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Histoire de la Sénégambie du XVe au XVIIIe siècle : un bilan

Article  in  Cahiers d études africaines · January 1985


DOI: 10.3406/cea.1985.1749

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1 author:

Charles Becker
Institut des Mondes africains
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Cahiers d'études africaines

Histoire de la Sénégambie du XVe au XVIIIe siècle : un bilan.


Monsieur Charles Becker

Abstract
C. Becker — The Precolonial Period in Senegambia, i^th to i8th Century.
A status artis of historical research on Senegambia: the problem of sources—archives, written documents, oral tradition,
archaeology—; chronology and the division into significant periods and sub-periods; a survey of extant and potential materials,
including economie, agricultural, commercial, linguistic, religious and, more generally, sociological data. A provisional and partial
division into periods based upon the evolution of the slave trade is proposed and contrasted with one founded upon the decline
and fall of native hegemonies. The paper ends with a catalogue of tasks which deserve to be given priority in order to produce a
genuine Senegalese history.

Citer ce document / Cite this document :

Becker Charles. Histoire de la Sénégambie du XVe au XVIIIe siècle : un bilan.. In: Cahiers d'études africaines, vol. 25, n°98,
1985. pp. 213-242;

doi : 10.3406/cea.1985.1749

http://www.persee.fr/doc/cea_0008-0055_1985_num_25_98_1749

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NOTES ET DOCUMENTS

Charles Becker

Histoire de la Sénégambie

du XVe au XVIIIe siècle un bilan*

Trois
partiel
la découverte
réflexions
de histoire
européenne
préliminaires
de la Sénégambie
et permettront
la production
entre
introduire
des
le milieu
premières
ce
dubilan
xve
sources
siècle
forcément
écrites
soit

européennes et la nn du xvme siècle est-à-dire le tournant que constitue


le passage progressif de la traite des esclaves au commerce légitime
Nous parlerons histoire et historien dans un sens la fois
précis et très large histoire est une discipline et un discours sur le
passé de groupes sociaux plus ou moins étendus sur leur vie matérielle
culturelle politique Il est pas question de la réduire un discours
universitaire au contraire le discours historique est multiple et la
reconnaissance de chacune de ses formes de leurs spécificités et de leurs
limites aussi est indispensable la reconstitution du passé Plus histoire
universitaire paraît souffrir lourdement de son quasi-complexe de supé
riorité sur histoire traditionnelle dont toutes les voies ont pas été
explorées sinon très mal Ainsi la promotion de histoire passe-t-elle
par interrogation de toutes les sources disponibles bien que parfois
cachées sur un événement ou sur une période ancienne Activité
critique sur toutes ces sources histoire ne peut être que le fruit une
collaboration honnête et franche entre des chercheurs qui ne seront
jamais des observateurs neutres surplombant la fois le passé et les
sociétés actuelles où ils exercent leur métier
Nous entrerons pas dans le débat concernant le statut de histoire
parmi les sciences sociales ou plutôt par rapport anthropologie
Rappelons seulement il fallu longtemps pour que soit reconnue la
possibilité une histoire africaine et que ethnologie trop souvent
étudié les sociétés dans une perspective an-historique Si les discussions
au sujet de ethno-histoire sont dans une large mesure dépassées
elles ont néanmoins clarifié certains problèmes et permis de mieux

Cet article est la version légèrement remaniée une communication intitulée


La période précoloniale ou la Sénégambie du xve au xvme siècle présentée
au premier colloque de Association des historiens sénégalais qui est tenu
Dakar 21-24 mai 1982)

Cahiers tudes africaines 98 XXV-2 1985 pp 213-242


214 CHARLES BECKER

définir la tâche de historien Citons par exemple Leroi-Gourhan


1975

informations
complémentaires
moins
logie
méthodes
intervention
seapproximative
traduit
présente
orales
sous
du
mais
Leun
temps
le
trois
premier
côté
troisième
queaspects
dans
positif
onestles
trouve
sur
fondé
il
etsciences
les est
un côté
documents
sur
dans
difficile
humaines
les
négatif
lesdocuments
meilleurs
de
archéologiques
qui
et
considérer
ne
particulièrement
sont
écrits
cas pas
en
tout
leconvergence
Chacune
nécessairement
second
fait
en comme
ethno
sur
de ces
les
au

Rappelons aussi le rapport introductif au colloque sur Anthropologie


en France 1979 î- où les relations entre anthropologie et histoire
sont présentées une manière qui nous semble juste

Histoire et anthropologie diffèrent moins par leur objet il pas des sociétés
essences différentes selon elles sont de tradition orale ou écrite européenne ou
non européenne que par leurs techniques investigation Certes ces techniques
ne sont pas neutres elles impliquent en raison de leurs spécificités et des traditions
propres chaque discipline des problématiques et des conceptualisations diffé
rentes Il agit donc non seulement de compléter une technique de recherche grâce
autres techniques mais encore de tenter unifier les champs conceptuels
Histoire et anthropologie ou anthropologie historique enrichissement doit être
mutuel car il agit en fait une seule et même discipline ou science ... anthro
pologie et histoire considérées comme discipline unique ont pour tâche travers
des techniques variées et complémentaires écrit oral mais aussi archéologie bota
nique linguistique biologie etc. analyser les logiques des continuités ruptures
et transformations sociales

est pourquoi il est bon de considérer le travail historique comme une


part majeure du travail anthropologique et de reconnaître que effective
ment histoire ethno-histoire socio-histoire anthropologie
historique constituent la même discipline anthropologie en tant
elle intéresse aux sociétés dans toutes leurs dimensions temporelles
Nous reprenons ici la distinction classique entre sources internes
et sources externes que nous avons explicitée précédemment Becker
Martin 1975 Becker 1977 210-214 Les sources internes qui sont
parfois écrites tarikh en arabe ou en walafai1 ou le plus souvent orales
comprennent les divers types de traditions villageoises familiales
provinciales dynastiques auxquelles il faut joindre les données socio-
logiques linguistiques ethnologiques éclairant le passé des sociétés
sénégambiennes Les sources externes sont presque exclusivement
origine européenne pour la période qui nous occupe Cependant les
données relatives au Fuuta Tooro dans le Tarikh es-Sudan ne peuvent

Walafai terme désignant une transcription du wolof en caractères arabes


La transcription des noms propres de pays ou de personnes et des quelques
noms communs utilisés suit les règles du décret no 75-1026 du io oct 1975
modifié par le décret no 85-1232 du 20 nov 1.985 Journal officiel de la République
du Sénégal 23 nov 1985 519-521
HISTOIRE DE LA GAMBIE XV XVIII6 SI CLE 215

être considérées tout fait comme des sources internes au sens de sources
produites dans et par la société décrite Les données archéologiques
peuvent être rattachées légitimement aux sources internes mais on peut
aussi insister sur la spécificité de ces sources et du travail archéologique
Notons donc que la distinction entre sources internes et sources externes
reste affiner et elle ne recoupe pas celle établie entre tradition orale
et texte écrit le vestige archéologique étant un témoin particulier
Dans des textes antérieurs nous avons souligné le fait indiscutable
que les sources internes ont été insuffisamment mises contribution alors
que les traditions représentent pourtant la première et principale source
de histoire sénégambienne qui est demeurée trop peu exploitée dans le
passé Becker 1977 2ii Nous avons également mis accent sur la
nécessité une confrontation entre les deux types de sources et archéo
logie si elle est considérée comme source spécifique dès présent et
surtout lorsque la collecte des traditions aura avancé et que de véritables
corpus auront été constitués
Il reste en tout cas important de poursuivre et améliorer la réflexion
sur les sources de prendre conscience de intérêt mais aussi des limites
inhérentes chaque type de source pour orienter les travaux vers des
domaines prioritaires et sortir grâce ceux-ci des ornières où enfoncent
trop souvent les historiens de la période précoloniale >2

