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Christianisme et philosophie dans l’Antiquité

Présentation des relations entre le christianisme et la philosophie


dans l’Antiquité grecque et romaine.

https://www.edx.org/course/christianisme-et-philosophie-dans-lantiquite
profesor
Sébastien Morlet
http://lettres.sorbonne-universite.fr/MORLET-Sebastien?lettre=m

https://youtu.be/NF3ParktsIw
Les philosophes de l’Antiquité se sont-ils inspirés du christianisme ?
Nous nous trouvons dans la Chapelle de la Sorbonne, qui est le seul vestige
de la vieille Sorbonne. Elle date du XVIIe s., c’est-à-dire d’une époque où la
Sorbonne était encore un collège de théologie. Ce fait explique la présence,
dans cette chapelle, de quatre médaillons, qui représentent les quatre
Docteurs de l’Église latine : Ambroise de Milan, Jérôme, Augustin, et Grégoire
le Grand, et de cette fresque, qui date du XIXe s., et qui représente justement
la théologie. Dans la partie inférieure de la fresque sont donnés des noms de
théologiens, anciens et médiévaux, et de philosophes. Les uns et les autres
sont mis sur le même plan. On voit que, dans cette fresque, la philosophie
est associée à la théologie. On peut même dire qu’elle fait partie intégrante de
la théologie. Cette présence de la philosophie dans une chapelle n’est pas
quelque chose dont on est coutumier. En principe, dans une Église,
on trouve avant tout des représentations des événements de la vie de Jésus,
des évangélistes ou des prophètes, mais beaucoup plus rarement des
représentations de philosophes ou comme ici de la philosophie. Ce fait
s’explique parce que nous sommes dans un lieu d’enseignement dévolu à
l’origine à l’étude de la théologie. Mais pourquoi la philosophie est-elle ici
associée à la théologie ? Cela ne va pas de soi. La philosophie
est une recherche rationnelle de la vérité alors que la théologie est, en
principe, une méditation sur Dieu fondée sur les Écritures, sur le texte
biblique, et non sur l’exercice de la raison. Cette fresque nous invite à nous
interroger sur une question fondamentale dans l’histoire culturelle : celle des
rapports entre la philosophie et le christianisme, la philosophie, inventée par
les Grecs, plusieurs siècles avant la naissance de Jésus et le christianisme,
cette religion nouvelle qui apparaît dans l’Empire romain et qui, en moins de
quatre siècles devient la religion officielle de l’Empire. Ce cours a pour but de
vous aider à comprendre quelles sont les relations entre la philosophie et le
christianisme dans l’Antiquité. Que disent les philosophes sur les chrétiens ?
Que disent les chrétiens des philosophes ?

Les philosophes de l’Antiquité se sont-ils inspirés du christianisme ? Les


chrétiens se sont-ils inspirés de la philosophie ? Ce questionnement est
important pour corriger un certain nombre d’idées reçues. On oppose souvent
religion et philosophie comme si les deux notions étaient incompatibles. On a,
depuis les Lumières, accusé le christianisme d’avoir fait sombrer le monde
antique dans l’intolérance : le dogme religieux se serait substitué à l’exercice
libre de la raison. On imagine parfois les chrétiens comme des fanatiques
détruisant, brûlant des livres et mettant fin à la culture issue du monde
grec classique. Ce que vous allez comprendre avec ce cours, c’est qu’il faut
avoir une compréhension plus nuancée des choses. Les chrétiens,
dans l’Antiquité, sont pour une part hostiles à la philosophie, mais certains
d’entre eux lui sont favorables. En quelques séances, vous disposerez des
clefs essentielles pour comprendre ce qu’est le christianisme antique,
comment la littérature chrétienne s’est constituée, quelles sont les attitudes
des chrétiens à l’égard de la philosophie, mais quelles sont également les
attitudes des philosophes vis-à-vis des chrétiens. Au fond, le fil que nous
allons suivre ensemble est celui qui explique et qui mène à cette fresque.
Nous allons explorer quelques-unes des raisons principales qui expliquent
pourquoi et comment le christianisme et la philosophie, au départ distincts et
antagonistes, ont fini dès l’Antiquité par se rapprocher.

