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PREPA CAPES MATHS 2016

Géométrie

Dany-Jack Mercier
E diteur : CSIPP
ISBN-13 : 978-1514751718
ISBN-10 ; 1514751712

(c) 2015 D an y -J a ck M ercier. T ous d ro its réservés.


Table des matières

Avant-propos 5

Quelques conseils pour l’écrit 7

1 Introduction 11
1.1 Minimum v i t a l ................................................................................ 11
1.2 E ntraînem ent................................................................................... 13
1.3 Réponses ......................................................................................... 14

2 Théorèm e de Thalès 39
2.1 Minimum v i t a l ................................................................................ 39
2.2 E ntraînem ent................................................................................... 40
2.3 Réponses ......................................................................................... 42

3 Espaces euclidiens 55
3.1 Minimum v i t a l ................................................................................ 55
3.2 E ntraînem ent................................................................................... 58
3.3 Réponses ......................................................................................... 59

4 TViangles 77
4.1 Minimum v i t a l ................................................................................ 77
4.2 E ntraînem ent................................................................................... 78
4.3 Réponses ......................................................................................... 79

5 Bissectrices & sym étries 99


5.1 Minimum v i t a l ................................................................................ 99
5.2 E ntraînem ent...................................................................................... 100
5.3 Réponses ............................................................................................ 103

6 Applications orthogonales angles 129


6.1 Minimum v i t a l .................................................................................. 129
TABLE DES MATIÈRES

6.2 E n traîn em en t...................................................................................... 130


6.3 Réponses ............................................................................................ 133
6.4 Commentaires...................................................................................... 156

7 Cercles 159
7.1 Minimum v i t a l ...................................................................................159
7.2 E n traîn em en t......................................................................................160
7.3 Réponses ............................................................................................ 162

8 C om plém ents de géom étrie 185


8.1 Minimum v i t a l ...................................................................................185
8.2 E n traîn em e n t......................................................................................187
8.3 Réponses ............................................................................................ 190

9 Isom étries 219


9.1 Minimum v i t a l .................................................................................. 219
9.2 E n traîn em e n t......................................................................................220
9.3 Réponses ............................................................................................221

10 C onstructions 235
10.1 Minimum v i t a l ...................................................................................235
10.2 E n traîn em e n t..................................................................................... 236
10.3 Réponses ............................................................................................241
Avant-propos

AVANT-PROPOS

Depuis 2010 les réformes de la formation des maîtres s’accumulent jusqu’à


complètement transformer les objectifs et les attendus du CAPES mathéma­
tiques.
Ce livre propose 197 exercices ciblés sur les fondamentaux exigés actuelle­
ment pour se préparer à l’écrit du CAPES 2016. Touchant aux bases et aux
savoirs indispensables, ces exercices permettent de réviser le cours et accumuler
des connaissances pour répondre convenablement à de nombreuses questions
posées à l’oral du CAPES.
Centré sur des parties du cours à bien posséder, ce manuel permettra de
débusquer les thèmes que l’on devra retravailler seul.
Les exercices sont tous extraits des 7 volumes déjà parus de la collection
Acquisition des fondamentaux pour les concours ([13] et suivants) à l’exception
du dernier exercice qui est un problème extrait de [8]. Ces exercices ont été
choisis pour se concentrer sur la préparation du CAPES.
Chaque chapitre comporte trois parties : un minimum vital à traiter en prio­
rité, un entraînement supplémentaire et des réponses détaillées. Les questions
proposées en « minimum vital » sont celles que je travaillerai en TD avec mes
étudiants de master première année à l’ESPE de Guadeloupe durant l’année
universitaire 2015-16 dans l’EC (élément constitutif) de géométrie pour un
volume de 48h.
Ce livre comporte 197 questions réparties inégalement entre les chapitres,
soit 14 -H 8 -I-18 -I-11 -I- 7 -I-15 -I- 9 -I-12 -f- 6 -h 13 = 113 questions placées en
Minimum vital et7-t-3-t-4-|-4-|-20-l-13-|-12-|-12-|-5-|-4 = 84 questions en
Entraînement.
Bonne préparation et bonne chance aux futurs candidats !

Dany-Jack Mercier
Pointe à Pitre, le 30 juin 2015

°tespel6a vl.OO
Avant-propos
Quelques conseils pour l’écrit

Extraits choisis du rapport du jury du C A PE S ext. 2014


concernant les deux com positions écrites

Doit-on rappeler que le rapport du jury du CAPES précédent doit


être lu et décortiqué par tous les candidats afin de prendre en
compte tous les conseils qui y sont prodigués 9
En attendant la sortie des rapports 2015, je rappelle les conseils es­
sentiels présentés dans le rapport 2014, et concernant les écrits du
concours. Ne pas suivre ces conseils sera durement sanctionné lors
de la correction de copies, et il est nécessaire que chaque candidat
prenne le temps de lire ce texte et d ’agir en conséquence pendant
son année de préparation.

> Dans de nombreuses copies, la mise en place des différentes méthodes de


raisonnement est bien détaillée : les raisonnements par l’absurde, par récur­
rence ou par analyse-synthèse sont clairement annoncés et les étapes sont bien
indiquées. (...)
Cependant on trouve encore trop souvent des raisonnements incomplets : il
manque parfois la partie « synthèse » dans un raisonnement par analyse-
synthèse, le candidat oublie de vérifier certaines hypothèses, ou certains cas
ne sont pas étudiés dans un raisonnement par disjonction de cas, ce qui amène
à considérer, par exemple, que toutes les droites du plan sont sécantes ou que
tous les nombres rationnels sont positifs. Par ailleurs, les notations ensem-
blistes sont souvent malmenées : la confusion entre appartenance et inclusion
est très fréquente.
(...) la notion de bijectivité pose de nombreux problèmes aux candidats. Son
utilisation dans les démonstrations est souvent peu précise et parfois même
invoquée à tort. De surcroît, l’établissement de la bijectivité d ’une applica­
tion donnée est fréquemment incomplète : par exemple, seule l’injectivité est
démontrée. (...)
Rappelons une nouvelle fois qu’un dessin ne remplace pas une démonstration,
même s’il est toujours bienvenu pour illustrer celle-ci. (...)
Ces constats conduisent à rappeler que ;
- Les notations ensemblistes telles que l’appartenance, l’inclusion ou l’en­
semble vide doivent absolument être maîtrisées.
- Les notions élémentaires sur les applications (injectivité, surjectivité, bi­
jectivité) ne devraient poser aucun problème aux candidats.
8 Quelques conseils pour l ’écrit

- Résoudre une équation différentielle simple, y compris du second ordre, est


une compétence attendue de futurs professeurs de mathématiques. (...)
Le jury a prêté une attention particulière aux compétences suivantes.
- Exhiber un contre-exemple (...).
- Raisonner par l’absurde : (...) 80% [des candidats] rédigent correctement
au moins un raisonnement par l’absurde [de la comp. 2 de la session 2014].
- Rédiger un raisonnement par récurrence : 71% répondent correctement à
cette question [de la comp. 2 de la session 2014], située tôt dans le problème
et qui demandait la preuve d’une inégalité telle qu’on pourrait l’attendre dans
une classe de terminale.
- Calculer une intégrale (...).

> De façon générale, les candidats vérifient trop rarement les hypothèses
avant d’appliquer une propriété établie antérieurement, ou encore lors des
questions de synthèse. Dans la recherche de limites, le théorème des gendarmes
est très souvent invoqué à juste titre, mais l’existence de la limite est rarement
signifiée. Seul le deuxième volet de ce théorème, permettant d ’obtenir la valeur
de la limite, est mentionné. Cela avait déjà été signeilé dans les rapports des
sessions précédentes.
(...) les inégalités ne sont pas toujours bien utilisées, les domaines de validité
trop rarement précisés. Si l’inégalité triangulaire est mise en œuvre correcte­
ment, les candidats multiplient souvent une inégalité par un réel sans se soucier
du signe de ce dernier et ne distinguent pas une inégalité large d ’une inégalité
stricte.
Dans nombre de raisonnements ou conduites de calculs, on observe une utili­
sation intempestive, voire irréfléchie, du symbole d’équivalence et une maîtrise
sommaire des quantificateurs.
Lorsqu’il est abordé, le problème 3, est rarement accompagné de figures, ce
qui rend difficile la lecture des raisonnements, pouvant obliger le correcteur à
produire une figure à partir de ce que le candidat a écrit.

t> Enfin, la réussite aux épreuves écrites nécessite que la préparation des
candidats prenne en compte les éléments suivants :
- Rédiger clairement et de manière rigoureuse est une composante essentielle
du métier de professeur.
- Les raisonnements, plus particulièrement ceux qui relèvent du collège ou
du lycée, doivent être exposés avec toute la précision requise, en indiquant les
étapes successives et sans oublier de cas particulier.
Quelques conseils pour l’écrit 9

- Les connaissances de base, indispensables à la prise de recul sur les notions


enseignées, doivent être maîtrisées et énoncées avec précision lorsqu’elles sont
utilisées.
- Dans un concours de recrutement d ’enseignants, la lisibilité de la copie est
un élément d ’appréciation essentiel. (...)
10 Quelques conseils pour l ’écrit
Chapitre 1

Introduction

1.1 Minimum vital


Question 1.1 Qu’est-ce qu’un espace affine ? Si n est un entier naturel non
nul, on sait que R” est un espace vectoriel. Est-ce un espace affine ? Expliquez.

Question 1.2 On s ’intéresse à la définition de la mesure algébrique d ’un bi-


point {A, B). C’est une quantité que l’on note AB.
a) Définissez le symbole A B dans une espace affine.
b) Définissez le symbole A B en fonction de la distance A B (lorsqu’on se
place dans un espace affine euclidien).
c) Connaissez-vous une troisième façon de définir une mesure algébrique 9

Q uestion 1.3 Dans un plan, on considère deux parallélogrammes A B DC et


CDFE. Montrer que le quadrilatère A B F E est un parallélogramme.

Question 1.4 Rappelez la relation de Chasles pour des vecteurs du plan, puis
démontrez-la. Que représente le symbole M N lorsque M et N sont deux points
du plan 9 Définissez-le complètement.

Question 1.5 Que dire de l’intersection d ’une famille de sous-espaces af­


fines 9 Preuve.

Q uestion 1.6 Soient F et G deux sous-espaces affines d’un espace affine E,


F passant par A et de direction F , G passant par B et de direction G . Montrer
que l’intersection FC\G n’est pas vide si et seulement si A B € F G, et que,
dans ce cas, F C\ G est un sous-espace affine de direction F C\ G.

Q uestion 1.7 Quand dit-on qu’une application est affine 9

11
12 CHAPITRE 1. INTRODUCTION

Q u estio n 1.8 Quelle est la forme générale de l’expression analytique d’une


application affine d ’un plan affine E dans lui-même 9 Cette écriture est-elle
une CNS pour qu’une application f de E dans E soit affine 9 Donner une
CNS portant sur l ’expression analytique de f , pour que / soit bijective.

Q u estio n 1.9 (Propriétés classiques des dem i-plans)


On sait qu’une droite D partage le plan en deux demi-plans ouverts D+ et D -
de frontière D de sorte que { D , D ^ , D - } soit une partition du plan.
a) Rappelez la définition exacte de D+ et D -. Expliquer pourquoi la partition
{D, D+,D^} ne dépend que de la droite D considérée,
h) Montrer que est convexe.
c) Si (M, N) € D+ X D - montrer que [MN] coupe D en un seul point.
d) Si M G D+ montrer que toute droite parallèle à D et issue de M est
incluse dans D+.
e) Si (M, N) € DxD+ montrer que la demi-droite ]MN) est incluse dans D+.

Q u estio n 1.10 Soient A et B deux points distincts d’un espace affine eucli­
dien E de dimension 3. Soit P le plan orthogonal à (AB) et passant par le
milieu I de [AB\. Le plan P partage l’espace en deux demi-espaces ouverts : E a
contenant A, et E s contenant B. Montrer que :
' P = { M e E / M A = MB }
Ea = { M g E / M A < M B }
Eb = { M g E / M B < MA) .

Q u estio n 1.11 Démontrer la caractérisation métrique d ’un segment, autre­


ment dit démontrer qu’un point M appartient au segment [AB\ si et seulement
si A B = A M + M B.

Q u estio n 1.12 Montrer qu’un point M appartient à une droite (AB) si et


seulement si \MA —M B\ = AB ou A M + M B = AB.

Q u estio n 1.13 Soient E un espace affine euclidien d’espace vectoriel asso­


cié E , et (O, l i , k ) G E x E x R . Déterminez l ’ensemble des points M de E
tels que O M .lî = k.

Q u estio n 1.14 Enoncez deux définitions possibles de la médiatrice d’un seg­


ment. Démontrez que ces définitions sont équivalentes.
1.2. ENTRAÎNEMENT 13

1.2 Entraînement
Q u estio n 1.15 Qu’est-ce qu’une droite ?

Q u estio n 1.16 (Ecrit du CA PLP 2015) Dans l’espace de dimension 3 rap­


porté à un repère (O, i , j , k ), peut-on dire que les vecteurs !? (—1;2;1),
~v (3; 2; —1) et w{5] 6; —1) sont coplanaires ? Justifiez votre réponse.

Q u estio n 1.17 Vous avez tendance à utiliser les termes « équations paramé­
triques » au lieu de « représentation paramétrique » lorsque vous parlez d’une
droite ou d’un plan. Quelle expression devrions-nous choisir en terminale ?
Expliquer...

Q u estio n 1.18 Pouvez-vous rapidement donner une équation du plan P pas­


sant par les points A (2,5,0), B{ 0, 1, —6) et C{0, 4,9) ?

Q u estio n 1.19 (Ecrit du CAPLP externe 2010) Dans un plan rapporté à un


repère orthonormal d ’origine O, on considère les points ^ (0 ,1 ), 5 (—1,1),
F (2,0) e t E { 2, - 2).
a) Représenter les points O, A, B, E et F sur une même figure.
b) Préciser sans justification les coordonnées des points C et D tels que les
quadrilatères OABC et EFOD soient des carrés.
c) Soit H le point d ’intersection des droites (AE) et {BF). Déterminer
une équation cartésienne de la droite (AE). Déterminer les coordonnées de H.
Vérifier ensuite que H appartient à la hauteur du triangle CFA issue de O.

Q u estion 1.20 Montrer que les droites :


' x= l-t X = —4 + U
^ ^ y = 2 “I” 2t i GM D I y = 4 + 2ti U G
Z = 1 “h Î z = 2+ u

sont coplanaires.

Q u estio n 1.21 (Ecrit du CAPLPA 2014) Triangle d ’or


On rappelle que, par définition, le nombre d ’or (¡) est l’unique solution positive
de l’équation —x —1 = 0. On appelle triangle d’or un triangle non aplati
qui possède deux côtés dont le rapport des longueurs est égal à (¡). On considère
un triangle d ’or ABC, rectangle en A, tel que A B = </>. Déterminer toutes les
valeurs possibles pour AC.
14 CHAPITRE 1. INTRODUCTION

1.3 Réponses
R ép o n se 1 .1 1• Donnons quatre réponses possibles à la question : « Qu’est-
ce qu’un espace affine ? » :

Première réponse — Elle tient en une phrase (manette !) :


Un ensemble E est un espace affine de direction un espace vec­
toriel E si le groupe additif (E ,-|-) de E opère simplement et
transitivement sur E.
Dans cette définition, E représente un espace vectoriel sur un corps commu­
tatif K quelconque, et l’on dit alors que E est un espace affine sur K. L’action
du groupe additif (E,-H) est traditionnellement notée « à droite », et cette
définition, fort belle et concise, suppose qu’on connaît la notion de « groupe
opérant sur un ensemble » ([16], Questions 1, 2 et 3).

Deuxième réponse — Il n’est pas indispensable de libeller cette définition


comme nous venons de le faire, et si on se contente de cette phrase, il faut
pouvoir l’expliquer point par point ! Il revient exactement au même de dire que
la donnée d’un éspace affine E est celle d ’un ensemble E et d’une application
(appelée « loi externe » sur E) :
Ex E E
M + li
de E X E dans E (où E désigne un espace vectoriel, dit « espace vectoriel
associé k E »), vérifiant les trois axiomes suivants :
A l. VM e E M + ~^ = M,
A2. VM G E V u , 1} e~E {M + li) + 1Ï = M + {Il + ~v),
A3. \/M ,NeE 3\ueE M + li=N.
L’unique vecteur u vérifiant l’axiome A3 est noté commodément M A ou
encore N — M. Toutes les propriétés d ’un espace affine se déduisent de ces
trois axiomes. Citons les propriétés fondamentales suivantes (constamment
utilisées) :

1) La relation de Chasles : M N -|- N P = M P pour tous points M , N, P


de E. En effet, M + ( M N + NP) = {M + M N ) + N P = N + N P = P.

