Vous êtes sur la page 1sur 71

REPUBLIQUE DU BENIN

MINISTERE DE L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR ET


DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE

Université d’Abomey-Calavi
Ecole Polytechnique d’Abomey-Calavi

DEPARTEMENT DU GENIE ELECTRIQUE

RAPPORT DE FIN DE FORMATION POUR L’OBTENTION DE


LA LICENCE PROFESSIONNELLE EN GENIE ELECTRIQUE

Etudes de la protection des lignes aériennes


HTB : Cas de la Protection différentielle
MICOM P542 ALSTOM de la ligne 161kV
Sakété 2 au Poste de Cotonou Vèdoko
(CEB-BENIN)

Présenté par :

Jonas A. HOUNDIN
Tuteur de stage Maître de Rapport
Mr. Delphin AGOSSOU Mr. Luc NASSARA
Chef service Exploitation DRTB Enseignant à l’EPAC

Année académique 2015-2016


Dédicace

A
 DIEU ; JESUS- CHRIST et le SAINT ESPRIT
pour leur grâce et leur miséricorde à moi
accordées tout le long de cette formation ;
 Mme HOUNDIN Hélène née TONOUKOIN pour
tous les efforts et la joie à moi apportés ;
 Mes adorables enfants LUCRECE ; EXAUCEE ;
AQUILAS et FRAUDELIA.

Jonas A. HOUNDIN

ii
Remerciements

Remerciements
Nous remercions DIEU le père pour son omniprésence à nos côtés chaque jour de
notre formation.

Nous remercions très sincèrement :


 Le Professeur Mohamed SOUMANOU, Directeur de l’EPAC ;
 Le Professeur Clément AHOUANOU, Directeur Adjoint de l’EPAC ;
 Le Docteur FIFATIN François Xavier, chef département du Génie Electrique ;
 Le Docteur NASSARA Luc, pour son encadrement précieux, son soutien et son
éclairage ;
 Tous les professeurs qui ont contribué à notre formation ;
 Monsieur Djibril SALIFOU, Directeur Général de la CEB, pour avoir autorisé
ce stage ;
 Messieurs Mawuena L. MEDEWOU, Directeur Régional du Transport Bénin
de la CEB ;
 Messieurs Maxime DJOKOUI, Chef service Entretien de la Direction
Régionale transport Bénin de la CEB ;
 Messieurs Delphin AGOSSOU, Chef Service exploitation de la Direction
Régionale transport Bénin de la CEB ;
 Messieurs ADONON Calixte, Chef Division appareillage Contrôle Electrique
et Télécoms de la Direction Régionale transport Bénin de la CEB;
 Messieurs KOUAGOU K. Patient, chef section Appareillage de la Direction
Régionale Transport Bénin CEB pour leurs soutiens ;
 Tout le personnel de la CEB notamment celui en poste à Cotonou, Vèdoko pour
sa disponibilité ;
 L’ensemble des membres du jury qui malgré tout, ont consacré leur précieux
temps pour apprécier ce travail.

ii
Sigles & abréviations

Sigles & Abréviations


CEB : Communauté Electrique du Bénin

CEET : Compagnie d’Energie Electrique du Togo

CFPP : Centre de Formation Professionnelle et de Perfectionnement

CIE : Compagnie Ivoirienne d’Electricité

CPL : Courant Porteur Ligne

DACET : Division Appareillage, Contrôle Electrique et Télécommunications

DMT : Dispositif de Mise à la Terre

DRTB : Direction Régionale du Transport Bénin

EPC : Equipements de Protection Collective

EPI : Equipements de Protection Individuelle

GPS : Positionnement Global par Satellite

HNS : Hiérarchie Numérique Synchrone

HTA : Haute Tension catégorie A (de 1Kv à 50kV)

HTB : Haute Tension de catégorie B (supérieur à 50 kV)

IFG : International Fertilizer Group

MECEP : Méthode de Contrôle et d’Entretien Préparé

SBEE : Société Béninoise d’Energie Electrique

SCB : Société des Ciments du Bénin

TCT : Transformateur Capacitif de Tension

TCN : Transmission Company of Nigeria

iii
Sigles & abréviations
TSA : Transformateur des Services Auxiliaires

VAT : Vérificateur d’Absence Tension

VRA : Volta River Autority

WACEM : West Africa Cement

iv
Liste des figures et tableau

Liste des figures et Tableau


Figure 1.1 : Organigramme de la CEB -------------------------------------------------- 6
Figure 1.2 : Schéma synoptique du réseau interconnecté de la CEB -------------- 11
Figure 1.3 : Schéma unifilaire du Poste de Cotonou vêdoko ----------------------- 12
Figure 1.4 : Organigramme de la DRTB ---------------------------------------------- 14
Figure 2.1 : Chaîne de protection ------------------------------------------------------- 25
Figure 2.2 : Différents types de defauts------------------------------------------------ 27
Figure 2.3 : Exemples d’installation des capteurs et relais -------------------------- 28
Figure 2.4 : Les zones de réglage de protection. ------------------------------------- 31
Figure 2.5 : Les zones de réglage de protection -------------------------------------- 31
Figure 2.6 : Principe de la protection diférentielle ----------------------------------- 32
Figure 2.7 : Schéma des deux modes de stabilisation -------------------------------- 33
Figure 3.1 : Exemple de MiCOM P542 ------------------------------------------------ 36
Tableau 3.2 : Options d’alimentation électrique -------------------------------------- 43
Figure 3.3 : Port de communication arrière ------------------------------------------- 46
Figure 3.4 : Courbe caractéristique de la retenue de l’équipement ---------------- 49
Figure 3.5:Modele électrique d'une ligne----------------------------------------------52
Figure 3.6 : Schéma de la protection --------------------------------------------------- 54

v
Résumé & Abstract

Résumé
Dans ce document, nous présentons dans un premier temps notre rapport de stage
et dans un second temps les résultats de notre travail afin d’améliorer la qualité de
l’énergie fournie par notre société d’accueil qui est la CEB. Ainsi donc il a été
question d’une présentation de notre structure d’accueil, des activités effectuées au
cours de notre stage et des problèmes rencontrés. Face aux constats et dans le souci de
participer à la bonne gestion du transport de l’énergie, une problématique a été
dégagée. Elle qui nous a permis de réfléchir sur les perspectives d’amélioration de la
protection des réseaux de la CEB en occurrence la ligne Sakété 2. C’est dans cette
perspective que nous avons abordé dans un premier temps les protections des réseaux
électriques en générale et de la protection différentielle en particulier. Nous avons
ensuite proposé et calculé l’utilisation du relais MiCOM P542 pour assurer cette
protection.

Mots clés : Protection, différentielle, relais MiCOM

Abstract
In this work, we present in the first our training rapport, in the second the results
of our work to upgrade the quality of energy of CEB. Therefore, we have presented
our training company and the activities which we have done without omit the
problems. Like this, we found a normality. This remark permits to us to think about the
upgrade’s prospects of electrical network protection of CEB. In the first time, we talk
about them protection in generally before approach the differential protection. Then
we purpose and calculate the used of relay MiCOM P542 to assure this protection.

Keywords : Protection, differential, relay MiCOM P542.

vi
Sommaire

Sommaire
Remerciements .................................................................................................................. ii
Sigles & Abréviations ....................................................................................................... iii
Liste des figures et Tableau ................................................................................................ v
Résumé ............................................................................................................................. vi
Abstract ............................................................................................................................ vi
Sommaire......................................................................................................................... vii

Introduction générale .................................................................................................................. 1

PREMIERE PARTIE : Structure d’accueil et déroulement du stage ........................................... 3


Chapitre 1 : Structure d’accueil et déroulement du stage ........................................................ 4

DEUXIEME PARTIE : Présentation du projet ......................................................................... 21


Chapitre 2 : Généralités sur la protection des lignes aériennes HTB ..................................... 24
Chapitre 3 : Etude de la protection différentielle de la ligne HTB 161kV Sakété 2 .............. 35

Conclusion générale ................................................................................................................. 57

Références bibliographiques ..................................................................................................... 60

Table des matières .................................................................................................................... 61

vii
Introduction générale

1
Introduction générale
Les réseaux électriques font partie intégrante de la vie économique. La
production, la distribution et l'utilisation de l'énergie électrique, dans de bonnes
conditions, sont fondamentales pour l'essor des villes et des industries.

La maîtrise complète des réseaux électriques, depuis la production jusqu'à


l'utilisation, représente un enjeu important. Elle est justifiée par une recherche de la
réduction des coûts d'exploitation et de maintenance.

Face à cette demande de plus en plus exigeante, les acteurs du secteur ont choisi
de concevoir, produire et commercialiser une gamme d'équipements permettant la
mise en place de l'intelligence et du système nerveux nécessaires à l'exploitation
optimisée des réseaux électriques.

Les lignes de transport et les Postes d’énergie électrique haute tension HTB
constituent une partie essentielle d’un réseau électrique qui doit assurer la continuité
de l’alimentation en électricité aux consommateurs HTA et BT. Ce qui n’est pas
toujours le cas, car ces lignes sont souvent exposées à des incidents ou défauts qui
peuvent interrompre ce service et engendrer des pertes financières importantes pour les
industriels et des désagréments pour les simples consommateurs.

C’est pour participer à une amélioration des caractéristiques de l’énergie fournie


aux consommateurs, que suite à notre stage à la Communauté Electrique du Bénin
(CEB) et dans le cadre de notre projet de fin de cycle, nous avons choisi d’étudier la
protection des lignes aériennes HTB de transport d’énergie. Ainsi le présent travail
sera structuré en trois (3) chapitres :

 dans le premier chapitre nous présenterons le rapport de stage à la CEB ;


 le deuxième chapitre traitera des généralités sur les protections des réseaux
électriques (lignes aériennes) ;
 dans le troisième chapitre, il est question de l’étude de la protection différentielle
de la ligne Sakété 2.

2
PREMIERE PARTIE : Structure d’accueil
et déroulement du stage

3
Chapitre 1 : Structure d’accueil et déroulement du Stage

Chapitre 1 : Structure d’accueil et déroulement du stage

1.1. Présentation de la CEB


La CEB est un organisme inter-état regroupant le TOGO et le BENIN. C'est un
établissement public international d’importation, de production et de transport de
l'énergie électrique. Elle est née de l'accord international instituant le code Bénino-
Togolais de l'électricité en date du 27 juillet 1968. Ce Code révisé assigne les
principales missions suivantes à la CEB :

 réaliser et exploiter selon les règles appliquées par les sociétés industrielles et
commerciales, des installations de production d’énergie électrique pour les
besoins des deux états ;

 conclure en cas de nécessité, avec les pays voisins des deux Etats, des accords
relatifs à l'importation et à l'exportation de l'énergie électrique ;

 assurer, grâce au (CFPP) son Centre de Formation Professionnelle et de


Perfectionnement, la sélection, la formation et le perfectionnement au profit des
agents des entreprises des deux états ;

 planifier la production et le transport de l'énergie électrique en liaison avec les


ministères en charge de l'énergie électrique pour les besoins des deux états.

Afin d’assurer au mieux cette mission, la Communauté Electrique du Bénin est


subdivisée en de différentes directions par un organigramme adapté aux contraintes
rencontrées. Il faut souligner que la ville de Lomé au Togo abrite le siège permanent
de l’institution et que le Directeur Général est de nationalité béninoise.

