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Les modes de financement

Sommaire

 Financement interne - financement externe


 Financement de marché et financement intermédié

Les dépenses de consommation finale (des ménages et des administrations) et de


consommations intermédiaires (entrepreneurs individuels, sociétés financières et non
financières, administrations) sont payées immédiatement en monnaie ou plus tard si l’acheteur
obtient un crédit.
Les dépenses d’acquisition des équipements destinés à participer au processus de production
durablement, la FBCF (formation brute de capital fixe), souvent appelées dépenses
d’investissement, font elles aussi l’objet d’un paiement immédiat ou programmé si l’acheteur
obtient un crédit.
Chaque année une partie de la FBCF est destinée à remplacer des équipements usés ou
obsolètes, et le reste des dépenses d’investissement est une formation nette de capital fixe
FNCF. Ce sont ces dépenses qui constituent l’accumulation du capital. En l’absence de
formation nette de capital, l’appareil productif se reproduit à l’identique : il n’y a pas de
croissance économique générée sans accumulation du capital, toutes choses égales par
ailleurs.
L’étude du financement de l’activité économique retient pleinement cette distinction
puisqu’elle est centrée sur la comparaison de l’épargne et de l’investissement. Il faut
cependant garder à l’esprit le sens général de "financement" : financer une dépense c’est
trouver les moyens de paiements propres à régler cette dépense.
Ainsi tous les agents peuvent disposer d’une épargne (le revenu disponible non consommé)
qu’ils peuvent utiliser pour financer l’achat de biens d’équipement c’est-à-dire faire de la
FBCF.
Si la dépense de FBCF est supérieure à l’épargne de l’agent il se trouve en situation de
besoin de financement.
Si la dépense de FBCF est inférieure à l’épargne de l’agent il se trouve en situation de
capacité de financement.
Pour une application aux ménages en 2012 voir cet article

En vendant ses produits, l’entreprise perçoit des recettes qui lui permettent de financer son
activité. Elle peut ainsi payer ses fournisseurs, les salariés, les impôts et les cotisations
sociales, les frais de gestion et les frais financiers (intérêts). Le profit est la différence entre la
valeur totale des ventes (et des autres recettes éventuelles) et celle des dépenses engagées
pour produire.
Après déduction de l’impôt sur les bénéfices, le profit net peut-être utilisé de trois manières
différentes :
il peut servir à financer des investissements, on parle alors d’autofinancement
il peut être distribué aux propriétaires de l’entreprise (actionnaires)
il peut être mis en réserve (par précaution ou en prévision d’une dépense à venir).
L’autofinancement constitue donc une source interne de financement par opposition au
financement externe désignant l’intervention des banques (crédit bancaire), ou l’émission de
titres (des actions ou des obligations par exemple) sur les marchés financiers.
Quand le financement externe est assuré par les institutions financières on parle de
financement indirect ou de financement intermédié. Pour les grandes entreprises le
financement externe est assurée par les marchés de capitaux. On parle de financement direct
ou de financement de marché.

Les modalités du financement d’une économie peuvent être regroupées logiquement


en distinguant :
- le financement interne = autofinancement
le financement externe = recours à des apports de capitaux extérieurs
le financement intermédié = recours au crédit bancaire
le financement de marché = émission de titres financiers

Financement interne - financement externe

Pour le financement externe les solutions sont nombreuses :


Financement externe direct = marchés financiers = émissions de titres financiers
négociables (ceux qui les achètent peuvent les vendre à tout moment et leur prix est fixé sur
les marchés financiers en fonction de l’offre et de la demande de ces titres)

 émissions d’actions (augmentation du capital de l’entreprise)


 émissions d’obligations (emprunt à moyen et long terme)
 -* émissions de titres à court terme : billets de trésorerie pour une société non
financière ou de certificats de dépôts pour une société financière.
Financement externe indirect = intermédiation = des institutions financières
accordent des crédits
 financement indirect monétaire : les banques en créant de la monnaie accordent des
crédits aux emprunteurs
 financement indirect non monétaire : des institutions monétaires (dont les banques)
accordent des crédits à partir des dépôts qu’elles ont préalablement recueillis.
Le choix du mode de financement pour les entreprises relève d’un arbitrage entre l’utilisation
des ressources propres (utiliser l’épargne pour l’autofinancement ou augmenter le capital en
émettant des actions) et l’endettement (bancaire ou sur les marchés en émettant des titres de
dette).

