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84 Chapitre 6.

Béton

Abaque de Dreux
L’abaque de Dreux permet, grâce à une seule opération, d’obtenir les quantités nécessaires des divers composants du béton :
le dosage en ciment, la quantité de sable, la quantité de gravier et le dosage en eau pour 1 m3 de béton mis en place.

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Pour remplir un abaque de Dreux, il faut connaître :


1. la plasticité du béton ;
2. la résistance voulue en MPa ;
3. l’ajout ou non de plastifiant ;
4. l’humidité estimée des granulats.
} Exemples d’application
Cas d’un béton avec D (diamètre maximal des granulats) = 16 mm.
On désire :
• un béton plastique (affaissement : 6 cm) ;
• une résistance moyenne : 30 MPa (environ).
On suppose que les granulats sont « mouillés ».
Abaque de Dreux 85

D’après l’abaque on trouve, pour 1 m3 de béton mis en place, les quantités nécessaires :

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• En partant de la plasticité désirée (1), tracer verticalement une ligne jusqu’à la résistance voulue (2).
• Tracer l’horizontale vers la droite en coupant le ciment (3), le sable (4), le gravier (5).
• Nous lisons pour le ciment (classe 32.5) : 380 kg/m3.
• Descendre la verticale pour la lecture du sable 0/5 mm : 575 l.
• Descendre la verticale pour la lecture du gravier 5/16 mm : 745 l.
• Tracer la verticale en partant de la plasticité jusqu’au dosage en eau (6), puis l’horizontale jusqu’aux granulats
mouillés (7).
• Lire la quantité d’eau (8) sur granulats mouillés : 72 l (environ).
86 Chapitre 6. Béton

Cas d’un béton normal D = 20 mm.


On désire :
• un béton très plastique (affaissement : 11 cm) ;
• une résistance élevée : 35 MPa (environ).
On suppose que les granulats sont simplement « humides ».

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D’après l’abaque n° 2, on trouve pour 1 m3 de béton mis en place :
• Ciment (classe 32.5) : 430 kg/m3 + adjuvant.
• Sable 0/5 mm : 435 l.
• Gravier 5/25 mm : 795 l.
• Eau (sur granulats humides) : 105 l (environ) avec adjuvant, 122 sans adjuvant.

Correction de la composition des granulats en fonction


de l’humidité
La densité des granulats se situe entre 1,6 et 1,8. La modification du dosage en eau s’opérera suivant le pourcentage d’humi-
dité des granulats.
Exemple : pour 6 m3 de béton d’affaissement 9, d’une résistance de 25 MPa, avec des granulats humides ; suivant l’abaque
ci-dessus, nous trouvons 330 kg de ciment, 530 l de sable, 730 l de gravier, 115 l eau/m3.
Densité prise en compte : 1,6. Humidité : 8 % pour le sable et 5 % pour le gravier.
Corriger la composition du béton en fonction de la teneur en eau W % des granulats :
Teneur en eau = poids des granulats × W %.
Pour ce faire, il faut transformer le volume des granulats en poids, c’est-à-dire multiplier le volume par la densité que l’on
nous donne (dans le cas ci-dessous : 1,6).
Puis nous allons calculer le pourcentage de poids de l’eau se trouvant dans les granulats.
Sachant que la densité de l’eau est de 1, nous en déduisons que le poids de l’eau contenue dans les granulats doit être :
• remplacé par ces mêmes granulats ;
• déduit de la quantité d’eau nécessaire à la fabrication.
Pour la correction de la composition, nous faisons donc les opérations suivantes :
Poids du sable + Quantité d’eau trouvée par rapport au %
Poids du gravier + Quantité d’eau trouvée par rapport au %
Enfin, pour la quantité d’eau, nous déduisons la quantité d’eau présente dans les granulats de la quantité d’eau trouvée sur
l’abaque.

NOTA
La quantité de ciment ne varie pas.
Exercice : Utilisation de l’abaque de Dreux 87

Quantité Quantité Correction Correction


Masse d’eau contenue
pour 1 m3 pour 6 m3 W % pour 1 m3 pour 6 m3
dans les matériaux
(en kg) (en kg) (en kg) (en kg)

Ciment 330 1 980 1 m3 6 m3 330 1 980

Sable 530 × 1,6 = 848 5 088 5 % 848 × 5 % = 42,40 kg 254,40 890,40 5 342,40

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Gravillons 730 × 1,6 = 1 168 7 008 3 % 116 × 3 % = 35,04 kg 210,24 1 203,04 7 218,24

Eau 115 690 77,44 464,64 37,56 225,36

Total 2 461 14 766 2 461 14 766

Exercice
Utilisation de l’abaque de Dreux
Questions
1. D’après l’abaque ci-dessous, calculer les quantités des composants du béton avec : affaissement 8 cm,
sans adjuvant, résistance de 30 MPa, granulats humides.
88 Chapitre 6. Béton

2. Calculer la correction de la composition des granulats en fonction de leur teneur en eau.


Indépendamment des résultats trouvés sur l’abaque ci-dessus, apporter les corrections en sable, gravier et
eau pour 1 m3 et pour 8 m3 en sachant que :
• humidité du sable = 3 %, du gravier = 1,5 % ;
• densité des granulats = 1,7 ;
et que les quantités pour 1 m3 sont : 370 kg de ciment, 490 de sable, 765 l de gravier, 125 l d’eau.

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Quantité Quantité Masse d’eau contenue Correction Correction
pour 1 m3 pour 8 m3 W% dans le poids des matériaux pour 1 m3 pour 8 m3
(en kg) (en kg) (en kg) (en kg) (en kg)

Ciment

Sable 3%

Gravillons 1,5 %

Eau

Total

Réponses

1. Quantité des composants d’après l’abaque :


Sable = 500 l/m3
Gravier = 760 l/m3
Ciment = 365 kg/m3
Eau = 110 l/m3
Béton suivant la norme NF EN 206-1 89

2. Correction de la composition des granulats en fonction de leur teneur en eau

Quantité Quantité Masse d’eau contenue Correction Correction


pour 1 m3 pour 8 m3 W% dans le poids des matériaux pour 1 m3 pour 8 m3
(en kg) (en kg) (en kg) (en kg) (en kg)

Ciment 370 2 960 1 m3 8 m3 370 2 960

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Sable 490 × 1,7 = 833 6 664 3% 833 × 3 % = 41,65 333,20 874,65 6 997,20

Gravillons 765 × 1,7 = 1 300,50 10 404 1,5 % 765 × 1,5 % = 11,48 91,80 1 311,98 10 495,84

Eau 125 1 000 53,13 425,04 71,87 574,96

Total 2 628,50 21 028 2 628,50 21 028

Béton suivant la norme NF EN 206-1


Formuler un béton consiste à intégrer des paramètres essentiels tels que :
• la qualité des matériaux disponibles ;
• la nature du projet à réaliser ;
• les moyens de mise en œuvre disponibles sur le site ;
• la qualité de l’environnement dans lequel va « vivre » l’ouvrage à réaliser ;
• les conditions de mise en œuvre (besoin d’ouvrabilité, résistance à jeune âge…) ;
• les conditions climatiques (température, hygrométrie, vent, etc.) ;
• les délais de réalisation.
En vue de satisfaire aux objectifs :
• de durabilité ;
• d’esthétique ;
• de résistances mécaniques ;
• d’étanchéité ;
• d’isolation thermique (été comme hiver) ;
• d’isolation phonique ;
• environnementaux (développement durable).
Mode et durée de mélange : dans tous les cas, le béton est mélangé environ 1 à 2 min, mais son transport s’effectue dans
une durée de 5 min à 2 h, d’où des contraintes différentes :
• Le Béton prêt à l’emploi (BPE) : le besoin de maintien d’ouvrabilité est nécessaire, car le transport en toupie peut être
long. Le besoin de résistances mécaniques doit prendre en compte le décoffrage (de 16 à 24 h).
• Le béton en préfabrication : le besoin de maintien d’ouvrabilité est faible car le coulage s’effectue en général dans les 15
à 30 min. En revanche, le besoin de performances mécaniques est très élevé à jeune âge : de 6 à 15 h, en général ; il est
associé parfois à un étuvage.
• Le béton sur chantier : situation combinée des deux exemples précédents.
90 Chapitre 6. Béton

Norme NF EN 206-1
La norme NF EN 206-1 s’applique à tous les bétons de structure, qu’ils soient des bétons prêts à l’emploi, des bétons
réalisés sur chantier ou des bétons destinés à la préfabrication de produits en béton.
Elle contient des règles précises concernant la spécification, la fabrication, la livraison et le contrôle de la conformité des
bétons.