1.1.1. Structure organisationnelle


La Communauté Electrique du Bénin (CEB) qui a démarré effectivement ses
activités par l'inauguration de la ligne HTB reliant le GHANA, le TOGO et le BENIN
le 24 juillet 1975, est administrée par :

 un Haut Conseil Inter-Etatique (HCIE) composé de huit (08) ministres désignés


par le gouvernement de chacun des deux états à raison de quatre (04) ministres

4
Chapitre 1 : Structure d’accueil et déroulement du Stage
par état à savoir : le ministre en Charge de l'Energie, le ministre des affaires
étrangères, le ministre du plan et le ministre des Finances ;

 une Haute Autorité (HA) composée de dix (10) membres à raison de cinq (05)
membres par état s’occupant des branches d'activités que sont : la gestion
financière et économique, l’électricité et les travaux publics, le commerce et
l’industrie, la planification, les affaires sociales ;

 une Direction Générale composée d'un Directeur Général, ressortissant de l'état


n'abritant pas le siège de la CEB, et d'un Directeur Général Adjoint,
ressortissant de l'état abritant le siège. Ces Directeurs Généraux sont assistés par
huit (08) Directeurs centraux.

L’organigramme de la CEB, réaménagé en Avril 2010 donne une idée claire sur
la structure organisationnelle de le CEB.

5
Chapitre 1 : Structure d’accueil et déroulement du Stage

1.1.2. Organigramme de la CEB


La figure 1.1 représente l’organigramme de de la CEB.

Figure 1.1 : Organigramme de la CEB

6
Chapitre 1 : Structure d’accueil et déroulement du Stage

1.1.3. Clients et fournisseurs de la CEB


L’insuffisance de sa production conduit la CEB à l’achat d’énergie
électrique. Elle dispose également de clients pour l’écoulement de l’énergie dont
elle dispose.

1.1.3.1. Les fournisseurs de la CEB


 La Volta River Autority (VRA) du Ghana

Depuis 1975, plus de la moitié de l’énergie de la CEB lui est fournie par cette
institution. La VRA dispose en fait d’un parc mixte de production composée de
trois centrales hydroélectriques, des centrales thermiques diesel et des turbines à gaz
avec une puissance estimée à environ 1870 MW. Les lignes 161 kV sont utilisées pour
la connexion.

 La Compagnie Ivoirienne d’Electricité (CIE)

La CIE fournit de l’énergie à la CEB à travers le réseau de la VRA. Elle dispose


d’un parc de production composé en grande partie de centrales thermiques.

 La Transmission Company of Nigeria (TCN)

Elle est une société Nigériane qui a signé avec la CEB un accord de fourniture
d’énergie en février 2007. Cet accord est le fruit du projet d’interconnexion CEB-
NEPA (Nigeria Electric Power Autority) et reste le plus grand fournisseur actuel de la
CEB. Le développement socio-économique du Bénin et du Togo a sensiblement fait
accroître la demande en énergie électrique mais le déséquilibre offre-demande actuel
risque de constituer un sérieux frein à la croissance économique si rien n’est fait pour
augmenter les capacités énergétiques de la communauté.

1.1.3.2. Les clients de la CEB


La CEB dispose d’un certain nombre de clients répartis sur les territoires
Togolais et Béninois.

Au Togo, nous avons :

 la Compagnie d’Energie Electrique du Togo (CEET) ;


7
Chapitre 1 : Structure d’accueil et déroulement du Stage
 la West African Cement (WACEM);
 l’ International Fertilizer Group (IFG).

Au Bénin, nous avons :

 la Société Béninoise d’Energie Electrique (SBEE) ;


 la Société des Ciments du Bénin- Lafarge (SCB Lafarge).

1.1.4. Infrastructures de production d’énergie électrique


1.1.4.1. Infrastructures de production au TOGO
La première unité de production de la CEB est la centrale Hydroélectrique de
Nangbéto dont la construction démarrée en septembre 1984 s’est achevée en
septembre 1987; sa capacité installée est 65 MW et sa production moyenne annuelle
établie à 170 GWh sur la période 1987-2008 représentent respectivement 76% et 19%
des demandes en puissance et en énergie exprimées en 1987, mais seulement 2.6% de
celles exprimées en 2015. La CEB dispose aussi d’une turbine à gaz de 20 MW
implantée à la centrale thermique de Lomé-Port en 1998 avec un productible annuel de
150 GWh.

1.1.4.2. Infrastructures de production au Bénin


La CEB a implanté en 1998 à la sous-station de Vêdoko une turbine à Gaz de
20 MW avec un productible annuel de 150 MWh. Cette turbine à gaz est actuellement
fonctionnelle à Maria-Gléta dans le cadre du projet de construction du gazoduc de
l’Afrique de l’Ouest qui transporte du gaz naturel du Nigeria pour les besoins du
Bénin, du Togo et du Ghana. Une centrale de 80 MW est installée à Maria –Gléta
pour le compte de l’état béninois, mais elle n’est pas fonctionnelle à cause du coût
prohibitif kWh produit (250 FCFA).

Au total, le parc de la CEB dont les infrastructures nécessitent une réhabilitation


ne confère qu’une autonomie de 25% aux deux états. Par ailleurs, des sociétés de
distribution d’énergie électrique telles que la SBEE au Bénin et la CEET au Togo
disposent d’unités thermiques reliées aux réseaux interconnectés de la CEB.

8
Chapitre 1 : Structure d’accueil et déroulement du Stage

1.1.5. Infrastructures de transport de l’énergie électrique


1.1.5.1. Infrastructures de transport au TOGO
Le TOGO dispose de 419,6 km de ligne de transport d’énergie pour une capacité
de transformation de 456,16 MVA répartis sur les Postes suivants :

 le Poste de Lomé Aflao (135 MVA) ;


 le Poste de Lomé Port (80 MVA) ;
 le Poste de Momé-Hagou (100 MVA) ;
 le Poste d'Atakpamé (20 MVA) ;
 le Poste de Dapaong (10 MVA) ;
 le Poste d'Anfoin (16 MVA) ;
 le Poste de Lama Kara (20 MVA) ;
 le Poste de Tabligbo (70 MVA) ;
 le Poste de Cinkassé (5,16 MVA) ;
 le Poste de Sokodé (120 MVA).

1.1.5.2. Infrastructures de transport au BENIN


Le BENIN dispose de 518 km de ligne de transport de l'énergie pour une capacité
de transformation de 747 MVA répartis sur les postes suivants :

 le Poste de Cotonou - Vêdoko (194 MVA) ;


 le Poste d'Onigbolo (70 MVA) ;
 le Poste de Bohicon (40 MVA) ;
 le Poste de Lokossa (32 MVA) ;
 le Poste d'Avakpa (19 MVA) ;
 le Poste de Sakété (412,5 MVA) ;
 le Poste de Maria-Gléta (69MVA) ;
 le Poste de Parakou (20 MVA) ;
 le Poste de Djougou (20 MVA).

La CEB possède également un centre de conduite centralisée du réseau


(Dispatching) sis à la direction générale à Lomé au Togo.

9
Chapitre 1 : Structure d’accueil et déroulement du Stage

1.1.6. Présentation du réseau de transport de la CEB


La CEB, dans sa mission de produire et de transporter l’énergie électrique,
dispose d’un vaste réseau de transport réparti sur les deux territoires (Bénin et Togo).
Ainsi, les énergies de la VRA et de la CIE sont acheminées par deux lignes haute
tension catégorie B jusqu'à la sous station de Lomé Aflao. De cette station, partent
ensuite deux autres lignes en direction du Poste de Môme-Hagou au Togo qui est un
point de jonction. A cette jonction viennent la ligne du barrage hydroélectrique de
Nangbéto et deux lignes de Cotonou-vêdoko. Une dérivation est faite sur l’une d’elles
pour alimenter le Poste de transformation d’Avakpa au Bénin. La sous-station de
Momé-Hagou alimente également celle de Lokossa. L’énergie de la TCN provenant du
Nigéria qui arrive à la sous-station de Sakété au Bénin qui est aussi un point de
jonction entre une ligne provenant de Nangbéto passant par Onigbolo et Bohicon. De
cette sous–station, partent deux lignes haute tension en direction du Poste de Vêdoko
qui alimente la ville de Cotonou et ses environs.

1.1.6.1. Schéma synoptique du réseau interconnecté de la CEB


La figure 1.2 représente le schéma synoptique du réseau interconnecté de la CEB
et toute sa légende détaillée.

10
Chapitre 1 : Structure d’accueil et déroulement du Stage

Figure 1.2 : Schéma synoptique du réseau interconnecté de la CEB

11
Chapitre 1 : Structure d’accueil et déroulement du Stage

1.1.6.2. Schéma unifilaire du poste de Vèdoko


La figure 1.3 représente le Schéma unifilaire du Poste de Vèdoko

Figure 1.3 : Schéma unifilaire du Poste de Cotonou vêdoko

12
Chapitre 1 : Structure d’accueil et déroulement du Stage

1.2. Déroulement du stage


1.2.1. Présentation de la DRTB
La sous-station de la CEB Cotonou-Vêdoko est située dans le 10 e arrondissement
de Cotonou, la capitale économique du Bénin. Elle couvre environ une superficie de
7 hectares et est implantée en bordure de l’axe routier Inter-Etat Cotonou-Lomé.

Grand pôle économique du Bénin, Cotonou est une ville cosmopolite, dont
l’essor démographique entraîne une consommation énergétique accrue due à la forte
concentration des unités industrielles. Devant cette situation, et pour faciliter les
activités de la seule société distributrice d’énergie électrique, la SBEE, le Poste de la
CEB à Cotonou-Vêdoko a été créé pour desservir Cotonou et ses environs. La
nécessité d’un tel Poste que l’on peut qualifier de charnière, s’explique également par
la situation géographique de Cotonou qui sert de pivot pour toutes les villes
environnantes. La figure (1.4) nous renseigne sur l’organigramme de de la DRTB.

13
Chapitre 1 : Structure d’accueil et déroulement du Stage

1.2.2. Organigramme de la DRTB

Figure 1.4 : Organigramme de la DRTB

14
Chapitre 1 : Structure d’accueil et déroulement du Stage

1.2.3. Travaux effectués


Pendant notre stage, nous avons eu l’occasion de faire quelques travaux dans les
deux services de la DRTB Cotonou-vêdoko, le service exploitation d’abord et puis
ensuite dans le service entretien (la division appareillage, contrôle électrique et
télécoms et la division ligne).

1.2.3.1. Travaux effectués au sein de la division exploitation


Pour notre passage dans cette division, nous avons eu à faire une visite guidée
par Monsieur Delphin AGOSSOU chef du service exploitation dans le Poste afin de
prendre connaissance des différents équipements installés dans le champ électrique et
de connaître le rôle que joue chacun d’eux au niveau de chaque ligne arrivée L230,
L220, L200 et L210. Nous avons noté que des circuits bouchons sont placés sur la
phase B des différentes lignes. Ils jouent le rôle de filtre en laissant passer la haute
fréquence, qui sert pour la télécommunication par Courant Porteur Ligne (CPL) et en
bloquant la basse fréquence qui est utilisée pour le transport électrique. Nous avons
remarqué sur chaque phase où le circuit bouchon a été posé, un TCT (Transformateur
Capacitif de Tension). Son rôle est d’obtenir une image de la tension du réseau en
l’abaissant à une valeur (100 ou 115 V) qui assure la sécurité des exploitants et du
matériel. A la suite de ces arrivées, nous avons un sectionneur de ligne et un
sectionneur de terre qui sont tous les deux reliés par un verrouillage mécanique. Ce
verrouillage a pour objectif de maintenir les deux sectionneurs à des états différents.
Nous avons ensuite une vue du sens de circulation du courant qui est matérialisé en
forme de boucle.

