Vous êtes sur la page 1sur 109

COURS D’HYDRAULIQUE

ECOULEMENTS NON PERMANENTS

A.L. MAR

JUIN 2009

A L MAR Page 1 17/02/2011


AVERTISSEMENT

Ce cours d’hydraulique est destiné aux étudiants du cycle Master 1 de l’Institut International
d’Ingénierie de l’Eau et de l’Environnement (Ex Groupe EIER-ETSHER). Il est recommandé
aux étudiants qui n’ont pas suivi le cours d’hydraulique du cycle Licence de se référer aux
chapitres 1, 2, 3, et 4 de mon cours d’Hydraulique pour pouvoir assimiler certaines notions
déjà vue.

Le chapitre 1 traite des écoulements non permanents en charge appelés aussi coups de bélier.
Les développements mathématiques dans les paragraphes 2, 3 et 5 permettront aux étudiants
de développer les conditions aux limites qu’on peut trouver dans un réseau et qui n’ont pas
été et qui ne peuvent pas toutes être abordées dans un temps limité. En annexe sont donnés
des abaques qui synthétisent les principaux résultats utilisables au pré-dimensionnement des
ouvrages de protection contre les coups de bélier.

Le chapitre 2 donne des notions sur les écoulements non permanents à surface libre qui
peuvent être des écoulements graduellement variés régis par les équations de Saint-Venant ou
des écoulements brusquement variés qui obéissent à d’autres équations tirées aussi de
l’application du théorème des quantités de mouvement et de la conservation de la masse mais
avec des hypothèses différentes. Des exemples d’applications en hydrologie y sont
brièvement donnés

A. L. MAR

A L MAR Page 2 17/02/2011


Chapitre 1
Notions sur les écoulements non-permanents en charge
(Le coup de bélier)

A L MAR Page 3 17/02/2011


CHAPITRE 1
NOTIONS SUR LES ECOULEMENTS NON-PERMANENTS
(LE COUP DE BELEIR)

1 ANALYSE PHYSIQUE DU PHENOMENE

2 EQUATIONS DU PHENOMENE

2.1 MISE EN EQUATION DU COUP DE BELIER

2.2 CELERITE DES ONDES

2.3 CONDITIONS AUX LIMITES

3 METHODES DE RESOLUTION

3.1 METHODE DES CARACTERISTIQUES

3.2 METHODE DES DIFFERENCES FINIES IMPLICITES

3.3 METHODE D’ALLIEVI

3.4 METHODE GRAPHIQUE DE BERGERON

4 VALEURS MAXIMALES DU COUP DE BELIER

4.1 VALEURS MAXIMALES DU COUP DE BELIER

4.2 REPARTITION DU COUP DE BELIER LE LONG DE LA CONDUITE

5 OSCILLATIONS DE MASSE

5.1 PENDULE HYDRAULIQUE

5.2 ETABLISSEMENT DE L’ECOULEMENT DANS UN TUBE

5.3 CHEMINEE D’EQUILIBRE

5.4 BALLON D’AIR

6 PROTECTION DES CONDUITES DE REFOULEMENT

6.1 PROCEDES POUR LIMITER LES DEPRESSIONS

6.2 PROCEDES POUR LIMITER LES SURPRESSIONS

A L MAR Page 4 17/02/2011


CHAPITRE 1
NOTIONS SUR LES ECOULEMENTS NON-PERMANENTS
(LE COUP DE BELEIR)

Le coup de bélier est un phénomène de propagation d’ondes élastiques de surpression et de


dépression dont les causes les plus fréquentes sont :

• L’arrêt brutal ou le démarrage d’une ou de plusieurs pompes alimentant une conduite


de refoulement débitant dans un réservoir ;

• La fermeture ou l’ouverture instantanée ou trop rapide d’une vanne de sectionnement


ou d’un robinet d’obturation placé au bout d’une conduite d’adduction ;

• Bref une modification instantanée du débit d’un appareil placé en un point d’un réseau
de conduites.

La brutalité du coup de bélier est à l’origine de nombreux éclatements de conduite car les
surpressions engendrées peuvent atteindre des valeurs très élevées. Il faut donc étudier les
moyens pour limiter ses effets afin d’économiser sur la construction des tuyaux (pression
nominale nécessaire de la conduite).

1 ANALYSE PHYSIQUE DU PHENOMENE

1.1 Fermeture instantanée d’une vanne à l’aval d’une conduite

Considérons le cas simple de la figure 1-1 où une conduite horizontale de caractéristique


unique (diamètre et épaisseur constants) relie un réservoir R à niveau constant et une vanne V.
Nous négligerons les frottements le long de la canalisation et nous verrons plus loin ses effets
sur le phénomène. La conduite a une longueur L et transporte de l’eau (sans poche d’air) avec
une vitesse V0. Supposons que la vanne soit fermée instantanément au temps t=0 (figure 1-1a)

La tranche d’eau adjacente à la vanne vient s’écraser contre celle-ci et s’immobilise.


Comprimée par la colonne d’eau, la tranche se raccourcit et produit un gonflement du tuyau.
Ce phénomène se reproduit pour la tranche précédente et, de proche en proche, jusqu’au
réservoir (figures 1-1b et 1-1c). On constate donc à la vanne au temps t=0 la formation d’une
onde de surpression à front raide se propageant vers l’amont avec une célérité c. Au
temps t=L/c, la conduite contient une colonne d’eau immobile (V=0) et entièrement
comprimée.

Mais la pression à l’entrée de la conduite est commandée par le niveau du plan d’eau dans le
réservoir. La tranche d’eau à l’entrée se décomprime donc vers l’amont, puis la tranche
suivante, et ainsi de suite. Une onde de dépression descend, se superposant à l’onde
précédente et ramenant la pression à sa valeur initiale (figures 1-1d et 1-1e). Tout se passe
donc comme si l’onde de surpression avait été réfléchie avec changement de signe.
Pendant le temps L/c que met l’onde de dépression pour parcourir la conduite, celle-ci rejette

A L MAR Page 5 17/02/2011


dans le réservoir un débit égal au débit initial (ce qui suppose la conservation de l’énergie :
énergie cinétique, énergie de pression et énergie potentielle de déformation).

Au temps θ=2L/c, la colonne d’eau est uniformément animée d’un mouvement vers l’amont
(réservoir). Le temps θ =2L/c que l’onde de surpression met pour parcourir la conduite
aller et retour s’appelle phase. Comme la vanne est complètement fermée, il n’y a pas d’eau
disponible pour maintenir l’écoulement ; il se développe alors une onde négative à cause de
l’inertie de telle sorte que la tranche d’eau adjacente à la vanne s’immobilise. Tout se passe
comme si l’onde négative incidente était réfléchie en conservant cette fois-ci son signe.
Cette dépression se déplace vers l’amont avec une célérité c jusqu’au réservoir de sorte qu’au
temps t=3L/c, la colonne d’eau est complètement immobilisée (figures 1-1f et 1-1g).

Le niveau du plan d’eau dans le réservoir contrôlant la pression à l’entrée, la tranche d’eau à
l’entrée reprend sa forme et sa pression originale, puis la tranche suivante, et ainsi de suite.
L’onde de pression se déplace vers l’aval avec une célérité c ; à l’instant t=4L/c, les
conditions d’écoulement sont exactement les mêmes que celles à l’instant t=0 (figure 1-1h et
1-1i).

La figure 1-2 montre l’évolution de la pression et de la vitesse en quelque section choisie dans
notre exemple ci-dessus (à la vanne et au milieu de la conduite). On peut tracer les mêmes
courbes pour chaque section de la conduite à partir de la figure 1-1. En maintenant
l’hypothèse d’absence de perte d’énergie, ce phénomène est périodique et se répète à tous les
intervalles de temps T=2θ =4L/c appelés période.

1.2 Arrêt brutal d’une pompe à l’amont d’une conduite de refoulement

Les coups de bélier les plus importants sont ceux qui se produisent au moment d’une coupure
du courant d’alimentation d’une station de pompage refoulant vers un réservoir (arrêt des
pompes par exemple à cause d’une disjonction). A l’instant précédant immédiatement l’arrêt
des pompes, l’eau circule dans la canalisation avec une vitesse uniforme V0. Lorsque les
pompes s’arrêtent, les forces d’inertie empêchent la masse d’eau en amont de s’arrêter
brusquement et celle-ci continue à avancer vers l’aval en donnant naissance à une onde de
dépression qui se propage vers l’aval.

Arrivée au réservoir d’extrémité au temps t=L/c, l’onde de dépression se réfléchit en


changeant de signe : elle devient une onde de surpression qui vient s’ajouter à l’onde
incidente.

Au temps t=2L/c, l’onde positive arrive au niveau de la pompe où le clapet est déjà fermé.
Elle est alors réfléchie en conservant son signe. C’est en ce moment que la surpression (coup
de bélier) intervient dans la conduite et un phénomène de propagation identique à celui décrit
au paragraphe ci-dessus intervient si la dépression engendrée initialement n’est pas trop forte
pour faire intervenir des phénomènes de cavitation.

En l’absence de frottement, on aurait aussi un phénomène périodique de période T=4L/c.

A L MAR Page 6 17/02/2011


a) t=0

V0

b) 0<t<L/a c
B

V0 V=0

c) t=L/a

V=0

d) L/a<t<2L/a
c B

V0 V=0

e) t=2L/a

V0

f) 2L/a<t<3L/a

-B
c
V=0
V0

g) t=3L/a

-B

V=0

h) 3L/a<t<4L/a
c -B

V=0
V0

i) t=4L/a

V0

Figure 1-1 : Analyse physique du phénomène du coup de bélier (conduite horizontale sans
frottement reliant un réservoir et une vanne fermée instantanément au temps t=0)

A L MAR Page 7 17/02/2011


a) à la vanne V=0

0 t
L/c 2L/c 3L/c 4L/c 5L/c 6L/c 7L/c

-B

b) au réservoir B=0
V

V0

0 L/c 2L/c 3L/c 4L/c 6L/c 7L/c t


5L/c

- V0

Figure 1-2 : Variation de la pression et de la vitesse en fonction du temps en quelques points


de la conduite de la figure 1-1

A L MAR Page 8 17/02/2011


c) au milieu de la conduite

V0

L/2c 3L/2c 5L/2c 7L/2c 9L/2c 11L/2c 13L/2c 15L/2c


0 L/c 2L/c 3L/c 4L/c 5L/c 6L/c 7L/c t

- V0

L/2c 3L/2c 5L/2c 7L/2c 9L/2c 11L/2c 13L/2c 15L/2c


0 L/c 2L/c 3L/c 4L/c 7L/c t
5L/c 6L/c

-B

Figure 1-2 (suite) : Variation de la pression et de la vitesse en fonction du temps en quelques


points de la conduite de la figure 1-1

A L MAR Page 9 17/02/2011


1.3 Généralisation

On peut généraliser les deux exemples ci-dessus (fermeture en aval et fermeture en amont) en
laissant tomber la cause de la modification du débit initial :

• Dans le cas d’une fermeture en amont ou d’une ouverture en aval, la première


onde serait une onde de dépression ;
• Dans le cas d’une ouverture en amont ou d’une fermeture en amont, la première
onde serait une onde de surpression.

Au bout du temps L/c, une onde d’équilibre engendrée au réservoir (nous ne considérons ici
que ce cas de condition aux limites simple) se propagerait en retour jusqu’à l’organe de
manœuvre où elle arriverait au temps θ=L/c. A ce moment là, prendrait naissance une onde
de sens opposé à la première onde qui se propagerait à partir de l’organe de manœuvre pour
arriver au réservoir au temps 3L/c. Cette onde sera suivie d’une onde d’équilibre qui
atteindrait l’organe de manœuvre au temps 2θ=4L/c et le phénomène recommence.

Le phénomène du coup de bélier sera encore plus accentué si l’onde de dépression est
suffisante pour que la pression de vapeur du liquide soit atteinte dans la conduite. Il se crée
alors une ou plusieurs poches de cavitation et la veine liquide se sépare en deux (séparation
de colonne). En effet, lorsque la pression reprend une valeur positive, cette poche de
cavitation se referme très brutalement en engendrant à son tour une surpression très
importante.

L’action des frottements a pour résultat d’affaiblir progressivement le phénomène :


amortissement progressif des ondes de surpression et dépression en un point de la
conduite. On a ainsi des phénomènes périodiques amortis en chaque section de la conduite
qui vont atteindre un nouvel équilibre final. On qualifie souvent ce régime de régime
transitoire qui est le passage d’un régime permanent à un autre régime permanent. On exclue
donc dans ce chapitre les écoulements variables provoqués par l’action permanente d’une
source perturbatrice entretenue (résonance hydraulique).

2 EQUATIONS DU PHENOMENE

2.1 Mise en équation du coup de bélier

L’équation de continuité écrite pour une tranche de conduite infinitésimale dX donne les
expressions (1-1) et (1-2) si l’on néglige l’énergie cinétique dans la charge hydraulique et
si l’on tient compte de :

dρ dp
• La compressibilité du fluide ( = ) avec un module de compressibilité ε ;
ρ ε

A L MAR Page 10 17/02/2011


• La déformation élastique de la conduite ( dσ = E dD où E est le module d’élasticité
D
du matériau et dσ l’accroissement de la tension) dont on néglige l’épaisseur e par
rapport au diamètre D (formule du tube : dσ = D dp ) qui donne dS = 2dD = D dp .
2e S D eE
∂H c2 ∂Q
+ =0 (1-1)
∂T gS ∂X

ε
ρ
c=
ε D (1-2)
1+
E e

Le théorème des quantités de mouvement pour la même tranche de conduite, projeté dans la
direction X de la conduite, donnera l’équation (1-3) avec les hypothèses suivantes qui sont
vérifiées dans les cas fréquents du coup de bélier :

• La perte de charge est donnée par la même formule que l’écoulement permanent
n
Q
(J =a m
) et le frottement à la paroi de la conduite par τ 0 = ρg R H J ;
D
• La vitesse est uniforme dans la section et elle est égale à Q/S ;

• Les variations de la masse volumique ρ et de la section S sont négligeables devant les


variations du débit Q et de la charge H : c’est le cas des liquides qui nous concerne et
le plus souvent dans le cas des gaz quand il s’agit de phénomène de propagation
d’ondes sonores ;

• Le flux net de quantité de mouvement est négligeable devant sa variation locale


Q ∂Q ∂Q
( << )
S ∂X ∂T

n −1
∂Q ∂H Q Q
+ gS + gSa =0 (1-3)
∂T ∂X D
m

L’inventaire des forces extérieures dans l’application du théorème des quantités de


mouvement fait intervenir les trois types de composantes selon la direction X suivants :

A L MAR Page 11 17/02/2011


• Forces de pression

Sp = S(H − z)ρg à la section X

et
∂p ∂(H − z)
− S(p + dX)=−S(H − z + dX)ρg à la section X+dX
∂X ∂X

• Forces de frottement

τ 0 PdX = ρg R H JPdX = ρgSJdX


• Poids

− ρgS ∂z
∂X

2.2 Célérité des ondes

Si l’on dérive les équations (1-1) et (1-3) par rapport à X et à T en négligeant le terme des
pertes de charge, on peut obtenir par combinaison linéaire, le système équivalent des
équations (1-4) et (1-5) appelées équations d’Allievi et qui sont les équations des cordes
vibrantes. Même avec le terme des pertes de charge, on démontre que les équations (1-1) et
(1-3) sont les équations de propagation d’ondes planes avec une célérité c.

2 2
∂ Q = 2∂ Q
c (1-4)
∂T
2 2
∂X

2 2
∂ H = 2∂ H
2 c 2 (1-5)
∂T ∂X
Il vaut mieux parler de célérité que de vitesse des ondes car la notion de vitesse évoque le
déplacement de particules matérielles. Les particules ne suivent pas l’onde avec la célérité c
bien que leur mouvement soit modifié par le passage de l’onde.

Pour les conduites circulaires minces et libres d’obstacles (plusieurs joints d’expansion), la
célérité de l’onde est donnée par l’équation (1-2). Dans le cas théorique d’une conduite rigide

ou si le fluide est très compressible (ε/E<<1), on aurait la célérité c = ε qui correspond à


ρ
la célérité de l’onde dans un milieu infini (son).

Pour le calcul de la célérité, on peut prendre la masse volumique ρ=1000 kg/m3 et le


coefficient de compressibilité ε=2*109 Pa pour l’eau même si ces valeurs varient légèrement

A L MAR Page 12 17/02/2011


en fonction de la température et de la pression. Le module d’élasticité de Young, E, dépend de
la nature de la paroi et on trouve les valeurs suivantes pour les matériaux usuels :

E=1,7 1011 Pa pour la fonte ductile ;


E=1,2 1011 Pa pour la fonte grise ;
E=2 à 2,2 1011 Pa pour l’acier ;
E= 3,5 1010 Pa pour le béton ;
E=3 109 Pa pour le PVC ;
E=9,3 108 Pa pour le polyéthylène haute densité ;
E=2 108 Pa pour le polyéthylène basse densité.

Ainsi, pour l’eau et pour les canalisations courantes, les valeurs de la célérité varient entre
300 m/s (pour le PVC et le polyéthylène haute densité) et 1200 m/s (pour l’acier et la fonte)
suivant les diamètres, les pressions et la nature des matériaux.