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} Point n° 1 : la résistance du béton

Court terme Long terme


Résistance

Moyen terme
Béton frais

Temps
Début de prise
90' 1j 3j 7j 28 j 60 j 90 j

Lorsque le béton durcit dans le temps, sa résistance augmente rapidement.


Le calcul de la résistance à la compression d’un béton se réalise à 28 jours. Cette résistance est exprimée en MPa (méga-
pascals) par cm2 : 1 MPa = 10 bars = 10 kg/cm2.
Les classes de résistance (qui se sont substituées aux anciennes désignations B25, B30, etc.) correspondent aux résis-
tances mesurées sur cylindre pour la première valeur et sur cube pour la seconde.

France Exemple : C 25/30


Désignations
C compression
C12/15
25 = MgPa/cm2 sur cylindre 16 × 32
C16/20

C20/25 30 = MgPa/cm2 sur cube 100 mm

C25/30
Europe
C30/37

Il ne faut pas perdre de vue que cette norme est européenne et que l’utilisation du cylindre 16 × 32 concurrence le cube de
100 mm chez d’autres partenaires européens.
Norme NF EN 206-1 91

1 3 4

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Écrasement des éprouvettes cylindriques (➀ et ➂) ou cubiques (➁) à 28 jours (essai à la compression). Écrasement des
éprouvettes cylindriques par fendage (essai à la traction) (➃).
} Point n° 2 : la consistance du béton
La norme NF EN 206-1 définit également l’exigence des classes de consistance. Il existe aujourd’hui cinq classes de consis-
tance : S1 à S5 (S pour slump, affaissement), tandis qu’il existait auparavant quatre classes : F (Ferme), P (Plastique), TP
(Très Plastique) et Fl (Fluide). La correspondance entre les nouvelles et les anciennes classes de consistance est précisée
dans le tableau ci-dessous.

Classe de consistance Affaissement au cône d’Abrams (en mm) Ancienne classe

S1 10-40 F (Ferme)

S2 50-90 P (Plastique)

S3 100-150 TP (Très Plastique)

S4 160-210 Fl (Fluide)

S5 > 222

Portique de mesure
Tige de
Moule piquage
tronconique

A
30 cm

Béton

Remplissage en Arasement Soulèvement Mesure de l’affaissement


3 couches, serrage du moule dans la minute qui suit
par piquage le démoulage

Cône d’Abrams. Mesure d’affaissement


92 Chapitre 6. Béton

Les bétons autoplaçants (verticaux ou horizontaux), de rhéologie hyperfluide et utilisés pour des semelles filantes, des
planchers ou des dallages ont une consistance qui se mesure en France au moyen de l’essai d’étalement. La norme euro-
péenne distingue six classes d’étalement : F1 à F6. Les diamètres des galettes sont les suivants :

Classe d’étalement Diamètre de la galette


NF EN 206-1 (en mm)

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F1 < 340

F2 De 350 à 410

F3 De 420 à 480

F4 De 490 à 550

F5 De 560 à 620

F6 > 630

} Point n° 3 : la classe d’exposition


La norme NF EN 206-1 définit l’exigence des classes d’exposition (anciennement appelées « classes d’environnement »).
Ces classes d’exposition sont au nombre de six. Les risques de corrosion des armatures, de gel/dégel et d’agressivité
chimique sont les trois principaux risques de désagrégation des bétons.
Tableaux des risques principaux en fonction de la classe d’exposition

Classe d’exposition Risques

XO Aucun risque de corrosion ni d’attaque

XC Corrosion induite par carbonatation

XD Corrosion induite par les chlorures ayant une origine autre que marine

XS Corrosion induite par les chlorures présents dans l’eau de mer

XF Attaque gel/dégel avec ou sans sel de déverglaçage

XA Attaque chimique

Tableau des classes d’exposition courantes et particulières

Classe d’exposition
Type d’environnement Exemple
NF EN 206-1

XO Très sec Béton non armé

XC1 - XC2 Humide, rarement sec Fondations superficielles courantes.

XC3 - XC4 Humidité modérée Fondations superficielles courantes.

XF1 - XF2 Gel faible à modéré Avec ou sans agent de déverglaçage

XF3 - XF4 Gel sévère Avec ou sans agent de déverglaçage

XA1 - XA2 – XA3 Risque d’agressivité chimique Une fumière

XD - XS Environnements riches en chlorures Piscines et bord de mer


Norme NF EN 206-1 93

Pour les bétons ne subissant aucune agression, non armés ou


faiblement armés et avec un enrobage d’au moins 5 cm X0
Voile extérieur

Non protégé XF1 ou + Planchers


Protégé de l’humidité Dalle pleine
ou prédalle

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XC1
XC1
Voile intérieur

Protégé de l’humidité
XC1
Dallage extérieur
XF1 ou +
Fondations armées

XC2, XC1 ou XA

Repérage des classes d’exposition des bétons dans un bâtiment

À chaque emplacement du béton dans un bâtiment correspond une classe d’exposition spécifique qui va donner sa formu-
lation finale à ce béton.

Carte de France donnant les zones de gel


94 Chapitre 6. Béton

} Classes de chlorures
Quatre classes de chlorures sont définies dans la norme NF EN 206-1 : 0,20, 0,40, 0,65 et 1,0. Ce rapport correspond à la
teneur maximale en ions Cl rapportée à la masse de ciment.
De plus, le fascicule 65 précise : « La classe Cl 0,40 est retenue pour le béton armé non soumis à une exposition fréquente
à des sels de déverglaçage ou d’origine marine. Dans le cas contraire, la classe Cl 0,20 est retenue pour le béton armé . »

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Classes des chlorures à respecter en fonction de l’utilisation du béton

Teneur maxi en
Utilisation du béton Classe de chlorure
ions chlorure (CI)

Contenant des armatures de précontrainte en acier Cl-0,20 0,20 %

Contenant des armatures en acier ou des pièces métalliques noyées Cl-0,40 0,40 %

Contenant des armatures et formulés avec des ciments CM III Cl-0,65 0,65 %

Ne contenant pas d’armatures en acier ni de pièces métalliques noyées Cl-1,0 1 %

Pathologies des bétons


} Attaque de chlorures
Il y a apparition de chlorures en relation avec :
• des constituants : granulats de mer non lavés, béton gâché à l’eau de mer, adjuvants contenant des chlorures…
• l’environnement : proximité de la mer, sels de déverglaçage…
Le seuil limite en chlorures totaux des constituants d’un béton est de 0,65 % du poids de ciment (norme NF P 18-011).
Effets indésirables : la dépassivation des armatures entraîne leur corrosion.
} Attaque sulfatique
Les sulfates sous forme gazeuse ou liquide proviennent des pollutions industrielles ou urbaines.
Il se produit une réaction de ces sulfates avec les aluminates présents dans le béton et une production de l’ettringite secon-
daire, ou sel de Candlot.
Effets indésirables : gonflement du béton et fissurations organisées en un réseau de mailles (faïençage).
} Alcali-réaction
Réaction entre les granulats du béton et les alcalins de la pâte du ciment lorsque trois conditions sont réunies :
• des granulats réactifs (silices) ;
• une humidité relative supérieure à 80 % ;
• une concentration des alcalins dans le ciment dépassant le seuil critique.
Effets indésirables : faïençage ou éclatement du béton, ces désordres apparaissant après plusieurs dizaines d’années.
Bétonnage par temps chaud 95

} Cycles de gel-dégel et gélivité


La gélivité d’un béton peut être due à une sensibilité au gel des granulats et/ou de la pâte de ciment. La gélivité des granulats
dépend de leur taille, de leur porosité et de leur perméabilité.
La porosité de la pâte de ciment découle d’une association de bulles et de capillaires. La longueur des capillaires doit rester
faible pour permettre la création de la glace dans les bulles.

international.scholarvox.com:RUSTA:959777838:88866085:154.234.247.166:1553342258
Effets indésirables : fissuration interne et écaillage, concernant essentiellement les structures horizontales.
} Carbonatation
La carbonatation est la lente diffusion de carbone contenu dans l’air. Cette transformation s’accompagne d’une diminution
du pH (de 13 à 9).
Elle engendre une porosité du béton et permet donc à l’air d’être au contact des aciers avec un risque de corrosion.
Effets indésirables : épaufrures laissant apparaître des armatures oxydées.