Après ces remarques préliminaires qui mériteraient plus de dévelop


pements venons-en au bilan même des études concernant la Sénégambie
précoloniale Pour évaluer les études déjà entreprises nous avons
abord effectué un inventaire des travaux académiques thèses mémoires
diplômes sur histoire de la Sénégambie Cet inventaire mis jour et
publié par ailleurs Becker Diouf 1985) est instructif bien il soit
compléter par une bibliographie exhaustive des autres travaux histo
riques et récents qui serait très utile et jamais été établie son
élaboration pourrait se faire aide des guides bibliographiques existants
Porgès 1967 1977 Gamble 1979 Brasseur 1964 1976 Toupet 1959
1977
examen de la littérature universitaire et des autres études sur la
Sénégambie précoloniale permet de dresser un constat global assez
négatif qui peut être formulé ainsi la période délimitée partir de
critères discutables reste mal connue et le projet une histoire globale

Il est pas nécessaire de rappeler ici les discussions méthodologiques autour


de histoire de ethno-histoire de la tradition orale La question du statut de
ces disciplines et des types de sources historiques est loin être résolue et les
thèses avancées par divers auteurs Person Vansina Henige
Brunschwig Deschamps Coquery-Vidro vitch continuent faire
objet de débats sérieux et parfois âpres Trancheront certainement les études
plus nombreuses qui seront réalisées aide des traditions et qui démontreront
apport indiscutable de la mémoire orale histoire de Afrique
2l6 CHARLES BECKER

économique sociale politique culturelle démographique été


que très partiellement réalisé

Temporellement on relève des inégalités flagrantes entre les périodes


ou sous-périodes qui peuvent être distinguées dans ces 350 années Le
nombre et intérêt des études varient beaucoup en fonction de impor
tance et de la valeur des sources utilisées
Spatialement la Sénégambie au sens large que nous pouvons lui
donner avec Barry [i So])3 est en partie couverte par les
travaux publiés Pour certaines régions les données accessibles histo
rien sans enquête personnelle préliminaire sont très rares ce qui rend
assez précaire toute tentative de synthèse générale pour ensemble
sénégambien
Qualitativement les sujets abordés diffèrent selon on emploie
préférentiellement les sources écrites ou les traditions orales Dans le
second cas les études fondées sur des renseignements traditionnels
privilégient histoire socio-politique en insistant sur le règne de tel ou
tel souverain ou sur le rôle de telle famille ou de tel groupe elles traitent
souvent de organisation sociale et politique et citent presque toujours
présent les données fournies par Yoro Dyâo 1864 Rousseau
1933 1941 et Siré Abbas Soh 1913 dont intérêt est indéniable mais
dont la répétition obligatoire dans tous les travaux sur les pays wolof et le
Fuuta peut être lassante Dans le cas des travaux exploitant essentielle
ment les sources écrites importance accordée au commerce atlantique
aux établissements européens de la côte aux relations entre les souverains
côtiers et les commer ants étrangers est nette
utilisation des sources écrites été plus fréquente que celle des
traditions orales De ce fait la confrontation des deux types de sources
demeure rare et presque toujours limitée Pour cela aussi élaboration
une synthèse qui résulte une véritable confrontation est difficile
car on manque encore trop de corpus consistants de traditions orales
Alors que des documents archéologiques existent pour toute la période
précoloniale ils ont presque pas été interrogés et les fouilles relatives
cette époque sont très limitées Malgré les difficultés de leur exploitation
il agit de vestiges qui concernent parfois directement les populations

La dénnition exacte de la Sénégambie pose des problèmes réels Cependant celle


proposée par BARRY [1980 25 est assez satisfaisante celui-ci suggère de
déborder le cadre des deux tats actuels du Sénégal et de la Gambie histori
quement la Sénégambie dépasse largement les frontières actuelles du Sénégal
et comprend ensemble des deux bassins du Fleuve Sénégal et du Fleuve
Gambie depuis leurs sources dans les Hauts Plateaux du Futa Jalon
leurs embouchures dans Océan Atlantique Il agit une vaste région ayant
pour limites au Nord la Vallée du Fleuve Sénégal au Sud le Rio Grande et
Est le Bafing est surtout la frontière ainsi définie au nord qui nous semble
devoir être adoptée pour englober les anciennes entités politiques riveraines
HISTOIRE DE LA GAMBIE XV XVIlIe SI CLE 217

actuelles réticentes idée une éventuelle fouille) ces témoignages


devraient servir résoudre diverses questions peu ou mal abordées

Ce constat assez négatif une fois énoncé évoquons quelques problèmes


posés historien de la période précoloniale pour mettre en évidence
des acquis anciens et récents pour délimiter certaines zones ombre
et pour essayer de cerner les tâches qui demeurent Le bilan prospectif
ainsi proposé ne peut bien sûr citer tous les auteurs et tous les apports
ce est pas un palmarès mais retient surtout avec une part
certaine arbitraire quelques études qui nous paraissent marquantes
un titre ou un autre et sont évoquées titre exemple Quand une
bibliographie plus complète aura été établie et dépouillée il sera possible
de mieux classer les études et en souligner intérêt Nous tenterons
pour instant de répondre trois questions Quelle est la pertinence
du terme précolonial ou quelle périodisation doit-on retenir pour
histoire sénégambienne De quel matériau dispose-t-on Il sera
surtout question ici des sources disponibles matériaux bruts et des
travaux réalisés matériaux élaborés Que reste-t-il faire Nous
nous contenterons avancer quelques propositions pour orientation des
travaux futurs

Faut-il parler de époque précoloniale

La question de la périodisation de histoire sénégambienne doit être


abordée en premier Elle est essentielle et épineuse
Rappelons les articles déjà anciens Yves Person 1962 et Ivan
Hrbek 1971 qui posaient en des termes toujours très actuels cette
question de la périodisation et des repères chronologiques nécessaires
élaboration une synthèse historique Ces réflexions soulignaient
importance de la recherche un cadre chronologique mais aussi les
difficultés particulières on rencontre dans les diverses sociétés afri
caines Dans le cas de la Sénégambie ces difficultés paraissent moins
grandes ailleurs car les sociétés étatiques prédominent par rapport
aux sociétés égalitaires ou chefferies lignagères En effet les principes
de constitution des traditions différents dans ces deux types de sociétés
font que les premières ont retenu des dates parfois étonnamment précises
alors que les secondes ont guère eu cette préoccupation et proposent
des généalogies non datées sans référence des événements situés dans
le temps On est donc obligé de privilégier une certaine manière les
sociétés étatiques pour périodiser histoire sénégambienne partir de
critères internes et de raccrocher tant bien que mal les autres sociétés
au cadre chronologique défini
Il est possible de faire un choix dont il faut énoncer les implications
En effet nous parlons de la période précoloniale en distinguant deux
2l8 CHARLES BECKER

grandes sous-périodes une allant de la de la protohistoire la


découverte européenne au milieu du xve siècle qui ne sera pas traitée ici
autre allant du milieu du xve siècle la du xvine siècle soit
la période de la traite atlantique dont les caractéristiques ont varié
durant ces 350 ans
Cette schématisation retient surtout sauf pour le début ailleurs
difficile situer dans le temps des critères externes admettant donc
implicitement que la traite atlantique ses débuts son évolution puis
instauration du commerce légitime sont des faits constitutifs de
histoire sénégambienne et servent la périodiser Ces dates sont uti
lisées par la plupart des auteurs Crowder 1977 Coquery-Vidrovitch
Moniot 1974 Deschamps 1970 Ajayi Crowder 1971 etc. qui
retiennent 1800 comme tournant alors que Ki-Zerbo 1972 ne se pro
nonce pas vraiment)
Le découpage de ensemble de la période précoloniale met en
évidence une certaine unité de la période avec la césure principale que
représente le début de la traite atlantique Il va de soi que utilisation
de dates précises comme 1450 et 1800 est commode mais reste bien des
égards insatisfaisante Il est pas assuré moins que des travaux
ultérieurs viennent le démontrer que ces dates correspondent de réels
tournants dans la vie des sociétés sénégambiennes mêmes Il est néan
moins possible en état actuel des connaissances de les retenir aujour
hui avec des réserves et en constatant par exemple que pour tel
royaume ou tel pays autres périodisations plus fines se justifient
partir de critères internes comme les étapes de histoire du peuplement)