2) La relation de Chasles permet d ’écrire M M -I- M M = MM, et l’on en


déduit M M = 0 . Cela s’écrit M -f 0 = M et montre que les axiomes A2 et
1.3. RÉPONSES 15

A3 entraînent l’axiome A l. Le système d ’axiomes A l, A2, A3 est redondant


et A l peut être supprimé dans la définition générale d’un espace affine.
3) On a M N = 0 si et seulement si M = N. L’égalité M M = 0 a déjà
été prouvée et correspond à l’axiome A l. Réciproquement M N = 0 entraîne
M = M + ~0 = M + M N = N.
4) On a N M = —M N puisque M l ^ + N M = M M = 7 .
5) Dans l’égalité M + ~ït = N, la, donnée de deux éléments détermine entiè­
rement le troisième. Plus précisément :

M +li= N Il - M N ^ M = N + {-lî),

et ces équivalences expliquent pourquoi l’on définit parfois les opérations bien
commodes suivantes : N —M = M N et N — li = N + (—1?).
6) L’axiome A3 signifie que, pour tout M E E, l’application :

ipM • ^ E
11 M -\-~u
est bijective. Une fois le point M choisi, un espace affine est, du point de
vue ensembliste, parfaitement identique à son espace vectoriel associé. Cette
bijection permettra de structurer E en espace vectoriel après avoir choisi un
point M (pour approfondir et réviser les résultats importants concernant les
espaces affines, on pourra lire les deux premiers chapitres de [7]).

Troisième réponse — Une autre façon de définir un espace affine consiste à


dire que E est un espace affine s’il existe une application :
^ : E XE E
(M, N) MN
telle que ;
B l. VM,N , P e E M N + N P = M P (Relation de Chasles),
B2. Pour tout point M de E, l’application :
ipM -E —> ^
N ^ MN
est bijective.
Cette axiomatique équivaut à celle donnée plus haut, comme le lecteur pourra
le vérifier.
16 CHAPITRE 1. INTRODUCTION

Quatrième réponse — La définition abstraite d ’un espace afiine est apprise


durant les trois premières années d ’université si l’on a suivi des certificats de
géométrie, mais n ’apparaît plus dans les programmes de CPGE de 2013-14.
Dans ces programmes, on continue de parler et d ’utiliser des sous-espaces
affines, et l’on ne s’en prive d ’ailleurs pas au lycée où les équations de plan
affines de sont toujours enseignées. Cette quatrième réponse s’inscrit dans
ce contexte où l’on désire travailler dans des espaces affines sans perdre de
temps à donner des définitions complètes.
On peut alors répondre qu’un espace affine est un ensejnble de points comme
par exemple le plan dans lequel on travaille en géométrie depuis le collège.
On suppose alors que l’on s’est placé dans une axiomatique de type Euclide-
Hilbert.
On peut aussi dire que si l’on sait que R” est un espace vectoriel, donc un
espace de vecteurs, ici des vecteurs-colonnes, on peut considérer R” comme
un espace affine en considérant qu’un point est donné par ses coordonnées
(æ i,..., Xn), tout comme le sont les vecteurs de R” . Un sous-espace affine de R"
est alors une partie de R” de la forme :

А -|-Е = | л + г ? / 1 ? € Е |

où A = *(æi,..., Xn) est un élément de R” et où F est un sous-espace vectoriel


de R". Cette fa;çon de faire est justifiée par le point suivant.

• L’ensemble R” est-il un espace affine ? Oui, comme tous les espaces vecto­
riels. Si E est un espace vectoriel sur R, on définit la structure d ’espace affine
canonique sur E en utilisant l’application :

E XE E
Çu,l^) "u -b i f

qui n ’est autre que l’addition usuelle dans E. Cette application vérifie les trois
axiomes A l à A3 donnés plus haut. Dans R” , on peut donc imaginer un n-
uplet (xi,...,æ „) G R” comme représentant un point ofi un vecteur, ce qui
peut occasionner des difficultés de compréhension. Mieux vaut être averti.

R ép o n se 1.2 a) Soient D une droite et i un vecteur directeur de D. Si A


et B sont deux points de D, la mesure algébrique du bipoint (A, B) est, par
définition, l’abscisse x du vecteur A B dans la base i de D. Autrement dit
c’est le réel x tel que A B = x i . On pose A B — x.
1.3. REPONSES 17

On peut donc seulement parler de mesures algébriques de couples de points qui


appartiennent à une droite donnée, et après avoir choisi un vecteur directeur
de cette droite. La mesure algébrique A B ainsi définie dépend évidemment du
choix d ’un vecteur directeur i sur la droite D.
b) Dans un espace euclidien, on fait la convention bien pratique de ne rete­
nir QUE des vecteurs unitaires pour définir des mesures algébriques. Avec les
notations du a), si i est unitaire, A B = A B i entraîne A B = |A 5|, de sorte
que

AB =
I +AB si A -< B
—A B si 5 ^ A,

où le symbole ^ est la relation d ’ordre sur D héritée du choix de i .


Cela nous offre une nouvelle définition du symbole A B dans le cadre euclidien.
On retiendra :
Pour définir une mesure algébrique dans un cadre euclidien, il sufiît
de se placer sur une droite orientée (un axe).
c) On peut commencer pair définir l’abscisse d ’un point dans un repère.
Etant donnés une droite D et un repère (O, i ) de cette droite, l’abscisse d ’un
point M de D est l’unique réel xm tel que OM = xm i •
Par définition, si A et 5 sont ^ u x points de D, la mesure algébrique du
bipoint (A, B) dans le repère (O, i ) (ou simplement « pour le choix du vecteur
directeur i ») est la différence entre l’abscisse de B et l’abscisse de A :

AB = xb —x a -

On définit ici le même objet qu’aux questions précédentes puisque

A B = OB —OA ■Xb i —Xa i = {xb ~ xa) i

allié à A B = A B i donne A B = xb —x a - Notons au passage que la relation


d’ordre -< sur D évoquée en b) est définie par :

A B XA < Xb -

R ép o n se 1.3 Pour que la propriété demandée soit vraie dans tous les
cas de figure, il faut nous permettre de parler de parallélogramme aplati. La
définition générale d’un parallélogramme que nous allons utiliser ici est donc
la suivante :
Un quadrilatère ABD C est un parallélogramme si et seulement si
ses diagonales [AD] et [BC] ont même milieu.
18 CHAPITRE 1. INTRODUCTION

Il s’agit de montrer l’implication :

(t)
A B DC parallélogramme
C D F E parallélogramme ) A B F E parallélogramme.

On peut supposer que (^4, B) ^ {E, F), sinon le résultat est trivial puisque les
segments [AF\ et [BE] sont alors égaux, donc possèdent le même milieu. Si
l’on note I le milieu commun des diagonales du parallélogramme ABDC, et J
le milieu commun des diagonales du parallélogramme CDFE, on peut donc
supposer que / ^ J et introduire la droite (IJ), comme sur la FiG 1.1.

F ig . 1.1 - Cas général où A B F E n ’est pas aplati

- Si le quadrilatère A B F E n ’est pas aplati, la droite {IJ) joignant les milieux


des diagonales de ABD C et de CDFE est parallèle à {BF) et à (AE) d ’après le
Théorème de la droite des milieux. On a donc {BF) / / (AE). Comme (AB) / /
{CD) et {CD) I l {EF), on obtient {AB) I l {EF). Finalement les côtés op­
posés du quadrilatère non aplati A B F E sont parallèles deux à deux, et ce
quadrilatère est un parallélogramme.
- Si le quadrilatère A B F E est aplati (fig 1.2), le Théorème de Thalès donne :

A E _ DE _ CF _ B F
TJ ~ W ~ C J ~ Tj
(en introduisant des mesures algébriques sur toutes les droites parallèles à
{IJ) et orientées dans le même sens), d’où A E = BF. Cette égalité de mesures
algébriques sur la droite (AB) revient à affirmer que les segments [AF] et [BE]
ont même milieu, ce qui prouve que A B F E est un parallélogramme aplati.
1.3. RÉPONSES 19

F ig . 1.2 - Cas particulier où A B F E est aplati

R em arq u e — L’énoncé s’intéresse à deux parallélogrammes ABD C et


CDFE que nous pouvons supposer non aplatis comme on le fait usuellement,
mais pour pouvoir conclure que A B F E est un parallélogramme dans tous les
cas de figures, on a été obligé d’envisager le cas où A B F E est aplati.
En fait, pour être complet, il faudrait aussi envisager les cas où ABD C ou
CDFE est aplati, ce qui multiplie les démonstrations. Pour démontrer ce
résultat rapidement dans tous les cas de figures, il est judicieux de travailler
avec des affixes de points. Si l’on note en minuscules les affixes des points notés
en majuscules, montrer l’implication (f) revient à montrer que :

a+d=b+c
=> a + f = b + e,
d+ e = c+ /

ce qui est trivial.

R ép o n se 1.4 [Cette question peut être posée dans de nombreux exposés


de géométrie pour savoir si le candidat a suffisamment de recul sur des ré­
sultats qu’il utilise constamment. Possède-t-il une vision d’ensemble ? Sera-t-il
déstabilisé par cette question ?]
Il y a au moins deux façons différentes de répondre à cette question [et
si l’on répond d ’une manière, le jury peut poser de nouvelles questions pour
connaître l ’autre façon de faire].
► La première consiste à dire que la relation M N -\- N P = M P est une
conséquence directe des axiomes d’un espace affine, ou bien fait partie de
ces axiomes, suivant le type d ’axiomes que l’on a choisis. Je rappelle deux
définitions possibles d’un espace affine E associé à un espace vectoriel E ([7],
Chap. 1) :
20 CHAPITRE 1. INTRODUCTION

Première définition — E est un espace affine associé à E s’il existe


une loi externe :
£■ X E — > E
(M, 1?) I— »• M + 1Î
vérifiant les trois axiomes :
A l. W M e E M + t = M,
A2. WM € E € E { M + 11 ) + !^ = M + Çu+~v),
A3. yM ,N eE 3\u e E M + li=N.
Il faut savoir que :
- L’axiome A l est une conséquence des deux autres.
- L’axiome A3 permet de définir la notation M N : par définition, M N
représente l’unique vecteur tel que M H- M N = N.
A partir de là, la relation de Chasles devient une conséquence directe des
axiomes : si M, N, P E E, l’axiome A2 permet d’écrire :

M + { MN + N P) = {M + MN) + N P = N + N P = P,

puis d’obtenir M N + N P = M P en utilisant A3.

Seconde définition E est un espace affine associé à E s’il existe


une application :
ip : E X E E
(M, N) MN
telle que :
B l. y M , N , P e E M N + N P = MP,
B2. Pour tout point M de E, l’application :
V’m • ^ ^ ^ ^
N ^ MN
est bijective.
Dans cette deuxième présentation, la relation de Chasles EST un axiome !
► La seconde façon de répondre à la question du jury consiste à se placer
dans une axiomatique de type Euclide-Hilbert, ce qui revient pratiquement à
supposer que l’on fait de la géométrie en collège à partir d’une connaissance
innée des points et des droites et de certaines propriétés qui les régissent. Dans
ce cas, la relation de Chasles est une conséquence de la définition de la somme
de deux vecteurs, et pour bien comprendre, il faut commencer par donner une
définition convaincante d ’un vecteur à partir des points du plan V.
La question est :
1.3. RÉPONSES 21

Comment définir le vecteur M N ?


On utilise la relation d’équipollence définie dans l’ensemble V x V des bipoints
du plan en posant :
{A, B) 1Z {C, D) A B DC est un parallélogramme.
Dans cette définition, il convient de considérer des parallélogrammes au sens
large, c’est-à-dire éventuellement aplatis.
Je ne définis donc pas un parallélogramme comme étant un quadrilatère (non
aplati) dont les côtés opposés sont parallèles. Je préfère dire que ABD C est
un parallélogramme si et seulement si les diagonales [AD\ et [BC\ ont même
milieu.
On vérifie alors que la relation d ’équipollence est une relation d ’équivalence :
• R est réfiexive car A B B A est un parallélogramme aplati, les diagonales
[AB\ et [BA\ ayant même milieu !
• 1Z est symétrique car :
(A, B) TZ {C, D) ^ A B D C est un parallélogramme
4^ [AD] et [BC] ont même milieu
44- [CB] et [DA] ont même milieu
44- CD B A est un parallélogramme
{C,D)n{A,B).
• TZ est transitive. Il s’agit de vérifier l’implication :
{A,B)TZ{C,D) \
{A,B)n{E,F),
{C,D)TZ{E,F) /
ce qui a été fait à la Question 1.3.

Par définition :
On appelle vecteur du plan V toute classe d ’équivalence pour la
relation d ’équipollence. Si M, N sont deux points de P , la classe
d ’équivalence du bipoint (M, N) est notée M N et appelée vecteur
M N . Ainsi M N = {{U, V) e V x V / {U, V) TZ (M, N)}, et (M, N)
est un représentant du vecteur M N d ’origine M et d ’extrémité N.
On remarque que :

A B ^C D 44 {A,B)n{C,D)
44 ABD C parallélogramme (au sens large).
Bien entendu :
22 CHAPITRE 1. INTRODUCTION

Le plan vectoriel associé au plan V n ’est autre que l’ensemble quo­


tient {V X V)/'lt. On le note V .

Il ne reste plus qu’à définir l’addition de deux vecteurs en utilisant la relation


de Chasles. Si "u, 1? € P , il existe B, D et F tels que "u = BD et~v = DF,
et l’on pose naturellement :

Il +~v = BF.

Cette définition a un sens car est indépendante du choix des représentants


(B,D) et (D,F) des vecteurs l î et ~v. En effet, si 1? = AC et ~v = CE
comme sur la f i g 1.1, on est amené à ^oser l î + ~v = A E et à obtenir le
même vecteur somme puisque B F = AE, cela ayant été démontré plus haut
dans la preuve de la transitivité de 1Z.

R em arq u es — 1) On définirait la multiplication d ’un vecteur l î = AB


par un réel A en posant Xï t = AC où C est le point de la droite (AB) tel
que AC = XAB, et en vérifiant que cette définition est bien indépendante du
choix du représentant {A, B) de lî.

2) Des axiomes spécifiques de la géométrie euclidienne ont été utilisés pour


démontrer que la relation d ’équipollence était une relation d’équivalence. Ces
axiomes permettent de graduer une droite et de parler de mesures algébriques
sur une droite, puis de disposer du Théorème de Thalès. Cela ne sera plus
possible dans d ’autres géométries.
Un plan est différent d ’une sphère, et les « droites » de ces deux ensembles
doivent forcément être différentes...
En géométrie sphérique, on se place sur une sphère S, et l’on appelle droite
(sphérique) tout grand cercle de S. Deux points distincts >1 et R de <S étant
donnés, l’unique droite (sphérique) passant par ces deux points est appelée
droite (AB). On définit aussi le segment (sphérique) [AB] comme étant le
petit arc de grand cercle joignant les points A et B.
On dit alors que le quadrilatère ABCD est un pseudo-parallélogramme si les
segments [AC] et [BD] ont même milieu. Avec ces nouvelles définitions, on
peut encore définir une relation d ’équipollence entre bipoints en posant :

{A, B) TZ {C, D) ABD C est un pseudo-parallélogramme,

mais on montre que cette relation n ’est plus transitive [2].


La relation d’équipollence est une relation d’équivalence dans le plan mais ne
l’est plus sur la sphère !
1.3. RÉPONSES 23

La structure vectorielle, qui apparaît si naturellement quand on travaille en


géométrie euclidienne, n’est plus une évidence dans d ’autres géométries exo­
tiques. La structure vectorielle sous-jacente est en quelque sorte une spécificité
de la géométrie euclidienne !

R ép o n se 1.5 On connaît le résultat suivant :

T h éo rèm e — L’intersection d ’une famille de sous-espaces


afiînes de E est soit vide, soit un sous-espace affine de direction
l’intersection Fi des directions des Fi.
Preuve — Si l’intersection H ie/ n’est pas vide, elle contient au moins un
point Ay et l’on peut écrire :

MeÇ\Fi ^ yiel AÛ^^i ^ ÂM ef]M


ie i ie i
M e A+ f]%
tel

ce qui montre que f)ie/ Fi = A + ^ et permet de conclure.

R ép o n se 1.6 On a :

M eFnG Â M G F et B M G ^
^ Â B = A M + M B avec A M G F et B M G G.

Ainsi F n G ^ 0 entraîne A B € F + G. Réciproquement, si A B G F -|- G, il


existe 11 G F et 1? G G tels que A B = Ht + ~v. Si M désigne l’unique point
tel que A M = "u, on a M G F , et de A B = A M -I- on tire ~v = M B G G
soit M € G. Finalement M appartient à F n G, et F n G ^ 0 .
On a démontré l’équivalence

FnG ^0 A B eF + 'â.

• Si F n G n ’est pas vide, un Théorème classique du cours (Question 1.5)


montre que F O G est un sous-espace affine de direction F D G. La preuve
consiste à choisir un point A de F n G puis écrire :

M G FnG A M G F et A M G G AM G FO G M e A+FnG.
24 CHAPITRE 1. INTRODUCTION

R ép o n se 1.7 Soient E et F deux espaces affines de directions E et F.


Une^app^ation / : E F est dite affine s’il existe une application linéaire
l :E F telle que :

\/M,NeE f (M) / (N) = 1{MN). (A)

Dans ce cas, l est appelée partie linéaire de / ou application linéaire associée


à / , et on la note l = L( f ) . Il est facile de vérifier que l’assertion (j4) est
équivalente à l’une des trois assertions suivantes :

30 e E УМе Е f { 0 ) f { M ) = l{0M),
yU ,N EE f { N ) = f { M ) + l(MN),
30 e E \/Me E f { M ) = f { 0 ) + l{0M).

