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Travailleurs étrangers

Travailleurs étrangers
Avertissement

En complément à la présente étude, on pourra utilement consulter le Dictionnaire Permanent Droit des étrangers, documentation détaillée de référence en la matière.
Dans cette étude, seule est envisagée la situation des ressortissants étrangers exerçant une activité salariée.

A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z

Accompagnant de malade 109


Action récursoire de la Sécurité sociale 156
Admission exceptionnelle au séjour 93
Agent diplomatique et consulaire 114
Agriculture 107
Aide au retour 193 et s.
aide de l'entreprise 207
aide publique 194, 195
convention de réinsertion 196, 198
frais de déménagement 203
frais de voyage 203
Aide sociale à l'enfance 71, 125
Algérien 3
Allocataire de recherche 36
Amende 175 et s.
Andorran 8
Apatride 43
Apprentissage 70, 125
Artiste 30, 36, 115 et s., 125
Association 192
Autorisation de travail 20, 24, 25, 27
Autorisation provisoire de séjour 68
Autorisation provisoire de travail 36 et s.

Cadre 94 et s.
Carte de résident 38 et s.
Carte de résident de longue durée CE 40
Carte de séjour pour un membre de famille 7
Carte de séjour temporaire 25, 27, 28
Communauté européenne 17, 35
compétences et talents 47, 48, 50
étudiant 55 et s.
profession artistique et culturelle 30
saisonnier 33, 105 et s.
salarié 28
salarié en mission 34
scientifique 62 et s.
stagiaire 113
travailleur temporaire 31
vie privée et familiale 64, 66, 67
Certificat médical 83 et s., 156
Changement de statut 86 et s.
Chercheur 62 et s.
Chômage
aide au retour 193 et s.
droit 170
Condition d'emploi 130
Condition de travail 160 et s.
Conjoint d'un cadre 97
Conseil de prud'hommes 164
Contrat d'apprentissage 70, 125
Contribution forfaitaire 148
Contribution spéciale 178
Contrôle sanitaire 156
Convention de stage 113
Couverture maladie universelle 173
Critère d'attribution des autorisations de travail 122 et s.

Délégué du personnel 163


Demandeur d'asile 108
Département d'outre-mer 23
Détaché 11 et s., 98 et s., 161
Discrimination 160
Donneur d'ordre 181, 191
Droits des travailleurs irrégulièrement employés 185 et s.

EEE (Espace économique européen) 4


libre circulation 5
membre de famille 7
séjour permanent 6
Emploi irrégulier 174 et s.
Espace économique européen (EEE), (v. EEE)
Étudiant 55 et s., 112

Faisant fonction d'interne 36


Famille accompagnante 97
Fonction publique 121 et s.
Formalité d'embauche 159
Formation professionnelle 166
Frais de déménagement 203
Frais de réacheminement 183
Frais de voyage 203

Gestion concertée des flux migratoires 125

Indemnité de licenciement 162, 186


Indemnité de préavis 162, 186
Indemnité forfaitaire de rupture 186
Interprète de conférences 119, 125
Introduction 77 et s.

Jeune professionnel 102


Journaliste 120

Lettre de motivation 80
Libre circulation 5
Licenciement 162, 186
Logement 132, 157

Mannequin 36, 117, 125


Médecin 125
Menace pour l'ordre public 22
Métier en tension 18, 91, 125
Mineur étranger 71, 110
Ministre du culte 118
Monégasque 9

N
Nouveaux entrants 15 et s., 91

Obligation de l'employeur 153 et s.


Office français de l'immigration et des migrations (OFII) 83 et s.
OFII, (v. Office français de l'immigration et des migrations (OFII))
Outre-mer 23

Période transitoire 15 et s.
Polygamie 42
Préavis 162, 185
Prestataire de service 11 et s., 98 et s.
Prestation de services 11 et s., 98 et s., 161
Prestation sociale 172, 173
Profession réglementée 121
Protection sociale 168

Récépissé 67
Recours contentieux 145
Recours gracieux 143
Recours hiérarchique 144
Redevance due à l'OFII 147 et s.
Référé 145
Réfugié 43
Refus explicite 141
Régime transitoire 15 et s.
Registre du personnel 159
Regroupement familial 97, 195
Régularisation 92 et s.
Rejet implicite 140
Remboursement à la Sécurité sociale 156
Rémunération 130, 131
Renouvellement de l'autorisation de travail 133 et s.
Rente d'aide au retour 205
Représentant du personnel 163
avis sur convention de réinsertion 197
Résident de longue durée 40
Respect de la réglementation 129, 153 et s.
Responsabilité des personnes morales 177, 178, 180
Responsabilité des personnes physiques 176, 178
Ressortissant de pays tiers 20
Revenu solidarité active 171
Rupture du contrat de travail 162, 186

Saint-Marin 10
Saisissabilité 206
Saisonnier 33, 105 et s.
Saisonnier agricole 107
Salaire 130, 131
Sanction administrative 180, 181, 183
Sanction pénale 175 et s.
Scientifique 62 et s.
Séjour permanent 6
Situation de l'emploi 123 et s.
inopposabilité 125
spécificité de l'emploi 124
Stage 113
Stagiaire professionnel 102 et s.
Suisse 4
libre circulation 5
membre de famille 7
séjour permanent 6
Syndicat 163, 192

Taxe de délivrance de titre 149


Taxe de renouvellement de titre 151
Technicien 125
Traduction du contrat de travail 158
Travail temporaire 31, 165
Travailleur saisonnier 33, 105 et s.

Union européenne 4 et s.
libre circulation 5
membre de famille 7
séjour permanent 6

Vérification des titres 153 et s.


Visa 58, 82
Visa vacances-travail 111
Visite médicale 83
Visite médicale du travail 159

Présentation
1 Cadre législatif et réglementaire Les règles et procédures relatives au travail des étrangers en France sont réglementées par le code de
l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (Ceseda) et par le code du travail, à jour des nouvelles dispositions issues de la loi du 24 juillet 2006 sur
l'immigration, des décrets n° 2007-801 du 11 mai 2007 et n° 2007-1292 du 30 août 2007 et de la circulaire DPM/DMI2 n° 2007-323 du 22 août 2007 ( Circ.
DM/DMI2/2007/323, 22 août 2007). Quelques modifications ont également été apportées par la loi du 20 novembre 2007 (JO, 21 nov.) et celle du 16 juin 2011
(JO, 17 juin).

Pour venir travailler en France, les ressortissants étrangers doivent en principe être titulaires d'une autorisation de travail. Les règles de délivrance et de
renouvellement de ces autorisations ont été redéfinies.

2 Conventions internationales Plusieurs conventions de l'Organisation internationale du travail (OIT), ratifiées par la France, concernent la
situation des travailleurs étrangers. Ces conventions sont fondées sur le principe de réciprocité. Ne peuvent s'en prévaloir que les ressortissants des États
qui les ont eux-mêmes ratifiés. On citera notamment :

- la convention n° 97 du 1er juillet 1949 sur les travailleurs migrants. Elle prévoit pour les migrants qui résident légalement sur le territoire, un principe
d'égalité de traitement en matière de rémunération, durée du travail, congés payés, formation professionnelle, affiliation aux organisations syndicales
et jouissance des avantages offerts par les conventions collectives ;
- la convention n° 118 du 28 juin 1962 sur l'égalité de traitement en matière de sécurité sociale ;
- la convention n° 19 du 5 juin 1925 sur l'égalité de traitement des travailleurs étrangers et nationaux en matière de réparation des accidents du travail.

3 Régime spécial pour les Algériens L'ensemble des dispositions exposées dans cette étude constitue le droit commun des étrangers.
Cependant, les conditions d'entrée et de séjour des ressortissants algériens restent largement régies par l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968
modifié. Ils sont soumis, tout comme les étrangers relevant du droit commun, à l'exigence d'une autorisation de travail. Ils ne peuvent prétendre à la
délivrance des nouveaux titres de séjour prévus par la loi du 24 juillet 2006 (cartes de séjour « compétences et talents », « saisonnier » et « salarié en
mission ») et ne peuvent pas davantage bénéficier des conditions du titre de séjour unique « étudiant ».
Pour une présentation des dispositions particulières applicables à ces ressortissants, se reporter au Dictionnaire Permanent Droit des étrangers.

Titre 1 : Les conditions d'exercice d'une activité salariée

Chapitre 1 Accès à l'emploi

Section 1 : Dispense d'autorisation de travail pour certains étrangers


Sous-section 1 : Ressortissants communautaires et assimilés
4 Dispense d'autorisation de travail pour les ressortissants communautaires et assimilés Sont exclus de l'obligation de détenir
une autorisation de travail :

- les ressortissants des États qui ont adhéré à l'Union européenne (UE) avant le 1er mai 2004 (Allemagne, Autriche, Belgique, Danemark, Espagne,
Finlande, Grèce, Irlande, Italie, Luxembourg, Pays-Bas, Portugal, Royaume-Uni, Suède), ainsi que Chypre et Malte ;
- les ressortissants des États qui ont adhéré à l'Union européenne (UE) au 1er mai 2004 : les ressortissants de Chypre et Malte depuis le
1er mai 2004 ; les ressortissants des huit autres États depuis le 1er juillet 2008 : Estonie, Hongrie, Lettonie, République Tchèque, Slovaquie, Lituanie,
Pologne, Slovénie ;
- les ressortissants des trois États parties à l'accord sur l'Espace économique européen (EEE) non-membres de l'UE, à savoir la Norvège, le
Lichtenstein et l'Islande ;
- les ressortissants de la Confédération suisse, régis par l'accord franco-suisse en date du 21 juin 1999.

C. trav., art. R. 5221-2 C. étrangers, art. L. 121-1

5 Libre circulation des travailleurs Ces ressortissants sont admis sur le territoire français et ont le droit de circuler et de séjourner librement en
France s'ils sont en possession d'une carte d'identité ou d'un passeport en cours de validité, et à condition qu'ils ne représentent pas une menace pour
l'ordre public.

Ils peuvent donc travailler en France sans être tenus de détenir un titre de séjour, sauf s'ils en font la demande.
C. étrangers, art. L. 121-2 et R. 121-1

Le refus de présenter un titre de séjour à son employeur ne constitue donc pas une faute pour un ressortissant d'un État membre de l'UE : le licenciement
fondé sur l'absence de titre de travail autorisant à exercer une activité salariée en France n'a pas de cause réelle et sérieuse.

Cass. soc., 12 juin 2007, n° 05-45.320, n° 1280 F - P + B

6 Droit au séjour permanent Le ressortissant de l'UE, d'un État partie à l'EEE ou de la Suisse qui réside légalement et de manière ininterrompue en
France pendant les 5 années précédentes, ainsi que les membres de la famille, quelle que soit leur nationalité, qui résident avec lui et pour la même durée,
acquièrent un droit au séjour permanent sur l'ensemble du territoire français. Ils peuvent demander une carte de séjour valable 20 ans et portant la mention
« CE - séjour permanent - toutes activités professionnelles ».

C. étrangers, art. L. 122-1 et R. 122-1

Le ressortissant communautaire et assimilé exerçant une activité professionnelle et qui cesse cette activité sur le territoire français peut acquérir le droit au
séjour permanent avant les 5 années sous certaines conditions : mise à la retraite anticipée, incapacité permanente de travail...

C. étrangers, art. R. 122-4

7 Membres de famille La situation des membres de famille est différente selon qu'ils sont ressortissants d'un État membre de l'UE, de l'EEE ou de la
Suisse ou ressortissants d'un État tiers. Alors que les membres de famille ressortissants communautaires ne sont pas tenus de détenir un titre de séjour (ils
peuvent le demander), les ressortissants de pays tiers doivent en détenir un.

1° Ressortissants communautaires et assimilés


Les membres de famille ressortissants communautaires et assimilés qui ont établi leur résidence habituelle en France depuis moins de 5 ans bénéficient à
leur demande d'un titre de séjour portant la mention « CE - membre de famille - toutes activités professionnelles ». Sa durée de validité est au maximum de
5 ans.

C. étrangers, art. L. 122-1 et R. 121-13

2° Non-ressortissants communautaires et assimilés


Les membres de famille qui ne sont pas ressortissants d'un État membre de l'UE, de l'EEE ou de la Suisse ont le droit de séjourner en France pour une durée
supérieure à 3 mois. S'ils sont âgés de plus de 18 ans ou de plus de 16 ans lorsqu'ils veulent exercer une activité professionnelle, ils doivent être munis
d'une carte de séjour. Cette carte, dont la durée de validité correspond à la durée de séjour envisagée du citoyen de l'Union dans la limite de 5 années, porte
la mention « carte de séjour de membre de la famille d'un citoyen de l'Union » et donne à son titulaire le droit d'exercer une activité professionnelle.

C. étrangers, art. L. 121-3 et R. 121-14

3° Ressortissants ayant un droit au séjour permanent


Les membres de famille ressortissants communautaires ayant un droit au séjour permanent (v. n° 5) peuvent demander un titre de séjour de 20 ans « CE -
séjour permanent - toutes activités professionnelles ».

C. étrangers, art. L. 122-1 et R. 122-1

Les membres de famille ressortissants d'un État tiers qui résident légalement et de manière ininterrompue en France depuis 5 ans se voient délivrer une carte
de séjour portant la mention « CE - séjour permanent - toutes activités professionnelles » d'une durée de validité de 10 ans, renouvelable de plein droit.

Cette carte est délivrée dans les 6 mois maximum à compter du dépôt de la demande et son renouvellement doit être demandé dans un délai de 2 mois avant
sa date d'expiration.

C. étrangers, art. L. 122-1 et R. 122-2

Un membre de la famille résidant avec le travailleur, quelle que soit sa nationalité, peut également acquérir le droit au séjour permanent avant l'écoulement
des 5 années dans les cas suivants : travailleur bénéficiant lui-même du droit au séjour permanent, décès du travailleur ou encore si le conjoint du travailleur
décédé a perdu la nationalité française à la suite de son mariage avec ce travailleur.

C. étrangers, art. R. 122-5

Ce droit au séjour permanent disparaît suite à une absence du territoire français pendant une période de plus de 2 années consécutives.

C. étrangers, art. L. 122-2

Sous-section 2 : Ressortissants d'Andorre, de Monaco et de Saint-Marin


8 Andorrans Les ressortissants d'Andorre bénéficient d'un régime spécifique en matière de séjour et de travail. Ils doivent être en possession d'une
carte d'identité d'Andorran délivrée par la préfecture, valable 10 ans et renouvelable de plein droit. Cette carte donne accès au marché du travail sans
autres formalités (à l'exception des emplois de la fonction publique réservés aux personnes de nationalité française).

9 Monégasques Les ressortissants de la principauté de Monaco entrent, circulent et s'établissent librement sur le territoire français dans le respect
des engagements en vigueur et de la législation française. Ils exercent une activité professionnelle dans le cadre de cette législation ( Conv. franco-
monégasque de voisinage, 18 mai 1963, mod.).

10 Ressortissants de Saint-Marin Les ressortissants de Saint-Marin ne sont également pas soumis à autorisation de travail (convention
d'établissement du 15 janvier 1954).

Sous-section 3 : Salariés détachés par un prestataire de services communautaire


11 Bénéficiaires Les salariés étrangers détachés par un employeur établi sur le territoire d'un État membre de l'UE, de l'EEE ou de la Suisse sont exclus
du champ des autorisations de travail.
cela concerne les salariés ressortissants d'un État de l'UE soumis à une période transitoire (v. n° 15) et les ressortissants d'un État tiers.
Ces derniers doivent justifier être titulaires d'une autorisation de travail, délivrée par l'État sur le territoire duquel est établi leur
employeur, valable pour l'emploi qu'ils vont occuper en France ( C. trav., art. R. 5221-2).

En effet, une réglementation nationale qui subordonne l'exercice d'une prestation de services sur le territoire d'un autre État membre à la délivrance d'une
autorisation administrative par l'État d'accueil constitue une restriction à la libre prestation de services.
CJCE, 19 janv. 2006, aff. C-244/04, Commission c/ Allemagne C. trav., art. R. 5221-2

12 Prestation de services transnationale La dispense d'autorisation est applicable lorsque le détachement est réalisé :

- dans le cadre d'un contrat conclu entre l'employeur et un destinataire en France ;


- entre établissements d'une même entreprise ou entre entreprises d'un même groupe ;
- dans le cadre d'un contrat de travail temporaire.

C. trav., art. L. 1262-1 et L. 1262-2

Par contre, cette dispense d'autorisation de travail ne vaut pas pour des salariés étrangers détachés dans le cadre d'une prestation pour compte propre de
l'employeur.

Exemple : c'est le cas du démontage d'une machine pour le compte de leur employeur.

13 Critères à réunir Pour que les salariés détachés par une entreprise de l'UE, de l'EEE ou de la Suisse soient dispensés d'une autorisation de travail,
ils doivent :

- justifier d'un contrat de travail avec l'entreprise prestataire antérieur à la date de prestation ;
- exercer leur activité principale dans l'État membre où est établie l'entreprise prestataire de services ;
- être en règle au regard des autorisations de travail exigées des étrangers dans le pays d'établissement et de la couverture sociale.

14 Titre de séjour délivré Ces étrangers doivent juste solliciter, pour tout séjour de plus de 3 mois, un titre de séjour portant la mention « travailleur
salarié étranger d'un prestataire de services européen », à moins qu'ils ne soient ressortissants d'un État membre de l'UE non soumis à régime transitoire (v.
n° 15).

Section 2 : Régime transitoire pour les nouveaux membres de l'Union européenne


15 Ressortissants des nouveaux États membres de l'UE Parmi les États ayant adhéré à l'Union européenne le 1er mai 2004, seules la
Roumanie et la Bulgarie restent soumises à un régime transitoire jusqu'au 1er janvier 2014.

La Croatie a adhéré à l'Union européenne le 1er juillet 2013. Les ressortissants croates sont soumis à une période transitoire qui s'applique dans un premier
temps depuis le 1er juillet 2013 et jusqu'au 30 juin 2015. Elle pourra être prolongée après cette date.

Circ. 4 juill. 2008, NOR : IMIM0800033C


Note 17 juin 2013

16 Durée de la période transitoire Cette période transitoire a été mise en place pour une durée initiale de 2 ans avec possibilité d'une prolongation
de 3 ans. Par conséquent, 5 ans après l'adhésion de ces nouveaux États, la libre circulation s'appliquera de plein droit, sauf en cas de perturbations graves
du marché du travail. Et en tout état de cause, cette libre circulation des salariés devra être effective 7 ans après l'adhésion des États (soit le
1er janvier 2014 pour la Roumanie et la Bulgarie et le 1er juillet 2020 pour la Croatie).

17 Détention d'une autorisation de travail Pendant la période transitoire, les ressortissants roumains, bulgares et croates sont obligés de
détenir une autorisation de travail ainsi qu'un certificat médical, remis à l'issue de la visite médicale à laquelle ils se soumettent au plus tard 3 mois après la
délivrance de l'autorisation de travail (v. n° 156), s'ils séjournent en France pour y exercer une activité professionnelle salariée (même si la durée du contrat
de travail est inférieure à 3 mois et qu'en conséquence, ils n'ont pas l'obligation de détenir un titre de séjour). Cette carte de séjour porte la mention « CE -
toutes activités professionnelles » (v. n° 35). Elle est délivrée sous réserve de respecter un certain nombre de critères (v. nos 122 et s.).
C. étrangers, art. L. 121-2 et R. 121-16 C. trav., art. R. 5221-1 Circ. 22 déc. 2006, NOR : INTD0600115C

18 Inopposabilité de la situation de l'emploi : distinction par métier La situation de l'emploi n'est pas opposable aux ressortissants
roumains, bulgares et croates lorsque la demande d'autorisation de travail concerne un métier dit « en tension ». Il s'agit notamment d'emplois relevant des
secteurs de l'hôtellerie, la restauration et l'alimentation, le bâtiment et les travaux publics, l'agriculture, la mécanique et le travail des métaux, les industries de
process, le commerce et la vente ainsi que la propreté. Pour ces emplois, l'employeur qui souhaite recruter un ressortissant d'un nouvel État membre de l'UE
n'est donc pas tenu de rechercher préalablement des candidats sur le marché du travail national.
L'inopposabilité de la situation de l'emploi concerne aussi bien les demandes d'introduction que les demandes de changement de statut. Les autres conditions
prévues par la législation restent applicables. Ainsi la visite médicale organisée par l'Ofii demeure obligatoire et les taxes perçues par cet organisme restent
dues.

Circ. DPM/DMI2/2006/200, 29 avr. 2006 Circ. DPM/DMI/2006/541, 22 déc. 2006


Note 17 juin 2013

S'ils souhaitent donc exercer une activité salariée dans un métier caractérisé par des difficultés de recrutement et figurant sur une liste établie, au plan
national, par l'autorité administrative, ils ne peuvent se voir opposer la situation de l'emploi. L'ouverture du marché de l'emploi dans un métier vaut pour
l'ensemble du territoire.
La liste de ces métiers a été fixée par l'arrêté du 1er octobre 2012. Elle comporte 291 métiers ( Arr. 1er oct. 2012, NOR : ETSD1235742A : JO, 14 oct.).

C. étrangers, art. L. 121-2 Arr. 1er oct. 2012, NOR : ETSD1235742A : JO, 14 oct.

19 Dérogation pour les jeunes diplômés : accès au marché de l'emploi sans autorisation de travail Lorsque les citoyens des
nouveaux États membres de l'UE ont obtenu en France un diplôme au moins équivalent au master (bac + 5), ils ne sont pas soumis à la détention
d'autorisation de travail et de titre de séjour pour exercer une activité professionnelle en France.

C. étrangers, art. L. 121-2 C. trav., art. R. 5221-2

Section 3 : Obligation de disposer d'une autorisation de travail pour les ressortissants des pays tiers
20 Nécessité d'une autorisation de travail Tout salarié de nationalité étrangère qui souhaite occuper une activité salariée en France doit être en
possession d'une autorisation de travail. Celle-ci est obligatoire quelle que soit la nature du contrat de travail ou sa durée.

Il en résulte que nul ne peut embaucher, employer ou conserver à son service un étranger démuni d'un titre de travail en cours de validité.

certains ressortissants de nationalité étrangère ne sont pas soumis à autorisation de travail (v. nos 4 et s.).

C. trav., art. L. 5221-5 et R. 5221-1


Depuis la loi du 20 novembre 2007 (JO, 21 nov.), la délivrance de l'autorisation de travail n'est plus soumise à la nécessité d'un contrôle médical préalable.
Ce contrôle doit avoir lieu dans les 3 mois suivant cette délivrance (v. n° 156).

21 Exercice d'une activité réglementée La possession d'une autorisation de travail n'est pas suffisante si l'intéressé exerce une activité
réglementée. Il doit alors justifier être autorisé à exercer cette activité particulière.

C. trav., art. R. 5221-4

22 Absence de menace pour l'ordre public L'étranger qui vient en France pour exercer une activité professionnelle salariée ne doit pas
constituer une menace pour l'ordre public.

Son autorisation de travail peut, dans ce cas, lui être refusée.


C. étrangers, art. L. 213-1, L. 313-3 et L. 314-3

23 Étrangers établis en outre-mer L'autorisation de travail délivrée dans les Dom et à Saint-Pierre-et-Miquelon n'est valable que pour le
département ou le territoire qui l'a établie.
C. trav., art. R. 5523-4

Il en ressort que si le ressortissant d'un pays tiers, titulaire d'un titre de séjour délivré dans les Dom et à Saint-Pierre-et-Miquelon peut effectivement
séjourner en France métropolitaine puisqu'il est en possession d'un titre de séjour, il ne peut exercer aucune activité salariée. S'il veut occuper un emploi, il
devra présenter une demande d'introduction ou de changement de statut, demande instruite selon le droit commun.

Chapitre 2 Catégories d'autorisations de travail et emplois autorisés

24 Existence de plusieurs formes d'autorisation de travail Les autorisations de travail peuvent revêtir diverses formes (cartes de séjour
temporaire, carte de résident, autorisation provisoire de travail...) et elles sont éventuellement limitées à l'exercice d'une activité professionnelle salariée
déterminée.

25 Caractéristiques générales pour les cartes de séjour temporaire L'octroi de la carte de séjour temporaire est subordonné à la
production par l'étranger d'un visa de long séjour, c'est-à-dire d'une durée supérieure à 3 mois. Toutefois, cette condition est assortie d'un certain nombre
d'exceptions, notamment pour les résidents de longue durée dans l'UE et les membres de leur famille.
C. étrangers, art. L. 311-7

La carte de séjour indique la mention au titre de laquelle le ressortissant étranger est autorisé à séjourner en France.

En principe, la carte de séjour temporaire a une durée d'un an maximum, sauf exception (v. nos 33 et 34).
Son renouvellement n'est pas automatique.

C. étrangers, art. L. 313-1

26 Dispense de carte de séjour temporaire pour certains titulaires de visas de long séjour Depuis le 1er juin 2009, certains
étrangers titulaires d'un visa de long séjour n'ont plus à demander de carte de séjour temporaire pendant la durée de validité de leur visa.

Cette dispense est ouverte aux personnes précédemment astreintes à demander une carte de séjour temporaire :

- salarié (v. n° 28) ;


- travailleur temporaire (v. n° 31) ;
- étudiant (v. n° 55) ;
- conjoint de Français titulaire d'une carte de séjour temporaire portant la mention « vie privée et familiale » (v. n° 63) ;
- salarié détaché.
Sont également concernés depuis le 1er octobre 2011, les titulaires de visas de long séjour portant les mentions « scientifique-chercheur » et « stagiaire »,
et à compter du 1er janvier 2012, les étrangers autorisés à entrer en France dans le cadre du regroupement familial et titulaires d'un visa de long séjour « vie
privée et familiale ».

La dispense est subordonnée au respect d'une procédure spécifique : dans un délai de 3 mois à compter de sa date d'entrée en France, l'étranger titulaire
du visa de long séjour adresse, par lettre simple, à la direction territoriale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (Ofii) de son lieu de résidence
le formulaire de demande d'attestation Ofii, la copie des pages de son passeport où figurent les informations relatives à son identité et le cachet attestant de
son entrée en France ou dans l'espace Schengen. L'étranger est alors convoqué par l'Office, qui atteste qu'il a accompli les formalités requises en apposant
une vignette et un cachet dateur sur son passeport ( Arr. 19 mai 2009, NOR : IMIK0911317A : JO, 26 mai).
Au terme de la validité du visa, l'étranger qui souhaite se maintenir en France demande une carte de séjour temporaire dans le courant des 2 derniers mois
précédant l'expiration de son visa. Il doit présenter l'attestation remise par l'Ofii (v. ci-dessus). La demande de titre de séjour est instruite selon les règles de
droit commun, comme une demande de renouvellement.
C. étrangers, art. R. 311-3 C. trav., art. R. 5221-3

Section 1 : Autorisations de travail délivrées après examen par les Direccte


27 Réglementation générale applicable aux étrangers Les ressortissants étrangers qui souhaitent être admis à séjourner en France pour
des motifs économiques voient leur demande instruite au préalable par les Direccte (Direction régionale des entreprises, de la concurrence et de la
consommation, du travail et de l'emploi). Un avis favorable de ces services conditionne la délivrance du titre de séjour. C'est l'employeur qui présente la
demande d'autorisation de travail à la Direccte compétente ( C. trav., art. R. 5221-16).

Sous-section 1 : Cartes de séjour temporaire autorisant l'exercice d'une activité professionnelle


28 Carte de séjour temporaire « salarié » Cette carte est délivrée sur présentation d'un contrat de travail d'une durée égale ou supérieure à 12
mois conclu avec un employeur établi en France.

Elle vaut autorisation de travail pour l'emploi figurant sur le contrat de travail visé qui contient un certain nombre de mentions ; ces mentions ne peuvent en
effet, faute de place, se trouver sur le titre de séjour lui-même.

A l'issue d'une période de 2 ans (un an pour les étrangers ayant obtenu le statut de résident de longue durée dans un autre État membre de l'UE), cette carte
de séjour permet d'exercer toutes les activités salariées sans autres restrictions que celles qui sont éventuellement applicables à la profession. Elle est
valable, en fonction de la nature et des conditions d'exercice de l'activité, pour une zone géographique déterminée ou pour l'ensemble du territoire.

D'autre part, si la rupture du contrat de travail du fait de l'employeur intervient dans les 3 mois précédant son renouvellement, une nouvelle carte lui est
délivrée pour une durée d'un an.

pour le renouvellement de la carte de séjour temporaire « salarié », voir également n° 134.

C. étrangers, art. L. 313-10 et R. 313-15 C. trav., art. R. 5221-3, 6° et R. 5221-5

29 Dispense de carte pour les titulaires d'un visa de long séjour A compter du 1er juin 2009, les étrangers séjournant en France pour
l'exercice d'une activité salariée d'une durée supérieure ou égale à 12 mois sous couvert d'un visa mention « salarié » valable entre 3 mois et un an, sont
dispensés de demander une carte de séjour temporaire « salarié » pendant la durée de validité de ce visa, à condition de se déclarer auprès de l'Office
français de l'immigration et de l'intégration (v. n° 26). L'autorisation de travail est constituée par ce visa accompagné du contrat de travail.
Ce visa permet à son titulaire de séjourner en France pendant sa durée de validité.

C. étrangers, art. R. 311-3 C. trav., art. R. 5221-3

30 Carte de séjour temporaire « profession artistique et culturelle » Cette carte concerne les artistes du spectacle : artiste-interprète ou
auteur d'œuvre littéraire ou artistique. Elle est délivrée sur présentation d'un contrat de travail d'une durée supérieure à 3 mois conclu avec une entreprise ou
un établissement dont l'activité principale comporte la création ou l'exploitation d'œuvres de l'esprit.

C. étrangers, art. L. 313-9 C. trav., art. R. 5221-3, 2°


Le contrat de travail doit être visé :

- par le directeur régional des entreprises, de la concurrence et de la consommation, du travail et de l'emploi du lieu de résidence de l'étranger, s'il
s'agit d'un contrat de travail ;
- par le directeur régional des affaires culturelles du lieu où est située l'entreprise ou l'établissement signataire du contrat, dans les autres cas.

C. étrangers, art. R. 313-14


La carte est valable sur le territoire métropolitain ou dans le Dom où elle a été délivrée et ne vaut autorisation de travail que pour le secteur artistique et
culturel.
C. trav., art. R. 5221-8 et R. 5523-4

31 Carte de séjour temporaire « travailleur temporaire » L'étranger qui sollicite la délivrance d'une carte de séjour mention « travailleur
temporaire » doit présenter un contrat de travail conclu pour une durée inférieure à 12 mois.
C. étrangers, art. L. 313-10 et R. 313-15 C. trav., art. R. 5221-3, 7°
Elle vaut autorisation de travail pour l'emploi figurant sur le contrat de travail visé auquel renvoie la carte de séjour et pour un employeur déterminé. Sa durée
est ainsi calquée sur la durée de conclusion du contrat de travail. Comme pour la carte « salarié », elle peut n'être valable, en fonction de la nature et des
conditions d'exercice de l'activité, que pour une zone géographique déterminée.
C. trav., art. R. 5221-9 et R. 5221-10
Elle est aussi délivrée aux salariés détachés d'une entreprise étrangère non communautaire qui ne relèvent pas de la carte « salarié en mission », c'est-à-
dire les étrangers détachés dans le cadre d'une prestation de services ou d'une prestation pour leur propre compte (v. nos 98 et s.). Dans ce cas, la carte
de séjour est renouvelée dans la limite de la durée de la prestation de services.
Il s'agit des salariés détachés dans le cadre des articles L. 1262-1 et L. 1262-2 du code du travail.

aucune limitation de durée n'est a priori prévue, étant rappelé toutefois que la prestation de services est par nature temporaire.

32 Dispense de carte pour les titulaires d'un visa de long séjour Les travailleurs étrangers qui séjournent en France pour y exercer une
activité d'une durée déterminée inférieure à 12 mois sous couvert d'un visa « travailleurs temporaire » d'une durée correspondante à celle de l'emploi occupé
peuvent être dispensés de carte de séjour temporaire, à condition de se déclarer auprès de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (v. n° 26).
Les mêmes règles s'appliquent aux salariés détachés.

C. étrangers, art. R. 311-3 C. trav., art. R. 5221-3

33 Carte de séjour temporaire « travailleur saisonnier » Cette carte est délivrée aux étrangers sur présentation d'un contrat de travail d'au
moins 3 mois et qui s'engagent à maintenir leur résidence habituelle hors de France. Elle permet l'exercice de travaux saisonniers pour une durée n'excédant
pas 6 mois par an.

Elle est accordée pour une durée maximale de 3 ans renouvelable. Son objectif est d'encourager les travailleurs saisonniers à retourner dans leur pays
entre 2 contrats avec l'assurance de pouvoir revenir en France pendant toute la durée de validité de la carte (les 2e et 3e années) sous réserve d'avoir
conclu un nouveau contrat de travail et sans avoir besoin d'un nouveau visa consulaire. Ils ne sont pas non plus soumis à la visite médicale.
Le contrat de travail saisonnier de l'étranger est visé, avant son entrée en France, par le préfet territorialement compétent. Il l'est également lors du
renouvellement de ce contrat et lors de la conclusion d'un nouveau contrat de travail saisonnier en France. Ces visas ont pour objet de contrôler la durée
des périodes de travail sur l'année.
C. étrangers, art. L. 313-10 et R. 313-18 C. trav., art. R. 5221-3, 8° et R. 5221-23 à R. 5221-25 Circ. 29 juill. 2008, NOR : IMIM0800034C

L'autorisation de travail est valable pour un employeur déterminé et pour le métier qui figure sur le contrat de travail dans une zone géographique déterminée.
C. trav., art. R. 5221-9 et R. 5221-10

34 Carte de séjour temporaire « salarié en mission »


1° Bénéficiaires
La carte est réservée :

- au salarié ayant un contrat de travail datant d'au moins 3 mois avec une entreprise d'un groupe, établie hors de France et ayant à l'étranger une
activité réelle et significative. L'étranger vient, dans le cadre d'une mission temporaire d'une durée d'au moins 3 mois, soit apporter son expertise à
une entreprise française du même groupe, soit suivre une formation spécifique pour la mise en œuvre d'un projet à l'étranger ;
- au salarié ayant un contrat de travail d'une durée d'au moins 3 mois avec l'entreprise française appartenant à un groupe, lorsque l'introduction
s'effectue entre entreprises du même groupe ou établissements d'une même entreprise.

les ressortissants algériens ne peuvent prétendre à ce statut.

