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Concours Centrale-Supélec PC 2013 – Deuxième épreuve de physique.

I – Propriétés générales des diélectriques


I.A Le modèle de l’électron élastiquement lié
I.A.1) Force de rappel : description de l’interaction électromagnétique attractive entre le noyau et l’électron ;
Force de frottement : permet de décrire les pertes d’énergie de l’atome par rayonnement, quand il n’est pas
dans son niveau fondamental.

I.A.2) Pour une onde électromagnétique plane progressive et harmonique se propageant dans le vide, on sait que
B = E / c où c est la célérité de la lumière dans le vide. Ici, le milieu n’est pas tout à fait vide, mais on peut

supposer qu’on a toujours : B ≈ E / c .


Si on fait le rapport des normes de la composante magnétique de la force de Lorentz sur la composante électrique :
− ev ∧ B v.B v
≈ ≈ << 1 , ce qu’on peut supposer raisonnablement (en excluant les cas
− eE E c
extrêmes : lasers intenses, astres en folie …).

I.A.3)a) L’ordre de grandeur de la distance caractéristique des variations des champs de l’onde est la
longueur d’onde ; pour que E puisse être considéré comme uniforme à l’échelle de l’atome, il faut que la
longueur d’onde soit très grande devant la taille de l’atome.

I.A.3)b) On applique à l’électron le principe fondamental de la dynamique dans le référentiel lié au noyau
qui est supposé galiléen (et dans lequel O est fixe). Cet électron de masse me est soumis à la force de
rappel Fr = −k OM , à la force de frottement F f = −α v et à la force (d’excitation) électrique − e E (t ) , la
force magnétique est négligée. La deuxième loi de Newton s’écrit :
d 2 OM
me = − k OM − α v − e E (t ) (1)
dt2
dR
En posant R = OM , alors v = et (1) se réécrit :
dt
d2 R d2 R
me +α + k R = −e E 0 cos(ωt ) (2)
dt2 dt2
Cette équation différentielle en R(t ) étant linéaire et l’excitation harmonique, la réponse permanente va
être harmonique à la même pulsation.
( ) ( )
Comme E 0 cos(ωt ) = Re E 0 exp( jωt ) , on pose R(t ) = Re R(t ) , avec R(t ) = R 0 exp( jωt ) .
Avec cette notation complexe, (2) donne :
− e E 0 exp( jωt )
me ( jω )2 R + α ( jω )R + k R = −e E 0 exp( jωt ) ⇒ R(t ) = (3)
me ( jω )2 + jωα + k
qui est bien l’expression proposée.

I.A.3)c) Si l’atome comporte Z électrons de positions respectives OM i = R i , son moment dipolaire est :
Z
p= ∑ − e Ri
i =1
On suppose ici que l’atome comporte un seul électron, alors :
p(t ) = −e R(t ) (4)

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Le vecteur polarisation est la densité volumique de moment dipolaire.
Un élément de volume d τ contient d N = n * d τ atomes, donc dipôles, tous équivalents, il porte donc le
moment dipolaire total d p = n * d τ p , et le vecteur polarisation est :
dp
P= = n* p (5)

Rem : si l’atome contient Z électrons, supposés tous équivalents, il y a Z dipôles électroniques par atomes et le résultat
(5) est toujours valable (la densité particulaire atomique est alors n*/Z).

La relation (3) montre qu’il existe une relation linéaire en régime harmonique entre p (t ) et E (t ) :
e2
p(t ) = −e R(t ) = E (t )
me ( jω )2 + jωα + k
Donc
n * e2
P(t ) = n * p(t ) = E (t ) (6)
k − meω 2 + jωα
On définit la susceptibilité complexe du milieu par

P (t ) = ε 0 χ ( jω )E (t ) (7)
La comparaison entre (6) et (7) donne :

n * e2 / ε 0
χ ( jω ) = (8)
k − meω 2 + jωα
En comparant avec l’expression donnée par l’énoncé :

n * e2 / ε 0 n * e2 χ0
χ ( jω ) =
1
= = (9)
k − meω 2 + jωα ε 0k m jωα ω2 ω
1− e ω2 + 1− + jQ
k k ω 02 ω0
La comparaison terme à terme des deux expressions donne :

n * e2
• χ0 = (10)
ε 0k
k
• ω0 = (11) { ω 0 apparaît comme la pulsation propre de l’oscillateur harmonique}
me
αω 0 α
• Q= = (12) { Attention ! Tel qu’il est ici introduit, Q est l’inverse du facteur de
k kme
qualité de l’oscillateur …}
I.B Propagation d’une onde plane progressive harmonique dans un diélectrique
I.B1) La seule modification qui apparaît ici par rapport aux équations de Maxwell dans le vide concerne l’équation
∂E ∂E
de Maxwell–Ampère : rot B = µ 0ε 0 (dans le vide) devient ici rot B = µ 0 ε : ε remplace ε 0 . Il faut
∂t ∂t
noter que les équations données ne sont valables qu’en régime harmonique.
I.B2) On prend le rotationnel de l’équation de Maxwell–Faraday :

