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7e Congrès international des recherches féministes dans la francophonie

24 au 28 août 2015

PENSER CRÉER AGIR LES FÉMINISMES


De la révolution des savoirs au changement social

Organisé par :
Le Réseau québécois en études féministes
L’Institut de recherches et d’études féministes
Le Service aux collectivités de l’UQAM

Université du Québec à Montréal, Québec

Programme complet du 7e Congrès international des recherches féministes dans la


francophonie (CIRFF), en date du 14 août 2015 (selon le numéro assigné à l’activité)

61 – Héritage, évolution, subversion : l’analyse féministe dans le théâtre québécois


contemporain (2 séances)
Responsable : Marie-Claude Garneau, UQAM, Québec

Dans le cadre de cette journée de colloque, les participants-es et participantes se pencheront


sur des questions relatives à la présence de multiples féminismes dans le théâtre québécois et
engageront le dialogue sur les enjeux et les implications d’une telle approche.
Que représente(nt) le(s) «féminisme(s)» dans le contexte de la création théâtrale au Québec
aujourd’hui ? Quels sont les féminismes qui nous guident à travers notre travail au théâtre ?
Quels sont les moyens employés pour parvenir à s’implanter au sein d’une dramaturgie
contemporaine en tant que féministes ? Y a-t-il une forme d’héritage dont on peut s’inspirer en
matière de théâtre féministe ? Est-ce utile de s’y référer, aujourd’hui, en 2015 ? Y a-t-il une
filiation entre les pratiques et réflexions des années 70-80, par exemple, et celles d’aujourd’hui ?
Est-ce que le terme même de « théâtre » se déploie différemment lorsqu’il se crée, s’interprète,
s’écrit et se met en scène sous la lunette de l’analyse féministe ? De quelle(s) manière(s)
l’analyse féministe déconstruit-elle l’art du théâtre et ses diverses formes et pratiques ? Que
reste-t-il de cet art qu’est le théâtre dans le contexte québécois contemporain, à l’heure où
l’interdisciplinaire et la performance sont en vogue, où l’on inclut davantage le spectateur et la
spectatrice dans la représentation ? Pouvons-nous aborder, en ce sens, le théâtre telle une
praxis, mouvante dans ses actes de création et ses réflexions théoriques ? Ces
questionnements sont les pistes de réflexion proposées pour donner le coup d’envoi de cette
journée de colloque qui réunira deux jeunes compagnies de création et deux chercheures en
études théâtrales et pratiques artistiques.

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Lundi 24 août

9h00 – 10h30 - Séance 1

Marie-Claude Garneau, présidente

Marie-Ève Milot et Marie-Claude St-Laurent, Théâtre de l’Affamée, Québec : Théâtre de


l’Affamée : l’analyse féministe dans le processus de création, de l’écriture à la diffusion

Emmanuelle Sirois, UQAM, Québec : Affaire Cantat : féminisme, esthétisme et communauté


critique

Philippe Dumaine et Mylène Bergeron, Québec : Projets hybris : l’interdisciplinarité comme


posture résistante

Catherine Cyr, Universités McGill/Concordia, Québec : Mouvances du féminin chez Brigitte


Haentjens

11h00 – 12h30 - Séance 2

Discussion entre les participants-es et le public autour d’enjeux relatifs à la présence de


l’analyse féministe dans le théâtre québécois contemporain

69 – Femmes, vieillissement et migration. Discussion et lancement d’un documentaire


avec des femmes aînées immigrantes (1 séance)

Responsables : Michèle Charpentier et Anne Quéniart, UQAM, Québec, avec la collaboration


de Cathy Wong, présidente du Conseil des Montréalaises et coréalisatrice du documentaire

Cette activité, initiée par la Chaire de recherche sur le vieillissement et la diversité citoyenne,
porte sur les expériences de vieillissement de femmes aînées immigrantes. Ces deux principaux
objectifs sont : 1) d’assurer le lancement et le visionnement d’un documentaire qui réunit les
témoignages de femmes aînées originaires de Roumanie, d’Égypte, de Chine et du Congo qui
ont immigré au Québec à un âge avancé ; 2) d’animer une discussion sur vieillir au Québec
lorsqu’on est immigrante.

Jeudi 27 août– 17h30 – 19h00

Michèle Charpentier et Anne Quéniart, UQAM, Québec : Présentation et faits saillants de la


recherche « Les femmes aînées immigrantes et leur rapport au vieillissement »

Cathy Wong et Feven Ghebremariam, co-réalisatrices : Récit du documentaire

Visionnement du documentaire

Table ronde « Vieillir au Québec quand on est immigrante ». Réactions au documentaire et


discussion avec des Québécoises immigrantes

Vin d’amitié intergénérationnelle et interculturelle

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72 – Masculinités et santé - (2 séances)

Responsables : Meoïn Hagège et Arthur Vuattoux, Université Paris 13, France

S’inscrivant au cœur des études de genre, la recherche académique et les pratiques de


recherche-action situées à l’interface entre masculinité(s) et santé se sont considérablement
développées dans les dernières décennies. Au départ confinées à des extrapolations
épidémiologiques basées sur le constat des prévalences différentielles de certaines pathologies
entre hommes et femmes, les réflexions de ce domaine à l’intersection des études de genre et
des sciences sociales de la santé produisent aujourd’hui des analyses pertinentes. Elles
permettent notamment de renforcer l’analyse des déterminants genrés des inégalités sociales
de santé, d’affiner la compréhension du rapport genré à la santé ou encore de bâtir une
épidémiologie critique avec les outils des études de genre. Loin de renforcer une revendication
masculiniste courante (selon laquelle on se serait « trop » occupé de la santé des femmes),
l’approche la plus fréquemment adoptée au sein de ce domaine de recherche consiste au
contraire à penser la place des hommes et du masculin dans le domaine de la santé
(interactions avec le corps médical, rapport à la maladie, trajectoires de santé, etc.), sans
omettre de penser leur inscription dans des rapports de pouvoir dissymétriques. Raewyn
Connell a d’ailleurs montré toute l’importance qu’il y a à penser ces différents rapports de
pouvoir, ainsi que leurs actualisations dans des contextes locaux et globaux.
Dans cet atelier, nous souhaitons faire dialoguer des approches théoriques et leurs traductions
en pratiques. Nous souhaitons, tout d’abord, réaliser un état des lieux de la recherche portant
sur les masculinités en sciences sociales de la santé et ses présupposés épistémologiques. De
qui et de quoi parle-t-on lorsqu’on cherche à penser le rapport entre santé et masculinité ? Des
hommes ? Du rapport entre hommes et femmes du point de vue des hommes ? Du masculin
entendu comme complexion biologique (et donc comme support de pathologies associées au
sexe masculin) ? Du masculin comme point nodal de certaines configurations des rapports de
pouvoir ? Nous y réfléchirons en ouvrant un débat entre acteurs et actrices de santé et
chercheurs-es, en faisant dialoguer des points de vue synthétiques sur ce domaine de
recherche et des travaux plus récents, en cours d’élaboration.

Vendredi 28 août

9h00 – 10h30 - Séance 1 : Penser les masculinités

Arthur Vuattoux et Meoïn Hagège, Université Paris 13, France : Introduction générale

Régis Schlagdenhauffen, Université de Lorraine, France : Enquêter sur le vieillissement des


hommes gays : mobilisation des ressources et accomplissement identitaire à partir d’une
enquête de terrain

Christopher J. Colvin, University of Cape Town, Afrique du Sud : Les hommes engagés dans
des programmes de prévention de la transmission mère-enfant du VIH

11h00 – 12h30 - Séance 2 : Agir pour l’équité de genre (gender justice)

Gilles Tremblay, Université Laval, Québec : Principaux débats internationaux sur les modèles
explicatifs en matière de santé des hommes

Échanges avec la salle aimée par Hélène Bretin, Université Paris 13, France et
conclusion générale par Arthur Vuattoux et Meoïn Hagège, Université Paris 13, France

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80 – Division globale du travail de care, justice de genre et migration (1 séance)

Responsables : Naïma Hamrouni, Université Laval, Québec; Ryoa Chung, Université de


Montréal, Québec

La division genrée du travail de care s’articulant à une division du travail entre les femmes
suivant les lignes de la classe, de la race et de l’appartenance nationale, les enjeux qui
l’entourent ne peuvent plus être pensés dans le cadre limité des rapports de genre à l’intérieur
de la famille, ou des rapports de classe à l’intérieur des frontières de l’État-nation. Dans le
contexte de la mondialisation contemporaine, marqué par des inégalités de richesse criantes
entre les pays et une hypermobilité de la main-d’œuvre féminine à l’échelle mondiale, les États
du Sud fournissent aux États du Nord des nounous migrantes au rabais. En plus de l’exode des
cerveaux (brain drain) auquel sont confrontés les pays les plus pauvres du globe, ils subissent
ce que Barbara Ehrenreich et Arlie Hochschild qualifient de véritable fuite des donneurs de soins
(care drain). Quels sont les torts moraux causés par la division globale du travail de care? Ces
torts sont-ils plus justement appréhendés par la théorie cosmopolitique ou l’éthique globale du
care? Quels sont les remèdes à apporter? Le modèle juridique de la responsabilité morale est-il
à même de saisir le caractère structurel des injustices auxquelles nous faisons face dans un tel
contexte mondialisé? En quels termes doit-on penser la responsabilité morale et politique visant
à remédier à l’injustice de genre ? Les préoccupations de justice de genre se limitent-elles à la
seule structure de base de la société ou devraient-elles recouvrir les actions et les choix
individuels ? Ce colloque est l’occasion d’aborder la problématique de la division internationale
du travail de care sous trois principaux angles : Mondialisation du care : les limites et potentiels
du « capitalisme émotionnel» (première séance) ; Droit, migration et travail de care (deuxième
séance) ; Quelle théorie pour appréhender les injustices de genre structurelles ? (troisième
séance).

Vendredi 28 août – 9h00 – 10h30 - Mondialisation du care : limites et potentiels du


« capitalisme émotionnel »

Sylvie Loriaux, Université Laval, Québec : La libéralisation du commerce est-elle dommageable


pour les femmes ?

Agnès Berthelot-Raffard, McGill University, Québec : Solidarités féministes et économie


transnationale du care : jusqu’où développer le « capitalisme émotionnel » ?

Ryoa Chung, Université de Montréal, Québec : L’extension internationale de l’éthique du care :


potentiel et limites

Eugénie Depatie Pelletier, Université de Montréal, Québec : Interdiction de changer d’employeur


dans les occupations du care : violation étatique au Canada des droits et libertés fondamentales
des travailleuses migrantes sur la base de leur pays d’origine

83 – Genre, migrations et politiques publiques (3 séances)

Responsables : Aurélie Audeval, Université de Paris 13, France, Linda Guerry, Institut national
de la recherche scientifique, Québec, Anne-Marie D’Aoust, UQAM, Québec

L’objectif de ce colloque qui comprend trois séances est de mettre en lumière les enjeux de
genre au sein des politiques publiques liées aux questions migratoires : politiques des
migrations concernant les réfugiés et réfugiées politiques et législations liées à la nationalité,

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migrants et migrantes face à l’institution judiciaire, au contrôle des circulations, politiques de
regroupement familial, politiques de main-d’œuvre. La prise en compte du cadre politique des
migrations et de l’accueil dans leur aspect genré est un élément essentiel de la compréhension
des phénomènes migratoires et des sociétés d’accueil et de départ. Une approche qui met
l’accent sur l’historicité du genre des politiques migratoires permet ainsi de s’interroger sur ces
politiques tout en soulignant leurs évolutions et la variabilité des systèmes de genre. Les
analyses, portant sur plusieurs périodes et espaces géographiques, permettront une réflexion
sur les enjeux du phénomène et des discussions sur les outils de déconstruction politique dans
une perspective féministe.

Lundi 24 août

9h00 – 10h30 - Séance 1 : Le genre des politiques migratoires dans le cas français (première
moitié du 20e siècle)

Elisa Camiscioli, Université de Binghamton, États-Unis : Les archives de l’intime : genre,


reproduction, et immigration en France au début du 20e siècle

Linda Guerry, Institut national de la recherche scientifique, Québec : Genre et politiques


d’immigration de main-d’œuvre dans la France des années 1920 et 1930

Aurélie Audeval, Université Paris 13 : IndésirablEs ? Genre et régulations négatives des


populations, France, 1938-1942

11h00 - 12h30 - Séance 2 : Contrôle et assignations des migrant-e-s (Afrique et Europe)

Marie Rodet, University of London, Grande-Bretagne : Genre, génération et contrôle de la


circulation des personnes entre le Mali et le Sénégal à l’heure de Modibo Keita (1959-1968)

Gwénaëlle Mainsant, CNRS-UVSQ, France : Le traitement juridique de la traite et du


proxénétisme par les tribunaux français

Sarah Mazouz, Humboldt Universität zu Berlin, Allemagne : Expériences de binationalité : entre


assignations raciales et injonctions de genre

14h00 – 15h30 - Séance 3 : Émotions, affects et régulations sexuées des migrations au Canada

Anne-Marie D’Aoust, UQAM, Québec : Le jeu de l’amour et du hasard ? Dimensions genrées et


racisées des technologies de l’amour et de la gestion sécuritaire des mariages frauduleux au
Canada
Tamara Vukov, Université de Montréal, Québec : Affect, matérialité, et genre dans la régulation
sexuée des migrations : le cas du regroupement familial dans les politiques d’immigration
canadiennes

93 – Nouvelles perspectives en études féministes : littérature, cinéma, théâtre (8 séances)

Responsables : Adrien Rannaud, Université Laval, Québec, Lori Saint-Martin, UQAM, Québec,
Julie Beaulieu, Université Laval, Québec

Où en est la recherche féministe dans les études littéraires, théâtrales et cinématographiques ?


On assiste depuis plusieurs années à une multiplication des nouvelles approches. D’une part,

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l’exploration transdisciplinaire de plusieurs outils et concepts théoriques et méthodologiques
ouvre à une réévaluation des acquis scientifiques en arts et lettres, ainsi qu’en sciences
humaines et sociales. D’autre part, la découverte ou la relecture de corpus mis de côté, voire
oubliés, permet d’aborder autrement l’histoire des pratiques, des discours et des représentations
des femmes et/ou du féminin. En littérature par exemple, on peut penser aux importants
chantiers sur la presse et la vie culturelle, sur l’histoire littéraire des femmes, etc. En outre, les
études sur le genre, en mettant l’accent sur le féminin aussi bien que sur le masculin, ont
complexifié les nœuds de la recherche et ouvert la voie à de nouvelles lectures. Il va sans dire
que ces recherches contribuent à modifier les pratiques littéraires et artistiques actuelles ;
inversement, les œuvres les plus récentes bousculent et alimentent plusieurs axes de lecture,
dont la sexualité et la science-fiction.
Afin de saisir toute l’effervescence et l’intérêt d’un champ d’étude et de recherche en constante
évolution, le colloque réunit les voix émergentes et établies de la recherche féministe en études
littéraires, cinématographiques et théâtrales. En plus de vouloir faire se croiser les travaux et les
propositions, il sera l’occasion d’encourager plusieurs formes de coopération scientifique.
L’année 2015 marque le centenaire de la naissance de Jeanne Lapointe (1915-2006).
Professeure à l’Université Laval de 1940 à 1987, membre de la Commission Bird sur « la
situation de la femme au Canada » (1970) et de la commission Parent sur « l’enseignement
dans la province de Québec », intellectuelle engagée, Jeanne Lapointe fut parmi les premières à
enseigner la littérature dans une perspective féministe au sein d’une institution universitaire
québécoise. C’est sous l’égide de cette pionnière des études féministes au Québec, à laquelle
un panel sera consacré, que nous souhaitons réfléchir communément sur les nouvelles
perspectives dans le domaine.

Mardi 25 août

9h00 – 10h30 - Séance 1 : Nouveaux territoires et nouveaux concepts en littérature

Présidente : Isabelle Boisclair, Université de Sherbrooke, Québec

Julie St-Laurent, Université de Toronto, Ontario : De l’agentivité féministe dans la poésie


contemporaine ? Traversée de l’œuvre poétique récente de Nicole Brossard

Agnieszka Loska, Université de Silésie, Pologne : Anne Duguël, vers le fantastique féministe

Stéphanie Leclerc-Audet, Université de Montréal, Québec : Autres lieux, autre féminisme ?


Mutations et évolutions du concept dans les œuvres des romancières de l’Afrique
subsaharienne francophone

11h00 – 12h30 - Séance 2 : Les ambivalences de la maternité

Président : Adrien Rannaud, Université Laval, Québec

Ariane Gibeau, UQAM, Québec : Les mères extrêmes et la loi dans le roman québécois des
femmes des années 1950

Marie-Ève Muller, Université Laval, Québec : Refuser la maternité, c’est refuser la féminité :
étude des discours sur la nullipare dans La lune dans un HLM et dans Un léger désir de rouge

Lori Saint-Martin, UQAM, Québec : Noms de mères, nom de filles : le rapport mère-fille dans la
littérature québécoise du XXIe siècle

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14h 00 – 15h30 - Séance 3 : L’image, entre création et réception

Présidente : Louis-Paul Willis, Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue, Québec

Lucile Crémier, UQAM, Québec : Penser la subjectivité lesbienne hindoue entre féminisme et
postcolonialisme : le cas de Fire

Julie Beaulieu, Université Laval, Québec : A. N. (après le numérique). Lynn Hershman Leeson
et l’histoire d’un cinéma féministe

Janie Deschênes, Université Laval, Québec : La double réception de la bande dessinée de Bach
au Québec : C’est pas facile d’être une fille est-elle une œuvre féministe ?

16h00 – 17h30 - Séance 4 : Jeanne Lapointe : héritage et filiation

Présidente : Lori Saint-Martin, UQAM, Québec

Mylène Bédard, Université de Montréal, Québec : La relation entre Jeanne Lapointe et Judith
Jasmin comme point de départ d’une réflexion sur l’amitié féminine

Marie-Andrée Beaudet, Université Laval, Québec : De quelques lettres échangées entre Jeanne
Lapointe, Gabrielle Roy et Gaston Miron à la fin des années 1950

Jeudi 27 août

9h00 – 10h30 - Séance 5 : L’indiscipline des études féministes

Présidente : Mylène Bédard, Université Laval

Louis-Paul Willis, Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue, Québec : Laura Mulvey, 40


ans plus tard : Repenser le plaisir visuel dans la théorie contemporaine du cinéma

Marie-Pierre Harder, Université Paris-Sorbonne, France


Le màle est fait : enjeux (méta)critiques des études sur les masculinités en études littéraires
féministes

Nathanaël Wadbled, Université de Lorraine, France et UQAM, Québec : Le corps du récit.


L’apport d’une géocritique de la sexualité

11h00 – 12h30 - Séance 6 : Théâtre d’hier, théâtre de demain

Présidente : Marie-Andrée Bergeron, UQAM, Québec

Catherine Cyr, Université McGill, Québec : Le féminin : espace d’énonciation et outil d’analyse
dramatique

Marie-Claude Garneau, UQAM, Québec : L’intertextualité dans la dramaturgie féministe :


construction d’une « génération symbolique » de femmes à travers l’imaginaire féministe, de
Violette Leduc à Jovette Marchessault

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14h00 – 15h30 - Séance 7 : Intersectionnalité : de la sociologie à l’étude des arts

Présidente : Ariane Gibeau, UQAM, Québec

Joëlle Rouleau, Université de Montréal : Cinéma québécois et normativité ; une approche


intersectionnelle de l'articulation de la représentation des différences à travers une recherche-
création

Tara Chanady, Queen’s University, Ontario : Une approche intersectionnelle pour théoriser les
enjeux des représentations lesbiennes à la télévision populaire anglo-saxonne et québécoise

Joana Joachim, Université de Montréal, Québec : Effacées : représentations de femmes noires


en histoire de l’art

16h00 – 17h30 - Séance 8 : Quand les médias s’en mêlent

Présidente : Lucie Joubert, Université d’Ottawa, Ontario

Marie-Andrée Bergeron et Nicole Saindon, Université de Calgary, Alberta : Dialogues entre


réformistes et radicales 2.0

Marie-José des Rivières et Dominique Tanguay, Université Laval, Québec : Recherches


féministes. Nouvelles perspectives littéraires

Adrien Rannaud, Université Laval, Québec : De l’histoire du magazine à l’histoire des femmes
au Québec : posture médiatique et modèles féminins dans Jovette et Véro

96 – Recherches féministes en Afrique : quelles contributions pour la cause des


femmes ? (1 séance)

Responsable : Christine Paré, Université de Montréal, Québec

Depuis quelques décennies, de nombreuses chercheures s’intéressent aux questions de genre


comme objets et sujets d’étude. Les théorisations et l’appropriation de concepts de genre, de
rapports sociaux de sexe dans le contexte africain ont fait l’objet de nombreuses recherches. En
effet, bien que les préoccupations concernant la question de genre prennent leurs racines dans
les mobilisations des mouvements féministes, les universitaires féministes ont contribué à
intégrer ces préoccupations dans leurs recherches. Leurs contributions ont attiré l’attention sur
les relations inégales de pouvoir qui bloquent la capacité des femmes à prendre part aux
processus de développement et à les influencer. Ainsi les recherches féministes ont mis en
exergue les inégalités de genre dans le monde du travail, dans l’accès à la justice, à la santé, à
l’éducation et aux postes de décision. Notre objectif est d’exposer, à travers des études de cas,
les recherches sur les femmes africaines et de voir quel usage est fait du genre comme
« catégorie d’analyse ». Comme le souligne Fatou Sow (2007:56). « Le cadre méthodologique
et conceptuel de la production du savoir sur les femmes est un enjeu majeur. Les chercheures
africaines (les autres aussi) ont le devoir d’analyser les outils de conceptualisation des idées et
des pratiques socioculturelles ».

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Mercredi 26 août – 14h00 – 15h30

Soukeina Bouraoui, CAWTAR's Director, Centre of Arab Women for Training & Research :
Bonne gouvernance et égalité de genre

Rosalie Aduayi DIOP, Université Cheick Anta Diop, Sénégal : La vulnérabilité des mineures aux
IST/SIDA en question

Brigitte Birné Ndour, Université de Montréal, Québec : Caractéristiques de la politique


sénégalaise d’égalité de genre en éducation

Bilampoa Gnoumou Thiombiano et l’équipe FAGEAC, Université de Ouagadougou, Burkina


Faso : Tendances et facteurs des ruptures d’unions conjugales en milieu urbain Ouest Africain
Christine Paré, Université de Montréal, Québec : L’institutionnalisation du genre dans les ONG

135 – Les zones d’ombre de la recherche féministe francophone québécoise : interroger


les impensés pour construire des solidarités féministes (2 séances)

Responsable : Stéphanie Mayer, Université Laval, Québec

Ce colloque examine les approches théoriques, thématiques ainsi que les débats peu
développés dans les études et les mouvements féministes francophones comparativement à
ceux dans d’autres espaces nationaux, linguistiques et culturels. Les panélistes sont conviés-es
à interroger les zones d’ombre des recherches féministes francophones, principalement
québécoises, à partir de leur propre objet d’étude qui vont des théories queers, à
l’hétérosexualité, au transactivisme et à l’intersexualité en passant par les questions portant sur
la laïcité et l’expérience coloniale des femmes autochtones.
Les intervenants et intervenantes discuteront deux aspects des impensés des recherches
féministes francophones québécoises. Premièrement, ils et elles réfléchiront aux conditions
historiques, théoriques ou politiques qui ont contribué à cantonner à la marge des recherches
féministes francophones sur ces thèmes, ces questions et ces approches qui sont au cœur de
leurs travaux. Comment expliquer ces différences dans les objets de recherche entre les
féministes francophones et les anglophones ? Quelles sont les raisons théoriques ou politiques
de la présence ou de l’absence d’intérêt scientifique pour certaines questions ? Comment
comprendre les résistances perçues ou ressenties dans les recherches féministes francophones
par rapport à ces enjeux ? Voici quelques-unes des questions auxquelles ils tenteront d’apporter
des réponses. Deuxièmement, les panélistes aborderont les conséquences, actuelles ou
potentielles, pour les recherches féministes francophones de ces zones d’ombre identifiées, et
ce, dans le plus grand intérêt de nourrir et renouveler les théorisations et les pratiques
féministes. Quels sont les apports heuristiques de ces questions développées de façon plus
importante en dehors de la francophonie pour les recherches féministes francophones? Quelles
alliances de recherche pouvons-nous entrevoir pour l’avancement des connaissances sur ces
enjeux? Quelles explorations théoriques et politiques nouvelles peuvent être entrevues pour les
recherches féministes francophones à partir de l’approfondissement de ces thèmes? Voici une
seconde série de questions auxquelles les panélistes tenteront de répondre.
Ce colloque souhaite évaluer, sur la base de la diversité des thèmes discutés, comment les
recherches féministes francophones québécoises peuvent s’inspirer de ce qui se déroule en
dehors de la francophonie d’une part et, d’autre part, comment ces dernières peuvent contribuer
par leur singularité à enrichir les réflexions à l’échelle mondiale. Enfin, la mise en lumière de ces
zones d’ombre par les panélistes vise à contribuer positivement aux recherches et aux luttes
féministes francophones québécoises.

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Mardi 25 août

9h00 – 10h30 - Séance 1

Présidente : Chantal Maillé, Université Concordia, Québec

Caroline Jacquet, UQAM, Québec : Déconstruire les couples binaires laïcité/égalité vs


religion/patriarcat : l’apport des analyses féministes poststructuralistes anglophones pour créer
de nouvelles solidarités

Julie Depelteau, Université d’Ottawa, Ontario ; Dalie Giroux, Université d’Ottawa, Ontario : Sur
la piste d’une pensée politique bispirituelle

Janik Bastien-Charlebois, UQAM, Québec : Quand l’enthousiasme heuristique occulte les sujets
sociaux : Traitements théoriques de l’intersexuation et des personnes intersex(ué)es dans la
recherche féministe francophone

11h00 – 12h30 - Séance 2

Présidente : Diane Lamoureux, Université Laval, Québec

Bruno Laprade, UQAM, Québec : Les frontières de l’ère post-gaie : intérêt et limite des théories
queers en français

Alexandre Baril, Wesleyan University, États-Unis : Aux intersections du féminisme et du


transactivisme : l’apport heuristique des perspectives transféministes pour les analyses
féministes intersectionnelles francophones

Stéphanie Mayer, Université Laval, Québec : Sortir les théorisations féministes de l’impasse :
reproblématiser l’hétérosexualité et penser l’action transformatrice des femmes hétérosexuelles

143 – Les études féministes/sur les femmes/de genre : des études comme les autres ? (1
séance)

Responsable : Diane Lamoureux, Université Laval, Québec

Dans un cadre différent de ce qui a prévalu dans les pays anglo-saxons, plusieurs universités
francophones à travers le monde offrent actuellement des programmes d’études féministes / sur
les femmes / de genre. Pour celles qui sont engagées dans ces programmes, des enjeux
épistémologiques, pédagogiques et méthodologiques se posent. Parmi les questions qui nous
semblent devoir être débattues au regard de nos propres pratiques, en voici quelques-unes.
Les appellations de ces programmes sont-elles équivalentes ? À qui s’adressent ces
programmes ? Comment composer avec la mixité sexuée de l’institution universitaire ? Ces
programmes doivent-ils choisir entre une orientation professionnelle, politique ou culturelle ?
Quels rapports de tels programmes entretiennent-ils avec les mouvements sociaux ? Si ces
programmes ont été mis en place par des militantes et souvent de façon militante (cours et
séminaires pas toujours reconnus par l’institution), est-ce encore le cas aujourd’hui ? Quelles
transformations cette institutionnalisation au moins partielle induit-elle quant aux rapports entre
théorie et pratique ? Quel est le lien entre l’intervention militante et les programmes
universitaires ? Y a-t-il d’autres lieux possibles/souhaitables pour les études féministes que
l’institution universitaire ?

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Que peut-on enseigner dans ces programmes ? Qu’est-ce qui peut se transmettre dans le cadre
institutionnel de l’université ? Qu’est-ce qui en est exclu ? Comment faire place à la diversité des
points de vue féministes ? Comment éviter de contribuer à rendre invisible ou à réduire au
silence des enjeux et des perspectives des membres des groupes minorisés ?
Quels rapports pédagogiques privilégier ? L’institution universitaire entretient certains clivages
qui peuvent être source de domination, d’oppression ou d’exploitation :
enseignantes / étudiantes; responsables de recherche / assistantes; personnel
régulier / personnel précaire, pour n’en nommer que quelques-uns. Comment composer avec
ces clivages ? La transmission doit-elle s’envisager à sens unique (des enseignantes vers les
étudiantes) ou d’autres avenues sont-elles possibles ? Les études féministes / sur les
femmes / de genre : des études comme les autres ?

Mercredi 26 août - 11h00 - 12h30 - Table ronde

Éléonore Lépinard, Université de Lausanne, Suisse; Nadine Plateau, Réseau Sophia, Belgique;
Islah Jad, Université Bir Zeit, Palestine; Geneviève Pagé, UQAM, Québec et Alice Romero,
Université Paris 8, France

145 – L’itinérance des femmes, vers un meilleur partage des connaissances et des
pratiques (1 séance)

Responsable : Carole Benjamin, Table des groupes de femmes de Montréal, Québec

Nous voulons, sous forme d’atelier interactif, échanger sur une démarche initiée en 2012 dans le
but de vaincre l’invisibilité des femmes en situation d’itinérance.
L’itinérance des femmes augmente, se complexifie et se diversifie. Elle prend désormais
plusieurs visages. Différentes ressources mentionnent le rajeunissement ainsi que le
vieillissement des femmes qui sont dans la rue. Elles observent également l’augmentation de la
présence des femmes immigrantes, autochtones, handicapées.
En mars 2012, plusieurs groupes de femmes et organismes qui interviennent en itinérance se
sont réunis dans le cadre d’un forum public organisé par la Table des groupes de femmes de
Montréal et ses partenaires, portant sur la réalité des femmes en situation d’itinérance. Cet
événement a réuni 200 personnes provenant de 88 organismes. Par la suite, pour répondre à
certains besoins exprimés, un sondage auprès de groupes de femmes et de groupes travaillant
auprès de femmes en situation d’itinérance a été réalisé à l’automne 2014. Les résultats de ce
sondage seront dévoilés en 2015. Pour l’occasion, la région de Montérégie s’est jointe à la
démarche.
La démarche permet aux groupes de travailler ensemble, de se documenter et d’échanger sur
les pratiques existantes afin, d’une part, de mieux intervenir auprès des femmes en situation
d’itinérance et, d’autre part, de construire une voix féministe sur l’itinérance des femmes.

Jeudi 27 août– 9h00-10h30

Carole Benjamin, Table des groupes de femmes de Montréal, Québec : Construire une voix
féministe sur l’itinérance des femmes

Marie-Christine Plante, Carrefour pour Elle, Québec : Spécificité de l’itinérance au féminin et


pistes de solutions

11
150 – L’édition féministe : enjeux et spécificités (1 séance)

Responsable : Oristelle Bonis, Éditions iXe, France

À la croisée de la création et de la recherche, l’édition féministe a pour ambition et pour objectifs


de faciliter la diffusion d’œuvres de l’écrit, qu’il s’agisse de fiction (littérature, théâtre, poésie) ou
d’essais et d’ouvrages théoriques témoignant de la volonté d’émancipation des femmes, de
leurs combats passés et présents, mais aussi des résistances opposées à ce mouvement de
libération et des débats parfois houleux qui le traversent. Héritier d’une longue tradition de lutte,
le féminisme a maintes fois au cours de son histoire été éclaté en courants et tendances qui
s’affrontent parfois rudement. Les textes publiés rendent-ils compte de cette diversité? Le
doivent-ils? Comment s’opèrent les choix, à une époque où l’édition elle-même est un secteur
particulièrement fragile et menacé?
Cette table-ronde sera l’occasion de creuser ces questions, et d’autres, avec les chercheuses et
universitaires francophones qui composent une part importante du lectorat féministe et sont
aussi, pour certaines, des auteures/autrices des trois maisons ici réunies.
Leurs catalogues respectifs suffisent à le démontrer : toutes trois sont très différentes en raison
de leur histoire, plus ou moins longue et parfois très courte encore. Autre facteur de diversité, le
fait qu’elles travaillent chacune dans un des pays de la francophonie (Québec, Suisse, France)
permettra également d’échanger sur la façon dont cet ancrage géographique influe sur les
pratiques, les soutiens institutionnels, la proximité avec les milieux féministes.

Jeudi 27 août -11h00 – 12h30 – Table ronde

Modératrice : Diane Lamoureux, Université Laval, Québec

Participantes : Rachel Bédard, Éditions du remue-ménage, Québec; Rina Nissim, Éditions


Mamamélis, Suisse; Oristelle Bonis, Éditions iXe, France; Dominique Fougeyrollas, Éditions iXe,
CNRS, France

159 – Identités visuelles normatives prises au jeu des dispositifs (3 séances)

Responsables : Lisa Petiteau et Rania Aoun, UQAM, Québec

Les dispositifs médiatiques et culturels assignent des rôles aux individus à travers des
narrations toujours contraintes à respecter d’emblée des cadres genrés prédéterminés.
Véritables mises en scène de nos expériences corporelles et identitaires, un bon nombre de
dispositifs, d’appareillages, de prothèses sont à notre disposition pour parfaire jour après jour les
images d’un soi sans cesse réinventé par ses porteurs. Les différents réseaux socionumériques
(Facebook, Twitter, Instagram) nous invitent à reconduire des stéréotypes binaires genrés tout
en permettant de twitter son féminisme. En effet, certaines catégories genrées sont reconduites
en même temps qu’elles se défont le long des dispositifs médiatiques et/ou culturels. Dans une
perspective féministe pluridisciplinaire, ce colloque propose de réfléchir sur les « fils ténus » des
dispositifs (Braidotti, Coulomb-Gully, De Lauretis) comme autant de systèmes de pouvoirs
insidieux qui proposent aux individus la liberté de choisir leur genre tout en circonscrivant ses
limites dans des tiroirs fermés à clé. Depuis les pratiques performatives des artistes femmes
d’hier et d’aujourd’hui qui usent de dispositifs techniques comme autant de stratégies
transgressives pour pervertir leurs genres jusqu’aux libertés illusoires des identités
facebookiennes, notre objectif est d’examiner comment ces représentations visuelles peuvent à
la fois devenir meurtrières (Maalouf, 1998) et ouvrir des espaces de résistances politiques

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féministes. Notre colloque interrogera les représentations visuelles genrées produites par une
panoplie de dispositifs selon les deux axes suivants : la persistance des identités visuelles
normatives dans les dispositifs médiatiques et culturels ; les dispositifs médiatiques et culturels
au service des transgressions identitaires.

Lundi 24 août

9h00 – 10h30 - Séance 1 - Espaces culturels et stéréotypes

Ouverture Liza Petiteau et Rania Aoun, UQAM, Québec

Samira Ihajiten, Université Mohammed V, Maroc : La femme dans la publicité humoristique au


Maroc

Abir Marsit Touati, Université de Poitiers, France : La femme arabe comme artiste dans les
photographies de Laila Essaydi, Shirin Neshat et Faouzia Hilmy

Lila Roussel, UQAM, Québec : Subversion féminine pornographique dans la fanosphère


geek/otaku

Louise Caroline Bergeron, UQAM, Québec : Les allées du sexe

11h00 – 12h30 - Séance 2 - Les normes construites par les dispositifs littéraires

Modératrice : Julie Silviera, UQAM, Québec

Verushka Lieutenant-Duval, Université Concordia, Québec : Étude de la littérature occidentale


sur l’« art érotique » publiée au cours des années 1960 et 1970 en tant que dispositif
construisant la mise en image des pratiques sexuelles

Laurence Joselin, Institut national supérieur de formation et de recherche sur l’éducation des
jeunes handicapés et les enseignements adaptés, France : Images et rôles des personnages
féminins en situation de handicap dans les albums de jeunesse

Nicole Pradalier, Université de Toulouse, France : Comment peut-on être Toulousaine ?

14h00 – 15h30 - Séance 3 : Les dispositifs web genrés

Modératrice : Rania Aoun, UQAM, Québec

Marie-Claude Bourdon, Actualités UQAM, Québec : Sexe, amour et Internet : un sondage à


l’UQAM

Carmen Diop, Paris 13, France : Des femmes africaines sur le Web : mise en scène du corps
genre et assignation identitaire

Miriam Ronca, Université de Genève, Suisse : La procréation sur le web 2.0. Régimes visuels
entre masculin et féminin

13
162 – Manufactures familiales. Techniques, procréation, identification (4 séances)

Responsables : Marie-France Bureau, Université de Sherbrooke, Québec; Isabel Côté,


Université du Québec en Outaouais, Québec; Kévin Lavoie, Université de Montréal, Québec;
Sébastien Roux, CNRS, Université Toulouse 2, France

Comment se fabriquent les familles ? Quels sont les techniques et les discours qui se déploient
pour fonder et légitimer les filiations et les attachements ? Cet atelier, organisé en deux parties
complémentaires, entend interroger la manière dont se constituent les liens familiaux. Nous
traiterons d’abord des technologies de la reproduction assistée (TRA) qui retiennent l’intérêt de
chercheures féministes depuis plus de trente ans. Ces techniques ont pu être dénoncées pour
participer à la marchandisation du corps des femmes, la chosification des enfants ou la
réification du travail reproductif – notamment dans la gestation pour autrui et le don d’ovules.
Certaines critiques ont également pointé l’iniquité entre les sexes, les sexualités et les classes
sociales engendrées par les dispositifs de procréation assistée et les risques qu’ils font peser
sur les femmes et leur corps. À l’inverse, pour d’autres, les TRA recèlent un potentiel permettant
l’émancipation des femmes ou, du moins, une appropriation de leur corps et de leurs choix
reproductifs. À partir d’enquêtes empiriques et d’éclairages disciplinaires variés, nous
montrerons comment ces technologies transforment la création des liens familiaux et produisent
de nouveaux agencements affectifs. Mais la fabrique n’est pas que technique ; elle est aussi
discours. Nous consacrerons ainsi un second volet à la question des « origines », et à la mise
en question des processus qui édictent une place et une biographie. Que dire des conditions
d’une procréation ? Comment fonder, valider ou légitimer une place par le récit (ou le secret)
d’une procédure ? Ainsi, à travers l’étude des politiques familiales et des pratiques de
reproduction, nous nous interrogerons sur les nouveaux dispositifs qui produisent de la filiation
et mettent en débat les féminismes. L’apport de disciplines et de champs d’intervention variés
sera privilégié afin de problématiser le phénomène et d’identifier des pistes de recherche et
d’action.

Mardi 25 août

9h00 – 10h30 - Séance 1 : Technologies de la reproduction

Audrey L’Espérance, Université de Toronto, Ontario : Tension Attention : le discours public sur
la procréation assistée au Québec

Gaële Gidrol-Mistral et Anne Saris, UQAM, Québec : L’encadrement juridique de l’embryon


congelé : enjeux féministes et civilistes en tension

Louise Langevin, Université Laval, Québec : Maternité de substitution : exploitation ou


négociation?

11h00 – 12h30 - Séance 2 : Technologies de la reproduction (suite)

Sarah Jacob-Wagner, Conseil du statut de la femme, Québec : État des connaissances sur la
maternité pour autrui

Kévin Lavoie, Université de Montréal, Québec : Quand les tiers de reproduction sont des
femmes : approche relationnelle du don et enjeux féministes

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Isabel Côté, Université du Québec en Outaouais, Québec : Les princes qui voulaient devenir
une famille. Récits de la genèse familiale de pères gais ayant eu leurs enfants grâce à la
gestation pour autrui

14h00 – 15h30 - Séance 3 : La question des origines

Françoise-Romaine Ouellette, Institut national de la recherche scientifique, Québec : La


question des origines des adoptés et son évolution récente

Mélanie Gourarier, Université du Maine, France : Constituer le droit des pères autour du « droit
de savoir »

Sébastien Roux, CNRS, LISST-CAS, France : Le poids des valises. Production de l’identité et
récit des origines dans l’adoption internationale

16h00 – 17h30 - Séance 4 : La question des origines (suite)

Jérôme Courduriès, Université Toulouse Jean Jaurès, France : Des familles françaises nées du
recours à une gestation pour autrui : de qui l’enfant est-il issu?

Régine Tremblay, Université de Toronto, Ontario : Sans, sens, sang : filiation et origine

Michelle Giroux, Université d’Ottawa, Ontario : La diversité des modèles familiaux


contemporains et la réforme du droit : quelle place pour le droit aux origines ?

163 – Perspectives féministes sur le VIH/sida (5 séances)

Responsables : Gabriel Girard, Université de Montréal, Québec; Élisa Marsicano, Université de


Strasbourg, France; Kira Ribeiro, Université Vincennes/St-Denis - Paris 8, France

Depuis près de 35 ans, l’épidémie de VIH/sida a profondément redéfini le paysage global de la


santé publique. L’épidémie a également agi comme le révélateur social d’inégalités structurelles
préexistantes, de genre, mais aussi de classe, de sexualité et de race. Cependant, les enjeux du
genre sont souvent restés cantonnés à la compréhension de spécificités féminines (biologiques,
sociales, culturelles), sans nécessairement être envisagés comme un ensemble de rapports de
pouvoir. L’objectif de ce colloque est de renouer avec des approches féministes des enjeux du
VIH/sida. Les perspectives féministes et leurs analyses critiques, tant dans le monde militant
que dans le monde académique, ont notamment permis de déconstruire l’objectivité médicale,
mais aussi de dénoncer l’occultation des femmes dans les discours de prévention ou les essais
thérapeutiques.
Il s’agira ainsi, dans ce colloque, d’ouvrir un espace de réflexion et d’échanges sur l’apport des
perspectives féministes pour comprendre l’épidémie, au croisement de la recherche et de
l’action. L’accent sera mis sur les expériences et/ou travaux contemporains, mais aussi sur les
enseignements du passé. Le colloque aura également pour objectif de mettre en dialogue des
réflexions issues des différents espaces de la francophonie, au Nord comme au Sud.

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Lundi 24 août

9h00 – 10h30 - Séance 1 : Corps, sexualité, biomédicalisation

Marilou Gagnon, Université d’Ottawa, Ontario : « On ne soigne pas les femmes comme les
hommes » : Réflexions critiques sur les effets secondaires liés aux antirétroviraux

Coline Mey, AIDES, France : Les femmes vivant avec le VIH à l’épreuve des évènements
indésirables – L’enquête EVE

Francesca Mininel, Université Aix-Marseille, France : Virginity for Health. Les concours de
vierges modèles et la prévention du sida au Togo

11h00 – 12h30 - Séance 2 : Regards critiques sur le genre

Charlotte Pézeril, Observatoire du sida et des sexualités, Belgique : Approches féministes des
innovations médicales dans le champ du VIH/sida histoire à quatre temps

Jean-Yves Le Talec, Université Toulouse 2, France : L’impasse du genre

Gabriel Girard, IRSPUM, Québec : Le genre de la responsabilité. Réflexions à partir d’une


enquête sur la prévention du VIH chez les hommes gais

14h00 – 15h30 - Séance 3 : Intersectionnalité des rapports sociaux

Estelle Carde, Université de Montréal, Québec : L’intersectionnalité des rapports sociaux dans le
cadre du VIH : soins et maternité en Guyane française
Isabelle Robichaud et Maria Nengeh Mensah, UQAM, Québec : Travail social, VIH/sida et
perspectives féministes : quels héritages pour l’intervention auprès des femmes vivant avec le
VIH au Québec ?