Nous évoquerons d’abord la naissance du christianisme et des textes


chrétiens. Nous examinerons ensuite les raisons de l’opposition des chrétiens
à la philosophie. Nous verrons, inversement, quels sont les arguments des
philosophes de l’Antiquité contre les chrétiens.

Puis nous évoquerons, à travers les séances 4 et 5, les deux raisons


principales qui ont amené les chrétiens à se rapprocher de la philosophie,
malgré leur opposition : d’abord, la nécessité de répondre aux critiques des
philosophes, qui ont amené les chrétiens à se situer sur le même terrain
qu’eux, puis la reconnaissance, chez certains auteurs, qu’il y a dans la
philosophie de l’utilité et des vérités, y compris pour le chrétien. Nous nous
interrogerons, dans la dernière séance, sur les consequences de ce
rapprochement entre christianisme et philosophie dans l’histoire de la
philosophie.

Au lieu d’opposer christianisme et philosophie en essayant de montrer que la


vérité n’est que d’un côté, et que la philosophie est une impasse, ces auteurs
essaient au contraire de montrer qu’il existe un accord profond entre les
deux. La démonstration de cet accord passe par deux procédés : l’usage de
la raison au service de la démonstration, et l’utilisation des auteurs grecs et
latins.

Voilà donc, à l’issue de cette première séance, le contexte historique et


littéraire dans lequel va émerger le dialogue entre le christianisme et la
philosophie. Dans les séances qui vont suivre, nous allons essayer de
comprendre pourquoi il existe une opposition entre chrétiens et
philosophes dans l’Antiquité, et pourquoi finalement les chrétiens vont,
malgré leur hostilité, se rapprocher de la philosophie.

À la suite du même passage, Justin développe le second type d’argument dont j’ai
parlé, c’est-à-dire l’usage des auteurs grecs. Il évoque le cas des philosophes, en
l’occurrence les stoïciens, qui ont admis que l’univers s’embrasait régulièrement
pour renaître.
Il y aurait là, pour Justin, en dépit des différences, un point d’accord fondamental avec
la doctrine chrétienne. Les stoïciens, dans l’esprit de Justin, reconnaissent une
certaine forme de résurrection.

La stratégie des apologistes consiste ou bien à poser la supériorité de la foi par rapport
à la raison, ou bien au contraire à démontrer la rationalité de leurs doctrines, en rendant
raison de leurs croyances ou bien en démontrant leur accord avec les auteurs grecs et
latins.

la critique philosophique a encouragé les chrétiens à rendre raison d’un certain nombre
d’éléments de leur foi.

Ces auteurs sont des humanistes avant l’heure. J’utilise à dessein cette notion
d’humanisme bien qu’elle soit en partie anachronique pour désigner le courant qui,
dans l’Église ancienne, cherche à réconcilier christianisme et culture grecque.

Du côté chrétien, il faut compter pour commencer avec Clément d’Alexandrie, mort vers
215. Lecteur de Philon, Clément est un maître chrétien auteur de plusieurs œuvres, un
Protreptique, un Pédagogue et surtout des Stromates, terme qui signifie « tapisseries »,
qui constituent la première tentative d’envergure de défense de la culture grecque de la
part d’un chrétien. La réflexion de Clément a été poursuivie par Origène,
natif’Alexandrie vers 185, installé à Césarée de Palestine à partir de 233, et mort en
254. Origène est un auteur d’une importance considérable.