Dans cette boucle, nous avons des sectionneurs et des disjoncteurs. Chaque
disjoncteur est encadré par deux sectionneurs et chaque ligne est à son tour encadré par
deux sectionneurs et deux disjoncteurs. Après la boucle, nous avons les différents
départs, à savoir le départ T2/15 kV, le départ T3/15 kV, le départ L20/63 kV, le
départ L21/63 kV et le départ T6/15 kV. Sur chaque départ, nous avons un
transformateur abaisseur de puissance dont la plupart sont couplés en étoile-étoile et
qui présente des indices horaires différents. Chaque transformateur de puissance est

15
Chapitre 1 : Structure d’accueil et déroulement du Stage
protégé en amont par un parafoudre qui est relié à la terre et un sectionneur de ligne, et
à l’aval par un sectionneur de ligne et un disjoncteur.

Les TSA qui sont des Transformateurs de Services Auxiliaires sont aussi eux-
mêmes protégés de la même façon à la différence qu’on les exploite pour
l’alimentation interne du Poste. Pour un bon contrôle et une bonne surveillance, nous
procédons à chaque quart d’heure à des relevés des valeurs des puissances actives et
réactives des transformateurs T2 et T6 et des départs L20 et L21. On collectait à
chaque fin de journée les relevés des autres Postes du Bénin afin d’avoir une vue
générale sur la consommation de tout le Bénin.

1.2.3.2 Travaux effectués au sein de la division lignes


La division lignes quant à elle, prend en charge et assure la maintenance des
lignes de transports d’énergie des centrales de production jusqu’aux Postes.

Au sein de cette division, nous avons appris de nos responsables en ce qui


concerne les types de lignes, les différentes lignes de la CEB, les supports des lignes
c’est-à-dire les pylônes, leur constitution jusqu’à la fondation.

Entre autres, nous avons reçu des enseignements sur les mesures de sécurité à
prendre en tant que technicien de lignes à chaque intervention.

Les lignes électriques HTB et HTA de la CEB du côté Bénin sont les suivantes :

 les lignes HTB Maria-Gléta-Momé-Hagou (L225, L235) ;


 les lignes HTB Cotonou-Maria Gléta (L220, L230) ;
 les lignes HTB Cotonou-Sakété (L200, L210) ;
 la ligne HTB Onigbolo-Sakété (L310) ;
 la ligne HTB Onigbolo-Bohicon (L300) ;
 la ligne HTB Djougou-Parakou (L750) ;
 la ligne HTB Sakété-Ikeija (LA/10) ;
 la ligne HTA Avakpa-Allada (L40) ;
 la ligne HTB Moméhagou-Lokossa (L32) ;
 la ligne HTA Ouaké-Djougou (L450) ;

16
Chapitre 1 : Structure d’accueil et déroulement du Stage
 la ligne HTA Parakou-Bembèrèkè(L740) ;
 la ligne HTB Nangbéto-Bohicon(L430) ;
 la ligne HTA Djougou-Natitingou(760).

a. Les pylônes électriques


Ils sont utilisés pour les lignes de haute tension. La CEB quant à elle utilise des
pylônes (à treillis) très géants pour le transport de l’énergie.

Ces pylônes, pour la sécurité des usagers et de la population environnant sont


tous installés avec une marge de sécurité de 100%.

Cette sécurité est assurée par des câbles de garde accrochés aux sommets de
chaque pylône les reliant tous l’un à l’autre et le tout relié à la terre par l’intermédiaire
d’un câble de terre afin de retourner à la terre , en cas de foudre, 90% des décharges à
la terre et les 10% restant sont récupérés par les parafoudres pour le même trajet , celui
d’être écoulé à la terre.

Les câbles de phase de transport de l’énergie ne sont pas accrochés directement


aux pylônes pour le transport mais par l’intermédiaire des isolateurs afin d’isoler les
pylônes.

Les pylônes à treillis sont constitués de trois (3) principales parties : la tête ; le
fût et la base.

La tête d’un pylône à treillis est une structure métallique qui supporte les câbles
de garde et les conducteurs de la ligne électrique. Elle est dimensionnée pour :

 la condition de résistance ;

 la contrainte électrique due à la tension de la ligne et aux distances


minimales à respecter entre les câbles ;

 les contraintes géométriques dues à la configuration des câbles de garde et


des conducteurs.

17
Chapitre 1 : Structure d’accueil et déroulement du Stage
Le fût du pylône a pour but essentiel de maintenir la tête et les câbles à une
certaine distance du sol pour respecter les hauteurs règlementaires et transmettre au sol
par l’intermédiaire des fondations les efforts dus aux charges horizontales et verticales
appliquées sur les câbles et le pylône.

La base est la partie du pylône qui supporte toute la charge. Sa fondation


demande plusieurs tonnes de ciment.

b. Procédure de maintenance appliquée aux lignes


Elles sont :

 Les inspections montées ;


 Les inspections au sol ;
 Le désherbage.

c. Les isolateurs et leurs rôles


L’isolateur est formé par un isolant (verre, céramique, matériaux synthétiques)
auquel sont fixés deux (2) câbles métalliques l’une est fixée au pylône et l'autre porte
le conducteur. Les isolateurs jouent deux rôles importants dans le transport de
l’énergie électrique :

 le rôle mécanique : il porte le conducteur ;


 le rôle électrique : il isole le conducteur par rapport au pylône.

Les isolateurs sont des composants indispensables pour le transport et à la distribution


de l’énergie électrique. Leur fonction est de réaliser une liaison entre des conductrices
hautes tensions et la terre :

 ils maintiennent les conducteurs dans la position spécifique (les isolateurs


d’alignement et d’ancrage) ;
 ils assurent la transition entre l’isolation interne (huile, gaz SF6) et l’isolation
externe (air atmosphérique) ; ils permettent de raccorder les matériels
électriques au réseau (traversées de transformateur, extrémités des câbles) et

18
Chapitre 1 : Structure d’accueil et déroulement du Stage
ils constituent également l’enveloppe de certains appareils (disjoncteurs,
parafoudres, réducteurs de mesures).

d. Les différents types de maintenance des lignes


On distingue deux types de maintenance à la division lignes qui sont :

La maintenance préventive qui se fait en fonction de la fiche d’entretien de


chaque équipement codifié. Cette maintenance basée sur les fiches techniques du
constructeur peut être améliorée suivant l’état de l’équipement durant son utilisation.

La maintenance corrective ou curative est le type de maintenance qui s’effectue


après défaillance du matériel.

1.2.3.3. Travaux effectués au sein de la Division Appareillage, Contrôle


Electrique et Télécommunications (DACET)
Au sien de cette division, nous avons eu à faire plusieurs entretiens : la MECEP,
l’entretien du groupe électrogène et celui des batteries d’accumulateurs. Nous avons
également procédé à la maintenance de deux sectionneurs aoste de Maria-Gléta.

a. Familiarisation avec les mesures de sécurité avant interventions


Un bon technicien doit prendre des mesures de sécurité avant de procéder aux
interventions. Le respect strict des mesures de sécurité à la CEB est primordial ; le
non-respect de ces mesures peut créer des dégâts irréparables. Alors il est nécessaire
de se familiariser avec les mesures de sécurité avant intervention. Parmi ces mesures
de sécurité, nous pouvons citer :

 l’utilisation des Equipements de Protection Individuelle (EPI)


- le port du casque ;
- le port de blouse ;
- le port des chaussures de sécurité ;
- le port de lunettes ;
- le port des gants isolants.
 l’utilisation des Equipements de Protection Collective (EPC)

19
Chapitre 1 : Structure d’accueil et déroulement du Stage
- Utiliser le DMT (Dispositif de Mise à la Terre) pour éviter de recevoir les
décharges ;
- Vérifier l’absence de tension (VAT) pour être sûr que la zone de travail a bien
été isolée;
- mise en place des chaînes de balisage, pancartes de sécurité pour délimiter la
zone de travail et signaler l’état des organes.

b. La MECEP (Méthode de Contrôle et d’Entretien Préparé)


Elle consiste à faire la ronde et l’inspection des différents équipements du Poste
et auxiliaires afin de prévenir un éventuel dysfonctionnement. Lors de ce contrôle,
nous avons inspecté chaque disjoncteur en effectuant diverses actions à savoir :

- vérifier l’humidité des armoires ;


- noter la valeur de la pression du gaz SF6 ;
- voir l’aspect intérieur des armoires ;
- faire le contrôle visuel des traversées ;
- faire le contrôle d’éventuelles fuites de gaz SF6 ;
- vérifier les connexions dans les armoires électriques ;
- vérifier les tringleries.

1.2.4. Constats et suggestions apportées


Durant le stage à la DRTB, nous avons remarqué la bonne gestion des ressources
humaines, la rigueur et l’abnégation avec laquelle les agents y travaillent, et surtout
leur ponctualité au service.

Cependant, nous avons constaté une utilisation non contrôlée et abusive de


l’énergie dans l’enceinte même de la société. Ce qui peut réduire la durée de vie des
consommables électriques et augmenter les dépenses de la société.

Notons aussi le dysfonctionnement de quelques afficheurs au niveau du tableau


de commande. Les lampes crépusculaires du Poste ne fonctionnent plus en mode auto
mais plutôt en mode manuel.

20
DEUXIEME PARTIE : Présentation du
projet

21
Problématique

1. Problématique
Les lignes électriques en haute tension (HT) sont des conducteurs nus en alliage
(aluminium mélangé à l’acier). Suspendu à une hauteur, la ligne électrique (HT)
présente des défauts fugitifs causés par l’amorçage d’arc au niveau des isolateurs. La
foudre est la cause la plus courante, le contacte entre le conducteurs et les débris
poussés par le vent provoque une défaillance technique. Les surcharges prolongées
provoquent un échauffement excessif qui peut se traduire par un vieillissement
prématuré d’isolateur, un allongement du conducteur et son point bas, en milieu de
portée, s'abaisse. Elle devient dangereuse pour les tiers. Les conséquences peuvent
alors se chiffrer, non plus en millions de francs, mais en nombre de vies humaines.

D'abord, une ligne aérienne, qui passe sur le domaine public, est périodiquement
sujette à des courts circuits, dus aux coups de foudre, aux arbres mal élagués, grues et
engins de grande hauteur travaillant au voisinage.

Un fonctionnement défectueux d'une ligne peut donc avoir pour conséquence la


coupure d'un ou plusieurs clients, voire même d'une ville entière, prioritaires compris.
Or, lorsqu'un client industriel est coupé pendant 6 minutes, par exemple, cela ne
correspond pas seulement à MWh d'énergie non vendue pendant cette coupure, mais
aussi à l'énergie non vendue pendant les quelques heures que le client mettra à repartir.

Pour pallier à ce problème, nous nous sommes proposé à « L’ETUDE DES


PROTECTIONS DES LIGNES AERIENNES HTB, PROTECTION DE TYPE
MICOM P542 ». Cette protection pourra être appliquée à tous les équipements
électriques.

2. Objectif
Ce projet a pour objectif générale de faire la récapitulation de différentes
protections des lignes aériennes. Préciser la limite d’utilisation des différentes formes
de protection de ligne aérienne. Faire des suggestions pour accroitre le service et la
fourniture de l’énergie électrique.

22
Problématique

3. Résultat attendu
Le résultat de notre travail consistera à :

 Réduire le coût élevé dû à la destruction des appareils ;


 Préciser l’état des équipements ;
 Prévenir lors d’une surtension venue sur les lignes ;
 Avoir une bonne qualité d’énergie électrique ;
 Protéger les personnes et les biens contre les courants de fuites dangereuses.

