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UNIVERSITE MOHAMMED V-AGDAL

ECOLE MOHAMMADIA D’INGENIEURS

Département : Génie civil

Option : Bâtiments, ponts et chaussées

Mémoire de Projet de Fin d’Etudes


Pour l’obtention du titre :
Ingénieur d’état

ETUDE DE LA REPONSE SISMIQUE DES


TUNNELS DANS UN SOL NON ROCHEUX

Réalisé par : Dirigé par :


AIT ELFAKIH Toufiq Pr. EL OUALI Mohamed Tawfik
OUALLA Ismayl Pr. ZOUKAGHE Mimoun

Année universitaire 2011-2012


Etude de la réponse sismique des tunnels dans un sol non rocheux

DEDICACE

A mes parents
A mes frères et mes sœurs
A toute ma famille
A tous ceux qui m’ont réconforté
Par leur soutien moral, leur sympathie
Et leur amour fraternel
Durant mes années
D’étude.

OUALLA ISMAYL

ii
Etude de la réponse sismique des tunnels dans un sol non rocheux

DEDICACE

A mes parents
A mes frères et mes sœurs
A toute ma famille
A tous ceux qui m’ont réconforté
Par leur soutien moral, leur sympathie
Et leur amour fraternel
Durant mes années
D’étude.

AIT ELFAKIH TOUFIQ

iii
Etude de la réponse sismique des tunnels dans un sol non rocheux

REMERCIEMENTS

Nous tenons à adresser nos remerciements les plus sincères à notre encadrant, le

professeur Mr. EL OUALI, qui a enrichi cette étude par ses conseils et ses critiques

pertinentes. Nous le remerciant aussi pour les efforts et le temps qu’il a consacré pour

nous guider et suivre durant toutes les phases de l’élaboration de cette étude.

Nous remercions également le professeur Mr. Zoukaghe pour sa disponibilité et

ses conseils qui nous ont été très utiles dans l’élaboration de cette étude.

Nos remerciements et notre gratitude s‘adressent aussi aux membres du jury

pour avoir accepté de juger notre travail

Enfin, que tous ceux qui nous ont aidés, de près ou de loin, dans l’élaboration de ce

travail, trouvent ici l’expression de nos sincères reconnaissances.

iv
Etude de la réponse sismique des tunnels dans un sol non rocheux

RESUME

La présence étude porte sur l’analyse du comportement des tunnels vis-à-vis des

sollicitations sismiques. En commençant par une investigation sur les dommages

qu’un tunnel peut subir durant un évènement sismique ainsi que leurs causes ,une

description des différentes approches permettant de décrire le problème est faite par la

suite .Et comme application de notre étude ,on s’est intéressé dans la dernière partie

de ce rapport, à une investigation paramétrique sur les différents facteurs intervenant

dans l’amplification de l’effet sismique sur les tunnels tout en adoptant un modèle et

une méthodologie bien définie .

v
‫‪Etude de la réponse sismique des tunnels dans un sol non rocheux‬‬

‫ملخص‬

‫هزه الذساسح ذشذىض على ذحليل سلىن األنفاق ذحد الرأذيش الضالصلي‪ ,‬تذأ تئجشاء ذحميك‬

‫في االسثاب واألضشاس الري لذ يرعشض لها نفك إذشحذخ صلضالي‪ ,‬لنمىم تعذ رله تىصف‬

‫لوخرلف الوناهج الوؤديح الى سصذ هزه الظاهشج وفهوها‪.‬وورطثيك لذساسرنا ‪,‬‬

‫سننىة في الفصل األخيشهن هزا الرمشيش على الميام تذساسح تاساهرشيح للعىاهل‬

‫الوساهوح في ذضخين الرأثيش الضالصلي على األنفاق‪ ,‬هع اعرواد نوىرج وهنهجيح‬

‫واضحح الوعالن‬

‫‪vi‬‬
Etude de la réponse sismique des tunnels dans un sol non rocheux

ABSTRACT

The present study interest is the analysis of the behavior of tunnels subjected to a

seismic excitation .It starts with an investigation on the damages that may affect an

underground structure during a seismic event and also theirs sources. Then, a

description of different approaches used in quantifying the seismic effects on such

structures is established .And as an application of our study, a parametric

investigation on different factors causing the amplification of seismic effects on

tunnels is performed adopting a well-defined model and methodology .

vii
Table des matières
DEDICACE _________________________________________________________ ii

DEDICACE ________________________________________________________ iii

REMERCIEMENTS __________________________________________________ iv

RESUME __________________________________________________________ v

‫ ___________________________________________________________ ملخص‬vi
ABSTRACT________________________________________________________ vii

LISTE DES FIGURES __________________________________________________ x

LISTE DES TABLEAUX ______________________________________________ xiii

INTRODUCTION ____________________________________________________ 1

ChapitreI. REVUE DE L’ETAT D’ART : ____________________________________ 3

I.1. Généralité sur les tunnels : classification et mesures de stabilité _____________ 4

I.2. Risque sismique des tunnels : _________________________________________ 9


I.2.1. Exemples de tunnels endommagés sous effet sismique : ________________________ 9
I.2.2. Facteurs intervenant la réponse sismique des tunnels : ________________________ 12

I.3. Sources des dommages sismiques_____________________________________ 15


I.3.1. Défaillance du sol ______________________________________________________ 15
I.3.2. Les déformations du sol _________________________________________________ 16

I.4. Méthodologie de l’analyse sismique : __________________________________ 19

ChapitreII. ANALYSE SISMIQUE DES TUNNELS ___________________________ 21

II.1. Comportement du sol sous chargement cyclique ________________________ 21

II.2. Loi constitutives usuelles : __________________________________________ 25


II.2.1. Modèle Elastique linéaire : ______________________________________________ 26
II.2.2. Modèle Elastique non linéaire : ___________________________________________ 27
II.2.3. Loi viscoélastique : _____________________________________________________ 27
II.2.4. Modèle elasto-plastique (Salençon-Halphen 1980) : __________________________ 29

II.3. Paramètres du sol nécessaires à l’analyse dynamique : ___________________ 36


Etude de la réponse sismique des tunnels dans un sol non rocheux

II.3.1. Le taux d’amortissement : _______________________________________________ 36

II.4. Approches de l’analyse sismique des tunnels : __________________________ 40

II.5. Analyse 1-D des déformations en champs libre :_________________________ 41


II.5.1. Principe de l’itération : __________________________________________________ 45
II.5.2. Programme de calcul : __________________________________________________ 46

II.6. Analyse 2-D de l’interaction sol structure : _____________________________ 50


II.6.1. Méthodes d’analyse : ___________________________________________________ 50
II.6.2. Etapes à suivre : _______________________________________________________ 53
II.6.3. Caractéristiques du maillage à adopter _____________________________________ 53
II.6.4. Conditions aux limites et types de frontières : _______________________________ 54
II.6.5. Principe du calcul dynamique : ___________________________________________ 59

II.7. Approches analytiques simplifié : ____________________________________ 69


II.7.1. Section circulaire : _____________________________________________________ 69
II.7.2. Section rectangulaire : __________________________________________________ 76

ChapitreIII. ETUDE DE CAS ___________________________________________ 79

III.1. Présentation du Modèle d’étude : ___________________________________ 79


III.1.1. Définition des Paramètres initiales nécessaires à l’analyse : ___________________ 80

III.2. Méthodologie de l’approche de calcul : _______________________________ 86


III.2.1. Analyse 1-D des déformations en champs libre : ____________________________ 90
III.2.2. Résultats utiles pour l’analyse en éléments finis : ___________________________ 91
III.2.3. Analyse 2-D par éléments finis : __________________________________________ 94

III.3. Résultats et analyse : ______________________________________________ 97


III.3.1. Analyse du cas : 1 (cas de référence) : _____________________________________ 97
III.3.2. Analyse de l’effet des différents paramètres : ______________________________ 103
III.3.3. Comparaison des résultats avec résultats d’approches analytiques simplifiés : ___ 108

CONCLUSION ____________________________________________________ 111

Bibliographie ____________________________________________________ 113

ix
Etude de la réponse sismique des tunnels dans un sol non rocheux

LISTE DES FIGURES


Figure ‎I-1: Système sol-structure sous chargement statique et dynamique ---------- 3
Figure ‎I-2: Etat décompression ------------------------------------------------------------- 6
Figure ‎I-3: Etat initial --------------------------------------------------------------------- 6
Figure ‎I-4: Taux de confinement ----------------------------------------------------------- 7
Figure ‎I-5: Courbe de convergence, courbe de confinement et point d’équilibre. -- 8
Figure ‎I-6: Dommage de la station de Daikai ------------------------------------------- 10
Figure ‎I-7: Dégâts sismiques de station de Daikai ------------------------------------- 10
Figure ‎I-8: Dommage sismique du tunnel Bantak -------------------------------------- 11
Figure ‎I-9: Tunnel de Longxi, après le séisme Wenchuan 2008 --------------------- 11
Figure ‎I-10: Types de fissures ------------------------------------------------------------- 12
Figure ‎I-11: Paramètres influençant la réponse sismique des tunnels (Sharma &
Judd, 1991) -------------------------------------------------------------------------------------- 13
Figure ‎I-12: Types d’onde sismique ------------------------------------------------------ 17
Figure ‎I-13: Type de déformations sous l’effet sismique (Owen and Scholl) ------ 18
Figure ‎I-14: Méthodologie d’analyse sismique des tunnels. -------------------------- 20
Figure ‎II-1: Comportement du sol sous chargement cyclique ------------------------ 21
Figure ‎II-2: Séquence de chargement idéalisée ----------------------------------------- 22
Figure ‎II-3: Courbe contrainte-déformation --------------------------------------------- 23
Figure ‎II-4: Chargement cyclique non centré à l’origine ------------------------------ 24
Figure ‎II-5: Elasticité linéaire ------------------------------------------------------------- 26
Figure ‎II-6: Elasticité non linéaire -------------------------------------------------------- 27
Figure ‎II-7: Modèle viscoélastique. ------------------------------------------------------ 28
Figure ‎II-8: Représentation du comportement élastique-parfaitement plastique --- 29
Figure ‎II-9: Fonction de charge ----------------------------------------------------------- 29
Figure ‎II-10: Distribution des contraintes en un point --------------------------------- 30
Figure ‎II-11: Distribution des contraintes en un point. -------------------------------- 31
Figure ‎II-12: Cercle de Mohr -------------------------------------------------------------- 32
Figure ‎II-13: Cercle de Mohr dans le plan 3=0 ---------------------------------------- 32
Figure ‎II-14 : Modèle analogique representative des critéres de plasticité --------- 32
Figure ‎II-15: Critère de VON MISES. --------------------------------------------------- 33
Figure ‎II-16: Domaine élastique ---------------------------------------------------------- 34

x
Etude de la réponse sismique des tunnels dans un sol non rocheux

Figure ‎II-17: Courbe intrinsèque du modèle de Mohr-Coulomb --------------------- 35


Figure ‎II-18: Critère de Mohr coulomb (σ3=0) ----------------------------------------- 35
Figure ‎II-19: Critère de Mohr coulomb -------------------------------------------------- 36
Figure ‎II-20: Courbe effort-déformation cyclique -------------------------------------- 37
Figure ‎II-21: Variation de taux d’amortissement du sable avec la déformation
(Kokusho, 1980) -------------------------------------------------------------------------------- 38
Figure ‎II-22: Sable (Seed et Idriss, 1970), Argiles (Vucetic et Dobry, 1991) ------ 39
Figure ‎II-23: Modèle de calcul. ----------------------------------------------------------- 42
Figure ‎II-24: Procédure itérative de la méthode linéaire équivalente ---------------- 46
Figure ‎II-25: Interface EERA ------------------------------------------------------------- 47
Figure ‎II-26: Données d’entrées du sol pour EERA ----------------------------------- 48
Figure ‎II-27: courbes variation de taux d'amortissement et du module de
cisaillement avec la déformation ------------------------------------------------------------- 48
Figure ‎II-28: Résultats d'EERA ----------------------------------------------------------- 49
Figure ‎II-29: variation de La contrainte de cisaillement et de l'accélération avec la
profondeur --------------------------------------------------------------------------------------- 50
Figure II-30 : Modèle d’un maillage ----------------------------------------------------- 52
Figure ‎II-31: Frontière élémentaire ------------------------------------------------------- 55
Figure ‎II-32: Frontière locale -------------------------------------------------------------- 56
Figure ‎II-33: Frontières locale absorbante ----------------------------------------------- 56
Figure ‎II-34: Elément 15 nœuds Figure ‎II-35: Eléments 6 nœuds
----------------------------------------------------------------------------------------------------- 61
Figure ‎II-36: Exemple d’un fichier text de l’accélérogramme d’El Centro. -------- 68
Figure ‎II-37: Accélérogramme d’el centro donné par plaxis v8 ---------------------- 68
Figure ‎II-38: Distorsion du son en présence et en absence de cavité. --------------- 70
Figure ‎II-39: Convention des signes pour les sollicitations d'un tunnel circulaire- 74
Figure ‎II-40: Estimation de la déformation d’un tunnel rectangulaire -------------- 76
Figure ‎II-41: Variation de R en fonction de F------------------------------------------- 77
Figure ‎III-1: Modèle de calcul------------------------------------------------------------- 80
Figure ‎III-2 : Profil de la vitesse pour le sable et l’argile ----------------------------- 82
Figure ‎III-3: Accélérogramme d’el Centro ---------------------------------------------- 83
Figure ‎III-4: Les Séismes de calcul ------------------------------------------------------- 84

xi
Etude de la réponse sismique des tunnels dans un sol non rocheux

Figure ‎III-5: courbes d’amortissement et de dégradation du module de cisaillement


----------------------------------------------------------------------------------------------------- 86
Figure ‎III-6: Méthodologie de l’approche de calcul ----------------------------------- 87
Figure ‎III-7:L’analyse linéaire équivalente ---------------------------------------------- 89
Figure ‎III-8: Profils de Déformations et d’accélération maximales------------------ 90
Figure ‎III-9: Amortissement et Module de cisaillement équivalents ---------------- 91
Figure ‎III-10: Amplitude de Fourrier pour l’argile ------------------------------------- 93
Figure ‎III-11: Amplitude de Fourrier pour le sable ------------------------------------ 93
Figure ‎III-12: Profil des coefficients de Rayleigh pour l’argile ---------------------- 94
Figure ‎III-13: Profil des coefficients de Rayleigh pour le sable ---------------------- 94
Figure ‎III-14: Maillage du modèle -------------------------------------------------------- 94
Figure ‎III-15: Spectre d'EL Centro ------------------------------------------------------- 95
Figure ‎III-16 : Frontières absorbantes ---------------------------------------------------- 96
Figure ‎III-17: Etat des contraintes initiales ---------------------------------------------- 97
Figure ‎III-18: Etat des contraintes dans le sol après excavation du tunnel et
L’emplacement du revêtement ---------------------------------------------------------------- 98
Figure ‎III-19: Etat de contrainte effective pour le cas dynamique ------------------- 99
Figure ‎III-20: Schématisation des sollicitations et de l'angle alpha ---------------- 100
Figure ‎III-21; Effet du moment pour les deux cas de charges ---------------------- 100
Figure ‎III-22: Effet de la force de cisaillement pour les deux cas de charges ---- 101
Figure ‎III-23: Effet de l'effort axial pour les deux cas de charges. ----------------- 102
Figure ‎III-24: Déplacement en fonction du temps au top du tunnel --------------- 103
Figure ‎III-25: Variation de Mmax et Tmax avec l'angle alphaariation de Mmax et
Tmax avec l'angle alpha --------------------------------------------------------------------- 104
Figure ‎III-26: Variation de Mmax et Tmax avec l'angle alpha --------------------- 105
Figure ‎III-27: variation de Mmax et Tmax avec l'angle alpha ---------------------- 106
Figure ‎III-28: variation de Mmax et Tmax avec l'angle alpha ---------------------- 107

xii
Etude de la réponse sismique des tunnels dans un sol non rocheux

LISTE DES TABLEAUX


Tableau ‎II.1: Approches d’analyse sismique selon (Wang,1993) ........................... 40
Tableau ‎III.1 : Cas d’étude ...................................................................................... 80
Tableau ‎III.2 : Propriété du sol ............................................................................... 81
Tableau ‎III.3 : Niveau de finesse du maillage minimale pour les deux sols ........... 96
Tableau ‎III.4: Données d'entrée de l'approche simplifiée ..................................... 108
Tableau ‎III.5: Résultats pour le méthode des éléments finies et les approches
simplifiées .................................................................................................................. 109

xiii
INTRODUCTION

« Un tunnel est une structure souterraine, une galerie artificielle, un passage au-
dessous du sol, sous le lit d’un cours d’eau ou à travers une colline ou une montagne »
SUBHASH C.SAXENA.

