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Antiquité (3500 avant J. C. – 476 après J. C.

La première des époques de l’histoire est appelée l’Antiquité. Pour une civilisation le
développement ou l’adaptation de l’écriture marque le commencement de l’Antiquité.
Comme période, l’Antiquité est placée entre la Préhistoire (ou Protohistoire) et le
Moyen Âge (ou l’Époque Moderne). Suite à la définition du passage à la période de
l’Antiquité, son date diffère selon les différents peuples et les différentes régions du
monde.
Pour l’histoire européenne, l’Antiquité commence au IVe millénaire avant J. C. avec
l’invention de l’écriture en Mésopotamie et en Égypte entre 3500 et 3000 avant J. C.
La fin de l’Antiquité est marquée d’une part par les grandes migrations eurasiennes
entre 300 et 600 après J. C., d’autre part – surtout pour l’Europe – par la déposition
du dernier empereur romain d’Occident en 476 qui marque la fin de l’Antiquité classi-
que.
Dans les Amériques et en Asie les définitions du période de l’Antiquité diffèrent. Pour
les Amériques, l’Antiquité marque les civilisations précolombiennes commençant
avec l’invention de l’écriture pictogrammes/idéogrammes des Olmèques vers 1200
avant J. C. et se termine avec l’arrivée des européens. Pour l’Asie, l’Antiquité se ter-
mine vers 12 avant J. C. par la période impériale et la dynastie des Qin en Chine et
la dynastie Chola en Inde.

Mésopotamie (Mésopotamie.bmp)
Sumer en Mésopotamie est la civilisation la plus ancienne connue de l’Antiquité.
Elle a développé l’écriture cunéiforme vers 3400 avant J. C. (cuneiforme.bmp). Cette
écriture était linéaire au commencement mais développait de plus en plus une appa-
rition cunéiforme par l’usage d’un calame pour écrire (calame.bmp). Cet utile est
taillé dans un roseau ou dans une autre matière, a en général une extrémité triangu-
laire et une extrémité ronde et est usé sur des tablettes d’argile tendre. L’écriture
cunéiforme qui était d’abord une écriture pictographique se développait en une écri-
ture phonogrammique. Elle était usée dans plusieurs langues: le Sumérien,
l’Accadien, l’Élamite, l’Éblaïte, le Hittite, l’Hourrite et l’Urartéen.

On atteste à la civilisation sumérienne qu’elle est une des premières civilisations ur-
baines. Les Sumériens commençaient le stockage de l’épeautre, une céréale pous-
sant naturellement à proximité des berges du Tigre et de l’Euphrate. La sédentarisa-
tion des Sumériens induisait les premières structures urbaines. À côté de l’écriture
l’architecture menait au développement de la culture sumérienne.
On ne sait pas clairement d’où venaient les Sumériens. Ils existent diverse théories.
Leur langue n’appartient ni au groupe des langues sémitiques ni à celui des langues
indo-européennes.

La société sumérienne était soumise à une organisation complexe. Elle était admi-
nistrée par un État monarchique et sacerdotal dirigé par un roi ou prince. La néces-
sité d’organiser et d’administrer un réseau de distribution de l’eau indique l’existence
d’un pouvoir despotique. En même temps il y a des sumérologues qui – en
s’appuyant sur les mythes (l’épopée de Gilgamesh) – proposent l’idée d’une démo-
cratie primitive. (contrat precuneiforme.bmp)

Nous devon au Sumériens et leurs successeur – les Arcadiens – diverses acquisi-


tions de la culture et de l’art à part de l’écriture cunéiforme : la fondation des premiè-
res cités-état comme Ur (origine d’Abraham, nom actuel : Tell al-Muqayyar), Lagash,
Uruk (aujourd’hui Warka, ville du roi mythique Gilgamesh et Erech de la Bible) et
Umma (aujourd’hui Tell Djokha) ; le premier système politique à deux assemblées ;
le travail du cuivre, l’utilisation de la brique dans la construction d’habitations ; la
première architecture religieuse connue : le développement de la statuaire ; la glypti-
que (art de graver sur des pierres fines) ; les mathématiques et l’écriture de nombres
en système sexagésimal (base 60 pour mesurer le temps ou les angles et pour pré-
ciser des coordonnées géographiques. L’unité est le degré (il y en a 360), la minute
(60 minutes par degré) et la seconde (60 par minute). Le premier système scolaire ;
les premières formes d’esclavage ainsi que le commerce et la notion d’argent.

La religion sumérienne est une composante très importante de la vie, privée comme
publique, qui a influencé l’ensemble de la Mésopotamie pendant près de 3000 ans,
ainsi que les onze premier chapitres de la Bible. Elle donne naissance à des repré-
sentations artistiques comme à des œuvres littéraires. Le souverain des Sumériens
n’est que le dépositaire de la divinité et sa fonction est sacerdotale aussi bien que
politique.
La religion sumérienne est caractérisée par son polythéisme et son syncrétisme. Une
grande variété de dieux est structurée en une hiérarchie stricte, calquée sur la so-

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ciété humaine.
Au sommet se trouve la triade cosmique :

- An (dieu-ciel)
- Enlil (seigneur-air)
- Enki (seigneur-terre)
Sous cette triade se trouve les divinités astrales :
Nanna (dieu-lune) et
Utu (dieu-soleil),
les dieux infernaux et les dieux guerriers,
les dieux de la nature et les dieux guérisseurs,
puis les dieux d’instruments (pioche, moule à briques, etc.) et enfin
les esprits et les démons.

