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ELALAOUI Jawad Vol6 N°1

ELALAOUI Jawad
FSJES Mohammedia,
Université Hassan 2- Casablanca.
elalaoui.jawad@gmai.com
Dépenses publiques et croissance économique au Maroc :
Causalité et impact

Résumé :Cette étude a pour objectif d’analyser la relation entre les dépenses publiques
et la croissance économique, elle a pour finalité d’étudier les liens de causalité entre les
dépenses publiques et la croissance économique au Maroc en utilisant des données
annuelles entre 1971-2016 en dégageant l’impact sur la production national.
Nous avons appliqué les techniques de moindre carrées ordinaire sur des séries en
logarithme pour dégager les élasticités. Cette procédure a montré qu'il existe
certainement une relation entre les dépenses publiques et la croissance au Maroc. En
utilisant les résultats de cette étude, l'augmentation des dépenses publiques au Maroc
entraine une augmentation de la production nationale, ce qui conduit à un
développement significatif de l'économie du pays, ce qui est confirmé par la théorie
keynésienne.

Mots clés : dépenses publiques; croissance économique ; causalité au sens de Granger.

Abstract: This study aims to shed light on the nature of the relationship between public
spending and economic growth in Moroccan context by testing the causal connections
between these two terms and their impacts on national production. These associations
were investigated using annual data gathered from 1971 to 2016. A sharp econometric
study was followed to study the relationship between these greatnesses.
We applied the techniques of lesser squared ordinary on series in logarithm to clear
(release) the elasticities. Elasticity was also verified using ordinary least squares (OLS).
This procedure showed a significant relationship between public spending and
Morocco’s economic growth. Indeed, the increase of the public spending in Morocco
leads to an increase of national production, which, in turn, leads to an important
economic development in Morocco.

Keywords: public expenditure; economic growth; causality in the sense of Granger.

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INTRODUCTION

Dans un contexte en perpétuelle mutation chaque Etat cherche à stimuler la croissance


économique à travers une manipulation optimale des politiques économiques.
La politique monétaire a pour objectif de garder la stabilité des prix ; tandis qu’elle est
conduite par des autorités de la banque centrale, elle s’échappe du pouvoir
discrétionnaire de l’Etat. Les autres objectifs de la politique économique (croissance
économique, plein emploi, équilibre extérieur…) restent fortement lié à la politique
budgétaire.
La politique budgétaire, en tant qu'outil de politique macroéconomique de stimulation
de la croissance et de stabilisation de l’activité économique, a fait l'objet de nombreux
débats entre les économistes ; elle constitue l’un des principaux piliers de la politique
économique ; dans la mesure où elle consiste à utiliser des instruments budgétaires
pour améliorer les indicateurs macroéconomiques, comme elle constitue au pouvoir
public un outil primordial pour l’accomplissement des fonctions d’allocation des
ressources, de la redistribution de richesse et surtout la stimulation de la croissance
économique.
Les discussions sur la relation entre les dépenses publiques et la croissance économique
n’est pas nouveau, il a été au centre des préoccupations des économistes classiques qui
voyait l’intervention de l’Etat dans l’économie par le biais des dépenses publiques
comme une source de déséquilibres du marché. Par contre les keynésiens accordent à
l’Etat un rôle prépondérant dans le processus de croissance par le moyen des dépenses
publiques ; dans le même sens, les nouvelles théories ont souligné l’importance de
l’investissement en capital humain qui provoque des externalités sur le reste de
l’économie.
A l’instar des pays en voie de développement le Maroc, s’est engagé dans une stratégie
de promotion de l’emploi pour un meilleur ciblage de l’investissement et pour plus de
cohésion sociale, par ce choix le gouvernement marocain à pour objectif d’atteindre une
croissance économique durable et soutenable. Il vise une stratégie globale préparant le
pays à la transition vers une économie axée sur l a recherche et développement, la
diffusion des technologies de l'information, et à l'intensification des réformes
structurelles pour améliorer la compétitivité et l'innovation.
Suite à ses orientations en terme de politiques budgétaire qui vise le développement
économique et social, le Maroc a vu ses dépenses publiques croitre au fil des années, il
est engagé dans plusieurs programmes d’investissement dans des différents
secteurs tel que l’éducation, la santé, l’infrastructure, le transport, et la communication,
visant à assurer le bien être du citoyen en préservant la qualité du service public rendu
Au Maroc, l’Etat intervient de plus en plus dans la sphère économique à travers sa
politique budgétaire par le bais des dépenses publiques, La part des dépenses publiques
dans le PIB a passé de 25.6% en 1990 a 33,2% du PIB en 2016. L'objectif de cet article
est d’analyser la relation théorique qui existe entre les dépenses publique et la

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croissance économique afin de procéder à une évaluation quantitative de l'impact de


ces dépenses sur la croissance en utilisant une modélisation économétrique.
Afin de mieux comprendre les tenants et aboutissants de la croissance économique
selon la littérature, la première partie de cet article traite des principales contributions
de la théorie classique ; keynésien et la théorie de la croissance endogène qui regroupe
plusieurs économiste qui ont consacré la majorité de ses travaux dans la recherche de la
relation entre capital public et croissance économique. Ensuite, nous mettons l'accent
sur le rôle des dépenses publiques en tant que mesure potentielle pour stimuler la
croissance économique.
L'objectif final est d'évaluer le sens de causalité entre les dépenses publiques et la
croissance économique afin de mesurer la capacité de ces dépenses à impacté
positivement la croissance.

1 REVUE DE LITTERATURE

Une étude pertinente de la littérature théorique et empirique permettra de mieux


comprendre la relation entre les dépenses publiques et la croissance économique ce qui
nous aidera à élaborer un champ théorique pour mieux analyser empiriquement cette
relation.

