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Sommaire

Séquence 7
Lire Antigone de Jean Anouilh (1)
Durée approximative : 9h00

Séance 1 Étudier le prologue d’Antigone


 Découvrir les personnages
 La mise en place du tragique moderne
 Les périphrases verbales
Séance 2 Analyser l’invention d’un nouveau personnage : la nourrice
 Un nouveau personnage : la nourrice
 La notion d’implicite
 Le conditionnel (1) : formes et valeurs du conditionnel simple
Séance 3 Étudier l’opposition de deux personnages : Antigone et Ismène
 Deux caractères opposés
 Étude de l’image
Séance 4 Comprendre l’enjeu d’une scène : les adieux à Hémon
 Analyser l’affirmation de l’héroïne tragique
 Le conditionnel (2) : formes et valeurs du conditionnel composé
 Les mots qui prennent sens dans la situation d’énonciation : les embrayeurs
Séance 5 Étude de l’image : comparaison de différentes mises en scène
 Comparer différentes mises en scène d’Antigone.
Séance 6 Je m’évalue

Socle commun
Durant cette séquence, tu auras l’occasion de développer tes connaissances et de travailler des items
des compétences ci-dessous.
Compétence 1 : La maîtrise de la langue française
- Repérer les informations dans un texte à partir des éléments explicites et des éléments
implicites nécessaires.
- Dégager, par écrit ou oralement, l’essentiel d’un texte lu.
- Écrire lisiblement un texte en respectant l’orthographe et la grammaire.
- Rédiger un texte bref, cohérent et ponctué, en réponse à une question ou à partir d’une
consigne donnée.
Compétence 5 : La culture humaniste
- Établir des liens entre les œuvres (littéraires, artistiques) pour mieux les comprendre.

4 — © Cned, Français 3e
séance 1 — Séquence 7

Séance 1
Étudier le prologue

Je peux lire aussi… Dans le cadre de cette séquence, tu peux lire aussi en
lecture cursive les œuvres suivantes :
- Sophocle : Antigone
- Jean Anouilh : Œdipe ou le Roi boiteux
- Jean Cocteau : La Machine infernale
- Jean Giraudoux : La Guerre de Troie n’aura pas lieu
- M.-T. Davidson : Rebelle Antigone (collection Histoires
noires de la mythologie, éditions Nathan)

Durée approximative : 2h
Dans cette séquence, tu vas découvrir une pièce de Jean Anouilh, Antigone, écrite en 1942,
et jouée pour la première fois en 1944, sous l’Occupation. Tu dois avoir en ta possession un
exemplaire de la pièce dans son intégralité pour pouvoir la lire au fil de cette séquence et de la
suivante. Cette œuvre s’inspire de la pièce de l’auteur grec Sophocle (Ve siècle av J.-C.) et s’inscrit
dans ce courant du théâtre français du XXe siècle qui a actualisé les mythes et les tragédies antiques.
Malgré le contexte historique de l’Occupation, la pièce de Jean Anouilh a rencontré un grand succès
et a suscité de nombreuses interprétations.
Prends une nouvelle page dans ton cahier. En haut, note le numéro et le titre de la séquence en
rouge. Encadre-les.
Saute deux lignes, puis note le numéro et le titre de la séance en rouge. Souligne-les. Fais ensuite le
travail demandé.
Pour étudier cette séquence et la suivante, tu dois te procurer le texte intégral d’Antigone
d’Anouilh, dans l’édition de la Table Ronde.
Tu numéroteras les lignes des extraits étudiés, au crayon de papier, de 5 en 5, à partir de la ligne 1
pour chaque extrait.
Bien sûr, et c’est valable pour tous les textes, tu ne compteras pas :

- les lignes correspondant aux noms des personnages (« LE PROLOGUE » est une ligne que tu
ne compteras pas) ;
- les autres didascalies (elles sont en italique), sauf si celles-ci se trouvent dans une réplique.
Dans le tableau page suivante, la numérotation des lignes a été faite dans le texte d’avril 2012
(ISBN 978-2-7103-3040-0). Tu peux utiliser un exemplaire plus ancien, mais la pagination et la
numérotation des lignes pourraient varier un peu.

© Cned, Français 3e — 5
Séquence 7 — séance 1

Extraits étudiés Pages Début Fin Notes


La didascalie pp. 9 à 13 « Un décor neutre. » « […] « Prologue » :
initiale et le (l. 1) impitoyablement début introduction
Prologue puni de mort. » dans un ouvrage
(l. 118) littéraire ; ici,
personnage chargé
d’introduire les
personnages et
l’intrigue.
- « noiraude » : au
teint mat.
- « un office
sordide » : une
fonction ignoble et
répugnante.
- « frustes » :
grossiers.
- « sépulture » :
tombe.
Antigone et sa pp. 16 à 20 « D’où viens-tu, « Et il ne faut pas - « t’attifer » :
nourrice mauvaise ? » (l. 1) que je sois petite t’habiller de
ce matin ». (l. 92) manière ridicule.
- « des laits de
poule » : boissons
à base de lait, de
crème, de sucre et
de jaune d’oeuf.
Antigone et pp. 23 à 30 « J’ai bien pensé « […] Hémon « pondérée » :
Ismène toute la nuit. Tu es sera tout à calme, réfléchie.
folle ». (l. 1) l’heure une
affaire réglée ».
(l. 121)
Antigone et pp. 38 à 44 « Ne ris pas ce « […] C’est fini
Ismène matin. Sois grave ». pour Hémon,
(l. 1) Antigone ».
(l. 118)

Dans cette première séance, tu vas lire le prologue de la pièce. Tu étudieras le tragique moderne
selon Jean Anouilh et tu découvriras un point de langue : les périphrases verbales.
Avant de commencer ton travail, complète le « Je vérifie mes connaissances ».

j e vérifie mes connaissances


 Traditionnellement une pièce de théâtre classique est divisée en A _ _ _ _ (notés I, II,
III…), eux-mêmes divisés en S _ _ _ _ _ (notées 1, 2, 3…). La pièce Antigone, de Jean
Anouilh, ne présente pas ces divisions, mais on pourrait les retrouver en s’appuyant
sur l’E_ _ _ _ _ et la S _ _ _ _ _ des personnages.
 Les indications de mise en scène, toujours écrites en italique, se nomment des
D _ _ _ _ _ _ _ _ _ _.
Vérifie tes réponses en consultant le livret de corrigé puis réponds aux questions qui suivent.
6 — © Cned, Français 3e
séance 1 — Séquence 7

A Découvrir les personnages

1- a) Par qui apprenons-nous les informations essentielles à la compréhension de la pièce ?

b) Le discours du Prologue permet-il d’entretenir le suspense sur la fin de la pièce ?

Justifie ta réponse.

c) Est-ce un début habituel pour une pièce de théâtre ?