Une autre civilisation importante de la Mésopotamie est celle du royaume de Baby-


lone. On distingue trois grandes périodes dans l’histoire de Babylone

- Période paléo-babylonienne (2004 – 1595)


- Période médio-babylonienne (1595 – fin du IIe millénaire) avec la seconde dynastie
d’Isin et la période d’
- Période néo-babylonienne (début du Ier millénaire – 539)

Le fait que le royaume de Babylone est centré sur une seule et même capitale pour
un millénaire et demi marque une rupture dans l’histoire de la Mésopotamie. Baby-
lone était le centre de la partie méridionale de la région alors que le nord était centré
par l’Assyrie à partir de la seconde moitié du IIème millénaire avec celui du royaume
babylonien.

La période paléo-babylonienne est aussi connue comme période amorrite. La dynas-


tie amorrite de Babylone est fondée vers 1893 avant J. C. par Sumu-abum qui a
vécu de 1894 à 1881 avant J. C. Son successeur Sumu-la-El est le véritable
fondateur du royaume babylonien qui – sous son règne – prend une certaine
importance. Ses successeurs agrandissent le royaume et sous Sîn-Muballit qui a
vécu entre 1812 et 1793 Babylone devient une puissance capable de rivaliser avec
les grands royaumes amorrites voisins que sont Lars, Eshnounna, Isin et Uruk. Son
fils Hammourabi sait jouer intelligemment son rôle dans le concert international de

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son temps et cette première dynastie babylonienne ne devient puissant que sou son
règne. Babylone devient alors la plus grande puissance politique de Mésopotamie.

La situation de la ville de Babylone au lieu où l’Euphrate et le Tigre sont peu éloignés


l’un de l’autre apporte la présence d’un fort réseau d’irrigation et par conséquence
une forte productivité des terres agricoles. Des autres grandes métropoles comme
Ur, Nippur, Uruk ou Larsa sont abandonnées pour de longues périodes au profit
d’autres villes notamment Babylone au cœur d’une zone agricole prospère. Babylone
intègre alors leurs traditions culturelles et religieuses.
Après des révoltes et d’attaques de peuples ennemis, en premier lieu les Kassites
mais aussi les Hourrites, le royaume désagrège dans un climat de crise agraire. Le
roi hittite Mursili 1er réussit en 1595 avant J. C. un raid sur Babylone. La ville est pil-
lée et la dynastie amorrite disparaît.
La période kassite ou médio-babylonienne reste plus ou moins dans l’obscure et ne
doit pas nous intéresser dans notre contexte.
La domination assyrienne commence avec le rétablissement de la monarchie assy-
rienne. Les rois assyriens profitent d’une crise de succession qui secoue Babylone
mais ils ne savent pas s’en tenir. La puissance va et vient. Cette succession de ré-
voltes affaiblit l’Assyrie et Nabopolassar, probablement d’origine chaldéenne, en pro-
fite. Son fils, Nabuchodonosor II, fonde l’empire dit Néo-babylonien qui couvre une
grande partie du Proche-Orient des frontières de l’Égypte jusqu’au Taurus anatolien
et aux abords de la Perse.

Quand le roi des Perses Cyrus II attaque Babylone, la ville perde son indépendance.

Dès les premières campagnes de fouille, on avait cherché la « merveille du monde »


de Babylone : les Jardins suspendus de Nabuchodonosor mais en vain. L’absence
des traces évidentes de jardins suspendus à Babylone ne prouve certes pas leur
inexistence. Il n’est pas impossible de suggérer que l’utilisation du nom Babylone doit
être prise comme un renvoi à la Mésopotamie. Alors il pourrait se donner que les
jardins suspendus se trouvaient à Ninive, une ville assyrienne.

Babylone porte forte valeur symbolique dans le contexte biblique. Dans la Bible, Ba-
bylone est un symbole de la corruption et de décadence. Dans la Bible hébraïque,
elle symbolise l’orgueil des hommes et puissants du monde, présentée en opposition
avec une Israël fidèle à Dieu.

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Dans le livre de l’Apocalypse, Babylone représente la société mercantile, décadente,
déshumanisée et pervertie. Le livre de l’Apocalypse de Jean (qui décrit les 4 bêtes),
mis en parallèle ave le livre de Daniel (vision des 4 bêtes et royaumes de la statue),
attribue à Babylone plus qu’une société, mais un réel pouvoir politique, qui dans la fin
des temps, aura séduit « tous les rois de la terre » (Apocalypse 18 :3)

Antiquité II (3500 avant J. C. – 476 après J. C.)

L’Égypte antique (3150 – 31 avant J. C.)

L’Égypte antique est une ancienne civilisation d’Afrique du Nord concentrée le long
du cours inférieur du Nil, dans ce qui constitue aujourd’hui l’Égypte. Elle prend forme
autour de 3150 avant J. C. avec l’unification politique de la Haute et la Basse-Égypte
sous le règne du premier pharaon et se développe sur plus de trois millénaires. À
côté de périodes stables politiquement elle voyait aussi plusieurs périodes plus trou-
blées et atteint son apogée sous le Nouvel Empire. Le déclin est lent et le pays subit
des assauts répétés de puissances étrangères. L’Empire romain conquiert l’Égypte
en 31 avant J. C. et en fait une province.

(Principaux sites de l'Égypte antique.bmp)

Au-delà des mutations territoriales et des bouleversements politiques, la civilisation


égyptienne a perduré plus de trois millénaires, ce qui est un fait unique dans
l’Histoire. Durant toute la période, le mode de vie au bord du fleuve Nil a très peu
évolué, toujours rythmé par la crue (Nil’in kabarması, yükeselmesi), les impôts et les
dieux.

Période prédynastique (jusqu’à 3100 avant J. C.)


Progressivement se constituent deux royaumes rivaux : le Nord (Basse-Égypte) et le
Sud (Haute-Égypte). Vers 3100 avant J. C., l’écriture hiéroglyphique naît en Égypte.

Période thinite (d’environ 3100 à 2650 avant J. C.)


