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Yassine FNITIZ

L’analyse fondamentale
et technique

Année Universitaire : 2017-2018


Plan :

I. L’analyse fondamentale

A. Définition

B. L’analyse financière

C. L’analyse boursière

D. L’analyse macroéconomique

II. L’analyse technique

A. Définition

B. Principes de l’analyse technique

C. Fondement de l’analyse technique : « La Dow theory »

a. Les principales représentations graphiques

b. Les droites de tendances

c. Les configurations chartistes


Analyse fondamentale

A. Définition de l’analyse fondamentale :

Le but est d'évaluer au plus juste la valeur du titre d'une société en utilisant des
informations pertinentes.

Pour cela on utilise trois types d'analyse. Il ne faut pas la voir comme une science mais
comme un croisement de nombreuses disciplines.

L’évaluation d’une société ne passe pas uniquement par l’analyse comptable, mais aussi
une analyse stratégique visant à déterminer par exemple le positionnement de la société étudiée
par rapport à ses concurrents ou à son secteur d’activité.

Une analyse macro-économique s’avère également nécessaire pour comprendre


l’environnement au sein duquel opère l’entreprise.

B. L'analyse financière :

L'analyse financière fait appel a diverses méthodes. Une qui est très utilisée est l'analyse
financière par la méthode des ratios. Elle permet, grâces aux chiffres du bilan et du compte de
résultat de faire ressortir les éléments principaux des comptes d'une entreprise.

Nous allons nous intéresser plus particulièrement à cette analyse car elle devient
indispensable pour évaluer rapidement une entreprise. Un ratio est un rapport entre deux
chiffres significatifs. Le résultat donné permet de comparer une entreprise à une autre dans un
même secteur d'activité.

➢ Analyse de l'activité :

On établie ces ratios pour cerner l'activité de l'entreprise et son évolution. Ces ratios
apportent des informations concernant la prise de décision, de gestion, ou à la prise de décision
stratégique.

• Évolution du chiffre d'affaire :

((CAn - CAn-1)x100) / (CAn-1)

• Taux de marge commercial :

(marge commerciale x 100) / Ventes de marchandises


• Taux de marge brute :

(marge brut x 100) / production de l'exercice

• Taux de valeur ajoutée :

(Valeur ajoutée x 100) / Chiffre d'affaire

➢ Analyse de la rentabilité :

On établie ces ratios pour repérer le niveau de formation du résultat.

• Rentabilité de l'exploitation

(résultat d'exploitation x 100) / chiffre d'affaire

• Poids du financement

(résultat financier x 100) / chiffre d'affaire

• Rentabilité courante

(résultat courant x 100) / chiffre d'affaire

• Rentabilité de l'exercice

(résultat exercice x 100) / chiffre d'affaire

➢ Analyse de la liquidité :

Il faut tout d'abord se munir des chiffres du fonds de roulement et des besoins en fonds
de roulement.

a. Délais de rotation des stocks (en jours) :

Stocks de marchandises :

(stock moyen de marchandises x 360) / coût d'achat des marchandises vendues

• Les stocks de matières premières :

(Stocks moyens des matières premières x 360) / coût d'achat des matières premières

utilisées

• Les produits finis :

(Stocks moyens de produits finis x 360) / Production vendue de biens

b. Délais moyens de règlement (en jours) :


• Rotation des créances clients :

((comptes clients rattachés + effets escomptés non échus - avances et acomptes reçus)

x360) / Ventes TTC

• Rotation des dettes fournisseurs :

((comptes fournisseurs et rattachés - avances et acomptes versés) x 360) / Achats TTC

C. L'analyse boursière

L'analyse boursière s'appuie sur un élément principal pour l'actionnaire : l'action. Cette
analyse permet à l'investisseur de compléter son analyse financière et donner des hypothèses
quant à la santé de l'entreprise et à celle du cours de l'action. Nous allons vous proposer une
analyse en 5 points

• La capitalisation boursière :

Elle représente la valeur boursière globale de la société :

Capitalisation boursière = Nombre d'actions total de l'entreprise x cours de


l'action

Varie tous les jours car le cours de l'action change lui aussi de jour en jour.