( )  ∂B 
()
2
rot rot E = −rot   = − ∂ rot B = − µ 0 ε ∂ E (13) par l’équation de Maxwell–Ampère.
 ∂t  ∂t ∂t 2
 

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( )
Avec le formulaire : rot rot E = grad div E − ∆ E = − ∆ E( ) (14) par l’équation de Maxwell–Gauss.
En égalant (13) et (14), on obtient l’équation de propagation du champ électrique :

∂2 E
µ0 ε = ∆E (15) … qui n’est valable qu’en régime harmonique.
∂t 2
∂E
I.B.3) Ici on a affaire à une OPPH : E = E 0 e j (ωt − k x ) , ainsi = jω E et ∆ E = (− j k )2 E = − k 2 E .
∂t
L’équation (15) donne :
ω2
µ 0 ε (− jω )2 E = − k 2 E ⇒ k 2 = µ 0 εω 2 = µ 0ε 0 (1 + χ )ω 2 = (1 + χ ) =k2 (16)
2
c
I.B.4) Dans un milieu optiquement transparent, on définit l’indice de réfraction n par la vitesse de phase :
ω c ω2
vϕ = = : la relation de dispersion s’y écrit donc : k 2 = n 2 . L’analogie avec (16) permet donc de
k n c2
définir un indice complexe n tel que : n = 1 + χ
2
(17)

I.B.5) Comme χ << 1 , on peut appliquer un développement limité (au premier ordre) à (17) pour en extraire n :
 χ
n2 = 1 + χ ⇒ n = ±1 +  = n'− jn' ' : on souhaite n' > 0 , on prend la solution + :
(d.l.1)  2
χ
n = 1+ = n'− jn' ' (18)
2
Par l’expression (9), on décompose χ en parties réelle et imaginaire :

χ=
χ0
=
(
χ 0 1 − ω 2 / ω 02 ) −j
χ 0 (Qω / ω 0 )
1− ω 2
/ ω 02 + jQω / ω 0 (
1 − ω 2 / ω 02
2
) + (Qω / ω 0 )2 (1 − ω 2 / ω02 )2 + (Qω / ω0 )2
 χ 2
χ0
1 − ω 2 / ω 02 ( )
n' = Re1 +  = 1 +
( )
(19)
2
1 − ω 2 / ω 02 + (Qω / ω 0 )2
 2 qui sont bien les
expressions
χ0
 χ (Qω / ω 0 ) proposées par
l’énoncé.
 
n' ' = − Im1 +  = 2
( )
(20)
2
1 − ω 2 / ω 02 + (Qω / ω 0 )2
 2

ω
I.B.6) Par la relation de dispersion (16), on obtient k = (n'− jn' ') = k '− jk ' ' (ou l’opposé ; mais ici k ' > 0 : on
c
cherche une onde progressive selon Ox) : le champ électrique de l’OPPH s’écrit alors :

E ( x, t ) = E 0 e j (ωt − k x ) = E 0 exp(− k ' ' x ) e j (ωt − k ' x )


ω ω c
• k ' = n' ⇒ vϕ = = dépend de la pulsation ω : le milieu est dispersif.
c k ' n'
• k ' ' > 0 : le milieu est absorbant.

n * e2 n * e2 2πc ε m χ
I.B7) Voir (10) et (11) : χ 0 = = ⇒ λ0 = = 2πc 0 e 0 = 160 nm
ε 0k ε 0 meω 02 ω0 n * e2
La longueur d’onde correspondant à la fréquence de résonance se trouve dans l’UV « C » assez lointain. C’est à
cette fréquence que l’absorption est maximale, mais elle doit commencer à être sensible dans le domaine des UV

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« A » (de 320 à 400 nm) qui provoquent le bronzage. Ce verre flint arrête encore plus efficacement les UV « B »
(de 280 à 320 nm) responsables des « coups de soleil ». Cela dit, le verre flint (couramment appelé « cristal ») est
rarement employé pour faire des vitres.