Les rois du sud envahissent le delta du Nil et unifient le pays. Ils fondent la 1re dy-
nastie et s’établissent à Thinis, près d’Abydos. (Palette de Narmer.bmp)

Ancien Empire (de 2650 à 2150 avant J. C.)


L’»âge d’or » de l’Égypte. Période d’environ 500 ans où les bases de la civilisation
égyptienne sont posées : Les arts, la philosophie, la religion, les institutions politi-

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ques… C’est l’époque où l’on met en œuvre des chantiers gigantesques pour bâtir
les premières pyramides.

Première période intermédiaire (de 2150 à 2060 avant J. C.)


Les gouverneurs de province, les nomarques, se soulèvent et contestent l’autorité
royale des pharaons. La crise politique aboutit à une guerre civile entre le nord et le
sud. Montouhotep II la finit par imposer la dynastie thébaine du sud.

Moyen Empire (de 2060 à 1785 avant J. C.)


Pendant le Moyen Empire, le pays retrouve une certaine sérénité propice à de nou-
veaux engagements militaires et à la floraison d’un art sobre et élégant. C’est aussi
dans cette période le règne de Sénousret (Sésostris) dont s’inspirera le célèbre
«conte de Sinouhé».

Deuxième période intermédiaire (de 1785 à 1580 avant J. C.

En peuple d’envahisseurs venu de l’Est s’installe peu à peu dans le delta du Nil pour
finalement fonder son propre État. Bénéficiant d’une certaine avance technologique
(ils introduisent les chevaux et le char de guerre), les Hyksôs occupent le nord et
fondent leur propre dynastie et soumettent les provinces du sud.
D’après la Bible, les Israélites seraient arrivés en Égypte vers 1700 avant J. C. et
l’auraient fui 450 ans plus tard (voir le livre de l’Exode).

Nouvel Empire (de 1580 à 1085)


Les efforts conjugués de trois rois thébains sont nécessaires pour chasser les Hyk-
sôs hors d’Égypte. Le renouveau qui s’ensuit, donne lieu à l’apogée de la puissance
égyptienne. Son influence s’étend et sa culture rayonne jusqu’aux frontières de la
Mésopotamie. Les arts deviennent extrêmement raffinés, les temples de Karnak et
Louxor sont agrandis; les somptueuses tombes de la vallée des rois naissent alors
(Les pyramides de Gizeh.jpg), les temples d’Abou Simbel. C’est la période de la
XVIIIe et la XIXe dynasties avec les pharaons biens connues Menhotep (ou Améno-
phis en grec), Thoutmès (Thoutmosis), Ramsès (Ier au IXe), ainsi qu’Hatchepsout,
Akhenaton et Toutankhamon.

Troisième période intermédiaire et basse époque (de 1085 à 332 avant J. C.)
L’Égypte des pharaons approche son déclin. Affaibli par des menaces extérieures, le
pouvoir est accaparé par quelques princes et prêtres qui se proclament rois. Des

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Libyens puis des Éthiopiens réussissent temporairement à restaurer un semblant
d’ordre qui ne dure pas. Des guerres intestines constantes font plonger le pays dans
une semi-anarchie. Dynasties libyennes, koushites, de Saïs… Les Assyriens pillent
Thèbes et ses grands temples. L’art devient grossier et dégénère. Les Perses oc-
cupent le pays. Après une révolte difficile, Nectanebo II est le dernier pharaon
autochtone.

Nous ne nous occupons pas de la période hellénistique (aussi appelé ptolémaïque)


avec la fin de l’Égypte comme province romaine. J’espère de traiter ce sujet en com-
binaison avec les périodes des Grecs et de l’Empire romain.

Gouvernement et économie
Organisation politique
L’Égypte antique est une monarchie théocratique. Cela veut dire que le pharaon
n’est pas seulement le roi et par cela l’administrateur principal, le chef des armées, le
premier magistrat, mais en même temps le prêtre suprême de l’Égypte. La mission
du pharaon était d’assurer l’harmonie entre les hommes et le ciel, être garant de la
morale du peuple. Pour exercer son contrôle sur les terres et les ressources, le pha-
raon s’appuie sur une administration composée de fonctionnaires qui gère ses affai-
res au quotidien. Cette administration est dirigée par le vizir, homme de confiance du
pharaon, qui agit comme représentant du roi et coordonne l’arpentage des terres, le
trésor, les projets de construction, le système juridique et les archives.
Le territoire de l’Égypte est découpé en 42 régions administratives, appelées nomes,
qui sont chacune régies par un nomarque, responsable devant le vizir de sa compé-
tence. Les temples constituent l’épine dorsale de l’économie égyptienne. À part de
leur fonction comme lieux de culte, ils sont également responsables de la collecte et
du stockage des richesses de la nation dans un système de greniers et de trésore-
ries administrés qui redistribuent les céréales et les biens.

