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Bojana Dobric Les contes de fées sont-ils vraiment pour les enfants?

Nous connaissons tous ces histories qui commencent avec « Il était une fois… » et qui
s’appellent contes de fées. Transmis de génération à génération, ils font une partie importante de
l’enfance. Depuis les années soixante, avec la « dysneyfication » des contes de fées, ils sont devenu
un produit commercial et aujourd’hui il n’existe pas d’enfant qui n’a jamais entendu l’histoire de
Petit Chaperon Rouge, de Cendrouille, de Belle au bois dormante, et les autres. Le contenu des
contes de fées est différent – hors des princes et princesses, des châteaux et de la baguette magique,
il y a aussi les sorcières malignes, les loups carnivores et les forêts obscures. On doit se demander si
les contes de fées sont dépassés, si les enfants ont vraiment besoin d’eux et quels sont les avantages
et les défauts de les raconter.

Tout d’abord, en faveur de l’opinion contre les contes de fées, il faut souligner que leur trait
principal est qu’ils sont inventés. Tout cela qui s’y passe est une fiction, mais la plupart des enfants
croient que ce n’est pas le cas et ils construisent leurs idéals sur la base qui n’est pas réelle. Ainsi,
les garçons grandissent en croyant qu’ils deviendront princes et qu’ils vivront dans un château, et
les filles qu’elles marieront ces princes. Or les parents qui n’en s’occupent pas suffisamment ou qui
ne veulent pas décevoir leurs enfants contribuent à la fausse image du monde qui devient vite
réfutée quand ils apprennent que cela n’est pas ainsi dans la vie réelle. Souvenons-nous d’Emma
Bovary, qui, inspirée par la littérature très similaire aux contes de fées, ne trouve que d’échec dans
la vie, qui la mène dans la mort. Elle représente les milliers de filles mal influencées, aussi comme
le fait Don Quichotte pour les hommes.
De l’autre côté, parfois dans les contes de fées on trouve démesurément de violence et pour
cela il y a des parents qui considèrent que le contenu des contes de fées n’est pas approprié pour les
enfants. Et vraiment à l’époque où leurs premières versions étaient écrites, les contes de fées
n’étaient pas destinés aux enfants. Ni ceux de Charles Perrault au XVIIe, ni ceux d’Andersen et des
frères Grimm au XIXe siècle. On peut dire qu’ils donnent une vision pessimiste du monde et que la
fin heureuse était très rare: dans la version originelle de Blanche-Neige, la belle-mère de Blanche-
Neige est punie de telle manière qu’elle devait chausser des escarpins de fer rougis et danser
jusqu’à ce qu’elle tombe morte. Même les nouvelles versions des contes de fées sont aussi cruelles:
l’image du loup éventré, de deux enfants perdus dans la forêt, des monstres ne fait pas aucune
confiance et de plus, elle peut se refléter aux peurs enfantines et aux cauchemars.
De plus, chaque histoire porte avec elle-même le type des personnages qui sont simplifiés
dans la relation bon-mauvais, c’est-à-dire ils possèdent seulement les bonnes ou les mauvaises
qualités et ils deviennent souvent les stéréotypes: la fille pauvre qui deviendra princesse est bonne
et gentille envers tous et les sorcières et les belles-mères ne se repentent jamais. Aussi, dans
Cendrillon, les parents ont vu l’image forcée d’une femme au foyer.

Tous ces arguments ont la base superficielle et ils traitent le conte de fées comme juste une
histoire que les parents ne sont obligés de raconter. En vérité, il est tellement complexe et contient
beaucoup de couches qu’il était objet de beaucoup d’analyses, entre autres et celles de formalistes
russes. Les contes de fées ont beaucoup de fonctions qui peuvent au même temps servir d’argument
en leur faveur:

Premièrement, ils ont une valeur artistique ce qui aide les enfants à développer leur
imagination. Quand ils écoutent les contes de fées, tout un monde s’ouvre devant eux et ils ont
l’impression que l’action se passe alors et que tous les personnages deviennent vivants. Ils
s’identifient avec ces personnages et éprouvent les émotions, bien qu’ils sachent que le conte n’est
pas réel. Les capacités d’enfant sont très vastes or en racontant les contes de fées ils peuvent être
bien utilisés: le vocabulaire utilisé enrichit le leur, les images restent dans leurs mémoires et même
ils auront la base pour créer les autres histoires plus tard. Dans l’école, ils écriront mieux leurs
essais et auront moins de problèmes pour s’exprimer.
Ensuite, il ne faut pas négliger la valeur sociale: raconter les contes de fées est aussi une
activité dans laquelle la relation entre l’enfant et le parent devient plus forte, surtout l’attachement
de l’enfant aux parents. Les petits sont protégés de tout dans le sein des parents et la voix connue de
la mère ou du père les calme quand ils ont peur. La magique se consiste là en fait que les parents en
racontant du monde au même temps les protègent de lui. Cela est très important pour que les
enfants éprouvent qu’ils soient aimés et qu’ils aient l’appui dans leur enfance. Aujourd’hui, les
parents passent de moins en moins de temps à la maison, est on a souvent l’image d’un enfant
devant le poste de télé absorbant tout qui s’émet, y compris la violence qui est, au contraire de celle
dans les contes de fées, réelle.
Enfin, l’argument le plus important concerne l’histoire d’humanité et appartient au domaine
du mythique et à ce que Jung appelle « l’inconscient collectif ». Les contes de fées sont, comme les
mythes, les images symboliques du monde qui l’homme essayait d’expliquer au passé. Ils
contiennent les schémas qui se répètent, le combat entre le bien et le mal qui est le sujet de toute la
littérature. Les contes représentent aussi le chemin de l’individu qui doit surmonter pour confirmer
sa maturité. A travers les contes de fées les enfants sont appris à distinguer le bien du mal, à
acquérir les valeurs qui leur servent comme le point de départ, comme l’image du monde qui n’est
pas obtenue par l’expérience. Il n’est pas important si cette histoire est véritable ou pas, ce qui est
important est la morale que les enfants obtiennent. Ainsi, leur symbolique et le sens caché est plus
profonde, même pour les adultes.

Quand on prend en compte tout ce qu’on a analysé, on peut conclure que les contes de fées
sont très complexes: ils ne sont pas seulement les petites histoires avec les personnages inventés,
que les enfants écoutent avant de s’endormir, ils sont l’héritage des ancêtres où est écrite toute
histoire de l’homme. Ils contiennent les scènes où domine le mal, mais c’est nécessaire pour élever
le bien. Avec la lingue simple et symbolique, avec les personnages qui incarnent une idée, ils
représentent une métaphore qui est profondément liée à l’essence de l’être et pour cela, ils sont très
importants pour le développement spirituel de l’enfant.