Pour les matériaux composites (béton armé par exemple), les tuyaux épais ou les galeries, il
convient de partir de l’équation générale (1-6) donnant la célérité. La valeur de Ψ, qui est sans
dimension (Tableau 1-1), est fonction du type de tuyau (épais ou mince), des conditions de
pose (ancrage ou libre), des propriétés élastiques du matériau (module de Young E et
coefficient de Poisson ν qui est le rapport entre la déformation latérale et la déformation
axiale) et des dimensions (épaisseur e et diamètre intérieur D).

ε
ρ
c= (1-6)
1+ ε Ψ
E
On peut rendre adimensionnelles les équations (1-1) et (1-3) pour permettre la construction
d’abaques généraux dépendant d’un nombre de paramètres réduits en posant :

• X=L*x ; Q=Q0*q ; H=h*H0 où H0 est à choisir et Q0 le débit en régime permanent

• T=t*T0 où T0=LQ0/(gSH0) qui a été choisi de manière à avoir un coefficient unité


∂Q
devant le terme dans l’équation (1-3).
∂T

On obtient alors les équations adimensionnelles (1-7) et (1-8) où K et A sont des nombres
dépendant uniquement de la conduite et qui sont donnés ci-après :

J0 L
• K= représente le terme des pertes de charge en régime permanent pour le débit
H0
Q0 ;

C Q0
• A= représente la célérité des ondes dans la conduite.
gS H 0

A L MAR Page 13 17/02/2011


∂q ∂h
A
2
+ =0 (1-7)
∂x ∂t

∂h ∂q n −1
+ +K q q=0 (1-8)
∂x ∂t

2.3 Conditions aux limites

Les équations du coup de bélier sont du type hyperbolique. La connaissance de la condition


initiale (débit et charge en toute section de la conduite à l’instant 0) et des conditions aux
limites (relation entre la charge et le débit à tout instant aux extrémités de la conduite)
détermine la solution de façon unique.

Les conditions aux limites de chaque conduite sont déterminées par les types d’appareil
hydraulique qui se trouvent à leurs extrémités. Des fonctions, évoluant éventuellement avec le
temps, relient les débits et les charges de chaque appareil branché à la limite considérée. Les
plus courants sont :

• Les réservoirs à niveau constant

La charge à l’extrémité de la conduite est constante quelque soit le temps si l’on


néglige les pertes de charge singulières : H=H0=constante

• Les bouts fermés ou vannes fermées instantanément

Le débit en cette section est nul quel que soit le temps : Q=0

• Les vannes en manœuvre (ouverture ou fermeture)

La relation entre le débit Q et la perte de charge ΔH est donnée en tout instant en fonction
( )2
de la section de passage SV et du coefficient de débit Cd : Q 2 = 2 g C d S V ΔH . On
donne généralement l’évolution du rapport τ des CdSv à l’instant t et à l’ouverture
complète.

• Jonction de n conduites

L’équation de continuité (somme algébrique des débits est nulle) et le théorème de


Bernoulli appliqué (n-1) fois entre les extrémités des conduites (égalité des charges si
les pertes de charge singulières sont négligeables) complètent le système des
équations.

A L MAR Page 14 17/02/2011


Type Conditions de pose Formule Remarques
Rigide - Ψ=0 ou fluide très compressible
Ancré à l’amont seulement ⎛5 ⎞ e
− ν + 2(1 + ν ) er (1 + er ) ⎟ er =
D ⎜⎜ 4 ⎟ D
Ψ=
Elastique épais e⎜ 1 + er ⎟
⎜ ⎟
⎝ ⎠
Ancré tout le long (pas de ( ) (
D 1 −ν + 2 1 + ν e r 1 + e r
⎛ 2
) ⎞ e
Ψ= ⎜ ⎟⎟ er =
mouvement longitudinal) e ⎜⎝ 1 + er ⎠ D
Libre de tout mouvement D⎛ 1 + 2 er + 2 er
2

longitudinal Ψ = ⎜ 2ν er + ⎟ e
e⎜ 1 + er ⎟ er =
⎝ ⎠ D
Ancré à l’amont seulement ( )
Ψ = D 5 −ν
e 4
Tube épais avec er = 0

Ancré tout le long (pas de D Tube épais avec er = 0


Elastique mince Ψ = (1 − ν 2 )
mouvement longitudinal) e
Libre de tout mouvement Ψ= D Tube épais avec er = 0
longitudinal e
Béton armé Non fissuré S Voir élastique avec une épaisseur e et E
e = E b eb + a
Ea la S
de l’acier. a =épaisseur uniforme
la
d’acier=section d’une barre S a sur
l’espacement l a entre barres
Non revêtu Ψ =2(1+ν ) Voir élastique épais avec er très grand
Rocher (E et ν du rocher)
Revêtu d’acier D⎛ e E ⎞ E, D, e pour l’acier
Ψ = ⎜⎜ r ⎟

e ⎝ G + er E ⎠ G = E pour le rocher
2(1+ν)
Revêtu d’acier, béton entre acier 4 eb (eb + D )G + E b D 2 G pour le rocher ; Indices a pour l’acier
Ψ = D Ea
E b G D + 4 E a G ea eb (eb + D ) + E b E a ea D
et rocher 3 2 et b pour le béton.
D diamètre intérieur acier
Tableau 1-1 : Calcul de la célérité des ondes en fonction de la nature et des dimensions de la conduite élastique (compléments de l’équation 1-6)

A L MAR Page 15 17/02/2011


• Arrêt ou démarrage de pompe centrifuge

Le débit Q, la vitesse de rotation N et la hauteur manométrique totale H sont liés à


chaque instant t par les lois de la similitude des pompes (H/N2=Constante et
Q/N=Constante). Le changement de vitesse de rotation dépend du couple moteur CM,
du couple résistant C (puissance mécanique divisée par N) et du moment d’inertie I
des parties tournantes (roue de la pompe, rotor du moteur, liquide dans la roue, arbre et
éventuellement volant d’inertie) : CM-C=I(dN/dt). Ces équations permettent de calculer
le coup de bélier. Il faut cependant noter que dans la plus part des installations, un
clapet se ferme immédiatement à l’arrêt de la pompe et que dans ce cas la condition
aux limites devient un bout fermé.

• Ballon d’air comprimé

La loi d’expansion de l’air (PVn=Constante où P et V sont la pression absolue et le


volume de l’air), l’équation de continuité (dV/dt égale au débit algébrique d’eau
entrant dans le ballon), le théorème de Bernoulli entre le ballon et l’extrémité de la
conduite et l’équation de continuité permettent de déterminer à tout instant la
condition aux limites.

• Cheminée d’équilibre

La charge hydraulique qui est donnée par la cote de l’eau Z dans la cheminée plus la
charge cinétique, l’équation de continuité (SdZ/dt égale somme algébrique des débits
d’eau entrant et sortant du nœud où il est branché où S est la section de la cheminée)
et le théorème de Bernoulli entre la cheminée et l’extrémité de la conduite permet de
déterminer à tout instant la condition à cette limite.

• Poche de vapeur

La charge hydraulique est constante et égale à la tension de vapeur plus la cote du


point quel que soit le débit jusqu’à ce que la poche se referme.

3 METHODES DE RESOLUTION

Plusieurs méthodes de résolution des équations du coup de bélier existent dont les principales
sont la méthode des différences finies, la méthode des caractéristiques et la méthode
graphique de Bergeron-Schnyder basée sur celle des caractéristiques.

3.1 Méthode des différences finies implicites

Les dérivées partielles des fonctions f sont remplacées par des différences finies et les valeurs
par leurs moyennes entre deux instants. Dans le schéma de discrétisation de Preissmann de la
figure 1-3 (différences finies implicites), on obtient les relations suivantes :

A L MAR Page 16 17/02/2011


j +1 j +1 j j
∂f f i + f i +1 − f i − f i +1
=
∂t 2 Δt
j +1 j j j
∂f f − f i +1 f − fi
= θ i +1 + (1 − θ ) i +1
∂x Δx Δx
j +1 j +1 j j
f i + f i +1 f i + f i +1
f =θ + (1 − θ )
2 2

Dans ces relations, l’indice indique l’abscisse le long de la conduite et l’exposant, le temps.
On suppose que toutes les valeurs sont connues à l’étape j et veut faire les calculs pour l’étape
j+1. La valeur de θ est comprise entre 0 et 1 non inclus ; elle permet d’éviter des problèmes
d’instabilité numérique et on prend souvent 0,7. La méthode des différences finies explicites
correspond à θ=0.

Si la conduite est subdivisée en n-1 tronçons de longueur Δx, on obtient 2n équations à 2n


inconnues f ij +1 avec f égale à la charge h ou au débit q. En effet les n-1 tronçons donnent 2n-
2 équations discrétisées, complétées par la discrétisation des 2 conditions aux limites amont et
aval.

On utilise ensuite les méthodes de résolution des systèmes d’équations linéaires et si le


système n’est pas linéaire, on peut utiliser une technique de linéarisation du type Newton-
Raphson.

t
évaluation de la fonction

j+1
Q évaluation de la dérivée par rapport à x
Dt
1-Q évaluation de la dérivée par rapport à t
j
Dx/2

x
i Dx i+1

Figure 1-3 : Schéma des différences finies implicites de Preissmann

A L MAR Page 17 17/02/2011


3.2 Méthode des caractéristiques

En ajoutant l’équation (1-7) à l’équation (1-8) multipliée par un facteur λ, puis en posant
dx/dt=λ=A2/λ , on obtient l’équation différentielle suivante avec λ=±A :

dh dq n −1
+λ + λK q q = 0
dt dt
Cette forme condensée est équivalente aux 2 systèmes d’équations différentielles (1-9) et
(1-10) appelées équations de compatibilité :

⎧ dx (a)
⎪ =A
⎪ dt
⎨ (1-9)
⎪ dh dq n −1
(b)
⎪ dt + A dt + KA q q = 0

⎧ dx
⎪ = −A (a)
⎪ dt
⎨ (1-10)
⎪dh dq n−1 (b)
⎪ dt − A dt − KA q q = 0

Les équations (1-9a) et (1-10a) sont respectivement les caractéristiques positive C+ et


négative C- qui sont des droites dans le plan (x,t). Elles sont à la base de la méthode
graphique de Bergeron-Schnyder. Les relations (1-9b) et (1-10b) sont vérifiées à tout instant
en suivant respectivement les caractéristiques correspondantes.

Ainsi, si un « observateur de Bergeron » parcourt la conduite dans le sens de x avec une


vitesse A, il observera toujours la relation (1-9b) entre les points où il se trouvera. Si un autre
observateur la parcourt dans le sens contraire de x avec une vitesse A, il observera toujours la
relation (1-10b) entre les points où il se trouvera. Si un des observateurs arrivent aux
extrémités de la conduite, la relation correspondante de la caractéristique et les relations
définissant les conditions aux limites sont vérifiées. Si ces 2 observateurs se rencontrent en un
point intérieur, les deux relations (1-9b) et (1-10b) sont vérifiées.

On peut utiliser le schéma de différence finie explicite de la figure 1-4 pour discrétiser les
relations (1-9b) et (1-10b). Suivant la caractéristique positive C+, on pose df = f ij +1 − f ij−1
avec f=h et f=q et on obtient la relation (1-11) entre qij +1 et hij +1 . Suivant la caractéristique
négative C-, on pose df = f ij +1 − f ij+1 et on obtient la relation (1-12).

n −1
hi
j +1
= − A qij +1 + Pij avec Pij = hij−1 + A qij−1 − AKΔt qij−1 j
qi −1 (1-11)

A L MAR Page 18 17/02/2011


n −1
j +1
hi = A qij +1 + N ij avec N ij = hij+1 − A qij+1 + AKΔt qij+1 j
qi +1 (1-12)

Il faut rappeler que dans les équations (1-11) et (1-12), K et A sont des constantes données
dans le paragraphe 2.2 ; Pij et N ij sont connus au temps j.

Pour une point intérieur (i=1 à N-1), les 2 équations permettent de calculer les inconnues hij +1
et qij +1 . Pour les extrémités (i=0 et i=N), on utilise l’équation correspondante et les relations
définies par les conditions aux limites.

t
Condition limite amont

Condition limite aval


j+1

C-
C- C+
Dt C+

x
0 1 Dx N
i-1 i i+1 N-1

Figure 1-4 : Schéma de discrétisation de la méthode des caractéristiques. On subdivise la


conduite en N tronçons Δx et on prend Δt= Δx/A.

3.3 Méthode analytique d’Allievi

Les équations des cordes vibrantes (1-4) ou (1-5) peuvent s’intégrer en posant un changement
2
∂ y
de variables w=T+X/c et z=T-X/c. Elles se réduisent alors à une équation du type =0
∂z∂w
qui compte tenu de la relation entre Q et H et des conditions initiales donnent des solutions du
type (1-13) où F et f sont des fonctions qui dépendent uniquement des conditions aux limites
de la conduite ; g est l’accélération de la pesanteur ; c est la célérité des ondes et S est la
section de la conduite. H0 et Q0 sont respectivement la charge et le débit en l’absence de toute
perturbation (régime permanent sans perte de charge). Le mouvement perturbateur se
superpose donc tout simplement au régime initial.

A L MAR Page 19 17/02/2011


⎧ X X
⎪ H ( X , T ) = H + F (T − ) + f (T + )
0

⎪ c c
⎨ (1-13)
⎪ 0 Sg ⎛ X X ⎞
⎪Q( X , T ) = Q − ⎜ F (T − ) − f (T + ) ⎟
⎩ c ⎝ c c ⎠

Pour un Observateur se déplaçant le long de la conduite avec une vitesse c (T-X/c=Cste), la


fonction F restera constante en chaque point où il se trouvera. Cette fonction représente donc
une onde se propageant dans la conduite avec la célérité c, dans le même sens que X.

De manière analogue, un second observateur se déplaçant le long de la conduite et en sens


inverse (T+X/c=Cste) observerait que la fonction f reste constante en chaque point où il se
trouvera ; cette fonction représente donc une onde se propageant le long de la conduite avec
une célérité –c, c’est à dire dans le sens contraire de X.

Donc la surpression (ou dépression) H-H0 en chaque point de la conduite résulte de la


superposition en ce point des 2 ondes F et f se propageant dans la conduite, en sens inverse,
avec la même célérité absolue c.

Les fonctions F et f ne sont pas indépendantes l’une de l’autre car elles doivent satisfaire aux
conditions aux limites et initiales. On définit pour trouver leur relation, la notion d’impédance
par le rapport (1-14) suivant qui peut être calculé dans toute section X=l où les fonctions F et f
sont déterminées. Les Δ représentent les surpressions ou dépressions s’ils portent sur H, ou
bien les sur-débits ou sous-débits par rapport au débit initial s’ils portent sur Q.

cρ F + f
Z = ΔP = ρg ΔH =
ΔQ ΔQ S F − f (1-14)

Si dans une section donnée x=l, l’impédance est imposée et égale à Zl, on doit avoir la relation
suivante et toute la théorie de la réflexion des ondes repose sur la résolution de cette équation.

Zl S −1
ρc
f x =l = F x =l
Zl S +1
ρc
On peut citer 2 exemples qui permettent de résoudre par la méthode d’Alliévi quelques
problèmes classiques de coup de bélier :
1) Un bout fermé à la section l où on aura Z l = +∞ , d’où F X =l = f X =l ce qui veut
dire que l’onde incidente se réfléchit en conservant son signe.
2) Un réservoir à niveau constant à la section l où Z l = 0 , d’où F X =l = − f X =l ce
qui veut dire que l’onde incidente se réfléchit en changeant de signe.
,

A L MAR Page 20 17/02/2011


3.4 Méthode graphique de Bergeron-Schnyder

3.4.1 Principe de la méthode

La méthode graphique de Bergeron n’est plus intéressante dans la résolution de cas


complexes à cause des moyens actuels, puissants et rapides, de calcul numérique sur
ordinateur et des logiciels du commerce reposant sur ce principe. Elle est cependant très utile
pour clarifier l’approche qualitative des phénomènes dans quelques cas classiques ou
spécifiques et pour donner des ordres de grandeurs.

En fait, c’est une application rigoureuse de tout ce qui a été exposé sur la méthode des
caractéristiques avec K=0 ou la méthode analytique d’Allievi.

Supposons un observateur qui part de M au temps t où l’onde F passe par M, et qui se déplace
le long de la conduite avec la célérité c. Cet observateur verra l’onde F conserver sa valeur
FM :

H-H0= FM+f

c(Q0-Q)/gS= FM-f

alors qu’au départ, en M, on avait :

HM-H0= FM+fM

c(Q0-QM)/gS= FM-fM

En éliminant successivement Q0 et H0 entre ces 4 équations puis (fM-f), on obtient l’équation


(1-15) qui, dans le plan (H,Q), est une droite passant par M de coordonnées (HM,QM) et de
pente c
gS
c
(
Q −Q = HM − H
gS M
) (1-15)

Si l’observateur se déplace, le long de la conduite en sens inverse, avec la vitesse c en quittant


M en même temps que l’onde f, c’est cette onde qui restera constante et égale à fM. Les mêmes
calculs que ceux effectués précédemment montreraient alors que pour cet observateur on a
l’équation (1-16) qui également, dans le plan (H,Q), est une droite passant par M de
coordonnées (HM,QM) et de pente − c .
gS


c
(
Q −Q = HM − H
gS M
) (1-16)

En fait ces équations (1-15) et (1-16) se sont rien d’autres que l’intégration des équations
différentielles de la méthode des caractéristiques (1-9) et (1-10) avec k=0 avec les variables
non réduites ;d ’où l’équivalence des 2 méthodes ( Allievi et caractéristiques).

