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MINISTERE DE L'ENSEIGNEMENT SUPERIEUR

ET DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE

DIRECTION NATIONALE DE L'ENSEIGNEMENT REPUBLIQUE DU MALI


SUPERIEUR ET DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE Un Peuple – Un But – Une Foie

D.E.R. GENIE CIVIL

ECOLE NATIONALE D’INGENIEURS ABDERHAMANE BABA-TOURE

DEGRADATIONS DANS LES BAS-


FONDS ET LES BASSINS VERSANTS

Classe : GC3-HYD Cycle Ingénieur

DIRIGĖ PAR : PREPARE ET REDIGE PAR :


Dr. S.A KONE VIGNON Kinhole Hugues

Mars 2019
Dégradation des BF et BV

Introduction ........................................................................................................ 3

2.1 Erosions dans les bas-fonds et bassins versants ......................................... 3

2.1.1 Erosions dans les bassins versants .......................................................... 3

2.1.1.1 L’érosion hydrique .............................................................................. 3

2.1.1.1.1 Origine et mécanisme ...................................................................... 3

Figure 2.1 : Etapes de l’érosion hydrique ........................................................... 4

2.1.1.1.1.1 Le détachement ............................................................................. 4

Figure 2.2 : éclatement des particules du sol ...................................................... 5

Figure 2.3 : Détachement par splash ................................................................... 6

Figure 2.4 : résistance d’une particule du sol face à l’action de friction de l’eau 7

2.1.1.1.1.2 Le transport ................................................................................... 8

Figure 2.5 : Mode de transport par ruissellement ................................................ 8

2.1.1.1.1.3 La sédimentation........................................................................... 8

2.1.1.1.2 Les formes d’érosion ....................................................................... 8

2.1.1.1.2.1 L'érosion en nappe ou aréolaire ou laminaire (sheet erosion) ........ 8

2.1.1.1.2.2 L'érosion linéaire (micro-channel ou Rill Erosion)........................ 9

Tableau 2.1 : Formes d’incisions dues à l’érosion linéaire ............................ 10

Figure 2.6 : les différents ravinements des sols montagnards ........................... 10

2.1.1.1.2.3 L'érosion en masse ...................................................................... 10

2.1.1.1.2.4 L'érosion hydrographique ........................................................... 11

2.1.1.2 L’érosion éolienne ............................................................................ 11

2.1.1.2.1 Origine et mécanisme .................................................................... 11

2.1.1.2.1.1 Les mécanismes de mouvement à l'échelle des particules ........... 12

Figure 2.7 : Déflation, les grains de petites tailles sont emportés par le vent .... 12

Hugues Kinhole VIGNON 1


Dégradation des BF et BV

Figure 2.8 : Saltation, les axes sont gradués en diamètre de grain ..................... 13

Figure 2.9 : roulement et glissement ................................................................. 14

Figure 2.10 : suspension des grains, axes en diamètre de grains ....................... 14

2.1.1.2.1.2 Les mécanismes à l'échelle des mouvements globaux ................. 14

Tableau 2.2 : distance de saturation du vent suivant la sensibilité du sol ...... 15

2.1.2 Erosion dans les bas-fonds ................................................................... 16

2.1.2.1 Origine et mécanisme ....................................................................... 16

2.1.2.2 Les formes d’érosion......................................................................... 16

2.2 Dégradations du sol dans les bassins versants et bas-fonds ..................... 17

2.2.1 Dégradations dans les bassins versants ................................................. 17

2.2.1.1 Dégradations dues à l’érosion hydrique ............................................ 17

2.2.1.2 Dégradation due à l’érosion éolienne ................................................ 19

2.2.2 Dégradations dans les bas-fonds .......................................................... 19

Conclusion ....................................................................................................... 21

Bibliographie ................................................................................................... 21

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Dégradation des BF et BV

Introduction

Le sol est la partie superficielle de la terre susceptible d’être cultivée en raison de


ses propriétés physiques et chimiques. Il résulte de l’interaction de la biocénose
et du sous-sol sous certaines conditions climatiques. La plupart des plantes
cultivées puisent l’essentiel de leur nourriture dans l’horizon supérieur du sol
riche en matière organique qui lui donne une structure idoine. Le fait même que
cet horizon soit meuble le rend vulnérable à l’action des agents d’agression et de
transport que sont l’eau et le vent causant ainsi leur dégradation.