Bétonnage par temps chaud


On parle de bétonnage par temps chaud lorsque la température extérieure est comprise entre 25 et 35 °C environ.
Choix des matériaux : ciment à prise lente et/ou à faible chaleur d’hydratation. Protection des ouvrages par un produit de
cure aux premiers âges.
Adjuvants à utiliser :
• retardateur de prise ;
• plastifiant, réducteur d’eau ;
• superplastifiant, haut réducteur d’eau.

Bétonnage par temps froid


On parle de bétonnage par temps froid lorsque la température du béton descend en dessous du seuil critique de 5 °C.
Choix des matériaux : ciment à prise rapide dégageant beaucoup de chaleur d’hydratation.
Méthode possible en préfabrication : l’étuvage.
Adjuvants à utiliser :
• accélérateur de prise ;
• accélérateur de durcissement ;
• plastifiant, réducteur d’eau ;
• superplastifiants, haut réducteur d’eau ;
• entraîneur d’air.

Dénominations des bétons


Le terme de béton prêt à l’emploi (BPE) est défini définit dans la norme NF EN 206-1 et recouvre trois types de béton :
• béton à composition prescrite (BCP), anciennement appelé béton à caractère spécifié (BCS) : le prescripteur donne au
producteur la composition et les constituants de ce béton ;
• béton à composition prescrite dans une norme (BCPN) : la norme est le DTU 21 (NF P 18-201) ;
• béton à propriétés spécifiées (BPS) : le prescripteur donne au producteur les propriétés requises et les caractéristiques
supplémentaires voulues pour le béton.
96 Chapitre 6. Béton

On parle aussi de :


• béton hautes performances (BHP) : appelé ainsi en raison de sa résistance à la compression supérieure à 60 MPa.
• béton ultra-hautes performances (BUHP) : appelé ainsi en raison de sa résistance à la compression pouvant aller de 130
à 200 MPa.
• béton auto-plaçant (BAP) : c’est un béton qui ne nécessite pas de vibration lors de sa mise en œuvre. L’appellation béton
auto-nivelant pour les bétons coulés à l’horizontale tend à disparaître.

international.scholarvox.com:RUSTA:959777838:88866085:154.234.247.166:1553342258
} Exemple d’une désignation d’un béton
Un client, entreprise Bogolin, dont le chantier se situe à Blénod-lès-Pont-à-Mousson, commande à la centrale « Béton
Max » 6 m3 de béton, dont les caractéristiques sont les suivantes :
• XF1 Environnement (classe d’exposition) ;
• C 25/30 Résistance mécanique 25 MPa/cm2 ;
• Dmax 22,4 Dimension maximale des granulats ;
• S3 Consistance (ouvrabilité) ;
• Cl 0,4 Teneur en chlorure < à 0,40 % du poids du ciment.
On retrouve sur le bon de livraison suivant tous les renseignements nécessaires.
Heure (1)
Centrale de : Dieulouard 1re gachée 7h00
Béton MAX Bon n° 4225 Arrivée chan�er 6
2 rue du dc vrail Camion n° 331 Convenue 7h30
54700 Pont à Mousson Volume m³ 6 10 Réelle 7h25
Tél : 03 83 81 25 32 Date : 23/01/2011 Début déchargement 7h35
Fin déchargement 8h00

Client : Bogolin Référence commande


Chan�er : 15, rue du treffle 54700 Blénod les Pont à Mousson

Classe Résistance
9 8
Cer�fica�on Classe Type et classe Type Dosage (4) Type
Désigna�on d’exposi�on caractéris�que Consistance Dmax
ou A�esta�on chlorure du ciment addi�on (C+kA) kg/m³ adjuvant
(2) (3)
BPS NF EN 206-1
1 NF XF1
2 0,4 C25/30
3 CEM I 52,5 N V S4
4 20 PRE
ou
BCP NF EN 206-1 NF CEMII/A L 42,5R PM P1 350 20

Produit spécial ou référence 5


Conseils de sécurité
Appela�on commerciale xi:irritant
En aucun cas nos produits ne
Propriétés par�culières Dosage minimal si spécifié par le client, en BPS et dosage nominal en BCP
doivent rentrer en contact avec la
peau ou les muqueuses au risque
spécifiées de provoquer des allergies, des
Livraison récep�onnée, le client 7 Ajout d’eau sur le chan�er (6) Demandeur rougeur ou des brûlures.

(signature) Type et quan�té 000 litres signature

Bon de livraison

1. BPS : béton à propriétés spécifiées.


2. Classe d’exposition XF1 (voile extérieur non protégé).
3. La classe de résistance est C25/30 (25 MPa sur cylindres et 30 MPa sur cubes).
4. La classe de consistance est S4 (béton fluide).
5. Dosage en ciment.
6. Sauf dispositions particulières, le béton doit être mis en œuvre 2 heures au plus tard après la fabrication de la gâchée.
Exercice : Les caractéristiques du béton 97

7. Tout ajout d’eau sur le chantier non prévu rend le béton NON CONFORME à la norme.
8. Adjuvant PRE (plastifiant réducteur d’eau).
9. Dmax Diamètre maximal des granulats.
10. Sauf dispositions particulières, la quantité est donnée en m3.

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Exercice
Les caractéristiques du béton
Questions
Pour la réalisation de voiles béton, le cahier des charges nous donne les caractéristiques suivantes : XC1,
C25/30, Dmax 22,4, S3 et CI 0,4.
1. Que veulent dire ces termes ?
XC1 :
C25/30 :
Dmax 22,4 :
S3 :
CI 0,4 :
2. Qu’est-ce qu’un BPE ?
3. Que veulent dire BPS et BCP ?
4. Qu’est-ce qu’un adjuvant ?
5. Quels sont les adjuvants utilisés par temps chaud ?
6. Quels sont les adjuvants utilisés par temps froid ?
7. Pour un ciment, que veut dire « 42,5 L » ?
8. Qu’est-ce que le rapport E/C ? Et quelle est la valeur moyenne de ce rapport ?

Réponses
1. XC1 est une classe d’exposition, elle est donnée pour un béton qui se trouve à l’intérieur d’un bâtiment
et qui est protégé des intempéries.
C désigne la classe de résistance c’est-à-dire la résistance à la compression d’un béton à 28 jours. Le
premier chiffre, ici 25, est donné pour une éprouvette cylindrique (25 MPa), le second, ici 30, pour une
éprouvette cubique (30 MPa).
Dmax est le diamètre maximal des granulats utilisés dans un béton, ici 22,4 mm.
S désigne la consistance du béton. S3 correspond à un affaissement au cône d’Abrams de 100 à 150 mm
et à un béton très plastique.
CI désigne le pourcentage de la teneur en chlorure par rapport au poids du ciment. La classe CI 0,4 est
préconisée pour un béton contenant des armatures en acier ou des pièces métalliques noyées.
98 Chapitre 6. Béton

2. BPE est l’abréviation de béton prêt à l’emploi.


3. BPS signifie béton à propriétés spécifiées et BCP signifie béton à composition prescrite.
4. Un adjuvant est un produit incorporé au béton pour modifier ses propriétés.
5. Par temps chaud, on utilise principalement un retardateur de prise.
6. Par temps froid, on utilise principalement un accélérateur de prise ou un antigel.

