Vous êtes sur la page 1sur 19

Economie générale et statistiques : 2ème année bac Prof : kninir

Section III : La politique budgétaire


I – Le budget
Document 1 : Le budget de l’Etat selon la loi de finance de 2018
RECETTES ORDINAIRES DU BUDGET GENERAL (1) : 234 919 913 000
- Recettes fiscales : 218 484 340 000
- Impôts directs et taxes assimilées....... 97 769 300 000
- Impôts indirects................................... 93 470 813 000
- Droits de douane.................................. 9 706 228 000
- Droits d'enregistrement et de timbre 17 537 999 000
- Recettes non fiscales : ……………………………... 16 435 573 000
- Produits des cessions de participations de l'Etat ......... -
- Produits de monopoles, d'exploitations et des participations financières de l'Etat 9 821 000 000
- Revenus du domaine de l'Etat......................................... 354 500 000
- Recettes diverses.............................................................. 5 153 573 000
- Dons et legs................................................................ 1 106 500 000
DEPENSES ORDINAIRES DU BUDGET GENERAL (2): 223 026 489 000
-Dépenses de fonctionnement : 195 914 001 000
- Dépenses de personnel...... 108 853 617 000
- Dépenses de matériel et dépenses diverses...... 41 536 764 000
- Charges communes ................................. 36 623 620 000
- Dépenses relatives aux remboursements, dégrèvements et restitutions, fiscaux 7 200 000 000
- Dépenses imprévues et dotations provisionnelles.......... 1 700 000 000
-Dépenses en intérêts et commissions se rapportant à la dette publique 27 112 488 000
SOLDE ORDINAIRE (3)=(1)-(2)............................... 11 893 424 000
-Dépenses d'investissement du budget général (4).......... 68 226 908 000
SOLDE DU BUDGET GENERAL (HORS PRODUITS DES EMPRUNTS ET
HORS AMORTISSEMENT DE LA DETTE PUBLIQUE A MOYEN ET LONG -56 336 484 000
TERMES) (5)=(3)-(4)
SERVICES DE L'ETAT GERES DE MANIERE AUTONOME :
- Recettes des budgets des services de l'Etat gérés de manière autonome.... 2 819 142 000
- Dépenses des budgets des services de l'Etat gérés de manière autonome 2 819 142 000
- Dépenses d'exploitation.................................. 2 022 042 000
- Dépenses d'investissement................. 797 100 000
solde des services de l'Etat gérés de manière autonome (6) ……………… -
COMPTES SPECIAUX DU TRÉSOR :
- Recettes des comptes spéciaux du trésor............ 83 799 157 000
- Dépenses des comptes spéciaux du trésor ....... 78 561 045 000
Solde des comptes spéciaux du trésor (7)............. 5 238 112 000
SOLDE DU BUDGET DE L'ETAT (HORS PRODUITS DES EMPRUNTS ET HORS
AMORTISSEMENT DE LA DETTE PUBLIQUE A MOYEN ET LONG TERMES) -51 098 372 000
(8)=(5) +(6) +(7)
-Amortissement de la dette publique à moyen et long termes (9) : 34 731 500 000
- Interne..................................................................... 29 498 500 000
- Externe................................................................... 5 233 000 000
Besoins bruts de financement de la loi de finances (10)=(8)-(9) -85 829 872 000
-Recettes d'emprunts à moyen et long termes (11) : 68 000 000 000
- Interne.................................................................. 43 000 000 000
- Externe ………………………………………… 25 000 000 000
Besoins résiduels de financement de la loi de finances (10) +(11)...... -17 829 872 00

Source : Bulletin official 2017, publiée le 25/12/2017.


Travail à faire :
1. Que représente le tableau suivant ?
2. Dégagez les grandes masses du tableau.
3. Formulez une définition du budget de l’Etat

1
Economie générale et statistiques : 2ème année bac Prof : kninir

A. Évolution de la conception du budget


1. La conception libérale et keynésienne
Document 2 : L’influence des théories keynésiennes et libérales sur les finances publiques.
La conception libérale
Cette conception est liée à l’État gendarme, l’école classique du 19ième siècle, l’intervention de l’État ne devait assurer que les
opérations l’économie nécessaire à sa survie comme la défense nationale, la justice etc. Cette vision de l’Etat a d’importantes
conséquences budgétaires :
- Le budget n’est pas un instrument de la politique, il est neutre. Les thèses libérales considéraient en effet que l’intervention de
l’Etat était inutile puisque la satisfaction des besoins personnels conduisait nécessairement à l’état d’équilibre.
- Les recettes et les dépenses sont limitées puisque l’Etat est minimal. L’impôt doit être le plus bas possible, et n’a pour seul
but que de couvrir les dépenses.
- L’équilibre budgétaire doit toujours se vérifier puisque les dépenses doivent exactement couvrir les recettes.
La conception keynésienne
Keynes montre au début du siècle dernier l’importance des finances publiques. Cet élément autrefois neutre peut être utilisé pour
améliorer une situation économique altérée. Afin de stimuler la croissance, on augmente les dépenses publiques, ce qui permet
aux agents économiques de disposer d’un meilleur pouvoir d’achat ; puisque le pouvoir d’achat des ménages est augmenté, la
demande s’accroit. L’offre va ainsi augmenter pour s’équilibrer. L’offre est de cette façon relancée.
Mais cette relance ne peut se faire par le respect du principe d’équilibre budgétaire. Pour que des fonds plus importants soient
utilisés, il faut que des budgets déficitaires soient votés. L’Etat n’hésitera finalement pas à dépenser plus qu’il ne perçoit, suivant
ainsi la théorie keynésienne. L’équilibre budgétaire est donc abandonné en pratique (bien qu’il reste un principe budgétaire), et les
dépenses publiques explosent.
Source : www.lemondepolitique.fr consulté le 16/02/2016
TAF : Relever la différence entre la conception libérale et la conception keynésienne du budget.

Réponse : ………………………………………………………………………………………………………….
Récapitulation :
La conception libérale La conception keynésienne
Les libéraux sont partisans de l’Etat-gendarme car ils critiquent Les keynésiens quant à eux, sont partisans de l’Etat-providence
l’intervention de l’Etat (Etat-providence) en annonçant qu’elle (intervention économique et sociale de l’Etat).
entraîne des dépenses improductives et un endettement.
Keynes a mis l’accent sur le rôle que peut jouer le budget de
Autrement dit, pour les libéraux, la politique budgétaire peut l’Etat pour relancer la demande globale, par le biais d’une
être bénéfique, mais elle perturbe également le bon politique de relance en augmentant ses dépenses et en réduisant
fonctionnement et endette l’Etat. ses recettes.