Leur forme, ainsi que leur manière de réalisation dépendent à la fois de leurs
conditions d’utilisation et des conditions géotechniques et géologiques du site.

Durant plusieurs années et depuis les premiers essaies de construction des


tunnels (Babyloniens et égyptiens -4000ans auparavant) ces structures ont été
considérés comme des endroits sûres et protégés des différents aléas naturels .Ce qui a
diminué l’intérêt porter à l’intégration d’une stratégie de conception sismique dans le
design de ces structures .Selon Jaw-Nan (Joe) Wang le design sismique n’a été
introduit qu’à partir des années 1960s.

En effet, les structures souterraines ont subis de moindres dommages


comparées aux structures à la surface du sol .Malgré ceci, quelques structures ont été
sévèrement endommagées et n’ont pas pu résister à des séismes forts (Hashash et
al.2001).

Les outils communément utilisés pour traiter de tels problèmes reposent sur
des approches simplifiées. Ces approches, quoique pratiques, ne sont pas rigoureuses
puisqu’elles se basent sur plusieurs hypothèses simplificatrices. Les progrès récents
réalisés dans les domaines de l’informatique et du calcul numérique (méthode des
différences finis, méthode des éléments finis) conduisent à une meilleure maîtrise du
problème du comportement des tunnels sous chargement sismique.

Pour exposer les résultats de notre travail, nous avons veillé à consacrer le premier
chapitre à la revue de l’état d’art, qui va nous permettre d’avoir une idée plus clair sur
le comportement sismique des structures souterraines.

Le deuxième chapitre sera dédiée au traitement des différentes méthodes et


démarches suivies pour l’analyse sismique afin d’en choisir celle qui convient le
mieux à notre cas.

1
Etude de la réponse sismique des tunnels dans un sol non rocheux

Une fois le choix est fait, nous entamerons l’étude de cas, d’où le troisième
chapitre, où nous allons mettre une étude comparative des différents paramètres
intervenant dans la réponse sismique des tunnels.

2
Etude de la réponse sismique des tunnels dans un sol non rocheux

ChapitreI. REVUE DE L’ETAT D’ART :


Le comportement sismique des structures souterraines différent totalement de
celui des structures au-dessus du sol. Ceci n’est dû qu’à deux raisons majeurs
(Hashash et al.2001) : Leur implantation complète dans le sol et Leurs longueurs
importantes.

Si pour les structures à la surface on suppose en générale que les fondations


suivent le mouvement du sol et que les déformations crées au sein de la structure sont
dû aux déplacements relatifs de celle-ci par rapport à ses fondations. Autrement dit, la
structure se déforme à cause des forces d’inertie et sous sollicitation d’un effort
sismique à sa base. Les structures souterraines sont plutôt dominées par la réponse du
sol environnant et non pas par les propriétés d’inertie de la structure elle-même
(Okamoto et al. 1973). En effet, la structure réagit vis-à-vis des déformations qui lui
sont imposées par le sol environnant et tends à résister dans le cas où elle est plus
rigide que le milieu environnant.

Figure ‎I-1: Système sol-structure sous chargement statique et dynamique


Dans cette partie, on tachera à présenter les types des tunnels, les dommages
qu’ils peuvent subir ainsi que leurs causes .On présentera aussi la méthodologie à
suivre pour pouvoir faire une analyse sismique des tunnels.

3
Etude de la réponse sismique des tunnels dans un sol non rocheux

I.1. Généralité sur les tunnels : classification et mesures de


stabilité

La classification des tunnels peut être faite sur la base de plusieurs aspects, mais
on se contente de présenter les plus importants suivant les points suivants :

 La forme : La forme de la section transversale influence significativement


la réponse de la structure sous l’effet des différentes actions et du sol en
particulier. Certaines formes s’avèrent ainsi plus efficaces que d’autres du
point de vue statique et dynamique. Les sections les plus utilisées sont :

 Section circulaire ou pseudo circulaire : le profil circulaire les profils l’approchant


peut supporter des couvertures de terre beaucoup plus grandes avec un
comportement très satisfaisant. Il est statiquement beaucoup plus efficace pour
reprendre les charges symétriques.
 Section rectangulaire : généralement adoptée pour les structures peu profondes
dont la couverture de terre n’est pas importante.

 Mode de construction : il dépend de plusieurs paramètres. Mais en premier


lieu, ce choix est déterminé par les conditions du site, la forme du tunnel et
sa destination :
 Creusement en pleine section : cette méthode consiste à excaver la totalité de la
section du tunnel en une seule fois, couramment utilisée dans les roches de bonne
ou d’assez bonne tenue.
 Creusement par demi-section : elle consiste à excaver en deux phases les demi-
sections, la méthode est justifiée lorsqu'il est nécessaire de mettre en place
rapidement un soutènement plus important, par cintres et blindage notamment.
 Creusement par section divisée : elle est utilisée soit pour les tunnels de grande
section soit dans des terrains de mauvaise qualité ou lorsque les autres méthodes
présentent un risque à la construction ou conduisent à un tassement inadmissible.

4
Etude de la réponse sismique des tunnels dans un sol non rocheux

La vérification de la stabilité d’un ouvrage souterrain et la détermination des


caractéristiques de son soutènement et de son revêtement est un problème
particulièrement ardu .Les comportements des matériaux naturels sont extrêmement
variés et souvent complexes, les modèles mathématiques ne les représentent jamais
qu’imparfaitement. Différents méthodes sont couramment utilisées, on en cite :

 Méthodes empiriques.
 Méthodes analytiques.
 Méthodes numériques.

 Les méthodes empiriques : se distinguant à la fois par leurs aspects


économiques et rapides, reposent sur des paramètres géotechniques et
permettent seulement de choisir le type de soutènement.
 Les Méthodes analytiques : en effet, les différents paramètres issus des
essais et reconnaissances sont analysés par les méthodes empiriques pour
classer la qualité de la roche dont la définition sera adaptée au site. A
chacune des classes un type de soutènement est associée dont la nature et le
dimensionnement seront au besoin vérifié par le calcul, d’où l’intérêt
extrême des méthodes analytiques qui sont classés en trois familles :

o Elastiques : qui considèrent un comportement élastique permanent du massif


avoisinant l'excavation :(Lamé, Kirsch, Einstein-Schwartz).
o Méthode des blocs : qui sont apparues au début des années '80' afin d'étudier la
stabilité des blocs à la périphérie de l'excavation dans un massif rocheux fissuré,
poreux ou altéré.
o Elasto-plastique qui peuvent considérer une zone plastique autour du tunnel
(Convergence-confinement, Panet, Analyse limite,...).

La méthode « convergence-confinement » est la plus couramment utilisée des


méthodes analytique .L’approche de la méthode tient en compte les conditions de
mise en œuvre du soutènement derrière le front de taille, au détriment d'une
simplification des lois de comportement et d'une homogénéisation d'un certain
nombre de zones du massif.

5
Etude de la réponse sismique des tunnels dans un sol non rocheux

Le principe de la méthode est basé sur le concept de considérer une section


plane de terrain (souhaitée creuser) soumise à une contrainte naturelle initiale isotrope
P et un déplacement radial u nul des parois de la galerie non encore excavée (figure
1.2).

La modélisation de l’excavation de la galerie, suppose d’abord la cavité remplie


d'un liquide à une pression Pi, cette pression tout en diminuant provoque un
déplacement radial u de l’intrados du tunnel, correspondant à la décompression du
massif (figure 1.3).

Cette pression Pi est diminuée depuis la valeur P jusqu'à la pression nulle.


L’évolution de Pi est décrite par l’équation suivante (figure 1.4) :

Pi= (1-(x)) P
Figure ‎I-3: Etat initial Figure ‎I-2: Etat décompression
Avec :

x : Figure
distanceI.2
par: rapport au front de taille (où x = 0) Figure ‎I.3: Etat décompression

(x) : taux de dé-confinement, il caractérise l’état du massif à l’endroit x considéré

Si le terrain reste en élasticité ce taux est donné par la formule suivante :

(x) =- ( ), . / -

Et M sont deux constantes (on prendra respectivement 0.25 et 0.75) et R le rayon


d’excavation.

6
Etude de la réponse sismique des tunnels dans un sol non rocheux

Figure ‎I-4: Taux de confinement


Le comportement du terrain se décompense de deux phases élastiques et
plastique .Dans la première phase, la courbe de pression déplacement varie d’une
manière linéaire du point A au point B. Dans la deuxième, lorsque le critère de
résistance du matériau du massif est atteint sur les parois de la cavité, une zone
décomprimée apparait autour du tunnel. Elle s'étend vers l'intérieur du massif au fur et
à mesure que la pression Pi décroît. C'est la portion BC de convergence du massif
excavé (Figure 1.5).Si nous supposons que le comportement du soutènement est
élastique linéaire La courbe pression déplacement va être une droite dont l’origine est
décalée de la valeur uS0 pour tenir compte de la convergence qui s'est déjà produite
lors de sa mise en place, cette courbe est appelée courbe de confinement. (Figure 1.5)

La superposition des deux courbes précédentes sur un même graphique permet de


déterminer le point d'intersection ou encore appelé le point d’équilibre, qui traduit
pression exacte que va exercer le massif à long terme sur le soutènement.

7
Etude de la réponse sismique des tunnels dans un sol non rocheux

Figure ‎I-5: Courbe de convergence, courbe de confinement et point


d’équilibre.

 Méthodes numériques :

Le principe commun des méthodes numériques réside dans la discrétisation de


l'espace du problème étudié et dans la résolution d'un certain nombre d'équations pour
obtenir la solution.

Il est important de garder à l'esprit que la modélisation implique une


simplification des lois de comportement et une homogénéisation d'un certain nombre
de zones du massif et par conséquent, le recours à un milieu équivalent qui, à l'échelle
de l'ouvrage, permet une représentation convenable du comportement du sol
environnant .

La modélisation se fait généralement par La méthode des éléments finis. La


démarche consiste dans un premier temps à construire un maillage prenant en compte
les différents éléments du système, puis à choisir les lois de comportement pour
chaque matériau et enfin à résoudre le problème numériquement.

La solution obtenue est par conséquent une approximation et sa précision


dépend de la qualité et de la finesse de la discrétisation. Son application aux structures
enterrées permet d’obtenir une représentation complète du comportement de la
structure globale, en tenant compte notamment :

 du sol comme un milieu continu discrétisé,

8
Etude de la réponse sismique des tunnels dans un sol non rocheux

 de la présence d’une interface entre le sol et la structure aux


propriétés particulières par le biais d’éléments de contact,
 de la structure modélisée par des éléments de structure ou de milieu
continu,
 de la présence d’eau en régime permanent ou transitoire,
 des étapes d’excavation, de construction et de remblayage.

De nombreuses lois de comportement ont été développées pour modéliser le


comportement complexe du sol dans ses phases élastique et plastique ainsi que sous
chargement et déchargement (Zace Service SA 2003). Il faut garder à l’esprit que les
lois très raffinées nécessitent la définition de nombreux paramètres qui sont souvent
difficiles à déterminer expérimentalement. Une loi de comportement élastique linéaire
est suffisante pour la plupart des cas. La structure peut elle aussi être modélisée à
l’aide de différentes lois de comportement. Le comportement de la structure est
cependant souvent simplifié en pratique (calcul élastique avec rigidité réduite pour
tenir compte de la fissuration).

I.2. Risque sismique des tunnels :

Même si les structures souterraine semble avoir subis de moindre de dommages


dû au tremblement de terres comparé à celles à la surface du sol .Elles peuvent parfois
subir des dommages nuisible à leur fonctionnement voir même s’effondrer.

Afin d’avoir une idée sur les dommages que peut subir un tunnel soumis à une
sollicitation sismique on va présenter des cas réelles qui ont subi des dommages
important sous effet sismique :

I.2.1. Exemples de tunnels endommagés sous effet sismique :

Le premier est celui de la station de Daikai qui a été la première structure au-
dessous du sol à subir des grands dommages à cause du tremblement de terre de Kobe
au japon :

9
Etude de la réponse sismique des tunnels dans un sol non rocheux

Figure ‎I-6: Dommage de la station de Daikai


La figure 1.4 montre que le dommage est plus intense aux colonnes centrales du
tunnel.

Le tremblement a aussi provoqué un effondrement important de la station. Le


dessin schématique de la figure 1.5 (Iida et al, 1996) montre l'effondrement de la
colonne centrale de la station, accompagnée par l'effondrement du plafond et le
tassement du sol de plus de 2.5 m.

Figure ‎I-7: Dégâts sismiques de station de Daikai


Les figures 1.8 et 1.9 montrent les dommages subis par le revêtement de quelques
autres tunnels autoroutier :

10
Etude de la réponse sismique des tunnels dans un sol non rocheux

Figure ‎I-8: Dommage sismique du tunnel Bantak

Figure ‎I-9: Tunnel de Longxi, après le séisme Wenchuan 2008

Ceci nous donne une idée sur l’emplacement des fissures qui peuvent arriver à
un tunnel, et qu’on peut classer en fissure longitudinale se produisant le long de l’axe
du tunnel, et fissures transversales qui aient lieu le long de la section transversale. La
figure 1.10 illustre mieux ceci.

11
Etude de la réponse sismique des tunnels dans un sol non rocheux

Figure ‎I-10: Types de fissures


Les stations citées précédemment ont été conçus sans prendre en considération
une approche de design sismique .Contrairement à cela, les structures qui ont été
conçus en considérant les effets sismiques ont bien réussit à résister à de très forts
tremblements de terre sans subir de dommage et ont continuées à fonctionner
normalement, on cite l’exemple du BART system (Bay Area rapid transit) à San
Francisco aux Etats unies

I.2.2. Facteurs intervenant la réponse sismique des tunnels :

Les observations qu’ont été fait sur les tunnels endommagés, montrent que La
performance sismique des tunnels de forme rectangulaire peu profonds est
relativement faible par rapport à celle des tunnels circulaires. Mais ceci n’exclut pas
l’effet de plusieurs autres paramètres qui peuvent intervenir pour amplifier ou
diminuer l’effet sismique.

