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Analyse GI2

Pr Azeddine Baalal

ESTC - Printemps 2019


Table des matières

1 Fonctions de plusieurs variables 3


1.1 Topologie de Rd . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1.1.1 Norme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1.1.2 Parties remarquables de Rd . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
1.1.3 Suites dans Rd . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.2 Fonctions de plusieurs variables . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
1.2.1 CONTINUITÉ . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
1.2.2 Fonction de deux variables . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
1.2.3 Fonctions partielles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
1.2.4 Limite en un point . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
1.2.5 Continuité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
1.2.6 Opérations algébriques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
1.3 Calcul di¤érentiel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
1.3.1 Dérivées partielles premières . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
1.3.2 Fonction de classe C 1 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
1.4 Dérivées partielles d’ordre supérieur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
1.4.1 Dé…nition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
1.4.2 Fonction de classe C k . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
1.4.3 Dérivée dans une direction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
1.4.4 Di¤érentielle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
1.5 Fonctions implicites . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
1.6 Résultats d’optimisation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
1.7 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11

2
Chapitre 1

Fonctions de plusieurs variables

Sommaire
1.1 Topologie de Rd . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1.2 Fonctions de plusieurs variables . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
1.3 Calcul di¤érentiel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
1.4 Dérivées partielles d’ordre supérieur . . . . . . . . . . . . . . . 8
1.5 Fonctions implicites . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
1.6 Résultats d’optimisation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
1.7 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11

1.1 Topologie de Rd
1.1.1 Norme
On appelle norme sur un R espace vectoriel E toute application N , de E dans R,
qui véri…e :
i) 8x 2 E N (x) 0 et N (x) = 0 () x = 0 ;
ii) 8x 2 E 8 2 R N ( x) = j jN (x) ;
iii) 8x 2 E 8y 2 E N (x + y) N (x) + N (y) (inégalité triangulaire).
On emploie généralement la notation kxk pour N (x), qui rappelle l’analogie avec la
valeur absolue dans R ou le module dans C.

Propriété
8x 2 E 8y 2 E jkxk kykj kx yk kxk + kyk.

Normes classiques
Sur Rd , on utilise indi¤éremment les trois normes classiques suivantes, dé…nies pour
x = (x1 ; :::; xd ) par :
P
d
kxk1 = jxi j (Norme Manhattan) ;
i=1

3
4 CHAPITRE 1. FONCTIONS DE PLUSIEURS VARIABLES

s
P
d
kxk2 = x2i (Norme euclidienne) ;
i=1
1
P
d
p
p
kxkp = jxi j (Norme p, p 1) ;
i=1
kxk1 = maxfjx1 j; :::; jxd jg (Norme in…nie).

Proposition 1.1 Toute norme k:k dans un espace vectoriel normé (E; k:k) véri…e, pour
tous x; y 2 E
jkxk kykj kx yk .
0
Deux normes k:k et k:k sur E sont équivalentes s’il existe deux constantes réelles
> 0 et > 0 telles que pour tout x 2 E
0
kxk kxk kxk .

Proposition 1.2 Sur Rd (et tout autre espace vectoriel normé de dimension …nie) Toutes
les normes sont équivalentes.

Dans la suite on notera donc (sauf précision) k:k pour désigner une norme quelconque
sur Rd .

1.1.2 Parties remarquables de Rd


Boules
Dans Rd muni d’une norme, on appelle :
– boule ouverte de centre a 2 Rd et de rayon r > 0, l’ensemble :

B(a; r) = fx 2 Rd : kx ak < rg;

– boule fermée de centre a 2 Rn et de rayon r > 0, l’ensemble :

B(a; r) = fx 2 Rd : kx ak rg.

Parties bornées
Une partie D de Rd est bornée si l’ensemble des réels kx yk, où x et y sont des
vecteurs quelconques de D, est borné dans R.
D est bornée si, et seulement si, il existe une boule qui le contient.

Parties ouvertes, parties fermées


Soit D une partie de Rd et a 2 Rd .
On dit que a est un point intérieur de D s’il existe une boule B(a; r), avec r > 0,
contenue dans D.
On dit que a est un point frontière de D si toute boule B(a; r), avec r > 0, contient
au moins un élément de D et un élément qui n’appartient pas à D.
L’ensemble des points frontières de D est appelée la frontière de D.
On dit que a est un point adhérent à D si toute boule B(a; r), avec r > 0, contient un
point de D.
1.1. TOPOLOGIE DE RD 5

Les points adhérents à D sont les points de D et les points frontières de D.