Le travailleur détaché participe effectivement à l'activité de l'entreprise qui l'accueille.

La délivrance de ce titre de séjour fait l'objet de la procédure de guichet unique auprès de l'Ofii (v. n° 76).

2° Validité de la carte
Cette carte, d'une durée de 3 ans renouvelable, est valable pour un employeur ou une entreprise d'accueil déterminée et pour l'activité mentionnée sur le
formulaire d'introduction.

3° Pièces à présenter
Lorsque ce détachement s'effectue entre établissements d'une même entreprise ou entre entreprises d'un même groupe, l'étranger doit présenter, outre les
pièces prévues à l'article R. 313-1 du Ceseda (v. n° 84), un contrat de travail ou une demande d'introduction en France revêtu du visa des services du
ministre chargé du travail. La situation de l'emploi n'étant pas opposable, il n'y a pas lieu d'exiger le dépôt d'une offre d'emploi.

4° Rémunération
La rémunération brute du salarié doit être au moins égale à une fois et demie le Smic mensuel temps plein. L'étranger doit justifier chaque année au préfet,
par une déclaration conforme à un modèle fixé par arrêté et établie par son employeur, que les conditions d'emploi et de rémunération déclarées au moment
de la demande de la carte sont toujours satisfaites.

5° Salariés en mission de moins de 3 mois en France


Le bénéfice du statut de salarié en mission nécessite en principe un contrat de travail d'au moins 3 mois. Toutefois, afin de simplifier les procédures
administratives pour les salariés en mission venant pour une durée moindre, les demandes d'autorisation de travail pour une durée de moins de 3 mois
peuvent bénéficier d'un régime spécifique. Après instruction, le service responsable de la main-d'œuvre étrangère valide le formulaire requis pour une durée
de 12 mois. Puis, il est transmis à l'employeur ou au mandataire qui a effectué la demande d'autorisation de travail. Le formulaire est alors déposé au
consulat avec la demande de visa de court séjour. Un visa de circulation de type C, à entrées multiples, valable 12 mois, peut être délivré à l'intéressé.
Accompagné de l'autorisation de travail, ce visa permet des séjours de 3 mois maximum par période de 6 mois ( Circ. 12 nov.
2010, NOR : IMIG1000124C).

6° Membres de la famille
Par ailleurs, le conjoint et les enfants mineurs d'un étranger titulaire de la carte « salarié en mission » bénéficient de plein droit de la carte « vie privée et
familiale », si le contrat de travail du salarié en mission prévoit une résidence ininterrompue en France de plus de 6 mois (v. n° 64). Celle-ci est renouvelable
de plein droit durant la période de validité restant à courir de la carte « salarié en mission », dès lors que le titulaire de cette dernière carte continue de
résider plus de 6 mois par an en France de manière ininterrompue pendant la période de validité de sa carte.

Depuis la loi du 16 juin 2011, la durée de validité du titre de séjour délivré au conjoint et aux descendants a la même durée de validité que la carte « salarié en
mission » ( L. n° 2011-672, 16 juin 2011).
Tous les membres de la famille des salariés en mission bénéficient de la procédure de « famille accompagnante », qui permet la venue du conjoint et des
enfants mineurs dans le cadre d'une procédure simplifiée dérogatoire au regroupement familial. L'employeur du salarié en mission doit, en même temps qu'il
dépose le dossier du salarié, remplir un document spécifique relatif à la procédure de famille accompagnante, et s'adresser à la direction territoriale de l'Ofii
dans les trois départements visés ci-dessus, ou au service responsable de la main-d'œuvre étrangère de l'Unité territoriale de la Direccte compétente dans
les autres départements ( Circ. 12 nov. 2010, NOR : IMIG1000124C).

C. étrangers, art. L. 313-10 et R. 313-19 C. trav., art. R. 5221-3, 9°, R. 5221-30 et R. 5221-31

35 Carte de séjour « Communauté européenne » La carte de séjour « Communauté européenne » portant la mention « toutes activités
professionnelles » est valable sur l'ensemble du territoire métropolitain et pour toutes les activités salariées (v. nos 5, 6, 16).
C. étrangers, art. R. 121-16, R. 122-1 et R. 122-2 C. trav., art. R. 5221-3, 12°, R. 5221-5 et R. 5221-8

Sous-section 2 : Autorisation provisoire de travail


36 Exercice d'une activité à caractère temporaire Une autorisation provisoire de travail (APT) peut être délivrée à l'étranger appelé à exercer
chez un employeur déterminé une activité présentant par sa nature ou les circonstances de son exercice un caractère temporaire, ne relevant pas des
autres autorisations de travail précitées.

La durée de validité de l'autorisation provisoire de travail ne peut dépasser 12 mois ; elle est renouvelable.
C. trav., art. R. 5221-3, 13°

L'étranger qui se voit délivrer une APT dispose donc de deux titres distincts pour le travail et le séjour, si celui-ci est supérieur à 3 mois.
L'APT est valable pour un métier, un employeur et une zone géographique déterminés. Le modèle de l'APT est fixé par arrêté du ministre chargé du travail.

C. trav., art. R. 5221-3, 13°, R. 5221-9 et R. 5221-10


Cette forme d'autorisation de travail concerne notamment les artistes et mannequins, dont la durée de prestation de travail est en général inférieure à 3 mois.

Elle peut aussi être délivrée à certains étrangers titulaires d'un document provisoire de séjour (demandeurs d'asile, accompagnants de malade...).
L'APT peut être accordée aux titulaires d'une carte de séjour temporaire « étudiant » qui dans le cadre de leur cursus ont une activité supérieure à 60 % de
la durée du travail annuellement autorisée. Cette disposition vise notamment les faisant fonction d'interne, les allocataires de recherche ou les étudiants
devant suivre une formation en alternance pour valider leur master ou diplôme équivalent.
C. trav., art. R. 5221-7

Section 2 : Autorisations de travail résultant d'un droit au séjour


37 Absence d'examen préalable de la Direccte Il s'agit d'étrangers bénéficiant d'un droit au séjour pour des raisons autres qu'économiques,
qui reçoivent un titre de séjour les autorisant à exercer une activité professionnelle sans examen de leurs conditions d'emploi par les Direccte (Direction
régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi). Ces titres uniques combinent à la fois titre de séjour et de travail.

Sous-section 1 : Carte de résident


38 Généralités La carte de résident autorise à la fois le séjour et le travail des étrangers qui en sont titulaires. En effet, elle confère à son titulaire le droit
d'exercer sur l'ensemble du territoire où elle a été délivrée (métropole, Dom ou Saint-Pierre-et-Miquelon) toute activité professionnelle salariée de son choix
dans le cadre de la législation en vigueur.

L'exercice de l'activité professionnelle peut être soumis à une réglementation particulière (exigence de diplôme, d'inscription à un ordre professionnel,
détention d'une licence...).
C. étrangers, art. L. 314-4 et L. 314-8 C. trav., art. R. 5221-3, 1°, R. 5221-4, R. 5221-5 et R. 5221-8

l'étranger qui remplit les conditions fixées par la directive 2003/109/CE du 25 novembre 2003, obtient une carte de résident portant la
mention « résident de longue durée - CE ». Ces conditions sont les suivantes : résider de manière légale et interrompue en France depuis
5 ans, disposer d'une assurance maladie, de moyens d'existence suffisants pour la famille ( C. étrangers, art. L. 314-8).

39 Durée de validité La carte de résident est valable 10 ans et est renouvelable de plein droit.

C. étrangers, art. L. 314-1


Il est à noter que la demande de carte de résident, lorsqu'elle est présentée après 5 années de résidence régulière ininterrompue, vaut demande de
renouvellement du titre de séjour précédemment détenu.

C. étrangers, art. R. 314-1


A l'expiration de la carte de résident de 10 ans, l'étranger dont la présence ne constitue pas une menace pour l'ordre public et qui remplit la condition
d'intégration républicaine peut demander une carte de résident permanent à durée indéterminée, qui n'est pas soumise à une procédure de renouvellement.

C. étrangers, art. L. 314-14 et R. 314-4

40 Situation des résidents de longue durée au sein de l'UE Les ressortissants de pays tiers détenant une carte de résident « résident de
longue durée - CE » accordée dans un des pays de l'UE ne peuvent exercer une activité salariée ou économique en France que s'ils sont en possession
d'un titre de séjour français permettant cette activité. Il peut s'agir notamment de la carte de séjour temporaire « salarié ».
C. étrangers, art. L. 313-4-1
L'autorisation de travail est limitée la première année à l'emploi visé favorablement lors de l'introduction. Au terme de cette année, toute limite professionnelle
ou géographique est levée.
C. trav., art. R. 5221-5

En revanche, le conjoint et les enfants mineurs au moment de l'entrée en France du résident de longue durée peuvent obtenir une carte de séjour temporaire
portant la mention « vie privée et familiale » qui les autorise à travailler un an après sa délivrance (sans délai pour les enfants qui, à leur majorité, ont
séjourné au moins un an en France).

C. étrangers, art. L. 313-12, al. 4

41 Conditions d'attribution Pour obtenir une carte de résident, le ressortissant étranger doit justifier :

- d'une résidence régulière et ininterrompue en France d'au moins 5 ans sous couvert de certains titres de séjour ;
- de son intention de s'établir durablement en France, notamment au regard des conditions de son activité professionnelle s'il en a une, et de ses
moyens d'existence appréciés au regard de ses ressources qui doivent être stables et suffisantes pour subvenir à ses besoins ;
- de son intégration républicaine dans la société française. Celle-ci est appréciée en particulier au regard d'une connaissance suffisante de la langue
française et des principes qui régissent la République française.

les étrangers âgés de plus de 65 ans ne sont pas soumis à la condition relative à la connaissance de la langue française.

Il doit également justifier qu'il dispose d'un logement approprié et qu'il bénéficie d'une assurance maladie. Sa présence ne doit pas constituer une menace
pour l'ordre public.

C. étrangers, art. L. 314-2, L. 314-8, L. 314-10 et R. 314-1-1

42 Pièces à fournir A l'appui de sa première demande de la carte de résident, le ressortissant étranger doit présenter un certain nombre de pièces :

- les indications relatives à son état civil et, le cas échéant, à celui de son conjoint et de ses enfants à charge ;
- s'il est marié et ressortissant d'un État dont la loi autorise la polygamie, une déclaration sur l'honneur selon laquelle il ne vit pas en France en état de
polygamie ;
- 3 photographies de face, tête nue, récentes et parfaitement ressemblantes ;
- les pièces justifiant des raisons pour lesquelles il entend s'établir durablement en France ainsi que les éléments attestant du caractère suffisant et
de la stabilité de ses moyens d'existence et, le cas échéant, les conditions de son activité professionnelle s'il en a une.
Pour l'appréciation de la condition d'intégration, l'étranger doit fournir une déclaration sur l'honneur par laquelle il s'engage à respecter les principes qui
régissent la République française ou le contrat d'accueil et d'intégration et l'attestation nominative remise par l'Ofii précisant si les actions prévues au contrat
ont été suivies et les conditions de leur validation, ainsi que tout document de nature à attester sa connaissance suffisante de la langue française,
notamment le diplôme initial de langue française.
C. étrangers, art. R. 314-1 et R. 314-1-1

43 Bénéficiaires de plein droit Les bénéficiaires qui peuvent obtenir une carte de résident de plein droit sont notamment :

- l'enfant étranger d'un ressortissant de nationalité française si cet enfant a moins de 21 ans ou s'il est à la charge de ses parents ainsi qu'aux
ascendants d'un tel ressortissant et de son conjoint qui sont à sa charge, sous réserve de produire un visa de long séjour ;
- l'étranger titulaire d'une rente d'accident du travail ou de maladie professionnelle versée par un organisme français et dont le taux d'incapacité
permanente est égal ou supérieur à 20 %, et les ayants droit d'un étranger bénéficiaires d'une rente de décès pour AT ou MP versée par un
organisme français ;
- l'étranger ayant servi dans une unité combattante de l'armée française, ayant combattu dans les rangs des forces françaises de l'intérieur ou ayant
servi dans une unité combattante d'une armée alliée ;
- l'étranger ayant servi dans la Légion étrangère, comptant au moins 3 ans de service dans l'armée française, et titulaire du certificat de bonne
conduite ;
- l'étranger ayant obtenu le statut de réfugié ainsi que son conjoint et ses enfants mineurs sous certaines conditions ;
- l'apatride justifiant de 3 années de résidence régulière en France ainsi que son conjoint et ses enfants mineurs.

C. étrangers, art. L. 314-11

Une carte de résident peut être également délivrée à l'étranger qui apporte une contribution économique exceptionnelle à la France. Sont concernés les
étrangers qui, personnellement ou par l'intermédiaire d'une société qu'ils dirigent ou dont ils détiennent au moins 30 % du capital, remplissent l'une des deux
conditions suivantes :

- ils créent ou sauvegardent, ou s'engagent à créer ou sauvegarder, au moins 50 emplois sur le territoire français ;
- ils effectuent ou s'engagent à effectuer un investissement en immobilisations corporelles ou incorporelles d'au moins 10 millions d'euros.
Le préfet peut délivrer la carte de résident, même si ces critères n'en sont pas remplis si la contribution économique présente un caractère exceptionnel
compte tenu de ses caractéristiques particulières ou de la situation du bassin d'emploi concerné ( Circ. 2 août 2010, NOR : IMIM1000117C).

A l'expiration de sa carte de résident, l'étranger peut demander une carte de résident permanent à durée indéterminée. Sa délivrance est soumise au respect
de la condition d'intégration républicaine.

C. étrangers, art. L. 314-14 et L. 314-15

44 Membres de la famille : délivrance subordonnée à une durée de séjour régulier réduite La carte de résident peut être
accordée :

- au conjoint et aux enfants dans l'année qui suit leur 18e anniversaire (ou les enfants entre 16 et 18 ans qui veulent exercer une activité
professionnelle salariée), entrés en France dans le cadre du regroupement familial pour rejoindre un étranger titulaire d'une carte de résident et qui
justifient d'une résidence régulière et non interrompue d'au moins 3 années en France ;
- à l'étranger qui est père ou mère d'un enfant français résident en France, titulaire depuis au moins 3 années de la carte de séjour temporaire
mention « vie privée et familiale » et qui ne vit pas en état de polygamie ;
- à l'étranger marié depuis au moins 3 ans avec un ressortissant de nationalité française, sous certaines conditions.

C. étrangers, art. L. 314-9


45 Renouvellement de la carte de résident Lors de sa demande de renouvellement, le ressortissant étranger doit notamment présenter :

- la carte de résident dont il est titulaire et qui vient à expiration ;


- une attestation sur l'honneur selon laquelle il n'a pas séjourné plus de 3 années consécutives hors de France, au cours des 10 dernières années ou
hors du territoire des États membres de l'UE s'il est titulaire de la carte de « résident de longue durée-CE » accordée par la France ;
- s'il est titulaire de la carte de « résident de longue durée-CE », une attestation sur l'honneur selon laquelle il n'a pas séjourné plus de 6 années
consécutives hors de France ou acquis le statut de résident longue durée-CE dans un autre État membre de l'UE.

C. étrangers, art. R. 314-3

46 Péremption de la carte La carte de résident d'un étranger qui quitte le territoire français pendant une période de plus de 3 ans consécutifs est
périmée. Il en va de même pour la carte de « résident de longue durée-CE » lorsque son titulaire a résidé en dehors des États membres de l'UE pendant une
période de plus de 3 ans consécutifs.
Cependant, ces délais peuvent être prolongés si l'intéressé en fait la demande avant son départ de France ou pendant son séjour à l'étranger.

Est également périmée la carte de « résident de longue durée-CE » lorsque le bénéficiaire a, depuis sa délivrance, acquis ce statut dans un autre État
membre de l'UE, ou lorsqu'il a quitté le territoire national pendant une période de 6 ans consécutifs.

C. étrangers, art. L. 314-7

Sous-section 2 : Carte de séjour « compétences et talents »


47 Carte pour les étrangers présentant des compétences particulières Cette carte de séjour est accordée à l'étranger susceptible de
participer, du fait de ses compétences et de ses talents, de façon significative et durable au développement économique, au développement de
l'aménagement du territoire ou au rayonnement, notamment intellectuel, scientifique, culturel, humanitaire ou sportif de la France et, directement ou
indirectement, du pays dont il a la nationalité.

La délivrance de ce titre de séjour fait l'objet de la procédure de guichet unique auprès de l'Ofii (v. n° 76).
Les dispositions spécifiques qui étaient applicables aux ressortissants de pays de la zone de solidarité prioritaire, ont été abrogées par la loi n° 2011-672 du
16 juin 2011 (JO, 17 juin), car jugées trop contraignantes.
C. étrangers, art. L. 315-1 à L. 315-6

48 Durée de validité D'une durée de 3 ans renouvelable, la carte de séjour « compétences et talents » permet l'exercice de toute activité
professionnelle dans le cadre du projet pour lequel elle a été accordée (v. n° 47) sur l'ensemble du territoire métropolitain. En outre, les membres de la famille
du titulaire de cette carte se voient délivrer de plein droit une carte de séjour temporaire « vie privée et familiale » (v. n° 64).
Si l'étranger qui s'est vu délivrer cette carte décide d'exercer une activité professionnelle ne correspondant pas au projet au vu duquel cette carte lui a été
attribuée, il devra donc solliciter, sous peine, pour son employeur, de se mettre en infraction avec l'article L. 8251-1 du code du travail :

- une autorisation provisoire de travail pour une activité temporaire ;


- une carte « salarié », pour un changement d'orientation durable.

C. étrangers, art. L. 315-1, L. 315-5 et L. 315-7 C. trav., art. R. 5221-3, 2°, R. 5221-5 et R. 5221-8

49 Membres de la famille du titulaire de la carte « compétences et talents » Le conjoint et les enfants de l'étranger titulaire d'une
carte « compétences et talents » reçoivent une carte de séjour temporaire « vie privée et familiale » d'une durée de validité identique à celle du titulaire. Elle
est renouvelée dès lors que son titulaire continue à remplir les conditions requises.

C. étrangers, art. L. 313-11, 3°

50 Délivrance de la carte « compétences et talents » La délivrance de cette carte est attribuée en fonction de divers critères :

- contenu et nature du projet de l'étranger ;


- intérêt du projet pour la France et le pays d'origine.

la loi n° 2011-672 du 16 juin 2011 (JO, 17 juin) a supprimé la référence à la Commission nationale des compétences et des talents,
chargée de définir les critères permettant de délivrer la carte de séjour. Il revient désormais au pouvoir réglementaire de définir les
conditions dans lesquelles s'apprécient les critères posés pour l'attribution du titre.

La carte est délivrée en principe pour la réalisation d'un projet professionnel. Il peut s'agir d'une activité salariée, industrielle, commerciale, artisanale,
indépendante. Un projet uniquement d'études n'est pas pris en compte. Les candidatures d'étrangers remplissant les conditions pour obtenir la carte de
salarié en mission ne sont pas retenues. A l'exclusion des artistes et sportifs, un candidat sans expérience professionnelle dont le niveau de diplôme est
inférieur à bac + 3 n'est pas éligible.
Si l'activité est salariée, le dossier de demande comporte un contrat de travail, l'autorité de délivrance pouvant déroger à ce principe pour faciliter la
démarche ( Délib. 11 déc. 2007, NOR : IMIX0711147X : JO, 28 déc.).
La carte peut être délivrée à un investisseur créateur d'activités, ou à l'étranger qui souhaite occuper la fonction de représentant légal dans une société en
France dès lors qu'il est depuis au moins 3 mois salarié ou mandataire social hors de France dans une société du même groupe, qu'il a une rémunération
mensuelle brute d'au moins 3 fois le Smic et exerce une mission en France supérieure à 6 mois ( Délib. 16 avr. 2008 : JO, 21 juin). Elle est également
délivrée à l'étranger qui occupe déjà une fonction de représentant légal au sein de la société en France, ou qui, salarié de cette société, est désigné comme
représentant légal à condition qu'il remplisse les mêmes conditions de rémunération ( Délib. 10 déc. 2009, NOR : IMIK1005921X : JO, 18 mars 2010).
Si l'étranger était déjà autorisé à séjourner en France, il peut présenter sa demande de carte « compétences et talents » jusqu'à 2 mois avant l'expiration de
son titre de séjour.
Lors du renouvellement de son titre de séjour, le titulaire de la carte doit démontrer pouvoir vivre de son projet, qui doit lui assurer un revenu mensuel d'un
montant au moins égal à 1,5 fois le Smic en vigueur en France, sans préjudice d'autres sources de revenu éventuelles ( Délib. 28 juin 2010, NOR :
IMIK1021263X : JO, 16 sept.).
C. étrangers, art. L. 311-7, L. 311-8, L. 315-3 et R. 315-1 à R. 315-5 Circ. 1er févr. 2008, NOR : IMIG0800017C

Sous-section 3 : Carte bleue européenne


51 Emploi hautement qualifié La mise en place d'une carte bleue européenne est prévue par la directive 2009/50/CE du Conseil du 25 mai 2009. Ce
titre est destiné aux ressortissants de pays tiers qui occupent un emploi hautement qualifié. La loi n° 2011-672 du 16 juin 2011 (JO, 17 juin) transpose la
directive.
La délivrance de ce titre de séjour fait l'objet de la procédure de guichet unique auprès de l'Ofii (v. n° 76).

1° Conditions
La carte de séjour temporaire « carte bleue européenne » peut être délivrée à l'étranger signataire d'un contrat de travail d'une durée égale ou supérieure à
un an, conclu pour un emploi dont la rémunération annuelle brute est au moins égale à une fois et demie le salaire moyen annuel de référence. Un arrêté fixe
chaque année le montant de ce salaire. Il est de 52 752 € en 2011 ( Arr. 17 oct. 2012, NOR : INTV1236923A : JO, 30 nov.).
La carte bleue européenne se distingue de la carte de séjour « compétences et talents » qui repose sur l'idée de projet personnel et professionnel. En
revanche, son régime est le même s'agissant des droits sociaux et de la procédure applicable aux membres de la famille, qui bénéficient de la procédure de
« famille accompagnante » au lieu de celle du regroupement familial ( Circ. 21 nov. 2011, NOR : IOCL1130031C).

L'étranger doit être titulaire d'un diplôme sanctionnant au moins 3 années d'études supérieures délivré par un établissement d'enseignement supérieur
reconnu par l'État dans lequel cet établissement se situe ou justifier d'une expérience professionnelle d'au moins 5 ans d'un niveau comparable.

2° Particularités de la carte bleue européenne


L'autorisation de travail est délivrée dans les conditions de droit commun fixées à l'article R. 5221-20 du code du travail, sauf la situation de l'emploi qui n'est
pas opposable. Il est demandé aux préfectures de vérifier en particulier que l'emploi proposé correspond habituellement au niveau de salaire requis
(52 752 €) et de refuser l'autorisation de travail si la rémunération salariale apparaît sans proportion avec l'emploi exercé.

L'étranger est dispensé de la signature du contrat d'accueil et d'intégration. Depuis le 1er janvier 2013, l'étranger verse une taxe à l'Ofii.

L'étranger est dispensé de présenter un certificat médical à l'appui de sa demande de titre de séjour. La décision du préfet lui est notifiée par écrit dans les
meilleurs délais et au plus tard dans les 90 jours suivant le dépôt de la demande, l'absence de décision à l'issue de ce délai valant rejet implicite.
Le récépissé de la demande de première délivrance de la carte de séjour autorise son titulaire à travailler.
La carte bleue européenne ouvre droit à l'exercice de toute activité professionnelle salariée à l'issue de la deuxième année de sa période de validité. Elle est
valable sur l'ensemble du territoire métropolitain ainsi que dans les départements d'outre-mer.

3° Changement d'employeur, perte d'emploi


Le titulaire de la carte bleue européenne peut changer d'employeur et d'emploi sous réserve que la rémunération prévue dans le nouveau contrat ne soit
pas inférieure à 1,5 fois le salaire moyen brut annuel de référence et qu'une nouvelle autorisation de travail correspondant au nouvel emploi soit délivrée. S'il
postule sur un emploi qui ne répond pas à la condition de rémunération requise, l'employeur dépose une demande d'autorisation de travail examinée dans les
conditions de droit commun y compris celle relative à l'opposabilité de la situation de l'emploi.
Si le travailleur hautement qualifié se retrouve involontairement privé d'emploi, les règles sont les mêmes que celles applicables aux titulaires d'une carte de
séjour temporaire « salarié » dans la même situation. La carte est maintenue jusqu'à la fin de sa durée de validité. Elle peut ensuite être prolongée jusqu'à
l'expiration des droits de l'intéressé au regard du régime d'assurance chômage. Le titulaire de la carte peut s'inscrire sur la liste des demandeurs d'emploi
tenue par Pôle emploi.

4° Situation du conjoint et des enfants


Le conjoint et les enfants mineurs du titulaire de la carte bleue européenne bénéficient de plein droit d'une carte de séjour temporaire « vie privée et
familiale ».
C. étrangers, art. L. 313-10, 6°, L. 313-11, 3°, R. 313-19-1 et R. 313-20-2 C. trav., art. R. 5221-3, 9 bis, R. 5221-5, 9°, R. 5221-8-1, R. 5221-31-1 et
R. 5221-48

52 Durée de validité La carte de séjour temporaire carte bleue européenne est valable au maximum 3 ans et renouvelable. Lorsque le contrat de
travail a une durée comprise entre un an et moins de 3 ans, la carte est délivrée ou renouvelée pour la durée du contrat. La carte ne peut être retirée au
motif que l'étranger s'est trouvé involontairement privé d'emploi.
La carte de séjour temporaire « vie privée et familiale » délivrée à la famille a la même durée de validité que la carte bleue européenne. Elle est renouvelée de
plein droit pendant la période de validité restant à courir de la « carte bleue européenne » du bénéficiaire.
C. étrangers, art. L. 313-10, 6°

53 Mobilité L'étranger qui justifie avoir séjourné au moins 18 mois dans un autre État membre de l'Union européenne sous couvert d'une carte bleue
européenne délivrée par cet État obtient une carte bleue européenne, s'il remplit les conditions mentionnées ci-dessus et en fait la demande dans le mois de
son entrée en France. La présentation d'un visa de long séjour n'est pas requise.

Lorsque la famille était déjà constituée dans l'autre État membre, le conjoint et les enfants bénéficient de plein droit de la carte de séjour temporaire « vie
privée et familiale » s'ils en font la demande dans le mois suivant leur entrée en France, sans exigence de visa de long séjour.
C. étrangers, art. L. 313-10, 6° et R. 313-20-2

54 Accès à la carte de résident L'étranger titulaire de la carte de séjour temporaire carte bleue européenne peut se voir délivrer une carte de
résident « résident de longue durée-CE », s'il justifie d'une résidence ininterrompue d'au moins 5 années sur le territoire d'un État membre de l'Union
européenne sous couvert d'une carte bleue européenne, dont, en France, les 2 années précédant sa demande de carte de résident. Les absences du
territoire de l'Union européenne ne suspendent pas le calcul de cette période si elles ne s'étendent pas sur plus de 12 mois consécutifs et ne dépassent pas
au total 18 mois sur l'ensemble de la période de résidence ininterrompue d'au moins 5 années.
Le conjoint et les enfants peuvent obtenir une carte de résident s'ils remplissent les conditions de droit commun prévues à l'article L. 314-8 du Ceseda, et
notamment une durée de résidence de 5 ans sur le seul territoire national.

L'accès à la carte de résident permanent est ouvert à l'étranger à l'expiration de la carte de résident.
C. étrangers, art. L. 314-8-1 et L. 314-14

Sous-section 4 : Carte de séjour temporaire « étudiant »


55 Généralités La carte de séjour « étudiant » donne le droit à l'exercice, à titre accessoire, d'une activité professionnelle salariée sur l'ensemble du
territoire métropolitain.
Pour obtenir la carte de séjour, l'étudiant titulaire d'un visa de long séjour (sauf exceptions, v. n° 58) doit apporter la preuve qu'il dispose de moyens
suffisants d'existence et établir qu'il fait en France des études ou y suit un enseignement ou un stage de formation.

C. étrangers, art. L. 313-7 C. trav., art. R. 5221-3, 3°, R. 5221-5 et R. 5221-8

56 Bénéficiaires de plein droit La carte est délivrée de plein droit :

- aux étudiants ayant obtenu un visa pour un séjour d'une durée supérieure à 3 mois dans le cadre d'une convention signée entre l'État et un
établissement d'enseignement supérieur et qui présentent une inscription de cet établissement ;
- aux étudiants ayant satisfait aux épreuves du concours d'entrée dans un établissement d'enseignement supérieur ayant signé une convention avec
l'État ;
- aux boursiers du gouvernement français ;
- aux titulaires du baccalauréat français préparé dans un établissement relevant de l'Agence pour l'enseignement français à l'étranger ou titulaire d'un
diplôme équivalent et ayant suivi pendant au moins 3 ans une scolarité dans un établissement français de l'étranger ;
- aux ressortissants d'un pays ayant signé avec la France un accord de réciprocité relatif à l'admission au séjour des étudiants.

C. étrangers, art. L. 313-7

57 Justificatifs à présenter par l'étranger L'étranger qui demande une carte de séjour mention « étudiant » doit présenter, en plus du visa de long
séjour et des pièces prévues à l'article R. 313-1 du Ceseda (v. n° 84), les pièces suivantes :

- justification qu'il dispose mensuellement de moyens d'existence, correspondant au montant de l'allocation d'entretien versée aux boursiers du
gouvernement français ;
- certificat d'immatriculation, d'inscription ou de préinscription dans un établissement public ou privé d'enseignement ou de formation initiale, ou
attestation d'inscription ou de préinscription dans un organisme de formation professionnelle, ou attestation justifiant qu'il est bénéficiaire d'un
programme de coopération de l'UE dans les domaines de l'éducation, de la formation et de la jeunesse.
En outre, l'étudiant étranger qui a réussi les épreuves du concours d'entrée dans un établissement d'enseignement supérieur doit présenter le visa de séjour
« étudiant concours » établissant qu'il entre dans cette situation et justifie de la réussite au concours pour lequel ce visa lui a été accordé.

Dans les cas de délivrance de plein droit (v. n° 56), la présentation du certificat médical est reportée au moment de la remise du titre de séjour à l'étranger.
C. étrangers, art. R. 313-7 et R. 313-8

58 Dispense de visa de long séjour La carte de séjour temporaire « étudiant » peut être délivrée à l'étranger même en l'absence du visa de long
séjour requis, dans les deux situations suivantes.
En cas de nécessité liée au déroulement des études en France, sauf cas particulier, l'étranger doit justifier avoir accompli 4 années d'études supérieures et
être titulaire d'un diplôme, titre ou certificat au moins équivalent à celui d'un deuxième cycle universitaire ou d'un titre d'ingénieur. Il est tenu compte des motifs
pour lesquels le visa de long séjour ne peut être présenté, du niveau de formation de l'intéressé, ainsi que des conséquences que présenterait un refus de
séjour pour la suite de ses études.
L'étranger qui a suivi une scolarité en France depuis au moins l'âge de 16 ans et qui poursuit des études supérieures peut également être dispensé de visa
de long séjour pour obtenir la carte de séjour temporaire « étudiant ». A l'appui de sa demande, l'étranger doit justifier du caractère réel et sérieux des
études poursuivies.
C. étrangers, art. R. 313-10

59 Dispense de carte pour les titulaires d'un visa de long séjour A compter du 1er juin 2009, sont dispensés de demander une carte de
séjour temporaire les étudiants étrangers séjournant en France sous couvert d'un visa mention « étudiant » pour un séjour d'une durée comprise entre 3
mois et un an, pendant la durée de validité de ce visa, à condition de se déclarer auprès de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (v. n° 26).
Dans ce cas, l'autorisation de travail permettant d'exercer une activité salariée (à titre accessoire, dans la limite d'une durée annuelle de travail égale à
964 heures) est constituée par ce visa.
C. étrangers, art. R. 311-3 C. trav., art. R. 5221-3, R. 5221-26, R. 5221-27, R. 5221-28 et R. 5221-45

60 Durée maximale de travail La carte de séjour temporaire mention « étudiant » autorise seulement l'exercice d'une activité salariée, à titre
accessoire, dans la limite d'une durée annuelle de travail égale à 964 heures (égale à 60 % de la durée de travail annuelle).

la carte de séjour peut être retirée lorsque l'étudiant étranger ne respecte pas cette limite.

C. étrangers, art. L. 313-5 et L. 313-7 C. trav., art. R. 5221-26

61 Renouvellement de la carte Le titulaire d'une carte de séjour temporaire « étudiant » depuis au moins un an ou d'un visa de long séjour valant
titre de séjour peut, à l'échéance de la validité du titre, en demander le renouvellement pour une durée supérieure à 1 an et ne pouvant excéder 4 ans. Cette
dérogation ne vise que les étudiants inscrits dans un cursus de formation menant à un diplôme au moins équivalent au master. La liste de ces diplômes est
fixée par arrêté ( Arr. 12 mai 2011, NOR : IOCL1109636A : JO, 15 mai). La circulaire du 10 juin 2013 incite à délivrer systématiquement des titres de
séjour pluriannuels aux étudiants. Cette délivrance « n'est pas basée sur l'appréciation de l'autorité administrative mais est de plein droit ». C'est la durée du
titre de séjour pluriannuel qui relève de l'appréciation du préfet ( Circ. 10 juin 2013, NOR : INTV1314643C).
La loi n° 2013-660 du 22 juillet 2013 (JO, 23 juill.) a étendu les possibilités de délivrance des titres de séjour pluriannuels. Désormais, la délivrance d'un titre
pluriannuel est possible au bout d'un an de présence en France. Jusqu'à présent, les intéressés devaient, à l'échéance du visa de long séjour d'une année,
demander une carte de séjour temporaire d'un an. Ce n'est qu'ensuite qu'ils pouvaient solliciter un titre pluriannuel ( Circ. 30 juill.
2013, NOR : INTV1320327C).
Le renouvellement de la carte de séjour temporaire « étudiant » est soumis aux mêmes conditions que la première attribution, à l'exception du visa et du
certificat médical. L'étranger doit établir le caractère réel et sérieux de ses études. Sur la délivrance d'une APS aux étudiants titulaires d'un master, voir n°
68.
C. étrangers, art. L. 313-4

Sous-section 5 : Carte de séjour temporaire « scientifique chercheur »


62 Conditions d'attribution La carte de séjour temporaire ou le visa de long séjour « scientifique-chercheur » qui vaut dispense de titre de séjour
pendant sa durée de validité, est délivrée à l'étranger titulaire d'un diplôme au moins égal au master pour lui permettre de mener des travaux de recherche ou
de dispenser un enseignement de niveau universitaire en France dans le cadre d'une convention d'accueil signée avec un organisme public ou privé.