Organisation sociale
Le statut social de chaque individu est expressément affiché dans une société très
stratifiée. La grande majorité de la population est constituée des agriculteurs. Mais ils
ne détiennent pas la propriété ni de leurs produits, ni de leurs terres. En effet, les
produits agricoles sont détenus directement par l’État, un temple ou une famille noble
qui possède la terre. Les agriculteurs son aussi soumis é un impôt sur le travail et
sont obligés de travailler sur les projets d'irrigation ou de construction via un système
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de corvées. Les artistes et les artisans ont un statut plus élevé que les agriculteurs
même s'ils sont eux aussi sous le contrôle de l'État. Ils travaillent dans des boutiques
attenantes aux temples et sont payés directement par le Trésor publique. Les scribes
et les fonctionnaires forment la classe supérieure dans l'Égypte antique, désignée
sous le nom de « classe au pagne blanc » en référence aux vêtements de lin blanc
qu'ils portent pour indiquer leur rang (Scribe.bmp) Cette classe supérieure met en
évidence son statut social dans l'art et la littérature. Juste en dessous de la noblesse
se trouvent les prêtres, les médecins et les ingénieurs qui ont suivi une formation
spécialisée dans leur domaine. Bien qu'aucune preuve n'indique que l’esclavage soit
pratiqué à cette époque, son éventuelle ampleur et sa prévalence restent inconnues.
Les Égyptiens de l'Antiquité considèrent les hommes et les femmes comme égaux
devant la loi, quelle que soit la classe sociale. Le plus humble des paysans a ainsi le
droit de présenter une requête auprès du vizir et de sa cour pour obtenir réparation.
Les hommes et les femmes ont le droit de posséder et de vendre des biens, de
conclure des contrats, de se marier et de divorcer, de recevoir un héritage et d'enta-
mer des poursuites devant les tribunaux en cas de litige. Les couples mariés peuvent
posséder des biens communs et se protéger du divorce en signant un contrat de ma-
riage qui stipule les obligations financières du mari à sa femme et à ses enfants dans
le cas où le mariage prendrait fin. Comparés à leurs homologues de la Grèce antique
ou de Rome, les Égyptiennes bénéficient d'une grande liberté et de la possibilité de
se réaliser sur le plan personnel. Des femmes comme Hatchepsout et Cléopâtre de-
viennent même pharaons, alors que d’autres exercent un pouvoir religieux en tant
qu’épouses d’Amon. En dépit de ces libertés, les Égyptiennes ne peuvent toutefois
pas exercer de postes officiels dans l'administration et restent cantonnées à des rô-
les secondaires dans les temples, en raison d'une inégalité par rapport aux hommes
devant l'instruction.

Système judiciaire
Au sommet du système judiciaire égyptien se trouve officiellement le pharaon qui est
chargé de promulguer les lois, de rendre la justice et de maintenir l'ordre public, un
concept que les anciens Égyptiens dénomment Maât. Même si aucun code juridique
n’a survécu, les documents judiciaires de l’époque montrent que la loi égyptienne est
fondée sur le bon sens entre le bien et le mal qui se base avant tout sur la résolution
de conflits et sur la conclusion d'accords plutôt que sur un ensemble complexe de
lois. Des conseils d'anciens, connus sous le nom de Kenbet dans le Nouvel Empire,

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sont chargés de statuer localement sur les affaires judiciaires impliquant des petites
créances et des conflits mineurs. Les cas les plus graves impliquant des meurtres,
des opérations immobilières importantes et du pillage de tombeau sont renvoyés à la
Grande Kenbet, présidée par le vizir ou le pharaon. Les demandeurs et les défen-
deurs se représentent eux-mêmes et prêtent serment d'avoir dit toute la vérité. Dans
certains cas, l'État assume à la fois le rôle de procureur et de juge. Il n'est alors pas
rare que l'accusé soit passé à tabac pour obtenir des aveux et les noms des conspi-
rateurs. Cependant, que les accusations soient graves ou non, les scribes judiciaires
prennent acte par écrit de la plainte, des témoignages et du verdict de l'affaire pour
future référence.

Commerce
Une grande partie de l'économie est centralisée et strictement contrôlée. Bien que
les Égyptiens ne frappent pas la monnaie jusqu'à la Basse Époque, ils utilisent un
système monétaire basé sur le troc, avec des sacs de grain ou des deben d’or ou
d’argent pesant environ 91 grammes. Les salaires des travailleurs sont versés en
grains: un simple ouvrier peut ainsi gagner 5 sacs et demi (soit 200 kg) de céréales
par mois, alors qu'un contremaître peut gagner 7 sacs et demi (soit 250 kg). Les prix
des marchandises et des denrées sont fixés pour l'ensemble du territoire et sont
consignés dans des listes pour faciliter les échanges. À titre d'exemple, une chemise
coûte ainsi cinq deben de cuivre, tandis que le coût d'une vache est de 140 deben.
Le grain peut ainsi être échangé contre d'autres biens, selon la liste de prix fixes. À
partir du Ve siècle avant J. C., la monnaie est introduite en Égypte depuis l'étranger.
Au début, les pièces sont utilisées comme quantités normalisées de métaux pré-
cieux, plutôt que comme une vraie monnaie. Toutefois, après quelques siècles, les
négociants internationaux commencent à se baser sur la monnaie.
Les Égyptiens établissent des relations commerciales avec leurs voisins pour obtenir
des produits exotiques et rares qu'on ne peut pas trouver en Égypte. Dans la période
prédynastique, ils mettent en place une route commerciale avec la Nubie pour obte-
nir de l'or et de l'encens et une colonie stationne également dans le sud de Canaan
et exportés vers l’Égypte. Ils établissent également des liens commerciaux avec la
Palestine, comme en témoignent les cruches de pétrole de style palestinien trouvées
dans les sépultures des pharaons de la première dynastie. Narmer possède égale-
ment des céramiques égyptiennes produites au pays de Canaan et exportés vers
l'Égypte.

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À partir de la deuxième dynastie, l'Égypte commerce avec Byblos pour s'approvi-
sionner en bois de qualité. Sous la cinquième dynastie, le commerce avec le pays de
Pount fournit des résines aromatiques, de l’or, de l’ébène, de l’ivoire et des animaux
sauvages tels que des singes et des babouins. L'Égypte se repose aussi sur le
commerce avec l’Anatolie pour acheter de l'étain ainsi que des réserves supplé-
mentaires de cuivre, nécessaires à la fabrication du bronze. Les Égyptiens appré-
cient également le lapis-lazuli qui est importée du lointain Afghanistan. Parmi les
autres partenaires commerciaux de l'Égypte en Méditerranée, on trouve également la
Grèce et de Crète qui approvisionnent le pays en huile d’olive. Pour équilibrer sa
balance commerciale, l'Égypte exporte surtout des céréales, de l'or, du lin, du papy-
rus, ainsi que d'autres produits finis parmi lesquels du verre et des objets en pierre.

