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Secteur

avicole au Maroc

Techniques
d’engraissement
des agneaux

L’insémination
artificielle
des bovins
au Maroc

Agriculture du Maghreb
N° 89 Novembre 2015

1
2

Agriculture du Maghreb
N° 89 Novembre 2015
Sommaire
EDITIONS AGRICOLES

Sarl de presse
Au capital de 100 000,00 dhs
R.C.: 127029
I.F.: 01006251
Patente N° : 35870166

Actualité

12

Secteur avicole au Maroc


Une filière dynamique malgré les entraves

Autorisation :

18

Techniques d’élevage
et santé des volailles

GROUPE HASSAN DERHEM


22 bis, rue des Asphodèles
Résidence Zakia - Quartier Berger
20380 Casablanca
Tél. : 212 (0) 522 23 62 12
212 (0) 522 23 82 33
agriculturemaghreb@gmail.com
www.agriculturedumaghreb.com

22

Aviculture

- Des grains de blé pour mieux nourrir les poules


pondeuses
- Améliorer la résistance des poulets de chair aux
pics de chaleur
- Poules d’élevage : Des gènes de résistance au
portage de salmonelles

Directeur de publication

28

Abdelhakim MOJTAHID

Techniques
d’engraissement des agneaux

Rédacteur en Chef
Ingénieur Agronome
34

Abdelhakim MOJTAHID

BBG : la solution pour le croisement


avec la race BBB
Expérience aux Pays-Bas

Journalistes
Ingénieurs Agronomes
Abdelmoumen Guennouni
Hind ELOUAFI

38

L’insémination artificielle des bovins au


Maroc :
bilan des réalisations et perspectives

Ont participé à ce numéro :


Pr. Mohamed Taher SRAÏRI
Prof. Ismaïl BOUJENANE

40

Jaap van der Knaap


Dr Younous Roudani
Dr Ali Hadjarab

CAHIER ARABE
MAMDA 59

Informatique : Le suivi peut-il être


effectué efficacement grâce à un logiciel ?

Khadija EL ADLI

Directeur Artistique

46

Cultures fourragères
Relancer l’Association Vesce-avoine

Yassine NASSIF

PIPO

AGROVACHE 37
AFRIC ALIM 5
ALF SAHEL
ALLTECH 13-32
ARION FASOLI 27
BBG 35
CAM 60
COGEPRA 45
CTH Maroc 41
DAWAJINE salon 23
EUROGAN 16
EXAFAN 19
JANSEN 15
MAMDA 2
MAROCARNE 9
MECAFA 17
Swissgenetics 25
TATOMA 21
TIMAC hygiène 7
ZINE CEREALES 36

44

Facturation - Abonnements

Imprimerie

La qualité de l’eau en élevage

Nos annonceurs

Cahier Arabe ( Voir page 58 )

Régie publictaire France


Idyl SAS. 1154 Chemin du Barret
13839 ChâteauRenard
Tél. 04 90 24 20 00
Contact :
Mme. Brigitte SENECHAL
bsenechal@idyl.fr
Tous droits de reproduction
autorisés avec mention impérative
et complète du journal.

Agriculture du Maghreb
N° 89 Novembre 2015

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Actu
Actu Nutrition

Fourrages

L’infra-rouge pour optimiser


les dates de fauche
Les outils d’analyse d’aliments en proche infrarouge (Nir),
sortent petit à petit de leurs labos pour gagner le terrain
et réaliser des analyses directement au champ, au silo ou
à l’auge.
Viser des fourrages de
qualité c’est le b.a.-ba de
la production laitière. Mais
on ne peut pas manager ce
que l’on ne peut pas mesure.
La culture de l’analyse de
fourrage a longtemps peiné
à se développer chez les
éleveurs. Mais ça progresse.
Aujourd’hui, on fait 15 fois
plus d’analyses qu’il y a
cinq ans. Environ 60 % des
éleveurs font régulièrement
des analyses en routine afin
de calculer des rations plus
efficaces.
Pour une trentaine d’euros
voire moins, les outils
d’analyses infra-rouge (Nir)
permettent
désormais
d’obtenir
des
résultats
instantanément sur le terrain,
sans broyage ni séchage, et
avec une précision égale à
celles obtenus en laboratoire
(voire
supérieure
en
multipliant les échantillons).
Au champs, cet outil s’avère le
meilleur allié pour optimiser la
date de récolte des fourrages,
connaitre la valeur alimentaire
et savoir si cela vaut le coup
de laisser quelques jours de
plus sur pied pour gagner
en rendement. «
Nous, ne

sommes pas très bons en


ensilage d’herbe, estime Yann
Martinot. On a tendance à
attendre trop longtemps
pour obtenir du rendement,
ensuite on fauche très ras,
«à blanc», et on conditionne
de gros andains qui mettent
quatre jours à sécher.
Résultats : on obtient 4 tonnes
de matière sèche par hectare,
à 10 % ou 11 % de Mat, voire
souvent moins. Les éleveurs
des Pays du Nord font de
petites coupes de 1,5 ou 2
tMS/ha plus fréquemment,
qu’ils sèchent en moins de
24 heures à la faneuse et ils
obtiennent des ensilages
d’herbe à 20 % de Mat. Après,
tout dépend le fourrage
recherché selon le besoin des
animaux : si c’est pour remplir
la panse des génisses, ou bien
pour apporter de l’azote dans
la ration de vaches hautes
productrices. »

Mesurer la MS
pour caler la ration

Récemment mis en place, un


modèle de prévision de durée
de séchage croise les données
météo et calcule un temps

de séchage minimum pour


atteindre 30 à 35 % de MS. Il
est aussi possible de mesurer
le taux de matière sèche dans
l’andain. Disponible depuis
un an, cet outil permet de
mesurer directement la MS
sur le front d’attaque, à l’auge
ou au champ.
Les éleveurs ont l’habitude
de parler de leur ration
en kg bruts alors que le
nutritionniste parle en kg de
matière sèche. « Mais quand
on ne connait pas précisément
le taux de matière sèche de son
maïs, cela peut engendrer des
écarts de complémentation
azotée de plus d’1,5 kg/VL/j
de tourteaux. Ce qui pèse
sur le porte-monnaie ». Le
diagnostic visuel reste très
limité, surtout en maïs depuis
l’arrivée des variétés dites
«stay-green» qui reste vertes
même à 32 %MS.

Suivre la dérive du
silo tous les mois
Les
résultats
d’analyses
permettent le calage fin
des rations et tout est dans
l’anticipation. Il ne faudrait pas
attendre que l’animal montre
une baisse de production ou
des signes d’acidose pour
réajuster l’équilibre de la
ration.
D’autant qu’un silo
n’est pas homogène au fur et

à mesure qu’avance le front


d’attaque. L’idéal est de faire
une analyse du silo tous les
mois, afin de suivre la dérive
de la matière sèche distribuée
et les valeurs alimentaires
et ainsi caler les rations.
Aux Usa, où les analyses de
fourrages sont nettement
plus répandues, de nombreux
éleveurs font une analyse du
silo chaque semaine.

Digestibilité
cellulase et DT
amidon

Les outils d’analyse infrarouge mesurent des valeurs


chimiques
convertibles
ensuite en UF, Pdi, ainsi qu’en
valeurs plus fines comme
la
digestibilité
cellulase
(Dcs) ou la dégradabilité
théorique de l’amidon (Dt)
afin de connaitre la fraction
d’amidon dégradé dans le
rumen et la fraction by-pass
dégradée dans l’intestin. Mais
contrairement aux analyses
chimiques (trois fois plus
cher) l’infrarouge ne permet
pas d’analyser certaines
valeurs alimentaires comme
les matières minérales.
Les outils d’analyse infrarouge ont besoin d’être
régulièrement étalonnés et
calibrés. De plus, les maïs
présentent des signatures
physisco-chimiques
différentes chaque année
et nous recalculons en
permanence les équations
pour chaque famille de
fourrage.

Source : Terre-net
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Agriculture du Maghreb
N° 89 Novembre 2015
Agriculture du Maghreb
N° 89 Novembre 2015

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Actu
Actu Nutrition

Le marché des
protéines végétales
un secteur d’avenir

La production mondiale de soja et de tourteaux de soja se


porte bien, tirée par une forte croissance due notamment
à l’augmentation des surfaces allouées : soit une
multiplication par 10 en 50 ans et par deux depuis 1997.
Autant dire que ce marché est devenu en un demi-siècle
particulièrement attractif et stratégique.

a production mondiale
de soja est fortement
concentrée autour des
Etats-Unis, du Brésil et de
l’Argentine qui réalisent près de
80% de la production mondiale
et couvrent à eux seuls près de
80% des surfaces mondiales. De
surcroît, ces zones possèdent
d’importantes
réserves
de
croissance de terres cultivées.
Ces
puissances
agricoles
représentent ainsi un poids
considérable sur les marchés
mondiaux et ce d’autant plus
que la demande mondiale
de tourteaux et de soja est
soutenue. Elle a été multipliée
par 10 en 50 ans et par deux
depuis 1997. En effet, les
besoins de l’élevage sont en
hausse, la demande alimentaire
également, tant du point de vue
quantitatif, lié à la croissance
démographique, que du point
de vue qualitatif avec l’évolution
des modes de consommation.
Ce commerce international en
pleine expansion est surtout tiré
par la demande chinoise :
- Les importations chinoises de
soja ont été multipliées par sept
entre la fin des années 1990 et

2014
- La Chine représentait en
2014 75% des importations
mondiales de soja contre 20%
au début des années 2000.
Par ailleurs, les contraintes qui
pèsent sur les protéines animales
(rendements stagnants, coûts
des intrants, fin des quotas
laitiers, etc.) accroissent d’autant
les potentiels de développement
pour les protéines végétales, et
font de ce secteur un marché
incontournable et d’avenir.
Pourtant, celui-ci est contraint
par des prix historiquement
instables et hypervolatils. En
effet, l’étude de la structure de
la volatilité des cotations du soja
démontre que la volatilité des
prix depuis le début des années
2000 est la plus importante
jamais observée : les épisodes
de forte volatilité ont cru de
65% sur la période 2004-2013
par rapport à la période 19841993. Les épisodes de volatilité
extrêmes ont cru de 300% sur la
même période.
Il est ainsi capital de savoir si
les prix des protéines végétales
sont en moyenne plus ou

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N° 89 Novembre 2015

moins volatils et surtout, si les


amplitudes de variations de prix
et la vitesse de retournement
des cours seront ou non,
plus importantes à l’avenir.
Car ce sont les évènements
extrêmes qui ont le potentiel
de déstabilisation les plus
importants.
La question de l’adaptation à la
volatilité de ce marché devient
alors essentielle, tant pour les
producteurs, les coopératives
et les filières agricoles et
agroalimentaires, que pour les
décideurs car elle conditionne
les politiques publiques mises en
œuvre, de même que la nature,
les modalités et les budgets
alloués
aux
mécanismes
de régulation des marchés.
L’hypervolatilité
croissante
des prix plaide ainsi pour une
gestion publique effective par le
biais de mécanismes spécifiques
adaptés : aides couplées et
contracyliques, ainsi que des
dispositifs d’aides à l’assurance
notamment.
Une nécessité bien intégrée
par les principaux acteurs des
protéines végétales qui mènent

des politiques actives en matière


de gestion des marchés et des
risques qui y sont associés :
- Les Etats-Unis et le Brésil
cherchent ainsi à sécuriser leurs
productions nationales par
la stimulation de la demande
alimentaire et non alimentaire,
mais également par le biais de
mécanismes
contracycliques
couplés et d’outils assuranciels
des risques de marchés.
- La Chine et l’Inde mènent des
politiques fondées sur des prix
minima garantis permettant
notamment de compenser
les écarts de prix entre le prix
domestique et le prix mondial.
Le marché des protéines est donc
une marché stratégique d’avenir
pour lequel les grands acteurs
mondiaux (tant producteurs que
consommateurs) mettent en
place des politiques destinées
à réguler les prix intérieurs et
à accroitre leur compétitivité
internationale.
Source : Momagri
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Actu
Actu Recherche

La connaissance
des génomes pour
l’élevage de demain
La génomique animale a beaucoup à apporter aux filières
d’élevage comme le montrent de récentes recherches sur
l’identification de plusieurs régions du génome (QTL)
responsables de la baisse de la fertilité chez les vaches
laitières, ou encore chez le mouton, l’identification
de la mutation et des mécanismes d’action originaux
responsables du très fort développement musculaire,
associé à une viande de qualité.

n raison des perspectives d’amélioration génétique mais


aussi d’adéquation
entre animaux et
méthodes d’élevage, la génomique animale est l’un des
principaux axes de recherche
en sciences animales. Elle
permet l’acquisition de
connaissances génériques
sur la structure et le fonctionnement des génomes,
extraites des données moléculaires obtenues en grand
nombre par l’utilisation de
technologies de plus en plus
performantes.
En complément des données
génomiques, l’acquisition de
données phénotypiques, par
les mesures de divers caractères aux différents stades de
leur élaboration biologique,
permet une caractérisation
extrêmement fine et précise des animaux étudiés,
dans des environnements

variés. L’Inra France s’est notamment investi dans des


programmes de recherche
pour améliorer la fertilité des
vaches laitières et la qualité
de la viande ovine.

La fertilité
des vaches
laitières hautes
productrices
La sélection des vaches laitières a conduit à une hausse
massive et soutenue de la
production laitière depuis
environ trente ans, mais également à une baisse régulière
de la fertilité des femelles.
Plusieurs programmes de recherche ont été lancés pour
étudier le déterminisme génétique et physiologique de
cette baisse de fertilité. L’un
d’eux a par exemple permis
d’identifier plusieurs QTL responsables de ce phénomène
chez les trois principales
races laitières françaises.
L’utilisation d’outils de génotypage à haut débit vient
de permettre une avancée
considérable en précisant
leur position dans le génome
bovin, ouvrant la voie à l’identification des gènes sousjacents. De plus, un
phénotypage détaillé, associé aux
informations
génétiques,
permet d’étudier les mécanismes physiologiques qui
sous-tendent cette baisse de
fertilité. Les recherches ont
aussi permis d’identifier des
marqueurs de la qualité des
ovocytes. L’ensemble de ces
travaux devrait permettre
d’éliminer des troupeaux
les allèles responsables de
cette baisse de fertilité, et/ou
d’adapter le mode d’élevage
aux génotypes concernés.

Les
qualités du produit
« viande »
L’amélioration de la qualité
des produits animaux reste
une préoccupation importante des filières d’élevage, et
les résultats récents obtenus
donnent de bonnes raisons

Agriculture du Maghreb
N° 89 Novembre 2015

de penser que la génomique


a potentiellement beaucoup
à apporter dans ce domaine.
Chez le mouton, l’identification de la mutation causale
et des mécanismes d’action
originaux responsables du
très fort développement
musculaire, associé à une
viande de qualité, dans la
race Texel Belge a été une
avancée majeure de ces dernières années. En matière de
déterminisme génétique de
la tendreté et des autres qualités sensorielles de la viande
bovine, des résultats encourageants ont d’ores et déjà
été acquis. Chez le poulet, un
gène permettant de contrôler la couleur de la viande
vient d’être identifié. Il existe
aussi des espoirs d’apporter,
par la voie
géno-
mique, de nouveaux éléments de réponse dans la
recherche d’une alternative à
la castration des mâles pour
la production d’une viande
de porc de bonne qualité organoleptique.
Source : INRA.fr
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Actu
Actu Salon

LE SOMMET DE L’ELEVAGE
RESISTE A LA F.C.O.

A l’heure de la fermeture du 1er rendez-vous européen


des professionnels de l’élevage, les organisateurs ont
retrouvé le sourire grâce à un bilan moins catastrophique
qu’annoncé. 72000 visiteurs ont été finalement accueillis
cette année soit une baisse de « seulement » 17% de la
fréquentation par rapport à l’édition précédente.
« Les bovins sont l’essence
même du SOMMET et leur
absence totale à cause de la
FCO ((fièvre catarrhale ovine),
une première en 24 éditions,
est un véritable manque
pour notre événement. Cette
situation ne doit plus jamais se
reproduire » explique Fabrice
Berthon, le commissaire
général du SOMMET DE
L’ELEVAGE. « Cette édition
ne sera pas le meilleur
millésime mais vu le contexte
économique et sanitaire de
l’élevage, le SOMMET aura
finalement bien résisté »
renchérit le Président du
salon. Côté exposants, la
satisfaction est aussi de mise
en général avec un volume
d’affaires qui n’aura pas trop
pâti de ce contexte difficile.
« Le SOMMET DE L’ELEVAGE a
des bases solides et nos 1 400
exposants ont bien compris
qu’ils pourraient quand même
faire des affaires. Malgré la
crise économique et sanitaire,
les éleveurs ont la volonté de
préparer l’avenir, sans occulter
les difficultés, en investissant,

10

en innovant. Si la baisse des


contacts est une réalité, la
qualité de ceux-ci serait en
progression, ce qui est bon
signe » poursuit le président
du SOMMET.

International :
un bilan positif

Ce sont près de 3 600


internationaux de plus de
75 pays qui auront fait le
déplacement à ClermontFerrand, soit une légère
baisse de moins de 10% par
rapport à 2014. De nouveaux
pays étaient représentés
comme l’Ouzbékistan, le
Kosovo, l’Estonie, la Finlande,
le Costa Rica, Panama ou
encore l’Arabie Saoudite.
Beaucoup de délégations en
ont aussi profité pour acheter
de la génétique française
(semences de races bovines
laitières et à viande mais
aussi ovines et caprines) et
du matériel agricole.
Les
visites
d’élevages,
largement renforcées pour
l’occasion, ont permis de
compenser,
en
partie,

Agriculture du Maghreb
N° 89 Novembre 2015

l’absence de bovins sur le


site et de garder une bonne
dynamique. Les visiteurs
internationaux ont ainsi
pu découvrir les cheptels
dans leur environnement
avec pas moins de 52 visites
d’élevages
proposées
grâce à la mobilisation des
éleveurs et des organisations
professionnelles.

Un bilan en
demi-teinte
pour le pôle ovin

Malgré un contexte sanitaire


difficile avec seulement
60% des animaux présents,
la fréquentation du pôle
ovin reste identique aux
autres années. La volonté
affichée des organismes de
sélection raciaux était d’être
présents, ceci pour 2 raisons
: montrer l’excellence de la
génétique ovine française
et maintenir un moment
privilégié d’échanges avec
les acheteurs nationaux et
internationaux. Les races
n’ayant pas pu venir au salon
ont pu néanmoins bénéficier
d’une belle visibilité auprès
des visiteurs internationaux
grâce aux nombreuses visites
d’élevages organisées.
Cette année, l’accent a
par ailleurs été mis sur
l’innovation pour montrer
aux jeunes générations que

la filière ovine est une filière


moderne et dynamique.

Le pôle équin,
un pôle très fréquenté
Toujours très fréquenté par
les visiteurs, le pôle des
équins a rassemblé 330
chevaux et 120 éleveurs
représentant l’ensemble du
territoire du Massif central.
La restructuration du site a
donné entière satisfaction
avec une circulation très
fluide du public et des
animaux et une meilleure
visibilité des présentations
animales et des concours.

Prochaine édition :
5-6-7 Octobre 2016
La 25ème édition du SOMMET
DE L’ELEVAGE sera un
anniversaire important qui
verra le retour de tous les
concours bovins viande
dans la salle de spectacles
du «Zénith d’Auvergne»,
magnifique
écrin
qui
accueillera
également
le concours national de
la race Charolaise. De
quoi donner encore une
dimension supplémentaire à
l’événement.

www.sommet-elevage.fr
Actu
Actu Entreprise

Jansen Poultry Equipment


Matériels et systèmes pour l’aviculture
Jansen Poultry Equipment est un fabricant néerlandais de matériels et de
systèmes pour l’aviculture.
Les systèmes que la société
conçoit répondent aux besoins naturels des animaux
et utilisés correctement ils
augmentent leurs performances. Par exemple, pour
la conception d’un nid de
ponte : les poules préfèrent
pondre leurs œufs dans un
environnement protégé et
sombre. En prenant ce paramètre en compte, Jansen
Poultry Equipment propose
des pondoirs confortables
et attractifs. Ceux-ci ont une
influence positive sur le comportement de nidification.
Les pondoirs sont conçus
pour une hygiène optimale
et pour qu’une fois pondus
les œufs roulent sur le tapis
à œufs à une vitesse précise
et sur une courte distance,

ce qui les préserve de tout


choc. Les éleveurs utilisant
ce système sont satisfaits des
résultats. La qualité de leurs
œufs est excellente. Le taux
d’éclosion est très élevé et
les poules préfèrent pondre
leurs œufs dans leur pondoir.
Les abreuvoirs, les mangeoires, la ventilation et la
lumière ont également un
rôle dans le comportement
et les performances des volailles. Un mauvais placement des abreuvoirs et des
mangeoires peut entrainer
une augmentation du taux
de ponte au sol. Les mangeoires placées devant les
pondoirs bloquent l’accès de
ces derniers pendant que les
animaux se nourrissent. Alors
que les abreuvoirs placés
devant les nids attirent les
volailles dans les pondoirs.
La ventilation est également
importante pour la perfor-

Eurogan

Matériels et accessoires d’élevage


Eurogan est un fabricant
espagnol
de
matériels
et accessoires d’élevage
essentiellement
pour
l’aviculture. Créée en 1964,
l’entreprise est une référence
de qualité dans le secteur
de l’équipement pour les
exploitations
agricoles.
Eurogan se concentre sur
les secteurs de la Recherche,
du Développement et de
l’Innovation
afin
d’être
toujours à la pointe et utilise
des technologies modernes
et innovantes. Eurogan
fabrique des
systèmes
d’alimentation spirale et

chaîne, des mangeoires, des


abreuvoirs, des équipements
électroniques ainsi que du
matériel de pesage.
Eurogan est ainsi capable de
mener à bien tous types de

mance : des courants d’airs


dans le nid n’encouragent pas
les volailles à venir y pondre.
L’éclairage n’est pas non plus
à négliger car il rythme la
journée et influence le comportement de l’animal.
L’excellente
performance
d’une volaille est la clé du
succès. Un autre point très
important est le rendement
de
production.
Jansen
Poultry Equipment propose
un système de transport des
œufs avec empaqueteur et
palettiseur ou robot empileur de plateau. Ce système
transporte les œufs avec précaution de la volière jusqu’à
la zone de conditionnement.
Là, les œufs sont placés dans

des plateaux d’incubation.


Un palettiseur ou un robot
empileur de plateaux place
ces derniers sur des palettes
ou dans des chariots. La qualité des œufs est préservée et
le rendement par heure est
augmenté. Résultat : moins
de travail, des œufs de qualité et un traitement rapide.
projets, en garantissant un
service et des produits de
qualité.
L’export est la priorité
d’Eurogan.
La
société
réalise 70% de ses ventes
sur le marché extérieur, elle
est présente dans plus de 30
pays. Le fabricant espagnol
apporte le plus grand soin au
design et au développement

de chacun de ses matériels


fabriqués spécialement pour
les exploitations agricoles.
Les équipements Eurogan
ont été testés et approuvés
par ses clients. Ces derniers
apprécient la qualité de
l’offre Eurogan ainsi que sa
créativité et ses innovations.

www.jpe.org

www.eurogan.com

Agriculture du Maghreb
N° 89 Novembre 2015

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Secteur avicole au Maroc

Une filière dynamique malgré les entraves


Avec un chiffre d’affaires de 27,9 milliards de dirhams pour des investissements
cumulés
atteignant 10,40 milliards de dirhams et un taux d’accroissement moyen durant les
quatre dernières
décennies d’environ 7,4% des productions de viandes de volailles et 5,7% des
productions de d’œufs
de consommation, le secteur avicole constitue l’une des activités agricoles les
plus dynamiques au
Maroc. Sur le plan social, il assure aussi 123.000 emplois directs et 280.000
emplois indirects

ar ailleurs, et compte tenu


de ses prix relativement
bas par rapport aux autres
denrées animales, les produits avicoles sont consommés par l’ensemble de la
population
et constituent le seul recours pour
l’amélioration de la sécurité alimentaire de notre pays en termes de protéines
d’origine animale.
Ainsi, actuellement, ce secteur satisfait tous les besoins nationaux
puisqu’il couvre 100% des besoins
en viandes de volailles (représentant 52% de la consommation totale toutes
viandes confondues

et 100% des besoins en œufs de


consommation. Les produits avicoles
(viandes et œufs) contribuent pour
38 % des apports en protéines d’origine animales
En effet, en 2014 le secteur a fourni :
- 456.000 tonnes de viandes de poulet de chair
- 78.000 tonnes de viandes de dinde
- 380 millions de poussins type chair
- 10 millions de dindonneaux locaux
- 2,79 millions de dindonneaux importés
- 20 millions de poussins type ponte
- 5 milliards d’œufs de consommation

- 3 millions de tonnes d’aliments


composés pour volailles

Deux contrats
programmes 2009-2020

Un premier contrat programme pour


la période 2009 - 2013 entre le Gouvernement et la FISA pour la mise à
niveau du secteur avicole a été signé
le 20 avril 2008. Parmi les grands acquis de ce contrat programme, l’engagement de
l’Etat à assurer :
- la mise en œuvre des dispositions
réglementaires régissant le secteur
avicole notamment la loi 49-99 et ses
texte réglementaires.