2- a) Qui sont les différents personnages présentés par le Prologue ?

b) Selon toi, pourquoi les personnages sont-ils présentés dans cet ordre ?

c) En t’appuyant sur les informations données par le Prologue, complète l’arbre

généalogique d’Antigone.

d) Rends à chacun des personnages du tableau suivant ses caractéristiques.

blonde – noiraude – robuste – renfermée – belle – fatigué – heureuse – aux cheveux blancs –

petite maigre

Antigone Ismène Créon


- - -
- - -
- - -

© Cned, Français 3e — 7
Séquence 7 — séance 1

e) D’après les indications données par le Prologue, identifie les différents personnages
sur la photographie suivante.

Antigone, mise en scène d’André Barsacq, théâtre de l’Atelier, février 1944


© Studio Lipnitzki/Roger-Viollet.

f) Deux personnages mentionnés dans le dernier paragraphe du prologue (l.99 à 118) ne


peuvent être présents sur la scène : lesquels ? Quelle est la raison de leur absence ?

Vérifie tes réponses dans le corrigé puis recopie et mémorise le « Je retiens… » qui suit.

j e retiens Le mythe d’Antigone


Antigone est la fille d’Œdipe, le roi de Thèbes, et de Jocaste. Après la mort d’Œdipe,
les deux frères d’Antigone, Étéocle et Polynice se sont entretués car Polynice voulait
s’emparer du pouvoir qu’Étéocle ne voulait pas partager. Créon, l’oncle d’Antigone,
a rendu à Étéocle les honneurs funèbres mais a interdit, sous peine de mort, que l’on
enterre la dépouille de Polynice. Antigone désobéit et tente d’enterrer son frère, au prix
de sa vie.

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séance 1 — Séquence 7

B La mise en place du tragique moderne

1- a) À qui s’adresse le personnage du Prologue par l’emploi du pronom « vous » ?

b) Dans le passage « de nous qui n’avons pas à mourir ce soir » (l. 24-25), qui le pronom
« nous » désigne-t-il ?

c) Selon toi, le personnage du Prologue fait-il partie des personnages de la pièce ou des
spectateurs ? Justifie ta réponse.

d) Relève dans les lignes 6 à 25 (de « Voilà. Ces personnages vont vous jouer » à « de
nous qui n’avons pas à mourir ce soir. ») les mots ou expressions appartenant au
champ lexical du théâtre.

e) Le spectateur peut-il oublier qu’il assiste à une représentation théâtrale ? Justifie ta


réponse.

2- a) Quel adjectif qualificatif, employé deux fois à la ligne 14, « se dresser seule en face du
monde, seule en face de Créon » met en valeur la solitude d’Antigone ?

b) Quel verbe, employé aux lignes 8 et 12, annonce le destin d’Antigone ?

c) Quels sont les deux autres personnages qui subiront le même sort ? Souligne dans le
discours du Prologue les expressions qui l’annoncent.

d) D’après toi, Antigone peut-elle échapper à son destin ? Relève une phrase du prologue
qui le montre.

e) Puisque le spectateur connaît déjà la fin tragique d’Antigone, quel est l’intérêt de cette
pièce ?

3- a) On appelle « anachronisme » le fait de placer à une époque un élément qui appartient


à une autre époque. Relève un anachronisme* dans la didascalie* initiale (l. 1 à 5).

b) Repère un autre exemple d’anachronisme dans le discours du Prologue.

c) Que veut montrer l’auteur en introduisant ces anachronismes ?

d) Dans la didascalie* initiale, on apprend que les personnages « bavardent, tricotent, jouent
aux cartes ». Ces attitudes te semblent-elles nobles ou familières ?

Tu peux maintenant vérifier tes réponses dans le corrigé avant de poursuivre ton travail.

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Séquence 7 — séance 1

4- Voici le prologue de la pièce de Sophocle, constitué des premières répliques. Lis-le


attentivement puis réponds aux questions qui suivent.
ANTIGONE
ANTIGONE
1 1 Ô tête d’Ismène,
Ô tête d’Ismène, issue de lademême
issue la mêmefamille et d’un
famille sangsang
et d’un fraternel,
fraternel,
DesDes
maux légués
maux par par
légués Œdipe,
Œdipe,
En connais-tu
En connais-tu quequeZeusZeus
1
ne1nous
ne nousépargne pas,pas,
épargne à nous qui qui
à nous vivons encore
vivons ? […]
encore ? […]
Et maintenant, quelle est, dit-on, cette nouvelle proclamation
Et maintenant, quelle est, dit-on, cette nouvelle proclamation
5 5 QueQue
le chef a imposée
le chef a imposéerécemment
récemment à l’ensemble de ladecité
à l’ensemble ? ?
la cité
En sais-tu quelque
En sais-tu quelquechose et l’as-tu
chose entendue
et l’as-tu ? Ou? Ou
entendue bienbien
t’échappe-t-il
t’échappe-t-il
QueQue
les maux
les mauxportés par par
portés nos nos
ennemis vontvont
ennemis atteindre ceuxceux
atteindre queque
nousnous
aimons ? ?
aimons

ISMÈNE
ISMÈNE
À moi, Antigone, aucun propos ne m’est parvenu
À moi, Antigone, aucun propos ne m’est parvenu sur sur ceuxceux
qui qui
nousnous
sontsont
chers
chers
Ni d’apaisant ni de douloureux,
Ni d’apaisant ni de douloureux,
10 10 Depuis queque
Depuis toutes deux
toutes avons
deux été privées
avons de nos
été privées deux
de nos frères
deux frères
Morts en un
Morts en seul jourjour
un seul d’une main
d’une réciproque.
main réciproque.
Et puisque l’armée
Et puisque des des
l’armée Argiens 2
Argiensest2 partie cettecette
est partie nuitnuit
même, je nejesais
même, rienrien
ne sais de plus,
de plus,
Ni qui me me
Ni qui rende plusplus
rende heureuse ni qui
heureuse m’afflige
ni qui davantage.
m’afflige davantage.

ANTIGONE
ANTIGONE
Je leJesavais bien,
le savais et c’est
bien, pourquoi
et c’est je t’ai
pourquoi entraînée
je t’ai horshors
entraînée des des
portes du palais,
portes du palais,
15 15 AfinAfin
queque
tu sois seule
tu sois à m’entendre.
seule à m’entendre.

ISMÈNE
ISMÈNE
Qu’y a-t-il ? Car, à l’évidence, tu médites quelque projet.
Qu’y a-t-il ? Car, à l’évidence, tu médites quelque projet.

ANTIGONE
ANTIGONE
CréonCréonn’a-t-il pas,pas,
n’a-t-il de nos deux
de nos frères,
deux frères,
JugéJugél’unl’un
digne, et l’autre
digne, indigne
et l’autre des des
indigne honneurs
honneurs de ladesépulture ? ?
la sépulture
PourPourÉtéocle, à ceàqu’on
Étéocle, ce qu’ondit, dit,
20 20 Il a Ilvoulu fairefaire
a voulu preuve
preuvede justice
de justiceet deetrespect de ladecoutume,
de respect la coutume,
Et ilEtl’ail fait ensevelir pour qu’il reçoive les honneurs
l’a fait ensevelir pour qu’il reçoive les honneurs du monde
du monded’end’en
bas.bas.
En revanche,
En revanche, pourpour
le cadavre
le cadavrede Polynice
de Polynice mortmort
misérablement,
misérablement,
On Ondit qu’il a fait
dit qu’il proclamer
a fait proclamer
De neDepas l’enterrer
ne pas dansdans
l’enterrer uneunetombetombeni que quelqu’un
ni que quelqu’un le pleure, […][…]
le pleure,
25 25 Et ilEtneilprend pas pas
ne prend cettecette
affaire à laàlégère
affaire : quiconque
la légère : quiconque commettra
commettral’unl’un
de ces actes
de ces actes
SeraSeracondamné
condamnéà mort par par
à mort lapidation 3
lapidation de3ladecité.
la cité.

