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Avant-propos

Le béton armé, grâce à ses nombreux avantages, notamment la grande liberté qu’il
permet dans le choix des formes, sa bonne durabilité ou encore sa rentabilité, est sans
aucun doute le matériau de construction le plus utilisé dans le monde. Et tout incite à
penser qu’il continuera d’occuper cette place de choix auprès des constructeurs durant
les prochaines décennies.
Matériau composite obtenu par incorporation d’acier d’armatures au béton, il tire
profit de la bonne résistance du béton en compression et des propriétés très avantageuses
de l’acier en traction. Ce caractère mixte du béton armé, auquel s’ajoute la nature hété­
rogène du béton, constitué principalement de ciment, d’agrégats et d’eau, se reflète clai­
rement dans les règles de calcul des structures en béton armé, sensiblement différentes
de celles qui régissent le calcul des structures utilisant d’autres types de matériaux.
Ces règles sont le fruit d’un effort de recherche considérable, poursuivi inlassa­
blement par des générations de chercheurs depuis plus de un siècle : tests en laboratoires,
observations du comportement d’ouvrages en service et améliorations des méthodes de
calcul et de leur bien-fondé scientifique. Grâce à l’ampleur de cet effort et à la qualité
des résultats obtenus, ces règles autorisent aujourd’hui une utilisation de plus en plus
sûre et économique de ce matériau.
Traduites en prescriptions réglementaires lorsque concluantes, et regroupées sous
le vocable de normes de calcul, ces règles sont mises à la disposition des ingénieurs
appelés à concevoir et calculer des ouvrages ou à en diriger la réalisation. Cependant,
les prescriptions réglementaires contenues dans les normes sont, par leur vocation,
VIII Avant-propos

présentées sous forme condensée, se bornant, le plus souvent, aux notions fondamen­
tales et aux procédures de calcul sans en développer la justification. Aussi, une applica­
tion brutale de ces prescriptions, sans en connaître les limites ou en saisir les nuances,
pourrait-elle conduire à de graves erreurs de conception, causant parfois des désordres
importants, voire la ruine partielle ou totale de l’ouvrage projeté.
Le présent ouvrage, qui s’adresse aux ingénieurs praticiens ainsi qu’aux étudiants
et étudiantes en génie, se veut un complément à la norme permettant une utilisation
plus éclairée de ses prescriptions. Les premiers trouveront dans cet ouvrage l’outil
permanent nécessaire à leur travail quotidien ; les seconds, la matière enseignée dans
les cours traitant de béton armé, présentée ici de façon très complète et sous une forme
aisément assimilable.
Basé sur la norme ACNOR A23.3-04, ci-après appelée A23.3-04, ce livre a pour
objet la conception et le calcul des éléments de structures les plus fréquemment rencon­
trés, notamment dans les ­bâtiments.
Le chapitre 1 présente les matériaux : le béton et ses constituants, l’acier d’arma­
ture et le matériau composite. Le chapitre 2 traite des aspects liés aux méthodes de
dimensionnement et aux actions sur les structures, définies selon la norme A23.3-04 et
le Code national du bâtiment (CNB-2010). Le chapitre 3 examine les différentes phases
du comportement d’une poutre en béton armé sous charge croissante (non fissuré,
fissuré et limite). Il traite également de la fissuration et des déformations instantanées
et à long terme et il enchaîne avec les états limites d’utilisation. Les chapitres 4 à 6, ainsi
que le chapitre 11, sont consacrés au calcul détaillé des pièces en béton armé sous divers
modes de sollicitations : flexion, effort tranchant, torsion, effort normal. Le chapitre 7
examine les questions d’ancrage des barres d’armature et les règles régissant les détails
de construction. Le calcul des dalles fait l’objet des chapitres 8 à 10. Enfin, le chapitre 12
aborde le calcul des semelles de fondations.
Construit suivant une approche originale, ce livre présente la matière simplement
et aussi clairement que possible. Amplement illustré, il élabore pour chaque point
abordé un développement théorique complet, suivi de l’exposé détaillé des étapes à
suivre lors du dimensionnement ou de la vérification, le tout assorti de nombreuses
applications numériques entièrement traitées.
L’auteur remercie vivement le professeur Étienne Windisch, ingénieur, Ph. D., qui
a aidé à la révision et à la mise en forme de ce livre. Les remerciements vont également
aux stagiaires postdoctoraux et étudiants des cycles supérieurs qui ont contribué à
l’élaboration d’une ébauche de solutions pour les problèmes proposés à la fin de chaque
chapitre.

Mise au point
Cet ouvrage a été préparé avec le plus grand soin. Toutefois, l’auteur ne saurait être tenu
responsable des erreurs ou omissions susceptibles de s’y être glissées, et décline toute
responsabilité quant aux dommages qui pourraient résulter de l’utilisation des données
contenues dans cette publication.
Table des matières

Avant-propos . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . VII
Mise au point . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . VIII

Chapitre 1 Matériaux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1
1.1 Notations utilisées dans ce chapitre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1
1.2 Béton . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1.3 Acier d’armature . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
1.4 Exemples . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
Exemple 1.1 – Contrainte, fluage, retrait . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
1.5 Problèmes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
Problème 1.1 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
Problème 1.2 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
Problème 1.3 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14

Chapitre 2 Bases de calcul . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15


2.1 Notations utilisées dans ce chapitre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
2.2 Exigences de base . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
2.3 Sécurité vis-à-vis de l’effondrement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
2.4 Vérifications aux ELU selon la norme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19
X Table des matières

2.4.1 Facteurs de pondération et coefficients


de résistance . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19
2.4.2 Vérifications requises . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19
2.5 Tolérances . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20

Chapitre 3 Comportement des poutres en flexion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21


3.1 Notations utilisées dans ce chapitre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
3.2 Hypothèses de calcul en béton armé (aux états limites) . . . . . . 23
3.3 Comportement des éléments fléchis . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
3.3.1 Phase 1 – Comportement élastique avant fissuration . . 24
3.3.2 Phase 2 – Comportement élastique après fissuration . . 25
3.3.3 Phase 3 – Comportement inélastique . . . . . . . . . . . . . . . 26
3.3.4 Comportement à l’état ultime . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 28
3.3.5 Section équilibrée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 28
3.4 États limites de service (utilisation) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30
3.4.1 Fissuration . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30
3.4.2 Flèche . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 33
3.5 Exemples . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 37
Exemple 3.1 – Section rectangulaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 37
Exemple 3.2 – Section en T . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 40
Exemple 3.3 – Calcul d’une flèche :
poutre simple rectangulaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 44
Exemple 3.4 – Calcul d’une flèche : poutre simple en T . . . . . . 46
Exemple 3.5 – Calcul d’une flèche :
poutre continue rectangulaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 49
3.5 Problèmes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 53
Problème 3.1 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 53
Problème 3.2 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 54
Problème 3.3 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 54
Problème 3.4 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 55
Problème 3.5 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 56

Chapitre 4 Dimensionnement et vérification des poutres


et des dalles unidirectionnelles en flexion . . . . . . . . . . . . . . . . . . 57
4.1 Notations utilisées dans ce chapitre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 57
4.2 Exigences minimales et dispositions constructives . . . . . . . . . . 60
4.3 Sections rectangulaires avec armature tendue . . . . . . . . . . . . . . 64
4.3.1 Dérivation des équations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 64
4.3.2 Dimensionnement et vérification des poutres
avec armature tendue . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 66
4.3.3 Exemples . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 69
Exemple 4.1 – Vérification d’une section
avec armature tendue . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 69
Table des matières XI

Exemple 4.2 – Dimensionnement d’une section


avec armature tendue . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 72
4.4 Sections rectangulaires avec armatures tendues
et comprimées . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 76
4.4.1 Dérivation des équations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 76
4.4.2 Dimensionnement et vérification des poutres
doublement armées . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 79
4.4.3 Exemples . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 82
Exemple 4.3 – Vérification d’une section
doublement armée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 82
Exemple 4.4 – Dimensionnement d’une section
doublement armée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 85
4.5 Sections en T . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 89
4.5.1 Largeur effective . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 90
4.5.2 Dérivation des équations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 91
4.5.3 Dimensionnement et vérification des sections en T . . . 94
4.5.4 Exemples . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 96
Exemple 4.5 – Vérification d’une section en T
avec axe neutre dans la semelle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 96
Exemple 4.6 – Vérification d’une section en T
avec axe neutre dans l’âme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 99
Exemple 4.7 – Dimensionnement : section en T
avec axe neutre dans l’âme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 102
Exemple 4.8 – Dimensionnement : section en L
avec axe neutre dans l’âme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 106
4.6 Dalles portant dans une direction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 110
4.6.1 Calcul en flexion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 110
4.6.2 Calcul à l’effort tranchant . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 110
4.6.3 Exigences minimales . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 111
4.6.4 Dimensionnement et vérification d’une dalle
portant dans une direction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 111
4.6.5 Exemples . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 112
Exemple 4.9 – Vérification d’une dalle portant
dans une direction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 112
Exemple 4.10 – Dimensionnement d’une dalle portant
dans une direction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 115
4.7 Problèmes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 117
Problème 4.1 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 117
Problème 4.2 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 118
Problème 4.3 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 119
Problème 4.4 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 119
Problème 4.5 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 120
Problème 4.6 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 121
Problème 4.7 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 122
Problème 4.8 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 123
XII Table des matières

Problème 4.9 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 124


Problème 4.10 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 125
Problème 4.11 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 125
Problème 4.12 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 126
Problème 4.13 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 127
Problème 4.14 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 128

Chapitre 5 Effort tranchant . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 129


5.1 Notations utilisées dans ce chapitre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 129
5.2 Comportement d’une poutre à l’effort tranchant . . . . . . . . . . . . 132
5.2.1 État de contrainte et formation de fissures
d’un élément cisaillé . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 132
5.2.2 Mécanismes de résistance à l’effort tranchant . . . . . . . . 133
5.3 Aspects réglementaires et pratiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 134
5.4 Méthodes de calcul de la résistance . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 135
5.5 Méthode simplifiée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 137
5.5.1 Applicabilité et équations de calcul . . . . . . . . . . . . . . . . . 137
5.5.2 Points caractéristiques et définitions des régions
à espacement constant . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 137
5.5.3 Dimensionnement et vérification –
Méthode simplifiée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 138
5.5.4 Exemples – Méthodes simplifiées . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 140
Exemple 5.1 – Vérification à l’effort tranchant . . . . . . . . . . . . . . 140
Exemple 5.2 – Dimensionnement à l’effort tranchant . . . . . . . . 144
5.6 Méthode générale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 148
5.6.1 Équations de dimensionnement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 148
5.6.2 Dimensionnement et vérification – méthode générale . . . . . . . 150
5.6.3 Exemples – Méthode générale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 151
Exemple 5.3 – Vérification à l’effort tranchant
par la méthode générale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 151
Exemple 5.4 – Dimensionnement à l’effort tranchant
par la méthode générale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 154
5.7 Cas spéciaux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 157
5.7.1 Étriers-suspentes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 157
5.7.2 Poutres et poteaux sous forces normales
de compression et de traction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 158
5.7.3 Exemples – cas spéciaux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 159
Exemple 5.5 – Dimensionnement des étriers de suspension . . 159
Exemple 5.6 – Dimensionnement à l’effort tranchant
d’un poteau en BA sous force normale de traction
par la méthode générale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 161
Exemple 5.7 – Dimensionnement à l’effort tranchant
d’un poteau en BA sous force normale
de compression par la méthode générale . . . . . . . . . . . . 164
Table des matières XIII

5.8 Méthode des bielles-et-tirants (BT) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 166


5.8.1 Subdiviser une membrure en régions B et D . . . . . . . . . 166
5.8.2 Construction du modèle de treillis . . . . . . . . . . . . . . . . . . 167
5.8.3 Dimensionnement des bielles, des tirants
et des nœuds . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 168
5.8.4 Étapes de dimensionnement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 172
5.8.5 Applications aux poutres profondes,
aux consoles courtes et aux corbeaux . . . . . . . . . . . . . . . 173
Exemple 5.8 – Dimensionnement d’une poutre profonde
soumise à deux forces concentrées . . . . . . . . . . . . . . . . . 173
Exemple 5.9 – Dimensionnement d’une poutre profonde
soumise à une charge uniforme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 177
Exemple 5.10 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 180
5.9 Approche de l’armature de cisaillement par friction . . . . . . . . 186
5.9.1 Dimensionnement par l’approche d’armature
de cisaillement par friction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 187
5.9.2 Étapes de dimensionnement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 188
Exemple 5.11 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 189
5.10 Problèmes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 192
Problème 5.1 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 192
Problème 5.2 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 193
Problème 5.3 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 193
Problème 5.4 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 194
Problème 5.5 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 194
Problème 5.6 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 195
Problème 5.7 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 195
Problème 5.8 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 196
Problème 5.9 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 196

Chapitre 6 Torsion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 197


6.1 Notations utilisées dans ce chapitre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 197
6.2 Types de torsion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 199
6.3 Contraintes dues à la torsion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 199
6.4 Mécanismes de résistance à la torsion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 200
6.5 Dérivation des équations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 200
6.6 Considérations réglementaires et pratiques . . . . . . . . . . . . . . . . 204
6.7 Dimensionnement et vérification . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 205
6.8 Exemples . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 208
Exemple 6.1 – Vérification d’une poutre de rive
à la torsion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 208
Exemple 6.2 – Dimensionnement d’un poteau
à la torsion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 212
XIV Table des matières

6.9 Problèmes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 217


Problème 6.1 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 217
Problème 6.2 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 218
Problème 6.3 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 219
Problème 6.4 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 220

Chapitre 7 Ancrage des armatures . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 221


7.1 Notations utilisées dans ce chapitre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 221
7.2 Contraintes d’adhérence . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 223
7.3 Mécanismes de résistance à l’arrachement
et modes de rupture . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 223
7.4 Longueur d’ancrage de barres droites . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 224
7.5 Longueur d’ancrage de barres avec crochets en tension . . . . . . 227
7.6 Longueur d’ancrage des barres en flexion . . . . . . . . . . . . . . . . . 229
7.7 Longueur de chevauchement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 233
7.8 Exemples . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 235
Exemple 7.1 – Points d’arrêt des barres
d’une poutre simple . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 235
Exemple 7.2 – Points d’arrêt des barres
d’une poutre continue . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 238
7.9 Problèmes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 243
Problème 7.1 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 243
Problème 7.2 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 244
Problème 7.3 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 245
Problème 7.4 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 246

Chapitre 8 Méthode simplifiée pour le calcul des poutres


et dalles unidirectionnelles continues . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 247
8.1 Notations utilisées dans ce chapitre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 247
8.2 Justification de la méthode simplifiée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 248
8.3 Description de la méthode simplifiée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 249
8.4 Calcul des moments fléchissants et des efforts tranchants
approximatifs aux points caractéristiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . 250
8.5 Enveloppe des moments et arrêt des barres . . . . . . . . . . . . . . . . 251
8.6 Étapes de calcul par la méthode simplifiée . . . . . . . . . . . . . . . . 254
8.6.1 Étapes de calcul . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 254
8.6.2 Tableau de calcul pour poutre continue . . . . . . . . . . . . . 255
8.6.3 Tableau de calcul pour dalle continue . . . . . . . . . . . . . . . 257
8.7 Exemples . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 258
Exemple 8.1 – Dimensionnement d’une dalle continue
portant dans une direction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 258
Exemple 8.2 – Dimensionnement d’une poutre
intermédiaire continue . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 262
Table des matières XV

8.8 Problèmes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 268


Problème 8.1 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 268
Problème 8.2 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 269
Problème 8.3 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 270
Problème 8.4 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 271

Chapitre 9 Dalles portant dans deux directions sur poutres rigides


ou murs sur les quatre côtés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 273
9.1 Notations utilisées dans ce chapitre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 273
9.2 Méthode d’analyse des dalles portant
dans deux directions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 275
9.3 Calculs initiaux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 276
9.4 Procédure pour le calcul des moments . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 277
9.5 Transfert des charges aux poutres ou murs d’appui . . . . . . . . . 281
9.6 Effort tranchant dans la dalle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 281
9.7 Exigences réglementaires et considérations pratiques . . . . . . . 282
9.8 Dimensionnement et vérification des dalles . . . . . . . . . . . . . . . . 283
9.9 Exemples . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 287
Exemple 9.1 – Vérification d’une dalle portant
dans deux directions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 287
Exemple 9.2 – Dimensionnement d’une dalle portant
dans deux directions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 294
9.10 Problèmes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 300
Problème 9.1 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 300
Problème 9.2 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 301
Problème 9.3 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 302
Problème 9.4 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 303

Chapitre 10 Dalles portant dans deux directions :


méthode de calcul direct . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 305
10.1 Notations utilisées dans ce chapitre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 305
10.2 Base de la méthode . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 307
10.3 Procédure pas à pas d’analyse et de calcul . . . . . . . . . . . . . . . . . 308
10.3.1 Conditions d’utilisation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 308
10.3.2 Épaisseur minimale de la dalle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 308
10.3.3 Définition des portiques et des bandes
dans chacune des deux directions orthogonales . . . . . . 311
10.3.4 Moments positifs et négatifs aux points critiques
(nus des appuis et mi-portées) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 312
10.3.5 Répartition transversale des moments
négatifs et positifs entre les bandes centrales
et d’appui et les poutres . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 313
10.3.6 Résistance à l’effort tranchant . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 315
10.3.7 Exigences minimales et autres considérations . . . . . . . . 322
XVI Table des matières

10.4 Étapes de dimensionnement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 325


10.5 Exemples . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 326
Exemple 10.1 – Dimensionnement : dalle portant
dans deux directions et reposant
sur des poutres non rigides . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 326
Exemple 10.2 – Dimensionnement d’une dalle
sans poutres . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 337
Exemple 10.3 – Dimensionnement d’une dalle
avec ressauts . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 351
10.6 Problèmes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 360
Problème 10.1 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 360
Problème 10.2 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 361

Chapitre 11 Membrures en compression : poteaux contreventés . . . . . . . . . 363


11.1 Notations utilisées dans ce chapitre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 363
11.2 Généralités et définitions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 366
11.3 Élancement d’un poteau . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 367
11.4 Dimensionnement d’un poteau court . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 370
11.4.1 Poteau court sous compression centrée . . . . . . . . . . . . . . 370
11.4.2 Poteau court sous compression excentrée . . . . . . . . . . . . 372
11.4.3 Étapes de dimensionnement et vérification
d’un poteau court . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 377
11.5 Poteaux contreventés élancés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 380
11.6 Introduction aux poteaux non contreventés . . . . . . . . . . . . . . . . 385
11.7 Exigences minimales et considérations pratiques . . . . . . . . . . . 386
11.8 Exemples . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 388
Exemple 11.1 – Dimensionnement : poteau court
sous charge centrée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 388
Exemple 11.2 – Vérification : poteau court
sous charge excentrée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 390
Exemple 11.3 – Dimensionnement : poteau court
sous charge excentrée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 392
Exemple 11.4 – Vérification : poteau élancé
sous charge excentrée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 395
Exemple 11.5 – Dimensionnement : poteau élancé
avec charge excentrée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 398
11.9 Problèmes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 402
Problème 11.1 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 402
Problème 11.2 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 403
Problème 11.3 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 403
Problème 11.4 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 404
Problème 11.5 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 405
Problème 11.6 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 406
Table des matières XVII

Chapitre 12 Fondations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 407


12.1 Notations utilisées dans ce chapitre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 407
12.2 Généralités, aspects géotechniques et définitions . . . . . . . . . . . 410
12.2.1 Aspects géotechniques à considérer . . . . . . . . . . . . . . . . 410
12.2.2 Types de fondations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 411
12.2.3 Capacité portante et contrainte admissible du sol . . . . . 412
12.3 Semelles de fondation isolées sous charge centrée . . . . . . . . . . 413
12.3.1 Calcul de la surface de la semelle . . . . . . . . . . . . . . . . . . 414
12.3.2 Calcul en flexion et à l’effort tranchant . . . . . . . . . . . . . . 415
12.3.3 Transmission de la force à la base du poteau –
calcul des goujons . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 419
12.3.4 Étapes de dimensionnement et de vérification
d’une semelle isolée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 421
12.4 Semelles de fondation isolées sous charge excentrée . . . . . . . . 423
12.4.1 Calcul de la surface de la semelle . . . . . . . . . . . . . . . . . . 424
12.4.2 Calcul à l’effort tranchant – épaisseur de la semelle . . . 425
12.4.3 Calcul à la flexion – calcul de l’armature . . . . . . . . . . . . 427
12.4.4 Transmission des efforts à la base . . . . . . . . . . . . . . . . . . 427
12.5 Semelles continues . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 427
12.5.1 Semelle filante non armée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 428
12.5.2 Semelle filante armée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 429
12.5.3 Semelles continues sous poteaux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 429
12.6 Exemples . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 432
Exemple 12.1 – Vérification : semelle isolée
sous charge centrée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 432
Exemple 12.2 – Dimensionnement : semelle isolée
sous charge centrée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 436
Exemple 12.3 – Dimensionnement : semelle isolée
sous charge excentrée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 443
Exemple 12.4 – Dimensionnement : semelle continue
sous mur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 448
Exemple 12.5 – Dimensionnement : fondation continue
sous poteaux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 453
12.6 Problèmes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 464
Problème 12.1 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 464
Problème 12.2 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 465
Problème 12.3 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 466
Problème 12.4 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 467

Références . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 469
Chapitre

1
Matériaux

1.1 Notations utilisées dans ce chapitre

A Aire de la section
Cs Constante dépendant du type de mûrissement
Ct Coefficient de fluage (Ct = εsp/εi)
Cu Coefficient de fluage ultime (en moyenne Cu = 2,35)
D Diamètre du cylindre pour essai brésilien
Ec Module d’élasticité du béton (c pour concrete)
Es Module d’élasticité de l’acier (s pour steel)
I Moment d’inertie
L Longueur du cylindre pour essai brésilien
M Moment appliqué
P Charge appliquée
Psh Facteur de correction pour déformation due au retrait (sh pour shrinkage)
2 Chapitre 1

Qcr Facteur de correction pour déformation due au fluage (cr pour creep)
T Force de traction
a Distance du point d’application de la charge au support
b Largeur de la poutre
fc Contrainte du béton
fc′ Résistance nominale en compression du béton à 28 jours
fr Module de rupture
fs Contrainte de traction de l’acier
fsp Contrainte de fendage (sp pour splitting)
ft Contrainte de traction directe du béton
fy Contrainte élastique limite de l’acier (y pour yielding)
h Hauteur de la poutre
t Temps
∆T Variation de température
αT Coefficient de dilatation thermique
ε Déformation unitaire
εc Déformation unitaire du béton
εcp Déformation unitaire du béton due au fluage
εcpic Déformation unitaire correspondant à fc′
εcu Déformation unitaire à l’état limite ultime
εi Déformation unitaire instantanée
εsh Déformation unitaire due au retrait (sh pour shrinkage)
εshu Déformation unitaire maximale due au retrait
εth Déformation unitaire de dilatation thermique
γc Masse volumique du béton
λ Coefficient pour tenir compte de la densité du béton (λ = 1 pour béton ordinaire)
ν Coefficient de Poisson
σ Contrainte normale
Matériaux 3

1.2 Béton
Le béton est un matériau obtenu par durcissement d’un mélange formé de granulats
(sable, gravier), d’un liant hydraulique (ciment), d’eau et d’adjuvants (p. ex., air entraîné),
dans des proportions déterminées.
Les bétons sont classés selon leur masse volumique γc. On distingue :
➟➟ les bétons légers avec γc ≤ 1 850 kg/m 3
➟➟ les bétons semi-légers avec 1 850 kg/m 3 < γc ≤ 2 150 kg/m 3
➟➟ les bétons ordinaires avec 2 150 kg/m 3 < γc ≤ 2 500 kg/m 3
➟➟ les bétons lourds avec 2 500 kg/m 3 < γc
En plus de sa masse volumique, un béton est caractérisé par :
➟➟ ses propriétés mécaniques : résistance en compression fc′, résistance en traction f t,
➟➟ ses propriétés élastiques : module d’élasticité Ec, déformation ultime εcu, coefficient
de Poisson ν,
➟➟ ses propriétés de changement volumétrique : dilatation thermique αT, déformations
dues au fluage εcp et au retrait εsh.
Les ciments Portland sont classés en 5 types selon leurs applications (tableau 1.1).

Tableau 1.1 – Classification des ciments

Ciment Qualificatif Application


TYPE 10 Normal Tout usage
Béton exposé à une attaque modérée de sulfate
TYPE 20 Modéré Quand on souhaite moins de dégagement de
chaleur que celui du TYPE 10
Haute résis­
TYPE 30 Obtention rapide d’un niveau de résistance donné
tance initiale
Faible chaleur
TYPE 40 Quand on souhaite réduire la chaleur d’hydratation
d’hydratation
Résistant aux
TYPE 50 Béton exposé aux sulfates
sulfates

■■ Résistance en compression
La résistance en compression du béton, notée fc′, est obtenue sur la base d’essais d’écra­
sement d’échantillons cylindriques de béton de 150 × 300 mm (ou 100 × 200 mm, dans ce
cas prendre 0,95 fc′) à 28 jours d’âge. Des diagrammes typiques contraintes-­déformations
du béton en compression sont montrés à la figure 1.1.
4 Chapitre 1

Un béton normal de qualité structurale a une résistance en compression fc′ comprise


entre 20 MPa (minimum) et 40 MPa. Des bétons à haute résistance (fc′ > 40 MPa)
peuvent également être utilisés pour des projets spéciaux.

Figure 1.1 – Courbes contrainte-déformation du béton en compression

■■ Résistance en traction
La résistance en traction peut être obtenue sur la base de trois types d’essai (figure 1.2) :
a) de traction directe, b) de flexion, c) brésilien ou de fendage.
À titre indicatif :
fsp = 1,2 à 1,6f t ; f r = 1,4 à 2f t (1.1)
Par ailleurs, il existe une bonne corrélation entre λ fc′ et f r. L’article 8.6.4 de la
norme ACNOR A23.3-04 donne la relation suivante pour f r :

fr = 0 , 6 λ fc′ (1.2)
où λ = 1,0 pour un béton ordinaire et λ = 0,75 pour un béton léger.
Matériaux 5

a) Traction directe
σ = f t = T/A
donne directement la résistance à
la traction
Figure 1.2a difficile à réaliser en laboratoire
b) Flexion
M  h
σ=  
I  2
6 Pa
σ = f r = module de rupture =
bh2
Figure 1.2b
c) Brésilien
2P
σ = fsp =
π LD

Figure 1.2c

Figure 1.2 – Résistance du béton en traction

■■ Module d’élasticité
Selon la norme A23.3-04 (art. 8.6.2), le module d’élasticité, module sécant entre σc = 0
et σc = 0,4fc′, peut être estimé par :
1 ,5
 γ 
Ec = 3 300 fc′ + 6 900   c   ; 1 500 ≤ γc ≤ 2 500 kg/m 3 (1.3)
   2 300 

Pour un béton ordinaire et de résistance normale, 20 MPa ≤ fc′ ≤ 40 MPa, Ec peut être
estimé par l’équation ­simplifiée suivante :

Ec = 4 500 fc′ (1.4)



6 Chapitre 1

■■ Déformation
La déformation εcpic correspondant à fc′ augmente avec fc′ et est de l’ordre de 0,002. Elle
peut être estimée en fonction de fc′ par :
140 + fc′
εcpic = ≥ 0 , 002 (1.5)
80 000

La déformation ultime en compression varie généralement entre 0,003 et 0,004. Pour
fins de calcul, la norme limite la valeur de εcu à :
εcu = 0,0035 (1.6)

■■ Coefficient de Poisson
Le coefficient de Poisson relatif au béton non fissuré varie entre 0,15 et 0,20 pour une
contrainte en compression fc inférieure à 0,7fc′.

■■ Fluage
Le fluage est un phénomène par lequel, sous l’effet de contraintes constantes, le béton
subit des déformations qui augmentent avec le temps mais à un taux décroissant
(figure 1.3). Selon le comité 209 de l’American Concrete Institute (ACI Committee 209,
1982), la déformation due au fluage, εcp, peut être estimée, en fonction de la contrainte
élastique instantanée εi, par :
t 0 ,6 (1.7)
εcp = Ct εi où Ct = Cu Qcr
10 + t 0 ,6
où εcp
= déformation due au fluage ;
εi = déformation élastique instantanée ;
Ct = coefficient de fluage = εcp/εi ;
Cu = coefficient de fluage ultime, qui varie entre 1,30 et 4,15 avec une valeur
moyenne de 2,35 ;
Qcr = facteur de correction, qui tient compte des conditions d’utilisation (humi­
dité relative, épaisseur de l’élément, air occlus, dosage en granulats) [voir le
tableau 1.2] ;
t = temps en jours.
Matériaux 7

Récupération
instantanée

Déchargement
Déformation totale

Déformation maximale
Récupération
progressive

due au fluage
Dévormation
de fluage
résiduelle

Temps à partir de l’application de la contrainte de compression

Figure 1.3 – Courbe typique contrainte-déformation du béton sous compression axiale

■■ Retrait
Le retrait est un phénomène par lequel le béton subit des déformations dues à la dimi­
nution de la teneur en eau. Le raccourcissement dû au retrait, dont plus de la moitié a
lieu un mois après le bétonnage, évolue généralement sur deux à trois ans (figure 1.4).
ε shu
ε sh

Figure 1.4 – Courbe de retrait du béton après un mûrissement de 7 jours


8 Chapitre 1

Tableau 1.2 – Facteurs de modification pour fluage et retrait


(Adapté du tableau 1.2 de la norme A23.3-04)

Fluage : Qcr = Qa Qh Q f Qr Qs Qv Retrait : Psh = Pc Ph P f P r Ps P v


Qa : Facteur tenant compte de la cure Pc : Facteur tenant compte du dosage
en ciment
Âge au Qa
chargement Cure Cure à la Dosage en ciment (kg/m 3)
(jours) humide vapeur 225 300 410
 1 1,25 1,00 Pc 0,89 0,93 1,00
 7 1,00 0,94
20 0,87 0,85
60 0,77 0,76
Qh : Facteur tenant compte de l’humidité Ph : Facteur tenant compte de l’humidité
Humidité relative (%) Qh Humidité relative (%) Ph
 40 1,00  40 1,00
 60 0,87  60 0,80
 80 0,73   80 0,60
100 0,60 100 0,00
Q f : Facteur tenant compte des fines P f : Facteur tenant compte des fines

Poids fines Poids fines


Qf Pf
Poids total agrégats Poids total agrégats

0,30 0,95 0,30 0,72


0,40 0,98 0,40 0,86
0,50 1,00 0,50 1,00
0,70 1,05 0,70 1,04
Qr : Facteur tenant compte du rapport P r : Facteur tenant compte du rapport
volume/surface volume/surface
Rapport : Rapport :
Qr Pr
Volume/Surface (mm) Volume/Surface (mm)
 38 1,00  38 1,00
 75 0,82  75 0,84
150 0,70 150 0,59
250 0,67 250 0,37
Matériaux 9

Fluage : Qcr = Qa Qh Q f Qr Qs Qv Retrait : Psh = Pc Ph P f P r Ps P v


Qs : Facteur tenant compte Ps : Facteur tenant compte
de l’affaissement de l’affaissement
Affaissement (mm) Qs Affaissement (mm) Ps
 50 0,95  50 0,97
 70 1,00  70 1,00
125 1,15 125 1,09
Qv : Facteur tenant compte de l’air occlus P v : Facteur tenant compte de l’air occlus
Air (%) Qv Air (%) Pv
≤6 1,00 ≤6 1,00
8 1,18 8 1,01
10 1,36 10 1,03

Selon le comité 209 de l’American Concrete Institute (ACI Committee 209, 1982), le
retrait peut être estimé par la formule suivante (figure 1.4) :
t
ε sh = ε shu Psh (1.8)
Cs + t

où εsh = déformation due au retrait ;
εshu = valeur maximale de retrait, 0,0002 ≤ εshu ≤ 0,0008. En l’absence de valeur
spécifique, il est recommandé de prendre εshu = 0,00078 ;
Cs = constante ; Cs = 35 pour un mûrissement humide de 7 jours et Cs = 55 pour un
mûrissement à la vapeur de 1 à 3 jours ;
Psh = facteur de correction qui tient compte des conditions d’utilisation (humidité
relative, épaisseur de l’élément, air occlus, dosage en ciment et en granulats)
[voir le tableau 1.2] ;
t = temps en jours.

■■ Dilatation thermique du béton


Le coefficient de dilatation thermique du béton est de αT = 10 × 10 –6 mm/mm/°C. La
déformation de dilatation thermique, εth, peut donc s’exprimer comme suit :
εth = αT ∆ T (1.9)

où ∆T est la variation de température considérée.
10 Chapitre 1

1.3 Acier d’armature


L’acier d’armature se présente sous les formes suivantes : a) barres et fils crénelés,
b) treillis soudés et c) fils lisses. Ces derniers sont permis uniquement pour les treillis,
pour les spirales et pour les étriers et ligatures de diamètre inférieur à 10 mm.

■■ Nuances
La norme ACNOR G30.18 définit cinq nuances d’acier d’armature à béton : 300R,
400R, 500R, 400W et 500W. La nuance W doit être spécifiée pour indiquer qu’un
acier soudable et ductile est requis. Les chiffres des nuances indiquent la contrainte
élastique minimale garantie en MPa. L’acier le plus utilisé en pratique est de nuance
400R, c’est-à-dire dont la contrainte élastique f y = 400 MPa. Le tableau 1.3 donne les
caractéristiques géométriques et physiques des barres d’acier les plus couramment
utilisées en pratique.

■■ Courbe contrainte-déformation
La courbe contrainte-déformation de l’acier ainsi que son idéalisation pour fins de calcul
sont montrées à la figure 1.5. Le module d’élasticité de l’acier est E s = 200 000 MPa.

Tableau 1.3 – Caractéristiques des barres d’acier d’armature crénelées

Dimension nominale
Barre n° Aire Diamètre Périmètre Masse
(mm 2) (mm) (mm) (kg/m)
10M  100 11,3  35,5  0,785
15M  200 16,0  50,1  1,570
20M  300 19,5  61,3  2,355
25M  500 25,2  79,2  3,925
30M  700 29,9  93,9  5,495
35M 1 000 35,7 112,2  7,850
45M 1 500 43,7 137,3 11,775
55M 2 500 56,4 177,2 19,625
Matériaux 11

(a) Courbe contrainte-déformation typique (b) Idéalisation pour fins de calcul

Figure 1.5 – Courbes contrainte-déformation de l’acier

■■ Dilatation thermique de l’acier


Le coefficient de dilatation thermique de l’acier est αT = 12 × 10 –6 mm/mm/°C.

1.4 Exemples

Exemple 1.1 – Contrainte, fluage, retrait

■■ Énoncé
Considérer un poteau en béton armé de section 400 mm × 400 mm × 3 m de haut et
armé à l’aide de 4 No 30M. Ledit poteau est soumis à une force axiale de compression
de 1 600 kN après une semaine de cure humide.

On demande de :
a) Calculer les contraintes instantanées dans le béton et dans l’acier ainsi que la défor­
mation instantanée.
b) Calculer le raccourcissement de la colonne 180 jours après l’application de la
charge.
On donne : fc′ (à 7 jours) = 20 MPa ; ciment type 10 (300 kg/m 3) ; humidité relative =
60 % ; air occlus = 5 % ; affaissement du béton frais = 125 mm ; sable = 670 kg/m 3 ;
gravier = 1 000 kg/m 3 .
12 Chapitre 1

■■ Solution

a) Contraintes et déformation instantanées

 Contrainte dans le béton, fci


Ec = 4 500 fc′ Ec = 4 500 20 = 20 120 MPa

Es 200 000
n= n= = 9, 9
Ec 20 120

Ac = aire nette béton = Ag − As Ac = 160 000 − 2 800 = 157 200 mm 2

Ace = aire équivalente béton = Ac + nAs Ace = 157 200 + 9 , 9 × 2 800 = 184 920 mm 2

P 1 600 × 10 3
fci = fci = = 8 , 65 MPa
Ace 184 920

 Contrainte dans l’acier, fsi


fsi = nfci fsi = 9 , 9 × 8 , 65 = 85, 6 MPa

 Déformation instantanée, εi
fci 8 , 65
εi = εi = = 430 × 10 −6 mm/mm
Ec 20 120

Le raccourcissement instantané est de :
∆li = εi l ∆li = 430 × 10 −6 × 3 000 = 1, 29 mm

b) Raccourcissement de la colonne à t = 180 jours

 Raccourcissement dû au fluage
Cu = 2 , 35 (valeur moyenne)

Qcr = Qa Qh Qf Qr Qs Qv (voir le tableau 1.3)

Qcr = 1, 00 × 0 , 87 × 0 , 98 × 0 , 78 × 1, 15 × 1, 00 = 0 , 76

Note : Rapport (volume/surface) =


( 400 × 400 ) = 100
( 2 × 400 ) + ( 2 × 400 )
Matériaux 13

t 0 ,6 180 0 ,6
Ct = Cu Qcr Ct = × 2 , 35 × 0 , 76 = 1, 24
10 + t 0 ,6
10 + 180 0 ,6

εcp = Ct εi εcp = 1,24 × 430 × 10 –6 = 533 × 10 −6 mm/mm

∆lcp = εcp l ∆lcp = 533 × 10 −6 × 3 000 = 1, 6 mm

 Raccourcissement dû au retrait
C s = 35

ε shu = 0 , 000 78 mm/mm (valeur moyenne suggérée à défaut de valeur spécifique)

Psh = Pc Ph Pf Pr Ps Pv Psh = 0 , 93 × 0 , 80 × 0 , 86 × 0 , 76 × 1, 09 × 1, 00 = 0 , 53

t 187
ε sh = ε shu Psh ε sh = × 0 , 000 78 × 0 , 53 = 348 × 10 −6 mm/mm
Cs + t 35 + 187

∆lsh = ε sh l ∆lsh = 348 × 10 −6 × 3 000 = 1, 04 mm

 Raccourcissement total
∆ l = ∆ lcp + ∆ lsh ∆l = 1, 60 + 1, 04 = 2 , 64 mm

1.5 Problèmes

Problème 1.1
En analysant les équations de fluage et de retrait (équations 1.7 et 1.8), ainsi que les
facteurs de modification Qcr et Psh (tableau 1.2), déterminer les trois facteurs qui influent
le plus sur le fluage et le retrait.

Problème 1.2
Considérer une section rectangulaire en béton d’un poteau précontraint de dimensions
700 mm × 700 mm × 4 m de haut. La section est sollicitée par une force de précontrainte
de 2 500 kN agissant au centre de gravité de la section. La force est appliquée après
7 jours de mûrissement humide.
14 Chapitre 1

On demande de :
a) Calculer la contrainte et la déformation instantanées dans le béton.
b) Calculer le raccourcissement du poteau une année après l’application de la précon­
trainte.

On donne : fc′ (à 7 jours) = 25 MPa ; ciment type 10 (300 kg/m3) ; humidité relative = 70 % ;
air occlus = 5 % ; affaissement du béton frais = 120 mm ; sable = 660 kg/m 3 ; gravier =
1 050 kg/m 3 .

Problème 1.3
Considérer une colonne en béton armé de section carrée 500 mm × 500 mm et de
longueur de 4,0 m. L’armature longitudinale consiste en 4 No 25M, soit une barre
No 25M à chaque coin. La poutre supporte une charge permanente non pondérée de
1 000 kN et une charge d’utilisation non pondérée de 900 kN. La charge permanente
est appliquée 14 jours près la coulée du béton.

On demande de :
a) Calculer les contraintes dans l’acier et dans le béton, en considérant un comportement
élastique et une compatibilité parfaite entre les déformations du béton et de l’acier,
pour les charges suivantes :
•  La charge permanente non pondérée
•  La charge totale pondérée
b) Calculer la déformation totale de la colonne, incluant le retrait et le fluage, corres­
pondant à 365 jours après la coulée.

On donne : fc′ (à 14 jours) = 25 MPa ; mûrissement humide de 7 jours ; ciment type 10 :
300 kg/m 3 ; sable : 700 kg/m 3 ; gravier : 1 000 kg/m 3 ; affaissement : 100 mm ; air entraîné :
6 % ; ­humidité relative : 60 % ; poids volumique du béton = 24 kN/m 3 ; Cu = 2,35.
Chapitre

2
Bases de calcul

2.1 Notations utilisées dans ce chapitre

D Charge permanente

D Charge permanente moyenne

Dn Charge permanente non pondérée

E Charge de séisme

L Surcharge

L Surcharge moyenne

Ln Surcharge non pondérée

Mf Moment fléchissant pondéré

Mr Moment résistant pondéré

Pf Force axiale pondérée


16 Chapitre 2

Pr Résistance à l’effort axial

R Résistance

R Résistance moyenne

Rn Résistance non pondérée

S Sollicitation

S Sollicitation moyenne

Sn Sollicitation non pondérée

T Effort de torsion

Tf Effort de torsion pondéré

Tr Résistance à la torsion, pondérée

VD Effort tranchant dû aux charges permanentes

Vf Effort tranchant pondéré

VL Effort tranchant dû aux surcharges

Vr Résistance à l’effort tranchant, pondérée

W Charge due au vent

Y Variable représentant la distribution de (R – S)

Y Valeur moyenne de Y
 Facteur de pondération des charges, en général

αD Facteur de pondération des charges permanentes

αL Facteur de pondération des surcharges


 Indice de sécurité reliant la moyenne et l’écart type
φ Coefficient de résistance, en général

φc Coefficient de résistance du béton

φp Coefficient de résistance de l’acier de précontrainte

φs Coefficient de résistance de l’acier d’armature

σy Écart type
Bases de calcul 17

2.2 Exigences de base


Les structures et les éléments structuraux en béton armé doivent être conçus et dimen­
sionnés de façon à satisfaire les exigences suivantes :
➟➟ la sécurité vis-à-vis des charges prévisibles durant la durée de service de
l’ouvrage ;
➟➟ un comportement satisfaisant vis-à-vis des charges d’exploitation ou de service ;
➟➟ l’économie, c’est-à-dire aussi bien le coût initial que le coût à long terme incluant
l’entretien ;
➟➟ la durabilité vis-à-vis des sollicitations environnementales (p. ex., gel / dégel) et
des agents corrosifs ;
➟➟ l’esthétique, c’est-à-dire que les ouvrages doivent être d’une forme attrayante qui
s’intègre aux ouvrages existants environnants.
Pour satisfaire les deux premières exigences, sécurité et comportement en service,
la norme A23.3-04, à l’instar des autres normes canadiennes de calcul (ponts, acier de
charpente, etc.) est basée sur le calcul aux états limites, soit respectivement :
➟➟ l’état limite ultime (ELU), qui concerne la sécurité et donc la résistance ;
➟➟ l’état limite de service ou d’utilisation (ELS ou ELUT), qui concerne l’aptitude
au service et donc les aspects tels que la déformation, la fissuration et la vibration.

2.3 Sécurité vis-à-vis de l’effondrement


Lors du calcul d’une structure, l’ingénieur doit composer avec plusieurs incertitudes,
en particulier celles reliées :
➟➟ aux charges : leurs intensités et leurs répartitions sont incertaines ;
➟➟ à la résistance : la résistance du béton en place peut être en deçà de celle obtenue
sur éprouvette ;
➟➟ à l’analyse : les modèles mathématiques et les hypothèses simplificatrices utilisés
introduisent forcément des écarts par rapport au comportement réel.
Ces incertitudes peuvent être quantifiées par une approche probabiliste. La résis­
tance R et les effets de sollicitation S sont alors représentés par des distributions telles
que celles qui sont illustrées à la figure 2.1, où la partie grise délimite la zone de ruine
probable.
18 Chapitre 2

Ruine probable

< 1,0

Figure 2.1 Figure 2.2

Une façon plus explicite de représenter la probabilité de rupture serait de consi­


dérer la distribution de la variable Y = [R – S] (figure 2.2), qui exprime la marge de
sécurité. Il y a donc ruine quand Y < 0 (aire grise).
Par ailleurs, la probabilité de ruine est donnée par le rapport (aire grise / aire
totale). Elle peut aussi être calculée à l’aide de l’indice β, qui relie la moyenne Y et l’écart
type σy de la distribution Y (voir la figure 2.2). La probabilité de rupture est d’autant
plus faible que β est élevé. Toutefois, les densités de probabilité de R et de S ne sont pas
suffisamment connues, de sorte que le recours à une méthode purement probabiliste
n’est pas envisageable. Par contre, l’approche permet d’étalonner les coefficients de résis­
tance φ et les facteurs de pondération α, de façon à obtenir une probabilité de rupture
uniforme (de l’ordre de 10 –5 par an), tenant compte de la variabilité des résistances et
des charges. Ainsi, selon la norme A23.3-04, les facteurs de pondération ont été établis
pour un indice β variant entre 3 et 3,5 pour une rupture ductile ou dont les conséquences
sont modérées, et entre 3,5 et 4,0 pour une rupture fragile ou dont les conséquences sont
graves. Par exemple, les équations suivantes relient αD, αL et φ à l’indice β (MacGregor,
1997) pour l’effort tranchant :

 D
0 ,56 β V
αD =  e D
(2.1)
 D 
n

 L
0 ,56 β V
αL =  e L
(2.2)
 L 
n

 R
− 0 , 75 β V
φ= e r
(2.3)
 R 
n

Bases de calcul 19

2.4 Vérifications aux ELU selon la norme

2.4.1 Facteurs de pondération et coefficients de résistance


Pour assurer la sécurité des ouvrages en béton armé, la norme A23.3-04 adopte l’ap­
proche des facteurs de sécurité partiels sur :
➟➟ les résistances : coefficients de résistance du béton φc, de l’acier d’armature φs, et
de l’acier de précontrainte φp, inférieurs à 1,0, soit :
φc = 0,65, φs = 0,85 et φp = 0,90 (2.4)
[φs (acier de charpente) = 0,90]
[φc (élément préfabriqué) = 0,70]
➟➟ les charges : facteurs de pondération de charge α, supérieurs à 1 sauf exception, et
qui dépendent du cas de combinaison de charges considérées, tel que recommandé
par le CNB-2010 et résumé au tableau 2.1.

Tableau 2.1 – Facteurs de pondération de charges

Cas de Combinaisons de charges


chargement Charges principales Charges d’action concomitantes
1 1,4D –
2 (1,25D ou 0,9D) + 1,5L 0,5S* ou 0,4W
3 (1,25D ou 0,9D) + 1,5S* 0,5L ou 0,4W
4 (1,25D ou 0,9D) + 1,4W 0,5L ou 0,5S*
5 1,0D + 1,0E 0,5L ou 0,25S*
Note : S* indique ici la charge de neige (à ne pas confondre avec le S de sollicitation).

2.4.2 Vérifications requises


Les cas de chargements du tableau 2.1, basés sur des charges pondérées, produisent des
efforts pondérés α Sn tels que des moments pondérés Mf, des efforts tranchants Vf, des
efforts axiaux Pf et des efforts de torsion Tf.
La sécurité est assurée si ces efforts demeurent en deçà des résistances pondérées
φRn, c’est-à-dire calculées avec les coefficients de résistance φc et φs, notés Mr, Vr, Pr et
Tr. Il s’ensuit en général :

φ Rn ≥ α Sn (2.5a)
20 Chapitre 2

Soit, en particulier :

Mr ≥ M f ; Vr ≥ Vf ; Pr ≥ Pf et Tr ≥ Tf (2.5b)

2.5 Tolérances
Les dimensions des sections de poutres, dalles, poteaux et murs en béton armé sont
généralement choisies parmi les multiples de 10 mm, sauf pour les dalles minces, où elles
peuvent être des multiples de 5 mm. Les tolérances permises pour les dimensions des
sections des poutres et poteaux, et les épaisseurs de murs et de dalles, telles que spéci­
fiées par la norme A23.3-04, sont présentées au tableau 2.2. Celles qui sont relatives à
la mise en place de l’armature sont présentées au tableau 2.3.

Tableau 2.2 – Tolérances – sections de poutres et poteaux,


épaisseurs de murs et dalles

Dimension (Dim) Tolérance


Dim ≤ 300 mm   ±8 mm
300 mm < Dim ≤ 1 000 mm ±12 mm
1 000 mm < Dim ±20 mm

Tableau 2.3 – Tolérances relatives à la mise en place de l’armature

Application Tolérance
Enrobage en béton ±12 mm
Cas où la hauteur d’un élément en flexion, l’épaisseur d’un mur ou
la plus petite dimension d’une colonne est :
➟➟ inférieure ou égale à 200 mm   ±8 mm
➟➟ comprise entre 200 mm et 600 mm ±12 mm
➟➟ supérieure à 600 mm ±20 mm
Espacement entre les barres ±30 mm
Emplacement des extrémités des barres longitudinales ±50 mm
Emplacement des extrémités des barres longitudinales aux
discontinuités des membrures ±20 mm
Chapitre

3
Comportement des poutres en flexion

3.1 Notations utilisées dans ce chapitre

As Aire de la section d’armature tendue


Asb Aire de la section d’armature tendue de la section équilibrée
As,max Aire de la section d’armature tendue maximale
A Total
s(peau) Aire totale d’armature de peau
C Force de compression pondérée due au béton comprimé
E Force de séisme
Ec Module d’élasticité du béton
Es Module d’élasticité de l’acier d’armature
I Moment d’inertie
Ie Moment d’inertie effectif
Ie,moy Moment d’inertie effectif moyen
Ie,pos Moment d’inertie effectif en travée
22 Chapitre 3

Ie,nég Moment d’inertie effectif à l’extrémité continue


Droi te
Ie,n Moment d’inertie effectif à l’appui de droite
ég

I Ge,nauégche Moment d’inertie effectif à l’appui de gauche


Ig Moment d’inertie de la section brute
M Moment fléchissant
Mcr Moment correspondant à la formation de la première fissure de flexion
Mu Moment ultime
P Charge appliquée
b Largeur de la section
c Profondeur de l’axe neutre
d Hauteur utile de la section en béton armé
fc Contrainte de compression du béton
fc8 Résistance nominale en compression du béton à 28 jours
fct Contrainte de traction dans le béton
fr Module de rupture du béton
fs Contrainte de traction de l’acier
fy Contrainte limite élastique de l’acier en traction
n Coefficient d’équivalence (n = Es /Ec)
w Largeur de l’ouverture de fissure
α1 Rapport de la contrainte moyenne du bloc de contrainte sur la résistance en
compression du béton
β1 Rapport de la profondeur du bloc de contrainte rectangulaire sur celle l’axe neutre
ε Déformation unitaire, en général
εc Déformation unitaire du béton
εcr Déformation unitaire correspondant à Mcr
εct Déformation unitaire du béton tendu
εcu Déformation unitaire ultime du béton (εcu = 0,0035)
εs Déformation unitaire de l’acier tendu
εy Déformation unitaire élastique limite (correspondant à fy)
φc Coefficient de résistance du béton
φs Coefficient de résistance de l’acier
ρb Taux d’armature longitudinale tendue de la section équilibrée
ρmax Taux d’armature longitudinale tendue maximale
ρsk Taux d’acier d’armature de peau
σ Contrainte normale de flexion
Comportement des poutres en flexion 23

3.2 Hypothèses de calcul en béton armé


(aux états limites)
Le calcul des sections en béton armé, y compris le moment résistant, s’appuie sur les
hypothèses (H) suivantes :
(H1) les sections planes avant déformation restent planes après déformation ;
(H2) la résistance du béton en traction est négligée ;
(H3) l’armature subit la même déformation relative que le béton adjacent ;
(H4) les contraintes du béton en compression et de l’acier en traction se déduisent de
diagrammes contrainte-déformation de calcul du béton et de l’acier.
(H5) À l’état ultime, le diagramme des contraintes du béton peut être remplacé par
un bloc de contrainte uniforme équivalent donné par a1cf'c sur une profondeur
a = b1c où a1 et b1 sont définis par les équations 3.9 et 3.10.

3.3 Comportement des éléments fléchis


La figure 3.1 montre une poutre dans un état déformé.

Axe neutre

Figure 3.1 – Poutre dans un état déformé

On distingue deux parties : une partie comprimée, reprise par le béton, et une
partie tendue, séparées par l’axe neutre (contrainte nulle). Compte tenu de sa faible
résistance en traction (hypothèse H2), le béton peut résister à la traction jusqu’à ce qu’il
fissure. Dès lors, ces forces de traction sont transférées à l’acier d’armature situé dans
la zone tendue. Le transfert s­’effectue par l’intermédiaire de l’adhérence (liaison) entre
l’acier et le béton. L’importance de ­l’adhérence est donc de premier ordre. On dit alors
que le béton et l’acier sont intimement liés, tel qu’exprimé par l’hypothèse H3 (voir la
section 3.2).
Si on augmente graduellement la charge P et donc le moment appliqué M
(figure 3.1), le comportement de la poutre passe par trois phases successives, décrites
ci-après. Il convient de noter que la position de l’axe neutre (A.N.) change avec le
24 Chapitre 3

niveau de chargement. Ainsi, la profondeur c, correspondant à la phase 1 (élastique


non fissuré, figure 3.2), est plus élevée que celle correspondant à la phase 2 (élastique
fissuré, figure 3.3), qui, à son tour, est plus élevée que celle corresondant à la phase 3
(inélastique, figure 3.4).

3.3.1 Phase 1 – Comportement élastique avant fissuration

Figure 3.2 – Phase élastique avant fissuration

(3.1a)
■■ Dans ce cas, M < Mcr.
■■ Les contraintes fc, fct et fs peuvent être calculées à partir du moment appliqué M en
utilisant la relation générale de la poutre élastique : (3.1b)

 M
 fc = c (3.1c)
 Ig

M  M
σ= Y ⇒  fs = n ( d − c )
I  Ig
 (3.2a)
 f = M ( h − c)
 ct I (3.2b)
 g
(3.2c)
ou, à l’aide de la loi de Hooke :

 fc = Ec ε c

σ = Eε ⇒  fs = Es ε s
f = E ε
 ct c ct

Comportement des poutres en flexion 25

Le moment d’inertie Ig est obtenu par rapport au centre de gravité de la section non
fissurée rendue homogène à l’aide du coefficient d’équivalence n, où :
Es
n= (3.3)
Ec

La position du centre de gravité est obtenue en égalant les moments statiques de la
section entière à la somme de moments statiques de différentes sections (acier, béton)
■■ La position de l’axe neutre (A.N.) s’obtient en considérant le diagramme des défor­
mations (figure 3.2d), soit :
 c εc
  = (3.4)
d εc + ε s

Note : En vertu de l’hypothèse H1 (voir la section 3.2), cette relation reste valide pour toutes
les phases.

3.3.2 Phase 2 – Comportement élastique après fissuration

Figure 3.3 – Phase élastique après fissuration

■■ Lorsque la contrainte du béton en traction fct atteint f r, le béton est réputé fissuré et
sa contrainte est négligée (figure 3.3e) :

fr = 0 , 6 fc′ (3.5)

■■ En remplaçant fct par f r dans les équations 3.2c et 3.1c, on obtient respectivement la
déformation εcr et le moment Mcr, correspondant à l’amorce de la fissure, soit :
εcr = fr / Ec (3.6)

26 Chapitre 3

Ig
Mcr = fr (3.7)

( h − c)
■■ Donc, si M > Mcr, la section est réputée fissurée et le moment d’inertie Icr corres­
pondant est calculé en considérant la section fissurée rendue homogène moyennant
le coefficient d’équivalence n, dans laquelle la section du béton tendue est négligée
(voir exemples).
■■ Dans cette phase, la contrainte du béton en compression est linéaire et élastique et
est inférieure à 0,5fc′, telle que décrite par le segment OB de la courbe contrainte-
déformation (figure 3.3e), soit :
fc = Ec εc ≤ 0 , 5 fc′ 

Note : Une contrainte fc = 0,5fc′ correspond approximativement à la contrainte du béton en état


de service, d’où l’intérêt de cette phase, notamment lorsque l’on considère l’état limite
de service (ELS).

3.3.3 Phase 3 – Comportement inélastique

Figure 3.4 – Comportement inélastique

■■ Cette phase commence quand fc dépasse 0,5fc8 ; elle est décrite par le segment non
linéaire (inélastique) BCD (figure 3.4f). Elle inclut l’état limite ultime (ELU), d’où
son intérêt.
■■ La contrainte fc et la déformation εc du béton dépendent du point où l’on se trouve
sur la courbe BCD (figure 3.4f). À l’état ultime (point D), on a :
εc = εcu = 0,0035 (3.8)
■■ L’armature tendue durant cette phase, incluant à l’état ultime (εc = εcu), peut être
élastique (fs < f y, segment OA, figure 3.4e) ou inélastique (fs ≥ f y, segment AB,
figure 3.4e).
Comportement des poutres en flexion 27

Note : Les propriétés géométriques des sections rectangulaires et en T peuvent être calcu­
lées de façon élaborée en utilisant les formules de la résistance des matériaux (voir
exemples 3.1 et 3.2) ou en utilisant les équations des tableaux suivants :

a) Poutre rectangulaire
Équations
sans armature comprimée Ig = bh3 / 12 ; voir la note (b)

1 2 dB + 1 − 1
b( kd )3 + n As d 2 (1 − k ) où kd =
2
I cr =
3 B

avec armature comprimée 1


b( kd )3 + n As d 2 (1 − k ) + ( n − 1) As′ ( kd − d ′)
2 2
I cr =
3
 rd ′ 
+ (1 + r ) − ( 1 + r )
2
2 dB +  1 + 
 d 
où kd =
B

Notes : a) B =
bw
et r =
( n − 1) A ′
s

n As n As

b) La contribution de l’acier au moment d’inertie est négligée. On peut en tenir


compte en utilisant les formules de la résistance des matériaux.

b) Poutre en T
Équations
sans armature comprimée Ig ; voir la note (b)
( b − bw ) hf3 bw ( kd )3
I cr = + + ...
12 3
2
 hf 
... + ( b − bw ) hf  kd −  n As d 2 (1 − k )
2

 2

où kd =
( )
C 2 d + hf + ( 1 + f ) − 1 ( 1 + f )
2

b h ( b − bw )
Notes  : a) C = w et f = f
n As n As

b) Le moment d’inertie Ig est calculé à partir des formules de la résistance des maté­
riaux.
28 Chapitre 3

3.3.4 Comportement à l’état ultime


■■ L’ingénieur est souvent appelé à déterminer la capacité ultime en flexion, et notam­
ment le moment résistant Mr , d’une section de poutre. Cette capacité ultime est
atteinte lorsque εc atteint εcu = 0,0035.
■■ L’acier d’armature tendue à l’état ultime, est, quant à lui, soit dans un état élastique
soit dans un état plastique, comme suit :
– élastique, c’est-à-dire εs < εy et fs < f y, auquel cas la section est dite sur-armée
(figure 3.5b). Cette condition résulte en une rupture par écrasement du béton,
rupture réputée fragile, donc indésirable.
– plastique, c’est-à-dire εs ≥ εy et fs = f y, auquel cas la section est dite sous-armée
(figure 3.5c). C’est cette dernière condition qui est privilégiée par l’ingénieur, car
elle résulte en une rupture par allongement de l’armature tendue et donc en un
comportement plus ductile, plus économique et plus sécuritaire.
■■ Dans le cas où εy et εcu sont atteints simultanément, la section est dite équilibrée.
Le calcul de l’aire de la section d’armature A sb ou de la profondeur de l’axe neutre
(exprimée par c/d) correspondant à cette situation est d’un intérêt particulier pour
l’ingénieur, car ces deux quantités permettent de déterminer le point d’équilibre sépa­
rant une section sous-armée d’une section sur-armée, comme on le verra plus loin.

A.N.

Sur-armée Sous-armée

Figure 3.5 – Comportement à l’état ultime

3.3.5 Section équilibrée


Pour faciliter le calcul, la norme A23.3-04 (art. 10.1.7) permet de simuler la forme para­
bolique des contraintes de compression du béton par une forme rectangulaire équiva­
lente définie par les coefficients α1 et β1 (figure 3.6e), au lieu de la fonction parabolique
définissant la courbe contrainte-déformation réelle du béton :
α 1 = 0 , 85 − 0 , 0015 fc′ ≥ 0 , 67 (3.9)

Comportement des poutres en flexion 29

β1 = 0 , 97 − 0 , 0025 fc′ ≥ 0 , 67 (3.10)



de sorte que :
a = β1 c (3.11)

A.N.

Figure 3.6 – Section équilibrée

■■ Pour une section équilibrée, on a simultanément : εc = εcu = 0,0035 et εs = εy (figure 3.6c).


■■ Deux quantités sont importantes pour l’ingénieur : la profondeur de l’axe neutre
(c/d)max et l’aire de la section d’acier, Asb, car elles constituent des seuils à ne pas
dépasser pour obtenir une section sous-armée, tel qu’expliqué plus haut.

De la figure 3.6c, on peut écrire :


 c εcu 700
  = = (3.12)
d max εcu + ε y 700 + fy

fy 300 400 500


(c/d)max 0,700 0,636 0,583

Par ailleurs, par équilibre (figure 3.6f), il s’ensuit que φ s fy Asb = α 1 φc fc β1 c b, d’où :

α 1 β1 φ c fc ′ bcmax
Asb = As ,max = (3.13)
φ s fy
Asb (3.14)
ρb = = ρmax
bd
30 Chapitre 3

3.4 États limites de service (utilisation)


Nous avons vu au chapitre 2 qu’un élément structural en béton armé doit non seule­
ment satisfaire le critère de résistance face aux charges ultimes auxquelles il est soumis
(ELU), mais également avoir une bonne tenue face aux charges de service, notamment
en ce qui concerne la fissuration et les flèches. Une fissuration ou une flèche excessive
peuvent nuire au bon fonctionnement de la structure et à défaut d’une solution appro­
priée, peuvent résulter en des dommages structuraux. Par ailleurs, elle peut également
susciter un sentiment (psychologique) d’insécurité.
Par ailleurs, sous charges soutenues, une flèche peut évoluer avec le temps, à cause
des effets différés comme le retrait et le fluage. Ces effets peuvent être très significatifs
et peuvent engendrer une augmentation significative de la flèche. Dans certains cas, la
flèche à long terme peut atteindre 2 à 3 fois la flèche initiale.
Il devient donc important pour l’ingénieur de s’assurer que la fissuration et les
flèches sont contrôlées, de sorte qu’elles demeurent en deçà des limites prescrites par
la norme, et ce durant la durée de vie utile de la structure.

3.4.1 Fissuration

■■ Les causes
Les causes de la fissuration peuvent être de deux types :

a) Fissuration due aux changements de volume ; ces changements de volume peuvent


être causés par différents phénomènes tels que le retrait, le fluage et les effets de
température.

b) Fissuration due aux forces appliquées ; ces forces induisent des contraintes et des
déformations, qui à leur tour induisent des fissures lorsqu’elles dépassent un certain
seuil.

■■ L’ouverture de la fissure
L’ingénieur doit s’assurer que l’ouverture de ces fissures est contrôlée, pour une bonne
tenue en service de l’ouvrage d’une part, et d’autre part pour ne pas compromettre la
durabilité de la structure et par conséquent sa résistance à long terme. Pour ce faire,
l’ingénieur doit favoriser la formation de fissures fines et uniformément réparties.
La norme A23.3-04 exige que l’ouverture des fissures soit respectivement infé­
rieure à 0,33 mm et à 0,4 mm, pour les structures situées dans des environnements
exposés et non exposés aux intempéries.
Comportement des poutres en flexion 31

■■ Contrôle de l’ouverture des fissures selon A23.3-04 : facteur Z


Comme on l’a vu plus haut, les ouvertures de fissures doivent être limitées à des valeurs
de 0,33 mm pour les éléments exposés aux intempéries et de 0,4 mm pour ceux qui n’y
sont pas exposés. À défaut de vérifier ces limites par un calcul aux ELS (comportement
élastique après fissuration) plus élaboré, la norme permet l’usage du facteur Z comme
suit :

Z ≤ 30 000 N/mm

 (non exposé)
Z = fs 3 dc A  (3.15)
Z ≤ 25 000 N/mm

 (exx posé)

aire foncée
A=
nombre de barres, N

fs peut être pris égal à 0 , 6 fy


Fibre tendue
Note : Dans le cas d’une dalle, dc est évalué par rapport au centre de gravité de l’armature
de la nappe supérieure (soit : dc = enrobage + db,principale + ½db,supérieure). Néanmoins,
il n’est pas requis que dc soit supérieur à 50 mm pour le calcul de Z ou de A.

Figure 3.7 – Facteur Z

Autrement dit, moyennant l’équation 3.15, la norme propose une distribution de l’arma­
ture à l’intérieur de la section qui maintiendrait indirectement l’ouverture des fissures
en deçà de l’ouverture prescrite.
Il convient de noter que l’équation 3.15 est basée sur l’équation bien connue de Gergely-
Lutz (équation 3.16) où β = 1,2 et w = 0,33 mm ou 0,40 mm, selon le cas.

w = 11 × 10 −6 βfs dc A (3.16)

Il peut être utile d’ajouter que la norme ACI 3.18 recommande β = 1,35 pour les dalles,
compte tenu de leur épaisseur généralement réduite. Ceci se traduit par des facteurs Z
plus contraignants, soit :
w ≤ 0 , 40 mm ⇒ Z ≤ 27 000 N/mm (non exposé)
 (3.17)

w ≤ 0 , 33 mm ⇒ Z ≤ 2 2 000 N/mm (exposé)

32 Chapitre 3

Par ailleurs, en exprimant A en fonction de bw et de dc dans l’équation 3.15, on peut,


pour chacune des conditions d’exposition, exprimer N en fonction de bw et établir
ainsi un tableau pratique (tableau 3.1) permettant de quantifier, pour une largeur b
donnée, le nombre minimal de barres requis pour rencontrer l’exigence exprimée par
l’équation 3.15. À noter que le tableau 3.1 est basé sur l’enrobage minimum prescrit
par la norme.

Tableau 3.1 – Nombre minimal Nmin de barres qu’on peut installer sur un lit
pour contrôler la fissuration (étriers No 10M, fy = 400 MPa)

bw (mm) 10M 15M 20M 25M 30M 35M 45M 55M


(a) 200 1 1 1 1 1 1 1 1
250 1 1 1 1 1 1 2 2
À l’abri des
300 1 1 1 1 1 2 2 2
intempéries 350 1 1 1 2 2 2 2 2
400 1 1 2 2 2 2 2 2
450 2 2 2 2 2 2 2 3
500 2 2 2 2 2 2 3 3
550 2 2 2 2 2 2 3 3
600 2 2 2 2 2 3 3 3
650 2 2 2 2 3 3 3 4
700 2 2 2 3 3 3 3 4
750 2 2 3 3 3 3 4 4
800 2 2 3 3 3 3 4 4
850 2 3 3 3 3 4 4 5
900 3 3 3 3 3 4 4 5
950 3 3 3 3 4 4 4 5
1 0000 3 3 3 3 4 4 5 5
(b) 200 2 2 2 2 2 2 2 3
250 2 2 2 2 2 3 3 3
Éxposé aux
300 2 2 2 3 3 3 3 4
intempéries 350 2 3 3 3 3 3 4 4
400 3 3 3 3 3 4 4 5
450 3 3 3 4 4 4 5 5
500 3 3 4 4 4 5 5 6
550 4 4 4 4 5 5 6 6
600 4 4 4 5 5 5 6 7
650 4 4 5 5 5 6 6 8
700 4 5 5 5 6 6 7 8
750 5 5 5 6 6 7 7 9
800 5 5 6 6 6 7 8 9
850 5 6 6 6 7 7 8 100
900 5 6 6 7 7 8 9 100
950 6 6 7 7 8 8 9 110
1 0000 6 6 7 7 8 9 100 110
Comportement des poutres en flexion 33

■■ Contrôle des fissures de grande hauteur : armature de peau


Dans les poutres de grande hauteur (h ≥ 750 mm), l’ouverture des fissures dans la zone
au dessus de l’armature de flexion peut être aussi large que celle qui est au niveau
de la dite armature. Aussi, il convient de prévoir des armatures de peau (art. 10.6.2)
pour maîtriser cette fissuration ou assurer une meilleure résistance à l’éclatement de
­l’enrobage, tel qu’illustré à la figure 3.8.

