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USINE SIAPE II SKHIRA

Service Electricité & Instrumentation

Mémoire Master
Electrotechnique et Automatisme
Avancé
Présenté par

CHIAB Sassi

Conception et Réalisation D’un Système De

Supervision Du Réseau Electrique De L’usine

Réalisé à

L’usine ASP de Skhira

Encadré par : M. TAHRI Charfeddine


Remerciements
Résumé

Ce document fournit un modèle de format d’une mémoire de mastère en


Génie Électrique spécialité ELECTROTECHNIQUE ET AUTOMATISME
AVANCE. Nous vous prions de respecter au mieux ces recommandations.

Le résumé du rapport devra comporter environ 10 lignes.

Mots clés : 5 mots clés


Table des matières
Table des figures
Liste des tableaux
Introduction générale
Chapitre 1
1. Présentation de GCT et de l’usine de Skhira

1.1 Introduction

1.2 Groupe Chimique Tunisien

1.2.1. Présentation générale du GCT

Le Groupe Chimique Tunisien est en Tunisie en situation de monopole sur la


valorisation de phosphate avec un pourcentage de 85% de la production de CPG « La
compagnie de Phosphate de Gafsa ». Le GCT traite environ 6,5 millions de tonnes de
phosphate naturel tunisien chaque année pour produire l’acide phosphorique marchand
(MGA), le di-ammonium phosphaté (DAP), le triple super phosphate (TSP) et le
phosphate de calcium (DCP). En outre, le Groupe Chimique Tunisien produit le nitrate
d’ammonium agricole et le nitrate d'ammonium poreux destinés principalement au
marché local.

Le GCT dispose 4 sites de production répartis sur 4 régions du sud tunisien :

 Skhira

 Gabès

 Sfax

 Mdhilla

1.2.2 Historique du GCT


 1952 : Création de l’usine TSP à Sfax sous le nom de la Société Industrielle
d’Acide Phosphorique et d’Engrais (SIAPE).

 1972 : Création d’une usine d’acide phosphorique à Gabes sous le nom


d’industries chimiques maghrébines (ICM).
 1979 : Création de l’usine DAP à GABES sous le nom de la Société Arabe des
Engrais Phosphatés et Azotés (SAEPA).

 1983 : Démarrage d’une usine d’ammonitrate par la SAEPA.

 1985 : Création d'une nouvelle usine sous le nom d'Engrais de Gabès (EG) pour
la production de DAP.

 1988 : Création de l’usine de Skhira SIAPE II pour la production d’acide


phosphorique et super-phosphorique.

 1989 : Absorption des sociétés ICM, EG et ICG par la SIAPE.

 1992 : Fusion de la SIAPE et de la SAEPA et création du GCT.

 1994 : Unification de la Direction Générale de la CPG et du GCT par la


nomination d'un seul Président Directeur Général.

 1996 : Fusion des structures commerciales de la CPG et du GCT.

 2003 : Création de CIL en Inde.

 2006 : Création de TIFERT.

Ce groupement a permis le développement de l’économie tunisienne en assurant


l’emploi direct de 4300 personnes, l’emploi indirect notamment dans le transport
ferroviaire et maritime, la sous-traitance ainsi qu’un grand nombre d’activités annexes.

Les installations industrielles du GCT contribuent d’une manière significative à la


promotion et au développement de diverses régions du sud tunisien. Parallèlement au
développement de l’industrie chimique en Tunisie et afin de satisfaire les normes
nationales et internationales les plus strictes en matière de protection de
l’environnement, le GCT a mis au point un vaste programme de lutte contre la pollution
dans tous les sites de production visant à contenir les rejets atmosphériques et solides.

1.3 Usine ASP de Skhira

1.3.1 Présentation générale de l’usine

L’usine ASP de Skhira, connu sous le nom de SIAPE II, a été créée en 1988. Elle
était fondée pour produire les deux qualités d’acide phosphorique marchand suivantes :
 L’acide phosphorique en 54% de P2O5.

 L’acide phosphorique en 72% de P2O5.

Actuellement l’usine ne vend que l’acide phosphorique en 54% de P2O5 vu la demande


du marché international. L’usine ASP de Skhira est organisée selon l’organigramme
représenté par la figure ci-dessous :

Figure 1.1 : Organigramme de l'usine


1.3.2 Service électricité et instrumentation « SEI »
C’est le service où j’ai effectué mon stage. Hiérarchiquement lié à la division de
maintenance, le service électricité et instrumentation planifie et exécute les opérations
de maintenance préventive et corrective des installations électriques et de régulation
dans toute l’usine. Il est divisé en deux sections :

 Section de maintenance électrique

 Section de régulation

1.3.2.1 Section de maintenance électrique


La section de maintenance électrique s’occupe du suivi et de dépannage des
installations électrique de l’usine tels que :

 Les sous-stations électriques MT et BT

 Les réseaux de distribution d’énergie électrique

 Les transformateurs MT/MT et MT/BT

 Les moteurs MT et BT

 L’éclairage de l’usine et des bâtiments

 Les coffrets électriques divisionnaires d’éclairage et de prises du courant

 Certification ISO9001 du service électricité et instrumentation :

La certification ISO9001 du service électricité et instrumentation est l’un des objectifs


à atteindre à long terme. Pour le faire, on doit travailler sur les volets mentionnés ci-
dessous :

 Mise en place d’une procédure de maintenance préventive.

 Suivre le matériel et les équipements : Développement et mise en place d’une


application informatique de gestion des équipements électriques.

 Traçabilité : Toute intervention doit être documentée et archivée par un


rapport.

 Mise en place de procédures du travail et implication du personnel.


Chapitre 2
2. Problématiques & Etude Bibliographique

2.1 Introduction
Avant de réaliser un système de supervision du réseau électrique dans l’usine, il est
primordial de bien comprendre le contexte et l’intérêt de l’efficacité énergétique
électrique et connaitre les différentes solutions techniques que nous aboutissons à
l’amélioration de qualité d’énergie électrique. Aussi importante que l’aspect technique
du projet, une définition précise des problématiques qui en découlent ne pourra qu’être
bénéfique. Dans ce cadre, nous avons consacré ce chapitre à l’explication des
problématiques. Ensuite, nous allons vous présenter la recherche bibliographique qu’on
a faite sur l’efficacité énergétique électrique et les différentes méthodes
d’améliorations.