Sophocle, Antigone,
Sophocle, versvers
Antigone, 1 à 38,
1 à 441 av. J.-C.,
38, 441 traduit
av. J.-C., du grec
traduit par É.
du grec parBallanfat © Magnard
É. Ballanfat 2011.
© Magnard 2011.

NOTES
NOTES: :
1- «1-
Zeus » : roi
« Zeus » : des dieux
roi des dansdans
dieux la mythologie grecque.
la mythologie grecque.
2- «2-
l’armée des des
« l’armée Argiens » : les
Argiens » : sept princes
les sept grecs
princes venus
grecs aideraider
venus Polynice à prendre
Polynice le trône
à prendre de Thèbes.
le trône de Thèbes.
3- «3-
par« par
lapidation » : à»coups
lapidation de pierres.
: à coups de pierres.

a) Par qui apprenons-nous les informations sur l’histoire de la pièce dans le prologue de
Sophocle ?
b) À quel paragraphe du prologue de Jean Anouilh ces informations correspondent-elles ?
c) Dans la tragédie de Sophocle, qui impose le destin aux hommes ? Souligne, dans la
première réplique d’Antigone, l’expression qui t’a permis de répondre.

Vérifie maintenant tes réponses dans le livret de corrigés, puis recopie et apprends le « Je retiens… »
qui suit.
10 — © Cned, Français 3e
séance 1 — Séquence 7

j e retiens Le tragique moderne dans Antigone


• La tragédie met en scène des héros marqués par le malheur, luttant contre des forces qui
les dépassent. Le destin (la fatalité) les précipite vers leur mort de manière inexorable.
• Dans Antigone, Jean Anouilh met en place un tragique moderne qui se caractérise par :
 La personnification du prologue : Jean Anouilh personnifie son texte d’introduction sous
la forme d’un personnage intermédiaire entre les spectateurs et les personnages de la
pièce. Son discours a une fonction informative. Il correspond à la scène d’exposition des
pièces classiques.
 La rupture avec l’illusion théâtrale : le Prologue s’adresse directement aux spectateurs en
présentant des comédiens qui vont jouer un rôle.
 L’accent est mis, non plus sur le destin des personnages, leur mort annoncée étant connue
de tous, mais sur la manière dont le piège va se refermer sur eux.
 Une rupture avec le contexte antique : la familiarité des attitudes, les anachronismes
donnent une dimension contemporaine à la pièce. L’aspect religieux est évacué : les dieux
de Sophocle n’apparaissent plus.

C Les périphrases verbales


1- « Ces personnages vont vous jouer l’histoire d’Antigone. »
« elle va surgir soudain de la maigre jeune fille noiraude […] »
« il va falloir qu’elle joue son rôle jusqu’au bout… »
a) De quels éléments sont composés les groupes de mots soulignés dans ces trois extraits ?
b) Par quelle formule peut être remplacée l’expression « elle va surgir » ?
 elle surgira.
 elle a surgi.
 elle veut surgir.

Vérifie tes réponses dans le corrigé puis recopie et mémorise le « Je retiens… » qui suit.

j e retiens Les périphrases verbales


Une périphrase verbale est une forme verbale composée d’un verbe conjugué suivi d’un
verbe à l’infinitif.
Le verbe conjugué est souvent un semi-auxiliaire (aller, commencer, venir de, pouvoir…) qui
apporte des précisions sur l’action contenue dans le verbe à l’infinitif.
On distingue :
1- Les périphrases temporelles : elles situent l’action du verbe dans le temps.
• Aller (+ inf.) et être sur le point de (+ inf.) expriment le futur proche : Antigone va mourir tout
à l’heure.
• Venir de (+ inf.) exprime le passé proche : Le rideau vient de se lever.

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Séquence 7 — séance 1

2- Les périphrases aspectuelles : elles présentent l’action dans son déroulement.


• Commencer à (+ inf.) indique que l’action vient de débuter :
Ex : Antigone commence à désobéir.
• Etre en train de (+ inf.) indique que l’action est en cours :
Ex : Ismène est en train de bavarder.
• Continuer à (+ inf.) traduit la durée de l’action :
Ex : Le Prologue continue à parler.
3- Les périphrases modales : elles précisent le point de vue du locuteur sur ce qu’il dit.
• Pouvoir (+ inf.) exprime la possibilité, la permission ou la capacité :
Ex : Antigone ne peut échapper à son destin.
• Devoir (+ inf.) exprime l’obligation :
Ex : Antigone doit enterrer son frère.
• Faire (+ inf.) et laisser (+ inf.) indiquent que le sujet du verbe n’est pas celui qui fait
réellement l’action du verbe à l’infinitif :
Ex : Créon a fait enterrer Étéocle. (= Il ne l’enterre pas de ses propres mains.)

Entraîne-toi en effectuant le petit exercice qui suit.


2- Dans chacune des phrases suivantes, encadre la périphrase verbale et précise à la fin si
cette périphrase est temporelle (T), aspectuelle (A) ou modale (M).
a) Le Prologue nous fait comprendre qu’Hémon mourra. ___
b) Créon vient d’accéder au trône de Thèbes. ___
c) Les trois gardes sont en train de jouer aux cartes. ___
d) La belle Ismène continue de rire avec Hémon. ___
e) Le Prologue va sortir. ___
f) Jamais Antigone ne laissera passer l’occasion de rendre hommage à son frère. ___

le coin des curieux

Le mythe d’Œdipe
Abandonné à sa naissance par ses parents, après qu’un oracle leur a prédit qu’il tuerait son
père et épouserait sa mère, Œdipe est recueilli par le roi et la reine de Corinthe et reçoit une
éducation de prince. Plus tard, il les quitte et se querelle à un carrefour avec un inconnu
qu’il tue. Il délivre ensuite le royaume de Thèbes du sphinx qui terrorisait la région. Œdipe
devient roi de Thèbes en épousant Jocaste dont il a quatre enfants. Mais il découvre un jour
la vérité sur ses parents. L’inconnu qu’il avait tué était son père, Laïos, et Jocaste, sa femme,
est en réalité sa mère. Jocaste se suicide et Œdipe se crève les yeux. Il est alors chassé de
Thèbes par ses fils qui s’entre-tuent pour régner.
Pour préparer la séance suivante, lis attentivement la rencontre entre Antigone et sa nourrice, qui
constitue la première scène de la pièce, aux pages 13 à 20, de la réplique de la nourrice « D’où
viens-tu ? » à la didascalie « Entre Ismène ».