2. Les effets : Multiplicateur/Accélérateur


Document 3: Effet multiplicateur
La politique budgétaire est un instrument efficace pour stimuler la demande. L’augmentation des dépenses publiques permet de
distribuer des revenus supplémentaires. La hausse de la consommation qui en résulte accroît la production et l’emploi. Grace au
mécanisme du multiplicateur, l’impact sur la production est supérieur à la hausse initiale des dépenses publiques. Si les
dépenses publiques augmentent de 100, si la propension marginale à consommer est égale à 0,8, la valeur du multiplicateur (1/
(1-c) est de 5 et la production augmente de 500. L’Etat peut également par une politique fiscale alléger les impôts sur les
titulaires de bas revenus dont la propension marginale à consommer est supérieure à celle des titulaires des hauts revenus.
Source : sciences économiques et sociales HATIER
Document 4 : Effet accélérateur
Toute demande supplémentaire de biens adressée à une entreprise conduit celle-ci à adapter son volume de production en
conséquence, entraînant alors un surcroît d’investissement (mesuré par l’accélérateur), afin de maintenir ses capacités de
production au niveau de la demande globale.
Source : Source : Aide-mémoire Economie. Ed. DALLOZ 2012
TAF : Expliquer la différence entre l’effet multiplicateur et accélérateur de la conception keynésienne
Réponse :
…………………………………………………………………………………………………………………………………………
…………………………

2
Economie générale et statistiques : 2ème année bac Prof : kninir

B. Loi de finances (LF)


1) Définitions et types de lois de finances
Document 5 :
Dahir n° 1-98-138 du 7 chaabane 1419 (26 novembre 1998) portant promulgation de la loi organique n° 7-98 relative à la
loi de finances
Titre premier
De la définition et du contenu de la loi de finances
Chapitre premier
De la loi de finances et des principes budgétaires
Article premier - La loi de finances prévoit, évalue, énonce et autorise, pour chaque année budgétaire, l'ensemble des ressources
et des charges de l'Etat…
Art : 2 - Sont réputées lois de finances au sens du présent texte :
- La loi de finances de l'année ;
- Les lois de finances rectificatives ;
- La loi de règlement.
Art : 4 - Seules des lois de finances dites rectificatives peuvent en cours d'année modifier les dispositions de la loi de finances de
l'année.
Art : 6 - L'année budgétaire commence le 1er janvier et se termine le 31 décembre de la même année.
Travail à faire :
1. Définissez la loi de finances.
2. Quelles sont les différents types des lois de finances ?

a) Définition de la LF :
C’est un document qui prévoit et autorise la nature, le montant et l’affectation des ressources et des dépenses de l’Etat, compte
tenu d’un équilibre économique et financier déterminé.
Elle doit respecter trois règles :
- L’unité budgétaire : les recettes et les dépenses sont présentés dans un document unique.
- L’annualité budgétaire : Les montants prévus concernent une année
- L’universalité budgétaire : l’ensemble des recettes est affecté à l’ensemble des dépenses (c à d la non affectation par un service
de ses recettes à ses dépenses).
NB : A Partir des mois Mai-juin, chaque ministre établit ses propositions de recettes et de dépenses pour l’année budgétaire
suivante et les communiquent au ministère de finances. Après une réunion du conseil des ministres le projet est soumis au
parlement pour la discussion et au vote, au plus tard, soixante dix jours avant la fin de l’année budgétaire en cours. Avant la fin de
l’année encours, le projet devient loi de finance après vote du parlement.
b) Types de LF :
 Loi organique : c’est la loi qui détermine le cadre juridique des lois de finances, et les conditions d’élaboration et
d’application des lois des finances.
 Loi de finances initiale (LFI) : c’est la loi qui prévoit et autorise pour chaque année civile, l’ensemble des ressources et des
charges de l’Etat ;
 Loi de finances rectificative (LFR) : elles interviennent pour corriger au cours de l’année les évaluations des charges et des
ressources établies par la loi de finances de l’année et les adapter aux nécessités de la conjoncture économique.
 Loi de finances de règlement : c’est la loi constatant les résultats financiers de chaque année civile et approuvant les
différences entre les résultats et les prévisions de la loi de finances initiale éventuellement modifiée par sa ou ses lois de
finances rectificatives.

2) Étude de la loi de finances initiale (Maroc)


a) Composition
La loi de finances est composée de 3 catégories de budgets, classés par nature.
Le budget général Les Services de l’Etat gérés de manière autonome Les comptes spéciaux du Trésor

Le budget général Il s’agit des services de l’Etat qui n’ont pas la personnalité Il s’agit des comptes retraçant des
récapitule les recettes morale mais qui sont dotés d’une certaine autonomie opérations qui ne peuvent être
et les dépenses de financière. Certaines dépenses, non imputées sur les crédits incluses dans le BGE en raison de
l’Etat pour une année du budget général, sont couvertes par des ressources propres leur spécialisation.
civile. complétées le cas échéant par des dotations budgétaires. Exemples : fond de soutien de
Exemples : Royal Golf Dar Essalam, Centre Hospitalier l’Initiative Nationale pour le
Régional de Rabat, Complexe Sportif Mohammed V de Développement Humain (INDH),
Casa… fond pour le développement rural

3
Economie générale et statistiques : 2ème année bac Prof : kninir

 Les recettes et les dépenses du Budget général de l’État


Dépenses budgétaires
Dépenses de Ce sont les dépenses qui permettent de faire fonctionner les administrations publiques
Dépenses fonctionnement et d’offrir les services publics gratuits (dépenses de personnel, dépenses de matériel..).
Ordinaires Dépenses en intérêts et C’est l’ensemble des dépenses de l’État consacrées au paiement des intérêts de sa dette.
commissions se rapportant à
la dette publique
Dépenses ce sont des dépenses d’équipement destinés à réaliser des infrastructures (routes, écoles, autoroutes,
D’investissement ports, aéroport…).
Dépenses relatives aux Remboursement du principal des emprunts contracté par l’Etat auprès des agents nationaux et
Amortissements de la Dette à
internationaux (FMI, BM..)
moyen et long termes

Recettes budgétaires
Impôts directs : il s’agit des impôts qui frappent directement le revenu avant sa consommation (IR, IS,
patentes, taxe urbaine…)
Recettes Recettes Impôts indirects : ils frappent indirectement le revenu au moment de sa consommation (TVA, taxes
Ordinaires fiscales sur les produits énergétiques…).
Autres recettes fiscales : c’est le cas des droits de douane et des droits d’enregistrements et de timbres.
Produit des cessions de la participation de l’État : Recettes au titre des privatisations des entreprises
publiques cédées aux investisseurs nationaux ou étrangers.
Produits de monopoles, d’exploitation et de participations financières de l’État : Il s'agit des
revenus que l'État encaisse auprès des offices (ONEP, ONDA, ONCF, OCP,…), les dividendes à
Recettes provenir des participations financières…
non Produits et revenus du domaine : Se sont les recettes des propriétés de l’Etat comme les plages, les
fiscales logements de fonctionnaires, les forêts… (redevances et loyers pour l’utilisation du domaine public ou
privé de l’État)
Recettes diverses ; dons et legs
Les recettes ce sont les emprunts que l’État contracte auprès du système financier (emprunt interne) ou auprès de pays,
D’emprunt de banques privées internationales (emprunts externes).