Généralement, la théorie de la croissance économique traite la tendance à long terme de


la croissance économique ainsi que la trajectoire de croissance potentielle (Branson,
2002). L'objectif est de mettre l’accent sur les facteurs qui mènent à la croissance
économique au fil du temps et analyser les rapports de force qui permettent à certaines
économies de croître rapidement, certaines lentement et d'autres non plus. Les
premières théories de la croissance ont mis l'accent sur différents aspects de l’économie,
prenant par exemple, les mercantilistes qui ont mis l'accent sur la balance commerciale
excédentaire, les physiocrates qui ont soulignés l’idée que l'agriculture est la source de
toutes les richesses tandis que les cameramistes ont mis en évidence le rôle de la
fiscalité et la réglementation étatique pour avoir une économie forte (Lombardini,
1996).

La vision des économistes classiques de l'impact des dépenses publiques sur la


croissance économique s'oppose à celle du courant keynésien. L’analyse classique est
fondée sur l'argument selon lequel une augmentation des dépenses gouvernementales
n'entraînera pas d'augmentation de la production nationale. Ainsi, les dépenses
publiques sont considérées comme une source de déséquilibre du marché, qui construit
un frein au développement de l'économie d'un pays, plutôt que comme une force
motrice de la croissance économique comme l'ont souligné les économistes keynésiens.
Les économistes classiques croient aux pouvoirs magiques de la main invisible
(autorégulation du marché) pour garantir l'équilibre du plein emploi dans une
économie.

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Selon les classiques, l’Etats ne doit pas intervenir sur le marché et l'économie devrait
être laissée à elle-même. En effet, ils considèrent que l'intervention de l’Etat dans
l'économie est un problème sérieux qui peut freiner la croissance et entraîner une baisse
de la production. Par conséquent, les économistes classiques soutiennent l’idée que
l'État devrait se limiter à ces fonctions essentielles à l'existence de la société afin
d'assurer le maintien de ses rôles en termes de sécurité, justice et diplomatie.

Les keynésiens considèrent la demande comme une condition préalable à la croissance,


par conséquent, leur analyses concluent que les politiques de gestion publique de la
demande peuvent et devraient être utilisées pour améliorer la performance
économique. Dans le modèle keynésien, l'augmentation des dépenses publiques
entraînent une croissance économique plus élevée.

Plusieurs économistes ont discutés la relation entre les dépenses publiques et la


croissance économique, Keynes était parmi les plus notés avec son point de vue
apparemment contrasté sur cette relation, il considère les dépenses publiques comme
un facteur exogène qui peut être utilisé comme un instrument politique favorisant la
croissance économique. La pensée keynésienne stipule que les dépenses publiques
peuvent contribuer positivement à la croissance économique. Par conséquent, une
augmentation de la consommation publique entraînera probablement une augmentation
de l'emploi, de la rentabilité et de l'investissement grâce à des effets multiplicateurs sur
la demande globale. En conséquence, les dépenses publiques augmentent la demande
globale, ce qui provoque une augmentation de la production nationale.

Le modèle de croissance néoclassique (Solow 1956), considère que les dépenses


publiques n'avaient aucun impact à long terme sur le taux de croissance économique.
Les modèles de croissance néo-classiques suggèrent que les politiques budgétaires ne
peuvent pas entraîner des changements dans la croissance à long terme de la
production, tandis que, les économistes néo-classiques croient que le taux de croissance
à long terme dépend de la croissance démographique, du taux de croissance de la
population active et du taux de progrès technologique déterminé de façon exogène.

Initialement développé dans les travaux de Solow (1956) et Swan (1956), le modèle de
la croissance économique de Solow évalue l'effet de l'épargne, de la croissance
démographique et de la technologie sur la croissance du PIB. Il repose sur plusieurs
hypothèses essentielles, en particulier l'hypothèse que les prix des facteurs sont
flexibles à long terme et répondent à une demande excédentaire, ce qui permet la
substitution des facteurs par les entreprises en réponse aux changements des prix
relatifs des facteurs. L'agrégation de cette réponse par les entreprises de l'ensemble de
l'économie entraînerait des changements dans les proportions des facteurs utilisés pour
générer des extrants.

Barro (1989) dans son modèle de croissance endogène soutient que la croissance du PIB
est négativement liée aux dépenses de consommation du gouvernement. Il soutient en

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outre que la consommation publique introduit des distorsions, mais ne fournit pas un
stimulus compensateur pour l'investissement et la croissance. En outre, il a déclaré qu'il
y avait peu de relation entre la quantité de dépenses d'investissement du gouvernement
et la croissance. L’étude de 1990 confirme que les dépenses publiques consacrées à
l'investissement et aux activités productives contribuent positivement à la croissance,
tandis que les dépenses publiques de consommation entrainent un ralentissement de la
croissance. Cependant, il est difficile de déterminer quelles catégories de dépenses sont
particulièrement classées en tant qu'investissement ou consommation dans le travail
empirique.

Depuis 1959, lorsque Richard Musgrave (1989) a publié « la théorie des finances
publiques », il est devenu une tradition de classer les fonctions gouvernementales en
trois classes, allocation, stabilisation et de redistribution. Selon Musgrave la poursuite
des trois fonctions est supposée générateur automatique de croissance à long terme.