Si on accepte le cadre général des 350 années en reconnaissant le rôle


majeur de la traite atlantique dans évolution des sociétés sénégam
biennes on peut suggérer une nouvelle subdivision partir une date
marquante pour les royaumes du Nord et de Ouest sénégambien savoir
épisode connu sous le nom de guerre des marabouts ou guerre de
Tuubenaan 1673-1677 Ainsi aurait-on
La sous-période de 1450 1677 marquée par le début et le dévelop
pement de la traite atlantique La traite des esclaves mais aussi le
commerce autres produits caractérisent celle-ci son début connaît
une refonte de la carte politique Boulègue 1968 177 sq ou plutôt
des modifications notables suivie une relative stabilité qui sera remise
en cause par augmentation de la traite des Noirs Il est probable que le
commerce transsaharien et le commerce interafricain se sont maintenus
dans une large mesure aide des travaux de Boulègue [1968]) de
Moraes 1976 et de Thilmans4 et en privilégiant des critères externes

On trouvera dans le Bulletin de FAN de nombreux documents du xvne siècle


publiés et commentés par Thilmans et de Moraes Il est impossible de
les citer ici
HISTOIRE DE LA GAMBIE XVC-XVHIe SI CLE IG

nous pouvons encore distinguer la période portugaise avec les modifi


cations politiques la nouvelle ère dans le commerce atlantique
Boulègue 1968 246 sq. due la rivalité entre les nations européennes
partir du dernier tiers du xvie siècle
La sous-période de 1677 1800 où la traite des esclaves joué un rôle
dominant dans le commerce avec la gomme comme second produit
exportation est époque des nombreux conflits entre tats séné-
gambiens de la pression maure sur le Sénégal et de profondes modifica
tions sociales économiques et religieuses

En retenant ces dates approximatives nous admettons que histoire


de toutes les sociétés sénégambiennes été marquée par existence de
la traite atlantique et ses conséquences induites Si on cherche pro
mouvoir le point de vue africain et comprendre ce qui est effective
ment passé dans ces sociétés il faut suivre la voie tracée par Hrbek
1971
Nous devons ... nous débarrasser de toute idée précon ue et essayer de suivre
le processus historique en Afrique un point de vue africain sans oublier bien sur
les forces extérieures qui fa onnèrent ou influencèrent ce processus Puisque his
toire africaine est essentiellement histoire des peuples qui habitent ce continent
toute périodisation qui se veut objective doit être envisagée de fa on tenir compte
principalement et essentiellement du développement des sociétés africaines
commencer avec les Africains et voir en eux non seulement objet mais le sujet du
processus historique

Hrbek poursuit en soulignant que la périodisation marxiste de


histoire universelle est inopérante pour histoire africaine et en recon
naissant comme nous la difficulté de délimiter les périodes La solution
provisoire consiste convenir que évolution des sociétés été infléchie
par la traite atlantique mais de manière différente sur la côte dans les
tats de intérieur dans les sociétés non étatiques et dans hinterland
où provenaient la plupart des captifs vendus sur la côte

Outre cette périodisation générale aide de dates qui ont avantage


de la certitude matérielle on peut aussi suggérer autres découpages
beaucoup plus imprécis comme ceux que nous avons adoptés dans
VAtlas du Sénégal Martin Becker 1977 52-53 empire du
Jolof XIVe-xve siècles Koli Tengela et la domination pe xvie-
xvne siècles empire du Kaabu éé<3 siècles dont histoire
achève au xixe siècle Cependant ces délimitations peuvent être
critiquées et elles ont inconvénient de laisser hors du champ histo
rique les zones parfois vastes qui ne faisaient pas partie de ces entités
principales

On peut conclure que ces deux périodisations restent insuffisantes bien


que la première soit plus commode appliquer Les questions chrono-
220 CHARLES BECKER

logiques pour les tats ne sont pas résolues et elles sont plus complexes
encore pour les sociétés sans structure étatique Par ailleurs les processus
de transformation des sociétés sont mal connus et il est donc difficile
de décider quelle modification démographique socio-familiale culturelle
économique est décisive dans un ou dans tous les domaines de la vie
sociale
est pourquoi il convient employer le terme précolonial avec
beaucoup de réserves en laissant ouverte la discussion sur la possibilité
et la pertinence autres dénominations ainsi que sur les critères de
périodisation valables dans le cas de la Sénégambie Disons cependant
que selon nous histoire des peuplements qui suppose une histoire
des villages des familles et des migrations mérite une attention parti
culière car elle pourrait sans doute livrer des critères neufs applicables
aux tats mais surtout aux pays sans tat Elle constituerait un utile
contrepoids histoire politique qui été privilégiée elle rendrait compte
de la partie négligée de la vie économique et culturelle toujours mal
évoquée par les sources européennes

De quel matériau disposons-nous

Nous abordons ici le vrai bilan provisoire des connaissances que nous
compléterons aide de la bibliographie5 en examinant pour cette
période les sources existantes leur intérêt et leurs lacunes puis en pré
sentant quelques tentatives de synthèse régionale traitant de toute la
zone ou une de ses parties de toute la période ou une sous-période
définie par auteur Ce faisant nous essaierons de préciser certaines
urgences du travail historique et de cerner quelques questions

Les matériaux bruts

Notons emblée la contingence et la fragilité de ces sources surtout dans


le cas des traditions orales agissant des sources écrites la conservation
été assurée pour une petite partie des documents dont nous aurions
besoin et la découverte des textes anciens est souvent le fait du hasard
même on les recherche systématiquement Toutefois on remarque
bien de grands trous dans la documentation concernant certaines
périodes ou certains pays Quant aux traditions il est pas nécessaire
de rappeler que des témoignages importants sinon capitaux ont disparu

Bibliographie des travaux universitaires BECKER DIOUF 1985 en cours de


révision portant en état actuel sur 600 titres
HISTOIRE DE LA GAMBIE XV XVIII SI CLE 221

ou sont en train de disparaître sous nos yeux sans on ait fait les
efforts suffisants pour les recueillir
Des problèmes spécifiques se posent propos des trois types de sources
internes externes archéologiques décrits plus bas et donc de leur
mise en perspective historique Ainsi chaque type apporte des réponses
dans tel ou tel domaine mais la convergence souhaitable entre ceux-ci
est souvent pas effective dans la pratique courante des historiens

Les sources internes

Les traditions orales publiées consistent pour la plupart en chroniques


événementielles plus ou moins complètes accompagnées de renseigne
ments sur organisation socio-politique Ces données sont souvent
exposées de manière statique ce qui laisse penser tort que les rapports
entre les groupes sociaux castes ordres ont pas évolué durant des
siècles et que le même titre correspond la même fonction tout au long
de la période
Les traditions villageoises existent peu près partout mais ont été
très peu exploitées et publiées Nos recherches ont porté sur ce sujet
et de nombreux recueils historiques suivront ceux que nous avons réalisés
Becker Martin Sia 1984 Martin Becker 1979
Les traditions relatives aux anciennes provinces constitutives des
royaumes sont également mal connues Elles existent mais souvent
leur collecte se fait difficilement dans ces provinces ou leur capitale
et leurs détenteurs se trouvent plutôt dans les centres urbains Ces
traditions ont elles aussi été négligées
Les traditions familiales sont très éparpillées surtout celles des grandes
familles dont la dispersion est suivre aide des traditions conservées
dans des régions parfois éloignées Il serait possible en enregistrer un
grand nombre dans les villes
Les données concernant économie agriculture le commerce ont
guère été recueillies en tant que telles On trouve en général des men
tions sur certaines questions mais les traditions ont pas été suffi
samment interrogées sur ces sujets et la documentation restera sans
doute fragmentaire
De même les traditions sur la vie culturelle et religieuse sont ras
sembler notamment les manuscrits arabes qui parlent aussi des
familles On doit rechercher davantage tous les témoignages culturels
pour en déterminer origine et la signification historique Citons dans
ce domaine les travaux des Archives culturelles collecte objets de
traditions publication de quatre répertoires et du Centre études des
civilisations publication de la revue Demb âk Tey) les données apportées
par Gravrand sp 1983 sur les Sereer et notre présentation des lieux
de culte traditionnels sereer Martin Becker i979a)
222 CHARLES BECKER