12 — © Cned, Français 3e
séance 2 — Séquence 7

Séance 2
Analyser l’invention d’un nouveau personnage : la nourrice

Durée approximative : 2h

Dans cette deuxième séance, tu vas étudier la rencontre entre Antigone et sa nourrice. Cela
constitue la première scène de la pièce. Le personnage de la nourrice n’apparaît pas dans la pièce
de Sophocle, c’est donc un nouveau personnage que Jean Anouilh met en scène. Tu découvriras
la notion d’implicite et tu travailleras sur le conditionnel. Après le discours du Prologue, les
personnages sont sortis, et l’éclairage s’est modifié. La scène se déroule à l’aube. Antigone rentre
au palais, ses souliers à la main, lorsque la nourrice surgit.

Prends ton cahier. Note le numéro et le titre de la séance en rouge. Souligne-les. Fais ensuite le
travail demandé.

Numérote le texte, pages 16 à 20, de « D’où viens-tu, mauvaise ? » (qui sera la ligne 1) jusqu’à
« Et il ne faut pas que je sois petite ce matin. » Ensuite, relis cet extrait.

Pour vérifier ta bonne compréhension de la scène, réponds maintenant aux questions qui suivent.

A Un nouveau personnage : la nourrice


1- a) Quelles sont les deux apostrophes* employées par la nourrice entre les lignes 1 et 26
(jusqu’à « fanfaronne », p. 17), pour s’adresser à Antigone ? Sont-elles mélioratives ou
péjoratives ?

b) De quoi accuse-t-elle Antigone ?

c) Quel est le niveau de langage employé par la nourrice ? Souligne deux exemples dans
ses répliques.

2- a) Relis la réplique de la nourrice, page 17, de « Ah ! C’est du joli ! » (l. 9) à « Réponds


donc, fanfaronne ! » (l. 26). Quel type de phrase domine ?

b) Quel sentiment exprime ce type de phrase ?

c) Quelle menace formule la nourrice aux lignes 33 à 34 (p. 18) « mais ton oncle, ton
oncle Créon saura. Je te le promets ! »

3- a) De qui la nourrice rapporte-t-elle les propos dans les lignes 50 à 59, de « Vieille bête
[…] » à « […] le lit est froid ! » (p. 19)

b) Dans la longue réplique de la ligne 9 (« Ah ! C’est du joli ! ») à 26 « Réponds donc,


fanfaronne ! » (p. 17), quelle période de la vie d’Antigone évoque-t-elle ?

c) Que permet donc l’invention de ce personnage de la nourrice selon toi ?

Vérifie maintenant tes réponses en consultant le livret de corrigé puis poursuis ton travail.
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Séquence 7 — séance 2

B La petite Antigone
1- a) La nourrice évoque les différences entre les deux jeunes filles qu’étaient Antigone et
Ismène. Associe à chaque personnage les caractéristiques qui lui correspondaient.

Douce • • Antigone
Mauvais caractère •
Pas assez coquette • • Ismène
Bouclettes et rubans •
b) Laquelle des deux sœurs la nourrice préférait-elle ? Pour quelle raison ?
2- Relis attentivement la dernière réplique de l’extrait, page 20, de « Ne pleure plus […] »
(l. 79) à « […] que je sois petite ce matin. » (l. 92).
a) Relève les expressions employées par Antigone pour s’adresser à sa nourrice.
b) Quel sentiment traduisent ces expressions ?
c) Souligne maintenant la didascalie* qui le confirme.
d) Pourquoi les larmes de la nourrice perturbent-elles tant Antigone ?
e) Cette scène met-elle en valeur la force ou la fragilité du personnage d’Antigone selon
toi ? Justifie ta réponse.

Tu peux maintenant comparer tes réponses avec celles du corrigé. Ensuite, recopie et apprends le
« Je retiens… » qui suit.

j e retiens La nourrice : l’invention d’un personnage


Dans sa réécriture du mythe d’Antigone, Jean Anouilh introduit un nouveau
personnage : la nourrice. Elle est présentée comme une vieille servante un peu bourrue,
coléreuse, mais pleine de cœur. Ce personnage, au langage légèrement familier,
contraste avec la grandeur et la noblesse de l’univers tragique, tel qu’on le rencontre
dans l’Antiquité ou au XVIIe siècle.
Il présente cependant un réel intérêt : il permet d’apporter un éclairage sur l’enfance
d’Antigone et nous révèle sa fragilité.

C Le quiproquo et l’implicite

Rappel : Un quiproquo* est un malentendu qui fait que l’on prend une personne pour
une autre ou une chose pour une autre. Il est souvent employé au théâtre.
1- a) Cette nuit-là, qu’est allée faire Antigone en dehors de la ville ? Appuie-toi sur les
« Je retiens » de la séance 1.
b) Que comprend la nourrice lorsqu’Antigone lui dit : « J’avais un rendez-vous » (l. 5,
page 16) ?
c) Relève deux autres phrases de la nourrice qui montrent clairement que le quiproquo
s’est installé.

14 — © Cned, Français 3e
séance 2 — Séquence 7

2- a) Antigone ment-elle lorsque déclare qu’elle avait un rendez-vous et lorsqu’elle affirme


qu’elle a un amoureux ?
b) Dit-elle toute la vérité ?
c) Que pourrait ajouter Antigone à la phrase suivante : « Tu ne devrais pas être trop
méchante ce matin. » ?
 « Je vais mourir aujourd’hui. »
 « Je suis un peu malade ce matin. »
 « Tu m’as élevée, tu ne dois pas être méchante avec moi. »
d) Que sous-entend Antigone quand elle emploie l’expression « le pauvre » pour qualifier
son amoureux ?
e) Pourquoi cette discussion avec la nourrice renforce-t-elle un peu plus encore la
solitude d’Antigone ?

Compare maintenant tes réponses avec celles contenues dans le corrigé, puis recopie et apprends le
« Je retiens… » qui suit.

j e retiens La notion d’implicite


On appelle énoncé implicite un énoncé incomplet : certaines informations ne sont
pas exprimées, mais seulement suggérées. Le destinataire de l’énoncé doit donc les
retrouver.
L’implicite peut prendre deux formes : le présupposé et le sous-entendu.
• Un présupposé est une information supposée vraie et connue, contenue dans la
phrase sans y être exprimée clairement :
« Tu sais ce que je devrais faire ? Te battre comme lorsque tu étais petite. » (l. 43-44, p. 18)
(pré-supposé : la nourrice battait Antigone quand elle était petite.)
• Un sous-entendu n’est pas contenu dans la phrase, le destinataire doit le deviner :
« Et il ne faut pas que je sois petite ce matin. » (l. 92, p. 20) (sous-entendu : ce matin, je
dois être forte et courageuse pour accomplir mon destin.)
C’est parfois le lien logique entre deux propositions qui n’est pas exprimé et est donc
implicite :
« Garde tes larmes ; tu en auras peut-être besoin encore, nounou. » (l. 88-90, p. 20)
On peut remplacer le point-virgule par « car » ou « parce que » exprimant un lien
logique de cause.
(Garde tes larmes car tu en auras peut-être besoin encore, nounou.)