I.C La polarisation dans la vie courante.

I.C.1) La constante de l’électrostatique ε 0 du vide est remplacée par ε = 80ε 0 dans l’eau liquide. Une
conséquence en est que la force de Coulomb entre deux charges q et q ' séparées d’une distance d devient
qq '
f = u : elle est donc divisée par 80 par rapport au vide. La cohésion d’origine électrostatique du cristal
4πεd 2
ionique NaCl est très dégradée à sa surface en contact avec l’eau liquide, d’où sa dissolution progressive.
I.C.2) Là encore, si l’on place un diélectrique de permittivité ε entre les armatures, la capacité de ce condensateur
εS ε S
devient C ' = > C = 0 (en régime statique).
e e
Pour un condensateur à bas prix de 100 nF fréquemment utilisé en TP, le diélectrique le plus couramment utilisé est
le polyéthylène pour lequel ε = 2,3 ε 0 (ou le polypropylène, ou le PET : polyéthylène téréphtalate, de tension de
claquage plus élevée). Si l’on prend une épaisseur e du film diélectrique de l’ordre de 10 µm, la surface S doit être
de l’ordre de 500 cm2, comparable à celle d’une feuille A4. L’encombrement est réduit en enroulant le sandwich
isolant/armature1/isolant/armature2.
Les capacités de valeurs plus élevées sont « électrolytiques » : l’isolant est une très fine couche d’oxyde séparant
un métal d’un gel électrolytique : on joue ici sur e. Pour obtenir de plus un condensateur très compact, on utilise
comme métal le tantale dont l’oxyde Ta2O5 a une constante diélectrique très élevée ε ≈ 30 ε 0 .

{Les deux questions précédentes semblent hors-programme, stricto sensu}

II Un phénomène de dispersion

II.A Loi de Cauchy

2
(
1 − ω 2 / ω 02 )
χ0
Reprenons l’expression (19) : n = 1 + dans le cas où ω << ω 0 : on effectue un
(1 − ω 2 / ω02 )2 + (Qω / ω0 )2
développement limité au deuxième ordre en (ω / ω 0 ) << 1 :

1 − (ω / ω 0 )2
( ) ( )
2 2
χ0 χ0 χ0
ω  2χ0 χ0 2  λ0 
n = 1+ = 1+ + 1 − Q   = 1 + + 1− Q  
dl2 2 1 − 2(ω / ω 0 )2 + Q 2 (ω / ω 0 )2 dl2 2 2  ω0  2 2  λ 
2
χ λ  χ0
En pratique, le facteur de qualité 1 / Q >> 1 ⇒ Q << 1 , si bien que n(λ ) = 1 + + 0 0 .
dl2 2 2  λ 
χ0 χ 0 λ20
On a bien la forme demandée n(λ ) = a +
b
, avec a = 1 + et b =
λ2 2 2
Dans un milieu peu dense, a et b peuvent être exprimés en fonction de λ0 et χ 0 {qu’il fallait lire à la place de ω0
dans l’énoncé}

II.B L’arc-en-ciel : observation de l’arc primaire

{Rendons ici justice à René Descartes (1596-1650) : si sa paternité de la loi de la réfraction peut être contestée, il semble en
revanche avoir été le premier à expliquer l’origine de l’arc primaire (et du secondaire, d’ailleurs), dans sa Théorie de l’arc-en-
ciel publié en 1637 dans Les Météores in Le Discours de la Méthode}

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II.B.1) Voir la figure ci-contre : on retrouve
le même angle d’incidence r dans l’eau en J i
(le triangle OIJ étant isocèle), donc aussi en
K. La loi de Snell – Descartes indique alors I
que l’angle d’émergence en K est égal à i. dI
r
Pour qu’il y ait réflexion totale en J, il
r
faudrait que n sin r > 1 , ce qui n’est pas le O
r J
cas puisque la réfraction en I indique que
n sin r = sin i ≤ 1 . r D

II.B.2) Il y a trois déviations successives :


K
• la première de d I = i − r en I ; i
• la deuxième de π − 2r en J ;
• la troisième de nouveau égale à i − r en K.
La déviation totale est donc : D(i ) = π + 2i − 4r (21)
 sin i   sin i 
Avec n sin r = sin i ⇒ r = arcsin  et donc D(i ) = π + 2i − 4 arcsin   (22)
 n   n 

