Vous êtes sur la page 1sur 8

Pourquoi les Français portent­ils des bleuets le 11

novembre et les britanniques des coquelicots ?
Le Monde.fr | 11.11.2014 à 15h58 • Mis à jour le 11.11.2014 à 16h41 | Par Clément Martel (/journaliste/clement­martel/)

Si l'automne n'est pas la saison de la floraison, à l'occasion des célébrations du 11­Novembre, de
nombreuses fleurs décorent les monuments aux morts, les vestons et même la Tour de Londres,
presque ensevelie sous une avalanche de coquelicots. Si outre­Manche et dans tout le
Commonwealth, le « poppy » (coquelicot) est populaire, au point que le 11 novembre soit
communément appelé « Poppy day », en France, c'est une autre fleur que l'on arbore : le bleuet.

Lire : Les « poppies » déferlent sur la Tour de Londres (/europe/article/2014/11/08/les­poppies­
deferlent­sur­la­tour­de­londres_4520707_3214.html)

Ces deux fleurs sauvages ont continué à pousser dans la terre ravagée par les combats de la
première guerre mondiale. Et toutes deux font écho à un poème, les « Bleuets de France »
(http://fr.wikipedia.org/wiki/Bleuet_de_France) et « In Flanders fields »  (http://fr.wikipedia.org/wiki/In_Flanders_Fields) (« Dans
les champs des Flandres »). Mais pourquoi la France et le monde anglo­saxon se sont­ils
approprié ces symboles ?

Pourquoi le bleuet ?

Même si François Hollande l'épingle à sa boutonnière chaque 11 novembre depuis son élection,
le bleuet (http://www.defense.gouv.fr/actualites/articles/le­bleuet­de­france) est moins célèbre en France que son
pendant britannique. Outre le symbole de vie qui se poursuit malgré les obus, « bleuets » était le
surnom que les poilus donnaient aux nouveaux soldats, arrivant avec leur uniforme d'un bleu
horizon encore immaculé. C'est en 1925 que l'appelation devient un insigne, à l'initiative de deux
infirmières : Charlotte Malleterre et Suzanne Leenhardt créent le « Bleuet de France »
(http://www.bleuetdefrance.fr/) , qui vise à recueillir des fonds pour venir en aide aux mutilés de la Grande
Guerre. Les pensionnaires des Invalides confectionnent eux­même les bleuets en tissus vendus
ensuite à leur profit.
A compter de 1934, les fleurs réalisées par les anciens combattants sont vendues dans les rues, et
l'année suivante, l'Etat officialise la vente du bleuet le jour de l'Armistice. Et la fleur devient aussi le
symbole de l'insertion par le travail, chose toujours d'actualité, car désormais, les bleuets sont
fabriqués (http://france3­regions.francetvinfo.fr/lorraine/2014/11/11/le­nouveau­bleuet­de­france­desormais­fabrique­en­france­
589164.html) par des établissements réservés aux personnes en situation de handicap. Si la tradition
s'est lentement perdue, elle a fait son retour en 2012, après que Nicolas Sarkozy a fait adopter une
loi (http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000025413468) fixant au 11 novembre « la
commémoration de tous les morts pour la France » et non plus uniquement ceux de la première
guerre mondiale.

Pourquoi le « poppy » ?

Le coquelicot est un symbole (http://www.theweek.co.uk/uk­news/61167/remembrance­day­how­the­poppy­came­to­symbolise­
wwi) auquel sont attachés de nombreux Anglo­Saxons. Tiré d'un poème  (http://www.greatwar.co.uk/poems/john­
mccrae­in­flanders­fields.htm) écrit par un soldat canadien lors de la deuxième bataille d'Ypres, le « poppy
» a été adopté comme symbole en 1921 par la Royal British Legion (http://www.britishlegion.org.uk/) , une
association chargée des anciens combattants. Dès cette année­là, il commence à apparaître sur le
revers des vestes des Britanniques.