Nous allons nous focaliser sur les dégradations qui subsistent dans les bas-fonds
et bassins versants tout en se préoccupant des causes et des mécanismes de ces
dernières.

2.1 Erosions dans les bas-fonds et bassins versants

2.1.1 Erosions dans les bassins versants


Dans les bassins versants, nous distinguons deux types d’érosions : l’érosion
hydrique et l’érosion éolienne.

2.1.1.1 L’érosion hydrique

2.1.1.1.1 Origine et mécanisme

L'érosion hydrique se définit comme le détachement et le transport des particules


de sol de leur emplacement d'origine par différents agents vers un lieu de dépôt.
La pluie et le ruissellement superficiel sont à l'origine du détachement, du
transport et du dépôt des particules du sol arrachées.

L’érosion hydrique passe par trois étapes à savoir : le détachement, le transport et


la sédimentation :

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Figure 2.1 : Etapes de l’érosion hydrique

2.1.1.1.1.1 Le détachement

Les principaux mécanismes conduisant au détachement sont :

 L’humectation (par l’effet de l’impact de gouttes de pluies) :

On distingue quatre processus qui peuvent être identifiés comme responsables de


ce mécanisme :

a/ L'éclatement.

ll correspond à la désagrégation par compression de l'air piégé lors de


l'humectation. L'intensité de l'éclatement dépend entre autres, du volume d'air
piégé, donc de la teneur en eau initiale des agrégats et de leur porosité.

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Figure 2.2 : éclatement des particules du sol

b/ Le gonflement différentiel :

Ce phénomène intervient suite à l'humectation et la dessiccation des argiles,


entraînant des fissurations dans les agrégats. L'importance de ce mécanisme
dépend en grande partie de la teneur et de la nature de l’argile des sols.

c/ La dispersion physico-chimique :

Elle correspond à la réduction des forces d'attraction entre particules colloïdales


lors de l'humectation. Elle dépend de la taille et la valence des cations
(particulièrement du sodium) pouvant lier les charges négatives dans le sol.

d/ La désagrégation mécanique sous l'impact des gouttes de pluie (Détachement


par spalsh) :

L’impact des gouttes de pluie peut fragmenter les agrégats et surtout détacher les
particules de leur surface. Ce mécanisme intervient en général conjointement aux
autres mécanismes cités précédemment et nécessite une pluie d’une certaine
énergie qui est variable selon les sols. L’énergie cinétique des gouttes n’est plus
absorbée mais est transformée en force de cisaillement qui provoque détachement
et splash.

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Figure 2.3 : Détachement par splash

Les particules détachées par les gouttes de pluie sont généralement des micro-
agrégats ou des particules élémentaires < 100 mm.

La taille et l'impact des gouttes sont donc des facteurs importants dans ce
processus de destruction et d'arrachement (éclaboussement par effet splash).

L'énergie d'une seule goutte de pluie cause une érosion par éclaboussement ou
rejaillissement qui peut déplacer les particules sur quelques dizaines de cm, la
distance dépendant de la masse des particules et de l'angle d'incidence des gouttes
de pluies par rapport à la surface. La masse de sol détachée peut être de l'ordre de
plusieurs dizaines de tonnes par hectare et par an.

Les particules de sol très fines qui sont détachées de la surface par l'impact des
gouttes sont piégées entre les éléments plus grossiers et peuvent obstruer les pores
de la couche supérieure du sol et réduire considérablement le taux d'infiltration
(battance). Cette obstruction augmente les risques d'érosion et de ruissellement en
surface. La croûte de battance ainsi formée s'épaissit dans les petites dépressions
où l'eau stagne, permettant la sédimentation des éléments fins. La perméabilité de
la surface peut descendre en dessous de 2 mm/h en période humide. Le micro
relief s'estompe et le sol perd toute capacité de rétention d'eau superficielle.

