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CONCLUSIONS

Gérard Ferreyrolles

Presses Universitaires de France | « Dix-septième siècle »

2013/4 n° 261 | pages 671 à 694


ISSN 0012-4273

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Conclusions

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À l’achèvement de cette journée, nous pouvons remercier non seulement ceux qui
l’ont réalisée par leurs communications, encadrée de leurs présidences et animée de
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leurs questions, mais ceux qui déjà l’ont permise : la Société d’Étude du XVIIe siècle,
pour l’avoir voulue et construite, et l’université Paris-Sorbonne, pour nous avoir
reçus. Au carrefour des deux institutions, Laurent Susini, secrétaire général de cette
Société et maître de conférences en cette université. Il a mis au service de notre
réunion, pour sa plus grande réussite, sa connaissance du milieu pascalien et ses
talents d’organisateur. Je n’aurais qu’un reproche à lui adresser : son élégance, qui l’a
restreint à nous accueillir en nous privant de l’autorité jeune encore, mais assurée et
éclairante, de sa parole proprement pascalienne.
La tâche de conclure des journées d’étude ou des colloques n’est pas des plus
simples, comme l’on sait, et la difficulté en est proportionnelle à la richesse des
interventions et à l’ampleur de la problématique. La richesse des interventions était
garantie d’avance par la sélection des orateurs pressentis, mais elle s’est déployée par
la faculté, heureuse et rare, accordée à chacun de s’exprimer avec l’abondance sou-
haitable. Quant à la problématique, elle doit se mettre au pluriel, puisque à la diffé-
rence par exemple du récent colloque pascalien organisé par la Société des Amis de
Port-Royal, nous n’avions pas ici en vue une seule œuvre – les Pensées –, même si ces
dernières ont constitué un pôle d’aimantation de nos débats, ni une seule question
– Pascal a-t-il ou non voulu écrire une apologie de la religion chrétienne ? De sorte
que cette journée nous tourne plutôt, comme l’a indiqué ce matin Laurent Susini,
vers les solennités orchestrées en 1962 pour le trois centième anniversaire de la mort
de Pascal. Elles ont donné lieu à deux publications principales : Pascal présent et
Pascal. Textes du tricentenaire1. Deux différences frappent d’emblée, en dehors de
leur nombre, entre les interventions qu’elles rassemblent et les nôtres. La première
tient au caractère bidimensionnel des manifestations de 1962 : elles ont certes un
caractère savant, surtout dans le Pascal présent, mais elles remplissent d’abord une
vocation d’hommage. Un comité national, présidé par Daniel-Rops et patronné par
le général de Gaulle, président de la République, pilotait des « cérémonies » – à la
Sorbonne, à l’Institut catholique de Paris, à Saint-Étienne-du-Mont, à Port-Royal
des Champs, à Clermont-Ferrand – qu’honorèrent de leur présence dix membres de

1.  Respectivement : Clermont-Ferrand, G. de Bussac, 1962 et Paris, Fayard, 1963.


XVIIe siècle, n° 261, 65e année, n° 4-2013
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l’Institut de France. La rigueur érudite ou conceptuelle alternait ainsi avec un lyrisme


épidictique dont l’Avertissement de Pascal. Textes du tricentenaire donnait le ton :
Pascal est « par-dessus tout l’homme dont le cri d’angoisse et d’espérance éveille, de
génération en génération, dans le cœur des mortels, des échos qui ne ressemblent à
nul autre, ce frère éternel que chacun peut rencontrer sur son chemin2 ». Un pasteur
rendit publiquement « grâces pour Pascal3 ». Une « soirée d’hommage national » eut
lieu le 13 juin dans le grand amphithéâtre de la Sorbonne, où furent prononcés
non des « communications » mais des « discours ». Cette dimension de gratitude
officielle s’est pratiquement effacée : il n’en demeure que l’inscription du trois cent
cinquantième anniversaire de la mort de Pascal au catalogue des Commémorations