international.scholarvox.com:RUSTA:959777838:88866085:154.234.247.166:1553342258
7. Pour un ciment, 42,5 donne la résistance à la compression à 28 jours et s’exprime en MPa. La lettre L
indique que le ciment aura un temps de prise un peu plus long.
8. E/C désigne le rapport entre la quantité d’eau et le ciment. Sa valeur moyenne est de 0,5.
Chapitre 7
Trait de référence et nivellement

international.scholarvox.com:RUSTA:959777838:88866085:154.234.247.166:1553342258
7.1 Principe du trait de référence de + 1 m
Sur les plans, les cotes d’altitude ou cotes de niveau sont données en positif ou négatif par rapport à un point de
référence, généralement le sol intérieur fini de la construction à son niveau rez-de-chaussée, ou par rapport au
NGF. Ces cotes sont notées sur les plans dans un petit cercle et sur les coupes et façades par un système de flèche
qui pointe le niveau concerné.
Niveau arase
Niveau sous linteau

Niveau allège

Revêtement

Chape

Isolant
Dalle brute

Afin d’avoir toujours la référence de niveau facilement accessible, il est d’usage de tracer sur les murs de la
construction en cours un trait à une altitude de + 1,00 m par rapport niveau zéro de référence sur les plans (donc
par rapport au sol fini, après revêtement, du niveau de rez-de-chaussée).
Ce trait de niveau (ou trait d’emprunt), généralement une ligne bleue, doit être reporté par le maçon sur tous
les murs de chaque niveau, ainsi qu’à l’extérieur selon les besoins.
100 Chapitre 7. Trait de référence et nivellement

Finition : béton lissé, surfacé


Joint de retrait ou
de fractionnement
± 0,000

international.scholarvox.com:RUSTA:959777838:88866085:154.234.247.166:1553342258
Dalle béton

Finition : revêtement sur chape

Revêtement Chape
± 0,000
- 0,010
- 0,060

Dalle béton

Finition : plancher chauffant

Revêtement Chauffage au sol


± 0,000 Chape
Isolant

- 0,120

Dalle béton

Sur tous les plans figureront des cotes d’altitude, comme dans les exemples ci-dessus. On voit combien il est
nécessaire de reporter le trait de niveau de + 1 m sur la maçonnerie et de prendre toutes les cotes d’altitude par
rapport à celui-ci et jamais par rapport au sol (celui-ci étant souvent brut).
Principe du trait de référence de + 1 m 101

+ 2,51

+ 2,10

+ 1,30

international.scholarvox.com:RUSTA:959777838:88866085:154.234.247.166:1553342258
+ 1,00

0,000
– 0,05

Toutes les cotes supérieures au mètre se calculent par rapport au trait d’emprunt de + 1 m.
Dans l’exemple ci-dessus :
• la cote d’arase à + 2,51 par rapport au point 0,000 est mesurée ainsi : 2,51 m – 1,00 m = 1,51 m
On mesure donc 1,51 m au-dessus du trait de niveau +1 m.
• la sous-face du linteau à + 2,10 est mesurée ainsi : 2,10 – 1,00 = 1,10 m
On mesure 1,10 m au-dessus du trait de référence.
De la même manière, toutes les cotes inférieures au mètre sont déduites.
Dans l’exemple, la dalle brute est à – 0,05, soit 1,00 m + 0,05 = 1,05.
On mesure donc 1,05 m en dessous du trait de niveau.

} Exemple d’un palier d’escalier + 0,86. + 0,86

1,00 m – 0,86 = 0,14.


On mesure 14 cm en dessous du trait de niveau.
± 0,000
– 1,20

} Exemple d’un dallage à – 0,12. + 0,86

1,00 m + 0,12 = 1,12.


Env ,12
1,00

On trace donc 1,12 en dessous du trait de niveau.


± 0,000
– 1,20
102 Chapitre 7. Trait de référence et nivellement

7.2 Report du trait de référence au laser

international.scholarvox.com:RUSTA:959777838:88866085:154.234.247.166:1553342258

Descendre Monter

Monter ou descendre
le récepteur Monter ou
descendre
la mire

Point de référence

Pour reporter la hauteur du trait de référence en un point donné :


• mettre en station le laser (le laser tourne, à l’intérieur, dès qu’il est en mesure de fonctionner) ;
• poser la mire, ou pige, sur le point de référence ;
• fixer et régler le récepteur sur celle-ci à l’aide des flèches de réglage. Dès que le bip sonne en continu, un trait
horizontal apparaît sur l’écran. L’appareil est réglé pour cette altitude ;
• visser le récepteur à fond contre la mire ;
• déplacer la mire sur un point voulu, monter ou descendre la mire jusqu’au bip continu.
• tracer la hauteur sous la mire ou planter un piquet sous celle-ci.
Exercice : Trait de référence de + 1 m 103

Exercice
Trait de référence de + 1 m

international.scholarvox.com:RUSTA:959777838:88866085:154.234.247.166:1553342258
Questions
1. Indiquer sur l’image ci-dessous les cotes manquantes A et B.

Trait + 1,00 m 

 Chape 4 cm Sol fini ± 0,000

 Isolant 8 cm

Dalle brute – 0,120

2. Indiquer sur l’image ci-dessous la cote manquante X.

Longueur 6,00 m

  



Pente 1 %

Réponses
1. Les cotes manquantes sont : A = 1,20 m et B = 1,00 m.
2. La cote manquante est : X = 1,00 m + (6,00 × 1/100) = 1,06 m.
104 Chapitre 7. Trait de référence et nivellement

POU R EN SAVOI R PLUS

Nivellement et altitudes
Nivellement

international.scholarvox.com:RUSTA:959777838:88866085:154.234.247.166:1553342258
Le nivellement est l’ensemble des opérations qui permettent de déterminer des altitudes et des dénivelés (différences d’alti-
tudes).
} Exemple
Si deux points A et B sont peu éloignés l’un de l’autre, on peut définir deux plans horizontaux parallèles (DH) passant par A
et B, qui sont perpendiculaires aux verticales (VA et VB) elles-mêmes parallèles entre elles.

VA VB

Horizontale B

DH

Le nivellement s’effectue par visées horizontales avec, comme matériel, un trépied télescopique, une lunette de chantier et
une mire. Dans certains cas, comme le report de points, nous pourrons également utiliser le laser.

Altitude
Dans le langage commun, l’altitude exprime l’éloignement d’un objet par rapport au niveau moyen de la mer.
Elle exprime également une réalité physique : l’eau s’écoule du point d’altitude le plus élevé vers le point d’altitude le plus
faible, au fil de ce qu’on appelle une pente.

Niveau NGF et niveau relatif


Attention de ne pas confondre le repérage NGF, utilisé dans les travaux publics et sur les chantiers d’envergure, et les
niveaux en relatif utilisés sur les petits chantiers, telle qu’une maison individuelle. Dans ce dernier cas, on utilise un point
de référence propre au chantier, donné en général sur le plan de masse.
Pour transformer des altitudes en relatif en altitude NGF, les points relatifs seront déduits ou ajoutés de l’altitude NGF de
référence.
Par exemple, si le point ± 0,000 du chantier a une altitude NGF de 215,00 (sous-entendu 215,00 m) :
• le point Pt1 situé à – 2,50 m en relatif :
Pt1 = 215,00 – 2,50 = NGF 212,50
• le point Pt2 situé à + 1,20 m en relatif :
Pt2 = 215,00 + 1,20 = NGF 216,20
Nivellement et altitudes 105

L’opération inverse peut aussi être effectuée :


Si Pt3 a une altitude NGF imposée (berge de rivière par exemple), son altitude en relatif sera déduite.
Par exemple, pour Pt3 = 223,60 NGF :
Pt3 = 223,60 – 215 = + 8,60 m en relatif

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Coupe longitudinale



Point Zéro
Chaque point répertorié MARSEILLE
est connu en altitude :  
le z



 





Point Zéro
MARSEILLE
Altitude 0,000 NGF Les altitudes sont indiquées en mètre

Le système NGF

} Exemple
La borne sur le plan de masse indique + 211,00 (NGF) et correspond au point de niveau – 0,20 de la construction. Le point
± 0,000 est donc 20 cm au-dessus du point NGF de référence, soit 211,00 + 0.20 = 211,20.