2.2 Problématiques
Depuis l’année 2011, le coût de la consommation d’énergie électrique de l’usine de
Skhira et les autres usines de GCT a augmenté énormément. Cette augmentation est
expliquée par le fait que les usines de GCT depuis 2011 jusqu’au maintenant ne
produisaient même pas les 50% de ses capacités nominales ce qui influe directement
sur la production d’énergie électrique des Groupe-turboalternateurs « GTA » qui a
diminuée aussi. Par conséquence, le GCT était obligé de consommer d’énergie de la
STEG plus qu’en produire. En outre, les prix d’énergie électrique (Mill/kWh) qui ont
augmentés, alourdissent les factures de consommation d’énergie de GCT. C’est les
raisons pour lesquelles, l’application d’une stratégie d’économie d’énergie électrique
est primordiale.

2.2.1 Distribution d’énergie électrique de l’usine


Comme illustré par le schéma synoptique ci-dessous, l’usine de Skhira est raccordée
au réseau STEG par une ligne moyenne tension de 30 kV, avec une puissance souscrite
de 8 MVA. Pour cela, un contrat de fourniture d’énergie électrique en MT (Moyenne
Tension) est signé avec la STEG.
Figure 2.1: Distribution d’énergie électrique Moyenne tension de l’usine
Les principaux éléments du réseau de distribution d’énergie électrique de l’usine de
Skhira sont mentionnés ci-dessous :

 Ligne MT (réseau STEG Moyenne Tension) : C’est une ligne triphasée


aérienne de moyenne tension qui relie l’usine au réseau de la STEG. La tension
du service de celle-ci est de 30 000 V. Après avoir passée par le dernier poteau
(au niveau de pool), le cheminement de la ligne devient sous terrain. Ensuite elle
continue son chemin jusqu’au arriver à la poste de livraison.

 Poste de livraison : C’est un local technique qui contient des équipements


électriques de protection, de sectionnement et de comptage. Elle assure
essentiellement, le sectionnement à vide du réseau MT de la STEG et le
comptage d’échange d’énergie électrique entre la STEG et l’usine de Skhira.

 Transformateur MT/MT « 1TR1 » : La tension de service à l’usine de Skhira


est de 5 500 V. Pour cela, un transformateur réversible (élévateur / abaisseur
30 kV / 5.5 kV) et de puissance 10 MVA est installé juste à côté de poste de
livraison.

 Groupe turbo-alternateur « GTA » : C’est la deuxième source d’énergie


électrique de l’usine. Dans les conditions normales de marche de l’usine, il
assure la production de 15 MW d’énergie électrique en transformant l’énergie
thermique produite par les chaudières d’unités sulfuriques. Le GTA est capable
de produire au maximum 18,4 MW.
 Sous-station principal « MT01 » : C’est un local technique qui contient des
équipements électriques (le jeu de barre, les arrivées et les départs). Il assure la
répartition d’énergie électrique sur toutes les unités de l’usine. Les départs
peuvent être, sous forme d’un disjoncteur pour l’alimentation des autres sous-
stations MT et des transformateurs 5.5 kV / 380 V, ou sous forme d’un
contacteur pour l’alimentation des moteurs MT.

 Sous-stations divisionnaires : Ceux sont des locaux techniques qui assurent


l’alimentation en énergie électrique des unités de production. L’usine de Skhira
contient 7 sous-stations MT réparties sur les différentes zones de production
(Utilités froide, Utilités chaudes, Stockage portuaire, Tour de réfrigération,
Gypse TIFERT, Gypse GCT et Pomperie eau de mer).

Clauses particulières
Le tableau ci-dessous montre les paramètres électriques contractuels entre la STEG
et SIAPEII.

Valeurs/Caractéristiques

Nature du courant Triphasé alternatif à la fréquence de 50Hz ± 1Hz

Puissance souscrite 8000kVA

Tension de livraison 30000 V ±7%

Tension de comptage 5500/100V/√3

Tableau 2.1 : Paramètres électriques contractuels

NB : Les valeurs de fréquence et de tension sont à surveiller 24h/24h à fin de s’assurer


qu’ils sont toujours dans l’intervalle toléré et éviter les éventuelles perturbations sur
notre installation. Pour cela, l’interface de monitoring qu’on va mettre en place doit
enregistrer tout dépassement des valeurs contractuelles.
Problèmes Solutions Proposées
Absence d’un moyen de suivi en temps - Installation des centrales de
réel des paramètres électriques mesure dans les arrivées et les
contractuels avec la STEG et des départs de Sous-station principal
indicateurs de qualité d’énergie pour mesurer les paramètres
électrique. électriques et l’énergie consommé
ou produite.
- Mise en place d’un réseau de
Absence d’un moyen de suivi en temps communications inter-centrales
réel de consommation d’énergie pour récupérer les paramètres
électrique des différentes unités de mesurés par celles-ci.
production.
- Développement d’une interface de
monitoring en temps réel qui
permet de suivre à distance les
paramètres mesurés par les
Absence d’un moyen de diagnostique centrales de mesure.
d’efficacité énergétique électrique. - Proposition des solutions
d’amélioration de qualité d’énergie
électrique.
Les frais de pénalité, à cause de
- Dimensionnement d’un système de
mauvais facteur de puissance, présente
compensation d’énergie réactive à
un montant non négligeable des couts
l’usine de Skhira.
annuels de consommation d’électricité.

2.3 Efficacité énergétique électrique


2.3.1 Concept d’efficacité énergétique électrique

Pour un système donné, l’efficacité énergétique définit l’état de fonctionnement la


plus optimale de ce dernier en minimisant la consommation d’énergie pour un service
rendu identique. Le but d’appliquer une démarche d’efficacité énergétique est de
réduire les coûts économiques et diminuer les dégâts liés à la production et
consommation d’énergie sur l’environnement [1].

Pour atteindre ces objectifs et avoir une installation électrique assez performante, il faut
qu’on mette en place des appareils de mesures adéquates afin de mesurer les paramètres
électriques en temps réel. Ces paramètres nous permettent d’analyser la situation de
l’installation tout au long de chaque phase de fonctionnement de système et proposer
des solutions d’optimisation possibles.
L’amélioration de l’efficacité énergétique d’une installation se fait essentiellement par :

 Amélioration de qualité d’énergie : la performance et le coût d’exploitation


d’une installation sont déterminés par le terme « qualité d’énergie ». En
éliminant les sources de pollution (les harmoniques, les surtensions, les creux
de tension,…), on peut avoir une installation efficace dont chaque équipement
fonctionne d’une manière la plus optimale.

 Diminution de coût de l’énergie : il est possible de réduire la consommation


d’une installation jusqu'à 4%, en améliorant le facteur de puissance ce qui
permet d’éviter les pénalités.

