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SMIA Semestre 3

A. ALAMI-Idrissi et E. Zerouali

6 avril 2010
Table des matières

1 Chapitre I 3
1.1 GÉNÉRALITÉS . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1.1.1 Séries convergentes. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
1.2 SÉRIES RÉELLES A TERMES POSITIFS . . . . . . . . . . . . 5
1.2.1 Résultat fondamental . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.2.2 Régles de convergence. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
1.2.3 Comparaison séries et intégrales : . . . . . . . . . . . . . 7
1.3 SÉRIES A TERMES QUELCONQUES . . . . . . . . . . . . . . 8
1.3.1 Critères de convergence. . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8

2 SUITES ET SÉRIES DE FONCTIONS 11


2.1 SUITES DE FONCTIONS . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
2.1.1 Convergence simple. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
2.1.2 Normes sur un espace vectoriel. . . . . . . . . . . . . . . 12
2.1.3 Convergence uniforme. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
2.1.4 Théorèmes de passage à la limite. . . . . . . . . . . . . . 13
2.2 SÉRIES DE FONCTIONS . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
2.2.1 Continuité des séries. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
2.2.2 Dérivation terme à terme d’une série. . . . . . . . . . . . 14
2.3 CRITÈRES DE CONVERGENCE UNIFORME . . . . . . . . . 15
2.3.1 Critère de Cauchy uniforme. . . . . . . . . . . . . . . . . 15
2.3.2 Critère d’Abel uniforme. . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15

3 SÉRIES ENTIÈRES 16
3.1 GÉNÉRALITES . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
3.2 DOMAINE DE CONVERGENCE . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
3.2.1 Existence du rayon de convergence. . . . . . . . . . . . . 17
3.2.2 Calcul du rayon de convergence. . . . . . . . . . . . . . . 17
3.3 PROPRIÉTES DES SÉRIES ENTIÈRES . . . . . . . . . . . . . 18
3.3.1 Continuité. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
3.3.2 Dérivation. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18

1
3.4 APPLICATIONS . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19
3.4.1 Développement en série entière des fonctions usuelles. . . 19
3.4.2 Introduction de nouvelles fonctions. . . . . . . . . . . . . 20
3.4.3 Résolution de certaines équations différentielles. . . . . . 21

4 SÉRIES DE FOURIER 22
4.1 SÉRIES TRIGONOMÉTRIQUES . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
4.2 SÉRIES DE FOURIER . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
4.3 CONVERGENCE UNIFORME DE LA SÉRIE DE FOURIER . 28

2
Chapitre 1

SÉRIES NUMÉRIQUES

Dans tout le polycopié, l’ensemble K désignera soit le corps C des nombres


complexes, soit le corps R des nombres réels.

1.1 GÉNÉRALITÉS
Définition 1 Etant donnée une suite (un )n ∈N d’éléments de K , on appelle
série numérique de terme général un le couple formé de la suite (un )n∈N et de
Pn
la suite (Sn )n ∈N où Sn = uk ; Sn est appelée la somme partielle d’indice
k = 0
n de la série de terme général un .
– On dit que la série de terme général converge vers S ou que S est la
somme de la série si la suite (Sn )n ∈N converge vers S. Dans ce cas,
+∞
P
on écrit S = limn→+∞ Sn = un .
n=0 P
– Si la suite (Sn )n ∈N n’est pas convergente, la série un est dite
divergente.

Remarque.
P
1. L’étude de la série de terme général un (en abrégé on écrit un ), se
ramène à celle la suite (Sn )n ∈N .
2. Dans le cas où la suite (un )n ∈N n’est définie qu’à partir d’un certain rang
n
P
n0 , nous étudierons les sommes partielles suivantes : Sn = uk pour
k = n0
n ≥ n0 .
Exemples.
1. Séries géométriques : Soit k ∈ K,considérons la série de terme général
un = k n .Le calcul de la somme partielle d’indice n donne :

3
n
1−kn+1
kn =
P
Sn = 1−k
k =0
La suite (Sn )n ∈N converge si et seulement si |k| < 1.Dans ce cas , nous
avons :
+∞
1
P n
k = 1−k
n=0
1
2. Soit un = n(n+1) . Nous avons
n n  
X 1 X 1 1 1
Sn = = − =1−
k (k + 1) k k+1 n+1
k =1 k =1

Par conséquent , la série est convergente et l’on a :


+∞
X 1
=1
n=1
n (n + 1)

L’exemple précédent s’étend de la façon suivante :


P P
Proposition 1 Soit la série un avec un = an − an+1 . Alors la série un
est convergente si et seulement si la suite (an )n ∈N est convergente et on a :
+∞
P
un = a0 − a, avec a = limn→+∞ an
n=0

1.1.1 Séries convergentes.


Propriété de stabilité.
Proposition 2 L’ensemble des séries convergentes est un espace vectoriel sur
K. D’autre part la nature d’une série est inchangée par la modification d’un
nombre fini de termes.

Preuve : La première assertion découle du fait que l’ensemble des suites


P
d’éléments de K convergentes est un espace vectoriel sur K. De plus si un
P
et vn sont deux séries convergentes et λ, µ ∈ K, alors nous avons,
+∞
P +∞
P +∞
P
(λun + µvn ) = λ un + µ vn
n=0 n=0 n=0
P P
Soit un une série d’éléments de K , et une série vn qui ne différe de
la première série qu’en un nombre fini de termes. Soit n0 assez grand tel que
un = vn pour n ≥ n0 . Notons Sn et Tn les sommes partielles respectives
n0 −1
P P P
des séries un et vn . Pour tout n ≥ n0 , nous avons Sn −Tn = uk −vk .
k =0
Par conséquent, les suites (Sn )n∈N et (Tn )n ∈N sont de même nature.

4
Une condition nécéssaire pour qu’une série soit convergente.
Proposition 3 Le terme général d’une série convergente est une suite conver-
gente vers 0.

Remarque. La proposition 3 est utilisée le plus souvent dans le sens contraire.


On montre que le terme général ne tend pas vers zéro pour dire que la séie est
divergente. En outre la condition ci-dessus n’est pas suffisante comme le montre
l’exemple suivant :
Exemple : Soit la série de terme général un = √1n . La somme partielle
n
√1 . Par suite , nous avons :
P
d’indice n est donnée par : Sn = k
k =1
2n
√1 √n
P pn
S2n − Sn = k
≥ 2n
= 2
k =n+1
+∞
√1
P
Ainsi la suite (Sn )n ∈N n’est pas de Cauchy et donc la série n
est
n =1
divergente, bien que le terme général tende vers 0.
+∞
P 1
Exercice Montrer que la série n est divergente.
n =1

Définition 2 Restes de Cauchy


P
Soit un une série convergente, on appelle reste de Cauchy d’ordre n de
+∞
P
la série, la suite définie par : Rn = S − Sn = uk .
k =n+1

Il est clair que


P
Proposition 4 un une série convergente si et seulemnt si le reste de Cauchy
(Rn )n ∈N converge vers 0.

Relation entre séries complexes et séries réelles.


P
Proposition 5 La série à termes complexes un +ivn converge si et seule-
P P
ment si les séries réelles un et vn convergent.
N
cosnx
P
Application Calculer SN = rn puis déduire que cette série est conver-
0
gente.

1.2 SÉRIES RÉELLES A TERMES POSITIFS


1.2.1 Résultat fondamental
P
On dit qu’une série réelle un est à termes positifs s’il existe n0 tel que
un ≥ 0 pour tout entier n ≥ n0 . Le résultat suivant donne une condition et
nécéssaire pour qu’une telle série converge.

5
Theorème 1 Pour qu’une série à termes positifs soit convergente, il faut et
il suffit que la suite des sommes partielles soit majorée, c’est à dire qu’il existe
Pn
une constante M > 0 tel que : uk ≤ M , pour tout entier n.
k = 0

Remarque. Si une série à termes positifs est divergente, alors la suite (Sn )n ∈ N
converge vers +∞.

Theorème 2 (Théorèmes de comparaison)


P P
Soient un et vn sont deux séries à termes positifs telles que
un ≤ vn à partir d’un certain rang. Alors
P P
– Si v est convergente , la série u est convergente.
P n P n
– Si un est divergente, la série vn est divergente.
P P
Theorème 3 Soit un une série à termes dans R+, et soit vn une
P
série à termes positifs telle que un = O (vn ) en +∞. Alors si la série vn
P
est convergente, la série |un | est convergente. En particulier, deux séries à
termes positifs équivalentes à l’infini sont de même nature.

Cas particulier :
un
Si l’on a limn→+∞ vn = l ∈ R∗ , le théorème s’applique.

1.2.2 Régles de convergence.


Régle de d’Alembert.
P un +1
Theorème 4 Soit un une série à termes positifs telle que limn→+∞ un =
l. Alors :
P
i Si l < 1, la série un converge.
P
ii Si l > 1, la série un diverge.
iii Si l = 1, on ne peut pas conclure directement (il faut chercher un autre
moyen).

Régle de Cauchy.
P 1/n
Theorème 5 Soit un une série à termes positifs telle que limn→+∞ (un ) =
l. Alors :
P
i Si l < 1, la série un converge.
P
ii Si l > 1, la série un diverge.
iii Si l = 1, on ne peut pas conclure directement (il faut chercher un autre
moyen).

