets porteurs de malocclusion Classe
III.
Distance condyle-cavité glénoïde: 1,5 mm, SD + 0,7 mm (Dé-
viation standard)
Distance condyle-conduit auditif: 8,g mm, SD + 1,3 mm
Remarquer la forme du condyle, qui est enfoncé dans la cavité.

B. CARACTÉRISTIQUES DE LA POSITION DE REPOS CHEZ LES SUJETS


NORMAUX ET CHEZ LES SUJETS PORTEURS DE MALOCCLUSIONS.

Elles ont été étudiées à l'aide des éléments suivants (Fig. 48 et 49)
a) nature et importance du déplacement du condyle, autour du
centre de rotation D, du grand axe du col du condyle RR'
(Fig. 48);

22
h) importance de l'espace libre entre arcades, au niveau des
molaires (Fm, Fig. 49), et des canines (Fi, même Figure);
c) rotation du plan d'occlusion (B, Fig. 49)'
d) parcours de fermeture de la mandibule, étudié au moyen de
l'angle formé par une droite reliant le sommet de la cuspide
vestibulaire médiane de la Ire molaire inférieure (point C,
Fig. 48) dans ses deux positions, avec une perpendiculaire au
plan de Francfort (angle CI, Fig. 49)'
Ces différents éléments sont groupés en tableau, dans la Figure
50, établie par RICKETTS, où ils sont étudiés chez les sujets nor-
maux et les porteurs de malocclusions Classe II et Classe III.

1. Sujets normaux (Fig. 50, en A).


Le mouvement du condyle est un mouvement de rotation
presque pur. Le point D demeure très stable: dans 50 articula-
tions sur 100, le déplacement était si minime qu'il n'était pas

Fig. 48. - Repères, points et plans utilisés par RICKETTS.


Z : point le plus antérieur de la suture fronto-malaire.
C : pointe de la cuspide vestibulo-centrale de la première molaire infé-
rieure.
T : pointe de la canine inférieure.
CT : ligne représentant le plan d'occlusion des dents inférieures.
RR' : ligne suivant le grand axe du condyle, et passant par le centre de
rotation.
PO : plan de FRANCFORT (D'après RICKETTS, Ameriean Journal qf Orthodon-
ties, décembre 1950).

23
mesurable (voir aussi Fig. 51, en A); 36 articulations présen-
taient un mouvement de translation inférieur à 1 mm.
Espace libre entre molaires ....... ; .. 1,8 mm, SD + 0,9 mm
Espace libre entre canines .......... 2,75 mm, SD + 1,1 mm
Rotation du plan d'occlusion ....... 1° 6, SD + 0° 9
Parcours de fermeture (Angle Cil 22°, SD + 21°
Mouvement normal du corps: dirigé vers le haut et vers
i'avant.

Fig. 49. - Etude du parcours de la mandibule de la position de repos à la


position d'occlusion.
D : centre de rotation du condyle.
Fm : espace libre au niveau de la première molaire permanente.
Fi : espace libre au niveau de la canine. ,
C, : angle formé par la ligne passant par les deux points C (occlusion et
repos) et une perpendiculaire au plan de FRANCFORT.
C. : angle formé par la même ligne avec une perpendiculaire au plan
d'occlusion en position de repos.
B : importance de la rotation du plan d'occlusion (D'après RICKETTS,
American Journal qf Orthodonties, décembre 1950).

Il. Classe Il (Fig. 50, en B).


Mouvement du condyle : déplacement très marqué vers le
haut, allant de 1 à 7 mm (36 cas 1 mm, 37 cas 2 mm, 22 cas
3 mm, 6 cas 4 mm, 1 cas 7 mm). Voir aussi Figure 51, en B.
Espace libre entre molaires. . . . . . . .. 3,6 mm, SD + 1,5 mm
Espace libre entre canines ......... 4,73 mm, SD + 2,67 mm
Rotation du plan d'occlusion ...... 2° 7, SD + 1° 6
Parcours de fermeture ............. 5°, SD + 24°

24
On remarquera que l'espace libre est doublé, que le dépla-
cement du condyle a considérablement augmenté ainsi que la
rotation du plan d'occlusion, et que la trajectoire est devenue
presque perpendiculaire au plan de Francfort.

CLASS l

IDM 1.8 ± .9 ....


ADO 1.6:!: .9°

PC 22 (112°):!: 2,0

CLASS II

IDM 3.6 ± 1.5 ....

ADO 2.7:!: 1.6°

PC 5 (95°) :!: 24°

CLASS TIr

IDM 4.3! 2.4 ....

ADO 3.6:!: 1.3°

PC 35025°)! 10·

Fig. 50. - Les caractéristiques de la pOSItIOn de repos : En haut (A), sujets


normaux. Au centre (B), malocclusion Classe II. En bas (C), malocçlusion
Classe III.
IDM : espace libre entre molaires.
ADO: rotation du plan d'occlusion.
PC : parcours de fermeture de la mandibule (D'après RICKETTS, American
Journal of Orthodonties, décembre 1952).

"". 25
III. Classe III (Fig. 50, en C).
Mouvement du condyle moins important que pour la Classe
II. Remarquer la forme du condyle sur le schéma (condyle
long et étroit).
Espace libre entre molaires ........... 4,3 mm, SD + 2,4 mm
Rotation du plan d'occlusion ........ 30 6 SD + ID 3
Parcours de fermeture. . . . . . . . . . . . . .. 35 0 SD + 100
L'espace libre et la rotation du plan d'occlusion sont encore
augmentés par rapport à la Classe II. Le parcours de fermeture
est plus oblique que chez les sujets normaux.
- OCCLUSION
••.••• REST POSITION
_._. WIDE OPEN H

8 c
ROTATrO N TRANSLATION OPENING

Fig . .') 1. - Etude du mouvement du condyle; trait plein: occlusion; pointillé:


repos; point-trait : bouche grande ouverte.
En A : Parcours de la position de repos à la position d'occlusion. Mouvement
de rotation pure du condyle autour du point D. La molaire se déplace
en haut et en avant.
En B : Parcours de la position de repos à la position d'occlusion. Mouvement
de translation postéro-supérieure, avec déplacement du point D.
Noter le déplacement de la molaire (représentée par un trait) en
haut et en arrière.
En C : Mouvement d'ouverture, le point D est en avant de l'axe de l'émi-
nence HH' (D'après RWKETTS, Ameriean Journal of Orthodonties,
décembre 1950).

c. INFLUENCE DU TRAITEMENT.

a) sur la position du condyle en occlusion: 86 % des cas étudiés après


traitement de malocclusions Classe II présentent un dépla-
cement ne dépassant pas l mm soit vers le bas et vers l'avant,
soit vers le haut et vers l'arrière, par rapport à la position ori-
ginale;
b) sur la position du condyle en repos: la distance condyle-cavité glénoï-
de diminue au point d'atteindre presque exactement le niveau
du groupe témoin. .

26
c) sur le mouvement du condyle, de la position de repos à la position d'occlu-
sion: le mouvement du condyle a été réduit de façon très mar-
quée; 4 % seulement des cas présentaient un mouvement supé-
rieur à 2 mm après traitement;
d) sur l'espace libre : la mensuration moyenne pour la Classe II,
qui était de 3,6 mm avant traitement (1,8 mm pour le groupe
témoin) présente une forte tendance au retour à la normale, la
moyenne étant descendue à 2,1 mm, SD ± 1,1 mm;
e) sur la rotation du plan d'occlusion: le plan d'occlusion a été basculé
vers le haut, pour les dents postérieures, et vers le bas pour les
dents antérieures;
f) sur le parcours de fermeture: ce parcours, qui était presque vertical,
a tendance à devenir plus oblique après traitement.

STEINER, dans son analyse, met à profit les travaux de THOMP-


SON, et étudie l'importance et la direction du mouvement de la
mandibule, de la position de repos à la position d'occlusion (voir
page 177). Après plusieurs années, en 1959 (182), il arrivait à la
conclusion suivante: «Je dois confesser que, bien que nous ayions
maintenant des centaines de dossiers concernant la direction du
déplacement de la mandibule,: ét que nous possédions un grand
nombre de documents sur l'inifluence du traitement sur ces posi-
tions et ces mouvements, nous ne savons pas encore, jusqu'ici,
comment employer spécifiquement ces renseignements pour en
tirer parti dans nos problèmes orthodontiques ». Et il ajoute : « ces
mensurations et ces comparaisons doivent nous permettre de jeter
un regard indiscret, au travers d'une étroite ouverture, vers ce
tortueux, obscur, mais fascinant abîme de mystère qu'est la fonc-
tion ».

Signalons enfin que le travail de R. COUSIN et G. MILCENT (58)


donne un grand nombre de renseignements complémentaires sur
toutes les questions concernant l'articulation temporo-maxillaire.

II. LE FILM POSTÉRO-ANTÉRIEUR

Ce film fournit de très utiles renseignements pour le diagnostic


des malformations du sens transversal et du sens vertical, et plus
généralement, pour les cas de malformations asymétriques.
Encore actuellement, les opinions diffèrent sur la nécessité de
son emploi généralisé.
KORKHAUS (ID 1) se montre des plus réticents: « Pour différentes
raisons, même lorsque l'installation téléradiographique est pourvue
d'un dispositif permettant la prise de clichés frontaux, ils sont rare-

27
ment utilisés. Des téléradiographies de ce genre ne sont presque
jamais publiées ».
Par contre, W. WYLIE le considère comme le complément
indispensable du film de profil pour l'exécution des tracés, et l'iden-
tification des structures du côté droit et du côté gauche.
V. SASSOUNI s'est beaucoup intéressé au film frontal dans ses
recherches; il a ainsi pu démontrer la stabilité de la Ire molaire
supérieure dans le sens vertical (172). C'est, en dernière analyse, le
film frontal qu'il a retenu pour sa méthode d'identification des
victimes des conflits armés. (VOIr page 93)
Il est incontestable que le film frontal a été relativement délaissé,
et que le maximum d'intérêt a été porté sur le filin de profil. Le
film postéro-antérieur n'a pas livré ses secrets, et il semble proba-
ble que, dans un avenir plus ou moins proche, les chercheurs sau-
ront attirer sur lui l'attention des orthodontistes et leur montrer le
profit, encore insoupçonné, qu'ils peuvent en tirer. -
LECTURE DES FILMS.
L'ÉTUDE DES TISSUS MOUS

LECTURE DES FILMS

Tous les rayons du faisceau émis par le tubpà rayons X, à


l'exception du rayon central, divergent en partfnt de l'anode. Ils
frappent donc les diverses structures de la tête' avec une certaine
obliquité.
Dans le cas de structures symétriques, les rayons obliques for-
mant l'image de la structure la plus éloignée du film (généralement
côté droit) ont à parcourir une distance objet-film plus grande que
ceux qui forment l'image de la structure la plus proche du film.
L'image qu'ils projetteront sera plus agrandie, la déformation par
agrandissement étant directement proportionnelle à la distance
objet-film; elle se formera plus loin, dans la direction de l'obliquité
des rayons, que l'image formée par des rayons ayant une moindre
distance à parcourir.
Il en résulte que plus la distance qui sépare les deux points est
grande, plus est grand l'écart entre les deux images.
Donc, dans une téléradiographie de profil, l'image d'un point
situé du côté du crâne éloigné du film est projetée, dans la direction
du rayon qui le frappe, vers la périphérie d'un, plus grand cercle
que l'image du point correspondant du côté du crâne le plus proche
du film. (L. B. HIGLEY, 83)
Lorsque l'on examine sur un film les images de deux structures
symétriques, l'image la plus claire est celle du côté le Plus proche du
film, l'image la plus foncée est celle du côté le plus éloigné. Un corps
de forme tubulaire donne une image plus dense sur les bords en
raison de la superposition des plans. (H. H. SHAPIRO, l 77)
Le moyen suivant permet l'identification facile des images
symétriques sur le film de profil (G. GUGNY), Figure 52 :
dans le sens horizontal, la cassette étant supposée placée contre
la joue gauche, on se réfère au plan de Francfort: l'image la
plus proche de celui-ci est celle du côté gauche. Ainsi, le bord

29
Plan de Franc:fort
Po

"\~"

------------------------
Fig. 52. - Identification des images symétriques sur le film de profil. Pour la
mandibule, la première molaire inférieure, la fente ptérygo-maxillaire, le
key-ridge et l'orbite, image du côté gauche en trait plein, et image du côté
droit en pointillé.

Ap.clinoIde antér1eure ___ _


Os planum ______________ ~ __<.--~=--

Sinus spénoIdal ________ _


Selle turcique _______ -- ,-
Ap.c11noIde postérieur ..:

Fig. 53. - Section d'un crâne, au niveau du plan saggital médian, montrant
des images des structures osseuses semblables à celles qui sont observées
sur le film de profil (D'après V. SASSOUNI, Theface infive dimensions).

30
inférieur gauche de la mandibule est au-dessus du bord droit,
et plus proche du plan de Francfort.
dans le sens vertical, l'image la plus proche de la perpendicu-
laire au plan de Francfort passant par le Porion est celle
du côté gauche. Ainsi, l'orbite, le key-ridge, la fente ptérygo-
maxillaire, le bord postérieur de la branche montante
gauches sont situés en arriere des images correspondantes du
côté droit, et plus proches de la perpendiculaire au plan de
Francfort.
L'identification des différentes structures osseuses ne présente géné-
ralement pas de difficultés. L'image du film téléradiographique de

~Ethmo5:de
\~p.Grista-galli
,Ap.clino!de antérieure ", ,
t.Gouttière optique ",, ,
, ' '.
.
~:Selle turcique
\
...:: :Os planum
;::: :Sinus sphéno5:dal
·::.,Petite ane du sphéno5:de
1 . . 11

:::Ll __ ------ ------- .


~

Cf
\ '\
\
"
,, ---
.....
~~-~~:::=:~:==~- ~~~-~i~-~·~:~.~~~::::~~
._"'-j!.,'
L... '

dur

la 2e

31
profil ressemble beaucoup à celle de la section d'un crâne sur le plan
sagittal médian, et cette comparaison permettra d'éviter bien des
erreurs (Fig. 53 et 54).
La localisation des deux orbites peut pourtant être délicate.
Dans certains cas, l'image blanche du plancher de l'orbite, légè-
rement oblique en haut et en arrière (Fig. 54), permettra de déter-
miner le point sous-orbitaire. Il est parfois possible de discerner
plus aisément les orbites en examinant le film à l'envers, le haut en
bas.
Pour les tissus mous, il faut se souvenir que, sur le cliché latéral,
« l'image sombre, en forme d'entonnoir, qui traverse verticalement
les branches montantes, est celle des choanes et du pharynx;
parfois, condyles et branches montantes semblent séparés. La lar-
geur de cette image permet de juger de l'importance des végétations
adénoïdes» (L. B. HIGLEY, 83). D'après RICKETTS (159), les végéta-
tions influencent la position de l'os hyoïde, qui serait placé plus
bas lorsqu'il existe des végétations.

L'ÉTUDE DES TISSUS MOUS

La lecture facile, et la bonne définition des images des tissus


mous ont, dès le début, constitué un des soucis majeurs des pion-
niers de la téléradiographie du crâne.
Les années qui se sont écoulées ont encore accru l'intérêt porté
sur les tissus mous, et, dans l'emploi des films téléradiographiques,
une bonne image des tissus mous est devenue aussi nécessaire que
celle des tissus osseux ou des dents.

MOYENS PROPOSÉS POUR FACILITER LA LECTURE DES TISSUS MOUS.

Fil de plomb: nous avons vu, au chapitre« Historique », que Juan


CARREA, en 1922, collait sur le profil, à l'aide d'un ruban adhésif,
un mince fil de plomb qui demeurait visible sur le film, quelle
que soit la densité de celui-ci. Ce moyen a été longtemps em-
ployé.
EmPloi d'une pommade radio-opaque: on applique sur le profil du
sujet une pommade radio-opaque, à base de bismuth ou de
baryum, qui, comme le fil de plomb, mais avec plus de précision,
rend visible le contour du profil.
De COSTER, en 1934 (55), recommandait l'emploi du sulfate
de baryum.
La formule de C. L. WHITMAN (202) est la suivante
Bismuth . . . . . . . . . . . . . . .. 40 %
Oxyde de zinc. . . . . . . . . .. 60 %

32
Affaiblissement du cliché : ce procédé, qui peut être utilisé con-
curemment avec le précédent est, lui aussi, employé depuis fort
longtemps. On affaiblit, par traitement chimique, les zones
intéressantes, et particulièrement le profil, d'un clicbé trop
poussé pour permettre de discerner les tissus mous.
De COSTER (55) a conseillé l'emploi de la solution de FAR-
MER, ferricyanure de potassium et hyposulfite de soude, appli-
quée avec un tampon de coton ou un pinceau, sur les partie, à
affaiblir.
KORKHAUS utilise cette technique depuis 1936, et lui demeure
fidèle; il la recommande à nouveau dans ses récentes publica-
tions (101).
Procédé de « l'inversion Photographique» : l'emploi de ce procédé
pour les films téléradiographiques a été préconisé, en 1936, par
J. CAUHÉPÉ et A. COURRIER-CHAPUT (43).
Sur le négatif, la différence de densité entre la partie de film
impressionnée sans aucune interposition, et celle irri'Pressionnée
à travers les tissus mous, est très faible. Par contre, su~le positif,
cette différence devient visible, toute ombre pouvant être dis-
tinguée sur fond blanc. L'inversion photographique « consiste
à détruire l'image négative du film après développement; il
reste alors sur le film une quantité de bromure d'argent inver-
sement proportionnelle à celle de l'image négative ». C'est ce
bromure d'argent restant qui formera l'image positive que l'on
souhaite obtenir.
On plonge le film développé à fond (temps de dévelop-
pement doublé) dans une solution de permanganate de potasse
et d'acide sulfurique, jusqu'à destruction de l'image négative et
apparition de l'image positive; on le laisse ensuite quelques
instants dans une solution de bisulfite de soude à 10 %. L'image
positive définitive est obtenue par un second développement
rapide (2-3 minutes), et fixée à l'hyposulfite.
Emploi de deux films dans une même cassette : ce procédé, déjà em-
ployé en 1929 par SIMPSON (179), est,lui aussi,ancien. Les deux
films sont soumis à la même radiation, mais l'un est développé
normalement, alors que l'autre est sensiblement sous-développé.
Celui-ci donne l'image du profil, et, superposé sur le premier,
permet de compléter le tracé. Il est nécessaire d'augmenter le
temps de pose.
En 1931, THOMPSON, de Los Angeles, cité par KROGMAN
et SASSOUNI, utilisait deux films. L'un, enveloppé de papier
noir, était placé entre les écrans; l'autre, placé en avant de
l'écran antérieur, donnait l'image du profil cutané.
INCONVÉNIENTS DE CES PROCÉDÉS.
Tous ces procédés, très acceptables lorsque la téléradiographie
n'était employée qu'exceptionnellement, sont en réalité assez peu
commodes pour uq usage intensif:
33
le fil de plomb ne s'adapte que très imparfaitement; l'image
qu'il donne est des plus imprécises, et rend impossible l'étude
des modifications du profil.
l'application, puis le nettoyage, des pommades radio-opaques,
sont longs et fastidieux;
l'affaiblissement des films nécessite une manipulation supplé-
mentaire; il rend de grands services, dans des cas isolés, pour
rendre lisibles des films surexposés, mais absorbe du temps en
pratique régulière;
enfin, inconvénient commun à ces procédés, et à l'emploi du
double film: la mise en évidence du profil cutané n'est pas, à
beaucoup près, le seul point intéressant pour l'étude des tissus
mous-. Le volume de la langue, sa position par rapport au corps
mandibulaire et aux incisives inférieures, le voile du palais dans
ses rapports avec la base de la langue, la perméabilité du
rhino-pharynx, la présence de végétations, notamment, doivent
également pouvoir être étudiés.

NOUVEAUX MOYENS PROPOSÉS.

Emploi d'écrans en aluminium: pour obvier à ces inconvénients,


REBOUL et BRUN (15 1) ont proposé en 1955 de placer au niveau
de la région antérieure de la face un écran rectangulaire d'alu-
minium de 25 X 8 cm; l'épaisseur recommandée est de 8-10 mm
(Fig. 55). Pour donner un effet de dégradé sur le film, le bord
postérieur est taillé en biseau sur une largeur de 4 cm.
BJORK utilise également de tels filtres. Ce procédé a été
commercialisé, notamment au Danemark par PEDERSEN et
SCHMIDT.

EmPloi de tubes à haut kilovoltage : le contraste des films est contrô-


lé par le kilovoltage; J. B. FRANKLIN étudia donc en 1955 (74)
une technique à haut kilovolt age pour téléradiographie du
crâne, permettant d'obtenir, sans aucun artifice, ni aucune mani-
pulation, à la fois une bonne définition des tissus osseux et des
tissus mous.
Il conseille de travailler dans les conditions suivantes: 90 kV,
20 mA, pose 3/10 quel que soit l'âge du sujet, distance l,50 m.
T.M. GRABER (164) recommande également cette technique
qui, rappelons-le, présente en outre l'avantage de réduire le
danger des radiations.
Emploi du Logetron (Log : logarithme, E : exposition, Tron :
électronique). Ce procédé, dont l'application à la téléradio-
graphie du crâne a été signalée par Madame S. BOURSELET (30),
permet, par l'emploi d'une tireuse spéciale, « la correction de
la valeur de l'exposition selon la densité de chaque élément très

34
petit de la surface du négatif ». Il met en évidence des détails
insoupçonnés, et facilite grandement la lecture du film.
R. GUDIN (1961) a pu ainsi déceler l'emplacement de
certaines insertions musculaires, et tirer de l'examen du film
des éléments suffisants pour poser les bases d'un diagnostic sur
le comportement neuro-musculaire du sujet.

Fig. 55. - Ecran d'aluminium, préconisé par REBOUL et BRUN, pour améliorer
la définition des tissus mous du profil.
Noter l'inclinaison de la pièce de métal, par rapport à la cassette.
En bas, la section de l'écran taillé en biseau.

DESCRIPTION DU PROFIL. ESTIMATION DE L'ESTHÉTIQUE FACIALE.

Sur ce sujet, tous les désaccords sont permis, et n'ont pas manqué
de se produire. Le but esthétique vers lequel doit tendre un trai-
tement est, en partie, sous la dépendance d'estimations purement
subjectives, et a donné naissance à d'innombrables controverses.
RICKETTS (160), qui accorde une grande place à la question
esthétique dans son plan de traitement, a. pensé que ces désaccords
étaient dûs, au moins partiellement, ,à l'absence de méthodes
permettant de décrire et de discuter les conditioQ.s existantes. Il a
proposé, comme, moyen de comparaison et de discussion, une ligne

35
allant de la pointe du nez au menton, qu'il a appelée « ligne d'esthé-
tique », ou « ligne E» (Fig. 56).
Chez les sujets adultes normaux, les lèvres sont toujours en
arrière de cette ligne, bien que leur position varie avec le type de
profil. Pour le sujet à profil concave, la lèvre inférieure se trouve très
en arrière de la ligne E (Fig. 56, A) ; cette distance est réduite pour
le profil rectiligne (Fig. 56, B). Enfin, la lèvre arrive au voisinage de
la ligne pour le profil convexe (Fig. 56, C).

A B
Fig. 56. - Variation normale des rapports de la lèvre inférieure avec la ligne E
de RICKETTS. Profils de trois sujets présentant d'excellentes occlusions.
En A, homme de 37 ans, à profil modérément concave, et incisive infé-
rieure à 2 mm en arrière de la ligne Point A-Pogonion.
En B, jeune femme de 27 ans, à profil rectiligne, et incisive inférieure à
1 mm en avant de la ligne A-Pogonion.
En C, jeune fille de 14 ans, à profil convexe, et incisive inférieure à 3 mm
en avant de la ligne A-Pogonion (D'après RICKETTS, Ameriean Journal of
Orthodonties, mai 1960).

Toutefois, en cours de denture mixte, la lèvre inférieure se


trouve à l mm en avant de la ligne d'esthétique, recule progres-
sivement à mesure que le sujet vieillit; entre I I et 14 ans, elle
affleure la ligne. (Voir« Méthode d'analyse de Ricketts », page 220,
pour la position des lèvres dans les cas pathologiques)

MODIFICATIONS DU PROFIL PROVOQUÉES PAR LE TRAITEMENT.

STONER et ses Collaborateurs (184), étudiant 57 cas traités par


C. H. TWEED, ont recherché les effets du traitement de malocclu-
sions Classe II, division l, sur le profil des patients. Tous avaient
été traités avec préparation de l'ancrage à l'arcade inférieure, en
prenant pour base de contrôle la valeur de l'angle incisive infé-

36
rieure ~ Plan de Francfort (FMIA, voir page 108). Les au-
teurs se sont particulièrement attachés à mettre en evidence le
mécanisme des modifications constatées.
L'amélioration esthétique peut être provoquée par quatre
modifications principales, qui peuvent se produire isolément, ou se
combiner:
réduction de la protrusion des lèvres par rapport au reste
de la face;
réduction de la courbure de la lèvre inférieure; .
augmentation de la dimension verticale au niveau du men-
ton;
déplacement du menton vers l'avant.
La Figure 57, d'après STONER, représente les effets provoqués
sur le profil du sujet par les modifications réalisées au niveau des
différents tissus de soutien:

Fig. 57. - Influence sur l'esthétique du profil des modifications obtenues grâce
au traitement, au niveau des différents éléments de soutien des tissus de
recouvrement (D'après STONER et COLLABORATEURS, The Angle Orthodontist,
avril 1956).

37
1 er
schéma: (à gauche) silhouette type d'un profil dysharmonieux;
e
2 schéma: changement obtenu par recul de l'incisive supé-
rieure seule; la lèvre inférieure et le menton demeu-
rent inchangés;
e
3 schéma: effet de l'ouverture de l'articulé, sans déplacement
du menton vers l'avant. Ce traitement est celui qui
apporte la plus grande amélioration du profil, parti-
culièrement lorsqu'il peut être cbmbiné avec le recul
de l'incisive supérieure;
4e schéma: modifications constatées lorsque le menton est
déplacé vers l'avant.
Les conclusions de cette étude ont été les suivantes :
Le mouvement lingual des incisives inférieures, destiné à aug-
menter la valeur de l'angle FMIA, présente l'avantage de per-
mettre d'augmenter le mouvement de recul des incisives supé-
rieures et, par conséquent, d'accroître les possibilités d'action sur la
lèvre supérieure. L'incidence sur l'aspect esthétique se caractérise
par la réduction de la convexité de la face; les lèvres apparaissent
plus minces, et leur degré de protrusion se trouve réduit.

ÉLÉMENTS DE CROISSANCE PARTICULIERS AUX TISSUS MOUS


DU PROFIL

Si, dans l'ensemble, la croissance du squelette facial de soutien


détermine les modifications du profil, cette règle, en raison de la
croissance propre à certaines régions, souffre des exceptions utiles
à connaître.
SUBTELNY (186), ayant eu l'heureuse fortune de pouvoir obser-
ver 30 sujets depuis l'âge de 3 mois, jusqu'à 18 ans, a mis en évidence
les points particuliers suivants:
alors que la diminution de la convexité du squelette facial
apparaît comme une des caractéristiques du profil squelet-
tique, le profil cutané, dans son ensemble, comprenant
l'appendice nasal, augmente en convexité à mesure qu'a-
vance la croissance;
l'épaisseur des tissus mous varie avec la croissance, et ces
variations influencent le profil facial;
le nez se développe vers le bas et vers l'avant, entre 1 an et
18 ans;
le taux de croissance particulier du nez explique que la
convexité du profil cutané augmente à mesure que le sujet
vieillit.
Ces constatations ont été confirmées par RICKETTS (160) en
1960. Cet auteur a observé 250 sujets répartis en 5 groupes de 50 :

38
, 50 cas Classe l non traités, 50 cas Classe II non traités, 150 cas
Classe II traités par différentes méthodes; les premières obser-
vations ont été généralement faites vers l'âge de 8 ans, parfois
même en cours de denture mixte.
La croissance du nez fut évaluée par mensuration directe de la
distance Epine nasale antérieure-pointe du nez. La croissance
annuelle moyenne pour les différents groupes a été de 1 mm par
an. Les modifications les plus importantes ont été constatées chez
les garcons, au moment de la puberté, et RICKETTS, comme SUB-
TELNY, a rencontré des poussées de croissance tardive.
POINTS, LIGNES ET PLANS

Nous donnerons dans ce chapitre une liste limitée des points,


des lignes, et des plans les plus couramment utilisés en Céphalo-
métrie.
Notre choix a été basé sur l'utilisation pratique. Tous les points
et plans sélectionnés par le Comité de l'American Association of
Orthodontists (Roentgenographic CePhalometric Workshop), en raison de
la précision ou de la facilité de leur localisation, de leur commodité,
ou de l'universalité de leur usage, figurent sur cette liste, marqués
d'un astérisque *. Nous avons ajouté des points ou plans, parti-
culiers à certains auteurs, d'emploi plus limité, mais néanmoins
utiles.
Nous nous sommes efforcés, en faisant de nombreux emprunts à
KROGMAN et SASSOUNI, de donner une définition admise par la
plupart des auteurs. De trop nombreux points possèdent plusieurs
définitions, certains n'en ont pas du tout, et la définition doit être
déduite des figures qui accompagnent le texte. Enfin, le même point
possède souvent plusieurs abréviations différentes; le Pogonion,
par exemple, particulièrement riche, est désigné par: Pog, POG,
P, Po, Pg, PG, pg.
Il existe donc une regrettable confusion, génératrice d'erreurs
et de pertes de temps, et J. AUTISSIER traduit le sentiment de nom-
breux praticiens lorsqu'il écrit : « qu'il est nécessaire, à l'heure
actuelle, que les orthopédistes dento-faciaux adoptent, internation-
nalement, un répertoire des points crâniométriques et anthropo-
métriques ». (*).

La précision est le but vers lequel il faut tendre dans l'emploi


des méthodes céphalométriques. Les causes d'erreurs intrinsèques
sont suffisamment nombreuses pour ne pas y ajouter une part
d'erreur humaine dûe à la négligence.

(*) L'absence de règles admises par tous s'est cruellement fait sentir au cours
de la préparation de cet ouvrage. Il DOUS a malheureusement été impossible de
conserver systématiquement la même abréviation pour tous les points; dans
bien des cas, nous avons dû, sous peine de présenter un texte ne s'accordant plus
avec les figures et les chartes originales, adopter les abréviations employées
par les auteurs.

40
La précision des mensurations céphalométriques dépend des facteurs
suivants:
a) la précision de la localisation des repères,
b) la distance qui sépare les points.
a) PRÉCISION DE LA LOCALISATION DES POINTS DE REPÈRES: c'est
l'évidence même; il est donc important de donner la préférence
aux points dont la localisation ne donne lieu ni à interprétation,
ni à controverse.
T. M. GRABER, qui possède une grande expérience dans l'ensei-
gnement de la Céphalométrie, considère que les points suivants
sont les plus variables lorsqu'ils sont localisés par des opérateurs
différents (164) :
SO : suture sphéno-occipitale,
Or : Point sous-orbitaire (Orbital),
Fente ptérygo-maxillaire,
ANS : Epine nasale antérieure,
Bo : Point de Bolton,
Go : Gonion.
R. Mc GONAGLE (125), ayant renouvelé une expérience déjà
entreprise a trouvé que la part d'erreur humaine était beaucoup
plus importante dans la localisation des repères que dans l'exécu-
tion des tracés eux-mêmes. Pour une même analyse de DOWNS faite
par cinq opérateurs entraînés, la différence des valeurs varie de
iO 5 à 3° pour l'analyse du squelette, et monte à 6° pour l'angle des
grands axes des incisives, en raison de la faible distance qui sépare
les repères déterminant les axes dentaires.
b) LA DISTANCE QUI SÉPARE LES POINTS: à précision égale dans la
localisation des points, plus la distance est petite, plus l'incidence
de l'erreur est importante, et réciproquement, aussi bien pour
les mensurations angulaires que pour les mensurations linéaires.
Pratiquement, il est recommandé de ne pas mesurer des
angles trop petits; par exemple, on ne mesure pas directement
l'angle ANB (Point A-Nasion-Point B), qui est parfois très
réduit, mais on calcule la différence entre les angles SNA
(Selle turcique-Nasion-Point A) et SNB (Selle turcique-Nasion-
Point B).
« Si l'on considère que les dents sont probablement les plus
petits éléments anatomiques mesurés dans la face, on arrive à la
conclusion que les mensurations qui les concernent devraient
être interprétées avec prudence. Particulièrement, le tracé pour
l'inclinaison axiale des dents est sujet à de grandes erreurs. La
même personne traçant l'axe de la même centrale supérieure
ou inférieure à trois reprises différentes peut aisément trouver
une différence de 3 à 4°. Il suffit que, ou bien au bord incisif,

41
" ,
}
ou bien à l'apex, l'emplacement du repère varie d'un demi-
millimètre. La raison est que la distance apex-bord incisif est
très courte. La même erreur (1/2 mm) dans le tracé du plan de
Bolton, ne· donnera pas plus d'un demi-degré de différence, en
mettant les choses au pire». (KROGMAN et SASSOUNI)
Une erreur de 1 mm faussera la mensuration cavité glénoïde-
Selle turcique, de W. WYLIE, de 6 %, et la« longueur d'ensemble
de la mandibule» de 0,96 % seulement.

POINTS UTILISÉS POUR LE FILM DE PROFIL (Fig. 58).

Nous définirons les points osseux seuls, en les divisant en :


A) Points médians.
B) Points bilatéraux.
Les points marqués du signe * ont été retenus par le Roentgeno-
graPhie Cephalometric Workshop de 1957.
Les points particuliers utilisés par certains auteurs sont définis
dans les méthodes d'analyse. .

Fig. 58. - Points les plus usités pour les films de profil.

42
A) POINTS MÉDIANS.

Point Frontal, de Muz] : le point le plus élevé et le' plus antérieur


du front.
Glabelle, GI: le point le plus antérieur du frontal, sur le plan sagit-
tal, à la hauteur des rebords sus-orbitaires.
* Nasion, Na: le point le plus antérieur de la suture fronto-nasale,
vue sur le film de profil.
*Epine Nasale Antérieure, ANS: pointe de l'épine nasale antérieure,
vue sur le film de profil.
* Point A (sous-épineux) : (parfois dénommé a) le point le plus déclive,
sur la ligne médiane, de la concavité située entre l'épine
nasale antérieure et le Prosthion (*).
Prosthion, Pr : le point le plus antérieur de la portion alvéolaire du
maxillaire, entre les incisives centrales supérieures.
Incision Superius, Is (Point incisif supérieur) : pointe de la couronne
de la centrale supérieure la plus antérieure.
Incision Inferius, If (Point incisif inférieur) : pointe de la couronne
de la centrale inférieure la plus antérieure.
Infradental, Id : le point le plus antérieur de la portion alvéolaire de
la mandibule, entre les incisives centrales inférieures.
* Point B, sus-mentonnier: (parfois dénommé b) le point le plus décli-
ve, sur la ligne médiane, de la concavité de la mandibule
située entre Infradental et Pogonion.
*Pogonion, Pog. : (aussi dénommé P, Po, Pg, POG) le point le plus
antérieur de la symphyse mentonnière, vue sur le film
de profil.
*Gnathion, Gn : intersection de l'image du bord antérieur de la
symphyse, avec la bissectrice de' l'angle formé par le
Plan Facial et le Plan Mandibulaire.
Ou bien, le milieu entre le point le plus antérieur et le
point le plus inférieur de la symphyse mentonnière.
RrcKETTs localise ce point au niveau de l'intersection
du bord antérieur de la symphyse avec l'axe Y.
* Menton, ME : (aussi dénommé M, Me) le point le plus inférieur de
l'image de la symphyse mentonnière vue sur le film de
profil.

(*) « D'après HOWES, la table alvéolaire externe est d'épaisseur uniforme sur
toute la hauteur des racines. La proéminence osseuse que l'on observe sur le
film de profil, vestibulairement par rapport aux racines, est localisée exacte-
ment sur la ligne médiane, et ne recouvre pas les racines. Les mensurations
céphalométriques des modifications produites au point A, prises par rapport à la
projection de la proéminence osseuse au 'niveau du plan sagittal médian, sont
donc inexactes, et conduisent à des déductions erronées ». (J .-A. SALZMANN, 170)

43
*Selle turcique, S : le centre de la selle turcique, déterminé par ins-
pection.
*Suture Sphéno-occipitale, SO : le point le plus élevé de la suture.
Basion, Ba: le point le plus inférieur du bord antérieur du Foramen
Magnum.
Opisthion, Op : le point le plus postérieur du Foramen Magnum.
* Epine Nasale Postérieure, PNS : la pointe de l'épine nasale posté-
rieure, à l'extrémité du palais dur.
* Registration point, R : milieu d'une perpendiculaire abaissée du
centre de la selle turcique sur le plan Nasion-Bolton.

E) POINTS BI-LATÉRAUX.

* Orbital, Or (Sous-Orbitaire) : le point le plus déclive du rebord


orbitaire inférieur. Lorsque les orbites projettent deux
images différentes sur le film de profil, le point Or est
localisé à égale distance des deux images.
*Gonion, Go : un point équidistant entre le point le plus inférieur,
et le point le plus postérieur de l'angle de la mandibule
(ORTIZ et BRODIE, cités par KROGMAN et SASSOUNI).
* Porion, Po : le point le plus élevé de la surface supérieure du tissu
cutané du conduit auditif externe.
Sur le film de profil, la localisation du Porion se fait
souvent à l'aide de l'image des olives auriculaires. Lors-
que le sujet est correctement installé dans le céphalostat,
il se trouve légèrement suspendu dans l'appareil par les
olives; si cette condition est remplie, la surface supérieure
de l'olive est bien au contact de« la surface supérieure du
tissu cutané du conduit auditif externe », et la surface
supérieure de l'olive localise le Porion.
* Articulare, Ar : ce point ne représente pas une structure osseuse,
mais une image radiographique. Il a été introduit par
BJoRK, en 1947 (The face in profile).
En 1954, BJoRK et PALLING le définirent comme suit:
« un point à l'intersection de la base externe du crâne, et
de l'image de la surface postérieure des condyles mandi-
bulaires ». (KROGMAN et SASSOUNI)
* Point de Bolton, Bo : le point le plus déclive de la concavité pos-
térieure aux condyles de l'occipital. Ce point a été intro-
duit par BROADBENT. Dans les cas difficiles, il peut être
localisé à mi-distance entre Opisthion et Basion, par
conséquent au centre du Foramen Magnum. (V. SAS-
SOUNI, 175)

44
3) LIGNES ET PLANS (Fig. 59).

L'usage, en Céphalométrie, a amené une certaine confusion


entre les deux termes : ligne et plan. Cette confusion a été provo-
quée par le fait que sur le cliché de profil la ligne et le plan se
trouvent tous les deux obligatoirement représentés par une ligne,
puisqu'on ne dispose, de toute façon, que de deux points pour les
déterminer.
Toutefois, à la suite de KROGMAN et SASSOUNI, il nous semble
plus logique de parler d'une ligne chaque fois que l'on réunit deux
points: Nasion-Point A est une ligne; le grand axe de l'incisive,
qui réunit l'apex au bord incisif, est une ligne.
Par contre, toute ligne représentant trois points au moins, est un
plan : le plan de Francfort, déterminé par les deux Porions et un
point sous-orbitaire, est un plan, bien que représenté sur le tracé
par une droite; le plan de Bolton déterminé par le point de Bolton
(bilatéral) et le Nasion est un plan, ainsi que le plan Mandibulaire
déterminé par un point antérieur au niveau de la symphyse et les
deux points postérieurs Gonion.
Parmi les plans, on distingue
a) le plan d'orientation,
b) le plan de référence,
c) le plan de superposition.
Un même plan peut être utilisé, à la fois, comme plan de super-
position et comme plan de référence, ou même comme plan
d'orientation. (Selle turcique-Nasion, BJoRK).

a) LE PLAN D'ORIENTATION :
En Céphalométrie, ce plan est important lorsque l'on projette
les points du film de profil sur le film postéro-antérieur, afin d'ob-
tenir une vue dans les trois dimensions. « Lorsque le film de profil
seul est utilisé, l'orientation de la tête importe peu, pourvu que le
plan sagittal médian soit parallèle à la cassette et perpendiculaire
au rayon central. Strictement parlant, le plan d'orientation est
surtout important dans l'étude phylogénétique de la tête et de la
face ». (KROGMAN et SASSOUNI)
L'élément essentiel, dans le choix d'un plan d'orientation, est
la recherche d'un plan représentant une position physiologique,
ou d'équilibre naturel de la tête. C'est vers ce but qu'ont tendu,
depuis de longues années, de nombreux travaux scientifiques.
Certains auteurs (MooRREEs, RICKETTS, DOWNS, notamment)
n'orientent plus la tête du patient, qui est placée en position natu-
relle d'équilibre dans le céphalostat, en respectant bien entendu les
conditions que nous venons de rappeler.
Le plan d'orientation trouve particulièrement son emploi pour
les analyses statiques.

45
b) LE PLAN DE RÉFÉRENCE
Le plan de référence est un plan sélectionné comme base pour
prendre plusieurs mensurations; ces mensurations peuvent être
linéaires ou angulaires.
Par exemple, le plan de Francfort est le plan de référence uti-
lisé dans l'analyse de DOWNS; c'est par rapport à ce plan que sont
calculées les valeurs de l'angle Facial (angle Plan de Francfort-
ligne faciale Nasion-Pogonion), l'angle de l'axe Y (angle Plan de
Francfort-ligne Selle turcique-Gnathion), et l'inclinaison du plan
d'occlusion. Dans l'analyse, par projection orthogonale, de
W. WYLIE, on projette sur le plan de Francfort, plan de réfé-
rence, les différents points de repère, et c'est sur ce plan que sont
faites les mensurations.
Les trois plans de référence sélectionnés par le RoentgenograPhic
Cephalometric Workshop de 1957 sont: le plan de Bolton (Bo-Na), le
plan Suture sphéno-occipitale-Nasion (SO-Na), et la ligne S-Na.
Le plan de Francfort a été considéré comme« pouvant être utile ».
(J. A. SALZMANN, 170)
La valeur des plans de référence intra-crâniens a été mise en
question. C. F. A. MOORREES (131) leur substitue une ligne verti-
cale extra-crânienne, déterminée par un fil métallique placé direc-
tement devant la cassette.

c) LE PLAN DE SUPERPOSITION
Le plan de superposition est un plan considéré comme relati-
vement stable, par rapport auquel sont comparés des points ou
des régions qui ne le sont pas, et dont on veut soit déterminer la
direction, soit mesurer l'amplitude des déplacements.
. Exemples: le plan Basion-Nasion, recommandé par DOWNS
pour les comparaisons des tracés avant et après traitement; le plan
Selle turcique-Nasion, utilisé par BRODIE et de nombreux auteurs.
C'est, en général, sur la base du crâne que sont placés les points
fixes des différents plans de superposition, parce que la croissance
est complétée précocement dans cette région.
La différence entre le plan de superposition 'et le plan de réfé-
rence est la suivante : le plan de superposition doit présenter une
relative stabilité, et compter au moins un point considéré comme
fixe, qui est utilisé comme « point d'enregistrement ».
Ce plan trouve son emploi dans toutes les études, ou analyses
dynamiques (croissance, mouvements thérapeutiques); nous en
parlerons plus en détail en étudiant les tracés et leur superposition
(pages 62-74). Il est également utilisé pour la comparaison avec
les tracés céphalométriques standards de SASSOUNI.
Plan de Broca : déterminé par l'extrémité du septum alvéolaire,
entre les incisives centrales supérieures, et le point le plus
inférieur du condyle de l'occipital. Il présente un intérêt
surtout historique.

46
Plan de Camper : déterminé par la pointe de l'épine nasale anté-
rieure, et le centre du conduit auditif osseux externe. Il
serait parallèle au plan d'occlusion. (COUTAND, 59)
Plan de Francfort : déterminé par les deux Porions, et le point
sous-orbitaire. On admet que ce plan est horizontal
lorsque le sujet, se tenant droit, regarde devant lui à la
hauteur de ses yeux.

Plan de Krogman .....

SO-Na .••.

Fig. 59. - Plans et lignes les plus usités en Céphalométrie, pour films de profil.

*Plan de Bolton (Bo-Na) : Point de Bolton-Nasion; le point de


Bolton est un point bilatéral.
* Plan mandibulaire: La définition varie beaucoup suivant les auteurs.
D'importantes différences d'inclinaison de ce plan peu-
vent être constatées suivant le choix du repère antérieur,
et la morphologie du bord inférieur de la mandibule,
qui est très variable. Si ce bord est rectiligne, il est facile
de tracer un plan qui lui soit tangent; si au contraire le
bord inférieur est incurvé vers le bas au niveau des pré-

47
molaires, l'orientation du plan s'en trouve fortement
modifiée. Cette considération, qui peut influencer le
résultat des mensurations angulaires, doit être retenue
en utilisant les moyennes des différents auteurs.
Le Cephalometric Workshop de 1957 (164) a admis trois
tracés différents :
plan mandibulaire a : parallèle à l'axe du corps mandi-
bulaire, tangent à son point le plus inférieur;
plan mandibulaire b : déterminé par les points Gnathion
et Gonion;
plan mandibulaire c : déterminé par les points Menton et
Gonion.
DowNs (voir page 132) utilise un quatrième tracé, qui
est une ligne suivant le bord inférieur de la mandibule,
tangente au niveau de l'angle goniaque en arrière, et à
l'image de profil de la symphyse, en avant. Ce tracé est
également employé par SASSOUNI.
*Plan d'occlusion: bien que ceci ne corresponde pas à la réalité,
il est représenté par une droite coupant en son milieu la
~al!t.eur de recouvrement des premières molaires et des
mClSlves.
Dans le cas d'infra-position marquée au niveau des
incisives;utiliser lè même repère postérieur, et le milieu
de" la hauteur de recouvrement au niveau des canines
ou prémolaires.
* Plan palatin (ou bispinal) : déterminé par les deux epmes nasales.
Sur de nombreux films, l'épine nasale postérieure est
dissimulée par les germes de molaires. Dans ce cas, le plan
est tracé tangent au sommet de la convexité de la surface
nasale du maxillaire supérieur.
* Plan RamaI (Ar-Go) : déterminé par les points Articulare et
Gonion.
* Plan Selle turcique-Point de Bolton (S-Bo) : déterminé par le centre
de la Selle turcique et le point de Bolton.
Ligne de référence de De Coster: c'est une ligne de superposition; elle
suit la ligne antérieure de la base du crâne: bord antérieur
de la selle turcique-ethmoÏde-trou borgne-table interne
du frontal (Fig. 60).
*Ligne Faciale (Na-Pog) : Nasion-Pogonion, utilisée par DowNs,
MARGO LIS, RICKETTS.
* Ligne Selle turcique-Nasion (S-Na) : utilisée par BRODIE, BJoRK,
MOORREES, le groupe NORTHwESTERN, STEINER ... comme
plan de référence, de superposition ou même d'orienta-
tion.
* Ligne Suture sPhéno-occipitale-Nasion (SO-Na) : utilisée particulière-
ment par MARGO LIS.