AsTotal
( peau ) = ρ sk Acs (3.18)

où Acs = aire fondée totale

 h 
Acs = 2  2 X  − 2 ( h − d )   (3.19)
  2  

0 , 008 poutres non exposées


ρsk =  (3.20) –
0,010 poutres expossées

Fibre tendue

Figure 3.8 – Armature de peau

3.4.2 Flèche
Pour les poutres et les dalles portant dans une direction, simplement appuyées ou
continues, les flèches peuvent être aisément calculées sur la base de la théorie de l’élas­
ticité. Également, le Concrete Design Handbook (Cement Association of Canada,
2006), ci-après appelé CDH, propose des formules de calcul de flèches pour plusieurs
cas pratiques simples. Ces formules sont basées sur des caractéristiques géométriques
et élastiques, en particulier le moment d’inertie (I) de la section. Mais, la valeur de I
ne peut être déterminée avec précision, compte tenu de l’évolution de l’état du béton
en fonction de la charge appliquée (voir les phases de comportement à la section 3.3).

■■ Moment d’inertie pour le calcul de la flèche


Nous avons vu précédemment qu’une poutre (dalle) peut être soit à l’état non fissuré
(Ma < Mcr), auquel cas I = Ig , soit à l’état fissuré (Ma ≥ Mcr), auquel cas I = Icr. Cepen­
dant, en réalité, une poutre (dalle) en BA en service comporte deux zones distinctes :
34 Chapitre 3

a) une zone fissurée où Ma ≥ Mcr ; et b) une zone non fissurée où Ma < Mcr. Si bien que
le moment d’inertie la décrivant, communément appelé moment d’inertie effectif, noté
Ie, se situe entre Icr et Ig, soit :
Icr < Ie < Ig (3.21)
Pour tenir compte de la variation du moment d’inertie le long d’une poutre, la
norme A23.3-04 recommande les relations suivantes pour Ie (art. 9.8.2.3).

Tableau 3.2 – Relations pour Ie selon la norme A23.3-04

Condition aux appuis Moment d’inertie effectif, Ie


3
M 
a) Simplement appuyée I e = I cr + ( I g − I cr )  cr  ≤ Ig (3.22)
 M 
a

b) Une extrémité continue I e ,moy = 0 , 85 I e ,pos + 0 , 15 I e ,nég (3.23)



 I eGauche
,nég + I eDr,nég
oite

c) Deux extrémités continues I e ,moy = 0 , 70 I e ,pos + 0 , 30   (3.24)
 2 

■■ Flèche instantanée
La flèche instantanée, Δ i , peut être calculée à l’aide de la théorie de l’élasticité de
base. Pour les poutres et dalles portant dans une direction sous charges uniformément
­réparties, l’expression générale de Δ i est  :
 5  Ml 2
∆i = K   (3.25)
 48  Ec I e

où M = moment à l’appui pour poutre en porte-à-faux ; moment à mi-portée pour
poutres simples et continues ;
l = portée ;
K = coefficient dépendant des conditions aux appuis (tableau 3.3).
Comportement des poutres en flexion 35

Tableau 3.3 – Valeurs de K pour l’équation 3.25 (Adaptée du CDH)

Condition aux appuis K


Porte-à-faux(a) 2,400
Simplement appuyé (portée simple) 1,000
Encastrée-rotule (Δ i à mi-portée) 0,800
Encastrée-encastrée 0,600
Continue 1,20-0,20 (Mo/Mm) (b)
Notes : a) On doit aussi ajouter la flèche due à la rotation, s’il y a lieu.
b) Mo =wl 2 /8 ; Mm = moment à mi-portée.

■■ Flèche à long terme


La flèche à long terme Δ t comprend les effets différés comme le retrait et le fluage. Elle
est donc fonction du temps. Deux approches peuvent être utilisées pour le calcul de Δ t  :

a) L’approche permettant de combiner les effets de retrait et ceux du fluage. Cette


approche est jugée suffisante pour la plupart des cas courants. Dans ce cas, la norme
A23.3-04 exprime Δ t comme suit :
∆t = ξ s ∆i (3.26)

S
où ξs = 1 + (3.27)
1 + 50 ρ ′

où S est un facteur tenant compte du fluage comme suit :

Tableau 3.4 – Valeurs de S en fonction du temps (adapté de la norme A23.3-04)

Temps depuis l’application


S
de la charge (mois)
Moins que 1 0,0
1 0,5
3 1,0
6 1,2
9 1,3
12 1,4
60 ou plus 2,0
36 Chapitre 3

b) L’approche qui considère les flèches de retrait et de fluage séparément. Dans ce cas :
Δ t = Δ sh + Δcp (3.28)
où Δ sh et Δ cp sont des flèches à long terme dues au retrait (shrinkage) et au fluage (creep).
Pour le calcul de Δ sh et Δ cp, le lecteur est encouragé à consulter le CDH.

■■ Contrôle de la flèche
L’ingénieur dispose de deux approches pour le contrôle de la flèche : a) l’approche
indirecte, basée sur la limitation du rapport portée/hauteur de la poutre ; b) l’approche
basée sur le calcul élaboré de la flèche instantanée et à long terme.

a) Approche indirecte

C’est l’approche la plus utilisée en pratique, car la plus commode. Elle est basée sur le
choix d’une hauteur de poutre minimale de façon à ce que la flèche soit inférieure à
celle qui est prescrite. Ceci est exprimé dans le tableau 3.5 pour différentes conditions
d’appuis. Nous verrons au chapitre 4 comment l’ingénieur peut avantageusement utiliser
ce tableau lors du prédimensionnement. Il faut noter cependant que le tableau 3.5 n’est
applicable qu’aux dalles et poutres ne supportant pas d’éléments susceptibles de se
fissurer à cause de grandes flèches. Sinon, l’utilisation de l’approche (b) est plus adaptée.

Tableau 3.5 – Hauteur minimale pour contrôle de flèche


(adapté du tableau 9.2 de la norme A23.3-04)

Hauteur minimale h, pour béton de densité normale et fy = 400 MPa


Simplement Une extrémité Les 2 extré-
Porte-à-faux
appuyée continue mités continues
Dalle pleine Ln /20 Ln /24 Ln /28 Ln /10
Poutres ou dalle
Ln /16 Ln /18 Ln /21 Ln /8
nervurée
Notes  : a) pour f y ≠ 400 MPa, h doit être multiplié par (0,4 + f y/670) ;
b) pour un béton autre que normal, h doit être multiplié par (1,65 – 0,0003γc) ≥ 1,0 ;
c) pour les dalles, une épaisseur inférieure à celle spécifiée dans le tableau peut être
envisagée moyennant un calcul le justifiant (voir l’art. 13.2.7 de la norme).
Comportement des poutres en flexion 37

b) Approche basée sur le calcul élaboré de la flèche

Par cette approche, la flèche est d’abord calculée soit à l’aide des formules de l’élasti­
cité en fonction de Ie (voir tableau 3.2), soit à l’aide d’une procédure itérative élaborée
qui tient compte de la fissuration le long de la poutre. La flèche ainsi obtenue est alors
comparée aux limites admissibles prescrites par la norme et qui sont présentées au
tableau 3.6.

Tableau 3.6 – Flèches admissibles (Adapté du tableau 9.3 de la norme A23.3-04)

Description Flèche à considérer Limitea


Toitures ne supportant pas d’éléments
susceptibles d’être endommagés par de Ln / 180
grandes flèches Flèches instantanées due aux
surcharges d’exploitation L
Planchers ne supportant pas ou n’étant pas ou à la neige S (s’il y a lieu)
attachés à des éléments susceptibles d’être Ln / 360
endommagés par de grandes flèches
Planchers ou toitures attachés ou suppor­ Incrément ou partie de la
tant des éléments susceptibles d’être flèche totale subie après Ln / 480
endommagés par de grandes flèches l’attachement des éléments
non structuraux (somme
Planchers ou toitures attachés ou suppor­ de la flèche due à toutes les
tant des éléments non susceptibles d’être charges soutenues et la flèche Ln / 240
endommagés par de grandes flèches instantanée due aux charges
d’exploitation additionnelles)b
Notes : a) Ln est la portée nette entre les nus des appuis.
b) La flèche due aux charges soutenues (dite différées) doit être calculée conformément
aux articles 9.8.2.5 et 9.8.4.4 de la norme. Cependant, elle peut être réduite de la flèche
encourue avant l’installation des éléments non structuraux.

3.5 Exemples

Exemple 3.1 – Section rectangulaire


■■ Énoncé
Considérer la poutre de section rectangulaire montrée à la figure X3.1(a).

On demande de :
a) Calculer le moment de fissuration Mcr et la déformation spécifique εcr correspon­
dante.
b) Calculer les contraintes, dues à Mcr, dans la fibre extrême comprimée et dans l’acier
d’armature.
38 Chapitre 3

c) Calculer les contraintes, dues à un moment M = 50 kNm, dans la fibre extrême


comprimée et dans l’acier d’armature.
On donne : fc′ = 30 MPa ; f y = 400 MPa ; E s = 200 GPa ; A s = 2000 mm 2 .

(n – 1)AS

Figure X3.1 – Exemple 3.1

■■ Solution 

a) Moment Mcr et déformation εcr

 Moment Mcr
fr = 0 , 6 fc′ fr = 0 , 6 30 = 3, 29 MPa

Ec = 4 500 fc′ Ec = 4 500 30 = 24 648 MPa

Es 200 000
n= n= = 8, 1
Ec 24 648

La distance yg du centre de gravité de la section homogène (figure X3.1b) à la fibre la
plus comprimée peut être calculée en considérant le moment statique par rapport à la
fibre la plus comprimée comme suit. L’ordonnée ytop est la distance du centre de gravité
de l’aire considérée à la fibre la plus comprimée.

Désignation Aire, A (mm 2) ytop (mm) A × ytop (mm 3)


Béton 250 × 400 = 105 200 20,0 × 10 6
Acier (n – 1) 2000 = 14 200 340 4,828 × 10 6
∑A = 114 200 ∑(A·ytop) = 24,828 × 10 6
Comportement des poutres en flexion 39

ΣA, ytop 24 , 828 × 10 6


yg = yg = = 217, 4 mm
ΣA 114 200

2

( )
bh3  h
( )
2
2
I g = ∑ I 0 + ∑ Ay Ig = + bh  yg −  + ( n − 1) As d − yg
12  2

250 × 400 3
+ 250 × 400 × ( 217, 4 − 200 ) + 14 200 × ( 340 − 217, 4 ) = 1, 58 × 10 9 mm 4
2 2
Ig =
12

yfibre tendue = 400 − 217, 4 = 182 , 6 mm



fr I g 3, 29 × 1, 58 × 10 9
Mcr = Mcr = × 10 −6 = 28 , 5 kNm
yfibre tendue 182 , 6

 Déformation ecr
fr 3, 29
εcr = εcr = = 133 × 10 −6 mm/mm
Ec 24 648

b) Contraintes dues à Mcr

 fc au niveau de la fibre la plus comprimée


Mcr 28 , 5 × 10 6
fc =
Ig
(y )g fc = ( 217, 4 ) = 3, 92 MPa
1, 58 × 10 9

 fs dans l’acier d’armature


Mcr 28 , 5 × 10 6
fs = n
Ig
(d − y ) g fs = 8 , 1 × × (122 , 6 ) = 17, 91 MPa
1, 58 × 10 9

c) Contraintes dues à M = 50 kNm

Le moment M étant supérieur à Mcr, la section est donc fissurée. Il convient donc de
considérer la section transformée équivalente (figure X3.1c) et de calculer son moment
d’inertie Icr comme suit :

 Profondeur de l’axe neutre, c

Désignation Aire, A (mm 2) ytop (mm) A × ytop (mm 3)


Béton 250c c/2 125c 2
Acier n A s = 16 200 340 5 508 000
soit  : ∑A = 250c + 16 200 ∑Aytop = 125c 2 + 5 508 000
40 Chapitre 3

ΣAytop
En écrivant : yg = = c , il s’ensuit :
ΣA

125c 2 + 16 200c – 5 508 000 = 0 ; soit : c = 154,9 mm (retenue) ou c = –284,5 mm (rejetée)

 Moment d’inertie Icr par rapport à l’axe neutre

Désignation Aire, A (mm 2) y (mm) Io (10 6 mm4) Ay2 (10 6 mm4)


Béton 250 × 154,9 = 38 725 154,9/2 = 77,45 77,4 232,3
Acier 16 200 (154,9 – 340) = –185,1 Négligé 555,0
∑Io = 77,4 ∑Ay 2 = 787,3


I cr = ∑ I 0 + ∑ Ay 2 ( ) I cr = ( 77, 4 + 787, 3) × 10 6 = 864 , 7 × 10 6 mm 4

 fc au niveau de la fibre la plus comprimée


M 50 × 10 6
fc = c fc = × 154 , 9 = 8 , 96 MPa
I cr 864 , 7 × 10 6

 fs dans l’acier d’armature


M 50 × 10 6
fs = n (d − c ) fs = 8 , 1 × × ( 340 − 154 , 9 ) = 86 , 70 MPa
I cr 864 , 7 × 10 6

Exemple 3.2 – Section en T


■■ Énoncé
Considérer la poutre de section en T illustrée à la figure X3.2. On suppose que la hauteur
effective d est de 630 mm.
On demande de :
a) Calculer le moment de fissuration Mcr .
b) Calculer la contrainte fc dans la fibre de béton la plus comprimée et la plus tendue et
la contrainte fs dans de l’acier d’armature, dues à M = 60 kNm.
c) Calculer la contrainte fc dans la fibre de béton la plus comprimée et la plus tendue et
la contrainte fs dans l’acier d’armature, dues à M = 120 kNm.

On donne : fc′ = 25 MPa ; f y = 400 MPa ; E s = 200 GPa ; A s = 3 000 mm 2 .


Comportement des poutres en flexion 41

Figure X3.2 – Exemple 3.2

■■ Solution 

a) Moment Mcr

fr = 0 , 6 fc′ fr = 0 , 6 25 = 3, 0 MPa

Ec = 4 500 fc′ Ec = 4 500 25 = 22 500 MPa

Es 200 000
n= n= = 8, 9
Ec 22 500

La distance yg du centre de gravité de la section homogène (figure X3.2b) à la fibre la
plus comprimée peut être calculée en considérant les moments statiques par rapport à
la fibre la plus comprimée comme suit  :

Désignation Aire, A (mm 2) ytop (mm) A × ytop (10 6 mm 3)


Béton
• semelle 700 × 80 = 56 000 40 2,24
• âme 620 × 250 = 155 000 390 60,45
Acier (n – 1) 3 000 = 23 700 630 14,93
∑A = 234 700 mm 2 ∑Aytop = 77,62 × 10 6 mm 3

ΣAytop 77, 62 × 10 6
yg = yg = = 330 , 7 mm
ΣA 234 700

(
I g = ∑ I 0 + ∑ Ay 2 )
42 Chapitre 3

Aire, A
Désignation Io (10 6 mm4) y (mm) Ay2 (10 6 mm4)
(mm 2)
Béton
700 × 80 3
g semelle = 29 , 87 56 000 330,7 – 40 = 290,7 4 732,36
12

250 × 620 3
g âme = 4 965 , 17 155 000 390 – 330,7 = 59,3   545,06
12
Acier — 23 700 630 – 330,7 = 299,3 2 123,06
∑Io = 4995,04 ∑Ay 2 = 7 400,48

I g = 4 995, 04 × 10 6 + 7 400 , 48 × 10 6 = 12 395, 52 × 10 6 mm 4



yfibre tendue = 700 − 330 , 7 = 369 , 3 mm

fr I g 3, 0 × 12 395, 52 × 10 6
Mcr = Mcr = × 10 −6 = 100 , 7 kNm
yfibre tendue 369 , 3

b) Contraintes dues à M = 60 kNm

Le moment M étant inférieur à Mcr, la section est donc non fissurée. Il convient donc
d’utiliser la section homogène non fissurée (figure X3.2 b).

 fc au niveau de la fibre la plus comprimée


M 60 × 10 6
fc = yg fc = × 330 , 7 = 1, 60 MPa
Ig 12 395, 52 × 10 6

 fs au niveau de l’acier d’armature

fs = n
M
Ig
(d − y ) g fs = 8 , 9 ×
60 × 10 6
× 299 , 3 = 12 , 89 MPa
12 395, 52 × 10 6

 fc au niveau de la fibre la plus tendue

fct =
M
Ig
(h− y ) g fct =
60 × 10 6
( 369 , 3) = 1, 79 MPa
12 395, 52 × 10 6

c) Contraintes dues à M = 120 kNm

Le moment M étant supérieur à Mcr, la section est donc fissurée. Il convient par consé­
quent d’utiliser la section transformée équivalente (figure X3.2 c) et de calculer son
moment d’inertie Icr comme suit :
Comportement des poutres en flexion 43

 Profondeur de l’axe neutre, c : on suppose que l’axe neutre est dans l’âme

Désignation Aire, A (mm 2) ytop (mm) A × ytop (mm 3)


Béton
  g semelle 700 × 80 = 56 000 40 2,24 × 10 6
( c − 80 )
  g âme 250 (c – 80) c− 125c 2 – 0,8 × 10 6
2
Acier n A s = 8,9 × 3 000 = 26 700 630 16,82 × 10 6

ΣAytop
En écrivant : yg = = c , il s’ensuit : 125c 2 + 62 700c – 18,26 × 10 6 = 0
ΣA

soit : c = 206,3 mm (retenue) ou c = –707,9 mm (rejetée)

 Moment d’inertie Icr

Désignation Aire, A (mm 2) y (mm) Io (10 6 mm4) Ay2 (10 6 mm4)


Béton
g semelle 700 × 80 = 56 000 206,3 – 40 = 166,3 29,9 1 548,7
206 , 3 − 80 250 × 126 , 33
g âme 250 (206,3 – 80) = 31 575 = 63, 1 = 42 125,7
2 12
Acier 8,9 × 3 000 = 26 700 206,3 – 630 = –423,7 — 4 793,2
∑Io = 71,9 ∑Ay 2 = 6 467,6


I cr = ∑ I 0 + ∑ Ay 2 ( ) I cr = ( 71, 9 + 6 467, 6) × 10 6 = 6 539 , 5 × 10 6 mm 4

 fc au niveau de la fibre la plus comprimée


M 120 × 10 6
fc = c fc = × 206 , 3 = 3, 79 MPa
I cr 6 539 , 5 × 10 6

 fs dans l’acier d’armature


M 120 × 10 6
fs = n (d − c ) fs = 8 , 9 × × ( 630 − 206 , 3) = 69 , 2 MPaa
I cr 6 539 , 5 × 10 6

 fc au niveau de la fibre la plus tendue


fct = 0 (section fissurée)
44 Chapitre 3

Exemple 3.3 – Calcul d’une flèche : poutre simple rectangulaire


■■ Énoncé
Considérer la poutre de section rectangulaire de l’application 3.1 (figure X3.1). La
poutre est simplement appuyée et de portée l = 5 m. Elle supporte une charge perma­
nente totale, incluant le poids propre, wD = 30 kN/m, et une surcharge d’exploi­tation
wL = 15 kN/m, dont 20 % peuvent être considérées comme soutenues. Supposer un mois
de délai entre le décoffrage et l’installation des éléments non structuraux.

On demande de :
a) Calculer la flèche instantanée Δ i à mi-portée et la comparer aux flèches admis­
sibles.
b) Calculer la flèche à long terme et les incréments de flèche au temps t = 1 an et t = 5 ans.
Comparer ces incréments aux flèches admissibles.

On donne : fc′ = 30 MPa ; f y = 400 MPa ; E s = 200 GPa ; A s = 2000 mm 2 .

■■ Solution 

a) Flèche instantanée Δi

 Moment d’inertie effectif Ie


I g = ∑ I 0 + ∑ Ay 2 ( ) Ig = 1,58 × 10 9 mm4 (voir l’exemple 3.1)


I cr = ∑ I 0 + ∑ Ay 2 ( ) Icr = 864,7 × 10 6 mm4 (voir l’exemple 3.1)

fr I g
Mcr = Mcr = 28,5 kNm (voir l’exemple 3.1)
yfibre tendue

 30 × 52
wl 2  MD = = 93, 8 kNm > Mcr
M=  8

8  ( 15 + 30 ) × 52
M
 L+ D = = 140 , 6 kNm
 8

    
3
 I = 10 9  0 , 865 + (1, 58 − 0 , 865 ) 28 , 5  = 0 , 88 × 10 9 mm 4
 e ,D   
 93, 8  
3
M    
I e = I cr + ( I g − I cr )  cr  ≤ Ig 
 M    28 , 5  
3
a  9 
  = 0 , 87 × 10 mm
9 4
 I e ,D+ L = 10 0 , 865 + (1, 58 − 0 , 8 65 ) 
   140 , 6  
  
Comportement des poutres en flexion 45

 Flèche instantanée ∆i
K = 1,0 (tableau 3.3) ; Ec = 24 648 MPa (voir l’exemple 3.1)

  5  93, 8 × 10 6 × 52
 ∆ i , D = 1, 0   = 11, 3 mm
 5  Ml 2
  48  24 648 × 0 , 88 × 10 9
∆i = K   
 48  Ec I e  5  140 , 6 × 10 6 × 52

 ∆ i , D + L = 1 , 0   = 17, 1 mm
 48 24 648 × 0 , 87 × 10 9

∆ i , L = ∆ i , D+ L − ∆ i , D ∆ i ,L = 17, 1 − 11, 3 = 5, 8 mm

 Vérification avec les flèches admissibles (voir le tableau 3.6)


Cas (i) : Pas de dommage des éléments non structuraux dû à la flèche ⇒ ∆i,L = 5,8 mm
< Ln /180 = 5 000/180 = 27,8 mm OK

Cas (ii) : Dommage possible des éléments non structuraux dû à la flèche ⇒ ∆i,L = 5,8 mm
< Ln /360 = 5 000/360 = 13,9 mm OK

b) Flèche à long terme et flèche totale

 Flèche à long terme


S(1 mois) = 0,5 ; S(1 an) = 1,4 ; S(5 ans) = 2,0 (voir le tableau 3.4) ; ρ′ = 0 (pas d’acier comprimé)

ξ s ,1 mois = 1 + 0 , 5 = 1, 5
S 
ξs = 1 + ξ s ,1 an = 1 + 1, 4 = 2 , 4
1 + 50 ρ′ 
ξ s ,5 ans = 1 + 2 , 0 = 3, 0

 ∆ t ,1 mois ,D = 1, 5 × ∆ i ,D = 16 , 95 mm

∆ t ,D = ξ s ∆ i ,D  ∆ t ,1 an ,D = 2 , 4 × ∆ i ,D = 27, 1 mm

 ∆ t ,5 ans ,D = 3, 0 × ∆ i ,D = 33, 9 mm

 ∆ t ,1 mois ,0 ,2 L = 1, 5 × 0 , 2 ∆ i ,L = 1, 75 mm

∆ t ,0 . 2 L = ξ s ∆ i ,0 . 2 L  ∆ t ,1 an ,0 ,2 L = 2 , 4 × 0 , 2 ∆ i ,L = 2 , 8 mm

 ∆ t ,5 ans ,0 ,2 L = 3, 0 × 0 , 2 ∆ i ,L = 3, 5 mm

 ∆ Total,1mois = 16 , 95 + 1,, 75 = 18 , 7 mm

∆ t ,Total = ( ∆ t ,D + ∆ t ,0 ,2 L )  ∆ Total,1an = 27, 1 + 2 , 8 = 29 , 9 mm

 ∆ Total, 5ans = 33, 9 + 3, 5 = 37, 4 mm

46 Chapitre 3

 Incrément de flèche incluant surcharge d’exploitation (ID)


ID1 an = (29,9 – 18,7) + (0,8 × 5,8) = 15,68 mm
ID5 ans = (37,4 – 18,7) + (0,8 × 5,8) = 23,18 mm

 Vérification avec les flèches admissibles (voir tableau 3.6)



Cas (i): Pas de dommage  Ln 5000
ID1an = 15, 7 mm < = = 20 , 8 mm OK
des éléments non struc-  240 240

turaux dû à la flèche ⇒ ID L 5000
= 2 3, 2 mm > n = = 20 , 8 mm Pas satisfaisa nt
 5ans
240 240

Cas (ii): Dommage possible  Ln 5000
ID1an = 15, 7 mm > = = 10 , 4 mm Pas satisfaisant
des éléments non struc-  480 480

turaux dû à la flèche ⇒ ID L 5000
= 23, 2 mm > n = = 10 , 4 mm Pas satisfaisant
 5ans 480 480

Exemple 3.4 – Calcul d’une flèche : poutre simple en T


■■ Énoncé
Considérer la poutre de section rectangulaire de l’application 3.2 (figure X3.2).
La poutre est simplement appuyée et de portée L = 9 m. Elle supporte une charge
permanente totale, incluant le poids propre, wD = 28 kN/m, et une surcharge d’exploi­
tation, wL = 14 kN/m, dont 40 % peuvent être considérées comme soutenues. Supposer
un mois de délai entre le décoffrage et l’installation des éléments non structuraux.

On demande de :
a) Calculer la flèche instantanée Δ i à mi-portée. Comparer cette flèche avec les limites
prescrites par la norme A23.3-04.
b) Calculer la flèche à long terme et l’incrément de flèche à 9 mois, 2 ans et 10 ans
après l’application des charges. Comparer ces incréments de flèche avec les limites
­prescrites par la norme A23.3-04.

On donne : fc′ = 25 MPa ; f y = 400 MPa ; E s = 200 GPa ; A s = 3 000 mm 2 .

■■ Solution 

a) Flèche instantanée Δ i

 Moment d’inertie effectif Ie

(
I g = ∑ I 0 + ∑ Ay 2 ) Ig = 1,24 × 1010 mm4 (voir l’exemple 3.2)

Comportement des poutres en flexion 47


I cr = ∑ I 0 + ∑ Ay 2 ( ) Icr = 0,653 × 1010 mm4 (voir l’exemple 3.2)

fr I g
Mcr = Mcr = 100,7 kNm (voir l’exemple 3.2)
yfibre tendue

 28 × 9 2
wl 2  MD = = 283, 5 kNm > Mcr
M=  8

8  ( 14 + 28 ) × 9 2
 ML + D = = 425, 25 kNm
 8

M 
3
  3

I e = I cr + ( I g − I cr )  cr  ≤ Ig  I = 1010 0 , 653 + ( 1, 24 − 0 , 653)  100 , 7   = 0 , 68 × 1010 mm 4
 M   e ,D   
  283, 5  
a
 

   100 , 7  
3

 I e ,D+ L = 10 0 , 653 + ( 1, 24 − 0 , 653)    = 0 , 66 × 10 mm


10 10 4

   425 , 25  
  

 Flèche instantanée ∆i
K = 1,0 (tableau 3.3) ; Ec = 22 500 MPa (voir l’exemple 3.2)
  5  283, 5 × 10 6 × 9 2
 ∆ i , D = 1, 0   = 15, 6 mm
 5  Ml 2   48  22 500 × 0 , 68 × 10100
∆i = K   
 48  Ec I e   5  425, 25 × 10 6 × 9 2
 ∆ i ,D+ L = 1, 0  48  22 500 × 0 , 66 × 1010 = 24 , 2 mm


∆ i , L = ∆ i , D+ L − ∆ i , D ∆ i ,L = 24 , 2 − 15, 6 = 8 , 6 mm

 Vérification avec les flèches admissibles (voir le tableau 3.6)


Cas (i) : Pas de dommage des éléments non structuraux dû à la flèche ⇒ ∆i,L = 8,6 mm <
Ln /180 = 9 000/180 = 50,0 mm OK

Cas (ii) : Dommage possible des éléments non structuraux dû à la flèche ⇒ ∆i,L = 8,6 mm
< Ln /360 = 9 000/360 = 25,0 mm OK

b) Flèche à long terme et flèche totale

 Flèche à long terme


S (1 mois) = 0,5 ; S (9 mois) = 1,3 ; S (2 ans) = 1,55 et S (10 ans) = 2,0 (tableau 3.4) ; ρ′= 0 (pas d’acier
comprimé)
48 Chapitre 3

ξ s ,1 mois = 1 + 0 , 5 = 1, 5

S ξ s ,9 mois = 1 + 1, 3 = 2 , 3
ξs = 1 + 
1 + 50 ρ′ ξ s ,2 ans = 1 + 1, 55 = 2 , 55
ξ
 s ,10 ans = 1 + 2 , 0 = 3, 0
 ∆ t ,1 mois ,D = 1, 5 × ∆ i ,D = 23, 4 mm

 ∆ t ,9 mois ,D = 2 , 3 × ∆ i ,D = 35, 9 mm
∆ t ,D = ξ s ∆ i ,D 
 ∆ t ,2 ans ,D = 2 , 55 × ∆ i ,D = 39 , 8 mm
∆
 t ,10 ans ,D = 3, 0 × ∆ i ,D = 46 , 8 mm

 ∆ t ,1 mois ,0 ,4 L = 1, 5 × 0 , 4 ∆ i ,L = 5, 2 mm

 ∆ t ,9 mois ,0 ,4 L = 2 , 3 × 0 , 4 ∆ i ,L = 7, 8 mm
∆ t ,0 ,4 L = ξ ∆ i ,0 ,4 L 
 ∆ t ,1 an ,0 ,4 L = 2 , 55 × 0 , 4 ∆ i ,L = 8 , 8 mm
∆
 t ,5 ans ,0 ,4 L = 3 × 0 , 4 ∆ i ,L = 10 , 3 mm
 ∆ t ,total,1mois = 23, 4 + 5, 2 = 28 , 6 mm

 ∆ t ,total, 9 mois = 35, 9 + 7, 8 = 43, 7 mm
(
∆ t ,Total = ∆ t ,D + ∆ t ,0 ,4 L ) 
 ∆ t ,total, 2 ans = 39 , 8 + 8 , 8 = 48 , 6 mm
∆ = 46 , 8 + 10 , 3 = 57, 1 mm
 t ,total,10 ans

 Incrément de flèche incluant surcharge d’exploitation (ID)


ID9 mois = (43,7 – 28,6) + 0,6(8,6) = 20,3 mm
ID2 ans = (48,6 – 28,6) + 0,6(8,6) = 25,2 mm
ID5 ans = (57,1 – 28,6) + 0,6(8,6) = 33,7 mm

 Vérification avec les flèches admissibles (voir tableau 3.6)


 Ln
Cas (i): Pas de dommage ID9 mois = 20 , 3 mm < = 37, 5 mm OK
 240
des éléments non  Ln
structuraux dû à la flèche ⇒ ID2 ans = 25, 2 mm < = 37, 5 mm OK
 240
 Ln
ID5ans = 33, 7 mm < = 37, 5 mm OK
 240

 Ln
Cas (ii): Dommage possible ID9 mois = 20 , 3 mm > = 18 , 7 mm Pas satisfaisant
 480
des éléments non  Ln
structuraux dû à la flèche ⇒ ID2 ans = 25, 2 mm > = 18 , 7 mm Pas satisfaisant
 480
 Ln
ID5 ans = 33, 7 mm > = 18 , 7 mm Pas satisfaisant
 480
Donc, résultat non satisfaisant pour le cas (ii).
Comportement des poutres en flexion 49

Exemple 3.5 – Calcul d’une flèche :


poutre continue rectangulaire
■■ Énoncé
Considérer la poutre continue de section rectangulaire dont l’élévation et les détails
des sections sont montrés à la figure X3.5. La même figure présente les diagrammes
des moments dus aux charges permanentes MD et aux surcharges d’exploitation ML .
Considérer que 30 % des surcharges d’exploitation peuvent être considérées comme
soutenues et que les éléments non structuraux sont installés un mois après le décoffrage.
On demande de :
a) Calculer la flèche instantanée Δ i à mi-portée de la travée. Comparer cette flèche avec
les limites prescrites par la norme A23.3-04.
b) Calculer la flèche à long terme et les incréments de flèche pour 1 an et 10 ans après
l’application des charges. Comparer ces incréments de flèche avec les limites ­prescrites
par la norme A23.3-04.

On donne : fc′ = 25 MPa ; f y = 400 MPa ; E s = 200 GPa ; A s = 3 000 mm 2 .

7 000 mm

Figure X3.5 – Exemple 3.5


50 Chapitre 3

■■ Solution 

a) Flèche instantanée Δi

 Moment d’inertie effectif Ie


Calcul du moment d’inertie (Ig) :

bh3 400 ( 600 )3


Ig = (acier négligé) Ig = = 7, 2 × 10 9 mm 4
12 12

Calcul de n :

fr = 0 , 6 fc′ fr = 0 , 6 25 = 3, 0 MPa

Ec = 4 500 fc′ Ec = 4 500 25 = 22 500 MPa

Es 200 000
n= n= = 8 , 89
Ec 22 500

Calcul des paramètres géométriques pour b w = 400 mm ; A s = 2100 mm 2 et


A′s = 400 mm 2 :
bw 400
B= B= = 0 , 02
n As 8 , 89 ( 2 100 )

r=
( n − 1) A ′ s
r=
( 8 , 89 − 1) 400
= 0 , 17
n As 8 , 89 ( 2 100 )

Calcul de kd pour d′ = 70 mm ; d = 520 mm ; B = 0,02 et r = 0,17 :

 rd ′ 
+ (1 + r ) − ( 1 + r )
2
2 dB +  1 + 
 d 
kd = kd = 179 , 4 mm
B

Calcul de Icr  :
kd 179 , 4
k= k= = 0 , 34
d 520

1
b( kd )3 + n As d 2 (1 − k ) + ( n − 1) As′ ( kd − d ′)
2 2
I cr = I cr = 3 × 10 9 mm 4
3
Comportement des poutres en flexion 51

Calcul du moment Mcr :

fr I g 3 ( 7, 2 × 10 9 )
Mcr = Mcr = = 72 kNm
yfibre tendue 300

Calcul du moment d’inertie effectif Ie  :

 I eGauche
,nég + I eDr,nég
oite

I e ,moy = 0 , 70 I e ,pos + 0 , 30  
 2 

  72 
3

 I e ,pos ,D = 3 × 10 9 + ( 7, 2 − 3) × 10 9  = 3, 71 × 10 9 mm 4
  130 
 3
 9 9
 72  9 4
3 I
 e ,pos ,D+ L = 3 × 10 + ( 7 , 2 − 3 ) × 10   = 3, 4 × 10 mm
M    160
I e = I cr + ( I g − I cr )  cr  ≤ Ig 
 M   Gauche  72 
3
a 9 9 9
I
 e ,nég ,D = 3 × 10 + ( 7 , 2 − 3 ) × 10   = 3, 3 × 10 mm
4

 180
 3
 I Gauche = 3 × 10 9 + ( 7, 2 − 3) × 10 9  72  = 3, 1 × 10 9 mm 4
 e ,nég ,D+ L  
 220 

   2 × 3, 1  
 I e ,moy ,D = 10 9  0 , 7 × 3, 71 + 0 , 30  9
 = 3, 6 × 10 mm
4

 I eGauche
,nég + I eDr,nég
oite
    2  
I e ,moy = 0 , 70 I e ,pos + 0 , 30   
 2     2 × 3, 1  
 I e ,moy ,D+ L = 10  0 , 7 × 3, 4 + 0 , 30 
9 9 4
  = 3, 3 × 10 mm
  2 

 Flèche instantanée ∆ i
K (voir le tableau 3.3) ; Ec = 22 500 MPa (voir l’exemple 3.2)

 5  Ml 2
∆i = K  
 48  Ec I e ,moy

∆ i , L = ∆ i , D+ L − ∆ i , D

 310
M0  K D = 1, 2 − 0 , 2 = 0 , 72
K = 1, 2 − 0 , 2  130
Ma 
K 380
= 1, 2 − 0 , 2 = 0 , 73
 D+ L 160

 5 Ml 2  5 130 × 72
∆ i ,D = K   ∆ i ,D = 0 , 72   = 5, 9 mm
 48  Ec I e ( moyen ),D  48  22 500 × 3, 6 × 10 9

52 Chapitre 3

 5 Ml 2  5 160 × 72
∆ i , D+ L = K   ∆ i ,D+ L = 0 , 73   = 8 , 0 mm
 48  Ec I e ( moyen ),D+ L  48  22 500 × 3, 3 × 10 9

∆ i , L = ∆ i , D+ L − ∆ i , D ∆ i ,L = 8 , 0 − 5, 9 = 2 , 1mm

 Vérification avec les flèches admissibles (voir le tableau 3.6)


Cas (i) : Pas de dommage des éléments non structuraux dû à la flèche ⇒ ∆i,L = 2,1 mm <
Ln /180 = 7 000/180 = 38,9 mm OK

Cas (ii) : Dommage possible des éléments non structuraux dû à la flèche ⇒ ∆i,L = 2,1 mm
< Ln /360 = 7 000/360 = 19,4 mm OK

b) Flèche à long terme et flèche totale

 Flèche à long terme


S (1 mois) = 0,5 ; S (1 an) = 1,4 et S (10 ans) = 2,0 (voir le tableau 3.4)  ;

As′ 400
ρ′ = ρ′ = = 0 , 0019
bd 400 ( 520 )

 0, 5
ξ s ,1 mois = 1 + = 1, 45
 1 + 50 ( 0 , 0019 )
S  1, 4

ξs = 1 + ξ s ,1 an = 1 + = 2 , 28
1 + 50 ρ′  1 + 50 ( 0 , 0019 )
 2, 0
ξ s ,10 ans = 1 + = 2 , 83
 1 + 50 ( 0 , 0019 )
 ∆ t ,1 mois ,D = 1, 45 × ∆ i ,D = 8 , 6 mm

∆ t ,D = ξ s ∆ i ,D  ∆ t ,1 an ,D = 2 , 28 × ∆ i ,D = 13, 4 mm

 ∆ t ,10 ans ,D = 2 , 83 × ∆ i ,D = 16 , 7 mm

 ∆ t ,1 mois ,0 ,3 L = 1, 45 × 0 , 3 ∆ i ,L = 0 , 91 mm

∆ t ,0 ,3 L = ξ s ∆ i ,0 ,3 L  ∆ t ,1 an ,0 ,3 L = 2 , 28 × 0 , 3 ∆ i ,L = 1, 44 mm

 ∆ t ,10 ans ,0 ,3 L = 2 , 83 × 0 , 3 ∆ i ,L = 1, 78 mm

∆ = ( 8 , 6 + 0 , 91) = 9 , 51 mm
 t ,total, 1 mois
(
∆ t ,Total = ∆ t ,D + ∆ t ,0 ,3 L )  ∆ t ,total,9 mois = ( 13, 4 + 1, 44 ) = 14 , 80 mm

 ∆ t ,total, 10 ans = ( 16 , 7 + 1, 78 ) = 18 , 50 mm

 Incrément de flèches incluant charge d’exploitation (ID)


ID1 an = (14,80 – 9,51) + 0,7(2,1) = 6,77 mm
ID10 ans = (18,50 – 9,51) + 0,7(2,1) = 10,46 mm
Comportement des poutres en flexion 53

 Vérification avec les flèches admissibles (voir tableau 3.6)



Cas (i): Pas de dommage  Ln 7000
des éléments non ID1an = 6 , 77 mm < = = 29 , 2 mm OK
 240 240
structuraux dû à la flèche ⇒ 
ID L 7000
= 10 , 46 mm < n = = 29 , 2 mm OK
 10 ans 240 240

Cas (ii): Dommage possible  Ln 7000
des éléments non ID1an = 6 , 77 mm < = = 14 , 6 mm OK
 480 480
structuraux dû à la flèche ⇒ 
ID L 7000
= 10 , 46 mm < n = = 14 , 6 mm OK
 10 ans 480 480
Le résultat est donc satisfaisant pour les deux cas.

3.5 Problèmes

Problème 3.1
Considérer la poutre rectangulaire représentée à la figure P3.1.

On demande de :
a) Déterminer la charge uniformément répartie (incluant le poids propre) w, qui cause
la première fissure.
b) Si la charge uniformément répartie (incluant le poids propre) est de 16 kN/m, déter­
miner les contraintes fc (fibre extrême comprimée) et fs (dans l’acier).
c) Calculer Asb (section équilibrée) et discuter le résultat.

On donne : f c′ = 25 MPa ; béton ordinaire (λ = 1) ; A s (4 No 30) = 2 800 mm 2 ;


f y = 400 MPa.

8 000 mm

Figure P3.1
54 Chapitre 3

Problème 3.2
Considérer la poutre de section en T illustrée à la figure P3.2.

On demande de :
a) Déterminer le moment Mcr correspondant à la première fissuration.
b) Si la charge uniformément répartie w (incluant le poids propre) est de 20 kN/m,
­déterminer les contraintes fc (fibre extrême comprimée) et fs (dans l’acier).

On donne : f c′ = 25 MPa ; béton ordinaire (λ = 1) ; f y = 400 MPa ; A s = 3 No 30


(2 100 mm 2).

Figure P3.2

Problème 3.3
Considérer un spécimen de poutre non armée qu’on doit tester en flexion 3 points
(poutre simple avec charge appliquée à mi-portée). La poutre, de section 100 mm ×
100 mm et de portée 400 mm, subit une rupture lorsque la force appliquée atteint 5,5 kN.

On demande de :
a) Déterminer le module de rupture f r à l’aide de l’équation 3.7 ;
b) Comparer ce module avec celui calculé selon la norme A23.3-04 (équation 3.5) pour
f′c = 25 MPa, f′c = 30 MPa et f′c = 35 MPa ;
c) Discuter les résultats obtenus en b).
Comportement des poutres en flexion 55

Problème 3.4
Considérer la poutre de section en T illustrée à la figure P3.4. La poutre est simplement
appuyée et de portée L = 12 m. Elle supporte une charge permanente totale, incluant le
poids propre, wD = 26 kN/m et une surcharge d’exploitation wL = 28 kN/m. On suppose
que la hauteur effective d est de 640 mm.

On demande de :
a) Calculer le moment d’inertie de la section brute Ig, le moment de fissuration Mcr, le
moment d’inertie de la section fissurée Icr, et les moments d’inertie effectifs corres­
pondant à wD et wL .
b) Calculer la flèche instantanée Δ i à mi-portée de la travée. Comparer cette flèche avec
les limites prescrites par la norme A23.3-04.

On donne : f′c = 25 MPa ; f y = 400 MPa ; E s = 200 GPa ; béton ordinaire.

1 300 mm

Figure P3.4
56 Chapitre 3

Problème 3.5
Considérer la même poutre de section en T simplement appuyée du problème 3.4 (voir
la figure P3.4). La séquence d’application des charges ainsi que les détails des éléments
installés sont comme suit :

Charge permanente Surcharge


Temps, t (mois) Temps, t (mois)
appliquée (kN/m) appliquée (kN/m)
0 12 9 12
6 24 12 28

On demande de :
a) Calculer les moments d’inertie effectifs correspondant aux différentes charges de la
séquence de chargement.
b) Calculer les flèches instantanées totales et les incréments de flèches instantanées à
mi-portée de la travée. Comparer ces flèches avec les limites prescrites par la norme
A23.3-04.
c) Calculer les flèches à long terme et les incréments de flèche en tenant compte de
l’acier comprimé pour t = 0 ; t = 6 mois ; t = 9 mois ; t = 12 mois ; et t = ∞. Comparer
ces flèches et incréments avec les limites prescrites par la norme A23.3-04.

On donne : f′c = 25 MPa ; f y = 400 MPa ; E s = 200 GPa ; béton ordinaire.


Chapitre

4
Dimensionnement et vérification
des poutres et des dalles
unidirectionnelles en flexion

4.1 Notations utilisées dans ce chapitre

Acs Aire de la section d’armature comprimée


Ag Aire brute de la section de béton
As Aire de la section d’armature tendue
As′ Aire de la section d’armature comprimée
Asb Aire de la section d’armature tendue correspondant à la section équilibrée
Asf Aire de la section d’armature tendue nécessaire pour équilibrer les 2 ailes de la
semelle en compression
As,max Aire maximale admissible pour la section d’armature tendue
As,min Aire minimale requise pour la section d’armature tendue
58 Chapitre 4

As,pourvu Aire de la section d’armature tendue pourvue


As,réf Aire de la section d’armature tendue correspondant à a = hf
As,requis Aire de la section d’armature tendue requise
ATo tal
s(p eau) Aire totale d’armature de peau
Asw Aire de la section d’armature tendue
C Force de compression agissant sur la partie comprimée du béton
Cc Force de compression agissant sur la partie comprimée du béton seul
Cf Force de compression agissant sur les ailes de la section en T
Cs Force de compression agissant sur les armatures comprimées
Cw Force de compression agissant sur la partie comprimée du béton de l’âme
Es Module d’élasticité de l’acier d’armature
L Portée
La Petit côté d’un panneau de dalle
Lb Grand côté d’un panneau de dalle
Ln Portée nette entre nus des appuis
M Moment appliqué
Mcr Moment correspondant à la première fissuration
Mf Moment fléchissant pondéré
Mr Moment résistant pondéré
Mréf Moment résistant pondéré correspondant à a = hf dans une section en T
Mrf Moment résistant pondéré de la section formée des ailes
Mrw Moment résistant pondéré de la section formée de l’âme
N Nombre de barres
T Force de traction dans les barres d’armature tendues
Tf Force de traction dans l’acier tendu équilibrant la force de compression des ailes
Tw Force de traction dans l’acier tendu équilibrant la force de compression de l’âme
Vf Effort tranchant pondéré
Vr Résistance à l’effort tranchant
a Profondeur du bloc de contrainte rectangulaire
amax Dimension maximale du granulat
b Largeur de la section rectangulaire du béton
beff Largeur effective de la semelle
bt Largeur de la section tendue
bw Largeur de l’âme d’une section en T
c Profondeur de l’axe neutre
d Hauteur utile d’une section en béton armé
d′ Distance du centre de l’armature comprimée à la fibre de béton la plus comprimée
Dimensionnement et vérification des poutres et des dalles 59

db Diamètre d’une barre


db,étrier Diamètre d’une barre d’étrier
dc Distance entre la fibre la plus tendue et le centre de gravité de l’armature tendue la
plus proche
dv hauteur effective en cisaillement
e Distance axe à axe entre poutres
en Distance nette entre poutres
fc′ Résistance nominale en compression du béton à 28 jours
fs Contrainte de l’acier d’armature tendue
fy Contrainte élastique limite de l’acier d’armature
h Hauteur de la section de béton
hf Épaisseur de la semelle d’une section en T
hs Épaisseur de la dalle
s Espacement des barres d’armature longitudinales
smax Espacement maximal admissible des barres longitudinales
γc Masse volumique du béton
ε Déformation unitaire
εc Déformation unitaire de la fibre la plus comprimée du béton
εcu Déformation unitaire du béton en compression = 0,0035
εs Déformation unitaire dans l’acier d’armature tendue
εs′ Déformation unitaire dans l’acier en compression As′
εy Déformation unitaire correspondant à la contrainte élastique limite de l’acier fy
λ Coefficient pour tenir compte de la densité du béton (λ = 1 pour béton normal)
ρ Taux d’acier d’armature tendue [= As /(bd)]
ρ′ Taux d’acier d’armature comprimée [= As′/(bd)]
ρb Taux d’acier d’armature correspondant à la section équilibrée [=Asb/(bd)]
ρmin Taux minimal d’acier d’armature tendue
ρpourvu Taux d’acier d’armature tendue pourvu
ρsk Taux d’acier d’armature de peau
ρwb Taux d’acier d’armature de l’âme d’une section en T, correspondant à la section
équilibrée
ρw,max Taux maximal d’acier d’armature pour l’âme
φc Facteur de résistance du béton
φs Facteur de résistance de l’acier d’armature
60 Chapitre 4

4.2 Exigences minimales


et dispositions constructives
■■ Armatures longitudinales

 Condition de non-fragilité ou armature minimale pour température et retrait


Il convient de s’assurer que
Mr ≥ 1, 2 Mcr
(4.1)
Ceci se traduit par les conditions suivantes :

0 , 2 fc ′
– Poutres : As > As, min = bt h [art. 10.5.1.2] (4.2)
fy

– Dalles : As,min = 0,002 Ag   [art. 7.8] (4.3)

 Armature maximale tendue


En dehors des zones de chevauchement, il convient que
A s ≤ As,max = Asb (4.4)
ou
r ≤ rb (4.5)

 Enrobage et espacement des armatures longitudinales


Un enrobage minimal (bc et bc′) est pourvu pour assurer une protection adéquate
contre la corrosion et le feu (voir la figure 4.1). Par ailleurs, l’espacement entre
barres (s) doit permettre un bétonnage adéquat. Le tableau 4.1 donne, pour un
diamètre donné, l’espacement minimal requis en fonction de la dimension du
granulat utilisé. Par ailleurs, les tableaux 4.2 et 4.3 permettent de quantifier,
pour une largeur bw et un diamètre de barres donnés, le nombre maximal de
barres qu’on peut installer sur un lit tout en tenant compte des exigences d’enro­
bage et d’espacement entre les barres longitudinales. Ces tableaux sont basés sur
­l’enrobage minimum requis.
Dimensionnement et vérification des poutres et des dalles 61

a) Espacement
1, 4 db

s ≥ 1, 4 amax
30 mm

b) Enrobage
Poutres b
environnement non exposé:

40 mm pour db ≤ 35 mm ;
maa x (1, 0 d ; 60 mm ) pour d > 35 mm
b b
bc ≥ 
environnement expossé :
50 mm pour db ≤ 35 mm ;

max (1, 5 db ; 60 mm ) pour db > 3 5 mm

30 mm ( non exposé )


bc′ ≥ 
40 mm (exposé )

Dalles environnement non exposé :


 bc′
20 mm pour db ≤ 20 mm ;
max (1, 0 db ; 60 mm ) pour db > 20 mm
bc ≥ 
environnement expposé : b − 2 b c′ – 2 db ,étrier − ndb
30 mm pour db ≤ 20 mm ; s=
 n−1
max (1, 5 db ; 60 mm ) pour db > 20 mm
n = nombre de barres
Environ- 2 a
nements bc′ ≥  max et bc ≥ 2 db
60 mm
corrosifs

Figure 4.1 – Espacement des armatures longitudinales et enrobage


(selon la norme ACNOR A23.1)

Tableau 4.1 – Espacement entre barres d’armature longitudinales parallèles


smin = max (1,4 db ; 1,4 amax ; 30 mm)

Barre amax (mm) smin (mm)


10M ≤ 21 30
15M ≤ 21 30
20M ≤ 21 30
25M ≤ 25 35
30M ≤ 30 42
35M ≤ 36 50
45M ≤ 44 61
55M ≤ 56 79
62 Chapitre 4

Tableau 4.2 – Nombre maximal Nmax de barres qu’on peut installer sur un lit
(étriers No 10M) – Environnements à l’abri des intempéries

bw (mm) 10M 15M 20M 25M 30M 35M 45M 55M


 200  3  3  2  2  2  1 1 1
 250  4  4  4  3  2  2 2 1
 300  6  5  5  4  3  3 2 2
 350  7  6  6  5  4  3 3 2
 400  8  7  7  5  5  4 3 2
 450  9  8  8  6  5  4 4 3
 500 10  9  9  7  6  5 4 3
 550 12 10 10  8  7  6 5 4
 600 13 11 11  9  7  6 5 4
 650 14 13 12 10  8  7 6 4
 700 15 14 13 10  9  7 6 5
 750 16 15 14 11  9  8 6 5
 800 18 16 15 12 10  8 7 5
 850 19 17 16 13 11  9 7 6
 900 20 18 17 14 11 10 8 6
 950 21 19 18 15 12 10 8 6
1 000 22 20 19 15 13 11 9 7

Tableau 4.3 – Nombre maximal Nmax de barres qu’on peut installer sur un lit
(étriers No 10M) – Environnements exposés aux intempéries

bw (mm) 10M 15M 20M 25M 30M 35M 45M 55M


200 3 2 2 2 1 1 1 1
250 4 3 3 3 2 2 1 1
300 5 4 4 3 3 2 2 2
350 6 6 5 4 4 3 2 2
400 7 7 6 5 4 4 3 2
450 9 8 7 6 5 4 3 3
500 10 9 8 7 6 5 4 3
550 11 10 9 8 6 5 4 3
600 12 11 10 8 7 6 5 4
650 14 12 11 9 8 6 5 4
700 15 13 12 10 8 7 6 5
750 16 14 13 11 9 8 6 5
800 17 15 14 12 10 8 7 5
850 18 16 15 13 10 9 7 6
900 20 18 16 13 11 9 8 6
950 21 19 17 14 12 10 8 6
1 000 22 20 18 15 13 11 9 7
Dimensionnement et vérification des poutres et des dalles 63

■■ Exigences propres aux dalles

 Épaisseur minimale
120 mm

hs ≥ max  Ln (4.6)
 ( tableau 3.5)
α
Note : Voir aussi la section 4.6.3.

 Espacement entre barres


– Armature principale

3 h
smax = min  s (4.7)
500 mm

– Armature de retrait

5 h
smax = min  s (4.8)
500 mm

 Résistance à l’effort tranchant


La résistance à l’effort tranchant doit être assurée entièrement par le béton, tel
qu’expliqué à la section 4.6.2.

■■ Aspects géométriques
Il arrive souvent, en pratique, que la section de la poutre ne soit pas connue. Dans ce
cas, l’ingénieur peut faire usage des règles suivantes :

 Contrôle de la flèche
Hauteur minimale [art. 9.8.2.1] :
Ln
h≥ (tableau 3.5) (4.9)
α

 Largeur de la section rectangulaire


À défaut de dimensions initiales, la largeur b peut être choisie telle que
1 2
1, 5 b ≤ h ≤ 2 b ou h≤b≤ h (4.10)
2 3
64 Chapitre 4

4.3 Sections rectangulaires avec armature tendue

Figure 4.2

Il convient de rappeler qu’aux ELU, on a εc = εcu, mais on ne sait pas a priori si εs a atteint
εy ou non. Une façon pratique de contourner le problème serait de calculer la section en
supposant que εs > εy, c’est-à-dire que fs = f y (voir figure 4.2b), hypothèse qu’il conviendra
de vérifier ultérieurement (par exemple en comparant A s à Asb ou c/d à (c/d)max). Dans
le cas où l’hypothèse n’est pas valide, alors la section est sur-armée (figure 4.2a) et des
ajustements devraient être envisagés (voir le tableau 4.5).

4.3.1 Dérivation des équations


L’équilibre entre C et T (figure 4.2b) permet de déterminer a :
φ s As fy
a= (4.11)
α 1 φc fc′ b

Le moment résistant, Mr, développé par le couple de forces égales C et T est donc :
 a
Mr = φ s As fy  d −  (4.12a)
 2

As
ou en fonction de ρ = , soit :
bd
 ρφ s fy 
Mr = ρφ s fy 1 −  bd 2 (4.12b)
 2 α 1 φc fc′ 

Mr = kr bd 2 (4.12c)

Dimensionnement et vérification des poutres et des dalles 65

 ρφ s fy 
où kr = ρφ s fy 1 −  (4.13)
 2 α 1 φc fc ′ 

Des tables pratiques ont été élaborées afin de permettre de déterminer kr en fonction
de f y, fc′ et ρ ; elles sont reproduites au tableau 4.4. Ces tables peuvent être utilisées soit
à calculer Mr si on connaît ρ, soit à calculer ρ si on connaît Mf (et donc kr = Mf / bd2).
Il convient de noter ici que le calcul de Mr (éq. 4.12a) nécessite la détermination préa­
lable de a. Aussi, pour les calculs préliminaires, l’ingénieur a souvent recours à une
formule simplifiée, mais assez précise pour de tels calculs, par laquelle (d – a/2) est
remplacé par 0,9d. L’équation 4.12a devient alors :

Mr = φ s As fy ( 0 , 9 d ) (4.14)

Par ailleurs, As peut également être calculé en utilisant l’équation 4.12a ou 4.14, comme
suit :
Mr
As = (4.15)
 a
φs fy  d − 
 2

Mr
As = (4.16)
φs fy ( 0 , 9 d )

Tableau 4.4 – Taux d’armature ρ (%) et facteur kr (MPa) –


Section rectangulaire ( fy = 400 MPa)
 c As  ρφ s fy 
  = 0 , 636 ; ρ = ; kr =  1 −  ρφ s fy ; Mr = kr bd 2 × 10 –6 kNm
d max bd  2 α 1 φc fc ′ 

fc′ (MPa) 25 30 35 40 45 50
α1  0,813 0,805 0,798 0,790 0,783 0,775
β1  0,908 0,895 0,883 0,870 0,858 0,845
ρb 2,24 % 2,63 % 3,00 % 3,34 % 3,67 % 3,98 %
kr (MPa) ρ ( %)
0,5 0,15 0,15 0,15 0,15 0,15 0,15
0,6 0,18 0,18 0,18 0,18 0,18 0,18
0,8 0,24 0,24 0,24 0,24 0,24 0,24
1,0 0,31 0,30 0,30 0,30 0,30 0,30
1,2 0,37 0,37 0,37 0,36 0,36 0,36
1,4 0,44 0,43 0,43 0,43 0,43 0,42
1,6 0,50 0,50 0,49 0,49 0,49 0,49
1,8 0,57 0,56 0,56 0,55 0,55 0,55
2,0 0,64 0,63 0,62 0,62 0,62 0,61
66 Chapitre 4

Tableau 4.4 – Taux d’armature ρ (%) et facteur kr (MPa) –


Section rectangulaire ( fy = 400 MPa) (suite)
fc′ (MPa) 25 30 35 40 45 50
2,2 0,71 0,70 0,69 0,69 0,68 0,68
2,4 0,79 0,77 0,76 0,75 0,75 0,74
2,6 0,86 0,84 0,83 0,82 0,81 0,81
2,8 0,94 0,91 0,90 0,89 0,88 0,88
3,0 1,02 0,99 0,97 0,96 0,95 0,94
3,2 1,10 1,06 1,04 1,03 1,02 1,01
3,4 1,18 1,14 1,12 1,10 1,09 1,08
3,6 1,26 1,22 1,19 1,17 1,16 1,15
3,8 1,35 1,30 1,27 1,25 1,23 1,22
4,0 1,45 1,38 1,35 1,32 1,30 1,29
4,2 1,54 1,47 1,43 1,40 1,38 1,36
4,4 1,64 1,56 1,51 1,47 1,45 1,43
4,6 1,75 1,65 1,59 1,55 1,53 1,51
4,8 1,85 1,74 1,67 1,63 1,60 1,58
5,0 1,97 1,84 1,76 1,71 1,68 1,66
5,2 2,09 1,93 1,85 1,80 1,76 1,73
5,4 2,23 2,04 1,94 1,88 1,84 1,81
5,6 2,15 2,04 1,97 1,92 1,89
5,8 2,26 2,13 2,06 2,00 1,97
6,0 2,38 2,23 2,15 2,09 2,05
6,2 2,50 2,33 2,24 2,17 2,13
6,4 2,63 2,44 2,33 2,26 2,21
6,6 2,55 2,43 2,35 2,30
6,8 2,67 2,53 2,44 2,38
7,0 2,79 2,63 2,54 2,47
7,2 2,91 2,74 2,63 2,56
7,4 2,85 2,73 2,65
7,6 2,96 2,83 2,74
7,8 3,08 2,93 2,84
8,0 3,20 3,04 2,93
8,2 3,33 3,15 3,03
8,4 3,26 3,13
8,6 3,38 3,24
8,8 3,50 3,34
9,0 3,62 3,45
9,2 3,56
9,4 3,68
9,6 3,80
9,8 3,92

4.3.2 Dimensionnement et vérification des poutres


avec armature tendue
En pratique, suivant les données disponibles du projet, l’ingénieur peut être confronté
à un problème soit de vérification, soit de dimensionnement.
Dimensionnement et vérification des poutres et des dalles 67

■■ Étapes de vérification

Tableau 4.5 – Étapes de vérification pour poutres en flexion avec armature tendue

Étapes Commentaires
Données : Mf, b, h, A s , f y, fc′, γc
Étape 1. Calculer la hauteur utile d d = h – enrobage – db,étrier – db/2 (pour un lit)
Étape 2. Vérifier que As ≥ A s,min A s,min : éq. 4.2 ou 4.3
Étape 3. Vérifier que A s ≤ Asb Calculer α1 et β1 [éq. 3.9 et 3.10] ou les tirer
du tableau 4.4
Calculer A sb [éq. 3.13]
Étape 4*. Si As ≤ Asb ou  ≤ rb φ s fy As
– Calculer la profondeur a du bloc a=
α 1 φ c fc ′ b
rectangulaire ou
– Tirer kr du tableau 4.4
Étape 5. Calculer Mr  a
f(a) : Mr = φ s fy As  d −  ⋅ 10 −6 kNm
 2
ou
f(kr) : Mr = kr bd 2 ⋅ 10 −6 kNm

Étape 6. Vérifier que Mr ≥ Mf


Étape 7. Vérifier les dispositions Enrobage et espacement des armatures
réglementaires et pratiques (figure 4.1 ou tableau 4.2 ou 4.3)
Armature de peau si h ≥ 750 mm (figure 3.8)
Facteur Z (figure 3.7 ou tableau 3.1)
Flèche (tableau 3.5)
* Si A s > Asb, alors εs < εy et fs < f y. Dans ce cas, la section est sur-armée et sa
rupture est de type fragile, donc non recommandée. Le calcul de son moment
résistant implique les étapes suivantes :
a) Résoudre l’équation quadratique suivante pour a :
(α φ f ′ ) b a
1 c c 2
+ a – β1 d = 0
εcu φ s Es As

b) Calculer Cc = α1φcfc′ ba ;


a
c) Calculer Mr = Cc(d – —).
2
68 Chapitre 4

■■ Étapes de dimensionnement

Tableau 4.6 – Étapes de dimensionnement pour poutres en flexion avec armature tendue

Étapes Commentaires
Données : charges, f y, fc′
Étape 1. Déterminer h (noté h1) et b h = Ln /α [tableau 3.5]
(noté b1) de la section, sur la base du 1 2
critère de la flèche h ≤ b ≤ h [éq. 4.10]
2 3
Arrondir les dimensions à 50 mm près
(à 5 mm près pour les dalles)
Étape 2. Calculer le poids propre, puis
Mf et supposer Mr = Mf
Étape 3. Déterminer la hauteur h (noté Calculer d2 à partir de :
h2) basée sur le moment résistant. Mr = krbd2 2 · 10 –6 kNm, puis déduire.
Choisir h ≥ max (h1 ; h2) puis d puis le Estimer le nombre de lits en utilisant
nouveau b correspondant. Ajuster Mf l’éq. 4.16
s’il y a lieu h2 = d2 + Enrobage + db,étrier + db/2
(pour un lit)
Note : r = 0,6 rb
Étape 4. Calculer A s,estimé à l’aide de M f ⋅ 10 6
la formule simplifiée ou des tables (kr
puis ρ) et vérifier que A s,estimé ≥ As,min
As ,estimé =
φs fy ( 0, 9 d )
( mm ) [éq. 4.16]
2

et déterminer le nombre de lits d’arma­


ture. Dans le cas d’une section en T sous As,min : voir les équations 4.2 et 4.3
moment négatif, calculer As,min dans les
ailes (voir la section 4.5.2)
Étape 5. Choisir le nombre de barres et Utiliser le tableau 4.2 ou 4.3
vérifier que la largeur b est suffisante
pour les loger. Puis, calculer A s,pourvu et
ρpourvu
Étape 6. Calculer A sb et vérifier que la Calculer α1 et β1 [éq. 3.9 et 3.10] ou
section est sous-armée (Asb > As,pourvu). tableau 4.4
Sinon, changer les dimensions de la Calculer Asb [éq. 3.13] ou déterminer ρb à
section et procéder à partir de l’étape 3 l’aide du tableau 4.4 puis A sb
Étape 7. Calculer Mr et vérifier que  a
Mr ≥ Mf f(a) : Mr = φ s fy As, pourvu  d −  ⋅ 10 −6 kNm
 2
f(kr) : Mr = krbd2 · 10 –6 kNm
Pour le calcul de a, voir l’équation 4.11
Étape 8. Vérifier les dispositions Espacement des armatures (figure 4.1 ou
­réglementaires et pratiques tableau 4.2 ou 4.3)
Armature de peau (figure 3.8)
Facteur Z (figure 3.7 ou tableau 3.1)
Dimensionnement et vérification des poutres et des dalles 69

4.3.3 Exemples

Exemple 4.1 – Vérification d’une section avec armature tendue

■■ Énoncé
Considérer la poutre de portée L = 8 m, non exposée aux intempéries, montrée dans
la figure ci-dessous.
Vérifier si la section est adéquate pour résister à un moment de flexion pondéré
Mf = 300 kNm.

On donne : fc′ = 30 MPa ; f y = 400 MPa ; amax = 20 mm ; bc′ = 30 mm ; b = 300 mm ;
h = 600 mm ; armature longitudinale 3 No 30M ; étriers No 10M.

(a) Élévation Étrier


No 10M

Mf,max = 300 kNm

(b) Diagramme des moments (c) Section à mi-portée

Figure X4.1 – Exemple 4.1


70 Chapitre 4

■■ Solution

Étape 1. Calculer la hauteur utile d


db 29 , 9
d = h − bc′ − db ,étrier − d = 600 − 30 − 11, 3 − = 544 mm
2 2

Étape 2. Vérifier que As ≥ As,min

0 , 2 fc′ bh
As ,min = 0 , 2 × 30 × 300 × 600
fy As ,min = = 493 mm 2
400

As = 3 × 700 = 2 100 mm 2 > As ,min = 493 mm 2 OK


Étape 3. Vérifier que As ≤ Asb ou r ≤ rb

φc fc′  700  0 , 65 × 30  700 


Asb = α 1 β1   bd Asb = 0 , 805 × × 0 , 895 ×   × 300 × 544 = 4 291 mm
2

φs fy  
 700 + fy  0 , 85 × 400  700 + 400

As = 2 100 mm 2 < Asb = 4 291 mm 2



As 2 100 2 , 63
ou ρ = = = 0 , 0129 < ρb = = 0 , 02 6 3
bd 300 × 544 100

Poutre sous-armée et donc ductile OK

Étape 4. Calculer a ou tirer kr du tableau 4.4

 Calculer a
φ s fy As 0 , 85 × 400 × 2 100
a= a= = 152 mm
α 1 φc fc′ b 0 , 805 × 0 , 65 × 30 × 300

 Tirer kr du tableau 4.4


 kr ρ% 
 
As 2 100  
ρ= ρ= = 1, 29 % → 3, 6 1, 22  → kr = 3, 78 MPa
bd 300 × 544  
 
 3, 8 1, 30 

Étape 5. Calculer Mr

 Méthode 1 : Équation


 a  152  −6
Mr = φ s fy As  d −  Mr = 0 , 85 × 400 × 2 100 ×  544 −  10 = 334 kNm
 2  2 

Dimensionnement et vérification des poutres et des dalles 71

 Méthode 2 : tableau 4.4


Mr = krbd 2 Mr = 3,78 × 300 × (544)2 × 10 –6

Mr = 336 kNm

Étape 6. Vérifier que Mr ≥ Mf

Mr = 336 kNm > Mf = 300 kNm OK

Étape 7. Vérifier les dispositions réglementaires et pratiques

 Espacement des barres d’armature longitudinale


1, 4 db 1, 4 × 29 , 9 = 42 mm 
  
smin = max 1, 4 amax smin = max 1, 4 × 20 = 28 mm  = 42 mm
30 mm  30 mm 
 

( b − 2 bc ′ − 2 db ,étrier − ndb ) ( 300 − 2 × 30 − 2 × 11, 3 − 3 × 30 )


s= s= = 64 mm
n−1 3−1

s = 64 mm > smin = 42 mm  OK
Note : On aurait pu aussi utiliser le tableau 4.2, qui montre qu’on peut placer 3 No 30M dans
une poutre de largeur bw = 300 mm non exposée aux intempéries, ce qui, indirectement,
satisfait l’exigence de l’espacement des barres d’armature.