6
Régle de Riemann.
Theorème 6 ( Série de Riemann )
+∞
1
P
Soit α un nombre réel. La série nα , appelée série de Riemann, est
n =1
convergente si et seulement si α > 1.

Application : Séries de Bertrand. Soient α, β deux nombres réels, on


se propose d’appliquer la régle de Riemann à la série de terme général un =
1
n α ln β n
.
Discussion :
Premier cas : α < 1
Soit γ ∈ ]α, 1[ , alors limn→+∞ nγ un = limn→+∞ nγ−α / ln β n = +∞
P
donc la série un diverge.
Deuxième cas : α > 1
Soit γ ∈ ]1, α[ , alors limn→+∞ nγ un = limn→+∞ nγ−α / ln β n = 0. Donc
P
la série un converge.
Troisième cas : α = 1
Si β < 0 , alors limn→+∞ nun = limn→+∞ 1/ ln β n = +∞
P
donc la série un diverge.
Les cas restants de cette discussion seront étudiés au prochain paragraphe.

1.2.3 Comparaison séries et intégrales :


Theorème 7 Soit f une fonction continue par morceaux, décroissante et
positive sur ]0, +∞[ . Alors :

P +
R
(i) La série f (n) converge si et seulement si l’intégrale f (x) dx
n ≥ 1 1
est convergente.Dans ce cas , nous avons la relation :
+∞
P +∞
R +∞
P
f (n) − f (1) ≤ f (x) dx ≤ f (n)
n =1 1 n =1
Rn
(ii) La série de terme général wn = f (t) dt −f (n) (n ≥ 2) converge.
n−1

Exemples d’application
.
Exemple 1. Constante d’Euler.
Considérons la fonction f : x → 1/x. Elle est continue, décroissante et
+∞
R 1 P
positive sur ]0, +∞[. L’intégrale x dx est divergente, donc la série 1/n
1 n≥2
diverge aussi. Néanmoins, grâce au (ii) du théorème précédent la série de terme

7
Rn 1
général wn = t dt −1/n = ln n − ln (n − 1) − 1/n converge. La somme
n−1
partielle d’indice n associée est donnée par :
n
P n
P
wk = ln n − 1/k
k =2 k =2
 n

P
La relation (3) ci-dessus donne : 0 ≤ limn→+∞ ln n − 1/k ≤ 1.
 n  k =2
P
On pose γ = limn→+∞ 1/k − ln n , appelée la constante d’Euler et
k =1
vérifie : 0 ≤ γ ≤ 1 ( une valeur approchée de γ = 0, 57721 )
Exemple 2. Séries de Bertrand (suite).
Soit la série de terme général un = n ln1 β n . β ≥ 0, la fonction associée
f : x → x ln1 β x est continue, décroissante et positive sur [2, +∞[. Discutons
suivant les valeurs de β :
+∞
1
R
(i) Si β > 1, l’intégrale x ln β x
dx est convergente, donc la série
2
1
P
n ln β n
converge grâce au théorème de comparaison.
n≥2
+∞
P 1
R 1 +∞
(ii) β = 1, la série n ln n diverge car x ln x dx = [ln (ln x)]2 =
n≥2 2
+∞
1
P
(iii) 0 < β < 1, on montre que la série n lnβ n
est divergente (
n≥2
exercice).

1.3 SÉRIES A TERMES QUELCONQUES


P
Définition 3 Convergence absolue et semi-convergence Une série un est
P
dite absolument convergente si la série |un | est convergente.Elle est dite
semi-convergente si elle converge sans être absolument convergente.

Bien entendu, il est possible d’appliquer les régles de convergence des séries
P
à termes positifs à la série |un | .

1.3.1 Critères de convergence.


Critère de Cauchy.
P
Proposition 6 Une série numérique un est convergente si seulement si
elle vérifie la condition suivante dite critère
de Cauchy,
P q
∀ε > 0, ∃n0 : q > p ≥ n0 =⇒ uk < ε

k = p+1

8
Le critère de Cauchy n’est pas toujours facile à appliquer, mais il permet de
répondre à bon nombre de questions, et notamment la relation entre convergence
et convergence absolue.
La proposition suivante est une application directe du critère de Cauchy,
Proposition 7 Toute série absolument convergente est convergente.
Etant donnée deux séries (un )n∈N et (vn )n∈N . Le Produit (wn )n∈N de ces deux
n
P
séries est défini par wn = uk vn−k . On a
k=0

Proposition 8 Le produit de deux séries absolument convergentes est absolu-


ment convergente et sa somme est le produit des sommes des deux séries.

Critère d’Abel.
P
Proposition 9 Soit un une série numérique telle que :

α) un = εn vn
β) Les sommes partielles de la suite (vn )n∈N sont bornées.
γ) La suite (εn )n∈N est décroissante et tend vers 0.
P
Alors la série un est convergente.

Applications du critère d’Abel.


Séries alternées.
P
Une série numérique un est dite alternée si elle est de la forme un =
n
(−1) vn , avec (vn )n∈N une suite décroissante et tendant vers 0.
P
Theorème 8 Toute série alternée un est convergente. De plus si l’on note
Pn +∞
P
Sn = uk , S = uk , les suites (S2n )n ∈ N et (S2n +1 )n ∈ N sont
k = 0 k = 0
adjacentes et tendent vers S. De plus nous avons pour tout entier n :
S2n +1 ≤ S ≤ S2n et |Rn | ≤ |un +1 | où Rn = S − Sn est le reste de
Cauchy.
+∞
P (−1)n
Exemple. La série n est une série alternée, elle est semi -convergente.
n=1

+∞
einθ
P
Proposition 10 La série n est convergente si et seulement si θ ∈
/ 2πZ.
n = 1

Preuve : La suite (1/n)n ∈ N est décroissante tendant vers 0. Calculons


n
eikθ pour θ ∈
P
les sommes partielles / 2πZ :
k =1
n  inθ
 n
P
eikθ = eiθ 1−e ikθ 2
P
d’où e ≤ |1−eiθ |

1−eiθ
k =1 k =1

9
donc bornée.
Exercice : Étudier la nature des séries suivantes
 :
2 2 1/2 2n

tan n − sin n ( n ≥ 2) ; arcsin 4n2 + 1 ;
  √ n
ln √1n − ln sin √1n ; sin π n2 + 1 ; (−1) lnnn .


10
Chapitre 2

SUITES ET SÉRIES DE
FONCTIONS

Dans toute la suite K désigne le corps des nombres réels ou le corps des
nombres complexes, E une partie de K, et F (E, K) représente l’espace des
fonctions définies sur E et à valeurs dans K.

2.1 SUITES DE FONCTIONS


2.1.1 Convergence simple.
Définition 4 Une suite de fonctions fn ∈ F (E, K) converge simplement sur
A ⊂ E vers une fonction f ∈ F (E, K) si l’on a la propriété :

∀ε > 0, ∀x ∈ A, ∃N (x) ∈ N : n ≥ N (x) =⇒ | fn (x) − f (x)| < ε

f est appelée la limite simple de la suite (fn )n ∈N sur A. Une manière


équivalente de voir la convergence simple dur A est de dire que lim fn (x) =
n→+∞
f (x) pour tout x ∈ A.

Exemples.
1. Soit ( fn )n ∈ N la suite de fonctions de R dans lui même,définies par :
nx
fn (x) = 1+n|x|
Alors ( fn )n ∈N converge simplement vers la fonction f définie par :

 1 si x > 0
f (x) = 0 si x = 0
−1 si x < 0

11
2. Prenons E = [−1, 2] et soit ( fn )n ∈ N la suite de fonctions de E dans
R,définies par :
1−n
( 
fn (x) =
n
 x+  1 si x ∈ [−1, 0]
n2 −1
1/2 n2 x + 1 si x ∈]0, 2]
Alors ( fn )n ∈N converge simplement vers la fonction f définie par :

−x + 1 si x ∈ [−1, 0]
f (x) =
(1/2)x + 1 si x ∈ [0, 2]
Exercice. Montrer que pour ε > 0 donné l’entier N (x) dépend du point x
selon qu’il appartient à [−1, 0] où à [0, 2] .
L’exemple précedent montre que la limite simple d’une suite de fonctions
continues n’est pas nécessairement continue. Nous allons introduire une notion
de convergence qui permet de conserver la continuité.
Auparavant nous allons introduire la notion de norme sur un espace vecto-
riel :

2.1.2 Normes sur un espace vectoriel.


Définition 5 Soit E un espace vectoriel sur K, on appelle norme sur E
toute application x → kxk de E dans R+ telle que :
(i) kxk = 0 ⇐⇒ x = 0
(ii) ∀λ ∈ K, ∀x ∈ E, kλxk = |λ| kxk
(iii) ∀(x, y) ∈ E 2 kx + yk ≤ kxk + kyk

Exemples. Sur K = R ou C l’application x → |x| est une norme.


n n
2
Sur E = Rn ou E = Cn les applications x → |xk | )1/2
P P
|xk | , x → (
k =1 k =1
et x → sup1 ≤ k ≤ n |xk | sont des normes ( exercice).