Les infrastructures de production du secteur avicole se présentent comme suit :


Unités

Produits

Nbre

Situation 2014

Usines d’aliments composés

Aliments composés

40

4,10 M T

Couvoirs de poussins de type chair

Poussins chair

49

380 M U

Couvoirs de poussins de type ponte

Poussins ponte

20 M U

Couvoirs de dindonneaux

Dindonneaux

10 M U

Elevages de reproducteurs de l’espèce poule

Œufs à couver (OAC)

202

460 M U

Elevages de poulet de chair autorisés

Viande de poulet

7.293

456.000 T

Elevages de dinde chair autorisés

Viande de dinde
689

78.000 T

Elevages de poule pondeuse autorisés

Œufs de consommation

238

5.00 MM U

Abattoirs avicoles agrées

Viandes de volailles

27 *

111 485 T

Centres de conditionnement d’œufs de consommation

Œufs conditionnés

80 M U

Unités de transformation des œufs

Ovoproduits

3.000 T

* (dont 5 unités de découpe, de production de VSM et de viande congelée)


T = tonnes
U = unités
M = Millions
MM = Milliards

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Agriculture du Maghreb
N° 89 Novembre 2015
Agriculture du Maghreb
N° 89 Novembre 2015

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- le financement des investissements
à travers des prêts à des taux d’intérêt réduits.
- la construction et l’équipement
d’un centre de formation avicole
dont la gestion sera confiée aux pro-

fessionnels.
- le financement de thèmes de recherche appliquée & développement proposés par
l’interprofession.
- le financement de campagnes médiatiques de communication visant

Néanmoins et grâce aux efforts cumulés de tous les intervenants,


les prévisions de ce contrat programme ont été presque totalement
réalisés ou dépassés en 2010 environ 3 ans à l’avance :

Production :
- Viandes de volailles (tonnes)
- Œufs de consommation (109
unités)
Consommation :
- Viandes de volailles (Kg/Hab./
an)
- Œufs (unités/Hab./an)
Investissements cumulés (MM
DH)
Chiffre d’affaires (MM DH)
Emplois

Année
2006

Objectifs
2013

Réalisation
2010

%
réalisation
2010/2013

320
2,5

450
4,2

510
3,7

113 %
88 %

12,1
107

14,7
147
17,2
138

117 %
94%

11,5

9,4

82 %

13,7

16,8

23,2

138 %

258 000

354 000

360 000

102 %

Situation
2010

Objectifs
2020

Accroissement

510 000

900 000

390 000

Œufs de consommation
(Milliards unités)

3,7

7,2

3,5

Consommation de viandes
(kg/hab./an)

17,2

25
7,8

Consommation
œufs/hab./an

138

200

62

Investissements
(Milliards DH)

9,4

13,8

4,4

Chiffre d’affaires
(Milliards DH)

23,2

38,0

14,8

360 000

500 000

140 000

400

4 400

4 000

Indicateurs
Production viandes de volailles
(Tonnes)

Création d’emplois
Exportation de poussins,
d’œufs à couver et
de consommation (T)

14

Agriculture du Maghreb
N° 89 Novembre 2015

la promotion de la consommation
des produits avicoles.
- l’encouragement à l’installation
d’abattoirs avicoles et des centres de
conditionnement d’œufs.
Cette réalisation avant terme de la
première convention, a permis le lancement d’un nouvel accord. Ainsi, en
avril 2011, un deuxième contrat programme pour la période 2011-2020
a été signé entre le Gouvernement
et la FISA pour le développement du
secteur avicole, avec pour objectifs :
- Définir de nouveaux objectifs socio-économiques
- Recadrer le secteur avec les objectifs du Plan Maroc Vert en orientant
les investissements vers la modernisation des unités d’élevages et l’installation
de structures de valorisation
des produits avicoles (abattoirs avicoles et centres de conditionnement
d’œufs de consommation)
- Développer des modèles d’agrégation autour des abattoirs avicoles
et des centres de conditionnement
d’œufs de consommation
- Développer l’élevage alternatif
- Promouvoir l’exportation des produits avicoles

Export des produits


avicoles, potentialités et
contraintes

La production avicole marocaine satisfait largement la demande nationale en


produits avicoles (aliments
composés, poussins, viandes de volailles, œufs de consommation…) et
dispose d’un fort potentiel au niveau
du marché à l’export favorisé par le
dynamisme du secteur. Entamées
depuis 2009, les exportations enregistrent une augmentation régulière
d’année en année profitant d’un
potentiel important (surcapacité du
secteur intensif ) sous-exploité. La
demande des pays de destination
(Afrique de l’ouest, pour le moment
Secteur avicole au Maroc
– desservie par camions) est très importante.
L’export, par conséquent, constitue, aujourd’hui, une orientation stratégique de la
FISA permettant au secteur avicole
de se développer à l’international, de renforcer ses capacités
commerciales et productives, de diversifier ses produits et
d’accroître sa compétitivité
Pour cela, le secteur avicole est en phase de satisfaire les exigences sanitaires
et de répondre aux normes internationales
de production et de consommation. Il est de plus en plus qualifié à se positionner
parmi les secteurs exportateurs du pays.
Actuellement, les pays de destination sont la Mauritanie,
le Mali, le Cameron, la Côte d’Ivoire, le Sénégal et la Centrafrique. D’autres pays
sont susceptibles de constituer des destinations potentielles: Lybie, Tunisie,
Burkina Faso, Benin, Gabon, Congo, Niger, Nigeria, Chine (pattes de volailles),
d’autres
pays du Moyen-Orient …
Handicaps à l’exportation
L’activité d’export se heurte à de nombreux freins parmi lesquels les plus
importants sont :
• Le transport aérien, confronté entre autres au monopole de
la RAM, au coût exorbitant du fret, à la logistique de transport
inadaptée aux volailles vivantes et aux produits périssables, à
la capacité de chargement à la fois irrégulière et limitée (capacité des soutes,
reports imprévus…).
• Le transport maritime, souffrant de l’inexistence de lignes directes vers
les pays cibles de l’Afrique, du recours aux lignes indirectes via pays européens,
des coûts exorbitants, de la durée
de transport trop longue inadaptée aux produits avicoles, …
• Le transport routier, qui est envisageable seulement pour les
pays proches du Maroc (Mauritanie et Sénégal) avec une durée
de transport relativement longue
• Les difficultés liées à l’établissement des certificats sanitaires
avec les pays cibles et potentiels.
Aides à l’export
L’arrêté 1876-13 du 14 juin 2013 fixant les conditions et modalités d’octroi de
l’aide financière de l’Etat à la promotion et à la
diversification des exportations des produits agricoles suscite
les remarques suivantes:
• Il a limité l’aide financière de l’Etat à l’export, en ce qui
concerne l’aviculture, aux seuls œufs à couver et poussins
alors que les autres produits avicoles (œufs de consommation,
viande de volaille congelée, produits de charcuterie, ovoproduits, aliments
composés, ….) sont écartés du bénéfice de ladite aide,
• le niveau de l’aide financière fixé à 1 Dh/kg exporté est simplement
dérisoire par rapport au coût élevé du fret.
Propositions
La Fisa suggère de demander à la DDFP de revoir l’arrêté 187613 dans le sens:
• D’intégrer, en plus des œufs à couver et des poussins d’un
jour, tous les produits avicoles exportables au bénéfice des
aides de l’Etat (œufs de consommation, viande de volaille
congelée,
produits de charcuterie, ovoproduits, aliments composés, ….)
• De réviser le niveau de l’aide financière de l’Etat à des niveaux acceptables
en relation avec la nature des
produits avicoles et suffisamment
incitateurs à leur exportation surtout
qu’il s’agit de produits dont l’expérience
d’exportation est relativement récente : Revoir à la hausse le niveau de la
subvention (subven-

Offre exportable des produits avicoles en 2015


Produits

Unités

Prévision
production

Offre
exportable

Aliments
composés

(10 3Tonnes)

3 500

500

Poussins chair

(10 6Unités)

430

10

Œufs de
consommation

(10 6Unités)

4 800

500

Innovation, performance et résultats

Production maximale d’œufs


pour l’incubation

Œufs propres grâce aux tapis de nids


avec une structure ouverte

Pays-Bas

Agriculture du Maghreb
N° 89 Novembre 2015

15
tion dégressive d’un % du coût du fret
facturé)
• Demander la levée de contraintes liées
au transport des produits avicoles par la
RAM
• Etudier la possibilité de faire appel à
d’autres transporteurs aériens
• Demander à l’ONSSA de préparer au
préalable les certificats sanitaires exigés
à l’importation
des
différents pro-

duits
avicoles par les
pays cibles à partir du Maroc

Entraves au développement
du secteur

Le secteur avicole au Maroc fait face à


de nombreuses contraintes auxquelles
les opérateurs essaient de trouver des
solutions adéquates, en collaboration
avec la tutelle :
Commercialisation :
L’assainissement du circuit commercial
suit 2 orientations :

• Développement d’un réseau d’abattoirs agréés fonctionnant dans des


conditions reconnues (contrôle, suivi,
vétérinaire permanent, …) mettant en
place un circuit moderne fournissant
des produits modernes aux grandes
surfaces etc. Pour ceci la FISA demande
l’application de la circulaire du Ministère de l’Agriculture et de la Pêche
Maritime « MAPM » et du Ministère
de l’Intérieur obligeant la restauration
collective à s’approvisionner exclusivement en viandes de volailles préparées
dans des abattoirs agréés.
• Pour le circuit traditionnel : en attendant, son amélioration devrait
concerner la mise à niveau des tueries
(Riachates) de grande taille (superficie supérieure à 20-25 m²) conformément au
cahier des charges du
MAPM de 2007, fixant les conditions d’installation et de fonctionnement (avec
normes d’hygiène et de
salubrité) contrôlés et supervisés. Ces
tueries seront destinées exclusivement
à l’approvisionnement des ménages.
Pour les tueries de petite taille (superficie inférieure à 20 m²) : l’idée est de
les transformer en points de vente (id
boucheries) de viandes de volailles
provenant des abattoirs. Jusqu’à aujourd’hui rien n’a été fait
- Le marché de gros aux volailles vivantes de Casablanca (Hay Mohammedi’),
réhabilité à grands frais (9-10 M
dh), est squatté par les détaillants obligeant ainsi les grossistes à exercer leur
activité sur la voie publique. En principe, le marché de gros devait fonctionner
selon
un
horaire
préétabli permettant
un
nettoyage
quotidien
dans le l’optique
d’une
bonne
hygiène des circuits de distribution, ce qui
n’est pas le cas
actuellement.
Aujourd’hui
les
éleveurs
travaillent
dans
les
normes
ce
qui
permet

16

Agriculture du Maghreb
N° 89 Novembre 2015

une nette amélioration de toutes les


étapes de la filière conformément à
la loi (49-99) qui régit les différents
maillons du secteur (voir fin d’article).

La FISA, rassembler
pour mieux agir

La Fédération Interprofessionnelle
du Secteur Avicole est une organisation professionnelle au service du
secteur avicole, des opérateurs et du
consommateur. Elle regroupe cinq
associations représentant l’ensemble
des acteurs de la filière, chacune pour
une branche d’activité du secteur :
- Association des Fabricants d’Aliments Composés (AFAC)
- Association Nationale des Accouveurs Marocains (ANAM)
- Association Nationale des Producteurs de Viandes de Volailles (APV)
- Association Nationale des Producteurs d’Œufs de Consommation
(ANPO)
- Association Nationale des Abattoirs
Industriels Avicoles (ANAVI)
Dans le cadre de sa vision de développer la capacité du secteur avicole
marocain à produire et à commercialiser des produits de qualité, à des
prix compétitifs et accessibles aux
consommateurs, la FISA s’est fixée
pour missions de :
• Représenter les intérêts de la profession auprès de l’administration de
tutelle
• Améliorer l’environnement technique et économique de la production et de la
commercialisation des
produits avicoles.
• Asseoir des ponts de communication avec les instances administratives pour un
développement durable du secteur avicole.
• Informer, sensibiliser et encadrer
les opérateurs du secteur avicole ainsi que les consommateurs.
• Promouvoir la qualité et la consommation des produits avicoles.
Afin de maintenir le contact avec
ses adhérents, l’administration, les
consommateurs etc. la FISA publie :
• Lettre mensuelle de conjoncture
« Dawajine conjoncture »
• Bulletin trimestriel d’informations
« Dawajine Infos »
Secteur avicole au Maroc
• Site web de la FISA
« www.fisamaroc.org.ma »
• Site web de l’œuf marocain
« www.oeufmarocain.com »
• Site web de l’ANAVI
«www.volaille-saine.ma»
• Réseaux sociaux : facebook, twitter,
youtube
• Édition et diffusion de brochures et
dépliants
• Diffusion du prix du poulet de
chair et œuf de consommation par
sms.
De même, elle organise annuellement le Salon Avicole de Casablanca «Dawajine» et
participe aux Salons étrangers homologues (SPACE,
SIPSA, AGRENA, VIV, FIERAVICOLA,
EUROTIER, ANIMAL FARMING, EXPO
AVIGA, VIV Europe)
Encadrement des
éleveurs et formation
L’action est menée par les’ Associations des éleveurs des volailles chair
et les producteurs d’œufs pour leurs
membres. Elle s’effectue en organisant des réunions régionales avec les
éleveurs, en tenant des séminaires
sur des thèmes techniques, en leur
fournissant des informations techniques, etc.
Dernièrement mis en place, le ‘‘Centre
Interprofessionnel pour le Développement des Productions Animales’’
d’Aïn Jemaa, est destiné aux trois
interprofessions : Fiviar (viandes
rouges), Fimalait (lait) et Fisa (avicole)
qui s’occuperont conjointement de sa
gestion. L’objectif visé par la FISA au
niveau de ce centre est la formation
pratique de tous les intervenants du
secteur avicole càd éleveurs, ouvriers,
salariés et apprentis, étudiants des
Instituts et centres de formation relevant du MAPM en dernière année de

formation, jeunes promoteurs et tous


ceux qui désirent apprendre un métier dans l’aviculture. De même, dans
le cadre de la coopération Sud-Sud,
le centre est ouvert aux candidats du
continent africain ou autres.
La formation, de durée variable, et
comprenant des modules pointus,
est assurée par des professionnels du
secteur.
Statut fiscal de l’aviculture
Les éleveurs avicoles (accouveurs,
engraisseurs de volailles et producteurs d’œufs) sont considérés, à
tort, comme de simples marchands
de gros (le Maroc est le seul pays
au monde à le faire). La FISA et ses
associations membres n’ont cessé
de militer pour faire entendre leurs
doléances auprès des différentes
instances de l’Administration pour
revendiquer le statut fiscal agricole
pour l’aviculture. Cette classification
non équitable porte préjudice aux
aviculteurs qui souffrent de crises
cycliques dont les répercussions
sont graves. Mais, malgré toutes les
demandes de la FISA lors de la préparation des lois des finances depuis
plusieurs années, les demandes de
réparer cette injustice, n’ont pas trouvé écho. Il faut rappeler pourtant,
que depuis 196,1conformément
au classement des activités économiques, et selon les dispositions
des décrets en vigueur, l’élevage de
volailles est rattaché à la section qui
englobe l’agriculture, la chasse et la
sylviculture.
L’élevage de volailles est de même
nature que l’élevage du gros bétail
(engraisseurs de bovins, d’ovins, de
caprins, producteurs de lait, …), en
ce sens que les activités avicoles sont
exercées en milieu rural, et subissent
toutes les contraintes auxquelles

sont exposées les exploitations agricoles en général. D’ailleurs, ce n’est


pas un hasard si les activités avicoles,
au même titre que l’élevage de bétail, sont rattachées à la même administration de
tutelle : le Ministère de
l’Agriculture et de la Pêche Maritime
en l’occurrence. Elles devraient donc
être soumises au même régime fiscal
et bénéficier de tous les privilèges
qui reviennent de droit à l’agriculture.
La loi 49/99
Le secteur est régi par les textes législatifs et réglementaires en la matière
notamment la loi 49-99 et ses textes
d’application, relative à la protection
sanitaire des élevages avicoles, au
contrôle de la production et la commercialisation des produits avicoles
qui constitue l’arsenal juridique de
toute la filière avicole. Cet arsenal
juridique, concerne les élevages avicoles, les couvoirs, le transport, la
commercialisation, la préparation, le
stockage, la distribution et le conditionnement des produits avicoles.
Il a eu pour impact la professionnalisation du secteur (activité soumise
à autorisation) et la sécurisation des
investissements,
l’assainissement
de l’environnement de production
du fait du renforcement des règles
de biosécurité, l’amélioration de la
productivité, l’efficience et la compétitivité des unités de production
et l’amélioration de la qualité des
produits avicoles et leur image de
marque auprès des consommateurs.

Agriculture du Maghreb
N° 89 Novembre 2015

17
Source : FISA
BATIMENTS

Techniques d’élevage
et santé des volailles
La maîtrise des techniques d’élevage est la première des mesures de prévention des
troubles de la santé.
En aviculture plus que pour toute autre production animale, les interactions entre
élevage et santé sont
majeures.

Conception et conduite
des bâtiments avicoles

Lors de la mise en place d’un élevage,


le choix du site de la ferme et la
conception des bâtiments viseront
à préserver au maximum l’élevage
de toute sorte de contamination.
La protection sera renforcée par la
mise en place de barrières sanitaires
et un vestiaire sera installé à l’entrée
de l’élevage. Il devra être utilisé par
toute personne pénétrant dans le
site (changement de tenue). Si une
douche est disponible, c’est encore
mieux.
Le bâtiment avicole doit être
considéré comme un système
complexe, alimenté en air, eau et
aliments, et qui produit en retour
des gaz viciés, des déjections et...
des volailles ou des œufs !
L’objectif est que le bâtiment
offre aux volailles des conditions
optimales de température et
d’aération, ainsi que la mise à
disposition d’eau et aliment
conformes à leurs besoins
physiologiques.
Les bâtiments se distinguent
essentiellement par leur mode de
ventilation.

Les bâtiments avicoles à ventilation statique fonctionnent grâce au différentiel de
température entre l’air entrant et
l’air intérieur, avec entrées d’air par

18

des trappes latérales et extraction


par un lanterneau en faîtage. La
ventilation transversale (système
« Louisiane ») s’effectue quant à elle
sans aucune extraction haute, par
des mouvements latéraux de l’air,
commandés par les ouvertures des
rideaux latéraux.

Les bâtiments à ventilation dynamique fonctionnent
grâce à des extracteurs d’air, situés
latéralement ou en pignon, voire
au faîtage du bâtiment. Le système
le plus classique sous les climats
tempérés est appelé « Colorado».
Le système plus adapté aux climats
chauds est de type tunnel, avec
extraction en pignon et entrée
d’air du côté opposé à travers des
pad-coolings. La ventilation de ces
bâtiments est régulée de manière
de plus en plus fine, à l’aide de boîtiers de régulation qui intègrent les
consignes de températures et de
besoins de ventilation en fonction
du poids vif, évolutives au cours de
la vie d’un lot de volailles.
Les erreurs les plus fréquemment
observées
résultent
de
l’inadéquation entre les entrées et
les sorties d’air, provoquées par des
défauts d’étanchéité ou au contraire
des obstacles au passage de l’air. Le
vieillissement des bâtiments est
souvent à l’origine de ces défauts.
Un audit régulier des circuits de
ventilation, par exemple à l’aide de
fumigènes, permet d’identifier les

Agriculture du Maghreb
N° 89 Novembre 2015

défauts de structure ou de conduite


du bâtiment.

Préparation du
bâtiment

Entre le départ d’un lot et la mise en


place du lot suivant, les bâtiments
et le matériel doivent être
soigneusement lavés et désinfectés
selon un protocole précis. Cette
phase sera suivie d’un vide sanitaire
d’au moins 2 semaines, permettant
entre autres, le dessèchement
complet du bâtiment.
Après le vide sanitaire, et une fois
que l’ensemble de la litière et du
matériel sont mis en place, (24
heures avant l’arrivée des poussins)
on peut procéder à la désinfection
finale. De nombreuses techniques
permettent cette opération et il est
nécessaire de se renseigner avant
d’opter pour l’une d’entre elles. A
noter qu’il est de la responsabilité
de chaque éleveur de respecter les
normes d’hygiène et de sécurité
préconisées par les autorités
compétentes lors de l’emploi des
désinfectants.
Après cette intervention il est
indispensable de ventiler le
bâtiment pour évacuer les gaz de
désinfection et autres produits
utilisés. Il est aussi nécessaire
de procéder au contrôle de
l’efficacité de la désinfection par

un contrôle visuel et par analyse


bactériologique.
En
outre,
les
mesures
prophylactiques doivent être
observées. On peut citer parmi
les
protections
contre
les
contaminations
: limitation de
l’accès du personnel et visiteurs,
nettoyage et désinfection des
camions de livraison et autres
véhicules, nettoyage des annexes,
voies d’accès et abords des
bâtiments, mise en place de
barrières sanitaires, etc.
NB : Une règle d’or de l’élevage c’est
la pratique de la bande unique,
un seul âge et une seule espèce
par ferme de façon à respecter le
système « tout plein tout vide ».

Maîtrise de l’ambiance
dans le bâtiment
avicole

La qualité de l’ambiance d’un


bâtiment avicole repose sur
plusieurs variables, qui ont chacune
un impact sur l’état de santé des
animaux et sur leurs performances
zootechniques.

Température

La température cible est fonction


de l’espèce concernée et, surtout,
de l’âge des oiseaux. Les jeunes
oiseaux sont les plus exigeants, car
ils ont plus de difficultés â assurer
leur thermorégulation. Le poussin
de 1 jour a une plage de confort
thermique très étroite, de 31 â 33
°c.
En phase de démarrage, le
chauffage est donc indispensable
et sera assuré soit par des radiants
â gaz (on parle alors de chauffage
localisé), soit à l’aide d’aérothermes
qui puisent un air chauffé dans
le bâtiment (on parle alors de
chauffage en ambiance).
En toutes circonstances, il faut
toujours éviter les écarts de température
de plus de 5 °C sur 24 heures. Cette
température sera ajustée et descendra
progressivement des normes de
démarrage vers les normes en croissance
(20 °C en moyenne, avec des différences
selon les espèces). L’hétérogénéité de
la température dans un bâtiment, due à
une mauvaise maîtrise des circuits d’air,
notamment lorsque de l’air froid plonge
sur les animaux le long des parois, doit
être évitée. De même, en production de
canards de Barbarie sur caillebotis, les
remontées d’air froid doivent absolument
être évitées.

Humidité

L’humidité
ambiante
résulte
essentiellement de la vapeur d’eau
expirée par les animaux: elle dépend
étroitement de la densité des animaux,
de la ventilation et de la température
ambiante. Les valeurs recommandées
varient de 60 à 75 % selon le type de
production.
Une humidité excessive favorise la survie
de certains agents pathogènes et la
fermentation de la litière. A contrario, une
hygrométrie inférieure à 60 % augmente
la concentration des poussières en
suspension.
Le taux d’humidité varie énormément
selon les types de production. Il est
généralement important en élevage de
palmipèdes. De nouveaux dispositifs
d’échangeurs d’air permettent de réaliser
des économies d’énergie et de réduire
significativement l’humidité dans les
bâtiments.

une source majeure de


spores d’Aspergillus.

Gaz et poussière

exemple les lésions du bréchet lorsque les animaux


se reposent au sol.
L’impact de la qualité de la litière sur la santé
est majeur : une litière dégradée génère des
fermentations qui libèrent de l’ammoniac et peut
également entraîner des lésions plantaires et des
boiteries.
Ne pas oublier que la paille humide au moment de la
récolte ou lors du stockage peut moisir et représenter

L’ammoniac
est
un
gaz
irritant
produit
par la décomposition
microbienne de l’acide
urique dans les fientes
de volaille. Il peut être retrouvé à de fortes
concentrations (de 50 à 200 ppm) dans les
bâtiments avicoles, notamment l’hiver à la suite
d’une diminution de la ventilation dans le but
de conserver la chaleur... L’ammoniac peut à la
fois être considéré comme un agent étiologique
primaire ou comme un agent favorisant l’invasion
de l’appareil respiratoire par différents pathogènes

Mouvements d’air

Le renouvellement d’air dans un bâtiment


vise à éliminer les vapeurs d’eau et les gaz
viciés. Le besoin de renouvellement d’air
est fonction du « poids métabolique » des
animaux (kg PV0,75).
Un des points essentiels est de s’assurer
que l’ambiance est effectivement correcte
de jour comme de nuit : un problème très
classique est lié à une sous-ventilation
nocturne, qui génère une ambiance très
chargée. Si la visite d’élevage est effectuée
au cours de l’après-midi, on peut ainsi
passer à côté de défauts majeurs de
ventilation.

Litière

La litière joue d’abord un rôle d’isolant


thermique. La qualité de la litière influe
donc sur la température effectivement
ressentie par les animaux : une litière
excessivement humide peut amener â
relever la température de consigne de
plusieurs degrés. Elle assure par ailleurs
le confort des animaux, en évitant par
Agriculture du Maghreb
N° 89 Novembre 2015

19
Techniques d’élevage et santé des volailles

(virus, mycoplasmes, bactéries).


Les poussières proviennent du
matériel d’élevage (paille coupée
trop finement ou délitée), de
l’aliment (granulés friables) ou
des animaux (squames cutanées,
fientes séchées, plumes ou duvets).
Elles peuvent à la fois être vectrices
de microorganismes (Escherichia
coli, salmonelles, mycoplasmes,
virus de la maladie de Newcastle
et, surtout, de Marek...) mais aussi
favoriser l’apparition de maladies
respiratoires par leur action irritante.
Ainsi une forte concentration
particulaire fait plus que doubler
l’incidence
de
l’aérosacculite
dans les élevages de dindes
infectées par les mycoplasmes.
Le taux de poussières varie d’une
production à l›autre et il est souvent
inversement corrélé à l’humidité : à
titre d’exemple, en production de
pintades, il est normal d’observer
un empoussièrement important,
associé à une très faible humidité.

Contrôle de la lumière

Les
conditions
d’éclairage,
naturel ou artificiel du bâtiment,
conditionnent le comportement
des oiseaux.
En production
de volailles de chair
La lumière intervient surtout dans
le contrôle du comportement
alimentaire : la prise alimentaire
se fait en effet pendant les phases
d’éclairement. On peut ainsi
rallonger la durée d’éclairement
d’un bâtiment pour augmenter la
prise alimentaire et rattraper un
retard de croissance, ou obliger les
animaux à consommer en dehors
de la période de lumière naturelle
pour limiter les risques de coups de
chaleur.
Attention : chez le poulet de chair
le contrôle de l’éclairement fait
l’objet d’une directive européenne,
qui exige une intensité lumineuse
minimale de 20 lux, sur au moins
80 % de la surface du bâtiment, à
partir de 7jours d’âge et jusqu’à 3
jours avant l’abattage. Une période
d’obscurité de 6 h au minimum, dont
au moins 4 heures ininterrompues,
devra être respectée.
Il ne faut pas oublier qu’un excès
de luminosité dans le bâtiment
est un facteur de risque majeur
de nervosisme et de picage. La
luminosité naturelle excessive
20

de certains bâtiments (de type


« Louisiane
» peut donc être
problématique.
Chez les pondeuses
et les reproductrices
Les volailles femelles sont très
sensibles à la durée d’éclairement
et surtout à sa variation. Pendant
la phase de croissance (3 à 18
semaines), la durée d’éclairement
qui est appliquée à la poulette est
faible (8 heures en général) et ne
doit pas augmenter afin d’éviter une
maturité sexuelle trop précoce, qui
compromettrait toute sa carrière
(œufs plus petits, anormaux, plus
fragiles...).
Trois semaines avant la date
souhaitée d’entrée en ponte, la
durée et l’intensité d’éclairement
sont brusquement augmentées
pour stimuler les poulettes. Pendant
la période de ponte, on maintient
la durée d’éclairement à un niveau
plafond (14 à 16 heures).

Maîtrise de l’ambiance
en régions chaudes :

La prévention
des coups de chaleur
Le «coup de chaleur » est un
accident d’élevage dû à l’élévation
de la température. Il ne faut pas
confondre le vrai coup de chaleur,
exposition limitée dans le temps
à des températures élevées,
compensée par des périodes plus
fraîches permettant la récupération
des oiseaux, avec la période de
chaleur, exposition chronique à
des températures élevées, sans
période fraîche, ne permettant pas
la récupération des animaux.
C’est un frein au développement
de l’élevage avicole dans les pays
chauds et à la rentabilité des
élevages pendant l’été dans les pays
tempérés.
Principes de la thermorégulation
chez les volailles
A 1 jour, la température corporelle
du poussin est de 38-39 °C;
progressivement, elle va se stabiliser
vers 41 °C.
Dans un bâtiment, l’oiseau est
dans une ambiance fraîche, et des
échanges de chaleur ont lieu :
■ Des échanges par convection,
par les mouvements de l’air au
travers du plumage. La convection
augmente avec la vitesse de l’air
(influence de la ventilation) et peut

Agriculture du Maghreb
N° 89 Novembre 2015

Au cours de la vie d’une pondeuse


ou d’une reproductrice, la règle
est que la durée d’éclairement ne
doit jamais augmenter en période
de croissance ni diminuer en
période de ponte.
La zone de neutralité thermique
est définie par la température
critique inférieure, TCI, (en
dessous de laquelle l’oiseau
perd plus de chaleur qu’il n’en
produit) et la température
critique supérieure, TCS, (audessus de laquelle il perd moins
de chaleur qu’il n’en produit).
Dans cette zone, les échanges
correspondent à des dépenses
énergétiques
faibles,
non
influencées par l’environnement,
et égales à la production de
chaleur dégagée lors de la
transformation de l’aliment en
muscle et graisse ; les oiseaux
transforment efficacement leur
ration afin de produire.
En dessous de la TCI ou audessus de la TCS, les oiseaux
devront mettre en œuvre des
mécanismes
physiologiques
pour maintenir leur température
interne.
Cette zone de neutralité
thermique se situe autour de
30-35°C à 1 jour et de 18-20 °C
à partir de 5 semaines. Au fur
et â mesure de leur croissance,
les températures critiques vont
baisser et la plage de neutralité
thermique va s’élargir.
La sensibilité à la chaleur va
donc varier en fonction de l’âge
des animaux exposés et aussi de
l’espèce, voire de la souche

être améliorée en humidifiant l’air


(rôle de la brumisation d’eau) ;
■ Des échanges par conduction,
par contact avec la litière ou le sol.
La conduction diminue quand la
densité animale augmente ;
- Les oiseaux échangent également
de la chaleur avec l’ambiance par
rayonnement : ce sera une perte de
chaleur de l’animal vers les parois
ou la litière plus froides, ou un gain
de chaleur si ces éléments sont plus
chauds ;
- Des échanges thermiques ont lieu
par la respiration (évaporation) et
par l’excrétion fécale.
Le mécanisme essentiel par
lequel l’oiseau maintient une
température corporelle stable en
milieu chaud est l’évaporation
respiratoire. L’augmentation des

pertes respiratoires est associée


à une augmentation du rythme
respiratoire. Cette évaporation
est limitée par une humidité
relative élevée dans le milieu
extérieur. L’hyperventilation a pour
conséquence une perte en acide
carbonique (HCCy) sanguine par
élimination excessive de C02, avec
au final une alcalose respiratoire.
Le plumage a un rôle d’isolant
thermique, qui va devenir de plus
en plus efficace au cours de la
croissance du poussin.

Construction des
bâtiments ouverts en
climats tropicaux

La conception du bâtiment en
région chaude repose sur le
choix de matériaux isolants, en
particulier pour la toiture. Quelques
recommandations :
- Construire le bâtiment dans
la direction Est-Ouest et à un
emplacement où les mouvements
d’air sont permanents avec
l’axe le plus long du bâtiment
perpendiculaire
aux
vents
dominants ;
- La hauteur des bâtiments doit
être suffisamment élevée et un
lanterneau doit être installé de
façon à améliorer les échanges
d’air ;
- Quand une série de bâtiments est
construite, les disposer de sorte que
l’air n’aille pas directement d’un
bâtiment à l’autre ;
- Autour des bâtiments l’herbe doit
être coupée et entretenue (la terre
nue reflète la chaleur) ;
- L’emploi d’un matériau résistant
et réfléchissant la chaleur est
recommandé pour le toit du
bâtiment. Si ce matériau peut être
isolé, c’est encore mieux ;
- Le toit du bâtiment doit se
prolonger de 1 mètre de chaque
côté du bâtiment de façon à
empêcher la lumière du soleil d’y
entrer.