Les données linguistiques ont été peu utilisées en particulier pour une
étude systématique de la toponymie dont intérêt historique est évident
Enfin les données sociologiques sur la répartition des familles et des
catégories sociales peuvent jeter une lumière sur le passé comme le
démontrent nos études sur les familles sereer et wolof Becker Mar
tin 1980 1982 1983 Apparaissent des situations sociales qui sont
manifestement le résultat de histoire et donc sont mis en évidence des
aspects méconnus de cette histoire
Ainsi la tradition orale fournit de nombreuses données sur les
royaumes les familles les villages en développant souvent les récits
origine qui légitiment le pouvoir et la fonction Le problème majeur
est que certaines périodes sont mal couvertes et on passe fréquem
ment de la fondation des événements récents en laissant un grand
hiatus propos des périodes intermédiaires Mais il existe cependant
très souvent des généalogies fiables qui comblent partiellement ce fossé
Un travail systématique sur ces généalogies dans les sociétés avec ou
sans Etat central autorisera peut-être des conclusions historiques assurées
quant ancienneté des villages et histoire des pays Signalons aussi
que la faiblesse des données statistiques est une lacune importante des
traditions

numérons les principales publications ainsi que les sources existantes


et mal connues
Parmi les auteurs anciens on note surtout Yoro Dyâo et Sire Abbas
Soh 1913) ainsi Amadou Wade 1964 Toutefois les renseignements
livrés par Dyâo ont été imparfaitement édités par Rousseau
1933 1941 et Gaden 1912) et des papiers non publiés subsistent La
constitution un corpus et la recherche vaine présent des
cahiers manuscrits de cet auteur sont capitales
On doit également citer des auteurs du xixe voire du xvine siècle
tels Boilat 1853) Bocandé Le Brasseur Golberry qui transcrivent des
traditions collectées époque et dont les détails sont comparer ceux
des récits postérieurs sur les mêmes personnes ou événements
Parmi les études récentes on remarque édition ou la seule citation
de traditions dynastiques qui portent sur tous les souverains ou sur
quelques-uns seulement6
Les traditions familiales concernent souvent les dynasties qui sont
succession patrilineaire ou ailleurs matrilinéaire mais ont que
rarement fait objet de publications séparées

Cf DIOUF 1972 pour le Siin BA 1976 et SARR 1983 pour le Saalum et le


Bad bu DY 1864) FALL 1974) SAMB 1964) SAMB 1983 pour
le Kajoor et le Baw WAD 1964 pour le Waalo etc
HISTOIRE DE LA GAMBIE XV XVIII6 SI CLE 223

Les manuscrits érudits arabisants commencent être édités ainsi


ceux laissés par Sheikh Musa Kamara cf Ndiaye 1975 mais de
nombreux textes attendent ou sont conservés de manière précaire dans
les villages Une ample moisson serait faire par des arabisants quant
histoire des royaumes des pays des familles et il est pas impossible
que des découvertes inespérées soient ainsi réalisées Ces manuscrits en
arabe sont cependant exploiter avec précaution car il agit quelquefois
de transcriptions de textes fran ais listes dynastiques et chronologies
publiées qui sont reprises parfois avec des erreurs faciles repérer)
Les traditions villageoises ont été collectées sur le Fleuve et dans le
Bundu7 mais la documentation est incomplète Dans les pays sereer
Gravrand 1983 fournit essentiellement des renseignements sur le
Siin Dans les régions wolof et sereer comme en Casamance Pélis-
sier 1966 recueilli beaucoup de données sur histoire des villages et
des peuplements Nous avons rassemblé ces traditions dans les pays du
Siin du Bawol du Saalum du Jegem et dans les divers pays wolof
nous avons ainsi publié un recueil sur les îles du Saalum Martin Becker
i979b) trois recueils sur le Saalum Becker Martin i98ia c) un
autre sur arrondissement de Niakhar Becker Martin 1984 Pour la
Casamance il existe des données inédites colligées dans les villages de
Basse-Casamance au cours des années 1950
Un bon nombre de notices souvent brèves ont été publiées depuis le
début de la colonisation nos jours pour évoquer une personnalité
célèbre ou un événement important un fait marquant telle une bataille
elles éclairent souvent origine une coutume ou un trait de organi
sation socio-politique Parmi les nombreux documents citons le texte
de Equilbecq 1974 sur Samba Gelâjo la Grammaire de la langue
woloffe de Boilat 1858) qui fournit des données sur Koce Barma
et sur autres philosophes comme Biram Cam et Maseni les traditions
sur Koce Barma cf un texte inédit de Bocandé et un numéro spécial
de la revue Demb âk Tey les thèses comportant des recueils de traditions8
Une seule présentation synthétique de traditions été proposée par
Brigaud 1962) pour tous les anciens royaumes du Sénégal il faut la
mentionner malgré ses immenses lacunes
Beaucoup autres données sur les cultures traditionnelles ont été
publiées ou sont consultables telles celles mentionnées dans les
quatre répertoires établis par les Archives culturelles Remarquons

Cf les travaux de CURTIN 1975 ROBINSON CURTIN JOHNSON 1972 BATHILY


1985 CissoKO 1979
Cf les travaux de DIENG 1978 sur le Kajoor de LY 1978 sur le Fuuta de
DIENG 1984 sur El Hajj Omar
224 CHARLES BECKER

en outre une réflexion sur les proverbes peut être riche en perspectives
historiques9

Un réel effort été effectué pour faire mieux connaître toutes ces
sources et percevoir intérêt de chacune pour la recherche historique
Les chroniques et chronologies sont disponibles depuis longtemps pour
certains pays beaucoup plus récemment pour autres Quant aux
traditions villageoises familiales provinciales leur publication commence
peine mais on peut espérer la constitution prochaine de corpus qui
permettront de nouvelles approches de histoire du peuplement
Malgré les travaux récents des vides subsistent propos de certaines
zones il faudrait en particulier mener des études sur les anciennes
provinces création liste des chefs rôle dans histoire des royaumes
dont les traditions pourraient être utilement confrontées aux documents
du début de la colonisation quand de nombreux renseignements ont été
réunis pour déterminer le découpage des cantons10 On peut donc consi
dérer une certaine priorité devrait avenir être accordée inves
tigation dans les régions mal prospectées et dans les provinces anciennes
la publication de corpus solides et la recherche de documents complé
mentaires pour des périodes moins bien explorées de histoire des
royaumes et des dynasties

Les sources externes

Ces sources rappelons-le peuvent faire état de traditions orales et


constituer de ce fait un témoignage sur la manière dont elles étaient
fixées époque Cependant ces documents presque exclusivement
européens dans état actuel des connaissances ont en général autres
centres intérêt
Il faut souligner le caractère partiel et lacunaire de ces sources qui
expriment trop souvent le seul point de vue européen sur les sociétés
africaines où des omissions et des erreurs regrettables Elles insistent
sur les faits économiques les relations commerciales la vie des comptoirs
et de leur personnel Les renseignements sur intérieur du pays sont très
rares et ne portent que sur les abords immédiats des axes fluviaux que
sont la Gambie et le Sénégal le Saloum et la Casamance resteront mal
connus au xixe siècle où une cartographie correcte en sera proposée
ailleurs la cartographie démontre souhait les limites de information
procurée par les documents européens assez riche pour la côte et les