A L MAR Page 21 17/02/2011


On prendra la convention suivante : Les coordonnées du point figuratif étant la charge H
et le débit Q que l’observateur constate à un instant t et en un lieu M de la conduite, ce
point, dans le plan (H,Q), sera désigné par une lettre (ou un chiffre) qui indiquera le
temps, affectée d’un indice qui indiquera le lieu de la conduite ; soit tM.

Le principe de base de la méthode graphique peut s’énoncer comme suit : Si un observateur


part d’un lieu M de la conduite au temps t où le régime d’écoulement est (HM,QM) (le
point figuratif dans le plan (H,Q) est le point tM) et s’il se déplace le long de la conduite
avec la vitesse c, il constante qu’en tout lieu où il passe, la charge H et le débit Q sont liés
par la même loi linéaire qui ne dépend que des constantes c et S de la conduite, du
régime (HM,QM) à l’instant et au lieu de son départ, et du sens de son déplacement par
rapport à l’orientation X de la conduite

Cette méthode de l’observateur de Bergeron est beaucoup plus simple que celle du calcul
d’Alliévi. Au lieu de rester fixe par rapport à la conduite et de regarder, Avec « Alliévi », les
fluctuations très complexes de débit et de Charge, il faut envoyer, avec « Bergeron », des
observateurs nous renseigner sur les valeurs de la charge et du débit aux endroits et aux
instants que nous voudrons, nous recommande Carlier.

Nous avons négligé la perte de charge dans la conduite dans l’élaboration du principe de la
méthode graphique de Bergeron. Mais elle permet, avec une bonne approximation, de tenir
compte des pertes de charge. A cet effet, on substitue à la perte de charge répartie sur
toute la longueur de la conduite, un nombre fini de pertes de charge concentrées en
quelques points (1 à 4) de la conduite, équivalentes au total à la perte de charge linéaire
et représentées par des diaphragmes fictifs et qui constituent de nouvelles conditions aux
limites pour les tronçons ainsi définis et sans perte de charge.

3.4.2 Illustration graphique de la méthode

Considérons le tronçon de conduite de la figure 1-5a orienté de A vers B. Les appareils qui
constituent les conditions aux limites en A et B ont des courbes caractéristiques H(Q) qui sont
respectivement ΨA(t) et ΨB(t) et qui peuvent être variables dans le temps mais connues à
chaque instant (figure 1-5b).

Choisissons comme unité de temps τ=L/c, le temps que met une onde pour parcourir la
distance L et prenons comme origine des temps l’instant où le premier des appareils, A par
exemple, commence à varier et supposons que le second appareil B commence à varier au
temps ε tel que 0≤ ε ≤ 1. Dans le cas où l’appareil B n’est pas perturbé artificiellement ε=1.

1°) Avant le temps 0, le point figuratif du régime en tout lieu M entre A et B est 0M, point
d’intersection entre ΨA(0) et ΨB(0)=ΨB(ε). Ce point 0M reste valable pour tout observateur
partant de A à un temps antérieur à 0. D’autre part le temps t=(ε –1) est le dernier instant
pour lequel un observateur parti de A trouve encore en B le régime permanent puisqu’il y
arrive à ε.

2°) Si un observateur part de B au temps limite ε, le régime en B à son départ étant encore le
régime initial défini par le point 0A = εB, la droite caractéristique sera la droite ϕ passant

A L MAR Page 22 17/02/2011


par εB et de pente + c car il se déplace dans le sens contraire des x (figure 1-5b). A son
gS
arrivée en A au temps t=(1+ε), le point figuratif du régime sera sur l’intersection (1+ε)A
de cette droite et de la caractéristique ψA(1+ε).

Si maintenant, l’observateur rebrousse chemin de A vers B, la droite caractéristique du


régime en tout lieu où il passe sera pour lui la droite Φ passant par le point connu (1+ε)A et
de coefficient angulaire − c puisqu’il se déplace dans le sens des x positif. En arrivant en
gS
B au temps t = 2 + ε, le point figuratif sera sur l’intersection (2 + ε)B, de cette droite et de
ψB(2+ε).

En faisant repartir l’observateur vers A puis vers B, on déterminerait successivement les


régimes en A à l’instant t=(3 + ε), soit le point (3+ε)A et en B à l’instant t=(4 + ε) soit le
point (4+ε)B, ainsi de suite.

3°) Supposons maintenant l’observateur parti de A au temps limite t=0. Le régime à son
départ étant encore le régime initial par le point 0M = εB = 0A, la droit caractéristique pour
cet observateur sera la droite Φ passant par le point 0A et de coefficient angulaire − c
gS
car il se déplace maintenant dans le sens des x. A son arrivée en B au temps t=1, le point
figuratif du régime sera à l’intersection 1B de cette droite et de la courbe caractéristique
ψB(1).

Si maintenant l’observateur rebrousse chemin de B vers A, la droite caractéristique du


régime en tout lieu où il passe sera la droite ϕ passant par le point connu 1B et de
coefficient angulaire + c (déplacement dans le sens inverse de x). En arrivant en A au
gS
temps t=2, le point figuratif du régime sera à l’intersection 2A de cette droite et de la
caractéristique ψA(2).

En faisant repartir l’observateur vers B puis vers A, on déterminerait les régimes :

en B à l’instant t=3 soit le point 3B

en A à l’instant t=4 soit le point 4A et ainsi de suite.

La méthode permet ainsi d’obtenir les régimes en A et B aux temps limites :

0, (1+ε), 2, (3+ε), 4, (5+ε), (6) … au point A

ε, 1, (2+ε), 3, (4+ε), … au point B

A L MAR Page 23 17/02/2011


a) conduite avec x orienté de A vers B

f(f ) F( F
)
A B

b) dans le plan (x,t)


condition limite amont condition limite aval

t
(4+e)
YB(4+e)
(4) YA(4)

YA
(3+e)
(3+e)
(3) YB(3)

YB(2+e)
(2+e)
(2)
YA(2)

(1+e)
YA(1+e)
(1) YB(1)

(e) YB(e)= YB(0)


YA(0) x
(0)
condition initiale
O L

c) dans le plan (H,Q) Y (1)


B

Y (4+e) Y (2+e)
B B (1)
H YB
(3) B (e)= Y (0)
YB B
(2+e) f
B F
(3)
B
(4+e)
B f 0M= 0A= eB
f
F F
F
f
Y (0)
(1+e) A
(3+e) A
(4) A
A

Y (1+e)
Y(4) A
A Y(2)
YA
(3+e) A

Q
droite f de pente +c/gS et droite F de pente -c/gS

Figure 1-5 : Illustration graphique de la méthode de Bergeron

A L MAR Page 24 17/02/2011


4°) Il peut être intéressant de connaître les régimes intercalaires à des instants quelconques
en A et B.

Si au lieu de partir de B au temps limiteε, l’observateur part de ce point à un temps t


antérieur, compris entre -1 et ε, le régime initial sera à fortiori donné par le point εB ; la
droite caractéristique sera donc pour cet observateur toujours la même que l’observateur
parti de ε, soit ϕ.

Il arrivera maintenant en A à un temps t compris entre 0 et 1+ε ; le point figuratif du


régime en A sera à cet instant à l’intersection de la droite ϕ et la courbe caractéristique de
l’appareil en A à l’instant t considéré.

Il en résulte que tous les points du régime en A, entre les instants 0 et (1+ε), seront sur la
même droite ϕ à son intersection avec la caractéristique de l’appareil A au temps
considéré. Si, par exemple, la courbe ψA(t) varie progressivement de ψA(o) à ψA(1+ε), les
points figuratifs intercalaires seront tous compris entre 0A et (1+ε)A.

5°) De même si au lieu de partir de A au temps t = 0, l’observateur part de ce point à un temps


antérieur compris entre ε-1 et 0 pour lequel le régime est toujours donné par le point
0A=εB, la droite caractéristique sera pour lui la même droite Φ que l’observateur parti au
temps limite t=0. Lorsqu’il arrivera au point B à un temps t compris ente ε et 1, le point
figuratif du régime en B à cet instant sera à l’intersection de la droite Φ et de la courbe
caractéristique de l’appareil B à l’instant t considéré. Si par exemple la courbe ψB(t) de
l’appareil B varie progressivement de ψB(ε) à ψB(1) les points figuratifs du régime en B
entre les instants ε et 1 seront tous compris entre εB et 1B.

6°) Proposons nous maintenant de connaître le régime à un temps t=i quelconque en un lieu
E quelconque entre A et B ; le régime sera caractérisé par un point iE.

AE EB
Désignons par τ'= et τ"= les temps mis par l’observateur pour aller
c c
respectivement de A vers E et de B vers E.

Soit (i - τ")B le point figuratif du régime en B au temps i-τ" et soit (i-τ’)A, le point figuratif
du régime en A au temps i-τ'. Ces deux points ont été obtenus par la méthode indiquée au
paragraphe précédent 5°).

Pour l’observateur parti de B vers A au temps (i - τ"), la droite caractéristique de la


conduite est la droite ϕ passant par (i-τ")B et coefficient angulaire +c/gS, le point figuratif
iE devra être sur cette droite lorsque l’observateur passera au lieu E au temps (i-τ'')+τ''= i

Pour l’observateur parti de A ver B au temps i-τ', la droite caractéristique est Φ passant par
le point (i-τ')A et de coefficient angulaire -c/gS ; le point figuratif iE devra être sur cette
droite lorsque l’observateur passera en E au temps (i-τ')+τ'=i.

Les deux observateurs qui se rencontrent ainsi en E au temps i devront y constater le même
régime qui sera caractérisé par le point d’intersection iE entre les 2 droites φ et ϕ liées aux
deux observateurs figure 1-6.

A L MAR Page 25 17/02/2011


H

F ( i-t")
B

iE
f
( i-t')
A

Figure 1-6 : Point figuratif dans le plan (H,Q) du régime en un point E de la conduite situé
entre A et B au temps i quelconque (τ'= AE et τ"= EB ).
c c

3.4.3 Exemples d’application de la méthode graphique

Nous allons maintenant appliquer la méthode graphique de Bergeron à un exemple simple de


fermeture d’une vanne située à l’extrémité d’une conduite reliée à un réservoir à niveau
constant (Point A). La dénivellation entre la cote du réservoir et l’axe de la vanne est égale à
H0 et le débit initial est de Q0. Nous considérerons les cas suivants :

• Fermeture instantanée de la vanne, perte de charge négligeable, avec ou sans


cavitation ;

• Fermeture lente avec réduction linéaire du débit Q0 sans perte de charge ;

• Fermeture instantanée, avec perte de charge, sans cavitation.

1°) Fermeture instantanée de la vanne, perte de charge négligeable, sans cavitation

La caractéristique ΨA(t) est indépendante du temps et elle est confondue avec l’axe des débits
si on prend, dans le plan (H,Q), comme origine des H la charge H0. La caractéristique ΨB(t)
est indépendante également du temps et elle est confondue avec l’axe des charges dans le plan
(H,Q) (Figure 1-7).

A L MAR Page 26 17/02/2011


H

Y
B

(0 ; 2)
B

f Pente=-c/gS

( - 00 ; 0) B
(1 ; 3)
A ( - 00 ; 1)
A
Q
H0 Q0 YA

B
F
Pente=c/gS

(2 ; 4)
B

H=PV =-10 mCE

Figure 1-7 : Fermeture instantanée de la vanne, perte de charge négligeable, sans cavitation

La construction de l’épure montre que la surpression maximale ΔH est égale à l’opposée de la


dépression maximale et elle est donnée par la relation géométrique suivante :

ΔH − 0 c
=−
0 − Q0 gS

On déduit alors que la surpression maximale, égale en valeur absolue à la dépression


maximale, est donnée par la formule (1-17) due à Joukovski-Alliai.

c Q0
ΔH = (1-17)
g S

2°) Fermeture instantanée de la vanne, perte de charge négligeable, avec cavitation

A L MAR Page 27 17/02/2011


La différence avec le cas précédant commence à intervenir à partir du temps (2) pour le
point B. La caractéristique ΨA(t) n’est pas modifiée par rapport au cas précédent ( figure 1-
8a).

Dans le cas où H0 est inférieure à cQ0/gS, la dépression de l’eau ne peut descendre en dessous
de la tension de vapeur de l’eau à la température considérée qui est égale 0,25 mCE à 20°C
que nous assimilons à 0m. On suppose que la poche de vapeur reste concentrée à la
vanne.

La caractéristique ΨB(t) devient conditionnelle :

• Si H en B est inférieure à –10 mCE alors H en B est égale à –10 mCE, donc ΨB(t) est
une droite parallèle à l’axe des Q et d’ordonnée –H0

• Si H en B est supérieure à -10 mCE alors Q en B est égale à 0, ΨB(t) est l’axe des
charges.

Dans notre exemple une poche de cavitation se forme (Fgure1-8b) et le débit est 0,7 fois Q0
pendant la période de 2 à 4 puis 0,1 fois Q0 pendant la période 4 à 6), et la poche commence à
se fermer pendant la période 6 à 8 au débit 0,5*Q0 et achèvera de se former pendant la période
8 à 8+Δτ au débit 1,1*Q0. Le temps Δτ est calculé pour que le volume de la poche de
cavitation formée pendant la période 2 à 6 soit comblé par le volume en retour de la période
6,8 à Δτ ; soit :

(0,7*2+0,1*2)*Q0 = (0,5*2+1,1*Δτ)*Q0

D’où
Δτ=0,54 unité de temps

Rappelons que l’unité de temps est L/c.

Dans ces conditions, l’observateur parti de A pendant la période 7 à 9 verra le point B de


façon différente selon son temps de départ ; d’où la nécessité de prendre 2 observateurs pour
ces périodes pour continuer la construction de l’épure :

• S’il est parti entre 7 et 7,54 , il verra le point B avec une poche de cavitation en cours
de résorption avec une charge égale à la tension de vapeur de l’eau et un débit positif
correspondant à la fermeture de la poche de cavitation (noté point B’ dans l’épure) ;

• S’il est parti entre 7,54 et 9, il verra B avec un débit nul (noté point B dans l’épure).

L’épure montre que la surpression maximale en B ( points (10 ; 10,54)B) dépasse la valeur de
cQ0/gS. Cet exemple justifie la méfiance des hydrauliciens vis à vis de la cavitation lors des
phénomènes transitoires. Il est donc recommandé d’éviter la cavitation.

A L MAR Page 28 17/02/2011


a) Epure de Bergeron H
YB

(10 ; 10,54)

(0 ; 2)
B

f (8,54 ; 10)
B

f F
f

vers (9,54 ; 11) A F


vers (11 ; 11,54)
A
F

-Q 0 -0.7 Q 0 (3 ; 5) A -0.1Q 0 (5 ; 7) A +0.5 Q 0 Q0 1.1 Q 0


Q
H0 (1 ; 3) A (-0 0; 1) A (9 ; 9,54) A YA
(7 ; 9) A
(-00; 0) B

F F F F f
f f f

H=PV =-10 mCE (2 ; 4) (4 ; 6) (6 ; 8) (8 ; 8,54)


YB
B B B B'

b) Calcul du temps de résorption de la poche de cavitatio


égalité des volume en dessous et au dessus de l'axe t

1,1 Q
0

0,5 Q 0

2 4 6
t
8 8,54
-0,1 Q
0

-0,7 Q
0

Figure 1-8 : Fermeture instantanée de la vanne, perte de charge négligeable, avec cavitation

A L MAR Page 29 17/02/2011


3°) Fermeture lente avec réduction linéaire du débit Q0 sans perte de charge

On suppose que la loi de variation du débit est linéaire et donnée par les relations suivantes
avec Tf > 2L/c :
⎛ t ⎞
Si 0≤t≤Tf alors QV = Q0 ⎜⎜1 − ⎟

⎝ Tf ⎠

Si t≥ Tf alors QV = 0

Dans l’exemple de l’épure de la figure 1-9, le temps de fermeture Tf de la vanne est égal à 3,5
fois L/c. la surpression maximale est donnée par la relation géométrique suivante :

ΔH =− c avec Q(2)=Q0(1-(2L/c)/Tf)
Q(2)−Q(0) gS

On en déduit que la surpression maximale survient à la vanne et elle est donnée par la formule
(1-18) appelée formule de Michaud.

2 L Q0
ΔH = (1-18)
gS T f

La formule de Michaud est rarement applicable en toute rigueur car il est difficile d’imposer
une loi de débit à travers la vanne ; cependant la valeur trouvée est un majorant de la
surpression due à une fermeture (variation de la section) linéaire de cette même vanne.

4°) Fermeture instantanée, avec perte de charge, sans cavitation.

On concentre les pertes de charge au réservoir en les représentant comme un diaphragme


fictif placé entre un point A’ immédiatement en aval du point A où se trouve le réservoir.
L’épure de la figure 1-10a montre que le coup de bélier est progressivement amorti et finira
par un débit nul et une charge égale à la charge au réservoir H0 dans toute la conduite.