II.B.3) On dérive l’expression précédente par rapport à i :


dD cos i 1 cos i
= 2−4 = 2−4 (23)
di n 1 − (sin i / n )2 n 2 − (sin i )2
L’extremum de D sur [0, π / 2] vérifie
4 − n2
= 0 ⇒ 2 cos i = n 2 − (sin i )2 ⇒ 4cos 2 i = 4 − 4 sin 2 i = n 2 − sin 2 i ⇒ sin 2 i =
dD
(24)
di 3
Or n < 2 , cet extremum existe bien. La relation (23) donne
dD
(i = 0) = 2 − 4 < 0 et d D (i = π / 2) = 2 > 0 ,
di n di
 4 − n2 
donc, d’après (24) l’angle im = arcsin  correspond bien à un minimum de D .
 3 
 
 sin im   4 − n2   4 − n2 
Alors, Cf. (21) : Dm = D (im ) = π + 2im − 4 arcsin   = π + 2 arcsin   − 4 arcsin  
 n   3   2 
   3n 
II.B.4) A.N. Avec n = 1,333, on trouve im = 59,41° et
Dm = 137,9° = 180 − 42,08° .
Autour de Dm , la déviation est stationnaire, si bien que
pour de nombreuses incidences autour de im , la déviation
reste voisine de Dm . Une goutte de pluie concentre donc la
lumière solaire sur un cône d’angle au sommet Dm .
Inversement, l’observateur en E ne verra une goutte G
brillante que si l’angle entre EG et E-Soleil vaut Dm , voir
ci-contre la gravure de l’ouvrage original de Descartes.
Dm

d Dm 2 4 − n 2
II.B.5) = est positif, Dm est donc
dn n n2 −1
fonction croissante de n et donc décroissante de la longueur
d’onde d’après la loi de Cauchy : Dm (rouge) < Dm (violet) : le rouge est à l’extérieur de l’arc, le violet à
l’intérieur.

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II.B.6) a) Inversement, l’œil de l’observateur ne reçoit de la lumière solaire de façon conséquente uniquemet des
gouttes d’eau qui se trouvent sur le cône dont l’œil est le sommet, l’axe la direction des rayons solaires incidents et
l’angle au sommet π − Dm ≈ 42° : comme les rayons du Soleil proviennent d’au-dessus de l’horizon, et que les
gouttes de pluie sont au-dessus du sol, on ne peut obtenir au mieux qu’un arc en demi-cercle, voir de nouveau la
gravure plus haut.
II.B.6) b) Il faut donc des gouttes de pluie éclairées par le Soleil. Il ne faut pas que le Soleil soit trop haut sur
l’horizon, sinon les quelques gouttes de pluie qui peuvent réfracter la lumière solaire vers l’œil sont en-dessous de
l’œil (et de l’horizon), ce qui rend le phénomène indétectable en pratique ; l’arc n’est lumineux qu’au-dessus de
l’horizon (la lumière peut provenir d’un très grand nombre de gouttes), la hauteur du Soleil au-dessus de l’horizon
doit donc être inférieure à 42°. L’observation des arcs-en-ciel se produit donc plutôt le soir ou le matin.

II.B.6) c) Dm est un minimum de déviation : il ne peut donc avoir de D < Dm : interdit


lumière réfractée qui semble provenir de l’extérieur de l’arc. En
revanche, il peut y en avoir à l’intérieur de l’arc : elle a été simplement
réfractée avec un angle supérieur à Dm . Le ciel parait donc plus
lumière solaire incidente
lumineux à l’intérieur de l’arc qu’à l’extérieur. Dm

II.C Formation des arcs surnuméraires

II.C.1) On cherche la différence de marche « à l’infini » entre les


rayons (1) et (2). e
On lit sur la figure une différence de marche géométrique
δ géom = [IJK ] − [IH ] (25) im I
rm
• [IJK ] = 2[IJ ] = 2n.IJ , avec IJ =
e H im rm
cos rm (1) J
• Le trajet IH a lieu dans l’air, dont on peut supposer l’indice égal
à 1 : [IH ] = IH = IK sin im , où, dans le triangle isocèle IJK de
hauteur e, IK = 2e tan rm , et ainsi [IH ] = 2e tan rm sin im . im K
Donc la différence de marche géométrique (2)
δ géom = [IJK ] − [IH ] =
2ne sin rm
− 2e sin im
cos rm cos rm

Avec la loi de la réfraction en I : sin im = n sin rm et donc δ géom =


2ne
cos rm
( )
1 − sin 2 rm = 2ne cos rm (26)

Pour le calcul du déphasage entre (1) et (2), il faut tenir compte de la différence de nature des réflexions, de (1) en I
sur un milieu plus réfringent, qui s’accompagne d’un déphasage de π , et de (2) en J, sur un milieu moins
réfringent, donc sans déphasage.