2.1.3 Convergence uniforme.


Définition 6 E étant une partie de K , on dit qu’une suite ( fn )n ∈N de
fonctions de E dans K converge uniformément sur E vers une fonction
f de E dans K si l’on a :
∀ε > 0, ∃N ∈ N, ∀x ∈ E : n ≥ N (x) =⇒ | fn (x) − f (x)| < ε
ou encore,
∀ε > 0, ∃N ∈ N : n ≥ N =⇒ supx ∈ E | fn (x) − f (x)| < ε

f est appelée la limite uniforme de la suite ( fn )n ∈N sur E.

Theorème 9 Soit ( fn )n ∈N une suite de fonctions continues de E dans


K qui converge uniformément sur E vers une fonction f. Alors f est
continue sur E.

12
Proposition 11 (Double passage à la limite) Soit ( fn )n ∈ N une suite de fonc-
tions continues de E dans K qui converge uniformément sur E vers
une fonction f. Soit a un point adhérent à E tel que, pour tout entier n, la
limite bn = limx→a f n (x) existe. Alors la suite (bn ) a une limite b et f
(x) tend vers b lorsque x tend vers a, soit :
limn→+∞ limx→a f n (x) = limx→a limn→+∞ f n (x) .

Remarque.
La convergence uniforme implique la convergence simple, mais la réciproque
n’est pa vraie. La convergence de l’exemple 1) i) n’est pas uniforme car la fonc-
tion limite n’est pas continue en 0.

2.1.4 Théorèmes de passage à la limite.


Theorème 10 ( Intégration )
Soit ( fn )n ∈ N une suite de fonctions réelles continues sur un intervalle
[a, b] uniformément convergente vers f , alors :
Rb Rb
limn→+∞ fn (t) dt = f (t) dt
a a

Theorème 11 (Théorème (Dérivation) Soit ( fn )n ∈ N une suite de fonctions


réelles de classe C 1 sur un intervalle [a, b] telle que :
(i) La suite ( fn 0 )n ∈ N converge uniformément vers g,
(ii) Il existe x0 ∈ [a, b] tel que la suite ( fn (x0 ))n ∈ N converge.
Alors la suite ( fn )n ∈ N converge uniformément vers une fonction f de
classe C 1 et telle que f 0 = g.

2.2 SÉRIES DE FONCTIONS


Définition 7 Soit une suite de fonctions fn ∈ F (E, K) . On appelle série de
P
fonctions de terme général fn , notée fn (x) le couple (fn , Sn ), où Sn
Pn
désigne la somme partielle Sn = fp .Si la suite de fonctions (Sn ) est
p = 0 P
uniformément convergente sur E, la série fn est dite uniformément conver-
gente sur E.

Exemple. On prend E =] − 1, 1[, K = R. Considérons la série de fonctions


+∞
P n
x . Le domaine de définition de cette série est bien l’intervalle ] − 1, 1[ ;
n=0
montrons qu’elle est uniformément convergente sur tout intervalle fermé [−r, r]
n +∞
xp et S (x) =
P P n
avec r ∈]0, 1[.Notons Sn (x) = x . Nous avons alors
p=0 n=0
pour tout x ∈ [−r, r] :

13
xn + 1 rn + 1
| S (x) − Sn (x)| = 1−x ≤ 1−r
 
rn + 1
Comme la suite 1−r converge vers 0, la suite (Sn ) est uniformément
convergente.

2.2.1 Continuité des séries.


Nous avons le résultat suivant pour les séries de fonctions continues :
P
Theorème 12 Soit une suite de fonctions fn ∈ F (E, K) . Si la série fn
est uniformément convergente sur E, et si chaque fonction fn est continue au
+∞
P
point a de E ,alors la fonction somme S : x → fn (x) est continue
n = 0
au point a.

Un corollaire du résultat de la double limite est la proposition qui suit :

Proposition 12 Soit E ⊂ K et ( fn ) une suite uniformément convergente


sur E ; et soit a un point adhérent à E tel que, pour chaque n ∈ N, la limite
P
un = limx→a fn (x) existe . Alors la série numérique un est convergente et
sa somme vérifie l’égalité :
+∞
P +∞
P
limx→a fn (x) = un
n = 0 n = 0

2.2.2 Dérivation terme à terme d’une série.


Proposition 13 Soit I un intervalle de R et ( fn ) une suite de fonctions
P
réelles dérivables sur I telle que la série fn soit simplement convergente.
0
Si la série de terme général fn est uniformément convergente sur I, alors
P
la fonction somme S : x → fn (x) est dérivable sur I et l’on a la formule :
+∞ 0
S 0 (x) =
P
fn (x)
n = 0

Exemple. Soit I =] − 1, 1[. Considérons la suite de fonctions ( fn ) définie


n−1 n
sur I par fn : x → (−1) x /n. A l’aide du critère de d’Alembert, la
P n−1 n
série (−1) x /n est absolument convergente pour tout x ∈ I. La série
n≥1
P n−1 n−1
dérivée (−1) x est uniformément convergente sur tout intervalle
n≥1
de la forme [−r, r] avec r ∈]0, 1[ (exemple II) b)). Par conséquent la fonction
+∞
P n−1 n
x→ (−1) x /n est dérivable sur ] − 1, 1[ ( il s’agit de la fonction
n=1
x → ln (1 + x)).

14
2.3 CRITÈRES DE CONVERGENCE UNIFORME
Pour la convergence simple des séries de fonctions, il est possible d’utiliser
les critères et les régles des séries numériques. Quant à la convergence uniforme,
nous disposons des critères suivants :

2.3.1 Critère de Cauchy uniforme.


P
Theorème 13 Une série fn (x) de fonctions sur ensemble E de K , à
valeurs réelles ou complexes, converge uniformément si, et seulement si, pour
tout ε > 0, il existe un entier N tel que :

q
P
q ≥ p ≥ N =⇒ fn (x) < ε, ∀x ∈ E

n = p
P
Définition 8 Convergence normale. On dit qu’une série de fonctions fn (x)
converge normalement sur E ⊂ K , s’il existe une série réelle à termes positifs
P
an telle que | fn (x)| ≤ an pour n ≥ n0 et pour tout x ∈ E.

Theorème 14 Pour une série de fonctions réelles ou complexes, la convergence


normale implique la convergence absolue et la convergence uniforme.

2.3.2 Critère d’Abel uniforme.


En reprenant la démonstration du critère d’Abel, nous obtenons le critère
d’Abel uniforme pour les séries de fonctions :
P
Theorème 15 Soit εn (x) un (x) une série de fonctions réelles sur un
ensemble E telle que :
1. La suite de fonctions (un ) est décroissante et tend simplement vers 0.
2. Il existe une constante
C>0 telle que, pour tout x ∈ E et q ≥ p :
Pq
ε (x) < C

n = p n

Application : Soit (εn ) une suite de nombres réels positifs , décroissante et


εn einx est uniformément
P
tendant vers zéro ; alors quel que soit θ > 0, la série
convergente
n sur l’intervalle [θ, 2π − θ]. Preuve : On a :
i(n + 1)x
e = e eix −1 −1 ≤ |eix2−1| = 1/ sin x2 ≤ 1/ sin θ2
P Kx  

pour x ∈
k =0
[θ, 2π − θ].
+∞
xn /n! définit une fonction de classe C ∞
P
Exercice : Montrer que la série
n=0
sur R, notée x → ex . Montrer la relation : ex + y = ex .ey , pour tout couple de
réels (x, y) .

15
Chapitre 3

SÉRIES ENTIÈRES

3.1 GÉNÉRALITES
Définition 9 Une série entière sur une partie A de C est une série de
fonctions dont le terme général est donnée par un (z) = an z n où z est une
variable complexe et (an ) une suite de nombres complexes.

Si la série est convergente sur A cela permet de définir une fonction sur
+∞
an z n . Si bn z n est une autre série entière
P P
A à valeurs dans C z →
n=0
convergente sur une partie B de C, alors la somme des deux séries entières
est une série entière définie sur l’intersection A ∩ B par :
(an + bn ) z n = an z n + bn z n
P P P

Si les deux séries sont absolument convergentes sur leurs domaines respectifs
, alors la série produit est absolument convergente sur A ∩ B et elle est donnée
par :
n
( an z n ) ( bn z n ) = cn z n
P P P P
avec cn = ak bn − k
k =0
Exemples.

z n /n
P
(i) On peut montrer grâce à la régle de d’Alembert que la série
n≥1
est absolument convergente sur le disque unité ouvert de C. En effet :
|zn + 1 |
limn→+∞ n+1 |znn | = |z|
d’où la conclusion annoncée.
+∞
P
(ii) A l’aide de la même régle , on peut montrer que la série entière
n=0
z n /n! est absolument convergente sur C.

16
3.2 DOMAINE DE CONVERGENCE
Nous allons montrer que le domaine de convergence d’une série entière est
soit un disque ouvert centré à l’origine soit tout le plan complexe C.

3.2.1 Existence du rayon de convergence.


an z n une série entière et z0 un point
P
Proposition 14 Lemme d’Abel Soit
an z0n soit convergente. Alors :
P
non nul de C tel que la série numérique
n
P
(i) La série an z converge absolument sur le disque D (0, |z0 |) = {z ∈ C / |z| < |z0 |}
an z n converge normalement sur le
P
(ii) Pour tout r ∈]0, |z0 | [ la série
disque fermé D (0, r)

an z n une série entière dans C, alors il existe R ∈


P
Theorème 16 Soit
[0, +∞] tel que la série converge absolument dans le disque ouvert D (0, R) et
diverge aux points z tels que |z| > R. Le nombre R est appelé le rayon
de convergence de la série entière et dans le cas où R est fini le disque est
an z n
P
appelée disque de convergence. En outre pour tout r < R la série
converge normalement sur le disque fermé |z| ≤ r. On ne peut rien dire sur la
convergence de la série aux points z tels que |z| = R.