Il a marqué également celle des auteurs que nous appelons « les pères cappadociens »
: Basile de Césarée, son frère Grégoire de Nysse, et leur ami, Grégoire de Nazianze.
Ces auteurs, actifs dans la seconde moitié du IVe s., ont tous joué un rôle dans
l’histoire du rapprochement entre christianisme et culture grecque.

"La philosophie vient combler les silences de l’Écriture."

Toute cette réflexion de Philon puis des auteurs chrétiens aura une importance capitale
dans l’histoire des relations entre philosophie et christianisme. Elle impose l’idée
que la philosophie est bonne, mais seulement si on la met au service de la vraie
sagesse, la théologie. On est ici au point de départ de l’idée médiévale de la
philosophie comme ancilla theologiae, servante de la théologie, qui explique que, dans
les universités médiévales, la philosophie sera longtemps enseignée uniquement
comme discipline préparatoire à la théologie. On se souvient que, dans la Chapelle
de la Sorbonne, la fresque représentant la Théologie associe les théologiens au
sens propre et les philosophes. On ne peut pas comprendre cette association sans
avoir à l’esprit cette idée médiévale, mais en réalité déjà patristique, de la philosophie
comme introduction au christianisme.

Origène exposait à ses élèves tous les systèmes philosophiques, à l’exception de ceux
qui niaient la providence, c’est-à-dire avant tout l’épicurisme. Il s’agissait, écrit Grégoire,
de « s’exercer », c’est-à-dire d’affûter son esprit, mais également de récolter de tous
ces saviors ce qui pourrait être utile à l’étude des Écritures.

Justin expose déjà cette idée dans son Apologie. Les vérités de la philosophie seraient
celles du logos séminal, c’est-à-dire du logos répandu en tout homme sous la forme de
la raison individuelle. Mais ce logos, que les Grecs ont connu de façon séminale, serait
le même que celui que les chrétiens ont connu en personne, à travers l’Incarnation. On
comprend donc qu’avec une telle théorie, largement partagée par les auteurs chrétiens
de l’Antiquité, l’intégration de la philosophie au discours chrétien ne posait plus aucun
problème.

Il est donc clair que le christianisme a eu une influence capitale dans l’histoire de la
philosophie. Il a transmis une partie très importante de la philosophie grecque mais l’a
subordonnée à la pratique de la théologie.

Mais une question qu’on peut légitimement se poser est de savoir si le christianisme a
influencé, c’est-à-dire modifié la philosophie comme pratique intellectuelle, non
seulement dans son développement ultérieur, mais aussi dès l’Antiquité.

Le but de la philosophie pour les néoplatoniciens n’est plus tant la production d’un
savoir ou la définition de la vie heureuse comme c’était le cas dans la tradition
philosophique, mais la recherche de l’union avec Dieu. Cette visée nouvelle assignée
à la philosophie explique l’importance nouvelle elle aussi que prend, dans le discours
philosophique, la théologie, c’est-à-dire la spéculation sur le divin.

Ce qu’on peut dire pour commencer, c’est que le thème de la philosophie chrétienne
était utilisé par les chrétiens de l’Antiquité. Dès le IIe s., ils prennent l’habitude
de se qualifier de « philosophes » et désignent le christianisme comme « la vraie
philosophie ». On trouve ce thème notamment chez Clément d’Alexandrie. Les
auteurs chrétiens avaient donc souvent l’impression d’être d’authentiques philosophes,
et même, d’être plus philosophes que les philosophes.

Pour les chrétiens de l’Antiquité, cela ne faisait aucun doute : il y avait une philosophie
chrétienne, le christianisme était une philosophie et même la seule vraie philosophie.
Pour les païens, les chrétiens n’avaient rien de philosophes. Pour nous aujourd’hui, ils
apparaissent moins comme des philosophes que comme des théologiens qui ont utilisé
la philosophie. Tout dépend, on le voit, de la façon dont on définit la philosophie.
On se souvient que, dans la Chapelle de la Sorbonne, la fresque représentant la
Théologie associe les théologiens au sens propre et les philosophes. On ne peut pas
comprendre cette association sans avoir à l’esprit cette idée médiévale, mais en réalité
déjà patristique, de la philosophie comme introduction au christianisme.

