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L’INDUSTRIE

DE LA
DÉDICACE
Dessins de Jean-Luc Coudray

Les photos de dédicaces et les deux pages de publicité


ont été publiées initialement dans la revue Phénix au cours des années 70,
sauf page 28 (photo Gérard Guégan extraite du livre de Francis Groux
Au coin de ma mémoire, éditions PLG, 2011)

17e titre de la collection V i VE dirigée par Philippe Morin

Conception graphique : Luc Duthil

© APJABD, 2015
BP 94, 92123 Montrouge Cedex
ISBN 978-2-917837-25-2
J E A N - L U C CO U D R AY

L’INDUSTRIE
DE LA
DÉDICACE
Table
L’absence de sélection,
l’autoédition sur Internet,
la disparition du sentiment
collectif 33
Unanimité autour de la dédicace 5 La confusion entre
Narcissisme municipal 6 le privé et le public 34
Le livre, premier objet de série 7 La dégradation
La signature 8 du dessin original 35

Notoriété et talent 9 Les collectionneurs


de dédicace 36
Le collectif et la multiplication 11
Espace de gratuité 38
Civilisation orale 12
Salons, correctifs du marché ? 38
Vision totale 14
Salon, simulacre de société 39
L’auteur capturé 17
Dédicace vient de dédier... 41
L’exposition des auteurs 18
Le morcellement de la scène
Anecdote de Lucky Luke 19 collective 41
L’auteur est-il un monstre ? 20 Salons, manifestations
L’auteur copain 21 populaires 42
L’auteur copain, monstrueux Phantasme de maîtrise 42
et surnaturel 22 Narcissisme de l’auteur
Le salon du livre et précarité de sa profession 43
comme un cirque 24 Les salons contre
Le bénévolat de l’auteur 26 le livre numérique 44
L’authenticité 29 Moralité 45
Concurrence des universels 30 Propositions 46
La surproduction de livres 32
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Unanimité autour de la dédicace