23
Chapitre 2 : Généralités sur la protection des lignes aériennes HTB

Chapitre 2 : Généralités sur la protection des lignes aériennes HTB

Introduction
Les centres de production n’étant pas toujours proches des centres de
consommation, une fois produite, l’énergie électrique doit être transportée. Ce
transport est rendu possible par l’existence des lignes de transport qui assurent la
liaison entre les postes de production et les postes de répartition.

Une fois à destination, l’énergie est vendue aux consommateurs afin de produire
la richesse. La fourniture de l’énergie aux consommateurs de façon continue et sans
incidence néfaste sur leurs équipements exige une certaine protection de la ligne
assurant son transport.

Dans ce chapitre, il sera question de présenter les différents défauts des lignes de
transport ainsi que les dispositifs de protection et différents organes qui interviennent
dans la chaine de protection des lignes.

2.1. Le concept de protection des réseaux électriques


La protection des lignes est partie intégrante de la protection d’un réseau
électrique. L’étude des protections d’un réseau électrique se décompose en deux étapes
distinctes [1] :

 la définition du système de protection encore appelée plan de protection ;


 la détermination des réglages de chaque unité de protection encore appelée
coordination des protections ou sélectivité.

2.1.1. La définition du système de protection


C’est le choix des éléments de protection et de la structure globale de l’ensemble,
de façon cohérente et adaptée au réseau. Le système de protection se compose d’une
chaîne constituée des éléments comme l’illustre la figure 2.1.

24
Chapitre 2 : Généralités sur la protection des lignes aériennes HTB

Figure 2.1 : Chaîne de protection

 Le capteur de mesure (courant et tension) fournit les informations de mesure


nécessaires à la détection des défauts ;
 Le relais de protection est chargé de la surveillance permanente de l’état
électrique du réseau, jusqu’à l’élaboration des ordres d’élimination des parties
défectueuses, et leur commande par le circuit de déclenchement ;
 Les organes de coupure (disjoncteurs, interrupteurs-fusibles, contacteurs-
fusibles) assurent la fonction d’élimination de défaut.

Le plan de protection définit les dispositifs de protection contre les principaux


défauts affectant les réseaux et les machines. Pour établir un plan de protection,
certains paramètres sont à prendre en compte :

 l’architecture et la taille du réseau et ses différents modes d’exploitation ;


 les schémas de liaison à la terre ;
 les caractéristiques des sources de courant et leurs contributions en cas de
défaut ;
 les types de charges ;
 le besoin de continuité de service.

2.1.2. Détermination des réglages des unités de protection


Les fonctions de protection sont à régler afin d’obtenir les performances
optimales dans l’exploitation du réseau et pour tous les modes de fonctionnement. Les

25
Chapitre 2 : Généralités sur la protection des lignes aériennes HTB
valeurs de réglage adaptées sont issues de calculs complets basés sur les
caractéristiques détaillées des éléments du réseau. De nos jours, ce type d’étude
s’effectue à l’aide d’outils logiciels spécialisés; le comportement du réseau sur
anomalie est ainsi expliqué, et les valeurs de réglage sont données pour chaque
fonction de protection concernée afin de pallier aux défauts.

2.2. Les défauts


2.2.1. Les différents types de défauts
Les défauts sont caractérisés par leurs formes, leur durée et l’intensité du courant.
Dans l’exploitation des réseaux, on rencontre :

 les défauts triphasés : entre les trois phases du réseau avec ou sans liaison à la
terre ;
 les défauts biphasés : entre deux phases du réseau ;
 les défauts biphasés à la terre : entre deux phases du réseau et la terre ;
 les défauts monophasés : entre une phase du réseau et la terre.

La figure 2.2 illustre ces différents défauts.

26
Chapitre 2 : Généralités sur la protection des lignes aériennes HTB

Figure 2.2 : Différents types de defauts

Le défaut triphasé appelé aussi triphasé symétrique, est peu fréquent, mais il est
très important de connaître sa valeur afin d’assurer une protection et un
dimensionnement adéquat des réseaux électriques. En effet, le disjoncteur est
l’élément de base chargé d’assurer cette fonction de protection et pour qu’il fonctionne
correctement, il faut que son pouvoir de coupure soit supérieur au courant maximum
d’un court-circuit.

Les trois derniers types de défauts sont plus fréquents et peuvent donner lieu à
des courants de court-circuit élevés [2].

2.2.2. La détection des défauts


La détection des défauts est assurée par des relais par l’intermédiaire des capteurs
installés sur le réseau, pour des raisons techniques, économiques et de sécurité. Afin de
recueillir les informations à temps réels du réseau, ces capteurs sont installés. On
distingue divers capteurs intervenant dans la collecte d’information utiles pour la
gestion du réseau [1]:
27
Chapitre 2 : Généralités sur la protection des lignes aériennes HTB
Les capteurs de courant de phase ;
Les capteurs de courant de terre ;
Les transformateurs de tension TT.

Dans la figure 2.3 suivante nous présentons quelques exemples d’applications de


ces transformateurs précédemment énumérés.

Figure 2.3 : Exemples d’installation des capteurs et relais

2.2.4. Les anomalies sur les réseaux électriques


Les anomalies dans les réseaux électriques sont de divers ordres et variés. On
distingue :

les courts circuits ;


les surtensions de manœuvres ;
les surtensions de foudre ;
les surtensions lentes [2] [3] ;
des pertes de puissance ;
des échauffements ;
les oscillations ;

28
Chapitre 2 : Généralités sur la protection des lignes aériennes HTB
les surcharges.

Contre toutes les anomalies précédemment citées, il existe des organes de


coupure qui permettent d’éliminer les parties en défauts pour protéger le reste du
réseau et permettre la continuité de service.

2.3. Différents types de protection des lignes de transport


La protection de ligne HTB peut être divisée en deux types principaux :

 protection principale de distance (relais de distance): elle se compose de


plusieurs étapes pour assurer le fonctionnement parfait ;
 protection différentielle (relais différentiel) : utilisé jusque-là dans le cas des
lignes souterraines ou avec des lignes courtes.

2.3.1. Protection de distance


Elle est assurée par un relais dit de distance. En HTB, les lignes sont
compartimentées en zone (généralement quatre) et chaque zone est couverte par une
protection donnée.

Alimentée localement par des réducteurs de mesure qui lui fournissent l’image
du réseau, en cas de présence de défaut électrique dans sa zone de surveillance, la
protection de distance détecte celui-ci et commande le disjoncteur qui éliminera le
défaut.

Elle est sélective, rapide, sans nécessité de sélectivité chronométrique ; sa


sensibilité est dépendante de la puissance de court-circuit et de la charge ; sa mise en
œuvre est difficile lorsque la liaison n’est pas homogène (ligne aérienne + câble).

Son principe de fonctionnement est de :

 mesurer une impédance proportionnelle à la distance du point de mesure au


défaut ;
 délimiter des zones d’impédance correspondant à des tronçons de ligne de
différentes longueurs;
 déclencher par zone avec temporisation.

29
Chapitre 2 : Généralités sur la protection des lignes aériennes HTB
Le système de protection principal d'une zone peut également devenir un système
de protection de secours à d'autres zones, à condition d’avoir des règles de
coordination entre les différents systèmes de protection qui rendent la protection de
secours fonctionnelle après quelque temps le temps de la confirmation de l'échec de la
protection principale pour détecter les défauts [6].

2.3.1.2. Réglage de démarrage


Le relais de distance commence son rôle lorsqu’il lui parvient un signal
d’avertissement qu’il y a une panne. Elle mesure l’impédance sur une base continue
tout au long du temps jusqu'à la valeur de réglage.

Type de démarrage [2]

- Le démarrage ampérométrique : il est régit par l’apparition d’un courant de défaut


prédéfini. Ce courant dit de réglage est choisi entre la valeur du courant de court-
circuit minimal (biphasé) et le courant de surcharge maximal comme suit :

ICH.max < IR < ICC.min

avec,

ICH.max : le courant de surcharge maximal ;

ICC.min : courant de court-circuit minimal ;

IR : le courant de réglage.

Ce démarrage est adopté sur les protections des réseaux HT et THT dont les
puissances de court-circuit sont élevées et assurent à tous les coups le fonctionnement
des éléments de démarrage ampérométriques.

- Le démarrage impédance métrique : c’est le démarrage d’application le plus


répandu. Il est généralement réglé à 140 % de la longueur de la ligne pour assurer
une protection de secours aux différents stades de mesure des protections du poste
local et du poste en vis-à-vis.

30
Chapitre 2 : Généralités sur la protection des lignes aériennes HTB
Dans le cas d'une ligne courte précédée d'une ligne longue, le réglage à 140 % de
la longueur de la ligne longue est déconseillé de peur de dépasser la zone de protection
et d'engendrer des fonctionnements non sélectifs [2] [4].

On préconise à cet effet le réglage suivant pour la protection installée en A :

Figure 2.4 : Les zones de réglage de protection.

Zd = ZL1 + 40%ZL2

avec,

Zd : l’impédance de démarrage ;

ZL1 : l’impédance de la portion A-B ;

ZL2 : l’impédance de la portion B-C.

En cas de liaisons en antenne, le démarrage des protections installées est choisi


de façon à sensibiliser la protection même pour les défauts internes au transformateur.
La figure 2.5 suivante donne une illustration.

Figure 2.5 : Les zones de réglage de protection

Zd = ZL1 + ZT

avec,

Zd : l’impédance de démarrage ;

ZL : l’impédance de ligne ;

ZT : l’impédance de transformateur.

31
Chapitre 2 : Généralités sur la protection des lignes aériennes HTB
On notera que même si l'on démarre pour un défaut au secondaire du
transformateur, les protections de ce dernier ont toujours le temps d'éliminer le défaut
avant l'action du troisième stade de la protection de distance.

2.3.2. La protection différentielle


Par principe, en l’absence de défaut, les courants entrant dans chaque élément
d’une installation de phase à phase sont égaux à ceux qui en sortent.

La protection différentielle a pour rôle de contrôler ces égalités, de mesurer la


différence éventuelle entre deux courants (due à un défaut), et pour un seuil
prédéterminé de donner un ordre de déclenchement. L’élément défectueux est alors
isolé du réseau. Le principe est présenté dans la figure 2.6 ci-dessous.

Figure 2.6 : Principe de la protection diférentielle

Cette protection permet de surveiller une zone bien délimitée par deux jeux de
réducteurs de courant (ou transformateurs de courant) : elle est auto sélective et peut
donc être instantanée. Cet avantage doit être conservé dans des périodes où se
produisent des phénomènes transitoires ; mais sa sensibilité doit cependant être limitée
aux phénomènes dus à des défauts, et non pas à d’autres qui sont normaux (courants
d’enclenchement, courant de défauts traversant dont le siège est extérieur à la zone...).

Le déclenchement instantané est provoqué lorsque IA-IB 0. La stabilité de la


protection différentielle est sa capacité à rester insensible s’il n’y a pas de défaut
interne à la zone protégée, même si un courant différentiel est détecté:

32
Chapitre 2 : Généralités sur la protection des lignes aériennes HTB
- courant magnétisant de transformateur ;
- courant capacitif de ligne ;
- courant d’erreur dû à la saturation des capteurs de courant.

Il existe 2 grands principes selon le mode de stabilisation :

 la protection différentielle à haute impédance : le relais est connecté en série


avec une résistance de stabilisation Rs dans le circuit différentiel figure 2.8 a) ;
 la protection différentielle à pourcentage : le relais est connecté
indépendamment aux circuits des courants IA et IB. La différence des courants
IA-IB est déterminée dans la protection, et la stabilité de la protection est
obtenue par une retenue relative à la valeur du courant traversant fig. 2.7 b).