Conclusion: https://youtu.be/wRypxzuAjxw
Bibliographie

En complément de ce cours, on pourra consulter :

S. Morlet, Christianisme et philosophie. Les premières confrontations (Ier-VIe s.), Paris, Livre
de poche, 2014

http://www.livredepoche.com/christianisme-et-philosophie-sebastien-morlet-
9782253156505

S. Morlet, Les chrétiens et la culture. Conversion d’un concept (Ier-VIe s.), Paris, Les Belles
Lettres, 2016

http://www.lesbelleslettres.com/livre/?GCOI=22510100530940

I. Textes anciens

a) Texte biblique

Le texte de la Bible grecque peut être consulté aisément dans l’édition d’A. Rahlfs, Septuaginta,
2 vol., Stuttgart, Württembergische Bibelanstalt Stuttgart, 1935. L’édition de Göttingen
fournit une édition plus critique du texte.

Il existe une traduction française de la Bible grecque, encore en cours d’élaboration : la Bible
d’Alexandrie, publiée aux éditions du Cerf, sous la direction de M. Harl. Les cinq premiers
tomes ont fait l’objet d’une réédition abrégée et pratique dans la collection folio (C. Dogniez
– M. Harl [dir.], Le Pentateuque, Paris, Gallimard, 2001).
Sur la Bible grecque, voir G. Dorival – M. Harl – O. Munnich, La Bible grecque des Septante,
Paris, Le Cerf, 1988

Les témoignages sur les vieilles latines sont édités dans la série « Vetus latina » aux éditions
Herder, depuis 1951.

L’édition de référence du Nouveau Testament, en grec, est celle d’E. Nestle – K. Aland. Il en
existe de multiples rééditions. Certaines donnent en regard la version latine.

Les écrits intertestamentaires, tels le Livre d’Hénoch ou les textes de Qumran cités au chapitre 1,
peuvent être consultés en traduction dans le volume de la Pléiade Écrits intertestamentaires, Paris,
Gallimard, 1987.

b) Textes juifs

L’œuvre de Philon a bénéficié d’une édition-traduction en plusieurs volumes aux éditions du Cerf,
sous la direction de R. Arnaldez, J. Pouilloux et C. Mondésert.

c) Textes chrétiens

Le corpus de référence est constitué de la Patrologie grecque (PG) et de la Patrologie latine (PL),
deux collections qui rassemblaient au XIXe s., sous la direction de J.-P. Migne, les éditions
existantes (remontant parfois au XVIIe s.).

Ces éditions ont été peu à peu remplacées par des éditions critiques modernes. Il existe trois
principaux corpus : le corpus dit « de Berlin » (GCS : Die Griechischen Christlichen Schriftsteller
der ersten drei Jahrhunderte) ; le corpus dit « de Vienne » (CSEL = Corpus scriptorum
ecclesiasticorum latinorum) ; le Corpus Christianorum, dont il existe une series Graeca (CCG) et
une series Latina (CCL).
La plupart des textes chrétiens cités dans ce MOOC sont consultables en traduction française,
accompagnée du texte d’origine, dans la collection des Sources chrétiennes (SC), ou dans la
Collection des Universités de France (CUF). La plupart des oeuvres d’Augustin sont facilement
consultables dans la Bibliothèque augustinienne (BA).

Nous n’indiquons ici que les éditions qui ne figurent dans aucune de ces collections, ou des
éditions/traductions qui peuvent avantageusement compléter les volumes qui y sont présents.
Souvent, il s’agit de textes qui ne bénéficient toujours pas d’une traduction française : il y a encore
du travail pour les générations à venir.