Élise Marsicano, Université de Strasbourg, France : Une affaire de femmes et de minorités


masculines : discriminations envers les personnes vivant avec le VIH en France métropolitaine

Mardi 25 août

9h00 – 10h30 - Séance 4 : Vivre avec le VIH

Vanessa Fargnoli, Université de Genève, Suisse : Négociation autour des traitements


médicaux : expériences des femmes séropositives ordinaires en Suisse romande

Lyne Massie, UQAM, Québec : Préoccupations de santé sexuelle chez des femmes vivant avec
le VIH/sida au Québec

Catherine Kapusta-Palmer et Carine Favier, Planning Familial, France : Le VIH au féminin reste
impensé

11h00 – 12h30 - Séance 5 : Criminalisation

Maria Nengeh Mensah, UQAM, Québec ; Cécile Kazatchkine, Réseau juridique canadien
VIH/sida: Engager une réflexion féministe sur la criminalisation du VIH

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Kira Ribeiro, Paris 8, France : La criminalisation du VIH, entre invisibilisation et matérialisation
des violences faites aux femmes

Doline Bedtji, 3SH, Cameroun : De Mères à « Criminelles » ? Le destin des femmes face aux
ruptures d’ARV au Cameroun

168 – Matérialité(s) des corps (4 séances)

Responsables : Solène Froidevaux, Najate Zouggari et Vanessa Brandalesi, Université de


Lausanne, Suisse

La tradition des études féministes telle qu’elle s’est constituée dans la mouvance de la seconde
vague du féminisme francophone avait pour spécificité un intérêt marqué pour la matérialité des
rapports de pouvoirs, ce qui constitue un apport théorique indéniable. Pourtant, une revue de la
littérature francophone contemporaine relative à la place du corps dans les sciences sociales
montre une dématérialisation croissante de celui-ci par le recours systématique, et souvent
exclusif, aux enjeux symboliques qu’il sous-tend.
Malgré les apports des études féministes dans ce domaine, le corps matériel n’est pas au centre
des théories sociales contemporaines. Pourtant, observer et analyser le corps, à travers ses
postures, ses gestes, ses expressions, ses membres - et les discours qui y sont liés - conduit à
nous ouvrir à l’interdisciplinarité en vue de contribuer efficacement à une production des savoirs
féministes sur le corps.
Il s’agit donc, avec ce colloque, de revenir sur l’apport des études féministes francophones,
dans une perspective interdisciplinaire, à l’intersection de la sociologie, de l’anthropologie et des
études de genre. Notre proposition s’articule autour de trois axes thématiques, perméables les
uns aux autres : le corps en action(s) et en situation(s); l’articulation entre les corps et les objets;
le discours comme producteur d’un corps genré.

Jeudi 27 août

9h00 – 10h30 - Séance 1 :

Meriem Alaoui, UNSA – LIRCES, Université de Nice, France : Des corps Gnawa en danses et
en transes

Catherine Bourgeois, Université libre de Bruxelles et Université des Femmes, Belgique : Pelo
bueno/pelo malo. La chevelure au croisement des rapports sociaux de sexe, de classe et de
race

Solène Froidevaux, Université de Lausanne, Suisse : Cibler les corps : pratiques du tir à l’arc et
du tir au pistolet en Suisse

11h00 – 12h30 - Séance 2 :

Sandra Jaeggi, Université de Fribourg, Suisse : Nourrir c’est former ? Biberons gréco-romains et
matérialité sexuée du corps

Antoinette Kuijlaars, Centre Max Veber, France : Les femmes à la cuisine. Corps féminins et
instruments virils dans les baterias

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Najate Zouggari, Université de Lausanne, Suisse : Les outils ont-ils un sexe ? Investigation de
l’établi en ébénisterie

14h00 – 15h30 - Séance 3 :

Valentine Gourinat, Université de Strasbourg, France : Le genre et la prothèse : comment


l’appareillage des corps amputés donne à penser l’identité de genre

Julie De Ganck, Université Libre de Bruxelles, Belgique : Du sang et des lames. Pour une
histoire socio-émotionnelle des usages du scalpel en médecine

Vanessa Brandalesi, Université de Lausanne, Suisse : Le corps maternel des non-mères

16h00 – 17h30 - Séance 4 :

Nathalie Grandjean, Université de Namur, Belgique : Savoirs situés et nouvelles frontières des
corps

Discussion

172 – Marche exploratoire sur la sécurité des femmes au sein du Quartier Latin (1 séance)

Responsables : Marianne Carle-Marsan, vice-présidente du Conseil des Montréalaises, Québec,


Marie-Ève Desroches, Institut national de la recherche scientifique-études urbaines, Québec

Dans le cadre de cet atelier, nous proposons de mener une marche exploratoire au sein du
Quartier latin et d’ainsi poser un regard féministe sur l’aménagement urbain. Les marches
exploratoires ont été élaborées en 1989 par le Comité d’action de la région métropolitaine de
Toronto contre la violence faite aux femmes et aux enfants (METRAC) afin de répondre aux
préoccupations croissantes des femmes face à la violence et à leur sentiment d’insécurité
urbaine. Les marches exploratoires représentent une enquête terrain menée par un petit groupe
de personnes composé en majorité de femmes. Cette démarche citoyenne reconnait que les
femmes sont les mieux placées pour identifier les éléments de leur quartier qui peuvent
constituer des risques d’agression et/ou causer un sentiment de sécurité ou d’insécurité. Non
seulement les marches exploratoires permettent de réaliser une évaluation critique de
l’environnement urbain en suivant les principes de l’aménagement sécuritaire : la signalisation,
la visibilité, l’affluence, la surveillance formelle et l’accès à de l’aide, l’aménagement et l’entretien
des lieux, la participation de la communauté et l’inclusion (Femmes et villes international, 2010),
mais elles constituent un exercice de participation citoyenne où des femmes sont amenées à
articuler des enjeux urbains à partir de leurs expériences quotidiennes. De là découle tout un
potentiel d’empowerment individuel et collectif. Enfin, cet atelier est une occasion privilégiée
pour les participantes d’expérimenter cette démarche afin que de plus en plus de groupes et
d’équipes de recherche soient en mesure de l’utiliser dans leurs travaux.
Cet atelier participatif est fondé sur l’idée que les femmes constituent des expertes de
l’aménagement sécuritaire. En ce sens, les participantes seront amenées à poser une
évaluation critique de l’environnement dans lequel elles évolueront tout au long du CIRFF 2015
soit le Quartier latin (en cas de pluie, la marche se déroulera dans les souterrains de l’UQAM et
du métro de Montréal).

18
Lundi – 20h00

Introduction et présentation des marches exploratoires sur la sécurité des femmes

Marche exploratoire

Retour et discussion

173 – L’éducation à la sexualité des adolescentes (1 séance)

Responsable : Geneviève Dumont, Conseil du statut de la femme, Québec

Malgré ce que l’on pourrait croire, parler de sexualité féminine, en particulier de celle des
adolescentes, demeure une entreprise délicate. Le débat public et médiatique amorcé au début
des années 2000 autour du phénomène de l’hypersexualisation ne cesse de revenir dans
l’actualité et révèle à quel point la sexualité des adolescentes est un sujet sensible.
Voilà maintenant une dizaine d’années que l’éducation à la sexualité obligatoire a été retirée du
cursus scolaire québécois. Un projet pilote sera proposé dans certaines écoles à la rentrée de
2015 pour intégrer quelques heures obligatoires d’éducation à la sexualité au niveau du primaire
et du secondaire.
Bien que tout le monde s’entende pour réclamer des cours de sexualité obligatoires dans les
écoles, des questions restent en suspens au sujet de l’approche qui devrait être privilégiée et
des contenus à proposer aux élèves, notamment aux filles.
Bien que la prévention des risques en matière de sexualité soit nécessaire, cette approche
laisse trop souvent entendre aux adolescentes que la sexualité est négative. Alors, comment
faire pour adopter une perspective plus positive de la sexualité ?
• Devrait-on choisir une approche qui favorise les échanges non mixtes sur la sexualité
afin de permettre aux filles de s’exprimer en toute confiance?
• Comment devrait-on aborder les rapports égalitaires entre les filles et les garçons à
l’intérieur des cours d’éducation à la sexualité?

Le désir et le plaisir féminin sont souvent absents de la recherche et font peu l’objet de débats.
Pourquoi? Est-ce que les adolescentes devraient pouvoir en parler à l’école, avec leurs parents,
avec leurs pairs?

Jeudi 27 août– 11h00 – 12h30

Caroline Caron, Université du Québec en Outaouais, Québec : Recherche féministe,


adolescentes et sexualité : une relation ambigüe

Simone Viger, Fondation Filles d’action, Québec : Donner la parole aux adolescentes –
Pourquoi et comment?

Catherine Plouffe Jetté, Centre Filles, YWCA, Québec : Oser donner la parole aux filles

Geneviève Dumont, Conseil du statut de la femme, Québec : Vie amoureuse et sexuelle des
adolescentes au Québec : un avis sur la question

19
174 – Doit-on toujours être féministe en philosophie? (1 séance)

Responsables : Sarah Audrey Arnaud, UQAM, Québec; Marie-Anne Casselot, Université McGill,
Québec; Aline Medeiros Ramos, UQAM, Québec

La philosophie est la discipline en sciences humaines ayant le plus faible taux de représentation
féminine. Cette faible proportion de femmes, au Québec et ailleurs, constitue un problème
majeur qui doit être examiné et sur lequel il est indispensable d’agir afin de changer la situation.
La table ronde entend répondre à un double enjeu. Nous souhaitons d’une part faire ressortir les
défis et les problématiques auxquels font face les femmes en philosophie. Il s’agit d’autre part
d’interroger la place de la philosophie féministe en tant que discipline philosophique afin de
comprendre non seulement ce qu’elle est, mais aussi qui en sont les spécialistes et pourquoi.
Notre table-ronde s’articulera donc autour de la question suivante : « Doit-on toujours être
féministe en philosophie? ».
Délibérément normative et polémique, cette question nous permettra d’engager un débat sur le
lien entre l’enjeu de la représentation des femmes en philosophie et le champ de la philosophie
féministe. Cette question permettra de discuter, par exemple, de la position ambigüe de la
« féministe attitrée » du département, soit cette professeure de philosophie à qui revient le cours
de « féminisme », cours indispensable, mais considéré comme moins rigoureux que les autres
plus « classiques » des champs « nobles » de la philosophie. Nous envisagerons alors les
impacts de cette « fonction », en réfléchissant sur le rôle des femmes philosophes et sur leur
mobilité sociale. Cette investigation nous mènera à la question suivante, à savoir si être femme
en philosophie nous « rend » féministes : devient-on nécessairement militante lorsqu’on est une
femme en philosophie pour faire face au climat parfois hostile de la discipline ?
Finalement, nous considèrerons les conditions de possibilité de l’engagement féministe en
philosophie, à travers les questions du rôle pratique des philosophes, femmes et hommes, et de
l’enseignement théorique de la philosophie féministe. Par quels moyens et grâce à qui pourrait-
elle diversifier la profession en même temps que la discipline, et plus globalement, avoir un
impact positif sur la société ?

Vendredi 28 août – 9h00-10h30

Pascale Camirand, Société des femmes en philosophie du Québec, Québec : Pourquoi suis-je
devenue une philosophe éthicienne féministe ?

Sarah Arnaud et Aline M. Ramos, UQAM, Québec : Quel rôle pour les femmes en philosophie ?

Guillaume Beaulac, Yale University, États-Unis (en collaboration avec Yann Benétreau-Dupin):
Changer le statut quo en philosophie

Dominique Leydet, UQAM, Québec : Doit-on faire de la philosophie féministe pour être féministe
en philosophie ?

178 – Les nouvelles techniques de reproduction dans la société globale : un nouveau défi
pour les études de genre (2 séances)

Responsables : Laurence Tain, Université Lyon 2, France, Virginie Rozée Gomez, Institut
national d’études démographiques, France

Les nouvelles techniques de reproduction sont un terrain privilégié d’analyse de la construction


sexuée des corps et de la dynamique des rapports sociaux entre les sexes. Les avancées

20
médicales et l’expansion des circuits transnationaux reproductifs mettent en scène un théâtre où
se jouent, se croisent et s’imbriquent plusieurs rapports sociaux (de classe, race, sexe, origine) ;
et posent ainsi de nouveaux défis aux études de genre. Depuis une perspective féministe, cet
atelier propose d’analyser les permanences et les reconfigurations du système social de genre à
travers les représentations et usages des nouvelles techniques de reproduction dans le contexte
actuel de mondialisation. Les nouvelles techniques de reproduction sur la scène transnationale
transforment les rapports de genre, mais tendent-elles pour autant vers de plus fortes égalités ?
Accentuent-elles au contraire des inégalités préexistantes ? Quelles sont les logiques sociales /
normatives et les dynamiques de pouvoir sous-jacentes ? Car si les nouvelles techniques de
reproduction permettent aujourd’hui aux femmes d’échapper à la stigmatisation de l’infertilité et
de l’infécondité, si elles permettent de se soustraire à l’hétéronormativité de la parentalité et du
faire famille, elles participent également au renforcement des constructions sociales de genre et
au maintien d’inégalités sociales, y compris entre femmes. C’est notamment le cas depuis les
années 1990 avec l’utilisation de « tiers » (donneuses et gestatrices), qui soulève des questions
sur les privilèges de certaines femmes et sur la possible oppression / exploitation d’autres
femmes.

Mercredi 26 août

9h00 – 10h30 - Séance 1

Laurence Tain, Université Lyon 2, France : Savoirs et expériences autour des nouvelles
techniques de reproduction : enjeux féministes

Enrica Bracchi, Université de Nantes, France : La procréation en Italie entre tradition et


modernité

Marie-Blanche Tahon, Université d’Ottawa, Ontario : Procréation assistée, avortement et «


médecine de famille » au Québec

Christèle Fraïssé, Université de Bretagne occidentale, France : Hétéronormativité et ouverture


de la PMA aux couples de femmes en France

11h00 – 12h30 - Séance 2 :

Martine Gross, CNRS, France : Tiers de procréation et désignation des liens dans les familles
homoparentales

Virginie Rozée, INED, France : La GPA en Inde : quand la performance du corps reproducteur
devient un travail

Delphine Lance, EHESS – LAIOS, France : La place de la femme et de son corps dans le
processus de gestation pour autrui (Ukraine - USA)

181 – Actualité du matérialisme (5 séances)

Responsables : Anne-Marie Devreux, CNRS, France, Michèle Ferrand, CNRS, France, Marie
Mathieu, Université Vincennes/St-Denis - Paris 8, France, UQAM, Québec

Actuellement, dans le champ des études de genre, l’analyse des formes matérielles des
rapports sociaux de sexe et de la domination subie par les femmes disparait parfois derrière les

21
usages qui sont faits de la question des identités et des rapports symboliques. Des thèmes
comme celui des « masculinités hégémoniques » ou de l’intersectionnalité des rapports sociaux
peuvent même conduire à invisibiliser l’oppression des femmes et l’antagonisme persistant entre
les intérêts des hommes et ceux des femmes. Dans le même temps, divers travaux
réintroduisent à leur manière l’économique et le matériel dans l’exploration de terrains variés.

Le collectif de recherche sur les rapports sociaux de sexe de l’équipe Cultures et Sociétés
Urbaines du Cresppa invite à une réflexion sur ce qui fait l’actualité du matérialisme pour les
théorisations du genre. Comment articuler analyse du symbolique et prise en compte du
matériel ? Réintroduire la division sexuelle du travail et du pouvoir dans l’analyse de ce qu’on
peut appeler l’économie des rapports sociaux de sexe ne constitue-t-il pas un enjeu
contemporain majeur pour les études de genre ?

Ce colloque propose donc un retour sur la portée heuristique de la recherche féministe


matérialiste, qui, après une séance introductive plus épistémologique (séance 1), sera illustrée à
partir d’enquêtes dans le monde de l’entreprise et des industries culturelles (séance 3) et sur la
fabrique des corps, observée à travers la question des différences de classe (séance 4). Une
séance méthodologique (séance 2) mettra en valeur des démarches méthodologiques se
confrontant aux difficultés d’une analyse matérialiste à partir de terrains où les formes
symboliques des rapports sociaux de sexe semblent a priori s’imposer.

Mardi 25 août

9h00 – 10h30 - Séance 1 : Matérialisme, la nouvelle vague

Présidente : Lori Saint-Martin, UQAM, Québec

Anne-Marie Devreux et Michèle Ferrand, CNRS, France : Matériel et symbolique dans l’analyse
des rapports sociaux de sexe

Artemisa Flores Espinola, Cresppa-CSU, France : Donna Haraway : un féminisme matérialiste


et postmoderne est-il possible?

Gail Pheterson, Cresppa-CSU, France : Les fractures dans la classe des femmes

11h00 – 12h30 - Séance 2 : Travailler sur la matérialité de la domination

Présidente : Sandrine Ricci, UQAM, Québec

Françoise de Barros et Séverine Sofio, Cresppa-CSU : Des corps de papier : rapports sociaux
de sexe et matérialité de la domination dans les archives

Angeliki Drongiti, Cresppa-CSU, France : Une femme parmi les hommes ; une sociologue parmi
les militaires

Chiara Quagliariello, Cresppa-CSU, France : Mise au jour du matérialisme dans l’expérience de


maternité des femmes sénégalaises en exil

14h00 – 15h30 - Séance 3 : L’économie des rapports sociaux de sexe

Présidente : Sylvie Morel, Université Laval, Québec

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Aurélie Fillod-Chabaud, Muriel Mille et Julie Minoc, Collectif Onze, France : Justice familiale et
invisibilisation de la valeur du travail féminin

Isabel Boni, CNRS/EHESS/ENS, France : Pratiques capitalistes et régimes de genre. Une


comparaison entre firmes dans le conseil en management

Mona Zegaï, Cresppa-CSU et Université Versailles - St-Quentin, France : Luttes féministes


« connectées » contre le marketing sexué du jouet

Karim Hammou et Delphine Naudier, Cresppa-CSU, France : Division sexuelle du travail et


intermédiaires des industries culturelles

16h00 – 17h30 - Séance 4 : Corps de classe


Présidente : Louise Boivin, Université du Québec en Outaouais, Québec

Amélie Beaumont, Cresppa-CSU et CESSP, Paris 1/EHESS, France : Confronté-e-s aux corps
des classes supérieures au quotidien. Les employé-e-s du luxe et leurs client-e-s

Coline Cardi, Cresppa-CSU, France : Injonction à des expressions symboliques de la féminité


différentes selon les classes

Marie Mathieu, Cresppa-CSU, France et UQAM, Québec : Serveuse, l’addition s’il vous plaît!
Les coûts différenciés des uniformes au sein d’une chaîne de restauration

Conclusion :

Anne-Marie Devreux, CNRS, France et Diane Lamoureux, Université Laval, Québec

17h30 – 19h00 -Séance spéciale

Projection d’extraits des films « L’abécédaire de Christine Delphy » et « Je ne suis pas


féministe, mais… » de Florence Tissot et Sylvie Tissot

Présentation par Sylvie Tissot, Cresppa-CSU, France

Discutantes : Mélissa Blais et Francine Descarries, UQAM, Québec

186 – Transformer le féminisme et les solidarités entre les femmes du monde : l’enjeu de
la souveraineté alimentaire dans la Marche mondiale des femmes (2 séances)

Responsables : Pascale Dufour, Université de Montréal, Québec; Dominique Masson, Université


d’Ottawa, Ontario

Les deux séances du Colloque portent sur une problématique émergente au sein des
mouvements de femmes qui concerne la production, la distribution et l’accès à la nourriture.
Dans la première séance, nous traitons plus spécifiquement de la question de la souveraineté
alimentaire au sein de la Marche mondiale des femmes alors que dans la deuxième séance,
c’est la question des femmes rurales et de l’accès à la terre dans différents contextes qui est au
cœur des communications. Seront explorées de manière transversale lors des deux séances les
questions suivantes :

23
1. la souveraineté alimentaire (incluant l’accès à la terre) comme nouvel enjeu pour le
féminisme
2. la souveraineté alimentaire comme levier de construction de nouvelles solidarités
3. la souveraineté alimentaire comme agent de transformation des féminismes

Depuis les années 2000, les militantes de la Marche mondiale des femmes, née au Québec,
construisent un mouvement mondial, regroupant environ 60 coordinations nationales et des
centaines de groupes affiliés. Dès sa création, la Marche a exploré des thématiques qui ne sont
pas traditionnellement considérées comme féministes, au moins dans la partie Nord de
l’hémisphère. Ainsi, les biens communs et autres questions économiques ont, par exemple, été
au cœur des réflexions, actions et revendications de la Marche lors de ses actions mondiales de
2000 et 2010. Les prochaines actions mondiales auront lieu en 2015 sur le thème « Corps et
Territoires ». Dans la Marche, le terme de « territoire » recouvre un grand nombre d’enjeux, de
l’occupation des territoires pour les peuples autochtones, à l’usage souvent conflictuel de la
terre par différents acteurs, à la production et reproduction de ce territoire, au sens physique
comme symbolique. Dans cet atelier, nous aimerions explorer un des aspects des
revendications et analyses liés au territoire, celui de la souveraineté alimentaire. En effet, depuis
la rencontre de Nyéléni de 2007 au Mali, à laquelle la Marche a été étroitement associée, la
thématique de la souveraineté alimentaire est devenue un axe privilégié de réflexion et d’action,
en particulier au niveau du Secrétariat international de la MMF, mais aussi d’un certain nombre
de coordinations nationales et de groupes locaux. Cet atelier est une première tentative pour
prendre la mesure des transformations produites par l’incorporation de cet enjeu au sein de la
Marche.

Lundi 24 août

11h00 – 12h30 - Séance 1 – La souveraineté alimentaire

Elsa Beaulieu, Dominique Masson et Anabel Paulos, Université d’Ottawa, Ontario : La


souveraineté alimentaire comme nouvel enjeu pour le féminisme : le cas de la Marche Mondiale
des femmes

Janet Conway, Brock University, Ontario, Pascale Dufour, Université de Montréal, Québec : La
Marche mondiale des femmes : un « objet » multiforme, multi-situé et multi-thèmes

Elsa Beaulieu, Université d’Ottawa, Ontario, Janet Conway, Brock University, Ontario : La
généalogie de la souveraineté alimentaire au sein de la Marche mondiale des femmes

Alexa Conradi, Fédération des femmes du Québec, Québec : Les actions mondiales de 2015 :
mise en contexte

14h00 – 15h30 - Séance 2 : Femmes rurales et émancipation : des défis de production ?

Charlotte Bella Mbessa, ministère de l’Éducation et Hervé Toussaint Ondoua, Université de


Yaoundé 1, Cameroun : L’Afrique et la question de l’égalité entre les genres et la répartition de
la terre : lecture de quelques extraits des textes africains

Nadeige Laure Ngo Nlend et Rose Angeline Abissi, Université de Douala, Cameroun : Les
organisations de productrices face au défi de l’émancipation foncière de la femme rurale au
Cameroun

24
Yedjoukpan Ramata Ouattara, Centre solidarité investir dans les filles et les femmes, Abidjan,
Côte d’Ivoire : L’accès des femmes à la terre comme gage de sécurité alimentaire en Côte
d’Ivoire

Eila Rajhi et Salwa Kennou, Association des femmes tunisiennes pour la recherche sur le
développement, Tunisie : L’économie sociale et solidaire : facteur de changement et
d’émancipation des femmes rurales

187 – La féminisation des noms et des fonctions (1 séance)

Responsables : Anne-Marie, Lizin, Global Network for Rights and Development; Eliane Viennot,
Université Jean Monnet, France; Claude Kazadi Lubatshi, Cent tambours mille trompettes,
République démocratique du Congo

Global Network for Rights and Development (GNRD-W) propose un colloque en collaboration
avec Cent Tambours Milles Trompettes (CTMT) et Mme Viennot, membre de l’Institut
universitaire de France, qui abordera le sujet de la féminisation des noms et des fonctions. Ce
colloque permettra aux participants et participantes de partager leurs expériences et de débattre
de la question du comment la création d’un nouveau langage féministe pourrait faire avancer la
pensée féministe ainsi que les pratiques.
GNRD-W est le nouveau département de l’ONG dénommée Réseau mondial pour les droits et
le développement (GNRD), qui se spécialise dans la protection et la promotion globale des
droits des femmes. En conséquence, GNRD-W commence un projet de recherche pour mesurer
le statut des femmes et leurs droits dans tous les pays. CTMT vise l’émergence du leadership
des jeunes pour un véritable renouveau, en mettant son expérience au profit de l’émergence
d’une jeunesse préparée et décidée à relever les défis du développement et de la gouvernance
en Afrique et dans le monde.
Ce colloque réunira des présentateurs et présentatrices du monde francophone qui sont actifs
dans la recherche féministe, ainsi que des pratiques féministes. Les présentateurs et
présentatrices sont originaires de la Belgique, de la République démocratique du Congo et de la
France.

Lundi 24 août – 9h00 – 10h30

Kazadi Lubatshi, CTMT, République démocratique du Congo : Édition des « Dictionnaires, du


Féminin au Masculin » : une nouvelle chance à l’égalité pratique femme-homme

Anne-Marie Lizin, GNRD-W, Belgique : Machisme linguistique

Eliane Viennot, Université Jean Monnet, France : Féminiser la langue française ou la


respecter ? La masculinisation du français depuis le XVIIe siècle

191 – Mouvement des femmes, État québécois et secteur privé à la croisée des chemins :
Restructuration du pouvoir dans les groupes communautaires (1 séance)

Responsables : Annabelle Berthiaume et Camille Tremblay-Fournier, UQAM, Québec

Le désengagement de l’État en ce qui a trait à la prise en charge des problèmes sociaux


s’observe à travers des pratiques de territorialisation mises en œuvre par l’État néolibéral et
l’implication du secteur privé, notamment via la philanthropie, dans les questions sociales. Le

25
mouvement des femmes et les groupes qui le constituent sont inévitablement touchés par cette
réorganisation. Effectivement, les restructurations du pouvoir interviennent directement dans les
pratiques des groupes qui ont assuré des prises en charge des problèmes sociaux. Ainsi,
importe-t-il d’analyser les réaménagements des frontières entre privé, public, travail salarié et
travail bénévole qui se cristallisent à travers la quête d’un nouveau consensus social, un
passage vers une nouvelle forme de domination. C’est avec en trame de fond ce complexe
rapport entre le mouvement des femmes, l’État et le privé qu’il faut comprendre cette transition.
Cette proposition vise à conjuguer la problématique de la gouvernance au Québec à une
analyse sur les rapports sociaux de sexe afin de contribuer à une meilleure compréhension des
transformations du capitalisme. Étant donné que les projets de défense des droits collectifs sont
de moins en moins financés par l’État québécois, les tables de concertation en condition
féminine et les groupes de défense de droits voient dans les ententes partenariales un moyen
pour assurer leur survie. Mais ce qui se présentait comme un élargissement de la participation
du mouvement des femmes aux espaces délibératifs comporte divers problèmes inhérents à
cette même participation. Quelles transformations des pratiques du mouvement des femmes
s’imposent au sein de ces espaces politiques ? Bref, qui décide quoi, comment ?

Vendredi 28 août – 9h00 – 10h30

Annabelle Berthiaume, UQAM, Québec : Fondations privées et groupes communautaires


québécois : Réflexions féministes sur une gouvernance néolibérale

Maxime Fortin, Université Laval, Québec : Impacts réels et potentiels de la philanthropie


d’affaire privée sur l’action communautaire autonome

Valérie Simard, UQAM, Québec : Tourner autour du pot - le pragmatisme aux dépens de la
pratique : Le cas de Mobilisation Turcot

Camille Tremblay-Fournier, UQAM, Québec : La concertation, piège à cons ? Bribes


d’expériences régionales du mouvement des femmes québécois

196 – Un monde plus qu’humain : approches féministes en éthique animale et


environnementale (4 séances)
Responsables : Christiane Bailey, Université de Montréal, Québec, Marie-Anne Casselot,
Université Laval, Québec

Les approches féministes ont développé les outils nécessaires pour critiquer non seulement le
sexisme, mais également les autres oppressions comme le racisme, le capacitisme, l'âgisme,
etc. Mais qu'en est-il du spécisme et de l'anthropocentrisme? Au coeur de l'écoféminisme se
trouve l'idée que les oppressions des femmes, des personnes racisées ou marginalisées, des
autres animaux et de la nature sont liées et fonctionnent selon une même logique de
domination. Pourtant, les liens entre l'oppression des humains et des autres animaux restent
encore aujourd'hui peu thématisés dans les mouvements féministes.
Ce colloque sera l'occasion de développer les théories et pratiques féministes permettant de
critiquer et de transformer nos relations aux autres animaux et à la nature en général. Les
questions qui seront au centre de nos discussions sont les suivantes : (1) Quels sont les liens
entre le patriarcat, le colonialisme et la suprématie humaine? (2) Les critiques féministes de
l'anthropocentrisme doivent-elles passer par un rejet des approches rationalistes dominantes en
éthique animale? (3) Quel est le rôle des émotions, de l'empathie, du care, de l'attention et de la
perception morale dans la transformation de notre vision anthropocentriste du monde? (4)

26
Comment les éthiques relationnelles pensent-elles nos responsabilités envers les animaux
domestiqués et les animaux sauvages? (5) Quelles pistes de solution à la dévastation
environnementale sont compatibles avec les valeurs et principes féministes?
Étant donné les problèmes environnementaux, sociaux et moraux associés à l'élevage, le
véganisme apparaît un outil incontournable dans les luttes pour la justice animale, sociale et
environnementale au niveau mondial. Quels sont les défis qui attendent une révolution végane
dans les sociétés industrialisées et non-industrialisées? Comment développer un mouvement
global de libération animale et humaine qui soit attentif aux contextes socio-économiques,
respectueux des différences culturelles et solidaires avec les autres luttes sociales?

Mercredi 26 août

9h00 – 10h30 - Séance 1 : Écoféminisme(s) : Développements théoriques contemporains

Marie-Anne Casselot : Écoféminisme et nouveau matérialisme: similarités et tensions

Antoine C. Dussault : Un care écocentriste est-il possible ? Souci, respect et coopération avec la
nature

11h00 – 12h30 - Séance 2 : Animaux humains et non-humains: intersections des


oppressions

Jonathan Fernandez : Spécisme, sexisme et racisme : l’égalité peut-elle s’arrêter aux frontières
de l’humanité ?

Christiane Bailey : Critique écoféministe de la suprématie humaine

14h00 – 15h30 - Séance 3 : Écoféminisme(s) en pratique : Approches antispécistes dans


les arts et sciences

Pascale Lafrenière : Réflexion autour des technologies de reproduction à l’ère de la


bioéconomie

Julia Roberge Van Der Donckt : Vers une esthétique antispéciste : détournements de la
taxidermie dans la pratique d'artistes contemporaines

Sophie Lecompte : Perspective féministe sur l'éducation des animaux de compagnie : le poids
du patriarcat dans le domaine de l'intervention en comportement animal

16h00 – 17h30 - Séance 4 : Écoféminisme(s) en pratique : combattre des oppressions et


des violences invisibles

Élise Desaulniers : La prise de parole des femmes sur la question animale

Dr. Martin Gibert : Carnisme et perception morale

204 – Comment peut-on allier féminismes et STIM (Sciences, Technologies, Ingénierie et


Mathématiques) ? (2 séances)

Responsables : Anne-Marie Laroche, Université de Moncton, Nouveau-Brunswick, Louise


Lafortune, Université du Québec à Trois-Rivières, Québec

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L’Association de la francophonie à propos des femmes en sciences, technologies, ingénierie et
mathématiques (AFFESTIM) propose une table ronde sous l’axe thématique « Pratiques
féministes, militantisme et mouvement des femmes » afin de discuter de la spécificité des
sciences, des technologies, de l’ingénierie et des mathématiques (STIM) sous l’angle du
féminisme. La table ronde portera sur la possibilité de coexistence entre féminismes et STIM.
Certaines personnes s’entendent pour dire que plusieurs actions féministes font partie d’un
passé que l’on pourrait qualifier de récent et qu’actuellement, les luttes sont secondaires; équité,
égalité, objectivité, intégrité et justice sont atteintes pour toutes et tous. Pourtant, la
mondialisation actuelle et le conservatisme manifeste bousculent insidieusement les projets
féministes et les STIM ne sont pas épargnées par un vent de retour au passé. Aussi,
souhaitons-nous aborder dans le cadre de la table ronde des questions telles que : comment les
femmes peuvent-elles exprimer leur féminisme à travers les STIM ? Comment les femmes
engagées dans les STIM peuvent-elles penser, modeler, modifier le monde dans une
perspective féministe? Quelles orientations pourraient prendre un féminisme en STIM pour
influencer la société? Est-il possible d’être à la fois scientifique ou technologue ou ingénieure ou
mathématicienne et féministe ? Plusieurs chercheuses et intervenantes de milieux universitaires
et féministes, canadiens et européens, amorceront une réflexion sur ces questionnements. Les
dimensions politiques, sociales, économiques et pédagogiques inhérentes à ces questions
seront abordées lors des discussions.

Lundi 24 août

Présidente : Anne-Marie Laroche, Université de Moncton, Nouveau-Brunswick

9h00 – 10h30 - Séance 1

Isabelle Collet, Université de Genève, Suisse : Femmes et informatique : stratégies d’inclusion

Ruby Heap, Université d’Ottawa, Ontario : Militantisme et pratiques féministes dans les STIM au
Canada : regards historiques sur nos pionnières

Anne Rougée, Comédie des Ondes, France : Des femmes et des sciences : de l’oubli à la
représentation

11h00 – 12h30 – Séance 2

Louise Lafortune, Université du Québec à Trois-Rivières, Québec : Comment peut-on allier


féminismes et STIM (Sciences, Technologies, Ingénierie et Mathématiques) ?

Anne Roy, Université du Québec à Trois-Rivières, Québec : Être féministe en STIM (Sciences,
Technologies, Ingénierie et Mathématiques) ?

207 – La prise en charge des enfants à l’issue des séparations conjugales. Justice
familiale et inégalités de genre (3 séances)

Responsables : Émilie Biland, Université Rennes 2, France, Université Laval, Québec; Aurélie
Fillod-Chabaud, Université de Bourgogne, France; Gabrielle Schütz, Université Versailles Saint-
Quentin en Yvelines, France

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La prise en charge des enfants à la séparation de leurs parents est un enjeu considérable du
point de vue des inégalités entre hommes et femmes. Dans beaucoup de pays, la « garde » des
enfants est majoritairement confiée aux mères, tandis que les pères sont censés contribuer
économiquement à leur éducation. Parfois imposée par la Justice, mais plus souvent produit
d’un accord entre les parents, cette configuration prolonge, par-delà la séparation, la division
sexuée du travail. Quant aux configurations différentes (garde partagée ou confiée au père),
elles ne peuvent être unanimement considérées comme émancipatrices pour les femmes. Dans
d’autres contextes, de tradition patrilinéaire, la norme de la résidence des enfants chez le père
demeure.
Ce colloque propose d’aborder le droit et la justice de la famille en insistant sur les dimensions
matérielles de la prise en charge des enfants : en lien avec les aspects directement financiers,
celle-ci inclut le coût temporel du travail parental ainsi que les pratiques éducatives concrètes.
Cet enjeu est l’objet de politiques publiques variables d’un pays à l’autre (mécanismes de
fixation et de prélèvement des pensions ; encadrement plus ou moins précis de la « résidence »,
etc.), dont les effets sur les rapports de genre doivent être appréhendés. Pour ce faire, ce
colloque réunira des sociologues et des politistes ayant mené des enquêtes ethnographiques
sur la justice familiale dans différents contextes (Québec, France, Maroc, Sénégal, Nouvelle-
Calédonie) et soucieuses de croiser les rapports de genre avec ceux de classe et de « race »
pour appréhender les incidences effectives des droits de la famille sur les hiérarchies sociales.
Trois séances le composent : la première traitera des mobilisations portant sur le droit de la
famille et les visions des droits des hommes, des femmes, et des enfants dont elles sont
porteuses. La deuxième montrera ce que les conflits parentaux sur la pension alimentaire
révèlent de l’ordre institutionnel et genré. Enfin, la dernière s’intéressera à la manière dont les
professionnels-les se saisissent des rôles parentaux et questionnent (ou non) les inégalités de
genre dans la prise en charge des enfants.

Mardi 25 août

11h00 – 12h30 – Séance 1 : Mobilisations et politiques relatives aux séparations


conjugales : quels droits pour les femmes, les hommes et les enfants ?

Joanie Bouchard, Maxim Fortin et Marie Hautval, Université Laval, Québec : Les pensions
alimentaires pour enfants au Québec : les enjeux de genre dans les discours des acteurs
politiques, professionnels et communautaires

Aurélie Fillod-Chabaud, Université de Bourgogne, France : « L’argent n’est pas un problème! »


Perception et ambigüité de la prise en charge financière des enfants au sein de groupes de
pères séparés en France et au Québec
Hélène Nicolas, Université Rennes 2, France : Colonisation et décolonisation de la conjugalité ?
L’exemple de Lifou, Kanaky-Nouvelle-Calédonie

Discussion par Francis Dupuis-Déri, UQAM, Québec

14h00 – 15h30 - Séance 2 : Ce que disent les conflits parentaux autour des pensions
alimentaires

Émilie Biland, Université Rennes 2, France, Université Laval, Québec et Gabrielle Schütz,
Université Versailles Saint-Quentin en Yvelines, France : Conflit ou consensus ? Au-dessus ou
au-dessous des lignes directrices ? Une analyse quantitative de la fixation des pensions
alimentaires au Québec

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Nicolas Rafin, Université de Nantes, France : Les juges d’appel face à la division sociale et
sexuelle du marquage des contributions alimentaires

Amandine Mathivet et Émilie Saint-Macary, Sens Pratique/ Plateforme de valorisation des


sciences sociales, France : Du couple conjugal au couple parental : les difficultés de se
conformer aux catégories normatives des dispositifs qui régissent la séparation

16h00 – 17h30 - Séance 3 : Professionnels-les du droit et prise en charge des enfants :


rapports de domination et inégalités intersectionnelles

Julie Minoc, Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines, France : Des familles


populaires sous la loupe. L’enquête sociale en France comme révélateur d’un ordre social sexué

Marieme N’Diaye, Université de Montréal, Québec : Entre reproduction des traditions et


incapacité à gérer les réalités économiques et sociales : comprendre les inégalités de genre au
sein de la justice familiale. Comparaison Sénégal/Maroc

Muriel Mille, CNRS, France et Hélène Zimmermann, Université Laval, Québec : Le travail des
avocates et avocats québécois face à la prise en charge des enfants après la séparation :
quelles contributions aux rapports sociaux de sexe ?

Discussion par Emmanuelle Bernheim, UQAM, Québec

214 – Atelier d’écriture thématique sur la mixité de genre (2 séances)

Responsable : Dominique Gauthiez-Rieucau, Mnemosyne, Maison des écrivains et de la


littérature (MEL), France

Dans une perspective de mutualisation, afin d’insuffler ce type de pratiques militantes de l’Outil-
écriture auprès d’autres animateurs ou animatrices, il est question d’analyser ici l’expérience
d’Atelier d’écriture thématique pluriannuel sur la mixité scolaire et sociétale de genre, que j’ai
menée en tant que formatrice associée et chargée de mission Égalité à l’IUFM-UM2. Cet Atelier
‒ qui perdure sous des formes ponctuelles délocalisées ‒ a donné lieu à la création de la
Collection Hg, Histoires de genre, soit à la publication de cinq Recueils, l’un par année
universitaire de 2005 à 2009 ; une « mise en voix et en espace » publique a suivi au printemps
de chaque année universitaire, des comédiens habilités encadrant les écrivants et écrivantes.
La communication montrera que cet Atelier, composé de futurs enseignants et ouvert au public
adulte extérieur, est modulable (séances de trois heures) et transposable à des publics et lieux
sociétaux divers. Chaque séance fonde « la fabrique de la proposition d’écriture » sur un objectif
de formation impliquant la méthodologie : la première partie de cette analyse visera la
construction inconsciente des identités sexuées des stagiaires, puis l’exploration de la valence
différentielle et des normes de genre différentes dans chaque société, enfin la transmission de
notre « culture commune » en termes de recherche transdisciplinaire sur le genre ; la seconde
partie ciblera les changements de comportements et de pratiques d’abord sur « l’éduquer » au
respect mutuel des filles et des garçons, ensuite sur « l’enseigner » dans et hors la classe, enfin
sur « l’orienter » dans la diversité des métiers. Tout ce cheminement sera illustré en rapport par
des exemples littéraires produits (lectures et DVD).

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Vendredi 28 août

9h00 – 10h30 - Séance 1

Dominique Gauthiez-Rieucau, Mnemosyne, Maison des écrivains et de la littérature, France :


Présentation de l’expérience d’ateliers d’écriture thématique pluriannuels sur la mixité scolaire et
sociétale de genre

11h00 – 12h30 - Séance 2 : Mise en œuvre et en discussion de plusieurs « Fabriques de


Proposition d’écriture ». Geneviève Guilpain, ESPE Créteil, France, fabriquera, à titre
d’exemplarité, une proposition d’écriture en rapport avec la communication : « Écrire et faire
parler des féministes »

215 – Mondialisation, prostitution et pornographie : les nouvelles générations féministes


résistent et agissent! (2 séances)

Responsable : Pierrette Pape, Université des femmes de Bruxelles, ASBL ISALA, Belgique

La mondialisation néolibérale a renforcé les violences faites aux femmes, parmi lesquelles la
prostitution et la pornographie, dont les industries exploitent toutes les formes d’oppression à
l’œuvre sur les femmes : néocolonialisme, sexisme, racisme, classisme et idéologie néolibérale.
Dans ce contexte, de nouvelles formes d’action, de nouvelles analyses, de nouvelles solidarités
internationales se créent et rendent visible la parole de jeunes générations féministes.
Ce colloque propose une perspective multidisciplinaire sur les phénomènes de la prostitution et
de la pornographie et de leur impact sur les jeunes et la société : il rassemblera des jeunes
chercheuses, artistes, militantes et survivantes qui s’interrogent sur la dignité humaine et la
marchandisation à outrance, y compris celle de nos sexualités.
Lieu de libération de la parole des jeunes générations et de valorisation de leur vision du monde,
le colloque donnera à voir une réponse internationale à un phénomène mondialisé au service du
patriarcat, et des propositions de solidarité féministe et d’actions nouvelles pour les futures
générations.

