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Université de la science et de la Technologie

Med boudief

Benzène

 Ouldlala Saadia
 Groupe : 07
Benzène

Le benzène est un hydrocarbure aromatique monocyclique, de formule C6H6,


aussi noté Ph-H, φ-H ou encore Ar-H. Ce composé organique incolore (il a
d'ailleurs le même indice de réfraction que le verre) est un liquide
cancérogène. C'est un solvant particulièrement utilisé dans l'industrie
chimique, et un précurseur important pour la synthèse chimique de
médicaments, de plastiques, de caoutchouc synthétique ou encore de
colorants. Le benzène est un constituant naturel du pétrole brut, mais il est
le plus souvent synthétisé à partir d'autres composés organiques présents
dans le pétrole.

Voies d'absorption :
Chez l’humain, la principale voie d’absorption du benzène est l’inhalation,
considérant l’exposition par l’air ambiant et les activités domestiques
(ATSDR, 2007). Lorsqu’inhalé, le benzène est absorbé rapidement et son
absorption chez l’humain est approximativement de 50% à des
concentrations inférieures à 70 ppm . Chez les animaux, l’absorption gastro-
intestinale du benzène est complète à des doses en-deçà de 100 mg/kg. Chez
l’humain, cette absorption est mal caractérisée, mais est tout de même
estimée être complète. L’absorption du benzène par la peau est faible et
varie en fonction du temps d’exposition, de la concentration ainsi que de
l’état (liquide < aqueux < gazeux) du benzène.
Pharmacocinétique et métabolisme :

Le benzène absorbé est distribué rapidement par le sang à travers


l’organisme, dont la moelle osseuse, tissus dans lequel la toxicité du benzène
se manifeste (ATSDR, 2007; Santé Canada, 2009).

La voie métabolique du benzène est similaire chez l’humain et l’animal et


ne semble pas influencée par la voie d’absorption. Le benzène est
principalement métabolisé au foie en phénol par la voie oxydative du
cytochrome p-450 (CYP) 2E1 (ATSDR, 2007; Santé Canada, 2009). Il peut être
par la suite converti en catéchol, en hydroquinone, ou en benzoquinone. Ces
métabolites seraient en partie responsables de la toxicité du benzène (Santé
Canada, 2009; U.S.EPA, 1998). Le benzène peut aussi être métabolisé en
acide trans, trans-muconique ou en acide S-phénylmercapturique (ATSDR,
2007).

L’expiration est la voie d’élimination préférentielle pour le benzène non


métabolisé (principalement le benzène inhalé), tandis que l’urine est la voie
d’excrétion principale pour les métabolites du benzène, malgré que l’on
retrouve aussi du benzène non métabolisé dans l’urine (Santé Canada, 2009).
Chez l’humain, le phénol est le principal métabolite urinaire, suivit du
catéchol, de l’hydroquinone, de l’acide trans, trans-muconique et de l’acide S-
phénylmercapturique (Santé Canada, 2009). Généralement, la majorité des
métabolites urinaires du benzène sont éliminés à l’intérieur de 48 heures
(ATSDR, 2007).
Données toxicologiques et épidémiologiques :

 Intoxication aiguë :

Chez l’homme, l’intoxication à de fortes concentrations de benzène dans l’air


(> 50 ppm) affecte le système nerveux central et provoque notamment des
étourdissements, des nausées, des vomissements, des céphalées et de la somnolence
(Santé Canada, 2009). L’intoxication aiguë (> 1000 pm) peut même causer la mort
dans certains cas d’hémorragie sévère, d’inflammation pulmonaire, de congestion
rénale ou d’oedème cérébral (OMS, 2003; Santé Canada, 2009). La dose orale létale
chez l’humain est estimée à environ 125 mg/kg pour un adulte de 70 kg (ATSDR,
2007).

 Effets sur la reproduction et le développement

L’exposition professionnelle au benzène a parfois été associée à des


désordres reproductifs et développementaux chez l’humain (menstruations
anormales, perte excessive de sang pendant l’accouchement, avortement
spontané, mortinaissance) (Cal EPA, 1997; Santé Canada, 2009). De plus,
l’exposition paternelle par inhalation en milieu de travail a été associée à
des effets néfastes sur sa descendance (retard de croissance foetale,
avortement spontané, hypotrophie foetale, mortinaissance) (Cal EPA, 1997).
Ces associations sont par contre équivoques, compte tenu de la faiblesse
méthodologique des études effectuées et du manque de lien de causalité à de
faibles niveaux d’exposition (Cal EPA, 2001; Santé Canada, 2009; U.S.EPA,
2002).

Des effets négatifs du benzène sur le système reproductif et le


développement sont aussi observés chez l’animal (retard de développement,
dommages aux testicules et aux spermatozoïdes incluant des lésions
chromosomiques et réduction des précurseurs érythroïdes) (Cal EPA, 1997;
Santé Canada, 2009). De plus, le benzène induit chez les animaux des
dommages à l’ADN des spermatozoïdes ainsi qu’une génotoxicité
transplacentaire pouvant appuyer l’hypothèse d’un effet transgénérationnel
du benzène chez l’humain (Cal EPA, 2001).
 Intoxication chronique :
L’exposition prolongée au benzène provoque une immunotoxicité et une
hématotoxicité, quelle que soit la voie d’absorption. La toxicité du benzène cible
particulièrement les organes hématopoïétiques, en particulier la moelle osseuse.
Ainsi, l’exposition au benzène entraîne chez l’humain une diminution du nombre
absolu de lymphocytes (affectation la plus sensible) et cause divers désordres
hématologiques : anémie aplasique, pancytopénie, thrombopénie, granulopénie ou
lymphopénie. Les effets hématotoxiques du benzène sur les granulocytes, les
lymphocytes et les plaquettes sont détectables, même suivant des concentrations
d’exposition aussi faibles que 1 ppm . Le benzène affecte aussi l’immunité humorale
(niveaux d’anticorps) et cellulaire
Chez les animaux de laboratoire, les effets sont similaires à ceux de l’humain,
quoiqu’on observe principalement les effets suivants : lymphopénie, leucopénie,
anémie, diminution des lymphocytes B dans les tissus hématopoïétiques, diminution
de l’activation des lymphocytes B et T ainsi que modification de la morphologie et
de la cellularité de la moelle osseuse.