C'est un indicateur très intéressant en ce qui concerne la valeur étudiée. Les sociétés qui
possèdent une forte capitalisation boursière ont tendance à ne pas subir d'envolée des cours sur
du court terme. Les plus grandes capitalisations peuvent atteindre plusieurs dizaines de
milliards de Dirhams. Pour calculer parfaitement une capitalisation boursière, il faut cependant
faire attention à prendre toutes les actions d'une entreprise. Il faut prendre en compte non
seulement les actions admises à la côte mais aussi

• Les cours ajustés

De temps en temps, pour fidéliser ses actionnaires, une entreprise utilise l'attribution
gratuite de x action pour y actions détenues. Aussi, une entreprise peut utiliser la division au
nominal pour rendre le marché plus liquide. Tout cela pour dire qu'une action doit être comparé
avec attention. L'action d'une société S peut être différente d'une année à l'autre. Pour rendre le
marché plus liquide une entreprise peut avoir recours à la division au nominal de l'action, ce
qui multiplie le nombre d'action en circulation.

• Bénéfice par action


Indicateur très précieux qui va fournir des informations importantes pour le PER.

On le calcul de la façon suivante:

BPA = (Bénéfice net de l'exercice) / (nombre d'action total composant le capital de


l'entreprise)

Le bénéfice net qui est pris en compte est celui qu'on a vu en analyse financière, c'est à
dire celui du compte de résultat net consolidé du groupe. De plus, si le résultat est une perte, le
calcul ne sert à rien.

Il faut aussi prendre en compte dans le calcul toutes les actions qui existent pour la
société :

- Actions

- Actions nouvelles

- Certificats d'investissement

- Obligations convertibles

- Bons de souscriptions

- Les actions à dividende prioritaires

Pour se rendre compte de l'évolution de cet indicateur, vous pouvez l'analyser sur
plusieurs années

consécutives. En général, il croît chaque année

• THE PRICE EARNING RATIO

PER = cours de l'action / BPA

Raisonnons sur le multiple de l'année en cours. Il peut apparaître évident qu'une valeur
à faible multiple soit moins chère qu'une valeur à multiple élevé. Malheureusement, ce n'est pas
aussi simple. Le multiple est une donnée statique, une photographie à un instant précis. Ce n'est
donc pas suffisant pour émettre un jugement.

Il convient alors de raisonner dans une optique comparative et dynamique. On peut en


tirer quelques règles, ou plutôt quelques évidences !

- Le multiple d'une valeur ne doit pas s'apprécier isolément mais par rapport à la
moyenne du marché et au multiple du secteur ou d'une valeur comparable.
- L'augmentation des résultats de la société - que ce soit par redressement ou forte
croissance

- Les secteurs d'activité très cycliques ont en principe des multiples faibles (sauf dans
l'hypothèse d'un redressement). En effet, un secteur cyclique a généralement une très faible
visibilité de la croissance de ses résultats. Cette incertitude justifie alors un prix immédiat plus
réduit, donc un multiple faible.

- Il peut y avoir une raison non fondamentale à un faible multiple, sans que ce dernier
soit pourtant susceptible de correction. Ainsi, une valeur à marché étroit se "paie" souvent
moins chère : les opérateurs parviennent difficilement à travailler un petit marché. L'achat d'une
telle valeur ne sera pas nécessairement gagnant.

Ces observations peuvent vraisemblablement servir d'explication aux multiples plus


élevés des affaires à croissance rapide, et aux multiples peu élevés de nombreuses affaires du
comptant en raison de l'étroitesse des volumes de transactions.

• Le rendement

rendement = (dividende global) / cours de l'action

Le dividende global s'agit du dividende net versé à chaque action augmentée de l'avoir
fiscal. Par exemple, si mon dividende est de 10 dirhams, l'avoir fiscal sera de 5 dirhams (50%
du dividende). Le dividende global sera 15 dirhams. Si le cours de l'action est de 500 dirhams
le rendement sera de15 / 500 = 0.03 = 3%.

Le rendement adéquat :

Dans de nombreux cas le rendement d'une action n'est pas significatif - par exemple 1
% -, mais les actionnaires y sont restés sensibles. Cependant, un bon rendement peut
difficilement constituer une raison valable d'achat d'une action : il ne peut être le seul critère de
jugement. Encore faut-il, en effet, que ce rendement soit durable et que la société reste
profitable.

L'actionnaire n'est pas lésé avec un rendement faible : la partie du bénéfice non
distribuée est utilisée à l'investissement. Et, lorsque la société est dynamique et bien gérée, cette
politique est plus profitable à l'actionnaire qui récupérera bien plus que le rendement sous forme
de plus-value.