Vu l’importance des buts de l’efficacité énergétique, plusieurs constructeurs dans le


monde ont proposé des solutions faciles à mettre en œuvre et des équipements de
mesure et de régulation très intelligentes qui répondent aux besoins des industriels.
Parmi ces constructeurs on site par exemple : Circutor, Schneider-Electric, Chauvin
Arnoux, etc.

2.3.2 Le diagnostic énergétique

2.3.2.1 Définition du diagnostic énergétique

Le diagnostic énergétique est une étude détaillée de la situation énergétique de


l’usine, il permet d’identifier les points de consommation élevée afin de trouver des
solutions d’économie d’énergie convenables. Ce diagnostic se termine par la mise en
point d’un plan d’économie d’énergie qui précise plusieurs actions à faire au sein de
l’usine, classant les actions faites en trois catégories [1] :

 Action immédiate : assure une économie d’énergie sans nécessité


d’investissement.
 Action prioritaire : à faire dans le plus bref délai possible vu son niveau de
rentabilité élevé.
 Action utile : à mettre en œuvre mais pouvant être ignorée.

2.3.2.2 Démarche d’un diagnostic énergétique

Dans cette partie on vous donne une démarche structurée à suivre pour bien
réussir un diagnostic énergétique, en fait il existe trois étapes primordiales [1] :

 Etape 1 : collecte des données

C’est la première étape importante de la mission. Elle sert à rechercher les éléments
dimensionnels (schéma unifilaire de l’installation, dossiers technique des machines,
etc.). Et rechercher les éléments économiques (factures de STEG, Coûts de
maintenance des installations, etc.). Les éléments techniques récupérés nous
permettrons de préciser les paramètres à mesurer et à enregistrer et l’emplacement des
appareils de mesure.

Au cours de cette étape on peut rencontrer plusieurs difficultés, par exemple on peut
trouver des dossiers techniques incomplets ou bien ne sont pas mis à jour. Aussi lorsque
les équipements installés sont anciens « constructeur disparu », il est impossible de
retrouver les éléments dimensionnels.

 Etape 2 : Mesure et analyse

Dans cette étape on met en place les différents matériels d’instrumentation, en suite
on choisit les intervalles d’enregistrement. Les enregistrements obtenus seront analysés
en effectuant un calcul complémentaire si nécessaire. Les grandeurs à mesurées sont:
(tension, intensité, taux d’harmonique, puissance active et réactive, FP et la puissance
apparente…).

 Etape 3 : Prise de décision

C’est la dernière étape de diagnostic, qui consiste à proposer des améliorations


possibles et calculer les gains et les investissements correspondants ‘s’il y a des
améliorations à faire’ Cette étape se termine par le calcul de temps de retour sur
investissement.

2.3.3 Aspect normatif de l’efficacité énergétique

Une norme est un ensemble des règles qu’un constructeur ou industriel suivre
pour définir le produit qu’il fabrique aussi bien pour faire les tests nécessaire de
conformité sur ses produits. Dans le cadre d’efficacité énergétique il y a plusieurs
normes qui entrent en vigueur. Le tableau 1.1 résume les normes les plus utilisés
d’efficacité énergétique.

Tableau 2.2 - Normes sur l'efficacité énergétique


Norme Sujet
Evaluation énergétique des systèmes de
Pr ISO 14414
pompage
Mesure et vérification de la performance
Pr ISO 50015
énergétique d’un organisme
AFNOR BP X30-120 Diagnostic énergétique dans l’industrie
ISO 5001 Système de management de l’énergie
NF EN 15900 Services d’efficacité énergétique

2.4 Qualité d’énergie électrique


2.4.1 Concept de qualité d’énergie électrique
Les réseaux électriques des distributeurs d’énergie sont en courant alternatif, la tension
est alors sinusoïdale de fréquence et de valeur efficace constants (dans notre cas, réseau
STEG triphasé MT : 30000V-50Hz). Mais en réalité l’onde de tension n’est pas
parfaitement sinusoïdale, l’amplitude et la fréquence de cette onde subissent des
variations au cours de temps. Parfois ces paramètres peuvent s’éloigner énormément de
leurs valeurs de références imposées par la STEG ce qui peut perturber le
fonctionnement de certains équipements électriques raccordés au réseau tel que les
machines industrielles et les appareils domestiques. Dans certains cas extrêmes ces
perturbations causent des dégâts matériels instantanés, donc il est primordial de mesurer
ces paramètres en temps réel pour bien identifier le type de perturbation en suite
proposer une solution d’amélioration correspondante ce qui s’intègre aujourd’hui dans
le contexte de « qualité d’énergie électrique QEE » [2].

2.4.2 Les perturbations, causes et effets


Les perturbations électromagnétiques qui peuvent affecter le bon fonctionnement des
équipements électriques, sont classées dans deux groupes selon leurs modes de
transmission :

 Perturbations conduites ou basse fréquence, si F < 9 kHz.

 Perturbations rayonnées ou hautes fréquence, si F > 9 kHz.


En électrotechnique, les perturbations appartiennent souvent au type des perturbations
conduites ou basse fréquence. Ces perturbations sont nombreuses :

 Creux de tension et coupures.

 Surtension temporaire ou transitoire.

 Déséquilibres du système triphasé.

 La pollution harmonique.

Elles peuvent être rangées en quatre autres classes selon le paramètre qu’elles
affectent : fréquence, amplitude ou bien symétrie de la tension, sachant qu’une seule
perturbation peut affecter deux paramètres au même temps [2].

2.4.2.1 Creux de tension et coupures

Le creux de tension est une chute violente de profondeur ( U ) en un point du réseau

électrique au-dessous de la valeur efficace de tension de référence ( U ref ) imposée par

le distributeur d’énergie électrique, avec un rétablissement de tension après une courte


T
durée de temps ( T ) comprise entre la demi-période ( =10 ms pour F=50 Hz) et une
2
minute. Les creux de durée inférieure à 10 ms sont considérés comme des perturbations
transitoires.