On est alors amener à se poser la question sur les différents paramètres


intervenants dans l’amplification de l’action sismique et causent les dommages aux
structures souterraines. Différents auteurs ont présentés des cas qui ont subis des
dommages et ont essayés d’analyser les facteurs influençant l’effet
sismique :Dowding & Rozen, (1978) Owen & Scholl (1981), Sharma & Judd
(1991)

12
Etude de la réponse sismique des tunnels dans un sol non rocheux

La figure 1.11 illustre en une sorte le taux de dommages subi par les structures
au-dessous du sol à cause d’un mouvement sismique, pour différentes propriétés du
sol, différentes profondeurs et différents paramètres du mouvement sismique :

Figure ‎I-11: Paramètres influençant la réponse sismique des tunnels (Sharma


& Judd, 1991)
En générale, Ces facteurs peuvent être classés en quatre catégories principales :

i. propriétés de la structure : sa géométrie, ses dimensions (diamètre et


longueur), son inertie … :

 les tunnels linéaires sont plus protégés que ceux qui ne le sont pas

13
Etude de la réponse sismique des tunnels dans un sol non rocheux

 pour des diamètres de tunnels d vérifiant : d < λ <4d tel que λ :


longueur de l’onde sismique incidente, le mouvement du sol peut
être amplifié. (Hashash et al.)
 les tunnels rectangulaires construits à tranchée ouverte sont plus
exposés aux effets sismiques que les tunnels circulaires minés

ii. les propriétés du sol ou du rocher autour de la structure :

 plus la qualité du sol environnant diminue plus l’effet sismique


risque d’être amplifié
 les tunnels sont plus stables sous une charge symétrique
 une stabilisation du sol environnant peut diminuer le dommage

iii. la profondeur où est mis le tunnel :

 Plus elle est grand, plus l’effet sismique est moindre

iv. les paramètres du mouvement sismique :

 les grandes accélérations peuvent causer du dommage


 les grandes durés du mouvement sismique peuvent causer la fatigue
des matériaux composant la structure et ainsi la rupture.

14
Etude de la réponse sismique des tunnels dans un sol non rocheux

Il s’avère alors nécessaire, dans certains cas, de tenir compte de l’action


sismique et d’essayer d’anticiper le comportement de la structure sous sollicitations
sismique. Et pour se faire, il est primordial de déterminer, avant tout, les causes
possibles des dommages subis, ce qui va nous permettre d’avoir une idée plus clair
sur le comportement sismique des structures souterraines.

I.3. Sources des dommages sismiques

On peut classer les sources des dommages en deux catégories distinctes :

 Les défaillances du sol.


 Les grandes déformations du sol causés par la propagation d’ondes
sismique le long de la croûte terrestre et qui s’imposent au tunnel par le
billais d’une interaction sol-structure.

I.3.1. Défaillance du sol

A la suite d’un tremblement de terre, la défaillance du sol comme les


liquéfactions, les glissements de terrain et les déplacements des failles, est susceptible
de se produire et causer des dommages aux portails des tunnels ou dans ses autres
parties :

 Liquéfaction : La liquéfaction se produit lors de fortes secousses


sismiques dans des sols constitués de matériaux sableux saturés en
eau. Le passage d’une onde sismique provoque une augmentation de la
pression interstitielle ayant pour conséquence une déconsolidation
brutale du matériau, suite à une diminution des contraintes effectives
causé par la faible perméabilité du milieu. Ceci peut conduire à des
glissements importants du tunnel et nuire à sa stabilité.
 Déplacement des failles : Il n’est pas toujours possible d’éviter une
zone de faille active, lors de la construction d’un tunnel. Dans le cas
où aucun dispositif permettant le déplacement à cette zone n’est pris
en compte, un cisaillement de la section du tunnel peut avoir lieu ce
qui va causer un mauvais dysfonctionnement du tunnel.

15
Etude de la réponse sismique des tunnels dans un sol non rocheux

 Glissement du terrain : Les séismes peuvent provoquer des


mouvements de terrains dans des pentes habituellement stables, aussi
bien dans les massifs rocheux que dans les massifs argileux ou
sableux. Le Glissement de terrain peut provoquer l’effondrement de la
section transversale du tunnel .Il présente le mode de défaillance
primaire dans les tunnels peu profonds et surtout à leurs portails

I.3.2. Les déformations du sol

Suite à un mouvement sismique plusieurs déformations peuvent avoir naissance


dans le sol .La variété de ces déformations est principalement dû à la variété des
ondes sismiques produites lors du passage d’un séisme. Une connaissance des types
de ces ondes va certainement permettre la connaissance des déformations qui peuvent
avoir lieu :

On distingue deux types d’ondes volumiques :

 Onde de compression P
 ondes de cisaillement S.

Lorsque ces ondes arrivent à la surface, elles se propagent sous deux formes :
 ondes de Love
 ondes de Rayleigh

16
Etude de la réponse sismique des tunnels dans un sol non rocheux

Figure ‎I-12: Types d’onde sismique


Dans les problèmes d’analyse sismique, on considère que les ondes sont planes
et que le mouvement horizontal résulte des ondes de cisaillement S et que le
mouvement vertical résulte des ondes de compression P.

On ne prend en compte alors pour les problèmes d’interaction sol structure que
les ondes de RAYLEIGH qui ont presque la même vitesse de propagation que celle
des ondes S. Selon (Owen and Scholl1981), trois types de déformations sont
susceptible d’avoir lieu dans le revêtement du tunnel suite à la propagation de ces
ondes :

 Les déformations axiales qui sont générées par des ondes sismiques
propageant suivant l’axe du tunnel et produisant une compression et une
tension alternative.

17
Etude de la réponse sismique des tunnels dans un sol non rocheux

 Le recourbement longitudinal est causé par des ondes sismiques se


propageant dans l’axe perpendiculaire à l’axe du tunnel
 Les déformations ovales qui se développent lorsque les ondes de
cisaillement se propagent normalement à l’axe du tunnel, ayant comme
résultat la distorsion de sa section transversale.

Figure ‎I-13: Type de déformations sous l’effet sismique (Owen and Scholl)

On ne s’intéressera dans la suite qu’aux dommages causés par les grandes


déformations du sol, vu que les autres effets nécessitent une étude plus approfondie et
doivent être traité séparément.

18
Etude de la réponse sismique des tunnels dans un sol non rocheux

I.4. Méthodologie de l’analyse sismique :

Vu que, les trois grandes catégories du génie parasismique : la sismologie,


l’analyse sismique et la conception sismique sont liés et ne peuvent pas être traités
séparément. , et vu que les paramètres régissant l’effet sismique dépendent à la fois
des propriétés de la structure, des propriétés du mouvement sismique et des propriétés
du sol entourant la structure, on devra adopter une méthodologie d’analyse qui nous
permettra de tenir compte de tous ces paramètres et de les traiter de manière
rigoureuse afin d’aboutir à des résultats décrivant mieux le comportement de la
structure.

Selon (Hashash et al.) le plan à suivre pour bien élaborer une analyse sismique
est le suivant :

 définir l’environnement et les paramètres sismiques nécessaire à l’analyse.


 évaluer la réponse du sol en champs libre.
 analyser le comportement de la structure sous sollicitations sismique.

La démarche de l’analyse telle qu’elle est donnée par (Hashash et al.), est
récapitulée dans le schéma suivant :

19
Etude de la réponse sismique des tunnels dans un sol non rocheux

Figure ‎I-14: Méthodologie d’analyse sismique des tunnels.

20
Etude de la réponse sismique des tunnels dans un sol non rocheux

ChapitreII. ANALYSE SISMIQUE DES TUNNELS


Depuis une quarantaine d’années, plusieurs approches d’analyse sismique des
structures souterraines ont été développées.

Ces analyses sont fondées en premier lieu sur des modèles simplifiées, mais avec
le développement des outils informatiques, il y a une possibilité d’implantation de
modèles plus complexes tenant compte de la plupart des facteurs intervenant dans ce
cas de problème, surtout la non-linéarité du comportement du sol.

On tachera dans cette partie à présenter ces différentes approches et on


s’intéressera plus à celles qui nous seront utiles dans l’étude de cas.

On précédera ceci par une description du comportement du sol et des modèles qui
peuvent le simuler numériquement, vu que ce dernier est un facteur prédominant dans
l’analyse de la réponse des structures implémentés dans le sol vis-à-vis de l’excitation
sismique.

II.1. Comportement du sol sous chargement cyclique


Dans le cas d’un chargement cyclique non fermé, qui est le cas des sollicitations
sismiques, Le comportement du sol est similaire à celui présenté dans la figure :
Contrainte de cisaillement

Distorsion

Figure ‎II-1: Comportement du sol sous chargement cyclique


Tel que : γ est la distorsion

21
Etude de la réponse sismique des tunnels dans un sol non rocheux

Si l’on considère que la plus grande part de l’énergie sismique est transportée
par les ondes de cisaillement. On pourra reproduire ce chargement au laboratoire par
le billai d’un essai de cisaillement.

En prenant un élément de sol initialement soumis au poids des terres au-dessus :

Figure ‎II-2: Séquence de chargement idéalisée


Tel que K0 est le coefficient de restitution ou coefficient des terres au repos.
Lorsque ce coefficient n’est pas déterminé expérimentalement, on peut considérer les
formules suivantes :

 Dans un milieu élastique qui aurait été chargé verticalement


sans déformation latérale :

Tel que est le coefficient de poisson du milieu

 Dans un terrain argileux, normalement consolidé, on peut


appliquer la formule de JAKY :
( )

Où est l’angle de frottement du milieu

 Dans les terrains anciens, on peut imaginer que les contraintes


déviatoriques se sont évanouies dans le temps et que tend
vers 1.si comme si l’on suppose que les contraintes tendent à
s’homogénéiser

22
Etude de la réponse sismique des tunnels dans un sol non rocheux

Sous un chargement cyclique uni-axial fermé, on obtient alors une courbe


similaire à celle de la figure suivante :

Figure ‎II-3: Courbe contrainte-déformation

 La pente de la droite joignant les deux extrémités de la boucle est le


module sécant : Gs
 L’aire de la boucle est l’énergie dissipée qui caractérise le coefficient
d’amortissement du milieu.
 La partie hachurée désigne l’énergie dissipée si le comportement est
élastique

La courbe représentée dans la figure I.13 est centrée, en réalité elle a la forme
suivante :

23
Etude de la réponse sismique des tunnels dans un sol non rocheux

Figure ‎II-4: Chargement cyclique non centré à l’origine


Selon HARDIN-DRNEVICH : les observations faites pour ce type de cycle
peuvent être généralisées à tous type de cycle.

Les extrémités de la boucle correspondent à des cycles d’amplitudes différentes


.On remarque alors que la forme du 4émé cycle n’est plus la même que le premier,
ceci peut être expliqué par l’existence de déformations irréversibles et montre que le
comportement du sol est fonction de son état de contrainte antérieur caractérisé
communément par des paramètres dits d’écrouissage. La forme complexe du
chargement non fermé (figure I.16) est expliquée par la naissance de déformations
volumiques irréversibles qui provoquent un durcissement du matériau.

Pour les sols peu perméables, ces déformations se produisent à volume constant,
et à cause de la faible perméabilité du milieu l’eau n’a pas le temps pour s’évacuer et
fait augmenter la pression interstitielle et diminue par la suite les contraintes
effectives.

Selon Masing (1936) : la non linéarité du sol est d’origine plastique. Il est
tellement difficile de prendre cette non linéarité en considération dans les modèle
d’étude, même si dernièrement certain modèle rhéologiques ont été développés et qui
essayent de reproduire le même comportement du sol, leurs implantation dans des
programmes de calculs reste encore une tache difficilement exécutable. On a alors
recours aux lois constitutives usuelles pour modéliser ce comportement.

24
Etude de la réponse sismique des tunnels dans un sol non rocheux

II.2. Loi constitutives usuelles :


La loi de comportement est un moyen indispensable dans l’étude des problèmes
d’interaction sol structure, c’est un modèle théorique décrivant le comportement du
sol et permettant de relier le tenseur de déformation ε au tenseur de contrainte σ.

La modélisation du sol nécessite le choix judicieux d’une loi de comportement


réaliste, approchant mieux le comportement du milieu .Le choix du modèle approprié
dans l’analyse de l’interaction sol-structure n’est pas unique et dépends de plusieurs
facteurs :

 Type de sol
 Etat de sol
 type de la structure en contact avec le sol
 nature des charges transmises

La formulation d’une loi de comportement est généralement obtenue dans le


cadre d’une théorie donnée :

 Elasticité linéaire ou non linéaire


 Viscoélasticité
 Elasto-plasticité

Ces modèles ne traduisent pas souvent le comportement réel du sol, car ils se
basent sur peu de résultats expérimentaux et sur des chargements complètement
différents des chargements sophistiqués existant dans la réalité (exemple du
chargement sismique).

Pour cela il y a aussi des approches expérimentales qui essayent d’anticiper le


mode de chargement auquel va être soumis le sol et de le reproduire aussi fidèlement
que possible au laboratoire, mais ceci devient limité lorsque les conditions de
drainage devient complexe, puisque en générale, les résultats des approches
expérimentales sont exprimés en terme de contraintes totales, contrairement au
modèles théoriques exprimés en contraintes effectives.

Les approches expérimentales décrivent bien le comportement des sols mais


leurs formulations sont souvent complexes et demandent des études spécifiques et
sophistiquées

25
Etude de la réponse sismique des tunnels dans un sol non rocheux

II.2.1. Modèle Elastique linéaire :

Figure ‎II-5: Elasticité linéaire

Ce modèle n’est valable pour le sol que dans un domaine très restreint et pour
des contraintes très faible. Le comportement élastique des sols est limité seulement
aux très petites déformations (γ < 10−5).

En générale une loi élastique a la forme suivante :

, - , - , -
Où :
 , - est le tenseur de déformation
 , - est le tenseur de contraintes
 , - est un tenseur du 4émé ordre contenant 36 composantes distinctes
dans le cas anisotrope mais dans le cas isotrope 2 composante suffissent :

 Module de cisaillement G
 Module de compressibilité volumétrique K ou le coefficient de
poisson ν

Dans le cas unidirectionnel est pour des contraintes de cisaillement cette loi a la
forme :

Où G : est le module de cisaillement qui est fonction de (SEED IDRISS 1970) :

 La Compacité du sol
 L’Etat de contraintes actuelles

26
Etude de la réponse sismique des tunnels dans un sol non rocheux

 L’Histoires de contraintes antérieures

II.2.2. Modèle Elastique non linéaire :

Figure ‎II-6: Elasticité non linéaire


Les recherches expérimentales ont montrées que les modules constitutifs
dépendent de la contrainte moyenne (Hardin-Drnevich 1972).Ce qui limite le
domaine d’application du modèle linéaire qui est exprimé en fonction de l’état des
contraintes actuelles (LORET 1980).

Les modèles non linéaire parte de l’hypothèse que ν ( le coefficient de poisson)


reste constant et proposent des variations linéaires des modules constitutifs en
fonction de la contrainte moyenne :

Tel que :

 : module constitutif
 : contraintes moyennes
 : paramètres de variation du module.

II.2.3. Loi viscoélastique :

Les lois viscoélastiques tiennent en compte la liaison existante pour certain


matériaux entre la vitesse de chargement et le taux d’énergie dissipée. Ceci fait
intervenir des paramètres cinématique dans la loi de comportement (Salençon 1980) :

∫ ( ), ̇ , -
( ( ))- ( ) ( )̇

27
Etude de la réponse sismique des tunnels dans un sol non rocheux

( ) ( ) : Sont des fonctions de relaxations du matériau en cisaillement


simple.

Parmi les modèles, basés sur la viscoélasticité, les plus utiles on cite celui de
Kelvin-voight valable dans le cas unidirectionnel. Ce modèle consiste à modéliser le
sol par des paramètres tenant compte à la fois de l’élasticité et de la viscosité du
matériau.

Figure ‎II-7: Modèle viscoélastique.


̇

Tel que :

 G est le module de cisaillement

 est la viscosité

28
Etude de la réponse sismique des tunnels dans un sol non rocheux

Pour ce type de modèle, la non linéarité du sol est prise en compte en procédant
à une linéarisation, ce qui revient à remplacer le modèle non linéaire par un modèle
linéaire équivalent possédant plus au moins des propriétés dissipatives équivalentes à
celle du matériau .Ceci va être traité en détail dans la partie de cette étude traitant la
Méthode linéaire équivalente.