Si O désigne un point de E, et si l’on pose O' = / (O), on peut définir ainsi


les bijections (po et ф(у issues des structures affines de E et F :

<Pq : e —> E ipQt : F —> F


~u O + ~u ~v 1—^ O' + ~v

On renaarque que l’application l qui rend le diagramme :

E / F
4>o Фо'
~E F

commutatif (autrement dit telle que l’on ait / = ф0,о 1о(р^) est l’application
l:E F définie par l{OM) = f (O) f (M). C’est exactement celle à laquelle
on s’intéresse !
Si l’on appelle vectorialisé de E au point O l’espace affine E muni de la struc­
ture vectorielle induite par celle de E via la bijection <
pq , si l’on note commodé­
ment E q ce vectorialisé, et si l’on note de la même manière Fo> le vectorialisé
de F en O', les applications <Pq et ф0, deviennent des isomorphismes d’es­
paces vectoriels, et le diagramme précédent permet d’énoncer cette définition
équivalente :
Une application f de E dans F est affine si et seulement si elle est
linéaire entre les vectorialisés E q et F q/ de E et F.
1.3. REPONSES 25

R ép o n se 1.8 Soient E la direction de E, et TZ = {O, i , j ) nn repère


de E. Par définition, une application / de dans E est affine si et seulement
si il existe un endomorphisme l de E tel que

\/M eE f { 0 ) f (M) = l{OM). (t)

On dit alors que l est la partie linéaire de f (ou encore : l’application linéaire
associée à f). Notons (x, y) et (x', y') les coordonnées de M et de M ' = / (M)
dans le repère TZ. Si :
M
■ e n
désigne la matrice de l dans la base ( i , j ), et si (c, / ) représentent les coor­
données de / (O) dans le repère TZ, la traduction matricielle de (f) est :

ce qui s’écrit aussi :


x' = ax + by + c
y' = dx + ey + f.
Nous venons d ’obtenir les formules analytiques qui définissent / . Une appli­
cation f : E E est donc affine si et seulement si elle admet ce type de
représentation analytique dans un repère affine donné. D’après le cours, / est
bijective si et seulement si sa partie linéaire l est bijective, et cela revient à dire
que le déterminant de la matrice M de f n ’est pas nul. Ainsi / est bijective si
et seulement si ae —b d ^ 0.

R ép onse 1.9 a) Rapportons la plan 7^ à un repère 1Z = (O, i , j )■ Dans


ce repère, la droite D admet une équation cartésienne de la forme ax+by-hc =
0. On décide alors de partager le plan en trois parties : la frontière D et les
ensembles :
J D+ = {M (x, y) e P / ax-h by + c > 0}
I D - = {M (x,y) e P / ax + by + c < 0},
et de dire que D+ et D - sont les deux demi-plans ouverts de frontière D. Par
construction, la famille {D, £>+, D_} est une partition du plan. Cette partition
ne dépend que du choix de D pour les deux raisons suivantes.

Première raison — La partition est indépendante du choix de l’équation


de D dans un repère P donné. En effet, si a'x + b'y + cf = 0 est une autre
26 CHAPITRE 1. INTRODUCTION

équation cartésienne de D dans R les familles (a,b,c) et {a!,h',d) sont pro­


portionnelles, et :
ax + hy-\-c>Q ^ a'x + h'y + d > 0 ,
ou : i l ,
ax + by-\-c>Q ^ a x -f h y -f c < 0,
suivant le signe du coefficient de proportionnalité. Les partitions associées sont
donc les mêmes. On conclut que la partition {£), £)_} ne dépend que de
la droite D et du repère utilisé.

Seconde raison — Ayant défini les demi-plans ouverts de frontière D pour


un repère TZ donné, on démontre les quatre propriétés classiques de ces demi-
plans comme on le fera dans les questions b) à e) qui suivent. Ces propriétés
montrent que, pour un repère R donné et un point A n ’appartenant pas à D,
le demi-plan ouvert D+ de frontière D contenant A est :

Da = { M € E / [ A M ] n = 0} .

Si B est un point quelconque qui n ’appartient pas à DU D a , on constate de


même que le demi-plan ouvert D- de frontière D contenant B est :

D b = { M € E ( [BM] DD = 0 }.
La partition {D, D+, D - } s’écrit {D, D a , D b } et se trouve maintenant définie
de façon indépendante du repère utilisé.

b) Soit D une droite du plan V. On peut toujours choisir un repère carté­


sien TZ = (O, i , j ) tel que l’équation de D dans ce repère s’écrive x = 0,
autrement dit tel que l’axe des ordonnées du repère coïncide avec D. Avec ce
choix, fait une fois pour toutes pour les questions qui suivent, on a :

r D+ = { M { x , y ) e V / x > 0 }
\ D_ = { M { x , y ) £ V / x < 0 }

et il devient facile de vérifier que £)+ est convexe. En effet, si M {xM,yM) et


N (xN,yN) appartiennent à D+, alors xm > 0 et xn > 0. Tout point T du
segment [MN] est un barycentre à coefficients positifs de M et N. Il existe
donc t G [0,1] tel que M soit le barycentre de M (1 —i), N (t). Mais alors
l’abscisse xt est le barycentre de xm (1 — t) et æjv (t)> soit :

= (1 - 1) Xm + tXN
donc æt > 0 et T € L>+. Cela montre aussi que :
VM,N€D+ [ MN] c D+
1.3. RÉPONSES 27

ce qui prouve que £)+ est convexe.

R em arq u e — On a sciemment évité d ’utiliser des applications affines, ce


qui peut se faire comme on peut le voir dans les réponses aux Questions 56,
57 et 58 du recueil [16].

F ig . 1.3 - Propriétés des demi-plans

c) Avec le repère et les notations choisis au b), si (M, N) e D+ x D- alors


xm > 0 et xn < 0. Un point T appartient au segment [MN] si, et seulement
si, il existe t G [0,1] tel que ses coordonnées soient :

I (l — t ) x M + iXN \

\ (1 - i) 2/M +

Comme :
XM
(1 — t) X m P txp f — 0 t =
Xm - xn
on constate que [MN] coupe D en un seul point.

d) Par hypothèse M { x m ^Vm ) G £>+ donc xm > 0, et une droite A passe


par M en étant parallèle à D. Avec le choix de repère fait en b), A sera parallèle
à l’axe des ordonnées, donc sera d ’équation x = x m - Toutes les abscisses de A
seront donc strictement positives, soit D C £>+.

e) Par hypothèse M (x m ^Vm ) G D donc x m = 0, et N {xN,yM) € £>+ donc


Xm > 0. Un point T {x t , Vt ) appartient à la demi-droite ]MN) si, et seulement
28 CHAPITRE 1. INTRODUCTION

si, il existe A € RÜL tel que MT = XMN, ce qui s’écrit :

XT - XM XN - XM
= A
Ut - VM UN - Vm

Ainsi xt = Xxn > 0 donc T € D+. On a montré l’inclusion ]MN) c D+.

R ép o n se 1.10 Le plan P est appelé plan médiateur de [AB] ( f i g . 1.4). On


connaît la définition des demi-espaces et les propriétés classiques les concer­
nant.
Ici, E a et E b sont bien les deux demi-espaces ouverts de frontière P , de sorte
que {P,Ea ,Eb } soit une partition de E. En effet, si A et P appartenaient
à un même demi-espace ouvert F de frontière P, on aurait [AB] C F par
convexité du demi-espace, et le milieu I de [AB] appartiendrait à P , ce qui
est impossible puisque I £ P.

F ig . 1.4 - Régionnement de l’espace par un plan médiateur

Notons sp la réflexion par rapport à P. On a, sp (A) = B.


- Si M G P , alors MA = MB puisque la réflexion sp conserve les distances.
- Si M G Ea , le segment [BM] coupe le plan P en un point N. Le point N
n’appartient pas à [AM] (sinon la convexité de Ea donnerait N G [AM] C Ea ,
ce qui est absurde puisque P et E a sont disjoints) et l’inégalité triangulaire
permet d ’écrire :

MA < MN + NA = MN + NB = MB.

- Si M G Eb , on raisonne comme ci-dessus pour obtenir MB < MA.


1.3. RÉPONSES 29

On a montré les trois implications suivantes :

( 1) M € A : M A = MB,
( 2) M G Ea >MA<MB,
( 3) M G Eb >MB<MA.

En fait, il est facile de vérifier que ces trois implications sont des équivalences,
car les ensembles { M j M A = MB}, { M / M A < M B ] et { M f M B < MA]
d’une part, et P, E a , E b d ’autre part, forment des partitions de E.
Par exemple, pour montrer que l’implication (2) est une équivalence, on sup­
pose que l’on a M A < MB, puis on raisonne par l’absurde : si M appartenait
à A ou à E b , on aurait M A = M B ou M B < M A (utiliser (1) et (3)), ce qui
est impossible, donc M appartient à E a -

R ép o n se 1.11 Montrons le résultat plus complet suivant (extrait de la


Section 4.2.3 de [l: ]):
Théorèm e - - (C a ra c té risa tio n m é triq u e d ’u n seg m en t, d ’u n e
dem i-droite) Avec les notations de la FIG. 1.5 :
1) M G [AB] ^ A B = A M + MB,
2) M e [Ax) M B = MA + AB ^ A e [MB],
3) M e [By) AM = AB + B M ^ B e [AM].
Preuve — Première méthode — L’égalité a lieu dans l’inégalité de Minkowski
11« -t- UII < ||fi|| + ll^ll si et seulement si « et « sont colinéaires et de même sens
(Question 3.20 p. 58). On peut donc écrire :

AB = AM + MB ||AM-|-MR|| = ||AM|| + ||MR||


MB = 0 ou il existe A > 0 tel que AM = XMB
M = B ou ü existe A > 0 avec (1 -|- A) AM = XAB
^ M = R ou il existe /i G [0,1[ tel que AM = ¡xAB
^ M e [AB],

ce qui prouve le premier point. Les deux autres points se traitent de la même
façon. Par exemple, 2) se montre en écrivant :

MB = MA + AB ^ ||ii^ -|-Z B || = ||M]I||-|-||ÂB||


4^ 3A > 0 tel que M A = XAB
3A > 0 tel que A M = XBÀ
M e [Ax).
30 CHAPITRE 1. INTRODUCTION

A B M

MB

MA

F ig . 1.5 - Vers des caractérisations métriques

Seconde méthode — On choisit un repère orthonormal (O, i , j ) tel que O


soit le milieu de [AB\ et i soit colinéaire et de même sens que AB. On note
(—1,0), (/,0) et (æ, y) les coordonnées de A, B et M dans ce repère. Traitons
seulement le cas 1), les deux autres étant similaires. On a (comme dans la
leçon sur la définition bifocale d’une ellipse, mais en plus simple) :
AM + M B = AB ^ AM^ + MB^ + 2A M . MB = i P
^ {x + i f + + (x - i f + y2 q. 2AM. MB = 4/2
^ A M . MB = l^ - x ^ y
En élevant au carré et en simplifiant :
/2 —x2 — > 0
A M + M B = AB
((æ + l Ÿ + y 2 )((x - /)2 + y2) = (/2 x‘ - y 2^2
)
®2 + y2 < P
y= 0
\ x \ <l
^ M e [AB].
y= 0

R ép o n se 1.12 Cette caractérisation métrique d ’une droite est obtenue en


utilisant trois fois la caractérisation métrique d ’un segment (Question 1.11) :
' M € [AB] ( AB = AM + M B
M e {AB) < ou ^ G [MB] < ou M B = M A + AB
^ on B € [AM] [ on A M ^ AB + BM. m

R ép o n se 1.13 II suffit de connaître une solution particulière de l’équation


O M . u = k pour savoir la résoudre entièrement. Il est alors en effet très facile
d’utiliser la linéarité pour écrire :
OM. U = k 4^ OM. U = OM q. u M qM . u = 0 ,
1.3. REPONSES 31

et conclure : l’ensemble cherché est l’hyperplan passant par Mo et orthogonal


à la droite E uf .
Cherchons donc un point Mo solution. On peut chercher un tel point sur la
droite D passant par O et de vecteur directeur 1?. Dans ce cas, il existe A G M
tel que OM q - Xu, et :

OM q. U = k A ||w |f = /c ^ A= I2-
U

Ainsi, le seul point-solution sur D est le point Mo défini par OM q = U .


et ce point nous permet de conclure.

R ép o n se 1.14 Soient A et B deux points distincts du plan. La médiatrice


d ’un segment est au choix :
(a) La droite perpendiculaire à ce segment, passant par son milieu.
(b) L’ensemble des points équidistants des extrémités du segment.
Montrons que ces deux définitions sont équivalentes. Pour cela notons Д la
droite perpendiculaire à [AB\ passant par le milieu I de [AB], et £ l’ensemble
des points M du plan tels que M A = MB.

Preuve de l’inclusion A C £ — Si M G A, les triangles M I A et M IB sont


rectangles en M et le Théorème de Pythagore donne :
MA^ = M P + lA^ = MI^ -b IB^ = MB^
d’où M A = M B, ce qui prouve que M G 5.

Preuve de l ’inclusion £ C A — Si M A = M B, appelons H le projeté


orthogonal de M sur (AB). Les triangles M H A et M H B sont rectangles
en H, et possèdent deux côtés respectifs égaux. Le Théorème de Pythagore
donne HA^ = M J ^ - MH^ = MB^ + MH"^ = HB^, ce qui prouve que
HA = HB, donc que H = I. Par conséquent M G A.

R ép o n se 1.15 Plusieurs réponses sont possibles suivant le cadre dans


lequel on se place.
- Si l’on se place dans le cadre de l’axiomatique d ’Euclide-Hilbert, ou d ’une
axiomatique de ce type adaptée à l’enseignement au collège, on dira qu’une
droite est une partie du plan, dans lequel on travaille, qui vérifie certains
axiomes. Notre plan géométrique est ici défini comme un ensemble d ’éléments
appelés « points », qui contient des parties appelées « droites », qui vérifient
certains axiomes comme l’axiome n°5 d ’Euclide suivant lequel par un point
donné il passe une et une seule parallèle à une droite donnée, sachant que
32 CHAPITRE 1. INTRODUCTION

deux droites sont dites parallèles si elles sont confondues ou d ’intersection


vide.
- Si l’on se place dans l’axiomatique espaces vectoriels-espaces affines, bien
commode puisque c’est celle qu’on utilise pour présenter toutes les notions de
géométrie à l’université dans un cadre plus général que celui de plan d ’Euclide,
on dira simplement qu’une droite est un espace affine de dimension 1, comme
d’ailleurs un plan sera un espace affine de dimension 2.
Autrement dit, un droite d ’un espace affine E de direction E est une partie
de E de la forme :
eE /Â M е Щ

où A est un point (un élément) de E et Z? une droite vectorielle de l’espace


vectoriel E. Un tel ensemble est souvent noté A + D. L’ensemble D est une
droite vectorielle, donc par définition un espace vectoriel de dimension 1, et à
ce titre D possède une base à un seul élément Tt (non nul). On peut écrire
D = Ж1? si l’on travaille avec des espaces vectoriels sur Ж, et la droite A + D
s’écrit alors :

V {A ,u) = ^ M e E / 3 \ e R ÂM = X u^

comme on peut l’exprimer dans le secondaire dès que l’on possède la notion de
vecteur. On dit que T>{A, "u ) est la droite passant par A de vecteur directeur "u.

R em arq u e — Dans un concours comme le CAPES, il est essentiel de pou­


voir définir un point, une droite ou un plan si cela est demandé à l’oral. Le
jury essaie en effet de vérifier si le candidat a des idées claires à ce sujet !

R ép o n se 1.16 VRAI. Les vecteurs « ( —1; 2; 1), v(3; 2; —1) et го (5; 6; —1)
sont coplanaires si et seulement si le déterminant :

-1 3 5
A= 2 2 6
1 -1 -1
est nul. En développant suivant la première colonne :

2 6 3 5 3 5
A = ( - 1) -2
-1 -1 -1 -1 2 6
= ( - 1) x 4 - 2 x 2 - | - 8 = 0

Les vecteurs proposés sont donc coplanaires.


1.3. RÉPONSES 33

R em arq u e — Si on désire répondre en restant dans le programme de ter­


minale S de l’année 2014-15, il faut vérifier que l’un des vecteurs proposés est
combinaison linéaire des deux autres. On peut par exemple chercher s’il existe
deux réels a, b tels que :

= a

c’est-à-dire
' -0-1-36 = 5
(S) ^ 20-1-26 = 6
a —b= —1.
On a :

' - ( 6 - 1 ) -H 3 6 = 5
(S) 2 ( 6 - 1 ) -H 2 6 = 6

0= 6—1.
donc tout va bien.

R ép o n se 1 .1 7 1Dans les programmes [22], et sur les manuels de terminale,


on emploie plutôt l’expression « représentation paramétrique » pour ne pas
créer de difficultés supplémentaires aux élèves qui, entendant parler d’équa­
tions, imagineraient que l’on est obligatoirement en train de vouloir résoudre
une équation.
Et effectivement, une équation est une égalité qui contient plusieurs variables,
et résoudre une équation consiste à déterminer les valeurs que peuvent prendre
ces variables pour que l’égalité soit satisfaite. On s’éloigne un tantinet de l’idée
de représenter une droite ou un plan de l’espace.
Cependant utiliser l’expression « équations paramétriques » n’est pas un pro­
blème en soi si l’on sait de quoi l’on parle, cette expression mettant l’accent
sur l’existence de paramètres qui varient dans un ensemble donné, et qui déter­
minent les valeurs possibles d’autres paramètres : les coordonnées des points
qui nous intéressent.
Sur une encyclopédie, on peut lire : « une équation paramétrique est une
équation particulière définissant un ensemble géométrique, comme une droite
ou un arc géométrique, ou plus généralement un sous-espace affine ou une
hypersurface » [24].
34 CHAPITRE 1. INTRODUCTION

R ép o n se 1.18 On peut, bien sûr, écrire des équations paramétriques de


ce plan, et éliminer les deux paramètres, mais il est plus rapide de développer
le déterminant :
x —2 — 2 — 2
A= y - 5 -4 -1
Z -6 9

et de l’annuler, ce qui revient à écrire que le système de vecteur {AM, AB, AC)
est lié, autrement dit que A M 6Yoct{AB,AC). On obtient :

A = - 4 2 ( æ - 2 ) + 3 0 ( y - 5 ) - 6z
= —42æ + 30y —Qz —66.