Un creux de tension est caractérisé par deux paramètres comme l’illustre la figure 2.4 :

 Profondeur : U  U ref  U

 Durée : T

En triphasé la profondeur et la durée d’un creux de tension ne sont pas nécessairement


identiques sur chaque phase, donc l’utilisation d’un analyseur réseau triphasé est
indispensable pour avoir une idée sur les perturbations sur chaque phases au même
temps.
Figure 2.2 - Creux de tension et coupures [2]

Cause :

Coté consommateurs, les creux de tension et les coupures sont généralement causés
par les phénomènes qui font un fort appel du courant dans l’installation, en provoquant
à travers les impédances de ligne une chute de tension de profondeur de plus en plus
faible en s’éloignant de la source de perturbation. Dans l’industrie, ces phénomènes se
produisent lors de démarrage des charges de puissance (moteurs de puissance, fours à
arc, chaudière…) qui ont un courant de démarrage assez important.

Quand ils surviennent chez le producteur d’électricité, ces perturbations ont des
origines aléatoires. Les réseaux de transport HT, de distribution MT/BT et l’installation
elle-même sont souvent le siège des défauts qui provoquent des creux de tension ou
même dans des cas extrêmes des coupures brèves ou longues à cause de déclanchement
des appareils de protection et des disjoncteurs. A l’instant de coupure, la tension peut
être entretenue d’environ une seconde à cause de décharge des batteries de
compensation raccordés au réseau [2].

Conséquences :

La plus part des équipements électriques sont perturbés par les creux de tension et les
coupures. Une coupure de quelques secondes peut engendrer des dégâts financiers pour
les industriels dont la procédure de production est en chaine qui ne tolère aucun arrêt.
Le tableau 2.6 résume les conséquences de ce type de perturbation sur les équipements
industriels.

Tableau 2.3 - effets des creux de tension sur les équipements électriques
Equipements Sensibilité et effets
Perte de synchronisme des moteurs
synchrone qui peuvent supporter un creux
de profondeur d’environ 50%.
Moteurs synchrone et
Diminution brutale de couple.
asynchrone
Arrêt des moteurs.
- Perturbés par des creux de profondeur
qui dépasse 25%.
Contacteurs
- Désexcitation des bobines et ouverture
des contacts.
- Sensibles aux creux de tension de
profondeur supérieur ou égale à 10%.
Matériels
informatique - Perte des données.
- Commandes erronées.
- Sensibles aux creux de tension dont la
profondeur dépasse 15%.
- Dysfonctionnement des circuits de
Variateurs de
contrôle de variateur.
vitesse
- Déséquilibre du courant en cas d’un
creux de tension sur une seule phase.
- Perturbés par des creux de tension de
profondeur supérieure à 50% et de
Lampes à décharge et tubes
durée de 50 ms.
fluorescents
- Diminution de durée de vie.
- Extinction.

Normes :
Les normes ‘‘CEI 61000-2-1’’ et ‘‘ CENELEC EN50160’’ définissent un creux de
U
tension comme une baisse de tension U avec 1%  100  90% .Lorsque
U ref

la profondeur en % dépasse 99% selon ces deux normes, le creux de tension devient
une coupure qui se caractérise par un seul paramètre ‘la durée T ’ et si cette dernière
ne dépasse pas 3 minutes, elle est dite une coupure brève. Pour les coupures longues,
elles possèdent une durée supérieure à 3 minutes [2].

2.4.2.2 Les surtensions temporaire ou transitoire

Les surtensions comme l’illustre la figure 2.5, sont des perturbations qui s’ajoutent à
la valeur crête de tension nominale d’alimentation d’un équipement électrique. En
triphasé, elles peuvent apparaitre entre phase et neutre ou entre phases Identiquement
aux creux de tension, les surtensions sont caractérisées par l’amplitude et la durée.
Lorsque la durée d’une surtension ne dépasse pas 10 ms, elle est dite transitoire. On
peut analyser ce type de perturbation transitoire à l’aide d’un analyseur de réseau qu’il
nous offre une période d’échantillonnage très faible grâce à sa technologie numérique
intéressante. Il existe deux modes d’appariation d’une surtension :

 Le mode commun : entre conducteurs actifs et la terre.

 Le mode différentiel : entre deux conducteurs actifs.

Figure 2.3 - Les surtensions [2]

Cause :
Les surtensions sont généralement causées par des phénomènes atmosphériques comme
les foudres soit par une frappe directe des lignes HT, MT ou BT soit par l’élévation de
potentiel de la terre. D’autre part dans l’industrie, les surtensions apparaissent lors de
la mise en service des batteries de compensation qui provoquent une surtension
transitoire dont la première crête est de 4 fois l’amplitude de tension d’alimentation.
Elles peuvent apparaitre suite à un défaut d’isolement entre phase et terre, lors d’une
surcompensation d’énergie réactive ou bien à cause d’une résonance des branches
composées par des condensateurs et inductances.
Conséquences :
Les effets des surtensions sont nombreux, ils peuvent causer le claquage des
condensateurs et le vieillissement prématuré des équipements. Les circuits de
commande sont perturbés aussi par les surtensions. Dans des cas extrêmes, quand cette
perturbation dépasse les limites exigées, certains dispositifs seront détruits carrément.

Normes :

La norme EN 50160 limite les surtensions suivant le régime de neutre de


l’installation :

 Régime TT ou TN ‘ neutre lié à la terre’ : la surtension ne doit pas dépasser


1.7 U n .

 Régime IT ‘ neutre isolé’ : la surtension ne doit pas dépasser 2 U n .

2.4.2.3 Déséquilibres du système triphasé

En triphasé, on dit qu’il y a un déséquilibre lorsque les tensions de trois phases ne sont
pas parfaitement égales en amplitude ou ne sont pas déphasées de 120° les unes par
rapport aux autres, comme l’illustre les courbes de tension de la figure 2.6, qui
représente le résultat de simulation de schéma de la figure 2.7.

Vph2 Vph3 Vph1

Figure 2.4 - Déséquilibre triphasé


Figure 2.5 - Répartition de charge non uniforme

Un système triphasé équilibré est caractérisé par les équations des tensions suivantes
avec V1 , V2 et V3 présentent les tensions simples des trois phases 1,2 et 3 :

V1  Vmax sin(t )
2
V2  Vmax sin(t  )
3
4
V3  Vmax sin(t  )
3

Pour quantifier le degré de déséquilibre, Vu la complexité de calcul de ces

composantes en pratique, on peut utiliser une formule rapprochée, avec V1eff , V2 eff et

V3eff sont les valeurs efficaces de tension des phases 1,2 et 3 [2] :

V1i max (V1eff ,V2eff ,V3eff )  Vmoy


U i  
V1d Vmoy
V1eff  V2eff  V3eff
Vmoy 
3

Conséquences :

Les machines synchrone et asynchrone sont les plus sensibles au déséquilibre de


tension ou du courant. Pour un moteur synchrone, la réactance inverse est très faible
devant la réactance directe.
Le déséquilibre va induire alors une composante inverse de champ tournant et des
couples de freinage parasites qui provoquent des courants et des contraintes thermiques
(échauffements) supplémentaires dans les enroulements du moteur.