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Lorsque la croûte de battance est formée, les pluies ultérieures, même si elles sont
de faible intensité, engendreront du ruissellement.

 Le ruissellement

L'érosion des sols se développe lorsque les eaux de pluie, ne pouvant plus
s'infiltrer dans le sol, ruissellent sur la parcelle en emportant les particules de terre.
Ce refus du sol d'absorber les eaux en excédent apparaît soit lorsque l'intensité des
pluies est supérieure à l'infiltrabilité de la surface du sol (ruissellement
"Hortonien"), soit lorsque la pluie arrive sur une surface partiellement ou
totalement saturée par une nappe (ruissellement par saturation).

Ces deux types de ruissellement apparaissent généralement dans des milieux très
différents, bien que l'on observe parfois une combinaison des deux. Une fois le
ruissellement déclenché sur la parcelle, l'érosion peut prendre différentes formes
qui se combinent dans le temps et dans l'espace pouvant donner naissance soit une
érosion diffuse et /ou soit une érosion concentrée.

Il est donc à noter qu’il y a détachement par ruissellement lorsque la force de


friction de l'eau sur les particules du sol est supérieure à la résistance du sol au
cisaillement.

Figure 2.4 : résistance d’une particule du sol face à l’action de friction de l’eau

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2.1.1.1.1.2 Le transport

Il est dû à la fois aux gouttes d'eau de pluie (par rejaillissement = effet splash) et
aux eaux de ruissellement. Cependant, il est à signaler que le mode de transport
par effet splash est généralement négligeable sauf sur pente forte. Alors que les
eaux de ruissellement sont les plus responsables du transport des particules du sol
détachées. Les modes de transport par ruissellement sont illustrés sur le graphique
ci-dessous :

Figure 2.5 : Mode de transport par ruissellement

2.1.1.1.1.3 La sédimentation

L’agent responsable de la sédimentation est l’eau de ruissellement. Les particules


arrachées du sol se déposent entre le lieu d'origine et l’aval en fonction de leur
dimension, de leur densité, de la capacité de transport du ruissellement ou du cours
d’eau. Les particules se déposent dans l'ordre suivant : sable, sable fin, limon. Les
argiles et l'humus colloïdal sont généralement transportés jusqu'à l'embouchure
du cours d'eau où il se dépose soit après évaporation de l'eau, soit après
floculation.

2.1.1.1.2 Les formes d’érosion

2.1.1.1.2.1 L'érosion en nappe ou aréolaire ou laminaire (sheet erosion)

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Dégradation des BF et BV

C'est le stade initial de la dégradation des sols par érosion. Cette érosion en nappe
entraîne la dégradation du sol sur l'ensemble de sa surface, autrement dit c’est une
forme d’érosion diffuse.

Le signe le plus connu de l'érosion en nappe est donc la présence de plages de


couleur claire aux endroits les plus décapés. Egalement, il y a un autre symptôme
de l’érosion en nappe est la remontée des cailloux en surface par les outils de
travail du sol.

L'importance de l’érosion en nappe dépend à la fois :

 de l'intensité maximale des pluies qui déclenchent le ruissellement,


 de l'énergie des pluies qui détachent les particules susceptibles de migrer,
 de la durée des pluies et/ou de l'humidité avant les pluies.

Au-delà d’une vitesse de 25 cm/seconde, le ruissellement, peut non seulement


transporter des sédiments fins, mais aussi attaquer le sol et creuser des rigoles
hiérarchisées où la vitesse augmente rapidement. On passe alors de l’érosion
diffuse à l’érosion concentrée soit l'érosion linéaire (griffes, rigoles et ravines).