+ 211,00 ± 0,000
211,00
– 0,020
+ 211,00

Point de référence NGF


106 Chapitre 7. Trait de référence et nivellement

Utilisation de la lunette de chantier


La mire

international.scholarvox.com:RUSTA:959777838:88866085:154.234.247.166:1553342258
Le trépied

Le boîtier

La lunette

Le matériel

Viseur
Glace Réglage vision

Bulle du niveau

Vis de calage
Réglage optique
Plaque de fixation
au trépied
La lunette

 
  1,00 1 cm
 
 

  1 cm
1 cm
5 cm

 
 

 
  1 cm
 

 
1 cm
10 cm

 
12  

1,20 m
Règle graduée que l’on
maintient verticalement
sur un point.
11 1,00

1,10 m

La mire
Utilisation de la lunette de chantier 107

Lecture
Fil stadimétrique
supérieur L3 1,26 m Lecture 1 (ligne de lecture)
Ligne de 1,25 m
16 1
lecture
L1 Lecture 12
1,26 m 1,20 m
2

international.scholarvox.com:RUSTA:959777838:88866085:154.234.247.166:1553342258
L3 Lecture 3 (ligne stadimétrique sup.)
1,145 m 3
L2 Lecture 2 (ligne stadimétrique inf.)
1,115 m 15
11
L2 Lecture
Ligne de Fil stadimétrique 1,13 m 1 : 1,605 ; 2 : 1,570 ; 3 : 1,531.
verticalité inférieur L1

La vue dans la lunette viseur

L’opération consiste à déchiffrer sur la mire la lecture de la hauteur entre les points désirés et la hauteur de la visée mise en
œuvre par l’opérateur.
La mire (règle graduée) est positionnée verticalement et tenue par un porte-mire sur les différents points.
L’opérateur, dans la lunette de niveau, va lire sur la mire une hauteur sur le premier point, puis lira la hauteur des points
suivants au fur et à mesure que la mire sera déplacée par le porte-mire sur les différents points indiqués.
} Exemple

10 36
06

POINT 1 : 1,04 POINT 2 : 3,692 POINT 3 : 0,658

Mise en station
Le trépied est réglé de sorte que le support de lunette se
trouve à hauteur du menton de l’opérateur et le plus horizon-
talement possible.
La lunette se fixe à l’aide de la vis et est réglée parfaitement
de niveau à l’aide des trois vis de réglage, la bulle d’air doit
se situer parfaitement dans le petit cercle prévu à cet effet
(image ci-contre).
108 Chapitre 7. Trait de référence et nivellement

La position de la station dépendra de la distance entre les points à relever. Il faudra toujours essayer de se positionner à peu
près à égale distance entre ces points.

Nivellement direct
Mesure altimétrique d’un point VB

international.scholarvox.com:RUSTA:959777838:88866085:154.234.247.166:1553342258
Le nivellement direct, ou nivellement géométrique, consiste
à mesurer la différence d’altitude à partir de visées horizon- VA
tales.
Mire
Cette opération s’effectue à l’aide d’un niveau permettant de
matérialiser une ligne de visée horizontale et d’une règle
graduée verticale, la mire. LAR Niveau LAV

Supposons l’altitude du point A connue  ; en notant LAr


(lecture arrière) et LAv (lecture avant) les lectures sur les
deux mires, l’altitude du point B s’obtient comme suit : B

Alt B = Alt A + LAr – LAv DH


A

} Exemple 1
12

Lecture du point A : 1,52 m.


Lecture du point B : 1,75 m.
11

La différence entre les deux points est : 1,52 – 1,75 = – 23 cm.
12

Donc, le point B se trouve plus bas que le point A. 1,75


12 11

1,52

Le point A étant le point 0,000, le niveau du point B est à – 0,23 cm.


11

12

12 11

11

12

11

12
1,52 12

– 1,75
11 = – 0,23 11

± 0,00
0,23

– 0,23
Point A
± 0,00

Point B

Lecture Point A Lecture Point B


Nivellement direct 109

} Exemple 2
Lecture du point A : 1,52 m. 12

Lecture du point B : 1,75 m.


12

11

Lecture du point C : 1,40 m.


12
11

1,52 1,75 1,40


11

international.scholarvox.com:RUSTA:959777838:88866085:154.234.247.166:1553342258
12

12

11

12
11

11

12

1,52 1,52
– 1,75 – 1,40
12
11

= – 0,23 = + 0,12 11

12

11

+ 0,12
12

0,12
± 0,00
11

0,35
Point C

0,23
+ 0,12
Point A – 0,23
± 0,00

Point B
– 0,23

Reprenons la formule Lecture arrière – Lecture avant.


Le point B se trouve à : 1,52 – 1,75 = – 23 cm, donc plus bas de 23 cm que le point A.
Le point C se trouve à : 1,52 – 1,40 = 12, soit plus haut de 12 cm que le point A.
La différence de niveau des points B et C est de : 0,12 + 0,23 = 0,35 m.
Le point B est plus bas de 35 cm par rapport au point C.

Longueur de visée
La distance entre le point de visée et la mise en station est proportion-
Fil stadimétrique
nelle à la distance et se calcule grâce aux lignesL3stadimétriques,
supérieur 1,26 m Lecture 1 (ligne de lecture)
comme suit : Ligne de 1,25 m
lecture
(L3 – L2) × 100 = longueur de visée L1 Lecture 12 1,20 m
1,26 m

Contrôle de la lecture L3 Lecture 3 (ligne stadimétrique sup.)


1,145 m
Nous pouvons avec les lectures des lignes stadimétriques contrôler L2
1,115 m
Lecture 2 (ligne stadimétrique inf.)
11
lecture, l’équation suivante doit se vérifier : L2 Lecture
Ligne de Fil stadimétrique 1,13 m
[Lecture 3 (ligne stadimétrique
verticalité sup.) +   inférieur L1
Lecture 2 (ligne stadimétrique inf)] / 2 = Lecture 1. La lecture
110 Chapitre 7. Trait de référence et nivellement

Lecture par rayonnement


L’opérateur se mettra en station de façon à faire le maximum de visées sans se déplacer et à peu près à égale distance entre
chaque point.

Visée n° 1 - Point 0,000

international.scholarvox.com:RUSTA:959777838:88866085:154.234.247.166:1553342258
Lecture 1,60 m

Référence

Visée n° 2 - Plateforme
Visée n° 5 - Dessus mur Lecture 1,95 m
Lecture 1,35 m

Visée n° 3 - Fond de fouille


Lecture 2,60 m

Visée n° 4 - Hauteur béton


Lecture 2,45 m

FEUILLE DE NIVELLEMENT

Altitude de Visée arrière Visée avant Différences en Altitude


Repère Observations
référence LAr LAv + − finale

PT 1 ± 0,000 1,600 ± 0,000 LAr − LAv

PT 2 1,950 − 0,350 − 0,350 1,60 − 1,95 = − 0,35

PT 3 2,600 − 1,000 − 1,000 1,60 − 2,60 = − 1,00

PT 4 2,450 − 0,850 − 0,850 1,60 − 2,45 = − 0,85

PT 5 1,350 + 0,250 + 0,250 1,60 − 1,35 = + 0,25

Sur l’image ci-dessus, le point zéro (lecture visée n° 1) est à 1,60 m.
La plateforme est (lecture visée n° 2) 1,95 m, soit 1,60 – 1,95 = – 0,35.
Le terrassement de la fouille est (lecture visée n° 3) 2,60 m, soit 1,60 – 2,60 = – 1,00 m.
La hauteur du dessus de la semelle béton est (lecture visée n° 4) 2,45 m, soit 1,60 – 2,45 = – 0,85 m.
L’arase du mur de soubassement est (lecture visée n° 5) 1,35 m, soit 1,60 – 1,35 = + 0,25.
Exercice : Le nivellement 111

Exercice
Le nivellement

international.scholarvox.com:RUSTA:959777838:88866085:154.234.247.166:1553342258
Questions
1. Sur la feuille de nivellement ci-après,
• quel est le point le plus bas ?
• quel est le point le plus haut ?
• quelle est la différence de hauteur entre ces deux points ?