 Enrobage
bc′ = 30 mm (non exposée) OK (figure 4.1)

 Armature de peau
h = 600 mm < 750 mm Armature de peau non requise

 Facteur Z (figure 3.7 ou tableau 3.1)


fs = 0,6 f y fs = 0,6 × 400 = 240 MPa

dc = X = h – d dc = X = 600 – 544 = 56 mm
2 Xb 2 × 56 × 300
A= A= = 11 200 mm 2
n 3


Z = fs ( 3 dc A )
Z = 240 × ( 3
)
56 × 11 200 = 20 544 N/mm < 30 000 N/mm

Fissuration contrôlée  OK
Note : On aurait pu aussi utiliser le tableau 3.1a), où l’on observe que pour une largeur
b = 300 mm, une barre No 30M est suffisante pour satisfaire le critère du facteur Z.
72 Chapitre 4

 Flèche
L = Ln = 8 000 mm
Ln 8 000
hmin = (tableau 3.5) hmin = = 500 mm < h = 600 mm
16 16

Flèche contrôlée OK

La section est adéquate pour résister à un moment de flexion pondéré Mf = 300 kNm.

Exemple 4.2 – Dimensionnement d’une section


avec armature tendue

■■ Énoncé
Considérer la poutre rectangulaire, non exposée aux intempéries, de portée L = 7,5 m
dont la section est montrée dans la figure ci-dessous. Celle-ci est soumise à une charge
permanente de 12 kN/m (négliger le poids propre de la poutre) et une surcharge de
15 kN/m.

Dimensionner cette poutre en flexion.

On donne : fc′ = 30 MPa ; f y = 400 MPa ; amax = 20 mm ; A s = No 30M; étriers No 10M.

Étrier
No 10M
h
7 500 mm

Figure X4.2 – Exemple 4.2


Dimensionnement et vérification des poutres et des dalles 73

■■ Solution

Étape 0. Calculs initiaux – Calculer le moment Mf

w f = 1, 25 wD + 1, 5 wL w f = 1, 25 × 12 + 1, 5 × 15 = 37, 5 kN/m

w f L2 37, 5 × ( 7, 5 )2
Mf = Mf = = 264 kNm
8 8

Étape 1. Déterminer h1 et b1 d’après le critère de flèche

On suppose que Ln = L = 7 500 mm


Ln 7 500
h1 =   (tableau 3.5) h1 = = 469 mm
16 16
1 2
h1 ≤ b1 ≤ h1 235 mm ≤ b1 ≤ 313 mm
2 3
On adopte b1 = 300 mm

Étape 2. Supposer Mr = Mf

Mr = Mf = 264 kNm

Étape 3. Déterminer la hauteur h2 basée sur la résistance ;


Choisir h, puis déduire d et b
fc′ = 30 MPa 
On suppose que ρ = 0,6 ρb  → ρb = 2 , 63 %
fy = 400 MPa 

ρ = 0 , 6 × 2 , 63 = 1, 58 %
(tableau 4.4)
→ kr = 4 , 44 MPa

Mf 264 × 10 6
d2 = d2 = = 445 mm
kr b1 4 , 44 × 300

Note : Pour estimer le nombre de lits, on peut utiliser la formule simplifiée pour calculer
A s,estimé.
Mf 264 × 10 6
As,estimé = As,estimé = = 2 044 mm 2
φ s fy 0 , 9 ( 0 , 9 h1 ) 0 , 85 × 400 × 0 , 81 × 469

ou
1, 58
A s, estimé = ρ bd ≈ ρ b ( 0 , 9 h1 ) As, estimé = × 300 × 0 , 9 × 469 = 2 000 mm 2
100
On peut disposer 3 No 30M (2100 mm 2) sur un seul lit (tableau 4.2).
74 Chapitre 4

db 29 , 9
h2 = d2 + bc′ + db,étrier + h2 = 445 + 30 + 11, 3 + = 501 mm
2 2

h ≥ max (h1 ; h 2) h ≥ max (469 ; 501) = 501 mm


On adopte h = 510 mm.
db 29 , 9
d = h − bc′ − db,étrier − d = 510 − 30 − 11, 3 − = 454 mm
2 2

1 2
h≤b≤ h 255 ≤ b ≤ 340
2 3
On adopte b = 300 mm.  OK

Étape 4. Calculer l’armature requise et vérifier que As,requis ≥ As,min

Mf 264 × 10 6
As, estimé  As, estimé  = 1 900 mm 2
φs fy 0 , 9 d 0 , 85 × 400 × 0 , 9 × 454

0 , 2 fc ′ bh
As,min = 0 , 2 × 30 × 300 × 510
fy As,min = = 419 mm 2
400

As,min = 419 mm 2 < As, estimé = 1 900 mm 2. OK


Étape 5. Choisir le nombre de barres n et vérifier leur disposition


Calculer As,pourvu et ρpourvu
On adopte n = 3 b = 300 mm → un lit (tableau 4.2)

As,pourvu = 2 100 mm 2 > As, estimé = 1 900 mm 2. OK



As,pourvu 2100
ρpourvu = ρpourvu = × 100 = 1, 54 %
bd 300 × 454

Étape 6. Calculer Asb et vérifier que Asb > As,pourvu ou ρ < ρb

φc fc′  700 
Asb = α 1 β1   bd
φs fy  700 + fy 

0 , 65 × 30  700 
Asb = 0 , 805 × × 0 , 895 ×  × 300 × 454 = 3 581 mm 2 > As,pourvu = 2 100 mm 2
0 , 85 × 400  700 + 400 

ou r = 1,54 % < rb = 2,63 %


Section sous-armée et donc ductile.   OK
Dimensionnement et vérification des poutres et des dalles 75

Étape 7. Calculer Mr et vérifier que Mr ≥ Mf

 Méthode 1: Utilisation des équations


φ s fy As 0 , 85 × 400 × 2 100
a= a= = 152 mm
α 1 φc fc ′ b 0 , 805 × 0 , 65 × 30 × 300

 a  152  −6
Mr = φ s fy As  d −  Mr = 0 , 85 × 400 × 2 100 ×  454 −  × 10 = 270 kNm > M f = 264 kNm
 2  2 

 Méthode 2: Utilisation du tableau 4.4


ρpourvu = 1, 54 % → kr = 4 , 36 MPa (tableau 4.4)

Mr = kr bd 2 Mr = 4 , 36 × 300 × 454 2 × 10 −6 = 270 kNm > M f = 264 kNm

Mr = 270 kNm > Mf = 264 kNm  OK

Étape 8. Vérifier les dispositions réglementaires et pratiques

 Espacement des barres d’armature longitudinale


1, 4 db 1, 4 × 29 , 9 = 42 mm 
  
smin = max 1, 4 amax smin = max 1, 4 × 20 = 28 mm  = 42 mm
30 mm  30 mm 
 

b − 2 bc ′ − 2 db,étrier − ndb 300 − 2 × 30 − 2 × 11, 3 − 3 × 29 , 9


s= s= = 64 mm ≥ smin
n−1 3−1

Note : On aurait pu aussi utiliser le tableau 4.2, où l’on observe que la largeur b = 300 mm est
suffisante pour installer 3 No 30M sur un lit, ce qui indirectement satisfait la condition
de ­l’espacement des barres d’armature.

 Armature de peau
h = 510 mm < 750 mm Armature de peau non requise

 Facteur Z
  fs = 0,6 f y   fs = 0,6 × 400 = 240 MPa
  dc = X = h – d   dc = X = 510 – 454 = 56 mm
2 Xb 2 × 56 × 300
A= A= = 11 200 mm 2
n 3
76 Chapitre 4


Z = fs ( 3 dc A ) Z = 240 × ( 3
)
56 × 11 200 = 20 544 N/mm < 30 000 N/mm

Fissuration contrôlée.  OK
Note : On aurait pu aussi utiliser le tableau 3.1a), où l’on observe que pour une largeur
b = 300 mm, une barre No 30M est suffisante pour satisfaire le critère du facteur Z.

4.4 Sections rectangulaires avec armatures


tendues et comprimées
Plusieurs raisons peuvent conduire l’ingénieur à opter pour une section avec armature
tendue et armature comprimée (souvent appelée section doublement armée). On peut
citer : a) sollicitations alternées (ex. séismes) ; b) armature comprimée constructive
(support pour étriers) ; c) ρ > ρb ; d) entrave aux déformations différées ; e) amélioration
du comportement ductile ; f) contrainte architecturale.
Il convient de rappeler qu’aux ELU, εc = εcu. Quant aux armatures A s et A s′, on ne peut
savoir a priori si elles ont atteint leur limite élastique. Toutefois, pour fins de calcul, on
prend comme hypothèse que εs ≥ εy, c’est-à-dire fs = f y, hypothèse qu’il va falloir vérifier
et revoir le calcul, qui est de nature itérative, si elle n’est pas avérée.
Note : Il est toutefois recommandé de pourvoir une armature comprimée lorsque le taux
d’armature en tension ρ dépasse 0,80 à 0,85ρb.

A.N.

Figure 4.3

4.4.1 Dérivation des équations


La distribution des déformations (figure 4.3c) permet d’écrire :
 c εcu
  = (4.17)
d′ εcu − ε s′

Dimensionnement et vérification des poutres et des dalles 77

d’où :
εcu ( c − d ′ )
ε s′ = (4.18)
c
et
ε cu ( c − d ′ ) Es
fs ′ = E s ε s ′ = (4.19)
c
L’équilibre des forces (figure 4.3e) permet d’écrire :
T = C = C s + Cc = C s + α 1 φc fc′ ba

d’où :
T − Cs
a= (4.20a)
α 1 φc fc′ b

Mr = C s ( d − d ′ ) + C c ( d − a / 2 )
(4.21a)
= C s ( d − d ′ ) + (T − C s ) ( d − a / 2 )

■■ Armature tendue et comprimée à l’état plastique (fs = fs′ = fy)


En supposant que εs′ ≥ εy , les équations 4.20a et 4.21a peuvent alors s’écrire :

φ s ( As − As′ ) fy
a= (4.20b)
α 1 φc fc′ b

  a 
Mr = φ s fy ( As − As′ )  d −  + As′ ( d − d ′ )  (4.21b)
  2 

Figure 4.4
78 Chapitre 4

 a
Mr = φ s fy ( As − As ′)  d −  = kr bd 2 ⋅ 10 −6 (4.23)
1
 2

Mr = φ s fy As ′ (d − d ′) (4.24)
2

Mr 1 peut donc être calculé en utilisant kr tiré du tableau 4.4 pour un taux d’armature
correspondant à A s – As′. Finalement, il convient de remarquer que pour fs′ = fs = f y,
alors As,max = A sb + As′.

■■ Armature comprimée à l’état élastique (fs′ < fy)


De la figure 4.3c, il s’ensuit :
 d′ 
ε s′ = εcu  1 −  (4.25)
 c

 d′ 
fs′ = Es ε s′ = 700  1 −  < fy (4.26)
 c

L’équilibre des forces (figure 4.3e) donne
 d′ 
φ s fy As = 700 φ s As′  1 −  + α 1 β1 φc fc′ bc
 c

Soit :


( )
α 1 β1 φc fc ′ bc 2 − φ s As fy − 700 As ′ c − 700 φ s As′ d ′ = 0

(4.27)

De l’équation 4.27 on tire la solution positive c < d. La contrainte fs′ est déterminée
à l’aide de l’équation 4.26 et le moment Mr à l’aide de l’équation 4.21a. Finalement, il
convient de remarquer que pour fs′ < f y, alors :
 ε ′s 
As,max = Asb + As′   (4.28)
 εy 

Dimensionnement et vérification des poutres et des dalles 79

4.4.2 Dimensionnement et vérification


des poutres doublement armées
■■ Étapes de vérification
Tableau 4.7 – Étapes de vérification des poutres en flexion
avec armature comprimée et tendue
Étapes Commentaires
Données : Mf, b, d, d′, fc′, f y, As, As′ ρ = A s / bd ; ρ′ = As′ / bd
Étape 1. Vérifier que As ≥ As,min Voir l’équation 4.2 ou 4.3
Étape 2. Vérifier que l’enrobage Voir la figure 4.1 et le tableau 4.2 ou 4.3
et les espacements des armatures
sont adéquats
Étape 3. Vérifier que ρ ≤ ρb + ρ′ Utiliser le tableau 4.4 ou les équations 3.12 à 3.14
Étape 4. Calculer a, en suppo­ φ s ( As − As′ ) fy
sant que fs = f y et fs′ = f y, puis a= [éq. 4.20b]
déduire c α 1 φ c fc ′ b

a
c= [éq. 3.11]
β1
Étape 5. Vérifier que As′ est bel εcu (c − d ′)
et bien à l’état plastique, tel que ε s′ = [éq. 4.18]
supposé : εs′ ≥ εy = f y / E s c
Étape 6. Vérifier que A s est bel εcu (d − c)
et bien à l’état plastique, tel que εs = [figure 4.3c]
supposé : εs ≥ εy = f y / E s c
Note : Si ρ < ρb + ρ′ alors εs ≥ εy
Étape 7. Si εs′ ≥ εy et εs ≥ εy, alors   a 
calculer Mr et vérifier que Mr ≥ Mr = φ s fy ( As − As′ )  d −  + As ′ (d − d ′)  [éq. 4.21b]
Mf puis procéder à l’étape 10   2 
Étape 8. Si εs′ < εy et εs ≥ εy, alors Équation du second degré admettant une solu­
a) Calculer c (éq. 4.27) tion c positive et inférieure à d
b) Calculer a = β1c εcu (c − d ′)
ε s′ = [éq. 4.18]
c) Calculer εs′ avec nouveau c c
 ε ′s 
et vérifier que r ≤ rb + r′  . Mr = C s ( d − d ′ ) + (T − C s ) ( d − a / 2 )
 εy 
= φ s fs′ As′ ( d − d ′ ) + ( φ s f y As − φ s fs′ As′ )( d − a / 2 )
d) Calculer fs′ = E sεs′ < f y
e) Calculer Mr (éq. 4.21a)
f) Vérifier que Mr ≥ Mf
80 Chapitre 4

Tableau 4.7 – Étapes de vérification des poutres en flexion


avec armature comprimée et tendue (suite)
Étapes Commentaires
Étape 9. Si εs < εy ⇒ fs < f y. À noter qu’une telle condition conduit à une section
sur-armée, donc non recommandée.
Pour calculer son Mr, il convient d’utiliser une méthode itérative. Les étapes
suivantes peuvent alors être considérées :
 c  c 700
a) Choisir c tel que   ≥  = [éq. 3.12]
 d  d max ( 700 + f )
y

b) Calculer a = β1c  [éq. 3.11]


c) Calculer Cc = α1φcfc′ba
 c − d′
d) Calculer ε s ′ = εcu  , fs ′ = Es ε s ′ et puis Cs = φsA s′fs′
 c 

 d − c
e) Calculer ε s = εcu  , fs = Es ε s et puis T = φsA sfs
 c 

f) Si T = Cc + Cs, alors Mr = Cc (d – a/2) + Cs (d – d′)


Sinon, choisir une autre valeur de c et recommencer à l’étape (b), sachant que si
T > Cc + Cs, alors la valeur de c est sous-estimée et doit donc être augmentée à la
prochaine itération.
Étape 10. Vérifier les disposi­ Facteur Z (tableau 3.1 ou figure 3.7)
tions réglementaires et pratiques Armature de peau (figure 3.8)
Flèche (tableau 3.5)

■■ Étapes de dimensionnement
Tableau 4.8 – Étapes de dimensionnement des poutres
avec armature tendue et comprimée

Étapes Commentaires
Données : Mf, fc′, f y, b, h
 On suppose εs′ ≥ εy Note : Il convient d’avoir une idée sur la valeur
Étape 1. Estimer d et d′ et véri­ de As pour savoir si un ou deux lits sont requis.
fier si A’s est requise comme suit : On peut utiliser l’équation 4.16 où on peut
prendre d = 0,9h
kr = Mf /bd2 → ρ (tableau 4.4)
• Enrobage (figure 4.1 ou tableaux 4.2 ou 4.3)
si ρ ≥ 0,8 ρb ⇒ A′s requise
• d = h – enrobage – db,étrier – db/2 (si un lit)
• d′ = enrobage + db,étrier + db/2
Étape 2. Choisir ρ1 et déterminer ρ1 = 0,8ρb (tableau 4.4)
As1 A s1 = ρ1bd
Dimensionnement et vérification des poutres et des dalles 81

Tableau 4.8 – Étapes de dimensionnement des poutres


avec armature tendue et comprimée (suite)
Étapes Commentaires
Étape 3. Calculer a φ s fy As
a= 1

α 1 φ c fc ′ b

Étape 4. Calculer Mr 1 et Mr 2 ,requis Mr = φ s fy As 1 (d − a / 2)


1

Mr ,requis = M f − Mr 1
2

Étape 5. Calculer A′s,requis et Mr ,requis


As,requis A′s,requis = 2

φs fy (d − d ′ )
As,requis = As + As ′
1

Étape 6. Choisir le nombre de As,pourvu ≥ As,requis


barres et calculer A s,pourvu et
A ′s, pourvu ≥ A ′s,requis
A′s,pourvu
Étape 7. Vérifier que A s,pourvu ≥ A s,min [éq. 4.2 et 4.3] ; ρb [tableau 4.4]
As,min et ρ ≤ ρmax = ρb + ρ′  ε′ 
Note : Si ε′s < εy alors rmax = rb + r′  s 
 εy 
Étape 8. Vérifier que A s′ est φ s ( As – As′ ) fy
dans un état plastique tel que εs ≥ ε y ⇒ a = [éq. 4.20b]
supposé (εs′ ≥ εy). Sinon : α 1 φc fc′ b
a) Calculer c (éq. 4.27) c = a/b1 [éq. 3.11]
b) Calculer εs′ puis fs′ = E s εs′  c − d′
ε s′ = εcu  ≥ εy
 c 

Étape 9. Calculer Mr et vérifier (a) Si (εs′ ≥ εy), alors


que Mr ≥ Mf  
 a
Mr = φ s fy  ( As − As′ )  d −  + As′ ( d − d ′ ) 
  2 

(b) Sinon,
 a
Mr = φ s fs ′ As ′ ( d − d ′ ) + ( φ s fs As − φ s fs ′ As ′ )  d – 
 2
Étape 10. Vérifier les exigences Espacement et enrobages des armatures
réglementaires et pratiques (figure 4.1 ou tableau 4.2 ou 4.3)
Armature de peau (figure 3.8)
Facteur Z (tableau 3.1 ou figure 3.7)
Flèche (tableau 3.5)
82 Chapitre 4

4.4.3 Exemples

Exemple 4.3 Vérification d’une section doublement armée

■■ Énoncé
Considérer la poutre en béton armé d’une portée de 7 m, exposée aux intempéries, dont
la section est montrée à la figure ci-dessous.
Vérifier si la section est adéquate pour résister à un moment de flexion pondéré
Mf = 750 kNm, selon la norme A23.3-04.
On donne : fc′ = 30 MPa ; f y = 400 MPa ; amax = 20 mm ; bc′ = 50 mm (exigence du client) ;
b = 400 mm ; h = 650 mm ; A s = 8 No 30M ; s = 45 mm ; A s′ = 2 No 20M ; étriers No 10M.

Étrier
(a) Élévation No 10M

45 mm

(b) Diagramme des moments (c) Section à mi-portée

Figure X4.3 – Exemple 4.3


Dimensionnement et vérification des poutres et des dalles 83

■■ Solution

Étape 0. Calculs initiaux


s 45
d = h − bc′ − db,étrier − db − d = 650 − 50 − 11, 3 − 29 , 9 − = 536 mm
2 2
dbc 19 , 5
d ′ = bc′ + db,étrier + d ′ = 50 + 11, 3 + = 71 mm
2 2

Étape 1. Vérifier que As ≥ As,min

As,min =
0, 2 ( f ′ ) bh
c

fy

As,min =
0, 2 × ( 30 ) × 400 × 650 = 712 mm 2
< As = 5 600 mm 2 OK
400  

Étape 2. Vérifier l’enrobage et les espacements

bc′ = 50 mm > 40 mm (poutre exposée)  OK


1, 4 db 1, 4 × 29 , 9 = 42 mm 
  
smin = max 1, 4 amax smin = max 1, 4 × 20 = 28 mm  = 42 mm
3 0 mm  30 mm 
 
b − 2 bc′ − 2 db,étrier − ndb 400 − 2 × 50 − 2 × 11, 3 − 4 × 29 , 9
s= s= = 53 mm > smin OK
n−1 4−1
  s (vertical) = 45 mm > smin OK
Note : L’enrobage étant supérieur au minimum requis, le tableau 4.3 ne peut être utilisé pour
vérifier le respect de la condition de l’espacement des barres d’armature.

Étape 3. Vérifier que ρ ≤ ρmax = ρb + ρ′

fc′ = 30 MPa 
→ ρb = 0,0263 (tableau 4.4)
fy = 400 MPa 

As′ 600
ρ′ = ρ′ = = 0 , 0028
bd 400 × 536

As 5 600
ρ= ρ= = 0 , 0261 ≤ ρmax = ρb + ρ ′ = 0 , 0291
bd 400 × 536

(en supposant que ′s ≥ y)
Poutre sous-armée et donc ductile.  OK
84 Chapitre 4

Étape 4. Calculer a
φ s f y ( As − As′ ) 0 , 85 × 400 × ( 5 600 − 600 )
a= a= = 271 mm
m
α 1 φc fc′b 0 , 805 × 0 , 65 × 30 × 400

a 271
c= c= = 303 mm
β1 0 , 895

Étape 5. Vérifier l’état plastique de As (εs ≥ εy)


εcu ( d − c ) 0 , 0035 × ( 536 − 303)
εs = εs = = 0 , 00269 > ε y = 0 , 002
c 303
L’armature tendue est à l’état plastique.  OK

Étape 6. Vérifier l’état plastique de A′s (ε′s ≥ εy)


ε cu ( c − d ′ ) 0 , 0035 × ( 303 − 71)
ε s′ = ε s′ = = 0 , 00268 > ε y
c 303
L’armature comprimée est à l’état plastique.  OK

Étape 7. Calculer Mr et vérifier que Mr ≥ Mf


  a 
Mr = φ s fy ( As − As′ )  d −  + As′ ( d − d ′ ) 
  2 

  271  
Mr = 0 , 85 × 400 × ( 5 600 − 600 ) ×  536 −  + 600 × (55 36 − 71)  × 10 −6 = 777 kNm > M f = 750 kNm OK
  2  

Procéder à l’étape 10.

Étape 10. Vérifier les dispositions réglementaires et pratiques

 Armature de peau
h = 650 mm < 750 mm Armature de peau non requise

 Facteur Z
fs = 0,6 f y fs = 0,6 × 400 = 240 MPa
db 29 , 9
dc = bc′ + db,étrier + dc = 50 + 11, 3 + = 76 mm
2 2
X = h – d X = 650 – 536 = 114 mm
2 Xb 2 × 114 × 400
A= A= = 11 400 mm 2
n 8


Z = fs ( 3 dc A )
Z = 240 × ( 3
)
76 × 11 400 = 22 880 N/mm < 25 000 N/mm OK

Note : Le tableau 3.1b ne peut être utilisé dans ce cas, car l’enrobage considéré est supérieur
au minimum requis.
Dimensionnement et vérification des poutres et des dalles 85

 Flèche

On suppose L = Ln = 7 000 mm
Ln 7 000
hmin = hmin = = 438 mm < h = 650 mm
16 16

Flèche contrôlée.  OK

La section est donc adéquate pour résister à un moment de flexion pondéré de 750 kNm.
Note : La poutre est lourdement chargée. Si la surcharge d’exploitation était connue, il aurait
été plus approprié de déterminer la flèche par calcul direct.

Exemple 4.4 – Dimensionnement d’une section


doublement armée
■■ Énoncé
Considérer la poutre en béton armé, exposée aux intempéries, d’une portée de 6 m dont
la section est montrée à la figure ci-dessous. La poutre est soumise à un moment de
flexion pondéré Mf = 230 kNm.

Dimensionner la poutre selon la norme A23.3-04.

On donne : fc′ = 30 MPa ; f y = 400 MPa ; h = 400 mm ; b = 350 mm ; amax = 20 mm ;


bc′ = 40 mm.

6 000 mm
Étrier
(a) Élévation
No 10M

(b) Diagramme des moments (c) Section à mi-portée

Figure X4.4 – Exemple 4.4


86 Chapitre 4

■■ Solution

Étape 0. Calculs initiaux

On suppose que l’armature longitudinale est composée de barres No 30M en tension,


de barres No 15M en compression et d’étriers No 10M.
Note : Par la formule simplifiée, en supposant que Mr = Mf et d = 0,9 h, on estime A s,estimé et
on déduit le nombre de lits d’armature requis :
Mf 230 × 10 6
As,estimé = As,estimé = = 2 088 mm 2
φ s fy ( 0 , 9 × 0 , 9 h) 0 , 85 × 400 × 0 , 81 × 400

As,estimé = 2 088 mm 2 
→ 3 No 30M = 2 100 mm 2 , en 1 lit (tableau 4.3)
b = 350 mm 

Étape 1. Calculer d et d ′ et vérifier si As′ est requise

dbt  29 , 9 
d = h − bc′ − db,étrier − d = 400 −  40 + 11, 3 +  = 334 mm
2  2 

dbc 16
d ′ = bc′ + db,étrier + d ′ = 40 + 11, 3 + = 59 mm
2 2

Mr 230 × 10 6
kr = kr = = 5, 9 MPa
bd 2 350 × 334 2

fc′ = 30 MPa 
 ρ = 0 , 0232
fy = 400 MPa  → 
 ρb = 0 , 0263
kr = 5, 9 MPa 

ρ = 0,0232 > 0,8 ρb = 0,0210
Armature comprimée recommandée

Étape 2. Choisir ρ1 et déterminer As1


On suppose que ρ1 = 80 % ρb ρ1 = 0,80 × 0,0263 = 0,0210
A s1 = ρ1bd A s1 = 0,0210 × 350 × 334 = 2 455 mm 2

Étape 3. Calculer a (en supposant que εs ≥ εy et ε′s ≥ εy)

φ s f y As 1 0 , 85 × 400 × 2 455
a= a= = 152 mm
α 1 φc fc′b 0 , 805 × 0 , 65 × 30 × 350

Dimensionnement et vérification des poutres et des dalles 87

Étape 4. Calculer Mr 1 et Mr 2 ,requis

 a  152  −6
Mr = φ s fy As  d −  Mr 1 = 0 , 85 × 400 × 2 455 ×  334 −  × 10 = 215 kNm
m
1
 2 1
 2 

Mr ,requis = M f − Mr Mr ,requis = 230 − 215 = 15 kNm
2 1
2

Étape 5. Calculer A′s,requis et As,requis

Mr ,requis 15 × 10 6
As′,requis = 2

As,requis = = 160 mm 2
φ s fy ( d − d ′ ) 0 , 85 × 400 × ( 334 − 59 )

As,requis = As 1 + As′,requis As,requis = 2 455 + 160 = 2 615 mm 2

Étape 6. Choisir le nombre de barres et calculer As,pourvu et A′s,pourvu


On choisit  A′s,pourvu = 2 No 15M = 400 mm 2 > A′s,requis
A s,pourvu = 4 No 30M = 2 800 mm 2 > A s,requis

Étape 7. Vérifier que As,pourvu > As,min et ρ ≤ ρmax = ρb + ρ′

As,min =
0, 2 ( f ′) bh c
As,min =
0, 2 × ( 30 ) × 350 × 400 = 383 mm 2
< As,pourvu OK
fy 400

As,pourvu 2 800
ρ= ρ= = 0 , 0240
bd 350 × 334


As,pourvu 400
ρ′ = ρ′ = = 0 , 0034
bd 350 × 334

ρmax = ρb + ρ ′ ρmax = 0 , 0263 + 0 , 0034 = 0 , 0297 > ρ = 0 , 0240



(en supposant que ′s ≥ y)

La section est donc sous-armée.   OK

Étape 8. Vérifier l’état plastique de A′s (εs′ ≥ εy)

φ s f y As ,pourvu 0 , 85 × 400 × ( 2 800 − 400 )


a= 1
a= = 148 mm
m
α 1 φc fc′b 0 , 805 × 0 , 65 × 30 × 350

a 148
c= c= = 165 mm
β1 0 , 895

88 Chapitre 4

ε cu ( c − d ′ ) 0 , 0035 × ( 165 − 59 )
ε s′ = ε s′ = = 0 , 0022 > ε y = 0 , 002
c 165

A s′ est à l’état plastique.

Étape 9. Calculer Mr et vérifier que Mr ≥ Mf

εs′ ≥ εy ; le calcul de Mr se fait à l’aide de l’équation 4.21b


  a 
φ s fy ( As − As′ )  d −  + As′ ( d − d ′ ) 
  2 

  148  
Mr = 0 , 85 × 400 × ( 2 800 − 400 )  334 −  + 400 × ( 33 4 − 59 )  = 250 kNm
  2  

Mr = 250 kNm > Mf = 230 kNm  OK

Étape 10. Vérifier les dispositions réglementaires et pratiques

 Armature de peau
h = 400 mm < 750 mm Armature de peau non requise

 Facteur Z
fs = 0,6 f y fs = 0,6 × 400 = 240 MPa
dc = X = h – d dc = X = 400 – 334 = 66 mm
2 Xb 2 × 66 × 350
A= A= = 11 550 mm 2
n 4


Z = fs ( 3 dc A )
Z = 240 × ( 3
)
66 × 11 550 = 21 924 N/mm < 25 000 N/mm

Fissuration contrôlée.  OK

 Flèche
On suppose Ln = L = 6 000 mm
Ln 6 000
hmin = (tableau 3.5) hmin = = 375 mm < h = 400 mm
16 16

Flèche contrôlée.  OK
Dimensionnement et vérification des poutres et des dalles 89

4.5 Sections en T
Généralement, les poutres en BA sont coulées avec la dalle, si bien que leur compor­
tement sous sollicitation (moment positif) engage une partie de la dalle, dont la largeur
est appelée largeur effective. La poutre ainsi constituée a une section en T ou en L
renversé (figure 4.5).
Selon la position de son axe neutre (A.N.), une section dont la géométrie est en T peut
se comporter comme une section rectangulaire ou comme une section en T (voir la
figure 4.5).

a) A.N. dans la
semelle ⇒
Section
rectangulaire
(beff × h)
Calcul : voir
sections 4.2
et 4.3
Section en L Section en T
b) A.N. dans l’âme
⇒ Section en T

Section en L Section en T

Figure 4.5 – Comportement d’une section en T en fonction de la profondeur de l’A.N.

Dans une poutre en T continue, le moment négatif à l’appui induit une compression dans
l’âme et une traction dans la semelle. La section dans ce cas est rectangulaire, mais de
largeur bw (figure 4.6).
90 Chapitre 4

Figure 4.6 – Poutre en T continue

4.5.1 Largeur effective


La largeur effective beff est définie comme suit :

beff beff beff

0 , 4 L + bw ( appui simple ) ou

0 , 2 L + bw ( appuis continus )
Poutre en T symétrique : beff = min 
24 hf + bw

e
(1 / 12) L + bw

Poutre en L : beff = min 6 hf + bw

bw + en / 2
Note : L = portée

Figure 4.7 – Largeur effective


Dimensionnement et vérification des poutres et des dalles 91

4.5.2 Dérivation des équations

Figure 4.8

Comme dans le cas des sections rectangulaires, on suppose que εs ≥ εy et on vérifie


a posteriori si l’hypothèse est valide.

■■ Section en T ou section rectangulaire ?


Une façon simple de le savoir est de calculer a, correspondant à la section rectangulaire
(beff × d), soit :
φ s As fy
a= (4.29)
α 1 φc fc′ beff

➟➟ Si a ≤ hf
Dans ce cas, l’axe neutre est dans la semelle et la section peut être considérée
rectangulaire de dimensions (beff × d). Le calcul des sections rectangulaires est
traité à la section 4.3.
➟➟ Si a > hf
Dans ce cas, l’axe neutre est dans l’âme et la section est en T.
92 Chapitre 4

■■ Section en T
Pour simplifier le calcul des sections en T, et à l’instar des sections rectangulaires
doublement armées, il convient de considérer le problème comme une superposition
de deux cas s’apparentant à des sections rectangulaires, comme le montre la figure 4.9.
À noter que b = beff dans la figure.

As = Asf + Asw ( )
Asf = Tf / φ s fy ; ρ f = Asf / bw d Asw = As − Asf ; ρw = Asw / ( bw d )

C = Cf + C w C f = Tf = α 1 φc fc′( b − bw ) hf ⇒ Cw = α 1 φc fc′bw a
Cw = Tw
T = C= Tf + Tw ⇒ Tf = Cf ⇒ Tw = φ s Asw fy
φ s fy As = α 1 φc fc′( b − bw ) hf + α 1 φc fc′bw a α 1 φc fc′( b − bw ) hf
Asf =
φ s fy As − α 1 φc fc′( b − bw ) hf φs fy
⇒a=
α 1 φc fc′bw

Mr = Mrf + Mrw  hf   hf   a  a
Mrf = C f  d −  = Tf  d −  Mrw = Tw  d −  = Cw  d − 
 2  2  2   2
Utilisation du tableau 4.4 :
Asw
Mrw = krw bw d 2 ; ρw =
bw d

φ s Asw fy
Cw = Tw ⇒ a =
α 1 φc fc′bw

Figure 4.9 – Principe de superposition pour section en T


Dimensionnement et vérification des poutres et des dalles 93

■■ Méthode simplifiée
La même méthode simplifiée utilisée pour les sections rectangulaires (éq. 4.14) peut
servir soit à estimer Mr si A s est connu, ou à estimer A s si Mf est connu.

■■ Armature longitudinale maximale


ρmax = ρwb + ρf (4.30)
où ρf = A sf / bwd et ρwb peut être tiré du tableau 4.4. À noter que si A′s ≠ 0, alors
ρw,max = ρwb + ρ′ remplacerait ρwb dans l’équation 4.30.
Il convient d’ajouter qu’on peut également calculer ρmax en s’appuyant sur la théorie
de base, à savoir : a) calculer cmax (éq. 3.12), puis a max = β1cmax > hf ; b) calculer la
force de compression correspondante Cmax = α1φcfc′ × aire comprimée ; c) calculer
As,max = Cmax /fsf y et d) calculer ρmax = As,max / bwd.

■■ Armature longitudinale minimale


L’armature minimale est donnée par l’équation 4.2. Cependant, si Mr ≥ 1,33 Mf, il n’y
a pas lieu de tenir compte de l’exigence relative à l’armature minimale (art. 10.5.1.3).

■■ Armature minimale dans les ailes tendues


Dans le cas d’une section en T dont la semelle est en tension, bt de l’éq. 4.2 peut être
considéré égal à beff sans pour autant excéder 2,5 bw (ou 1,5 bw dans le cas d’une poutre
de rive en L) (art. 10.5.1.2). Dans ce cas, une partie de l’armature tendue doit être
répartie dans la semelle en porte-à-faux sur une largeur b′ de chaque côté de l’âme
(art. 10.5.3.1) :
 ( b − bw ) L
b′ = min  eff ; (12hf si section en T ; 6hf si section en L ;  (4.31)
 2 20  .

L’aire de cette partie d’armature ne doit pas être inférieure à 0,4 % de l’aire brute de la
semelle en porte-à-faux excédant l’âme, c’est-à-dire 0,004 b′hf (art. 10.5.3.1).

■■ Autres dispositions réglementaires et constructives


Toutes les autres dispositions réglementaires de la section 4.2 (armature de peau,
­espacement, facteur Z, etc.) demeurent également valides pour les sections en T.
94 Chapitre 4

4.5.3 Dimensionnement et vérification des sections en T

■■ Étapes de vérification

Tableau 4.10 – Étapes de vérification pour poutres en T en flexion

Étapes Commentaires
Données : Mf, b = beff , h, bw, hf, As , f y, fc′, γc (note = b = beff)
Étape 1. Comparer a à hf et déduire la φ s As fy
section de calcul. Si la section est rectan­ a = [éq. 4.29]
gulaire (b 3 h), il convient d’utiliser le α 1 φc fc′ beff
tableau 4.5
Étape 2. Vérifier que As ≥ As,min A s,min [éq. 4.2]
Étape 3. Calculer Mrf
(
Mrf = α 1 φc fc′( b − bw ) hf d − hf / 2 )
Étape 4. Calculer A sf et ρf et déduire α 1 φc fc′( b − bw ) hf
Asw et ρw Asf =
φs fy

Asf
ρf =
bw d
Asw = As − A sf
Asw
ρw =
bw d

Étape 5. Calculer a, où a > hf φ s As fy − α 1 φc fc′( b − bw ) hf


a= ≥ hf
α 1 φc fc′ bw

Étape 6. Calculer Mrw Mrw = φ s Asw fy ( d − a / 2 )

Étape 7. Calculer Mr = Mrf + Mrw et


vérifier que Mr ≥ Mf
Étape 8. À partir du tableau 4.4, As
déterminer ρwb et vérifier que ρ=
ρ < ρwb + ρf bw d

Étape 9. Vérifier les dispositions • Facteur Z (figure 3.7 ou tableau 3.1)


­réglementaires et pratiques • Armature de peau (figure 3.8)
• Espacements et enrobage des armatures
(figure 4.1 ou tableaux 4.2 ou 4.3)
• Flèche (tableau 3.5)
Dimensionnement et vérification des poutres et des dalles 95

■■ Étapes de dimensionnement

Tableau 4.11 – Étapes de dimensionnement pour poutres en T en flexion

Étapes Commentaires
Données : Mf, fc′, f y Prédimensionner h, hf, bw et déduire Mf s’il
n’est pas donné
hf = L/α (dalle) et h = L/α (poutre)
[tableau 3.5]
1 2
h ≤ bw ≤ h
2 3
Étape 1. Estimer le nombre de lits db
en utilisant A s,estimé (éq. 4.16) et d = h − enrobage − db,étrier − ( pour un lit)
d = 0,9h. Calculer d 2
Étape 2. Calculer beff Voir la figure 4.7
Étape 3. Comparer a à hf et φ s As fy
déduire la section de calcul. a= [éq. 4.29]
Si la section est rectangulaire : α 1 φc fc′ beff
tableau 4.6
Étape 4. Calculer A s,estimé par la  
Mf
méthode simplifiée puis A s,pourvu et  As, estimé = 
vérifier que As, pourvu ≥ A s,min  φ s fy ( 0 , 9 d ) 

A s,min [éq. 4.2]


Étape 5. À partir du tableau 4.4, As
déterminer ρwb et vérifier que ρ=
ρ < ρwb + ρf bw d

Asf α 1 φ c fc′( b − bw ) hf
ρf = où Asf =
bw d φ s fy

Étape 6. Calculer a où a > hf φ s fy As = α 1 φc fc′( b − bw ) hf + α 1 φc fc′ bw a

Étape 7. Calculer Mr et vérifier  hf 


que Mr > Mf Mr = α1 φc fc′( b − bw ) hf  d −  + α1 φc fc′bw a ( d − a / 2 )
 2 

Étape 8. Vérifier les dispositions • Enrobage et espacements des armatures


réglementaires et pratiques (figure 4.1 ou tableau 4.2 ou 4.3)
• Armature de peau (figure 3.8)
• Facteur Z (figure 3.7 ou tableau 3.1)
96 Chapitre 4

4.5.4 Exemples

Exemple 4.5 – Vérification d’une section en T avec axe neutre


dans la semelle

■■ Énoncé
Considérer la poutre d’une portée de 7 m, non exposée aux intempéries, dont la section
est montrée à la figure ci-dessous.
Calculer le moment de flexion pondéré Mf auquel la section peut résister adéquatement,
conformément à la norme A23.3-04.

On donne : fc′ = 30 MPa ; f y = 400 MPa ; amax = 20 mm ; bc′ = 30 mm ; bw = 400 mm ;
beff = 800 mm ; h = 600 mm ; hf = 100 mm ; As = 3 No 30M ; étriers No 10M.

7 000 mm
Étrier
(a) Élévation No 10M

Mf,max
(b) Diagramme des moments (c) Section à mi-portée

Figure X4.5 – Exemple 4.5

■■ Solution

Étape 1. Comparer a à hf et déduire la section de calcul

φ s As f y φ s As f y 0 , 85 × 4000×, 85
2 100
× 400 ×= 257100
a= a= a= a= f =mm
mm <=h57 100<mm
hf = 100 mm
α 1 φc fc′beff α φ f0′b, 805 × 0 , 06,5805
× 30××0 ,800
6 5 × 30 × 800
1 c c eff

La section de calcul est donc rectangulaire de largeur b = beff = 800 mm

(Voir au tableau 4.5 les étapes à considérer.)


Dimensionnement et vérification des poutres et des dalles 97

Étape 2. Calculer la hauteur utile d

db 29 , 9
d = h − bc′ − db,étrier − d = 600 − 30 − 11, 3 − = 544 mm
2 2

Étape 3. Vérifier que As ≥ As,min

0 , 2 fc′bw h 0 , 2 × 30 × 400 × 600


As,min = As,min = = 657 mm 2 < As = 2 100 mm 2 OK
fy 400

Étape 4. Vérifier que As ≤ As,max

i) Méthode 1
 700   700 
cmax =  d cmax =  × 544 = 346 mm > hf
 700 + fy   700 + 400 

Aire comprimée = (b × hf ) + (cmax – hf )bw = (800 × 100) + (346 – 100) 400 = 178 400 mm 2

C max = α1 β1φc fc′ × aire comprimée

Cmax = 0,805 × 0,895 × 0,65 × 30 × 178 400 = 2 506 × 103 N

A s,max = Cmax /φs f y    A s,max = 2 506 × 103/(0,85 × 400) = 7 370 mm 2 > A s,pourvu = 2 100 mm 2

ii) Méthode 2
amax = β 1 cmax = 0,895 × 346 = 310 mm > hf ⇒ Section en T ⇒ A s,max > A s,réf

Puisque A s,pourvu = 2 100 < A s ,réf = 3 694 mm 2 ⇒ A s,pourvu < A s,max

Étape 5. Calculer a

a = 57 mm (voir étape 1)

Étape 6. Calculer Mr

 a  57 
Mr = φ s fy As  d −  Mr = 0 , 85 × 400 × 2 100 ×  544 −  × 10 −6 = 368 kNm
 2  2 

98 Chapitre 4

Étape 7. Vérifier les dispositions réglementaires et pratiques

 Espacement des barres d’armature longitudinale


1, 4 db 1, 4 × 29 , 9 = 42 mm 
  
smin = max 1, 4 amax smin = max 1, 4 × 20 = 28 mm  ⇒ smin = 42 mm
30 mm  30 mm 
 
b − 2 bc′ − 2 db,étrier − ndb 400 − 2 × 30 − 2 × 11, 3 − 3 × 29 , 9
s= s= = 114 mm > smin = 42 mm
n−1 3−1

Note : On aurait pu aussi utiliser le tableau 4.2, où l’on observe qu’une largeur de 400 mm
est suffisante pour installer jusqu’à 5 No 30M sur un lit, ce qui satisfait indirectement
l’espacement des barres requis.

 Facteur Z
fs = 0,6 f y fs = 0,6 × 400 = 240 MPa
db 29 , 9
dc = bc′ + db,étrier + dc = 30 + 11, 3 + = 56 mm
2 2
X = h – d X = 600 – 544 = 56 mm
2 Xb 2 × 56 × 400
A= A= = 14 933 mm 2
n 3


Z = fs ( 3 dc A ) Z = 240 × ( 3
)
56 × 14 933 = 22 611 N/mm < 30 000 N/mm

Fissuration contrôlée.  OK
Note : On aurait pu aussi utiliser le tableau 3.1a), où l’on observe que pour une largeur de
400 mm, un minimum de 2 No 30M sur un lit est suffisant pour satisfaire le critère du
facteur Z.

 Armature de peau
h = 600 mm < 750 mm Armature de peau non requise

 Enrobage
bc′ = 30 mm (non exposée) (figure 4.1)  OK

 Flèche
On suppose Ln = L = 7 000 mm
Ln 7 000
hmin = (tableau 3.5) hmin = = 438 mm < h = 600 mm
16 16

Flèche contrôlée.  OK

Le moment de flexion maximum pondéré que peut supporter la poutre est :


Mf,max = 368 kNm.
Dimensionnement et vérification des poutres et des dalles 99

Exemple 4.6 – Vérification d’une section en T avec


axe neutre dans l’âme

■■ Énoncé
Considérer la poutre en T simplement appuyée d’une portée de 15 m, dont la section
est montrée à la figure X4.6. La poutre, exposée aux intempéries, supporte une charge
permanente incluant le poids propre de 50 kN/m et une surcharge d’exploitation de
11 kN/m.

Vérifier si la poutre résiste en flexion aux charges appliquées à l’ELU, selon la norme
A23.3-04.

On donne : fc′ = 30 MPa ; f y = 400 MPa ; bc′ = 40 mm ; a max = 25 mm��������������


 ; �����������
béton ordi­
naire ; bw = 500 mm ; e = 1 400 mm ; h = 1 000 mm ; hf = 100 mm ; A s = 8 No 35M ;
svertical = 50 mm ; armature de peau 6 No 15M ; Étriers No 10M.

beff

Étrier
No 10M

50 mm

(a) Élévation (b) Section à mi-portée

Figure X4.6 – Exemple 4.6

■■ Solution

Étape 0. Calculs initiaux

w f = 1, 25 wD + 1, 5 wL w f = 1, 25 × 50 + 1, 5 × 11 = 79 kN/m

w f L2 79 × 152
Mf = Mf = = 2 221, 9 kNm
8 8

s 50
d = h − bc′ − db,étrier − db − d = 1 000 − 40 − 11, 3 − 35, 7 − = 888 mm
2 2

0 , 4 L + bw 0 , 4 × 15 000 + 500 = 6 500 mm 


  
beff = min 24 hf + bw beff = min  24 × 100 + 500 = 2 900 mm  ⇒ beff = 1 400 mm
 
e  1 400 mm 

100 Chapitre 4

Étape 1. Comparer a à hf et déduire la section de calcul

φ s As f y 0 , 85 × 4 600 × 400
a= a= = 108 mm > hf = 1 0 0 mm
α 1 φc fc′ beff 0 , 805 × 0 , 65 × 30 × 925

La section de calcul est donc en T.

Étape 2. Vérifier que As ≥ As,min

0 , 2 fc′ bw h 0 , 2 × 30 × 500 × 1 000


As,min = As,min = = 1 369 mm 2 < As = 8 000 mm 2 OK
fy 400

Étape 3. Calculer Mrf

 hf 
Mrf = α 1 φ c fc′( beff − bw ) hf  d − 
 2

 100 
Mrf = 0 , 805 × 0 , 65 × 30 × (1 400 − 500 ) × 100 ×  888 − −6
 × 10 = 1 184 kNm
 2 

Étape 4. Calculer Asf et ρf puis déduire Asw et ρw

Asf =
α 1 φ c fc′( beff − bw ) hf 0 , 805 × 0 , 65 × 30 × (1 400 − 500 ) × 100
Asf = = 4 1 5 5 mm 2
φ s fy 0 , 85 × 400

Asf 4 155
ρf = ρf = × 100 = 0 , 94 %
bw d 500 × 888

Asw = As − Asf Asw = 8 000 − 4 155 = 3 845 mm 2



Asw 3 845
ρw = ρw = × 100 = 0 , 87 %
bw d 500 × 888

Étape 5. Calculer a

φ s As fy − α 1 φc fc′ ( beff − bw ) hf
a=
α 1 φc fc′bw

0 , 85 × 8 000 × 400 − 0 , 805 × 0 , 65 × 30 × (1 400 − 500 ) × 10 0
a= = 167 mm
0 , 805 × 0 , 65 × 30 × 500
Dimensionnement et vérification des poutres et des dalles 101

Étape 6. Calculer Mrw

 a  167 
Mrw = φ s Asw fy  d −  Mrw = 0 , 85 × 3 845 × 400 ×  888 −  = 1 052 kNm
 2  2 

Étape 7. Calculer Mr et vérifier que Mr ≥ Mf

Mr = Mrf + Mrw Mr = 1 184 + 1 052 = 2 236 kNm > M f = 2 221, 9 kNm


Étape 8. Déterminer ρwb et vérifier que ρ < ρwb + ρf

fc′ = 30 MPa 
 → ρwb = 2 , 63 % (tableau 4.4)
fy = 400 MPa 

As 8 000
ρ= ρ= × 100 = 1, 8 %
bw d 500 × 888

ρ = 1, 8 % < ρwb + ρ f = 2 , 63 + 0 , 94 % = 3, 57 %

Section sous-armée et donc ductile.  OK

Étape 9. Vérifier les dispositions réglementaires et pratiques

 Facteur Z
fs = 0 , 6 f y fs = 0 , 6 × 400 = 240 MPa

db 35, 7
dc = bc′ + db,étrier + dc = 40 + 11, 3 + = 69 mm
2 2

X = h−d X = 1 000 − 888 = 112 mm



2 Xb 2 × 112 × 500
A= A= = 14 000 mm 2
n 8


Z = fs ( 3 dc A ) Z = 240 × ( 3
)
69 × 14 000 = 23 725 N/mm < 25 000 N/mm

Fissuration contrôlée. OK
102 Chapitre 4

 Armature de peau
db, peau 16 bw 500
X = bc′ + db,étrier + X = 40 + 11, 3 + = 59 mm < = = 125 mm OK
2 2 4 4
 h 
Acs = 2 ×  2 X ×  − 2 ( h − d ) 
 2  

  1 000 
Acs = 2 ×  2 × 59 ×  − 2 (1 000 − 888   = 6 5 136 mm 2
  2  

ρsk = 0,010 (Poutre exposée)
requis requis
A s,peau = ρsk Acs As,peau = 0 , 010 × 65 136 = 651 mm 2

Aspourvu 2 requis
,peau = 6 × 200 = 1 200 mm > As,peau = 6 5 1 mm
2
OK

 Espacement des barres d’armature longitudinale


–  Espacement vertical svertical = 50 mm = smin (tableau 4.1)  OK
–  Espacement horizontal sur 1 lit : 4 No 35M < 5 No 35M, nombre maximal
permis pour bw = 500 mm (tableau 4.3) OK

 Enrobage
bc′ = 40 mm (exposée) (figure 4.1)  OK

 Flèche
On suppose que L = Ln
Ln 15 000
h≥ (tableau 3.5) h = 1 000 mm > = 938 mm OK
16 16  
1 2 1 2
h≤b≤ h × 1 000 mm ≤ 500 mm ≤ × 1 000 mm OK
2 3 2 3  

Exemple 4.7 – Dimensionnement : section en T avec


axe neutre dans l’âme
■■ Énoncé
Considérer la poutre de section en T notée P1, faisant partie du plancher non exposé
aux intempéries illustré à la figure X4.7. Les dimensions de ladite poutre ainsi que
­l’enveloppe du diagramme des moments pondérés la sollicitant sont également illustrées.
La poutre est continue à une extrémité.

Dimensionner la section à mi-portée (Mf = 1500 kNm) selon la norme A23.3-04.


Dimensionnement et vérification des poutres et des dalles 103

On donne : fc′ = 30 MPa ; f y = 400 MPa ; h = 750 mm ; hf = 100 mm ; bw = 450 mm ;


L = 11 000 mm ; béton ordinaire : poids volumique = 24 kN/m 3 ; amax = 25 mm.

beff

Étrier
No 10M

11 000 mm

(a) Vue en plan

(c) Section à mi-portée

Mf,mas = 1 500 kNm

(b) Diagramme des moments pour P 1

Figure X4.7 – Exemple 4.7

■■ Solution

Étape 0. Calculs initiaux

Estimer le nombre de lits d’armature par la méthode simplifiée en considérant une hauteur utile
d = 0,9 h :
Mf 1 500 × 10 6
As,estimé = As,estimé = = 7 262 mm 2
φ s f y ( 0 , 9 d) 0 , 85 × 400 × ( 0 , 81 × 750)

On adopte 8 No 35M = 8 000 mm 2 , en 2 lits

Étape 1. Estimer d
smin 50
d = h − bc′ – db,étrier − db − d = 750 − 30 − 11, 3 − 35, 7 − = 648 mm
2 2

Étape 2. Calculer beff


0 , 2 L + bw

beff = min 24 hf + bw

e

0 , 2 × 11 000 + 450 = 2 650 mm 


 
beff = min  24 × 100 + 450 = 2 850 mm  ⇒ beff = 1 400 mm
 1 400 mm 

104 Chapitre 4

Étape 3. Comparer a à hf et déduire la section de calcul

φ s As f y 0 , 85 × 4 600 × 400
a= a= = 108 mm > hf = 1 0 0 mm
α 1 φc fc′ beff 0 , 805 × 0 , 65 × 30 × 925

La section de calcul est donc en T.

Étape 4. Calculer As,requis par la méthode simplifiée


puis As,pourvu et vérifier que As ≥ As,min
Mf 1 500 × 10 6
As,requis = As,requis = = 7 565 mm 2
φ s f y ( 0 , 9 d) 0 , 85 × 400 × ( 0 , 9 × 648)

Note : Selon le tableau 3.1a, on peut installer 4 No 35M sur un lit pour une largeur bw = 450 mm.
On adopte A s,pourvu = 8 No 35M = 8 000 mm 2 , en 2 lits

0 , 2 fc′ bw h 0 , 2 × 30 × 450 × 750


As,min = As,min = = 924 mm 2 < As,pourvu = 8 0 00 mm 2 OK
fy 400

Étape 5. Déterminer ρwb et vérifier que ρ < ρwb + ρf

fc′ = 30 MPa 
 → ρwb = 2 , 63 % (tableau 4.4)
fy = 400 MPa 

α 1 φ c fc′( beff − bw ) hf 0 , 805 × 0 , 65 × 30 × (1 400 − 450 ) × 100
Asf = Asf = = 4 3 8 6 mm 2
φ s fy 0 , 85 × 400

Asf 4 386
ρf = ρf = × 100 = 1, 50 %
bw d 450 × 648

As 8 000
ρ= ρ= × 100 = 2 , 74 %
bw d 450 × 648

ρ = 2 , 74 % < ρwb + ρ f = 2 , 63 + 1, 50 = 4 , 13 %

Section sous-armée et donc ductile.  OK

Étape 6. Calculer a

φ s As fy = α 1 φ c fc′(beff − bw ) hf + α 1 φ c fc′bw a

φ s As f y − α 1 φ c fc′(beff − bw ) hf
a=
α 1 φ c fc′bw

Dimensionnement et vérification des poutres et des dalles 105

0 , 85 × 400 × 8 000 − 0 , 805 × 0 , 65 × 30 × (1 400 − 450) × 10 0


a= = 174 mm > hf
0 , 805 × 0 , 65 × 30 × 450
Section en T.  OK

Étape 7. Calculer Mr et vérifier que Mr > Mf

 hf   a
Mr = α 1 φ c fc′(beff − bw ) hf  d −  + α 1 φ c fc′bw a  d − 
 2  2

  100   174  
Mr =  0 , 805 × 0 , 65 × 30 × (1 400 − 450 ) × 100 ×  648 −
−6
 + 0 , 805 × 0 , 65 × 30 × 450 × 174  648 −   × 10
  2   2 

Mr = 1 581 kNm > M f = 1 500 kNm OK


Étape 8. Vérifier les dispositions réglementaires et pratiques

 Facteur Z
fs = 0 , 6 f y fs = 0 , 6 × 400 = 240 MPa

db 35, 7
dc = bc′ + db,étrier + dc = 30 + 11, 3 + = 59 mm
2 2

X = h−d X = 750 − 648 = 102 mm



2 Xb 2 × 102 × 450
A= A= = 11 475 mm 2
n 8


Z = fs ( 3 dc A ) Z = 240 × ( 3
)
59 × 11 475 = 21 074 N/mm < 30 000 N/mm

Fissuration contrôlée.  OK

 Armature de peau
h = 750 mm Armature de peau requise.
db,peau 16 bw 450
X = bc′ + db,étrier + X = 30 + 11, 3 + = 49 mm < = = 113 mm OK
2 2 4 4

 h    750  
Acs = 2  2 X  − 2 ( h − d )  Acs = 2 ×  2 × 49 ×  − 2 ( 750 − 648 )  = 33 5 16 mm
2

 2     2  

ρsk = 0,008 (Poutre non exposée)
As,peau = ρsk Acs As,peau = 0 , 008 × 33 516 = 268 mm 2

On adopte 4 No 10M = 400 mm 2 , 2 barres/côté
106 Chapitre 4

 Espacement des barres d’armature longitudinale


–  Espacement vertical

svertical = 50 mm = smin (tableau 4.1)  OK
–  Espacement horizontal
bw − 2 bc′ − 2 db,étrier − ndb 450 − 2 × 30 − 2 × 11, 3 − 4 × 35, 7
s= s= = 112 mm
n−1 3−1

s = 112 mm > smin = 50 mm (tableau 4.1)  OK

 Enrobage
Vérifié à l’étape 1

 Flèche
Ln 11 000 − 450
h≥ h = 750 mm > = 586 mm OK
18 18  
1 2 1 2
h≤b≤ h × 750 ≤ b = 450 ≤ × 750 OK
2 3 2 3  

Exemple 4.8 – Dimensionnement : section en L


avec axe neutre dans l’âme

■■ Énoncé
Considérer maintenant la poutre P 2 dont la section est présentée à la figure X4.8c),
faisant partie du plancher non exposé montré à la figure X4.8a).

Dimensionner la section à mi-portée (Mf = 930 kNm) selon la norme A23.3-04.

On donne : fc′ = 30 MPa ; f y = 400 MPa ; béton ordinaire ; amax = 25 mm.


Dimensionnement et vérification des poutres et des dalles 107

beff

Étrier
No 10M

11 000 mm

(a) Vue en plan

(c) Section à mi-portée

Mf,mas = 930 kNm


(b) Diagramme des moments pour P 2

Figure X4.8 – Exemple 4.8

■■ Solution

Étape 0. Calculs initiaux

Estimer le nombre de lits d’armature par la méthode simplifiée en considérant une hauteur utile
d = 0,9 h :
Mf 930 × 10 6
As,estimé = As,estimé = = 4 502 mm 2
φ s f y ( 0 , 9 d) 0 , 85 × 400 × ( 0 , 81 × 750 )

On adopte 4 No 35M + 2 No 20M = 4 600 mm 2
disposées en 2 lits.

Étape 1. Estimer d
d = 681 mm

Étape 2. Calculer beff

L
( )
 12
+ bw
11 000 12 + 450 = 1367 mm 
  
beff = min 6 hf + bw beff = min  6 × 100 + 450 = 1050 mm  ⇒ beff = 925 mm
 e  455 0 + 950 2 = 925 mm 
bw + n 
 2

108 Chapitre 4

Étape 3. Comparer a à hf et déduire la section de calcul

φ s As f y 0 , 85 × 4 600 × 400
a= a= = 108 mm > hf = 1 0 0 mm
α 1 φc fc′ beff 0 , 805 × 0 , 65 × 30 × 925

La section de calcul est donc en T.

Étape 4. Calculer As,requis par la méthode simplifiée


puis As,pourvu et vérifier que As ≥ As,min
Mf 930 × 10 6
As,requis = As,requis = = 4 463 mm 2
φ s f y ( 0 , 9 d) 0 , 85 × 400 × ( 0 , 9 × 681)

Note : Selon le tableau 4.2, on peut installer jusqu’à 4 No 35M sur un lit pour une largeur
bw = 450 mm.
On adopte As,pourvu = 4 No 35M + 2 No 20M = 4 600 mm 2.

0 . 2 fc′ bw h 0 , 2 × 30 × 450 × 750


As,min = As,min = = 924 mm 2 < As,pourvu = 4 6 00 mm 2 OK
fy 400

Étape 5. Déterminer ρwb et vérifier que ρ < ρwb + ρf

fc′ = 30 MPa 
 → ρwb = 2 , 63 % (tableau 4.4)
fy = 400 MPa 

α 1 φ c fc′( beff − bw ) hf 0 , 805 × 0 , 65 × 30 × ( 925 − 450 ) × 100
Asf = Asf = = 2 19 3 mm 2
φ s fy 0 , 85 × 400

Asf 2 193
ρf = ρf = × 100 = 0 , 72 %
bw d 450 × 681

As 4 600
ρ= ρ= × 100 = 1, 50 %
bw d 450 × 681

ρ = 1, 50 % < ρwb + ρ f = 2 , 63 + 0 , 72 = 3, 35 %

Section sous-armée et donc ductile.  OK

Étape 6. Calculer a

φ s As fy = α 1 φ c fc′(beff − bw ) hf + α 1 φ c fc′bw a

φ s As f y − α 1 φ c fc′(beff − bw ) hf
a=
α 1 φ c fc′bw

Dimensionnement et vérification des poutres et des dalles 109

0 , 85 × 4 600 × 400 − 0 , 805 × 0 , 65 × 30 × ( 925 − 450 ) × 100


a= = 116 mm > hf = 100 mm
0 , 805 × 0 , 65 × 30 × 450

Section en T.  OK

Étape 7. Calculer Mr et vérifier que Mr > Mf

 hf   a
Mr = α 1 φ c fc′(beff − bw ) hf  d −  + α 1 φ c fc′bw a  d − 
 2  2

  100   116  
Mr =  0 , 805 × 0 , 65 × 30 × ( 925 − 450 ) × 100 ×  681 −  + 0 , 805 × 0 , 65 × 30 × 450 × 116  681 −   × 10
−6

  2 2 

Mr = 981 kNm > M f = 930 kNm OK


Étape 8. Vérifier les dispositions réglementaires et pratiques

 Facteur Z
fs = 0,6 f y fs = 0,6 × 400 = 240 MPa
db 35, 7
dc = bc′ + db,étrier + dc = 30 + 11, 3 + = 59 mm
2 2
X = h – d X = 750 – 681 = 69 mm
2 Xb 2 × 69 × 450
A= A= = 10 350 mm 2
n 6


Z = fs ( 3 dc A )
Z = 240 × ( 3
)
59 × 10 350 = 20 361 N/mm < 30 000 N/mm

Fissuration contrôlée.  OK

 Armature de peau
h = 750 mm Armature de peau requise.
X = 49 mm (voir exemple 4.7)
 h    750  
Acs = 2  2 X  − 2 ( h − d )  Acs = 2 ×  2 × 49 ×  − 2 ( 750 − 681)  = 46 4 52 mm
2

  2     2  

ρsk = 0,008 (non exposé)
A s,peau = rsk Acs A s,peau = 0,008 × 46 452 = 372 mm 2
A s,peau = 4 No. 10M = 400 mm 2 ,
deux barres de chaque côté.

 Pour les vérifications suivantes, voir l’étape 8 de l’exemple 4.7


relatif au dimensionnement de la poutre P1
Espacement des barres d’armature longitudinale ; enrobage et flèche.
110 Chapitre 4

4.6 Dalles portant dans une direction

4.6.1 Calcul en flexion


En flexion, la dalle portant dans une direction, c’est-à-dire dont la longueur Lb est égale
à au moins 2 fois la largeur La, se calcule comme une poutre rectangulaire de largeur
b = 1 mètre. Les armatures obtenues pour cette bande de 1 m seront alors répétées le
long de la dalle. Le tableau 4.12 permet de traduire l’aire d’acier d’armature requise en
fonction de l’espacement des barres.

Tableau 4.12 – Aire des barres d’armature (mm2) par mètre de largeur de dalle
en fonction de leur espacement

Espace- Barre
ment (mm) 10M 15M 20M 25M 30M 35M
 50 2 000 4 000 6 000 10 000 14 000 20 000
100 1 000 2 000 3 000 5 000 7 000 10 000
150 667 1 333 2 000 3 333 4 667 6 667
200 500 1 000 1 500 2 500 3 500 5 000
250 400 800 1 200 2 000 2 800 4 000
300 333 667 1 000 1 667 2 333 3 333
350 286 571 857 1 429 2 000 2 857
400 250 500 750 1 250 1 750 2 500
450 222 444 667 1 111 1 556 2 222
500 200 400 600 1 000 1 400 2 000

4.6.2 Calcul à l’effort tranchant


Comme il n’est pas pratique de placer des étriers dans une dalle, compte tenu de son
épaisseur limitée, l’effort tranchant est généralement repris entièrement par le béton,
soit (art. 11.3.6.2) :

Vf ≤ Vr = βλφc fc′ bdv (4.32)



Où, pour fc′ ≤ 40 MPa et f y ≤ 400 MPa (voir art. 11.3.6.2 et 11.3.6.3) :
0 , 21 si hs ≤ 350 mm 
 
 230 si h ≥ 350 mm et a ≥ 2 0 mm 
 s max 
β =  1 000 + dv 
 230 
 si hs ≥ 350 mm et amax < 20 mm  (4.33)
 1 000 + 0,85 dv 
 
dv = max ( 0 , 9 d ; 0 , 72 hs )
Dimensionnement et vérification des poutres et des dalles 111

4.6.3 Exigences minimales


Les exigences minimales relatives à l’épaisseur de la dalle et à l’espacement des ­armatures
sont données au tableau 4.13 suivant. Il convient de noter que si la dalle doit résister
au feu, l’annexe D du CNB-2010 spécifie le degré de résistance au feu en fonction de
l’épaisseur. Pour les bétons ordinaires, ledit degré s’établit comme suit : 1 heure pour
90 mm, 2 heures pour 130 mm et 3 heures pour 160 mm d’épaisseur de dalle.