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nationales de 2012. L’Académie des sciences et morales et politiques est bien pré-
sente parmi nous en la personne de Jean Mesnard, mais c’est le pascalien en lui au
moins autant que l’académicien qui a pris la parole. Qu’on regrette ou non l’absence
de ces hommages, qui laissent une impression mélangée d’emphase et de sincérité,
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de ferveur et de devoir, et qui marquaient en tout cas la volonté d’assumer une his-
toire et des valeurs communes, la mémoire de Pascal aujourd’hui repose aux mains
des « doctes ».
Une seconde caractéristique du tricentenaire s’est estompée, en lien avec la dis-
parition de la première. Si l’on consulte la liste des orateurs de 1962 (une quaran-
taine), on ne trouve que des Français, à une exception près, celle de Keisaku Takeno,
professeur à l’université Sophia de Tokyo – exception tout à fait significative, car elle
permet de mesurer la permanence des liens de collaboration scientifique et d’étroite
amitié qui unissent les port-royalistes français et la féconde école pascalienne du
Japon, représentée ici même par Tetsuya Shiokawa, professeur émérite à l’université
de Tokyo et en qui, au passage, nous tenons un second académicien, puisqu’il est
membre de la prestigieuse Académie du Japon. Aujourd’hui, nos collègues étrangers
ne représentent plus le quarantième de nos effectifs mais près de la moitié puisque,
outre le Japon, les États-Unis sont des nôtres avec John Lyons. Cette évolution est
assurément heureuse : elle est le signe non d’un Pascal « mondialisé », mais de ce que
Jean Mesnard, en un autre sens, appelait l’« universalité de Pascal »4. La présence de
ces collègues est en elle-même le nouvel hommage rendu à Pascal après les discours
d’apparat dont sa patrie est devenue avare.
Sur le plan scientifique aussi, la distance entre les colloques de 1962 et notre
journée est considérable, tant les cinquante dernières années ont vu de progrès dans
la connaissance de Pascal. Le fondement de tout, c’est la possession assurée de ses
textes. Or en 1962, on disposait déjà des éditions Lafuma des Pensées, mais ni de
l’édition Cognet des Provinciales, ni de l’édition Sellier des Pensées, et pour tous les
autres textes que nous avons entendu citer –  L’Esprit géométrique, les Écrits sur la
grâce, les trois Discours sur la condition des grands, etc.  – l’on n’avait point encore
l’édition de Jean Mesnard. Grâce à lui, qui fait le trait d’union entre 1962 et 2012,

2.  Pascal. Textes du tricentenaire, op. cit., p. 7. Cet Avertissement est dû à Jacques Renoult, Jacques
Gandouin et Daniel-Rops.
3. Le pasteur Maillot, ibid., p. 26 sqq.
4.  Titre de la conférence prononcée lors du colloque Méthodes chez Pascal (Clermont-Ferrand,
1976), Paris, PUF, 1979, p. 335-356.
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nous récoltons le plus beau et le plus durable fruit du tricentenaire, à savoir précisé-
ment l’« Édition du tricentenaire5 ». Avant qu’il n’apporte à cette colossale entreprise
son double couronnement, il nous a révélé ce matin, pour les Pensées, ses prémisses
méthodologiques – proposer un ordre des Pensées suppose qu’on ait scruté la pensée
de l’ordre qu’elles expriment –, la dynamique de sa recherche – repérer les « bizar-
reries », ce qui est déjà tout un art, puis se défier pour leur élucidation des solutions
trop simples (comme le recours rituel à l’argument de la censure) ou au contraire
trop alambiquées (comme celle qu’il a évoquée à propos de la liasse « Contre la fable
d’Esdras6 ») – ainsi que les principes de son enquête : distinguer entre ordre global et
ordres momentanés, entre plan et classement, combiner choix logiques et choix chro-