2.1.1.1.2.2 L'érosion linéaire (micro-channel ou Rill Erosion)

Lorsque l'intensité des pluies dépasse la capacité d'infiltration de la surface du sol,


il se forme d'abord des flaques; ensuite ces flaques communiquent par des filets
d'eau et lorsque ces filets d'eau ont atteint une certaine vitesse, 25 cm par seconde
ils acquièrent une énergie propre qui va créer une érosion limitée dans l'espace
par des lignes d'écoulement. Cette énergie n'est plus dispersée sur l'ensemble de
la surface du sol, mais elle se concentre sur des lignes de plus forte pente. Il se
crée alors des formes d’incision dues à l’érosion linéaire qui sont regroupées dans
le tableau suivant :

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Tableau 2.1 : Formes d’incisions dues à l’érosion linéaire

La ravine est une rigole approfondie où se concentrent les filets d'eau. La rigole
se transforme en ravine lorsque sa profondeur interdit son nivellement par des
simples instruments aratoires. En d’autres termes, Le ravinement constitue un
stade avancé de l'érosion linéaire. Il y en a trois types de ravines :

 La ravine en V sur les matériaux homogènes,


 La ravine en U sur les matériaux hétérogènes,
 La ravine en tunnel sur les argiles gonflants, gypse et des matières solubles.

Ravine en U Ravine profonde en V Ravine en tunnel

Figure 2.6 : les différents ravinements des sols montagnards

2.1.1.1.2.3 L'érosion en masse

Alors que l'érosion en nappe s'attaque à la surface du sol, le ravinement aux lignes
de drainage du versant, les mouvements de masse concernent un volume à
l'intérieur de la couverture pédologique. On attribue à l'érosion en masse tout
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déplacement de terre selon des formes non définies, comme les mouvements de
masse, les coulées de boue et les glissements de terrain.

Les phénomènes de mouvement de masse sont très nombreux dont on peut citer :

 Les glissements : sont des décollements d'une couche plus ou moins épaisse
de sol, glissant sur un horizon plus compact (souvent de la roche altérée), servant
de plan de glissement.
 Coulées boueuses et laves torrentielles : Ce sont des mélanges d'eau et de
terre à haute densité ayant dépassé le point de liquidité et qui emportent à grande
vitesse des masses considérables de boue et de blocs de roches de taille imposante.
 Les formes locales : Il s'agit d'éboulements rocheux ou d'effondrements de
versants qui entraînent des glissements localisés. Ceux-ci sont très fréquents en
tête de ravine (ils entraînent l'éboulement de la partie supérieure d'une ravine et
font progresser la ravine vers le sommet de la colline par érosion régressive).

2.1.1.1.2.4 L'érosion hydrographique

C’est une forme d’érosion due à la dissipation de l’énergie de l’eau dans les lits
des cours d’eau et les rivières. L’énergie de ces dernières est capable, de manière
régulière ou accidentelle (lors des inondations) d’emporter une partie des berges.
On appelle ce processus le sapement des berges. Il se produit également dans les
ravins en formation lorsque l’eau du ruissellement attaque les assises du ravin. Ce
type d’érosion est étroitement lié au volume et à la vitesse de l’eau, qui dépend de
la pente et du débit.

2.1.1.2 L’érosion éolienne

2.1.1.2.1 Origine et mécanisme

Les vents violents sont à la base de cette érosion.

L’arrachage, le transport et dépôt des particules de sols sont fonction de la vitesse


du vent, de la taille et de la densité de ces particules, de l’humidité du sol et du
couvert végétal.

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L'arrachage des particules du sol est déterminé par les forces du vent qui s'exercent
à la surface du sol. La vitesse du vent qui se déplace au-dessus de cette surface du
sol devient plus importante dès qu'on s'éloigne du sol. Cette vitesse augmente en
proportion du logarithme de la hauteur, définissant ainsi une courbe de vélocité.
A partir de cette dernière, on pourrait déterminer l'intensité de la force du vent
exercée.