II.2.4. Modèle elasto-plastique (Salençon-Halphen 1980) :

Ce modèle postule que la déformation totale est la somme d’une déformation


élastique et d’une déformation plastique résiduelle :

, - , - , -

Figure ‎II-8: Représentation du comportement élastique-parfaitement


plastique
La déformation plastique ne commence en fait à se former qu’à partir d’un
certain seuil déterminé par la fonction d’état des contraintes qui sépare le domaine
élastique du domaine plastique .Cette fonction décrit un Domain convexe ( )
dans l’espace des contraintes :

Figure ‎II-9: Fonction de charge

29
Etude de la réponse sismique des tunnels dans un sol non rocheux

En effet, la fonction f ne dépends pas seulement de l’état des contraintes mais


aussi de l’histoire antérieur des chargements, ceci peut être pris en compte par le
moyen de paramètres d’écrouissage, qui peuvent être soit des paramètres scalaire et
dans ce cas on parle d’un écrouissage isotrope (TAYLOR KENNEDY 1931) ; soit
des paramètres tensoriel et dans ce cas on parle d’un écrouissage cinématique
(PRAGER 1958) .Parfois les deux peuvent être combinés.

Figure 2.10 : types d'écrouissage

(, - , - )

 Si f < 0 : on est dans le domaine élastique


 Si f = 0 : on est dans le domaine plastique
 , - : parametres d’ecrouissage

L’expression des fonctions de charges sont donnée par plusieurs auteurs. Ce qui
va donner plusieurs critères de plasticités. Mais avant d’entamer ces critères, on
tachera tout d’abord à définir les contraintes qui aient lieu en un point du sol.

II.2.4.1. Distribution des contraintes autour d’un point :

Figure ‎II-10: Distribution des contraintes en un point

30
Etude de la réponse sismique des tunnels dans un sol non rocheux

Le vecteur contraintes, ⃗ ( ⃗ ) ,s’appliquant sur une surface ,dS, autour d’un


point M peut se décomposer en une contrainte normale ⃗⃗⃗⃗ et une contrainte
tangentielle ⃗⃗⃗⃗⃗ .Le tenseur des contraintes au point M peut s’écrire, en donnant à la
normale ⃗ toute les direction possibles, sous la forme :

̿( ) [ ]

Figure ‎II-11: Distribution des contraintes en un point.


Il existe en tous point M du milieu ,3 plans privilégiés pour lesquelles la
contraintes se réduit à une contraintes normale ( ) .Ses plans sont appelés : plans
principaux, leurs normales : directions principales et les contraintes associé :
contraintes principales.

On se ramène alors dans le repère définis par les contraintes principales (X, Y,
Z) au tenseur de contraintes suivant :

̿( ) [ ]

Le tenseur des contraintes lié à un point M, peut être représente sur le cercle de
Mohr en fonction des contraintes principales.

31
Etude de la réponse sismique des tunnels dans un sol non rocheux

Figure ‎II-12: Cercle de Mohr


Si l’on considère un plan donné on se ramène au schéma suivant :

Figure ‎II-13: Cercle de Mohr dans le plan 3=0


II.2.4.2. Critères de plasticité :

Les critères de plasticité définissent la fonction de charge f et détermine ainsi la


condition à partir de laquelle la déformation plastique commence à se former. En
effet, au-delà d’une certaine sollicitation, un matériau ne se déforme plus de façon
Réversible : des déformations permanentes apparaissent. L’apparition de ces
déformations permanentes étant un phénomène à seuil, on peut le représenter par le
modèle analogique suivant :

Figure ‎II-14 : Modèle analogique representative des critéres de plasticité

32
Etude de la réponse sismique des tunnels dans un sol non rocheux

Le patin ne peut avancer si | | ̇ Où ̇ désigne la vitesse du


patin. Si le patin avance, l’intensité de la force est égale à ce seuil et ne peut le
dépasser, mais ce Seuil peut varier au cours du glissement :

̇ | |

Dans tous les cas on a donc | | et le glissement n’a lieu que lorsqu’il y a
égalité. On cite alors les trois critères suivants :

- Critère de VON MISES : Ce critère peut être explicité en termes de


contraintes principales sous la forme suivante :
( ) ( ) ( )

La forme de la fonction f définie par ce critère est un cylindre d’axe (1, 1,1)
comme représenté dans la figure suivante :

Figure ‎II-15: Critère de VON MISES.

- Critère de TRESCA :

C’est un critère qui limite l’intensité de la contrainte tangentielle :

|τ| ≤ τ0

Où τ0 est une constante matérielle correspondant au seuil de contrainte lors d’un


essai de cisaillement simple.

Dans le plan on a

On peut écrire la fonction de charge définie par ce critère sous la forme :

33
Etude de la réponse sismique des tunnels dans un sol non rocheux

( ) ( )

Dans ce plan le domaine élastique est délimité ainsi :

Figure ‎II-16: Domaine élastique


Dans sa forme généralisée, ce critère peut s’écrire sous la forme :

( )

 pour i=1, 2,3 sont les contraintes principale


 é

Le domaine d’élasticité obtenu par le critère de TRESCA est un prisme


hexagonal régulier dans l’espace des contraintes.

- Limites des modèles de TRESCA et de VON MISES :

L’expérience montre que les déformations sous compression isotrope sont


purement élastique ceci s’oppose aux critères de VON MISES et TRESCA qui donne
un domaine ouvert dans ce sens. Il existe des modèles qui limitent les fonctions de
charge dans la direction des compressions isotropes : Cap-Models (HARDIN 1978)
ou les modèles rhéologiques avancés comme le Cam-clay modifié 1968.

34
Etude de la réponse sismique des tunnels dans un sol non rocheux

- Critère de MOHR-COULOUMB :

Les deux critères cités sont peu adaptés aux roches et aux sols. Un critère pouvant
être vu Comme la généralisation de celui de Tresca est le critère de Mohr-Coulomb
qui limite L’étendue des demi-cercles de Mohr à une zone comprise entre l’axe (oσn)
et une droite de pente μ = tanϕ :

Figure ‎II-17: Courbe intrinsèque du modèle de Mohr-Coulomb


Ce critère s’écrit donc

( ) | | σ

Lorsqu’il y a égalité le plus grand cercle de Mohr est tangent à la droite. La


pente de cette droite, μ, est appelé coefficient de frottement interne, et ϕ est l’angle de
frottement interne. L’ordonnée à l’origine, c, représente la cohésion du matériau.

Ce critère peut être formulé en fonction des contraintes principales et dans le


plan sous la forme :

( ( )) ( ( )) ( )

Figure ‎II-18: Critère de Mohr coulomb (σ3=0)


Dans le plan des contraintes principales, la fonction de charge a la forme d’un
prisme

35
Etude de la réponse sismique des tunnels dans un sol non rocheux

Figure ‎II-19: Critère de Mohr coulomb


Le critére de Mohr coulomb semble alors le plus approprié à notre cas d’etude

II.3. Paramètres du sol nécessaires à l’analyse dynamique :


Le nombre des paramétrées du sol à prendre en compte dépend de la méthode
d’analyse. Plus le modèle utilisé est compliqué, plus on aura besoin d’un grand
nombre de paramètres décrivant l’état et le comportement du sol. Comme on peut le
remarquer dans la partie (comportement du sol sous chargement cyclique), les
propriétés du sol influencées par le caractère cyclique du chargement sismique sont
principalement :

 le taux d’amortissement
 G module cisaillement.

Il faut alors bien définir ces paramètres et définir leur variation avec le niveau
de déformation afin de pouvoir en prendre compte dans l’analyse sismique

II.3.1. Le taux d’amortissement :

On définit le taux d’amortissement comme étant l’énergie dissipé par cycle de


chargement dans un élément de sol. On le caractérise en générale par des paramètres
adimensionnels donnant le rapport de cette énergie réellement dissipée à l’énergie
élastique emmagasinée.

Soit E0 la grandeur mesurable de l’énergie (Nm/m3/cycle) et soit E(x,y,z ) la


grandeur du point de vue comportement :

36
Etude de la réponse sismique des tunnels dans un sol non rocheux

∭ ( )

Le paramètre le plus utilisé pour caractériser l’amortissement est :

Le coefficient de perte (LAZAN 1968) :

Tel que w est l’énergie élastique emmagasinée qui a comme valeur :

 Etant la distorsion maximale produite dans par le cycle


 G le module de cisaillement

Figure ‎II-20: Courbe effort-déformation cyclique


Les surfaces des cycles de chargement augment avec l’augmentation du niveau
de déformation ce qui signifie que l’amortissement aussi augmente.

Dans le cas de non disponibilité de moyen expérimentale permettant la


détermination de sa variation, on peut avoir recours aux graphes donné par plusieurs
auteurs donnant la variation de l’amortissement en fonction de la distorsion, et ceci
pour chaque type de sol généralement caractérisé par l’indice du vide et la contrainte
effective initiale

37
Etude de la réponse sismique des tunnels dans un sol non rocheux

Figure ‎II-21: Variation de taux d’amortissement du sable avec la déformation


(Kokusho, 1980)
i. module cisaillement

Le faite que la pente des cycles d’hystérésis du sol diminue en fonction du


niveau de déformation nous indique que le module de cisaillement décroit avec le
niveau de déformation.

Si l’on désigne par G max le module de cisaillement initiale, on peut retrouver G


par le billais des courbes qui donnent le rapport de G à G max. Ces courbes ont été
développés pour différents sols et donné par différents auteurs (Seed et Idriss ,1970)
( seed et Sun ,1989)…

38
Etude de la réponse sismique des tunnels dans un sol non rocheux

Figure ‎II-22: Sable (Seed et Idriss, 1970), Argiles (Vucetic et Dobry, 1991)

Le module de cisaillement initial ou maximal est en fonction de plusieurs


paramètres (SEED IDRISS) :

 Compacité de sol
 Etat de contraintes actuelles
 Histoire des contraintes antérieures
 OCR : rapport de sur-consolidation

Des auteurs proposent des formules plus simplifiées en fonction de l’indice du


vide et des contraintes effectives initiales pour le déterminer on citera l’exemple de la
formule donnée par Kallioglou et al (1999) Pour les argiles ayant un indice de
plasticité ⌈ ⌉ et un indice de vide ⌈ ⌉:

39
Etude de la réponse sismique des tunnels dans un sol non rocheux

II.4. Approches de l’analyse sismique des tunnels :

Les approches communément utilisées pour l’évaluation de la réponse des


structures souterraines diffèrent selon leurs hypothèses, les moyens de calcul utilisés
et leur domaine de validité. On peut les résumer dans le tableau suivant :

Tableau ‎II.1: Approches d’analyse sismique selon (Wang,1993)

Les approches d’analyse sismique selon (Wang, 1993)

Approches Avantages Inconvénients Domaine de validité


 Nécessite un nombre  Bases théorique peu
Méthodes de Pour les tunnels
minimal de paramètres solide
pression ayant au-dessus de
 Peut servir comme  Donne une
dynamique faible épaisseur de
étant un ajout de surestimation des
des terres couverture
mesures de sécurité déformations ovales
pour les tunnels
profonds
 Utilisation limité à
certains types de
propriétés de sol
 Approprié aux  Non approprié
Méthode des Pour les tunnels qui
tunnels plus rigides aux tunnels plus
déformations ont une rigidité voisine
que le sol autour flexibles que le sol
en champs de celle du sol
 Facile à formuler  Donne moindre
libre environnant
de précision pour
des conditions de
sol variables

 La meilleure  Nécessite une analyse


Méthode Tous types de conditions
représentation du complexe
d’analyse en
système d’interaction  Nécessite l’utilisation
éléments fini
sol-structure d’un outil
de
 Meilleur précision dans informatique
l’interaction
la détermination de la  Prend un temps large
sol structure
réponse de la structure
 Peut résoudre des
problèmes avec des
conditions compliquées

40
Etude de la réponse sismique des tunnels dans un sol non rocheux

 Bonne approximation  Moins de


Méthode Tous types de conditions
pour l’interaction sol précision
simplifié sauf pour des profils de
structure avec des
sol ayant des couches de
d’analyse  Plus facile à formuler conditions
surface compactées
 Précision raisonnable de sol
dans la détermination fortement
de la réponse de la variables
structure

Une comparaison des différents approche montre que l’approche d’analyse par
éléments finis est l’approche la plus appropriée à l’évaluation du problème
d’interaction et qui donnera certainement des résultats plus fidèles à ceux se
produisant réellement.

L’approche de déformation en champs libre et les approches analytiques


simplifiés s’avèrent aussi importantes puisqu’elles vont permettre d’avoir un ordre de
grandeur des déformations du sol et de pouvoir comparer les résultats obtenus par la
méthode d’éléments finis.

On tachera alors dans cette partie à présenter ces méthodes ainsi que les
moyens de calculs qu’on va adopter pour pouvoir appliquer chacune.

II.5. Analyse 1-D des déformations en champs libre :

Selon (Lysmer, 1978), une solution du problème en champs libre doit être
disponible avant d’entamer une vraie résolution du problème d’interaction sol-
structure

L’analyse des déformations du sol en champs libre est alors une étape essentiel
dans l’analyse de la réponse sismique des tunnels .Son utilité réside essentiellement
dans les points suivants :

 Vérifier l’ordre de grandeur des déformations


 Calages des paramètres initiaux du sol
 Calcul par approches simplifié afin de pouvoir comparer les résultats avec
ceux obtenus par la méthode des éléments finis.
 Vérifier la sensibilité du site à une variation de mouvement du sol.

41
Etude de la réponse sismique des tunnels dans un sol non rocheux

Le principe de la méthode que l’on va adopter pour l’élaborer consiste à


modéliser le sol comme superposition de strates horizontales en définissant pour
chaque couche les paramètres suivants :

 Poids volumique
 Amortissement initiale
 Module de cisaillement initial

Figure ‎II-23: Modèle de calcul.

42
Etude de la réponse sismique des tunnels dans un sol non rocheux

Chaque couche de sol est modélisée par un modèle linéaire équivalent basé sur
celui de Kelvin-Voigt décrit précédemment dans la partie concernant les lois
constitutives.

L’excitation sismique, considéré comme onde de cisaillement se propageant


verticalement, pourra être exprimé à l’aide des série de fourrier (Bendat and Piersol,
1986).En combinaisons de systèmes harmoniques :

En effet, Une fonction x(t) peut être approchée par des séries discrètes.
La valeur de x(t) correspondant au temps ( étant un intervalle de temps
constant) peut s’écrire sous la forme :

∑ ∑

On se ramène alors à un problème de propagation d’ondes unidirectionnelles


dans un milieu viscoélastique linéaire :

Le modèle de Kelvin-voight étant sous la forme :

On se ramène dans le cas d’excitation harmonique au modèle équivalent suivant :

( ) ( )

Tel que est le module complexe de cisaillement qu’on peut écrire sous la forme

( )

Et Étant le coefficient d’amortissement critique

Puisque Dans le cas d’un mouvement harmonique on a :

43
Etude de la réponse sismique des tunnels dans un sol non rocheux

( ) ( ) ( ) ( )

D’où ̇ ( )

( ) Étant l’amplitude du chargement et z) amplitude de la distorsion.

L’amplitude du module complexe considéré ci-dessus dépend de et augment


lorsque augment.(Idriss et Sun 1992) proposa alors une formulation du module
complexe basé sur l’hypothèse que ce dernier dépend de mais de telle manière à
avoir une amplitude qui ne dépend que de G .

