Vous êtes sur la page 1sur 8

A - DÉFORMATIONS ET CONTRAINTES

TP N°1

1 - DÉFORMATION PRINCIPALE ET
CONTRAINTE PRINCIPALE :

1.1 – Introduction :

Le but de cette expérience est de mesurer les déformations suivant trois directions au voisinage
d’un point d’une poutre sollicitée en flexion simple, d’en calculer les contraintes, et de les comparer
avec les formules théoriques des poutres.

Théoriquement, on pourrait mesurer l’état de déformation par trois jauges réparties suivant trois
directions quelconques, mais les calculs seraient plus complexes. On préfère donc positionner les trois
jauges selon des angles sous-multiples de . On fabrique sous le nom de rosettes des ensembles de
trois jauges montées sur le même support, et positionnées à la fabrication suivant des angles précis.
Les rosettes à 60° sont dites rosettes « delta », alors que celles à 45° sont dites rosettes
« rectangulaires ».

1.2 - Etude théorique :

1.2.1 - Calcul de d, tan 2 et r :

1.2.2 - Poutre sollicitée en flexion simple :


1 ) Etude statique:

P Y

A G X h X

B
YA
x

L b

On trouve :  Y A = +P  M A = L.P

2 ) Variation du moment fléchissant:

N=0
T = -YA = -P
Mf + MA - YA .x = 0  Mf = YA .x - MA
 M f = P. (x - L)

3 ) Variation de la contrainte normale longitudinale:

L = Mf . y / IGZ or IGZ = b  h3 / 12 et
y= h/2
h
P  x  L 
Donc : L  2  6  P x  L 
bh 3 bh 2
12

4 ) diagramme  L (x)=g(x) :
 L (x)

X
0 L
1.3 - Etude expérimentale :

1.3.1 - Mesures expérimentales :

Après avoir placé une charge d’intensité P= 1200 g à l’aide du crochet de chargement,
on effectue trois fois le relevé des trois déformations a, b, c.

On obtient :

a b c
Mesure 1 825.10-6 -110.10-6 110.10-6
Mesure 2 828.10-6 -108.10-6 105.10-6
Mesure 3 826.10-6 -108.10-6 108.10-6
 moyen 826,3.10 -6 -109,6.10 -6 107,6.10 -6

1.3.2 - Dépouillement des mesures :

a ) Déformations principales et directions principales : [annexe 1]

D’après le cercle de Mohr tracé sur papier millimétré, on obtient les résultats suivants :

  1 = 840 µm/m
  2 = - 290 µm/m
 tan 2 = - 0,229   = - 6,46°

b ) Par le calcul :

3  b  c  3    108,6  107,6 


 calcul de  : tan 2    0,2264
2   a   b   c 2  826,3  108,6  107,6
  = - 6,38°  Cos 2 = 0,97

 a   b   c (826,3  108,6  107,6)  10 6


 calcul de d : d  
3 3

 d = 275,1.10 -6 µm/m

a  d (826,3  275,1)  10 6
 calcul de r : r  
cos 2 0,97
 r = 568,25 µm/m

 calcul de 1 et 2 : 1 = d + r   1 = 843,35 µm/m


2 = d - r   2 = -293,15 µm/m

c ) Contraintes :

A partir des relations contraintes/déformations et des résultats précédents, on va


déterminer les contraintes principales agissant selon les directions principales.

 Coefficient de Poisson :

Ce coefficient est égal au rapport de la déformation latérale sur la déformation longitudinale (en
valeur absolue). Il exprime la contrainte latérale.