Maitrise de la
température dans les
bâtiments

Les techniques de contrôle de


température dans les bâtiments
sont très évoluées. Leur mise en
œuvre dépend essentiellement
des conditions économiques. La
ventilation doit être également
adaptée :
■ En bâtiment statique, on peut
utiliser des ventilateurs extracteurs
d’air (ils créent de la vitesse d’air
et renouvellent l’ambiance) et
des brasseurs d’air (ils créent des
vitesses d’air, homogénéisent
les températures, améliorent les
échanges de chaleur des animaux,
sèchent la litière, accélèrent
l’évaporation des gouttelettes
d’eau) ;
■ En bâtiment dynamique, il y
a surtout des risques de sousventilation en cas de mauvais
dimensionnement
ou
de
vieillissement de l’installation. On
peut compléter les équipements en
ajoutant des ventilateurs.
Les mouvements d’air augmentent
les déperditions de chaleur sensible
par
conduction.
Cependant
l’efficacité
du
mouvement
d’air dépend de l’âge et de
l’emplumement des poulets. Les
poussins sont plus sensibles avant
quatre semaines. L’efficacité est
moindre pour les températures
élevées.
Les systèmes de refroidissement
sont fondés sur la vaporisation d’eau,
soit à l’aide de buses disposées
aux entrées d’air, de plateaux de
pulvérisation et brassage d’air
(«mix-air»), ou mieux avec des
panneaux en nids d’abeilles en
cellulose ou matériaux composites,
humidifiés en permanence, qui
sont traversés par l’air entrant.
Ces « pad-coolings » (technique
spécifique des climats chauds et
secs) sont largement utilisés pour
climatiser les salles de gavage des
palmipèdes. Leur efficacité dépend
de la sécheresse de l’air entrant:
plus l’air est sec et plus grande
sera la perte de température liée
à la vaporisation d’eau. Dans un

contexte tropical, où l’air est saturé


en humidité, ces équipements sont
donc souvent inopérants. L’efficacité
des panneaux peut être altérée par
les dépôts calcaires si l’eau utilisée
est trop dure. En régions chaudes,
une autre difficulté est liée au
colmatage des panneaux par le
sable, qui diminue la durée de vie
des équipements

Conduite de
l’alimentation

Lors d’une exposition prolongée à la


chaleur, des solutions nutritionnelles
sont envisagées. Il faut notamment
augmenter la densité protéique de
l’aliment et surveiller le profil en
acides aminés, en choisissant des
protéines digestibles.
La règle essentielle est de mettre à
jeun les oiseaux avant et pendant
le coup de chaleur pour limiter le
dégagement de chaleur lié à la
digestion. En production de chair,
l’éclairage est diminué en journée
et, au contraire, est à son maximum
au début et à la fin de la nuit, pour
que les oiseaux s’alimentent à
volonté aux heures les plus fraîches.
La mise à jeun se fait tôt dans la
matinée, dès l’âge de 30 jours (voire
dès 15 jours).
Il faut aussi surveiller la bonne
qualité de l’aliment : un
réchauffement dans le silo peut
notamment dégrader les matières
grasses.

Abreuvement

En période de forte chaleur, le


rapport eau/aliment augmente
rapidement pour compenser les
pertes d’eau expirées sous forme
de vapeur d’eau. L’essentiel est de

favoriser la consommation d’eau


: il faut donc un nombre suffisant
de points d’abreuvement, avec
un bon débit. L’eau doit être la
plus fraîche possible : il est ainsi
conseillé de purger régulièrement
les lignes d’eau. On peut aussi, avec
précaution, supplémenter l’eau en
sels pour lutter contre l’alcalose
respiratoire,
le
déséquilibre
électrolytique (concentration faible
en HCO et K+ notamment). On peut
ajouter de la vitamine C. Il faut aussi
surveiller la qualité microbiologique
de l’eau, qui peut être altérée par la
stagnation dans les canalisations
chaudes.

Gestion de la litière

Pour favoriser les pertes de chaleur


des oiseaux par le sol, il faut limiter la
quantité de litière. Il faut aussi limiter
la fermentation, qui augmente la
température, le C02 et le NH3. Il faut
donc maintenir le sol sec et drainé,
une faible hygrométrie, et une
vitesse d’air près du sol ; lorsque la
litière est humidifiée, on compense
en apportant un complément de
litière ou un asséchant.

Autres techniques

- Se déplacer lentement dans le


bâtiment de façon à maintenir les
oiseaux bien répartis sur toute la
surface

- Adapter la densité à la capacité


technique du bâtiment
- Acclimatation des poussins. Il est
possible de créer une adaptation
au stress dû à la chaleur en élevant
la température d’élevage vers 5-6
jours à 35°C pendant 6 heures
- L’emploi des brumisateurs au toit
pour réduite de quelques degrés la
température dans le bâtiment.

Impact du statut
sanitaire des volailles

Les infections à bactéries Gram


négatif (colibacilles, salmonelles)
entraînent la production de toxines
bactérien™ (LPS) qui vont provoquer
une élévation de la température
centrale des oiseaux et aboutir
à une sensibilité exacerbée de la
chaleur.
Les infections bactériennes chroniques notamment respiratoires,
rendent donc les animaux plus
sensibles aux accidents de coups
de chaleur. Ce phénomène est peu
connu, mais il signifie qu’un statut
sanitaire dégradé peut aggraver les
conséquences d’une exposition à la
chaleur.
Sources : Maladies des volailles © Éditions
France Agricole, 2011 GFA Editions
Guide d’élevage : poulet de chair,
www.hubbardbreeders.com/
Agriculture du Maghreb
N° 89 Novembre 2015

21
RECHERCHE

Aviculture
Des grains de blé pour mieux
nourrir les poules pondeuses

ne alimentation alternant
distributions de grains de
blé et complément protéique améliore l’assimilation des aliments chez les pondeuses
sans altérer le niveau de production
d’œufs. Ce système appelé alimentation séquentielle, ouvre des perspectives très
intéressantes pour la filière
avicole tant sur le plan économique
qu’environnemental.
La production d’œufs permet
de répondre à la demande de la
consommation en œufs frais pour
les consommateurs ou en produits
transformés pour les industries
agro-alimentaires (ovoproduits entrant dans la pâtisserie, les pâtes…)
ou la restauration hors domicile
(RHD). La majorité de cette production est assurée par des élevages en
cage. L’œuf est un produit bon marché et reste une des sources de protéine animale
les moins chères.
Depuis plusieurs années, on assiste
dans beaucoup de pays à la mise
en place de normes de production
plus respectueuses du bien-être animal et de l’environnement. Ces modifications
techniques du mode
d’élevage peuvent entraîner des
surcoûts. Cependant, la filière

22

Agriculture du Maghreb
N° 89 Novembre 2015

doit rester compétitive pour répondre à la demande croissante des


industries agro-alimentaire et de la
RHD et à la probable ouverture des
marchés à des pays tiers n’ayant pas
les mêmes contraintes de production.
Dans le calcul du prix de revient d’un
œuf, l’alimentation de la poule représente la part la plus importante.
Les pondeuses sont nourries avec un
aliment complet, riche en protéine
et calcium et contenant un mélange
de farines de différentes céréales.
Ces aliments complets présentent
l’avantage d’avoir une composition
constante et d’être d’une utilisation
très simple. Cependant, la production d’aliment demande beaucoup
d’énergie pour le transport des matières premières et la transformation des
céréales brutes. Les poules
étant capables de digérer les grains
entiers, utiliser des céréales non
broyées permettrait aux éleveurs de
diminuer les coûts de l’alimentation
et d’améliorer la compétitivité.
Des scientifiques ont étudié le comportement de poules pondeuses
soumises à une alimentation contenant du blé entier. Pour cela, ils ont
soumis trois lots de 80 oiseaux à des alimentations
différentes. Le premier
groupe a été nourri de façon conventionnelle avec un
aliment complet composé de farines (groupe témoin, alimentation
normale). Le deuxième groupe a été
nourri avec un mélange de grains de
blé et d’un complément riche en
protéine et calcium (alimentation mélangée, deux prises
par jour). Le troisième était
nourri de façon alternée sur

une journée : un repas composé de


grains de blé était distribué le matin,
l’après-midi ce groupe était nourri
avec un complément riche en protéine et calcium (groupe «alimentation
séquentielle»).
Les poulettes ont ainsi été nourries
pendant une phase d’adaptation
(semaine 16 à semaine 18) puis pendant la période de ponte (semaine
19 à semaine 46). Sur toute la durée
de l’expérimentation, le poids des oiseaux ainsi que la quantité d’aliment
ingéré ont été mesurés. Pendant
la phase de ponte, la production
d’œufs a été évaluée (mesure du
poids moyen d’un œuf, du jaune et
de l’albumen, masse totale produite
par jour).
Les chercheurs ont mis en évidence
que l’alimentation séquentielle
permet de maintenir la production
d’œufs tout en diminuant la prise
alimentaire des pondeuses. L’indice
de consommation (g de nourriture
ingérée /g de masse d’œuf produite)
du groupe «alimentation séquentielle» est le plus faible des trois
groupes, ce qui souligne une meilleure valorisation des aliments chez
ces pondeuses vers la production
d’œuf. Les chercheurs ont aussi souligné que pour la réussite de la mise
en place de ce mode d’alimentation,
la phase d’adaptation des poulettes
avant le démarrage de la phase de
ponte est une étape importante. Des
résultats similaires mais en utilisant
du sorgho ou du millet ont été obtenus au Nigéria, ce qui permet d’envisager un
intérêt majeur de l’alimentation séquentielle pour un élevage
durable.
RECHERCHE
Améliorer la résistance :
des poulets de chair aux pics de chaleur

es élévations brutales de température sont la cause de fortes


pertes dans les élevages avicoles. Les chercheurs de l’Inra France
ont participé au développement
d’une technique qui permet d’améliorer sur le long terme la résistance
des poulets au stress thermique.
La sélection génétique avicole pratiquée ces dernières années a permis
d’obtenir des poulets de chair à croissance rapide et aux rendements élevés.
Contrebalançant ces côtés positifs, la résistance à différents stress
- et notamment au stress thermique
- est considérablement réduite chez
ces oiseaux. Or, les souches aviaires
obtenues dans l’hémisphère nord
sont aujourd’hui majoritaires à travers le monde et près des deux tiers
de la production avicole mondiale se
fait dans les pays chauds. Les stress
thermiques génèrent d’importantes
pertes pour les filières avicoles de ces
pays. Pour les pays européens, dans
un contexte de changement climatique où les vagues de chaleur persistantes
constituent une menace, il
devient urgent de développer des

solutions permettant de limiter les


mortalités liées au stress thermique
dans les élevages et d’améliorer le
bien-être des animaux.

La mise au point de cette technique


résulte de plusieurs années de travail
en collaboration avec des laboratoires belge et israélien.

L’acclimatation
embryonnaire à la chaleur
Pour améliorer la résistance des poulets de chair au stress thermique,
des chercheurs de l’Inra France ont
participé au développement d’une
technique dite d’acclimatation embryonnaire à la chaleur. Cette technique,
appliquée sur des œufs dans
les couvoirs (incubateurs), permet
par des augmentations cycliques de
température et d’humidité, d’améliorer la thermotolérance du poulet.
Il a été observé une diminution de
50 % de la mortalité chez des poulets mâles soumis pendant 5h à 35°C
à 34 jours, tout en maintenant l’éclosabilité et les performances de croissance des
animaux. Les périodes
de développement embryonnaire
pendant lesquelles s’appliquent ces
élévations de températures ainsi que
l’amplitude de ces élévations conditionnent la réussite de l’opération.

Des effets sur le long terme


L’acclimatation embryonnaire à la
chaleur permet d’obtenir des poussins dont la température corporelle
est moins élevée que celle des oiseaux non soumis à l’acclimatation
(température cloacale inférieure de
0.4°C en moyenne).
Les travaux conduits durant une
thèse, ont permis d’analyser plus
précisément les mécanismes sousjacents à cette meilleure tolérance à
la chaleur. Les études ont porté notamment sur les conséquences de
cette acclimatation embryonnaire
à la chaleur sur la physiologie et le
métabolisme du muscle Pectoralis
major (le filet), un muscle fortement
producteur de chaleur chez le poulet
en raison de sa masse totale. Il est apparu que le traitement cyclique appliqué sur
l’œuf modifie l’expression
de gènes impliqués dans le métabolisme tissulaire chez le poulet de 34
jours.
Ces travaux suggèrent une augmentation de la vascularisation des tissus, permettant
ainsi une meilleure
dissipation de la chaleur produite.
Des perspectives
pour les filières avicoles
Aujourd’hui, les chercheurs souhaitent déterminer si la technique
d’acclimatation, très simple à mettre
en place, peut avoir des conséquences positives à l’échelle d’un
élevage. Des études sont en cours
pour évaluer la durabilité de cette
méthode peu coûteuse sur la base
de critères économiques (performances, santé, qualité de viande…)
sociaux (bien-être animal, acceptabilité…) et environnementaux (coût
énergétique, rejets…).

24

Agriculture du Maghreb
N° 89 Novembre 2015
Poules d’élevage :
Des gènes de résistance au
portage de salmonelles

ertains sérotypes de salmonelles


(principalement Salmonella enteritidis et Salmonella typhimurium)
sont responsables d’infections humaines. Pour assurer la sécurité alimentaire, il
est donc important que
les produits issus de la filière avicole
soient indemnes de ces sérotypes. Un
des moyens d’y parvenir est de ralentir
la propagation des salmonelles dans
les élevages, en augmentant par la
sélection l’aptitude des animaux à éliminer ces bactéries sans développer
de symptômes de maladie, c’est-à-dire
la résistance au portage (Le portage
asymptomatique est l’absence de manifestations cliniques chez un sujet porteur

d’agents infectieux). L’identification des


régions du génome impliquées dans
le contrôle génétique du portage de
salmonelles faciliterait la sélection.
La connaissance des gènes impliqués
permettrait de comprendre quels mécanismes permettent la résistance au
portage, en quoi ils diffèrent des mécanismes de résistance à la maladie (la
salmonellose), et pourquoi ils varient
en fonction de l’âge de l’animal. Par
ailleurs, des études de modélisation
permettent d’évaluer l’impact des génotypes plus résistants au portage de
salmonelles sur la propagation des
bactéries en élevage.

Le séquençage du génome de la poule


Les premiers animaux domestiques dont le génome ait été séquencé sont dans
l’ordre : la poule, le chien, la vache, le cheval et récemment
le porc. A quoi sert de séquencer ces génomes ? Pourquoi avoir choisi ces animaux
plutôt que d’autres ? Quelles sont les attentes des
chercheurs et celles de la société ? Selon les animaux séquencés ou en cours de
séquençage, les réponses à ces questions diffèrent parfois.
Etant donné le coût des programmes engagés, la production de connaissances
nouvelles, motivation première de la recherche, n’est plus
la seule motivation. La mise en œuvre des projets de séquençage doit également
tenir compte des retombées économiques qui s’en
suivront.
En 2004, la séquence du génome de la poule est rendue publique. Pourquoi avoir
choisi la poule comme premier animal d’élevage ? Tout
d’abord, parce qu’après plusieurs mammifères et quelques poissons, il devenait
déterminant de s’attaquer au séquençage du génome
des oiseaux. La poule était un parfait candidat car on disposait déjà de divers
outils pouvant en faciliter le séquençage et son intérêt agronomique est très
important. De surcroît, c’est un modèle expérimental pour la recherche biomédicale
en immunologie et en biologie du
développement.
A l’heure actuelle, le fait de disposer de la séquence complète de la poule permet
d’étudier le fonctionnement du génome d’autres espèces d’oiseaux, comme la caille
ou le canard pour ne citer que des espèces d’élevage.
Agriculture du Maghreb
N° 89 Novembre 2015

25
RECHERCHE

Œuf de poule
La coquille, fabuleux
biomatériau protecteur

En quelques 20 heures à 40°C, la


température de la poule, la coquille
d’œuf devient suffisamment solide
pour protéger l’embryon mais assez
fragile pour permettre l’éclosion. Elle
résiste à des pressions de plusieurs
kilos et est parsemée de près de
10.000 pores qui permettent les
échanges respiratoires de l’embryon.
Depuis les années 70, la structure et les
propriétés mécaniques de la coquille
sont bien connues. Aujourd’hui, les
chercheurs de l’Inra s’intéressent à
la fabrication de cette coquille afin
d’améliorer cette protection physique
et la sécurité sanitaire de la filière
œuf. L’enjeu est de taille puisque, sur
près de 13 milliards d’œufs, environ 1
milliard est déclassé pour défaut de
coquille.

Des composés
antimicrobiens
dans la coquille

En étudiant l’expression des gènes


des cellules de l’utérus de poule lors
de la mise en place de la coquille, les
chercheurs de l’Inra France ont mis en
évidence des protéines aux propriétés
antibactériennes.
Ces
travaux
montrent que la coquille peut être
une source de composés bio-actifs qui
pourraient permettre une nouvelle
valorisation non alimentaire de l’œuf.
Lorsqu’il est fécondé, un œuf de
poule permet le développement d’un
embryon en 21 jours. Il contient tous
les éléments nutritifs nécessaires au
métabolisme des cellules de l’animal.
L’embryon devant se développer à
l’extérieur du corps de la poule, l’œuf
doit posséder ses propres mécanismes
de défense. La coquille doit constituer
une barrière infranchissable pour
les micro-organismes susceptibles
d’utiliser ces éléments nutritifs
pour leur propre développement.
Dans
l’alimentation
humaine,
l’intégrité de cette barrière permet
de fournir au consommateur un œuf
exempt de bactérie pathogène. La
26

Agriculture du Maghreb
N° 89 Novembre 2015

compréhension de la mise en place


de la coquille est donc d’un grand
intérêt pour la filière avicole. Chez
la poule, cette couche protectrice
se met en place lors du passage de
l’œuf dans l’utérus, dernier tronçon de
l’oviducte. Principalement composée
de cristaux de carbonate de calcium,
il faut environ 20 h pour constituer la
couche minérale de la coquille. Ces
cristaux se déposent sur un réseau
de protéines appelé «matrice» qui
représente environ 3 % de la masse de
la coquille.
Quelques molécules de ce réseau
ont été identifiées mais la mise en
place, la composition et le rôle de
cette matrice restent très mal connus.
Pour répondre à ces interrogations,
les chercheurs de l’Inra ont étudié les
gènes s’exprimant spécifiquement
dans l’utérus aviaire. C’est ainsi que des
protéines à activité antimicrobienne
ont été nouvellement identifiées
dans la coquille. La mise en évidence
de ces composés bio-actifs apporte
non seulement une meilleure
connaissance
d’un
phénomène
complexe, la synthèse de la coquille,
mais ouvre aussi sur des perspectives
de valorisation intéressantes de la
coquille en santé humaine ou animale
par l’extraction de molécules à haute
valeur ajoutée.

La minéralisation la plus
rapide du vivant

Dès l’âge adulte (à partir de 6 mois


environ selon les races), la poule pond
pratiquement un œuf chaque jour. Par
comparaison, une oie n’en pond que 15
à 30 par an ! La poule libère un ovocyte
(jaune d’œuf ) dans l’oviducte gauche1
: l’œuf va acquérir successivement ses
autres compartiments au cours de
son déplacement dans ce long tube,
s’entourant d’abord d’un blanc très
gélifié et des membranes coquillières
pendant près de 4 heures. Puis, il
s’hydrate et prend sa forme ovoïde
qui sera fixée par calcification de la
coquille dans l’utérus. Il faut environ
20 heures pour exporter 6 grammes
de calcium et former cette coquille :
c’est considérable sachant que

cela correspond à près de 10 % du


calcium corporel total de la poule.
Ce processus de minéralisation, l’un
des plus rapides du monde vivant, se
déroule en trois grandes étapes :
• Tout d’abord, pendant 5 heures,
les premiers cristaux de calcite2 se
déposent en des sites particuliers à la
surface des membranes coquillières.
L’œuf est alors mou et dilaté. Les
cristaux progressent vers l’extérieur,
leur croissance est inhibée vers
l’intérieur. Il se forme des cônes
inversés qui se rejoignent petit à petit
pour constituer une couche compacte
polycristalline.
• Le fluide utérin regorge de calcium,
de bicarbonates et contient les
précurseurs minéraux et organiques
de la coquille. Ceci permet à la
coquille, dans un deuxième temps,
de s’auto-organiser pour former une
structure minérale cristalline très
solide.
• Enfin, la minéralisation est stoppée
une heure avant l’expulsion de l’œuf
et une couche externe organique, la
cuticule, bouche les pores. La poule
forme sa coquille au cours de la nuit.
Aussi, elle augmente d’elle-même sa
consommation de calcium 4 heures
avant extinction des lumières. C’est
pourquoi, pour augmenter la solidité
de la coquille, les éleveurs mettent
à disposition des poules des petits
cailloux de calcaire ou de coquillage.

Des cristaux sous contrôle

La structure cristalline de la coquille et


son ultrastructure sont parfaitement
définies et cette organisation est à
l’origine de ses propriétés mécaniques
exceptionnelles. La coquille pèse
environ 6 grammes : 95 % de minéraux
(37,5 % de calcium, 58 % de carbonate,
du magnésium et du phosphore) ; 2,4
% de matière organique et 1,6 % d’eau.
La résistance de la coquille d’œuf
de près de quatre kilos en pression
statique est liée à la quantité et à
l’organisation des cristaux, elle-même
contrôlée par la portion organique de
la coquille. En collaboration avec un
réseau d’équipes internationales, les
chercheurs de l’Inra ont identifié de
nombreuses protéines spécifiques de
la coquille uniquement synthétisées
par l’utérus de la poule et qui exercent
un contrôle sur la fabrication de la
coquille.
Des travaux contribuent à proposer
des approches pour améliorer la
solidité de la coquille de l’œuf et ainsi
réduire le risque de pénétrations
bactériennes dans l’œuf puisque tout
défaut même mineur de l’intégrité de la coquille (microfêlure) accroît les risques
de contamination.

Les coquilles en voient de toutes les couleurs...

... même en chocolat... puisque les poules de la race de Marans pondent des œufs
roux cuivré ! Des œufs, il en existe de toutes les couleurs. Selon les préférences
et
les habitudes, les coquilles sont de toutes les teintes, du blanc au brun foncé.
Cet
aspect de la coquille dépend uniquement de l’origine génétique de la pondeuse et
est indépendant de la couleur du plumage ou du mode d’alimentation de la poule.
Deux types de pigments déterminent la couleur : la protoporphyrine (précurseur
de l’hémoglobine) est déposée en surface et est à l’origine de la couleur plus
ou moins brune. La biliverdine (dérivé de la bile) quant à elle, colorie
l’intérieur
des coquilles en bleu-vert. Cette coloration n’affecte ni celle du jaune qui
reflète
l’alimentation de la poule ni les caractéristiques nutritionnelles de l’œuf.
1. Mystère de la nature : chez les oiseaux (hormis de rares exceptions), seuls
subsistent l’ovaire et les voies génitales du côté
gauche des animaux !
2. Parmi les minéraux les plus répandu sur Terre, la calcite est un minéral composé
de carbonate naturel de calcium de formule
CaCO3. La variété de ces cristaux à six faces est très importante, on en a dénombré
plus de 12 000 formes différentes.

Les défenses
antimicrobiennes
de l’œuf :

performantes mais perfectibles ?


Malgré un système de protection
antimicrobien
efficace,
l’œuf
consommé cru peut être à l’origine
d’intoxications alimentaires.
Le
renforcement de l’immunité innée de
l’œuf peut être un moyen de réduire
le risque sanitaire et de renforcer la
protection de l’embryon.
L’œuf est un aliment riche en molécules
antimicrobiennes (système de défense
moléculaire innée) qui complètent
l’action des immunoglobulines (IgYs)
et protègent l’embryon des attaques
microbiennes. Les IgYs du jaune d’œuf
sont, elles, exprimées en réponse au
microbisme* environnant la poule
(système de défense acquis) mais il
n’existe pas de données concernant
une possible stimulation de l’immunité
dite innée par les microorganismes.
Le renforcement de l’immunité innée
de l’œuf par une modification de
l’environnement microbien de la poule
pourrait être un moyen de réduire
le risque sanitaire et de renforcer la
protection de l’embryon.
Les poules renforcent donc certaines
activités antimicrobiennes du blanc
d’œuf en réponse à des stimuli
microbiens de leur milieu et anticipent
ainsi les besoins de l’embryon en
termes de protection. Néanmoins,
pour les modèles étudiés ici, ces
stimulations restent d’amplitude
modérée et trop spécifiques en termes
de spectre antibactérien concerné
pour développer une protection
globale de l’œuf. De
nouveaux
modèles de stimulation seront
explorés afin d’optimiser la protection
antimicrobienne de l’œuf.
*Présence d’un ensemble
de microbes dans un
organisme ou un local.
Exemples: microbisme
de porcherie et
microbisme de
poulailler

Fil rouge - Sécurité


sanitaire

Coup de vieux pour les œufs !


Les poules vivent une dizaine
d’années mais elles ne pondent
plus vers 7-9 ans. En vieillissant,
leurs œufs sont plus gros, leurs
jaunes grossissent et leurs coquilles
se fragilisent. Une poulette de 6
mois pond des œufs de près de 60
grammes, vers un an, il pèsera 65
grammes et 68 grammes vers 2 ans.
Par ailleurs, les jeunes pondeuses
pondent des œufs plus ronds. Ainsi,
avec l’âge, la structure cristalline
des coquilles, la taille des cristaux
et leur orientation subissent
des dommages. Ces altérations
coïncident avec des changements
au niveau des molécules organiques
de la coquille.
Or, des chercheurs ont mis en
évidence l’influence de la mue des
poules sur la qualité de la coquille.
Après la mue, la production d’œufs
s’améliore, la quantité d’œufs
pondus augmente et ils sont plus
solides. Les coquilles présentent
moins de défauts et retrouvent
une structure cristallographique
de jeunes poules ! En réalité, ce
phénomène physiologique de mue
se produit chaque année : les poules
renouvellent leur plumage et cela
bouleverse toute la physiologie
de l’oiseau, notamment la mue est
marquée par un arrêt de la ponte.
Ce processus de mue peut être
déclenché par les éleveurs pour
”rajeunir“ le système reproducteur
et ainsi améliorer les performances
de production.

Source : Réussir Aviculture


Transfert de Technologie en Agriculture

Techniques d’engraissement des agneaux


Prof. Ismaïl BOUJENANE, Institut Agronomique et Vétérinaire Hassan II, Rabat
La production des agneaux de boucherie occupe une place de choix dans l’activité
élevage ovin au Maroc.
L’engraissement des agneaux est généralement pratiqué par les éleveurs naisseurs-
engraisseurs ou par les engraisseurs
afin de valoriser leurs produits et améliorer leurs revenus. C’est une activité
relativement facile à entreprendre
puisqu’elle ne nécessite qu’un petit investissement et une faible technicité.
Néanmoins, pour réussir l’engraissement
certaines conditions doivent être respectées et un minimum de connaissances en
élevage est nécessaire.

’objectif de cet article est de présenter


quelques techniques d’engraissement
nécessaires pour obtenir des agneaux de
qualité, et ainsi répondre au souhait de
nombreux éleveurs qui demandent sans cesse
des informations sur ce sujet.

Qu’est-ce que l’engraissement ?

L’engraissement est une opération qui consiste


à offrir aux agneaux une conduite adéquate
(alimentaire et prophylactique) pour qu’ils atteignent un poids et une conformation
appropriés en un temps limité. L’engraissement peut
être fait à l’herbe ou en bergerie.
L’engraissement des agneaux à l’herbe est
pratiqué lorsque l’herbe est abondante sur
le parcours. Son objectif est la réduction de
l’utilisation de l’aliment concentré en rallongeant la phase de l’allaitement et en
mobilisant
plus fortement les réserves corporelles des
mères. Ce type d’engraissement est souvent
pratiqué dans les systèmes de reproduction
peu intensifiés et à des périodes de mise bas
correspondant au mieux aux disponibilités de
l’herbe sur le parcours. Pour que cet engraissement soit réussi, le sevrage doit
être bien raisonné. Normalement dans un troupeau ovin,
le sevrage des agneaux se fait en deux phases.
Les agneaux les plus légers à la mise à l’herbe
(croissance inférieure à 140 g/j) ne sortent pas
et sont engraissés en bergerie après un sevrage
à 8 semaines, à condition que l’agneau fasse
un poids supérieur ou égal à 3 fois celui de sa
naissance. Les autres agneaux sortent au pâturage, et lorsqu’ils sont âgés de 12
semaines, un
deuxième tri est réalisé selon le même principe,
et les animaux les plus légers (croissance inférieure à 180 g/j) sont sevrés et
finis en bergerie. Les agneaux restants, dont la croissance est
supérieure à 180 g/j, sont sevrés vers l’âge de
16-18 semaines et finis à l’herbe. En outre, pour
qu’un grand nombre d’agneaux réalise une
croissance élevée à l’herbe, un soin particulier
doit être apporté à l´alimentation des mères en
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Agriculture du Maghreb Agriculture du Maghreb


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N° 89 Novembre 2015

fin de gestation et pendant les six premières


semaines de lactation. En effet, la valeur laitière
des brebis est un atout supplémentaire pour
permettre aux agneaux d´avoir une bonne
croissance. Par ailleurs, un apport de concentrés dans une trémie au pâturage
permet de
finir plus rapidement les agneaux et d’éviter
de devoir le faire en bergerie. Pour les agneaux
qui séjournent sur parcours, il faut également
prévoir un traitement contre les parasites gastro-intestinaux presque tous les
mois.
Le 2ème type d’engraissement est la finition des
agneaux en bergerie. C’est l’engraissement le
plus réputé et le plus pratiqué. Les agneaux
sont alimentés essentiellement à base de
concentrés et vendus après une courte période
d’engraissement. La finition des agneaux peutêtre faite pour l’occasion de l’Aïd Al
Adha ou
pour l’approvisionnement du marché durant
toute l’année.