Cf le Dictionnaire sereer. de CRETOIS 1972-77) ainsi que les travaux inédits


de Diatta sur les Jola de Diouf et Seek sur les Sereer
10 Cf les données contenues dans les rapports des sous-séries et 13 des
Archives nationales du Sénégal citées infra ANS) intitulées respectivement
tudes générales Missions notices monographies 1818-1921 et Affaires
politiques administratives et musulmanes 1782-1919
HISTOIRE DE LA GAMBIE XVC-XVHIe SI CLE 225

deux vallées principales elle est peu près inexistante pour le reste de la
Sénégambie
Ces sources sont variables en nombre et en qualité selon les époques
Ce sont des relations de voyageurs ou bien de résidents dont les témoi
gnages sont souvent importants mais aussi plus rarement des
documents scientifiques comme ceux rédigés et partiellement publiés
vers le milieu du xvine siècle par le naturaliste Michel Adanson11 En
outre les archives des anciennes compagnies commerciales existent
surtout pour les xvne et xvine siècles mais les pièces du xvne siècle
restent très fragmentaires alors que celles du xvine sont mieux conservées
sous forme de séries continues et dans des dépôts connus Signalons en
particulier aux Archives nationales de France Paris) le fonds des
Colonies séries C6 C8 et celui de la Marine dans la Section Outre-Mer
le dépôt des fortifications des colonies DEC Saint-Louis Goree Côtes
Afrique et la cartothèque comportant les cartes du DEC avec autres
documents géographiques la Bibliothèque nationale Paris) les fonds
du département des cartes et plans et ceux du cabinet des manuscrits
au Service historique de Armée de Terre Vincennes) plusieurs séries
celles du Public Record Office Londres aux Archives nationales du
Sénégal Dakar) de rares pièces antérieures au xixe siècle On dispose
pour le repérage des sources instruments importants tels que les
Guides édités par le Conseil international des archives 1970-83) ceux
des archives anglaises et portugaises ainsi que les répertoires des archives
du Sénégal et de AOF
Les recherches exemplaires menées sur ces fonds archives en
particulier celles de Brasio 1958-79) de Thilmans de de
Moraes 1976) ont montré que beaucoup de textes nouveaux pouvaient
être exhumés et ils se trouvaient parfois en des lieux inattendus De
même les recherches inachevées de Mettas 1978 1984 sur la traite
des Noirs ont mis en lumière intérêt un examen des archives por
tuaires fran aises et étrangères elles ont livré une documentation
neuve sur cette question encore largement débattue

Parmi les publications on peut mentionner


les relations époque qui sont toujours citées dans les travaux univer
sitaires beaucoup autres demeurent inédites malgré leur importance

il Adanson est un botaniste fran ais né en 1727 qui séjourna au Sénégal de


1749 1754 est le premier scientifique de renom avoir réalisé des études
très poussées en Afrique subsaharienne Son projet de publication une ency
clopédie consacrée au Sénégal ne put être mené terme un seul volume avec
une relation de son séjour et une présentation des coquillages fut publié 1757
Mais beaucoup éléments ont été utilisés dans ouvrage majeur du naturaliste
intitulé Famille des plantes 1763) et de multiples fragments manuscrits sont
conservés dans un carton déposé la bibliothèque du Muséum histoire natu
relle Paris
226 CHARLES BECKER

pour histoire de tel ou tel royaume Toutefois de nombreux textes


ont été présentés au cours des dernières années par Thilmans Moraes
1976) Becker et Martin 1975) Ritchie 1968) Delcourt cf David 1974
les efforts plus anciens dans ce domaine Cultru Froidevaux Mâchât
Marty Schefer ont été ainsi poursuivis et amplifiés
le recueil des cinq volumes de Brasio 1958-79) qui comporte des textes
de tout genre connus édition critique dans ce cas ou inédits Ces
Monumenta missionaria. ont révélé importance des archives portugaises
trop peu exploitées et des archives missionnaires Cet ouvrage est
fondamental et largement servi la synthèse de Boulègue [1968]
qui publié par ailleurs plusieurs traductions de textes portugais
les éditions critiques par Mauny Monod Teixeira da Mota Bourdon
de textes anciens comme ceux de Zurara Valentim Fernandes
Münzer Diogo Gomes Dornelha

On peut conclure que la documentation désormais utilisable pour le


xvne et le xviiie siècles est considérablement enrichie Les découvertes
réalisées doivent encourager poursuivre la recherche patiente et métho
dique des documents en particulier sur les périodes obscures et ras
sembler les textes dispersés par exemple une bonne partie des manuscrits
Adanson)
Les sujets abordés dans ces matériaux sont variés comme on le
constate dans le recueil de textes en quatre volumes de de Moraes
1976 et dans sa synthèse en deux volumes qui récapitule les données
de fa on thématique Mais les renseignements sont très inégaux le fait
que beaucoup de choses aient été trouvées concernant la Petite-Côte
au xvine siècle ne signifie pas une recherche sur autres régions
serait aussi fructueuse et il est probable que les documents sur les
pays de intérieur comme le Jolof resteront très rares On peut ajouter
que les sources découvertes décrivent la vie proximité des comptoirs
européens et beaucoup moins la vie intérieur des royaumes côtiers
la rareté des relations sur les capitales étant significative
La collecte de ces sources est donc pas close mais ses résultats
concerneront surtout la côte et les vallées Comme nous avons voulu le
suggérer dans une planche de Atlas du Sénégal sur La Sénégambie
au xvine siècle Martin Becker 1977 54-55) en illustrant époque
de la traite des esclaves par la carte de Anville et deux plans Saint-
Louis et Goree) la connaissance de la Sénégambie est très mince et se
limite aux endroits stratégiques pour le commerce atlantique Cependant
pour le xvine siècle mais aussi pour les siècles précédents impor
tantes précisions chronologiques et de notables données statistiques
existent Toutefois la chronologie ne peut être fondée que sur des tra
ditions et une liste dynastique ne peut en aucun cas être dressée partir
des seules sources écrites signalons titre exemple le problème du
ISTOIRE DE LA GAMBIE XV XVIlIe SI CLE 227

een12 appelé Denchafour par les documents européens du xvne siècle


iont le nom est déformé un point tel que son identification avec un teen
le la tradition est malaisée Moraes et Thilmans avancent pas hypo-
hèse peut-être agit-il du teen Ce Ndela De même les renseigne-
nents statistiques ne peuvent être acceptés sans critique et nous avons
cuvent insisté sur la nécessité de tenir compte de tout le trafic illicite
lue les documents officiels taisent De ce fait les chiffres de la traite
atlantique même ceux avancés après des recherches méticuleuses
resteront toujours incertains et seront considérer comme des estimations
minimales Becker 1985)13

Les sources archéologiques

Ces sources existent et sont étudier Or elles restent encore très négligées
quelques exceptions près travaux inédits Linares en Basse-
Casamance de Gray puis de Hill en Gambie de Thilmans Goree notices
de Mauny Monod Teixeira da Mota sur les anciens comptoirs omission
de ces sources constitue une grande lacune pour la connaissance de la
période Même si toutes ne sont pas exploitables comme les cimetières)
leur étude concomitante avec celle des autres sources impose
Pour les comptoirs comme Saint-Louis et Goree ainsi que ceux de la
vallée du Sénégal et de la Gambie les recoupements avec les documents
européens sont assez nombreux ces documents pouvant même orienter
utilement les fouilles On attend en particulier les résultats de Thilmans
Goree ses fouilles étant un préalable nécessaire la restauration de
île Des travaux devraient être conduits sur les anciens comptoirs côtiers
et fluviaux pour retrouver non seulement emplacement et les restes
de ces établissements mais aussi les traces de activité économique et
commerciale par exemple exploitation aurifère ancienne et les mines
autour de la Falémé)
Plus délicate est exploitation autres sources dont on doit au moins
assurer le repérage Ainsi les cimetières traditionnels les tumulus ou
lomb chez les Sereer voire les baobabs griots et les lieux de culte ou
les emplacements célèbres Leur recensement et leur étude même si elle
ne peut être accompagnée de fouilles peut se révéler riche en renseigne
ments historiques
II existe néanmoins beaucoup de lieux historiques où des travaux
archéologiques seraient possibles après des repérages préalables Ainsi