2  293,15
     = 0,348
1 843,35

 Contraintes principales :

E
1  ( 1   2 )   1 = 59,9 N/mm²
1  ²

E
2  ( 2   1 )   2  0 N/mm²
1  ²

 Contrainte longitudinale théorique :

6 P( x  L)
L  et avec x = 72 mm L = 272 mm b = 25 mm
bh ²
P = 1,2x9,81 = 11,8N h = 3 mm
On obtient :  L = - 62,8 N/mm²
1.4 – Conclusion :

P = 11,8 N a = 826,3 µm/m b = - 109,6 µm/m c = 107,6 µm/m


Dépouillement de la Méthode graphique de Mohr et
rosette Delta loi de Hooke d’un problème plan
1 = 843,35 µm/m 1 = 840 µm/m
2 = - 293,15 µm/m 2 = -290µm/m
1 = 59,9 N/mm² 1 =
2 = 0 N/mm² 2 =
 = - 6,38°  = - 6,46°
 = 0,348  = (290/840) = 0,345

D’après ces résultats nous pouvons dire que les jauge sont des capteurs qui permettent une
bonne étude des déformation et des contraintes. Le cercle de Mohr et une méthode assez précise qui
requière peut de calcule.

L’étude théorique en cours, nous avez familiarisé avec ces problèmes de contraintes en flexion
simple. Les variations sont ici assez importantes et visible à l’oeil nu. Ce TP nous permet de nous
rendre compte de la réalité de ces phénomènes et non pas seulement de leur existence théorique.
2 - CONCENTRATION DE CONTRAINTES :

Objectifs de l’essai :
 Démontrer l'existence de concentration de contrainte et de déformations au voisinage de la
discontinuité d'une poutre fléchie (un trou sur l’axe de symétrie).
 Obtenir une valeur approximative du facteur de concentration Kt en domaine élastique.

Pour réaliser les mesures, nous disposons d'une poutre en aluminium de longueur L=305mm, de
section droite (b=25 x h=6) mm² avec un trou de 6 mm de diamètre et 4 jauges d'extensiométrie.

Y
L b

2.1 – Manipulations et mesures :


 Valeurs expérimentales des déformations:

Le rayon du trou est égal à 3 mm.

Masse ( g )  1 (µm/m)  2 (µm/m)  3 (µm/m)  4(µm/m)


x 2=4mm x 2=5mm x 2=8mm
Mesure 1 6100 1500 1770 1575 1470
Mesure 2 6100 1500 1770 1570 1468
Mesure 3 6100 1500 1766 1566 1464
Moyenne 6100 1500 1769 1570 1467

 Calcul des coefficients a, b et c :

On pose que la déformation varie en fonction de la distance au centre suivant la loi:


2 4
r r
  a  b   c  
 x x

Soit à résoudre le système suivant :

1770 = a + b.(3/4)² + c.(3/4)4


1575 = a + b.(3/4)² + c.(3/5)4
1470 = a + b.(3/8)² + c.(3/8)4
Après résolution du système à trois inconnues on trouve:

a = 1461 µm/m
b = - 96 µm/m
c = 1148 µm/m

 Calcul de Kt :

Sur le bord du trou x = r, donc on trouve : 0 = a+b+c   0 = 2513 µm/m

Ainsi, on obtient pour le facteur de concentration de déformations et de contraintes :

 0 2513
Kt    K t = 1,675
 1 1500

 Courbe de variation de la déformation en fonction de la distance x :

cf annexe 2

2.2 - Comparaison entre théorie et expérience :


Nous avons r=3 mm et b=25 mm, on en déduit r/b=0.158 et on obtient ainsi Kt=2.38.
Cette valeur est bien plus importante que celle que nous avons trouvé expérimentalement, ceci
doit certainement s'expliquer par le fait que les valeurs des coefficients de contrainte que l'on trouve sur
le graphe, doivent être des données maximales que l'on peut rencontrer sans tenir compte du matériau
utilisé.

2.3 – Conclusion :
On a pu constater par ce TP l'existence d'un facteur de concentration des contraintes au
voisinage d'un trou que l'on a effectué sur une poutre. Cet élément n'est pas négligeable du tout, en
effet les contraintes peuvent parfois tripler localement lorsque le trou est très petit, ce qui entraînerait
probablement un point faible au niveau de la construction, qui malgré tout semblait être suffisamment
solide lors de la conception si l'on négligeait ce phénomène.
Toute discontinuité dans un materiau entraîne une concentration de contraintes.