Tableau 4.13 – Exigences minimales pour dalle portant dans une direction
Espacement des armatures
longitudinalesb
Épaisseur de la dalle
Principale Secondaire (retrait)
(parallèle à La) (parallèle à Lb)
a
 L 
hs ≥ max  120 mm ; n  s < smax = min (3hs ; 500 mm) s < smax = min (5hs ; 500 mm)
 α 
Notes : a) Pour (Ln /α) ; voir le tableau 3.5.
b) La < Lb

4.6.4 Dimensionnement et vérification


d’une dalle portant dans une direction

■■ Étapes de vérification

Tableau 4.14 – Étapes de vérification d’une dalle portant dans une direction
Étapes Commentaires
Données : Mf, fc′, f y, hs, As, γc, Vf Estimer d
Étape 1 Calculer Mr et vérifier que  a φ s As f y
Mr ≥ Mf Mr = φ s As f y  d −  ; a =
 2 α 1 φc fc′b
ou utiliser le tableau 4.4
Étape 2 Vérifier que As ≥ As,min et As,min = 0,002Ag
que As < Asb ou ρ < ρb Asb → éq. 3.13 ou tirer ρb du tableau 4.4
Étape 3 Vérifier que hs ≥ hs,min hs,min = max (L n /α ; 120 mm)
Étape 4 Vérifier la résistance à
Vf ≤ Vc = βλφ c fc′ bdv où b est donné
l’effort tranchant
à l’éq. 4.33
Étape 5 Vérifier les dispositions • Enrobage et espacements des armatures
réglementaires et pratiques (figure 4.1 ou tableau 4.13)
• Facteur Z (figure 3.7 ou tableau 3.1)
112 Chapitre 4

■■ Étapes de dimensionnement

Tableau 4.15 – Étapes de dimensionnement d’une dalle portant dans une direction

Étapes Commentaires
Données : Mf, Vf, fc′, f y, γc Estimer d
Étape 1 Déterminer hs et hs ≥ hs,min = max (L n /α ; 120 mm)
calculer d d = hs – bc – db /2
Étape 2 Calculer As,requis puis
As,pourvu ( )
As ,requis = M f / φ s f y ( 0 , 9 d )

Vérifier que As,pourvu ≥ As,min As ,min = 0 , 002 Ag


Vérifier que As,pourvu < Asb ou ρ < ρb α 1 β1 φ c fc′bc
Asb =
φ s fy

où c = cmax = 0 , 636 d pour fy = 400 MPa

Étape 3 Calculer Mr et vérifier que Mr = φ s As f y ( d − a / 2 )


Mr ≥ Mf
φ s As f y
a=
α 1 φc fc′b

Étape 4 Vérifier la résistance à


Vf ≤ Vc = βλφc fc′ bdv
l’effort tranchant
Étape 5 Vérifier les dispositions • Enrobage et espacements des armatures
réglementaires et pratiques (figure 4.1)
• Facteur Z (figure 3.7)

4.6.5 Exemples

Exemple 4.9 – Vérification d’une dalle portant


dans une direction

■■ Énoncé
Considérer une dalle simplement appuyée de portée L = 3 m et d’épaisseur hs = 150 mm.
La dalle, exposée aux intempéries, est armée à l’aide de No 15M espacées de 200 mm.
Elle supporte une charge permanente incluant le poids propre wD = 3,6 kN/m et une
surcharge d’exploitation wL = 15 kN/m.
Dimensionnement et vérification des poutres et des dalles 113

Vérifier si la dalle est adéquatement dimensionnée pour reprendre les charges, selon la
norme A23.3-04.
On donne : fc′ = 30 MPa ; béton ordinaire ; f y = 400 MPa ; amax = 20 mm ; bc = 30 mm ;
hs = 150 mm ; L = 3 000 mm ; As = No 15M @ 200 mm.

■■ Solution

Étape 0. Calculs initiaux

 1 000 
On considère 1 m de largeur, b = 1 000 mm. As = 200 ×  = 1000 mm 2 /m
 200 

w f = 1, 25 wD + 1, 5 wL w f = 1, 25 × 3, 6 + 1, 5 × 15 = 27 kN/m

w f L2 27 × 32
Mf = Mf = = 30 , 4 kNm
8 8

wf L 27 × 3
Vf = Vf = = 41 kN
2 2

db 16
d = hs − bc − d = 150 − 30 − = 112 mm
2 2

dv = max (0,9d ; 0,72hs) dv = max (0,9 × 112 ; 0,72 × 150) = 108 mm

Étape 1. Calculer Mr et vérifier que Mr ≥ Mf

 Usage de l’équation
φ s As fy 0 , 85 × 1 000 × 400
a= a= = 22 mm
α 1 φc fc′b 0 , 805 × 0 , 65 × 30 × 1 000

 a
Mr = φ s As fy  d − 
 2

 22 
Mr = 0 , 85 × 1 000 × 400 ×  112 −  × 10 −6 = 34 kNm > M f = 30 , 4 kNm
 2 

 Usage du tableau 4.4

As 1 000
ρ= ρ= × 100 = 0 , 89 % → kr = 2 , 72 MPa
bd 1 000 × 112

Mr = kr bd 2 Mr = 2 , 72 × 1 000 × 112 2 × 10 −6 = 34 kNm

114 Chapitre 4

Étape 2. Vérifier que As ≥ As,min et que ρ < ρb

As,min = 0 , 002 Ag As,min = 0 , 002 × 1 000 × 150 = 300 mm 2 < 1 000 mm 2 OK



fc′ = 30 MPa 
 → ρb = 2 , 63 % (tableau 4.4)
fy = 400 MPa 

ρ = 0 , 89 % < ρb = 2 , 63 % OK

Étape 3. Vérifier que hs ≥ hs,min


On suppose que L = Ln
Dalle simplement appuyée, donc α = 20
 Ln  3 000 
  = 150 mm 
hs,min = max  α hs,min = max  20  = 150 mm = hs OK
120 mm  120 mm 
 

Étape 4. Vérifier la résistance à l’effort tranchant

Vr = Vc = βλφc fc′ bdv Vc = 0 , 21 × 1 × 0 , 65 × 30 × 1 000 × 108 = 80 , 7 kN > Vf = 41 kN OK



Note : b = 0,21 car hs < 350 mm.

Étape 5. Vérifier les dispositions réglementaires et pratiques

 Espacement des armatures


3 h 3 × 150 = 450 mm 
s ≤ smax = min  s s = 200 mm < smax = min   = 45 0 mm OK
500 mm  500 mm 

 Facteur Z
fs = 0,6 f y fs = 0,6 × 400 = 240 MPa
db,int. 16
dc = bc + dd,éxt. + dc = 30 + 16 + = 54 mm
2 2
X = hs – d X = 150 – 112 = 38 mm
2 Xb 2 × 38 × 1 000
A= A= = 15 200 mm 2
n 5


Z = fs ( 3 dc A ) Z = 240 × ( 3
)
54 × 15 200 = 22 471 N/mm < 25000 N/mm

Fissuration contrôlée.  OK
Dimensionnement et vérification des poutres et des dalles 115

 Enrobage
bc = 30 mm (dalle exposée).  OK

 Flèche
Ln 3 000
hs ≥ hs = 150 mm ≥ = 150 mm. OK
20 20  
Conclusion : La dalle est conçue pour résister à un moment Mf = 30,4 kNm.

Exemple 4.10 – Dimensionnement d’une dalle portant


dans une direction

■■ Énoncé
Considérer la dalle simplement appuyée (exposée aux intempéries) de portée L = 2,5 m
et d’épaisseur hs = 125 mm. La dalle est soumise à une charge permanente, incluant le
poids propre, wD = 2,4 kN/m 2 et une surcharge d’exploitation wL = 4.8 kN/m 2 .

Dimensionner la dalle selon la norme A23.3-04.

On donne : fc′ = 30 MPa ; f y = 400 MPa ; amax = 20 mm ; bc = 30 mm.

■■ Solution

Étape 0. Calculs initiaux

On considère 1 m de largeur : b = 1 000 mm.


w f = 1, 25 wD + 1, 5 wL w f = 1, 25 × 2 , 4 + 1, 5 × 4 , 8 = 10 , 2 kN/m

w f L2 10 , 2 × 2 , 52
Mf = Mf = = 8 kNm
8 8

wf L 10 , 2 × 2 , 5
Vf = Vf = = 13 kN
2 2

Étape 1. Déterminer hs et calculer d


On suppose que L = Ln .
Dalle simplement appuyée, donc α = 20.
116 Chapitre 4

 Ln  2 500 
  = 125 mm 
hs,min = max  α hs,min = max  20  = 125 mm = hs
120 mm  120 mm 
  

On adopte des barres No 10M.


db 11, 3
d = hs − bc − d = 125 − 30 − = 89 mm
2 2

dv = max (0,9 d ; 0,72hs) dv = max (0,9 × 89 ; 0,72 × 125) = 90 mm

Étape 2. Calculer As,requis puis As,pourvu et vérifier que As,pourvu ≥ As,min


et que ρ < ρb
On suppose que Mf = Mr.
Mf 8 × 10 6
As, estimé = As, estimé = = 294 mm 2
φs fy ( 0 , 9 d ) 0 , 85 × 400 × ( 0 , 9 × 89 )

100 × 1 000
On adopte des No 10M @ 300 mm. As,pourvu = = 333 mm 2 OK
300  
As ,min = 0 , 002 Ag As,min = 0 , 002 × 1 000 × 125 = 250 mm 2 < As,pourvu = 333 mm 2 OK

fc′ = 30 MPa 
 → ρb = 2 , 63 % (tableau 4.4)
fy = 400 MPa 

As 333
ρ= ρ= × 100 = 0 , 37 % < ρb = 2 , 63 % OK
bd 1 000 × 89

Étape 3. Calculer Mr et vérifier que Mr ≥ Mf

 Usage de l’équation
φ s As fy 0 , 85 × 333 × 400
a= a= = 7, 2 mm
α 1 φc fc′b 0 , 805 × 0 , 65 × 30 × 1 000

 a  7, 2  −6
Mr = φ s As fy  d −  Mr = 0 , 85 × 333 × 400 ×  89 −  ×10 = 10 kNm
 2  2

 Usage du tableau 4.4


ρ = 0 , 37 % → kr = 1, 2 MPa

Mr = kr bd 2 Mr = 1, 2 × 1 000 × 89 2 × 10 −6 = 10 kNm

Mr = 10 kNm > M f = 8 kNm OK

Dimensionnement et vérification des poutres et des dalles 117

Étape 4. Vérifier la résistance à l’effort tranchant

Vr = Vc = βλφc fc′ bdv Vc = 0 , 21 × 1 × 0 , 65 × 30 × 1 000 × 90 = 67 kN > Vf = 13 kN OK


Étape 5. Vérifier les dispositions réglementaires et pratiques

 Espacement des armatures


3 h 3 × 125 = 375 mm 
s < smax = min  s s = 300 mm < smax = min   = 37 5 mm OK
500 mm  500 mm 

 Facteur Z
fs = 0,6 f y fs = 0,6 × 400 = 240 MPa
db,int. 11, 3
dc = bc + db,éxt. + dc = 30 + 11, 3 + = 47 mm
2 2
X = hs – d X = 125 – 89 = 36 mm
2 Xb 2 × 36 × 1 000
A = A= = 21 621 mm 2
n
3, 33


Z = fs ( 3 dc A ) Z = 240 × ( 3
)
47 × 21 621 = 24 129 N/mm < 25 000 N/mm

Fissuration contrôlée.  OK

 Enrobage
bc = 30 mm (dalle exposée)  OK

4.7 Problèmes

Problème 4.1
Considérer la poutre de section rectangulaire, non exposée aux intempéries, illustrée
à la figure P4.1. Elle est soumise à une charge permanente (incluant poids propre)
wD = 48 kN/m et une charge d’exploitation wL = 60 kN/m, toutes deux uniformément
réparties.
a) Vérifier, en utilisant les équations, que la section est adéquate pour reprendre le
moment de flexion maximum pondéré.
b) Vérifier, en utilisant les tables (voir le tableau 4.5), que la section est adéquate pour
reprendre le moment de flexion maximum pondéré .
118 Chapitre 4

On donne : f c′ = 30 MPa ; béton ordinaire : poids volumique = 24 kN/m 3 ;


As (4 No 25M) = 2 000 mm 2 ; f y = 400 MPa ; amax = 20 mm ; bc′ = 30 mm.

4 000 mm

Figure P4.1

Problème 4.2
Considérer la poutre de section rectangulaire non exposée, figure P4.2. La poutre, de
portée 6 m, est simplement appuyée sur des murs d’épaisseur 240 mm. En plus de son
poids propre, la poutre supporte une charge permanente wD = 8 kN/m et une charge
d’exploitation wL = 15 kN/m, toutes deux uniformément réparties.
Dimensionner la poutre en flexion aux états limites ultimes selon la norme A23.3-04.

On donne : fc′ = 30 MPa ; béton ordinaire : poids volumique = 24 kN/m 3 ; f y = 400 MPa.

6 000 mm
d
h

As

Figure P4.2
Dimensionnement et vérification des poutres et des dalles 119

Problème 4.3
Considérer la poutre de portée 6 m et de section rectangulaire illustrée à la figure P4.3.
La poutre, non exposée aux intempéries, est soumise à une charge pondérée unifor­
mément répartie wf = 62 kN/m (incluant le poids propre de la poutre). L’enrobage latéral
est de 30 mm.
Vérifier que la section est adéquate pour reprendre cette charge en flexion aux états
limites ultimes selon la norme A23.3-04.

On donne : fc′ = 30 MPa ; béton ordinaire : poids volumique = 24 kN/m 3 ; amax = 20 mm ;
f y = 400 MPa.

Étrier
No 10

Ln = 6 000 mm

Figure P4.3

Problème 4.4
Considérer la poutre de section rectangulaire (400 × 700 mm) dont les détails sont
montrés à la figure P4.4. La poutre, exposée aux intempéries, est soumise à un moment
maximum pondéré Mf = 850 kNm.
Dimensionner la section en tenant compte des exigences de la norme A23.3-04. On
utilisera des No 30M pour A s et des No 20M pour A s′.

On donne : fc′ = 30 MPa ; béton ordinaire : poids volumique = 24 kN/m 3 ; amax = 25 mm ;
f y = 400 MPa.
120 Chapitre 4

7 000 mm

Figure P4.4

Problème 4.5
Considérer la poutre simplement appuyée de section en T, notée P1, faisant partie du
plancher non exposé montré à la figure P4.5 ci-dessous. Le plancher supporte une charge
permanente, incluant son poids propre, wD = 20 kN/m 2 et une surcharge d’exploitation
wL = 38 kN/m 2 .
Vérifier que la section à mi-portée est adéquate pour reprendre la charge pondérée en
flexion aux états limites ultimes selon la norme A23.3-04.

On donne : fc′ = 25 MPa ; béton ordinaire : poids volumique = 24 kN/m 3 ; amax = 20 mm ;
f y = 400 MPa.

50 mm

6 000 mm

Figure P4.5
Dimensionnement et vérification des poutres et des dalles 121

Problème 4.6
Considérer la poutre de section en T, notée P1, faisant partie du plancher non exposé
montré à la figure P4.6. Les dimensions de ladite poutre ainsi que l’enveloppe du
diagramme des moments pondérés la sollicitant sont également illustrés.
a) Dimensionner la section à mi-portée (Mf = 1 500 kNm) selon la norme A23.3-04.
b) Calculer l’armature requise en appui (Mf = –750 kNm) par la méthode simplifiée.

On donne : fc′ = 30 MPa ; béton ordinaire : poids volumique = 24 kN/m 3 ; amax = 25 mm ;
f y = 400 MPa.

11 000 mm
h = 750 mm
1 400 mm

hf = 100 mm

Mf = –750 kNm

Mf = 1 500 kNm

Figure P4.6
122 Chapitre 4

Problème 4.7
Considérer la section doublement armée, non exposée aux intempéries, montrée à la
figure P4.7.
a) Calculer le moment résistant, M+r, en flexion positive (tension en bas) ;
b) Vérifier si le renforcement de la section est conforme à la norme A23.3-04 et dire si
le comportement de la section est de type fragile ou ductile ;
c) Calculer le moment résistant, M –r, en flexion négative (tension en haut).

On donne : fc′ = 30 MPa ; f y = 400 MPa ; enrobage = 40 mm.

Étrier No 10M
     @ 300 mm

Figure P4.7
Dimensionnement et vérification des poutres et des dalles 123

Problème 4.8
Considérer le plancher en béton armé, non exposé aux intempéries, montré à la
figure P4.8a). Le plancher supporte, en plus de son poids propre, une charge permanente
additionnelle de 2 kPa et une surcharge d’exploitation inconnue wL (kPa).

Pour la poutre intérieure sur l’axe 2-2 :


a) Vérifier si la poutre rencontre les exigences de la norme A23.3-04 du point de vue du
contrôle de la flèche et de la protection des armatures (ne pas modifier les données
même si elles sont inadéquates) ;
b) Dimensionner la section de la poutre au nu de l’appui intérieur pour un moment
Mf = -355 kNm (flexion négative) ;
c) Vérifier la poutre en travée sur la base des données de la figure P4.8b) (avec 3 barres
No 25M) en supposant un moment en travée Mf = 230 kNm (faire les vérifications
nécessaires concernant la disposition des armatures, la fissuration, etc.) ;
d) Vérifier si la méthode des coefficients forfaitaires est applicable pour calculer les
courbes enveloppes des moments et efforts tranchants ;
e) Calculer, par la méthode des coefficients forfaitaires, la courbe enveloppe des
moments le long de la poutre en fonction de wf (montrer les valeurs aux sections
critiques) ;
f) Déduire la surcharge maximale wL que peut supporter la poutre ;
g) Estimer la surcharge d’exploitation qui cause la fissure en travée.

On donne : fc′ = 30 MPa ; f y = 400 MPa ; amax = 20 mm ; béton ordinaire : poids volu­
mique = 24 kN/m 3.
• Poutre : enrobage = 30 mm ; barres No 25M sur un lit ; étriers No 10M.
• Dalle : épaisseur = 150 mm ; enrobage = 20 mm ; barres No 10M ;
d = 125 mm dans la direction principale.

6 000 mm 6 000 mm
2 800 mm

Poteau
400  400 mm
2 800 mm

Figure P4.8
124 Chapitre 4

Problème 4.9
Considérer la dalle portant dans une direction du problème 4.8 où wL = 9 kPa, dont
les détails de renforcement dans la direction principale (incomplets) sont illustrés à la
figure P4.9.
a) Vérifier l’épaisseur de la dalle vis-à-vis la flèche et le cisaillement ;
b) Proposer un espacement (s) des barres No 10M à l’endroit du nu de l’appui intérieur
de façon à rencontrer les exigences de la norme A23.3-04 (résistance, espacement,
armature minimale et maximale) ;
c) Proposer l’espacement d’armatures de retrait (No 10M) dans la direction secondaire
conformément à la norme A23.3-04.

On donne : fc′ = 30 MPa ; f y = 400 MPa ; amax = 20 mm ; béton ordinaire : poids volu-
mique = 24 kN/m 3.

d = 125 mm

hf = 150 mm

2 800 mm c/c

Figure P4.9
Dimensionnement et vérification des poutres et des dalles 125

Problème 4.10
Considérer la section rectangulaire montrée à la figure P4.10.

Calculer son moment résistant M r selon la norme A23.3-04, en utilisant :


a) les formules ;
b) les tables.

On donne : fc′ = 30 MPa ; f y = 400 MPa ; béton ordinaire ; enrobage = 40 mm.

Figure P4.10

Problème 4.11
Considérer la poutre simplement appuyée non exposée aux intempéries et de portée
5 m. La poutre supporte une charge permanente incluant le poids propre wD = 10 kN/m
et une surcharge d’exploitation wL = 12 kN/m.
a) Trouver les dimensions de la section rectangulaire requise (supposer h = 2b) ;
b) Trouver l’aire de l’armature requise selon la norme A23.3-04 si l’on néglige le poids
propre.

On donne : fc′ = 30 MPa ; f y = 400 MPa ; béton ordinaire.


126 Chapitre 4

Problème 4.12
Considérer la section rectangulaire doublement armée illustrée à la figure P4.12.

Calculer son moment résistant M r selon la norme A23.3-04, en ­


utilisant :
a) les formules ;
b) les tables.

On donne : fc′ = 30 MPa ; f y = 400 MPa ; béton ordinaire ; enrobage = 40 mm ; d = 536 mm ;
d′ = 61 mm.

Figure P4.12
Dimensionnement et vérification des poutres et des dalles 127

Problème 4.13
Considérer la poutre en T isolée de portée 8 m. La poutre est simplement appuyée et
est située dans un environnement non exposé aux intempéries. La section de la poutre
est montrée à la figure P4.13. La poutre est soumise à un moment de flexion maximum
pondéré en travée de 700 kNm.

Dimensionner la section selon la norme A23.3-04.

On donne : fc′ = 30 MPa ; f y = 400 MPa ; enrobage = 30 mm ; étriers No 10M ; négliger
le poids propre.

2 000 mm

Figure P4.13
128 Chapitre 4

Problème 4.14
Considérer le plancher, non exposé aux intempéries, formé d’une série de poutres en
porte-à-faux, sur appuis simples (figure P4.14). Le plancher supporte, en plus de son
poids propre, une charge permanente de 2 kN/m 2 et une surcharge d’exploitation de
7 kN/m 2 . La charge d’exploitation peut être appliquée soit sur la travée, soit sur la partie
en porte-à-faux, soit sur la longueur totale de la poutre.
a) Déterminer l’enveloppe des moments fléchissants ;
b) Dimensionner la section en travée (correspondant au moment maximum positif) ;
c) Dimensionner la section à l’appui du côté en porte-à-faux (correspondant au moment
négatif).

On donne : fc′ = 30 MPa ; f y = 400 MPa ; amax = 20 mm ; enrobage = 30 mm ; béton ordi­
naire : poids volumique = 24 kN/m 3.

2 400 mm c/c

12 000 mm 4 000 mm

Figure P4.14
Chapitre

5
Effort tranchant

5.1 Notations utilisées dans ce chapitre

Acs Aire effective de la bielle de compression


Act Aire du béton du côté tendu d’une section en flexion (voir figure 5.5)
Acv Aire de la section de béton résistant au cisaillement de transfert
Ag Aire brute d’une section
Ai Aire de la section d’étriers de suspension
As Aire de la section d’armature longitudinale
As,grid Aire de la section du grillage d’armature pour contrôle de fissure
As,Nf Aire de l’armature de cisaillement par friction additionnelle due à Nf
Ass Aire de la section d’armature longitudinale dans la bielle de compression
Ast Aire de la section du tirant
Av Aire de la section d’armature transversale
Avf Aire de la section d’armature de cisaillement par friction
130 Chapitre 5

Av,min Aire minimale requise de la section d’armature transversale


C Force de compression dans le béton comprimé
Cs Force de compression dans la bielle
Ec Module d’élasticité du béton
Es Module d’élasticité de l’acier d’armature
Lb Longueur de la plaque d’appui
Ld Longueur de développement d’ancrage (ou de scellement) des barres
Ln Portée entre nus des appuis
M Moment fléchissant
Mf Moment fléchissant pondéré
Mr Moment résistant pondéré
N Force due aux charges permanentes non pondérées perpendiculaire au plan
de cisaillement
Nf Force axiale pondérée perpendiculaire à la section agissant en concomitance avec Vf,
incluant l’action due au fluage et au retrait
P Charge appliquée
Pf Force concentrée pondérée
T Force de traction dans l’armature longitudinale tendue
Tst Force de traction dans le tirant
V Effort tranchant
Va Contribution de l’imbrication mécanique des agrégats à la résistance à l’effort
tranchant
Vc Contribution du béton à la résistance à l’effort tranchant
Vd Contribution de l’effet goujon de l’armature longitudinale à la résistance
à l’effort tranchant
Vf Effort tranchant pondéré
Vf,design Effort tranchant de calcul
Vr Résistance à l’effort tranchant
Vr,max Résistance maximale à l’effort tranchant
Vs Contribution de l’armature transversale à la résistance à l’effort tranchant
a Longueur de cisaillement ; distance centre à centre du point d’exemple de la charge
à l’appui
ag Dimension nominale maximale des granulats
b Largeur d’une menbrure
bw Largeur de l’âme de la section du béton
c Cohésion
d Hauteur effective de la section de béton armé
db,barre soutenue Diamètre de la barre soutenue par l’étrier
db,étrier Diamètre de l’étrier
Effort tranchant 131

dv Hauteur effective en cisaillement


f1 Contrainte principale dans la direction 1
f2 Contrainte principale dans la direction 2
fcu Contrainte de compression limite dans la bielle de compression
fc′ Résistance nominale en compression du béton à 28 jours
fy Contrainte élastique limite de l’acier d’armature
h Hauteur de la poutre
ha Hauteur effective du béton dans lequel les tirants sont logés
jd Bras de levier entre les forces résultantes en compression et en traction
r Rayon
s Espacement des étriers
sgrid Espacement entre barres d’armature du quadrillage
smax Espacement maximal admissible des étriers
sze Paramètre équivalent pour l’espacement des fissures tenant compte de l’influence
de la dimension du granulat
wD Charge permanente non pondérée uniformément répartie
wf Charge pondérée uniformément répartie
wL Surcharge d’exploitation non pondérée
αf Angle entre l’armature de cisaillement par friction et le plan de cisaillement
β Coefficient tenant compte de la résistance du béton fissuré
ε1 Déformation unitaire principale dans le béton fissuré, due aux charges pondérées
εs Déformation unitaire de l’acier en traction
εx Déformation unitaire longitudinale à mi-hauteur de la section
εy Déformation unitaire élastique limite de l’acier en traction
θ Angle de la contrainte de compression diagonale par rapport à l’axe longitudinal
de la membrure
θs Plus petit angle entre la bielle de compression et le tirant associé
λ Coefficient pour tenir compte de la densité du béton (λ = 1 pour béton ordinaire)
μ Coefficient de friction
vc Résistance en cisaillement pondérée due au béton
vs Résistance en cisaillement pondérée due à l’acier d’armature
ρv Taux d’armature de cisaillement par friction
σ Contrainte normale effective
φc Facteur de résistance du béton ; voir le chapitre 4
φs Facteur de résistance de l’acier d’armature ; voir le chapitre 4
132 Chapitre 5

5.2 Comportement d’une poutre à l’effort tranchant


L’effort tranchant est généralement présent dans toutes les structures sollicitées. Dans
les poutres par exemple, l’effort tranchant n’est nul que dans les zones, plutôt rares, où
 dM 
le moment est constant  V = .
 dx 

5.2.1 État de contrainte et formation de fissures


d’un élément cisaillé

f2
v
= Bielle Fissure
f2

Contraintes et formation de fissures diagonales : a) poutre en flexion ; b) efforts


internes et élément infinitésimal ABCD ; c) élément ABCD sous contraintes de
cisaillement (les contraintes normales ne sont pas montrées) ; d) contrainte princi­
pale de traction f 1 ; e) contrainte principale de compression f 2 ; f) fissures et bielles
de compression dues à f 1 et f 2 .

Figure 5.1 – Contrainte de cisaillement et formation de fissures


Effort tranchant 133

5.2.2 Mécanismes de résistance à l’effort tranchant

Forme des étriers

Figure 5.2 – Forces internes dans une section fissurée

➟➟ La résistance à l’effort tranchant est assurée par plusieurs mécanismes (figure 5.2) :
le béton Vc, l’armature transversale Vs et, dans une moindre mesure, l’imbrication
mécanique des agrégats le long de la fissure, Va, et l’effet goujon (dowel) joué par
l’armature longitudinale, Vd.
➟➟ Le rôle de l’armature dite transversale est de contrôler l’ouverture des fissures
diagonales (figure 5.1f). Elle peut être de différentes formes : a) étriers perpen­
diculaires à l’axe longitudinal de la poutre ; b) étriers inclinés à 45o ou plus par
rapport à l’armature longitudinale ; c) barres longitudinales (≤ No 35M) relevées ;
d) combinaison de a) et c). Bien que les armatures inclinées soient plus efficaces,
en pratique, ce sont les étriers droits qui sont le plus fréquemment utilisés compte
tenu de leur facilité d’installation.
➟➟ Il convient de noter que :
a) Dans les dalles en BA, du fait qu’il est difficile d’accommoder des étriers et des
cadres en acier pour reprendre le cisaillement, l’effort tranchant est repris en
totalité par le béton.
b) Dans les poutres, la contribution du béton à la résistance à l’effort tranchant
n’est généralement pas suffisante et des étriers et cadres en acier sont souvent
requis.
134 Chapitre 5

■■ Mode de rupture
Le mode de rupture est généralement contrôlé par la longueur dite de cisaillement « a »
(voir la figure 5.1), entre la force appliquée et l’appui le plus proche, comme suit :
➟➟ a/d ≤ 1,0 Cas représentant les poutres profondes ou très courtes pour
lesquelles le mode de rupture est lié au mécanisme de bielle et
tirant, tel que discuté dans ASCE-ACI Committee 426 (1973).
➟➟ 1,0 < a/d < 2,5 Rupture par écrasement du béton dans la zone comprimée.
➟➟ 2,5 < a/d < 6,0 Rupture par cisaillement – flexion.
➟➟ a/d ≥ 6,0 Rupture par flexion.

5.3 Aspects réglementaires et pratiques


Selon la norme A23.3-04, les exigences minimales et dispositions constructives suivantes
doivent être observées.

■■ Armature transversale
L’article 11.2.8.1 de la norme spécifie un minimum d’armature transversale donné par
l’équation 5.10, applicable aux cas suivants :
a) pour les régions où Vf ≥ Vc ;
b) pour les régions où la hauteur totale de la section est supérieure à 750 mm ;
c) pour les régions où Tf ≥ 0,25 Tcr .
bw s
Av,min = 0 , 06 fc ′ (5.1a)
fy

 Av  b
soit :   = 0 , 06 fc′ w (5.1b)
s min fy

■■ Espacement maximal des étriers et cadres

smax = min ( 0,7 dv ; 600 mm ) si Vf ≤ V * = 0 , 125λφ c fc ′ bw dv (5.2a)



smax = min ( 0 , 35 dv ; 300 mm ) si Vf > V * = 0 , 125λφ c fc ′ bw dv (5.2b)

■■ Ancrage de l’armature transversale


Les étriers doivent être aussi hauts que les enrobages le permettent. De plus, les étriers
en U doivent être ancrés comme montré à la figure 5.3.
Effort tranchant 135

Enrobage Enrobage

Pas de
restriction >0,33Ld
db,étrier
r = max (2db,étrier ; 10 mm ; db,barre soutenue)

Enrobage Enrobage

> 0,33 Ld

db,étrier ≤ 15M db,étrier : 20M et 25M Barres relevées

Figure 5.3 – Ancrage de l’armature transversale

5.4 Méthodes de calcul de la résistance

■■ Méthodes de calcul de la résistance à l’effort tranchant


La norme A23.3-04 prescrit trois méthodes pour calculer la résistance à l’effort
­tranchant  :
a) la méthode générale, qui est basée sur la théorie des champs de contraintes (Modified
compression field theory) ;
b) la méthode simplifiée, découlant de la méthode générale mais dont l’application est
restreinte à fc′ ≤ 60 MPa, f y ≤ 400 MPa et à un effort de traction négligeable, ce qui
représente la majorité des cas pratiques ;
c) la méthode des bielles-et-tirants (Strut-and-tie method), qui est utilisée pour les
éléments présentant des discontinuités comme les consoles courtes, les poutres
profondes, les poutres présentant des changements brusques de section et les zones
proches des ouvertures et des charges concentrées.

■■ Effort tranchant dans les sections proches des appuis


Souvent, l’effort tranchant maximum a lieu à l’extrémité de la poutre, au nu de l’appui.
Quand la réaction d’appui introduit de la compression dans cette zone, la résistance
à l’effort tranchant s’en trouve augmentée, si bien que des fissures diagonales ne se
forment pas sur une distance, du nu de l’appui, égale à la hauteur effective dv de la
136 Chapitre 5

poutre. Par conséquent, la norme permet, pour certains cas favorables, que les sections
situées à une distance inférieure à dv soient dimensionnées pour Vf correspondant à la
distance dv du nu de l’appui et non pour Vf,max au nu de l’appui. La figure 5.4 présente,
pour les cas courants, la section critique à considérer pour Vf,design.

Figure 5.4 – Sections critiques pour Vf,design

■■ Résistance à l’effort tranchant


La norme A23.3-04 exprime la résistance à l’effort tranchant Vr comme suit :

Vr = Vc + Vs ≤ 0 , 25 φ c fc ′ bw dv (5.3)

où bw est la largeur de la section et dv sa hauteur effective en cisaillement donnée par :
dv = max (0,9d ; 0,72h) (5.4)
Les équations pour le calcul de Vc et Vs dépendent de la méthode utilisée, tel que
présenté dans les sections suivantes.
Effort tranchant 137

5.5 Méthode simplifiée

5.5.1 Applicabilité et équations de calcul


Cette méthode est prévue pour les conditions dites normales suivantes :
a) fc′ ≤ 60 MPa
b) f y ≤ 400 MPa
c) force axiale de traction négligeable
Dans ces conditions, la déformation longitudinale, εx peut être considérée égale à
0,85 × 10 –3, ce qui implique que b = 0,18 et u = 35° (voir équations 5.10 et 5.11, méthode
générale). Il s’ensuit pour Vc et Vs :

Vc = 0 , 18 φ c λ fc ′ bw dv (5.5)

Av
Vs = 1, 43 φ s fy dv (5.6a)
s
d’où
Av
s = 1, 43 φ s fy dv (5.6b)
Vs

Par ailleurs, la résistance à l’effort tranchant d’une membrure sans armature transver­
sale est donnée par :
230
Vr = Vc = φc λ fc′ bw dv (5.7)
1 000 + dv

5.5.2 Points caractéristiques et définitions des régions


à espacement constant
L’effort tranchant n’est généralement pas constant et varie le long de la poutre. Il en est donc
de même (du moins théoriquement) pour le taux d’armature transversale. En pratique,
cependant, l’enveloppe de l’effort tranchant est subdivisée en régions (intervalles) le
long de la poutre, à l’intérieur desquelles la même armature transversale est pourvue.
Les points délimitant ces régions sont souvent des points caractéristiques correspondant
à des exigences de la norme en matière d’espacement maximal, d’armature minimale et
de l’effort tranchant repris par le béton. Ils peuvent s’établir comme suit :
➟➟ Point caractéristique No 1 : Vf correspondant à Vc. Pour Vf ≤ Vc, l’armature trans­
versale n’est pas requise. À noter que Vc est donné par l’éq. 5.5 en présence d’arma­
ture transversale, alors qu’il est donné par l’éq. 5.7 pour une section sans armature
transversale.
138 Chapitre 5

➟➟ Point caractéristique No 2 : Vf correspondant à Av,min. À noter qu’en deçà de


cette valeur, une armature minimale est requise (éq. 5.1). L’effort tran­
chant Vf, correspondant à Av,min, peut être obtenu en remplaçant Av par l’ex­
pression de Av,min (éq. 5.6a). Ceci permet d’obtenir Vs , correspondant à
( )
Av,min soit : Vs = 1, 43 φ s × 0 , 06 fc′ bw dv , puis Vf = Vs + Vc.

5.5.3 Dimensionnement et vérification – Méthode simplifiée

■■ Étapes de vérification

Tableau 5.1 – Étapes de vérification

Étapes Commentaires
Données : Vf (enveloppe), Av, s, fc′, f y, bw, d, h
Étape 1. Vérifier les conditions quant fc′ ≤ 60 MPa ; f y ≤ 400 MPa ; effort de
à l’utilisation de la méthode simplifiée traction négligeable
Pour chacune des régions ayant la même armature Av , effectuer les étapes 2 à 5.
Étape 2. Vérifier que Av ≥ Av,min bw s
Av,min = 0 , 06 fc ′ [éq. 5.1]
fy

Étape 3. Vérifier que Vf,max ≤ Vr,max


Vr,max = 0 , 25φ c fc ′ bw dv [éq. 5.3]

Étape 4. Calculer smax = min ( 0 , 7 dv ; 600 mm ) si Vf ≤ V *


V * = 0 , 125λφ c fc ′ bw dv , puis smax, puis
smax = min ( 0 , 35 dv ; 300 mm ) si Vf > V *
vérifier que s ≤ smax
Étape 5. Calculer Vc et Vs puis
Vr = Vc + Vs . Vérifier que Vf ≤ Vr Vc = 0 , 18 φ c λ fc ′ bw dv [éq. 5.5]
et que Vr ≤ Vr,max
Av
Vs = 1, 43 φ s fy dv [éq. 5.6a]
s
Pour une membrure sans armature
­transversale  :
 230 
Vr =   φ λ fc ′ bw dv [éq. 5.7]
 1 000 + d  c
v

Étape 6. Vérifier que l’ancrage et Enrobage : voir la figure 4.1


l’enrobage sont adéquats Ancrage : voir la figure 5.3
Effort tranchant 139

■■ Étapes de dimensionnement

Tableau 5.2 – Étapes de dimensionnement

Étapes Commentaires
Données : Vf, bw, d, f y, fc′, h
À noter que Vf a généralement la forme d’un diagramme (enveloppe). Aussi, les
points caractéristiques sont d’abord déterminés, incluant la valeur de Vf (à dv) s’il y
a lieu et Vf = Vc en deçà duquel Av n’est pas requise. Ensuite, le reste du diagramme
est subdivisé en régions à l’intérieur desquelles Av, s et Vf sont supposés constants
(voir exemples).
Étape 1. Vérifier les conditions quant fc′ ≤ 60 MPa ; f y ≤ 400 MPa ; effort de
à l’utilisation de la méthode simplifiée traction négligeable
Étape 2. Vérifier que Vf,max ≤ Vr,max
Vr ,max = 0 , 25φ c fc ′ bw dv [éq. 5.3]

Étape 3. Calculer smax = min ( 0 , 35 dv ; 300 mm ) si Vf > V *


V* = 0,125 cfc′bwdv puis smax
smax = min ( 0 , 7 dv ; 600 mm ) si Vf ≤ V *

Étape 4. Déterminer les points caractéristiques et définir les régions à l’intérieur


desquelles Av et s sont supposés constants
Pour chacune de ces régions, effectuer les étapes 5 à 8.
Étape 5. Calculer Vc et déduire
Vs = Vf – Vc Vc = 0 , 18 φ c λ fc ′ bw dv [éq. 5.5]

Av
Vs = 1, 43 φ s fy dv [éq. 5.6a]
s
Étape 6. Choisir db,étrier et déduire Av Si cadre ou étrier en U utilisés, alors
Av = 2 × section d’un brin (puisque
2 brins sont cisaillés)
Étape 7. Calculer l’espacement s Av
requis, arrondir et vérifier que s ≤ smax s = 1, 43 φ s fy dv [éq. 5.6b]
Vs

Étape 8. Vérifier que Av > Av,min bw s


Av,min = 0 , 06 fc ′ [éq. 5.1]
fy

Étape 9. Placer les étriers le long de Enrobage : voir la figure 4.1


la poutre et vérifier que les exigences Ancrage : voir la figure 5.3
en matière d’enrobage et d’ancrage
sont satisfaites
140 Chapitre 5

5.5.4 Exemples – Méthodes simplifiées

Exemple 5.1 – Vérification à l’effort tranchant

■■ Énoncé
Considérer la poutre simple, non exposée aux intempéries, montrée à la figure X5.1A.
La poutre a une section transversale de 300 mm × 800 mm et une portée de 8 m. Les
détails de l’armature longitudinale et transversale sont montrés à la figure X5.1A. À
noter que des étriers (qui ne sont pas tous montrés dans la figure) sont pourvus tout le
long de la poutre. La poutre est soumise à une charge permanente totale wD = 20 kN/m
et une surcharge wL = 40 kN/m.

On demande de vérifier la résistance de la poutre à l’effort tranchant selon la norme


A23.3-04.

On donne : fc′ = 30 MPa ; f y = 400 MPa ; béton ordinaire : poids volumique = 24 kN/m 3 ;
bc′ = 30 mm ; d = 741 mm.

2 000 mm 4 000 mm 2 000 mm


2 × 20M
10M @ 300 mm 10M @ 450 mm 10M @ 300 mm
741 mm
800 mm

3 × 35M

Ln = 8 000 mm

Figure X5.1A – Exemple 5.1

■■ Solution

Étape 0. Calculs initiaux

w f = 1, 25 wD + 1, 5 wL w f = 1, 25 × 20 + 1, 5 × 40 = 85 kN/m

dv = max (0,9d ; 0,72h) dv = max (0,9 × 741 ; 0,72 × 800) = 667 mm
Effort tranchant 141

a)  Enveloppe de Vf
w f Ln 85 × 8
Vf à l’appui : Vf ,appui = Vf,appui = = 340 kN
2 2
w
 wL L 
Vf à mi-portée : V VL L = = Lf Lf n n V VL L = =6060kN
kN
    f, f2, 2
8 8  
f, f,
2 2

 340 − 60 
( )
Vf ,max = Vf à dv de l’appui: Vf,max = 340 −   × 667 = 293, 3 kN
 4 000 

Figure X5.1B – Diagramme des efforts tranchants et points caractéristiques

b) Calcul de Vc
Si Av ≥ Av, min, alors b = 0,18 et

Vc = 0 , 18 λφ c fc ′ bw dv Vc = 0 , 18 × 1, 0 × 0 , 65 × 30 × 300 × 667 = 128 × 10 3 N



230 230
Si Av < Av, min, alors β = = = 0 , 14 et Vc = 98 kN
1 000 + dv 1 667

Donc pour Vf ≤ 98 kN ⇒ Av non requis


Pour 98 kN < Vf ≤ 128 kN ⇒ Av, min requis
142 Chapitre 5

Étape 1. Vérifier les conditions d’utilisation de la méthode simplifiée

 f ′ = 30 MPa < 60 MPa


 c
 fy = 400 MPa OK


Pas de traction  

Étape 2. Vérifier que Av ≥ Av,min

a) Zone 1 : Étriers No 10M @ s = 30 mm ⇒ Av = 200 mm 2

0 , 06 × 30 × 300 × 300
Av,min = = 74 mm 2
400

Av = 200 mm 2 > Av,min = 74 mm 2


b) Zone 2 : Étriers No 10M @ s = 450 mm ⇒ Av = 200 mm 2

0,06 × 30 × 300 × 45 0
Av,min = = 111 mm 2
400

Av = 200 mm 2 > Av,min = 111 mm 2


Étape 3. Vérifier que Vf,max ≤ Vr,max

Vr,max = 0 , 25φc λ fc′ bw dv Vr,max = 0 , 25 × 0 , 65 × 1, 0 × 30 × 300 × 667 = 975 × 10 3 N



Vf,max = 293,3 kN < Vr,max = 975 kN  OK

Étape 4. Calculer V* puis smax et vérifier que s < smax

V * = 0 , 125λφ c fc ′ bw dv V * = 0 , 125 × 1, 0 × 0 , 65 × 30 × 300 × 667 = 488 × 10 3 N



(
Vf = 293, 3 kN < V * = 488 kN → smax = min 0 , 7 dv ; 600 mm )
smax = min ( 0 , 7 × 667 ; 600 ) = 467 mm

smax = 467 mm > s (zone 2) = 450 mm  OK
Effort tranchant 143

Étape 5. Calculer Vr = Vs + Vc et vérifier que Vr ≥ Vf


Vc = 128 kN puisque Av > Av, min partout.

Av
Vs = 1, 43 φ s fy dv
s

a) Zone 1 : s = 300 mm, Av = 200 mm 2


200
Vs = 1, 43 × 0 , 85 × × 400 × 667 = 216 × 10 3 N
300

Vr = 128 + 216 = 344 kN > Vf = 293, 3 kN OK


b) Zone 2 : s = 450 mm, Av = 200 mm 2


200
Vs = 1, 43 × 0 , 85 × × 400 × 667 = 144 × 10 3 N
450

Vr = 128 + 144 = 272 kN


 340 − 60 
Vf à 2 m de l ’appui = 340 −   × 2 000 = 2000 kN
 4 000 

Vf = 200 kN < Vr = 272 kN OK

Étape 6. Vérifier que Vr ≤ Vr,max

a) Zone 1 : Vr = 344 kN < Vr,max = 975 kN  OK


b) Zone 2 : Vr = 272 kN < Vr,max = 975 kN  OK

Étape 7. Vérifier l’ancrage et l’enrobage


Enrobage : b′c = 30 mm poutre non exposée  OK
Ancrage : db,étrier = No 10M < No 15M ⇒ pas de restriction
144 Chapitre 5

Exemple 5.2 – Dimensionnement à l’effort tranchant

■■ Énoncé
Considérer la poutre de portée simple et de section rectangulaire dont les dimensions
sont données à la figure X5.2A. La poutre est située dans un environnement exposé aux
intempéries. Elle supporte une charge permanente totale de 30 kN/m et une surcharge
d’exploitation de 35 kN/m. L’armature longitudinale est constituée de deux nappes (ou
lits) de 3 No 30M espacées de 50 mm.

Dimensionner la poutre à l’effort tranchant selon la norme A23.3-04.

On donne : fc′ = 30 MPa ; f y = 400 MPa ; béton ordinaire : poids volumique = 24 kN/m 3 ;
b′c = 40 mm ; étriers No 10M.

691 mm

6 × 30M
(2 nappes)

Ln = 7 000 mm

Figure X5.2A – Exemple 5.2

■■ Solution

Étape 0. Calculs initiaux

w f = 1, 25 wD + 1, 5 wL w f = 1, 25 × 30 + 1, 5 × 35 = 90 kN/m

50
d = h − bc′ − d b,étrier − db – d = 691 − 40 − 11, 3 − 30 – 25 = 585 mm
2

dv = max (0,9d ; 0,72h) dv = max (0,9 × 585 ; 0,72 × 691) = 526 mm


Effort tranchant 145

a)  Enveloppe de Vf
w f Ln 90 × 7
Vf à l’appui : Vf ,appui = Vf ,appui = = 315 kN
2 2

w Ln 
Vf à mi-portée : V V = 46 kN
Lf
= 

f ,L
2  8
f ,L
2

 315 − 46 
( )
Vf ,max = Vf à dv de l'appui Vf ,max = 315 − 
 3 500 
 × 526 = 275 kN

Figure X5.2B – Diagramme des efforts tranchants et points caractéristiques

b) Section à partir de laquelle Av n’est pas requis :


230 230
β= β= = 0 , 15
1 000 + dv 1 000 + 526

Vc = 0 , 15 λφc fc′ bw dv Vc = 0 , 15 × 1, 0 × 0 , 65 × 30 × 300 × 526 = 84 , 2 × 10 3 N



Donc, si Vf ≤ 84,2 kN ⇒ Av non requis
146 Chapitre 5

Étape 1. Vérifier les conditions d’utilisation de la méthode simplifiée

 f ′ = 30 MPa < 60 MPa


 c
 fy = 400 MPa OK


Pas de traction  

Étape 2. Vérifier que Vf,max ≤ Vr,max

Vr,max = 0 , 25φ c fc ′ bw dv (éq. 5.1) Vr,max = 0 , 25 × 0 , 65 × 30 × 300 × 526 × 10 −3 = 769 kN OK



Vr,max = 769 kN > Vf,max = 275 kN  OK

Étape 3. Calculer V* puis smax

V * = 0 , 125λφ c fc ′ bw dv V * = 0 , 125 × 1, 0 × 0 , 65 × 30 × 300 × 526 × 10 – 3 = 385 kN



Vf = 275 kN < V * = 385 kN

(
→ smax = min 0 , 7 dv ; 600 mm )
smax = min ( 0 , 7 × 526 ; 600) = 368 mm, soit smax = 350 mm

Étape 4. Déterminer les points caractéristiques et définir les régions


Point No 1 – Correspondant à Vf ≤ Vc = 84,2 kN

315 – 84 , 2
x = 3, 5 × = 3, 0 m
315 – 46

→ 3, 0 m ≤ x ≤ 3, 5 m Armature transversale non requise
Point No 2 – Correspondant à Vr pour smax = 350 mm
Dans ce cas b = 0,18 et Vc = 101 kN. Il s’ensuit :

Av 200
Vr = Vc + 1, 43 φ s fy dv Vr = 101 + 1, 43 × 0 , 85 × 400 × × 526 × 10 −3 = 247 kN
smax 350

ce qui est inférieur à Vf,max = 275 kN. L’abscisse correspondant à Vr pour smax est :
315 – 247
x = 3, 5 × = 0, 9 m
315 – 46

→ 0 , 9 m ≤ x ≤ 3, 0 m s = 350 mm
Pour x < 0,9 m ⇒ Vs = Vf – Vc = 275 – 101 = 174 kN
Par conséquent srequis = 294 mm, soit 285 mm.
Effort tranchant 147

Résumé : Régions pour la moitié de la poutre (symétrie) :

Région 1: Vf ≤ Vc = 84,2 kN pour 3,00 m < x ≤ 3,50 m


Région 2: Vf,max = 247 kN pour 0,90 m < x ≤ 3,00 m
Région 3: Vf,max = 275 kN pour 0,00 m ≤ x ≤ 0,90 m

Étape 5 à 8. Effectuer les étapes 5 à 8 pour les régions définies à l’étape 4


Région 1 : Pas d’étriers pour 3,00 m < x ≤ 3,50 m (voir étape 4)
Région 2 : Espacement minimal de 350 mm pour 0,90 m < x ≤ 3,00 m (voir étape 4)

Région 3 : s = 285 mm pour x ≤ 0,90 m


Donc pas de calcul particulier à faire.

Résumé :

0 , 00 m ≤ x ≤ 0 , 90 m → étrier No 10M @ s = 285 mm



0 , 90 m < x < 3, 0 0 m → étrier No 10M @s = 350 mm
3, 00 m < x ≤ 3, 50 m → sans é trier

Étape 9. Placer les étriers le long de la poutre et vérifier


l’enrobage et l’ancrage requis
Enrobage (figure 4.1) b′c = 40 mm (poutre exposée)  OK
db,étrier : No 10M < No 15M ⇒ pas de restriction pour ancrage   OK

Figure X5.2C – Disposition des étriers


148 Chapitre 5

5.6 Méthode générale


La méthode générale est basée sur la théorie des champs de contraintes. Grâce à cette
théorie, il devient dès lors possible de déterminer certains paramètres (déformation
longitudinale unitaire x, angle de fissuration  et coefficient ) permettant de calculer
les contributions du béton et de l’armature transversale à la résistance à l’effort tranchant
d’une membrure en béton armé sous contrainte de cisaillement plan. Cette démarche
est exposée dans ce qui suit.

5.6.1 Équations de dimensionnement


Selon la norme A23.3-04, les résistances à l’effort tranchant attribuées au béton, Vc, et
à l’armature transversale, Vs, s’expriment comme suit :

Vc = φc λβ fc′ bw dv ; fc′ ≤ 8 MPa (5.8)



Av
Vs = φ s f y dv cot θ (5.9a)
s
d’où :
Av
s = φs fy dv cot θ (5.9b)
Vs

Av Vs
ou = (5.9c)
s φ s fy dv cot θ

Le coefficient b et l'angle de fissuration q peuvent être exprimés en fonction de la défor­
mation longitudinale unitaire ex, comme suit :
0 , 40 1 300
β= i (5.10)
1 + 1 500 ε x 1 000 + sze

q = 29° + 7 000 εx (5.11)

εx =
(M f )
/ dv + Vf + 0 , 5 N f
; εx ≥ 0 (5.12a)
2 Es As

εx =
(M f )
/ dv + Vf + 0 , 5 N f
≥ – 0 , 2 × 10 –3; εx < 0 (5.12b)
2 ( Es As + Ec Act )

Effort tranchant 149

où Mf ≥Vf dv, et sze est donné par :

300 mm ; cas où au moins Av ,min est pourvue (5.13a)



sze =  35 sz
(5.13b)
 15 + a ≥ 0 , 85 sz ; autres cas
 g

où ag est la dimension maximale des granulats et sz est un paramètre qui tient compte
de l’espacement des fissures :
sz = min (dv ; dL) (5.14)
où dL est la distance entre les lits d’armature longitudinale répartie. Par ailleurs, il
convient que la section d’armature de chacun des lits soit au moins égale à 0,003bw sz
(voir figure 5.5b).
Note : La norme A23.3-04 utilise désormais des expressions algébriques simples et pratiques
(éq. 5.10 et 5.11) pour le calcul de b et q, contrairement à la version précédente de la
norme (A23.3-94) qui préconisait un calcul itératif.

(a) Sans armature longitudinale répartie

(b) Avec armature longitudinale répartie

Figure 5.5 – Définition de sz et Act


150 Chapitre 5

5.6.2 Dimensionnement et vérification –


méthode générale
Une fois le diagramme des efforts tranchants pondérés Vf, ainsi que les diagrammes
des efforts normaux et des moments de flexion correspondants, Nf et Mf, déterminés,
la procédure de dimensionnement et de vérification par la méthode générale implique
les étapes suivantes :
(i) Choisir les sections le long de la membrure à analyser, c’est-à-dire les sections pour
lesquelles l’armature transversale (ou l’espacement s) est à calculer ;
(ii) Pour chacune de ces sections, déterminer Vf, puis Nf et Mf correspondants (avec
Mf ≥ Vf dv) ;
(iii) Choisir db,étrier (i.e., Av) et calculer l’espacement requis srequis en utilisant les étapes
de dimensionnement décrites au tableau 5.3 ;
(iv) Déterminer srequis en fonction de la distance au nu de l’appui de la section consi­
dérée et vérifier (problème de vérification) ou pourvoir (problème de dimension­
nement) l’espacement des étriers tel que spourvu ≤ srequis. S’assurer que les conditions
relatives à l’espacement maximal (éq. 5.2) et à l’aire minimale de l’armature trans­
versale requise (éq. 5.1) soient respectées.

■■ Étapes de dimensionnement et de vérification

Tableau 5.3 – Étapes de dimensionnement et de vérification par la méthode générale

Étapes Commentaires
Données : diagrammes de Vf , Nf et Mf , bw , d, h, ag , As , fy , fcʹ, Ec , Es
À noter que dv = max (0,9d ; 0,72h). À cette étape, le concepteur peut définir les
sections à considérer (définies par leur distance x à partir du nu de l’appui). Ceci
permet de déterminer l’espacement s requis le long de la membrure.
Étape 1. Vérifier que Vf,max≤ Vr,max Vr,max = 0,25 fc fcʹbwdv [éq. 5.3]
Vf,max correspond généralement à Vf calculé à
une distance dv du nu de l’appui
Étape 2. Calculer smax = min (0,7 dv ; 600 mm) si Vf ≤ V* [éq. 5.2a]
V* = 0,125 fc fcʹbwdv puis smax = min (0,35 dv ; 300 mm) si Vf > V* [éq. 5.2b]
l’espacement maximum smax
Pour chacune des sections le long de la membrure considérée pour analyse,
effectuer les étapes 3 à 7.
Étape 3. Calculer la déformation Utiliser l’éq. 5.12a ou l’éq. 5.12b, selon le cas
longitudinale unitaire sous l’effet
des sollicitations combinées, εx
Effort tranchant 151

Étape 4. Calculer b et q 0 , 40 1 300


β= i [éq. 5.10]
1 + 1 500 ε x 1 000 + sze

q = 29° + 7 000ex [éq. 5.11]


Pour le calcul de sze, utiliser l’éq. 5.13
Étape 5. Calculer Vc , déduire
Vc = φc λβ fc′ bw dv [éq. 5.8]
Vs = Vf – Vc , puis (Av/s)requis ; vérifier
que (Av/s)requis ≥ (Av/s)min
 Av  Vs
  = [éq. 5.9c]
s requis φ s f y dv cot θ

 Av  b
  = 0 , 06 fc′ w [éq. 5.1b]
s min fy

Étape 6. Choisir db,étrier et Pour des étriers en U, Av = 2 × aire d’un brin


déduire Av (puisque deux brins interceptent la fissure de
cisaillement)
Étape 7. Calculer l’espacement srequis = Av/(Av/s)requis
requis srequis, arrondir, et vérifier smax est déterminé à l’étape 2
que srequis ≤ smax
Étape 8. Présenter un récapitulatif Voir exemples
sur l’agencement des étriers le long
de la poutre
Étape 9. Vérifier que l’enrobage et Enrobage : voir figure 4.1
l’ancrage rencontrent les exigences Ancrage : voir figure 5.3
de la norme

5.6.3 Exemples – Méthode générale

Exemple 5.3 – Vérification à l’effort tranchant


par la méthode générale
■■ Énoncé
Considérer la poutre de 8 m de portée de l’exemple 5.1 (voir figure X5.1.A). La poutre
est soumise aux mêmes charges que dans l’exemple 5.1, soit une charge permanente
totale wD = 20 kN/m et une surcharge wL = 40 kN/m.
Vérifier la résistance de la poutre à l’effort tranchant par la méthode générale.
On donne : poutre non exposée aux intempéries ; fcʹ = 30 MPa ; f y = 400 MPa ; bcʹ = 30 mm ;
d = 745 mm ; ag = 20 mm ; E s = 200 000 MPa ; béton ordinaire : poids volumique =
24 kN/m 3.
152 Chapitre 5

■■ Solution

Étape 0. Calculs initiaux

De l’exemple 5.1, dv = 667 mm


Les calculs sont effectués pour les distances suivantes du nu de l’appui : x = dv,
x = 2 m, x = 3 m et x = 4 m. Les efforts tranchants et les moments de flexion corres­
pondants s’établissent comme suit :
x = dv = 667 mm x = 2,0 m x = 3,0 m x = 4,0 m
Vf (kN) 293,3 200 130  60
Mf (kNm)* 207,9 510 637,5 680
Note : * La largeur des appuis est considérée négligeable par rapport à la portée dans le
calcul de Mf.

Étape 1. Vérifier que Vf,max ≤ Vr,max

Vr,max = 0,25 fc fcʹbwdv Vr,max = 0,25 × 0,65 × 30 × 300 × 667 = 975 × 103 N
Vf,max = 293,3 kN < Vr,max = 975 kN  OK

Étape 2. Calculer V*, puis smax, et vérifier que s < smax

V* = 0,125 λfc fcʹbwdv V* = 0,125 × 1,0 × 0,65 × 30 × 300 × 667 = 488 × 103 N
Vf,max = 293,3 kN < V* = 488 kN → smax = min (0,7dv ; 600 mm)
smax = min (0,7 × 667 ; 600 mm) = 467 mm
smax = 467 mm > s (zone 2) = 450 mm  OK

Étape 3. Calculer la déformation longitudinale unitaire εx à x = dv


sous sollicitations combinées

εx =
(M f )
/ dv + Vf + 0 , 5 N f
εx =
( 207, 9 × 10 6
) 3
/ 667 + 293, 3 × 10 + 0
= 0 , 72 × 10 – 3
2 Es As 2 × 200 000 × ( 3 × 70 0 )

Étape 4. Calculer β et q à x = dv

300 mm ; cas où au moins Av ,min pourvu



sze =  35 sz
 ≥ 0 , 85 sz ; autres cas
 15 + ag

sze = 300 mm (Av = 200 mm2 > Av,min, exemple 5.1)
0 , 40 1 300 0 , 40 1 300
β= × β= × = 0 , 1923
1 + 1 500 ε z 1 000 + sze 1 + 1 500 × 0 , 72 × 10 –3
1 000 + 300

θ = 29° + 7000εx θ = 29° + 7000 × 0,72 × 10–3 = 34°
Effort tranchant 153

Étape 5. Calculer Vc , déduire Vs = Vf – Vc , puis (Av /s)requis ;


vérifier que (Av/s)requis ≥ (Av/s)min à x = dv

Vc = φc λβ fc′ bw dv Vc = 0 , 65 × 1, 0 × 0 , 1923 × 30 × 300 × 667 = 137 × 10 3 N



Vs = Vf – Vc Vs = 293,3 × 103 – 137 × 103 = 156 × 103 N

 Av  Vs  Av  156 × 10 3
  =   = = 0 , 464 mm
s requis φ s f y dv cot θ s requis 0 , 85 × 400 × 667 × cot 34 °

 Av  b  Av  300
  = 0 , 06 fc′ w   = 0 , 06 30 = 0 , 246 mm < 0,464 mm OK
s min fy s min 400

Étape 6. Choisir db,étrier et déduire Av pour x = dv

db,étrier= No 10M ⇒ Av = 2 × 100 mm 2 = 200 mm 2

Étape 7. Calculer srequis , arrondir, et vérifier que s ≤ smax à x = dv

Av
srequis =
( Av / s )requis

200
srequis = = 431 mm → spourvu = 30 0 mm < s max = 4 6 7 mm (étape 2) OK
0 , 464

Le tableau suivant présente les résultats des étapes 3 à 7 pour toutes les valeurs de x.

x = dv = 667 mm x = 2,0 m x = 3,0 m x = 4,0 m


-3 -3 -3
εx 0,72 × 10 1,55 × 10 1,30 × 10 1,30 × 10-3
β 0,192 0,147 0,136 0,136
θ 34° 37,4° 38,1° 38,1°
Vc (kN) 137 105 97 97
33 → pourvoir < 0 → pourvoir
Vs (kN) 156 95
Av,min Av,min
0,094 < (Av /s)min
(Av /s)requis 0,464 0,320 (Av /s)min = 0,246
= 0,246
Av (mm2) 200 (2 No 10M) 200 (2 No 10M) 200 (2 No 10M) 200 (2 No 10M)
srequis (mm) 431 625 813 813
spourvu (mm) =
300 300 450 450
min (srequis ; smax)
154 Chapitre 5

Étape 8. Fournir un récapitulatif sur l’agencement de l’espacement


des étriers le long de la poutre

Distance au nu de l’appui,
0 ≤ x ≤ 667 670 < x ≤ 2000 2000 < x ≤ 3000 3000 < x ≤ 4000
x (mm)
No et espacement des
No 10M @ 300 No 10M @ 300 No 10M @ 450 No 10M @ 450
étriers (mm)

Étape 9. Vérifier l’enrobage et l’ancrage des étriers

Enrobage : bcʹ = 30 mm pour une exposition intérieure.  OK


Ancrage : db,étrier = No 10M < No 15M ⇒ aucune restriction.

Exemple 5.4 – Dimensionnement à l’effort tranchant


par la méthode générale
■■ Énoncé
Considérer la poutre sur appuis simples de l’exemple 5.2 (figure X5.2.A). La poutre
est soumise à une charge permanente uniforme totale de 30 kN/m et une surcharge
uniforme de 35 kN/m. L’armature longitudinale de la poutre consiste en 2 lits de 3 barres
No 30M chacun.
Dimensionner la poutre à l’effort tranchant par la méthode générale.
On donne : poutre exposée aux intempéries ; fcʹ = 30 MPa ; f y = 400 MPa ; béton
ordinaire : poids volumique = 24 kN/m 3, b ʹc = 40 mm ; étriers No 10M ; ag = 20 mm ;
E s = 200 000 MPa.

■■ Solution

Étape 0. Calculs initiaux

De l’exemple 5.2, dv = 526 mm


Les calculs sont effectués pour les distances suivantes du nu de l’appui : x = dv,
x = 1,5 m, x = 3,5 m. Les efforts tranchants et les moments de flexion corres­
pondants s’établissent comme suit :

x = dv = 526 mm x = 1,5 m x = 3,5 m


Vf (kN) 275 200  46
Mf (kNm) * 153 371 551
Note : * La largeur des appuis est considérée négligeable par rapport à la portée dans le
calcul de Mf.
Effort tranchant 155

Étape 1. Vérifier que Vf,max ≤ Vr,max

Vr,max = 0,25 fc fcʹbwdv Vr,max = 0,25 × 0,65 × 30 × 300 × 526 = 769 × 103 N
Vf,max = 275 kN < Vr,max = 769 kN  OK

Étape 2. Calculer V*, puis smax

V* = 0,125 λfc fcʹbwdv V* = 0,125 × 1,0 × 0,65 × 30 × 300 × 526 = 385 × 103 N

Vf,max = 275 kN < V* = 385 kN → smax = min (0,7dv ; 600 mm)


smax = min (0,7 × 526 ; 600 mm) = 368 mm

Étape 3. Calculer la déformation longitudinale unitaire εx à x = dv


sous sollicitations combinées

εx =
(M f / dv + Vf + 0 , 5 N f ) (153 × 10 6
) 3
/ 526 + 275 × 10 + 0
εx = = 0 , 337 × 10 – 3
2 Es As 2 × 200 000 × ( 6 × 700 )

Étape 4. Calculer β et θ à x = dv

300 mm ; cas où au moins Av ,min pourvu 


 
sze =  35 sz
≥ 0 , 85 sz ; autres cas
 → sze = 300 mm for Av ,pourvu ≥ Av ,min ( )
 
 15 + ag 

0 , 40 1 300 0 , 40 1 300
β= × β= × = 0 , 2657
–3
1 + 1 500 ε z 1 000 + sze 1 + 1 500 × 0 , 337 × 10 1 000 + 300

θ = 29° + 7 000εx θ = 29° + 7 000 × 0,337 × 10–3 = 31°

Étape 5. Calculer Vc , déduire Vs = Vf – Vc , puis (Av/s)requis ;


vérifier que (Av/s)requis ≥ (Av/s)min à x = dv

Vc = φc λβ fc′ bw dv Vc = 0 , 65 × 1, 0 × 0 , 2657 × 30 × 300 × 526 = 149 × 10 3 N



Vs = Vf – Vc Vs = 275 × 103 – 149 × 103 = 126 × 103 N

 Av  Vs  Av  126 × 10 3
  =   = = 0 , 423 mm
s requis φ s f y dv cot θ s  requis 0 , 85 × 400 × 526 × cot 31 °

 Av  b  Av  300
  = 0 , 06 fc′ w = 0 , 06 30 = 0 , 246 mm < 0,423 mm OK
s min fy  
s min 400

156 Chapitre 5

Étape 6. Choisir db,étrier et déduire Av à x = dv

db,étrier= No. 10M ⇒ Av = 2 × 100 mm 2 = 200 mm 2

Étape 7. Calculer srequis , arrondir, et vérifier que s ≤ smax à x = dv

Av
srequis =
( Av / s)requis

200
srequis = = 473 mm → spourvu = 3 50 mm < s max = 3 6 8 mm (étape 2) OK
0 , 423

Le tableau suivant présente les résultats des étapes 3 à 7 pour toutes les valeurs de x.

x = dv = 526 mm x = 1,5 m x = 3,5 m


εx 0,337 × 10-3 0,539 × 10-3 0,651 × 10-3
β 0,2657 0,2212 0,2024
θ 31° 33° 34°
Vc (kN) 149 124 114
Vs (kN) 126 76 < 0 → pourvoir Av,min
(Av /s)requis 0,423 0,274 (Av /s)min = 0,246
2 200 (2 No 10M) 200 (2 No 10M) 200 (2 No 10M)
Av (mm )
srequis (mm) 473 730 813
spourvu (mm) = min 350 350 350
(srequis ; smax)

Étape 8. Fournir un récapitulatif sur l’agencement de l’espacement


des étriers le long de la poutre

Distance au nu de
0 ≤ x ≤ 526 526 < x ≤ 1500 1500 < x ≤ 3500
l’appui, x (mm)
No et espacement des
No 10M @ 350 No 10M @ 350 No 10M @ 350
étriers (mm)

Étape 9. Vérifier l’enrobage et l’ancrage des étriers

Enrobage : bʹc = 40 mm pour une exposition extérieure.  OK


Ancrage : db,étrier = No 10M < No 15M ⇒ aucune restriction.
Effort tranchant 157

5.7 Cas spéciaux

5.7.1 Étriers-suspentes
Les dalles en BA de ponts ou de bâtiments sont souvent portées par des systèmes de
poutres croisées ou en réseaux comprenant des poutres secondaires supportées par des
poutres principales (voir figure 5.6a). Sous charges, les poutres secondaires (supportées)
développent (voir figure 5.6b) : (i) des fissures de cisaillement inclinées qui peuvent
se propager et atteindre les poutres principales ; et (ii) des bielles de compression qui
ont tendance à pousser sur la partie inférieure de la poutre principale (poussées au
vide). Par conséquent, il convient de pourvoir une armature transversale addition­
nelle, communément appelée étriers-suspentes ou étriers de suspension, qui assure
un double rôle : (i) comme étriers (cadres) interceptant lesdites fissures inclinées (ces
fissures p
­ rennent naissance au quart inférieur de la poutre supportée et se propagent
dans la poutre principale, voir figure 5.6b), et (ii) comme suspentes pour reprenant la
­composante verticale des poussées au vide crées par les bielles de compression.
Par conséquent, la résistance de cette armature transversale additionnelle doit satisfaire
l’inégalité suivante (voir figure 5.6) :
 hb 
φ s Ai fy ≥  1 –  Vf 2 (5.15a)
 h1 

Soit :
 hb 
 1 –  Vf 2
 h1 
Ai ≥ (5.15b)
φs fy

Où hb = distance entre le bas de la poutre principale et celui de la poutre supportée ;
h1 = hauteur de la poutre principale ; et Vf 2 = effort tranchant pondéré provenant de la
poutre supportée.
Cette armature, qui s’ajoute à celle pourvue pour résister à l’effort tranchant, est à
répartir sur une largeur égale à (bw2+2hb), telle que montrée aux figures 5.6c et 5.6d.
Un exemple illustrant le dimensionnement d’étriers de suspension est présenté à la
section 5.7.3.
158 Chapitre 5

(b) Coupe A-A

(c) Détail et disposition des suspentes

(a) Vue en plan d’un plancher (d) Coupe B-B

Figure 5.6 – Étriers de suspension

5.7.2 Poutres et poteaux sous forces normales


de compression et de traction
Les membrures en BA peuvent être soumises à une force normale de compression
ou de traction en concomitance avec un effort tranchant et un moment de flexion. Le
dimensionnement et la vérification de telles membrures peuvent s’effectuer comme suit.
Effort tranchant 159

■■ Poutres et poteaux sous force normale de traction


Conformément à la norme A23.3-04, de tels éléments peuvent être dimensionnés selon
la méthode simplifiée ou la méthode générale selon le cas. Ainsi :
(i) La méthode simplifiée est utilisée si les trois conditions qui lui sont associées sont
respectées. En particulier, la force axiale de traction ne doit pas être significative,
c’est-à-dire la contrainte de traction dans l’armature longitudinale aux endroits
des fissures est inférieure à 50 MPa.
(ii) La méthode générale est utilisée pour toutes les autres conditions. Pour le calcul
de εx, il convient de considérer Nf positif en traction.