12 Teen titre donné au souverain du Bawol


13 Une longue discussion été consacrée au problème du chiffre de la traite
fran aise au xvitie siècle BECKER 1985 Nous avons montré que les chiffres
officiels obtenus partir un dépouillement systématique des sources METTAS
1978 1984 Becker recherches personnelles) sont réviser substantiellement
en hausse et que les sources mêmes demeureront sans doute toujours lacunaires
228 CHARLES BECKEl

il serait bon de visiter dans une perspective archéologique les ancienne


capitales pour identifier les lieux où se déroulaient les cérémonies di
couronnement les lieux de culte les amas ordures ou les places autre
fois habitées et autres vestiges éventuels La phase préliminairt
exploration exige bien sûr que on soit attentif toutes les tradition
relatives aux restes archéologiques leur ancienneté leur signification
Cette étude des capitales pourrait étendre aux chefs-lieux des provinces
historiques aux villages principaux correspondant aux premières implan
tations de familles importantes aux villages considérés comme des points
de dispersion pour certaines castes forgerons cordonniers boisseliers)
aux villages près desquels se sont déroulés des événements particuliers
ou des batailles La fouille des amas de déchets anciennes capitales ou
anciens centres fourniraient des données tout fait neuves sur la vie
matérielle et culturelle
Le recensement systématique des emplacements de villages abandonnés
ainsi que analyse de la toponymie pourraient sans doute nous apprendre
beaucoup sur histoire du peuplement et sur des migrations mal connues
Sur ces emplacements une collecte préliminaire objets est souvent
possible
De même inventaire des puits anciens généralement proches de ces
emplacements reste faire Il démontrerait existence de grands puits
creusés travers des matériaux divers attestant des technologies par
ticulières les grands puits du Kaj oor dont les plus célèbres sont ceux
de Ndande ceux du Saalum les puits creusés dans la latérite au Ferio
et en Haute-Casamance)
Dans les régions côtières les amas coquilliers sont également prendre
en considération Joire 1947 entrepris cette étude dans les environs
de Saint-Louis où les amas sont presque tous plus anciens que époque
précoloniale même
Le travail archéologique sur la période est encore considérable et
tiendra ses promesses il est ouvert apport de toutes les autres sources
surtout des traditions Mais rappelons avec Posnansky 1971
ne faut pas trop attendre de archéologue On court un danger en posant
des questions auxquelles on ne peut répondre et en répondant par référence des
déductions qui ne furent jamais destinées être appliquées des champs étude
plus vastes archéologie fournit au mieux des informations matérielles sur la
technologie un peuple sur son économie de base éventuellement sur importance
approximative de ses groupes sociaux sur ses coutumes funéraires et dans une
certaine mesure sur ses réalisations artistiques Elle est pas en mesure de donner
des détails sur son organisation sociale son économie politique sa langue sa reli
gion ou son ethos culturel
Ainsi peut-on légitimement demander archéologie des renseigne
ments sur des questions peu étudiées auxquelles des éléments de réponse
pourront être fournis
ISTOIRE DE LA GAMBIE SI CLE 229

Les matériaux élaborés

limite entre les matériaux bruts et élaborés est pas toujours


lette car beaucoup études juxtaposent ou compilent surtout des
ionnées traditionnelles ou écrites sans véritable travail élaboration
it de critique
Il est pas possible examiner et de citer les nombreuses thèses
les études ou les ouvrages les commentaires sur des textes publiés La
seule liste des travaux universitaires Becker Diouf 1985 permet de
noter leur grand nombre étant donné que la plupart des textes même
ils traitent du xixe ou du xxe siècle proposent un rappel plus ou moins
original sur la période précoloniale Toutefois soulignons que dans
cet ensemble la part des travaux universitaires est pas dominante
comme on le constate par exemple dans la Bibliographie sur le Siin
le Saalum et le Badibu que nous avons jointe une chronique tradi
tionnelle Sarr 1983 et comme on le vérinerait aisément pour les
autres royaumes
Nous parlons donc ici des travaux comportant la présentation et
utilisation de documents publiés ou inédits donc un examen critique
des sources relatives un ou plusieurs royaumes au Sénégal un pays
voisin la Sénégambie entière La valeur de ces travaux universitaires
ou non est sans doute très inégale et leur nature est variable

selon utilisation prédominante des sources internes ou des sources


externes il agira de présentations et de commentaires de documents
européens ou de regroupements de traditions orales plus ou moins
complètes utilisation simultanée des deux types de sources est assez
fréquente mais leur confrontation est généralement limitée la chrono
logie dynastique et aux caractères de organisation socio-politique Or
la confrontation est nécessaire pour éviter ce qui apparaît dans de mul
tiples études comme une simple juxtaposition cette confrontation ne
peut résoudre tous les problèmes mais au moins certains quitte constater
les contradictions éventuelles et les points accord indiscutables ainsi
que la complémentarité des sources Citons comme exemplaire étude
de Joire 1955 sur les tumulus de Rao bien elle traite surtout
la période antérieure au ve siècle
selon le ou les thèmes retenus on trouvera des études centrées sur
histoire politique sur le commerce les établissements européens sur
la traite des esclaves et évolution de esclavage sur la vie économique
sur évolution du droit foncier sur une période de histoire un royaume
ou sur un règne remarquable sur des personnalités importantes Plus
rares sont les tentatives de synthèse appliquées une partie ou en
semble de la Sénégambie

examen de quelques problèmes rendra évident le fait que élaboration


230 CHARLES BECKE

historique souffre encore trop des lacunes mentionnées propos de


sources dont la collecte et la publication sont pour nous prioritaires

Les chronologies des progrès notables ont été enregistrés grâc


aux travaux relatifs aux divers royaumes au Waalo Barry 1972
au Puuta Tooro Kane 1970 Robinson Curtin Johnson 1972)
Gajaaga Bathily 1985 Curtin 1975) au Haut-Fleuve au Xaso et àé
Bundu Curtin 1975 Cissoko 1979) au Kajoor et au Baw Becker
Martin 1975 Martin Becker 1976) au Saalum Becker Martin i98id
Boulegue 1966) au Siin Becker Martin 1972) au Jolof Montei 1966
Ndiaye 1966 Cependant pour ces pays situés au nord de la Séné-
gambie les listes et les dates ne sont pas également fiables car de mul
tiples problèmes subsistent au Saalum au Waalo mais surtout au Siin
et au Jolof Les données sur les unités politiques méridionales le Kaabu
et ses provinces les pays manding du Noomi du Badibu du Naani du
Wuuli et les petits territoires du Sud-Est sont encore très diffuses
mais les études de Sidibe14 apporteront sans doute des éléments
chronologiques intéressants Toutefois des progrès doivent être accomplis
dans tous les royaumes sénégambiens pour parvenir dresser un tableau
synoptique complet Un tel tableau pourrait être proposé dès présent
cependant sa réalisation est délicate nécessitant non seulement la
connaissance des listes chronologiques mais aussi le recours autres
traditions qui mettent en rapport les règnes de deux ou plusieurs sou
verains contemporains Après un tel travail subsiste le problème une
intégration de histoire des sociétés lignagères où les repères datables
sont minces cette tâche est peut-être vouée échec pour la période
précoloniale même si les études historiques sur les villages et les
familles ont notablement avancé en Basse-Casamance et chez les popu
lations tandanke

histoire événementielle comme histoire structurelle sont


tributaires de la qualité et de importance des sources De plus asso
ciation et donc le recoupement des sources sont indispensables mais ne
sont pas toujours possibles Nous avons pas caché les lacunes des
traditions et des textes écrits une certaine manière les premières
apportent plus de détails histoire événementielle et les seconds
histoire structurelle grâce aux données statistiques et chronologiques
Toutefois cette impression reste très nuancée et historien ne peut
cacher les points de désaccord et les silences qui semblent définitifs Il
est possible de revenir sur la période de la traite des esclaves en soulignant
ses étapes et ses développements comme ont fait différents auteurs en