Une équation du plan est donc : 7a: —5y + 2+ 11 = 0.

R ép o n se 1.19 a) Voir FIG. 1.6.


b) On a C (—1,0) et D (0, —2). Ces points sont placés sur la FIG. 1.6.

F ig . 1.6 - Question 1.19

c) On a :

a; —0 2—0
M G {AE) ^ d e t(lM , ÂE) = 0 = 0
y - 1 - 2-1
3x + 2y - 2 = 0.

Une équation de la droite {AE) est 3x + 2y —2 = 0. On a

x -2 2- ( - l )
M G {BF) ^ det{FM, BF) = 0 ^ = 0
y-0 0-1
X + 3y —2 = 0.
1.3. REPONSES 35

Une équation de la droite (AE) est x + 3y — 2 = 0. Les coordonnées de H


vérifieront donc la système :

Sx + 2y = 2
(S)
{ X "I” 3y = 2.

Le déterminant de (S) est A = 3 x 3 —1 x 2 = 7, et les formules de Cramer


donnent :
1 2 2 _ 2 3 2 4
x = ~7 2 3 et J/ = -7
“ 7 1 2 7‘
Les coordonnées de H sont donc (2/7,4/7). Le point H appartient à la hauteur
du triangle OFA issue de O si et seulement si OH. A F = 0, ce que l’on vérifie
aisément :

Ô 3 . I ? = ( ^ ; ? ) . ( _ \ ) = ? x 2 + i x ( - l ) = 0.

R em arq u e — Le lecteur intéressé par une démonstration géométrique de


cette propriété dans le cas général pourra se référer à la Question 197 de [17].

R ép o n se 1.20 Les droites A et £> admettent u (—1, 2, 1) et u ( 1, 2, 1)


comme vecteurs directeurs. Ces vecteurs ne sont pas colinéaires, donc A et D
ne sont pas parallèles. Examinons si ces deux droites sont sécantes. Un point M
appartient à A D £> si et seulement si ses coordonnées {x, y, z) sont telles qu’il
existe des réels i et u qui vérifient :

x = l —t = —A + u
j/ = 2 + 2f = 4 + 2u
z = l + i = 2+ u.

On a :
( l - t = - i + u
( t = 5 -U f 2u = 4 j u=2
2 "h 2t — ^ 2u
t=S
l -\-1 = 2 U

donc A et £> s’interceptent en un point, et sont coplanaires.

R ép o n se 1.21 On peut construire un triangle ABC, rectangle en A tel


que AB = <j) si et seulement si la relation de Pythagore :

BC^ = AB^ + AC^,


36 CHAPITRE 1. INTRODUCTION

qui s’écrit AC^ = BC^—A B “ ^, permet d ’obtenir la longueur non nulle AC. Cela
revient à écrire que BC^ —A B “ ^ > 0. En effet, une fois que nous connaissons
une longueur AC valide (c’est-à-dire strictement positive), il est très simple
de construire deux droites perpendiculaires D\ et D 2 se coupant en A, puis
choisir un point B sur Di et un point C sur tels que A B = (f>et AC tel
qu’indiqué, pour obtenir un triangle rectangle A B C qui répond à la question.
On veut en outre que ce triangle soit d ’or, ce qui signifie qu’un rapport de
deux côtés du triangle où figure A B vaut <p.
Il y a six cas à envisager :

AB
• = (f> BC = 1 ^ AC^ = BC^ —AB^ = 1 —(f>^ < 0, à rejeter.

BO
• = 4> ^ BC = ACP' = BCf^ —A B “
^= —<f>^ > 0, è, retenir.

AB
• = (¡) <^ AC = 1, et le triangle est facile à construire.

AC
• -7 ^ = ^ O AC = 0 ^, et le triangle est facile à construire.
Ali

AC
• = <f> AC - (j)BC et dans ce cas :
Ij U
BC^ = AB^ + AC‘^ ^ BC^ = <P'^ + (I>^BC^ ^ BC^ = r
l -<^2 < 0
donc le triangle n ’est pas constructible.

BC . _ ,
• = <p BC = (pAC et dans ce cas :

BC“
^ = AB"^ + AC“
^ ^ (p'^AC^ = <i>^ + AC^ AC^ = >0
<p^-l
donc le triangle est constructible.

Les seules valeurs possibles de AC sont donc :

\ f ^ - ^ ; 1; et y ^.

Comme = 0 -I-1, on a -I-1)^ - (^^ = 20 -h 1 et :

- 1 = ~r
1.3. RÉPONSES 37

d ’où finalement 4 valeurs possibles pour AC : 1, <j), ou y/24>+ 1.

R em arq u e — On aurait pu rejeter les cas ^ et ^ = (¡>plus rapide­


ment en remarquant que l’hypoténuse [BC\ du triangle rectangle A B C doit
toujours être plus longue qu’un côté de l’angle droit, ce qui nécessite d ’avoir
^ < 1 et ^ < 1, et en rappelant que <f)> 1.
38 CHAPITRE 1. INTRODUCTION
Chapitre 2

Théorème de Thalês

2.1 Minimum vital


Q u estio n 2.1 On se place au niveau de la classe de quatrième. Plus précisé­
ment, on suppose que l ’on dispose des propriétés et caractérisations usuelles
du rectangle, ainsi que de l’équivalence entre les assertions « le triangle A B M
est rectangle en M » et « M appartient au cercle de diamètre [AB\ », mais
on demande que le Théorème de Thalès ou sa réciproque ne soient pas utilisés
dans les raisonnements proposés. En respectant ces contraintes, démontrer les
trois résultats suivants connus sous le nom de « Théorème de la droite des
milieux » :
a) La droite joignant les milieux de deux côtés d’un triangle est parallèle
au troisième côté.
b) Si I (resp. J) est le milieu de [AB] (resp. [AC]J, alors B C = 27J .
c) La droite passant par le milieu d ’un côté d’un triangle et parallèle à un
autre côté coupe le troisième côté en son milieu.

Q u estio n 2.2 Un jury d’oral demande au candidat de démontrer que la droite


qui joint les milieux de deux côtés d’un triangle est parallèle au troisième côté,
comme il pourrait le faire en classe de quatrième. Le candidat propose la dé­
monstration suivante :
« Si I et J sont les milieux respectifs des segments [AB] et [AC], je trace le
symétrique W d e l par rapport à J. Le quadrilatère lA W C possède des diago­
nales qui se coupent en leur milieu. Il s ’agit donc d’un parallélogramme et je
peux affirmer que les segments [IA\ et [CW] sont égaux et parallèles. Comme I
est le milieu de [AB], j ’en déduis que les segments [BI] et [CW] sont égaux et
parallèles. Cela prouve que le quadrilatère B IW C est un parallélogramme, et
donc que IW = BC. Comme I J = IW/2, j ’obtiens I J = BCf2. »

39
40 CHAPITRE 2. THÉORÈME DE THALÈS

Certains membres du jury hochent de la tête, puis l’un d’entre eux demande au
candidat s ’il est bien sûr que son raisonnement est complet ? Est-il seulement
juste ? Que va répondre le candidat ?
Q uestion 2.3 En utilisant uniquement le Théorème de la droite des milieux,
démontrer que le projeté du milieu d’un segment est égal au milieu du segment
projeté.
Q uestion 2.4 Enoncez le Théorème de Thalès dans le triangle, puis proposez
une démonstration utilisant uniquement les axiomes d ’un espace affine. Utili­
sez ce « Théorème de Thalès dans le triangle » pour démontrer le Théorème
de Thalès « général » concernant trois parallèles et deux sécantes.
Q uestion 2.5 (Oral du CAPES externe 2005) Proposez une démonstration
du Théorème de Thalès qui utilise des aires.
Q uestion 2.6 Enoncez et démontrez la réciproque du Théorème de Thalès.
Q uestion 2.7 La réciproque du Théorème de Thalès est-elle vraiment une
réciproque ?
Q uestion 2.8 Une mesure algébrique de bipoints dépend du choix d ’un vec­
teur directeur sur la droite considérée. Or le Théorème de Thalès s ’intéresse
à des quotients de la forme A B / A C où A, B, C sont des points alignés. Ces
quotients A B / A C doivent donc dépendre du choix d’un repère sur la droite
(AB) et (AC), ce qui est ennuyeux. Qu’en pensez-vous ?

2.2 Entraînement
Q uestion 2.9 Soit ABCD un trapèze de bases [AB] et [CD]. Les droites
(BC) et (AD) se coupent en L, et les diagonales (BD) et (AC) se coupent
en M. La droite (LM) coupe (AB) en I et (CD) en J. La parallèle à (AB)
issue de M coupe (AD) en U et (BC) en V. En utilisant seulement le Théo­
rème de Thalès, montrer que :
a) M est le milieu de [UV],
b) I est le milieu de [AB], et J est le milieu de [CD],
c) la division (L, M, I, J) est harmonique.
2.2. ENTRAÎNEMENT 41

Q u estio n 2.10 On considère la figure ci-dessous. Démontrer que


ÂB A'B'
ÂC A’C

Q u estio n 2.11 (Oral 2 du CAPES externe 2012) La figure ci-dessous repré­


sente un cube dont l’arête mesure 1 cm. On place les points I, J, K sur les
arêtes [FG\, [FE], [FB] tels que F I = F J = F K = x où x 6]0,1].
a) Quelle est la nature du triangle I J K ? Preuve.
b) Déterminer le volume du tétraèdre F I J K en fonction de x.
c) La perpendiculaire menée par F au plan {IJK) coupe ce plan en un
point M . La hauteur F M du tétraèdre F I J K est-elle proportionnelle à la me­
sure de la longueur F I ?
On s ’attachera à répondre à ces questions comme on le ferait devant des élèves
de seconde.
42 CHAPITRE 2. THÉORÈME DE THALÈS

2.3 Réponses
R ép o n se 2.1 a) Sur la f i g . 2.1 on a traxîé les milieux I et J des côtés
[AB\ et \AC] du triangle ABC. Soit H le pied de la hauteur issue de A du
triangle ABC.

F ig . 2.1 - Droite des milieux

Le triangle AH C est rectangle en H, donc H appartient au cercle de diamètre


[AC], et JA = JH. Le point J appartient donc à la médiatrice de [AH]. En
recommençant de la même façon avec le triangle rectangle ABH, on constate
que I appartient aussi à la médiatrice de [AH]. On en déduit que (IJ) est égale
à la médiatrice de [AH], et qu’à ce titre (IJ) est perpendiculaire à {AH).
Les droites {IJ) et {BC) seront donc parallèles, puisque perpendiculaires à la
même droite {AH).

b) Première solution — Sur la FiG. 2.2, nous avons tracé le milieu K de


[BC]. La question a) montre que les côtés opposés du quadrilatère I K C J sont
deux à deux parallèles. On en déduit que I K C J est un parallélogramme, et
donc que I J = KC. On obtient alors B C = 2KC = 21J comme annoncé.
Seconde solution — Plaçons-nous dans le cas de la f ig . 2.1 où f i G [BC]
(les deux autres cas de figures se traitant de la même façon) et notons U et V
les milieux de [HC] et [HB]. On vérifie comme précédemment que {UJ) et
( y i ) sont les médiatrices respectives de [HC] et [HB]. On en déduit que les
quadrilatères W H U J et W H V I possèdent chacun trois angles droits, donc
sont des rectangles. Par conséquent :

J W J = HU = UC
[ IW = HV = VB

et B C = B H + H C = 2VH + 2HU = 2IW + 2W J = 21J.


2.3. REPONSES 43

F ig . 2.2 - Réinvestissement de la question a)

R em arq u e — Le raisonnement proposé dans la seconde solution doit être


répété dans chacun des trois cas de figures qui correspondent à la position
relative de H par rapport aux points B et C. Si l’on ne se place plus au
niveau quatrième et si l’on s’autorise à utiliser des mesures algébriques, les
trois démonstrations n’en dorment plus qu’une : pour s’en persuader, il suffit
de remplacer toutes les distances écrites plus haut par des mesures algébriques.

c) Si A est une droite parallèle à (BC) qui passe par le milieu I de [AB],
elle coupe (AC) en un point J '. Si J désigne le milieu de [AC\, la question a)
montre que {IJ) est parallèle à {BC). Les droites A et {IJ) sont donc toutes
les deux parallèles à {BC), et passent par le même point I. Elles sont donc
égales, et J' = J.

R ép o n se 2.2 On trouve parfois cette preuve dans des manuels de quar-


trième, mais elle est incomplète, et donc fausse en l’état, parce qu’elle sous-
entend qu’un quadrilatère qui possède deux côtés opposés égaux et parallèles,
est un parallélogramme. Cette affirmation est vraie seulement si l’on suppose
que le quadrilatère n ’est pas croisé.
Qui plus est, cette preuve induit l’élève à l’erreur, car lui fait utiliser un résultat
faux qu’il risque d ’utiliser à son tour en supposant implicitement qu’il ne
travaille pas avec un quadrilatère croisé. Ce qui doit au moins être dit, mais
sera vraisemblablement seulement observé sur la figure.
Le jury a donc raison de s’inquiéter et de questionner le candidat. S’il est
préparé, celui-ci pourra répondre qu’il a préféré simplifier le problème en sous-
entendant implicitement que le quadrilatère lA W C était convexe, ceci pour
ne pas affoler les élèves tout en leur montrant la « beauté de ce raisonnement
très court ». Il pourra aussi rajouter :
- qu’il connaît un autre moyen de procéder (Question 2.1) ;
44 CHAPITRE 2. THÉORÈME DE THALÈS

- qu’il peut démontrer proprement que le quadrilatère B I W C n ’est pas


croisé en utilisant des propriétés classiques des demi-plans (voir ci-dessous).
Complément — Montrons que le quadrilatère B I W C n ’est pas croisé. Il
s’agit de montrer que 5 et C sont dans le même demi-plan de frontière (IW).
La droite {IW) partage le plan en deux demi-plans ouverts V a qui contient A,
et V* qui ne contient pas A. Comme le milieu I de [AB] appartient à la
frontière {IW), il est faoile de voir que B Ç. V* (en effet si B e V a alors
[AB] C V a par convexité du demi-plan V ai donc I € V ai ce qui est absurde ;
et si 5 G {IW) alors B = I = A, ce qui est encore absurde). De même J est le
milieu de [AC] et J G {IW), donc C €V*. Finalement B et C appartiennent
au demi-plan 7^*, donc B I W C n’est pas croisé.

R ép o n se 2.3 La FIG. 2.3 montre un segment [AB], son milieu I, et les


priDjetés A, D, J des points A, B, I sur une droite A parallèlement à une
direction d. La droite {AD) coupe {IJ) en M. Il suffit d’appliquer deux fois le
Théorème de la droite des milieux pour obtenir :

I milieu de [AB]
M milieu de [AD]
{IJ)I /{BD)

puis :
M milieu de [AD]

{ {IJ)//{AC)
J milieu de [CD].

Le milieu I de [AB] se projette donc bien sur le milieu J de [CD],

F ig . 2.3 - Projection du milieu d’un segment

R em arq u e s — o) Pour pouvoir parler des droites {AC), {BD) et {IJ)


on suppose implicitement que les points qui définissent ces droites ne sont
2.3. RÉPONSES 45

pas confondus. S’ils le sont, on change facilement notre fusil d ’épaule. Par
exemple, si A = C ou B = D, le résultat que l’on cherche à démontrer est
évident puisqu’il s’agit du Théorème de la droite des milieux. Si / = J , on
remplace la droite (IJ) par la droite passant par I et de direction d, et le
raisonnement que l’on a tenu est encore valide.
/в) La propriété demandée est une conséquence du Théorème de Thalès
énoncé dans le cas général de deux sécantes et de trois parallèles.
7) Le résultat démontré reste vrai si l’on remplace le plan par un espace af­
fine E de dimension finie n quelconque et si l’on considère une projection p sur
un sous-espace affine F parallèlement à un sous-espace affine G, avec comme
il se doit E = F Ф G. Eu effet, la projection p est une application affine,
et l’on sait qu’une application affine conserve les barycentres, donc aussi les
isobarycentres de deux points, c’est-à-dire les milieux de segments.