Effectue les deux exercices qui suivent pour t’entraîner.


3- Retrouve et formule le présupposé des mots soulignés dans les phrases suivantes.
a) Antigone tentera à nouveau d’enterrer son frère.
b) Contrairement à sa sœur, Antigone n’accepte pas la décision de Créon.
c) La nourrice est le seul personnage de la pièce inventé par Jean Anouilh.

© Cned, Français 3e — 15
Séquence 7 — séance 2

4- Réécris les phrases suivantes en formulant le lien logique implicite qui lie les deux
propositions juxtaposées.
a) Antigone doit mourir ; elle aime la vie.
b) Hémon est désespéré : Antigone vient de lui annoncer qu’elle ne l’épousera pas.
c) La nourrice est en colère ; Antigone n’était pas dans son lit.

Tu peux vérifier tes réponses et poursuivre ton travail.

D Le conditionnel (1) : formes et valeurs du conditionnel simple


1- Lis attentivement les phrases suivantes.
Phrase 1 : « J’ai promis à sa mère que j’en ferais une honnête fille. »
Phrase 2 : « Tu ne devrais pas trop crier. »
Phrase 3 : « Qu’est-ce qu’elle me dirait si elle était là ? »
a) Recopie les verbes soulignés et sépare le radical de la terminaison par un trait vertical.
À quel temps te font penser les terminaisons que tu as isolées ?
b) « ferais » : à quel temps cette forme verbale ressemble-t-elle ?
c) Dans quelle phrase le verbe souligné désigne-t-il une action soumise à une condition ?
d) Dans quelle phrase le verbe souligné exprime-t-il un futur dans le passé ?

Vérifie tes réponses dans le livret de corrigés puis mémorise le « Je retiens… » qui suit.

j e retiens Le conditionnel (1) : formes et valeurs du conditionnel simple


• Il existe une forme simple du conditionnel, et une forme composée : j’aimerais (con-
ditionnel simple) – j’aurais aimé (conditionnel composé)
• On forme le conditionnel simple à partir du radical du futur auquel on ajoute les
terminaisons de l’imparfait : je voudrai (futur) -> je voudrais (conditionnel simple)
1- Le conditionnel à valeur temporelle
Le conditionnel est parfois employé comme un temps appelé futur dans le passé :
 La nourrice avait dit à Jocaste qu’elle s’occuperait bien d’Antigone.
Cet emploi est fréquent dans le discours indirect. L’action de s’occuper d’Antigone
se situe dans le futur par rapport au moment où la nourrice a dit à Jocaste qu’elle le
ferait.
2- Le conditionnel à valeur modale
Le conditionnel simple est parfois employé comme un mode. Il permet d’exprimer :
• Un ordre, un conseil, ou une demande polie : Tu ne devrais pas trop crier.
• Un souhait : Antigone aimerait enterrer son frère.
• Une possibilité ou une hypothèse : Elle pourrait se faire surprendre.

16 — © Cned, Français 3e
séance 2 — Séquence 7

 Dans un système hypothétique (composé d’une proposition principale et d’une


proposition subordonnée de condition introduite par la conjonction si), il est employé
avec l’imparfait pour exprimer :
• Le potentiel (événement présenté comme étant possible dans le présent) :
Si Antigone disait la vérité, la nourrice se fâcherait sans doute.
• L’irréel du présent (hypothèse qui ne peut pas se réaliser dans le présent) :
Si Créon était vraiment un homme juste, Antigone n’aurait pas à mourir.

Entraîne-toi en effectuant l’exercice suivant.

2- Dans les phrases suivantes, conjugue au conditionnel simple le verbe entre parenthèses
puis précise sa valeur : futur dans le passé / ordre ou demande / souhait / potentiel /
irréel du présent.

a) Si Jocaste était là, elle (approuver) ........................... Antigone.

Valeur : ...........................

b) Je t’avais dit que j’ (arriver) ........................... en retard au spectacle.

Valeur : ...........................

c) Hémon (être) ........................... déçu s’il apprenait le projet d’Antigone.

Valeur : ...........................

d) La nourrice (aimer) ........................... qu’Antigone se recouche.

Valeur : ...........................

E Expression écrite

Pour conclure cette séance, tu vas faire un petit exercice d’écriture.

À la ligne 76 (p. 20), la nourrice déclare : « Si tu m’aimais tu m’aurais dit la vérité. »


Imagine le dialogue qu’auraient pu avoir les deux personnages si Antigone avait dit la
vérité, en écrivant une petite scène d’une vingtaine de lignes.

Pour réussir cet exercice tu dois :

- Imaginer les paroles d’Antigone

- Rapporter les différentes réactions de la nourrice

- Respecter le caractère des deux personnages

- Adopter la présentation d’un texte théâtral

- Proposer quelques didascalies en italique (portant sur le ton et l’attitude des personnages)

- Vérifier l’orthographe, les accords sujet/verbe et la ponctuation.

© Cned, Français 3e — 17
Séquence 7 — séance 2

Fais d’abord cet exercice sur ta feuille de brouillon. Vérifie ensuite que tu as bien respecté les
consignes en complétant le tableau ci-dessous.

Je vérifie que … Fait


J’ai imaginé les paroles d’Antigone.
J’ai rapporté les différentes réactions de la nourrice.
J’ai respecté le caractère des deux personnages.
J’ai adopté la présentation du texte théâtral.
J’ai proposé quelques didascalies en italique (portant sur le
ton et l’attitude des personnages).
J’ai vérifié l’orthographe, les accords sujet/verbe et la
ponctuation.

Si toutes les consignes ont été respectées, recopie ton dialogue de théâtre sur ton cahier. Lis ensuite
dans le corrigé un exemple de ce qu’il était possible d’écrire.

Pour préparer la séance suivante, lis la scène qui réunit Antigone et sa sœur Ismène, aux pages
21 à 31.

18 — © Cned, Français 3e
séance 3 — Séquence 7

Séance 3
Étudier l’opposition de deux personnages : Antigone et Ismène
Durée approximative : 1h30
Dans cette séance, tu vas faire connaissance avec Ismène, la sœur d’Antigone, et tu pourras mesurer
ce qui les oppose. Tu travailleras également sur une image.
Prends ton cahier. Note le numéro et le titre de la séance en rouge. Souligne-les. Fais ensuite le
travail demandé.
Ismène vient d’entrer sur scène ; la nourrice se retire et va préparer un peu de café pour Antigone.
Numérote les lignes de 5 en 5 de la réplique d’Ismène : « J’ai bien pensé toute la nuit, tu es folle »
(p. 23) à celle d’Antigone : « […] Hémon sera tout à l’heure une affaire réglée » (p. 30). Ensuite
relis cet extrait.

Pour vérifier ta compréhension du texte, réponds aux questions qui suivent.