La loi n° 2011-672 du 16 juin 2011 (JO, 17 juin) a remplacé la mention apposée sur la carte de séjour temporaire « scientifique » par « scientifique
chercheur », conformément à la directive 2005/71/CE du 12 octobre 2005.
Cette carte, limitée à un ou plusieurs employeurs, vaut autorisation de travail.
En outre, un chercheur étranger admis à mener ses travaux dans un autre État membre peut séjourner en France, sur la base de la convention d'accueil
conclue dans le premier État membre, pour une durée maximale de 3 mois sous réserve de disposer de ressources suffisantes. S'il séjourne en France plus
de 3 mois, il doit remplir les conditions d'attribution de la carte de séjour temporaire « scientifique chercheur », présenter le titre de séjour qui lui a été délivré
en qualité de scientifique par cet autre État ainsi que la convention d'accueil qui a été souscrite.

les titulaires d'un doctorat ainsi que les étudiants titulaires d'un diplôme de master et en cours de préparation d'un doctorat peuvent avoir
le statut de scientifique.

La convention d'accueil est délivrée par un organisme scientifique ou universitaire, agréé à cet effet. Le protocole atteste, outre sa qualité de scientifique,
l'objet et la durée de son séjour en France. Elle doit attester que le scientifique bénéficie de ressources suffisantes pour couvrir ses frais de séjour en
France.
Le conjoint de l'étranger titulaire de cette carte et ses enfants bénéficient de plein droit de la carte de séjour temporaire « vie privée et familiale », renouvelée
de plein droit durant la période de validité restant à courir de la carte « scientifique chercheur ».

C. étrangers, art. L. 313-8 et R. 313-11 à R. 313-13 C. trav., art. R. 5221-3, 4° Circ. 26 juill. 2010, NOR : IMIM1000111C
La liste des établissements publics et privés agréés a été actualisée par un arrêté du 24 décembre 2007. Ce texte apporte, en outre, des précisions quant à
la procédure à suivre pour un établissement sollicitant l'agrément, lequel est délivré pour une durée de 5 ans renouvelable.
Arr. 24 déc. 2007, NOR : ESRR0771063A : JO, 3 janv. 2008

63 Renouvellement de la carte Le titulaire d'une carte de séjour temporaire « scientifique-chercheur » depuis au moins un an, ou l'étranger
scientifique entré en France avec un visa de long séjour valant titre de séjour, peut, à l'échéance de la validité de ce titre, en demander le renouvellement
pour une durée supérieure à un an et ne pouvant excéder 4 ans.
Cette dérogation est accordée en tenant compte de la durée de ses travaux de recherche.

Les scientifiques-chercheurs ne bénéficient pas de plein droit du titre pluriannuel. Mais « compte tenu de l'importance que revêt le secteur de la recherche
en France et des enjeux d'attractivité du territoire pour les chercheurs internationaux », une circulaire demande aux préfets de « privilégier
systématiquement » le titre pluriannuel ( Circ. 10 juin 2013, NOR : INTV1314643C).

C. étrangers, art. L. 313-4

Sous-section 6 : Carte de séjour temporaire « vie privée et familiale »


64 Conditions d'obtention Cette carte de séjour temporaire « vie privée et familiale » est délivrée, dans certains cas, de plein droit notamment aux
étrangers membres de famille de français, à ceux qui ont effectivement des attaches personnelles ou familiales en France, aux parents d'enfants français,
aux étrangers malades.
C. étrangers, art. L. 313-11, L. 313-12 et L. 313-13

65 Dispense de carte pour les titulaires d'un visa de long séjour Les étrangers, conjoints de français, séjournant en France sous couvert
d'un visa pour un séjour d'une durée supérieure à 3 mois et portant la mention « vie privée et familiale » sont dispensés de demander une carte de séjour
temporaire pendant la durée de validité du visa (v. n° 26). Ce dernier leur permet d'exercer une activité professionnelle. A compter du 1er janvier 2012, les
étrangers autorisés à entrer en France dans le cadre du regroupement familial et titulaires d'un visa de long séjour « vie privée et familiale » sont également
concernés.
C. étrangers, art. R. 311-3 C. trav., art. R. 5221-3

66 Exercice d'une activité professionnelle Cette carte donne droit à l'exercice de toute activité professionnelle sur l'ensemble du territoire où elle
a été délivrée (métropole, Dom ou Saint-Pierre-et-Miquelon). Néanmoins, le conjoint d'un étranger ayant acquis dans un autre État membre de l'UE le statut de
résident de longue durée et ayant obtenu en France une carte de séjour temporaire n'a pas le droit de travailler pendant la première année.
C. trav., art. R. 5221-3, 10°, R. 5221-5, R. 5221-8

Sous-section 7 : Documents provisoires de séjour


67 Récépissés de première demande ou de renouvellement de titre de séjour Ils ne valent autorisation de travail que lorsqu'ils
mentionnent expressément la possibilité d'exercer une activité professionnelle : « autorise son titulaire à travailler ».
C. trav., art. R. 5221-3, 11°
Dans ce cas, de tels récépissés valent titres uniques de séjour. Ils sont notamment remis aux premiers demandeurs d'une carte de séjour lorsque le titre de
séjour ne peut leur être donné immédiatement après la visite médicale auprès de l'Ofii ou lors du renouvellement du titre de séjour valant autorisation de
travail quand le ressortissant n'a pas sollicité celui-ci dans les délais permettant la fabrication du titre de séjour (la demande de renouvellement du titre de
séjour doit intervenir dans les 2 mois avant son expiration) ou encore dans l'attente de l'avis des Direccte sur le renouvellement du titre de séjour.

68 Autorisation provisoire de séjour pour étudiants titulaires d'un master Une autorisation provisoire de séjour (APS) est délivrée aux
étudiants titulaires d'un diplôme équivalent au master qui souhaitent compléter leur formation par une première expérience professionnelle sans limitation à un
seul emploi ou à un seul employeur. La liste de ces diplômes est fixée par arrêté ( Arr. 12 mai 2011, NOR : IOCL1109636A : JO, 15 mai).
Depuis la loi n° 2013-660 du 22 juillet 2013 (JO, 23 juill.), il n'est plus exigé que le projet de l'étranger se situe dans la perspective du retour au pays
d'origine, ni que l'expérience professionnelle participe directement ou indirectement au développement économique de la France et du pays dont l'étranger a
la nationalité. La notion de « première expérience professionnelle » n'est plus limitée à un seul emploi ou à un seul employeur ( Circ. 30 juill.
2013, NOR : INTV1320327C).

1° Une APS de 12 mois


Cette autorisation provisoire de séjour, d'une durée de 12 mois (au lieu de 6 depuis la loi du 22 juillet 2013) non renouvelable, permet à son titulaire d'exercer
une activité professionnelle en relation avec sa formation, à condition qu'il bénéficie d'une rémunération au minimum égale à une fois et demie le Smic
mensuel à plein-temps. La durée du travail autorisé est fixée par référence à celle applicable aux étudiants (964 heures annuelles). Cette limite est de
482 heures sur 6 mois.
L'étranger doit demander l'APS au plus tard 4 mois avant l'expiration de son titre de séjour. Il présente sa carte de séjour temporaire « étudiant » en cours de
validité, un diplôme au moins équivalent au master (cette présentation pouvant être différée au moment de la remise de l'APS) une lettre de motivation.

2° A l'expiration des 12 mois


A l'expiration de cette période de 12 mois, l'intéressé pourvu d'un emploi ou titulaire d'une promesse d'embauche est autorisé à séjourner en France.
L'étranger qui occupe cet emploi doit demander dans les 15 jours au plus tard à compter de la conclusion du contrat de travail la délivrance de sa carte de
séjour. La carte de séjour temporaire « salarié » lui est alors délivrée sans que la situation de l'emploi lui soit opposable (v. n° 125).
Les étudiants diplômés peuvent présenter, à l'appui de leur demande de titre de séjour pour première expérience professionnelle, une attestation établie
conjointement par le directeur ou le président de l'établissement d'enseignement supérieur et le chef d'entreprise, certifiant que les conditions légales sont
respectées, notamment en ce qui concerne l'adéquation du diplôme et de l'emploi prévu, en termes de niveau de qualification ou de domaine. Si les conditions
de délivrance du premier titre de séjour annuel sont toujours réunies, celui-ci est renouvelé jusqu'à l'issue de la première expérience professionnelle sans
opposabilité de la situation de l'emploi ( Circ. intermin. 31 mai 2012, NOR : INTV1224696C).

3° Changement de statut de droit commun


S'agissant des demandes de changements de statut des étudiants, en dehors de ceux prévus par l'article L. 311-11, l'examen des situations individuelles
peut conduire les services « à valoriser, notamment, la contribution à l'attractivité de notre enseignement supérieur et la réponse aux besoins de l'entreprise
concernée ». Les critères d'appréciation, ni limitatifs ni cumulatifs, sont notamment les suivants ( Circ. intermin. 31 mai 2012, NOR : INTV1224696C) :

- la formation de l'étudiant a été soutenue, hors barème de taxe d'apprentissage, par l'entreprise qui souhaite le recruter à la fin de ses études ;
- l'entreprise qui souhaite procéder au recrutement dispose d'un établissement ou d'intérêts dans le pays d'origine, la zone géographique ou culturelle
du ressortissant étranger ;
- le niveau des études suivies et les résultats obtenus dans ce cadre attestent la réalité d'un parcours d'excellence notamment dans le contexte
actuel de construction de profils aptes à affronter le marché international de l'emploi et des compétences ;
- le parcours de l'étudiant s'inscrit dans le cadre d'une mobilité encadrée par une convention entre un établissement universitaire du pays d'origine et
un établissement universitaire français, financée en partie par la France ;
- l'étudiant a effectué tout ou partie de ses études secondaires en France, dans un établissement français à l'étranger ou dans un établissement
étranger sous convention avec la France, avant de poursuivre un cursus universitaire en France.

C. étrangers, art. L. 311-11 et R. 311-32 C. trav., art. R. 5221-26 et R. 5221-29

Section 3 : Dispositifs aidés en faveur de l'insertion ou de la réinsertion professionnelle


69 Non-accessibilité aux primo-migrants Les contrats de travail destinés à permettre l'insertion ou la réinsertion professionnelle bénéficient de
fonds publics ou d'avantages en matière de cotisations sociales. Ils ne sont pas accessibles aux primo-migrants. Il s'agit des contrats de travail suivants :

- contrat d'apprentissage ( C. trav., art. L. 6221-1) ;


- contrat unique d'insertion de l'article L. 5134-19-1 du code du travail ;
- contrat de travail ou de mission d'insertion par l'activité économique ( C. trav., art. L. 5132-5, L. 5132-6, L. 5132-7 et L. 5132-15) ;
- contrat d'insertion dans la vie sociale ( C. trav., art. L. 5131-4 et s.) ;
- contrats de professionnalisation ( C. trav., art. L. 6325-1).
Ces contrats ne peuvent permettre la délivrance ni d'un premier titre de séjour portant la mention « compétences et talents », « scientifique », « salarié »,
« travailleur temporaire », « profession artistique et culturelle », « salarié en mission », « travailleur saisonnier » ou « CE - toutes activités professionnelles »
pour les ressortissants des nouveaux États membres de l'UE soumis à régime transitoire ni d'une autorisation provisoire de travail.
Ces contrats ne peuvent pas non plus être conclus par les titulaires de la carte de séjour temporaire « étudiant », à l'exception des étudiants inscrits dans
une formation conduisant au master.
C. trav., art. R. 5221-6

70 Dérogation pour les étudiants en contrat d'apprentissage L'étranger justifiant d'une inscription dans un cursus de formation sanctionné
par un diplôme conférant le grade de master peut être autorisé à conclure un contrat d'apprentissage. Dans ce cas, la carte de séjour « étudiant » qui
n'ouvre un droit au travail qu'à titre accessoire et dans la limite de 60 % du temps de travail annuel, est assortie d'une autorisation provisoire de travail
portant la mention « étudiant en apprentissage ». Cette APT est délivrée sans opposition de la situation de l'emploi, sous réserve de la validation du contrat
de travail par le service compétent de la Direccte.

La loi du 24 novembre 2009 a introduit dans le code du travail une disposition selon laquelle une autorisation de travail est accordée de droit à l'étranger
autorisé à séjourner en France pour la conclusion d'un contrat d'apprentissage ou de professionnalisation à durée déterminée ( C. trav., art. L. 5221-5).
Les cas d'application de cette disposition sont toutefois limités. Cette autorisation de travail est délivrée à toute personne disposant déjà d'une carte de
séjour autorisant l'exercice d'une activité professionnelle en cours de validité et ayant conclu un contrat d'apprentissage ou de professionnalisation. Sont
concernés en particulier les étudiants ( Note DGEFP, 3 mars 2010).
C. trav., art. R. 5221-7

71 Bénéfice des contrats aidés pour certaines catégories de personnes Les titulaires de la carte de résident, de la carte « vie privée et
familiale » (sauf conjoint d'un étranger titulaire du statut de résident de longue durée-CE dans un autre État membre de l'UE qui n'a pas le droit d'exercer une
activité professionnelle dans l'année qui suit sa première délivrance), ainsi que les mineurs qui ont vocation à obtenir ces titres de séjour de plein droit, ayant
accès sans restriction au marché du travail, bénéficient de l'ensemble des formations aidées y compris pour leur premier emploi.
Les mineurs isolés pris en charge par les services de l'aide sociale à l'enfance (ASE), peuvent bénéficier, le cas échéant, d'un contrat d'apprentissage ou
d'un contrat de professionnalisation.
C. trav., art. R. 5221-22

Titre 2 : La délivrance, le renouvellement ou le refus des autorisations de travail

Chapitre 1 La procédure d'obtention d'une autorisation de travail

Section 1 : Présentation de la demande et autorité compétente


72 Procédure initiée par l'employeur Que l'étranger soit déjà présent sur le territoire français (procédure de changement de statut) ou qu'il n'y
réside pas encore (procédure d'introduction), la demande d'autorisation de travail doit être faite, auprès de la direction régionale des entreprises, de la
concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi (Direccte), par l'employeur lui-même ou par une personne qu'il aura mandatée par écrit, pour les
titres suivants : carte de séjour temporaire « salarié », « travailleur saisonnier », « salarié en mission », « travailleur temporaire », « professions artistiques et
culturelles », la carte de séjour « CE - toutes activités professionnelles » et l'autorisation provisoire de travail.
C. trav., art. R. 5221-11 et R. 5221-16

à noter que pour la carte de résident, la carte de séjour temporaire « scientifique » et la carte de séjour temporaire « vie privée et
familiale », l'employeur n'a pas besoin de faire une demande d'autorisation de travail.

73 Recours au mandataire dans certains départements La demande d'autorisation de travail est faite par l'employeur lui-même ou par une
personne qu'il aura mandatée par un écrit prenant la forme d'une « lettre mandatant une personne établie en France pour accomplir les démarches
er
administratives en son nom et pour son compte » ( Circ. 1 févr. 2011, NOR : IOCL1101731C). Les dispositions de cette circulaire sont applicables
seulement dans les 8 départements concernés par le guichet unique Ofii (v. n° 76). Elles ont été abrogées dans tous les autres départements en raison du
déploiement de la biométrie qui « supprime l'effet utile des facilitations prévues par cette circulaire » ( Circ. 3 août 2012, NOR : INTV1231400C).
Le recours au mandat est possible pour les demandes de titres portant les mentions suivantes : « profession artistique et culturelle », « salarié »,
« travailleur temporaire », « travailleur saisonnier », « salarié en mission », « Communauté européenne : toutes activités professionnelles », « autorisation
provisoire de travail prévue à l'article R. 5221-3, 13° du code du travail ».

74 Demande de titre de séjour faite par l'étranger Le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (Ceseda) prévoit que c'est
l'étranger en personne qui dépose sa demande de titre de séjour en préfecture.
C. étrangers, art. R. 311-1

Les dispositions du code du travail doivent donc se combiner avec celles figurant dans le Ceseda.
Ainsi la demande d'autorisation de travail est formulée par l'employeur (ou dans certains cas par un mandataire, v. n° 73) mais c'est au travailleur étranger
de remettre au préfet cette demande d'autorisation parmi les pièces justificatives à l'appui de sa demande de carte de séjour. En pratique, le dossier remis
par le salarié à la préfecture comporte le formulaire Cerfa rempli par l'employeur.
La présence physique de l'étranger est nécessaire pour le dépôt de son dossier. Toutefois l'envoi par courrier est possible pour les cartes de séjour
temporaire « salarié en mission », « salarié », « travailleur temporaire », « scientifique » et pour la carte de résident délivrée pour contribution économique
exceptionnelle ( C. étrangers, art. R. 311-1 Circ. 1er févr. 2011, NOR : IOCL1101731C).

75 Administration compétente pour le dépôt du dossier L'administration saisie est, selon les hypothèses, soit le service des étrangers de la
préfecture, soit le service de main-d'œuvre étrangère de la Direccte :

- lorsque l'étranger se trouve en France en situation régulière, il lui appartient de se présenter, muni de la demande d'autorisation de travail formulée
par son employeur, à la préfecture du lieu de son domicile ;
- lorsque l'étranger ne réside pas en France, plusieurs situations peuvent se présenter :
- si l'employeur est établi en France, il saisit la Direccte correspondant à l'établissement auquel l'étranger sera rattaché ou dans lequel se
trouve son domicile s'il s'agit d'un particulier ;
- si l'employeur n'est pas établi en France, il saisit soit la Direccte du lieu où se trouve son cocontractant ou l'entreprise d'accueil du salarié
détaché (mobilité intra-groupe) ou travail temporaire, soit la Direccte du lieu d'emploi quand il n'y a pas de co-contractant en France (cas de la
prestation pour compte propre), soit la Direccte du premier lieu d'emploi, si l'emploi est itinérant (cas de la prestation pour compte propre) avec
plusieurs lieux d'activité ou d'une tournée artistique sans diffuseur en France.

C. trav., art. R. 5221-15 et R. 5221-16

76 Ofii guichet unique La fonction de l'Ofii (Office français de l'immigration et de l'intégration) guichet unique permet de raccourcir les délais de
traitement des dossiers pour la délivrance des autorisations de travail et des titres de séjour. Elle constitue une facilité procédurale mais ne modifie pas le
droit applicable ( Circ. 10 févr. 2011, NOR : IOCL1101251C). Cette procédure a fait l'objet d'une première expérimentation, à compter du 1er
décembre 2010 et pour 6 mois, à Paris, dans les Hauts-de-Seine et le Rhône. L'Ofii était le seul interlocuteur, pour les introductions d'étrangers bénéficiaires
des procédures « salarié en mission » et « compétences et talents ».
La circulaire du 3 août 2012 étend la procédure à 5 autres départements : Yvelines, Nord, Isère, Haute-Garonne, Puy-de-Dôme. Cette procédure concerne
donc les 8 départements qui instruisent le plus grand nombre de dossiers de travailleurs hautement qualifiés. En outre, le guichet unique concerne aussi
désormais les dossiers de demandes de titres de séjour « carte bleue européenne » ( Circ. 3 août 2012, NOR : INTV1231400C).

Les membres de la famille bénéficient tous de la procédure de la famille accompagnante qui prévoit la venue concomitante de l'étranger et de sa famille hors
la procédure de regroupement familial.
Le lieu effectif de l'activité professionnelle est le critère permettant d'appliquer la procédure de guichet unique. Il est demandé aux préfets de traiter les
demandes d'introduction des étrangers éligibles aux cartes « salarié en mission », « carte bleue européenne », dès lors que les dossiers sont complets, en 4
à 6 semaines maximum. Les directions territoriales de l'Ofii des départements concernés reçoivent tous les dossiers des salariés concernés et
éventuellement des membres de leur famille. Une procédure de transmission rapide au service de la main-d'œuvre étrangère de la Direccte est ensuite
prévue. L'instruction des cartes « compétences et talents » est faite par la représentation de l'Ofii à l'étranger, si le pays concerné en compte une.

Le dossier de demande de titre doit être adressé par l'employeur à l'Ofii, qui, après avoir vérifié que le dossier est complet, l'adresse sans délai à la
préfecture du lieu de résidence du salarié. Pendant la fabrication du titre, aucun récépissé de titre de séjour ne sera délivré sauf si la situation le justifie. Les
3 catégories de salariés concernés bénéficient d'une dispense temporaire d'enrôlement biométrique dans les 8 départements visés.
La visite médicale ne concerne que les titulaires des cartes « salariés en mission » et « compétences et talents ». Dans un souci d'accélération des
procédures, la visite médicale à l'Ofii peut se dérouler le même jour que la remise du titre de séjour. Si l'étranger convoqué à la visite ne se présente pas,
l'Ofii le convoque une seconde fois. Passé le délai d'un mois après la première convocation, le titre de séjour est renvoyé à la préfecture compétente.
L'étranger devra s'y présenter pour le retirer.

Section 2 : Procédures d'instruction générales


Sous-section 1 : Procédure d'introduction

§ 1 : L'étranger n'est pas encore arrivé en France


77 Définition La procédure d'introduction est une procédure d'accès à l'emploi qui concerne les étrangers non présents sur le territoire national.
L'initiative de cette procédure appartient exclusivement à l'employeur.

C. trav., art. R. 5221-11 et s.

78 Dépôt du dossier à la Direccte La demande d'autorisation de travail est déposée auprès du service de main-d'œuvre étrangère de la Direccte
(v. n° 75).
C. trav., art. R. 5221-16

79 Instruction de la demande Le préfet ou la Direccte instruit la demande selon divers critères (v. nos 122 et s.).
C. trav., art. R. 5221-17 et R. 5221-20

80 Constitution du dossier Les pièces à fournir sont variées. La liste diffère selon l'autorisation de travail demandée.

1° Carte de séjour temporaire mention « profession artistique et culturelle », « salarié », « travailleur temporaire », « travailleur
saisonnier », carte de séjour mention « CE - toutes activités professionnelles », autorisation provisoire de travail :

- une lettre motivant le recrutement du salarié et détaillant les fonctions qu'il va exercer ;
- le formulaire Cerfa correspondant à la nature de l'activité salariée exercée en France ;
- un extrait à jour K bis s'il s'agit d'une personne morale ; un extrait à jour K, une carte d'artisan ou, à défaut, un avis d'imposition s'il s'agit d'une
personne physique ;
- les statuts de la personne morale, s'ils existent ;
- la licence d'entrepreneur de spectacles pour la carte de séjour temporaire portant la mention « profession artistique et culturelle » ;
- la copie du dernier bordereau de versement des cotisations et contributions sociales adressée à l'Urssaf ;
- le cas échéant, la copie du dernier bordereau de versement des cotisations à la caisse des congés payés ;
- la copie du passeport ou du document national d'identité du salarié si celui-ci réside à l'étranger ;
- le curriculum vitae du salarié ou tout autre justificatif de sa qualification et de son expérience ; le cas échéant, la copie du diplôme ou du titre
permettant l'exercice de l'activité salariée ; lorsque l'exercice de l'activité est soumis à des conditions réglementaires spécifiques, les justificatifs que
ces conditions sont remplies ;
- l'arrêté de nomination, le cas échéant ;
- lorsque la situation de l'emploi est opposable, les justificatifs des recherches effectuées pour recruter un candidat déjà présent sur le marché du
travail.
En outre, en cas de besoin, l'administration peut demander à l'employeur de produire :

- la copie du projet de contrat de travail rédigé en application de la loi ou de la convention collective ; pour les artistes, le projet de contrat de travail de
chaque artiste ou le contrat commun à l'ensemble artistique ;
- la copie des deux dernières pages du registre unique du personnel ou la copie des trois dernières déclarations des mouvements de personnel pour
les établissements de plus de 50 salariés.
Lorsque l'employeur a déjà sollicité une autorisation de travail, le service compétent peut lui demander de produire :

- les trois derniers bulletins de paie des salariés étrangers ayant travaillé en France ;
- les justificatifs du dernier bordereau de versement des cotisations et contributions sociales adressés à l'Urssaf et, le cas échéant, à la caisse des
congés payés.
L'employeur est dispensé de produire :

- les justificatifs relatifs aux versements des contributions sociales et des cotisations à la caisse de congés payés s'ils ont déjà été transmis aux
mêmes services instructeurs dans les 12 derniers mois ;
- les documents relatifs à l'immatriculation de l'entreprise et les statuts de la personne morale s'ils ont déjà été transmis à ces services sur cette même
période, à condition qu'aucune modification ne soit intervenue entre-temps.

2° Carte de séjour temporaire mention « salarié en mission » :

- la lettre motivant la mission ou le recrutement du salarié et détaillant les fonctions qu'il va exercer ;
- le formulaire Cerfa correspondant à cette situation ;
- l'extrait à jour K bis pour l'entreprise établie en France ;
- les justificatifs des liens entre l'entreprise établie en France et l'entreprise établie à l'étranger ;
- la copie du dernier bordereau de versement des cotisations et contributions sociales adressée à l'Urssaf ;
- le cas échéant, la copie du dernier bordereau de versement par l'entreprise établie en France des cotisations à la caisse des congés payés ;
- la copie du passeport ou du document national d'identité du salarié lorsque celui-ci réside à l'étranger ;
- le curriculum vitae du salarié ou tout autre justificatif de sa qualification et de son expérience ; le cas échéant, la copie du diplôme ou du titre
permettant l'exercice de l'activité salariée ; lorsque l'exercice de l'activité est soumis à des conditions réglementaires spécifiques, les justificatifs que
ces conditions sont remplies.
Lorsque l'employeur est établi à l'étranger, le dossier comprend en outre :

- l'attestation d'emploi de l'entreprise établie à l'étranger ou le contrat de travail initial, justifiant d'une ancienneté d'au moins 3 mois ;

l'arrêté prévoit une condition d'ancienneté de 6 mois. Toutefois, la loi du 20 novembre 2007 (JO, 21 nov.) a modifié cette condition qui est
désormais de 3 mois. L'arrêté doit être modifié en ce sens.

- le certificat de détachement ou l'attestation sur l'honneur de demande d'immatriculation à la Sécurité sociale française ;
- le cas échéant, l'attestation sur l'honneur de la demande d'immatriculation à la caisse des congés payés ;
- le cas échéant, la lettre mandatant une personne établie en France pour accomplir les démarches administratives en son nom et pour son compte.
En cas de besoin, l'administration peut demander à l'employeur de produire :

- la copie du projet de contrat de travail rédigé en application de la loi ou de la convention collective ou l'avenant au contrat de travail correspondant à
la mutation en France ;
- la copie des deux dernières pages du registre unique du personnel ou copie des trois dernières déclarations des mouvements de personnel pour
les établissements de plus de cinquante salariés.
Lorsque l'employeur a déjà sollicité une autorisation de travail, le service compétent peut en outre lui demander de produire les trois derniers bulletins de paie
des salariés étrangers ayant travaillé en France et le dernier bordereau de versement des cotisations et contributions sociales adressés à l'Urssaf et, le cas
échéant, à la caisse des congés payés.

L'employeur est dispensé de produire les documents relatifs aux versements des contributions sociales s'ils ont déjà été transmis aux mêmes services
instructeurs dans les 12 derniers mois. Il est également dispensé de produire le justificatif d'immatriculation de l'entreprise et les justificatifs des liens entre
l'entreprise établie en France et celle établie à l'étranger lorsqu'ils ont été transmis à ces services sur cette même période, à condition qu'aucune modification
ne soit intervenue entre-temps.

3° Salariés détachés - carte de séjour mention « travailleur temporaire » ou autorisation provisoire de travail :

- pour les salariés venant en France dans le cadre d'une mobilité entre entreprises du même groupe ou entre établissements d'une même entreprise,
les mêmes pièces que pour les salariés en mission, à l'exception de l'attestation d'emploi de l'entreprise établie à l'étranger ;
- pour les salariés relevant des autres cas de détachement :
- la lettre de motivation ;
- le formulaire Cerfa ;
- la copie du passeport du salarié ;
- le curriculum vitae du salarié ou tout autre justificatif de sa qualification et de son expérience ;
- le certificat de détachement ou l'attestation sur l'honneur de demande d'immatriculation à la Sécurité sociale française ;
- le cas échéant, l'attestation sur l'honneur de la demande d'immatriculation à la caisse des congés payés et la lettre mandatant une personne
établie en France pour accomplir les démarches administratives en son nom et pour son compte ;
- pour une prestation de services, les justificatifs du montant du prix à payer par le destinataire de la prestation ;
- lorsque la situation de l'emploi est opposable, les justificatifs des recherches effectuées pour recruter un candidat déjà présent sur le marché du
travail ;
- pour une prestation de services artistique, les justificatifs du respect de l'article 4 de l'ordonnance n° 45-2339 du 13 octobre 1945 modifiée relative
aux spectacles.

C. trav., art. R. 5221-12 Arr. 10 oct. 2007, NOR : IMIN0762998A : JO, 9 nov.

81 Décision d'introduction ou de refus La décision est prise par le préfet.

1° Accord du préfet
Si le préfet accorde l'autorisation de travail sollicitée, il notifie à l'employeur ou à son mandataire ainsi qu'à l'étranger sa décision et transmet le dossier à l'Ofii
(contrats de travail ou période d'emploi de plus de 3 mois ou contrats saisonniers).
Pour les contrats de travail ou les périodes d'emploi d'une durée inférieure, l'autorisation provisoire de travail est adressée directement à l'employeur.
L'Ofii procède aux vérifications d'usage auprès du ministère de l'intérieur et transmet, en l'absence de difficultés, le dossier au consulat, lorsque la
délivrance d'un visa est nécessaire. Elle engage parallèlement auprès de l'employeur la procédure de recouvrement des redevances et contributions
forfaitaires éventuellement dues.

2° Refus du préfet
En cas de refus de l'autorisation de travail, la Direccte notifie la décision aux personnes intéressées (v. nos 139 et s.).

Cette décision peut être contestée devant le tribunal administratif dans le ressort duquel se trouve la Direccte qui a pris la décision de refus dans les 2 mois
à compter de sa notification. Elle peut aussi être contestée devant la même autorité (recours gracieux) ou devant le ministre chargé de l'immigration avant
tout recours juridictionnel.
C. trav., art. R. 5221-19

82 Visa d'entrée en France L'avis favorable du préfet ne signifie pas que le visa d'entrée en France est de droit. Ainsi, les services consulaires ont
toujours la possibilité de refuser le visa pour des raisons d'intérêt général.

Exemple : si, après vérification, il apparaît que le ressortissant n'a pu justifier d'une expérience nécessaire pour exercer l'emploi confié ( CE, 20 avr.
2005, n° 262949) où qu'il n'apporte pas la preuve d'une expérience professionnelle en rapport avec l'emploi pour lequel il postule ( CE,
7 mai 2007, n° 289827), il n'obtient pas de visa.

§ 2 : Procédure après l'entrée en France de l'étranger


83 Visite médicale Ofii
1° Contenu de l'examen médical
Le contrôle médical peut intervenir dans les 3 mois de l'arrivée en France ou après le début de l'activité salariée. Il doit avoir lieu dans les 3 mois suivant la
délivrance de l'autorisation de travail. Le primo migrant peut donc débuter son activité dès son arrivée sur la base du contrat de travail visé par la Direccte (
Circ. 3 mars 2008, NOR : IMII0800023C).
L'examen médical ne correspond pas à la visite médicale d'embauche permettant de vérifier l'aptitude du salarié au poste qu'il va occuper. Il s'agit d'une visite
médicale de prévention qui est obligatoire pour l'ensemble des étrangers admis à séjourner en France pour une durée supérieure à 3 mois. Plus qu'un simple
examen de santé, elle permet aux personnes concernées de recevoir des informations et d'obtenir, si nécessaire, une orientation pour une prise en charge
médicale. L'examen proprement dit comprend :

- un examen clinique général ;


- un examen radiographique des poumons ;
- une vérification du statut vaccinal tel qu'il est applicable en France.
Certaines personnes peuvent également bénéficier d'un dépistage du diabète par mesure de la glycémie capillaire, ou d'une analyse d'urines si le médecin
suspecte des anomalies.

Cette visite médicale se déroule à l'étranger si l'Ofii (v. n° 146) y a une délégation (Maroc, Tunisie, Turquie et Pologne) ou en l'absence de délégation, en
France lors de l'arrivée de l'étranger. Si la personne examinée remplit les conditions sanitaires, le médecin de l'Ofii signe le certificat médical qui est remis à la
personne examinée et elle peut alors retirer son titre de séjour.
Arr. 11 janv. 2006, NOR : SOCN0610095A : JO, 24 janv.

2° Refus de délivrance du certificat médical


Dans certains cas, le dossier de la personne peut être mis en instance si elle est porteuse d'une maladie nécessitant des examens complémentaires ou des
soins. Seules certaines maladies peuvent faire obstacle à la délivrance définitive du certificat médical. Il s'agit notamment :

- des maladies mentionnées au titre V du règlement sanitaire international publié par le décret du 24 janvier 1989 (fièvre jaune, peste, choléra) ;
- de la tuberculose pulmonaire évolutive si la personne refuse de se soigner ;
- des troubles mentaux nécessitant des soins, mettant en danger d'autres personnes ou de nature à compromettre l'ordre public si la personne
examinée refuse de se soigner ;
- d'un problème de santé en contradiction manifeste avec l'objet du séjour en France.
Dans ces trois derniers cas, la personne examinée est toujours adressée à un spécialiste pour des examens complémentaires, ou pour un avis médical
avant qu'une décision définitive ne soit prise par le médecin-chef de l'Ofii.

84 Pièces à fournir par l'étranger pour la délivrance d'un titre de séjour Outre le certificat médical délivré par l'Ofii, l'étranger doit
fournir des pièces supplémentaires pour se voir délivrer un titre de séjour.

1° Carte de résident
Voir n° 42.