Lundi 24 août

9h00 – 10h30 - Séance 1 :

Aude Harlé, chercheure sociologue, France : Les perceptions et les incidences du phénomène
prostitutionnel dit de la Jonquera chez les jeunes des Pyrénées-Orientales

Lecture d’extraits de "Plainte contre X", de Karin Bernfeld : « Je m’appelle Estelle. Et j’ai grandi
dans la pornographie. »

Maya El Ammar, Chargée de communication à KAFA (Enough violence and exploitation),


Liban : La demande de prostitution au Liban : Ce que les clients disent sur leurs motivations,
perceptions, et pratiques

11h00 – 12h30 - Séance 2 :

Shanie Roy, survivante militante auprès du Collectif d’aide aux femmes exploitées sexuellement
et travailleuse communautaire Québec : Pornographie/prostitution : rapports de classes,

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idéologie néolibérale et backlash antiabolitionniste. La place des survivantes de l’exploitation
sexuelle au sein des gauches

Cherry Smiley, Association des Femmes autochtones du Canada : Néocolonialisme,


néolibéralisme et patriarcat : jeunes femmes autochtones pour l’abolition de la prostitution

Fatima-Ezzahra Benomar, les efFRONTé-e-s, vidéaste, France : Nouvelles modalités de


campagne/plaidoyer par les jeunes féministes abolitionnistes

216 – Représentations littéraires, artistiques et médiatiques des sexualités (5 séances)

Responsable : Isabelle Boisclair, Université de Sherbrooke, Québec; Chiara Piazzesi, et Julie


Lavigne, UQAM, Québec

La relation entre représentation et sexualité se transforme dans les sociétés organisées autour
d’une communication médiatique intensifiée. On assiste à une sexualisation accrue des
productions culturelles. La sexualité, autrefois un enjeu moral ou scientifique, devient un enjeu
social et politique, auquel sont directement rattachées des questions de reconnaissance,
d’agentivité, d’autodéfinition, d’affirmation identitaire. Si la sexualisation est parfois le signe d’un
envahissement des aspects sexuels dans la présentation de soi, elle peut aussi signifier une
appropriation de l’expression sexuelle comme partie intégrante et pleinement assumée, voire
résistante de l’identité individuelle. Cette ambigüité résulte en partie des formes de domination
et de stigmatisation véhiculées par la société patriarcale hétéronormative à travers des
impératifs « normalisateurs ».
On s’intéressera aux représentations littéraires, artistiques et médiatiques des sexualités, en
s’attachant aussi bien aux versions négatives qu’aux versions positives. Certaines
représentations perpétuent les usages phallocentrés de la sexualité, qui asservissent les
femmes lesbiennes, queer, trans et hétérosexuelles aux « scripts » sexuels normatifs. Parfois, le
but est de dénoncer ces usages; parfois il s’agit de relais qui reproduisent sans questionner.
D’autres représentations formulent de nouveaux scripts, qui transforment l’imaginaire et
inaugurent de nouveaux types de relations. Comme ces objets culturels représentent une «
technologie du genre », ils peuvent perpétuer l’ordre établi et valoriser les normes
conservatrices, mais ils ont également le pouvoir de les subvertir.

Mercredi 26 août

9h00 – 10h30 - Séance 1 - Jeunesses et sexualités

Animation : Isabelle Boisclair

Anne-Martine Parent, Université du Québec à Chicoutimi, Québec : Girls, du post-porn pour


grand public ?

Catherine Dussault Frenette, Université de Sherbrooke, Québec : Entre hommes et filles :


regard sur les entrées imposées dans la sexualité

Lori Saint-Martin (UQAM) : Désir, pouvoir, identité, différence: l'inceste sœur-frère dans l'écriture
des femmes au Québec et en France

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11h00 – 12h30 - Séance 2 - Scripts et subjectivités

Animation : Thérèse St-Gelais

Isabelle Boisclair, Université de Sherbrooke, Québec : Rapports sexuels : rapports


intersubjectifs

Anne Verjus, CNRS, France : La diffusion de nouveaux scripts hétérosexuels transgressifs des
normes de genre : le cas du « chevillage » en France (2001-2015)

Nathanaël Wadbled, Université de Lorraine, France / UQAM, Québec : Géocritique du placard :


épistémologie féministe de la subjectivation spatiale

14h00 – 15h30 -Séance 3 - Désordres

Animation : Julie Lavigne

Nicole Côté, Université de Sherbrooke, Québec : Économie des sexualités féminines dans la
trilogie Madaddam

Maïté Fernandez-Falcand, Paris III Sorbonne Nouvelle, France : La sexualité, lieu d’un tragique
contemporain ?

Thérèse St-Gelais, UQAM, Québec : La violence « naturelle » du désordre

Vendredi 28 août

11h00 – 12h30 - Séance 4 : Sexualités postcoloniales

Animation : Nicole Côté

Désiré K. Wa Kabwe-Segatti, Université de Johannesburg, Afrique du Sud : L’écriture du sexe


dans les romans féminins postcoloniaux : Perpétuation, subversions ou réappropriation l’enjeu
sexuel ?

Aristide M. Menguele Mnyengue, Université de Douala, Cameroun : L’homosexualité dans la


littérature camerounaise : entre velléités de mystification et discours de rationalisation

14h00 – 15h30 - Séance 5 - Femmes, pouvoir et sexualité

Animation : Catherine Dussault Frenette

Myriam Le Blanc Elie, Julie Lavigne et Sabrina Maiorano (UQAM) : Cartographie des
pornographie critiques faites par les femmes : question de féminisme et de sexualité explicite

Allison Faris (CUNY) : « Fy de cet honneur, et vive le plaisir ! » : La sexualité féminine chez
Brantôme, menace implicite ?

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219 – Atelier créatif et critique de la représentation dans les médias (2 séances)

Responsable : Marion Mille, auteure

Vendredi 28 août

9h00 -10h30 et 11h00 - 12h30

L’atelier commencera par une courte explication des enjeux de la représentation dans les
médias, notamment celle des femmes (sous-représentation, stéréotypes, sexualisation du corps
de la femme jusque dans les dessins animés pour enfants…), mais aussi celles des LGBTQ+,
des personnes de couleur et des personnes handicapées. Ensuite, quelques extraits de films
seront donnés comme base de travail dans le but se les réapproprier de façon ludique en «
corrigeant » leurs scénarios, c’est-à-dire en améliorant la représentation, par exemple en
changeant le sexe ou la couleur des personnages, en détournant les clichés, ou en renversant
le point de vue. Ce travail se fera en commun ou par groupe selon le nombre de personnes.
En ce qui a trait au déroulement, la première séance commencera par la présentation, d’une
durée d’une demi-heure, puis par le visionnage des extraits sur lesquels le travail sera effectué,
suivi d’une première discussion commune sur les problèmes qu’ils présentent. Les extraits
seront revus au début de la deuxième séance, qui consistera surtout au travail expliqué plus
haut, et qui se terminera par une mise en commun de ce travail et une conclusion.
L’objectif de cet atelier est de s’emparer des outils scénaristiques afin de les mettre aux services
d’autres points de vue que celui de l’homme blanc cisgenre hétérosexuel valide, encore bien
trop souvent le protagoniste par défaut dans la culture populaire.

225 – Traduire le projet et les savoirs féministes dans l’éducation et la formation :


pédagogie, théorisation, stratégie, intervention (4 séances)

Responsables : Joëlle Magar-Braeuner, Vincennes/St-Denis - Université Paris 8, France;


Isabelle Collet, Université de Genève, Suisse; Association de recherches sur le genre en
éducation et formation (ARGEF)

Cet atelier a pour objectif d’identifier et interroger les pratiques féministes dans le champ de
l’éducation, au sens large, par la mise en perspective des expériences et travaux de recherche
des participantes et des intervenantes, afin de faire avancer la réflexion autour des questions
suivantes : quels dispositifs pédagogiques pour la déconstruction des stéréotypes et la
dénaturalisation des rapports sociaux? Quelles articulations entre les théories de l’éducation et
la pensée féministe? Quels types de stratégie pour faire circuler les concepts entre les sphères
militantes et institutionnelles ? Quelles pratiques d’intervention, à quelles fins et avec quels
moyens?
Dans une volonté de cohérence, l’atelier met en œuvre les principes de la pédagogie féministe
dans son déroulement. Son espace est enrichi par l’exposition de supports visuels utilisés en
intervention, pour en partager l’analyse.

Mercredi 26 août

9h00 – 10h30 - Séance 1 - Le genre à l’école : orientation sexuée, réussite scolaire et


stéréotypes

Biljana Stevanovic, Université de Caen, France : Évaluation d’une action expérimentale visant à
diversifier les choix d’orientation scolaire et professionnelle des adolescents en France

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Hélène Charron, Université Laval, Québec : Usages des notions de stéréotypes et d’égalité
dans les manuels d’éthique et culture religieuse au Québec : enjeux et effets sur la
compréhension des inégalités de sexe

Isabelle Collet, Université de Genève, Suisse : La construction sociale de l’immaturité des


garçons et ses conséquences à l’école

11h00 – 12h30 - Séance 2 - Théoriser le genre en éducation : quels concepts, quels


modèles?

Nicole Mosconi, Université Paris Ouest-Nanterre, France : Bertrand Russell et l’éducation :


quelle perspective de genre?

Cendrine Marro, Université Paris Ouest-Nanterre, France : Penser l’éducation à l’égalité des
sexes à l’école en termes de Dépendance et indépendance à l’égard du genre (DIG)

14h00 – 15h30 - Séance 3 - Stratégie : objectifs, contextualisation, alliances

Nadine Plateau, Commission enseignement du Conseil des femmes francophones de Belgique


et Sophia, Belgique : Intégrer le genre dans l’enseignement obligatoire

Farinaz Fassa, Université de Lausanne, Suisse : Entre politiques et pratiques : des volontés
égalitaires?

Joëlle Magar-Braeuner, Université Paris 8, France et UQAM, Québec : Pour une


reconnaissance de l’articulation des rapports sociaux dans les stratégies éducatives : analyse
de la polémique française sur les « ABCD de l’égalité »

16h00 – 17h30 - Séance 4 - Pratiques d’intervention et communication

Chantal Locat, Retraitée de l’enseignement, consultante en genre et en éducation : Dynamiser


les présentations et faciliter la compréhension de concepts pour en arriver à l’action personnelle
ou collective

Claudie Solar, Université de Montréal, Québec : La toile de l’équité et sa traduction dans des
actions de coopération en formation professionnelle

Edmée Ollagnier, Université de Genève, Suisse : Les forces du féminisme pour une réforme des
valeurs et conduites des organisations formant des adultes

237 – Réunir les femmes sans enfant par circonstances de la vie ou par choix pour briser
l’isolement (1 séance)

Responsable : Catherine-Emmanuelle Delisle, auteure, créatrice et blogueuse

35
Mercredi 26 août – 17h30 – 19h00

Je m’appelle Catherine-Emmanuelle Delisle et je suis l’auteure québécoise, la créatrice et


rédactrice du blogue « Femme sans enfant ». Mon blogue, en ligne sur la toile depuis novembre
2012, a été lancé dans le but de rallier et d’informer les femmes sans enfant par circonstances
de la vie ou par choix.
Mon désir de briser mon isolement et d’échanger avec des femmes n’ayant pas d’enfant m’a
poussée à prendre la parole sur internet. Toutefois, rendre visibles les femmes sans enfant au
cœur de la société actuelle demeure un défi quotidien dans un monde où la femme-mère est
glorifiée. Il m’apparait impératif d’agir pour briser ce sentiment d’exclusion sociale du « cercle
des mères » vécu par les femmes sans enfant. Ceci constitue un enjeu identitaire majeur pour
les femmes sans enfant.
Dans le but de mobiliser les femmes sans enfant pour favoriser leur implication dans un
mouvement d’affirmation de leurs différences et de leur reconnaissance dans la société,
j’aimerais créer un « caucus ». Aussi, pour permettre aux femmes sans enfant par circonstances
de la vie de cheminer dans leur deuil d’enfanter, il est capital de mettre en place des structures
et des moyens accessibles pour permettre à ces dernières de se rencontrer pour échanger et
briser leur isolement.
Enfin, si pour certaines, les médias sociaux jouent un rôle crucial et déterminant dans leur
sentiment d’appartenance à un groupe de femmes non-mères, rien ne remplace un contact
humain et direct avec une autre femme vivant les mêmes défis.

240 – Transformations du travail, imbrication des rapports de pouvoir et action collective


pour le changement social (15 séances)

Responsables : Louise Boivin, Université du Québec en Outaouais, Québec; Aline Charles,


Université Laval, Québec; Elsa Galerand, UQAM, Québec

Avec la mondialisation et la financiarisation de l’économie ainsi que la ruée néocoloniale et


militariste vers les sources d’énergie fossile et les technologies, les transformations dans
l’organisation notamment sexuée du travail semblent s’intensifier. Les femmes, en nombre
croissant dans les secteurs formel et informel de l’économie mondiale, sont de plus en plus
souvent les pourvoyeuses principales ou co-pourvoyeuses des foyers, dont une part sont
devenus transnationaux, tout en demeurant, dans l’immense majorité des cas, responsables du
travail domestique non-salarié. Leur rapport au travail se trouve ainsi reconfiguré selon diverses
formes d’organisation productive et d’exploitation : réseaux de production mondiaux; lean
production; sous-traitance, recours au travail informel ou à d’autres formes d’emploi précarisé, à
temps partiel et intermittent. Dans ces modèles organisationnels néo et postfordistes, quelles
sont les nouvelles modalités de la division sexuelle du travail ? En quoi se démarquent-elles des
modalités plus anciennes, héritées des siècles précédents ? Comment cette division sexuelle du
travail s’est-elle arrimée dans le passé et s’imbrique-t-elle aujourd’hui avec d’autres divisions
sociales (raciale, internationale, etc.) du travail pour renforcer la concurrence au détriment de la
solidarité? Quels sont les effets de ces transformations du travail sur le plan des droits des
femmes et sur le plan de leur santé ? Comment se répercutent-elles sur l’organisation du travail
domestique gratuit? Dans les espaces classiques d’action collective à l’égard du travail
(mouvements syndicaux, associatifs, militants), existe-t-il des voies d’émancipation à l’égard des
nouvelles formes de subordination qui ne secondarisent pas les autres rapports de domination
(hétérosexisme, âgisme, racisme, etc.) sous-jacents? Et quels sont les nouveaux espaces
d’action collective auxquels les femmes participent afin de défendre un ordre social et
écologique plus juste où le travail serait partagé de façon égalitaire et aurait systématiquement
un sens ?

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Lundi 24 août

Atelier 1 - Invisibilité des enjeux de santé au travail des femmes : mobiliser quand c’est
encore possible.

Responsables : Rachel Cox, Mélanie Lefrançois, Karen Messing, Johanne Saint-Charles,


UQAM, Québec

Dans un contexte où les entreprises demandent une flexibilité accrue de leur main-d’œuvre face
à l’intensification du travail, l’émergence de revendications pour de meilleures conditions de
travail est soumise à d’importantes pressions économiques, sociales et politiques qui peuvent
affecter la mobilisation tant de la part des personnes employées et des syndicats, que de la part
des employeurs, des acteurs sociaux, des décideurs et du milieu de la recherche. Les femmes
sont particulièrement affectées par ces pressions, à cause de leur positionnement toujours
fragile dans le marché du travail, notamment dans le secteur des services, les forçant à choisir
quotidiennement entre leur propre bien-être et celui des personnes qui reçoivent leurs services
sans compter la relative invisibilité des enjeux de santé physique et mentale liés à leurs emplois.
L’équipe sur les inégalités sociales et de santé au travail (FODAR 2013-2015) rassemble des
chercheuses convaincues de la pertinence d’une perspective interdisciplinaire de genre pour
mieux appréhender la complexité des processus de transformation des conditions de travail et
spécifiquement, les mécanismes qui sous-tendent la persistance, voire l’accentuation de
certains problèmes de santé ainsi que des inégalités de genre dans le contexte actuel du travail.
Cet atelier vise à alimenter une réflexion entre les panélistes et l’auditoire sur les défis
rencontrés dans le développement de recherches, d’interventions ou de politiques visant à
améliorer la santé des femmes au travail à travers la mobilisation de différents groupes
d’actrices et d’acteurs dont les personnes employées et leurs regroupements, celles qui les
emploient, celles qui prennent les décisions politiques et celles conduisent des recherches sur
ces enjeux.

9h00 – 10h30 - Séance 1 - Mobilisation des travailleuses et travailleurs

Introduction : Tisser des liens mobilisateurs entre la recherche et la pratique


Johanne Saint-Charles, Karen Messing, Rachel Cox et Mélanie Lefrançois, UQAM, Québec

Mélanie Lefrançois, UQAM, Québec; Anne-Renée Gravel, TELUQ, Québec : Stratégies de


conciliation travail-famille et travail-grossesse : influence des actions individuelles sur la
mobilisation collective

Jessica Riel, Université du Québec en Outaouais, Québec : Le défi de mobiliser les travailleuses
et travailleurs : réflexion sur la résistance d’enseignantes du secondaire et de la formation
professionnelle à aborder la question du genre

11h00 – 12h30 – Séance 2 - Comment favoriser la mobilisation des employeurs ?

Marie-Ève Major, Université de Sherbrooke, Québec : Mobiliser l'employeur à la réalisation


d'une intervention

Nicole Vézina et Hélène Sultan-Taïeb, UQAM, Québec; René Brunet, Laboratoire d’ergonomie
et d’épidémiologie en santé au travail, Québec : Mobiliser l'employeur au cœur même de
l'intervention

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Valérie Lederer, Université du Québec en Outaouais, Québec : Sexe/genre et incapacité de
travail : les défis de la mobilisation au Québec

Stéphanie Bernstein et Rachel Cox, UQAM, Québec : Entre égalité et santé, où la lutte pour la
santé des femmes au travail doit-elle se nicher?

Atelier 2 - Le travail des femmes dans une perspective nord-sud

Responsables : Sophie Brière, Isabelle Auclair, Hélène Lee Gosselin, Université Laval, Québec

Actuellement, le paradoxe des frontières est chaque jour plus marqué. En effet, d’un côté nous
observons la multiplication des échanges, des circulations et des déplacements alors que de
l’autre, nous assistons à un resserrement des limites frontalières ainsi qu’une augmentation des
règles migratoires. Selon l’endroit où l’on naît, selon le genre auquel on s’identifie et selon la
classe sociale dont on est issu, la possibilité de traverser les frontières, la capacité de s’établir
dans un pays étranger et les opportunités d’y travailler diffèrent. Dans ce contexte, cet atelier
s’intéresse à l’analyse féministe du travail des femmes en situation de migration, de
déplacement, de refuge ou d’expatriation. Plusieurs questions animeront la réflexion : En quoi
consiste le travail et quels sont les types d’emploi occupés par les femmes dans différents
contextes de déplacement international? Dans quelles mesures l’analyse intersectionnelle
permet-elle d’analyser la situation spécifique des travailleuses migrantes? Est-ce que la
féminisation de la migration permet l’autonomisation professionnelle des femmes ou est-elle
plutôt caractérisée par l’exacerbation des stéréotypes associés aux rôles et aux emplois dits
féminins?

14h00 – 15h30 – Séance 3 -

Sophie Brière, Isabelle Auclair, Université Laval, Québec : Le travail et la carrière des femmes
en développement international

Hélène Lee Gosselin, Université Laval, Québec : Des femmes immigrantes entrepreneures : un
entrepreneuriat de nécessité paradoxal et émancipateur

Isabelle Auclair, Université Laval, Québec : L’accès au travail des femmes en situation de refuge
en Équateur

Carol-Anne Gauthier, Université Laval, Québec : La situation des travailleuses immigrantes


hautement qualifiées originaires du Maghreb au Québec : une analyse intersectionnelle

Mardi 25 août

Atelier 3 : Le travail à l’aune du genre et de l’âge

Responsables : Aline Charles, Université Laval, Québec; Anne Perriard, Université de


Lausanne, Suisse

Cet atelier propose d’affiner la réflexion féministe sur la manière dont le genre et l’âge
structurent l’univers du travail, entendu au sens large. Des recherches ont montré que ces deux
systèmes de rapports sociaux créent des hiérarchies entre les diverses formes d’activité,
génèrent des relations de pouvoir entre groupes ou individus au travail, inventent des catégories

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identitaires fortes. Ces systèmes sont mouvants et terriblement sensibles aux espaces-temps
considérés. Pourtant, les catégories, les temporalités et les hiérarchies qui en découlent restent
naturalisées, perçues comme universelles et leur genèse est souvent oubliée.
Croiser les regards historiques, sociologiques ou autres permettra de questionner cette
universalité apparente et d’en retrouver l’origine. Ce sera l’occasion de réfléchir sur les normes
de genre et d’âge en matière de travail rémunéré et non rémunéré et sur les cycles de vie
sexués qui (dés) articulent les différentes phases d’activité. Cette réflexion paraît d’autant plus
pertinente que les approches intersectionnelles qui combinent le genre avec nombre d’autres
rapports transversaux (classe, « race », ethnie, etc.) négligent encore l’âge.

9h00 – 10h30 - Séance 4 - Catégories d’âge et de sexe au travail : usages et normes

Anne Perriard, Haute école spécialisée de Suisse occidentale EESP : L’âge dans les politiques
sociales : la construction de figures de la dépendance problématique »

Dominique Tanguay, Université Laval, Québec : Conciliation travail-études-famille : impacts


croisés du sexe et de l'âge des parents

Hélène Martin, Haute école spécialisée de Suisse occidentale-EESP : Les politiques d'âge et de
sexe dans la relation thérapeutique en physiothérapie

Armelle Testenoire, Université de Rouen, France : Normes d’âge et parcours sexués

11h00 – 12h30 - Séance 5 – Les temporalités sexuées de l’activité

Nadia Lazzari-Dodeler, Université du Québec à Rimouski, Québec; Diane-Gabrielle Tremblay,


TÉLUQ, Québec : Un renouveau dans la fin de carrière ?
Lotte Damhuis, Université Catholique de Louvain, Belgique : La fabrique des temporalités
légitimes à l'épreuve du genre et de la situation d'emploi
Françoise Grodent et Annie Cornet, Université de Liège, Belgique : Les carrières des cadres :
regard croisé du genre et de l'âge. Proposition d'une grille d'analyse théorique
Marc Bessin, École des hautes études en sciences sociales, France : Présences
intergénérationnelles : le care pour articuler genre et âge

Atelier 4 - Précarisation de l’emploi et action syndicale et/ou associative des travailleuses

Responsables : Sophie Béroud, Université Lyon 2, France; Louise Boivin, Université du Québec
en Outaouais, Québec; Carole Yerochewski, Université de Montréal, Québec

Le processus de précarisation dans ses différentes dimensions (précarité de l’emploi, du travail,


des droits) révèle les failles des formes prises par l’institutionnalisation de la représentation et de
la négociation collectives, ce dont témoignent les difficultés des organisations syndicales pour
atteindre et organiser les fractions les plus fragilisées des classes populaires. Ce processus de
précarisation est particulièrement marqué dans des secteurs d’emploi à forte composante
féminine. Des situations de surexploitation s’appuient sur l’intrication des différents rapports de
domination, les rapports sociaux de sexe et la racisation venant renforcer les rapports de classe.
Or, les études empiriques montrent que les syndicats peinent à exprimer les effets de cette
imbrication des rapports de domination et tendent, le plus souvent, à faire rentrer les
revendications et luttes de ces travailleuses dans des schèmes préétablis qui ne rendent pas
compte de leur vécu ni de leurs préoccupations. Ces phénomènes se retrouvent dans les pays
du Sud, où les femmes travailleuses informelles développent par ailleurs des formes

39
d’organisation autonomes. En partant de ces constats, nous voudrions interroger dans cet
atelier les éventuelles spécificités des mobilisations de femmes précaires : - menées dans un
cadre syndical ou associatif, comment celles-ci parviennent-elles à rendre compte des
différentes formes de la domination que subissent ces femmes dans leur travail ?
- Quels sont les effets de ces luttes sur les formes d’organisation, mais aussi sur les
revendications produites ?
- Comment ces mobilisations contribuent-elles, si c’est le cas, à faire évoluer les pratiques
et les structures syndicales ?

14h00 – 15h30 – Séance 6 - Dynamiques des rapports sociaux sexuées et racialisées, et


action collective des femmes précarisées : quels impacts sur les stratégies syndicales ?

Louise Boivin et Nicholas Gagnon-Daniel, Université du Québec en Outaouais, Québec :


Imbrication des rapports sociaux dans l’analyse des pratiques syndicales ou associatives au
sein des organisations en réseau

Martine D’Amours, Université Laval, Québec : Les travailleuses de la garde d’enfants en milieu
familial : à l’intersection des rapports sociaux de travail, de sexe et de migration

Cristina Nizzoli, Aix-Marseille Université, France : Se mobiliser lorsqu'on est salariée de la


propreté femme et immigrée. Un cas de mobilisation syndicale dans le secteur de la propreté en
Italie

Carole Yerochewski, Université de Montréal, Québec : Renoncer à son identité pour accéder à
l’emploi standard ? Des limites du renouveau syndical

16h00 – 17h30 - Séance 7 - Des mobilisations contre la précarisation multidimensionnelle


des femmes ? Éclairages en France et au Québec

Sophie Béroud, Université Lyon 2, France : Un syndicalisme de classes populaires ?


L’expérience de SUD CT auprès des travailleuses au bas de l’échelle des collectivités
territoriales

Diane Gagné, Université du Québec à Trois-Rivières, Québec : Les programmes d’accès à


l’égalité : femmes « opérateurs » 30 ans après?

France Bernier, Centrale des syndicats du Québec : Mythes et réalités sur les secteurs public et
parapublic : quand précarisation et disparités de traitement riment avec féminisation

Atelier 5 - Genre et travail dans les villes africaines


Responsable : Agnès Adjamagbo, Aix-Marseille université, France; Anne Calvès, Université de
Montréal, Québec

Dans la plupart des pays d’Afrique sub-saharienne l’activité économique des femmes joue un
rôle économique majeur en particulier dans le domaine agricole. En revanche, lorsque l’on
exclut le travail non rémunéré exercé à titre d’aides familiales, le désavantage des femmes par
rapport aux hommes en matière d’emploi est frappant. Dans un contexte marqué par un accès
limité des filles à l’instruction, à l’apprentissage et au capital, mais aussi par des normes
sociales qui valorisent les activités reproductives et domestiques des femmes et font des
hommes les principaux pourvoyeurs de revenus des ménages, les femmes sont en effet
marginalisées sur le marché du travail. Elles sont plus enclines que les hommes à travailler sans

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rémunération, connaissent typiquement des taux de chômage plus élevés sur le marché du
travail urbain, et sont souvent cantonnées dans les activités les plus précaires et les moins
rémunératrices du secteur informel. Aujourd’hui cependant, avec le renchérissement du coût de
la vie, le chômage et la précarisation de l’emploi des chefs de ménage masculins mais aussi la
forte progression de la scolarisation des filles et une perception de l’emploi féminin qui change,
notamment au sein des classes moyennes, on observe une féminisation croissante du marché
de l’emploi dans les villes africaines qui bouscule la division sexuelle du travail et les rapports de
genre au sein des familles. Les modèles changent et ce sont ces changements que cet atelier
propose de mettre en lumière. Il s'agira, ce faisant, de s'interroger sur les retombées du travail
des femmes sur leur statut dans la famille et sur leur contribution aux dépenses des ménages,
en considérant le travail au sens large, c'est-à-dire intégrant le travail domestique
particulièrement chronophage dans cette partie du monde. La question de la conciliation travail -
famille, bien connue des sociétés occidentales mais longtemps ignorée en Afrique sera
également traitée.

Mercredi 26 août

9h00 – 10h30 – Séance 8

Bilampoa Gnoumou Thiombiano, Université de Ouagadougou, Burkina Faso : Activités


économiques en milieu urbain Ouest africain : des disparités entre hommes et femmes

Ayemi Lawani, Université de Montréal, Québec : Trajectoires professionnelles d'entrée dans les
sociétés civiles africaines: devenir et être les femmes leaders d'ONG à Cotonou et à Lomé

Anne E. Calvès, Université de Montréal, Québec : Emploi rémunéré et participation des femmes
aux prises de décision au sein des ménages dans les villes africaines

Norbert Kpadonou, Université Catholique de Louvain, Belgique, Agnès Adjamagbo, Aix-


Marseille université, France, Valérie Delaunay, Institut de recherche pour le développement /
Université Cheikh Anta Diop, Sénégal : Travail domestique et cycle de vie des couples à
Cotonou et à Lomé

Atelier 6 –Travail domestique, exploitation et renouvèlements de la critique féministe

Responsables: Elsa Galerand, UQAM, Québec; Berthe Lacharité, Relais-femmes, Québec

Cet atelier s’intéresse aux renouvèlements de la critique et de la combattivité féministe sur le


front du travail domestique, de ses distributions - entre hommes et femmes mais aussi entre
femmes - et des différentes formes d’exploitation ou d’appropriation qu’elles mettent en jeu.
Nous sollicitons des contributions autour de trois axes non exclusifs l’un de l’autre. Le premier
s’intéresse à l’activité de travail en tant que telle dans ces dimensions objectives et subjectives,
au rapport au travail qu’elle induit comme à ce qu’elle produit ; aux instruments de mesure et
autres dispositifs méthodologiques qui permettent d’observer cette activité et son « non partage
» (Delphy). Les contributions prenant appui sur des enquêtes de terrain seront privilégiées ici.
Le second renvoie aux différents découpages possibles de ce travail domestique (gratuit,
d’entretien physique et psychique d’autrui, de santé, de care, ou reproductif), aux théorisations
du travail et de l’exploitation qu’ils engagent ; aux renouvèlements de la réflexion féministe et à
la manière dont les débats et lignes de fracture se sont recomposés sur ce thème, depuis les
années 1970. Le troisième axe est centré sur la question des résistances, des mobilisations
collectives, des pratiques militantes et revendicatives : dans quelle mesure l’enjeu que constitue

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la distribution du travail domestique est-il intégré dans les collectifs militants (syndicats,
mouvements féministes, antiracistes et autres) ? Comment des luttes s’organisent-elles ou se
(ré)organisent-elles sur ce front (pratiques revendicatives et organisationnelles, cibles et alliés)?

11h00 – 12h30 – Séance 9 - Débats théoriques et renouvèlements de la critique féministe


de l’économie politique

Aurélie Damamme, Université Paris 8-Saint Denis, France : Perspective du care et handicap :
de quelle autonomie parle-t-on ?

Jeanne Ollivier Gobeil et Martin Gallié, UQAM, Québec : Travail non libre et travail domestique :
étude de cas des travailleuses domestiques résidantes à Montréal

Vanessa L’Écuyer UQAM, Québec : Travail gratuit et non-libre: la prison Tanguay comme forme
d'actualisation du rapport social d'appropriation des femmes?

14h00 – 15h30 – Séance 10 - Pratiques de résistance, militantes et revendicatives autour


du travail domestique : vers un état des lieux

Louise Toupin, UQAM, Québec : Une lutte féministe oubliée : le salaire au travail ménager,
1972-1977. Parcours d’une pensée et son incarnation dans l’action

Laetitia Carreras, Centre de Contact Suisses-Immigré-e-s, Suisse : Travailleuses domestiques


sans autorisation de séjour: revendications et paradoxes d'une lutte pour la régularisation

Jules Falquet, Paris Diderot – Université Paris 7, France : Le « dés-amalgamage conjugal » en


contexte néolibéral : libération ou nouvelles formes d’appropriation ?

16h00 – 17h30 – Séance 11 - Politiques publiques, précarisation du travail salarié et


stratégies des femmes envers le temps travaillé rémunéré et non rémunéré

Annabelle Seery, Université de Montréal, Québec : Travail domestique et discours du


mouvement des femmes québécois : qu’en pensent les jeunes féministes?

Suzy Bossard, Université Lille, France : L’ambivalence de la demande de travail d'emploi à


temps partiel des femmes précaires employées dans les services aux personnes

Marie-Hélène Deshaies, Université Laval, Québec : Permanences et variations dans le partage


de la responsabilité des soins : une analyse de discours des politiques publiques québécoises
de soutien aux personnes âgées

Jeudi 27 août

9h00 – 10h30 – Séance 12 - Regards historiques sur les mutations du travail domestique
et parental au XXe siècle

Marie-Laurence B. Beaumier, Université Laval, Québec : Genre et division sexuelle du travail


domestique: réflexions sur la construction des expériences parentales en milieu populaire
québécois, 1945-1977

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Marilyne Brisebois, Université Laval-Université d’Angers, Québec-France : De l’enseignement
de la couture comme reflet de la complexification du travail domestique au Québec, 1940-1970

Catherine Charron, Université Laval, Québec : « La vie, elle me ramenait là tout le temps » :
Récits de travail domestique rémunéré, Québec, XXe siècle
11h00 – 12h30 – Séance 13 - Comment observer, mesurer et rendre compte du travail
domestique, de sa distribution et de son exploitation ?

Isabelle Courcy, Université d’Ottawa, Ontario; Catherine Boucher, Geneviève Laroche et


Catherine des Rivières-Pigeon, UQAM, Québec : Besoins spéciaux, répartition spéciale ?
Appréhender le travail domestique de parents d’enfants autistes et les mécanismes de son non
partage au sein du couple

Marianne Modak, Haute école de travail social et de la santé – EES –Lausanne, Suisse : «
Contre la dst ? L’usage du « partage » du travail dans le couple comme « action de
reconnaissance » du « parent non statutaire »

Rose-Myrlie Joseph, Université de Lausanne, Suisse et Université Paris Diderot, France : Jouer
le travail, déjouer les rapports sociaux : apports et limites du sociodrame dans l’analyse du
travail des femmes

Atelier 7 - Luttes locales et enjeux d’actualité

Responsables : Mélanie Baril, UQAM; Yanick Noiseux, Université de Montréal, Québec

Plus que jamais, les gouvernements québécois et canadiens, comme ceux d'Europe et
d’ailleurs, ont fait le choix d’accélérer la mise en place de politiques d’austérité décriées par les
grandes institutions internationales et les mouvements sociaux. À travers les réformes des
services publics, il se produit une véritable destruction de l’État social, ou du moins, de ce qui
avait survécu aux politiques néolibérales des années 1980. Si ces politiques d’austérité touchent
l’ensemble de la population, nous savons qu’elles produiront des effets différenciés selon le
genre.
Ces tables rondes proposent de rassembler des militantes et des chercheures du Québec
activement engagées dans les luttes actuelles et d'organiser une discussion centrée sur la
difficulté d’arrimer les résistances qui prennent forme.

14h00 – 15h30 – Séance 14 - Les femmes et l’austérité

Eve-Lyne Couturier, Institut de recherche et d’information socio-économique, Québec :


Table ronde : Katherine Ruault ASSÉ, Québec; Diane Courchesne, Centrale des syndicats du
Québec; Viviana Medina, Lorraine Macdonald, Centre des travailleurs immigrants, Québec,
Sarita Ahooja, Solidarité sans frontières, Québec; Geneviève Vaillancourt, UQAM, Québec

16h00 – 17h30 – Séance 15

Table ronde : Katia Atif, Action travail des femmes, Québec; Alexa Conradi, Fédération des
femmes du Québec; Leah Woolner, PINAY, Québec; Saadatou Abdoulkarim, Femmes de
diverses origines, Québec

Mot de clôture

43
245 – Santé, féminisme et justice sociale : Colloque « indiscipliné » (8 séances)

Responsables : Geneviève Rail, Université Concordia, Québec; Bilkis Vissandjee, Université de


Montréal, Québec; Abby Lippman, Université McGill, Québec; Lydya Assayag, Réseau
québécois d’action pour la santé des femmes, Québec

Les discours hégémoniques en santé tendent à légitimer les relations de pouvoir présentes dans
les systèmes et les industries de la santé. Parce que problématiques, les constructions
scientifiques et sociales du corps et de la santé ont mené à d’importantes luttes politiques.
Plusieurs de ces dernières peuvent être situées plus spécifiquement dans les mouvements
féministes et de la santé des femmes. Le Colloque que nous proposons s’inscrit dans ces
mouvances. Il sera l’occasion de déconstruire certains discours afin de faire place à des idées
novatrices et de donner la parole à des chercheures et des militantes féministes intéressées à la
santé et la justice sociale. Ce colloque, « indiscipliné », se veut une triple subversion des savoirs
dominants : 1) il établit la santé des femmes comme objet d’étude n’appartenant à aucune
discipline particulière, 2) il s’attache aux savoirs centrés sur la santé des femmes et 3) il met aux
premières loges des féministes ayant accepté de relever le défi de dire la santé à partir de
nouvelles perspectives éthiques, culturelles, sociales, économiques, environnementales et/ou
politiques. En ce qui a trait à la santé des femmes, les quelques gains réalisés dans les milieux
de la recherche et du secteur public sont menacés partout par un désengagement massif de
l’État. Dans un tel contexte, les répercussions qu’ont la pauvreté, la violence, la pollution, le
racisme, le néolibéralisme et le néocolonialisme sur la santé des femmes sont négligées. Notre
colloque propose de mobiliser les connaissances scientifiques et militantes dans le domaine de
la santé et de la justice sociale pour échanger sur ces questions, mieux les comprendre et
dégager des pistes d’action.

Mardi 25 août

9h00 – 10h30 - Séance 1 :- Savoirs expérientiels et corporels

Présidence : Geneviève Rail, Université Concordia, Québec

Lydia Assayag et Isabelle Mimeault, Réseau québécois d’action pour la santé des femmes,
Québec : Savoirs féminins et science : le début de la réconciliation ?

Anne Taillefer, UQAM, Québec : Braver l’orthodoxie biomédicale ? L’exclusion de l’expertise des
femmes dissidentes : l’exemple de la vaccination

Sylvie Fortin, UQAM, Québec : Micropolitique de pratiques corporelles avec des femmes en
situation de fragilité

11h00 – 12h30 - Séance 2 - Développement, immigration et accès aux services de santé

Présidence : Nancy Guberman, UQAM, Québec

Jonathan Kuntz, Université de Sherbrooke, Québec : Politiques d’ajustement structurel,


obligations internationales et accès à la santé : qu’en est-il des droits des femmes ?

Maïmouna Ndoye, Association des Femmes Africaines pour la Recherche et le Développement,


Sénégal : Dé-connexions entre savoir féministe et pratique du développement : leçons apprises
à partir de l’intégration du genre dans le domaine de la santé au Sénégal

44
Bilkis Vissandjée et Karine Bates, Université de Montréal, Québec; François Vialla, Université de
Montpellier, France et Jonathan Kuntz, Université de Sherbrooke, Québec : Immigration, droit à
la justice et d’accès à la santé : perspectives selon les questions de genre et de justice sociale

14h00 – 15h30 - Séance 3 - Mères, industrie biomédicale, justice sociale

Présidence : Lydia Assayag, Réseau québécois d’action pour la santé des femmes, Québec

Catherine Des Rivières-Pigeon, UQAM, Québec; Isabelle Courcy, Université d’Ottawa, Ontario :
Le sentiment de détresse des mères de jeunes enfants présentant un trouble dans le spectre de
l’autisme. Au-delà de l’ « acception du diagnostic » : les conditions matérielles d’existence

Luisa Molino et Geneviève Rail, Université Concordia, Québec : Discours sur le vaccin anti-
VPH : quelles éthiques, quelle justice sociale ?

Manon Niquette, Université Laval, Québec : Les nouvelles formes d’exploitation des liens
sociaux des mères dans le marketing des produits de santé

16h00 – 17h30 - Séance 4 - Santé sexuelle et reproductive


Présidence : Abby Lippman, Université McGill, Québec

Anna Bogic, Université d’Ottawa, Ontario : Les féministes serbes et leur engagement dans les
luttes pour la santé reproductive et contre les violences faites aux femmes

Sara Torres Ospina, Université de Montréal, Québec : Cibler l’équité en santé pour les
populations marginalisées : le rôle des travailleuses et travailleurs communautaires de la santé
pour ce qui est de la santé périnatale et de la violence faite aux femmes

Monique Benoit, Université du Québec en Outaouais, Québec : L’impact de la loi canadienne C-


36 sur la santé sexuelle des « travailleuses du sexe de rue » : une analyse féministe des
conditions prostitutionnelles à Montréal

Sophie De Cordes, Fédération du Québec pour le planning des naissances, Québec : Le libre
choix des femmes dans une perspective de justice sociale

Suivi d’un cocktail de réseautage – Santé, féminisme et justice sociale CINBIOSE/RéQEF

Mercredi 26 août

9h00 – 10h30 - Séance 5 - Jeunes femmes, pouvoir d’agir et santé

Présidence : Nesrine Bessaïh, L’R des centres de femmes du Québec

Simone Viger, Fondation Filles d’Action, Québec : Une approche spécifique au genre sur la
promotion de la santé des filles et des jeunes femmes

Haïfa Tlili, Université de Paris-Descartes, France : Les filles dans les quartiers populaires :
l’activité physique, une clé de l’ « empowerment » ?

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Naïké Ledan, Action cancer du sein du Québec : Les défis du programme jeunesse d’Action
cancer du sein du Québec : mettre la justice en santé au cœur des projets jeunesse

11h00 – 12h30 - Séance 6 - Normes, discours dominants et corps féminins

Présidence : Bilkis Vissandjée, Université de Montréal, Québec

Mélisa Audet, Alex Dumas, et Isabelle Dionne, Université de Sherbrooke, Québec : Prévention
de l’obésité et vieillissement féminin : un discours réducteur

Hélène Martin, Haute école de travail social et de la santé, Suisse : Chirurgies sexuelles
cosmétiques et sexuation des corps

Élise Hardy, chorégraphe, danseuse et éducatrice somatique, Québec : La danse en milieu


carcéral : les perspectives de la co-création artistique pour dénoncer la précarité des femmes
incarcérées

14h00 – 15h30 - Séance 7 - Cancer : critique féministe et intersectionnelle

Présidence : Dave Holmes, Université d’Ottawa, Ontario

Jennifer Beeman, Action cancer du sein du Québec : De la colère à la conformité : que reste-t-il
de la critique féministe du cancer du sein ?