Figure 2.7 : Schéma des deux modes de stabilisation

2.3.2.1. Avantages et inconvénients


Elle ne déclenche que pour un défaut de sa zone de protection et reste insensible
aux autres formes de défaut.

Le coût de son installation est important et sa mise en œuvre est délicate. Elle
nécessite la prévision d’une fonction de secours à maximum de courant [1].

2.3.2.2. Comparaison des deux principes de stabilisation


Pour la protection différentielle à haute impédance, les TC amont et aval doivent
avoir des courants assignés identiques (primaire et secondaire) ; la résistance de
stabilisation est calculée pour ne pas déclencher sur défaut extérieur avec un TC
saturé, et pour que le TC puisse alimenter le relais.

33
Chapitre 2 : Généralités sur la protection des lignes aériennes HTB
Par contre, la protection différentielle à pourcentage s’adapte au type
d’équipement à protéger et le relais est relativement plus compliqué, mais sa mise en
œuvre est simple.

Soulignons que la communication entre relais et capteur se fait via fil pilote
encore appelé fil de garde dans les réseaux de transport. Grâce à la révolution
technologique les fils de garde permettent aussi la communication haut débit par fibre
optique.

Conclusion

Dans ce chapitre nous avons fait un point sur la situation des protections dans les
réseaux. Nous avons dans un premier temps abordé les défauts et les anomalies
rencontrés sur les réseaux électriques surtout haute tension qui ont amené les
scientifiques à penser des dispositifs de protection. Nous nous sommes ensuite
intéressés beaucoup plus à la protection des lignes et aux différents types de protection
les plus utilisés sur les lignes de transport de nos jours.

34
Chapitre 3 : Etude de la protection différentielle de la ligne Sakété 2

Chapitre 3 : Etude de la protection différentielle de la ligne HTB 161kV


Sakété 2

Introduction
La CEB vèdoko dispose de quatre lignes aériennes HTB (ternes) qui relient la
sous station de vèdoko à la station de Maria-Gléta et celle de Sakété. Ces lignes à ce
jour ne sont dotées que d’une protection de distance. Dans ce chapitre nous ferons une
étude de la protection différentielle de la ligne 161kV sakété 2 aussi appelée L210.

3.1. Présentation et description de la ligne


La ligne L210, est l’une des lignes qui relie le Poste de vèdoko au Poste de
Sakété. Elle est longue de 75 km. Les conducteurs utilisés sont en alliages
d’aluminium et d’acier de type 500 MCM et d’une section de 253 mm². La tension de
service de la ligne est de 161 kV et son courant nominal est de 430 A. Sa résistance est
de 9.61 ohms, sa réactance 29.43 ohms, sa conductance de 104 mS et sa capacitance
552.32 nF (données reçues de la DED/CEB, Direction des Etudes et du
Développement). Les conducteurs en ternes sont tenus par des pylônes d’environ 70 m
et soutenus par un câble de garde en fibre optique (fil pilote).

3.2. Protections
3.2.1. Protection existante sur la ligne
La ligne HTB vèdoko- Sakété n’est dotée que d’une protection de distance. Le
relais MiCOM P444 est utilisé pour assurer cette protection en communion avec les
capteurs de courant et de tension. Notons bien que ce relais n’assure que la protection
de distance de la ligne ce qui justifie notre étude.

3.2.2. Protection complémentaire proposée


La protection différentielle effectue la comparaison continue des courants de
phase de la ligne et ce, en tenant compte du principe de fonctionnement du type de
relais de la protection différentiel prévue à chaque extrémité de la ligne.

35
Chapitre 3 : Etude de la protection différentielle de la ligne Sakété 2
Le relais de protection différentielle qui fera l’objet de notre étude est de la
technologie numérique. Ainsi, nous avons travaillé dans ce mémoire sur la protection
différentiel MiCOM P542 du constructeur Alstom.

3.3. Etude et description du dispositif proposé [7]


La gamme MiCOM est une solution complète, capable de satisfaire tous les
besoins dans le domaine de l'alimentation électrique. Elle comprend une gamme de
composants, systèmes et services d’AREVA T&D Energy Automation & Information.
La souplesse d'utilisation est au cœur du concept MiCOM.

MiCOM offre la possibilité de paramétrer la solution d’une application client et,


grâce à des fonctions de communication étendues, d'intégrer cette solution dans un
système de contrôle et de commande de l'alimentation électrique. La figure 4.1 montre
une vue du MiCOM P542

Figure 3.1 : Exemple de MiCOM P542

Les éléments MiCOM sont identifiés de la manière suivante :

 Gamme P : équipements de protection ;


 Gamme C : produits de contrôle-commande ;
 Gamme M : produits de mesure pour la mesure et la surveillance de précision ;
 Gamme S : produits PC polyvalents de contrôle de Poste électrique.

Les produits MiCOM sont dotés de grandes capacités d’enregistrement


d’informations sur l’état et le comportement du réseau électrique par l’utilisation
d’enregistrements de défauts et de perturbographie. Ils fournissent également des

36
Chapitre 3 : Etude de la protection différentielle de la ligne Sakété 2
mesures du réseau relevées à intervalles réguliers et transmises au centre de contrôle
pour permettre la surveillance et le contrôle à distance.

Une protection différentielle assure une protection très rapide et sélective d’un
ouvrage, avec relativement peu de problèmes d’application. Un inconvénient d’un
schéma différentiel toutefois est le manque de protection de secours intrinsèque. Pour
cette raison, les protections différentielles de courant MiCOM intègrent différentes
protections complémentaires. Les équipements P543, P544, P545, et P546 offrent
également des éléments de protection de distance pouvant être utilisés comme
protection complémentaire en même temps que la fonction différentielle de courant, ou
activés en secours. (Les équipements P541 et P542 ne Sont pas dotés d’éléments de
protection de distance, car ils n’ont pas d’entrées de TP).d’où le choix du P542 pour la
ligne HTB 161 kV L210 Sakété 2 car c’est une ligne qui dispose déjà d’un relais
MICOM P444, protection de distance ligne.
3.3.1. Présentation de l’équipement
L'équipement est de conception modulaire. Il est constitué d'un assemblage de
modules standards. Certains modules sont indispensables alors que d'autres sont
optionnels en fonction des besoins de l'utilisateur.

Les différents modules pouvant être présents dans l'équipement sont les suivants :

 carte processeur ;
 carte coprocesseur ;
 module d'entrée ;
 module d'entrée analogique / numérique ;
 module d'alimentation. ;
 carte IRIG-B ;
 seconde carte de communication en face arrière ;
 carte Ethernet.

Les réglages et les fonctions de l’équipement de protection MiCOM sont


accessibles sur l’écran à cristaux liquides (LCD) et sur le clavier de la face avant, ainsi

37
Chapitre 3 : Etude de la protection différentielle de la ligne Sakété 2
que par l’intermédiaire des ports de communication à l’avant et à l’arrière de
l’équipement.

3.3.2. Logiciels de l'équipement


Les logiciels de l'équipement sont les différentes applications ou script qui
permettent la communication entre les différents modules de l’équipement. Il existe
quatre catégories de logiciels :

 le système d'exploitation en temps réel ;


 le logiciel de supervision ;
 le logiciel de plate-forme ;
 le logiciel applicatif de protection et de contrôle.

3.3.2.1. Système d'exploitation en temps réel


Le système d'exploitation temps réel fournit un cadre à l'intérieur duquel opèrent
les différentes parties des logiciels de l'équipement. A cet égard, les logiciels sont
répartis par tâches. Le système d'exploitation en temps réel s'occupe de la planification
du traitement de ces tâches. L'objet de la planification des tâches consiste à s'assurer
qu'elles sont bien effectuées à temps et dans l'ordre de priorité souhaité.

Le système d'exploitation temps réel s'occupe également des échanges


d'informations entre les tâches sous forme de messages.

3.3.2.2. Logiciel de supervision


Le logiciel de supervision assure le contrôle de niveau inférieur du matériel de
l'équipement. Par exemple, le logiciel de supervision contrôle le lancement des
logiciels de l'équipement à partir de la mémoire EPROM flash non volatile, à la mise
sous tension. Il pilote l'interface utilisateur sur l'écran à cristaux liquides et le clavier,
ainsi que les ports séries de communication. Le logiciel de supervision fournit une
couche d'interface entre le contrôle du matériel et les autres logiciels de l'équipement.
3.3.2.3. Logiciel de plate-forme
Le logiciel de plate-forme s'occupe également de la gestion des réglages de
l'équipement, des interfaces utilisateur et du traitement des alarmes et des

38
Chapitre 3 : Etude de la protection différentielle de la ligne Sakété 2
enregistrements d'événements, de défauts et de maintenance. Tous les réglages de
l'équipement sont sauvegardés dans une base de données au sein de celui-ci. Cette base
de données assure la compatibilité directe avec la communication Courier. Pour toutes
les autres interfaces (à savoir le clavier et l'écran à cristaux liquides de la face avant,
les communications Modes bus et CEI 60870-5-103), le logiciel de plate-forme
convertit les informations de la base de données dans le format nécessaire. Le logiciel
de plate-forme prévient le logiciel applicatif de protection et de contrôle de tous les
changements de réglages. Il place également les données dans les journaux selon les
spécifications du logiciel applicatif de protection et de contrôle.

3.3.2.4. Logiciel applicatif de protection et de contrôle


Le logiciel applicatif de protection et de contrôle effectue les calculs de tous les
algorithmes de protection de l'équipement. Cela englobe notamment le traitement des
signaux numériques comme le filtrage de Fourier et les tâches auxiliaires comme les
mesures. Le logiciel applicatif de protection et de contrôle est en interface avec le
logiciel de plate-forme pour les changements de réglages et le traitement des
enregistrements. Le logiciel applicatif de protection et de contrôle est également en
interface avec le logiciel de supervision pour l'acquisition des données échantillonnées,
pour l'accès aux relais de sortie et aux données tout-ou-rien des entrées opto-isolées.

3.3.3. Description du matériel


L'équipement est de conception modulaire. Chaque module accomplit une
fonction distincte dans le cadre du fonctionnement d'ensemble de l'équipement. Cette
section décrit l'aspect fonctionnel des divers modules.

3.3.3.1. Carte processeur


L'équipement utilise un processeur de signaux numériques (DSP) à virgule
flottante, de 32 bits, TMS320VC33, cadencé à une vitesse d'horloge de 75 MHz. Ce
processeur effectue tous les calculs de l'équipement. Il a en charge les fonctions de
protection, le contrôle de la communication des données et des interfaces utilisateur,
notamment du fonctionnement de l'écran à cristaux liquides, du clavier et des LED.

39
Chapitre 3 : Etude de la protection différentielle de la ligne Sakété 2
La carte microprocesseur est logée au dos de la face avant de l'équipement.
L'écran à cristaux liquides et les LED sont montés sur cette carte, ainsi que les ports de
communication de la face avant. Il s'agit du port (connecteur D, 9 broches) pour les
communications série RS232 (protocole Courier) et du port d'essai (connecteur D, 25
broches) pour les communications parallèles. Toutes les communications série sont
gérées par un réseau de portes programmables sur place (FPGA).