Pour avoir un relevé plus complet des éditions existantes, il faut utiliser le répertoire de M.
Geerard, Clavis patrum Graecorum, I-V, Turnhout, Brepols, 1974-1983 avec le Supplementum,
Turnhout, 1998, ainsi que celui de A. Gaar – E. Dekkers, Clavis patrum Latinorum, Steenbrugge,
In abbatia Sancti Petri, 1995.

Augustin, Contra Faustum, éd. J. Zycha, CSEL, 25, 1, Prague ‒ Vienne – Leipzig, Tempsky –
Freytag, p. 249-297, 1891

‒ Contra secundam Iuliani responsionem opus imperfectum (libri i-iii), éd. M. Zelzer, CSEL, 85,
1, Vienne, Hoelder – Pichler – Tempsky,1974

Basile de Césarée, Aux jeunes gens, tr. A. Perrot, Paris, Les Belles Lettres (« Classiques en
poche »), 2012

Cyprien, Ad Quirinum, éd. R. Weber, CCL, 3, Turnhout, Brepols, 1972, p. 3-179

Cyrille d’Alexandrie, Contre Julien, PG 76, Petit-Montrouge, Éd. J.-P. Migne, 1859, col. 504-
1064

Eusèbe de Césarée, Canons des Évangiles, éd. E. Nestle, Novum Testamentum Graece, Stuttgart,
Deutsche Bibelstiftung, 1979 (26e édition), p. 74-78

– Chronique, éd. J. Karst, GCS, 20, Leipzig, J. C. Hinrichs, 1911 (traduction arménienne) ; R.
Helm, GCS, 24 et 34, Leipzig, J. C. Hinrichs – Akademie Verlag 1913-1926 (traduction latine)
‒ Contre Marcel – Théologie ecclésiastique, éd. M. Klostermann, GCS, 14, Leipzig, J. C. Hinrichs,
1906

‒ Démonstration évangélique, éd. I. A. Heikel, GCS, 23, Leipzig, J. C. Hinrichs, 1913 (pour les
fragments, voir aussi A. Mai, Veterum scriptorum noua collection, I [2], Roma, In collegio Urbano
apud Burliaeum, 1825) ; tr. française J.-P. Migne, Démonstrations évangéliques, II, Paris, Garnier,
1842, p. 6-370

– Extraits prophétiques, éd. T. Gaisford, Oxford, Typogr. Academico, 1842

Grégoire de Nysse, Sur l’âme et la résurrection, PG 46, Petit-Montrouge, Éd. J.-P. Migne, 1859,
col. 11-160 ; tr. J. Terrieux, Paris, Le Cerf, 1995

Hégésippe, Mémoires, éd. Th. Zahn, Forschungen zur Geschichte des neutestamentlichen
Kanons, VI, Leipzig, A. Deichert, 1900, p. 228-249

Jean Chrysostome, Sur la sainte Pâque, PG 52, 1859, Petit-Montrouge, Éd. J.-P. Migne, col. 765-
772

Justin, Dialogue avec Tryphon, éd.-tr. Ph. Bobichon, 2 vol., Fribourg, Academic Press Fribourg,
2003

Hippolyte, Réfutation de toutes les hérésies, éd. M. Marcovich, Berlin – New York, De Gruyter,
1986 ; Hippolyte de Rome. Philosophoumena ou Réfutation de toutes les hérésies, tr. A. Siouville,
2 vol., Paris, Rieder, 1928

Kérygme de Pierre (fragments), éd. M. Cambe, Turnhout, Brepols, 2003

Marius Victorinus, Commentaire sur l’Épître aux Galates, éd. F. Gori, CSEL, 83, 2, Vienne,
Hoelder – Pichler – Tempsky, 1986

Origène, Hexaples (fragments), éd. F. Field, Origenis Hexaplorum quae supersunt, 2 vol.,
Oxford, Clarendonianus, 1875, rep. 1964
Macaire de Magnésie, Apocriticos, éd.-tr. R. Goulet, Macarios de Magnésie. Le Monogenès.
Édition critique et traduction française, 2 vol., Paris, Vrin, 2003