Il existe un certain nombre d'études publiées essayant de trouver la relation entre les
dépenses publiques et la croissance économique dans les pays développés et en
développement. Ces études ont utilisées des différentes théories et des différentes
méthodes de recherche pour spécifier le modèle ; les résultats obtenus ont montrés que
l'effet des dépenses publiques sur la croissance économique peut être négatif, positif ou
même nul.
En relation avec la loi de Wagner, il y a eu plusieurs interprétations, la littérature
empirique est remplie de tests économétriques confirmant sa validité. Dans une étude
de 52 pays regroupés selon leur PIB par habitant sur la période (1952-1962), Thorn
(1972) a réalisé l'une des premières études dans laquelle un soutien empirique à la loi
de Wagner a été trouvé. Les résultats empiriques des recherches ultérieures ont
également confirmé la validité de la loi de Wagner dans les pays en développement à
savoir Murthy (1981) pour l'Inde; Nagarajan et Spears (1990) pour le Mexique et les
pays développés ; Michas (1975) pour le Canada, Vatter et Walker (1986) pour les États-
Unis, Gyles (1991) pour le Royaume-Uni et Nomura (1995) pour le Japon.
Baffes et Shah (1993) ont tentés d'observer la relation entre les différents types de
dépenses publique et la croissance économique. Les auteurs ont conclu que l'élasticité
par rapport aux dépenses en capital humain est la plus élevé et celle par rapport aux
dépenses en infrastructure est la plus faible. Ils ont montrés qu’il ya une élasticité
négative par rapport aux dépenses militaires. L’étude a mis en évidence d’avantage le
rôle des dépenses publiques d’investissement en capital humain pour stimuler la
croissance économique en soulignant les effets négatives des dépenses militaires.
Ghura (1995), exploitant des séries chronologiques groupées et des données
transversales pour 33 pays d'Afrique subsaharienne étalés sur la période de 1970-1990,
a montré l'existence d'une relation négative entre la consommation publique et la
croissance économique.

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Kweka et Morrissey (2000) ont souligné que les conditions macroéconomiques


défavorables sont responsables de la faible croissance économique en Tanzanie, l'étude
a conclu qu'une augmentation des dépenses d'investissement est résultat d’un faible
niveau de croissance en Tanzanie et que les dépenses publiques de consommation sont
positivement liées à la croissance économique.
Fan et Rao (2003) ont montrés que les effets des différents types de dépenses publiques
sur la croissance économique dans différents continents sont mitigés. En Afrique, les
dépenses publiques en matière de santé et d'agriculture affectent de manière
significative la croissance économique. En Asie, les investissements dans l'éducation,
l'agriculture et la défense ont un fort impact sur la croissance économique. Cependant,
en Amérique latine, tous les types d'investissements publics, à l'exception de la santé,
ont contribués à la croissance économique.
Des recherches plus récentes, utilisant des techniques économétriques avancées pour
étudier les relations à long terme et à court terme entre les dépenses publiques et la
croissance économique, ont montrés des élasticités à long terme proches de 1 (Arpaia et
Turrini, 2008) ou supérieures à un (Akitoby, Clements, Gupta et Inchauste, 2006). En
outre, l'introduction du test de causalité non linéaire a permet de fournir de fortes
conclusions sur lesens de causalité entre les dépenses publiques et le revenu national.
Karagianni et Pempetzoglou (2009) ont soutenu que les tests positifs de la loi de
Wagner, où la causalité non linéaire existe, suggèrent une relation plus dynamique et
complexe entre les dépenses publiques et le revenu. En effet, une telle complexité est
peut-être plus représentative de la réalité, d'où l'accent mis dans cette étude sur le test
de causalité non-linéaire.
Nurudeen et Usman (2010) ont remarqué que l'augmentation des dépenses publiques
ne se traduit pas par un développement significatif en Nigeria. Utilisant une méthode
d'analyse désagrégée, ils ont étudié l'effet des dépenses publiques sur la croissance
économique au Nigeria entre 1970 et 2008 et ont constaté que les dépenses
d'investissement totales du gouvernement, les dépenses récurrentes totales et les
dépenses d'éducation ont un effet négatif sur la croissance économique; alors que les
dépenses publiques en matière de transport; de communication et de santé ont des
effets positifs sur la croissance économique.
Hind Tahtah (2013) a trouvé, pour le cas Marocain sur la période (1970-2008), que les
dépenses publiques en formation du capital humain et en investissement agissent
positivement sur la croissance économique, alors que les dépenses budgétaires en
consommation ont un effet négatif sur l’activité économique. En appliquant le test de
causalité de Granger, l’auteur a montré que toutes les natures des dépenses publiques
causent la croissance économique, et que la loi de Wagner n’est pas vérifier pour le cas
Marocain.

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2 ETUDE EMPIRIQUE : CAS DU MAROC


2.1 SPECIFICATION DU MODELE ET PRESENTATION DES DONNEES
2.1.1- SPECIFICATION DU MODELE

Afin de tester empiriquement l'impact des dépenses publiques sur le taux de croissance
économique au Maroc, nous utiliserons une version modifiée du modèle de Ram (1986)
basé sur une fonction de production à deux secteurs; le secteur privé P et le secteur
public G. La production dans le secteur public dépend des apports de la main-d'œuvre, L
et du capital, K, tandis que la production dans le secteur privé dépend en plus des
facteurs K et L, les effets externes de la taille du secteur public.
Ram (1986) a utilisé la fonction de production à deux secteurs suivant:

P= P(Lp , Kp, G) (1)

G=G(Lg, Kg) (2)

Dont P: le secteur privé, G le secteur public, L : le travail1, K le capital2


La production nationale totale est donc définie comme :

Y= C + G (3)

Ram (1986) et (Rao, 1989) ont montré que les productivités marginales du travail et du
capital dans le secteur gouvernemental sont de 1+δ plus que les productivités des
facteurs correspondantes dans le secteur privé.
Le modèle suppose que la productivité des facteurs travail et capital est constante dans
les deux secteurs.