Selma Kouidri, DAWN-RAFH, Canada : « Notre Santé est importante » : une réponse inclusive
au manque d’accès au système de santé en général et au programme de dépistage du cancer
du sein en particulier

Geneviève Rail, Université Concordia, Québec; Mary Bryson, Université de la Colombie-


Britannique; Tae Hart, Université Ryerson, Ontario; Jacqueline Gahagan, Université Dalhousie,
Nouvelle-Écosse; Janice Ristock, Université du Manitoba; et Luisa Molino, Université Concordia,
Québec : Les marges du cancer : minorités sexuelles, savoirs sur les soins du cancer et justice
sociale

16h00 – 17h30 - Séance 8 - Table ronde : Santé, féminisme et justice sociale : surmonter
les défis

Présidence : Geneviève Rail, Université Concordia, Québec

Panelistes : Karen Messing, UQAM, Québec; Abby Lippman, Université McGill, Québec; Bilkis
Vissandjée, Université de Montréal, Québec; Lydia Assayag, Réseau québécois d’action pour la
santé des femmes, Québec

247 – Les violences envers les femmes entre professionnalisation et objectivation (1


séance)

Responsables : Christelle Hamel et Mathieu Trachman, Institut national d’études


démographiques, France

Constituées en cause par les mouvements féministes, les violences envers les femmes sont
depuis devenues un registre de l’action publique et un objet d’étude à part entière. Du côté du

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travail social, des institutions prenant en charge des femmes victimes et des hommes auteurs se
sont développées. Des chiffres ont été produits par de grandes enquêtes nationales et de
nombreuses études qualitatives et quantitatives ont été menées à ce sujet. Dans le cadre
d’études en sociologie, santé publique, ou encore en criminologie, on a produit des données sur
les différentes formes de violence, leurs causes et leurs facteurs de risque. Les retours sur les
effets de ce processus d’institutionnalisation au sein du féminisme ne sont pas nouveaux.
Parallèlement à la constitution de la cause des violences envers les femmes, des critiques ont
vu le jour, concernant la pénalisation de ces violences, l’articulation des rapports sociaux de
sexe et de race, les usages politiques qui peuvent en être faits. Le premier objectif de cet atelier
est de reprendre ces questions, en s’attachant particulièrement à la dimension pratique des
luttes contre ces violences : quelles organisations sont impliquées, quels outils sont mobilisés,
pourquoi sont-ils variables selon les pays ? L’analyse de ce processus de professionnalisation
n’empêche pas cependant de continuer le travail d’objectivation : il s’agit alors de s’interroger
sur les enjeux actuels de la production de chiffres concernant ces violences. Comment et
pourquoi mener aujourd’hui une enquête quantitative sur les violences envers les femmes ?
Quels indicateurs faut-il construire, quelles populations faut-il viser ? À partir de l’enquête Virage
(Violences et rapports de genre) actuellement menée à l’Ined, qui prend la suite de l’Enquête
nationale sur les violences envers les femmes en France (Enveff), nous nous interrogerons en
particulier sur les besoins actuels de connaissance en ce qui concerne les populations
minoritaires et le travail d’objectivation qu’ils impliquent.

Jeudi 27 août – 16h00 – 17h30

Pauline Delage, UNIL, Suisse : Maintenir l’asymétrie de genre. Le traitement féministe de la


violence conjugale en France et aux États-Unis

Jean Bérard, Université de Montréal, Québec : Les violences sexuelles entre rapport de
domination et pathologie psychologique. Perspectives féministes et criminologiques

Christelle Hamel, Institut national d’études démographiques, France; Elizabeth Brown,


Université Paris I Panthéon-Sorbonne, France : De l’enquête nationale sur les violences faites
aux femmes (ENVEFF) à l’enquête Violences et rapports de genre (VIRAGE) : les évolutions de
la mesure des violences en France

Mathieu Trachman, Institut national d’études démographiques, France : Devenir un homme


auteur de violences conjugales

253 – L’intersectionnalité en action : méthodes et pratiques pour le renouvellement de


projets féministes émancipatoires (4 séances)

Responsables : Christine Corbeil et Elizabeth Harper, UQAM, Québec; Isabelle Marchand,


Université de Montréal, Québec

Depuis quelques décennies, la recherche, les discours et les pratiques féministes sont
confrontés aux « nouvelles » questions générées par l’entrecroisement des rapports de sexe
avec d’autres rapports de pouvoir et de division sociale. En l’occurrence, l’intérêt pour
l’intersectionnalité dans les milieux féministes francophones s’est considérablement accru au
cours des années 2000.
Les différents usages de l’intersectionnalité, comme théorie, concept, méthode ou pratique ne
reflètent-ils pas son ambigüité conceptuelle dans les pratiques de recherche et d’action sociale ?

47
Selon Galerand et Kergoat « une confusion ontologique et épistémologique […] règne toujours
au sujet de ce qui est intersectionnel : les identités, les classes, les catégories, les rapports
sociaux, les processus d’oppression ou bien l’expérience de celle-ci ». Dès lors, de quelle
manière peut-on s’inscrire au sein de pratiques de recherche en filiation avec les prises de
position épistémologiques, théoriques et politiques de l’intersectionnalité ? Comment
l’intersectionnalité peut-elle favoriser des pratiques d’intervention et des procédés
méthodologiques engagés, permettant d’éclairer les expériences subjectives des femmes de
plus en plus fragilisées ou marginalisées devant la complexité et la multiplication des problèmes
sociaux ?
À cet égard, dans la mesure où l’éthos de justice sociale, qui caractérise épistémologiquement
l’intersectionnalité, fut modifié ou édulcoré en raison de sa nouvelle position dans le monde
académique, de quelle manière peut-elle (re)devenir un outil de contestation des inégalités
sociales ? Comment un cadre théorique intersectionnel peut-il devenir un outil de contestation
des inégalités sociales et favoriser la création d’espaces alternatifs où les femmes minorisées
élaborent une connaissance et des revendications singulières ? Au-delà du discours rhétorique,
quelle utilisation peut-on dégager de l’intersectionnalité lorsqu’il s’agit de « rendre visible la
parole des femmes opprimées » ou de favoriser leur pouvoir d’agir ? Autrement dit, comment
s’assurer qu’une réflexion théorique sur l’intersection des systèmes d’oppression peut se
matérialiser dans un ensemble de principes et de stratégies au cœur d’une pratique
intersectionnelle ?
Le présent colloque, organisé dans le cadre du Pôle de réflexion et d’action sur
l’intersectionnalité du Service aux collectivités de l’UQAM, sera l’occasion d’apporter une
contribution significative aux nombreux débats qui ont cours actuellement dans la francophonie,
et plus largement sur la scène internationale, quant à la pertinence de l’intersectionnalité au
regard de ses potentialités heuristiques, et ce, afin de contribuer au renouvellement des projets
féministes d’émancipation et d’action sociale.

Mardi 25 août

Animation : Lyne Kurtzman, UQAM, Québec

14h00 – 15h30 - Séance 1 :

Ouverture du colloque et animation: Lyne Kurtzman, Service aux collectivités, UQAM

Rachel Chagnon et Dania Suleman, UQAM, Québec : Femmes, égalité et liberté de religion :
histoire légale d’un conflit intersectionnel

Catherine Flynn et Dominique Damant, Université de Montréal, Québec; Geneviève Lessard,


Université Laval, Québec : Projet Dauphine : Laisser la parole aux jeunes femmes de la rue et
agir ensemble pour lutter contre la violence structurelle

16h00 – 17h30 - Séance 2 :

Christine Corbeil et Elizabeth Harper, UQAM, Québec; Isabelle Marchand, Université de


Montréal, Québec; Sarah-Maude Le Gresley, UQAM, Québec; Manon Monastesse, Fédération
des maisons d’hébergement pour femmes, Québec : Réflexions sur les usages de
l’intersectionnalité dans les pratiques féministes en maison d’hébergement : résultats d’une
étude exploratoire

48
Mercredi 26 août

Animation : Elizabeth Harper, UQAM, Québec

9h00 – 10h30 - Séance 3

Erica Siddall, Université d’Ottawa, Ontario : La violence familiale à l’égard des femmes
autochtones : interventions privilégiées par des intervenants non-autochtones

Geneviève Pagé et Rosa Pires, UQAM, Québec : Perceptions et compréhensions de


l’intersectionnalité auprès des membres de la Fédération des femmes du Québec

Dominique Angers-Trottier, UQAM, Québec : Histoires des « Bindi Girls of Montreal » :


l’approche narrative de groupe ancrée dans l’intersectionnalité

11h00 – 12h30 - Séance 4

Maud Pontel, Bouclier d’Athéna, Québec : Violence basée sur l’honneur : sensibilisation des
communautés et adaptation des pratiques d’intervention

259 –Caucus queer et féministes anticapitalistes (1 séance)

Responsables : Béatrice Châteauvert-Gagnon, Université du Sussex, Grande-Bretagne; Mickael


Chacha Enriquez, UQAM, Québec

Notre combat nait des oppressions que nous vivons en tant que minorités sexuelles et de genre.
Mais si nos luttes naissent de cette appartenance, c’est au sein des mouvements féministes,
anticapitalistes, antiracistes et antifascistes qu’elles s’enracinent. L’émancipation sexuelle et de
genre est au cœur de notre résistance, mais l’intersection des luttes et les alliances au sein de
celles-ci nous sont tout aussi chères.
Au mouvement LGBT institutionnalisé, nous opposons une perspective queer radicale ou trans-
pédé-gouine. À la place des courants homo-normatifs qui tendent à ériger les positions
identitaires en autant de forteresses bien-pensantes se faisant complices des structures
d’oppression, nous proposons l’éclatement de ces carcans identitaires et le rejet radical des
systèmes oppresseurs. Contre les catégories rigides et dogmatiques, nous résistons, d’une
dissidence féroce et fluide, magnifique et prolifique.
Forte de l’image des P!nk blocs, notre visibilité se fait aussi scintillante que dérangeante. Des
slogans salaces aux actions directes disjonctées, nos tactiques sont aussi flamboyantes que
dures à cuire/queer.
Nous participons à la construction d’un monde où la résistance se danse en paillettes, où les
chevaux se font licornes, mais où la colère ne cède rien aux systèmes qui nous oppriment. Ce
caucus vise à réunir toutes personnes se sentant interpellées par cette présentation. Il aura pour
but d’échanger sur nos pratiques militantes et les différents contextes où elles s’inscrivent.

Mercredi 26 août – 17h30 – 19h00

49
266 – Lutter contre les violences sexistes en milieu militant. Atelier de réflexion à partir
d’expériences internationales à l’intersection de l’art, la recherche et le militantisme (7
séances)

Responsables : Mélissa Blais, UQAM, Québec; Laura Carpentier-Goffe, Centre d’études des
relations Internationales, France; Marie-Soleil Chrétien et Émilie E. Joly, UQAM, Québec;
Emiline Fourment, Centre d’études européennes, France; Solveig Hennebert, Lyon, France;
Laurence Ingenito, UQAM, Québec; Norka Paz-Rodo, Communidad Lapiz et Lanzarte, La Paz,
Bolivie

Cet atelier est proposé par un collectif de jeunes chercheuses, militantes et/ou artistes vivant à
Montréal, Paris, Lyon et La Paz. Elles cherchent à construire un espace de réflexions sur la lutte
collective contre les violences sexistes en milieu militant. Si cette thématique fait l’objet de peu
d’études en sociologie du militantisme, force est de constater qu’elle correspond au vécu de
nombreuses militantes, et ceci, par-delà les frontières. Ainsi, cet atelier propose un espace
permettant la mise en commun d’expériences et de réflexions, palliant ainsi à l’absence de
circulation des théories d’action.
À partir de vécus, d’observations et d’interrogations similaires apparues dans leurs recherches,
ou leur militantisme, les chercheures, militantes et artistes veulent tenter de transformer des
expériences locales en un processus de réflexion et d’empowerment transnational. Considérant
que les principaux obstacles auxquels elles sont confrontées sont liés aux rapports de genre à
l’œuvre dans leurs sociétés et à la culture du viol qu’ils produisent, elles aspirent tout d’abord à
questionner la notion de justice (institutionnelle/transformatrice).
Qui plus est, les participantes constatent que toutes les dénonciations vécues ou observées ont
donné lieu à des vagues de backlash exposant les personnes soutenant les dénonciations à des
violences psychologiques (constante justification, attaque individuelle, etc.). C’est pourquoi cet
atelier cherchera à produire une analyse sociologique de ces attaques de façon à mieux pouvoir
les confronter.
En bref, cet atelier se veut un espace de production d’un savoir féministe à partir des
expériences pratiques et des connaissances universitaires de toutes les participantes. Il sera
ainsi basé tant sur des données empiriques issues de terrains de recherche que sur une
méthodologie qui intègre l’art comme moyen d’expression. Les six séances proposées se
veulent donc aussi un lieu d’expérimentation méthodologique, incluant une séance de théâtre
forum ainsi que la conception d’une fresque murale.

Mardi 25 août

9h00 – 10h30 - Séance 1 - (Ouvert à tous et toutes)

Mélissa Blais et Marie-Soleil Chrétien, Québec; Solveig Hennebert, France :


Introduction : Refuser l’invisibilité des violences sexuelles et des backlash dans les milieux
militants : une ébauche de théorisation

11h00 – 12h30 - Séance 2 : (Groupe de parole non-mixte femmes/lesbiennes/trans)

Mélissa Blais et Marie Soleil Chrétien, Québec; Emeline Fourment, Laura Goffre-Carpentier et
Solveig Hennebert, France; Laurence Ingenito et Émilie E. Joly, Québec; Norka Paz-Rodo,
Communidad Lapiz et Lanzarte, Bolivie : Une mosaïque transnationale d’expériences de gestion
collective de dénonciations de violences sexuelles et de backlash

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14h00 – 15h30 - Séance 3 : (En non-mixité femmes/lesbiennes/trans)
Norka Paz-Rodo, Communidad Lapiz et Lanzarte, Bolivie : a) Atelier création d’une fresque
murale avec Knorke Leaf; b) Espace création - Construction collective d’une fresque sur les
violences sexistes en milieux militants dans une perspective de transformation sociale

Espace Libre - Lutter contre les violences sexistes en milieu militant. Élaboration d’une fresque
murale participative sur les lieux du congrès.

Marie-Soleil Chrétien, Québec, Norka Paz-Rodo, Communidad Lapiz et Lanzarte, Bolivie, Laura
Goffre-Carpentier, France

17h30 – Séance 4 - Espace de création. Construction collective d’une fresque murale


participative

Jeudi 27 août

11h00 – 12h30 - Séance 5 : (En non-mixité femmes/lesbiennes/trans)

Emeline Fourment et Laura Goffre-Carpentier, France : Lutter contre les backlash :


Empowerment individuel et collectif à travers le théâtre forum

14h00 – 15h30 Séance 6: (En non-mixité femmes/lesbiennes/trans)

Laurence Ingenito et Émilie E. Joly, Québec : Justice alternative et féministe dans les milieux de
la gauche radicale : une justice transformatrice

16h00- 17h30 - Séance 7 : (Ouvert à tous et toutes)

Présentation de la fresque murale initiée par Knorke Leaf et conclusion. Retour sur les
méthodologies utilisées; à l’intersection entre art, recherche et militantisme

Mélissa Blais et Marie-Soleil Chrétien, Québec; Emeline Fourment, Laura Goffre-Carpentier et


Solveig Hennebert, France; Laurence Ingenito et Émilie E. Joly, Québec; Norka Paz-Rodo,
Communidad Lapiz et Lanzarte, Bolivie

268 – Expériences des pratiques intersectionnelles dans les mouvements et groupes


féministes : ateliers de réflexion collective autour des défis, résistances et stratégies (3
séances)

Responsables : Stéphanie Benoit-Huneault, et Marie-Ève Campbell, UQAM, Québec

Ce colloque explorera des expériences de pratiques intersectionnelles au cœur des


mouvements et des groupes féministes. Ces pratiques ont-elles contribué aux transformations
sociales dans les cercles féministes? Quels bilans pouvons-nous tirer de ces expériences? Est-
ce que l’intersectionnalité rencontre des résistances et des défis en tant que pratiques en
intervention, dans l’élaboration des stratégies et tactiques militantes? Quelles sont les stratégies
proposées pour les contrer?
Ce colloque vise à mettre l’accent de manière très concrète sur l’expérience et les savoir-faire
créés. Ainsi, nous espérons susciter une réflexion collective et amener les participants-es- à
partager leurs propres analyses.

51
Jeudi 27 août

9h00 – 10h30 - Séance 1 - Interventions féministes intersectionnelles : faire face aux


violences structurelles

Présidence : Marie-Ève Campbel, UQAM, Québec

Catherine Flynn, Université de Montréal, Québec : Agir ensemble pour lutter contre la violence
structurelle : réflexion autour d’une expérience de pratique intersectionnelle

Maude Chalvin, Regroupement québécois des centres d’aide et de lutte contre les agressions à
caractère sexuel, Québec : Construire un mouvement pluriel contre les violences sexuelles :
l’enjeu intersectionnel dans les CALACS

Sarah-Maude Le Gresley, UQAM, Québec : L’intersectionnalité en action: méthodes et pratiques


pour le renouvellement de projets féministes émancipatoires

11h00 – 12h30 - Séance 2 - Expérience de mise en pratique intersectionnelle et


résistances au sein de groupes affinitaires et organisations

Alice Lepetit et Cybel Richer-Boivin, Fédération des femmes du Québec: Défis de la mise en
pratique de l'approche intersectionnelle au sein de la Fédération des femmes du Québec

Monique Dauphin et Chantale Isme, Maison d’Haïti, Québec : Résistance à l’approche


intersectionnelle : cas de la femme haïtienne en contexte migratoire

Stéphanie Benoit-Huneau, UQAM, Québec : Les groupes affinitaires féministes radicaux à


Montréal : analyses et pratiques intersectionnelles sur la maternité

14h00 – 15h30 - Séance 3 - Quand la pratique de l’intersectionnalité s’exprime par les


corps et la danse

Réflexion collective et expérimentation en mouvements. Atelier dansé ouvert à tous et toutes !


Le pouvoir des interventions féministes dansées et de la danse intégrée comme moyens de
résistance, de visibilité et de solidarité face au capacitisme. Aucune expérience en danse n’est
requise et toutes les formes/capacités/identités corporelles sont les bienvenues !

Co-animation et co-présentation : Lise Dugas, militante féministe, défense des droits des
personnes handicapées, Québec; Geneviève Dauphin-Johnson, dansactiviste féministe et
UQAM, Québec

277 – Archi-féministes! Au croisement des savoirs et des pratiques artistiques (3


séances)

Responsables : Marie-Ève Charron, UQAM, Québec; Marie-Josée Lafortune, Centre d’art


contemporain OPTICA, Québec; Thérèse St-Gelais, UQAM, Québec

Codirigé et modéré par Marie-Ève Charron, Marie-Josée Lafortune et Thérèse St-Gelais, le


colloque Archi-féministes! organisé par OPTICA, centre d’art contemporain, s’inscrit dans la
thématique Pratiques féministes, militantisme et mouvement des femmes de l’édition 2015 du

52
CIRFF. Il se penchera sur les enjeux historiques et actuels du féminisme en termes d’activisme,
de mobilisation citoyenne et de communautés d’intérêt en soulignant l’impact sur la pratique
artistique et l’histoire de l’art.

Le colloque se compose de contributions présentées sous la forme de communications orales et


de manifestations artistiques. Elles aborderont, entre autres, la discipline de l’histoire de l’art et
sa construction, lesquelles ont été maintes fois interrogées à l’intérieur des engagements
féministes. Compte tenu d’un regain d’activisme dans les pratiques féministes contemporaines
qui s’exprime, par exemple, par l’entremise de travaux de couture ou de tricot, elles
commenteront également cette réappropriation d’un savoir-faire longtemps confiné à l’espace
privé et domestique, redevenu porteur d’enjeux identitaires et de discours féministes
transformés. La résurgence du féminisme sera enfin examinée à travers les pratiques qui
persistent à faire résistance et qui obligent à revoir les déterminismes sociaux.

Nous souhaitons surtout présenter des regards originaux sur les savoirs et les modèles
d’actions féministes en privilégiant un contexte interdisciplinaire et la mise en avant de certaines
innovations conceptuelles et méthodologiques qui résultent d’un maillage entre interventions
théorique et artistique. Ces interventions témoigneront des modèles d’action d’ici, soulignant la
réalité propre au territoire québécois.

Il importe dans ce colloque que la parole soit donnée à des chercheurs-es mais également à
des artistes, les deux statuts se confondant parfois dans l’activisme de leurs positions
féministes.

Vendredi 28 août

9h00 - 10h30 - Séance 1 – Engagement féministe et histoire de l’art

Présidente : Thérèse St-Gelais, UQAM

Philippe Dumaine, UQAM, Québec : Norme, races, désirs : pour une pratique radicale de
l’histoire de l’art

Marie-Claude Bouthillier, artiste en arts visuels : Vie d’artiste (Présentation-performance),


Québec

11h00 – 12h30 - Séance 2 – Discours féministes repris et transformés

Présidente : Marie-Josée Lafortune, Centre d’art contemporain OPTICA, Québec

Johanne Sloan, Université Concordia, Québec : Écho d’un récit féministe

Catherine Lalonde Massecar, Galerie Powerhouse, Québec : Engagement et mobilisation


actuels

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14h00-15h30 - Séance 3 – Savoirs et féminisme en actions

Présidente : Marie-Ève Charron, Québec

Arkadi Lavoie Lachapelle, artiste en arts visuels, Québec : Ma sœur jumelle est un corps mort et
plusieurs touristes l’adorent. My Twin Sister is a Dead Body and a Few Tourists Love Her!
(Action poétique et critique)

Giovanna Zapperi, École nationale supérieure d’art de Bourges, France : « Le féminisme a été
ma fête » : Carla Lonzi, la politique à l’œuvre

278 – Théories féministes, droit international et francophonie : critiques et enjeux (3


séances)

Responsables : Rachel Chagnon, UQAM, Québec; Louise Langevin, Université Laval, Québec

On remarque que les théories féministes ont eu moins d’impact dans le monde du droit,
contrairement au monde universitaire anglo-saxon, où ces analyses ont pénétré la réflexion
juridique et la réforme législative. Profitant de notre statut, à la rencontre de deux cultures et de
deux systèmes juridiques, nous voulons, à titre de chercheures établies au Québec, établir un
dialogue entre chercheures féministes francophones sur des enjeux juridiques particuliers qui
relèvent du droit international. Comment le droit peut-il servir d’outil de changement social pour
les femmes ? Quels sont les enjeux pour les juristes féministes? Nous proposons trois activités.
Tout d’abord, un atelier regroupant des chercheures québécoises et françaises portera sur la
portée de la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des
femmes (CEDEF), grande convention sur les femmes. Ensuite, une table ronde permettra une
réflexion sur les droits socioéconomiques et la protection sociale à partir de la publication
récente d’un ouvrage traitant de cette question. Finalement, nous verrons comment le prisme de
l’analyse féministe permet de renouveler notre regard sur le droit.

Jeudi 27 août

9h00 – 10h30 - Séance 1 - La CEDEF : Regards sur un document fondateur des droits des
femmes en droit international

Sophie Grosbon, Université Paris Ouest Nanterre, France : La transformation de l’espace public
par la CEDEF : éducation et représentation des femmes

Diane Roman, Université François-Rabelais, Tours, France : Pauvreté, globalisation et droits


des femmes : la CEDEF, un outil de justice sociale ?

Louise Langevin, Université Laval, Québec : La lutte contre les violences de genre : du silence
initial à l’interprétation dynamique de la CEDEF

11h00 – 12h30 - Séance 2 - Table ronde : Discussion avec la coéditrice de Women’s


Rights to Social Security and Social Protection

Discutantes : Lucie Lamarche, Dalia Gesualdi-Fecteau et Stéphanie Bernstein, UQAM, Québec;


Michèle Asselin, Association québécoise des organismes de coopération internationale, Québec

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14h00 – 15h30 - Séance 3 - L’apport des critiques féministes à l’analyse du droit : cas de
figure

Gwénaëlle Mainsant, Centre national de la recherche scientifique, France : Traitement juridique


de la traite et du proxénétisme par les tribunaux français sous l'angle d'une sociologie du droit
armée par les études de genre

Zeynep Özlem Üskül Engin, Université de Galatasaray, Turquie : Les effets des politiques
néoliberales sur les oléicultrices en Turquie (Yirca) du point de vue de la sociologie du droit

Marie-Neige Laperrière, Université de Montréal, Québec : Essai de transposition de la méthode


consubstantielle vers une analyse critique du droit civil et le droit au logement

Sarah Jacob Wagner, Conseil du statut de la femme, Québec : La maternité pour autrui : les
différentes approches législatives adoptées en réponse à la pratique

279 – Les féminismes islamiques : décolonialité et solidarité transnationales (3 séances)

Responsables : Leïla Benhadjoudja, UQAM, Québec; Leila Bdeir, Collège Vanier, Québec;
Sonia Dayan-Herzbrun, Université Paris Diderot-Paris 7, France

Dans un contexte international où les puissances occidentales s’engagent dans ce qui est
communément appelé « la guerre contre le terrorisme », les femmes musulmanes font l’objet de
nombreuses agressions islamophobes où leur corps fait obsession et devient un sujet public
récurrent. Au-delà des scandales relatifs au foulard ou à la burqa, l’islamophobie participe à
l’oppression des musulmanes, ce qui n’est pas sans rappeler les discours coloniaux, distinguant
un supposé « islam misogyne» d’un « Occident civilisé » et pro-féministe.
Pourtant, de nombreuses activistes féministes musulmanes articulent un discours critique et
décolonial qui refuse la rhétorique orientaliste. D’une part, ce discours décolonial met en
évidence les rapports de pouvoir et les oppressions imbriquées que vivent les musulmans-es et
remet en cause les privilèges de certains groupes dans des sociétés qui se veulent
démocratiques et égalitaires. D’autre part, il conteste l’instrumentalisation du féminisme comme
outil de domination dans les pays à majorité musulmane pour la « promotion de la démocratie ».
Dans ce sens, les féministes musulmanes, qui ne constituent pas un groupe homogène
doctrinaire, perturbent certaines « assises » et « évidences » des démocraties occidentales et
du féminisme libéral, notamment sur les questions relatives à la citoyenneté et l’égalité. Mais par
le fait même, elles remettent en question, enrichissent et renouvèlent la pensée féministe.
Cependant, cette dynamique féministe musulmane se heurte à de nombreuses critiques,
notamment dans le milieu féministe, considérant comme antinomique la militance féministe et
religieuse, tout particulièrement celle se réclamant de l’islam.
En partant des contextes géographiques et politiques différents, celui des sociétés occidentales
où l’islam est minoritaire - les exemples québécois, canadien, belge et français - et celui des
sociétés majoritairement musulmanes -notamment l’exemple irakien-, ce colloque propose
d’apporter des perspectives décolonisées des pratiques féministes afin de penser des solidarités
féministes internationales.

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Lundi 24 août

9h00 – 10h30 - Séance 1 - Féminismes islamiques : perspectives transnationales

Diahra Traoré, Université de Montréal, Québec : Musulmanes ouest-africaines au Québec et


autorité religieuse : vers une théorisation féministe

Zahra Ali, École des hautes études en sciences sociales, France : Des féminismes musulmans,
des concepts aux contextes : de la France à l’Irak

11h00 – 12h30 - Séance 2 - Militantisme des femmes et féministes islamiques

Krista Riley, Université Concordia, Québec : Féminismes islamiques sur le web : les blogues
comme lieux d’interprétation religieuse

Leila Bdeir, UQAM, Québec : Les féministes musulmanes au Québec

Hanane Karimi, Université de Strasbourg, France : Des féministes musulmanes françaises au


croisement de l’antiracisme et de l’antisexisme

14h00 – 15h30 - Séance 3 - Féminismes islamiques et démocratie : quels enjeux ?

Sonia Dayan Herzbrun, Université Paris Diderot-Paris 7, France : Féminismes islamiques et


refondation du principe démocratique

Leïla Benhadjoudja, UQAM, Québec : Féminismes islamique et colonialisme : quels enjeux?

Fatima Khemilat, Sciences politiques, Aix-en-Provence, France : Les féministes islamiques en


contexte séculier : des racisées comme les autres?

287 – Les féministes face aux antiféministes (2 séances)

Responsables : Francis Dupuis-Déri, UQAM, Québec, Odile Boisclair, L’R des centres de
femmes du Québec, Québec, Mélissa Blais, UQAM, Québec

L’antiféminisme est aussi vieux que le féminisme, peut-être même plus vieux encore! Depuis
maintenant une dizaine d’années, au Québec en particulier, des groupes de femmes ainsi que
des militantes et des universitaires féministes ont réagi à la montée d’un certain antiféminisme
(le « masculinisme ») tout en restant alertes face à des formes plus traditionnelles, par exemple
l’antiféminisme religieux et anti-choix. Cette mobilisation féministe, également constatée en
Europe et ailleurs, a été l’occasion de nombreuses collaborations directes entre des praticiennes
et des universitaires, ou des projets de recherche menées par des universitaires auprès des
groupes de femmes, pour mieux comprendre le phénomène de l’antiféminisme. De nouvelles
questions sont apparues, entrainant l’émergence de nouveaux savoirs et de nouvelles pratiques
du côté des femmes et des féministes. Il s’agit de comprendre, entre autres, les formes des
attaques antiféministes, leurs impacts sur les femmes et les féministes, et comment les
féministes devraient y réagir. Il s’agit aussi d’identifier les secteurs du mouvement féministe les
plus directement ciblés. Il s’agit enfin de comprendre comment l’antiféminisme peut avoir des
impacts jusque dans la vie privée des femmes, dans leurs relations familiales et amicales.
Ce projet de « colloque » est le résultat d’une longue collaboration entre L’R des centres des
femmes au Québec et le Groupe interdisciplinaire de recherche sur l’antiféminisme (GIRAF —

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UQAM) et sera l’occasion de présenter les résultats de plusieurs des recherches menées en
partenariat, dans le cadre du Service aux collectivités de l’UQAM.
Ce colloque invite les praticiennes et universitaires qui voudraient partager leurs réflexions au
sujet de l’antiféminisme.

Lundi 24 août

9h00 – 10h30 - Séance 1 :

Mélissa Blais, UQAM, Québec : Les effets de l’antiféminisme sur le mouvement féministe
québécois

Sarah Labarre, UQAM, Québec : Internet est un homme blanc, hétérosexuel et antiféministe :
regard sur les violences machistes véhiculées sur le web

Francis Dupuis-Déri, UQAM, Québec : L’antiféminisme dans la vie privée

11h00 – 12h30 - Séance 2 - Discussion et échanges

Odile Boisclair, représentante de L’R des centres de femmes du Québec : De la violence


conjugale à l’antiféminisme, les stratégies pour contrôler et dominer les femmes

290 – Structurer un réseau féministe des femmes universitaires (2 séances)

Responsables : Delphine Naudier, Université Vincennes/Saint-Denis - Paris 8, France;


Françoise Picq, Université Paris Dauphine, France

Depuis six congrès internationaux des recherches féministes dans la francophonie, l’Association
nationale des études féministes en France (ANEF) soutient la nécessité de structurer le réseau
qui se manifeste à chacune de ces rencontres. Le congrès de Rabat, en particulier, en 2008,
avait posé les premiers jalons de cette entreprise. D’autre part, nous avons été invitées à
participer, en novembre 2014, au colloque de Dakar de l’Agence universitaire de la
Francophonie (AUF) « Femmes universitaires, femmes de pouvoir ? », qui était un préambule
au sommet de la francophonie et dont l’objectif était de constituer un réseau de femmes
universitaires en situation de responsabilité.
C’est pour faire se rencontrer ces deux projets que l’ANEF propose la tenue de cet atelier. Les
liens tissés parmi les enseignantes, les chercheuses féministes de la francophonie depuis six
congrès doivent désormais être structurés. Ce projet ancien coïncide aujourd’hui avec deux des
missions de l’AUF soit la création d’un observatoire de l’égalité femmes/hommes au sein des
établissements d’enseignement supérieur et la mise en place d’un réseau des femmes
responsables dans l’enseignement supérieur et la recherche.
Il s’agit donc de construire la convergence de ces deux réseaux qui ont en commun un objectif
et une méthodologie. Ils reposent sur deux leviers complémentaires. Le premier institutionnel,
vertical, adossé aux institutions permettra de trouver les ressources matérielles et logistiques
nécessaires pour agir et légitimer ce réseau. Le second, horizontal, s’appuiera sur les
ressources scientifiques et la force militante du réseau entre les différents continents.
Il s’agira, dans cet atelier, de croiser et mutualiser les expériences (témoignages, récits de vie,
observations de commissions d’évaluation, de recrutements, etc.) et les réseaux locaux, de
matérialiser la généralisation des initiatives dispersées, en dressant un état des lieux dans les
différents pays concernés, en vue d’établir un répertoire des bonnes pratiques. Il s’agira aussi

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de définir les outils scientifiques pluridisciplinaires nécessaires pour déconstruire et tenter
d’éradiquer les inégalités de genre opérantes tant symboliquement qu’en pratique.
Mercredi 26 août

14h00 - 15h30 et 16h00 – 17h30 - Atelier de discussion

Soukaina, Bouraoui, Centre of Arab Women for Training & Research, Tunisie : De la pertinence
de la formation « genre » en ligne comme label de qualité pour les universités francophones

Leila Saade, École Doctorale de Droit du Moyen-Orient, Liban : Le Réseau francophone des
femmes responsables dans l’enseignement supérieur et la recherche et autres actions ciblées «
égalité » de l’Agence Universitaire de la Francophonie

Yvette Onibon Doubougan, Université d’Abomey-Calavi, Bénin : Les femmes dans les
universités béninoises : entre reconnaissance académique et rapports de pouvoir

Valérie Legros, Université de Limoges, France : Chargée de mission pour l’Égalité entre les
femmes et les hommes : du travail dans son université au besoin de mutualiser

Couro Kane Niang, Université Cheik Anta Diop, Dakar, Sénégal : Espace universitaire et
rapports de genre au Sénégal : agir contre une logique inégalitaire.

Marcelline Nnomo-Zanga, Association des Femmes enseignantes du Supérieur, Cameroun :


Les réseaux féministes des femmes universitaires du Cameroun : pour une nouvelle
gouvernance au service du changement social et du développement humain

Francine Descarries (RéQEF, IREF) et Rachel Chagnon (IREF, RéQEF), UQAM Québec :
Proposition pour un réseau international de recherches féministes dans la francophonie

Activité suivie d’un cocktail de réseautage sur invitation du RéQEF

291 – Violences sexistes et sexuelles dans l’enseignement supérieur (2 séances)

Responsable : Geneviève Pezeu, Université Paris-V-Descartes, France

Les lieux de savoir semblent un des derniers bastions du tabou des violences sexistes et
sexuelles. L’université apparait comme le lieu d’une triple dénégation concernant le pouvoir, le
genre et la sexualité. Dédiée au savoir, elle se veut désintéressée et ne se pense pas comme
un espace de pouvoir. Elle pose le savoir comme neutre et asexué et reste aveugle au genre et
aux mécanismes sociaux d’exclusion et de hiérarchie. Enfin, elle refoule la sexualité, le corps,
les affects, ignorant la séduction charismatique des savants tentés d’abuser de leur statut.
Malgré quarante années de luttes féministes sur les violences, les avancées dans
l’enseignement supérieur et la recherche en matière de prise en compte de ces violences
semblent dérisoires. Il convient, dès lors, d’analyser selon quelles modalités se manifestent les
différentes formes de violence dans des contextes sociaux et culturels divers.
Cet atelier, proposé par l’Association nationale des études féministes en France (ANEF) a pour
objectif de dresser un bilan comparé de la situation dans différents contextes de la
francophonie : identifier les violences et en faire la typologie, actualiser les données chiffrées,
rendre visibles les dispositifs d’action, mutualiser les savoir-faire et agir pour la prévention dans
les différents contextes. Chaque participante apportera différents éléments, notamment des

58
statistiques pour quantifier les faits autant que faire se peut, des récits d’expérience de luttes, du
rôle des associations, de confrontation aux institutions universitaires ainsi que des informations
sur les dispositifs mis en place pour lutter contre les violences.

Mercredi 26 août

9h00 – 10h30 - Séance 1

Présidence : Geneviève Pezeu, France

Fatou Diop Sall, Université Gaston Berger de Saint-Louis, Sénégal : La production de données
comme élément de prévention en matière de violences basées sur le genre (VBG)

Yves Raibaud, Université Bordeaux Montaigne, France : Le rôle du sexisme et de la misogynie


dans la construction et la reproduction des inégalités professionnelles à l’université

Véronique Perry, Université Toulouse III - Paul Sabatier, France : Le harcèlement moral et le
harcèlement sexuel, à l’université dans le secteur de la santé

Manon Bergeron, Sandrine Ricci et Marie-France Goyer, UQAM, Québec : Violences sexuelles
en milieu universitaire : bilan des écrits et pratiques de mobilisation féministes à l’UQAM

Collectif CLASCHES (Collectif de lutte antisexiste contre le harcèlement sexuel dans


l’enseignement supérieur), France : Que faire en cas de harcèlement sexuel ? Le guide
d’information sur le harcèlement sexuel dans l’enseignement supérieur et la recherche

11h00 – 1h30 - Séance 2 : Récits d’expériences traversant quatre continents

Animation : Geneviève Pezeu et Véronique Perry, Université Toulouse III, France

Isabelle Côté, Université d’Ottawa, Ontario: La jeune femme était consentante » Une réflexion
féministe sur la protection des agresseurs dans les médias : Le cas de l’équipe de hockey de
l’Université d’Ottawa

Onibon Doubogan, Université de Parakou, Bénin : Mesurer le harcèlement sexuel à l’université


de Parakou (Bénin) – réflexion à partir d’une étude exploratoire sur un sujet sensible

Yves Raibaud, Université Bordeaux, France : Le harcèlement de rue des étudiantes à Bordeaux

Fernanda Marques De Queiroz, Université d’État du Rio Grande do Norte, Brésil : Le


harcèlement moral et sexuel sur le lieu de travail: la réalité vécue par les vendeuses de l'État du
Rio Grande do Norte, Brésil

294- Les congés parentaux et ses influences sur l’égalité dans le couple (1 séance)

Responsable : Olivier Lamalice, Conseil du statut de la femme, Québec

La politique familiale du Québec s’est enrichie en 2006 du Régime québécois d’assurance


parentale, offrant des congés parentaux s’approchant du modèle scandinave. Les statistiques
les plus récentes démontrent que près de 80% des pères québécois prennent un congé de
paternité et, de ceux-ci, plus de 90 % le prennent dans sa totalité. En dehors de ce congé

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réservé au père, les hommes sont encore relativement peu nombreux à utiliser le congé
parental partageable.
Cette situation s’inscrit dans un contexte plus large où le travail domestique et familial se fonde
encore sur une division sexuelle du travail. Suivant les différentes mesures du partage du travail
domestique et parental, on peut affirmer qu’au moins les deux tiers des tâches domestiques
sont encore accomplis par les femmes.
Malgré un investissement du temps des hommes dans la sphère domestique et familiale en
croissance au cours des dernières décennies, les femmes ne s’en désengagent pas
proportionnellement. L’écart de temps entre l’engagement des hommes et des femmes demeure
sensiblement le même. Le travail domestique et parental demeure un objet de recherche peu
investi par les sciences sociales alors qu’il est au cœur du maintien des inégalités entre les
sexes.
Cette table ronde propose de réfléchir sur l’organisation des congés parentaux, le partage du
travail domestique et familial, les modalités de la discussion et de la négociation entourant ces
décisions individuelles, les facteurs qui favorisent la prise en charge égalitaire du travail parental
et domestique dans les couples, ainsi que les actions structurantes à poser pour encourager
une participation égalitaire des hommes et des femmes dans le travail parental et domestique.

Lundi 24 août – 14h00 – 15h30

Olivier Lamalice, Québec : Pour un partage équitable du congé parental (Présentation de la


table ronde et de l’Avis du Conseil du statut de la femme paru en avril 2015)

Dominique Tanguay, Université Laval, Québec : La division sexuelle du travail chez des couples
dont au moins un membre est inscrit aux études doctorales : l’égalité déjà là?

Marie-Ève Surprenant, Table de concertation de Laval en condition féminine, Québec : Jeunes


couples en quête d’égalité

Discussion

295 – Comment les statistiques et l’ADS contribuent à l’égalité entre les femmes et les
hommes : regards croisés des Shanghaiennes et des Montréalaises (2 séances avec
traduction simultanée)

Responsables : Xu Feng, Fédération des femmes de Shanghai, Chine; Johanne Derome, Ville
de Montréal, Québec; Cathy Wong, Conseil des montréalaises, Ville de Montréal, Québec;
Guylaine Poirier, Conseil des montréalaises, Ville de Montréal, Québec

Une première table ronde réunira la Fédération des femmes de Shanghai (FFS), la Ville de
Montréal et le Conseil des Montréalaises (CM) pour discuter de la nécessité de se doter d’outils
de base permettant d’avancer vers l’égalité entre les femmes et les hommes. Pourquoi
l’obtention de données sur les femmes et les hommes et l’application de l’analyse différenciée
selon les sexes (ADS) sont-elles des moyens incontournables pour améliorer concrètement les
conditions de vie et de travail des citoyennes?
La seconde table ronde réunira la Fédération des femmes de Shanghai (FFS), la Ville de
Montréal et le Conseil des Montréalaises (CM) pour présenter des expériences pratiques de
recherche avec l’analyse différenciée selon les sexes (ADS). Que révèlent les recherches et les
actions menées par la FFS et le CM? Comment les recherches du CM peuvent-elles soutenir le
mouvement des femmes à Montréal? Comment la Ville de Montréal s’implique-t-elle dans
l’objectif de créer une ville à la mesure des femmes?

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Mercredi 26 août

9h00 – 10h30 - Séance 1


Xu Feng, Chine; Johanne Derome et Cathy Wong, Québec : Réflexion des Shanghaiennes et
des Montréalaises sur l’apport des statistiques et de l’ADS à l’égalité entre les femmes et les
hommes

11h00 – 12h30 – Séance 2


Xu Feng, Chine; Johanne Derome et Cathy Wong, Québec : L’ADS au service de l’égalité entre
les femmes et les hommes : cas pratiques à Shanghai et Montréal

296 – Mouvement féministe, militantisme et reconnaissance de la violence obstétricale :


dans le monde et au Québec (1 séance)

Responsable : Hélène Vadeboncoeur, Québec

Depuis 2010, on assiste à une reconnaissance par des autorités en santé d’une forme de
violence envers les femmes non mise au jour jusqu’alors : la violence obstétricale (manque de
respect et maltraitance des femmes en train d’accoucher). Une charte a été rédigée sur les
droits des femmes lors de l’accouchement par une organisation internationale, l’Alliance du
Ruban blanc pour la maternité sans risque et lancée en 2012, deux ans après la publication d’un
rapport-choc de USAID International. Puis, en septembre 2014, l’OMS faisait une déclaration sur
le sujet à l’Assemblée générale des Nations-Unies à New York.
Même si dès les années 1950, des femmes témoignent de cette réalité, les études sur le sujet
furent rares, jusqu’en 2010, et sont généralement sans écho, sauf dans les milieux militants pour
l’humanisation de l’accouchement. Au Québec, une étude exploratoire (2008-2012) féministe a
été menée, financée par le CRI-VIFF, en collaboration avec le Regroupement Naissance-
Renaissance. Plusieurs médias ont traité pour la première fois de violence obstétricale en 2014
au Québec, ce qui suggère le début d’une prise de conscience.
L’atelier proposé nous a été inspiré par la vague de dévoilement par les femmes d’agressions,
suite à l’affaire Ghomeshi, suscitant des réflexions sur le long parcours des femmes vers la
reconnaissance des formes de violence qu’elles subissent. Dans notre atelier, après avoir fait un
retour sur l’évolution de la reconnaissance de cette problématique, nous nous interrogerons
dans le cadre d’une perspective féministe (le féminisme périnatal) sur l’importance d’une
alliance entre les milieux militants, les groupes de femmes et le milieu académique afin que
progresse la reconnaissance de cette forme de violence qui affecte les femmes qui accouchent.