2( ) √ 3

Ceci implique que | |

Pour Une onde harmonique de cisaillement se propageant verticalement dans le


sol, on aura une équation du mouvement de la forme :

En considérant les hypothèses faites précédemment on se ramène à l’équation


suivante

La solution aura alors la forme :

( ) ( )

D’où

( ) ( )

Tel que est le nombre complexe de l’onde.

44
Etude de la réponse sismique des tunnels dans un sol non rocheux

La condition de continuité des déplacement et des contraintes de cisaillement à


l’interface entre deux couche m et m+1 implique que :

( ) ( )

( ) ( )

D’où

( ) ( )

( ) ( )

Tel que : √ Est le coefficient d’impédance

complexe à l’interface entre la couche m et la couche m+1.

Cet algorithme est commencé à la surface libre du sol où la contrainte de


cisaillement est nulle ce qui implique que :

Les variations du module de cisaillement et du coefficient d’amortissement en


fonction de l’amplitude de déformations sont prises en générale par des procédures
itératives .Les valeurs de Sont alors ajuster à chaque niveau de déformation.

II.5.1. Principe de l’itération :

 Les valeurs de sont intilalisé avec leur valeurs minimales


 Ensuite, à partir de la réponse du sol, on déduit max
 On détermine après eff1 par la relation :

45
Etude de la réponse sismique des tunnels dans un sol non rocheux

 On calcule alors les nouveaux paramètres linéaires équivalents


correspondant au niveau de déformation effective

Tel que est entré comme donné initiale et indique le nombre de cycles du séisme

 On procède ainsi par itération successive, jusqu’à ce que les valeurs des
deux paramètres se répètent, en générale huit itérations sont suffisante.

Figure ‎II-24: Procédure itérative de la méthode linéaire équivalente

II.5.2. Programme de calcul :

L’utilisation d’un software approprié s’avère importante, afin de pouvoir


simuler le sol d’une manière simplifié. SHAKE (Schnabel et al. 1972) est parmi les
premiers programmes développés pour cet intérêt, ce programme adopte le principe
de la méthode linéaire équivalente cité ci-dessus. Un autre programme EERA
(Bardet et al., 2000) a été développé tout en gardant la même procédure de SHAKE
.Mais avec une interface plus facile à utiliser et ne consommant pas beaucoup de
temps pour la saisie de donnés.

46
Etude de la réponse sismique des tunnels dans un sol non rocheux

On s’intéressera dans cette partie à donner un bref aperçu sur le principe de


fonctionnement du programme EERA (Equivalent-linear Earthquake site Response
Analysis) vu que l’on va l’utiliser dans la partie concernant l’étude de cas.

II.5.2.1. Principe de fonctionnement d’EERA :

La première donnée à entrer pour EERA est l’enregistrement du séisme, qui peut
être entrer manuellement ou par le billai d’un fichier TXT et en utilisant la
commande « process earthquake data » .

Figure ‎II-25: Interface EERA

On peut alors filtrer le signale ou l’utiliser comme il est .Comme on a la


possibilité de fixer l’accélération maximale du signale à une valeur voulue.

Ensuite les données concernant le sol :

Le profil du sol est saisi en spécifiant l’epaisseur de chaque couches ainsi que ses
propriétés .L’interface de saisi des donnés concernant le sol a la forme suivante :

47
Etude de la réponse sismique des tunnels dans un sol non rocheux

Figure ‎II-26: Données d’entrées du sol pour EERA


On peut aussi saisir les valeur donnant les courbes d’armotissment et de
dégradation du module de cisaillement en fonction de la variation des
déormation.Pour chaque type de matériau indiqué dans le profil du sol .

Figure ‎II-27: courbes variation de taux d'amortissement et du module de


cisaillement avec la déformation

Nombreuses résultats peuvent être obtenus par EERA

48
Etude de la réponse sismique des tunnels dans un sol non rocheux

Figure ‎II-28: Résultats d'EERA


Les résultats qui vont nous intéresser dans ce cas d’étude sont principalement :

Les profils du module de cisaillement et d’amortissement adapté au niveau de


déformation atteints et qui sont obtenu après itération. Ainsi que les profils de
l’accélération maximale et des déformations maximales en fonction de la profondeur,
ce qui va nous donner une idée sur les effets du site et sur l’amplification du
mouvement sismique.

On aura aussi besoin de l’amplitude de fourrier à déférentes profondeur, pour


pouvoir déterminer les fréquences naturelles de chaque couche de sol. Dont l’utilité
va être décrite en détail dans la partie étude de cas.

49
Etude de la réponse sismique des tunnels dans un sol non rocheux

Figure ‎II-29: variation de La contrainte de cisaillement et de l'accélération


avec la profondeur

II.6. Analyse 2-D de l’interaction sol structure :

L’interaction sol-structure est la modification du mouvement du sol (ou de la


structure) lors d’un séisme du fait de la présence de l’autre composante. Pour les
ouvrages de surface, cette interaction est quasiment négligeable. Alors que pour les
ouvrages enterrés, la structure doit être considérée comme partie intégrante du sol. On
peut classer l’interaction sol/structure en deux types distincts :

 L’interaction d’inertie : dus principalement à la différence d’inertie


entre la structure et le sol
 L’interaction cinématique : dus à la différence de rigidité, ce qui cause
en générale l’amplification des déformations dans la structure surtout
lorsque le sol est non rocheux

Une bonne analyse du phénomène d’interaction sol structure doit tenir compte
des paramètres suivant :

 variations des caractéristiques du sol


 comportement non linéaire du sol
 caractère tridimensionnel du problème
 complexité de la propagation des ondes sismiques

II.6.1. Méthodes d’analyse :

Il y a en générale deux méthodes pour traiter le problème : les Méthodes de


sous-structure et les Méthodes Globales directes.

L’approche des Méthodes de sous-structure consiste à diviser le modèle


globale en deux sous modèles un représentant le sol et l’autre la structure et on
procède par principe de superposition, on évalue tout d’abord le mouvement des
fondations, ensuite on évalue l’impédance du sol et on fait une analyse dynamique de
la structure supporté par une base modélisé par une ressort et une impédance

50
Etude de la réponse sismique des tunnels dans un sol non rocheux

Ces méthodes sont alors plus appropriés aux ouvrages de surface .On prend en
générale une interaction cinématique nulle. L’inconvénient de ces méthodes est
qu’elles sont applicable seulement au cas linéaire, mais elles sont caractérisé par leur
facilité d’exécution et nécessite un temps moindre.

Parmi Les méthodes de sous-structure les plus connues on cite :

 Méthode de frontière (Kausel et al.)


 méthode de volume (Lysmer et al.)
 méthodes hybrides (Gupta et al.)

Les Méthodes Globales directes consistent à inclure le sol et la structure dans le


même modèle afin de déterminer simultanément le mouvement du sol et celui de la
structure. Elles ont l’Avantage de pouvoir prendre en compte les hétérogénéités du
milieu et elles sont Mieux adaptées aux ouvrages enterrés

Selon (T.K.DATTA) l’analyse des structures souterraine doit se faire en deux


parties distinctes :

 Une analyse transversale en considérant des éléments à déformations planaires

 Une analyse longitudinale qui prend compte des courbures du tunnel sous effet
sismique.

On se limitera pourtant dans la présente étude à l’analyse transversale.

Le principe consiste à modéliser la structure et une partie du sol environnant. Le


modèle est limités par les frontières imposées par le mouvement du sol avoisinant .en
générale on fait une modélisation 2-D du domaine étudié qui va être discrétiser en
élément à déformations planaires.

Le choix d’une loi constitutive adapté au problème et des paramètres nécessaires


à sa définition s’avèrent alors important à la fois pour la structure et pour le sol

51
Etude de la réponse sismique des tunnels dans un sol non rocheux

Figure II-30 : Modèle d’un maillage

Cette méthode semble alors la plus approprié à notre cas d’étude

52
Etude de la réponse sismique des tunnels dans un sol non rocheux

II.6.2. Etapes à suivre :

Le schéma suivant résume la méthodologie à suivre :

Modéle
structure
bidimentionnel
Modélisation

loi de comportement
sol et discrétisation
spaciale

Validation du
modéle

analyse des
résultats

On délimite le modèle en générale du bas, par une base qu’on suppose rigide et
qui se situe à une profondeur dépendant des conditions locales du site, et des cotés
latérales par des frontières dont le type va dépendre du caractéristiques du problème
analysé.

II.6.3. Caractéristiques du maillage à adopter

Le sol est en générale modélisé comme assemblage d’éléments rectangulaires


ou triangulaires ayant deux translations comme degrés de liberté et la structure est
modélisée par des éléments poutre. Comme les éléments du sol n’admet pas des
degrés de liberté rotationnel, l’interface sol structure nécessite des considérations
spéciales.

Il faut veiller à choisir des dimensions optimales des éléments utilisés dans le
maillage. Des mailles avec des dimensions grossières résultent parfois à filtrer les
hautes fréquences. Selon (LYSMER et al. 1975) et (ROSSET 1977) : la dimension
maximale de chaque élément h doit vérifier :

53
Etude de la réponse sismique des tunnels dans un sol non rocheux

( )
Tel que :

 est la fréquence maximale du signale sismique

 Vs min est la vitesse minimale du modèle

Les couches de sol les plus critiques sont alors celles qui ont de petites vitesses
de cisaillement.

II.6.4. Conditions aux limites et types de frontières :

Les limites latérales et inférieures du modèle constituent des surfaces de


réflexions des fronts d’ondes les heurtant ceci donne naissance à une énergie
supplémentaire renvoyée vers la structure surtout que la seule dissipation d’énergie
considérée est celle de l’amortissement matériel. On peut prévoir deux solutions pour
éviter ce problème.

 soit étendre le modèle de manière à ce que les ondes réfléchies


n’atteignent pas la structure pendant le pas de temps où l’on évalue sa
réponse, ceci va entrainer un temps et un coût de calcul élevés.
 la deuxième solution est de mettre aux modèles des frontières
absorbantes

Les différents types de frontières sont les suivants :

II.6.4.1. Frontières élémentaires :

Le long de ce type de frontières :

 soit on annule les déplacements : c’est des frontières élémentaires de type


DRICHLET (D)
 soit on annule les contraintes dans ce cas c’est de type NEUMAN (N)

54
Etude de la réponse sismique des tunnels dans un sol non rocheux

On peut combiner les deux, en prenant des déplacements nuls dans une direction et
libre dans une autre.

Figure ‎II-31: Frontière élémentaire

En pratique on retient une condition analogue à celle existant en champs libre :

Nature du mouvement sismique Conditions aux limites


incident
horizontale Déplacements horizontal libre et déplacement
verticale nulle

Mais ceci nécessitera une grande extension du maillage. Une amélioration est
proposée par SMITH (1974) consiste à résoudre deux fois le problème :

 1) conditions (Dn, Nt)


 2) Conditions (Dt,Nn)

Les indice n et t référents à : normal et horizontale

55
Etude de la réponse sismique des tunnels dans un sol non rocheux

II.6.4.2. Frontières consistantes :

Ce type de frontières peut absorber tous les types d’ondes de volume et valable
pour tous les angles d’incidence .Ces frontières peuvent être représentées par des
matrices de rigidité dépendant de la fréquence et obtenu en appliquant la méthode des
conditions aux limites (KRAMER 1995).

Figure ‎II-32: Frontière locale


II.6.4.3. Frontières locale absorbante :

Le concept des frontières absorbantes a été introduit dans la formulation des


problèmes en éléments finis afin de permettre une réduction de la taille des modèles
.On ne met alors en jeu qu’un volume de sol limité (au voisinage du point considéré).
Lysmer –KUHLEMEYER 1969 est le premier à avoir utilisé ce type de frontières et
à faire une simulation d’absorption d’énergie par radiation. Ceci en prévoyant des
amortisseurs connectés à la frontières du modèle et qui sont fonction des propriétés
mécaniques du sol environnant Et se chargent d’absorber les ondes planes à incidence
normale :

Figure ‎II-33: Frontières locale absorbante


Ce type a l’avantage d’être facile à implanter dans des programmes de calcul
mais il présente l’inconvénient de nécessiter un maillage grossier pour assurer la
transmission correcte de l’onde.

56
Etude de la réponse sismique des tunnels dans un sol non rocheux

II.6.4.4. Choix et caractéristiques du type de frontières adapté :

La plupart de ces types de frontières sont appropriés au modèle lorsqu’une onde


incidente le traverse. Mais lorsque l’onde vient des frontières elle-même elles ne sont
plus utiles ; en effet, il est contradictoire d’imposer des conditions aux limites et
d’appliquer des déplacements aux mêmes limites.

Les frontières donnés par le modèle de Lysmer –KUHLEMEYER 1969


semble alors les plus appropriés, puisque elles sont basés sur la simulation du champ
de contraintes de cisaillement réelles à l’interface entre le domaine fini et le domaine
infini. Pour illustrer ce modèle considérant une colonne de sol sur un massif infini
comme indiqué dans le schéma :

Et Soit :

y(t) : le mouvement du « bedrock ».

r(t) : onde réfléchie qui va dépendre des caractéristiques mécaniques du sol

X(z,t) : le mouvement dans le demi espace

U0 : le mouvement à la base de la colonne de sol

Le mouvement produit à la profondeur Z est la moyenne de l’onde incidente et


de celle réfractée :

( ) 0 . / . /1

Tel que :

 Vr : vitesse de cisaillement
 t : temps

57
Etude de la réponse sismique des tunnels dans un sol non rocheux

L’onde incidente dans le sol sera aura la même expression que celle dans le top
du « bedrock »

Donc U0(t)= X(0,t)

On a ( ) . / ( )

( ) ( ) ( )

Ce qui fait que : ( ) ( ) ()

D’où l’expression de l’onde réfléchi : ( ) . / . /

Si l’on remplace cette expression dans l’expression de X(z,t) On trouve :

( ) . / . / . /

Ce mouvement crée à la base de la colonne de sol Une contrainte de cisaillement


qui a comme expression :

D’où ( ) ( )  ( ) (̇ ) (̇ )

Le modèle devient comme indiqué dans le schéma :

La méthode nécessite de placer les frontières à une distance éloignée du


domaine à étudier.

58
Etude de la réponse sismique des tunnels dans un sol non rocheux

II.6.5. Principe du calcul dynamique :

Dans la méthode directe qu’on va adopter, la structure est le sol sont modélisé
en élément triangulaire .Le mouvement du sol est spécifié à en champs libre à la basse
du modèle qu’on suppose rigide. On suppose aussi que l’interaction cinématique est
insignifiante (T.K.DATTA). L’équation du mouvement du sol va s’écrire sous la
forme :

, -* ̈ + , -* ̇ + , -* + * +

Où :

 , - Est la matrice de masse pour le système entier sol-structure


 , - Matrice d’amortissement du sol et de la structure
 , - Matrice de rigidité du système entier
 * + Vecteur déplacement relatif par rapport à la base du modèle
 * + Un terme qui s’écrit en générale sous la forme , -* +{ ̈ }

Tel que :
 , - Est la matrice de masse n’ayant aucune composante nulle pour
les degrés de liberté de la structure
 { ̈ } Est l’accélération en champs libre

 * + Est le vecteur coefficient d’influence


Les matrices de masse et de rigidité peuvent être générées par la procédure
standard. Les matrices d’amortissement du sol et de la structure sont construites
séparément à partir de leur taux d’amortissement modal, en supposant qu’elles suivent
un amortissement de Rayleigh .Ensuite les deux matrices sont combinées pour former
la matrice d’amortissement totale en supposant que les termes couplés entre la
structure et le sol sont nul.

Les forces d’inertie qui vont être transférées à la structure seront essentiellement
sous forme de forces de cisaillement, de moment fléchissant et de force axiale .Ce qui
va tendre à déformer le sol se trouvant à l’interface sol structure.