D. L'analyse macroéconomique
L'analyse fondamentale est basée sur le comportement des variables environnementales
qui ont un effet direct ou indirect sur l'évolution des cours. Parmi ces variables, nous pouvons
citer : le taux d'intérêt, le rendement des placements alternatifs (notamment la rémunération des
bons du trésor et les dépôts bancaires), le PIB, l'épargne nationale, les événements politiques
(élections), etc

Critiques de l’analyse fondamentale

Non transparence de l'information financière

L'AF conserverait sa part de pertinence si l'information sur les marchés était pure et
parfaite (pour reprendre un terme de microéconomie). Or, il n'en est rien. C'est même tout le
contraire : l'information est devenue mensongère, suspecte et manipulatrice.

Quel véracité faut-il accorder aux communiqués rassurants d'un PDG ou d'un analyste
sur une société dont le cours plonge ?A moins d'être naïf ou stupide, évidemment aucune. Même
les informations légales sensées avoir été contrôlées et vérifiées (les comptes annuels certifiés)
ne sont pas vraiment dignes de confiance (voir l'affaire Enron, Worldcom, Xerox,....)Et même
si les comptes sont sincères, des surprises désagréables sont toujours possibles grâce à de
nombreux artifices comptables légaux. Les changements de méthode comptables, les
provisions, les engagements hors bilan en fournissent les meilleurs exemples récents .Pratiques
que l'on retrouve comme par hasard dans certaines sociétés en pleine déprime boursière : France
Telecom, Vivendi Universal, Altran..

• Une utilisation erronée de ses concepts

1/ La méthode des DCF

2/ Le ravage du Goodwill

La méthode des DCF est la méthode de base d'évaluation utilisée lors de chaque analyse
fondamentale.

La méthode des DCF ne doit normalement s'appliquer que pour des sociétés matures
ayant des performances ultérieures constantes. Ce qui aurait dû exclure naturellement toutes les
valeurs technologiques et internet de ce modèle de valorisation. Ne chercher pas plus loin le
pourquoi des prix délirants d'introductions en Bourse de valeurs comme : Wanadoo, Gemplus,
Oberthurd Card, Complete,.... L'équation est simple : Méthode d'évaluation inadéquate +
Prévisions sur optimistes = Acheteurs tondus.
Les faits parlent d'eux même (variation par rapport au cours d'introduction) : Wanadoo
- 75 %, Oberthurd - 85 %, Gemplus - 88 %, Completel -98 %Avoir utiliser la méthode du DCF
pour définir un objectif de cours pour les valeurs techno, c'est une escroquerie morale et
financière.

Le goodwill ou survaleur ou écart d'acquisition (selon la terminologie comptable


française) correspond à l'écart constaté entre le prix payé pour l'achat d'un actif (Société,
branche d'activité, brevet, ...) et sa valorisation comptable. En clair, quand une société en
rachète une autre, elle paye presque toujours plus cher que la valeur bilantielle de la société
achetée.

Cette différence est le goodwill ou survaleur qui doit être comptabilisé au passif de la
société acheteuse pour y être amorti (sur une durée de 5 à 20 ans).

Les analystes financiers ne tiennent pas compte de ce goodwill pour leur évaluation. Le
PER estimé est toujours avant survaleur. Cette approche est légitimée par le gourou des
fondamentalistes : Warren

Buffet. En effet, pour Buffet le goodwill est un artifice comptable et n'a pas de réalité
économique et financière (les amortissements des survaleurs ne donnent pas lieu à un
décaissement). L'approche de

Buffet est intelligente si on tient compte des conditions qu'il pose : l'entreprise doit avoir
une croissance régulière sur plusieurs années antérieures et une bonne visibilité. Or, les
analystes (toujours eux) ont mis à la poubelle les conditions limitatives définies par Buffet.

De ce fait, il y a eu une forte prime à la croissance externe : peu importe le prix payé ;
toute acquisition est bonne à prendre car elle permet de réévaluer le business plan et donc
accroitre sa valorisation. A court terme et tant que le marché est en plein boum, les problèmes
n'apparaissent pas et la course à l'acquisition fait exploser les résultats et les cours des sociétés
acheteuses. Les conditions sont idéales pour une bulle spéculative car il suffit d'acheter ses
concurrents pour voir le cours de l'action montée.

