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REVOLUTIONS SOLAIRES MEDIEVALES MODERNES ET

VARSHAPAL.

Dans un article précédent, nous avions décrit les révolutions solaires indiennes, ou
Varshapal et avions évoqué les similitudes avec les révolutions solaires telles qu'elles
étaient pratiquées en Occident. Ici, nous allons décrire, comment les anciens
interprétaient les RS ainsi que les différences entre les techniques médiévales, les
techniques modernes et le Varshapal.

Les révolutions solaires médiévales:

Contexte: il est important avant de comprendre le principe des RS traditionnelles, de


bien garder à l'esprit les éléments suivants:

1. La première horloge apparaît en Occident à la fin du XIII° siècle et se


généralise au siècle suivant. Compte tenu de son coût, les premières horloges
sont l'apanage des églises et des palais. Avant cette époque, on utilisait au
mieux le cadran solaire, ou plus simplement le soleil. Il est à noter que
jusqu'au VII° siècle, le cadran solaire était calqué sur les heures inégales.

2. Au Moyen Age, l'astrologie généthliaque est peu pratiquée. Cela est dû au fait,
qu'en l'absence d'horloge, on ignore l'heure de la plupart des naissances.
L'astrologie généthliaque ne prendra vraiment son essor, qu'à la fin du XIX°
siècle sous l'impulsion d'Alan Leo et de Sepharial. Avant l'astrologie pratiquée
était essentiellement horaire. Cela explique également pourquoi les anciens ne
nous ont pas laissé de thèmes d'exemple: ils n'en possédaient tout simplement
pas. Dans le Libro Conplido d'Abenragel, l'essentiel de l'ouvrage traite de
questions horaires. Seul le livre VI est consacré aux révolutions.

3. Si les gens du peuple ne connaissent pas leur heure de naissance, il n'en va pas
de même des princes et des nobles. En effet, à cette époque, le devenir de la
nation était lié à celui de ses gouvernants, comme cela l'a été depuis les
origines babyloniennes de l'astrologie. Les naissances de ceux appelés à régner
étaient donc scrupuleusement notées. On note d'ailleurs que les aphorismes
concernant les révolutions solaires étaient surtout destinées aux gens de
qualité, et non pas aux serfs ou aux personnes de basse extraction.

4. Bien entendu, au moyen-âge, on ne se déplaçait pas aussi facilement que de


nos jours, et on ne s'éloignait jamais beaucoup de son lieu de naissance. Les
princes quand ils se déplaçaient, le faisaient à l'intérieur d'une zone, qui ne
pouvait en rien modifier la position de la RS (on rappelle ici, qu'il faut environ
150 kilomètres pour modifier l'ascendant de 1°). L'on sait aussi que on n'a pas

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été en mesure de calculer efficacement les longitudes avant le début du XVIII°,
donc il était difficile dans ces condition à l'astrologue de suggérer une
relocalisation pour obtenir une meilleure révolution annuelle. C'est la raison
pour laquelle, la question de relocalisation pour l'anniversaire ne se posait pas.
Cette observation répond aux astrologues traditionnels qui prétendent que se
déplacer le jour de son anniversaire n'a aucun effet, parce que les anciens n'en
faisaient pas mention. En fait, ils ont fait d'une impossibilité technique une
règle à suivre scrupuleusement. Cela explique également pourquoi, les RS
indiennes, influencées par les techniques médiévales considèrent que le lieu
de naissance doit être pris pour monter la révolution.

La méthodologie employée:

Ici, nous nous baseront sur les écrits d'Abenragel. Abenragel était un astrologue
arabe du X° siècle, qui a compilé tout le savoir astrologique de son temps. Il reprend
les écrits de Messahallah, d'Abumazar et d'Al Kindi. Ces derniers, on le sait ont pour
leur part également puisé leurs sources chez les babyloniens, les chaldéens ainsi que
les grecs et les romains. Par la suite, ces techniques seront reprises au XVI° siècle par
Junction de Florence, sans y apporter de modifications sensibles. Mais il introduira
notamment la technique des chronocrates, prônée par Maternus. Les chronocrates
sont une succession planétaire, en fonction de la succession des planètes dans le
natal, comptées à partir de l'ascendant. A chaque planète est attribuée une durée
déterminée. On ne perdra pas de vue, qu'Abenragel n'est pas un théoricien, il n'a rien
apporté de neuf, mais il s'est contenté de rapporter le savoir des anciens.
On peut résumer la méthode d'analyse des anciens, d'une révolution solaire de la
manière suivante:

1. L'on va identifier en premier lieu le "Diviseur". Cette technique est basée sur
les directions primaires, telles qu'elles étaient pratiquées par Ptolémée,
Dorotheus de Sidon et les astrologues de la période hellénistique. Le diviseur
est le maître du terme dans lequel va tomber l'ascendant dirigé à un âge
donné. Rappelons que les termes sont une division inégale (entre 3° et 6°) de
chaque signe au nombre de cinq, chacun étant régi par une des planètes du
septénaire à l'exception des luminaires. Il est à noter qu'il existe plusieurs
versions, mais celle utilisée par Abenragel, fait référence aux termes égyptiens.
On note également l'importance de la planète qui participe au diviseur
appelée "planète participante". Cette planète est celle, qui est aspectée par
l'ascendant sur son arc de direction. En d'autres termes, quand l'ascendant
dirigé fait un aspect avec une planète, cette dernière participe au diviseur
(maître du terme où se trouve l'ascendant dirigé) jusqu'à l'aspect suivant. On
jugera de la qualité du diviseur et de la planète participante en fonction tout
d'abord de leurs positions dans le natal, ensuite en fonction de leurs positions
en révolution. Le jugement de l'astrologue portera en priorité sur le diviseur
avant d'étudier tout autre facteur. Il tiendra également compte des planètes
qui occupent la division (c'est-à-dire le terme où tombe la profection de
l'ascendant) dans la révolution.

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2. Le maître de l'année: c'est le maître du signe où tombe l'ascendant profecté.
Rappelons que la profection est la progression de l'ascendant à raison d'un
signe par an. Il est intéressant de noter que lorsque l'on domifie selon la
méthode, une maison = un signe (comme dans le système indien) le maître de
l'année reste le même au courant de la révolution solaire. Si l'on domifie selon
un autre système (Alcabitius et Porphyre, comme c'était le cas le plus courant
à cette époque), le maître de l'année change au courant de la révolution. On
analyse le maître de l'année, selon les mêmes principes que l'on a étudié la
force ou la débilité du diviseur.

3. Les fridaires: c'est une technique d'origine perse (comme d'ailleurs son nom
l'indique: fridaire est dérivé du mot "Farsi", persan). C'est un système avec
lequel, ceux qui connaissent le principe des dasas hindous sont familiarisés.
C'est tout simplement un mode de calcul des périodes planétaires. Toutefois,
leur calcul est beaucoup plus simple que celui des dasas, puisqu'ils sont basés
sur le fait que la naissance soit diurne ou nocturne. Aux planètes du
septénaire on ajoute la Tête du Dragon et la Queue du Dragon (Caput et
Cauda Draconis). Ces fridaires comportent, comme les périodes indiennes, des
sous-périodes. Si la séquence des fridaires est la même pour toutes les
naissances diurnes d'une part et nocturne de l'autre, leurs effets dépendent
bien entendu de la position des planètes concernées dans le natal au premier
chef.

4. Retour des planètes en révolution au lieu où elles se trouvaient ou se


trouvaient d'autres planètes au natal: une planète qui en révolution revient à
sa position natale renforce ce qui avait été promis à la naissance. Quand elle
arrive au lieu d'une autre planète, elle influe sur la signification de la dite
planète dans le thème de naissance.
Ce point est relativement simple à appréhender et ne nécessite pas
d'explication complémentaire. La position de l'ascendant annuel en maison
natale revêt également une importance particulière, mais dans le système, il
n'est qu'une composante de l'analyse parmi d'autres.

5. Le Maître du Cercle: c'est une technique qui n'a son équivalent ni en Jyotish, ni
en astrologie moderne. Elle est basée sur le système des heures planétaires. On
attribue à la première année de naissance, la planète qui régissait l'heure à
laquelle était né le natif. Ensuite, on suit l'ordre chaldéen des planètes (basé
sur leur vitesse, de la plus lente à la plus rapide). L'ordre chaldéen est le
suivant: Saturne, Jupiter, Mars, Soleil, Vénus, Mercure, Lune. Ainsi, une
personne née à l'heure de Mars verrait sa deuxième année d'existence régie
par le Soleil, la troisième par celle de Vénus et ainsi de suite. A l'âge étudié, on
analyse le maître du cercle de la même manière que l'on a évalué le diviseur,
le maître de l'année et le fridaire en cours. On note au passage, que si en
Jyotish, le Maître du Cercle n'a pas son équivalent, les indiens n'en connaissent
pas moins le principe des heures planétaires, qu'ils consultent dans le

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Panchanga (calendrier) principalement pour faire un "muhurta" (terme
sanscrit désignant l'astrologie élective). Les heures planétaires hindoues sont
exactement les mêmes que les heures planétaires en astrologie occidentale.