Pélage, L’endurcissement du cœur de Pharaon, éd.-tr. G. de Plinval, Essai sur le style et la langue
de Pélage, Fribourg, Librairie de l’Université, 1947, p. 135-203

Ps.-Denys, Œuvres, éd. B. R. Suchla – G. Heil – A. M. Ritter, 2 vol., Berlin – New York, De
Gruyter, 1990-1991 ; tr. française : Oeuvres complètes du Pseudo-Denys l’Aréopagite, tr. M. de
Gandillac, Paris, Aubier, 1943

Ps.-Clément, Reconnaissances, éd. B. Rehm – F. Paschke, GCS, 51, Berlin, Akademie Verlag,
1965 ; tr. A. Schneider, Turnhout, Brepols, 1999 ; voir également la traduction du même dans le
volume Écrits apocryphes chrétiens, t. II, Paris, Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade, 2005, p.
1593-2003

Tatien, Discours aux Grecs, éd. M. Marcovich, Berlin – New York, De Gruyter, 1995

Tertullien, Aduersus Praxean, éd. A. Kroymann – E. Evans, CCL, 2, Turnhout, Brepols, 1954, p.
1159-1205

‒ De anima, CCL, 2, éd. J. H. Waszink, p. 781-869, Turnhout, Brepols, 1954

d) Textes païens

On ne signale ici que les éditions des textes de l’époque impériale, qui intéressent plus directement
la période considérée, et seulement quand elles ne figurent pas dans la CUF.

Celse, Discours vrai (fragments), éd. R. Bader, Stuttgart – Berlin, W. Kohlhammer, 1940

Cornutus, Abrégé des traditions de la théologie grecque, éd. P. Busch ‒ J. K. Zangenberg,


Darmstadt, Wissenschaftliche Buchgesellschaft, 2010

Diogène d’Oenanda, éd. M. F. Smith, The Epicurean Inscription, Naples, Bibliopolis, 1993
Julien, Contre les Galiléens (fragments), éd. E. Masaracchia, Roma, Ed. dell’Ateneo,1990

Lucien, La mort de Pérégrinus, éd.-tr. É. Marquis, Sur la mort de Pérégrinos, Les fugitifs et
Toxaris de Lucien de Samosate : édition avec traduction et commentaire, Thèse de doctorat, dir.
A. Billault, Paris-Sorbonne, 2011 ; dans l’attente de la publication de ce travail, on consultera le
texte grec et la traduction anglaise d’A. M. Harmon, dans la série des œuvres de Lucien, t. V.,
parues chez Loeb (Cambridge, Mass. – London, Harvard University Press,1962).

Oenomaos de Gadara, éd.-tr. J. Radicke dans F. Jacoby, Die Fragmente der Griechischen
Historiker continued, IV A : Biography, fasc. 7, Leiden, Brill, 1999, p. 190-197

Philostrate, Vie d’Apollonios de Tyane, éd.-tr. C. Jones, 2 vol., Loeb Classical Library, Cambridge,
Mass. ‒ London, Harvard University Press, 2005 ; on peut consulter la traduction française
disponible dans le volume de la Pléiade : P. Grimal (tr.), Romans grecs et latins, Paris, Gallimard,
19581.