Normes :

La norme EN50160 limite un taux de déséquilibre inverse admissible de 2%.

2.4.2.4 La pollution harmonique

Dans une installation électrique à courant alternatif, les signaux du courant et de


tension ne sont pas parfaitement sinusoïdaux (figure2.8). Cette imperfection, qui due
essentiellement à la pollution harmonique, est apparu récemment avec le progrès
technologique et l’utilisation croissante d’électronique de puissance.

Tension de la source Tension déformée

Figure 2.6 – Effet de la pollution harmonique sur la tension


réseau
Pour quantifier le degré d’imperfection de tension ou du courant, on utilise la
décomposition en série de Fourier. En effet, les harmoniques sont définit comme étant
des courants ou des tensions de fréquences multiples entiers de fréquence du réseau (En
Tunisie 50 Hz). Les paramètres de quantification de la pollution harmonique (taux de
distorsion harmonique, taux d’harmoniques individuel, facteur de crête…).

Cause : La pollution harmonique est causée essentiellement par les charges non
linéaires connectées au réseau, c'est-à-dire les charges qui font un appel du courant non
sinusoïdal même s’ils sont alimentés par une tension sinusoïdale parfaite.
Les principaux générateurs d’harmoniques sont :

 Les redresseurs et les variateurs de vitesse.

 Les charges informatiques et l’éclairage fluorescent.

 Les machines à souder et les fours à arc.

La figure 2.9 vous montre la forme d’onde du courant absorbé par un pont redresseur
monophasé représenté dans le schéma de la figure 2.10.

Figure 2.7 - Courant absorbé par un pont à diode monophasé


Effets :

Ces charges sont considérées comme des générateurs des courants harmoniques I h , de
fréquences multiples de 50 Hz, et par conséquence lors de passage de ces courants par
les impédances d’une installation électrique, ils entraient des tensions harmoniques en
polluant les consommateurs voisins (figure 2.10). L’effet de cette pollution est la
distorsion des tensions d’alimentation des consommateurs voisins, comme illustré par
la figure 2.8.

Figure 2.8 - Pollution des consommateurs voisins


Les courants harmoniques ont des effets néfastes sur les différents éléments de
l’installation électrique, les câbles et transformateurs s’échauffent plus que de normal,
les condensateurs sont détériorés, la consommation électrique devient de plus en plus
importante et les disjoncteurs de protection peuvent fonctionner d’une manière
excessive.

En présence de la pollution harmonique, la durée de vie des moteurs monophasés est


réduite de 32%, celle des moteurs triphasés de 18% et celle des transformateurs de 5%.

Aussi les condensateurs qui sont installés pour améliorer le facteur de puissance sont
plus lourdement affectés par les courants harmoniques qui les traversent, lorsque ces
courants dépassent la valeur admissible ils peuvent provoquer l’explosion de ces
condensateurs.

Tableau 2.4 - Effets des harmoniques sur les équipements électriques

Effets des harmoniques sur les


Equipements électriques
équipements
 Echauffements
Machines tournantes (moteurs,  Couples oscillatoires
alternateurs)  Vibrations et bruit
 Echauffements
Transformateurs  pertes dans le fer
 risque de saturation
 Augmentation des pertes
Les câbles  Effet de peau

Condensateurs  Vieillissement prématuré

Dispositifs de protection (fusibles,  Déclenchement intempestif.


disjoncteurs)
Compteurs d’énergies et appareils de
 Erreurs de mesure
mesure.

Normes :

La norme EN 50160 fixe le taux global de distorsion harmonique de la tension fournie.


Il ne doit pas dépasser 8% (le calcul se fait jusqu'à le rang 40). Les normes NF EN
61000-2-2 et NF EN 61000-2-4 fixent respectivement les valeurs maxima des taux
d’harmoniques individuels en tensions rang par rang pour les réseaux public basse
tension ‘BT’ (tableau 2.8) et les installations industrielles moyenne et basse tension
‘MT/BT’.

Le tableau 1.5 montre l’état de l’installation suivant les taux de distorsion harmonique
en courant/tension selon la norme NFC 15-100.

Tableau 2.5 : Extrait de norme NF EN 61000-2-2 [3]

Harmoniques
Harmoniques impairs
impairs non Harmoniques pairs
multiples de 3
multiples de 3

Rang Tension Tension harmonique Rang Tension


Rang
harmonique en % harmonique en %
en %
5 6 3 5 2 2

7 5 9 1.5 4 1

11 3.5 15 0.3 6 0.5

13 3 21 0.2 8 0.5

17 2 >21 0.2 10 0.5

19 1.5 12 0.2

13 1.5 >12 0.2

25 1.5
Tableau 2.6 - Etat de l'installation selon la norme NFC 15-100 [3]

Taux de distorsions harmoniques en


Effets attendus
tension et en courant

THDu  5% et THDi  10% Installation conforme aux normes

5%  THDu  8% et 10%  THDi  50% Pollution non négligeable et effets


nuisibles possibles

THDu  8% et THDi  50% Installation très polluée

Taux individuel du rang 3 en courant > Conducteur de neutre chargé


15%

2.4.3 Amélioration de la qualité d’énergie électrique

La majorité des équipements électriques dans le secteur industriel sont sensibles à la


dégradation de qualité d’énergie électrique. En effet, cette dégradation peut provoquer
la destruction des matériels ce qui mène à des dangers possibles sur la sécurité des biens
et des personnes et des surcoûts économiques. C’est la raison pour laquelle qu’on doit
mettre en place des solutions aux différents perturbations vus précédemment. Pour cela,
il faut distinguer les générateurs de perturbation, les équipements sensibles à ces
perturbations et la liaison entre les deux qui permet la propagation des perturbations.

Les principaux buts de la mise en place de ces solutions sont :

 Eliminer les arrêts inattendus de fonctionnement des équipements de


l’installation.

 Rendre l’installation conforme à une norme.

 Réduire la consommation énergétique électrique de l’installation (réduire la


facture d’énergie).

Pour atteindre ces objectifs, un diagnostic doit être réalisé, afin d’identifier les
perturbations contre lesquelles on doit agir, choisir les solutions convenables et les
mettre en œuvre.
2.4.3.1 Solutions aux problèmes des creux de tension et des coupures

Pour proposer une solution efficace, il est primordial de faire un diagnostic et prendre
les mesures nécessaires sur site, afin de savoir si les creux et coupures provient de
l’installation elle-même ou bien du réseau.