On peut également concentrer les pertes de charge en choisissant 2 diaphragmes situés au


réservoir (points A et A’) et au milieu de la conduite (points C et C’). La construction de
l’épure est alors un peu plus compliquée car il faut calculer les débits en C et C’ (Figure 1-
10b).

On cherche alors les états représentatifs aux points A’ et B aux temps pairs (2n), et aux points
C et C’, aux temps impairs. Le départ est l’état en C et C’, aux temps –1 d’une part et en A’ au
temps 0. Le point figuratif de l’état en B est sur la droite Q=0 (pas de cavitation) et le point
figuratif de l’état en A’ est sur la parabole des pertes de charge sur la longueur L’=L/2
(caractéristique d’un diaphragme). L’unité de temps devient τ=L/2c=1.

A L MAR Page 30 17/02/2011


Y (Tf ; 0)0
B Y
Y (1) B (0)
H
YB
(3) Y (2) B
B

(2)
B

f
F
(1)
(3) B
B

(6) F
B
f
(-00 ; 1)
A
(-00 ; 0)
B Q
(3)
A H0 (5)
A (2)
A Q0 YA

(4)
B

Figure 1-9 : Fermeture lente avec réduction linéaire du débit Q0 sans perte de charge.

Figure 1-10a : Fermeture instantanée, pertes de charge concentrées au réservoir et sans

a) Pertes de charge concentrées au réservoir

YB

(0 ; 2)
B

(4 ; 6)
B F
(1 ; 3) (8 ; 10)
A' B
(5 ; 7)
A'
H0 Q0 YA Q
(7 ; 9)
A'
(3 ; 5) DH totale
A'

(6 ; 8)
(-00 ; 1)
A' YA'

(2 ; 4)
B Parabole des pertes de charge

cavitation
Les points figuratifs des états en C’ et C à l’instant (2n+1) sont calculés ainsi :

A L MAR Page 31 17/02/2011


• d’une part, ils sont respectivement sur la droite φ issue du point représentatif de l’état
à l’instant (2n) en B (avec une pente +c/gS) et la droite Φ issue du point représentatif
de l’état à l’instant (n) en A’ (avec une pente -c/gS) ;

• et d’autre part, ils ont même abscisse (continuité des débits en C et C’), leurs
ordonnées décalées de la perte de charge du diaphragme pour le même débit.

C'
A B
A' L C L

yB
H

2B 1C
perte de charge d'un diaphragme
1C'
f 0B F
3C' f
3C F
8B
2A' 6A'
H0 4A' Q
y
A
4B
7C' 7C
0A'
5C'
yA'
5C 6B
-1C'

Figure 1-10b : Fermeture instantanée, pertes de charge concentrées au réservoir et au milieu


de la conduite, et sans cavitation.

4 VALEURS MAXIMALES DU COUP DE BELIER

4.1 Valeurs maximales du coup de bélier

Les exemples précédents montrent qu’en l’absence de cavitation deux cas peuvent se
présenter suivant le temps d’annulation du débit Tf comparé au temps θ=2L/c mis par les
ondes pour parcourir un aller-retour dans la conduite de longueur L :

A L MAR Page 32 17/02/2011


1°) Si Tf < θ, l’arrêt est dit rapide et la valeur maximale du coup de Bélier (surpression ou
cVo
dépression selon le cas) est maximale et vaut où Vo est la vitesse du régime permanent.
g
C’est la formule de Joukovski-Allievi.

2°) Si Tf > θ, l’arrêt est dit lent et la valeur maximale du coup de Bélier est plus faible et vaut,
dans le cas d’une réduction linéaire du débit (formule de Michaud) :

2 LVo c Vo θ
= .
g g T
f

Ceci montre l’intérêt :

- d’adapter des robinets à fermeture lente, pour se situer dans le 2ème cas (formule de
Michaud). C’est surtout les dernières courses de l’opercule de la vanne qui sont
importantes dans la fermeture.

- de connaître le temps mis par un groupe motopompe pour s’arrêter (qui devra si possible,
être supérieure à θ=2L/c)

- d’utiliser des artifices pour prolonger ce temps d’arrêt des groupes en cas de coupure
d’électricité (volant d’inertie, démarrage et arrêt progressifs,…).

Nous remarquons que le coup de Bélier est proportionnel à la vitesse du régime permanent.
On a donc aussi intérêt à ne pas adopter des vitesses trop élevées.

La longueur de la conduite également intervient de la manière suivante :

• θ est proportionnel à L ; d’où on obtient souvent Tf < θ dans le cas des conduites
longues et on se situe dans le 1er cas.

• Mais même si l’on a le cas 2 de la formule de Michaud, le coup de Bélier est


proportionnel à L.

Donc pour les conduites longues, il faut prendre des dispositions pour leurs protections.

La valeur absolue du coup de Bélier ainsi calculée (cas 1 et cas 2) est indépendante de la
charge initiale au point considéré.

Cependant si la pression est faible, la dépression occasionnée par le coup de Bélier peut
occasionner un risque de cavitation qui amplifiera la surpression par rapport aux deux cas
précédents. Il faudra donc faire attention au point haut sur le profil en long de la conduite.

4.2 Répartition du coup de bélier le long de la conduite

En l’absence de perte de charge ; la répartition du coup de Bélier le long de la conduite à


caractéristique unique (enveloppe des surpressions ou dépressions) est donnée par :

A L MAR Page 33 17/02/2011


- La figure 1-11 si l’arrêt, au bout du temps Tf, est brutal ;

- La figure 1-12 si l’arrêt est lent avec une réduction linéaire du débit au bout du temps Tf.

On peut trouver ces enveloppes de dépressions ou de surpressions dans le cas où l’on a une
perte de charge et des dispositifs de protection tels qu’un ballon d’air (voir abaques de
Meunier et Puech en annexe).

a) Adduction gravitaire

L-cTf /2

réservoir Surpression cV0 /g

ligne piézométrique

H0

vanne

b) Conduite de refoulement

ligne piézométrique

Dépression
cV0 /g réservoir

H0

L-cTf /2 risque de cavitation

pompe avec clapet

Figure 11 : Répartition du coup de bélier dans le cas d’une fermeture rapide au bout du temps
Tf (Tf < θ) et pertes de charge négligeables.

A L MAR Page 34 17/02/2011


a) Adduction gravitaire

réservoir 2LV0/gTf
Surpression
ligne piézométrique

H0

vanne

b) Conduite de refoulement

ligne piézométrique

2LV0 /gTf Dépression


réservoir

H0

pompe avec clapet

Figure 12 : Répartition du coup de bélier dans le cas d’une fermeture lente (Tf > θ) avec
réduction linéaire du débit au bout du temps Tf et pertes de charge négligeables.

A L MAR Page 35 17/02/2011


5 OSCILLATIONS DE MASSE

Les oscillations de masse sont de type pendulaire ; elles constituent un phénomène différent
du coup de bélier et qui résulte uniquement de la gravité. C’est une approximation qui
consiste à négliger l’élasticité de la conduite et la compressibilité du liquide ; et on parle alors
de colonne rigide (E et ε tendent vers l’infini).

En effet si la variation du paramètre modificateur du régime (débit, pression, …) est lente et


engendre des variations lentes de pression et de débit dans la conduite (cheminée d’équilibre,
réservoir à air si la pression n’est pas très accentuée, fermeture lente de vanne, …), on admet
et l’expérience le confirme que la loi d’évolution de l’écoulement est donnée de façon
approchée mais satisfaisante par les équations du mouvement de masse qui suivent.

∂q
En faisant tendre A vers de grandes valeurs, l’équation (1-7) donne =0 d’où le débit n’est
∂x
fonction que du temps t. L’équation aux dérivées partielles (1-8) donne alors, après
intégration sur x de 0 à 1, la forme (1-9) suivante qui est une équation différentielle du
premier ordre où h(0,t) et h(1,t) sont les conditions aux limites de la conduite de longueur
réduite unité.

dq n−1
+ K q q + h(1, t ) − h(0, t ) = 0 (1-9)
dt
Dans certains cas simples de conditions aux limites, on peut trouver la solution analytique de
l’équation différentielle (1-9) :

• pendule hydraulique,

• établissement de l’écoulement dans un tube relié à un réservoir à niveau constant,

• cheminée d’équilibre reliée à un réservoir par une conduite,

• ballon d’air relié à un réservoir par une conduite

Les 2 phénomènes (oscillation de masse et ondes élastiques), s’ils peuvent s’analyser


indépendamment l’un de l’autre, se produisent en fait simultanément et se superposent
(célérité c finie). Si l’on trace par exemple, dans le cas d’une disjonction de pompe, la
pression en fonction du temps au milieu de la conduite de refoulement, on obtient, avec un
ballon d’air à la pompe, la figure 1-13 avec une périodicité de l’oscillation de masse de l’ordre
d’une dizaine de secondes et celle des ondes élastiques de l’ordre du dixième de secondes.
L’approximation des oscillations de masse n’est donc fiable que si l’amplitude du
phénomène d’ondes élastiques est négligeable par rapport à celle de l’oscillation de
masse.

A L MAR Page 36 17/02/2011


Phénomène réel
pression approximation de l'oscillation de masse

temps

Figure 1-13 : Superposition des ondes élastiques et de l’oscillation de masse

5.1 Etablissement de l’écoulement dans un tube

On prend comme charge de référence Ho la dénivellation entre la côte du réservoir et l’axe de


la section de sortie (figure 1-14) ; pour débit de référence, le débit en régime permanent avec
perte de charge Qo = S Vo = S 2 g H o (1 − K ) / (1 + k R ) . Le temps de référence est rappelons
le temps de référence T 0 = L Q0 / gS H 0

Les conditions limites, en prenant l’origine des charges à l’axe de la conduite, deviennent
h(0,t) = 1-(1-K)q2 et h(1,t) =0 ; où q2 est l’énergie cinétique et kR , le coefficient de perte de
charge singulière à la sortie du réservoir

L’équation différentielle du mouvement ; en tenant compte des pertes de charge quadratiques


(n = 2), devient :

dq
= 1 - q2
dt
Cette équation, avec les conditions initiales, a pour solution la tangente hyperbolique
(Equation 1-10) :

q = th(t ) (1-10)

5.2 Pendule hydraulique

La conservation du liquide dans la pendule (figure 1-15) s’exprimera par la relation suivante
valable en tout instant : h(1,t) = - h(0,t). La vitesse est reliée à la côte H dans le tube
par l’équation Q0 q = S d H / dT . Ce qui donne la relation entre q et h en tout instant :

L d
q = 2
( h (1,t))
g To dt

A L MAR Page 37 17/02/2011


lignes piézométrique

t=0

t=00 H0

vanne ouverte à t=O


L

Figure 1-14 : Etablissement de l’écoulement dans un tube

+
h(0,t)

h=0 (repos)
V
h(1,t)=-h(0,t)
L=
co
ns
ta
nt
e

vanne ouverte à t=O

Figure 1-15 : Pendule hydraulique

En substituant ces relations dans l’équation du mouvement de masse, en prenant comme


charge de référence Ho l’amplitude maximale des oscillations et en prenant Qo tel que
Q0 = g / L S H 0 , on obtient l’équation différentielle suivante en y=h(1,t) dont la solution
dépend de la forme des pertes de charge.

n−1
d2 y dy dy
2
+ K + 2y = 0 (1-11)
dt dt dt

A L MAR Page 38 17/02/2011


1°) Pertes de charge négligeables (K = 0)

La solution de l’équation différentielle est donnée par :

h( 1,t) = sin (ω0 t + ϕ )

avec
ω0 = 2

2°) Pertes de charge du type laminaires (K ≠ 0 et n = 1 )

La solution générale dépend de la valeur de K qui conditionne le discriminant Δ de l’équation


caractéristique :

• Si K ≥ 8 (Δ≥ 0), la solution générale est la somme de deux exponentielles


négatives.

− K+ K2 - 8 −K− K2 - 8
t
h( 1,t) = A e 2 + Be 2

• Si K ≤ 8 (Δ < 0), la solution est une sinusoïde amortie :

−Kt
h( 1,t) = e 2 sin (ω t + ϕ )

avec

ω = 2 - K2/ 4

3°) Pertes de charge du type quadratique (K ≠ 0, n = 2)

2
⎛ dy ⎞
On pose le changement de variable z ( y ) = ⎜ ⎟ qui n’est défini rigoureusement que pour
⎝ dt ⎠
une demi-oscillation.

⎛ dy ⎞
En effet s’il y a des oscillations amorties, pour une même valeur de y, la vitesse ⎜ ⎟ ira en
⎝ dt ⎠
diminuant au cours des passages successifs. La dérivation de z par rapport au temps donne la
dz 2
d y dy dz d2 y
relation =2 qui est équivalente à = 2 .
dt 2
2
dt dt dt dy

La substitution de ces relations dans l’équation (1-11) donnera l’équation différentielle (1-12)
qu’on peut intégrer :

A L MAR Page 39 17/02/2011


dz
+ ε 2 K z(y) + 4 y = 0 (1-12)
dy
avec
dy dy
ε = +1 si >0 et ε = - 1 si < 0.
dt dt

La solution générale de cette équation (1-12) est de la forme :

2
⎛ dy ⎞ 2ε 1
z = ⎜ ⎟ = - y + 2
+ A exp (-ε-2 Ky)
⎝ dt ⎠ K K

où le coefficient A dépend des conditions initiales.

On peut expliciter cette équation en tenant compte du signe de dy / dt :

dy 2 1
• à l’aller i (ε = +1) : = - y + 2 + Ai exp (- 2 Ky) (1-13a)
dt K K

dy 2 1
• au retour i (ε = -1) : =- y + 2 + Bi exp ( 2 Ky) (1-13b)
dt K K

avec une relation entre Ai et Bi donnée par les conditions aux valeurs extrêmes pour chaque
demi-oscillation. Ces équations permettent de calculer t(y) par intégration numérique (avec
la TI92 notamment).

Si on cherche seulement à connaître les valeurs correspondant aux extremums de y


(dy / dt = 0 ) , il suffira de chercher les racines des équations (1-13) avec le premier membre
égale à zéro qui se fait aisément avec la TI92 ou le solveur d’EXCEL.

A partir des conditions initiales (dy / dt = 0 , y o = 1), on calcule y1 avec l’équation (1-13a)
qu’on mettra dans l’équation (1-13b) comme condition initiale pour calculer y2, le maximum
suivant et ainsi de suite. On peut alors calculer les valeurs du temps t correspondantes.

5.3 Cheminée d’équilibre à section constante

On peut distinguer les cheminées amont (cas des stations de pompage) et les cheminées aval
(cas des turbines) par rapport au réservoir à niveau constant (figure 1-16).

La conduite à protéger où a lieu l’oscillation de masse est la conduite L. Le débit réduit


Ω H o dz
entrant dans la cheminée est donné par où la référence du niveau réduit z est le
Qo To dt

A L MAR Page 40 17/02/2011


niveau statique et Ω est la section constante de la cheminée. On prendra la charge de référence
Ω Ho
Ho et le temps de référence To de façon à avoir =1 :
Qo To

H o = Qo L / ( gsΩ )

To = Qo L / (gSH o ) = Ω L / ( g S )

La "similitude" et les différences des deux cas sont illustrées au tableau 1-2. On a négligé la
hauteur d’eau de la cheminée par rapport à L et les pertes de charge par frottement le long de
la paroi de la cheminée. Ces deux hypothèses interviennent dans les conditions aux limites de
la conduite à protéger h(1,t) ou h(0,t).

Cheminée aval Cheminée amont


Equation de continuité dz dz
q= + qT q=- + qP
dt dt
Conditions aux limites de la
conduite à protéger :
h ( 0,t) = 0-(α + ε k R ) q2 h ( 0 ,t) = z − ε k C (ε ) q 2 -α q 2 (1)
dz
(ε = + 1 si > 0)
dt
h ( 1,t) = z + ε k C (ε ) q 2 -α q 2 (1) h ( 1,t) = 0 + (-α + ε k R ) q 2
dz
(ε = − 1 si < 0)
dt
Réduction instantanée ⎛ dz ⎞ ⎛ dz ⎞
de qT ou qP de η1 à η2 ⎜ ⎟ = η1 - η2 > 0 montée ⎜ ⎟ = η2 - η1 < 0 descente
à t = 0.
⎝ dt ⎠ o ⎝ dt ⎠ o
Conditions initiales dans l’équation du

2 2
z o = - ( K + k c + k R )η1 (2) z o = +( K + k c + k R )η1 (2)
mouvement de masse

augmentation ⎛ dz ⎞ ⎛ dz ⎞
instantanée de qT ou qP ⎜ ⎟ = η1 - η2 < 0 descente ⎜ ⎟ = η2 - η1 > 0 montée
de η1 à η2
⎝ dt ⎠ o ⎝ dt ⎠ o

2 2
z o = - ( K + k c + k R )η1 (2) z o = +( K + k c + k R )η1 (2)
variation linéaire de qT ⎛ dz ⎞ ⎛ dz ⎞
ou qP de η1 à η2 ⎜ ⎟ = 0 ⎜ ⎟ =0
⎝ dt ⎠ 0 ⎝ dt ⎠ o
pendant le temps τ
2
z o = +( K + k c + k R )η1 (2)
2
zo = - ( K + k c + k R )η1 (2)

(1) : Dans l’établissement de ces équations, on suppose que le frottement sur la paroi de la cheminée est négligeable,
de même que la hauteur de la cheminée par rapport à la longueur de la conduite à protéger L.