2° Carte de séjour temporaire


L'étranger qui sollicite pour la première fois une carte de séjour temporaire doit présenter à l'appui de sa demande :

- les indications relatives à son état civil et, le cas échéant, à celui de son conjoint et de ses enfants à charge ;
- les documents justifiant qu'il est entré régulièrement en France (sauf exceptions) ;
- un visa de long séjour, c'est-à-dire d'une durée supérieure à 3 mois (sauf exceptions) ;
- 3 photographies.

la demande d'autorisation de travail est formulée par l'employeur mais c'est au travailleur étranger de remettre au préfet cette demande
d'autorisation parmi les pièces justificatives à l'appui de sa demande de carte de séjour.

C. étrangers, art. L. 311-7, L. 313-7, L. 313-7-1, L. 313-11 et R. 313-1

85 Remise du titre de séjour Si l'Ofii a signé une convention avec la préfecture, il remet à l'étranger son titre de séjour.
Lorsque cette organisation n'a pas pu être mise en place, l'Ofii remet à l'étranger son certificat de contrôle médical, puis ce dernier doit se présenter à la
préfecture pour retirer son titre de séjour.

Sous-section 2 : Changement de statut


86 Étrangers concernés Lorsque l'étranger est déjà titulaire d'un titre de séjour l'autorisant à séjourner sur le territoire mais non à exercer à titre
principal une activité salariée, il peut demander une carte de séjour temporaire qui l'autorisera à travailler : c'est la procédure dite de « changement de
statut ».
Le cas le plus fréquemment rencontré est celui de l'étudiant qui a fait ses études en France mais il peut également s'agir d'un commerçant, d'un visiteur ou
d'une personne titulaire d'une carte « vie privée et familiale » mais qui ne remplit plus les conditions pour l'obtenir.
Par contre, cette procédure de changement de statut ne concerne pas :

- une personne titulaire d'un simple visa (visa voyages d'affaires, touriste...) ;
- un salarié détaché temporairement dans une entreprise française et qui s'est engagé à retourner dans son pays d'origine à l'issue de sa mission.

87 Dépôt du dossier La demande est déposée auprès du service des étrangers de la préfecture de la résidence du salarié (ou de la préfecture de
police à Paris) dans les 2 mois précédant l'expiration du précédent titre.
Le dossier complet est transmis à la Direccte dans un délai maximum de 15 jours, après les vérifications d'ordre public.
C. trav., art. R. 5221-15

88 Instruction du dossier Le dossier de demande d'autorisation de travail comporte les mêmes documents que ceux exigés dans le cadre de la
procédure d'introduction (v. n° 80).
C. trav., art. R. 5221-12 Arr. 10 oct. 2007, NOR : IMIN0762998A : JO, 9 nov.

89 Pièces à fournir par l'étranger pour la délivrance d'une carte Voir n° 84.

90 Demande acceptée ou refusée Lorsque la Direccte a statué favorablement sur la demande, elle en informe l'employeur et transmet à l'Ofii le
volet pour la visite médicale. L'Ofii convoque alors l'étranger pour passage de cette visite médicale et lui remet, à l'issue de celle-ci, le certificat de contrôle
médical et le contrat de travail visé.

En cas de refus, la Direccte, notifie sa décision à l'employeur et à l'étranger en la motivant (v. nos 139 et s.) et envoie la copie de sa notification de refus au
service des étrangers de la préfecture (ou de la préfecture de police de Paris) qui notifie le refus de séjour. Elle prévient par ailleurs l'inspection du travail qui
peut diligenter un contrôle pour vérifier que l'employeur n'emploie pas cet étranger démuni de titre de travail.
Circ. DM/DMI2/2007/323, 22 août 2007

91 Particularités des ressortissants des nouveaux pays membres de l'UE Les ressortissants des nouveaux pays membres de l'UE n'ont
plus à solliciter de titre de séjour s'ils n'exercent pas une activité économique, salariée ou non, sur le territoire. Ils sont donc en séjour régulier même s'ils ne
détiennent pas ce document et s'ils résident en France, leur demande d'autorisation de travail peut s'effectuer dans le cadre de la procédure de changement
de statut auprès de la préfecture de leur domicile.

Cette procédure n'est pas allégée et les délais d'instruction sont identiques aux autres demandes ; le dossier doit comprendre toutes les pièces énumérées
(v. n° 88) à l'exception de l'offre de l'emploi si la qualification proposée concerne un des 61 métiers reconnus en tension (v. n° 18).
Circ. DPM/DMI2/2006/200, 29 avr. 2006 Circ. DPM/DMI/2006/541, 22 déc. 2006

Sous-section 3 : Procédure de régularisation


92 Mesure exceptionnelle La loi du 24 juillet 2006 a mis en place une mesure « d'admission exceptionnelle au séjour », qui constitue une procédure
de régularisation au cas par cas pour les étrangers en situation irrégulière. Jusqu'à présent, cette procédure était mise en place par l'intermédiaire de
circulaires interministérielles à certains moments à titre humanitaire et/ou suite à des mouvements sociaux.

Dans un avis du 22 août 1996, le Conseil d'État a reconnu ce droit à l'administration et a défini les conditions dans lesquelles la régularisation peut
s'effectuer. Le préfet prendra notamment en compte la situation individuelle de chaque demandeur : la date à laquelle il est entré sur le sol français, sa
situation de famille et son « droit à une vie de famille normale », ses conditions de ressources (notamment en justifiant d'un contrat de travail ou d'une
promesse d'embauche), les conséquences d'un éventuel refus.
CE, avis, 22 août 1996, n° 359622
Une carte de séjour temporaire « vie privée et familiale » (qui donne droit à l'exercice d'une activité professionnelle, v. n° 67) peut être délivrée, sauf si sa
présence constitue une menace pour l'ordre public, à l'étranger ne vivant pas en état de polygamie dont l'admission au séjour répond à des considérations
humanitaires, ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir.
Depuis la loi du 20 novembre 2007 (JO, 21 nov), une carte de séjour temporaire « salarié » ou « travailleur temporaire » peut être délivrée dans le cadre de la
procédure d'admission exceptionnelle au séjour, à l'étranger en situation irrégulière qui dispose d'une promesse d'embauche. La loi n° 2011-672 du 16 juin
2011 (JO, 17 juin) a supprimé les restrictions fixées pour la délivrance de cette carte - elle n'était délivrée que pour exercer des emplois intervenant dans
des métiers ou des régions pour lesquels la situation de l'emploi n'est pas opposable (v. n° 126).
En supprimant les restrictions d'accès à ce dispositif, la loi du 16 juin 2011 a entendu ne pas limiter le champ de l'admission exceptionnelle aux cas dans
lesquels cette admission est sollicitée pour exercer une activité professionnelle salariée dans un métier et une zone géographique caractérisés par des
difficultés de recrutement définis par arrêté. S'il oppose à l'étranger la circonstance que le métier pour lequel il avait présenté une promesse d'embauche ne
figurait pas sur la liste annexée à l'arrêté, le préfet commet une erreur de droit ( TA Montreuil, 9e ch., 29 déc. 2011, n° 1108924 CAA Paris, 7e ch.,
13 juill. 2012, n° 11PA04879).
C. étrangers, art. L. 313-14

93 Admission exceptionnelle au séjour pour motifs professionnels La circulaire du 28 novembre 2012, entrée en vigueur le 3 décembre
2012, remplace la précédente circulaire du 24 novembre 2009. Les critères fixés par le précédent texte sont revus et, pour certains, assouplis. L'objectif de
la circulaire est de définir des critères objectifs et transparents pour permettre l'admission au séjour des étrangers en situation irrégulière, [...] guider les
préfets dans leur pouvoir d'appréciation et ainsi limiter les disparités ( Circ. 28 nov. 2012, NOR : INTK1229185C).
D'une manière générale, les demandes de régularisation feront l'objet d'un examen « approfondi, objectif et individualisé », tenant notamment compte de
l'intégration dans la société française, de la connaissance des valeurs de la République et de la maîtrise de la langue française.

1° Étrangers relevant d'accords bilatéraux


La procédure d'admission exceptionnelle au séjour pour motifs professionnels n'est pas applicable aux Algériens. Toutefois, le préfet peut, dans l'exercice
de son pouvoir discrétionnaire, apprécier l'opportunité d'une régularisation ( CE, avis, 22 mars 2010, n° 333679). Les mêmes principes s'appliquent aux
ressortissants tunisiens ( CAA Versailles, 7 juill. 2011, n° 09VE04069 CE, avis, 2 mars 2012, n° 355208).
Les ressortissants maliens souhaitant exercer une activité salariée en France doivent solliciter un titre de séjour en application des dispositions du Ceseda,
le cas échéant sur le fondement de l'article L. 313-14. La convention franco-malienne du 26 septembre 1994 ( Conv. 26 sept. 1994, publ. par D. n° 96-
1088, 9 déc. 1996 : JO, 14 déc.) ne régit pas les conditions de délivrance des titres de séjour pour l'exercice d'une activité salariée ( CE, avis, 7 mai
2013, n° 366481).
Les ressortissants béninois peuvent utilement invoquer les dispositions de l'article L. 313-14 du Ceseda à l'appui d'une demande de régularisation au titre du
travail ( CE, avis, 5 juill. 2013, n° 367908).

2° Critères de l'admission exceptionnelle au séjour


Pour être admis au séjour au titre du travail, l'étranger doit justifier :
- d'un contrat de travail ou d'une promesse d'embauche et du formulaire d'engagement de l'employeur de verser la taxe à l'Ofii ;
- avoir travaillé 8 mois (12 mois dans les précédentes instructions), consécutifs ou non, sur les 24 derniers mois ou 30 mois, consécutifs ou non, sur
les 5 dernières années ;
- d'une ancienneté de séjour d'au moins 5 ans sauf exception. Une durée de 3 ans permet la régularisation si l'étranger a travaillé 24 mois dont huit,
consécutifs ou non, dans les 12 derniers mois.
Il revient à l'étranger de démontrer la réalité et la durée de son activité professionnelle antérieure. Les bulletins de salaire représentent une preuve certaine
d'activité salariée.
Doivent être privilégiées les situations où l'étranger bénéficie d'un CDI ou d'un CDD d'au moins 6 mois.
Lorsque le demandeur remplit l'ensemble des conditions posées à l'article R. 5221-20, 2° à 6° du code du travail, la situation de l'emploi ne lui est pas
opposable. Cette formulation est plus souple que celle de la circulaire du 24 novembre 2009 et il n'est plus fait référence aux listes de métiers. Le critère
d'adéquation entre la qualification, l'expérience et l'emploi souhaité doit être apprécié avec soin, à la lumière des emplois précédemment occupés.

La carte de séjour temporaire délivrée dans un département de métropole permet désormais de travailler sur l'ensemble du territoire métropolitain et, au
moment du renouvellement, il est admis que l'étranger ait changé d'employeur.
La circulaire prend également en compte certaines situations particulières, comme, par exemple, celle de l'étranger sans contrat de travail ni promesse
d'embauche, qui justifie d'une présence en France particulièrement significative (7 ans par exemple) et avoir travaillé au moins 12 mois au cours des 3
dernières années. Dans pareil cas, l'intéressé pourra recevoir un récépissé de carte de séjour temporaire « salarié », renouvelable une fois et l'autorisant à
travailler, afin de lui permettre de chercher un emploi.

La situation des intérimaires est prise en compte lorsque l'étranger justifie d'une durée de présence en France d'au moins 5 ans, sauf exception.

3° Dépôt des dossiers


L'étranger doit présenter à l'appui de sa demande de régularisation un contrat de travail ou une promesse d'embauche.
Les demandes sont déposées auprès de la préfecture du lieu de résidence de l'étranger et instruites par les services de la main-d'œuvre étrangère
conformément aux règles de droit commun, à l'exception du critère relatif à la situation de l'emploi appréciés selon les modalités fixées ci-dessus. Un
récépissé de 4 mois est délivré à l'étranger lorsque l'examen de son dossier à la lumière des critères de régularisation aura été positif. Sauf situation
particulière, il ne sera renouvelé qu'une fois.

4° Renouvellement
Le renouvellement des titres de séjour s'effectue dans les conditions de droit commun.

Section 3 : Procédures d'instruction spécifiques


Sous-section 1 : Procédure d'introduction spécifique pour les cadres dirigeants ou de haut niveau
94 Bénéficiaires Cette procédure simplifiée s'applique aux cadres étrangers dirigeants ou de haut niveau appartenant à un groupe international depuis
au moins 6 mois et ayant une rémunération mensuelle égale ou supérieure à 5 000 € brut, qui viennent occuper un emploi auprès de l'entité française.
Selon la définition donnée par l'article L. 3111-2 du code du travail, les cadres dirigeants exercent des responsabilités dont l'importance implique une grande
indépendance dans l'organisation de leur emploi du temps. Ils sont habilités à prendre des décisions de façon largement autonome et perçoivent une
rémunération se situant dans les niveaux les plus élevés des systèmes de rémunération pratiqués dans l'entreprise.
Par contre, cette procédure n'est pas applicable aux salariés « détachés » qui interviennent en France dans le cadre d'une expertise ou d'une assistance
technique et restent ainsi sous la subordination juridique de leur entreprise d'origine.

Circ. DPM/DMI 2 n° 2004-143, 26 mars 2004 : BO Trav., n° 2004-9 Circ. DPM/DMI2 n° 2006-132, 15 mars 2006 : BO Trav., n° 2006-4

95 Déroulement de la procédure La demande d'autorisation de travail est déposée par le futur employeur auprès de la délégation de l'Ofii du
ressort du siège de l'entreprise.

L'Ofii transmet la demande d'autorisation de travail, dans les 2 jours, au ministère de l'intérieur et à la Direccte qui s'assure que les conditions d'emploi
proposées sont conformes à la législation du travail. La situation de l'emploi n'est pas opposable.
La Direccte doit donner son avis à l'Ofii dans les 10 jours.
Dès accord de celle-ci, l'Ofii transmet au consulat de France compétent le dossier (l'employeur est informé par lettre-type de cette transmission au consulat)
ainsi qu'à la préfecture ou à la préfecture de police.

L'employeur avertit l'Ofii de la date d'arrivée en France du cadre et du type de visa délivré.
Le cadre est convoqué par l'Ofii à la visite médicale dans les meilleurs délais. A l'issue de celle-ci, il lui est remis un récépissé de demande de titre de séjour
ainsi qu'à son conjoint s'il y a lieu, le contrat de travail original visé favorablement et au besoin l'autorisation provisoire de travail. La remise de ces
documents lui permet d'occuper immédiatement son emploi et au terme de cette procédure le salarié reçoit son titre de séjour plastifié et l'Ofii adresse à
l'employeur la redevance à régler pour le salarié et/ou pour la famille accompagnante.
Circ. DPM/DMI 2 n° 2004-143, 26 mars 2004 : BO Trav., n° 2004-9

96 Titre de séjour à demander La nature du titre de séjour à demander dépend de la durée du contrat de travail :

- s'il s'agit d'un contrat de plus d'un an, il faut demander une carte de séjour temporaire « salarié ». Cette carte, valant à la fois autorisation de séjour
et de travail, est valable une année et renouvelable ;
- s'il s'agit d'un contrat de moins d'un an, il faut demander une carte de séjour temporaire « travailleur temporaire ».

97 Famille accompagnante de cadres dirigeants ou de haut niveau Le cadre peut se faire accompagner par sa famille. Dans ce cas,
une procédure particulière, appelée « procédure de famille accompagnante » facilite l'entrée et le séjour en France de ces familles. Elle concerne les
conjoints et les enfants mineurs :

- des cadres étrangers dirigeants ou de haut niveau ;


- des cadres, y compris les détachés, dont la rémunération mensuelle est supérieure à 1 300 fois le minimum garanti.
La demande d'entrée conjointe est déposée soit directement auprès de l'Ofii pour les cadres dirigeants ou de haut niveau soit à la Direccte qui transmet à
l'Ofii pour les autres ressortissants étrangers concernés. Elle doit être effectuée dès le dépôt du dossier d'introduction. Toutefois, l'entrée de la famille n'est
pas nécessairement concomitante à celle du travailleur. En cas d'entrée différée de la famille celle-ci doit intervenir dans un délai de 10 mois au plus à
compter de la date de visa du contrat de travail.
Le conjoint se voit délivrer une carte de séjour mention « visiteur ». S'il souhaite travailler, il doit alors engager une procédure de changement de statut
auprès de la préfecture selon les règles du droit commun (opposabilité de la situation de l'emploi).
Par exception, la situation de l'emploi n'est pas opposable aux conjoints de cadres dirigeants ou de haut niveau lorsque la rémunération qui leur est proposée
est supérieure à 2 000 € brut par mois.

lorsque le cadre étranger a un projet d'installation durable en France, il peut solliciter l'admission au séjour de sa famille au titre du
regroupement familial. Dans ce cas, la demande est instruite selon les règles de droit commun.

Circ. DPM/DMI n° 2004-212, 7 mai 2004 Circ. DPM/DM12 n° 2006-133, 15 mars 2006 : BO Trav., n° 2006-4

Sous-section 2 : Détachement de salariés étrangers


98 Définition Un salarié peut être détaché lorsqu'il se trouve dans les situations suivantes :

- il intervient dans le cadre d'une prestation de services qui a donné lieu à la conclusion d'un contrat entre son employeur et un destinataire établi ou
exerçant son activité en France ;
- il apporte une assistance ou une expertise entre des établissements d'une même entreprise ou des entreprises d'un même groupe ;
- il vient dans le cadre d'une prestation pour le propre compte de son employeur.

C. trav., art. L. 1261-1 et s. et R. 1261-1 et s.


Le détachement du salarié doit être temporaire et doit avoir un objet précis. Le caractère temporaire de la mission s'apprécie par rapport à l'objet de la
mission (aucun texte ne réglemente cette notion).

Si le salarié intervient sur plusieurs missions successives, à chaque mission l'employeur doit procéder à une nouvelle introduction.

99 Autorisation de travail nécessaire, sauf pour un prestataire de services communautaire La demande d'autorisation de travail
pour le salarié détaché doit comprendre :

- une attestation établie en 3 exemplaires mentionnant les coordonnées de l'entreprise d'origine, les coordonnées de l'entreprise d'accueil, le lieu de
mission s'il est différent, l'état-civil du salarié détaché, l'objet précis de la mission, sa durée, la rémunération mensuelle ou annuelle (en euros), les
éventuelles indemnités et/ou avantages en nature versés pendant le détachement, la durée du travail, les jours de congés octroyés et les modalités
de transport et d'hébergement ;
- un engagement de versement à l'Ofii ;
- une attestation d'emploi établie par l'entreprise d'origine justifiant d'une ancienneté de 6 mois dans le cas d'une mobilité intra-groupes ;
- l'avenant au contrat de travail du salarié détaché établi pour la mission considérée ;
- la copie du contrat commercial si l'on se trouve dans le cas d'une prestation de services ; ce document doit notamment mentionner son objet, le
montant de la prestation et sa durée ;
- les justificatifs de maintien au régime de sécurité sociale d'origine (imprimé E101 ou E102 pour les ressortissants UE et certificat de détachement SE
pour les pays où il existe une convention) ou une attestation indiquant que le salarié détaché sera affilié au régime de sécurité sociale française ;
- le justificatif de l'immatriculation à la caisse des congés payés du pays d'origine (le régime doit être équivalent aux dispositions françaises) ou une
attestation mentionnant l'affiliation aux caisses françaises ;
- 3 photos d'identité + copie du passeport du salarié détaché.
Pour les besoins de l'instruction et notamment l'examen du lien de subordination, les Direccte peuvent demander des informations complémentaires comme
par exemple l'organigramme de l'entreprise.

les salariés étrangers détachés par un employeur établi sur le territoire d'un État membre de l'UE, de l'EEE ou de la Suisse sont exclus du
champ des autorisations de travail (v. n° 11).

100 Particularités des entreprises de travail temporaire étrangères Toute entreprise de travail temporaire étrangère peut rester en France
dès lors que :

- l'objet social déclaré est le travail temporaire ;


- elle est immatriculée en tant que telle auprès du registre des sociétés dans son pays d'origine ;
- elle détient une garantie financière équivalente à la garantie financière française. Si cette formalité n'existe pas dans son pays d'origine, elle doit en
obtenir une en France ;
- son activité principale n'est pas exclusivement tournée vers la France ;
- elle respecte les règles contractuelles légales françaises en matière de travail temporaire (motifs de recours possibles, relation tripartite, indemnité
de congés payés, etc.).

101 Documents délivrés Le titre de séjour dépend de la nature et de la durée du contrat : l'étranger se voit délivrer soit une carte de séjour temporaire
« travailleur temporaire » soit une autorisation provisoire de travail (v. nos 31 et 36).

Sous-section 3 : Contrats jeunes professionnels


102 Conditions prévues par les accords internationaux La France a conclu des accords bilatéraux « jeunes professionnels » avec 13 pays
(Nouvelle-Zélande, États-Unis, Pologne, Argentine, Hongrie, Maroc, Sénégal, Bulgarie, Canada, Roumanie, Tunisie, Slovaquie et Estonie).

Depuis le 1er juillet 2008, les ressortissants de certains pays signataires de ces accords (Estonie, Pologne, Hongrie, Slovaquie et Slovénie) bénéficient de la
libre circulation (v. n° 15). Par conséquent, ces accords ne sont plus en vigueur depuis cette date ( Circ. 4 juill. 2008, NOR : IMIM0800033C).
Les jeunes professionnels viennent en France pour approfondir leurs connaissances linguistiques, culturelles et professionnelles afin d'améliorer leurs
perspectives de carrière. Ils sont âgés au minimum de 18 ans et au maximum de 35 ans et doivent remplir deux principales conditions :
- avoir un niveau de connaissance suffisant de la langue du pays d'accueil ;
- être titulaires d'un diplôme professionnel dans le domaine d'activité concerné.

103 Instruction des demandes


1° Dépôt du dossier
Le dépôt des demandes est effectué devant le guichet unique de l'Espace emploi international (EEI) qui procède à leur examen.

2° Composition du dossier
Le dossier est constitué des pièces suivantes :

- une fiche de candidature ;


- quatre exemplaires originaux du contrat de travail type « jeune professionnel » ; ce contrat est de 12 mois ; il peut être renouvelé, sa durée
maximale est de 18 mois ;
- un engagement de versement de la redevance Ofii signé par l'employeur ;
- un engagement de retour dans le pays d'origine ;
- les copies du/des diplômes et/ou des attestations de stage et/ou des certificats de travail ;
- l'autorisation d'exercice en France de l'activité sollicitée s'il s'agit d'une profession réglementée.

3° Procédure
L'EEI, après avoir vérifié le respect des conditions d'éligibilité à la procédure du salarié notamment l'âge, l'expérience et les diplômes obtenus, envoie dans
les 5 jours le dossier à la Direccte compétente.
Cette dernière doit statuer dans les 10 jours sur la demande. Elle vérifie les conditions d'emploi, de rémunération et le respect de la réglementation. La
situation de l'emploi n'est pas opposable. Le visa favorable apposé par la Direccte sur le contrat vaut autorisation de travail et permet au salarié de travailler
dès son entrée en France.
A réception de l'acception, l'EEI informe :

- les services consulaires compétents en vue de la délivrance du visa ;


- ses délégations pour le Maroc, la Tunisie puisque la visite médicale sera passée avant l'arrivée en France.

104 Délivrance de la carte de séjour A l'issue de sa visite médicale, le salarié se voit remettre un titre de séjour « travailleur temporaire » sauf dans
le cas du Canada où le visa délivré vaut titre de séjour ; il porte la mention « échanges de jeunes/Canada 2 A ». Le salarié a la possibilité dans la limite des 18
mois octroyés de changer d'employeur.
La rupture du contrat respecte les dispositions légales applicables aux CDD. Par contre, à son échéance, le salarié ne bénéficie pas de l'indemnité de
précarité d'emploi.
A l'issue des 18 mois, le jeune professionnel doit quitter le territoire.

cette disposition a été rappelée dans une note d'information du 12 avril 2007 adressée aux Direccte ( Note inf. DPM/DMI3 n° 2007-
144, 12 avr. 2007).

Circ. intermin. DPM/DMI 3 n° 2005-253, 27 mai 2005 : BOMT., n° 2005/7, 30 juill.

Sous-section 4 : Contrat de travail saisonnier


105 Définition Un employeur peut avoir recours au contrat de travail saisonnier dès lors qu'il exerce une activité par cycles qui se reproduisent chaque
année et que le besoin de main-d'œuvre est temporaire. Les secteurs les plus concernés sont l'agriculture, l'agro-alimentaire, l'hôtellerie et le tourisme.
Il s'agit d'un CDD qui peut ne pas comporter un terme fixe sans que la durée totale de présence sur le sol français du salarié n'excède 6 mois. A l'issue de
son contrat, le ressortissant s'engage à retourner dans son pays d'origine.
C. trav., art. R. 5221-23

106 Procédure d'introduction Si l'employeur doit recourir à de la main-d'œuvre étrangère et qu'il n'a pu trouver de salariés déjà présents sur le
territoire, il peut procéder à différentes procédures d'introduction.

1° Introduction nominative
L'employeur souhaite recruter un travailleur déterminé. Cependant si la procédure concerne des ressortissants de pays où l'Ofii est installée (excepté la
Turquie), le contrat visé par la Direccte est directement adressé à la mission concernée. Le salarié est alors convoqué par la mission qui procède à l'examen
médical obligatoire, lui remet son contrat de travail et règle ses formalités d'acheminement. Dans ce cas la durée du contrat ne peut être inférieure à 4 mois.
C'est la procédure la plus fréquente.

2° Procédure anonyme
L'Ofii choisit pour l'employeur la nationalité du travailleur ayant les compétences requises. Le recrutement s'opère dans les pays où l'Ofii à l'une de ses
missions (Sénégal, Maroc, Tunisie).
Le dossier adressé à la Direccte comporte toutes les pièces nécessaires à l'instruction de la demande d'introduction plus une ou deux fiches de
renseignements complémentaires suivant la procédure suivie. Le contrat de travail visé favorablement par la Direccte vaut autorisation provisoire de travail.

107 Particularités du secteur agricole Dans le secteur agricole, l'introduction de salariés saisonniers est encadrée chaque année par une
circulaire de la Direction de l'immigration. Cette circulaire fixe les orientations et besoins de main-d'œuvre, l'organisation administrative et la procédure
d'instruction.

Depuis le 1er juillet 2008, les ressortissants des pays suivants (l'Estonie, la Lettonie, la Lituanie, la Hongrie, la Pologne, la République Tchèque, la Slovaquie,
et la Slovénie) ne sont plus soumis à l'obligation d'obtenir une autorisation de travail préalablement à l'exercice d'une activité professionnelle salariée sur le
territoire français. Les exploitants agricoles peuvent les embaucher directement et librement, sans recourir à l'Ofii. En revanche, les ressortissants bulgares,
roumains et croates restent soumis à l'obligation de détenir une autorisation de travail préalablement à l'exercice d'une activité professionnelle salariée sur le
territoire français.

Sous-section 5 : Demande d'autorisation de travail sans changement de titre de séjour


108 Demandeurs d'asile Les demandeurs d'asile peuvent bénéficier d'une autorisation provisoire de travail (APT) seulement dans deux cas :

- il n'a pas été statué sur leur demande d'asile, pour une raison qui ne leur est pas imputable, dans le délai d'un an suivant l'enregistrement de leur
demande de reconnaissance du statut de réfugié par l'OFPRA ;
- suite à une décision de refus de l'OFPRA, l'intéressé qui a obtenu le renouvellement de son récépissé a formé un recours devant la Cour nationale
du droit d'asile.
La demande d'autorisation de travail est instruite au vu de l'ensemble des critères énumérés à l'article R. 5221-20 du code du travail (v. n° 122).

L'APT ne pouvant être supérieure à la date d'expiration du récépissé du demandeur, celui-ci devra procéder au renouvellement de son titre de travail tous
les 3 mois.
C. étrangers, art. R. 742-2 et R. 742-3
En outre, les étrangers titulaires d'un récépissé de demande de titre de séjour portant la mention « étranger admis au titre de l'asile », d'une durée de validité
de 6 mois, renouvelable, peuvent exercer la profession de leur choix ( C. étrangers, art. R. 742-1).

109 Accompagnants d'un enfant malade L'autorisation provisoire de séjour remise au parent étranger d'un enfant malade ne vaut pas autorisation
de travail. Cependant, pour subvenir à ses besoins, l'accompagnant d'un enfant malade peut être autorisé à travailler sur présentation d'un contrat de travail.
L'autorisation provisoire de travail est délivrée par les services de main-d'œuvre étrangère. Cette mesure ne concerne que l'un des parents si les deux ont
accompagné l'enfant. L'avis du médecin de l'agence régionale de santé est sollicité.

C. étrangers, art. L. 311-12

110 Mineurs étrangers scolarisés en France Le jeune mineur bénéficiaire d'un titre de circulation et scolarisé en France peut solliciter, pendant la
moitié des vacances scolaires, une autorisation provisoire de travail auprès de la Direccte de son lieu de résidence sur présentation d'un contrat de travail
ou d'une promesse d'embauche.
C. trav., art. L. 4153-3

Sous-section 6 : Séjours ou visas particuliers


111 Visa vacances-travail Ce visa est délivré dans le cadre d'accords bilatéraux (ou de convention) avec la France. Plusieurs pays ont signé un
accord : l'Australie ( Accord franco-australien 24 nov. 2003), le Japon ( Accord franco-japonais 8 janv. 1999), la Nouvelle-Zélande ( Conv.
franco-néo-zélandaise 2 juin 1999), l'Argentine ( Accord franco-argentin 18 févr. 2011), Hong-Kong et la Chine ( Accord franco-chinois 6 mai 2013)
et le Canada ( Accord franco-canadien 3 oct. 2003). Dans ce dernier cas, l'accord n'instaure pas de visas « vacances-travail » mais s'inspire largement
de l'esprit de ce visa mixte. Ce visa d'une durée maximale d'un an vaut titre de séjour.

Durant son séjour, le ressortissant étranger peut solliciter une autorisation provisoire de travail auprès de la Direccte dont dépend l'entreprise qui souhaite
l'embaucher. Le contrat de travail ou la promesse d'embauche présentés sont obligatoirement à durée déterminée puisque le visa de l'étranger ne pourra être
renouvelé. Conformément aux dispositions régissant chaque accord, l'autorisation de travail est délivrée à l'intéressé sans délai et sans opposition de la
situation de l'emploi.

Circ. intermin. DPM/DMI 3 n° 2005-253, 27 mai 2005 : BOMT., n° 2005/7, 30 juill.

112 Étudiants n'effectuant pas leurs études en France Les étudiants étrangers qui souhaitent exercer une activité (en dehors du cadre de
l'enseignement suivi dans leur pays) pendant leurs vacances universitaires, que celles-ci coïncident ou non avec les vacances universitaires françaises,
peuvent se voir délivrer une autorisation provisoire de travail d'une durée maximale de 3 mois pour un travail à temps plein ou à temps partiel.
La situation de l'emploi n'est pas opposable aux étudiants venus en France :

- soit dans le cadre de relations organisées sous la responsabilité d'établissements relevant du ministère de l'Éducation nationale, de la Recherche et
de la Technologie ;
- soit sous l'égide de l'office franco-québécois ou d'associations agréées par le gouvernement français et dont la liste non limitative figure en annexe
de la circulaire du 9 juillet 1998.

Circ. DPM/DM 2-3 n° 98-420, 9 juill. 1998


Des dispositions spécifiques sont prévues pour les étudiants canadiens munis d'un visa 2D.
Circ. DPM/DM I 3 n° 2004-374, 3 août 2004

Pour plus de précisions sur le critère de la situation de l'emploi, voir nos 123 et suivants.

113 Conventions de stage Les personnes qui suivent un enseignement ou une formation dans leur pays d'origine peuvent, dans ce cadre, venir en
France pour y accomplir un stage ou une formation.

L'objectif du stage est, par l'intermédiaire d'un stage pratique en entreprise, d'acquérir ou mettre en œuvre des connaissances en vue de l'obtention d'un
diplôme ou de la reconnaissance d'un niveau de qualification professionnelle.
Le stagiaire peut venir soit dans le cadre d'un cursus scolaire ou universitaire, soit dans le cadre d'une formation entre entreprises d'un même groupe. La
relation est obligatoirement tripartite et fait l'objet d'une convention établie entre un stagiaire, un employeur et un organisme de formation.
La convention de stage établie en 3 exemplaires est adressée à la Direccte du lieu d'accueil du stagiaire. Elle doit mentionner l'identité de l'établissement ou
entreprise d'origine, l'entreprise d'accueil, l'identité du stagiaire, la durée et l'objet du stage, le nom du tuteur dans l'entreprise d'accueil, les conditions de
prise en charge matérielle du stagiaire (transport, logement, nourriture) et la couverture sociale du stagiaire.
La durée du stage ne peut être supérieure à 6 mois. Si la durée de la convention est supérieure à 3 mois consécutifs, le stagiaire a droit à une gratification.
Cette indemnité ne constitue pas un salaire.
En cas d'accord, la Direccte transmet 2 exemplaires visés favorablement à l'entreprise d'accueil en vue de la délivrance des éventuels visas nécessaires à
l'entrée en France.
Le stagiaire n'ayant pas un statut de salarié, il n'a pas besoin d'autorisation de travail. Par contre, si la durée de son séjour dépasse 3 mois, il lui sera délivré
une carte de séjour temporaire portant la mention « stagiaire ».

cette carte est délivrée à l'étranger qui suit en France un stage dans le cadre d'une convention de stage et qui dispose de moyens
d'existence suffisants. En cas de nécessité liée au déroulement du stage, et sous réserve d'une entrée régulière en France, la carte peut
être délivrée même si l'intéressé ne dispose pas d'un visa de long séjour.

C. étrangers, art. L. 313-7-1 et R. 313-10-1

114 Ressortissants bénéficiaires du titre spécial délivré par le ministère des Affaires étrangères Un titre de séjour spécial délivré
par le ministère des Affaires étrangères est remis aux personnes de nationalité étrangère envoyées en mission officielle en France qui, en raison de la
nature de leurs fonctions, ne peuvent se voir reconnaître le statut de membre d'une mission diplomatique ou d'un poste consulaire mais qui, à titre de
courtoisie, bénéficient de facilités particulières pour obtenir un titre de séjour temporaire. En revanche, ils ne jouissent pas des privilèges et immunités
attachés au statut de séjour spécial. Ce document est valable un an et est renouvelable.
Les personnes concernées sont les chefs de mission diplomatique, les diplomates, les fonctionnaires consulaires de carrière, les fonctionnaires consulaires
honoraires mais également le personnel administratif et technique des consulats, le personnel de service, le personnel privé, le personnel étranger en
mission officielle et de statut particulier.
Ce document permet au ressortissant étranger de séjourner régulièrement en France et vaut titre de travail uniquement pour le compte du consulat ou de
l'ambassade. Le conjoint, les enfants de moins de 21 ans et les ascendants à charge du diplomate reçoivent un titre de séjour spécial identique.