6. Les âges planétaires: ils sont les mêmes pour tout le monde. La séquence est
celle de la planète la plus rapide à la plus lente. L'enfant vit sous la Lune
jusqu'à l'âge de 4 ans, puis sous l'âge de Mercure de 4 à 14 ans et ainsi de suite.
Les astrologues occidentaux connaissent bien cette théorie des âges
planétaires. Leur application dans une révolution solaire est simple, il suffit de
prendre la planète qui gouverne l'âge du natif et de juger de sa force ou de sa
faiblesse dans le thème radical et dans la révolution.

L'on accorde également une importance essentielle, comme dans tous les thèmes de
l'époque à la Part Fortune, à l'Hyleg (qui est le signicateur de vie). L'analyse du Soleil
et de la Lune (surtout pour les révolutions nocturnes) prime sur les considérations
concernant les autres planètes.

Concernant la datation des événements, Abenragel ne parle que des transits, mais
Vettius Valens, Abumazar et Junctin avait introduit des périodes planétaires au sein
de la révolution. Ces périodes planétaires peuvent se calculer de deux manières: soit
en prenant la planète maîtresse de l'ascendant de la révolution et poursuivre en
suivant l'ordre chaldéen, soit en prenant le maître de l'ascendant et en suivant l'ordre
zodiacal (selon la position des planètes en révolution). Ces périodes peuvent être
égales comme chez Abumazar ou inégales comme chez Valens et Junctin. Ces
périodes rapportées à l'année sont généralement connues sous le nom d'hebdomades,
quand elles se calculent dans le sens zodiacal ou de chronocrates, quand elles se
calculent selon l'ordre chaldéen. Il est à noter que les chronocrates, sont une
technique similaire à celles des fridaires, en ce sens qu'elles dépendent du caractère
diurne ou nocturne de la naissance, mais si les fridaires suivent l'ordre zodiacal, les
chronocrates suivent l'ordre chaldéen. Ici, les périodes planétaires de la révolution ne
sont que les chronocrates et les fridaires rapportés à l'année.

Les RS modernes:

Volguine a été le premier à systématiser les révolutions solaires de la manière dont


nous les connaissons aujourd'hui. Son système a commencé à susciter un intérêt chez
les astrologues au courant des années 30.
Nous ne nous étendrons pas sur l'introduction des transsaturniennes, dont l'usage
s'est généralisé chez les astrologues modernes. On ne discutera pas non plus de
l'opportunité de leur usage. Pour certains, la taille de Pluton ne justifie pas que l'on
puisse l'utiliser dans l'interprétation, ce à quoi d'autres répondent que Pluton apporte
un éclairage supplémentaire et que de toutes façons, les nœuds ou les parts utilisés
en astrologie traditionnelle n'ont pas plus de poids qu'une planète, éloignée fût-elle
naine.
L'originalité du système initié par Volguine, par rapport au système médiéval, tient
au fait que l'analyse s'effectue en premier lieu par la superposition de l'ascendant de

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révolution sur le thème natal. La maison et le signe où tombe l'AS annuel sont de
toute première importance pour juger de la situation du natif au courant de l'année.
Il fait de même avec le Milieu du Ciel et avec les autres maisons de la RS. Ensuite, il
analyse la position de chacune des maisons de la RS selon leurs positions dans les
maisons natales. Il accorde une importance également au signe dans lequel se trouve
l'ascendant annuel. Il utilise les maîtrises selon les principes habituels. S'il mentionne
le retour des planètes à leur position natale, il n'y accorde qu'une importance
marginale. Il mentionne les périodes planétaires de la révolution de manière
anecdotique et ignore les termes et les heures planétaires, de même que l'Hyleg et la
Part Fortune. En conséquence, il n'utilise ni le Diviseur, ni le Maître du Cercle. Le
Maître de l'année a une importance secondaire par rapport au Maître de l'AS.
La datation se fait au moyen des transits et de la progression de l'ascendant de la
révolution au courant de l'année. Les périodes planétaires sont évoquées comme une
technique marginale.