48
Frontal _________________________ _
Suture fronto-ethmoldale _____ ,
Etlunoide _________________ , "',
Suture sphéno-ethmordalel \ "" ...

i \\ '

Fig. 60. - Tracé de la ligne de référence de DE COSTER. entre les deux traits
triples. ,"u niveau du trait double, la gouttière optique.

Ligne Basion-Nasion (Ba-Na) : souvent utilisée pour les superposi-


tions.
*Axe Y, Selle turcique-Gnathion (S-Gn) : utilisé dans diverses métho-
des d'analyse pour indiquer la direction de la croissance
en bas et en avant.
Plan de Krogman, ou Nasion-parallèle : passant par le Nasion et
parallèle au plan de Francfort.

Fig. 6 I. - Le plan vertico-frontal.

49
Fig. 62. - Le plan orbito-malaire. En pointillé, le tracé de la ligne du key-
ridge.

Fig. 63. - Tracé du plan optique de SASSOUNI (D'après SASSOUNJ, Clinical


Cephalometry) .

Fig. 64. - Le clivus.

50
Plan orbitaire (de SIMON) : plan vertical passant par le point Sous-
Orbitaire, et perpendiculaire au plan de Francfort.
Plan vettico-frontal (G. BELTRAMI, AUTISSIER, BEAUVIEUX) : cor-
respond à la perpendiculaire abaissée du tubercule de la
selle turcique sur le plan Opisthion-Nasion. (Fig. 61)
Les auteurs considèrent que le plan Opisthion-N asion
est parallèle au canal semi-circulaire externe, qui est
placé dans sa position physiologique lorsqu'il est lui-même
parallèle au sol.
Le point Opisthion étant parfois difficile à localiser,
on peut, pour orienter la tête, placer perpendiculairement
au sol les apophyses ptérygoïdes internes, plus lisibles, et
dont la position est constante. Le plan vertico-frontal est
alors parallèle à ces apophyses, et perpendiculaire au plan
Opisthion-Nasion, et au canal semi-circulaire externe.
Plan orbito-malaire (ROUSSEAU et GUDIN) : tangent au bord orbito-
externe de l'os malaire, et passant par la pointe de l'apo-
physe pyramidale du maxillaire supérieur. (Fig. 62)
Plan optique (V. SASSOUNI), Fig. 63, : bissectrice de l'angle formé
par la ligne supra-orbitaire (tangente à l'apophyse cli-
noïde antérieure et au plafond de l'orbite) et la ligne infra-
orbitaire (tangente au plancher de l'orbite et au contour
postéro-inférieur de la selle turcique). Ce plan suit sensi-
blement le trajet du nerf optique, et serait par conséquent
lié à l'orientation naturelle de la tête. Sa déviation moyen-
ne par rapport au plan de Francfort est de 0° 63, SD
(déviation standard) :+ 2° 23.
Clù',JS ligne allant du Basion à l'apophyse basilaire du sphénoïde.
(Fig. 64)

Pour les repères utilisés sur le film frontal, voir« Méthode d'ana-
lyse de Sassouni », Etude du film frontal, et Fig. 180, page 286.
TECHNIQUE DES TRACÉS
CÉPHALOMÉTRIQUES

L'étude approfondie du céphalogramme, et notamment l'ana-


lyse, se fait au moyen d'un calque, ou tracé, pris sur le film.

Il MATÉRIEL NÉCESSAIRE A L'EXÉCUTION DU TRACÉ.

Crayon noir, à mine de dureté moyenne (HB Blanzy Poure, par


exemple). La mine sera toujours utilisée finement taillée, soit à
l'aide d'un bloc de papier de verre, soit avec un taille-crayon.
Mines fines de différentes couleurs: rouge, bleu, vert, jaune ...
(JifWaterman quatre rouleurs, par exemple), et non crayons de
couleurs ordinaires, qui sont trop gras et trop épais.
Gomme.
Règle millimétrée, équerre, T, rapporteur, le tout transparent.
Un large rapporteur facilite les mensurations.
Compas.
Normographe, pour dessiner les chiffres et les lettres, dans le
cas où le tracé est à présenter ou publier.
Rouleau d'albuplast, QU de Scotch tape, pour solidariser le
film et le transparent.
Papier noir (conditionnement des grands films).
- Table lumineuse, ou large négatoscope, à verre opalescent, si
possible muni d'un rhéostat permettant de faire varier l'inten-
sité de la lumière suivant la densité du cliché. En raison qu temps
nécessaire à l'exécution du tracé, l'emploi de tubes fluotescents,
qui ne chauffent pas, est recommandé. .
Transparent : a) Acétate : Kodatrace (en France), Albanène,
Traceline ... , sur lequel1e tracé peut être fait au crayon; b) cello-
phane,sur laquelle le tracé peut être exécuté à l'encre de
Chine. La transparence est suffisante pour permettre de super-

52
poser plusieurs tracés en même temps, et de les voir parfai-
tement. Le papier calque rend difficile l'exécution du tracé, en
raison de sa médiocre transparence.
Série des clichés intra-buccaux. Moulages contemporains du
film, qui peuvent être d'un grand secours pour le tracé des dents.
Photographie du sujet, particulièrement s'il s'agit d'une pre-
mière analyse; rappelons qu'elle est extrêmement utile, non
pour l'exécution du tracé, mais pour son interprétation (ana-
lyse) .

2) ÉLÉMENTS A TRACER POUR LE FILM DE PROFIL.

Profil cutané, limite des téguments de la région postérieure de


la tête et du cou.
Frontal, tables interne et externe.
Os propres du nez, suture fronto-nasale.
Ligne antérieure de la base du crâne (structure bilatérale
plafond de l'orbite; structure médiane : sphénoïde, lame cri-
blée, apophyse crista-galli, lorsqu'elle est visible).
Selle turcique.
Suture sphéno-occipitale.
Orbites (droite et gauche), bord inférieur et bord latéral.
Key-ridge gauche et plancher de l'orbite.
Fente ptérygo-maxillaire .
. Porion. On le détermine souvent à l'aide des olives auriculaires,
qui en facilitent beaucoup la localisation systématique. Si l'on
a supprimé les olives auriculaires, pour permettre au sujet de se
placer en position d'équilibre naturel, on détermine le Porion
osseux.
Occipital (table externe), apophyse basilaire; localiser le Basion.
Bord postérieur du Foramen Magnum; localiser l'Opisthion.
Maxillaire supérieur, face supérieure sur toute la longueur à
partir de l'épine nasale antérieure; face inférieure ou voûte
palatine; image antérieure du cOI ps, de l'épine nasale anté-
rieure au prosthion.
Mandibule: symphyse, corps, branche montante, condyle, et si
possible apophyse coronoïde.
Os hyoïde.
Apophyse odontoïde de l'axis.

53
Deux premières vertèbres cervicales.
Dents: Incisive centrale supérieure,
Incisive centrale inférieure,
Première molaire supérieure,
Première molaire inférieure.
Le tracé de ces dents peut être suffisant; il est parfois utile
de tracer toutes les dents, y compris celles qui sont incluses ou
en évolution, notamment pour étudier les effets de la crois-
sance.

3) EXÉCUTION DES TRACÉS.

Placer le film sur le négatoscope, le profil tourné vers la droite.


Si le plan de Francfort présente une légère différence par
rapport à l'horizontale, et que le sujet n'ait pas été volontai-
rement laissé en position d'équilibre naturel, lever ou baisser
la partie droite du film pour obtenir la correction, nécessaire;
le plan de Francfort doit alors être bien horizontal, et paral-
lèle au bord supérieur du négatoscope. Dans le cas où le plan de
Francfort n'est pas utilisé comme plan de référence, cette cor-
rection n'est pas nécessaire; il est malgré tout préférable de
conserver une même orientation pour tous les films.
Poser une feuille de transparent sur le film. Pour un film r8 X 24
la feuille doit recouvrir complètement le film. Pour les films de
plus grand format, s'assurel que le transparent recouvre bien
toutes les structures intéressantes à étudier, particulièrement
dans la partie inférieure (point Menton, os hyoïde, vertèbres
cervicales) .
Solidariser film et transparent avec une bande de collant
(Scotch tape ou albuplast), soit sur le bord supérieur, soit sur le
bord gauche, pour permettre de soulever la feuille, et d'exami-
ner directement le film sans risquer aucun déplacement.
Dissimuler toutes les parties brillantes ou fortement éclairées :
placer des feuilles de papier noir autour du film si le négatoscope
est de grande dimension, et aussi sur les parties du film dont
on ne fait pas le tracé. « L'absence de lumière, non seulement
diminuera la fatigue de l'œil, mais facilitera grandement la
lecture de tous les détails qui intéressent l'opérateur, parti-
culièrement de ceux qui semblent illisibles, parce que surexpo-
sés, lorsqu'ils sont vus dans des conditions moins favorables. »
(W. WYLm). Pour faciliter la lecture, GRABER conseille de
former un cône avec une feuille de papier noir épais, et d'exa-
miner les détails délicats à l'aide de ce cône.
Il est également recommandé d'exécuter le tracé dans une

54
pièce obscure, et de ne pas la quitter avant que le tracé ne
soit terminé. Cette précaution facilite beaucoup la lecture du
film, et diminue considérablement la fatigue des yeux.
Tenir le crayon très légèrement, et suivre le plus fidèlement pos-
sible le contour des structures à reproduire, en traçant une ligne
continue et bien régulière, et non une suite de traits irréguliers
et mal raccordés. La part d'erreur humaine, dans l'exécution
d'un tracé, est assez importante, et elle ne doit pas être aggravée
par des fautes évitables.
Au cours de l'exécution du tracé, éviter de porter les mains au
visage : toute trace de matière sébacée reportée sur le transpa-
rent laisse sur celui-ci des taches disgracieuses, difficiles à éli-
mmer.

STRUCTURES BI-LATÉRALES.

Pour les structures anatomiques bi-latérales, on peut soit tracer


celles du côté gauche, qui ont subi une moindre déformation, soit
tracer une ligne équidistante entre les deux images droite et gauche.
GOLDEN (76, page 43), assistant de BROADBENT, assure que« l'erreur
produite par le tracé d'une ligne équidistante, sur le film de profil,
avec une distance foyer-objet de l,50 m, est négligeable ». Les deux
procédés sont valables, à condition de conserver méthodiquement
celui qui a été choisi, pour permettre les superpositions ultérieures.
Nous utilisons la première méthode, sauf pour la localisation du
repère antérieur du plan de Francfort: le point Sous-Orbitaire est
parfois difficile à localiser avec précision, et l'on réduit les risques
d'erreur en utilisant un point équidistant entre les points les plus
déclives des rebords orbitaires droit et gauche.
S'il existe une asymétrie flagrante de la mandibule, nous tra-
çons la ligne médiane entre les deux bords inférieurs, le choix de
l'un ou l'autre bord risquant d'influencer fortement certaines
mensurations, notamment l'angle Francfort-Mandibulaire, et de
fausser l'interprétation de l'analyse.
Les incisives centrales sont si voisines du plan sagittal médian
que l'on peut presque ne pas les considérer comme des images
bi-latérales : il est de regle, pour les deux arcades, de tracer celle de ces
dents qui est la Plus antérieure, à moins qu'une malposition isolée,
particulièrement au maxillaire supérieur ne place la dent très en
avant par rapport à l'ensemble de J'arcade.

ORDRE DANS LEQUEL EST EXÉCUTÉ LE TRACÉ.

W. WYLIE recommande de commencer par le profil cutané, en


partànt du menton, et en se dirigeant vers le haut jusqu'au niveau
du sinus frontal, puis de tracer vers le bas le frontal et les os propres

55
du nez, en localisant le Nasion. Si ce point n'est pas visible, cet
auteur conseille de le localiser arbitrairement; il faut alors le
reporter par superposition sur les tracés suivants du même sujet.
Il trace ensuite, dans l'ordre, le palais dur (faces supérieure et
inférieure) avec les deux épines nasales, le procès alvéolaire supé-
rieur, les dents supérieures gauches (particulièrement incisive cen-
trale et Ire molaire), la mandibule, les dents inférieures gauches.
Si l'image du condyle mandibulaire est dissimulée par les olives
auriculaires, ou des éléments anatomiques voisins, il trace aussi
loin que possible le bord postérieur de la branche montante, et
l'apophyse coronoïde, et reporte le calque sur le film « bouche
ouverte », pour le compléter.
GRABER trace le côté gauche, et conseille de commencer par la
boîte crânienne, afin d'obtenir, dès le début, une longue ligne de
superposition, ou de contrôle, pour prévenir des déplacements in-
tempestifs. Cette ligne, pense-t-il, assure plus de garantie pour
les tracés successifs, ou les tracés exécutés pour l'étude dynamique
de la mandibule. Il dissimule ensuite toute la boîte crânienne avec
du papier noir, pour lire plus aisément la région de la suture fronto-
nasale.
Puis, il trace, dans l'ordre, la selle turcique, la base antérieure
du crâne, la région faciale, la région maxillaire, le key-ridge, les
orbites, la mandibule, les dents, l'os hyoïde, et enfin le profil
cutané, en dissimulant toutes les autres parties du film pour en
faciliter la lecture.

BORDS DE LA MANDIBULE.

Les deux bords de la mandibule se présentent souvent de la


façon suivante : le bord postérieur de la branche montante gauche
en arriere du bord droit, le bord inférieur gauche du corps mandi-
bulaire au-dessus du bord droit, les deux côtés se croisant dans la
région de l'angle goniaque. (Fig. 52, page 30).
Une disposition différente n'implique pas forcément la présence
d'une anomalie.
Sur les films pris à grande distance, 4 mètres ou plus, les bords
sont fréquemment superposés.

EMPLOI DES MINES DE COULEUR.

L'emploi des mines de couleur rend les tracés plus clairs.


Il présente un intérêt :
pour différencier les divers tracés lorsque l'on utilise plusieurs
méthodes d'analyse pour l'étude d'un sujet;
pour éviter les confusions entre des lignes très VOlSlnes : par
exemple, dans la méthode de DOWNS, chez certains sujets la

56
ligne faciale, les lignes AB et APo se confondent presque, et les
mines de couleur aident à les· différencier;
pour distinguer aisément l'un de l'autre les tracés successifs
d'un patient, lorsque l'on désire les comparer et les superposer.
Il est évidemment indispensable de demeurer très méthodique
dans l'emploi des teintes choisies, pour ne pas créer de nouvelles
confusions.

C. C. STEINER (182), a sélectionné certaines teintes, pour la


vivacité de leur contraste, et la netteté de leur reproduction sur les
films en couleur, lorsque les tracés doivent être utilisés pour des
projections:
tracé original : noir,
fin de traitement : rouge,
intermédiaires: bleu,
contention: vert,
tracés ultérieurs : marron.
Les mêmes teintes sont employées pour les lignes et pour les
chiffres représentant la valeur des mensurations.

TRACÉ DES DENTS DIFFICILEMENT LISIBLES.

Le tracé de certaines dents, particulièrement des incisives infé-


rieures, peut présenter des difficultés, une partie parfois impor-
tante de la racine étant dissimulée. Pour obtenir un tracé complet
de la dent, permettant de détel miner le grand axe avec précision,
de nombreux opérateurs ont recours au procédé suivant:
Après avoir relevé, sur un bon céphalogramme, le tracé d'une
incisive inférieure de dimension moyenne, et parfaitement visible,
on le reporte sur une plaque de plastique transparent, ou de
celluloïd, ou une carte d'une certaine épaisseur, en l'agrandissant
légèrement. Le tracé e,t découpé sur la plaque ou sur la carte, à
l'aide d'une fraise ou d'une plume spéciale, et l'on obtient une sorte
de pochoir. Ce pochoir est utilisé en superposant la couronne sur
celle de la dent dont la racine n'est pas visible, et le tracé est com-
plété en suivant avec le crayon le bord découpé (Fig. 65).
Ce procédé est utilisable aussi bien pour les molaires que pour
les incisives; il améliore sensiblement la présentation des tracés, et
rend plus précise la comparaison des rapports d'articulé en début
et fin de traitement.
R. JEAN (92) préconise la technique suivante:
calquer les dents types (molaires et centrales supérieures et
inférieures). Les agrandir d'un pourcentage égal au coefficient
d'agrandissement de l'installation utilisée;

57
les reproduire en les découpant sur papier d'étain mince radio-
opaque (papier d'étain placé derrière les films intra-buccaux,
par exemple);
radiographier sur un film 9 x 12 ou' 13 X 18 les dents préparées;
sous-développer le négatif ainsi obtenu, qui formera un cache.
Le cache se glisse entre le film et le tracé; il est facile de le
placer correctement.
« Les dents du cache apparaissent en blanc sur un fond trans-
parent, légèrement grisé, qui n'empêche pas la lecture du cliché
téléradiographique et du calque correspondant ».

Fig. 65. - Pochoir réalisé pour faciliter le tracé des dents inférieures.

DIFFÉRENTS TRAITS UTILISÉS POUR LES TRACÉS, SCHÉMATISATION


DE CERTAINES DENTS.

Pour distinguer les tracés d'un patient on peut, si l'on n'a pas
recours aux mines de couleur, utiliser différents traits :
trait plein, qu'il est d'usage de réserver pour le tracé initial,
trait interrorripu (tirets) pour le 2 e tracé,
trait pointillé pour le 3e tracé,
points et traits pour le 4 e tracé.
Pour rendre ses tracés à la fois plus clairs et plus frappants,
C. STEINER (182) représente les incisives supérieure et inférieure du
tracé initial par une ligne en trait interrompu, suivant le grand
axe de la dent, et limitée par un tiret perpendiculaire tracé exac-
tement au niveau de l'apex et du bord incisif.
\
58
Pour les premières molaires supérieure et inférieure, la ligne est
tracée de la pointe de la cuspide mésio-vestibulaire à l'apex de la
racine mésiale.
Ces lignes sont reportées par superposition sur le, ou les tr~cés
suivants (voir page 173). Le premier tracé enlevé, les lignes
matérialisent de façon prècise la position originale des dents, et
montrent les déplacement,; réalisés dans le sens antéro-postérieur

Fig. 66. - En haut : le tracé avant


traitement. En has : le tracé en
fin de traitement, sur lequel a été
reportée la position initiale des
incisives et des molaires. Cette
superposition permet d'objectiver
l'effet de la " préparation d'an-
crage » sur l'incisive et la molaire
inférieures: l'incisive a été replacée
en bonne position sur la base os-
seuse, et la molaire mise dans une
position de meilleure résistance
mécanique, par l'emploi de " tip-
backs» (pl icatures versant la den t
distalement) institués sur les diffé-
rents arcs ct d'élastiques Classe III.
Remarquer que les dents uti-
lisées comme ancrage ont parfai-
tement résisté à la traction des
élastiques Classe II, grâce à l'em-
ploi d'un appui crânien, et à la
préparation d'ancrage.
Noter également l'élongation
de la molaire supérieure, ct la
correction de la supraclusion in-
cisive.
Les lignes sché'matisant les dents
supérieures ct les dents inférieures
ayant été reportées à l'aide de
deux superpositions différentes sur
le tracé de fin de traitement ne
peuvent conserver entre elles, sur
le second tracé, les rapports
qu'elles présentaient initialement
(D'après STEINER, The Angle Or-
thodontist, janvier 1959).

59
et dans le sens vertical, ainsi que les modifications d'inclinaison.
On obtient un tracé aussi peu encombré que possible, qui permet
de saisir d'un coup d'œil l'historique du traitement. Cette
technique est spécialement indiquée pour les cas de Classe II,
car elle objective les résultats de la « préparation d'ancrage », ainsi
que la résistance des dents inférieures à la traction des élastiques
inter-maxillaires Classe II. (Fig. 66)

EMPLOI D'UN POSITIF TRANSPARENT DESTINÉ


A REMPLACER LE TRACÉ

R. C. THUROW (I93) a présenté en I96I une technique qui, par


l'emploi d'un positif transparent, est destinée à supprimer l'exécu-
tion du tracé.
« Le transfert d'une image, dit-il, d'un cliché radiographique
sur un tracé pose de sérieux problèmes, aussi bien en ce qui con-
cerne l'exactitude de la reproduction, que le temps absorbé par
son exécution ». 0

«L'exactitude et le nombre de détails à inclure sont entièrement


sous la dépendance du soin, et de l'habileté de l'opérateur. L'exécu-
tion d'un tracé est, au mieux, un travail laborieux et qui prend du
temps ».
Le positif transparent est une reproduction, en vraie grandeur,
sur un film spécial, de la radiographie originale, « avec inversion
des régions foncées et claires : les dents et objets métalliques se
présentent en teinte foncée, alors que le fond de l'image demeure
clair ». Le positif radiographique est tiré sur un film, au lieu d'être
tiré sur papier, comme on le fait généralement en photographie,
ou en radiographie.
Ce film spécial permet, sur ses deux faces, l'usage de l'encre et
du crayon, pour le tracé des divers lignes et plans de référence. Le
transparent est donc immédiatement utilisable pour l'analyse, sans
travail préparatoire.

SUPERPOSITIONS:

La superposition exacte d'un céphalogramme et de son positif


donne une image unique, de teinte grise. Mais, en déplaçant légè-
rement les images, hors de leur superposition exacte, on obtient
un effet de relief, qui facilite la lecture.
Lorsqu'il s'agit du positif et du négatif de deux céphalogrammes
consécutifs, il n'est plus possible de superposer exactement l'ensem-
ble des deux images : dans certaines régions on obtiendra l'image
grise unique, alors que dans d'autres l'effet de relief mettra en
évidence la différence entre les deux clichés.

60
L'auteur conseille, dans ce cas, de superposer le positif du
premier film, et le négatif du second, qui est le plus récent. Le
négatif fournit ainsi l'image la plus grande, et son fond noir déborde
en avant du profil des deux images.
Ce procédé permet donc des superpositions instantanées, et en
nombre illimité. Toutefois, la transparence du positif ne permet pas
de superposer plus de deux images à la fois.

RÉALISATION TECHNIQUE:

Le positif et le négatif doivent avoir une même densité, et un


même contraste. « Si l'une des images était très claire, et l'autre très
foncée, l'image foncée cacherait l'image claire, et rendrait la com-
paraison difficile, sinon impossible. La lecture devient difficile si
les deux images sont très foncées, et les détails sont invisibles si elles
sont trop claires ». Les radiographies défectueuses doivent alors
être reproduites, suivant la même technique que les positifs, pour
améliorer leur qualité.

Cette technique semble pouvoir faire réaliser un important gain


de temps pour l'opérateur, toute la reproduction de l'image étant
confiée à un spécialiste. Il améliore certainement l'exactitude des
mensurations et des superpositions.
EMPLOI DES TRACÉS CÉPHALOMÉTRIQUES
LES SUPERPOSITIONS

Le tracé d'un seul film permet de procéder à une analyse sta-


tique du sujet, qUI fournit des éléments pour le diagnostic.
L'intérêt majeur de la céphalométrie, et son but final, est de
permettre la superposition de plusieurs films d'un même sujet, pris
dans des positions différentes, de films successifs de ce sujet, espacés
dans le temps, ou de films de sujets différents. C'est pour permettre
des comparaisons valables que sont établies toutes les règles de
standardisation qui régissent les installations céphalométriques.
C'est cet aspect dynamique de la céphalométrie, étude des dépla-
cements dans l'espace et dans le temps, qui présente le plus d'im-
portance et d'intérêt.
Mais, c'est aussi sur ce point que doit s'exercer plus particulière-
ment le sens critique de l'opérateur: du choix d'une méthode de
superposition peuvent, en partie, dépendre les renseignements
obtenus, et il ne faut pas oublier que d'habiles artifices pourraient
arriver à masquer la réalité des faits. SVED (187) a très bien montré
que l'on peut tirer des superpositions des conclusions qui peuvent
être différentes, ou même contradictoires, suivant la technique
utilisée (voir Fig. 67).
Si l'unanimité n'est pas réalisée sur les méthodes de superpo-
sition les plus adéquates, les règles suivantes sont cependant admises
par tous:
la superposition se fait sur une ligne, appelée ligne ou plan de
superposition, qui doit être choisie dans une région reconnue
pour sa stabilité relative, et posséder un point considéré
comme fixe, que l'on utilise comme « point d'enregistrement»
(voir chapitre « Points, Lignes et Plans », page 40). Le
« point d'enregistrement» est le repère fixe sur lequel on
fait coïncider exactement les tracés successifs;
la superposition doit être faite d'autant plus près de la région
à étudier que les modifications, ou les déplacements, sont
plus minimes, et que l'on a besoin d'une plus grande préci-
sion;

62
pour une même étude, plusieurs superpositions différentes
sont presque toujours nécessaires, pour permettre de mettre
en évidence la part qui revient à chacun des facteurs res-
ponsables des déplacements.
lorsque l'on désire étudier la croissance de deux, ou plusieurs
os, une seule superposition est insuffisante et risque de
conduire à des conclusions erronées;
du point de vue purement technique, il y a avantage, pour
augmenter la précision des superpositions, à reporter la
localisation des repères d'un tracé sur l'autre, une nouvelle
localisation étant, en principe, génératrice d'erreurs.

c D

Fig. 67. - Comparaison du fémur du nouveau-né et de l'adulte, montrant


que la n'ature, et la valeur des renseignements obtenus varient avec le mode
de superposition adopté.
En A, le fémur du nouveau-né étant placé à côté de celui de l'adulte,
la seule conclusion possible est que l'os de gauche est plus grand que celui
de droite. Le mode d'accroissement n'est aucunement décelé.
En B, la superposition peut apporter des renseignements beaucoup plus
nombreux. Elle montre: 1" la différence de volume des deux os ; 20 la direc-
tion de la croissance qui est intervenue : croissance au niveau des deux
épiphyses, et croissance périphérique. Si le point d'enregistrement était exact,
on matérialiserait de façon précise la direction et l'importance de la
croissance.
L'augmentation de volume se produisant, dans les os longs, par apposition
sur la surface externe, et résorption sur la surface interne, il faut déduire
que l'os du nouveau-né a été entièrement résorbé au cours de la croissance,
et qu'il ne subsiste en aucune partie de l'os adulte.
En C, la superposition montrerait, qu'en plus de l'accroissement périphé-
rique, la croissance en lon 5 ueur se produit, pour la plus grande part, au
niveau de l'épiphyse fertile inférieure.
En D, au contraire, la superposition ferait apparaître un maximum
de croissance au niveau de l'épiphyse fertile supérieure.
En comparant les renseignements fournis par ces superpositions avec nos
autres connaissances, on peut déduire que la superposition en B serait la
plus acceptable et donnerait des renseignements précis si le point d'enregis-
trement pouvait être exactement localisé (Légende, d'après le texte de
SVED ; schémas: Ameriean Journal of Orthodonties, août 1954).

63
LES DIFFÉRENTES SUPERPOSITIONS

Les méthodes de superpositIon ont, initialement, été mises au


point pour l'étude de la croissance. « L'étude de la morphologie de
la tête est un problème à quatre dimensions : hauteur, largeur,
profondeur et temps. Le céphalogramme de profil offre un moyen
idéal pour étudier trois de ces dimensions, à savoir la hauteur, la
profondeur et le temps» (W. B. DOWNS). A ces dimensions, H. V.
SASSOUNI en a ajouté« une cinquième », qui est l'élément génétique.
Toutes ces dimensions sont importantes à étudier; les superpositions
céphalométriques ont le mérite d'apporter des renseignements sur
les plus difficiles à mesurer : le temps et les facteurs héréditaires.

Pour l'examen d'un même sujet, on procède généralement aux


trois superpositions suivantes :

Ba

6 ans 3 nois _ _
9 ans 6 mois ______ _

Fig. 68. - Superposition d'ensemble au niveau de la base du crâne.

1) une superposztzon d'ensemble au niveau de la base du crâne. Elle


objective les différences de position des diverses structures
et des points de repère de la face, sans toutefois permettre de
distinguer la part qui revient à la croissance de celle qui
revient au traitement orthodontique, ni l'apport de chacune
des zones fertiles. (Fig. 68)
Au niveau du maxillaire supérieur, la différence de
position représente la croissance intervenue au niveau de

64
l'étage moyen seul, si le sujet est âgé de plus de 7-8 ans; s'il
est plus jeune, la croissance de la base du crâne est respon-
sable d'une partie des déplacements. Au niveau du bord
inférieur de la mandibule, on obtient la somme des modifica-
tions intervenues, éventuellement, dans chacun des étages
de la face, sans pouvoir discerner la part que chacune de ces
régions a pu prendre dans ces modifications, ni établir avec
précision l'influence d'un traitement.
2) une superposition locale au niveau du maxillaire supérieur, qui
illustre graphiquement la croissance en longueur du maxil-
laire, et peut montrer son déplacement par rapport à la base
du crâne. Les modifications produites par le traitement
orthodontique peuvent soit s'ajouter à celles dû es à la crois-
sance, soit être objectivées séparément, suivant le mode de
superposition adopté.
3) une superposition locale au niveau de la mandibule, qui isole les
changements intervenus à ce niveau, de ceux qui se sont
produits dans le reste de la face. Comme au maxillaire
supérieur, suivant le mode de superposition adopté, on
pourra soit obtenir la somme des modifications de croissance
et .de traitement, soit isoler ces dernières.
Reprenons chacune de ces superpositions.

1) SUPERPOSITION D'ENSEMBLE SUR LA BASE DU CRANE.

Parmi les lignes ou plans de superposition les plus employés,


citons :
a) LE PLAN DE BOLTON, Bolton-Nasion, utilisé par BROADBENT,
(Fig. 69). Du point S,abaisser une perpendiculaire sur ce plan;
le point d'enregistrement, Point R, est situé au milieu de cette
perpendiculaire. Le point R enregistré, on superpose sur la
perpendiculaire, en conservant le plan de Bolton parallèle à
lui-même.
b) LE PLAN BASION-NASION (Ba-Na), avec Ba enregistré, recom-
mandé par DOWNS (67).
RrCKETTS (r 56) utilise également ce plan, mais enregistre
sur un point R situé à l'intersection du plan Ba-Na avec l'axe Y
(selle turcique-gnathion), Fig. 70.
Ce plan, comme le précédent, présente l'avantage d'être
déterminé par des repères éloignés l'un de l'autre, d'où réduction
de l'incidence des erreurs de localisation des repères. Ceux-ci
sont séparés par les sutures du sphénoïde, notamment la suture
sphéno-occipitale, qui est très active. Le point de Bolton lui-
même est situé dans une zone fertile. La stabilité des repères est
donc relative.

65
c) LA LIGNE SELLE TURCIQUE NASION (S-Na), avec S enregistré,
utilisée par de très nombreux auteurs, notamment BRODIE,
BJORK, en raison de la facilité de localisation des repères. Ceux-
ci sont situés dans des régions réputées stables après 7-8 ans,
mais sont plus rapprochés - que pour les deux superpositions
précédentes. Rappelons que L. J. BAUME (13) met en doute la
stabilité du point S, ainsi que l'avait déjà fait SVED en 1954.
Le profil cutané se déplace vers l'avant. Si l'on utilise la
même ligne, mais avec Na enregistré, on met en évidence les
modifications produites au niveau du profil seul.
MOORE pense que l'emploi de cette ligne est beaucoup plus

Fig. 69- - Tracé pour la superposi- Fig. 70. - Tracé pour la superpo-
tion sur le point R de BROADBENT. sition sur le plan BASION-NASION,
suivant la méthode de RICKETTS.

indiqué pour les études générales de la croissance que pour l'ana-


lyse de cas individuels.
La superposition sur S-Na, avec S enregistré, montre le
déplacement régulier de Na vers le haut et vers l'avant. En
réalité, le déplacement de ce point est déterminé par l'orienta-
tion de la croissance au niveau de la suture fronto-nasale, et par
l'activité relative de l'un ou l'autre bord: si le bord frontal est
plus actif, le Nasion se déplacera vers le bas, mais ce fait passera
inaperçu si l'on superpose sur S-Na. (MOORE)
d) LA LIGNE DE RÉFÉRENCE· DE DE COSTER : KEITH et CAMPION,
cités par KROGMAN et SASSOUNI, avaient utilisé cette ligne pour
la crâniométrie, en 1922. Elle suit la région antérieure de la
base du crâne: bord antérieur de la selle turcique - ethmoïdc-
trou borgne - table interne du frontal (Fig. 60, page 49).
L'auteur estime que cette ligne ne présente pas de modifications
après l'âge de 7 ans et fournit, par conséquent, une bonne base

66
de comparaison; sa longueur est une garantie pour la valeur
des superpositions.
D'autre part, DE COSTER pense que sa forme générale est
héréditaire, et il tire de ce caractère des conclusions concernant
l'étiologie et l'origine génétique des malformations. C'est sur
ce point particulier qu'il avait insisté, lors de la présentation
de son travail, en 1951 (57). Cette ligne présente donc une
utilité pour l'étude de la 5e dimension.

Fig. 71. - Emplacement et direction dans laquelle s'exerce l'activité des trois
principaux centres fertiles du maxillaire supérieur, et des trois principaux
centres fertiles mandibulaires. Les superpositions proposées par MOORE
permettent de dissocier les effets de l'activité de ces différents centres (D'après
MOORE, Ameriean Journal of Orthodonties, mai '959).

MOORE (127, 128) utilise une méthode très voisine, mais il


s'attache particulièrement à l'étude de la croissance, et sa
conception de la superposition s'en trouve quelque peu modifiée:
il étudie la croissance par rapport à un os déterminé, le sphé-
noïde, et aux structures immédiatement voisines ; il s'est efforcé
de conduire ses superpositions de manière à pouvoir déterminer
la part qui revient à chacune des zones fertiles dans les modifications
produites par la croissance, au lieu de ne constater que la résul-
tante générale de toutes les activités (Fig. 71).

67
MOORE enregistre sur le point S, avec superposition maximum
sur le sphénoïde, et la face cérébrale de la région antérieure
de la base du crâne. Celle-ci est, radiographique ment, repré-
sentée par deux lignes :
une structure médiane, lame criblée (ligne inférieure),
une structure bi-latérale (ligne supérieure, ligne antérieure
de la base du crâne).
C'est ce tracé qui est également utilisé par H. V. SASSOUNI
dans sa méthode d'analyse, pour la détermination de son plan
supra-orbitaire (voir page 188).
La superposition sur cette ligne permet de mettre en éviden-

Fig. 72. - Tracé pour la superposition suivant la méthode d'AuTISSIER et


BELTRAMI.

ce l'activité de la zone fertile fronto-nasale et de la suture du


frontal et du maxillaire supérieur. Le déplacement du Nasion
est bien celui qui se produit en réalité.
e) LA LIGNE OPISTHION-NASION (Op-Na) (AUTISSIER et BELTRAMI) :
de cette ligne on trace une perpendiculaire tangente au bord
postérieur de la fente ptérygo-maxillaire. Le point d'intersection
est appelé point R, et les superpositions se font sur Op-Na,
avec R enregistré (Fig. 72).
f) L'ANGLE OMÉGA (FERNEX, KONFINO, 70, 95, 96). Cet angle
(Fig. 73) a son sommet en O. Le point 0 (qui est enregistré) est
la projection du bord postérieur du planum, ou du bord anté-
rieur de la gouttière optique, sur le plan sagittal médian (Fig. 74)

68
L'angle est déterminé par les deux lignes
Basion-O,

point °
LP, ligne du planum, prolongation de la ligne qui rélie le
à la suture sphéno-ethmoïdale.

crâne, FERNEX a superposé sur LP, avec °


Dans son étude sur les effets du traitement sur la base-du
enregistré.

Os planum __________ ,
Gouttière optique :
1

:0
1

! ~ tG AJ
Fig. 73. - Tracé pour la superposi- Fig. 74. - Localisation de la gout-
tion sur l'angle Oméga (D'après tière optique sur le film de profil.
KONFINO).

Beaucoup d'auteurs ont leur méthode de superposition per-


sonnelle. Dans les « Méthodes d'analyse », on trouvera à la fin de
certains chapitres le mode de superposition préconisé par l'auteur
(KORKHAUS, TWEED, SASSOUNI, BIMLER, STEINER ... ).

L'application pratique de la superposition d'ensemble sur la


base du crâne peut être susceptible de donner des difficultés pour
l'interprétation des tracés obtenus avec des techniques différentes.
Les plans de superposition horizontaux, ou se rapprochant de
l'horizontale, mettent particulièrement en évidence les déplace-
ments antéro-postérieurs, alors que les plans obliques objectivent
les déplacements dans les deux sens (KROGMAN et SASSOUNI). Il est
donc naturel que les résultats diffèrent suivant les plans utilisés.
D'autre part, à moins d'erreurs d'exécution, les différences
constatées entre plusieurs superpositions d'ensemble peuvent être
le résultat de l'activité de zones de croissance bien déterminées,
qui se trouve ainsi mise en évidence. La comparaison des superpo-
sitions peut donc, dans certains cas, fournir des précisions sur la
croissance du sujet étudié (Fig. 75).

69
Fig. 75. - Comparaison des superpositions d'ensemble au niveau de la base
du crâne, réalisées pour un mênle sujet suivant quatre techniques différentes.
En haut, les deux superpositions mr S-Na, à gauche, et Ba-Na, à droite,
donnent des résultats pratiquement identiques, bien que la seconde permette
de tenir compte de l'activité de la suture sphéno-occipitale et que S-Na soit
beaucoup moins oblique que Ba-Na; la croissance s'est surtout exercée
dans le sens horizontal.
En bas à gauche: superposition sur le plan de BOLTON, qui met en évi-
dence une croissance sensiblement plus oblique en bas et en avant. Le repère
postérieur, point de BOLTON, est situé plus en arrière que le BASION. La région
des condyles de l'occipital se trouve ainsi incluse dans le plan de superposition.
Cette région est susceptible de fournir une certaine croissance, qui se mani-
feste dans cette superposition, et rend les résultats différents de ceux des
deux précédentes. Bo-Na est presque parallèle à Ba-~a.
En bas à droite : superposition sur la ligne de référence de DE COSTER.
La direction générale de la croissance est nettement verticale. Ce mode dé
superposition permet de mettre en évidence les résultats de l'activité de la
suture fronto-nasale, qui a été importante dans ce cas, et a déplacé le point
Na en Na', et a modifié la direction de la croissance, par rapport aux autres
superpositions.

70
,~) SUPERPOSITION LOCALE AU NIVEAU DU MAXILLAIRE SUPÉ-
RIEUR.

Cette superposition est d'un emploi absolument général. Elle est


généralement faite sur la ligne représentant le plancher des fosses
nasales.
En la comparant à la superposition d'ensemble, G. KORKHAUS,
citant KANTOROWICZ, emploie l'image suivante: « cette façon de
procéder peut être comparée à la réparation d'un wagon sinistré,
qui ne serait plus vérifié du bureau de l'inspecteur, au moyen de
procédés optiques compliqués, mais par de simples mesures prises
sur le wagon lui-même». Cet auteur, comme SCHWARTZ, et comme
SASSOUNI, considère cette superposition comme une des plus sûres.
Si l'on enregistre sur l'épine nasale postérieure, on trouvera au
niveau du bord antérieur du maxillaire les effets combinés de la
croissance et d'Il traitement orthodontique.
Si au contraire on enregistre sur l'épine nasale antérieure, on
met en évidence le changement de forme du bord alvéolaire, les
déplacements de l'incisive, ainsi que le déplacement relatif de la
Ire molaire par rapport à cette dent. Il faut remarquer que, si les
clichés dont on superpose les tracés ont été pris à intervalles moyens,
les modifications de l'inclinaison axiale de l'incisive sont imputa-
bles au seul traitement; par contre, si le temps écoulé est long
(plusieurs années), il faut se souvenir que la croissance est respon-
sable de modifications axiales de cette dent. Enfin, l'épine nasale
antérieure est susceptible de présenter une certaine croissance indé-
pendante, au moins pendant la période de l'adolescence (MOORE,
127), qui sera mise en évidence par ce procédé.
MOORE, pour ses superpositions locales, met à profit la stabilité
de la fente ptérygo-maxillaire dans le sens antéro-postérieur, sur
laquelle BRODIE a attiré l'attention en 1942 (34). Il conseille la
superposition sur la position antéro-postérieure de celle-ci (qui
constitue le point d'enregistrement), et sur le plan palatin (Fig. 76).
Cette méthode permet de dissocier les effets de deux zones fertiles diffé-
rentes: elle objective l'activité des centres fertiles situés au niveau
de la tubérosité, le maxillaire se trouvant poussé en avant par la
croissance par apposition, qui se produit à ce niveau, et celle du
rebord alvéolaire dans le sens vertical. Celle-ci se mesure par le
déplacement du plan d'occlusion dans cette direction. De plus, elle
montre les effets de l'éruption des dents sur le profil.
LINDQUIST (1 13), a proposé une superposition qui peut être
considérée comme intermédiaire entre la superposition d'ensemble
et la superposition locale du maxillaire supérieur. Il superpose sur
S-N a, avec Na enregistré; puis il reporte le plan de Francfort et le
plan Facial (Nasion-Pogonion) du 1 er trace sur le 2 e. Il déplace
celui-ci vers le haut, en faisant coïncider les deux plans faciaux,
jusqu'à ce que les épines nasales antérieures se trouvent à la même
hauteur. Ce procédé élimine les effets de la croissance au niveau
de la base du crâne et de l'apophyse pyramidale du maxillaire

71
27/1/58
9/4/60

Fig. 76. - Superposition locale, au niveau du maxillaire supérieur : enregis-


trement sur la position antéro-postérieure de la fente ptérygo-maxillaire,
et superposition sur la ligne du plancher des fosses nasales.
Fillette de IO ans, présentant une malocclusion Classe III, avec inversé
de l'articulé au niveau des incisives. Entre les deux clichés, il s'est produit
une certaine croissance postéro-antérieure au niveau de la tubérosité, qui a
poussé le maxillaire, et ANS, vers l'avant; croissance au niveau de la suture
avec l'os frontal, ayant provoqué un mouvement vers le bas de l'ensemble
du maxillaire (le plancher des fosses nasales se trouve en effet plus bas par
rapport à la fente ptérygo-maxillaire). Pas de croissance verticale du bord
alvéolaire.
Effet du traitement : mouvement vestibulaire et version de l'incisive.
La première molaire s'est également déplacée en direction mésiale.

supérieur; il met en évidence les modifications produites au niveau


du profil, considéré isolément, et de l'arcade dentaire supérieure.
Signalons que la localisation du point A, en fin de traitement des
cas de Classe II, division I, peut devenir délicate lorsque l'incisive
n'a pas seulement pivoté autour de son apex comme centre de
rotation, mais au contraire a subi un mouvement rectiligne en
direction palatine, au moyen d'un « torque» (torsion sur champ)
institué sur un arc Edgewise lourd (.02I >< .025 ou .02I5 X .028")
L'os alvéolaire subit à ce niveau d'importantes modifications qui
peuvent effacer complètement la concavité au fond de laquelle on
localise le point A.

3) SUPERPOSITION LOCALE AU NIVEAU DE LA MANDIBULE.

Comme pour le maxillaire, on peut procéder à deux superpo-


sitions différentes selon que l'on enregistre dans la région postérieu-
re, ou dans la région antérieure.
Si l'on superpose sur le bord postérieur de la branche montante,
avec le sommet du condyle enregistré, on trouvera dans la région

72
de la symphyse le résultat de l'activité des divers centres fertiles
dans les deux directions, verticale et horizontale. Du point de
vue dentaire, les effets de la croissance s'ajoutent simplement
à ceux du traitement, et l'on ne peut établir aucune discrimination.
MOORE applique pour cette superposition les principes exposés
précédemment, et s'efforce de dissocier les effets des différents
centres de croissance. Il conseille de superposer sur la symphyse
avec le point Menton enregistré (Fig. 77). Dans ces conditions, au
niveau des dents on trouvera le résultat de l'activité du rebord
alvéolaire dans le sens vertical, objectivé par le déplacement du plan
d'occlusion dans cette direction; les effets du traitement sur l'inci-
sive sont aisément décelés. L'augmentation de longueur de la
mandibule, dans le sens horizontal, est montrée par le déplacement
du bord postérieur de la branche montante, au niveau duquel se
produit l'apposition osseuse. Enfin, l'activité du centre fertile condy-
lien est montrée par le déplacement du sommet du condyle en
direction verticale.

27/I/58
9/4/60

,i f ) '}
', "
,, ,
" .

Fig. 77. - Superposition locale au niveau de la mandibule, suivant la méthode


de MOORE : superposition sur la symphyse ct le bord inférieur du corps,
avec point Menton enregistré.
Fillette de 10 ans, présentant une malocclusion Classe III, avec inversé
de l'articulé incisif. L'arcade inférieure n'a subi aucun traitement. Croissance
horizontale assez importante par apposition osseuse sur le bord postérieur
de la branche montante. Très légère croissance verticale dans la région
condylienne. Croissance verticale du rebord alvéolaire dans la région inci-
sive ; cette croissance n'a pu se faire sentir dans la région molaire, en raison
du port, pendant quelques mois, d'une gouttière bi-latérale de surocclusion
à l'arcade supérieure.
La correction de la malposition incisive à l'arcade supérieure a eu une
répercussion à l'arcade inférieure : les incisives se sont trouvées lingualées,
par la pression devenue normale des dents supérieures, entraînant avec elles
le rebord alvéolaire.

73
ADAMS (Second Cephalometric Workshop, voir SALZMANN : 170)
préconise, pour l'étude des modifications intra-mandibulaires, de
superposer sur le contour interne de la symphyse, qui représente
une zone très stable. .
STEINER (183) conseille de superposer sur la ligne Go-Gn, en
enregistrant le point D, centre de la symphyse (voir Analyse de
STEINER, page 256, et Fig. 78).