Le déphasage « à l’infini » entre (2) et (1) est donc finalement ∆ϕ = δ géom + π (27) , ce qui revient à une
λ
2π 2π λ
différence de marche équivalente δ telle que ∆ϕ = δ= δ géom + π ⇒ δ = δ géom + .
λ λ 2
λ
Avec (26) on retrouve donc bien : δ = 2ne cos rm + (28), qui est l’expression proposée.
2
∆ϕ δ 2e 1
II.C.2) L’ordre d’interférence p = = = n cos rm + (29)
2π λ λ 2
Or : n 2 cos 2 rm = n 2 − n 2 sin 2 rm = n 2 − sin 2 im avec la loi de la réfraction.

4 − n2 n2 −1 n2 −1
Avec (24) : n 2 cos 2 rm = n 2 − =4 ⇒ n cos rm = 2
3 3 3

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4e n2 −1 1
L’expression (29) donne donc bien : p = + (30)
λ 3 2
II.C.3) p780 = 3,10 et p 400 = 5,56 ; dans l’intervalle [ p 780 , p 400 ] n’existent donc que deux valeurs entières de
p permettant d’obtenir des interférences constructives, soit p = 4 ou p = 5.

II.C.4) Pour p = 4, on trouve λ p =4 = 580 nm (jaune) et pour p = 5, on trouve λ p =5 = 450 nm (bleu)


Commentaire : voilà, voilà. Disons simplement que ces couleurs sont extrêmement sensibles à la taille des gouttes,
et que, plus les gouttes sont grosses (et donc plus e est grand), plus p780 et p 400 sont éloignés, et donc plus il y a
d’arcs surnuméraires.

II.C.5) La diffraction intervient.

III Deux applications surprenantes de la réflexion totale

III.A Le phénomène de réflexion totale frustrée

∂B
III.A.1) L’équation de Maxwell-Faraday rot E = − appliquée à cette onde plane progressive et harmonique
∂t
n
donne − j k i ∧ E i = − jω B i ⇒ B i = ui ∧ Ei (31) où u i = sin i u x + cos i u z
c
[( )]
Avec E i = E 0i exp j ωt − k i .r u y , (31) donne : B i =
nE 0i
c
[( )](
exp j ωt − k i .r − cos i u x + sin i u z ) (32)


III.A.2) Le vecteur d’onde réfléchi est k r =
u r , et les lois de la réflexion donne u r = sin i u x − cos i u z
c
Le champ électrique de l’onde réfléchi qu’on suppose raisonnablement toujours suivant u y s’écrit donc
[( )]
E r = E 0r exp j ωt − k r .r u y (33) et la même démarche qu’à la question précédente donne :

Br =
n E 0r
c
[( )](
exp j ωt − k r .r cos i u x + sin i u z )(34)

III.A.3) De façon générale, les composante tangentielles du champ électrique sont continues, de même que les
composantes normales du champ magnétique. Mais comme ici l’interface est supposée porter ni charges ni
courants, toutes les composantes de tous les champs sont continues de part et d’autre de l’interface.

ω
III.A.4) Pour un point de l’interface, z = 0 si bien que k i .r = k r .r = n x sin i = nk 0 x sin i
c
En supposant que les champs soient nuls dans l’air :
• la continuité de la composante tangentielle du champ électrique impose donc que le champ électrique dans le
diélectrique au niveau de l’interface doit être nul. Les expressions (31) et (33) imposent donc :
(E0i + E 0r )exp[ j (ωt − nk 0 x sin i )] = 0 ⇒ E0i + E 0r = 0 (35)

• la continuité complète du champ magnétique impose donc que le champ magnétique dans le diélectrique au
niveau de l’interface doit être nul. Les expressions (32) et (34) imposent donc :
selon u z :
n
(E0i + E 0r )sin i exp[ j (ωt − nk 0 x sin i )] = 0 ⇒ E0i + E 0r = 0 (Cf. (35))
c
selon u x : (E 0r − E 0i )cos i exp[ j (ωt − nk 0 x sin i )] = 0 ⇒ E 0r − E 0i = 0
n
(36)
c
mais (35) et (36) sont incompatibles avec un champ incident non nul, les relations de passage ne peuvent être
satisfaites.

