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Remise du rapport « sport pour tous, tout au long de la vie »

au Premier ministre

Hôtel de Matignon
Jeudi 21 mars – 17h30

Pour que le sport et les APS deviennent une grande cause


nationale.

MISE EN CONTEXTE DU RAPPORT (FCB)

1. Une volonté du président de la République d’ancrer le sport au cœur de la société : 3


millions de pratiquants supplémentaires pour faire de la France une Nation sportive.

2. L’existence d’une échéance formidable pour promouvoir le sport pour tous : les JOP
2024.

3. Une nécessité de prendre de grandes mesures rapidement pour lever les freins
d’accès à la pratique sportive.

4. Une évolution profonde de l’offre traditionnelle : progression très forte d’une pratique
libre et non encadrée : 34 millions de pratiquants en France, 18 millions de pratique
libre contre 16 millions de licenciés en club.

LA MISSION (FG)

- 6 mois d’auditions et de déplacements

- Près de 100 structures auditionnées (associations, fédérations mais aussi EHPAD,


hôpitaux, prisons, entreprises, élus, administrations centrales et déconcentrées, etc.)

- 10 déplacements au cœur des bonnes pratiques locales.

- 2 constats :
o Les bienfaits de la pratique physique et sportive pour la cohésion sociale, le
bien-être, la santé, la productivité sont désormais démontrés scientifiquement.
o Pourtant, seulement un Français sur deux pratique une activité physique et
sportive régulière.

- 50 propositions pour lever les obstacles, éviter les décrochages, diffuser les pratiques
vertueuses.

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LES PROPOSITIONS

1. Renouer la confiance entre l’Etat et les acteurs locaux du sport (FCB)

► Constat

Des équipements sportifs de plus en plus vétustes :


• 330 000 équipements et lieux de pratique aménagés.
• 71,6% des équipements sportifs appartiennent aux collectivités et principalement aux
communes.
• 50% des équipements sportifs ont plus de 40 ans.
• 73% de la dépense publique sportive assurée par les collectivités locales et
notamment les communes.

Des associations sportives nombreuses mais affaiblies :


• 320 000 associations sportives, 180 000 dans le modèle fédéral, 140 000 hors
modèle fédéral.
• 3 millions de bénévoles, mais seulement 100 000 salariés ETP.

► Principaux freins :

• Des équipements sportifs vétustes, insuffisants ou peu accessibles.


• Des espaces urbains qui ne sont pas pensés pour favoriser la pratique sportive.
• Des associations impactées par la chutes des emplois aidés.

► Propositions phare :

Une programmation pluriannuelle calquée sur la prochaine olympiade (2020-2024) pour :


• aider les collectivités à renouveler leurs équipements sportifs :
o Réaliser une cartographie précise des équipements, de leurs taux de
saturation et de leurs taux de vétusté.
o Elaborer un plan de modernisation des équipements sportifs
o Optimiser l’utilisation des infrastructures sportives existantes, et notamment
scolaires.
• aider les clubs et les associations à développer les pratiques sportives :
o Engager un plan de soutien au développement et à la pérennisation d’emplois
dans les associations afin de professionnaliser les associations et leur
permettre de diversifier les offres de pratiques.

A l’appui de cela :
è Soutenir la modernisation du sport français avec la mise en place de l’Agence
nationale du Sport :
o Renforcement de l’autonomie de fédérations mises aux standards modernes
de démocratie et transparence ; modification du mode d'élection à la
présidence des fédérations par un vote des clubs avec pondération relative au
nombre de licenciés en partenariat avec le mouvement sportif.
o aux côtés des niveaux national et régional, ajout d’un 3ème niveau : le
« bloc communal » seul capable de permettre une application de notre
politique sportive au plus près des Français ; appels à projet auprès des 1.300
EPCI français, création de Plan territoriaux du sport associant tous les acteurs
(Etat territorialisé, collectivités locales, Education nationale, profession
médicales, profession de l’insertion sociale) pour un diagnostic et un plan de
développement.