b) Calcul des soldes


b.1) Solde ordinaire du budget général (SOBG): C’est la ………………. entre les recettes ordinaires et les …………….
ordinaires du budget général de l’État. On l’appelle aussi …………………..
Ce solde est calculé selon la formule suivante :
SOBG = Ressources budgétaires ordinaires - Dépenses budgétaires ordinaires
- Si les Recettes ordinaires > Dépenses ordinaires, la différence représente un ……………………… ou ………………………..
- Si les Recettes ordinaires < Dépenses ordinaires, la différence représente un …………………………
- Si les Recettes ordinaires = Dépenses ordinaires, la différence représente un …………………………
b.2) Solde du budget général (hors produits des emprunts et hors amortissement de la dette publique à moyen et à long
terme) : SBGHEA Ce solde est calculé selon la formule suivante :
SBGHEA = SOBG - dépenses d’investissement du budget général
Remarque :
Ici également, on peut rencontrer trois situations :
- SBGHEA > 0 ; cela signifie qu’on a un ………………………….. ;
- SBGHEA < 0 ; cela signifie qu’on a un ………………………………. ;
- SBGHEA = 0 ; cela signifie qu’on a un ……………………………………….
b.3) Solde du budget de l’Etat (hors produits des emprunts et hors amortissement de la dette Publique à moyen et long
termes) : SBEHEA Ce solde est calculé selon la formule suivante :
SBEHEA = SBGHEA + Solde des SEGMA + Solde des CST
Avec :
** Solde des SEGMA = ……………………… des budgets des SEGMA - ………………… des budgets des SEGMA ;
** Solde des CST = Recettes des …………….. - Dépenses des ………………
b.4) Besoins bruts de financement du budget de l’Etat (BBF du BE) :
BBF du BE = SBEHEA - Amortissement de la dette publique à moyen et long termes

b.5) Besoins résiduels de financement du budget de l’Etat (BRF du BE) :


BRF du BE = BBF du BE + Recettes d’emprunts à moyen et long termes

4
Economie générale et statistiques : 2ème année bac Prof : kninir

Remarque : Solde budgétaire dans l’optique comptable (ou au sens du trésor) = solde ordinaire – dépenses d’investissement du
budget général.
 La pression fiscale :
Elle mesure l’ampleur des prélèvements fiscaux au sein d’un pays.
Pression Fiscale = Recettes fiscales / PIB
c) Illustration : la loi des finances marocaine en cours
Document 6 : Tableau des recettes du budget général au titre des lois des finances 2017 et 2018
Désignation (en millions de DH) LF 2017 LF 2018 Variatio Part en %
n en % (LF 2018)
1-Impôts directs et taxes assimilées 89 382 97 769,3
2-Impôts indirects 84 594,2 93 470, 813
3-Droits de douanes 8 905,2 9 706,228
4-Droits d’enregistrements et de timbres 18 064,8 17 537, 999
5-Produits et revenus du domaine 354,5 354, 5
6-produits des monopoles et exploitations et des 9 067,27 9 821
participations financières de l’Etat
7-Dons et legs 1 764 1 106,5
8-Produits des cessions des participations - -
financières de l’Etat
9-Autres recettes 4 889,652 5 153, 573
Total des Recettes ordinaires 217 021,622 234 919, 913
10-Recettes d’emprunts à moyen et long terme : 70 000 68 000
*Emprunt intérieur 47 000 43 000
*Emprunt extérieur 23 000 25 000
Total des recettes
Source : NP LF2017 et 2018
T.A.F :
1) Calculez :
a. les recettes fiscales
b. les recettes non fiscales pour l’année 2018
c. les recettes ordinaires (RO)
d. les données manquantes du tableau
2) Lisez les résultats obtenus
3) Calculez la part des recettes fiscales dans les recettes ordinaires et la part des recettes ordinaires dans les recettes totales du
budget général (2018)
4) Interpréterez l’évolution et la structure de ces recettes.

Solution :
…………………………………………………………………………………………………………………………..

Document 7 : Tableau des dépenses du budget général au titre des lois des finances 2017 et 2018
Variation en Part en %
Désignation en millions de DH LF 2017 LF 2018 % (LF 2018)

Dépenses de fonctionnement 182 747,785 195 914,001


Dépenses d’investissement 63 571,846 68 226,908
Dépenses de la dette dont :
Intérêts et commissions 27 474 27 112,488
Amortissements 45 882 34 731,500
Total
Source : NP LF2017 et 2018
T.A.F
1) Calculez les données manquantes du tableau ;
2) Calculez les soldes ordinaires et budgétaires correspondants aux lois des finances pour les années 2017 et 2018.
3) Lisez les résultats
4) Interprétez la structure des dépenses publiques, pour l’année 2018 ainsi que leur évolution entre 2017 et 2018 ;
5) Interprétez en expliquant, l’évolution du solde budgétaire marocain entre 2017 et 2018.

Solution :

5
Economie générale et statistiques : 2ème année bac Prof : kninir

1- Voir tableau

Application :
En 1936 John Maynard Keynes, dans son ouvrage Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie, justifie
par des arguments théoriques l’intervention économique de l’Etat. Il souligne le fait que le plein emploi ne peut pas
toujours être assuré, car la demande globale est parfois insuffisante. Dans la mesure où les dépenses de l’Etat
contribuent à accroitre la demande, il considère qu’il ne faut pas hésiter à enfreindre la sacro-sainte règle de l’équilibre
budgétaire, en menant une politique de déficit imposée par les circonstances. Alors ,Le budget de l'Etat n'est pas
neutre. Il doit être un instrument pour réaliser les objectifs de la politique économique et sociale. Le déficit budgétaire
est toléré : c'est le principe de l'Etat providence.
 En 1944 Beveridge, en se basant sur les travaux de Keynes, a développé la théorie de déficit systématique du
budget qui cherche à relancer l’activité économique et assurer le plein emploi. Une autre théorie appelée théorie des
budgets cyclique repose sur l’analyse cyclique de l’économie. Elle consiste à financer durant les périodes de prospérité
les déficits des périodes de récession afin de réaliser l’équilibre budgétaire dans le cadre plus large d’un cycle
économique ( 7 à 12 ans).
 Extrait d’ouvrage « finances publiques » ERIC DEVAUX p.15
TAF :
1- comment l’Etat peut intervenir dans l’économie par son budget Selon Keynes?

Réponses :

1-
……………………………………………………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………………………………………….

- Etat providence : est une conception de l'État où celui-ci étend son champ d'intervention et de régulation dans les
domaines économiques et sociaux

- La théorie de déficit systématique : elle consiste à assurer une expansion de l’économie en période de chômage et
d’atteindre le plein emploi

- La théorie des budgets cyclique : elle consiste à réaliser l’équilibre budgétaire pendant un cycle économique de 7 à
12 ans et non au bout d’une année, les déficits des années de dépression sont comblés par les excédents des années
d’expansion

Section 2 : l’action par le budget.