~
,

G,
.~ fil ~<;.---
(

Fig. 78. - Superposition locale de la mandibule, d'après STEINER.


Le point D est localisé au centre de l'image de la symphyse. La localisa-
tion des repères D, GD, Gn, est reportée du premier tracé sur les suivants.
La superposition est faite sur Go-Gn, avec D enregistré.
Le point D, utilisé ici comme point d'enregistrement, permet également
d'évaluer les modifications de la position antéro-postérieure de la mandibule,
par rapport à la base du crâne; la superposition se fait alors sur S-Na.
(D'après STEINER, The Angle Orthodontist, jall\~ier 1959).

Pour l'étude des déplacements éventuels de la mandibule par


rapport à la base du crâne, en fin de traitement, la superposition peut
être faite sur un des plans ou lignes énumérés pour les superpo-
sitions d'ensemble. STEINER (183) recommande l'emploi de la
ligne Selle tilrciq ue-N asion, alors que RICKETTS (160) donne la
préférence à raxe y : « le meilleur moyen d'observer le compor-
tement de la mandibule, dit-il, consiste à étudier les modifications
de l'axe y».
Cette technique de superposition, à l'aide de trois tracés dif-
férents est celle qui est généralement employée en pratique cou-
rante. Pour toutes les recherches et études particulières, les super-
positions sont évidemment adaptées aux nécessités du travail
entrepris, les règles générales de la superposition demeurant les
mêmes.

Nous avons dit que les superpositions permettaient d'étudier


l'effet de la croissance sur les patients (4e dimension), ainsi que
l'influence des facteurs héréditaires.
Nous verrons séparément' chacun de ces deux points particuliers,
en nous limitant étroitement à l'interprétation de quelques notions
dont l'influence sur l'étude céphalométrique du patient est spécia-
lement importante.
Nous terminerons ce chapitre par l'exposé succinct d'une nou-
velle technique céphalométrique, l'identification des victimes des
conflits armés.

74
1) ÉTUDE DE LA CROISSANCE
DANS L'EXAMEN CÉPHALOMÉTRIQUE

A) CROISSANCE NORMALE.

a) LE DÉVELOPPEMENT GÉNÉRAL DE LA FACE, LE SCHÉMA DE BROAD-


BENT. BROADBENT, parmi les tout premiers, a préconisé les super-
positions pour l'étude de la croissance. Ses conclusions sont,
encore actuellement, acceptées par beaucoup d'auteurs; signa-
lons pourtant qu'elles ont été mises en doute par M. CHATEAU
(44), et que SVED (187) les conteste en partie.

NORMAL
DEvELOPMENTAL
GROWTH '" '" FACE

Fig. 79. - Schéma de BROADBENT, montrant la constance de la croissance


faciale (D'après BROADBENT, The Angle Orthodontist, 7-4-1937).

Le schéma qui les résume (Fig. 79), a été établi à l'aide des
clichés de différents sujets, et représente une tendance générale
moyenne, qui ne peut s'appliquer que très exceptionnellement
à des cas particuliers. Dans l'étude de la croissance d'un patient,
il ne faut donc pas penser voir tous les points de repère se dépla-
cer dans la direction prévue avec une telle régularité. Les diffé-
rents centres fertiles responsables travaillant chacun à une
époque, à un rythme et suivant une orientation donnés, il
semble difficile que les repères anatomiques puissent suivre un
trajet rectiligne. (Voir A. W. MOORE, 127, 128)

75
D'autre part, ainsi que le fait observer SVED (187), on est
tenté de déduire que la différence de dimension constatée entre
les tracés représente la croissance osseuse. Un examen plus
approfondi montre que pour la mandibule, il y a non seulement
augmentation de volume, mais aussi une modification de la
forme générale, ainsi qu'un changement de position très marqué
(Fig. 80). Des superpositions secondaires des tracés peuvent,

Fig. 80. - Comparaison des tracés de la mandibule de l'enfant d'un mois


et de l'adulte du schéma de BROADBENT. En plus de l'augmentation de vo-
lume, on constate: la une différence de forme de l'os, et de proportion entre
les différentes parties. 2 0 une importante modification de position par rapport
à la selle turcique et au point R; la mandibule de l'adulte a été rejetée en
arrière (D'après SVED).

par contre, faire apparaître une certaine croissance en des points


imprévus (Fig. 81).
RICKETTS (160) pense que les premiers travaux de BRODIE
(1938), contemporains de ceux de BROADBENT, ont souvent
reçu une interprétation erronée en ce qui concerne la constance
du type facial.
Le schéma de BROADBENT apporte donc des indications

76
générales précieuses, malS il est nécessaire de pouvoir l'inter-
préter.
b) LE DÉVELOPPEMENT VERTICAL, AXE Y. L'inclinaison de la ligne
Selle turcique-Gnathion par rapport à un plan de référence
(Francfort, S-Na, ou Ba-Na), que l'on calcule au cours d'une
analyse céphalométrique, représente la résultante générale de
l'activité de tous les centres fertiles, jusqu'au moment où l'ana-
lyse est pratiquée. Cette constatation d'ün état de fait n'implique
pas que les poussées de croissance ultérieures se produiront
nécessairement dans la même direction.

Adulte
7 Ans
Me
Fig. Sr. - Comparaison des tracés des mandibules de l'enfant de 7 ans, et de
l'adulte du schéma de BROADBENT. Les tracés sont superposés sur le bord
inférieur, avec le point Menton enregistré. Cette superposition fait apparaître
une apposition osseuse sur la face vestibulaire de la symphyse, ainsi que le
déplacement de l'incisive en direction vestibulaire. Le point Menton ne
figure pas sur le schéma de BROADBENT, et a été localisé aussi soigneusement
que possible.

Le calcul de cet angle donne une indication intéressante sur


le développement général de la face dans le sens vertical, pour
lequel les valeurs mises à notre disposition sont peu nombreuses.
Ce renseignement est utilement complété par le calcul des
rapports de proportion entre les étages moyen et inférieur, tel
qu'il est préconisé par W. WyLIE et E. L. JOHNSON (208), voir
page 155.

77
(

J. 5 cf Left
3-4-15
9-0-19

J·g_~~iaht
8-11-15

Fig_ 82_ - Arrêt de croissance temporaire unilatéral. Tracés superposés sur


S-Na, avec S enregistré.
En haut, côté gauche, sain: clichés pris à 3 ans et 9 ans. Cette superposition
confirme que le potentiel de croissance du côté malade est demeuré normal
En bas, côté droit malade: clichés pris à 3 ans et 8 ans; grave altération
morphologique définitive, mais non évolutive, avec potentiel de croissance
inchangé. _
(D'après BRODIE, Ameriean Journal of Orthodonties and Oral Surgery, 27, 1941 J.

78
B) CROISSANCE PATHOLOGIQUE AU NIVEAU DE LA MANDIBULE.

(Répercussions des arrêts d'activité des centres fertiles condyliens


sur la croissance générale de la mandibule, A. G. BRODIE.)

Les arrêts de croissance peuvent être temporaires, notamment au


cours de la vie intra-utérine, ou définitifs.
a) SI L'ARRÊT DE CROISSANCE A ÉTÉ TEMPORAIRE, il en résulte une
altération morphologique définitive de la mandibule, mais le

Fig. 83. - Arrêt de croissance


définitif. En haut, tracé à 13
ans; en bas à 19 ans.
Sujet atteint d'une anky-
lose de l'articulation temporo-
maxillaire, opéré à 13 ans,
avant que ne soit terminée
w. U. if'
13-0-9
l'activité des centres fertiles
condyliens. L'intervention a
arrêté définitivement la crois-
sance condylienne, mais les
autres centres ont continué
leur activité, et ont amené une
altération morphologique im-
portante, qui ne peut cesser
de s'aggraver que lorsque
toute la croissance est termi-
née (D'après BRODIE, Ameri-
ean Journa 1 of Orthodonties and
Oral Surgery, 27, 1947)'

potentiel de croissance ultérieure n'est nullement affecté. La


région intermédiaire, au niveau de l'échancrure sous-maxil-
laire, peut subir une torsion provoquée par l'activité du bord
alvéolaire pendant l'arrêt du centre condylien. (Fig. 82)
b) SI L'ARRÊT DE CROISSANCE EST DÉFINITIF, le processus de défor-
mation de la mandibule est le même, mais il est évolutif. La
torsion du bord inférieur s'aggrave progressivement, et s'accom-
pagne d'une rétrusion évolutive de la région mentonnière.
BRODIE a publié les tracés d'un tel cas, qui sont tristement
démonstratifs. (Fig. 83)
Si, lors de l'exécution d'un tracé, on remarque une échan-

79
crure sous-maxillaire particulièrement marquée, on est en droit
de penser à un arrêt de croissance localisé, et il devient néces-
saire de rechercher des renseignements complémentaires. Cette
région est, en effet, une des plus importantes à observer, « car
elle se trouve à la jonction de deux zones différentes, branche
montante et corps mandibulaire, et son développement, par
résorption du bord antérieur de la branche montante, doit
permettre la mise en place des molaires au cours de la crois-
sance» (RICKETTS, 158). BROADBENT (31), en 1937, ENGEL et
BRODIE en 1947 (Condylar growth and mandibular deformities) ,
cités par RICKETTS en 1957, ont successivement signalé
(
qu'elle peut fournir une précieuse information sur la crois-
sance mandibulaire.

C) PRÉVISION DE LA CROISSANCE.

Les orthodontistes s'accordent pour reconnaître que le succès de


bien des cas difficiles est dû à une aide efficace, apportée en temps
opportun, par la croissance. Par contre, une croissance absente,
ou réduite, assombrit beaucoup le pronostic.
Il est donc intéressant, en début de traitement, de pouvoir éta-
blir une estimation de la direction générale de la croissance, et de
son potentiel.
Un excellent procédé consiste à observer l'enfant pendant une
certaine période avant le traitement, en procédant à des examens
téléradiographiques annuels, ou même semestriels, pour n'inter-
venir qu'au moment opportun. C'est la raison pour laquelle
BROADBENT garde en observation 60 % des enfants qui lui sont
confiés. TWEED, pour ses traitements de denture mixte, s'efforce
également d'observer les enfants avant de commencer le traitement.
De COSTER a toujours pratiqué de même. En ce qui concerne le
potentiel, l'âge et le sexe sont des éléments détermmants (*).
Pour SASSOUNI (176) il est possible, dans une certaine mesure,
d'établir une prévision de la croissance par l'étude des caractères
héréditaires. Cet auteur utilise à cet effet une technique, dérivée
de sa méthode d'analyse, que nous exposons plus loin (Etude des
facteurs héréditaires, page 91):
RICKETTS (158) a mis au point un procédé original, basé sur le
calcul des moyennes de croissance aux différents âges, à l'aide
duquel il établit, en début de traitement, un tracé complet des

(*) « On a montré, dit MOORE, que le type facial féminin, en moyenne,


accomplit sa transformation entre 1 1 et 13 ans ».
«Les garçons, en moyenne, ont encore à 13 ans une période active de crois-
sance intéressante devant eux, alors qu'à cet âge les filles arrivent à la fin de
leur cycle de croissance active» (MOORE).
BARNES, cité par MOORE, montre qu'entre 12 et 15 ans la mensuration linéaire
de la croissance du maxillaire et de la mandibule chez les garçons est exactement
le double de celle des filles.

80
modifications qui seront apportées par la croissance et la théra-
peutique en cours du traitement. Cette prévision fait partie inté-
grante de l'analyse du sujet {voir page 214, 'méthode d'analyse de
RICKETTS). Pour cette raison, et bien que ce procédé intéressant à
connaître ne soit pas universellement accepté, nous en donnons un
résumé détaillé.

TECHNIQUE DE RICKETTS POUR ESTIMATION DE LA


CROISSANCE

Les structures bi-latérales (angle mandibulaire, fente ptéry-


go-maxillaire) sont représentées par une ligne équidistante.
Le plan de base est le plan Basion-Nasion.
Nous devons préciser que l'auteur ajoute à l'estimation de
la croissance, celle des effets du traitement, limités à la
classe II d'Angle.

l'· PHASE: ESTIMATION DES MODIFICATIONS PROBABLES DANS LA


BASE DU CRANE (Fig. 84, Al.
La base du crâne. est déterminée par les points
- Basion.
S.
-,Nasion.
Utilisant le point S comme point fixe, la longueur de crois-
sance possible est inscrite sur la ligne S-Na, au-delà de Na :
au cours des jortes poussées de croissance (période pubertaire), la
croissance est d'environ l mm par an;
pendant la Période de denture mixte : 0,5 à 0,7 mm par an;
chez beaucoup de filles de 13 ans : modifications très peu impor-
tantes.
Les modifications entre S et Ba sont ensuite portées : elles
représentent les 3/4 de la croissance prévue pour S-Na. L'état de la
suture sphéno-occipitale donne une indication sur l'importance
de; la croissance à attendre :
des sutures largement ouvertes seront probablement actives,
des sutures jermées ne seront plus actives,
à 12 ans, les variations de l'état de fermeture de la suture sont
importantes entre garçons et filles,
La prévision à longue échéance peut aussi faire intervenir
un changement angulaire entre les deux lignes SNa et
SB a, bien que la moyenne demeure fixe.
Le nouveau point Basion est déterminé; Ba et Na réunis
forment le plan de base de la nouvelle base du crâne.

81
Bo
p,~.A N

A B
c

R'
f"ci

o E F
Fig. 84. - Phases successives pour l'estimation du comportement de la base
du. crâne et de la mandibule, au cours du traitement.
A : Accroissement de S-Nasion et S-Basion, et construction du nouveau plan
de base Basion-Nasion.
B : Estimation des modifications au niveau du condyle.
C : Estimation de la position future de la fente ptérygo-maxillaire, et de
l'apophyse coronoïde.
D : Détermination de l'axe du condyle RR'. On prend en considération
l'influence de l'ouverture de l'articulé en cours de traitement pour
prévoir la nouvelle orientation de l'axe RR' par rapport â Ba-;\I"a.
E : Estimation de la croissance du condyle, faite en mesurant le déplacement
du point d'intersection de l'axe RR' avec le plan Ba-Na. La forme de
la branche montante, de l'échancrure, et de l'apophyse coronoïde est
esquissée.
F : Prévision des modifications des rapports du corps mandibulaire et de la
branche montante, ainsi que de l'augmentation de la distance point R-
symphyse (D'après RICKETTS, The Angle Orthodontist, janvier 1957).

2' PHASE: ESTIMATION DES MODIFICATIONS DU CONDYLE (Fig. 84, B).

Au cours de la croissance, les mouvements vers le ,bas et


vers l'arrière des points Articulare et Basion sont parallèles
après 6 ans. L'estimation des changements dans la position du
temporal, et par conséquent de la cavité glénoïde, est faite en
déduisant le comportement de l'articulation temporo-maxil-
laire du déplacement du Basion.
Le déplacement du condyle dans la cavité glénoïde est
également important à considérer. Il ne faut pas oublier que dans
le traitement de la Classe II, il peut se produire un mouvement
postérieur du condyle; le menton se déplace en conséquence.
Toutefois, ce mouvement ne se produit que dans 40 % des cas.

82
En superposant sur Ba-Na, avec Ba enregistré, on détermine la
position prévue du condyle, après avoir considéré les facteurs
énumérés ci-dessus.

3' PHASE: POSITION DE LA FENTE PTÉRYGO·MAXILLAIRE (Fig. 84, C).

En superposant sur SNa, avec S enregistré, on constate que


la fente ptérygo-maxillaire se déplace légèrement vers le bas,
d'environ 1 mm au cours du traitement.
La position de la fente ptérygo-maxillaire est importante
pour l'évaluation de la croissance du maxillaire supérieur, et pour
la détermination de la position future de l'apoPhyse coronoïde. La
pointe de celle-ci est habituellement, mais pas toujours, située
environ 3 mm en avant de la fente ptérygo-maxillaire, aussi bien
en début qu'en fin de traitement, à moins qu'une rotation
importante de la mandibule ne se produise par ouverture de
l'articulé.

4" PHASE: CONSTRUCTION DU PLAN RR', OU AXE DU CONDYLE (Fig. 84D).

Cet axe est déterminé, sur le tracé initial, en reliant le centre


du col du condyle, à la hauteur du point Articulare, au point le plus
déclive de la concavité située en avant de l'angle goniaque, sur le bord
inférieur du corps mandibulaire. Cette droite représente, géné-
ralement, le grand axe du condyle et du col mandibulaires.
Au cours du traitement de la Classe II, avec élastiques inter-
maxillaires, chez les sujets présentant un gonion peu marqué,
une branche montante mince, une tête du condyle courte et
une supraclusion sévère, l'angle formé par l'axe du condyle
avec le plan Ba-Na s'ouvrira d'environ 1°, ou plus, en raison de
l'ouverture de l'articulé.
Dans les cas de traitement prolongé par head-cap, la rotation
de la mandibule est encore Plus importante.
On prend en considération le type musculaire du sujet, qui
influe sur le degré d'ouverture d'articulé à prévoir. Le type mus-
culaire est souvent en corrélation avec certains caractères mor-
phologiques, tels que l'angle Francfort-Mandibulaire et l'angle
goniaque.

s' PHASE: PRÉDÉTERMINATION DE LA CROISSANCE DU CONQYLE


(Fig. 84, E).

Cette estimation se fait sur l'axe RR', et est mesurée par le


déplacement du point d'intersection de cet axe avec le plan
Basion-Nasion.
Chez les suJets de 7 à 9 ans, pour les deux sexes, l'axe condylien
s'allonge d'environ 2 mm par an.
A la puberté, particulièrement chez les garçons, l'allongement

83
est encore plus important, et l'on peut compter sur 3 et même
4 mm par an.
Chez les filles, à cet âge, l'allongement est très minime.
Le type physique, les caractères endocriniens, les facteurs
héréditaires, peuvent aider le pronostic.
Ce facteur d'accroissement, dû à la croissance condylienne,
s.emble de tous être le plus difficile à prédéterminer avec exactitude.
La détermination de la croissance du condyle permet la
construction :
du bord postérieur de la branche montante, !
de l'angle goniaque,
de l'échancrure sygmoïde,
du bord antérieur de la branche montante.
L'aspect d'ensemble de la mandibule se trouve donc établi,
à l'exception du corps et de la symphyse.

6' PHASE: PRÉDÉTERMINATION DE L'ANGLE DU PLAN MANDIBULAIRE


(Fig. 84, F).

On détermine d'abord les changements d'angulation du Plan


Mandibulaire par rapport à l'axe RR'.
Dans les cas de Classe II, l'angle plan Mandibulaire-axe RR'
ne change que très peu.
On peut, toutefois, envisager un léger déplacement, vers
l'avant, de l'axe RR'. On a observé, dans d'excellents types
squelettiques, une tendance au déplacement vers l'avant de 10 ou plus.
Toutefois, il faut noter que chez certains sujets l'angle
s'ouvre, alors que chez d'autres il se ferme.

7" PHASE: PRÉDÉTERMIJ\:ATION DES RAPPORTS DU CORPS MANDIBU-


LAIRE ET DE LA BRANCHE MONTANTE (Fig. 84, F).

Les modifications dans la forme de la branche montante, du


condyle et de l'apophyse coronoïde, donnent des indications
sur le comportement de l'angle goniaque et du corps mandi-
bulaire : les augmentations de largeur de la branche montante
tendent à provoquer unefermeture de l'angle, et vice-versa.
On fait tourner le plan mandibulaire du tracé orginal, à
son intersection avec l'axe RR', jusqu'à ce que le déplacement
représente le changement prévu.
Lorsque la direction de la croissance du condyle a été déter-
minée, une ligne est tracée pour le plan Mandibulaire : une
direction antérieure de la croissance condylienne se rencontre
habituellement chez les sujets à petit angle du plan Mandibulaire,
et une croissance à direction postérieure chez les sujets présentant
de plus grands angles du plan Mandibulaire.

84
8 e PHASE: PRÉDÉTERMINATION DE L'ALLONGEMENT DU CORPS MAN-
DIBULAIRE (de l'intersection avec l'axe RR, jusqu'à la symphyse) (Fig. 84, F).

L'allongement est d'environ 1,5 mm par an, pendant les périodes


actives de croissance.
Lorsque l'angle go nia que est petit, et le corps mandibulaire bien
développé, l'allongement est encore Plus important.
Le nouvel emplacement de la symphyse est tracé. Le plan
Facial et l'axe r peuvent alors être construits, et la superposition
sur le plan Ba-Na indiquera la direction et l'importance de la
croissance de la mandibule. (Figure 85, en haut à gauche)

CHANGEMENT DE POSITION DU MAXILLAIRE SUPÉRIEUR

1) ESTIMATION DES MODIFICATIONS DU SENS VERTICAL (Fig. 85 en


haut à droite).

Les deux plans faciaux sont superposés, avec Na enregistré.


Environ 60 % de l'augmentation totale en hauteur de la
face se produisent dans la région dentaire.
Il reste donc 40 % pour l'étage moyen, ce qui permet de mettre
en place l'épine nasale antérieure.
Si le port prolongé d'élastiques inter-maxillaires ou de
l'ancrage occipital est prévu, il peut se produire un léger mou-
vement de bascule, vers le bas, du plan palatin.

2) ESTIMATION DES MODIFICATIONS DU SENS HORIZONTAL (Fig. 85,


en has à gauche).

L'angle S-Na-A (SNA) est supposé demeurer constant par


rapport à Ba-Na. Le point A est donc simplement baissé sur le
prolongement de la ligne Nasion-Point A.
Pour les cas nécessitant un important mouvement rectiligne
de recul des incisives supérieures, le point A sera reculé de 3 à 5°,
suivant l'amplitude du mouvement estimé nécessaire.

3) CONTROLE SUPPLÉMENTAIRE.

Le point le plus déclive de la concavité de la cavité glénoïde,


point K, (Fig. 85 en bas, au centre) est choisi comme point de
référence crânien. Le point le plus antérieur de la suture fronto-
malaire (Z), et le point le plus inférieur de la courbe du key-
ridge (J) sont utilisés comme repères pour les rapports zygoma-
tico-maxillaires.
Construire le triangle réunissant ces trois points.
Dans un cas moyen de Classe II, la distance KZ augmente de
2 mm au cours du traitement. .
La distance KJ augmente de 1,5 mm.

85
4) CONTROLE DE LA POSITION DU PLAN PALATIN (Fig. 85, en bas, à droite).

L'épine nasale postérieure descend parallèlement à la fente


ptérygo-maxillaire. Toutefois, le plan palatin peut se trouver
basculé dans l'une ou l'autre direction sous l'influence de fortes
tractions par élastiques inter-maxillaires.

CHIN MAXILLA

~.

PROFILE ZYGOMA PALATE

Fig. 85. - En haut à gauche, l'ensemble des prévisions faites précédemment permet
de prévoir le comportement de l'axe Y, l'emplacement du nouveau plan
facial et du menton.
En bas à droite, estimation du changement de position du maxillaire supé-
rieur dans le sens vertical, par répartition du pourcentage d'accroissement
en hauteur. Estimation du déplacement vertical du plan palatin.
En bas à gauche, prévision de la modifiéation de la convexité du profil
par le traitement.
En bas au centre, estimation des futurs rapports zygomatico-maxillaires et
du déplacement des points Z et J (D'après RICKETTS, The Angle Orthodontist,
janvier 1957).

86
PRÉVISION DE LA MISE EN PLACE DES DENTS, ET DÉTERMINA-
TION DE LA VALEUR DE L'ANCRAGE.

Le plan d'occlusion est utilisé comme plan de base (Fig. 86, Al.
La croissance normale provoque une diminution de l'incli-
naison du plan d'occlusion, le repère postérieur ayant tendance
à descendre plus rapidement que le repère antérieur.
La traction cervicale accentue cette tendance.
Les élastiques inter-maxillaires Classe II, au contraire, la
renversent et provoquent une rotation du plan d'occlusion, par
rapport au plan Mandibulaire, d'environ 30 •
La Ife molaire inférieure se trouve ainsi élevée de 2,5 mm en
moyenne. Les dents antérieures sont maintenues dans la même

A
:J.. B c
IJO·

\. ':
~
'----.
-~.

o
~
n
E
;r.
.'..
\.'
',-
'
,

Fig. 86. - En A, on trace la bissectrice de l'angle plan palatin-plan mandibu-


laire qui représente le plan d'occlusion. Celui-ci est incliné suivant les
prévisions qui peuvent être faites sur l'influence du port des élastiques. La
nouvelle ligne A-Pogonion est tracée, pour permettre de déterminer la posi-
tion des dents, dans la phase suivante.
En B, l'axe de 1 forme un angle de 22° avec A-Po, le bord incisif de la
dent étant placé à environ 1/2 mm en avant de cette ligne.
En C, mise en place idéale de l, dont l'axe doit être orienté à 1300 par
rapport à 1.
En D, à gauche, la valeur de l'ancrage est estimée; on prédétermine les
déplacements de la molaire et de l'incisive, ainsi que leur répercussion sur la
position de la lèvre inférieure (à droite). Remarquer la prévision du dépla-
cement du plan d'occlusion.
En E, prévision de la mise en place des dents supérieures, par rapport à la
position estimée des dents inférieures; choix de la dent à extraire. A droite,
prévision de la croissance du nez et des modifications apportées à la lèvre
supérieure par le traitement (D'après RICKETTS, The Angle Orthodontist,
janvier 1957),

87
position dans le sens vertical, ou subissent une ingression, suivant
la nature de la croissance et la valeur de l'ancrage.
On peut prendre la moitié de l'augmentation en hauteur de
l'étage inférieur pour établir le plan qui sera utilisé pour la mise
en place des dents ou, au contraire, faire entrer en ligne de
compte les déplacements susceptibles de se produire au niveau
des dents d'ancrage.
Le 'plan d'occlusion établi, la nouvelle ligne Point A-
Pogonion est tracée; l'incisive inférieure est mise en place de
1 /2 à 1 mm en avant de cette ligne, l'axe de la dent étant incliné de
22 0 par rapport à la ligne Point A-Pogonion (Fig. 86, E).
L'incisive suPérieure est placée idéalement à 1300 par rapport
!
à l'incisive inférieure (Fig. 86, C).
, Si les conditions présentes au niveau des livres ou de la langue
semblent contre-indiquer un tel mouvement, ou si l'amplitude de
celui-ci semble trop grande pour qu'il puisse être valablement
réalisé, on établit un compromis entre la position idéale des dents
et la position possible.
Les rappOlts des incisives doivent toutefois être prévus pour
que ces dents se trouvent en état d'équilibre fonctionnel, et que leur
position soit conforme à l'esthétique du patient et à l'harmonie
du visage.
Les incisives étant mises en place pour s'harmoniser avec
la face, suivant les directives fournies par les céphalogrammes,
les moulages et les photographies, il est alors nécessaire de faire
entrer en ligne de compte les déplacements à prévoir pour les
dents d'ancrage (Fig. 86, D). Les différents types de croissance
peuvent donner des indications sur le comportement de l'an-
crage; la valeur de l'ancrage pour les cas avec extractions doit
également être envisagée.

COMPORTEMENT DES TISSUS MOUS,

1) NEZ,
La superposItIOn des plans palatins, avec ANS enregistré,
montre que la croissance moyenne, au niveau du nez, est de
2 mm au cours du traitement. Cette valeur sera plus élevée chez
les sujets qui sont en pleine période de croissance, et plus réduite
chez les sujets déjà bien développés. (Fig. 86, E)

2) LÈVRE SUPÉRIEURE,
Dans les cas présentant une très forte protrusion incisive,
la lèvre peut être mince et étirée, mais après le recul des dents,
il se produit un épaississement dû à la réduction de la tension
musculaire. D'autre part, la lèvre supérieure s'épaissit norma-
lement au cours de la croissance.

88
Son épaisseur peut augmenter de 2 à 4 mm pour les cas séveres,
et de 1 à 2 mm lorsque le déplacement des incisives n'est pas
tres importan.t.

3) LÈVRE INFÉRIEURE.

Pour la partie supeneure de cette lèvre, la prévision est


faite en prenant la moitié des modifications de l'overjet et du
recouvrement incisif; à l'inverse de la lèvre supérieure, l'épaisseur
demeure pratiquement la même. (Fig. 86, D, à droite)
La région sous-labiale se déplace de la même façon que les
racines des incisives inférieures: s'il y a recul de celles-ci, la dépres-
sion sus-mentonnière sera augmentée; si ces dents sont avancées,
cette partie de la lèvre se trouvera gonflée. S'il y a contraction
des muscles mentonniers avant traitement, avec épaississement
vers le haut et vers l'avant des tissus mous du menton, la dispa-
rition de ce comportement musculaire fera reprendre au men-
ton sa position normale.

2) ÉTUDE DES FACTEURS HÉRÉDITAIRES


DANS L'EXAMEN CÉPHALOMÉTRIQUE

Ce chapitre de la Céphalométrie, plein d'intérêt et de promes-


ses, reste pourtant, en grande partie, à écrire ...
L'intérêt de l'étude des facteurs héréditaires est de permettre,
par comparaison des céphalogrammes d'un enfant et des parents,
de tenter de déterminer quel sera, dans ses grandes lignes, le type
squelettique de l'enfant.
W. WVLIE (203), cité par SASSOUN1, a étudié cette question en
1944, procédant à des superpositions sur un plan de référence pour
ses comparaisons. .
Nous avons dit plus haut (voir page 67), l'importance que DE
COSTER attachait à sa ligne de référence pour l'étude des caractères
héréditaires. PERKUN et E. FERNEx (147), ont constaté que cette
ligne reproduit presque toujours celle du père, ou de la mère,
mais ne représente pas un mélange des deux. Parfois, tous les enfants
ont la ligne d'un seul des ascendants.
R. M. CURTNER (61) confirme l'opinion de DE COSTER; il utilise
lui aussi les céphalogrammes pour la détermination des influences
héréditaires dans le développement de la face. « Leur valeur, dit-il,
ne peut être mise en question dans la détermination des ressem-
blances entre enfants et parents» (Fig. 87 et 88). Sa technique est
différente de celle de W. WVLIE : il compare les tracés et, par super-
position de ceux-ci, il lui apparaît possible de prédéterminer la
face adulte chez la plupart des enfants.

89
SASSO UNI (176) estime que l'analyse héréditaire est particuliè-
rement importante pour les cas de déséquilibre squelettique (par oppo-
sition aux cas de malocclusion), Il a pu réunir les tracés d'environ
cent familles d'enfants traités, et est arrivé, après une première
étude des dossiers, aux conclusions provisoires suivantes:
1) lorsque les parents présentent des types faciaux semblables,
l'enfant ressemble indistinctement à l'un ou à l'autre;

\, \,

,~<//~:~t
,
,
,

\\,
"""'"
"
:,,'\ Q ,f \.
.'''.... ", \~~-- ...\,..
' ..... _------- ,
, \
.........

Fig, 87. - Superposition sur la fente ptérygo-maxillaire des tracés. d'un père,
et de sa fille âgée de 4 ans et demi. Remarquer la ressemblance morphologi-
que de la se'le turcique, de la ligne antérieure de la base du crâne, de la
fente ptérygo-maxillaire, de la symphyse mandibulaire. La forme générale
des deux mandibules est la même.

2) lorsque la fille ressemble à sa mère, la ressemblance est


frappante;
3) lorsque le fils ressemble à son père, la ressemblance est moins
marquée;
4) dans la majorité des cas, certaines parties du squelette facial
de l'enfant peuvent être retrouvées chez le père ou la mère;
ceci est surtout significatif lorsque les ascendants présentent
des types faciaux dissemblables,

90
Il utilise la technique suivante
Superposer successivement les tracés sur chacun des quatre
plans (voir Méthode d'analyse de SASSOUNI, page 276)., en
enregistrant alternativement le centre 0, l'arc anténeur,
l'arc moyen et l'arc postérieur.
Noter les dissemblances à chaque étage, avec un soin plus
particulier pour la région dentaire (étage inférieur de la
face). La forme, aussi bien que la dimemion, doivent être
étudiées.

Fig. 88. - Superposition, sur la fente ptérygo-maxillaire, des tracés de la même


enfant et de sa mère. Il n'existe aucune ressemblance morphologique entre
les éléments comparés.

Au niveau de la base du crâne, comparer la ligne supra-


orbitaire, la ligne sphéno-ethmoïdale, le clivus, la ligne
temporo-maxillaire.
Evaluer les rapports réciproques du maxillaire et de la
mandibule avec la base du crâne.
Au niveau du maxillaire supérieur, superposer sur le palais,
en enregistrant successivement ANS, PNS, point A, et
évaluer à nouveau la position relative de la mandibule et du
système dentaire.

91
Au niveau de la mandibule, superposer sur la base mandi-
bulaire, en enregistrant successivement Pog et Go; évaluer
l'angle goniaque. Certaines différences sont à attribuer au
sexe ou à l'âge (fils comparé avec la mère, fille comparée
avec le père).
Le cas le plus fréquent est celui dans lequel on trouve une région
qui ressemble à l'un des ascendants, et une autre région à l'autre
ascendant.

,La ressemblance constatée, si nette soit-elle, permet-elle, dans (


tous les cas, des déductions rigoureuses? SASSOUNI (176) publie un
cas qui incite à la prudt~nce : une fille, en début de traitement,
présentait une ressemblance frappante avec sa mère. Quatre ans
plus tard (deux années de traitement, deux années de contention),
la ressemblance avait disparu en raison d'une modification appor-
tée dans le sens vertical par une rotation considérable de la mandi-
bule autour du condyle. Cette observation permettrait en outre de
penser que, parfois, le type squelettique évolue au point d'altérer
les éléments héréditaires.

Après la comparaison des enfants avec les parents, celle de,


frères et sœurs peut être intéressante.
Les jumeaux, bi ou univitellins, ont donné lieu à de nombreuses
études; chez ces derniers, PERKUN et E. FERNEX ont constaté une
superposition exacte de la ligne de DE COSTER, et même de la selle
turcique.
KRAUS, WISE et FREI (102) ont étudié sur six groupes de tripl6s
du même sexe, et dix huit paires de jumeaux (six univitellins et
douze bi-vitellins) la valeur de l'hypothèse de la détermination
génétique du complexe crânio-facial.
- pour le crâne, considéré isolément, il n'a pas été possible d'éta-
blir une discrimination entre la prédominance de l'hérédité
et celle des facteurs environnants;
- pour la face, ayant étudié, sur les jumeaux, l'image radio-
graphique de certains os (16 sur films de profil, 1 sur films
postéro-antérieurs) ils ont trouvé une concordance presque
parfaite, qui est de règle, pour les jumeaux univitellins, et un
faible degré de concordance, inférieur à 50 %, pour les
jumeaux bi-vitellins.
Ces auteurs pensent que l'aspect morphologique des os, pris
individuellement, est le meilleur contrôle de l'influence des facteurs
héréditaires sur le complexe crânio-facial, et estiment pouvoir dire
que la morphologie de tous les os de ce complexe est sous la stricte
dépendance des forces héréditaires : « l'hérédité gouverne la mor-
phologie, mais les facteurs environnants, aux aspects multiples, ont
une grande influence sur la façon dont ces éléments osseux se

92
combinent pour réaliser ce qui nous intéresse le plus : une tête et
une face harmonieuses, ou dysharmonieuses ».
Cette conclusion confirme celle que NOYES (141), en 1958, avait
émise sous une forme imagée : « Les gênes fournissent « l'avant-
projet» de la face; les « avant-projets» de faces, comme ceux des
maisons, ou des écoles dentaires, sont modifiés suivant les circons-
tances qui interviennent après leur conception, quelquefois en
mieux, et parfois en pire ».

3) IDENTIFICATION DES VICTIMES


DES CONFLITS ARMÉS

En raison des difficultés survenues pour l'identification de


certaines victimes des derniers conflits armés, V. SASSOUNl (173, 175)
s'est efforcé de résoudre ce problème, à l'aide de la technique cépha-
lométrique.
Il entreprit une étude sur 500 sujets, pour lesquels deux séries
de céphalogrammes, comprenant chacune un film de profil et un
film postéro-antérieur, furent prises. L'une des séries était censée
représenter les films ante-morten, et l'autre les films post-mortem.
Les méthodes habituelles d'analyse, notamment la méthode de
SASSOUNl, n'étaient pas utilisables, car toutes nécessitent la présence
de la mandibule en occlusion; pour la même raison, les mensurations
angulaires et les mensurations de proportion durent être éliminées.
Cinq mensurations furent, tout d'abord, sélectionnées :
1) longueur totale du crâne, à 4 cm au-dessus de S-Na,
2) hauteur totale de la face,
3) largeur des sinus,
4) diamètre bi-goniaque,
5) diamètre bi-zygomatique.
Une seule de ces mensurations provenait des films de profil;
aussi, pour raison d'économie de temps et d'argent, il fut décidé de
n'utiliser que le film postéro-antérieur, et huit mensurations fron-
tales furent finalement adoptées
1) diamètre bi-goniaque,
2) mastoïde-apex 8,
3) diamètre bi-maxillaire,
4) largeur totale crânienne,
5) largeur du sinus,
6) hauteur point incision (à partir du plafond de l'orbite),
7) hauteur totale de la face,
8) diamètre bi-zygomatique.

93
Un test fut alors entrepris:
les huit mensurations, calculées sur les films ante-mortem des
500 sujets furent enregistrées sur le ruban d'une machine, après codi-
fication. Cent films furent sélectionnés au hasard; les huit distances
à nouveau mesurées sur la seconde série de films furent, une par
une, testées sur la machine. Pour 74 (74 %), la machine donna
immédi.,atement la réponse. Les 26 films restant contenaient une
erreur de mensuration, et, par vérifications successives 23 autres
furent encore identifiés. Enfin, les trois derniers pouvaient eux-
mêmes être identifiés par vérifications secondaires (total 100 %).
L'auteur est arrivé à cette conclusion qu'en augmentant le (
nombre des mensùrations, pour le porter à 20, il deviendrait pos-
sible d'identifier un individu sur 350 millions.
DEUXIÈME PARTIE

LES MÉTHODES
D'ANALYSE CÉPHALOMÉTRIOUE
--
INTRODUCTION

« Une analyse céphalométrique est, essentiellement, une techni-


que utilisée comme guide pour l'interprétation clinique d'un cas de
malocclusion. Ceci est son but ultime, et devrait être son but fonda-
mental. Une analyse céphalométrique n'est pas une fin en elle-
même; c'est un moyen pour parvenir à une fin».
Telle est la définition pratique donnée par W. M. KROGMAN;
elle indique bien le but véritable de l'analyse, et contient une judi-
cieuse mise en garde contre les spéculations théoriques.
On peut considérer, avec KROGMAN et SASSO UNI, qu'une analyse
céphalométrique peut être :
A) typologique,
B) dimensionnelle.

A) ANALYSES TYPOLOGIQUES.

« Pour récapituler les travaux de l'Ecole européenne, on peut


considérer que les véritables inventeurs de la bio-morphologie sont
les Italiens, qui, s'inspirant évidemment des travaux publiés anté-
rieurement, ont cependant les premiers, avec de GIOVANNI, VIOLA,
PENDE, employé une méthode morphologique qui s'est proposé
de déterminer l'individualité». (J. AUTISSlER, 5)
D'autre part, BERGER (14, 15), de Tel-Aviv, s'est préoccupé
d'établir une corrélation entre les diverses malformations et maloc-
clusions, et les différents types constitutionnels.
En Europe, la liaison entre la bio-morphologie, le type consti-
tutionnel, et le complexe dento-maxillo-facial, avec comme résultat
pratique une analyse céphalométrique, a été réalisée par l'Ecole
Italienne, et l'Ecole Scandinave. La première est représentée par
Muz], MA], ADORNI-BRACCESI, Luz], LUCCHESE, MIOTTI ... , la
seconde par LINDE GARD et B]ORK.
« Il semble bien ... qu'aucun diagnostic, pronostic, ou traitement
ne puisse être entrepris en Orthodontie, en laissant de côté cette
part importante de la science médicale qu'est la bio-typologie ».
(J. AUTISSlER, 5)
Pour résumer à l'extrême la pensée de ces auteurs, on pourrait

97
dire qu'ils considèrent qu'il est plus sûr de déterminer un « type »,
que d'établir une comparaison avec un « normal» forcément arbi-
traire.

Aux Etats-Unis, VV. M. KROGMAN (ro6, ro7, roS) a SUIVI une


voie parallèle, en s'attachant particulièrement à l'aspect biologique.
Il considère que l'enfant forme un tout et que, pour résoudre
le problème posé, il n'est pas possible d'isoler le sujet de son milieu
racial, ethnique ou familial, d'isoler le moment où l'on pratique
l'examen des années qui l'ont précédé depuis la naissance, ni
enfin, de séparer le complexe maxillo-facial du reste de l'individu.
Celui-ci doit être étudié dans son ensemble (The Whole Child);
pour ce faire, toutes les informations doivent être recueillies (The
Whole Approach). L'analyse céphalométrique fournit une part
très intéressante de renseignements, mais une part seulement.
L'étude des phénomènes biologiques de croissance, de dévelop-
pement et de maturation squelettique, présente un intérêt de pre-
mier plan.
La pensée des deux Ecoles, européenne et américaine, demeure
très voisine, puisque KROGMAN réclame pour les analyses céphalo-
métriques des moyennes établies, notamment, en fonction de la
constitution et du type facial. (w. M. KROGMAN, ro5)

B) A.NAL YSES DIMENSIONNELLES.

Une analyse dimensionnelle peut être (KROGMAN et


SASSOUNI) :
I) linéaire,
2) angulaire,
3) positionnelle.
Une même analyse peut appartenir à deux ou trois catégories.
I) ANALYSES LINÉAIRES: entrent dans cette catégorie les ana-
lyses dans lesquelles sont utilisées des mesures millimétriques,
qu'elles soient directes ou projetées sur un plan de référence. En
général, il n'est pas tenu compte, dans ces mensurations, de la
déformation par agrandissement.
La méthode de projection orthogonale a reçu sa première appli-
cation dans la « Méthode des réseaux de De COSTER ». Une autre
application très connue est la méthode de W. WYLIE.
« En fait, lorsqu'ils sont mesurés sur le film de profil :(eul, tous
les points bi-latéraux sont des projections. Ces points sont projetés,
à leur tour, dans certaines analyses, sur un plan de référence ».
(KROGMAN et SASSOUNI)

2) ANALYSES ANGULAIRES: elles sont destinées à éliminer, dans


une certaine mesure, les insuffisances des analyses linéaires.

98
L'angle exprime bien un rapport de position entre deux
lignes, mais, comme nous l'avons dit plus haut, la longueur des
côtés doit être prise en considération, et devrait être calculée si l'on
voulait obtenir un renseignement vraiment précis : une modifica-
tion de IOO de l'angle incisive inférieure-plan mandibulaire,
mesurée en millimètres au niveau du bord incisif, ne représente pas
la même différence millimétrique qu'une déviation de 10° de
l'angle Francfort-Mandibulaire (FMA de TWEED), mesurée au
niveau du rebord alvéolaire de la mandibule, parce que la longueur
des côtés de l'angle est intervenue.
« Dans une certaine mesure, une mensuration angulaire peut
indiquer une position. Une condition doit, toutefois, être observée:
l'angle doit être proche de 0 ou de goO, par rapport au plan de
référence. Par exemple, l'angle facial de DOWNS, proche de goO,
indique la position antéro-postérieure du menton; le plan palatin
fait un angle de 0° avec le plan de Francfort, d'après KORKHAUS,
ce qui indique, par conséquent un parallélisme, une égale distance
de l'épine nasale antérieure et de l'épine nasale postérieure au plan
de Francfort. Mais, lorsque la valeur de l'angle se tient entre les
deux extrêmes (0 et goO), elle comprend en même temps la position
verticale et la position antéro-postérieure; prenons comme exemple
l'angle Nasion-Selle turcique-Ire molaire qui est considéré comme
exprimant la position antéro-postérieure de la molaire, et comporte
nécessairement une composante verticale... ». ,(KROGMAN et
SASSOUNI)

3) ANALYSES POSITIONNELLES : on se base, pour ces analyses, sur


une construction géométrique, particulière à chaque auteur, adap-
tée à l'architecture de la face. On établit des rapports de position
entre les structures anatomiques étudiées, et les points, lignes ou
plans résultant de la construction.
Elles permettent d'éliminer certains inconvénients inhérents
aux deux catégories précédentes, valeur discutable des mensurations
en dimension absolue, imprécision relative, et grande marge de
variation des angles, mais demeurent sous la dépendance d'impor-
tantes variations biologiques normales.
L'analyse de SIMON, dans laquelle la perpendiculaire abaissée
du point Sous-Orbitaire sur le plan de Francfort doit passer par la
canine supérieure, est une des plus anciennes et des plus connues:
Parmi les analyses plus récentes, citons l'analyse de MARGO LIS,
dans laquelle sont considérés les rapports de la ligne mandibulaire
et de l'écaille de l'occipital, et ceux de la couronne de l'incisive
inférieure et de la ligne faciale; l'analyse de STEINER, dans laquelle
sont considérés les rapports de l'axe de l'incisive centrale supérieure
et de l'orbite. L'analyse de COUTAND (Point C) est à la fois posi-
tionnelle, par rapport à la bissectrice de l'angle plan palatin-plan
mandibulaire, et linéaire.

99
MOYENNE, DÉVIATION STANDARD, TYPE STANDARD,
NORME.

La mqyimne constitue une réduction statistique des mensurations


prises dans un groupe déterminé, et représente la tendance centrale
de ce groupe. Il ne s'agit donc pas de moyenne arithmétique.
L'unanimité semble réalisée sur ce point : les moyennes mises
à notre disposition sont considérées comme très insuffisantes et
imprécises :
« Les moyennes actuellement établies devraient être complétées
par des moyennes dans lesquelles seraient inclus les facteurs suivants:
race, sexe, âge, constitution ». (T. M. GRABER, compte rendu
Roentgenographic CePhalometric Workshop, mars I957)
« Les moyennes utilisées en céphalométrie devràient être établies
par rapport aux variables suivantes: âge, sexe, race, origine ethni-
que et constitution, et même type facial ». (W. M. KROGMAN, I05)
R. MOYERS (I 64) insiste également sur l'utilité de moyennes
variant avec l'âge.