14 Directeur du Musée national de Banjul Gambie) auteur de trois communica


tions inédites au Congrès des études manding School of Oriental and African
Studies Londres 1972)
HISTOIRE DE LA GAMBIE XV XVII SI CLE 231

se fondant surtout sur les documents européens car la tradition ne parle


pas beaucoup du sujet) alors que la même période peut être vue aide
des traditions comme une période riche en événements La complé
mentarité des deux types de sources est soulignée dans de nombreuses
études parmi lesquelles on peut citer en particulier analyse de la guerre
de Tuubenaan par Barry 1972 135-159 1984 81-90 Pour toute
interprétation des événements et pour chaque tentative de périodisation
longue durée) la part de hypothèse reste réelle mais comme pour toute
science hypothèse est émise comme principe heuristique après
un examen honnête de toutes les sources existantes
La démographie et les migrations sont des sujets peu abordés en
tant que tels alors que évolution démographique de la Sénégambie
depuis la préhistoire nos jours représente une question passion
nante Comme pour tant autres questions négligées Pourquoi la proto
histoire a-t-elle été si mal considérée la dernière décennie
Pourquoi est-on si peu intéressé la traite des esclaves et ses consé
quences Pourquoi a-t-il pas eu une époque très récente
études sur des souverains précoloniaux ou des personnages mar
quants il convient de comprendre pourquoi les historiens ont
guère prêté attention Pourtant dans ce cas les données sont abon
dantes les traditions permettent souvent de suivre les étapes de la
constitution des provinces et de implantation des familles dans un ou
plusieurs royaumes cf les travaux en partie publiés de Schmitz
1981 les textes européens évoquent aussi diverses migrations guerrières
ou non les disettes et les famines qui ont entraîné des exodes ou de fortes
mortalités les guerres qui ont eu pour conséquences le dépeuplement des
zones frontalières entre les royaumes et le repli de certaines sociétés dans
les forêts ou les montagnes les événements politiques qui ont
provoqué des redistributions du peuplement tels des regroupements ou
des migrations voire des révoltes sous égide de islam Il aurait
beaucoup autres exemples ajouter pour montrer que histoire démo
graphique pendant la période précoloniale est étroitement liée
celle de la traite atlantique Becker 1985)

Le rôle de islam et des religions traditionnelles au cours de la


période précoloniale est très mal connu Ici les sources écrites euro
péennes et chrétiennes sont souvent une grande partialité et très peu
ables Pourtant leur réexamen déjà permis de noter importance des
implantations islamiques dans une grande partie de la Sénégambie15
Les sources traditionnelles continueront sans doute livrer de nouveaux
documents probants qui démontreront définitivement le caractère

15 Comme nous le suggérions sur la planche Histoire de islam de Atlas du


Sénégal MARTIN BECKER 1977 72-73)
232 CHARLES BECKER

erroné du schéma islam de cour puis conversion en masse époque


coloniale
Dans certains royaumes et surtout dans les sociétés lignagères la
religion traditionnelle joué un rôle notable elle probablement été
un facteur de cohésion et de résistance contre les sociétés pratiquant la
chasse aux esclaves et leur vente aux Européens Mais ici une tâche
énorme reste accomplir pour recueillir les traditions et aussi pour
revoir les textes européens qui portent des mentions troublantes en
particulier sur les sectateurs de Carnate adeptes après les textes
des xvne et xvme siècles de religions traditionnelles pourchassés et
vendus comme esclaves Toujours est-il que histoire religieuse commence
intéresser les chercheurs et nul doute elle va progresser rapidement
La traite des esclaves est bien sûr un sujet essentiel pour la
période qui nous intéresse On remarqué que les documents européens
insistent sur ce commerce et permettent de suivre les étapes de son
développement Or différents historiens ayant pourtant consulté
tous les textes qui reconnaissent la prépondérance de ce commerce sur les
autres comme celui de la gomme en arrivent décrire le xvnie siècle
en minimisant importance de la traite des Noirs cf Curtin 1975
Lombard in Deschamps 1970 ou en niant presque sa réalité Delcourt
1952 Delcourt in David 1974 Jore 1965 et les historiens de la coloni
sation qui ont pas examiné le problème et se sont contentés en général
de petites condamnations morales)
Il est certain après la publication des documents du xvne et du
xvine siècle que la traite été un fait capital et que son existence eu des
effets profonds sur les sociétés sénégambiennes Il appartient aux études
futures de mieux rendre compte des modalités de cette traite expliquer
pourquoi le nombre des captifs originaires de Sénégambie même est resté
assez faible et analyser comment les sociétés se sont transformées dans
le contexte du commerce atlantique

Il reste ajouter que des monographies régionales et des synthèses sont


hui disponibles et constituent selon nous plus des bases de
départ que de vrais points arrivée Nous avons déjà exprimé propos
de celle de Curtin 1975) des réserves très explicites sur lesquelles nous
ne revenons pas Becker 1977)16 Ici nous redisons notre conviction il
faut accorder une certaine priorité la recherche des données en par
ticulier pour la constitution un corpus de traditions orales Certes les
synthèses existantes sont utiles mais ce ne sont pas des vérités immuables
ni des textes répéter sous une autre voire sous la même forme Elles
témoignent souvent un travail de collecte et parfois de confrontation

16 On lira également les critiques émises propos de cette synthèse par SURET-
CANALE 1977 et BARRY [1980])
HISTOIRE DE LA GAMBIE XV-XVIII6 SI CLE 233

très sérieux Elles représentent en général le fruit de nombreuses collabo


rations en particulier celles des détenteurs de traditions qui ont permis
de réviser des chapitres entiers de histoire précoloniale Mais bien ils
ne soient pas assez explicites leurs auteurs sont certainement conscients
des déficiences de information et ne peuvent ignorer les pages encore
vides il faut aussi mentionner comme on fait ici Il reste donc
que les chantiers sont vastes et que élaboration une synthèse ne se fera
aide de travaux plus modestes et patients

Que faire

Nous avons déjà indiqué plusieurs tâches urgentes en constatant les


lacunes de la documentation et en énon ant quelques problèmes de
histoire sénégambienne Nous pouvons avancer maintenant des propo
sitions plus précises sur la manière de procéder pour faire de la restitution
du passé précolonial une uvre commune tous les historiens

La collaboration de tous est promouvoir en particulier entre uni


versitaires et traditionnistes Cette collaboration ses conditions
propres il est nécessaire de formuler et de respecter
La collecte des traditions tâche prioritaire peut de fa on concertée
être menée par plusieurs équipes travaillant par régions ou par thèmes
La connaissance et donc la diffusion rapide des travaux en cours sont
requises pour coordonner les recherches et surtout pour favoriser les
échanges entre les chercheurs et les équipes
effort de publication de corpus de sources écrites doit être poursuivi
Les documents les plus importants sont éditer avec des commentaires
soulignant leur intérêt et leur place parmi les sources connues
La sensibilisation de tous est continuer par le biais des deux revues
qui répondent des besoins réels17 par des réunions comme le colloque
qui est tenu en 1982 Dakar ou par les média qui diffusent des émissions
historiques de types divers Nous pensons en particulier que le rôle des
enseignants doit être développé ainsi dans les années venir une
enquête pourrait être conduite sur les traditions locales sous la respon
sabilité de tous les instituteurs qui solliciteraient le concours de leurs
élèves Une telle initiative qui exige une préparation sérieuse et une
grande coordination rendrait possible une collecte systématique et
sensibiliserait la fois maîtres élèves et parents tout en faisant connaître