Document 1 : Le budget, instrument de la politique budgétaire :

6
Economie générale et statistiques : 2ème année bac Prof : kninir

La politique budgétaire a été pendant longtemps utilisée pour réactiver une croissance
économique faible ou stabiliser l’activité économique en période de surchauffe économique. En
menant une politique budgétaire, les pouvoirs publics agissent sur :

 Les recettes publiques :L’action par les recettes passe par le maniement de la fiscalité. En
effet, l’accroissement de la fiscalité (impôts directes, impôts indirectes) modifie le
comportement des ménages à cause de la diminution de leur revenu disponible et par la
frappant les ménages et les entreprises.

 Les dépenses publiques : Face à une faiblesse de la croissance économique, les pouvoirs
publics accroissent les dépenses publiques. Ce qui induit une augmentation du revenu
national et par la suite une augmentation de la demande globale (consommation des
ménages et investissement des entreprises). Ce qui se traduit positivement sur la
croissance économique suite leur consommation ainsi que leur capacité d’épargne. Par
contre, si l’Etat vise à réduire le chômage et relancer la croissance économique, il faut
donc accroître la demande globale ce qui se traduit par une réduction de la fiscalité.

 Le solde budgétaire : il représente la différence entre les recettes publiques et les dépenses
publiques. Lorsque les dépenses excédent les recettes, on parle de déficit budgétaire ; ce
déficit est financé par : l’émission d’emprunt, la création monétaire (notamment par les
avances de BAM), et/ou par augmentation des recettes publiques par le recours à l’impôt.

T.A.F :

1. Dégager du les objectifs de la politique budgétaire.


2. Relever du document les principaux instruments de la politique budgétaire.
3. Comment l’action par les recettes affecte-t-elle l’activité des agents (ménages, entreprises) ?
4. Comment l’action par les dépenses modifie-t-elle l’activité des agents (ménages, Entreprises) ?
5. Comment le solde budgétaire peut-il influencer l’activité économique ?
6. Comment l’Etat agit-il sur l’inflation par l’intermédiaire de son budget ?

1- Définition de la politique budgétaire :

La politique budgétaire constitue l’un des principaux instruments de la politique………………….. ..de


l’Etat. Elle consiste à utiliser le …………………de l’Etat pour influer sur la ………………………. Il peut
agir sur ……………. ou les ……………….. pour relancer ou ……………………….l’activité économique.

7
Economie générale et statistiques : 2ème année bac Prof : kninir

I. Actions de la politique budgétaire :

La politique budgétaire c’est une politique qui utilise les dépenses publiques et les recettes fiscales pour
soutenir (dans le cas de récession) ou freiner (dans le cas d’inflation) l’activité économique.

1- La Politique de rigueur :
... Même si le mot, ces derniers temps, comporte une charge négative, tant il est assimilé ipso
DOCUMENT 2 : Loi de finances 2014 : place à la rigueur
facto à une austérité qui ne dit pas son nom, la rigueur paraît être le trait caractéristique du
projet de Loi de finances 2014, que le gouvernement vient de soumettre à l’examen des
parlementaires. Mais en ces temps où tous les clignotants virent au rouge, pouvait-il en être
autrement? Avec la nécessité, désormais impérieuse, de rétablir les équilibres
macroéconomiques (à moins d’accepter de s’endetter jusqu’au cou !), il était au minimum
attendu que l’Exécutif fût plus regardant sur la dépense et plus soucieux d’améliorer la recette.
Et au moins jusqu’à la fin de cette législature, il paraît difficile (ce n’est pas un souhait, c’est
une hypothèse) de revenir aux politiques expansionnistes qui furent la marque de fabrique des
gouvernements précédents, en particulier de celui de Abbas Al Fassi.

Source : La Vie Eco Edition du 28-10-13 et Lois de finances 2013 et 2014

T.A.F :

1. Préciser l’instrument de la politique budgétaire dont parle le document.


2. Expliquer l’effet d’une politique de rigueur sur l’activité économique.

Politique de stabilisation (cas d’expansion)


L’Etat mène dans ce cas une politique de stabilisation ou de déflation ; on l’appelle
Objectifs politique STOP ; on vise la limitation de la hausse des prix voir même leur baisse.
 Les recettes :
- Augmenter les impôts sur les revenus et sur les entreprises : on augmentera
ainsi la pression fiscale en vue de diminuer de la demande effective (de
consommation et d’investissement privé)

8
Economie générale et statistiques : 2ème année bac Prof : kninir

- La réduction des avantages fiscaux.


 Les dépenses :
- La réduction les dépenses ordinaires et d’investissement publics, ce qui
Actions diminue la demande effective. C’est généralement les dépenses sociales et
d’investissements qui sont les plus touchées par les coupes budgétaires.
- la limitation des emplois publics ;
- réduction des subventions

Conclusion Les dépenses diminuent, les ressources augmentent donc apparition d’un excédent
budgétaire qui sera équilibré par la suite.
…..revenus…..demande…..productionstabilisation

1. La Politique de relance :

Document : Budget 2010 Maroc : Augmentation des investissements publics, soutien du pouvoir d’achat et
soutien à l’emploi.

Le projet de budget 2010 au Maroc pour négocier au mieux l’après crise a été détaillé
hier en conférence de presse par le ministre marocain de l’économie et des finances,
SalaheddineMezouar, voulant énoncer les priorités pour l’année à venir, augmentation
des investissements publics, soutien du pouvoir d’achat et soutien à l’emploi.

Pour rappel, ce Budget 2010 au Maroc établi sur un baril de pétrole à 75 dollars
s’appuie sur une croissance de 3,5 % et une inflation contenue à 2 %. Le déficit
budgétaire sera de 4 % avec une stabilité des dépenses de fonctionnement.
L’investissement public sera, lui en revanche, augmenté (+20,4 % par rapport à 2008).

Source : http://maghrebinfo.actu-monde.com

T.A.F :

1. Quelle politique budgétaire a été mise en œuvre par le Maroc en 2010? Justifier.
2. Quels seront les effets de cette politique sur l’activité économique ?
3. Quelle conséquence aura-t-elle une augmentation du prix du pétrole sur le budget 2010 ?