Mais la grande idée novatrice, est qu'il suggère de se déplacer pour sa révolution
solaire afin de contrarier les influx planétaires négatifs. Il est vrai que l'époque à
laquelle il rédige sa "Technique des Révolutions Solaires", la situation est
complétement différente de ce qu'elle était au moyen-âge, quand les moyens de
transport étaient limités. Dans l'ouvrage cité, il prend en exemple le thème de
Blavatsky, qui comme on le sait a voyagé et résidé en Europe, en Amérique, en Asie
et en Afrique. Les exemples concernant Blavatsky, suffisent à convaincre le lecteur
de la supériorité du lieu où l'on passe son anniversaire sur le lieu de naissance.
L'on sait, pour les raisons précédemment exposées, que les anciens ne nous ont pas
légué de thèmes d'exemple. L'interprétation d'une révolution selon les techniques
médiévales, repose essentiellement sur une liste d'aphorismes, qu'il convient
d'appliquer dans telle ou telle situation. A l'inverse, les modernes utilisent les
statistiques pour valider ou infirmer leurs hypothèses. L'un des chapitres de
Technique des RS de Volguine est entièrement consacré à des statistiques concernant
le décès, tandis que ce dernier est traité par les anciens à l'aide d'une suite
d'aphorismes. Tous les astrologues ont entendu parler des statistiques de Gauquelin:
c'est en essayant de démontrer le caractère irrationnel de l'astrologie à l'aide de
statistiques que Gauquelin a changé d'avis. Les astrologues modernes (on ne fait pas
référence ici aux "astropsys" ou aux "astrologues karmiques", on parle bien entendu
des astrologues qui font de l'astrologie, c'est-à-dire de l'astrologie prédictive)
s'inscrivent dans une démarche à long terme de recherche, et ne se réfèrent plus à des
conceptions figées.

Aujourd'hui, les révolutions solaires sont redevenues en astrologie prédictive, une


des composantes essentielles de l'interprétation, mais elles s'analysent selon les
techniques d'interprétation moderne et non plus selon les techniques médiévales,
qui sont tombées en désuétude. Les praticiens modernes des RS ont supprimé, ce qui
selon eux, rendait complexe l'interprétation. La notion de diviseur, de maître de
l'année, de maître du cercle, les fridaires et les chronocrates rapportés à l'année ne
sont plus utilisés dans l'analyse. Même la Part Fortune n'est plus utilisée que de
manière marginale. En revanche, on a introduit une hiérarchie qui simplifie l'analyse.

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La superposition des maisons de la révolution aux maisons du thème natal, interdit
au praticien de considérer la révolution en elle-même, sans tenir compte du thème
radical. Par ailleurs, cette méthodologie permet également de rendre compte
d'événements anodins (comme la perte d'un document ou des épreuves pour les
amis par exemple) que l'on peine à identifier avec les techniques traditionnelles.

Le Varshapal: en étudiant la façon dont les anciens analysaient les révolutions


solaires, et en connaissant l'influence des astrologues perses et arabes sur l'astrologie
indienne, on comprend mieux l'originalité du Varshapal par rapport au système de
Parasara. On ne peut plus mettre en doute les influences arabo-persanes et
hellénistiques sur le système tadjik.
Dans une communication antérieure, nous avions souligné que les 3 points les plus
importants dans le Varshapal étaient le Muntha et son maître, le Maître de
l'ascendant et le Maître de l'année.

 Le Muntha en Varshapal n'est ni plus ni moins que la profection de


l'ascendant dans les révolutions médiévales. Si le Maître de l'ascendant
profecté est dans les RS médiévales, le Maître de l'année, en astrologie tadjik, il
est simplement l'un des candidats pouvant être le Maître de l'année.

 On a vu également que le signe où se trouvait l'ascendant de RS dans le thème


natal revêtait une signification particulière, bien que son importance soit
moins marquée en astrologie médiévale que dans le système moderne, où
cette configuration occupe une place prépondérante. Il en va de même en
astrologie tadjik, à ceci près que dans ce cas, c'est l'ascendant natal en RS qui
est considéré.

 On ne revient pas sur les fridaires, ni sur les chronocrates, qui ne sont que le
pendant occidental des périodes planétaires indiennes. Les deux techniques
ont peut-être une origine commune, mais l'antériorité du système indien ne
semble guère faire de doute. L'influence dans ce cas, aurait pu se faire dans le
sens inverse, à savoir, la transmission via les perses et les arabes des
techniques indiennes vers l'astrologie occidentale. Mais ce n'est bien sûr,
qu'une hypothèse.