3.2.2 Calcul du rayon de convergence.


Le calcul explicite du rayon de convergence n’est pas toujours possible avec
la formule ci-dessus. La proposition suivante permet la détermination pratique
du rayon de convergence dans certains cas :

an z n une série entière et R son rayon de conver-


P
Proposition 15 Soit
gence. Alors R est donné par :
1/n
(i) 1/R = limn→+∞ ana+n 1 = limn→+∞ |an |

lorsque la première limite existe.
1/n
(ii) 1/R = limn→+∞ |an |
si cette limite existe.
Avec la convention R = 0 si la limite est infinie et R = +∞, si la limite
est nulle.

Preuve :
Application directe des régles de convergence absolue de D’Alembert et de
Cauchy.
Exemples.
P n
i) Le rayon de convergence de la série z /n est R = 1, son domaine
n≥1
de convergence est le disque unité ouvert de C.

17
+∞
n
(−1) z 2n +1 /(2n + 1)! admet +∞
P
ii) La série comme rayon de
n=0
convergence et converge sur tout le plan complexe.
p p
an z n avec a2p = (2/3) et a2p+1 = 2 (2/3) .La
P
(iii) Considèrons la série
suite (an+1 /an ) n’a paspde limite à l’infini tandis que l’on a :
1/n
limn→+∞ |an |p = 2/3. Par conséquent le rayon de convergence de cette
série entière est 3/2.
+∞
n!z n et
P P
Exercice. Déterminer le rayon de convergence des séries
n≥1 n=0
z 2n .
an z n bn z n deux séries entières de rayons
P P
Remarque : Soient et
de convergence R1 et R2 respectivement. Alors les séries somme et produit
de ces deux séries ont chacune un rayon de convergence supérieur ou égal à
inf (R1 , R2 ) .

3.3 PROPRIÉTES DES SÉRIES ENTIÈRES


3.3.1 Continuité.
an z n une série entière de rayon de convergence R
P
Theorème 17 Soit
+∞
an z n est continue sur le disque de
P
non nul. Alors l’application z →
n = 0
convergence D (0, R) .

Preuve : Soit z0 ∈ C∗ tel que |z0 | < R . D’aprés le théorème précédent, la


série an z n est normalement convergente ( et donc uniformément convergente
P

) sur le disque fermé |z| ≤ |z0 | . Comme le terme général ( z → an z n )est une
fonction continue, alors on déduit la continuité de la série entière sur le disque
D (0, |z0 |) et en particulier au point z0 .

3.3.2 Dérivation.
an xn
P
Définition 10 On appelle série dérivée d’une série entière réelle la
n − 1
P
série entière n ≥ 1 nan x .

an xn une série entière réelle de rayon de convergence


P
Theorème 18 Soit
R non nul. Alors sa série dérivée posséde le même rayon de convergence et
+∞
an xn est dérivable sur l’intervalle de convergence
P
la fonction f : x →
n = 0
] − R, R [ et l’on a :
+∞
f 0 (x) = nan xn − 1
P
n = 1

18
Remarques.
(i) En itérant le résultat ci-dessus aux dérivées successives de la fonction f
, nous obtenons que la somme de toute série entière est indéfiniment dérivable
sur son intervalle de convergence.
(ii) Une série entière de rayon non nul peut-être intégrée terme à terme.
Ainsi,nous avons pour tout intervalle [0, x] ⊂] − R, R [ :
Rx +∞
  +∞ n + 1
an tn dt = an xn + 1
P P
0 n=0 n=0

3.4 APPLICATIONS
3.4.1 Développement en série entière des fonctions usuelles.
Définition 11 Une fonction réelle f définie sur un intervalle ]−a, a[ , est dite
an xn
P
développable en série entière s’il existe R ≥ a et une série entière
telle que :
+∞
an xn pour tout x ∈] − a, a[.
P
f (x) =
n = 0
Dans ce cas, la série entière est unique et l’on a pour tout entier n : an =
(n)
f (0)
n!

Exemple : Sur l’intervalle ]−1, 1 [, la fonction x → 1/ (1 + x) s’écrit comme la


+∞
n
(−1) xn . Nous en déduisons le développement
P
somme de la série entière
n=0
du logarithme sur le même intervalle :
+∞ +∞
n−1
xn /n et xn /n
P P
ln (1 + x) = (−1) ln (1 − x) = −
n=1 n=1

et de la fonction arctangente ( dont la dérivée est la fonction x → 1/ 1 + x2 ) :
+∞
n
(−1) x2n + 1 /(2n + 1)
P
arctan x =
n=n

Condition nécéssaire et suffisante pour développer une fonction réelle en


série entière :

Theorème 19 Une fonction f définie sur un intervalle ] − a, a[ admet un


développement en série entière si et seulement si :
i) f est indéfiniment dérivable sur ] − a, a[. .
Rx n
ii) Pour tout x ∈]−a, a[, nous avons : limn→+∞ (x−t) n! f
(n + 1)
(t) dt = 0.
0 
En particulier, la condition ii) est réalisée si la suite des dérivées f (n)
est uniformément
bornée sur ] − a, a[, c’est à dire qu’il existe M > 0 tel que :
f (n) (t) ≤ M ∀n ∈ N, ∀t ∈] − a, a[.

19
Exemples.
i) Les fonctions circulaires x → cos x et x → sin x sont de classe C ∞ et
admettent des dérivées bornées par 1. Elles sont associées à des séries entières
de rayon infini,
+∞
n
(−1) x2n /(2n)!
P
cos x =
n=0
+∞
n
(−1) x2n +1 /(2n + 1)!
P
sin x =
n=0

ii) Les fonctions hyperboliques x → cosh x et x → sin hx possédent les


développements suivants sur R
+∞
x2n /(2n)!
P
cosh x =
n=0
+∞
P 2n +1
sinh x = x /(2n + 1)!
n=0

α
iii) Pour α réel la fonction puissance x → (1 + x) peut-être développée
en série entière sur l’intervalle ] − 1, +1[ :
+∞
α P α(α−1)...(α−n+2) n
(1 + x) = 1 + n! x
n=1

3.4.2 Introduction de nouvelles fonctions.


Cette section est consacrée aux fonctions introduite grace au séries entières.

La fonction exponentielle complexe.


+∞
z n /n! admet un rayon de convergence infini, elle coin-
P
La série entière
n=0
cide avec la fonction exponentielle sur R, elle est appelée la fonction exponen-
0 0
tielle complexe . Elle vérifie la relation : ez + z = ez .ez

les fonctions circulaires et hyperboliques complexes.


Elles sont définies sur C par :
+∞ +∞
n n
(−1) z 2n /(2n)! (−1) z 2n +1 /(2n + 1)!
P P
cos z = sin z =
n=0 n=0
+∞ +∞
2n
z 2n +1 /(2n + 1)!
P P
cosh z = z /(2n)! sinhz =
n=0 n=0

20
3.4.3 Résolution de certaines équations différentielles.
Les série entières peuvent etre utilisée pour résoudre des équation différentièlles
comme le montre l’exemple suivant :
Soit à résoudre l’équation différentielle suivante :

4xy 00 + 2y 0 + y = 0


y (0) = 1

+∞
an xn .
P
Cherchons la solution sous la forme d’une série entière y=
n=0
Le calcul des dérivées donne :
y 0 = a1 + 2a2 x + ... + nan xn−1 + .....
00
y = 2a2 + 6a3 x + ... + n (n − 1) an xn−2 + .....
Remplaçons ces formules dans l’équation différentielle
4xy 00 +2y 0 +y = (a0 + 2a1 )+(a1 + 12a2 ) x+....+(an−1 + 2nan + 4n (n − 1) an ) xn−1 +
.... = 0
D’après l’unicité du développement en série entière, nous en déduisons que
tous les coefficients sont nuls :
a0 + 2a1 = a1 + 12a2 = an−1 + 2n (2n − 1) an = .... = 0
n
Comme y (0) = a0 = 1, nous obtenons : an = (−1) / (2n)!
+∞
n
(−1) xn /(2n)!
P
donc y =
n=0
d’où

cos x si x ≥ 0
y (x) = √
cosh −x si x < 0

21
Chapitre 4

SÉRIES DE FOURIER

4.1 SÉRIES TRIGONOMÉTRIQUES


Définition 12 On appelle série trigonométrique complexe sur R toute série
de fonctions sur R de la forme :
+∞
(1) a20 +
P
(an cos (nωx) + bn sin (nωx))
n = 1
où an , bn appelés coefficients de la série, sont des nombres complexes.
Lorsque les coefficients an , bn sont réels, la série (1) est dite réelle.

En considèrant la partie réelle et imaginaire pure de l’expression (1), l’étude


des séries trigonométriques complexes se raméne à celle des séries trigonométriques
réelles.
L’objet du chapitre est l’étude des conditions assurant la convergence des
séries trigonométriques et le développement en série trigonométrique des
fonctions périodiques.
Remarque.