La mémoire de la carte microprocesseur est divisée en deux catégories : la


mémoire volatile et la mémoire non volatile. La mémoire volatile correspond à la
SRAM à accès rapide utilisée pour le stockage et l'exécution du logiciel de calcul et le
stockage des données nécessaires aux calculs du processeur. La mémoire non volatile
est divisée en 2 groupes :

 Mémoire flash de 4 Mo pour le stockage permanent du code logiciel, du texte et


des données de configuration incluant les valeurs de réglages en cours ;
 et SRAM de 2Mo, sauvegardée par pile, pour le stockage des données
d'enregistrements de perturbographie, d'événements et de défauts.
3.3.3.2. Carte coprocesseur
Une seconde carte processeur est utilisée dans l’équipement pour traiter les
algorithmes de la protection différentielle de courant. Le processeur utilisé sur la
seconde carte est le même que celui utilisé sur la carte processeur principale. La
seconde carte processeur est pourvue de SRAM à accès rapide (état attente zéro)
destinée à être utilisée aussi bien pour la mémorisation des programmes que des
données. L’accès à cette mémoire peut se faire par la carte processeur principale via le
bus parallèle, et ce trajet est utilisé à la mise sous tension pour charger le logiciel du
second processeur depuis la mémoire flash sur la carte processeur principale. La
communication ultérieure entre les deux cartes processeur s’effectue via des
interruptions et via la SRAM partagée. Le bus série transportant les données
échantillonnées est aussi raccordé à la carte coprocesseur au moyen du port série
intégré du processeur, comme sur la carte processeur principale.

40
Chapitre 3 : Etude de la protection différentielle de la ligne Sakété 2
La carte coprocesseur traite aussi toutes les communications avec le ou les
équipements de protection différentielle distants. Cela s’effectue par des
communications à fibre optique et par conséquent, la carte coprocesseur porte des
modules optiques émetteur et récepteur.

3.3.3.3. Bus (limande) de communication interne


L'équipement dispose de deux bus internes pour la communication des données
entre les différents modules. Le bus principal établit une liaison parallèle faisant partie
intégrante du câble plat à 64 conducteurs. Le câble plat assure le transport des données
et des signaux d'adresse de bus, en plus des signaux de contrôle et de toutes les lignes
d'alimentation électrique. Le fonctionnement du bus est asservi à celui de la carte
microprocesseur. Cette carte sert d'unité maîtresse et tous les autres modules au sein de
l'équipement sont des unités esclaves répondant à cette carte.

Le deuxième bus établit une liaison série servant exclusivement à la


communication des valeurs numériques d'échantillons du module d'entrée vers la carte
microprocesseur. Le processeur DSP comporte un port série intégré servant à la lecture
des données échantillonnées en provenance du bus série. Le bus série est également
inclus dans le câble plat à 64 conducteurs.

3.3.3.4. Module d'entrée


Le module d'entrée assure l'interface entre la carte microprocesseur de
l'équipement et les signaux analogiques et numériques entrant dans l'équipement. Le
module d'entrée est composé de deux cartes à circuits imprimés : la carte d'entrée
principale et une carte de transformateurs. Les équipements P541 et P542 possèdent
quatre entrées de courant. Les équipements P543 et P545 possèdent quatre entrées de
tension et cinq entrées de courant.

Les équipements P544 et P546 possèdent trois entrées de tension et cinq entrées
de courant.

41
Chapitre 3 : Etude de la protection différentielle de la ligne Sakété 2

3.3.3.5. Carte de transformateurs


La carte de transformateurs contient en configuration maximum quatre
transformateurs de tension (TT) et cinq transformateurs de courant (TC). Les entrées
courant acceptent une intensité nominale égale à 1 A ou à 5 A (options de câblage et
de menu). La tension d’entrée nominale est de 110V.

Les transformateurs sont utilisés pour ramener les courants et les tensions à des
niveaux compatibles avec les circuits électroniques de l'équipement. Ils servent
également à assurer une isolation efficace entre l'électronique de l'équipement et le
système d'alimentation électrique extérieur. Les raccordements secondaires des
transformateurs de courant et de tension fournissent des signaux d'entrées différentiels
sur la carte d'entrée principale pour réduire les interférences.

3.3.3.6. Carte d'entrée


Elle supporte les circuits pour les signaux d'entrées logiques, ainsi que ceux
nécessaires à la conversion des signaux analogiques en signaux numériques. Elle
acquiert les signaux analogiques différentiels des transformateurs de courant et de
tension situés sur la (les) carte(s) de transformateurs, elle les convertit en échantillons
numériques, puis elle transmet les échantillons à la carte microprocesseur par
l'intermédiaire du bus de données série. Sur la carte d'entrées, les signaux analogiques
passent au travers d'un filtre anti-repliement avant d'être multipliés vers un
convertisseur analogique-numérique unique. Le convertisseur analogique-numérique
(CAN) a une résolution de 16 bits et fournit une sortie de flux de données en série. Les
signaux d'entrées logiques sont isolés optiquement sur cette carte pour éviter que des
tensions excessives sur ces entrées n'endommagent les circuits internes de
l'équipement.

Les équipements de la série P540 sont dotés d’entrées logiques


optoélectroniques, toutes tensions pouvant être programmées pour la tension nominale
de batterie du circuit dont elles font partie, permettant ainsi différentes tensions pour
différents circuits, par exemple, signalisation, déclenchement. Elles fournissent
nominalement un état 1 logique pour des tensions ≥ 80% à la tension paramétrée et

42
Chapitre 3 : Etude de la protection différentielle de la ligne Sakété 2
une valeur de 0 logique pour des tensions ≤ 60% à la tension paramétrée. Ce seuil
inférieur élimine les détections fugitives qui peuvent se produire lors d'un défaut de
terre de batterie survenant quand la capacité parasite présente jusqu'à 50% de la
tension de batterie sur une entrée. Chaque entrée a aussi un filtrage sélectionnable.
Cette temporisation d’une ½ période rend l’entrée insensible aux parasites induits sur
la filerie : bien que cette méthode soit sure, elle peut être lente, particulièrement pour
le télédéclenchement. Elle peut être améliorée en supprimant le filtre à ½ période, dans
ce cas l’une des méthodes suivantes pour réduire les parasites du courant alternatif doit
être envisagée. La première méthode est d’utiliser une entrée et sa complémentaire, la
seconde est d’utiliser du câble torsadé blindé sur le circuit d’entrée.

3.3.3.7. Module d'alimentation (contient les contacts de sortie)


Le module d'alimentation électrique contient deux cartes à circuits imprimés :
une pour l'unité d'alimentation électrique proprement dite et l'autre pour les relais de
sortie. La carte d'alimentation électrique contient également le matériel d'entrée et de
sortie du port arrière de communication, assurant l'interface de communication
EIA(RS) 485.

3.3.3.8. Carte d'alimentation électrique (inclus l'interface de communication


EIA(RS) 485)
Une des trois configurations différentes de la carte d'alimentation électrique peut
être installée sur l'équipement. Ce choix est défini à la commande. Il dépend de la
nature de la tension d'alimentation appliquée à l'équipement. Les trois options
disponibles sont présentées dans le tableau 3.1.

Tableau 3.1 : Options d’alimentation électrique

43
Chapitre 3 : Etude de la protection différentielle de la ligne Sakété 2
Les sorties de toutes les versions du module d'alimentation électrique fournissent
une alimentation électrique isolée à tous les autres modules. L'équipement utilise trois
niveaux de tension : 5,1V pour tous les circuits numériques, ±16V pour les
composants électroniques analogiques comme la carte d'entrée, 22V pour la
commande des bobines de relais de sortie. Toutes les tensions d'alimentation
électrique, y compris la ligne de terre 0V, sont distribuées par l'intermédiaire du câble
plat à 64 conducteurs. Un niveau de tension supplémentaire est assuré par la carte
d'alimentation électrique. Il s'agit de la tension à usage externe de 48V. Elle est reliée
aux bornes à l'arrière de l'équipement afin de lui permettre d'alimenter les entrées
logiques à optocoupleurs.

Les deux autres fonctions assurées par la carte d'alimentation électrique sont
l'interface de communication EIA(RS) 485 et les contacts du défaut équipement.
L'interface EIA(RS) 485 est reliée au port arrière de communication de l'équipement
pour permettre les communications avec l'un des protocoles suivants : Courier,
Modbus, CEI 60870-5-103 ou DNP3.0. Le matériel EIA(RS) 485 prend en charge les
communications en semi-duplex et assure l'isolation optique des données série émises
et reçues. Toutes les communications internes de données en provenance de la carte
d'alimentation électrique sont effectuées par l'intermédiaire de la carte de relais de
sortie connectée au bus parallèle.

L'alarme Défaut équipement (watchdog) dispose de deux contacts de sortie : un


contact de "travail" (normalement ouvert) et un contact de "repos" (normalement
fermé). Ils sont gérés par la carte microprocesseur. Ces contacts permettent d'indiquer
si l'équipement fonctionne normalement.

La carte d'alimentation électrique incorpore un limiteur de courant


d'enclenchement. Ce dispositif limite la pointe de courant d'enclenchement, pendant
l'activation, à environ 10 A.

3.3.3.9. Carte de relais de sortie


La carte de relais de sortie contient sept relais : trois relais avec des contacts de
"travail" et quatre relais avec des contacts inverseurs. Les relais sont alimentés par la

44
Chapitre 3 : Etude de la protection différentielle de la ligne Sakété 2
ligne d'alimentation électrique de 22 V. La lecture et l'écriture de l'état des relais sont
assurées par le bus parallèle de données. En fonction du modèle d'équipement, sept
contacts de sortie supplémentaires peuvent être fournis grâce à l'utilisation d'un
maximum de trois cartes de relais supplémentaires.

3.3.3.10. Carte IRIG-B


La carte IRIG-B est disponible en option à la commande. Elle fournit une
référence de synchronisation précise à l'équipement. Elle est utilisable lorsqu'un signal
IRIG-B est disponible. Le signal IRIG-B est connecté à la carte par l'intermédiaire d'un
connecteur BNC à l'arrière de l'équipement. Les informations fournies permettent de
synchroniser l'horloge interne en temps réel de l'équipement avec une précision de 1
ms. L'horloge interne ainsi réglée est utilisée pour l'horodatage des enregistrements
d'événements, de défauts, de maintenance et de perturbographie.

La carte IRIG-B peut également être fournie avec un émetteur/récepteur à fibres


optiques appliqué au port arrière de communication à la place d'un raccordement
électrique EIA(RS) 485 (CEI 60870 uniquement).

3.3.3.11. Seconde carte de communication arrière


Pour les équipements utilisant le protocole Modbus, CEI 60870-5-103 ou DNP3
sur le premier port de communication arrière, un second port de communication arrière
peut être monté en option pour utiliser le langage Courier. Cette connexion peut
s'établir via l'une des trois liaisons physiques suivantes : paire torsadée K-Bus (non
sensible à la polarité), paire torsadée EIA(RS) 485 (sensible à la polarité) ou EIA(RS)
232.

La seconde carte de communication arrière et la carte IRIG-B s'excluent


mutuellement car elles utilisent le même emplacement. C'est pour cette raison qu'il y a
deux versions pour la seconde carte de communication arrière : une avec entrée IRIG-
B et l'autre sans. L'implantation physique de la seconde carte de communication arrière
est illustrée à la figure 3.2.

45
Chapitre 3 : Etude de la protection différentielle de la ligne Sakété 2

Figure 3.3 : Port de communication arrière

3.3.3.12. Carte Ethernet


La carte Ethernet, actuellement uniquement disponible sur les équipements à
variante de communication UCA2, prend en charge les connexions réseau de type
suivant :

 10BASE-T ;
 10BASE-FL ;
 100BASE-TX ;
 100BASE-FX.
Pour toutes les connexions réseau de type cuivre, un connecteur RJ45 est pris en
charge.