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nologiques, accepter le probable au défaut d’une certitude inattingible. Jean Mesnard
a su garder son habituelle discrétion sur les résultats obtenus, mais nous la respectons
d’autant plus volontiers que le secret sera bientôt levé et que sa révélation surpassera
notre attente.
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Sur les fondements éditoriaux acquis, d’imposantes avancées ont été réalisées dans
la connaissance des modèles scientifiques qui règlent les démarches de Pascal, des
caractéristiques de son écriture, enfin des lignes directrices de sa théologie.
Un grand progrès accompli est notamment l’articulation en Pascal du savant, du
moraliste et de l’apologiste. Jean Prigent avait montré la voie, Dominique Descotes
l’a depuis parcourue et c’est dans cette ligne qu’on peut situer la communication de
John Lyons, qui tient ensemble l’espace physique et l’espace conceptuel chez Pascal.
L’espace extérieur, qu’il soit celui, infini et immobile, de la géométrie, ou celui, focalisé
au contraire, de notre expérience, est à la fois celui vers lequel nous fuyons pour nous
divertir et celui qui nous renvoie à nous-mêmes, d’une part parce que sa conception
et sa perception s’originent en nous, dans le cœur et dans les sens, d’autre part parce
qu’il nous fournit les métaphores de ce que nous fuyons en lui – le vide ou le vertige
de notre espace intérieur. Nous échangeons incessamment, comme le dit John Lyons,
« conceptualisation de l’espace physique et spatialisation des concepts ».
L’une des lacunes les plus évidentes en 1962 dans les études sur Pascal était celle
qui touchait à son écriture : il y avait bien eu, au début des années cinquante, les
travaux de Dom Jungo, de Mary Julie Maggioni, de Jean-Jacques Demorest, de
Patricia Topliss7, mais il manquait une grande thèse sur le sujet et il a fallu attendre
2008 pour qu’elle nous advienne sous la plume de Laurent Susini. Or l’un des ins-
pirateurs notables de cette thèse est Roland Meynet, explicitement invoqué dans le
chapitre consacré à la répétition dans les Pensées : « c’est un fait que les Pensées sont
tout entières parcourues par ces mêmes structures symétriques, partielles ou totales,

5.  OCM.
6.  Pensées, dossier XXIX dans l’édition des Pensées par Philippe Sellier, Paris, Classiques Garnier,
2010.
7.  Voir Mary Julie Maggioni, The Pensées of Pascal. A Study in baroque style, Washington, Catholic
University of America Press, 1950 ; Michel Jungo, Le Vocabulaire de Pascal étudié dans les fragments pour
une apologie. Contribution à l’étude de la langue de Pascal, Paris, D’Artrey, 1950 ; Jean-Jacques Demorest,
Dans Pascal, Essai en partant de son style, Paris, Minuit, 1953 ; et du même auteur, Pascal écrivain. Étude
sur les variantes de ses écrits, Paris, Minuit, 1957 ; Patricia Topliss, The Rhetoric of Pascal, Amsterdam,
Leicester University Press, 1966.
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qui caractérisent, selon Roland Meynet, la rhétorique sémitique8. » C’est donc une
chance pour nous que d’avoir pu entendre le P. Meynet lui-même d’abord rappeler
le grand principe : « la forme est la porte du sens » – principe qui justifie, s’il en
était besoin, que cette journée ait commencé par une réflexion sur l’ordre dans
les Pensées –, ensuite appliquer sa méthode à un texte auquel elle n’avait jamais
été systématiquement appliquée. On pouvait penser que le Mémorial travaillé en
tout sens avait livré l’essentiel de ce qu’il avait à dire, hormis l’intransmissible de
l’expérience, et voici qu’il est lu aujourd’hui en tant que texte d’une manière à la
fois inédite et rigoureuse. Il va incomber à chacun de reprendre à loisir les étapes de
la brillante démonstration du P. Meynet sur les structures spéculaires décelées dans la

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dispositio du Mémorial, mais d’ores et déjà on ne peut qu’être happé par l’impres-
sionnant enchâssement des réécritures qui intègre la transcription de l’expérience
mystique, les citations et allusions scripturaires, les reprises de l’Ancien Testament
par le Nouveau et le passage du papier à la copie sur parchemin. La congruence de
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l’expérience mystique et de la rhétorique biblique impose la question de sa genèse :