Agriculture
Grâce aux inondations annuelles du Nil, la fertilité du sol permet aux Égyptiens de
produire une nourriture abondante. Selon les Égyptiens, l’année est divisée dans
trois saisons: Akhet (la saison des inondations, juin à septembre), Péret (la saison
des plantations, octobre à février) et Chémou (la saison des récoltes). En raison de
la faiblesse des précipitations, les champs sont irrigués par des fossés et des canaux
communiquant avec le Nil. De mars à mai, les agriculteurs utilisent des faucilles pour
récolter leurs cultures qui sont ensuite battues avec un fléau pour séparer la paille du
grain. Le grain est ensuite broyé en farine, brassé pour fabriquer la bière ou stocké
pour un usage ultérieur.
Les Égyptiens cultivent l’amidonnier, l’orge, et plusieurs autres céréales qui sont
toutes utilisées pour produire les deux denrées de base que sont le pain et la bière.
Arraché avant que la floraison ne commence, le lin cultivé est cultivé pour leurs tiges
fibreuses. Ces fibres sont séparées sur toute leur longueur, puis filées pour être en-
suite utilisées pour tisser des vêtements et des draps en toile de lin. Le papyrus qui
pousse sur les rives du Nil est utilisé dans la fabrication de papier. À proximité des
habitations et sur des terrains plus élevés, des fruits et des légumes sont cultivés, on
retrouve notamment des poireaux, de l’ail, des melons, des courges, des légumes
secs, de la laitue, du raisin pour le vin.

Antiquité III (3500 avant J.-C. – 476 après J.-C.)

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Grèce antique (VIIIe – IIe siècles av. J.-C.)
Partition chronologique:
(-1200 Siècles obscurs)
- 800 Époque archaïque
- 510 Époque classique
- 323 Époque hellénistique
- 146 Grèce romaine

Histoire générale
L’histoire de la Grèce avant le VIIIe siècle av. J.-C. est assez mal connue. Des chan-
gements culturels importants semblent s’y été déroulés.
À partir du VIIIe siècle av. J.-C. apparaissent les cités, de petits territoires indépen-
dants et politiquement structurés. La population augmente fortement et des colonies
grecques sont créées, dans les îles de la mer Égée et en Asie mineure, puis dans
d’autres régions méditerranéennes. Les grands penseurs vivent souvent outre-mer:
Thalès et Xénophane vivent en Asie; Pythagore fonde une école en Italie du Sud.
C’est la naissance de la Grande Grèce.
Au Ve siècle av. J.-C., les Grecs parviennent à repousser les troupes immenses de
l’Empire perse. La Grèce connaît alors un «âge d’or». Certains penseurs,
Parménide, Empédocle, Leucippe, inaugurent de nouvelles manières d’envisager le
monde. Athènes, où une démocratie s’est établie, occupe une place prépondérante
sur les plans politique et artistique. La tragédie s’y développe. Socrate ne quitte
presque jamais la ville.
Après la guerre du Péloponnèse (431 – 404 av. J.-C.), les cités grecques sont affai-
blies, mais la vie intellectuelle reste vivace (Platon, Aristote). Vers 338 av. J.-C., la
Macédoine domine la Grèce. Entre 336 et 323 av. J.-C., son roi, Alexandre le Grand,
conquiert un immense empire. À sa mort, son empire est démembré, ses anciens gé-
néraux règnent en souverain absolu sur de vastes régions. On entre dans la période
hellénistique.
Les Séleucides règnent en Asie, sur l’ancien Empire perse. On ressent les influences
grecques jusque dans les sculptures bouddhistes d’Afghanistan. Les Ptoléméens,
qui ont dominé l’Égypte, nous sont toutefois mieux connus. Alexandrie (İskenderiye)
y est un haut lieu du savoir. En Grèce même, de nouvelles philosophies se dévelop-
pent: l’épicurisme et le stoïcisme. La situation politique est assez difficile et au IIe

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siècle av. J.-C. la Grèce passe sous domination romaine. La Grèce reste un centre
culturel mais perd en créativité.

Histoire politique et sociale


L’ère monarchique
Les cités grecques étaient originellement des monarchies, gouvernées donc, selon la
coutume par un monarque, le roi – souvent assisté par le Conseil des Anciens. Quoi-
que pour beaucoup d’entre elles, très petites, le terme roi (basileus) semble quelque
peu disproportionné. En fait, les cités sont de petits États indépendants, abritant
quelques centaines ou quelques milliers d’habitants (citoyens) qui forment le dêmos
(peuple en grec). Elles sont composées très simplement d’une ville, plus ou moins
fortifiée, et de sa campagne environnante.
L’ère aristocratique et tyrannique
Dans ce pays toujours à court de terres cultivables, le pouvoir appartient de fait à
une petite poignée de propriétaires terriens, qui forment une classe guerrière
aristocratique (ou oligarchique) se lançant fréquemment dans de petites guerres
inter-cités, faisant et défaisant rapidement les monarchies en place.
L’ascension d’une classe marchande (qu’illustre l’introduction de la monnaie vers
680 av. J.-C.) engendre une nouvelle sorte de conflits entre les grandes cités. Passé
659 av. J.-C., l’aristocratie doit combattre pour ne pas être renversée et remplacée
par des leaders populistes appelés tyrans. À remarquer: ce terme de tyran, n’a pas
né-cessairement le sens moderne de dictateur despotique mais désignait le plus
souvent simplement le chef (ou le maire) de la Cité.
Au VIe siècle av. J.-C., plusieurs cités émergentes dominent le monde grec: Athènes,
Sparte, Corinthe et Thèbes. Chacune d’elles a amené les campagnes et les petites
villes avoisinantes sous son contrôle. Alors qu’Athènes et Corinthe deviennent de
grandes puissances marchandes autant que maritimes, Athènes et Sparte entament
une rivalité qui dominera l’Histoire grecque durant des générations.
À Sparte, l’aristocratie foncière maintient son pouvoir que la Constitution de Lycurgue
(vers 650 av. J.-C.) ne fera que renforcer en donnant à Sparte un régime militaire
permanent sous forme d’une monarchie bicéphale. Sparte domine les autres cités du
Péloponnèse, avec les seules exceptions d’Argos (la plus vieille des cités grecques)
et de l’Achaïe.