Soit = =1+δ (4)

Après le calcule de la différentiel pour P et G, la fonction devient :

dY= PKdK + PLdL + +PGdG (5)

dY= PKdK + PLdL +dG(PG + ) (6)


Où PK, PL et PG représentent les productivités marginales dans le secteur privé (Rao
1989).
Posant α1=Pk, α2= et dK=I dont I est l’investissement, l’équation (6) peut s’écrit :

(7)

1
LP + LG = L
2
KP + Kg = K

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Si le gouvernement affecte la consommation avec une élasticité constante de telle sorte


que:
P= P(Lp , Kp, G)
On peut écrire que :

(8)

On remplace cette expression sur équation (7) et on obtient :


(9)

En simplifiant l’équation on obtient :


(10)

Si on pose la restriction suivante on obtient :

(12)
Le modèle économétrique obtenue est le suivant :
(13)
On pose :

LogPIB : logarithme du produit intérieur brut

LogINV : logarithme de l’investissement privé

logPOP : logarithme de la population

LogDP: logarithme des dépenses publiques

Le modèle à estimer sera :

LogY = α0 + α1 logINV + α2 logDP + α3 logPOP + ɛi (14)

2.1.2- PRESENTATION DES DONNEES


Dans cette étude, les données seront annuelles couvrant la période 1971-2016. Suite à
la littérature, nous utilisons le logarithme du PIB réel, logarithme de l’investissement
privé mesuré par la Formation brut du capital fixe, le logarithme des dépenses
publiques .Puisque les données sur la main-d'œuvre totale (L) ne sont pas facilement
disponibles sur la période que nous employons, nous utilisons le logarithme de la
population totale.
Les données proviennent des comptes nationaux du Haut Commissariat au Plan (HCP),
du ministère des finances, et de la banque mondiale .
Pour mieux analyser l’évolution dans le temps de ces variables, il convient de
représenter leurs séries afin de distinguer leurs différentes phases.

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Graphe 1 : Evolution en volume du PIB, dépenses publiques et investissement


privé 3
1E+12

8E+11

6E+11

4E+11

2E+11

0E+00
1975 1980 1985 1990 1995 2000 2005 2010 2015

Y DP INV

On remarque d’après le graphique que le PIB, les dépenses publiques et l’investissement


privé évoluent dans le même sens durant la période 1971-2016. Le produit intérieur
brut a évolué avec un rythme moyen annuel de 4.3% passant de 137 milliards de
dirhams en 1971 à plus de 902 milliard de dirhams en 2016. Les dépenses publiques et
l’investissement privé ont connu une augmentation moyenne annuelle de 9% et 8.7%
respectivement.
Graphe 2 : Taux de croissance annuel du PIB, dépenses publiques et
investissement privé
.8

.6

.4

.2

.0

-.2
1975 1980 1985 1990 1995 2000 2005 2010 2015

TXY TXINV TXDP

3
Source de données : site web de la banque mondiale

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Le taux de croissance du PIB est caractérisé par une évolution en dents de scie
enregistrant des hauts et des bas selon la conjoncture économique. Le PIB marocain
dépend essentiellement des fluctuations de la compagne agricole qui est elle-même
dépend des changements climatique.
Depuis l’indépendance, le Maroc s’est concentré sur la réalisation d’une croissance
économique soutenue visant l’amélioration du bien être de la population, c’est pour cela
qu’il s’est engagé dans plusieurs programme optant pour le développement économique
et social, ce qui justifie l’accroissement des dépenses publiques au fils des années pour
faire face au financement des différents programmes économique de développement.
2.2 ESTIMATIONS DES MODELES ET INTERPRETATION DES RESULTATS
3.2.1 Etude de Stationnarité
Les résultats du test de racine unitaire de Dickey-Fuller, obtenus à l’aide du logiciel
Eviews, sont récapitulés dans le tableau suivant :
Tableau 1 : résultats des tests de stationnarité (annexe1)

T-statistique et T-statistique T-statistique


Variables probabilité Du modèle Du modèle sans Résultat
[2] avec trend trend sans
Du modèle [3] constante
avec trend et
constante
logY -3.926697 -0.485628 - Non
0.0195 0.8835 stationnaire
Processus DS
LogDP -3.051657 -3.228151 7.046149 Non
0.1302 0.0248 1.0000 stationnaire
Processus DS
LogINV --3.780573 -0.829653 - Non
0.0271 0.8008 stationnaire
Processus DS
LogPOP -3.730988 -2.680181 1.504042 Non
0.0310 0.0861 0.9651 stationnaire
Processus DS
Source : Auteur,Eviews (voir annexe1)

Selon les résultats du test de racine unitaire de Dicky Fuller, on constate que chaque
série des variables étudiées n’est pas stationnaire, d’ailleurs elle suit un processus DS
(Differency Stationnary).
Suite aux résultats obtenus, toutes les variables sont stationnaires en différence
première sauf la variable POP qui est stationnaire en troisième différence.

Dépenses publiques et croissance économique au Maroc : Causalité et impact 90


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3.2.2- Etude de Causalité

Les résultats du test de causalité (annexe2) réalisés par Eviews montrent que toutes les
variables causent le produit intérieur brut à risque de 5%. Cela justifie la relation
keynésienne qui existe entre le PIB d’un coté et l’investissement privé, les dépenses
publiques ainsi le capital humain d’un autre coté.
Le test de causalité au sens de Granger a permet de déduire, que les dépenses publiques
causent l’investissement privé ce qui explique le rôle des dépenses en infrastructure,
télécommunication, capital humain…etc dans l’encouragement de l’investissement privé.
Concernant la relation entre le capital humain et les dépenses publiques, ce test montre
que le facteur humain est causé par les dépenses publiques, ce qui confirme la relation
théorique développé par les nouvelles théories de la croissance, sur les externalités
positive des dépenses publiques d’où l’importance de l’investissement publique en
capital humain par le biais des dépenses en éducation.
Le tableau ci-dessous représente les résultats de l’estimation du modèle développé dans
la partie théorique.
Tableau 2 : résultat de l’estimation du 1ér modèle4

Variable Coefficient T-statistique Probabilité


Dlogdp 0.0332 0.463 0.6457
Dloginv 0.2627 7.152 0.0000
D3logpop 1.5033 3.992 0.0003
C -0.4496 1.334 0.1893
R²=0.9926
Source : Auteur, Eviews
Le coefficient d’ajustement R² montre que la variation les variables exogènes explique
de 99% la variation de variable endogène.
D’après les résultats de l’estimation, on remarque que le coefficient de la variable
dépenses publiques (DP) et la constante ne sont pas significatives à risque de 5% ; nous
procéderons alors à l’estimation d’un modèle sans constante.
Le tableau suivant résume les résultats du modèle sans constante:
Tableau 3 : résultat de l’estimation du 2éme modèle5

