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Contrôle non destructif

Ressuage

Principes physiques

Apparu dans l'industrie vers 1930, le contrôle par ressuage met en couvre un liquide
d'imprégnation vivement coloré dit « pénétrant » qui doit être appliqué sur la totalité des
surfaces à inspecter.

Les caractéristiques physico-chimiques de ce liquide lui permettent de pénétrer à


l'intérieur des anfractuosités de la matière et de s'y maintenir partiellement après que ce
liquide ait été entièrement éliminé de la surface extérieure de la pièce. L'application d'un
produit « révélateur » de couleur blanche sur cette surface débarrassée de l'excès de
pénétrant favorise l'extraction du liquide d'imprégnation contenu dans les défauts
débouchant qui « ressue » alors par diffusion dans ce révélateur.

Apparaît alors progressivement l'image fortement colorée et dilatée du défaut.


Simple à première vue, le contrôle par ressuage est en réalité d'une théorie compliquée qui
fait intervenir simultanément des phénomènes tels que

l'adsorption d'un liquide dans un solide

la diffusion d'un liquide dans un milieu poreux,

la capillarité d'un liquide dans des conduits de très faible diamètre ou largeur.

Les produits utilisés doivent également présenter un certain nombre de


caractéristiques essentielles dont :

une tension superficielle relativement faible,

une faible viscosité,

une inertie chimique,

une bonne solubilité pour certain d'entre eux,

une rinçabilité élevée,

un point éclair le plus élevé possible,

· une faible masse volumique pour les liquides d'imprégnation.

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Les mécanismes mis en jeu lors d'un contrôle par ressuage résultent donc de
plusieurs effets dont les principaux vont être succinctement énoncés et illustrés ci après.

La pénétration du liquide d'imprégnation dans les failles étroites et profondes qui


débouchent en surface de la matière résulte principalement de la conjugaison de deux de
ses caractéristiques qui sont sa mouillabilité et ses propriétés capillaires.

Lorsqu'une goutte de liquide est déposée sur une surface plane, on observe une
déformation de cette goutte comme indiqué sur la figure 3.

Cette déformation est caractérisée par l'angle de raccordement q que font les
surfaces liquide et solide aux points d'intersection des deux milieux. La mouillabilité
s'exprime en fonction de la valeur de cet angle

si q < 90° le liquide est mouillant (eau),

si q > 90° le liquide présente une faible mouillabilité (mercure).

La propriété qu'a un liquide tel que l'eau de s’étaler sur une surface plane et lisse
dépend des forces de cohésion qui agissent entre les molécules de ce liquide, donc de sa
tension superficielle a qui est la force par unité de longueur sur la surface de ce liquide ( s
en N.m-1 ).

C'est en fait la tension superficielle, caractéristique du liquide considéré qui va


s'opposer à l'étalement de celui-ci. Il apparaît donc qu'une bonne mouillabilité d'un liquide
d'imprégnation sur les surfaces à contrôler et sur les parois des failles de la matière à
détecter sera d'autant plus importante que la tension superficielle de ce liquide sera faible.

Toutefois la mouillabilité ne dépend pas seulement des caractéristiques du liquide


mais également de la rugosité et de la propreté des surfaces.

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L'adsorption du liquide d'imprégnation par les discontinuités de la matière
débouchant en surface repose pour une large part sur les phénomènes de capillarité.

En effet, si l'on considère


à nouveau les deux
liquides que sont l'eau et
le mercure placés dans
des récipients dans
lesquels sont plongés
deux tubes capillaires
identiques de très faibles
diamètres intérieurs
( Æ £ 0,2 mm figure 4 ),
on constate que l'eau monte dans le tube pour se stabiliser à un niveau h supérieur à celui
du liquide dans son récipient ( h > 0 ). En revanche, le même tube « repousse » le mercure
à un niveau h inférieur à celui qu'il occupe dans son récipient ( h < 0 ).

La différence de comportement des deux liquides peut être expliquée par la loi de
Jurin. En effet, lorsque l'on plonge un tube capillaire dans un liquide tel que l'eau, l'alcool ou
l'huile, on observe une ascension du liquide dans le tube sur une hauteur h.

Si l'on désigne par s la tension superficielle du liquide, en chaque point du ménisque


s'applique une composante tangentielle ascensionnelle égale à s.cosa lorsque l'équilibre
est atteint.

A ce moment, deux forces F et F' s'équilibrent. La force ascensionnelle F' est la


somme des composantes tangentielles de s sur la circonférence du ménisque soit

et elle est égale mais de signe opposé au poids du


liquide contenu dans le cylindre de hauteur h soit

Dans ces expression:

r = rayon interne du tube,

r = masse volumique du liquide

g = accélération de la pesanteur.

De l'identité F = F' on déduit la valeur de h soit

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Cette dernière expression révèle que la hauteur d'ascension « h » d'un liquide à
l'intérieur d'un tube capillaire ouvert à ses deux extrémités est proportionnelle à sa tension
superficielle s, inversement proportionnelle au rayon interne du tube r et à la masse
volumique du liquide r.

Dans ces conditions, pour optimiser le phénomène de capillarité lors d'un contrôle
par ressuage, on serait tenté d'utiliser des liquides d'imprégnation caractérisés par une
tension superficielle élevée et une masse volumique faible.

Dans la réalité nous avons vu qu'une tension superficielle importante s'opposait au


mouillage du liquide sur les surfaces à contrôler. Par conséquent un compromis devra être
adopté; les liquides retenus étant caractérisés par une tension superficielle relativement
faible.

Le tableau ci-après permet de comparer la tension superficielle et la masse


volumique de plusieurs liquides mouillants dont celles d'un pénétrant du commerce. Un
autre facteur à prendre en considération pour la détection des images de défauts est la
limite de visibilité de la couleur caractéristique du liquide d'imprégnation après que celui-ci
ait diffusé dans le produit révélateur.

D'après la loi de Beer, lorsque l'épaisseur d'une couche d'un produit coloré diminue,
la couleur de celle-ci disparaît assez brusquement pour une valeur critique ec de son
épaisseur telle que :

expression dans laquelle A et B sont des constantes, C concentration du colorant


dans le liquide et k un facteur caractéristique de ce colorant.

Tension superficielle s Masse volumique r


Nature de liquide
( mN.m -1 ) ( kg.dm -3 )
Eau 72 1,00
Alcool 23 0,78
Huile 31 0,89
Pénétrant Ardrox 985 P3 27,5 0,95
On voit que cette épaisseur critique sera d'autant plus faible que la concentration de
colorant sera élevée. Par ailleurs l'utilisation d'un révélateur à structure poreuse accroîtra
l'épaisseur de l'image du défaut à la surface de la pièce, augmentant ainsi la sensibilité de
l'examen.