Engraissement pour l’Aïd ou pour


l’approvisionnement du marché
durant l’année

La finition des ovins pour l’Aïd Al Adha est une


activité de courte durée. Elle concerne le plus
souvent des moutons de sexe mâle, âgés de
plus de six mois. La période d’engraissement a
lieu au cours des 2 à 5 mois précédant la date de
la célébration de l’Aïd. Sa durée varie en fonction du poids et de l’état
d’engraissement des
agneaux. La finition concerne les ovins de différents types génétiques, avec une
préférence
pour ceux de race Sardi dont le phénotype est
très apprécié pour la célébration de cette fête,
et donc de qualité marchande élevée.
L’opération d’engraissement est menée par des
engraisseurs de métier, mais aussi par des non
professionnels dans des ateliers d’engraissement aménagés pour l’occasion. Souvent,
les
engraisseurs de moutons pour l’Aïd ne sont
pas des naisseurs. Les agneaux engraissés sont
achetés chez les éleveurs naisseurs ou dans les

souks du pays quelques mois avant la date de


la célébration de la fête. Le marché de l’Aïd Al
Adha est un marché de spécialité sur lequel
peuvent être vendus des moutons pesant entre
40 et 70 kg, mais parfois plus ou même moins.
Evidemment, l’engraissement des agneaux
destinés à ce marché doit être planifié de telle
sorte que le produit fini soit prêt au moment
opportun. Les prix sur ce marché sont souvent
élevés et variables d’une année à l’autre selon
l’offre, la demande, le climat, la cherté des aliments...
De l’autre côté, l’approvisionnement du marché pendant toute l’année est une
activité qui
nécessite une certaine stratégie. Au Maroc, les
brebis mettent naturellement bas durant l’automne-début hiver. 80% des agneaux
naissent
pendant cette période, avec néanmoins certaines variations régionales. De manière
générale, l’offre en agneaux commence à augmenter (et les prix à baisser) à partir
du mois d’avril
pour atteindre son pic au mois de juin. Or,
comme le marché demande un approvisionnement constant réparti sur toute l’année
(avec
des effectifs plus importants lors de certaines
périodes de festivités associées à une consommation élevée d’agneaux: Aïd Al Adha,
fêtes
familiales…), ce cycle de mise bas pose problème pour les éleveurs, qui doivent
disposer
de suffisamment d’agneaux prêts à l’abattage
pour répondre à la demande générale et aux
demandes plus spécifiques du marché. En dehors de cette période où l’offre est
abondante,
il y a toujours les agneaux de report, c’est-àdire les agneaux dont la période de
vente est
décalée de quelques mois par rapport aux
agneaux habituellement commercialisés à fin
printemps-début été. Cette production est
souvent insuffisante en quantité et en qualité
et constitue un handicap majeur au développement économique des démarches qualité
qui nécessitent un approvisionnement régulier
du marché tout au long de l’année.
L’éleveur qui souhaite
profiter du prix élevé
des agneaux finis en
automne et en hiver
devrait s’orienter
vers les races prolifiques D’man et
DS qui peuvent
facilement mettre
bas hors saison.
En effet, ces races
possèdent des caractéristiques favorables
à la production de naissances multiples, à l’agnelage à contre-saison et d’autres
caractéristiques
qui
contribuent
directement à accroître la productivité des
troupeaux. En outre, les pratiques de gestion,
comme la conduite du troupeau au rythme de
trois agnelages en deux ans, peuvent, dans une
certaine mesure, aider à répartir la production
d’agneaux sur une plus longue période et permettre à l’éleveur de bénéficier des
prix élevés des agneaux hors saison. Le poids vif des
agneaux exigé par le consommateur marocain
tout au long de l’année est de 30 à 40 kg, le
sexe des agneaux importe peu.

Caractéristiques de la
bergerie d’engraissement

Le but essentiel d’une bergerie est de protéger


l’agneau contre les aléas climatiques et les prédateurs, et d’éviter qu’il attrape
des maladies.
La bergerie doit également faciliter le travail
(distribution des aliments, nettoyage, tri des
agneaux…) et l’inspection des agneaux et ainsi
permettre aux éleveurs de détecter les faibles,
les malades ou ceux qui nécessitent un soin
quelconque. Ainsi, la bergerie d’engraissement
doit être éclairée, aérée et de taille suffisante,
offrant une surface de 0,50 m2 (0,4 x 1,2 m) par
agneau. Elle ne doit pas être exposée aux vents
qui soufflent dedans directement. Elle doit être
propre afin de permettre aux agneaux de se
développer dans des conditions saines. Dans
une bergerie, la température optimale pour les
agneaux à l’engraissement est de 13 à 15°C.
La bergerie d’engraissement doit être divisée
en plusieurs compartiments pour y placer les
agneaux de différentes catégories. Les compartiments doivent être munis de
mangeoires
et d’abreuvoirs. Chaque agneau doit disposer
d’un espace de 10 à 25 cm au niveau des mangeoires, selon que l’accès à l’aliment
est libre ou
rationné. Si les abreuvoirs sont automatiques, il
doit y avoir un abreuvoir pour 40 à 50 agneaux.

l’année);
- Avoir un poids d’au moins 20 kg.
Pour ce qui est du type génétique à engraisser,
en principe tous les types génétiques peuvent
être engraissés sans distinction. Cependant,
certains types génétiques sont connus pour
transformer efficacement l’aliment en viande,
c’est-à-dire ont un indice de consommation
faible, alors que d’autres le font moins efficacement et ont un indice de
consommation élevé. À ce propos, le choix des agneaux de races
améliorées (Ile-de-France, Mérinos Précoce, Lacaune…) ou des agneaux issus du
croisement
terminal à 2 ou 3 races, caractérisés par des performances de croissance élevées,
s’apprêtent
mieux à un engraissement rapide et efficace.
Les agneaux de races locales ont une vitesse de
croissance faible et nécessitent plus de temps
pour atteindre le poids souhaité. Le tableau 1
montre que les agneaux de races locales (Timahdite, Sardi et Béni Guil) ont des
performances
de croissance et de carcasse plus faibles que
celles des agneaux issus du croisement industriel (béliers de races Ile-de- France,
Mérinos
Précoce et Suffolk). Le type génétique peut
être également choisi pour répondre à une certaine clientèle. Ainsi, les agneaux de
la région
de Boumia, caractérisés par une petite taille et
un faible état d’engraissement, commencent
depuis quelques années à avoir une certaine
côte auprès des consommateurs des grands
centres urbains.
La constance au sein d’un même marché est
également importante pour le consommateur. Il est important que les engraisseurs
connaissent les types génétiques qui sont préférés par les acheteurs et les
consommateurs
en raison de leur poids, leur état d’engraissement ou leur qualité organoleptique.
La gestion efficace du régime alimentaire permet
de produire des agneaux présentant un état
d’engraissement conforme aux exigences spécifiques du marché auquel ils sont
destinés.

Conduite sanitaire

Les agneaux à engraisser doivent être en


bonne santé. Pour cela, la bergerie doit être aérée et éclairée afin d’éviter le
développement
d’agents pathogènes. L’idée selon laquelle les
animaux engraissés doivent être enfermés

dans une bergerie obscure et sans issues est révolue, car de telles conditions
engendrent des
maladies respiratoires qui aboutissent à des
performances faibles.
Les agneaux issus du troupeau doivent être vaccinés contre l’entérotoxémie et
traités contre
les parasites internes avant le démarrage de
l’engraissement, surtout s’ils ont séjourné auparavant sur parcours. En effet, le
déparasitage
interne comme son nom l’indique vise à éliminer ou à réduire les parasites du tube
digestif
et ainsi permettre à l’agneau de profiter entièrement et efficacement de
l’alimentation qu’il
ingère. Par ailleurs, les agneaux achetés de l’extérieur doivent d’abord être
placés en quarantaine pour 1 à 2 jours afin de s’assurer qu’ils ne
sont pas porteurs d’une maladie quelconque.
Une fois la quarantaine passée avec succès, les
agneaux sont vaccinés contre l’entérotoxémie
et traités contre les parasites internes. Dans un
atelier d’engraissement, dès l’observation d’un
agneau malade (diarrhée, toux…), il faudra
l’isoler le plus tôt possible du reste du troupeau
et le traiter.
Il est clair que la bergerie d’engraissement doit
être nettoyée régulièrement pour éviter l’accumulation du fumier et des insectes. À
la fin de
chaque période d’engraissement, la bergerie
doit être nettoyée et désinfectée, et les murs
badigeonnés à la chaux. Un vide sanitaire de
quelques semaines doit être également respecté.

Ration de transition

Les agneaux habitués à l’herbe et finis en bergerie ainsi que les agneaux achetés
de l’extérieur ont besoin de recevoir une ration de
transition avant de passer au régime d’engraissement et ce, pour préserver la santé
du rumen.
La phase de transition permet à la flore microbienne de s’adapter au nouveau régime
d’engraissement. Quand les animaux font la
transition entre deux régimes alimentaires, il
faut prévoir de 3 à 7 jours pour remplacer progressivement l’ancien régime par le
nouveau.
Ainsi, pendant les deux premiers jours, il faudra
distribuer 25% du nouveau régime et 75% de
l’ancien; pendant les deux jours suivants, 5050; pendant les deux autres jours, 75%
du nouveau régime et 25% du régime ancien; puis par
la suite 100% du nouveau régime.

Choix des agneaux à engraisser

Le choix des agneaux à engraisser est souvent


le facteur le plus important qui conditionne le
succès de l’opération d’engraissement. De façon générale, les agneaux à engraisser
doivent
répondre aux critères suivants:
- Etre en bonne santé et indemnes de tares;
- Etre âgés de moins de 12 mois (si les agneaux
sont destinés pour l’Aïd) et de moins de 6 mois
(dans le cas de l’approvisionnement durant
Agriculture du Maghreb
N° 89 Novembre 2015

29
Transfert de Technologie en Agriculture

Allotement ou constitution des


lots d’engraissement

Avant de démarrer l’engraissement, il est important de répartir les agneaux en lots


homogènes selon le sexe, mais surtout selon le
poids et l’état d’engraissement. Chaque lot doit
inclure des agneaux ayant presque le même
poids et éviter de mélanger les agneaux lourds
et légers. En effet, la mise en lots des agneaux
de poids différents empêche les plus petits de
s’alimenter correctement et donc de croître
rapidement. Le tri des agneaux en lots homogènes est aussi un moyen de réduire le
coût
de production en évitant le gaspillage que
provoque la concurrence entre les agneaux. La
constitution des lots selon le type génétique de
l’agneau n’est pas très importante.

Age et poids au débutet


à la fin de l’engraissement

L’âge et le poids d’entrée à l’engraissement


dépendent de l’objectif de l’éleveur. Lorsque
l’agneau est destiné à l’approvisionnement
régulier du marché durant l’année, l’âge optimum est de 70 à 120 jours afin que
l’agneau
engraissé soit vendu vers l’âge de 4 - 6 mois à
un poids vif de 30 à 40 kg. En revanche, lorsque
l’agneau est destiné à la célébration de l’Aïd Al
Adha, l’âge de l’animal est de plus de six mois
pour qu’il soit vendu une fois engraissé à un
poids moyen de 40 à 70 kg.
Le poids à la fin de l’engraissement ou à l’abattage dépend des préférences de la
clientèle à
laquelle l’agneau est destiné. Généralement,
les poids de 17 - 20 kg de carcasse pour les
mâles et 15 - 17 kg pour les femelles correspondent au comportement de la majorité
des
éleveurs qui visent à valoriser les mâles dans
les circuits de qualité et font partir les femelles
plus légères pour limiter les risques de carcasses grasses. En considérant un
rendement
carcasse de presque 50%, ceci veut dire que les
agneaux mâles et femelles doivent être abattus respectivement à 35 - 40 kg et 30 -
35 kg
de poids vif. Toutefois, pour la célébration de
la fête de l’Aïd Al Adha, l’éleveur doit viser un
poids à l’abattage compris entre 40 et 70 kg.
Pour la gestion moderne des élevages, l’enregistrement des poids vifs des agneaux à
la mise
en lot et le jour du tri pour la vente doivent
être une habitude. Ceci permet à l’éleveur de
connaître le gain de poids réalisé à l’engraissement et d’avoir une idée sur le
poids final et
donc sur le prix approximatif à la vente.
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Agriculture du Maghreb Agriculture du Maghreb
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N° 89 Novembre 2015

Durée et période d’engraissement

La durée d’engraissement des agneaux dépend de plusieurs facteurs: poids initial,


poids à
l’abattage, vitesse de croissance, état d’engraissement, destination du produit… La
durée optimale est de deux à trois mois, variant souvent
entre un à cinq mois.
Pour les éleveurs qui engraissent leurs propres
agneaux, la période d’engraissement est souvent située juste après le sevrage,
surtout si
l’éleveur approvisionne le marché en agneaux
durant toute l’année. Pour les éleveurs qui
préparent les moutons pour l’Aïd, la période
d’engraissement se situe au cours des 2 à 5
mois avant la date de la célébration de l’Aïd.
Hormis ces cas, la période d’engraissement qui
valorise au mieux le produit final est la période
d’automne-début hiver car l’agneau engraissé
est vendu à un moment où l’offre sur le marché
est faible, et par conséquent où le prix de vente
est élevé.

Sexe des animaux à engraisser

Le consommateur marocain préfère souvent


les mâles pour la célébration de l’Aïd Al Adha.
Les femelles et les castrés le sont peu, à cause
d’un état d’engraissement excessif et d’un
poids de carcasse insuffisant des premières, et
de l’obligation que les mâles doivent être entiers pour les seconds.
En dehors de la célébration de l’Aïd, il n’y a
généralement pas de préférence marquée
pour la viande d’agneau mâle entier par rapport à la viande d’agnelle ou d’agneau
castré.
Néanmoins, les agneaux non castrés sont plus
maigres et ont généralement une meilleure
vitesse de croissance que les agneaux castrés. Cependant, la castration a des
effets très
significatifs sur la qualité du gras et permet
d’obtenir un rendement carcasse plus élevé.
En revanche, elle allonge la durée d’engraissement de quelques jours de plus par
rapport aux
agneaux entiers à cause de la réduction de la
vitesse de croissance, ce qui augmente l’indice
de consommation.

Conduite alimentaire

Les pratiques d’alimentation à l’engraissement


peuvent varier considérablement selon le moment de l’année auquel les agneaux sont
nés
et selon leur état au début de l’engraissement.
L’objectif de l’alimentation des agneaux à l’engraissement est de produire de façon
rentable
un produit de qualité recherchée sur le marché.
Il est donc important de considérer les aliments
à distribuer pendant l’engraissement car l’alimentation représente 70% du coût de
production. Les aliments distribués doivent consister
en aliments grossiers (paille, foin et fourrages
surtout), en aliments concentrés (grains, tourteaux…) et à l’eau.
Il est généralement admis que la quantité d’aliments quotidiennement consommée par
un
agneau représente approximativement 3,1%
de son poids corporel, dont la proportion du
concentré est de 2,5% du poids corporel, soit
au maximum 80% de la ration totale. Ceci correspond à une quantité d’aliments
consommés
à l’engraissement variant de 1 à 2 kg par jour.
Différentes rations pour la finition des agneaux
ont été testées par rapport à leurs influences
sur la croissance, l’indice de consommation
et la qualité des carcasses. La ration à base de
foin de luzerne de bonne qualité et de céréales
(orge et maïs) est une solution intéressante
pour l’engraissement des agneaux. Elle permet
de satisfaire les besoins nécessaires en protéines, en énergie et d’obtenir des
carcasses de
qualité, sans provoquer de problème sanitaire.
Les rations à base de pois et de féverole entiers
entraînent certains problèmes d’appétence
liée essentiellement à la dureté des grains. Pour
ces aliments, d’autres présentations peuvent
être utilisées: grains aplatis, grains gonflés dans
l’eau durant 24 heures…
Il est recommandé que l´agneau à l’engraissement dispose en permanence d’un
fourrage grossier de bonne qualité. En effet, une
consommation régulière limite les problèmes
sanitaires (entérotoxémie) et minimise les défauts de gras. Pour limiter la
fréquence d’apparition de gras sous-cutané de mauvaise qualité,
le principe à respecter est de faire ruminer, et
donc saliver, les animaux. L’ingestion d’un minimum de 20% de la matière sèche
totale ingérée sous forme de fibres longues est nécessaire pour le bon
fonctionnement du rumen. La
mise à la disposition des agneaux de foin ou de
paille est donc nécessaire.
Le second principe à respecter pour limiter
la fréquence d’apparition de gras sous-cutané de mauvaise qualité est de limiter
l’apport
de glucides très fermentescibles, c’est-à-dire
l’amidon et donc les céréales qui en sont très
riches. Une ration ne doit pas contenir plus de
25% d’amidon par rapport à la matière sèche.
En outre, les mélanges de concentré utilisé
pour la finition des agneaux sont équilibrés à
15 ou 16 % de matières azotées totales par kg
de matière sèche.
Les éleveurs ont souvent tendance à sous-estimer l’importance de l’eau dans le
régime alimentaire des animaux. Certains engraisseurs
prétendent même que les agneaux engraissés
n’ont pas besoin de s’abreuver fréquemment.
Or, le gain de poids est constitué majoritairement d’eau et la qualité de
l’abreuvement
contribue à améliorer la croissance. Il est donc
crucial que les agneaux aient en permanence
la possibilité de boire de l’eau propre. De plus,
les minéraux contenus dans l’eau sont susceptibles d’interactions avec les composés
de l’aliment qui, selon le cas, améliorent ou inhibent
l’assimilation de certains éléments nutritifs.
De nombreux minéraux et vitamines doivent
impérativement être ajoutés aux rations des
agneaux. Cet apport se fait généralement en
ajoutant 1 à 2% de CMV dans la ration ou en
utilisant les concentrés commerciaux qui en
principe incorporent minéraux et vitamines.

Traitement des grains

On entend par «traitement» le concassage, le


broyage, la mouture ou l’aplatissage des grains.
Les ovins sont des ruminants. Pendant la mastication des aliments, les glandes
salivaires des
ovins sécrètent le bicarbonate. Aussi, la rumination (régurgitation et mastication)
provoque
une plus grande production de salive, ce qui
est bon pour la santé du rumen. Ainsi, pour
les agneaux à l’engraissement, les céréales entières sont préférables dans la
plupart des cas,
car elles favorisent la rumination et apportent
plus d’amidon qui est disponible pour la digestion pendant plus longtemps.
Toutefois, les
grains de maïs doivent être broyés lorsqu’ils
sont destinés aux agneaux pesant moins de 25
kg. De même, dans le cas des agneaux avant
sevrage, tous les grains inclus dans l’aliment
complémentaire doivent être broyés.

Aliment commercial
ou mélange fermier

Avec la flambée des prix des aliments, de nombreux éleveurs ovins s´interrogent sur
la rentabilité de l´engraissement des agneaux comparée à celle de la production d
´agneaux légers
à l’herbe. Par ailleurs, bon nombre d’éleveurs
préfèrent préparer leur aliment concentré en
ferme (mélange fermier), alors que d’autres
optent pour l’achat de l’aliment commercial.
L’utilisation des mélanges fermiers conduit aux
conclusions suivantes:
- Les performances de croissance sont légèrement réduites car le rationnement n’est
pas
toujours parfait;
- La complémentation minérale et vitaminique
est souvent oubliée;
- Les risques de lithiases urinaires chez les
agneaux sont fréquents dus à l’excès de phosphore issu des céréales;
- La qualité de gras sur les agneaux est mauvaise due à une forte proportion de
céréales
dans la ration;
- L’appétence de l’aliment est diminuée en
raison de la présence de certains composants
sous forme de grains entiers;
- L’organisation du travail est compliquée :
achat des matières premières, stockage, mélange, distribution…;
- Le coût de la ration est souvent élevé.

Quelques exemples de rations alimentaires pour l’engraissement des ovins


- Orge: 40%; Son: 6%; Tourteau de
tournesol: 30%; Caroube: 22%; CMV: 2%;
paille.
- Orge: 40%; Pulpe de luzerne: 20%;
Tourteau de tournesol: 30%; Caroube:
8%; CMV: 2%; paille.
- Orge: 60%; Foin de luzerne broyé: 29%;
Tourteau de tournesol: 9%; CMV: 2%.

aliment moins cher mais moins bon. Pour


réduire le prix d’achat des aliments concentrés,
il est utile de commander de grandes quantités
livrées en vrac. Cependant, cela suppose
que l’engraisseur dispose d´une capacité de
stockage suffisante ou de faire des commandes
groupées pour plusieurs éleveurs (cas des
groupements d’éleveurs).

Rationnement ou libre accès

Grosso modo, deux méthodes peuvent être


appliquées pour distribuer l’alimentation aux
agneaux. L’une consiste à laisser l’animal manger à volonté (libre-service ou ad
libitum) et
l’autre, à limiter ou rationner la quantité d’aliment à laquelle il peut accéder.
Chaque méthode a ses avantages et ses inconvénients et
l’éleveur doit décider de celle qui lui convient
le mieux selon le matériel dont il dispose et ses
possibilités en matière de gestion du troupeau.
Le rationnement, ou restriction alimentaire,
permet de contrôler les heures de repas et la
quantité d’aliment fournie par repas, et de ce
fait réduire les refus d’aliments. C’est donc un
puissant outil de conduite d’élevage. Il permet
de mieux contrôler les quantités consommées,
d’assurer une consommation plus égale des
divers constituants de la ration et de mesurer
fréquemment la prise alimentaire des animaux
pour connaître leurs indices de consommation.

En revanche, le rationnement mobilise plus


de main-d’œuvre car l’aliment est distribué au
moins deux fois par jour, et il nécessite une
plus grande longueur de mangeoires (12 à 25
cm par agneau) pour éviter les bousculades
durant les repas et pour que tous les agneaux
puissent manger simultanément. Cependant,
le rationnement ne modifie pas la quantité totale de concentré ingéré par rapport à
l’accès
libre. Par contre, il double presque la quantité
de foin ingérée.
D’un autre côté, les agneaux qui sont alimentés en libre-service sont plus
susceptibles de se
sur-alimenter, de prendre des repas irréguliers
et de souffrir d’acidose. Pour l’alimentation à
volonté, il est nécessaire de prévoir 10 cm de
longueur de mangeoire par agneau et de s’assurer que les mangeoires ne sont jamais
vides.
Il est toutefois possible d’améliorer l’indice de
consommation des agneaux, en distribuant
une quantité d’aliment représentant 90-95 %
de la quantité que les animaux consomment
spontanément en situation de libre-service.

Conclusion
L’engraissement des agneaux est une opération qui accroît considérablement le
potentiel
de profit d’un élevage. Les opérateurs doivent
prendre toutes les mesures nécessaires pour
tirer le maximum de profit de leur production.
À cet effet, la règle d’or à respecter est de bien
loger et alimenter ses agneaux: aménager des
bâtiments, réaliser une prévention sanitaire,
donner une ration alimentaire simple et équilibrée, tels sont les principaux points
auxquels
il faudra faire attention lors de l’engraissement
des agneaux.

Source : Bulletin de
Transfert de Technologie en Agriculture N° 171

À l’opposé, l’aliment commercial n’engendre


généralement pas de problème car ses
composants sont multiples et équilibrés.
Néanmoins pour l´approvisionnement en
aliment commercial, les éleveurs ont intérêt à
faire jouer la concurrence entre les fournisseurs
pour renégocier les tarifs, tout en restant très
vigilant sur la valeur nutritive des aliments
proposés car il est très facile de trouver un
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Agriculture du Maghreb
N° 89 Novembre 2015
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N° 89 Novembre 2015

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BBG : la solution pour le

croisement avec la race BBB

Expérience aux Pays-Bas


Texte : Jaap van der Knaap

Le croisement avec la race BBB est populaire, mais n’est pas toujours bien pensé.
Henk Hogeveen (Chercheur à L’institut de recherche WUR) déclare qu’ « Il y a de la
place pour l’utilisation de BBB mais les éleveurs ne doivent pas se laisser guider
par
les prix du marché. » - VEETEELT N° 13 – Août 2015-2

ui demande à un
représentant de CIA
ou à un importateur
de
sperme
quel
taureau
il
vend
le plus actuellement s’entend
invariablement répondre : « les
taureaux BBG
».
Les éleveurs
hollandais inséminent depuis ce
printemps massivement avec la
race BBB puisque la demande a
augmenté ces derniers mois.
En juillet de cette année, 18%
du total des inséminations en
Hollande a été réalisé avec du
sperme de taureaux BBB selon les
chiffres de CRV. L’année dernière
ce pourcentage était de 11,7 à
la même période et en 2013 à
9,5. Les premiers chiffres d’août
2015 peuvent laisser penser à une
augmentation continue menant à
20%.
« La forte augmentation est liée
à trois raisons évidentes », selon
Sijne van der Beek, manager
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global products chez CRV : « le


prix bas actuel du lait, la nouvelle
législation sur les phosphates et les
prix bas des veaux Holstein font en
sorte que le BBB est massivement
utilisé. »
La semence sexée stimule
l’utilisation du BBB

Sijne van der Beek s’attend à ce


que la part du marché BBB reste
élevée dans les prochaines années.
«
On cherche encore l’équilibre
dans le pourcentage du BBB, mais
en raison de la législation, des prix
du marché et aussi des nouvelles
techniques comme la semence
sexée, cela reste avantageux
d’inséminer avec du BBB sur les
moins bonnes bêtes du troupeau. »
Sijne Van der Beek met en évidence
les possibilités de semences sexées
en combinaison avec l’utilisation du
BBB. « En inséminant les meilleurs
animaux du troupeau avec de

la semence sexée, cela libère de


la place pour l’insémination de
15 à 20% du troupeau avec du
BBB. De cette façon on obtient
encore suffisamment de génisses
pour le renouvellement et on
avance rapidement au niveau de
la technique d’élevage car seuls
les meilleurs animaux donnent
des descendants Holstein. Le coût
supplémentaire de la semence
sexée est compensé par la plusvalue réalisée sur la vente de veaux
BBB. »
Il y a, selon Van der Beek, de plus
en plus d’éleveurs qui combinent
l’utilisation de la semence sexée et
du BBB, bien que l’augmentation
de l’utilisation de semence sexée
ne soit pas aussi importante que
l’augmentation du pourcentage
BBB. Selon Van der Beek, les ventes
de paillettes chez CRV comprennent
actuellement 5% de semence
sexée. « L’achat de semence sexée
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Publi-reportage

est un investissement et c’est perçu


comme un seuil »

De l’espace pour le BBB

Auke Landman conseille souvent


d’inséminer des jeunes bovins avec
de la semence sexée et en parallèle
une partie des vaches laitières
avec du BBB. « Cela comporte
plusieurs avantages. Les veaux
naissent plus facilement et cela
crée un meilleur départ pour les

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primipares. Le pourcentage de
fertilité est également plus élevé
chez les jeunes animaux et ça c’est
précieux pour les semences sexées
plus chères. »
Est-ce que le pourcentage
actuel de 20% en BBB n’est pas
trop élevé ? Verrons-nous une
pénurie de bétail dans les deux
ans à venir ? Henk Hogeveen
a calculé de façon optimale les
besoins en jeune bétail ; pour une

exploitation moyenne, il faudrait


garder +/- 75% des veaux femelles
nés afin d’assurer suffisamment de
remplacement. « Il y a de nombreux
facteurs qui influencent
», dit-il
pour relativiser le pourcentage.
«
Quel est le pourcentage de
remplacement, est-ce que les
génisses vêlent à 23 ou à 26
mois, quel est le pourcentage de
mortalité à la naissance et est-ce
qu’une exploitation veut continuer
à grandir ? Avant qu’un éleveur
commence avec un pourcentage
sérieux de BBB, il devrait avoir
réponse à ces questions », selon
Hogeveen. « Il y a certainement
de l’espace pour l’insémination
du BBB, mais un éleveur ne doit
pas se laisser guider par les prix
du marché. Les choix d’élevage se
font pour le long terme. »
C’est également la vision de Van
der Beek. « Nous constatons que
de plus en plus d’exploitations
approchent l’élevage de façon
plus rationnelle. L’élevage est de
moins en moins dirigé sur le rôle
d’un seul taureau et de plus en
plus sur le pourcentage optimal
de remplacement, l’occupation de
l’étable et la direction qu’on veut
prendre pour l’exploitation. »

BBG teste fortement


des taureaux BBB en
croisement

Jusqu’en 2013, CRV testait chaque


année, via le CIA de BBG, 4 jeunes
taureaux pour le croisement, mais
même après que ce nombre soit
passé à 8, c’était à peine suffisant
pour répondre à la demande.
« Depuis fin 2014, nous avons
testé autrement » explique Simon
Noppen, spécialiste BBB chez
CRV. « Nous sélectionnons avec
BBG des taureaux sur base de
l’index pedigree pour la facilité de
vêlage, la durée de gestation et le
poids, et nous offrons 1500 doses
par taureau de testage. En un an,
nous récoltons suffisamment de
données de naissances sur les
descendants. Nous continuons à

proposer les meilleurs taureaux


parmi
ceux-ci
et
certains
restent longtemps célèbres. Je
pense que cette année, nous
allons tester 20 taureaux. » Les
taureaux de croisement sont de
préférence blancs, de cette façon
la combinaison avec une vache
Holstein a le plus de chance
d’aboutir sur un veau avec une
couleur Pie-bleu. Ensuite, on fait
attention au type viandeux. « En
Flandres, les éleveurs laitiers sont
assez friands de veaux avec un bon
type viandeux car ils rapportent
plus. Chez les éleveurs hollandais,
c’est moins important ; ils veulent
avant tout que le veau naisse
facilement. »
Simon Noppen avertit que les
éleveurs hollandais doivent garder
suffisamment d’attention au type
viandeux. « Ces dernières années,
la qualité des veaux croisés a
reculé sur le marché global et
les engraisseurs le remarquent
aussi. La facilité de naissance est
importante, mais nous devons quand même nous
soucier de fournir des veaux qui apportent une plusvalue par rapport aux veaux Pie-
Noir Holstein. »

BBG votre partenaire pour le


croisement en BBB
BBG scrl :
Chemin du Tersoit 32
B-5590 CINEY - BELGIQUE
Tél. : 00 32 83 68 70 68
Fax : 00 32 83 68 70 69
E-mail : bbg@netbbg.com
www.netbbg.com

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TECHNIQUE

L’insémination artificielle
des bovins au Maroc :

bilan des réalisations et perspectives


Pr. Mohamed Taher SRAÏRI, Département des Productions & Biotechnologies Animales
Institut Agronomique et Vétérinaire Hassan II, Rabat, MAROC. mt.srairi@iav.ac.ma

La reproduction est un poste clé en élevage bovin. Elle conditionne la viabilité de


tout projet, qu’il soit naisseur, spécialisé
en lait ou mixte (lait et viande simultanément). Ses dysfonctionnements, qui se
manifestent d’abord par le non respect
de la norme d’un veau par vache présente et par an, résultent en des pertes
économiques sèches : moins de lait et de
veaux, réformes précoces, etc. Si la reproduction concerne d’abord les femelles,
qui doivent être gérées de manière à
réaliser une carrière avec des vêlages régulièrement espacés d’une année, la
disponibilité de mâles au moment des
chaleurs est aussi une condition primordiale à la réussite de ces objectifs. En
outre, ces mâles doivent être sélectionnés
pour être vecteurs d’une amélioration permanente du potentiel génétique du
troupeau. A cet égard, la technique de
l’insémination artificielle (IA) a l’avantage de grouper, au moins théoriquement,
les deux aspects simultanément :
i) la disponibilité rapide de la semence mâle, en vue de réaliser au moment
opportun la fécondation des vaches repérées
en chaleur, et
ii) l’éventualité que le potentiel génétique de la semence utilisée soit plus élevé
que celui de la vache inséminée,
induisant au passage une amélioration continue des caractères du cheptel.
Cet écrit se propose d’étudier si ces aspects théoriques sont toujours au rendez-
vous, en prenant pour exemple
l’évaluation des réalisations de l’IA dans le cheptel bovin au Maroc.