Du point de vie mécanique, le vent a plusieurs modes d’action suivant l’échelle


considéré: les mécanismes de mouvement à l'échelle des particules et Les
mécanismes à l'échelle des mouvements globaux.

2.1.1.2.1.1 Les mécanismes de mouvement à l'échelle des particules

o La déflation : enlèvement des particules légères et sables fins du sol.


En fait, la déflation entraîne le départ en suspension des particules légères du sol
(argiles, limons et matières organiques). Ces poussières sont aspirées par les
tourbillons jusqu'à plusieurs milliers de mètres d'altitude pour être ensuite
dispersées sous forme de brume sèche ou pour circuler sous forme de nuage sur
plusieurs milliers de kilomètres.

Figure 2.7 : Déflation, les grains de petites tailles sont emportés par le vent

o Le transport des particules mises en mouvement par le vent peut


s’opérer de trois façons différentes suivant la dimension des matériaux, la vitesse
du vent et son degré de turbulence :
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1- Mouvement de la saltation

Dans la saltation, les particules avancent par bonds ou sauts. Celles qui se meuvent
de cette façon ont généralement de 0.05 à 0.5 mm de diamètre. Ce mode de
transport consiste en une succession de sauts balistiques dont la concavité des
trajectoires est toujours dirigée vers le bas. Un grain est arraché du lit par le
cisaillement, puis retombe plus loin en délogeant statistiquement dix grains. La
plupart du matériel érodé est transporté entre 0 et 0.3 m au-dessus de la surface
du sol par saltation. Elle présente 7 à 25 % du transport.

Figure 2.8 : Saltation, les axes sont gradués en diamètre de grain

2- Mouvement de reptation de surface

Dans le second type de mouvement : reptation en surface, les particules de plus


grande dimension roulent ou glissent à ras de terre. Trop lourdes pour être
soulevées par le vent, elles sont mises en mouvement par l’impact des particules
en saltation plus que par la force éolienne directe. Les particules qui se déplacent
de cette façon peuvent mesurer de 0.5 à 2 mm de diamètre, suivant leur densité et
la vitesse du vent. Il représente 50-80% du transport et est le principal
déplacement des grandes mantes dunaires.

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Figure 2.9 : roulement et glissement

3- Mouvement suspension

La suspension, troisième mode de déplacement, correspond au flottement dans


l’air de particules fines de diamètres faibles < à 0,1 mm dont le mouvement initial
est également déclenché par l’impact des particules en saltation. Ce type de
transport apparaît pour un cisaillement supérieur à la vitesse de sédimentation.
Les grains ont des trajectoires quasi rectilignes, de sommet ondulé, situées bien
au-dessus du lit granulaire. En d’autres termes, c’est un transport sous forme de
poussière, même par vent léger sous des grandes distances (milliers de Km).

Figure 2.10 : suspension des grains, axes en diamètre de grains

2.1.1.2.1.2 Les mécanismes à l'échelle des mouvements globaux


Les particules en mouvement sont le siège d'interactions dont il faut citer
principalement :

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Dégradation des BF et BV

- L'effet d'avalanche : Ce phénomène est la conséquence de la saltation. Les


particules qui ont sauté provoquent, en retombant, le départ d'une quantité plus
importante de particules. Plus le terrain est étendu, plus les impacts des particules
déplacées par le vent sont nombreux. En conséquence, à mesure que le processus
gagne du terrain dans le sens du vent, le nombre des particules mises en
mouvement s'accroît. C'est ce qu'on appelle l'effet d'avalanche. Aussi, lorsque le
vent progresse sur un sol dénudé, sa charge en particules augmente sans cesse
jusqu'à atteindre un maximum tel que la quantité perdue est égale à la quantité
gagnée à chaque instant.