R ép o n se 2.4 On peut énoncer un premier « Théorème de Thalès dans le


triangle » :
T h éo rèm e — Soient OAA! et O BB' deux triangles non aplatis.
Si ^ € (OB) et A' G (OB'),

{AA!)/ / (BB') ^ O A ^ q ^ ^ ^ /•
^ ^ > OB Ш Ш
et le démontrer en n’utilisant que des conséquences immédiates des axiomes
des espaces affines et des espaces vectoriels. Cela donne une démonstration
simple et facile à retenir :

B'

F ig . 2.4 - Théorème de Thalès dans le triangle

P re u v e — Dire que (AA!) est parallèle k (BB') revient à affirmer l’existence


d’un réel k tel que B B ' = kAA'. Par hypothèse, il existe deux réels a et a'
tels que OB = q ÔÎI et OB' = o/ÔÂ', donc :

BB' = kAÀ' O B '-Ô B = k (Ô Â '-Ô l)


a'Ô A '-aÔ A = kÔÂ'-kÔA.
46 CHAPITRE 2. THÉORÈME DE THALÈS

Cela entraîne a = a' = k puisque les vecteurs OA et ÔÂ' sont linéairement


indépendants. Ainsi OB = OB' = kOA' et B B ' = kAA', donc :

1 OA OÀ AA
k~Ô B OB BB
Le « vrai » théorème de Thalès concerne une figure plus générale formée
par deux sécantes et trois parallèles. On le déduit du Théorème précédent en
travaillant encore un petit peu. Enonçons-le et montrons-le :
T h éo rèm e — Si trois droites strictement parallèles coupent deux
droites D et D' respectivement en A, B, C et A', B'^ C , alors
ÂB _ W W
ÂC ~ W C ''
P re u v e — Les trois droites étant strictement parallèles, A ^ C et A' ^ C',
donc les quotients écrits ont un sens. On envisage deux cas suivant que D
et D' soient parallèles ou non.

F ig . 2.5 - Configuration de Thalès

• Si et D' sont parallèles, les quadrilatères AA 'B 'B et AA'C'C sont des
parallélogrammes (aplatis si D = D'), donc A'B' = A B et A 'C = AC. Par
suite A'B' = A B et A 'C = AC et l’on a bien l’égalité des quotients.
• Si et D' se coupent en O, la parallèle à D' passant par A coupe {BB')
en Bi et (CC) en C\ ( f i g . 2.5), et le Théorème de Thalès dans le triangle
permet d ’écrire :
AB ÂBl WW
A C ~ A C ~ WC
en utilisant le premier cas de figure. ■
2.3. REPONSES 47

F ig . 2.6 - Thalès par les aires

R ép o n se 2.5 Sur la FIG. 2.6, le rapport A amn / A abn des aires A amn
et A ABN des triangles A M N et A B N est égal au rapport A M ¡AB, soit :

A amn AM
A abn AB
De la même façon :
A amn AN
A amc AC
Pour conclure à l’égalité des rapports A M / A B et A N ¡AC il suffit maintenant
de remarquer que les aires des triangles A B N et A M C sont égales. En effet,
les triangles M B N et N M C ont même base [MN] et {BC) ¡¡{MN), donc
A m BN = A n MC et A abn = A amn + A mbn = A amn + A nmc = A amc -
R em arq u e — Cette preuve par les aires, proposée par Euclide d ’Alexandrie
(IIP s. av. J.-C.) dans le volume VI des Eléments [3], a été l’objet de questions
enchaînées dans la seconde composition du CAPES interne 2000.

R ép o n se 2.6 L’énoncé suivant n ’est pas à strictement parler la réciproque


du Théorème de Thalès, mais l’usage veut qu’on l’appelle ainsi. Cette « réci­
proque » se démontre en utilisant le sens direct, comme pour le Théorème de
Ménélaüs et celui de Ceva. La voici :
T h éo rèm e (R écip ro q u e d u T h é o rè m e de T h alès) — Soient
deux sécantes D et D', trois points A, B, C sur D, et trois points
A', B', C' sur D'. On suppose que ces six points sont distincts
entre eux deux à deux. Si {AA') est parallèle à {BB') et si :

AB A'B'
ÂC
alors les droites {AA!), {BB'), {CC) sont parallèles.
48 CHAPITRE 2. THÉORÈME DE THALÈS

P re u v e — On utilise le sens direct. Soit C" l’intersection de la droite (AB)


et de la parallèle à {AA') passant par C. Le Théorème de Thalès donne :
AB A'B'
ÂC Â!C"'
AB A'B'
Comme = = = , on déduit :
AC A ie
A'B' ^ A'B'
~ lI C ''
d ’où AIC" = A i e puis C" = C .

R ép o n se 2.7 Non. La vraie réciproque, qui aurait dû s’écrire :

AB A'B'
{AJ^) H {BB') H { C C ) ,
HC A 'C
est fausse, comme le montre le contre-exemple de la FIG. 2.7. Pour obtenir un
énoncé valide, il faut renforcer les hypothèses en ajoutant le parallélisme de
deux sécantes, par exemple {AA') // {BB'). C’est l’usage qui nous fait parler
de la réciproque du Théorème de Thalès.

F ig . 2.7 - Contre-exemple

R ép o n se 2.8 Cela ne se passe pas ainsi! Si la mesure algébrique AB


d ’un bipoint {A, B) dépend du choix du vecteur directeur i sur la droite
où l’on travaille, choisir un autre vecteur directeur j ne fait que multiplier
les mesures algébriques par une constante. Par exemple, si A B ’ (resp. AB^)
désigne la mesure algébrique du bipoint {A, B) pour le choix d’un vecteur
directeur i (resp. j ) de la droite {AB), et si j = k i , alors :

A B = Â ^ i =AB^ j = A B ’k i
2.3. REPONSES 49

d ’où AB = kAB’’ . On montrerait de même que AC = kAC^ , de sorte que

ÂÉ ÂB'
AC AC-'
Si les mesures algébriques dépendent du choix d’un vecteur directeur de la
droite, les rapports de mesures algébriques de bipoints sont indépendants de
ce choix. L’énoncé du Théorème de Thalès a donc un sens sans qu’il soit
nécessaire de préciser des vecteurs directeurs sur les droites en question.

R ép o n se 2.9 a) Le Théorème de Thalès donne ( f i g . 2.8)

MU AM BM VM
CD AC BD CD
d ’où MU = VM , et M est bien le milieu de [UV].

F ig . 2.8 - Propriété du trapèze

b) Toujours d ’après Thalès :

IA LI BI -=—T = "FTr J r /101


IA BI IT milieu de [AB].
MU LM VM
On montrerait de même que J est le milieu de [CD].
c) Le birapport des quatre points L, M, I, J pris dans cet ordre est :

Par Thalès, on obtient :


, IA IA _
|i,M ,/,J)-= = : 1,
50 CHAPITRE 2. THÉORÈME DE THALÈS

ce qui signifie que la division {L, M, I, J) est harmonique.


R em etrque — Comme la division (L, M, I, J) est harmonique, le Théorème
de Thalès montre immédiatement que les divisions {L, V, B, C) et (L, U, A, D)
seront aussi harmoniques. La droite {UV) est donc la polaire de L relativement
aux droites {AB) et {CD)

R ép o n se 2.10 Le Théorème de Thalès permet d ’écrire :

ÂB ÔA ÂC
A'B' OA' A 'C
d’où :
AB A'B'
AC A 'C

R ép o n se 2.11 a) Première méthode — Les triangles IJF , J K F et K I F


sont rectangles isocèles de côtés x, donc le Théorème de Pythagore donne
IJ^ = JK^ = K J^ =- et l’on &I J = J K = K J = xy/2. Cela montre que
le triangle I J K est équilatéral.

Seconde méthode — Les notations sont celles de la FIG. 2.9. On a :


FI FJ
= X
FG FE
donc la réciproque du Théorème de Thalès montre que {IJ) est parallèle à
{GE), et le Théorème de Thalès dans le triangle nous assure que :

FI IJ
= X.
FG ~ GE

Comme GE = V^, on trouve I J = x\/2. On démontrerait de la même manière


que les longueurs J K et K l sont égales à x^/2, donc I J K est équilatéral.

b) Soit VpiJK le volume du tétraèdre FIJK.


Première méthode — La pyramide admet le triangle rectangle isocèle J F K
pour base, et F I pour hauteur associée. L’aire A jfk de la base J F K est
A JFK = ®^/2, donc :

A jfk X E l X^ X X x^
Vfijk =
2 x 3 “ ~Q'
2.3. REPONSES 51

F ig . 2 .9 - F I = F J = FK = x

Seconde méthode — On passe du tétraèdre FG EB au tétraèdre F I J K par


une réduction, le facteur de réduction^ étant x. Le volume VpiJK du tétraèdre
F I J K est donc égal à x^ fois le volume Vfgeb du tétraèdre FGEB. Si l’on
note Çl le centre de gravité du triangle équilatéral GE B, on constate que la
hauteur h de GEB vaut :

h=E B x ^ =^
2 2
et donc que
2 Ve v/6
E ü = - X —- = — .
3 2 3
L’aire de GEB est
y/2 X h \fZ
2 2 =
Le point iî est le projeté orthogonal de F sur le plan (GEB). D’après le
Théorème de Pythagore, E F “ ^ = E il“
^+ donc :

ÜF^ = EF^ - E îî 2= 1 - ^ = 1
3 3
donc ÜF = l/\/3 . Par suite :

•Ageb X OF 1 \/3 1 1
Vfgeb = ------- 3-------= 3 > < T > < 7 ! - 6

et Vf i j k = x^/6

^Les effets d ’un agrandissem ent ou d ’une réduction sur les aires et les volum es sont étudiés
en 3°. Ici, on utilise une h om othétie de centre F.
52 CHAPITRE 2. THÉORÈME DE THALES

F ig . 2.10 - Imaginer la situation dans l’espace

c) Première méthode — Il s’agit de calculer F M en fonction de F I = x. Le


Théorème de Pythagore montre que :
( IM ^ = F P - FM^ = x'^ - FM^
JM ^ = F P - FM^ = x'^ - FM^
X
KM ^ = FK^ - FM^ = _ FM^

donc M I = M J = M K et M est le centre du cercle circonscrit au triangle


équilatéral I J K . C’est donc aussi son centre de gravité, et si U désigne le
milieu de [JK],

IM = \lU et IU = I J ^ = x \ / 2 x ^ = : x ^ .
O Z Z Z
D’après le Théorème de Pythagore :

FM^ = F P - IM^ = a;2 - ^ X /C/2 = ÿ


9 3 3
donc F M = x / -\/3, et F M est bien proportionnelle à x.

Seconde méthode — TVaçons d ’autres points I', J', K ' en suivant la construc­
tion de l’énoncé pour une autre valeur x' de x, et notons M ' l’intersection du
plan {!'J'K') et de la perpendiculaire à ce plan issue de F ( f i g . 2.10). Les
plans {IJK) et {!'J'K') sont parallèles puisque le Théorème de Thalès impose
d ’avoir (IJ) // {l'J') et {JK) / / {J'K'), et que les droites {IJ) et {JK) sont
dans le plan {IJK), tandis que les droites {l'J') et {J'K') sont dans le plan
{l'J'K').
On en déduit que la perpendiculaire A à {IJK) issue de F sera aussi perpen­
diculaire à {!'J'K'), et donc que les points F, M et M' seront alignés. Le plan
2.3. REPONSES 53

(MPI) contiendra donc les points M , F, I, I', M', et coupera les plans { U K )
et {!'J'K') respectivement en {MI) et {M T). Comme { U K ) et {!'J'K') sont
parallèles, on en déduit que {MI) / / {M T), et l’on peut appliquer le Théorème
de Thalès dans le triangle M 'F I' pour obtenir :
FM FI X
FM ' tFrI' ~7r
X'

Cela montre que F M reste proportionnelle à F I quand x varie.


54 CHAPITRE 2. THÉORÈME DE THALÈS
Chapitre 3

Espaces euclidiens

3.1 Minimum vital


Q u estio n 3.1 Ecrire l’inégalité de Cauchy-Schwarz vérifiée par toute forme
bilinéaire symétrique positive sur un espace vectoriel E. Démontrez-la.

Q u estio n 3.2 Ecrire l’inégalité de Minkowski vérifiée par toute forme bili­
néaire symétrique positive sur un espace vectoriel E. Démontrez-la.

Q u estion 3.3 Comment définit-on un produit scalaire ? Existe-t-il des pro­


duits scalaires ?

Q u estio n 3.4 Définir ce qu’est un espace vectoriel euclidien.

Q u estio n 3.5 Qu’appelle-t-on espace préhilbertien réel ? Comment définit-on


un espace de Hilbert réel ?

Q u estio n 3.6 (Oral du CAPES 2013) On connaît l’inégalité triangulaire clas­


sique ||'m + 1?|| < | | 1?|| + | | v ^|| o ù 11 et ~v représentent deux vecteurs d ’un
espace vectoriel euclidien E donné. Montrer que :
e E III'mII - ||V||| < H"« + "u II < ||1?|| +11^11-

Q u estio n 3.7 Est-ce qu’une base orthonormale du plan le demeure pour tous
les produits scalaires ? Expliquez.

Q u estio n 3.8 (D éfinition de la norm e et du produit scalaire au lycée)


Les réponses doivent être données dans le cadre des programmes du lycée. On
se place dans un plan V.
a) Définir la norme d’un vecteur A B comme on peut le faire au lycée.

55
56 CHAPITRE 3. ESPACES EUCLIDIENS

b) Soient A et B devx points de coordonnées {x a ^Va) et {x b ^vb ) dans un


repère orthonormal TZ = (O, i , j ) du plan. Démontrer que la distance A B
entre A et B est donnée par :

A B = y/{xB - xaŸ + {VB -

En déduire l’expression de la norme II"« || d ’un vecteur "u du plan en fonction


de ses coordonnées {x, y) dans la base orthonormale { i , j ).
c) En utilisant les questions précédentes, démontrer que pour tout réel k et
pour tous vecteurs l i , Ij du plan :
|| 1?|| = 0 4 ^ 1 ? = 0,
(2) ||fcl?|| = |A:| X ||ti"||,
(S) ||1? + 1?|| < ll’wll + IKII-
d) Par définition, on dit que le produit scalaire de l î et ~v le nombre réel,
noté ~u.lî, suivant :

u . v = - ( 11« + v | r - u - «

S i ~ u = x i + y j et~v = x' i + i / j sont les expressions de deux vecteurs


dans une base orthonormale { i , j ) , montrer que ~u.~v = xx' + yy'.
e) Démontrer que le produit scalaire est une forme bilinéaire symétrique
—^
définie positive sur P .
f) Si A, B e t c sont trois points non alignés du plan, montrer l’équivalence :

A B C rectangle en A AB.AC = 0.

g) (Expression à l ’aide d ’une projection orthogonale) Soient A et B


devx points distincts. Démontrer que si H est le projeté orthogonal de C sur la
droite (AB), alors AB.AC = AB.AH. Montrer ensuite que sim etn désignent
les projetés orthogonaux de deux points M et N sur la droite (AB), alors
A B . M N = AB. mn.
h) (Expression à l ’aide du cosinus) S i l î et~v sont deux vecteurs non
nuis, montrer que li.~v = ||1?|| ||lf||c o s C « , V ).

Q u estio n 3.9 Soit E un espace vectoriel euclidien. Montrer que toute famille
orthonormale (ei,...,ep) de E peut être complétée en une base orthonormale.

Q u estio n 3.10 Si F est un sous-espace vectoriel d ’un espace vectoriel eucli­


dien E, démontrer que E = F ® F ^ et F = {F-^)-^.
3.1. MINIMUM VITAL 57

Q u estio n 3.11 Soit E un espace vectoriel euclidien. Si F est un sous-espace


vectoriel de E, on sait que E = F ® F-*-. Si F et G sont deux sous-espaces
vectoriels de E, on demande de montrer les égalités :
(F + G)-^ = F-L n G-L et ( F n G ) ^ = F-L + G-L.

Q u estio n 3.12 Soient F et G deux sous-espaces d’un espace vectoriel eucli­


dien E. Quand dit-on que F et G sont orthogonaux ? perpendiculaires ? sup­
plémentaires orthogonaux ?

Q u estio n 3.13 Soit E un espace vectoriel euclidien. Soit "n un vecteur non
nul de E. Donnez l’expression du projeté orthogonal p£> Çu) d ’un vecteur li
de E sur la droite D de vecteur directeur ~n . Démontrez-la.

Q u estion 3.14 Soit E un espace vectoriel euclidien. Soient F un sous-espace


de E, ei ( e i , 6
p) une base orthogonale de F. On notep (resp. s) la projection
(resp. symétrie) orthogonale sur F. Montrer que :

Q u estio n 3.15 Dans un plan affine euclidien, on considère un point M et


une droite D. Démontrer que la plus petite distance de M à un point de D est
atteinte en H, projeté orthogonal de M sur D, et seulement en ce point.

Q u estio n 3.16 Dans un plan affine euclidien, on considère un point M et


une droite D. On note H le projeté orthogonal de M sur D. Si N est un point
de D distinct de H, démontrer que M H < M N sans utiliser le Théorème de
Pythagore.

Q u estio n 3.17 L ’espace est rapporté à un repère orthonormal. Soient P le


plan d ’équation ax by cz d = 0, A un point de P, et "n un vecteur non
nul orthogonal à P. Montrer que la distance d’un point M (æo, yo, 2:0) à P est :

\AM.n\ \axo + byo-\-czo + d\


d{M,P) =
IKII y/a? + b^ -\-c^

Q u estio n 3.18 Dans un espace affine euclidien de dimension 3, démontrer


le Théorème des trois perpendiculaires : si D est une droite contenue dans un
plan P, et si PO (resp. pp) désigne la projection orthogonale sur D (resp. P),
alors PD = PD ° PP-
58 CHAPITRE 3. ESPACES EUCLIDIENS

3.2 Entraînement
Q u estio n 3.19 Soit E un espace euclidien. Rappeler sans démonstration l’in­
égalité de Cauchy-Schwarz. Enoncer et démontrer une CNS pour que l’on ait
l’égalité dans l’inégalité de Cauchy-Schwarz.
Q u estio n 3.20 SoitE un espace euclidien. Rappeler sans démonstration l’in­
égalité de Minkowski. Enoncer et démontrer une CNS pour que l’on ait l’égalité
dans l’inégalité de Minkowski.
Q u estio n 3.21 (Ecrit du CAPES A 2013) Pourn,p G N*, on note M.n,p{
l’ensemble des matrices à n lignes et p colonnes à coefficients réels, et En
l’ensemble des matrices à n lignes et une colonne.
a) Soit A une matrice quelconque de A^n,p(K). Montrer que K e r^ est un
sous-espace vectoriel de Ep, et que Imyl un sous-espace vectoriel de En-
b) Si M E A^n,p(K) et N E Aip,n(R)> montrer que :
I m M N d m M et Ker N C Ker M N.
c) Si {Y, Z) E E l on note {Y, Z) = *^ZY le produit scalaire de Y et Z, et
||y || = -\/(ÏVÿT norme de Y . Montrer que :
VY,ZEEn V A g M ||y + A Z|p = ||y||2 + 2 A * Z y + A2||Z|p.