Coté distributeur d’électricité « STEG », il faut faire des améliorations pour réduire le
nombre de creux de tension et des coupures. La fiabilisation de réseau se fait
essentiellement par, le renouvellement des ouvrages, la mise en souterrain des câbles
de transport d’énergie et la réduction des longueurs des départs. En plus, dans le cas
d’un réseau à neutre impédant, le distributeur peut changer les disjoncteurs
déclencheurs ré-enclencheurs automatiques par des disjoncteurs shunt dont l’avantage
est de mettre à la terre uniquement la phase en défaut, en assurant la continuité
d’alimentation des charges connectées sur les phases saintes.

De côté consommateurs, l’élimination des creux de tension et des coupures se fait


essentiellement par l’ajout des compensateurs automatiques et des démarreurs
progressifs ce qui permet de limiter les pointes du courant au niveau des charges de
forte puissance.

On peut aussi utiliser les alimentations statiques sans interruption ‘ASI’, dans le cas
des chaines de fabrication continue qui ne tolèrent aucune coupure d’alimentation ou
bien pour éviter la perte des données dans les ordinateurs. En effet, l’ASI permet de
réguler la tension réseaux pour alimenter les charges par une tension sinusoïdale
parfaite et éviter l’absence d’alimentation par l’intermédiaire des batteries qui prennent
le relais automatiquement dans le cas d’une coupure de tension. Comme illustré par la
figure 2.11, une ASI est constituée essentiellement par 4 éléments principaux [4] :

 Des batteries : pour stocker l’énergie électrique.

 Un redresseur chargeur : permet de charger les batteries en courant continu.

 Un onduleur : pour convertir le courant continu en courant alternatif régulé.

 Un by-pass automatique : permet une commutation sans coupure dans le cas


d’une surcharge ou bien d’une défaillance de l’onduleur.
Figure 2.9 - Alimentation sans interruption [4]

2.4.3.2 Solutions aux problèmes des surtensions

Notre objectif consiste toujours à réaliser la protection des biens et personnes avec le
meilleur compromis technico-économique. C’est la raison pour laquelle qu’on doit
connaitre l’origine et le degré des surtensions dans l’installation.

On doit aussi bien choisir les équipements qui ont un bon tenu aux surtensions et
mettre en œuvre les protections nécessaires pour protéger le matériels et le personnel.
Il existe plusieurs solutions pour éliminer les surtensions selon leurs types :

Surtensions temporaires :

On peut éliminer les surtensions temporaires par la mise en hors service d’une partie
des batteries de compensation en périodes de consommation faible.

Lors de phase d’installation des batteries de compensation, on doit s’éloigner le plus


possible de tomber dans une configuration qui contient des branches d’inductances et
des condensateurs, pour éviter les Ferro résonances.

Surtensions de manœuvre :

En basse tension ‘BT’, les compensateurs automatiques statiques dont l’avantage est
de contrôler l’instant d’enclenchement et limiter les surtensions, sont très utiles pour
protéger les charges informatiques et les automates programmables industriels contre
les surtensions transitoires.

La mise d’une inductance de ligne en amont des variateurs de vitesse est indispensable
pour limiter les surtensions transitoires.

L’utilisation des disjoncteurs différentiels insensible aux courants de fuite induits par
les surtensions transitoire de manœuvres ou atmosphériques comme les disjoncteurs
différentiels sélectifs ‘Type S’ ce qui permet d’éviter les déclenchements intempestifs.

Surtensions atmosphérique :

Un paratonnerre (figure 2.12) assure la protection des bâtiments contre les frappes
directes des foudres.

Les parafoudres permettent de protéger les équipements installés contre les


surtensions atmosphériques. Comme le montre la figure 2.13, les parafoudres selon leur
type 1, 2 ou 3, sont mis le plus en amont de l’installation pour une protection globale et
le plus près possible des équipements pour une protection locale.

Figure 2.11 - Exemple d'installation des


Figure 2.10 – Paratonnerre [4] parafoudres et paratonnerre [4]
2.4.3.3 Solutions au problème de déséquilibre triphasé

Le déséquilibre triphasé provient essentiellement d’une répartition des charges non


uniforme sur les trois phases. Alors pour l’éliminer, il faut tout d’abord faire une
répartition uniforme des charges monophasées raccordées au réseau (Le réseau
d’éclairage et des Prises du courant dans notre cas). Aussi il est nécessaire d’augmenter
la puissance de court-circuit c'est-à-dire diminuer l’impédance de réseau (augmenter la
section des câbles) en amont des charges non équilibrées.

2.4.3.4 Les harmoniques et les techniques de filtration

A/Rappels théoriques

Théoriquement, il existe deux types d’harmoniques : les harmoniques pairs (


n  2, 4, 6... ) et les harmoniques impairs ( n  1,3,5... ). Par contre en pratique,
seulement les harmoniques impairs sont pris en compte dans les réseaux électriques
industriels. On peut négliger alors les harmoniques pairs grâce à la symétrie du signal
analysé. D’autre coté, la composante continue peut être aussi négligée dans notre cas,
puisque les valeurs moyennes des courants et des tensions sont souvent nulles.

Alors pour quantifier la pollution harmonique d’un réseau électrique, on calcul les
paramètres suivant en négligeant les rangs pairs et la composante continue :

 Les valeurs efficaces individuelle et totale.

 Les taux d’harmoniques individuel le taux de distorsion harmonique.

 Le facteur de crête.

Les valeurs efficaces


Soit l’harmonique du rang n et d’amplitude X n , puisque tous les harmoniques sont
des signaux sinusoïdaux, on peut calculer la valeur efficace individuelle de cet
harmonique’ Xneff ’ en divisant l’amplitude X n par 2 :

Xn
Xneff 
2

La valeur efficace totale de signal déformé ’ X eff ’ est obtenue en calculant la somme

quadratique de toutes les valeurs efficaces des harmoniques :

X eff  X 1eff 2  X 3eff 2  X 5eff 2  ...

En pratique, pour mesurer la valeur efficace d’un signal déformé, il faut utiliser un
appareil de mesure de technologie TRMS ‘True Root Mean Square’. En effet, l’appareil
de technologie TRMS est capable de mesurer la valeur efficace d’un signal quelle que
soit sa forme. Par contre l’utilisation d’un appareil non TRMS va nous donner des
valeurs erronées ce qui mène à une quantification fausse du signal.