Les auteurs sont régulièrement invités à des salons du livre pour
y dédicacer leurs ouvrages. S’ils s’expriment dans plusieurs registres,
comme le roman, la bande dessinée, la poésie, la littérature jeunesse
par exemple, les sollicitations s’additionnent au point, s’ils les accep-
taient toutes, de les entraîner dans une existence de forain.
Ces salons, généralistes ou voués à un genre particulier, se sont à
tel point multipliés sur le territoire franco-belge qu’il en existe désor-
mais plus de trois ou quatre par semaine.
Or, ces manifestations culturelles sont des nébuleuses difficiles
à définir. La littérature pour adultes ou la bande dessinée sont-elles
véritablement un thème ? En effet, ces événements culturels, loin de
découler d’une pensée structurée, proposent de manière hasardeuse
une cohabitation hétéroclite de stands, expositions, conférences,
interviews, vidéos, lectures théâtralisées, sans autre lien que leur
regroupement géographique et sans autre causalité que la réponse
aléatoire aux nombreuses invitations lancées vers les auteurs sous la
forme d’un démarchage la plupart du temps aveugle.
Le point commun de tous ces festivals, quelle que soit leur échelle,
est la pratique de la dédicace par les auteurs. Ce rite est l’activité lé-
gitimatrice en regard de laquelle les autres propositions, expositions,
conférences, lectures, ne restent qu’optionnelles.
Cependant, à quelques exceptions près qu’il convient d’apprécier,
la majorité des salons ne rémunèrent pas les auteurs pour leur travail
de signature.
Les manifestations autour du livre ont proliféré mais les auteurs aussi,
en conséquence de la surproduction des titres. La précarité économique
des maisons d’édition contraignent ces dernières à compenser leurs
ventes insuffisantes en librairie par celles réalisées dans les salons. Les au-
teurs se voient ainsi encouragés à s’investir activement dans le processus
de commercialisation de leurs œuvres par les séances de dédicace. Tout
concourt ainsi à une massification et une banalisation du phénomène de
la signature, à l’inverse de sa nature puisqu’elle doit sa valeur à sa rareté.
Une unanimité semble régner autour de cette pratique, vécue
comme ludique, festive et relationnelle, sans que l’on ne s’interroge
sur ce qui s’y joue.
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Narcissisme municipal
La plupart des salons sont créés par décision municipale. Nombre
de communes envisagent un salon du livre ou de la bande dessinée
pour des raisons de prestige. Le prestige est un ressort important
dans l’économie contemporaine qui prétend pourtant rationaliser le
profit. L’omniprésence de la publicité, deuxième budget mondial après
l’armement, ne se justifie pas seulement par sa soi-disant fonction
de dopage de la vente, mais parce qu’elle comble le narcissisme des
multinationales. Les dépenses somptuaires de l’État témoignent de la
même tendance. Le Concorde est un exemple, déjà ancien, de prestige
technologique sans souci de rentabilité.
Dans le même esprit, la création d’une manifestation culturelle
autour du livre est un investissement publicitaire pour l’image d’une
ville, indépendamment de toute rentabilité économique, dans le cadre
du rapport narcissique d’une entreprise à elle-même puisque les com-
munes se vivent désormais comme des entreprises, en conformité
avec l’idéologie néolibérale et son discours imposé.
La bande dessinée est moins valorisée que la littérature. Une grande
commune, à l’exception de la ville d’Angoulême de par sa position de
pionnière dans le registre de la bande dessinée, préférera un salon de
littérature générale. Les petites communes sont plutôt séduites par le
salon de bande dessinée. En effet, le personnage le plus populaire de ce
genre artistique est Astérix. Or, ce Gaulois véhicule le mythe du petit
village qui résiste à l’envahisseur. Par cette identification au célèbre hé-
ros, nombre de petites agglomérations revendiquent ainsi une identité
régionale qui se défendrait, par la voie de l’album de bande dessinée,
contre l’uniformisation culturelle. La bande dessinée, qui s’adresse à
toute la famille, et qui est perçue comme populaire malgré l’éclectisme
de ses productions, convient pour prétendre se distinguer de l’élitisme
assimilé à la capitale parisienne et à la centralisation. Invité une fois
dans un salon de bande dessinée organisé par une toute petite com-
mune, j’ai eu la surprise d’être accueilli par des organisateurs déguisés
en personnages d’Uderzo. Astérix m’a indiqué mon stand et Cléopâtre
servi le café. Les personnages d’Uderzo représentaient le folklore local
qui pensait résister contre la culture officielle (en oubliant qu’Astérix
est la première vente française en bande dessinée).
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Que ce soit par un salon de bande dessinée ou de littérature, les


communes utilisent le capital symbolique du livre pour valoriser leur
image. Le livre est ainsi porteur de valeur, malgré la baisse des critères
de sélection dont sont responsables les tactiques économiques de la
surproduction.
Le livre reste, parmi les produits fabriqués en série, un objet à part.
Mais, s’il se distingue, par sa dimension sensible, de l’ensemble des
objets reproduits, il est pour autant le premier à avoir été fabriqué en
nombre.