C'est l'époque de l'argent facile, tout monte, on a l'impression que rien ne peut stopper
la spirale des rachats et des hausses de cours (l'un entrainant l'autre). Passé le moment
d'euphorie, le retour à la réalité est brutal et dévastateur :

- La croissance externe n'est pas simple à mettre en place. Il ne suffit pas de payer,
il faut aussi gérer les conflits de pouvoir et de culture qui interviennent nécessairement quand
une société prend le contrôle d'une autre. Et puis surtout savoir gérer des synergies positives et
restructurer les activités devenues redondantes. Bref, faire que 1+1 =3 et surtout éviter que
1+1=1. Par exemple, La fusion entre AOL et Time Warner a été un désastre au niveau
économique (pas de synergie) et financier (le goodwill a fait boire le bouillon aux actionnaires).
Idem pour Vivendi et Universal et tant d'autres.

- Rémunérations des intérêts minoritaires. Chaque acquisition donne lieu à des


paiements d'intérêts minoritaires étalés sur le futur. Or, la trésorerie de la société a déjà été mise
à mal par l'acquisition et il va falloir en plus dégager suffisamment de cash pour payer les
minoritaires. C'est pour cela que de nombreuses sociétés ont eu un besoin vital de nouvelles
augmentations de capital et ont vu leurs cours s'effondrer quand elles n'ont pu les réaliser du
fait des conditions du marché. Les exemples abondent : A Novo, Genesys, Vivendi Universal,
FT,.... Sans l'exclusion du Goodwill dans les PER, il n’y aurait pas eu les excès à la hausse lors
de la phase intensive de rachats puisque les inconvénients de la croissance externe auraient été
inclus dans les valorisations grâce au Goodwill.

L'AF ne prend pas en compte la psychologie des opérateurs, ni la tendance du marché.


Elle est déconnectée de la réalité et en devient dangereuse ! En effet, elle pousse à une approche
rationnelle et logique. Or, les marchés sont puissamment irrationnels. Le danger est donc de
vouloir avoir raison contre le marché (l'une des plus sures façons pour se ruiner).

L'AF porte en elle le germe destructeur de l'obstination. Prenons un exemple : Un


individu repère une société qui est puissamment sous évaluée par rapport à ses concurrents et
offre des perspectives prometteuses avec un PER bas. Persuadé de faire une affaire, il l'achète
à 10 dh. 2 mois plus tard, elle cote 8 dh. Si à 10 dh, la société est bon marché, il est clair qu'à 8
dh, c'est vraiment donné. L'acheteur va se renforcer. Il fait ce qu'on appelle une moyenne à la
baisse : il diminue son prix de revient moyen par des rachats plus bas en espérant une remontée
postérieure. Ce type de comportement est cohérent vis à vis de l'approche fondamentale mais
elle est suicidaire dans un marché baissier. L’achat en moyennant à la baisse est l'erreur
classique du débutant et je pense que tout investisseur l'a fait au moins une fois dans sa vie
boursière. Ce qui faut retenir, c'est que ce ne sont pas seulement les fondamentaux qui font la
valorisation d'une société, mais aussi la loi de l'offre et de la demande. Or, l'offre et la demande
n'apparaît évidemment pas dans l'AF puisqu' elle est indépendante de la société étudiée.

• Les pros de l'AF au banc des accusés


Les analystes, dont le métier est de donner des recommandations en fonction de leurs
propres analyses fondamentales ont perdu toute crédibilité. De forts conflits d'intérêts rendent
leurs avis et études suspectes voire franchement malhonnêtes. De nombreux procès sont en
cours aux USA contre leurs pratiques professionnelles (Goldman Sachs a d'ailleurs plaidé
coupable pour mettre un terme aux poursuites judiciaires). Bon nombre de maisons de courtage
savent qu'elles ont trop tiré sur la corde et adoptent un profil bas. Mais il y a eu trop d'excès
d'hypocrisie, de tricherie, de manipulation pour que les dégâts restent limités et ponctuels. Par
leur manque de déontologie, l'ensemble de la profession financière (Analystes,Teneurs de
marchés, Auditeurs, Banques, Organismes de prévisions,...) a cassé l'élément le plus important
d'un marché financier : la confiance. Le Congrès US vient de voter un renforcement pénal pour
prévenir les excès nocifs du passé. Mais être obligé de recourir à la loi est toujours un constat
d'échec. La confiance ça ne se décrète pas, ça se mérite. Et il faudra plus qu'une loi pour
restaurer la confiance trahie... Néanmoins souhaitons que tous ces scandales, faillites,
escroqueries porteront les fruits d'un renouveau assaini.
Analyse technique :
Définitions, principes et fondements