 La datation dans les révolutions indiennes, se fait par les transits bien sûr
(comme dans les RS occidentales) mais surtout, et avant tout par les périodes
planétaires. Il a été évoqué dans un article précédent, les cinq dasas utilisés en
Varshapal. En astrologie médiévale, cela correspond aux chronocrates et aux
hebdomades. De la même façon que le mudda dasa et le yogini dasa ne sont
que des dasas portant sur la vie entière rapportés à l'année, il en va de même
avec les fridaires et les chronocrates.

On peut résumer les rapports entre l'astrologie Tadjik et les révolutions solaires
médiévales de la manière suivante:

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Système Tadjik Révolutions médiévales
Une maison = un signe Idem ou Porphyre ou Alcabitius
Dasas Chronocrates/Fridaires/Ages planétaires.
Pas d'équivalent Directions primaires
Muntha Profection
Maître du Muntha Maître de l'année
Pas d'équivalent Termes et diviseur
Aspects signe à signe Idem
Aspects bénéfiques et maléfiques Idem
Pas d'équivalent Maître du cercle
Dasas de l'année Périodes planétaires
annuelles/Hebdomades
Transits Transits
Sahams Part Fortune et Parts diverses

Nous comprenons donc aisément que le système indien et le système des astrologues
du moyen-âge ont beaucoup en commun. Nous avons vu également que la manière
moderne de traiter les RS est très éloignée de la méthodologie ancienne et du Tadjik.
Cela implique donc que chaque système, doit être traité avec ses propres références.
Pour cette raison, il est illusoire d'utiliser le système sidéral en appliquant les
principes d'interprétation moderne. Pour illustrer cela, nous prendrons l'exemple de
la position de l'ascendant annuel dans le thème radical. Ceux qui sont familiers des
RS, savent que l'ascendant annuel tombant en XII° maison natale présage une année,
sinon catastrophique du moins difficile. Utiliser cette indication en utilisant le
Varshapal pour l'interprétation (ou pour se relocaliser) se heurte à deux problèmes.
L'un concerne la précession des équinoxes, l'autre le fait que le système indien repose
sur le principe, une maison = un signe. Il est donc impossible d'utiliser le Jyotish tel
quel en utilisant les principes modernes des révolutions solaires. Ceci dit, cela ouvre
un vaste champ d'investigation à des chercheurs courageux, qui seraient prêts, à
remodeler complètement le système des révolutions solaires indiennes, en y
introduisant de nouveaux concepts, comme l'a fait Volguine avec le système
traditionnel.

De ce qui précède, on pourrait déduire que les révolutions solaires modernes sont
plus pertinentes et plus efficaces que les techniques anciennes et que le système
hindou. Ce n'est pas exactement le cas. Sans les travaux des anciens, Volguine
n'aurait pas pu mettre au point son système. Mais l'avantage le plus évident des
techniques modernes est la facilité de l'analyse, mais cela s'est fait en oubliant, peut-
être un peu rapidement, certaines règles de l'astrologie médiévales, qui mériteraient
d'être intégrées dans l'astrologie moderne. Ensuite, les techniques modernes en
tenant compte du lieu où se passe réellement l'anniversaire, et non plus du lieu de
naissance, nous ouvrent des possibilités, que les anciens ne soupçonnaient pas. Il est
d'ailleurs étonnant, que certains astrologues traditionnels préconisent les élections en
astrologie (ou le muhurta, qui est une branche essentielle du Jyotish) tout en se
refusant à prendre en compte la composante spatiale. Le principe des relocalisations
pour les révolutions solaires a provoqué un regain d'intérêt pour cette branche de

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l'astrologie, qui n'était au moyen-âge, qu'une technique supplétive d'interprétation.
Pour s'en convaincre, il suffit de juger de la place respective de l'astrologie horaire, et
du jugement sur les nativités d'une part et de la part occupée dans la littérature
astrologique par les révolutions solaires. Même en Inde, où la pratique astrologique
est très vivace, le Varshapal n'occupe au sein du Jyotish qu'une place anecdotique.
On peut donc affirmer, sans trop s'égarer, que ce n'est qu'après la rénovation des
techniques des révolutions solaires par les astrologues modernes, que des esprits
curieux, se sont penchés sur des techniques anciennes, qui autrement auraient
sombré dans l'oubli.

Eric GILLE. Septembre 2016.