■■ Poutres et poteaux sous force normale de compression


Ces membrures peuvent être dimensionnées par la méthode simplifiée si les condi­
tions (fcʹ ≤ 60 MPa et f y ≤ 400 MPa) sont remplies. Dans le cas contraire, la méthode
générale est plus indiquée. Pour le calcul de εx, il convient de considérer Nf négatif en
­compression.
Des exemples de dimensionnement de poteaux à l’effort tranchant sont présentés à la
section 5.7.3.

5.7.3 Exemples – cas spéciaux

Exemple 5.5 – Dimensionnement des étriers de suspension

■■ Énoncé
Considérer le nœud de poutres croisées (poutre principale – poutre secondaire) montré à
la figure X5.5A. La poutre secondaire (supportée) transfère un effort tranchant pondéré
de 300 kN à la poutre principale.
Calculer l’aire des étriers-suspentes requise, selon la norme A23.3-04.
On donne : fc ʹ = 30 MPa ; f y = 400 MPa ; béton ordinaire : poids volumique = 24 kN/m 3 ;
cadres No 10M à 2 brins.
160 Chapitre 5

(a) Élévation (b) Vue en plan

Figure X5.5 – Exemple 5.5

■■ Solution
hb = h1 – h 2 hb = 600 mm – 400 mm = 200 mm
Force reprise par les étriers-suspentes :

 hb   200 
φ s Ai f y ≥  1 –  Vf 2 φ s Ai f y ≥  1 –  300 = 200 kN
 h1   600 

Aire de l’armature transversale additionnelle requise sous forme d’étriers-suspentes :

 hb 
1 –  Vf 2
 h1  200 × 10 3
Ai ≥ Ai = = 588 mm 2
φs fy 0 , 85 × 400

Pourvoir 3 étriers No 10M répartis sur une largeur de 650 mm, tel que montré à la
figure X5.5b, en plus de l’armature transversale de cisaillement déjà pourvue.
Effort tranchant 161

Exemple 5.6 – Dimensionnement à l’effort tranchant


d’un poteau en BA sous force normale
de traction par la méthode générale

■■ Énoncé
Considérer le poteau en BA (figure X5.6a) soumis à une force normale de traction
pondérée de 500 kN en plus d’un effort tranchant Vf = 300 kN et d’un moment de flexion
Mf = 450 kNm.
Dimensionner le poteau à l’effort tranchant par la méthode générale, selon la norme
A23.3-04.
On donne : poutre non exposée aux intempéries ; fc ʹ = 40 MPa ; f y = 400 MPa ; béton
ordinaire : poids volumique = 24 kN/m 3 ; bc ʹ = 30 mm ; d = 442 mm ; cadres No 10M ;
ag = 20 mm ; E s = 200 000 MPa.

Figure X5.6 – Exemple 5.6


162 Chapitre 5

■■ Solution

Étape 0. Calculs initiaux

a) Calculer la profondeur effective en cisaillement :


dv = max (0,9d ; 0,72h) dv = max (0,9 × 442 ; 0,72 × 500) = 398 mm

b) Déterminer les forces pondérées à la section critique (x = dv) :


Vf (à x = dv) = Vf (au nu de l’appui) Vf (à x = dv) = Vf,max= 300 kN

Mf (à x = dv) = Mf (au nu de l’appui) – Vf dv

Mf (à x = dv) = 450 kNm – 300 kN × 0,398 m = 331 kNm

Nf (à x = dv) = Nf = 500 kN

Étape 1. Vérifier que Vf,max ≤ Vr,max

Vr,max = 0,25 fc fcʹbwdv Vr,max = 0,25 × 0,65 × 40 × 400 × 398 = 1 035 × 103 N

Vf,max = 300 kN < Vr,max = 1 035 kN  OK

Étape 2. Calculer V*, puis smax

V* = 0,125 λfc fcʹbwdv V* = 0,125 × 1,0 × 0,65 × 40 × 400 × 398 = 517 × 103 N

Vf,max = 300 kN < V* = 517 kN → smax = min (0,7dv ; 600 mm)


smax = min (0,7 × 398 ; 600 mm) = 279 mm

Étape 3. Calculer la déformation longitudinale unitaire εx à x = dv


sous sollicitations combinées

εx =
(M f )
/ dv + Vf + 0 , 5 N f
2 Es As

εx =
( 331 × 10 6
) 3
(
/ 398 + 300 × 10 + 0 , 5 × + 500 × 10 3 ) = 0, 864 × 10 –3

2 × 20 0 000 × ( 4 × 1000 )

Étape 4. Calculer β et 
300 mm ; cas où Av ≥ Av ,min 
 
sze =  35 sz
≥ 0 , 85 s ; autres cas
(
 → sze = 300 mm car Av ,pourv u ≥ Av,min )
 15 + a z 
 g 

Effort tranchant 163

0 , 40 1 300 0 , 40 1 300
β= × β= × = 0 , 174
1 + 1 500 ε x 1 000 + sze 1 + 1 500 × 0 , 864 × 10 – 3 1 000 + 300

θ = 29° + 7 000εx θ = 29° + 7 000 × 0,864 × 10–3 = 35°

Étape 5. Calculer Vc , déduire Vs = Vf – Vc , puis (Av/s)requis ,


et vérifier que (Av/s)requis ≥ (Av/s)min à x = dv

Vc = φc λβ fc′ bw dv Vc = 0 , 65 × 1, 0 × 0 , 1742 × 40 × 400 × 398 = 114 × 10 3 N



Vs = Vf – Vc Vs = 300 × 103 – 114 × 103 = 186 × 103 N

 Av  Vs  Av  186 × 10 3
  =   = = 0 , 962 mm
s requis φ s f y dv cot θ s  requis 0 , 85 × 400 × 398 × cot 35 °

 Av  b  Av  400
  = 0 , 06 fc′ w = 0 , 06 40 = 0 , 380 mm < 0,962 mm OK
s  min fy  
s min 400

Étape 6. Choisir db,étrier et déduire Av

db,étrier= No 10M (cadres) Av = 4 × 100 mm 2 = 400 mm 2

Étape 7. Calculer srequis , arrondir, et vérifier que spourvu ≤ smax

Av
srequis =

( Av / s)requis
400
srequis = = 416 mm → spourvu = 275 mm < s max = 2 7 9 mm (étape 2) OK
0 , 962

Étape 8. Fournir un récapitulatif de l’agencement des cadres


le long du poteau
srequis = 416 mm est constant le long du poteau. Il s’ensuit que smax = 279 mm est applicable.
Choix : 2 cadres No 10M (4 brins) @ 275 mm le long du poteau (voir figure X5.6c).

Étape 9. Vérifier l’enrobage et l’ancrage des étriers


Enrobage : bʹc = 30 mm pour une exposition intérieure.  OK
Ancrage : db,cadre = No 10M < No 15M ⇒ aucune restriction.
164 Chapitre 5

Exemple 5.7 – Dimensionnement à l’effort tranchant


d’un poteau en BA sous force normale
de compression par la méthode générale

■■ Énoncé
Considérer la même poutre que celle de l’exemple 5.6 (voir figure X5.6), soumise au
même effort tranchant Vf = 300 kN, et au même moment de flexion, Mf = 450 kNm,
mais à une force normale de compression de 1 000 kN au lieu de la force de traction.
Dimensionner le poteau à l’effort tranchant par la méthode générale, selon la norme
A23.3-04.
On donne : poutre non exposée, fc ʹ = 40 MPa ; f y = 400 MPa ; béton ordinaire : poids
volumique = 24 kN/m 3 ; bcʹ = 30 mm ; d = 442 mm ; étriers No 10M ; ag = 20 mm ;
E s = 200 000 MPa.

■■ Solution

Étape 0. Calculs initiaux

a) Calculer la profondeur effective en cisaillement :


dv = max (0,9d ; 0,72h) dv = max (0,9 × 442 ; 0,72 × 500) = 398 mm

b) Déterminer les forces pondérées à la section critique (x = dv) :


Vf (à x = dv) = Vf (au nu de l’appui) Vf (à x = dv) = Vf,max= 300 kN

Mf (à x = dv) = Mf (au nu de l’appui) – Vf dv

Mf (à x = dv) = 450 kNm – 300kN × 0,398 m = 331 kNm

Nf (à x = dv) = Nf = – 1 000 kN (compression)

Étape 1. Vérifier que Vf,max ≤ Vr,max

Vr,max = 0,25 fc fcʹbwdv Vr,max = 0,25 × 0,65 × 40 × 400 × 398 = 1 035 × 103 N

Vf,max = 300 kN < Vr,max = 1 035 kN  OK

Étape 2. Calculer V*, puis smax

V* = 0,125 λfc fcʹbwdv V* = 0,125 × 1,0 × 0,65 × 40 × 400 × 398 = 517 × 103 N
Vf,max = 300 kN < V* = 517 kN → smax = min (0,7dv; 600 mm)
smax = min (0,7 × 398 ; 600 mm) = 279 mm
Effort tranchant 165

Étape 3. Calculer la déformation longitudinale unitaire εx à x = dv


sous sollicitations combinées

εx =
(M f )
/ dv + Vf + 0 , 5 N f
2 Es As

εx =
( 331 × 10 6
) 3
(
/ 398 + 300 × 10 + 0 , 5 × – 1 000 × 10 3 ) = 0, 395 × 10 –3

2 × 2 0 0 000 × ( 4 × 1 000 )

Étape 4. Calculer  et 

300 mm ; cas où Av ≥ Av,min 


 
sze =  35 sz
≥ 0 , 85 s ; autres cas
(
 → sze = 300 mm pour Av, pourv u ≥ Av,min )
 15 + a z 
 g 

0 , 40 1 300 0 , 40 1 300
β= × β= × = 0 , 251
–3
1 + 1 500 ε x 1 000 + sze 1 + 1 500 × 0 , 395 × 10 1 000 + 300

θ = 29° + 7 000εx θ = 29° + 7 000 × 0,395 × 10–3 = 32°

Étape 5. Calculer Vc , déduire Vs = Vf – Vc , puis (Av/s)requis ,


et vérifier que (Av/s)requis ≥ (Av/s)min à x = dv

Vc = φc λβ fc′ bw dv Vc = 0 , 65 × 1, 0 × 0 , 251 × 40 × 400 × 398 = 164 × 10 3 N



Vs = Vf – Vc Vs = 300 × 103 – 164 × 103 = 136 × 103 N

 Av  Vs  Av  136 × 10 3
  =   = = 0 , 628 mm
s requis φ s y v cot θ
f d s requis 0 , 85 × 400 × 398 × cot 32 °

 Av  b  Av  400
  = 0 , 06 fc′ w = 0 , 06 40 = 0 , 379 mm < 0,628 mm OK
fy  
s min s  min 400

Étape 6. Choisir db,étrier et déduire Av

db,étrier= No 10M (cadres) Av = 4 × 100 mm 2 = 400 mm 2


166 Chapitre 5

Étape 7. Calculer srequis , arrondir, et vérifier que spourvu ≤ smax

Av
srequis =
( Av / s)requis

400
srequis = = 637 mm → spourvu = 275 mm < s max = 2 7 9 mm (étape 2) OK
0 , 628

Étape 8. Fournir un récapitulatif de l’agencement des étriers


le long du poteau
srequis = 637 mm est constant le long du poteau. Il s’ensuit que smax = 279 mm est applicable.
Choix : 2 cadres No 10M (4 brins) @ 275 mm le long du poteau.

Étape 9. Vérifier l’enrobage et l’ancrage des étriers


Enrobage : bcʹ = 30 mm pour une exposition intérieure.  OK
Ancrage : db,étrier = No 10M < No 15M ⇒ aucune restriction.

5.8 Méthode des bielles-et-tirants (BT)


Les membrures en BA peuvent être subdivisées en deux types de régions : (a) des
régions dominées par la flexion (appelées régions B) pour lesquelles le théorème de
Bernoulli (les sections planes restent planes) s’applique, ou (b) des régions irrégulières
ou présentant une géométrie discontinue (appelées régions D) pour lesquelles le théo­
rème de Bernoulli n’est pas valide. Pour les premières régions citées (B), l’utilisation
des méthodes (simplifiée ou générale) vues précédemment est indiquée pour le dimen­
sionnement ou la vérification à l’effort tranchant. Ceci n’est pas le cas pour les régions D
pour lesquelles la méthode des bielles-et-tirants (BT) est recommandée. Parmi ces
régions on peut citer : les zones d’about des poutres, les nœuds de portiques, les consoles
courtes, les poutres-cloisons, et les poutres consoles et corbeaux. La méthode BT est
décrite dans l’art. 11.4 de la norme A23.3-04. Elle offre une approche rationnelle pour le
calcul de ce type de problème en idéalisant une région complexe par un modèle simple
de treillis consistant en des bielles, des tirants, et des nœuds. Les sections suivantes
décrivent les étapes de la méthode.

5.8.1 Subdiviser une membrure en régions B et D


Ce processus peut être réalisé en faisant usage de la définition de la discontinuité et en
appliquant le principe de St-Venant, comme suit :
a) Une discontinuité peut être géométrique (changements brusques de géométrie),
statique (présence de forces concentrées ou de réactions d’appui), ou les deux. Ceci
permet d’identifier les points de discontinuité (voir figure 5.7).
Effort tranchant 167

b) Le principe de St-Venant stipule que les effets locaux dus à une force agissant sur
un élément solide se dissipent au-delà d’une distance du point de discontinuité égale
à une fois la profondeur dudit élément. Ceci permet de déterminer l’étendue de la
région D considérée et donc d’identifier les régions B (voir figure 5.7).

Figure 5.7 – Subdivision d’une structure en régions B et D

5.8.2 Construction du modèle de treillis


Une fois la région D définie, la prochaine étape consiste à construire le modèle de treillis
permettant la transmission des forces d’une frontière à une autre de la région D. Il
convient de noter qu’il n’y a pas de modèle BT unique pour un problème donné. L’ingé­
nieur doit appliquer des règles et techniques lui permettant de développer un modèle
approprié. L’optimisation d’un tel modèle est envisageable en théorie en ­minimisant la
quantité d’acier.
Après fissuration, la méthode BT modélise les forces internes en :
(i) Bielles, représentant les zones comprimées, modélisées en béton ;
(ii) Tirants, représentant les zones tendues, modélisées en acier ;
168 Chapitre 5

(iii) Nœuds, représentant les joints entre les différentes zones, modélisés en béton.
Le nœud est un point de jonction des forces appliquées aux tirants et aux
bielles ; il constitue donc le point de transfert des forces entre ces 2 compo­
santes. Les différentes combinaisons de forces possibles caractérisent le type de
nœud en présence. On peut ainsi distinguer les nœuds de types : Compression-
Compression-­Compression (CCC), Compression-Compression-Traction (CCT),
ou C
­ ompression-Traction – Traction (CTT).
La figure 5.8 illustre un modèle de BT dans le cas d’une poutre profonde.
Note : Le développement d’un modèle BT représentatif est un processus graphique itératif qui
requiert un bon jugement de la part de l’ingénieur et sa compréhension du comportement
des membrures (ex. patrons de fissuration).

Figure 5.8 – Modélisation d’une poutre profonde par la méthode de bielles-et-tirants

5.8.3 Dimensionnement des bielles, des tirants et des nœuds


Après avoir défini le modèle de treillis approprié et calculé les forces internes portées
par les différents éléments, la prochaine étape consiste à dimensionner les bielles, les
tirants et les nœuds dudit treillis.
Effort tranchant 169

■■ Dimensionnement des bielles


Les dimensions d’une bielle sont déterminées en écrivant que la force de compression,
Cs, qu’elle transmet est au plus égale à sa résistance en compression, soit :
Cs ≤ φcfcu Acs + φsf yA ss (5.16)
où le deuxième terme représente la contribution de l’acier d’armature longitudinale de
la bielle (Ass), s’il y a lieu, et fcu est donné par (art. 11.4.2.3) :
fc′
fcu = ≤ 0 , 85 fc′ (5.17)
0 , 8 + 170 ε1

avec
ε1 = εs + (εs + 0,002) cot2 θs (5.18)
où θs = plus petit angle entre la bielle et le tirant qui lui est attenant et εs = déformation
unitaire en traction dans l’acier incliné de θs par rapport à la bielle. À noter que la résis­
tance de la bielle décroit de façon significative quand θs diminue.
L’aire effective de la section transversale de la bielle, Acs, est déterminée en considérant
l’aire de béton disponible ainsi que les conditions d’ancrage aux extrémités des bielles
(voir figure 5.9).

Figure 5.9 – Largeur effective d’une bielle ancrée


à l’aide d’une plaque d’appui et d’un tirant
170 Chapitre 5

■■ Dimensionnement des tirants


L’aire d’un tirant en acier, Ast, est déterminée en écrivant que la force de traction qu’il
transmet, Tst, est au plus égale à sa résistance en traction, soit :
Tst ≤ φsf yAst (5.19)
L’ancrage des tirants en acier constitue un élément critique de leur dimensionnement.
Aussi, il convient de pourvoir une longueur d’ancrage appropriée, ou, à défaut, des
ancrages mécaniques ou avec crochets afin d’éviter une rupture prématurée de l’ancrage
avant que la résistance potentielle du tirant ne soit atteinte.
À cet égard, il convient de noter que selon la norme A23.03-04 (art. 11.4.3.2), pour une
barre droite de longueur d’ancrage x inférieure à ld, la contrainte maximale disponible
est φsf y(x/Ld), où ld est la longueur de développement d’ancrage de la barre considérée
(voir le chapitre 7). La figure 5.10 illustre la longueur d’ancrage d’un tirant pour un
nœud de type CCT.

Figure 5.10 – Longueur d’ancrage d’un tirant constitué de barres droites


Effort tranchant 171

■■ Dimensionnement des nœuds


Le dimensionnement des nœuds est basé sur les deux considérations suivantes
(art. 11.4.4) :
(i) Les contraintes dans un nœud sont limitées aux valeurs données dans le tableau 5.4,
sauf si ledit nœud a fait l’objet d’un frettage spécial lui assurant une étreinte
­latérale.

Tableau 5.4 – Contraintes maximales permises dans les nœuds

Type de nœud Contrainte limite


CCC 0,85 φcfcʹ
CCT 0,75 φcfcʹ
CTT or TTT 0,65 φcfcʹ
(ii) Il convient que les tirants en acier soient enrobés dans une section de béton
dont l’aire effective est au moins égale au rapport de la force dans le tirant sur la
contrainte permise définie dans le tableau 5.4.
Ainsi, les dimensions du nœud sont déterminées sur la base de : (i) la géométrie des
membrures et du modèle de BT ; (ii) les dimensions des appuis ; (iii) les dimensions des
zones chargées ; et (iv) l’emplacement et la répartition des armatures.
Souvent, les bielles et les tirants sont dimensionnés proportionnellement aux forces qu’ils
transmettent. Dans ce cas le nœud correspondant est soumis à des contraintes dites
hydrostatiques, c’est-à-dire que les faces du nœud sont soumises aux mêmes contraintes.

■■ Armature de contrôle des fissures


Pour les structures conçues selon la méthode de BT, excluant les dalles et les semelles,
il convient de prévoir un quadrillage d’armatures orthogonales à chacune des faces
latérales de la membrure (art. 11.4.5), comme suit :
 As ,grid = 0 , 002 Ag dans chaque direction ;

 sgrid ≤ 3000 mm
où As,grid est l’aire de la section des barres d’armature du quadrillage dans une direction
et sgrid l’espacement des barres. À noter qu’une partie de A s,grid peut également jouer le
rôle de tirant dans le calcul.
172 Chapitre 5

5.8.4 Étapes de dimensionnement

Tableau 5.4 – Étapes générales de dimensionnement


par la méthode des bielles-et-tirants

Étapes Commentaires
Données : b ; h ; géométrie ; Les charges appliquées et les réactions sont
charges ; réactions ; fʹc ; et f y supposées connues. Sinon elles doivent être
­calculées préalablement (calculs initiaux).
Étape 1. Définir les régions La membrure structurale est subdivisée en régions
B et D B et D en appliquant le principe de St-Venant ;
voir section 5.8.2.
Étape 2. Dimensionner les Les méthodes traitées précédemment (simplifiée
régions B en utilisant d’autres ou générale) peuvent être utilisées pour le dimen­
méthodes sionnement de ces régions qui sont dominées par
la flexion.
Étape 3. Développer Définir des modèles de treillis appropriés incluant
les modèles BT pour les l’angle de la bielle. Définir les bielles, les tirants et
régions D les nœuds.
Étape 4. Déterminer les • Aire effective de la bielle basée sur les
forces, puis dimensionner les ­conditions aux appuis.
éléments du modèle BT • Les tirants d’acier doivent être répartis sur une
aire effective du béton = force dans le tirant
divisée par contrainte permise.
• Les contraintes dans les nœuds sont hydro­
statiques.
Étape 5. Vérifier les
contraintes dans
(a) les bielles [éq. 5.16 à 5.18]
(b) les tirants (+ ancrage) [éq. 5.19]
(c) les nœuds
Étape 6. Calculer l’armature As ,grid
requise assurant le contrôle ≥ 0 , 002 dans chaque direction [éq. 5.20]
des fissures Ag

As ,grid
≥ 0 , 002 dans chaque direction dans le cas
b × sgrid
d’une section rectangulaire (ex. murs ou poutres
profondes)
Effort tranchant 173

5.8.5 Applications aux poutres profondes,


aux consoles courtes et aux corbeaux

■■ Applications aux poutres profondes

Exemple 5.8 – Dimensionnement d’une poutre profonde


soumise à deux forces concentrées

■■ Énoncé
Considérer la poutre profonde soutenue latéralement montrée à la figure X5.8A. Les
charges sont pondérées et incluent le poids propre de la poutre.
Dimensionner la poutre à l’effort tranchant selon la norme A23.3-04.
On donne : fʹc = 30 MPa ; f y = 400 MPa ; étriers No 10M ; enrobage = 40 mm.

Figure X5.8A – Exemple 5.8 (dimensions en mm)


174 Chapitre 5

■■ Solution

Étape 0. Calculs initiaux


Vérifier les contraintes aux points d’application des charges et aux appuis :
Contrainte aux points d’application des charges = 5 000 × 103/ (500 × 750) = 13,30 MPa
Contrainte maximale permise = 0,85 × 0,65 × 30= 16,58 MPa (art. 11.4.4.1(a))
Contrainte appliquée = 13,3 MPa ≤ Contrainte permise = 16,58 MPa  OK
Contrainte de compression à l’appui = 5 000 × 103/ (500 × 1 000) = 10,00 MPa
Contrainte maximale permise = 0,75 × 0,65 × 30= 14,63 MPa (art. 11.4.4.1(b))
Contrainte à l’appui = 10,00 MPa ≤ Contrainte permise = 14,63 MPa  OK

Étape 1. Définir les régions B et D

➟➟ Cet exemple ne comporte que des régions D ; on procède donc directement à
l’étape 3.

Étape 3. Développer le modèle BT pour les régions D

➟➟ Le modèle de BT idéalisant la poutre profonde est montré à la figure X5.8B.

Figure X5.8B (dimensions en mm)


Effort tranchant 175

Étape 4. Déterminer les forces puis dimensionner les éléments du modèle BT

➟➟ Calculer la profondeur « a » de la zone comprimée.


Les tirants doivent être répartis sur une profondeur d’au moins (0,85 φcfcʹ) / (0,75 φcfcʹ) =
1,13 fois la profondeur « a » de la zone comprimée, tel que montré à la figure X5.8C.
jd = h – (1,13a)/2 – a/2 = h – 1,065a ; Mr = Mf = 5 000 × 103 × 3 500 = 1,75 × 1010 Nmm
C = (0,85 φcfcʹ) a × b. Puisque le moment interne est égal au moment externe, il s’ensuit :
Mr = C × jd → 1,75 × 1010 = 0,85 × 0,65 × 30 × a × 500 (4 500 – 1,065a)
a 2 – 4 225a + 1 982 736 = 0 → a = 538 mm.

Figure X5.8C (dimensions en mm)

➟➟ Déterminer la force de traction dans les tirants puis l’aire de l’armature requise.
T = C = 0,85 × 0,65 × 30 × 500 × 538 = 4 458 675 N = 4 459 kN

4 459 × 10 3
Ast ≥ = 13 115 mm 2 → Choix : 28 No 25M → Ast = 28 × 500 = 14 000 mm 2
0 , 85 × 400
176 Chapitre 5

Étape 5. Vérifier les contraintes


L’armature A st est à répartir sur une profondeur minimale de 1,13 × 538 = 608 mm.
Avec 7 lits de quatre barres chacun, distants de 100 mm, la profondeur effective serait de
725 mm. Il s’ensuit pour « jd » et « T » :
jd = 4 500 – 538/2 – 725/2 = 3 869 mm ; T = 5 000 × 3 500/3 869 = 4523 kN
Contrainte dans l’acier = 4 523 × 103 / 14 000 = 323 MPa ≤ 0,85 × 400 = 340 MPa  OK
Longueur de développement d’ancrage pour une barre No 25M = 900 mm ≤ Longueur
d’ancrage disponible = 1 250 mm → crochets ou ancrages mécaniques non requis.

➟➟ Vérifier la contrainte de compression à l’extrémité inférieure des bielles diago­


nales :
Angle des bielles diagonales θs = tan–1 (3 869/3 500) = 47,9°
Force de compression dans les bielles diagonales = 5 000/sin 47,9° = 6 739 kN
Largeur des bielles = Lb × sin θs + ha × cot θs = 1 000 × sin 47,9° + 725 × cot 47,9° = 1 228 mm

6 739 × 10 3
Contrainte de compression = f2 = = 10,98 MPa
500 × 1 228

La bielle comprimée étant traversée par un tirant tendu, la déformation unitaire moyenne
de l’acier, εs, peut être considérée égale à ey/2 = 0,001. La déformation unitaire principale
sera donc :
ε1 = εs + (εs + 0,002) cot2 θs = 0,001 + (0,001 + 0,002) cot2 47,9° = 0,00345.
La contrainte de compression maximale permise peut être calculée à l’aide de l’équation 5.17,
soit :
φc fc′ 0 , 65 × 30
φc fcu = = = 14,1 MPa ≥ 10,97 MPa OK
0 , 8 + 170 ε1 0 , 8 + 170 × 0 , 00345

➟➟ Vérifier la contrainte de compression à l’extrémité supérieure des bielles diago­


nales :
Largeur des bielles = Lb × sin θs + ha × cos θs = 750 × sin 47,9° + 538 × cos 47,9° = 917 mm

6 739 × 10 3
Contrainte de compression = f2 = = 1 4,70 MPa
500 × 917

La contrainte de compression maximale permise peut être calculée à l’aide de l’équation 5.17
puisqu’il n’y a pas de tirant tendu (ε1 = 0), soit :
φc fcu = φc 0,85 fcʹ =0,65 × 0,85 × 30 = 16,60 MPa ≥ 14,70 MPa  OK
Effort tranchant 177

Étape 6. Calculer l’armature requise pour le contrôle des fissures


A s,grid /(b × sgrid) ≥ 0,002 dans chaque direction.
Choix : 2 étriers No 10M (un à chacune des faces latérales) → A s,grid = 2 × 100 = 200 mm 2

200
sgrid ≤ = 2 00 mm ≤ 300 mm → sgrid = 200 mm OK
0 , 002 × 500

Pourvoir des étriers No 10M @ 200 mm sur chacune des faces latérales et dans chacune
des directions (longitudinale et transversale). Les étriers verticaux peuvent être en U, tel
que montré à la figure X5.8C.

Exemple 5.9 – Dimensionnement d’une poutre profonde


soumise à une charge uniforme

■■ Énoncé
Considérer la poutre profonde illustrée à la figure X5.9A. La poutre est supportée laté­
ralement et est soumise à une charge uniformément répartie.
Dimensionner la poutre à l’effort tranchant.
On donne : fcʹ = 25 MPa ; f y = 400 MPa ; étriers No 10M ; enrobage = 40 mm.

Figure X5.9A – Exemple 5.9 (dimensions en mm)


178 Chapitre 5

■■ Solution

Étape 0. Calculs initiaux

➟➟ Calculer la charge permanente et la charge pondérée sur la poutre :


wD = 0,4 × 4,0 × 24 = 38,4 kN/m
wf = 1,25 wD + 1,5 wL = 1,25 × 38,4 + 1,5 × 500 = 754,8 kN/m
➟➟ Vérifier les contraintes aux appuis :
Forces de réactions aux appuis = 5,0 × 754,8 = 3 774 kN
Contraintes aux appuis = 3 774 × 103/ (400 × 1 200) = 7,86 MPa
Contrainte maximale permise aux appuis = 0,75 × 0,65 × 25= 12,19 MPa (art.11.4.4.1(b))
Contrainte aux appuis = 7,86 MPa ≤ Contrainte maximale permise = 12,19 MPa  OK

Étape 1. Définir les régions B et D


Le rapport de la portée libre sur la hauteur de la poutre est : 7 600/4 000 = 1,9 ≤ 2 → poutre
profonde (art. 10.7.1). La méthode de BT peut être utilisée pour dimensionner la poutre.
Cet exemple ne comporte que des régions D ; on procède donc directement à l’étape 3.

Étape 3. Développer le modèle BT pour la région D

➟➟ Compte tenu de la charge uniformément répartie, il convient de considérer


plusieurs bielles pour mieux saisir le comportement de la poutre profonde, tel
qu’illustré à la fig. X5.9B.

Figure X5.9B – Modèle idéalisé de bielles-et-tirants


Effort tranchant 179

Étape 4. Déterminer les forces, puis dimensionner les éléments


du modèle BT
➟➟ Calculer la profondeur « a » de la zone comprimée.
Les tirants doivent être répartis sur une profondeur d’au moins
(0,85 φc fcʹ) / (0,75 φc fcʹ) = 1,13 fois la profondeur « a », tel que montré à la figure X5.9C.
jd = h – (1,13a)/2 – a/2 = h – 1,065a ; Mr = Mf = 3 774 × 103 × 1 900 = 7,17 × 10 9 Nmm
C = (0,85 φc fcʹ) a × b. Le moment interne étant égal au moment externe, il s’ensuit :
Mr = C × jd → 7,17 × 10 9 = 0,85 × 0,65 × 25 × a × 400 (4 000 – 1,065a)
a 2 – 3 755,9a + 1 218 533 = 0 → a = 359 mm

Figure X5.9C (dimensions en mm)

➟➟ Déterminer la force de traction, puis l’aire d’armature requise des tirants


T = C = 0,85 × 0,65 × 25 × 400 × 359 = 1 983 475 N = 1 983 kN
1 983 × 10 3
Ast ≥ = 5 832 mm 2 → Choix : 12 No 25M → Ast = 12 × 500 = 6 000 mm 2
0 , 85 × 400

Étape 5. Vérifier les contraintes


L’armature A st est à répartir sur une profondeur minimale de 1,13 × 359 = 406 mm.
Avec 4 lits de trois barres chacun, distants de 100 mm, la profondeur effective serait de
425 mm. Il s’ensuit pour « jd » et « T » :
180 Chapitre 5

jd = 4 000 – 359/2 – 425/2 = 3 608 mm ; T = 3 774 × 1 900/3 608 = 1987 kN


Contrainte dans l’acier d’armature = 1987 × 103 / 6 000 = 331 MPa ≤ 0,85 × 400 = 340 MPa OK
Longueur de développement d’ancrage d’une barre No 25M = 900 mm ≤ Longueur de la
plaque d’appui = 1200 mm → Crochets ou ancrages mécaniques non requis.

Étape 6. Calculer l’armature requise pour le contrôle des fissures


A s,grid /(b × sgrid) ≥ 0,002 dans chaque direction.
Choix : 2 étriers No 10M → A s,grid = 2 × 100 = 200 mm 2
200
sgrid ≤ = 250 mm ≤ 300 mm → sgrid = 250 mm OK
0 , 002 × 400

Pourvoir des étriers No 10M @ 250 mm sur chacune des faces latérales et dans chacune
des directions (longitudinale et transversale). Les étriers verticaux peuvent être en U, tel
qu’illustré à la figure X5.9C.

■■ Application aux consoles courtes et aux corbeaux

Exemple 5.10

■■ Énoncé
La console courte (corbeau) montrée à la figure X5.10A supporte une force verticale
pondérée de 450 kN provenant d’une poutre préfabriquée. Les dimensions de la section
du poteau sont 500 mm × 500 mm. La poutre a une largeur de 400 mm. Le retrait de la
poutre dans le sens longitudinal est empêché.
Dimensionner la console courte à l’effort tranchant.
On donne : fcʹ = 30 MPa ; f y = 400 MPa ; enrobage = 30 mm ; armature longitudinale du
poteau = barres No 30M.
Effort tranchant 181

a = 108 mm

Figure X5.10A – Exemple 5.10 (dimensions en mm)

■■ Solution

Étape 0. Calculs initiaux


Déterminer le point d’application de la réaction de la poutre :
Contrainte maximale à l’appui = 0,85φc fcʹ =0,85 × 0,65 × 30 = 16,60 MPa (art. 10.8.1)
La plaque d’assise (appui) doit avoir une aire minimale de 450 000/16,6 = 27 108 mm 2
Choix : Plaque : 400 × 100 = 40 000 mm 2 ≥ 27 108 mm 2  OK
Le centre de la plaque est donc à 150 mm du nu du poteau (voir figure X5.10A).
Considérer une plaque d’assise de 30 mm d’épaisseur avec un enrobage de l’armature sous
la plaque de 30 mm.

Étape 1. Définir les régions B et D

Cet exemple ne comporte que des régions D ; on procède donc directement à l’étape 3.
182 Chapitre 5

Étape 3. Développer le modèle BT pour la région D


La force de traction externe, Nf, agissant sur l’aire de l’assise doit être au moins égale à
0,2 Vf (art. 11.6.4). Cette force de traction est due aux mouvements empêchés (fluage, retrait
et température).
Le dimensionnement du corbeau est basé sur les efforts suivants : Vf = 450 kN et
Nf = 0,2 × 450 = 90 kN.
La figure X5.10A montre le modèle BT pour le corbeau. Le nœud A est situé à 40 mm
(30 mm d’enrobage + 20 mm/2) en dessous de la face supérieure du corbeau et 158 mm
(150 + 0,2 × 40) de l’arête du poteau.
Les nœuds C et D sont situés dans le plan des armatures du poteau, soit 55 mm (30 mm
d’enrobage + 10 mm d’étriers + 30 mm/2) de la face gauche du poteau. Horizontalement, le
nœud C est aligné avec le nœud A et le nœud D avec la partie basse du corbeau. Le nœud
B est situé à une distance a/2 de l’arête droite du poteau (où « a » est la largeur effective
de la bielle de compression BF) et est aligné horizontalement avec le nœud D (voir la
figure X5.10A).

Étape 4. Déterminer les forces, puis dimensionner les éléments du modèle BT


Contrainte dans le nœud B : 0,75 φc fcʹ = 0,75 × 0,65 × 30 = 14,6 MPa.
FBF (N) = (a × 500) × 14,6 = 7 300 a
La somme des moments par rapport à C est nulle, soit :
450 000 × 603 + 90 000 × 410 – FBF × (445 – a/2) = 0
Soit, en substituant la valeur de FBF :

890 ± 890 2 – 4 × 1 × 84 452


a 2 – 890 a + 84 452 = 0 → a = = 108 mm
2
(accepté) ou 782 mm (rejeté) → a = 108 mm

FBF = 7 300 × 108 = 788 400 N
Les forces dans les bielles et les tirants peuvent être calculées en considérant les équations
d’équilibre à chaque nœud. Le tableau suivant donne les longueurs des bielles et des tirants,
ainsi que leurs forces respectives.

Longueurs et forces dans les éléments du modèle B-T représentant le corbeau

Membrures AB AC BC BD BF CD
Longueur (mm) 462 603 566 391 – 410
Force (kN) 506,6 (C) 322,7 (T) 467,6 (C) 90 (T) 788,4 (C) 338,4 (T)
Effort tranchant 183

Étape 5. Dimensionner les éléments du modèle BT

(a) Tirants
Tirant AC :

322 , 7 × 10 3
Ast = = 949 mm 2 → Choix : 4 No 20M → Ast = 4 × 300 = 1 200 mm 2 OK
0 , 85 × 400

Cette armature doit être pliée à 90° et avoir une longueur d’ancrage suffisante pour que les
barres d’armature puissent développer leur limite élastique au niveau de la face du poteau,
tel qu’illustré à la figure X5.10B.
Tirant CD :

338 , 4 × 10 3
Ast ≥ = 995 mm 2
0 , 85 × 400

L’armature longitudinale du poteau est à déterminer lors du dimensionnement dudit


poteau.
Tirant BD :

90 × 10 3
Ast ≥ = 265 mm 2 → Choix : cadres No 15 M → Ast = 2 × 2 00 = 4 00 mm 2 OK
0 , 85 × 400

Donc, un cadre No. 15 additionnel doit être pourvu pour le tirant BD.

(b) Calculer la largeur des bielles à chacune des extrémités.


Bielle AB, extrémité A :

FAC 322 , 7 × 10 3
θ s = 62 , 66 ° et ε s = = = 0 , 00158
Ast φ s Es 1 200 × 0 , 85 × 200 000

ε1 = εs + (εs + 0,002) cot2 qs = 0,00158 + (0,00158 + 0,002) cot2 62,66° = 0,00254
φc fc′ 0 , 65 × 30
φc fcu = = = 15, 8 MPa ≤ 0 , 85 φc fc′ = 16,6 MPa
0 , 8 + 170 ε1 0 , 8 + 170 × 0 , 00254

Le nœud A étant de type CCT, la contrainte nodale est également limitée à 14,6 MPa. Il
s’ensuit :

506 , 6 × 10 3
Largeur de la bielle = = 69,4 mm
14 , 6 × 500

Bielle AB, extrémité B :

FBD 90 × 10 3
θ s = 62 , 66 ° et ε s = = = 0 , 00132
Ast φ s Es 400 × 0 , 85 × 200 0 00

184 Chapitre 5

ε1 = εs + (εs + 0,002) cot2 θs = 0,00132 + (0,00132 + 0,002) cot2 62,66° = 0,00221


φc fc′ 0 , 65 × 30
φc fcu = = = 16 , 6 MPa ≤ 0 , 85 φc fc′ = 16,6 MPa
0 , 8 + 170 ε1 0 , 8 + 170 × 0 , 00221

Le nœud B étant aussi de type CCT, la contrainte nodale est donc limitée à 14,6 MPa. Il
s’ensuit :

506 , 6 × 10 3
Largeur de la bielle = = 69,4 mm
14 , 6 × 500

Bielle BC, extrémité B :

FBD 90 × 10 3
θ s = 46 , 36 °, ε s = = = 0 , 00132
Ast φ s Es 400 × 0 , 85 × 200 0 0 0

ε1 = εs + (εs + 0,002) cot2 θs = 0,00132 + (0,00132 + 0,002) cot2 46,36° = 0,00434
φc fc′ 0 , 65 × 30
φc fcu = = = 12 , 7 MPa ≤ 0 , 85 φc fc′ = 16,6 MPa
0 , 8 + 170 ε1 0 , 8 + 170 × 0 , 00434

Le nœud B est également de type CCT ; par conséquent la contrainte nodale est limitée à
14,6 MPa. Il s’ensuit :

467, 6 × 10 3
Largeur de la bielle = = 73,6 mm
12 , 7 × 500

Bielle BC, extrémité C :
L’extrémité C est attenante au tirant AC avec un angle de 46,36° et au tirant CD avec un angle
de 43,64°. Ce dernier, plus petit, est retenu, tel que préconisé par la norme (art. 11.4.2.3).
εs = 0,002 → ε1 = εs + (εs + 0,002) cot2 θs = 0,002 + (0,002 + 0,002) cot2 43,64° = 0,0064
φc fc′ 0 , 65 × 30
φc fcu = = = 1 0 , 3 MPa ≤ 0 , 85 φc fc′ = 16,6 MPa
0 , 8 + 170 ε1 0 , 8 + 170 × 0 , 0064

Le nœud C est de type CTT ; par conséquent, la contrainte nodale est limitée à 0,65 φc fcʹ= 0,65
× 0,65 × 30 = 12,7 MPa. Il s’ensuit :

467, 6 × 10 3
Largeur de la bielle = = 90 , 8 mm
10 , 3 × 500

Effort tranchant 185

Étape 6. Vérifier que l’agencement des bielles est satisfaisant


compte tenu de l’espace disponible
➟➟ Vérifié (voir figure X5.10A).

Étape 7. Vérifier les exigences règlementaires et constructives spécifiques


aux consoles courtes et pourvoir un récapitulatif
du dimensionnement
La hauteur effective, d, de la section à la face de l’appui (poteau) ne doit pas être infé­
rieure à la distance entre la force appliquée et la face de l’appui (art. 11.6.2) : d = 410 mm
> 150 mm  OK
La profondeur du corbeau au niveau de l'arête extérieure de la plaque d'assise ne doit pas
être inférieure à la moitié de la hauteur effective de la section à la face de l'appui (poteau),
0,5d (art. 11.6.3). Cette exigence vise à prévenir la rupture due à la propagation des fissures
inclinées à partir de la face oblique externe vers la plaque d’assise.
La profondeur du corbeau correspondant à l’extrémité externe de la plaque d’assise
(270 mm) est supérieure à 0,5 × 410 = 205 mm  OK
La norme (art. 11.6.5) requiert des étriers fermés ou cadres parallèles aux tirants d’acier
tendus, A st. Ces cadres doivent avoir une section totale d’au moins 0,5A st et doivent être
répartis sur les deux tiers de la hauteur effective d adjacente à A st.
Des étriers fermés additionnels de 0,5 × A st = 0,5 × 1 200 = 600 mm 2 sur une profondeur
de 0,67 × 410 = 275 mm sont alors pourvus.
Choix : 3 cadres No 10M (voir la figure X5.10B).
Le taux d’armature A st /bd calculé à la face de l’appui ne doit pas être inférieur à
0,04 × fcʹ/f y (art. 11.6.6).
0 , 04 fc′ bd 0 , 04 × 30 × 500 × 410
Ast = 1 200 mm 2 ≥ = = 6 15 mm 2 OK
fy 400

À la face avant du corbeau, l’armature du tirant tendu principal, A st, doit être ancré afin
de développer la force requise dans le tirant tendu (art. 11.6.7). Cette exigence est satis­
faite en soudant une barre No 20M perpendiculairement aux 4 No 20M, tel qu’illustré à
la figure X5.10B. Il convient de spécifier la nuance 400W pour les 4 No 20M et pour la
barre transversale.
La plaque d’appui de la poutre sur le corbeau ne doit pas s’étendre au-delà de la partie
droite des tirants tendus ou au-delà de la face intérieure de la barre transversale d’ancrage,
s’il y a lieu (art. 11.6.8). La plaque d’appui (PL 500 × 100 × 30) est alors soudée sur les
4 barres No 20M.
186 Chapitre 5

Figure X5.10B – Détails du dimensionnement final du corbeau

5.9 Approche de l’armature de cisaillement


par friction
Plusieurs éléments structuraux en BA développent un cisaillement quasi-pur le long
du plan de fissuration. Parmi ces éléments on peut citer : (i) les corbeaux et consoles
courtes (fig. 5.11a, c) ; (ii) les connexions de membrures préfabriquées (fig. 5.11b) ; (iii) les
joints de coulées ; et (iv) les joints d’interface d’assemblages de profilés métalliques au
béton (fig. 5.11d). Pour le dimensionnement à l’effort tranchant de ce type d’éléments,
l’approche dite de cisaillement par friction, décrite dans l’art. 11.5 de la norme A23.3-04,
peut s’avérer un outil approprié. Elle repose sur l’hypothèse que la fissure a lieu le long
du plan de cisaillement et que le déplacement relatif (glissement) est empêché par la
cohésion et la friction développées par l’armature dite de cisaillement par friction qui
suture la fissure (fig. 5.11).
Effort tranchant 187

Figure 5.11 – Problèmes impliquant une armature de cisaillement par friction

5.9.1 Dimensionnement par l’approche d’armature


de cisaillement par friction
Les sections de béton, Acv, et d’armature de cisaillement par friction, Avf, requises pour
résister à l’effort tranchant se calculent comme suit :
Vf ≤ Vr = vc Acv + vsAvf (5.21)
où, pour des conditions de surface de béton normales (rugosité non intentionnelle) :
vc = λφc (c + μσ) ≤ 0,25 φc fʹc (5.22)
et
vs = φs ρv f y cos αf (5.23)
où αf est l’angle entre l’armature de cisaillement par friction et le plan de cisaillement ;
Avf N
ρv = et σ = ρv fy sin α f + (5.24)
Acv Ag

où N est la charge permanente non pondérée, normale au plan de cisaillement (positive
en compression, négative en tension).
Les valeurs de c et m sont présentées au tableau 5.5.
188 Chapitre 5

Tableau 5.5 – Valeurs de c et μ selon l’art. 11.5.4 de la norme A23.3-04

Description du coulage du béton c (MPa) μ


Contre un béton durci ayant une surface propre, mais pas
0,25 0,60
rendue rugueuse intentionnellement
Contre un béton durci ayant une surface propre, rendue
0,50 1,00
intentionnellement rugueuse
Coulé de façon monolithique 1,00 1,40
Béton ancré à un profilé métallique à l’aide de goujons à
0,00 0,60
têtes ou de barres d’armature
Note : L’éq. 5.21 est de forme close (vs est fonction et de Acv et de Avf). Aussi, en pratique, le
deuxième terme de cette équation est souvent négligé lors de la détermination de Acv,
alors que le premier terme est négligé lors de la détermination de Avf. Il s’ensuit :

Vf
Acv ≥ (5.25)
vc

Vf
Avf ≥ (5.26)
vs

5.9.2 Étapes de dimensionnement

Tableau 5.6 – Étapes de dimensionnement par l’approche de l’armature


de cisaillement par friction

Étapes Commentaires
Données : Vf, b, d, h, dv, Acv = b dv, fcʹ, f y, c, μ, af, et N
Étape 1. Vérifier que vc,appliqué Vf
≤ 0,25 φcfcʹ. vc ,appliqué =
Acv
Sinon, augmenter la section.
Étape 2. Calculer l’armature • Calculer vc = λφc (c + μσ) = f(ρv) [éq. 5.22]
de cisaillement par friction, Avf N
avec σ = ρv fy sin α f + [éq. 5.24]
Ag

• Calculer vs = φs ρv f y cos αf = f (ρv) [éq. 5.23]
• Calculer Vr = f (ρv) [éq. 5.21]
• Résoudre Vr ≤ Vr et obtenir Avf
Effort tranchant 189

Étape 3. Déterminer ou véri­ Utiliser la procédure du chapitre 7 pour pourvoir


fier la longueur d’ancrage de une longueur d’ancrage suffisante. Si la longueur
l’armature de cisaillement par disponible est insuffisante, pourvoir des ancrages
friction mécaniques.
Étape 4. Vérifier les dispo­ De telles provisions peuvent inclure :
sitions règlementaires et – l’armature de flexion ;
constructives spécifiques à – l’armature de contrôle de la fissuration ;
l’élément considéré – l’armature de peau ;
– etc.

Exemple 5.11

■■ Énoncé
Considérer la poutre en BA préfabriqué de la figure X5.11A. La poutre, de section
transversale 400 × 800 mm, a une portée de 8 mètres. Elle est supportée sur des plaques
d’appui de 100 mm tel que montré sur la figure. Elle est soumise à une charge pondérée
uniformément répartie wf = 125 kN/m et une charge horizontale pondérée due aux effets
de changement de volume, Nf = 150 kN.
Dimensionner l’armature requise pour la zone d’about de la poutre.
On donne : fcʹ = 30 MPa ; f y = 400 MPa ; d = 792 mm ; angle des fissures par rapport à la
verticale = 20°.

Figure X5.11A – Exemple 5.11


190 Chapitre 5

■■ Solution

Étape 0. Calculs initiaux


dv = max (0,9d ; 0,72h) dv = max (0,9 × 792 ; 0,72 × 800) = 713 mm
wf × L 125 × 8
Vf = Vf = = 500 kN
2 2

Calculer l’armature additionnelle A s,Nf requise due à Nf. Pour ce faire, il serait prudent de
prendre comme hypothèse que le plan de fissuration est vertical (perpendiculaire à Nf).
Il s’ensuit :
Nf 150 000
As ,N = As ,N = = 441 mm 2
f
φs fy f
0 , 85 × 400

Étape 1. Vérifier que vc,appliqué ≤ 0,25 φc fcʹ


Acv = bdv Acv = 400 × 713 = 285 200 mm 2
Vf 500 000
vc ,appliqué = vc ,appliqué = = 1, 75 MPa
Acv 285 200

0,25 φc fcʹ = 0,25 × 0,65 × 30 = 4,88 MPa > 1,75 MPa  OK

Étape 2. Calculer l’armature de cisaillement par friction Avf


Considérer que Avf est perpendiculaire au plan de fissuration, c’est-à-dire αf = 90°.
σ = ρvf y sin αf σ = 400 ρv (MPa)
c = 1,0 et μ = 1,40 (béton coulé de façon monolithique)
vc, résistance = λφc (c + μσ) vc,résistance = 0,65 + 364 ρv (MPa)
vs = φsρvf y cos αf = 0
Vf ≤ vcAcv
Vf ≤ 0,65 Acv + 364 Avf
Vf – 0 , 65 Acv 500 000 – 0 , 65 × 285 200
Avf ≥ Avf ≥ = 864 mm 2
364 364

Armature totale requise : Avf + A s,Nf = 864 + 441 = 1 305 mm 2 (5 No 20M).


Effort tranchant 191

Étape 3. Déterminer la longueur d’ancrage de Avf


Pour fcʹ = 30 MPa et des barres No 20M, une longueur de développement d’ancrage
ld = 530 mm est requise (voir tableau 7.1, chapitre 7)
Pourvoir des barres No 20M de longueur 800 mm (voir figure X5.11B).

Étape 4. Vérifier les dispositions règlementaires et constructives spécifiques


à l’élément considéré
➟➟ Dans ce cas, les aspects suivants, qui sont en dehors de la portée de cet exemple,
seraient d’intérêt :
Armature de flexion (A s et A sʹ) ;
Armature de contrôle de la fissuration (étriers) ;
Armature de peau.

La figure X5.11B donne les détails du ferraillage de la zone d’about.

Aʹs Avf + A s, nf

As

Figure X5.11B – Détails de l’armature


192 Chapitre 5

5.10 Problèmes

Problème 5.1
Considérer la poutre de portée simple et de section rectangulaire, dont les dimensions
sont données à la figure P5.1a). La poutre supporte une charge permanente totale,
incluant le poids propre, de 12 kN/m, et une surcharge d’exploitation de 16 kN/m. La
poutre n’est pas exposée aux intempéries.
La figure P5.1b) illustre la disposition de l’armature transversale (étriers). À noter
qu’en raison de la symétrie, seule la moitié de la poutre est représentée. On distingue
3 régions : dans la première région, les étriers en U (No 10M) sont espacés à s = 200 mm ;
dans la seconde, ils sont espacés à s = 300 mm et enfin, dans la troisième, aucune
­armature n’est prévue.
a) Déterminer le diagramme enveloppe des efforts tranchants (calculs initiaux).
b) Vérifier que les étriers sont suffisants pour reprendre l’effort tranchant, selon la
norme A23.3-04.

On donne : fc′ = 25 MPa ; f y = 400 MPa ; béton ordinaire : poids volumique du béton =
24 kN/m 3 ; enrobage = 30 mm tout autour.

b = 300 mm

d = 450 mm

10 000 mm

(a) Élévation et section

1 500 mm

Zone sans armature


5 000 mm transversale

Figure P5.1
Effort tranchant 193

Problème 5.2
Considérer la poutre de portée simple et de section en T, dont les dimensions sont
données à la figure P5.2. La poutre supporte une charge permanente totale de 20 kN/m
et une charge d’exploitation de 24 kN/m. La poutre n’est pas exposée aux intempéries.

Dimensionner la poutre à l’effort tranchant par la méthode simplifiée de la norme


A23.3-04.

On donne : fc′ = 25 MPa ; f y = 400 MPa ; béton ordinaire : poids volumique du béton =
24 kN/m 3 ; enrobage = 30 mm tout autour.

b = 900 mm

d = 610 mm
Ln = 10 000 mm

(a) Élévation (b) Section

Figure P5.2

Problème 5.3
Considérer une poutre simplement appuyée de 10 m de portée entre nus des appuis. La
poutre, non exposée aux intempéries, supporte une charge ponctuelle totale pondérée
à mi-travée de 360 kN. Les dimensions utiles de la section de la poutre, obtenues après
un dimensionnement à la flexion, sont bw × d = 350 mm × 544 mm.

En négligeant le poids propre de la poutre, on demande de :


a) Dessiner le diagramme des efforts tranchants.
b) Calculer l’armature transversale de cisaillement (étriers No 10M) et donner le nombre
total d’étriers prévu pour toute la poutre.

On donne : fc′ = 30 MPa ; f y = 400 MPa ; amax = 20 mm ; enrobage = 30 mm ; béton ordi­
naire avec poids volumique = 24 kN/m 3.
194 Chapitre 5

Problème 5.4
Considérer une poutre en porte-à-faux, non exposée aux intempéries, supportant une
surcharge d’exploitation concentrée pondérée Pf,L = 200 kN appliquée à une distance de
1,20 m du nu du mur qui agit comme support pour ladite poutre. La section r­ ectangulaire
de la poutre a les dimensions suivantes : b × h = 300 mm × 600 mm.

Déterminer les espacements des étriers No 10M selon la norme A23.3-04.

On donne : fc′ = 30 MPa ; f y = 400 MPa ; béton ordinaire avec poids volumique = 24 kN/m3.

Problème 5.5
Considérer la poutre rectangulaire simplement appuyée de portée libre Ln = 7,0 m et
de section b × h = 400 mm × 700 mm (figure P5.5). La poutre supporte une charge
permanente uniforme totale de 60 kN/m et une surcharge d'exploitation uniforme de
40 kN/m. L'armature longitudinale de la poutre consiste en deux lits de 4 barres No 30M
chacun (voir figure P5.5b).
Dimensionner la poutre à l'effort tranchant par la méthode générale et déterminer
l'espacement des étriers le long de la poutre.
On donne : poutre exposée aux intempéries ; fc ʹ = 30 MPa ; f y = 400 MPa ; béton ordi­
naire : poids volumique = 24 kN/m 3 ; enrobage = 40 mm ; étriers No 10M ; d = 590 mm ;
ag = 20 mm ; E s = 200 000 MPa.

(a) Élévation (b) Section transversale


Figure P5.5
Effort tranchant 195

Problème 5.6
Considérer la même poutre rectangulaire simplement appuyée que celle de la figure
P5.5. La poutre est soumise à une force axiale pondérée, Nf, en plus d’une charge
permanente uniforme de 60 kN/m et une surcharge d’exploitation uniforme de 40 kN/m.
Déterminer l’espacement des étriers le long de la poutre pour les valeurs suivantes de Nf :
a) Nf = 650 kN (tension)
b) Nf = –1 100 kN (compression)
On donne : poutre exposée aux intempéries ; fc ʹ = 30 MPa ; f y = 400 MPa ; béton ordi­
naire : poids volumique = 24 kN/m 3 ; enrobage = 40 mm ; étriers No 10M ; d = 590 mm ;
ag = 20 mm ; E s = 200 000 MPa.

Problème 5.7
Considérer la poutre simplement appuyée de portée libre Ln = 8,0 m (figure P5.7).
La poutre est soumise à une charge totale uniforme pondérée wf = 85 kN/m et une
charge ponctuelle pondérée de 250 kN due à la réaction provenant d’une poutre croisée
(supportée) appliquée à une distance de 2 500 mm du nu de l’appui gauche de la poutre
principale (porteuse). L’armature longitudinale de la poutre principale consiste en
4 barres No 35M.
a) Dimensionner la poutre principale à l’effort tranchant à la section critique (x = dv)
par la méthode générale
b) Dimensionner les étriers de suspension requis.
On donne : poutre exposée aux intempéries ; fc ʹ = 30 MPa ; f y = 400 MPa ; béton ordinaire :
poids volumique = 24 kN/m 3 ; bcʹ = 40 mm ; étriers No 10M ; ag = 20 mm ; h1 = 750 mm ;
bw1 = 400 mm ; h2 = 500 mm ; bw2 = 300 mm ; E s = 200 000 MPa.

(a) Élévation (b) Coupe A-A


Figure P5.7
196 Chapitre 5

Problème 5.8
Considérer une poutre rectangulaire simplement appuyée de portée libre Ln = 3,0 m et
de section b × h = 500 mm × 1 750 mm. La poutre est soumise à une surcharge d’exploita­
tion uniforme de 1000 kN/m. L’armature longitudinale, de section totale A s = 8 No 30M
(5 600 mm 2), est installée sur deux lits.
Dimensionner la poutre à l’effort tranchant par la méthode des bielles-et-tirants.
On donne : poutre non exposée aux intempéries ; fc ʹ = 30 MPa ; f y = 400 MPa ; béton
ordinaire : poids volumique = 24 kN/m 3.

Problème 5.9
Considérer la console courte (corbeau) qui est en saillie d’un poteau de section carrée
400 mm × 400 mm, dont les détails géométriques sont présentés à la figure P5.9. La
console supporte deux réactions verticales : une charge permanente non pondérée
R D = 120 kN et une surcharge d’exploitation R L = 240 kN.
Dimensionner la console courte par la méthode des bielles-et-tirants.
On donne : poutre non exposée aux intempéries ; fc ʹ = 30 MPa ; f y = 400 MPa ; béton
ordinaire : poids volumique = 24 kN/m 3.

Figure P5.9 (dimensions en mm)


Chapitre

6
Torsion

6.1 Notations utilisées dans ce chapitre

Ac Aire délimitée par le périmètre externe de la section du béton, incluant l’aire


de l’évidement, s’il y a lieu
Ao Aire délimitée par le périmètre moyen des parois de la section équivalente, incluant
l’aire de l’évidement, s’il y a lieu
Aoh Aire délimitée par l’axe de l’armature transversale de torsion, incluant l’aire
de l’évidement, s’il y a lieu
As Aire de la section d’armature longitudinale tendue due à FLt
A′s Aire de la section d’armature longitudinale comprimée requise due à FLc
A′s,requis Aire de la section d’armature longitudinale comprimée due à FLc
As,requis Aire de la section d’armature longitudinale tendue requise
At Aire d’un brin d’armature transversale de torsion
Av Aire de l’armature transversale de cisaillement (2 brins pour cadres ou étriers en U)
Av,min Aire minimale de la section d’armature transversale requise sur une longueur s
Av Total Aire totale de la section d’armature transversale sur une longueur s
198 Chapitre 6

FLc Force de compression dans l’armature longitudinale comprimée due à Nf, Mf, Vf et Tf
FLt Force de traction dans l’armature longitudinale tendue due à Nf, Mf, Vf et Tf
Mf Moment fléchissant dues aux charges pondérées
Nf Effort normal dû aux charges pondérées (positif en tension)
T Moment de torsion
Tcr Moment de torsion correspondant à la fissuration
Tf Moment de torsion dû aux charges pondérées
TfCalcul Moment de torsion de calcul dû aux charges pondérées
Tr Moment de torsion résistant pondéré
Vc Contribution du béton à la résistance à l’effort tranchant pondéré par fc
Vf Effort tranchant dû aux charges pondérées
Vs Contribution de l’armature transversale à la résistance à l’effort tranchant pondéré
par fs
a Longueur de cisaillement
bw Largeur de l’âme d’une poutre
d Hauteur effective d’une section de béton armé
db Diamètre d’une barre d’armature
db,min Diamètre minimal requis d’une barre d’armature
dv Hauteur effective en cisaillement
fc′ Résistance nominale en compression du béton à 28 jours
ft Résistance à la traction du béton
fy Contrainte élastique limite de l’acier d’armature
h Hauteur de la section de béton
n Nombre de brins que compte l’armature à l’effort tranchant Av
pc Périmètre externe de la section du béton
ph Périmètre de l’axe de l’armature transversale de torsion
s Espacement de l’armature transversale
smax Espacement maximal permis de l’armature transversale
srequis Espacement requis de l’armature transversale
t Épaisseur de la paroi de la section évidée équivalente
β Coefficient tenant compte de la résistance du béton fissuré
θ Angle de la contrainte de compression diagonale par rapport à l’axe longitudinal
de la membrure
λ Coefficient pour tenir compte de la densité du béton (λ = 1 pour béton normal)
φc Facteur de résistance du béton
φs Facteur de résistance de l’acier d’armature
Torsion 199

6.2 Types de torsion


La torsion peut être engendrée par : a) le déséquilibre des forces statiques. Dans ce cas,
un moment de torsion est développé pour maintenir l’équilibre entre les forces externes
et les forces internes. On parle alors de torsion d’équilibre (figure 6.1a) ; ou par : b) la
non-compatibilité des déformations due à la différence de rigidité des éléments dans les
structures hyperstatiques. Dans ce cas, un moment de torsion est développé pour main­
tenir la compatibilité de ces déformations. On parle alors de torsion de ­compatibilité
(figure 6.1b).

  a) Équilibre   b) Compatibilité
Poutre
de rive

Poutre secondaire
Poutre principale

Figure 6.1 – Exemples de torsion d’équilibre et de compatibilité

6.3 Contraintes dues à la torsion


À l’instar de l’effort tranchant, la torsion produit des contraintes de cisaillement, engen­
drant donc des tractions diagonales (figure 6.2). Ces contraintes forment un flux de
cisaillement fermé concentré principalement sur le contour de la section (figure 6.2).
Ceci explique pourquoi la résistance à la torsion des sections pleines est généralement
calculée à partir d’une section fermée évidée à parois minces (largeur du flux) équivalente.

  a) Section pleine   b) Section équivalente à parois minces

Figure 6.2 – Contraintes dues à la torsion et notion de section équivalente


200 Chapitre 6

6.4 Mécanismes de résistance à la torsion


Après la fissuration du béton (voir la figure 6.2), la résistance à la torsion est assurée par
le jeu de forces internes en équilibre dans les bielles diagonales de compression en béton
d’une part, et dans les aciers d’armature transversale et longitudinale d’autre part.
Le comportement d’une membrane en torsion après fissuration s’apparente ainsi à un
système de treillis spatial (figure 6.3a). Le treillis de base relatif à chacune des faces de
la membrure (figure 6.3b) est composé d’une diagonale en compression (béton), d’un
montant en traction (étrier), ainsi que d’une membrure supérieure et d’une membrure
inférieure (armature longitudinale).
L’équilibre des forces internes en jeu dans les différentes composantes contribuant à la
résistance est mieux illustré en isolant le nœud A de la membrure (figure 6.3c). Cette
illustration met en évidence que la force de traction dans les étriers (montants) vient
équilibrer la composante verticale de la force de compression diagonale (bielle) alors
que l’armature longitudinale vient, quant à elle, équilibrer la composante horizontale
de la force de compression diagonale.

A
lo r m a
ng t u
it u r e
di
transversale

na
Armature

l e

Voir détail Bielles


nœud A

(a) Mécanismes de résistance (b) Modèle de treillis (c) Détail du nœud A

Figure 6.3 – Mécanismes de résistance à la torsion – modèle de treillis

6.5 Dérivation des équations


■■ Torsion de fissuration
La contrainte de cisaillement due à la torsion dans une section à parois minces est
donnée par :
T
τ= (6.1)
2 Ao t

Torsion 201

La fissuration due à la torsion a lieu lorsque τ = f t, soit :

τcr = fr = 0 , 38 λφc fc′ (6.2)



Par ailleurs, la norme A23.3-04 spécifie les valeurs suivantes pour les dimensions de la
section évidée équivalente :

3 Ac
bo t= (6.3)
4 pc

pc = périmètre = 2(b + h)
ho Ao = b o h o Ao = boho (6.4)
Ac = bh

Périmètre moyen

Figure 6.4 – Définition des dimensions de la section évidée équivalente

Figure 6.5 – Forces internes dans les armatures transversale et longitudinale dues
aux effets combinés : a) effort tranchant – torsion et b) moment fléchissant – torsion
202 Chapitre 6

En substituant les équations de t, A et τ dans l’équation 6.1, on peut déduire l’équation


du couple de torsion Tcr correspondant à la fissuration, soit :
Ac2
Tcr = 0 , 38 λφc fc′ (6.5)
pc

La norme A23.3-04 exige que les effets de la torsion d’équilibre soient considérés si
Tf > 0,25 Tcr, soit
Si Tf > 0,25 Tcr ⇒ considérer torsion (6.6)
Dans le cas de la torsion dite de compatibilité, il est permis de réduire Tf à 0,67 Tcr, soit :
Si torsion de compatibilité ⇒ Tf ≤ 0,67 Tcr (6.7)

■■ Résistance à la torsion
La résistance à la torsion doit être supérieure ou égale au moment de torsion pondéré Tf, soit :
Tr > Tf (6.8)
La résistance à la torsion est assurée principalement par l’armature transversale de
torsion At, soit :
2 Ao φ s At fy cot θ
Tr = ≥ Tf (6.9)
s
Où Ao = 0,85 × Aoh (figure 6.6).