(2) : kC et kR sont respectivement les coefficients de pertes de charge singulières à la cheminée et au


réservoir multipliés par le coefficient α = Q02 / (2 g S 2 H 0 ) .

Tableau 1-2 : Similitude entre la cheminée d’amont et la cheminée d’aval

A L MAR Page 41 17/02/2011


Cheminée aval Cheminée amont
+ + Résevoir
Résevoir
Z=0
Z Z
x=0 q x=1

q Ch q Ch q
L L
qT qP
x=1 x=0

Turbine Pompe

Figure 1-16 : Cheminées d’équilibre (amont et aval) à section constante

1°) Cas où les pertes de charge sont négligeables. (K =kR=kc(ε) = 0)

L’oscillation de masse dans la conduite L se traduit par l’équation suivante :

d qT d 2 z d qP
− = 2 + z =
dt dt dt

• Si le débit qT ou qP passe brusquement de η1 à η2 alors que z = 0 à t = 0, on


obtient, par intégration et en tenant compte des conditions initiales la fonction
sinusoïdale :
z = ε 1 (η1 − η 2 )sin (t )

avec ε1=1 pour une cheminé amont et ε1=-1 pour une cheminé aval

• Si le débit qT ou qP varie linéairement pendant le temps réduit τ dans les


mêmes conditions ; on aura la solution suivante :

η -η2
z = ε1 1 [1 - cos (t)] pour 0≤ t ≤ τ
τ

sin (τ / 2)
z = ε1 (η 1 - η 2 ) sin (t - τ / 2 ) pour t ≥ τ
τ/2

A L MAR Page 42 17/02/2011


2°) Cas où les pertes de charge ne sont pas négligeables.

• Si la variation de débit qT ou qP est brusque et totale, on a dans les deux cas :

2
d z (
dt
2
+ ε K + k R + k C (ε))
dz
dt
()
+z=0
2

et on peut poser

: α = ε (K + k R + k C (ε ))

⎛ dz ⎞
où ε = +1 si la cheminée se remplit : ⎜ ⎟>0
⎝ dt ⎠

⎛ dz ⎞
et ε = -1 si la cheminée se vide : ⎜ ⎟<0
⎝ dt ⎠

L’intégration de l’équation différentielle se fera par le changement de variable déjà


vu pour la pendule hydraulique. En tenant compte des conditions initiales, on
obtient l’équation (1-14) qui permet de calculer les maxima et les minima
successifs comme dans le cas du pendule.

() ( )
2
⎛ dz ⎞ 1 z ⎡ dz 2
1 zo ⎤ 2 α zo - z
⎜ ⎟ = 2 - +⎢ - + ⎥e (1-14)
⎝ dt ⎠ 2α α ⎣ dt 0 2 α2 α ⎦

La valeur de α dépend du signe de dz / dt (montée ou descente de l’eau dans la


cheminée), z 0 et
dz
()
dt 0
sont donné au tableau 1-2. .

• Si la variation n’est pas totale ou n’est pas brusque, l’intégration du système


d’équations différentielles du premier ordre (1-15) se fait par une méthode
numérique (Gill-Runge-Kutta d’ordre 4 est recommandée) pour la cheminée
amont. On peut également étudier la stabilité dans le plan de phase (z,q).

⎧ dz
⎪ = q − qT
dt
⎨ dq (1-15)
⎪ = −ε (k C + k R + K ) q 2 − z
⎩ dt

Pour la cheminée amont, on remplace z par –z et qT par qP. La fonction qT ou qP


peut être fonction de t et/ou de z dans le cas de la régulation.

A L MAR Page 43 17/02/2011


5.4 Ballon d’air

Le mouvement de masse a lieu entre le ballon et le réservoir (Figure 1-17). La charge de


référence est la hauteur statique absolue Ho* ; le débit de référence, le débit en régime
permanent Qo et le volume de référence le volume d’air Wo correspondant à Ho*.

• L’équation de continuité, en prenant le temps de référence T0=Q0L/gSH0*, s’écrit de


la manière suivante (avec les orientations de la figure) :

1 dw
qP + =q
B dt
où le coefficient B donné par l’équation (1-16) est un nouveau nombre sans
dimension (B est le nombre utilisé par Lencastre ; β, le nombre utilisé par
Combes et B' = B / (1 + K ) le nombre utilisé par Meunier et Puech).

2
Qo L
B= =2β (1-16)
Wo g S H *o

• L’équation d’état de l’air, si l’on note h la pression absolue réduite du gaz, devient :

1
h= .

• L’équation de la conduite à protéger sera notée :

dq
+ K q q + h(1,t ) -h(0 ,t ) = 0
dt

Ballon d'air
Résevoir
P, W
0 dw
Q0 q B = W Z
T0 dt
+ x=1

qB q
L
qP
x=0
Pompe

Figure 1-17 : Ballon d’air entre la pompe et le réservoir : W est le volume d’air à la pression
absolue P ; w est le volume réduit (sans dimension)

A L MAR Page 44 17/02/2011


Il suffit maintenant de définir les conditions aux limites qui font apparaître éventuellement un
autre coefficient sans dimension kR :

h(1, t ) = 1 si l’on néglige l’énergie cinétique dans la conduite et les pertes de


charges singulières au réservoir

h( 0,t) = h − k R q q si l’on néglige la colonne d’eau dans le ballon et son


mouvement

et k R = P0 / H 0* où Po est la perte de charge correspondant à Qo dans le


diaphragme entre la conduite et le ballon, fonction éventuellement du signe de
q (diaphragme dissymétrique).

Dans le cas de l’arrêt d’une pompe munie d’un clapet anti-retour, qP=0 et la substitution de
l’équation de continuité, de la loi de détente de l’air et des conditions aux limites de la
conduite dans l’équation des oscillations de masse de la conduite donnent la relation (1-17a).

1 d 2 w (K + k R (ε() ⎛ dw ⎞
2
1
2
ε 2 ⎜ ⎟ - γ +1 = 0 (1-17a)
B dt B ⎝ dt ⎠ w

Le régime initial est caractérisé par :

• Soit q P = 1, w0 = 1 et q( 0 ) = 0 soit
1 dw
( )
B dt 0
= −qp = - 1 (démarrage de la pompe)

• Soit q P = 0, w0 = 1/ ( 1 + K)1/γ et q( 0 ) = 1 soit ( )


1 dw
B dt 0
= q( 0 ) = 1 (arrêt de la pompe)

Certains auteurs prennent le temps de référence To = Wo / Qo , il faut en ce moment multiplier


les deux premiers termes du premier membre de l’équateur (1-17a) par B2 avec le nouveau
temps réduit pour avoir :

2
2
d w ⎛ dw ⎞ 1
2β 2
+ ε (K + k R (εε ) )⎜ ⎟ - γ +1 = 0 (1-17b)
dt ⎝ dt ⎠ w

Il faut alors multiplier le second terme du premier membre de l’équation de continuité par B
et elle devient :

dw
qP + =q
dt
Le régime initial est caractérisé par :

• Soit q P = 1, w0 = 1 et q( 0 ) = 0 soit ( ) dw
dt 0
= −qp = - 1 (démarrage de la pompe)

A L MAR Page 45 17/02/2011


• Soit q P = 0, w0 = 1/ ( 1 + K)1 /γ et q( 0 ) = 1 soit ( )
dw
dt 0
= q( 0 ) = 1 (arrêt de la pompe)

On peut en plus prendre comme charge de référence, non pas la hauteur statique absolue Ho*,
mais la hauteur absolue à la sortie de la pompe H1* = Ho*(1 + K) en régime permanent Qo
et comme volume de référence W 1 = W 0 / (1 + K ) . En ce moment, c’est seule la
1 /γ

condition aux limites h(1,t) qui devient 1 – K et W1 = 1 pour le régime permanent et on obtient
l’équation (1-17c) où toutes les variables réduites (β, K, KR, w et t) sont calculées avec H1* et
W1 * .

2
d2 w ⎛ dw ⎞ 1
2β + ε ( K + K (ε )) ⎜ ⎟ - + 1-K =0 (1-17c)

R
dt 2 ⎝ dt ⎠

Le régime initial est caractérisé par :

• Soit q P = 1, w0 = (1 + K )
1 /γ
et q( 0 ) = 0 soit ( )
dw
dt 0
= − q p = - 1 (démarrage de la pompe)

• Soit q P = 0, w0 = 1 et q( 0 ) = 1 soit ( )
dw
dt 0
= q( 0 ) = 1 (arrêt de la pompe)

Ces équations (1-17) sont toutes identiques du point de vue de la résolution et font intervenir
les mêmes nombres adimensionnels. La résolution de l’équation (1-17b) se fait en posant les
changements de variables suivants :

2
⎛ dw ⎞
⎜ ⎟ = z(w)
⎝ dt ⎠

α = ε (K + K R (εε ) avec ε = +1 si dw / dt > 0 , et ε = -1 si dw / dt < 0

On obtient ainsi l’équation différentielle (1-18) semblable à celle du pendule hydraulique dont
la solution dépend de la valeur de α.

dz 1
β + α z - γ +1 = 0 (1-18)
dw w

1°) Si les pertes de charge sont négligeables (α = 0) et en tenant compte des conditions
(
initiales (dw/dt ) = 1
2
)
pour w = 1 , on obtient les solutions suivantes :

2
⎛ dw ⎞ 1 + β - w + Log w
• z= ⎜ ⎟ (pour une détente isotherme).
⎝ dt ⎠ β

2 1 −γ
⎛ dw ⎞ 1 w -1
• z= ⎜ ⎟ = (1 + β - w + (pour une détente adiabatique)
⎝ dt ⎠ β 1 - γ

A L MAR Page 46 17/02/2011


On ne cherche en fait que les maxima et les minima wm de la fonction w (dw/dt = 0) et on
obtient les solutions suivantes :

β = wm -1 - Log(wm ) pour une détente isotherme

1-γ
- 1
β = wm -1 - wm pour une détente adiabatique
1- γ

La résolution de la première formule a été donnée sous forme d’abaque par Vibert.

2°) Si les pertes de charge ne sont pas négligeables (α ≠ 0) ; on obtient la solution


générale suivante :

α α
2 exp (- w) exp ( + τ)
⎛ dw ⎞ α 1 β w β
z= ⎜ ⎟
⎝ dt ⎠
= C exp (-
β
w) - +
α β ∫1 τ
γ

où C est une constante d’intégration dépendant des conditions initiales.

La recherche des extremums successifs se fera alors comme dans le cas de la pendule
hydraulique (la valeur de α dépendant du signe de dw / dt , fonction de la détente (vidange
de l’eau) ou de la compression (remplissage d’eau) de l’air du ballon.

En fait, du fait des amortissements, seule le premier maximum et le premier


minimum nous intéresse pour le dimensionnement. Si les pertes de charge dans le sens
ballon conduite sont négligeables (kR(1)=0) alors α = K dans la recherche du maximum et
α = - (K + kR) dans le sens de la recherche du minimum.

a) Cas de l’arrêt de la pompe

En tenant compte des conditions initiales ( z0=1 et w1=1/(1+K)1/γ ), la constante C est


donnée par :
C = ( 1 + 1/α ) exp (α w1 /β)

et le premier maximum de w est donné par la solution de l’équation suivante où α = K :

α α
exp (- w) exp(+ τ )
1 α 1 β w β
(1 +
α
) exp ( ( w1 - w) - +
β α β ∫w1 τ
γ
dτ = 0

Pour la recherche du premier minimum, la constante C est déterminée par les conditions
initiales de la deuxième demie oscillation (z0=0 , w0=wmax trouvé précédemment :

C = (1 / α ) exp(α wmax / β )

A L MAR Page 47 17/02/2011


et le premier minimum est donnée par la solution de l’équation suivante où
α = −( K + k R ) :

α α
exp(- w) exp( + τ )
1 α 1 β w β
α
exp( ( wmax -w)) - +
β α β ∫wmax τ
γ
dτ = 0

b) Cas du démarrage de la pompe

En tenant compte des conditions initiales (z0=1 et w0=1), la constante C est donnée par :

C = ( 1 + 1/α ) exp( α/β )

et le premier minimum de w est donné par la solution de l’équation suivante où


α = −( K + k R ) :

α α
exp(- w) exp( + τ )
1 α 1 β w β
(1 + ) exp( (1 - w)) - +
α β α β ∫1 τ
γ
dτ = 0

Pour la recherche du premier maximum, la constante C est déterminée par les conditions
initiales de la deuxième demie oscillation (z0=0 , w0=wmin trouvé précédemment) :

C = (1 / α ) exp(α wmin / β )

et le premier maximum est donné par la solution de l’équation suivante où α = K :

α α
exp(- w) exp(+ τ)
1 α 1 β w β
α
exp( ( wmin -w)) - +
β α β ∫w min τ
γ
dτ = 0

Dans la pratique, c’est le premier minimum de l’arrêt et le premier maximum du démarrage


qui sont les cas les plus critiques pour le dimensionnement.

6 PROTECTION DES CONDUITES DE REFOULEMENT

Pour limiter la variation de pression (coup de bélier), on pourra, selon les cas et d’après la
théorie qui précède :

• Soit diminuer la variation du débit en la dérivant ailleurs que dans la conduite à


protéger (soupape, ballon d’air, cheminée, etc.)

• Soit permettre une augmentation plus facile de volume (matériau plus élastique par
exemple) avant la conduite à protéger ;

A L MAR Page 48 17/02/2011


• Soit augmenter la durée de la variation du débit : manœuvre lente au lieu de
manœuvre rapide (type de vanne, arrêt et démarrage progressif des pompes, etc.)

6.1 Procédés pour limiter les dépressions

6.2.1. Les volants d’inertie

On utilise l’inertie du groupe motopompe pour prolonger la durée de l’arrêt et rendre la


surpression plus faible. La solution consiste donc à augmenter cette inertie par un volant.

Au delà de quelques centaines de mètres de longueur de conduite de refoulement, le poids des


volants deviendrait énorme et le coût prohibitif d’une part. D’autre part, plus le volant est
lourd, plus grande devra être la puissance du moteur pour vaincre, au démarrage, l’inertie de
ce volant (d’où des appels d’intensité de courant impraticables).

Le paramètre adimensionnel supplémentaire qui intervient est le paramètre d’inertie :

4η I N 2 c π 2 η I N2 c

60 ρgL Qo H o 180 ρgL Qo H o

• I est le moment d’inertie de l’ensemble du groupe volant ;


• N, la vitesse de rotation nominale du moteur en t/mn ;
• c, la célérité des ondes
• Qo, le débit de la conduite à l’état permanent
• η, le rendement du groupe à l’état permanent
• Ho, la charge de référence qui est prise ici égale à la hauteur géométrique de
refoulement plus les pertes de charge dans la conduite.

Le paramètre adimensionnel de la conduite a été déjà défini par A = CQo / ( g S H o ) . Le


paramètre des pertes de charge K = JoL/Ho est souvent négligeable.

1) On peut utiliser les abaques de STEPHESON (Annexe A) pour le pré-


dimensionnement en déterminant les pressions maximales HM/Ho et minimale Hm/Ho
dans le cas où l’on permet l’inversion de l’écoulement à travers la pompe. S’il existe
un clapet anti-retour et si les pertes de charge (pdc) sont faibles, la valeur de la
surpression maximale au-dessus du niveau statique est comme égale à la valeur
de la dépression maximale au-dessous de ce même niveau.

Dans le cas de pressions inférieures à la pression atmosphérique ou de rupture de la


veine liquide (cavitation), les valeurs de surpressions peuvent être aggravées.

STEPHESON, cité par Lencastre, énonce la règle suivante : si le paramètre


IN2/(ρgHo.LS) dépasse 0,01 ; la dépression résultant de l’arrêt est, par suite de l’effet
d’inertie, réduite au minimum de 10 %.

A L MAR Page 49 17/02/2011


Exemple d’application :

Un groupe électropompe élève, en régime normal, un débit Qo = 21,1 l/s à une hauteur
d’élévation ho = 125,5 m, le moteur tournant à une vitesse de 1 450 t/mn. La longueur de
la conduite est L = 890 m et son diamètre D = 225 mm. La célérité des ondes élastiques
est c = 1 200 m/s. Le moment d’inertie du groupe est Ig = 17 Kg.m2. Pour augmenter
l’inertie, on a accouplé au groupe un volant avec un moment d’inertie IV = 21 Kg.m2. Le
rendement du groupe est de 0,75.

Solution

η I N2 c
J= = 17,3
180 . ρg S L U o ho
cU o
A= = 0,5
g ho
De l’abaque A, on tire

hM/ho = 1,0 et hm/ho = 0,87

D’où hm = 0,87 x 125,5 = 109,2 m

hM = 125,5 m dans le cas où un retour de débit est admis.

S’il existe une vanne de retenue, la pression maximale sera égale à

hM = (2-hm/h0)*h0= 1,13 x 125,5 = 141,8m.