En effectuant le changement de variable t = ωx dans (1), on peut ramener


l’étude d’une série trigonométrique au cas où ω = 1, c’est à dire de la forme :
+∞
a0 P
2 + (an cos (nt) + bn sin (nt))
n=1

+∞
a0 P
Theorème 20 Soit 2 + (an cos (nx) + bn sin (nx)) une série trigonométrique
n = 1
réelle. Alors :
P P
(i) Si les séries an et bn sont absolument convergentes, alors la
série (2) est normalement convergente dans R.
(ii) Si les suites (an ) et (bn ) sont décroissantes et tendent vers 0, alors
la série (2) est uniformément convergente dans tout intervalle [θ + 2kπ, 2π − θ + 2kπ],

22
k ∈ Z, θ ∈]0, 2π[ ; en particulier elle converge simplement pour tout θ 6= 2kπ, k ∈
Z.

Remarques.
eix + e−ix
1) Ecriture complexe d’une série trigonométrique : On a cos x = 2
eix − e−ix
et sin x = 2 d’où
+∞ +∞
a0
cn einx + c−n e−inx
P P 
2 + (an cos (nx) + bn sin (nx)) = c0 +
n=1 n=1

a0 an − ibn an + ibn
où l’on a posé : c0 = 2 , cn = 2 , et c−n = 2
+∞
a0 P
2) Si la série trigonométrique 2 + (an cos (nx) + bn sin (nx)) converge,
n=1
alors sa somme est une fonction périodique de période 2π. On en déduit
que si la série converge sur un intervalle [θ, θ + 2π], alors la convergence a lieu
sur R tout entier.
+∞
a0 P
Theorème 21 Si la série trigonométrique 2 + (an cos (nt) + bn sin (nt))
n = 1
converge uniformément sur l’intervalle [0, 2π], et a pour somme la fonction f
alors on a :

a0 = π1 f (t) dt
R
0
2π 2π
1 1
R R
an = π f (t) cos (nt) dt et bn = π f (t) sin (nt) dt, pour n ≥ 1.
0 0

4.2 SÉRIES DE FOURIER


Définition 13 Soit f une fonction continue par morceaux sur [0, 2π].On ap-
+∞
pelle série de Fourier de f la série trigonométrique a20 +
P
(an cos (nx) + bn sin (nx))
n = 1
dont les coefficients an , bn sont donnés par :

a0 = π1 f (t) dt
R
0
2π 2π
1 1
R R
an = π f (t) cos (nt) dt et bn = π f (t) sin (nt) dt, pour n≥1
0 0
et appelés les coefficients de Fourier de la fonction f.

1
f (t) e−int dt , n ∈ Z
R
Les nombres complexes cn = 2π
0
sont appelés les coefficients de Fourier complexes de f.

Remarques.

23
1) Si la fonction f n’est pas donnée explicitement sur [0, 2π] , mais sur un
intervalle [α, α + 2π] ( ou [α − π, α + π] ), dans ce cas le calcul des coefficients
de Fourier de f s’effectue sur l’intervalle [α, α + 2π] ( ou [α − π, α + π]).
2) Si la fonction f est continue par morceaux sur R, périodique de
période T , les coefficients de Fourier de f sont définis par :
αR+T
a0 = T2 f (t) dt
α
αR
+T αR
+T
2 2
an = T f (t) cos (2πnt/T ) dt et bn = T f (t) sin (2πnt/T ) dt
α α
, pour n≥1
αR
+T
1
cn = T f (t) exp (−2iπnt/T ) dt, n ∈ Z.
α
Pour tout entier n ≥ 1 nous avons les relations :
an = cn + c−n , bn = i (cn − c−n )
ou cn = an −2 ibn , et c−n = an +2 ibn .

Theorème 22 ( symétries) Soit f : R → C une fonction continue par


morceaux, 2π− périodique, alors on a les résultats suivants :
i) Si f est à valeurs réelles alors les coefficients an , n ∈ N et bn , n ≥ 1,
sont réels et pour tout entier relatif n nous avons :
cn = c−n
ii) Si f est paire ( respectivement impaire) on a :

bn = 0, n ∈ N∗ an = π2 f (t) cos (nt) dt
0
2

( respectivement an = 0, n ∈ N bn = π f (t) sin (nt) dt )
0

Exemples.
1) Soit f la fonction 2π−périodique définie par :

−1 si x ∈] − π, 0[
f (x) =
+1 si x ∈]0, π[

La fonction étant impaire, ses coefficients de Fourier sont donnés par :



an = 0, et bn = π2 sin (nt) dt
0
d’où b2p = 0 et b2p + 1 = 4/π (2p + 1)
+∞
P sin(2p + 1) t
Par conséquent sa série de Fourier 4/π (2p + 1) est convergente
p=0
d’aprés le théorème 1.
2) Soit α un nombre réel non entier et considérons la fonction x → cos (αx)
sur l’intervalle [−π, π].

Lemme 1 ( Lebesgue)

24
Soit f une fonction continue par morceaux sur un intervalle fermé borné
[a, b], alors
Rb Rb
limn→+∞ f (x) cos (nx) dx = limn→+∞ f (x) sin (nx) dx = 0
a a

Corollaire 1 Si f est une fonction périodique de période T , continue


par morceaux sur [0, T ], alors ses coefficients de Fourier convergent vers 0.

Remarque. Un calcul préliminare. Pour les résultats ultérieurs nous avons


besoin de calculer des expression de la forme :
n
P
1/2 + cos (ku) , pour tout u ∈ R\2πZ
k =1

Or nous avons la relation :


n
eiku = (2einu 1 − eiu + eiu − e−iu )/8 sin2 (u/2)
P 
k =1

d’où :
n
sin[(n + 1/2) u]−i cos[(n + 1/2) u] + i cos(u/2)
eiku =
P
1/2+ 2 sin(u/2) .
k =1

Par conséquent, en considérant la partie réelle de l’expression ci-dessus, nous


obtenons :
n
P sin[(n + 1/2) u]
1/2 + cos (ku) = 2 sin(u/2)
k =1

Définition 14 Soit f une fonction sur un intervalle I = [a, b] de R.f est


dite continue par morceaux ( respectivement dérivable par morceaux ) sur I
s’ il existe une subdivision (xk )0 ≤ k ≤ m de I telle que f soit continue (
respectivement dérivable) sur tout intervalle ouvert ]xk−1 , xk [ k ∈ {1, ..., m} et
admet une limite à gauche et une limite à droite ( respectivement une dérivée
à gauche et une dérivée à droite ) en tout point xk , k ∈ {0, 1, ..., m} de la
subdivision.

Theorème 23 (Dirichlet )
Soit f une fonction réelle périodique de période 2π, continue par morceaux
sur [0, 2π] et admettant en tout point une dérivée à droite et une dérivée à
gauche. Alors nous avons les résultats suivants :
i) La série de Fourier de f en x converge vers f (x) en tout point x où
la fonction f est continue.
ii) La série de Fourier de f en x converge vers [ f (x+ ) + f (x− )] /2 en
tout point x où la fonction f est discontinue.( f (x+ ) et f (x− ) désignent
respectivement les limites à droite et à gauche de f au point x).

25
Exemples.
1) Reprenons la fonction impaire, 2π périodique et valant −1 sur ]0, π[. Il
s’agit d’une fonction dérivable par morceaux sur [−π, π], discontinue en 0,avec
f (0+ ) = 1 , f (0− ) = −1 et f 0g (0) = f 0d (0) = 0 . D’aprés le calcul précédent
et le théorème de Dirichlet , on a :
Pour x ∈ ]0, π[.
+∞
P sin(2p + 1) x
4/π (2p + 1) = 1.
p=0

Et x ∈ ] − π, 0[.
+∞
P sin(2p + 1) x
4/π (2p + 1) = −1
p=0

2) Soit f la fonction 2π périodique définie par f (x) = |x| pour |x| < π.
Cette fonction est paire, continue sur [−π, π], avec f 0g (0) = −1, f 0d (0) =
1.Sa série de Fourier est
+∞
P cos(2p + 1) x
π/2− 4/π (2p + 1)2
p=0

Donc pour tout x ∈ [−π, π],


+∞
P cos(2p + 1) x
π/2− 4/π (2p + 1)2
= |x|
p=0

En particuler en prenant x = 0, on obtient


+∞
1
= π 2 /8
P
4/π (2p + 1)2
p=0

+∞
1
P
Calculons la somme de la série n2 . Nous avons :
n=1

+∞ +∞ +∞
1 1 1
P P P
n2 = (2p )2
+ (2p + 1)2
.
n=1 p=1 p=0

d’où
+∞ +∞
1 1
P P
(3/4) n2 = (2p + 1)2
.
n=1 p=0

Soit
+∞
1
= π 2 /6
P
n2
n=1

26
Theorème 24 (Parseval)
Soit f une fonction réelle périodique de période 2π, continue par morceaux
sur [−π, π], alors ses coefficients de Fourier vérifent les relations

 +∞
2 2
P 2 2
| f (x)| dx = 2π c0 + [|cn | + |c−n | ] .
−π n = 1
 +∞

2 P 2
= π |a0 | /2 + (an + b2n )
n = 1

Exemples.
1) Soit f la fonction 2π périodique définie par, f (x) = x pour |x| < π
Nous avons,
+∞
P n−1 sin(nx)
f (x) = 2 (−1) n
p=1

d’où
Rπ +∞
x2 dx = 4π 1/n2
P
−π n=1

soit
+∞
1
= π 2 /6
P
n2
n=1

2) Soit f la fonction 2π périodique définie par f (x) = |x| pour


|x| < π.Nous avons
+∞
P cos(2p + 1) x
f (x) = π/2− 4/π (2p + 1)2
p=0

d’où
Rπ +∞
1
x2 dx = π[π 2 /2 + 16/π 2
P
(2p + 1)4
]
−π p=0

par suite
+∞
1
= π 4 /96
P
(2p + 1)4
p=0

On en déduit l’expression,
+∞
1
= π 4 /90
P
n4
n=1

27
4.3 CONVERGENCE UNIFORME DE LA SÉRIE
DE FOURIER
Lemme 2 Soit f : R → C une fonction 2π -périodique,continue et de classe
C 1 par morceaux.On définit φ : R → C par φ (t) = f 0 (t) si est f dérivable
0
en t et φ (t) = ( fg (t) + f 0d (t))/2 sinon. Alors les coefficients de Fourier
complexes de φ vérifient : cn (φ) = incn ( f ) pour tout entier n ∈ Z.