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Histoire des sexes
Place des femmes en Grèce antique
Dans les épopées homériques déjà, la Grèce antique s’affirme comme une société
patriarcale. Au VIIIe siècle, la cité en se développant s’est bâtie sur une double ex-
clusion:
club des citoyens, exclut les étrangers (métèques: siyasi hakları olmayan yer-
leşik başka grek şehrinden gelen yabancı) et les esclaves
club d’hommes, exclut les femmes.
Aristote définissant la citoyenneté comme la possibilité de participer au pouvoir politi-
que, la femme en est donc la plus éloignée: contrairement aux métèques et aux es-
claves (qui ont certains droits), elle ne peut jamais devenir citoyenne. Il faut attendre
l’époque hellénistique pour voir de grandes figures de femmes émerger dans le
monde grec, des reines comme Bérénice, Arsinoé ou Cléopâtre (Grèce Femme
filante.bmp).
L’ existence de la femme n’a de sens que par le mariage qui intervient généralement
entre 15 et 18 ans. Celui-ci est un acte privé, un contrat conclu entre deux familles,
l’engúé. La cité n’est pas témoins et n’enregistre pas sur un acte quelconque cet
évènement, qui en soi ne suffit pas à conférer à la femme le statut marital. Pour cela,
il faut y ajouter la cohabitation. Le plus souvent, celle-ci suit l’engúé. Cependant, il
arrive que l’engúé ait lieu alors que la fille est encore une enfant. La cohabitation n’a
donc lieu que plus tard. De manière générale, la jeune fille n’a jamais son mot à dire
dans son futur mariage. Le divorce sur l’initiative de l’épouse ne devrait normalement
pas être permis: seul le tuteur (vasi) pourrait demander la dissolution du contrat. Ce-
pendant, des exemples montrent que la pratique existe bien. Une stricte fidélité est
requise de la part de l’épouse. Son rôle est de donner naissance à des fils légitimes
qui puissent hériter les biens paternels. Le mari surprenant sa femme en flagrant
délit d’adultère est ainsi en droit de tuer le séducteur sur-le-champ. La femme
adultère, el-le, peut être renvoyée. En revanche, le mari n’est pas soumis à ce type
de restriction: il peut recourir aux services d’une hétaire ou introduire dans le foyer
conjugal une concubine – souvent une esclave, mais elle peut aussi être une fille de
citoyen pauv-re.
La fille épiclère est la seule descendante de son père. Selon la loi athénienne, elle
n’est pas héritière mais «attachée à l’héritage». En conséquence, elle doit épouser

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son plus proche parent et à travers elle, les biens paternels passent à son mari, puis
à ses enfants, les petits enfants du défunt.

L’homosexualité masculine dans la Grèce antique


Il est certain que plusieurs aspects de l’homosexualité masculine étaient autorisés et
encouragés dans les relations sociales à l’intérieur des sociétés grecques. Quelques
aspects de l’homosexualité masculine de la Grèce ancienne sont la relation sexuelle
éducative, le rituel initiatique et les différences entre pédérastie et homosexualité.
La plupart des historiens admettent l’hypothèse selon laquelle il y aurait eu, en quel-
que sorte, une relation éducative dans les pratiques homosexuelles grecques. Les
«couples» sont formés d’un adulte, appelé éraste, et d’un adolescent, appelé éro-
mène. Le caractère éducatif apparaît alors que le jeune prend son amant comme
modèle et que l’aîné s’engage à protéger et à respecter son jeune partenaire. Selon
Georges Devereux, un ethnopsychiatre, il s’agit du «phénomène anthropologique
bien connu du paternage déplacé». Puisque le père grec s’occupait très peu de son
fils, un autre homme prenait l’éducation du jeune en charge pour qu’il ait une sorte
de «père suppléant» qui lui servait de modèle. L’éraste était tellement impliqué dans
l’éducation de l’éromène qu’il était garant de sa conduite. L’homosexualité semble
avoir effectivement joué un rôle éducatif dans la Grèce de l’Antiquité.
En second lieu, ces relations homosexuelles apparaissent «comme une pratique né-
cessaire des rites de passage de la jeunesse civique [mâle]». L’amoureux remettait
des cadeaux à son jeune protégé et les deux amants partaient en forêt chasser du-
rant deux mois. Pendant cet «exil», ils avaient des relations homosexuelles. À la fin
du séjour, les amoureux retournaient à la cité et se livraient à des cérémonies rituel-
les qui rendaient hommage à Zeus. L’éromène avait l’obligation de raconter en public
les relations qu’il avait eues avec son maître. Le jeune garçon était alors prêt à entrer
dans le monde des adultes. L’homosexualité était donc autorisée en Grèce dans les
temps anciens, puisque les jeunes garçons devaient par nécessité s’adonner à ces
pratiques afin d’entrer officiellement dans l’âge adulte.
En dernier lieu, la distinction entre homosexualité et pédérastie doit être faite. La
pédérastie est une «attirance sexuelle ressentie par un homme pour les jeunes gar-
çons; relations sexuelles d’un homme avec un jeune garçon», tandis qu’un homose-
xuel est quelqu’un qui «trouve la satisfaction de ses désirs sexuels avec des sujets
du même sexe». Par ces définitions, nous voyons clairement que les Grecs favori-
saient beaucoup plus la pédérastie que l’homosexualité. L’homosexualité était même

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parfois méprisée, mais pas condamnée. D’autre part, il était bien vu d’être bisexuel,
de se marier, d’avoir des enfants et quelques relations homosexuelles, mais pas
d’être «folle». L’homme ne doit pas être efféminé ni travesti. L’homosexualité mascu-
line n’était pas autant encouragée que la pédérastie, mais elle n’était pas non plus ju-
gée inadéquate ou interdite et un grand nombre d’hommes s’y sont livrés publique-
ment.