Q u estio n 3.22 (Ecrit du CAPESA 2013) Pour n,p E N*, on note Mn,p
l’ensemble des matrices à n lignes et p colonnes à coefficients réels, et l’on
pose En = Ain,i(K)- S i Y E En, on pose ||y || = V^YY. Soient A E Aln,p(K)
et B E En. On note (S) l’équation matricielle A X = B d’inconnue X appar­
tenant à Ep.
• X est dite solution de (S) si A X = B.
• X élément de Ep est dite pseudo-solution de (£) si :
'iZEEp \\A X - B \\< \\A Z - B \\.
1) On suppose que {£) admet au moins une solution. Montrer que X est une
pseudo-solution de {£) si et seulement si X est solution de {£).
2) Dans cette question, on suppose que X est une pseudo-solution de {£).
(a) Montrer que : \ / X e M W E Ep \\AX - B\\ < \\AX - B - \AU\\.
(b) En déduire que X^\\AU\\‘^ - 2X *U ^A (A X -B ) > 0 dès que (A, U) E RxEp.
(c) Montrer que : 'iU E Ep *'U^A{AX —B) = 0.
(d) En déduire que ^AAX = ^AB.
3) On suppose que ^AAX — ^AB. Montrer que X est pseudo-solution de {£).
4) On suppose que la matrice ^AA est inversible. Montrer que (£) admet une
unique pseudo-solution X .
3.3. REPONSES 59

3.3 Réponses
R ép o n se 3.1 Inégalité de Cauchy-Schwarz — Si y? est une forme bilinéaire
symétrique positive, alors :
'ix,yeE (p{x,yŸ <(p{x,x)(p{y,y). (CS)

Preuve — Pour tout A € R, on a v? (æ + Xy, x + Xy) > 0, c’est-à-dire :


¥’(y,y)A^-l- 2(^(æ,y)A + ^ (x ,x ) > 0. (*)
De deux choses l’une :
- Si (y, y) = 0, alors 2(fi (x, y) X-t- (x, x) doit rester positif quel que soit
le réel A. Cela impose d ’avoir <p(x, y) = 0, et l’inégalité (CS) est triviale.
- Si y? (y, y) 7^ 0, le trinôme en A figurant dans le premier membre de l’in­
égalité (*) doit conserver un signe constant quel que soit le réel A, donc son
discriminant réduit :
A' = (p (x, y f - if (x, x) <p(y, y)
doit rester négatif ou nul. D’où (CS).

R ép onse 3.2 Inégalité de Minkowski — Si est une forme bilinéaire


symétrique positive, alors ;
yx,y€E ^/q(x-hy) < y/q(x) -H y/q(y) (M)
où q(x) = <p(x, x) désigne la forme quadratique associée à (p.
Preuve — On a :

(M) ç(x + y) <q(x)-{-q(y)-\-2y/q(x)q(y)


^ p ( x + y,x-\-y) <q(x)-\-q(y)-\-2y/q(x)q(y)
^ q(x) + q (y) + 2<p (x, y) <q ( x ) + q (y) -|- 2^/q(x) q (y)
^ ^ ( x ,y ) < \/q(x)q(y) (*)
et l’inégalité (*) est une conséquence de l’inégalité de Cauchy-Schwarz (Ques­
tion 3.1) puisque <^(x,y) < |<^(x,y)| < y/q (x)q(y).

R ép onse 3.3 • Soit E un espace vectoriel sur R. On appelle produit


scalaire sur E toute forme bilinéaire symétrique définie positive sur E.
On sait que, si p est une forme bilinéaire symétrique positive, alors p est
définie si et seulement si elle est non dégénérée. On peut donc aussi dire qu’un
produit scalaire est une forme bilinéaire symétrique non dégénérée positive.
• Si e = (ei...,en) est une base de E, on peut toujours définir le produit
scalaire canonique p en posant p (x, y) = xiyi dès que x = Y^=i
60 CHAPITRE 3. ESPACES EUCLIDIENS

et 2/ = Ce produit scalaire est le seul pour lequel la base e est


orthonormale.

R ép o n se 3.4 On appelle espace vectoriel euclidien tout espace vectoriel


de dimension finie muni d’un produit scalaire.

R ép o n se 3.5 On appelle espace préhilbertien réel tout espace vectoriel


sur R muni d ’un produit scalaire. Un tel espace peut être de dimension finie
(c’est alors un espace vectoriel euclidien) ou pas! On appelle espace de Hil­
bert tout espace préhilbertien réel complet (pour la métrique qui provient du
produit scalaire).

R ép o n se 3.6 II s’agit en quelque sorte d ’une version « hard » de l’inéga­


lité triangulaire. On peut écrire :

pour obtenir
I 'll + 1 ) ) - ■ÿ'ii < ||i?-I- V || -H||i?
'"u + "u ) - ‘«Il < ll'u -f- ‘vil -h II1?|

( im l - i m l < l l ^ + « l
\ lll/ll - l l l ?l l < l l l ? + ^ l
d ’où U - V = Max (||1?|| —llu^ vu - u < Il U + U

R ép o n se 3.7 Certainement pas. S iB = { i , j ) représente une base quel­


conque d ’un plan vectoriel euclidien, et si (x,y) et {x',y') désignent les co­
ordonnées de deux vecteurs 1? et 1? dans la base B, l’application cp définie
par (p {it, Ij^) = xx' -H yy' est un produit scalaire pour lequel la base B est
orthonormale. Mais rj) Çu, V ) = Sxx' + 2yy' définit un autre produit scalaire
du plan, tel que i/’( * , 0 = 3, pour lequel le vecteur i n’est plus de norme 1.
Ainsi B n ’est plus une base orthonormale pour ce produit scalaire.

R ép o n se 3.8 a) Par définition, la norme d ’un vecteur A B est la distance


A B entre les points A et 5 . On écrit :

||ÂR|| = A B .

Cette définition a un sens, car ne dépend pas du choix d ’un représentant AB


d ’un vecteur donné. En effet, si "u = A B = CD, le quadrilatère AB D C est
un parallélogramme, donc A B = CD.

R em arq u e — En proposant cette définition, on suppose ipso facto que l’on


travaille dans le plan défini par l’axiomatique d ’Euclide-Hilbert : il s’agit d ’un
3.3. RÉPONSES 61

ensemble dont les éléments s’appellent des points, et où l’on distingue des par­
ties, appelées droites, qui vérifient certains axiomes. Cette façon de procéder
revient à admettre des énoncés de base, des axiomes plus ou moins explicités,
et correspond à ce que l’on fait dès le collège en classe de mathématiques.

b) Sur la FIG. 3.1 on a tracé le point H de coordonnées (х в ,Уа )- Par


construction (BH) est parallèle à Oy, et (AH) est parallèle à Ox. Puisque
les axes de coordonnées sont perpendiculaires, le triangle A B H est rectangle
en H et l’on peut appliquer le Théorème de Pythagore pour obtenir :
A B ^“ = AH^ -H HB'^.
Le quadrilatère A H x b x a , où l’on a abusivement noté жд et les points de

F ig . 3.1 - Norme d ’un vecteur

coordonnées (x a , 0) et (x b ,0), est un rectangle puisque ses côtés opposés sont


parallèles deux à deux, et puisqu’il possède un angle droit. Donc :

A H = \xB - xa\•

Un autre façon d’obtenir cette égalité consiste à écrire A H = (xb —x a ) ■,


ce qui entraîne AH = \xb —x a \ puisque i est unitaire. De même, on dispose
de l’égalité B H = |j/b —J/a |- Finalement :
AB^ = AH^ + HB^
= (xb - Xa Ÿ + (yfî - yAŸ
donc : !------------- ----------------- -
= Y (®B - XA) + (ys - yA)-
Si 1? = X i + y j , et si M désigne le point de coordormées (x,y) dans TZ, la
formule précédente permet de retrouver la formule bien connue :

\\u\\ = \\ÔM\\ = ^ ( x - 0 ) 2 - H ( y - 0 f =
62 CHAPITRE 3. ESPACES EUCLIDIENS

c) ( 1) Si = AB,
||li II = 0 AB = 0 A=B Il =

(2) On se place dans un repère orthonormal TZ et l’on note li = x i + y j ■


D ’après l’expression de la norme d’un vecteur donnée au b),

||A:1?|| = \/{kxŸ + {kyŸ = |A:| + y2 = |/;| x H"« ||.

(3) Si le point C vérifie 1? = BC, l’assertion 3) devient AC < A B + B C et


l’on reconnaît l’inégalité triangulaire vérifiée pax la distance dans le plan.

d) Il suffit de retourner à la définition du produit scalaire :

11.1} = ^(II^H-v'||^-||n'||^-||l?|P)

= \ [((æ + x ' f + {y + y ' f ) - (x^ + y^) - (æ'2+ y'^)]


= xx' + yy'.

e) Il est facile de vérifier que l’application :

(p: V XV
Çu, lî) U .V

est linéaire par rapport à chacune des variables "u et 1? en utilisant l’expression
I l .1) = xx' + yy' du produit scalaire dans une base orthonormale. Il s’agit en
effet de montrer que :
(LG) 'ili,li',l} ÇiV VA e R + Xu').l} =^lî.1} + \ { l ï ' .1))
(linéarité à gauche),

(LD) VI?, 1) ,1}' € V VA € R 11.{il + Xv') = 11.il + \{ u .ll')


(linéarité à droite).

Vérifions (LG). Si lî(x,y), lt'{x',y') et ll(a ,0 ) alors :

j {Il + \ l t ' ) .l l = {x + \x')a + {y + Xy')P


1 11.Il + \{ lî'.ll) = xa + y0 + X {x'a + y'P)

d ’où {Il + A l?').l? = 11.il + \ { li'.ll) . La symétrie :

(S) V u ,i l € V 11.i l = i l . Il
3.3. REPONSES 63

provient de la commutativité de la multiplication dans E puisque si 'u{x,y),


~v{x',y'), alors :

"u = xx' + yi/ = x'x + y'y = ~v.~u.

La forme bilinéaire symétrique ^ est définie positive puisque si "u (x, y) n ’est
pas nul, alors tp("u, ~u) = | | > 0.

f) La définition du produit scalaire et la caractérisation d ’un triangle rec­


tangle par le Théorème de Pythagore et sa réciproque, permettent d ’écrire :

AB.AÔ = Q b 1 .J Ô = Q
«■ i(iiM+^ip-iiB3i|2-iiiai|2)=o
30"^ = BA^ + AC“ ^
A B C rectangle en A.

R em arq u e — A partir de là on peut donner la définition suivante : deux


vecteurs "u et 1? sont orthogonaux si et seulement si 1^.1} = 0. Dans ce
cas on note itlC v . Compte tenu de ce que l’on vient de démontrer, on peut
affirmer que deux vecteurs non nuis sont orthogonaux si et seulement si les
droites qu’ils dirigent sont orthogonales, et cela représente exactement l’endroit
où nous voulions venir en commençant à parler du produit scalaire de deux
vecteurs !

g) On a AB.ÂÔ = ÂB .(Â H + HÔ) = A B .A H -HÂ b I Ï C = A B .A H d ’où


l’assertion (1). L’assertion (2) provient du calcul :

AB.M N = AB.{M m + m -I- nN)


= Â B .M m + A B .m ^ + A B .nN = AB.rrm.

M
64 CHAPITRE 3. ESPACES EUCLIDIENS

h) Soient A, B et C des points tels que "u = A B et = AC.


Première solution — Soit d une mesure de l’angle orienté (AB, AC). On
se place dans le repère orthonormal direct {A, i , j ) tel que A B et i soient
colinéaires et de même sens. On sait qu’alors (T , AC) = {AB, AC) = 6 (27t),
et que :
AC = {AC cos 9) ~i + (^O sin^) ~f.
En utilisant l’expression du produit scalaire dans la base orthonormale { i , j ),
on obtient :

U
= ={ \ ^ ) . { % Z ¡ )
= A B X AC cos 9

Seconde solution — Soit 9 une mesure de l’angle géométrique BAC. Orien­


tons la droite {AB) de A vers B, et notons H le projeté orthogonale de C sur
{AB). On a : __ ^ ^ ^ ^
u .l^ = Â B .l â = A B .A H = ÂB.ÂH .
Envisageons trois cas suivant que l’angle 9 soit aigu, droit ou obtus.

H B U B H

• Si 0 < 0 < 7 t/ 2, u . v = AB.AH = AB.ACcos9 = ||u || ||l?||cos0.


• Si 0 = 7t/ 2 , 1?.1? = 0= 111?Il ||1?|| costt / 2 , donc l’égalité est vérifiée.
• Si 7
t/2 < 9 < n , alors :

~u.~v = —A B .A H = —AB.AC cos{Tr —9) AB. AC cos 9 = ||'w|| ||l?||cos^.


3.3. REPONSES 65

R ép o n se 3.9 Ce résultat, connu sous le nom de Théorème de la base or­


thonormale incomplète, montre, en passant, que tout espace vectoriel euclidien
possède au moins une base orthonormale.
Raisonnons par récurrence sur la dimension n de l’espace E :
- Si n = 1, le résultat est trivial.
- Supposons que la propriété soit vraie jusqu’au rang n, et montrons-la au
rang n + 1. Soit (e i,..., Cp) une famille orthonormale d ’un espace euclidien E
de dimension n + 1. L’orthogonal :
i î = [Vect(ei)]-^
de la droite vectorielle Vect (ei) engendrée par ei est le noyau de la forme
linéaire non nulle :
l: E ^ R
X i-> (x\e\)
où (æ|ei) désigne le produit scalaire de x et e\. C’est donc un hyperplan de E,
et dim H = n.
Cet hyperplan H contient les vecteurs 62, ..., Cp puisque ceux-ci sont tous
orthogonaux à ei, et l’hypothèse récurrente permet de compléter la famille
orthonormale (e2,...,ep) de H en une base orthonormale (c2,...,e„+ i) de H.
Comme H est un hyperplan et ei ^ H, on sait que E = Vect (e i)© iî, de sorte
que (e i,..., Cn+i) soit une base orthonormale de E. La propriété est montrée
au rang n -|- 1.

R ép onse 3.10 Soit (e i,..., ep) une base orthonormale de F. Le Théorème


de la base orthonormale incomplète permet de compléter cette base en une
base orthonormale (e i,..., e„) de E (Question 3.9). Si x = ^i^i,

X G F-*- Vj € {1, ...,p} = 0


^ V j€ {l,...,p } Xj = 0

X G Vect(ep+i,...,en)
donc F-*- = Vect (cp+i, ...,Cn) est un espace vectoriel de dimension n — p.
Comme F П F-^• = {0} (en elfet si x G F П F-*-, alors (x|x) = ||x|p = 0 donc
X = 0), on aura bien F = F Ф F-*-.

L’inclusion F c (F-*-)-*- est triviale puisque si x G F :

Vy G F"^ {x\y) = 0 X G (F"*")"*".

De F = F © F-*- on tire dim(F-*-)-'- = n —dim F-*- = dim F , ce qui montre que


l’inclusion F c (F-*-)-*- est en fait une égalité.
66 CHAPITRE 3. ESPACES EUCLIDIENS

Autre solution — Si l’orthogonal est pris pour une forme bilinéaire symé­
trique non dégénérée, on sait que dim F -|- dim F-*- = dim F . Si cette forme
bilinéaire est définie, alors :
x s F D F ^ => x .æ = ||æ |p = 0 x = 0.
Ici, nous travaillons dans rm espace euclidien F , donc avec un produit scalaire
euclidien qui n’est autre qu’une forme bilinéaire symétrique non dégénérée
positive ou, ce qui revient au même, une forme bilinéaire symétrique définie
positive. On a donc :
J dim F -f dim F-*- = dim F
I F D F ^ = {0}
ce qui entraîne F = F © F-*-. Il ne reste qu’à démontrer que F = (F-*-)-*- en
raisonnant comme précédemment.

R ép o n se 3.11 • On a :

( F C F + G ^ { F + G)-^ CF-^
(F + G)-^ C F -^ n G ^.
\ G C F + G ^ { F + G)^ CG-^
Réciproquement, si x € F-*- O G-^, et si l’on note (x\y) le produit scalaire de x
et y, alors :
Wy e F \/z e G (x\y + z) = (x\y) + (x\z) = 0,
montre que x G {F + G)'^. Cela prouve l’inclusion F-^ 0C-*- C {F + G)'*", et
l’on peut conclure à l’égalité (F -H G)"*" = F-*- O G"*".