A. Définition de l’analyse technique

L’analyse technique représente aujourd’hui une des meilleures méthodes


de prévision des cours boursiers. Plusieurs définitions ont été élaborées par les
praticiens et elles sont tous assez proches les unes des autres. La plus parfaite
et la plus simple c’est celle donnée par John J.Murphy :
« L’analyse technique est l’évolution d’un marché, principalement sur la base de
graphiques, dans le but de prévoir les futures tendances. »
L’analyse technique précise le moment opportun pour intervenir sur le marché.
De ce fait, la justification essentielle de l’analyse technique repose sur la
psychologie des acteurs de marchés. Ces derniers doivent prendre des décisions
en état d’incertitude, qui donne lieu à des phénomènes d’anticipation et
d’imitation.
L’analyse technique repose sur une conception de l’histoire (les phénomènes se
répètent). A partir de cette répétition, il est facile d’identifier la tendance sur une
période.

Trois caractéristiques sont associées à l’analyse technique :


 elle s’adapte à tous les marchés ;

 en s’appuyant sur les graphiques, elle donne du sens à des séries de


données (cours et quantité) ;

 son objectif est de mettre en évidence les tendances futures.


Certes, l’analyse technique se base sur deux facteurs fondamentaux considérés
comme ses points forts :

 L’importance des tendances courtes


Pour gagner sa vie sur un marché financier, les fluctuations à court terme
sont plus importantes que celles de longue période. En effet un opérateur qui
pourrait acheter à chaque creux et vendra à chaque sommet de mouvements
courts réaliserait un profit supérieur à celui réalisé par l’opérateur qui ne
bénéficierait que du mouvement long. Donc, l’analyse technique est tout de
même capable de discerner des tendances courtes dans un mouvement long, et
dans certaines conditions, d’en annoncer l’alternance.

 Anticipation de l’information
L’analyse technique considère que l’information de type fondamental arrive
en général trop tard pour générer du profit. Elle peut agir dés qu’il a repère un
signal sur le marché, même si l’information qui est à l’origine du mouvement
n’est pas encore publique, mais seulement connue d’une poignée d’inities.
L’analyse technique soutient que l’information des cours présents et futurs peut
être trouvée dans l’analyse des cours passés.

B. Principes de l’analyse technique

L’analyse technique se concentre sur ce qui est, et non sur ce qui devrait être.
Elle est empirique, ses règles ont été forgées à partir d’observations répétées.
Mais accepter ces règles c’est implicitement accepter trois principes selon
lesquels, à chaque instant, le marché prend tout en compte, suit des tendances et
se répète.
a. Le marché prend tout en compte
L’analyse technique postule que toute l’information est intégrée dans les
prix. Dés lors, il suffit de s’intéresser à l’évolution du prix, puisque celui-ci est
la résultante de tout le reste.
En effet, en étudiant comment les prix se sont comportés (à la hausse ou à la
baisse), on apprend plus sur leur évolution future qu’en essayant de savoir
pourquoi ils se sont comportés ainsi, puisque ce pourquoi n’apporte rien pour la
prévision.

b. Le marché suit des tendances

N’importe qui est capable de remarquer à la simple visualisation d’un graphe


quelle tendance les cours sont en train de suivre. Une fois identifiées, les
tendances ont pour caractéristique de rester valides longtemps avant d’être
modifiées.
Dés lors, l’analyse technique consiste à identifier les tendances et de repérer les
points de retournement qui marquent les changements de tendance.

c. Les configurations graphiques se répètent dans le temps

L’analyse technique se fonde sur l’étude de la psychologie humaine qui est


plutôt stable dans le temps. C’est pourquoi l’analyse technique utilise le passé
comme valeur prédictive : elle considère que la clé du futur se trouve dans le
passé.

C. Fondement de l’analyse technique : la ‫ ״‬Dow theory‫״‬


Charles Dow (1851-1902), père de l’analyse technique, est le premier qui
a mis en évidence les principes de cycles. La théorie lance des signaux de
retournement qui découlent de l’observation des marées.
Sur une tendance haussière, on aura un retournement lorsque le rallye le plus
récent ne dépasse pas le niveau du rallye précédent (voir figure 1) et, le reflux
qui s’en suit casse le plus bas de la correction précédente.