9
Economie générale et statistiques : 2ème année bac Prof : kninir

Politique de relance (cas de récession)


Objectifs L’Etat mène une politique de relance qui vise à faire repartir la machine
économique. On l’appelle en Anglais : politique GO
 Les recettes :
- Baisser des impôts sur les revenus des ménages : les revenus
augmentent, ce qui implique une hausse de consommation des
ménages, qui influencerait la production et l’emploi ;
- Baisser les impôts sur les entreprises, ce qui impliquerait une hausse
de leur autofinancement (épargne) pour financer l’investissement et
donc une hausse de la production et aussi de l’emploi ;
Actions - l’exonération fiscale
 les dépenses :
- Augmenter les investissements publics au prix même du déficit
public pour relancer l’emploi (directement et indirectement), la
consommation et la production privée… ;
- Augmenter les traitements des fonctionnaires en vue de stimuler la
consommation et donc la production.
- L’embauche de fonctionnaires
- Augmenter les aide aux e/ses
Les dépenses augmentent, les recettes diminuent donc apparition de déficit
Conclusion budgétaire, déficit qui sera absorbé avec les effets de la relance économique
(entrées futurs de recettes fiscales importantes).
....revenus…..demande…..productionstabilisation.

10
Economie générale et statistiques : 2ème année bac Prof : kninir

II. Limites de la politique budgétaire :

Document : les effets négatifs de la politique budgétaire :

La politique budgétaire est l’objet de trois grandes critiques. La première est liée à
l’ouverture des économies aux échanges internationaux. Une politique budgétaire risque de
favoriser les entreprises étrangères, les nouveaux revenus distribués enclenchant le
mécanisme du multiplicateur au profit des seuls agents économiques étrangers. La deuxième
critique correspond au problème de financement du déficit budgétaire. S’il est financé par
création monétaire, il y a un risque d’inflation. S’il est, en revanche, financé grâce à des
emprunts auprès des agents économiques, se pose le problème de l’effet d’éviction. L’effet
d’éviction est un phénomène qui conduit l’activité du secteur public à supplanter celle du
secteur privé. Dans le cas d’un déficit budgétaire, le recours à l’emprunt provoque un
déplacement des ressources d’épargne disponibles vers le secteur public au détriment des
autres agents économiques. Le résultat de cet effet est une hausse des taux d’intérêt ; les
taux d’intérêt augmentent car la demande des capitaux s’accroit, les pouvoirs publics
devant aussi proposer une meilleure rémunération pour attirer de nouveaux épargnants. La
conséquence de ce phénomène est que les dépenses des agents économiques sensibles aux
taux d’intérêt (investissements) sont freines. L’effet d’éviction provoque un ralentissement
de l’activité économique. Remarquons toutefois que ce phénomène n’a jamais été
véritablement démontré, bien d’autres raisons influençant le niveau du taux d’intérêt.

Une dernière critique importante de la politique budgétaire, liée elle aussi au financement
du déficit, concerne le problème de la dette. Plusieurs années de déficits budgétaires peuvent
conduire à une accumulation de la dette publique (en cas de financement par emprunt). Un
risque important apparait alors, celui d’un « effet boule de neige » de la dette. Il s’agit du
cercle vicieux : un risque important implique le versement d’intérêts considérables aux
épargnants créanciers de l’Etat ; le poids de ces intérêts, qui sont une charge, c'est-à-dire une
dépense du budget, aggrave le déficit et conduit à un nouvel endettement public qui, à son
tour, conduira à un niveau d’intérêts encore plus important, etc.

T.A.F :
1. Une politique budgétaire expansive n’a-t-elle que des effets positifs ?
2. Comment une politique budgétaire de relance risque-t-elle de renforcer la dépendance à l’extérieur ?
3. Comment une politique budgétaire expansive risque-t-elle de réduire les investissements privés ?
4. Comment une politique budgétaire expansive risque-t-elle d’aggraver le déficit budgétaire ?

11
Economie générale et statistiques : 2ème année bac Prof : kninir

Une politique budgétaire volontaire, surtout avec l’existence de déficit budgétaire peut néanmoins avoir des
effets défavorables sur l’activité économique. On peut citer :

a) L’effet d’éviction :
Si le déficit budgétaire est financé par la création monétaire alors il y a un risque d’inflation mais s’il est
financé par des emprunts auprès des agents économiques il aura donc déplacement des ressources de
l’épargne disponibles vers le secteur public au détriment du secteur privé ce qui provoque une augmentation
du taux d’intérêt et donc découragement de l’investissement privé donc il aura éviction du secteur privé c’est
l’effet d’éviction.
b) L’effet boule de neige
Il concerne le problème de la dette : si le déficit est financé par la dette, plusieurs années de déficits
budgétaires peuvent conduire à une accumulation de la dette publique. Un risque important apparaît alors,
c’est celui d’un « effet de boule de neige » de la dette : ainsi une dette importante implique le versement
d’intérêts importants, qui constituent des charges c à d une dépense du budget ce qui va aggraver le déficit et
conduit à un nouvel endettement public qui à son tour conduira à un niveau d’intérêts encore plus importants
et ainsi de suite.
c) La contrainte extérieure :
Une partie de la demande supplémentaire générée par l’augmentation des dépenses publiques va s’adresser à
des producteurs étrangers si le tissu productif national ne peut répondre à cette demande publique. Ceci
risque de favoriser les importations.

12
Economie générale et statistiques : 2ème année bac Prof : kninir

Exercice 1 :

La politique budgétaire et fiscale menée par le gouvernement marocain a commencé à porter ses fruits pour
la première fois depuis sept ans.
Le Maroc a en effet réalisé un excédent budgétaire estimé à environ 5,2 milliards de dirhams, au cours
du mois de janvier 2016, contre un déficit budgétaire de l’ordre de 141 millions de dirhams durant la
même période de l’année 2015, selon le ministère marocain de l’Economie et des Finances.
Cet excédent est dû principalement à la hausse des recettes en comparaison des dépenses, ainsi que
l’augmentation des recettes provenant de certains des comptes spécifiques.
De ce fait, les recettes budgétaires ont enregistré au cours du mois de mai dernier près de 16,6 milliards
de dirhams, contre 16,5 milliards de dirhams au cours du même mois de l’an dernier, soit une
augmentation de 0,6%. Tandis que les dépenses se sont élevées à environ 14,4 milliards de dirhams en
janvier 2016 contre 17,2 milliards de dirhams en janvier 2015, soit en baisse de 16,6%.
Quant à la valeur des investissements, elle se situe à 8,3 milliards de dirhams à fin mai 2016, contre 8,6
milliards de dirhams une année auparavant, soit en régression de 6,7%.
Il convient de noter que le Fonds monétaire international (FMI), qui a considéré que le Maroc a pris des
mesures importantes afin de maintenir la stabilité macro-économique dans un environnement difficile, a
prévu une hausse du taux de croissance, pour atteindre 4,4% en 2015, 5% et 5,3% en 2016 et 2017
respectivement. Il a envisagé, également, une réduction du déficit budgétaire de 3,7% à 3,5% en 2016.