S’il n’y a pas de volant, on a J=8, hM/ho = 1,02 et hm/ho = 0,77 d’où hm = 96,6m
et hM = 128m, sans vanne de retenue ; et hM = 154,4m s’il existe une vanne de retenue.

2) On peut également utiliser les épures de Bergeron pour le pré-dimensionnement des


volants d’inertie.

6.2.2. Réservoir d’air

En principe rien ne s’oppose à prévoir un réservoir d’air dans tous les cas, si ce n’est son prix
lorsque les dimensions et les pressions deviennent trop importantes. C’est certainement le
procédé le plus répandu pour la protection de stations de pompage dans une gamme de
débit de quelques l/s à quelques m3/s et des gammes de pressions de quelques centaines
de mètres. C’est un dispositif simple, relativement peu onéreux, aisé à calculer, fiable et
facilement contrôlable. On dispose de plusieurs méthodes pour les pré-dimensionnements en
négligeant la hauteur entre le niveau d’eau dans le ballon et la conduite.

Les abaques prennent alors comme charge de référence la charge notée Ho ou Ho* égale à la
hauteur géométrique de refoulement plus la hauteur de la pression atmosphérique (10,33 m)
pour les abaques de Combes ainsi qu’une partie des abaques de Meunier.

A L MAR Page 50 17/02/2011


Les paramètres adimensionnels pouvant intervenir sont :

- les caractéristiques de la conduite

c Qo Jo L
A= et K =
S H o* H o*

où L est la longueur équivalente éventuellement

- les caractéristiques du ballon

Q o2 L
B=
S g H o* Wo

où Wo est le volume d’air pour la pression H o* . Dans le cas des abaques de


Meunier, H o* inclut les pertes de charges de la conduite pour le calcul de B

- et les caractéristiques de l’étranglement entre le ballon et la conduite (diaphragme)


dans le sens conduite réservoir, définies par

α u 02
kR = *
H0

dans les abaques de Meunier-Puech ; et k=K+kR dans les abaques de Combes ;

où α u 02 est la perte de charge dans l’étranglement (sens conduite-ballon d’air) pour


le débit Qo.

1) Si l’on néglige les pertes de charge dans la conduite et dans l’étranglement, le


volume utile du réservoir Vu s’exprime par la formule suivante donnée par
l’intégration des oscillations de masse avec une détente isotherme de l’air (Abaque
de Vibert en Annexe B).

Qo2 L
Vu (1-19)
⎛ H o* H* ⎞
2g S H *
⎜ * − 1 − Log *o ⎟
min ⎜H H min ⎟
⎝ min ⎠

*
où H min est la pression minimale dans le réservoir que l’on se fixe.

Cette formule n’est valable que pour des débits inférieurs à 30 l/s et des longueurs de
conduites de moins de 1 200 m (hypothèses sur les pertes de charge).

2) Pour tenir compte des pertes de charge dans la conduite et dans l’étranglement,
on peut utiliser les abaques de Combes et Borot (Annexes C) qui sont également
établis avec les hypothèses des oscillations de masse et une loi de détente de l’air
isotherme. Ils permettent, à partir des données géométriques et hydrauliques du

A L MAR Page 51 17/02/2011


problème (longueur L et section S de la conduite, débit Qo et pression statique absolue
Ho à la station) de déterminer :

- le volume d’air détendu dans le réservoir qui est le volume utile au


coefficient de sécurité près.

- Les pressions maximale et minimale au droit de la station (les


enveloppes des cotes piézométriques minima et maxima le long de la
canalisation sont, dans cette hypothèse, des droites passant par le réservoir
d’arrivée d’une part, et les points à la cote piézométrique minimale et
maximale au droit de la station, d’autre part) ;

- Les caractéristiques de l’équipement éventuel destiné à créer une perte


de charge singulière au remplissage du ballon (les abaques ne prennent
pas en compte une perte de charge dans le sens réservoir d’air canalisation).

3) Il est recommandé d’utiliser les abaques de Puech et Meunier en annexes D


(hypothèse de coup de bélier d’ondes) pour un pré-dimensionnement plus précis et
plus complet des équipements dans la mesure où dans les abaques de Combe, la perte
de charge dans le sens conduite – réservoir Δh ne doit pas dépasser sensiblement la
perte de charge ΔH dans la conduite si l’on ne veut pas que le maximum de pression
se produise en fait dans la canalisation et non dans l’anti-bélier.

Ces abaques ont été obtenus à partir de la résolution des équations adimensionnelles
du coup de bélier sur ordinateur dans l’hypothèse de loi détente de l’air du type
PV1,2=Constante et en tenant compte des pertes de charges dans la conduite et dans le
sens conduite-ballon d’air.

Ils fournissent l’enveloppe des pressions minimales le long de la conduite et la


pression maximale au droit de la pompe. Ces abaques se présentent sous forme de
48 graphiques et sont donnés en annexes.

On procède de la manière suivante :

α). On calcule A et K

β). A partir de l’abaque D (calcul de la dépression) correspondant à la valeur de K


trouvée (n° 1 à 9), et compte tenu du profil en long de la conduite, on choisit une
valeur de B qui donne origine à une courbe de dépression le long de la conduite sans
préjudice. Si aucune courbe n’est satisfaisante, cela signifie qu’un grand volume
serait nécessaire et il faut adopter une autre solution.

γ). On détermine le volume W0 à partir de B.

δ). A partir des abaques 10 à 12 et connaissant A, K et B, on détermine la perte de


charge optimale pour l’orifice du clapet, c’est à dire celle qui conduit à une pression
maximale dans la conduite avec une valeur identique à la pression maximale dans le

A L MAR Page 52 17/02/2011


réservoir d’air. Notons qu’à partir de H M∗ /H o∗ , du moment où A est connu, on peut
déterminer également B et Δh.

ε). A l’aide de ces derniers, on peut refaire le calcul des pressions maximale et minimale
dans la conduite, près du réservoir. On peut également choisir un autre orifice ou
d’autres dimensions pour le réservoir.

ζ) Le volume du réservoir doit être tel que pour la pression minimale, il n’y ait pas
passage d’air dans la conduite.

( 1 / 1,2 )
⎛ H* ⎞
W = Wo ⎜⎜ *o ⎟⎟
⎝ Hm ⎠

Il convient en outre de prendre une marge de sécurité. Meunier est Puech suggèrent
la valeur de 1,2 comme marge de sécurité.

η) Le diamètre de liaison du ballon d’air à la conduite est d’environ la moitié du


diamètre de cette dernière avec des raccordements arrondis pour éviter la formation
de tourbillons.

Exemple d’application

Une conduite de refoulement φ800, de longueur 4550 m, transporte un débit d’eau


Q0=80000 m3/j. On veut que la surpression ne dépasse pas HM=220 mCE et que la
dépression ne baisse pas au-dessous de Hm=120 mCE. La célérité des ondes c=1000 m/s,
la dénivellation géométrique ΔZ = 196 m et la perte de charge dans la conduite P0=7,4
m.

Solution

4Q
- V0 = = 1,84 m/s avec Q = 0,926 m3/s et D = 0,8 m
π D2
c V0
- = 188 m
g
- H o* = ΔZ + P0 + P atm = 196 + 7,4 + 10,3 = 213,7 m.

cVo
- A= = 188/213 ,7 = 0,8 ≈ 1
g H o*

Si H m* = H m + P atm =120 + 10,3 = 130,3 mCE, on doit avoir H m* = 130,3/213,7


*
-
H0
=0,61.
A partir de l’abaque 1 (annexes D) pour A = 1 et H m* = 0,61 et K=0 on trouve B =
*
-
H0
0,2. (Le profil de la conduite est supposé être au dessous de l’enveloppe).

A L MAR Page 53 17/02/2011


L π D2
- Le volume de la conduite W c = 2 287 m3
4
2
V0
- Le volume d’air détendu est W 0 = * Wc
= 18,5 m3
B g Ho
- En ce qui concerne la pression maximale, on obtient par le calcul ( H M∗ / H o∗ )-1 =
(220+10,3)/213,7-1=,08.

- De l’abaque 10 (annexes D) ou de l’abaque (annexes E1) et pour A=1 , B=0,2 et


α u 02
K=0, on obtient C = k R = = 2,5 ou 1,7
H o*

k k 2 1 1
Comme α = , on a u 0 =2,5*213,7=534,25 m, prenant k = 2 = ≈ 3,
2g 2g C c (0,6) 2
2

on obtient u 0
= 534,25/3 = 178 m et u0 = 59 m/s ; ce qui donne la section de
2g
Q 0,926
l’étranglement Δ = = = 0,016m2
W 59

- Le volume utile

1 / 1,2
⎛ H o* ⎞
V u = Wo ⎜⎜ * ⎟⎟ = 28,0 m et on arrondit à 35 avec un coefficient de
3
H
⎝ m⎠
sécurité de 1,2 ; d’où Vu = 30 m3

αW 2
Avec un paramètre C = , Lencastre donne un abaque dû à Dubin et Guénau
H o*
permettant de choisir la valeur optimale de la valeur C de la perte de charge dans
l’orifice du réservoir (voir paragraphe 5 ci-dessous) et la valeur maximale du coup de
Bélier au réservoir H M∗ / H o∗ (annexes E1).

4) On peut également utiliser les épures de Bergeron ou les calculs par ordinateur
pour une simulation du comportement de ce qui vient d’être pré-dimensionné.

5) La perte de charge dissymétrique réduit l’amplitude des oscillations dans le ballon


d’air. Elle diminue le débit fourni par le ballon dans la phase d’abaissement, limite les
abaissements d’une part ; d’autre part, elle peut donner origine, au début de la
conduite, à une cote piézométrique Y, inférieure à celle qui correspond au niveau Z
dans le ballon.

Y = - Z – R où R est la perte de charge (0≤ |Z| < |Zm| )

Dans la phase montée, l’écoulement se fait de la conduite vers le ballon d’air ; la


pression au début de la conduite peut être supérieure à celle qui correspond au niveau
d’eau maximum ZM dans le ballon, et l’on aura :

A L MAR Page 54 17/02/2011


Y= - Z + R (0≤ |Z| ≤ |ZM| )

Dans la pratique, la réduction de pression résultant de l’étranglement peut entraîner


plus d’inconvénients que l’augmentation de pression. C’est pourquoi, afin d’éviter une
pression excessivement basse, on peut utiliser un étranglement asymétrique,
provoquant une perte de sortie R’ inférieure à la perte d’entrée R". Il est ainsi
possible de diminuer la hauteur sans créer des dépressions indésirables.

Pour obtenir une surpression optimale, il convient d’avoir, en règle générale, C≈10, à
quoi correspondent des valeurs du diamètre de l’orifice de 0,10 à 0,15 fois le diamètre
de la conduite principale.

Facteur conditionnant les orifices de perte de charge des réservoirs d’air

Dans le cas des orifices symétriques, la perte de charge à travers l’orifice est du type
kVo2 / 2 g et lors du pré-dimensionnement, on peut prendre
:
2
⎡ D2 ⎤
• soit k = ⎢ − 1⎥
⎢⎣ 0 ,6 d 2 ⎥⎦

où D est le diamètre de la canalisation de liaison entre le ballon et la


conduite élévatoire ; d, le diamètre de l’orifice et Vo la vitesse
correspondant au débit Qo dans la canalisation de liaison.

• ou bien l’expression proposée par Idel’Cick pour un diaphragme à


arrête vive en amont

2 2
⎡ d
2
d ⎤
2 ⎛ 2⎞
⎜D ⎟
k = ⎢1 + 0 ,707 11 − 2 − 2 ⎥ ⎜⎜ 2 ⎟⎟.
⎢⎣ D D ⎥⎦ ⎝d ⎠

L’augmentation de la vitesse à travers l’orifice provoque l’abaissement de la


pression en aval et peut entraîner des phénomènes de cavitation. Dès que la pression
moyenne du jet est égale à la tension de vapeur, la vitesse tend à se maintenir
stationnaire et le débit est bloqué.

On définit l’indice de cavitation σ, auquel correspondent les valeurs σci de début de


cavitation et σch de cavitation de blocage de l’écoulement. On aura un nombre dit de
Thoma:

h j − hv
σ=
hm − h j

où hj est la pression en aval de l’orifice ;


hm, la pression en amont de l’orifice ;
et hv, la tension de vapeur

A L MAR Page 55 17/02/2011


On peut donc utiliser des critères de vitesse de cavitation pour le dimensionnement de d
(Annexes E2).

Dubin et Guerrau, cité par Lencastre, proposent l’expression suivante, pour le diamètre
de l’orifice avec vanne à clapet :

D
d= 1/ 4
⎛c S ⎞
1,2 ⎜⎜ ⎟⎟
⎝ Qo ⎠

où d est le diamètre de l’orifice dans le clapet ;


D, le diamètre de la conduite élévatoire ;
c, la célérité des ondes dans la conduite de section S avec
un régime permanent Q0.

Ruus, cité par Lencastre, recommande que la perte de charge localisée ne dépasse 0,6
fois la charge statique absolue initiale H o*.

Dupont recommande que le rapport de la conduite élévatoire et la section de


l’étranglement soit compris entre 13 et 17.

6) Détail pratique

Les réservoirs d’air doivent posséder les dispositions suivantes :


- tube indicateur de niveau ;
- détecteur de niveau pour la mise en service du compresseur éventuel et/ou
le déclenchement d’alarmes, l’ensemble avec des temporisations de mise en
service ;
- vidange, soupape ;
- raccordement à la canalisation aussi court que possible (éviter des pertes de
charge prohibitives)
- trou d’homme ou d’inspection suivant les dimensions.

6.1.3. Cheminée d’équilibre

La cheminée d’équilibre protège le tronçon entre le réservoir et la cheminée et réduit


l’intensité coup de bélier entre la cheminée et l’appareil manœuvrée. Son utilisation est très
limitée par les conditions topographiques.

La protection par cheminée n’est intéressante en hydraulique urbaine que pour les eaux usées
des charges généralement faibles) et pour la protection des points hauts difficiles à protéger et
disposés le long des conduites d’adduction.

Le dispositif est par contre beaucoup utilisé en hydroélectricité pour la protection des galeries
et pour assurer la stabilité des groupes.

A L MAR Page 56 17/02/2011


1) La cheminée d’équilibre peut être étudiée généralement avec une bonne approximation
avec les équations des oscillations de masse.

2) On peut utiliser les abaques donnés par Lencastre (Annexes F)

3) On peut également utiliser la méthode graphique de Bergeron ou les calculs par


ordinateur.

Un réservoir d’alimentation diffère de la cheminée d’équilibre par le fait que, durant le


fonctionnement normal, il est isolé de la conduite par une vanne-clapet (figure 1-18). Quand
survient une dépression dans la conduite, au-dessous du niveau de l’eau dans le bassin, la
vanne rouvre ; l’écoulement est alimenté, et l’on évite que la dépression augmente. Le bassin
est alimenté par un by-pass asservi par un flotteur.

robinet flotteur

déversoir trop plein


réservoir

vanne de vidange
clapet
vanne de sectionnement
conduite à protéger

Figure 1-18 : Réservoir d’alimentation

Ils sont indiqués pour protéger les points hauts. Il faut que la ligne de dépression descende en
dessous du niveau d’eau dans le bassin pour qu’il puisse fonctionner. Ils ont l’avantage de ne
nécessiter aucune surveillance ni de compresseur.

L’abaque G1 en annexe permet de dimensionner un bassin uniquement quand il est proche de


la pompe, ou bien s'il existe un clapet dans la conduite, immédiatement en amont du bassin,
pour éviter que des ondes de surpression ne se réfléchissent dans la direction de la pompe et
ne provoquent une surpression supérieure à celle qui se produirait s’il n’y avait pas de
réservoir. S’il n’y a pas de clapet on doit utiliser l’abaque en annexe G2.

On peut également utiliser la méthode graphique de Bergeron ou le calcul par ordinateur.

A L MAR Page 57 17/02/2011


6.1.4 Clapet by-pass (alimentation de la conduite de refoulement par
l’aspiration)

Pour que le système (figure 1-19) fonctionne, il faut que la dépression à la sortie de la pompe
soit inférieure au niveau d’aspiration dans le bassin, c’est à dire que la hauteur d’élévation soit
très inférieure à c V0 / g .

1) Le by-pass, fonctionnant après l’arrêt des pompes, entraîne une perte de charge localisée
ΔH qui, pour le débit initial Q0, sera désigné par ΔH0. Cette perte de charge conditionne
l’abaissement maximum de pression, ΔHm donné, d’après Lencastre, par :

ΔHm = A ψ H0

où H0 est la hauteur géométrique de pompage plus P ; Ψ est un paramètre donné par


l’équation suivante, A étant le paramètre caractéristique de la conduite et Δh0 , le rapport
ΔH0/H0

Ψ = 1 − 0,5⎛⎜ ( A / Δh0 ) − 4 (1 − A) / Δh0 − A / Δh0 ⎞⎟ ;


2

⎝ ⎠

• La surpression maximum dans la section de la pompe est donnée par :

ΔHM= ΔHm – P

où P est la perte de charge dans la conduite.

• Le temps moyen d’annulation du débit est donné par :

T A=θ (A+1)

où θ est le temps de fermé relative = 2L/C.