A l'issue de leur fonction, l'ensemble des bénéficiaires du titre spécial doivent le restituer auprès du protocole et quitter le pays. En ce qui concerne le
personnel des consulats ou ambassades, s'ils désirent demeurer et travailler en France, ils doivent solliciter un titre de séjour au service des préfectures.
C'est la procédure de changement de statut qui s'appliquera. Les mêmes dispositions s'appliquent au conjoint ou à l'enfant âgé de 18 ans qui veulent
occuper une activité salariée pendant le mandat du diplomate ; ils doivent alors solliciter une dérogation auprès de la direction de la population et des
migrations (DPM), sauf le critère de la situation de l'emploi si le ressortissant entre dans le champ d'application de la circulaire du 7 mai 2004 relative à l'accès
au marché du travail des conjoints étrangers de mandataires sociaux, de cadres dirigeants ou de haut niveau ainsi que des conjoints de fonctionnaires
d'organisations internationales intergouvernementales.

la demande de titre de séjour et de travail est instruite au vu de l'ensemble des critères énumérés à l'article R. 5221-20 du code du travail
(v. nos 122 et s.).

Instr. LCMO, 3 déc. 1953 Circ. DPM/DMI n° 2004-212, 7 mai 2004

Sous-section 7 : Secteurs d'activité particuliers

§ 1 : Artistes et techniciens du spectacle


115 Condition d'exercice de l'activité Les artistes de spectacles vivants ou enregistrés qui interprètent une œuvre de l'esprit, devant un public,
moyennant une rémunération, sont considérés comme des salariés.
C. trav., art. L. 7121-2 à L. 7121-4
Les autres artistes (sculpteur, peintre, écrivain, etc.) ont soit le statut de salarié, soit le statut de travailleur indépendant selon les conditions d'exercice de
leur activité.

Il en ressort que :

- même si, dans leur pays d'origine, notamment dans le cadre d'une prestation de services, l'ensemble des artistes sont connus comme indépendants,
ils doivent lors de leur représentation en France être considérés comme salariés. Ces dispositions sont d'ordre public, sauf pour les prestations de
services européennes où les artistes indépendants gardent leur statut malgré les dispositions de l'article L. 7121-3 du code du travail ( C. trav.,
art. L. 7121-5 CJCE, 15 juin 2006, aff. C-255/04, Commission c/ France) ;
- aucun artiste ne peut être bénévole à l'exception des spectacles ou émissions diffusés dans un but caritatif.

116 Demande d'autorisation de travail Elle doit comprendre les pièces suivantes :

- le formulaire Cerfa correspondant à la nature de l'activité salariée exercée en France ;


- un extrait à jour K bis s'il s'agit d'une personne morale ; un extrait à jour K, une carte d'artisan ou, à défaut, un avis d'imposition s'il s'agit d'une
personne physique ;
- les statuts de la personne morale, s'ils existent ;
- la copie du dernier bordereau de versement des cotisations et contributions sociales adressé à l'Urssaf ;
- la copie du passeport ou du document national d'identité du salarié si celui-ci réside à l'étranger ;
- la copie de la licence d'entrepreneur de spectacles vivants en cours de validité lors de la première demande, ou la copie du récépissé de
renouvellement ou de la déclaration préalable d'intervention à la direction régionale des affaires culturelles pour les entrepreneurs occasionnels de
spectacles vivants ;
- la copie de la demande d'autorisation d'emploi auprès du préfet du département où se trouve le siège social du producteur, s'il se propose de
produire un mineur de moins de 16 ans.

Arr. 10 oct. 2007, NOR : IMIN0762998A : JO, 9 nov.


La situation de l'emploi n'est pas opposable aux artistes mais reste opposable aux techniciens.
Circ. DPM/DMI/2 n° 2005/194, 19 avr. 2005
La circulaire visée ci-dessus indique que, compte tenu de la spécificité du secteur, les Direccte doivent instruire les demandes dans un délai d'un mois
ramené à 15 jours en cas d'urgence.

les techniciens ne bénéficient pas de la carte de séjour temporaire « profession artistique et culturelle ».

§ 2 : Autres catégories de métiers


117 Mannequins Tout contrat par lequel une personne physique ou morale s'assure, moyennant rémunération, le concours d'un mannequin est présumé
être un contrat de travail. Le mannequin est employé soit par un utilisateur direct, soit par une agence. Dans le second cas, l'agence doit être en possession
d'une licence ; si le mannequin est mineur elle doit avoir en plus obtenu un agrément délivré par le préfet.

Les jeunes mineurs de moins de 16 ans doivent avoir été autorisés à exercer leur emploi.
C. trav., art. L. 7123-3, L. 7123-4, L. 7124-3 et L. 7124-5
Les mannequins sont donc présumés être des salariés et, lorsqu'ils sont de nationalité étrangère, sont soumis à une autorisation de travail préalable.
Ainsi une autorisation provisoire de travail est nécessaire que la durée du séjour soit inférieure ou supérieure à 3 mois.
L'instruction du 11 juin 2013 a simplifié le régime des autorisations de travail présentées pour des mannequins recrutés par des agences établies sur le
territoire français.

Circ. DPM/DM 2-3 n° 99-132, 2 mars 1999 : BO trav., n° 98/8, 5 mai rect. 7 juin : BOMES, n° 99/29
Instr. 11 juin 2013, NOR : INTV1314776J
Par contre, si le mannequin étranger travaille pour une agence de mannequins de l'UE, dans un État partie à l'EEE ou en Suisse, il n'a pas à solliciter
d'autorisation de travail puisqu'il intervient dans le cadre d'une prestation de services européenne (v. n° 11).

Le dossier de demande d'autorisation de travail comporte les pièces suivantes :

- le formulaire Cerfa correspondant à la nature de l'activité salariée exercée en France ;


- un extrait à jour K bis s'il s'agit d'une personne morale ; un extrait à jour K, une carte d'artisan ou, à défaut, un avis d'imposition s'il s'agit d'une
personne physique ;
- la copie du dernier bordereau de versement des cotisations et contributions sociales adressé à l'Urssaf ;
- la copie du passeport ou du document national d'identité du salarié si celui-ci réside à l'étranger ;
- la copie de la licence d'agence de mannequins en cours de validité, lors de la première demande ;
- la copie de la demande d'autorisation d'emploi auprès du préfet du département du siège de l'agence de mannequins où se trouve le siège social de
l'agence si elle engage un mineur de moins de 16 ans et qu'elle est dépourvue de l'agrément mentionné à l'article L. 7124-1 du code du travail.
Lorsque l'employeur a déjà sollicité une autorisation de travail, le service compétent peut en outre lui demander de produire le contrat de mise à disposition
prévu à l'article L. 7123-17 du code du travail, s'il n'a pas été fourni lors de la demande initiale.
Arr. 10 oct. 2007, NOR : IMIN0762998A : JO, 9 nov.

118 Ministres du culte Les ministres du culte relevant d'associations cultuelles ne sont pas considérés comme liés à l'exercice de leur ministère par un
contrat de travail.
Cass. soc., 12 juill. 2005, n° 03-43.354, n° 1692 FS - P + B
Les intéressés se voient donc remettre une carte de séjour temporaire portant la mention « visiteur » si leur présence sur le territoire français est supérieure
à 3 mois.
C. étrangers, art. L. 313-6

Toutefois, bien que religieux et employés par une association cultuelle, ils peuvent avoir la qualité de salarié, dès lors qu'ils ne se consacrent pas à titre
principal à des fonctions religieuses. Tel est le cas des religieux employés en qualité d'enseignants qui peuvent être liés par un contrat de travail avec un
employeur et reçoivent, à ce titre, une carte de séjour temporaire portant la mention « salarié ».

119 Interprètes de conférences Ils exercent leur activité en qualité de salariés et ne peuvent être reconnus comme travailleurs indépendants. En
conséquence, ils sont soumis à la possession d'une autorisation de travail. La difficulté découle du fait qu'ils ont souvent plusieurs employeurs.
La demande d'autorisation de travail est déposée auprès de la Direccte sur production du contrat de travail du premier employeur et est examinée sans que
ne soit opposée la situation de l'emploi (v. n° 125). Si la demande est recevable, un titre de séjour portant la mention « travailleur temporaire », précisant la
profession d'une durée maximale de 6 mois sera remis.
A l'issue de cette première période, l'autorisation de travail pourra être renouvelée selon deux processus :

- l'étranger bénéficie de plus de 400 heures de travail et il reçoit un titre de séjour portant la mention « salarié » d'une durée d'un an. Ce document est
ensuite systématiquement renouvelé s'il justifie annuellement de 800 heures de travail sur présentation d'un nouveau contrat de travail, d'une visite
médicale auprès de l'Ofii et de la signature de l'engagement de versement à l'Ofii par l'employeur ;
- il a travaillé moins de 400 heures ; dans ce cas, le titre de séjour « travailleur temporaire » lui est renouvelé pour une nouvelle période de 6 mois. Si à
son expiration, il ne peut justifier avoir réalisé 400 heures d'interprétariat, sa demande de renouvellement pourra alors être refusée.

120 Journalistes Les journalistes étrangers accrédités par leur organe ou leur agence de presse (correspondants) sont dispensés d'autorisation de
travail. Pour obtenir leur carte d'accréditation et leur titre de séjour, ils doivent avoir obtenu un visa « D » long séjour. Cette carte d'accréditation est délivrée
par le Bureau des accréditations situé au CAPE : Maison de la Radio, 116 av. du Président Kennedy, 75016 Paris.

La carte d'accréditation ne permet pas une activité autre que celle de journaliste.
Les journalistes non accrédités doivent être en possession d'une autorisation de travail. Celle-ci est délivrée selon la procédure de droit commun.
121 Professions réglementées L'exercice par des étrangers de certaines professions dites « réglementées » fait l'objet de dispositions spécifiques
qui s'ajoutent aux règles de droit commun. Ces dispositions sont liées :

- soit à la nationalité (certaines professions étant fermées aux étrangers) ;


- soit à l'exigence de certains diplômes ou autorisations diverses.
Ces professions qui se rattachent soit au secteur public soit au secteur libéral (fonction publique, professions d'enseignement, professions de santé,
architectes, avocats...) ne sont pas traitées dans cette étude.
Pour une présentation des dispositions particulières applicables à ces professions, se reporter au Dictionnaire Permanent Droit des étrangers.

Chapitre 2 Critères de délivrance, de renouvellement et retrait des autorisations de travail

Section 1 : Critères de délivrance


122 Critères Pour accorder ou refuser les autorisations de travail, le préfet prend en compte les éléments d'appréciation suivants :

- les recherches effectuées par l'employeur et la situation de l'emploi présente dans la profession et dans la zone géographique demandées ;
- l'adéquation entre la qualification, l'expérience et, le cas échéant, les diplômes ou titres de l'étranger et les caractéristiques de l'emploi auquel il
postule ;
- le respect de la réglementation du travail et de la protection sociale par l'employeur, l'utilisateur (dans le cas d'une relation de travail temporaire),
l'entreprise d'accueil et le salarié ;
- le cas échéant, le respect par l'employeur, l'utilisateur, l'entreprise d'accueil ou le salarié des conditions réglementaires d'exercice de l'activité
considérée ;
- les conditions d'emploi et de rémunération offertes au ressortissant étranger ;
- le niveau de rémunération offert par l'employeur ;
- les vérifications effectuées par l'employeur quant aux conditions de logement du salarié.
Le préfet doit procéder à un examen complet de la situation de l'étranger qui demande une carte de séjour temporaire « salarié ». Il ne peut opposer un refus
de séjour alors qu'il n'a pas reçu l'avis définitif de la Direccte, mais seulement un courrier indiquant qu'aucune réponse de l'inspection du travail n'avait été
formulée « à ce jour » et que la réalité de l'emploi sollicité ne pouvait donc être vérifiée. Pour les juges, il s'agit d'une réponse d'attente. A défaut, la décision
de refus du préfet est annulée pour erreur de droit ( CAA Douai, 1re ch., 2 mai 2013, n° 12DA01542).

C. trav., art. R. 5221-20

Sous-section 1 : Les recherches effectuées par l'employeur et la situation de l'emploi


123 Appréciation Ce critère conduit à examiner d'une part la réalité et le sérieux des recherches de l'employeur pour recruter un candidat déjà présent
sur le marché du travail, d'autre part la situation de l'emploi telle qu'elle ressort des données chiffrées produites par Pôle emploi. Il s'agit donc d'apprécier si le
marché du travail est en mesure de répondre aux besoins de l'employeur.

1° Éléments statistiques
Il y a lieu de délimiter au préalable le marché du travail pertinent (département, région, métropole ou Dom). Dès lors que la profession implique une mobilité
sur plusieurs bassins d'emploi, la situation de l'emploi est appréciée sur l'ensemble de la zone de travail concernée. Les limitations géographiques
éventuelles de l'autorisation de travail sont directement liées à l'appréciation de la situation de l'emploi et donc dictées par la nature de la profession et les
conditions de son exercice.
Doit être ainsi annulé le refus d'une carte de travail fondé sur le fait que des demandes d'emploi non satisfaites pour la profession d'ingénieur d'essais
existaient dans le département du Rhône, sans qu'il y ait eu examen de la situation de l'emploi dans la région où l'intéressé comptait exercer sa profession
(Champagne-sur-Seine).

CE, 25 juill. 1986, n° 68849


Une fois délimité le bassin d'emploi pertinent, le service de main-d'œuvre étrangère examine les statistiques transmises trimestriellement par Pôle emploi qui
indiquent pour chaque métier, identifié par un code ROME (répertoire opérationnel des métiers et des emplois), le nombre de demandes et le nombre d'offres
d'emploi.
Pour opposer un refus sur ce critère, l'administration doit tenir compte d'un écart important entre l'offre et la demande, à défaut elle commet une erreur
d'appréciation.
CE, 8 juill. 1988, n° 85194 CE, 30 mars 2001, n° 172369

Lorsque l'emploi demandé ne correspond pas à un code ROME précis (le métier demandé recoupe plusieurs codes ou l'employeur exige des compétences
particulières, une spécificité, dont ne disposent pas tous les demandeurs d'emploi enregistrés pour ce métier), l'appréciation de la situation de l'emploi
consiste à vérifier si les démarches effectuées par l'employeur ont été réelles et complètes. L'avis de Pôle emploi sera également recherché dans cette
hypothèse. L'appréciation de la situation de l'emploi se fait en tenant compte de l'intérêt que peut présenter une bonne connaissance d'un pays et d'une
langue étrangers.

2° Appréciation in concreto des possibilités d'embauche


Les demandes d'introduction de main-d'œuvre étrangère ne peuvent être acceptées que lorsque toutes les possibilités d'embauche des demandeurs
d'emploi, français ou étrangers, présents sur le marché du travail, auront été exploitées.
Les candidatures locales ne doivent pas être découragées par des conditions d'emploi et de rémunération moins avantageuses que celles proposées aux
salariés étrangers. Ces conditions (logement, durée du contrat, rémunération...) qui figurent sur l'offre publiée sont normalement identiques à celles
indiquées sur le contrat de travail du salarié étranger, sous peine pour l'employeur de devoir déposer une nouvelle offre d'emploi satisfaisant à ces
conditions.

L'employeur doit être en mesure de justifier du rejet des candidatures éventuellement reçues, notamment si elles lui ont été présentées par Pôle emploi ou par
un organisme de placement.
124 Spécificité de l'emploi : élément déterminant ? La consultation des fiches à Pôle emploi permet d'avoir une définition précise de l'emploi,
de connaître ses différentes appellations, les conditions d'exercice de ce métier et les diplômes ou expériences exigées mais également d'identifier les
spécificités reconnues à l'emploi et les compétences communes à celui-ci.
Ces éléments sont importants et devront apparaître dans la demande d'autorisation de travail puisqu'ils seront pris en considération par l'administration lors
de l'examen de la demande d'autorisation de travail par l'administration.
Cette position est confirmée par le Conseil d'État qui a retenu dans plusieurs arrêts, l'erreur manifeste d'appréciation portée par l'administration lorsque la
spécificité de l'emploi n'avait pas été examinée. Par exemple dans le cas de l'affaire El Houari, le Conseil d'État a estimé que le préfet de Seine-et-Marne avait
commis une erreur manifeste d'appréciation en ne prenant pas en compte la spécificité de l'emploi proposé à l'intéressé, différent des emplois généraux du
secteur de la métallurgie pour lequel il avait une expérience sanctionnée par un diplôme alors que sa demande d'autorisation de travail avait été refusée
uniquement sur les chiffres concernant la situation de l'emploi.
CE, 19 nov. 1993, n° 116939 CE, 26 janv. 1994 CE, 29 juill. 2002, n° 212276
Les différents tribunaux administratifs saisis suivent également cette position et leurs jugements mentionnent qu'il doit être vérifié si l'emploi proposé
présente une technicité particulière ou si la spécificité alléguée est déterminante dans le recrutement du ressortissant étranger.
TA Lyon, ord., 29 avr. 2005, n° 0502578 TA Rennes, 9 mars 2006, n° 052150
Cependant, pour que ce critère soit examiné par l'administration, l'employeur doit correctement mentionner les qualifications professionnelles spécifiques
recherchées.
CAA Lyon, 8 mars 2007, n° 03LY01861

125 Inopposabilité de la situation de l'emploi Il existe plusieurs types de dérogations au critère de la situation de l'emploi.

1° Dérogations au niveau de la loi


Les lois du 24 juillet 2006, du 20 novembre 2007 et du 16 juin 2011 mentionnent plusieurs dérogations à ce critère. La situation de l'emploi n'est pas
opposable :

- aux étrangers pris en charge par l'aide sociale à l'enfance (ASE) avant l'âge de 16 ans et qui le sont toujours au moment de la demande et veulent
conclure un contrat d'apprentissage ou de professionnalisation ;
- aux étrangers exerçant une activité professionnelle dans un métier dit « en tension » (un arrêté du 11 août 2011 fixe la liste de ces métiers, v. n°
126) ;
- aux étudiants étrangers ayant obtenu un master qui souhaitent compléter leur formation par une expérience professionnelle et qui perçoivent un
salaire brut au moins égal à 1,5 fois le Smic (v. n° 69) ;
- aux étrangers détachés qui peuvent bénéficier de la carte de séjour « salarié en mission » ;
- aux étrangers qui peuvent bénéficier de la « carte bleue européenne » ;
- aux étrangers bénéficiant d'un contrat d'apprentissage dans le cadre d'une formation conduisant à l'obtention d'un master.

par contre, à l'issue de ses études, si l'étudiant étranger demande à changer de statut la situation de l'emploi lui sera opposée.

C. étrangers, art. L. 313-10 C. trav., art. R. 5221-21 et R. 5221-22

2° Nouveaux États membres de l'UE soumis au régime transitoire


La situation de l'emploi n'est pas opposable aux ressortissants bulgares, polonais et croates lorsque la demande d'autorisation de travail concerne un métier
dit « en tension » (v. n° 18).

3° Étrangers ressortissants de pays ayant signé avec la France un accord relatif à la gestion concertée des flux migratoires
Ces accords fixent des listes de métiers, pour lesquels la situation de l'emploi n'est pas opposable (v. n° 127).

4° Étrangers exerçant une activité professionnelle spécifique


Il s'agit d'une activité professionnelle dont la nature, les conditions d'accès ou l'importance économique rendent inopérant le critère de la situation de l'emploi.
C'est le cas notamment pour les :

- artistes, mannequins ;
- interprètes de conférence ;
- médecins ayant réussi les épreuves de la procédure d'autorisation d'exercice ;
- assistants de langue, lecteurs, professeurs de langue dans les établissements d'enseignement du 2nd degré ou supérieurs ;
- techniciens venants assurer le montage d'un matériel ou la mise en route de l'exploitation d'un brevet dès lors qu'ils sont employés par une
entreprise étrangère qui a vendu à une entreprise française un matériel qu'elle fabrique directement ou cédé un brevet ;
- cadres supérieurs percevant une rémunération élevée (supérieure à 3 fois le Smic) ;
- conjoints de salariés étrangers introduits dans le cadre de la procédure de cadre dirigeant/cadre de haut niveau dès lors que leur rémunération est
égale ou supérieure à 2 000 € ( Circ. DPM/DMI n° 2004-212, 7 mai 2004) ;
- jeunes professionnels étrangers venant en France à des fins de perfectionnement professionnel. La conclusion de CDD est possible lorsque cela
sert à acquérir un complément de formation professionnelle (échanges entre entreprises du même groupe ou avec une entreprise cliente).

Arr. 14 déc. 1984 ; mod. par Arr. 28 janv. 2003 : JO, 7 févr. Circ. DM/DMI2/2007/323, 22 août 2007

126 Métiers en « tension » La situation de l'emploi ou l'absence de recherche préalable de candidats déjà présents sur le marché du travail n'est pas
opposable pour l'exercice d'une activité professionnelle salariée dans un métier caractérisé par des difficultés de recrutement et figurant sur une liste établie
au plan national par l'autorité administrative, après consultation des organisations syndicales d'employeurs et de salariés représentatives. Une première liste,
fixée par l'arrêté du 18 janvier 2008, comportait une trentaine de métiers et était fixée par région. Une seconde liste a été fixée par l'arrêté du 11 août 2011.
Elle ne comporte plus que 14 métiers au niveau national (JO, 12 août). Le Conseil d'État a annulé la seconde liste de ces métiers pour irrégularité dans la
procédure de consultation des partenaires sociaux ( CE, 26 déc. 2012, n° 353288). Une nouvelle liste devrait être prochainement fixée.
La liste n'est pas applicable aux ressortissants tunisiens et algériens ( Circ. 20 déc. 2007, NOR : IMIN0700011C). Le Conseil d'État a confirmé cette
inapplicabilité ( CE, 23 oct. 2009, n° 314397). Toutefois, le préfet peut, dans l'exercice de son pouvoir discrétionnaire, apprécier l'opportunité d'une
régularisation ( CE, avis, 22 mars 2010, n° 333679 CE, avis, 2 mars 2012, n° 355208).
La non-opposition de la situation de l'emploi concerne les demandes d'introduction et de changement de statut. Les autres conditions d'instruction des
demandes d'autorisation de travail restent applicables (v. n° 122).

la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour légalité (Halde) a considéré que « la mise en pratique de la circulaire du
20 décembre 2007 implique de mettre en œuvre une procédure d'embauche en fonction de l'origine nationale des candidats, en violation
des dispositions du code du travail [articles L. 1132-1 et L. 5321-2] et du code pénal [articles 225-1 et 225-2 interdisant les refus
d'embauche discriminatoires] ». La Halde souligne en outre que l'application de ce texte ne saurait avoir pour effet de traiter moins
favorablement les ressortissants tunisiens et algériens ( Délib. HALDE n° 2008-149, 15 sept. 2008).

Arr. 18 janv. 2008, NOR : IMID0800328A : JO, 20 janv. Circ. 20 déc. 2007, NOR : IMIN0700011C

127 Accords bilatéraux de gestion concertée des flux migratoires La France a conclu des accords bilatéraux de gestion concertée des
flux migratoires avec plusieurs pays dont le Bénin, le Congo, le Gabon, le Sénégal et la Tunisie.
Par dérogation aux règles de droit commun, ces accords prévoient une liste de métiers ouverts aux ressortissants de ces pays sur l'ensemble du territoire
national. La situation de l'emploi n'est pas opposable aux demandes d'autorisation de travail déposées par les ressortissants de ces pays, qu'elles émanent
d'étrangers ayant le statut d'étudiant ou de salarié.

ces listes figurent en annexe de la circulaire du 25 juin 2008 ( Circ. 25 juin 2008, NOR : IMIG0800029C).

L'entrée en vigueur de ces accords est subordonnée à leur ratification. Sont entrés en vigueur :

- le 1er septembre 2008 l'accord entre la France et le Gabon du 5 juillet 2007 ( Accord franco-gabonais 5 juill. 2007, publié par D. n° 2008-900,
3 sept. 2008 : JO, 6 sept.) ;
- le 1er juillet 2009 l'accord conclu le 28 avril 2008 avec la Tunisie ( Accord-cadre franco-tunisien 28 avr. 2008, publié par D. n° 2009-905, 24 juill.
2009 : JO : 26 juill. Circ. 31 juill. 2009, NOR : IMIM0900076C) ;
- le 1er août 2009 l'accord conclu le 25 octobre 2007 avec la république du Congo ( Accord franco-congolais 25 oct. 2007, publié par D. n° 2009-
946, 29 juill. 2009 : JO, 1er août Circ. 3 août 2009, NOR : IMIM0900077C) ;
- le 1er août 2009 l'accord conclu le 23 septembre 2006 entre la France et le Sénégal ainsi que son avenant signé le 25 février 2008 ( Accord
franco-sénégalais 23 sept. 2006, publié par D. n° 2009-1073, 26 août 2009 : JO, 1er sept.) ;
- le 1er mars 2010, l'accord conclu avec le Bénin le 28 novembre 2007 ( Accord de Cotonou 28 nov. 2007 publ. par D. n° 2010-230, 5 mars 2010 :
JO, 7 mars) ;
- le 1er avril 2011, l'accord conclu avec le Cap vert ( Accord 24 nov. 2008, publ. par D. n° 2011-403, 14 avr. 2011 : JO, 16 avr.) ;
- le 1er juin 2011, l'accord conclu avec le Burkina-Faso ( Accord 10 janv. 2009, publ. par D. n° 2011-568, 24 mai 2011 : JO, 26 mai).

Sous-section 2 : Adéquation entre la personne et les caractéristiques de l'emploi


128 Adéquation entre la qualification, l'expérience et, le cas échéant, les diplômes ou titres de l'étranger et les
caractéristiques de l'emploi auquel il postule Il faut vérifier que l'intéressé remplit les exigences de diplômes et de qualifications posées
par l'offre d'emploi, au vu du CV, de la copie des diplômes et des attestations d'emploi, le cas échéant.
Un emploi d'agent polyvalent étage-nuit dans un hôtel ne peut pas être proposé à un algérien, titulaire d'une licence en sciences de l'information et de la
communication acquise en Algérie, entré en France comme étudiant et désireux de s'y maintenir en qualité de salarié après 3 échecs successifs dans ses
études cet emploi n'étant assorti d'aucune perspective bien définie de promotion interne. ( CAA Lyon, 1re ch., 7 avr. 2009, n° 08LY01443).
Les Direccte sont invitées à saisir, par télécopie ou par courrier électronique, les postes consulaires avant toute instruction de leur part du visa long séjour,
afin d'obtenir, si nécessaire, un avis sur l'authenticité, le contenu ou la qualité d'un cursus de formation. Ces consultations doivent se faire dans des délais
raisonnables, qui ne peuvent excéder en tout état de cause un mois. A défaut de réponse dans ce délai, les Direccte se prononcent en l'état du dossier.
Circ. DM/DMI2/2007/323, 22 août 2007
Par ailleurs, l'expérience professionnelle s'apprécie sur un lien salarial effectif. Il en ressort que le fait d'avoir précédemment effectué un stage auprès du
même employeur pour lequel l'autorisation de travail est sollicitée ne peut être retenu comme un critère d'ancienneté démontrant une expérience
professionnelle.

TA Paris, 26 mai 2004, n° 0406890/3 TA Paris, 5 mars 2004, n° 0012529

Sous-section 3 : Respect de la réglementation par l'employeur et le salarié


129 Élargissement du champ de responsabilités Le champ d'application est élargi :

- d'une part, au niveau des responsabilités puisque sont visés l'employeur mais également le salarié ;
- d'autre part au niveau du champ réglementaire visé puisqu'est étudié le respect de la réglementation du travail mais aussi de la protection sociale ou
des conditions d'exercice de l'activité considérée.
Si le préfet ou la Direccte refuse la demande d'autorisation de travail, l'existence des manquements doit être attestée, notamment par un document explicite
provenant de l'inspection du travail ou d'un organisme chargé du recouvrement des cotisations sociales. Il peut toutefois être tenu compte des
régularisations éventuellement effectuées par l'entreprise. Le refus d'autorisation de travail peut être opposé pendant la durée de prescription des
infractions constatées.

lorsqu'il y a détachement, il convient de vérifier qu'il ne s'agit pas d'un simple prêt de main-d'œuvre à but lucratif interdit par la
réglementation en vigueur.

Ainsi, en ce qui concerne l'employeur, il sera notamment vérifié auprès des services de l'inspection du travail s'il a fait l'objet d'observations, mises en
demeure ou procédures judiciaires ou s'il déclare auprès des organismes sociaux ou autres caisses l'ensemble de son effectif et de sa charge salariale. Le
constat et/ou le manquement de ces obligations peut concerner la réglementation en matière de main-d'œuvre étrangère mais également tout autre thème
comme le travail illégal, l'hygiène sécurité, la durée du travail...
En outre, l'étranger doit s'assurer qu'il a bien une autorisation de travail pour l'exercice d'une activité professionnelle et qu'il ne méconnaît pas les limitations
géographiques et sectorielles dont est éventuellement assortie cette autorisation.
Circ. DM/DMI2/2007/323, 22 août 2007

Sous-section 4 : Conditions d'emploi et de rémunération


130 Conditions d'emploi et de rémunération offertes Ces conditions doivent être comparables à celles dont bénéficient les salariés occupant
un emploi de même nature dans l'entreprise, ou, lorsque l'entreprise ne comprend aucun autre salarié, dans la même branche professionnelle.
Le salaire de l'étranger doit être comparable à celui des salariés occupant un emploi de même nature dans l'entreprise et l'employeur doit se conformer à la
réglementation du travail, impliquant que les minima conventionnels soient respectés.

Sous-section 5 : Niveau de rémunération


131 Caractère rémunérateur de l'emploi Le salaire proposé à l'étranger doit être au moins équivalent au Smic mensuel correspondant à un emploi
à plein-temps. L'emploi proposé pourra être à temps plein ou à temps partiel. Cela ne concerne pas les emplois dont la durée est inférieure à un mois.
L'étranger, avec son salaire, doit pouvoir subvenir à ses besoins. Ce salaire minimum peut comprendre des avantages en nature ou en espèces (nourriture
et/ou logement).

il convient de noter que pour bénéficier de certaines cartes de séjour, les étrangers doivent percevoir un salaire minimum. C'est le cas
pour les cartes « salarié en mission » et étudiants titulaires d'un master (v. nos 34 et 68).

Par contre, ces dispositions ne s'appliquent pas au contrat d'apprentissage, ni au travail des étudiants pendant leurs études.

C. trav., art. R. 5221-26


Enfin, pour les salariés détachés, les entreprises étrangères ignorent fréquemment leurs obligations dans ce domaine. Il est rappelé que les remboursements
de frais liés au détachement ne peuvent en aucun cas être considérés comme des éléments de rémunération.
C. trav., art. L. 3221-2 et s.

Sous-section 6 : Conditions de logement


132 Logement du travailleur L'examen des conditions de logement est limité aux procédures d'introduction de salariés étrangers et aux travailleurs
saisonniers déjà présents en France qui changent d'employeur au cours des 6 mois de séjour et de travail autorisés et à l'hypothèse dans laquelle
l'employeur ou l'entreprise pourvoit à l'hébergement de l'étranger.
L'employeur indique les dispositions prises pour assurer l'hébergement de l'étranger.
Les services instructeurs pourront demander au service d'inspection du travail compétent de diligenter des enquêtes pour s'assurer de la conformité du
logement proposé.

Circ. DM/DMI2/2007/323, 22 août 2007

Section 2 : Conditions de renouvellement des autorisations de travail


133 Délai de dépôt de la demande de renouvellement Les demandes de renouvellement des autorisations de travail doivent être effectuées
au plus tard 2 mois avant leur date d'expiration auprès de la Direccte où réside le salarié. C'est l'étranger qui effectue la demande de renouvellement de
l'autorisation de travail.
L'autorisation de travail est renouvelée dans la limite de la durée du contrat de travail restant à courir ou de la mission restant à accomplir en France.
C. trav., art. R. 5221-32

134 Renouvellement de l'autorisation de travail accordé ou refusé Le renouvellement peut être refusé si la législation relative au travail ou
à la protection sociale, ou les conditions d'emploi, de rémunération ou de logement fixées par ladite autorisation n'ont pas été respectées par l'employeur, ou
si l'étranger ne s'est pas conformé aux termes de cette autorisation.

Exemple : cela vise le cas d'un étranger qui, sous couvert d'une autorisation provisoire de travail délivrée pour un emploi et un employeur déterminé, a
exercé une activité salariée auprès d'un autre employeur.

Par ailleurs, les critères énumérés à l'article R. 5221-20 du code du travail peuvent être opposés, notamment celui de la situation de l'emploi, si le salarié
étranger demande à occuper un emploi différent de celui mentionné sur l'autorisation de travail initiale y compris pour les bénéficiaires de la carte de séjour
temporaire « salarié » si cette modification intervient lors de sa première année d'attribution.
En outre, l'autorisation de travail peut être refusée si le contrat de travail est rompu pour un motif autre que le licenciement dans les 12 mois suivant
l'embauche.

Exemple : le bénéficiaire d'une carte de séjour « salarié » est lié à son employeur la première année où il obtient ce document.