La résolution du problème peut se faire par trois manières distinctes :

 Intégration temporelle

59
Etude de la réponse sismique des tunnels dans un sol non rocheux

 Intégration dans le domaine fréquentiel

 Analyse modale

On va adopter alors l’analyse temporelle vu qu’elle va permettre de prendre


compte des non linéarités du sol et qu’elle est implémentée dans plusieurs
programmes de calcul.

Différentes algorithme ont été développés pour l’intégration dans le temps on en


cite :

Algorithme de Newmark (1959), Argyris et al (1973) …etc.

La difficulté de l’intégration directe réside en fait dans la formulation de la


matrice de rigidité et dans le choix du pas de temps .Ce que l’on peut éviter par un
choix judicieux d’une loi de comportement associée.

En générale La loi de comportement adoptée pour le sol est une loi elasto-
plastique avec critère de Mohr couloumb (voir partie loi de comportement), vu
qu’elle permet d’avoir une première approximation du problème et qu’elle est
implémenté dans pas mal de programmes de calcul. Toutefois, le calcul se base sur
l’état des contraintes atteintes dans le sol après l’analyse statique. L’état des
contraintes initiales est influencé par les étapes de construction du tunnel. Mais pour
notre cas d’étude on va considérer dans une approche simplificatrice que le
creusement et le revêtement sont exécutés au même temps .Mais ceci n’empêche pas
qu’il y aura une variation dans l’état des contraintes dans le sol avant la mise en place
du tunnel.

Plusieurs softwares sont disponibles pour la résolution des problèmes


d’interaction sol-structure mais présente toujours des limitations. On va adopter le
logiciel PLAXIS 2D (Brinkgreve, 2002) qui semble le plus approprié.

60
Etude de la réponse sismique des tunnels dans un sol non rocheux

II.6.5.1. Présentation du logiciel Plaxis 2D :

PLAXIS Version 8 est un programme de calcul en éléments finis destiné à


l'analyse bidimensionnelle de déformations et de stabilité dans les problèmes
géotechniques. L’avantage de ce programme réside en le faite qu’il traite plusieurs
aspects du sol de ceux cités précédemment, mais présente aussi des limitations.

Pour le calcul dynamique le logiciel dépose d’un module dynamique qui a été établi
en collaboration avec l’université Joseph Fourier à Grenoble. Il peut faire une
analyse dynamique dans le temps comme il peut effectuer une analyse pseudo-
dynamique.il permet de prendre compte des points suivants :

 Inertie du sol environnant


 Amortissement
 Les pressions interstitielles
 Conditions de déformations planaire
 Frontières

II.6.5.2. Caractéristiques du maillage

Le logiciel permet une génération rapide et automatique du maillage et possèdent


des éléments triangulaires à déformations planaires .Il préconise Deux types
d’éléments pour le sol :

Figure ‎II-34: Elément 15 nœuds Figure ‎II-35: Eléments 6 nœuds

61
Etude de la réponse sismique des tunnels dans un sol non rocheux

Pour les éléments à 15 nœuds plaxis utilise une interpolation du 4eme ordre pour
les déplacements et l’intégration se fait sur 12 points de Gauss Et Pour les éléments à
6 nœuds l’interpolation est d’ordre 2 et l’Intégration se fait sur 3 points de gauss

La dimension moyenne des éléments est estimée comme suit :

Où x et y représentent les coordonnés limites du modèle

La finesse du maillage peut être Contrôlée, pour avoir la dimension voulue dans
une zone donnée du modèle en contrôlant le paramètre nc, on obtient ainsi 5 niveaux
de finesse :

nc=25 :very coarse ; nc =50 : coarse ; nc = 100 :Medium ; nc = 200 :Fine ; nc = 400 :
very fine

Et pour obtenir une dimension donnée on peut avoir recours aux paramètres
locaux de finesse en plus du paramètre global. Ceci par le billais du coefficient Local
element size, qui est associé à chaque point de la géométrie. Ces coefficients donnent
une indication sur la taille relative de l'élément en rapport avec la taille moyenne d'un
élément déterminée par le paramètre Global coarseness. Par défaut, le coefficient
Local element size vaut 1.0 en tout point de la géométrie.

II.6.5.3. Loi de comportement pour le sol et pour la structure :


 pour le sol :

Plusieurs lois de comportement sont disponibles dans la base de données du


logiciel :

 Modèle élasto-plastique avec critères de Mohr-coulomb


 le Hardening Soil Model (modèle hyperbolique en élasto-plasticité) : pour
les sols raides, comme les argiles sur-consolidées et les sables.
 le Soft Soil Creep Model : (modèle de type Cam-Clay) pour l'analyse du
comportement des sols compressibles normalement consolidés.
 le Jointed Rock model : pour l'analyse des roches en comportement anis-
tropique

62
Etude de la réponse sismique des tunnels dans un sol non rocheux

La relation entre contraintes et déformations va dépendre du modèle constitutive


choisie pour le sol :

Suite à une variation du champ des contraintes dans le sol, le programme considère
l’état de contraintes actuelles comme combinaison de contraintes existantes dans l’état
antérieur du sol et l’incrément de celles-ci. Donc à l’état i les contraintes du sol
peuvent être trouvées en écrivant :

Pour le modèle plastique cet incrément des contraintes peut s’écrire en fonction
des déformations sous la forme

 : matrice d’élasticité du matériau pour l’incrément de contraintes actuel

 : incrément des déformations obtenues à partir de l’incrément du


déplacement

L’incrément de la déformation plastique est obtenu selon la formulation de


(Vemeer 1979) :

 incrément plastique
 indique le type d’intégration (=0 si explicite ; =1 si implicit)

Plaxis n’utilise que l’intégration implicite qui présente, Selon Vemeer (1979),
l’avantage d’actualiser les contraintes lors de la transition du domaine élastique au
domaine plastique.

63
Etude de la réponse sismique des tunnels dans un sol non rocheux

D’où :

Et finalement la relation contraintes-déformations est sous la forme suivante :

Est trouvé du faite que l’état des contraintes doit satisfaire la condition

Et peut s’écrire pour les modèles parfaitement plastiques ou avec écrouissage :

h est un paramètre d’écrouissage pris égale à zéro dans le cas de comportement


parfaitement plastique.

 L’expression finale des contraintes à l’état actuel i

<x>=0 si

<x>=x si

64
Etude de la réponse sismique des tunnels dans un sol non rocheux

Où f et g sont respectivement la fonction de charge et fonction de potentielle


plastique, définies pour le critère de plasticité de Mohr-Coulomb.

 Pour la structure :

Plaxis considère la structure comme assemblage de plaques dont les propriétés


sont celles définie par la théorie des poutres de Mindlin. Cela signifie que les
déformations dues au cisaillement (en plus de celles dues à la flexion) sont prises en
compte. La rigidité tangentielle est définie

Tel que deq est l 'épaisseur équivalente pour une poutre massive équivalente

Plaxis considere les plaques bidimentionneles comme des poutres


unidimentionneles et la regidité de flexion est influencée par la valeur de

On distingue deux lois de comportement possibles pour la structure :

 le comportement élastique
 le comportement plastique.

65
Etude de la réponse sismique des tunnels dans un sol non rocheux

II.6.5.4. Principe du calcul dynamique

La procédure d’intégration utilisée est celle de Newmark.

L’équation du mouvement peut alors être formulée ainsi :

Les déplacements et les vitesses sont alors exprimé à t + en fonction de leur


valeurs à l’instant t :

Les valeurs de à choisir doivent vérifier :

Afin d’avoir une solution stable Les valeurs données par la littérature pour un
matériau visqueux sont :

La Procédure suivie par Plaxis est alors la suivante :

On se retrouve avec l’équation du mouvement suivante :

66
Etude de la réponse sismique des tunnels dans un sol non rocheux

La matrice d’amortissement est formulée en supposant un amortissement de


Rayleigh.Il faut définir alors pour chaque couche les coefficients α et β.

Pour la formulation de la matrice de rigidité, on adopte premièrement une


matrice élastique, ensuite pour prendre compte des non linéarité La procédure
« automatic step size », introduite par Van Langen & Vermeer (1990), est utilisée.
L’algorithme de cette procédure est cité dans l’annexe 1

Le pas de temps usité dans le calcul est calculé automatiquement par la formule
suivante :

Tel que :

 durée du mouvement dynamique


 : nombre des étapes additionnels qui peut varier de 1 à 250 (définie par
l’utilisateur)
 m : nombre d’étapes du calcul dynamique (pas de temps de l’accélération
introduite)

Le mouvement sismique est imposé à la base du modèle, sous forme d’accélération


en fonction du temps .l’insertion de l’accélérogramme choisit pour l’analyse sismique,
est obtenu en parcourant un fichier text crée par l’utilisateur contenant deux colonnes
séparées par un espace, une contenant les valeurs du temps et l’autre celles de
l’accélération

67
Etude de la réponse sismique des tunnels dans un sol non rocheux

Figure ‎II-36: Exemple d’un fichier text de l’accélérogramme d’El Centro.

Le logiciel effectue la lecture automatique du fichier et offre la possibilité de


pouvoir le visualiser :

Figure ‎II-37: Accélérogramme d’el centro donné par plaxis v8

68
Etude de la réponse sismique des tunnels dans un sol non rocheux

II.6.5.5. Frontières disponibles

Dans Plaxis, plusieurs manières sont possibles pour donner au modelé les
frontières désirés .on en cite :

 standard fixities :

C’est des blocages selon des directions données : pour les frontières gauches et
droites, les déplacements ne sont pas autorisés suivant la direction horizontale et à la
base du modèle, aucun déplacement n’est autorisé

 frontières absorbantes :

Le type le plus adapté à notre étude est celui existant dans standard earthquake
boundary .Il s’agit de mettre des frontières absorbantes aux frontières du modèle et de
ne permettre à la base qu’un déplacement verticale.

II.7. Approches analytiques simplifié :


Les approches analytiques se présentent comme un outil simple et pratique pour
la détermination de la réponse sismique des tunnels. Pourtant, les limitations de ces
approches résident dans leurs hypothèses simplificatrices .Dans cette partie, on va
présenter les différents approche analytiques .On se limitera pourtant aux approches
traitant l’analyse transversale .Puisque l’analyse longitudinale sort du cadre de cette
étude.

Ces méthodes sont basées sur les résultats des déformations en champ
libre. Plusieurs formules ont été proposées, on citera celles intéressants les tunnels de
formes circulaires ainsi que les tunnels de forme rectangulaire.

II.7.1. Section circulaire :

La déformation de la section circulaire est produite par les ondes de cisaillement


se propageant perpendiculairement à l’axe tunnel. Donc une quantification de cette
déformation par des formules empiriques est importante pour évaluer l’effet sismique
(Hachach et al).

69
Etude de la réponse sismique des tunnels dans un sol non rocheux

Les déformations ovales sont alors quantifiées en considérant la variation du


diamètre du tunnel.

Figure ‎II-38: Distorsion du son en présence et en absence de cavité.

 En absence de cavité.

 En présence de cavité. :

( )
Où :

 v m : Le coefficient de Poisson du sol


 d : diamètre du tunnel
 max est la déformation maximale de cisaillement en champ libre, cette
dernière peut être obtenue à partir des résultats de l’analyse des
déformations en champs libre.

70
Etude de la réponse sismique des tunnels dans un sol non rocheux

Pour prendre en compte de la différence de rigidité entre le revêtement du tunnel et


le sol avoisinant, deux coefficients sont utilisés : le rapport de compressibilité C, et
rapport de flexibilité F .Ils sont défini par les équations suivantes (Hoeg, 1968, pick
et al, 1972).

( )
( )( )

( )
( )

Où :

 Em : est le module d’élasticité du sol,


 E1 : est le module d’élasticité de revêtement du sol,
 vm: est le coefficient de poisson,
 t : l’épaisseur de revêtement et
 r est le rayon du tunnel.

Burns et Richard (1964) ont montrés que les forces et les déformations du terrain
et de la structure dépendent des deux rapports C et F et aussi de la condition du
glissement à l'interface entre le sol et revêtement.

On va distinguer alors les formulations supposant une condition de glissement à


celles supposant une condition de non glissement.

Le cas d’une condition de glissement " full slip" suppose que le coefficient de
frottement soit égal à zéro. Donc aucune force de cisaillement ne se développe à
l'interface sol-structure et Le sol peut se détacher du tunnel au cours d’un mouvement
sismique.

Dans le cas d’une condition de non glissement "no slip", Le sol et la structure ne
peuvent pas être séparé.

71
Etude de la réponse sismique des tunnels dans un sol non rocheux

II.7.1.1. Formulation pour une condition de glissement :


 Peck et al. (1972) a proposé des expressions pour l’effort maximum, T,
moment de flexion, M, et la déformation de diamètre, , qui peuvent être
présentées sous les formes suivantes :

À la base et au top du tunnel on aura les résultats suivants :

[( )( ) ( )( ) ]

0( ) ( ) 1

0( ) ( ) 1

,( ) -

Tel que :

 Mc: module concentré du sol qui est formulé comme suit

( )
( )( )

 E1: module de Young du sol


 v m: coefficient de poisson du sol
 r: rayon du tunnel
( )( )
 ( )

 Einstein et Schwartz (1979) ont révisé ces formulations et ils ont proposé
une amélioration des coefficients C et F :

( ) ( )
( ) ( )

72
Etude de la réponse sismique des tunnels dans un sol non rocheux

Ces deux auteurs proposent leur formulation concernant le déplacement radiale,


orthoradiale ,le moment et l’effort de cisaillement dans un système de coordonnées
polaires lié au tunnel :

( )
{ ( ) ( ),( ) ( )- }

( )
{ ( ) ( ),( ) ( )- }

{ ( )( ) ( ),( ) }

{ ( )( ) }

Où les indices r et θ désigne, respectivement les coordonnées polaires d’un point


du revêtement et p désigne la contrainte extérieure verticale agissant sur le sol

( ) ( )( )
( )
et ( ) ( )

K0 est le coefficients de poussée des terres au repos qui est égale à -1 lorsque on
a un chargement de cisaillement pur.

 Penzien (2000) a développé des formules de calcul du moment, et de la


force de cisaillement ainsi que pour la force axiale s’exerçant sur la section
du revêtement d’un tunnel circulaire .En utilisant un coefficient R reliant
les déplacements en champs libre aux déplacements qui se produisent au
sein de la structure :

( ) ( )
( )

( ) ( )
( )

73
Etude de la réponse sismique des tunnels dans un sol non rocheux

( ) ( )
( )

Tel que :

 est déterminée en utilisant les résultats obtenus par l’analyse 1-D des
déformations en champs libre
 Gm : module de cisaillement du milieu
 Gl : module de cisaillement du revêtement
 νm : coefficient de poisson du milieu
 vl : coefficient de poisson du revêtement
 t : épaisseur du revêtement
 E revêtement : module de Young du revêtement

Où : θ est comme indiqué dans le schéma ci-dessous :

Figure I‎ I-39: Convention des signes pour les sollicitations d'un tunnel
circulaire
Pourtant, ces approches supposant une condition de glissement tendent en
générale à souestimer les efforts ayant lieu dans le revetement

74
Etude de la réponse sismique des tunnels dans un sol non rocheux

II.7.1.2. Formulations pour une condition de non glissement "No-slip" :

L’hypothèse de non glissement n’est possible que pour les tunnels se trouvant
dans les sols mous ou pour des cas de grande intensité sismique (Hashash et al.,
2001)

 Einstein and Schwartz (1979) ont proposé les déplacements ( ), la


poussée T et le Moment M en coordonnées polaire :

( )
{ ( ) ( ), ( ) ( ) - }

( )
* ( ), ( ),( ) - +

{ ( )( ) ( ),( ) }

{ ( )( ) }

Avec :

( )
( )

( )( )
( ) ( )

( )( )
( )

( )
, ( ) ( )-

 Penzien (2000) a proposé, pour les conditions de non glissement :

( ) . /
( )

75
Etude de la réponse sismique des tunnels dans un sol non rocheux

( ) . /
( )

( ) . /
( )

II.7.2. Section rectangulaire :

L’estimation de la déformation d’un tunnel rectangulaire, Comme le montre la


figure II.40, se base en premier lieu sur les résultats de l’analyse en champs libre.