Porphyre, Contre les chrétiens, éd. A. von Harnack, Porphyrius « Gegen die Christen », 15
Bücher. Zeugnisse, Fragmente, und Referate, Berlin, Akademie der Wissenschaften, 1916 ;
reproduction de l’édition de Harnack, avec les nouveaux fragments découverts depuis, par
Muscolino, Porfirio. Contro i cristiani, Milano, Bompiani, 2009

‒ L’antre des nymphes, tr. Y. Le Lay (avec texte grec), Paris, Verdier, 1989

– Histoire de la philosophie, éd. A. R. Sodano, Porfirio. Storia della filosofia, Milano, Rusconi,
1997

‒ Philosophie tirée des oracles, éd. G. Wolff, Porphyrius. De philosophia ex oraculis


haurienda librorum reliquiae, Berlin, Julii Springeri, 1856 ; éd. A. Smith, Porphyrii philosophi
fragmenta, Stuttgart – Leipzig, Teubner, 1993, p. 351-407

Sextus Empiricus, Esquisses pyrrhoniennes, tr. P. Pellegrin, Paris, Points Seuils, 1997
II. Études

a) Introductions aux textes chrétiens de l’Antiquité :

B. Altaner, Précis de patrologie, tr. fr., Mulhouse, Salvator : Casterman, 19612

H. Drobner, Les Pères de l’Église, tr. fr., Paris, Desclée, 1999

C. Moreschini – E. Norelli (dir.), Histoire de la littérature chrétienne ancienne grecque et latine.


1. De Paul à l’ère de Constantin, trad. fr., Genève, Labor et Fides, 2000

J. Quasten, Initiation aux Pères de l’Église, tr. fr., 4 vol., Paris, Le Cerf, 1955-1986

Voir la contribution très riche d’A. Le Boulluec dans l’ Histoire de la littérature grecque de S.
Saïd – M. Trédé – A Le Boulluec, Paris, PUF, 1997.

Voir également la nouvelle histoire dirigée par B. Pouderon et E. Norell, dont deux tomes
sont parus pour le moment : t. I, Histoire de la littérature grecque chrétienne, Introduction, Paris,
Le Cerf, 2008 ; t. II, Histoire de l littérature grecque chrétienne, De Paul apôtre à Irénée de Lyon,
Paris, Le Cerf, 2013.

Le Dictionnaire encyclopédique du christianisme ancien (adaptation française Fr. Vial, Paris, Le


Cerf, 1990) contient des notices pratiques sur les auteurs, les textes et les thèmes.

b) Histoire de l’Antiquité tardive (IIIe ‒ VIIe s.) :

P. Brown, Genèse de l’Antiquité tardive, Paris, Gallimard, 1983 pour la traduction française
‒ Le monde de l’Antiquité tardive de Marc Aurèle à Mahomet, Bruxelles, Éditions de l’université
de Bruxelles, 2011 pour la traduction française (paru en 1995 sous le titre La toge et la mitre)

J.-M. Carrié et A. Rousselle, L’Empire romain en mutation des Sévères à Constantin, 192-337,
Paris, Points Seuils, Nouvelle histoire de l’Antiquité n° 10, 1999

P. Chuvin, Chronique des derniers païens : la disparition du paganisme dans l’Empire romain,
du règne de Constantin à celui de Justinien, Paris, Les Belles Lettres, 1991

E. R. Dodds, Païens et chrétiens dans un âge d’angoisse, Claix, La Pensée sauvage, 1980, pour la
traduction française

H.-I. Marrou, Décadence romaine ou Antiquité tardive ?, Paris, Point Seuils, 1977

c) Histoire du christianisme :

P. Maraval, Le christianisme de Constantin à la conquête arabe, Paris, Nouvelle Clio, 1997

P. Maraval – S. C. Mimouni, Le christianisme : des origines à Constantin, Paris, Nouvelle Clio,


2006

P. Mattéi, Le christianisme de Jésus à Constantin, Paris, Armand Colin, 2008

On peut consulter aussi l’Histoire du christianisme des origines à nos jours, dont les deux premiers
volumes concernent directement la période envisagée dans ce livre :

- t. 1 : Le Nouveau Peuple (des origines à 250), éd. L. Piétri, Paris, Desclée, 2000

- t. 2 : Naissance d’une chrétienté (250- 430), éd. Ch. Piétri – L. Piétri, Paris, Desclée, 1995
Voir également le premier tome de l’Histoire générale du christianisme, publiée aux PUF sous la
direction de P. Montaubin et M.-Y. Perrin, Paris, PUF, 2010.