Par contre, si l'étranger se trouve involontairement privé d'emploi à la date de la première demande de renouvellement d'autorisation de travail, la validité de la
carte de séjour « salarié » est automatiquement prolongée d'un an. Si, à l'issue de cette période, le travailleur étranger n'a pas retrouvé une activité salariée,
la reconduction de son autorisation de travail est appréciée en fonction de ses droits à indemnisation au Pôle emploi.
C. trav., art. R. 5221-33 à R. 5221-36

135 Documents à fournir La demande de renouvellement d'une carte de séjour temporaire portant la mention « profession artistique et culturelle »,
« salarié », « travailleur temporaire » ou « salarié en mission » (hors cas de détachement) et la demande de prolongation de l'autorisation provisoire de travail
contiennent les documents suivants.
Si l'emploi occupé est le même que celui qui a justifié la délivrance de la première autorisation de travail :

- l'attestation de présence dans l'emploi établie par l'employeur ;


- les 3 derniers bulletins de paie ; lorsque ces documents ne permettent pas de justifier du respect des conditions de rémunération initialement
prévues, l'administration peut demander la production de bulletins supplémentaires ;
- le dernier bordereau de versement des cotisations et contributions sociales adressé à l'Urssaf et, le cas échéant, à la caisse des congés payés ;
- dans les cas prévus par les conventions bilatérales de sécurité sociale, le certificat de détachement.
Lors du premier renouvellement, si l'étranger n'occupe plus l'emploi ayant justifié l'autorisation de travail précédente :

- lorsque le salarié est sans emploi, la demande comprend la lettre de rupture du contrat de travail, l'attestation de l'employeur destinée au Pôle emploi,
son certificat de travail.
- lorsque le salarié a retrouvé un nouvel emploi ou a changé d'employeur, la demande comprend les trois derniers bulletins de paie. Lorsque ces
documents ne permettent pas de justifier du respect des conditions de rémunération initialement prévues, l'administration peut demander la production
de bulletins supplémentaires.
Lors des renouvellements ultérieurs :

- si l'étranger travaille, la demande comporte une attestation d'emploi ;


- si l'étranger est demandeur d'emploi, elle comporte le cas échéant, une attestation du Pôle emploi justifiant de la période de prise en charge restant à
courir et le montant de l'indemnisation.

Arr. 10 oct. 2007, NOR : IMIN0762998A : JO, 9 nov.

Section 3 : Retrait des autorisations de travail


136 Généralités Indépendamment des hypothèses où le renouvellement est refusé, les titres de séjour en cours de validité doivent ou peuvent être retirés
dans les hypothèses prévues par la loi.

137 Retraits obligatoires Le titre de séjour est retiré notamment en cas de mesure d'expulsion, d'une décision judiciaire d'interdiction de territoire, de
polygamie sur le territoire français (conjoints et/ou les enfants vivants en France).

De même, la carte de séjour temporaire ou la carte de séjour « compétences et talents » est retirée si son titulaire cesse de remplir l'une des conditions
exigées pour sa délivrance.
Par contre, la carte de séjour temporaire portant la mention « salarié » ou « travailleur temporaire » ne peut être retirée au motif que l'étranger s'est trouvé,
autrement que de son fait, privé d'emploi.
C. étrangers, art. L. 311-8 et R. 311-14

138 Retraits facultatifs Le titre de séjour peut être retiré notamment lorsqu'il a été obtenu par fraude, lorsque l'étranger fait venir son conjoint ou ses
enfants en dehors de la procédure de regroupement familial, lorsque l'étranger titulaire d'une carte de séjour temporaire exerce un emploi salarié sans
autorisation...
C. étrangers, art. R. 311-15

Le titre peut également être retiré si l'employeur étranger, titulaire de ce titre, a embauché un travailleur étranger dépourvu d'autorisation de travail.
En outre, l'employeur qui a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français en raison du retrait de sa carte de résident ou de sa carte de séjour
temporaire, dans les 3 ans qui suivent cette obligation, peut se voir refuser le droit d'exercer une activité professionnelle en France.
C. étrangers, art. L. 313-5 et L. 314-6

Chapitre 3 Refus d'autorisation de travail et voies de recours possibles

Section 1 : Refus d'autorisation de travail


139 Refus par le préfet La demande d'autorisation de travail peut faire l'objet d'un refus de la part du préfet (rejet implicite ou refus explicite). La
conséquence directe et immédiate du refus est l'impossibilité pour le ressortissant étranger d'exercer une activité sur le territoire et la non-délivrance d'une
autorisation de travail.
C. trav., art. R. 5221-17

140 Rejet implicite Conformément à la loi du 12 avril 2000 relative aux droits des citoyens dans leurs relations avec les administrations, comme il n'y a
pas de délai mentionné dans l'article R. 5221-17 du code du travail, le défaut de réponse du préfet dans un délai de 2 mois vaut refus de la demande
d'autorisation de travail.
L. n° 2000-321, 12 avr. 2000 : JO, 13 avr.
Le rappel de cette disposition et les voies de recours susceptibles d'être formés à l'encontre de cette décision de rejet implicite doivent figurer dans l'accusé
de réception adressé par l'administration à réception de la demande. L'accusé de réception n'a pas à être envoyé lorsque la décision de l'administration doit
intervenir dans les 15 jours.
Ce délai de rejet implicite est apprécié à la date d'envoi ou du dépôt de la demande auprès de l'autorité compétente. Il est suspendu pendant la période où
l'administration a demandé des pièces complémentaires. La production des documents avant la fin du délai imparti met fin à la période de suspension.
D. n° 2001-492, 6 juin 2001 : JO, 10 juin

Par contre, le défaut d'envoi d'un accusé de réception n'emporte pas l'inopposabilité des voies de recours lorsqu'une décision expresse a été régulièrement
notifiée au demandeur avant l'expiration du terme auquel est susceptible de naître une décision de rejet implicite.
L. n° 2000-321, 12 avr. 2000 : JO, 13 avr.
Il en ressort que les délais de recours à l'encontre d'une décision implicite de rejet ne sont pas opposables à l'auteur de la demande, lorsque l'accusé de
réception de la demande mentionnant les voies et délais de recours ne lui a pas été transmis ou ne comportait pas les mentions requises.
Toutefois, le défaut de notification d'une décision administrative est, en principe, sans influence sur sa légalité : il empêche la décision d'être opposée à
l'intéressé mais n'atteint pas sa validité. Cependant le Conseil d'État a décidé que, faute pour le préfet d'avoir accusé réception du recours gracieux du
demandeur et en conséquence ne lui ayant pas indiqué les voies de recours possibles, la décision de rejet implicite n'était pas devenue définitive.
CE, 19 févr. 2003, n° 237321
La conséquence de la décision de rejet implicite est l'absence de motivation du refus, mais cela ne rend pas la décision illégale. Cependant, le demandeur
peut en obtenir les motifs dans les délais du recours contentieux.

L. n° 79-587, 11 juill. 1979, mod. par L. n° 86-76, 17 janv. 1986 : JO, 12 juill.
Il en ressort que s'il n'a pas eu connaissance du délai de rejet implicite, le demandeur peut, à tout moment, demander à l'administration les motifs pour
lesquels son autorisation de travail a été refusée. Le défaut de réponse de l'administration entache la décision d'illégalité et celle-ci peut donc être retirée.

141 Refus explicite Ce refus a fait l'objet d'une décision écrite. Pour être reconnue légale, cette décision doit comporter des éléments de légalité externe
et de légalité interne.

1° Éléments de légalité externe


Ces éléments de légalité externe sont :

- la compétence de l'auteur de l'acte. La décision doit donc indiquer précisément l'autorité délégante et le nom et la qualité du signataire ;
- la motivation. En effet, conformément à la loi du 11 juillet 1979, tout acte administratif défavorable doit être motivé. Cette motivation doit mentionner
les éléments de droit et de fait pris en considération pour refuser l'autorisation ;
- la mention des droits de la défense. La décision de refus doit obligatoirement comporter les différentes voies de recours. A défaut, la décision peut
être attaquée pour excès de pouvoir.

2° Éléments de légalité interne


Aucune autorisation de travail ne peut être délivrée si :

- la demande est incomplète ;


- le ressortissant étranger ne bénéficie pas d'un contrat de travail (sauf dans le cas du renouvellement de l'autorisation de travail s'il se trouve
involontairement privé d'emploi) ;
- le demandeur n'est pas en possession d'un titre de séjour en cours de validité (uniquement dans le cas des demandes de changement de statut ou
de renouvellement d'autorisation de travail).

CE, 28 juin 2004, n° 262797 CE, 27 janv. 1989, n° 90842


En outre, la décision doit mentionner le ou les critères sur lesquels l'administration s'appuie pour refuser l'autorisation de travail.

Section 2 : Différentes formes de recours


142 Recours écrit et non suspensif Plusieurs formes de recours sont possibles en cas de refus d'une autorisation de travail. Le recours contre la
décision peut être exercé par le salarié étranger comme par l'employeur. Ce recours est obligatoirement écrit et n'est pas suspensif de la décision. Il peut
être formé auprès du signataire de l'acte administratif, du ministre compétent ou du tribunal administratif.

143 Recours gracieux Ce recours est formé devant l'autorité ayant pris la décision contestée. Il permet de demander la révision ou l'annulation de la
décision prise. La décision contestée ne peut être modifiée ou retirée que si elle était irrégulière. Il s'agit d'un recours aménagé non prévu légalement. Il doit
être effectué par écrit dans le délai de 2 mois. Le défaut de réponse dans ce délai équivaut à un refus.

144 Recours hiérarchique Ce recours est formé auprès du ministre chargé de l'immigration dans un délai de 2 mois. Dans les faits, l'instructeur du
recours par délégation est la Direction de l'immigration.
C. trav., art. R. 5221-19
La demande de réexamen obligatoirement écrite doit notamment comporter toutes les informations étayant la nécessité d'emploi du salarié étranger et la
difficulté de recrutement. Des pièces annexes peuvent être fournies.

Les nouveaux éléments apportés lors du recours ne doivent cependant pas être tels qu'ils constitueraient une nouvelle demande qui, dans ce cas, devrait
être instruite en première instance par les Direccte compétentes.

Exemple : un contrat à temps partiel qui serait modifié en CDD à temps complet (modification de la nature du contrat de travail).

En l'absence de réponse positive dans le délai de 2 mois, la demande de révision est rejetée.
Dans l'hypothèse où le ministre de l'immigration annule la décision de refus d'autorisation de travail de la Direccte, alors que cette décision constituait l'unique
motif de droit de la décision de refus de séjour, le service des étrangers de la préfecture concerné à l'obligation d'abroger sa mesure, et de délivrer, sauf
motif d'ordre public, à l'étranger détenteur d'une autorisation de travail, une carte de séjour temporaire « salarié ». Un raisonnement analogue est tenu par le
juge lorsqu'il annule un refus d'autorisation de travail pour erreur manifeste d'appréciation.
CE, 14 janv. 1998, n° 165451

145 Recours contentieux Il est formé par écrit auprès du tribunal administratif dans le délai de 2 mois. Sous peine d'irrecevabilité, la copie de la décision
145 Recours contentieux Il est formé par écrit auprès du tribunal administratif dans le délai de 2 mois. Sous peine d'irrecevabilité, la copie de la décision
attaquée doit obligatoirement être jointe à la requête. L'aboutissement de cette procédure est assez long.
C. just. adm., art. R. 412-1

En cas d'urgence, notamment dans le cas où l'étranger est déjà en France et que suite à la décision de refus d'autorisation de travail, il fait l'objet d'un arrêté
de reconduite à la frontière, il peut engager une procédure en référé.

1° Référé-suspension
Ce référé permet de demander au juge des référés une suspension de l'exécution de la décision ou de certains de ses effets dès lors que l'intéressé peut
justifier d'une urgence et l'existence d'un moyen « propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision ». Lorsque sa décision de refus est
suspendue, un titre de séjour et/ou de travail est alors délivré provisoirement à l'intéressé.
CE, 29 juill. 2002, n° 243892

2° Référé-liberté
Il permet dans un délai très court, d'obtenir du juge des référés une mesure de suspension ou injonction quand l'administration a porté une atteinte grave et
manifestement illégale à une liberté fondamentale d'un individu.
Par liberté fondamentale, il faut entendre une atteinte aux libertés fixées notamment par la constitution ou la loi, comme par exemple la liberté de circulation, la
liberté d'asile, de solliciter le statut de réfugié, la liberté de conscience et de culte ou la liberté de la presse. Il appartient au requérant d'apporter la preuve de
la gravité des faits et du caractère volontaire de l'administration de porter atteinte à une liberté fondamentale.

Chapitre 4 Incidences financières : redevances et taxes dues à l'Ofii

146 Rôle de l'Ofii L'office français de l'immigration et de l'intégration (Ofii), établissement public administratif, est chargée, sur l'ensemble du territoire, du
service public de l'accueil des étrangers titulaires pour la première fois d'un titre les autorisant à séjourner durablement en France.
C. trav., art. L. 5223-1 et L. 5223-2

Il a également pour mission de participer à toutes les actions administratives, sanitaires et sociales relatives, notamment :

- à l'entrée et au séjour d'une durée inférieure ou égale à 3 mois des étrangers ;


- à l'accueil des demandeurs d'asile ;
- à l'introduction en France, au titre du regroupement familial, du mariage avec un Français ou en vue d'y effectuer un travail salarié, d'étrangers
ressortissants d'États tiers à l'Union européenne ;
- au contrôle médical des étrangers admis à séjourner en France pour une durée supérieure à 3 mois (v. n° 83) ;
- au retour et à la réinsertion des étrangers dans leur pays d'origine (v. nos 193 et s.) ;
- à l'intégration en France des étrangers, pendant une période de 5 années au plus à compter de la délivrance d'un premier titre de séjour les
autorisant à séjourner durablement en France.
Par contre, l'Ofii n'a pas le monopole d'introduction de la main-d'œuvre étrangère.
C. trav., art. L. 5223-1 à L. 5223-5 et R. 5223-1 à R. 5223-39

Section 1 : Engagement financier de l'employeur


147 Redevance forfaitaire Lors de l'embauche d'un travailleur étranger, l'employeur doit régler auprès de l'Ofii, une redevance représentative de frais.
Elle est également due par tout employeur qui accueille un salarié détaché temporairement par une entreprise non établie en France.
C. trav., art. R. 5223-35
L'agent comptable de l'Ofii demande le paiement de ses droits à l'issue de la visite médicale du salarié étranger, lors de la délivrance de l'autorisation de
travail.
Le montant de ce remboursement est fixé par arrêté et varie en fonction de la nature du titre de séjour et de travail selon qu'il s'agit de travailleurs
permanents, de saisonniers agricoles ou de la détention d'une autorisation provisoire de travail.
Arr. 2 juin 2004, NOR : SOCN0411129A : JO, 18 juin Arr. 2 juin 2004, NOR : SOCN0411128A : JO, 18 juin Arr. 2 juin 2004, NOR : SOCN0411130A :
JO, 18 juin
Cette redevance forfaitaire, dite encore « remboursement forfaitaire » est due pour les autorisations de travail portant sur des durées supérieures à 3 mois,
sauf pour les saisonniers agricoles pour lesquels cette redevance est due dès le 1er jour.

Il est interdit à l'employeur de se faire rembourser les sommes versées à l'Ofii ou les frais de prise en charge pour la venue d'un travailleur étranger ainsi que
d'opérer des retenues sur le salaire de celui-ci.
C. trav., art. L. 5222-2
Ainsi, les parties ne peuvent convenir d'un commun accord que le montant du loyer mis à la disposition de l'intéressé par la société sera déduit de son
salaire mensuel.
Cass. soc., 17 juill. 2001, n° 98-43.981, n° 3748 FS - P

148 Contribution forfaitaire La contribution forfaitaire est une taxe due par l'employeur qui embauche un étranger, lors de la première entrée en
France de cet étranger ou lors de sa première admission au séjour en qualité de salarié. Cette taxe est également due par tout employeur qui accueille un
salarié détaché temporairement par une entreprise non établie en France.

La taxe doit être acquittée dans un délai de 3 mois à compter :

- de la délivrance des documents et visas exigés et des documents nécessaires à l'exercice de l'activité professionnelle envisagée lors de la
première entrée en France de l'étranger ;
- de la délivrance de l'autorisation de travail à l'occasion de la première admission au séjour en qualité de salarié ( D. n° 2011-2062, 29 déc. 2011 :
JO, 31 déc.).
Son montant est fixé par décret en fonction du niveau de salaire brut mensuel du salarié.

Depuis le 1er janvier 2013, la taxe s'établit à 55 % du salaire versé au travailleur étranger, pris en compte dans la limite de 2,5 fois le Smic ( L. fin. 2013 n°
2012-1509, 29 déc. 2012, art. 42 : JO, 30 déc.).

Pour un emploi temporaire de plus de 3 mois et de moins de 12 mois, la taxe varie selon le niveau du salaire. Son montant est fixé par décret. Depuis le 1er
janvier 2012, il se monte à :

- 74 € pour un salaire inférieur ou égal au montant mensuel à temps plein du Smic ;


- 210 € pour un salaire supérieur au Smic et inférieur ou égal à une fois et demie ce même montant ;
- 300 € pour un salaire supérieur à une fois et demie le Smic à temps plein ( D. n° 2011-2062, 29 déc. 2011 : JO, 31 déc.).
Pour un emploi à caractère saisonnier, le montant de cette taxe est modulé selon la durée de l'embauche à raison de 50 € par mois d'activité salariée complet
ou incomplet. Chaque embauche donne lieu à l'acquittement de la taxe.
Lorsque l'embauche intervient pour un jeune professionnel recruté dans le cadre d'un accord bilatéral d'échanges de jeunes professionnels, la taxe est de
72 € ( D. n° 2011-2062, 29 déc. 2011 : JO, 31 déc.).

Depuis le 1er janvier 2013, la taxe n'est plus due par les employeurs des ressortissants bulgares et roumains qui y étaient encore soumis ( L. fin. 2013 n°
2012-1509, 29 déc. 2012, art. 42 : JO, 30 déc.).
Pour une actualisation du montant de ces redevances, voir Indices, barèmes et taux.
C. étrangers, art. L. 311-15 C. étrangers, art. D. 311-18-2 Circ. 11 mars 2011, NOR : IOCV1102492C

Section 2 : Engagement financier de l'étranger


149 Taxe de délivrance d'un titre de séjour A l'occasion de la délivrance d'un premier titre de séjour, l'étranger verse à l'Office français de
l'immigration et de l'intégration (Ofii) une taxe dont le montant est fixé par décret. La loi de finances pour 2013 a modifié le montant des taxes perçues au 1er
janvier 2013 ( L. fin. 2013 n° 2012-1509, 29 déc. 2012, art. 42 : JO, 30 déc. D. n° 2012-1535, 29 déc. 2012 : JO, 30 déc. Circ. 31 déc.
2012, NOR : INTV1243671C). Les montants sont les suivants :

- 241 € pour la délivrance d'une carte de séjour temporaire, y compris la carte « salarié », « salarié en mission », « carte bleue européenne », carte
de résident ou carte de séjour « compétences et talents » ;
- 58 € pour les étrangers auxquels est délivrée une carte de séjour temporaire « étudiant », « stagiaire », les étrangers titulaires d'une rente
d'accident du travail ou de maladie professionnelle auxquels est délivrée une carte de séjour temporaire « vie privée et familiale » ou une carte de
résident ;
- 116 € pour les étrangers entrés en France au titre du regroupement familial en tant qu'enfants mineurs.
Lorsque le visa de long séjour vaut ou dispense de titre de séjour, la taxe correspondant au titre de séjour que ce visa remplace est versée à l'Office
français de l'immigration et de l'intégration (Ofii). La taxe est perçue lors de l'accomplissement par l'étranger des formalités de validation auprès de l'Ofii
après son entrée en France ( C. étrangers, art. L. 311-13, mod. par L. fin. 2013 n° 2012-1509, 29 déc. 2012, art. 42 : JO, 30 déc.).
En outre, l'étranger qui n'est pas entré en France sans être muni des documents et visas exigés ou qui, âgé de plus de 18 ans, n'a pas, après l'expiration
depuis son entrée en France d'un délai de 3 mois ou d'un délai supérieur (qui devait être fixé par un décret non paru), été muni d'une carte de séjour, doit,
préalablement à la délivrance d'un premier titre de séjour, verser au profit de l'Ofii un droit de visa de régularisation d'un montant de 340 €, dont 50 €, non
remboursables, perçus lors de la demande de titre. Certaines catégories d'étrangers en sont dispensées.
C. étrangers, art. L. 311-13 et D. 311-18-1 Circ. 31 déc. 2012, NOR : INTV1243671C Circ. 17 mars 2009, NOR : IMIM0900061C Circ. 12 janv.
2012, NOR : IOCL1201043C

150 Étrangers exemptés du paiement de la taxe de délivrance Sont exemptées du paiement de la taxe de délivrance d'un premier titre de
séjour, les catégories d'étrangers suivantes : les jeunes pris en charge par l'aide sociale à l'enfance les apatrides, les étrangers malades qui sollicitent une
carte de séjour temporaire « vie privée et familiale », les bénéficiaires de la protection subsidiaire, les travailleurs temporaires et saisonniers, les réfugiés, les
anciens combattants, les titulaires de la carte de séjour temporaire « carte bleue européenne ».
C. étrangers, art. L. 311-13 et D. 311-18-1 Circ. 31 déc. 2012, NOR : INTV1243671C

151 Taxe de renouvellement des titres de séjour Le renouvellement des titres de séjour, la fourniture de duplicata donnent lieu à la perception,
au profit de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (Ofii), d'une taxe dont le montant est fixé par décret, comme suit, depuis le 1er janvier 2013 (
D. n° 2012-1535, 29 déc. 2012 : JO, 30 déc. Circ. 31 déc. 2012, NOR : INTV1243671C) :

- 30 € pour le renouvellement d'une carte de séjour temporaire « étudiant » valable un an ;


- 58 € si la carte est valable plus d'un an ;
- 58 € s'il s'agit du renouvellement ou de la délivrance d'un duplicata d'une carte de séjour temporaire « stagiaire », d'une carte « vie privée et
familiale » ou de résident, délivrée à un étranger titulaire d'une rente d'accident du travail ou de maladie professionnelle ;
- 87 € pour les autres cartes de séjour temporaire valables un an ;
- 181 € pour les cartes de séjour temporaire valables plus d'un an autres que celles délivrées aux étudiants, ainsi que pour la carte de séjour
compétences et talents, la carte de séjour temporaire « carte bleue européenne » ;
- 241 € pour la carte de résident, la carte de résident permanent.
La taxe de renouvellement n'est acquittée qu'une fois par période d'un an.

Depuis le 1er janvier 2013, la taxe de renouvellement n'est plus due par les étrangers titulaires d'un contrat de travail saisonnier.
En cas de fourniture d'un duplicata ou en cas de non-présentation du titre en vue de son renouvellement ou en cas de renouvellement d'un titre après
l'expiration de sa durée de validité, le tarif de ces taxes est majoré de 9 € pour la carte de résident et de 16 € dans les autres cas, sauf pour les étudiants
dont le titre est valable un an.
La taxe est de 25 € en cas de fourniture d'un duplicata d'un titre de séjour délivré à un ressortissant de l'Union européenne, d'un État de l'Espace
économique européen ou de la Suisse, ou à un membre de sa famille ressortissant d'un pays tiers, ou en cas de non-présentation d'un tel titre en vue de son
renouvellement.
Le renouvellement d'un titre de séjour demandé après l'expiration du précédent titre donne lieu, sauf cas de force majeure ou présentation d'un visa en
cours de validité, à un droit de visa de régularisation de 180 € ( C. étrangers, art. L. 311-13, mod. par L. fin. 2013 n° 2012-1509, 29 déc. 2012, art. 42 :
JO, 30 déc. Circ. 31 déc. 2012, NOR : INTV1243671C).
C. étrangers, art. L. 311-13 et D. 311-18-1 Circ. 31 déc. 2012, NOR : INTV1243671C

152 Droit de timbre pour la délivrance d'un titre de séjour Depuis le 1er octobre 2011, la délivrance, le renouvellement, le duplicata ou le
changement de carte de séjour, ou d'un titre équivalent prévu par les traités ou accords internationaux, sont soumis à un droit de timbre de 19 €. Cette taxe
s'ajoute à celles déjà prévues et dues par l'étranger pour la délivrance et le renouvellement de son titre de séjour (v. n° 149) et par l'employeur lorsqu'il
embauche un travailleur étranger ( C. étrangers, art. L. 311-16 Circ. 11 mars 2011, NOR : IOCV1102492C D. n° 2011-1070, 7 sept. 2011 : JO,
9 sept. Circ. 27 sept. 2011, NOR : IOCV1112766C).

Titre 3 : Les travailleurs étrangers dans l'entreprise


Chapitre 1 Obligations de l'employeur

Section 1 : Obligations de l'employeur lors de l'embauche


153 Vérification de l'existence d'une autorisation de travail L'employeur qui fait appel à un étranger non muni d'un titre l'autorisant à
travailler est passible de sanctions pénales et administratives (v. nos 174 et s.).

1° Vérification effectuée par l'employeur


Pour s'assurer de l'existence de l'autorisation de travail d'un étranger qu'il se propose d'embaucher, tout employeur adresse au préfet du département du
lieu d'embauche ou, à Paris, au préfet de police une lettre datée, signée et recommandée avec demande d'avis de réception ou un courrier électronique,
comportant la copie du document produit par l'étranger.
Cette démarche doit être effectuée au moins 2 jours ouvrables avant la date d'effet de l'embauche. Le préfet notifie sa réponse à l'employeur par courrier,
télécopie ou courrier électronique dans un délai de 2 jours ouvrables à compter de la réception de la demande. A défaut de réponse dans ce délai,
l'obligation visée ci-dessus est réputée accomplie.
Ces dispositions s'appliquent lorsque l'autorisation de travail produite par l'étranger est soit une carte de résident, carte de séjour temporaire, carte de séjour
« compétences et talents », etc. soit un contrat de travail ou une demande d'introduction.

En revanche, l'employeur est dispensé de cette vérification :

- lorsque l'étranger est inscrit sur la liste des demandeurs d'emplois tenue par Pôle emploi, puisque cette dernière est elle-même tenue de procéder à
la vérification ;
- lorsque les citoyens des nouveaux États membres de l'UE ont obtenu en France un diplôme au moins équivalent au master, puisqu'ils ne sont pas
soumis à la détention d'une autorisation de travail (v. n° 19).

C. trav., art. R. 5221-41 à R. 5221-43

2° Vérification par une entreprise de travail temporaire


Si une entreprise de travail temporaire a procédé à la vérification, celle-ci est réputée remplie pour la durée de validité du titre de séjour et pour tout contrat
de travail liant l'entrepreneur de travail temporaire à chacun des salariés mis à la disposition provisoire d'un utilisateur, conclu entre l'étranger et cette
entreprise de travail temporaire.
C. trav., art. R. 5221-44

3° Vérification en cas d'embauche d'un étranger titulaire de la carte de séjour temporaire « étudiant »
L'employeur doit adresser au préfet qui a accordé à l'étranger le titre de séjour temporaire mention « étudiant », une déclaration préalable au minimum dans
les 2 jours ouvrables avant la date d'effet de l'embauche. La déclaration qui est adressée soit par lettre recommandée avec AR soit par voie électronique,
comporte notamment la copie du titre de séjour produit par l'étranger.
A défaut de réponse du préfet dans un délai de 2 jours ouvrables à compter de la réception de cette déclaration, l'obligation de vérification du titre par
l'employeur est réputée accomplie.
C. trav., art. R. 5221-27 et R. 5221-45

154 Vérification de la nationalité de l'étranger Nul ne peut, directement ou par personne interposée, engager, conserver à son service ou
employer pour quelque durée que ce soit un étranger non muni du titre l'autorisant à exercer une activité salariée en France.

C. trav., art. L. 8251-1, al. 1er


L'employeur est tenu de s'informer de la nationalité du salarié qu'il embauche. La Cour de cassation estime que les dispositions de l'article L. 8251-1 du code
du travail qui interdisent de conserver à son service ou d'employer pour quelque durée que ce soit un étranger non muni du titre l'autorisant à exercer une
activité salariée en France, impliquent nécessairement que l'employeur s'informe de la nationalité de celui qu'il embauche et vérifie, dans le cas où il s'agit
d'un étranger, s'il est titulaire d'une autorisation de travail. L'employeur qui omet volontairement de vérifier la nationalité du travailleur qu'il recrute commet
sciemment l'infraction audit article L. 8251-1.

Cass. crim., 29 mars 1994, n° 93-82.178 : Bull. crim., n° 121 Cass. crim., 14 mai 1996, n° 94-85.616

il faut également vérifier la nationalité des ressortissants de l'UE, de l'EEE ou de la Suisse qui sont dispensés d'autorisation de travail (v. n°
5).

155 Respect des mentions de l'autorisation de travail Il est interdit d'engager et de conserver à son service un étranger dans une catégorie
professionnelle, une profession ou une zone géographique autres que celles qui sont mentionnées, le cas échéant, sur le titre l'autorisant à travailler.

C. trav., art. L. 8251-1, al. 2

156 Vérification de l'effectivité du contrôle sanitaire Depuis la loi du 20 novembre 2007 (JO, 21 nov.) le contrôle médical doit avoir lieu dans
les 3 mois suivant la délivrance de l'autorisation de travail. A défaut, l'étranger peut se voir retirer cette autorisation. Dans un souci de simplification
administrative, la délivrance de l'autorisation de travail n'est donc plus soumise à la nécessité d'un contrôle médical préalable.
C. trav., art. L. 5221-5 et R. 5221-1 C. étrangers, art. R. 311-15 Circ. 3 mars 2008, NOR : IMII0800023C
Les certificats médicaux sont délivrés par l'Ofii aux travailleurs étrangers.
L'employeur doit s'assurer que le contrôle médical a eu lieu.
En effet, les employeurs qui embauchent des travailleurs étrangers en infraction avec les règles de contrôle sanitaire préalable s'exposent à l'action
récursoire des organismes de Sécurité sociale, en remboursement des prestations d'assurances sociales et d'accidents du travail éventuellement versées.
L'action en remboursement se prescrit par 2 ans à compter de la date de versement des prestations.
CSS, art. L. 374-1
Si le travailleur étranger n'est pas en état de justifier du contrôle sanitaire, les caisses lui versent quand même les prestations mais peuvent en demander le
remboursement aux employeurs dans la limite annuelle, pour un même travailleur étranger, du 1/3 du plafond annuel de la Sécurité sociale et dans la limite de
3 années à compter de la réalisation du risque.
CSS, art. D. 374-6

en pratique cette vérification n'a pas à être effectuée car les articles D. 374-1 et D. 374-2 du code de la sécurité sociale prévoient que le
salarié étranger titulaire d'un titre l'autorisant à travailler est présumé avoir subi le contrôle médical. La vérification de la détention d'une
autorisation de travail suffit.

157 Obligations liées au logement En cas d'hébergement collectif l'employeur doit procéder à une déclaration annuelle à la préfecture.
L. n° 73-548, 27 juin 1973 : JO, 28 juin, mod. par L. n° 94-638, 25 juill. 1994
Par hébergement collectif, il faut notamment entendre les installations de chantiers ou les installations par natures temporaires (travaux saisonniers).

158 Traduction du contrat de travail Lorsque le salarié est étranger et le contrat constaté par écrit, une traduction du contrat est rédigée, à la
demande du salarié, dans la langue de ce dernier.
Les deux textes font également foi en justice. En cas de discordance entre les deux textes, seul le texte rédigé dans la langue du salarié étranger peut être
invoqué contre ce dernier. L'employeur ne pourra se prévaloir à l'encontre du salarié auquel elles feraient grief des clauses d'un contrat de travail conclu en
violation de cet article. En revanche, la version française reste opposable à l'employeur.
C. trav., art. L. 1221-3 Rép. min. n° 2122 : JO Sénat Q, 16 févr. 1989, p. 278

159 Formalités à l'embauche L'ensemble des formalités à l'embauche prévues par la législation française doivent être respectées notamment la
déclaration préalable à l'embauche auprès de l'Urssaf, l'inscription sur le registre unique du personnel ainsi que le passage d'une visite médicale d'embauche
permettant de vérifier l'aptitude au poste de travail proposé. Cette visite est différente de la visite médicale de l'Ofii qui a un objet sanitaire (v. n° 83).
A noter que l'obligation de tenue d'un registre spécifique pour les étrangers a été supprimée, certains renseignements concernant cette catégorie de
travailleurs devant désormais figurer dans le registre unique du personnel (v. l'étude «Embauche»).

Section 2 : Conditions de travail


Sous-section 1 : Régime du droit commun
160 Principe de non-discrimination En application du principe de non-discrimination, la réglementation du travail s'applique dans son ensemble aux
travailleurs étrangers.
Ils sont donc soumis aux mêmes règles que les Français pour tout ce qui concerne la durée du travail, les heures supplémentaires, les jours fériés, la
rémunération, l'application des conventions collectives, l'intéressement, les retraites complémentaires... (v. les études correspondantes). Il en est de même
dans le domaine conventionnel.
C. trav., art. L. 2261-22
Enfin, aucune personne ne peut être écartée d'une procédure de recrutement ou de l'accès à un stage ou à une période de formation en entreprise, aucun
salarié ne peut être sanctionné, licencié ou faire l'objet d'une mesure discriminatoire, directe ou indirecte, notamment en matière de rémunération, de mesures
d'intéressement ou de distribution d'actions, de formation, de reclassement, d'affectation, de qualification, de classification, de promotion professionnelle, de
mutation ou de renouvellement de contrat en raison notamment de son origine, de son appartenance ou de sa non-appartenance, vraie ou supposée, à une
ethnie, une nation ou une race, ou de ses convictions religieuses.
C. trav., art. L. 1132-1
Les discriminations fondées sur l'appartenance ou la non-appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée sont sanctionnées
pénalement.
C. pén., art. 225-1
La peine est aggravée lorsque cette discrimination est le fait d'une personne dépositaire de l'autorité publique ou chargée d'une mission de sécurité publique
et a pour conséquence de :

- refuser le bénéfice d'un droit accordé par la loi ;


- entraver l'exercice normal d'une activité économique.

C. pén., art. 432-7 et 432-17


Pour lutter contre ces discriminations, la loi du 30 décembre 2004 avait créé une autorité administrative indépendante : la Halde (Haute autorité de lutte contre
les discriminations et pour l'égalité). Sa mission générale était de lutter contre les discriminations prohibées par la loi, de fournir toute l'information nécessaire,
d'accompagner les victimes, d'identifier et de promouvoir les bonnes pratiques pour faire entrer dans les faits le principe d'égalité. Elle disposait de pouvoirs
d'investigation pour instruire les dossiers.
Depuis le 1er mai 2011, le Défenseur des droits, autorité constitutionnelle indépendante, a remplacé la Halde et repris ses missions.
Ainsi toute personne qui s'estime victime d'une discrimination directe ou indirecte en ces domaines peut aller établir devant la juridiction compétente les faits
qui permettent d'en présumer l'existence. Au vu de ces éléments, il incombe à la partie défenderesse de prouver que la mesure en cause est justifiée par
des éléments objectifs étrangers à toute discrimination.
L. org. n° 2011-333, 29 mars 2011 : JO, 30 mars L. n° 2011-334, 29 mars 2011 : JO, 30 mars

161 Salariés étrangers détachés en France Sur les conditions d'application du droit du travail français par les prestataires de services étrangers
à leurs salariés détachés, se reporter à l'étude «Contrat de travail international».