TAF
1- Commenter le solde budgétaire au cours du mois de janvier 2016 au maroc
2- Relever les raisons de cette évolution
3- Caractériser la politique budgétaire au Maroc pour l’année 2016 ( type, instruments, actions, objectif
final)
Exercice 2

188
200
162 167

150 135

100
54 54 59
45
50

0
LF 2009 LF 2010 LF 2011 Projet LF 2012

Inv. Budget Général Inv. Global

Graphique élaboré à partir des données du ministère de l’économie et des finances (LF 2011 et projet de LF 2012)

TAF
1-Calculez l’indice d’évolution des dépenses d’investissement du budget général de l’Etat en 2012 (base 100 en 2009)
2-Interprétez le résultat obtenu

13
Economie générale et statistiques : 2ème année bac Prof : kninir

Exercice 3

Le projet de loi des finances 2014 prévoit plusieurs mesures de rigueur dont notamment la baisse des dépenses
d’investissement et des dépenses de compensation, la hausse de la TVA et la suppression de certaines exonérations
fiscales (secteur agricole).
Ces mesures auraient des effets négatifs sur l’économie marocaine. Ainsi, la diminution des dépenses
d’investissement limiterait la croissance et la création d’emplois. Par ailleurs, la baisse des dépenses de compensation
entrainerait la baisse du pouvoir d’achat et de la demande des ménages marocains surtout les plus pauvres.
En plus, la hausse de la TVA pour certains produits conduit à la hausse de leurs prix et donc à la baisse de la
demande…

TAF :

1. Préciser la nature de la politique budgétaire en 2014 (en justifiant)


2. Relever les effets négatifs de cette politique

Exercice 4

Loi de finances 2015 : Mohamed Boussaid récuse l’idée d’une politique d’austérité
«Le projet de Loi de finances 2015 se veut volontariste dans ses ambitions et réaliste dans ses hypothèses. Il se veut aussi
un tournant pour consolider notre modèle de développement économique et social et jeter les bases qui nous permettront
d’accéder rapidement à l’émergence économique», a déclaré Mohamed Boussaid, ministre de l’économie et des finances.
Selon le ministre, ce projet de loi est loin d’être un budget d’austérité. De même qu’il ne prévoit pas de nouveaux impôts,
ni de nouvelles taxes.
Parmi les priorités, il y a notamment l’investissement, l’emploi, le soutien aux entreprises, la poursuite des réformes
structurelles et sectorielles, ainsi que l’amélioration de la compétitivité de l’économie nationale. C’est ainsi qu’au titre de
l’année 2015, l’investissement public devrait atteindre 189 milliards de DH, en hausse de 2,4 milliards de DH par rapport
à 2014. Cette consolidation de l’investissement public devrait permettre la poursuite des grands chantiers d’infrastructure
et la mise en œuvre des stratégies sectorielles.
130 milliards de DH pour les secteurs sociaux
La part du secteur industriel dans le PIB devrait s’accroître de 9 points, passant de 14% à 23%, d’ici à 2020. A ce titre, le
projet intègre la mise en place d’outils de soutien, à travers la création d’un compte d’affectation spéciale intitulé
«Fonds de développement industriel et des investissements» qui sera doté d’une enveloppe de 3 milliards de DH. Le
volet social n’est pas non plus en reste. Une enveloppe de près de 130 milliards de DH est prévue pour les secteurs
sociaux (éducation, santé, soutien au pouvoir d’achat). A cela s’ajoute la création de 22 510 postes budgétaires, soit 25%
de plus que l’année précédente.
En ce qui concerne la promotion de l’emploi, le projet de Loi de finances prévoit la mise en place du statut de l’auto-
entrepreneur et l’élargissement du champ des activités y afférentes ; la mise en œuvre de l’indemnité pour perte d’emploi,
la réalisation de 60 000 insertions dans le cadre du programme Idmaj, la mise à niveau de 18 000 personnes dans le cadre
du programme Taehil, ainsi que l’accompagnement de 1 500 porteurs de projets dans le cadre de l’auto- emploi (TPE et
activités génératrices de revenus).
(Texte adapté) Hicham Benjamaa. La Vie éco www.lavieeco.com 2014-11-02
1- Remplacer l’expression soulignée par un autre terme
2- Préciser la nature de la politique budgétaire (en justifiant)
3- Calculer les dépenses d’investissements en 2014
4- Conclure l’objectif final de la loi des finances 2015

14
Economie générale et statistiques : 2ème année bac Prof : kninir

Partie III : Les échanges extérieurs


Document : La nécessité des échanges internationaux
La dimension internationale de l’activité économique est aujourd’hui un fait acquis. Le panier de la ménagère contient des biens
produits à l’étranger. Telle firme importe des matières premières et des produits semi-finis. Telle autre exporte une partie de sa
production. L’activité économique d’un pays résulte non seulement des relations établis entre les différents agents économiques
internes mais également résidents à l’étranger. C’est ce qu’on appel : extérieur.
Les échanges internationaux sont une nécessité : au minimum, ils permettent aux pays qui en sont dépourvus de se procurer certains
biens. Ex : le pétrole ne se trouve que dans certaines régions, certaines technologies n’existent que dans les pays développés, … etc.
Source : Economie internationale, B. Guillochon, Dunod, 2006 (Doc adapté)
Travail à faire :
1. Donnez l’idée principale du document.
2. Qu’est ce que les échanges extérieurs ?

Chapitre 1 : Les fondements théoriques, mesure et analyse des échanges extérieurs


Section I : Les fondements théoriques
I. Le protectionnisme
Document 1 : A l’origine du protectionnisme, le mercantilisme
Le mercantilisme est une conception de l'économie qui prévaut entre le 16ème et le milieu du 18ème siècle en Europe. Les
penseurs mercantilistes prônent le développement économique par l'enrichissement des nations au moyen du commerce extérieur
qui permet de dégager un excédent de la balance commerciale grâce à l'investissement dans des activités économiques à
rendement croissant. L'État a un rôle primordial dans le développement de la richesse nationale, en adoptant des politiques
protectionnistes établissant notamment des barrières tarifaires et encourageant les exportations.
Le mercantilisme apparaît à une époque où les rois souhaitent obtenir un maximum d'or, mais surtout dans un contexte
intellectuel où l'homme, avec Copernic et Galilée, passe « du monde clos à l'univers infini ». Les théories mercantilistes sous-
tendent cet objectif et développent une problématique basée sur l'enrichissement en identifiant les activités ayant un rendement
croissant, soit les produits manufacturés par opposition aux produits bruts.
On distingue parmi les courants mercantilistes : le bullionisme (ou « mercantilisme espagnol ») qui préconise l'accumulation
de métaux précieux ; le colbertisme (ou « mercantilisme français ») qui est tournée pour sa part vers l'industrialisation ; et le
commercialisme (ou « mercantilisme britannique ») qui voit dans le commerce extérieur la source de la richesse d'un pays, ce
commerce étant par ailleurs fondé sur une solide base industrielle qu'est la construction des navires.
La mise en pratique de cette politique nécessite de limiter les importations et d’encourager les exportations, d’où le caractère
protectionniste de cette explication.
Document 2 : Le protectionnisme éducatif
Le protectionnisme a été défendu dès le 19ème siècle par l’économiste allemand Frédéric List au nom de la protection de
l’industrie dans l’enfance. Parfois nécessaire pour permettre l’industrialisation ou pour assurer la restructuration des secteurs en
difficulté, le protectionnisme présente de nombreux inconvénients dès qu’il est maintenu sur le long terme. Aujourd’hui, au
travers de la politique commerciale stratégique, certains économistes tentent de défendre l’idée d’une nécessaire protection pour
les produits de haute technologie. En effet, en situation de concurrence imparfaite, les entreprises ne peuvent entrer sur le marché
si elles n’ont pas atteint une taille critique. Seul l’Etat, par une politique d’aides et de subventions, leur permet de réaliser les
investissements coûteux nécessaires.
Par ailleurs, le débat tourne aujourd’hui autour de la protection des industries menacées par l’ouverture, et plus généralement
autour de l’emploi. Les études montrent que les emplois les moins qualifiés sont les plus menacés, mais leur part dans l’emploi
total reste contenu. Source : L’Economiste du 17/11/2000.