Variable Coefficient T-statistique Probabilité


Dlogdp 0.1271 8.7246 0.0000
Dloginv 0.2524 6.9648 0.0000
d3logpop 1.0039 266362 0.0000
R²=0.9923
Source : Auteur, Eviews

4
Voir annexe 3
5
Voir annexe 4

Dépenses publiques et croissance économique au Maroc : Causalité et impact 91


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Le coefficient de l’ajustement R²=0.99 montre que la variation des dépenses publiques,


investissement privé et capital humain explique de 99% la variation du produit intérieur
brut (PIB).

Le modèle est statistiquement significatif à risque de 5% dans sa globalité ; toutes les


variables explicatives sont significativement différentes de zéro, ce qui confirme la
relation, initialement développé dans la partie théorique entre les dépenses publiques,
l’investissement privé, le capital humain et la production nationale.

Les coefficients des variables explicatives sont positifs ce qui montre que les dépenses
publiques, l’investissement privé et le capital humain ont un impact positif sur le PIB.
Les dépenses publiques ont un impact positives sur la croissance économique,
l’augmentation des dépenses publiques de 1% permet de contribuer à la croissance du
PIB de 0.12 %, cela nous ramène à confirmer la théorie keynésienne qui stipule que
l’Etat doit soutenir l’économie en augmentant les dépenses publiques. Cette
augmentation qui booste la demande effective, ce qui impact positivement le niveau de
production ainsi la croissance et l’emploi.

Les résultats de la modélisation révèlent que le PIB est positivement et influencé par
l’investissement privé. L’augmentation de 1% de l’investissement privé entraine une
augmentation de 0.25% du PIB; cela montre que l’Etat doit dépenser plus en
infrastructure et procédure administratif pour encourager l’investissement privé local et
attiré les investissements étrangers.

Le capital humain a son tour, un impacte significative sur le PIB, il constitue un facteur
déterminant de la croissance économique. D’après les résultats de l’estimation, l’impact
de la population active apparait plus remarquable que celui des dépenses publiques et
d’investissement privé.
Afin d’améliorer les résultats obtenus, nous avons essayé d’ajouter des variables
qualitatives qui ont marqué l’histoire de l’économie marocain à savoir le plan
d’ajustement structurelle (PAS) adopté dans les années quatre-vingt et la politique de
libéralisation(LIB) suivi dans les années quatre-vingt-dix.
Le plan d’ajustement structurel(PAS) a eu un effet négatif sur les dépenses publiques à
cause des réformes qui ont été engagées, ayant trait aux finances publiques, à la
politique monétaire, au commerce extérieur, à la politique des prix, et à la
restructuration des instruments d'intervention économique de l'Etat.

Cependant la politique de libéralisation(LIB) a eu un effet positif sur les dépenses


publiques grâce aux ressources de la privatisation de plusieurs institutions Etatique.

Dépenses publiques et croissance économique au Maroc : Causalité et impact 92


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Le tableau ci-dessous récapitule les résultats obtenus :


Tableau 4 : Estimation du 3éme modèle

Variables Coefficients T-statistique Probabilités


dlogdp 0.1339 8.9744 0.0000
dloginv 0.2237 5.5269 0.0000
d3logpop 1.0364 24.0164 0.0000
PAS -0.0391 -1.9312 0.0604
LIB 0.0561 1.9606 0.0567
R²=0.9932
Source : Auteur, Eviews

L’ajout du PAS et de la LIB comme variables qualitatives à l’estimation du modèle n’a pas
influencé la qualité de la régression.
Les statistiques de Student montre que les Trois premières variables sont validées à
risque de 1% et les deux dernières variables explicatives sont valideés à risque de 6%,
donc le modèle est accepté globalement d’un point de vue statistique.
L’équation estimée traduit des dynamiques de long terme. La variation de la production
nationale est expliquée à hauteur de 99%, à long terme le PIB peut être expliqué par les
dépenses publiques, l’investissement privé auxquelles s’ajoutent le capital humain.
Les résultats révèlent que l’élasticité revenu/dépenses publiques est de 0.13, cela
montre que sous l’effet de l’augmentation des dépenses publiques, la production
national augmente mais moins proportionnellement que les dépenses publiques.
L’augmentation des dépenses publique de 1% entraine une augmentation de 0.13% de
la production nationale.

Cela peut être expliqué par le fait que ce n’est pas toutes les natures des dépenses
publiques ont un impacte positive sur la croissance économique, il existe des dépenses
qui peuvent influencer positivement d’autre négativement la croissance économique.
Les dépenses publiques ont un effet indirect sur la production nationale à travers
d’autres grandeurs affectant directement la croissance économique.
L’augmentation de l’investissement privé de 1% entraine une augmentation de la
production nationale de 0.22%.

L’adoption du plan d’ajustement structurelle dans les années quatre-vingt a eu un


impact négatif sur la croissance économique, la baisse des prix du phosphate, la hausse
du dollar et des taux d’intérêt, en 1983, font naître une pression énorme sur les réserves
de change, le Maroc s’est retrouvé dans l’obligation d’adopter un programme de
stabilisation et d’ajustement structurel dicté par le FMI et la banque mondiale.
L’adoption de ce plan est traduite par une réduction du volume des dépenses publique
qui a conduit à une baisse de demande et donc la production nationale.

Dépenses publiques et croissance économique au Maroc : Causalité et impact 93


ELALAOUI Jawad Vol6 N°1

La politique de libéralisation suivi dans les années quatre vingt dix a contribué à
l’augmentation des recettes de l’Etat grâce a la politique de privatisation, cette
augmentation des recettes est traduit par une augmentation du volume de la commande
publique et donc la demande et la production.