Sous-section 2 : Dispositions spécifiques


162 Rupture du contrat de travail en cas de refus de renouvellement de l'autorisation de travail La rupture du contrat par suite
d'un refus de renouvellement de l'autorisation de travail est un licenciement.

En effet, la Cour de cassation estime que faute du titre de travail l'autorisant à exercer une activité salariée en France, le contrat de travail peut être rompu à
l'initiative de l'employeur, ce dernier ne peut toutefois invoquer la force majeure pour s'exonérer des indemnités dues au salarié. La rupture constitue bien un
licenciement ouvrant droit aux indemnités légales et conventionnelles. L'employeur ne sera cependant pas tenu de payer l'indemnité de préavis si le salarié
est dans l'impossibilité de l'effectuer.
Cass. soc., 14 oct. 1997, n° 94-42.604 : Bull. civ. V, n° 311 Cass. soc., 6 nov. 2001, n° 99-42.054

163 Élections dans l'entreprise et fonctions syndicales Sur les conditions d'éligibilité ou de désignation aux fonctions de représentants du
personnel, voir les études «Élections des représentants du personnel» et «Droit syndical dans l'entreprise».
Un délégué du personnel étranger, auquel l'employeur notifie que son contrat de travail ne peut plus se poursuivre du fait du non-renouvellement de son
autorisation provisoire de travail, se trouve « en dehors du champ d'application » de l'article L. 2421-3 du code du travail relatif au licenciement des délégués
du personnel (l'employeur n'a donc pas à respecter la procédure spéciale de licenciement : autorisation de l'inspecteur du travail...).

Cass. soc., 10 oct. 1990, n° 88-43.683, n° 3762 P : Bull. civ. V, n° 453

164 Conseils de prud'hommes Les travailleurs étrangers sont électeurs pour la désignation des conseillers prud'hommes, mais ils ne sont pas
éligibles.
C. trav., art. L. 1441-1 et L. 1441-16

165 Travail temporaire La réglementation du travail temporaire s'applique aux travailleurs étrangers avec cependant quelques particularités (v. l'étude
«Travail temporaire»).

Depuis la loi du 20 novembre 2007, un contrat de travail temporaire peut être présenté à l'appui d'une demande d'introduction en France d'un travailleur
étranger primo-migrant.
C. trav., art. L. 5221-4

166 Formation professionnelle Le principe d'égalité de traitement entre nationaux et étrangers s'applique dans le domaine de la formation
professionnelle. En effet, le droit à la formation est attaché au statut de salarié. L'étranger, dès lors qu'il a été autorisé à travailler, peut donc bénéficier de ce
droit qui vise tous les travailleurs.
C. trav., art. L. 6111-1 et s.

167 Congé pour acquisition de la nationalité Tout salarié a le droit de bénéficier, sur justification, d'un congé non rémunéré d'une demi-journée,
afin de lui permettre d'assister à sa cérémonie d'accueil dans la citoyenneté française. Ce congé ne peut être refusé par l'employeur dès lors qu'il est
demandé par le salarié ( C. trav., art. L. 3142-16).

Section 3 : Protection sociale


168 Assujettissement au régime général Les travailleurs étrangers doivent être assujettis au régime général dans les mêmes conditions que les
nationaux.
Pour bénéficier des prestations, les étrangers doivent résider en France, sous réserve d'accords internationaux plus favorables.
Les périodes d'assurance requises doivent avoir été accomplies en France, sauf conventions bilatérales prévoyant la totalisation des périodes accomplies
en France et dans le pays d'origine.

pour les ressortissants de l'UE, il y a totalisation de toutes les périodes accomplies dans un des États membre.

En tout état de cause, dès lors que le travailleur étranger remplit les conditions exigées pour l'attribution d'une prestation, le refus d'attribution de cette
prestation fondé sur la seule nationalité de l'assuré n'est pas justifié au regard de la Convention européenne des droits de l'homme.

Cass. soc., 14 janv. 1999, n° 97-12.487, n° 119 P + B + R Cass. soc., 13 juill. 2000, n° 99-11.358 Cass. soc., 31 janv. 2002, n° 00-18.365, n° 461
FS - P

169 Prestations familiales Ils bénéficient des prestations familiales dans des conditions différentes selon que la famille réside ou non en France (v. sur
ce point l'étude «Prestations familiales»).
Par contre, les travailleurs détachés temporairement en France pour y exercer une activité professionnelle ainsi que leurs ayants droit ne bénéficient pas
des prestations familiales françaises.
en effet, la procédure de détachement permet le maintien au régime de sécurité sociale du pays d'envoi du salarié, ce qui dispense les
salariés détachés en France et leur employeur de cotiser au régime français.

CSS, art. L. 512-1

170 Chômage Un étranger peut être inscrit comme demandeur d'emploi auprès de Pôle emploi s'il est titulaire d'un des titres de séjours suivants :

- carte de résident ;
- carte de séjour « compétences et talents » ;
- carte de séjour temporaire « scientifique », « profession artistique et culturelle », « salarié », « CE - toutes activités professionnelles », « vie privée
ou familiale », « carte bleue européenne » ;
- carte de séjour temporaire « travailleur temporaire » ou autorisation provisoire de travail lorsque le contrat a été rompu avant son terme du fait de
l'employeur pour un motif qui lui est imputable ou en cas de force majeure ;
- récépissé portant la mention « autorise son titulaire à travailler » ;
- visa de long séjour valant dispense de carte de séjour temporaire, mention « salarié » (v. n° 29), « travailleur temporaire » (v. n° 32) ou « vie privée
et familiale » (v. n° 65).

C. trav., art. R. 5221-48 Instr. CSP n° 2009/182, 19 juin 2009 : BOPE n° 2009-46
Avant d'inscrire le salarié sur ces listes de demandeurs d'emploi, Pôle emploi doit vérifier la réalité des titres de séjour et de travail présentés. Ainsi, depuis le
1er octobre 2007, les agents de Pôle emploi sont tenus de transmettre systématiquement aux préfectures copie des titres de séjour et de travail des
demandeurs d'emploi étrangers pour vérification.
C. trav., art. L. 5411-4, R. 5221-49 et R. 5221-50 Circ. 4 juill. 2007, NOR : IMID0700002C
Concernant les incidences du chômage sur le renouvellement de la carte de séjour temporaire « salarié », voir n° 134.

171 Revenu de solidarité active Le revenu de solidarité active bénéficie aux étrangers en situation régulière et titulaires, depuis au moins 5 ans, d'un
titre de séjour autorisant à travailler. Des exceptions sont toutefois prévues.
Pour plus de précisions sur ce sujet, voir le Dictionnaire Permanent Action sociale et le Dictionnaire Permanent Droit des étrangers.

172 Droit à la protection sociale liée à la régularité du séjour et de l'emploi Les titres ou documents justifiant de la régularité du séjour
des étrangers en France pour bénéficier des prestations d'assurance maladie, maternité, invalidité, décès et veuvage, vieillesse ainsi que des prestations
non contributives sont énumérés pour chaque type de prestations.
CSS, art. D. 115-1, D. 115-2, D. 161-15 et D. 821-8

1° Prestations de protection sociale


Le bénéfice des prestations de protection sociale est soumis à une condition de régularité au regard de la législation sur le séjour et le travail des étrangers
en France ; il s'agit des prestations d'un régime obligatoire de sécurité sociale ou de la couverture maladie universelle, de différentes autres prestations
sociales contributives (avantages vieillesse et d'invalidité, des allocations logement, prestations familiales etc.) et enfin des prestations non contributives
(allocations aux personnes âgées, aux mères de famille, allocation spéciale et allocations supplémentaires, etc.)
CSS, art. L. 115-6, L. 161-16-1, L. 161-18-1, L. 161-25-1, L. 161-25-2, L. 380-1, L. 816-1, L. 831-1 et L. 931-1
Il existe des exceptions au principe de la régularité du séjour. Il s'agit notamment des prestations de la branche accident du travail dont le bénéfice reste
ouvert à l'étranger en situation irrégulière.
CSS, art. L. 471-1

2° Aide sociale et aide médicale


Aucune condition de régularité n'est en revanche exigée pour :

- l'aide sociale à l'enfance ;


- l'aide sociale en cas d'admission dans un centre d'hébergement et de réinsertion sociale ou dans un centre d'accueil pour demandeurs d'asile ;
- l'aide médicale de l'État.
Pour plus de précisions, voir le Dictionnaire Permanent Action sociale et le Dictionnaire Permanent Droit des étrangers.

173 Condition de résidence en France Le bénéfice des prestations sociales est également soumis à une condition de résidence en France, à
l'exception des prestations d'assurance vieillesse qui peuvent être liquidées et perçues dans le pays d'origine.
Néanmoins les étrangers peuvent avoir leur résidence à l'étranger et leur lieu de travail permanent en France s'il a été passé à cet effet une convention avec
leur pays d'origine.
Le bénéfice de la couverture maladie universelle est soumis à une condition de résidence ininterrompue de plus de 3 mois en France ou dans un
département d'outre-mer (v. l'étude «Couverture maladie universelle»).

CSS, art. L. 311-7 et R. 380-1 Circ. DSS/2A/DAS/DPM n° 2000-239, 3 mai 2000


Le droit aux prestations sociales n'est pas subordonné au paiement par l'employeur des cotisations sociales. Les ressortissants étrangers qui ont opté pour
le régime français de sécurité sociale ont droit aux prestations dès lors qu'ils satisfont à la condition de résidence en France.
Cass. soc., 14 juin 2001, n° 99-17.841
Par contre, les travailleurs détachés temporairement en France pour y exercer une activité professionnelle ainsi que leurs ayants droit ne bénéficient pas de
la couverture médicale universelle (CMU).
CSS, art. L. 512-1
Chapitre 2 Sanctions de l'emploi d'un étranger sans autorisation

174 Répression du travail illégal Les moyens de contrôle et les sanctions administratives du travail illégal qui portent notamment sur l'emploi d'un
étranger sans autorisation de travail ( C. trav., art. L. 8221-1 et s.) ont été renforcés à plusieurs reprises et en dernier lieu par la loi n° 2011-672 du
16 juin 2011 (JO, 17 juin). Le refus des aides financières aux employeurs occupant un étranger sans titre de travail est possible.
Pour plus de précisions, se reporter à l'étude «Travail dissimulé».

Section 1 : Sanctions pénales


175 Élément intentionnel de l'infraction Nul ne peut, directement ou indirectement, engager, conserver à son service ou employeur pour quelque
durée que ce soit un étranger non muni du titre l'autorisant à exercer une activité salariée en France. Il est également interdit à toute personne d'engager ou
de conserver à son service un étranger dans une catégorie professionnelle, une profession ou une zone géographique autres que celles qui sont
mentionnées, le cas échéant, sur le titre.
La loi n° 2011-672 du 16 juin 2011 (JO, 17 juin) a ajouté une nouvelle infraction. Nul ne peut, directement ou indirectement, recourir sciemment aux services
d'un employeur d'un étranger sans titre. Cette infraction vise les donneurs d'ordres ou maîtres d'ouvrage, même s'ils n'ont pas directement participé à la
commission de l'infraction.

C. trav., art. L. 8251-1 et L. 8251-2


L'employeur qui a connaissance de la qualité d'étranger du salarié et qui omet volontairement de vérifier la possession du titre de travail commet une
infraction à l'article L. 8251-1 du code du travail.
Cass. crim., 29 mars 1994, n° 93-82.178 : Bull. crim., n° 121 Cass. crim., 14 mai 1996, n° 94-85.616

176 Personne physique Toute infraction aux dispositions du premier alinéa de l'article L. 8251-1 du code du travail est punie de 5 ans
d'emprisonnement et de 15 000 € d'amende. L'amende est appliquée autant de fois qu'il y a d'étrangers concernés.
Le fait de recourir sciemment, directement ou indirectement, aux services d'un employeur d'un étranger sans titre est puni des mêmes peines.
C. trav., art. L. 8256-2

En cas de récidive, le maximum des peines d'emprisonnement et d'amende encourues peut être doublé.
C. pén., art. 132-71
Les personnes qui emploient des étrangers sans titre ou qui recourent aux services d'employeurs d'étrangers sans titre ne peuvent soumissionner des
contrats de partenariat et des marchés ou accords-cadres avec certaines personnes publiques ou privées non soumises au code des marchés publics (
CGCT, art. L. 1414-4, b).
Les personnes physiques encourent également les peines complémentaires suivantes :

- l'interdiction, pour une durée de 5 ans au plus, d'exercer directement ou par personne interposée l'activité professionnelle dans l'exercice ou à
l'occasion de l'exercice de laquelle l'infraction a été commise, selon les modalités prévues par l'article 131-27 du code pénal ;
- l'exclusion des marchés publics pour une durée de 5 ans au plus ;
- la confiscation des objets ayant servi, directement ou indirectement, à commettre l'infraction ou qui ont été utilisés à cette occasion à quelque
personne qu'ils appartiennent dès lors que leur propriétaire ne pouvait en ignorer l'utilisation frauduleuse ainsi que des objets qui sont le produit de
l'infraction et qui appartiennent au condamné ;
- l'affichage ou la diffusion de la décision prononcée, dans les conditions prévues par l'article 131-35 du code pénal ;
- l'interdiction, suivant les modalités prévues par l'article 131-26 du code pénal, des droits civiques, civils et de la famille ;
- l'interdiction de séjour pour une durée de 5 ans au plus ;
- la fermeture des locaux ou établissements tenus ou exploités par elles et ayant servi à commettre les faits incriminés.
Lorsque cette peine est prononcée, elle n'entraîne ni rupture, ni suspension du contrat de travail, ni aucun préjudice pécuniaire à l'encontre des salariés de
l'établissement concerné ( C. trav., art. L. 8256-7-1).
Ces peines complémentaires sont applicables à 2 autres infractions :

- la commission en récidive de l'infraction d'interdiction pour une entreprise de travail temporaire de mettre à disposition des travailleurs étrangers si la
prestation de service s'effectue hors de France ;
- le fait de se rendre coupable de fraude ou de fausses déclarations en vue d'obtenir ou faire obtenir à un étranger un titre de travail.

C. trav., art. L. 8256-3 et L. 8256-4


Si l'employeur est lui-même étranger, il encourt une interdiction du territoire français pour 10 ans au plus ou définitive.
C. trav., art. L. 8256-6
Enfin, l'employeur qui engage ou conserve à son service un étranger dans une catégorie professionnelle, une profession ou une zone géographique autres
que celles mentionnées sur le titre de travail, est passible d'une amende prévue pour les contraventions de la 5e classe (de 1 500 € portée à 3 000 € en cas
de récidive dans le délai d'un an). Le fait de ne pas s'assurer de l'existence de l'autorisation de travail ou de ne pas accomplir une déclaration nominative de
l'étranger (v. n° 153), est également puni de l'amende prévue pour les contraventions de la 5e classe.
C. trav., art. R. 5224-1 et R. 8256-1
Pour plus de précisions sur les sanctions pour infraction à la réglementation relative aux travailleurs étrangers, se reporter à l' Annexe 1 de la présente
étude.

177 Personnes morales La possibilité de mettre en jeu la responsabilité de personnes morales en cas d'infraction aux règles relatives à la main-
d'œuvre étrangère a été introduite par la loi du 20 décembre 1993. Depuis l'entrée en vigueur du code pénal, les personnes morales peuvent être déclarées
responsables pénalement et voir prononcer des peines d'amendes et peines complémentaires, à l'instar des personnes physiques.
C. pén., art. 121-2
Une personne morale peut être condamnée à une amende dont le taux maximal est égal au quintuple de celui prévu pour les personnes physiques.
C. pén., art. 131-38
Elle peut également être condamnée, pour une durée de 5 ans au plus, aux peines suivantes :

- la dissolution ;
- l'interdiction, à titre définitif ou pour une durée de 5 ans au plus, d'exercer directement ou indirectement une ou plusieurs activités professionnelles
ou sociales ;
- le placement sous surveillance judiciaire ;
- la fermeture de l'un ou de plusieurs des établissements de l'entreprise ayant servi à commettre les faits incriminés ; lorsque cette peine est
prononcée, elle n'entraîne ni rupture, ni suspension du contrat de travail, ni aucun préjudice pécuniaire à l'encontre des salariés de l'établissement
concerné ( C. trav., art. L. 8256-7-1) ;
- l'exclusion des marchés publics ;
- la confiscation de la chose qui a servi ou était destinée à commettre l'infraction ou de la chose qui en est le produit ;
- l'affichage de la décision prononcée ou la diffusion de celle-ci soit par la presse écrite, soit par tout moyen de communication au public par voie
électronique.

C. pén., art. 131-39 C. trav., art. L. 8256-7


Pour plus de précisions, se reporter à l' Annexe 1 de la présente étude.

178 Infractions commises en bande organisée Les sanctions applicables sont portées à 100 000 € d'amende et 10 ans d'emprisonnement en
cas d'infraction commise en bande organisée. En outre, les personnes physiques ou morales condamnées encourent la confiscation de tout ou partie de
leurs biens.
C. trav., art. L. 8256-2, L. 8256-5 et L. 8256-8
Pour plus de précisions, se reporter à l' Annexe 1 de la présente étude.

179 Exonération de responsabilité Depuis la loi n° 2011-672 du 16 juin 2011 (JO, 17 juin), les employeurs de bonne foi sont exonérés des
sanctions encourues en cas d'emploi d'étranger sans titre.
La sanction prévue à l'article L. 8256-2 n'est pas applicable à l'employeur qui, sur la base d'un titre frauduleux ou présenté frauduleusement par un étranger
salarié, a procédé sans intention de participer à la fraude et sans connaissance de celle-ci à la déclaration préalable à l'embauche auprès des organismes
de sécurité sociale, à la déclaration unique d'embauche et à la vérification auprès des administrations territorialement compétentes du titre autorisant cet
étranger à exercer une activité salariée en France.
C. trav., art. L. 8256-2

Section 2 : Sanctions administratives


180 Contribution spéciale à l'Ofii L'employeur doit acquitter au bénéfice de l'Ofii une contribution spéciale due pour chaque étranger employé sans
titre de travail en violation de l'article L. 8251-1, alinéa 1.

C. trav., art. L. 8253-1

1° Montant de la contribution spéciale


Le montant de cette contribution s'élève au plus à 5 000 fois le taux horaire du minimum garanti (MG).
Ce montant peut être minoré en cas de non-cumul d'infractions ou en cas de paiement spontané par l'employeur des salaires et indemnités dus au salarié
étranger sans titre. Dans ce cas, il est égal au plus à 2 000 fois le MG. Il peut être majoré en cas de réitération et porté au plus à 15 000 le MG ( L. fin.
2013 n° 2012-1509, 29 déc. 2012, art. 42 : JO, 30 déc. D. n° 2013-467, 4 juin 2013 : JO, 6 juin).

Pour une actualisation du montant de ces taux, voir Indices, barèmes et taux.
C. trav., art. R. 8253-1 à R. 8253-14

2° Paiement de la contribution spéciale


Le directeur de l'Ofii décide de l'application de la contribution au vu des procès-verbaux qui lui sont transmis par le Direccte avec son avis et les
observations de l'employeur.
Le paiement de la contribution spéciale peut être demandé à la personne qui a embauché, fait travailler ou conservé à son service un étranger sans titre de
travail, c'est-à-dire soit à l'employeur, soit à l'utilisateur réel de la main-d'œuvre étrangère. Elle peut également être demandée au donneur d'ordre ou client
ayant recours à un employeur qui fait travailler de la main-d'œuvre étrangère sans titre de travail (v. n° 181).
La contribution doit être acquittée dans les 2 mois suivant la date de notification du titre de recouvrement ; à défaut, elle est majorée de 10 %.
C. trav., art. R. 8253-1 à R. 8253-14
Cette contribution est indépendante de l'existence de poursuites pénales. Cependant, lorsque de telles poursuites ont été engagées le jugement rendu par le
juge répressif a autorité de la chose jugée. L'administration ne pourra donc pas infliger de sanction pécuniaire si le juge pénal considère que les faits n'ont
pas été commis.
Ainsi, le Conseil d'État a estimé que dès lors que le juge répressif a relaxé l'employeur du chef du délit d'emploi d'un étranger non muni d'une autorisation de
travail au motif que les faits n'avaient pas été commis, ces faits, ayant acquis force de chose jugée, s'imposaient à l'administration. Le juge d'appel a commis
une erreur de droit en s'abstenant d'annuler l'acte litigieux mettant à la charge de l'employeur la contribution spéciale due à l'OMI (devenu ANAEM, puis Ofii).
CE, 15 oct. 1999, n° 187512
En revanche, la contribution spéciale peut être due, si un doute subsiste notamment s'il y a eu décision de classement sans suite par le ministère public ou
jugement de relaxe au bénéfice du doute. Dans ce cas, c'est à l'administration d'apprécier si les faits justifient l'application d'une sanction administrative.
CE, 19 déc. 1994, n° 127652 CE, 15 oct. 1999, n° 188864

3° Paiement garanti par un privilège sur les biens meubles et effets mobiliers
Le paiement de la contribution spéciale, de la majoration de 10 % ainsi que des pénalités de retard est garanti par un privilège sur les biens meubles et
effets mobiliers appartenant aux redevables en quelque lieu qu'ils se trouvent, d'un rang équivalent à celui dont bénéficie le Trésor en vertu de l'article 1920
du code général des impôts. Les créances privilégiées dues par un commerçant, un artisan ou une personne morale de droit privé même non commerçante,
doivent être inscrites à un registre public tenu au greffe du tribunal de commerce ou du tribunal de grande instance dans le délai de 6 mois suivant leur date
limite de paiement.
L'inscription conserve le privilège pendant 2 années et 6 mois à compter du jour où elle est effectuée et n'est pas renouvelable.
Lorsque le débiteur s'est acquitté de sa dette, l'Ofii demande la radiation totale dans un délai d'un mois de l'inscription, sous réserve du règlement des frais
liés aux formalités d'inscription et de radiation.
C. trav., art. L. 8253-2 à L. 8253-6

181 Responsabilité solidaire du donneur d'ordre Lors de la conclusion d'un contrat dont l'objet porte sur une obligation d'un montant au moins
égal à 3 000 € en vue de l'exécution d'un travail, de la fourniture d'une prestation de services ou de l'accomplissement d'un acte de commerce, le donneur
d'ordre doit s'assurer que son cocontractant n'emploie pas de travailleurs étrangers sans titres de travail réguliers. Il doit se faire remettre, tous les 6 mois
jusqu'à la fin de l'exécution dudit contrat, une attestation sur l'honneur certifiant que les salariés de nationalité étrangère employés pour l'exécution du contrat
sont titulaires d'une autorisation de travail.

cette disposition vise tout donneur d'ordre, c'est-à-dire toute personne physique ou morale, de droit privé ou de droit public (État,
collectivité locale, établissement public à caractère administratif) qui a recours à un cocontractant qui emploie de la main-d'œuvre
étrangère.

L'obligation de contrôle du donneur d'ordre est également étendue aux particuliers pour les contrats dont l'objet porte sur une obligation d'un montant au
moins égal à 3 000 €, mais seulement au moment de la conclusion du contrat.

Les entreprises doivent se faire remettre, tous les 6 mois par leurs cocontractants, la liste nominative des salariés étrangers employés par ce dernier et
soumis à autorisation de travail. Cette liste précise, pour chaque salarié, sa date d'embauche, sa nationalité ainsi que le type et le numéro d'ordre du titre
valant autorisation de travail.

pour les entreprises de travail temporaire, les informations relatives au salarié étranger figurent dans le contrat de mise à disposition
conclu avec l'utilisateur.

En cas de non-respect de ces formalités, le donneur d'ordre (professionnel ou particulier) est tenu solidairement responsable avec le cocontractant du
paiement :

- de la contribution spéciale à l'Ofii ;


- de la contribution aux frais de réacheminement (v. n° 183) ;
- du salaire et de ces accessoires dus à l'étranger sans titre, conformément au 1° de l'article L. 8252-2 ;
- des indemnités versées au titre de la rupture de la relation de travail, déterminées selon la base la plus favorable à l'étranger, en application du 2° de
l'article L. 8252-2 ou des articles L. 1234-5, L. 1234-9, L. 1243-4 et L. 1243-8 ou des stipulations contractuelles ;
- de tous les frais d'envoi des rémunérations impayées vers le pays dans lequel l'étranger est parti volontairement ou a été reconduit, mentionnés au
3° de l'article L. 8252-2.
Toute personne condamnée pour avoir recouru sciemment aux services d'un employeur d'un étranger sans titre est tenue solidairement avec cet employeur
au paiement des sommes visées à l'article L. 8254-2 et énumérées ci-dessus.
C. trav., art. L. 8254-1 à L. 8254-4 et D. 8254-2 à D. 8254-14

Voir également l'étude «Travail dissimulé».

182 Obligation d'injonction à la charge du maître d'ouvrage Toute personne donneur d'ordre ou maître d'ouvrage, informée par écrit par un
agent de contrôle, un syndicat de salariés, un syndicat ou une association professionnels d'employeurs ou une institution représentative du personnel que
son cocontractant ou un sous-traitant direct ou indirect de ce dernier emploie un étranger sans titre doit enjoindre aussitôt à son cocontractant de faire
cesser cette situation.
L'employeur mis en demeure informe le maître d'ouvrage des suites données à l'injonction. Si celle-ci n'est pas suivie d'effet, le maître d'ouvrage peut résilier
le contrat aux frais et risques du cocontractant.
Celui qui méconnaît cette obligation d'injection ainsi que son cocontractant sont tenus, solidairement avec le sous-traitant employant l'étranger sans titre, au
paiement des sommes dues à l'étranger (énumérées à l'article L. 8254-2).

C. trav., art. L. 8254-2-1

183 Contribution aux frais de réacheminement L'employeur d'un travailleur étranger en situation de séjour irrégulier doit acquitter une
contribution forfaitaire représentative des frais de réacheminement de l'étranger dans son pays d'origine à destination de l'Offi.

le montant total des sanctions pécuniaires pour l'emploi d'un étranger en situation de séjour irrégulier ne peut excéder le montant des
sanctions pénales encourues.

C. étrangers, art. L. 626-1


Le montant de la contribution est fixé chaque année par arrêté conjoint du ministre de l'intérieur et du ministre chargé du budget en fonction du coût moyen
des opérations d'éloignement constaté l'année précédente dans la zone géographique à laquelle appartient le pays d'origine du salarié.
Les dispositions prévues pour garantir le recouvrement et le paiement de la contribution spéciale, due par l'employeur pour chaque étranger employé sans
titre de travail, c'est-à-dire le privilège sur les biens meubles et les effets mobiliers, sont applicables à la contribution forfaitaire ( C. trav., art. L. 8253-1 à
L. 8253-5).
C. étrangers, art. R. 626-1 et R. 626-2

le donneur d'ordre (professionnel ou particulier) est également tenu solidairement responsable du paiement de cette contribution
forfaitaire au frais de réacheminement qui s'ajoute aux sanctions pénales et à la contribution spéciale due à l'Ofii pour l'emploi d'un
étranger sans titre de travail.

184 Interdiction d'exercice d'une activité professionnelle L'employeur étranger qui emploie un travailleur étranger sans titre de travail peut se
voir retirer sa carte de séjour temporaire ou sa carte de résident. En outre, l'employeur étranger qui a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire
français en raison de ce retrait pourra également se voir interdire d'exercer une activité professionnelle en France pendant 3 ans.

C. étrangers, art. L. 313-5 et L. 314-6

Section 3 : Situation des travailleurs étrangers irrégulièrement employés


185 Assimilation à un travailleur régulier Le travailleur doit être assimilé à un travailleur en situation régulière pour toute la période d'emploi illicite,
en particulier :

- au regard de l'ancienneté, qui court rétroactivement depuis le premier jour d'embauche ;


- au regard du salaire et accessoires du salaire : un rappel devant éventuellement être versé par application des dispositions législatives et
réglementaires en vigueur.

C. trav., art. L. 8252-1 et L. 8252-2

L'étranger employé irrégulièrement bénéficie également de la garantie de paiement des créances salariales par l'AGS en cas de redressement ou de
liquidation judiciaire de l'entreprise (cette garantie s'étend à l'indemnité de rupture citée ci-après).
C. trav., art. L. 8252-3

186 Rupture du contrat : droits financiers Selon la chambre sociale de la Cour de cassation, l'irrégularité de la situation d'un travailleur étranger est
une cause objective qui justifie la rupture de son contrat de travail. Elle exclut l'application des dispositions relatives aux licenciements et l'octroi de
dommages-intérêts pour licenciement sans cause réelle et sérieuse. Mais elle n'est pas constitutive en soi d'une faute qui priverait le salarié des indemnités
de rupture. Il en résulte que l'employeur qui entend invoquer une faute grave distincte de la seule irrégularité de l'emploi doit en faire état dans la lettre de
licenciement ( Cass. soc., 4 juill. 2012, n° 11-18.840, n° 1675 FS - P + B).
Si une procédure de licenciement est engagée (et non une rupture du contrat pour cause objective, v. ci-dessus), la jurisprudence considère que
l'interdiction d'emploi d'un étranger sans autorisation de travail prévue à l'article L. 8251-1 du code du travail ne constitue pas nécessairement une cause
réelle et sérieuse de licenciement. Les juges doivent rechercher si l'irrégularité de l'emploi du salarié ne résultait pas d'une carence de l'employeur constituée
par la remise d'un contrat de travail ne correspondant pas aux conditions d'emploi et empêchant toute régularisation de la situation administrative de
l'intéressé ( Cass. soc., 29 janv. 2008, n° 06-41.059).

1° Salaires et accessoires
L'étranger a droit au paiement du salaire et des accessoires de celui-ci, conformément aux dispositions légales, conventionnelles et aux stipulations
contractuelles applicables à son emploi, déduction faite des sommes antérieurement perçues au titre de la période considérée.
La loi n° 2011-672 du 16 juin 2011 (JO, 17 juin) ajoute une présomption de durée de la relation de travail. A défaut de preuve contraire, les sommes dues au
salarié correspondent à une relation de travail présumée d'une durée de 3 mois. Le salarié peut apporter par tous moyens la preuve du travail effectué.
C. trav., art. L. 8252-2

2° Indemnité forfaitaire
En cas de rupture de la relation de travail, l'étranger non muni du titre d'autorisation à exercer une activité salariée en France peut prétendre, pour la période
de travail illicite, à :

- une indemnité forfaitaire de rupture égale à 3 mois de salaire (même si la durée d'emploi irrégulier est inférieure à 3 mois), à moins que des
stipulations conventionnelles ou les dispositions du code du travail relatives aux indemnités de rupture des CDI et CDD, à savoir les articles L. 1243-
8, L. 1243-4, L. 1234-5 et L. 1234-9, ne conduisent à une solution plus favorable. Le conseil de prud'hommes saisi peut ordonner par provision le
versement de l'indemnité forfaitaire ;
- des dommages-intérêts si l'intéressé justifie de préjudices particuliers.
Les dispositions du code du travail ou les stipulations contractuelles peuvent conduire à une situation plus favorable que le versement de l'indemnité
forfaitaire. Il s'agit :

- de l'indemnité de précarité à l'issue d'un contrat à durée déterminée ;


- des dommages-intérêts pour rupture anticipée d'un contrat à durée déterminée ;
- de l'indemnité de préavis et de licenciement en cas de rupture d'un contrat à durée indéterminée ( Cass. soc., 29 janv. 2008, n° 06-44.983, n°
175 F - P).
Si la rupture du contrat ouvre droit à une indemnité de préavis, même si celui-ci ne peut être exécuté, l'étranger a droit à l'indemnité la plus élevée de
l'indemnité forfaitaire ou de l'indemnité de préavis. Afin de ne pas verser l'indemnité de préavis, l'employeur ne peut pas invoquer le fait que le préavis ne
pouvait être exécuté en raison de l'impossibilité pour le salarié de travailler sur le sol français ( Cass. soc., 13 févr. 2013, n° 11-23.920, n° 184 F - P + B).
C. trav., art. L. 8252-2

3° Frais d'envoi
L'étranger a droit le cas échéant, à la prise en charge par l'employeur de tous les frais d'envoi des rémunérations impayées vers le pays dans lequel il est
parti volontairement ou a été reconduit.
C. trav., art. L. 8252-2

4° Travail sans autorisation et travail dissimulé


Lorsque l'étranger employé sans titre l'a été dans le cadre d'un travail dissimulé, il bénéficie soit de l'indemnité de 6 mois de salaire au titre du travail
dissimulé, prévue à l'article L. 8223-1, soit des droits mentionnés ci-dessus liés à sa situation d'étranger sans titre si ceux-ci sont plus favorables.
C. trav., art. L. 8252-2

5° Indemnisation d'un préjudice moral


Selon la chambre criminelle de la Cour de cassation, le délit d'emploi d'un étranger non muni d'une autorisation de travail cause nécessairement un préjudice
direct et personnel au travailleur étranger irrégulièrement employé. L'action civile exercée par ce salarié étranger est recevable. Les juges du fond ont pu
condamner l'employeur à lui payer une somme de 3 000 € en réparation de son préjudice moral ( Cass. crim., 11 avr. 2012, n° 11-85.224, n° 2447 F - P +
B).

187 Hypothèses de versement de l'indemnité forfaitaire Le paiement de l'indemnité forfaitaire de rupture est susceptible de s'appliquer dans
deux types de situation :

- l'employeur met fin à la relation de travail de sa propre initiative : dans ce cas, l'étranger pourra exiger 3 mois de salaire. Si l'employeur refuse de lui
verser cette indemnité, le travailleur pourra saisir l'inspection du travail ou les prud'hommes ;
- après un contrôle, l'employeur ne peut plus conserver un salarié sans titre de travail et la relation de travail se trouve rompue.
Le salarié sans papier a droit à l'indemnité forfaitaire lorsqu'il est licencié en raison notamment de l'irrégularité de sa situation au regard de la législation sur le
séjour et l'exercice d'une activité salariée en France et de la présentation de faux documents. L'employeur est en effet tenu de verser l'indemnité au salarié
licencié, même s'il ignorait que les documents présentés à l'embauche étaient falsifiés.