 Effets cancérigènes :

Le benzène est considéré comme un cancérigène prouvé chez l’humain par


Santé Canada « substance cancérogène pour l'homme », par le premier Centre
international de recherches sur le cancer (CIRC) « cancérogène chez l’humain » et
par l’US EPA « cancérogène reconnu chez l’homme par toutes les voies
d’exposition»
Plusieurs études épidémiologiques ont mis en évidence une relation entre
l’exposition professionnelle au benzène et le cancer. Parmi celles-ci, 2 cohortes ont
retenu davantage l’attention des organismes de règlementation, soit la cohorte
Pliofilm soit la cohorte de travailleurs chinois .Ces cohortes ont permis de relier
l’exposition au benzène via l’air contaminé à un risque accru de tumeurs
lymphatiques et hématopoïétiques, dont particulièrement la leucémie myéloïde
aigüe (non lymphatique), la leucémie myéloïde chronique et la leucémie
lymphoblastique . De plus, l’exposition au benzène pourrait aussi être associée au
lymphome hodgkinien, au lymphome non hodgkinien, au lymphome malin et au
cancer du poumon. L’exposition au benzène par l’air ambiant pendant l’enfance a
été associée à la leucémie de l’enfant (tant myéloïde que lymphatique).
L’exposition professionnelle des parents, in utero chez la mère ou préconception
chez le père, a été suspectée d’être un facteur de risque pour le développement de la
leucémie de l’enfant; par contre, une telle association n’a pas été confirmée.
Chez les animaux, l’exposition au benzène par voie orale a été associée à une
augmentation des cancers de la glande de Zymbal (chez les rongeurs), de la cavité
orale (rats), de la peau (souris), du poumon (souris), de l’utérus (rats), de l’ovaire
(souris) et de la glande mammaire (souris) ainsi qu’à une augmentation de
lymphomes malins (rongeurs) et de leucémie (rongeurs). Le benzène s’avère
génotoxique chez les animaux ainsi que dans plusieurs tests in vitro sur des cellules
de mammifères, dont des cellules humaines.
Interactions avec d'autres substances :

La consommation d’alcool augmente la sévérité de la toxicité du benzène,


tant chez l’humain que chez les animaux puisque l’alcool induit l’enzyme de
la première étape du métabolisme du benzène (médiée par le CYP2E1), lequel
favorise la production des métabolites toxiques du benzène (ATSDR, 2007).
D’autres substances, telles que le toluène, le phénobarbital et l’acétone,
peuvent aussi altérer le métabolisme ou la toxicité du benzène (ATSDR,
2007). Certaines sources alimentaires et endogènes des métabolites du
benzène (catéchol, hydroquinone, phénol) peuvent aussi modifier (à la
hausse ou à la baisse) la toxicité ou le métabolisme du benzène, telles que la
fumée de cigarette ou de bois, le miel, les canneberges, les bleuets, les poires,
certaines tisanes et le café (Cal EPA, 2001
 Dosage biologique et signes cliniques :

 Dosage biologique :
L’exposition récente (< 48 heures) au benzène peut être estimée à partir
du dosage du benzène non métabolisé dans l’air expiré ou dans l’urine, ou du
dosage des métabolites du benzène dans l’urine (phénol, catéchol,
hydroquinone, 1,2,4-trihydroxybenzène, acide trans,trans-muconique, acide
phénylmercapturique) (ATSDR, 2007). De plus, l’utilisation de certains
biomarqueurs d’exposition, tels que des adduits d’oxyde de benzène à l’ADN
ou à certaines protéines, pourrait aider à mieux estimer l’exposition au
benzène proprement dit, puisqu’ils sont davantage reliés à son effet
mutagène (Cal EPA, 2001).

 Signes cliniques :

Les principaux signes cliniques d’une exposition au benzène sont reliés à


une atteinte des systèmes hématologique ou neurologique (Tableau 1).
L’intoxication aigüe au benzène peut entraîner des maux de tête, de la
nausée, des vertiges, des étourdissements et de la fatigue (ATSDR, 2007). Il
existe peu de données sur les effets consécutifs à l’ingestion de benzène chez
l’homme, mais les effets résultant de l’inhalation sont connus et varient
selon l’exposition (ATSDR, 2007; Khan, 2007). Les principaux biomarqueurs
d’exposition à de faibles concentrations de benzène incluent des diminutions
du nombre d’un ou plusieurs types de cellules sanguines circulantes
(érythrocytes, leucocytes, lymphocytes, plaquettes, hématocrites) (ATSDR,
2007).
 Effets hématologiques selon le niveau
d’exposition au benzène :

Concentration dans effets


l’air (durée)
1 ppm (> 1 mois) Déficits dans le nombre relatif de cellules
sanguines circulantes ou pancytopénie.
5 ppm (> 1 an ) Baisse du niveau d’hémoglobine et des
concentrations d’hémoglobine corpusculaire.
10-20 ppm (> 1 an) Anémie aplasique : 1 cas/10 000.

> 60 ppm (> 2 jours) Leucopénie, anémie, thrombopénie.

> 100 ppm (> 1 an) Anémie aplasique 1 cas/100.

Source : ATSDR, 2007; Khan, 2007