• Le volume minimum d’eau Vb dans la bâche d’aspiration est donné empiriquement


par :

V b = C S L Q0 (0,52 A + 1,8) / c

où CS est un coefficient de sécurité (5 < CS < 10).

Comme la pompe ne s’arrête pas instantanément, à travers elle passera un débit qui
s’ajoutera à celui du by-pass. Les clapets du by-pass peuvent être spéciaux (à ouverture
rapide, agissant ainsi rapidement sur la dépression et à fermeture lente, réduisant ainsi
l’effet de contre coup).

2) On peut également utiliser les épures de Bergeron ou le calcul informatique.

A L MAR Page 58 17/02/2011


clapet refoulement

P refoulement

clapet by-pass
aspiration

Figure 1-19 : Clapet by-pass

6.1.5. Clapet d’entrée d’air (ventouse)

Ces clapets placés aux différents points hauts fonctionnent à la dépression et permettent
d’éviter la cavitation par introduction d’air. Il faut cependant prendre des dispositions
adéquates pour l’évacuation ultérieure de l’air admis qui peut accentuer la surpression.

L’étude se fait par les épures de Bergeron ou par le calcul par ordinateur

6.2 Procédés pour limiter les surpressions

6.2.1. Les réservoirs d’air

Ils servent aussi à limiter la dépression (Voir paragraphe 6.1.2)

6.2.2. Les cheminées d’équilibre

Elles servent aussi à limiter la dépression (voir paragraphe 6.1.3)

6.2.3. Les soupapes de sûreté ou soupapes de décharge

Elles s’ouvrent pour une pression de réglage légèrement supérieure à la pression de service de
la conduite (environ 5 %). Elles doivent avoir une inertie aussi faible que possible pour que
l’ouverture soit rapide. Le réglage de la surpression maximale se fait avec le clapet.

On les étudie avec l’épure de Bergeron si l’on cannait les caractéristiques de la soupape.

A L MAR Page 59 17/02/2011


Divers abaques

Protection des conduites contre les coups de


bélier

A L MAR Page 60 17/02/2011


ANNEXES DU CHAPITRE 6

A VOLANT D’INERTIE (TIRE DE LENCASTRE)

Notations : h=charge à la sortie de la pompe (indices 0=régime nominal, m=minimal, M=maximal)


I=moment d’inertie des masses tournantes ; η=rendement du groupe motopompe ; n=vitesse de
rotation en t/mn ; U0= vitesse dans la conduite en régime nominal ; S et l = section et longueur de la
conduite ; c=célérité des ondes et γ=poids spécifique du liquide pompé.

A L MAR Page 61 17/02/2011


B VOLUME DU BALLON D’AIR (ABAQUE DE VIBERT)

B1 Abaque de Vibert

A L MAR Page 62 17/02/2011


h0 Z min Z max
Z0 Z0 Z0

U0
LS

Notations : U0=volume d’air en régime nominal ; V0=vitesse dans la conduite en


régime nominal ; Z=pression absolue de l’air en mCE (indices 0=régime nominal,
min=fin de la dépression, max=fin de la surpression) ; L et S= longueur et section de
2

la conduite ; h =V 0
0 2g

A L MAR Page 63 17/02/2011


B2 Exemple de calcul

2
V0
En posant = h0 :
2g

U 0 h0 1
=
LS Z 0 ⎛Z ⎞
f ⎜⎜ ⎟⎟
⎝ Z0⎠

Ces expressions se retrouvent sur les trois échelles de l’abaque. Un exemple fera mieux
comprendre le maniement de celui-ci. Soit une conduite présentant les caractéristiques
suivantes :

• Longueur : 1200 m
• Diamètre 0,200m
• Section : 0,0314 m2
• Volume 1200*0,0314= 38 m3
• Débit : 0,031 m3/s
• Vitesse moyenne 1,00 m/s
• Hauteur géométrique de refoulement : 60 m
• Conduite en fonte épaisseur : 10 mm
• Profil de la conduite régulièrement ascendante

La valeur de la célérité

9900
c= ≈ 1200 m / s
0,2
48,3 +
0,01

Montre que le coup de bélier peut atteindre la valeur :

c V 0 1200*1
= ≈ 122 mCE
g 9,81

de sorte qu’au moment du retour de l’onde, la pression peut atteindre :

60 + 122 = 182 mCE ≈ 18 bars

Si l’on s’impose de ne pas dépasser pour la conduite une pression de 12 bars ou 120 mCE, le
calcul du ballon s’effectuera comme suit :

Z 0 = 60 + 10 = 70 mCE

Z max = 120 + 10 = 130 mCE

A L MAR Page 64 17/02/2011


d'où :

Z max 130
= = 1,85
Z0 70

2
V0 1 h 0,051
h0 = == = 0,051 et 0 = = 0,0007
2g 19,62 Z0 70

Les alignements 1,85 lu sur l’échelle Z max / Z 0 et 0,0007 lu sur l’échelle h0 / Z 0 donnent sur
l’abaque :

U0 Z
= 0,045 et max = 0,60
LS Z0

Comme LS = 38 m3 , U 0 = 0,045x38 = 0,171 m3 = 171 litres

On en tire, puisque la détente est isotherme (U 0 Z 0 = U max Z min ) :

0,171
U max = = 0,270 m3 = 270 litres
0,60

171 litres
Afin qu’il reste encore de l’eau dans ce ballon même
quand U aura atteint sa valeur maximale, il sera calculé
350 litres

air
pour une capacité d’environ 350 litres. Ainsi en
fonctionnement normal, le volume d’air (171 litres) sera,
environ, la moitié de la capacité totale du ballon (Figure
eau
ci-contre)

La considération de la valeur de Z min / Z 0 permet de trouver la valeur de la dépression à


l’origine du refoulement.

On lit :

Z min = 0,60
Z0

donc :
Z min = 0,60 x70 = 42 mCE absolu

La pression restante est donc encore de 42 - 10 = 32 mCE et la dépression de


60 − 32 = 28 mCE , donc positive.

Il suffira d’examiner si, en raison du profil en long de la conduite, cette dépression ne conduit
pas à une cavitation en certains points.

A L MAR Page 65 17/02/2011


C VOLUME DU BALLON D’AIR (ABAQUE DE COMBES ET BOROT)

A L MAR Page 66 17/02/2011


D VOLUME DU BALLON D’AIR (ABAQUES DE MEUNIER ET PUECH)

A L MAR Page 67 17/02/2011


A L MAR Page 68 17/02/2011
A L MAR Page 69 17/02/2011
A L MAR Page 70 17/02/2011
A L MAR Page 71 17/02/2011
A L MAR Page 72 17/02/2011
A L MAR Page 73 17/02/2011
A L MAR Page 74 17/02/2011
A L MAR Page 75 17/02/2011
A L MAR Page 76 17/02/2011
A L MAR Page 77 17/02/2011
A L MAR Page 78 17/02/2011
A L MAR Page 79 17/02/2011
A L MAR Page 80 17/02/2011
A L MAR Page 81 17/02/2011
A L MAR Page 82 17/02/2011
A L MAR Page 83 17/02/2011
E BALLON D’AIR (ABAQUES DE DUBIN ET GUENEAU CITES PAR LENCASTRE)

E1 Calcul du volume d’air

*
Notations : h =même
0
notation que l’annexe A
avec l’exposant * sur le
h désignant la charge
absolue.

A L MAR Page 84 17/02/2011


E2 Vitesse de cavitation à l’étranglement

A L MAR Page 85 17/02/2011


F CHEMINEES D’EQUILIBRE (TIRE DE LENCASTRE)

Notations : Ω=section de la cheminée ; L et S =longueur et section de la conduite


protégée ; Q0=débit nominal dans la conduite ; Z *=Q L ;
0 gSΩ T *=2π LgSΩ ;
Z=niveau de l’eau dans la cheminée repérée par rapport au niveau statique et orienté
vers le haut ; P=perte de charge dans la conduite et R =perte de charge de
l’étranglement conduite-cheminé (avec indice 0 pour le débit Q0) ; τ=durée du
démarrage linéaire et Y=-R-Z.

Les lettres minuscules désignent la valeur rapportée à Z*.

A L MAR Page 86 17/02/2011


A L MAR Page 87 17/02/2011
A L MAR Page 88 17/02/2011
A L MAR Page 89 17/02/2011
A L MAR Page 90 17/02/2011
A L MAR Page 91 17/02/2011
G BASSINS D’ALIMENTATION (TIRE DE LENCASTRE) Notations : même
notation que l’annexe A
avec Δh J = U 0 et Δh
c
g
désignant la surpression

A L MAR Page 92 17/02/2011


A L MAR Page 93 17/02/2011
Chapitre 2
Notions sur les écoulements non-permanents
A surface libre

A L MAR Page 94 17/02/2011


CHAPITRE 2

NOTIONS SUR LES ECOULEMENTS NON-PERMANENTS

A SURFACE LIBRE

1 GENERALITES

2 ECOULEMENTS NON-PERMANENTS GRADUELLEMENT VARIES

2.1 EQUATIONS DE SAINT-VENANT

2.2 CELERITE DE L’ONDE

2.3 METHODES DE RESOLUTION

2.4 APPLICATIONS EN HYDROLOGIE

3 ECOULEMENTS NON-PERMANENTS BRUSQUEMENT VARIES (ONDES DE TRANSLATIONS)

3.1 NOTIONS ET EXEMPLES

3.2 MISE EN EQUATION ET CELERITE DES ONDES

3.3 CONSIDERATIONS SUR LES ONDES NEGATIVES

A L MAR Page 95 17/02/2011


CHAPITRE 6
NOTIONS SUR LES ECOULEMENTS NON-PERMANENTS

1 GENERALITES

Bien que les ouvrages hydrauliques soient dimensionnés par les formules des écoulements
permanents, l’ingénieur peut se trouver confronté à des problèmes de grandes importances
nécessitant des notions sur les écoulements non-permanents.

De tels écoulements se rencontrent dans les cas suivants :


• Propagations des marées dans les fleuves et estuaires ;
• Ecoulements transitoires à l’ouverture ou la fermeture d’une vanne placée dans un
canal ;
• Onde de crue consécutive à la rupture d’un barrage (pas souhaitable mais on l’étudie
dans le cadre des études d’impacts parfois) ;
• Propagation des crues dans les cours d’eau.

Les équations du mouvement ne peuvent être résolues que numériquement dans le cas général
mais avec certaines simplifications assez proches de la réalité, on peut trouver des solutions
explicites pouvant dégrossir le problème.

2 ECOULEMENTS NON-PERMANENTS GRADUELLEMENT VARIES

On considère les écoulements où le débit, Q, et la profondeur d’eau, y, varient au cours du


temps, t, et le long de l’axe d’écoulement, x, de façon progressive. Seuls les écoulements
filaires, ayant une direction privilégiée (axe du chenal x) et qui sont des écoulements
unidirectionnels, seront traités dans le cours.

2.1 Equations de Saint-Venant

2.1.1 Equations complètes de Saint-Venant

Les hypothèses sont les mêmes que celles faites lors de l’étude des écoulements permanents
graduellement variées du chapitre 3 :

• Variations lentes et progressives des variables de l’écoulement (Q et y sont des


fonctions continues et dérivables des variables y et t) ;

• Filets liquides presque parallèles (répartitions des pressions hydrostatiques dans une
section droite) ;

• Vitesse uniforme dans la section (coefficient d’énergie cinétique α ≈ 1) ;

• Pas d’apports latéraux ;

A L MAR Page 96 17/02/2011


• Le frottement sur les berges est donné par une formule du type Manning-Strickler.

L’équation de continuité (volume entrant moins volume sortant égale à la variation de stock
pendant un intervalle de temps dt) écrite pour une tranche de chenal dx donne (Stock=Sdx
avec ∂S / ∂y = l , largeur au plafond) :

∂y ∂Q
l + =0 (2-1)
∂t ∂x

Les termes de l’équation dynamique pour le même volume projetés dans la direction x de
l’écoulement se décomposent ainsi :

⎛ ∂U ∂U ⎞
• Variation de quantité de mouvement : ρSdx ⎜ +U ⎟ ;
⎝ ∂t ∂x ⎠

∂y
• Forces de pression : − ρgSdx ;
∂x

4/3
• Frottement à la paroi : − ρgSdxJ avec J = U 2 / ( K S 2 R H ) ;

• Poids de l’eau pour une pente du chenal, I, faible : ρgSdxI .

Le théorème des quantités de mouvement donne alors l’équation dynamique qui peut se
mettre sous l’une des formes suivantes en tenant compte de l’équation de continuité :

∂U ∂U ∂y
+U = −g + g(I − J ) (2-2a)
∂t ∂x ∂x

∂Q ∂ (Q 2 / S ) ∂y
+ = − gS + gS ( I − J ) (2-2b)
∂t ∂x ∂x

∂Q
∂t
2 ∂y
+ gS (1 − F r ) + 2
∂x
Q ∂Q
S ∂x
2
Q ∂S
= gS ( I − J ) + 2 ( )
S ∂x y
(2-2c)

Pochat donne une formulation plus complète en partant des équations de Navier-Stokes, en
tenant compte du frottement de l’air qui a une vitesse w par rapport à la surface libre et des
apports latéraux possibles q [L2T-1]. Il a établit les 2 équations suivantes pour un écoulement
filaire :

∂y ∂Q
l + =q
∂t ∂x

∂Q ∂ (Q 2 / S ) ∂y ρ 2
Q Q
+ + gS ( − I ) = 2 C d a w2 − gSJ + K dS ∂ 2 + kq
∂t ∂x ∂x ρ ∂x S

où :

A L MAR Page 97 17/02/2011


• Cd est un coefficient de frottement air-eau et ρa la masse volumique de l’air ;

• KdS est un coefficient de dispersion tenant compte de la répartition réelle des vitesses dans
la section. Ce coefficient masque la diffusion visqueuse ν, la diffusion turbulente Kt et la
dispersion verticale Kd ;

• k représente le rapport de la vitesse d’apport et de la vitesse moyenne dans la section d’une


part, et l’angle entre la direction de l’apport et la direction x de l’écoulement avec :

- k=0 si débit latéral est perpendiculaire à l’axe x,

- k=0 si débit latéral à vitesse très faible par rapport à la vitesse moyenne axiale U,

- k=1 si débit latéral négatif (perte).

Dans la suite du cours, nous ne retiendrons ni les pertes latérales q, ni la vitesse du vent w ni
la dispersion KdS.

2.1.2 Equations simplifiées

Il arrive qu’un ou plusieurs termes de l’équation dynamique de Saint-Venant (2-2) puissent


être négligés devant les autres :

1°) Onde dynamique quasi-permanent

Le terme ∂U / ∂t de l’équation (2-2a) est négligeable devant les autres.

2°) Onde diffusive

Le terme d’inertie ∂U / ∂t + U∂U / ∂x est négligeable dans l’équation dynamique. C’est le cas
des écoulements à faible nombre de Froude (Fr<0,3) correspondant aux rivières en régime
fluvial.

Pour traiter la propagation du débit, on dérive l’équation de continuité par rapport à x et


l’équation dynamique simplifiée par rapport à t pour éliminer le terme ∂ 2 y /(∂x∂t ) et l’on
obtient :

2
Q ∂Q ∂Q
σ ∂ 2 =c +
∂x ∂x ∂t

Avec un terme d’atténuation σ qui est égal à

1
σ=
∂J
l
∂Q

et un terme de célérité c qui est égal à

A L MAR Page 98 17/02/2011


∂J ∂l ∂l
+ (I − J )
1 ∂y 1 ∂x ∂x .
c=− + 2
l ∂J l ∂J
∂Q ∂Q

3°) Onde cinématique

On ne retient que les 2 termes I et J dans l’équation dynamique. Pour un observateur fixe, la
pente de ligne d’énergie J est égale à la pente du canal.

2/3
L’équation de Manning-Strickler Q = K S S RH J permet de calculer
[( ) ]
∂Q / ∂x = ∂ ( S R H ) / ∂y (∂y / ∂x ) + ∂ ( S R H ) / ∂x K S J en fonction de la géométrie de la
2/3 2/3

section, de la rugosité et de la pente J=I qu’on substitue dans l’équation de continuité pour
avoir l’équation de l’onde.

L’onde cinématique est une onde de translation qui ne diffuse pas, d’où il n’y a pas
d’atténuation de l’onde. On fait cette hypothèse dans le cas des canaux d’assainissement :
relative courte longueur et section bien définie (circulaire, parois en béton, etc.)

2.2 Célérité de l’onde

Pour mettre en évidence la nature des équations de Saint-Venant, en peut dériver les formules
(2-1) et (2-2c) par rapport à x et t et les combiner linéairement pour obtenir les équations (2-3)
et (2-4) qui sont les équations classiques des ondes ; en faisant les hypothèses simplificatrices
suivantes :

• canal rectangulaire l =constante ;


• pente du canal I = pente de la ligne d’énergie J ;
• nombre de Froude faible devant l’unité ;
• petites perturbations avec les termes de second ordre qui sont négligeables.