Vendredi 28 août – 11h00 – 12h30

297 – Recherche partenariale féministe : une « autre » épistémologie (6 séances)

Responsables : Lyne Kurtzman et Nathalie Lafranchise, UQAM, Québec; Lise Gervais, Relais-
femmes, Québec

La recherche partenariale est pratiquée par les milieux féministes pour répondre, notamment, à
la critique féministe des sciences quant aux rapports traditionnels théorie/pratique et sujet/objet.
Cette critique s’accorde avec une vision du changement social proposant des rapports de
pouvoir horizontaux, fondés sur le dialogue et visant l’autonomie dans un rapport
d’interdépendance. Or si plusieurs chercheures et intervenantes ont pris fait et cause pour le
mode partenarial, cette pratique soulève plusieurs enjeux réunis autour de trois axes :

61
1) les conditions relationnelles;
2) la tension entre science et militantisme;
3) l’appropriation et l’intégration des résultats dans l’action.
Ce type de recherche rejoint les préoccupations des chercheures et intervenantes féministes ; il
valorise la relation de sujet à sujet, l’équité, l’interdépendance ainsi que la considération
mutuelle. Mais comment en ressortir mutuellement enrichies d’un savoir combiné et d’une
expérience fructueuse face à la présence d’intérêts et de contingences propres aux cultures en
présence? Certains partenariats devant soutenir des prises de position ou des changements
politiques peuvent se buter aux critères de rigueur de la démarche scientifique. Comment faire
face à des différends liés à l’analyse, la présentation et l’utilisation des résultats? Comment
gérer les tensions de la cohabitation entre militantisme et recherche? Malgré sa finalité de
changement social, l’appropriation des résultats et leur réinvestissement dans l’action féministe
sont les parents pauvres de la recherche partenariale. Quels usages sont réellement faits des
résultats et du matériel produits? Comment améliorer les conditions de réalisation de cet enjeu
pragmatique? Comment soutenir les chercheures qui s’engagent dans cette voie?
Dans ce colloque chercheures et intervenantes, de concert, combineront leurs savoirs et points
de vue, et des discutantes relèveront les points saillants et alimenteront la discussion.

Mercredi 26 août

AXE 1 : Les conditions relationnelles

14h00 – 15h30 - Séance 1

Lyne Kurtzman, UQAM, Québec : Ouverture du colloque

Suzy Basile, Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue; Joanne Ottereyes, Femmes


autochtones au Québec : Les lignes directrices en matière de recherche avec les femmes
autochtones : exemples concrets et études de cas

Nathalie Lafranchise, UQAM, Québec; Berthe Lacharité, Relais-femmes, Québec : La relation


partenariale entre chercheures et groupes de femmes : un véritable lien à tisser.

16h00 – 18h00 - Séance 2

Caterine Bourassa-Dansereau UQAM, Québec; Mayda Mekerian : Mise au jeu Recherche-


action ModÉgalité : rencontre et co-construction entre chercheures, intervenantes et jeunes
adultes montréalais

Cinéma Forum À Part égale (Projection interactive)


Animation : Anna Beaupré-Moulounda, Mise au jeu, Québec : Intervenir de manière participative
auprès des jeunes sur la question de l’égalité entre les femmes et les hommes

Sophie Gilbert, UQAM, Québec : Discussion sur les conditions relationnelles

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Jeudi 27 août

AXE 2 : Les tensions entre science et militantisme

9h00-10h30 - Séance 3

Nathalie Lafranchise, UQAM, Québec : Présentation de l’axe

Isabelle Courcy, Université d’Ottawa, Ontario; Isabel Côté, Université du Québec en Outaouais,
Québec; Nathalie Lafranchise et Lyne Kurtzman, UQAM, Québec; Berthe Lacharité, Relais-
femmes, Québec : Réconcilier théorie et pratique pour une connaissance enrichie : points de
vue de chercheures du RéQEF

Audrey Gonin, UQAM, Québec; Magaly Pirotte, Fédération québécoise pour le planning des
naissances, Québec : Défis et richesses d’une coopération de recherche sur l’intervention
auprès de femmes vivant une grossesse imprévue au Québec

11h00 – 12h30 - Séance 4

Majo Hansotte, Association Delfi, Belgique ; Lise Gervais, Relais-femmes, Québec :


Intégrer quels résultats ? Pourquoi ?

Carole Lévesque, Institut national de la recherche scientifique - Urbanisation, Culture et Société,


Québec : Discussion sur les tensions entre science et militantisme

AXE 3 : L’appropriation et l’intégration des résultats dans l’action

14h00 – 15h30 - Séance 5

Lise Gervais, Relais-femmes, Québec : Présentation de l’axe

Michèle Charpentier, UQAM, Québec; Mireille Hébert, Centre des femmes de Montréal-
Est/Pointe-aux-Trembles, Québec : « Ridées, mais pas fanées » : quand les femmes ainées
s’approprient la recherche et la réinvestissent

Stéphanie Bernstein, Mélanie Lefrançois et Karen Messing UQAM, Québec; Chantal Locas,
Comité de la condition féminine de la FTQ, Québec : Du poids des stratégies individuelles au
cadre légal de la conciliation travail-famille : l’apport de la recherche partenariale à l’identification
de solutions durables

16h00 – 17h30 - Séance 6

Martin Gallié et Jeanne Ollivier Gobeil, UQAM, Québec; Evelyn Calugay, Organisation des
femmes philippines du Québec : Le processus de recherche comme outil de lutte et de
mobilisation : regards critiques sur une recherche-action sur l’exploitation des travailleuses
domestiques philippines à Montréal

Louise Lafortune, Université du Québec à Trois-Rivières, Québec : Discussion sur


l’appropriation et l’intégration des résultats dans l’action

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300 - Empowerment et citoyenneté féministe, à travers le triptyque
recherche/formation/plaidoyer (2 séances)

Responsables : Sophie Charlier, Université Catholique de Louvain, Belgique; Lise Gervais,


Relais-femmes, Québec; Majo Hansotte, Association Delfi, Belgique; Pascale Maquestiau, Le
monde selon les femmes, Belgique

Cet atelier explorera différentes manières d’articuler recherche (et recherche–action) avec des
méthodologies de formation débouchant sur des plaidoyers féministes. Les articulations
envisagées proposeront une perspective d’empowerment des femmes, de sorte qu’elles
accèdent à un rôle actif au sein d’un collectif local ou plus large.
Le triptyque recherche-action/formation/plaidoyer sera introduit par Pascale Maquestiau et puis
décliné de trois façons, selon le regard de trois intervenantes dont les modalités de travail sont
en résonance : Majo Hansotte (Delfi, Belgique), Sophie Charlier (Le monde selon les femmes,
Belgique), Lise Gervais (Relais-femmes, Québec).
Les participantes de cet atelier recevront trois « cas vécus » exemplatifs de situations liées au
patriarcat « privé », communautaire et/ou familial ayant eu lieu en Belgique, en Amérique latine,
au Québec. Les trois intervenantes aborderont ces vécus : chacune à sa manière mettra en
relief, à la lumière de contextes sociaux et culturels très variés, des articulations fortes entre
recherche-action/formation/plaidoyer.
Ainsi Majo Hansotte éclairera la façon dont elle mène, autour du Juste et de l’Injuste, des
recherches-actions et des formations sur les intelligences citoyennes qu’elle a dégagées. Ces
dernières engendrent régulièrement l’énonciation de plaidoyers-actions, formulés directement
par des femmes vivant des situations de domination, suscitant des solidarités nouvelles. Sophie
Charlier expliquera comment elle travaille l’empowerment (l’empoderamiendo) avec des femmes
andines notamment et comment le Monde selon les femmes relaie leurs combats en matière de
plaidoyers internationaux. Enfin, Lise Gervais décrira la manière dont Relais-femmes au Québec
articule les trois dimensions du triptyque pour soutenir l’affirmation de femmes subissant des
dominations.

Vendredi 28 août

11h00 – 12h30 - Séance 1

Pascale Maquestiau, Belgique : Introduction au triptyque recherche-action/formation/plaidoyer

Majo Hansotte, Belgique : Autour du Juste et de l’Injuste, des recherches-actions et des


formations

Sophie Charlier, Belgique : Travailler l’empowerment (l’empoderamiendo) avec des femmes


andines notamment et comment le Monde selon les femmes relaie leurs combats en matière de
plaidoyers internationaux

14h00 – 15h30 - Séance 2

Lise Gervais (Québec) : La manière dont Relais-femmes articule les trois dimensions du
triptyque pour soutenir l’affirmation de femmes subissant des dominations

France Bourgeault et Odile Boisclair, l’R des centres de femmes, Québec


Marie-Claire Rufagari, Table de concertation des organismes qui travaillent auprès des réfugiés
et immigrants, Québec

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306 – Femmes, féminisme(s) et capitalisme (3 séances)

Responsables : Soline Blanchard, Université Toulouse - Jean Jaurès, France; Hélène Lee-
Gosselin, Université Laval, Québec; Sophie Pochic, INRS, France

Les 15 dernières années sont marquées, en France comme au Québec, par un double
phénomène dans la sphère économique : un renouveau des mobilisations pour l’égalité
femmes/hommes aux plus hauts niveaux et une remise en question des modes de gouvernance
des entreprises.
Ces ateliers proposent d’appréhender ces phénomènes en interrogeant la rencontre de deux
notions qui semblent pourtant avoir peu d’ « affinités électives » : capitalisme et féminisme(s).
Pour certaines personnes, la fragmentation du féminisme aurait entraîné une récupération
partielle de ses revendications et une perte de son potentiel subversif au service du « nouvel
esprit du capitalisme ». Pour d’autres, la justification pragmatique du « business case de l’égalité
» aurait permis certaines avancées, notamment en matière d’accès des femmes aux postes à
responsabilités.
À partir de terrains français et québécois, il s’agit de prolonger ces réflexions et de penser les
enjeux scientifiques et sociaux d’une telle rencontre, en analysant les discours et les pratiques
des actrices et acteurs qui y sont engagés, ainsi que leurs effets.

Vendredi 28 août

9h00 – 10h30 - Séance 1 - Métiers « non traditionnels » pour les femmes et contestation
d’un référentiel genré

Stéphanie Chasserio, Corinne Poroli et Philippe Pailot, Skema, Business School, France;
Typhaine Lebègu, ESCEM, France : Usages et perceptions de l’accompagnement institutionnel
par les femmes entrepreneures françaises : vers une remise en cause des définitions classiques
de l’entrepreneuriat ?
Belmondo Tanankem Voufo et Théophile Armand Fopa Diesse, Ministère de l’Économie, de la
Planification et de l’Aménagement du Territoire, Cameroun : Engagement des femmes dans
l’entreprenariat au Cameroun : Défis et perspectives

Soline Blanchard, Université Toulouse - Jean Jaurès, France : Créer son activité de conseil en
égalité professionnelle : une entreprise d’affranchissement du genre ?

Donatille Mujawamariya, Catherine Mavriplis et Michelle Boucher, Université d’Ottawa, Ontario :


Métiers non traditionnels et culture patriarcale : qu’en disent les professionnelles des STIM
(sciences, technologies, ingénierie et mathématiques) ?

Discutantes : Delphine Naudier, Association nationale des études féministes, France; Isabelle
Auclair, Université Laval, Québec

11h00 – 12h30 - Séance 2 : Représentations de l’égalité et (non) engagement féministe

Alban Jacquemart, Centre d’études de l’emploi / Centre Maurice Halbwachs, France : Soutenir
l’égalité pour reproduire l’inégalité ? Les hommes hauts fonctionnaires face aux politiques
d’égalité professionnelle

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Hélène Lee-Gosselin, Université Laval, Québec : Des hommes en position d’agir : leurs
représentations et leurs actions relativement à l’égalité entre les femmes et les hommes

Marion Rabier, UBO, France : Rapports au(x) féminisme(s) et pratiques de l’égalité de


dirigeantes économiques

Julie Landour, EHESS, France : Un féminisme à la peau douce ? Les Mompreneurs en France

Discutantes : Carol-Anne Gauthier, Université Laval, Québec et Lucie Lamarche, UQAM,


Québec

14h00 – 15h30 - Séance 3 : Pratiques capitalistes et renégociations des rapports sociaux


de sexe

Valérie Djédjé, Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue, Québec et Bernadette Kassi


Université du Québec en Outaouais, Québec : Accessibilité universelle et renforcement des
capacités pour l’inclusion du leadership des femmes en gouvernance et en éducation

Sophie Brière et Hélène Lee-Gosselin, Université Laval, Québec et Nathalie Rinfret, École
nationale de l’administration publique, Québec : Impact de la présence des femmes sur la
performance des conseils d’administration : pratiques d’organisations issues de différents
secteurs de l’économie au Québec

Sophie Pochic, CNRS/EHESS/ENS, France : L’égalité femmes-hommes en pratiques dans une


multinationale : les effets sélectifs du féminisme de marché

Isabel Boni, Centre Maurice Halbwachs, France: Penser les formes du capitalisme au prisme du
genre. Difficultés et pistes théoriques, méthodologiques et empiriques

Discutantes : Michèle Ferrand, CNRS, France et Dominique Tanguay, Université Laval, Québec

309 – Les violences envers les femmes autochtones (3 séances)

Responsable : Carole Lévesque, Institut national de la recherche scientifique, DIALOG-Réseau


de recherche et de connaissances relatives aux peuples autochtones, Québec; Arlette Gautier,
Université de Bretagne occidentale, France.

Les recherches sur les violences envers les femmes se sont développées, sous la pression des
féministes, qui ont réussi notamment à mettre la lutte contre les violences à l’agenda
international, du moins nominalement. Toutefois, les disparitions de femmes autochtones au
Canada, au Mexique ou ailleurs, les stérilisations contraintes, les violences de tous types
qu’elles subissent, en résistant certes, mais dans la plus parfaite impunité pour les auteurs de
ces violences alors qu’elles ont été dénoncées maintes fois, appellent à se souvenir, à enquêter,
à réfléchir et à chercher des formes d’actions plus efficaces. Il est nécessaire de s’interroger
notamment sur les spécificités des violences envers les femmes autochtones. Nous
accueillerons des communications fondées sur des recherches empiriques qui analysent un ou
plusieurs types de violences subies par les femmes autochtones, voire leur cumul, par différents
acteurs, que celles-ci aient lieu dans les communautés ou dans le cadre de migrations, qu’elles
soient nationales ou internationales. On s’interrogera également sur les modes de résistance
des femmes, tant individuelle que collective. Nous présenterons aussi des communications plus
théoriques qui permettent de mieux comprendre ces violences et les situent dans le cadre de la

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colonisation, mais aussi de la colonialité du pouvoir et de la mondialisation néolibérale, dans la
suite des travaux de Marie France Labrecque (Féminicides et impunité. Le cas de Ciaduad
Juárez, Montréal, Écosociété, 2013)

Mercredi 26 août
9h00 – 10h30 - Séance 1 :

Alana Boileau, Femmes autochtones au Québec : Femmes autochtones disparues ou


assassinées au Québec: reconnaitre la complexité et l'ampleur des enjeux

Arlette Gautier, Université de Bretagne Occidentale, France : Le cumul des violences contre les
femmes mayas du Yucatan

Carole Lévesque, Institut national de la recherche scientifique, Centre Urbanisation Culture


Société : Violences institutionnelles et violences personnelles à l’égard des femmes autochtones

11h00 – 12h30 - Séance 2 :

Claudia Morales, Colegio de Puebla, México, Mexique : Impératif néomalthusien et violences


envers les femmes autochtones dans l’état de Puebla

Dominique Raby, El Colegio de Michoacán, Mexique : « Ne permets pas qu’on abuse de toi ».
Savoirs et pratiques des femmes nahuas du Guerrero pour contrer le cumul quotidien des
violences et favoriser le « buen vivir » (Mexique)

Alicia Re Cruz, University of North Texas, États-Unis : Des rêves gelés : femmes immigrantes
en quête de protection

311 – Le mouvement des femmes au Québec et la lutte contre la violence : histoire,


acquis, ressacs et suite (2 séances)

Responsable : Marie-Hélène Senay, Fédération des maisons d’hébergement pour femmes,


Québec

Cet atelier veut raconter l’histoire du mouvement des femmes au Québec en célébrant les luttes
et les combats des femmes qui ont contribué à l’avancement de la société. Il veut également
aborder les ressacs et les suites à donner.
Le mouvement des femmes du Québec est l’un des mouvements les plus importants et
organisés au pays et dans le monde. Depuis plus de 40 ans, les luttes des femmes ont
transformé la société, aux plans social et politique, ici et à l’international.
Nous proposons d’abord de brosser un portrait des luttes depuis les années 1960, à l’aide du
savoir expérientiel éclairé de quatre militantes chevronnées issues d’organismes au cœur de la
lutte contre la violence envers les femmes ainsi que d’une « ligne du temps » détaillée tirée de
leur expertise.
Il sera également question des ressacs qu’ont engendrés les acquis des femmes. Malgré ces
oppositions à une plus grande liberté des femmes, nous réitérons le droit de toutes les femmes
de vivre sans violence (sociale, systémique, sexuelle, psychologique, verbale, conjugale,
harcèlement, etc.).
Puis, en co-construction dynamique avec les participantes, sera réalisé un partage de ce qui
nous outrage toujours, en termes de sexisme ordinaire et d’accès aux droits, de violence envers
les femmes et d’(in)égalité entre les femmes et les hommes.

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Nous accorderons une attention particulière aux thématiques suivantes : la définition de ce
qu’est la violence envers les femmes ; la remise en question de l’analyse de cette violence,
notamment par le biais des notions de consentement et de symétrie et, finalement, la difficulté
pour les femmes d’exercer leurs droits civils et politiques (notamment en matière de droit à la
sûreté et à la vie) sans reconnaissance de leurs droits économiques et sociaux.
Nous reviendrons sur les suites à donner à nos luttes afin d’atteindre l’égalité entre les femmes
et les hommes et de mettre fin à toute violence envers les femmes.

Vendredi 28 août

9h00 – 10h30 - Séance 1

Nathalie Duhamel, Regroupement québécois des Centres d’aide et de lutte contre les
agressions à caractère sexuel : Banalisation de la violence sexuelle et hypersexualisation

Louise Riendeau, Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale,
Québec : Analyse féministe de la violence envers les femmes, le déni

Diane Matte, Concertation des luttes contre l’exploitation sexuelle (CLES), Québec : Violence
envers les femmes : professionnalisation des services ou lutte pour le changement social

Manon Monastesse, Fédération des maisons d’hébergement pour femmes, Québec:


Complexification des formes de violence envers les femmes : l’intersectionnalité des
oppressions

11h00 – 12h30 - Séance 2 : Échange avec la salle, partage de ce qui nous outrage, suites
à donner

Animatrice : Isabelle Marchand, Université de Montréal, Québec

313 – Caucus des écrivaines de l’espace francophone (1 séance)

Responsable : Astrid Mujinge, Radio Okapi, Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la
stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO)

Dans le monde d’aujourd’hui, la tendance est de se regrouper selon les affinités, pour partager
les idées, se connaitre, se rencontrer, avoir des échanges réguliers, se serrer les coudes, pour
surmonter ensemble les difficultés rencontrées. L’union fait la force, dit un adage belge. Les
préjugés, les stéréotypes dont les femmes sont victimes, les femmes écrivaines les subissent
aussi. Leurs œuvres sont considérées comme étant de moindre valeur. Pourquoi les femmes
écrivaines de l’espace francophone ne peuvent-elles former aussi un caucus qui rassemblerait
les associations sous régionales, ou locales des écrivaines, tous genres confondus, qui
pourraient aussi se rencontrer en marge des congrès, des sommets de la francophonie. Ce
caucus aura à lutter contre les discriminations qui existent encore vis-à-vis des femmes
écrivaines. Les images négatives et autres marginalisations des femmes sont véhiculées par les
écrits. Les écrivaines pourront inverser ce rôle en présentant dans leurs œuvres une autre
image des femmes, une image positive et une autre vision du monde. Elles pourront développer
dans leurs œuvres, des thèmes qui iront dans le sens de la dénonciation des injustices, des
discriminations, des marginalisations des femmes, des œuvres où les écrivaines parleront d’une
société où règne la justice et l’égalité des chances et des opportunités, tant pour les hommes
que les femmes. Elles pourront aider les auteures qui ont leurs manuscrits dans les tiroirs à

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trouver des maisons d’édition afin d’accroitre aussi le nombre d’écrivaines. Ce caucus pourra
même, pourquoi pas, créer un prix féminin pour encourager les auteures. Ainsi les femmes
n’auront pas seulement pour rôle de créer des salons où les écrivains se réuniront, mais elles
auront un rôle actif d’écrivaines au même titre qu’eux. C’est aussi cela qu’on peut appeler la
SOLIDARITÉ.

Mardi 25 août – 17h30 – 19h00

318 – Caucus pour le renforcement des organismes féministes de liaison, recherche et


transfert de connaissances dans la francophonie (1 séance)

Responsable : Berthe Lacharité, Relais-femmes, Québec

Relais-femmes, un organisme féministe de liaison, de recherche et de mobilisation des


connaissances, invite les organismes qui ont une mission similaire à la sienne, à se réunir pour
rédiger une déclaration commune appelant à leur reconnaissance et à leur renforcement.
Les connaissances produites par la collaboration entre les milieux universitaires et les groupes
terrains sont essentielles pour des avancées, dans nos différentes sociétés, en faveur de
l’égalité entre les femmes et les hommes. Les besoins de formation en matière d’égalité sont
eux aussi importants notamment chez les organismes mis sur pied par les citoyennes pour
défendre leurs droits ou améliorer leurs conditions de vie et de travail (au Québec, on appelle
ces organismes des «groupes de femmes»).
Les organismes féministes de liaison-recherche-transfert apparaissent alors comme des
interfaces précieuses pour, dans certaines recherches, faciliter la collaboration entre le milieu
universitaire et le milieu dit de pratique. Ils peuvent aussi favoriser l’appropriation par les
«praticiennes» de nouvelles connaissances issues de la recherche et soutenir le
réinvestissement de ces mêmes connaissances dans le travail quotidien des groupes de
femmes. Voilà quelques raisons qui nous poussent à nous réunir avec d’autres organismes
semblables aux nôtres afin que ce travail soit davantage reconnu et supporté financièrement.

Mardi 25 août - 17h30 – 19h00

Présentatrices :
Lise Gervais, Relais-femmes, Québec
Majo Hansotte, Association DELFI, Belgique
Amély Friolet, Regroupement féministe du Nouveau-Brunswick.

322 – Le système carcéral canadien pour femmes. Enjeux théoriques, politiques et


pratiques d’intervention et de résistances (1 séance)

Responsables : Geneviève Vaillancourt, UQAM, Québec; Lysandre Bourgouin, Maison Thérèse


Casgrain, Québec; Vanessa L’écuyer, UQAM, Québec

Nous débuterons par une présentation magistrale du système carcéral dans le contexte actuel,
dont les évènements qui ont mené à des réformes au système d’incarcération pour femmes au
niveau fédéral ainsi que les questions de l’introduction de méthodes de gestion néolibérales.
Cette réflexion se fera à partir des travaux de Foucault (1976 et 1993), sur les fonctions de la
prison dans la société capitaliste, et de Davis (2003), qui avance l’hypothèse de la mise sur pied
d’un complexe carcéro-industriel aux États-Unis. Bien qu’incontournable, la théorie foucaldienne
ne tient pas compte de l’insertion à l’intérieur comme à l’extérieur de la prison des individus à
l’ensemble des rapports sociaux de pouvoir, dont ceux de sexe et de race. Davis, pour sa part,

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effectue ce tour de force. En tenant compte des spécificités du contexte canadien, cette
communication propose d’envisager le système carcéral au croisement du capitalisme, du
patriarcat et du colonialisme.
Pour ce faire, notre angle d’analyse empruntera les concepts de consubstantialité et co-
extensivité des rapports sociaux de Kergoat (2012). Nous défendrons également la thèse selon
laquelle l’emprisonnement des femmes serait une des configurations de l’appropriation de leur
corps dans le sexage (Guillaumin, 1992, Laurin-Frenette et Danielle Juteau, 1988 et 1997).
Il sera ensuite question du passage et du vécu des femmes dans le système carcéral. Nous
nous attarderons dans un premier temps à l’étude du profil sociologique de ces femmes, la
nature des infractions ainsi que leur mode de participation au crime. Nous verrons dans un
deuxième temps comment s’opérationnalisent le contrôle des corps et le biopouvoir dans le
système carcéral pour femmes canadien. Dans un troisième temps, nous proposerons de
réfléchir aux formes de division du travail auxquelles participent les femmes incarcérées afin de
cerner les enjeux des rapports de pouvoir.
En nous intéressant aux pratiques de résistance développées par les femmes judiciarisées,
nous nous demanderons comment se solidariser avec leurs pratiques de résistances dans un
contexte d’intervention afin d’ouvrir des pistes de réflexion par rapport au travail d’intervention
féministe dans les centres résidentiels communautaires. Pour finir, nous lancerons une réflexion
critique sur les réformes et alternatives au système carcéral sous forme de questions-réponse.

Vendredi 28 août – 14h00 – 15h30 - Table ronde : Le système carcéral canadien pour
femmes. Enjeux théoriques, politiques et pratiques : d’intervention et de résistances

Geneviève Vaillancourt, UQAM, Québec

Lysandre Bourgouin, Maison Thérèse Casgrain, Québec

Vanessa L’écuyer, UQAM, Québec

324 – Savoirs sexuels en mouvement : sur les effets théoriques des pratiques de
résistance (2 séances)

Responsables : Natacha Chetcuti et Lucas Monteil, Université Vincennes/St-Denis - Paris 8,


France

Les rapports sociaux fondés sur le sexe reposent entre autres choses sur des opérations de
savoir : les systèmes de catégorisation hiérarchisée entre sexes et sexualités. Les pratiques
individuelles et/ou collectives de résistance que mettent en œuvre individus et groupes sociaux
pour tenter de s’y soustraire - contournement des assignations, contestation des normes, etc.-,
représentent autant d’interventions dans le domaine du savoir, dont l’étude contribue à la mise
en cause des structures discursives de la domination.
Dans la lignée des épistémologies féministes du savoir situé, il s’agira ici de mettre en relief, à
partir des mouvements et des pratiques de résistance elles-mêmes, la relation entre expérience
pratique de la domination et constructions de savoir. Dans une volonté commune de dépasser le
cloisonnement des espaces militants et scientifiques, nous appréhenderons dans une
perspective transdisciplinaire et intersectionnelle les mouvements sexuels en tant que
producteurs de discours et connaissances critiques, théoriques et pratiques, agissant tant dans
le domaine politique que dans celui du savoir : interroger catégories et concepts dominants à la

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lumière de l’expérience pratique et théorique des dominées; mettre en lumière les modalités par
lesquelles des mouvements divers de femmes et minorités sexuelles apparaissent comme
directement producteurs de savoirs et représentations critiques. Nous nous intéresserons ainsi à
la manière dont représentations culturelles, espace public, ou constructions scientifiques se
trouvent investis, agis ou subvertis par différents mouvements sexuels, en prêtant toujours une
attention particulière aux contextes, passés ou actuels, de leur actualisation.

Lundi 24 août

11h00 – 12h30 – Séance 1 : Féminismes, pratiques et productions culturelles

Melinda Mod, Laboratoire d’Études sur le Genre et la Sexualité (LEGS) / Université de Paris 8,
France : Transformation des luttes féministes en projets littéraires : l’effet de l’engagement
féministe de Leïla Sebbar sur ses récits

Carolina Maldonado, LEGS / Université de Paris 8, France : Le théâtre de la cruauté comme


espace de subversion féministe

Heta Rundgren, Université de Paris 8 - University of Helsinki, France et Finlande : Entr’elles ou


comment tester le roman post-normâle

Dolores María Lussich, CONICET – CNRS / Universidad de Buenos Aires - Université de Paris
8, Argentine et France : Voyages entre la Queer Theory et le féminisme de la différence

14h00 – 15h30 - Séance 2 : Mouvements féministes et LGBTQI : savoirs sexuels en


pratiques

Lucas Monteil, LEGS / Université de Paris 8, France : Positions de pouvoir et positions savantes
dans l’espace chinois de la cause homosexuelle

Natacha Chetcuti, LEGS, France et Gabriel Girard, Université de Montréal, Québec : La


construction d’une sexualité minoritaire : genre, classe et homosexualité chez de jeunes gays et
lesbiennes

Josselin Tricou, LEGS / Université de Paris 8, France: Ce que la mobilisation contre le mariage
des personnes de même sexe en France veut dire aux féminismes

325 – Les droits sexuels et reproductifs (1 séance)

Responsable : Arlette Gautier, Université de Bretagne Occidentale, France

Au début des années 1970, les féministes blacks et latinas ont réussi à faire adjoindre aux
revendications pour le droit à l’avortement, le refus des stérilisations forcées et le droit à
accoucher dans de bonnes conditions, soient les droits reproductifs. 20 ans plus tard, les
militantes de nombreux pays en développement ont réussi à faire accepter par 179 chefs d’État
lors de la conférence du Caire le droit à « l’accès à tous les services de santé reproductive… et
le droit de prendre les décisions reproductives, en étant libre de toute discrimination, violence et
coercition, comme il est exprimé dans les documents sur les droits humains... » . Encore 20 ans
plus tard, les résultats ne sont pas à la hauteur des espérances : certes, la mortalité maternelle
a baissé, mais l’accès même à la planification familiale a stagné et des stérilisations ont

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continué à être imposées. Néanmoins, l’objectif d’avoir des enfants, quand l’on veut, si l’on veut,
et dans de bonnes conditions ne reste-t-il pas vital et sa réalisation n’est-elle pas toujours liée à
des considérations de classe et de race ? Les recherches sur les politiques publiques de santé
de la reproduction et leur mise en application à l’échelon local, peuvent-elles produire des
connaissances pour agir sur la prise en charge des nécessités et choix des femmes et des
hommes dans leur diversité? Les communications répondront à ces questions de façon
empirique et/ou théorique, en prenant en compte l’ensemble des droits sexuels et reproductifs.

Lundi 24 août – 11h00 – 12h30

Fatou Diop Sall, Université Gaston Berger, Sénégal : Droits sexuels et reproductifs : l’expérience
des Sénégalaises rurales

Arlette Gautier, Université de Bretagne Occidentale, France : Les stérilisations contraintes ont-
elles diminué ?

Nora Le Jean, UNFPA, Niger : Rapports de genre et changement social à travers l’expérience
relationnelle et sexuelle préconjugale au Niger

Chrystelle Grenier-Torres, CNRS-Sciences politiques Bordeaux, France : Les cas de mortalité


maternelle évitable en Afrique de l’Ouest : quand le droit à la vie est négligé

326 – Les MGF-excision : une question d’études féministes, multidisciplinaire et de


solidarité internationale (1 séance)

Responsable : Ly-Tall Aoua Bocar, Université d’Ottawa, Ontario

S’il y a une thématique qui a fait passer « De la révolution des savoirs au changement social »
c’est bien celle des mutilations génitales féminines (MGF-excision). Bien qu’affectant lourdement
la santé, elle a longtemps été ignorée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Ce n’est
que dans les années 1970 que l’OMS finit par reconnaître qu’elle est "…une pratique mutilante".
Au tournant de l’Année internationale de la femme (1975), on vit l’émergence de recherches
autant fondamentales (universitaires) qu’appliquées (militantes, ONG, ...) à ce sujet.
Une rétrospective analytique montre bien que, pour rendre intelligible cette problématique, il a
fallu recourir à diverses disciplines. Les chercheurs-es firent appel à l’ethnologie pour expliciter
sa dimension culturelle, à l’histoire, son origine et son évolution, à la sociologie/anthropologie,
ses fondements culturels et ses représentations sociales, à la médecine, ses conséquences
sanitaires, à la psychologie/psychanalyse, ses séquelles psychologiques. Violant l’intégrité du
corps des fillettes, l’acte de MGF relève de la justice/ droit. Dans le contexte de l’Occident, elles
sont objet d’études ethniques. Touchant ainsi à plusieurs dimensions de la condition féminine,
les MGF-excision sont devenues un champ de recherche et d’intervention du mouvement
féministe, donc un objet d’études des femmes/féministes. Appuyées par les femmes du Nord,
les Africaines se mirent à « Créer et Agir » pour l’éradication de cette forme extrême de
violences faites aux fillettes et aux femmes qu’elles deviennent. Au tournant de l’An 2000, la
Coopération internationale (Organisation des Nations Unies, Union africaine) devint réellement
solidaire à cette lutte. Lors de son Assemblée générale du 20 décembre 2012, l’ONU adopta la
Résolution 67/146 visant à « Intensifier les efforts mondiaux pour l’élimination des mutilations
génitales féminines ». Ce changement social favorable à l’éradication des MGF-excision ne fut
possible que grâce à l’éclairage progressif des savoirs multidisciplinaires et aux solidarités
internationales.

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Mercredi 26 août – 14h00 – 15h30

Présidente : Christine De Génois de Grand Breucq, Alliance globale contre les MGF-excisions,
France/États-Unis

Moustapha Toure, Hôpital de la République du Mali : Santé: ces maux ou fléaux évitables qui
assaillent les femmes en Afrique

Ly-Tall Aoua Bocar, Université d’Ottawa, Ontario : Fondements historiques et socioculturels de


la pratique des mutilations génitales féminines (MGF-excision)

Ibrahim Tall, Université Ouagadougou II, Burkina Faso : JUSTICE : Législations et lutte contre
les mutilations génitales féminines

328 – Décrochages/accrochages scolaires au féminin : penser, créer, agir (4 séances)

Responsables : Danielle Desmarais, UQAM, Québec; Équipe PARcours, UQAM, Québec

Dans la foulée de la recherche préliminaire et pionnière menée par la Fédération autonome de


l’enseignement en 2012, un collectif d’organismes (regroupant des chercheurs et chercheures
ainsi que des praticiens et praticiennes) travaille en concertation pour mieux comprendre le
décrochage scolaire des filles, le prévenir et pour étudier les conditions favorables au
raccrochage scolaire des jeunes décrocheuses. Au printemps 2014, nous avons organisé le
Forum sur le décrochage des filles auquel plus de 140 personnes de différents horizons et de
différentes régions ont participé. Ce faisant, nous développions collectivement des analyses
complémentaires des causes, des conséquences et des pistes de solutions au décrochage des
filles que nous souhaitons poursuivre et partager avec des chercheures féministes de toute la
francophonie.

Mardi 25 août

9h00 – 10h30 - Séance 1

Joanne Bertrand, Fédération autonome de l’enseignement, Québec : Décrochage scolaire des


filles : causes, conséquences et pistes de solutions

Julie Raby et Francyne Ducharme, Table de concertation du mouvement des femmes du


Centre-du-Québec : Raccrocher de toutes ses forces : une analyse exploratoire du décrochage
et du raccrochage scolaire des femmes au Centre-du-Québec

11h00 – 12h30 - Séance 2 - Table ronde : Initiatives de pratiques porteuses

Danielle Fournier, Relais-femmes, Québec : Le décrochage des filles : une réalité dans toutes
les régions du Québec

Bineta Ba, Réseau réussite Montréal, Québec : Persévérance et réussite scolaires : enjeux et
perspectives d’intervention chez les garçons et les filles

Judith Rouan, Troisième Avenue et Christelle Doumbou, ateliers Imagine Education, Québec :
Fonder la dignité des jeunes sur leurs droits à l’école

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14h00 – 15h30 - Séance 3

Mahsa Bakhshaei, Université McGill, Québec et Université de Californie (UCLA),


États-Unis : Genre, classe, race et la réussite scolaire : le cas des adolescentes sud-asiatiques
au Québec

Équipe PARcours et Danielle Desmarais, UQAM, Québec : Les processus de raccrochage


scolaire de jeunes filles, des révélateurs d’acquis affectifs et relationnels. Convergences
internationales

16h00 – 17h30 - Séance 4 : Table ronde : Pratiques porteuses

Chrystelle Robitaille, L’Ancre des Jeunes, Québec : Ces amoureuses qui décrochent

Michel Lessard, Je raccroche, Québec : S’aimer et être aimée pour réussir

La Boîte à lettres de Longueuil, Québec : La réussite scolaire : ensemble c’est mieux!

Stéphanie Fortin, UQAM, Québec : Soutenir la persévérance scolaire de mères monoparentales


en contexte de raccrochage scolaire par l’intervention de groupe

Louise Chabot, Centrale des syndicats du Québec : Le décrochage scolaire des filles : une
visibilité sociale à conquérir

Mot de la fin - Grand témoin de la journée : Micheline de Sève, UQAM, Québec

332 – L’expérience des racisées en milieu universitaire : entre résistance, agency et lutte
pour la légitimité (2 séances)

Responsable : Fatima Khemilat, Science Po- Aix en Provence, France

Le milieu universitaire, comme tout champ ou univers social, est traversé par des rapports de
domination. Outre le capital culturel et symbolique qui joue comme facteurs de hiérarchisation,
d’autres variables viennent s’y agréger. Cette table ronde a pour ambition de donner la parole
aux femmes universitaires racisées, aux signes religieux visibles ou non, dont la parole est
confisquée, voire discréditée, sur des questions qui les concernent pourtant au premier plan.
Entre le registre du témoignage (direct ou sous forme d’extraits de documentaires projetés par
une réalisatrice afro-féministe) et l’analyse sociologique des mécanismes de disqualification à
l’œuvre, cette table ronde, vous l’aurez compris, se veut résolument interactive, presque contre-
hégémonique. Entre perpétuelle orientalisation, exotisation et injonction, les racisées font
l’expérience douloureuse du racisme dans les milieux universitaires. Toute la difficulté étant pour
ces femmes d’un « autre » genre de concilier la nécessité de se défaire du stigmate de l’altérité
qui discrédite ad extra leurs travaux immédiatement taxés de subjectivisme, les invectives à
travailler sur un champ limité de problématiques (dites « féminines » ou en lien avec leur couleur
ou origine supposée, etc., il serait presque inenvisageable qu’une racisée travaille sur les
« dominants », par exemple) tout en revendiquant leur droit à la prise de parole légitime sur les
questions qui plus que d’autres les touchent, physiquement ou épidermiquement comme le dirait
Frantz Fanon. Leur position de femme, de « noires », « d’arabes », de musulmanes pour
certaines, les place dans des situations de tensions extrêmes qui ne sont pas sans impacter

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leurs travaux de recherches. Il s’agira d’identifier les mécanismes d’usurpation, de délégitimation
de leur parole, les conséquences sur la production scientifique des racisées et enfin de réfléchir
aux stratégies d’évitement, d’agency, voire d’exit, que les universitaires discriminées
développent peu ou proue.

Jeudi 27 août

14h00 – 15h30 - Séance 1 : Table ronde : Parcours universitaires aux prismes des
subjectivités et des réalités

Amandine Gay, réalisatrice, France: Projection d’un documentaire sur Les afro-descendantes
noires françaises: la problématique de l’accès à l’Université

Samira Drissi, France : « J’imagine que pour vous ce sera du thé à la menthe ? » : un parcours
de (des)intégration dans la recherche

16h00 – 17h30 - Séance 2 : Table ronde : Éléments d’analyse de discriminations


systémiques

Carmen Diop, Université Paris 13, France : Travailler en milieu universitaire et faire de la
recherche en France quand on est une femme + noire + de 50 ans

Fatima Khemilat, Sciences politiques, Aix-en-Provence, France : Entre stratégies de légitimation


et exit: de la délicate position des racisées dans le champ académique

334 – Intersexuation, transidentité, homoparentalité : l’éclatement des genres et le


féminisme (3 séances)

Responsable : Louise Cossette, UQAM, Québec

La plus grande visibilité et les revendications des minorités sexuelles, la multiplication des
familles homoparentales ont profondément bouleversé les rôles sexuels traditionnels et les
concepts mêmes de sexe et de genre. Ces nouvelles réalités suscitent parfois de réels
malaises, de vives résistances, même au sein des milieux féministes. Le colloque proposé ici
tentera de faire le point sur certains des enjeux reliés à l’intersexuation, aux transidentités et aux
familles homoparentales. Y participeront des chercheures et chercheurs, des intervenantes et
intervenants de divers champs disciplinaires et pratiques professionnelles : droit, médecine,
philosophie, psychologie, sociologie, travail social. Le colloque se déroulera en trois temps.
La première séance sera consacrée aux difficiles rapports des personnes intersexes avec le
milieu médical et aux enjeux juridiques touchant les personnes intersexes, queers et trans. Y
seront aussi abordés les défis auxquels sont confrontées les familles des enfants dont le corps,
l’identité et les comportements ne se conforment pas aux normes de genre. La deuxième
séance se concentre sur les familles homoparentales et de parents transgenres. Les résultats
de trois recherches récentes y seront présentés. La première porte sur les enfants de familles
lesboparentales nés d’un donneur connu et sur les circonstances entourant la révélation de
l’implication du donneur dans leur conception. La seconde s’intéresse à l’exercice des rôles
parentaux et à la relation parent-enfant chez des pères gais qui ont adopté un enfant et la
troisième, à l’expérience de la parentalité chez des parents trans devenus parents avant
d’amorcer la transition. Le colloque se conclura sur une séance de discussion autour des défis
que constitue pour le féminisme la diversité des sexes et des genres.

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Lundi 24 août

9h00 – 10h30 - Séance 1 - Des corps, des êtres qui transgressent les codes sexuels

Janik Bastien-Charlebois, UQAM, Québec : Différends sur le sexe : lectures divergentes des
corps intersexués chez les spécialistes médicaux et les chercheurs intersexes

Jean-Sébastien Sauvé, Université de Montréal, Québec : Entre reconnaissance et redéfinition :


l’impact des luttes menées par les personnes intersexes et trans* sur la notion de «sexe» aux
fins de l’état civil québécois

Françoise Susset, Institut pour la santé des minorités sexuelles, Québec : Accueillir la diversité
des identités et des expressions de genre chez les enfants

11h00 – 12h30 - Séance 2 - Familles lesboparentales, pères gais, parents trans : les
mutations de la famille

Isabel Côté, Université du Québec en Outaouais, Québec : L’histoire de la cigogne revisitée :


l’entrée en scène du donneur connu dans le roman familial d’enfants de familles lesboparentales

Éric Feugé, Louise Cossette, Chantal Cyr et Danielle Julien, UQAM, Québec : Exercice de la
paternité chez des pères gais adoptifs et adaptation socio-émotionnelle de leurs enfants

Marie-Pier Petit, Danielle Julien et Line Chamberland, UQAM, Québec : Négociation de l’identité
parentale et de sa visibilité dans les familles ayant un parent qui a transitionné : un modèle
préliminaire

14h00 – 15h30 - Séance 3 - Le féminisme et la diversité des sexes et des genres

Commentaires et animation de la discussion :

Rachel Chagnon, UQAM, Québec


Alexander Antonopoulos, Université Concordia, Québec
Shuvo Ghosh, Hôpital de Montréal pour enfants, Université McGill, Québec

337 – Identités et luttes lesbiennes dans les espaces sociaux, médiatiques et politiques (4
séances)

Responsables : Line Chamberland et Christelle Lebreton, UQAM, Québec

Ce colloque vise à offrir une exploration multidisciplinaire de thèmes actuels concernant les
enjeux vécus par les femmes de la diversité sexuelle, particulièrement les lesbiennes, sur le
plan de la recherche, mais aussi des enjeux politiques rencontrés sur le terrain, notamment par
les militantes œuvrant dans le milieu communautaire.
Malgré des avancées importantes sur le plan des droits et l’acquisition d’une légitimité certaine,
les femmes de la diversité sexuelle sont encore l’objet de discriminations. Les luttes lesbiennes
ont contribué à ouvrir des espaces de liberté aux femmes en investissant des domaines
réservés aux hommes, en remettant en question un modèle unique de féminité reposant sur les
stéréotypes sexuels et genrés, et en dénonçant les différentes formes de contrôle du corps des
femmes. Des recherches féministes récentes participent à ces luttes, en donnant à voir les

76
réalités vécues par les femmes de la diversité sexuelle. L’ambition de ce colloque est de
contribuer à produire des analyses empiriques et théoriques des expériences et des besoins des
femmes de la diversité sexuelle pour favoriser ainsi une meilleure représentation de toutes les
femmes. Un second objectif est de participer au rapprochement entre recherche et militantisme,
au décloisonnement des savoirs scientifiques et des savoirs issus de la pratique.