Différences
Points LAr LAv Altitude
+ –

1 1,525 ± 0,000

2 1,78 0,255 -0,255

3 1,00 0,525 +0,525

4 1,32 0,205 +0,205

5 1,855 0,33 -0,33

2. Effectuer les lectures L2 et L3 sur les deux points suivants, PT5 et PT6.

PT5 PT6

3. Calculer la distance entre les deux points PT5 et PT6, étant entendu que ces deux points et l’opérateur
sont alignés.
112 Chapitre 7. Trait de référence et nivellement

Réponses
1. Le point le plus bas est le point 5, le point le plus haut est le point 3, la différence entre ces deux points
est : 0,525 m + 0,33 m = 0,855 m.
2. PT5 : Lecture L2 = 1,44 Lecture L3 = 1,49
PT6 : Lecture L2 = 1,575 Lecture L3 = 1,62

international.scholarvox.com:RUSTA:959777838:88866085:154.234.247.166:1553342258
3. Distance de la station au point 5 : (1,49 – 1,44) × 100 = 5,00 m
Distance de la station au point 6 : (1,62 – 1,575) × 100 = 4,50 m
Distance entre les deux points 5 et 6 : 5,00 m + 4,50 m = 9,50 m

Lecture par cheminement


Cette méthode s’effectue par visées arrière et visées avant en changeant de station entre chaque série de points et en repre-
nant la lecture arrière sur le point précédent.
Station 1 : LAr PT1 LAv PT2.
Station 2 : LAr PT2 LAv PT3.
Station 3 : LAr PT3 LAv PT4.
Le point de départ doit toujours être connu en altitude afin de pouvoir relever les altitudes des autres points.
Afin de pouvoir se contrôler, il est important de fermer le cheminement (revenir sur le point de départ) ou de fermer sur un
point d’une altitude connue.

Visée arrière Visée avant

Visée arrière Visée avant


Visée arrière Visée avant
Visée arrière Visée avant


 Point 3 
Point 5
 Point 4
Point 2
Point 1

Création d’un profil


Lecture par cheminement 113

Exemple de feuille de nivellement par cheminement


EXERCICE PRATIQUE SUR LA PLATEFORME

Différences
Stations Points LAr LAv Altitude
+ –

international.scholarvox.com:RUSTA:959777838:88866085:154.234.247.166:1553342258
1 1,418 ± 0,000
1
2 1,685 0,267 – 0,267

2 1,655
2
3 1,208 0,447 + 0,18

3 1,083
3
4 1,548 0,465 – 0,285

4 1,76
4
1 1,475 0,285 ± 0,000

Somme 5,916 4,441 0,732 0,732


5,916

Reprenons la formule Lecture arrière – Lecture avant et trouvons les différences positives ou négatives (inscrites en rouge
dans le tableau).
Dans un cheminement fermé, la somme des lectures avant doit correspondre à la somme des lectures arrière (en vert dans
le tableau, 5,916 m). Et la somme des différences en positif doit correspondre à la somme des différences en négatif (0,732
dans le tableau).

Pour trouver l’altimétrie des points, nous comparons deux points connus (en bleu dans le tableau) :
• le point 2 est plus bas que le point 1 de 0,267, soit 0,000 – 0,267 = – 0,267 (différence négative) ;
• le point 3 est plus haut que le point 2 de 0,447, soit – 0,267 + 0,447 = + 0,18 (différence positive) ; etc.

En guise de contrôle, lorsqu’on se demande quelle lecture on doit faire sur un point, il suffit de calculer la différence des
sommes des lectures (arrière et avant) :
On recherche la lecture sur le point 1 en station 4. La somme des lectures avant (sans la LAv PT1) = 4,441 (en orange dans
le tableau) :
5,916 – 4,441 = 1,475 (en orange dans le tableau).
Nous pouvons également réaliser la différence grâce aux altimétries :
Le point 4 est à – 0,285 et le point 1 est à 0,000, soit une différence positive de 0,285.
Donc, pour le point 4, Lav = 1,76 (LAr) – 0,285 = 1,475.
114 Chapitre 7. Trait de référence et nivellement

Exercice
Le nivellement par cheminement

international.scholarvox.com:RUSTA:959777838:88866085:154.234.247.166:1553342258
Questions
1. Inscrire les trois lectures de mire.

10 36
06

LECTURE : ___ LECTURE : __ LECTURE : ___

Reporter les lectures dans le tableau ci-dessous et calculer les différences par Lecture arrière – Lecture
avant

Lectures Différences
Points Altitude NGF
LAr LAv + -

Trouver les NGF des points 2 et 3.


2. Suivant le plan ci-dessous, remplir le tableau du cheminement pour installer le point P4 0,000 sous
une chaise. Les lectures sont déjà inscrites dans le tableau.

P1

Terrain

P2 Construction

P4 Cote de référence

P3 Alignement de référence
Exercice : Le nivellement par cheminement 115

Station Points LAr LAv Différence + Différence - Altimétrie

1 1,638 195,26
Station 1
2 1,788

2 1,611
Station 2

international.scholarvox.com:RUSTA:959777838:88866085:154.234.247.166:1553342258
3 1,731

3 1,845
Station 3
4 1,425

Inscrire les points NGF manquants.


3. Compléter les cotes NGF manquantes sur le schéma suivant.

0,000 = NGF 196,00

19
25

90

NGF = ?
± 0,000
20

1,00 m du sol fini sous sol


1,85

1,00

NGF = ?
12
60

NGF = ?
30
116 Chapitre 7. Trait de référence et nivellement

Réponses
1.

Lectures Différences
Points Altitude NGF
LAr LAv + -

international.scholarvox.com:RUSTA:959777838:88866085:154.234.247.166:1553342258
1 1,04 + 0,260 215,26

2 1,692 1,04 – 1,692 = – 0,652 0,26 – 0,652 = – 0,392 215,26 – 0,652 = 214,608

3 0,658 1,04 – 0,658 = + 0,382 0,26 + 0,382 = – 0,642 215,26 + 0,382 = 215,642

2.

Station Points LAr LAv Différence + Différence - Altimétrie

1 1,638 195,26
Station 1
2 1,788 0,15

2 1,611
Station 2
3 1,731 0,12

3 1,845
Station 3
4 1,425 0,42

Le point P4 ± 0,000 se trouve à + 195,41 NGF.


Exercice : Le nivellement par cheminement 117

3.

0,000 = NGF 196,00

international.scholarvox.com:RUSTA:959777838:88866085:154.234.247.166:1553342258
19

25

90
NGF = 196,65
± 0,000

20
1,00 m du sol fini sous sol
1,85

1,00

NGF = 194,80
12
60

NGF = 193,78
30
international.scholarvox.com:RUSTA:959777838:88866085:154.234.247.166:1553342258
Chapitre 8
Coffrage

international.scholarvox.com:RUSTA:959777838:88866085:154.234.247.166:1553342258
8.1 Bases du coffrage traditionnel
Le coffrage est un ouvrage en bois ou en métal qui sert de moule et donne la forme au béton frais, jusqu’au
durcissement de celui-ci.
Le coffrage doit respecter les cotes de l’ouvrage souhaité et rester suffisamment stable, étanche, solide. Il est
démontable et peut être réutilisable.
Le coffrage traditionnel est constitué d’éléments en bois tels que  : planches, bastings, chevrons, lattes ou
liteaux, manuportables (bois et métal), contreplaqué (CP).

Planche Basting

Chevron
Latte ou
liteau

Manuportable (bois et métal)


Contreplaqué

Il comporte des éléments comme :


1. des fonds de moule en planches (brut de décoffrage) ou en contreplaqué (net de décoffrage) ;
2. des joues, formées de panneaux et de raidisseurs primaires et secondaires ;
3. des éléments de serrage : serre-joints, tiges filetées, butées, buttons ;
4. des éléments d’étaiement pour maintenir à la bonne hauteur : étais, tours d’étaiement.
120 Chapitre 8. Coffrage

international.scholarvox.com:RUSTA:959777838:88866085:154.234.247.166:1553342258
1

Pour coffrer, trois questions s’imposent :

} 1. Avec quoi coffrer ?