Figure ‎II-40: Estimation de la déformation d’un tunnel rectangulaire


Pour mesurer la déformation du rectangle, il est utile de suivre les étapes
suivantes :

 Détermination de déplacement relative en champ libre champ libre

champ libre=H. max

Où H est la dimension verticale du tunnel

 Détermination du rapport de flexibilité.

76
Etude de la réponse sismique des tunnels dans un sol non rocheux

Fr = (Gm/Ks).(W/H)

Tel que :

 Gm : module de cisaillement moyen du sol environnant à l’élévation de


rectangle
 Ks : rigidité de rectangle
 W : largeur du rectangle.
 H : Hauteur du rectangle

 La déformation du rectangle Δs est donnée en fonction de celle en champ


libre :

s = Rr. champ libre

Où : Rr est donné sous deux formes, selon que la condition de glissement


considéré ou po

( )
-Full-slip:

( )
-No-slip:

Figure ‎II-41: Variation de R en fonction de F

77
Etude de la réponse sismique des tunnels dans un sol non rocheux

78
Etude de la réponse sismique des tunnels dans un sol non rocheux

ChapitreIII. ETUDE DE CAS

Afin de concrétiser tous ce qui a été développé dans les parties précédentes de
cette étude, on va analyser dans cette partie les différents paramètres qui peuvent
influencer la réponse sismique d’un tunnel. Ceci via des modèles idéals et une forme
géométrique simple, ce qui nous permettra de tirer des conclusions utiles .On se
limitera à cas des tunnels circulaire et à l’étude de l’influence des paramètres
suivants :

 S : Sol environnant
 P : Profondeur du tunnel
 d : Diamètre du tunnel
 t : épaisseur du revêtement
 PGA

On commencera en premier lieu une analyse 1-D des déformations en champs libre
ensuite on va faire une analyse 2-D en éléments finis du problème et finalement on va
comparer les résultats obtenus avec ceux déterminées à partir des approches
analytiques simplifiées.

III.1. Présentation du Modèle d’étude :

Le modèle avec lequel l’analyse a été faite est constitué d’une couche de sol
homogène d’épaisseur 30m reposant sur une strate supposée rigide. Le tunnel est
circulaire de rayon r et il est mis à une profondeur P de la surface du sol .Le schéma
suivant résume les paramètres définissant notre modèle :

79
Etude de la réponse sismique des tunnels dans un sol non rocheux

 P : profondeur
 t : épaisseur du
revêtement
 Si : Type de sol
 r : rayon du
tunnel
 as : accélération
maximale de
l’onde sismique

Figure ‎III-1: Modèle de calcul

Dans un premier temps, ces paramètres vont être définis pour un modèle de
référence qui va être bien analysé, ensuite en changeant à chaque fois un nombre
défini de paramètres, on va pouvoir déceler leur effet sur la réponse sismique du
tunnel en question.

III.1.1. Définition des Paramètres initiales nécessaires à l’analyse :

 Propriétés géotechniques et mécaniques du sol :

On utilisera dans cette étude deux types de sol dont les paramètres seront bien
choisit afin de pouvoir simuler des cas coïncidant plus ou moins avec la réalité.

Tableau ‎III.1 : Cas d’étude

80
Etude de la réponse sismique des tunnels dans un sol non rocheux

Les propriétés de base considérées sont les suivantes :

Tableau ‎III.2 : Propriété du sol

*Les sols sont classés selon le règlement parasismique Marocain RPS2000,


version 2011.

**Vs30 est la vitesse à 30m de profondeur.

Pour les propriétés mécaniques, l’expérience montre que ces dernières croissent
en générale avec la profondeur. Et puisque la vitesse de cisaillement, le module de
cisaillement et le module de Young sont liés par les relations suivantes :

( )
( ) √

( )

Tel que :
 vitesse de cisaillement initiale
 module de cisaillement maximal
 coefficient de poisson
 poids volumique
 Z profondeur

Une détermination de l’un de ces paramètres va permettre l’évaluation des


autres. Déterminant alors le module de cisaillement maximale pour chaque type de sol
vu qu’il est donné par des formules empiriques qui sont déduite d’essaies et de
recherches antérieur.

Les formules suivantes, adaptés aux données initiales prises en compte, ont été
utilisées :

81
Etude de la réponse sismique des tunnels dans un sol non rocheux

 Pour les argiles ayant un indice de plasticité ⌈ ⌉ et un indice


de vide ⌈ ⌉:

Kallioglou et al (1999) proposent la relation suivante :

 Pour les sables ayant un indice de vide ⌈ ⌉:

Hardin & Richart (1963) ont proposé la relation suivante :

( )

Où :
 est la contrainte effective initiale
 est l’indice du vide initial du milieu

Les profils Vs initiale adoptés pour chaque type de sol sont alors :

Figure ‎III-2 : Profil de la vitesse pour le sable et l’argile

82
Etude de la réponse sismique des tunnels dans un sol non rocheux

Pour la base du modèle, les propriétés suivantes ont été prises :

 γ =22 KN/m3
 Vs=600m/s

 Séisme :

On utilisera comme donnée sismique, l’enregistrement donné par un


accélérogramme attaché au bâtiment de la station d’el Centro Lors du séisme de Mai
1940.Les caractéristiques de ce séisme est les suivantes :

 PGA : 0.319g
 Magnitude : 6.9

Figure ‎III-3: Accélérogramme d’el Centro


Afin de pouvoir changer l’accélération maximale appliquée à la base du modèle,
On va alors filtrer cet enregistrement, afin d’avoir les accélérations maximales
suivantes : 0.18g ,0.26 et 0.3g. On fixera sa durée à 20s, ceci à l’aide du programme
de calcul EERA. Le séisme est supposé appliqué à la base du modèle « bedrock ».
Ceci va nous permettre d’avoir une idée sur l’influence du PGA sur la réponse du
tunnel. Les Séismes de calculs obtenus sont :

83
Etude de la réponse sismique des tunnels dans un sol non rocheux

scaled accelration(g)
0.20 0.18g
0.15
0.10
0.05
0.00
-0.050.000 2.000 4.000 6.000 8.000 10.000 12.000 14.000 16.000 18.000 20.000

-0.10
-0.15
-0.20

scaled acceleration 0.26g


0.30
0.20
0.10
0.00
0.000 5.000 10.000 15.000 20.000
-0.10
-0.20
-0.30

scaled acceleration (0.31g)


0.4
0.3
0.2
0.1
0
-0.10.000 2.000 4.000 6.000 8.000 10.000 12.000 14.000 16.000 18.000 20.000

-0.2
-0.3
-0.4

Figure ‎III-4: Les Séismes de calcul

84
Etude de la réponse sismique des tunnels dans un sol non rocheux

 Courbes d’amortissement et de dégradation du module de


cisaillement :

Pour les courbes d’amortissement et celles de dégradation du module de


cisaillement en fonction du niveau de déformation, on a utilisé les courbes et les
formules données par les auteurs suivants :

Type de sol Courbe Courbe de G/Gmax


d’amortissement

Argile Relation donné par Courbe donnée par (Sun et


al) – pour les argiles ayant un
Ishibashi et Zhang *
indice de plasticité Ip=20-40

Sable Courbe donné par Idriss Courbe donné par Seed &
(1990) Idriss (1970)

*La relation donnée par Ishibashi et Zhang :

( )
[ ( ) ]

Ces Courbes sont représentées dans le graphe ci près :

85
Etude de la réponse sismique des tunnels dans un sol non rocheux

1 30

25
0.8

Damping Ratio (%)


20
0.6 G/Gmax sable
G/Gmax

G/Gmax argile 15
0.4 D (%) argile
D (%) sable 10

0.2
5

0 0
0.0001 0.001 0.01 0.1 1 10
Shear Strain (%)

Figure ‎III-5: courbes d’amortissement et de dégradation du module de


cisaillement

III.2. Méthodologie de l’approche de calcul :

L’analyse dynamique du problème sera faite par la méthode des élément finis en
utilisant le logiciel Plaxis (approche couplé ) ,mais dans un premier temps on doit
tout d’abord faire une analyse des déformations en champs libre en utilisant le
programme EERA (approche non couplé) , afin de calibrer les données de base pour
l’analyse en éléments finis, les adapter au niveau de déformations atteint et aussi pour
avoir un ordre de grandeur. Le schéma suivant résume cette méthodologie :

86
Etude de la réponse sismique des tunnels dans un sol non rocheux

Figure ‎III-6: Méthodologie de l’approche de calcul

87
Etude de la réponse sismique des tunnels dans un sol non rocheux

L’analyse linéaire équivalente va permettre d’obtenir les valeurs du module de


cisaillement ainsi que celle de l’amortissement, adaptés au niveau de déformation et
qui vont servir comme donnés pour l’analyse couplé en éléments finis .Ceci est fait
Par le programme EERA (modèle visco-élastique) décrit précédemment. Le schéma
suivant résume la méthodologie suivie pour l’obtention des résultats :

88
Etude de la réponse sismique des tunnels dans un sol non rocheux

Figure ‎III-7:L’analyse linéaire équivalente

89
Etude de la réponse sismique des tunnels dans un sol non rocheux

III.2.1. Analyse 1-D des déformations en champs libre :

Pour établir l’analyse des déformations en champs libre on va subdiviser le


modèle, considéré comme superposition de strates horizontales en 15 sous couche de
2m d’épaisseur .L’analyse par EERA a donné les résultats suivants :

0 Amax(g)
0.5 1 0 0.2 γ(%) 0.4 0.6
0 0

5 5
profondeur (m)
10 10
Profondeur (m)

15 15
sable
Sable
0.18g
0.18g
20 Sable 20 Sable
0.26g 0.26g
Argile argile
25 25
0.18g 0.18g
Argile argile
0.26g 026g
30 30

Figure ‎III-8: Profils de Déformations et d’accélération maximales

90
Etude de la réponse sismique des tunnels dans un sol non rocheux

0 5
D (%) 10 15
G (MPa)
0.00 100.00 200.00
0 0

5 5
Profondeur (m)

10

Profondeur (m)
10 sable
0.18g
sable
15 15 0.26g
Gmax
sable 0.18g sable
20 20
Argile
Sable 0.26g 0.18g
25 25 Argile
Argile 0.26g
0.18g
30 Argile 30
0.26g

Figure ‎III-9: Amortissement et Module de cisaillement équivalents


III.2.2. Résultats utiles pour l’analyse en éléments finis :

 Module de cisaillement :

La loi constitutive qu’on va adopter pour le sol dans l’analyse par éléments finis,
est une loi elasto-plastique avec critères de Mohr-coulomb. Les propriétés mécanique
qui vont être introduite pour le sol, sont diminué de telle manière à s’adapter au
niveau de déformation qui va être atteint .Cette approche tends en effet à surestimer
les déformations réelles, puisque dans les premier cycles, le sol aura un module sécant
bien supérieur à celui adopter, mais à partir du 4éme cycle en générale le module
varie peu.

Pour se faire on va calibrer les données initiales du sol tout en se basant sur les
résultats ci-dessus obtenus de l’analyse 1-D en champs libre.

 Amortissement :

En effet, on va adopter dans la simulation un amortissement de Rayleigh qui


présente la matrice d’amortissement comme combinaison de la matrice de masse et
celle de rigidité du milieu :

, - , - , -

91
Etude de la réponse sismique des tunnels dans un sol non rocheux

Ce qui fait que Les coefficients α et β doivent être choisis judicieusement, afin de
limiter la dépendance fréquentielle de cette matrice sur la plage des fréquences
intéressantes. Selon (Clough & Penzien 2003) les profils de ces coefficients peuvent
être obtenus par la résolution de l’équation suivante :

2 3 [ ]
[ ]

Où :

 sont pulsations naturelles du milieu

Si l’on suppose que (Hashash et al 2002) on se retrouve avec les


formules simplifiées suivantes :

. / . /

Pour déterminer les fréquences naturelles de chaque sol, on va adopter une


approche consistant à utiliser l’amplitude de fourrier obtenu par l’analyse linéaire
équivalente. Les fréquences à choisir sont celles ayant un contenu d’énergie élevé, et
ceci pour chaque couche. L’amplitude de fourrier est alors déterminée pour chaque
sol à 3 profondeurs : 2m, 8m et 14 m et Les périodes présentant une amplification
maximales sont alors prises comme périodes naturels .Les graphes suivants présentent
l’amplitude de fourrier du mouvement de chaque type de sol et à différents
profondeurs :

92
Etude de la réponse sismique des tunnels dans un sol non rocheux

0.16 type de sol : Argile


Amplitude de fourrier
0.14
0.12 profondeur :
0.1 z=14m
0.08 z=8
0.06 z=2
0.04
0.02
0
0.00 2.00 4.00 6.00 8.00 10.00
Fréquence

Figure ‎III-10: Amplitude de Fourrier pour l’argile

0.18 type de sol : sable


0.16
Amplitude de fourrier

0.14
profondeur :
0.12
z=14m
0.1
0.08 z=8
0.06 z=2
0.04
0.02
0
0.00 2.00 4.00 6.00 8.00 10.00
Fréquence

Figure ‎III-11: Amplitude de Fourrier pour le sable


En adoptant pour l’amortissement les valeurs déjà présentées qui sont adaptées
au niveau de déformation, Les résultats des profils des coefficients de Rayleigh à
adopter pour chaque type de sol sont les suivants :

0.20 profils α et β obtenus pour l'argile 0.15


β(%)
α(%)
0.10
0.10
0.05
alpha
argile
0.00 Profondeur (m) 0.00 béta
0 5 10 15 20 25 30 35 argile

93
Etude de la réponse sismique des tunnels dans un sol non rocheux

Figure ‎III-12: Profil des coefficients de Rayleigh pour l’argile

α(%) profils α et β obtenus le sable β(%)


0.025 0.015

0.020
0.010
0.015

0.010
0.005
alpha
0.005 sable
0.000 0.000 beta
0 10 20 sable
Profondeur (m) 30 40

Figure ‎III-13: Profil des coefficients de Rayleigh pour le sable


III.2.3. Analyse 2-D par éléments finis :

L’analyse en éléments finis va être faite par le logiciel plaxis . Les éléments du
maillage adoptés sont des éléments à déformations planaires de type triangulaire à 6
nœuds.

Figure ‎III-14: Maillage du modèle


Toutefois, Il faut veiller à respecter la condition donné par LYSMER et al.1975
et ROSSET 1977 pour la dimension maximale du maillage :

( )

Tel que :

94
Etude de la réponse sismique des tunnels dans un sol non rocheux

 est la fréquence maximale du signale sismique


 Vsmin est la vitesse minimale du modèle

Le spectre du séisme utilisé dans le calcul est le suivant :

Figure ‎III-15: Spectre d'EL Centro

Donc :

Le software utiliser dans le calcul définis la dimension moyenne des éléments du


maillage le par la manière suivante :

Tel que :

 p : la dimension horizontale du modèle


 q : la dimension verticale du modèle

On peut alors contrôler les dimensions maximales des éléments en contrôlant le


niveau de maillage nc .Un petit calcul nous permet de déterminer le niveau de finesse
requis par chaque modèle :

95
Etude de la réponse sismique des tunnels dans un sol non rocheux

Tableau ‎III.3 : Niveau de finesse du maillage minimale pour les deux sols

Les conditions aux limites utilisées pour la base du modèle n’autorisent pas le
déplacement vertical et Les frontières latérales sont des frontières absorbantes basées
sur le modèle de Lysmer–KUHLEMEYER.