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2. Développer la pratique sportive à l’école (FG)

► Constat

- Faire du sport un fait culturel et l’ancrer comme une habitude de vie s’apprend
dès l’école.
- Faire une APS améliore les capacités de concentration et les résultats scolaires
- Il existe un double décrochage sportif à 12 ans et 17 ans.
- Les collégiens ont perdu 25% de leur capacité physique en course à pied en 40
ans

► Principaux freins :

- Des enseignants de Premier degré insuffisamment formés


- Une stigmatisation de l’EPS comme une matière de second plan
- Des modes d’apprentissage parfois perçus comme contraignants qui ne
correspondent pas aux attentes des jeunes

► Propositions phare :

- Revoir en profondeur la conception de l’enseignement des APS pour qu’il devienne


un élément attractif de la culture des élèves dès le plus jeune âge. Dans ce
cadre expérimenter :
o La mise en place d’une courte séance d’exercices physiques quotidiens
en début de journée pour placer les enfants dans de bonnes conditions
d’apprentissage.
o La mise en place d’activités physiques et sportives les après-midis dans les
établissements du premier degré

- Dans le cadre de l’enseignement du sport, ne plus seulement noter la performance


de la pratique d’un sport disciplinaire, mais prendre aussi en compte la
progression de l’élève afin de mieux sensibiliser aux bienfaits de la pratique
sportive et ancrer celle-ci dans les habitudes de vie.

- Améliorer la formation des professeurs des écoles et développer les passerelles


entre monde fédéral et sport scolaire.

3. Favoriser la pratique d’une APS en entreprise (FCB)

► Constat

La pratique sportive améliore la productivité des salariés et l’attractivité des entreprises.

La pratique d’APS organisée par l’entreprise :


• augmente la productivité entre 3% et 9%
• accroit la rentabilité entre 4% et 14%
• réduit de 25% la rotation des salariés et l’absentéisme (étude de cas chez Safran)

La santé et le bien-être au travail : un véritable enjeu de société et pour les finances


publiques
• 17,2 jours d’absence par an et par salarié en moyenne de jours (en 2017)
• 34,1 % des salariés ont été absents au moins une fois pour maladie

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• L’absentéisme au travail coûte près de 108 milliards d’euros par an

Le créneau du midi est le plus adapté pour les jeunes actifs parents de jeunes enfants et
notamment les femmes (baisse de 78% de la pratique par les femmes entre 26 et 29 ans)

► Principaux freins :

• Défaut d’équipements sportifs à proximité du lieu de travail et surtout absence


d’équipements annexes (vestiaires et de douches)
• Le cadre juridique et la requalification en avantage en nature : jurisprudence Urssaf c/
Adidas

► Propositions phare :

• Favoriser la pratique en entreprise en incluant la pratique d’activités physiques et


sportives dans la négociation du prochain Accord National Interprofessionnel

• Moduler les cotisations AT/MP en fonction de l’offre d’APS dans l’entreprise


• Revenir sur le régime fiscal de l’avantage en nature posé par Adidas c/ URSSAF.
• Création d’un Crédit d’impôt pour la construction d’équipements annexes permettant
la pratique (vestiaires, douches...)

4. Développer la pratique d’APS à des fins de santé (FG)

► Constat

Les dépenses de santé augmentent irrémédiablement


• Objectif national ONDAM 2019 : 200,3 Milliards d’€ (+5 Mds € en 2019)
• Coûts de la sédentarité et des maladies chroniques : 17 milliards par an
• 20 millions de Français atteints de maladies chroniques, 11 millions de Français en
affection longue durée, 11 millions de Français en situation de handicap.