Les connexions réseau fibre 10Mo utilisent un connecteur ST tandis que les
connexions 100Mo utilisent la connexion fibre SC.

La carte Ethernet est équipée d'un processeur supplémentaire, un PPC Motorola,


avec un bloc mémoire, chargé de gérer toutes les fonctions de réseau telles que les
fonctions TCP/IP/OSI fournies par VxWorks et les fonctions de serveur UCA2/MMS
fournies par Sisco inc. Le bloc mémoire supplémentaire contient aussi le modèle de
données UCA2 pris en charge par l'équipement.

46
Chapitre 3 : Etude de la protection différentielle de la ligne Sakété 2

3.3.4. Disposition mécanique


Le boîtier de l'équipement est fabriqué en acier préfini, recouvert d'un revêtement
conducteur en aluminium et en zinc. Cela garantit une bonne mise à la terre au niveau
de toutes les jointures, donnant ainsi un chemin de faible impédance vers la terre. Cette
précaution est essentielle à un fonctionnement performant en présence d'interférences
externes. Les cartes et les modules utilisent une technique de mise à la terre en
plusieurs points pour améliorer l'immunité aux interférences externes et pour
minimiser les effets d'interférences de circuits. Les plans de masse sont utilisés sur les
cartes pour réduire les chemins d'impédance. Des pinces à ressort sont utilisées pour
mettre les pièces métalliques des modules à la masse.

Les borniers à forte capacité servent aux raccordements de signaux d'intensité et


de tension à l'arrière de l'équipement. Les borniers à capacité normale sont utilisés
pour les signaux tout-ou-rien d'entrées logiques, pour les contacts de relais de sortie,
pour l'alimentation électrique et pour le port arrière de communication. Un connecteur
BNC est utilisé pour le signal IRIG-B en option. Des connecteurs type D femelles 9
broches et 25 broches servent à la communication des données à l'avant de
l'équipement.

A l'intérieur de l'équipement, les cartes à circuits imprimés sont raccordées sur


les connecteurs arrière. Elles ne peuvent être extraites que par l'avant de l'équipement.
Les connecteurs des entrées des transformateurs de courant de l'équipement sont dotés
de court-circuiteurs internes à l'équipement. Ces liaisons permettent de court-circuiter
automatiquement les circuits des transformateurs de courant avant le débrochage de la
carte.

La face avant comporte un clavier à membrane avec des touches tactiles


arrondies, un écran à cristaux liquides (LCD) et 12 diodes électroluminescentes (LED)
montées sur une plaque support en aluminium.

47
Chapitre 3 : Etude de la protection différentielle de la ligne Sakété 2

3.3.5. Caractéristiques de la protection différentielle de phase


Le principe général de fonctionnement de la protection différentielle consiste à
calculer la différence entre les courants entrant et sortant de la zone protégée. La
protection entre en action dès que cette différence excède un seuil défini.

Les courants différentiels peuvent également être générés, en cas de défaut


externe, par une saturation TC. Pour assurer la stabilité lors de défauts externes,
l’équipement utilise une technique de retenue. Cette méthode augmente la valeur de
réglage du seuil différentiel proportionnellement à la valeur du courant de défaut
traversant pour éviter le déclenchement intempestif de la protection. La figure 3.3
montre les caractéristiques de fonctionnement de l’élément de protection différentielle
de phase du P542.

48
Chapitre 3 : Etude de la protection différentielle de la ligne Sakété 2

Figure 3.4 : Courbe caractéristique de la retenue de l’équipement

Cette allure caractéristique est déterminée par quatre réglages de protection :

Is1 : le réglage de base du courant différentiel qui détermine le seuil de détection


minimum de la protection ;

k1 : le réglage bas du pourcentage de retenue utilisé lorsque le courant de retenue est


inférieur à Is2. Ceci assure la stabilité vis-à-vis des petites erreurs de TC tout en
conférant une bonne sensibilité aux défauts résistifs dans le cas de lignes très
chargées ;

49
Chapitre 3 : Etude de la protection différentielle de la ligne Sakété 2
Is2 : le réglage du seuil du courant de retenue au-dessus duquel un pourcentage plus
élevé de retenue k2 est utilisé ;

k2 : le réglage haut du pourcentage de retenue utilisé pour augmenter la stabilité de la


protection lors de courants de défauts externes élevés.

Le courant différentiel (Idiff) est calculé en tant que somme vectorielle des
courants entrant dans la zone protégée.

Idiff = I̅1 + I̅2 + I̅3

Le courant de retenue Iret (appelé Ibias sur la figure de la caractéristique) est la


moyenne des courants mesurés à chaque extrémité de ligne. Il est déterminé par la
somme scalaire du courant à chaque extrémité, divisée par deux.

|I1| + |I2 | + |I3 |


Iret
2

Chacun de ces calculs est effectué phase par phase. Le niveau de la retenue
appliqué à chaque élément est la valeur calculée la plus élevée des trois pour obtenir le
maximum de stabilité.

Les critères de déclenchement peuvent être formulés comme suit :

1- pour |𝐼𝑟𝑒𝑡 | < Ιs2 et |Idiff| > k1×|𝐼𝑟𝑒𝑡 | + Ιs1 ;

2- pour |𝐼𝑟𝑒𝑡 | > Ιs2 et |Idiff| > k2×|𝐼𝑟𝑒𝑡 | - (k2 - k1) × Ιs2 + Ιs1.

Lorsqu’un ordre de déclenchement est généré par l’élément différentiel, en plus


du déclenchement du disjoncteur local, l’équipement envoie un signal de télé
déclenchement différentiel aux extrémités distantes. Ceci assure le déclenchement de
toutes les extrémités de la ligne protégée, même dans des conditions d'extrémité en
antenne passive.

Pour calculer le courant différentiel entre les extrémités de la ligne, il est


nécessaire que les échantillons de courant à chaque extrémité soient prélevés au même
instant. Ceci peut être réalisé par la synchronisation temporelle de l’échantillonnage
50
Chapitre 3 : Etude de la protection différentielle de la ligne Sakété 2
ou, sinon, par le calcul en continu du retard de transmission entre les extrémités de
ligne. La gamme des équipements P540 a adopté cette seconde technique. A cet effet,
deux types de synchronisation sont utilisés pour l’alignement temporel des vecteurs de
courant :

 synchronisation des vecteurs courant sans entrée GPS (technique classique) ;


 synchronisation des vecteurs courant avec entrée GPS qui nécessite le
déploiement de réseaux HNS (Hiérarchie Numérique Synchrone).

3.4. Courant capacitif

Le courant capacitif d’une ligne ou d’un câble sera vu comme un courant


différentiel. Si ce courant est d’une amplitude suffisamment élevée, comme c’est le cas
pour les câbles et les lignes aériennes de grande longueur, un déclenchement
intempestif de la protection peut se produire. Deux problèmes apparaissent avec le
courant capacitif : le premier est le régime transitoire à la mise sous tension de la ligne
et le deuxième le courant capacitif en régime permanent. Le courant capacitif en
régime transitoire (ou courant d’appel) est constitué principalement d’harmoniques
d’ordre élevé (9 et 11 par exemple). Le filtrage de Fourier utilisé par les protections
P540 supprime ces composantes harmoniques et apporte donc une stabilité.

Le courant capacitif en régime permanent est à la fréquence fondamentale et peut


donc provoquer le déclenchement intempestif de la protection.

Pour éviter ce risque, les protections P540 intègrent une fonction destinée à
soustraire le courant capacitif du courant mesuré avant de calculer la valeur
différentielle. Cette fonction nécessite une entrée de tension et, de ce fait, est
uniquement disponible sur les modèles P543, P544, PP545 et P546 donc pas
disponible sur notre relais. La figure 3.4 présente le modèle une ligne avec les courants
capacitifs.

51
Chapitre 3 : Etude de la protection différentielle de la ligne Sakété 2

Figure 3.5 : Modèle électriqe d’une ligne

IL : Courant d'extrémité de ligne locale ;

IR : Courant d’extrémité de ligne distante ;

VL : Tension d’extrémité locale ;

VR : Tension d’extrémité distante ;

ZL : Impédance de ligne ;

IchL : Courant capacitif d'extrémité locale ;

IchR : Courant capacitif d’extrémité distante.

D’après la figure 3.2, il est évident que le courant capacitif de la ligne en un point
donné est égal à la tension en ce point multipliée par la susceptance directe de ligne. Il
est donc possible pour les équipements de protection à chaque extrémité de ligne de
calculer les courants capacitifs de ligne respectifs et d’effectuer une correction en
conséquence.

Le courant différentiel (Ιd) peut être calculé comme suit :

Ιd = ΙL + ΙR - ( jVLBS /2) - ( jVRBS /2)

Ιd = {ΙL - ( jVLBS /2)} + {ΙR - ( jVRBS /2)}

Ιd = Courant équipement local + courant équipement distant

52
Chapitre 3 : Etude de la protection différentielle de la ligne Sakété 2
avec BS est la susceptance directe de ligne.

Cette fonction peut être activée ou désactivée. Si elle est sélectionnée, les
données de courant réel de phase dans le message de protection sont remplacées par
{I - (jVBS/2)}.

Un certain nombre de réglage permet la protection efficiente de la zone protégée.

3.5. Etude des réglages de la ligne sakété 2


Quatre réglages sont tous configurables par l’utilisateur pour assurer une bonne
protection différentielle. Cette souplesse de réglage permet de personnaliser les
caractéristiques de la protection afin de l’adapter à une sensibilité et des spécifications
de TC particulières. Parmi ces quatre réglages trois sont recommandés par le fabricant
après certaines expériences. Ainsi nous adoptons les trois réglages suivants :

 Is2 = 2,0 pu
 k1 = 30%
 k2 = 150%.

Ces réglages doivent donner une caractéristique de protection convenable dans la


plupart des applications.

Seul le réglage Is1 reste à déterminer. La valeur de ce réglage doit être supérieure
à la valeur éventuelle de l’écart entre les rapports des TC des extrémités de ligne, s’il
se produit ; elle doit également prendre en compte le courant capacitif. La figure 3.4
décrit le principe du dispositif de protection de la ligne L210.

En observant le circuit montre à la figure 3.5, les valeurs de réglage pour


l’élément différentiel du courant de phase peuvent être définies.

53
Chapitre 3 : Etude de la protection différentielle de la ligne Sakété 2

Figure 3.6 : Schéma de la protection

Les valeurs suivantes doivent être réglées comme suit :

Is2 = 2,0 pu

k1 = 30 %

k2 = 150 % (pour une application a 2 extrémités)

Le réglage de Is1 reste à définir. Dans le cadre de notre travail nous utilisons le relais
P542. Aucune possibilité de compensation du courant capacitif de la ligne n’est
possible par le relais. La valeur de Is1 doit donc être réglée à 2,5 fois la valeur du
courant capacitif en régime permanent.

 Détermination du courant capacitif la ligne L210

Le courant capacitif d’une ligne est obtenu par la formule [8]:

U(kV)xC(µF)xωx√3
Ich = 𝑥𝐿
1000

U représente la tension de service la ligne en kV;

C représente la capacitance linéique de la ligne en µF/km ;

L la longueur de la ligne en km ;

ω représente la fréquence du courant alternatif en rad/s.

Pour U = 161 kV, CxL = 0,55232 µF, ω = 2x50xpi = 314 rad/s, on a :

54
Chapitre 3 : Etude de la protection différentielle de la ligne Sakété 2
161x0.55232x100x3,14x√3
Ich =
1000

Ich = 48,36 A

 Determination de Is1

Is1 doit être supérieur à 2.5Ich

D’ou Is1 > 2,5 x 48,36 A

Soit Is1> 120,906 A.