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III.A.5) La relation de passage du champ électrique (tangent au dioptre) s’écrit, pour tout point S de l’interface :
E diél (S , t ) = E i (S , t ) + E r (S , t ) = E air (S , t ) = E t (S , t )
La relation (35) est donc modifiée en :
(E0i + E 0r )exp[ j(ωt − nk 0 x sin i )] = E 0t g (0)exp[ j(ωt − kt x )] (37), vérifiée pour tout x, et donc :
ω
kt = n sin i = nk 0 sin i (38)
c
et donc (37) impose : E 0i + E 0r = E 0t g (0 ) = E 0t (39)
1 ∂2 Et
III.A.6) a) Le champ électrique dans l’air doit obéir à l’équation de propagation : ∆ E t =
c 2 ∂t 2
Avec l’expression proposée de E t = E t ( x, z , t )u y :

∆ E t .u y =
∂2 Et
∂x 2
+
∂2 Et
∂z 2
[ ]
= − (nk 0 sin i )2 g ( z ) + g " ( z ) E 0t exp[ j (ωt − nk 0 x sin i )] (40)

1 ∂2 Et ω2
.u y = − E 0t g ( z ) exp[ j (ωt − nk 0 x sin i )] (41)
c 2 ∂t 2 c2
L’égalité imposée par l’équation de propagation entre (40) et (41) conduit à :


ω2
c 2
[ ] ( )
E 0t g (z ) = g" ( z ) − (nk 0 sin i )2 g (z ) E 0t ⇒ g" ( z ) + k 02 1 − n 2 sin 2 i g ( z ) = 0 (42)

On cherche les solutions de l’équation différentielle (42) sous la forme Aexp(Kz ) , l’équation caractéristique

( )
associée à (42) est K 2 = k 02 n 2 sin 2 i − 1 > 0 qui a deux racines réelles K1 = k 0 n 2 sin 2 i − 1 > 0 et − K1 .
Donc g ( z ) = A exp(K1 z ) + B exp(− K1 z )
Mais l’air occupant le demi-espace z >0, le terme A exp(K1 z ) diverge et donc A = 0 ; la condition g ( z = 0 ) = 1
conduit à B = 1, et donc :
λ0
g ( z ) = exp(− K1 z ) = exp(− z / δ ) , avec : δ =
1
= (43)
K1 2π n 2 sin 2 i − 1

III.A.6) b) δ peut être considérée comme la profondeur de pénétration de l’onde transmise dans l’air.

III.A.6) c) L’onde transmise est évanescente selon la direction Oz (mais toujours progressive selon Ox).

III.A.6) d) i = 45 °, n = 1,5 et λ0 = 700 nm donnent δ = 320 nm

III.A.7) On dispose déjà de l’équation (39) provenant de la continuité de E : E 0i + E 0r = E 0t (39)


Une autre équation est nécessaire, qui sera fournie par la continuité de B : il faut calculer B t
∂Bt
On utilise l’équation de Maxwell-Faraday : rot E t = − = − jω B t (on est en régime harmonique), et donc,
∂t
avec E t = E 0t exp(− K1 z ) exp[ j (ωt − k t x )]u y :
 ∂ 
 
 ∂x   0   K1 
 ∂  ∧  E exp(− K z ) exp[ j (ωt − k x )] =  0  E exp(− K z ) exp[ j (ωt − k x )] = − jω B
 ∂y   0t 1 t    0t 1 t t
   
 ∂   0   − jk t 
 
 ∂z 
 K 
Soit B t = E 0t exp(− K1 z ) exp[ j (ωt − k t x )] j 1 u x + t u z 
k
(44)
 ω ω 