Les déterminants de l’insémination artificielle

L’IA est une biotechnologie de la reproduction qui a commencé


à s’imposer dès le début du 20ème siècle. Elle a fortement gagné en
puissance dans la conduite de la reproduction dans les troupeaux,
dès lors que la congélation du sperme bovin a été maîtrisée. La
philosophie qui explique la popularité de l’IA peut être résumée en
une formule très simple : un gain génétique rapide par rapport à un
coût modique. Cela est encore plus évident lorsque l’IA est comparée
à d’autres biotechnologies nettement plus coûteuses comme le
transfert d’embryons, ou le clonage (Figure 1). De plus, l’IA minimise
les risques de maladies sexuellement transmissibles puisque le
contact entre le mâle et la femelle est évité.

L’IA au Maroc :

éléments d’historique et évolutions récentes


L’IA a démarré au Maroc au début des années 1950, avec l’usage
exclusif de semences fraîches. Mais le véritable début de l’IA
en tant que méthode d’amélioration prioritaire du potentiel
du cheptel bovin local a coïncidé avec le lancement du « Plan
Laitier », en 1975. Depuis, l’IA a dépassé la phase de vulgarisation
pour entrer à la fin des années 1980 dans une étape de pratique à
grande échelle. Cela s’est concrétisé à travers le transfert de cette
activité aux organisations professionnelles de l’élevage. Depuis,
le nombre annuel d’actes d’IA a connu une croissance continue,
Insémination d’une vache de type croisé (lait x locale)

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Géniteur Blanc Bleu Belge

atteignant en 2013 le chiffre de 472 675 (Figure 2).


Au Maroc, l’IA est gérée depuis la fin des années 1980 autour d’un
partenariat groupant les services publics et les organisations
professionnelles de l’élevage bovin. La semence utilisée a deux
principales origines : produite localement ou importée. Au démarrage
de l’IA et jusque vers 1987, l’essentiel des semences utilisées étaient
produites localement, notamment à partir de taureaux nés au Maroc
et soumis au testage. Actuellement, la production locale se poursuit,
surtout à partir de géniteurs importés, notamment des races
Holstein, Montbéliarde, Charolaise, Blanc Bleu Belge et Piémontaise.
Toutefois, seul un centre de production de semences est encore en
activité, situé à Fouarat (près de Kénitra). En outre, de la semence
bovine est importée en quantités importantes, de pays comme la
Belgique, le Canada, les Etats Unis ou la France. Les importations sont
le fait d’associations d’éleveurs comme l’Association Nationale des
Eleveurs de Bovins (ANEB) ou l’Association Nationale des Producteurs
de Viandes Rouges (ANPVR). De plus, de la semence bovine est aussi
importée par des opérateurs privés qui la commercialisent aux
éleveurs.
Le lancement d’un programme de croisement industriel à partir
des années 2000 dans le troupeau bovin a fortement influencé le
nombre de réalisations de l’IA, puisque les semences à partir de races
à viande représentent aujourd’hui près de la moitié des usages de
paillettes (Figure 3).
En effet, la volonté de favoriser la production de viande, y compris
Veau issu du croisement industriel
« Holstein x Blanc Bleu Belge »
dans des troupeaux à l’origine plus orientés
vers le lait, a impliqué l’usage de quantités
significatives de paillettes de sperme issues
de bovins de races à viande. Il faut dire
que la subvention de 4 000 DH par veau,
à la naissance, instituée par les pouvoirs
publics a rapidement popularisé ce type
de croisement auprès des éleveurs, allant
jusqu’à compromettre le maintien de la
dynamique de la production de lait qui avait
été établie par les mesures du « Plan Laitier ».
Pire, la philosophie du croisement industriel
qui est basée sur l’envoi systématique des
produits, aussi bien mâles que femelles à
l’abattoir, évitant ainsi de disséminer des
gènes de races à viande dans le patrimoine
reproducteur du cheptel, n’est pas
respectée. Cela implique que des femelles
de type croisé « lait x viande » se retrouvent
aujourd’hui dans le troupeau reproducteur,
avec une finalité productive qui n’est pas
claire, n’étant ni destinée à être allaitante
ou laitière. De plus, leur poids vif plus élevé
que les races laitières, du fait de la présence
des gènes à viande, implique des besoins
alimentaires conséquents que l’éleveur n’est
pas toujours en mesure de satisfaire.

Perspectives de l’IA au Maroc :

amélioration des prestations et gestion


efficace de l’opération
L’IA a atteint aujourd’hui au Maroc une vitesse
de croisière qui mérite d’être entretenue.
Ainsi, le nombre annuel des actes réalisés
témoigne de la diffusion de cette technique
et de son acceptation dans la majorité des
régions avec un élevage bovin intensifié.
En effet, dans le contexte du Maroc, où la
majorité des troupeaux sont constitués de
moins de 5 bovins, l’IA dispense l’éleveur de
l’obligation d’entretenir un taureau. Cela lui
octroie la possibilité de substituer une vache
reproductrice à ce géniteur, lui permettant
d’améliorer ses revenus. Toutefois, un
ensemble de mesures organisationnelles
sont encore nécessaires pour assurer une
meilleure efficacité de ce service et lui
permettre de remplir les deux rôles clés
qu’il doit assumer : garantir la fécondation
des vaches et améliorer le potentiel
productif du troupeau. Pour ce faire, il est
plus que temps de veiller à la formation des
éleveurs à la diversité des variables en jeu
pour l’amélioration de la fertilité dans les
troupeaux bovins. Ainsi, il faut bien expliquer
à l’ensemble des opérateurs concernés
par les performances de reproduction
des vaches que l’IA n’est qu’une parmi les
nombreuses variables à maîtriser : équilibre
nutritionnel des vaches en post partum,
gestion de leurs réserves corporelles, santé
de l’appareil génital, détection des chaleurs,
moment le plus opportun de la pratique

de l’IA, qualité de
la semence, etc. En
outre, l’IA ne peut
pas être évaluée
uniquement
à
l’aune du nombre
de réalisations. Il
est ainsi primordial
que les aspects de
réussite des actes
d’IA
(c’est-à-dire
qui
entraînent
une
fécondation)
soient intégrés dans
l’examen de cette
technique et dans
la
détermination
des performances
de ceux qui y
interviennent. Or,
pour l’instant, de
très rares données
de terrain sont
disponibles
pour
une
évaluation
objective de l’IA à
l’échelle nationale,
et le plus souvent
seul le nombre d’actes est avancé comme
critère de suivi de la diffusion de cette
technique. Enfin, le progrès dû à l’usage
de semences d’un haut niveau doit être
précisé, d’autant que les produits issus de
ces inséminations sont souvent placés dans
des conditions du milieu ne leur permettant
d’atteindre des performances à la hauteur
de leur potentiel.

Conclusion

L’IA est une technique porteuse de progrès


pour l’élevage bovin au Maroc. Elle est
passée par des phases bien distinctes qui lui
ont permis aujourd’hui une vaste diffusion
dans le monde rural. En permettant d’assurer
la fécondation de nombreuses vaches, l’IA
dispense les éleveurs de l’entretien d’un
taureau. En outre, le service de l’IA demeure
à un prix relativement abordable pour
les éleveurs, tant que le nombre d’actes
nécessaires pour assurer la fécondation est
raisonnable ... Toutefois, un ensemble de
conditions doivent être réunies pour que
l’IA continue son essor au Maroc. Il faut ainsi
veiller à l’équilibre des usages de semences
de races à viande et à lait, pour garantir de
ne pas pénaliser une production par rapport
à l’autre, vu que la majorité des troupeaux
bovins sont à finalité mixte : lait et viande
simultanément.
Par ailleurs, il est plus que temps de penser
à une évaluation objective de la réussite des
actes de l’IA en éditant systématiquement
des statistiques fiables de terrain par

rapport aux pourcentages de fécondation


en première insémination. Par rapport au
gain génétique permis par l’IA, il est plus
que pertinent de se souvenir de l’affirmation
d’un ancien directeur de l’Institut National
de la Recherche Agronomique de France,
lors de la promulgation de la loi de l’élevage,
en 1966 : « Le sperme n’est ni de gauche,
ni de droite ; il est bon ou mauvais ». Cela
permettrait d’éviter les dérives politiciennes
qui pourraient être associées à l’usage de l’IA
et qu’il faut à tout prix écarter, pour ne pas
se contenter de reproduire un semblant de
biopouvoir stérile. Ainsi, dans le troupeau
laitier, la généralisation des accouplements
raisonnés est à envisager pour essayer de
corriger les lacunes de chaque élevage, ce
qui suppose d’y développer des systèmes
d’enregistrement de données sur les aspects
de production (rendement laitier, qualité
du lait, paramètres fonctionnels comme les
dystocies, les mammites, etc.). En parallèle,
dans les troupeaux à vocation plus mixte, il
faut éviter que l’IA ne serve juste de prétexte
à l’exhibition d’animaux avec des gènes
de type viandeux, car ceci ne représente
pas une prouesse en soi, si ces derniers ne
génèrent pas une véritable amélioration des
revenus des éleveurs qui y ont recours.
Pour cela la maîtrise des dépenses associées
au croisement industriel est plus que
salutaire et il semble que pareille posture
a fini par s’imposer au vu de la révision du
niveau de subvention initialement prévu.
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La qualité
de l’eau en élevage
Dr Younous Roudani, Dr Ali Hadjarab

Alors que la problématique de la qualité l’eau distribuée aux animaux d’élevage


est une cause entendue en élevage en Europe, notamment en hors sol, où l’eau
est traitée quasi systématiquement, elle ne fait que s’éveiller chez nous au Maroc,
principalement en aviculture.

L’eau, pourquoi une


telle importance ?

L’eau, intrant de plus en plus


coûteux, est le tout premier
aliment de tout être vivant,
dont les espèces animales. Chez
les mammifères, l’eau est un
constituant essentiel et majoritaire
du lait maternel (> 80 %). Les
animaux boivent en moyenne 2,5
fois plus qu’ils ne mangent. Les
jeunes animaux commencent à
consommer de l’eau très tôt de
façon autonome d’où l’importance
de disposer d’une eau de qualité
au niveau microbiologique et sans
antagonistes nutritionnels.
La maîtrise de la qualité
bactériologique
et
physicochimique de l’eau est un facteur
de réussite technico-économique.
En effet, les éleveurs ayant les
meilleures qualités d’eau ont
de
meilleures
performances.
Les élevages les plus productifs
distribuent une eau plus conforme
aux préconisations techniques et
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Agriculture du Maghreb
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ont des dépenses de santé moins


élevées.

Faire le bon diagnostic !

La maîtrise de la qualité de
l’eau passe obligatoirement par
une bonne connaissance des
caractéristiques physicochimiques
et bactériologiques de l’eau de
votre élevage. En effet, celles-ci
sont spécifiques à chaque élevage,
même si l’eau provient du même
réseau, d’où l’importance d’établir
un diagnostic personnalisé de
l’élevage et du bâtiment. Contrôler
régulièrement les critères de l’eau
distribuée aux animaux permet de
s’assurer que :
• Les caractéristiques physicochimiques sont adaptées,
• Les paramètres bactériologiques
sont en accord avec les
recommandations,
• Le circuit d’abreuvement est bien
protégé de toute contamination,
• Les traitements de l’eau mis en
place sont efficaces.

Analyser la qualité de
l’eau

A l’arrivée (Tableau 1)
L’eau arrivant à l’élevage circule
dans un circuit propre à chaque
exploitation et il est important de
connaître la qualité de l’eau bue
par les animaux. Le type d’analyse
à effectuer est fonction de la
source, des objectifs et du lieu de
prélèvement.

• Consommée par les


animaux (Tableau 2)

Comment interpréter
les caractéristiques
physico-chimiques ?
Qualité de l’eau :
Bien qu’il n’existe pas de
réglementation sur la qualité
de l’eau en élevages, des
recommandations peuvent être
Type d’analyse

Physico-chimique

Lieu de prélèvement

A l’arrivée du ou des bâtiments

Près du premier point de distribution


(i.e : au sas).

Fréquences

Réseau public : tous les 3 ans.


Puits et forage : tous les ans.

Tous les ans.

Précaution du
prélèvement

Remplir une bouteille plastique


n’ayant contenu que de l’eau de
source. Pas d’autres précautions
nécessaires

Prélèvement dans un flacon stérile


(en principe fourni par le laboratoire)
à conserver au froid avant remise au laboratoire
(voir plus loin).

Type d’analyse

données pour limiter les risques


sanitaires. Il est essentiel que
l’eau de boisson soit de bonne
qualité. Les critères de potabilité se
rapprochent des normes humaines
et l’apport d’une eau saine est un
facteur clé de santé et de bien-être
pour les animaux.

Bactériologique

Analyse bactériologique

Objectif

Connaitre la qualité de l’eau


consommée

Evaluer l’efficacité des opérations de nettoyage des


circuits d’eau.

Lieu de
prélèvement

En bout de ligne
Au dernier point de distribution, en l’absence du
cheptel (vide sanitaire pour les élevages concernés)
après nettoyage des circuits d’eau.

Analyse d’eau

Cas général

Analyse physico-chimique

Critères d’acceptabilité

Aspect visuel

Limpide

PH à 20°C

6.5 – 7.2

Dureté en TH

12 - 15

Titre Alcalimétrique Complet (TAC en °f)

10 – 15

Conductivité (en µS/cm)

200 - 800

Nitrates

˂50

Nitrites

˂0.1

Attention, Ne pas se fier aux


apparences : une eau claire n’est
pas signe de qualité !

Ammonium

˂0.5

Fer total (en mg/l)

˂0.20

Manganèse (en mg/l)

˂0.05

• Valeurs préconisées
en élevage (Tableau 3)
Chlorures (en mg/l)
Sulfates (en mg/l)
Matières organiques (O2 en mg/l)

˂250
˂5

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3
La qualité de l’eau en élevage
• Valeurs spécifiques à certains
élevages (Tableau 4)

Comment interpréter les


paramètres bactériologiques ?

• Valeurs standards (Tableau 5)


• Tolérances particulières (Tableau 6)

Les valeurs ci-dessus sont issues de données


publiées par les instituts techniques, dans la presse
professionnelle ou vétérinaire. Elles ne constituent
que des indicateurs sur les permissivités autour des
normes de potabilités humaines généralement
acceptées.
Lorsque la même source alimente le foyer
et l’élevage, on retiendra les valeurs les plus
exigeantes. De même, lorsqu’un atelier de
transformation agro-alimentaire est présent
sur l’exploitation, les normes bactériologiques
humaines s’imposent.

Choisir son traitement de l’eau

Il n’existe pas de traitement de potabilisation


répondant à tous les types d’élevages. Le choix de la
source principale et la mise en œuvre de traitements
sont à adapter en fonction des résultats d’analyse et
des objectifs de l’éleveur.
Les traitements de chloration et au peroxyde sont
les moins coûteux en investissement et en coûts de
fonctionnement. Ils sont suffisants dans la majorité
des cas. Le dioxyde de chlore peut être une alternative
gagnante avec un effet marqué sur le biofilm. Il faut
réserver l’UV en bout de ligne pour la transformation
en agro-alimentaire.
Les techniques d’électrolyse, de production
autonome de dioxyde de chlore représentent des
investissements lourds, qui ne se justifient qu’après
avoir bien diagnostiqué l’origine du problème et
écarté les solutions plus économiques. Ces techniques
exigent une maintenance extérieure fiable.

Au Maroc, de plus en plus


d’entreprises spécialisées, mettent
à disposition des éleveurs des
techniciens qualifiés afin de proposer
un système adapté. Il serait donc

Analyse d’eau

utile de prendre attache avec eux


afin de réaliser un audit qualité de
l’eau et rechercher les solutions les
plus adéquates pour tout élevage.

Valeurs ou tolérances particulières


Analyse physico-chimique

Bovins

volaille

Lapins

Ovins

Equins

˂50

˂100

Aspect visuel
Ph à 20°C

6.5 – 9.0

Dureté en TH

10 – 25

Titre Alcalimétrique Complet


(TAC en °l)

5.5 – 7.5
5.5 – 6.5 10 – 15
10 - 15

Conductivité (en µS/cm)


Nitrates

˂200

Nitrites

˂10

Ammonium
Fer total (en mg/l)
Manganèse (en mg/l)
Chlorures (en mg/l)

˂3000

Sulfates

˂1000

Matières organiques (O2 en


mg/l)
Analyse d’eau

Cas général

Analyse microbiologique
Nos critères d’acceptabilité

germes totaux à 20°C

˂100 / ml

germes totaux à 37°C

˂10 / ml

Coliformes totaux pour 100 ml

absence

Escherichia Coli

absence

Entérocoques fécaux

absence

Streptocoques fécaux pour 100 ml à 37°C

absence

Sulfito-réducteurs par 20 ml à 37°C

absence

Pseudomonas

absence

Analyse physico-chimique

Valeurs ou tolérances particulières


Bovins

volaille

Lapins

Flore totale par ml


·

germes totaux à 20°C

germes totaux à 37°C

Coliformes totaux pour 100 ml


˂ 20
˂10/100 ml

Escherichia Coli
Entérocoques fécaux

˂5/100 ml

Streptocoques fécaux pour 100


ml à 37°C
Sulfito-réducteurs par 20 ml
à 37°C
Pseudomonas

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Flore totale par ml

Analyse d’eau

42

˂5/100 ml

Ovins

Equins

6
Salon

La solidarité autour de la
planète élevage
Le SPACE 2015 s’est déroulé au Parc des expositions de
RENNES du 15 au 18 septembre. 106 226 visiteurs dont 15 042
internationaux de 125 pays (118 en 2014) étaient au rendez-vous
pour cette 29ème édition. Cette fréquentation, en légère baisse
(-7.4 %) due aux visiteurs français, a été largement compensée
par la progression très significative du visitorat international
(+13% par rapport à 2014). La venue de délégations importantes
du Maroc, d’Algérie, de Chine, d’Egypte, d’Iran, d’Inde et de
différentes provenances au niveau mondial ont ancré le SPACE
dans sa dimension de « Planète Elevage ».

oncernant la participation des exposants, les


records précédents de
2014 ont été à nouveau
dépassés : 1 449 exposants de
38 pays étaient présents (contre
1 428 en 2014), dont 200 nouvelles entreprises. La progression des exposants
étrangers
était particulièrement sensible,
avec 494 entreprises présentes
(contre 458 en 2014), soit 34%

du total des exposants. Les surfaces de stands et d’exposition


étaient aussi en progression,
avec 69 576 m² de surface nette
(plus 576 m² par rapport à 2014
et plus 1 076m² par rapport à
2013) sur une surface brute totale de 116 500 m².
Malgré un contexte inédit et tendu pour son ouverture, le SPACE
2015 s’est déroulé et terminé de

manière positive, grâce à la détermination et à la solidarité de


ses organisateurs et de ses participants. L’implication très forte
des exposants, et le haut niveau
qualitatif des stands et de leurs
animations en témoignent : le
SPACE revêt une dimension stratégique pour l’avenir de leurs entreprises grâce au
nombre et à la
qualité des contacts qui s’y sont
développés. Les éleveurs ont encore des projets, la modernisation des élevages
continue sous
toutes ses formes. Le SPACE permet donc à tous, exposants et
éleveurs, de se rencontrer dans
une atmosphère conviviale pour
trouver en commun des perspectives pour l’avenir du monde
des productions animales.
L’édition 2015 aura également
été marquée du sigle des Innov’Space avec ses 48 lauréats,
donc 5 mentions spéciales. La
célébration des 20 ans de cette
opération lors de la soirée des
exposants, a permis de distinguer en particulier les entreprises qui ont le plus
souvent
reçu cette distinction. Elles ont
pu témoigner de la valeur accordée à ce label qui est une
marque de reconnaissance du
travail des équipes de recherche
pour répondre aux besoins des
éleveurs, et une reconnaissance
de l’ensemble de la profession.
Le succès de la plate-forme recherche et développement sur
le thème « Je connecte mon
élevage – la performance au
bout des doigts » démontre
que les visiteurs du SPACE, et
les éleveurs dans leur ensemble,

sont à la recherche
d’outils performants
et
novateurs
pour améliorer la
performance de leurs
exploitations, le bienêtre des animaux,
et améliorer leurs
conditions de travail.
Pendant ces quatre
jours, les nombreux
échanges sur cette plate-forme
ont permis à ses intervenants
d’apporter de l’information
sur l’alimentation de précision,
l’environnement numérique en
élevage laitier, la valorisation
des données en élevage avicole,
et la sélection génétique
d’avenir.
Les présentations animales
étaient également placées sous
le signe de l’innovation avec la
vente aux enchères multi-races
unique en France. Elle présentait des animaux Prim’Holstein,
Normande, Pie Rouge, Brune et
pour la première fois Montbéliarde mais aussi Limousine. Elle
a rencontré un grand succès
avec la vente de plusieurs animaux à l’export, notamment au
Portugal. Le Festival génétique
limousin a mis cette race à l’honneur cette année et a été renforcé par la
participation d’éleveurs
du berceau, malheureusement
réduite pour raisons sanitaires.
En cette période de turbulences
pour les productions animales,
la richesse, la diversité et le
nombre d’échanges entre professionnels des productions
animales que le SPACE 2015
a permis, réaffirment son rôle
d’événement fédérateur pour le
monde de l’élevage, et sa place
capitale pour tracer des perspectives d’avenir.
Les organisateurs donnent
rendez-vous à tous ses acteurs
français et internationaux pour
la 30ème édition qui se déroulera
du 13 au 16 septembre 2016, à
Rennes.

Agriculture du Maghreb
N° 89 Novembre 2015

43
INFORMATIQUE

Le suivi peut-il être effectué


efficacement grâce à un logiciel ?
Dans le domaine de l’élevage, à l’instar de toutes les filières de
l’agriculture, les progrès techniques et scientifiques ont affecté
l’ensemble des étapes des productions animales. Ces techniques
ont entrainé des modifications profondes des systèmes de production aussi bien dans
la gestion des parcours, des exploitations et des troupeaux, la préparation et
distribution d’aliments,
la traite des vaches laitières, ventilation locaux, etc.
Le progrès technique agricole a agi
pour une meilleure satisfaction de
la demande sociétale, en assurant
une
forte
augmentation
des
productions, un respect du bien être
des animaux, une meilleure maîtrise
de l’impact des animaux d’élevage
sur l’environnement, ... Cela passe par
une amélioration des performances
des élevages ainsi que par le
perfectionnement de très nombreux
facteurs.
L’un des axes majeurs de cette
évolution est le recours à l’informatique
et la mise sur le marché par les éditeurs
de logiciels de gestion d’élevage
d’outils aussi divers et innovants que
simples d’utilisation, performants,
évolutifs … Certaines de ces solutions
peuvent même être spécifiques à
une utilisation particulière ou être
personnalisées pour chaque utilisateur.
Ces outils sont également adaptés aux

différents systèmes d’exploitation des


ordinateurs et permettent aussi d’être
connecté aux élevages, en temps réel
et même à distance.
Il ne faut pas oublier par ailleurs que
la généralisation de l’utilisation des
Smartphones a incité les concepteurs
à mettre au point des applications
permettant à l’éleveur d’être en
connexion permanente avec son
élevage et d’intervenir à distance sur
toutes les opérations qu’il voudrait
réaliser.

Suivi complet et architecture modulaire

La plupart de ces outils informatiques


se caractérisent par une architecture
modulaire avec plusieurs modules se
complétant les uns les autres et qui lui
permet de s’adapter précisément à
la diversité des productions et des

besoins des entreprises d’élevage


(élevage allaitant, élevage laitier,
mixte, mais aussi atelier de finition...).
L’utilisateur peut opter pour des
solutions intégrant l’ensemble des
activités à maitriser ou pour des
modules séparés avec la possibilité
de les regrouper ultérieurement. On
peut citer ci-après quelques exemples
de ces logiciels en signalant que les
fournisseurs sont nombreux de même
que les solutions proposées sont aussi
diversifiées que les activités et secteurs
d’élevage.

L’identification l’enregistrement et la traçabilité des


animaux

Outils
informatiques
accessibles
à tous, dont le premier rôle est
de fournir aux vétérinaires et aux
éleveurs un registre sanitaire d’élevage
numérisé parfaitement conforme à
la réglementation. Fonctionnant sur
le principe de la mise en commun
des données au sein d’un serveur,
ils permettent la valorisation des
informations dans le cadre de la
pratique quotidienne (plannings,
animaux à examiner, traitements en
cours) et la surveillance des maladies
en temps réel. Il peut aussi servir de
support à la mise en place de suivis plus
élaborés grâce auxquels le vétérinaire
peut proposer à ses clients un service
d’expertise pour répondre à des
problématiques sanitaires identifiées.

Logiciels de suivi d’élevage

Gérer l’identification des animaux de


différents types d’élevage, disposer de
leurs résultats (individuels, troupeau,
contrôle de performances, ...), conduire
le troupeau au quotidien (trier les
animaux, suivre la reproduction, ...),
gérer le suivi administratif, le sanitaire,
optimiser et simplifier la gestion
technico-économique de l’élevage,
surveiller la croissance des animaux et
réaliser des prévisions, …

Comptabilité et paie

L’outil d’aide à la gestion des finances,


comptabilité et gestion pour les
entreprises qui recherchent un logiciel
44

Agriculture du Maghreb
N° 89 Novembre 2015
simple à utiliser et qui évolue avec leurs besoins, leur proposant une gamme
complète de modules avec souvent des liens directs entre modules ou logiciels
différents mais complémentaires.
Ainsi, des logiciels sont conçus pour les besoins spécifiques liés à la main
d’œuvre
agricole afin de rendre la paie accessible à tous et permettant l’établissement de
bulletins de salaire incluant le personnel permanent, les ouvriers occasionnels,
les
heures supplémentaires, etc.
Quand à la comptabilité elle est effectuée par des solutions de gestion comptable
et financière des exploitations agricoles qui sont de véritables outils d’aide à la
décision avec des données en temps réel assurant une bonne visibilité pour de
futurs investissements, maitriser les charges, etc.