■■ Résistance du béton à la compression


Afin d’éviter l’écrasement du béton en compression, la norme A23.3-04 limite la
contrainte de compression due à l’effort tranchant et à la torsion dans les bielles (voir
la figure 6.3) à la résistance des bielles de compression, comme suit :

Section évidée
Vf Tf ph
+ ≤ 0 , 25 φc fc′ (6.10a)
2
bw dv 1, 7 Aoh

Autres sections
2 2
 Vf   Tf ph 
  +  ≤ 0 , 25 φc fc′ (6.10b)
 b d   1, 7 A2 
w v oh

Figure 6.6 – Résistance du béton à la compression

Note : Si l’épaisseur de la paroi de la section évidée t est inférieure à Aoh /ph , alors le second
terme de l’équation 6.10a) doit être remplacé par Tf /(1,7Aoht).
Torsion 203

■■ Armature de torsion
Des armatures transversales (étriers fermés avec crochets à 135o perpendiculaires à
l’axe de la membrure, ou cage d’armature en treillis soudés, ou spires) et longitudinales
(barres longitudinales) sont requises pour reprendre l’effort de torsion. Ces armatures
doivent s’ajouter aux armatures dues à l’effort tranchant et au moment fléchissant, tel
qu’illustré à la figure 6.5.

Armature transversale
À partir de l’équation 6.9, il s’ensuit :

At Tf
≥ (6.11)
s 2 Ao φ s fy cot θ

Pour une section soumise à l’effort tranchant en plus de la torsion, l’armature
transversale totale pour un même espacement s est donnée par :
AvTotal At Av
= + (6.12)
s s ns

où n est le nombre de brins que compte l’armature à l’effort tranchant Av


(ex. n = 2 pour un cadre ou un étrier en U) et Av /s peut être calculé à l’aide de
­l’équation 5.6 (méthode simplifiée) ou l’équation 5.9 (méthode générale).

Armature longitudinale du côté tendu


La force de traction totale développée dans l’armature longitudinale du côté tendu
d’une section soumise à Mf, Vf, Nf et Tf est donnée par :
2
Mf  0 , 45 phTf 
+ 0 , 5 N f + ( cot θ ) (V )
2
FLt = − 0 , 5Vs +  (6.13)
dv
f
 2 A 
o

Notes : (1) Mf, Vf et Tf sont des quantités positives ; Nf est une quantité positive en tension,
­négative en compression. (2) Ao = 0,85 × Aoh.

L’armature longitudinale du côté tendu est donnée par l’équation suivante qui
suppose que A s a atteint sa limite élastique :
FLt
FLt = φ s As fy ⇒ As = (6.14)
φs fy

204 Chapitre 6

Armature longitudinale du côté comprimé


L’armature comprimée A′s n’est requise que si le premier terme de l’équation 6.13
est inférieur à la somme des deux autres termes de la même équation, soit :
2
Mf  0 , 4 5 phTf 
≤ 0 , 5 N f + ( cot θ ) (V )
2
As′ requis si − 0 , 5Vs +  (6.15)
dv
f
 2 A 
o

En effet, dans le cas contraire, les forces de compression dues à la flexion équi­
librent totalement les tensions diagonales dues à l’effort tranchant et à la torsion
(voir la figure 6.5).
Si l’équation 6.15 est vérifiée, alors la force de compression dans l’armature longi­
tudinale de compression est donnée par :
2
 0 , 45 phTf  Mf
FLc = 0 , 5 N f + ( cot θ ) (V )
2
− 0 , 5Vs +  − (6.16)
f
 2 A  dv
o

d’où
FLc
As′ = (6.17)
φs fy

Notes : (1) Pour des conditions normales (voir la section 5.5.1), la méthode simplifiée peut être
utilisée de sorte que θ = 35o et β = 0,18. (2) Ao = 0,85 × Aoh.

6.6 Considérations réglementaires et pratiques


En présence de la torsion, les règles suivantes s’appliquent :
➟➟ Une armature transversale minimale Av,min doit être pourvue dans les cas suivants :
a) Vf > Vc, b) h ≥ 750 mm ou c) Tf > 0,25 Tcr.

bw s Av fy
Av,min = 0 , 06 fc ′ ou s ≤ (6.18)
fy 0 , 06 fc ′ bw

Par ailleurs :
Si Tf > 0,25 Tcr ⇒ smax = min (300 mm ; 0,35 dv) (6.19)
➟➟ L’armature transversale de torsion doit être adéquatement ancrée (art. 11.2.7) :
a) Utilisation de cadres fermés avec crochets de 135o.
b) Tel que spécifié pour l’armature transversale à l’effort tranchant.
Torsion 205

➟➟ Au moins une barre d’armature longitudinale de diamètre supérieur à s/16 doit


être placée à chacun des coins de l’armature transversale requise pour la torsion.
Ces barres ­longitudinales doivent être ancrées comme celles qui sont en flexion.

6.7 Dimensionnement et vérification


■■ Étapes de vérification

Tableau 6.1 – Étapes de vérification en présence de la torsion

Étapes Commentaires
Données : Mf, Vf, Tf, Nf, A s , A s′, Av, s, Généralement les quantités Ao, Aoh,et ph
AvTotal (1 brin), Ac , pc , Ao, Aoh, ph , d, dv sont plutôt déduites à partir des données
Étape 1. Vérifier les conditions d’uti­ fc′ ≤ 60 MPa ; f y ≤ 400 MPa ; effort de
lisation de la méthode simplifiée ­traction pas significatif
Étape 2. Vérifier que Av ≥ Av,min ou bw s
s ≤ smax Av,min = 0 , 06 fc ′
fy

Av fy
ou s ≤ [éq. 6.18]
0 , 06 fc′ bw

Étape 3. Calculer Tcr. Ac2


Si Tf ≤ 0,25Tcr, négliger la torsion Tcr = 0 , 38 λφc fc′ [éq. 6.5]
pc

Étape 4. Si Tf > 0,25Tcr , vérifier que smax = min (300 mm ; 0,35dv) [éq. 6.19]
s ≤ smax Pour dv voir l’équation 5.4
Étape 5. Si torsion de compatibilité
Tf Calcul = min (Tf ; 0,67Tcr)
Étape 6. Vérifier la résistance du Équation 6.10a ou 6.10b selon que la
béton en compression section est évidée ou non
Étape 7. Calculer Av/ns, At /s et At Tf
AvTotal  At Av  = [éq. 6.11]
= + . s 2 Ao φ s fy cot θ
s  s ns 
Av Vs
AvTotal (un brin) étant donné, déduire = [éq. 5.9c]
srequis puis vérifier que srequis ≥ s ns nφ s f y dv cot θ

AvTotal (1 brin ) A A 
=  t + v  ⇒ srequis
srequis  s ns 
206 Chapitre 6

Étapes Commentaires
Étape 8. Calculer FLt et FLc si requis Éq. 6.13, 6.14 et 6.15
Étape 9. Calculer A s,requis et A′s,requis FLt
(si requis). As,requis = [éq. 6.14]
φ s fy
Vérifier que A s > As,requis et
A′s > A′s,requis FLc
As′,requis = [éq. 6.15]
φ s fy

Étape 10. Vérifier le respect des Enrobage et espacement des barres


exigences minimales de la norme et [figure 4.1]
des dispositions constructives • Ancrage 

s  voir la section 6.5
• db,min = aux coins 
16 
Fissuration

■■ Étapes de dimensionnement

Tableau 6.2 – Étapes de dimensionnement en présence de la torsion

Étapes Commentaires
Données : Mf, Vf, Tf, Nf, bw, h, Ac , pc , Estimer d puis déduire
fc′, f y dv = max (0,9d ; 0,72h)
Étape 1. Calculer Tcr et vérifier si Ac2
Tf > 0,25Tcr Tcr = 0 , 38 λφc fc′ [éq. 6.5]
pc

Si Tf ≤ 0,25Tcr, négliger la torsion et


dimensionner pour la flexion (chapitre 4)
et l’effort tranchant (chapitre 5)
Étape 2. Vérifier les conditions d’utili­ fc′ ≤ 60 MPa ; f y ≤ 400 MPa ; effort de
sation de la méthode simplifiée ­traction pas significatif
Étape 3. Si torsion de compatibilité
alors Tf Calcul = min (Tf ; 0,67Tcr)
Étape 4. Vérifier la résistance du Éq. 6.10a ou 6.10b, selon le cas
béton en compression
Torsion 207

Étapes Commentaires
Étape 5. Calculer l’armature transver­ At Tf
sale requise = [éq. 6.11]
s 2 Ao φ s fy cot θ
At Av
a) Calculer , , puis
s ns Av Vs
= [éq. 5.3a]
A Total
A A  ns nφ s f y dv cot θ
v
(un brin) =  t + v 
srequis s ns
smax = min (300 mm 0,35dv) [éq. 6.19]
b) Choisir AvTotal(1
brin) et déduire Pour dv, voir l’équation 5.4
srequis
c) Choisir s = min (srequis ; smax)
Étape 6. Calculer l’armature longitu­ a) Voir l’équation 6.13
dinale requise côté tendu FLt
a) Calculer FLt b) As,requis ≥ [éq. 6.14]
φ s fy
b) Calculer As,requis
c) Choisir A s, pourvu
d) Vérifier que As s’est plastifiée tel
que supposé
Étape 7. Vérifier si l’armature longitu­ Éq. 6.15
dinale côté comprimé (A′s) est requise
Étape 8. Calculer A′s, s’il y a lieu. a) Éq. 6.16
a) Calculer FLc FLc
b) As′ = [éq. 6.17]
b) Calculer A′s φs fy

c) Choisir A′s,pourvu
d) Vérifier que A′s s’est plastifiée tel
que supposé
Étape 9. Vérifier le respect des Enrobage, espacement des barres
exigences minimales de la norme et [figure 4.1]
des dispositions constructives • Ancrage 

s
• db,min = aux coins 
16 
 voir la section 6.5
bw s 
• Av,min = 0 , 06 fc ′ 
fy 

• smax é q. 6 . 19  

Fissuration
208 Chapitre 6

6.8 Exemples

Exemple 6.1 – Vérification d’une poutre de rive à la torsion

■■ Énoncé
Considérer une poutre de rive de section rectangulaire faisant partie d’un plancher
de dalles non exposé aux intempéries. Les dimensions de la section sont données à la
figure X6.1. La section supporte un effort tranchant pondéré Vf = 120 kN, un moment
de flexion négatif Mf = 120 kNm et un effort de torsion Tf = 20 kNm.

On demande de vérifier si les armatures sont suffisantes pour reprendre les efforts
pondérés impliqués (flexion, cisaillement et torsion).

On donne : fc′ = 30 MPa ; f y = 400 MPa ; béton ordinaire : poids volumique = 24 kN/m 3 ;
bc′ = 30 mm ; amax = 20 mm.

3 No 30M Dalle

2 No 15M
Étrier No 10M @ 100 mm

2 No 15M

Figure X6.1 – Exemple 6.1


Torsion 209

■■ Solution

Étape 0. Calculs initiaux

 Av (1 brin) = 100 mm 2
 2
 As = 2 100 mm

 As′ = 400 mm
2

Ac = bh Ac = 300 × 500 = 150 000 mm 2


pc = 2 ( b + h ) pc = 2 × ( 300 + 500 ) = 1 600 mm



(
x1 = b − 2 bc′ − db,étrier ) x1 = ( 300 − 2 × 30 − 11, 3) = 229 mm


(
y1 = h − 2 bc′ − db,étrier ) y1 = ( 500 − 2 × 30 − 11, 3) = 429 mm

Aoh = x1 × y1 Aoh = 229 × 429 = 98 241 mm 2


Ao = 0 , 85 Aoh Ao = 0 , 85 × 98 241 = 83 505 mm 2


ph = 2 ( x1 + y 1 ) ph = 2 × ( 229 + 429 ) = 1 316 mm


db 29 , 9
d = h − bc′ − db,étrier − d = 500 − 30 − 11, 3 − = 444 mm
2 2

dv = max ( 0,9 d ; 0,72 h ) dv = max ( 0 , 9 × 444 ; 0 , 72 × 500 ) = 399 mm


Étape 1. Vérifier les conditions d’utilisation de la méthode simplifiée

 fc ′ = 30 MPa < 60 MPa



 fy = 400 MPa OK

Pas de traction  

Étape 2. Vérifier que Av ≥ Av,min

bw s 300 × 100
Av,min = 0 , 06 fc ′ Av,min = 0 , 06 × 30 × = 25 mm 2
fy 400

Av ( 2 brins ) = 200 mm 2 > Av,min = 25 mm 2



210 Chapitre 6

Étape 3. Calculer Tcr

Tcr =
2
Ac
0 , 38 λφc fc′ Tcr =
(150 000) 2
6
× 0,38 × 1,0 × 0,65 × 30 = 19 × 10 Nmm = 19 kNm
pc 1 600

T = 20 kNm > 0, 25Tcr = 4 , 75 kNm ⇒ Considérer la torsion.


          f

Étape 4. Vérifier que s ≤ smax


(
smax = min 300 mm ; 0 , 35 dv ) smax = min ( 300 mm ; 0 , 35 × 399) = 140 mm

s = 100 mm < smax = 140 mm OK


Étape 5. Torsion de compatibilité


Torsion d’équilibre, donc pas de réduction permise.

Étape 6. Vérifier la résistance du béton en compression

2 2
 Vf   Tf ph 
Vérifier si   +  ≤ 0 , 25 φ c fc ′
 bw dv   1, 7 Aoh 
2

 2 2

  120 × 10  +  20 × 10 × 1 316  = 1, 005 + 2 , 573 = 1, 89 MPa


3 6

  300 × 399  
 1,7 × 98 2412 




0 , 25 φc fc′ = 0 , 25 × 0 , 65 × 30 = 4 , 88 MPa > 1, 89 MPa ⇒ Pas de risque d’écrasement du béton.

At Av
Étape 7. Calculer , puis déduire srequis
s ns
At Tf At 20 × 10
6

= = = 0,247 mm
s 2 Ao φ s fy cot θ s 2 × 83 505 × 0,85 × 400 × cot 35°

Vc = 0 , 18 λφ c fc ′bw dv Vc = 0 , 18 × 1, 0 × 0 , 65 × 30 × 300 × 399 × 10 −3 = 76 , 7 kN


Vs = Vf − Vc Vs = 120 − 76 , 7 = 43,3 kN

Av Vs Av 43, 3 × 10
3

= = = 0 , 112 mm
ns nφ s fy dv cot θ ns 2 × 0 , 85 × 400 × 399 cot 35 °

Torsion 211

srequis =
Av
Total
(1 brin ) srequis =
100
= 279 mm > s = 100 mm OK
 At Av  0 , 247 + 0 , 112
 + 
s ns   

Étape 8. Calculer FLt et FLc si requis


2
Mf  0 , 45 phTf 
(V )
2
FLt = + 0 , 5 N f + cot θ f
− 0 , 5 Vs + 
dv  2 Ao 

2
120 × 10
6
 0 , 45 × 1 316 × 20 × 10 6 
(120 × 10 )
2
3 3
FLt = + 0 + cot 35 × − 0 , 5 × 43, 3 × 10 + 
399  2 × 83 505 

FLt = 300 752 + 173 166 = 473 918 N

2
Mf  0 , 45 ph Tf 
(V )
2
= 300 752 N > cotθ f
− 0 , 5 Vs +  = 173 166 N
dv  2 Ao 

⇒ A s′ non requis, mais 2 No 15M sont pourvus aux coins pour supporter les étriers.

Étape 9. Calculer As,requis

FLt 473 918


As,requis = As,requis = = 1 394 mm 2 < As = 2 100 mm 2 OK
φ s fy 0 , 85 × 400

Note : Il convient de vérifier que A s s’est plastifié tel que supposé, sinon utiliser fs au lieu de f y
pour le calcul de A s,requis.

Étape 10. Vérifier le respect des exigences minimales de la norme

 Enrobage : bc′ = 30 mm (non exposé)  OK

 Espacement entre barres (3 No 30M)


( 300 − 2 × 30 − 2 × 11, 3 ) − 3 × 29 , 9
s= = 63, 9 mm
2
1,4 db  1, 4 × 29 , 9 = 42 mm 
  
smin = max 1,4 amax smin = max 1, 4 × 20 = 28 mm  = 42 mm < s = 63,9 mm OK
30 mm  30 mm 
  

Note : On aurait pu utiliser le tableau 4.2, où l’on observe que la largeur de 300 mm est suffi­
sante pour loger les 3 No 30M en un lit, ce qui indirectement satisfait les exigences
d’espacement des barres longitudinales.
212 Chapitre 6

 Ancrage : db,étrier = No 10M ⇒ pas de restriction pour ancrage.


s 100
 db,min = db,min = = 6 , 25 mm < db,coin = 16 mm
16 16

 Av,min et smax vérifiés aux étapes 2 et 4.

 Facteur Z (fissuration)
fs = 0 , 6 f y fs = 0 , 6 × 400 = 240 MPa

dc = X = h − d dc = X = 500 − 444 = 56 mm

2 Xb 2 × 56 × 300
A= A= = 11 200 mm 2
n 3


Z = fs ( 3 dc A ) Z = 240 × ( 3
)
56 × 11 200 = 20 544 N/mm < 30 000 N/mm

Fissuration de flexion contrôlée.  OK


Note : On aurait pu aussi utiliser le tableau 3.1a, où l’on observe que pour une largeur
b = 300 mm, une barre No 30M est suffisante pour satisfaire le critère du facteur Z.

Exemple 6.2 – Dimensionnement d’un poteau à la torsion

■■ Énoncé
Considérer le poteau encastré à la base de longueur L = 3 m et de section carrée,
400 mm × 400 mm (figure X6.2). Le poteau est soumis à un moment de torsion
Tf = 20 kNm, à une force axiale de compression pondérée excluant le poids propre du
poteau, Nf = –4 kN et une force horizontale Vf = 50 kN (figure X6.2). Le poteau est situé
dans un environnement exposé aux intempéries.

On demande de dimensionner la poutre à l’ÉLU pour reprendre tous les efforts


­impliqués.

On donne : fc′ = 35 MPa ; f y = 400 MPa ; béton ordinaire : poids volumique = 24 kN/m 3 ;
bc′ = 40 mm ; amax = 20 mm.
Torsion 213

Figure X6.2 – Exemple 6.2

■■ Solution

Étape 0. Calculs initiaux

Poids propre poteau = ( 0 , 4 × 0 , 4 × 3) × 24 = 11, 52 kN


N f , à la base = 4 + 1, 25 × 11, 52 = 18 , 4 kN (Compression)


M f = Vf L M f = 50 × 3 = 150 kNm

db,étrier = No 10M
On adopte : 
db = No 25M


(
x1 = b − 2 bc′ − db,étrier ) x1 = ( 400 − 2 × 40 − 11, 3) = 309 mm


(
y1 = h − 2 bc′ − db,étrier ) y1 = ( 400 − 2 × 40 − 11, 3) = 309 mm

Ac = bh Ac = 400 × 400 = 160 000 mm 2


pc = 2 ( b + h ) pc = 2 × ( 400 + 400 ) = 1 600 mm



214 Chapitre 6

Aoh = x1 × y1 Aoh = 309 × 309 = 95 481 mm 2


Ao = 0 , 85 Aoh Ao = 0 , 85 × 95 481 = 81 159 mm 2


ph = 2 ( x1 + y 1 ) ph = 2 × ( 309 + 309 ) = 1 236 mm


db 25 , 2
d = h − bc′ − db,étrier − d = 400 − 40 − 11, 3 − = 336 mm
2 2

dv = max ( 0,9 d ; 0,72 h ) dv = max ( 0 , 9 × 3 36 ; 0,72 × 400 ) = 302 mm


Étape 1. Calculer Tcr et vérifier si Tf > 0,25Tcr


2
Ac 160 000 2
fc′ × 0 , 38 × 1, 0 × 0 , 65 × 35 × 10 − = 23, 4 kN
6
Tcr = 0 , 38 λφc Tcr = Nm
pc 1 600

Tf = 20 kNm > 0 , 25Tcr = 5 , 85 kNm ⇒ Considérer la torsion.


Étape 2. Vérifier les conditions d’utilisation de la méthode simplifiée

 fc ′ = 35 MPa < 60 MPa



 fy = 400 MPa OK

Pas de traction  

Étape 3. Torsion de compatibilité

Torsion d’équilibre donc pas de réduction permise.

Étape 4. Vérifier la résistance du béton en compression

2 2
 Vf   Tf ph 
Vérifier si   +  ≤ 0 , 25 φ c fc ′
 bw dv   1, 7 Aoh 
2

 2 2

  50 × 10  +  20 × 10 × 1 236  = 0 , 171 3 + 2 , 54 = 1, 65 MPa


3 6

  400 × 302  
 1,7 × 95 4812 




0 , 25 φc fc′ = 0 , 25 × 0 , 65 × 35 = 5 , 69 MPa > 1, 65 MPa ⇒ Pas de risque d’écrasement du béton.
Torsion 215

Étape 5. Calculer l’armature transversale requise

At Tf At 20 × 10
6

= = = 0 , 254 mm
s 2 A0 φ s fy cot θ s 2 × 81 159 × 0 , 85 × 400 × cot 35

Vc = 0 , 18 λφ c fc ′bw dv Vc = 0 , 18 × 1, 0 × 0 , 65 × 35 × 400 × 302 × 10 −3 = 84 kN



Av
Vc > Vf ⇒ =0
ns

srequis =
Av
Total
(1 brin ) srequis =
100
= 394 mm
 At  0 , 254
 
s

(
smax = min 300 mm ; 0,35 dv ) smax = min ( 300 mm ; 0 , 35 × 302) = 106 mm

spourvu = 100 mm

Étape 6. Calculer l’armature longitudinale requise du côté tendu

2
Mf  0 , 45 phTf 
(V )
2
a) FLt = + 0 , 5 N f + cot θ f
− 0 , 5 Vs + 
dv  2 Ao 

2
150 × 10 6  0 , 45 × 1 236 × 20 × 10 6 
( )
2
3
FLt = − 9 200 + cot 35 ° × 50 × 10 − 0 +  
302  2 × 81 159 

FLt = 496 689 − 9 200 + 121 154 = 608 646 N

FLt 608 646
b) As = As = = 1 790 mm 2
φ s fy 0 , 85 × 400


As = 4 No 25M = 2 000 mm ( 2
)
Note : Il convient de vérifier que A s s’est plastifié tel que supposé (c’est-à-dire  ≤ b + '), sinon
utiliser fs au lieu de f y pour le calcul de A s,requis.

Étape 7. Vérifier si A′s est requise

2
Mf  0 , 45 ph Tf 
(V )
2
= 496 689 N > 0 , 5 N f + cot θ f
− 0 , 5 Vs +  = –9 200 + 121 154 = 111 954 N
dv  2 Ao 

⇒ A′s non requise ; néanmoins, pourvoir 2 No 25M aux coins.


216 Chapitre 6

Étape 8. Vérifier le respect des exigences minimales de la norme

 Enrobage : bc′ = 40 mm (exposé)  OK


 Espacement entre barres (4 No 25M sur côté tendu)
( 400 − 2 × 40 − 2 × 11, 3 ) − 4 × 25 , 2
s= = 65 , 5 mm
3

1, 4 db  1, 4 × 25 , 2 = 35 , 3 mm 
  
smin = max 1, 4 amax smin = max 1, 4 × 20 = 28 mm  = 35 , 3 mm < s = 65 , 5 mm OK
30 mm  30 mm 
  

Note : On aurait pu utiliser le tableau 4.3, où l’on observe que la largeur de 400 mm est suffi­
sante pour loger les 4 barres No 30M en un lit, ce qui indirectement satisfait les exigences
d’espacement des barres longitudinales.
Par ailleurs (voir chapitre 11) : S 2 = 400 – 2(40 + 25,2 + 11,3) = 247 mm < 500 mm  OK
S1 = s = 65,5 mm < 150 mm  OK

 Ancrage étriers : db,étrier = No 10M ⇒ Pas de restriction.


s 100
 db,min = db ,min = = 6 , 25 mm < db ,coin = 25 , 2 mm OK
16 16  

b s 400 × 100 2 2
 Av,min = 0 , 06 fc′
w
Av,min = 0 , 06 × 35 × = 35 , 5 mm < Av,2 brins = 200 mm
fy 400

 Facteur Z (fissuration)
Le tableau 3.1b montre que pour b = 400 mm, 3 barres No 25M sont suffisantes pour satis­
faire le critère du facteur Z.
Torsion 217

6.9 Problèmes

Problème 6.1
Considérer la poutre, non exposée aux intempéries, de portée simple et de section
rectangulaire, dont les dimensions de la section sont données à la figure P6.1. La section
supporte un effort tranchant pondéré Vf = 200 kN, un moment de flexion Mf = 360 kNm
et un effort de torsion Tf = 40 kNm.

On demande de vérifier si les armatures sont suffisantes pour reprendre les efforts
pondérés impliqués (flexion, cisaillement et torsion).

On donne : fc′ = 25 MPa ; f y = 400 MPa ; béton ordinaire ; enrobage = 30 mm tout autour.

Figure P6.1
218 Chapitre 6

Problème 6.2
Considérer la poutre encastrée aux deux extrémités de portée L = 6 m et de section
rectangulaire, dont les dimensions sont données aux figures P6.2a et P6.2b ci-dessous.
La poutre supporte une charge permanente totale wD = 10 kN/m et une surcharge
d’exploitation wL = 20 kN/m. De plus, elle est soumise à un moment de torsion TD dû
à la charge permanente et TL dû à la charge d’utilisation, dont les diagrammes sont
présentés à la figure P6.2c. L’armature due au moment fléchissant s’établit à A s = 2 800
mm 2 (4 No 30M) sur toute la longueur. La poutre n’est pas exposée aux intempéries.

Dimensionner la poutre à l’ÉLU selon la norme A23.3-04 pour reprendre tous les
efforts impliqués.

On donne : fc′ = 25 MPa ; f y = 400 MPa ; béton ordinaire ; enrobage = 30 mm tout autour.

4 No 30M
(2 800 mm 2)

TD

TL

Figure P6.2
Torsion 219

Problème 6.3
Considérer la dalle (auvent) en porte-à-faux, non exposée aux intempéries, montrée à
la figure P6.3. Ladite dalle supporte, en plus de son poids propre, une surcharge d’ex­
ploitation de 2,4 kN/m 2 . La dalle est supportée par une poutre encastrée à ses deux
extrémités aux nus des poteaux.

On demande, pour la poutre, de :


a) Tracer les diagrammes des efforts tranchants et de torsion ;
b) Calculer l’armature longitudinale et l’armature transversale requises, selon la norme
A23.3-04 ;
c) Faire un schéma de ferraillage de la section la plus sollicitée.

On donne : fc′ = 30 MPa ; f y = 400 MPa ; béton ordinaire : poids volumique = 24 kN/m 3.

8 000 mm

Poteau
500 mm × 500 mm

2 000 mm

Figure P6.3
220 Chapitre 6

Problème 6.4
Considérer la poutre, non exposée aux intempéries, montrée à la figure P6.4. La poutre
supporte une surcharge d’exploitation concentrée et excentrée PL = 100 kN (non
pondérée).

On demande de :
a) Tracer les diagrammes des efforts tranchants, des moments de flexion et des moments
de torsion le long de la poutre ;
b) Dimensionner la poutre (dimensions et armatures transversale et longitudinale) selon
la norme A23.3-04.

On donne : fc′ = 30 MPa ; f y = 400 MPa ; enrobage = 30 mm ; béton ordinaire : poids
volumique = 24 kN/m 3.

Figure P6.4
Chapitre

7
Ancrage des armatures

7.1 Notations utilisées dans ce chapitre

Ab Aire de la section d’une barre


As Aire de la section d’armature longitudinale non précontrainte tendue
As,pourvu Aire de la section d’armature longitudinale tendue pourvue
As,requis Aire de la section d’armature longitudinale tendue requise
Atr Aire totale des étriers sur un espacement s et traversant un plan de fissure
D Diamètre du mandrin pour façonner les crochets standard
Ktr Indice tenant compte de l’armature transversale
Ln Portée entre nus des appuis
M Moment appliqué
Mf Moment fléchissant pondéré
Mr Moment résistant
P Force de compression
222 Chapitre 7

T Force de traction
Tr Résistance à la traction
Vr Résistance à l’effort tranchant
d Hauteur effective d’une section de béton armé
db Diamètre de la barre d’armature
dcs Distance du centre de la barre à la surface du béton
dv Hauteur effective en cisaillement
fc′ Résistance nominale en compression du béton à 28 jours
fs Contrainte dans la barre d’acier
fy Contrainte élastique limite de l’acier d’armature
fyt Contrainte élastique limite de l’acier d’armature transversale
k1 Facteur de modification tenant compte de la position de la barre
k2 Facteur de modification tenant compte de l’état de finition de la surface de la barre
k3 Facteur de modification tenant compte de la densité du béton
k4 Facteur de modification tenant compte du diamètre de la barre
la,disponible Longueur d’ancrage (ou de scellement) disponible
la Longueur d’ancrage (ou de scellement)
ld Longueur d’ancrage (ou de scellement) permettant à la barre d’atteindre sa limite
élastique
ldb Longueur d’ancrage (ou de scellement) de base
ldh Longueur d’ancrage (ou de scellement) pour crochets standard
ld,requis Longueur d’ancrage (ou de scellement) requise
lhb Longueur d’ancrage (ou de scellement) de base des crochets standard
lsc Longueur de chevauchement de barres en compression
lsp Longueur de chevauchement dans les poteaux
lst Longueur de chevauchement de barres en traction
n Nombre de barres ancrées
p Force radiale exercée sur le béton
s Espacement de l’armature transversale dans la zone d’ancrage (ou de scellement) ld
u Contrainte d’adhérence
ur Contrainte d’adhérence à l’état ultime
θ Angle de la contrainte de compression diagonale par rapport à l’axe longitudinal
de la membrure
φs Facteur de résistance de l’acier d’armature
Ancrage des armatures 223

7.2 Contraintes d’adhérence


Dans tout calcul en béton armé, on tient pour acquis que l’acier et le béton sont inti­
mement liés par ce qui est appelé l’adhérence. En flexion, par exemple, sans cette adhé­
rence, le transfert de forces de l’armature tendue au béton comprimé ne peut se faire
et donc la section ne peut développer le moment de résistance (couple des forces égales
comprimée et tendue) pour résister au moment appliqué.
Une barre noyée dans un bloc de béton, soumise à une force de traction T, développe
une contrainte d’adhérence u le long de la barre comme illustré à la figure 7.1.

Contrainte d’adhérence
moyenne
T
u= (7.1)
La π db La

Répartition des contraintes dans


la barre, fs
Répartition des contraintes
d’adhérence, u

Figure 7.1 – Contrainte d’adhérence

En calcul à l’état limite ultime, il convient de maintenir :


u ≤ ur ou T ≤ Tr (7.2)

7.3 Mécanismes de résistance à l’arrachement


et modes de rupture
L’adhérence est une conjugaison de plusieurs phénomènes : a) liens mécaniques (ex.
crénelures), b) frottement entre l’acier et le béton, et dans une moindre mesure c) lien
chimique entre l’acier et le béton.
Les forces mises en jeu pour une barre crénelée noyée dans un bloc de béton et soumise
à une force de traction sont ­illustrées à la figure 7.2.
224 Chapitre 7

p = radiale
u = longitudinale

Figure 7.2 – Mécanisme de résistance à l’arrachement d’une barre crénelée :


a) barre ancrée sous tension, b) forces dans la barre, c) forces dans le béton

La rupture est atteinte quand au moins une des conditions suivantes s’applique :
a) La contrainte d’adhérence u est supérieure à la contrainte de résistance ur.
b) Les forces radiales causent l’éclatement ou le fendage du béton.
c) Les crénelures écrasent le béton par l’effet de butée ou le cisaillent.
En pratique, les ruptures identifiées plus haut sont évitées : (i) en s’assurant que la
longueur d’ancrage (dite aussi de scellement) est telle que la barre peut développer sa
pleine capacité (T = Tr = φs f y As) avant la rupture de l’ancrage ; et (ii) en satisfaisant les
dispositions constructives réglementaires (ex. enrobage minimum).

7.4 Longueur d’ancrage de barres droites


La longueur d’ancrage est la longueur requise pour permettre à la barre d’acier de
développer sa contrainte élastique f y, d’où le nom communément adopté de « longueur
de développement » (sous-entendu développement de f y).

■■ Longueur d’ancrage d’une barre en traction


k1 k2 k3 k4 fy
ld = 1, 15 Ab (7.3)

(dcs + Ktr ) fc′

où dcs et Ktr représentent la contribution du béton autour de la barre et des étriers.
Ancrage des armatures 225


(d cs + Ktr ) ≤ 2 , 5 db

(7.4)

A tr fyt
Ktr = (7.5)
10 , 5 sn

où dcs = min (distance du centre de la barre à la surface du béton la plus proche ; 2/3 de
l’espacement des barres).
Pour les sections dont l’enrobage est au moins égal à db et l’espacement des barres longi­
tudinales au moins égal à 1,4db, la longueur d’ancrage peut être calculée comme suit :

Conditions Désignation Longueur d’ancrage


Éléments ayant au fy
moins la section ld = 0 , 45 k1 k2 k3 k4 db
minimale d’étriers fc′
(éq. 5.1) sur la
≥ 300 mm (7.6)
distance ld
Dalles, murs,
coques dont les
barres sont espa­
Enr. cées d’au moins 2db
Autres cas fy
ld = 0 , 6 k1 k2 k3 k4 db
Enr. fc′

≥ 300 mm (7.7)

Figure 7.3 – Équations simplifiées pour ld en traction

L’équation 7.6 couvre la majorité des cas pratiques. Le tableau 7.1 donne, pour
k1 = k 2 = k 3 = 1,0, les valeurs de ld utiles pour le calcul.

La longueur d’ancrage, ld , calculée par l’une des méthodes ci-dessus, peut être réduite
comme suit si l’armature pourvue (A s,pourvu) est supérieure à celle qui est requise par
calcul (As,requis) :
As,requis
ld,requis = ld (7.8)
As,pourvu

226 Chapitre 7

Tableau 7.1 – Longueur d’ancrage ld (mm) pour fy = 400 MPa, béton ordinaire

Barre
fc′ (MPa)
10M 15M 20M 25M 30M 35M 45M 55M
20 320 480 640 1 010 1 210 1 410 1 810 2 210
25 290 430 580  900 1 080 1 260 1 620 1 980
30 260 390 530  820  990 1 150 1 480 1 810
35 240 370 490  760  910 1 060 1 370 1 670
40 230 340 460  710  850 1 000 1 280 1 570
50 200 310 410  640  760  890 1 150 1 400
Note : Les valeurs de ld données dans le tableau sont calculées pour k1 = k 2 = k 3 = 1,0. ­Cependant,
pour les conditions suivantes, ld doit être multiplié par :
a) k 1 = 1,3 si l’armature est située au-dessus de plus de 300 mm d’épaisseur de béton
frais
b) k 2 = 1,5 si les barres sont recouvertes d’époxy avec enrobage de plus de 3db, ou si
l’espacement entre barres dépasse 6db
1,2 pour les autres cas de barres recouvertes d’époxy
où k 1k 2 ≤ 1,7
c) k 3 = 1,3 pour béton léger
= 1,2 pour béton semi-léger
fy
d) pour f y ≠ 400 MPa
400

■■ Longueur d’ancrage en compression


Pour les barres crénelées, la longueur d’ancrage en compression est donnée par une
longueur de base ldb, multipliée par des facteurs de modification dont le cumul doit être
au moins égal à 0,6, soit :
ld = ldb × Facteur de modification ≥ 200 mm (7.9)


0 , 24 db fy
ldb = (7.10)
fc′

Ancrage des armatures 227

Tableau 7.2 – Facteurs de modification

Facteur de
Exemple
modification
 A  Dans le cas où A s,pourvu est supérieur à A s,requis
s,requis
 
 As,pourvu 

0,75 Dans le cas où le confinement des barres longitudinales est assuré


soit par des spires de diamètre supérieur à 6 mm et dont le pas
s ≤ 100 mm, soit par des étriers No 10M espacés d’au plus 100 mm
centre à centre, selon l’art. 7.6.5 de la norme A23.3-04.

7.5 Longueur d’ancrage de barres


avec crochets en tension
La pratique de crochets aux extrémités des barres permet d’améliorer l’ancrage et donc
de réduire la longueur d’ancrage requise. Ceci est utile dans les membrures qui n’offrent
pas suffisamment d’espace pour accommoder les longueurs d’ancrage de barres droites.
Les dimensions minimales des crochets sont présentées à la figure 7.4. De façon simi­
laire, tel qu’exprimé à l’équation 7.11, la longueur de développement notée ldh est le
produit d’une longueur de base lhb (tableau 7.3) et de facteurs multiplicateurs (figure 7.5).

ldh = lhb × Facteur multiplicateur ≥ max ( 8 db ; 150 mm ) (7.11)




100 db
lhb = pour fy = 400 MPa (7.12)
fc′

Tableau 7.3 – Valeurs de lhb (mm) pour fy = 400 MPa, béton ordinaire

Barre
fc′ (MPa)
10M 15M 20M 25M 30M 35M 45M 55M
20 220 340 450 560 670 780 1 010 1 230
25 200 300 400 500 600 700   900 1 100
30 180 270 370 460 550 640   820 1 000
35 170 250 340 420 510 590   760   930
40 160 240 320 400 470 550   710   870
50 140 210 280 350 420 490   640   780
228 Chapitre 7

Diamètre, D
(mm)
Barre 400R 400W
ou ou
500R 500W
10M 70 66
15M 100 90
20M 120 100
25M 150 150

° ° 30M 250 200


35M 300 250
45M 450 400
55M 600 550

Note : R pour regular ; W pour weldable (meilleur contrôle sur f y et sur l’élongation)

Figure 7.4 – Dimensions minimales des crochets

Facteur de
Application
modification
f y/400 Dans le cas où f y ≠ 400 MPa
As,requis/As,pourvu Dans le cas où As,pourvu est supérieur à A s,requis
0,7
°

Figure 7.5 – Facteurs de modification pour barres avec crochets


Ancrage des armatures 229

Facteur de
Application
modification
0,8

db ≤ 35M
b ≤ 3 db

a≥D

1,3 Pour béton léger


1,2 Pour barres recouvertes d’époxy

Figure 7.5 – Facteurs de modification pour barres avec crochets (suite)

7.6 Longueur d’ancrage des barres en flexion


Pour des raisons de coût et d’optimisation, l’ingénieur est souvent appelé à interrompre
une partie des barres longitudinales, désormais non requises, pour que le diagramme
du moment résistant Mr « épouse » le plus possible celui du moment de flexion pondéré
Mf, le long de la membrure considérée.
L’arrêt (interruption) des barres doit tenir compte d’un certain nombre de pratiques
importantes qui sont spécifiées dans les articles 12.10, 12.11 et 12.12 de la norme A23.3-04.
Parmi ces pratiques, on peut citer :
➟➟ la longueur d’ancrage des barres arrêtées au-delà du point où elles ne sont pas
requises ;
230 Chapitre 7

➟➟ l’ancrage des barres au niveau des appuis ; et


➟➟ la prise en compte des forces de traction additionnelles dans les barres dues à
l’effort tranchant, notamment dans les zones où Mf est faible et Vf élevé. Les appuis
simples et les points d’inflexion sont des exemples typiques de ces zones.
Les figures 7.6 et 7.7 présentent, pour différentes situations rencontrées en pratique :
a) une procédure pas à pas permettant, à partir du diagramme Mf , de : (i) tracer
le diagramme Mr tenant compte des longueurs de développement d’ancrage et
(ii) s’assurer que Mr est supérieur au moment équivalent tenant compte de l’effet de
l’effort tranchant ;
b) la détermination des points d’arrêt des barres ; et
c) la vérification des points importants relatifs à chacune des situations.

Illustration Étapes
Données : Mr = Mr(A)+(B), diagramme de
Mf , A s,total (
A +B)
Étape 1. Déterminer les barres à arrêter
B et calculer Mr des barres à prolonger

A . S’assurer que l’aire de la section des

barres prolongées  A est au moins égale
à A s /4. Calculer ld(A) et ld(B).
Étape 2. À partir de Mr(A) sur l’axe
passant par le moment maximum, tracer
une droite horizontale qui intercepte le
diagramme Mf au point ① ; continuer au
point ② tel que la distance ① – ② = dv
cot θ ≥ 0,9d. Le point ② est désormais le
point d’arrêt de  B.
Étape 3. Prolonger la droite ① – ②
pour définir le point ④, puis le point
⑤ à l’aide de ld(A) (ld(A) ≥ 150 mm). Le
point ⑤ est désormais le point d’arrêt
Barres
des barres  A.
Barres
Étape 4. Déterminer le point ③ à
partir de ② et ld(B) puis joindre ③ au
point correspondant à Mr(A)+(B) pour
compléter le diagramme Mr.
Étape 5. Vérifier que la + Mr/Vf ≥ ld(A)
au point d’inflexion, PI. Sinon, réduire
db(A) et donc ld(A).
Note : L’étape 5 n’est pas nécessaire si les
barres A sont interrompues au-delà
du centre de l’appui et ancrées à
l’aide de crochets standard.

Figure 7.6 – Armature pour moment positif


Ancrage des armatures 231

Illustration Étapes
Données : Mr = Mr(A)+(B),
diagramme de Mf, A s,total ( A + B)
Étape 1. Déterminer les barres
à arrêter  B et calculer Mr des
barres à prolonger  A . S’assurer
que l’aire de la section des barres
prolongées  A est au moins égale à
A s /3. Calculer ld(A) et ld(B).
Étape 2. À partir de Mr(A) sur
l’axe passant par le moment
maximum, tracer une droite
horizontale qui intercepte le
diagramme Mf au point ① ; conti­
nuer au point ② tel que la distance
① – ② = dv cot θ ≥ 0,9d. Le point
② est désormais le point d’arrêt de
B.
Étape 3. Déterminer le point ③
à partir de ② et de ld(B) puis le
joindre au point correspondant à
Mr(A)+(B).
Barres Étape 4. Définir le point ④ à
partir du point Mf = 0 et la,disponible.
Barres À noter que généralement,
la = (1/2 largeur appui – enrobage).
la,disponible
Aussi la ≤ max (d ; 12db). Le point
④ est désormais le point d’arrêt
des barres.
Étape 5. Joindre les points ④,
②, ③ et Mr(A)+(B) pour tracer le
diagramme de Mr.
Étape 6. Vérifier qu’au point
Mf = 0, la,disponible + 1,3 (Mr(A)/Vf)
≥ ld(A). Sinon réduire db(A) et donc
ld(A).
Note : L’étape 6 n’est pas nécessaire
si les barres 
A sont interrom­
pues au-delà du centre de
l’appui en plus d’être ancrées
à l’aide de crochets standard.

Figure 7.6 – Armature pour moment positif (suite)


232 Chapitre 7

Illustration Étapes
Données : Mr = Mr(A)+(B), enveloppe
de Mf, As,total (
A+ B)
Étape 1. Déterminer les barres à
arrêter B et calculer Mr des barres à
prolonger  A . Calculer ld(A) et ld(B).
Étape 2. À partir de Mr(A) sur l’axe
passant par le moment maximum,
tracer une droite horizontale qui
intercepte le diagramme Mf au point
① ; continuer au point ② tel que la
longueur ① – ② = dv cot θ ≥ 0,9d. Le
point ② est désormais le point d’arrêt
des barres  B.
Étape 3. Déterminer le point ③ à
partir de ② et de ld(B) puis le joindre
au point correspondant à Mr(A)+(B).
Étape 4. Définir le point ④ à partir
de PI et d’un ancrage la = max (d ;
12db ; Ln /16). Au moins A s /3 doit être
ancré de la sorte et prolongé au point
④. Ce dernier est le point d’arrêt des
barres A.
Étape 5. Définir le point ⑤ à partir
du point ④ et de ld(A), puis joindre les
points ④, ⑤, ②, ③ et Mr(A)+(B) pour
tracer le diagramme de Mr.
Barre
Étape 6 (a). S’assurer que la longueur
d’ancrage au-delà du nu de l’appui est
au moins égale à ld(A)+(B).
Étape 6 (b). Utiliser des crochets
Barre standard pour ancrer correctement
les armatures dans le poteau de rive
en s’assurant que la longueur d’an­
crage au-delà du nu de l’appui est au
moins égale à ldh(A)+(B).

Figure 7.7 – Armature pour moment négatif


Ancrage des armatures 233

7.7 Longueur de chevauchement


Pour des membrures de grande portée, le recours au chevauchement des armatures est
souvent inévitable, compte tenu de la longueur disponible des barres livrées.
Le soudage ou l’ancrage mécanique sont d’autres moyens utilisés, mais plutôt pour des
projets spéciaux et des situations particulières, compte tenu de leur coût.

■■ Longueur de chevauchement de barres en traction


Compte tenu du mode de rupture par éclatement du béton, les longueurs de chevau­
chement minimales prescrites par la norme A23.3-04 dépendent de la situation (classe),
telle que définie à la figure 7.8.

a)  Définition de la classe de chevauchement


Pourcentage de l’armature
 As,pourvu  chevauchée
  50 % ou moins 100 % de
 As,requis 
de l’armature à l’armature à
prolonger prolonger
≥2 A B
<2 B B
Chevauchement
b)  Longueur de chevauchement lst
Classe Longueur de chevauchement lst
A lst ≥ 1,0 × ld ≥ 300 mm
B lst ≥ 1,3 × ld ≥ 300 mm

Figure 7.8 – Longueur de chevauchement en traction


234 Chapitre 7

■■ Longueur de chevauchement des barres en compression


Chevauchement

fy Longueur de chevauchement lsc


≤ 400 MPa lsc ≥ 0,073 f y db ≥ 300 mm
> 400 MPa lsc ≥ (0,133 f y – 24) db ≥ 300 mm

Figure 7.9 – Longueur de chevauchement en compression

■■ Longueur de chevauchement dans les poteaux


Souvent, les poteaux sont sujets à de la flexion en plus, à de la compression. Dans ce cas,
ils requièrent un traitement particulier.

a) Conditions
Pourcentage
de l’armature
Contrainte de
chevauchée
traction dans Classe Commentaire
par rapport
l’acier
à l’armature
prolongée
Sections de
chevauchement
≤ 50 % A
Poteau fs ≤ 0,5f y distantes d’au
moins ld
> 50 % B
fs > 0,5f y  B

b) Longueur de chevauchement
Longueur de
Classe Commentaire
chevauchement
Si Av/s ≥ 0,0015h sur
A lsp ≥ 1,0×ld ≥ 300 mm lsp, alors 0,83lsp suffit
B lsp ≥ 1,3ld ≥ 300 mm comme longueur de
chevauchement

Figure 7.10 – Longueur de chevauchement dans les poteaux


Ancrage des armatures 235

7.8 Exemples

Exemple 7.1 – Points d’arrêt des barres d’une poutre simple

■■ Énoncé
Considérer la poutre non exposée de section rectangulaire de la figure X7.1A ci-dessous.
La poutre, de portée 7 m, est simplement appuyée. Elle supporte une charge permanente,
incluant son poids propre, wD = 16 kN/m et une surcharge d’exploitation wL = 20 kN/m,
toutes deux uniformément réparties. Les dimensions de la section de la poutre sont :
b = 350 mm et h = 550 mm.
On demande de dimensionner la section d’armature de la poutre en flexion aux états
limites ultimes selon la norme A23.3-04. Par ailleurs, en supposant que les barres
longitudinales sont interrompues pour des raisons d’économie, déterminer les points
d’arrêt des barres, en tenant compte des longueurs d’ancrage requises et des exigences
de la norme.

On donne : fc′ = 30 MPa ; béton ordinaire : poids volumique = 24 kN/m 3 ; f y = 400 MPa ;
étriers No 10M de même espacement ; bc′ = 30 mm.

7 000 mm
A–A

Figure X7.1A – Exemple 7.1


236 Chapitre 7

■■ Solution

Étape 0. Calculs initiaux : Trouver Mf,max, As puis Mr à mi-portée

 Charge pondérée
w f = 1, 25 wD + 1, 5 wL w f = 1, 25 × 16 + 1, 5 × 20 = 50 kN/m

 Moment maximum pondéré

w f L2 50 × 72
M f ,max = M f ,max = = 306 , 25 kNm
8 8

 Calculer As,requis et choisir les barres


Mf 306 , 25 × 10
6
As,approximatif = As,approximatif = = 2 047 mm
2

φ s fy 0 , 8 h 0 , 85 × 400 × 0 , 8 × 550

→ A s = 2 No 30M (coins) + 2 No 25M = 2 400 mm 2

 Calculer Mr et vérifier que Mr ≥ Mf,max


db 29 , 9
d = h − bc′ − db,étrier − d = 550 − 30 − 11, 3 − = 494 mm
2 2

As,pourvu 2 400
ρpourvu = ρpourvu = = 0 , 0139
bd 350 × 494

 fc′ = 30 MPa

 fy = 400 MPa → kr = 4 , 0 MPa (tableau 4.4)

ρ = 0 , 0139

Mr = kr bd 2 Mr = 4 , 0 × 350 × 494 2 × 10 −6 = 341, 7 kNm > M f ,max = 306 , 25 kN OK


 Résumé : Mr( A)+( B ) = 341, 7 kNm

As,total = 2 400 mm 2

Les points d’arrêt des barres et l’enveloppe de Mr sont déterminés comme suit :
Ancrage des armatures 237

Étape 1. Déterminer les barres B à arrêter et calculer Mr (A), ld(A) et ld(B)

 On interrompt les barres No 25M ⇒ barres B = 2 No 25M

 Calculer Mr(A)

(A) As
As = 2 No 30M = 1 400 mm 2 > = 800 mm 2 OK
3

( A)
As 1 400
ρ( ) = ρ( ) =
A A
= 0 , 081 0 → kr = 2 , 5 MPa (tableau 4.4)
bd 350 × 494

Mr( ) = kr bd 2 Mr( ) = 2 , 5 × 350 × 494 2 × 10 −6 = 213, 5 kNm


A A

( A)
ld = 990 mm
 Déterminer ld(A) et ld(B) → (tableau 7.1)
( B)
ld = 820 mm  

Étapes 2 à 5. Courbe enveloppe de Mr et points d’arrêt (figure X7.1B)

Distance 1 – 2 = dv cot θ = 0 , 9 × 494 × cot 35  = 653 mm > 0 , 9 d = 445 mm OK



Point 2    = point d’arrêt des barres B, situé à 920 mm
     du centre de l’appui

Distance 2′ – 3  = ld( ) = 820 mm


B

Définir point 4

l (portée) = min ( ln + h ; ln + w ) = min ( 6 600 + 550 ; 6 600 + 4 00 ) = 7 000 mm (art. 9.2.2.3):


donne le point correspondant à M = 0 ⇒ la ,disponible = 200 − bc′ = 170 mm

Point 4 = point d’arrêt des barres (A)

= ld( ) = 990 mm
A
Distance 4′ – 5

Courbe enveloppe de Mr : joindre les points 4, 5, 3 et Mr(A) + (B)
238 Chapitre 7

1, 3 Mr( )
A

+ la ,disponible >ld( )
A
Étape 6. Vérifier que
Vf

1, 3 Mr( )
A
1, 3 × 213, 5 × 10 6
+ 1 7 0 = 1 756 mm > ld( ) = 990 mm
A
+ la,disponible = OK
Vf 175

la,disponible

la,disponible

Barres 2 No 25M

Barres 2 No 30M

Figure X7.1B – Enveloppe de Mr (kNm) et points d’arrêt des barres

Exemple 7.2 – Points d’arrêt des barres d’une poutre continue

■■ Énoncé
Considérer la poutre continue symétrique, de portée 8 m, présentée à la figure X7.2A. La
poutre est soumise à une charge uniformément répartie totale pondérée wf = 50 kN/m.
Les dimensions de la section de la poutre sont : b = 400 mm et h = 650 mm.
L’enveloppe du moment fléchissant est également présentée à la figure X7.2A, où l’on
donne les valeurs des moments maximaux pondérés ainsi que la position du point
d’inflexion, PI.
Ancrage des armatures 239

a) Calculer la section d’armature correspondant au moment maximum négatif et positif


de la poutre en flexion aux états limites ultimes selon la norme A23.3-04.
b) Déterminer les points d’arrêt des barres, en tenant compte des longueurs d’ancrage
requises et des exigences de la norme, en supposant que les barres longitudinales,
inférieures comme supérieures, sont interrompues pour des raisons d’économie.

On donne : fc′ = 30 MPa ; béton ordinaire : poids volumique = 24 kN/m 3 ; f y = 400 MPa ;
étriers No 10M ; bc′ = 30 mm.

2 000 mm

Mf = –320 kNm

1 000 mm

4 000 mm

Figure X7.2A – Exemple 7.2


240 Chapitre 7

■■ Solution

Étape 0. a) Calculs initiaux As(positif) ; Mr(positif) ; As(négatif) ; Mr(négatif)

 Calculer As,estimé puis choisir As,pourvu

+
M f+ 230 × 10
6
+
A  As  = 1 410 mm
2

φ s fy ( 0 , 8 h ) 0 , 85 × 400 × ( 0 , 8 × 600 )
s


+ 2
→ As,pourvu = 3 No 25M = 1 500 mm


M f− 320 × 10
6

A  As  = 1 960 mm
2

φ s fy ( 0 , 8 h ) 0 , 85 × 400 × ( 0 , 8 × 600 )
s


− 2
→ As,pourvu = 4 No 25M = 2 000 mm

 Calculer Mr et vérifier que Mr ≥ Mf

+
db 25 , 2
d = h − bc′ − db,étrier − d + = 600 − 30 − 11, 3 − = 546 mm
2 2


db 25 , 2
d = h − bc′ − db,étrier − d − = 600 − 30 − 11, 3 − = 546 mm
2 2

As+,pourvu 1 500
ρ
+
= ρ+pourvu = = 0 , 00785
pourvu
bd + 350 × 546


A s,pourvu −
2 000

ρpourvu = ρpourvu = = 0 , 01047
bd − 350 × 546

 fc′ = 30 MPa
Pour  → tableau 4.4 ⇒
 fy = 400 MPa

ρ kr (MPa) Mr = krbd 2 (kNm) Mf (kNm) Mr ≥ Mf


0,00785 2,43 2,43 × 350 × 5462 × 10 –6 = 253,5 230 Oui
2 –6
0,01047 3,15 3,15 × 350 × 546 × 10 = 328,7 320 Oui

b) Points d’arrêt des barres et enveloppe de Mr


Voir la démarche aux figures 7.6a (moment négatif) et 7.6b (moment positif).
Ancrage des armatures 241

Mr (A + B) (kNm) As,total (mm 2)


Armature supérieure (M–) 328,7 2 000
Armature inférieure (M+) 253,5 1 500

Étape 1. Déterminer les barres à arrêter B et calculer Mr (A), ld(A) et ld(B)

Barres As(A) kr Mr (A) ld(A) ld(B)


ρ(A)
arrêtées B (mm 2) (MPa) (kNm) (mm) (mm)
Armature sup.
2 No 25M 1 000 0,00523 1,65 172 820 820
(M–)
Armature inf. 1 000 > A s /4 = 375
1 No 25M 0,00523 1,65 172 820 820
(M+) OK

Étapes 2 à 5.
Les étapes 2 à 5 sont illustrées à la figure X7.2B, et ce pour les moments négatifs et
­positifs. Les distances entre les points caractéristiques ainsi que les longueurs d’ancrage
sont également données dans la figure. On y trouve également :
 Les points d’arrêt 2 et 4 pour les barres inférieures et supérieures
 L’enveloppe des Mr – (courbe définie par les points 4-5-2-3 et Mr(A + B)–)
 L’enveloppe des Mr+ (courbe définie par les points 4-5-2-3 et Mr(A + B)+)

Mr
Étape 6. Vérifier qu’au point d’inflexion PI, + la > ld
Vf

Au point d’inflexion PI, on a :

Mr = Mr( ) = 172 kNm


A +

w f Ln 50 × 8
Vf ,max = Vf,max = = 200 kN
2 2

Vf, au point PI = 200 − 1, 0 × 50 = 150 kN


la,disponible = 1 000 mm

ld = ld( ) = 820 mm
A

Mr 172 × 10 6 ( A)
+ la = + 1 000 = 2 146 mm > ld = 8 2 0 mm OK
3
Vf 1 500 × 10

242 Chapitre 7

dv cot  = 1 037 mm > 0,9d = 491 mm

= 546 mm

la,disponible = 1 000 mm

dv cot  =

= 253,5 kNm

min
Barres : 2 No 25M
Barres : 2 No 25M

Barres : 2 No 25M Barres : 1 No 25M


min A s /4 prolongé
150 mm à l’appui
min

Figure X7.2B
Ancrage des armatures 243

7.9 Problèmes

Problème 7.1
Considérer la poutre, non exposée aux intempéries, de section rectangulaire de la
figure P7.1. La poutre, de portée 8 m, est simplement appuyée. Elle supporte une charge
permanente, incluant son poids propre, wD = 12 kN/m et une surcharge d’exploitation
wL = 18 kN/m, toutes deux uniformément réparties. Les dimensions de la section de la
poutre sont : b = 400 mm et h = 600 mm.

On demande de :
a) Calculer la section d’armature correspondant au moment maximum de la poutre en
flexion aux états limites ultimes selon la norme A23.3-04.
b) En supposant que les barres longitudinales sont interrompues pour des raisons d’éco­
nomie, déterminer les points d’arrêt des barres, en tenant compte des longueurs
­d’ancrage requises et des exigences de la norme A23.3-04.

On donne : fc′ = 30 MPa ; béton ordinaire ; f y = 400 MPa ; étriers No 10M de même
­espacement ; enrobage = 30 mm.

8 000 mm

Figure P7.1
244 Chapitre 7

Problème 7.2
Considérer la poutre continue symétrique, de portée 8 m, présentée à la figure P7.2. La
poutre est soumise à une charge uniformément répartie totale pondérée wf = 48 kN/m.
Les dimensions de la section de la poutre sont : b = 400 mm et h = 650 mm.
L’enveloppe du moment fléchissant est également présentée à la figure P7.2, où l’on
donne les valeurs des moments maximaux ainsi que la position des points d’inflexion, PI.
a) Calculer la section d’armature correspondant au moment maximum négatif et positif
de la poutre en flexion aux états limites ultimes selon la norme A23.3-04.
b) En supposant que les barres longitudinales, inférieures comme supérieures, sont inter­
rompues pour des raisons d’économie, déterminer les points d’arrêt des barres, tenant
compte des longueurs d’ancrage requises et des exigences de la norme A23.3-04.

On donne : fc′ = 30 MPa ; béton ordinaire ; f y = 400 MPa ; étriers No 10M ; bc′ = 30 mm.

Figure P7.2
Ancrage des armatures 245

Problème 7.3
Considérer la poutre continue reposant sur un appui intermédiaire, illustrée à la
figure P7.3. La figure présente le diagramme des moments à l’appui ainsi que la confi­
guration de l’armature supérieure proposée. La poutre a une section rectangulaire de
dimensions : b = 400 mm, h = 700 mm et d = 620 mm.

Déterminer les arrêts des barres selon la norme A23.3-04.

On donne : fc′ = 30 MPa ; f y = 400 MPa ; béton ordinaire ; As,pourvu = 6 No 30M (4 200 mm2).

Barres A

Barres B
Barres C

d = 620 mm
Ln = 7 m Ln = 9 m

Mf = 700 kNm

PI PI
Section

Figure P7.3
246 Chapitre 7

Problème 7.4
Considérer la poutre encastrée à une extrémité dans un mur, tel que montré à la
figure P7.4.

Déterminer la longueur d’ancrage nécessaire pour des barres No 30M recouvertes


d’époxy pour les cas suivants :
a) Barres droites ;
b) Crochets 90° ;
c) Crochets 180°.

On donne : fc′ = 30 MPa ; f y = 400 MPa ; béton ordinaire ; Ktr = 0 .

Figure P7.4
Chapitre

8
Méthode simplifiée
pour le calcul des poutres
et dalles unidirectionnelles continues

8.1 Notations utilisées dans ce chapitre

CM Coefficient multiplicateur pour moments fléchissants


CV Coefficient multiplicateur pour efforts tranchants
D Charge permanente (dead load)
L Surcharge d’exploitation (live load)
L1 Portée de la travée 1
L2 Portée de la travée 2
Ln Portée entre nus des appuis
Ln1 Portée nette entre nus des appuis de la travée 1
Ln2 Portée nette entre nus des appuis de la travée 2
Ln3 Portée nette entre nus des appuis de la travée 3
Lna Portée nette moyenne de deux travées adjacentes pour le calcul du moment négatif à
un appui intermédiaire
248 Chapitre 8

M Moment fléchissant
Mf Moment fléchissant pondéré
Vf Effort tranchant pondéré
ldh Longueur d’ancrage en tension pour crochets standard
wf Charge pondérée uniformément répartie
αD Coefficient de pondération pour les charges permanentes
αL Coefficient de pondération pour les surcharges d’exploitation

8.2 Justification de la méthode simplifiée


Généralement, les structures de bâtiments en béton armé (poutres, poteaux, dalles) sont
coulées en place, de sorte qu’elles sont monolithiques. Ces structures forment donc des
systèmes hyperstatiques tridimensionnels (figure 8.1a). Leur analyse est souvent longue,
complexe et fastidieuse, notamment si l’on considère les différentes combinaisons et les
différents cas de charges possibles.
La méthode simplifiée recommandée par la norme pour l’analyse de structures simples
et régulières telles que les poutres et les dalles unidirectionnelles continues permet, à
l’aide de coefficients forfaitaires, de déterminer l’enveloppe des moments de flexion et
des efforts tranchants sans avoir recours à un logiciel d’analyse, souvent lourd à mettre
en œuvre.

Aire tributaire N-S Aire tributaire E-O

Figure 8.1 – Modélisation : du modèle 3D au modèle simplifié de la norme A23.3-04


Méthode simplifiée pour le calcul des poutres et dalles continues 249

8.3 Description de la méthode simplifiée

■■ Principe
Il s’agit de considérer séparément chaque plancher (généralement le plancher d’étage et
le plancher de toiture) dans chacune des directions, en y incluant les poteaux au-dessus
et au-dessous du plancher considéré (voir la figure 8.1c).

■■ Hypothèses
➟➟ Les poteaux reprennent les charges verticales.
➟➟ Les forces horizontales (vent et séisme), s’il y a lieu, sont reprises par des systèmes
de contreventement. Le plancher supporte uniquement des charges verticales et
agit également comme diaphragme pour transmettre les forces horizontales au
système de contreventement.

■■ Conditions d’utilisation de la méthode simplifiée


La méthode simplifiée ne peut être utilisée que si les conditions (a) à (e) suivantes sont
remplies :

Tableau 8.1 – Conditions d’utilisation de la méthode simplifiée (A23.3-04, art. 9.3.3)

(a) (b) (c) (d) (e)


Nombre de Portées L1 et Type de charges Rapport entre Géométrie
travées L2 des travées appliquées surcharge des éléments
adjacentes d’exploitation
(L1 > L2) et charge
permanente
Membrures prisma­
L1 − L2 αL L tiques
≤ 20 % Uniformément ≤ 2, 0
≥2 Même section
L1 réparties αD D
transversale pour
toutes les travées
250 Chapitre 8

8.4 Calcul des moments fléchissants et des


efforts tranchants approximatifs aux points
caractéristiques
Les moments fléchissants Mf et les efforts tranchants Vf aux points caractéristiques
des portiques (extrémités et mi-portées) peuvent être calculés à l’aide des équations
suivantes, où les coefficients forfaitaires CM et C V sont donnés à la figure 8.2 pour les
différents cas.
M f = C M w f L2n (8.1)

 w f Ln 
Vf = CV   (8.2)
 2 

où Ln peut être Ln1, Ln2 , Ln3 ou Lna selon le cas (voir figure 8.2)

Moments Efforts tranchants


a) Deux travées
Travée de rive Travée de rive
1– wf L2 1– wf L2
9 na 9 na

Poteau
de rive

1– wf L2 1– wf L2 Poteau
9 na 9 na de rive
ou
poutre
de rive

Poutre
de rive Mi-portée
Méthode simplifiée pour le calcul des poutres et dalles continues 251

b) Plusieurs travées
Travée de rive Travée intérieure Travée de rive
 1
—wf L2na  1
—wf L2na  1
—wf L2na  1
—wf L2na
10 11 11 10

L n1/2 L n2/2 L n3/2

Poteau
de rive
(b1)
Poteau
de rive
ou
 1
—wf L2na  1
—wf L2na  1
—wf L2na  1
—wf L2na
10 11 11 10 poutre ;
de rive

Mi-portée

Poutre
de rive Mi-portée

(b2)
(b3)

Figure 8.2 – Moments et efforts tranchants aux extrémités et à mi-portée des poutres

8.5 Enveloppe des moments et arrêt des barres


L’enveloppe des moments et l’emplacement des points d’inflexion, obtenus par la
méthode simplifiée, sont requis pour déterminer les points d’arrêt des barres longitu­
dinales. Cependant, la norme ne propose aucune méthode quant à la détermination de
ces points d’arrêt.
Deux approches peuvent être utilisées à cet effet : a) par analyse statique des travées ;
b) par une approche approximative donnant les points d’arrêt des barres.
252 Chapitre 8

a) Deux travées (voir note)


M = CM × wf L2ni (i = travée considérée)

0,164Ln1 0,24Ln1 0,2Ln2

0,1Ln1 0,104Ln1 0,136Ln2

Poteau de rive

0,108Ln1 0,224Ln1 0,2Ln2

0,098Ln1 0,145Ln1 0,136Ln2

Poutre de rive

b) Plus que deux travées (voir note)


M = CM × wf L2ni (i = travée considérée)

0,164Ln1 0,24Ln1 0,124Ln2 0,124Ln2 0,2Ln3

0,1Ln1 0,104Ln1 0,146Ln2 0,146Ln2 0,147Ln3


Poteau de rive

0,108Ln1 0,224Ln1 0,24Ln2 0,24Ln2 0,2Ln3

0,098Ln1 0,145Ln1 0,146Ln2 0,146Ln2 0,147Ln3

Poutre de rive

Note : Pour le calcul des moments négatifs sur appuis intermédiaires, il convient d’utiliser Lna
au lieu de Lni .

Figure 8.3 – Diagrammes des moments et points d’inflexion pour les cas courants
Méthode simplifiée pour le calcul des poutres et dalles continues 253

■■ Approche par analyse statique des travées


Connaissant les moments aux points caractéristiques (extrémités et mi-portée) d’une
travée donnée, il est aisé, par analyse statique simple, d’obtenir le diagramme des
moments et les emplacements des points d’inflexion (M = 0), en admettant une charge
uniformément répartie wf. La figure 8.3 illustre cette approche pour les cas courants.