Jusqu'à aujourd'hui, la tradition du « poppy » persiste, en particulier au Royaume­Uni, où il serait
mal vu (http://www.france24.com/fr/20141110­premiere­guerre­mondiale­histoire­britanniques­coquelicot­veste­somme­bataille­
commemorations­11­novembre/) qu'un homme politique fasse une apparition la semaine précédent le 11
novembre sans arborer son coquelicot. Preuve de sa popularité : les sommes récoltées outre­
Manche frôlent chaque année les 50 millions d'euros, contre un peu plus d'un million en France.
Par ailleurs, pour célébrer le centenaire de l'entrée en guerre, la Tour de Londres s'est parée cette
année d'une œuvre monumentale composée de  888 246 coquelicots en céramique – un par
soldat de la Couronne tombé lors de la Grande Guerre. Et si l'installation doit être démontée et
vendue pièce par pièce après le 11 novembre, les appels se multiplient – à commencer par celui
du maire de Londres (http://www.standard.co.uk/news/london/tower­of­london­poppies­calls­for­first­world­war­exhibition­to­be­
extended­due­to­overwhelming­public­demand­9840130.html) , Boris Johnson – pour la conserver en l'état plus
longtemps.
Le Bleuet de France
Mise à jour : 17/06/2015 13:52 - Auteur : Marine Picat - Direction : DICoD
Le saviez-vous ? Derrière beaucoup de coutumes, usages, traditions et expressions militaires se cachent bien souvent
des anecdotes insolites, amusantes ou historiques. Alors pour étoffer votre culture générale et briller le matin devant vos
collègues à la machine à café, plongez-vous dans notre rubrique du mercredi. Aujourd’hui, la rédaction propose de vous
expliquer l’origine d’une œuvre caritative qui existe depuis maintenant 80 ans : « le Bleuet de France ».

Le Bleuet de France, c’est une œuvre caritative qui a un lien avec le monde militaire. Mais elle fait quoi exactement ? Pourquoi vendre
des bleuets ? Et pourquoi cette fleur ?

Tout d’abord, faisons les présentations : l’Œuvre nationale du Bleuet de France est une association reconnue d’utilité publique, placée
sous l’autorité de l’Office national des anciens combattants et des victimes de guerre. Elle recueille des fonds afin de financer les
œuvres sociales qui viennent en aide aux anciens combattants, aux veuves de guerre, aux pupilles de la Nation, aux soldats blessés
en opération de maintien de la paix et aux victimes du terrorisme.

Côté histoire, tout commence en 1925. Deux infirmières, Charlotte Malleterre, fille du commandant de l’Hôtel national des Invalides,
et Suzanne Lenhardt, veulent aider les mutilés de la Première Guerre mondiale. Elles organisent alors un atelier pour les
pensionnaires des Invalides, dans lequel ils confectionnent des fleurs de bleuet en tissu destinés à être vendus pour subvenir à leurs
besoins. Le bleuet devient alors un symbole de la réinsertion par le travail. Peu à peu, cette initiative se développe dans tout le pays.
La Nation veut témoigner de sa reconnaissance et venir en aide à ceux qui ont sacrifié leur jeunesse pour la France. Le 11 novembre
1934, 128 000 fleurs sont vendues dans les rues de Paris par les anciens combattants. Dès 1935, l’État décide de la vente officielle
du Bleuet chaque 11 novembre, et crée une seconde collecte le 8 mai 1957.

Mais finalement, pourquoi le bleuet ? Plusieurs raisons viennent expliquer le choix de ce symbole. La première viendrait tout droit
des tranchées : les Poilus appelaient alors « bleuets » les nouveaux soldats, fraîchement arrivés, portant un uniforme bleu horizon
encore immaculé. La deuxième rappelle que le bleuet, tout comme le coquelicot, continuait de pousser sur les champs de bataille
alors que la terre était quotidiennement retournée par les obus. Cette fleur était alors le témoignage de la vie qui continue au cœur
du chaos.
En novembre, le Bleuet de France est de retour
C’est en 1925, au sortir de la première guerre mondiale qui
laisse derrière elle plus de 20 millions de blessés et
d’invalides, que fleurit le bleuet de France dans un atelier de
l’Institution nationale des Invalides.
De cet atelier artisanal de confection de fleurs en tissu est
née une œuvre caritative unique en son genre qui a traversé le XXe siècle avec un objectif constant : soutenir les anciens
combattants et victimes de guerre.
Véritable symbole national du Souvenir, la vente du Bleuet permet aujourd’hui le financement d’actions sociales à
destination des victimes de combats et de leurs familles mais aussi la transmission de la mémoire comme véritable
vecteur de solidarité entre les générations.
Depuis près de 80 ans, les fonds collectés par l’Œuvre Nationale du Bleuet participent à l’amélioration du quotidien de plusieurs
milliers d’anciens combattants, de victimes de guerre ou d’attentats, d’hier et d’aujourd’hui, mais également à l’éveil de la
conscience citoyenne des jeunes générations (organisation d’expositions, de représentations théâtrales et cinématographiques
et voyages pédagogiques).