Figure1 : Signal de retournement

Rallye inférieur au précédent

Cassure du creux antérieur

Source : Antoine Dublanc, p 46

En effet, Dow a mis en évidence l’importance des notions de timing et de


réactivité. Son modèle repose sur l’idée qu’en période de baisse des cours, il
existe toujours des investisseurs plus téméraires et mieux informés prêts à
acheter en prévision de la reprise : c’est la phase d’accumulation (phase ‫״‬a‫ ״‬sur
le graphe2), alors même que les particuliers ne défont de leurs titres. A cette
phase fait suite l’amélioration des résultats de la firme, suscitant l’engouement
des investisseurs pour le titre : c’est la phase d’imitation (phase‫״‬b‫)״‬. Cette
phase est pour les premiers investisseurs l’occasion de vendre en prévision du
retournement qui s’annonce: c’est la phase de distribution (phase‫״‬c‫)״‬.
Figure2 : Principes de cycles de Dow

Source : www.trading centeral.com

Section 1 : L’analyse Chartiste


L’analyse chartiste, ou analyse technique traditionnelle ou encore analyse
graphique, est celle qui répond le mieux aux définitions de l’analyse technique.
Elle est toute entière fondée sur l’étude des graphiques, qui permettent de mettre
en avant des tendances et des configurations diverses et variées dont on tirera les
interprétations convenables.

A. Les principales représentations graphiques

1. les courbes continues

C’est la façon la plus naturelle de représenter les cours. La courbe continue


rejoint tous les cours de clôture ou d’ouverture du titre pour chaque jour, elle
donne l’impression d’un mouvement continu dans le temps (voir figure 3), ce
qui n’est pas toujours le cas.
Pour voir apparaître plusieurs années de cours, il faut compresser les données
quotidiennes en données hebdomadaires ou mensuelles ; on utilise dés lors le
dernier cours de la semaine ou du mois. Or, ces derniers cours ne sont pas
forcément représentatifs de la journée de trading, et c’est ici que réside la limite
des courbes continues. Pour combler cette lacune, il y a eu recours aux bar chart.

Figure 3 : courbe continue Source : abc bourse

L'axe horizontal représente le temps et l'axe vertical celui des cours.

2. les bar charts ou graphiques en bâtonnets


Le bar chart permet de présenter toute l’information disponible sur les
cours. Il se compose d’une barre verticale indiquant le plus bas et le plus haut de
la séance, et de deux barres horizontales indiquant le cours d’ouverture (barre de
gauche) et le cours de clôture (barre de droite).
Il est présenté ainsi :

Plus haut

Clôture

Ouverture

Plus bas
Figure 4 : le bar chart

Si une séance a enregistré une baisse, le trait de gauche sera plus haut que
celui de droite et inversement si la séance a causé une hausse.
Les bar charts permettent aussi de voir les gaps ou ‫״‬trous‫ ״‬où le marché n’a
pas connu de cotations. Donc le gap est une zone de cours où aucun échange
n’a lieu d’un jour sur l’autre. Il traduit une discontinuité dans l’évolution des
cours.
Exemple de représentation d’un graphe en bâtonnets :

Figure 5 : graphe en bar chart source : abc bourse

3. les chandeliers Japonais ou candlesticks :

C’est une méthode qui reprend les principes des bar charts tout en permettant
d’apprécier le sens de la journée en distinguant directement si le cours de clôture
est supérieur ou inférieur au cours d’ouverture.
Les japonais distinguent deux types de journée :
- le Yin : désigne un marché baissier (ou journée négative) qui se traduit
par un cours de clôture inférieur au cours d’ouverture :
- le Yang : désigne un marché haussier (ou journée positive) marqué par
un cours de clôture supérieur au cours d’ouverture.
Ils se présentent ainsi :

Figure 6 : Définition de base des chandeliers source : abc bourse

Comme inscrit dans la figure ci-dessus, le corps rectangulaire (ou body)


représente l’intervalle entre le cours d’ouverture et le cours de clôture et
ressemble à une bougie, tandis que les extrêmes (ou shadows), appelées aussi
ombre supérieure et inférieure, sont représentés par le trait vertical.

Cette méthode ne s’arrête pas à cette simple représentation, mais s’élargit à


plusieurs configurations aussi bien simples (à une seule et unique bougie) que
complexes (combinaison de Yin et de Yang liés). Ces dernières sont plus
nombreuses et plus délicates. De ce fait, on présentera seulement le premier type
de configurations à 15 figures de base différentes (figure 7).