AXE 1 : Construction identitaire, représentations et visibilité́ des lesbiennes

Mardi 25 août

9h00 – 10h30 - Séance 1

Salima Amari, Université Paris 8 Cresppa-GTM, France: Mécanismes d’identification lesbienne


et intersectionnalité en France

Madeleine Bègue, UQAM, Québec: Étudier la construction de l’identité sexuelle dans un


territoire francophone postcolonial : quelques réflexions épistémologiques a posteriori

Tara Chanady, Université́ de Montréal, Québec : Représentations lesbiennes à la télévision


populaire nord-américaine: Quelles identités représentées pour quel public?

11h00 – 12h30 - Séance 2

Marie-Dominique Duval, Université Sherbrooke, Québec
 : Le couple féminin dans les lieux
publics en Estrie


Christelle Lebreton, UQAM, Québec : Aménagements identitaires des adolescentes lesbiennes


québécoises dans le milieu scolaire

Xue Yang, UQAM, Québec : Le « traumatisme » lesbien à Canton


AXE 2 : Militance lesbienne

14h00 – 15h30 - Séance 3

Tania Lejbowicz et Juliette Ponceau, SOS Homophobie, France : Visibilité des lesbiennes et
lesbophobie : un état des lieux de la situation

Monia Lachheb, Institut supérieur du sport et de l’éducation physique de Ksair-Said, Tunisie
 :


« Chouf » ou l’émergence d’une lutte lesbienne en Tunisie

Julie Podmore, Collège John Abbott, Université Concordia, Québec : Le droit à la ville
« gouine » : la géographie politique des marches « dyke » à Montréal

16h00 – 17h30 - Séance 4

Jacqueline Julien, Présidente de l’association Bagdam Espace lesbien, France
 : F to Lez : le


grand dé-genrement, et comment le faire savoir aux filles

Line Chamberland, UQAM, Québec : Témoignages de militantes sur les luttes lesbiennes au
Québec (1970- 2014) : regards sur les enjeux passés et actuels


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338 – Être féministe dans des milieux mixtes : droit de regard matérialiste et radicale sur
l’Association pour une solidarité syndicale étudiante (1 séance)

Responsables : Myriam Leduc, UQAM, Québec; Alexandra Pelletier, Université de Montréal,


Québec; Jeanne Reynolds, UQAM, Québec

La présentation que nous proposons s’articulera autour d’expériences militantes concrètes dans
une perspective théorique féministe matérialiste. En puisant dans notre expérience militante au
sein de l’Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSÉ), une organisation étudiante
mixte, nous tenterons de démontrer la pertinence d’une analyse féministe matérialiste et
radicale pour comprendre les enjeux de lutte pour les féministes dans des organisations mixtes.
Malgré ses principes féministes, l’ASSÉ n’est pas exempte de dynamiques de pouvoir, implicites
et sournoises, se manifestant notamment par une division sexuelle du travail militant, qui
reproduit la répartition historique des tâches entre les classes sexuelles.
C’est ainsi que notre présentation se fera en fonction de trois volets. Le premier consiste à
dresser l’histoire du féminisme à l’ASSÉ. Le second, articulera les tensions, embûches et la
division du travail militant avec des théories matérialistes et radicales pour finalement, en
troisième lieu, miser sur l’importance d’avoir une présence féministe dans une organisation
mixte. Tout en explorant les tensions et les difficultés qui surgissent au sein d’une organisation
étudiante féministe, nous tenterons d’identifier des pistes de solution, en regard des projets que
nous avons menés dans la dernière année.

Mercredi 26 août – 9h00 - Table ronde : Être féministe dans des milieux mixtes : droit de
regard sur l’Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSÉ)

Participantes : Myriam Leduc, UQAM, Québec; Alexandra Pelletier, Université de Montréal,


Québec; Jeanne Reynolds, UQAM, Québec

350 –Contamination des frontières, des espaces et des disciplines (1 séance)

Responsable : Marie-Hélène Bourcier, Université Lille 3, France

Ce colloque propose une réflexion « épistémo-politique » sur les stratégies dissidentes de


production et de diffusion des savoirs féministes et queer. Son objectif est de réfléchir sur et de
travailler la rupture du binôme théorie/pratique et ses corrélats : milieu-production
académique/militante/ artistique/artiviste.
Comment produire et diffuser des recherches et une culture accessibles, ludiques
anticapitalistes et anti-néolibérales? Quid des modalités de recherche de terrain, de l’impératif
de « scientificité straight », du rapport aux disciplines ? Du rejet des sujets abjects et des «
objets sales »? De la délégitimation scientifique dont font l’objet les universitaires « militants » et
leur créativité ? Quel rôle inattendu joue le pornactivisme dans la production d’espaces et de
savoirs alternatifs et dans la contestation de l’embourgeoisement, du néolibéralisme et du
biopouvoir en général? La performance, le corps dans la contamination de l’université
néolibérale? Comment hacker l’académie ?
Cette architecture a pour objectif de miner les frontières dedans/dehors,
conférence/performance et de travailler sur et dans l’espace public et académique ; de critiquer
les canons, les modes de production/diffusion des savoirs et leurs supports traditionnels ; de

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mettre en avant des formes alternatives et collaboratives : ateliers, performance, papiers visuels,
vidéo d’écriture, bandes sonores, fanzines. Afin de nous ré-unir et de développer un féminisme
queer transversal, créatif et qui vise la transformation sociale et la redistribution économique.

Vendredi 28 août – 14h00 – 15h30 - Le filibustierE que je suis ou comment queeriser la


méthodologie, le canon, les disciplines et l’université

Marie-Hélène/Sam Bourcier, MCF-HDR, Université Lille 3, France : Queeriser l’académie


néolibérale par la performance : Zarra Bonheur contre Descartes
Cha Prieur, Université Paris-Sorbonne, France : Comment faire entendre les questions de
sexualité à l’université ? Méthodes pédagogiques et positionnements des enseignants et
enseignantes ?

Zoé Adam, Université de Lille 3/Cecille, France : Pratiques à la carte ? Une cartographie queer
et transhackféministe à compléter

352 – Qu’est-ce que le féminisme « pute » des travailleuses du sexe? (6 séances)

Responsable : Thierry Schaffauser, Syndicat du Travail Sexuel (Strass), France

Les mouvements des travailleuses du sexe sont issus des mouvements féministes des années
1960 et 1970. Le privé devient politique, et les questions touchant à la sexualité passent au
centre des préoccupations du mouvement des femmes, menant aux victoires du droit à la
contraception et à l’avortement. Un slogan tel que « mon corps m’appartient » ne pouvait que
résonner avec les revendications des travailleuses du sexe pour la dépénalisation, tout en
interrogeant sur les risques d’effacement des contraintes structurelles pesant sur nos corps. Ces
revendications se heurtent cependant à d’autres féministes qui défendent l’approche
abolitionniste, et les débats au sein de nos mouvements se poursuivent jusqu’aujourd’hui.
Lors de cet atelier seront abordés différents concepts féministes. Nous reprendrons celui de
Paola Tabet de « continuum des échanges économico-sexuels » afin de réfléchir à la façon dont
la sexualité des femmes est construite comme étant au service des hommes. Nous tenterons de
penser les stratégies possibles de résistance au sein de l’économie sexuelle du patriarcat, et en
particulier, celles des travailleuses du sexe. Nous reviendrons sur les enjeux d’occupation des
espaces publics et nocturnes et des conséquences des lois sur le racolage en les comparant
aux pratiques masculines d’harcèlement de rue. Nous nous interrogerons sur le rôle du stigma
de putain tel que développé par Gail Pheterson, et de l’outil de réappropriation de l’insulte et/ou
de coming-out issus des mouvements queer comme arme contre cette stigmatisation. Nous
nous pencherons également sur les analyses du travail du care, ou encore sur les critiques
faites du phénomène fémo-nationaliste dans le contexte des politiques internationales contre la
traite des êtres humains. Nous débattrons des conflits existant au sein des mouvements
féministes, de l’impact des différents courants et des apports des unes et des autres pour les
luttes des travailleuses du sexe.
Enfin et surtout, nous discuterons des différences de pratiques militantes entre les différents
pays francophones et ce que peut signifier un « féminisme pute » dans ces différents contextes

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Mercredi 26 août

9h00 – 10h30 - Séance 1 - Débat : Qu’est ce que le féminisme « pute » des travailleuses
du sexe ?

Féadaë Neveu, Québec; Aimée Nshombo, République Démocratique du Congo; Thierry


Schaffauser, France

11h00 – 12h30 - Séance 2 - Lutter contre la criminalisation

Christine Pompadour, France : Les lois de criminalisation en France

Frédérique Chabot, Québec : POWER sur la loi C-36 au Canada

14h00 – 15h30 - Séance 3 - Contrer la stigmatisation : Arts & techniques comme moyens
d’expression féministes employés par des travailleuses du sexe

Véro Leduc, Université de Montréal, Québec et Maria Nengeh Mensah UQAM, Québec : Porter
la voix et la visibilité des travailleuses du sexe

AJ Dirtystein, France : Engagement artistique et écriture testimoniale chez les travailleuses du


sexe, l'exemple de Grisélidis Réal, Lydia Lunch et Virginie Despentes

16h00 – 17h30 - Séance 4 - Comment être une bonne alliée des travailleuses du sexe ?

Maxime Vallée, UQAM, Québec : Comment les mouvements sociaux LGBTIQ, féministes et
TDS luttent ensemble contre le projet de loi C-36 ?

Lucie Lemonde, UQAM, Québec : Accès aux droits et à la justice

Féadaë Neveu : Les attentes des travailleurSEs du sexe auprès de leurs alliéEs.

Jeudi 27 août

9h00 – 10h30 - Séance 5 - Le travail sexuel en Afrique

Le travail d’Aids Acodev Cameroun par Viola Yakanza Kondili-Kangui

11h00 – 12h30 - Séance 6 - Le travail du sexe comme travail ?

Christine Pompadour, France : La syndicalisation des industries du sexe

Thierry Schaffauser, Syndicat du Travail Sexuel (Strass), France : Lutter contre l’exploitation
dans les industries du sexe, le droit du travail plutôt que la prohibition

357 – Caucus sur la création d’un réseau international francophone pour les droits des
travailleuses du sexe (1 séance)

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Mercredi 26 août – 17h30 – 19h00

Responsable : Thierry Schauffauser, Syndicat des travailleuses du sexe (Strass), France

361 – Usages et actualité des théories féministes matérialistes francophones : réflexions


antiracistes, lesbiennes, décoloniales et postcoloniales (4 séances)

Responsables : Dominique Bourque, Université d’Ottawa, Ontario; Ochy Curiel, Universidad


Nacional de Colombia – Escuela de Género, Colombie; Lucia Direnberger, Université de la
Colombie-Britannique / Université Paris Diderot, France; Jules Falquet, Université Paris Diderot,
France

Cet atelier, transdisciplinaire et transnational, propose de penser l’actualité et les usages des
théorisations « féministes matérialistes francophones » nées à la fin des années 1970, et plus
précisément celles qui se sont appuyées sur le concept d’appropriation des femmes (ou
sexage), formalisé par Colette Guillaumin. Parmi elles — sans exclusive, — nous souhaitons
rendre un « tribut » particulier à Nicole-Claude Mathieu, qui nous a quittées le 9 mars 2014.
À la même période, des féministes attentives aux questions de « race » et de classe, au Brésil
(Lélia Gonzalez ou Heleieth Saffioti), en France (Awa Thiam, Danièle Kergoat), ou aux États-
Unis (Combahee River Collective, bell hooks, Angela Davis, Patricia Hill Collins, Gloria Anzaldúa
ou Cherríe Moraga), soulignaient la nécessité vitale de prendre en compte théoriquement et
politiquement, l’imbrication des rapports sociaux.
Or, si les matérialistes francophones n’ont pas nécessairement pensé cette imbrication, les
apports de Guillaumin sur les rapports sociaux de race, de Mathieu sur l’ethnocentrisme, ceux
de Tabet sur le racisme chez les enfants, de Juteau sur l’ethnicité ou encore l’attention soutenue
de Pheterson aux questions de classe et de « race », permettent de lire et de faire travailler le
féminisme matérialiste dans une perspective ani-raciste, d’imbrication des rapports sociaux,
voire dans des directions dé-coloniales ou pot-coloniales — toutes ces évolutions étant plus
nécessaires que jamais pour penser des alternatives à ce monde néolibéral, raciste et
hétéropatriarcal.
Cet atelier vise à faire connaitre et à débattre les utilisations et prolongements du féminisme
matérialiste francophone (qu’il s’agisse d’une auteure en particulier, de théoriciennes proches
dans d’autres régions du monde, ou de la réflexion en termes de rapports sociaux imbriqués),
en se penchant sur ses limites, ses réappropriations et ses développements actuels.

AXE 1 : Retours sur les théories fondatrices : penser l’imbrication des rapports sociaux ?

Mercredi 26 août

14h00 – 15h30 - Séance 1 - Débats théoriques sur les classes de sexe et de « race » :
l’analogie et l’imbrication des rapports sociaux

Présidente: Danielle Juteau, Université de Montréal, Québec

Miriam Pillar Grossi, Universidade Federal da Santa Catarina – UFSC, Brésil : Circulation de
théories féministes entre la France et le Brésil - des années 1970 à aujourd’hui

Diane Lamoureux, Université Laval, Québec : Colette Guillaumin et l’analogie entre sexisme et
racisme

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Natacha Chetcuti-Osorovitz, Centre d’études et d’actions-formations en sociologie – CEAFS,
France : La notion de personne sexuée et l’inclusion des femmes dans la catégorie « humain »
dans l'œuvre de Nicole-Claude Mathieu

Dominique Bourque, Université d’Ottawa, Ontario : La notion de « marque » chez Mathieu,


Guillaumin et Wittig

16h00 – 17h30 - Séance 2 - (Anti)-racisme, lesbianisme, perspectives décoloniales

Présidente: Paola Bachetta, University of California - Berkeley, États-Unis

Jules Falquet, Université Paris 7, France : Théorisation et mouvements lesbiens féministes


matérialistes et imbricationnistes, de Wittig aux perspectives décoloniales

Laura Peyratout, activiste M2, Paris, France : L’écriture de Monique Wittig : d’un matérialisme à
l’autre

Ochy Curiel, Universidad Nacional de Colombia, Colombie : Le féminisme matérialiste et le


féminisme décolonial antiraciste, proximités et distances

Leïla Ouitis, activiste, Paris, France : Le communisme primitif n’est plus ce qu’il était

Malika Amaouche, activiste, Paris, France : Les gouines of color sont-elles des indigènes
comme les autres ?

AXE 2 : Réceptions et extension du domaine du matérialisme

Jeudi 27 août

9h00 – 10h30 - Séance 3 - Penser des cas concrets

Présidente : Bronwyn Winter, University of Sydney, Australie

Rose-Myrlie Joseph, Université de Lausanne, Suisse et Université Paris 7, France : Madeleine


Sylvain Bouchereau et l’articulation des rapports sociaux

Hanitra Andriamandroso, Université Paris 7, France : Pour une lecture féministe matérialiste des
discours masculinistes sur la violence (masculine contre les femmes) et sur l’égalité (entre les
femmes et les hommes)

Elsa Galerand, UQAM, Québec : Sexage en recomposition - Le cas des travailleuses


domestiques philippines soumises au Programme des Aides Familiaux Résidents

Maud Arnal et Elsa Boulet, Université Paris 1, France : Reproduction : penser la grossesse et
l'accouchement à partir des théories féministes matérialistes

Lucia Direnberger, Université Paris 7, France : Pour une analyse féministe matérialiste du
néo/orientalisme : le cas du Tadjikistan

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11h00 – 12h30 - Séance 4 - Approches à partir de cadres nationaux

Présidente: Jules Falquet, Université Paris Diderot – Paris 7, France

Estelle Miramond, Université Paris Diderot – Paris 7, France : Les études critiques de la traite :
un prolongement décolonial du féminisme matérialiste ?

Amel Mahfoudh, Haute école spécialisée de Suisse occidentale, Suisse et Saida Dorra
Mahfoudh-Draoui, Université des sciences humaines et sociales de Tunis, Tunisie : Les
approches postcoloniales pour comprendre la crise du mouvement féministe tunisien post-
révolution

Maíra Kubík Mano, Universidade Federal da Bahia, Brésil : La seconde loi d’or au Brésil : une
analyse à partir du féminisme matérialiste

Bronwyn Winter, University of Sydney, Australie : Être ou ne pas être Charlie, telle est la
question. Une analyse féministe-matérialiste des tueries des 7, 8 et 9 janvier à Paris

363 – Femmes, déplacements et travail : les rapports sociaux de pouvoir au prisme des
mobilités des femmes en dehors de leurs foyers (6 séances)

Responsables : Sabine Lamour, Université Paris 8 Vincennes/St-Denis, France et Magdalena


Brand, Université Vincennes/St-Denis - Paris 8, France

Cet atelier s’intéresse aux déplacements (mobilités internes et migrations internationales) des
femmes dans l’espace pour le travail sexuel, domestique et marchand pour autrui. L’objectif
poursuivi est de voir comment ces déplacements font bouger les lignes théoriques dans
l’analyse des rapports sociaux de sexe, du pouvoir et du travail. En effet, les théories féministes
sont construites en majorité sur la réalité de l’enfermement des femmes dans leurs foyers et sur
leur appropriation par un homme (mari et/ou père) et marginalisent les réalités de celles se
déplaçant hors de leurs foyers souvent sans mari/père. Nous nous intéressons aux articulations
entre mobilité, travail et foyer, pour saisir comment les déplacements des femmes configurent
les rapports sociaux intra-sexe et inter-sexe. La prise en compte de ces réalités facilite le
surgissement d’au moins trois faits. Premièrement, les relations triangulaires (hommes, femmes,
femmes / homme, homme, femmes) permettent de s’interroger sur les impacts des mobilités sur
l’organisation des rapports de sexe au prisme de l’intersectionnalité. Deuxièmement, les
déplacements pour le travail pour autrui redéfinissent non seulement les frontières entre
espaces publics et espaces privés, mais les articulations entre travail productif payé et travail
reproductif gratuit. Troisièmement, les déplacements des femmes pour le travail permettent de
regarder les rapports sociaux d’exploitation/résistances, en soulignant le fait que ces femmes
font vivre des « autres » : par leurs activités, elles font vivre les autres dans leurs propres
milieux et elles font vivre les autres extérieurs à leurs milieux. Comment ces déplacements
configurent-ils les rapports sociaux d’exploitation/résistance au travail? Comment ces
déplacements construisent-ils aussi des espaces de vie et de conscience entre ces femmes
porteuses d’alternatives politiques?

Mardi 25 août

14h00 – 15h30 - Séance 1 : Introduction à l’atelier

Projection du film PASAJ, documentaire de Pieter Van Eecke

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16h00 – 17h30 - Séance 2 : Les mobilités des femmes comme analyse du pouvoir et de la
résistance.

Rebecca S. Cadeau, Université Vincennes/St-Denis - Paris 8, France : « L’évangile selon


l’arnaque » : les rapports de pouvoir et la solidarité au sein des couples produits dans la
migration

Shisleni de Oliveira Macedo, Université Vincennes/St-Denis - Paris 8, France : « Ó, meu Deus,


uma prostituta que fala!? » : un récit des récits des travailleuses du sexe brésiliennes à Paris

Mercredi 26 août

9h00 – 10h30 - Séance 3 – La marginalité et l’invisibilité au centre de l’observation des


institutions

Oumou Kouyate, ISAD, Université FHB Abidjan, Côte d'Ivoire : L’invisibilité médiatique des
Ivoiriennes, déplacées internes de guerres lors de conflits sociopolitiques de 2002 et 2011

Naima Regradj, Université Paris13, France : Entre genre et race. Déplacement des lignes
théoriques dans les prises en charge éducatives des enfants « incasables » en France en
rapport avec les professionnelles construites comme « hors normes »

11h00 – 12h30 - Séance 4 : La sexualité au cœur de l’analyse des configurations spatiales


et politiques

Camille Fauroux, CRH/EHESS, France : « Des femmes sans mari » : ouvrières et domestiques
françaises à Berlin pendant la Seconde Guerre mondiale

Magdalena Brand, Université Vincennes/St-Denis – Paris 8, France : « Boxer Bangui » : revisiter


les espaces politiques et publics à travers le travail domestique et sexuel des femmes
centrafricaines au service des expatrié-e-s français (Bangui, RCA)

14h00 – 15h30 - Séance 5 - Des travailleuses entre espaces privés et espaces publics

Mira Younes, Université Paris13, France : Entre altérisation et figures familiales : d’un site
paradoxal de résistance pour les travailleuses domestiques migrantes au Liban

Sabine Lamour, Université Vincennes/St-Denis - Paris 8, France : Politique de responsabilité et


mobilité des femmes en Haïti

14h00 – 15h30 - Séance 6 : Film La Noire de … de Ousmane Sembene

368 – Déconstruire et construire les frontières des féminismes (1 séance)

Responsable : Cristina Castellano, Universidad de Guadalajara, Mexique et Université


Vincennes/St-Denis - Paris 8, France

Dans cette table ronde, nous mettrons de l’avant l’hétérogénéité des féminismes, récusant du
même coup l’idée que le féminisme français serait fondateur. Il y a eu en effet des mouvements
féministes se pensant comme pluriels et privilégiant un devenir lui aussi pluriel. Pour penser la

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situation actuelle, il faut décentrer les points de vue et déconstruire les généalogies. On se
situera sur le terrain des luttes féministes pour penser la circulation des idées et l’analyse qu’elle
met en application, selon les normes du nouvel ordre international de la mondialisation. Les
organisations internationales font la promotion sur la scène mondiale d’un féminisme
institutionnel en favorisant la diffusion de modèles occidentaux qui passent pour universels
portant ainsi ombrage aux luttes locales dont l’importance se voit minimisée. Cette table ronde
sera donc une invitation à repenser l’usage de concepts diffusés de façon incantatoire par ce
féminisme institutionnel : droit à l’égalité, agency, intersectionnalité, autonomisation. Nous
mettrons en résonance les points de vue issus de contextes latino-américains et européens, en
prenant en compte la diversité des terrains. Le public sera invité à favoriser ces
questionnements.

Jeudi 27 août - 9h00 – 10h30

Miriam Grossi, GDE/UFSC, Université fédérale de Santa-Catarina, Florianópolis, Brésil :


Circulation de savoirs féministes entre la France et le Brésil

Felipe Fernandes, Université fédérale de Santa-Catarina, Florianópolis, Brésil : Les usages de la


théorie féministe et queer francophone au Brésil

Cornelia Möser, CNRS Laboratoire CRESPPA, France : Savoirs militants – savoirs


académiques. L’exemple des « sex wars »

Cristina Castellano, Universidad de Guadalajara, Mexique : Féminismes visuels en Amérique


Latine : luttes et épistémologies de la vision

370 – Caucus Queer et transhackerféministes : créer un réseau queer francophone et +


dans un environnement universitaire + hostiles (1 séance)

Responsable : Marie-Hélène Bourcier, Université Lille 3, France

L'objectif de ce caucus est de favoriser la rencontre des personnes qui souhaitent s'organiser en
tant qu'universitaires/militants/Artivistes, etc. radicaux afin de construire des réseaux
d'échanges, de collaboration et de traduction culturelle et politique dans une perspective "queer"
locale non centrée sur le canon queer euro-américain. Mais aussi d'aborder les difficultés
rencontrées par les étudiants et enseignants, militants queer dont les épistémologies sont
refusées ou absorbées par les gender studies et le féminisme institutionnel et réformiste. De
réfléchir à des formes d'affirmation de la créativité dans la pensée et l'action politique.

Mardi 25 août – 17h30 – 19h00

Participantes :

Cha Prieur, Université Paris-Sorbonne, France


Ilana Eloit, London School of Economics and Political Science, Royaume-Uni

371 –Pédagogies féministes dans la francophonie : défis et enjeux contemporains (4


séances)

Responsables : Geneviève Pagé, UQAM, Québec; Anastasie Amboulé-Abath, Université du


Québec à Chicoutimi, Québec; Ève-Marie Lampron, UQAM, Québec

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Plus de vingt ans après la parution des premiers ouvrages sur la pédagogie féministe, qu’en est-
il des pratiques et théories de cette pédagogie dans la francophonie? Ce colloque, organisé par
le Chantier sur la pédagogie féministe du RéQEF, mettra en dialogue des praticiennes et des
théoriciennes de la pédagogie féministe provenant de différents milieux d’apprentissage
(enseignement scolaire, universitaire et éducation populaire) et de différents pays (Canada,
France, Suisse) afin de réfléchir aux théories et pratiques en cours ainsi qu’aux nouveaux défis
que posent l’intégration d’une pédagogie alternative ancrée dans la déconstruction des rapports
sociaux de sexe.

Mardi 25 août

9h00 – 10h30 - Séance 1 - Table ronde - Faire éclater les logiques institutionnelles, une
nécessité pour la pédagogie féministe?

Participantes : Joëlle Magar-Braeuner, Université Vincennes/St-Denis - Paris 8, France; Virginie


Blum, Université de Lyon 2, France; Muriel Salle, Université Claude Bernard Lyon 1, France;
Farinaz Fassa, Université de Lausanne, Suisse

11h00 – 12h30 - Séance 2 – Panel - La pédagogie féministe : sens et mise en action


pédagogique

Participantes : Anastasie Amboulé-Abath, Université du Québec à Chicoutimi, Québec; Louise


Lafortune, Université du Québec à Trois-Rivières, Québec ; Geneviève Pagé, et Marie-Ève
Campbell et Eve-Marie Lampron, UQAM, Québec; Pascale Dufour, Université de Montréal,
Québec

14h00 – 15h30 - Séance 3 - Table ronde - Expérimenter les pédagogies féministes en


théorie et en pratiques : quelles avancées dans les 20 dernières années?

Participantes : Claudie Solar, Université de Montréal, Québec; Soline Blanchard,


CNRS/Université Toulouse Jean Jaurès, France; Aurélie Damamme, Université Vincennes/St-
Denis - Paris 8, France; Geneviève Pagé, UQAM, Québec; Isabelle Collet, Université de
Genève, Suisse

16h00 – 17h30 - Séance – Panel - La pédagogie féministe : sens et mise en action


pédagogique

Participantes : Anastasie Amboulé-Abath, Université du Québec à Chicoutimi, Québec; Louise


Lafortune, Université du Québec à Trois-Rivières, Québec ; Geneviève Pagé, et Marie-Ève
Campbell, UQAM, Québec

16h00 – 17h30 - Séance 4 – Panel - Les étudiants et étudiantes nous parlent: comment
penser, créer et agir dans la construction des savoirs en études féministes ?

Ève-Marie Lampron, UQAM, Québec: De « mon expérience » à « nos savoirs » dans


l’enseignement des méthodologies féministes

Rébecca Beauvais, UQAM, Québec : Des contenus et des matières féministes : réflexions et
pratiques à l’Institut de recherches et d’études féministes

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Myriam Zaidi, Université Concordia, Québec : Résistance à une pédagogie féministe blanche :
femmes racisées et la (dé)construction des savoirs

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MIDIS-PÉDAGOS

Mardi 25 août - 12h30 : Usages des pratiques pédagogiques féministes dans le processus
de déconstruction des rapports de domination chez les étudiantes et les étudiants
Modératrices : Anastasie Amboulé-Abath, Université du Québec à Chicoutimi, Québec ;
Geneviève Pagé, UQAM, Québec 


Mercredi 26 août - 12h30 : Les TIC, un appui ou une barrière à la pédagogie féministe?
Modératrices : Michèle Spieler, Centre de documentation sur l’éducation des adultes et la
condition féminine, Québec; Ève-Marie Lampron, UQAM, Québec 


Jeudi 27 août - 12h30 : Écriture équitable, écriture non discriminatoire, écriture épicène :
quels sont les choix possibles? Quand, pourquoi et comment ? Modératrice : Louise
Lafortune, Université du Québec à Trois-Rivières
--------

373 – Itinérance au féminin et intervention communautaire : des réponses à une réalité


complexe, entre conditions sociales et enjeux psychiques (2 séances)

Responsables : Sophie Gilbert et Shirley Roy, UQAM, Québec

Notre atelier vise à permettre l’échange entre des milieux d’intervention communautaire destinés
aux femmes en situation d’itinérance. Des recherches actuellement menées avec des
organismes dédiés à ces femmes (La rue des femmes et l’Auberge Madeleine) portent sur leurs
pratiques d’intervention et le renouvellement de celles-ci. Ces organismes sont reliés par la
population desservie et l’ouverture de leurs approches qui cherchent à saisir toute la complexité
des situations vécues, mais aussi la complexité individuelle – dans une perspective humaniste –
de chaque femme côtoyée.

Dans le cadre de notre atelier, nous chercherons à identifier et discuter des convergences et
des divergences entre les formes et les modèles d’intervention de ces organismes qui ont en
commun d’avoir placé les femmes – et pas seulement la problématique de celles-ci – au cœur
de leurs actions.
Quelques questions seront alors explorées : Peut-on créer une approche d’intervention qui tient
compte de la spécificité de chacune de ces femmes sans brimer le droit d’autrui ? Quels sont les
aménagements relationnels, sociaux et environnementaux à mettre en place pour que des
transformations significatives s’opèrent chez ces femmes ? Quelles sont les conditions propices
afin d’aborder des souffrances du passé sans risquer de blesser davantage ces femmes ? Est-il
nécessaire, voire utile, de revisiter l’histoire de ces femmes pour envisager un changement dans
leur trajectoire de vie ?
Confrontés à tant d’histoires de femmes « brisées », les milieux de la recherche et de
l’intervention sont ici appelés à discuter des conditions nécessaires et des défis à relever afin de
rendre possible le changement à long terme dans le parcours des femmes en situation
d’itinérance.

Modératrice: Véronique Lussier, UQAM, Québec

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Lundi 24 août

9h00 – 10h30 – Séance 1

Léonie Couture, La rue des Femmes, Québec : La santé relationnelle : une clef à découvrir dans
la recherche d’une solution durable à l’état d’itinérance

Anne-Marie Emard, David Lavoie et Sophie Gilbert, UQAM, Québec : Quelques réponses à une
souffrance complexe au féminin : quelle place pour les enjeux psychiques dans les situations de
grande précarité?

11h00 – 12h30 – Séance 2

Micheline Cyr, Auberge Madeleine, Québec : L’Auberge Madeleine : pratique féministe,


reconnaissance des compétences et des stratégies des femmes en situation d’itinérance

Geneviève Desjardins et Shirley Roy, UQAM, Québec : Réflexions théoriques autour de


l’approche de l’Auberge Madeleine venant en aide aux femmes en difficulté ou en situation
d’itinérance

379 – Militarisme : masculinités, violences et protection (2 séances)

Responsables : Vanessa Gauthier Vela, UQAM, Québec ; Sébastien Tremblay, Freie Universität
Berlin / Humboldt Universität zu Berlin, Allemagne

Cette activité se veut une réflexion multidisciplinaire sur différents aspects choisis du militarisme.
Les répercussions d’un conflit armé et du discours (hétéro-) patriarcal militariste qui est lié sont
plurielles. Le militarisme se modèle par son interrelation avec les structures sociales en place et
les contextes dans lequel il s’insère. L’étude de ses effets sur la vie des femmes, l’examen de
certaines masculinités et l’intérêt pour le concept de protection peuvent ainsi lier analyse
féministe et analyse anti-hétérosexiste dans un examen de différentes violences patriarcales
chez les militaires comme chez les civil-e-s, dans la matérialité comme dans les discours.
Comprenant une partie table ronde précédée de communications orales, cette activité sera
ancrée dans l’échange et bénéficiera tout aussi bien de perspectives théoriques que
d’observations issues du milieu militant.

Jeudi 27 août

14h00 – 15h30 - Séance 1

Présidente : Martine Eloy, Collectif Échec à la guerre, Québec

Vanessa Gauthier Vela, UQAM, Québec : L’État et la construction des masculinités militarisées :
une question de légitimité et d’autorité

Béatrice Chateauvert-Gagnon, University of Sussex, Royaume-Uni : Quand les femmes en ont


marre: protection, parrêsia et performativité en Sécurité internationale

Sébastien Tremblay, Freie Universität Berlin/Humboldt Universität zu Berlin, Allemagne :


« Vaincre comme un homme » : Les masculinités militarisées alliées et leurs répercussions sur
les homosexualités masculines de l’Allemagne d’après-guerre

88
16h00 – 17h30 - Séance 2 : table ronde : Militarisme et masculinités : pistes analytiques,
bases théoriques et critiques féministes

Modératrice : Béatrice Châteauvert-Gagnon, University of Sussex, Royaume-Uni

Martine Eloy, Collectif Échec à la guerre, Québec : La montée du militarisme : une mauvaise
nouvelle pour les femmes

Émilie Beauchesne, UQAM, Québec : Le spectre des masculinités : de héros à bourreau. Le cas
de l’ex-colonel Russell Williams

Sébastien Tremblay, Freie Universität Berlin/Humboldt Universität zu Berlin, Allemagne : Être un


homme à « l’heure zéro » : confrontation masculine transatlantique, sexualité et idéals types en
Allemagne d’après-guerre

Vanessa Gauthier Vela, UQAM, Québec : Le soldat est un « homme » : comment deux
constructions se forment de manière concomitante par leur ancrage dans le patriarcat

385 – Intersectionnalité et sciences sociales : des instruments pour une protection des
droits de toutes les femmes enfin efficace? (1 séance)

Responsables : Céline Husson-Rochcongar, Université de Picardie Jules Verne, France ; Aline


Rivera-Maldonado, Paris X-Nanterre/ DHD, France et Sevilla/ instituto de Investigaciones
Juridicas – Universidad Nacional Autonoma de México (IIJ-UNAM) ; Safa Ben Saad, Toulouse
1/el-Manar, France et Tunisie

Insuffisante, la protection accordée aux femmes par le droit international se présente comme un
kaléidoscope d’approches fragmentaires dont les incohérences constituent autant d’obstacles à
la mise en œuvre d’une protection efficace de toutes les femmes. Élaborée à travers l’adoption
d’instruments internationaux de plus en plus spécialisés, complétant les instruments
généralistes, et dont l’application est assurée de manière disparate par divers organes, elle tient
davantage de la juxtaposition que de l'organisation. Ces incohérences dans la protection
contribuant à en diminuer l’efficacité, cet enchevêtrement reflète l’absence d’une véritable
conception de ce que sont les droits des femmes en droit international – ou de ce qu’ils
pourraient ou devraient être. En période de restrictions budgétaires, cette absence de vision
d’ensemble se fait spécialement dangereuse, car les droits économiques, sociaux et culturels,
sur lesquels repose largement la protection des droits des femmes sont les premiers sacrifiés.
Le droit se fait donc ici doublement outil de domination, car, derrière la manière dont il prolonge
habituellement une domination sociale masculine millénaire, apparaissent explicitement les
effets économiques de cette domination. C’est pourquoi la quête d’égalité ne doit pas disparaître
derrière la problématique plus étroite de la non-discrimination. Car, fractionnant là où l’égalité
devrait réunir, une protection fondée sur ce principe impose de raisonner par catégories... sans
pouvoir toutefois tenir réellement compte du fait que chaque femme appartient en réalité à
diverses catégories. Amenant à saisir les femmes par groupes, de manière monolithique, cette
approche ne sait pas protéger les femmes autochtones pauvres, qu’elle n'envisage
qu’alternativement comme autochtones, comme pauvres, voire très imparfaitement comme
femmes. Face à cette complexité, l’intersectionnalité permet un décloisonnement des
catégories. Cependant, dès lors que ce sont les structures sociales elles-mêmes qui sont à
repenser, et pas seulement le droit qui en découle, une réflexion efficace devrait également
incorporer les enseignements d'autres sciences sociales.

89
Lundi 24 août - 11h00 – 12h30

Safa Ben Saad, IDETCOM, Toulouse 1, France etel-Manar, Tunisie : De l’universalité à


l’harmonisation : repenser les droits des femmes par le droit comparé

Aline Rivera-Maldonado CREDOF, Paris X-Nanterre / DHD, France, Sevilla / IIJ-UNAM, Mexico,
Mexique : La lutte pour la survie: les stratégies (d'auto)protection des droits des femmes face à
la pauvreté

Céline Husson-Rochcongar, CURAPP-ESS Université de Picardie Jules Verne, France : Droit et


intersectionnalité : le choc des cultures ?

386 – Le mouvement anti-avortement au Québec et au Canada : acteurs, discours et


stratégies d’action (2 séances)

Responsables : Audrey Gonin, UQAM, Québec; Kelly Gordon et Paul Saurette, Université
d’Ottawa, Ontario

Les victoires du mouvement féministe concernant l’interruption volontaire de grossesse ont


donné lieu à un contre-mouvement qui, depuis plusieurs décennies, s’oppose à l’avortement
selon diverses modalités. Ce colloque s’intéressera aux différentes formes d’action développées
par les acteurs et actrices de ce mouvement afin d’analyser les transformations de leurs
stratégies et de leurs discours. Entre stratégies déployées au niveau politico-légal, les
campagnes visant à influencer l’opinion publique et les actions directes auprès de femmes
vivant des grossesses non planifiées, quel est l’éventail des moyens d’action actuellement
employés et comment sont-ils coordonnés ? Sur quelle rhétorique prennent-ils appui ? Quel est
le profil sociologique des personnes qui s’engagent dans le mouvement d’opposition à
l’avortement ? Nous nous proposons de réunir des chercheurs et des chercheures qui ont
exploré différentes facettes de ce mouvement, afin de produire une vue d’ensemble de ses
multiples ramifications, tout en identifiant les traits communs qu’elles possèdent.

Lundi 24 août

9h00 – 10h30 - Séance 1 - Luttes historiques et contemporaines autour de l’accès à


l’avortement

Elise Besner-Ali, UQAM, Québec : Politiciens, docteurs et psychiatres : l’appropriation des corps
des femmes par la criminalisation de l’avortement (1945-1960)

Louise Desmarais, militante et auteure, Québec : Le mouvement anti-avortement au Québec :


40 ans d’échec

Marilyne Caouette, Université du Québec à Trois-Rivières, Québec L’avortement en débat : les


groupes de pression et l’affaire Daigle contre Tremblay (1989)

Audréanne Chaumont et Angel Foster, Université d’Ottawa, Ontario : Définir et documenter des
obstacles aux services d’avortement – L’Étude canadienne sur l’avortement – volet francophone

90
11h00 – 12h30 – Séance 2 - Tactiques actuelles du mouvement anti-avortement

Isabelle Côté, Université d’Ottawa, Ontario : Le syndrome post-avortement comme outil de


propagande anti-choix

Audrey Gonin, UQAM, Québec : L’action du mouvement anti-avortement auprès des femmes
vivant une grossesse imprévue au Québec

Kelly Gordon, Université d’Ottawa, Ontario : Un débat en transformation : les nouveaux


arguments et tactiques rhétoriques du mouvement contre l’avortement au Canada anglais.

Paul Saurette, Université d’Ottawa, Ontario : Les nouveaux discours du mouvement contre
l’avortement

392 – Femmes, genre, féminismes et territoire (3 séances)

Responsables : Denyse Côté, Université du Québec en Outaouais, Québec; Sophie Louargant,


Université de Grenoble Alpes, France; Sylvie Paré, UQAM, Québec

Les thématiques du droit à la ville, de l’aménagement urbain, de la démocratie municipale, du


développement local, du développement rural, des conflits urbains, ont été largement abordées
par les chercheurs. Or le rapport spécifique des femmes au territoire demeure à ce jour peu
présent dans les travaux des chercheurs et chercheures féministes, et ce malgré le fait que de
nombreuses femmes et féministes interviennent au niveau local. Les travaux francophones sur
le rapport spécifique des femmes à l’espace et plus largement aux territoires ont été impulsés
dès les années 1970 (Coutras, 1979), sans pour autant avoir reçu la reconnaissance des
institutions scientifiques. Le rapport spécifique des femmes aux territoires s’avère pourtant
central à la compréhension des rapports sociaux de sexe, au même titre que les dimensions
ethnologique, raciale, de classe, d’orientation sexuelle, néocoloniale ou d’appartenance
nationale plus fréquemment abordées dans la littérature féministe. Il reste d’actualité non
seulement en regard de l’aménagement du territoire, mais de la conjoncture de centralisation ou
décentralisation politique et administrative, et des enjeux de gouvernance municipale. Ce
colloque a pour but de renouveler l’état des lieux sur cette question. Plusieurs questions seront
abordées. Comment les enjeux territoriaux se sont-ils dessinés pour les femmes, en contexte
rural ou urbain ? Dans quelle mesure peut-on assurer un meilleur accès aux ressources pour les
femmes, un plus grand droit à la ville, un plus grand pouvoir sur le développement territorial ?
Comment la structuration de l’information territoriale et de l’observation des territoires contribue-
t-elle à reproduire des catégorisations normatives de genre et d’espace.