Cass. soc., 26 juin 2008, n° 07-40.434


En revanche, le salarié ne peut demander l'indemnisation d'un préjudice lié à l'absence d'entretien préalable au licenciement. L'article L. 8252-2 du code du
travail exclut l'application des dispositions de l'article L. 1232-2 relatif à l'entretien préalable en cas de rupture du contrat de travail d'un salarié étranger
motivé par son emploi irrégulier.
Cass. soc., 26 juin 2008, n° 07-40.434 Cass. soc., 13 nov. 2008, n° 07-40.689, n° 1913 FP - P + B
Dans cette seconde affaire, la salariée avait été licenciée du fait qu'elle avait dissimulé ne pas avoir obtenu les autorisations nécessaires pour travailler. Elle
avait été embauchée en présentant à l'employeur une demande d'asile territorial et la carte de sécurité sociale de son époux et n'avait pu fournir
ultérieurement d'autorisation de travail. Elle contestait son licenciement et demandait des dommages et intérêts pour licenciement abusif.
Celui qui a employé un étranger en situation irrégulière ne peut se prévaloir du refus de régularisation opposé par l'autorité administrative pour ne pas verser
l'indemnité forfaitaire prévue dans ce cas.
Cass. soc., 8 juill. 1985, n° 84-44.498
Ne caractérise pas une faute lourde, susceptible d'engager la responsabilité pécuniaire de l'étranger à l'égard de l'employeur, le fait pour un salarié étranger
d'avoir délibérément trompé l'employeur sur son identité et sa situation sur le territoire français même s'il n'est pas contesté que cette attitude a causé un
préjudice certain à l'employeur qui, d'une part, a été soupçonné de travail dissimulé et, d'autre part, a subi les répercussions de l'interpellation d'un de ses
agents de sécurité chez un client ( Cass. soc., 13 févr. 2013, n° 11-23.920, n° 184 F - P + B).

188 Indemnité forfaitaire : règles de cumul La Cour de cassation, après une jurisprudence hésitante, a décidé que l'indemnité forfaitaire peut se
cumuler avec les indemnités de toute nature auxquelles le salarié a droit en cas de rupture de la relation de travail, à l'exception de l'indemnité légale ou
conventionnelle de licenciement.

Exemple : cumul possible avec l'indemnité de rupture prévue à l'article L. 8223-1 du code du travail en cas d'emploi dissimulé.

Cass. soc., 12 janv. 2006, n° 03-46.800, n° 150 FP - P + B + R + I : Bull. civ. V, n° 13


Par ailleurs, l'indemnité de préavis n'est due que lorsque l'irrégularité existait dès l'embauche. En revanche, dans le cas d'une rupture du contrat de travail en
raison du non-renouvellement de l'autorisation de travail, le principe selon lequel le salarié qui est dans l'impossibilité d'exécuter son préavis ne peut
prétendre à l'indemnité compensatrice de préavis s'applique. Dans ce cas, le défaut de titre autorisant le salarié à continuer à travailler en France dispense
l'employeur du versement de l'indemnité compensatrice.
Cass. soc., 14 oct. 1997, n° 94-42.604
Dès lors, il faut distinguer selon que :

- l'employeur embauche un étranger en situation régulière et se trouve contraint, suite au non-renouvellement de la carte de ce dernier, de le licencier.
Dans cette hypothèse, il est dispensé du versement de l'indemnité de préavis (v. n° 162) ;
- l'employeur embauche un étranger qui est, dès l'origine, en situation irrégulière et se trouve contraint, suite à une intervention extérieure, de mettre
fin au contrat. Dans ce cas, la jurisprudence considère que l'employeur a tenté de profiter de l'emploi non déclaré du travailleur clandestin, l'indemnité
compensatrice de préavis constituant dès lors une sanction à son égard.
En outre, le salarié peut prétendre à toutes autres indemnités liées à son ancienneté (indemnité de congés payés).

189 Information du salarié sur ses droits L'agent de contrôle qui constate qu'un travailleur étranger est employé sans titre l'autorisant à exercer
une activité salariée en France, lui remet un document l'informant de ses droits. Ce document comporte certaines informations obligatoires énumérées (droit
aux salaires et à diverses indemnités, obligation pour l'employeur de remettre les bulletins de paie, le certificat de travail et le solde de tout compte, procédure
de recouvrement des sommes dues...), et l'indication du droit à l'indemnité forfaitaire ou à l'indemnité due au titre du travail dissimulé ( C. trav., art.
R. 8252-1 et R. 8252-2).
Ce document est traduit dans les langues suivantes : anglais, arabe (littéral), chinois (mandarin), espagnol, portugais, russe ( Arr. 30 nov.
2011, NOR : IOCL1131488A : JO, 1er déc.).

190 Versement des sommes dues à l'étranger Depuis la loi du 16 juin 2011 précitée, un dispositif est prévu afin de garantir le versement des
sommes dues à l'étranger par l'employeur.
Les sommes dues à l'étranger sans titre lui sont versées par l'employeur dans les 30 jours à compter de la constatation de l'infraction. Lorsque l'étranger est
placé en rétention administrative ou assigné à résidence ou lorsqu'il n'est plus sur le territoire national, ces sommes sont déposées sous le même délai
auprès d'un organisme désigné à cet effet, puis reversées à l'étranger. Lorsque l'employeur ne respecte pas ces obligations, l'organisme recouvre les
sommes dues pour le compte de l'étranger. Les modalités d'application de ces règles seront précisées par le décret du 30 novembre 2011 ( D. n° 2011-
1693, 30 nov. 2011 : JO, 1er déc.).
Lorsqu'un agent de contrôle a relevé une infraction à l'emploi d'étranger sans titre, il en informe sans délai l'Office français de l'immigration et de l'intégration
(Ofii), en précisant l'identité du contrevenant, du ou des salariés concernés ainsi que tout élément relatif à la mise en œuvre des dispositions de l'article
L. 8252-2 qui énumère les droits du salarié étranger au titre de la période d'emploi illicite.

1° Paiement spontané par l'employeur des sommes dues


Dans les 30 jours à compter de la constatation de l'infraction, l'employeur de l'étranger s'acquitte par tout moyen, des salaires et indemnités dus. Il remet au
salarié les bulletins de paie correspondants, un certificat de travail et le solde de tout compte. Il justifie par tout moyen, auprès de l'Ofii, de l'accomplissement
de ses obligations. Lorsque le salarié étranger est en rétention administrative, assigné à résidence ou n'est plus sur le territoire national, son employeur
s'acquitte des sommes dues, dans le même délai, auprès de l'Ofii, lequel les reverse à l'intéressé.

2° Mise en œuvre de la procédure de recouvrement forcé


Lorsque le salarié étranger est en rétention administrative, assigné à résidence ou n'est plus sur le territoire national, le directeur général de l'Ofii rappelle à
son employeur, par lettre recommandée avec avis de réception (ou tout autre moyen de preuve de réception par le destinataire), qu'il doit, s'il ne s'est pas
déjà acquitté des sommes dues, les verser sans délai sur un compte ouvert par l'office au nom du salarié étranger concerné. A défaut de versement dans
les délais, le directeur général émet à l'encontre de l'employeur un titre exécutoire afin de permettre le recouvrement des sommes dues. Cette décision et le
titre de recouvrement sont notifiés à l'employeur par lettre recommandée avec avis de réception ou tout autre moyen.
Si le salarié étranger est toujours sur le territoire national, l'agent comptable de l'office lui reverse les sommes dues. S'il a quitté le territoire national, ces
sommes sont transférées dans le pays où il est retourné ou a été reconduit afin qu'elles lui soient remises, les frais d'envoi étant à la charge de l'employeur.
Si le directeur général de l'Ofii décide de mettre en œuvre la solidarité financière du donneur d'ordre, il informe ce dernier, par lettre recommandée avec avis
de réception ou tout autre moyen, qu'il doit verser les sommes dues sur un compte ouvert par l'office au nom du salarié étranger concerné. A défaut de
règlement par le donneur d'ordre au terme du délai fixé dans la décision (au minimum 15 jours), la procédure de recouvrement forcé s'applique.

3° Recouvrement sur décision judiciaire


La copie de la décision du conseil des prud'hommes condamnant l'employeur ou le donneur d'ordre au paiement des sommes dues est transmise par le
greffe au directeur général de l'Ofii.
Lorsqu'une juridiction correctionnelle a prononcé une décision définitive condamnant une personne pour avoir recouru sciemment aux services d'un
employeur d'un étranger sans titre, la copie de cette décision est transmise à l'Ofii afin de lui permettre de procéder à la mise en œuvre de la solidarité
financière. Une procédure de recouvrement, le cas échéant forcée, est alors mise en œuvre ( C. trav., art. R. 8252-10 et s.).
C. trav., art. L. 8252-4 et R. 8252-5 et s.

191 Coresponsabilité financière des donneurs d'ordre Les travailleurs étrangers peuvent faire valoir leurs droits financiers, lorsque, entre
celui au profit duquel le travail est effectué et l'employeur de l'étranger en situation irrégulière, interfèrent des « écrans » (sociétés facturières le plus
souvent), alors que l'entrepreneur clandestin et le responsable de l'entreprise intermédiaire sont l'un et l'autre insolvables.
Dans cette hypothèse, les salariés peuvent demander le paiement de ce qui leur est dû, y compris l'indemnité forfaitaire de rupture égale à un mois de
salaire, à celui pour le compte duquel le travail a été effectué.
Afin de rendre plus efficace la lutte contre ces pratiques, le donneur d'ouvrage est en effet solidairement tenu, avec le débiteur, au paiement des salaires et
accessoires, ainsi qu'à celui des impôts, taxes et cotisations.
C. trav., art. L. 8222-2
Voir également l'étude «Travail dissimulé».

192 Action en justice : rôle des syndicats et associations Tout travailleur étranger peut, s'il le désire, saisir le conseil de prud'hommes pour
infraction aux règles d'emploi.
Toutefois, compte tenu des difficultés psychologiques et pratiques d'une telle démarche, pouvoir a été donné aux organisations syndicales représentatives
d'agir en justice à la place des intéressés, même non syndiqués dès lors qu'ils n'ont pas déclaré s'opposer à cette action, sans avoir à justifier d'un mandat
particulier. L'intéressé peut toujours intervenir à l'instance engagée par le syndicat.

le code du travail ne reprend pas les dispositions de l'ancien article L. 341-6-3 selon lesquelles « les associations régulièrement constituées
depuis 5 ans au moins pour la lutte contre les discriminations peuvent également saisir les organisations syndicales représentatives pour
leur demander de se porter partie civile en cas d'infraction à l'emploi de la main-d'œuvre étrangère ».

C. trav., art. L. 8255-1

Chapitre 3 Aide au retour

193 Aide publique à la réinsertion Les travailleurs étrangers menacés de licenciement économique ou indemnisés par l'Unedic depuis plus de 3
mois peuvent bénéficier, s'ils souhaitent retourner dans leur pays d'origine, d'une aide financière leur permettant de s'y réinsérer socialement et
professionnellement dans de meilleures conditions : l'aide publique à la réinsertion. S'y ajoute une aide éventuelle de l'entreprise.
L'aide conventionnelle à la réinsertion, qui consistait en la capitalisation d'une partie des allocations d'assurance chômage, est toujours prévue par l'article
L. 5422-8 du code du travail mais le dispositif n'a pas été reconduit par les partenaires sociaux de l'assurance chômage en 2009.
Ce mécanisme repose sur le volontariat des intéressés.
C. étrangers, art. L. 331-1 et D. 331-1 et s.
Section 1 : Bénéficiaire de l'aide publique à la réinsertion
194 Deux catégories de bénéficiaires Peuvent bénéficier de l'aide publique à la réinsertion les travailleurs étrangers qui quittent la France pour
regagner leur pays d'origine et entrent dans l'une ou l'autre des catégories suivantes :

- travailleurs étrangers licenciés dont la demande d'aide est déposée avant la rupture du contrat de travail (s'ils font partie d'une entreprise ayant
conclu une convention avec l'Ofii) ;
- demandeurs d'emploi indemnisés par l'Unedic depuis au moins 3 mois à la date de dépôt de la demande.

C. étrangers, art. D. 331-2 et D. 331-6

195 Conditions à remplir Outre les conditions de sans-emploi ou de chômage précitées, pour pouvoir bénéficier de l'aide publique à la réinsertion, les
étrangers doivent :

- être en situation régulière en France ;


- être âgés d'au moins 18 ans (ce seuil est porté à 21 ans pour les ressortissants de quelques pays ayant adhéré à la Charte sociale européenne du
18 octobre 1961, lorsqu'ils sont susceptibles de se voir reconnaître un droit particulier au titre du regroupement familial) ;
- avoir exercé une activité professionnelle salariée à caractère permanent, en vertu d'un titre en cours de validité (et non en vertu d'un régime de libre
circulation) ;
- ne pas avoir la qualité, soit pour obtenir de plein droit une autorisation de travail en raison de leur situation personnelle, soit pour obtenir à nouveau
la délivrance d'un titre de séjour au titre du regroupement familial ;
- effectuer leur démarche en tant que volontaires : cette condition est vérifiée aux divers stades de la procédure.

C. étrangers, art. D. 331-1 et D. 331-3

Section 2 : Procédure
§ 1 : Salariés menacés de licenciement économique
196 Convention de réinsertion entre l'entreprise et l'Ofii Les entreprises qui souhaitent avoir recours au dispositif d'aide au retour doivent
conclure à cet effet une convention de réinsertion avec l'Ofii. Les étrangers concernés par le licenciement peuvent adhérer à la convention. Le mécanisme
repose donc sur le volontariat.
Des conventions cadres peuvent être signées entre l'Ofii et les organisations professionnelles.
Circ. n° 427, 19 nov. 1987 : BO Trav., n° 87/26

197 Articulation avec la procédure de licenciement


1° Information de l'entreprise
Avant d'engager la procédure de licenciement, l'entreprise contacte l'Ofii qui lui remet une note d'information sur l'aide à la réinsertion ainsi qu'un modèle de
convention type.

2° Avis des représentants du personnel


S'il s'agit d'un projet de licenciement individuel, la consultation des instances représentatives ne porte que sur le projet de convention de réinsertion.
En revanche, pour tout projet de licenciement collectif, l'employeur doit nécessairement consulter les instances représentatives du personnel (IRP),
lorsqu'elles existent. A cette occasion, il adresse aux représentants du personnel, avec la convocation, tous renseignements utiles sur le licenciement et,
notamment, le projet de convention de réinsertion.
Dans le cas particulier des entreprises de 50 salariés et plus procédant à un licenciement collectif d'au moins 10 salariés, la convention de réinsertion est
appelée à constituer l'un des éléments du plan de sauvegarde de l'emploi.
Dans l'hypothèse où les procédures de licenciement prévoient deux réunions successives des IRP, l'examen du projet de convention peut avoir lieu lors de
l'une ou l'autre de ces réunions. La convocation des instances représentatives du personnel est accompagnée d'une note d'information sur le dispositif
d'aide à la réinsertion des travailleurs étrangers. L'examen du projet de convention donne lieu à un avis spécifique desdites instances.

3° Licenciement
Ultérieurement, si l'Ofii accepte la demande du salarié, il communique sa décision à l'entreprise.
A l'expiration du délai requis, l'employeur notifie au candidat la rupture de son contrat de travail et envoie une pièce justificative à l'Ofii.
Circ. n° 427, 19 nov. 1987 : BO Trav., n° 87/26

198 Conclusion de la convention de réinsertion Après consultation des instances représentatives du personnel dans les conditions précitées,
l'employeur saisit par écrit l'Ofii d'une demande de conclusion de convention d'aide à la réinsertion. L'avis émis par les représentants du personnel (ou, à
défaut, un procès-verbal de carence) est obligatoirement joint à cette demande.
Deux cas peuvent se présenter selon l'importance du licenciement envisagé sur une même période de 30 jours.

1° Licenciement individuel ou licenciement de 2 à 9 salariés


Après examen du dossier transmis par l'entreprise, le directeur général de l'Ofii peut signer la convention.

2° Licenciement de 10 salariés et plus


L'employeur saisit simultanément du dossier l'Ofii et, en vue du passage devant les instances consultatives des partenaires sociaux, la direction
départementale du travail et de l'emploi ou, si le ressort du projet de convention excède le département, la délégation à l'emploi. Cette dernière en informe les
services extérieurs du travail et de l'emploi concernés.
Les services de l'emploi vérifient la cohérence du dossier de réinsertion avec les informations qui leur sont communiquées par l'employeur concernant le
licenciement proprement dit.
Circ. n° 427, 19 nov. 1987 : BO Trav., n° 87/26
§ 2 : Demandes individuelles
199 Ensemble des candidats Tous les candidats à l'aide publique doivent se procurer des dossiers individuels d'adhésion auprès des centres
régionaux de l'Ofii.
A cette occasion, les agents de ces centres s'assurent du caractère volontaire de la décision de retour du candidat et, le cas échéant, de celle de son
conjoint.
Circ. n° 427, 19 nov. 1987 : BO Trav., n° 87/26

200 Composition des dossiers individuels Le dossier individuel se compose :

- d'une demande de réinsertion, signée par le demandeur, sur laquelle est apposée sa photographie d'identité ;
- d'une description détaillée du projet de réinsertion et des moyens susceptibles d'être affectés à sa réalisation ;
- d'une demande de versement de l'aide de l'Unedic ;
- ainsi que d'autres pièces justificatives personnelles.

Circ. n° 427, 19 nov. 1987 : BO Trav., n° 87/26

201 Instruction et agrément A la réception du dossier le centre régional de l'Ofii vérifie l'ensemble du dossier, examine la crédibilité du projet de
réinsertion.
Il notifie au candidat l'agrément de son dossier ; si le dossier est refusé, ce refus doit être motivé.
Circ. n° 427, 19 nov. 1987 : BO Trav., n° 87/26

202 Restitution des titres et conséquences Les candidats qui ont obtenu l'aide publique à la réinsertion doivent restituer les titres de séjour et de
travail dans le délai qui leur est imparti, c'est-à-dire selon le cas :

- soit avant la date de rupture définitive du contrat de travail s'il s'agit d'un travailleur en cours de licenciement ;
- soit dans les 2 mois qui suivent l'acceptation du dossier s'il s'agit d'un chômeur.
Les conjoints ou concubins restituent leurs titres de séjour ou de travail à la même date auprès du même service.
Sauf motif légitime, l'absence de restitution des titres dans le délai prescrit vaut renonciation aux aides publiques à la réinsertion.
C. étrangers, art. D. 331-12
Le bénéficiaire d'une aide publique à la réinsertion reçoit une autorisation de séjour provisoire de 2 mois à compter de la date de restitution de ses titres de
séjour et de travail.

cela lui permet de préparer son départ de France.

Lorsque le bénéficiaire, après accord de l'Ofii, suit une formation financée sur l'aide publique, il dispose, ainsi que son conjoint, d'une autorisation qui tient
compte du délai séparant éventuellement la restitution des titres de l'entrée en stage, de la durée de la formation ainsi que d'un délai de 2 mois.
Le conjoint reçoit, s'il y a lieu, une autorisation provisoire de travail valable jusqu'à la date de fin du stage du bénéficiaire de l'aide, afin de poursuivre son
activité professionnelle.
C. étrangers, art. D. 331-13 et D. 331-14
Les étrangers restituent leurs titres au préfet de leur département de résidence et ce dernier leur délivre une autorisation de séjour provisoire. Le préfet peut
confier cette mission à l'Ofii.
C. étrangers, art. R. 311-18 et D. 331-8

Section 3 : Montant et paiement de l'aide


203 Composantes et montant de l'aide L'aide publique comprend :

- une allocation destinée à couvrir tout ou partie des frais de voyage et de déménagement du bénéficiaire et, le cas échéant, de son conjoint et de
ses enfants mineurs ;
- une allocation destinée à couvrir tout ou partie des dépenses faites par le bénéficiaire pour assurer le succès de sa réinsertion dans son pays
d'origine. Ces dépenses comprennent les frais engagés, d'une part, pour l'exercice de sa nouvelle activité professionnelle, d'autre part, le cas
échéant, pour sa formation.

cette dernière allocation est égale au maximum à 3 050 € par bénéficiaire (sauf cas cité au n° 205).

C. étrangers, art. D. 331-12

204 Modalités de paiement Les modalités d'évaluation et de versement de l'aide publique prise en charge par l'État sont déterminées par arrêté
conjoint du ministre chargé des affaires sociales et de l'emploi et du ministre chargé des finances.
C. étrangers, art. D. 331-7

205 Dispositions particulières concernant les étrangers âgés de 45 ans ou plus Lorsque ceux-ci bénéficient de l'aide au retour dans le
cadre d'une convention entre leur employeur et l'Ofii, la convention peut stipuler que l'aide au projet de réinsertion, ainsi que l'aide accordée par l'employeur,
sont affectées en totalité ou en partie à la constitution d'une rente servie jusqu'à la fin du mois du soixantième anniversaire des bénéficiaires. La rente est
servie par un organisme désigné par la convention.
Dans ce cas, le montant de 3 050 € maximum fixé pour l'aide au projet de réinsertion peut être exceptionnellement dépassé, sans pouvoir excéder 9 150 €
en moyenne pour l'ensemble des bénéficiaires d'une convention, ni 12 200 € par bénéficiaire.
Arr. 7 déc. 1987, NOR : ASED8703878A : JO, 20 déc., mod. par arr., 20 juill. 2001 : JO, 21 août

206 Saisissabilité des sommes versées Aucune disposition n'a prévu l'insaisissabilité des sommes attribuées au titre de la réinsertion ; il est
possible aux éventuels créanciers des étrangers ayant contracté des dettes d'engager, par voie d'huissier, une procédure de saisie-arrêt auprès de l'Ofii.

Rép. min. n° 17305 : JOAN Q, 1er juin 1987, p. 3158

Section 4 : Aide de l'entreprise


207 Avantages maison et aide financière Lorsque l'Ofii a signé une convention avec l'employeur, celui-ci apporte également une aide au retour,
financière ou autre, dont le montant et les modalités sont précisés par la convention. Cette aide s'ajoute aux diverses indemnités dues (licenciement, congés
payés, préavis...).
L'aide versée par l'entreprise est payable en France.
L'aide versée par l'entreprise est exonérée de cotisations sociales. Elle est également exonérée d'impôt sur le revenu et de taxes et participations assises
sur les salaires.

Annexes

Annexe 1 Sanctions pour infractions à la réglementation concernant les travailleurs étrangers

Peines principales Peines complémentaires


Domaine Faits condamnés Personnes Personnes Personnes Personnes
physiques morales physiques morales
Entrée et séjour
Pas de poursuites pénales pour aide au séjour irrégulier Aide directe ou 30 000 € 150 000 € Interdiction de Peines
d'un étranger, sauf polygamie, lorsqu'elle est le fait : indirecte à l'entrée, d'amende et séjour pour 5 ans prévues aux
à la circulation ou 5 ans au plus, nos (1), (2),
au séjour irréguliers d'emprisonnement Suspension du (3), (4), (5),
d'un étranger permis de conduire (8) et (9)
(« passeurs C. étrangers, pour 5 ans au plus,
d'hommes ») art. L. 622-1 et s. doublée en cas de
récidive
- des ascendants ou descendants de l'étranger, de leur Aide à l'entrée, à la 750 000 € 3 750 000 € Retrait temporaire
conjoint, des frères et sœurs de l'étranger ou de leur circulation et au d'amende et ou définitif de la
conjoint ; séjour d'étrangers 10 ans C. licence
- du conjoint de l'étranger, ou de la personne qui vit en situation d'emprisonnement étrangers, d'exploitation de
notoirement en situation maritale avec lui ou des irrégulière a r t . L. 622- transports,
ascendants, frères et sœurs du conjoint de l'étranger ; lorsqu'elle est le fait C. étrangers, 8 C. pén., Peines prévues aux
- de toute personne physique ou morale lorsque l'acte d'une bande art. L. 622-5 art. 131-38 nos (2), (8), (10)
reproché n'a donné lieu à aucune contrepartie directe ou organisée
indirecte et consistait à fournir des conseils juridiques ou
des prestations de restauration, d'hébergement ou de soins
médicaux destinées à assurer des conditions de vie dignes
et décentes à l'étranger, ou bien toute autre aide visant à
préserver la dignité ou l'intégrité physique de celui-ci.
Autorisation de travail Complicité 3 000 € d'amende
frauduleuse dans et 1 an
l'obtention d'une d'emprisonnement
autorisation de
travail C. trav., art.
L. 8256-1
- Incidences financières Remboursement 3 000 € et 2 ans 15 000 € Peine prévue au Peines
(par le travailleur) n° 9 prévues aux
des contributions à C. trav., art. C. trav., nos 1, (2),
l'Ofii ou les frais de L. 5222-2 et art. L. 8256- (3), (4), (5),
voyage L. 5224-4 7 (8), (9)
Retenues sur
salaires des frais
occasionnés par
l'engagement
Remise de fonds ou 45 000 € et 3 ans 225 000 € Interdiction de
biens pour séjour pour 5 ans
l'introduction ou C. trav., art. C. trav., au plus + peines
l'embauche d'un L. 5222-1, art. L. 8256- prévues aux
étranger L. 5224-2 et 7 nos (2) pour 5 ans
L. 5224-3 au plus, (5) pour
5 ans au plus, (8),
(9), (10), (11)
Emploi Peines prévues aux
nos (4), (5), (8), (9)
- lutte contre la discrimination raciale Refus d'embauche 45 000 € et 3 ans 225 000 € Interdiction de Peines
ou licenciement certains droits prévues aux
pour appartenance C. pén., art. civiques : éligibilité nos (2), (3),
à une ethnie, une 225-2 et droit d'exercer (4), (5), (8),
race... une fonction (9)
juridictionnelle,
obligation C. pén.,
d'accomplir un art. 225-4
stage de
citoyenneté
C. pén., art.
225-19 et 131-26
- emploi illégal d'un étranger Emploi d'un 15 000 € et 5 ans 75 000 € Interdiction de Peines
étranger sans titre 100 000 € et séjour pour 5 ans prévues aux
de travail 10 ans (infraction C. trav., au plus + peines nos (1), (2),
en bande art. L. 8256- prévues aux (3), (4), (5),
organisée) 7, L. 8256-8 nos (2), (5) pour (8), (9)
5 ans au plus, (8), Si bande
C. trav., art. (9), (10), (11) organisée,
L. 8251-1 et confiscation
L. 8256-2 Si employeur de tout ou
étranger, retrait de partie des
son titre de séjour. biens
Si obligation de
quitter le territoire
français, possibilité
d'interdiction
d'exercice d'une
activité
professionnelle en
France pendant
3 ans
C. étrangers,
a r t . L. 313-5 et
L. 314-6
Non-vérification du Remboursement - -
contrôle médical par l'employeur
préalable des prestations
de sécurité
sociale
CSS, art.
L. 374-1
Travail temporaire 3 000 € 30 000 € Interdiction Peines
6 000 € et 6 mois d'exercer l'activité prévues aux
en cas de C. trav., d'entrepreneur de nos (1), (2),
récidive art. L. 8256- travail temporaire (3), (4), (5),
7 pour une durée de (8), (9)
C. trav., art. 10 ans au plus
L. 5224-1
Envoi d'un étranger Affichage et
en mission diffusion de la
temporaire à décision
l'étranger
C. trav., art.
L. 5224-1
Commission en Interdiction de
récidive de mise à séjour pour 5 ans
disposition de au plus + peines
travailleurs prévues aux nos
étrangers lorsque (2), (5), (8), (9),
la prestation de (10), (11)
service s'effectue
hors de France
Hébergement
Principe Déclaration 4 500 € et 2 ans 22 500 € Interdiction Peines
manquante, d'exercer la prévues aux
inexacte, L. n° 73-548, profession de nos (1), (2),
incomplète ou 27 juin 1973, logeur pendant (3), (4), (5),
tardive art. 4, mod. par 3 ans au plus (8), (9)
L. n° 89-548,
2 août 1989
- Hébergement collectif (marchands de sommeil) Affectation à 75 000 € et 3 ans 375 000 € Peines
l'habitation prévues aux
individuelle de nos (2), (3),
locaux insalubres (4), (5), (8),
(9)
Refus d'obtempérer
à une décision de
fermeture
(1) Dissolution de la personne morale.
(2) Interdiction d'exercer à titre définitif ou pour une durée de 5 ans au plus l'activité dans l'exercice ou à l'occasion de laquelle l'infraction a été commise.
(3) Placement sous surveillance judiciaire pour 5 ans au plus.
(4) Fermeture définitive ou pour 5 ans au plus de l'établissement ayant servi à commettre l'infraction.
(5) Exclusion des marchés publics définitivement ou pour 5 ans au plus.
(6) Interdiction de faire appel public à l'épargne définitivement ou pour 5 ans au plus.
(7) Interdiction d'émettre des chèques ou d'utiliser des cartes de paiement pour 5 ans au plus.
(8) Confiscation de la chose ayant servi à commettre l'infraction ou qui était destinée à la commettre.
(9) Affichage ou diffusion de la décision.
(10) Interdiction du territoire français, pour une durée de 10 ans au plus ou à titre définitif, à l'encontre du condamné étranger.
(11) Interdiction des droits civiques, civils et de famille.

Annexe 2 Tableau récapitulatif des principales autorisations de travail permettant à un étranger


d'exercer une activité salariée en France

Titre de séjour
valant autorisation Validité Caractères principaux Instruction de la demande
de travail
Carte de résident 10 ans Titre unique permettant le séjour et le travail en France sans limitation Saisine du service des étrangers
renouvelable professionnelle ou géographique de la préfecture
de plein droit
Carte de séjour 3 ans Carte accordée dans le cadre d'un projet, elle permet à son titulaire l'exercice Saisine du service des étrangers
« compétences et renouvelable de l'activité professionnelle de son choix de la préfecture
talents »
Carte de séjour 1 an Carte autorisant l'exercice d'une activité salariée, à titre accessoire, dans la Saisine du service des étrangers
temporaire renouvelable limite d'une durée annuelle de travail égale à 964 heures de la préfecture
« étudiant »
Carte de séjour 1 an Carte permettant l'exercice d'une activité scientifique ou de recherche Saisine du service des étrangers
temporaire renouvelable uniquement dans l'établissement ou l'organisme qui a signé un protocole de la préfecture
« scientifique » d'accueil validé par l'administration
Carte de séjour 1 an Carte permettant l'exercice d'une activité artistique en qualité de salarié si elle a Saisine du service de main-
temporaire renouvelable été délivrée sur présentation d'un contrat de travail visé par le préfet (ou par la d'œuvre étrangère de la Direccte
« profession Direccte sur délégation du préfet)
artistique et
culturelle »
Carte de séjour 1 an Carte permettant d'exercer toute activité professionnelle salariée à partir de Saisine du service de main-
temporaire renouvelable son 2e renouvellement (1er renouvellement pour les étrangers titulaires de la d'œuvre étrangère de la Direccte
« salarié » carte de résident de longue durée-CE obtenue dans un autre membre de l'UE)
Carte de séjour 12 mois Carte limitée à un ou des employeurs ou entreprises d'accueil déterminé Saisine du service de main-
temporaire renouvelable d'œuvre étrangère de la Direccte
« travailleur
temporaire »
Carte de séjour 3 ans Carte permettant d'exercer des travaux saisonniers n'excédant pas 6 mois sur Saisine du service de main-
temporaire renouvelable 12 mois consécutifs. Droit de séjour en France pendant la ou les périodes d'œuvre étrangère de la Direccte
« travailleur fixées ne pouvant dépasser une durée cumulée de 6 mois par an. Validité de la
saisonnier » carte limitée à un ou des employeurs ou entreprises d'accueil déterminé
Carte de séjour 3 ans Le détachement s'effectue entre établissements d'une même entreprise ou Saisine du service de main-
temporaire « salarié renouvelable entre entreprises d'un même groupe. Validité de la carte limitée à un ou des d'œuvre étrangère de la Direccte.
en mission » employeurs ou entreprises d'accueil déterminé Titre de séjour renouvelé en
préfecture
Carte de séjour 3 ans Étranger titulaire d'un diplôme sanctionnant au moins 3 années d'études Saisine du service des étrangers
temporaire « carte renouvelable supérieures ou justifiant d'une expérience professionnelle d'au moins 5 ans, de la préfecture
bleue européenne » signataire d'un contrat de travail d'au moins un an, avec une rémunération
annuelle brute au moins égale à 1,5 fois le salaire moyen annuel de référence
Carte de séjour 1 an Titre unique donnant le droit à son titulaire d'exercer toute activité Saisine du service des étrangers
temporaire « vie renouvelable professionnelle de son choix de la préfecture
privée et familiale » de plein droit
Récépissé 3 mois Le récépissé doit porter la mention « autorise son titulaire à travailler »
(1ère demande ou renouvelable
renouvellement)
Autorisation 6 mois non Exercice d'une activité professionnelle dans la limite de 60 % de la durée légale Saisine du service des étrangers
provisoire de séjour renouvelable du travail (482 heures sur 6 mois) de la préfecture
pour les jeunes
étudiants masterisés
Carte de séjour « CE 5 ans Carte permettant l'exercice de toute activité professionnelle salariée Saisine du service de main-
toutes activités renouvelable d'œuvre étrangère de la Direccte
professionnelles »
Autorisation 12 mois APT délivrée pour une activité présentant un caractère temporaire et ne Saisine du service de main-
provisoire de travail renouvelable relevant pas des autres autorisations de travail précitées. Validité de l'APT pour d'œuvre étrangère de la Direccte.
(APT) un métier, un employeur et une zone géographique déterminés Délivrance de 2 titres distincts
pour le travail et le séjour, si celui-
ci est supérieur à 3 mois
Ressortissants 1 an ou Ces titres de séjour comportent les mêmes droits et limites que la carte de
algériens : certificat 10 ans résident ou les cartes de séjour temporaire précédemment citées. A noter que
de résidence d'un renouvelable les ressortissants algériens ne peuvent bénéficier de la carte de séjour
an, certificat de temporaire « travailleur saisonnier » et « salarié en mission », « compétences et
résidence de 10 ans talents », « carte bleue européenne »

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