Les TC de ligne ont au primaire une valeur nominale de 400 A et de 800A. Le courant
de base adopté sera de 800A [9] puisque c’est ce courant qui offre le courant de seuil
Is1 le plus bas. La valeur de Is1 doit donc être supérieure à 120,906/800 = 0,302 pu.

On choisit donc :

Is1 = 0,4 pu.

Lorsque le courant capacitif est faible ou négligeable, le réglage d'usine par


défaut de 0,2 In doit être applique.

3.6. Apport du dispositif à la qualité de l’énergie fournie et à la fiabilité du réseau


La protection différentielle participe à la qualité du réseau en ce sens qu’elle
permet d’isoler la portion en défaut et assure la continuité du service au client connecté
au reste de la ligne.

De plus cette protection apporte un gain en terme de d’énergie puisque sa


présence permet d’identifiera des poches de fuite de courant qui constituaient des
sources de pertes énergétiques et un manque gagner à la société de transport.

De même du point de vue qualité sinusoïdale du courant, la protection


différentielle jouera un rôle capital étant donné que les courants parasites qui
s’ajouteraient au cours du transport sera constaté et des dispositions seront prises par
les techniciens afin d’y pallier ou afin d’amoindrir leurs effets sur la qualité de
l’énergie fournie aux clients.
55
Chapitre 3 : Etude de la protection différentielle de la ligne Sakété 2
La qualité de l’énergie fournie aux clients participe à la durabilité des
équipements des clients au meilleur rendement de ceux-ci et donc une satisfaction
permanente des clients du réseau.

Conclusion
Dans ce chapitre, nous avons étudié et proposé un système de protection
différentielle de la ligne L210. Mais bien avant, nous avons effectué une brève
présentation de la ligne à protéger. Le relais de protection proposé est le relais
MiCOM P542. Grâce à ce relais la ligne L210 pourra être préservée des défauts
différentiels. Nous avons également étudié les différents réglages nécessaires à la mise
en œuvre de ce dispositif pour assurer la protection parfaite de la ligne L210.

56
Conclusion générale

Conclusion générale

57
Conclusion générale
Un réseau électrique est un système complexe constitué d’éléments passifs et
d’éléments actifs (composants, matériels et équipements électriques) qui s’influencent
mutuellement. Le fonctionnement du système dans le temps et dans l’espace est le
résultat de toutes ces interactions, conformément aux lois de l’électricité. Etant donné
que la fiabilité d’un réseau électrique dépend de trois facteurs à savoir :

- Qualité de l’énergie offerte aux clients ;

- Disponibilité de l’énergie dans le temps ;

- Coût de maintenance réduit ;

il est important de prévoir dès la conception du réseau, les moyens nécessaires qui
concourent à son exploitation aisée. Parmi ces moyens, nous citons les protections qui
constituent une partie essentielle des réseaux. Compte tenu de leur architecture très
complexe et très sensible, les réseaux électriques nécessitent une protection contre les
différents types d’anomalies telles que les courts-circuits, les surtensions, les
surintensités, les fuites de courant, …etc.

Nous avons étudié la protection différentielle du réseau haute tension 161kV


reliant la ville de Cotonou à celle de Sakété passant par le Poste de Maria-Gléta. Ce
type de protection est surtout intéressant contre les fuites de courant et les défauts
d’isolement qui ne sont presque pas constatés par la protection de distance dans les
réseaux en mettant parfois hors service la zone qui porterait un défaut ou simplement
en signalant la zone de défaut pour que des mesures correctives soient prises.

La protection est réalisée par un relais, des réducteurs de tension, des réducteurs
d’intensité et des coupes circuit (disjoncteurs, sectionneur,…)

Le principe de fonctionnement du relais est basé sur des mesures d’intensité de


courant aux extrémités de la ligne protégée. Le relais compare les valeurs obtenues. Le
résultat de cette comparaison est ensuite comparé avec les paramètres préréglés dans
l’appareil avant de donner l’ordre de couper la zone qui porte le défaut. Le relais
renseigne ensuite sur la position du défaut.

58
Conclusion générale
La précision dans le fonctionnement du relais dépend de l’étude des paramètres
de réglage liés aux calculs d’ingénierie qui doivent être minutieusement faits avec les
grandeurs propres de l’installation à protéger.

Le bon choix des paramètres de réglage de la protection assure à la fois une


bonne sécurité des personnes contre les électrisations, et une parfaite sécurité des biens
contre les effets destructifs des courants forts sur les câbles, lignes, jeux de barres, …
etc., ainsi qu’une bonne continuité de service globale du réseau HT en isolant la partie
en défaut du réseau afin de préserver le fonctionnement du reste du réseau.

59
Références bibliographiques

Références bibliographiques
[1] : Schneider Electric, Protection des réseaux électriques, Guide de la protection,
2003.

[2] : CHERIF Med Foudhil, CHERIF Khayr Eddine, Calcul des protections d’une
ligne de transport électrique HTB 220 kV, Mémoire de Master, Université KASDI
MERBAH – OUARGLA, juin 2014.

[3] : ZELLAGUI Mohamed, Étude des protections des réseaux électriques MT (30 &
10 kV), Mémoire de Master, Université MENTOURI CONSTANTINE, juillet 2010.

[4] : GRTE, Manuel de réglages des protections des réseaux SONELGAZ, aout 2004.

[5] : MICROENER, Protection des lignes aériennes HTB, Cahier Technique.

[6] : ICE, Choix des Relais de Protection, guide d’application des relais de protection.

[7] : AREVA, MiCOM P541, P542, P543, P544, P545, P546 Protections
différentielles de courant, Guide technique.

[8] : Christian Puret, les réseaux de distribution publique MT dans le monde, Cahier
Technique n°155, septembre 1991.

[9] : Théodore WILDI, Electrotechnique, 3ème Edition.

60
Table des matières

Table des matières


REMERCIEMENTS ................................................................................................... II
SIGLES & ABREVIATIONS ....................................................................................III
LISTE DES FIGURES ET TABLEAU ....................................................................... V
RESUME .................................................................................................................. VI
ABSTRACT ............................................................................................................. VI
SOMMAIRE ............................................................................................................ VII
INTRODUCTION GENERALE ..................................................................................1
PREMIERE PARTIE : STRUCTURE D’ACCUEIL ET DEROULEMENT DU
STAGE ........................................................................................................................3
Chapitre 1 : Structure d’accueil et déroulement du stage ..............................................4
1.1. Présentation de la CEB ..........................................................................................4
1.1.1. Structure organisationnelle .............................................................................4
1.1.2. Organigramme de la DRTB ............................................................................6
1.1.3. Clients et fournisseurs de la CEB ...................................................................7
1.1.3.1. Les fournisseurs de la CEB ....................................................................7
1.1.3.2. Les clients de la CEB ..............................................................................7
1.1.4. Infrastructures de production d’énergie électrique ..........................................8
1.1.4.1. Infrastructures de production au TOGO ..................................................8
1.1.4.2. Infrastructures de production au Bénin ....................................................8
1.1.5. Infrastructures de transport de l’énergie électrique .........................................9
1.1.5.1. Infrastructures de transport au TOGO .....................................................9
1.1.5.2. Infrastructures de transport au BENIN ....................................................9
1.1.6. Présentation du réseau de transport de la CEB ..............................................10
1.1.6.1. Schéma synoptique du réseau interconnecté de la CEB .........................10
1.1.6.2. Schéma unifilaire du poste de Vèdoko ..................................................12
1.2. Déroulement du stage ..........................................................................................13
1.2.1. Présentation de la DRTB ..............................................................................13
1.2.2. Organigramme de la DRTB ..........................................................................14
1.2.3. Travaux effectués .........................................................................................15

61
Table des matières

1.2.3.1. Travaux effectués au sein de la division exploitation .............................15


1.2.3.2 Travaux effectués au sein de la division lignes .......................................16
1.2.3.3. Travaux effectués au sein de la Division Appareillage, Contrôle
Electrique et Télécommunications (DACET) .....................................................19
1.2.4. Constats et suggestions apportées .................................................................20
DEUXIEME PARTIE : PRESENTATION DU PROJET ...........................................21
1. Problématique....................................................................................................22
2. Objectif .............................................................................................................22
3. Résultat attendu .................................................................................................23
Chapitre 2 : Généralités sur la protection des lignes aériennes HTB ...........................24
Introduction ...............................................................................................................24
2.1. Le concept de protection des réseaux électriques .................................................24
2.1.1. La définition du système de protection .........................................................24
2.1.2. Détermination des réglages des unités de protection .....................................25
2.2. Les défauts ..........................................................................................................26
2.2.1. Les différents types de défauts .....................................................................26
2.2.2. La détection des défauts ...............................................................................27
2.2.4. Les anomalies sur les réseaux électriques .....................................................28
2.3. Différents types de protection des lignes de transport ..........................................29
2.3.1. Protection de distance ..................................................................................29
2.3.1.2. Réglage de démarrage ...........................................................................30
2.3.2. La protection différentielle ...........................................................................32
2.3.2.1. Avantages et inconvénients ...................................................................33
2.3.2.2. Comparaison des deux principes de stabilisation ...................................33
Conclusion .................................................................................................................34
Chapitre 3 : Etude de la protection différentielle de la ligne HTB 161kV Sakété 2 .....35
Introduction ...............................................................................................................35
3.1. Présentation et description de la ligne ..................................................................35
3.2. Protections ..........................................................................................................35
3.2.1. Protection existante sur la ligne ....................................................................35
3.2.2. Protection complémentaire proposée ............................................................35
62
Table des matières

3.3. Etude et description du dispositif proposé [7] ......................................................36


3.3.1. Présentation de l’équipement........................................................................37
3.3.2. Logiciels de l'équipement .............................................................................38
3.3.2.1. Système d'exploitation en temps réel .....................................................38
3.3.2.2. Logiciel de supervision .........................................................................38
3.3.2.3. Logiciel de plate-forme .........................................................................38
3.3.2.4. Logiciel applicatif de protection et de contrôle ......................................39
3.3.3. Description du matériel ................................................................................39
3.3.3.1. Carte processeur ....................................................................................39
3.3.3.2. Carte coprocesseur ...............................................................................40
3.3.3.3. Bus (limande) de communication interne ..............................................41
3.3.3.4. Module d'entrée ....................................................................................41
3.3.3.5. Carte de transformateurs .......................................................................42
3.3.3.6. Carte d'entrée ........................................................................................42
3.3.3.7. Module d'alimentation (contient les contacts de sortie) .........................43
3.3.3.8. Carte d'alimentation électrique (inclus l'interface de communication
EIA(RS) 485) ....................................................................................................43
3.3.3.9. Carte de relais de sortie .........................................................................44
3.3.3.10. Carte IRIG-B ......................................................................................45
3.3.3.11. Seconde carte de communication arrière .............................................45
3.3.3.12. Carte Ethernet .....................................................................................46
3.3.4. Disposition mécanique .................................................................................47
3.3.5. Caractéristiques de la protection différentielle de phase ............................... 48
3.5. Etude des réglages de la ligne sakété 2 ................................................................ 53
3.6. Apport du dispositif à la qualité de l’énergie fournie et a la fiabilité du reseau….55
Conclusion .................................................................................................................56
CONCLUSION GENERALE ....................................................................................57
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES ....................................................................60
TABLE DES MATIERES .........................................................................................61

63

Vous aimerez peut-être aussi