Logiciels pour l’optimisation des rations


pour l’alimentation de bétail

Etablissent les plan d’alimentation avec estimation d’ingestion de la ration de


base et corrections animal, pour une alimentation « sur mesure », intégrant un
maximum d’éléments nécessaires à la santé de l’animal, coûts, disponibilité
des composants à la ferme ou chez le distributeur, etc. Ils prennent en compte
différents paramètres tels que phases du développement de l’animal, liste de
fourrages et aliments, concentrés et minéraux du commerce, bilan fourrager
pour l’estimation des besoins et des stocks de fourrage… Ainsi, ils permettent
l’augmentation des profits grâce au calcul de l’Alimentation au moindre coût et
l’impression des graphiques d’analyse de la ration pour un aperçu rapide des
résultats (bilan d’acides aminées, bilan nutritionnel complet) et l’éleveur peut
adapter ses rations « en temps réel ».
D’autres permettent aussi la gestion administrative et économique des ateliers
de Fabrication d’Aliment à la Ferme grâce à un moteur d’optimisation qui permet
de construire de manière automatique les compositions idéales de rations pour
les animaux d’élevage.

Gestion commerciale

L’informatique est aussi au service des négociants et éleveurs et les aide à


organiser et développer leurs activités commerciales allant de la reproduction
en passant par les ateliers d’engraissement, la gestion des stocks ou des achats,
jusqu’à la préparation des expéditions et la commercialisation. Ces opérations se
font grâce à des services adaptés et une facilité d’accès assurant un important
gain
de temps. Ces outils servent aussi à une meilleure optimisation de la trésorerie de
l’éleveur ou de l’entreprise

Autres logiciels spécialisés

D’autres logiciels sont spécialement conçus pour les professionnels d’élevage


canin, sous forme de base de données de fiches individuelles à chaque animal
simplifiant les suivis sanitaires et administratifs.
Pour la gestion des élevages d’oiseaux, on trouve des logiciel pratiques, simples
et très complets, avec base de données spécialisée, permettant de piloter un
élevage dans son intégralité en n’oubliant aucun des paramètres indispensables :
espèces, couples, couvées, œufs, suivis d’élevage à la main, traitements, stock
etc.
Pour les chevaux aussi les logiciels permettent de retrouver toutes les
informations
concernant les aspects administratifs (identification, comptabilité), sanitaires
(vaccinations) que la reproduction et les performances.
Agriculture du Maghreb
N° 89 Novembre 2015

45
NUTRITION

Cultures fourragères

Relancer l’Association Vesce-avoine


Abdelmoumen Guennouni

En agriculture et élevage, les fourrages sont des productions végétales utilisées


dans l’alimentation du bétail ruminant et peuvent
être constitués d’espèces herbacées cultivées isolément ou en associations. Ces
dernières, constituées de graminées et de légumineuses, peuvent être distribuées
aux animaux directement en frais ou après conservation (foin, ensilage), permettant
de faire face
aux besoins des animaux en toutes saisons. Cependant, après avoir connu un certain
engouement, cette culture tend à être délaissée
en raison, essentiellement, de problèmes d’approvisionnement en semences.

Vesce : (Bouzghiba,
Nefla, Jelbana, …)
La vesce (genre Vicia) est une légumineuse fourragère annuelle,
dont il existe, au Maroc, plus de
60 espèces et variétés dans les
pâturages et aussi comme adventices dans les cultures céréalières. La plus cultivée
est surtout
la vesce commune (Vicia sativa),
mais dans les régions d’altitude
on emploie aussi la vesce velue
(Vicia villosa). Ses besoins en eau
sont très modérés (à partir de 300
mm), ne supporte pas les sols
gorgés d’eau et accomplit son cycle en 6-7 mois (jusqu’à la maturité). Les graines
sont sphériques
de 4-6 mm de diamètre, pesant

46

entre 45 et 120 (60 en moyenne)


grammes les 1.000 graines.
A l’instar de toutes les légumineuses la vesce forme des nodosités racinaires
(symbiose avec
une bactérie fixatrice d’azote
atmosphérique du genre Rhizobium) enrichissent le sol en
azote organique rapidement minéralisable dont profite la culture
associée (avoine) et les cultures
suivantes dans l’assolement.

Avoine : (Khartal)
L’avoine cultivée (Avena) est une
graminée annuelle cultivée soit
seule (comme fourrage ou pour
la production de grain) soit en
association avec la vesce ou le

Agriculture du Maghreb
N° 89 Novembre 2015

pois fourrager. C’est une plante


connue des agriculteurs pas sa
rusticité, sa résistance au froid,
à la sécheresse et à l’acidité du
sol, son fort tallage et son adaptation à tous types de sols ainsi
qu’à toutes les régions du pays.
La durée de son cycle est de 5-8
mois et le poids de 1.000 grains
est d’environ 40 grammes.
Deux types d’avoine sont utilisés
par les agriculteurs :
- l’avoine du pays (beldi) : variété population non sélectionnée,
préféré par les agriculteurs en
raison de la facilité de sa consommation par le bétail
- l’avoine ‘‘tutrice’’ : variétés semi-précoces bien adaptées au

cycle de la vesce. Il est essentiel


de choisir une variété assez solide
pour servir de bon support mais
pas trop au risque d’être refusée
par le bétail (sauf à être broyée).

Pourquoi associer
vesce et avoine ?
Les mélanges fourragers (céréale
+ légumineuse) sont utilisés
depuis longtemps en raison de
leur bonne valeur alimentaire,
de la facilité de leur culture, leur
adaptabilité à toutes conditions
de production et sont bien appréciés par les animaux. Sur le
plan agronomique, le mélange
d’espèces fourragères exploite
mieux les conditions du milieu,
assurant une meilleure productivité et un aliment plus complet
que les mêmes espèces cultivées
isolément. Ainsi, le système racinaire fasciculé des céréales et
celui pivotant des légumineuses
exploitent plus les différents horizons du sol (humidité, éléments
minéraux).
Parmi ces associations, la plus fréquente au Maroc (80%) est le mélange de vesce et
d’avoine, la vesce assurant la qualité biologique
du fourrage grâce à l’apport
protéinique et l’avoine servant
de support auquel s’accroche la
légumineuse grâce à ses vrilles et
assurant l’apport calorique.
En plus de son rôle dans l’assolement, la culture peut assurer à
l’agriculteur un bon rendement,
équivalent au maïs, avec une
meilleure qualité nutritive. En
zone bour favorable ou en irrigué, le rendement par hectare du
mélange peut atteindre 8-10 t de
matière sèche équivalant à environ 35 t en frais, sachant que les
résultats sont meilleurs sur sols
riches, fertiles et dans les zones à
plus forte pluviométrie.
Au Maroc, l’association vesce
avoine est semée en automne
(pour bénéficier au maximum des
précipitations), essentiellement
en bour et accessoirement en irrigué quand les disponibilités en
eau d’irrigation ne permettent
pas de cultiver des plantes plus
exigeantes.
Par ailleurs, la culture du mélange
vesce-avoine est aussi ‘‘aisée’’
que celle des céréales et se pratique dans toutes les régions du
royaume
Valeur alimentaire
Elle est variable, puisque le fourrage est un mélange de deux
espèces qui ne sont jamais récoltées aux mêmes stades et dans
les mêmes proportions d’une
parcelle à une autre. De même,
selon l’utilisation envisagée du
mélange (vert, foin, ensilage)
l’époque de récolte est différente
d’où une valeur alimentaire distincte dans les 3 cas. Selon l’Inra,
en moyenne on admet que :
- le fourrage vert récolté alors que
la vesce est en floraison apporte
0,17 U.F. au kilogramme et 17 g
d’équivalents protéiques,
- 1 kg d’ensilage apporte seulement 0 ,12 U.F. et 8 g d’équivalents protéiques
- le foin est de valeur différente
selon le fanage et varie, pour 1 kg
MS, entre 0,4 et 0,57 U.F. et 60-90
g d’équivalents protéiques.
D’autres données indiquent que
la valeur alimentaire varie de 0,66
à 0,75 UFL/kg de MS, sachant
qu’elle s’améliore avec l’augmentation de la proportion de vesce
dans le mélange.
Semences : disponibilité et prix
Au Maroc, les prix des semences
certifiées fourragères sont libres
et sont déterminés en début
de campagne en fonction des
disponibilités et de la demande
du marché. Cependant, malgré
la hausse de l’offre et la relative

stabilité des prix des semences


(féverole, avoine et vesce), les
ventes ont enregistré, en 200607, une chute de 32 % (8.200qx)
par rapport aux ventes réalisées
en 2005-06 (12.000 qx), soit 45%
du disponible. Cette situation est
attribuée au recours d’une partie
des agriculteurs à la production
commune pour satisfaire leurs
besoins en semences, à la suite
des bons résultats de la campagne agricole 2005-06.
D’après les données du ministère de l’agriculture, les prix d’un
quintal de semences R2 d’avoine
ont fluctué de 2002 à 2009 entre
470 et 665 dh et entre 535 et 700
dh pour celles de la vesce, soit
une fourchette de 41 et 31% respectivement.
Raisons d’une désaffection
La culture du mélange vesce-avoine, malgré les avantages
qu’elle apporte à l’agriculteur et
à l’éleveur, reste handicapée par
plusieurs freins qui l’empêchent
de prendre une part plus importante parmi les cultures fourragères et dans les
assolements.
Parmi ces contraintes on peut
citer :
- La disponibilité de semences
- Le manque de maitrise par les
agriculteurs du processus de production (équilibre entre vesce et
avoine, fertilisation, lutte contre
les adventices, …)
- Le prix des semences
- Les grains d’avoine non germés
ou tombés à maturité (récolte
trop tardive) risquent de germer
les années suivantes comme adventices. Même chose en cas de
montée en graine des adventices
- Le manque d’information et
d’encadrement des producteurs
- Absence de travaux de recherche connus

Itinéraire technique
Place dans l’assolement
Peu exigeante envers le précédent cultural, l’association
vesce avoine peut remplacer
avantageusement la jachère et
constituer un bon précédent si
les conditions régionales (pré-

cipitations) sont favorables et si


la coupe a été précoce évitant la
montée en graine des adventices
et permettant un travail précoce
du sol. En outre si la culture est
bien conduite elle est considérée
comme nettoyante.
Cependant, la production est
meilleure après les légumineuses
(fève, …) et les cultures sarclées
(tournesol, betterave, …) alors
qu’il est préférable d’éviter un
précédent céréale, même si dans
la pratique c’est la succession la
plus fréquente. En effet, cette
succession peut renforcer, à la
longue, les effets connus de la
monoculture céréalière, c’est à
dire déséquilibre des éléments
minéraux dans le sol, multiplication des adventices et maladies
spécifiques, …
Préparation du sol
Elle commence juste après la fin
des travaux de récolte du précédent cultural (fin printemps
début été) et dépend de ce précédent et du type de sol et peut
consister en labour profond sans
retournement et sans mottes.
Elle peut aussi se limiter à un labour peu profond juste après la
culture précédente (entre 20 et
25 cm pour l’enfouissement des
restes de culture et des graines
d’adventices) suivi, avant semis, de travaux superficiels (5-6
cm) à l’aide d’outils à dents ou à

disques. Ces opérations devraient


permettre la préparation d’un
bon lit de semences et de préserver l’humidité du sol nécessaire à
la germination.
NB : Une préparation inadéquate
du sol cause une germination incomplète des grains d’avoine et
graines de vesce, qui resteront
dans le sol et germeront comme
adventices dans les cultures des
années suivantes.
Fertilisation
L’apport de matière organique
avant le premier labour est à recommander vu les avantages qu’il
apporte sur le plan de l’alimentation des plantes cultivées, sur la
structure du sol et l’amélioration
de sa capacité de rétention de
l’humidité. Les agriculteurs n’ont
presque jamais recours à cette
pratique en grandes cultures
même s’ils sont conscients de
son utilité à court et long terme
(disponibilité, besoin de grandes
quantités, coût, …).
La fumure minérale aussi est souvent négligée par les agriculteurs
alors que c’est une composante
majeure du rendement et qu’elle
est essentielle pour maintenir la
richesse du sol et l’équilibre minéral. Cependant, elle est difficile
à déterminer en raison de la différence entre les besoins des deux
cultures et l’analyse du sol reste le
meilleur moyen d’ajuster les ap-

Agriculture du Maghreb
N° 89 Novembre 2015

47
ports d’engrais aux exigences de
la culture. Les doses nécessaires
dépendent essentiellement du
précédent cultural, d’un éventuel
apport de matière organique, des
précipitations, du rendement espéré, de la part de chacune des
espèces dans le mélange, etc.
L’objectif est de trouver le meilleur compromis entre la production de fourrage et
sa qualité biologique.
En fond on apportera la totalité
des engrais phosphatés et potassiques à mélanger au sol au
cours de la dernière phase de sa
préparation. Une partie de l’azote
peut être incorporée en même
temps, le reste pouvant être apporté en couverture, sachant
que la vesce, à l’instar de toutes
les légumineuses, est une plante
fixatrice d’azote atmosphérique
(symbiose).
Concernant les doses à apporter
et à titre indicatif (pour un sol
de bonne fertilité, un mélange
standard et des précipitations
‘‘moyennes’’) les données bibliographiques conseillent entre 50
et 60 Unités de P205 et autour de
50 Unités de K20 par hectare.
Par contre, les besoins en engrais
azotés sont inférieurs en raison
de l’activité assimilatrice d’azote
atmosphérique de la vesce et de
toutes les légumineuses. Ces besoins sont estimés à moins de 25
U dont une partie sera apportée
avec les autres engrais de fond,
essentiellement sous forme de
sulfate d’ammoniaque 21%.
Semis
Sur le marché on ne trouve pas
de mélange ‘‘prêt à l’emploi’’ et
l’agriculteur doit procéder lui48

même à la composition de sa
propre combinaison (adaptée à
ses conditions particulières). La
détermination de la densité de
semis et la composition du mélange est essentielle pour l’obtention d’une bonne
production de
fourrage équilibré, sachant que
les légumineuses sont la base de
composition de chaque mélange.
L’agriculteur devra aussi avoir en
vue de favoriser les espèces relativement faibles et un peu plus
tardives (légumineuses) et limiter la prédominance des espèces
‘‘agressives’’ ou étouffantes (avoine) afin d’obtenir un mélange approprié.
La densité dépend essentiellement des conditions de la zone
de production, de la préparation
du sol, de la force de concurrence
des composants du mélange, ...
Elle devra être réduite dans les
zones à faible pluviométrie et
dans les sols bien préparés et au
contraire augmentée dans les
zones pluvieuses et dans un sol
moins bien préparé.
Ainsi, selon certains chercheurs,
la dose de semis serait entre 90 et
180 kg/ha (correspondant à 350400 plantes/m2) dont la vesce
représenterait 50 à 66% (125-200
graines/m2) et l’avoine 33 à 50%
(80-150 grains/m2), mais des essais ont montré que la meilleure
composition est 2/3 de vesce
et 1/3 d’avoine. A signaler que
l’expérience du producteur lui
permettra d’adapter les doses de
semis au résultat désiré et à ses
propres conditions locales.
Sur le plan technique, les semences des deux espèces doivent
être bien mélangées et il est préférable d’effectuer l’opération au

Agriculture du Maghreb
N° 89 Novembre 2015

semoir en ligne car le semis à la


volée peut être moins homogène
vu la différence de poids entre la
vesce et l’avoine tout en exigeant
plus de semences, d’autant plus
que le semoir permet une meilleure maitrise de la profondeur
de semis (5-6 cm).
Le semis doit être effectué le plus
tôt possible, pour permettre l’obtention d’un peuplement dense
avant la période hivernale. La
meilleure date est le mois d’octobre qui permet d’obtenir un
rendement optimal et le meilleur
équilibre du mélange récolté
conditionnant sa qualité biologique.
Levée et croissance
Selon les conditions de la région
de production et les variations
climatiques ou culturales une des
deux espèces composant le mélange profite plus que l’autre entraînant une
croissance différente
et une variation dans la composition en poids du mélange.
Il faut rappeler que, pour les graminées, la formation des organes
végétatifs et reproducteurs se fait
en période de jours courts et que
pour la floraison et l’accumulation des réserves la plupart des
espèces fourragères exigent un
accroissement plus ou moins élevé de la durée du jour.
NB : Si un épillet d’avoine (2-3
grains) est semé entier, seule le
premier grain germera la première année les autres garderont leur capacité
germinative
et ne germeront que les années
suivantes (un grain à la fois) et
constitueront des adventices
pour les autres cultures de la rotation.

Travaux d’entretien
Dans la pratique les agriculteurs
négligent le plus souvent les travaux d’entretien estimant que
pour un fourrage ce n’est pas
nécessaire. Les opérations d’entretien se résument à l’irrigation
d’appoint quand c’est possible et
nécessaire, la fertilisation de couverture, la lutte contre les adventices et les
maladies. L’irrigation
d’appoint même à faible dose,
peut avoir un effet considérable
et des études ont montré que
souvent, un ou deux arrosages
suffisent à doubler les rendements. De même, une pré-irrigation peut s’avérer utile
surtout
si les précipitations automnales
tardent à venir. A rappeler,
d’autre part, que les semis n’étant
pas effectués en lignes espacées,
les travaux de sarclage et binage
des interlignes n’est pas possible.
Apport azoté
En couverture, les quantités
d’azote à apporter au mélange
sont dans la continuité du raisonnement de la fertilisation de fond
et ces apports devront compléter
ce qui a été apporté au démarrage de la culture. L’azote devrait
être apporté sous forme d’ammonitrate 33% (préférable à l’urée
46%) et pourrait être augmenté
en cas de fortes précipitations en
cours de cycle.
A noter qu’une dose élevée
d’azote peut avoir une nette incidence sur la proportion d’avoine dans le mélange
ainsi que sur
le rapport feuilles/tiges et par
conséquent sur la production
qualitative et quantitative de
l’association. Cette incidence est
liée au renforcement du tallage
qui est aussi augmenté par un
semis assez clair, peu profond et
précoce.
Protection de la culture
La vesce-avoine est une culture
nettoyante et étouffante empêchant le développement de la
plupart des adventices. Cependant, la présence de mauvaises
herbes peut avoir un effet négatif sur l’opération récolte et sur la
qualité du produit obtenu. Parmi
les espèces les plus dangereuses
il faut signaler l’orobanche contre
laquelle il faut adopter une démarche essentiellement préventive. Le désherbage
chimique
étant quasi impossible, la vesce
et l’avoine appartenant à deux
groupes différents (mono et dicotylédones), il faudrait recourir
à d’autres méthodes agronomiques préventives. Les plus
importantes sont l’assolement,
le labour avant semis, la date
et densité de semis, l’utilisation
de semences sélectionnées indemnes de graines d’adventices,
le désherbage manuel dans certains cas, la récolte précoce en cas
d’attaque sévère, …
Les ennemis et parasites du mélange vesce-avoine sont peu
nombreux et sont connus sur
d’autres cultures (luzerne, …),
leurs dégâts sont limités et ne
nécessitent pas de lutte particulière. Sur le plan cryptogamique,
le mélange est moins sujet aux
maladies que la vesce et l’avoine cultivées séparément et les
mesures préventives et curatives
sont bien connues.
Récolte et stockage
Il s’agit ici de réduire au maximum
les pertes en valeur nutritive, sachant que la récolte et le stockage de tout
produit entraîne des
pertes plus ou moins importantes
et qu’une plante fauchée continue à vivre tant que sa teneur en
eau demeure supérieure à 35%.
De même, l’association vesce
avoine est composée de deux
espèces différentes et le meilleur
moment pour la coupe est forcément un compromis entre les
stades de développement des

deux plantes. Pour cela il faut


prendre en considération que :
- la valeur fourragère de la vesce
croit jusqu’à la floraison et décroit
ensuite. Il faut donc la couper au
plus tard avant la formation des
gousses
- l’avoine doit être récoltée au
stade de l’épiaison floraison et
au plus tard à la formation des
grains.
Trois années d’essais à Meknès
ont montré que l’association vesce-avoine atteint un maximum de
production au stade « grain laiteux » de l’avoine mais l’optimum
se situe aux stades « floraison des
vesces ou début formation des
gousses et épiaison en cours de
l’avoine » (Ouknider).
Ainsi, même si le cycle complet
de la vesce et de l’avoine dure 7
à 8 mois jusqu’à la maturité, la
coupe se fait en général 6 mois
après le semis et varie selon les
régions, les pratiques culturales,
les conditions de l’année, l’utilisation envisagée, etc. Généralement, elle
s’effectue environ un
mois avant le début des moissons céréalières, la fauche pour
l’ensilage étant légèrement plus
tardive que celle pour le foin alors
que pour le fourrage vert la coupe
peut se faire progressivement selon les besoins.
Pour le foin, usage prédominant,
il est nécessaire d’effectuer la
coupe par temps sec et de laisser
sécher sur place (fanage) en retournant fréquemment et en évitant une trop longue
exposition
au soleil qui risque d’altérer sa
couleur et ses qualités nutritives
(pertes en provitamine A). Une
fois séché le fourrage doit être
rentré soit en vrac soit en ‘‘balles’’
après bottelage à la ramasseuse
presse, sachant que la dessiccation peut continuer pendant
que les balles sont encore sur le
champ ou au cours de leur manipulation.
Pour l’ensilage l’opération doit
être effectuée à l’ensileuse le plus
vite possible et après avoir haché
le mélange (préférable pour faciliter le tassement et l’élimination
de l’air). Il faut aussi remplir et fer-

Prix des semences R2 en Dh/ql


Type de
semence

200809

200708

200607

2005
-06

2004
-05

2003
-04

2002
-03
Avoine

665

590

500

505

470

599

540

Vesce

700

640

530

535

535

540

540

Source : Mapm

mer rapidement les silos (tranchées, taupinières).


Mécanisation
La mécanisation du travail dépend de la taille des surfaces de
fourrage à récolter et à manipuler et peut consister en matériel
simple, différent pour chaque
opération ou en machines effectuant plusieurs opérations à la
fois (ensilage). En général, le matériel utilisable pour la coupe, le
fanage et le ramassage du fourrage est disponible dans toutes
les régions céréalières du pays,
d’autant plus que c’est du matériel courant qui ne coûte pas
cher et que son utilisation ne
coïncide pas avec les périodes
de forte demande. Ainsi, divers
types de faucheuses sont disponibles et la coupe est facile et rapide si
l’équilibre du peuplement
est bien réalisé, de même pour
les râteaux faneurs qui servent à
l’endainage et au retournement
de l’herbe fauchée.
En foin, le bottelage par ramasseuse-presse ne pose pas
de problèmes particuliers. Les
producteurs et éleveurs de

certaines régions préfèrent les


presses utilisant du fil de fer au
lieu de ficelle plastique (les plus
utilisées).
Pour l’ensilage aussi (avec ou
sans préfanage) différents types
d’ensileuses plus ou moins perfectionnées

sont

disponible

essentiellement auprès des éleveurs produisant leur propre


fourrage.

Différents

disposi-

tifs peuvent leur être ajoutés


comme des applicateurs d’acide
lactique, de conservateurs et
correcteurs d’ensilage, etc.
Dans tous les cas, il faut veiller à
réduire le nombre de passages
de matériel dans les parcelles
pour éviter le tassement du sol
et les difficultés de sa préparation pour la culture suivante.
A signaler qu’on peut recourir à
des machines et techniques plus
avancées (séchage par ventilation, déshydratation, …) pour
obtenir une meilleure qualité
nutritive, conservation ou pour
des utilisations particulières.

Agriculture du Maghreb
N° 89 Novembre 2015

49
‫الخرطال‬
‫العلف‪ ،‬يجب إدخاله إىل المخزن سواء بشكل سائب أو عىل‬
‫شكل حزم )باالت(‪ ،‬مع العلم أن عملية جفاف »الباالت«‬
‫تبقى مستمرة و هي يف الحقل بل و حتى أثناء تداولها‪.‬‬
‫أما بالنسبة للسيالج‪ ،‬فإن العملية يجب أن تتم بأسرع ما‬
‫يمكن‪ .‬فبعد سحق الخليط لتسهيل مراكمته و الحد من‬
‫الفراغات الهوائية‪ ،‬يجب ملء و غلق المخازن )الخنادق(‬
‫بسرعة‪.‬‬

‫المكننة‬

‫مرتبطة بتقوية االشطاء )التف رع( الذي يزداد أيضا يف‬


‫حال البذار الخفيف الكثافة‪ ،‬المبكر و قليل العمق‪.‬‬

‫حماية الزراعة‬

‫إن الزراعة المختلطة »بوزغيبة‪-‬خرطال«‪ ،‬هي زراعة‬


‫منظفة و خانقة و مانعة لتطور أغلب األعشاب الضارة؛‬
‫و مع ذلك فإن وجود مثل هذه األعشاب قد يكون له‬
‫أثر سلبي عىل عملية الحصاد و عىل المحصول‪ .‬و من‬
‫بين األجناس األكثر خطورة يمكن اإلشارة إىل الهالوك‬
‫و الذي من األفضل التعامل معه بطريقة وقائية‪ .‬و‬
‫ألن المكافحة الكيماوية شبه مستحيلة لكون بوزغيبة‬
‫و الخرطال ينتميان لمجموعتين مختلفتين )وحيدة و‬
‫ثنائية الفلقة(‪ ،‬فإنه يجب اللجوء إىل أساليب زراعية‬
‫وقائية أخرى‪ .‬و لعل أهم هذه األساليب‪ :‬التناوب‬
‫الزراعي‪ ،‬الحرث قبل البذار‪ ،‬موعد و كثافة البذار‪،‬‬
‫إستعمال بذور مختارة خالية من بذور األعشاب المضرة‪،‬‬
‫إزالة األعشاب يدويا يف بعض الحاالت‪ ،‬الحصاد المبكر‬
‫يف حالة االجتياح القوي للعشاب الضارة‪.....‬‬
‫إن الطفيليات و أعداء زراعة خليط بوزغيبة و الخرطال‬
‫ليسوا كثيرين و هم معروفون باألحرى يف زراعات أخرى‬
‫)فصة‪ ،)...،‬و خسائرهم محدودة و ال يتطلبون تعامال‬
‫خاصا‪ .‬و عىل مستوى األمراض الفطرية‪ ،‬فإن الخليط‬
‫أقل عرضة لها مقارنة بزراعة النوعين بشكل منفرد؛ كما‬
‫أن اإلجراءات الوقائية و العالجية معروفة جيدا‪.‬‬

‫الحصاد و التخزين‬

‫إن الهدف هو الحد إىل أقصى درجة من الخسائر يف ما‬


‫يخص القيمة الغذائية‪ ،‬مع العلم أن حصاد و تخزين أي‬
‫منتوج يؤدي حثما إىل خسارة أكثر أو أقل حجما‪ ،‬و أن‬
‫أي نبتة تستمر يف الحياة حتى بعد الحصاد طالما بقي‬

‫مخزونها من الماء يفوق ‪.35%‬‬


‫و أيضا‪ ،‬و بما أن خليط بوزغيبة و الخرطال يتكون من‬
‫جنسين نباتيين مختلفين‪ ،‬فإن تحديد الوقت المناسب‬
‫للحصاد هو بالضرورة عملية موافقة بين مراحل تطور‬
‫النبتتين معا‪ .‬من أجل هذا يجب مراعاة أن‪:‬‬
‫القيمة العلفية لبوزغيبة تزداد حتى مرحلة اإلزهارثم تبدأ يف اإلنخفاض بعد ذلك‪ ،‬و بالتايل فإنه يجب‬
‫حصادها قبل تك ون القرون عىل أبعد تقدير‪.‬‬
‫حصاد الخرطال يجب أن يكون عند مرحلة التسنبل‪-‬اإلزهار‪ ،‬و عىل أبعد تقدير عند تكون البذور‪.‬‬
‫و قد أظهرت تجارب أجريت بمكناس عىل مدى ‪ 3‬سنوات‪،‬‬
‫أن خليط بوزغيبة و الخرطال يحقق أقصى إنتاج له عند‬
‫مرحلة البذرة الحليبية للخرطال؛ غير أن الحالة األمثل‬
‫تكون عند مراحل <<إزهار بوزغيبة أو بداية تك ون‬
‫القرون و أثناء تسنبل الخرطال >> حسب السيد أوكنيدر‬
‫من المدرسة الوطنية للفالحة‪ .‬و هكذا‪ ،‬حتى و إن كانت‬
‫الدورة الزراعية الكاملة لكل من بوزغيبة و الخرطال‬
‫تستمر لما بين ‪ 7‬و ‪ 8‬أشهر حتى النضج‪ ،‬فإن الحصاد‬
‫يتم غالبا ‪ 6‬أشهر بعد الزرع مع تفاوت حسب المناطق‪،‬‬
‫و الممارسات النباتية و ظروف الموسم و اإلستعمال‬
‫المستهدف‪.....‬إلخ‪ .‬و عموما‪ ،‬فإنه يتم شهرا قبل بداية‬
‫حصاد الحبوب بالنسبة للسيالج بإعتباره متأخر نسبيا‬
‫مقارنة بالحصاد من أجل العلف الجاف‪ .‬أما بالنسبة‬
‫للعلف األخضر فإن الحصاد يمكن أن يتم بشكل متدرج‬
‫حسب الحاجة‪.‬‬
‫و بالنسبة للعلف الجاف‪ ،‬و هو اإلستعمال المهيمن‪ ،‬فإنه‬
‫من الضروري إنجاز عملية الحصاد يف جو جاف و اإلبقاء‬
‫عىل المنتوج بعين المكان ليجف تحت أشعة الشمس‪،‬‬
‫مع تقليبه بشكل مستمر و تجنب تعريضه للشمس‬
‫لفترة طويلة جدا تفاديا لحدوث تغيير يف لونه و قيمته‬
‫الغذائية )نقص يف البروفيتامين ‪ .)A‬و عند تمام جفاف‬