CONCLUSION

L’objectif principal de ce document de recherche a été d’étudier la relation entre les


dépenses publiques et la croissance économique au Maroc. D’après les résultats obtenus
de l’estimation des différents modèles, on peut déduire que les dépenses publiques et les
investissements privé agissent positivement sur la production nationale et donc sur la
croissance économique. L’Etat doit donc augmenter ses dépenses publiques afin de
booster la croissance économique d’une manière directe par la demande effective et
d’une manière indirecte par l’encouragement de l’investissement privé en investissant
en infrastructure, télécommunication, éducation, santé…etc.
Les résultats du test de causalité au sens de granger montre que les dépenses publiques
et l’investissement privé ont une causalité en double sens, l’augmentation des dépenses
publiques entraine une augmentation de la demande sur le marché, cette demande sera
satisfaite par le secteur privé en augmentant l’investissement privé. Au sens contraire,
une augmentation de l’investissement privé entraine une augmentation des dépenses
publiques pour satisfaire les besoins du secteur en matière de bien publiques.
L’investissement privé influence positivement la croissance économique, les résultats du
modèle estimé montrent que l’investissement privé a un impact plus important sur la
production nationale que celui des dépenses publiques.
Les résultats obtenus montrent également que le facteur humain joue un rôle primordial
dans le processus de croissance économique, l’Etat doit investir de plus dans la
formation du capital humain d’où le rôle du facteur travail dans la fonction de
production.
Le modèle retenu montre que l’économie marocaine peut être vue d’un ongle Keynésien
qui stipule que les dépenses publiques et l’investissement privé ne peut que
promouvoir la production nationale d’où l’importance de ses deux facteur dans la
stimulation de la croissance économique par le biais de l’effet multiplicateur.

Dépenses publiques et croissance économique au Maroc : Causalité et impact 94


ELALAOUI Jawad Vol6 N°1

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Dépenses publiques et croissance économique au Maroc : Causalité et impact 95


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Dépenses publiques et croissance économique au Maroc : Causalité et impact 96


ELALAOUI Jawad Vol6 N°1

Annexes
Annexe 1 : Test de racine unitaire : Test de Dicky Fuller

LogY
Modèle [3] avec trend et constante
Null Hypothesis: LOGY has a unit root
Exogenous: Constant, Linear Trend
Lag Length: 3 (Automatic - based on SIC, maxlag=9)

t-Statistic Prob.*

Augmented Dickey-Fuller test statistic -3.926697 0.0195


Test critical values: 1% level -4.192337
5% level -3.520787
10% level -3.191277

*MacKinnon (1996) one-sided p-values.

Augmented Dickey-Fuller Test Equation


Dependent Variable: D(LOGY)
Method: Least Squares
Date: 01/28/18 Time: 12:12
Sample (adjusted): 1975 2016
Included observations: 42 after adjustments

Variable Coefficient Std. Error t-Statistic Prob.

LOGY(-1) -0.494062 0.125821 -3.926697 0.0004


D(LOGY(-1)) -0.270544 0.149510 -1.809534 0.0787
D(LOGY(-2)) 0.355304 0.155711 2.281822 0.0285
D(LOGY(-3)) 0.401624 0.138028 2.909721 0.0062
C 12.71742 3.224391 3.944130 0.0004
@TREND("1971") 0.019959 0.005208 3.832037 0.0005

Modèle [2] avec constante


Null Hypothesis: LOGY has a unit root
Exogenous: Constant
Lag Length: 5 (Automatic - based on SIC, maxlag=9)

t-Statistic Prob.*

Augmented Dickey-Fuller test statistic -0.485628 0.8835


Test critical values: 1% level -3.605593
5% level -2.936942
10% level -2.606857

*MacKinnon (1996) one-sided p-values.

Augmented Dickey-Fuller Test Equation


Dependent Variable: D(LOGY)
Method: Least Squares
Date: 01/28/18 Time: 12:11
Sample (adjusted): 1977 2016

Dépenses publiques et croissance économique au Maroc : Causalité et impact


ELALAOUI Jawad Vol6 N°1

Included observations: 40 after adjustments

Variable Coefficient Std. Error t-Statistic Prob.

LOGY(-1) -0.004599 0.009470 -0.485628 0.6304


D(LOGY(-1)) -0.615854 0.147363 -4.179171 0.0002
D(LOGY(-2)) 0.277653 0.158187 1.755225 0.0885
D(LOGY(-3)) 0.347176 0.159872 2.171581 0.0372
D(LOGY(-4)) -0.276791 0.156912 -1.763986 0.0870
D(LOGY(-5)) -0.374716 0.143027 -2.619899 0.0132
C 0.190239 0.257322 0.739303 0.4649

LogDP
Modèle [3] avec trend et constante

Null Hypothesis: LOGDP has a unit root


Exogenous: Constant, Linear Trend
Lag Length: 0 (Automatic - based on SIC, maxlag=9)

t-Statistic Prob.*

Augmented Dickey-Fuller test statistic -3.051657 0.1302


Test critical values: 1% level -4.175640
5% level -3.513075
10% level -3.186854

*MacKinnon (1996) one-sided p-values.

Augmented Dickey-Fuller Test Equation


Dependent Variable: D(LOGDP)
Method: Least Squares
Date: 01/28/18 Time: 12:08
Sample (adjusted): 1972 2016
Included observations: 45 after adjustments

Variable Coefficient Std. Error t-Statistic Prob.

LOGDP(-1) -0.187384 0.061404 -3.051657 0.0039


C 4.399406 1.388595 3.168243 0.0029
@TREND("1971") 0.015074 0.005890 2.559393 0.0142

Modèle [2] avec constante

Null Hypothesis: LOGDP has a unit root


Exogenous: Constant
Lag Length: 0 (Automatic - based on SIC, maxlag=9)

t-Statistic Prob.*

Augmented Dickey-Fuller test statistic -3.228151 0.0248


Test critical values: 1% level -3.584743
5% level -2.928142
10% level -2.602225

*MacKinnon (1996) one-sided p-values.