■■ Approche approximative pour points d’arrêt des barres


Cette approche donne, pour des poutres de portées approximativement égales et suppor­
tant une même charge, des longueurs sécuritaires d’arrêt des barres longitudinales
(figure 8.4).

a) Poutre continue

b) Dalle portant dans une direction

Figure 8.4 – Arrêt des barres par la méthode approximative


(Adapté de MacGregor et Bartlett, 2000)
254 Chapitre 8

8.6 Étapes de calcul par la méthode simplifiée

8.6.1 Étapes de calcul

Tableau 8.2 – Étapes de calcul des enveloppes Mf et Vf


par la méthode simplifiée de la norme A23.3-04

Étapes Commentaires
Étape 1. Vérifier que les poutres des planchers ne font
pas partie du système de contreventement
Étape 2. Vérifier que les 5 conditions d’utilisation de Voir les 5 conditions au
la méthode simplifiée sont remplies tableau 8.1
Étape 3. À l’aide de la figure 8.2, identifier les Pour CM, voir la figure 8.2
coefficients CM qui s’appliquent et calculer les
M f = C M w f L2n
moments aux extrémités et à mi-portée des travées
Étape 4. Calculer l’aire de la section d’acier requise
pour chacun des points caractéristiques, y compris les
vérifications requises (voir le chapitre 4)
Étape 5. À l’aide de la figure 8.2, déterminer les Pour C V, voir la figure 8.2
coefficients C V ; calculer les efforts tranchants aux
 w f Ln 
extrémités et à mi-portée et tracer l’enveloppe des Vf = CV  
efforts tranchants  2 

Étape 6. Dimensionner l’armature transversale


requise pour chacune des travées, y compris toutes les
vérifications requises (voir le chapitre 5)
Étape 7. Utiliser soit la figure 8.3 (approche statique),
soit la figure 8.4 (approche approximative) pour
déterminer les points d’arrêt des barres
Méthode simplifiée pour le calcul des poutres et dalles continues 255

8.6.2 Tableau de calcul pour poutre continue


a) L es étapes relatives au calcul des moments et de l’armature longitudinale peuvent
être regroupées dans un tableau (ex. tableur Excel) comme suit :

Travée de rive : Travée intérieure :


Axes ___ à ___ Axes ___ à ___
Travée Travée
Appui Appui Appui
Axes __ Axes __
Axe ____ Axe ____ Axe ____
à __ à __
CM
Calculer Mf
Étape 3

Ln (m)

Mf = CMwf L² n (kNm)
b (mm)
d (mm)
kr = (Mf × 10 6) / (bd²)
(MPa)
ρ (tableau 4.4)
As = ρ b d (mm²)
As,min (mm²)
As > As,min ? (oui/non)
Calculer As
Étape 4

ρb (tableau 4.4)
As,max = ρb b d (mm²)
As < As,max ? (oui/non)
As,requis = max
(As; As,min)
Nombre de barres
requises = A s,requis/
As(une barre)
Diamètres des barres
et nombre
Emplacement
Note: La poutre est considérée de section rectangulaire b x h.

b) De façon similaire, les étapes menant au calcul des efforts tranchants et de l’armature
transversale peut être regroupées comme suit :
256 Chapitre 8

Travée de rive : Travée intérieure :


Axes ___ à ___ Axes ___ à ___
Travée Travée
Appui Appui Appui
Axes __ Axes __
Axe ____ Axe ____ Axe ____
à __ à __
CV — —
Ln (m)
dv (m) — —

w L 
max  if n ; 0 . 15 f n 
2 
Calculer Vf
Étape 5

wLf Ln
Vf = C Vwf Ln /2 (kN)

8
w L
 8

Vf(dv) = Vf – [(Vf –
— —
Vf(L/2)) / (Ln /2)]dv (kN)
Vr,max = 0,25φcλfcʹbwdv
(kN)
V* = 0,125φcλfcʹbwdv
(kN)
Vf,max ≤ V* ?
smax (mm) =
Vc = 0,18φcλ√fcʹbwdv
(kN)
Vf,gauche = Vf,gauche =
Calculer Av

Vc à x = Vc à x =
Étape 6

Vs = Vf(dv) – Vc (kN)
Vf,droit = Vf,droit =
Vc à x = Vc à x =

s = 1,43φs (Av/Vs)f ydv


(mm)
s > smax ? (oui/non)
srequis =
spourvu (multiple
de ____mm)
Choix final
Méthode simplifiée pour le calcul des poutres et dalles continues 257

8.6.3 Tableau de calcul pour dalle continue


Travée de rive : Travée intérieure :
Axes ___ à ___ Axes ___ à ___
Travée Travée
Appui Appui Appui
Axes __ Axes __
Axe ____ Axe ____ Axe ____
à __ à __
CM
Calculer Mf
Étape 3

Ln (mm)

Mf = CMwf L² n (kNm)
d (mm)
kr = Mf/(1 000d²) (× 10 6)
ρ (tableau 4.4)
As = r(1 000d) (mm²/m)
ρb (tableau 4.4)
As,max = ρb(1 000d)
(mm²/m)
As < As,max ? (oui/non)
As,min (mm²/m)
Calculer As
Étape 4

As > As,min ? (oui/non)


Espacement, s1,
calculé pour max (A s ;
As,min) = Ab × 1 000/
max(A s;A s,min)
s 2 = smax = min (3hs ;
500 mm)
srequis = min(s1 , s 2) =
spourvu (multiple de
25 mm)
No et espacement
Emplacement
258 Chapitre 8

CV — —
Ln (m)

w L 
max  if n ; 0 , 15 f n 
2 
Calculer Vf
Étape 5

wLf Ln
Vf = C Vwf Ln /2 (kN)

8
w L
 8

Vc = φc λβ fc′bdv
0 , 21 si hs ≤ 350 mm
Calculer Av


Étape 6

β= 230
 si hs > 350 mm
 1 000 + dv

Vr = Vc > Vf ? (oui/non)
hs satisfaisant ?

8.7 Exemples

Exemple 8.1 – Dimensionnement d’une dalle continue


portant dans une direction

■■ Énoncé
Considérer le plancher en béton armé montré à la figure X8.1A. En plus de son poids
propre, le plancher supporte une charge permanente de 1,3 kN/m 2 et une surcharge
d’exploitation de 2,4 kN/m 2 . Le contreventement de la structure est assuré par les murs
d’une cage d’escalier qui n’est pas présentée dans la figure.
a) Calculer pour la dalle unidirectionnelle les moments et les efforts tranchants en
travées et en appuis, en utilisant la méthode simplifiée décrite dans la norme A23.3-04.
b) Faire le dimensionnement de ladite dalle.

On donne : fc′ = 30 MPa ; f y = 400 MPa ; béton ordinaire : poids volumique = 24 kN/m 3 ;
dimensions des poteaux : 400 × 400 mm ; dimensions de la poutre (incluant l’épaisseur
de la dalle) : 400 × 600 mm.
Méthode simplifiée pour le calcul des poutres et dalles continues 259

Figure X8.1A – Exemple 8.1

■■ Solution

Étape 0. Calculs initiaux

 Choix de l’épaisseur de la dalle


Ln 5 600
hmin = hmin = = 233 mm (tableau 3.5)
24 24  
h = 240 mm

 Charges permanentes
Poids propre de la dalle 0 , 24 × 1 × 24 = 5 , 76 kN/m

Poids additionnel 1, 3 × 1 = 1, 3 kN/m

Charge permanente totale wD = 7 , 06 kN/m


 Surcharge d’utilisation  wL = 2 , 4 × 1 = 2 , 4 kN/m

Étape 1. Vérifier que la dalle ne fait pas partie du contreventement


Le plancher agit en tant que diaphragme rigide pour transférer les charges horizontales
(vent) au système de contreventement spécialement dédié à cet effet.
260 Chapitre 8

Étape 2. Vérifier que les 5 conditions d’utilisation de la méthode simplifiée


sont remplies
a) Nombre de travées = 4 > 2 OK

L1 − L2 5 600 − 5 600
b) = = 0 % < 20 % OK
L1 5 600

c) Les charges permanentes et d’utilisation sont uniformément réparties  OK

α L wL 1, 5 × 2 , 4
d) = = 0 , 41 < 2 , 0 OK
α D wD 1, 25 × 7 , 06

e) Toutes les membrures sont prismatiques et ont la même section transversale

Étapes 3 et 4. Calculer CM , Mf et As
a) Calculer wf

w f = 1, 25 wD + 1, 5 wL w f = 1, 25 × 7 , 1 + 1, 5 × 2 , 4 = 12 , 47 kN/m

b) Calculer d
On adopte des armatures No 10M

db 11, 3
d = h − bc − d = 240 − 20 − = 214 mm
2 2

c) Calculer dv

dv = max ( 0,9 d ; 0,72 h ) dv = max ( 0 , 9 × 214 ; 0 , 72 × 240 ) = 193 mm



d) Calculer CM, Mf et A s

Travée de rive Travée intérieure


Appui Travée Appui Travée Appui
−1 1 −1 −1 1 −1
CM
Calculer Mf

24 14 10 11 16 11
Étape 3

Ln (mm) 5 600 5 600 5 600 5 600 5 600 5 600

M f = C M w f L2n –16,3 27,9 –39,1 –35,6 24,4 –35,6


Méthode simplifiée pour le calcul des poutres et dalles continues 261

Mf
kr =
bd 2
( ×10 ) 6

0,356 0,609 0,854 0,777 0,533 0,777


(b = 1 000,
d = 214)
Calculer As

0,00106 0,00183 0,00258 0,00234 0,00160 0,00234


Étape 4

ρ
As = ρbd 217 392 552 501 312 501
As,min 480 480 480 480 480 480
As > As,min Non Non Oui Oui Non Oui
No barre et No 10 @ No 10 @ No 10 @ No 10 @ No 10 @ No 10 @
espacement 200 200 180 190 200 190
Position Supérieur Inférieur Supérieur Supérieur Inférieur Supérieur
Note : A s en mm 2 ; Mf en kNm ; b et d en mm.

Étapes 5 et 6. Calculer Cv, Vf et Av

a) Calculer Vf et Av

Travées de rives Travée intérieure


Appui Travée Appui Travée Appui
Cv 1,0 — 1,15 1,0 — 1,0
Ln (mm) 5 600 5 600 5 600 5 600 5 600 5 600
 = 5 , 2 kN
Calculer Vf

 w f Ln 

 2 
Étape 5

Vf ( dv ) < Vf ,max

= 2 , 5 kN
w f Ln 

40,2 kN
34,9 kN

34,9 kN

34,9 kN
2
Vf = Cv 

; 0 , 15

wLf Ln

8
Ln

8
Lf
w
max 

Calculer Av
Étape 6

φ c λβ fc′bdv Vc = 0 , 65 × 1 × 0 , 21 30 × 1 000 × 193 × 10 = 144 kN


–3
Vc =

β = 0 , 21 Vc > Vf ,max > Vf ( dv ) ⇒ Armature transversale non requise


262 Chapitre 8

b) Déterminer l’enveloppe des efforts tranchants et des moments (figure X8.1B)

Figure X8.1B – Enveloppes des efforts tranchants et des moments

Exemple 8.2 – Dimensionnement d’une poutre


intermédiaire continue

■■ Énoncé
Considérer le plancher en béton armé montré à la figure X8.2A. En plus de son poids
propre, le plancher supporte une charge permanente de 1,3 kN/m 2 et une surcharge
d’exploitation de 2,4 kN/m 2 . Le contreventement de la structure est assuré par des murs
de refend (cage d’escalier, figure X8.2A).
Dimensionner la poutre le long de l’axe B en flexion, considérée rectangulaire. Les
moments et les efforts tranchants dans ladite poutre peuvent être calculés selon la
méthode simplifiée de la norme A23.3-04.

On donne : fc′ = 25 MPa ; f y = 400 MPa ; béton ordinaire : poids volumique = 24 kN/m 3 ;
épaisseur de la dalle : 150 mm ; dimensions des poteaux : 300 × 300 mm.
Méthode simplifiée pour le calcul des poutres et dalles continues 263

Figure X8.2A – Exemple 8.2

■■ Solution

Étape 0. Calculs initiaux


Choix des dimensions de la poutre :

 Ln 7 200
 hmin = = = 400 mm ( tableau 3.5)
 18 18
 → Choix : 300 × 450 mm (incluant la dalle)
 h ≤ b ≤ 2h
 2 3

 Charges permanentes
Poids propre de la dalle 0 , 15 × 3, 5 × 24 = 12 , 6 kN/m

Poids propre de la poutre 0 , 3 × ( 0 , 45 ) × 24 = 3, 24 kN/m


Poids additionnel 1, 3 × 3, 8 = 4 , 94 kN/m


Charge permanente totale wD = 20 , 78 kN/m


 Surcharge d’utilisation wL = 2 , 4 × 3, 8 = 9 , 12 kN/m


264 Chapitre 8

Étape 1. Vérifier que la poutre ne fait pas partie d’un système


de contreventement
Le plancher agit en tant que diaphragme rigide pour transférer les charges horizontales
(vent) au système de contreventement spécialement dédié à cet effet.

Étape 2. Vérifier que les 5 conditions d’utilisation de la méthode


simplifiée sont remplies
a) Nombre de travées = 4 > 2  OK

L1 − L2 7 500 − 7 500
b) = = 0 % < 20 % OK
L1 7 500

c) Les charges permanentes et d’utilisation sont uniformément réparties.  OK

α L wL 1, 5 × 9 , 12
d) = = 0 , 53 < 2 , 0 OK
α D wD 1, 25 × 20 , 78

e) Toutes les membrures sont prismatiques et ont la même section transversale.

Étapes 3 et 4. Calculer CM , Mf et As
a) Calculer wf

w = 1, 25 wD + 1, 5 wL w f = 1, 25 × 20 , 78 + 1, 5 × 9 , 12 = 39 , 7 kN/m
f
b) Calculer Ln

L = 7 500 − 300 = 7 200 mm


n
c) Calculer d
On adopte des armatures longitudinales No 25M et des étriers No 10M.

db 25 , 2
d = h − bc′ − db,étrier − d = 450 − 30 − 11, 3 − = 396 mm
2 2

d) Calculer dv

v
d = max ( 0,9 d ; 0,72 h ) dv = max (0,9 × 396 ; 0,72 × 450 ) = 356 mm

Méthode simplifiée pour le calcul des poutres et dalles continues 265

e) Calculer CM, Mf et A s

Travée de rive Travée intérieure


Appui Travée Appui Travée Appui
−1 1 −1 −1 1 −1
CM
Calculer Mf

16 14 10 11 16 11
Étape 3

Ln (mm) 7 200 7 200 7 200 7 200 7 200 7 200

M f = C M w f L2n –129 147 –206 –187 129 –187

Mf
kr =
bd 2
( ×10 )
6

2,74 3,12 4,38 3,97 2,74 3,97


(b = 300,
d = 396)
Calculer As

0,0091 0,0106 0,0163 0,0143 0,0091 0,0143


Étape 4

ρ
As = ρbd 1 081 1 259 1 936 1 699 1 081 1 699
As,min 337,5 337,5 337,5 337,5 337,5 337,5
As > As,min Oui Oui Oui Oui Oui Oui
Nombre et No
3 No 25 3 No 25 4 No 25 4 No 25 3 No 25 4 No 25
des barres
Position Supérieur Inférieur Supérieur Supérieur Inférieur Supérieur
Note : La poutre est considérée de section rectangulaire et non en T (plus conservateur mais
acceptable). Par conséquent, b = 300 mm et A s,min = 337,5 mm 2 partout.
266 Chapitre 8

Étapes 5 et 6. Calculer CV, Vf et Av

a) Calculer Vf et Av

Travée de rive Travée intérieure


Appui Travée Appui Travée Appui
CV 1,0 — 1,15 1,0 — 1,0
Ln (mm) 7 200 7 200 7 200 7 200 7 200 7 200

w f Ln 

2 

= 12,3 kN
 w f Ln 

 2 
Calculer Vf
Étape 5

; 0,15

= 21,4 kN

164 kN
143 kN

143 kN

143 kN
Vf = CV 

 wLf Ln

wLf Ln
 8

8
max 

Vf (dv), kN 131 – 150 130 – 130

Vr,max = 0 , 25 × 0 , 65 × 25 × 300 × 356 × 10 −3 = 434 kN


Vr,max = 0 , 25φ c fc′bw dv
Vf ,max = 150 kN < V * = 217 kN
V * = 0 , 125λφ c fc′bw dv
Donc smax = min ( 0 , 7 dv ; 600 mm ) = 249 mm

Vc = 0 , 18 φc λ fc′bw dv Vc = 0 , 18 × 0 , 65 × 1, 0 × 25 × 300 × 356 × 10 −3 = 62 , 5 kN


Étape 6  Calculer AV

Vf = Vc à x =
(143 – 62,5) 3,6 Vf = Vc à x =
= 2 , 38
143 – 21,4 (143 – 62,5) 3,6
Vs = Vf ( dv ) − Vc 68,5
(164 – 62,5) 3,6 87,5 67,5 143 – 12,3 67,5
= 2 , 56
(kN) 164 – 21,4 = 2,22 m de
Donc à 2,56 m de l’appui
l’appui
Av
s = 1, 43φ s fy dv (505) (396) (513) (513)
Vs – –
>249 >249 >249 >249
où Av = 200 mm 2
Disposition des Barre No 10 @ 250 mm
barres sur une distance de 2,60 m (environ 2,56 m) à partir des appuis
Méthode simplifiée pour le calcul des poutres et dalles continues 267

b) Déterminer l’enveloppe des efforts tranchants et des moments (figure X8.2B)

Figure X8.2B – Enveloppes des efforts tranchants et des moments


268 Chapitre 8

8.8 Problèmes

Problème 8.1

Considérer la poutre de section en T, notée P 2 , faisant partie du plancher non exposé


aux intempéries montré à la figure P8.1. Le plancher supporte une charge permanente
additionnelle de 0,5 kN/m 2 et une surcharge d’exploitation de 5,44 kN/m 2 . Le contre­
ventement est assuré par un système séparé, qui n’est pas montré dans la figure.

On demande de :
a) Calculer les sollicitations dans ladite poutre (P2), moment fléchissant et effort
­tranchant, à mi-travée et en appuis, en utilisant la méthode forfaitaire (simplifiée).
b) Dimensionner ladite poutre en flexion à l’appui et en travée.

On donne : fc′ = 30 MPa ; f y = 400 MPa ; béton ordinaire : poids volumique = 24 kN/m 3 ;
épaisseur de la dalle pleine : 160 mm ; dimensions de la poutre (incluant l’épaisseur de
la dalle) : 300 × 450 mm ; dimensions des poteaux : 300 × 300 mm.

Figure P8.1
Méthode simplifiée pour le calcul des poutres et dalles continues 269

Problème 8.2
En vue d’un changement d’usage de son bâtiment, dont la vue en plan est présentée à
la figure P8.2, un propriétaire veut connaître la surcharge d’utilisation maximale (L)
que peut supporter la dalle du plancher. L’épaisseur de la dalle (hs) est de 150 mm et sa
hauteur utile d = 125 mm. La dalle supporte, en plus de son poids propre, une charge
permanente additionnelle de 2 kN/m 2 . Elle est armée de barres No 10 espacées de
250 mm (voir la figure).
Déterminer la surcharge d’utilisation (L) que peut supporter la dalle.

On donne : fc′ = 30 MPa ; f y = 400 MPa ; béton ordinaire : poids volumique = 24 kN/m 3.

Figure P8.2
270 Chapitre 8

Problème 8.3

Considérer la poutre continue constituée de trois travées égales montrée à la figure P8.3.
La largeur des appuis est négligeable par rapport à la portée des travées. La poutre est
conçue pour supporter une charge permanente pondérée uniforme notée wDf (= αD wD)
et une surcharge d’exploitation uniforme pondérée notée wLf (= αL wL). Cependant, la
surcharge d’exploitation le long de la poutre peut être appliquée soit sur une partie, soit
sur la totalité de la poutre (conformément à la clause 9.2.3.1 de la norme A23.3-04).
a) Déterminer les cas de chargement qui occasionnent les moments maximum aux
sections critiques (B, C, D, E et F) et illustrer qualitativement la courbe enveloppe
de ces moments le long de la poutre.
b) Déterminer, par une analyse élastique (voir note 1), l’expression (voir note 2) du
moment fléchissant positif maximum près du centre de la travée de rive (MB+)max
pour les deux cas suivants :
(b1) wLf / wDf = 1,0 et (b2) wLf / wDf = 4,0.
c) Déterminer la valeur du moment (MB+)max prévue par la méthode des coefficients
forfaitaires (en fonction de wf et l) (voir note 3).
d) Comparer la réponse obtenue en c) aux réponses obtenues en b1) puis en b2), et
conclure (expliquer si la méthode forfaitaire donne des valeurs adéquates ou non et
pourquoi).
Notes : (1) Le tableau 1.15 du Concrete Design Handbook (Cement A ­ ssociation of Canada,
2006) peut être utilisé pour l’analyse élastique de la structure.
(2) Exprimer le moment en question en fonction de la charge pondérée totale wf , où
wf = wDf + wLf, et de la longueur de travée l.
(3) Supposer que la méthode forfaitaire s’applique aux cas b1) et b2).

Figure P8.3
Méthode simplifiée pour le calcul des poutres et dalles continues 271

Problème 8.4

Considérer le plancher, non exposé aux intempéries, montré à la figure P8.4. Celui-ci
supporte, en plus de son poids propre, une charge permanente additionnelle égale à
2 kN/m 2 et une surcharge d’exploitation L = 8 kN/m 2 . On se propose de dimensionner
la poutre située sur l’axe 2. Les dimensions de la poutre en T sont : bw = 300 mm,
h = 450 mm et hf = 120 mm.
a) Déterminer les moments pondérés Mf correspondant à :
–  la section d’appui la plus critique,
–  la section en travée la plus critique.
b) Déterminer l’aire de la section d’armature nécessaire pour reprendre :
–  le moment correspondant à la section d’appui la plus critique,
–  le moment correspondant à la section en travée la plus critique.
c) Proposer un schéma de ferraillage et vérifier que toutes les exigences prévues dans
la norme A23.3-04 sont respectées.

On donne : fc′ = 25 MPa ; f y = 400 MPa ; béton ordinaire : poids volumique = 24 kN/m 3.

Figure P8.4
Chapitre

9
Dalles portant dans deux directions
sur poutres rigides ou murs
sur les quatre côtés

9.1 Notations utilisées dans ce chapitre


As Aire de la section d’armature longitudinale
Asaneg Aire de la section d’armature négative suivant la petite portée
Asapos Aire de la section d’armature positive suivant la petite portée
Asbneg Aire de la section d’armature négative suivant la grande portée
Asbpos Aire de la section d’armature positive suivant la grande portée
Ascoin Aire de la section d’armature requise pour le coin de la dalle
As,min Aire minimale requise par la section d’armature tendue
Asneg Aire de la section d’armature négative
Aspos Aire de la section d’armature positive
As,pourvu Aire de la section d’armature longitudinale tendue pourvue
274 Chapitre 9

As,requis Aire de la section d’armature longitudinale tendue requise


Ca Coefficient pour le moment suivant la petite portée
CaD Coefficient pour le moment positif dû à la charge permanente pondérée suivant la
petite portée
CaL Coefficient pour le moment négatif dû à la charge permanente pondérée suivant la
petite portée
Caneg Coefficient pour le moment négatif suivant la petite portée
Cb Coefficient pour le moment suivant la grande portée
CbD Coefficient pour le moment positif dû à la charge permanente pondérée suivant la
grande portée
CbL Coefficient pour le moment négatif dû à la charge permanente pondérée suivant la
grande portée
Cbneg Coefficient pour le moment négatif suivant la grande portée
La Petite portée de la dalle mesurée entre nus des poutres
Lb Grande portée de la dalle mesurée entre nus des poutres
M Moment fléchissant en général
Ma Moment suivant la petite portée
MaD Moment dû aux charges permanentes suivant la petite portée
MaL Moment dû aux surcharges permanentes suivant la petite portée
Maneg Moment négatif suivant la petite portée
Mapos Moment positif suivant la petite portée
MaDpos Moment positif dû à la charge permanente pondérée suivant la petite portée
MaLpos Moment positif dû à la surcharge pondérée suivant la petite portée
Mb Moment suivant la grande portée
MbDpos Moment positif dû à la charge permanente pondérée suivant la grande portée
MbLpos Moment positif dû à la surcharge pondérée suivant la grande portée
Mbneg Moment négatif suivant la grande portée
Mbpos Moment positif suivant la grande portée
Mneg Moment négatif
Mpos Moment positif
Vc Contribution du béton à la résistance à l’effort tranchant
Vf Effort tranchant pondéré
b Largeur de la section rectangulaire du béton
bw Largeur de l’âme d’une section en T
d Hauteur utile d’une section en béton armé
db Hauteur utile de la section de la poutre
dmoy Hauteur utile moyenne d’une section en béton armé
ds Hauteur utile de la section de la dalle
dv Hauteur effective en cisaillement
Dalles portant dans deux directions sur poutres rigides ou murs 275

fc′ Résistance nominale en compression du béton à 28 jours


fy Contrainte élastique de l’acier d’armature
hb Hauteur hors tout de la poutre
hs Épaisseur hors tout de la dalle
ln Longueur de la grande portée mesurée entre nus des poutres
m Rapport de la petite portée sur la grande portée de la dalle (= La/Lb)
s Espacement entre barres d’armature
smax Espacement maximal admissible entre barres d’armature
spourvu Espacement pourvu entre barres d’armature
wD Charge permanente spécifiée
wDf Charge permanente pondérée
wf Charge totale pondérée
wL Surcharge spécifiée
wLf Surcharge pondérée
α Rapport de la raideur de la poutre sur la raideur d’une largeur de dalle délimitée
par les axes des panneaux adjacents de part et d’autre de la poutre
αm Valeur moyenne de α pour les poutres bordant les panneaux
β Rapport de la grande portée sur la petite portée, mesurée entre les nus des poutres,
des dalles portant dans deux directions (= Lb/La)
λ Coefficient pour tenir compte de la densité du béton (λ = 1 pour béton ordinaire)
φc Facteur de résistance du béton
φs Facteur de résistance de l’acier d’armature

9.2 Méthode d’analyse des dalles portant


dans deux directions
Une dalle dont le rapport de la grande portée sur la petite portée (Lb/La) est inférieur à
2 porte aussi bien dans la direction longitudinale que transversale. En général, la dalle
agit de façon monolithique avec le reste de la structure et par conséquent, idéalement,
son calcul requiert une analyse 3D qui tient compte de la réponse de la structure dans
son ensemble. Une telle analyse est possible mais coûteuse et difficile à mettre en œuvre,
notamment pour les structures multiétagées. Au fait, la norme permet d’utiliser toute
méthode de calcul pour autant que les conditions d’équilibre et de compatibilité soient
respectées.
Comme dans le cas des poutres et dalles continues (chapitre 8), la norme canadienne
permet, pour certaines conditions courantes en pratique, de simplifier le modèle 3D en
un modèle de portique 2D équivalent, dans chacune des directions. Le portique est alors
composé d’un plancher et des poteaux au-dessus et au-dessous dudit plancher. Aussi, la
norme permet d’analyser ces portiques selon les deux catégories de méthode suivantes :
276 Chapitre 9

a) Méthode empirique de calcul dite directe, qui permet pour des conditions particu­
lières d’utiliser des coefficients forfaitaires pour le calcul des moments de flexion sans
recours à une analyse statique ;
b) Méthode de portique équivalent ou de calcul élastique, basée sur l’analyse statique
élastique du portique et qui permet de calculer les portiques qui ne remplissent pas
les conditions d’utilisation de la méthode empirique a).
La méthode de calcul directe est traitée au chapitre 10.
La dalle reposant sur des poutres rigides ou des murs, objet du présent chapitre, repré­
sente un cas courant dont le calcul pourrait se faire par une méthode de calcul directe
simplifiée. Cette méthode est décrite à l’annexe B de la norme canadienne A23.3-04.

9.3 Calculs initiaux


■■ Rigidité minimale de la poutre d’appui
La poutre d’appui est considérée comme rigide si sa rigidité relative est telle que :
bw hb3
≥ 2, 0 (9.1)
ln hs3

où ln est la portée entre nus des appuis de la poutre considérée.

■■ Épaisseur de la dalle
L’épaisseur de la dalle doit remplir les trois conditions suivantes (art. 13.2.5 et art.
B.3.1) :
 fy 
ln  0 , 6 + 
 1 000 
hs ≥ (9.2)
30 + 4 βα m

Périmètre
hs ≥ (panneau continu sur tous les bords) (9.3a)
160

Périmètre
hs ≥ (au moins un bord discontinu) (9.3b)
140
(9.4)
hs ≥ 120 mm (l’art. 13.2.1 gouverne)
où β = Lb/La et αm = 2,0.
Dalles portant dans deux directions sur poutres rigides ou murs 277

9.4 Procédure pour le calcul des moments


■■ Division du panneau de dalle
Pour le calcul, le panneau est divisé dans chacune des directions en une bande centrale
et deux demi-bandes d’appui, appelées bandes d’appui dans ce qui suit (figure 9.1).

Figure 9.1 – Subdivision du panneau de dalle

■■ Calcul des moments


Le moment négatif Mneg est maximum le long des bords du panneau aux nus des
appuis, alors que le moment positif Mpos est, quant à lui, maximum le long du centre
du panneau. Ceci est illustré à la figure 9.2, qui montre les moments négatifs et positifs
sur la bande centrale selon les directions La et Lb.

Figure 9.2 – Illustration de la répartition des moments et des lieux géométriques


des moments critiques de la bande centrale
278 Chapitre 9

Moments négatifs et positifs le long des bandes centrales et des bandes d’appui

a) Moments le long des bandes centrales


Moments négatifs suivant La :
Ma neg = Ca neg w f L2a (9.5)

Moments négatifs suivant Lb :
Mb neg = Cb neg w f L2b (9.6)

Moment positif suivant La :
Ma pos = MaL pos + MaD pos (9.7)

MaL pos = CaL wLf L2a (9.8)

MaD pos = CaD wDf L2a (9.9)

Moment positif suivant Lb :
Mb pos = MbL pos + MbD pos (9.10)

MbL pos = CbL wLf L2b (9.11)

MbD pos = CbD wDf L2b (9.12)

b) Moments le long des bandes d’appui
La valeur des moments le long de la
largeur des bandes d’appui varie linéai­
rement de la pleine valeur des moments
sur bandes centrales au tiers de cette
valeur.
Note : En pratique cependant, il est d’usage
d’adopter un diagramme rectangle
d’une valeur moyenne égale à 2/3 du
moment sur la bande centrale

c) Moments sur bords discontinus


Le tableau B-1 de la norme ne prescrit
pas de coefficient négatif pour les bords
discontinus. Néanmoins, il est d’usage
de considérer un moment négatif sur les
bords égal à ¾ du moment positif, soit :
Mneg ( discontinu ) = ( 3 / 4) Mpos (9.13)

Figure 9.3 – Moments négatifs et positifs sur les bandes centrales et d’appui
Dalles portant dans deux directions sur poutres rigides ou murs 279

Coefficients Ca et Cb
Les coefficients Ca et Cb utilisés dans les équations des moments dépendent du rapport
m = La /Lb et des conditions d’appui des panneaux de dalle. Ils sont donnés dans les
tableaux B-1 et B-2 de la norme A23.3-04 et reproduits ici dans les tableaux 9.1 et 9.2.

Tableau 9.1 – Coefficients forfaitaires Ca et Cb pour moments négatifs


(Extrait du tableau B-1 de la norme A23.3-04)
Simplement appuyé Maneg = Caneg wf La2
Continu ou encastré Mbneg = Cbneg wf Lb2

m = Coef- Cas 1 Cas 2 Cas 3 Cas 4 Cas 5 Cas 6 Cas 7 Cas 8 Cas 9
La /Lb ficient

Caneg – 0,045 – 0,050 0,075 0,071 – 0,033 0,061


1,00
Cbneg – 0,045 0,076 0,050 – – 0,071 0,061 0,033
Caneg – 0,055 – 0,060 0,080 0,079 – 0,043 0,068
0,90
Cbneg – 0,036 0,070 0,040 – – 0,062 0,052 0,025
Caneg – 0,065 – 0,071 0,084 0,086 – 0,055 0,075
0,80
Cbneg – 0,026 0,061 0,029 – – 0,051 0,041 0,017
Caneg – 0,074 – 0,081 0,086 0,091 – 0,068 0,081
0,70
Cbneg – 0,017 0,050 0,019 – – 0,038 0,029 0,011
Caneg – 0,081 – 0,089 0,088 0,095 – 0,080 0,085
0,60
Cbneg – 0,010 0,035 0,011 – – 0,024 0,018 0,006
Caneg – 0,086 – 0,094 0,090 0,097 – 0,089 0,088
0,50
Cbneg – 0,006 0,022 0,006 – – 0,014 0,010 0,003

Distribution des moments négatifs entre deux panneaux adjacents


Lorsque, dans une dalle continue, le moment négatif d’un côté de l’appui est différent
du moment négatif de l’autre côté dudit appui de plus de 20 %, la différence doit être
répartie entre les deux panneaux adjacents au prorata de leurs rigidités relatives. Dans
le cas où la différence ne dépasse pas 20 %, l’armature peut être calculée sur la base de
la moyenne des 2 moments.
Note : Le rapport de rigidités de deux panneaux adjacents, ① et ②, est donné par (hs3/L)①/
(hs3/L)➁, où L est égal à La ou Lb, dépendamment de la direction considérée.
280 Chapitre 9

Tableau 9.2 – Coefficients forfaitaires Ca et Cb pour moments positifs


(Extrait du tableau B-1 de la norme A23.3-04)
Simplement appuyé MaDpos = CaDwDf La2 MbDpos = CbDwDf Lb2
Continu ou encastré MaLpos = CaLwLf La2 MbLpos = CbLwLf Lb2

m = Coef- Cas 1 Cas 2 Cas 3 Cas 4 Cas 5 Cas 6 Cas 7 Cas 8 Cas 9
La /Lb ficient

CaL 0,036 0,027 0,027 0,032 0,032 0,035 0,032 0,028 0,030
CaD 0,036 0,018 0,018 0,027 0,027 0,033 0,027 0,020 0,023
1,00
CbL 0,036 0,027 0,032 0,032 0,027 0,032 0,035 0,030 0,028
CbD 0,036 0,018 0,027 0,027 0,018 0,027 0,033 0,023 0,030
CaL 0,045 0,034 0,035 0,039 0,037 0,042 0,040 0,035 0,036
CaD 0,045 0,022 0,025 0,033 0,029 0,039 0,035 0,025 0,026
0,90
CbL 0,029 0,022 0,027 0,026 0,021 0,025 0,029 0,024 0,022
CbD 0,029 0,014 0,024 0,022 0,013 0,021 0,028 0,019 0,015
CaL 0,055 0,041 0,045 0,048 0,044 0,051 0,051 0,044 0,042
CaD 0,055 0,026 0,034 0,039 0,032 0,045 0,045 0,032 0,029
0,80
CbL 0,023 0,017 0,022 0,020 0,016 0,019 0,023 0,019 0,017
CbD 0,023 0,011 0,020 0,016 0,009 0,014 0,022 0,025 0,010
CaL 0,068 0,049 0,057 0,057 0,051 0,060 0,063 0,054 0,050
CaD 0,068 0,030 0,046 0,046 0,035 0,051 0,058 0,040 0,033
0,70
CbL 0,016 0,012 0,016 0,014 0,011 0,013 0,017 0,014 0,012
CbD 0,016 0,007 0,016 0,011 0,005 0,009 0,017 0,011 0,006
CaL 0,081 0,058 0,072 0,067 0,059 0,068 0,077 0,065 0,059
CaD 0,081 0,034 0,062 0,053 0,037 0,056 0,073 0,048 0,036
0,60
CbL 0,010 0,007 0,011 0,009 0,007 0,008 0,011 0,009 0,007
CbD 0,010 0,004 0,011 0,007 0,003 0,006 0,012 0,007 0,004
CaL 0,095 0,066 0,088 0,077 0,067 0,078 0,092 0,076 0,067
CaD 0,095 0,037 0,080 0,059 0,039 0,061 0,089 0,056 0,038
0,50
CbL 0,006 0,004 0,007 0,005 0,004 0,005 0,007 0,005 0,004
CbD 0,006 0,002 0,007 0,004 0,001 0,003 0,007 0,004 0,002
Dalles portant dans deux directions sur poutres rigides ou murs 281

9.5 Transfert des charges aux poutres


ou murs d’appui

Poutre rigide ou mur

Les charges transmises de la


Poutre de
portée Lb
dalle aux poutres rigides sont
trapézoïdales ou triangulaires.
Toutefois, pour le calcul des
moments dans les poutres péri­
phériques, il est permis de consi­
dérer des charges uniformément
réparties équivalentes, tel
­qu’illustré à la figure ci-contre.

Poutre de
portée L a

Figure 9.4 – Charges équivalentes transmises aux poutres périphériques

9.6 Effort tranchant dans la dalle

L’effort tranchant à une distance dv du


Vf (dv) = wf (La /2 – dv)

nu de l’appui [Vf(dv)] doit être repris


par le béton, soit (art. 13.3.6.1) :
Vf max = wf (La /2)

Vf (dv ) ≤ Vc = βλφ c fc′bdv (9.14)

β = 0,21 si hs ≤ 350 mm. Sinon


β = 230/(1000 + dv) si amax ≥ 20 mm,
wf

et où fc′ ≤ 8 MPa.

Note : Ne pas confondre β avec β = Lb/La

Figure 9.5 – Calcul à l’effort tranchant


282 Chapitre 9

9.7 Exigences réglementaires


et considérations pratiques

■■ Armature de coin (art. 13.12.5)

Le fait que le mouvement de la dalle


soit généralement empêché entraîne des
contraintes de traction dans le béton en haut
et en bas, comme indiqué à la figure 9.6a.
Ces contraintes peuvent causer
de la ­fissuration (figure 9.6b).
Des armatures diagonales doivent donc être
pourvues, en haut et en bas, tel qu’illustré à
la figure 9.6c.
Alternativement, un grillage de barres
­d’armature orthogonales peut être pourvu,
en haut et en bas, tel qu’illustré à la
figure 9.6d.
Cette armature doit être pourvue :
– à l’angle de 2 côtés discontinus ; ou
– à l’angle formé d’un côté continu et d’un
côté discontinu.
L’aire minimale de la section d’acier d’arma­
ture de coin requise est prise égale à celle
correspondant au moment positif maximum,
soit :

As coin = As ( Mpos, max ) (9.15)


Figure 9.6 – Armature de coin


Dalles portant dans deux directions sur poutres rigides ou murs 283

■■ Armature minimale dans chacune des directions (art. 7.8.1)


As,pourvu ≥ As,min = 0 , 002 Ag (9.16)

■■ Espacement maximal (art. 13.11.3)


spourvu ≤ smax = min ( 3 hs ; 500 mm ) (9.17)

■■ Cas où m = La/Lb < 0,5 (art. B.3.7)


Bien que, dans ce cas, la dalle soit considérée comme portant dans une direction (suivant
La), l’article B.3.7 de la norme spécifie une section d’armature négative aux appuis, dans
la direction Lb, correspondant à un moment négatif (Mbneg) égal à celui pour m = 0,5,
soit :

pour m < 0 , 5 Mb neg = Mb neg ( m = 0 , 5) (9.18)


9.8 Dimensionnement et vérification des dalles


■■ Étapes de vérification

Tableau 9.3 – Étapes de vérification

Étapes Commentaires
Données : La , Lb, fc′, f y, Aspos, A sneg, A scoin (s’il y a lieu), bw, hb, hs , db, ds , ln ,
β = Lb/La , m = La /Lb, wDf, wLf, wf
Étape 1. Vérifier la rigidité minimale bw hb3
de la poutre d’appui comme condition ≥ 2 [éq. 9.1]
d’utilisation de la méthode empirique ln hs3

Étape 2. Vérifier que l’épaisseur de la Éq. 9.2 à 9.4


dalle est adéquate pour le contrôle de
la flèche

Vf (dv ) ≤ Vc = βλφ c
Étape 3. Vérifier la résistance à l’effort
fc′bdv [éq. 9.14]
tranchant
où β = 0,21 si hs ≤ 350 mm ; autrement
β = 230/(1 000 + dv) si amax ≥ 20 mm
284 Chapitre 9

Étapes Commentaires
Étape 4. Calculer les moments résis­ a) Bande centrale : Mraneg,Mrbneg,
tants négatifs et positifs en fonction de Mrapos, Mrbpos
As,pourvu pour la bande centrale et la b) Bande d’appui : Mraneg, Mrbneg,
bande d’appui Mrapos, Mrbpos
Étape 5. Tirer les valeurs de Ca et Cb Pour Mneg, voir Ca et Cb au tableau 9.1
des tableaux 9.1 et 9.2 en fonction de m Pour Mpos, voir Ca et Cb au tableau 9.2
et des conditions d’appui
Étape 6. Calculer les moments négatifs Maneg [éq. 9.5] ≤ Mraneg
et positifs sur la bande centrale et véri­ Mbneg [éq. 9.6] ≤ Mrbneg
fier qu’ils ne dépassent pas Mr corres­
Mapos [éq. 9.7 à 9.9] ≤ Mrapos
pondant
Note : Pour les bords discontinus, utiliser
Mbpos [éq. 9.10 à 9.12] ≤ Mrbpos
l’équation 9.13 pour calculer les
moments négatifs
Étape 7. Déduire les moments sur les Ma neg appui = ( 2 / 3) Ma neg ≤ Mra neg
bandes d’appui et vérifier qu’ils ne
dépassent pas Mr correspondant Mb neg appui = ( 2 / 3) Mb neg ≤ Mrb neg
Ma posappui = ( 2 / 3) Ma pos ≤ Mra pos
Mb posappui = ( 2 / 3) Mb pos ≤ Mrb pos

Étape 8. S’il y a lieu, calculer l’armature Voir les conditions à la figure 9.6
de coin requise et vérifier que As,requis
(coin) ≤ A s,pourvu (coin).
Vérifier qu’elle est sous forme de
quadrillages (haut et bas) de côtés La /5
Étape 9. Vérifier que les exigences A s,min = 0,002 Ag [éq. 9.16]
minimales sont remplies smax = min (3hs ; 500 mm) [éq. 9.17]

■■ Étapes de dimensionnement

Tableau 9.4 – Étapes de dimensionnement

Étapes Commentaires
Données : La , Lb, wL , fc′, f y, bw, hb, ln , β = Lb/La , m = La /Lb
Étape 1. Déterminer l’épaisseur minimale de Éq. 9.2 à 9.4
la dalle, requise pour le contrôle de la flèche
et choisir l’épaisseur pourvue
Dalles portant dans deux directions sur poutres rigides ou murs 285

Étapes Commentaires
Étape 2. Calculer wDf et wf puis vérifier la Estimer d à partir de hs
résistance à l’effort tranchant avec l’épaisseur
Calculer Vc = βλφc fc′bdv 
de dalle hs choisie. Sinon, augmenter hs et  
continuer Vérifier que Vf(dv) ≤ Vc [éq. 9.14]
Étape 3. Vérifier la condition d’utilisation de bw hb3
la méthode empirique ≥ 2 , 0 [éq. 9.1]
ln hs3

Étape 4. Tirer les valeurs de Ca et Cb incluant Tableau 9.1 pour Mneg


ceux des panneaux adjacents Tableau 9.2 pour Mpos
Étape 5. Calculer les moments négatifs et Maneg [éq. 9.5]
positifs sur la bande centrale. Mbneg [éq. 9.6]
Note : Pour les bords discontinus, utiliser Mapos [éq. 9.7 à 9.9]
­l’équation 9.13 pour calculer les moments
négatifs Mbpos [éq. 9.10 à 9.12]
Étape 6. Calculer les moments négatifs des Mneg = f (Ca, Cb, m)
panneaux adjacents, s’il y a lieu
Étape 7. Déduire les moments sur les bandes Ma neg appui = ( 2 / 3) Ma neg
d’appui
Mb neg appui = ( 2 / 3) Mb neg
Ma posappui = ( 2 / 3) Ma pos
Mb posappui = ( 2 / 3) Mb pos

Étape 8. Calculer les armatures requises par Asa neg = f ( Ma neg )


mètre de largeur de dalle de la bande centrale
et de la bande d’appui. Le recours à un Asb neg = f ( Mb neg )
tableur (ex. Excel) peut s’avérer utile à cette Asa pos = f ( Ma pos)
fin (voir exemples)
Asb pos = f ( Mb pos)
Asa neg appui = f ( 2 / 3) Ma neg 
Asb neg appui = f ( 2 / 3) Mb neg 
Asa posappui = f ( 2 / 3) Ma pos 
Asb posappui = f ( 2 / 3) Mb pos 

Étape 9. S’il y a lieu, calculer l’armature Voir la figure 9.6


de coin
Étape 10. Vérifier que les exigences mini­ A s,min = 0,002 Ag [éq. 9.16]
males sont respectées smax = min (3hs ; 500 mm) [éq. 9.17]
286 Chapitre 9

■■ Tableaux de calcul
Les étapes relatives au calcul des moments et de l’armature longitudinale ainsi que la
vérification du cisaillement peuvent être regroupées sous forme de tableau (ex. tableur
Excel) comme suit :

Panneau _____ Petite portée (La) Grande portée (Lb)


Bord Bord Bord Bord
continu Travée discontinu continu Travée discontinu
Ma,neg Ma,pos Ma,neg Mb,neg Mb,pos Mb,neg
Axes
La et Lb (m)
Calculer
Mf

Mf = CMwf La ² & CMwf


Lb ² (kNm)
d = dmoy (mm)
kr = Mf (× 10 6)/(1 000d²)
ρ (tableau 4.4)
As = ρ(1 000d) (mm²/m)
As,max = ρb(1 000d)
(mm²/m)
As < As,max ? (oui/non)
As,min (mm²/m)
As > As,min ? (oui/non)
Calculer As

As,requis = max(A s;
As,min)
Espacement, s1, corres­
pondant à A s,requis
s1 = Ab × 1 000/As,requis
s 2 = smax = min (3hs ;
500 mm)
srequis = min (s1; s 2)
spourvu (multiple de
25 mm)
Diamètres et espa­
cement des barres
Emplacement (sup/inf)
Dalles portant dans deux directions sur poutres rigides ou murs 287

Petite portée (La) Grande portée (Lb)


Appui Travée Appui Appui Travée Appui
CV
La (m)
dv (m)
Vf = C Vwf La /2 (kN)
Vérifier le cisaillement

Vf(dv) = C Vwf ([La /2]–dv)


(kN)
Vc = φc λβ fc′bdv
0 , 21 si hs ≤ 350 mm

β =  230
 si hs > 350 mm
 1 000 + dv

Vr = Vc > Vf(dv) ?
(oui/non)
L’épaisseur hs est-elle
satisfaisante ?

9.9 Exemples

Exemple 9.1 – Vérification d’une dalle


portant dans deux directions

■■ Énoncé
Considérer le plancher montré à la figure X9.1a. L’épaisseur de la dalle est de 180 mm et
les poutres ont une largeur bw = 400 mm et une hauteur h (total) = 700 mm. Les poteaux
sont de dimensions 400 × 400 mm. La dalle supporte, en plus de son poids propre,
une charge permanente additionnelle de 1,3 kN/m 2 et une surcharge d’utilisation de
4,8 kN/m 2 . À la figure X9.1b, on donne pour le panneau D1, situé entre les axes 2 et 3 et
les axes B et C, l’armature supérieure prévue sur l’axe 2 et l’axe 3, soit No 10 @ 200 mm.
On donne é­ galement l’armature supérieure sur les axes B et C, entre les axes 2 et 3,
soit No 10 @ 250 mm. Les armatures positives pourvues dans les directions nord-sud et
est-ouest sont No 10 @ 300 mm.

Vérifier si la résistance du panneau D1 est adéquate, selon la norme A23.3-04.


288 Chapitre 9

On donne : fc = 30 MPa ; f y = 400 MPa ; béton ordinaire : masse volumique = 2 400 kg/m3 ;
bc = 30 mm ; amax = 25 mm.

Figure X9.1 – Exemple 9.1

■■ Solution

Étape 0. Calculs initiaux

La = 5 200 mm

Lb = 6 500 mm
L = max L ;
 n ( a Lb ) = 6 500 mm
Lb 6 500
β= β= = 1, 25 < 2 → Dalle bidirectionnelle
La 5 200

La 5 200
m= m= = 0, 8
Lb 6 500

( )
wDf = 1, 25 × 2 400 × 9 , 81 × 10 −3 × 0 , 18 + 1, 3 = 6 , 92 kN/m 2

2
wLf = 1, 5 × 4 , 8 = 7 , 2 kN/m
 2
w f = 6 , 92 + 7 , 2 = 14 , 1 kN/m

Dalles portant dans deux directions sur poutres rigides ou murs 289

Étape 1. Vérifier la condition d’utilisation de la méthode simplifiée

bw hb3 400 × 700 3


= = 3, 6 > 2 → La méthode simplifiée peut être utilisée
Ln hs3 6 500 × 180 3

Étape 2. Vérifier l’épaisseur de la dalle hs

  fy   400 
 Ln  0 , 6 +  6 500 ×  0 , 6 + 
  1 000   1 000 
 hs ≥ hs = 180 mm ≥ = 162 , 5 mm
 30 + 4 βα m 30 + ( 4 × 1, 25 × 2 )
 OK
 Périmètre 2 × ( 5 200 + 6 500 )
 hs ≥ 160
hs = 180 mm ≥
16 0
= 146 mm

 h ≥ 120 mm hs = 180 mm ≥ 120 mm
 s  

Étape 3. Vérifier la résistance à l’effort tranchant

dmoy = hs – bc – db dmoy = 180 − 30 − 11, 3 = 139 mm


dv = max ( 0,9 d ; 0,72 h ) dv = max ( 0 , 9 × 139 ; 0,72 × 180 ) = 130 mm


 La   5, 2 
( )
Vf dv = w f 

− dv 

( )
Vf dv = 14 , 1 × 
 2
− 0 , 130  = 34 , 8 kN

2

Vc = βλφc fc′bdv Vc = 0 , 21 × 1, 0 × 0 , 65 × 30 × 1 000 × 130 × 10 −3 = 97 , 2 kN



( )
Vf dv = 34 , 8 kN < Vc = 97 , 2 kN OK

Étape 4. Calculer les moments résistants


La hauteur effective d peut être calculée dans chacune des deux directions pour les
moments positifs et négatifs. Toutefois, dans cet exemple, dmoy = 0,5 [(hs – 30 – 0,5db) +
(hs – 30 – 1,5db)] est adopté pour les deux directions.
dmoy = 139 mm

a) Moment négatif
Sur les axes 2 et 3 : No 10 @ 200 mm pour une bande de 1 m (direction Lb)
A s = 500 mm 2 (voir tableau 4.12)
290 Chapitre 9

φ s As fy 0 , 85 × 500 × 400
a= a= = 10 , 8 mm
α 1 φ c fc ′b 0 , 805 × 0 , 65 × 30 × 1 000

 a  10 , 8  −6
Mrb neg = φ s As fy  d −  Mrb neg = 0 , 85 × 500 × 400 ×  139 −  × 10 = 22 , 7 kNm
 2  2

As 500
ρ= ρ= = 0 , 0036 < ρb = 0 , 0263 OK
bd 1 000 × 139

Sur les axes C et B : No 10 @ 250 mm pour une bande de 1 m (direction La)

As = 400 mm 2

φ s As fy 0 , 85 × 400 × 400
a= a= = 8 , 7 mm
α 1 φ c fc ′b 0 , 805 × 0 , 65 × 30 × 1 000

 a  8, 7  −6
Mra neg = φ s As fy  d −  Mra neg = 0 , 85 × 400 × 400 ×  139 −  × 10 = 18 , 3 kNm
 2  2

As 400
ρ= ρ= = 0 , 0029 < ρb = 0 , 0263 OK
bd 1 000 × 139

b) Moment positif
Dans les deux directions : No 10 @ 300 mm pour une bande de 1 m

As = 333, 3 mm 2

φ s As fy 0 , 85 × 333, 3 × 400
a= a= = 7 , 2 mm
α 1 φ c fc ′b 0 , 805 × 0 , 65 × 30 × 1 000

 a
Mrb pos = φ s As fy  d − 
 2

 7, 2 
( )
Mrb pos = Mra pos = 0 , 85 × 333, 3 × 400 ×  139 −

−6
 × 10 = 15 , 3 kNm
2

As 333, 3
ρ= ρ= = 0 , 0024 < ρb = 0 , 0263 OK
bd 1 000 × 139

Dalles portant dans deux directions sur poutres rigides ou murs 291

Étape 5. Tirer les valeurs de Ca et Cb des tableaux 9.1 et 9.2

m = 0, 8

Ca neg = 0 , 065



Cb neg = 0 , 026
C pos = 0 , 041
Panneau D1 (Cas 2) 
aL
Panneau D2 (Cas 9)  {C neg = 0 , 017
b
 aD pos = 0 , 0 26
C
C pos = 0 , 017
 bL

CbD pos = 0 , 011

{
Panneau D3 (Cas 8) C a neg = 0 , 055

Étape 6. Calculer les moments négatifs et positifs de la bande centrale

a) Selon la portée Lb
Moment négatif :

Mb neg1 = Cb neg w f L2b 2


Mb neg1 = 0 , 026 × 14 , 1 × 6 , 5 = 15 , 49 kNm/m

2
Mb neg 2 = Cb neg w f Lb 2
Mb neg 2 = 0 , 017 × 14 , 1 × 6 , 5 = 10 ,13 kNm/m

Mb neg 2 = 10 , 13 kNm/m < 15 , 49 × 0 , 8 = 12 , 39 kNm/m



La différence doit donc être distribuée entre les 2 panneaux au prorata de leurs rigidités
relatives. Puisque la rigidité des 2 panneaux est identique, il s’ensuit :

15 , 49 − 10 , 13
→ Mb neg = 10 , 13 + = 12 , 81 kNm/m
2

Mb neg = 12 , 81 kNm/m < Mrb neg = 22 , 7 kNm/m OK



Moment positif :

Mb pos = CbL wLf L2b + CbD wDf L2b


Mb pos = 0 , 017 × 7 , 2 × 6 , 5 2 + 0 , 011 × 6 , 92 × 6 , 5 2 = 8 , 39 kNm


m/m

Mb pos = 8 , 39 kNm/m < Mrb pos = 15 , 3 kNm/m OK



292 Chapitre 9

b) Selon la portée La
Moment négatif :
2
Ma neg1 = C a neg w f La 2
Ma neg1 = 0 , 065 × 14 , 1 × 5 , 2 = 24 , 78 kNm/m

2
Ma neg 3 = C a neg w f La 2
Ma neg 3 = 0 , 055 × 14 , 1 × 5 , 2 = 20 , 96 kNm/m

Ma neg 3 = 20 , 96 kNm/m > 0 , 8 × 24 , 78 = 19 , 82 kNm/m


24 , 78 + 20 , 96
→ Ma neg = = 22 , 87 kNm/m
2

Sur l’axe B :

Ma neg = 22 , 87 kNm/m > Mra neg = 18 , 3 kNm/m ⇒ Condition de résistance non satisfaite

Sur l’axe C :

Ma neg = 24 , 78 kNm/m > Mra neg = 18 , 3 kNm/m ⇒ Condition de résistance non satisfaite

La dalle n’est pas suffisamment armée au niveau des axes B et C.

Moment positif :

Ma pos = C aL wLf L2a + C aD wDf L2a


Ma pos = 0 , 041 × 7 , 2 × 5 , 2 2 + 0 , 026 × 6 , 92 × 5 , 2 2 = 12 , 85 kN


Nm/m

Ma pos = 12 , 85 kNm/m < Mra pos = 15 , 3 kNm/m OK



Dalles portant dans deux directions sur poutres rigides ou murs 293

Étape 7. Calculer les moments sur les bandes d’appui


Mb neg appui = 2 ( 3 ) M neg
b

= ( 2 ) × 12 , 81 = 8 , 5 kNm/m < M neg = 22 , 7 kNm/m OK


appui
Mb neg
3 rb

Mb pos appui = ( 2 ) M pos


3 b

= ( 2 ) × 8 , 39 = 5 , 6 kNm/m < M pos = 15 , 3 kNm/m OK


appui
Mb pos
3 rb

Ma neg appui = ( 2 ) M neg


3 a

= ( 2 ) × 22 , 87 = 15 , 3 kNm/m < M neg = 18 , 3 kNm/m OK


appui
Ma neg
3 ra

Ma pos appui = ( 2 ) M pos


3 a

= ( 2 ) × 12 , 85 = 8 , 6 kNm/m < M pos = 15 , 3 kNm/m OK


appui
Ma pos
3 ra

Étape 8. L’armature de coin


Sans objet car il s’agit d’un panneau continu

Étape 9. Vérifier les exigences minimales

As,min = 0 , 002 bh As,min = 0 , 002 × 1 000 × 180 = 360 mm 2 > As = 333 mm 2



Condition de non-fragilité non satisfaite
L’espacement des barres inférieures devrait être d’au plus 275 mm pour respecter A s,min


( )
s = 275 mm < smax = min 3 hs ; 500 = 500 mm

OK
294 Chapitre 9

Exemple 9.2 – Dimensionnement d’une dalle


portant dans deux directions

■■ Énoncé
Considérer le panneau de dalle en béton armé D1, continu sur deux côtés, dont la
vue en plan est montrée à la figure X9.2A. La dalle repose sur des poutres de dimen­
sions bw = 400 mm et h(total) = 550 mm. Les poteaux sont de dimensions 400 × 400
mm. En plus de son poids propre, la dalle supporte une charge permanente addition­
nelle de 1,42 kN/m 2 et une surcharge d’utilisation de 7.2 kN/m 2 . Les panneaux ont des
­dimensions suivantes  : La = 5300 mm et Lb = 5900 mm.

Dimensionner le panneau de dalle D1 à l’ÉLU selon la norme A23.3-04, incluant les


armatures supérieures dans les deux directions.

On donne : fc′ = 30 MPa ; f y = 400 MPa ; béton ordinaire : poids volumique = 24 kN/m 3 ;
bc = 25 mm ; amax = 25 mm.

Figure X9.2A – Exemple 9.2


Dalles portant dans deux directions sur poutres rigides ou murs 295

■■ Solution

Étape 1. Calculer l’épaisseur de la dalle hs

La = 5 300 mm

Lb = 5 900 mm
L = max L ;
 n ( a Lb ) = 5 900 mm
Lb 5 900
β= β= = 1, 11 < 2 → Dalle bidirectionnelle
La 5 300

αm = 2

  fy   400  
 Ln  0 , 6 +  5 900 ×  0 , 6 +  
  1 000   1 000  
 sh ≥ hs ≥ = 152 mm 


30 + 4 βα m 30 + ( 4 × 1, 11 × 2 ) 
 → hs = 160 mm
 Périmètre 2 × ( 5 900 + 5 300 ) 
 hs ≥ hs ≥ = 160 mm 
 140 140 
 hs ≥ 120 mm 

Étape 2. Vérifier la résistance à l’effort tranchant

a) Calculer les charges wDf, wLf, wf


wDf = 1, 25 × ( 24 × 0 , 16 + 1, 42) = 6 , 58 kN/m 2
 2
wLf = 1, 5 × 7 , 2 = 10 , 8 kN/m
 2


w f = 6 , 58 + 10 , 8 = 17 , 38 kN/m

b) Estimer dv
On suppose db = diamètre de No 10 M

dmoy = hs − bc − db dmoy = 160 − 25 − 11, 3 = 124 mm


dv = max ( 0,9 d ; 0,72 h ) dv = max ( 0 , 9 × 124 ; 0,72 × 160 ) = 115 mm



296 Chapitre 9

c) Calculer Vf (dv)
 La   5, 3 
( )
Vf dv = w f 

− dv 

( )
Vf dv = 17 , 38 × 
 2
− 0 , 115 = 44 , 1 kN

2

d) Calculer Vc

Vc = βλφc fc′bdv Vc = 0 , 21 × 1, 0 × 0 , 65 × 30 × 1 000 × 115 × 10 −3 = 86 kN


e) Vf (dv ) = 44 , 1 kN < Vc = 86 kN OK

Étape 3. Vérifier la condition d’utilisation de la méthode simplifiée

bw hb3 400 × 550 3


= = 2 , 75 > 2 → La méthode simplifiée peut être utilisée
Ln hs3 5 900 × 160 3

Étape 4. Tirer les valeurs de Ca et Cb des tableaux 9.1 et 9.2

La 5 300
m= m= = 0, 9 (cas 4)
Lb 5 900

CaL pos = 0 , 039



Ca neg = 0 , 060 CaD pos = 0 , 033
a) Tableau 9.1  b) Tableau 9.2 
Cb neg = 0 , 040 CbL pos = 0 , 026
C pos = 0 , 022
 bD

Étape 5. Calculer les moments sur la bande centrale

a) Calculer les moments négatifs et positifs sur la bande centrale


Ma neg = C a neg w f L2a Ma neg = 0 , 060 × 17,38 × 5,32 = 29,29 kNm/m

2
Mb neg = Cb neg w f Lb 2
Mb neg = 0 , 040 × 17,38 × 5,9 =24,2 kNm/m

Ma pos = C aL wLf L2a + C aD wDf L2a


Ma pos = 0 , 039 × 10 , 8 × 5 , 32 + 0 , 033 × 6 , 58 × 5 , 32 = 17 , 93 kNm/m


Mb pos = CbL wLf L2b + CbD wDf L2b


Mb pos = 0 , 026 × 10 , 8 × 5 , 9 2 + 0 , 022 × 6 , 58 × 5 , 9 2 = 14 , 81 kNm/m



Dalles portant dans deux directions sur poutres rigides ou murs 297

b) Calculer les moments négatifs des bords discontinus sur la bande centrale


Ma neg
bord discontinu
( 4 ) M pos
= 3 a
Ma neg
bord discontinu
( 4 ) × 17, 9 = 13, 4 kNm/m
= 3

Mb neg bord discontinu = ( 3 ) M pos = ( 3 ) × 14 , 8 = 11, 1 kNm/m


bord discontinu
Mb neg
4 b
4

Étape 6. Calculer les moments négatifs sur les panneaux adjacents


Il n’y a pas lieu de calculer les moments négatifs sur les panneaux adjacents (cas 4),
puisqu’ils sont identiques à ceux qui ont été calculés à l’étape 5.

Étape 7. Calculer les moments sur les bandes d’appui

a) Bords continus :


Ma neg appui = 2 ( 3 ) M neg a

Ma neg
appui
( 3 ) × 29, 29 = 19, 53 kNm/m
= 2

Mb neg appui = ( 2 ) M neg = ( 2 ) × 24 , 2 = 16 , 13 kNm/m


appui
Mb neg
3 b
3

= ( 2 ) M pos = ( 2 ) × 17 , 93 = 11, 95 kNm/m


appui appui
Ma pos Ma pos
3 a
3

Mb pos appui = ( 2 ) M pos = ( 2 ) × 14 , 81 = 9 , 87 kNm/m


appui
Mb pos
3 b
3

b) Bords discontinus :


Ma neg appui = 2 ( 3 ) M neg a

Ma neg
appui
( 3 ) × 13, 4 = 8, 93 kNm/m
= 2

Mb neg appui = ( 2 ) M neg = ( 2 ) × 11, 1 = 7 , 4 kNm/m


appui
Mb neg
3 b
3

Étape 8. Calculer les armatures requises

a) Calculer d
Dans la direction de La

db 11, 3
d = hs − bc − d = 160 − 25 − = 129 mm
2 2

Dans la direction de Lb

db 11, 3
d = hs − bc − db − d = 160 − 25 − 11, 3 − = 118 mm
2 2
298 Chapitre 9

129 + 118
Note : On peut également utiliser dmoy = = 124 mm pour les 2 directions.
2

b) Calculer A s

Petite portée (La) Grande portée (Lb)


Bord Bord Bord Bord
continu Travée discontinu continu Travée discontinu
Maneg Mapos Maneg Mbneg Mbpos Mbneg
A) Bande centrale
Mf (kNm/m) 29,29 17,93 13,4 24,20 14,81 11,1
d (mm) 129 129 129 118 118 118
As,min = 0,002 ×
320 320 320 320 320 320
1 000 × hs (mm 2)
smax = min (3hs ;
480 480 480 480 480 480
500 mm)
kr = Mf /1 000d2
1,76 1,08 0,81 1,74 1,06 0,80
(MPa)
ρ (tableau 4.4) 0,0056 0,0034 0,0024 0,0056 0,00325 0,0024
As = ρ × 1 000 × d (310)< (283) <
722 439 661 384
(mm 2) A s,min A s,min
No barre/ No 10 @ No 10 @ No 10 @ No 10 @ No 10 @ No 10 @
espacement (mm) 125 225 300 150 250 300
B) Bande d’appui
2/3 de As ci-haut
par m de largeur
(1/3As (bande
No 10 @ No 10 @ No 10 @ No 10 @ No 10 @ No 10 @
centrale) par
150 mm 300 mm 300 mm 200 mm 300 mm 300 mm
demi-bande
d’appui),
mais > A s,min
Dalles portant dans deux directions sur poutres rigides ou murs 299

c) Schéma de ferraillage

Figure X9.2B – Schéma de ferraillage (dimensions en mm)

Étape 9. Armature de coin


Utiliser les armatures pourvues en haut pour résister aux moments négatifs et en bas
pour résister aux moments positifs.

Étape 10. Vérifier les exigences minimales


Les exigences concernant A s,min et smax ont été vérifiées (voir tableau de calcul, étape 8b).

 2 , 63
 As ,max ( selon La ) = (1 000 × 129 ) = 3 393 mm 2 2
> 1 000 mm OK
 10 0
As ,max = ρb bd > As ,pourvu 
A 2 , 63
 s ,max
( selon Lb ) = (1 000 × 118 ) = 3 103 mm 2
> 667 mm 2 OK
100
300 Chapitre 9

9.10 Problèmes

Problème 9.1
Considérer le plancher montré à la figure P9.1. L’épaisseur de la dalle est de 180 mm et les
poutres ont une largeur bw = 400 mm et une hauteur h(total) = 700 mm. La dalle supporte,
en plus de son poids propre, une charge permanente additionnelle de 1,3 kN/m 2 et une
surcharge d’utilisation de 4,8 kN/m 2 . À la figure P9.1, on donne l’armature supérieure
prévue sur l’axe 2 (bande centrale), entre les axes A et B, soit No 10M @ 200 mm. On
donne également l’armature supérieure sur l’axe A, dans la bande centrale, entre les
axes 2 et 3, soit No 10M @ 250 mm.

Vérifier si la résistance de la section de dalle située sur la bande centrale – Axe 2, ainsi
que celle de la dalle située sur la bande centrale – Axe A sont ­suffisantes.

On donne : fc′ = 30 MPa ; f y = 400 MPa ; béton ordinaire : poids volumique = 24 kN/m 3 ;
enrobage de la dalle = 30 mm.