• Si X = y + z avec y G F-*- et z G G"*-, et si i G FO G , alors {y\t) = {z\t) = 0


donc (x|i) = {y + z\t) = (y|i) -I- (z|i) = 0. Ainsi :
Vx g F-L-I-G-^ Vî g F O G ( x |î ) = 0 ,

et donc F-*- + G-*- C ( F il G)'*'.


Pour obtenir l’égalité F-*- -t- G-*- = (F D G)"*", il suiRt maintenant de vérifier
l’égalité des dimensions de F-^ -I- G-*- et (FoG)"*", ce qui est facile puisque
l’énoncé nous rappelle que F = F © F"*", de sorte que dimF-^ = n —dim F où
n = dim F . On utilise alors la formule de Grassmann :
dim(F-^ + G-‘-) = dim F"^ + dim G"^ - dim(F-‘- O G"*-)
= (n —dim F) + (n —dimG) —d im (F + G ) “*"
= 2n —d im F —dimG —[n —d im (F + G)]
= n —dim (F n G)
= dim (FnG)"*‘ .
3.3. RÉPONSES 67

R em arq u e — On peut obtenir la formule F-*- + (?-*- = (F n G)"*" en rempla­


çant F et G par F-*- et G-*- dans la première égalité (F -H G)"*" = F-*- fl G-*- que
nous avons démontrée. On obtient (F-*- -t- G-*-)-*- = (F-*-)-*- n (G-*-)-*- = F O G
d’oùF-L-HG-L = (F n G )-^ en prenant l’orthogonal des deux membres.

R ép o n se 3.12 Deux sous-espaces vectoriels F et G sont dits :


- orthogonaux si F C G^. Cela équivaut à l’inclusion G C F-*-, et signifie
que tout vecteur de F est orthogonal à tout vecteur de G (i.e. x.y = 0quels
que soient x € F et y € G). On note F ± G .
- perpendiculaires si F-*- C G, ce qui équivaut à G-*- C F.
- supplémentaires orthogonaux si F = G-*-, ce qui équivaut à G = F-*-. On
±
note F ® G = E.

F ig . 3.2- Orthogonalité et perpendicularité en dimension 3

La FIG. 3.2 représente deux droites orthogonales (a), deux plans perpendi­
culaires (b), et une droite et un plan perpendiculaires et orthogonaux (c), dans
un espace de dimension 3.
Dans le dessin (b), on remarquera que la droite d est incluse dans P sans être
orthogonale à Q.

R em arq u es — a) Deux sous-espaces F et G sont à la fois perpendiculaires


68 CHAPITRE 3. ESPACES EUCLIDIENS

et orthogonaux si :

{F c G -L
G-^ CF,

et cela équivaut à F = G-*-. Deux sous-espaces F et G sont donc perpendicu­


laires et orthogonaux si, et seulement si, ils sont supplémentaires orthogonaux.
0) Au lycée, on parle de droites perpendiculaires dans l’espace, ce qui n’a
pas de sens si l’on conserve les définitions précédentes. On devrait plutôt par­
ler de droites orthogonales. Mais il s’agit d’un usage bien pratique qui persiste
en dimension 3 : on continue à dire que deux droites affines sont perpen­
diculaires si elles sont orthogonales et sécantes, ce qui revient à dire qu’elles
sont orthogonales et coplanaires. C’est une façon de conserver un vocabulaire
de géométrie plane (valable quand les droites sont coplanaires) bien que l’on
travaille en dimension 3. Le contexte est important pour comprendre de quoi
l’on parle.

R ép o n se 3.13 Le projeté orthogonal p£> ( « ) du vecteur u sur la droite D


de vecteur directeur n est :

u .n ^
PD { U ) = n .
77=57777
n

Montrons-le. Par définition de pD, on a po Çu) E D et pD Çu) — l Î E D-*-,


donc il existe un réel A tel quep£> Çu) = X n et (A"n —1?).‘n = 0. Cela donne :

U. n
A=
n

et permet d’obtenir la formule demandée.

R ép o n se 3.14 Par définition de p,

ip { x )e F ( 1)
I x —p { x ) e F-^. (2)

(1) montre l’existence de réels A* tels que p(x) = En reportant


dans (2), on obtient :

Vj € {1, ...,p} [X I = 0
i=l
3.3. REPONSES 69

d’où 6 j . x = \ j \\ej\f pour tout j e ,p}. On a donc \ j = (ej.æ)/||e_,||^


pour tout j dans {1, La relation s = 2p — Id liant une projection à la
symétrie associée permet d ’obtenir la seconde formule.

R ép o n se 3.15 Sur la f i g . 3.3, on a tracé le projeté orthogonal H de M


sur une droite et placé un point quelconque N de D distinct de H. Le
Théorème de Pythagore permet d ’écrire MiV^ = M H “ ^ + H N^ > MH"^ d ’où
M N > M H. Cela montre que la plus petite distance de M à un point N de D
est obtenue quand N est égal à H, et seulement dans ce cas. On dit que M H
est la distance du point M à la droite D. Si l’on note d {M, D) cette distance,
on peut écrire d (M, D) = Min {M N / N € D} = M H .

F ig . 3.3 - Distance d ’un point à une droite

R em arq u e — On peut démontrer l’inégalité M N > M H sans utiliser le


Théorème de Pythagore. Cela a été demandé à l’oral du CAPES et fait l’objet
de la Question 3.16.

R éponse 3.16 Sur la FIG. 3.4, nous avons tracé le symétrique M ' du
point M par rapport à D. Le triangle M N M ' n ’est pas aplati sinon N serait
égal à H. L’inégalité triangulaire donne alors M M ' < M N + N M ', c’est-à-
dire 2M H < 2M N, ou encore M H < M N . Nous avons démontré l’inégalité
M H < M N sans utiliser le Théorème de Pythagore, comme nous l’avions fait
dans la Question 3.15.

R ép onse 3.17 On sait que d {M, P) = M H où H est le projeté orthogonal


de M sur P. Il existe A € K tel que M H = X n . Alors M H .li = Aj]"n |p donc
A = M H .n , n et :
M H .H ^
M H = ||-»no n .
Ih ir
On obtient alors :
|M H .n I _ |AM. n I
d (M ,P ) = M iî =
lin II “ l ï W
70 CHAPITRE 3. ESPACES EUCLIDIENS


’ M'

F ig . 3.4 - M H < M N

puisque M H .lt = {MÀ + A H ).lt = M A .lî. On peut retrouver ce résultat en


notant que H M = p{AM) où p désigne la projection orthogonale sur la droite
K"n, puis en utilisant l’expression connue de p{AM) donnée à la Question 3.13.
Si l’on prend "n = (a,b,c), et si l’on note (o:,/3,7) les coordonnées de A, on
obtient :

\A M .n\ \ a { x Q - a ) + b { y o - P ) + c { zq - j ) \
d (M ,P ) =
l|n|| y/a^ + 6^+
\axQ + byo + czQ + d\
y/a? + 6
2+ c2
puisque oa + 6
/0+ C7+ d = 0.
R em arq u e s — a) En prenant "n = 1? A i f où ("u , 1j ) est une base de P ,
on obtient :
\AM .{u A
d (M ,P ) =
\ u /\ V

P) Ces formules restent vraies en dimension n lorsque P est un hyperplan.

R ép o n se 3.18 Si M est un point de l’espace, posons H = pp (M) et


K = P d { H ) ( f i g . 3.5). Il s’agit de montrer que K = p£>{M). Le résultat est
évident si deux points parmi M, H, K sont confondus.
Supposons donc que les points M, H, K soient distincts deux à deux. On
sait déjà que K E D, de sorte qu’il ne reste plus qu’à prouver que {MK) est
orthogonale à D. Pour cela, on remarque que :
- {MH) est orthogonale à P (car H = pp (M)), et que D est incluse dans P ,
donc que {MH) est orthogonale à D.
- {HK) est orthogonale à D (puisque K = pp{H)).
3.3. REPONSES 71

Le plan (M H K ) contient deux droites non parallèles (MH) et (HK) orthogo­


nales à D, donc sera orthogonal à D. Mais alors D est orthogonale à n ’importe
quelle droite du plan (M H K ), en particulier à (M K).

F ig . 3.5 - Théorème des trois perpendiculaires

R ép onse 3.19 L’inégalité de Cauchy-Schwarz s’écrit :

У х ,у е Е ip(x,y)‘^ < (p {x,x)(p (y,y).

Elle est vraie dès que ¡p est une forme bilinéaire symétrique positive sur E
(Question 3.1). Si p est un produit scalaire, alors l’égalité a lieu dans l’inégalité
de Cauchy-Schwarz si et seulement si x et y sont colinéaires.
Preuve — (p : E X E Ш désigne le produit scalaire de E. Supposons
que l’on ait l’égalité p (x,y)^ = (p(x,x) p (y,y). Si p (y ,y ) = 0 alors y = 0et
les vecteurs x et y seront colinéaires. Dans le cas contraire p (y, y) ^ 0 et le
discriminant A ' de la preuve de Cauchy-Schwarz donnée à la Question 3.1 sera
nul. Il existe donc un réel Aq tel que p ( x + Aoy, x + Лоу) = 0. Cela entraîne
X + Aoy = 0car P est définie.
Réciproquement, si ж = Aoy ou y = Аож l’égalité dans Cauchy-Schwarz est
triviale.

R ép onse 3.20 L’inégalité de Minkowski s’écrit :

V x,y€E ^/q{x + y) < y/q(x) + y/q(y)

où q(x) = p(xyx) est la forme quadratique associée à une forme bilinéaire


symétrique positive p (Question 3.2). Si p est un produit scalaire, alors l’égalité
a lieu dans l’inégalité de Minkowski si et seulement si x et y sont colinéaires
et de même sens.
72 CHAPITRE 3. ESPACES EUCLIDIENS

Preuve — L’inégalité de Minkowski est une égalité si et seulement si :


9(® + Î/) = ( v № ) + V ^ ) ^
autrement dit q{x + y) = q{x) + q(y) + 2y/q{x)q{y), ou encore :

<P{x,y) = VQ{x)q{y)- {*)


Cela entraîne (p{x,yŸ = Q{x)q{y), et l’on reconnaît l’égalité dans l’inégalité
de Cauchy-Schwarz : cela signifie que x et y sont colinéaires (Question 3.19).
On a donc a: = 0ou y = Aoæ pour un certain réel Aq. Si x n ’est pas nul, il
suifit de remplacer y = Aq® dans (*) pour obtenir :
\q(P{x , x) = \\q\(^{x , x) ^ Ao = |Ao| Ao 6 H-
Réciproquement, il est facile de vérifier que, si x = 0ou s’il existe Aq € M+ tel
que y = Aoa:, alors (x, y) = y/q{x)q{y).

R ép o n se 3.21 a) • Montrer que Ker A est un sous-espace


revient à montrer que pour tous vecteurs X , Y de Ker A, et pour tout réel A,
le vecteur X + XV appartient encore à Ker A. Par linéarité :
A ( X + \Y ) = A X + \ A Y = 0
puisque par hypothèse A X = A Y = 0, donc X -|- AF € Ker A comme on le
désirait.
• Montrer que Im.i4 est un sous-espace vectoriel de En revient à prouver
que :
\ / Y ,Z e l m A V A € R F - | - A Z € l m A
S i Y ,Z e Im A, il existe F et W dans Ep tels que Y = A V et Z = AW . Alors
Y XZ = A V -|- XAW = A{V -H XW) où F -I- AlF € Ep, et cela montre que
F -|-A Z € lm A

b) Si F € ImMAT, il existe X e En tel que F = M N X , ce qui s’écrit encore


F = M {N X ) où N X € Ep, et signifie que M G Im M . On vient de montrer
l’inclusion ImMiV c Im M .
Si X G KexN, alors N X = 0 donc M N X = 0, donc X G KerMiV. Cela
prouve que Ker N C Ker M N .

c) Pour tout (F, Z) G E"^ et tout A G M,


WY + X Z f = \ Y + XZ){Y + XZ)
= CY + X*Z)(Y + XZ)
= ^YY + X^YZ + X^ZY + X'^^ZZ
= \ \ Y f + X^YZ + X^ZY + X'^\\Z\\'^.
3.3. RÉPONSES 73

Comme *y Z est un réel, c’est une matrice qui est égale à sa transposée, par
conséquent *'YZ = *ZY. Cela se vérifie facilement en écrivant Y = *(yi,..., y„)
et Z = \zu ...,Z n ) :

z\
^YZ = {yi,...,yn) X = y\Zi + ...+ynZn
Zn
et
yi
*ZY = {zu...,Zn) X = Ziyi + ... + Znyn
Un J

d’où *YZ = ^ZY, et l’on obtient bien :

||y + AZ||2 = ||y||2 + 2A*Zy + A2||Z||2.

R ép onse 3.22 1) Supposons que X q soit une solution de l’équation {£).


Alors AXo = B. Si X est une pseudo-solution de (6),

V ZeE p \\A X -B \\< \\A Z -B \\, {*)

et en particulier pour Z = X q :

0 < \\AX - R || < \\AX q - S || = 0

donc \\AX — B\\ = 0. On en déduit que A X = B et X est une solution


de {S). Réciproquement, toute solution X de {£) vérifie l’assertion (x:) puisque
IlAA —5 || = 0et puisque \\AZ —R || reste positif quel que soit Z G Ep, donc
est une pseudo-solution de (S).

2.a) Comme X est une pseudo-solution de {£),

yZeE p ||A A -R || < ||A Z -R ||. (*)

Pour tout (A, U) e R x E p , on peut appliquer (*) avec Z = X —XU et obtenir :

|1 4 X -B ||< ||A (X -A £ 7 )-B ||

soit :
VA G R W ^ E p ||A A - R || < ||A A -R -A A C /||.
2.b) On vient de voir que pour tout (A, Î7) G R x Ep,

\\AX - B f < \ \ A X - B - XAUW^,


74 CHAPITRE 3. ESPACES EUCLIDIENS

d ’où :

\\AX - B \ f < \\AX - 5 ||2 - 2 \\A U ) (A X - B) + X'^\\AUf

puisqu’on posant Y = A X —B et Z = —AU :

||y + AZ|p = \ Y + XZ){Y + XZ)


= CY + X^Z){Y + XZ)
= ^YY + X*YZ + X^ZY + X^^ZZ
= ||y |p + A*yZ + A *^y + A2||Z |p
= ||y ||2+ 2A‘Z y + A2||Z|p,

et que cela entraîne :

\ \ A X - B - XAU\f = \\AX - 5 ||2 - 2X\A U ) (A X - B ) + X^\\AU\\^

Ainsi :

VA€R W eE p X‘^ \\A U f- 2 X ^ U ^ A { A X - B ) > 0 .

2.c) Soit U eE p fixé. Posons a = ||Ai7||2 et = ^U*A{AX - B). On a :

VA € M aA^ - 20X > 0. (f)

De deux choses l’une :


- Si a 7^ 0, alors o: > 0et aX^ —2/3X est un trinôme du second degré en A. Ce
trinôme restera positif quel que soit le réel A si, et seulement si, il n’admet pas
deux racines réelles distinctes (autrement il serait strictement négatif quand A
est strictement entre ses racines). Comme ses racines sont A = 0 et A = 2;0/o;,
(t) entraîne :
2B
0= —
a
soit S = 0.
- Si a = 0, l’assertion (f) devient :

VA e K -2 0 X > O

ce qui entraîne ¿0= 0.


Dans tous les cas on obtient S = 0. Donc :

W€Ep ^U*A{AX-B) = 0.
3.3. RÉPONSES 75

2.d) Ainsi :
W e Ep C AAX - ^AB) = 0
ou encore :
VC/ € Ep (C/,‘ A A X - ^AB) = 0
où (U,* A A X — ^AB) est le produit scalaire de U et *'AAX — *AB dans Ep.
Comme Ep est un espace vectoriel euclidien muni de ce produit scalaire, le
vecteur ^AAX — *'AB orthogonal à tous les vecteurs de Ep, sera nul. On aura
donc *AAX = *AB.

R em arq u e — On peut redémontrer que l’orthogonal de Ep pour le produit


scalaire {Y, Z) = ^ZY est réduit à {0}. Notons Z = {zi, ...,Zp).
Si {Y, Z) = ^ZY = 0 quel que soit Y € Ep, et si i € {l,...,p}, il suffit de
considérer F = *(0, ...0, 1, 0, ..., 0) avec un 1 à la i-ième place pour obtenir :

/ 0\

0
{Y,Z)=^ZY={zi,...,Zp) = Zi
1
0

V: /
d’où Zi = 0. Cela sera vrai pour tout i € {1, ...,p}, donc Z = 0.

3) On suppose que *^AAX = *AB, et il s’agit de montrer que X est pseudo­


solution de {£), autrement dit que :

^Z eE p \\A X -B \\< \\A Z -B \\. (b)

Quand Z parcourt Ep, A Z parcourt l’image Im A de A. On sait que Im A est un


sous-espace vectoriel de En^ et que la plus petite distance de R à un élément W
de F est atteinte uniquement quand W est égal au projeté orthogonal p (B)
de B sur ImA (propriété classique du cours sur les espaces euclidiens qui se
démontre en utilisant le Théorème de Pythagore). Ainsi :

A X € ImA
(b) A X = p{B ) ^
{
A X - R g (ImA)-L

et comme A X G Im A est toujours vrai :

(b) yYeE p {AX - B, AY) = 0.