L’adhérence de D, notée D ou adh(D), est l’ensemble des points adhérents à D.
Un point d’accumulation d’une partie D est un point a adhérent à D n fag.
Il est alors facile de voir que tout voisinage d’un point d’accumulation contient une
in…nité d’éléments de D.
On dit qu’une partie de Rd est ouverte si elle ne contient aucun point de sa frontière,
c’est-à-dire si elle est égale à l’ensemble de ses points intérieurs.
On dit qu’une partie de Rd est fermée si elle contient tous les points de sa frontière.
On dit qu’un point a de D est isolé si l’on peut trouver une boule de centre a ne
contenant pas d’autre point de D que A.

Exercice 1.1 Dessinez les boules fermées de centre O et de rayon r > 0 relatives à
chacune des trois normes classiques de R2 .

Un ensemble K Rd est un compact de Rn s’il est fermé et borné.

1.1.3 Suites dans Rd


On appelle suite dans Rd toute application
N ! Rd
n 7 ! xn
On note une telle application (xn )n2N .
Soit (xn )n2N , une suite de Rd muni de la norme k:k. La suite (xn )n2N est dite bornée
si et seulement si l’ensemble fxn : n 2 Ng est borné. Autrement dit, il existe M > 0 tel
que pour tout n 2 N, kxn k M .
Soit (xn )n2N , une suite de Rd muni de la norme k:k. On dit que (xn )n2N converge dans
(Rd ; k:k), si et seulement s’il existe l 2 Rd , tel que pour tout " > 0, il existe N 2 N, tel
que pour tout n N , kxn lk < ".
Si la limite d’une suite (xn )n2N existe, alors elle est unique.
Soit (xn )n2N une suite convergente vers l = (l1 ; : : : ; ld ) dans (Rd ; k:k). Alors lim xn;i =
n!+1
li , pour tout i = 1; : : : ; d.

Proposition 1.3 Puisque sur Rd toutes les normes sont équivalentes, toute suite conver-
gente pour l’une des normes est convergente pour l’autre.

Soient (xn )n2N une suite de Rd et ' : N ! N une application strictement croissante,
alors la suite (x'(n) )n2N est appelée suite extraite ou sous-suite de la suite (xn )n2N .
Une caractérisation fondamentale des compacts de Rd est la suivante.

Théorème 1.4 Un ensemble K Rd est compact si, et seulement si, de toute suite
(xk )k2N K, on peut extraire une sous-suite qui converge dans K.

Soit (xn )n2N une suite de Rd . On dit que (xn )n2N est une suite de Cauchy si pour tout
" > 0, il existe N 2 N, tel que pour tous n; m N , kxn xm k < ".
Si dans un ensemble, toute suite de Cauchy est convergente, on dit que l’ensemble est
complet.
Tout espace vectoriel normé complet est appelé espace de Banach.
(Rd ; k:k) est un espace de Banach. Donc toute suite de Cauchy dans (Rd ; k:k) est
convergente.
6 CHAPITRE 1. FONCTIONS DE PLUSIEURS VARIABLES

1.2 Fonctions de plusieurs variables


Dans cette partie nous allons étudier des fonctions vectorielles de plusieurs variables
f :U Rd ! Rm , où d et m sont des entiers 1. Nous avons déjà étudié de telles
fonctions dans des cas particuliers :
– d = m = 1, ce sont les fonctions réelles d’une variable réelle ;
– d = 1, m > 1, ce sont les fonctions vectorielles d’une variable réelle.
Le but est d’étendre les notions de continuité et dérivabilité d’une fonction d’une
variable réelle au cas des fonctions de plusieurs variables.

1.2.1 CONTINUITÉ

1.2.2 Fonction de deux variables


Une fonction f , dé…nie sur une partie D de R2 et à valeurs réelles, fait correspondre à
tout vecteur (x; y) de D un réel unique f (x; y).
L’ensemble des points de R3 :

S = f(x; y; f (x; y)) : (x; y) 2 Dg


est la surface représentative de f ; c’est l’analogue de la courbe représentative d’une fonc-
tion d’une variable.