La déviation standard (SD) est la racine carrée de la somme des


déviations, par rapport à la moyenne, au carré, puis divisée par le
nombre de sujets composant le groupe examiné.
Si d = déviation par rapport à la moyenne,
et N = nombre des sujets composant le groupe,
la formule est la suivante :

" t'IOn st an d ard(SD) =


D evra V
\2/dI2+d22+d32+ .... dn2
N
Moyenne + l Déviation standard = 67 % des sujets examinés
Moyenne + 2 Déviations standard = 95 % des sujets examinés
Moyenne + 3 Déviations standard = 99 % des sujets examinés

La valeur paranormale, utilisée par G. MA] et ses Collaborateurs


dans leur méthode d'analyse est pratiquement égale à une déviation
standard.

Le type standard est un stéréotype dérivé des mensurations prises


dans un groupe donné; il est tout-à-fait possible qu'aucun des
sujets du groupe examiné ne représente exactement le type standard.

La norme peut être considérée comme l'élément qui a été sélec-


tionné comme représentant le mieux la tendance centrale dans la
masse des éléments groupés pour une étude détermjnée.
« L'Atlas d'ossification de la main, de TODD, a été établi à l'aide
de 25°.000 radiographies. Toutes ont été soigneusement examinées
par rapport à l'âge et au sexe. Lorsque sur l'Atlas on recherche la

100
main d'un enfant de 9 ans 3 mois, ceci signifie que cette main, en
ce qui concerne l'ensemble des centres d'ossification, est celle qui se
rapproche le plus de la tendance centrale, parmi toutes les autres
mains de la série ». (W. M. KROGMAN, 105, page 316)

EMPLOI DES MÉTHODES D'ANALYSE

Nous présentons plus loin, aussi simplement et objectivement que


possible, un nombre assez important de méthodes d'analyse, afin
que soit représentée, dans ses applications les plus connues, chacune
des principales tendances actuelles. Chaque résumé doit permettre,
non seulement de prendre connaissance de la méthode, mais aussi
de l'appliquer pratiquement. Bien des méthodes intéressantes n'ont
malheureusement pu être exposées.
L'ensemble de ces résumés est, lui-même, assez volumineux, et
nous craignons qu'il ne risque de jeter le trouble dans l'esprit de
bien des débutants, et de leur apporter un nouvel, et sérieux, sujet
d'embarras.
Le problème est pourtant plus simple qu'il ne peut paraître :
une méthode d'analyse n'est autre chose qu'un instrument de tra-
vail; il suffit de savoir le choisir, ou le façonner soi-même, puis
d'apprendre à le manier. Le nombre des mensurations céphalomé-
triques, d'après SASSO UNI, dépasse 400. Parmi celles-ci, une vingtaine
seulement sont vraiment significatives, et d'usage courant. Leur
emploi repose sur un petit nombre de règles essentielles, que nous
voudrions nous efforcer de dégager :
Le choix d'une méthode d'analyse peut être comparé à celui
d'une technique thérapeutique: le point capital n'est pas tant de
sélectionner le moyen que de déterminer le but à atteindre. Il
faut donc que soient fixés les éléments de diagnostic indispen-
sables, compte tenu des conceptions thérapeutiques de l'inté-
ressé.
Ces éléments de diagnostic concernent: 1) l'équilibre du
squelette, 2) les rapports denture-squelette, l'ordre dans lequel
ils sont étudiés pouvant être inversé (analyse de KORKHAUS).
1) EQUILIBRE DU SQUELETTE. On retient habituellement, pour la
pratique courante, les éléments suivants :
a) position antéro-postérieure de la mandibule, par rapport à la
base du crâne;
b) position an téro-postérieure du maxillaire supérieur;
c) rapports des bases apicales;
d) équilibre dans le sens vertical;
e) développement de la mandibule dans ses différentes parties,
et ses répercussions sur l'équilibre vertical.

101
L'analyse du profil est la suite normale de l'étude de l'équilibre
du squelette, « elle représente essentiellement une appréciation
de l'adaptation des tissus mous sur le profil osseux ». (J. A.
SALZMANN, 170)
On prend en considération (J. A. SALZMANN, 170) :
certaines valeurs angulaires du squelette,
la tonicité des tissus mous,
la posture de la musculature faciale.

2) RAPPORTS DENTURE-SQUELETTE. On étudie


a) la position des dents sur les bases osseuses;
b) les rapports des deux arcades entre elles;
c) parfois aussi, la position des dents par rapport au profil.
En ce qui concerne la position des dents dans le squelette, on
peut prendre comme base, soit l'incisive supérieure, soit l'inci-
sive inférieure, et l'on étudie :
l'angulation de la dent par rapport à un plan de base (Franc-
fort, S-Na, SO-Na, Bo-Na, pour l'incisive supérieure; plan
mandibulaire ou Francfort, pour l'incisive inferieure);
la distance, ou la position, par rapport à un plan antérieur,
à direction générale verticale (Plan Facial, Na-Po, par
exemple) ;
la position par rapport au profil (angulation avec Na A,
ou Na B, ou A Po).
Lorsque l'incisive supérieure est utilisée comme base pour la
position des dents, en général le résultat esthétique tend vers
le profil convexe.
L'incisive inférieure est plus fréquemment utilisée, et
l'étude de sa position a donné lieu à de nombreux travaux.
LINDQUIST (113) a comparé entre elles trois méthodes pour la
détermination de la position de l'incisive inférieure (TWEED,
STEINER, DowNS). Il arrive à cette conclusion que« la valeur des
diverses formules pour la mise en place des incisives inférieures
semble résider dans le fait qu'elles devraient aider l'opérateur
à réaliser sa conception de l'esthétique faciale avec une plus
grande régularité ... C'est l'opinion presque unanime de ceux qui
emploient la céphalométrie dans leur clientèle, qu'elle les aide
à obtenir des résultats conformes à leur conception dans un plus
grand pourcentage de cas ».
D'autre part, les mouvements imprimés à cette dent sont
déterminants pour l'amélioration esthétique : « l'incisive infé-
rieure est la clef de beaucoup de choses. Elle peut affecter la
lèvre supérieure, la lèvre inférieure ou le menton. Plus l'incisive

102
inférieure est déplacée vers l'arrière, plus il est possible d'aug-
menter le déplacement de l'incisive supérieure,. et, par consé-
quent, plus l'incidence sur la lèvre supérieure est importante ».
(STONER, 184)
Le point intéressant est d'obtenir le plus souvent possible les
objectifs que l'on s'est fixés: «le mérite de la formule de TWEED
est de permettre d'atteindre les objectifs du traitement, et le
résultat esthétique dans la plupart des cas» (LINDQUIST, Il3).
On sait que ce but tend vers l'obtention d'un profil rectiligne.
Beaucoup de méthodes d'analyse sont susceptibles de fournir
tous les éléments de diagnostic que nous avons énumérés; mais
ils peuvent, néanmoins, être obtenus par des moyens différents,
dont il est très souvent intéressant de comparer les résultats.
Un moyen pratique, fréquemment employé, consiste à
calculer les valeurs de plusieurs analyses complémentaires.
L'exemple typique est l'emploi simultané des méthodes de
DOWNS et de W. WYLIE. Bien d'autres combinaisons sont pos-
sibles, et, de façon plus ou moins consciente, c'est le procédé
auquel chacun a recours en cas de difficulté.
Il est commode de grouper les renseignements sous forme
de tableau : les valeurs de chacune des méthodes sont inscrites
dans une colonne, dans le sens vertical; les valeurs comparables
des diverses méthodes sont placées horizontalement, sur une
même ligne. On réunit ainsi un grand nombre d'éléments qui
peuvent être rapidement comparés, et on comble aisément les
lacunes que peuvent présenter les méthodes prises isolément.
L'emploi d'une représentation graphique est utile et éduca-
tif. Très rapidement, le graphique forme le jugement de l'opé-
rateur, en matérialisant à ses yeux les tendances principales du
sujet qu'il étudie. On trouvera dans les analyses de DOWNS,
NORTHWESTERN, SASSOUNI, des modèles de graphiques (*).
Il faut intégrer les éléments fournis par la teïéradiographie dans
la méthode d'examen habituellement pratiquée. Signalons à ce
propos l'importance de la photographie. Celle-ci prévient bien
des erreurs de jugement, et, en cas de désaccord, le dernier mot
doit, en principe, lui rester.
En dehors de toute méthode, il est utile de savoir reconnaître
certains caractères, susceptibles d'influencer l'interprétation des
valeurs, ou le pronostic.
Parmi ceux-ci, citons :
- l'importance de l'échancrure sous-maxillaire,

(*) Il faut toutefois observer que cette représentation graphique crée entre
ces valeurs des corrélations, qui pouvaient ne pas exister initialement dans la
pensée de l'auteur de la méthode. C'est le cas pour la méthode de DOWNS, dans
laquelle l'auteur n'avait pas établi de corrélation entre les dix valeurs propo-
sées en 1948. (SASSOUNI)

103
la valeur de l'angle goniaque,
bord postérieur de la branche montante dirigé en bas et en
arrière (BIMLER),
longueur d~ la branche montante par rapport au corps man-
dibulaire,
position du condyle mandibulaire par rapport au plan de
Francfort (E. L. JOHNSON),
plan palatin incliné en bas et en arrière (SCHWARTZ, KOR-
KHAUS),
importance de l'inclinaison de la ligne S-Na par rapport à
l'horizontale (généralement plan de Francfort),
position de l'os hyoïde par rapport au bord inférieur du corps
mandibulaire (Henriette MULLER, 133).
Au cours de ces dernières années, l'évolution des méthodes
d'analyse s'est produite dans le sens de la simplification. Néanmoins,
comme toute autre méthode, la Céphalométrie ne peut apporter de
satisfactions que par un effort patiemment poursuivi. Il faut tou-
jours se souvenir qu'elle ne peut, seule, résoudre tous les problèmes.
Ainsi que l'a dit A. BEsoMBEs « le recours aux méthodes de labo-
ratoire est fécond quand il laisse à l'examen clinique et au sens
artistique du praticien la possibilité de s'appuyer sur une documen-
tation raisonnée ». (17)
Nous présenterons, dans l'ordre chronologique de leur première
publication, les méthodes d'analyse suivantes :
1. TWEED 1946, page 105
2. MARGOLIS . 1947, page 115
3. BALLARD 1948, page 125
4. DOWNS 1948, page 130
5. W. WYLIE. 1948, page 149
6. MOORREES 1953, page 161
7. STEINER. 1953, page 169
8. COUTAND 1955, page 184
9. SASSOUNI 1955, page 186
10. MAJ, LUZJ, LUCCHESE 1957, page 205
11. RICKETTS 1960, page 214

104
MÉTHODE D'ANALYSE DE TWEED (I946)

La méthode d'analyse de TWEED présente ceci de particulier,


qu'ayant été mise au point pour servir une technique bien déter-
minée, elle ne peut être dissociée de cette dernière.
Les principes de la technique de TWEED ont été élaborés à une
époque où la céphalométrie n'était pas entrée dans le domaine de
la pratique orthodontique; ils se sont trouvés transformés d'abord
par l'expérience acquise, et ensuite par l'apport de la téléradio- •
graphie. Mais l'objectif principal demeure: c'est le profil rectiligne.

CONSTRUCTION

La construction nécessaire à cette analyse se résume essentiel-


lement en un triangle. Le tracé est exécuté à l'encre blanche, direc-
tement sur le film en occlusion; TWEED utilise un nombre impor-
tant de céphalogrammes pour chacun de ses patients, et ce procédé
épargne du temps.
Les trois cMés du triangle sont (Fig. lIO) :

1) l'axe de l'incisive inférieure, passant par l'apex et le bord incisif de


cette dent; la ligne est prolongée vers le bas, jusqu'à la ligne
mandibulaire, et vers le haut jusqu'au plan de Francfort.
2) la ligne mandibulaire, déterminée par le point Gonion, et par le
point Menton (plan mandibulaire c, voir page 48).
3) la ligne horizontale supérieure .est formée par le plan de Francfort.
TWEED utilisant le céphalostat de Margolis localise le Porion à
4 mm 1/2 au-dessus du centre géométrique des olives auricu.
laires.
A ce triangle, on ajoute les angles
SNA : Selle turcique-Nasion-Point A.
SNB : Selle turcique-Nasion-Point B.

105
Nous étudierons successivement chacun des trois angles du
triangle. Cette étude nous permettra de suivre, dans l'ordre chro-
nologique, les différentes étapes de l'élaboration de la méthode.

Me

Fig. 1 10. - Tracé du triangle de TWEED, chez un sujet normal.

1) ANGLE INCISIVE INFÉRIEURE-PLAN MANDIBULAIRE (IMPA,


Incisor-Mandibular Plane Angle).

A la suite de douze années de recherches et d'observations cli-


niques, TWEED publia en I945 un travail (I94) dans lequel il
constatait que, normalement, les incisives inférieures doivent être
« droites », ou« verticales» sur l'os basal, et arrivait à la conclusion
que« la cause de la majorité de ses échecs était la suivante: comme
tous les orthodontistes, il prenait des dents inférieures comme base
pour engrèner les dents supérieures, sans se soucier des rapports
de ces dents inférieures avec leur base osseuse, bien que ces rapports,
dans la plupart des cas, et particulièrement dans les cas de Classe l,
Classe II et bi-protrusion, soient aussi éloignés du normal que les
rapports correspondants au maxillaire supérieur ».
A défaut de téléradiographie, la position des incisives avait été
étudiée au moyen de moulages sectionnés suivant le plan sagittal
médian. En plus de la position sur l'os basal, un autre point retenait,
à l'époque, l'attention de TWEED; l'épaisseur du rebord alvéolaire
au niveau de la section médiane, ainsi que la position des incisives

106
par rapport aux tables osseuses, externe et interne, avaient une
valeur au point de vue du diagnostic (Fig. III). Si la table interne
était très épaissie, et formait une sorte de rebord, on en déduisait
que les incisives avaient subi un déplacement rectiligne vers l'avant,
ayant provoqué une protrusion, et non une simple version.

Fig. [[ I. - Etude de la position des incisives au moyen de moulages secti onnés


suivant le plan sagittal médian.
En haut, schéma de modèle sectionné, avec incisive en bonne position sur
la base, et par rapport aux deux tables osseuses.
En bas, épaississement de la table alvéolaire interne, formant un rebord.
Cette disposition indiquait que l'incisive avait subi un déplacement recti-
ligne en direction vestibulaire, ayant provoqué une protrusion, et qu'il ne
s'agissait pas d'une simple vcrsion.

La valeur de l'angle incisive inférieure-plan mandibulaire


étant de 90°, avec variation normale de + ou - 5°, il devint souvent
nécessaire de faire subir aux incisives un mouvement de version
linguale, afin de les placer en bonne position sur l'os basal. Mais, ce
mouvement a pour résultat'de diminuer la longueur d'arcade, d'où
la nécessité de pratiquer des extractions .de premières prémolaires
dans un certain nombre de cas.

2) ANGLE PLAN DE FRANCFORT-PLAN MANDIBULAIRE (FMA,


Francfort-Mandibular Angle).

"L'auteur, pensant que le pronostic des dysharmonies dento-


maxillaires était, dans une certaine mesure, plus particulièrement
lié à l'importance de l'activité des centres fertiles condyliens utilisa
à cette fin (I95) l'angle Plan de Francfort-Plan Mandibulaire.

107
II établissait ainsi une corrélation entre les lésions du sens vertical,
et celles du sens antéro-postérieur.
Il posa les règles suivantes, en ce qui concerne le pronostic ortho-
dontique (pour les valeurs indiquées, il faut tenir compte du fait que
l'angle était, en 1946, mesuré sur photographie, ou directement sur
le sujet, et qu'il y a lieu, sur téléradiographie, de retrancher environ
5°) :
ANGLE PLAN DE FRANCFORT-PLAN MANDIBULAIRE (FMA) DE 16 A
28° :
Croissance dirigée en bas et en avant de façon normale. « Le
type de croissance osseuse n'a subi qu'une légère déviation par
rapport à la normale; même si la malocclusion est grave, l'ortho-
dontiste peut être raisonnablement assuré de la permanence des
résultats, avec excellente esthétique) à condition que le rapport
denture-squelette soit rééquilibré, si c'est indiqué. Plus de la moitié
de ces cas nécessitent une réduction du matériel dentaire, si l'on
veut arriver à des proportions approchant de la normale ».
ANGLE PLAN DE FRANCFORT-PLAN MANDIBULAIRE DE 28 A 35° :
La direction de la croissance n'est pas aussi favorable. Les cas
approchant le plus de la limite de 28° peuvent être traités de façon
satisfaisante. La formule de + 5 à - 5 0 (c'est-à-dire, variation
normale de 95 à 85°) peut être appliquée, l'inclinaison des incisives
inférieures devant se tenir près de - 5°. Pronostic bon; un pour-
centage plus grand de cas nécessitera des extractions. Vers 35°,
le pronostic n'est qu'assez bon, la formule +
5 à-5 0 ne peut être
appliquée, car on trouvera que les incisives doivent être mises en
place de - 5 à - lOO. Pratiquement, tous les cas présentant un
angle de 28 à 35° nécessiteront des extractions.
ANGLE PLAN DE FRANCFORT-PLAN MANDIBULAIRE SUPÉRIEUR A 35° :
La croissance se fait en grande partie vers le bas. Au-dessus de
40°, les extractions compliqueront la situation, et nuiront à l'esthé-
tique. Le pronostic orthodontique est défavorable.
La formule + 5 à-5 0 (variation normale de 95 à 85°) a été
modifiée, et TWEED considère maintenant que l'angle incisive infé-
rieure-plan mandibulaire ne doit pas dépasser 92°, si petit que soit l'angle
Francfort-Mandibulaire (FMA).

3) ANGLE INCISIVE INFÉRIEURE-PLAN DE FRANCFORT (FMIA,


Francfort-Mandibular Incisor Angle).

Peu après avoir commencé à faire entrer la céphalométrie dans


sa pratique, l'auteur se soucia de donner à tous ses élèves un moyen
sûr d'obtenir des résultats esthétiques pouvant être comparés aux
siens. Ayant sélectionné quatre cas qui avaient donné des résultats

108
esthétiques satisfaisants, il eût l'idée de prolonger vers le haut l'axe
de l'incisive inférieure, jusqu'à l'intersection avec le plan de Franc-
fort. Cette ligne constituait le troisième côté du triangle (196).
La valeur moyenne de l'angle Francfort-Mandibulaire (FMA)
se situant aux environs de 250, celle de l'angle incisive inférieure-
plan Mandibulaire (IMPA) étant de 90°, la valeur du ge angle,
incisive inférieure-plan de Francfort (FMIA), se trouve automati-
quement déterminée à 65°.
Toutefois, à ces valeurs théoriques, TWEED donne la préférence
aux valeurs suivantes, parce qu'elles lui donnent une meilleure
esthétique, et un résultat final plus stable :
FMA .......... 24°
IMPA ........ 87°
FMI A ........ 69°
La valeur de 65° est considérée comme un minimum pour l'angle inci-
sive inférieure-plan de Francfort (FMIA). Au-dessous de 62°,
l'extraction est jugée nécessaire.

EMPLOI DU TRIANGLE

Le triangle (Fig. 112) est tracé, comme il a été dit, sur le cépha-
logramme. Puis, une ligne pointillée partant de l'apex de l'incisive
inférieure est prolongée vers le haut, jusqu'à sa rencontre avec le
plan de Francfort, afin qu'elle forme avec ce dernier un angle de
65° minimum. La distance, au niveau du bord incisif, entre la ligne
pleine (inclinaison réelle de l'incisive inférieure en début de trai-
tement) et la ligne pointillée (inclinaison désirée en fin de trai-
tement) exprime en millimètres le trajet que doit parcourir le bord
incisif en direction linguale pour satisfaire à la condition minimum
de 65° pour l'angle incisive inférieure-plan de Francfort (FMIA).
Rappelons qu'au cours de cette étape de traitement (prépa-
ration d'ancrage), la dent doit pivoter en direction linguale, autour
de l'apex comme centre de rotation. Si l'on ne respecte pas les
règles de la technique de TWEED, le centre de rotation se localise
approximativement vers le collet de la dent, il se produit un mou-
vement vestibulaire indésirable de l'apex, et le mouvement lingual
de la couronne s'en trouve fortement réduit. Une autre conséquence
de cette erreur technique est l'installation d'une supraclusion inci-
sive, très préjudiciable au patient.
L'expérience a montré que pour les cas de Classe Il, il se produit
un déplacement vestibulaire, d'environ 5°, des incisives inférieures
lorsque l'on procède à la correction des rapports d'occlusion au

109
moyen d'élastiques inter-maxillaires Classe II (*). Dès lors, la
préparation de l'ancrage à l'arcade inférieure doit être telle que
l'inclinaison des incisives, par rapport au plan de Francfort, soit
de 70°, 65 + 5, minimum, avant l'emploi des élastiques Classe II.
Cette position est constamment contrôlée par des téléradiographies
successives, à mesure que progresse le traitement. Elle doit être

Fig. 112. - Emploi du triangle de TWEED.


La ligne pointillée partant de l'apex de l'incisive inférieure doit former
un angle de 65° minimum avec le plan de Francfort. La distance entre les
deux lignes, au niveau du bord incisif, indique l'importance de la version
linguale que devra avoir subi l'incisive à la fin du traitement.
Dans ce cas particulier, FMA n'étant que de 25°, il est avantageux de
chercher à obtenir un FMI A supérieur à 65°; un angle de 68° est préférable
(Voir tableau de corrélation des trois angles).

rétablie par une nouvelle préparation dans le cas où le mouvement


vestibulaire des incisives inférieures serait plus important qu'il
n'était prévu.
En ce qui concerne la distance à faire parcourir linguale ment au
bord incisif de l'incisive inférieure, TWEED estime que 2° 5 repré-
sentent l mm : une différence d'angulation de 2° 5 entre les deux
lignes, ligne pleine et ligne pointillée, équivaut à une réduction de

(*) M. S. FOGEL (71), à la suite d'une étude céphalométrique portant sur


36 cas traités par la méthode de TWEED, estime à 7° l'amplitude moyenne de ce
mouvement vestibulaire.

110
1 mm de chaque côté de-la longueur d'arcade (10 représente environ
1/3 de mm, et IO O environ 3,5 mm). A l'aide d'une mensuration
fajte sur le tracé exécuté sur le film, il est donc possible de savoir à
l'avance si des extractions laisseront la place suffisante pour aligner
les incisives dans la position désirée. Précisons toutefois que dans ce
dernier calcul il faut également tenir compte de la perte d'espace
provoquée par le mouvement mésial des dents postérieures. TWEED
évalue cette perte, même en utilisant une technique précise, à 1/3 de
l'espace laissé libre par l'extraction.
Par contre, si les molaires inférieures présentent une nette ver-
sion mésiale, il devient possible de gagner 2 mm de chaque côté, lorsque
ces dents se trouveront basculées distalement lors de la préparation
d'ancrage; l'inclinaison des molaires inférieures est donc à observer
en début de traitement. Toutefois, l'auteur estime que, pratique-
ment, ce gain ne présente d'intérêt réel que pour les cas-limites,
pour lesquels l'extraction n'est pas formellement indiquée.

L'ensemble de ces calculs est à consigner sur un tableau, ou


charte, sur lequel on a inscrit préalablement
1) l'espace nécessaire,
2) t'espace disponible.
1) ESPACE NÉCESSAIRE : mensuration dentaire représentée par la
somme des diamètres mésio-distaux des dents permanentes,
d'une Ire molaire inférieure à l'autre. Si les canines et prémo-
laires n'ont pas fait leur éruption, elles sont mesurées sur films
intra-buccaux, suivant le procédé de H. NANCE. Les mensura-
tions sont faites en bouche.
2) ESPACE DISPONIBLE : on mesure soigneusement en bouche les
pertes de place provoquées par des rotations, des chevauche-
ments, etc. La somme de ces pertes, retranchée de l'espace
nécessaire, donnera l'espace disponible.

A la valeur ainsi obtenue, retrancher la longueur qui sera


absorbée par la préparation d'ancrage, ou ajouter la longueur des
diastèmes, s'il en existe, ainsi que la place qui peut être gagnée
par la correction de la vlirsion des molaires inférieures, ou de
l'exagération de la courbe de Spee.

L'auteur ne considère pas que cette méthode soit à utiliser dans


tous les cas. Bien que« le triangle soit un guide sûr et valable pour
le traitement », pour une malformation banale, laissant une esthé-
tique générale convenable, il ne préconiserait pas des extractions
pour satisfaire à la règle du FMIA de 65°. Pour tous les cas où il
peut y avoir hésitation, il conseille expressément de se référer à la
photographie, et au patient, avant de prendre une décision.

III
RAPPORTS DES TROIS ANGLES.

1) RAPPORTS DES ANGLES FRANCFORT-MAN~IBULAIRE (FMA), ET


INCISIVE INFÉRIEURE-PLAN DE FRANCFORT (FMIA).
TWEED estime que, en pratique :
pour un FMA de 30° et au-dessus, il faut un FMIA de 65°,
pour un FMA au-dessous de 300, il faut un FMIA de .68° ou plus.

2) RAPPORTS DES ANGLES FRANCFORT-MANDIBULAIRE (FMA) , ET


INCISIVE INFÉRIEURE-PLAN MANDIBULAIRE (IMPA).

Lorsque l'angle FMA dépasse 25°, pour chaque degré


au-dessus de ce chiffre doit correspondre une réduction égale de
l'angle IMPA. Exemple: si FMA = 32° (25 + 7), IMPA = 83°
(go - 7).

3) CORRÉLATION DES TROIS ANGLES ENTRE EUX.


Elle est donnée dans le tableau ci-dessous

FMA IMPA FMIA


-------
16 g2 71
(maximum)
I7
18
Ig go 71
20
21

22
23
24
25 87 68
26
27
28

2g

31
32 84 65
33
34
35

112
Par l'emploi du procédé « seriai extraction» (quatre extractions
de Ires molaires temporaires à 8 ans, quatre extractions de Ires pré-
molaires 6 mois au moins avant l'éruption des canines) l'auteur a
obtenu les modifications spontanées suivantes (198) :
a) IMPA ne dépassant pas plus de 90°, évoluant dans la plupart
des cas entre 88 et 81° 5,
b) réduction correspondante de FMIA, atteignant jusqu'à 10°,
et même 14°,
c) réduction de ANB, pouvant atteindre 5°.

EMPLOI DE LA MÉTHODE D' ANALYSE

TWEED donne les précisions suivantes sur l'utilité des trois


angles :
Incisive inférieure-plan de Francfort (FMIA).
Incisive inférieure-plan mandibulaire (IMPA).
ont été déterminés pour : la stabilité de la denture, la Pérennité des
résultats et aussi la qualité de l'esthétique, qui est un des buts essentiels
du traitement.
Plan de Francfort-plan mandibulaire (FMA),
présente une valeur au point de vue pronostic.
Pour ce dernier angle, FMA, les règles générales datant de
1946 et concernant le pronostic, sont modifiées comme suit:

1) CLASSE 1 ET CLASSE II.


L'angle Francfort-Mandibulaire sert à déterminer la valeur
à donner aux deux autres angles. C'est en effet le seul sur lequel
l'opérateur soit sans action. En déduisant sa valeur des 180° du
triangle, on voit comment il est possible de répartir la différence
sur les deux autres angles.

2) CLASSE III.
a) si le sujet présente un faible FMA, associé à une branche
montante longue et à un petit angle goniaque, le pronostic est
très favorable, et point n'est nécessaire d'attacher une extrême
importance à la valeur précise de l'angle lui-même;
b) si, par contre, l'angle goniaque est ouvert, le pronostic est moins
favorable:
si les rapports A-B, déterminés par la différence des
angles SNA et SNB, sont sub-normaux, la correction peut être

113
obtenue par une minime réduction du matériel dentaire
(une incisive inférieure);
si la différence SNA-SNB est nettement positive (B en
avant de A), réduction plus importante du matériel den-
taire (deux prémolaires).

EMPLOI DES ANGLES SNA ET SNB.

Pour les valeurs, voir « Méthode d'analyse de STEINER», page


170.
TWEED considère comme type squeléttique Classe II, tout sujet
dont l'angle ANB est de 4°, ou plus; quel que soit l'articulé au
niveau des molaires.

PRÉVISION DE LA CROISSANCE.

Elle est obtenue par superposition d'au moins deux films pris à
intervalles semestriels avant traitement.

On voit, comme nous l'avons fait observer au début, qu'il est


impossible de dissocier la technique de l'analyse; toutefois, l'in-
fluence de cette dernière a été considérable, puisqu'elle a permis à
TWEED de réduire de 50% le nombre des extractions dans ses
traitements (MARGO LIS, Roentgenographic CePhalometric Workshop,
mars 1957).
Enfin, rappelons que la technique de TWEED a suscité un nom-
bre de travaux et d'adaptations considérable.
MÉTHODE D'ANALYSE DE MARGOLIS (1947)

« La céphalométrie standardisée, dit l'auteur, offre à l'orthodon-


tiste une possibilité d'enregistrer, d'une façon scientifique, la crois-
sance et le développement du complexe dento-facial au cours d'une
période d'observation, de classer les malformations avant trai-
tement, de supputer le potentiel clinique dont il dispose, et, enfin,
d'évaluer la réalisation pratique ».
L'analyse comprend les deux parties suivantes:
A) analyse du squelette crânio-facial, c'est-à-dire l'appréciation de
son degré de développement.
E) orientation dento-crânio-faciale, c'est-à-dire étude de la
positjon des dents par rapport au squelette.
Les critères proposés sont au nombre de cinq: les deux premiers
se rapportent à l'analyse du squelette (chapitre A), les trois autres
se rapportent à l'orientation dento-crânio-faciale (chapitre B); ce
sont:
1) Le triangle maxillo-[acial;
2) Les rapports du plan mandibulaire et de la base de l'occipital;
3) Les rapports de la ligne faciale et de l'incisive.jnférieure;
4) L'inclinaison de l'incisive inférieure par rapport au plan
mandibulaire; j

5) L'inclinaison de l'incisive supérieure par rapport à la base


du crâne.

A) ANALYSE DU SQUELETTE CRANIO-FACIAL

L'analyse du squelette crânio-facial se fait :


1) par l'étude du triangle maxillo-facial,
2) par l'étude des rapports du plan mandibulaire et de la base
de l'occipital.

115
LE TRIANGLE MAXILLO-FACIAL.

Ce triangle est construit sur le céjJ/zalogramme de IJrofil, jJris en


position d'occlusion.
Les trois côtés sont (Fig. 120)
1) La ligne de la base du crâne NX;
2) La ligne fac ia le NM;
3) La ligne mand ibu laire MX.

F ig. 120. - Le triang le maxi ll o- Iac ia l. Construction dcs trois tr ia ng les maxi ll o-
faciaux avec les difTére ntes li gnes de la basc du c râne .
NX (ligne pleine) cst la li g ne employée pa r MARCOUS, Nasion-suture
sphéno-occipita le (Na-SO).
NA. (trait interrompu) : Nas ion-Sell e tu rcique (Na-S).
NB (po inti ll é) : cst représentée par le plan de BOLTON (Bo-Na). (D'ap rès
MARCOLlS, Ameriean Journal rif Orthodont ies, j uin 1953)

J. L.", LIGNE DE LA BASE DU CRANE passe par le Nas ion et le


sommet de la Suture sphéno-occipitale; elle est continuée posté-
rieurement jusqu'à sa rencontre avec la ligne mandibu laire en X.
Pour localiser la suture sphéno-occipitale, partir du fond de la
Selle turcique, remonter la paroi postérie ure sur toute sa h auteur,
puis redescendre la ligne osseuse de la base du crâne vers l'arrière

116
la suture se trouve à environ IO à 12 millimètres en bas et en arrière
d e l'apophyse clinoïde post érieure, et se présente sous la forme d'une
ligne noire transversale (voir Fig. 121).
La ligne de la base du crân e peut être construite avec deux
autres repères: on peu l utiliser le Plan de Bolton, ou la ligne Nasion-
selle turcique.

Apophys e clinoIde PO
. F0t

so
sut=~

Fig. 1 2 1. - Localisa tion de la sut ure sp hén o-occ ipitalc ct du point SO.

2. L A LI GNE FACIALE est éta bli e en traça nt une ligne partant du


N as ion el tangente en bas à l'éminence mentonni ère, au niveau du
Pogo nion.
3. LA LIG NE MAN DIBU LAIRE est ta ngen te au bord inférieur de la
mandibule et est conlinuée en ava nt et en arrière jusqu'à sa ren-
co nlrc avec les d eux lignes précéden tes (plan mandibu laire (
voir page 4R).

VALE U R DES 'rROr.; A NG L ES

Angle N valeur moyenne .. , , . . , , .. . .. , . .. 72° 6


Angle M valeur moyenne ... . ... , . . . . . . . . . 67° 7
Angle X valeur moyenne ..... , . , , . . . . . . .. 39° 7
Pour ch acu n de ces trois a ngle;;, la variation normale est + 3° 5.
Si l'on uti lise la ligne Nasion-Selle turei que, comme ligne de la
base du crâ ne, on obtient les valeu rs moyennes suivantes:
Angle N 4° en plus . . . . . . . . . . . . . . . .. soit 76° 6
Angle X 4° en moins . ... . . ,.... . . . . soit 35° 7
Angle M inchangé.
La variation normale demeure la mêm e.

« Le triangle maxillo-facial est utilisé pour fournir des indications


sur le degré de développement du squ elette crânio-facial, dans le
sens vertical et clans le sens antérieur, et co mme base d e référence per-
mettant d'orienter les dents et les autres structures a natomiques
visibles sur le cépha logramme.

117
Il sembl e vraiment exister une ressemblance signi fieative du
trian gle maxillo-facial chez toutes les races de l'homme moderne,
lorsque le squelette est bien dévelofifir', en équilibre et en harmonie. Les
indications qu'il fournit sont d'application universelle et so nt app li-
cables sur les enfants b lanes, notamment sa ns se so ucier de l'âge, du
sexe, et de l'origine ethnique».
L'angle N (XNM) en regist re la limi te anté ri eu re du déve lop-
pement, ou de la position, du corps mandibulaire au niveau de la
protubérance mentonnière. Plus il est pet it, p lus le menton est en
arri ère.
Les deux angles M et X (NMX et NXM) rep rése ntent la cro issa nce
vertieale proportionnell e o u relative, et le développement ou la
position du bord inférieur de la mand ibul e.
Les deux lignes mandibu laire et de la base du erâ ne peuvent se
rencontrer à l'intérieur, ou à l'extérieur du crâne; cette intersection se
fait au point X.

PRINCIPE DE LA LIGNE MANDIBULAIRE.

« Un trait morpho logique constant du crâne bien développé et


bien équilibré, trait qui doit être mis en corrélation avec les observations

F ig . 122. - Triangle maxillo-fac ia l constru it sur le cépha logramme d'une jeune


fi ll e d e 19 ans, présentant un e 'acc bi en équ il ibrée, bien développée, c l no n
prognat he: la lig ne m and ibul aire es t ta ngente à l'occip it a l (D';1 près MAR GO-
LlS, American Journal (if Orfhodontic.r, juin 1953).

1I8
statistiques du triangle maxillo-facial, est que la ligne mandibulaire,
continuée postérieurement, ou bien est tangente à l'occipital, en
arrière du Foramen Magnum, ou bien passe en-dessous de la base de
l'os occipital ». (Fig. 122)
« Lorsque la ligne mandibulai re, prolongée en arrière, pénetre
dans la boîte crânienne, c'est une indication significative de trouble
de développement vertical (Fig. 123), dans l'un des cas suivants, ou dans
une combinaison de ces cas

rI l.'
i ,,( \
\
1

l'ïg. 123 . - Cép ha logramme d'une fi ll cuc de 7 a ns. Déséqu ilibrc du ticrs infé-
rieur de la f'tcc, mi s en év idencc pa l' le tria ngl e maxi ll o-fac ia l : ang le N 6+",
ang le M 57", angle X 59". La ligne mandibu lairc pénè tre fortement d a ns la
boîte crâni enne . La mandibule est raccourcie, aussi bien e n hauteur que dans
le sens antéro-postéricur. Nole r l' importan ce de l'éch ancrure sous-maxi ll aire,
provoquée par une torsion de la mand ibu le, à la jonction des deux pa rties:
corps et branc he monta nte (D'aprèsMARGoLls, Americall Journal if Ort/wdoll-
ticJ, ju in 1953) .

1) ARRÊT DE CROISSANCE VERTICALE des branches montantes


ou bien du corps de la mandibule, ou bien des deux à la foiS:
2) DÉVELOPPEMENT TROUBLÉ à la jonction des branches mon-
tantes et du corps de la mandibule; un angle goniaque aug-
menté se rencontre h a bituellement dans ce cas et le précé-
dent.

119
3) MALFORMATION DE LA BASE DU CRANE, provoquant une
croissance inadéquate (insuffisante) vers le bas des cavités glé-
noïdes, avec, comme résultat, des articulations temporo-
maxillaires plus hautes.
«L'arrêt de croissance verticale (1) et la· déformation à la jonc-
tion corps-branches montantes (2) sont promptement reconnues sur
le céphalogramme. Les déficiences de croissance de la base du
crâne (3) affectant les cavités glénoïdes sont plus difficiles à éta-
blir ».
« Bien que le rapport ligne mandibulaire-os occipital soit un
phénomène morphologique très significatif du développement
vertical, il ne doit pas être utilisé comme critère unique dans l'ana-
lyse du squelette crânio-facial, parce qu'il peut être compensé, ou
aggravé, par d'autres facteurs. Il doit, des lors, être confronté avec les
autres criteres ».

E) ORIENTATION DENTO-CRANIO-FACIALE

Ayant déterminé quel était, dans le sens vertical et dans le sens


antéro-postérieur, le type de développement du squelette crânio-
facial, il reste à vérifier l'orientation des dents par rapport à ce type
de squelette.
On utilise les critères suivants :
1) rapports de la ligne faciale et de l'incisive inférieure;
2) inclinaison de l'incisive inférieure par rapport au Plan Man-
dibulaire;
3) inclinaison de l'incisive supérieure par rapport à la base
du crâne.

RAPPORTS DE LA LIGNE FACIALE ET DE L'INCISIVE


INFÉRIEURE

« Lorsque le Triangle Maxillo-Facial demeure dans les limites


de la normale, dans le profil dit orthognathique (ce type correspond au
profil rectiligne, ou au type ortho-frontal de notre terminologie),
la ligne faciale coupe la surface linguale de la couronne de l'incisive iriférieure,
ou passe en avant de cette dent {Fig. 124).
« Toutefois, lorsque dans un squelette facial équilibré et bien
développé, les dents sOnt en avant de la ligne faciale, et que le profil
se présente avec une déficience apparente du menton, ou de l'émi-
nence mentonnière, le profil sera alors décrit comme prognathique
(bi-protrusion). La ligne faciale coupera l'incisive inférieure au
niveau du collet lingual, et peut même couper la racine de cette
dent ». (Fig. 125)

120
Fig. 124. - Tracés montrant les rapports de la ligne Faciale (Nasion-Pogonion)
avec l'incisive inférieure, chez les 20 sujets normaux ayant été sélectionnés
par DOWNS, pour l'établissement de ses moyennes. Les tracés sont classés par
ordre de valeur croissante de l'angle Facial (ligne faciale-plan de Francfort),
le premier étant reproduit une seconde fois en bas à droitc (D'après DOWNS,
America" Journal of Orthodonties, octol5re 1948).

INCLINAISON DE L'INCISIVE INFÉRIEURE PAR RAPPORT AU


PLAN MANDIBULAIRE

Normalement, le grand axe de l'incisive inférieure est à 90° par


rapport au plan mandibulaire, lorsque la dent est bien orientée dans
le squelette crânio-facial.
Dans le cas de profil prognathique, l'incisive inférieure est
inclinée en avant, et l'angle incisive-plan mandibulaire est de 95°,
ou plus.
Il y a évidemment lieu de déterminer s'il s'agit d'un prognathis-

121
me, qui est d'origine phylogénétique et ethnique, et sur lequel
l'orthodontiste n'a que peu ou pas d'action, ou d'une protrusion
dento-alvéolaire, qui est une malocclusion, et est associée à un
trouble des forces de l'occlusion.

~.....

. .
,.~,
.......

A. B (' /J.

Fig. 125. - Triangles maxillo-faciaux construits sur les céphalogrammes de :


A) adulte masculin des Indes orientales; B) adulte masculin chinois;
C) adulte masculin blanc (modèle pour artistes); D) adulte féminin de race
noire. Remarquer la similitude des trois angles. Les rapports de la ligne
faciale et de l'incisive inférieure varient avec le type facial et l'origine ethni-
que (D'après MARGOLIS, Ameriean Journal rif Orthodonties, juin 1953).

INCLINAISON DE L'INCISIVE SUPÉRIEURE PAR RAPPORT A LA


BASE DU CRANE

Cette inclinaison« présente un réel intérêt clinique », et la règle


pratique est la suivante :
dans les cas d'incisives supérieures en protrusion, plus le
point d'intersection du grand axe de la dent et de la base du crâne
se rapproche de la Selle turcique, plus il est simple, du point de vue
mécanique, d'exécuter le recul de ces dents;
par' contre, lorsque le point d'intersection se rapproche de
l'apoPhyse crista-galli, le traitement mécanique est beaucoup plus
difficile. (Fig. 126)

SUPERPOSITIONS.

MARGOLIS préconise l'emploi du plan Nasion-suture sphéno-


occipitale (Na-SO), avec SO enregistré.
Fig. 126. - Inclinaison de l'incisive supérieure par rapport à la base du crâne.
A droite, le point d'intersection du grand axe et de la base du crâne se
trouve rapproché de la selle turcique. La dent présente une forte version
vestibulaire; la correction de cette version sera aisément obtenue, quel que
soit le moyen mécanique employé, et il sera relativement facile d'obtenir
des rapports in~isifs normaux.
A gauche, le point d'intersection se trouve au niveau de l'apophyse crista-
galli. La correction de la linguo-version incisive et la mise en place de la
dent posent des problèmes techniques plus délicats à résoudre que pour le
cas précéderit. Il sera nécessaire d'obtenir une version vestibulaire et une
gression de la dent en direction palatine. Ce double mouvement est obtenu
au moyen d'un arc Edgewise lourd (.021 X .025" ou .0215 X .028"), réduit
dans ses parties latérales, et sur lequel on aura institué une torsion sur cbamp
dans la région incisive (torque vestibulaire incisif), en utilisant conjointement
des élastiques inter-maxillaires Classe II. GRABER attire également l'atten-
tion sur la difficulté que présente la correction de tels cas, et les réserves qu'il
émet corroborent l'opinion de MARGOLIS (Voir Méthode d'analyse Northwestern,
page 227).
RÉSUMÉ DES CRITÈRES UTILISÉS DANS LA MÉTHODE DE
MARGOLIS

I. - ANALYSE DU SQUELETTE CRANIO-FACIAL


A) TRIANGLE MAXILLO-FACIAL.

Repere Postérieur
Angles ~
Variation
sa 1
s Bo

N 72° 6 7606 61° 6


X 39° 7 35° 7 49° 7 + 3° 5
M 67° 7 67° 7 1 67° 7

B) LIGNE MANDIBULAIRE.
Normalement, tangente à l'occipital en arrière du Foramen Magnum
ou passe en dessous.

II. ORIENTATION DENTO-CRANIO-FACIALE.


A) RAPPORTS DE LA LIGNE FACIALE ET DES INCISIVES INFÉRIEURES: dans
le profil rectiligne, cette ligne coupe la surface linguale de la cou-
ronne des incisives inférieures ou passe en avant de ces dents.
B) INCLINAISON DES INCISIVES INFF,RIEURES PAR RAPPORT AU PLAN MAN-
DIBULAIRE : 900, variation normale ± 50.
C) INCLINAISON DE L'INCISIVE SUPÉRIEURE PAR RAPPORT A LA BASE DU
CRANE: lorsque le point d'intersection du grand axe avec la base du
crâne se rapproche de la Selle turcique, le recul des incisives en
protrusion est plus facile; ce recul devient plus difficile à mesure que
le point d'intersection se rapproche de l'apophyse cI;ista-galli.
MÉTHODE D'ANALYSE
DE C.F. BALLARD (1948-1951)

L'analyse de C. F. BALLARD, en ce qui concerne la construction


géométrique et les mensurations, est voisine des méthodes de
MARGOLIS, TWEED, DOWNs, NORTHWESTERN, auxquelles elle
emprunte certains éléments.
Elle est plus particulièrement caractérisée par les conceptions
qui en règlent l'emploi, ces conceptions étant elles-mêmes forte-
ment influencées par la « philosophie» de l'auteur.
Celui-ci estime, en effet, que certains facteurs squelettiques ou
alvéolo-dentaires sont génétiquement déterminés, par conséquent
non modifiables, et que les possibilités orthodontiques se trouvent
limitées à des adaptations dentaires.
Nous exposerons successivemt:nt :
1) les conceptions de C. F. BALLARD, dont la connaissance est
indispensable pour l'utilisation de la méthode;
2) l'emploi de la méthode d'analyse.

1) PHILOSOPHIE DE C. F. BALLARD

La position des dents dépend des quatre facteurs suivants:


a) le type squelettique,
b) le type musculaire,
c) les facteurs dento-alvéolaires,
d) les forces occlusales.
a) LE TYPE SQUELETTIQUE : il est déterminé génétiquement, et ne
peut être modifié par le traitement orthodontique.
h) LE TYPE MUSCULAIRE: les types de « posture», et les types de
comportement musculaire sont héréditaires, et génétiquement

125
déterminés. (La « posture» peut être définie comme une « atti-
tude tenue»; c'est la base du mouvement, tous les mouvements
commencent et se terminent à la posture).
c) LES FACTEURS DENTO-ALVÉOLAIRES : les rapports des dents et
des procès alvéolaires avec l'os basal sont génétiquement déter-
minés.
d) LES FORCES OCCLUSALES : il existe une position d'occlusion verti-
cale pour chaque individu; elle peut être modifiée dans les
limites de l'espace libre qui existe entre les arcades lorsque la
mandibule est en position de repos physiologique (freeway de
R. THOMPSON).

NORMES UTILISÉES (Fis. 127Î.

Fig. 127. - Tracé des angles utilisés par BALLARD, chez un sujet normal.