Cela donnera lieu aux :
• choix des bois suivant la finition du béton (net ou brut de décoffrage) ;
• calculs des cotes ;
• débit du bois.

} 2. Comment coffrer ?
On résout ici les points suivants :
• assemblage des panneaux ;
• positionnement des raidisseurs ;
• maintien du coffrage.

} 3. Comment décoffrer ?
Cette question suppose de :
• réfléchir à l’assemblage (butons, pointes enfoncées ou non) ;
• prévoir de découper certains panneaux pour pouvoir décoffrer ;
• prévoir du fruit sur les mannequins ;
• pouvoir éventuellement réemployer les coffrages ;
• chercher à gagner du temps et à économiser le matériel.
Bases du coffrage traditionnel 121

8.1.1 Bois de coffrage


Section des bois courants utilisés en coffrage traditionnel (cotes en mm)

Basting 65 165 à 180

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Chevron 65 70 à 80

Planche 27 10 à 30

Latte 27 40

Lors du montage des panneaux en coffrage traditionnel, il faut veiller à choisir les pièces de bois. Toutes les
planches doivent être propres et ne pas comporter de nœuds, de vides et autres flaches qui pourraient nuire au
parement soigné du béton. Le mauvais côté des bois doit se trouver sur l’extérieur du coffrage.

Face propre côté béton

Nœud
épaufrure
flache

Face abîmée
côté montage

Il faut veiller à utiliser des bois de même section et à éviter les bois cintrés. Cela simplifie la mise en œuvre et
favorise la qualité de l’ouvrage.

Bois cintré
Bois hors
norme
122 Chapitre 8. Coffrage

8.1.2 Stockage
Pour une bonne organisation du chantier, il est important de classer les bois par catégorie et par longueur.
Le bois travaille et se déforme selon la température et l’hygrométrie. Aussi il est préférable de le stocker à l’abri
de la pluie et du soleil, en ménageant une aération entre chaque couche de planches à l’aide de liteaux.

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8.1.3 Résistance
L’équilibre doit être trouvé entre la résistance des pièces de bois du coffrage et la poussée exercée par le béton.
Pour cela, on met en place un système de raidisseurs sur les planches ou panneaux de contreplaqué utilisés en
coffrage.
Le contreplaqué de 15 mm doit être renforcé tous les 20 cm environ par des raidisseurs primaires. Au-delà, la
poussée du béton engendrerait une déformation du coffrage.
La planche de 27 mm utilisée en raidisseur primaire doit être renforcée tous les 40 cm environ par des raidisseurs
secondaires.

! ATTENTION
Il est important de maintenir et de renforcer la partie basse des coffrages car c’est en bas que la pression du béton
frais s’exerce principalement sur les joues de coffrage. Plus le coffrage est haut, plus cette pression en partie basse est
importante.

Le chevron tenant lieu de raidisseur secondaire (de section 6 × 8 cm) doit toujours être positionné de chant (afin
que la résistance s’exerce dans le sens des 8 cm). Un chevron en 6 × 8 cm est, jusqu’à 90 cm de longueur, capable
de résister à la poussée du béton. Au-delà il doit être renforcé par des moyens de serrage suffisants.
Peau coffrante
Poussée du béton

Poussée 20
du béton 20

20
Raidisseurs
≥ à 20 primaires
Bases du coffrage traditionnel 123

Raidisseurs secondaires

Poussée du béton

international.scholarvox.com:RUSTA:959777838:88866085:154.234.247.166:1553342258
Poussée
du béton

Raidisseurs primaires

Poussée du béton

Moyen de
serrage

Poussée du béton

Chevron

Principe des raidisseurs

8.1.4 Du bon usage des outils


8.1.4.1 Marteau de coffreur
Le marteau de coffreur, ou marteau arrache-clou, doit toujours être à portée de main (dans une ceinture porte-
outils), au même titre que le mètre et le crayon.
Sa face à frapper est toujours propre et lisse. Il n’y a pas de jeu entre le marteau et le manche (pour les manches
en bois, un trempage dans l’eau remédie au problème). Les dents sont propres afin de pouvoir extraire les pointes
usagées.

ASTUCE
Le marteau se tient en bas du manche pour avoir plus de force et de précision.
La face à frapper percute la tête de la pointe bien parallèlement (autrement
dit, l’axe de la tête du marteau est dans l’axe de la pointe). Et c’est le centre de
la face à frapper qui touche la tête de la pointe. On se positionne toujours en
conséquence.
124 Chapitre 8. Coffrage

Les pièces de bois de faible épaisseur sont fragiles, il arrive


qu’elles se fendent lorsqu’on enfonce une pointe. Pour éviter
ce phénomène on peut écraser légèrement l’extrémité de la
pointe, puis il faut prendre soin de positionner la pointe bien
au milieu de la latte.

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8.1.4.2 Scie à bûche
Comme le marteau, la scie est un outil indispensable. Elle doit être en Voie de la lame
parfait état, bien entretenue. Elle est stockée correctement afin d’éviter
que ses dents ne s’abîment et que sa lame ne rouille sous l’effet de l’humi-
dité. OUI NON
La lame doit avoir de la voie, c’est-à-dire que les dents doivent être écar-
tées en quinconce pour pouvoir coulisser dans la coupe. Si ce n’est plus le
cas au fil de l’utilisation de la scie, écarter les dents à l’aide d’une pointe
ou d’une pince à dévoyer.
Avant de couper une pièce de bois, il faut toujours marquer le tracé
d’équerre et bien vérifier la cote.
Pour obtenir une grande précision, il ne faut pas tracer plusieurs coupes
à la fois sur la même pièce de bois, car des épaisseurs de coupe résulte-
ront un manque de quelques millimètres. Il faut procéder à une coupe,
puis mesurer et tracer la suivante. Si plusieurs pièces ont la même
longueur, on évitera de tracer à l’aide d’une pièce déjà coupée : le mètre
est utilisé pour chaque pièce.
La scie doit former un angle très faible par rapport à la planche à couper. Lors de la coupe, il faut utiliser la plus
grande longueur possible de lame, en va-et-vient lents et réguliers. Ainsi la lame ne chauffe pas et ne se déforme
pas sous l’effet de la chaleur, ce qui aurait pour conséquence une coupe non rectiligne et irrégulière.

NON OUI

Angle de coupe
Faible
Trop grand
Bases du coffrage traditionnel 125

Le poste de travail doit être adapté :


• la coupe doit toujours pouvoir s’ouvrir donc on ne coupe pas La lame se coince
entre deux appuis car si la coupe se ferme la lame se coince ;

NON NON

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La lame est libre

OUI
OUI

• le scieur doit toujours trouver son bon équilibre et choisir un NON


plan de travail adapté. Peu ou pas
d’équilibre

OUI

Support
plus stable

Coupe au
Position plus près
du genou du support

Pour démarrer la coupe, on peut coincer la


pièce sur le support avec le genou, puis
positionner le pouce sur la lame sans
appuyer, pour rester sur le trait de coupe.
En fin de coupe, le bras peut passer dans la
scie pour récupérer le morceau afin que
celui-ci ne se casse pas en tombant.
En fin de coupe, passer son bras entre la
scie et la lame pour récupérer le morceau à
couper, afin que celui-ci ne se casse pas en
tombant.
126 Chapitre 8. Coffrage

8.1.4.3 Pointes
Les pointes servent à assembler les différents éléments d’un coffrage et doivent éviter la déformation des
panneaux assemblés lors de leur déplacement et du coulage du béton.
Elles travaillent à l’arrachement (avec peu de résistance), mais surtout au cisaillement.