1.2.3 Fonctions partielles


Soit f une fonction de D R2 dans R et a = (a1 ; a2 ) un point intérieur de D. Les
fonctions :
x 7 ! f (x; a2 ) et y 7 ! f (a1 ; y) dé…nies sur un intervalle ouvert contenant respective-
ment a1 et a2 , sont appelées
les fonctions partielles associées à f au point a.

1.2.4 Limite en un point


Soient D une partie de R2 , a un point d’accumulation de D, et f une fonction à valeurs
réelles dont le domaine de dé…nition est D, privé éventuellement de a.
On dit que f a pour limite l au point a si :

8" > 0 9r > 0 (X 2 D et kx ak < r) =) jf (X) lj < ":


L’existence et la valeur éventuelle de la limite sont indépendantes de la norme choisie
dans R2 . On dit que les normes de R2 sont équivalentes.
Lorsqu’elle existe, la limite est unique.

Exercice 1.2 Etudier l’existence et la valeur éventuelle d’une limite en (0; 0) pour les
fonctions f suivantes, pour lesquelles on donne f (x; y) :
x3 + y 3
1. ; (indication : f (0; y)).
x2 + y 4
1.3. CALCUL DIFFÉRENTIEL 7

x3 y 2 3
2. ; (indication : f (x; 0) et f (x; jxj 2 )).
x6 + y 4
x4 y 3 3 4
p
3. 6 ; (indication :en notant X = jxj , Y = y puis = X 2 + Y 2 on a
x + y8
4 3
X3Y 4 1
jf (x; y)j 2 2
12 ).
X +Y
2 2
(x y)(y x)
4. ; (indication : f (x; 0) et f (x; x + x2 )).
x+y
p
x2 + y 2 p
5. p p . (indication : v = max(jxj ; jyj), on a, 8(x; y) 2 (R )2 x2 + y 2
jxj jyjp + jyj jxjp
3
v et jxj jyj + jyj jxj 2v 2 ).

1.2.5 Continuité
Soit f une fonction de D R2 dans R. On dit que f est continue en a 2 D si f
possède en a une limite égale à f (a).
Si f est continue en chaque élément de D, on dit que f est continue sur D.

Remarque 1.1 Si f a pour limite l en a, la restriction de f à toute courbe continue


passant par a admet la même limite l. La réciproque est fausse.

1.2.6 Opérations algébriques


Comme pour les fonctions d’une variable, la somme, le produit, le quotient (lorsque le
dénominateur ne s’annule pas) et la composée de deux fonctions continues sont continus.

Remarque 1.2 Pour prouver qu’une fonction de plusieurs variables n’admet pas de limite
en a, il su¢ t d’expliciter une restriction à une courbe continue passant par a qui n’admette
pas de limite, ou deux restrictions qui conduisent à des limites di¤érentes.
Mais pour prouver l’existence d’une limite, il faut considérer le cas général.
Dans le cas de deux variables, lorsque (x; y) tend vers (0; 0), il peut être intéressant
de passer en coordonnées polaires.

1.3 Calcul di¤érentiel


Pour simpli…er, les énoncés seront donnés dans le cas de deux variables.
Soit f une fonction à valeurs réelles dé…nie sur une partie ouverte D de R2 .

1.3.1 Dérivées partielles premières


Soit (x0 ; y0 ) 2 D. Les dérivées partielles de f en (x0 ; y0 ) sont les dérivées des fonctions
partielles :

@f f (x0 + h; y0 ) f (x0 ; y0 )
(x0 ; y0 ) := lim ;
@x h!0 h
@f f (x0 ; y0 + k) f (x0 ; y0 )
(x0 ; y0 ) := lim :
@y k!0 k
8 CHAPITRE 1. FONCTIONS DE PLUSIEURS VARIABLES

1.3.2 Fonction de classe C 1


@f @f
Si les fonctions dérivées partielles (x; y) 7 ! (x; y) et (x; y) 7 ! (x; y) sont
@x @y
continues sur D, on dit que f est de classe C 1 sur D.