Figure ‎III-16 : Frontières absorbantes


Selon ce modèle, les composantes des contraintes normales et de cisaillement
absorbées par les frontières sont les suivantes :

Tel que :

 ρ : densité de masse
 : Vitesse de propagation longitudinale
 : Vitesse de l’onde de cisaillement

96
Etude de la réponse sismique des tunnels dans un sol non rocheux

 des coefficients de relaxation utilisés pour améliorer l’absorption


de l’onde

Selon des recommandations de (Brinkgreve and Vermeer, 1998) basées sur la


recherche et l’expérimentation, le choix de et donne une
bonne approximation.

III.3. Résultats et analyse :

Les comparaisons ainsi que l’analyse des résultats vont se baser sur les valeurs
des efforts qui se développent dans le revêtement soumis aux déformations imposées
par le sol.

III.3.1. Analyse du cas : 1 (cas de référence) :

Le modèle a été subdivisé en plusieurs couches, de manières à s’adapter aux


variations du module de cisaillement et des coefficients α et β de Rayleigh .Les étapes
de calcul suivies sont les suivantes :

 Etablissement de l’état des contraintes initiales du dépôt de sol, sous l’effet


de la gravitation .Le coefficient des terre au repos a été calculé en
supposant que le terrain est argileux normalement consolidé ce qui nous
permet d’appliquer la formule de Jaky : ( ) Tel que est
l’angle de frottement du milieu.

Figure ‎III-17: Etat des contraintes initiales

97
Etude de la réponse sismique des tunnels dans un sol non rocheux

 Etablissement de l’état des contraintes dans le sol après excavation du


tunnel et l’emplacement du revêtement.

Figure ‎III-18: Etat des contraintes dans le sol après excavation du tunnel et
L’emplacement du revêtement

 application de l’excitation dynamique sous forme d’accélération imposée à


la base du modèle :

98
Etude de la réponse sismique des tunnels dans un sol non rocheux

Figure ‎III-19: Etat de contrainte effective pour le cas dynamique

Il est alors bien clair ,que la distrubution des contraintes totales ainsi que leur
valeur ont changé après application de l’excitation .On remarque que les partie
inferieur sont plus comprimé alors que la couche supperficiele a subit une traction
vers les limites du modèle et pourtant ,ceci ne montre pas l’effet sur le tunnel ,puisque
il est primordialement influencé par l’onde de cisaillement se propageant dans le sol
.l’incrément des déformation angulaires produites dans le sol sous effet sismque est le
suivant :

On remarque alors que les contraintes de cisaillement se concentrent dans les 4


coins du tunnel, avec une inclinaison vers la droite de l’ordre de 30°.

Sous l’effet de ces déformations imposées et vu que le revêtement du tunnel


possèdent une rigidité à la flexion supérieur à celle du sol environnant .Le tunnel ne
suit pas les déformations qui lui sont appliquer, mais tends à résister, ce qui donne
naissances au sein du revêtement de celui-ci à des moments, effort tranchant et effort
normale. Les résultats seront représentés en fonction de l’angle α qui est dirigée
comme indiqué dans la figure suivante

99
Etude de la réponse sismique des tunnels dans un sol non rocheux

Figure ‎III-20: Schématisation des sollicitations et de l'angle alpha

 Moment :

600 Mmax(KN.m)
500
400
300
200
100
0 α(°)
-100 0 20 40 60 80 100 120 140 160 180 200 220 240 260 280 300 320 340 360
-200
-300
-400
dynamique
-500
-600 statique

Figure ‎III-21; Effet du moment pour les deux cas de charges

100
Etude de la réponse sismique des tunnels dans un sol non rocheux

 Force de cisaillement :

Tmax(KN)
300
200
100
0 α(°)
0 20 40 60 80 100 120 140 160 180 200 220 240 260 280 300 320 340 360
-100
dynamique
-200
statique
-300

Figure ‎III-22: Effet de la force de cisaillement pour les deux cas de charges

 Force axiale :

101
Etude de la réponse sismique des tunnels dans un sol non rocheux

0 20 40 60 80 100 120 140 160 180 200 220 240 260 280 300 320 340 360
-1000 α(°)
-1200

-1400

-1600

-1800 dynamique

-2000
Vmax(KN) statique

Figure ‎III-23: Effet de l'effort axial pour les deux cas de charges.

 Analyse des résultats :

Ces résultats indiquent clairement l’effet de l’excitation dynamique sur la


stabilité du tunnel, non pas seulement du point de vue amplification des efforts mais
aussi leur distribution.

Les efforts sont concentrés surtout à la base, au top du tunnel et au cotés.

L’effort de cisaillement et le moment sont amplifié et atteint même le double de


l’effet produit en statique .Pour l’effort normal on remarque que l’amplification est
moins important et que le revêtement qui a été totalement comprimé subit une légère
traction.

Ceci justifie en une sorte, l’hypothèse faite au début concernant la prédominance


de l’effet des ondes de cisaillement sur la réponse sismique du tunnel.

Les valeurs présentées ci-dessus représentent les valeurs maximales atteintes, et


pour savoir le temps dynamique où ces effets se produisent, on présente dans la figure
suivante le déplacement en fonction du temps d’un point situé au top du tunnel :

102
Etude de la réponse sismique des tunnels dans un sol non rocheux

Figure ‎III-24: Déplacement en fonction du temps au top du tunnel


Le déplacement est alors maximales à t1=2.72s et t2=10.78 .Le temps t1correspends
au temps où l’accélération est maximale avec un petit retard dû au temps de
propagation. En fixant un pas de temps données, on se retrouve avec une accélération
positive suivie d’une accélération négative, ce qui explique l’allure des déplacements,
qui croissent négativement lorsque les valeurs négatives du signale reste supérieur en
valeur absolue aux valeurs positive et vice-versa.

Dans la suite on s’intéressera aux effets des différents paramètres ,qu’on va changer
à chaque fois tout en prenant ce cas étudié comme cas de référence ,les résultats ne
seront présentés et comparés qu’en terme de valeur maximales des efforts produits.

III.3.2. Analyse de l’effet des différents paramètres :

III.3.2.1. Effet du PGA :

Mmax(KN.m)
1000

500

0 α(°)
0 20 40 60 80 100 120 140 160 180 200 220 240 260 280 300 320 340 360
-500
cas 1 PGA =0.18g
-1000 cas 2 PGA=0.318g

103
Etude de la réponse sismique des tunnels dans un sol non rocheux

Tmax(KN)
400
300
200
100
0 α(°)
-100 0 20 40 60 80 100 120 140 160 180 200 220 240 260 280 300 320 340 360
-200
-300 cas 1 PGA=0.18g
-400
-500 cas 2 PGA= 0.318
-600

Figure ‎III-25: Variation de Mmax et Tmax avec l'angle alphaariation de


Mmax et Tmax avec l'angle alpha
Il est alors apparent, que la valeur de PGA influence directement la réponse du
tunnel .l’amplification est plus importante avec des valeurs plus élevé du PGA.et
pourtant on peut remarquer que la distribution du moment et de l’effort de
cisaillement sont peu influencé et s’amplifie presque aux mêmes points critiques du
revêtement

III.3.2.2. Effet du sol environnant :

600
Mmax (KN.m)
400
1
200 7

0 α(°)
0 20 40 60 80 100 120 140 160 180 200 220 240 260 280 300 320 340 360
-200

-400

-600

104
Etude de la réponse sismique des tunnels dans un sol non rocheux

Tmax(KN)
300

200

100

0 α(°)
0 20 40 60 80 100 120 140 160 180 200 220 240 260 280 300 320 340 360
-100

-200 1

-300 7

Figure ‎III-26: Variation de Mmax et Tmax avec l'angle alpha

Le sol est parmi les facteurs les plus importants régissant la réponse sismique
du tunnel. En effet, la qualité de celui-ci peut amplifier les effets subis par le tunnel ou
les atténuer. En générale les sols rocheux présente des endroits à moindre risque alors
que les sols mous comme c’est le cas de l’argile l’amplification peut être aggravé.

Ceci est bien prouvé par le cas étudié, il est bien apparent que les valeurs du
moment et de l’effort tranchant sont beaucoup plus importante dans l’argile que dans
le sable. Et ceci n’est dû qu’au faite que l’argile possède une vitesse moins
importante, ce qui donne naissance à des grandes déformations .Ce qui a été prouvé
par les résultats de l’analyse 1-D des déformations en champs libre, où l’on remarque
des déformations dans un sol argileux plus importante que celle dans le cas d’un sol
sableux.

Puisque ces déformations influencent la réponse sismique, leurs profils montrent


bien qu’il dépend aussi de la profondeur, il faut alors voir de ci près l’effet de ce
dernier paramètre sur les efforts se produisant dans le revêtement.

105
Etude de la réponse sismique des tunnels dans un sol non rocheux

III.3.2.3. Effet de la profondeur :

Mmax(KN.m)
150

100

50 7
α(°)
0 8
0 20 40 60 80 100 120 140 160 180 200 220 240 260 280 300 320 340 360
-50

-100

-150

Tmax(KN)
80
60
40
20 α(°)
0
-20 0 20 40 60 80 100 120 140 160 180 200 220 240 260 280 300 320 340 360
-40
7
-60
8
-80
-100

Figure ‎III-27: variation de Mmax et Tmax avec l'angle alpha


Les résultats approuve le faite que les tunnels sont plus vulnérable pour de
faible profondeur ceci n’est dû qu’au faite que l’accélération à la base du modèle n’est
pas la même qu’au niveau du tunnel, les valeurs à la surface du sol sont plus
importante que celles appliqué à la base du modèle et c’est ainsi pour les déformations
maximales qui sont plus importantes dans une profondeur de 5m qu’à la profondeur
de 16m.

Même si les graphes obtenus semblent voisins, n’oubliant pas que dans le cas d’un
tunnel peu profond, celui-ci à résister à des contraintes initiales moins importantes
que dans le deuxième cas, et pourtant l’excitation dynamique à donner lieu à des
efforts plus importants.

106
Etude de la réponse sismique des tunnels dans un sol non rocheux

III.3.2.4. 4 Effet du diamètre :

Tous les paramètres étudié ci-dessus sont indépendant des propriétés géométrique
du tunnel lui-même, dans ce cas on va changer le diamètre du tunnel et aussi
l’épaisseur du revêtement de tel sorte à garder la même rigidité flexionnelle.

600 MmaxKN.m)
400

200

0 α(°)
0 20 40 60 80 100 120 140 160 180 200 220 240 260 280 300 320 340 360
-200

-400
3
1
-600

Tmax(KN)
250
200
150
100
50
0 α(°)
-50 0 20 40 60 80 100 120 140 160 180 200 220 240 260 280 300 320 340 360
-100
-150
-200
-250 3
-300 1

Figure ‎III-28: variation de Mmax et Tmax avec l'angle alpha


Les résultats montrent que pour de faible diamètres l’effet est moins important et
ceci ne contredis en aucune sorte ce qui a été prévu.

107
Etude de la réponse sismique des tunnels dans un sol non rocheux

III.3.3. Comparaison des résultats avec résultats d’approches analytiques


simplifiés :

Afin de s’assurer des résultats obtenus et aussi de voir la fiabilité des approches
analytiques simplifiés, on va comparer les ordres des grandeurs des efforts maximales
obtenus pour les 3 cas ou le sol est argileux et la profondeur est 16m.

On adoptera les formulations de Penzien (2000) supposant une condition de


glissement. Estimant tout d’abord , et pour chaque cas

On trouve :

Tableau ‎III.4: Données d'entrée de l'approche simplifiée

cas 1 cas 3 cas 2

γmax(%) 0.166 0.174 0.270

Gm (Mpa) 21.677 19.972 21.677

Gl (Mpa) 10000.000 10000.000 10000.000

νm 0.349 0.349 0.349

vl 0.200 0.200 0.200

profondeur 16.000 16.000 16.000

diamètre 9.000 6.000 9.000

t (m) 0.630 0.420 0.630

Inertie (m4) 0.021 0.006 0.021

αn 1.150 1.248 1.150

Rn 1.211 1.159 1.211

Δd revêtement 0.009 0.006 0.015

E revêtement(MPa) 24000.000 24000.000 24000.000

108
Etude de la réponse sismique des tunnels dans un sol non rocheux

L’estimation des efforts T et M donnée par les formulations suivantes

( ) ( )
( )

( ) ( )
( )

Nous donne les résultats suivants

Tableau ‎III.5: Résultats pour le méthode des éléments finies et les


approches simplifiées

Où θ est comme indiqué dans le schéma ci-dessous :

109
Etude de la réponse sismique des tunnels dans un sol non rocheux

A partir de ces résultats ,on conclut que les approches analytiques simplifiées
supposant une condition de glissement tendent à sous-estimer les efforts produits dans
le revêtement .Ceci est prévu ,vu que l’approche utilisée suppose qu’il peut y avoir
glissement du tunnel « full slip ».Les autres approches supposant une condition de
non glissement entre le tunnel et le sol tends au contraire à surestimer ces efforts.

La contrainte totale s’exerçant sur le revêtement est calculée comme suit

On remarque que la valeur maximale atteinte est de l’ordre de 27 MPa ce qui peut
nuire à la stabilité du tunnel si l’on suppose qu’il a une résistance à la compression de
l’ordre de 28 à 30 MPa.

110
Etude de la réponse sismique des tunnels dans un sol non rocheux

CONCLUSION
Cette étude a pu mettre en évidence les facteurs qui peuvent conduire à la
vulnérabilité des tunnels lors d’un séisme. On a montré que les tunnels peuvent être
endommagés lors d’un séisme et on a investi les paramètres qui peuvent conduire à
ceci .il s’est avéré alors que lorsque des mauvais conditions du site se combinent avec
une forte excitation sismique le risque que le tunnel subit un dommage augment .on a
montré aussi que la différence entre la rigidité du tunnel et celle du sol avoisinant
ainsi que la profondeur où est mis le tunnel peuvent jouer un rôle important.

L’étude nous a aussi permis de couvrir en une sorte, la plupart des approches qui
peuvent servir à élaborer une analyse sismique des structures souterraines et a montré
que ces approches différent totalement de celles utilisés dans l’analyse des structures à
la surface du sol et que leurs performance est fonction des hypothèses faites sur les
modèles utilisés et dépendent d’une bonne définition du problème et de ses
caractéristiques.

Pourtant, notre étude présente des limitations .On recommande alors pour les
études futures les points suivants :

 On s’est basée sur des hypothèses et approximations qui peuvent


être améliorées par les recherches prochaines.
 On s’est intéressé seulement à l’analyse transversale et ceci néglige les
effets venant des déformations courbes, une analyse complète pourra être
faite en adoptant une modélisation 3D.
 Le modèle utilisé pour le sol ne prend pas en compte de la variation du
module de cisaillement et d’amortissement en fonction du niveau de
déformation et présente beaucoup de limitations. D’autres modèles
décrivant mieux le comportement du sol peuvent être utilisés.
 Une investigation sur la présence de l’eau et d’autres paramètres qui n’ont
pas été considérés dans cette étude pourra être faite

111
Etude de la réponse sismique des tunnels dans un sol non rocheux

 On a supposé dans cette étude que le revêtement du tunnel est élastique, Le


comportement non linéaire ou élasto-plastique peut être utilisé dans une
analyse plus approfondie.
 Des outils informatiques plus performants, modélisant les déformations et
les contraintes dans le revêtement en fonction du temps peuvent être
utilisés.

112
Etude de la réponse sismique des tunnels dans un sol non rocheux

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Etude de la réponse sismique des tunnels dans un sol non rocheux

Annexe 1: automatic step size procedure

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