Vendredi 28 août

9h00 – 10h30 – Séance 1 - Femmes et territoire : nouvelles configurations, anciens


paradigmes

Présidente : Sylvie Paré, UQAM, Québec

Sophie Louargant, UMR-Pacte, Université Grenoble Alpes, France : Genre, territoires,


développement : de l’émancipation à l’institutionnalisation des dispositifs d’égalité Femmes-
Hommes

91
Denyse Côté, Université du Québec en Outaouais, Québec: Occupation du territoire et tensions
centre-périphérie : quand l’histoire se répète aux dépens des femmes

Caroline Andrew, Université d’Ottawa, Ontario : Le droit à la ville, en région

11h00 – 12h30 - Séance 2 : Justice sociale, justice spatiale : le droit des femmes à la ville

Présidente : Sophie Louargant, Université de Grenoble Alpes, France

Sylvie Paré, UQAM, Québec : Diversité, femmes et territoire : la réorganisation municipale à


Montréal

Marie-Ève Desroches, UQAM, Québec : Transformation des quartiers centraux, mobilisations et


évolution du droit à la ville des femmes : étude de cas du quartier Sainte-Marie à Montréal

Frédérique Roy-Trempe, UQAM, Québec : L'exercice du droit à la ville des femmes et des
hommes et l'influence des aménagements urbains : une étude de cas montréalaise

14h00 – 15h30 - Séance 3 - Intervenir sur les territoires : recherche et politiques publiques

Présidente : Denyse Côté, Université du Québec en Outaouais

Emmanuel Roux, Université Grenoble Alpes, France : Genre et observation des territoires : les
catégorisations en questions

Diane-Gabrielle Tremblay, TÉLUQ, Québec : Politiques temporelles, bureaux des temps et


égalité entre les sexes : des initiatives centrées sur l’espace et le temps

394 – Les approches féministes en gérontologie sociale : de la recherche à la pratique (4


séances)

Responsables : Corinne Martin-Valois, Éloïse Lara Desrochers et Julie Silveira, UQAM, Québec

Ce colloque sera l’occasion de rassembler intervenantes et intervenants, militantes et militants,


chercheures et chercheurs ainsi qu’étudiantes et étudiants issus de divers milieux autour
d’enjeux concernant la vieillesse et le vieillissement. Dans une volonté d’offrir une plate-forme
de discussions, d’échanges et de partage de savoirs et de connaissances, ce colloque aura
comme mission de créer un espace de réflexions entre les participants participantes et les
auditeurs auditrices.
De plus, ce colloque a pour objectif de tracer un portrait global des recherches et des pratiques
féministes actuelles en gérontologie sociale. Ce faisant, il vise à rendre visible la diversité des
expériences du vieillissement des femmes et à participer au développement d’une gérontologie
sociale critique et féministe. Les présentations de ce colloque se rencontreront au croisement
des thématiques de l’âge, du genre et de l’ethnicité, aussi bien du point de vue de la recherche
que de celui de la pratique.
Ce colloque se divisera en quatre blocs. D’abord, le premier bloc mettra en lumière l’état de la
recherche et de la formation universitaire en gérontologie sociale féministe, avant de se pencher
sur la situation économique des femmes vieillissantes. Ensuite, le second bloc abordera les
thématiques du genre et de la sexualité, en s’intéressant au vieillissement au sein des
communautés LGBTQI+ et en présentant un point de vue queer sur une émission québécoise.
Puis, le troisième bloc explorera le sens et les représentations du vieillissement à travers les

92
récits de femmes aînées en fin de vie et d’immigrantes. Finalement, le quatrième bloc portera
sur les pratiques d’engagement citoyen à travers un dialogue entre les chercheures et les
militantes.

Jeudi 27 août

9h00 – 10h30 – Séance 1 - Introduction

Michèle Charpentier, UQAM, Québec : Quand l’âge rencontre le genre

Ruth Rose, UQAM, Québec : Les femmes et la retraite : aura-t-on assez d’argent ?

Corinne Martin-Valois et Éloïse Lara Desrochers, UQAM, Québec : Perspective féministe sur les
études de premier cycle en gérontologie au Québec

11h00 – 12h30 - Séance 2 : Genre et sexualité

Julie Beauchamp et Line Chamberland, UQAM, Québec : À l’intersection de l’âgisme, du


sexisme et de l’hétérosexisme : les stratégies d’adaptation des lesbiennes aînées

Laurent Breault, Fondation Émergence, Québec : Nous sommes 10 %

Julie Silveira, UQAM, Québec et Julien Simard, Institut national de la recherche scientifique,
Québec : Rajeunissez ! Échec, confession et rédemption dans l’émission Quel âge me donnez-
vous ?

14h00 – 15h30 - Séance 3 - Sens et représentations

Valérie Bourgeois-Guérin, UQAM, Québec : Réflexion critique sur les représentations du corps
des femmes âgées en fin de vie

Agnès Florette Noubicier, UQAM, Québec : La foi comme stratégie d’adaptation pour un
vieillissement réussi et terre d’accueil : une étude exploratoire auprès de femmes aînées
immigrantes noires africaines à Montréal

Maryse Soulières, UQAM, Québec : L’autonomisation des femmes aînées en milieu


d’hébergement : perspective féministe

16h00 – 17h30 - Séance 4 : Pratiques d’engagement citoyen

Gisèle Bourret, Fédération des femmes du Québec : Les femmes aînées : des citoyennes à part
entière ?

Isabelle Marchand, Université de Montréal, Québec : L’expérience de la citoyenneté des


femmes aînées à l’aune du vieillissement actif

Louise-Édith Hébert-Ferron, Les Mémés déchaînées, Québec : Les Mémés déchaînées : pour
chanter et célébrer la vie

93
396 – Phénoménologie féministe francophone (7 séances)

Responsable : Sylvia Duverger, Université Vincennes/St-Denis - Paris 8, France

Si la phénoménologie, comprise comme la description analytique de l’expérience


indépendamment de tout présupposé, remonte à Husserl, c’est Le Deuxième sexe de Simone
de Beauvoir qui, en 1947, inaugure la phénoménologie féministe. Il faut néanmoins attendre les
années 1980 pour que se développe une critique féministe de l’androcentrisme des
phénoménologues français menée, notamment, par Luce Irigaray, Catherine Chalier ou
Françoise Collin.
Les phénoménologues féministes – qu’il s’agisse de celles qui repensent l’expérience des
femmes en recourant, au moins partiellement aux outils de la phénoménologie ou de celles qui
relisent les phénoménologues au prisme des études de genre, dans l’espace francophone du
moins, sont bien peu nombreuses.
La critique féministe de la phénoménologie déconstruit la fiction d’un sujet qui se prétend
universel et se croit délivré par l’épochè de tout présupposé, mais qui dans les faits s’avère
développer une perspective masculine, blanche, bourgeoise… Parce qu’elle prétend exhumer
les structures fondamentales et universelles de l’expérience, la phénoménologie court le risque
de verser dans un essentialisme nécessairement contraire au féminisme et au dépassement de
la binarité des sexes/genres.
Il s’agira dans cet atelier de proposer de nouvelles perspectives sur Le deuxième sexe, puis
d’explorer ce que la phénoménologie fait au genre et ce que le genre fait à la phénoménologie,
en particulier lorsqu’elle porte sur ces expériences genrées cruciales, celles du corps et de
l’espace, de l’intersubjectivité, de l’éros ou de la sexualité, du temps et de la filiation. Enfin, on
se demandera si la littérature queer, et tout particulièrement les autofictions théoriques, ne
pourrait pas ouvrir la phénoménologie féministe, encore embryonnaire dans l’espace
francophone, à une plurivocité qui la préserve du risque essentialiste.

Mercredi 26 août

9h00 – 10h30 - Séance 1 - Beauvoir et Merleau-Ponty

Laurie Laufer, Paris Diderot-Paris 7, France : Exploration des rapports complexes de Beauvoir
à la psychanalyse et, plus généralement, ceux de la psychanalyse et du féminisme

Thamy Ayouch, Charles de Gaulle/Lille 3- Paris 7/ Universidade de São Paulo, Brésil : Sur la
phénoménologie de Merleau-Ponty comme lieu d’une possible subversion des binarités de
genre et de sexualités

Cécile Decousu, University of Limerick, Irlande : Pour une phénoménologie de l’érotisme,


Beauvoir et Merleau-Ponty

Caterina Rea, Universidade da Integração da Lusofonia Afro-Brésil : Sur l’intersectionnalité et le


chiasme merleau-pontien (sous réserves)

11h00 – 12h30 - Séance 2 - Levinas

Mylène Botbol-Baum, Université Catholique de Louvain, Belgique

Sylvia Duverger, Université Vincennes /Saint-Denis - Paris 8, France

94
Discutante : Marjolaine Deschênes, École des hautes études des sciences sociales, France

Jeudi 27 août

9h00 – 10h30 - Séance 3 - Phénoménologie du maternel (écourtée) et première partie de la


séance phénoménologie de la domination et de l’émancipation

Naima Hamrouni, Université Laval, Québec : Le corps maternel au travail. La phénoménologie


au service de l’élargissement de la grammaire de l’injustice
Marion Bernard, Université de Poitiers

Discutante : Mylène Botbol-Baum, Université Catholique de Louvain, Belgique

11h00 – 12h30 - Séance 4 - Suite et fin de la séance phénoménologie de la domination et


de l’émancipation

Alia Al-Saji, Université McGill, Québec : Phénoménologie du racisme culturel : voiles


musulmans, corporéité, et nature de la culture

Julie Perreault, Université de Moncton, Nouveau-Brunswick : La question de la domination chez


Beauvoir dans une perspective intersectionnelle genre/race

Vendredi 28 août

9h00 – 10h30 - Séance 5 - Phénoménologie et littérature féministes/queer


Thamy Ayouch, Université Paris 7, France

Audrey Lasserre, Université Paris 3, France – communication lue par Sylvia Duverger
Discutante : Isabelle Boisclair, Université de Sherbrooke, Québec

11h00 – 12h30 - Séance 6 - Ricœur et le care

Marjolaine Deschênes, École des hautes études des sciences sociales, France : Carol Gilligan
et Paul Ricœur : Le pouvoir d’entendre. Phénoménologie de l’attention

Claudie Sautereau, Fonds Ricœur, France : Ricœur et l’empathie dans la philosophie féministe

Discutante : Julie Perreault, Université de Moncton, Nouveau-Brunswick

14h00 – 15h30 - Séance 7 - Françoise Collin et conclusion

Diane Lamoureux, Université Laval, Québec : Sur Françoise Collin en tant que phénoménologue
féministe

Eleonora Missana, Chercheure indépendante, Italie : Le rapport de Françoise Collin à Hannah


Arendt, en particulier autour de la notion arendtienne de natalité

Discutante : Sylvia Duverger, Université Vincennes/Saint-Denis, Paris 8, France

95
Conclusion : Thamy Ayouch, Sylvia Duverger et Marjolaine Deschênes

397 – Racines et identités : rencontre de mémoire (1 séance)

Responsables : Myriame El Yamani, conteuse et Anne-Céline Genevois, Projet Ose

L’objectif de cet atelier de co-création est d’inviter les participantes à construire un récit
personnel en s’inspirant des « dix mots » de la Caravane qui, cette année, sont sous le thème
de l’hospitalité, et surtout à prendre la parole en public en décrivant un objet significatif pour
elles/eux ET représentatif de leur culture d’origine ou d’adoption. Les objets peuvent être variés
(objet du quotidien, plat cuisiné, bijou, vêtement, etc.), mais les photos, vidéos et téléphones
intelligents sont proscrits.
Anne-Céline Genevois fera une brève présentation du Projet OSE et de la Caravane des dix
mots. Les participantes auront de 4 à 5 minutes pour présenter leur objet relatif au thème de
l’hospitalité. Myriame El Yamani se réappropriera les histoires des participantes et en fera une
performance. Les deux animatrices feront également un retour sur ces histoires croisées pour
en dégager le processus migratoire et identitaire de chaque personne au Québec ou ailleurs et
échangeront avec les participantes sur l’atelier.

Vendredi 28 août – 11h00 – 12h30

398 – Penser la discipline de l’histoire de l’art et les institutions artistiques sous les
prismes féministes : quels apports? (4 séances)

Ce colloque vise à explorer les diverses approches et stratégies inspirées d'une posture
féministe qui vise à transformer durablement l'étude et la pratique des arts visuels au Québec
comme à l'international. Provenant de différents milieux artistiques et/ou universitaires, les
participants-es de ce colloque seront appelées réfléchir (sans se limiter) aux questions suivantes
: Quel est le rôle de la posture féministe dans l'étude et la pratique des arts visuels et comment
les chercheuses (professionnelles et émergentes) en témoignent-elles? De quelle manière
participent-elles à la reconnaissance d'un héritage et/ou d'une histoire féministe? Comment le
sujet du féminisme est-il repensé et actualisé, depuis certaines pratiques féministes en art
actuel? Quels sont les enjeux et les impacts des identités politiques en art et en histoire de l'art
aujourd'hui?

Responsables : Audrey Laurin et Marie-Claude Gingras-Olivier, UQAM, Québec

Jeudi 27 août

9h00 – 10h30 - Séance 1 - Exister en théorie : incarner les savoirs féministes dans et par
les arts visuels

Gina Cortopassi, UQAM, Québec : Hackers, androïdes et porno : pour une approche
cyberféministe

Kimura Byol-Nathalie Lemoine : « tryptik féministik »

Marie-Claude Gingras-Olivier, UQAM, Québec : Fermières Obsédées et Women With Kitchen


Appliances : dialogue sur l’art actuel et le(s) féminisme(s) dans le troisième millénaire au
Québec

96
11h00 – 12h30 - Séance 2 - (Se) rendre visible : femmes, arts et espaces publics

Eve Lafontaine, UQAM, Québec: Repenser les schèmes historiques et l’agentivité des femmes
photographes au Québec : l’importance des théories féministes

Oriane Asselin Van Coppenolle, Création d’un espace mouvant : le Fourth Plinth
Elisabeth Otto, « "Why have there been no primitivist women artists? » : Emily Carr et Gabrielle
Mûnter

14h00 – 15h30 - Séance 3 - Penser les cadres artistiques et historiques : institutions,


pratiques et savoirs

Julie Bruneau et Michelle Paquette, UQAM, Québec: Historiennes de l’art et féminisme libertaire
anticolonial : des postures irréconciliables?

Virginie Jourdain, La Central, Québec : De la théorie à la pratique : transformer les approches et


les institutions artistiques

16h00 – 17h30 - Séance 4 : Les corps en chantier : représentations et identités politiques


en art

Marianne Desrochers, Université de Montréal, Québec : La domination masculine : sexualités,


chasse et boucherie

Véronique Boilard, UQAM, Québec : Ironie et critique des normes de genre

Audrey Laurin, UQAM, Québec : Beautés incarnées : trouble esthétique autour des femmes
artistes et de la représentation de la beauté féminine depuis 1990

401 – Soirée de lecture – Éva Circé-Côté (1871-1949): libre-penseuse montréalaise (1


séance)

Responsables : Myriame Martineau, UQAM, Québec; Andrée Lévesque, Université McGill,


Québec;
Coresponsables : Danaé Michaud-Mastoras, Université de Montréal, Québec; Lynne Surette,
comédienne et lectrice; Les éditions du remue-Ménage

Poète, dramaturge, essayiste et journaliste, Éva Circé-Côté (1871-1949) a écrit sous divers
pseudonymes plus de 1800 chroniques dans les journaux radicaux de l’époque pour dénoncer,
entre autres, les inégalités entre les sexes, l’ingérence de l’Église catholique dans la sphère
politique, l’impérialisme et les deux guerres mondiales qu’elle a vécues. Féministe, libre-
penseuse, elle a surtout milité pour l’éducation des filles, la gratuité de l’éducation (elle a créé le
premier lycée laïque pour jeunes filles en 1908 à Montréal) et le droit au travail des femmes.
Assoiffée de modernité, cette éveilleuse de conscience invite à l’action en signifiant très
clairement son désir de « bouger l’inertie du système social » et s’engage pendant plus de 40
ans à participer à la formation d’une société égalitaire de savoir et de culture.
Ses idées d’avant-garde sur l’éducation, les inégalités de salaire entre les femmes et les
hommes, les politiciens corrompus et leur gestion désastreuse des fonds publics ainsi que ses
mots parfois virulents, souvent drôles, toujours aiguisés, résonnent encore aujourd’hui avec
force dans notre société. C’est pour rendre hommage à cette femme de lettres exceptionnelle,

97
encore méconnue de l’histoire québécoise, que nous voulons offrir cette soirée de lecture de
quelques-unes de ses chroniques.

Lundi 24 août – 19h30 – 21h30

Lectures avec Danaé Michaud-Mastoras et Lynne Surette, comédiennes, Québec

Discussion animée par Andrée Lévesque, Université McGill, Québec

402 – Histoire et études féministes : féminismes en réponse à l’autre dans divers


contextes du XXe siècle (1 séance)

Responsables : Margot Blanchard et Yolande Cohen, UQAM, Québec

L’histoire est une discipline universitaire qui a su renouveler ses approches à travers
l’introduction d’outils développés par les études féministes. Les concepts du genre et
l’intersectionnalité sont devenus évidents dans la pratique historique. L’histoire a pu ainsi
exposer la variété et la variation des constructions genrées au fil du temps et de l’espace,
apportant alors sa pierre au projet des études féministes. Mais l’histoire francophone féministe
regorge encore de recherches qui amènent de nouvelles réflexions aux études féministes.
Quelles formes peuvent prendre les combats de femmes ? On peut ainsi montrer la pluralité des
expériences féminines et féministes contextualisées dans une époque et à un moment donné
(Canada (1900-1930), Maroc (1920-1960), Montréal (1970-1990). Dans ce panel, nous
aimerions nous intéresser à la diversité des formes de féminismes dans des enjeux autour de la
« race », la migration, le colonialisme et la religion. De quelle manière un certain féminisme
peut-il se déployer dans des carcans confessionnels et colonialistes ? Une exploration des
différences entre les féminismes permettrait alors de mettre en lumière la pratique de l’histoire
francophone comme un processus continue.

Vendredi 28 août – 14h00 – 15h30 – Table-ronde

Yolande Cohen, UQAM, Québec : Féminismes à l’épreuve de la prostitution : morale, religion et


citoyenneté

Margot Blanchard, UQAM, Québec : Féminismes, immigration, xénophobie à travers la


mobilisation du National Council of Women of Canada contre la traite des blanches (1904-1914)

Christine Chevalier-Caron, UQAM, Québec : Femmes, éducation et identités au Maroc sous le


protectorat français et durant les premières années d’indépendance (1912-1962)

Stéphanie Tara Schwartz, Musée du Montréal juif, Québec : Négociations entre féminismes et
diasporas

404 – Violence des représentations >< représentation des violences (3 séances)

Responsables : Sandrine Ricci, UQAM, Québec; Estelle Lebel, Université Laval, Québec;
Chantal Maillé, Université Concordia, Québec; Dominique Bourque, Université d’Ottawa,
Canada

Ce colloque réunit un ensemble de communications qui, s'intéressant aux représentations et


aux violences, réfléchissent aux multiples entrecroisements possibles de ces deux termes. Plus

98
particulièrement, nous souhaitons interroger la violence des représentations, ainsi que la
représentation des violences. Par « violence des représentations », nous entendons notamment
les modalités de production, de circulation et de réception de certains discours, images et
stéréotypes. La « représentation des violences » réfère à ces mêmes modalités concernant les
violences relevant de situations multiples et intersectionnelles, impliquant différents acteurs et
actrices sociales, incluant les États et les féministes. Il pourra s’agir des différentes formes de
violences sexuées, sexuelles et sexistes, incluant les crimes haineux et le harcèlement (moral
ou sexuel), s’exerçant dans le cadre familial, scolaire, universitaire, professionnel, sportif,
judiciaire, dans la rue, sur internet, etc. Des propositions portant sur les contraintes de la non-
visibilité ou au contraire de l’hyper-visibilité, de même que sur les violences spécifiques que
peuvent ou ont pu subir, les lesbiennes et les femmes de certaines communautés ou certains
pays ont aussi retenu notre attention.

Lundi 24 août
9h00 – 10h30 - Séance 1

Estelle Lebel, Université Laval, Québec : La violence des images

Caroline Caron, Université du Québec en Outaouais, Québec : Harcèlement sexiste en ligne :


un défi et une opportunité pour la recherche féministe

Sandrine Ricci, UQAM, Québec : Quand les discours ciblent le corps et la sexualité des
femmes : la culture du viol

11h00 – 12h30 - Séance 2

Chantal Maillé, Université Concordia, Québec : Violence des catégories, les mots qui excluent

Denyse Côté, Université du Québec en Outaouais, Québec : Violence des représentations de la


violence : discours néocoloniaux sur Haïti

Tanya Karagyozova, Université Sorbonne Nouvelle - Paris 3, France : Féminisation des


inégalités et stéréotypes de genre dans les Balkans

14h00 – 15h30 - Séance 3

Dominique Bourque, Université d’Ottawa, Ontario : Être visible ou invisible : quelle violence
« choisir » ? Autoreprésentations de lesbiennes

Emmanuelle Melan, Université catholique de Louvain, Belgique : Police, sexe et normativité : le


traitement policier des plaintes pour viols et agressions sexuelles

Tatiana Sanhueza, Université Laval, Québec : La contribution au débat féministe des études sur
les représentations sociales de la violence dans les relations amoureuses. Le cas des
adolescentes et adolescents chiliens

405 – Regards croisés sur la prostitution : loi canadienne, contexte social et analyse des
besoins des personnes prostituées (2 séances)

Responsables : Chantal Ismé, Concertation des luttes contre l’exploitation sexuelle, Québec;
Rhéa Jean, chercheure indépendante

99
En décembre 2014, une nouvelle législation sur la prostitution (C-36) est entrée en vigueur au
Canada. Même si cette loi reste perfectible pour la plupart des abolitionnistes au pays, elle
constitue néanmoins une avancée considérable en instituant que l’achat d'actes sexuels
représente une forme d’exploitation d'autrui. Ce nouveau contexte législatif pourra-t-il consolider
une prise de conscience au pays concernant les inégalités sociales, économiques et sexuelles
entre hommes et femmes, génératrices de prostitution ? Les besoins des femmes prostituées et
des femmes en danger de prostitution seront-ils prioritaires dans l’élaboration de politiques
publiques ? De plus, suite au scandale de l’affaire Ghomeshi et à la vague de dénonciations de
cas de harcèlement sexuel et de viols qui ont secoué le pays, il apparait également légitime de
lier la lutte pour l’abolition de la prostitution à cette prise de conscience face à des situations qui
mettent à mal la possibilité de consentement sexuel. La prostitution, par son caractère
marchand, n’est-elle pas un exemple de situations dans lesquelles on ne peut parler de véritable
consentement sexuel ? Les personnes les plus vulnérables de la société (femmes pauvres,
racisées, autochtones ou marginalisées) peuvent-elles exercer une agentivité sexuelle au même
titre que les autres citoyens et citoyennes, quand plusieurs d’entre elles doivent se résoudre à
accepter des actes sexuels non désirés pour pouvoir assurer leur survie ?

Jeudi 27 août

Animatrice : Diane Matte, Concertation des luttes contre l’exploitation sexuelle, Québec

9h00 – 10h30 - Séance 1

Rhéa Jean, chercheure indépendante : « Consentement » sexuel, pressions et contraintes


économiques

Janine Benedet, University of British Columbia : La prostitution : un acte de violence, une


pratique de discrimination

11h00 – 12h30 - Séance 2

Shanie Roy, survivante militante auprès du Collectif d’aide aux femmes exploitées sexuellement
et travailleuse communautaire, Québec : Exploitation sexuelle : perspectives historiques de la
résistance féministe abolitionniste

Chantal Ismé, Concertation des luttes contre l’exploitation sexuelle, Québec : Analyse des
besoins des femmes désirant sortir de la prostitution

406 – L’intégration de l’approche féministe intersectionnelle aux milieux de pratique : cas


de CRIAW-ICREF (1 séance)

Responsable : Régine Alende Tshombokongo, Centre d’encadrement pour jeunes femmes


immigrantes, Québec

CRIAW-ICREF, qui se préoccupe de la diversité, dont des questions de discrimination et


d’exclusion des groupes marginalisés, racisés ou ethnicisés, est discuté dans cette table ronde
comme une étude de cas de l’intersectionnalité.
Dès la mise sur pied de CRIAW-ICREF en 1976, il y a eu une ouverture en ce qui a trait à
l’intersectionnalité, notamment en ce qui concernait la structure de son conseil d’administration.
Les aspects les plus saillants de cette intersectionnalité ont changé avec le temps, en partie en

100
fonction des modifications dans la société et de ses sensibilités vis-à-vis de « la diversité ». À
part sa propre structure, tant dans les thèmes de ses colloques que dans ses recherches et
publications, CRIAW-ICREF a été une cheffe de file en matière d’articulation de
l’intersectionnalité et de sa mise en pratique.
Après un bref survol de l’historique de CRIAW-ICREF, les participantes à la table ronde
partageront leurs expériences vécues au sein de CRIAW -ICREF en matière d’intersectionnalité.
Elles discuteront surtout de différentes initiatives de CRIAW-ICREF, récentes et en cours, soit :
la diversité ethnique et raciale; la langue; l’âge; le handicap; l’orientation sexuelle; la localisation
- géographique, et communautaire ou universitaire. Des défis vécus et les leçons apprises ainsi
que les cas de succès quant à la mise en application de l’intersectionnalité seront ensuite
abordés. La dernière étape de la table ronde consistera en un échange avec l’auditoire au sujet
des expériences vécues de la mise en pratique de l’intersectionnalité dans des organisations
militantes et de recherche.

Lundi 24 août – 9h00 – 10h30 - Table ronde

Régine Alende Tshombokongo, Centre d’encadrement pour jeunes femmes immigrantes,


Québec; Ann Denis, Université d’Ottawa, Ontario; Caroline Flocari, Université d’Ottawa, Ontario
et Selma Kouidri, DAWN-RAFH, Canada

407 – Une société en transition : l’émergence des recherches et militances trans* et


intersexes dans les espaces francophones (4 séances)

Responsables : Mickael Chacha Enriquez et Clark C. Pignedoli, UQAM, Québec

Au cours des dernières années, les voix des personnes trans* et intersexes s’affirment de plus
en plus au sein des sociétés francophones sous plusieurs formes et dans différents espaces de
production des connaissances. Sur le plan de la militance, de nombreux groupes se mobilisent
pour combattre les injustices vécues par les personnes trans* et intersexes. Par exemple, en
2014, la marche Existrans a connu sa 18e édition en France, alors qu’au Québec 400
manifestantes et manifestants se sont rassemblés lors de la Marche pour les droits des
personnes trans. Sur le plan de la recherche, les champs d’études trans* et intersexes sont
actuellement en train d’émerger dans le contexte francophone, plus de 10 ans après le contexte
anglophone, grâce notamment à l’Observatoire des transidentités en France et à la Chaire de
recherche sur l’homophobie au Québec.
À l’instar des luttes féministes, les luttes trans* et intersexes combattent les oppressions et les
normes de genre et de sexe (Baril, 2011 ; Butler, 2005). Les revendications portées remettent
en cause le régime de genre binaire et fixe, en réclamant notamment la liberté d’expression de
genre et la libre-disposition de son corps (Bastien-Charlebois, 2014 ; Thomas, 2013 ; Kraus et
al., 2008). À travers une approche transdisciplinaire, ce colloque a pour objectif d’analyser les
transformations sociales induites par les recherches et militances trans* et intersexes, au
Québec et en France.
Un espace de co-construction des connaissances entre militant-e-s, étudiant-e-s et chercheur-
es sera créé, lors des six séances, autour de trois axes : les militances et les pratiques de
résistance; l’émergence de savoirs situés ; la disciplinarisation genrée des corps et des normes
de santé.

101
Mercredi 26 août

9h00 – 10h30 - Séance 1 : Réflexions sur les militances trans* et intersexes

Aimé Cloutier, UQAM, Québec : Réflexivité, altérité et constitution d'un sujet de connaissance
trans dans le champ de la sociologie

Janik Bastien Charlebois, UQAM, Québec : Contraintes et possibilités institutionnelles des luttes
intersexes

11h00 – 12h30 - Séance 2 : Des communautés en marche: Le mouvement trans* au


Québec

Mickael Chacha Enriquez, UQAM, Québec : Le mouvement trans au Québec : analyse de la


structure d’action collective

Mathieu-Joel Gervais, UQAM, Québec : Le milieu communautaire comme espace


d'autonomisation des personnes trans

Maxime Faddoul, UQAM, Québec : Marche pour les droits des personnes trans : enjeux et défis

14h00 – 15h30 - Séance 3: Transphobies et pratiques de résistance

Clark C. Pignedoli, UQAM, Québec : Pratiques Drag King et narrations trans*

William Hébert, Université de Toronto, Ontario : La place des détenu-e-s trans* dans
l’élaboration de projets de changement social : discours, revendications et initiatives

Elizabeth Parenteau, UQAM, Québec : Les interactions sociales des personnes trans avec la
direction dans leur milieu de travail

16h00 – 17h30 - Séance 4 : Trans* et normes de santé : intersections et entrecroisements

Alexandre Baril, Wesleyan University, États-Unis : La transitude comme handicap : théoriser les
intersections entre les identités trans et handicapées

Caroline Trottier-Gascon, Université de Montréal, Québec : Être trans sur le spectre de l’autisme
: identités incompatibles ?

Olivia Kamgain, ENAP, Québec : Accessibilité aux services de santé pour les personnes trans*
au Québec

412 – Les usages des technologies de l’information et de communication (TIC) dans le


mouvement des femmes : pratiques et enjeux (3 séances)

Responsables : Sylvie Jochems, UQAM, Québec; Audrey Bernard, Relais-femmes, Québec ;


Shaheen Shariff, Université McGill, Québec

Les grandes mobilisations des dernières années ont sans contredit permis de rendre visibles les
usages des technologies de l’information et de communication par différents mouvements
sociaux. Ils ont certainement aussi permis de prendre en compte de nouveaux discours sur les

102
potentialités, les sens et les formes de ces usages des TIC pour les femmes et les actrices du
mouvement des femmes. Mais visibles, ces usages ne sont toutefois pas sans soulever des
questions sur leur pertinence et sur les enjeux politiques et éthiques qu’ils révèlent. Quels sont
les usages des TIC que font les femmes, féministes et groupes de femmes ? Que révèlent ces
usages des technologies de l’information et de communication (TIC) ?
Quels sont les rapports des femmes et des féministes aux technologies ? Comment en parlent-
elles ? Assisterions-nous à un changement paradigmatique dans le mouvement des
femmes/féministe que révèleraient les usages des TIC et du web ?
Qu’est-ce que la cyberviolence ? Quelles sont les interventions et actions collectives
expérimentées ou à mettre de l’avant ?
Quels défis soulèvent l’expressivisme et les témoignages sur le web ? Quelles pratiques
d’engagement social et politiques sur le web, médiées par les TIC, seraient les plus
prometteuses pour le mouvement des femmes ? Assistons-nous à l’individualisation des
pratiques d’engagement ou les usages des TIC et du web renouvellent-ils le sens et les formes
de l’engagement notamment féministe ?
Comment se positionner au sujet des phénomènes des métadonnées ? Des actions de
dénonciation d’agression sexuelle sur le web ? Quelles questions éthiques soumettre à
discussion dans les organisations féministes? Quelle démarche éthique entreprendre sur les
usages des TIC et du web par les actrices du mouvement des femmes ?

Vendredi 28 août

9h00 – 10h30 - Séance 1

Sylvie Jochems, UQAM, Québec : Soigner ses TIC communautaires: mythes, usages et enjeux
des praTIC de groupes de femmes du Québec

Valérie Devillard, Université Panthéon-Assas Paris 2, France : Quel genre de web ? Vers de
nouvelles formes de militantisme féministe

Joëlle Palmieri, Laboratoire les Afriques dans le monde, France : Société numérique
colonialitaire : les TIC analysées selon une posture féministe

Ghada Touir, UQAM, Québec : Les usages engagés du Web social : vers un nouveau « genre »
d’engagement social et politique pour l’environnement

11h00 – 12h30 - Séance 2

Catherine-Emmanuelle Delisle, citoyenne, Québec : L’importance des réseaux sociaux au cœur


d'une prise de parole pour les femmes sans enfant

Véronica Gomes, UQAM, Québec : Exploration des expressions actuelles du féminisme


québécois dans ses modes de diffusion, ses pratiques et ses nouvelles représentations. Le cas
du blogue jesuisfeministe.com

Geneviève Szczepanik, Hopital Sacré-Cœur, Québec : Discours féministes, individualisme et «


idéologie » du choix : une analyse de discours sur des blogues féministes

103
14h00 – 15h30 - Séance 3

Sylvie Jochems, Elizabeth Harper, Myriam, Dubé, Rachel Dupuis, Carol-Anne Vallée, UQAM,
Québec; Audrey Bernard, Nancy Guberman, Relais-femmes, Québec; Audrey Beauchemin,
Bureau Consultation jeunesse, Québec et Lyne Kurtzman, UQAM, Québec: Violence médiée
par les TIC chez les filles et les jeunes femmes: une étude de besoins pour les pratiques
communautaires au Québec

Mélissa Roussel, UQAM, Québec : Nous voyez-vous ? Pratiques sociales médiatisées sur le
web de deux groupes de femmes haïtiennes pour contrer les violences post-séisme envers les
femmes

414 – Perspectives étudiantes : enjeux des publications féministes (1 séance)

Responsables : Annabelle Ponsin, Claudine Paillé, Sandrine Bourget-Lapointe, Gabrielle Doré,


Guillaume Girard, Camille Simard et Andréanne Béliveau-Côté, UQAM, Québec

Le comité de rédaction de la revue FéminÉtudes organise une table ronde ayant pour thème la
place des revues féministes, particulièrement des revues étudiantes, dans les discours et la
recherche féministe. Cette table a comme objectif premier de réunir des représentants et
représentantes de plusieurs revues afin de générer une discussion autour des enjeux de
l’édition d’une revue féministe : Quelle est la place réservée aux publications féministes,
notamment dans le milieu universitaire ? Quel type de réception reçoivent-elles ? Quels
obstacles rencontrent-elles ? Qu’en est-il de leur contenu, des thématiques choisies ?
Permettent-elles de faire avancer les causes féministes, les débats ? Est-ce là l’intention de ces
revues ? En quoi les revues étudiantes se distinguent-elles des revues savantes
institutionnelles ?
Les échanges auront pour but de proposer des perspectives intéressantes pour le futur de ce
type de publication, en plus de réfléchir aux tenants et aboutissants de l’implication dans un tel
comité de rédaction. De plus, la table ronde proposée vise à donner une visibilité aux différentes
revues et à créer des liens entre les différentes structures. En effet, nous sommes d’avis
qu'enrichir cette solidarité pourrait lancer des projets intéressants permettant de continuer à
réfléchir sur les enjeux que nous aborderons. Ceux-ci seront revisités à la lumière du contexte
actuel, lequel présente peu d’occasions, pour les membres des comités de rédaction,
d’échanger avec des collègues d’autres milieux.
Penser en dehors du cadre au sein duquel nous réfléchissons normalement, c’est-à-dire celui de
nos comités respectifs, sera, nous l’espérons, fécond pour tous ceux et celles qui participeront à
cette table ronde. Nous souhaitons qu’elle permette de former un réseau solidaire entre les
espaces de réflexion que sont les publications féministes.

Jeudi 27 août– 11h00 – 12h30 – Table ronde

Animation : Marie-Andrée Bergeron, stagiaire postdoctorale au CRILCQ, UQAM, collectif de


rédaction de Françoise Stéréo, Québec

Bruno Laprade, UQAM, Québec : PolitiQueer; Catherine Lefrançois, collectif de rédaction de


Françoise Stéréo, Québec : Françoise Stéréo ; Stéphanie Dufresne, Université Concordia,
Québec : Subversions : A Journal of Feminist Queries; Isabelle L’Heureux, Université
Concordia, Québec : Yiara Magazine et Sandrine Bourget-Lapointe, UQAM, Québec :
FéminÉtudes

104
418 - Résistances féministes et nouvelles normativités : espaces touchés, milieux
mobilisés (2 séances)
Responsable : Julie Mazaleigue-Labaste, Université de Lille 3, France

Dans la pensée et l’action féministes, les résistances sont traditionnellement envisagées comme
étant patriarcales et antiféministes. Pourtant, des critiques et des résistances féministes ont
elles aussi dénoncé ce qui était apparemment « progressiste ». Cet outillage critique des
femmes les a aidées à refuser certaines injonctions normatives, portées par des discours
apparemment progressistes, mais qui reconduisaient des rapports de domination.
Malheureusement, il n’a pas été possible d’outiller l’ensemble des milieux que ces rapports de
pouvoir touchaient. Nous en avons rassemblé certains, qui sont restés particulièrement
mobilisés par-delà les spécificités des femmes avec lesquelles ils œuvrent ou interagissent.
Qu’on pense notamment aux espaces théoriques et pratiques suivants : discours du droit,
théorie du genre, espaces public et 2.0, espace économique pornographique, espace pour le
renforcement du pouvoir d’agir (empowerment) et l’émancipation professionnelle des filles et
des femmes. Ce sont ici des espaces touchés de façon spécifique, mais des milieux tous
mobilisés et mobilisateurs que nous serons amené à découvrir. En somme, des résistances
féministes contre les nouvelles normativités. Les cas présentés nous amèneront à parler de la
situation en Suisse, en France et au Québec. Ce rassemblement vise aussi apporter un nouvel
éclairage sur les mécanismes de domination masculine perpétrés dans certains discours actuels
et contribuer à la réappropriation par les groupes de femmes et féministes d'espaces de
résistance sécuritaires. En contribuant à la réappropriation d'enjeux dont tant les femmes que
les féministes ont été en partie dépossédées, nous souhaitons créer un espace inclusif de
réflexion et d'action féministes, en réponse à ces nouvelles normativités.

Mercredi 26 août
14h00 – 15h30 - Séance 1

Anne-Marie Voisard, Cégep de St-Laurent, Québec : « Profaner » le discours du droit : une


réappropriation féministe des notions de la justice

David Risse, UQAM, Québec : L’extimité 2.0 des filles : droits, résistances et normativités

Isabelle Collet, Université de Genève, Suisse : La « gender panic theory» à l’école primaire en
France. Des enseignant-e-s impuissant-e-s face aux discours normatifs

16h00 – 17h30 - Séance 2

Natachata Chetcuti-Osorovitz, Universités Paris VIII et Paris X, France : Usages de l’espace


public et lesbianisme : sanctions sociales et contournements

Lilia Goldfarb, Y des femmes de Montréal, Québec : Capitalisme et pornographisation : le travail


auprès des filles dans un nouveau contexte normatif

Andréane Brillant-Poirier, Fondation filles d’action, Québec : Résistance aux inégalités de genre
à travers une programmation spécifique aux filles axée sur le renforcement du pouvoir d’agir

Audrey Jahu, Impactum, Québec : Quand le rose tire encore au gris. Les inégalités
socioéconomiques derrière l’émancipation professionnelle des femmes au Québec

105
419 – « Bobines féministes » plateforme numérique de films et ressources sur l’histoire
du MLF (1 séance)

Responsable : Hélène Fleckinger, Université Paris 8 Vincennes/ Saint-Denis, France

À la fois webdocumentaire et plate-forme évolutive de films et ressources numériques, «Bobines


féministes» se propose de partager, dans une perspective scientifique et pédagogique, des
connaissances renouvelées sur l’histoire de l'audiovisuel féministe et, au-delà de l’audiovisuel
militant et du mouvement féministe, en France dans les années 1970. Au début de la décennie,
le cinéma et la vidéo légère ouvrent la voie d’un renouveau de l’expression militante et tissent
des liens privilégiés avec le Mouvement de libération des femmes (MLF). Soucieuses de
disposer d’une caméra à soi, les féministes inaugurent de nouvelles pratiques audiovisuelles de
lutte et créent des groupes autonomes, informels et non mixtes. S’insérant dans le mouvement
féministe, aux côtés des tracts, affiches, chansons et autres moyens d’expression, cinéma et
vidéo s’imposent comme des outils de contre-pouvoir et d’intervention, mais aussi de réflexion et
de création. « Bobines féministes », programme de (re)documentarisation, d’analyse et de
valorisation des films féministes, confirme l’intérêt de ces documents audiovisuels, méconnus et
très peu documentés, pour de multiples approches (historique, mémorielle, sociologique,
anthropologique, et bien sûr esthétique). Fondé sur une expérimentation de logiciels
d’annotation collaborative de films lancée au printemps 2012 avec une centaine d’actrices et de
témoins de cette histoire, le projet propose de mettre les sources audiovisuelles d’époque en
perspective avec d’autres documents (entretiens filmés/sonores, photographies, chansons,
affiches, dessins, journaux, tracts et autres archives...) et bénéficie à ce titre de la participation
active de chercheurs et chercheuses, militantes, artistes, associations et institutions
patrimoniales.

Jeudi 27 août – 14h00 – 15h30 - projection et discussion

423 – Développement international : genre, femmes, féminismes (4 séances)


Responsables : Charmain Lévy, Université du Québec en Outaouais, Québec

Depuis les années 1970 les perspectives féministes ont contribué de manière substantielle aux
théories et pratiques en développement international. Marginalisées par les grandes théories (de
la modernisation, de la dépendance, etc.) jusqu’aux années 1980, les perspectives féministes se
répandent à partir des années 1990, se diversifient et sont reprises par les grandes institutions
de développement. Pendant cette période, une nouvelle génération de féministes du Sud
critique le modèle dominant de développement proposant d’intégrer les femmes.
Pendant les décennies 1990 et 2000, plusieurs idées et pratiques ont été intégrées dans les
programmes des grands bailleurs de fonds; elles ont constitué le « fonds de commerce » du
mainstreaming féministe à l’échelle internationale. Par exemple, des économistes de la Banque
Mondiale et certains bailleurs de fonds de pays du Nord ont proposé des solutions de marché ou
institutionnelles pour s’attaquer aux inégalités et promouvoir l’empowerment des femmes. De
nouvelles pratiques ont émergé au sein des ONG et praticien/nes alternatifs du Sud en milieu
urbain et rural. Celles-ci misent plutôt sur le pouvoir d’agir et la capacité changer et de définir de
nouvelles idées autour du développement pouvant être appropriées par des femmes de toutes
les origines et ancrages.

106
Mercredi 26 août

Partie 1 : État des lieux sur les perspectives féministes en développement international
Responsables : Charmain Lévy, Université du Québec en Outaouais, Québec; Huguette
Dagenais, Université Laval, Québec

Dans cette partie, nous ferons le point sur l’adoption de l’approche féministe par les théoricien-
nes et praticien-nes du développement rattachés-es aux courants et institutions dominantes. Il
s’agira également d’évaluer si et comment de nouvelles pratiques féministes ont été théorisées
dans les deux dernières décennies. Enfin, nous tenterons de comprendre le rôle actuel des
perspectives féministes dans les débats en développement international : ont-elles réussi à
réduire les inégalités hommes-femmes en développement international et si oui, comment?