Figure P9.1
Dalles portant dans deux directions sur poutres rigides ou murs 301

Problème 9.2
Considérer le panneau de dalle en béton armé continu sur deux côtés montré à la
figure P9.2. La dalle repose sur une poutre de dimensions : bw = 600 mm et h(total) = 900 mm.
En plus de son poids propre, la dalle supporte une charge permanente additionnelle de
1,5 kN/m 2 et une surcharge d’utilisation de 7,2 kN/m 2 . La structure n’est pas exposée
aux intempéries.

Dimensionner le panneau de dalle à l’ÉLU selon la norme A23.3-04.

On donne : fc′ = 30 MPa ; f y = 400 MPa ; béton ordinaire : poids volumique = 24 kN/m 3.

Figure P9.2
302 Chapitre 9

Problème 9.3
Considérer la dalle montrée à la figure P9.3 portant dans deux directions et reposant
sur des poutres. Les dimensions de la poutre sont : bw = 400 mm et h(total) = 600 mm.
L’épaisseur de la dalle hs = 180 mm. En plus de son poids propre, la dalle supporte
une charge permanente additionnelle de 1,3 kN/m 2 et une surcharge d’exploitation
wL = 4,8 kN/m 2 .
a) Dimensionner le panneau aux bords continus S3 ;
b) Dimensionner le panneau aux bords discontinus S1 ;
c) Donner le schéma de ferraillage des deux panneaux.

On donne : fc′ = 30 MPa ; f y = 400 MPa ; béton ordinaire : poids volumique = 24 kN/m 3 ;
enrobage = 30 mm.

Figure P9.3
Dalles portant dans deux directions sur poutres rigides ou murs 303

Problème 9.4
Considérer la dalle pleine de toit d’un garage dont la figure P9.4 illustre la vue en plan
et une coupe. Ladite dalle est en béton armé et est coulée de façon monolithique avec
des poutres rigides de section bw × h = 450 × 900 mm. La dalle supporte, en plus de son
poids propre, une charge permanente additionnelle de 1,5 kN/m 2 et une surcharge de
neige de 2,4 kN/m 2 .
a) Déterminer l’épaisseur hs de la dalle pleine ;
b) Calculer les moments pondérés sollicitant la dalle (les représenter sur un croquis) ;
c) Calculer l’armature de la dalle ;
d) Faire un schéma de ferraillage (une vue en plan et une coupe).

On donne : fc′ = 30 MPa ; f y = 400 MPa ; béton ordinaire : poids volumique = 24 kN/m 3 ;
enrobage = 30 mm ; grosseur des agrégats amax = 25 mm.

P 1 h = 900 mm
bw = 450 mm

900 mm

Figure P9.4
Chapitre

10
Dalles portant dans deux directions
Méthode de calcul direct

10.1 Notations utilisées dans ce chapitre

Ag Aire brute de la section de béton


Asb Aire de la section de la barre cisaillée traversant la face du poteau et assurant
l’intégrité structurale
As,min Aire minimale de la section d’armature tendue requise
Avs Aire de la section d’étrier sur une ligne parallèle au périmètre du poteau
CAB Distance entre l’axe passant par le centre de gravité de la section critique et la face
AB de la section critique
D Diamètre d’un poteau de section circulaire
Ecb Module d’élasticité du béton de la poutre
Ecs Module d’élasticité du béton de la dalle
Ib Moment d’inertie de la section de la poutre par rapport à l’axe passant par son centre
de gravité
Is Moment d’inertie de la section totale de la dalle par rapport à l’axe passant par son
centre de gravité
306 Chapitre 10

Jc Propriété de la section critique analogue au moment d’inertie polaire


La Petite portée de la dalle mesurée entre nus des poutres
Lb Grande portée de la dalle mesurée entre nus des poutres
– Moment négatif
M
+ Moment positif
M
Mf Moment pondéré non équilibré
Mfb Portion de Mf transférée au poteau
Mfv Portion de Mf reprise par effort tranchant de poinçonnement
Mo Moment pondéré total pour travée isostatique
Vc Contribution du béton à la résistance à l’effort tranchant
Vse Effort tranchant dû aux charges spécifiées
Vf Effort tranchant pondéré
Vr Résistance à l’effort tranchant
a Grand côté de l’appui
ad Dimension en plan du ressaut
b Petit côté de l’appui
bb Largeur de la bande de la dalle définie par l’axe situé à 1,5hs ou 1,5hd de part
et d’autre des faces de la colonne ou du chapiteau
bo Périmètre de la section critique pour effort tranchant de poinçonnement
bw Largeur de l’âme d’une section en T
c1 Longueur du côté du poteau dans la direction 1
c2 Longueur du côté du poteau dans la direction 2
d Hauteur utile d’une section en béton armé
fy Contrainte élastique limite de l’acier d’armature
hd Hauteur hors tout du ressaut
ho Hauteur sous dalle de la poutre
hs Épaisseur hors tout de la dalle
l1 Portée suivant la direction où le moment est déterminé, mesurée centre à centre
l2 Portée transversale à l1, mesurée centre à centre
l′2a Portée moyenne de portées adjacentes l2 relative à la petite portée
ln Portée nette entre nus des appuis suivant grande portée
l′n Portée nette entre nus des appuis suivant petite portée
s Espacement des armatures longitudinales ou transversales, selon le cas
vc Contrainte de cisaillement reprise par le béton seul
vs Contrainte de cisaillement reprise par les étriers en acier
wDf Charge permanente pondérée
w′Df Charge permanente pondérée pour petite portée
Dalles portant dans deux directions 307

wf Charge totale pondérée


wLf Surcharge pondérée
xd Distance entre la face du poteau et le bord du ressaut
α Rapport de la raideur de la poutre sur la raideur d’une largeur de dalle délimitée par
les axes des panneaux adjacents de part et d’autre de la poutre
α1 α selon la direction 1
α2 α selon la direction 2
αm Valeur moyenne de α pour les poutres bordant les panneaux
β Rapport de la grande portée sur la petite portée mesurée entre nus des poutres, des
dalles portant dans 2 directions (= Lb/La)
βc Rapport du grand côté sur le petit côté du poteau ou de l’appui
γv Fraction du moment transmis par cisaillement excentré
λ Coefficient pour tenir compte de la densité du béton (λ = 1 pour béton ordinaire)
φc Facteur de résistance du béton
φs Facteur de résistance de l’acier d’armature

10.2 Base de la méthode


Pour les dalles portant dans deux directions qui ne reposent pas sur des appuis rigides
tels que définis dans le chapitre 9, la méthode empirique dite par calcul direct peut
s’avérer un choix judicieux. La méthode, qui est décrite dans les articles de la section
13.9 de la norme, est une version simplifiée de la méthode des portiques équivalents. Elle
est basée sur des moments empiriques qui se rapprochent des moments obtenus par la
méthode des portiques équivalents. La méthode peut être utilisée pour les dalles portant
dans deux directions : a) supportées par des poutres entre appuis ; b) avec ressauts,
chapiteaux, ou les deux.

■■ Principe de la méthode
Le système de dalles est idéalisé par un portique équivalent comportant un plancher et
les poteaux des niveaux supérieur et inférieur. Généralement, deux portiques sont consi­
dérés pour chacune des deux directions orthogonales : a) un portique de rive comportant
la bande d’appui et une moitié de la bande centrale ; b) un portique intérieur comportant
quant à lui la bande d’appui et la moitié de la bande centrale de part et d’autre de la
bande d’appui (voir la figure 10.5). Pour chacun des portiques, les moments positifs et
négatifs au niveau des bandes d’appui et des bandes centrales sont déterminés sur la
base de coefficients forfaitaires. Les armatures requises sont ensuite calculées sur la
base des moments ainsi déterminés. Une procédure pas à pas pour l’analyse et le calcul
des dalles portant dans deux directions par la méthode de calcul direct est décrite dans
ce qui suit.
308 Chapitre 10

10.3 Procédure pas à pas d’analyse et de calcul

10.3.1 Conditions d’utilisation


La méthode de calcul direct ne peut être utilisée que pour les systèmes de dalles portant
dans deux directions et remplissant les conditions données dans le tableau 10.1.

Tableau 10.1 – Conditions d’utilisation de la méthode de calcul direct

No Condition
1 Lb/La ≤ 2,0 (10.1)
Pour les panneaux avec poutres entre tous les appuis, le rapport de
rigidité des poutres dans les deux directions orthogonales 1 (direction
suivant laquelle on calcule les moments) et 2 doit être tel que
2
α 1 l22
0, 2 ≤ ≤ 5, 0 (10.2)
α 2 l12

Les poteaux ne sont pas décalés par rapport à l’un ou l’autre des axes
3
orthogonaux de plus de 20 % de la portée dans la direction du décalage
Le système est composé d’au moins trois travées dans chacune des
4
directions (c’est-à-dire d’un minimum de 9 panneaux au total)
Les longueurs de deux travées adjacentes (entre les axes des appuis) ne
5
diffèrent pas de plus de 1/3 de la longueur de la plus grande travée
Les charges sont verticales et uniformément réparties sur le panneau
6 entier. La surcharge d’exploitation pondérée n’est pas supérieure à deux
fois la charge permanente pondérée

10.3.2 Épaisseur minimale de la dalle


Pour le contrôle de la flèche, et à défaut d’un calcul élaboré, la dalle doit avoir une
épaisseur hs minimale comme suit :
Dalles portant dans deux directions 309

Description de la dalle Épaisseur, hs


Art. 13.2.3
 fy 
ln  0 , 6 + 
 1000 
hs ≥ ≥ 120 mm (10.3)
30
Pour panneau de rive, prendre 1,1 × hs
Art. 13.2.3
 fy 
ln  0 , 6 + 
Dalle
 1000  2 xd
Ressaut hs ≥ − ∆ h ≥ 120 mm (10.4)
30 ln

où ∆h = hd – hs.
i) Pour panneau de rive, prendre 1,1 × hs
ii) xd ≤ ln /4
(pour prédimensionnement, xd = ln /6)
Art. 13.2.3
 fy 
Dalle ln  0 , 6 + 
 1000 
hs ≥ ≥ 120 mm (10.5)
30 + 4 βα m

Poutre
où αm = 2

Figure 10.1 – Épaisseur minimale de la dalle

■■ Rapport de rigidité α
Le rapport m est la moyenne des rapports de rigidité des poutres autour du panneau
considéré. Pour une poutre donnée,

(4 E I / l )
cb b poutre
α= (10.6)

(4 E I / l )
cs s dalle
De façon générale, l est le même pour la dalle et pour la poutre et il en est de même
pour Ecb et Ecs. Dans ce cas :
Ib
α= (10.7)
Is

310 Chapitre 10

Les sections à considérer pour le calcul de Ib et Is sont présentées à la figure 10.2.

Poutre de rive Poutre intérieure

Figure 10.2 – Sections à considérer pour le calcul de Ib et Is

La norme (art. 13.2.5) recommande l’utilisation de l’équation approximative suivante


pour le calcul de Ib.

bw h3   hs  
Ib = 2, 5  1 −   (10.8)
12   h  

L’équation 10.8 peut être utilisée pour prédimensionner bw ou h. Ainsi en prenant α = 2
dans l’équation 10.7, on peut déterminer Ib puis bw ou h.

■■ Longueurs ln pour poteaux non rectangulaires et poteaux avec chapiteau

(a) Poteaux non rectangulaires (b) Poteaux avec chapiteau

Figure 10.3 – Portées entre nus ln


Dalles portant dans deux directions 311

10.3.3 Définition des portiques et des bandes dans chacune


des deux directions orthogonales

■■ Subdivision du système de dalles en bandes

Figure 10.4 – Subdivision du système de dalles en bandes – direction est-ouest

■■ Définition des portiques

Figure 10.5 – Définition des portiques (direction est-ouest)


312 Chapitre 10

10.3.4 Moments positifs et négatifs aux points critiques


(nus des appuis et mi-portées)

■■ Moment pondéré total (travée isostatique)


Pour chacune des travées et dans chacune des directions, le moment pondéré total d’une
travée isostatique, Mo, est calculé comme suit :

w f l2 ln2
Mo = (10.9)
8

■■ Moments pondérés positifs et négatifs aux points critiques


(répartition longitudinale)
Les moments négatifs aux nus des appuis et positifs à mi-portée avant répartition trans­
versale sont le produit de Mo et d’un coefficient forfaitaire, comme suit :

Figure 10.6 – Moments négatifs et positifs aux points critiques


Dalles portant dans deux directions 313

10.3.5 Répartition transversale des moments négatifs et positifs


entre les bandes centrales et d’appui et les poutres

■■ Dalles sans poutres entre appuis et dalles avec ressauts

a) Moments positifs et négatifs aux points critiques


La norme A23.3-04 définit la fraction des moments négatifs et positifs aux points
critiques (figure 10.6) qui doit être reprise par la bande d’appui, comme indiqué au
tableau 10.2. Le reste est repris par la bande centrale.

Tableau 10.2 – Moments repris par la bande d’appui –


Dalles sans poutres et dalles avec ressauts

1. Moment négatif 60 % à 100 % du moment négatif total (généralement 75 %).


Poteau intérieur Une armature minimale correspondant à 33 % du moment
négatif total doit être placée sur une bande de largeur bb
(voir note) centrée sur l’appui.
2. Moment négatif 100 % du moment négatif total.
Poteau de rive Une armature correspondant à ce moment doit être placée
sur une bande de largeur bb centrée sur l’appui.
3. Moment positif 50 % à 70 % du moment positif total (généralement 60 %).
Toutes travées Une partie de l’armature positive doit être placée pour
assurer en partie ou en totalité l’intégrité structurale au joint
poteau – dalle (voir §10.3.7).
Note : bb = c 1 + 3hs (direction 1) et bb = c 2 + 3hs (direction 2)

b) Moments pondérés non équilibrés transférés aux appuis


L’utilisation de la méthode de calcul direct conduit à une différence entre les valeurs
aux nus d’un même appui intermédiaire en raison des différents cas de charge, des
conditions d’appui et des portées adjacentes. Cette différence est reprise par les appuis
(poteaux, murs). Sa valeur maximale peut être déterminée en considérant le cas de
charge approprié. À défaut d’une analyse élaborée, la norme A23.3-04 spécifie un
moment forfaitaire Mf (éq. 10.10) qui doit être repris par les poteaux ou les murs des
niveaux supérieur et inférieur, proportionnellement à leur raideur.

( ) ′ l2′ a ( ln′ ) 
M f = 0 , 07  wDf + 0 , 5 wLf l2 a ln2 − wDf
2
(10.10)

Dans les dalles sans poutres, une portion Mfb du moment total Mf est transférée aux
poteaux par flexion et le reste, Mfv, par l’effort tranchant de poinçonnement excentré
par rapport à la section critique.
M fb = γ f M f (10.11)

M fv = γ v M f (10.12)

314 Chapitre 10


1
γ f = 1− et γ v = 1 – γ f (10.13)
2 b1
1+
3 b2

où b1 = c1 + d et b2 = c2 + d.
Par ailleurs, la poutre ou la dalle de rive doivent être conçues pour résister, en torsion,
à la fraction du moment négatif à l’appui de rive qui lui est assignée (figure 10.7).

Figure 10.7 – Poutre et dalle de rive

■■ Dalle avec poutres entre appuis

Tableau 10.3 – Moments repris par la bande d’appui – Dalle avec poutres

Désignation Fraction du moment total


a) Moments pondérés dans les poutres
Moment négatif – poteau 
α1 l2 
intérieur et moment positif – 1 −  Art. 13.12.2.1 (10.14)
toutes portées 0, 3 + α1  3l1 

Moment négatif – poteau 100 %
de rive
Note : L’armature doit être placée sur une bande de
largeur bb centrée sur l’appui (art. 13.12.4.2).
b) Moments dans la dalle
Moment négatif et positif Aux points critiques, la fraction du moment total
non reprise par la poutre doit être reprise par
la dalle, où l’armature peut être uniformément
répartie.
Dalles portant dans deux directions 315

10.3.6 Résistance à l’effort tranchant

■■ Dalles avec poutres entre appuis

a) Poutres
Si α1l2 /l1 ≥ 1,0, alors la poutre doit
reprendre l’effort tranchant dû à la charge
Aire tributaire tributaire délimité par des lignes à 45o à
pour poutre P 2
partir des coins des panneaux (figure 10.8a).
Si α1l2 /l1 < 1,0, alors la poutre peut être
dimensionnée pour reprendre un effort
tranchant obtenu par interpolation linéaire
entre 0 et 1 en supposant que pour α = 0, la
poutre ne supporte aucune charge.
Notes : 1) Les poutres doivent également
reprendre l’effort tranchant dû aux
charges qui leur sont directement
­appliquées.
2) Les charges tributaires (triangu­
laires ou trapézoïdales) peuvent être
remplacées par des charges unifor­
mément réparties équivalentes (voir
figure 9.4). Le dimensionnement des
poutres à l’effort tranchant se fait
conformément au chapitre 5.
b) Dalles
La dalle doit être dimensionnée pour
reprendre l’effort tranchant à une distance
dv du nu de l’appui, Vf (dv), soit :
Vf ( dv ) ≤ Vc = βλφc fc′bw dv (10.15)

où β = 0,21 si hs ≤ 350 mm, sinon
β = 230/(1 000 + dv) si amax ≥ 20 mm, et où
bw = 1 000 mm et fc′ ≤ 8 MPa

Vf (dv) = wf [(Ln /2) – dv]

Figure 10.8 – Dalles aves poutres entre appuis : (a) poutres ; (b) dalles.
316 Chapitre 10

■■ Dalles sans poutres entre appuis


La dalle doit résister à l’effort tranchant unidirectionnel le long des sections critiques
et à l’effort tranchant de poinçonnement (périphérique) autour des appuis. Dans le cas
de dalles sans poutres entre appuis, c’est généralement le poinçonnement qui gouverne
le calcul.

a) Résistance à l’effort tranchant unidirectionnel

a) Dalle sans ressauts


La résistance doit être assurée à la section
critique ①-① (figure 10.9a), soit :
Vf ( d ) ≤ Vc (10.16)

l 
Vf ( d ) = w f l2  n − d  (10.17)
2 

Vc = βλφc fc′l2 dv (10.18)

où β = 0,21 si hs ≤ 350 mm, sinon
β = 230/(1 000 + dv) si amax ≥ 20 mm, et où
bw = 1 000 mm et fc′ ≤ 8 MPa

b) Dalle avec ressauts


Dans ce cas, la résistance doit être
assurée aux sections critiques ①-① et ②-②
(figure 10.9b), comme suit :
①-① Vf ( d1 ) ≤ Vc (10.19)

l 
Vf ( d1 ) = w f l2  n − d1  (10.20)
2 

Vc = βλφ c fc′ l2 dv1 + ad (dv 2 − dv1 )  (10.21)



où dv2 et dv1 sont les hauteurs utiles
du ressaut et de la dalle
②-② Vf ( d2 ) ≤ Vc (10.22)

l 
Vf ( d2 ) = w f l2  n − d2  (10.23)
2 

Vc = βλφc fc′l2 dv 2 (10.24)

Dalles portant dans deux directions 317

c) Poteau de coin
Sans ressaut Avec ressaut Les sections critiques de poteaux de
coin sont définies dans la figure 10.9c
pour plusieurs configurations pouvant se
présenter en pratique.
Vf ≤ Vc

Vc = βλφc fc′Ldv (10.25)



Vf = w f × ( aire tributaire ) (10.26)

où L est la largeur de la section critique
et l’aire tributaire est illustrée à la
figure 10.9c et où β = 0,21 si hs ≤ 350 mm,
sinon β = 230/(1 000 + dv)
si amax ≥ 20 mm, et fc′ ≤ 8 MPa

Figure 10.9 – Résistance à l’effort tranchant unidirectionnel – dalles sans poutres

b) Résistance à l’effort tranchant par poinçonnement


[art. 13.3.4.1 à 13.3.5.6]
La contrainte de cisaillement par poinçonnement peut être vérifiée comme suit :
vf ≤ vc (10.27)

où vc est la plus petite des valeurs calculées avec les équations 10.28 à 10.30 suivantes :

 2
vc =  1 +  0 , 19 λφc fc′ (10.28)
 βc 

grand côté de l’appui
où βc = . Pour des sections non rectangulaires, βc peut être calculé
petit côté de l’appui a
à partir de la figure 10.11 en prenant βc = .
b

α d 
vc =  s + 0 , 19  λφc fc′ (10.29)
 b 
o

318 Chapitre 10

où as = 4 pour poteau intérieur ; as = 3 pour poteau de rive ; as = 2 pour poteau de coin.

vc = 0 , 38 λφc fc′ (10.30)



Note : Si d > 300 mm, les valeurs de vc obtenues à l’aide des équations 10.28 et 10.30 doivent
être multipliées par 1 300/(1 000+d) (art. 13.3.4.3).

La norme permet le calcul de la contrainte de cisaillement vf due à la combinaison


de l’effort tranchant pondéré Vf (figure 10.10) et celle due aux moments de transfert
Mfv = v Mf (éq. 10.12) dans les deux directions 1 et 2 agissant simultanément (voir la
figure 10.10), soit (voir éq. 13.9 de la norme) :

Vf  γ v Mf e   γ v Mf e 
vf = +  +  (10.31)
bo d  Jc   Jc 
1 2

Note : Les termes de l’équation 10.31 n’atteignent pas leur maximum simultanément. Aussi, le
commentaire N13.3.5.5 de la norme recommande de considérer le premier terme et le
plus grand des deux autres termes pour un poteau intermédiaire, mais tous les termes
pour les poteaux de rive et de coin, pour calculer vf.

Les grandeurs v, Jc et e dépendent de l’emplacement du poteau et peuvent être calculées


pour les deux directions 1 et 2 (en indice dans l’équation 10.31) comme suit :

 Poteau intermédiaire
1
γ v ,1 = 1 −
2 c1 + d
1+
3 c2 + d

Jc ,1 =
(c
1 + d ) d3
+
(c
1 + d) d
3

+
d ( c2 + d ) ( c1 + d )
2

6 6 2

e1 =
(c 1 + d)

2
1
γ v ,2 = 1 −
2 c2 + d
1+
3 c1 + d

Jc ,2 =
(c
2 + d ) d3
+
(c
2 + d) d
3

+
d ( c1 + d ) ( c2 + d )
2

6 6 2

e2 =
(c 2 + d)

2
Dalles portant dans deux directions 319

 Poteau de rive
1
γ v ,1 = 1 −
2 c1 + d
2
1+
3 c2 + d

2
 d 3   d 
 c1 +  d + (c1 + ) 3
d
2 d   c1 +  
 2   2 
+ (c2 + d) d (e1 ) + 2 (c1 + 2 ) d 
2
J c,1 = d − e1 
6  2 
2
 d
e1 =  c1 + 

(2c 1 + c2 + 2 d )
2

1
γ v ,2 = 1 −
2 c2 + d
1+
3 c1 + d
2

 ( c + d ) d 3 + ( c + d )3 d 
 2 
+ 2 ( c1 + )de
2
2
Jc ,2 = d
2 2
12

e2 =
(c 2 + d)

 Poteau de coin
1
γ v ,1 = 1 −
2 c1 + d
2
1+
3 c2 + d
2

 d 3 
 c1 +  d + (c1 + ) 3
d
2 d 2
 2   d   d 
J c,1 = + (c2 + d 2 ) d e +  c1 +  d  c1 +  / 2 − e1 
2
1
12  2   2 

2
 d
e1 =  c1 +   2 ( c1 + c2 + d ) 
 2

1
γ v ,2 = 1 −
2 c2 + d
2
1+
3 c1 + d
2

320 Chapitre 10

 d 3 
 c2 +  d + ( c2 + ) 3
d
2 d 2
 2   d   d 
Jc ,2 = + ( c1 + d 2 ) d e +  c2 +  d  c2 +  / 2 − e2 
2
2
12  2   2 

2
 d
e2 =  c2 +   2 ( c1 + c2 + d ) 
 2

vtotal
f = vpoinçonnement
f (
+ v f dû à Mfv ≤ vc )
w f l1 l2 − ( c1 + d ) ( c2 + d ) 
vpoinçonnement
f =
b0 d

(10.32)

 M e   M e  
(
v f dû à M fv = ) fv
 +
fv
 
 J   J  
 c 1 c 2

(10.33)

Figure 10.10 – Résistance à l’effort tranchant de poinçonnement –


dalles sans poutres

Section d’appui non rectangulaire


Si la section de l’appui n’est pas rectangu­
laire, alors la longueur et la largeur hors-
tout (voir figure ci-contre) peuvent être
considérées comme les côtés d’une section
rectangulaire équivalente.

Figure 10.11 – Définitions de βc pour sections non rectangulaires


Dalles portant dans deux directions 321

Section critique au voisinage d’une


ouverture (MacGregor et Bartlett,
2000)
La section critique doit être réduite
si la distance entre le nu de l’appui et
le bord de l’ouverture est inférieure à
10hs (voir la figure ci-contre).

Section critique au voisinage


d’un bord libre
La section critique doit être réduite si
la distance entre le nu de l’appui et le
bord libre est inférieure à 5d (voir la
figure ci-contre).

Figure 10.12 – Définitions du périmètre critique bo pour des cas particuliers

c) Armature transversale pour dalles sans poutres


Dans le cas où la résistance à l’effort tranchant est insuffisante, plusieurs options s’offrent
à l’ingénieur : i) augmenter l’épaisseur de la dalle ; ii) utiliser des ressauts ; iii) augmenter
le périmètre critique bo par l’ajout de chapiteaux ; ou, en dernier recours, iv) pourvoir
de l’armature de cisaillement dans le cas exceptionnel où les autres options ne sont pas
adaptées.
L’armature de cisaillement dans ce contexte est souvent noyée dans la dalle et peut
prendre différentes formes plus ou moins complexes. Les recours aux étriers fermés et
aux profilés métalliques en croix sont des pratiques courantes.
En présence d’armature de cisaillement, on a :
v f ≤ vr = vc + vs (10.34)

où vs dépend du type d’armature de cisaillement utilisée.
L’armature de cisaillement doit être étendue jusqu’à la section critique où vf est inférieur
ou égal à vc. Elle doit être en mesure de reprendre l’effort tranchant de poinçonnement
à la section critique située à d/2 du nu de l’appui et à des sections successives situées à
des distances supérieures à d/2 du nu de l’appui.
322 Chapitre 10

d) Cas des étriers fermés


Des étriers doivent être fermés (crochets de 135o) autour d’au moins quatre barres longi­
tudinales aux quatre coins des étriers. Cette solution ne peut être envisagée pour des
dalles dont l’épaisseur est inférieure à 300 mm. Par ailleurs, il convient que les termes
de l’équation 10.34 soient tels que :

v f ≤ 0 , 55 λφc fc′ (10.35)


vc = 0 , 19 λφc fc′ (10.36)


φ s Avs fyV
vs = (10.37)
bo s

où f yv = contrainte élastique limite des étriers ; Avs = aire de la section d’étrier sur une
ligne parallèle au périmètre du poteau et s ≤ 0,5d avec le premier étrier placé à d/4 du
nu du poteau (figure 10.13).

Figure 10.13 – Étriers fermés noyés comme armature de cisaillement

10.3.7 Exigences minimales et autres considérations

■■ Armature de coin (art. 13.10.9)


Pour les systèmes de dalles avec poutres (α > 1,0), des armatures de coin doivent être
pourvues dans les panneaux de coin, tel qu’illustré à la figure 9.6.
Dalles portant dans deux directions 323

■■ Armature minimale (art. 13.10.1)


L’aire minimale de la section d’armature dans chacune des directions est :
As,min = 0 , 002 Ag (10.38)

■■ Espacement maximal des armatures (art. 13.10.4)

Tableau 10.4 – Espacement maximal des armatures

Bande de largeur bb s ≤ min (1,5 hs ; 250 mm)


M–
Autre s ≤ min (3 hs ; 500 mm)
M+ s ≤ min (3 hs ; 500 mm)

■■ Ancrage de l’armature inférieure dans les appuis (art. 13.10.5.1)


L’armature inférieure prolongée aux appuis doit être ancrée sur une longueur de 150 mm
au-delà du nu de l’appui (voir la figure 10.14).

■■ Armature inférieure minimale à travers les appuis


pour assurer l’intégrité structurale (art. 13.10.6)
Dans les systèmes de dalles ne comprenant pas de poutres renforcées en cisaillement, il
convient qu’une armature inférieure minimale soit prolongée sur l’appui pour permettre
à la dalle de rester suspendue en cas de rupture par cisaillement de poinçonnement. La
somme des aires des sections des barres cisaillées (minimum huit barres) traversant les
faces du poteau doit pouvoir reprendre l’effort de cisaillement dû aux charges spécifiées
Vse (où Vse ≥ 2 × charges tributaires dues au poids propre de la dalle), soit :
2 Ve
∑A sb =
fy
(10.39)

L’équation 10.39 permet de calculer la section A sb requise à cette fin. Ces armatures
doivent être ancrées adéquatement.

■■ Arrêt des barres (art. 13.10.8)


Pour les dalles sans poutres entre appuis, l’article 13.10.8.1 de la norme A23.3-04 recom­
mande que les barres d’armature soient minimalement prolongées tel qu’indiqué à la
figure 10.14, adaptée de la figure 13.1 de ladite norme.
324 Chapitre 10

Figure 10.14 – Longueur d’arrêt des barres dans des dalles sans poutres intérieures
(Adaptée de la figure 13.1 de la norme A23.3-04)
Dalles portant dans deux directions 325

10.4 Étapes de dimensionnement

Tableau 10.5 – Étapes de dimensionnement par la méthode de calcul direct

Étapes Commentaires
Données : charges, géométrie du système de dalles, géométrie des panneaux,
­dimensions des appuis, fc′, f y
Étape 1. Vérifier les conditions d’utilisation Conditions 1 à 6 du tableau 10.1
de la méthode de calcul direct
Étape 2. Calculer l’épaisseur minimale de Calculer hs par l’une des équations
la dalle permettant le contrôle de la flèche 10.3 à 10.5 selon la configuration
et choisir hs (voir la figure 10.1). Pour le calcul de
α, voir les équations 10.6 à 10.8. Pour
le calcul de Ln, voir la figure 10.3
Étape 3. Vérifier la résistance à l’effort Estimer dmoyen
tranchant par poinçonnement (vérifica­ Estimer les dimensions de la section
tion préliminaire). Sinon ajuster hs ou h des poteaux (si pas disponibles,
(poutres) prendre 8 % à 15 % de la portée
Note : Ne pas tenir compte de Vf dû à Mfv à moyenne)
cette étape. À ce stade de vérification
Vérifier l’effort tranchant par
il est recommandé que le rapport Vc /Vf
soit plus grand que : 1,2 pour un poteau
poinçonnement (section 10.3.6b et
intérieur ; 1,6 pour un poteau de rive ; figure 10.10). Dans le cas de dalle
2,0 pour un poteau de coin avec poutres périphériques, vérifier
que ces poutres peuvent reprendre
l’effort (voir exemple 10.1)
Étape 4. Subdiviser le système de dalle en Voir les figures 10.4 et 10.5
portique de rive et portique intérieur équi­
valents dans chacune des deux directions
est-ouest et nord-sud
Étape 5. Calculer le moment pondéré total Mo = wf l2 l2n /8 (éq. 10.9)
(travée isostatique) Mo. Puis calculer les Se servir de la figure 10.6
moments pondérés positifs et négatifs aux
points critiques (répartition longitudinale)
en prêtant attention à la travée de rive
Étape 6. Déterminer les moments négatifs Se servir du tableau 10.2 pour les
et positifs repris par les bandes d’appui et dalles sans poutres ou du tableau
centrale (répartition transversale) 10.3 pour les dalles avec poutres
326 Chapitre 10

Étape 7. Calculer l’armature As : Dresser un tableau de calcul


a) Calculer l’aire des sections d’acier d’ar­ Voir la figure 9.6 (chap. 9) pour
mature requises dans les bandes d’appui armature de coin
et centrale relatives aux moments néga­ Voir l’équation 10.39 pour l’armature
tifs (calculés à l’étape 6) minimale assurant l’intégrité struc­
b) Calculer les armatures minimales pour turale
assurer l’intégrité structurale en cas de A s,min = 0,002Ag (éq. 10.38)
rupture par cisaillement, puis l’armature
Voir le tableau 10.4 pour l’espace­
de coin s’il y a lieu
ment maximal admissible
c) Choisir les diamètres des barres et
Se servir de la figure 10.14 pour les
leur espacement en tenant compte des
arrêts des barres supérieures et infé­
exigences minimales requises et en
rieures ainsi que l’ancrage des barres
portant une attention particulière à la
simplicité de l’agencement entre bandes
(penser au ferrailleur et au vérificateur
en chantier)
Étape 8. Vérifier la résistance à l’effort Voir la section 10.3.6b et la
tranchant en tenant compte du moment figure 10.10
transféré par cisaillement de la dalle au
poteau
Note. Si l’épaisseur de la dalle ne peut pas être augmentée, l’ajout de ressauts ou de chapi­
teaux peut s’avérer une solution économique. Si le recours à l’armature transversale
devenait nécessaire, alors la section 10.3.6c pourrait être utilisée à cette fin

10.5 Exemples

Exemple 10.1 – Dimensionnement : dalle portant


dans deux directions et reposant
sur des poutres non rigides
■■ Énoncé
Considérer la dalle portant dans deux directions et reposant sur des poutres, tel qu’il­
lustré à la figure X10.1A. La hauteur nette entre les étages est de 4 m. Les poteaux sont
de dimensions 300 mm × 300 mm. Toutes les poutres sont de dimensions bw = 300 mm
et htotal = 550 mm. En plus de son poids propre, la dalle supporte une charge permanente
de 1 kPa et une surcharge d’exploitation de 4,8 kPa.

Dimensionner la dalle selon l’axe B et selon l’axe 2, incluant les armatures et leurs
espacements.
Dalles portant dans deux directions 327

On donne : fc′ = 30 MPa ; f y = 400 MPa ; béton ordinaire : poids volumique = 24 kN/m 3 ;
bc(dalle) = 25 mm.

Figure X10.1A – Exemple 10.1

■■ Solution

Étape 1. Vérifier les conditions d’utilisation de la méthode de calcul direct

Lb 7 500
a) = = 1, 36 < 2, 0 OK
La 5 500

EI b 1 Ib1
b) α 1 = =
EI s 1 Is1

EI b 2 Ib 2
α2 = =
EI s 2 Is 2

328 Chapitre 10

α1 Is 2 l1
Comme Ib1 = Ib2 , il s’ensuit : = =
α2 Is1 l2

2 2 2
α 1 l2 l1 l2 7 500 × 5 500
Donc : = = = 0 , 73
2 2 2
α 2 l1 l2 l1 5 500 × 7 500

2
α l 1 2
0, 2 < = 0 , 73 < 5 , 0 OK
2
α 2 l1

c) Les poteaux ne sont pas décalés de plus de 20 % de la portée.
d) Le système est composé de 3 travées dans chacune des directions.
e) Les longueurs des portées adjacentes ne diffèrent pas plus de 1/3 de la portée.
f) Les charges sont verticales et uniformément réparties.

hs peut être estimé avec am = 2,0 ; b = 7 200/5 200 = 1,38 et Ln = 7 500 – 300 = 7 200 mm
Ln 7 200
hs = hs = = 175 mm
30 + 4βα m 30 + 4 × 1, 38 × 2 , 0

On adopte hs = 180 mm.
wDf = 1, 25 × (1 + 24 × 0 , 18 ) = 6 , 65 kPa

wLf = 1, 5 × 4 , 8 = 7 , 2 kPa < 2 wDf = 13, 3 kPa OK

Étape 2. Calculer l’épaisseur de la dalle pour contrôler la flèche

Ln,max = 7 500 − 300 = 7 200 mm



7 200
β= = 1, 38
5 200
Ib
α=
Is

Pour la poutre intérieure, Ib et Is sont définis à la figure 10.2.

 Dimensions de la poutre en T
bw = 300 mm et h = 550 mm


(
beff = min bw + 2 ho ; bw + 8 hs ) (
beff = min 300 + 2 × ( 550 − 180) ; 300 + ( 8 × 180) = 1 040 mm)
hs = 180 mm

I b = 7 041 × 10 6 mm 4

Dalles portant dans deux directions 329

 Dimensions de la dalle dans la direction est-ouest


hs = 180 mm

bdalle = l2 = 5 500 mm (direction considérée : est-ouest)


bdalle = l1 = 7 500 mm (direction considérée : nord-sud)


 5 500 × 180 3 6 4
I s 1 = = 2 673 × 10 mm
 12
 3
 7 500 × 180 6 4
Is 2 = = 3 645 × 10 mm
 12

 Ib 7 041
α 1 = α1 = = 2 , 63
 Is1 2 673
 Ib 7 041
α 2 = α2 = = 1, 93
 Is 2 3 675
 α + α2 2 , 63 + 1, 93
α = 1 αm = = 2 , 28 ⇒ α m = 2 , 0
 m
2 2

 fy  400 
Ln  0 , 6 +  7 200 ×  0 , 6 + 
 1 000   1 000 
hs ≥ ≥ 120 mm hs ≥ = 17 5 mm
30 + 4 βα m 30 + ( 4 × 1, 38 × 2 , 0 )

hs = 180 mm

w f = wDf + wLf w f = 6 , 65 + 7 , 20 = 13, 85 kPa


Étape 3. Vérifier que les poutres peuvent reprendre l’effort tranchant


au niveau du poteau intermédiaire
L’effort tranchant de poinçonnement total dû à la réaction d’un poteau intermédiaire est
donné par : Vf = wf × aire tributaire
À une distance d = 0 , 9 h = 0 , 9 × 550 = 495 mm, l’aire tributaire est :

Aire tributaire =  7 , 5 × 5 , 5 − ( 0 , 400 + 2 × 0 , 495 )  = 39 , 3 m 2


2

 
→ Vf = 13, 85 × 39 , 3 = 544 kN

Cet effort est repris par les 4 poutres formant joint avec le poteau. La résistance à l’effort
tranchant dû au béton seul de ces 4 poutres est donnée par :

Vr = Σ Vc = 4 βφc fc′bw dv  Vr = 4 × 0 , 18 × 0 , 65 × 30 × 300 × 0 , 9 × 495 × 10 −3 = 343 kN


 
330 Chapitre 10

Ainsi Vf = 1,58∑Vc, ce qui est acceptable et peut donc être repris par les poutres moyennant
des étriers. La section de la poutre 300 mm × 550 mm est donc adéquate.

Étape 4. Subdiviser le système de dalle en portiques


dans les deux directions est-ouest et nord-sud

Figure X10.1B – Subdivision de la dalle


Dalles portant dans deux directions 331

Étape 5. Calculer le moment statique total Mo,


puis les moments aux points critiques

a) Direction est-ouest (selon l’axe 2)

w f l2 ln2 1 13, 85 × 5 , 5 × 7 , 2
2

Mo = Mo = = 493, 6 kNm
8 8

Moment statique dû au poids propre de la partie de la poutre en saillie (ho = h – hs)


non incluse dans la dalle.

wDf = 1, 25 × ( 0 , 550 − 0 , 180 ) × 0 , 300 × 24 = 3, 33 kN/m


wDf L2n 3, 33 × 7 , 2
2

Mo,poutre = Mo,poutre = = 21, 6 kNm


8 8

La distribution des moments le long de l’axe 2 est comme suit (voir la figure 10.6) :

A2 Travée B2 Travée C2 Travée D2


Ln (mm) 7 200 7 200 7 200
Mo (kNm) 493,6 493,6 493,6

%Mo 0,16 0,59 0,70 0,65 0,35 0,65 0,70 0,59 0,16
Moment
réparti

Mf,design (kNm) –79 291 –346 –321 173 –321 –346 291 –79

Mo,poutre (kNm) 21,6 21,6 21,6


propre à la
Moment

poutre

% Mo 0,16 0,59 0,70 0,65 0,35 0,65 0,70 0,59 0,16


Mf,design poutre –3,5 12,7 –15,1 –14,0 7,6 –14,0 –15,1 12,7 –3,5
­transférés aux
Moments

poteaux

a) dalle + poutre 82,5 26,1(*) 26,1(*) 82,5


b) Éq. 10.10 – 71,9(*) 71,9(*) –

Note : (*) M f = 0 , 07 × ( 6,65+0,5 × 7,2) × 5,5 × 7,2 − 6,65 × 5,5 × 7,2
2 2  = 71,9 kNm
2

b) Direction nord-sud (selon l’axe B)

w f l1 ln2 2 13, 85 × 7 , 5 × 5 , 2
2

Mo = Mo = = 351 kNm
8 8

Moment statique dû au poids propre de la partie de la poutre en saillie (ho)

wDf L2n 3, 33 × 5 , 2
2

M o,poutre = M o,poutre = = 11, 3 kNm


8 8
332 Chapitre 10

La distribution des moments le long de l’axe B est comme suit :

B1 Travée B2 Travée B3 Travée B4


Ln (mm) 5200 5200 5200
Mo (kNm) 351 351 351

% Mo 0,16 0,59 0,70 0,65 0,35 0,65 0,70 0,59 0,16


Moment
réparti

Mf,design (kNm) –5,6 207 –246 –228 123 –228 –246 207 –56

Mo,poutre (kNm) 11,3 11,3 11,3


Mf,design
poutre

% Mo 0,16 0,59 0,70 0,65 0,35 0,65 0,70 0,59 0,16


Mf,design poutre –1,8 6,7 –7,9 –7,3 4,0 –7,3 –7,9 6,7 –1,8
transférés aux
Mf (kNm)

poteaux

a) dalle+poutre 57,8 18,6 18,6 57,8


b) Éq. 10.10 – 36,9(*) 36,9(*) –

Note : (*) M f = 0 , 07 × ( 6,65+0,5 × 5,2) × 7,5 × 5,2 2 − 6,65 × 7,5 × 5,2
2 2  = 36 , 9 kNm

Étape 6. Déterminer les moments pondérés repris par les poutres


et les dalles (répartition transversale, voir le tableau 10.6)

a) Direction est-ouest (selon l’axe 2)

 Pourcentage du moment résisté par la poutre et par la dalle


α1 = 2,63 (voir l’étape 2)

l2 5 500
= = 0 , 73
l1 7 500

α1  1 l2  2 , 63  0 , 73 
Pourcentage repris par la poutre : 1− = × 1−
  = 0 , 68
0, 3 + α1  3 l1  0 , 3 + 2 , 63 3 

Pourcentage repris par la dalle : 1 – 0,68 = 0,32
Dalles portant dans deux directions 333

La répartition des moments repris par la poutre et par la dalle s’établit comme suit :

A2 Travée B2 Travée C2 Travée D2


Mf avant répartition (kNm) –79 291 –346 –321 173 –321 –346 291 –79
Poutre 100 % 68 % 68 % 68 % 68% 68 % 68 % 68 % 100 %
% Mf

Dalle 0 % 32 % 32 % 32 % 32 % 32 % 32 % 32 % 0

Mf, réparti –79 198 –235 –218 118 –218 –235 198 –79
Mf, design poutre
(kNm)

Mf, poids propre de la


–3,5 12,7 –15,1 –14,0 7,6 –14,0 –15,1 12,7 –3,5
poutre
Total –82,5 210,7 –250,1 –232,0 125,6 –232,0 –250,1 210,7 –82,5
Mf, design

(kNm)
dalle

Dalle 0 93 –111 –103 55 –103 –111 93 0

b) Direction nord-sud (selon l’axe B)

 Pourcentage du moment résisté par la poutre et par la dalle


α2 = 1,93 (voir l’étape 2)

l1 7 500
= = 1, 36
l2 5 500

α2  1 l1  1, 93  1, 36 
Pourcentage repris par la poutre : 1 − = × 1−  = 0 , 47
0, 3 + α2  3 l2  0 , 3 + 1, 93  3 

Pourcentage repris par la dalle : 1 – 0,47 = 0,53
La répartition des moments repris par la poutre et la dalle s’établit comme suit :

B1 Travée B2 Travée B3 Travée B4


Mf avant répartition (kNm) –56 207 –246 –228 123 –228 –246 207 –56
Poutre 100 % 47 % 47 % 47 % 47 % 47 % 47 % 47 % 100 %
% Mf

Dalle 0 % 53 % 53 % 53 % 53 % 53 % 53 % 53 % 0 %

Mf, réparti –56 97 –116 –107 58 –107 –116 97 –56


Mf, design poutre
(kNm)

Mf, poids propre de la


–1,8 6,7 –7,9 –7,3 4 –7,3 –7,9 6,7 –1,8
poutre
Total –57,8 103,7 –123,9 –114,3 62 –114,3 –123,9 103,7 –57,8
Mf, design

(kNm)
dalle

Dalle 0 110 –130 –121 65 –121 –130 110 0


334 Chapitre 10

Étape 7. Calculer l’armature As

a) Direction est-ouest (selon l’axe 2)

A2 Travée B2 Travée C2 Travée D2


i) Poutre: bw = 300 mm ; bb intermédiaire = 940 mm ; bb rive = 670 mm ; d = 499 mm
Mf,design(kNm) –82,5 210,7 –250,1 –232,0 –125,6 –232,0 –250,1 210,7 –82,5

Mf
As,requis 
φ s fy ( 0 , 9 d ) 540 1 380 1 637 1 519 823 1 519 1 637 1 380 540

(mm ) 2

As,min (mm 2) 1 130 452 1 130 1 130 452 1 130 1 130 452 1 130
As,pourvu 4 No 20 3 No 25 4 No 25 4 No 25 3 No 20 4 No 25 4 No 25 4 No 25 4 No 20
Largeur disponible (bw
670 300 940 940 300 940 940 300 670
ou bb) (mm)
ii) Dalle: largeur totale = 5 500 – 940 = 4 560 mm ; d = 147 mm
Mf,design(kNm) 0 93 –111 –103 55 –103 –111 93 0
Mf,design (par metre)
0 20,4 –24,3 –22,6 12,1 –22,6 –24,3 20,4 0
(kNm/m)

Mf
As ,requis 
φ s fy ( 0 , 9 d ) 0 453 540 502 269 502 540 453 0
( mm 2
/ m)
No 15 @
No 15 @
200 sup No 15 @ No 15 @ No 15 @ No 15 @ No 15 @
As,pourvu (par mètre) 0 250 inf = 0
= 1 000 200 sup 250 inf 200 sup 200 sup 250 inf
800 mm 2
mm 2
Notes relatives au tableau de calcul ci-dessus :
i) Poutre

db 20
dpoutre = h − bc′ − db,étrier − dpoutre  550 − 30 − 11 − = 499 mm (basé sur A s = No 20M)
2 2

+
0 , 2 fc ′bt h 0 , 2 × 30 × 300 × 550
As,min = +
As,min = = 452 mm 2
(poutre) fy (poutre) 400


0 , 2 fc ′bt h 0 , 2 × 30 × ( 2 , 5 × 300) × 550
As,min = −
As,min = = 1 130
0 mm
2

(poutre) fy (poutre) 400



Dalles portant dans deux directions 335

Armature supérieure (M–) à placer sur une largeur


bb(poutre intermédiaire) = c1 + 3 hs bb(poutre intermédiaire) = 400 + 3 × 180 = 940 mm

bb(poutre de rive) = c1 + 1, 5 hs bb(poutre de rive) = 400 + 1, 5 × 180 = 670 mm

ii) Dalle

db 16
dE −O = hs − bc′ − dE −O = 180 − 25 − = 147 mm (basé sur As = No 15M)
2 2
db 16
dN − S = hs − bc′ − db − dN − S = 180 − 25 − 16 − = 131 mm
2 2

dmoy = hs − bc′ − db dmoy = 180 − 25 − 16 = 139 mm



As,min = 0 , 002 Ag A = 0 , 002 × 1 000 × 180 = 360 mm 2 /m → No 15 @ 500 mm c/c
    s,min
Mr,min correspondant à A s,min calculé avec dmoy = 139 mm
As,min  φ s As,min fy 
Mr,min  φ s fy d − 
s  2 α 1 φ c fc ′s 

200  0 , 85 × 200 × 400  −3
Mr,min = 0 , 85 × 400 × ×  139 −  × 10 = 18 , 5 kNm/m
500  2 × 0 , 8 05 × 30 × 500 

b) Direction nord-sud

B1 Travée B2 Travée B3 Travée B4


i) Poutre: bw = 300 mm ; bb intermédiaire = 940 mm ; bb rive = 670 mm ; d = 499 mm
Mf,design(kNm) –57,8 103,7 –123,9 –114,3 62 –114,3 –123,9 103,7 –57,8

Mf
As,requis  (mm 2 ) 379 679 812 749 406 749 812 679 379
φ s fy ( 0 , 9 d )

As,min (mm 2/m) 1 130 452 1 130 1 130 452 1 130 1 130 452 1 130
4 No 20 3 No 20 4 No 20 4 No 20 3 No 20 4 No 20 4 No 20 3 No 20 4 No 20
As,pourvu
sup inf sup sup inf sup sup inf sup
Largeur disponible (mm) 670 300 940 940 300 940 940 300 670
ii) Dalle: Largeur totale = 7500 – 940 = 6 560 mm; d = 131 mm
Mf,design (kNm) 0 110 –130 –121 65 –121 –130 110 0
Mf,design par m (kNm/m) 0 16,8 –19,8 –18,4 9,9 –18,4 –19,8 16,8 0
Mr,min (kNm/m) 0 18,5 –18,5 –18,5 18,5 –18,5 –18,5 18,5 0
As,pourvu (par mètre) = As,min No 15 @ No 15 @ No 15 @ No 15 @ No 15 @ No 15 @ No 15 @
0 0
= No 15 @ 500 mm 500 500 500 500 500 500 500
336 Chapitre 10

c) Schéma de ferraillage :
La figure X10.1C donne un exemple de schéma de ferraillage pour la direction est-ouest.

Figure X10.1C – Schéma de ferraillage dans la direction est-ouest

Étape 8. Vérifier la résistance à l’effort tranchant

dmoy = 139 mm (voir l’étape 7)


(
dv = max 0 , 9 d ; 0 , 72 hs ) dv = max ( 0 , 9 × 139 ; 0 , 72 × 180 ) = 129 , 6 mm

Vr = βλφc fc′bw dv Vr = 0 , 21 × 1, 0 × 0 , 65 × 30 × 1 000 × 129 , 6 × 10 −3 = 96 , 9 kN


 Ln   5, 2 
Vf = w f  − dv  Vf = 13, 85 ×  − 0 , 130  = 34 , 2 kN
 2   2 

Vr = 96 , 9 kN > Vf = 34 , 2 kN OK

Dalles portant dans deux directions 337

Exemple 10.2 – Dimensionnement d’une dalle sans poutres

■■ Énoncé
Considérer la dalle champignon portant dans deux directions dont la vue en plan est
montrée à la figure X10.2A. La hauteur nette entre les étages est de 4 m. Les poteaux
ont des dimensions de 450 mm  450 mm. En plus de son poids propre, la dalle supporte
une charge permanente wD = 1 kPa et une surcharge d’exploitation wL = 3,6 kPa.

On demande de dimensionner la dalle selon l’axe B et selon l’axe 2, incluant les arma­
tures et leur espacement.

On donne : fc′ = 30 MPa ; f y = 400 MPa ; béton ordinaire : poids volumique = 24 kN/m 3  ;
bc(dalle) = 25 mm.

Figure X10.2A – Exemple 10.2


338 Chapitre 10

■■ Solution

Étape 1. Vérifier les conditions d’utilisation de la méthode de calcul direct

Lb 7 500
a) = = 1, 36 < 2, 0
La 5 500


( 2 2
)
b) 0 , 2 < α 1 l2 / α 2 l1 ≤ 0 , 5 . Cette condition ne s’applique pas car il n’y a pas de poutres.
c) Les poteaux ne sont pas décalés de plus de 20 % de la portée.
d) Le système est composé de 3 travées dans chacune des directions.
e) Les longueurs des portées adjacentes ne diffèrent pas plus de 1/3 de la portée.
f) Les charges sont verticales et uniformément réparties.

hs peut être estimé pour un panneau de rive comme suit :


Ln 7 500 – 450
hs ≥ 1, 1 × hs ≥ 1, 1 × = 258 mm
30 30
On adopte hs = 260 mm. Il s’ensuit :
wDf = 1, 25 × (1 + 24 × 0 , 26 ) = 9 , 05 kPa
wLf = 1, 5 × 3, 6 = 5 , 4 kPa < 2 wDf = 18 , 1 kPa OK

Étape 2. Calculer l’épaisseur de la dalle pour contrôle de flèche


 450 
Direction est-ouest : Ln 1 = 7 500 − 2   = 7 050 mm
 2

 450 
Direction nord-sud : Ln 2 = 5 500 − 2   = 5 050 mm
 2

Ln 1 7 050
β= β= = 1, 40
Ln 2 5 050

 Panneau intérieur
 fy   400 
Ln  0 , 6 +  7 050 ×  0 , 6 + 
 1 000   1 000 
hs ≥ ≥ 120 mm hs ≥ = 235 mm
30 30

 Panneau de rive
hs = 1, 1 × 235 = 258 mm

hs = 260 mm choisi, tel que supposé à l’étape 1. Il s’ensuit :
w f = 9 , 05 + 5 , 4 = 14 , 45 kPa

Dalles portant dans deux directions 339

Étape 3. Vérifier la résistance à l’effort tranchant par poinçonnement

Note : Vérification préliminaire sans tenir compte de l’effort tranchant dû au transfert.

a) Estimer d
On suppose db = 16 mm (No 15M)

 Flexion :
db 16
dmax = hs − bc − dmax = 260 − 25 − = 227 mm (est-ouest)
2 2
db 16
dmin = hs − bc − db − dmin = 260 − 25 − 16 − = 211 mm (nord-sud)
2 2

 Cisaillement :
dmoy = hs − bc − db dmoy = 260 − 25 − 16 = 219 mm

b) Vérifier le poinçonnement
Il convient de considérer les poteaux intérieurs (ex. B2), de rive (ex. B1) et de coin
(ex. A1). À ce stade de vérification, il est recommandé que le rapport Vc /Vf soit plus
grand que :
–  1,2 pour un poteau intérieur
–  1,6 pour un poteau de rive
–  2,0 pour un poteau de coin

 Poteau intérieur (B2)


( )(
Vf = w f  l1 l2 − c1 + d c2 + d  )
Vf = 14 , 45 ×  7 , 5 × 5 , 5 − ( 0 , 45 + 0 , 219)  = 590 kN
2
 
( ) (
bo = 2 c1 + d + 2 c2 + d ) bo = 2 × ( 450 + 219) + 2 × ( 450 + 219) = 2 676 mm


( )
Vc = min Vc 1 ; Vc 2 ; Vc 3 comme suit :

 2
Vc 1 =  1 +  0 , 19 λφ c fc ′bo d (éq. 10.28)
 βc 

 2 −3
Vc 1 =  1 +  × 0 , 19 × 1, 0 × 0 , 65 × 30 × 2 676 × 219 × 10 = 1 189 kN
 1

 αsd 
Vc 2 =  + 0 , 19  λφc fc′bo d (éq. 10.29)
 bo 

340 Chapitre 10

 4 × 219  −3
Vc 2 =  + 0 , 19  × 1, 0 × 0 , 65 × 30 × 2 676 × 2 1 9 × 10 = 1 079 kN
 2 676 

Vc 3 = 0 , 38 λφc fc′bo d (éq. 10.30)

Vc 3 = 0 , 38 × 1, 0 × 0 , 65 × 30 × 2 676 × 219 × 10 − = 793 kN
3


Vc
Vc = 793 kN > Vf = 590 kN et = 1, 34 > 1, 2 OK
Vf

 Poteau de coin
 ( l1 + c1 ) (l 2 + c2 )   d  d
Vf = w f   ×  −  c1 +   c2 +  
 2 2   2 2  

 7 , 95 5 , 95   0 , 219  
2

Vf = 14 , 45 ×   ×  −  0 , 450 +   = 166 , 4 kN
 2 2 2 

 d  d  219 
bo =  c1 +  +  c2 +  bo = 2 ×  450 +  = 1 119 mm
 2 2  2 

 2 −3
Vc 1 =  1 +  × 0 , 19 × 1, 0 × 0 , 65 × 30 × 1 119 × 219 × 10 = 497 kN
 1

 2 × 219  −3
Vc 2 =  + 0 , 19  × 1, 0 × 0 , 65 × 30 × 1 119 × 2 1 9 × 10 = 507 kN
 1 119 

Vc 3 = 0 , 38 × 1, 0 × 0 , 65 × 30 × 1 119 × 219 × 10 − = 332 kN (gouverne)
3


Vc
Vc = 332 kN > Vf = 166 , 4 kN et = 2 , 0 ≥ 2 , 0 OK
Vf

 Poteau de rive

 (l + c2 )  d
Vf = w f  l1
2
(
− c1 + d  c2 + ) 
 2  2  

 5 , 95  0 , 21 9  
Vf = 14 , 45 ×  7 , 5 × − ( 0 , 450 + 0 , 219 ) ×  0 , 450 +   = 317 kN
 2  2 

 d  219 
( )
bo = c1 + d + 2  c2 +  bo = ( 450 + 219 ) + 2 ×  450 +  = 1 788 mm
 2  2 

Dalles portant dans deux directions 341

 2
Vc 1 =  1 +  × 0 , 19 × 1, 0 × 0 , 65 × 30 × 1 788 × 219 × 10 −3 = 795 kN
 1

 3 × 219 
Vc 2 =  + 0 , 19  × 1, 0 × 0 , 65 × 30 × 1 788 × 2 1 9 × 10 −3 = 777 kN
 1 788 

Vc 3 = 0 , 38 × 1, 0 × 0 , 65 × 30 × 1 788 × 219 × 10 − = 530 kN (gouverne)


3

Vc
Vc = 530 kN > Vf = 317 kN et = 1,67 > 1,6 OK
Vf

Étape 4. Subdiviser le système de dalle en portiques


dans les deux directions (est-ouest et nord-sud)

(a) Portique est-ouest

(b) Portique nord-sud

Figure X10.2B – Subdivision de la dalle


342 Chapitre 10

Étape 5. Calculer le moment statique total Mo


puis les moments aux points critiques
a) Direction est-ouest (axe 2)
w f l2 ln2 1 14 , 45 × 5 , 5 × 7 , 05
2

Mo = Mo = = 493, 8 kNm
8 8
La distribution des moments le long de l’axe 2 est comme suit :

A2 Travée B2 Travée C2 Travée D2


Ln (mm) 7 050 7 050 7 050
Mo (kNm) 493,8 493,8 493,8
% Mo 0,26 0,52 0,70 0,65 0,35 0,65 0,70 0,52 0,26
Mf,design (kNm) –128,4 256,8 –345,7 –321,0 172,8 –321,0 –345,7 256,8 –128,4

b) Direction nord-sud (axe B)


w f l1 ln2 2 14 , 45 × 7 , 5 × 5 , 05
2

Mo = Mo = = 345 , 5 kNm
8 8
La distribution des moments le long de l’axe (B) est comme suit :

B1 Travée B2 Travée B3 Travée B4


Ln (mm) 5 050 5 050 5 050
Mo (kNm) 345,5 345,5 345,5
% Mo 0,26 0,52 0,70 0,65 0,35 0,65 0,70 0,52 0,26
Mf,design (kNm) –89,8 179,7 –241,9 –224,6 120,9 –224,6 –241,9 179,7 –89,8

Étape 6. Déterminer les moments pondérés repris par les bandes centrales
et d’appui (répartition transversale)
a) Direction est-ouest (selon l’axe 2)

A2 Travée B2 Travée C2 Travée D2


Mf, avant répartition
–128,4 256,8 –345,7 –321,0 172,8 –321,0 –345,7 256,8 –128,4
(kNm)
Répartition % Mf 100 % 60 % 75 % 75 % 60 % 75 % 75 % 60 % 100 %
d’appui

Mf,design
Bande

–128,4 154,1 –259,3 –240,8 103,7 –240,8 –259,3 154,1 –128,4


(kNm)

–128,4 256,8 –345,7 –321,0 172,8 –321,0 –345,7 256,8 –128,4


centrale

Mf,design
Bande

+128,4 –154,1 +259,3 +240,8 –103,7 +240,8 +259,3 –154,1 +128,4


(kNm)
0 102,7 –86,4 –80,2 69,1 –80,2 –86,4 102,7 0
Moment transférés
128,4 51,7a) 51,7a) 128,4
aux poteaux (kNm)
Note : a) Mf donné par l’équation 10.10
Mf = 0,07  [(9,05 + 0,5  5,4)  5,5  7,052 –9,05  5,5  7,052] = 51,7 kNm
Dalles portant dans deux directions 343

b) Direction nord-sud (selon l’axe B)

B1 Travée B2 Travée B3 Travée B4


Mf, avant répartition
–89,8 179,7 –241,9 –224,6 120,9 –224,6 –241,9 179,7 –89,8
(kNm)
Répartition % Mf 100 % 60 % 75 % 75 % 60 % 75 % 75 % 60 % 100 %
d’appui

Mf,design
Bande

–89,8 107,8 –181,4 –168,5 72,5 –168,5 –181,4 107,8 –89,8


(kNm)

–89,8 179,7 –241,9 –224,6 120,9 –224,6 –241,9 179,7 –89,8


centrale

Mf,design
Bande

+89,8 –107,8 +181,4 +168,5 –72,5 +168,5 +181,4 –107,8 +89,8


(kNm)
0 71,9 –60,5 –56,1 48,4 –56,1 –60,5 71,9 0
Moment transféré aux
89,8 36,1a) 36,1a) 89,8
poteaux (kNm)
Note : a) Mf donné par l’équation 10.10
Mf = 0,07  [(9,05 + 0,5  5,4)  (7,5  5,052) – 9,05  7,5  5,052] = 36,1 kNm

Étape 7. Calculer l’armature As

a) Calculs relatifs aux tableaux récapitulatifs présentés plus loin en (b)

As,min = 0 , 002 Ag As,min = 0 , 002 × 1 000 × 260 = 520 mm 2 /m No 15 @ 350 mm


(environ 3 No 15 par mètre)

 As,min  φ s As,min fy  
Mr,min correspondant à A s,min :  Mr,min = φ s fy d − 
 s  2 α 1 φ c fc ′s  

i) Direction est-ouest (d = 227 mm)

0 , 85 × 400 × 200  0 , 85 × 200 × 400  −3


Mr,min = ×  227 −  × 10 = 42 , 9 kNm/m
350  2 × 0 , 8 05 × 0 , 65 × 30 × 350 

ii) Direction nord-sud (d = 211 mm)

0 , 85 × 400 × 200  0 , 85 × 200 × 400  −3


Mr,min = ×  211 −  × 10 = 39 , 8 kNm/m
350  2 × 0 , 8 05 × 0 , 65 × 30 × 350 

 Moment approximatif résisté par une barre No 15 M


Mr,barre  φ s fy Abarre ( 0 , 9 d)

i) Direction est-ouest (d = 227 mm ) Mr,barre = 0 , 85 × 400 × 200 × 0 , 9 × 227 × 10 −6 = 13, 9 kNm

ii) Direction nord-sud (d = 211 mm ) Mr,barre = 0 , 85 × 400 × 200 × 0 , 9 × 211 × 10 −6 = 12 , 9 kNm


344 Chapitre 10

 Moment de transfert (appuis internes, ex. B2)


i) Direction est-ouest
Mf = 51,7 kNm (voir le calcul à l’étape 6a)
Fraction transférée par l’armature de flexion (éq. 10.11) répartie sur une largeur bb :

bb = c2 + 3 hs bb = 450 + 3 × 260 = 1 230 mm, soit, bb = 1 250 mm


b1 = c1 + d b1 = 450 + 219 = 669 mm


b2 = c2 + d b2 = 450 + 219 = 669 mm


1 1
γf = γf = = 0, 6
2 b1 2 669
1+ 1+
3 b2 3 669

M fb = γ f M f M fb = 0 , 6 × 51, 7 = 31, 02 kNm


31, 02 kNm
Nombre de barres = = 2 , 3 barres ⇒
13, 9 kNm/barre

Minimum 3 barres No 15 requises (No 15 @ 400 mm) réparties sur la largeur de la
colonne intérieure (ex. B2).
ii) Direction nord-sud
Mf = 36,1 kNm (voir le calcul à l’étape 6b)

bb = c1 + 3 hs, bb = 450bb+ =
3 ×c1260
+ 3h
=s,1 b
230= mm
450;+ soit
3 × 260
bb == 11 250
230 mm ; soit bb = 1 250 mm
b

γ f = 0, 6

M fb = 0 , 6 × 36 , 1 = 21, 7 kNm

21,7 kNm
Nombre de barres = = 1, 7 barre ⇒
12,9 kNm/barre

Minimum 2 barres No 15 requises réparties sur la largeur de la colonne intérieure (ex. B2).

 Armature minimale inférieure assurant l’intégrité structurale (éq. 10.39)


i) Poteau intérieur

Vse = 7 , 5 × 5 , 5 × ( 0 , 260 × 24 + 1 + 3, 6 ) = 447 kN


mais pas moins que : 2 × 7 , 5 × 5 , 5 × ( 0 , 26 × 24 ) = 515 kN (gouverne).



Dalles portant dans deux directions 345

3
2 Vse 2 × 515 × 10 2
ΣAsb = ΣAsb = = 2 575 mm à répartir sur 4 côtés ⇒ 4 No 15M par côté.
fy 400

ii) Poteau de rive


1
ΣAsb = × 2 575 = 1 288 mm 2 à répartir sur 3 côtés ⇒ 3 No 15M par côté
2

iii) Poteau de coin


1
ΣAsb = × 2 575  644 mm 2 à répartir sur 2 côtés ⇒ 2 No 15M par côté
4

b) Tableaux récapitulatifs – Calcul des armatures


i) Direction est-ouest (axe 2)

A2 Travée B2 Travée C2 Travée D2


i) Bande d’appui (largeur = 2,75 m)
Mf,design (kNm) –128,4 154,1 –259,3 –240,8 103,7 –240,8 –259,3 154,1 –128,4
(37,7) <
Mf,design (kNm/m) –46,7 50,0 –94,3 –87,6 –87,6 –94,3 50,0 –46,7
Mr,min
Nombre de barres
requis par mètre.
3,4 3,6 6,8 6,3 As,min 6,3 6,8 3,6 3,4
Mf,design/13,9 kNm/
barre
Nombre de barres No 15 @ No 15 @ No 15 @ No 15 @ No 15 @
No 15 @ 100 sup. No 15 @ 100 sup.
pourvues 250 sup. 250 inf. 350 inf. 250 inf. 250 sup.
No 15 @ 400 No 15 @ 400
Nombre min. requis
No 15 @ sup. donc barres sup. donc barres No 15 @
sur largeur bb=1250mm
250 sup. pourvues pourvues 250 sup.
pour transfert
suffisantes suffisantes
Nombre de barres pour
3 No 15 3 No 15
intégrité structurale (à 4 No 15 inf. 4 No 15 inf.
inf. inf.
travers les poteaux)
2 No 15 2 No 15
de As+ 2 No 15 de As+ + 2 No 15 de As+ + de As+ +
Détails armature pour
+ 1 No 2 No 15 2 No 15 1 No 15
intégrité
15 addi- additionnels additionnels addition­
tionnel nels
ii) Bande centrale (largeur = 2,75 m pour les 2 demi-bandes)
Mf,design (kNm) 0 102,7 –86,4 –80,2 69,1 –80,2 –86,4 102,7 0