plutôt que d’invoquer l’imprégnation biblique de l’auteur humain, on se prendrait
presque à penser que Dieu a parlé par le Mémorial comme il a parlé par la Bible.
En abordant ces rivages transcendants, nous ne pouvons oublier que l’ultime grand
apport de ces cinquante dernières années a concerné la théologie pascalienne. Jean
Dagens avait risqué en 1951 la formule appelée à devenir fameuse : « le XVIIe siècle,
siècle de saint Augustin9 », mais c’est avec la thèse magistrale de Philippe Sellier en
1970 qu’une lumière décisive a été jetée sur l’inspiration théologique de Pascal. Sans
cet éclairage, il est probable que les deux communications en quelque façon symé-
triques de Jean-Louis Chrétien et de Tetsuya Shiokawa n’auraient pas été possibles,
car la miséricorde et la justice divines sont les deux aspects essentiels sous lesquels
Augustin appréhende l’économie de la grâce et le déroulement de l’histoire. Jean-
Louis Chrétien, dont le cœur pourtant penche davantage du côté de saint Bernard et
dont l’Augustin n’est pas celui de l’Augustinus, a su remarquablement rendre justice,
si j’ose dire, à la miséricorde divine chez Pascal : il l’a décrite comme « le principe
de toute révélation » et de toute action miséricordieuse de l’homme lui-même. La
difficulté vient de ce que cette miséricorde ne semble pas s’épancher sur tous et que
tous néanmoins doivent s’en croire l’objet ; en d’autres termes, il faut vivre comme
si l’on était du nombre des prédestinés tout en sachant que les prédestinés ne sont
qu’un petit nombre, le reste relevant de l’autre attribut divin qu’est la justice. La
justice de Dieu n’est pas vue alors comme justifiante mais comme punissante. Quel
est le rapport de cette justice divine à la justice humaine ? C’est la question que pose
l’exposé de Tetsuya Shiokawa – question absolument cruciale car elle engage deux
visions du monde, l’une où la créature porte l’image de son créateur, l’autre où plus
rien du créateur ne transparaît dans sa créature déchue. Encore un pas et la question
de la justice devient ontologique : l’être se dit-il univoquement de Dieu et de la créa-
ture ? Pour rester dans le domaine de la justice, il ressort dans un premier temps que
la justice humaine, finie, s’anéantit devant l’infini de la justice divine ; notre justice

8. L. Susini, L’Écriture de Pascal. La lumière et le feu. La « vraie éloquence » à l’œuvre dans les Pensées,
Paris, Champion, 2008, p. 600.
9.  Cahiers de l’Association internationale des études françaises, n° 3-5, 1953, p. 31.
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n’est plus que « notre misérable justice10 ». La justice de Dieu est donc « énorme »,
pour reprendre le terme d’une citation de Pascal11 commune à Tetsuya Shiokawa
et à Jean-Louis Chrétien, et cependant cette justice paraît « moins énorme » que la
miséricorde, puisqu’il est juste humainement de condamner des coupables – ce que
fait Dieu à l’égard de la massa perditionis – mais injuste humainement d’aimer des
hommes qui ne le méritent pas – ce que fait le Verbe en s’incarnant. C’est pourquoi
la communication de Tetsuya Shiokawa, après avoir évoqué « une solution de conti-
nuité entre le plan divin et le plan humain dans la conception de la justice », se conclut
sur cette assertion : « l’amour de Dieu dépasse infiniment la justice humaine. » Cet
excès d’amour qui « choque12 » (c’est le verbe employé par Pascal) le sens humain de

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la justice, j’en trouverais volontiers, pour terminer, le modèle dans la parabole évan-
gélique des ouvriers de la onzième heure : « Mon ami, je ne vous fais point de tort ;
n’êtes-vous pas convenu avec moi d’un denier pour votre journée ?  Prenez ce qui
vous appartient, et vous en allez : pour moi je veux donner à ce dernier autant qu’à
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vous. Ne m’est-il donc pas permis de faire ce que je veux ? Et votre œil est-il mauvais,
parce que je suis bon13 ? »
Mais pour ne pas vous retenir jusqu’à la onzième heure, je conclus ici ces conclu-
sions. Les colloques du tricentenaire abondaient en éloges de Pascal, dont il n’a que
faire. J’ai voulu terminer cette journée du trois cent cinquantenaire par un éloge
des pascaliens : c’est là une justice qui n’a rien d’« énorme » et un encouragement
à persévérer dans nos investigations, puisque nous sommes bien placés pour savoir
que « ceux à qui on ne donne point cet aiguillon d’envie et de gloire tombent dans
la nonchalance14 ».

Gérard Ferreyrolles
Université Paris-Sorbonne
UMR 8599 – CELLF 17e - 18e

10. S. 164.
11. S. 680.
12.  Ibidem.
13.  Mt 20, 13-15.Traduction Sacy de La Bible, éd. Ph. Sellier, Paris Robert Laffont, 1990.
14. S. 97.