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Similitudes entre l'Histoire biblique du déluge


et le déluge raconté dans l'épopée du
Gilgamesh
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Similitudes entre l’Histoire biblique du déluge et le déluge


raconté dans l’épopée du Gilgamesh

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Apparue entre 3400 et 3200 avant J.-C l’écriture cunéiforme


sumérienne et les hiéroglyphes égyptiens sont les écritures
les plus vieilles connues. Des tablettes en argile furent
découvertes en Mésopotamie sur lesquelles une Histoire
similaire au déluge de la bible fut déchiffrée…Pourtant ces
tablettes d’argiles sont plus vieilles que l’ancien testament
écrit entre -640 à -609 avant JC Pour comprendre les
similitudes entre les deux textes, nous devons essayer de
nous recadrer dans le contexte socio-politico-religieux de
l’époque.

Selon le grand historien Hérodode, les Tribus d’Israël furent


battues par le Roi assyrien Nabuchodonosor en l’an 597 avant
JC. Celui-ci déporte la famille royale et l’élite juive dans son
pays, entre le Tigre et l’Euphrate (l’Irak actuel). Dix ans plus
tard, suite à une ultime révolte, toute la population de
Jérusalem est envoyée en Mésopotamie et le prestigieux
Temple de Salomon est détruit. Un demi-siècle plus tard grâce
à la bienveillance du roi de Perse Cyrus 1er, vainqueur des
Babyloniens, une partie d’entre eux reviennent chez eux. C’est
la que dans une souci de cohésion de leur peuple et la
réhabilitation de leurs valeurs religieuses que les érudits et
prêtes juifs ont écrit l’ancien testament. La genèse et le
déluge notamment a été fortement inspirer par l’épopée de
Gilgamesh, textes écrits par les sumériens et transmis aux
babyloniens puis au juifs en déportation chez eux….Voici un
extrait du déluge:

« L’épopée de Gilgamesh » dont les premières traces


remontent à 4000 ans peut être considérée comme le plus
ancien texte écrit relatant le Déluge. » Utnapishtim dit à
Gilgamesh – Je vais te révéler un mystère, je vais te dire un
secret des dieux. – Tu connais Shurrupak, la cité qui se trouve
sur les bords de l’Euphrate? Cette ville était ancienne et les
dieux qui l’habitaient étaient vieux. Il y avait là Anu, maître du
firmament, leur père, et le guerrier Enlil, leur conseiller,
Ninurta le secourable, et Ennugi qui surveille les canaux; et
avec eux aussi était Ea.
En ce temps-là le monde regorgeait de tout; les gens se
multipliaient, le monde mugissait comme un taureau sauvage
et le grand dieu fut réveillé par la clameur. Enlil entendit la
clameur et il dit aux dieux assemblés : – Le vacarme de
l’humanité est intolérable, et la confusion est telle qu’on ne
peut plus dormir. Ainsi les dieux furent-ils d’accord pour
exterminer l’humanité.
Enlil le fit, mais Ea, en raison de son serment, m’avertit en
songe. Il murmura leurs mots à ma maison de roseaux: –
Maison de roseaux, maison de roseaux! Mur, O mur, prête
l’oreille, maison de roseaux, mur, réfléchis; O homme de
Shurrupak, fils d’Ubara-Tutu; détruis ta maison et construis
un bateau, abandonne tes biens et cherche la vie, méprise les
biens du monde et sauve la vie de ton âme. Détruis ta maison,
te dis-je, et construis un bateau. Voici les mesures du navire
que tu dois construire : que son bau soit égal à sa longueur,
que son pont ait un toit comme la voûte qui couvre l’abîme;
alors rassemble à l’intérieur du bateau la semence de tous les
êtres vivants. (…)