A) POSITION ET RAPPORTS DES DENTS:


a) l'incisive supérieure est inclinée de 105 à 110° par rapport au plan
de Francfort, moyenne 107°;
b) l'incisive inférieure est perpendiculaire sur le plan mandibulaire,
avec variation de ± 5° (MARGOLIS, TWEED);
c) l'angle des grands axes! - Ï varie de 130 à 140° (DOWNS). Il est
considéré comme ayant une grande importance du point de vue
du recouvrement incisif.

126
d) le recouvrement incisif est normal lorsque ! .et Y étant en relations
correctes avec le plan de Francfort et le plan mandibulaire, le
bord incisif de Y arrive au l /3 mrryen de la surface linguale de !;
e) l'angler-plan mandibulaire varie en raison inverse de l'angle plan
de Francfort-plan mandibulaire (TWEED: FMA).

Fig. 128. - Classe squelettique III, avec Classe occlusale l d'Angle (D'après
BALLARD). Remarquer le tracé particulier pour le calcul de l'angle goniaque.

B) POSITION ET RAPPORTS DES BASES.

Les bases apicales de la région incisive sont en rapports corrects


lorsque:
l'angle !-plan de Francfort est normal,
l'angle Y-plan mandibulaire est normal,
le recouvrement incisif est normal (I /3 environ).
Il existe trois rapports possibles des bases apicales supérieure et
inférieure :
Classe squelettique 1 : rapports normaux définis ci-dessus.
Classe squelettique II: base inférieure postérieure par rapport à la
supérieure.
Classe squelettique III : base inférieure antérieure par rapport à la
supérieure. Dans cette dernière, l'engrènement incisif correct ne
peut être obtenu que par linguo-version excessive des incisives infé
rieures, ou, moins vraisemblablement, par vestibulo-version exces-
sive des incisives supérieures.
Cette classification, dont l'emploi est maintenant très répandu,
ne cherche pas à faire intervenir les rapports des bases apicales avec le
profil: dans une classe squelettique II, par exemple, la mandibule
peut aussi bien être en position normale par rapport au profil,
qu'en rétroposition.
- La classe squelettique ne détermine pas nécessairement la classe occlusale :
on peut, par exemple, avoir une Classe squelettique III avec une
Classe occlus ale 1 d'Angle. (Fig. I28)
Les rapports des bases apicales sont étudiés à l'aide des angles
SNA et SNB, et de leur différence (Méthode NORTHWESTERN).

II) EMPLOI DE LA MÉTHODE D'ANALYSE

Il n'est pas utilisé de mensurations linéaires: on ne cherche pas à


rapprocher les dimensions de la face étudiée de valeurs moyen-
nes.
- Le but essentiel est limité à la détermination des rapports de
la région incisive de la base supérieure, avec la même région de
la base inférieure.
I) Etudier les variations de chacun des deux angles SNA et
SNB, et de leur différence, par rapport aux moyennes: une augmen-
tation, ou une. réduction relative de cette diff~rence indique une
tendance à la· Classe squelettique II ou III.
La signification de la différence varie dans la même mesure que l'angle
SNA. Si celui-ci est nettement supérieur à la moyenne, une forte
différence SNA-SNB peut néanmoins permettre des rapports inci-
sifs normaux, si l'inclinaison axiale des incisives supérieures et infé-
rieures demeure dans les limites de la normale.
Si, par contre, SNA est très inférieur à la moyenne, les mêmes
rapports des bases et les rapports des incisives seront obtenus avec
une très faible différence.
VALEUR MOYENNE SNA ................ .
VALEUR MOYENNE SNB ................. .
DIFFÉRENCE MOYENNE
2) Mesurer les angles: !-Plan de Francfort,
Ï-Plan mandibulaire,
Plan de Francfort-plan mandibulaire.
Les variations des deux premiers prennent une signification différente sui-
wt qu'elles sont de même sens, ou de sens opposé:
une légère vestibulo-version supérieure, et une légère linguo-
version inférieure (sens opposé) indiquent une tendance Classe
squelettique III;
une vestibulo-version supérieure et inférieure (même sens)
indiquent une tendance Classe squelettique II;
une lin guo-version supérieure et inférieure (même sens)
indiquent une tendance Classe squelettique l, avec occlusion Classe
II, division 2, possible.
Les deux derniers angles (IMPA et FMA de TWEED) varieut, en
principe, en raison inverse.
3) Mesurer l'angle des grands axes !-ï.
L'auteur estime que:
si cet angle est inférieur à la mrryenne, il indique une Classe
squelettique II, à condition que l'angle !-Plan de Francfort
soit voisin de la moyenne;
si cet angle est suPérieur à la mrryenne, il indique une Classe sque-
lettique III, sous la même réserve que précéd'emment.
4) Vérifier le type d'occlusion des incisives :
Normal.
Classe II d'Angle.
Classe III.
et le confronter avec les données acquises précédemment.
MÉTHODE D'ANALYSE DE DOWNS (1948-1956)

Cette méthode a été présentée en 1948. Par la suite, l'auteur


a modifié sa méthode, dans le but de la simplifier et d'ajouter de
nouveaux modes d'interprétation.
L'ensemble des modifications révèle le souci de lier l'examen
céphalométrique et l'examen clinique, pour les réunir en un tout,
harmonieux et complet. L'emploi de la méthode devient ainsi moins
mathématique, et repose davantage sur le jugement clinique du
praticien.
L'orientation du plan de Francfort a: particulièrement retenu
l'attention de l'auteur. Ce plan est reconnu horizontal lorsque le
sujet se tient droit, et regarde devant lui, à la hauteur de ses yeux.
Mais la hauteur des yeux est influencée par la position d'équilibre
habituel de la tête. Il en résulte une certaine variabilité dans l'orien-
tation naturelle du Plan de Francfort, et une différence avec le Plan
de Francfort céPhalométrique, tel qu'il est établi lorsque le sujet est
placé dans le céphalostat, la tête orientée au moyen des olives auri-
culaires et de la pointe orbitaire.
Nous présenterons d'abord la méthode initiale, qui demeure en
grande partie valable. Elle reste encore très utilisée, et elle a suscité
tant de travaux qu'il est très difficile de ne pas la connaître. Nous
exposerons ensuite la méthode modifiée. Il sera ainsi, pensons-nous,
plus facile de saisir la pensée de l'auteur et d'en comprendre l'évo-
lution.

LA MÉTHODE INITIALE (1948)

Cette méthode d'analyse se propose de déterminer :


I) le type du squelette facial, abstraction faite des dents et
des procès alvéolaires;
II) les rapports des dents et des procès alvéolaires avec le
squelette facial.
« Lorsque les patients porteurs de malocclusion présentent une
esthétique harmonieuse et une musculature fonctionnelle ment équi-

130
librée, l'analyse donnera des chiffres normaux, ou VOlsms de la
normale. Dans ces cas, il sera souhaitable de ne pas détruire cet
équilibre en plaçant les dents dans des rapports défavorables avec
le squelette facial.
« Lorsque, au contraire, les patients présenten~ des éléments
de dysharmonie ou de déséquilibre, les chiffres céphalométriques
localisent la disproportion, et permettent d'en évaluer l'importance ».
Les chiffres donnés s'entendent pour des sujets de race blanche,
âgés de I2 à I7 ans. '
Les tracés sont exécutés sur films en position d'occlusion.

POINTS PARTICULIERS DU GLOSSAIRE DE L'AUTEUR (Fig. 129).

Fig. 129. - Points et plans utilisés par DOWNS (D'aprè's DowNs, Ameriean
Journal of Orthodonties, octobre 1948). .

NASION : suture du frontal et des os propres du nez.


POINT A (sous-épineux) : le point le plus déclive de la concavité
de la région antérieure des maxillaires supérieurs, sur la
ligne médiane, entre l'épine nasale antérieure et le pros-
thion.
POINT B (sus-mentonnier) : le point le plus déclive de la concavité
de la mandibule, sur la ligne médiane, entre le point
infra dental et le pogonion.
Les deux points A et B ont été introduits par DOWNS.

131
GNATHION : un point du menton, déterminé par la bissectrice de
l'angle formé par le plan facial et le plan mandibulaire,
sur la ligne médiane, à sa rencontre avec l'éminence
mentonnière.
PLAN MANDIBULAIRE : une ligne suivant le bord inférieur de la
mandibule, tangente au niveau de l'angle goniaque et à
l'image du profil de la symphyse.
LIMITE DE LA BASE OSSEUSE DE LA DENTURE : ligne passant par les
points A et B.
AXE Y : une ligne allant du centre de la selle turcique au gnathion.
Cette ligne est fréquemment désignée sous le nom de
ligne de Brodie.

1) DÉTERMINATION DU SQUELETTE FACIAL (Fig. 130, à gauche).

L'auteur, considérant que les orthodontistes sont accoutumés


à classer les types faciaux d'après la position antéro-postérieure de
la mandibule, soit par examen direct, soit par examen de la pho-
tographie, a estimé qu'il était avantageux de conserver la même
méthode, afin de ne pas modifier les habitudes d'examen et de
classification.
Le plàn utilisé comme plan de référence pour la lecture des mensurations
est le Plan horizontal de Francfort.

=1;
f~ 1\
\ ...1 1
fl
MEAN 1 1
87.8' 1 \

~11 82' 95"

Fig. 130. - A gauche: le tracé pour l'analyse du type squelettique.


A druite : l'angle facial, variable s"ivant la position du menton. Moyenne de
l'angle facial 87° 8 (D'après DOWNS, American Journal if Orthodonties, octobre
1948).

132
Les éléments à étudier sont au nombre de cinq
1) l'angle facial,
2) l'angle de convexité,
3) le plan A-B,
4) l'angle plan de Francfort-plan mandibulaire,
5) l'axe Y.

1) ANGLE FACIAL (Fig. 130, à droite) :


Cet angle exprime le degré de rétrusion, ou de protrusion du
menton.
On le détermine en traçant une ligne nasion-pogonion (appelée
plan facial). L'angle inféro-interne, situé à l'intersection de cette
ligne avec le plan de Francfort, est appelé angle facial.
La valeur moyenne de cet angle est 87° 8. j

La valeur de 82° représente un menton en rétrusion, s'apparen-


tant au type que l'on rencontre avec les malocclusions de la Classe
II d'Angle.
La valeur de 95° représente un menton en protrusion.

2) ANGLE DE CONVEXITÉ (Fig. 131, à gauche, et Fig. 132) :


Cet angle mesure le degré de protrusion de la partie maxillaire
de la face, par rapport à l'ensemble du profil.

,k
JI
~ Il
Il

+I~A
IIJ Il

8.5'

Ad"'"
Up1 ~

Fig. 131. - A gauche: l'angle de convexité. Moyenne 0° (profil rectiligne; d~ns


ce cas le plan facial et la ligne NAP se confondent).
A droite: l'angle plan AB-plan facial. Moyenne - 4° 6 (D'après DowNs,
American Journal of Orthodonties, octobre 1948).

133
Il est formé par l'intersection des lignes :
Nasion-point A - Point A-Pogonion.
La ligne Point A-Pogonion est prolongée vers le haut, au-delà
de A : on lit l'angle ainsi formé avec la ligne Nasion-point A.
La valeur moyenne de cet angle est 0°, c'est-à-dire que les
deux lignes sont dans le prolongement l'une de l'autre; dans ce
cas elles coïncident avec le plan facial.
Si le point A tombe en arrière du plan facial, la valeur de l'angle
s'exprime négativement; s'il tombe en avant, la valeur s'exprime
positivement.
Le type normal va de +
10° (convexe), à-8° 5 (concave).
De grands angles positifs sont associés à une protrusion relative
de la région basale supérieure.

3) PLAN A-B (Fig. 131, à droite, et Fig. 133) :


La position de ce plan par rapport au Plan facial mesure la relation
de la limite antérieure des bases osseuses, l'une par rapport à l'autre,
et par rapport à l'ensemble du profil.
Ce plan permet d'apprécier la difficulté que rencontre l'opéra-
teur pour obtenir des rapports incisifs corrects, et une inclinaison
axiale satisfaisante des dents du groupe incisif.
La ligne AB est prolongée vers le haut, au-delà de A : on lit
l'angle ainsi formé avec le plan facial. Si le prolongement de AB
tombe en avant du plan facial, la valeur est négative; elle est positive
dans le cas contraire.
La valeur moyenne de l'angle plan AB-plan facial est de - 4° 6.
Le type normal va de 0° (parallèle au plan facial) à - gO.

Fig. 132. - Lecture de l'angle Fig. 133. - Lecture de l'angle


de convexité. Ici, la valeur plan AB-plan facial. Ici, la
de l'angle est positive. valeur de l'angle est négative.

134
4) ANGLE PLAN DE FRANCFORT-PLAN MANDIBULAIRE (Fig. I34, en
haut) :
Selon DOWNS, la valeur moyenne de cet angle est de 22°; le type normal
va de I7° à 28°. Des angles importants assombrissent le pronostic,
et compliquent le traitement. (Voir Analyse de TWEED, FMA,
page 107
Cette valeur n'est pas suffisante en elle-même pour indiquer la
nature des difficultés qui peuvent être rencontrées au cours du
traitement.

Fig. 134. - En haut : l'angle plan de Francfort-plan mandibulaire. Moyenne


22°.
En bas: l'angle de l'axe Y. Moyenne 59° 4 (D'après DOWNS, American
Journal of Orthodonties, octobre 1948).

135
Ernest L. JOHNSON pense « que l'ouverture de l'angle est le
résultat d'un développement relativement plus grand dans certaines
régions de la face que dans d'autres )).
« Les chiffres montrent, dit-il, que le type facial devient plus
mauvais lorsqu'il y a un allongement vertical dans la région incisive.
Ceci est important, car la céphalométrie a montré que l'ingression
des dents, quelle que soit la région envisagée, est très difficile à
obtenir. En conséquence, lorsqu'on a établi qu'il existe une élon-
gation verticale indésirable dans la région incisive, le pronostic,
pour attaquer le problème directement, n'est pas bon )).
Pour l'influence de cet angle sur le type facial, voir l'analyse de
Wendell WVLIE (analyse des dysplasies du sens vertical, page 156) ;
pour sa valeur du point de vue du pronostic, voir l'analyse de
TWEED, (page 108).

5) AXE v (Fig. 134, en bas) :


Cette ligne est utilisée pour exprimer la direction de la croissance
de la face en bas et en avant.
L'angle formé par l'axe Y avec le plan de Francfort a une valeur
moyenne de 59° 4, avec valeurs extrêmes allant de 660 à 53°.
D'une façon générale, le type squelettique devient moins bon
à mesure que la valeur de l'angle augmente.

En résumé, il existe deux lacteurs essentiels qui influencent


le profil : la position relative antéro-postérieure de la mandibule,
mesurée par l'angle facial, et la valeur de l'angle de convexité.
Dans les limites de la normale, les variations de ces deux facteurs
s)nt considérables.
Mais, ce qui est aussi important que les variations individuelles
de ces deux éléments, e'est la façon dont ils se combinent: chacun
des facteurs peut être individuellement acceptable, mais si les deux
ne se combinent pas heureusement chez le même individu, e'est-à-
dire si l'un ne compense pas le déséquilibre de l'autre, il en résulte
une dysharmonie.

Pour chaque type de profil il existe une combinaison que DOWNS


appelle corrélation primaire, qui donne le meilleur équi libre et la
mei ll eure harmonie. (Voir Fig. 135 pour les différents types de
profil) :
pour un petit angle facial, il faut un angle de convexité positif,
en A Figure 135.
pour un angle facial moyen, il faut un angle de convexité réduit
à la ligne droite, en B Figure 135.
jlour un grand angle facial, il faut un ang le cie convexité négatif,
en C Figure 135.

136
A c

Fig. '35, - Q ualre lypes faciaux fondamen laux, avec leurs lracéscépha lo-
métriques, o ri eli lés sur le p lan de Francfort, et leurs graphiques individuels.
Les lypes difTèrenl, mais c haque lype cSl équilibré el harmonieux.
En A, profil convexe. En B, profi l recti ligne. En C, profil concave. En
D, profil avec bi-prolrusion. Remarque r les valeurs, el la direc lion de la
ligne individuelle su r les graphiques correspondants (D'après DowNS, The
Angle OrthodontiJt , oclob re '956).

137
II) DÉTERMINATION DE LA POSITION DES DENTS ET DES BASES
OSSEUSES, SUPÉRIEURE ET INFÉRIEURE, PAR RAPPORT AU
SQUELETTE FACIAL.

Les éléments à étudier sont également au nombre de cinq


1) l'inclinaison du plan d'occlusion,
2) l'angle formé par les grands axes des incisives supérieure et
inférieure,
3) l'angle incisive inférieure-plan mandibulaire,
4) l'angle incisive inférieure-plan d'occlusion,
5) le degré de protrusion de l'incisive supérieure.
1) INCLINAISON DU PLAN D'OCCLUSION (Fig. 136) :

Fig. 136. - L'inclinaison du plan d'occlusion. Moyenne 9° 3 (D'après DowNs,


Ameriean Journal of Orthodonties, octobre 1948).

Pour permettre d'apprécier les rapports angulaires du plan


d'occlusion, on le représente par une ligne droite.
Cette ligne coupe par son milieu la hauteur de l'engrènement
cuspidien des premières molaires et le recouvrement incisif.
Ainsi qu'il a été dit précédemment, dans les cas de malocclu-
sions graves, lorsque les incisives sont de toute évidence dans des
positions extrêmes, on utilise les molaires et les prémolaires pour
déterminer le plan d'occlusion.
La valeur moyenne du rapport angulaire entre le Plan d'occlusion et le
plan de Francfort est de gO 3.
Ce rapport varie, dans les cas normaux, de 1° 5 à 14° 3.
Le plan d'occlusion a tendance à se rapprocher de l'horizontale,
et à devenir parallèle au plan de Francfort, lorsque l'angle facial
augmente.

138
En règle générale, le type facial de la classe II d'Angle a
un plan d'occlusion relativement incliné en bas et en avant.
Lorsque le type facial se rapproche du type de la Classe III,
le plan d'occlusion tend à devenir plus horizontal.

2) ANGLE DES GRANDS AXES INCISIVE SUPÉRIEURE-INCISIVE INFÉRIEURE


(Fig. 137,àgauche):
Pour permettre de lire ce rapport, on trace des lignes suivant les
axes des incisives centrales.
La valeur moyenne de l'angle interne est de 135° 4.
Cette valeur varie de 130 à 150° 5.

Fig. 137. - A ,gauche, l'angle des grands axes des incisives supérieure et infé-
rieure. Moyenne 135° 4-
A droite, l'angle incisive inférieure-plan mandibulaire. Moyenne 91° 4
(se lit: + 1° 4) (D'après DOWNS, American Journal of Orthodonties, octobre
1948 ).

3) ANGLE INCISIVE INFÉRIEURE-PLAN MANDIBULAIRE (Fig. 137, à


droite) :
La définition du plan mandibulaire utilisé par l'auteur est
donnéepage 132. Des observations en série ont montré qu'en cours
de traitement il pouvait se produire une certaine croissance appo-
sitionnelle au niveau du bord inférieur de la mandibule, dans la
rrgion des prémolaires, de sorte que le plan mandibulaire (voir
page 48). tracé du gonion au point le plus inférieur du bord mandi-
bulaire, a paru moins sûr.
La moyenne est de 91°4. En pratique, on lit la différence avec
l'angle droit et la valeur varie de + 7° (97°, version vestibulaire)
à-8° 5 (81° 5, version linguale).

139
4) ANGLE INCISIVE INFÉRIEURE-PLAN D'OCCLUSION (Fig. 138, à
gauche) :
Cette valeur est apparue utile pour vérifier et interpréter
l'angle précédent; elle permet d'examiner la position des incisives
inférieures par rapport à leur surface fonctionnelle.
La valeur est donnée par l'angle inféro-externe, qui est un angle
obtus. La lecture se fait plus aisément en lisant l'angle inféro-interne,
et en déduisant sa valeur de 180°.
La valeur moyenne est de +
14° 5 (104° 5), la normale variant
de + 3° (93°), à + 20° (110°).

MEAN 104.5'

Fig. 138. -- A gauche, l'angle incisive inférieure-plan d'occlusion. Cet angle


s'évalue par le nombre de degrés qui le différencie de l'angle droit: 970 se
lit + 7°; 81° 5 se lit - 8° 5. Moyenne + '4° 5·
A droite, le degré de protrusion de l'incisive supérieure (distance bord
incisif-ligne AP). Moyenne 2,7 mm (D'après DawNs, Ameriean Journal of
Orthodonties, octobre 1948).

5) DEGRÉ DE PROTRUSION DE L'INCISIVE SUPÉRIEURE (Fig. 138, à


droite) :
Cette mensuration est la seule mensuration linéaire, et s'exprime
en millimètres. On mesure la distance du bord incisif de l'incisive
centrale supérieure à la ligne AP.

La distance moyenne est de 2,7 mm (en avant de la ligne AP).


La normale varie de + 5 mm (en avant de la ligne AP), à
1mm (en arrière de la ligne AP).

140
TABLEAU DES VALEURS UTILISÉES DANS LA MÉTHODE
DOWNS 1948

Il DÉTERMINATION DU SQUELETTE FACIAL

Minimum Moyenne Maxin

1) Angle fàcial ........... 82° ° 87° 8 95


2) Angle de Convexité .... - 8° 5 0" ° +10
3) Angle Plan AB-Plan facial ..... - 9'0 - 4°6 °
4) Angle Plan de Francf.-Plan mand .. 17° ° 22° ° 28'
5) Axe y .......................... 53" ° 59° 4 66 c

II) RAPPORTS DE LA DENTURE ET DU SQUELETTE FACIAL

Minimum Moyenne Maximu

1) Inclinaison du Plan d'occlusion .... + 1° 5 + 9° 3 + 14°


2) Angle grands axes inc. sup. et inf.. 130° ° 135° 4 15°°
3) Angle incisive inf.-Plan mandibul. .. - 8°5 + 1° 4 + 7° ,
4) Angle incisive inf.-Plan d'occlusion. 3° 5 14° 5 20° (
5) Protrusion incisive supérieure - I. ° + 2. 7 + 5. c
(en millimètres)

REPRÉSENTATION GRAPHIQUE DES TYPES DENTO-FACIAUX.

VORHIES et ADAMS (200) ont utilisé les données fournies par le


groupe de vingt sujets à occlusion normale ayant servi à déterminer
les valeurs de DOWNS, pour réaliser une représentation graphique
des types dento-faciaux. (Fig. 139)
Le graphique est composé de deux polygones: le polygone supé-
rieur représente le type squelettique, le polygone inférieur repré-
sente les rapports denture-squelette.
La ligne centrale indique les valeurs moyennes. Les chiffres
de g~uche indiquent les minima; les chiffres de droite indiquent les
maXIma.
Les extrêmes de l'un et l'autre côtés sont disposés pour être en
corrélation; ceux de gauche se rencontrent dans les faces du type
rétrognathique, et ceux de droite dans les faces du type prognathique.
La régularité d'un tracé individuel est un indice d'équilibre et
d'harmonie.
Lorsque, au contraire, les lignes du graphique deviennent irré-
gulières, c'est l'indice d'un manque d'équilibre et d'harmonie,
en rapport direct avec le degré d'irrégularité ..
En général, lorsque le tracé individuel se dirige vers la gauche,
il représente une tendance au type facial Classe II; lorsqu'il se dirige
vers la droite, il représente une tendance au type facial Classe III

141
8!.11lMl1D _IAIIOD

•• 87.8 ID a~157

10 O~ - ... 6.09

,
• 4.8, O. 3.67

.. ~' 21.9 17 ....


eo &9.<4 .. . 3.02

fT H

1. ... 1•• 3.83

-l,

/J. !ID /1 1>0 '3D.4 150.& ....


...
~i+
..
ct"H1T!'
".' .. • 20 14.D a.?8

II~I - 1 .• a."

/J. !ID .u........ 2.7 -1 1.8

Fig. 139. - Graphique de VORHIES et ADAMS, pour l'utilisation de la méthode


de DOWNS (Reproduit d'après GRABER, Ameriean Journal of Orthodonties,
janvier 1954).

142
LA MÉTHODE MODIFIÉE (1956)

Elle comprend :
1) l'étude du squelette: A) détermination du type facial,
B) rapports des maxillaires.
II) renseignements complémentaires pour l'étude du squelette,
III) prévision de la croissance,
IV) étude des tissus mous,
V) étude des rapports denture-squelette et denture-profil.

1) ÉTUDE DU SQUELETTE.

A) DÉTERMINATION DU TYPE FACIAL.

Deux angles servent à déterminer le type facial:


1) l'angle facial, qui indique la position antéro-postérieure de la
mandibule,
2) l'angle de convexité, qui indique le degré de protrusion de l'étage
moyen.
1) ANGLE FACIAL, formé par l'intersection du Plan facial Nasion-
Pogonion avec le Plan de Francfort, il indique la position antéro-
postérieure de la mandibule. (Voir Fig. 13 0, page 13 2)
« L'expérience de quinze années a montré, dit l'auteur, que
l'interprétation la plus fructueuse des documents céphalométriques
est obtenue lorsque l'on établit un rapport entre l'orientation des
films et des photographies, avec l'orientation de la tête. Ceci
nécessite un plan commun de référence, et le seul que je connaisse
est le Plan de Francfort. Je suis averti de l'élément d'imprécision
qui peut se glisser dans la détermination de ce plan, mais je ferai
remarquer que les renseignements recherchés ne nécessitent pas
une précision absolue ».
« Bien que nous ayons trouvé une bonne corrélation du pro-
gnathisme mandibulaire entre les radiographies et les photogra-
phies, en employant le Plan de Francfort, on rencontre des cas
présentant des contradictions, c'est-à-dire que chez certains patients
on trouve des angles faciaux que, de toute évidence, ils ne pos-
sèdent pas». (Voir Fig. 140)
« Le Plan horizontal de Francfort est dit « de niveau» lorsque
le sujet regarde droit devant lui. Ceci fut vérifié en photographiant
cent enfants regardant leurs propres yeux dans un miroir ».
« Le plan de Francfort peut être tracé sur la photographie de
profil, du bord supérieur du conduit .auditif au point Sous-orbitaire,
aisément déterminé par palpation, et localisé à l'aide du crayon
dermographique ».

143
« Le résultat de ce contrôle montra que la position moyenne du
Plan de Francfort est basculée vers le haut de 1 ° 3, et peut dévier pour
95 % du groupe étudié, de 10° vers le haut, à 10° vers le bas. »
« Suspectant qu'une même personne ne prenait pas toujours la
même position pour chaque photographie, trois photos, ou plus,
furent prises sur quinze sujets du groupe. En aucun cas le patient ne
prit la même position, la différence allant de 1 à 3° ».
En pratique, si le Plan de Francfort photographique est basculé
vers le haut de n degrés, il faut ajouter cette valeur à celle de l'angle
facial céphalométrique (Fig. 140, à gauche).
Si le Plan de Francfort photographique est basculé vers le bas
de n degrés, il faut retranclier cette valeur de celle de l'angle facial
céphalométrique. (Fig. 140, à droite)

fIw
~i

0 -?
o".U\101l 01 .' .ft. +11
f .... 1.... 1

e.... lo..tntl 90
''''lal _1. 81 61
sa
00 ....,-, "0.41", 90 Tl
'A
!
1.. .1..,1.1 1'7»1 oc
8 C n
- J.

Fig. '40. - Variations dans l'inclinaison du plan de Francfort.


A gauche, plan de Francfort photographique basculé vers le ha ut de gO.
L'angle facial céphalométrique est de 8 , 0, valeur faib le qui, de toute év i-
dence, ne correspond pas au type facia l du sujet. L'angle facia l réel est de
B,o -1- gO = goo.
Au centre, le plan de Francfort photographique correspond au plan de
Francfort céphalométrique, la valeur de l'angle facial, BI", est uti lisée sans
changement, et correspond bien au type facial rétrognathique du suj e t.
A droite, le p lan de Francfort photographique est basculé vers le bas de 7°.
L'angle facial cépha lométrique est de goO, valeur importante faisant penser à
un menton très bien développé vers l'avant. L'angle facia l réel es t de goO -
7° = B3°; celle valeur correspond à la vraie position du menton dans le
profil (D'après DOWNS, The Angle Orthodontist , octobre 1'l,,;Il\.
2) ANGLE DE CONVEXITÉ Nasion-Point A-Pogonion (Fig. 132, page
211 ).
Le calcul de cet a ngle ne d emeure nécessaire que si l' on d ésire
décrire un type, ou en préciser ses modifications, m ais il n'est plus
essentiel pour l'ana lyse.
D a ns les a utres cas, il est ab and onné, et remplacé par l'arc
facial , dont l'estimation est fa ite directement, p ar l'examen du sujet et d e
la photograPhie (Fig. I4I).

Fi g. '4'. - Le tracé d e l'a rc fac ia l po ur vi ngt suj e ts à occlusion n ormale


(D'a près DOWNS, T he Angle Or/h odol/l ist, oc lobre 1956).

L' ARC FACIA L d onne les ra ppo rts:

a) du front , d éterminé pa r le N asion


a vcc
b) l' étage moyen, dé terminé p a r le point A,
c) l' étage inférieur, d étermin é pa r le Pogonion.
Ces trois poin ts sont situés sur le même arc de cercle.
« L es ra pports d e la denture et d e l'arc facial sont très voisins pou r
to utes les occlusions norm a les. Cette consta tation indiquera it que d e
te lles p ositions de la d enture d a ns le squelette pou rraie n t être consi-
dérées co mme obj ec tiF; d e trai tement ».

13) RAPPO R'r s D ES MAX I L LA IR ES (bases ap icales) , f igure 145, page 228.

« L'a nglc ANB, d e RIE DEL, est plus fac il e à com p rendre et à
enregistrer qu e l'angle P la n AB-P la n Facia l ». On utilisera donc
l'angle d e R IEDEL, m a is, en pra tique, il fa ut calculer SNA , puis SN B,
cl ensuite leur difIërence. Ce procéd é est plus préc is qu e la mensu-
ration d ' un a ngle pa rfois très petit.
Cette va leur remp lace d onc l'angle P lan AB-Pla n Facia l, qui est
a ba nd onn é. Pour les va leurs d e SNA , SNB, _AN B, voir « M éthod e
d 'analyse d e S tein er » page 170.
II) RENSEIGNEMENTS COMPLÉMENTAIRES POUR L'ÉTUDE DU
TYPE SQUELETTIQUE.

L'auteur recommande de calculer


a) l'angle goniaque,
b) l'inclinaison du col du condyle,
c) les rapports de proportion entre le corps mandibulaire et la
branche montante.

III) PRÉVISION DE LA CROISSANCE.

«Un des renseignements les plus importants que nous possédions,


du point de vue quantitatif, est que les filles ont généralement un
développement complet vers 14 ans, alors que les garçons continuent
à se développer jusqu'à 20 ans ».

IV) ÉTUDE DES TISSUS MOUS.

« Un facteur important pour l'équilibre du profil est celui des


tissus mous. Il est important en raison de son effet sur l'esthétique
et de son influence sur la denture ».
« Mon appréciation personnelle est basée sur mon propre juge-
ment, plutôt que sur des mensurations angulaires ».

V) ÉTUDE DES RAPPORTS DENTURE-SQUELETTE ET DENTURE-


PROFIL.

« Un des rapports les plus importants est la position antéro-


postérieure de la denture, en raison de ses effets sur l'équilibre phy-
siologique des tissus mous, sur la stabilité de la forme de l'arcade,
et sur l' esthétique ».
a) Le rapport de l'incisive inférieure avec le profil est obtenu par
. l'angle:
AXE INCISIVE INFÉRIEURE - LIGNE POINT A-POGONION

dont la valeur moyenne est de 22° (Fig. 142).


Plus un profil est convexe, plus est importante la différence entre
les bases apicales, et plus est importante la version vestibulaire des
incisives inférieures. L'inverse se produit pour les profils rectilignes
et concaves.
b) Pour préciser la position de l'incisive inférieure par rapport aU
profil, on mesure également la distance :
BORD INCISIF - LIGNE POINT A-POGONION

Dans sa position moyenne, le bord incisif est au contact de l'arc


facial, avec variation acceptable de - 2 mm à + 3 mm, suivant le
type et l'équilibre des tissus mous.
c) La posItion de l'incisive suPérieure, par rapport au profil, est
calculée de même à l'aide de la ligne Nasion-Point A. Les chiffres
ne Sû'Ilt toutefois pas publiés.
d) ANGLE INCISIVE INFÉRIEURE-PLAN MANDIBULAIRE: « Cet angle
n'est pas très sûr, en raison de la grande variabilité dans l'incli-
naison du plan mandibulaire, qui n'a pas de rapports avec le
profil. Toutefois, il doit être noté, car c'est le meilleur moyen dont
nous disposions pour étudier les déplacements de l'incisive iriférieure».
e) ANGLE DES GRANDS AXES DES INCISIVES SUPÉRIEURE ET INFÉ-
RIEURE:
Cet angle doit continuer à être noté.

Fig. 142. - Rapports de l'incisive inférieure avec le profil (Angle I-ligne A-


Pogonion). Comparaison des tracés d'un sujet non-orthodontique normal,
à 9 et 17 ans 1/2. L'angle -I-APo est demeuré constant, alors que l'angle
FMIA (TWEED) est passé de 60 à 66°, et l'angle IMPA de 92 à 90° (D'après
DOWNS, The Angle Orthodontist, octobre 1956).

« Cette méthode, dit l'auteur, est présentée avec l'arrière-pensée


qu'elle nécessite une réévaluation, et une comparaison avec les
autres méthodes. Sa grande faiblesse est de ne pas donner au sens
vertical l'importance qui lui est dûe ».

En résumé, les rapports recommandés par DOWNS sont


A) POUR L'ÉTUDE DU SQUELETTE.

1) Angle facial.
2) Arc facial, ou bien Angle de convexité.
3) Différence SNA-SNB.

147
4) Angle Plan de Francfort-Plan Mandibulaire.
s) Axe Y.
6) Angle goniaque.
Inclinaison du col du condyle.
Rapports de proportion corps mandibulaire-branche montante.

B) POUR LES RAPPORTS DENTURE-SQUELETTE ET DENTURE-PROFIL.

I) Angle incisive inf.-Ligne Point A-Pogonion.


2) Distance incisive inférieure-Ligne Point A-Pogonion (en mil-
limètres).
3) Angle incisive supérieure-Ligne Nasion-Point A.
4) Distance incisive supérieure-Ligne Nasion-Point A (en millimètl;es)
s) Angle incisive inférieure-Plan Mandibulaire.
6) Angle des grands axes incisives supérieure et inférieure.

SUPERPOSITION DES CLICHÉS SUCCESSIFS.

« L'analyse de DoWNS fournit un excellent moyen de comparer


quantitativement le type facial avant et après traitement », dit
Wendell WYLIE.
Pour la superposition des clichés successifs, DOWNS conseille
maintenant l'emploi d'un des deux plans
Bolton-Nasion (de BROADBENT), avec R enregistré.
Basion-N asion.
Il semble que l'on puisse donner la préférence au plan Basion-
Nasion, car la localisation du point Basion est plus facile et plus
sûre que celle du point de Bolton, et c'est de plus un point médian.
MÉTHODE D'ANALYSE DE WYLIE (I948-I952)

La méthode publiée en 1948, qui est une méthode de projection'


orthogonale, n'étudie que la « dysplasie antéro-postérieure ». Elle
ne peut être employée pour les comparaisons « avant» et« après»
traitement, car une seule des cinq mensurations (fente ptérygo-
maxillaire-première molaire supérieure) peut être influencée par
la thérapeutique orthodontique. Dans la pratique, cette méthode
complète très utilement celle de DOWNS.
En 1952, en collaboration avec Ernest L. JOHNSON, l'auteur ap-
porta à sa méthode un complément permettant d'étudier rapide-
ment, et sans tracés, grâce à l'emploi de deux transparents, les anoma-
lies du sens vertical (208).
Nous étudierons successivement:
1) la« dysplasie antéro-postérieure »,
2) l'évaluation rapide des « dysplasies du sens vertical» à
l'aide des transparents.

1) LA DYSPLASIE ANTÉRO-POSTÉRIEURE

DÉFINITION.
« Cette méthode d'appréciation peut être définie, sous sa forme
la plus simple, en disant que si une fillette se trouvant au stade
d'éruption des premières dents permanentes possédait les mensu-
rations indiquées, les proportions faciales seraient bonnes, dans la
mesure où il s'agit du plan antéro-postérieur ».
« Les dimensions indiquées ci-dessous, et auxquelles on se réfère
dans la« table» sur laquelle on collecte les différentes données, sont
définies comme suit (Fig. 150) :

CAVITÉ GLÉNOïDE-SELLE TURCIQUE.


« La distance entre le point le plus postérieur de la tête du
condyle et le centre de. la selle turcique, mesurée sur le plan de

149
Francfort, après projection de ces deux points sur ce plan horizon-
tal. On considère ceci comme une mensuration de la base du crâne
en arrière de la selle turcique, et jusqu'à la cavité glénoïde ». (*)

SELLE TURCIQUE-FENTE PTÉRYGO-MAXILLAIRE.

« Distance mesurée également entre la projection de la fente


ptérygo-maxillaire et celle du centre de la selle turcique sur le plan
de Francfort. Cette distance sert à mesurer la base du crâne en
avant de la selle turcique, jusqu'à la fente ptérygo-maxillaire ».

Fig. 150. - Mensurations utilisées dans la méthode d'analyse de W. WYLIE


(D'après W. WYLIE, The Angle Orthodontist, 17; 1947).

FENTE PTÉRYGO-MAXILLAIRE-PREMIÈRE MOLAIRE SUPÉRIEURE.

« Cette distance est calculée entre les deux points donnés par la
projection de la fente ptérygo-maxillaire et du sillon vestibulaire de
la première molaire permanente sur le plan de Francfort. Ceci sert
à mesurer la position antéro-postérieure de la première molaire
permanente sur la base du maxillaire ».

(*) « L'hypothèse selon laquelle on admet que la cavité glénoïde se trouve


directement au-dessus de la tête du condyle peut être discutée dans certains cas,
mais elle semble être un compromis assez sûr entre l'exactitude et la facilité. »

ISO
LONGUEUR D'ENSEMBLE DU MAXILLAIRE SUPÉRIEUR.

« La distance entre la fente ptérygo-maxillaire et l'épine nasale


antérieure, ces deux points étant projetés sur le plan de Franc-
. fort ».

LONGUEUR D'ENSEMBLE DE LA MANDIBULE.

« Le point le plus pQstérieur du condyle et le point le plus anté-


rieur du menton sont projetés sur une ligne tangente au bord infé-
rieur de la mandibule. La distance entre ces deux points est prise
comme longueur d'ensemble de la mandibule: elle est influencée
non seulement par la grandeur absolue de l'os, mais aussi par la
dimension de l'angle goniaque.
« C'est une mesure de la longueur effective de la mandibuk ».

EMPLOI DE LA MÉTHODE.

« Bien que la définition qui a été donnée au début soit l'expres-


sion la plus simple de la conception qui gouverne cette méthode,
elle n'est certainement pas adéquate. Evidemment, un individu pour-
rait présenter un type facial harmonieux, et tout de même n'être
pas en conformité avec les mensurations que nous avons données.
Ceci pourrait se produire si chilcune des mensurations était aug-
mentée (ou diminuée) proportionnellement, de telle façon qu'il n'y
aurait aucune conformité avec les chiffres standard en valeur abso-
lue, mais conformité complète en valeur relative. De plus, il est
possible que l'une des valeurs d'un patient puisse s'écarter nette-
ment du chiffre standard, et qu'une autre valeur s'éloigne de ce
même chiffre de telle sorte qu'elle annule la différence constatée
dans la première valeur ».
« Ces valeurs standard ont été mises au point pour un âge se
rapprochant très près de la fin de la période de denture mixte, et
du début de la denture permanente (l'auteur localise cette période
aux environs de II ans l /2), bien qu'elles puissent être employées
à d'autres âges sans conséquences trop sérieuses ».

TABLEAU DES VALEURS STANDARD.

Garçons Filles
MENSURATIONS

Cavité glénoïde-Selle Turcique ............... . I7


Selle Turcique-Fente Ptérygo maxillaire ....... . 17
Longueur maxillaire supérieur ................ . 52
Fente Ptérygo-Maxillaire- Ire mol. Supérieure .. . 16
Longueur de la mandibule .................. . 101

151
Il est utile de remarquer que les mensurations sont faites direc-
tement sur le tracé, à l'aide d'une règle millimétrée, et qu'il n'y a
pas lieu de déduire la déformation par agrandissement.
Les chiffres sont à arrondir au millimètre le plus proche.
« Il est tout de suite évident que si toutes les valeurs sont con-
formes aux chiffres standard, excepté, par exemple, la valeur« cavi-
té glénoïde-selle turcique », et que cette dernière soit considérable-
ment plus grande que le chiffre standard, l'effet sera une mandi-
bule en rétrusion, donnant dès lors un profil de la Classe II, du type
« rétrognathique ». Aussi, lorsque la valeur, chez le patient consi-
déré, excède celle du standard, la différence entre cette valeur
et le standard est inscrite dans la colonne « rétrognathique» du
tableau de récapitulation (*). Si la valeur est inférieure au standard,
la différence est inscrite dans la colonne« prognathique ». Ce même
raisonnement est appliqué aux trois autres valeurs concernant la
base du crâne et le maxillaire supérieur, de sorte que si l'une des
quatre est supérieure au standard, la différence est inscrite dans la
colonne « rétrognathique ». La tendance vers le type « rétrogna-
thique» est créée également lorsque la mandibule est plus petite.
Dès lors, si la valeur du patient est inférieure au standard, la diffé-
rence est inscrite dans la colonne « rétrogn;tthique ».
« Les deux colonnes sont ensuite additionnées et chaque total
est inscrit dans le carré approprié. La différence entre ces deux
totaux constitue la « valeur nette» (net score), qui e"st ihscrite dans
le carré au-dessous ».
« On remarquera que l'opération arithmétique est faite de telle
façon que les tendances « prognathiques » sont indiquées par des
valeurs positives, et les tendances « rétrognathiques » par des
valeurs négatives ».
En résumé, lorsqu'une ou plusieurs des quatre mensurations
concernant la base du crâne et le maxillaire supérieur excèdent le
chiffre standard, le condyle du maxillaire inférieur est rejeté en
arrière de la position normale; la face est du type « rétrognathi-
que», et la différence entre le chiffre du patient et le chiffre standard
est inscrite dans la colonne« rétrognathique ». Si, au contraire, une
"ou plusieurs de ces mensurations sont inférieures au chiffre standard,
le condyle du maxillaire inférieur est placé en avant de la position
normale; la face est du type« prognathique» et la différence entre le
chiffre standard et le chiffre du patient est inscrite dans la colonne
« prognathique ».
Par contre, pour le maxillaire inférieur, une mensuration plus
petite que le chiffre standard donne une face « rétrognathique » et
une mensuration supérieure au chiffre standard, une face « pro-
gnathique ». La différence est inscrite dans la colonne correspon-
dante du tableau.
Une tendance à la Classe III se manifeste par des valeurs posi-

(*) Voir ce tableau page 238.

152
tives, alors qu'une tendance à la Classe II se réflète par des valeurs
négatives.
Voici la table utilisée par W. WYLIE :
1

STANDARD DIFFÉRENCE
------ 1

DIMENSIONS Patient 1

Rétro- Pro-
Filles Garçons gnath. gnath .
.- --- -- --- --

Cavité glénoïde-Selle turcique .... 17 18 17


Selle turci.-Fente ptérygo-maxil. .. 17 18 15 2
Longueur maxillaire ............ 52 52 60 8
Fente ptérygo-maxil.-Ire mol. sup .. 16 15 25 9
Longueur mandibulaire .......... 101 10 3 113 12
--- --

Totaux ...... 17 14

Unités de dysplasie antéro-postérieure = prognathique - rétrognathique


14 17 -3

SIGNIFICATION DE LA DIFFÉRENCE NETTE.


« Il semblerait logique de déduire de ce qui précède qu'il devrait
suffire de calculer simplement la différence nette des unités de
dysplasie antéro-postérieure pour découvrir la sévérité d'une ano-
malie, et pour établir un pronostic de traitement. Ceci n'est pas
entièrement vrai, car l'expérience a enseigné que les cinq mensu-
rations ne peuvent être, à ce point de vue, considérées comme
d'égale importance. Plus précisément, on peut espérer de meilleurs
résultats lorsque la dysplasie se localise avec les mensurations
« longueur du maxillaire supérieur », ou« fente ptérygo-maxillaire-
première molaire supérieure,», que lorsqu'elle peut être attribuée
à une « longueur mandibulaire» insuffisante, ou à une longueur
excessive de la base du crâne. Nous avons trouvé qu'il était extrê-
mement utile de localiser la dysplasie, de sorte que nous accordons
plus d'attention aux écarts par rapport au standard de chacune
des cinq mensurations, que nous n'en accordons à la «différence
nette» elle-même ».

II) ÉVALUATION DES DYSPLASIES DU SENS VERTICAL,


1 952 (en collaboration avec Ernest L. JOHNSON). Voir la
Ugende de lafigure 151.

MENSURATIONS EMPLOYÉES (Fig. 152).


HAUTEUR DE LA BRANCHE MONTANTE mesurée du sommet du
condyle au Gonion.

153
Fig. 15I. - Cette figure est la reconstruction arbitraire de la figure 150,
obtenue en faisant passer l'angle Plan de Francfort-Plan Mandibulaire de
25 à 40°, et en dessinant une mandibule ayant son Pogonion en même posi-
tion (position mesurée par la valeur de l'Angle Facial). L'augmentation de
l'angle Plan de Francfort-Plan Mandibulaire peut être considérée comme
une augmentation de la « dysplasie verticale », cet angle enregistrant la
dysplasie, sans toutefois la localiser.
La reconstruction a fait passer la « longueur effective de la mandibule»
de 101 à 112 mm, soit une augmentation d'environ 10 o/~. Les autres valeurs
sont demeurées inchangées. Si l'on avait conservé la « longueur effective de
la mandibule» de la Figure 150, 101 mm, la valeur de l'Angle Facial aurait
été sensiblement réduite, par recul du Pogonion.
Cette figure montre l'influence de la « dysplasie verticale» sur le type
facial, sur les valeurs de la dysplasie antéro-postérieure, et sur la « différence
nette» de ces valeurs (D'après W. WYLIE et E. L. JOHNSON, The Angle Ortho-
dontist, juillet 1952; légende d'après le texte de W. WYLIE et E. L. JOHNSON).