La charge maximale du vent en particules est sensiblement la même pour tous les
types de sols et elle est égale à celle que l'on rencontre sur les dunes de sable. La
distance nécessaire pour que cette saturation soit atteinte varie en raison inverse
de la sensibilité d'un sol à l'érosion comme illustrée sur le tableau suivant :

Tableau 2.2 : distance de saturation du vent suivant la sensibilité du sol

Ainsi sur un sol très fragile, la saturation du vent en particules transportées peut
se produire en une cinquantaine de mètres, et demander plus de 1000 mètres sur
un sol de bonne cohésion.

- Le triage : Le vent déplace les particules très fines et très légères beaucoup
plus rapidement que les grosses. Plus les particules sont fines, plus leur vitesse est
grande et plus la distance qu'elles parcourent et les hauteurs qu'elles atteignent
sont importantes. Le vent sépare ainsi les différents éléments du sol en catégories

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suivant leurs dimensions: mottes non érodables, gravier, sable, argile et lœss. Il
emporte ainsi les éléments fins et ne laisse sur place que les éléments grossiers.

Une autre conséquence de ce triage est la stérilisation progressive du sol car la


matière organique elle-même formée d'éléments fins et peu denses, est l'un des
premiers éléments à être emportés.

- La corrasion : est l'attaque mécanique de la surface sur laquelle souffle un


vent chargé de particules. C'est dans les régions arides, une cause aggravante de
l'érosion des sols.
- L’accumulation : dépôt de poussière et sables transportés quand le vent perd
de la vitesse ou quand il est trop chargé pour donner naissance à des dunes de
formes les plus simples aux plus complexes.

2.1.2 Erosion dans les bas-fonds

2.1.2.1 Origine et mécanisme


L'alimentation en eau du bas-fond est multiple : pluie, ruissellement, écoulements
hypodermiques, nappes phréatiques ou d'altérites, qui affleurent une partie de
l'année. Les écoulements dans le bas-fond peuvent être superficiels ou
hypodermiques. Chacun de ces flux a sa dynamique propre, d'où la complexité du
fonctionnement hydraulique du bas-fond, qui se lit à travers les périodes de
submersion et leur durée, la forme et la dynamique des crues, l'amplitude des
variations saisonnières de la nappe, etc.

2.1.2.2 Les formes d’érosion


Les bas-fonds sont soumis à des alternances de phases de submersion et
d'exondation, qui déterminent leur fonctionnement physico-chimique temporaire
ou permanente. Le ruissellement qui se produit lors d’une averse joue un rôle
déterminant dans l’érosion du fond de lit et des berges des bas-fonds.

Pour les faibles vitesses d’écoulement, rien ne se passe tous les matériaux solides
restent tous au repos. Pour les vitesses les plus élevées, les matériaux solides se
déplacent sur le fond en roulant, en glissant ou en effectuant des bonds successifs
Hugues Kinhole VIGNON 16
Dégradation des BF et BV

(charriage) et pour les vitesses encore plus élevées, les matériaux prélevés sur le
fond sont emportés par le courant (transport solide en suspension). Ainsi donc, les
sols de bas-fonds sont soumis à un intense lessivage, vertical ou longitudinal, qui
est souvent à l'origine, sous l'horizon de surface, d'horizons de sables ou d'argiles
blanches, totalement lessivés. Ces flux internes peuvent également emporter les
particules fines, enrichissant en sables les zones amont ou latérales des bas-fonds.
En période d’exondation nous remarquons juste les érosions qui se déroulent sur
une surface de sol sous forme de pente donnée (érosion hydrique et éolienne).