17 La revue Afrique-Histoire créée en 1981 quatre numéros parus en 1981 deux


en 1982 trois en 1983 deux en 1984 et aucun depuis lors) et la Revue sénéga
laise Histoire publiée par Association des historiens sénégalais Dakar)
234 CHARLES BECKER

des détenteurs de traditions villageoises familiales provinciales et même


dynastiques
Dans la mesure où archéologie été très peu sollicitée il serait utile
de mettre sur pied un programme de prospections et de réaliser les
premières fouilles précoloniales notables Mais cette tâche comporte
obligatoirement un recensement préalable des sites et le recueil des
traditions qui permettent interprétation des vestiges
La mise sur pied une bibliographie exhaustive sur histoire sénégam-
bienne est une tâche importante et utile pour tous Elle rassemblerait
les nombreuses références dispersées dans des bibliographies plus générales
et des travaux publiés Elle compléterait inventaire des études univer
sitaires et donnerait pour chaque item une analyse sommaire par
système de mots clés qui permettrait la compilation de bibliographies
spécialisées et thématiques18
Cette bibliographie serait oeuvre de tous les auteurs et chercheurs
qui engageraient au moins transmettre systématiquement et régu
lièrement les titres de leurs publications articles communications
ouvrages lesquelles seraient déposer tout aussi systématiquement
aux Archives nationales du Sénégal19 Un groupe coordonnerait ce travail
et en assurerait une publication régulière en liaison avec les Archives
Le projet une Biographie sénégalaise formulé par Mbaye20
serait reprendre et mener terme sous sa direction Surtout pour
ère précoloniale mais aussi pour les autres périodes ce travail comble
rait les lacunes de celui de Colvin 1981)
Le colloque de 1982 fait mesurer intérêt aurait la formation de
groupes de travail autour de thèmes associant plusieurs historiens et
des chercheurs autres disciplines qui étudient les mêmes questions Le
rôle de tels groupes ou équipes serait de favoriser une approche pluridisci
plinaire une meilleure communication des résultats des recherches et
si possible élaboration et la rédaction études communes Signalons
que cette proposition faite en 1982 été suivie effets et que les premiers
groupes ont été constitués autour des thèmes de démographie historique
histoire des peuplements de la vallée économie et démographie du
bassin arachidier histoire sanitaire de la Sénégambie)

18 Citons la récente bibliographie sur le littoral et la pêche maritime de J.-P CHAU-


VEAU 1983) et la bibliographie provisoire sur les problèmes sanitaires dans
histoire sénégambienne BECKER COLLIGNON 1984) en cours de révision elle
sera considérablement augmentée avec la collaboration Brickwedde)
19 11 est très regrettable que la pratique du dépôt des travaux reste très fluctuante
Si les travaux universitaires soutenus université de Dakar sont peu près
tous disponibles au département histoire de nombreux textes majeurs thèses
soutenues hors du Sénégal ou études effectuées partir des Archives ne sont
pas déposés et donc pas accessibles De ce fait la réalisation de certaines
recherches bibliographiques notamment demeure malaisée
20 Directeur des Archives nationales du Sénégal
HISTOIRE DE LA GAMBIE XV XVIII SI CLE 235

Ces quelques propositions peuvent être discutées ne sont pas limi


tatives et demandent être précisées Elles visent seulement orienter
les travaux futurs et montrer que les grandes questions de histoire
sénégambienne et africaine ne sauraient être résolues ou du moins
trouver des éléments de solution sans le concours de tous ceux qui sont
émus par évocation du passé Car avenir se bâtit hui sur la
mémoire des hommes et des événements de ce passé

Centre national de la rechercbe scientifique


Kaolack 1985

BIBLIOGRAPHIE

II est pas possible de citer tous les ouvrages et articles évoqués car cette biblio
graphie serait démesurément longue on se reportera aux bibliographies de Brasseur
1964 1976) Chauveau 1983) Gamble 1979) Porgès 1967 1977 et Toupet 1959)
qui fournissent maintes références écartées ici Ajoutons celle de Jouda 1937) qui
donne en particulier les titres Froidevaux Mâchât Cultru Marty et
surtout celle encore inédite Jones 1986 qui enumere presque tous les textes
européens relatifs Afrique noire édités avec ou sans appareil critique Nous
renvoyons ce travail exhaustif comprenant des index précis et répertoriant les
principales publications sur la Sénégambie parues après 1960 environ soixante-dix
Pour les uvres plus anciennes on utilisera excellente présentation de Mauny
1966)
De même nous ne pouvons retenir toutes les études qui présentent des traditions
orales car leur nombre dépasserait sans doute la centaine Nous ne signalons que les
chroniques dynastiques et quelques recueils de traditions villageoises Rappelons
que nous avons mentionné les publications réalisées partir des cahiers de Yoro
Dyâo Martin Becker 1976 450-451)
On voudra bien considérer la bibliographie suivante comme tout fait incom
plète ne comportant une très petite quantité de travaux relatifs la période
précoloniale avec de nombreuses omissions plus ou moins arbitraires

ADANSON
1757 Histoire naturelle du Sénégal Coquillages Avec la relation un voyage fait
en ce pays... Paris Bauche I90-XCVI-276
1763 Familles des plantes Paris Vincent vol. cccxxv-zio 27-640
AJAYI CROWDER M. eds
1971 History of West Africa London Longman vol xni-568
anthropologie..
1979 anthropologie en France situation actuelle et avenir Paris ditions du
Centre national de la recherche scientifique 570 Colloques interna
tionaux du CNRS 573)
236 CHARLES BECKER

BA
1976 Essai sur histoire du Saloum et du Rip Bulletin de Institut fondamental
Afrique noire sér XXXVIII 813-860
BARRY
1972 Le royaume du Waalo le Sénégal avant la conquête Paris Maspero 393
1980 Anthropologie économique de la Sénégambie précoloniale du xve au
xixe siècle Chap Annexe in COLVIN éd Les migrants et
économie monétaire en Sénégambie s.l 25-61 389-394
1984 La Sénégambie du XVe au XIXe siècle Traite négrière Islam et conquête
coloniale Dakar Université de Dakar 520 multigr
BATHILY
1985 Guerriers tributaires et marchands Le Gajaaga ou Galam) le Pays de
or Le développement et la régression une formation économique et sociale
sénégalaise 8e-IOe siècle) Dakar Université de Dakar thèse de doctorat
tat vol multigr
BECKER
1977 La Sénégambie époque de la traite des esclaves propos un ouvrage
récent de Philip Curtin Economie Change in Precolonial Africa Revue
fran aise Histoire Outre-Mer LXIV 235 203-224
1985 Les effets démographiques de la traite des esclaves en Sénégambie
esquisse une histoire des peuplements du xvne la nn du xixe siècle
communication au Colloque international sur la traite des Noirs organisé
par le Centre de recherches sur histoire de la France atlantique Nantes
8-12 juil. vol III 24 multigr
BECKER COLLIGNON
1984 Quelques repères pour une histoire des épidémies et des endémies au Sénégal
Kaolack chez Auteur 29 multigr
BECKER DiouF
1985 Inventaire des travaux universitaires relatifs histoire de la Sénégambie
Dakar Université de Dakar Département histoire 25 multigr
BECKER MARTIN
1972 Notes sur les traditions orales et les sources écrites concernant le royaume
du Sine Bulletin de IFAN sér XXXIV 732-777
1975 Kayor et Baol royaumes sénégalais et traite des esclaves au xvine siècle
Revue fran aise Histoire Outre-Mer LXII 226-227 270-300
1980 Les patronymes wolof Répartition par pays traditionnels Réalités
africaines et Langue fran aise Dakar) 13 40-62
i98ia Traditions villageoises du Saalum Arrondissement de Ouadiour Kaolack
chez Auteur 57 multigr
i98ib Traditions villageoises du Saalum Arrondissement de Kahane Kaolack
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