‫إن مكننة األشغال تتوقف عىل حجم المساحات المزروعة‬


‫باألعالف المراد حصادها و التعامل معها‪ .‬وقد تتكون‬
‫من أدوات بسيطة و مختلفة حسب كل عملية عىل حدة‪،‬‬
‫أو من آالت بإمكانها القيام بعدة عمليات يف الوقت‬
‫ذاته )السيالج(‪ .‬و عموما‪ ،‬فإن المعدات اللزمة للحصاد‬
‫و التجفيف و تجميع العلف متوفرة يف جميع مناطق‬
‫زراعة الحبوب بالمغرب‪ ،‬و هي معدات شائعة و ال تكلف‬
‫كثيرا‪ ،‬إضافة إىل أن استعمالها يف العمليات المتعلقة‬
‫باألعالف ال تصادف فترة طلب كبير عىل خدماتها‪ .‬و‬
‫هكذا توجد أنواع مختلفة من الحاصدات بإمكانها إنجاز‬
‫المهمة بكل سهولة و سرعة يف حال التوازن الجيد‬
‫للزارعة‪ ،‬و نفس األمر يمكن أن يقال بالنسبة آللت‬
‫تشتيت األعالف من أجل تجفيفها و التي تصلح حتى‬
‫لتصفيف الحصيد و تقليبه‪.‬‬
‫بالنسبة للعلف المجفف‪ ،‬فإن كبس )ضغط و تحزيم(‬
‫األعالف عن طريق آلة التجميع و الكبس ال تطرح‬
‫مشاكل خاصة‪ .‬و يفضل مزارعو و مربو الماشية آالت‬
‫الكبس التي تستعمل السلك الحديدي يف تحزيم »‬
‫الباالت« عوض الخيوط البالستيكية الشائعة أكثر يف‬
‫الواقع‪.‬‬
‫و بالنسبة للسيالج أيضا )سواء تم تجفيفه مسبقا أم‬
‫ال( فإن أنواعا مختلفة من آالت السيلجة تتفاوت يف‬
‫جودتها متوفرة بالخصوص لدى مربي الماشية الذين‬
‫ينتجون أعالفهم بأنفسهم‪ .‬كما أن هناك عدة أجهزة‬
‫يمكن إضافتها إىل هذه اآللت كأجهزة تطبيق الحمض‬
‫اللبني و المواد الحافظة أو المصححة للسيالج‪...‬إلخ‪.‬‬
‫و عموما‪ ،‬يجب الحد ما أمكن من تنقل اآللت يف الحقول‬
‫لتجنب إنضغاط التربة بما يشكله ذلك من مصاعب أمام‬
‫إعدادها )التربة( للموسم الموايل‪.‬‬
‫و للشارة‪ ،‬فإنه باإلمكان اللجوء إىل آالت و تقنيات‬
‫أكثر تطورا )تجفيف بالهواء‪ ،‬تنشيف )إمتصاص‬
‫الرطوبة(‪ ).....،‬من أجل الحصول عىل قيمة غذائية‬
‫أفضل أو للمحافظة عىل المنتوج أو إلستخدامات خاصة‬
‫أخرى‪.‬‬
‫‪Agriculture du Maghreb‬‬
‫‪N° 89 Novembre 2015‬‬

‫‪50‬‬
‫لبذور الخرطال و بوزغيبة‪ ،‬مما يؤدي إىل بقاءها يف‬
‫التربة لتنبت يف المواسم الموالية كأعشاب ضارة‪.‬‬

‫التسميد‬

‫إن إضافة مادة عضوية كسماد قبل أول حرث‪ ،‬هي‬


‫من األمور التي ينصح بها نظرا لمزاياها عىل مستوى‬
‫تغدية المزروعات و عىل بنية التربة و تحسن قدرتها‬
‫يف المحافظة عىل الرطوبة؛ و الواقع أنه من النادر جدا‬
‫أن يلجأ المزارعون إىل هذه العملية يف الزراعات الواسعة‬
‫رغم و عيهم بفوائدها عىل المدى القصير و الطويل‬
‫إلسباب تتعلق بمدى توافر المادة و الحاجة إىل كميات‬
‫كبيرة و الكلفة المرتفعة ‪........،‬‬
‫و غالبا‪ ،‬أيضا‪ ،‬ما يتم إهمال السماد المعدني يف حين‬
‫أنه مك ون أساسي للمردودية و ضروري جدا للحفاظ عىل‬
‫غنى التربة و للتوازن المعدني؛ غير أنه من الصعب‬
‫تحديد كمياته نتيجة االختالف الموجود بين إحتياجات‬
‫كل من الزراعتين؛ و وحده تحليل التربة‪ ،‬يبقى الوسيلة‬
‫األفضل لضبط حجم اإلضافات السمادية وفق حاجات‬
‫الزراعة‪.‬‬
‫و تتوقف الجرعات الضرورية‪ ،‬بصفة أساسية‪ ،‬عىل‬
‫نوعية الزراعة السابقة‪ ،‬وعىل السماد العضوي المحتمل‬
‫إضافته‪ ،‬و حجم التساقطات المطرية‪ ،‬و المردودية‬
‫المستهدفة و نصيب كل نوع يف الخليط المراد زرعه‬
‫‪.....‬الخ‪ .‬و الهدف من كل ذلك هو إيجاد أفضل توافق‬
‫بين إنتاج العلف و قيمته البيولوجية‪.‬‬
‫بالنسبة لسماد العمق‪ ،‬يجب إضافة كامل األسمدة‬
‫الفوسفاطية و البوتاسية ليتم خلطها بالتربة أثناء‬
‫المرحلة األخيرة للعداد‪ .‬ويمكن إضافة جزء من األزوت‬
‫يف نفس الوقت و الباقي يتم إستخدامه كسماد تغطية‬
‫؛ مع العلم أن بوزغيبة‪ ،‬كغيرها من القطاني‪ ،‬هي نبات‬
‫مثبت للزوت الجوي )تكافل(‪.‬‬
‫و يف ما يخص الجرعات المراد إضافتها‪ ،‬وعىل سبيل‬
‫البيان )بالنسبة لتربة خصبة و خليط عادي و أمطار‬
‫متوسطة(‪ ،‬فإن المعطيات المرجعية توصي بما بين‬
‫‪ 50‬و ‪ 60‬وحدة من خماسي أوكسيد الفوسفور )‪)P2 O 5‬‬
‫و حوايل ‪ 50‬وحدة من أوكسيد البوتاسيوم )‪ )K2O‬يف‬
‫الهكتار الواحد‪.‬‬
‫يف المقابل فإن الحاجة إىل األسمدة األزوتية تكون‬
‫ضعيفة بسبب النشاط التمثييل للزوت الجوي عند‬
‫بوزغيبة و جميع أنواع القطاني‪ .‬وهي حاجيات تقدر‬
‫بأقل من ‪ 25‬وحدة‪ ،‬يتم إضافة جزء منها مع أسمدة‬
‫العمق األخرى‪ ،‬وعىل هيئة سولفات األمونياك أساسا‬
‫‪(.)21%‬‬

‫عىل المزارع ذاته التوصل إىل تركيبته الخاصة‪ .‬إن‬


‫تحديد كثافة الزرع و مك ونات الخليط أمران أساسيان‬
‫للحصول عىل علف متوازن‪ ،‬هذا مع العلم أن القطاني‬
‫تشكل أساس أي خليط ممكن‪ .‬كما أن عىل المزارع أيضا‬
‫أن يعمل عىل تفضيل أجناس نباتية ضعيفة نسبيا‬
‫و متأخرة أكثر )قطاني(‪ ،‬و الحد من هيمنة األجناس‬
‫»العدوانية« أو الخانقة )الخرطال( للحصول عىل خليط‬
‫مالئم‪.‬‬
‫و تتوقف كثافة الزراعة بشكل رئيسي عىل الظروف‬
‫الخاصة بمنطقة اإلنتاج‪ ،‬وعىل إعداد التربة و حدة‬
‫المنافسة بين مك ونات الخليط‪ ....،‬و بصفة عامة‬
‫يجب أن تكون الكثافة أضعف يف المناطق القليلة‬
‫األمطار و يف التربة التي تم إعدادها جيدا‪ ،‬عكس‬
‫المناطق غزيرة األمطار و التربة األقل إعدادا حيث يجب‬
‫أن تكون الكثافة مرتفعة‪ .‬و حسب بعض الباحثين‪،‬‬
‫فإن كمية البذور يجب أن تتراوح بين ‪ 90‬و ‪ 180‬كغ‬
‫يف الهكتار‪ ،‬أي ما يوازي ‪ 350‬إىل ‪ 400‬نبتة يف المتر‬
‫مربع‪ ،‬عىل أن تكون نسبة بوزغيبة فيها ما بين ‪50‬‬
‫إىل ‪ 125-200( 66%‬بذرة‪/‬م‪ )2‬و الخرطال ‪ 33‬إىل‬
‫‪150-180( 50%‬نبتة‪/‬م‪ .)2‬إال أن بعض التجارب‬
‫بينت أن التركيبة األفضل هي‪ ⅔ :‬من بوزغيبة و‬
‫⅓ من الخرطال‪ .‬و عموما فإن تجربة الفالح تساعده‬
‫يف مالءمة كميات البذور مع النتيجة المرجوة و وفق‬
‫الظروف المحلية الخاصة به‪.‬‬
‫عىل المستوى التقني‪ ،‬فإنه يجب خلط بذور النوعين‬
‫النباتيين بشكل جيد‪ ،‬و من األفضل أن يتم الزرع آليا‬
‫نظرا لما يحققه من توفير يف البذور و تحكم يف العمق‬
‫)‪ 5-6‬سم( و تجانس يف الزراعة‪.‬‬
‫و يجب أن يتم البذار مبكرا ما أمكن من أجل الحصول‬
‫عىل تكاثر كثيف قبل فترة الشتاء‪ .‬و لعل أفضل موعد‬
‫لذلك هو شهر أكتوبر ليكون باإلمكان تحقيق المردودية‬
‫األمثل و التوازن األحسن الذي يحدد القيمة البيولوجية‬
‫للمنتوج المختلط‪.‬‬

‫‪51‬‬

‫‪Agriculture du Maghreb‬‬
‫‪N° 89 Novembre 2015‬‬

‫الخرطال‪ ،‬فلن تنبت إال البذرة األوىل يف الموسم األول‬


‫بينما يحتفظ الباقي بطاقته اإلنباتية للمواسم التالية‬
‫)بذرة واحدة يف كل سنة( لتتحول إىل أعشاب ضارة‬
‫للزراعات المناوبة األخرى‪.‬‬

‫أشغال الصيانة‬

‫عمليا‪ ،‬غالبا ما يهمل الفالحون عمليات الصيانة عىل‬


‫أساس عدم ضرورة ذلك بالنسبة لزراعة علفية‪ .‬ويمكن‬
‫تلخيص هذه العمليات يف سقي مك مل كلما كان ذلك‬
‫ممكنا و ضروريا‪ ،‬و تسميد تغطية‪ ،‬و محاربة األعشاب‬
‫الضارة و األمراض‪ .‬إن السقي المك مل و لو بكميات‬
‫قليلة قد تكون له آثار هائلة؛ إذ أظهرت بعض الدراسات‬
‫أن سقي الزراعة لمرة واحدة أو مرتين يعتبر غالبا كافيا‬
‫لمضاعفة المردودية‪ .‬كما أن السقي المسبق قد يكون‬
‫ذا فائدة كبيرة خاصة يف حال تأخر أمطار الخريف‪ .‬و‬
‫للتذكير من جهة أخرى‪ ،‬فإنه يستحيل القيام بأعمال‬
‫العزق و إزالة األعشاب بين الصفوف إذا لم يتم زرع‬
‫البذور يف سطور متباعدة‪.‬‬

‫الخروج من طور السكون‪ ،‬التسميد األزوتي‬


‫إن كميات سماد التغطية األزوتي الواجب إضافتها إىل‬
‫و النمو‬

‫حسب ظروف منطقة اإلنتاج و التغيرات المناخية أو‬


‫النباتية‪ ،‬فإن واحدا من النوعين المكونين للخليط‬
‫يستفيد أكثر من اآلخر مما يؤدي إىل نمو مختلف و‬
‫تفاوت من حيث الوزن عىل مستوى الخليط‪.‬‬
‫و هنا يجب التذكير بأنه بالنسبة للنجيليات تتكون‬
‫األعضاء الخضرية و التناسلية يف فترة النهارات‬
‫القصيرة‪ ،‬و بالنسبة للزهار و مراكمة المخزون الغدائي‬
‫فإن أغلب األجناس العلفية تتطلب فترة نهار أطول‪.‬‬
‫ألنه ال يوجد يف السوق خليط جاهز للستعمال‪ ،‬فإن تنبيه‪ :‬إذا ما تم زرع سنيبلة كاملة )‪ 2-3‬بذور( من‬
‫البذار‬

‫بوزغيبة‬

‫الزراعة العلفية المختلطة يجب أن تكون تكملة لما‬


‫تمت إضافته يف بداية الزراعة يف إطار سماد العمق‪.‬‬
‫و يجب أن يكون األزوت المضاف عىل هيئة أمونيترات‬
‫‪( 33%‬أفضل من اليوريا ‪ )46%‬و يمكن زيادته يف حال‬
‫التساقطات المطرية الغزيرة خالل الدورة الزراعية‪.‬‬
‫و للشارة فإن جرعة مرتفعة من االزوت قد تكون لها‬
‫عواقب واضحة عىل نسبة الخرطال يف الخليط‪ ،‬و‬
‫عىل حالة العالقة التناسبية أوراق‪/‬سيقان‪ ،‬و بالتايل‬
‫عىل اإلنتاج الكمي و النوعي للخليط‪ .‬و هذه العواقب‬
‫ملذا الجمع بني‬
‫بوزغيبة و الخرطال؟‬

‫يتم إستعمال الخالئط العلفية )حبوب‪+‬قطاني( منذ زمن‬


‫بعيد بسبب قيمتها الغذائية الجيدة‪ ،‬و لسهولة زراعتها‬
‫و لتكيفها مع جميع ظروف اإلنتاج و إلستساغتها من‬
‫طرف المواشي‪ .‬و من الناحية الزراعية‪ ،‬فإن الجمع بين‬
‫األنواع العلفية يستغل بشكل أفضل ظروف الوسط‬
‫الجغرايف‪ ،‬و يحقق أحسن إنتاجية و غذاءأ كامال أكثر‬
‫مما هو األمر يف حالة زراعة نفس األنواع بشكل منفرد‪.‬‬
‫وهكذا‪ ،‬فإن النظام الجذري الحزمي للحبوب و الوتدي‬
‫للقطاني يستفيدان بشكل أكبر من إمكانيات التربة‬
‫)رطوبة‪ ،‬عناصر معدنية(‪.‬‬
‫و من بين هذه الخالئط‪ ،‬فإن األكثر إنتشارا بالمغرب‬
‫)‪ )80%‬هي المزاوجة بين بوزغيبة و الخرطال‪.‬‬
‫فبوزغيبة تضمن القيمة البيولوجية للعلف بفضل‬
‫اإلضافة البروتينية‪ ،‬و الخرطال بشكل دعامة تلتصق‬
‫بها القطنيات بفضل فتالتها‪ ،‬إىل جانب السعرات‬
‫الحرارية التي يضيفها‪.‬‬
‫و عالوة عىل دورها يف التناوب الزراعي‪ ،‬فإن الزراعة‬
‫المختلطة تستطيع ضمان مردودية جيدة للمزارع‪،‬‬
‫معادلة للذرة و بقيمة غذائية أفضل‪ .‬ففي المناطق‬
‫الجافة المناسبة أو المسقية قد تبلغ مردودية الهكتار‬
‫الواحد ما بين ‪ 8‬و ‪ 10‬طن من المادة الجافة‪ ،‬توازي‬
‫حوايل ‪ 35‬طن علف طري‪ .‬هذا مع العلم أن النتائج‬
‫تكون أفضل يف التربة الغنية الخصبة‪ ،‬و يف المناطق‬
‫المسقية حين تكون الموارد المائية غير كافية لزراعة‬
‫أخرى أكثر تطلبا‪ .‬و من جهة أخرى‪ ،‬فإن زراعة خليط‬
‫بوزغيبة و الخرطال تعتبر زراعة »سهلة« مثلها مثل‬
‫زراعة الحبوب‪ ،‬و تتم ممارستها يف كل مناطق المغرب‪.‬‬

‫القيمة الغذائية‬

‫التجفيف‪ ،‬و تتفاوت بين ‪ 0.4‬و ‪ 0.75‬و حدة علفية يف‬


‫الكيلوغرام الواحد من المادة الجافة و ‪ 60‬إىل ‪ 90‬مكافئات‬
‫بروتينية‪.‬‬
‫و هناك معطيات أخرى تشير إىل أن القيمة الغذائية‬
‫تتفاوت بين ‪ 0.66‬و ‪ 0.75‬وحدة علفية إلنتاج الحليب‬
‫)‪ )U.F.L‬يف ‪ 1‬كغ من المادة الجافة‪ ،‬مع العلم أنها تتحسن‬
‫مع زيادة نسبة بوزغيبة يف الخليط‪.‬‬

‫البذور‪ :‬توافرها و أسعارها‬

‫اإلستغناء عن عملية تبوير األرض )فترة إستراحة األرض‬


‫الزراعية(‪ ،‬و أن تشكل زراعة سابقة جيدة يف حالة‬
‫الظروف الجهوية )األمطار( المناسبة كلما كان الحصاد‬
‫مبكرا من أجل تجنب تكون بذور األعشاب و لخدمة‬
‫مبكرة للتربة‪ .‬و مع ذلك‪ ،‬فإن اإلنتاج يكون أفضل بعد‬
‫القطاني )فول‪ )...،‬و الزراعات النظيفة من األعشاب‬
‫)نوار الشمس‪ ،‬شمندر‪ ،)...،‬و يستحسن تجنب الحبوب‬
‫كزراعة سابقة‪ ،‬رغم أن ذلك هو الشائع عند الفالحين‪،‬‬
‫لكون هذا النوع من التناوب قد يؤدي مع الزمن‪ ،‬إىل‬
‫تقوية اآلثار المعروفة للزراعة األحادية للحبوب‪ ،‬أي إىل‬
‫انعدام التوازن بين العناصر المعدنية يف التربة و تكاثر‬
‫األعشاب الضارة و األمراض النوعية‪.....‬‬

‫تعتبر أسعار البذور العلفية المصدقة بالمغرب أسعارا حرة‬


‫تتحدد يف بداية الموسم بحسب توافر البذور و مستوى‬
‫الطلب يف السوق‪ .‬غير أنه‪ ،‬و عىل الرغم من إرتفاع‬
‫العرض و الثبات النسبي للسعار )الفول العلفي‪ ،‬بوزغيبة‪،‬‬
‫الخرطال(‪ ،‬فإن المبيعات سجلت يف موسم ‪2006-2007‬‬
‫إنهيارا بنسبة ‪ 8200 ( 32%‬قنطار( مقارنة مع مبيعات إعداد التربة للزراعة‬
‫‪ 12000( 2005-2006‬قنطار( أي ما يوازي ‪ 45%‬من تنطلق عمليات إعداد الحقل للزراعة مباشرة بعد نهاية‬
‫الحجم المتوفر من البذور‪ .‬و ترجع هذه الوضعية إىل لجوء أشغال حصاد الزراعة السابقة )نهاية الربيع و بداية‬
‫جزء من المزارعين إىل إنتاجهم الخاص لتلبية حاجتهم‬
‫الصيف(‪ ،‬و تتوقف عىل طبيبعة هذه األخيرة و عىل‬
‫من البذور نتيجة النتائج الجيدة للموسم الفالحي ‪2005-‬‬
‫‪ .2006‬و حسب معطيات وزارة الفالحة‪ ،‬فإن سعر القنطار نوعية التربة‪ .‬و قد تتكون من عملية حرث عميق‬
‫الواحد من بذور الخرطال من التكاثر الثاني )‪ ،)R2‬تراوح من غير تقليب للتربة و من دون كثل ترابية) دمددر(‪.‬‬
‫وقد تقتصر عىل حرث قليل العمق مباشرة بعد الزراعة‬
‫بين سنوات ‪ 2002‬و ‪ ،2009‬بين ‪ 470‬و ‪ 665‬دهـ‬
‫السابقة )بين ‪ 20‬و ‪ 25‬سم بهدف دفن مخلفات الزراعة‬
‫و بين ‪ 535‬و ‪ 700‬دهـ لبوزغيبة‪.‬‬
‫و بذور األعشاب الضارة( متبوعا‪ ،‬قبل البذار‪ ،‬بعمليات‬
‫سطحية )‪ 5-6‬سم( بمعدات ذات أسنان أو أقراص‬
‫بغرض تسهيل إعداد سرير بذور)خندق( جيد و المحافظة‬
‫تعترض زراعة خليط بوزغيبة و الخرطال‪ ،‬رغم المزايا عىل رطوبة التربة اللزمة للنبات‪.‬‬
‫التي تجلبها لكل من المزارع و مربي الماشية‪ ،‬عدة تنبيه‪ :‬إن إعدادا سيئا للتربة يؤدي إىل إنبات غير كامل‬

‫أسباب عزوف الفالحني‬


‫عن هذه الزراعة‬

‫معوقات تحد من قدرتها عىل الحصول عىل مكانة أكثر‬


‫أهمية بين الزراعات العلفية و يف عملية التناوب‪ .‬و من‬
‫بين هده المعوقات نذكر‪:‬‬
‫مدى توفر البذور‪ .‬ضعف تحكم الفالحين يف عملية اإلنتاج )التوازنبين بوزغيبة و الخرطال‪ ،‬التسميد‪ ،‬مكافحة األعشاب‬
‫الضارة‪)....‬‬
‫أسعار البدور‪ .‬مخاطر إنبات يف الموسم الموايل للبذور التي لم تنبتأو المتساقطة نتيجة التأخر يف الحصاد و تحولها إىل‬
‫أعشاب ضارة‪.‬‬
‫غياب أي تأطير أو إرشاد للمنتجين‪. -‬غياب أعمال بحثية حقيقية‪.‬‬

‫تتميز القيمة الغذائية بكونها متغيرة‪ ،‬و ذلك لكون‬


‫العلف خليط من جنسين مختلفين ال يتم حصادهما أبدا‬
‫يف نفس المراحل و بنفس األبعاد من قطعة أرضية إىل‬
‫أخرى‪ .‬إضافة إىل هذا‪ ،‬وحسب اإلستعمال المستهدف‬
‫من الخليط )طري‪ ،‬جاف‪ ،‬سيالج(‪ ،‬فإن موعد الحصاد‬
‫يختلف‪ ،‬مما يعني إختالف يف القيمة الغذائية يف‬
‫الحاالت الثالثة‪ .‬و حسب المعهد الوطني للبحث الزراعي‪،‬‬
‫فإنه يفترض يف المتوسط أن‪:‬‬
‫العلف األخضر الذي تم حصاده أثناء إزهار بوزغيبة يوفر‪ 0.17‬وحدة علفية )‪ )F.U0.17‬يف الكيلوغرام الواحد‪ ،‬و‬
‫موقع زراعة الخليط العلفي يف‬
‫‪17‬غ مكافئات بروتينية‪.‬‬
‫‪1‬كغ من السيالج يوفر ‪ 0.12‬وحدة علفية فقط و ‪8‬غ عملية التناوبلكونها أقل تطلبا يف مواجهة الزراعة السابقة‪،‬‬
‫مكافئات بروتينية ‪.‬‬
‫‪ -‬للعلف الجاف قيمة غذائية مختلفة حسب عملية فإن زراعة خليط بوزغيبة و الخرطال تتيح إمكانية‬

‫املسار التقني‬

‫‪Agriculture du Maghreb‬‬
‫‪N° 89 Novembre 2015‬‬

‫‪52‬‬
‫العلفية‬
‫اعات‬
‫ر‬
‫الز‬
‫إحياء زراعة خليط بوزغيبة و الخرطال‬
‫)عبد المومن كنوني(‬

‫بالنسبة لكل من قطاعي الفالحة و تربية المواشي‪ ،‬تعتبر األعالف منتوجات نباتية تستعمل يف تربية المجترات؛ و قد تتكون من‬
‫أجناس عشبية تزرع منفردة أو مجتمعة‪ ،‬وهي مزيج من نجيليات و قطاني يمكن توزيعها عىل الحيوانات مباشرة يف حالتها الطرية‬
‫أو‬
‫بعد تخزينها )علف جاف‪،‬سيالج(‪ .‬و تتيح إمكانية تلبية حاجات الماشية يف كل الفصول‪.‬إال أن اإلقبال الذي عرفته هذه الزراعة‬
‫بدأ يتراجع‬
‫بشكل كبير بسبب مشاكل تتعلق بتوفر البذور أساسا‪.‬‬

‫)‪،...‬بوزغيبة )نفلة‪ ،‬جلبانة‬


‫مثبتة للزوت الجوي( تمد التربة باالزوت العضوي‬
‫يعتبر نبات بوزغيبة من البقول العلفية الحولية‪ ،‬و سريع التمعدن‪ ،‬والذي تستفيد منه الزراعة التي تتم‬
‫يوجد منها بالمغرب ‪ 60‬نوعا و صنفا يف المراعي‪ ،‬و مزاوجتها مع بوزغيبة )الخرطال مثال( و الزراعات‬
‫كأعشاب ضارة يف زراعات الحبوب‪ .‬وتعتبر بوزغيبة التالية يف عملية التناوب‪.‬‬
‫العادية)‪ )Vicia sativa‬األكثر زراعة‪ .‬و تتميز بقلة‬
‫حاجتها إىل المياه )إبتداء من ‪ 300‬مم( و بعدم تحملها الخرطال‬
‫للتربة المشبعة جدا بالماء‪ .‬و تمتد دورتها الزراعية لما الخرطال من النجيليات الحولية التي تتم زراعتها‬
‫بين ‪ 6‬و ‪ 7‬أشهر)حتى مرحلة النضج(‪ ،‬بذورها كروية إما منفردة كعلف أو من أجل حبوبها‪ ،‬و إما يف إطار‬
‫الشكل و ذات قطر يتراوح بين ‪ 4‬و ‪ 6‬مم‪ ،‬و تزن بين مزاوجة مع بوزغيبة أو الحمص العلفي‪ .‬و هي نبتة‬
‫‪ 45‬و ‪ 120‬غ )‪60‬غ يف المعدل( لكل ‪ 1000‬بذرة‪.‬‬
‫معروفة لدى الفالحين بقوتها و مقاومتها للبرد و‬
‫و كجميع القطنيات‪ ،‬فإن لبوزغيبة عقيدات جذرية للجفاف و لحموضة التربة‪ ،‬و بقوة االشطاء لديها‬
‫)تتكافل و تتعايش مع بكتيريا من نوع »ريزبيوم«‪( ،‬التفرع(‪ ،‬و قدرتها عىل التكيف مع جميع أنواع التربة‬
‫‪53‬‬