Histoire économique
L’économie de la Grèce antique se caractérise par une forte prégnance de l’agricul-
ture, d’autant plus importante que les sols grecs sont peu fertiles mais aussi sur les
colonies qui sont créées à cause du surplus de la population. Mais grâce à ces colo-
nies, on a trouvé des matières premières inconnues avant. Plus qu’une source de
subsistance, elle façonne une partie des représentations et des rapports sociaux: la
majorité de la population du monde grec est rurale et la propriété foncière représente
un idéal. L’artisanat et le commerce (principalement maritime) se développent à
partir du VIe siècle av. J.-C. dans les cités. Cependant, les Grecs éprouvent une
grande ré-pugnance pour le travail rétribué, et en particulier le travail manuel: la
politique est la seule activité réellement digne du citoyen, le reste devant être autant
que possible abandonné aux esclaves en Grèce antique.

Histoire culturelle
Arts
L’art grec est l’aspect le plus immédiatement sensible de la Grèce antique: il a in-
fluencé l’art romain, celui de la Renaissance et une grande partie de l’art moderne et
contemporain d’Occident. Ses monuments sont admirés par les touristes en Grèce
même, ainsi que sur les sites des colonies grecques de Grande Grèce et d’Asie mi-
neure; ses sculptures et ses vases occupent souvent une place de choix dans les
musées et collections privées. Le Parthénon et son décor sculpté, l’aurige de Del-
phes, le groupe du Laocoon et la Victoire de Samothrace figurent parmi les œuvres
d’art les plus connues dans le monde.
Pour autant, l’œuvre d’art grecque est souvent mal comprise. Elle est admirée au-
jourd’hui pour le plaisir esthétique qu’elle procure, alors que son but premier est pra-
tique ou religieux. Les ruines de monuments se trouvent dans des endroits isolés, ou
sont incorporées dans des villes modernes, alors que les bâtiments grecs se trou-
vaient naturellement intégrés à tout un ensemble de bâtiments environnants. La

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peinture murale, l’une des principales formes d’expression de l’art grec, a presque
totalement disparu, alors que la sculpture grecque nous est parvenue principalement
sous la forme de copies ou variantes romaines, pour lesquelles il est difficile de dé-
partager le génie de l’auteur original de celui du copiste-adaptateur. Il est donc im-
portant de replacer l’art grec dans son contexte et de restituer ses origines, évolu-
tions et influences.

Littérature
Le théâtre grec – ou mieux dit: la tragédie – a pour origine le culte de Dionysos, dieu
du vin et des arts. Aux racines de la tragédie grecque se trouvent les Dithyrambes,
une espèce de chant changeant entre premier chantre et chœur dont le dernier
chantait le refrain. Les spectacles rituels avaient lieu autour du temple de Dionysos
ou sur l’agora dans la région de Corinthe.
Lentement, un lieu spécifique s’intègre au temple pour les représentations théâtrales.
Au VIe siècle av. J.-C., Thespis semble avoir introduit le premier acteur, le protago-
niste. Pendant que le chœur chante, le protagoniste intercale des verses parlés. Le
protagoniste joue tous les rôles. C’est la forme primitive du théâtre.
Eschyle introduit le deutéragoniste (le deuxième acteur) et Sophocle le tritagoniste
(le troisième acteur). Cette forme de présentation se développait rapidement et 538
av. J.-C., Pisistrate a organisé le premier concours athénien de tragédie.
La Grèce antique connaissait déjà la notion de costume. Les acteurs ne portaient
pas les vêtements de tous-les-jours sur scène. Ces revêtements variaient selon
l’époque et le genre du théâtre (tragédie, comédie, drame satyrique), mais leur rôle
restait identique: il s’agit de faciliter l’identité de l’acteur.
Toute la troupe portait un masque (Grèce Masque.bmp).

Histoire technique
Mathématique
À la différences des mathématiques égyptiennes et mésopotamiennes connues par
des papyrus ou des tablettes d'argiles antiques remarquablement bien conservées,
les mathématiques grecques ne sont pas parvenues jusqu'à nous grâce à des traces
archéologiques. On les connait grâce aux copies, traductions et commentaires de
leurs successeurs.
La grande nouveauté des mathématiques grecques est qu'elles quittent le domaine
de l'utilitaire pour rentrer dans celui de l'abstraction. Les mathématiques deviennent

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une branche de la philosophie. De l’argumentation philosophique découle
l’argumentation mathématique. Il ne suffit pas d’appliquer, il faut prouver et convain-
cre. C’est la naissance de la démonstration. L’autre aspect de ces nouvelles mathé-
matiques concerne leur objet d’étude. Au lieu de travailler sur des méthodes, les
mathématiques étudient des objets, des représentations imparfaites d’objet parfaits,
on ne travaille pas sur un cercle mais sur l’idée d’un cercle.
Beaucoup de notions bien connues trouvent leurs racines dans la Grèce antique:
Algèbre et géométrie, la racine carrée, le nombre réel.