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La continuité du champ magnétique selon u x au niveau de l’interface (en z = 0) donne, avec (36) :
n
(E 0r − E0i )cos i exp[ j (ωt − kt x )] = j K1 E 0t exp[ j (ωt − k t x )] (45)
c ω
ω 2π δ
cos i (E 0i − E 0 r ) = − j E 0t (46)
1
Avec = et = δ , (45) donne : 2πn
c λ0 K1 λ0
δ
Par (39) : 2πn cos i (E 0i − E 0r ) = − j (E 0i + E 0r ) ⇒
λ0
δ δ
2πn cos i + j 4πn cos i
λ0 λ0
E 0r = E 0i (47) et E 0i + E 0r = E 0t = E 0i (48), Cf. énoncé.
δ δ
2πn cos i − j 2πn cos i − j
λ0 λ0
δ n cos i
Avec (43) d’ailleurs, 2πn cos i se « simplifie » en (49)
λ0 2 2
n sin i − 1
n cos i
+ j
E 2
n sin i − 1 2 n cos i + j n 2 sin 2 i − 1
III.A.8) Avec (49) r = 0r = = (50)
E 0i n cos i 2 2
−j n cos i − j n sin i − 1
2 2
n sin i − 1
E 0r a
On constate que r = = où a = n cos i + j n 2 sin 2 i − 1 et a* = n cos i − j n 2 sin 2 i − 1 son
E 0i a*
 n 2 sin 2 i − 1 
conjugué. Donc r = 1 et ϕ = arg(r ) = 2 arg(a ) = 2 arctan  (51)
 n cos i 
 
III.B Une première application : le capteur d’empreintes digitales
III.B.1) a) Le deuxième prisme rajouté apparemment parallèlement au premier permet en quelque sorte de capter
l’onde évanescente dans l’air que l’on peut imaginer rentrer volontiers dans le verre de ce second prisme …
La réflexion totale est frustrée car elle n’est plus totale : les questions précédentes ne peuvent plus décrire ce qui se
passe ici : leur résolution était basée sur des conditions aux limites utilisées par l’équation différentielle (42) que la
présence du second prisme modifie totalement.
III.B.1) b) Pour que l’onde transmise soit notable, il faut que l’épaisseur de la couche d’air entre les deux prismes
λ0
ne soit pas très supérieure à la profondeur de pénétration δ = : les grandes longueurs d’onde
2π n 2 sin 2 i − 1
favorisent donc cet effet.
III.B.1) c) Pour réaliser
une onde stationnaire il
suffit de superposer deux
ondes harmoniques, de
même longueur d’onde et
de même amplitude, mais évan
de directions de
propagation opposées.
réf
Regardons une onde air
évanescente
unique obtenue à partir verre inc
d’un seul prisme, et
Deux ondes évanescentes se
remarquons que deux Une onde évanescente propageant en sens inverse Réalisation pratique
prismes éclairés en

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opposition permettent d’obtenir une onde évanescente stationnaire.
III.B.2) Il y a réflexion totale du faisceau laser sur les stries en creux de la pulpe du doigt remplies d’air (elles
apparaissent donc brillantes), et réflexion très partielle seulement sur les stries en bosse, en contact direct avec le
verre donc, dont l’indice optique doit être voisin de celui de l’eau (soit 1,33) et pour lequel donc un angle
d’incidence de 45° dans le verre ne conduit pas à la réflexion totale : elles apparaissent donc sombres.

III.C Un deuxième effet : le déplacement de Goos-Hänchen


1  E t ∧ B t * 
III.C.1) On peut calculer le vecteur de Poynting moyen < R t > dans l’air par < R t >= Re ou
2  µ0 

plus classiquement en passant par les valeurs réelles. Ici, par paresse, on utilisera la première méthode …
 
E t = E 0t exp(− K1 z ) exp[ j (ωt − k t x )]u y ; B t * = E 0t * exp(− K1 z ) exp[− j (ωt − k t x )] − j 1 u x + t u z 
K k
 ω ω 
2 k K 
E t ∧ B t * = E 0t exp(−2 K1 z ) t u x + j 1 u z 
ω ω 
1  E ∧ B t *  n sin i z
D’où < R t >= Re t
2
= E 0t exp(−2 )u x (52)
2  µ0  2µ 0 c
 δ

2 2 4n 2 cos 2 i
On peut s’amuser à expliciter E 0t par (48) et (49), on trouve E 0t = E02i
2
n −1
3 2
2n sin i cos i z
Ainsi, pour répondre à la question, < R t > =
(
µ 0c n 2 − 1 ) E02i exp(−2 )u x .
δ
L’essentiel est que le vecteur de Poynting moyen de l’onde évanescente < R t > est non nul, cette onde transporte
donc de l’énergie qui circule juste au-dessus de la surface, selon u x , intersection entre le dioptre et le plan
d’incidence.