‫‪Agriculture du Maghreb‬‬
‫‪N° 89 Novembre 2015‬‬

‫و يف جميع جهات البالد‪ .‬وتتراوح دورتها الزراعية بين‬


‫‪ 5‬و ‪ 8‬أشهر‪ ،‬و يبلغ وزن ‪ 1000‬من حبوبها حوايل‬
‫‪ 40‬غ‪.‬‬
‫و يستعمل المزارعون نوعين من الخرطال هما‪:‬‬
‫الخرطال البلدي‪ ،‬و هو صنف عادي غير مختار‪،‬يفضله الفالحون بسبب سهولة إستهالكه من طرف‬
‫الماشية‪.‬‬
‫الخرطال »الداعم«‪ ،‬و هو مجموعة من األصنافالنصف مبكرة و التي تتالءم مع الدورة الزراعية‬
‫لبوزغيبة‪ .‬و من المهم إختيار صنف قوي بما يكفي‬
‫ليشكل دعامة جيدة؛ و لكن ليس أكثر حتى ال ترفضه‬
‫الماشية ) ما عدا يف حالة سحقه(‪.‬‬
‫واضحا عن الهوية و المكانة‪ ،‬و هذا ما يفسر‬
‫المزايدات التي تتم القتناء حيوان غالي الثمن‬
‫و يستجيب ما أمكن إلى شروط جمالية محددة‬
‫بدقة‪.‬‬
‫التحديات المستقبلية لتربية األغنام بالمغرب‬
‫يبدو تدبير الغنى الجيني لقطاع األغنام‬
‫بالمغرب متجاوزا مقارنة بالسرعة التي تعرفها‬
‫التطورات في الميدان‪ .‬و ال يظهر أن الرهان‬
‫على مناسبة عيد األضحى قد أصبح مدمجا بما‬
‫يكفي ضمن عمليات إختيار الحيوانات المعدة‬
‫لذلك‪ ،‬أو في تعميم ممارسات التربية المالئمة‬
‫لهذه المناسبة‪ ،‬بل يبدو أن حتى األبحاث‬
‫العلمية ال تقدم عمليا حلوال تستجيب لمتطلبات‬

‫اللحوم و المناطق المحلية التي تنتمي إليها‪ ،‬قد‬

‫أخيرا‪ ،‬و نظرا للحجم الكبير لعدد رؤوس‬

‫يشكل حبل نجاة للرفع من مداخيل الكسابة‪ .‬من‬

‫األغنام المعنية و تشتتها عبر مختلف أنظمة‬

‫أجل ذلك يجب إستهداف‪ ،‬بشكل خاص‪ ،‬التربية‬

‫اإلنتاج الزراعي بالبالد‪ ،‬فإنه من الضروري‬

‫المكثفة للغنام الرعوية حيث تتم تغذية القطعان‬

‫اإلهتمام بمدى تأثيرها على الوسط الطبيعي‬

‫على أعشاب و نباتات محددة‪ ،‬و ليس بتلك‬

‫الذي تعيش فيه‪ ،‬ألن الواقع أن القليل من‬

‫و بالنظر إلى التراجع النسبي الذي يعرفه‬

‫المناطق المحيطة بالمدن حيث ينتشر تسمين‬

‫األبحاث تعمل على تقييم تلك التأثيرات بشكل‬

‫إستهالك لحوم األغنام‪ ،‬فإن الحصول على‬

‫األكباش المهجنة على األعالف المركبة التي‬

‫دقيق على حالة المراعي و الغابات و تطورها‬

‫شهادات التصديق حسب الساللت المنتجة لتلك‬

‫يتم شراءها من السوق‪.‬‬

‫على المدى الطويل‪.‬‬

‫المستهلك النهائي حيث تقترح مثال تهجينات‬


‫قد تفتقد للشروط الشرعية و الجمالية الواجب‬
‫توفرها في األضحية ‪ ،‬إضافة إلى غياب أي‬
‫تصور للتدبير الواجب إتباعه مع هذه الحيوانات‬
‫المهجنة كنوعية التربية و التغذية مثال‪.‬‬

‫تطور إستهالك اللحوم بالمغرب )إحصائية منظمة األمم المتحدة للغذية و الزراعة سنة ‪)1102‬‬
‫‪0691‬‬

‫‪0791‬‬

‫‪0891‬‬

‫‪0991‬‬

‫‪0002‬‬

‫‪0102‬‬

‫جميع أنواع اللحوم‬


‫)كغ‪/‬للفرد‪/‬سنة(‬

‫‪8.31‬‬

‫‪1.31‬‬

‫‪4.21‬‬

‫‪3.81‬‬

‫‪3.91‬‬

‫‪0.52‬‬

‫لحوم األغنام )‪ %‬من‬


‫مجموع اللحوم(‬

‫‪04‬‬

‫‪53‬‬

‫‪03‬‬

‫‪72‬‬

‫‪52‬‬

‫‪81‬‬

‫خاتمة‬

‫عرف قطاع تربية األغنام خالل الخمسين‬


‫سنة األخيرة إستقرارا جينيا ملحوظا مقارنة‬
‫باألبقار التي عرفت عمليات تهجين مكثفة‪.‬‬
‫و تظل ساللت األغنام المحلية‪ ،‬المشهورة‬
‫بقدرة تحملها‪ ،‬حاضرة بشكل مهم في كثير من‬
‫البيئات الزراعية بالمغرب‪ .‬و على الرغم من‬
‫تراجع مساهمتها في تموين السوق باللحوم‪،‬‬
‫فإن دورها في تثمين المناطق الهامشية يبقى‬
‫مهما‪ ،‬من حيث توفيرها لفرص عمل و‬
‫مداخيل لصغار الفالحين و للسر المعوزة‪.‬‬
‫إال أن قطاع تربية األغنام يتميز رغم ذلك بقلة‬
‫األبحاث العلمية التي بإمكانها تحديد المؤهالت‬
‫التقنية و االقتصادية في المزارع العادية بشكل‬

‫و تدبيرها ال يسهل فعال أي عمل للبحث و‬


‫الصوفية و الجلدية أيضا‪ .‬و هذا يفترض‬

‫الدراسة‪.‬‬

‫وضع برامج تطوير متعددة التخصصات‬

‫إن ترويج و تسويق األغنام في الناسبات الدينية‬

‫)كيمياء حيوية‪ ،‬علوم بيئة‪ ،‬إقتصاد‪ ،‬المحافظة‬

‫و العائلية شكل بالفعل التطور الكبير الذي‬

‫على المراعي‪،‬علم إجتماع‪ ،‬علم تربية‬

‫عرفه هذا القطاع‪ ،‬حيث أصبح مفروضا على‬


‫الكساب اإلستجابة للطلب النوعي للمشتري‬
‫بحيث يكون للمظهر الخارجي للحيوان نفس‬
‫األهمية أو أكثر‪ ،‬من وزنه )قرون ‪ ،‬بنية‪،‬‬
‫مذاق(‪ ،‬و ذلك من أجل تحسين مداخيله من‬
‫هذا النشاط‪.‬‬
‫و في هذا الشأن‪ ،‬فإن الحصول على شهادة‬
‫التصديق على لحوم األغنام وفقا للساللت‬
‫التي تنتجها و نوعية الموارد الغذائية الرعوية‬
‫التي تتناولها‪ ،‬أصبح أمرا إستعجاليا للرفع‬

‫الحيوانات‪ )...،‬بشراكة بين جميع الفاعلين‬


‫المعنيين بسلسلة تموين السوق باألغنام‬
‫و خاصة لمناسبة عيد األضحى‪ :‬الكسابة‬
‫المنتجون للحمالن و الجمعيات التي تمثلهم‬
‫مرورا بالعاملين على تدبير موارد المراعي‪،‬‬
‫الممسمنون‪ ،‬تجار اللحوم بالجملة و الجزارون‪،‬‬
‫و ذلك لما فيه من مصلحة سواء للمحافظة على‬
‫القطاع و إنعكاساته على تحسين ظروف عيش‬
‫العاملين به و المسوقين لمنتوجاته‪ ،‬أو لتثمين‬

‫دقيق‪.‬‬

‫من مداخيل المربين الذين يستطيعون إحترام‬

‫المساحات الشاسعة للمراعي التي تعتبر ذات‬

‫إن اإلنتشار الواسع و تشتت القطعان‪ ،‬إضافة‬

‫شروط دفاتر تحمالت معدة سلفا‪ .‬كما أنه يمكن‬

‫أهمية بالغة في التوازنات الكبرى الجهوية‪،‬‬

‫إلى تنقالتها المتكررة و تعقد صيغ تملكها‬

‫تطبيق نفس األمر على المنتوجات التقليدية‬

‫على الرغم من هامشيتها‪.‬‬


‫‪Agriculture du Maghreb‬‬
‫‪N° 89 Novembre 2015‬‬

‫‪54‬‬
‫تربية مواشي‬
‫تطور تعداد رؤوس األغنام بالمغرب بين ‪ 1691‬و ‪ 9002‬حسب‬
‫إحصائية منظمة األمم المتحدة للغذية و الزراعة سنة ‪1102‬‬

‫أغنام الواحات‪ ،‬ساللة الدمان‬

‫عدد رؤوس األغنام )بالمليون (‬

‫كثير من الحاالت‪ ،‬بالتحرر من اإلرتهان إلى‬


‫الظروف المناخية‪ ،‬الشيء الذي واكبه اقتناء‬
‫مفرط للعالف‪ ،‬و باألخص في فترات الجفاف‬
‫الطويلة؛ حيث أدت برامج المحافظة على قطيع‬
‫األغنام التي وضعتها الدولة منذ الثمانينات‬
‫لمواجهة اثار المواسم القليلة األمطار‪ ،‬إلى‬
‫تباين كبير في مؤهالت القطيع‪ ،‬بل إلى مستوى‬

‫و ال يتم تربيتها على الرعي إلنعدام المراعي‬

‫تعميم و إنتشار إستعمال األعالف المركبة‪.‬‬

‫مرتفع من حاالت موت الحمالن الحديثة‬

‫أصال ‪.‬‬

‫هذا باإلضافة إلى تراجع أنماط التربية الرعوية‬

‫الوالدة‪ ،‬خاصة عند إنعدام مخزون علفي لدعم‬

‫و في كل األحوال‪ ،‬فإن التحديد الدقيق لجميع‬

‫نظرا لمشقة الحياة التي تستلزمها )إنتجاع و‬

‫النعاج المرضعة‪.‬‬

‫خصائص المؤهالت التقنية و اإلقتصادية‬

‫ترحال( و تقلب هوامشها الربحية المرتبطة‬

‫ألغلب أنماط تربية األغنام‪ ،‬يظل غير كامال‪،‬‬

‫بالظروف المناخية‪.‬‬

‫ثالتة أنماط لتربية األغنام‬

‫و إن مكنت عدة تجارب أجريت بمحطات بحثية‬

‫زيادة على ذلك‪ ،‬فإن تحول مناسبة عيد األضحى‬

‫يمكن تحديد أنماط تربية األغنام المنتشرة في‬

‫على مختلف ساللت األغنام الوطنية باإلحاطة‬

‫إلى كونها المنفد الرئيسي لتسويق إنتاج قطاع‬

‫المغرب‪ ،‬بشكل عام‪ ،‬في ‪ 3‬أنواع ‪:‬‬

‫الفعلية بمؤهالتها اإلنتاجية‪ ،‬غير أنها ال تعطي‬

‫تربية األغنام‪ ،‬جعل كل المجهودات تتركز‬


‫‪ -‬التربية الرعوية و‪/‬أو الرعوية الغابوية و‬

‫فكرة حقيقية عن المؤهالت الفعلية للحيوانات‬

‫حول تهييئ و تسمين القطيع لهذه المناسبة‬

‫خاصة في المناطق الجبلية و في السفوح حيث‬

‫في الضيعات العادية‪ .‬و الواقع أن غياب‬

‫بالدرجة األولى‪ ،‬و التي تمثل أكثر من ‪%05‬‬

‫يتم تربية األغنام بشكل أساسي على موارد‬

‫أي تحديد للحيوانات‪ ،‬و الحجم الكبير لعدد‬

‫من إجمالي الذبائح السنوية من األغنام‪ ،‬و تشكل‬

‫المراعي و الغابات‪ ،‬أي على نباتات طبيعية‬

‫رؤوسها‪ ،‬و تشتتها عبر مختلف جهات البالد‬

‫فرصة لتعامالت تجارية مكثفة و إلنتقال قدر‬

‫في المتناول و شبه مجانية؛ غير أن هذا النمط‬

‫و تنقلها الكثير‪ ،‬يجعل من عملية الحصول على‬

‫هام من األموال إلى البادية‪.‬‬

‫يتطلب مجهودا شاقا و تتبعا و حراسة للقطيع‬

‫معلومات موثوقة )الوالدات‪ ،‬موت الحمالن‪،‬‬

‫و تجدر اإلشارة إلى رمزية و أهمية قرون‬

‫في ظروف صعبة‪.‬‬

‫المدخالت المستعملة‪ ،‬سرعة النمو‪ )...‬أمرا بالغ‬

‫الخرفان بهذه المناسبة وفقا للتعاليم الدينية‪،‬‬

‫‪ -‬التربة الزراعية الرعوية‪ ،‬في السهول حيث‬

‫الصعوبة من أجل تحديد خصائص أنظمة تربية‬

‫فبالنسبة للكثير من األسر ال يمكن إطالقا تصور‬

‫تنتشر الزراعة المطرية للحبوب‪ ،‬و في محيط‬

‫األغنام بالمغرب‪.‬‬

‫اقتناء خروف للعيد بدون قرون‪.‬‬

‫المناطق المسقية‪ ،‬حيث تتغذى األغنام‪ ،‬زيادة‬

‫من جهة أخرى‪ ،‬فإن تعقد صيغ اإلستغالل‬


‫يعمل المربون الذين يدركون أهمية عيد‬

‫على أعشاب المراعي‪ ،‬على مخلفات الحبوب‬

‫)في حاالت كثيرة على شكل شراكة بين مالك‬

‫األضحى كمناسبة لتسويق منتجاتهم‪ ،‬على‬

‫)قش‪ ،‬تبن‪،‬نخالة‪ )...،‬و أحيانا على أعالف‬

‫القطيع و بين شخص آخر يتحمل مسؤولية‬

‫محاولة اإلستجابة ألذواق المشترين سواء منهم‬

‫خضراء )خرطال ‪،‬شعير ‪ ،‬فصة‪)...،‬‬

‫اإلدارة اليومية له(‪ ،‬و تقلب إمكانية تحديد‬

‫المسمنون أو األسر‪ ،‬و ذلك بإستهداف أسواق‬

‫‪ -‬التربية في الواحات‪ ،‬حيث توجد ساللة‬

‫مسارات لتربية األغنام على المدى الطويل‪ ،‬و‬

‫محددة يكون الطلب فيها مركزا على نوع جيني‬

‫»الدمان« المشهورة عالميا بخصوبتها العالية‪،‬‬

‫تعدد و إختالف المتدخلين في سلسلة هذا النشاط‬

‫معين )ساللة(‪ .‬فعلى سبيل المثال‪ ،‬يميل سكان‬

‫و التي يتم تغذيتها بشكل خاص على مخلفات‬

‫)مربون منتجون للخرفان‪ ،‬مسمنون‪ ،‬رعاة‬

‫المناطق الشمالية للبالد كطنجة و تطوان إلى‬

‫التمور و الفصة المسقية‪ ،‬مما أعطى نظاما‬

‫‪ ،‬تجار اللحوم بالجملة‪ ،‬موزعون لمدخالت‬

‫ساللت تيمحضيت و بني مكيل؛ بينما يفضل‬

‫إنتاجيا متميزا‪ .‬غير أن هذه الخصوبة المرتفعة‬

‫االنتاج و الخدمات‪ )....‬يعقد أكثر التحليل‬

‫سكان الساحل األطلسي‪ ،‬و باألخص المناطق‬

‫لساللة الدمان تؤدي غالبا إلى والدة حمالن‬

‫الشامل ألنماط األنتاج و تأثيراتها التقنية و‬

‫المحيطة بمدينة الدار البيضاء‪ ،‬ساللة الصردي‪.‬‬

‫ضعيفة الوزن ستكون عرضة للموت بشكل‬

‫اإلقتصادية‪.‬‬
‫و لعل هذه الميوالت تعبير عن إسترجاع لعادات‬

‫كبير؛ و هواألمر الذي يتطلب تدبيرا مختلفا قد‬

‫و بموازاة ذلك‪ ،‬فإن التطورات اإلجتماعية‬

‫إستهالكية قديمة عمل التمدن على إزاحتها و‬

‫يصل إلى حد اإلرضاع اإلصطناعي للحمالن‪.‬‬

‫الحديثة‪ ،‬إضافة إلى السياسات المعتمدة في‬

‫إحالل عادات جاهزة و نمطية محلها‪ .‬و في‬

‫كما تتميز قطعان ساللة الدمان بالواحات‪ ،‬بعدد‬

‫قطاع اإلنتاج الحيواني‪ ،‬قد فرضت تغييرات‬

‫األخير‪ ،‬يمكن القول أن أضحية العيد إكتسبت‬

‫رؤوسها المحدود )‪ 2‬إلى ‪ 3‬نعاج‪ +‬األوالد(‪.‬‬

‫كبرى على قطاع األغنام‪ .‬و يتعلق األمر في‬

‫أكثر من مبعدها اإلحتفالي الديني لتصبح تعبيرا‬

‫‪55‬‬

‫‪Agriculture du Maghreb‬‬
‫‪N° 89 Novembre 2015‬‬
‫حظيرة تسمين ألغنام من ساللة تيمحضيت‬

‫»إحتفالي« إعتبارا إللزامية إستهالك الشبه‬


‫مطلقة في المناسبات الدينية )عيد األضحى( و‬
‫العائلية‪.‬‬
‫أنماط إنتاج متعددة متمركزة أساسا حول عيد‬
‫األضحى‬
‫ال يتوفر المغرب على ساللة أغنام منتجة‬
‫للحليب كما هو الحال في المشرق العربي حيث‬
‫إنتشرت عادات العثمانيين في صناعة األجبان‬
‫من حليب النعاج‪ ،‬أو في الضفة االشمالية للبحر‬
‫األبيض المتوسط‪.‬‬
‫أطلقت الجهات المسؤولة عن الفالحة برنامجا‬
‫مهما لصالح طبقة الفالحين ده م بشكل أساسي‬
‫قطاع تربية األبقار خاصة من أجل إنتاج‬
‫الحليب‪ ،‬و ذلك بمساعدة مؤسسات تمويل دولية‪.‬‬
‫و هكذا سيعمل »مخطط الحليب« الذي تم‬
‫وضعه سنة ‪ ،5791‬على إحداث تغييرات‬
‫جذرية في البنية الجينية لقطيع األبقار بالمغرب‪.‬‬
‫لكن‪ ،‬خالفا لذلك‪ ،‬لم يتم إتخاذ أي إجراء بهذا‬
‫الحجم في ما يخص تربية األغنام‪.‬‬
‫و إذا كان فعال و منذ نهاية الستينات‪ ،‬قد تم‬
‫التشجيع على التنظيم المهني للقطاع و ذلك‬
‫من خالل »الجمعية الوطنية لمربي األغنام و‬
‫الماعز«‪ ،‬فإنه و وفقا إلستنتاجات الدراسات‬

‫األولى حول قطيع الغنم بالمغرب‪ ،‬في فترة‬


‫اإلحتالل‪ ،‬لم يتم توقع نمو مهم في مستويات‬
‫اإلنتاجية‪ .‬و لعل ذلك يرجع بكل بساطة إلى‬
‫التقلب الذي يتسم به هذا القطاع كإنعكاس‬
‫للتقلبات المناخية‪ ،‬و إلى محدودية إمكانية تحسين‬
‫الساللت الموجودة‪ .‬وتتفاوت أعداد رؤوس هذه‬
‫الساللت الموجودة‪ .‬و تتفاوت أعداد رؤوس‬
‫هذه الساللت كثيرا و تتراوح بين ‪ 9‬إلى ‪81‬‬
‫مليون رأس‪ ،‬و ذلك حسب معدالت التساقطات‬
‫المطرية و توزعها الجغرافي و إنعكاساتها على‬
‫وفرة العشب بالمراعي‪ .‬و قد تتقلص بشكل حاد‬
‫في حال حدوث جفاف لفترة طويلة كما حصل‬
‫في بداية الستينات و الثمانينات )انظر الرسم‬
‫البياني‪.)1‬‬
‫إضافة إلى ذلك‪ ،‬أدى التطور اإلجتماعي و‬
‫تغير نمط العيش مع التوسع في التمدن‪ ،‬و تزايد‬
‫اإلقبال على تناول الطعام خارج البيت‪ ،‬إلى‬
‫ظهور واقع جديد بدأت معه لحوم األغنام تفقد‬
‫بشكل مضطرد مكانتها كأول مزودة للسوق‪ ،‬و‬
‫ذلك لصالح الدواجن الصناعية بسبب رخص‬
‫أسعارها‪ ،‬تليها لحوم البقر في مرتبة أدنى‪ .‬و‬
‫الحقيقة أن كال من اللحوم البيضاء و البيض‬
‫و منتجات الحليب تعتبر أكثر مالءمة للوجبات‬
‫السريعة )بيتزا‪ ،‬سندويش‪ )...‬التي بدأت تزاحم‬
‫و تحل محل الطاجين و المشوي في العادات‬
‫الغذائية الحالية‪ .‬بالمقابل‪ ،‬يالحظ تزايد عدد‬
‫المستهلكين الذين يمتنعون نهائيا عن تناول لحم‬
‫الغنم بدعوى محتواها المرتفع من الكولسترول‪،‬‬
‫رغم أن األمر غير مؤكد على اإلطالق‪ .‬بل و‬
‫حتى في حالة تزايد مستويات إستهالك اللحوم‬
‫بصفة عامة‪ ،‬فإن نسبة لحوم الغنم بالذات تعرف‬
‫تراجعا نسبيا ملحوظا )جدول‪.)1‬‬
‫و يبدو أن لحم الغنم أصبح يتسم بطابع‬
‫و يتمحو إختيار ساللة األغنام‪ ،‬وفقا لخصائص‬
‫كل بيئة من البيئات الزراعية للبالد‪ ،‬على‬
‫النوع الجيني و مؤهالته من حيث الخصوبة‬
‫و مدى قابلية المواليد الجدد للحياة و النمو‪،‬‬
‫ثم في مرتبة أدنى‪ ،‬يأتي إنتاج الصوف؛ و‬
‫هي المادة التي ظلت تشكل و لقرون طويلة‬
‫منتوجا أساسيا لنشاط تربية الماشية‪ ،‬و كانت‬
‫تستعمل في صناعة األفرشة و المالبس بل‬
‫كانت تعتبر إستثمارا و وسيلة للدخار للكثير‬
‫من األسر‪ .‬و متظهر التطورات اإلجتماعية‬
‫الحديثة بشكل واضح أن هذه المادة )الصوف(‬
‫أصبح ينظر إليها كمنتوج ثانوي يشغل المكان‬
‫و يصعب تسويقه تجاريا بسبب عدم قدرته‬
‫على منافسة األلياف الصناعية الحديثة‪ .‬أما‬
‫بالنسبة للمنتوجات التقليدية المصنعة من‬
‫الصوف كالجالبيب و الزرابي‪ ...‬فالظاهر أن‬
‫سوقها محدود جدا بسبب أسعارها المرتفعة‪ .‬و‬
‫هكذا‪ ،‬أصبح إنتاج اللحوم هو الهدف األساسي‬
‫من تربية األغنام‪ ،‬إلى جانب تدبير المساحات‬
‫الشاسعة للمراعي و مواردها‪.‬‬
‫إن نظم اإلنتاج المتميزة للخراف تتسم بتنوع‬
‫ساللتها و األعشاب و النباتات التي تتغذى‬
‫عليها‪ .‬و يتوفر المغرب على أكثر من ‪6‬‬
‫ساللت متميزة )بني كيل‪ ،‬بني احسن‪ ،‬أبي‬
‫الجعد ‪ ،‬الدمان‪ ،‬الصردي و تيمحضيت( في‬
‫جهات محددة يطلق عليها إسم »مهد الساللة«‪،‬‬
‫إلى جانب أنواع محلية غير محددة تتواجد‬
‫بالخصوص بأعالي الجبال‪.‬‬
‫و تدخل أغلب ساللت األغنام المغربية دورتها‬
‫التناسلية الموسمية إبتداء من شهر يناير إلى‬
‫أبريل‪ ،‬مما ينتج عنه والدات جماعية في فصل‬
‫الخريف حيث تكون المراعي في أضعف‬
‫حاالتها من حيث األعشاب‪ ،‬مما يؤدي إلى‬
‫‪Agriculture du Maghreb‬‬
‫‪N° 89 Novembre 2015‬‬

‫‪56‬‬
‫تربية مواشي‬

‫تربية األغنام باملغرب‬


‫التطورات احلديثة و اآلفاق املستقبلية‬
‫)بروفيسور سرايري محمد طاهر‪ ،‬معهد الحسن‪II‬‬
‫للزراعة و البيطرة ‪-‬الرباط (‬

‫يشتهر المغرب عالميا‪ ،‬في ما يخص األغنام‪ ،‬بتعدد موارده الجينية‪ ،‬و ذلك بفضل‬
‫قدم تقاليده الرعوية‬
‫تنوع أنظمته البيئية )جبال‪ ،‬سفوح‪ ،‬سهول‪ ،‬واحات‪ )...،‬و د‬
‫المتوارثة عبر القرون‪ .‬و مع قدوم اإلحتالل الفرنسي‪ ،‬إزداد الطلب على األغنام و‬
‫على مختلف منتوجاتها )لحوم‪ ،‬صوف‪ ،‬جلود( بشكل كبير‪ .‬و الواقع أنه عند بداية‬
‫القرن ‪ ،02‬كان الحجم الكبير لقطيع األغنام يلعب أدوارا سوسيو‪ -‬إقتصادية أساسية‬
‫بالبالد‪ .‬ففي جغرافية صعبة التضاريس‪ ،‬حيث يوجد ‪ %62‬من المساحة األجمالية‬
‫على إرتفاعات تتجاوز ‪0001‬م‪ ،‬فإن للغنام ميزة سهولة الحركة في المناطق الصعبة‬
‫و المنحدرات‪ ،‬مقارنة باألبقار‪ ،‬مما يجعلها )األغنام( شريكة أساسيبة في عملية‬
‫مراقبة و تثمين المساحات الشاسعة للمراعي‪.‬‬
‫و تظهر اإلحصائيات أن لحم األغنام ظل يشكل‬
‫النوع الرئيسي بين اللحوم التي يتم إستهالكها‬
‫حتى نهاية الخمسينيات‪ ،‬أي قبل التطورات‬
‫التي عرفتها التربية الصناعية للدواجن و‬
‫التربية المكثفة للبقار‪ .‬غير أنه‪ ،‬و نتيجة‬
‫التقدم اإلجتماعي و إنعكاساته على العادات‬
‫اإلستهالكية‪ ،‬و اإلختيارات السياسية المتعلقة‬
‫بتربية الماشية المتبعة‪ ،‬فقد تغيرت كثيرا‬
‫الوظائف التقليدية لقطيع األغنام بالبالد‪.‬‬
‫و سنتعرض في هذا المقال لمختلف العوامل‬
‫التي أثرت على قطاع تربية األغنام بالمغرب‬
‫و إلنعكاساتها على أنماط اإلنتاج الخاصة به‪.‬‬
‫كما سنحاول وضع سيناريوهات لمستقبل هذا‬
‫القطاع‪.‬‬
‫التطورات االجتماعية الحديثة و آثارها على‬
‫تموين السوق باللحوم‬
‫عرف المغرب تحوالت ديمغرافية بارزة‪،‬‬
‫بحيث تضاعف عدد السكان ‪ 3‬مرات )من ‪21‬‬
‫إلى ‪ 23‬مليون نسمة( بين ‪ 0691‬و ‪.0102‬‬
‫و قد واكب هذا النمو مستوى عاليا من التمدن‪،‬‬
‫بحيث يعيش حاليا ‪ %85‬من السكان في مدن‬
‫تتجاوز ساكنتها ‪ 03‬ألف نسمة‪ ،‬مقابل ‪%92‬‬
‫فقط سنة ‪ .0691‬وبناء عليه عملت السلطات‬
‫المغربية منذ نهاية فترة اإلحتالل على وضع‬
‫‪57‬‬

‫‪Agriculture du Maghreb‬‬
‫‪N° 89 Novembre 2015‬‬

‫برامج طموحة من أجل تكثيف قطاع تربية‬


‫المواشي بغرض تأمين تموين منتظم للسوق‪،‬‬
‫و ذلك وعيا منها بالتحديات الناتجة عن هذه‬
‫التحوالت الديمغرافية و إنعكاساتها المتوقعة‬

‫نمط زراعي رعوي‬

‫على مستوى إستهالك المنتوجات الحيوانية‪ .‬إلى‬


‫جانب ذلك‪ ،‬لم يتأخر كثيرا قطاع تربية الدواجن‬
‫الصناعي في الظهور و التطور حوالي المدن‬
‫الكبرى على الساحل األطلسي‪ .‬و بموازاة ذلك‪،‬‬
‫الفهرس‬
‫تربية األغنام بالمغرب‬
‫التطورات الحديثة و‬
‫اآلفاق المستقبلية ‪57‬‬

‫الزراعات العلفية ‪53‬‬


‫إحياء زراعة خليط بوزغيبة‬
‫و الخرطال‬

‫مجموعة حسن الدرهم‬

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‫‪Agriculture du Maghreb‬‬
‫‪N° 89 Novembre 2015‬‬

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N° 89 Novembre 2015

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