Des effets bénéfiques indiscutables sur la santé :


• évite 30% des maladies cardio-vasculaires, 25% de cancers du sein, du côlon et de
l’endomètre, 50% de maladie d’Alzheimer
• retarde de 7 à 10 ans la perte d’autonomie

Pratiquer une activité régulière : 300 millions d’euros d’économies sur les dépenses de
santé

► Principaux freins :

• des médecins insuffisamment mobilisés sur les enjeux du sport santé et un


manque d’information (à qui adresser le patient, quelle activité prescrire ?)

• absence de financement de la Sécurité sociale (coût pour le patient, difficulté à


rentabiliser les emploi d’éducateurs sport santé)

► Propositions phare :

• Le remboursement de la consultation et de la prescription d’activité physique


adaptée (APA) par la Sécurité sociale et la réalisation d’un véritable réseau sur

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les territoires permettant de mettre en œuvre le sport sur ordonnance pour
commencer à inverser la culture médicale française.

• Revoir les critères de financement des EHPAD, en prenant en compte, non plus
seulement le degré de dépendance des résidents, mais la mise en place d’activité
physique et sportive pour renforcer l’autonomie des personnes âgées.

• Retenir le critère de prescription d’APS pour les patients atteints d’affections longue
durée dans le cadre de la rémunération sur objectifs de santé publique des
médecins.

• Lancer une campagne de communication large pour faire prendre conscience du


bien-être que procure une activité physique et sportive et d’une mobilité active

5. Favoriser l’inclusion sociale et la pratique des publics éloignés (FG)

► Constat

• L’APS permet dès le plus jeune âge de faire l’expérience concrète des valeurs de
solidarité, d’entraide, de tolérance mais aussi de l’effort ou du dépassement de soi.
• Favorise le retour à l’emploi de personnes en grande précarité sociale

► Principaux freins :

• Coût d’accès à la pratique


• Réticences initiales de ces publics liées à un problème de confiance en soi, qui
nécessite un effort préalable pour sortir de l’isolement, affronter la peur du regard des
autres

► Propositions phare :

• Réduire le coût de la pratique pour les enfants défavorisés en généralisant les aides
de la CAF pour la prise en charge de la licence ou de matériels sportifs (certaines
CAF le font)

• Développer des formations aux métiers du sport (arbitrage, entraînement et


animation de séances de sport) pour mieux accompagner la reconversion et
l’intégration des détenus

• Inscrire, dans le parcours d’aide de retour à l’emploi, une pratique d’APS (ex :
Pôle Emploi / 80% de retour à l’emploi pour les participants), mobiliser les crédits
d’Uniformation, …

• Prendre en compte dans les critères de subventionnement des associations par


les collectivités territoriales les actions menées dans le domaine de l’inclusion sociale
ou favorisant certains publics éloignés (ex : association incitant les jeunes filles au
sport dans les quartiers, pratique de personnes en situation de handicap…)

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CONCLUSION (FCB)

- Faire du sport une grande cause nationale au service d’une véritable vision
politique du sport, financée (« le sport finance le sport ») par un plan pluriannuel
d’investissement dans les équipements et les emplois.

- Adopter un plan de développement du sport comprenant :

o Des éléments législatifs, d’autres réglementaires : permettant de dynamiser


l’accès au sport et aux APS dans les différents âges de la vie et lieux de la
ville.
o
o
- Moderniser du modèle sportif français à travers l’Agence nationale du sport :
o Donner plus d’autonomie au mouvement sportif
o Lui permettre d’accéder aux meilleurs standards de démocratie et de
transparence
- Transformer le rôle de l’Etat :
o Un ministre des sports qui accompagne l’Agence nationale du Sport jusqu’à
sa vitesse de croisière
o Un ministre des sports qui assure l’inter ministérialité pour garantir les
nécessaires interactions avec l’Education nationale, l’Emploi, la Santé, la
Justice, etc.
o Un Etat territorialisé dans le secteur du sport pour mettre en place à l’échelon
local les politiques sportives non gérées par l’Agence.

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