Theorème 25 Soit f : R → C une fonction 2π -périodique, continue et de


classe C 1 par morceaux. Alors la série de Fourier de f converge normalement
vers la fonction f.

Exercices.
1) Donner le développement en série de Fourier des fonctions 2π-périodiques
définies par :

f (x) = x ,x ∈]0, 2π] , g (x) = |sin x| , x ∈]0, 2π] h (x) = ex , x ∈] − π, π].

2) En considérant la série de Fourier de la fonction 2π-périodique définie


par :

π − x si x ∈]0, +π[
f (x) =
π+x si x ∈] − π, 0[

+∞
1
P
Calculer la somme (2p + 1)4
.
p=0

28
SMIA/S3 ANALYSE 3 A.ALAMI IDRISSI et E.ZEROUALI
Chapitre 5 FONCTIONS DE IR n DANS IR p
I) NOTIONS DE TOPOLOGIE SUR IR n
1) Normes sur IR n :
a) Définition:
On appelle norme sur  n toute application x  x de  n dans   telle que :
(i) x  0  x  0
(ii)   IK, x  E, x  ||x
(iii) x, y  E 2 x  y  x  y (l’inégalité triangulaire)
L’espace  n étant muni de la norme   est dit espace normé.
b) Exemples:
Sur  l’application valeur absolue x  |x| est une norme.
n n
Sur  n
les applications   1 : x  |x k | ,  2 : x  |x k |2  1/2 et
k1 k1

   : x  sup 1  k  n |x k | sont des normes.


Remarque: Dans l’espace  n , on a pour tout x   n :
x   x 2  x 1  nx   nx 1 ,
Plus généralement, nous verrons plutard que deux normes quelconques sur  n
  et    sont équivalentes dans le sens suivant :
,   0 tel que : x   x  x 
c) Boules ouvertes et fermées de  n
Soit   une norme sur  n . Pour tout point x de  n et tout r  0 , la boule
ouverte ( respectivement fermée) de centre x et de rayon r est définie par :
Bx, r  y   n / x  y  r ( respectivement Bx, r  y   n / x  y  r ).
Dans  les boules ouvertes ( respectivement fermées ) sont les intervalles centrés
ouverts (respectivement fermés).
Exercice . Déterminer les boules unités de  2 centrées à l’origine des trois normes
fondamentales définies ci-dessus.
d) Intérieur,adhérence d’une partie de  n
Une partie A de  n est dite ouverte si elle est soit vide soit non vide et si pour tout
point x de A il existe r  0 telle que la boule de centre x et de rayon r soit contenue
dans A ( Bx, r  A). Soit A une partie quelconque de  n ; un point a de A est dit point
intérieur de A s’il existe une boule centrée en a et contenu dans A .L’intérieur d’une
partie A quelconque de  n est l’ensemble des points intérieurs de A et c’est le plus
grand ouvert de  n contenu dans A , il es noté A ° . A titre d’exemple, les boules ouvertes
et plus généralement les réunions quelconques de boules ouvertes sont des ouverts.
Une partie B de  n est dite fermée si elle est le complémentaire d’une partie
ouverte A , soit B   n \ A. Soit B une partie quelconque de  n ; un point a de  n est dit
point adhérent à B si pour tout r  0 on a Bx, r  B non vide. L’adhérence d’une
partie B quelconque de  n est l’ensemble des points ahérents à B , c’est le plus petit
fermé contenant B, noté B. Une réunion finie de boules fermées est un exemple de
fermé.
1
Exemple: L’intérieur de la boule fermée Bx, r est la boule ouverte
Bx, r. L’adhérence de la boule ouverte Bx, r est la boule fermée Bx, r.
Une partie A de  n est dite bornée s’il existe r  0 , tel que A soit contenue
dans la boule fermée B0, r :
r  0, x  A, x  r
Une partie A de  n est dite connexe si elle n’est pas réunion de deux ouverts
disjoints de  n :
 A 1 , A 2 ouverts de  n : A  A 1  A 2 avec A 1  A 2  
Dans  , une partie est connexe si et seulement si c’est un intervalle .
Remarque: Du fait que deux normes quelconques de  n sont toujours
équivalentes, les notions définies dans ce paragraphe ( ouvert,fermé,..) ne dépendent
pas de la norme choisie dans  n .
2) Suites dans  n
Définition.Une suite x m  d’éléments de  n est dite convergente vers x   n , si l’
on a :
  0, m 0   : m  m 0 : x m  x  
Proposition 1
La limite d’ une suite convergente dans  n est unique.
Proposition 2
Soit x m  une suite d’élements d’une partie A de  n . Nous avons :
x m  x 1m , x 2m , . . , x nm 
Alors la suite x m  converge dans  n si et seulement si chaque suite suite réelle
x km  ( k  1, . . , n ) converge dans  et l’on a :
lim m x m  lim m x 1m , lim m x 2m , . . . , lim m x nm 
Propriètès :
Soient u m , v m  deux suites convergentes de  n et  réel , alors grâce aux
propriètès des suites réelles , nous avons :
i) lim m u m  v m   lim m u m  lim m v m
ii) lim m u m   lim m u m
Remarques:1) La convergence d’une suite ne dépend pas de la norme choisie dans
n
 .
2) On peut montrer que l’adhérence d’une partie A quelconque de  n , est égal à
l’ensemble des limites de suites d’élements de A.
e) Compacité:
Définition:
Une partie A de  n est dite compacte si toute suite d’élements de A on peut en
extraire une sous suite convergente dans A.
Théorème 1 :
Une partie de  n est compacte si et seulement si elle est fermée et bornée dans
n.
.
Exemple: Toute boule fermée ou sphère de  n est compacte.
II) FONCTIONS CONTINUES DE  n DANS  p
1) Notion de limite:
2
a) Définition.Soit f une fonction définie sur une partie A de  n et à valeurs dans
 . Soit a  A, on dit que f admet une limite en a de valeur l   p quand x tend
p