Taux d’harmoniques

Le taux d’harmonique est un paramètre important dans la quantification de phénomène


d’harmoniques, il nous donne une indication claire sur le degré de pollution de réseau.
Les normes exposées précédemment, nous imposent des valeurs limite des taux
d’harmoniques individuels et des taux de distorsion harmonique à ne pas dépasser dans
les réseaux électrique (tableau 1.4 page 17). Le taux d’harmonique individuel d’un
harmonique du rang n ‘  n ’se calcule en divisant la valeur efficace d’harmonique en
question par la valeur efficace de fondamental :
Xneff
n 
X 1eff

Pour avoir une quantification globale de la déformation, il faut calculer le taux de


distorsion harmonique THD ‘Total Harmonic Distorsion’, qui tient compte tous les
harmoniques du signal analysé. Il nous donne une indication sur la richesse en
harmoniques du signal, plus le signal est déformé plus le THD est important. Le THD
peut être définie de deux façons différentes :

 Le taux de distorsion harmonique par rapport au fondamental ‘‘ THD f ’’ :

C’est cette relation qui est utilisée dans les normes.

X 3eff 2  X 5eff 2  X 7 eff 2  ... X eff


THD f (%)  100  100 ( )2  1
X 1eff X 1eff

 Le taux de distorsion harmonique RMS ‘‘ THDRMS ’’ : Cette relation, non prise


en compte dans les normes, figurent dans quelques citations [4] :

X 3eff 2  X 5eff 2  X 7eff 2  ... X 1eff


THDRMS (%)  100  100 1  ( )2
X eff X eff

Facteur de crête
Le facteur de crête ‘‘ Fc ’’ est l’un des paramètres importants pour la quantification
d’un signal déformé. Il se calcule en divisant la valeur crête par la valeur efficace du
signal. Pour un signal sinusoïdal pur, le facteur de crête est égal à 2 :

X max
Fc   2  1.414
X eff

Dans le cas d’un signal déformé, le facteur de crête prend des valeurs différentes de
2 ce qui indique le non linéarité de charge. Par exemple le facteur de crête du courant
pour les charges informatiques est compris entre 2 et 3. Dans le cas d’un signal carré,
le facteur de crête est égal à un.

B/Les techniques de filtration d’harmoniques


La circulation des courants harmoniques dans les différentes branches de l’installation,
provoque l’apparition des plusieurs problèmes au niveau de l’installation elle-même et
au niveau des installations voisines alimentées par la même source. C’est la raison pour
laquelle qu’on doit proposer des solutions pour réduire les effets néfastes de la pollution
harmonique. Ces solutions doivent être à la fois les plus efficaces et les moins chères
afin de réduire le temps de retour sur investissement. Parmi les solutions utilisées au
milieu industriel on site :

 Séparer les charges non linéaires des charges linéaires.

 Ajouter une inductance série.

 Ajouter une inductance anti-harmonique.

 Mettre en œuvre un filtre passif et/ou un filtre actif d’harmonique.

 Utiliser d’un transformateur d’isolement à secondaire en zigzag.

Séparation des charges

Cette solution consiste à séparer les charges polluantes des charges sensibles aux
harmoniques pour être sure que l’effet de la pollution ne sera pas transmis vers ces
récepteurs sensibles. Il est conseillé dans ce contexte, de raccorder les charges non-
linéaires le plus en amont possible de la source pour diminuer la distorsion en tension,
comme l’illustré la figure 1.16. Cette solution permet la limitation des effets des
courants harmoniques et non l’atténuation de ces derniers. Il est possible aussi de
séparer les charges polluantes en les alimentant par un transformateur spécifique mais
cette solution est couteuse par rapport aux autres solutions [6].

Figure 2.12 - Raccordement conseillé des charges non linéaires


Inductance série

Cette solution est très utilisée notamment dans les onduleurs et les variateurs de
vitesse. Elle consiste à ajouter une inductance ‘inductance de ligne’ en série avec le
récepteur pollueur. Cette inductance dont l’impédance est proportionnelle à la
fréquence, permet de limiter les courants harmoniques de rangs élevés. Lorsqu’on
ajoute cette inductance en amont de convertisseur, on peut remarquer une diminution
des courants harmoniques générés par le convertisseur et ainsi une diminution de taux
de distorsion en tension du
réseau d’alimentation [6].

Figure 2.13 - Inductance série [5]


Pour les variateurs de vitesse, la
norme EN 50178 impose que l’inductance série est dimensionnée pour une chute de

tension admissible ‘ uadmissible ’ comprise entre 3% et 5 % de la tension nominale


d’alimentation pour que le moteur fonctionne normalement. On peut alors
dimensionner l’inductance en respectant cette condition et en supposant que la chute de
tension est déterminée par rapport au courant fondamental I1 :

uadmissible
uL  uadmissible  Ls 
1I1

Tant que l’inductance est installée en série avec le récepteur, on doit choisir alors une
inductance dont le courant efficace qu’elle peut supporter égal au courant nominal du
récepteur.
Inductances anti-harmoniques

Pour protéger les condensateurs de compensation d’énergie réactive contre les forts
courants harmoniques, on installe une inductance anti-harmonique ‘SAH’ en série avec
ceux-ci. L’ensemble constitué par l’inductance anti-harmonique et le condensateur de
compensation forment un circuit résonant caractérisé par la fréquence de résonnance
suivante:

1
LCr 2  1  f r 
2 LC

L’inductance est dimensionnée de telle sorte que la fréquence de résonnance de


l’ensemble soit pauvre en harmoniques afin d’éviter le risque de passage des forts
courants harmoniques dans le condensateur. Les fréquences typiques de
dimensionnement sont :

f r  135Hz : si premier rang significatif sans inductance est 3 .

f r  215Hz : si premier rang significatif sans inductance est 5 en BT .

f r  225Hz : si premier rang significatif sans inductance est 5 en MT .

Filtre passif type shunt

Un filtre passif d’harmonique de type shunt est constitué d’un condensateur et une
inductance placés en série (figure 2.16). Les valeurs de capacité et d’inductance sont
calculé à la fréquence de résonnance correspondant à la fréquence d’harmonique à
filtré, par exemple pour filtrer l’harmonique du rang 5 on choisit f r  250 Hz [5] :

1  LC 2 1
Z  0  fr 
C 2 LC

A la résonnance le filtre se comporte comme une résistance faible de telle sorte que le
courant harmonique à éliminer va être acheminée totalement par le filtre (figure 2.17).
Si on veut éliminer plusieurs rangs d’harmoniques, on peut utiliser plusieurs filtres
passifs en parallèles dont les fréquences de résonnances sont les fréquences des rangs à

éliminés.