D’après la figure 7, on constate que :


- La signification est d’autant plus forte que le corps de la chandelle est plus
long ;
- Si l’ombre supérieure est longue et le corps blanc : la signification haussière
est renforcée ;
- Si l’ombre supérieure est longue et le corps noir : la signification baissière est
renforcée.

Figure 7 : Changement de tendance

B. Les droites de tendances :

1. Les droites de support et de résistance :

En examinant les cours (peu importe le mode de représentation) on


s’aperçoit qu’il existe des niveaux de prix qui sont franchis " difficilement " par
le marché. Ils correspondent localement à des plus bas ou des plus hauts. On
appelle ces niveaux des résistances, lorsqu’ils se situent au dessus du cours et
des supports s’ils sont en dessous du cours.
 Support : c’est une zone ou seuil de transaction où le cours freine sa
baisse, rebondit ou retourne à la hausse neutralisant ainsi l’offre. C’est un
support d’achat ce qui veut dire que la valeur est assez forte à ce niveau
pour qu’une baisse du marché ne se produise pas sur une longue période.
 Résistance : c’est une zone de transaction où le cours freine sa hausse,
retourne à la baisse neutralisant ainsi la demande. C’est un support de
vente assez fort pour empêcher une hausse pendant une longue période.

De manière très simple, la rupture d'une résistance, c'est à dire lorsque le


cours d'une valeur dépasse le niveau de cours de la résistance, on obtient un
signal d'achat. A l’inverse, la rupture d'un support constitue un signal de vente
pour l'analyse graphique.

Les lignes de support et de résistance sont formés en reliant les plus hauts
cours entre eux (lignes de résistances) et les plus bas (lignes de supports) sur une
période donnée.

Graphiquement, on aura la représentation suivante :

Figure 8 : Lignes de support et de résistance

La rupture de l’une de ces deux droites constitue un signal fondamental de


retournement de la tendance.
2. Les lignes de tendance :

Une tendance haussière (baissière) est une succession de sommets et de


creux situés de plus en plus haut (bas) sur le graphique.
Ces tendances sont mises en évidence par le tracé d’une droite dite de tendance ;
une tendance haussière est représentée par une droite de support oblique (droite
descendante) et une tendance baissière par une droite de résistance oblique
(droite ascendante).
Le fonctionnement de ces droites de tendance est identique à celui des droites de
support et de résistance.

Graphiquement, elles sont représentées ainsi :

Figure 9 : Droites de tendances

Il faut aussi mentionner que les lignes de tendances sont le premier outil à
maîtriser pour procéder à des investissements du fait que l’opérateur profitera
d’un retour sur la droite de support (résistance) pour renforcer sa position
acheteuse (vendeuse).
La rupture de la droite de tendance représente un important signal de
retournement.
En effet, les opérateurs qui auraient dû renforcer leurs positions ont, au
contraire, inversé leurs positions permettant alors la rupture de la droite.

C. Les configurations chartistes :

L’analyse chartiste a permis aux techniciens d’observer que les courbes des
cours tracent fréquemment les mêmes dessins, chacun représentant un état
psychologique précis du marché. On présentera dans ce qui suit trois principales
figures chartistes.

1. Les canaux de tendance :

Le canal est un outil d'analyse graphique permettant de déceler les


tendances d'une valeur. Il est formé de deux droites de tendance parallèles
(droite de support et droite de résistance) qui encadrent toutes les deux
l’évolution haussière ou baissière du marché. Un canal ascendant est un signal
de hausse régulière du cours, il représente une suggestion d’achat.
Réciproquement, un tunnel descendant indique une baisse régulière du cours,
c’est un signal de vente.

Graphiquement, ils se présentent comme suit :


Canal baissier Canal haussier
Figure 10 : Canaux de tendance
Source : Olivier Anger.com
Dans un canal haussier, la sortie par le haut sera le plus souvent un signal
d'accélération du mouvement (tendance confirmée et renforcée) alors que, dans
un canal baissier, la sortie par le haut indiquera un renversement de tendance.

2. Les triangles :

En dehors des canaux, on peut remarquer que les associations de lignes


de tendance ne sont pas nécessairement parallèles. Il est ainsi possible de faire
apparaître d’autres figures caractéristiques, les plus connues étant les triangles.
Celles-ci ne constituent plus des figures de tendance mais de consolidation.