Lorsque, sur le film, les points Gonion droit et gauche ne coïn-


cident pas, on utilise un point moyen, situé à égale distance des
deux points de repère.
LONGUEUR DU BORD INFÉRIEUR DE LA MANDIBULE: mesurée entre
les points Menton et Gonion.
ANGLE CONDYLIEN: angle formé par les deux lignes précédentes,
reliant respectivement
le point Gonion et le sommet du condyle, d'une part, et le point
Menton d'autre part.

154
HAUTEUR TOTALE DE LA FACE, au mveau du profil mesurée
entre les points Nasion et Menton.
La hauteur totale de la face est elle-même divisée en
étage supérieur, ou nasal,
étage inférieur, ou dentaire,
par une perpendiculaire abaissée de l'épine nasale antérieure sur la
ligne Nasion-Menton.

Fig. 152. - Mensurations utilisées pour l'étude de la « dysplasie verticale »

C'est la proportion de chacun des étages qui est étudiée, la pro-


portion idéale étant de :
45 % de la hauteur totale pour l'étage nasal,
55 % de la hauteur totale pour l'étage dentaire.
Les auteurs reconnaissent que ces définitions leur sont per-
sonnelles, mais elles ont été adoptées, précisent-ils, pour permettre
de réduire au minimum le nombre de repères utilisés.
Les l 7 l sujets, âgés de l l à 13 ans, qui ont servi pour cette étude,
ont été répartis, par estimation purement subjective, avant toute
mensuration, et en attachant une importance particulière au profil,
en trois groupes :
I) sujets ayant un bon équilibre facial,
2) sujets ayant un assez bon équilibre facial,
3) sujets ayant un mauvais équilibre facial.
155
Voici les valeurs moyennes des différentes mensurations pour
chaque groupe (d'après W. WYLIE et E.-L. JOHNSON, The Angle
Orthodontist, juillet 1952) :

Dimensions Good n = 57 Fair n = 61 Poor n = 53


Condyl"r angle 122.49 ± 0.71 125.33 ± 0.60 129.26 ± 0.79
Lower horder of mandible 67.30 ± 0.46 65.75 ± 0.5::; 64.24 ± 0.66
Hamus ltcight 54.81 ± 0.56 52.13 ± 0.50 52.30 ± 0.59
Gondyle to }'runkfol't -0,;":;4 ± 0.38 -0.80 ± 0.30 +0.81 ± 0.51
UpJler faee IlCight ;:;0.65 ± 0.38 48.92 ± 0.35 49.02 ± 0.46
Total fa("e height 113.02 ± 0.67 113.43 ± 0.68 115.94 ± 1.04
UE'H
_ - x 100 43.84· ± 0.32 43.16 ± 0.26 42.31 ± 0.27
TFH

Good : Bon équilibre facial (57 enfants).


Fair: Assez bon équilibre facial (61 enfants).
Poor : Mauvais équilibre facial (53 enfants).
Condylar angle : angle condylien.
Lower border if mandible : longueur du bord inférieur de la mandi buk.
Ramus height : Hauteur de la branche montante.
Condyle to Franifort : distance sommet du condyle~plan de Francfort.
Uppet face height : hauteur de l'étage supérieur de la face.
Total face height : hauteur totale de la face.
UFH Hauteur de l'étage supérieur

TFH Hauteur totale de la face

Les moyennes ont été en outre calculées suivant le sexe; seules


les valeurs absolues de la« hauteur totale de la face» sont nettement
plus importantes chez les garçons que chez les filles.
La proportion de l'étage suPérieur est donnée par la formule
Hauteur Etage Supérieur
Hauteur Totale de la Face X roo
Le pourcentage de l'étage supérieur étant connu, celui de l'étage
inférieur est obtenu par soustraction.
Le travail de Ernest L. JOHNSON sur les rapports de l'angle Plan
de Francfort-Plan Mandibulaire et du type facial a montré que
l'augmentation de la hauteur du profil caractérisait les sujets pré-
sentant un mauvais équilibre facial, le développement vertical du prods
alvéolaire étant la cause déterminante du déséquilibre. La hauteur totale
de. la face augmente à mesure que le type facial devient plus mau-
vaIS.
D'autre part, plus le type facial s'améliore, plus la hauteur de la
région nasale contribue à la hauteur totale, et plus l'apport de la
région dentaire diminue.

156
LES DEUX TRANSPARENTS

EMPLOI DU PREMIER TRANSPARENT (Fig. 153).

Ce transparent analyse sans mensuration la division de la hau-


teur totale de la face en région dentaire et région nasale. La pro-
portion idéale est de 45 % pour la région nasale, et de 55 % pour la
région dentaire, si l'on utilise les points Nasion et Menton pour
déterminer la hauteur totale.
Placer le transparent sur le film, la ligne marquée « Nasion»
doit passer par le N asion du film examiné, et la ligne _marquée
«Menton» doit passer par le point Menton; la ligne verticale grasse,
pointillée, aide à la mise en place du transparent. Celui-ci doit être
placé de telle sorte que, si une ligne était tracée pour réunir les
points Nasion et Menton du film, cette ligne serait parallèle aux
lignes verticales du transparent.
Noter l'emplacement de l'épine nasale antérieure, par rapport aux
lignes diagonales. Pour 68 % des sujets possédant un bon type facial,
l'épine nasale antérieure se placera entre les deux premières lignes
fines placées de part et d'autre de la ligne grasse, 34 % au-dessus,
34 % au-dessous. Pour r6 %, l'épine nasale antérieure se placera
au-delà de la première ligne fine, et pour 2 % seulement de bons
types faciaux elle se placera au-delà de la seconde ligne fine.
Ainsi, toute mensuration absolue en vraie grandeur a été inu-
tile, et l'appréciation a néanmoins été précise puisqu'elle indique où
s'insère un sujet déterminé au sein d'un groupe d'enfants présentant
de bons types faciaux.
Lorsque la hauteur totale est normale, mais qu'il existe un
certain degré de supraclusion, la division entre région nasale et
région dentaire se place au-dessous de la diagonale grasse.
Lorsque, au contraire, cette division se place au-dessus de la
diagonale grasse, on en déduit que la région dentaire, en raison de
la croissance verticale du procès alvéolaire au niveau du profil,
contribue pour une proportion excessive à la hauteur totale de la
face.
La ligne verticale grasse représente la hauteur totale de la face
pour les sujets à« bon» type facial. Pour ceux-ci, 34 % se placeront
entre la ligne grasse et la première ligne fine, à gauche, et 34 % entre
la ligne grasse et la première ligne fine, à droite. Seulement 2 % de
ce groupe auront une hauteur totale inférieure à la plus courte des
lignes pointillées, à gauche, et 2 % une hauteur totale plus grande.
que la plus longue des lignes pointillées à droite.
On réalise ainsi une estimation des valeurs absolues du patient
examiné, estimation qui permet d'interpréter plus valablement
toute mensuration concernant la valeur absolue.
En résumé, les lignes verticales du transparent sont utilisées pour
les valeurs absolues, les lignes obliques servant seulement à déterminer
la valeur relative, ou de proportion.

157
NASION UNE
1
1
1
, 1

-161, r 16%--
1 54%54% 1 ,-2
: :

University of California
Division of Orthodonties

Fig. 153. - Reproduction du premier transparent. Superposé sur le film, ce


transparent permet une évaluation rapide du patient, en ce qui concerne
les valeurs absolues de dimension, et les proportions de la « hauteur totale de
la face» (D'après W. WVLIE et E. L. JOHNSON, The Angle Orthodontist, jUillet
195 2 ).

158
EMPLOI DU SECOND TRANSPARENT (Fig. 154)·
Placer le transparent de manière que la ligne horizontale coïn-
cide avec le bord inférieur de la mandibule, et passe par le point
Menton.

_,.,.o;-".,ion,
University of CelWomia
Divi.ion of OrthMontic.
M
C~ndyl.r An".
R.mu_ .... ight
122.5
51.8
0-
S."
".2
Lower Border IT.S 5.5

Z" 2'%-
51" 51'%10'%-·
Fig. 154. - Reproduction du second transparent. Ce transparent permet une
évaluation rapide de la longueur ,du bord inférieur de la mandibule, de la
hauteur de la branche montante, et de l'angle condylien. Cette reproduction
comporte une légère réduction de dimension. Moyennes :
Angle condylien. . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. .. ... . . . . . . . . . . . . . . . 122;5
Hauteur de la branche montante .......................... 54,8
Longueur du bord inférieur................................ 67,5
(D'après W. WVLIE et E. L. JOHNSON, The Angle Orthodontist, juillet 1952).

Le déplacer ensuite, vers la droite ou vers la gauche, jusqu:à


ce que l'extrémité gauche de la ligne (point d'intersection avec les
lignes en éventail) coïncide avec le point Gonion moyen du film
(milieu de la distance entre les deux points Gonion droit et gauche).
On peut ainsi procéder aux trois évaluations suivantes
longueur du bord inférieur de la mandibule,
hauteur de la branche montante,
angle condylien.
Comme pour le premier transparent, l'évaluation se fait par
comparaison avec le groupe des enfants présentant un « bon»
type facial, en sacrifiant volontairement la précision de la mensura-
tion linéaire individuelle, pour un gain de temps.
Dans ce groupe des« bons» types faciaux, 34 % se placent entre
la petite ligne grasse, à droite du transparent, et la premiere ligne fine, à

159
gauche de la petite ligne grasse; 2 % seulêment se placent à gauche
de la seconde ligne fine. '
Les mêmes observations sont valables pour les sujets se plaçant
à droite de la ligne grasse, avec cette"différence qu'ils se classent
parmi les sujets présentant des valeurs supérieures à la moyenne.
Pour bien interpréter le film, il faut se souvenir que le bord
inférieur de la mandibule tend à devenir pbt~ court lorsque le type
facial devient Plus mauvais.
Il faut également se rappeler comment le patient s'est comporté,
en ce qui concerne la hauteur totale de la face, lors de l'examen
avec le premier transparent : si la hauteur totale est supérieure à la
moyenne, il est normal que la longueur du bord inférieur de la
mandibule soit également supérieure à la moyenne; dans ce cas
particulier, la longueur moyenne ne donnerait pas un« bon» type
facial.
Réciproquement, un bord inférieur plus court que la moyenne
ne peut pas être estimé défavorable si l'on 'a constaté précédem-
ment que la face est réduite en proportion.
Déterminer ensuite la position du sàmmet du condyle par rapport
aux lignes ayant le Gonion pour origine. En règle générale, le type facial
devient Plus mauvais lorsque l'angle augmente. '
Noter, enfin, la position du sommet du condyle par rapport aux
arcs. L'arc en ligne grasse correspond à la moyenne de hauteur de
la branche montante, chez les sujets à « bon» type facial, mesurée
du Gonion au sommet du condyle. On retrouve, comme précédem-
jl1ent, les limites pour 34 %, 16 %, 2 %, de chaque côté de la ligne
grasse. Se souv~nir que l'allongement de cette région contribue à l'amélio-
ration du type facial.
Pour cette dernière estimation, il s'agit à nouveau de valeur
absolue, et il faut, pour comparer utilement le patient examiné, voir
comment il s'est comporté en ce qui concerne la hauteur totale de la
face, cette mensuration en valeur absolue servant à nous rappeler le
comportement du patient par rapport à la dimension réelle
moyenne.
MÉTHODE D' ANALYSE
DE MOORREES (1953-1958)

La méthode d'analyse de MOORREES dérive directement de


celle de DE COSTER: « la méthode des réseaux décrite d'abord par
d'Arcy THOMPSON, et appliquée par DE COSTER à l'orthodontie,
fournit le moyen le plus utile pour l'évaluation des différences de
proportion ».
D'après l'auteur, le réseau de DE COSTER présente un certain
nombre de points faibles :
il est orienté sur le plan de Francfort, lequel est difficile à
tracer de façon vraiment précise sur les téléradiographies;
les tissus mous permettent un certain déplacement de la
tête dans le céphalostat, provoquant ainsi des variations
dans la position des ombres projetées par les olives auri-
culaires, et par conséquent des variations dans la locali-
sation du Porion, lorsque celui-ci est déterminé à l'aide des
olives.
la localisation du point sous-orbitaire est imprécise (emploi
du point sous-orbitaire cutané); cette imprécision, « recon-
nue par BJORK », peut retentir sur la construction du réseau;
l'emploi du Gnathion cutané, pour la même raison, ajoute
une autre possibilité d'erreur;
cette imprécision dans la localisation de points essentiels
pour la détermination du plan de base et pour la construc-
tion du réseau, diminuerait la valeur des interprétations.
C'est pour remédier à ce qu'il considérait comme des points
faibles que MOORREES élabora, en I953, son réseau rectangulaire
(Fig. 155). Celui-ci était orienté par rapport à la ligne Selle turcique-
Nasion (S-Na), considérée comme formant un angle de 85° avec
la verticale (soit 5° avec l'horizontale). Il comportait un nombre
minimum de rectangles, « afin d'éliminer les erreurs techniques, et
de simplifier l'interprétation ».

161
CARACTÉRISTIQUES DE LA TECHNIQUE DE 1953 (129,
130) :
Ce premier réseau fut établi à l'aide des radiographies de
profil de 50 filles âgées de 18 ans 1/2 à 2 l ans environ, de
race blanche européenne, pour la plupart.
Ces sujets avaient été sélectionnés au moyen des critères
utilisés dans la pratique courante : position des dents et
occlusion.
Il n'utilisait donc qu'un seul schéma-type (schéma d'adulte).
Il était orienté, nous l'avons dit, sur la base du crâne, repré-
sentée par la ligne S-Na, au lieu du plan de Francfort
employé par DE COSTER.

Fig. 155. - Le réseau rectangulaire de MOORREES, 1953 (D'après MOORREES,


Ameriean Journal of Orthodonties, décembre 1953).

TECHNIQUE MODIFIÉE (1958) (131)


Par la suite, MOORREES estima que son propre réseau présentait
certains inconvénients :
comme celui de .DE COSTER, il était entièrement basé sur
l'orientation d'un seul plan. Si la ligne S-Na est sensiblement
plus facile à déterminer que le plan de Francfort, l'effet de
ses variations normales d'orientation demeure;

162
~ les conclusions tirées des analyses utilisant l'un de ces deux
plans comme base de référence peuvent être différentes
suivant l'inclinaison naturelle de ces plans : il en est ainsi
pour le cas 407 de KROGMAN et SASSO UNI, cité par MOORREES
(131) ; le diagnostic de protrusion supérieure avec mandibule
normale se transforme en maxillaire supérieur normal
avec rétrog'nathie inférieure, suivant que l'on utilise le plan
de Francfort ou la ligne S-Na comme base de référence.
Pour rendre plus sûres les interprétations, l'auteur fut amené à
chercher une ligne de référence extra-crânienne, qui est la verticale
vraie, et modifia en conséquence sa technique, ainsi que le matériel
BROADBENT qu'il employait.

MODIFICATIONS APPORTÉES A LA TECHNIQUE DE BROADBENT


(Fig. 156) :

a) un fil de ligature, maintenu par une monture en cuivre, et


orienté à l'aide du niveau d'eau, est placé devant et tout contre
la cassette. Il donne la verticale vraie, nouvelle ligne de réfé-
rence, sur tous les films.
b) les deux olives auriculaires sont supprimées, pour permettre
à la tête de prendre sa position d'équilibre naturel;
c) la distance plan sagittal médian-film (distance objet-film) est
constante, et réglée à 10 cm. (Rappelons que dans la technique
BROADBENT originale, cette distance varie avec la largeur de la
tête du sujet, voir page 36) ;
d) pour permettre, dans tous les cas, de faire coïncider le plan
sagittal du sujet avec le centre du céphalostat, deux tiges verti-
cales sont placées, l'une devant, l'autre derrière la tête. Par
visée entre les tiges, on s'assure, d'une part de la bonne orienta-
tion de la tête par rapport au film (plan sagittal parallèle à ce
dernier), et d'autre part de la bonne position du plan sagittal
par rapport au centre du céphalostat (standardisation de la
distance objet-film);
e) pour obtenir la position d'équilibre naturel de la tête, le sujet
est prié de regarder ses propres yeux, dans un miroir de IO cm
de diamètre, placé à une distance de 1,70 m, au niveau de la
ligne bi-pupillaire.
D'après MOORREES, cette technique serait plus exacte que les
autres en ce qui concerne les asymétries faciales : « Lorsque les
patients sont placés dans le céphalostat suivant les techniques
habituelles, on suppose que l'axe bi-tragial est perpendiculaire au
plan sagittal. Si ce n'est pas le cas, la fixation de la tête avec les
olives auriculaires introduit un certain degré d'asymétrie, propor-
tionnel à la déviation de l'axe bi-tragial par rapport au plan sagittal
médian ».

163
F ig. '56. - Modifications apportées par MooRREEs au cép ha losta t de BROAD-
DENT. Remarquer:
a) près de l'orei ll e gauche du sujet, le fi l méta lli que placé contre la cassette,
dest iné à enregistrer la verticale vraie sur le fi lm;
b) l'une des tiges verticales (la seule v isib le sur la p hotographie) permetta n t
de vérifier la bonne orientat ion du plan sag itta l par rappo rt au filrn, ct
de conserver constante la distance objet-fi lIn;
c) la suppression d es o lives aur icu laires, pour prendre le cliché en position
d'équi libre naturel;
d) le repère horizontal, fixé sur le montant gauc he du céphalostat : la ligne
bi-pupillaire doit passer par le bord inférieur du repère (D'après MooR-
REES, Americall Journal of Physiolog), alld AllthrojlOlogy, juin ' 958).

LISTE DES POINTS UTILISÉS POUR LA CONSTRUCTION (Fig. '57).

1. Porion.
2 . . Sous-orbitaire
localisé par un repère métallique placé au point
le plus inférieur de l'orbite, déterminé par palpation.
3. Point le plus postérieur de la courbe latérale de l'orbite.
4. Pointe inférieure de la fente ptérygo-maxillaire.

164
5. Point le plus inférieur de la projection des apophyses zygo-
matiques.
6. Apex!.
7. Bord incisif I.
S. Apex Ï.
g. Bord incisif î.
10. Pointe de la cuspide mésio-vestibulaire 6.

1 1. Point le plus inférieur et le plus anté rieur de la courbe de la


symphyse men tonnière.
12. Gonio n.

13. Infradental.
14. Prosthion.
15. Epine nasale antérieure.
16. Point d'intersection de la région centrale du bord inférieur de
la mandibule, avec la verticale correspondante la plus proche
(donne une indication sur la forme de ce contour mandibu-
la ire) .

==~~----~--~----@

F ig. ' 57. - Les po ints de repère u tilisés par MOORREES.


Les cou rbes concentriques représente nt la limite du d é placeme nt des
repères, à l 'intéri eur de leur recta ngle respectif, pour une e t pour d eux dévia-
tio ns sta ndard (D'après MOORREES, Americalz Journal of Physioiogy and Anthro-
I)oiogy, juin 1958).

165
17. Point d'intersection antérieur du palais avec la verticale la
plus proche.
18. Point d'intersection postérieur du palais avec la verticale la
plus proche.
(Ces deux points donnent une indication sur la forme du
palais).

CONSTRUCTION GÉOMÉTRIQUE (Fig. 158).

1. Du point Nasion, tracer une ligne parallèle à la verticale inscrite


sur le film par le fil de ligature représentant la verticale vraie,
ligne 1.
2. Tracer deux perpendiculaires à la ligne l :
a) l'une du point Nasion, ligne 2,
b) l'autre tangente au point le plus inférieur de la symphyse
mentonnière, compte tenu de l'orientation du film par rap-
port à la verticale, ligne 3.
3. Tracer la ligne Selle turcique-Nasion, S-Na.
4. Reporter la longueur S~ N a sur la ligne 2; la diviser en trois
parties égales.

3
Fig. 158. - Construction du nouveau réseau, 1958 (Inspiré de MooRREEs).

166
5. Ajouter à la ligne 2, en direction postérieure, une longueur égale
à chacune de ces trois parties.
6. Tracer la 4e ligne du rectangle de base, parallèle à la ligne r,
et à une distance du Nasion qui représentera les 4/3 de la lon-
gueur S-Na. Le rectangle de base est a~J1si complété.
7. Ce rectangle de base est divisé dans les deux sens, vertical et
horizontal, en quatre parties. On obtient ainsi un réseau de
r 6 rectangles.

Lorsque le réseau est tracé, les lignes sont déformées suivant


une tedinique analogue à celle qui avait été préconisée par DE
. COSTER en 1932.

AVANTAGES DE L'EMPLOI D'UNE LIGNE DE RÉFÉRENCE EXTRA-


CRANIENNE.
« L'emploi de la verticale vraie, ou d'une ligne horizontale qui
lui est perpendiculaire, est préférable aux lignes de référence intra-
crâniennes, la marge de variation biologique d'orientation des
lignes intra-crâniennes étudiées étant plus grande que la marge
de variation rencontrée dans l'enregistrement de la position de la
tête ».
En effet, d'après l'auteur, cette position est remarquablement
stable: dans un groupe de 6r jeunes filles radiogra,phiées deux fois,
à une semaine d'intervalle, la déviation standard n'était que de
+ rO 54. L'emploi de la verticale vraie introduirait donc une marge
de variation moindre que l'emploi des techniques utilisant des
lignes de référence intra-crâniennes. Nous avons vu que l'opinion
de DOWNS, en ce qui concerne l'enregistrement de la position d'équi-
libre naturel de la tête, est voisine de celle de MOORREES.

COMPARAISON DES TRACÉS AVANT ET APRÈS TRAITEMENT


ÉTUDE DE LA CROISSANCE

MOORREES a utilisé son réseau pour l'étude de la croissance,


dans le but de chercher à établir une discrimination entre les modi-
fications apportées par le traitement, et celles qui sont dûes à la
croissance (r 30). Il a pensé que cette discrimination était possible
en comparant séparément les différentes parties du squelette dento-
facial.

TECHNIQUE:
Tracer les deux réseaux, avant et après traitement.
Les rapports des repères anatomiques qui peuvent être influ-
encés par la croissance, avec les lignes verticales et horizontales du
2 e réseau, sont soigneusement étudiés et comparés avec les mêmes
rapports du r er réseau. Les lignes du second réseau sont modifiées,
lorsque c'est nécessaire, pour permettre d'obtenir une distance

167
proportionnelle entre les points et les mailles du réseau semblable à
celle qui est observée sur le premier réseau. Les modifications de
forme des lignes montrent les différences dans la position des repères
à l'intérieur des mailles du réseau.
« Les dimensions d'ensemble deJa face peuvent augmenter dans
l'intervalle: les dimensions des 16 rectangles seront augmentées mais
les rapports des repères anatomiques, entre eux et avec les mailles
du réseau, ne seront pas affectés, à moins que la croissance d'une ou de
Plusieurs parties du squelette ne soit disproportionnée ».
Il est en effet évident que si les proportions de la face se modi-
fient au cours de la croissance, la comparaison devient délicate.
L'auteur estime que cette technique présente les avantages
particuliers suivants :
représentation graphique des changements, qui facilite
l'interprétation;
élimination, ou diminution, des difficultés' soulevées par
l'accroissement du squelette;
efficacité pour l'étude des changements de proportion se
produisant entre les différentes partie~ du squelette au cours
de la croissance ;
meilleure compréhension des limites des possibilités des
diverses méthodes de traitement.
MÉTHODE D' ANALYSE
DE STEINER (1953-1959)

La méthode présentée en 1953 (181), qui était considérée par


l'auteur comme un « minimum vital », a été largement complétée
en 1959 (182), pour augmenter la précision de l'analyse, faciliter
l'utilisation pratique des renseignements obtenus et la détermina-
tion des limites des possibilités thérapeutiques. Les modifications
apportées sont dûes, en grande partie, à l'expérience acquise par
l'étude comparée d'un grand nombre de tracés avant et après
traitement.
Les principales particularités de cette analyse sont les suivantes:
L'auteur a sélectionné dans les méthodes de DOWNS et de VVYLIE,
ainsi que dans les travaux de THOMPSON, BRODIE, RIEDEL,
RICKETTS, HOLDAWAY, les éléments les plus caractéristiques.
Le plan de référence est le plan Selle turcique-Nasion.
Elle comporte une analyse dynamique de la mandibule.
La position des incisives dans le squelette facial est déterminée
au moyen de deux mensurations, une angulaire, et l'autre
linéaire. Cette double mensuration offre l'avantage d'une plus
grande précision.
Toutes les mensurations sont consignées sur une charte, qui
comporte des diagrammes permettant d'établir le « compromis
acceptable» entre le type moyen idéal et celui qui est à traiter.
L'analyse céphalométrique et la technique orthodontique
se trouvent ici étroitement liées.

On peut diviser ·l'analyse en trois parties


1) Analyse du squelette.
II) Rapports denture-squelette.
III) Analyse dynamique de la mandibule.
Nous étudierons ensuite l'emploi pratique de la Charte.

169
I) ANALYSE DU SQUELETTE (Fig. 159).
1) ANGLE SNA: Moyenne 82°.
2) ANGLE SNB : Moyenne 80°.
3) ANGLE ANB (SNA-SNB) : Moyenne 2°.
4) ANGLE GoGN-SN :. Cet angle donne la même information que
l'angle Plan de Francfort-Plan Mandibulaire de DOWNS, ou
FMA de TWEED.
Le plan mandibulaire est tracé en prenant les points Gonion
et Gnathion comme repères (Plan mandibulaire b, voir page 48).
Moyenne: 32°.

\\~-~;;T-
, 1

\./
Fig. 159. - Valeurs utilisées pour l'analyse du squelette. Mensurations pour
l'étude de l'importance, et de la direction, du mouvement de la mandibule
(D'après STEINER).

5) POSITION ANTÉRO-POSTÉRIEURE DE LA MANDIBULE PAR RAPPORT


AU CRANE:
Déterminée à l'aide de deux procédés:
A - PAR UNE PROJECTION ORTHOGONALE (Fig. 159).
Le point le plus antérieur du menton est projeté en L sur le
plan SN, et le point le plus distal du condyle est projeté en E.
Distance SL Moyenne 5 Imm. .
Distance SE : Moyenne 22 mm.

170
B - ANGLE SND (Fig. 159) : Moyenne 77-78°.
D : point localisé par estimation ou à l'aide d'instruments,
situé au centre de l'image de la symphyse sur le film de profil, en
faisant abstraction du bord alvéolaire (Ce procédé d'estimation
est analogue à celui utilisé pour le point S; les erreurs demeurent
très minimes).
Ce point a été choisi dans une zone stable : sa position n'est
affectée ni par la croissance, comme Po, ni par les mouvements
dentaires, comme B.
. Il est également utilisé comme point de référence, et doit être
reporté d'un tracé sur l'autre (Rappelons que chacun des tracés,
pour en faciliter la différenciation, est établi dans une teinte déter-
minée, voir page S7). La technique est la suivante:
Superposer l'image de la symphyse, plus particulièrement sur
ses bords inférieur et postérieur, au niveau desquels l'influence
de la croissance ne se fait pas sentir, avec une attention plus parti-
culière sur les portions situées au-dessus, ou au-dessous, des muscles
génio-hyoïdien et génio-glosse, qui ne présentent qu'un minimum
de modifications.
Cette superposition réalisée, s'assurer que les bords inférieurs
et les branches montantes sont bien parallèles. Recopier la ligne
GoGn, afin d'éviter une nouvelle localisation des repères qui est
génératrice d'erreurs. Relever le point D du premier tracé, et le
reporter sur le tracé suivant. Ce point servira à évaluer les chan-
gements de position de la mandibule. Il peut également être utilisé
comme point d'enregistrement pour les superpositions locales de
la mandibule (voir Figure 78, page 116).

6) POSITION ANTÉRO-POSTÉRIEURE DU MENTON (Fig. 16.»).


Cette valeur est proposée en raison de l'influence déterminante
du menton sur le type de profil; pratiquement, il donne son carac-
tère à l'étage inférieur de la face.
Déterminée à l'aide du point Pogonion, et établie au moyen de
la distance PO-LIGNE NB, mesurée sur la perpendiculaire abaissée
de Po sur NB.
Cette distance varie si largement qu'une moyenne ne peut être
donnée, car elle n'aurait que peu de valeur.
Le facteur important à considérer est le rapport des deux mensu-
rations Po-NB et SURFACE VESTIBULAIRE î-NB (point le plus anté-
rieur de la surface vestibulaire de I).
RAPPORT IDÉAL (HOLDAWAY) : 1 :1, soit l'égalité des mensu-
rations.
Une différence de 2 mm entre les mensurations permet des résultats
acceptables, si les tissus de recouvrement présentent une épaisseur
moyenne.
Une différence de 3 mm est encore tolérable.

171 '
Fig. 160. - Détermination de la position antéro-postérieure du menton, au
moyen de la distance Pogonion-Ligne NB.
Mensuration de la distance I-Ligne NB.
Le facteur important à retenir est le rapport de ces deux mensurations,
qui ont été préconisées par HOLDAWAY (D'après STBINER, The Angle Ortho-
dontist, janvier 1959).

Une différence de 4 mm ou plus rend généralement l'extraction


nécessaire, pour permettre de ramener cette mensuration dans des
limites acceptables.

II) RAPPORTS DENTURE-SQUELETTE (Fig. 161).

1) INCLINAISON DU PLAN D'OCCLUSION: le plan d'occlusion est déter-


miné comme dans la méthode de DOWNS (voir page 48). Son
angulation moyenne avec le plan SN est de 140 • '

2) ANGLE DES GRANDS AXES !-Ï : Moyenne 131°.


3) POSITION DE L'INCISIVE SUPÉRIEURE: déterminée par rapport à la
ligne NA par: a) une valeur linéaire; b) une valeur angulaire.
On peut y ajouter c) un rapport positionnel.
a) le point le plus antérieur de la couronne de la dent se trouve
à 4 mm en avant de la ,ligne NA.
b) le grand axe fait un angle de 22° avec la ligne NA;
c) normalement, le grand axe coupe le tracé de l'orbite près de
son point le plus inférieur.

172
A/>!ll~_~-]B
~'

Fig. I6I. - Valeurs utilisées pour l'analyse des rapports deEture-squelette


(D'après STEINER).

Mode d'appréciation du déPlacement de la dent (Fig. 162) : le point A


reflète les modifications de la base apicale apportées par le trai-
tement; l'angle SNA du premier tracé est reporté, en noir, sur tous
les tracés successifs. La ligne NA permet la comparaison et les
mensurations se rapportant à la position de ~ et de ~ ; les mensu-
rations successives n'ont en effet de valeur que si elles sont faites à
partir de lignes identiques.
Superposer les deux tracés sur SN, avec Nasion enregistré. Au
crayon noir reproduire la ligne NA du 1 er tracé sur le 2 e. Glisser le
2 e tracé vers le haut, ou vers le bas, le long des lignes noires, afin de
superposer au maximum les deux maxillaires supérieurs. Reporter
la position de l'incisive du 1 er tracé sur le 2 e, toujours au crayon
noir, en la schématisant par une ligne de traits interrompus qui
suit le grand axe de la dent (voir détails page 58, et Fig. 162, en bas).
4) POSITION DE L'INCISIVE INFÉRIEURE (Fig. 161) : déterminée par
rapport à la ligne NB, par: a) une valeur linéaire; b) une valeur
angulaire.
a) le point le plus antérieur de la couronne de la dent se trouve
à 4 mm en avant de la ligne NB;

173
s
-------- \;. ~

:~
Fig. 162. - Mode d'appréciation
du déplacement de l'incisive et
de la Ire molaire supérieures.
En haut, l'angle SNA du 1er
tracé a été reporté sur le 2 e .
Les deux tracés sont superposés
sur NA, en faisant coïncider au
maxim;'m les deux maxillaires
supérieurs, notamment au ni-
veau du plan palatin. Les dents
du 1er tracé sont reportées sur le
second.
En bas, la position initiale
de l'incisive et de la _molaire,
schématisées par des lignes en
traits interrompus, reportée sur
le tracé de fin de traitement.
Noter que l'incisive n'a pas
simplement pivoté autour de
son apex comme centre, mais
qu'elle a subi un mouvement
de gression en direction pala-
tine, grâce à l'emploi d'une
torsion sur champ (torque) de
l'arc rectangulaire Edgewise
utilisé conjointement avec les
élastiques inter - maxillaires
Classe II. Remarquer égale-
ment que la molaire a subi
un important mouvement
cl 'égression, qui a eu pour ré-
sultat l'ouverture de l'articulé,
et qu'elle a été basculée en
direction distale, au moyen de
plicatures instituées sur les arcs
(tip-backs) (D'après STEINER,
The Angle Orthodontist, janvier
1959)·

b) le grand axe fait un angle de 25° avec la ligne NB.

Mode d'appréciation du déplacement de la dent (Fig. 163): le point D


est utilisé pour mesurer les déplacements des dents inférieures sur
la mandibule, et localiser la position de ï. De ce point abaisser une
perpendiculaire sur GoGn, et l'arrêter au niveau du bord incisif.
Cette ligne, appelée ligne D, passe par l'incisive inférieure, mais
sa position est très variable.

174
Fig. 163. - La ligne D, perpendiculaire abaissée de D sur Go-Gn, utilisée pour
l'appréciation de la position de l'incisive inférieure, est reportée du premier
tracé sur les suivants, et met en évidence les mouvements d'ingression ou
d'égression de la dent (D'après STEINER, The Angle Orthodontist,janvier 1959).

Mesurer, à angle droit, la distance ligne D-point le plus antérieur


de la couronne de Ï. Mesurer également l'angle formé par l'axe de
cette dent avec la ligne D. Reportée par superposition sur les
autres tracés, suivant le même procédé que la ligne GoGn, (repères
reportés d'un tracé sur l'autre) cette ligne qui est arrêtée au niveau
du bord incisif de î, met en évidence les mouvements d'ingression
et d'égression de la dent.
S) POSITION DES Ires MOLAIRES SUPÉRIEURE ET INFÉRIEURE (Fig. 162
et 164) : elle n'est plus seulement, comme dans la première
méthode, déterminée par mensuration; les dents sont, comme
les incisives, représentées schématiquement par une ligne qui
objective leurs déplacements. (Voir détails page 10 1)
Pour la molaire supérieure le déplacement est déterminé par
superposition sur NA, suivant la même technique que pour l'in-
cisive.
Pour la molaire inférieure, le déplacement est mesuré, comme
pour l'incisive, par superposition sur GoGn, avec D enregistré.
6) ANGLE INCISIVE INFÉRIEURE-PLAN MANDIBULAIRE GOGN (Fig.
161)
Cette valeur ne figure plus sur la nouvelle charte, mais est
encore calculée par certains opérateurs. Elle est surtout consi 7
dérée comme donnant une indication secondaire sur le degré

175
Fig. 164. - Mode d'appréciation des déplacements de l'incisive et de la Ire
molaire inférieures.
En haut, les deux tracés sont superposés sur Go-Gn, avec D enregistré.
En bas, la position initiale de l'incisive et de la molaire schématisées par
des traits interrompus, reportée sur le tracé de fin de traitement. Ce dernier
est ainsi beaucoup plus clair. Noter que la vestibulo-version de l'incisive a
été corrigée, que la dent a subi une ingression, et que la courbe de SPEE a été
nivelée. La molaire a été basculée en direction distale (tip-back); ce mou-
vement est destiné à assurèr une meilleure résistance de l'ancrage, lorsqu'il
subira la traction des élastiques inter-maxillaires Classe II. II contribue
également à favoriser l'ouverture de l'articulé (D'après STEINER, The Angle
Orthodontist, janvier 1959).

176
d'activité des centres fertiles condyliens, par estimation des
phénomènes de compensation, et sur le développement de la ré-
gion condyle-branche montante; elle complète les renseigne-
ments fournis par l'angle Go Gn-SN, en montrant les compen-
sations qui ont pu se produire.
Moyenne: 93 0 •

III) ANALYSE DU MOUVEMENT DE LA MANDIBCLE (Fig. 159).

On étudie le parcours de la mandibule de la position de repos


à la position d'occlusion; le mouvement d'ouverture au-delà de la
position de repos est à peu près le même chez la plupart des sujets
(PARKER, 146).
a) Faire un tracé, appelé tracé N° l, reproduisant la position
d'occlusion en trait Plein, et la position de repos en pointillé.
b) Faire un nouveau calque de la mandibule en position d'occlu-
sion, appelé tracé N° 2.
c) Superposer le tracé N° 2 sur le tracé N° l, et les percer tous
les deux, au centre du condyle, en un point C.
d) Porter la mandibule du tracé N° 2 sur celle en pointillé du
tracé N° 1 (qui indique la position de repos). Le point C du
tracé N° 2 vient en C/; la distance CC/ donne l'importance
du mouvement du condyle, et l'angle CC/-SN représente
la direction du mouvement.
On opère de même aveC le point Gnathion. Si l'on projette la
ligne Gn/Gn sur SN, la distance Gn/Gn représente le déPlacement du
menton, et l'angle Gn/Gn-SN représente la direction du mouvement
d'ouverture.

UTILISATION DE LA CHARTE POUR L'ANALYSE


ET LE PLAN DE TRAITEMENT

Les valeurs des différentes mensurations sont reportées sur la


charte (Fig. r65).

A) ETABLISSEMENT DES OBJECTIFS DE TRAITEMENT.


r) Porter les valeurs du cas examiné sur le diagramme marqué
« problem» (Fig. 165, en bas, 1er à gauche), en disposant les
chiffres de la même manière que sur les diagrammes de la
rangée supérieure, marqués « Ideal» et « Acceptable compro-
mises» (Même Figure; voir aussi Figure r 66, diagramme du
centre, à gauche).
2) Estimer l'amélioration que le traitement doit apporter dans la
valeur de ANB, et porter la nouvelle valeur de cet angle en A
177
- 14 -

Analysis Sheet No. 1

N~a~m~.· _________________________________________ ~N~o, _______ ~A~~, ______ &~.~, ______


CEPHALOMETRIC ANALYSIS

Ref Nonn

SNA (angle) 82'

SNB (angle) BO'

ANB (angle) 2'

SND (angle) 76° or 77"

l to NA (mml •
l to NA (angle) 22'

ï to NB (mml

ï to NB (angle) 25'
not
Po to NB (mm) established

Po&ÏtoNB (Difference)

l to 1 (angle) 131 0

Occ1 to SN (angle) W

GoGn 10 SN (angle) 32'

SL (mm) 51

SE (mml 22

Arch length
discreoancy

.;:~,
~25"
IDEAL
./00:
4.~7" ~:, ~~:',
ACCePTAILE COM'.OMISES
A.NI A
LOWER ARCH +
Discrepancy

Expansion

Relocation 1

Relocation 6

lntermaxillary

Extraction
D
[ _i_ 0
Total Net

• These estimales ore useful


PG

aB
D
i.
T T
guides but they mUlt be modilied for indilJiduals.

Fig. 165. - Charte de STEINER pour l'analyse et le plan de traitement (D'après


STEINER, Hawaiian Orthodontie Society, avril 1959).

178
(Fig.'165, 2 e rangée en partant de gauche, diagramme du haut,
voir aussi Fig. 166, diagramme du haut, au centre) ..
3) Estimer les positiohS de ! et Ï, dictées par le nouvel angle
ANB, en consultant les trois diagrammes marqués « acceptable
compromises ». Relever les chiffres du diagramme approprié.
Sur le même diagramme que précédemment, en B inscrire les
2 mensurations de !, et en C les 2 mensurations de ï. Placer
les chiffres en adoptant la disposition des trois diagrammes
précités ..
4) Estimer la mensuration Po-NB en fin de traitement. Tenir
compte du potentiel de croissance, de la distance que devra
parcourir l'incisive, et de l.a thérapeutique utilisée (notam-
ment préparation d'ancrage, ou absence de préparation).
Porter cette valeur en D (Fig. 165, diagramme au-dessous du
précédent; voir aussi Fig. 166, diagramme du centre, en bas).
5) Estimer la valeur Ï-NB. Idéalement, elle est égale à la précé-
dente, inscrite en D; porter cette valeur en E, sur le même
diagramme que Po-NB.
6) Etablir la position de !; elle est inscrite en F (même schéma
que E, au-dessus), et est déterminée de la façon suivante:
F = E- (C-B)
E, C, B, étant connues, calculer F.
F et E ont alors la même position relative par rapport à NA
et NB, dans les deux diagrammes du 2 e rang à gauche (repro-
duits au centre, Fig. 166), ainsi que B et C. Dans cette position,
F est en avant de E de la même distance que B est en avant de
C dans leurs diagrammes respectifs.
7) La position de ! et Ï, telle qu'elle est déterminée par la valeur
de ANB est établie en B et C.
La position de ces deux mêmes dents, déterminée par la
distance Po-NB, est établie en F et E.
Réunir les deux diagrammes en un seul, sur le diagramme
marqué « Resolved» (Fig. 165, en bas, 3e ; voir aussi Fig. 166,
diagramme de droite), en prenant la moyenne des valeurs.
A est reporté sans changement.
D est reporté sans changement.
· 1a moyenne entre B et F : B+F
FaIre --- = G
2

Faire la moyenne entre C et E : C + E = H


2

8) G = distance! - NA (en mm).


Pour connaître la valeur de l'angle axe !-NA, consulter les
diagrammes« Acceptable compromises ». Inscrire la valeur en
I.

179
Analysis Sheet No. 2

Estimate of what
angle ANB will be
at end of treatment.

Carry over
ANB the estimate
take this
from chart of
compromises

Average of take this from


Band F chart of
(B and F..,..2=G) compromises

take this from


chart of
compromises

Po - NB Carry over
the estima te

Estimated what Po - NB
will be at end of
treatment.

St"(: Chart No. 1 fOI letters representing positions on these chartE.

Fig. 166. - Les schémas de la charte de STEINER, utilisés pour l'établissement


des objectifs de traitement '"(D'après STEINER, Hawaiian Orthodontie Society,
avril 1959).

180
9) H =distance Ï - NB (en mm).
Pour connaître la valeur de l'angle axe l - NB, consulter
le même diagramme que pour la valeur précédente. Inscrire la
valeur en J.
IO) Ces estimations sont utilisées simplement comme guides, mais doivent
être adaptées à chaque cas individuel, suivant l'âge, la race, le
type ... Inscrire les chiffres modifiés, s'il y a lieu, sur le dia-
gramme« Treatment goal individualized» (Fig. r65, 4 e en bas,
en partant de gauche).

B) COMMENT ÉTABLIR LE PLAN DE TRAITEMENT.


(U tilisation des deux cadres rectangulaires, en bas à gauche).
PETIT CADRE SUPÉRIEUR" CORRECTIKG ARCH FORM ».

r) Le tracé de Ï peut ne pas représenter exactement la posItIOn


antéro-postérieure moyenne des autres incisives. Si, par exemple,
l'incisive centrale est seul.e en vestibulo-position par encom-
brement incisif, il serait inexact de la considérer comme repré-
sentant la position vraie de l'ensemble de l'arcade. Dans ùn
tel cas, il faut faire une estimation de sa position par rapport
aux autres incisives, en imaginant ce que serait la forme de
l'arcade si cette dent n'était pas en malposition.
pans l'exemple donné, l'arcade se trouverait raccourcie, et
il faudrait inscrire la valeur estimée dans la colonne - .
D'autre part, corriger la valeur « distance Ï-NB », sur le
diagramme marqué« problem» en retranchant un nombre égal
à celui porté dans la colonne -- du cadre.
Procéder de même si la forme de l'arcade ne correspond pas
à ce qu'elle devrait être pour le cas étudié et se trouve, par
exemple, trop pointue.

CADRE « LOWER ARCH", EN BAS A GAUCHE.


2) « DrSCREPANCY» : inscrire dans la colonne appropnee (+ ou
-) la différence entre « espace disponible » et « espace néces-
saire » (voir charte de GRABER et analyse de TWEED).
3) « EXPANSION» : estimer l'expansion qui peut être obtenue, et
conservée. Se souvenir que si l'on transforme une arcade pointue
en arcade arrondie, on pratique déjà une expansion au niveau
des canines.

4) « RELOCATION 1» : estimer la différence de longueur d'arcade


provoquée par la mise en place de Ï, lorsque cette dent passera
de sa position initiale, indiquée dans le diagramme« Problem »,
à celle prévue au diagramme« Treatment goal individualized ».
Cette différence, en + ou en - , est à multiplier par 2, car elle
existera des deux côtés de l'arcade.

181
5) « RELOCATION "6» : estimer la différence de longueur d'arcade
qui résultera de la mise en bonne position de 6. Calculer la
longueur d'arcade qui peut être gagnée, et maintenue, à la
suite de la correction d'une version mésiale de la dent, ou d'une
courbe de Spee exagérée; la multiplier par 2 et porter le nombre
obtenu dans la colonne +. En cas de fermeture de diastèmes,
porter la valeur dans la colonne-.
6) « INTERMAXILLARY» : si le cas est à traiter par élastiques inter-
maxillaires Classe II, sans préparation d'ancrage, chaque
molaire fera une version mésiale d'environ 2 mm. La longueur
d'arcade, pour les deux côtés, est donc réduite de 4 mm, et ce
chiffre est à inscrire dans la colonne - .
7) « EXTRACTION» : suivant l'importance de la différence entre les
totaux des colonnes + et - , on décidera s'il y a lieu, ou non, de
procéder à des extractions. La place laissée disponible par 2 ex-
tractions de premières prémolaires est de 7,5 mm X 2, soit
15 mm, qui sont le cas échéant à porter dans la colonne +. Le
mouvement mésial des molaires, au cours de la fermeture des
espaces par technique conventionnelle, fera perdre environ 1/3 de
l'espace disponible; le chiffre 5 est à porter dans la colonne - .
1

C) INCIDENCES DE LA PRÉPARATION D'ANCRAGE (Utiliser le 5' dia-


gramme en partant de gauche).