Médecine
Les médecins grecs de l’école d’Hippocrate de Cos, ont observé vers le IIIe ou IIe
siècle avant J.-C. «que les malades étaient frappés d’une soif continuelle, et qu’ils
semblaient uriner aussitôt ce qu’ils venaient de boire, comme s’ils étaient 'traversés
par l’eau’ sans pouvoir la retenir». Le premier médecin à avoir établi le rapport entre
l’excès de sucre et le diabète est Praxagoras de Cos (384 – 322 av. J.-C.), disciple
d’Hippocrate, qui a évoqué la nocivité des humeurs sucrées. Dans certains cas les
urines n’avaient pas de goût (diabète insipide), dans d’autres les urines étaient suc-
rées (diabète sucré ou hyperglycémie).

Histoire de l’éducation
Sparte présente la particularité d’avoir un système éducatif obligatoire pour tous
(garçons et filles) et organisé par l’État. Les autres cités laissent les parents seuls
responsables de leurs enfants.
Le cursus commence à l’âge de sept ans. Il prend fin vers 18 ans. Il comprend deux
volets: d’une part un entraînement physique pour affermir le corps (Grèce jeunes
Spartiates.bmp), d’autre part la mousikê, terme qui chez les Grecs regroupe la
danse, la poésie et le chant. Il semble que certaines Spartiates sachent lire et écrire.

Histoire des idées


Philosophie
Les philosophes présocratiques sont des philosophes qui ont vécus du milieu du VIIe
siècle av. J.-C. jusqu’à l’époque de Socrate. Ils ont participé aux origines de la philo-
sophie et ils ont formé différentes écoles, par exemple: l’école milésienne, l’école
pythagoricienne, les Éléates, les Atomistes, les Sophistes. Des autres personnages
sont contemporains de Socrate et Platon, mais n’appartiennent à aucune école et
sont considérés aussi comme des philosophes présocratiques: Anaxagore de Cla-
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zomènes, Périclès et Damon le musicien.
Les trois philosophes grecs classiques: Socrate, Platon et Aristote
Socrate est considéré comme le père de la philosophie occidentale parce qu’il a
centré sa philosophie uniquement sur l’humain, se démarquant ainsi des penseurs
présocratiques. Socrate n’a laissé absolument aucun écrit. Son disciple principal,
Platon, est le philosophe à qui nous devons son enseignement. Socrate, après un
évènement à l’oracle de Delphes commençait à fréquenter les philosophes sophis-
tes. Il prend pour la sienne la phrase écrite sur le fronton du temple d’Apollon à Del-
phes: «Connais-toi toi-même» pour se souvenir à chaque instant que les hommes
sont mortels, non des dieux. L’humain est au centre de ses réflexions. Pourtant sa
véritable devise est: «Je ne sais qu’une chose, c’est que je ne sais rien».
Platon, élève de Socrate, a brulé tous ses œuvres qu’il a écrit avant avoir rencontré
Socrate. Les dialogues écrits dans les tragédies de Platon sont un étalage des per-
sonnages célèbres de l’époque et de la mise en scène théâtrale qu’a auparavant
exercé le philosophe. Platon croyait à une réincarnation cyclique de l’âme. Le corps
n’est qu’un réceptacle temporaire, l’âme est éternelle.
Aristote était d’abord un élève de Platon, mais il apercevait que les idées de Platon
n’étaient pas les siennes. On peut diviser sa philosophie en trois parties: la philoso-
phie théorétique, pratique et poïétique. Sa philosophie théorétique pout être
subdivisé dans les philosophies physique, mathématique et théologique; sa
philosophie pratique dans philosophies économique, éthique, politique et rhétorique.
La philosophie poïétique comprend toutes les activités qui produisent un œuvre.

Histoire religieuse
La religion grecque antique a pour particularité de n’avoir ni textes sacrés, ni dog-
mes, ni Église: elle est polythéiste. Elle accorde une grand importance aux rites et
peu à la dévotion personnelle. Les différents cultes peuvent être distingués en trois
grandes catégories:
cultes publics, rassemblant la communauté des citoyens d’une cité
cultes privés, appartenant à la sphère domestique
cultes à mystères, qui seul promettent aux initiés une vie heureuse et un au-
delà.
Le panthéon grec comporte douze divinités principales (dites olympiennes), dont les
plus importantes sont exprimées par trois figures ayant le monde en partage:
Zeus, dieu de la foudre, régnant sur le Ciel

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Poséidon, dieu des mers, des océans et des séismes, et enfin
Hadès, maître du monde des Enfers
Ces dieux anthropomorphes (dont la forme rappelle celui de l’homme: insan biçimin-
de) sont munis d’attributs (foudre, trident, arc et flèches, égides, etc.), jouissant de
pouvoirs pléthoriques (çok dolu, çok kalabalık), ayant des secteurs d’intervention,
des modes d’actions propres, et dotés de mythes. Mais chacune de ces divinités
n’existe que par les liens qui l’unissent au système divin global. Des épithètes cultu-
relles signalent alors leur nature et leur domaine d’intervention. Il y a, par exemple,
Zeus Kéraunos (du tonnerre), Polieus (gardien de l’ordre politique), Horkios (garant
des serments [ant, yemin] et des pactes), Ktésios (protecteur de la propriété), Her-
keios (gardien de l’enclos), Xenios (protecteur des hôtes et des étrangers). Les aut-
res figures du panthéon grec suivent aussi ce schéma.
Les oracles(1) constituent un aspect fondamental de la religion et culture grecques.
L’oracle est la réponse donnée par un dieu que l’on a consulté à une question per-
sonnelle, concernant généralement le futur. De tels oracles ne peuvent être rendus
que par certains dieux, dans des lieux précis, sur des sujets déterminés et dans le
respect de rites rigoureusement respectés. Le principal dieu devin (kahin, bilici) est
Apollon, dont l’oracle est à Delphes.

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