A L’opposition de deux caractères


1- Relis attentivement les lignes 1 à 11.
a) Laquelle de ses qualités Ismène met-elle en avant ? Relève une expression qui t’a
permis de répondre.
b) Souligne le verbe, répété trois fois par Ismène, qui illustre cette qualité.
c) Selon Ismène, Antigone possède-t-elle ce trait de caractère ? Pour répondre, appuie-toi
sur une citation du texte.
2- a) L’opposition entre les deux sœurs se traduit dans l’enchaînement des répliques.
Complète le tableau suivant en recopiant les réponses d’Antigone aux répliques d’Ismène.

Ismène Antigone
« Moi je suis plus pondérée. Je réfléchis. »
(l. 16-17, p. 24)
« Je comprends un peu notre oncle. » (l. 21,
p. 24)
« Il est le roi, il faut qu’il donne l’exemple. »
(l. 23)
« J’ai raison plus souvent que toi. » (l. 32-33,
p. 25)
b) À quelle forme (positive / négative) sont les phrases prononcées par Ismène ? À quelle
forme sont les phrases que tu as recopiées ?
c) Quel trait de caractère cela traduit-il chez Antigone ?
d) Relis la réplique d’Antigone, page 25, aux lignes 24 à 29 de « Moi, je ne suis pas le roi. »
à « Elle n’avait qu’à ne pas désobéir ! ». Relève les expressions par lesquelles l’héroïne
se désigne elle-même. Laquelle de ces expressions te semble correspondre le mieux à la
jeune fille ?

© Cned, Français 3e — 19
Séquence 7 — séance 3

e) Quel verbe est répété sept fois dans la réplique d’Antigone, lignes 36 (« Comprendre… »)
à 52 (pp. 25-26) ? Quel est l’effet produit par cette répétition ?

3- Concentre-toi sur les didascalies* présentes dans cette scène.

a) Relève les didascalies du début de l’extrait (p. 23) jusqu’à la ligne 94 « Ma petite
sœur…. » (p. 28). À qui se rapportent principalement ces didascalies ?

b) Que traduisent ces didascalies* concernant ce personnage ?

c) Dans la suite de l’extrait, quelle didascalie* montre un changement radical dans


l’attitude de ce personnage ? Comment s’explique ce changement ?

d) Observe, dans la dernière partie de l’extrait de la page 28 à « Hémon sera tout


à l’heure une affaire réglée. » (p. 30), les didascalies* concernant Ismène. Que
montrent-elles de ses sentiments ?

Tu peux maintenant comparer tes réponses avec celles contenues dans le corrigé.

B L’argumentation d’Ismène
1- Quel sentiment empêche Ismène de se joindre à Antigone pour enterrer leur frère

Polynice ? Relève une phrase qui t’a permis de répondre.

2- a) Pour tenter de convaincre Antigone, Ismène emploie plusieurs arguments : repère ceux
qui font appel à la raison et ceux qui font appel aux sentiments.

Créon nous ferait mourir. •


Je suis l’aînée. • • La raison
Créon est le roi, il faut qu’il donne
l’exemple •
• Les sentiments
Créon est plus fort que nous. •
Ton bonheur est là devant toi. •

b) À qui Ismène fait-elle allusion lorsqu’elle parle du bonheur d’Antigone ?

c) Selon toi, Ismène a-t-elle réussi à convaincre sa sœur ? Justifie ta réponse.

Vérifie maintenant tes réponses dans le corrigé.

C L’expression du tragique chez Antigone


1- a) Quelle période de sa vie Antigone évoque-t-elle dans ses répliques des lignes 36 à 52,
p. 28 (« Comprendre …. […] Pas maintenant. ») et des lignes 84 à 93 (« Pas
envie de vivre … […] qu’on ne pouvait pas tous les prendre ? ») ?

b) En quoi l’évocation de cette période est-elle touchante ?

c) Dans les lignes 36 à 52 (pp. 25-26), contre quoi s’élève la jeune femme ?

d) Quel désir affirme Antigone en employant l’expression « juste quand on en a envie » ?

20 — © Cned, Français 3e
séance 3 — Séquence 7

2- Relis les lignes 6 à 10 (p. 24).

« Bien sûr. À chacun son rôle. Lui, il doit nous faire mourir, et nous, nous devons aller
enterrer notre frère. C’est comme cela que ç’a été distribué. Qu’est-ce que tu veux que
nous y fassions ? »

a) Encadre les termes appartenant au champ lexical du théâtre.

b) En quoi cette réplique te rappelle-t-elle le texte du Prologue ?

c) « Lui, il doit nous faire mourir, et nous, nous devons aller enterrer notre frère. »

Que traduit l’emploi du verbe « devoir » ?

Compare tes réponses avec celles du corrigé puis recopie et apprends le « Je retiens… » ci-dessous.

j e retiens Antigone et Ismène : deux caractères opposés


Au-delà des différences physiques, les deux sœurs s’opposent aussi par leur caractère.
• Ismène se montre raisonnable : il faut obéir aux lois de la cité, mais son argumenta-
tion est motivée par la peur de la mort.
• Antigone n’obéit qu’à sa conscience : elle transgresse l’ordre de Créon par devoir
fraternel. Mais ses propos sur son enfance montrent aussi qu’elle a toujours été rebelle
à toute forme d’autorité.

© Cned, Français 3e — 21
Séquence 7 — séance 3

D Étude de l’image

Voici la photographie d’une mise en scène d’Antigone correspondant à la confrontation entre


Ismène et Antigone. Observe-la attentivement puis réponds aux questions.

Antigone, mise en scène de Nicole Anouilh, Théâtre des Mathurins, Paris, 1975
© M. Enguerrand CDDS.

1- Identifie les deux personnages en écrivant leur nom à l’endroit qui convient.

2- Comment l’opposition entre les deux sœurs est-elle traduite dans leur apparence
physique ?

3- De quelle manière l’entêtement d’Antigone et son refus d’écouter Ismène se manifestent-


ils dans son attitude ?

Pour préparer la séance suivante, lis la scène des adieux entre Antigone et Hémon, aux pages 37 à
44, de « Pardon, Hémon, pour notre dispute […] » à « […] C’est fini pour Hémon, Antigone ».

22 — © Cned, Français 3e
séance 4 — Séquence 7

Séance 4
Comprendre l’enjeu d’une scène : les adieux à Hémon

Durée approximative : 1h30

Dans cette séance, tu vas lire et analyser une scène d’adieu. Tu travailleras également sur le
conditionnel passé ainsi que sur les mots de la situation d’énonciation. Ismène est sortie de la
scène, la nourrice est venue apporter du café à Antigone. C’est à ce moment-là qu’Hémon fait son
apparition.

Prends ton cahier. Note le numéro et le titre de la séance en rouge. Souligne-les. Fais en-suite le
travail demandé.

Numérote les lignes du texte, des pages 38 à 44, de « Ne ris pas ce matin. Sois grave » à
« […] C’est fini pour Hémon, Antigone ». Ensuite relis cet extrait.
As-tu bien compris cette scène ? Pour le vérifier, réponds aux questions qui suivent.

A Antigone : une femme amoureuse

1- a) Comment se traduit l’amour que les personnages éprouvent l’un pour l’autre, à la fois
dans les gestes et dans les paroles ?

b) Pourquoi Antigone demande-t-elle à Hémon de la serrer dans ses bras ?