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} Types de pointes
Les pointes les plus utilisées dans le coffrage traditionnel sont les pointes à tête plate de 55 et 70  mm de
longueur, d’un diamètre d’environ 1,6 mm.
Des pointes à tête d’homme sont aussi utilisées, par exemple pour positionner une baguette d’angle ou une
goutte d’eau (larmier).
Des pointes d’acier peuvent être utiles pour le blocage de certaines
planches dans le béton durci, mais attention : de grands efforts fournis Pointes d’acier pour
sur ces pointes peuvent engendrer leur arrachement. fixation dans le béton

} Principe d’assemblage
Lors du coffrage, il faut que les planches soient maintenues, mais il est inutile de placer trop de pointes. Celles-ci
servent pour l’assemblage et non pas pour le maintien ni le serrage.
Deux pointes par planches à assembler suffisent. Elles seront disposées en quinconce.
Pointe avec une réserve Pointe enfoncée à fond, elle Pointe de 70 utilisée pour
de décoffrage, elle pénètre ne dépasse que de 1 mm assembler deux chevrons
suffisamment

Pointe de 55 mm utilisée
le plus souvent en coffrage
Bases du coffrage traditionnel 127

Les pointes en contact avec le béton doivent être enfoncées totalement, au risque Pointe restant dans le béton
sinon qu’elles restent dans le béton au décoffrage ou qu’elles endommagent le pare- au décoffrage

ment.

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Pour faciliter le décoffrage, il suffit de laisser dépasser la pointe de quelques milli-
mètres pour le passage des dents du marteau ou de l’arrache-clou, ce qui facilitera son
extraction. Veiller à bien prendre appui sur le bois afin de faire levier : le marteau
arrache-clou peut faire levier en appuyant sur le dessus de sa tête contre le bois ou
bien, pour les pointes récalcitrantes, en faisant basculer le marteau à droite ou à
gauche, ceci aide en particulier si la tête de la pointe est endommagée et ne peut se
bloquer dans l’arrache-clou.
Une pointe tordue est redressée, de la pointe du marteau, par bras de levier

La pointe est enfoncée à nouveau

Une pointe est extraite grâce à l’arrache-clou,


par bras de levier

} Maintien provisoire
Les pointes peuvent servir de maintien provisoire pour positionner deux planches avant de les serrer :
1. mesurer la hauteur à régler (A) sur les deux planches ;
2. clouer deux pointes à ce niveau, sans les enfoncer entièrement ;
3. poser les planches à l’emplacement désiré ;
4. poser les serre-joints, vérifier la hauteur ;
5. retirer les pointes.
128 Chapitre 8. Coffrage

} Indication de hauteur
Les pointes sont utiles pour indiquer une hauteur de coulage :
1. dès que le coffrage est réglé, marquer au traceur à poudre la ligne de l’arase ­voulue ;
2. clouer des pointes sur cette ligne sans les enfoncer entièrement, tous les 50 cm environ ;
3. couler le béton : les pointes indiquent la hauteur désirée ;

international.scholarvox.com:RUSTA:959777838:88866085:154.234.247.166:1553342258
4. une fois le béton coulé et arasé, enlever les pointes : lorsque les pointes sont enlevées juste après le coulage
il est possible de lisser une arase propre. Après séchage, les pointes risquent de casser les arêtes ou de rester
dans le béton.

8.1.4.4 Mesure
Tracer les axes des panneaux

33 : 2 = 16,5

En coffrage, il est important de calculer ses cotes par rapport aux axes. Cela évite les erreurs. Les millimètres se
tracent.
Pour être très précis lors d’un traçage :
1. tailler le crayon pour réaliser des traits fins ;
2. éviter de prendre pour zéro l’extrémité du mètre mais positionner plutôt le mètre en décalé, sur une
dizaine (ici sur le 20). Attention cependant de ne pas faire d’erreur de mesure à cause de ce faux zéro ;
3. tracer la cote voulue (ici 10 cm) de part et d’autre de l’axe.
Coffrage extérieur et intérieur 129

8.2 Coffrage extérieur et intérieur


Il existe deux sortes de coffrages : Coffrage
• le coffrage extérieur : il est rempli de béton (poutre, poteau, intérieur
semelle, massif, etc.) ;
• le coffrage intérieur en cotes bloquées : pour une réservation,

international.scholarvox.com:RUSTA:959777838:88866085:154.234.247.166:1553342258
un mannequin, un négatif, etc.
La façon de coffrer et le calcul des cotes diffèrent donc pour ces
deux cas.

Coffrage
extérieur

Le principe du débit des joues de coffrage est le suivant :


1. Coffrage extérieur :
• le panneau fait la largeur de la semelle ;
• le panneau B la longueur de la semelle + 2 épaisseurs de joues A + 2 largeurs de butons.
2. Coffrage intérieur :
• le panneau A fait la largeur de la réservation ;
• le panneau B fait la longueur de la réservation – 2 épaisseurs de joues A.

Épaisseur joue Panneau A


+ buton
Longueur Buton
= béton
Épaisseur joue
+ buton

Longueur Panneau B
= béton Panneau B

Panneau A
Débit des joues de coffrage Réservation
130 Chapitre 8. Coffrage

8.2.1 Coffrage extérieur


Le coffrage extérieur, que l’on remplit de béton, nécessite un moyen de serrage (serre-joints ou tiges filetées).
Les butées empêchent les panneaux transversaux (parallèles au sens de serrage) de reculer sous la pression du
béton (surtout en partie basse).

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Butées Tiges filetées

Béton

Panneaux
manuportables
Raidisseurs incorporés

8.2.2 Coffrage intérieur


Le coffrage intérieur n’a pas de serrage, il nécessite un blocage dans la réservation.
Pour un décoffrage facile, plusieurs solutions sont possibles :
1. Confectionner plusieurs clés de décoffrage : par exemple, tous les panneaux sont coupés en leur moitié,
avec une coupe à 45° (attention aux millimètres de la coupe à 45° : la longueur du panneau doit être
ajustée en fonction). Le blocage s’effectue par renforts et butons.

Réservation Décoffrage facile


Buton

Renforts

Clés de décoffrage
Coffrage extérieur et intérieur 131

2. Prévoir un fruit de décoffrage, c’est-à-dire un biais, réalisé sur l’ensemble de la réservation.

C = cote demandée
C
C + 2 × 1 cm

international.scholarvox.com:RUSTA:959777838:88866085:154.234.247.166:1553342258
C + 2 × 1 cm

Traçage des fruits de décoffrage


C + 2 cm 1/2 C + 1 cm 1/2 C + 1 cm

2 cm C 1/2 C
1 cm 1/2 C
1 cm

3. Réaliser une clé de décoffrage : une pièce de l’assemblage que l’on peut enlever facilement et qui libère
les autres pièces.

3
Système avec une clé
de décoffrage

1. enlèvement des entretoises


2. dépose de l’étai
3. suppression de la clé de coffrage qui libère
la sous-face du linteau
132 Chapitre 8. Coffrage

Mise en pratique
Exemple de réalisation
Après avoir réalisé le débit du bois aux cotes voulues, on assemble les panneaux en prenant soin de positionner précisé-

international.scholarvox.com:RUSTA:959777838:88866085:154.234.247.166:1553342258
ment les butées.
L’assemblage et le serrage se font à l’aide de serre-joints placés sur les raidisseurs.

NOTA
Pour être précisément aux cotes, il est préférable de couper certains panneaux 2 mm plus courts que la cote souhaitée.
Par exemple, pour 60 cm, couper à 59,8 cm permettra d’ajuster les panneaux. En effet, si la cote du panneau est plus
grande parce que la coupe est légèrement imprécise (pas droite ou pas d’équerre), il sera impossible d’avoir la cote finie
demandée.

1 Pose des deux planches à l’aide


de serre-joints 4 Pose des raidisseurs
2 Maintenir ces planches à l’aide
de serre-joints

3 Traçage des raidisseurs 5 Clouage en quinconce

Coffrage avant assemblage

En partant de l’axe,
tracer le béton

Reculer de l’épaisseur
du panneau en retour

Clouer les butées

Fabrication d’un panneau


Exercice : Le coffrage 133

Serrage par
serre-joints

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2 panneaux plus
grands que la
longueur du massif 2 panneaux
de la largeur
du massif

Épaisseur d’une planche = 27 mm


Soit deux épaisseurs de planches = 5,4 cm

Exercice
Le coffrage
Questions
1. Indiquer, sur l’image ci-dessous, le ou les numéros (rouges) des pointes correctement enfoncées (entourer
la réponse).

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