2 2
∂ y − gS ∂ y = 0 (2-3)
2
∂t l ∂x 2

2 2
∂ Q − gS ∂ Q = 0 (2-4)
2
∂t l ∂x 2

La célérité de ces petites perturbations c est donc donnée par les équations (2-3) et (2-4) et les
hypothèses faites ne changent pas sa valeur comme on le verra dans la méthode des
caractéristiques du paragraphe 3.3.1 :

gS
c= = g ym
l

A L MAR Page 99 17/02/2011


On constate que la célérité des ondes augmente avec la profondeur d’eau, d’où une onde
positive aura tendance à déferler avec les hypothèses faites. Cependant dans certaines
conditions (nombre de Froude initial inférieur à 2, frottement à la paroi, etc.) ce déferlement
peut être retardé.

2.3 Méthodes de résolution

2.3.1 Méthode des caractéristiques

Elle est un peu plus complexe que dans le cas des écoulements en charge (paragraphe 3-2 du
chapitre 1) parce que la célérité de l’onde c est du même ordre de grandeur que la vitesse
moyenne de l’eau U et que les caractéristiques ne sont plus des droites.

En ajoutant l’équation dynamique (2-2c) à l’équation de continuité (2-1) multipliée par λ, puis
en posant dx / dt = λ + 2Q / S = gS (1 − F 2r ) /(λl) , on obtient l’équation différentielle suivante
où λ = −U ± gS / l est l’une des solutions de l’équation du second degré
l λ 2 + ( 2Ql / S )λ − gS (1 − F 2r ) = 0 :

− λl
dy dQ

dt dt
2
Q ∂S
+ gS ( I − J ) + 2
S ∂x y
( )
=0

Cette forme condensée est équivalente aux 2 systèmes d’équations différentielles (2-5) et (2-
6) appelées équations de compatibilité :


⎪ dx = −U + gS / l (a )
⎪ dt

⎨ (2-5)

( ) ⎡
⎪ U − gS / l ldy − dQ + ⎢ gS ( I − J ) + U 2
⎪⎩ ⎢⎣
∂S ⎤
( )
⎥dt = 0
∂x y ⎥⎦
( b)


⎪ dx = −U − gS / l (a )
⎪ dt

⎨ (2-6)

( ) ⎡
⎪ U + gS / l ldy − dQ + ⎢ gS ( I − J ) + U 2
⎪⎩ ⎣⎢
∂S ⎤
( )
⎥dt = 0
∂x y ⎦⎥
( b)

Les (2-5a) et (2-6a) sont respectivement les caractéristiques positive C+ et négative C- qui ne
sont plus nécessairement des droites dans le plan (x,t).

A L MAR Page 100 17/02/2011


Pour un écoulement fluvial, la pente de la caractéristique positive C+ est positive et celle de
C- est négative, d’où il faut une condition à la limite amont de la forme αdQ+βdy=γdt et une
condition à la limite aval du même type.

Pour un écoulement torrentiel, les pentes de C+ et C- sont toutes les deux négatives et il faut
2 conditions à la limite amont : Q=Q(t) d’une part, et y=y(t) ou Q=Q(y) d’autre part. Aucune
condition n’est nécessaire à la limite aval.

Le régime critique correspond à une résonnance entre la vitesse de l’écoulement et la célérité


des ondes, il est instable.

Dans les deux cas, on doit connaître les conditions initiales.

On utilise la méthode des différences finies explicites pour résoudre le système des équations
(2-5) et (2-6) qui détermine à la fois xM, tM, yM, QM, du point M de rencontre des 2
caractéristiques partant des points M1 et M2 où l’on connaît ces valeurs (Figure 2-1).

La méthode des caractéristiques reste complexe à cause des conditions de stabilité et de


convergence qui impliquent la condition de Courant sur le choix de la discrétisation :
Δx
Δt ≤
c+U

C- C+
xM
tM
M
yM
QM

x1 x2
t1 t2
M1 M2
y1 y2
Q1 Q2
x

Figure 2-1 : Schéma de discrétisation de la méthode des caractéristiques.

2.3.2 Méthodes des différences finies implicites

Elles consistent à partir des équations (2-1) et (2-2c) directement et à estimer les dérivées par
des différences finies comme c’est exposé au paragraphe 3.1 du chapitre 6 du tome 1 du
cours.

La méthode implicite est la méthode la plus utilisée pour s’affranchir de la condition de


Courant.

A L MAR Page 101 17/02/2011


2.4 Applications en hydrologie

2.4.1 Courbe de tarage des cours d’eau

Si l’on utile la formule de Manning-Strickler avec l’équation dynamique (2-2a), le débit est
donné par la formule suivante :

2/3 2/3 ∂y U ∂U 1 ∂U
Q = K S S RH J = K S S RH I− − −
∂x g ∂x g ∂t

Dans le cas d’un écoulement permanent uniforme, la relation entre le débit Q et la profondeur
d’eau y à travers S et RH est univoque.

Dans le cas contraire, cette relation est non univoque, en boucle dont la largeur indique
U ∂U 1 ∂U ∂y
l’importance des termes d’inertie + et de pression (figure 2-2a)
g ∂x g ∂t ∂x

La courbe de tarage (figure 2-2b) donne les renseignements suivants :

• Dans un écoulement non permanent, le débit a 2 valeurs différentes pour la même


profondeur d’eau, y, suivant que le niveau d’eau monte ou descend.

• A une section donnée fixe, on observe tout d’abord le maximum de vitesse moyenne
Umax, puis le maximum de débit Qmax, puis le maximum de hauteur d’eau ymax ; tous
∂y ⎞
précédés de la pente de la surface libre maximale ⎟ max.
∂x ⎠

y ou y

y y

Figure2-2 : Représentation schématique de la relation Q=f(y) et y=f(t) pour un écoulement


non permanent graduellement varié.

2.4.2 Méthodes simples de propagation des crues

La résolution des équations complètes de Saint-Venant demande un temps et des moyens de


calcul significatifs. C’est pourquoi on lui préfère, pour l’étude de la propagation des crues
dans les fleuves, des méthodes hydrologiques beaucoup plus simples telles que la méthode de
Muskingum, basée seulement sur l’équation de conservation de la masse appliquée sur un
bief :

Q
A L MAR Page 102 17/02/2011
dV
= QE − QS
dt

Les hypothèses à la base de la méthode de Muskingum sont résumées par la formule


suivante :

[ x
V = K X Q E + (1 − X ) Q S
x
]
où K, x et X sont des constantes caractéristiques de la section mouillée à l’entrée et à la sortie
du bief. On prend généralement une valeur de X comprise entre 0 et 1 pour pondérer
l’influence des 2 sections. Dans un canal prismatique on prend X=0,5 et pour le laminage
d’une retenue d’eau, on prend X=0 car le volume n’est lié qu’au débit à la sortie. Dans la
propagation des crues, on prend généralement x=1.

La combinaison de ces 2 équations donne l’équation (2-7) où le terme de gauche,


correspondant à l’hydrogramme entrant, est connu.

d QS d QE
(1 − X )K + Q S = Q E − KX (2-7)
dt dt

Une méthode explicite des différences finies permet de déterminer l’hydrogramme sortant du
bief et on calcule ainsi de proche en proche la propagation de la crue.

3 ECOULEMENTS NON-PERMANENTS BRUSQUEMENT VARIES (ONDES DE TRANSLATIONS)

3.1 Notions et exemples

Le front d’onde présente un changement rapide de la profondeur d’eau, y, avec une courbure
prononcée de la surface libre. Pour un « observateur » se déplaçant avec la célérité de l’onde,
l’écoulement est permanent brusquement varié.

Cet effet peut avoir pour cause une ouverture instantanée d’une vanne par exemple, donc une
variation rapide du débit ΔQ. On peut distinguer 4 types d’écoulements de ce type (figure 2-3) :

a) Onde positive d’aval

Ce phénomène peut être observé à l’amont d’une vanne placée dans un canal et qui est fermée
instantanément. Une onde positive (Δy>0), c’est-à-dire une surélévation de la surface libre par
rapport à l’écoulement initial se propage vers l’amont avec une célérité -ct.

b) Onde négative d’amont

On l’observe à l’aval de la vanne du cas précédent. Une dépression de la surface libre par
rapport à l’écoulement initial (Δy<0) se propage vers l’aval avec une célérité +ct opposée au
cas précédent.

A L MAR Page 103 17/02/2011


c) Onde positive d’amont
On l’observe à l’aval d’une vanne placée dans un canal et qui est ouverte instantanément. Une
onde positive (Δy>0) se propage vers l’aval avec une célérité ct.

d) onde négative d’aval

On l’observe à l’amont de la vanne du cas précédent. Une onde négative se propage vers
l’amont avec une célérité -ct opposée au cas précédent.

Δy > 0 Δy < 0
y1
y1

Δy < 0
Δy > 0
y1
y1

Figure 2-3 : Intumescences dues à une variation brusque, ΔQ, du débit d’un canal.

A L MAR Page 104 17/02/2011


3.2 Mise en équation et célérité des ondes

3.2.1 Mise en équation

Considérons par exemple une onde positive d’amont (figure 2-3c). Un « observateur », lié à
l’onde et qui se déplace avec la célérité ct, verra un écoulement brusquement varié permanent
qui peut être étudié de la façon classique.

On encadre l’écoulement par 2 sections où la répartition des pressions est hydrostatique et les
vitesses régulières, et on applique le théorème des quantités de mouvement en négligeant le
frottement sur les parois et le poids de l’eau (courte distance).

Notre « observateur » verra respectivement dans les sections 1 et 2 de la figure 2-3c :

• Des vitesses relatives de U 1 − ct et U 2 − ct ;

• Des débits relatifs Q r1 = S1 (U 1 − ct ) et Q r 2 = S 2 (U 2 − ct ) entrant et sortant ;

• Des forces de pression de F P1 = ρ g S 1 y G1 et F P 2 = ρ g S 2 y G 2 .

S’il applique le théorème des quantités de mouvement projeté dans la direction de


l’écoulement, il trouve :

(
− ρ S 2 U 2 − ct ) + ρ S (U −c ) = − ρ g S y
2
1 1 t
2
1 G1 + ρ g S 2 yG 2 (2-8)

et l’équation de continuité s’écrit :

S 2 (U 2 − ct ) = S1 (U 1 − ct ) (2-
9a)

d’où :

Q 2 − Q1 ΔQ
ct = = (2-9b)
S 2 − S1 ΔS

La combinaison des équations (2-8) et (2-9a) donne, après simplification par ρS2, la relation
(2-10) suivante :

(ct − U 2 )(U 2 − U 1) = g ⎛⎜⎜ yG 2



S1 ⎞
yG1 ⎟⎟ (2-10)
⎝ S2 ⎠

De l’équation de continuité (2-9a), on peut tirer l’expression U 2 = (U 1 S1 + ct S 2 − ct S1) / S 2


qu’on substitue dans la formule (2-10) pour tirer la célérité absolue des ondes ct :

A L MAR Page 105 17/02/2011


(c −U ) = (SS y(1 −−SS / yS )) g
t 1
2
2

1
G2

1
1 G1

2
(2-11a)

( S 2 y G 2 − S 1 yG1) g
ct = U 1 ± (2-11b)
S 1 (1 − S 1 / S 2 )

Les relations (2-11b) et (2-9b) permettent de calculer par approximations successives ct et


Δy=y2-y1 lorsque U1, y1 et ΔQ sont connus.

Par exemple, la coupure instantanée du débit dans un canal rectangulaire donne une onde
c ⎛ 2 y1 ⎞ y
positive d’aval de hauteur Δy = ⎜⎜ ⎟⎟U où c = g 2 ( y1 + y 2) ; à comparer avec la
g ⎝ y1 + y 2 ⎠ 2 y1
cU
formule de Michaud vue en écoulement en charge Δh = dans le cas y1 ≈ y 2 .
g

3.2.2 Célérité des ondes

Dans l’équation (2-11b) qui exprime la célérité relative de l’onde de translation, le signe +
correspond aux ondes d’amont et le signe – aux ondes d’aval.

Dans le cas d’une section rectangulaire (S=by et yG=y/2), si la hauteur de l’onde Δy=y2-y1 est
négligeable devant y1 et y2, la célérité peut s’exprimer ainsi :

3 Δy ⎛ 3 Δy ⎞
ct ≈ U 1 ± g y1 1 + ≈ U 1 ± g y1 ⎜⎜1 + ⎟⎟
2 y1 ⎝ 4 y1 ⎠

⎛ Δy ⎞
La célérité relative devient donc ct = U 1 ± g y1 dans le cas des petites ondes ⎜⎜ << 1⎟⎟ .
⎝ y1 ⎠
La célérité absolue de l’onde de translation est donnée par le terme de la racine carrée de
l’équation (2-11b) en considérant une vitesse initiale nulle (U1=0) qui correspond à l’eau au
repos.

On a admis dans la mise en équation que le front d’onde représente une discontinuité de la
surface libre qui est stable. En réalité, le constat est le suivant :

• Si l’onde est positive (y2>y1), le front est raide et reste stable.

• Si l’onde est négative (y2<y1), l’onde devient instable et elle tendra vers une courbe
continue.

En effet, l’onde de translation peut être considérée comme étant la superposition d’ondelettes.
Chaque ondelette se déplaçant avec une célérité absolue c = gy . Les ondelettes du haut
auront de ce fait une célérité plus importante que celles du bas. On constate par conséquent :

A L MAR Page 106 17/02/2011


• Pour l’onde positive, les ondelettes du haut vont, en déferlant, absorber celles du bas et
il en résulte un front raide.

• Pour l’onde négative, les ondelettes du haut se déplacent plus vite que celles du bas et
il en résulte un front de moins en moins raide.

Le frottement à la paroi aussi joue un rôle dans la modification du front de l’onde (voir
Henderson).

3.3 Considérations sur les ondes négatives

L’onde négative, raide au départ, se déforme plus rapidement que l’onde positive. On
n’obtient pas réellement un véritable front raide et la hauteur Δy a moins de sens physique que
pour l’onde positive.

L’écoulement devient vite un écoulement graduellement varié qu’on peut traiter par les
équations de Saint-Venant du paragraphe 1.

Pour les petites ondes et dans le cas d’un canal rectangulaire ou infiniment large, Graf montre
que la vitesse moyenne de l’eau U et la célérité relative de l’onde sont données par les
équations (2-12) et (2-13) si on néglige la pente I et le frottement J.

U ( y ) = U 1 ± 2 gy m 2 g y1 (2-12)

ct ( y ) = U 1 ± 3 gy m 2 g y1 (2-13)

Le signe du haut correspond aux ondes élémentaires qui se propagent vers le sens de
l’écoulement initial.

3.3.1 Onde négative d’amont

On peut l’observer à la fermeture d’une vanne dans un canal (figure 2-4). La position de
l’onde est donnée par x=ctT en prenant l’origine du temps T à l’instant de la fermeture
(création de l’onde).

L’expression de la courbe de la surface libre de l’onde x(y), et la vitesse moyenne de l’eau


U(y) deviennent alors :

x ( y ) = (U 1 + 3 gy − 2 g y1 )T

2 x 2
U ( y) = U1 + − g y1
3 3T 3

A L MAR Page 107 17/02/2011


3.3.2 Rupture de barrage (onde négative d’aval)

Ce problème a été résolu par Ritter, cité par Goutx, qui a considéré un canal à fond horizontal
et sans frottement. L’eau dans le barrage a une vitesse nulle en amont et l’aval est sec à
l’instant initial (figure 2-5).

U1

ct (signe du haut) y1
y

x
0

Figure 2-4 : Fermeture d’une vanne ; onde négative d’amont. ct = U 1 + 3 gy − 2 g y1

La vitesse de l’eau à une profondeur et à l’instant T est donnée par l’équation 2-12 avec le
signe du bas:

U ( y ) = −2 gy + 2 g y1

La célérité de l’onde (vers l’amont et l’aval), selon l’équation (2-13) devient :

ct ( y ) = −3 gy + 2 g y1

Cette formule montre que pour le front de l’onde positive d’aval (y=0), la célérité est de
ct (0) = 2 g y1 et pour le creusement de l’onde négative d’amont (y=y1), elle est de
ct ( y1) = g y1 .

La courbe de la surface libre à un instant T est donnée par l’équation x(y) = T ct(y).

Au droit du barrage rompu [(x=0) donc ct(y)=0], la profondeur d’eau yb est constante en
fonction du temps et égale à y b = 4 y1 / 9 théoriquement, et la vitesse de l’eau est de
U ( yb) = 2 g y1 / 3 . Donc le débit stationnaire correspondant mais aussi la hauteur maximale
de l’onde positive d’aval peuvent être estimés si la section de la rivière varie peu.

A L MAR Page 108 17/02/2011


En réalité, la hauteur « pivot » théorique yb doit être corrigé à cause de la présence d’eau à
l’aval du barrage qui raidit le front d’onde sur une hauteur verticale de quelques dizaines de
pour-cent de la hauteur pivot. La correction de la hauteur « pivot » conduit plutôt à
y b = 9 y1 / 16 d’après Stocker cité par Goutx.

Cette approche théorique n’empêche pas de simuler les ondes de rupture de barrage par les
équations complètes de Saint-Venant. Mais dans tous les cas, des hypothèses sont nécessaires
sur le mode de rupture et la genèse de l’onde de crue.

Barrage

U1=0
"Pivot"
y1 ct
signe d'en basy
réalité
U yb

x=0 x

Figure 2-5 : Rupture instantanée d’un barrage ; onde négative d’aval

A L MAR Page 109 17/02/2011