1.4 Dérivées partielles d’ordre supérieur


1.4.1 Dé…nition
Si les fonctions dérivées partielles admettent elles-mêmes des dérivées partielles en
(x0 ; y0 ), ces dérivées sont appelées dérivées partielles secondes, ou dérivées partielles
d’ordre 2, de f en (x0 ; y0 ). On les note :

@2f @ @f @2f @ @f
(x0 ; y0 ) = (x0 ; y0 ) ; (x 0 ; y 0 ) = (x0 ; y0 ) ;
@x2 @x @x @y 2 @y @y
@2f @ @f @2f @ @f
(x0 ; y0 ) = (x0 ; y0 ) ; (x0 ; y0 ) = (x0 ; y0 ).
@x@y @x @y @y@x @y @x

Les dérivées partielles d’ordre supérieur à 2 se dé…nissent par récurrence de façon


analogue.

1.4.2 Fonction de classe C k


Si les fonctions dérivées partielles d’ordre k sont continues sur D, on dit que f est de
classe C k sur D.
Si les dérivées partielles de tous ordres existent, f est dite de classe C 1 sur D.

Théorème 1.5 (de Schwarz) Si f est de classe C 2 au voisinage de (x0 ; y0 ), alors

@2f @2f
(x0 ; y0 ) = (x0 ; y0 ).
@y@x @x@y

1.4.3 Dérivée dans une direction


La dérivée de f en (x0 ; y0 ) dans la direction du vecteur unitaire !
u (a; b) est :

@f f (x0 + at; y0 + bt) f (x0 ; y0 )


! (x0 ; y0 ) := lim .
@u t!0 t
Lorsque f est di¤érentiable, cette limite existe et vaut :

@f
! (x0 ; y0 ) = grad f (x0 ; y0 ) ! u (a; b)
@u
@f @f !
= (x0 ; y0 ); (x0 ; y0 ) u (a; b).
@x @y

Cette dérivée directionnelle est maximum dans la direction du gradient et vaut


alors kgrad f (x0 ; y0 )k.
1.5. FONCTIONS IMPLICITES 9

1.4.4 Di¤érentielle
On dit que f est di¤érentiable en (x0 ; y0 ) s’il existe des constantes réelles A et B telles
que :

f (x0 + h; y0 + k) f (x0 ; y0 ) = Ah + Bk + k(h; k)k "(h; k)


avec lim "(h; k) = 0.
(h;k)!(0;0)

@f @f
Dans ce cas, on a A = (x0 ; y0 ) et B = (x0 ; y0 ) et on note :
@x @y
@f @f
df(x0 ;y0 ) = (x0 ; y0 )dx + (x0 ; y0 )dy
@x @y
et
@f @f
df(x0 ;y0 ) (h; k) = (x0 ; y0 )h + (x0 ; y0 )k.
@x @y

Théorème 1.6
1. Si f est di¤érentiable en (x0 ; y0 ), alors f admet des dérivées partielles en (x0 ; y0 ).
2. Si f est de classe C 1 au voisinage de (x0 ; y0 ), alors f est di¤érentiable en (x0 ; y0 ).
Les deux réciproques sont fausses.

1.5 Fonctions implicites


Soit f une fonction de classe C 1 dans un ouvert D R2 et K la courbe de niveau
@f
f (x; y) = K. A tout point (x0 ; y0 ) 2 K tel que @y (x0 ; y0 ) 6= 0, on peut associer un
intervalle ouvert I contenant x0 et une fonction ' de I dans R telle que :

8x 2 I y = '(x) () f (x; y) = K:
De plus, ' est de classe C 1 sur I et sa dérivée est donnée par :
@f
0
@x
(x; '(x))
' (x) = @f
.
@y
(x; '(x))
10 CHAPITRE 1. FONCTIONS DE PLUSIEURS VARIABLES

1.6 Résultats d’optimisation


Une condition su¢ sante d’extremum global :

Théorème 1.7 Soit f une fonction continue sur une partie fermée bornée de R2 . Alors
f admet un minimum et un maximum globaux sur D.

Une condition nécessaire d’extremum :

Théorème 1.8 Soit f de classe C 1 sur l’ouvert U de R2 , et M0 = (x0 ; y0 ) 2 U . Si f


présente un extremum en M0 , alors

@f @f
(x0 ; y0 ) = (x0 ; y0 ) = 0.
@x @y

On dit que (x0 ; y0 ) est un point critique de f .