« La préparation d'ancrage est la mise en place des dents dans la


meilleure position possible pour leur permettre de résister à la
traction à laquelle elles sont soumises» (TWEED).
STEINER ajoute: « la préparation d'ancrage est la mise en place
des dents dans une position telle que, après avoir été utilisées com-
me ancrage elles se trouvent à la place désirée; ce qui signifie que
les dents d'ancrage doivent être amenées au-delà de la position
dans laquelle on désire les voir en fin de traitement, assez loin pour
compenser ce que la traction à laquelle elles seront soumises leur
fera perdre ».
1) INCISIVE INFÉRIEURE : la position de l'incisive étant déterminée,
il faut, tenant compte des principes énoncés ci-dessus, considérer
que, au cours de la préparation d'ancrage, l'incisive inférieure
se
1
trouvera avancée d'environ 2 mm.
Si, par exemple, la position de l'incisive avait été déterminée
à 4,5 mm en avant de NB, la préparation d'ancrage doit placer
cette dent à : 4,5 mm - 2 mm = 2,5 mm, à inscrire sur le
diagramme correspondant.
2) MOLAIRE INFÉRIEURE ': sous la flèche de gauche (direction mésiale),
inscrire les valeurs qui représentent un mouvement mésial de la
molaire: fermeture de diastèmes (moitié du chiffre total), espace
laissé libre par une extraction ...

182
Sous la flèche de droite (direction distale), inscrire les valeurs
représentant un mouvement distal de la molaire : différence
entre le chiffre rectifié de la distance Ï-NB, inscrite sur le dia-
gramme « problem », et le chiffre qui vient d'être inscrit sur le
diagramme de préparation d'ancrage; correction d'une version
mésiale de la dent ...
Faire la différence entre les deux colonnes, pour connaître le
sens du déplacement et son importance.
L'avant-dernier diagramme de la rangée est destiné à recevoir
les chiffres relevés en fin de traitement, et le dernier les chiffres
relevés en fin de contention.
MÉTHODE D'ANALYSE
DE COUTAND (Point C), 1955

1) CONSTRUCTION (Fig. [68).

Sur le film en occlusion, tracer


le Plan palatin, bi-spinal (*),
le Plan mandibulaire.
Prolonger ces deux plans vers l'arrière, jusqu'à ce qu'ils se
rencontrent en· un point D.
A partir du sommet D de l'angle ainsi construit, tracer la bis-
sectrice de l'angle, DZ.

Fig. [68. - Construction pour la méthode d'analyse de COUTAND (sujet à


profil légèrement convexe, avec rapport normal des bases apicales).

(*) Si le repère postérieur est dissimulé par les germes de molaires, le plan
est tracé tangent au sommet de la convexité de la voûte palatine.

184
Du point A, abaisser sur le plan palatin une perpendiculaire qui
coupe celui-ci en un point M.
Du point B, abaisser sur le plan mandibulaire une perpendi-
culaire qui coupe celui-ci en un point m.
Ces deux perpendiculaires se coupent en un point, appelé point C.
Normalement, dans les cas moyens et sans anomalies, le point C,
en raison du retrait de la base inférieure par rapport à la base
supérieure, se trouve de 3 à 5 mm au-dessus de la bissectrice DZ.

II) VARIATION DE LA POSITION DU POINT C.


La position du point C varie avec :
A) L'ORIENTATION DES PLANS DE BASE.

1) PLAN PALATIN:
a) plan palatin oblique en bas et en arrière : Cremante;
b) plan palatin oblique en bas et en avant: C descend.
2) PLAN MANDIBULAIRE :
a) petit angle Francfort-Mandibulaire (au-dessous de 25°)
Cremante;
b) grand angle Francfort-Mandibulaire: C descend.
B) LES LIMITES ANTÉRIEURES DES BASES.
1) Si A est situé très en avant, type squelettique Classe II (*),
C monte.
2) Si B est situe très en avant, type squelettique Classe III (*),
C descend.

III) LE PROFIL FACIAL.


La distance point C-Plan Facial est de 3 à 5 mm (en avant du
Plan Facial) pour un profil rectiligne.
Lorsque la distance Point C-Plan Facial est suPérieure à
5 mm, le profil est convexe.
Lorsque le point C est en arrière du Plan Facial, le profil est
concave.

(*) Suivant la terminologie de C. F. BALLARD.

185
MÉTHODE D'ANALYSE
DE SASSOUNI (1955-1959)

Cette méthode a été basée, pour l'analyse du film de profil,


sur les tracés de 100 films, portant sur 51 filles et 49 garçons,
âgés de 7 à 15 ans, d'origine méditerranéenne pour la plupart,
et, pour l'analyse du film frontal sur les céphalogrammes de
102 enfants âgés de II ans à 13 ans 1/2, et 9 adultes. Tous les
films étudiés ont été pris avecl'appareillage BROADBENT-BoLTON.
Les plans de référence habituellement sélectionnés pour l'emploi
des méthodes d'analyse présentent des inclinaisons variables
suivant les individus; c'est le cas, par exemple, du plan S-Na,
Selle turcique-Nasion. Pour éliminer l'effet de ces variations,
susceptibles d'influencer les mensurations, l'auteur utilise une
construction géométrique, qui présente un caractère propre pour

l
chaque individu.
La méthode d'analyse de Sassouni ne comporte l'emploi d'au-
cune moyenne, d'aucun« type» idéal. Un« optimum» se trouve
défini pour chaque cas, et cet optimum est ensuite utilisé pour le ,J
diagnostic différentiel. Les angles ne sont mesurés que pour être
comparés entre eux. Il, permettent de vérifier la normalité des
rapports ou des proportions, mais leurs valeurs absolues ne
sont pas retenues. « Le concept de normalité arithmétique est
remplacé par le concept de proportionnalité ».
L'analyse est valable pour les trois plans de l'espace.
Enfin, l'auteur s'est attaché à faciliter au maximum la tâche du
praticien, en présentant une charte ne comportant que les ren-
seignements essentiels pour l'étude du sujet, ainsi que des tracés
céphalométriques standard permettant une comparaison par
simple superposition.
Nous verrons successivement
1) 'l'orientation des d'eux films, frontal et de profil;
2) l'étude du film de profil (A- définitions particulières, B-
construction géométrique; C- normes);

186
1
3) l'étude du film frontal (A- définitions particulières; B-
construction géométrique; C- normes);
4) l'étude de la croissance sur le film de profil;
5) L'emploi des tracés céphalométliques standard et de la
charte.

1) ORIENTATION DES DEUX FILMS

Employer une feuille de papier millimétré. Placer d'abord le


film frontal, à droite, de façon que la ligne bilatéro-orbitale Lo-Lo
(Fig. r69, à droite) se place sur une ligne grasse horizontale. Déter-
miner l'emplacement de l'apophyse crista-galli; cette structure est
généralement de forme ovoïde. Placer sa base (Point Ne, Fig. r69,
à droite) sur une ligne grasse verticale. Les axes des deux olives
auriculaires peuvent ne pas se placer sur le même plan horizontal;
dans ce cas, la différence de niveau montre soit le degré d'incli-
naison que la tête a pris dans le céphalostat, par suite d'une mise en
place défectueuse, soit l'importance des asymétries.

Fig. 169. - Orientation des deux films, frontal et de profil, sur papier mil-
limétré (D'après SASSOUNI, Ameriean Journal of Orthodonties, juillet 1957).

Placer à gauche le film de profil, de façon que les olives auri-


culaires soient sur le même plan horizontal que les olives du film
frontal. Aligner le bord incisif de l'incisive centrale supérieure du
film de profil sur ce même point, vu sur le film frontal. Vérifier le
niveau des points : Menton, Basion, Odontoïdal (sommet de
l'apophyse odontoïde de l'axis, seconde vertèbre cervicale, qui peut
être vu sur les deux films, point Od, Fig. r 69 et r 7 r) et aussi,
lorsque c'est possible, des têtes des condyles mandibulaires.

187
2) ÉTUDE DU FILM DE PROFIL

A) DÉFINITIONS PARTICULIÈRES (Fig. 170 et 171).

PLAN SUPRA-ORBITAIRE : Sur le film de profil, deux lignes repré-


sentent la base antérieure du crâne:
la ligne supérieure, plafond de l'orbite, comprend notamment la
petite aile du sphénoïde;
la ligne inférieure comprend, d'arrière en avant, la région sphé-
no-ethmoïdale et la lame criblée.
Le plan supra-orbitaire est tangent à l'apophyse clinoïde anté-
rieure, et au point le plus élevé du plafond de l'orbite (Cl-Ra,
Fig. 170). Pratiquement, ce plan suit la ligne suPérieure.

/
;·1:
/ R

,"
/
./
__ ° " _ 0 _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ ' ______ ."_ • • • _________ - ___ . - - - - - - - - - - PGt

Fig. 170. - L'analyse dans les trois dimensions des céphalogrammes de face
et de profil (D'après SASSOUNI, American Journal of OrthodunticJ, juin 1958).

PLAN DE LA BASE DU CRANE: plan parallèle au plan supra-orbitaire,


et tangent au point Si.
PLAN RAMAL : plan tangent au bord postérieur de la branche mon-
tante.
SI : point le plus inférieur de la selle turcique, sur le film de profil.
Sp : point le plus postérieur de la selle turcique, sur le film de profil.

188
POINT 0 : point d'intersection des quatre plans horizontaux de la
face (plan de la base du crâne, plan palatin, plan d'occlw;ion,
plan mandibulaire, Fig. 172).
TE (temporal) : intersection de la lame criblée et du sillon Maxillo-
Zygo-Temporal (MZT) (Fig. 171).

T.

~
""--"""'
U '1f
1
Ci>lJ1
0kR ~0 A1~

&~\:~: <>~
Ga

Fig. [7 I. - Points particuliers utilisés sur le film de profil.


Od : Odontoïdal.
l'e : Temporal.
MZT : Sillon maxillo-zygo-tcmporal.
KR : Key-ridge.
SO : Rebord sus-orbitaire (D'après SASSOU:-i', American Journal of
Orthodonties, juillet [957).

E) CONSTRUCTION GÉOMÉTRIQUE (Fig. [7{!).

PLANS.

Tracer une parallèle au plan supra-orbitaire, tangente au point


Si (plan de la base du crâne).
Tracer le plan palatin, le plan occlusal (du milieu du recou-
vrement incisif au milieu de l'engrènement cuspidien de la 1 re
molaire), le plan mandibulaire (ce dernier passant par le point
Menton et tangent au bord inférieur dans la région de l'angle
goniaque).
Le plus souvent, trois plans, sur les quatre, se rencontrent en O.

189
Celui des quatre plans qui ne converge pas en 0 représente la
région dans laquelle l'équilibre facial a été rompu.
Le point 0 est plus déterminé par une zone de convergence que
par un point géométrique : il doit être considéré comme le centre
d'un cercle de 15 mm de diamètre, dans lequel passent les quatre
plans.

Fig. 172. - Construction géométrique pour l'analyse de SASSOUNI, chez un sujet


présentant une face bien proportionnée.
O.S'.L : Plan de la base du crâne.
O.PNS.ANS : Plan palatin.
O.R.P. : Plan d'occlusion.
O.g.G : Plan mandibulaire.
L.ANS.G : Arc antérieur.
Sp.g.T : Arc postérieur.
(D'après SASSOUNI, Ameriean Journal if Orthodonties, octobre 1955).

190
1
Si l'un 'd'eux présente un degré de divergence tel qu'il passe
hors du cercle, il n'en est pas tenu compte pour la détermination
du point 0 (176).
Les quatre plans peuvent se rencontrer deux à deux, en deux
points d'intersection différents; dans ce cas, le point 0 désigne l'in-
tersection du plan de la base du crâne et du plan mandibulaire.

Fig. 173. - Type squelettique lA (D'après SASSOUNI, Ameriean Journal qf Ortho-


donties, octobre 1955).

Fig. 174. - Type squelettique lB (D'après SASSOUNI, Ameriean Journal of Ortho-


donties, octobre 1955).

191
C'est l'absence de convergence en 0 qui servira à déterminer le
type facial du sujet:
TYPE 1 : le Plan de la base du crâne ne converge pas en O.
TYPE II : le Plan palatin ne converge pas en O.
TYPE III : le plan occlusal ne converge pas en O.
TYPE IV : le plan mandibulaire ne converge pas en O.
Pour chacun de ces types, le plan qui ne rencontre pas les
autres en 0 peut passer :
soit au-dessus (Above), subdivision A, Fig. 173.
soit au-dessous (Below), subdivision B, Fig. 174.

ARCS.
Du point 0 comme centre, tracer les arcs de cercle passant par
les points suivants:
a) ARC ANTÉRIEUR, passant par le Nasion. Si ANS ne se trouve
pas sur cet arc, tracer également l'arc passant par ce point.
b) ARC BASAL, passant par le point A.
c) ARC MÉDIAN, passant par le point Te ..
d) ARC POSTÉRIEUR, passant par le point SP.
AXES DENTAIRES.
Tracer les grands axes des dents suivantes
Incisive centrale supérieure.
Incisive centrale inférieure.
Première molaire supérieure.
Première molaire inférieure.
(Voir Figure 172 pour le tracé des axes des molaires).
MENSURATIONS.
Sont à mesurer les angles suivants :
Angle plan de la base du crâne-plan palatin.
Angle plan palatin-plan mandibulaire.
Angle plan ramaI-plan d'occlusion.
Angle incisive supérieure - plan d'occlusion,
- plan palatin,
- plan de la base du crâne.
Angle Ire molaire supérieure - plan d'occlusion,
- plan palatin,
- plan de la base du crâne.
Angle mcisive inférieure - plan palatin,
- plan d'occlusion,
- plan mandibulaire.
Angle Ire molaire inférieure - plan mandibulaire.

192
C) NORMES (Fig. 172).

EN CE QUI CONCERNE LES PLANS


Les quatre plans de la face se rencontrent au point O. L'inter-
section de ces plans en un seul point constitue la définition même
de la face bien équilibrée et bien proportionnée.
L'importance de l'inclinaison du plan palatin a été signalée par
SCHWARTZ et par KORKHAUS. SASSOUNI a trouvé que le corps
mandibulaire se place comme la base du crâne, en dimension et en
position, symétriquement par rapport au plan palatin (176).

LES ANGLES FACIAUX :


Angle plan de la base du crâne - plan palatin
égale
Angle plan palatin - plan mandibulaire.
Il en résulte que les deux régions faciales antérieures (région
supérieure, au-dessus du plan palatin, et région inférieure, au-
dessous de ce même plan) sont égales.
Il en est de même pour les deux régions faciales postérieures.

LES ARCS:
a) l'arc ayant 0 comme centre, et passant par le Nasion, doit égale-
ment passer par :
- épine nasale antérieure,
- bord incisif centrale supérieure,
- pogonion.
Le profil est alors dit « archiaf ». Il présente généralement le
type convexe. (Fig. 175, B ) . "
Si ANS, le bord incisif de la centrale supérieure fc'Pog sont
en avant, l'ensemble de l'étage inférieur de la face est al).térieur
à l'arc passant par le N asion, et le profil est dit « préarchial »
(Fig. 175, A). La convexité du profil augmente.
Si l'ensemble de l'étage inférieur de la face est postérieur à
l'arc passant par le Nasion, le profil est dit «postarchial» (Fig. 175,
C). Ce profil évolue vers le type rectiligne; il devient concave si
le Pogonion est moins postérieur que les deux autres points.
Dans ces deux cas, tracer un second arc passant par l'épine
nasale antérieure; cet arc doit passer par Je bord incisif de la
centrale suPérieure et le Pogonion (Fig. 175, A).
b) l'arc passant par le point A doit également passer par le point
B (étude du rapport des bases apicales). Dans ce cas, angle !-
plan d'occlusion == angle Y-plan palatin (Fig. 176, a).
c) l'arc passant par Te (Temporal) doit être tangent à la face
mésiale de la Ire molaire supérieure (étude de la position antéro-
postérieure de la Ire molaire supérieure) (Voir Fig. 170, à

193
.\.

c.

Fig. 175.
A -: profil
Types de profil. B : profil archial; C : profil post-archial (D'après
préarchial;
SASSOtJNI, American Journal of Orthodonties, octobre 1955)'

194
gauche et Fig. 177). Les rapports ~-arc temporal sont semblables
aux rapports ANS-arc antérieur; la position de ~ varie avec la
position de !.
La distance arc temporal-face mésiale de ~ est mesurée sur le
rayon de la circonférence ayant 0 comme centre (Fig. 177).
d) l'arc passant par SP doit également passer- par le point Gonion.
Il en résulte que:
- longueur du corps mandibulaire, du Gonion au Pogonion,
égale
longueur de la base du crâne, mesurée de SP à Na sur le
rayon de la circonférence ayant 0 comme centre (étude du
développement mandibulaire par rapport au crâne);
dans le sens antéro-postérieur, le corps mandibulaire est
compris entre les deux arcs, arc antérieur et arc postérieur
(étude de la position de la mandibule).

LES AXES DENTAIRES (Fig. 172) :


Angle fi-plan mandibulaire = angle Y-plan mandibulaire Plus 5°.
Angle plan ramaI-plan d'occlusion = angle Y-plan d'occlusion.
Angle !-plan d'occlusion = angle Y-plan palatin.
Angle !-plan d'occlusion = angle ~-plan de la base du crâne.
Angle ~-plan d'occlusion = angle !~plan de la base du crâne.
Angle ~-plan palatin = angle ~-plan palatin plus 10°.

L'ÉQUILIBRE VERTICAL:
Dans le sens vertical, l'axe de symétrie est le plan palatin.
Donc,
Distance ANS-base du crâne = Distance ANS-plan mandibu-
laire (étude de la hauteur des étages de la face).
Distance PNS-base du crâne = Distance PNS-plan mandi-
bulaire (Fig. 178, B).
Le bord incisif de la centrale supérieure est situé au milieu de
la distance ANS-Pogonion, déterminé par le point ~ (Fig. 179).
Le bord incisif de la centrale inférieure est situé au niveau du
milieu de la distance Point A-Point B, déterminé par le point x
(Fig. 179).
Le point équidistant entre x et ~ est dénommé Point Z; dan~ le
sens vertical, la face triturante de ~ est située sur la ligne O-Z,
Fig. 179. La variation verticale de ~ est minime; elle est de l'ordre du
millimètre. Dans ce plan, la dent peut donc être considérée comme
très stable. (La ligne OZ ne coïncide pas obligatoirement avec le
plan d'occlusion).

195
~
.
:
.v.·
/
'0 \ ,(~~---+~'----'\\'
\'

) .

Fig. 176.'- En a, l'arc passant par A, passe également par B. Angle l-plan
d'occlusion = Angle -i-plan palatin.
En b, B est en arrière de l'arc passant par A. Angle I-plan
palatin < Angle l-plan d'occlusion.
En c, B est en avant de l'arc passant par A. Anglel-plan palatin> Anglel-
plan d'occlusion (D'après SASSOUNI, American Journal of Orthodonties, juillet
1957).

Fig. 177. - L'arc temporal, tracé de 0 comme centre, avec OTe comme rayon.
On mesure la distance de l'arc à la face mésiale de.§, sur le rayon du cercle.
(D'après SASSOUNI, Ameriean Journal of Orthodonties, juillet 1957)

196
A.

R.

c.

Fig. 178. - Etude de l'équilibre vertical.


En A : région inférieure plus haute que la région supérieure.
En B : équilibre par égalité de hauteur des deux régions, supérieure et
inférieure.
En C : région supérieure plus haute que la région inférieure (D'après
SASSOUN1, Ameriean Journal of Orthodonties, octobre 1955).

197
-------~::f AII~

o~------ ____ _ A.. .: -.8

~MI~~i'r.~
,1,2 'Z~

;
1
1
1
1

~___,3~b.

Fig. 179. - Construction du point Z.


~ : point médian de la droite ANS-Pogonion.
ri. : point médian de la droite AB.
Z : point médian de la droite ~'l..
La face triturante de 6 est située sur la droite OZ (D'après SASSOUNI,
American Journal if OrthoàOntics, juillet 1957).

3) ÉTUDE DU FILM FRONTAL

A) DÉFINITIONS PARTICULIÈRES (Fig. 170 et 180).


Lo (latéro-orbital) : intersection de la ligne orbitaire oblique avec
l'image latérale du contour de l'orbite.
LIGNE ORBITAIRE OBLIQ.UE : représente la projection de la grande
aile du sphénoïde et d'une partie de l'os frontal.
Ne : base de l'apophyse crista-galli.
Mx (maxillare) : point situé au niveau de la partie la plus déclive
de la concavité de la partie latérale du maxillaire supérieur,
entre l'apophyse coronoïde et la rre molaire supérieure.

B) CONSTRUCTION GÉOMÉTRIQUE (Fig. 170, à droite).

Tracer la ligne Lo-Lo.


Tracer une perpendiculaire à cette ligne passant par Ne.
V érifier les asymétries transversales, des deux côtés de cette
perpendiculaire, et les asymétries verticales par comparaison avec
la ligne Lo-Lo.
Tracer, des deux côtés, la ligne Lo-Mx.
Projeter les deux distances SP-Na, et Go-Pog sur le plan sagittal
médian du film frontal, en traçant l'arc antérieur coupant la

198
li.,

Fig. 180. - Points utilisés sur le film frontal.


Lo : Latero-orbital.
Ne : base de l'apophyse erista-galli.
Mx : maxillare.
Od : odontoïdal.
Ba : basion.
Bo : point de Bolton.
Ms : mastoïdal (point le plus inférieur de l'apophyse mastoïde).
M : mal are (point médian de l'intersection de la projection de l'apophyse
coronoïde et du bord inférieur de l'os malaire).
Oblique line : ligne orbitaire oblique. .
Lesser wing of sphenoïd : petite aile du sphénoïde (D'après SASSOUNI,
Ameriean Journal of Orthodonties, juillet 1957).

verticale passant par les points SP et Go; les deux points d'inter-
section sont ensuite projetés sur le plan sagittal médian du film
frontal.

C) NORMES.

a) la face vestibulaire des Ires molaires supérieures doit être tan-


gente à la ligne Lo-Mx. La distance qui sépare la face vesti-
bulaire de ~ de la ligne Lo-Mx indique le degré d'endognathie ou,
au contraire, d'étalement de l'arcade. Dans l'occlusion normale,
la variabilité est de l'ordre de -t- l à 2 mm; dans la malocclusion
Classe II, div. l, il Y a tendance à la réduction du diamètre

199
transversal, d'une molaire à l'autre. Le contraire se produit
pour la Classe III.
b) Lo-Sp-Lo = Go-Po-Go = Go-SP-Go. Le triangle Go-Po-Go
représente une vue verticale de la mandibule (Fig. 170, à droite).
c) Lo-Lo = Go-Go; Ces diamètres transversaux sont égaux.

4) ÉTUDE DE LA CROISSANCE SUR LE FILM DE PROFIL

La superposition est faite sur le point 0, considéré comme


fixe.
En l'absence de traitement orthodontique, deux possibilités
peuvent se présenter
a) les angles faciaux ne changent pas : les rapports entre les deux
régions faciales supérieure et inférieure, et entre les régions
antérieure et postérieure, délimitées par les arcs de cercle,
augmentent proportionnellement.
La seule modification est la longueur du rayon des deux
arcs. La proportion de croissance est égale à la proportion entre
les rayons des arcs sur les différents tracés.
b) les angles faciaux changent: dans ce cas, la modification des angles
matérialise la différence de proportion entre les régions faciales,
antérieure et postérieure, qui est intervenue entre les tracés
successifs.

5) EMPLOI DES TRACÉS


CÉPHALOMÉTRIQUESSTANDARD
ET DE LA CHAR TE

L'auteur a complété sa méthode par l'emploi de tracés cépha-


lométriques standard, présentés sous forme de transparents, dans
son ouvrage The Face in flve dimensions (176). Ces tracés, qui repré-
sentent la tendance moyenne de sujets à occlusion normale, pour
un âge et une race donnés, permettent une évaluation rapide de
l'équilibre facial. La présence de standards pour sujets de races
noire et jaune, est susceptible d'apporter une aide pour l'étude de
certains cas de malocclusion, dans lesquels les facteurs raciaux
viennent compliquer les données du problème.

200
TRACÉ CÉPHALOMÉTRIQUE ANALYSE DE SASSO UNI
STANDARD

PROFONDEUR DE LA FACE
Dimension:
Base du crâne ................ . Rapports ANS, 1, Pog-Arc antérieur ..
Maxillaire .................... . Rapports B et A - Arc basal ....... .
Corps mandibulaire Rapports 1" molaire - Arc médian ..

Position:
Maxillaire sup. par rapport à Na Rapports Gonion - Arc postérieur ...
Mandibule par rapport à Na .... % longueur corps mand. - base du
crâne ......................... .
Incisive sup.-Maxillaire ......... Position maxillaire supérieur ........ .
Incisive inf.-Mandibule ......... Position de la mandibule .......... .
Molaires ...................... Rapports Mandibule-Maxillaire
-~-------_._-------------------------

HAUTEUR DE LA FACE
Hauteur totale région faciale ant. . Convergence des plans ............. .
Hauteur totale région faciale post. Rapport Etage inf-Etage sup. (arc ant.).
Angle goniaque ............... . Rapport Etage inf-Etage sup. (arc post.)
Inclinaison du plan mandibulaire. Inclinaison plan palatin ............ .

LARGEUR DE LA FACE
Symétrie:
Incisives ...................... Rapport diamètres GoGo-LoLo ...... .
Molaires. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. Position des molaires .............. .
Gonion. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. Rapport diamètre GoGo-Longueur corps
mand ......................... .

INTERPRÉTATION

D'après V. SASSOUNI (The face in five dimensions).


Fig. 181. - La charte de SASSOUNI.

201
Les tracés céphalométriques standard sont établis pour les
âges suivants :
Race blanche : 4, 8, 12, 16 ans, et adulte.
Race noire : 6, 8, 12, 16 ans, et adulte.
Chinois : 8 et 12 ans.
MODE D'ÉTABLISSEMENT DES STANDARDS: Chaque groupe chro-
nologique, pour la race étudiée, comprend 32 sujets. Un tracé
moyen est obtenu en dessinant la ligne médiane entre deux tracés
différents. Il en résulte 16 tracés moyens, qui comparés ensuite
dèux à deux fourniront 8 nouveaux tracés, qui en donnent ensuite 4,
puis 2, puis enfin un. .

EMPLOI DES TRACÉS STANDARD POUR LE FILM DE PROFIL.

.. Un tracé du film à étudier est utile, mais non indispensable, le


film pouvant être superposé directement sur le transparent.
Pour la comparaison, entrent en considération les notions :
A- de dimension; B- de position, ainsi que C- l'évaluation dans le
sens vertical.

A) DIMENSION.
1) longueur de la base antérieure du crâne, de la selle turcique au
frontal;
2) longueur maxillaire, de l'épine nasale antérieure à l'épine
nasale postérieure;
3) longueur du corps mandibulaire, du gonion à la symphyse.

B) POSITION.
1) Position du maxillaire supérieur et de la mandibule, par rapport à
la base du crâne (Nasion).
Superposer sur le plan Optique (*), et déplacer le tracé,
jusqu'à ce que le Nasion se trouve sur la même verticale que
le N asion du transparent. Vérifier la position des deux maxil-
laires, ainsi que l'inclinaison du plan mandibulaire.
2) Position des dents : la position des dents suPérieures est étudiée
en superposant sur le plan palatin, avec l'épine nasale anté-
rieure, puis le point A enregistrés.
La position des dents inférieures est étudiée en superposant
sur le Plan mandibulaire, avec le Pogonion, puis le point B
enregistrés.

(*) Voir définition page 93.

202
CASE ANALYSIS

Averages -1 S.O.

Na-Pog to FH

S-No-B

ËQI S':'Na-A
] Na-Â-Pog x
VI W
<II
ANS-Na-Pog
-=
p
1 to FH (degree) U

Ëc l ta Pog (mm.)
QI
0
l to Na-Pog (mm.)

S-Go % No-Me

<II
"-
.t:
'âj Overblte (mm.)
:I:
Pal-Mond angle êii

BILo-Lo (mm.)

<II BIzyg. (mm.)


"-=
0
2! BIMax (mm.)
cc
BIGo. (mm.)

c
~
"-
.E
QI

~r-------------------------------------------~
..5
Fig. Le graphique individuel sur la charte de SASSOUNI.
182. -
Depths : mensurations concernant la profondeur, pour le squelette en haut,
dentaires en bas.
Heights : mensurations concernant la hauteur de la face (D'après SAS-
SOUNI, The Face infive dimensions).

203
C) EVALUATION VERTICALE.

Superposer sur la ligne supra-orbitaire.


Dans la région antérieure, évaluer la position du Nasion; dans la
région postérieure, évaluer la position du Gonion.
Déterminer la hauteur du plan palatin.
Sur le film frontal, on étudie la symétrie au niveau des incisives,
des molaires et des points Gonion.

EMPLOI DE LA CHARTE.
Les renseignements fournis par la superposition du tracé stan-
dard sont groupés sur une charte (Fig. 181, à gauche), sur laquelle
ils sont classés pour chacune des trois dimensions: antéro-posté-
rieure, verticale, transversale.
D'autre part, pour faciliter et simplifier le travail du praticien,
l'auteur a réuni sur la charte ceux des renseignements fournis par
l'analyse qui sont indispensables à l'étude du sujet, Figure 181, à
droite. On remarquera que, comme pour l'emploi du tracé cépha-
lométrique standard, ils sont classés pour l'étude de chacune des
trois dimensions.
Enfin, les mensurations sont réunies en un graphique individuel
(Fig. 182).
Pour les mensurations concernant la profondeur de la face, plus
la ligne individuelle se dirige vers la gauche, plus s'accentue la
convexité du profil; plus la ligne se dirige vers la droite, plus le
type de profil devient concave.
Pour les mensurations concernant la hauteur de la face, plus la
ligne individuelle se dirige vers la gauche, plus s'accentue la ten-
dance à la bi-protrusion et à la béance; plus elle se dirige vers la
droite, plus est marquée la tendance à la rétrusion et à la supra-
clusion.
METHODE D' ANALYSE
DE MA], LUZ], LUCCHESE (1957-1960)

I. Les auteurs de cette méthode se sont efforcés d'établir les limites


dans lesquelles la compensation entre des variations opposées
peut aboutir à un état équilibré, étant admis qu'une com-
pensation s'est établie, et qu'un équilibre a été atteint, chaque
fois que l'occlusion est normale, exception faite pour la bi-
protrusion.
2. Ils reconnaissent, sur la base de la différence d'angulation du
profil fronto-facial, trois types squelettiques normaux: progna-
thique, mésognathique et orthognathique (*), Figure 197. Ces
types se distinguent, r:otamment, par la valeur de l'angle fronto-
facial de Muz] (déterminé par les trois points: frontal de Muz]
(**), sous-nasal, gnathion), et un comportement particulier des
principaux plans anthropologiques (134, 135, 136, 137).
3. Cette méthode établit un rapport étroit entre le type du sque-
lette facial et le type constitutionnel (rapport entre l'angulation
des incisives et le degré de protrusion du maxillaire supérieur,
d'une part, et rapport entre ce degré de protrusion du maxillaire
supérieur et le type constitutionnel, d'autre part).
4. Chaque type de profil correspond à un type fondamental de
l'Ecole constitutionnaliste italienne; les types faciaux progna-
thique, mésognathique, orthognathique, correspondent respecti-
vement au longitype, normotype, et brachytype.
5. Les valeurs ont été déterminées à l'aide des films de 120 sujets
normaux, non-orthodontiques, présentant tous une bonne
harmonie faciale, et une bonne occlusion, et répartis en trois
groupes : prognathique, mésognathique, orthognathique.
6. L'application pratique de la méthode a été modifiée en 1960,
dans un but de simplification.

(*) Ces types correspondent au~ types de profil convexe, rectiligne et


concave. Dans la terminologie américaine, le mot « orthognathique » est
parfois remplacé par « rétrognathique », voir Méthode d'analyse de W. Wylie.
(**) Voir définition page 43.)

205
Fig. 197. - Les trois types squelettiques crânio-faciaux normaux (D'après MAI,
LuzI, LuccHEsE, The Dental Practitioner, juillet 1958).

FACTEURS ESSENTIELS AYANT UNE INFLUENCE DIRECTE SUR LA


POSITION DES BASES ET DES DENTS DANS LE PLAN SAGITTAL.

Ces facteurs sont au nombre de quatre


I) Rapports des bases osseuses.
II) Orientation de la mandibule.
III) Différence entre l'inclinaison axiale des incisives supérieure
et inférieure.
IV) Distance en millimètres entre les apex des incisives supé-
rieure et inférieure.
Les deux premiers facteurs sont d'ordre squelettique, les deux
autres sont des facteurs dentaires. Ces deux couples de facteurs
influencent« l' overjet ».

I) RAPPORTS DES BASES OSSEUSES.

Les éléments déterminants sont


a) les dimensions des bases,
b) leur position relative.
a) Dimensions des bases (Fig. Ig8).
La longueur de la base supérieure est donnée par la distance
Co-ANS (Co: point du condyle le plus éloigné de M; ANS
extrémité antérieure de l'épine nasale antérieure). Cette men-
suration indique également le développement vers l'avant de
l'étage moyen.
La longueur de la base inférieure est donnée par la distance
Co-M (M : le point du menton le plus éloigné de Co).
b) Position relative des bases.
Elle est représentée par la différence entre les deux distances
Co-M et Co-ANS. Les valeurs utilisées comme base de compa-
raison sont calculées sur la différence des deux droites.

206
II) ORIENTATION DE LA MANDIBULE (Fig. Ig8).
Donnée par l'angle ANS-Co-M, dont la plus ou moins grande
ouverture influence la position antéro-postérieure du menton par
rapport à l'épine nasale antérieure.
III) DIFFÉRENCE ENTRE L'INCLINAISON AXIALE DES INCISIVES SUPÉ-
RIEURE ET INFÉRIEURE (Fig. Ig8).
Cette différence est étudiée par rapport à la bissectrice de l'angle
ANS-Ca-M, utilisée comme plan de référence. Cette ligne a été
choisie en raison de la constance de ses rapports avec les dents :
dahs 85 % des cas normaux, elle est tangente au bord incisif de la
centrale suPérieure.
On mesure l'angle formé par l'axe de l'incisive inférieure, puis
on retranche l'angle formé par l'axe de l'incisive supérieure.

Fig. 198. - 1) La dimension des bases.


2) L'orientation de la mandibule. L'angle ANS-Co-M détermine non
seulement l'orientation de la mandibule, mais aussi son inclinaison
par rapport au massif facial.
3) La différence d'inclinaison axiale des incisives, par rapport à la bis-
sectrice de l'angle ANS-Co-M.
4) La distance entre les apex des incisives (D'après MAJ, LuzJ, Luc-
CHESE, The Dental Practitioner, juillet 1958).

IV) DISTANCE EN MILLIMÈTRES ENTRE LES APEX DES INCISIVES


SUPÉRIEURE ET INFÉRIEURE (Fig. Ig8).
L'inclinaison axiale des dents antérieures étant calculée par
rapport à un plan arbitraire, cette mensuration a été introduite en
raison de son comportement proportionnel susceptible de com-
penser les variations du plan de référence.
Cette distance est calculée entre les projections des apex des incisives
supérieure et inférieure, sur la bissectrice de l'angle ANS-Co-M.

207
VALEURS POUR LES QUATRE RAPPORTS PRÉCÉDENTS

Pour chacun des trois groupes, prognathique, mésognathique et


orthognathique, les valeurs des rapports sont les suivantes, pour
l'âge de 1 1 à 1 2 ans :

Progna- ! Mésogna-! Orthogna- Moyenne


arithméti- Moyenne
thique 1 thique thique
statistique
150-159° 160-165° ~ ~66-1780 que
---~-

Différence des bases .. 16,02 mml 18,91 mm 21,05 mm 18,99 mm 19


Angle ANS-Co-M ... 36° 04 34° 50 .33° 72 34° 59 34
Différence d'inclinai -
son axiale 1-1 ..... 6
42° 22 1 4 °74 510 66 47° 33 1 46
Distance entreapex 1~ l 13,07 mm 15,07 mm!17,05 mm 115,27 mm 15

1) Pour l'utilisation pratique de l'analyse, et pour permettre de


déterminer si la combinaison des quatre rapports donne nais-
sance à un ensemble équilibré, une valeur, positive ou négative,
est attribuée aux différences par rapport à la moyenne, suivant
que ces différences ont pour résultat d'augmenter (signe +), ou
de diminuer (signe -) l' overjet (*)_
2) Comme tous les facteurs n'influencent pas également l'overjet,
on a estimé qu'une différence de 1 mm par rapport à la moyenne
pour les mensurations linéaires, correspondait à une différence de
2°, pour les mensurations angulaires_
1 mm = 2°
On attribue donc la valeur 1 à l'écart de 1 mm des mensura-
tions linéaires, et la valeur 0,5 à l'écart de 1° des mensura-
tions angulaires.
3) La formule de corrélation à employer est résumée dans le
tableau ci-dessous, dont les valeurs sont valables pour l'âge de I I à
12 ans:

Moyenne Différence avec la moyenne

Différence des bases. . . . . . . . . . . . . . .. 19 mm = ° ± 1 mm= +' 1


Angle ANS-Co-M .................. 34° = ° ± 1° = ± 0,5
Différence d'inclinaison axiale I- l ..... 46° = ° ± 1° = ± 0,5
Distance entre apex!:1 ............. 15 mm = ° ±lmm=+'1

(*) L'overjet est la distance en millimètres qui sépare les bords incisifs des
incisives supérieure et inférieure, dans le sens sagittal.

208
La somme des quatre valeurs obtenues pour un sujet normal évolue
de : + 6 à - 5, moyenne + 0,5.
Cette somme se répartit comme suit pour les différents types
squelettiques :

Prognathique IVlésogllathique Orthognathique

--i- 6à - 1,5

Pour les sujets Classe II, div. 1, les valeurs sont nettement positives:
Pour les sujets Classe III, les valeurs sont nettement négatives.

Fig. 199. - La distance ANS-M (D'après MA] et Luz]).

L'expérience a montré que « la valeur moyenne du rapport de


longueur des bases varie pendant la croissance, tandis que la valeur
moyenne de l'angle ANS-Co-M demeure inchangée. Si l'on utilise
la formule précédente, on observe un glissement progressif du
total vers les valeurs négatives, au fur et à mesure que l'âge avance ».
Les auteurs ont donc adopté, au lieu de l'angle ANS-Co-M, la
mesure linéaire de la distance ANS-M, qui, contrairement à la
valeur angulaire, « présente pendant la croissance des variations
proportionnelles à celles du rapport de longueur des bases ».
(Fig. 199)
Dans chacun des deux groupes de facteurs, l'âge détermine des
variations inversement proportionnelles pour chaque facteur. Il
a donc été possible d'établir, pour chaque valeur, un chiffre unique

209
standard, valable pour tous les âges, que l'on trouvera dans le tableau
ci-dessous :

Moyenne Différence avec la moyenne

Différence des bases .... ,........... 20 mm = 0 ±lmm=+1


Distance ANS"M .................. 60 mm = 0 ± 1 mm = ± 0,5
Différence d'inclinaison axiale 1-1 .... 500 = 0 ± la = ± 0,5
Distance entre apex 1-1 . . ...... . . ... 16 mm = 0 ±lmm=+1

Afin de déterminer plus précisément la région dans laquelle se


localise l'anomalie (squelette facial ou région alvéolo-dentaire),
l'analyse est complétée par les études particulières suivantes :
I) Développement de la mandibule .
.II) Position de la mandibule.
III) Position des dents par rapport aux bases osseuses, dans le
sens sagittal.

1) ANALYSE DU DÉVELOPPEMENT DE LA MANDIBULE.

a) LONGUEUR TOTALE (Fig. 200) : distance M-Co.


b) DÉVELOPPEMENT EN HAUTEUR DE LA BRANCHE MONTANTE
(Fig. 200) : déterminé par l'angle Co-M-Go, formé par la ligne
M-Co, et une droite joignant le point M au Gonion (ce dernier
est localisé au compas, comme le point le plus éloigné de la
droite Co-Ml.
c) DÉVELOPPEMENT EN LONGUEUR DU CORPS MANDIBULAIRE (Fig.
200) : déterminé au moyen de l'angle M-Co-Go.
d) INCLINAISON DE~ BRANCHE MONTANTE SUR LE CORPS MANDI-
BULAIRE (Fig. 200) : déterminée par l'angle M-Go-Co.

Co

Fig. 200. - 1) La longueur totale de la mandibule.


2) Le développementtn hauteur de la branche montante.
3) Le développement en longueur du corps mandibulaire.
4) L'inclinaison de la branche montante sur le corps mandibulaire
(D'après MA], Luz], LuccHEsE, The Dental Practitioner, juillet 1958).

210
TABLEAU DES VALEURS POUR CES QUATRE MENSURATIONS (pour
l'âge de 11-12 ans).

Longueur Angle Angle Angle


tolale Co-MoCo M-Co-Co M-Co-Co

Variation normale ........... gl-I 18 mm III-13 6°


Valeur paranormale (*) ...... lOo-lOg mm i 119- 128"

Les valeurs de ces mensurations sont entièrement relatives;


elles doivent être mises en corrélation pour permettre de déterminer
la forme et le développement de la mandibule.
Le tableau ci-dessous montre quelques-unes des principales combi-
naisons possibles :

Longueur Angle Angle 1


Angle 1

totale Co-MoCo M-Co-Co 1 M-Co-Co Caractéristiques de la mandibule


---- -_._. ---_._--- , ------- ---~, ------- ---- -

moyenne moyen moyen moyen Normale, en forme et en dimension.


1

moyenne - + 1
moyen Développementimportant du corps
avec hypo-développement de la
!
!
branche montante.
moyenne + - 1
moyen , Hypo-développement du corps
avec hyper-développement de la
1
branche montante.
- moyen moyen moyen 1
Réduction proportionnelle du
1

!
1 corps et de la branche montante.
- -
+ moyen IHypo-développement de la bran-
1 che montante.
- + - moyen ! Hypo-dé,.~loppement du corps.
- + + i - LongueUi' réduite, provoquée par
diminution de l'angle goniaque.
+ - - + Longueur augmentée par grande
ouverture de l'angle goniaque.
+ - +
-
1

1
moyen Hyper-développement du corps.
+ + moyen Hyper-développement de la bran-
che montante.
1

II) ANALYSE DE LA POSITION DE LA MANDIBULE.

Cette position est déterminée par deux mensurations


a) ANGLE ANS-Co-M (Fig. Ig8) : indique l'inclinaison de la mandi-
bule par rapport au massif facial.
b) DISTANCE BASION-POINT LE PLUS DISTAL DU CONDYLE (Fig. 201),
en projection sur la ligne ANS-Point de Bolton: elle détermine
la position antéro-postérieure des condyles et de la mandibule.

(*) La valeur paranormale, qui représente 66,66 %, est pratiquement


égale à une déviation standard, qui représente 67 %.

211
,.

Bo

Fig. 201. - La distance Basion-point le plus distal du condyle (D'après MA],


Luz], LuccHEsE, The Dental Practitioner, juillet 1958).

TABLEAU DES VALEURS POUR CES DEUX MENSURATIONS (pour l'âge


de II-I2 ans).

Angle Distance Basion-Condyle


ANS-Co-M en projection sur Ba-ANS

Variation normale ........... . 2,5-16 mm


Valeur paranormale .......... . 6-10,5 mm

III) POSITION DES DENTS PAR RAPPORT AUX BASES OSSEUSES


(Fi". 202).

Fig.202. - La position des dents par rapport aux bases osseuses.


Les deux distances ANS-projection Incision sup. sur plan palatin, et
M-projection Incision inf. sur la ligne M-Go, indiquent le degré de protrusion
de l'incisive supérieure, et. la position antéro-postérieure de l'incisive infé-
rIeure.
Les deux angles axe J-plan palatin, et axe -f-ligne M-Go indiquent le
degré d'inclinaison axiale des incisives (D'après MA], Luz], LuccHEsE, The
Dental Practioner, juillet 1958).

212
Déterminée par deux mensurations pour l'incisive supérieure, et
deux pour l'incisive inférieure.

a) INCISIVE SUPÉRIEURE.

,0 Distance ANS-Incision (*) sup. en projection sur le plan pala-


tin. La valeur est positive si la projection tombe en avant de
ANS; elle est négative si elle tombe en arrière.
20 Angle Axe !-Plan palatin.

b) INCISIVE INFÉRIEURE.

1° Distance M-Incision in! en projection sur la ligne M-Go.


2° Angle Axe î-ligne M-Go.

TABLEAU DES VALEURS POUR CES QUATRE MENSURATIONS (pour


l'âge de 11-12 ans).

Distance Angle 1 Angle [


ANS-Incision sup. Plan Distance Ligne
palatin M-Incision inj. M-Go
---~,-_._-

Variation normale ... -Ioà +9 mm " 94- 12 4° 0,5- 16 mm 80-112°


Valeur paranormale - 3 à +1,5 mm 105- 11 3° 5,5-10,5 mm 92- 101 °

(*) Incision : bord incisif de l'incisive centrale la plus antérieure.

213
METHODE D'ANALYSE DE RICKETTS (1960)

Les caractéristiques principales de la méthode sont les suivantes:


Elle vise uniquement à la description des malformations, à la
comparaison du sujet, pour établir les limites dans lesquelles il
diffère d'autres patients ou de sujets normaux, et à la classi-
fication des problèmes orthodontiques et orthopédiques. Pour l'au-
teur, l'analyse ne doit pas être confondue avec l'établissement
du plan de traitement; celui-ci représente, au contraire, une
synthèse, et comporte obligatoirement la prévision de la crois-
sance et des résultats thérapeutiques, dont nous avons donné le
résumé page 81.
Deux plans de référence sont utilisés : le plan Facial, Nasion-
Pogonion, et le plan Basion-Nasion. « L'emploi de deux pl",:ns
donne plus de sécurité, particulièrement lorsque les repères
sont aussi éloignés que possible ».
Emploi d'une« ligne d'esthétique» déterminée par des repères
cutanés, qui constitue un trait bien particulier.
- . Suppression du point B, qui est remplacé par Pogonion.
L'étude préparatoire a porté sur 1.000 cas (546 garçons et
454 filles) de malocclusions, les cas extrêmes ayant été éliminés.
La tête est orientée dans sa position d'équilibre naturel.
Le Porion n'est pas déterminé à l'aide des olives auriculaires,
mais par inspection du film; c'est le point le plus élevé du conduit
auditif externe.
Les mensurations ont été choisies pour permettre la description
de la face, dans le sens de la profondeur, de la hauteur, de la largeur, et
des caractéristiques du profil.