Le temps était écoulé, le soir venait, le cavalier de l’orage


lançait la pluie. Je regardai au-dehors le temps qu’il faisait;
c’était effrayant, alors moi aussi j’embarquai et voligeai le
bateau. Tout était maintenant terminé, le voligeage et le
calfatage; aussi donnai-je la barre du gouvernail à Puzur-
Amurri, le timonier, responsable de la navigation et de tout le
bateau. A la première lueur de l’aube, un nuage noir vint de
l’horizon; il tonna là où Adad, le maître de l’orage,
chevauchait. En face, au-dessus de la colline et de la plaine,
Shullat et Hanish, hérauts de l’orage avançaient toujours.
Alors les dieux de l’abîme surgirent; Nergal retira les digues
des eaux inférieures, Ninurta, le seigneur de la guerre, jeta à
bas les barrages, et les sept juges de l’enfer, les Annunaki,
élevèrent leurs torches, éclairant la terre de leur flamme
livide. Un cri de désespoir monta au ciel quand le dieu de
l’orage changea la lumière du jour en obscurité, quand il mit
la terre en miettes comme une simple coupe. Tout un jour la
tempête fit rage, augmentant encore en furie; elle fondait sur
le peuple, comme les marées de la bataille; un homme ne
pouvait pas voir son frère, et du ciel on ne voyait pas les
hommes. Même les dieux étaient terrifiés par l’inondation; ils
fuirent jusqu’au plus haut du ciel, le firmament d’Anu; ils
rampaient le long des murs, courbés comme des chiens.
Alors, Ishtar, la Reine du Ciel à la voix douce, hurla comme
une femme dans les douleurs : – Hélas, les anciens jours sont
changés en poussière parce que j’ai ordonné le mal; pourquoi
ai-je ordonné ce mal dans le conseil de tous les dieux? J’ai
ordonné des guerres pour détruire le peuple, mais les
hommes ne sont-ils pas mon peuple puisque je les ai mis au
monde? Maintenant, comme le frai du poisson, ils flottent sur
l’océan. Les grands dieux du ciel et de l’enfer pleuraient. Ils se
couvrirent la bouche. Pendant six jours et six nuits les vents
soufflèrent, le torrent, la tempête et l’inondation accablèrent
le monde, la tempête et l’inondation firent rage ensemble
comme des armées en bataille.
Quand l’aube du septième jour se leva, l’orage qui venait du
sud s’apaisa, la mer devint calme, l’inondation était apaisée;
je regardai la face du monde, et c’était le silence, toute
l’humanité était changée en argile. La surface de la mer
s’étendait aussi plate que le sommet d’un toit; j’ouvris une
écoutille et la lumière tomba sur mon visage. Alors, je
m’inclinai profondément, je m’assis et pleurai; les larmes
ruisselaient sur mon visage car de tous les côtés c’était le
désert de l’eau.
Je cherchai des yeux la terre en vain, mais à quatorze lieues
apparut une montagne où le bateau s’échoua. Sur la
montagne de Nisir, le bateau tint bon, il tint bon et ne remua
pas. Un jour, il tint et un second jour sur la montagne de Nisir,
il tint bon et ne bougea pas. Un troisième jour et un quatrième
jour, il tint bon sur la montagne et ne bougea pas; un
cinquième jour et un sixième jour, il tint bon sur la montagne.
Quand l’aube du septième jour se leva, je lâchai une colombe
et la laissai partir. Elle s’envola, mais ne trouvant pas d’endroit
où se poser, revint. Puis je lâchai une hirondelle. Elle s’envola,
mais ne trouvant pas d’endroit où se poser, revint : je lâchai
un corbeau, il vit que les eaux s’étaient retirées, il mangea, il
vola alentour, il croassa et ne revint pas. Alors, j’ouvris tout
aux quatre vents, j’offris un sacrifice et versai une libation au
sommet de la montagne. (…) « 

Et le dieu de donner ce conseil à Utanapishtim : « Démolis ta


maison pour te faire un bateau ! Renonce à tes richesses pour
sauver ta vie ! Détourne-toi de tes biens pour te garder sain et
sauf ! Mais embarque avec toi des spécimens de tous les
animaux (…).
Six jours et sept nuits durant, bourrasques, pluies battantes,
ouragans et déluge continuèrent de saccager la terre ».

Les similitudes avec le texte biblique sont frappantes : ainsi,


comme Noé dans la Bible, Utanapishtim lâche une colombe
afin de repérer une terre émergée et finit par accoster sur
une montagne.

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