2.2 Dégradations du sol dans les bassins versants et bas-fonds

2.2.1 Dégradations dans les bassins versants

2.2.1.1 Dégradations dues à l’érosion hydrique

Parmi les signes et effets physiques visibles de la dégradation du sol causés par
l’érosion peuvent être cités les éléments ci-dessous et ce, dépendamment des lieux
à savoir les dégâts engendrés en amont et en aval :

 Pertes en terre et en éléments nutritifs : les griffes, fines rigoles


formées par l'eau, particulièrement en haut des pentes, sur le bord des pistes ou
dans les champs sillonnés par les labours, elles deviennent des ravines par
élargissement dû à la concentration de ruissellement excessif ;
 Pertes d'engrais et de matière organique ;
 Destruction de la structure du sol ;
 Réduction de la profondeur du sol ;
 L’érosion des rives entraîne non seulement le recul des rives des
cours d’eau, menaçant ainsi la disparition d’habitats fauniques, mais également
une augmentation de la charge particulaire des eaux du fleuve. Une fois arrachées,
les matières particulaires sont transportées dans les cours d’eau, parfois sur de
longues distances et se déposent sur le lit pour former des sédiments jusque dans
l’estuaire. De plus, si elles sont contaminées, elles contribuent à la contamination
du milieu récepteur en aval ;

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Dégradation des BF et BV

 Baisse de rendement induisant un abandon des terres

A côté des dégâts bien visibles concernant les terres cultivées, il existe des dégâts
en aval beaucoup plus insidieux provoqué par l'augmentation du ruissellement et
l'entraînement des particules du sol. Par ailleurs, pour les zones typiquement
montagnardes notamment en milieu forestier, d’autres phénomènes tels que les
glissements ou les éboulements de terrains de grande ampleur ou les laves
torrentielles ainsi l'introduction massive de sédiments dans les cours d'eau peut
être induit par l’érosion hydrique. Nous pouvons donc, illustrer certains de ces
dégâts en aval à savoir :

 charger les rivières en M.E.S (matières en suspension). L'augmentation de


la turbidité des eaux modifie l'équilibre trophique. L'entraînement des particules
de sols dans les eaux superficielles s'accompagne également de celui des intrants
agricoles (engrais, pesticides) et des polluants d'origine industrielle, urbaine et
routière.
 Inondations boueuses
 Eutrophisation des eaux de surface : L'apport important de sédiments dans
les eaux de ruissellement a pour effets biologiques et physiques néfastes sur la
qualité de l’eau. Ces apports peuvent inclure des éléments azotés et phosphatés et
même des métaux lourds peuvent être également transportés. La qualité de l’eau
est détériorée par eutrophisation à cause du réchauffement de la température de
l'eau et l'intensification du développement d'algues et de bactéries causant le
vieillissement prématuré des eaux des exutoires et, par le fait même, une perte de
la biodiversité.
 Ensablement des lits de rivière
 Envasement des retenues d'eau
 Dégâts aux infrastructures routières
 Les inondations dues aux eaux de ruissellement par suite de la réduction de
la capacité d'infiltration des sols dégradés, et la baisse de niveau ou assèchement
des nappes et points d'eau à cause des pertes d'eau par ruissellement.

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Dégradation des BF et BV

2.2.1.2 Dégradation due à l’érosion éolienne

Parmi les conséquences de l’érosion éolienne, la plus fâcheuse est le tri qu’elle
opère entre les particules de sol, dont elle élimine constamment les plus fines. La
répétition de ce processus risque d’abaisser la productivité du sol et d’en accroître
la sensibilité à l’érosion. A moins d’être fixées par une végétation permanente, les
sols ainsi érodés sont appelés à se transformer ultérieurement en dunes instables.

 Les formes les plus spectaculaires sont les dunes, accumulation de sables
plus ou moins stériles qui migrent au gré des vents au point d'ensevelir les oasis
et les cités ;
 La dégradation des croûtes de sédimentation à la surface des sols dénudés
ou encore la désagrégation des roches, à leur base, au niveau de leur contact avec
le sol (abrasion) ;
 Les nappes de sable qui circulent à faible altitude (30 à 50 m) peuvent
dégrader les végétaux (en particulier les jeunes semis) ;
 L'érosion éolienne peut donner un dessèchement du milieu par perte de la
capacité du stockage des nutriments et de l'eau dans le sol ;
 Pertes du sol et éléments nutritifs ;
 Asphyxie des semis et plantules, nécessité de ressemer ;
 Problème de pollinisation/pulvérisation dans vergers et certaines cultures
(vents trop violents) ;
 Lacération du feuillage :
 susceptibilité accrue aux maladies
 diminution de la qualité (exp : laitue)
 baisse possible de rendement