ÉTUDE DES CARACTÉRISTIQUES DU PROFIL

1) PROFONDEUR DE LA FACE (Fig. 203, 1).


Etude de la position antéro-postérieure du menton, à l'aide de
l'angle Facial, tel qu'il est décrit par DowNs.
Moyenne 85° 4, S.I). (Déviation standard) +- 3° 7.

214
Un angle de 85° représente un profil rectiligne.
Un angle de 88° (moyenne + l SD) représente un profil progna-
thique.

Fig. 203. - Points particuliers, et mensurations utilisés pour l'analyse de


RlcKETTs.
e : pointe du nez.
d : Pogonion cutané.
1 : Angle facial.
2 : Angle de l'axe XV.
3 : Angle de convexité.
4 : Distancesl-APo et I-APo.
5 : Angle i-APo (D'après RlcKETTs, Ameriean Journal of Orthodonties, ma
1960).

Un angle de 82° (moyenne - l SD) représente un profil rétrogna-


thique. .
L'emploi de cet angle a montré que 1° de différence dans sa
valeur représente environ 1,5 mm de différence dans la position
du menton, par rapport au front et au Nasion : un patient qui
possède un angle de 74° présente un menton qui est environ 30 mm
plus court qu'un autre pos~édant un angle facial de 94° (Fig. 204).

II) HAUTEUR DE LA FACE (Figure 203,2).

Etude de la position du menton dans le sens vertical, à l'aide


de l'angle formé par l'axe xy (Selle turcique-Gnathion), avec le
plan Ba-Na; cet angle est appelé angle de l'axe XV. Il s'exprime

215
par la différence, en plus ou en moins, par rapport à l'angle droit.
(Noter que cet angle est calculé en arriere de l'axe Y, alors qu'il est
calculé en avant dans la méthode de DOWNS). L'auteur localise le
point Gnathion à l'intersection de l'axe Y et du bord antérieur de
la symphyse.
Moyenne + 3°, SD + 3°
(+ signifie ouvert vers l'avant, - signifie ouvert vers l'arrière;
+ 5°, par exemple, signifie 95°).

Fig. 204 . - Superposition, sur le p lan de Francfort, des lracés el des l' hOlO-
graphies de deux sujets différents. Le suj et rélrognalhe présenle un angle
facial de 74°, et le sujet prognathe un angle facia l de 96°. Ccl angle réflèle la
position du menton par rapport à la base du crâne Cl la profondeur cie la
face (D'après RICKETTS, American Journal of Orthodonties, mai 1960).

Chez les sujets présentant un angle inférieur à 0°, on trouvc géné-


ralement une hauteur qui l'emporte sur la profondeur. Au-dessus de
+ 6°, les sujets présentent une face courte, ou un menton situé en
avant par rapport à la base du crâne.
Cette mensuration complète la signification de la précédente, le
menton pouvant ainsi être évalué en haut et en avant, en bas et en
arrière, en haut et en arrière, ou en bas et en avant, par comparai-
son (Fig. 205)'
La largeur de la face peut être déduite par interprétation dcs

216
deux valeurs précédentes. Les sujets à face courte, du type pro-
gnathique (menton en haut et en avant) appartiennent fréquem-
ment au type brachycéphale.
Les patients de C lasse l, ou de Classe II, à face allongée et
rétrognathique, présentent habituellement un grand angle Franc-
fort-Mandibulaire, et des mentons étroits et pointus.

Fig. 20!j. - Superpos iti on , su r le plan Basion-Nas ion, des tracés et des ph01.0-
gra pl,i es de ci eux sujels cliffércnls, cnrcg islrés sur le poinl S. Le sujCl à race
haut e CL ré trog nat hc présente un ang le XY cie - 12 '\ ct ccl~ i à face courte un
angle XY de -1- '4° (D'a près R,cKETTs, Ameriean Journal of Or/hodonlies,
mai ' 96o).

L'élude co mbinée cie ces deux valeurs peut dispenser, dit l'au-
teur, de mesurer en pratique régulière l'angle Francfort-Mandi-
bulaire (FMA de TWEED). La moyenne a cependant été calculée:
250, SD - 1- 6°.

lII) CONVEXITÉ DU PROFIL (Fig. 2°3,3).

Déterminée par les rapports clu point A avec le plan Facial


(valeur de l'angle plan Faeial-APo). Pratiquement, dans un but de
simplification, on mesure la distance A-plan Facial.
Moyenne 4,1 mm, SD =,- 2,8 mm .

217
Jusqu'à ± 5 ou 6 mm, le profil est modérément convexe ou
concave; ± IO mm représentent des profils de types très marqués.
Minimum- 12 mm (concave); maximum + 12 mm (convexe).
La variation ± 2 mm représente pratiquement les profils
rectilignes.
La valeur de cette mensuration a tendance à diminuer à mesure
que le sujet devient plus âgé.

IV) POSITION DES DENTS DANS LE PROFIL FACIAL.

Cette position est déterminée par rapport à un plan de référence


APo, que l'on pourrait, par opposition au plan Facial, appeler
« plan Dentaire ».
1,000 CASES

+15.0. +250.

MODE 22°
OMM.
Fig. 206. - Position et inclinaison de l'incisive inférieure par rapport à APo.
Au centre, les rapports moyens; à gauche - 1 et - 2 déviations standard;
à droite+ +
1 et 2 déviations standard.
« La marge ± 1 déviation standard par rapport à la moyenne est l'objectif
de l'auteur dans sa pratique; elle donne une marge totale de 5 mm. En
général, l'incisive inférieure doit être alignée au voisinage de APa, ou légè-
rement en avant lorsque le patient arrive à l'âge adulte» (D'après RlcKETTs,
American Journal of Orthodonties, mai 1960).

A) INCISIVE INFÉRIEURE.

On étudie: a) sa position; b) son inclinaison.


a) POSITION (Fig. 203, 4 et 206) : distance bord incisif-ligne
APo.
Moyenne +
0,5 mm (ï en avant de APo), SD ± 2,5 mm.
Dans une face convexe, Ï est en arrière de APo.
Dans une face concave, Ï est en avant de APo.

218
b) INCLINAISON (Fig. 203, 5, et Fig. 206) : angle Ï-APo.
Moyenne 22°, SD + 5°.
La position de Ï ne semble pratiquement pas affectée par
l'âge. « Dans la plupart des caS, Ï est placée normalement
par rapport à APo; il semble donc que dans beaucoup de
malocclusions le vrai facteur responsable soit la position de
la mandibule».
B) INCISIVE SUPÉRIEURE (Fig. 203, 4)'
Sa position est déterminée par la mensuration bord incisif !-APo.
Moyenne + 5,7 mm, SD + 3 mm. Variation de - 8 à + 15 mm.

V) ESTHÉTIQUE FACIALE. POSITION DES LÈVRES (Fig. 207).


La position des lèvres est étudiée à l'aide d'une ligne allant de
la pointe du nez au Pogonion cutané (Fig. 203, ligne d-e), appelée
« ligne d'esthétique», ou« ligne E ».
La bouche fermée sans effort doit se placer en arrière de la ligne
E, les lèvres conservant entre elles les rapports connus.

A B
Fig. 207. - Variation normale des rapports de la lèvre inférieure avec la. ligne
d'esthétique de RICKETTS. .
A gauche, profil modérément concave; au centre profil rectiligne; à droite,
profil convexe. (D'après RICKETTS, Am<ricanJournal ofOrthodontics, mai 1960).

LÈVRE INFÉRIEURE : en moyenne 0,3 mm en avant de la ligne,


SD + 3 mm. Pratiquement, elle affleure donc la ligne.
LÈVRE SUPÉRIEURE: en moyenne 1 mm en arrière de la lèvre infé-
rieure, par rapport à la ligne E. En période de denture -mixte, la
lèvre. est presque 1 mm en avant de la ligne, et recule ensuite pro-
gresslVement.

219
Certaines anomalies de fonction des lèvres ont été classées
(Fig. 208).
I) ATROPHIE DE LA LÈVRE, ou lèvre courte (Fig. 208, I), souvent
combinée à une habitude de projection de la langue, et une
béance antérieure.
2) LÈVRE TENDUE, pour couvrir des dents en protrusion (Fig. 208,
II); on constate des sillons au niveau du muscle canin, ainsi
que des plis des joues.

Fig. 208. - Cinq cas de Classe n, div. l, présentant des rapports anormaux des
lèvres.
1 : Atrophie de la lèvre.
n : Lèvre teJldue.
III : Cas sévère de tension labiale.
IV : Suçage de la lèvre.
V : Contraction labiale avec sillon profond (D'après RICKETTS, American
Journal if Orthodonties, mai 1960).

3) HABITUDE DES MUSCLES MENTONNIERS (Fig. 208, III), généra-


lement dûe à une compensation chez des sujets qui présentent
des dents en protrusion et des faces très allongées. Un gonfle-
ment des tissus juste en avant des racines des incisives inférieures
est le signe pathognomonique.
4) SUÇAGE, ou MORDILLEMENT DE LA LÈVRE (Fig. 208, IV) :
presque toujours rencontré au niveau de la lèvre inférieure.
C'est, ou bien une habitude, ou une partie du réflexe de déglu-
tition. La position de la lèvre, entièrement glissée sous la
lèvre supérieure, est le signe caractéristique.
5) CONTRACTION SUB-LABIALE (Fig. 208, V) : sillon creusé au-dessous
de la lèvre inférieure, provoqué par une contraction des muscles
orbiculaire et buccinateurs. Le diagnostic est facilité par la
présence d'une dermatite au niveau du sillon, dans les cas
sévères avec protrusion des incisives supérieures.

220
BIBLIOGRAPHIE
BIBLIOGRAPHIE

I. ADORNI-BRACCESI M. et MIOTTI B. : Modifications apportées


par le traitement étudiées au moyen d'une nouvelle méthode
d'analyse céphalométrique. - Orthodontie Française, 1957,
page 357.
2. ADORNI-BRACCESI M. et LUCCHESE P. : Skeletal and dental
changes in 30 treated Class III cases studied by cephalometric
analysis. - Trans. European Orthodontic Sociery, 1958, page 211.
3. ApPLEBAUM Edmund : Integration of anatomie and cep halo-
metric s.tudies of growth of the head. - America"! Journal of
Orthodonties, août 1953.
4. AUTISSIERJ. et BELTRAMI 1: Données récentes en Anthropologie,
en Anatomie comparée, et leurs rapports avec l'Orthopédie
dento-faciale. - Orthodontie Française, 1949, page 297.
5. AUTISSIER J. : Orthopédie dento-faciale et Bio-morphologie
(la céphalométrie orthodontique, particulièrement en ce qui
concerne la méthodologie statistique). - Trans. European
Orthodontic Sociery, 1955, page 119.
6. AUTISSIER J. : L'application du principe de l'homme moyen
aux mensurations céphalométriques et au diagnostic en
Orthodontie. - Information Dentaire, 6 octobre 1955.

7. BAHADOR and HIGLEY : Bite opening; a cephalometric analysis.


- Journal of the American Dental Association, mars 1944.
8. BALLARD C.-F. : The upper respiratory musculature and
Orthodonties. - The Dental Record, janvier 1948.
9. BALLARD C.-F. : Some bases for aetiology and diagnosis in
Orthodonties. - The Dental Record, juin 1948.
10. BALLARD C.-F. : Recent work in North America as it affects
orthodontie diagnosis and treatment. - The Dental Record,
mai I95I.
II. BALLARD C.-F. : The facial musculature and anomalies of the
dento-alveolar structure. Trans. European Orthodontic
Sociery, 1951, page 137.

225
12. BAUM Alfred-T : The direct analysis of cephalometric X-ray
films. - The Angle Orthodontist, juillet 1957.
13. BAUME Louis-J. : A Biologist looks at the Sella point. - Trans.
European Orthodontie Society, 1957, page 150.
14. BERGER H. : Constitutional approach to differencial diagnosis.
- Trans. European Orthodontie Society, 1955, page 103.
15. BERGER H. : The role of constitution in prognosis. - Trans.
European Orthodontie Society, 1957, page 188.
16. BERNARD P.-D. : Les indications et les contre-indications de la
radiologie dentaire en fonction du danger biologique des
Rayons X. - Information Dentaire, 20 novembre 1958.
17. BESOMBES A.: Orthodontie Française, 1954, page 171.
18. BIEDERMAN W. : Criteria for appraising cephalometric norms.
- Ameriean Journal of Orthodonties, juin 1954.
19. BIMLER H.-P. : Possibilities and limitations of treatment in
Class II cases. - Trans. European Orthodontie Society, 1956,
page 55.
20. BIMLER H.-P. : A Roentgenoscopic method of analysing the
facial correlations. - Trans. European Orthodontie Society, 1957,
page 241.
21. BIMLER H.-P. : Die Bedeutung des Fernrôntgenbildes. -
Fortsehritte der KieferorthoPiidie, Band 20, Heft 3, 1959.
22. BIMLER H.-P. : A facial pattern formula. - Trans. European
Orthodontiè Society, 1960, page 224.
23. BjORK Arne: The face in profile. - Lund, 1947.
24. BjORK Arne : The nature of the facial prognathism and its
relation to normal occlusion of the teeth. - Ameriean Journal
of Orthodonties, février 1951.
25. BJORK Arne: A discussion ofthe significance of growth changes
in the facial pattern, and their relationship to changes in
occlusion. - Trans. European Orthodontie Society, 195 l, page 105.
26. BJORK Arne: Estimation of age changes in overjet and sagittal
jaw relation. - Trans. European Orthodontie Society, 1953, page
24°·
27. BjORK Arne: Facial growth in man studied with the aid of
metallic implants. - Acta Odontologiea Seandinavia, N° l, 1955,
page. 9.
28. BJORK Arne: Cranial base development. - Ameriean Journal of
Orthodonties, mars. 1955.
29. BLACKMAN SAND GREENING J. R. : Radiation hazards in dental
radiography. - British Dental Journal, 102, 1957, page 167.

226
,30. BOURSE LET S (Mme) : Améliorations et possibilités nouvelles en
orthopédie dento-faciale par le Logetron. - Orthodontie
Française I960, page 265.
31. BROADBENT Holly B. : The face of the normal child. - \ The
Angle Orthodontist, juillet l 937.
BROADBENT Holly B. : Bolton standards and technique in
orthodontie practice. - The Angle Orthodontist, octobre I937.
33· BROADl3ENT Holly B. : Compte rendu First Cephalometrie
Workshop, mars I957, page I6.
34· BRODIE A. G. : Behavior of normal and abnormal facial
growth patterns. - Ameriean Journal of Orthodonties and Oral
Surgery, novembre I94I.
35· BRODIE A. G. : Reunion meeting, Department of Orthodontia,
University of Illinois, I948. - Volume édité par: The Angle
Orthodontist, I948.
36. BRODIE A. G. : Anatomy and physiology of head and neck
musculature. - Ameriean Journal of Orthodonties, novembre
I950.
37· BRODIE A. G. : Consideration of musculature in diagnosis,
treatment, and retention. - Ameriean Journal of Orthodonties,
novembre I952.
38. BRODIE A. G. : The fourth dimension in Orthodontia. - The
Angle Orthodontist, janvier I954.
39· BRODIE A. G. : The erratic evolution of Orthodonties. ~
Ameriean Journal of Orthodonties, février l 96 1.
40 . BRODIE A. G. Jr : The behavior of the cranial base and its
components as revealed by seriai cephalometric roentgeno-
grams. - The Angle Orthodontist, juillet I955.

CARREA J. : Le radio-faciès à profil délinéé en Orthodonto-


métrie. - Semaine Dentaire, I924, pages 4I2-4I9, et Province
Dentaire I924, 20 avril.
4 2 . CASTANO M. et CHATEAU M. : Nouvelle technique de télé-
radiographie crânio-faciale de profil. - Actualités Odonto-
stomatologiques, mars I960, page 45.
43· CAUHÉPÉ J. et COURRIER A. : Contribution à l'étude de la
Téléradiographie. - Orthodontie Française, I936, page 89.
44· CHATEAU M. : Etude critique des travaux scientifiques sur la
croissance faciale. - Orthodontie Française, I95I, page 309.
45· CHATEAU J.-M. et CHATEAU M. : Précis d'Orthodontie et
d'Orthopédie dento-faciale. - J. Prélat, éditeur, Paris I956.
CHIKHANI P.-M. : Contribution à l'étude de l'étiologie des
dysmorphoses maxillaires dans le sens antéro-postérieur. -
These, Paris I956, N° 293.

227
47. COHEN M. 1. : Reduced radiation for an orthodontie survey.-
Ameriean Journal of Orthodonties, juillet 1958.
48. COHEN M. 1. and HAMMOND E : Cephalometrics in the atomic
age. - Ameriean Journal of Orthodonties, août 1957.
49. COOLS L. : L'analyse de la Téléradiographie par la Méthode
des Réseaux de De Coster. - Orthodontie Française, 1933,
page 97.
50. COOLS L. : La Téléradiographie. - Orthodontie Française, 1936,
page 53.
5 1. CORLETT E. L. : Mandibular incisor position relative to basal
bone. - Ameriean Journal of Orthodonties and Oral Surgery,
janvier 1947.
52. DE COSTER L. : La méthode des réseaux, méthode d'analyse
et de diagnostic orthodontique. - Revue belge de Stomatologie,
N° 3, 1932.
53. DE COSTER L. : A new method of analysis of dentofacial
malformations. - International Journal of .orthodontia , Oral
Surgery and RadiograPhy, N° 9, page 942, septembre 1932.
54. DE COSTER L. : Les méthodes de diagnostic en Orthopédie
dento-faciale. - Orthodontie Française 1933, chapitre réservé
à la méthode des Réseaux: pages 222-240.
55. DE COSTER L. : Le « Radioréseau ». - Orthodontie Française,
1934, page 159.
56. DE COSTER L. : The network method of orthodontie diagnosis.
- The Angle Orthodontist, janvier 1939.
57. DE COSTER L. : La denture temporaire pendant la croissance.
Recherches faites au moyen d'un nouveau système de réfé-
rence. - Orthodontie Française, 195 1, page 154.
58. COUSIN R. et MIL CENT G. : Articulation temporo-mandibulaire
et dysmorphoses. - Orthodontie Française, 1960, Rapport.
59. COUTAND A. : Etude analytique de la téléradiographie. -
Orthodontie Française, 1954, Rapport.
60. COUTAND A. : Point C et bases osseuses. - Orthodontie Française,
1955, page 439·
61. CURTNER Raymond M. : Predetermination of the adult face. -
Ameriean Journal of Orthodonties, mars 1953.

62. DÉMOGÉ P. : Angulation des incisives inférieures dans le


diagnostic et le choix du traitement orthodontique.
Orthodontie Française, 1960, page 323.
63. DONOVAN Robert W. : A radiographie cephalometric consi-
deration of facial growth during orthodontie treatment.
Ameriean Journal of Orthodonties, mai 1953.

228

j
64. DONOVAN Robert W. : Recent research for diagnosis. - Ameri-
ean Journal of Orthodonties, août 1954.
65. DOWNS William B. : Variations in facial relationship. -
Ameriean Journal of Orthodonties, octobre 1948.
66. DOWNS William B. : The role of cephalometrics in orthodontie
case analysis and diagnosis. - Ameriean Journal of Orthodonties
mars 1952.
67. DOWNS William B. : Analysis of the Dentofacial Profile. - The
Angle Orthodontist, octobre 1956.
68. DUPUIS A. : Radiographies de la face avec les appareils
dentaires. - Imprimerie Nouvelle, Orléans, 1955.

69. F AILOR Richard O. : A cephalometric study of relationships of


the maxillary and mandibular incisors of children having
excellent occlusion and Classs II, div. 1, malocclusion. -
Ameriean Journal of Orthodonties, mars 1955.
70. FERNEX E. : Quelques observations au sujet de l'angle de la
base du crâne en cours de développement. - Orthodontie
Française, 1960, page 279 .
71. FOGEL Maxwell S. : A cephalometric assessment of prepared
mandibular anchorage. - Ameriean Journal of Orthodonties,
juillet 1957.
72. FRANKLIN Jacob B. : Certains factors of aberration to be consi-
dered in clinical roentgenographic cephalometry. - Ameriean
Journal of Orthodonties, mai 1952.
73. FRANKLIN Jacob B. : Radiation hazards in cephalometric
roentgenography. - The Angle Orthodontist, octobre 1953.
74. FRANKLIN Jacob B. : The effect of high kilovoltage on hard
and soft tissue definition in lateral cephalometric roentgeno-
grams. - Ameriean Journal of Orthodonties, mars 1955.
75. FRANKLIN Jacob B. : Radiographie phenomena in cephalome-
tric roentgenography. - The Angle Orthodontist, juillet 1957.

76. GOLDEN Compte rendu First Cephalometrie Workshop,


mars 1957, page 42.
77. GORNOUEC : Propos sur la radiographie en Art Dentaire. -
Information Dentaire, 5 février 1959.
78. GRABER T. M. : New horizons in case analysis, Clinical
cephalometrics. - Ameriean Journal of Orthodonties, août 1952.
79. GRABER T. M. : A critical review of cephalometric radio-
graphy. - Ameriean Journal of Orthodonties, janvier 1954.
80. GRABER T. M. : Compte rendu First Cephalometrie Workshop,
mars 1957, pages 46-51.

229
81. GRABER T. M. : Implimentation of the Roentgenographic
cephalometric Workshop. - Ameriean Journal of Orthodonties,
décembre 1958.
82. HIGLEY L. B. : Head positioner for scientific radiographic and
photographic purposes. - International Journal of Orthodonties,
juillet 1936.
83. HIGLEY L. B. : Lateral he ad roentgenograms and their relation
to the ortho don tic problem. - Ameriean Journal of Orthodonties
and Oral Surgery, août 1940.
84. HIGLEY L. B. : Application of cephalometric appraisals to
orthodontic diagnosis and treatment. - American Journal of
Orthodonties, avril 1951.
85. HIGLEY L. B. : Cephalometric standards for children 4 to
8 years of age. - Ameriean Journal of Orthodonties, janvier 1954.

86. HOFF ER Oscar: L'interprétation du téléradio gramme à l'aide


du « radiogramme crânio-facial» en Orthopédie maxillo-
faciale. - Orthodontie Française, 1954, page 319.
87. HOFRATH : La Téléradiographie dans le diagnostic des mal-
formations dento-faciales. - Orthodontie Française, 1936,
page 93.
88. HOFRATH: Présentation d'un appareil de Téléradiographie. -
Orthodontie Française, 1936, page 363.
89. HOLDAWAY R. A. : Changes in relationship of points A and
B during orthodontic treatment. - Ameriean Journal of
Orthodonties, mars 1956.

90. IZARD G. : Orthodontie, 3e édition 1950. - Masson, éditeur,


Paris.

91. JEAN R. : Etude céphalométrique de la Classe squelettique


III. - Orthodontie Française, 1957, page 369.
92. JEAN R. : Communication personnelle, février 1961.
93. JENSEN E. and PALLING M. : The gonial angle. - American
Journal of Orthodonties, février 1954.
94. JOHNSON Ernest L. : The Francfort mandibular plane angle
and the facial pattern. - Ameriean Journal of Orthodonties,
juillet 1950.

95. KONFINO R. : Corrélations et variatIOns de quelques angles


caractérisant l'architecture du profil crânio-facial de l'enfant
normal à denture de lait. - These N° 213, Genève 1960,
Editions Médecine et Hygiène.

230
96. KONFINO et FERNEX : Contribution à la détermination du
type du profil crânio-facial. ~ Orthodontie Française, 1961.
97· KORKHAUS G. : L'utilisation des Téléradiographies dans le
diagnostic des malformations dento-faciales. ~ Orthodontie
Française, 1936, page 131.
98. KORKHAUS G. : L'angularité du squelette facial et l'inclinai-
son du profil. ~ Orthodontie Française, 1954, page 235.
99· KORKHAUS G. : Le rôle de l'articulation temporo-mandibulaire
dans les traitements de l'orthopédie maxillo-faciale. ~
Orthodontie Française, 1958, page 393.
100. KORKHAUS G. : Diagnosis in dento-maxillo-facial Orthope-
dics. ~ International Dental Journal, juin 1957.
101. KORKHAUS G. : Present orthodontic thought in Germany. ~
Ameriean Journal oj Orthodonties, décembre 1959 et mars 1960.
102. KRAUS B., WISE W., and FREI R. : Heredity and the cranio-
facial complex. ~ Ameriean Journal oj Orthodonties, mars 1959.
KREBS Aage : Expansion of the midpalatal suture studied by
me ans of metallic implants. ~ Trans European Orthodontie
Society, 1958, page 163.
KROGMAN Wilton M. : Craniometry and cephalometry as
research tools in growth of he ad and face. ~ Ameriean Journal
oj Orthodonties, juin 1951.
KROGMAN Wilton M. : Compte rendu First CePhalometrie
Workshop, mars 1957, pages 304-326.
106. KROGMAN Wilton M. : The meaningful interpretation of
growth and growth data by the clinician.~Ameriean Journal
!if Orthodonties, juin 1958.
KROGMAN Wilton M. : Problems in growth and development
of interest to the dentist. ~ The Dental Clinies oj North America,
juillet 1958; W. B. Saunders Co, Philadelphia.
108. KROGMAN Wilton M. : A guide-outline for the study of phy-
sical growth in children. ~ The PhiladelPhia Centerjor Researeh
in ehild growth, septembre 1958.
10 9. KROGMAN Wilton M. : Validation of the Roentgenographic
Cephalometric technique. ~ Ameriean Journal !if Orthodonties,
décembre 1958.
110. KROGMAN W. M. and SASSOUNl V. : A syllabus in Roentgeno-
graphic Cephalometry. ~ The Philadelphia Center jor Researeh
in ehild growth, 1701 1/2 Fitzwater St, Philadelphia, Pa;
février 1957.

1 l 1. LAGER Hugo : Orthodontic treatment analysed by the aid of


metallic implants. ~ Trans. European Orthodontie Society, 1958,
page 396.

231
112. LESP1NE J. : A propos de l'action des Rayons X sur les tissus
vivants. - Le Dentiste de France, 15 mars I959.
l I3. LINDQUIsT John T. : The lower incisor. Its influence on treat-
ment and esthetics. - Ameriean Journal of Orthodonties,
février I958.
l I4. LUNDsTRoM' A. : Cephalometric registrations as an aid in
diagnosing malocclusions. - The Angle Orthodontist, janvier
I954, page 8.
l I5. Luz] C. : Un nouveau système d'analyse céphalométrique.
Méthodologie et application clinique. - Orthodontie Fran-
çaise I957, page 335.
l I6. Luz] C. et LuccHEsE P. : Une méthodologie originale pour
l'analyse du développement des maxillaires et de la position
des dents.- Orthodontie Française, page 345.

I17. MA] G. : Un nouveau système d'analyse céphalométrique.


Bases théoriques. - Orthodontie Française, 1957, page 327.
I18. MA] G., Luz] C., LUCCHESE P. : Skeletal and dental behavior
in Class II, division l and in Class III cases. - Trans. Euro-
pean Orthodontie Society, 1958, page 87.
I19. MA] G., Luz] C., LuccHEsE P. : A new method of cephalo-
metric analysis suitable for the differcnt constitution al types
of head. - The Dental Praetitioner, juillet 1958.
I20. MA] G., Luz] C., LuccHEsE P. : A cephalometric appraisal
of Class II and Class III malocclusions. - The Angle Or-
thodontist, janvier I960.
12I. MA] G. et Luz] C. : Perfectionnement et simplification de
notre méthode d'analyse céphalométrique. - Orthodontie
Française, 1960, page 269.
122. MARGO LIS H. 1. : Standardized X-Ray Cephalometrics. -
Ameriean Journal of Orthodonties and Oral Surgery, août I940.
123. MARGO LIS H. 1. : A basic facial pattern and its application
in clinical Orthodontics. - Ameriean Journal of Orthodonties
and Oral Surgery, octobre 1947; Ameriean Journal of Ortho-
donties, juin 1953.
124. MARGOLIS H.1. : Compte rendu First Cephalometrie Work-
shop, mars 1957, page 299.
125. MCGONAGLE Robert: An Evaluation of the accuracy of
cephalometric tracings. - The Angle Orthodontist,juillet I960.
126. MERLE-BÉRAL J. et DEPLAGNE H. : Physio-pathologie de
l'occlusion . ...:-. Orthodontie Française, 1958, page 5.
127. MOORE Aiton \,y. : Orthodontic treatment factors in Class II
malocclusion. - Ameriean Journal of Orthodonties, mai I959.

232
-128. MOORE Alton W. : Observations on facial growth and its
clinical significance. - Ameriean Journal of Orthodonties, juin
1959·
129. MOORREES Coenraad F. A. : Normal variation and its bearing
on the use of cephalometric radiographs in orthodontic
diagnosis.-Ameriean Journal of Orthodonties, décembre 1953.
MOORREES Coenraad F. A. and KAI-]EN-YEN Peter : An
analysis of changes in the dento-facial skeleton following
orthodontic treatment. - Ameriean Journal of Orthodonties,
juillet 1955.
MOORREES Coenraad F. A. and KEAN Martin R. : Natural
head position, a basic consideration in the interpretation of
cephalometric radiographs. - Ameriean Journal of Physieal
Anthropology, juin 1958, page 213, et Trans. European Ortho-
dontie Society, 1958, page 68.
132. MOYERS R. : Compte rendu First CePhalometrie Workshop,
mars 1957, page 312.
133. MULLER, Mme Henriette : Classe squelettique III. Patho-
génie et traitement. - Orthodontie Française, 1956, page 389.
134. Muz] E. : Nouvelles études au sujet de la morphologie du
profil facial. - Orthodontie Française, 1948, page 278.
135. Muz] E. : Possibiiities of statistical methodology to solve the
present crisis in Orthodonties. - Trans. European Orthodontie
Society, 1955, page 24.
136. Muz] E., MA] G., Luz] C. : A constitutional classification of
the Craniofacial types, as the point of departure for new
concepts on the etiology, diagnosis, and prognosis of dento-
facial anomalies. - Trans. European Orthodontie Society, 1955,
page 58.
137. Muz] E. and MA] G. : Constitutional basis ofOrthodontics.-
The Angle Orthodontist, octobre 1956.

138. NANcE Hays N. : The limitations of orthodontic treatment.


- Ameriean Journal of Orthodonties and Oral Surgery, avril et
mai 1947.
139. NAvARRo : Appareils destinés à l'obtention et à l'utilisation
rationnelle des téléradios et télétomogrammes. - Société
Française d'Orthopédie Dento-Faeiale, démonstration, novembre
1960.
140. NAvARRo : Tomographie et précision en Céphalométrie.
Exploitation céphalométrique des images obtenues par la
méthode de l'auteur. - Orthodontie Française, 1961.
141. NOYES Harold]. : A review of the genetic influence on maloc-
clusion. - American Journal of Orthodonties, février 1958.

233
142. O'MEYER R. X. : Valeur de la croissance relative en hauteur
des procès alvéolaires chez l'homme.-Maloine, Paris, 1954.
_143. O'MEYER R. X. et HESKIA : Etude critique de la pseudo-
prognathie et de la prognathie mandibulaire. - Orthodontie
Franfaise 1955, page I.

144. PACINI A. J. : Roentgen ray anthropometry of the skull. -


Journal rif Radiology, vol. 3, page 230, 1922.
145. PADEN William W. : A survey of radiation hazards in Ortho-
donties. - Ameriean Journal of Orthodonties, août 1960..
146.' PARKER John H. : An analysis of Cephalometry. - Ameriean
Journal of Orthodonties, décembre 1955.
147. PERKUN et FERNEX : Au sujet de la ligne de De Coster. -
Orthodontie Franfaise, 1952, page 134.
148. POLLOCK H. C. : Caution and radiation. - Ameriean Journal
of Orthodonties, août 1956.
149. PYOTT James E. and SCHAEFFER Aaron: Simultaneous recor-
ding of centric occlusion and vertical dimension. - Journal
rif the Ameriean Dental Association, avril 1952.
150. REBOUL M. : Têtière simplifiée pour téléradiographie.
Orthodontie Franfaise, 1954, page 463.
15I. REBOUL M. et BRUN G. : Contribution à l'étude de l'harmoni-
sation du contraste des téléradiographies du crâne de profil.
- Orthodontie Franfaise, 1956, page 385.
152. REBOUL M. : Nouvelle têtière simplifiée pour téléradiographie
du crâne de profil. - Orthodontie Franfaise, 1957, page 573.
153. RICKETTS Robert M. : Variations of the temporomandibular
joint as revealed by cephalometric laminagraphy. - Ameri-
ean Journal Of Orthodonties, décembre 1950.
RÎCKETTS Robert M. : A study of changes in temporomandi-
bular relations associated with treatment of Class II maloc-
clusion. - Ameriean Journal rif Orthodonties, décembre 1952.
155· RICKETTS Robert M. : Laminagraphy in the diagnosis of
temporomandibular joint disorders. - Journal rif the Ameri-
ean Dental Association, juin 1953.
RICKETTS Robert M. : Facial and denture changes during
orthodontie treatment as analysed from the temporomandi-
bular joint. - Ameriean Journal of Orthodonties, mars 195'5.
157· RICKETTS Robert M. : Abnormal fonction of the temporo-
mandibular joint. - Ameriean Journal of Orthodonties, juin
1955·

234
R1CKETTS Robert M. : Planning treatment on the basis of the
Facial Pattern and an estimate of its growth. - The Angle
Orthodontist, janvier 1957.
159· R1CKETTS Robert M. : The head X~Ray in diagnosis and
treatment planning. - Congrès Ameriean Association of Ortho-
dontists, Washington, avril 1960.
160. R1CKETTS Robert M. : A foundation for cephalometric
communication.-Ameriean Journal of Orthodonties, mai 1960.
161. R1CKETTS Robert M. : The influence of orthodontie treatment
on facial growth and development. - The Angle Orthodontist,
juillet 1960.
162. RIEDEL Richard A. : Esthetics and its relation to orthodontie
therapy. - The Angle Orthodontist, juillet 1950.
163. RIEDEL Richard A. : The relation of maxillary structures to
cranium in malocclusion and in normal occlusion. - The
Angle Orthodontist, juillet 1952.
164. Roentgenographie CePhalometrie Workshop, Cleveland, Ohio,
24-26 mars 1957. - Compte rendu intégral publié par
J. A. Salzmann.
165. ROUSSEAu P. L. et GUDIN R. G. : Diagnostic des mésio-posi-
tions du maxillaire supérieur par le plan orbito-malaire. -
Orthodontie Française, 1950, page 207.

166. SALZMANN J. A. : The problem Cephalometrics, Cephalome-


trists, and Orthodonties. - Ameriean Journal of Orthodonties,
septembre 1955.
167. SALZMANN J. A. : Orthodonties, Pratice and Technics. -
J. B. Lippincott Co, 1957, pages 158-197.
168. SALZMANN J. A. : Résumé of the Workshop and limitations
of the technique. - Ameriean Journal of Orthodonties, décembre
1958.
169. SALZMANN J. A. : The second Workshop on roentgencgraphic
Cephalometrics. - Ameriean Journal of Orthodonties, septembre
1959·
170. SALZMANN J. A. : The research Workshop on Cephalometrics.
- Ameriean Journal of Orthodonties, novembre 1960.
171. SASSOUN1 V. : A roentgenographic cephalometric Analysis of
cephalo-facio-dental relationships. - Ameriean Journal of
Orthodonties, octobre 1955.
172. SASSOUN1 V. : Position of the first permanent molar in the
cephalofacial complex. - Ameriean Journal of Orthodonties,
juillet 1957.

235
I73. SASSOUNl V. : Cephalometric Identification. A proposed
method of identification of War-dead by means of roentge-
nographic Cephalometry. - Thèse, University of Pensylva-
nia, 28 janvier 1958.
174. SASSOUNl V. : Diagnosis and treatment planning via roent-
genogra phic. Cephalometry. - Ameriean Journal of Orthodonties,
juin 1958.
175. SASSOUNl V. : Clinical Cephalometry. - The Philadelphia
Center for Research in Child growth, 1701 1/2 Fitzwater St,
Philadelphia 46, Pa, 1959.
176. SASSOUNl V. : The face in five dimensions. - The Philadelphia
Center for Research in Child growth, 1701 1/2 Fitzwater St,
Philadelphia 46, Pa, 1960.
177. SHAPIRO Harry H. : Cours. - Columbia University, New
York, 1956.
178. SIMPSON C. O. : A discussion of the principles involved in the
« Radiographic study of facial deformity », Dewey and
Reisner. - International Journal of Orthodontia, décembre 1928.
179. SIMPSON C. O. : A procedure for obtaining radiographic
images of the facial profile in the sagittal plane. - Internatio-
nal Journal of Orthodontia, février 1929, page 79.
180. SINCLAIR W. K. : X-Radiation and protection in dental
radiography. - Journal of the College of Dentists, mars 1958.
18r. STEINER Cecil C. : Cephalometrics for you and me. - Ameri-
can Journal of Orthodonties, octobre 1953.
182. STEINER Cecil C. : Cephalometrics in clinical practice. -
The Angle Orthodontist, janvier 1959.
183. STEINER Cecil C. : Instructions for using cephalometric
measurements for treatment planning and assessment, as
used in the Steiner Analysis. - Hawaiian Orthodontie Society,
avril 1959.
184. STONER Morris M. et Collaborateurs : A cephalometric
evaluation of fifty-seven consecutive cases treated by Dr
Charles H. Tweed. - The Angle Orthodontist, avril 1956.
185. STRAMRUD Lars: External and internaI cranial base. - Acta
Odontologica Seandinavia, N° 2, page 239, 1959.
186. SUBTELNY J. B. : A longitudinal study of soft tissue facial
structures and their profile characteristics, defined in rela-
tion to underlying skeletal structures. - Ameriean Journal
of Orthodonties, juillet 1959.
187. SVED Alexander : A critical review of Cephalometrics.
American Journal of Orthodonties, août 1954.

236
188. THOMPSON J. R. and BRODIE A. G. : Factors in the position
of the mandible. - Journal of the Ameriean Dental Association,
juin 1942.
189. THOMPSON J. R. : The rest position of the mandible and its
significance to dental science. - Journal of the Ameriean
Dental Association, page 15 l, 1946.
190. THOMPSON J. R. : Oral and environ mental factors, as etiolo-
gical factors in the malocclusion of the teeth. - Ameriean
Journal of Orthodonties, janvier 1949.
191. THOMPSON J. R. : The rest position of the mandible and its
applications to analysis and correction of malocclusion. -
The Angle Orthodontist, juillet 1949.
192. THUROW Raymond C. : Cep halo me tric methods in research
and private practice. - The Angle Orthodontist, avril 1951.
193. THUROW Raymond C. : The positive translucency : a substi-
tute for the cephalometric tracing and a medium for dyna-
mic seriaI evaluation. - Ameriean Journal of Orthodonties, avril
196 1.
194. TWEED C. H. : A philosophy of Orthodontic treatment. -
Ameriean Journal of Orthodonties and Oral Surgery, février 1945.
195. TWEED C. H. : The Francfort-Mandibular plane Angle in
orthodontic diagnosis, classification, treatment planning,
and prognosis. - Ameriean Journal of Orthodonties and Oral
Surgery, avril 1946.
196. TWEED C. H. : The Francfort-Mandibular Incisor Angle
(FMIA) in orthodontic diagnosis, treatment planning and
prognosis. - The Angle Orthodontist, juillet 1954.
197. TWEED C. H. : Syllabus, Cours C. H. Tweed Foundation
for Orthodontic Research, 1958.
198. TWEED C. H. : The importance of an accurate analysis in
orthodontie diagnosis and treatment procedures. - Congres
Ameriean Association of Orthodontists, Washington, avril 1960.

199. UPDEGRAVE William J. : High or low kilovoltage. - Dental


RadiograPhy and PhotograPhy, N° 4, 1960.

200. VORHIES J. M. and ADAMS J. W. : Polygonic interpretation of


cephalometric findings. - The Angle Orthodontist, vol. 2 l,
page 194, 1951.

201. WEINGART M. Alden : A simplified cephalometric he ad po si-


tioner. - Ameriean Journal of Orthodonties, avril 1948.
202. WHITMAN Clifford L. : Post-Graduate Course, Columbia
University, New-York, 1953.

237
203. WYLIE Wendell L. : A quantitative method for the comparison
of cranio-facial pattern in different individuals. Its appli-
cation to a study of parents and offsprings. - Ameriean Jour-
nal of Anat011'!)l, volume 76, I944, page 39·
204. WYLIE Wendell L. : Cephalometric roentgenography and the
dentist. - Ameriean Journal of Orthodonties and Oral Surgery,
juillet I945.
205. WYLIE Wendell L. : The assessment of antero-posterior dys-
plasia. - The Angle Orthodontist, volume l 7, l 947, page 97.
206. WYLIE Wendell L. : Undistorted vertical projection of the
head from lateral and postero-anterior roentgenograms. -
Ameriean Journal of Roentgenology and Radium therapy, septem-
bre I948.
207. WYLIE Wendell L. : Cours, University of California, College
of Dentistry (Tracings and antero-posterior dysplasia).
208. WYLIE Wendell L. and] OHNSON Ernest L. : Rapid evaluation
of facial dysplasia in the vertical plane. - The Angle Orthodon-
tist, juillet l 952.
209. WYLIE Wendell L. : Present beliefs in the practicability of
cephalometric studies in individu al case analysis, prognosis
and treatment. - Ameriean Journal of Orthodonties, novembre
I952.

2 IO. ZEISSE Carl : Photography and cephalometry in daily ortho-


dontic practice. - Ameriean Journal of Orthodonties, décembre
I951.
2 l 1. ZEISSE Carl: Practical Cephalometrics, Cours, University of
Pensylvania, I953.
TABLE DES MATIÈRES
TABLE DES MATIÈRES

AVANT·PROPOS

HISTORIQUE ....................................... , ................ ,

PREMIÈRE PARTIE

TECHNIQUE CEPHALOMETRIQUE

NOTIONS GENERALES

L'INSTALLATION CEPHALOMETRIQUE

Ce. chapitres ont été supprimés par l'auteur dans la présente


réédition. Ils font l'objet d'une refonte et trouveront plaee
une édition intégrale ultérieure..

243
Pages

LES INCIDENCES UTILISEES EN CEPHALOMETRIE

Le film de profil 13
Les différents films de profil ................................ 13
1) le film en occlusion .................... ,................. 14
2) le film bouche ouverte.................................... 16
3) le film en position de repos physiologique .................. 17
Eléments à considérer pour c l'analyse fonctionnelle • de
Thompson ................................. • . . . . .. . . . . . . . . . 18
A) Importance de l'espace libre entre arcades 18
B) Analyse du parcours de la mandibule, de la position de
repos à la position d'occlusion .......................... 19
Précisions apportées par Ricketts à l'étude de la position de
repos physiologique ........................................ 21
Le film postéro-antérieur .................................... 27

LECTURE DES FILMS. L'ETUDE DES TISSUS MOUS.

Lecture des films .............................. . . . . . . . . . . . . . . . . 29


L'étude des tissus mous .................................... 32
Moyèns proposés pour facilifer la lecture des tissus mous .... 32
Inconvénients de ces procédés ............................ 33
Nouveaux moyens proposés ................................ 34
Description du profil. Estimation de l'esthétique faciale ...... 35
Modifications du profil provoquées par le traitement ........ 36
Eléments de croissance particuliers aux tissus mous du profil 38

POINTS, LIGNES ET PLANS.

Points utilisés pour le film de profil 42


Points médians ............................. , .............. . 43
Points bi.latéraux 44

Lignes et plans ... . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. . . . . . . . . . . . . . . 45


Plan d'orientation ... .. ........ ... ..... .... .... ....... ... . 45
Plan de référence 46
Plan de superposition .........................•............ 46
Lignes et plans utili sés pour le film de profil .............. 46

244
Pages

TECHNIQUE DES TRACES CEPHALOMETRIQUES.

Matériel nécessaire à l'exécution des tracés 52


Eléments à tracer pour le film de profil ...................... 53
Exécution des tracés 54
Structures bi.latérales 55
Ordre dans lequel est exécuté le tracé ...................... 55
Bords de la mandibule .................................... 56
Emploi des mines de couleur .............................. 56
Tracé des dents difficilement lisibles ...................... 57
Différents traits utilisés pour les tracés. Schématisation de
certaines dents ............................................. 58

Emploi d'un positif transparent destiné à remplacer le tracé .... 60

EMPLOI DES TRACES CEPHALOMETRIQUES. LES SUPERPOSITIONS.


Les différentes superpositions ................................ 64
Superposition d'ensemble sur la base du crâne .............. 65
Superposition locale au niveau du maxillaire supérieur ...... 71
Superposition locale au niveau de la mandibule ............ 72
Etude de la croissance dans l'examen céphalométrique ........ 75
Croissance normale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 75
Croissance pathologique au niveau de la mandibule ........ 79
Prévision de la croissance o................................. 80
Technique de Ricketts pour estimation de la croissance ........ 81
Etude des facteurs héréditaires dans l'examen céphalométrique .. 89
Identification des victimes des conflits armés .................. 93

DEUXIËME PARTIE

LES METHODES D'ANALYSE CEPHALOMETRIQUE


INTRODUCTION 97
Analyses typologiques 97
Analyses dimensionnelles ...................................... 98
Analyses linéaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 98
Analyses angulaires 98
Analyses positionnelles ........... . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 99
Moyenne. Déviation standard. Type standard. Norme .......... 100
Emploi des méthodes d'analyse ................................ 101
245
Pages

METHODE D'ANALYSE DE TWEED................................ 105


METHODE D'ANALYSE DE MARGOLIS 115
METHODE D'ANALYSE DE BALLARD.............. .............. 125
METHODE D'ANALYSE DE DOWNS .............................. 130
METHODE D'ANALYSE DE W. WYLIE .................. .... ...... 149
METHODE D'ANALYSE DE MOORREES ................ .......... 161
METHODE D'ANALYSE DE STEINER................. ...... ....... 169
METHODE D'ANALYSE DE COUTAND ...................... ...... 184
METHODE D'ANALYSE DE SASSOUNI ............................ 186
METHODE D'ANALYSE DE MAJ, LUZJ, LUCCHESE ................ 205
METHODE D'ANALYSE DE RICKETTS ..................... .... ... 214
BIBLIOGRAPHIE ................................................... 223