Une condition su¢ sante d’extremum :


On note
@f @f
p= (x0 ; y0 ) ; q= (x0 ; y0 ).
@x @y
@2f @2f @2f
r= (x0 ; y0 ) ; s= (x0 ; y0 ) ; t= (x0 ; y0 ).
@x2 @y@x @y 2

Théorème 1.9 Soit f de classe C 2 sur l’ouvert U de R2 , et M0 = (x0 ; y0 ) 2 U . Si, au


point M0 , on a
1. Si p = q = 0 ; rt s2 > 0 et r < 0 (ou t < 0), alors f (x0 ; y0 ) est maximum local de
f.
2. Si p = q = 0 ; rt s2 > 0 et r > 0 (ou t > 0), alors f (x0 ; y0 ) est minimum local de
f .
3. Si p = q = 0 et rt s2 < 0, alors f (x0 ; y0 ) n’est pas un extremum local de f .
4. Dans le cas où p = q = 0 et rt s2 = 0, on ne peut rien conclure.

Ces résultats s’établissent à partir du développement limité d’ordre 1 de f en (x0 ; y0 ),


valable pour f 2 C 1 (U ), (x0 ; y0 ) 2 U :
p
f (x0 + h; y0 + k) = f (x0 ; y0 ) + ph + qk + h2 + k 2 "(h; k);
et à partir du développement limité d’ordre 2 de f en (x0 ; y0 ), valable pour f 2 C 2 (U ),
(x0 ; y0 ) 2 U :

1
f (x0 + h; y0 + k) = f (x0 ; y0 ) + ph + qk + rh2 + 2shk + tk 2 + h2 + k 2 "(h; k),
2

avec p, q, r, s et t pris au point (x0 ; y0 ), et avec " continue et nulle au point (0; 0).
1.7. EXERCICES 11

1.7 Exercices
Exercice 1.3 Étudiez la continuité de
x tan y y tan x
f (x; y) = si (x; y) 6= (0; 0)
x2 + y 2
et f (0; 0) = 0,

en (0; 0).

Solution 1.1 Pour étudier la limite de f (x; y) lorsque (x; y) tend vers (0; 0), nous allons
utiliser le développement limité de la fonction tangente au voisinage de l’origine qui peut
s’écrire :
u3
tan u = u + + u3 "(u) avec lim "(u) = 0:
3 u!0

Avec cette notation, on a :


y3 x3
x y+ 3
+ y 3 "(y) y x+ 3
+ x3 "(x)
f (x; y) =
x2 + y 2
xy 2
(y x + y "(y) + x2 "(x))
3
2 2
=
x2 + y 2
p
Choisissons la norme euclidienne k(x; y)k2 = x2 + y 2 .
On a la majoration :
1
jf (x; y)j jxj jyj + "(x) + "(y) .
3
On en déduit que lim f (x; y) = (0; 0), ce qui prouve que f est continue en (0; 0).
(x;y)!(0;0)

Exercice 1.4 Soit f la fonction dé…nie sur R2 par :


x2 y
f (x; y) = si (x; y) 6= (0; 0) et f (0; 0) = 0
x4 2x2 y + 3y 2
1. Montrez que la restriction de f à toute droite passant par l’origine est continue.
2. Montrez que la fonction f n’est pas continue à l’origine.

Solution 1.2 Remarquons tout d’abord que la fonction est bien dé…nie dans R2 puisque

x4 2x2 y + 3y 2 = (x2 y)2 + 2y 2

ne s’annule qu’en (0; 0).


1. La restriction de f aux droites x = 0 et y = 0 est la fonction nulle.
La restriction de f à la droite y = x, avec 6= 0, donne :
x
f (x; x) =
x2 2 x+3 2

et tend vers 0 quand x tend vers 0.


Comme f (0; 0) = 0, la restriction de f à toute droite passant par l’origine est donc
continue.
12 CHAPITRE 1. FONCTIONS DE PLUSIEURS VARIABLES

2. Considérons la restriction de f à la parabole y = x2 . On a :


1
f (x; x2 ) = si x 6= 0.
2
Par conséquent, f (x; x2 ) ne tend pas vers 0 quand x tend vers 0.

Exercice 1.5 Étudiez les extrémums de la fonction f dé…nie sur R2 par :

f (x; y) = x4 + y 4 2(x y)2 :