2- a) Quel aspect du personnage d’Antigone l’évocation du petit garçon met-elle en valeur ?

b) Lors de sa visite à Hémon, la veille, Antigone avait sur elle trois éléments liés à la
féminité. Retrouve-les dans le texte et souligne-les.

c) Pour quelle raison les portait-elle ? Justifie ta réponse par un élément du texte.

B L’affirmation de l’héroïne tragique

1- a) Observe la longueur des répliques : qui mène le dialogue ? Justifie ta réponse.

b) Pourquoi Antigone demande-t-elle à Hémon de ne pas la questionner et de sortir sans


rien dire ?

c) Quels sont les deux projets importants auxquels Antigone renonce en faisant ses
adieux à Hémon ?

© Cned, Français 3e — 23
Séquence 7 — séance 4

2- a) Antigone est déchirée entre sa fragilité de jeune femme et le rôle de l’héroïne tragique
qu’elle doit jouer. Observe les didascalies* qui suivent et classe-les dans le tableau.

« Elle s’est détachée de lui, elle a pris un autre ton. » (l. 61-62)

« […] avec son pauvre visage bouleversé. » (l. 72)

« […] se détournant, dure. » (l. 95)

« […] avec un tel désespoir … » (l .110).

La jeune femme fragile L’héroïne tragique


• •
• •

b) « C’est fini pour Hémon, Antigone. » (l. 116-117, p. 44). Dans cette phrase, à qui
s’adresse Antigone ?

c) Quel est l’effet produit ?

3- Comment la tension se manifeste-t-elle dans la dernière réplique, à la fois dans les


paroles et dans les didascalies* de la ligne 85 (« Oui. Et tu as ri … ») à la ligne 117, pages
43-44 ?

Vérifie tes réponses dans le livret de corrigé puis poursuis ton travail.

C Le conditionnel (2) : formes et valeurs du conditionnel composé

1- « Je l’aurais serré si fort qu’il n’aurait jamais eu peur. » (l. 17-18)

« J’aurais été très fière d’être ta femme, ta vraie femme, sur qui tu aurais posé ta main. »
(l. 58-59)

a) Dans les phrases que tu viens de lire, de quels éléments sont composées les formes
verbales soulignées ?

b) Selon toi, les actions exprimées pourront-elles se réaliser un jour ?

c) Quel sentiment ces formes verbales traduisent-elles ?

 l’envie

 le regret

 la colère

Compare tes réponses avec celles du corrigé puis lis et apprends le « Je retiens… » suivant.

24 — © Cned, Français 3e
séance 4 — Séquence 7

j e retiens Le conditionnel (2) : le conditionnel composé


• On forme le conditionnel composé à l’aide de l’auxiliaire être ou avoir, conjugué au
conditionnel présent, suivi du participe passé du verbe :
 Tu aurais posé
Aux. P. passé
• Le conditionnel composé peut avoir une valeur temporelle.
 Il marque l’antériorité par rapport au conditionnel simple :
Antigone savait qu’elle se sentirait mieux quand elle aurait tout dit à Hémon.
L’action de tout dire a lieu avant le fait de se sentir mieux.
 Il peut aussi montrer une action comme accomplie dans l’avenir par rapport à un
temps du passé :
En enterrant Polynice, Antigone savait qu’elle aurait perdu la vie avant le soir.
• Le conditionnel composé a une valeur modale : il est employé comme mode. Il permet
d’exprimer :
 Le regret : Antigone aurait aimé avoir un enfant.
 Le doute : Antigone aurait décidé de désobéir à Créon ?
• Dans un système hypothétique, le conditionnel composé est employé avec le plus-que-
parfait pour exprimer l’irréel du passé, c’est-à-dire une hypothèse qui ne s’est jamais
réalisée :
Si Antigone n’avait pas voulu enterrer son frère, elle aurait pu épouser Hémon.

Effectue le petit exercice suivant pour t’entraîner.


2- Complète les phrases qui suivent en conjuguant le verbe entre parenthèses au
conditionnel composé.
a) Antigone (être) ............................ fière d’être la femme d’Hémon.
b) Si Ismène avait réussi à convaincre sa sœur, Antigone (échapper) ............................ à
la mort.
c) Hémon (aimer) ............................ avoir un enfant avec Antigone.
d) Avec un peu de chance, vous (arriver) ............................ à temps pour le début de la
représentation.
e) Si j’avais lu la pièce attentivement, j’ (comprendre) ............................ qu’Antigone
allait mourir.

Vérifie tes réponses puis poursuis le travail.

D Les mots qui prennent sens dans la situation d’énonciation

Rappel : On appelle situation d’énonciation*, la situation dans laquelle est produit un


énoncé (oral ou écrit). Définir la situation d’énonciation c’est répondre aux questions
suivantes : qui (locuteur) s’adresse à qui (destinataire), où et quand ?

© Cned, Français 3e — 25
Séquence 7 — séance 4

1- a) Complète le tableau suivant en relevant les mots dans les phrases 1 et 2.

1. « Si tu parles, si tu fais un seul pas vers moi, je me jette par cette fenêtre. »

2. Antigone menaça Hémon de se jeter par la fenêtre de la salle, s’il parlait ou faisait un
pas vers elle.

Phrase 1 Phrase 2
Pronoms personnels
Déterminants
X
démonstratifs
Indicateurs de lieu
Temps des verbes

b) Laquelle de ces deux phrases ne peut se comprendre que si on connaît la situation


d’énonciation* ?

Vérifie maintenant tes réponses avant de lire et de mémoriser le « Je retiens… » qui suit.

j e retiens Les mots qui prennent sens dans la situation d’énonciation


1. Certains énoncés ne peuvent être compris que si l’on connaît la situation
d’énonciation. On dit qu’ils sont rattachés à la situation d’énonciation :
 Hier, je suis venu te voir, ici même.
Pour comprendre les mots surlignés, on a besoin de savoir qui parle à qui, quand et à
quel endroit.
Les indices de ce type d’énoncés sont appelés des embrayeurs, ce sont les :
 Pronoms personnels des 1re et 2e personnes : je, tu, toi, nous, vous…
 Déterminants et pronoms démonstratifs : ce, cette, celui-ci, celle-ci… et déterminants et
pronoms possessifs des 1re et 2e personnes : mon, ton, le mien…
 Adverbes de temps et de lieu : hier, aujourd’hui, demain, maintenant, ici, là-bas…
 Terminaisons verbales du présent, passé composé et futur.
Les énoncés rattachés à la situation d’énonciation se trouvent à l’oral, et dans les
lettres, ou dans les dialogues à l’écrit.
2. Certains énoncés sont détachés de la situation d’énonciation : on les trouve
essentiellement dans les récits au passé et à la 3e personne.

2- Encadre, dans les phrases suivantes, les mots qui renvoient à la situation d’énonciation*.

a) Ce matin, je suis venu ici pour te parler.

b) Mon frère et moi comptons vous rendre visite la semaine prochaine.

c) Nous y retournerons demain.

d) Tu n’as pas vu mon livre ? Je l’ai posé là ce matin !