Le livre, premier objet de série


Le désir de multiplication s’est appliquée en effet d’abord aux
œuvres de l’esprit. L’imprimerie, apparue au XVe siècle, a de loin
devancé les usines à jumeler les cafetières. Le travail répétitif de la
machine a servi prioritairement à diffuser des paroles singulières.
L’impersonnel du geste reproductif s’est employé à propager des
textes dans les sociétés à grande échelle. Ainsi, l’acte robotisé de
l’imprimerie a prêté sa puissance à la pensée humaine.
C’est le gigantisme des sociétés qui a appelé l’imprimerie. C’est
l’anonymat des civilisations surdimensionnées qui a dû être compensé
par la force mécanique de l’imprimerie, geste anonyme et froid qui
répandait paradoxalement de la pensée, des mots, des paroles choisies
contre la dimension impersonnelle de la démesure collective.
Si l’imprimerie a été la première industrie de la reproduction, elle
en devient aujourd’hui, par une ironie technologique, la plus novatrice.
Les imprimantes 3D impriment maintenant des objets. L’imprimerie
était réservée à des taches nobles, le livre, la presse, les communiqués
officiels. Elle est aujourd’hui envahie par les publicités, les étiquettes
et les emballages, produisant aujourd’hui les ordures sophistiquées
qui envahissent nos boîtes aux lettres, nos poubelles ou nos paysages.
Le livre est désormais minoritaire dans ce débordement d’objets
imprimés. Il s’en distingue par une signature sur sa couverture comme
pour rappeler son origine personnelle.
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La signature
Rappelons qu’avant d’être un petit mot amical ou un dessin
adressés à l’acheteur, la dédicace est d’abord une signature. Le lan-
gage l’énonce clairement. L’auteur vient signer son livre, la librairie
organise une signature. Signer un livre, c’est comme signer une lettre,
c’est préciser que l’on est l’auteur du document.
La pratique de la dédicace pourrait être un rite d’identification.
L’auteur confirme par sa signature, livre après livre, qu’il est bien l’au-
teur de l’ouvrage. Cette vérification semble encore plus flagrante dans
un salon de bandes dessinées. Le dessinateur exécute, sous l’œil de
l’acheteur, en direct, sans trucage, un dessin identique au personnage
de l’album. Il prouve ainsi qu’il est bien le dessinateur à l’origine de
l’album.
Non seulement l’auteur valide son identité mais montre ainsi qu’il
dessine « comme dans un livre ». Simple individu, il peut néanmoins
se hisser à la hauteur d’un objet collectif. C’est d’ailleurs même le signe
du talent. La magie du dessin réalisé sous l’œil du public se double
de cet effet de superposition : le dessinateur exécute manuellement
l’équivalent d’un dessin imprimé.
Or, le livre est lui-même une signature. On reconnaît un écrivain
ou un dessinateur à son style. La pratique de la dédicace consiste pour
l’auteur à signer sa propre signature, c’est une redondance. Le livre
est ainsi sursignifié, à la manière de la pissotière de Duchamp, objet
ordinaire sursignifié par sa présence dans un musée. Or, la pissotière
ordinaire ne doit pas son insignifiance au seul dérisoire de son utilité
banale mais également au fait qu’elle n’est qu’un exemplaire d’une
reproduction en série. Elle ne devient pas objet d’art uniquement
parce qu’elle est située, de manière insolite, dans une exposition
artistique, mais aussi parce qu’elle est signée par Marcel Duchamp.
Cette signature la singularise. Ainsi, le vandale qui a voulu faire un
acte artistique en brisant cette pissotière a dû rembourser plus que
la valeur de n’importe quelle pissotière. De même, la dédicace ravale
le livre non-signé au rang de la pissotière : il n’est qu’un exemplaire
parmi d’autres identiques. Il peut être jeté, cornu, couvert de notes,
comme font malheureusement beaucoup de lecteurs. Le livre dédicacé
est soigné comme une peinture. Le concept du livre de poche, conçu
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pour se glisser dans une poche, et réservé aux auteurs à succès donc
à fort tirage, invite à associer le grand nombre d’exemplaires à une
dévaluation de l’objet imprimé. Les gens lisent à la plage des livres
de poche, rarement des éditions de valeur. En même temps, l’auteur
à succès est par définition plus facile à lire, donc également dévalué.
L’objet facile à lire, déprécié symboliquement par son accessibilité, est
doublement déprécié par son impression en masse. Paradoxalement,
la faible valeur symbolique de cet objet se compense par la forte valeur
symbolique de la célébrité, valeur estimée par le large public et non par
les connaisseurs. Le salon Lire en poche à Gradignan s’est spécialisé
dans la dédicace des livres de poche, ce qui est une idée originale : ce
« thème » attire ainsi des auteurs à succès et valorise par la dédicace
un objet quasi jetable. Concrètement, il attire tous les petits formats
et non uniquement les livres à grands tirages, ce qui en réduit l’origi-
nalité mais le spécialise dans les ouvrages à faible prix.