14h00 – 15h30 - Séance 1


Présidente : Denise Piché, Université Laval, Québec

Émilie Pinard, Université Laval, Québec : Participation, autonomisation et développement :


retour sur des termes toujours à la mode, à la lumière de l’expérience des femmes pauvres des
quartiers informels de la périphérie dakaroise

Marie-France Labrecque, Université Laval, Québec : Mettre en pratique l’analyse comparative


entre les sexes dans un contexte multidisciplinaire : limites et possibilités

Charmain Levy, Université du Québec en Outaouais, Québec : L’engendrement du


développement : un survol de 20 ans de progrès et défis de théorisation et de pratiques
féministes en études de développement international

Commentaire : Marie Fall, Université du Québec à Chicoutimi, Québec

Partie 2 : Féminisme, politique, développement et aide humanitaire en Haïti : leçons à tirer

Responsables : Denyse Côté, Université du Québec en Outaouais, Québec; Ryoa Chung,


Université de Montréal, Québec

Cette séance abordera la situation post-séisme des femmes haïtiennes, du mouvement


féministe et des institutions haïtiennes chargées de l’égalité. Elle visera à briser le stéréotype
omniprésent dans l’imaginaire occidental (y compris dans l’imaginaire féministe occidental) qui
limite la réalité haïtienne à l’extrême pauvreté et construit les femmes haïtiennes en victimes
impuissantes. Au contraire, ces dernières ont été et sont encore des actrices importantes de la
vie économique et politique de leur pays traversé, certes, par des coutumes et des attitudes
patriarcales, mais aussi par un mouvement féministe qui a provoqué d’importantes percées
politiques importantes en matière d’égalité.

16h00 – 17h30 - Séance 2

Présidente : Nathalie Batraville

Ginette Chérubin, architecte, Université d’État d’Haïti : Les femmes haïtiennes dans l’interface :
citoyenneté, politique, pouvoir

107
Danièle Magloire, Université d’État d’Haïti : Le mouvement féministe haïtien 5 ans après le
séisme

Celia Romulus, Université Queen’s, Ontario : Imaginaires hégémoniques de féminités et


masculinité haïtiennes et légitimation de politiques étrangères et internationales

Jeudi 27 août
9h00 – 10h30 - Séance 3 :

Présidente : Marjorie Villefranche, Maison d’Haïti, Québec

Sabine Lamour, Paris VIII, France : Entre discours et faits: le positionnement paradoxal des
femmes dans le processus de reconstruction après le séisme de 2010

Denyse Côté, Université du Québec en Outaouais, Québec : « Tabula rasa »: les effets
dévastateurs de l’aide humanitaire et du féminisme néocolonial sur le mouvement féministe
haïtien

11h00 – 12h30 - Séance 4

Présidente : Isabelle Fortin

Sandra Jean-Gilles, Université Quisqueya, Haïti: Formes contemporaines d'urbanisation


spontané ou une expression concrète du droit à la terre pour les femmes

Pauline Lecarpentier, EHESS-Marseille, France : L'adoption de la loi sur la paternité


responsable en Haïti

Ryoa Chung, Université de Montréal, Québec : Une perspective féministe sur les vulnérabilités
structurelles de santé en contexte de désastre « naturel » : Étude de cas : les vulnérabilités
genrées de santé dans le contexte du séisme en Haïti.

424 – Le cercle et la boîte (1 séance)

Responsable : Viviane Michel, Femmes autochtones au Québec (FAQ)


Animatrices : Widia Larivière, coordonnatrice jeunesse et Nathalie Bussière, coordonnatrice
santé, Femmes autochtones au Québec

L'atelier « Le cercle et la boîte » est un outil de sensibilisation et de guérison créé en 1990 par
Jann Derricks. Les animatrices utilisent une approche expérientielle pour conscientiser les
participants aux traumatismes historiques ayant toujours des effets intergénérationnels sur les
familles et les communautés autochtones du Canada. Cet exercice expérientiel est enseigné et
utilisé dans la tradition orale et est devenu un outil international dans les domaines de la
guérison, du travail social, de la psychologie, du développement communautaire de l’éducation,
de la gouvernance et du droit.
Mercredi 26 août - 16h00 – 18h00 - Atelier

108
500 – Découvrir Françoise Collin dans l’Anthologie québécoise (4 séances)

Responsable : Marie-Blanche Tahon, Université d’Ottawa, Ontario

L'organisation de ce colloque a été motivée par la découverte enthousiaste de jeunes femmes,


le plus souvent féministes, des textes de Françoise Collin réunis dans l’Anthologie québécoise,
1977-2000 (Éditions du remue-ménage, 2014). Quatre lectrices de longue date y participeront
également. Nous convions toutes les participantes à venir partager une inspiration puisée dans
un des textes qui les stimulent dans leur pratique ou dans leur travail.

Jeudi 27 août9h00 – 10h30 - Séance 1 - Écrire

Isabelle Boisclair, Université de Sherbrooke, Québec : Quand créer c’est penser/agir

Chloé Leduc-Bélanger, critique, Les Méconnus, Québec : Françoise Collin : « J’écris comme on
fait le pain »

Marie-Ève Blais, Librairie Monet, Québec : S’écrire comme acte de résilience

Chantal Saint-Jarre, Cégep de Saint-Laurent, Québec : L’Anthologie québécoise 1977-2000 :


entre mémoire, interlocution et transmission

11h00 – 12h30 - Séance 2 - Penser

Yara El-Ghadban, anthropologue et romancière, Québec : Relire Arendt avec Collin comme un
roman

Julie Daigle, Université d’Ottawa, Ontario ; « Moi je ne suis pas féministe ». À l'écoute de la
singularité de Simone Weil avec Françoise Collin

Marianne DiCroce, Cégep de Saint Jérôme, Québec : Penser à partir de la tradition


philosophique pour mieux la renouveler

14h00 – 15h30 - Séance 3 - Agir

Marcelle Dubé, Université du Québec à Chicoutimi, Québec: Entre un agir et une pensée
plurielle : pérégrinations au cœur de l’œuvre de Françoise Collin

Valérie Lefebvre-Faucher, Éditions du remue-ménage, Québec : L'édition féministe en héritage

Chantal Bayard, Université d’Ottawa, Ontario : De la maternité biologique à la maternité


symbolique : sur la transformation du rapport de transmission intergénérationnelle entre les
femmes

Aurélie Lanctôt, Université McGill, Québec: Françoise Collin : la poursuite d’un rêve de justice

16h00 – 17h30 - Séance 4 - Agir (suite)

Anne Migner-Laurin, Éditions du remue-ménage, Québec : D’une pensée sans maître :


réconcilier la postmodernité avec le féminisme

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Leïla Benhadjoudja, UQAM, Québec : L’actualité de l’« agir transformateur » de Françoise
Collin : pour une déconstruction des altérités

Marie-Blanche Tahon , Université d’Ottawa, Ontario : La singularité selon Collin

501 – Penser, créer et agir les féminismes dans le champ religieux (8 séances)

Responsables : Marie-Andrée Roy et Anne Létourneau, UQAM, Québec

Au vingt et unième siècle, le champ religieux, à travers ses manifestations tant symboliques que
rituelles et organisationnelles, demeure sans contredit un lieu d’affirmation et de régénération du
patriarcat tout en constituant simultanément, mais souvent dans une moindre mesure, un lieu de
transgression du pouvoir patriarcal et d’affirmation des idéaux de liberté et d’égalité des
femmes. Ce sont ces différentes manifestations du religieux, consignées dans les discours et les
pratiques passés et actuels et qui s’inscrivent en tension entre domination, résistance et
transgression, entre aliénation, innovation et libération, que nous voulons examiner dans le
cadre de ce colloque pour Penser, créer et agir les féminismes dans le champ religieux. Trois
volets sont à l’ordre du jour :
Penser le religieux. Quels sont les concepts, les théories féministes actuellement déployées
pour effectuer une étude critique et novatrice du champ religieux ? Y a-t-il des liens que l’on peut
faire entre les approches autochtones du spirituel et les approches féministes ? Quelles sont les
résistances et les manifestations d’ouverture à l’endroit de ces théories dans le milieu
académique et dans le champ religieux ? Comment cohabitent les croyances religieuses et les
convictions féministes ?
Créer dans le champ religieux. Quelle lecture féministe pouvons-nous faire des représentations
et des symboles religieux ? Textes, discours et œuvres d’art passés et actuels, témoignant de
diverses appartenances culturelles et religieuses, pourront être analysés. Que connaissons-
nous des pratiques actuelles de création (musicale, picturale, rituelle, poétique, littéraire,
mystique) pour affirmer la place des femmes dans le champ religieux ?
Agir dans le champ religieux. Comment cerner l’impact du religieux sur les femmes, les rapports
hommes-femmes et les transformations sociales et culturelles pour l’atteinte de l’égalité des
sexes ? Que pouvons-nous dire de l’incidence du religieux sur les identités sexuelles, les
recompositions identitaires en contexte migratoire ? Quelles sont les caractéristiques, les
stratégies, les limites des pratiques d’affirmation et de transformation féministes dans le champ
religieux ? Quel est le rôle des spiritualités autochtones pour l’affirmation des femmes
autochtones ? Quelles sont les conditions pour mettre en place un dialogue féministe
interreligieux fécond ?

Mardi 25 août

9h00 – 10h30 - Séance 1 : Lectures féministes de textes religieux

Présidence : Marie-Andrée Roy, UQAM, Québec

Émilie Pagé-Perron, Université de Toronto, Ontario : Les déesses mères en Mésopotamie : la


part de l’oppression des femmes et du choix des sources dans notre perception de la
construction et du développement des panthéons mésopotamiens au 3e millénaire

Denise Ardesi, Université François-Rabelais, France : Le féminisme chez les kabbalistes


chrétiens à la Renaissance

110
Anne Létourneau, UQAM, Québec : Le féminisme postcolonial en exégèse contemporaine. Le
cas de la reine de Saba (1 R 10, 1-13; 2 Ch 9, 1-12)

11h00 – 12h30 - Séance 2 - Féminismes islamiques


Présidence : Anne Létourneau, UQAM, Québec

Roxanne D. Marcotte, UQAM, Québec : Contours d’une théologie féministe


musulmane émergente

Sihem Bouzgarou-Ben Ghachem, Institut Supérieur des Langues de Tunis, Tunisie : Peut-on
parler de féminisme islamique ?

Malika Benradi, Université Mohamed V Rabat Agdal, Maroc : Le féminisme musulman, à travers
l’Ijtihad émancipera-t-il les femmes dans le monde musulman ?

14h00 – 15h30 - Séance 3 : Représentations des femmes et mythologies

Présidence : Marie-Andrée Roy, UQAM, Québec

Gaëlle Kingué Élonguélé, UQAM, Québec : Égalité entre les femmes : représentations sociales
des femmes minoritaires dans les manuels d’Éthique et culture religieuse du secondaire

Geneviève Pigeon, UQAM, Québec : Les archétypes du Féminin, ou comment le serpent finit
par se mordre la queue

Patrick Snyder, Université de Sherbrooke, Québec : Les Vénus du Paléolithique supérieur :


nouvelles critiques féministes du mythe de la Déesse-mère

16h00 – 17h30 - Séance 4 - Femmes, droits et religions

Présidence : Anne Létourneau, UQAM, Québec

Sonia Sarah Lipsyc, Centre d’études juives contemporaines à Montréal, Québec : De l’usage de
la loi civile et d’autres stratégies sociétales dans l’avancée des droits des femmes au sein du
judaïsme en Israël et au Canada

Samia Amor, Université de Montréal, Québec : L’inégalité hommes/femmes : une question de


religion ou de droit ?

Rim Gtari, Université d’Ottawa, Ontario : La révolution légale des femmes tunisiennes : un
exemple inachevé de conciliation égalité et religion

Mercredi 26 août

9h00 – 10h30 - Séance 5 : Christine Delphy, la religion, le voile et l’oppression


Présidence : Marie-Andrée Roy, UQAM
Séance de visionnement et discussion autour d’extraits du documentaire Je ne suis pas
féministe, mais… et de L’Abécédaire de Christine Delphy (extraits : communautarisme,
d’universalisme, de genre, de voile, de religion et d’oppression) réalisés par Florence et Sylvie
Tissot.

111
11h00 – 12h30 - Séance 6 - Femmes, migration et religions

Présidence : Anne Létourneau, UQAM, Québec

Djennane (Haouchene) Karima, Paris Sorbonne, France : L’émergence d’un féminisme religieux
en contexte migratoire: le cas de l’islam aux États-Unis

Aurélien Mokoko Gampiot, GSRL, EPHE CNRS, France : Être kimbanguiste et agir au féminin
en contexte migratoire

Marie-Andrée Roy, UQAM, Québec : Outils pour un dialogue féministe en contexte de


pluralisme religieux

14h00 – 15h30 - Séance 7 - Expériences féministes et religions

Présidence : Marie-Andrée Roy, UQAM, Québec

Mona Abbondanza, UQAM, Québec : Croyances religieuses et convictions


féministes : cohabitation potentielle au sein du système identitaire de l’individu

Marie-Noëlle Bélanger-Lévesque, Université de Sherbrooke, Québec : L’accouchement comme


expérience spirituelle pour le parent : relecture féministe d’un programme de recherche
interdisciplinaire

Élisabeth Garant, Centre Justice et foi, Québec : Initier un dialogue féministe interreligieux :
relecture de l’expérience du groupe Maria’M

16h00 – 17h30 - Séance 8 - Place au théâtre : Féministes et croyantes?

Projet du groupe Maria’M de dialogue féministe entre chrétiennes et musulmanes avec l’Équipe
d’intervention théâtrale participative Mise au jeu

À la suite d’une pièce de théâtre de 20 minutes, les personnes présentes seront conviées à un
échange sur l’appartenance féministe des croyantes et la présence de celles-ci au sein du
mouvement féministe. L’atelier durera 90 minutes.

502 – Femmes, féminismes et mouvements sociaux en Amérique latine (3 séances)

Responsables : Nancy Thede et Ludivine Tomasso, UQAM, Québec

À l’heure où les mouvements sociaux en Amérique latine font face au problème de la stratégie à
adopter par rapport à leurs gouvernements, de nouveaux défis se posent quant aux
revendications et aux politiques publiques concernant les femmes. S’il est vrai que, dans
plusieurs pays, la redémocratisation et les « virages à gauche » du début du millénaire ont
signifié de grands progrès pour les femmes sur le plan de leur reconnaissance comme actrices
politiques et sociales, d’énormes problèmes de violence à leur égard persistent. Par ailleurs, les
positions des organisations de femmes et des mouvements féministes varient face à ces enjeux
et ne sont pas toujours consensuelles. Cet atelier vise à explorer certains de ces
questionnements quant aux liens et aux tensions entre féminismes, organisations de femmes et
mouvements sociaux en Amérique latine, à partir de la réalité de la multitude des mobilisations

112
et des enjeux dans lesquels les femmes militent, que ce soit pour l’accès aux opportunités
économiques, à des droits sociaux ou encore contre les violences.
Une première séance sera consacrée à l’examen du lien entre mouvements de femmes et
mouvements féministes, lien qui ne va pas forcément de soi. Selon les contextes, des tensions
apparaissent dont les conséquences méritent d’être examinées. Quels liens existent-ils entre les
mouvements de femmes et les mouvements féministes dans divers contextes latino-américains.
Comment se caractérisent les relations entre ces types de mouvements? Quelles tensions sont
présentes ? Comment s’y prend-on pour les résoudre ?
Lors de la deuxième séance, il sera question de l’engagement des femmes et les stratégies
qu’elles utilisent au sein de ces mouvements, à partir notamment des exemples du Brésil et de
la Bolivie. Quelles sont les caractéristiques du leadership des femmes ? Comment parviennent-
elles à les constituer ?
Enfin, la question des violences faites aux femmes reste un enjeu majeur des réflexions des
groupes féministes et de femmes. Dans certains contextes, il semble que, malgré leurs
avancées politiques, les femmes subissent un renouveau des violences genrées. L’impunité est
un facteur central de cette dynamique. Quelles pistes de stratégie sont mises de l’avant par les
organisations de femmes pour contrer ces violences ?

Mardi 25 août

11h00 – 12h30 - Séance 1 - Féminismes et mouvements de femmes en Amérique latine :


des tensions fécondes?

Nora Nagels, UQAM, Québec : Relations de pouvoir entre différents acteurs sociaux féminins et
féministes à l’heure de la dé-patriarcalisation en Bolivie

Anahi Morales-Hudon UQAM, Québec : Dynamiques dans la construction de l’autonomie entre


le mouvement des femmes autochtones et le mouvement féministe au Mexique

Christine Verschuur, IHEID, Suisse : La construction des connaissances féministes, les tensions
entre mouvements féministes et expert-e-s genre en Colombie

14h00 – 15h30 - Séance 2 - Revendications féministes et stratégies des femmes dans les
mouvements sociaux en Amérique latine

Charmain Levy, Université du Québec en Outaouais, Québec : Le rôle des femmes leaders
dans le mouvement d’habitation au Brésil

Andrea Martinez, Université d'Ottawa, Ontario et Costanza Torri, Université du Nouveau-


Brunswick : Économie solidaire et processus d'autonomisation : le cas de la coopérative Centro
de Saúde Alternativa da Muribeca dans la région métropolitaine de Recife (Brésil)

Alejandra Ramirez, CESU, Bolivie : Agentivités citoyennes plurielles des femmes et


mouvements sociaux à Cochabamba

16h00 – 17h30 - Séance 3 : Femmes, violences et lutte contre l’impunité en Amérique


latine

Leila Celis, UQAM, Québec : Le féminicide, un génocide à l’égard des femmes

113
Ludivine Tomasso, UQAM, Québec : Mobilisation des femmes autour de la question de
l’impunité à l’endroit des crimes commis pendant les dictatures : l’exemple du Pérou

Lucie Lamarche, UQAM, Québec : L’introduction en Amérique latine de mécanismes minimaux


de protection sociale destinés aux femmes dispose-t-elle de la question des violences genrées ?

503 – Se dire ou ne pas se dire « féministe » dans le contexte (post-dé) colonial.


Circulation des rapports de domination : expériences et stratégies des femmes (1
séance)

Responsable : Naïma Anka Idrissi, Université Paris 8 Vincennes/Saint-Denis, France

Cette table ronde a pour but de faire travailler la notion d'imbrication des rapports sociaux en
refusant de comprendre les identités de manière binaire et en insistant sur une lecture complexe
de la matrice de domination tel qu’Audre Lorde peut le proposer. À travers nos recherches, nous
souhaitons mettre en lumière les performances et les pratiques des femmes qui agissent dans
un contexte (post-dé)colonial en utilisant des outils proposés par l'analyse consubstantielle, les
études postcoloniales et le Black féminism. Nous observons qu'il existe chez certaines femmes,
une conscience/des pratiques/des réflexions féministes sans qu’il n’y ait nécessairement pour
autant d'autodéfinition féministe. Il s'agit d'analyser le rapport de ces femmes à la qualification
de « féministe » pour comprendre les raisons de leur adhésion, de leur réticence voire de leur
refus d'appartenir à ce groupe. Nous souhaitons interroger la manière dont les différents
rapports de domination de race, de genre et de classe interviennent dans l’expression de leurs
choix stratégiques et politiques. Ces tables rondes présentent trois études engagées dans les
recherches féministes dans des contextes (post-dé)coloniaux en France, sur des terrains divers
comme des lycées de banlieue parisienne, des associations culturelles et artistiques dans les
quartiers populaires français, et la scène rap en France.

Jeudi 27 août– 14h00 – 15h30 – Table ronde

Naïma Anka Idrissi, Université Paris 8, St-Denis, France : Entre Sexe, Classe et Race :
Pratiques d’élèves de lycées professionnels. Les adolescent-e-s au prisme de la circulation des
rapports de domination de sexe/ classe/ race

Marie Sonnette, Laboratoire Cerlis/CNRS/UMR, France : Être une femme dans un monde
professionnel masculin. Redéfinition des normes de genre par des rappeuses en France

Yoshimi Tanabe, Université Paris 13, France/ Hitotsubashi University, Japan : « Je ne suis pas
féministe! » Femmes des quartiers populaires entre pratiques et désignations

Sonia Dayan Hezbrun, Universtié Paris Diderot, France, discutante

505 – Maternité et rapports de pouvoir (2 séances)

Responsables : Estelle Carde, Université de Montréal, Québec; Audrey Gonin et Sylvie


Lévesque, UQAM, Québec

Témoin d’inégalités sociales et objet de constructions sociales, la maternité est un champ de


recherche et de revendications important. Conséquemment, ce colloque s’intéressera à la
maternité comme lieu de cristallisation des rapports de pouvoir exercés à l’endroit des femmes.
En quoi les expériences liées à la périnatalité (grossesse, accouchement, allaitement, etc.) sont-

114
elles marquées par les relations asymétriques hommes/femmes, par les différentiels de pouvoir
(expert/patiente) et plus globalement par les normes sociales qui construisent des attentes vis-
à-vis d’une « bonne mère » ? Dans cette perspective, deux axes seront distingués :
1. Ce que « l’on fait aux femmes », ou l’incorporation de ces rapports de pouvoir pendant la
période périnatale : par quelle rhétorique et par quels actes cette incorporation s’opère-t-elle ?
2. Ce que « l’on attend des femmes », ou les rôles attendus des femmes tout au long de la
maternité, dans leur propre travail sur leur corps et le corps des autres, notamment à travers le
soin des enfants.
Pour les deux axes, les représentations des femmes, de même que leurs réactions face à ces
rapports de pouvoir seront discutées: soumission, compromis, résistances, émergence de voies
alternatives.
Ce colloque réunira des chercheures, des militantes et des étudiantes qui ont exploré différents
enjeux liés à l’accouchement et à la maternité́ pour réfléchir conjointement aux enjeux
contemporains qui y sont liés.

Mardi 25 août

14h00 - 15h30 - Séance 1 - Corps, violences et rapports de pouvoir pendant


l'accouchement

Andrée Rivard, Université du Québec en Outaouais, Québec : L’accouchement au Québec:


réflexion d’une historienne sur une autorité qui ne fléchit pas (ou si peu)

Sylvie Lévesque et Manon Bergeron, UQAM, Québec ; Lorraine Fontaine, Regroupement


Naissance renaissance, Québec ; Catherine Rousseau et Annie Jalbert, UQAM, Québec : Parler
un langage commun: le cas des violences vécues lors de l’accouchement

Noémie Carrière, Université d’Ottawa, Ontario : Contrôle (du corps) des femmes* : l’obstétrique
occidentale comme instrument patriarcal

Olivia Hirsch et Sonia Maria Giacomini, Université Catholique Pontificale de Rio de Janeiro,
Brésil : Changements et tensions de l’incorporation des perspectives féministes et humanisées
dans la “Casa de Parto” - centre d’accouchement appartenant au réseau public de santé à Rio
de Janeiro

16h00 – 17h30 - Séance 2 - Normes, représentations et rôles attendus autour de la


maternité
Frédou Braun et Lara Lalman, Louvain-la-Neuve, Belgique : Care et maternité

Sylvie Lévesque, Catherine Rousseau et Sarah Beauchemin-Roy, UQAM, Québec : Le corps


féminin, la grossesse et l’accouchement. Perceptions et pressions sociales

Annick Vallières, Université de Montréal, Québec : L’allaitement maternel au croisement des


oppressions multiples: une lecture féministe intersectionnelle

Chantal Bayard et Phyllis Rippeyoung, Université d’Ottawa, Ontario : Corps, normes et


résistance: l'exemple de l'allaitement maternel dans l'espace public

115
507 – La communauté de pratiques « genre en pratique » du Comité québécois femmes et
développement : un mécanisme porteur pour l’institutionnalisation de l’ÉFH dans la
coopération internationale québécoise (1 séance)

Responsables : Anne Delorme et Marie-Anne Cantin, Comité québécois femmes et


développement (CQFD)

Démarrée en 2009, l’expérience de la communauté de pratique (CdP) « Genre en action » de


l’Association québécoise de coopération internationale (AQOCI) est maintenant une référence
pour le Centre de recherche en développement international (CRDI), le réseau francophone de
l’OIF et le réseau de coordination des conseils provinciaux du Canada.
La communauté de pratique (CdP) « Genre en pratique » regroupe 11 organismes de
coopération internationale québécois et canadiens qui cheminent ensemble à travers ce projet
innovant, qui a bénéficié du financement du CRDI. La CdP permet à ses membres, des
praticiennes spécialisées ou intéressées par le thème de l’égalité entre les femmes et les
hommes (ÉFH), de réfléchir collectivement sur leurs pratiques avec l’appui de personnes issues
du milieu de la recherche.
À travers la CdP, une dynamique d’apprentissage, d’échange, d’entraide et d’innovation s’est
développée entre les membres et les organisations malgré le climat très compétitif vécu ces
dernières années dans le milieu de coopération. À travers le développement de nouveaux
savoirs et savoir-faire théoriques et pratiques sur le thème de l’intégration de l’ÉFH en
coopération, elle a amené une meilleure institutionnalisation de l’ÉFH dans les organismes, à
travers leurs politiques, structures, programmes et projets, de même que chez certaines équipes
terrain et partenaires du Sud.
Des contenus ont été partagés et co-construits, notamment en matière d’autonomisation
économique des femmes, de masculinités et de programmation, suivi et évaluation des
apprentissages (PSEA). Mais au-delà de ces aspects, la CdP a agi comme espace de formation
et de renforcement pour les personnes porteuses de l’ÉFH et comme un pôle de ressources sur
lequel elles peuvent compter pour aborder les défis organisationnels et programmatiques.
Quels ont été les éléments clés de ce succès? Quels défis demeurent?
L’atelier présentera l’historique et l’évolution de la CdP, ses mécanismes de fonctionnement
ainsi que les retombées de son travail pour les organisations impliquées et le réseau. Il rendra
compte aussi des éléments-clés de ce succès, qui ont été dégagés lors d’un exercice de
systématisation mené au cours de la dernière année.
Vendredi 28 août – 14h00 – 15h30 – Atelier

510 - Des droits et des luttes (1 séance)


Présidente : à confirmer

Lundi 24 août – 9h00 –10h30 -

Dina Beblawi, UQAM, Québec : La reproduction des rapports sociaux de sexe en contexte
révolutionnaire: le cas de la gauche radicale égyptienne

Zahra Ali, École des hautes études en sciences sociales, France : L'activisme politique des
femmes dans l'Irak post-2003: entre chaos politique et violences sectaires

Alia Lassal, École des hautes études en sciences sociales, France : Accès des femmes au
monde de la violence politique et carrières militantes féminines au sein d'une organisation
révolutionnaire iranienne

116
Lydia Rouamba, Institut des Sciences des Sociétés, Burkina Faso : La lutte des femmes au
Burkina Faso : discours, pratiques et résultats

510a - Des droits et des luttes (1 séance)


Présidente : à confirmer

Mardi 25 août – 11h00 - 12h30 – 1 séance


Présidente : à confirmer

Osire Glacier, Université Bishop, Québec : Résistance et pouvoir au féminin : le cas des femmes
politiques marocaines

Awa Diop, Université Cheikh Anta Diop, Sénégal : Où en est la légitimité sociale du féminisme
sénégalais ?

Muriel Gomez-Perez, Université Laval, Québec : Femmes, islam et médias au Burkina Faso et
au Sénégal : une revendication des droits à mots couverts

511 - Penser et agir la participation citoyenne sur le continent africain (1 séance)

Mardi 25 août - 9h00 – 10h30


Présidente : à confirmer : Lydia Rouamba

Pacome Cyrille Guiraud, Université Felix Houphouet Boigny - Abidjan Cocody, Côte d'Ivoire :
L'engagement associatif des femmes en Côte d'Ivoire : une avancée vers l'égalité des chances
et la parité

Lydia Rouamba, Institut des Sciences des Sociétés, Burkina Faso : La citoyenneté des femmes
au Burkina Faso : Quel impact de la loi sur les quotas ?

Kheira Maïni, Université Alger 2, Algérie : Les associations féminines pour les droits des
femmes

Mbida Onambele, Université de Buea, Cameroun : Genre au travail et repli identitaire au


Cameroun : Analyse compréhensive et intersectionnelle du comportement des femmes
"anglophones" face à la résistance du personnel de l'université de Buea à l'arrivée des
enseignants "francophones" en décembre 2011

512 - Penser et agir sur la parité des sexes et des genres en Afrique (1 séance)
Présidente : à confirmer : Lydia Rouamba
Vendredi 28 août – 9h00 – 10h30

Charles Le Grand Tchagnéno Tene, Université de Grenoble Alpes, France : Effets du contexte
de travail sur les croyances sexistes : une comparaison entre les secteurs du travail formel et
informel au Cameroun

Céline Beti Eteme, Université de Yaoundé I, Cameroun : La philosophie africaine traditionnelle


et la question de la parité des sexes

117
Honoré Kandolo Bilolo, CRESH, République Démocratique du Congo : Discriminations contre la
femme à travers quelques devinettes tonales luba Kasaï

513 - Le corps et ses normes et ses représentations (1 séance)


Présidente : à confirmer

Mardi 25 août – 9h00 – 10h30

Ronan Coquet, Université de Lausanne, Suisse : « Je m'entraîne comme un homme » mais...


L'ambivalence genrée de la conversion au bodybuilding

Delphine Chedaleux, Université Bordeaux Montaigne, France : "Rien n’aurait changé pour moi
s’il n’y avait pas eu ce concours". Miss Cinémonde ou les ambivalences d'un concours de
beauté (France1938-1968)

Noémie Aulombard, École Normale Supérieure, France : L’usage des images chez les Femen.
Entre langage de domination et mutations des pratiques de l’activisme féministe

Élisabeth Mercier, UQAM, Québec : Question sexuelle et critique intersectionnelle dans les
débats féministes autour de la SlutWalk

514 – Paroles et discours féministes (1 séance)


Présidente : à confirmer

Mardi 25 août– 9h00 – 10h30

Pierre Lénel, Centre national de recherche scientifique, Conservatoire national des arts et
métiers, France : L’apport, incertain, de Donna Haraway au féminisme : genre et féminisme à
l’épreuve du Cyborg

Clément-Pessiani, Université Paris Ouest-Nanterre : La Défense France Les femmes peuvent-


elles rejeter le sexisme bienveillant sans être rejetées à leur tour ?

Michèle Schaal, Iowa State University, État-Unis : Questions émergentes ou réinventer la roue ?
Quelques manifestes féministes français contemporains

Mona Gérardin-Laverge, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, France : Faire des choses avec
les mots : contre-attaques féministes dans le langage ordinaire

515 – Représentations et rapports de pouvoir (1 séance)


Présidente : à confirmer

Vendredi 28 août - 9h00 – 10h30

Marilou St-Pierre, Université Concordia, Québec : Journalistes sportives et rapports de pouvoir


genrés : au delà des chiffres…

Barbara Ravel, Université Laurentienne, Ontario : Un des derniers bastions de la lutte féministe
? Le sport féminin dans les médias canadiens et français

118
Rebecca Bendjama, Haute école de travail social et de la santé, France : Représentations des
féministes dans la revue féministe suisse romande L’émiliE

Séance 516 – Penser entre genre, race et classe en France (1 séance)


Présidente : à confirmer

Vendredi 28 août – 9h00 – 10h30

Houda Asal, Université McGill, Québec, ENS-EHESS, France : Les mobilisations contre
l'islamophobie en France depuis dix ans : interroger la place du féminisme

Diane-Sophie Girin, Chercheure indépendante, France : Les reconfigurations de l'espace de la


cause des femmes suite aux « affaires du foulard » en France

Camille Gourdeau, Université Paris 7- Denis Diderot, France : Une politique d'intégration au
service de l'émancipation des femmes étrangères ? L'exemple français du Contrat d'accueil et
d'intégration

Naima Regradj, Université Paris 13, France : Entre genre et race. Déplacement des lignes
théoriques dans les prises en charge éducatives des enfants « incasables » en France en
rapport avec les professionnelles construites comme « hors normes

517 – Entrecroisement des rapports (1 séance)


Présidente : à confirmer

Vendredi 28 août – 9h00 – 10h30

Fatima Çingi Kocadost, Université de Lausanne, Suisse : Repenser le féminisme à partir du


point de vue des femmes subalternes : Qu’est-ce que la féminité hégémonique ?

Hervé-Toussaint Ondoua, Université de Yaoundé 1, Camroun : Les Subalternes peuvent-elles


parler ? Enjeux et changement social, égalité et justice dans un contexte postcolonial: une
analyse de Chakravorty Spivak

Arthur Vuattoux, Université Paris 13, France : Des jeunes filles « bien sous tous rapports » ... et
les autres. Rapports de genre, race et classe au Tribunal pour enfants

Eline de Gaspari, Haute École de Travail Social de la HES-SO Valais – Wallis, France :
Handicap et genre, quand les catégories s'incorporent

518 – Penser le territoire (1 séance)


Présidente : Sonia Giacomini, Université Catholique Pontificale de Rio de Janeiro-PUC-Rio,
Brésil

Mercredi 26 août – 16h00 – 17h30

Fatima Khemilat, Sciences po Aix en Provence, France : Territorialisation des discriminations et


exclusion des prostituées et femmes voilées des espaces publics locaux et médiaticopolitiques :
mort et résurrection des « féminités impures »

119
Sonia Maria Giacomini, Université Catholique Pontificale de Rio de Janeiro-PUC-Rio, Brésil :
Représentation des femmes dans l’espace public au Brésil: le Secrétariat Spécial des Politiques
pour les Femmes- SEPM- et la formulation de politiques publiques

Chantal Bayard, Université d'Ottawa, Ontario : Exclusion, mobilisation et changement social :


l’exemple de l’allaitement dans les lieux publics au Québec

Virginie Blum, Université Lyon 2, France : Une approche territoriale des réseaux dans la
recherche féministe: de l'agir global comme potentiel de révolution locale

519 - Penser l’égalité au travail et le leadership (1 séance)


Présidente : à confirmer

Mardi 25 août– 11h00 – 12h30

Andrée-Anne Lacasse, Conseil du statut de la femme, Québec : Femmes et politique :


Socialisation politique et articulation vie personnelle et vie professionnelle

Carmen Diop, Université Paris 13 –EXPERICE, France : Les femmes de paille ou le leadership
empêché
Soline Blanchard, Université Toulouse Jean Jaurès, Centre national de recherche scientifique,
France : « Vous perdez votre temps avec tous ces machins-là : c’est pour amuser la galerie ! »
Promouvoir l’égalité femmes/hommes : résistances et leviers d’action

520 - Penser et écrire les femmes (1 séance)


Présidente : Alice Van der Klei, UQAM, Québec

Mercredi 26 août – 11h00 – 12h30

Wafaa El Adlouni, École nationale de commerce et de gestion, Maroc : Le corps engagé dans
les nouvelles écritures féminines marocaines

Genevyève Delorme, UQAM, Québec : La figure du témoin immodeste : l’exemple de Virginie


Despentes dans King Kong théorie (2006)

Julie Grenon-Morin, UQAM, Québec : Regards féministes sur la poésie d’Élisabeth d’Autriche

521 - Penser et agir l’éducation (1 séance)


Présidente : Louise Lafortune

Mercredi 26 août – 11h00 – 12h30

Sylvie Ayral, Université de Bordeaux, France : École, sport, loisirs, culture : penser l'éducation
des garçons dans une perspective féministe

Nadia Lamemra, Institut fédéral des hautes études en formation professionnelle, Suisse :
Socialisations en tout genre en formation professionnelle duale en Suisse

Louise Lafortune, Université du Québec à Trois-Rivière, Québec : Quelles compétences pour


accompagner une démarche réflexive féministe

120
Fatou Diop Sall, Université Gaston Berger, Sénégal : La production de données comme élément
de prévention, des périls de sécurité et de justice dans les milieux de formation

522 – Identités et sexualité entrecroisées (1 séance)


Présidente : à confirmer

Vendredi 28 août – 11h00 – 12h30

Salima Amari, Université Paris 8 Vincennes/St-Denis, France : La sexualité face à


l’intersectionnalité des rapports sociaux en France

Gabriel Girard, Université de Montréal, Québec : La construction d’une sexualité minoritaire :


genre, classe et homosexualité chez de jeunes gays et lesbiennes

Guitté Hartog, Université Laval, Québec : Intimité politique, frivolité des données et dure
créativité

Cassandre Ville, Université de Montréal, Québec : L'intériorisation des normes : une analyse
discursive des pratiques dépilatoires des femmes à Montréal

524 - Le genre de l’histoire (1 séance)


Présidente : à confirmer

Lundi 24 août – 14h00 – 15h30

Vanessa Blais-Tremblay, Université McGill, Québec : Le rôle des femmes dans l'articulation de
la scène jazz montréalaise de l'entre-deux-guerres: Premier Survol

Johanne Daigle, Université Laval, Québec : D’un modèle international aux réalités locales :
l’engagement des infirmières au sein des réseaux de soins de santé dans les régions
excentrées, 1920-1960

Eva Rodriguez, Université Paris 8 Vincennes/St-Denis, France : Repenser les savoirs sur le
corps à l’aune de la critique féministe des sciences : l’exemple du sexe dans les savoirs
anthropométriques du Paris fin-de-siècle

Clothilde Palazzo-Crettol, Haute « École de Travail Social Valais/Wallis, Suisse : Action locale et
structures d’opportunités. Suites et fin ?

Séance 525 - Penser le genre sur le terrain (1 séance)


Présidente : à confirmer

Lundi 24 août – 14h00 – 15h30

Meoïn Hagège, École des hautes études en sciences sociales, France : Le genre du soin en
prison et le genre de l'enquête : retour sur la position d'enquêtrice en terrain masculin

Audrey Marcillat, École des hautes études en sciences sociales, France :


Enjeux de la coprésence des sexes dans les institutions de prise en charge des personnes sans
abri en Île-de-France

121
Carmen Diop, Université Paris 13 –EXPERICE, France : Épistémologique du point de vue et
auto-théorisation en France: un savoir contre-hégémonique?

Séance 525a - Penser le genre sur le terrain (1 séance)

Mardi 25 août – 14h00 – 15h30

Paola Hidalgo Noboa, Bruxelles Laïc, Belgique et Catherine Markstein, Plateforme pour
promouvoir la santé des femmes, Belgique : Le genre comme déterminant transversal en
promotion santé : l’impact des inégalités et plus spécifiquement de la gestion du Care sur la
santé des femmes

Laura Piccand, Université de Genève, Suisse : Comparer des populations, définir le sexe dans
les études sur le développement pubertaire

Maïmouna Ndoye, Association des femmes africaines pour la recherche et le développement,


Sénégal : Dé-connexion entre savoir féministe et pratique du développement : leçons apprises à
partir de l’intégration du genre dans le domaine de la santé au Sénégal

526 - Perspectives féministes en recherche (1 séance)


Présidente : à confirmer

Mercredi 26 août – 16h00 – 17h30

Louise Lafortune, Université du Québec à Trois-Rivières, Québec : Autoévaluer une innovation


sociale dans une perspective féministe : une proposition de moyen d’évaluation et de réflexion
collective

Marcelle Dubé, Université du Québec à Chicoutimi, Québec : Quand la recherche, le récit et l’art
font corps au cœur d’une thèse : rencontre fortuite d’une œuvre tissant la trame narrative de ce
travail

Annabelle Ponsin, UQAM, Québec : Regard sur les processus d’individuations des membres
des familles face au « Temps contemporain ». Le genre comme objet et pratique. Analyse d'une
« baby-sitter sociologue

Ratiba Hadj-Moussa, York University, Ontario : Regards croisés : La contribution de Nancy


Fraser aux théories de la justice

527 - Des mouvements des femmes (1 séance)


Présidente : à confirmer

Lundi 24 août – 11h00 – 12h30

Anne Robineau, Institut canadien de recherche sur les minorités linguistiques, Nouveau-
Brunswick, Canada : 100 ans après le premier mouvement des femmes de la francophonie
canadienne : portrait, défis et enjeux

Mirla Cisne, Unversidade do Estadodo Rio Grande do Norte, Brésil : Conscience militante
féministe au Brésil

122
Raphaelle Bessette-Viens, Haute école de travail social et de la santé, Suisse :
Mouvements féministes en Suisse romande, ruptures et continuités

Alice Romerio, Université Paris 8 Vincennes/St-Denis, France : Sociohistoire de la


professionnalisation du militantisme au sein du Mouvement Français pour le Planning Familial :
résistances et conséquences

528 - Violence conjugale : un regard intersectionnel (1 séance)


Présidente : à confirmer

Jeudi 27 août – Séance 1 - 14h00 – 15h30

Zavala Castro, Canada : Un regard intersectionnel sur les réalités des femmes immigrantes
victimes de violence conjugale à partir du point de vue des intervenantes en maisons
d’hébergement du Québec

Jean-Laurent Rosenstrauch, France : Dix ans de lutte contre la violence conjugale en France :
une évaluation critique des dispositifs de protection légale des femmes victimes

Lebugle, France : Les violences subies par un conjoint ou un ex-conjoint en France : quelles
différences selon les territoires ?

528a - Violence conjugale : un regard intersectionnel (1 séance)


Présidente : à confirmer

Jeudi 27 août – 16h00 – 17h30

Faten Khazaei, Université de Neuchâtel, Suisse : La fabrique de la différence: La prise en


charge des violences conjugales dans le contexte de la migration en Suisse

Astrid Mujinga, Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en République
Démocratique du Congo: Les inégalités sociales et les discriminations des femmes et des filles
en République Démocratique du Congo, sources des viols et violences basées sur le Genre,
Radio Okapi

Jean-Laurent Rosenstrauch, École des hautes études en sciences sociales, France : Peut-on
comparer la production statistique effectuée sur la question des violences faites aux femmes
des deux côtés de l’Atlantique (France-Canada-États-Unis)?

529 - Le féminisme en pratique (1 séance)


Présidente : à confirmer

Jeudi 27 août– 16h00 – 17h30

Daniele Lopes Wohnlich, Université de Lausanne, Suisse : Bolsa Familia au niveau local :
réflexions autour d’un « projet féministe »

Mara Montanaro, Université Paris Descartes, France, Università del Salento, Italie : Pour une
praxis du féminisme

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Adéline Nsimire, République auti ya Mwanamke Kijijini : Les clubs d’écoute communautaires,
pour une « autre» image de la femme du Sud-Kivu

530 - Militantisme – participation (1 séance)


Présidente : à confirmer

Vendredi 28 août – 14h00 – 15h30

Nesrine Bessaih, L'R des centres de femmes du Québec : Faire autrement avec toutes : l'enjeu
de la participation dans les centres de femmes du Québec

Alice Romerio, Université Paris 8 Vincennes/St-Denis, France : Au croisement du travail et du


militantisme, interroger les pratiques féministes. L’exemple des conflits au travail au sein du
Mouvement Français pour le Planning Familial

Katherine Ruault, UQAM, Québec : Le féminisme dans les organisations mixtes de défense de
droits

Bruno Laprade, UQAM, Québec : Penser le Village gai à l’aide d’outils féministes : non-mixité,
culture du viol et tourisme sexuel

531 - Créativité féministe (1 séance)


Présidence : Thérèse St. Gelais

Mardi 25 août – 16h00 – 17h30

Keivan Djavadzadeh, Université Paris 8 Vincennes-Saint-Denis, France : Le genre du gansta-


rap : de la bitch à la Bitch

Geneviève Dauphin-Johnson, UQAM, Québec : Les interventions féministes dansées au


Québec : portrait des problématiques féministes qu’elles abordent et des résistances qui en
émergent

Pauline Vessely, Institute for Art Education, HEAD-Genève, Suisse : Questionner les politiques
d’exclusions et d’inégalités : les hautes écoles d’art suisses au prisme des théories féministes
postcoloniales

Myriame Martineau, UQAM, Québec : La pratique des conteuses québécoises : brouillage des
stéréotypes sexués et femmes « remarquables » à (re)découvrir

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