Un triangle est donc une ligne de consolidation caractérisée par un


rétrécissement du "range" d'évolution du marché. Cette figure se dessine
facilement grâce à une ligne de support et une ligne de résistance qui vont se
croiser dans un avenir plus ou moins proche.

On distingue généralement trois types de triangles :


 Triangles symétriques : ils sont les plus utilisés, sont formés par une ligne
de résistance baissière et une ligne de support haussière.

Figure 11 : triangle symétrique Source : trading central.com

 Triangles ascendants : sont formés par une ligne de support croissante et


une ligne de résistance horizontale. Si cette dernière est brisée, elle
implique un signal d’achat.
 Triangles descendants : formés par une ligne de résistance baissière et une
ligne de support horizontale qui déclencherait un signal de vente
lorsqu’elle sera brisée.

Quelque soit le type de triangle, le cours vient ainsi tour à tour buter la ligne
supérieure et se poser sur la ligne inférieure, dans des mouvements d’amplitude
de plus en plus faibles du fait du croisement des deux lignes de tendance.

3. Têtes et épaules :

La figure tête et épaule est probablement la plus courante de l'analyse


technique. Le marché accumule pendant plusieurs périodes dans une même zone
de prix et dessine une figure ressemblant au buste d'un être humain. La courbe
qui représente le cours de l'action est caractérisée par une succession de trois
pics : "la tête" (au centre), qui représente le sommet le plus haut, et les deux
"épaules" (sur les côtés). Ces trois sommets sont supportés par la ligne de cou.
La configuration en tête et épaules est, à l'inverse des figures de continuation,
caractéristique d'un retournement de tendance.
Schématiquement, elle est représentée de la façon suivante :

Figure 11 : Présentation schématique de la configuration tête-épaule

Graphiquement, la présentation sera :


Figure 12 : Présentation graphique de la configuration tête-épaule
Source : Henri Janssen, AEI

Il est à mentionner que la ligne de cou doit avoir, en théorie, une pente nulle,
c'est à dire qu'elle doit être horizontale. En pratique, on admet une pente
n'excédant pas 10%.

La figure tête et épaules marque souvent un retournement de la tendance, les


cours s’orientent à la baisse. Le schéma inverse (épaule, tête, épaule inversées)
correspond à une rupture de la tendance baissière et à une réorientation des
cours à la hausse, c’est un signal d’achat.

D. Les graphiques points et figures :


1. Principe de la méthode :

Cette technique de représentation des cours est une très ancienne méthode
d'analyse. A la différence des techniques traditionnelles de représentation
(Chandeliers, Bar Chart ou courbe continue), cette méthode est
unidimensionnelle, elle ne s'intéresse pas au temps qui passe mais uniquement
aux cotations (donc aux fluctuations de cours). Son but est de focaliser
l'attention de l'analyste sur les rapports de forces existant entre l'offre et la
demande de titres.

La méthode P&F est basée sur une logique simple. Les graphes se font par
des colonnes verticales et sont construits en utilisant tout simplement la lettre
‫״‬X‫ ״‬pour présenter la hausse des cours (demande) et la lettre ‫״‬O‫ ״‬pour
présenter la baisse (offre). Chaque colonne est représentative d’un seul signe
(soit des X, soit des O). Le passage d’une colonne de X à une colonne de O, ou
vice- versa, déclenche un changement de tendance.
Afin de faire apparaître ces tendances, le graphe P&F élimine par
construction les fluctuations mineures, c'est-à-dire inférieures à un certain seuil
préalablement défini par l’analyste. Généralement, il est soutenu un
renversement à trois cases où les prix doivent se retourner d’au moins la valeur
de trois avant que ne soit engendré le changement de direction sur le graphe
en passant à la colonne suivante.

Les graphiques P&F sont représentés ainsi :


Figure 13 : graphe en P&F
Source : stock charts.com

2. interprétation du graphique P&F :

L'utilisation du P&F permettra le déclenchement de signaux soit par la


reconnaissance de structures et/ou l'analyse de lignes de tendances.
L’observation du graphique met en évidence une constante dans les
configurations :
 un signal d’achat est donné par l’apparition d’un X dans la colonne n,
situé une case au dessus du précèdent sommet ;
x Signal d’achat
x x
x o x
x o x
o

 Un signal de vente est donné par l’apparition d’un O dans la colonne n,


situé une case au dessous du dernier O plus bas ;
x
o x o
o x o
o x o
o Signal de vente

Les signaux d’achat et de vente peuvent se présenter différemment :