Dépenses publiques et croissance économique au Maroc : Causalité et impact


ELALAOUI Jawad Vol6 N°1

Augmented Dickey-Fuller Test Equation


Dependent Variable: D(LOGDP)
Method: Least Squares
Date: 01/28/18 Time: 12:10
Sample (adjusted): 1972 2016
Included observations: 45 after adjustments

Variable Coefficient Std. Error t-Statistic Prob.

LOGDP(-1) -0.032058 0.009931 -3.228151 0.0024


C 0.895394 0.246506 3.632344 0.0007

Modèle [1] sans trend sans constante

Null Hypothesis: LOGDP has a unit root


Exogenous: None
Lag Length: 0 (Automatic - based on SIC, maxlag=9)

t-Statistic Prob.*

Augmented Dickey-Fuller test statistic 7.046149 1.0000


Test critical values: 1% level -2.617364
5% level -1.948313
10% level -1.612229

*MacKinnon (1996) one-sided p-values.

Augmented Dickey-Fuller Test Equation


Dependent Variable: D(LOGDP)
Method: Least Squares
Date: 01/28/18 Time: 12:16
Sample (adjusted): 1972 2016
Included observations: 45 after adjustments

Variable Coefficient Std. Error t-Statistic Prob.

LOGDP(-1) 0.003968 0.000563 7.046149 0.0000

LogDP
Modèle [3] avec trend et constante
Null Hypothesis: LOGINV has a unit root
Exogenous: Constant, Linear Trend
Lag Length: 1 (Automatic - based on SIC, maxlag=9)

t-Statistic Prob.*

Augmented Dickey-Fuller test statistic -3.780573 0.0271


Test critical values: 1% level -4.180911
5% level -3.515523
10% level -3.188259

*MacKinnon (1996) one-sided p-values.

Dépenses publiques et croissance économique au Maroc : Causalité et impact


ELALAOUI Jawad Vol6 N°1

Augmented Dickey-Fuller Test Equation


Dependent Variable: D(LOGINV)
Method: Least Squares
Date: 01/28/18 Time: 12:18
Sample (adjusted): 1973 2016
Included observations: 44 after adjustments

Variable Coefficient Std. Error t-Statistic Prob.

LOGINV(-1) -0.388639 0.102799 -3.780573 0.0005


D(LOGINV(-1)) 0.381264 0.139722 2.728739 0.0094
C 9.420200 2.475087 3.806008 0.0005
@TREND("1971") 0.018469 0.005251 3.517332 0.0011

Modèle [2] avec constante

Null Hypothesis: LOGINV has a unit root


Exogenous: Constant
Lag Length: 0 (Automatic - based on SIC, maxlag=9)

t-Statistic Prob.*

Augmented Dickey-Fuller test statistic -0.829653 0.8008


Test critical values: 1% level -3.584743
5% level -2.928142
10% level -2.602225

*MacKinnon (1996) one-sided p-values.

Augmented Dickey-Fuller Test Equation


Dependent Variable: D(LOGINV)
Method: Least Squares
Date: 01/28/18 Time: 12:21
Sample (adjusted): 1972 2016
Included observations: 45 after adjustments

Variable Coefficient Std. Error t-Statistic Prob.

LOGINV(-1) -0.023095 0.027837 -0.829653 0.4113


C 0.633400 0.702792 0.901263 0.3725

LogPOP
Modèle [3] avec trend et constante

Null Hypothesis: LOGPOP has a unit root


Exogenous: Constant, Linear Trend
Lag Length: 3 (Automatic - based on SIC, maxlag=9)

t-Statistic Prob.*

Augmented Dickey-Fuller test statistic -3.730988 0.0310


Test critical values: 1% level -4.192337
5% level -3.520787
10% level -3.191277

*MacKinnon (1996) one-sided p-values.

Dépenses publiques et croissance économique au Maroc : Causalité et impact


ELALAOUI Jawad Vol6 N°1

Augmented Dickey-Fuller Test Equation


Dependent Variable: D(LOGPOP)
Method: Least Squares
Date: 01/28/18 Time: 12:24
Sample (adjusted): 1975 2016
Included observations: 42 after adjustments

Variable Coefficient Std. Error t-Statistic Prob.

LOGPOP(-1) -0.003117 0.000835 -3.730988 0.0007


D(LOGPOP(-1)) 2.535852 0.095620 26.51998 0.0000
D(LOGPOP(-2)) -2.347193 0.178767 -13.12988 0.0000
D(LOGPOP(-3)) 0.798928 0.094474 8.456608 0.0000
C 0.052165 0.013945 3.740785 0.0006
@TREND("1971") 4.84E-05 1.37E-05 3.538313 0.0011

Modèle [2] avec constante

Null Hypothesis: LOGPOP has a unit root


Exogenous: Constant
Lag Length: 4 (Automatic - based on SIC, maxlag=9)

t-Statistic Prob.*

Augmented Dickey-Fuller test statistic -2.680181 0.0861


Test critical values: 1% level -3.600987
5% level -2.935001
10% level -2.605836

*MacKinnon (1996) one-sided p-values.

Augmented Dickey-Fuller Test Equation


Dependent Variable: D(LOGPOP)
Method: Least Squares
Date: 01/28/18 Time: 12:28
Sample (adjusted): 1976 2016
Included observations: 41 after adjustments

Variable Coefficient Std. Error t-Statistic Prob.