Le financement par augmentation de capital est de nature très différente du financement par
endettement bancaire ou par émission d’obligations ou d’autres titres d’endettement (billets de
trésorerie...) et il présente un avantage important : il est pratiquement "gratuit" (il ne coûte que
les frais engagés lors de l’émission des nouvelles actions).
Mais cette solution suppose que la société se trouve en assez bonne santé pour pouvoir séduire
des apporteurs de capital. L’inconvénient majeur de l’augmentation de capital c’est la dilution
de la propriété entre un plus grand nombre d’actionnaires. C’est pour cela que les
augmentations de capital sont généralement assorties d’un conseil aux actionnaires déjà
présents d’acheter eux aussi des titres en proportion de leurs avoirs précédents. C’est aussi
pour cela qu’il existe depuis 1983 des "certificats d’investissement" qui sont en fait des
actions sans droit de vote.

Le financement par endettement a un coût puisque la dette est assortie d’un taux d’intérêt.
Ainsi l’arbitrage entre financement sur fonds propres (autofinancement ou augmentation de
capital) et financement par endettement dépend du niveau du taux d’intérêt et de celui de
l’endettement déjà réalisé, mais il y a d’autres considérations qui viennent affecter cette
décision (taux d’inflation, anticipation du climat des affaires, rentabilité économique). Ces
déterminants sont étudiés en utilisant deux concepts importants qui méritent d’être
développés : l’effet de levier d’endettementet la profitabilité.

Financement de marché et financement intermédié

Les économistes distinguent ces deux types de système de financement en parlant d’économie
d’endettement et économie de marché financier.
Économie d’endettement lorsque le financement repose principalement sur des crédits
accordés par des institutions financières, il s’agit donc d’un financement intermédié.
Économie de marchés financiers lorsque le financement repose de plus en plus sur des
émissions de titres financiers, sur un financement direct.
La France était une économie d’endettement jusqu’au début des années 1980, elle est devenue
une économie de marchés financiers en partie car la transformation est loin d’être achevée.
Pour de nombreux agents le financement est encore intermédié.

Pour porter un jugement sur l’étendue de la désintermédiation, le recul de l’économie


d’endettement, les économistes mesurent le taux d’intermédiation qui est le rapport des
financements accordés par les intermédiaires financiers au total des financements obtenus par
les agents non financiers (financements intermédiés et financements de marché) [1]. Le
jugement est relativement nuancé car s’il est évident que les grandes entreprises recourent de
plus en plus aux émissions de titres (actions et obligations) et réduisent leurs dettes bancaires,
en revanche pour l’ensemble des agents non financiers, le taux reste élevé : alors qu’au début
des années 1990 il était voisin de 75 %, il reste supérieur à 50% en 2012. Il faut cependant
interpréter ce résultat avec prudence car l’augmentation importante de la dette publique,
largement financée par l’émission d’obligations et de titres à moyen terme réduit le taux
d’intermédiation. Pour les entreprises, le niveau très bas des taux d’intérêt réels est en
revanche une incitation à l’endettement par le crédit bancaire.

[1] Le taux d’intermédiation mesure la part prise par les institutions financières résidentes –
IF – (banque centrale, établissements de crédit et assimilés, organismes de titrisation,
OPCVM, sociétés d’assurance et autres intermédiaires financiers, à l’exclusion des auxiliaires
financiers) dans les encours de
financement dont bénéficient les agents non financiers résidents – ANF1
Le taux d’intermédiation au sens strict correspond à la part des seuls crédits octroyés par ces
IF dans le total des financements des ANF.
Le taux d’intermédiation au sens large prend en compte, outre ces crédits, les titres émis par
les ANF et détenus par les IF.

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