III.C.2) Sur le dioptre, z = 0, si bien que E i ( x, t ) = ∫ max A(i ) exp[ j (ωt − nk 0 x sin i )]d i u y
i
(53)
i min
∆i ∆i
Changement de variable : on pose i = i0 + ε , ε variant de − à +
2 2
Ainsi sin i = sin (i0 + ε ) = sin i0 + ε cos i0 par développement de Taylor limité au premier ordre.
De cette façon, (53) se réécrit :
∆i / 2
E i ( x, t ) = exp[ j (ωt − nk 0 x sin i0 )]∫ A(i0 + ε ) exp(− jnk 0 cos i0 xε ) d ε u y (54), Cf. énoncé.
ε = − ∆i / 2

III.C.3)a) A la composante correspondant à l’incidence i0 + ε (à dε près), soit


d E i ( x, t ) = exp[ j (ωt − nk 0 x sin i0 )]A(i0 + ε ) exp(− jnk 0 cos i0 xε ) d ε u y
correspond le champ électrique de l’onde réfléchie sur le dioptre , toujours en z = 0, Cf. (33), (47) et (51) :
d E r ( x, t ) = exp[ j (ωt − nk 0 x sin i0 )]A(i0 + ε ) exp[ jϕ (i0 + ε )]exp(− jnk 0 cos i0 xε ) d ε u y

On reprend un développement de Taylor au premier ordre … à l’intérieur de l’exponentielle :


exp[ jϕ (i0 + ε )] = exp[ j (ϕ (i0 ) + ϕ ' (i0 )ε )] = exp[ jϕ (i0 )]. exp[ jϕ ' (i0 )ε ]
On reprend :
d E r ( x, t ) = exp[ j (ωt − nk 0 x sin i0 )]exp[ jϕ (i0 )]. A(i0 + ε ) exp[ jϕ ' (i0 )ε ]exp(− jnk 0 cos i0 xε ) d ε u y
Il est intéressant de regrouper les deux dernières exponentielles complexes ; on peut écrire
exp[ jϕ ' (i0 )ε ]exp(− jnk 0 cos i0 xε ) = exp[− jnk 0 cos i0 ( x − x0 )ε ] si on pose

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ϕ ' (i0 ) λ0 ϕ ' (i0 )
ϕ ' (i0 ) = nk 0 cos i0 x0 ⇒ x0 = = (55)
nk 0 cos i0 2nπ cos i0
Il suffit alors d’intégrer sur ε pour obtenir l’expression de l’énoncé, soit l’expression (56) :
∆i / 2
E r ( x, z = 0, t ) = exp[ j (ωt − nk 0 x sin i0 )]exp[ jϕ (i0 )].∫ A(i0 + ε ) exp(− jnk 0 cos i0 ( x − x0 )ε ) d ε u y
ε = − ∆i / 2

λ0 ϕ ' (i0 )
III.C.3) b) On a vu, Cf. (54) : x0 = (57)
2nπ cos i0
III.C.3) c) Le changement du terme de propagation exp(− jnk 0 cos i0 xε ) de l’expression (54) en
exp(− jnk 0 cos i0 ( x − x0 )ε ) correspond à un décalage de + x0 selon u x de l’onde réfléchie par rapport à
l’incidente.

n cos i + j n 2 sin 2 i − 1
III.C.3) d) Reprenons (50) : r (i ) =
a
= , où a = n cos i + j n 2 sin 2 i − 1
n cos i − j n 2 sin 2 i − 1 a*
Posons α (i ) = arg(a ) : ϕ (i ) = 2 arg(a ) = 2α (i ) , Cf. (51).

2 n cos i n 2 sin 2 i − 1
Or a = n 2 cos 2 i + n 2 sin 2 i − 1 = n 2 − 1 , ainsi cos α = (58) et sin α = (59)
2 2
n −1 n −1
dα n sin i dα n sin i
On dérive (58) par rapport à i : − sin α =− et, avec (59) : =
di n2 −1 di n 2 sin 2 i − 1
dα 2n sin i0 λ ϕ ' (i0 ) λ0 tan i0
Alors ϕ ' (i0 ) = 2 (i0 ) = , et avec (57) : x0 = 0 =
di n 2 sin 2 i0 − 1 2nπ cos i0 π n 2 sin 2 i − 1
0
On retrouve l’expression proposée.

III.C.3) e) A.N. : i = 45 °, n = 1,5 et λ0 = 700 nm donnent x0 = 630 nm, du même ordre que λ0 et δ .

Solution proposée par Alain Monange alain.monange@wanadoo.fr Lycée Paul Cézanne, Aix-en-Provence

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