Notoriété et talent
Si la dédicace sursignifie l’objet livre, c’est en raison de la valorisa-
tion accordée à l’auteur. Cette valorisation procède évidemment de la
notoriété de l’auteur et du talent qu’on lui suppose.
Or, le public pense qu’il n’y a pas de notoriété sans talent ni de ta-
lent sans notoriété. Cependant, les deux notions relèvent de registres
distincts. La notoriété est une reconnaissance collective, le talent une
capacité hors norme. L’anomalie et la supériorité du talent renvoient à
l’idée d’un franchissement des limites ordinaires de l’individu. La no-
toriété, c’est le débordement du champ étroit de la vie quotidienne vers
une influence collective. La notoriété et le talent ont ainsi en commun
l’idée d’un dépassement. Cette ressemblance produit une confusion
qui les associe : le champ collectif est ainsi doté par le public d’une
capacité à n’accueillir que le talent. D’où la fascination devant la no-
toriété plus encore que devant le talent. Car le talent ne s’appréhende
que subjectivement alors que la notoriété se mesure objectivement. La
reconnaissance publique objective le talent que le lecteur n’ose juger
subjectivement. Le dessinateur triche par rapport à l’écrivain quant
au jugement du lecteur. Car il peut, par sa technicité, créer l’illusion
du talent artistique. La reconnaissance de la technicité d’un dessin
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Hugo Pratt à la Convention de la BD, à Paris en 1972.

relevant d’un jugement objectif, le lecteur qui n’ose habituellement


évaluer le talent se sentira plus sûr de lui pour apprécier la valeur d’un
dessin technique qu’il confondra avec une valeur artistique. Ainsi, un
dessinateur réaliste aura le même succès lors d’une séance de dédicace
qu’un écrivain reconnu.
À l’inverse, le scénariste de bandes dessinées est dévalorisé par
rapport au dessinateur. Ne pouvant dessiner lors des signatures, les
scénaristes sont très peu demandés dans les salons. Pour preuve, étant
scénariste de certaines bandes dessinées, des salons ne m’ont accepté
que lorsque j’ai précisé que j’étais également dessinateur. Cet exemple
dévoile que bien des organisateurs n’invitent pas l’auteur pour son
œuvre mais pour son aptitude à racoler par l’exercice du dessin.
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Le collectif et la multiplication
La machine qui reproduit permet à la parole de l’auteur d’accéder à
la sphère publique. Après que le Christ eut multiplié les pains, il a fallu
multiplier les bibles. L’acte miraculeux de la reproduction a été rationa-
lisé par la puissance industrielle. Cette rationalisation rappelle la di-
mension mécanique du miracle : pour des raisons de justice et d’égalité,
les pains répétés par Jésus étaient tous analogues. Mais derrière ces
copies, vivait l’Esprit. La science a aujourd’hui désenchanté le monde en
le vidant de ses dieux mais le réenchante par la magie de ses machines.
L’invention de l’imprimerie a permis l’avènement de la Renaissance.
Le siècle des Lumières est un miracle dû à la reproduction des livres.
Renaissance, Lumières, voilà des métaphores religieuses évoquant les
prodiges de la technique. Après les pains et la Bible, c’est la pensée laïque
qui est multipliée. Ce qui reste divin dans ce mécanisme, ce sont les
grands nombres de la reproduction, confondus avec l’infini. Le vertige
de la multiplication est la porte d’entrée dans le champ collectif, divi-
nisé par sa démesure. Il semble ainsi cohérent, dans l’esprit du public,
que ce champ supérieur n’accueille que les auteurs talentueux.
Or, à partir de combien d’exemplaires le livre quitte-t-il le cercle
familial pour pénétrer la scène publique ? Ce nombre conserve jalou-
sement le secret de sa transformation. Le paradoxe est connu. Si j’ac-
cumule euro sur euro, quelle pièce me rendra riche ? Entre la pauvreté
et la richesse, il existe un espace d’indécision. Là est l’angoisse de
l’auteur. Il se situe généralement dans cet indéfini entre la notoriété et
l’inexistence, le grand nombre d’exemplaires et le tirage confidentiel,
incapable de mesurer s’il a franchi le seuil alchimique qui l’extrait de
l’ordinaire, qui transforme sa pâte humaine en or divin.
Lorsque l’auteur est attablé à un stand, il vend ses livres un à un. L’exer-
cice de la dédicace lui fait sentir, dessin après dessin ou signature après
signature, le poids de chaque unité. Il est le pauvre qui voudrait s’enrichir
pièce par pièce. Les grands nombres se sont évanouis. Le miracle de la
multiplication s’est désagrégé. L’auteur devient ouvrier de sa notoriété en
frappant d’une porte à l’autre, d’une sphère privée à la suivante.
La pratique de la dédicace ramène ainsi l’auteur à la dimension ar-
tisanale de sa réalité. À la puissance de l’imprimerie s’oppose l’impuis-
sance de l’auteur qui écoule un par un, à grand renfort de dessins, des
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ouvrages insuffisamment désirés. L’auteur est réduit à un exercice de


