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Introduction

Etant devenue une économie ouverte sur le monde à la conquête de marchés internationaux,
l’économie marocaine a tout intérêt à s’aligner sur les standards internationaux en matière
d’intelligence économique.

Selon Abdelmalek Alaoui président de l’Association Marocaine d’Intelligence Economique


(AMIE) « Au Maroc l’intelligence économique est bien implantée dans les grands groupes mais
encore très peu utilisée par les PME » .

En effet, les plus grandes entreprises au Maroc ont toutes un département d’intelligence
économique qui relève de la direction générale .Cependant beaucoup de patrons de PME
estiment que cette pratique coûte cher et que ses résultats ne sont pas immédiats.
Comment peut-on caractériser l’IE au Maroc ? Quels sont les efforts de développement de l’IE
par les PME ? Relation Etat PME ?

Définition IE, Objectifs

Selon Martre IE=ensemble des actions coordonnées 1 de recherche, 2 de traitement et 3


de distribution de l’information utile aux acteurs économiques en vue de son
exploitation à des fins stratégiques et opérationnelles ».

 En d’autres termes, l’IE consiste à traiter l’information collectée lors d’une veille stratégique.
Il s’agit de surveiller son environnement via une collecte de données afin d’aider les décideurs à
déterminer les grandes lignes stratégiques de leur organisation.
 Contrairement à l’espionnage industriel qui consiste à poser des écoutes électroniques, faire du
chantage ou de la corruption, l’intelligence économique se pratique dans un cadre strictement
légal.

 Les intérêts pratiques de l’intelligence économique se résument dans l’avantage concurrentiel


qu’elle procure aux organisations, qu’elles soient de petite ou grande taille. On obtient
l’avantage concurrentiel en s’appropriant une ressource avant les concurrents.

 Les 3 grandes fonctions d’une IE sont :


- la fonction de renseignement,
- la fonction de gestion de risque informationnel
- fonction d’influence
 L’intelligence économique fait l’objet d’études et de recherches dans un ensemble de
disciplines (1 sciences de gestion, 2 sciences juridiques et politiques, 3 sciences de l’ingénieur,
l’informatique, sciences de l’information, 4 sciences économiques)

 L’intelligence économique interpelle 5 niveaux :


1- niveau international ( stratégie d’influence des Etats),
2- niveau transnational ( des groupes multinationaux),
3- niveau national ( stratégie concertée entre centres de décision),
4- niveau intermédiaire ( interprofessionnel, branches d’activité)
5- niveau de base ( entreprise)
IE au Maroc

Grandes entreprises

Selon Abdelmalek Alaoui, près de la moitié des 20 premières entreprises du Royaume sont dans
une démarche d’IE. La BMCE par exemple, a un département dédié à ce type de travaux : «
BMCE Capital Analyse et Recherche ».
Ainsi les filiales des groupes internationaux présentes sur le Maroc développent une approche
d’IE comme l’affirme Philippe Joyeux, directeur général de SGS Maroc :
« Le groupe, au niveau monde, utilise une société spécialisée qui scrute ce que font nos concurrents
et diffuse l’information dans les différentes régions».
Donc en ce qui concerne les multinationales au Maroc, la grande partie du travail d’IE se fait au
niveau du groupe, qu’en est-il alors des PME marocaine ?
PME Maroc

Actuellement les PME suscitent un engouement majeur dans plusieurs pays et au sein de la
communauté scientifique. Face à une concurrence de plus en plus féroce, le contrôle de
l’information stratégique et sa transformation en savoir et savoir-faire constituent à coup sûr un
mobil majeur pour l’entreprise et ce, quelle que soit sa taille.
Cependant les PME marocaine négligent encore l’importance de l’IE, dont les Eses exportatrices.
Ainsi l’analyse du SI de l’entreprise exportatrice marocaine fait ressortir trois traits
caractéristiques :
1- Vision à CT de la surveillance de son environnement
2- Absence de politique de collecte d’info
3- Faible effort de communication

1- Absence d’une veille stratégique des marchés extérieurs

 Bien que les responsables des PME marocaines croient en l’importance de l’information
pour une activité exportatrice, ils n’en ont pas une vision stratégique. Ils ont tendance à
se soucier sur leur situation commerciale sur les nouveaux marchés extérieurs plutôt que
sur les éventuels partenariats ou implantation à l’étranger.
 Les dirigeants des PME exportatrices marocaines ne fournissent pas d’effort pour
prospecter les marchés étrangers parce que :
- Ne sont pas convaincu que les marchés extérieurs sont différents
- Considèrent qu’ils ne sont pas aussi experts pour réussir la méthodologie de
recherche et analyse des données sur les marchés étrangers.
- Pensent la recherche d’informations sur les marchés internationaux est plus
coûteuse qu’elle ne rapporte.
- Pensent avoir capitalisé suffisamment d’expérience qu’ils arrivent à savoir et
anticiper les désirs des marchés

2 - Insuffisances d’informations scrutées sur les marchés extérieurs

 La majorité des entreprises marocaine souffrent du manque d’information :


1- Pour des raisons de confidentialité ou de coût élevé de l’info (peu d’entreprises
exportatrices marocaines se fient aux organismes nationaux ou internationaux spécialistes de la
veille stratégique)
2- Pour des raisons d’hostilité des dirigeants qui refusent d’échanger des informations
avec d’autres unités sans pour autant que celles-ci concurrencent le produit de leur activité.

 Les dirigeants des entreprises exportatrices marocaines préfèrent se renseigner lors des
foires et salons internationaux.
 Les dirigeants font rarement participer leurs collaborateurs dans leur requête de
l’information ;

3- Défaillance de la communication
La PME marocaine a peu de chances de toucher le public à l’étranger dans des proportions
significatives pour cause :
- Sa distribution via le intermédiaires crée un certain « écran » entre elle et le client.
- Elle ne fait connaître son produit ou son entreprise que lors des foires ou salons
internationaux.
- Absence de la PME marocaine sur les supports de communication : presse étrangère
spécialisée, audiovisuel, sponsoring…

Conclusion
Comment les PME peuvent prétendre atteindre un niveau satisfaisant en matière de la
qualité si elle ignore les standards et normes internationaux.
Les PME ne seront pas en mesure d’éviter les différents risques internationaux ni de choisir
un mode de présence approprié si elles ne se dotent pas d’un SI lui permettant de connaitre
les spécificités de l’urbanisme commercial des pays destinataires.
Ainsi, il paraît que l’information est le maillon fondamental du management international.
En ratant l’information, la PME exportatrice marocaine ne peut pas espérer résoudre le reste des
problématiques de l’international.

Niveau national de l’IE

En ce qui est du rôle de l’Etat dans l’IE, une vraie prise de conscience apparaît au niveau du
gouvernement marocain depuis les années 2000. Petit à petit, le Maroc met ainsi en place des
structures de force :

 Centre de veille stratégique (CVS) au sein de l’AMDI (Agence Marocaine de


Développement des Investissements)
 L’Institut Royal des Etudes Stratégiques (IRES) dont la mission est de mener des
études et des analyses stratégiques et d’assurer une fonction de veille, au niveau national
et international, sur des domaines jugés stratégiques pour le pays

Il existe aujourd’hui plus de 30 centres au Maroc qui font de la veille stratégique, mais au niveau
ministériel, il y a une carence de production stratégique dans bien des domaines.

 Plus qu’une démarche, l’intelligence économique doit devenir une posture quotidienne,
qu’il faut inculquer aux décideurs et aux employés.