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ÉDITORIAL

Pierre Gibert

Centre Sèvres | Recherches de Science Religieuse

2005/2 - Tome 93
pages 165 à 166

ISSN 0034-1258

Article disponible en ligne à l'adresse:


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http://www.cairn.info/revue-recherches-de-science-religieuse-2005-2-page-165.htm
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Gibert Pierre, « Éditorial »,
Recherches de Science Religieuse, 2005/2 Tome 93, p. 165-166.
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ÉDITORIAL

Le concile entre histoire et théologie


REVUE TRIMESTRIELLE
Recherches de Science Religieuse
14, rue d’Assas F-75006 Paris
I l y a un paradoxe de l’idée conciliaire, œcuméni-
que ou non, paradoxe qui tient à une étroite
connexion entre histoire et théologie.
Publiée avec le concours
du Centre national du Livre Du point de vue de la théologie et plus précisé-
ment de l’herméneutique de la foi chrétienne et de
Pierre Gibert,
rédacteur en Chef l’ecclésiologie, le concile appartient par essence et
Christoph Theobald, nature à la tradition même de l’Église ; de ce fait, il
adjoint
D. de Nanteuil, fait partie de ce qui la réalise pleinement dans sa
secrétaire de rédaction dynamique comme dans son principe fondateur.
CONSEIL DE REDACTION Du point de vue de l’histoire, le concile relève, et
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Jean-Marc Aveline, quelle qu’en soit la mesure, de l’exceptionnel. Ten-

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Paul Corset, due entre principe et réalité, absolu et relativité,
François Euvé,
Michel Fédou, l’institution conciliaire dit toujours une Ecclesia
Vincent Holzer, sancta et semper reformanda. Corrélative-
Jean Joncheray,
Bernard Sesboüé ment, même si en tant qu’institution essentielle et
structurante, le concile obéit à des conditions préci-
BULLETINS CRITIQUES
ses de convocation, à des lois et règles de participa-
Ecritures
tion et de fonctionnement, il relève aussi des aléas
Ph. Abadie (Prophètes et Ecrits)
J.-N. Aletti (Paul), de l’histoire, des limites géographiques, des contex-
O. Artus (Pentateuque), tes d’époque, de ces mille et un paramètres plus ou
P. Gibert (Livres historiques
et histoire de l’exégèse), moins contraignants qui le font d’incertitude au
J. Miler (Synoptiques-Actes), départ, de cheminement cahotant dans son cours,
M. Morgen (Jean),
A. Paul et K. Berthelot
et d’un certain imprévisible à son terme. Né le plus
(Judaïsme ancien) souvent sinon toujours d’une situation de crise, il
Histoire de la théologie et des idées court au final le risque de l’échec, de la demi-mesure
M. Dulaey (Patristique latine), et donc de la déception.
Ph. Lécrivain (Moyen Age),
P. Olivier (Philosophie Le dossier que nous présentons dans ce numéro
et Christianisme), tient compte de l’expérience et des apports de Vati-
B. Sesboüé (Patristique grecque),
P. Vallin (Ecclésiologie) can II, ne serait-ce que pour permettre de mesurer
Théologies systématiques d’abord la complexité de l’idée conciliaire comme de
N... (Théologie des religions), sa réalité. À quoi s’ajoutent certes les complexités de
A. Ganoczy (Th. sacramentaire), l’application des décisions prises, ce qui peut exiger
V. Holzer et J.-L. Souletie
(Théologie fondamentale), une durée plus ou moins importante, mais aussi les
G. Médevielle, Ph. Bordeyne et révélations, plus ou moins posthumes, de son his-
A. Thomasset (Théologie morale),
C. Theobald (Dieu-Christologie) toriographie dont la narrativité faite de témoigna-
ges inédits, secrets ou personnels, est souvent plus

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bavarde que les propos du moment. Or, à la clé, il ne s’agira pas moins que d’une
intelligence nouvelle du concile, au risque de nouveaux malentendus. Mais il en
fut sans doute toujours ainsi, quelle qu’ait été l’importance de l’événement.
Ce dossier est loin de n’être qu’un dossier historique soit sur le seul Vatican II de
mémoire encore proche, dont il se veut pourtant distancié, soit sur les représenta-
tions acquises dans les différentes figures conciliaires de l’Église depuis les sept
grands conciles du Ier millénaire. Il voudrait être davantage, en permettant de
sentir que l’institution conciliaire est une institution essentielle à l’Église. En raison
de cela, elle doit rester sur la ligne d’horizon de quiconque exerce quelque responsa-
bilité comme de quiconque garde le sens de l’Église, de sa mission, de sa cohésion, de
sa nature.
C’est pourquoi l’idée ou la perspective d’un concile évolue entre espérance et
crainte : espérance de renouveau dans la fidélité à l’institution ecclésiale ; crainte
des aléas historiques, c’est-à-dire de cette réalité simplement humaine des hommes et
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des femmes qui s’y engagent. Pourtant, il y a un authentique sens ecclésial à

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souhaiter un concile, à voir dans la réalisation d’un concile une chance pour la foi
et pour l’Église, à demander à un concile de sortir d’impasses, de caducités par
déculturation, de formulations tombées en désuétude et un peu trop vite jugées
intangibles ou essentielles alors qu’elles sont le plus souvent les conséquences de nos
paresses, de nos frilosités ou de nos peurs. Et la tradition spirituelle sait depuis des
siècles que la peur a toujours quelque chose de satanique.
L’ensemble de ce dossier, qui se veut d’abord historique et théologique, ouvre
cependant à l’avenir, c’est-à-dire à cette dynamique qui fait d’une institution
ecclésiale traditionnelle, aussi vénérable ou exceptionnelle soit-elle, une réalité à la
disposition de l’Église et de ses membres. Sans entrer dans l’inventaire, toujours
relatif ou subjectif, de ce qui pourrait motiver et justifier la convocation d’un
concile, il est théologiquement juste et sans doute historiquement urgent de souhaiter
que, sous une forme ou sous une autre, l’Église entre en concile autant par fidélité
à son Esprit, dans tous les sens de cette expression, que par nécessité.
Pierre GIBERT