mendicité, améliorant d’un ajout personnel un livre qui ne se vend pas
tout seul, qui n’est pas porté par la force collective, par le miracle social,
mais demeure dans la réalité d’un rapport prosaïque dont l’auteur doit
subir la mise en scène. La magie de la multiplication est troquée contre
une expérience de la démultiplication. La masse des lecteurs n’est plus
qu’une suite décevante d’unités. La vision symbolique et rêvée du champ
collectif se décompose en unités laborieuses. Le travail à la chaîne de
l’ouvrier en usine procède d’une expérience proche. Le travailleur vit
dans son corps, par la répétition usante de gestes toujours identiques, la
dimension sordidement matérielle du nombre. Il faut une machine pour
masquer les dessous concrets de la puissance industrielle. L’imprimerie
fait rêver l’auteur. Les dédicaces déniaisent son rêve.

Civilisation orale
Le livre, c’est de l’écrit, même la bande dessinée. Et si les séances de
dédicaces se revendiquent par la rencontre entre l’auteur et son public,
elles ne se contentent jamais de la parole échangée. L’entrevue est
tamponnée par une trace sur du papier. On peut d’ailleurs se demander
si beaucoup de lecteurs viendraient parler avec l’auteur s’il n’y avait
l’attrait de la dédicace. Il n’est d’ailleurs pas rare qu’un lecteur, décou-
vrant que le dessinateur assis n’est pas celui qu’il croyait, lui demande
de dédicacer, avec un dessin bien sûr, le livre dont il n’est pas l’auteur.
Ce cérémonial de la dédicace sonne comme une exception dans
une civilisation de l’oralité. Car, bien que nous nous prétendions
civilisation de l’écriture par opposition aux sociétés humaines qui
ne possédaient pas l’alphabet ou les idéogrammes, les médias de
masse demeurent oraux. La télévision et la radio couvrent de leurs
voix tonitruantes les discrètes pensées des livres. Les images de la
télévision trouvent leur signification grâce au commentaire parlé qui
les accompagne. La presse écrite tente, avec ses photos spectaculaires,
ses titres slogans et ses articles flashes, d’imiter le modèle animé et
oral de la télévision. Bourdieu montre que la télévision est devenue
un centre gravitationnel dont le champ modifie les autres médias qui
commettent l’erreur de la plagier au lieu de s’en distinguer (Bourdieu,
Sur la télévision). La presse écrite, lorsqu’elle est diffusée sur Internet,