LOGPOP(-1) -0.000432 0.000161 -2.680181 0.0111


D(LOGPOP(-1)) 3.121035 0.126627 24.64745 0.0000
D(LOGPOP(-2)) -3.987710 0.338461 -11.78191 0.0000
D(LOGPOP(-3)) 2.516723 0.332096 7.578310 0.0000
D(LOGPOP(-4)) -0.672430 0.119614 -5.621667 0.0000
C 0.007740 0.002862 2.704293 0.0105

Modèle [2] sans trend sans constante


Null Hypothesis: LOGPOP has a unit root
Exogenous: None
Lag Length: 4 (Automatic - based on SIC, maxlag=9)

t-Statistic Prob.*

Augmented Dickey-Fuller test statistic 1.504042 0.9651


Test critical values: 1% level -2.622585
5% level -1.949097
10% level -1.611824

Dépenses publiques et croissance économique au Maroc : Causalité et impact


ELALAOUI Jawad Vol6 N°1

*MacKinnon (1996) one-sided p-values.

Augmented Dickey-Fuller Test Equation


Dependent Variable: D(LOGPOP)
Method: Least Squares
Date: 01/28/18 Time: 12:29
Sample (adjusted): 1976 2016
Included observations: 41 after adjustments

Variable Coefficient Std. Error t-Statistic Prob.

LOGPOP(-1) 3.84E-06 2.55E-06 1.504042 0.1413


D(LOGPOP(-1)) 3.200288 0.133555 23.96239 0.0000
D(LOGPOP(-2)) -4.049726 0.366096 -11.06191 0.0000
D(LOGPOP(-3)) 2.441960 0.358789 6.806110 0.0000
D(LOGPOP(-4)) -0.597163 0.126119 -4.734905 0.0000

Annexe 2 : Test de causalité au sens de GRANGER

Pairwise Granger Causality Tests


Date: 02/03/18 Time: 10:29
Sample: 1971 2016
Lags: 2

Null Hypothesis: Obs F-Statistic Prob.

LOGDP does not Granger Cause LOGY 44 0.35015 0.7068


LOGY does not Granger Cause LOGDP 12.8752 5.E-05

LOGINV does not Granger Cause LOGY 44 3.27826 0.0483


LOGY does not Granger Cause LOGINV 4.81841 0.0135

LOGPOP does not Granger Cause LOGY 44 0.31170 0.7340


LOGY does not Granger Cause LOGPOP 46.3248 5.E-11

LOGINV does not Granger Cause LOGDP 44 7.75030 0.0015


LOGDP does not Granger Cause LOGINV 3.12734 0.0550

LOGPOP does not Granger Cause LOGDP 44 3.99403 0.0264


LOGDP does not Granger Cause LOGPOP 15.5127 1.E-05

LOGPOP does not Granger Cause LOGINV 44 3.24277 0.0498


LOGINV does not Granger Cause LOGPOP 47.6534 3.E-11

Annexe 3 : Estimation du Modèle 1 (équation 14)

Dependent Variable: DLOGY


Method: Least Squares
Date: 02/03/18 Time: 12:21
Sample (adjusted): 1974 2016
Included observations: 43 after adjustements

Variable Coefficient Std. Error t-Statistic Prob.

DLOGDP 0.033265 0.071829 0.463118 0.6457


DLOGINV 0.262743 0.036741 7.151229 0.0000

Dépenses publiques et croissance économique au Maroc : Causalité et impact


ELALAOUI Jawad Vol6 N°1

D3LOGPOP 1.503358 0.376505 3.992927 0.0003


C -6.449635 4.834059 -1.334207 0.1893

R-squared 0.992670 Mean dependent var 26.63957


Adjusted R-squared 0.992146 S.D. dependent var 0.560121
S.E. of regression 0.049639 Akaike info criterion -3.085128
Sum squared resid 0.103490 Schwarz criterion -2.926116
Log likelihood 74.95794 Hannan-Quinn criter. -3.025561
F-statistic 1895.874 Durbin-Watson stat 0.795770
Prob(F-statistic) 0.000000

Annexe 4 : Estimation du Modèle 2 (équation 14) sans constante

Dependent Variable: DLOGY


Method: Least Squares
Date: 02/03/18 Time: 12:22
Sample (adjusted) : 1974 2016
Included observations: 43 after adjustements

Variable Coefficient Std. Error t-Statistic Prob.

DLOGDP 0.127142 0.014573 8.724693 0.0000


DLOGINV 0.252439 0.036245 6.964895 0.0000
D3LOGPOP 1.003498 0.037674 26.63624 0.0000

R-squared 0.992359 Mean dependent var 26.63957


Adjusted R-squared 0.992004 S.D. dependent var 0.560121
S.E. of regression 0.050088 Akaike info criterion -3.087096
Sum squared resid 0.107877 Schwarz criterion -2.967837
Log likelihood 74.00321 Hannan-Quinn criter. -3.042421
Durbin-Watson stat 0.756130

Annexe 4 : Estimation du Modèle 3 (équation 14) sans constante en ajoutant des variables
qualitatives(PAS et LIB)

Dependent Variable: DLOGY


Method: Least Squares
Date: 02/05/18 Time: 20:16
Sample (adjusted) : 1974 2016
Included observations: 43 after adjustements

Variable Coefficient Std. Error t-Statistic Prob.

DLOGDP 0.133929 0.014923 8.974473 0.0000


DLOGINV 0.223788 0.040490 5.526952 0.0000
DLOGPOP 1.036484 0.043157 24.01648 0.0000
PAS -0.039136 0.020265 -1.931233 0.0604
LIB 0.056119 0.028622 1.960692 0.0567

R-squared 0.993231 Mean dependent var 26.63957


Adjusted R-squared 0.992571 S.D. dependent var 0.560121
S.E. of regression 0.048277 Akaike info criterion -3.121381
Sum squared resid 0.095559 Schwarz criterion -2.922616
Log likelihood 76.79177 Hannan-Quinn criter. -3.046923
Durbin-Watson stat 0.784346

Dépenses publiques et croissance économique au Maroc : Causalité et impact