Filtre actif d’harmoniques

Le filtrage actif d’harmonique est une solution plus efficace que le filtrage passif. En
fait, le filtre actif fonctionne comme étant un générateur des courants qui s’opposent
aux courants harmoniques crées par les charges non linéaires. Contrairement aux filtres
passifs, les compensateurs actifs permettent d’éliminer plusieurs rangs d’harmoniques
à la fois.
Figure 2.14 - filtres passifs agissant sur Figure 2.15 - courbe d'impédance de deux filtres
plusieurs rangs [6] type shunt en parallèles [6]
Comme l’illustre la figure 1.19, le filtre actif type shunt injecte un courant
‘compensateur’ opposé au courant déformé de la charge pollueur. Ainsi le courant
résultant en
amont de la
charge est un
courant proche de la
sinusoïdale pure.
Figure 2.16 - Principe du filtre actif [6]
Transformateur
d’isolement à secondaire en zigzag

Le transformateur d’isolement à secondaire en zigzag est utilisé lorsque le courant


harmonique du rang 3 est présent dans l’installation.

En fait, grâce au couplage particulier du secondaire, les courants harmoniques du rang


3 et ses multiples circulant au secondaire ne seront pas transmis aux enroulements
primaires.

Figure 2.17 - Transformateur à secondaire en


zigzag [5]

2.4.3.5 Amélioration du facteur de puissance

Dans le contexte d’efficacité énergétique, la compensation d’énergie réactive est l’une


des solutions qu’on doit utiliser pour diminuer le cout d’énergie. En effet, cette solution
nous permet de gagner jusqu’au 4% des coûts de consommation d’électricité.

A/Généralité sur la compensation d’énergie réactive

Tous les moteurs et les machines tournantes consomment de l’énergie électrique sous
deux formes :

 L’énergie active : se mesure en ‘‘kWh’’ elle découle de la puissance active P


(kW) et elle se transforme en puissance mécanique ou bien en chaleur.
 L’énergie réactive : se mesure en ‘‘kVArh’’ elle vient de la puissance réactive
Q (kVAr). Elle sert à magnétiser les branches magnétiques des machines
électriques.

 L’énergie apparente : se mesure en ‘‘kVAh’’ elle traduit la somme vectorielle


de deux énergies précédentes. On note S(VA) la puissance apparente qui
correspond à la somme de P et Q.

La présence de la pollution harmonique dans l’installation engendre des courants plus


importants. Pour l’instant, les fournisseurs d’énergie électrique n’ont pas mis des
obligations concernant ce contexte. Cependant, cette pollution va contribuer à une
consommation plus élevée des puissances. En effet, les harmoniques mènent à
l’apparition d’une nouvelle forme de puissance appelée puissance déformante ‘D’
(figure 1.21) qui se mesure en ‘VAD’, ce qui provoque une dégradation du facteur de
puissance [7].

Figure 2.18 - Triangle des puissances [7]

Le tableau 1.7 montre la différence entre les puissances active, réactive et apparente
en absence et en présence d’harmoniques dans l’installation.
Tableau 2.7 - différence entre les puissances en présence et en absence des
harmoniques

En présence des
En absence
Harmoniques (cas d’une
d’harmoniques
tension sinusoïdale)

P  UI cos 
Puissance active P P  U .I1 cos 1

Q  UI sin 
Puissance réactive Q Q  U .I1 sin 1

Puissance déformante D D0 D  U .I1.THDI

S  UI  P 2  Q 2  D 2
Puissance apparente S S  UI  P  Q2 2

 U .I1 1  THDI 2

𝑝 𝑃 𝑐𝑜𝑠𝜑1
Facteur de puissance Fp 𝐹𝑝 = = 𝑐𝑜𝑠𝜑 𝐹𝑝 = =
𝑆 𝑆 √1 + 𝑇𝐻𝐷𝐼2

Facteur de déplacement
DPF  cos  DPF  cos 1
DPF
Sachant que :

 I et U : courant et tension efficaces

 U : courant et tension efficaces

 I1 : Courant efficace du fondamental

 cos 1 : Facteur de déplacement d’harmonique de fondamental

 THDI et THDU : Taux de distorsion harmonique en courant et en tension

NB: Pour une tension sinusoïdale, seul le fondamental transporte la puissance. Par
contre, si la tension est non sinusoïdale tous les harmoniques transportent la puissance.

B/Principe de compensation d’énergie réactive

La consommation excessive de l’énergie réactive mène à des incidences technico-


économiques importantes. En fait, lorsque la consommation du réactif est importante,
pour une même énergie active, il faut fournir beaucoup plus d’énergie apparente et du
courant que le nécessaire. Ceci provoque des surcharges au niveau des transformateurs,
des pertes supplémentaires et des chutes de tension sur les réseaux de distribution.

C’est la raison pour laquelle, les distributeurs d’énergie électrique pénalisent


financièrement les industriels qui consomment de l’énergie réactive au-delà d’un
certain seuil.

Pour ces raisons, les industriels sont obligés de produire de l’énergie réactive au plus
près possible des charges par l’installation des batteries de compensation. Le principe
est simple, comme illustré par la figure 2.21, pour réduire la puissance apparente d’une
valeur S2 (réelle) à une valeur S1 (désirée), on doit installer une batterie de
compensation qui fournit la puissance réactive Qc [7] :𝑄𝑐 = 𝑃(𝑡𝑔𝜑2 − 𝑡𝑔𝜑)
Figure 2.19 - Principe de compensation d'énergie [7]

1.1 Conclusion

L’étude énergétique électrique qu’on a faite, en se basant sur les données de


consommation d’électricité de l’usine en 2017, nous a montré l’importance de
l’application d’une stratégie d’efficacité énergétique vue les bénéfices qui en découlent.

En outre, la recherche bibliographique a montré que l’amélioration d’efficacité


énergétique électrique se fait non seulement par l’amélioration de qualité d’énergie
électrique (c'est-à-dire l’élimination des différentes perturbations : surtensions, creux,
coupures, les harmoniques,…) mais aussi par la compensation d’énergie réactive en
installant des batteries de compensation.

Après avoir compléter la partie bibliographique sur l’efficacité et connaitre les


différentes solutions d’amélioration, nous vous présentons dans le chapitre suivant
l’étude du cas d’une société de câblerie ou on a fait un audit énergétique électrique.