Travail à faire :
1. Définir le mercantilisme
2. Quels sont ses types ?
3. Définir le protectionnisme
4. Quel est l’apport de F. List ?

15
Economie générale et statistiques : 2ème année bac Prof : kninir

1) Notion des mercantilismes : courant de pensée économique du 16ème et 18ème siècle. Les idées mercantilistes
considèrent que la puissance d’un Etat repose sur sa richesse (mesuré par sa possession en or). C’est pourquoi l’Etat doit
encourager les exportations et réduire les importations, tout en protégeant le commerce et les industries par des mesures
protectionnistes. Cela permettra un excédent commercial pour la nation et une accumulation de richesse.
2) Formes des mercantilismes : On peut recenser différent mercantilismes, dont principalement :
- bullionisme : préconise l'accumulation de métaux précieux ;
- le colbertisme préconise la protection des industries nationales manufacturée ;
- le commercialisme voit dans le commerce extérieur la source de la richesse
3) Notion du protectionnisme : Doctrine et politique économiques qui reposent sur l’application de mesures visant à
favoriser les activités nationales et pénaliser la concurrence étrangère.
4) L’apport de F- List :
F. List est pour l’idée du protectionnisme car la mise en place de mesures protectionnistes par un pays permet de protéger les
industries « naissantes » qui n’ont pas encore les moyens de soutenir la concurrence des autres pays industrialisés.
Ainsi si un pays veut se lancer dans la production d’un nouveau bien, celle-ci ne peut être compétitive en raison de sa taille
limitée. L’Etat doit donc protéger cette industrie le temps qu’elle soit en mesure d’affronter la concurrence internationale.
5. Les formes et techniques de protectionnisme
Document 3 :
Il existe principalement deux types de politiques protectionnistes encore en vigueur aujourd’hui : le protectionnisme tarifaire
et non tarifaire.
La politique protectionniste tarifaire consiste à frapper de droits de douane les produits importés. Il s’agit d’une forme de
protectionnisme en recul, sous l’effet de l’application du principe de la nation la plus favorisée.
La politique protectionniste non tarifaire est nettement moins en recul et repose sur plusieurs instruments :
 Le respect de normes sociales, sanitaires, d’hygiène et/ou de sécurité pour réduire les importations ;
 La décision unilatérale d’instaurer des quotas ou contingents (Politiques de contingentements aux importations).
 L’octroi de subventions aux producteurs nationaux de biens substituables aux biens importés (Politique de substitution aux
importations) ou aux producteurs nationaux exportateurs.
 La pratique du dumping qui, au sens strict du terme, renvoie à une situation selon laquelle une entreprise exporte ses produits
à un prix moins élevé que celui pratiqué sur le marché intérieur. (…) Il y a dumping dès lors qu’une entreprise vend à perte
ou encore s’il existe une différence de prix entre les différents marchés extérieurs vers lesquels elle exporte.
 La manipulation des taux de change qui permet, par une monnaie faible, de favoriser les exportations.
Source : Aide-mémoire : Economie. A. Beitone, E. Buisson, C. Dollo. Ed. DALLOZ 2012
Travail à faire :
- Relever du document ci-dessus, les formes du protectionnisme ;
- Quels peuvent êtres les avantages et les inconvénients du protectionnisme ?
a) Le protectionnisme ……………………….
Elles consistent à appliquer aux produits étrangers pénétrant sur le marché national des droits de douanes importants dans le but
d'augmenter artificiellement leur prix et de les rendre ainsi plus chers. C'est la forme de protectionnisme la plus ancienne.
b) Le protectionnisme …………………………
Elles regroupent un nombre important de mesures qui produisent des effets directs ou des effets indirectes sur le volume des
importations :
- Les …………………… (interdictions d’entrée ou de sortie de marchandises)
- Les …………………(ou quotas d’importations) fixent des limites quantitatives ……………………à l’importation de
catégories de produits ;
- Les ………………………………..... sont mises en place par l’obligation de respecter certaines « normes » de qualité.
c) Le protectionnisme gris ou administratif
C’est un ensemble de mesure ………………………………… ont pour objet d’accroître le coût du produit ou de rallonger les
délais d’entrée sur le territoire national par des formalités administratives lourdes et pénalisantes. Par exemple :
- Multiplication de formulaires : l’exigence d’une notice explicative écrite avec la langue du pays d’accueil
- Subventions à l’exportation ou à la production (Subventions versées par l’Etat permettant aux entreprises nationales afin de
réduire leurs coûts et d’abaisser leur prix de vente à l’étranger).
- Normes sanitaires et environnementales (antipollution…)
d) Le protectionnisme monétaire
Il s’agit de maintenir la parité de la monnaie nationale (taux de change) à un cours bas pour être compétitif sur les marchés
mondiaux et favoriser les exportations : Dévaluation ou dépréciation de la monnaie

16
Economie générale et statistiques : 2ème année bac Prof : kninir

5. Appréciation
Avantages Inconvénients
-Protéger les industries naissantes ou en déclin de la -L’absence de la concurrence n’encourage pas l’innovation
concurrence étrangère -La hausse des prix, choix limité, baisse de la qualité.
-La sauvegarde de l’emploi Risque de pénurie.
-L’augmentation des recettes fiscales grâces aux droits
de douane
-Maintenir l’indépendance vis-à-vis de l’extérieur.