On pourra lire avec profit J.-M. Salamito, Les chevaliers de l’apocalypse. Réponse à MM. Prieur
et Mordillat, Paris, Desclée, 2009.

d) Christianisme et philosophie

Indications introductives générales

J. Alexandre (éd.), Philosophie et théologie dans la période antique, Paris, Le Cerf, 2009
(anthologie de textes antiques)

É. Gilson, La Philosophie au Moyen Âge, Paris, Payot, 1986 (1922 pour la 1ère éd.), p. 15-179

J. Pépin, « La philosophie patristique » et « Saint Augustin et la patristique occidentale »,


dans Histoire de la philosophie, dir. F. Châtelet, t. II, Paris, Hachette, 1999 (1972 pour la 1ère éd.),
p. 61-105

L. Brisson, « Le christianisme face à la philosophie », dans M. Canto-Sperber (dir.), Philosophie


grecque, PUF, Paris, 1998², 701-743

S. Morlet, « Philosophie et christianisme, des apologistes à Augustin » dans J.-F.


Pradeau, Philosophie antique, PUF, Série L, Paris, 2010, p. 251-266

Études plus approfondies

M.-O. Boulnois, Le paradoxe trinitaire chez Cyrille d’Alexandrie. Herméneutique, analyses


philosophiques et argumentation théologique, Paris, Études augustiniennes, 1994
P. Canivet, Histoire d’une entreprise apologétique au ve siècle, Paris, Bloud et Gay, 1958 (à
propos de Théodoret de Cyr)

A. J. Carriker, The Library of Eusebius of Caesarea, Leiden – Boston, Brill, 2003

H. Crouzel, Origène et la philosophie, Paris, Aubier, 1961

P. de Labriolle, La réaction païenne, Paris, L’Artisan du livre, 1942

É. des Places, Eusèbe de Césarée commentateur. Platonisme et Écriture Sainte, Paris,


Beauchesne, 1982

V. H. Drecoll (dir.), Augustin Handbuch, Tübingen, Mohr Siebeck, 2007

M. J. Edwards, Culture and Philosophy in the Age of Plotinus, London, Duckworth, 2006

A. D. Fitzgerald (dir.), Encyclopédie de Saint Augustin, adaptation française M.-A. Vannier, Paris,
Le Cerf, 2005

J.-Cl. Fredouille, Tertullien et la conversion de la culture antique, Paris, Études augustiniennes,


1972

P. Hadot, Qu’est-ce que la philosophie antique ?, Paris, Gallimard, 1995

‒ Études de patristique et d’histoire des concepts, Paris, Les Belles Lettres, 2010

‒ Études de philosophie ancienne, Les Belles Lettres, Paris 2010

‒ Plotin, Porphyre, études néoplatoniciennes, Paris, Les Belles Lettres, 2010

R. Joly, Christianisme et philosophie. Etudes sur Justin et les Apologistes grecs du deuxième
siècle, Bruxelles, Éditions de l’Université de Bruxelles, 1973

G. Madec, Saint Ambroise et la philosophie, Paris, Études augustiniennes, 1974


G. Madec, Saint Augustin et la philosophie, Paris, Études augustiniennes, 1996

A.-M. Malingrey, « Philosophia » : étude d’un groupe de mots dans la littérature grecque des
présocratiques au IVe s. après J.-C., Paris, Klincksieck, 1961

H.-I. Marrou, Saint Augustin et la fin de la culture antique, Paris, Études augustiniennes, 4e éd.,
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Sur le thème de la philosophie, savante de la sagesse, chez Philon puis chez les Pères, voir en
particulier M. Alexandre, « La culture grecque, servante de la foi. De Philon d’Alexandrie aux
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