vers a , si l’on a :
  0,   0, x  A et x  a    f x  l  .
On écrit alors :
lim xa f x  l
b) Remarque:
Avec les hypothèses de la définition ci-dessus,comme la fonction f est à valeurs
dans  p , nous écrivons f  f 1 , . . . , f p . En prenant la même démarche que pour la
proposition 2, nous pouvons montrer que la fonction f admet une limite l en a si et
seulement si les fonctions composantes f 1 , . . . , f p admettent des limites l 1 , . . . , l p et l’on
a alors :
l  l 1 , . . . , l p 
Ceci ramène l’étude des limites de fonctions sur  n et à valeurs dans  p aux
limites de fonctions à valeurs réelles.
c) Propriètès des limites:
Soient f et g deux fonctions définies sur A   n à valeurs réelles et admettant
une limite en un point a  A, nous avons alors les propriètès:
i) lim xa  f x  gx  lim xa f x  lim xa gx
ii) lim xa  f x. gx  lim xa f x. lim xa g x
iii) lim xa  f x / gx  lim xa f x / lim xa g x , à condition que gx  0 pour x
voisin de a.
Exercice: Calculer lim x,y0,0 x/x 2  y 2 
2) Continuité
a) Définition:Soit f une fonction définie sur une partie A de  n et à valeurs dans
 p . On dit que f est continue en un point a appartenant à l’intérieur de A, si l’on a :
lim xa f x  f a
ce qui se traduit par :
  0,   0, x  A et x  a    f x  f a  .
b) Remarque:
Grâce à la remarque II)1) b), étudier la continuité de f f1, . . . , fp au point a
se ramène à l’étude de la continuité des fonctions composantes f 1 , . . . , et f p en ce
point.
c) Théorème 2
Soit f une fonction définie sur une partie A de  n et à valeurs dans  p . Alors f
est continue au point a si et seulement si pour toute suite x m  d’élements de A qui
converge vers a la suite f x m  converge vers f a.
Remarque : Soit f une fonction définie et continue sur une partie A de  n et à
valeurs dans  p . Soit x 1 , x 2 , . . . , x n   A , en fixant x 2 , . . , x n  l’application x 1  f
x 1 , x 2 , . . . , x n  est continue.Même résultat pour les autres fonctions partielles de f. La
réciproque de cette propriètè est fausse , voici un contre-exemple avec la fonction
définie dans  2 par:
3
x y/x 2  y 2  si x, y  0, 0
f x, y 
0 sinon
d) Proposition 3: Continuité globale
Soit f :  n   p . Alors nous avons l’équivalence:
i) f est continue en tout point de  n .
ii) L’image réciproque par f de tout ouvert ( respectivement fermé) de  p est un
ouvert (respectivement fermé) de  n .
.
e) Proposition 4:
Toute application linéaire u de  n dans  p , est continue et vérifie une inégalité
de la forme suivante :
ux  Mx , x   n
où M est une constante dépendante de u .
.
f) Exemple:
Soit à étudier la continuité de la fonction f :  2   définie par :
x 2 y/x 2  y 2  si x, y  0, 0
f x, y 
0 sinon
Il est clair que f est continue en tout point x, y non nul.Passons en
coordonnées polaires , nous obtenons :
f r cos , r sin   r cos 2  sin 
d’où
fr cos , r sin   r
donc
lim x,y0,0 f x, y  0  f 0, 0
g) Proposition 5:
Soit f une fonction définie sur une partie ouverte A de  2 et a, b  A .Alors f
est continue au point a, b si et seulement si pour tout   0, 2 , nous avons :
lim r0 f a  r cos , b  r sin   f a, b
Exercice. Discuter la continuité de l’application f :  2   définie par :
|x| |y| /x 2  y 2  si x, y  0, 0
f x, y 
0 sinon
selon les paramétres réels  et .
h) Propriètès algébriques :
Soient f et g deux fonctions définies sur A   n à valeurs réelles et qui son
continues en un point a intérieur de A, alors les fonctions somme f  g , produit f. g
et rapport f /g ( si ga  0 ) sont continues en a .
La preuve découle du théorème 2, et des propriètès des suites réelles
convergentes .
Un autre corollaire de ce théorème affirme que si f est continue en a et si g est
continue en b  f a , alors la fonction composée g  f est continue en a.
4
k) Propriètès topologiques des fonctions continues :
Théorème 3:
Soit f une fonction définie et continue sur une partie A de  n et à valeurs dans
 p . Alors l’image par f de tout compact K de A est compact dans  p .
Corollaire
Toutes les normes sur  n sont deux à deux équivalentes.
Théorème
L’image de toute partie connexe de  n par une application continue de  n
dans  p est connexe.

III) CALCUL DIFFERENTIEL


1) Dérivées partielles
a) Définition: Soit U un ouvert de  n et a  a 1 , . . , a n   U .On dit que f : U  
admet une dérivée partielle par rapport à la variable x i au point a si la fonction f i
définie dans un voisinage de a i par f i x  f a 1 , . , a i  1 , a i , a i  1 , . . , a n est dérivable
au point a i , c’est à dire que le rapport :
 f a 1 , . , a i  1 , a i  h, a i  1 , . . , a n  f a 1 , . , a i  1 , a i , a i  1 , . . , a n /h
f
admet une limite finie quand h tend vers 0 .Cette limite est notée x i
a et
appelée la dérivée partielle de f par rapport à x i , au point a .
b) Exemples:
i) La fonction f :  2   définie par f x, y  x 2 y 3 admet des dérivées
partielles par rapport à x et y en tout point de  2 , données par :
f f
x
x, y  2xy 3 , y x, y  3x 2 y 2
ii) Soit f la fonction définie sur  2 par:
x y/x  y 2  si x, y  0, 0
2
f x, y 
0 sinon
On a lim h0  f h, 0  f 0, 0/h  lim h0  f 0, h  f 0, 0/h  0
Donc f admet des dérivées partielles par rapport à x et y en 0, 0 et on a
f f
x
0, 0  y 0, 0  0.
c) Matrice jacobienne:
Soit f une fonction définie sur un ouvert U de  n à valeurs dans  p . Pour x  U
, nous avons f x  f 1 x, . . . , f p x , où f 1 , . . . , f p sont des fonctions sur U à
valeurs dans , appelées les fonctions composantes de f .Soit i  1, . . , n, on dit que
f admet des dérivées partielles par rapport à x i en un point a de U , si chacune des
fonctions f 1 , . . . , f p admet une dérivée partielle par rapport à x i au point a .
Si pour tout i  1, . . , n , la fonction f admet au point a des dérivées partielles
par rapport à x i , la matrice à p lignes et à n colonnes
5
f 1 f 1 f 1
x 1
a x 2
a . . x n
a
f 2 f 2 f 2
x 1
a x 2
a . . x n
a
. . . . .
. . . . .
f P f p f p
x 1
a x 2
a . . x n
a
notée J f a est appelée la matrice jacobienne de f au point a.
2) Dérivées partielles d’ordre supérieur
Soient U un ouvert de  n , f une fonction définie sur U à valeurs réelles et
f
a  U. Soient i , j  1, . . , n. Supposons que f admette une dérivée partielle x j au
f
voisinage du point a. Si la fonction x  x j
x admet une dérivée partielle par rapport à
x i au point a , on dit que la fonction f admet une dérivée partielle seconde par rapport
f

2f x j 2f
à x i et x j au point a , notée x i x j
a  x i
a .Si i  j , on écrit x 2i
a au
2f
lieu de x i x i
a.
Pour tout muti-indice    1 , . . . ,  k    k , on définit de proche en proche les
dérivées partielles d’ordre || , quand elles existent par :
 || f
  f a  1 k a
x i 1 ....x i k

où i 1 , . . . , i k  1, . . , n et ||   1 . . .  k .
Théorème 4 ( Théorème de Schwarz )
Soient U un ouvert de  n , f une fonction définie sur U à valeurs réelles et
2f 2f
admettant des dérivées partielles x i x j et x j x i définies au voisinage d  un point
2f 2f 2f
a de U. Si les fonctions x i x j
et x j x i
sont continues au point a , on a x i x j
a 
2f
x j x i
a.
2f 2f
Remarques:i) Si la fonction x i x j
( ou x j x i
) n’est pas continue au point , la
2f 2f
relation x i x j
a  x j x i
a n’est pas satisfaite à priori.Voici un contre-exemple:
Soit f la fonction définie sur  2 par:
x y x  y 2 /x 2  y 2  si x, y  0, 0
2
f x, y 
0 sinon
On a :
f 2 f 2
x
x, y  yx 4  y 4   4x 2 y 3 /x 2  y 2  , y
x, y  xx 4  y 4   4x 2 y 3 /x 2  y 2 
ce qui donne :
2f 2f
y x
0, 0  1 et x y
0, 0  1
ii) Si f : U     admet des dérivées partielles continues jusqu’à un ordre k  2
n

, alors d’aprés le théorème de Schwarz, on peut changer l’ordre des dérivations


partielles par rapport à x 1 , . . , x n .
6
3) Différentiabilité
Définition .Soient U un ouvert de  n , f une fonction définie sur U à valeurs
dans  p .On dit que f est différentiable au point x de U s’il existe une application
linéaire L :  n   p telle que :
f x  h  f x  Lh  hh
où  est une fonction définie au voisinage de 0 telle que lim h0 h  0.
L’application linéaire L dépend de f et de x , elle est notée df x et s’appelle la
différentielle de f au point x. La différentiabilité de f peut s’exprimer dela façon
suivante : il existe une application linéaire L :  n   p telle que :
1
lim h0 h  f x  h  f x  Lh  0
Exemples :
i) Soit I un intervalle ouvert de .Toute fonction f : I   dérivable au sens
classique en un point x est différentiable et l’on a :
df xh  f  xh
où f  x désigne la dérivée de f au point x.
ii) Soit f :  n   p une application linéaire .Alors f est différentiable en tout point
de  n et l’on a pour tout x   n , df x  f. En effet , nous avons pour tout x, h   n  2
la relation f x  h  f x  f h.
Théorème 5
Soient U un ouvert de  n , f une fonction définie sur U à valeurs dans  p , et
f 1 , . . . , f p les composantes de f .Alors f est différentiable en un point x de U si et
seulement si f 1 , . . . , f p sont différentiables au point x et nous avons :
df x  df 1 x, . . , df p x
Théorème 6
Soient U un ouvert de  n , f une fonction définie sur U à valeurs dans  p , et
f 1 , . . . , f p les composantes de f . Si f est différentiable en un point x de U alors
pour tout i  1, . . . , p, la fonction composante f i admet des dérivées partielles
f i
x j
x pour tout j  1, . . . , n. .De plus, la matrice associée à l’application linéaire df
x dans les bases canoniques de  n et de  p est la matrice jacobienne
f i
x j
x de f au point x.
1  i  p,1  j  n ,
Remarque
La réciproque du théorème 6 n’est pas toujours vraie.Etudier le contre-exemple
suivant :
Soit f la fonction définie sur  2 par:
x y/ x 2  y 2 si x, y  0, 0
f x, y 
0 sinon
Montrer que f admet des dérivées partielles nulles à l’origine mais qu’elle n’est pas
différentiable en ce point.
7
Théorème 7
Soient U un ouvert de  n , f une fonction définie sur U à valeurs dans  et
admettant des dérivées partielles continues en un point a de U , alors f est
différentiable au point a.
Définition
Soient U un ouvert de  n et une fonction f : U   .On dit que f est de
classe C k sur U , k un entier non nul , si f admet des dérivées partielles   f
continues pour tout    1 , . . . ,  n    n tel que ||  k.
4) Différentiabilité dans une direction
Définition.Soient U un ouvert de  n et u un vecteur unitaire de  n . Une
fonction f : U   est dite différentiable dans la direction de n en un point a de U
f at u  f a
si le rapport t admet une limite quand t tend vers 0. Cette limite , quand
elle existe, est notée D u f a.
Théorème 8
Soient U un ouvert de  n et f : U   une fonction différentiable en un point
a de U, et u  u 1 , . . . , u n  un vecteur unitaire de  n . Alors f admet une dérivée au
point a dans la direction de u donnée par :
D u f a  df a u
5) Opérations sur les fonctions différentiables
Théorème 9
Soient U un ouvert de  n et deux fonctions f, g : U   p . Si f et g sont
différentiables en un point a de U , alors :
i) f g est différentiable au point a et on a:

d f  g a  df a  dga ( et J f  g a  J f a  Jga )


ii) Si p  1 , alors f. g est différentiable au point a et on a :
d f. g a  gadf a  f adga
f
iii) Si p  1 et ga  0 , alors g est différentiable au point a et on a :
f
d g a  1
ga 2
gadf a  f adga
Théorème 10
Soient U et V deux ouvert de  m et  n et deux fonctions f : U   n et
g : V   p telles que f U  V. Soit a un point de U, alors si f est différentiable
au point a et si g est différentiable au point f a alors g  f est différentiable
au point a et on a:
d g  f a  dg f a  df a ( et J g  f a  Jg f a . J f a )
soit
 gi  f g i  fk
x j
a 1  i  p,
 y k
f a 1  i  p, x j
a 1  k  n,
1jm 1kn 1jm

Exemples :
1) Soit f : U   2   2 et g : V   telles que f U  V. Supposons que f et
g soient différentiables sur U et V respectivement .Nous avons :
8
 f1  f1
u
u, v v
u, v
J f u, v 
 f2  f2
u
u, v v
u, v
et
g g
Jgx, y  x
x, y y
x, y
d’où
 f1  f1
g g u
u, v v
u, v
J g  f u, v  x
f 1 u, v, f 2 u, v y
f 1 u, v, f 2 u, v  f2  f2
u
u, v v
u, v
On en déduit donc
g f u,v g  f1 g  f2
u
 x
f u, v u
u, v  y
f u, v u
u, v
g f u,v g  f1 g  f2
v
 x
f u, v v
u, v  y
f u, v v
u, v

2) Soit f :  2   différentiable.Posons x  r cos , y  r sin  , alors nous avons :


f xr,,yr, f x f y
r
 x
xr, , yr,  r
r,   y
xr, , yr,  r
r, 
et
f xr,,yr, f x f y

 x
xr, , yr,  
r,   y
xr, , yr,  
r, 
ce qui donne
f xr,,yr, f f
r
 cos  x
xr, , yr,   r sin  y
xr, , yr, 
et
f xr,,yr, f f

 r sin  x
xr, , yr,   r cos  y
xr, , yr, 
Exercice
Soit f une fonction dérivable sur . Montrer que les fonctions  et  définies
sur  2 par x, y  f x  y et x, y  f x  y sont différentiables et calculer leurs
dérivées partielles.
6) Théorème des accroissements finis
Soit U un ouvert de  n . On dit que est convexe si pour tout couple a, b  U 2 , le
segment a, b  x  a  b  a /   0, 1 est inclus dans U.
Théorème 11
Soit U un ouvert convexe de  n et f : U   une fonction différentiable sur
U. Alors pour tout couple x, x  h  U 2 il existe  0, 1 tel que :
n
f x  h  f x  df x  hh   xf x  hh i
i1

Remarque:
Le théorème des accroissements finis n’est pas toujours valable si la fonction f est
à valeurs dans un espace  p avec p  2. Néanmoins, nous avons le résultat du
théorème suivant qui donne une inégalité des accroissements finis :
9
Théorème 12
Soit U un ouvert convexe de  n et f : U   p une fonction différentiable sur
U telle que df x  k ( k une constante ) pour tout x  U. Alors , quels que soient
les points x, y de U, on a :
f y  f x  ky  x
Corollaire
Soit U un ouvert convexe de  n et f : U   p une fonction différentiable sur
U. Alors f est constante sur U si et seulement si sa différentielle est nulle sur U
( df x  0 ).
Le résultat est également vrai dans le cas où U est connexe.
7) Développements limités et Formule de Taylor:
Théorème 13
Soit f : U   n  .
A l’ordre 1:
Si f est de classe C 1 . Pour tout a  U, nous avons le développement limité
suivant, au voisinage du point a :
n
f a  h   f a  
f
x i
ah i  oh
i1
A l’ordre 2:
Si f est de classe C 2 , nous avons le développement limité suivant, au voisinage
du point a de U :
n n n
f a  h   f a    
f 2f
x i
ah i  1
2 x i x j
ah i h j   o h 2
i1 i1 j1

8) Extremums
Soit U un ouvert de  n et f : U   une fonction.
Définitions.On dit que f présente un maximum ( respectivement minimum) local
en un point x 0 de U, s’il existe une boule Bx 0 , r contenue dans U telle que :
f x  f x 0 , pour tout x  Bx 0 , r
( respectivement f x  f x 0 , pour tout x  Bx 0 , r )
f
x 1
x 0 
.
Un point x 0 de U tel que f x 0    0
.
f
x n
x 0 
est dit point critique de f.
Théorème 14
Si f est différentiable au point x 0  U et présente un extremum local en ce point ,
alors x 0 est un point critique de f.

10
Définition
Soit M  a ij  une matrice carrée d’ordre n réelle et symétrique ( a i j  a j i pour
tout couple d’entiers i, j  1, n 2 ).On dit que est positive si, pour tout h   n , nous
avons :
Mh, h  0
Elle est dite définie positive si
Mh, h  0
pour tout h   n .
n
 a 1 jh j
h1 j1

. .
Avec h  , on a Mh  d’où
. .
n
hn
 a n jh j
j1
n
Mh, h   a i i h 2i  2  a i jh i h j
j1 ,1  i, j  1

Exemples:
a b
1) Une matrice réelle symétrique d’odre 2 , M  est positive si et
b c
seulement si a, c  0 et det M  0. M est définie positive ssi a, c  0 et det M  0.
2) Soit A une matrice réelle d’ordre n  1, alors M  t AA ( où t A la
transposée de A ) est positive.En effet, nous avons :
t
AA h, h  Ah, Ah  Ah 2  0.
M est définie positive si A est inversible, soit ssi det A  0.
Remarque:
On peut montrer qu’une matrice symétrique réelle d’ordre n est positive (
respectivement définie positive) ssi ses valeurs propres sont positives ( respectivement
strictement posisives ).
Théorème 15
Soit M une matrice réelle carrée d’ordre n , symétrique définie positive, alors il
existe une constante c  0 telle que:
Mx, x  cx 2
pour tout x   n .

11
Définition
Soit U un ouvert de  n et f : U   une fonction. de classe C 2 . On appelle
hessienne de f au point x 0  U la matrice symétrique:
2f 2f 2f
x 21
a x 1 x 2
a . . x 1 x n
a
2f 2f 2f
x 1 x 2
a x 22
a . . x 2 x n
a
H f x 0   . . . . .
. . . . .
2f 2f 2f
x 1 x n
a x 2 x n
a . . x 2n
a
Rappel sur la dimension 1:
Si I est un intervalle de  et f une fonction de classe C 2 sur I .Soit x 0  I tel
que f  x 0   0. Alors nous avons les résultats suivants:
-Si f  x 0   0, alors f présente un minimum strict en x 0 .
-Si f  x 0   0, alors f présente un maximum strict en x 0 .
- Si f  x 0   0, on ne peut rien dire.

Théorème 16
Soit U un ouvert de  n et f : U   une fonction. de classe C 2 sur U et
x 0  U , un point critique de f. Alors :
i) Si la matrice H f x 0  est définie positive, alors f présente un minimum local
au point x 0 .
ii) Si la matrice H f x 0  est définie positive, alors f présente un maximum
local au point x 0
Théorème 17 ( Cas de la dimension 2)
Soit U un ouvert de  2 et f : U   une fonction. de classe C 2 sur U et
2f 2f
x 0 , y 0   U , un point critique de f. On pose r  x 2 x 0 , y 0 , t  y 2 x 0 , y 0  et
2f
s
x y
x 0 , y 0 . Alors nous avons les résultats suivants:
- Si rt  s 2  0 et r  0, f admet en x 0 , y 0  un minimum local .
- Si rt  s 2  0 et r  0, f admet en x 0 , y 0  un maximum local .
- Si rt  s 2  0 , f n’admet pas d’extremum local en x 0 , y 0  .
- Si rt  s 2  0 , on ne peut pas conclure directement.
Exemple:
Soit f :  2   définie par fx, y  x 2  y 2  xy
Etudier la nature des points critiques de cette fonction.

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