Le libre –échange
Document 4 :
Les classiques
La théorie des avantages absolus
Selon cette théorie, tout pays a avantage à échanger ses biens avec d’autres pays à condition qu’il les produise à un moindre coût.
Autrement dit, en comparant le coût d’un bien dans plusieurs pays, celui qui le produit au moindre coût doit se spécialiser dans sa
fabrication. Ensuite, chaque pays pourra échanger les produits, dans la fabrication desquels il s’est spécialisé, contre ceux dans la
fabrication desquels se sont spécialisées les autres nations. Ainsi, tous les biens seront échangés, sur la scène mondiale, au plus
bas prix possible. Ceci favorise, donc, une allocation optimale des ressources mondiales. Cependant, si un pays n’a aucun
avantage absolu, que doit- il faire ? Abandonner les échanges internationaux ? C’est la théorie d’Adam Smith.
La théorie des avantages comparatifs (David Ricardo) :
Ne pas échanger ? Il va de soi que non. Pour D Ricardo, il n’est pas nécessaire de posséder un avantage absolu sur un bien pour
tirer profit des échanges internationaux. En effet, en comparant, non pas le coût du même bien dans différents pays, mais le coût
de différents produits dans le même pays, Ricardo montre qu’un pays peut tirer avantage en se spécialisant dans la fabrication du
bien pour lequel son désavantage est le moins fort par rapport à d’autres pays. Ainsi, en échangeant le produit fabriqué contre
d’autres avec un autre pays, il obtient une quantité plus grande que celle qu’il aura obtenu s’il fait l’échange à l’intérieur.
Les néo-classiques
La théorie de la dotation en facteurs de production (Heckscher-Ohlin-samuelson) :
En effet, cette théorie constitue une explication de la théorie des avantages comparatifs de Ricardo. Des biens différents
nécessitent des facteurs de production dans des proportions différentes. Et puisque les pays sont dotés, différemment, en facteurs
de production, chaque pays aura un avantage comparatif pour les biens qui incorporent une proportion élevée du facteur dont il est
le plus doté. Source : adapté de perso.crans.org

Travail à faire :
1. Expliquer la théorie des avantages absolus
2. Expliquer la théorie des avantages relatifs
3. Expliquer le théorème de HOS
4. Définir le libre échange
A- Les théories de libre échange
…………………………………….. ……………………………………………

Un pays a intérêt à se spécialiser dans la production des Quand un pays dispose de plusieurs avantages absolus, il doit se
biens pour lesquels ses coûts de fabrication sont les plus spécialiser là où son avantage est comparativement le plus
faibles qu’à l’étranger et importer ceux pour lesquels ses grand, et quand un pays ne dispose d’aucun avantage absolu, il
coûts sont les plus élevés. doit se spécialiser là où son désavantage est comparativement le
plus petit ».

……………………………………………………………………..

Selon ces trois économistes, les avantages comparatifs ne proviennent pas uniquement de la productivité du travail mais de
l’ensemble des facteurs de production (capital, terres, ressources minérales) dont dispose un pays :
- Un pays a l’avantage de se spécialiser dans la production des biens qui est utilisé plus de la main d’œuvre si elle est
abondante.
- Un pays a l’avantage de se spécialiser dans la production des biens à forte utilisation du capital s’il est abondant en
capital.
17
Economie générale et statistiques : 2ème année bac Prof : kninir

B- Notion de libre échange


1- Libre-échange : Doctrine économique prônant la liberté de ………………….. de tous les biens économiques (produits,
services, capitaux, monnaie) entre les pays.
2- Intérêt du libre-échange :
- Aucun pays ne peut produire l’ensemble des biens et des services dont son économie nationale a besoin, c'est-à-dire qu’aucun
pays n’est autosuffisant ;
- Les échanges internationaux permettent aussi de trouver de nouveaux débouchés et de nouveaux clients à l’extérieur des
frontières,
- Possibilité d’obtention des biens dont le coût de fabrication à l’étranger est inférieur au coût en interne….
NB : le libre-échange conduit à la DIT : Division Internationale du Travail : Répartition des différentes spécialisations entre
tous les pays du monde.
3- Les limites de libre échange
DOCUMENT 2 : Les limites des théories de l’échange international :

Bien qu’un certain nombre de théories, dont la théorie des avantages absolus, des avantages comparatifs ou même de la
dotation en facteur de production, prônent le libre échange, les théories protectionnistes trouvent aussi leur bien fondé. Ainsi,
F. List, un économiste du 19ème siècle, a montré que les pays n’ont intérêt à s’échanger que s’ils ont un niveau de
développement similaire. En effet, le protectionnisme permet de protéger les industries naissantes dont les coûts de production
sont plus élevés.
Par ailleurs, la théorie de la dotation en facteurs de production suppose l’immobilité des facteurs de production. Or, les
mouvements des capitaux, les transferts des technologies et les migrations de main d’œuvre ne cessent de se développer. Ceci
rend, alors, l’explication fournie par cette théorie relativement inadaptée.
De même, une vérification empirique de cette théorie a révélé un paradoxe connu sous la dénomination de « paradoxe de
Léontief » du nom de celui qui l’a mis en évidence. En effet, après avoir étudié la structure des échanges extérieurs des Etats-
Unis, Léontief a constaté que les Etats Unis exportent des biens utilisant relativement plus de main d’œuvre que de capital,
alors qu’ils importent des biens utilisant relativement plus de capital. Ceci contredit la théorie de HOS, puisque les Etats-Unis
sont dotés du capital plus que de la main d’œuvre. Cependant, ce constat révèle la nécessité de prendre en considération la
productivité de la main d’œuvre.
En outre, si l’on croit à la théorie des avantages comparatifs de Ricardo,, chaque pays est censé se spécialiser dans un bien
unique. Toutefois, on assiste de nos jours, à un développement grandissant des échanges interbranche, c à d de produits
similaires entre pays. Delà, on peut dire que c’est aussi la différenciation des produits qui explique l’échange international.

TAF : Relever les limites de libre échange


Solution :----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- ---
- ………………………………………………… : si une nouvelle industrie se confronte à une ancienne, elle risque de mettre
beaucoup trop de temps à se développer : elle a donc besoin d’une protection temporaire, d’un «protectionnisme éducateur»,
pour se développer. C’est aussi le cas des nouveaux pays cherchant une place dans le commerce international.

- ……………………………………………………….: C’est à John Stuart Mill (1806-1873), libéral anglais, que l’on doit une
critique sévère des avantages comparatifs : il fait remarquer qu’il ne sert à rien de se spécialiser dans une production, si celle-ci
ne correspond pas aux tendances de la demande mondiale, même si on dispose d’un avantage comparatif dans cette production.

Par exemple, il semble aujourd’hui assez évident que la spécialisation d’un pays doit porter sur les produits manufacturés, voire
les services, même si au départ le pays dispose d’un avantage en matière agricole ou minière.

- …………………………………………………. : limite de la théorie des avantages comparatifs. Les théoriciens contemporains


du libre-échange constatent un phénomène assez «curieux »: la plus grande partie des échanges internationaux ne sont pas des
échanges de spécialisation, mais des échanges de produits identiques entre pays identiques.

Exemple : la France exporte vers les mêmes pays les mêmes produits qu’elle importe : la France vend à l’Allemagne des
voitures, et lui achète des voitures

18
Economie générale et statistiques : 2ème année bac Prof : kninir

19

Vous aimerez peut-être aussi