Tu peux maintenant vérifier tes réponses ; la séance touche à sa fin.

26 — © Cned, Français 3e
séance 5 — Séquence 7

Séance 5
Étude de l’image : comparaison de différentes mises en scène
Durée approximative : 1h
Pour terminer cette première séquence sur la pièce de Jean Anouilh, tu vas travailler sur différentes
mises en scène d’Antigone.
Prends ton cahier. Note le numéro et le titre de la séance en rouge. Souligne-les. Fais ensuite le
travail demandé.
Observe bien les documents qui suivent puis réponds aux questions.

A Le décor de la pièce
Voici un dessin du décor qu’André Barsacq avait réalisé pour la création d’Antigone, en 1944. Tu
as pu observer dans la séance 1, une photographie de ce décor avec les personnages.
Document A

Décor d’André Barsacq pour la création d’Antigone au théâtre de l’Atelier, février 1944 © akg-images.

1- Dans la didascalie* initiale de la pièce, on peut lire : « un décor neutre ».


a) À quoi correspond selon toi l’expression « un décor neutre » ?
b) Quels sont les différents éléments qui composent le décor sur ce dessin ?
c) Que permet de mettre en valeur un tel décor ?

© Cned, Français 3e — 27
Séquence 7 — séance 5

2- a) Si les anachronismes du texte donnent à la pièce une dimension moderne, est-ce le cas
de ce décor ?

b) Dans ce décor, sur quoi sont assis les personnages du fond ?

c) Si les personnages sur la scène sont bien les acteurs de la pièce, dans quelle attitude
sont-ils également, assis de cette manière ?

d) En quoi cet élément du décor peut-il rappeler le contexte antique de la pièce ?

Compare tes réponses avec celles du corrigé.

B Comparer deux mises en scène

Observe maintenant les documents B et C puis réponds aux questions. La statue que tu aperçois à
l’arrière-plan, sur le document B, est la reproduction d’une statue grecque antique : la Victoire de
Samothrace (tu peux l’admirer à Paris, au musée du Louvre).

Document B

Mise en scène moderne d’Antigone

1- a) Quels éléments de la mise en scène renvoient à l’époque moderne ?

b) Quels éléments font référence au contexte antique de la pièce ?

2- a) À quel jeu te fait penser le dallage (le sol) de la scène où se tiennent les personnages ?

b) De quoi peut-il être le symbole ?

28 — © Cned, Français 3e
séance 5 — Séquence 7

Document C

Antigone par la compagnie Les Treize au Théâtre de poche, mars 2009 © Marc Robitaille

1- a) Peux-tu repérer ici des références à l’Antiquité comme dans le document B ?

b) Comment est vêtu le personnage de Créon (assis au premier plan) ?

c) Comment est vêtue Antigone (à gauche) ?

d) Le metteur en scène, Jean-François Hamel, a déclaré : « Il ne s’agit pas de dicter aux


spectateurs quoi penser, mais de leur suggérer les choses. Ils ne seront pas transportés
vers Thèbes l’antique ; ils vont être confrontés aux réalités politique et économique de
notre époque.»

Quels sont les éléments qui projettent la pièce de Jean Anouilh en 2009 ?

e) Quelle dimension une mise en scène aussi moderne donne-t-elle au mythe d’Antigone ?

2- Dans un petit paragraphe argumenté, explique quelle mise en scène tu préfères et pour
quelles raisons.

© Cned, Français 3e — 29
Séquence 7 — séance 6

Séance 6
Je m’évalue

Durée approximative : 1h

Comme à la fin de chaque séquence, tu vas faire un bilan de ce que tu as appris. Cela te permettra

de faire le point sur ce que tu dois savoir, et ce que tu dois être capable de faire pour le devoir.

Complète maintenant le tableau suivant. Tu peux bien sûr utiliser ton cours si tu as oublié quelque

chose. Quand tu auras fini, prends le corrigé afin de vérifier tes réponses. Il est très important que

ce tableau de synthèse ne comporte pas d’erreur.

Je connais Je suis capable de


 Les différents personnages de la pièce  Identifier les différents personnages et les
rapports entre eux.
 Antigone est la fille d’......................
et de ...................... . Elle est fiancée à
......................, fils de ......................,
roi de Thèbes. Sa sœur se nomme
...................... et ses deux frères
.................... et ................... sont morts.
 Le prologue de la pièce  Citer les trois personnages qui vont
mourir à la fin de cette pièce :
Il est pris en charge par un personnage
chargé de nous apporter les - ............................................
I _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ nécessaires à la - ............................................
compréhension de l’intrigue. Mais il brise
- ............................................
le S _ _ _ _ _ _ _ en nous annonçant la
M _ _ _ de trois personnages.
 Les périphrases verbales qui sont de 3  Souligner les périphrases verbales dans
types : les phrases suivantes :
• T _ _ _ _ _ _ _ _ _ S • Antigone vient de rentrer au palais.
• A _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ S • Ismène va tenter de dissuader sa sœur
d’enterrer Polynice.
• M _ _ _ _ _ S
• Antigone commence à expliquer à
Hémon qu’elle ne l’épousera pas.
• Hémon laisse parler Antigone sans
l’interrompre.
• Antigone fait pleurer sa nourrice.

30 — © Cned, Français 3e
séance 6 — Séquence 7

 La notion d’implicite qui peut prendre  Formuler le sous-entendu contenu dans


deux formes dans les énoncés : les mots soulignés :
- le .......................................... et - Étéocle, contrairement à son frère, a eu
droit à des funérailles religieuses.
- le ..........................................
..............................................................
 Le lien logique qui peut être implicite
..............................................................
entre deux P_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _
 Retrouver le lien logique implicite dans
une phrase complexe :
- Antigone doit être forte ce matin ; elle va
af-fronter la colère de Créon.
Lien = ..........................................
 Les formes et les valeurs du conditionnel  Conjuguer correctement des verbes au
conditionnel présent et passé :
 Le conditionnel simple peut avoir une
valeur ...................... ou ...................... . - Devoir (cond. simple, 1re pers. pl.) :
..........................................
Il peut exprimer :
- Pouvoir (cond. composé, 3e pers. sg.) :
- Le F _ _ _ _ dans le P _ _ _ _
..........................................
- un O _ _ _ _
- Savoir (cond. simple, 2e pers. sg.) :
- un S _ _ _ _ _ _ ..........................................
- une P _ _ _ _ _ _ _ _ _É - être (cond. composé, 1re pers. sg.) :
 Le conditionnel composé exprime le plus ..........................................
souvent le R _ _ _ _ _.
 Les mots qui prennent sens dans la  Encadrer dans une phrase les mots
situation d’énonciation que l’on appelle renvoyant à la situation d’énonciation.
aussi des E _ _ _ _ _ _ _ _ S.
- Je te donne rendez-vous ici même,
demain.
- Nous préférons cette robe-ci à celle-là.
- Apporte-moi ça tout de suite !

Poursuis ta lecture au moins jusqu’à la didascalie de la page 65 : « Un silence. Ils se regardent. »

© Cned, Français 3e — 31

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