2.2.2 Dégradations dans les bas-fonds

L'hydromorphie bloque l'évolution de la matière organique, qui s'accumule en


surface, sous une forme plus ou moins décomposée. En sols minéraux, les taux de
matière organique sont très variables, et peuvent atteindre 8 à 10%. Mais, loin
Hugues Kinhole VIGNON 19
Dégradation des BF et BV

d'être un signe de fertilité, cette accumulation de matière organique, à fort C/N,


est en fait le signe du blocage plus ou moins complet de la vie biologique. La
richesse minérale des sols de bas-fond est souvent très faible. La submersion crée
en effet des conditions anaérobies, entraînant des réactions de réduction, et
inversement, l'exondation recréant des conditions aérobies.

- En phases de submersion :

En conditions anaérobies, les composés minéraux sont réduits, ce qui consomme


des ions H+, et fait donc remonter le pH, qui s'approche de la neutralité (sauf en
cas de fort pouvoir tampon du sol) : on a ainsi la remontée du pH du sol ;

Les ions Fe3+, insolubles, sont réduits en ions Fe2+, solubles, qui peuvent ensuite
être recomplexés (avec les acides humiques par exemple). Au-delà d'une certaine
concentration (de l'ordre de 300 ppm), Fe2+ peut provoquer des toxicités
ferreuses. On distingue deux types de toxicités. La toxicité primaire correspond à
une trop forte absorption de fer par les jeunes plantules, fragilisées par le
repiquage. La toxicité secondaire correspond aussi à une assimilation excessive
de Fe, mais peut aussi être le symptôme de carences multiples, empêchant la
plante de limiter l'absorption de fer : ainsi on a une risque de toxicité ferreuse

La gravité des risques de toxicité ferreuse ne peut se déterminer


qu'empiriquement. Elle semble plus forte aux pourtours des bas-fonds, qui
recueillent le ruissellement des coteaux.

- En phases d’exondation:

L'aération du sol stimule les micro-organismes et provoque une reprise de la


minéralisation de la matière organique.

Le passage en conditions aérobies entraîne une réoxydation, qui libère des ions
H+, et fait chuter le pH. Les sols acides sont particulièrement sensibles au
lessivage qui, emportant les ions Ca2+ et Mg2+, diminue le taux de saturation en
bases, et aggrave encore l'acidification (ce qui peut bloquer la reprise de la
minéralisation) : on a ainsi la baisse du pH du sol

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Dégradation des BF et BV

En conditions acides, l'aluminium devient soluble, et peut entraîner des toxicités.


Celles-ci se développent à partir de pH 5, et deviennent intenses à pH 4.
Inversement, elles sont moins graves en sols riches en humus, qui complexe
l'aluminium. On estime que les risques sont importants lorsque le taux de
saturation en aluminium échangeable dépasse 40 %. Ils se traduisent en particulier
par une atrophie des racines, moins nombreuses, plus courtes, plus épaisses,
cassantes, et peuvent s'accompagner d'une carence en phosphore : ainsi on a une
risque de toxicité aluminique.

Conclusion
L’érosion est la cause des dégradations des sols. Elle est un phénomène discontinu
dans l’espace et dans le temps que l’on peut observer à différentes échelles. Le
défrichement et le surpâturage sont les facteurs susceptibles de mettre le sol à nu
et sont là même générateur d’érosion puisque c’est la couverture végétale qui
limite la circulation des eaux superficielles et l’impact du vent. Le sol étant une
ressource non renouvelable à l’échelle humain il est donc primordiale de le
préserver contre sa dégradation : il va falloir donc étudier l’érosion afin de
comprendre ses processus et de prévoir les flux et mettre en place une stratégie de
lutte contre elle.

Bibliographie
Cours CES/ZAHER…Maroc

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