L’ensemble des services français au Royaume Uni est mobilisé en faveur de cette action. Héritier d’une
tradition de soutien aux victimes des conflits du XXe siècle, le Bleuet est aujourd’hui une manière de préparer
un avenir solidaire pour tous.
Pour soutenir ces actions, vous pouvez acheter un Bleuet au prix de mise en vente d’1 livre sterling ou 1
euro du mercredi 2 novembre au vendredi 11 novembre 2016 au Consulat général de France à
Londres, notamment.
Mais aussi dans de nombreux points de vente :
À Londres
 Ambassade de France à Londres
 Consulat général de France à
Londres
 Institut français de Londres
 Lycée Français Charles de Gaulle
 Collège français bilingue de Londres
 École de Battersea et Écoles des tout-petits
 De nombreux commerçants français à South Kensington
À l’extérieur de Londres
 Certains Consuls honoraires : Plymouth, Gibraltar, Glasgow
 Consulat d’Édimbourg
Auprès des associations françaises au Royaume-Uni :
AMAC, Souvenir Français, Français Libres, Ordre National du mérite, Londres Accueil.
Pour soutenir l’action du Bleuet de France ou en savoir plus : cliquez ici
Une députée propose le port du Bleuet sur
les maillots pour France-Suède
Par AFP — 7 novembre 2016

Fabrication d'un Bleuet de France, le 28 octobre 2014 à


Creuzier-le-Neuf Photo THIERRY ZOCCOLAN. AFP

Une députée propose le port du Bleuet sur les maillots pour France-Suède
La présidente de la commission de la Défense de l’Assemblée, Patricia Adam (PS), a appelé
lundi la Fédération française de football (FFF) à autoriser le port du Bleuet de France sur les
maillots de l’équipe de France le 11 novembre, lors du match contre la Suède.

Alors que «tous les morts pour la France» seront honorés lors de l’anniversaire de
l’Armistice de la Grande Guerre, «les commémorations seront guidées par le souvenir des
terribles épreuves endurées il y a un siècle par notre pays comme par celles connues il y a un
an lors des attentats du 13 novembre», a observé Mme Adam dans un communiqué.

Or, a souligné cette élue socialiste du Finistère, l’Œuvre nationale du Bleuet de France, qui
reçoit des soutiens sportifs, notamment des Ligues 1 et 2 de football, contribue à la prise en
charge des victimes de guerre et du terrorisme, ainsi que de leurs familles, via le fruit de ses
collectes.

Le port de cet insigne sur le maillot des joueurs de l’équipe nationale lors de France-Suède
vendredi, l’un des matches qualificatifs pour la Coupe du monde 2018, aurait «un écho
considérable pour le Bleuet de France, au service de la prise en charge des militaires blessés
et des victimes d’attentats», a plaidé cette députée à l’adresse de la FFF.

Cela «matérialiserait aussi et surtout l’unité de notre pays face aux épreuves du terrorisme»,
selon la présidente de la commission de la Défense.

Au Royaume-Uni, où porter un coquelicot (poppy) en hommage aux soldats morts de la


Première guerre mondiale est une tradition fin octobre/début novembre, l’affaire fait grand
bruit depuis l’annonce par la Fifa de possibles sanctions contre les équipes dont les maillots
seraient porteurs de ce symbole.

La Fifa proscrit tout message politique, religieux ou commercial sur les maillots des équipes
engagées dans ses compétitions.

Malgré les sanctions éventuelles, les Fédérations anglaise et écossaise de football ont d’ores
et déjà annoncé que les maillots de leurs joueurs arboreraient le fameux «poppy» vendredi à
Wembley.

La Première ministre britannique Theresa May a pour sa part qualifié la position de la Fifa
«de tout à fait scandaleuse», et une pétition contre cette interdiction a réuni plus de 300.000
signatures.

Quant à la Fédération galloise, elle a demandé la permission à la Fifa d’arborer le coquelicot


lors de son match des qualifications pour le Mondial-2018 contre la Serbie, le 12 novembre.