76 CHAPITRE 3. ESPACES EUCLIDIENS

Montrer que X est pseudo-solution de (S) revient donc à montrer que le pro­
duit scalaire {AX —B, AY) est nul quel que soit Y € Ep. C’est bien le cas,
puisque si *'AAX = *^AB, alors pour tout Y E Ep :

{AX - B, AY) = \ A X - B){AY)


= {^X * A -^B ){A Y )
= ^X ^A A Y -^B A Y
= \* A A X )Y - \^ A B )Y
= 0.

La FIG. 3.6 permet de visualiser la configuration dans laquelle on s’est placé.

F ig . 3.6 - X est une pseudo-solution

4) Montrons que (S) admet une unique pseudo-solution X .


Existence — Comme ^AA est inversible, l’équation ^AAX = *AB admet
une unique solution X = (*AA)~^{*^AB), et cette solution X est une pseudo­
solution de (6) d ’après la question 3).
Unicité — Si X est une pseudo-solution de (S), la question 2) montre que
*AAX = *AB, donc que X = i^AA)~^{^AB). Ainsi X est parfaitement déter­
miné à partir de A et B.
Chapitre 4

Triangles

4.1 Minimum vital


TRIANGLES RECTANGLES

Q u estion 4.1 Enoncer, puis démontrer le Théorème de Pythagore et sa réci­


proque.

Q uestion 4.2 Démontrer le Théorème de Pythagore sans utiliser le produit


scalaire.

Q uestion 4.3 Démontrer la réciproque du Théorème de Pythagore sans uti­


liser le produit scalaire.

Q u estion 4.4 Montrer qu’un triangle A B C est rectangle en A si et seulement


si A appartient au cercle de diamètre [BC\.

Q uestion 4.5 (Relations métriques dans un triangle rectangle)


Si ABC est un triangle rectangle en A, et si H désigne le pied de la hauteur
de ce triangle issue de A, démontrer que :
(1) AH^ = m i.H C .
(2) BA^ = m î x BC.
(8) AH X BC = AB X AC.

Q u estion 4.6 Montrer que le pied de la hauteur issue de l’angle droit d’un
triangle rectangle appartient à l’hypoténuse.

77
78 CHAPITRE 4. TRIANGLES

TRIANGLES QUELCONQUES

Q u estio n 4.7 a) Montrer que les médiatrices d ’un triangle sont concourantes.
b) Soit A B C un triangle non aplati. Montrer qu’il existe un et un seul cercle
qui passe par les sommets de ce triangle.
Q u estio n 4.8 (Oral CAPES int. 2009, Ecrit CAPES 2014)
Démontrez que les trois médianes d’un triangle sont concourantes en utilisant
seulement des outils du collège.
Q u estio n 4.9 Démontrer que les trois hauteurs d ’un triangle sont concou­
rantes.
Q u estio n 4.10 (Ecrit du CAPES interne 1993) Enoncez et démontrez la for­
mule d’Al Kashi dans un triangle quelconque.
Q u estio n 4.11 Enoncez une condition nécessaire et suffisante pour qu’un tri­
angle de côtés de longueurs imposées a, b, c (a,b,c E soit constructible.
Démontrez-la.

4.2 Entraînement
Q u estio n 4.12 Montrer que chacune des relations écrites à la Question 4-5
caractérise un triangle rectangle.
Q u estio n 4.13 L ’affirmation suivante est-elle vraie ou fausse : « Un qua­
drilatère ABC D qui possède deux côtés opposés égaux et parallèles, est un
parallélogramme » ? Justifiez votre réponse.
Q u estio n 4.14 Montrer qu’un quadrilatère ABCD tel que A B = CD, {AB)
parallèle à (CD), et tel que les points A et D appartiennent au même demi-
plan de frontière (BC), est un parallélogramme.
Q u estio n 4.15 On considère la figure ci-dessous où les parallélismes et les
alignements observés font partie des hypothèses.
a) Montrez que les droites en pointillés sont concourantes ou parallèles.
b) Proposez (sans démonstration) une généralisation de ce résultat.
4.3. RÉPONSES 79

4.3 Réponses
R ép onse 4.1 Le Théorème de Pythagore de Samos s’énonce :
Dans un triangle rectangle, le carré de l’hypoténuse est égal à la
somme des carrés des côtés de l’angle droit.
Le produit scalaire permet de montrer rapidement ce Théorème et sa réci­
proque, puisqu’il suffit d’écrire :

BC^ = BA^ + AC^ ^ (b 1 + Â â f = BA^ -t- AC^


 B . C = 0
A B C rectangle en A.
R ép onse 4.2 ► En collège, on peut démontrer le Théorème de Pytha­
gore en utilisant des aires et la dissection de la figure ci-dessous attribuée à
P5d;hagore lui-même :

Des arguments angulaires montrent que L M N P est un carré. En effet, les


quatre trianglesjectangles hachurés sont isométriques, d ’où_d^égahtés_angu-
laires. L’angle P LM Aran^l80° moins la somme des angles ALP et BLM , qui
vaut un droit, donc P L M est droit. Le quadrilatère L M N P possède quatre
côtés égaux, c’est donc un losange, et comme il possède aussi un angle droit,
c’est un carré.
Comme L M N P est un carré, l’aire du grand carré peut être calculée de deux
façons différentes, et l’on obtient ;

{b + c f = 4 x ^ + 0?

d’où + <^ = a? en développant et en simplifiant.


► Dans la preuve précédente, on peut désirer ne pas utiliser le développe­
ment algébrique du carré {b + c)^. Pour cela, il suffit de construire les deux
80 CHAPITRE 4. TRIANGLES

carrés de la FiG. 4.1. Ces carrés sont identiques, et les parties hachurées de la
même façon ont la même aire, donc 6 ^+ = a^.

P
M
b:

I
___ D c N
b^ + c^ = a^

F ig . 4.1 - Découpons des carrés!

R ép o n se 4.3 II s’agit de la question du jury n°3 de [9]. C’est un classique,


et voici la réponse qu’on avait donnée :
Considérons un triangle (non aplati) A B C tel que AB^ + AC^ = BC^.
Notons B' le point du demi-plan de frontière {AC) ne contenant pas B tel que
AB' = A B et tel que la droite {AB') soit perpendiculaire à {AC) ( f i g . 4.2).

F ig . 4.2 - Réciproque du Théorème de Pythagore

Le Théorème de Pythagore appliqué au triangle rectangle AB'C donne

B'C “
^ = AB^ -b AC^ = BC^
4.3. RÉPONSES 81

donc B 'C = BC.


Comme AB' = AB^ les points A e i C sont à égale distance des extrémités du
segment [BB'\, et la droite {AC) est la médiatrice de [BB'\. Cela prouve que
{BB') est perpendiculaire à (AC). Les droites {BB') et {AB') sont ainsi toutes
deux perpendiculaires à {AC). Comme elles passent par le même point B', elles
sont confondues, et j4 G {BB'). On a prouvé que A B C était rectangle en A.

R ép onse 4.4 Le résultat que l’on veut démontrer s’énonce aussi en disant
que le triangle ABC est rectangle en A si et seulement si la médiane issue de A
vaut la moitié de [BC\.
Première solution — Soient C^bc \ 1®cercle de diamètre [BC\ et I le milieu
de [BC]. Alors J Ê . â = ( Π+ 1b ).{ÂÎ + / 5 ) = A P - I B “
^, donc :

ABC rectangle en A A B .A C = 0
A I = IB
O

Deuxième solution — Si A B C est rectangle en A, on peut construire le


point D tel que ABD C soit un rectangle. Les diagonales d ’un rectangle étant
égales et se coupant en leur milieu I, on constate que A I = B I = D I = CI,
donc que A appartient au cercle de diamètre [BC\.
Réciproquement, si A appartient au cercle C de diamètre [BC\, et si / désigne le
milieu de [BC], la droite {AI) recoupe C en. D. Les diagonales du quadrilatère
ABDC sont alors égales et se coupent en leur milieu I. On en déduit que
ABDC est un rectangle, de sorte que le triangle AB C soit rectangle en A.

R éponse 4.5 Les trois relations métriques fondamentales dans un triangle


rectangle peuvent être démontrées avec des outils du collège comme le Théo­
rème de Pythagore et les aires. Cerise sur le gâteau, il suffit d ’appliquer trois
fois le Théorème de Pythagore pour arriver à ses fins, ce que l’on peut donc
retenir facilement.
A.
82 CHAPITRE 4. TRIANGLES

Le Théorème de Pythagore appliqué trois fois donne :

BC^ = BA^ + AC"^


{BH + n e f = {BH“^ + HA^) + {AH"^ + HC"^)
AH^ = BHx Tic.
On en déduit B A? en fonction de B H et BC ;

BA^ = BH^ + HÀ^


= BH^ + m î x T î c
= B H x {BH + HC)
= B H xB C .

Il suffit enfin d ’écrire l’aire du triangle A B C de deux façons pour obtenir

AH x B C AB X AC

d ’où la dernière relation.

R em arq u e — Il est légitime de se demander si les relations métriques pré­


cédentes caractérisent un triangle rectangle. La réponse est affirmative comme
on le voit à la Question 4.12, mais ce n ’est plus à portée du programme du
collège.

R ép o n se 4.6 L’égalité BÀ^ = B H x B C montre que B H et B C ont


même signe, ce qui prouve que H appartient à la demi-droite ouverte ]BC)
d’origine B. De même, la relation CA^ = CH x CB montre que H appartient
à la demi-droite ]CB). Par conséquent H g ]RC)D]C'5) = ]BC[.

R ép o n se 4.7 a) Soient A>i, A b , A c les médiatrices des côtés [BC\, [CA\,


[AB] d ’un triangle non aplati ABC. Les droites et A b ne sont pas pajral-
lèles, car si elles l’étaient, les droites {BC) et {CA) seraient perpendiculaires à
une même direction (la direction commune de A^ et A b ), donc seraient paral­
lèles, et comme elles passent par le même point C, elles seraient confondues.
C’est impossible puisque les points A, B et C ne sont pas alignés.
On peut donc affirmer que A a et A b se coupent en un point O. La médiatrice
d’un segment étant l’ensemble des points équidistants des extrémités de ce
segment, on aura OB = OC et OC = OA. Par transitivité de la relation
d ’égalité, on obtient OB = OA, ce qui prouve que O appartient à A c.
b) Soit A B C un triangle non aplati.
4.3. RÉPONSES 83

F ig . 4.3 - Les trois médiatrices d ’un triangle

Analyse — Si un cercle C passe par les sommets A, B, C du triangle, son


centre O vérifie OA = OB = OC, donc appartient aux trois médiatrices
du triangle. C’est donc le point de concours de ces trois médiatrices, dont
l’existence a été prouvée dans la question précédente. Le rayon de C est néces­
sairement OA. Ainsi, si ce cercle C existe, il est unique puisque l’on connaît
son centre et son rayon.
Synthèse — Soit O le point de concours des médiatrices du triangle ABC.
Le cercle C de centre O et de rayon OA contient effectivement les points A, B
et C puisque OA = O B = OC.
R em arq u e — On dit que le cercle passant par A, B Qi C est le cercle
circonscrit au triangle ABC.

R ép onse 4.8 Proposons deux solutions qui utilisent le Théorème de Tha-


lès, ou si l’on préfère le Théorème de la droite des milieux. Une troisième so­
lution, très rapide, utilise l’isobarycentre des sommets du triangle, mais nous
ne la rappellerons pas ici. Notons A', B', C les milieux des côtés [BC], [CA\,
[AB\.
Première solution ( f i g . 4.4) — Soit G l’intersection des médianes {AA')
et {BB'). Soit U le milieu de [AG\. Soient V et W les projetés de U et A'
sur (AC) parallèlement à {BB'). Le Théorème de la droite des milieux montre
que V est le milieu de [AB'\ (utiliser le triangle AGB') et que W est le milieu de
[B'C\ (utiliser le triangle C B B'). Par conséquent A V = V B ' et B 'W = WC.
Comme AB' = B'C, on déduit que :

AC
A V = V B ' = B 'W = W C =
84 CHAPITRE 4. TRIANGLES

La graduation A, V, B', W de [AC] est donc régulière, et par projection on en


déduit que la graduation A, U, G, A! de [AA!] est aussi régulière (ce résultat
général se montre en utilisant que le projeté du milieu d ’un segment est égal
au milieu du segment projeté, propriété qui est une conséquence directe du
Théorème de la droite des milieux).

F ig. 4.4 - Première solution

Finalement G est un point du segment [AA'] situé au tiers de la base A' de


la médiane. Il suffit de recommencer avec le point 5 à la place de C pour
montrer que les segments [AA!] et [CC] se coupent aussi en un point G' situé
au tiers de la base A' de la médiane [AA']. Nécessairement G = G' puisqu’il
n ’existe qu’un seul point du segment [AA'] tel que GA'¡AA' = 1/3, donc les
médianes {AA!), {BB') et (CC) se coupent en G.

F ig . 4.5 - Seconde solution

Seconde solution ( f i g . 4.5) — Soit G l’intersection des médianes {AA!)


et {BB'). Traçons le symétrique G' de G par rapport à A'. Le quadrilatère
4.3. RÉPONSES 85

BGCG' est un parallélogramme puisque ses diagonales se coupent en leur


milieu. Comme B' est le milieu de [AC\ et comme {B'B)//{GG'), le Théorème
de la droite des milieux montre que G est le milieu de [AG'\. Mais alors, comme
{GG)//{BG'), et comme la droite {GG) passe par le milieu de [AG'], ce même
théorème montre que {CG) coupe {AB) en G" milieu de [AB]. Cela montre
que G appartient à la troisième médiane issue de G du triangle ABG.

R ép o n se 4.9 Cette question est classique, mais ce n’est pas une raison
de ne pas savoir y répondre si on la pose à l’oral d ’un concours. Il faudra au
moins être capable de proposer une démonstration, et, s’il s’agit du CAPES,
connaître plusieurs démonstrations pour pouvoir s’adapter aux attentes du
jury. Il ne sera par exemple pas étonnant si, après avoir donné la solution qui
utilise l’homothétie le jury demande de proposer une solution que l’on
pourrait présenter aux élèves du collège.
C’est pour ces raisons que je recopie ci-dessous un développement que j ’avais
construit en février 2012pour mes étudiants, où l’on trouvera beaucoup d’idées
à retenir.

'H R éponse 1 — Triangle médian et homothétie de centre G.


Présentaticm — Je privilégie cette première réponse compte tenu de la ri­
chesse des développements qu’elle permet. A l’aide d ’une simple homothétie
et de quelques résultats complémentaires très classiques, cette solution permet
de démontrer la relation d ’Euler OH = 30G et de construire un cercle passant
par neuf points attachés au triangle, tout cela à l’issu d ’un investissement très
raisonnable. De plus cette méthode est facile à retenir et se prête bien à un
exposé oral.
Preuve — Considérons l’homothétie ho, -2 de centre le centre de gravité G
du triangle ABC, et de rapport —2. Cette homothétie transforme le triangle
médian A!B'G' en A B C {A!, B', G' désignent les milieux des côtés du tri­
angle ABC comme sur la FIG. 4.6) et transforme les médiatrices des côtés du
triangle ABC en ses hauteurs (en eiîet hQ,-2 transforme la médiatrice de [BC]
en une droite parallèle, donc perpendiculaire à [BC], passant par l’image A
de A! par ho,- 2, on reconnaît la hauteur issue de A). Comme les médiatrices
des côtés du triangle ABC concourent en O, les hauteurs vont concourir en
H = ha,-2{0).
Prolongement — Ainsi GH = —2GO, c’est-àrdire OH = 30G, et l’on vient
d ’obtenir la relation d ’Euler qui montre l’alignement du centre O du cercle cir­
conscrit, du centre de gravité et de l’orthocentre d’un triangle. On peut aller
plus loin en s’apercevant que l’homothétie Iig , - i /2 réciproque de ha,-2 trans­
forme le cercle circonscrit à A B C en un cercle F passant par les milieux A ,
86 CHAPITRE 4. TRIANGLES

F ig . 4.6 - Triangle médian et homothétie h a ,-2

C . Le centre de ce cercle est le point u = ha,- 1/2 (O). Donc :

g H, = -^ g Ô.

Par suite •| Q 1
= -ôà = - ô à = -ôH
¿i ¿i Zi
et le centre w de P n’est autre que le milieu de [OH],
Les pieds H a , H b , H c des hauteurs du triangle A B C appartiennent aussi
à r , comme on le voit en utilisant le trapèze rectangle H H a A'O : u> est le
milieu de [OH], et l’on vérifie sans peine que ujH a = ojA'. En eflFet, le projeté
orthogonal Z àeoj sur la droite {BC) est le milieu de [Ha A'] et le Théorème
de Pythagore donne ojH \ = uZ'^ + Z H \ = uZ^ + ZA'^ = ojA'^. Ainsi H a 6P.
Le cercle P est donc le cercle circonscrit au triangle H a H b H c - On sait que
les symétriques de l’orthocentre d’un triangle par rapport à ses côtés appar­
tiennent au cercle circonscrit au triangle. L’homothétie h' de centre H et de
rapport 2transforme donc le cercle circonscrit à H a H b H c en le cercle C cir­
conscrit à ABC. Cela s’écrit h'{T) = C, et comme A 6C, on en déduit que
le milieu du segment [AH\ appartient à P. Il en sera de même des milieux de
[BH] et [CH].
En conclusion :
Le cercle P mérite son nom de cercle des neuf points (ou cercle
d ’Euler) du triangle A B C puisqu’il passe par les milieux A', B',
4.3. RÉPONSES 87

C", par les pieds H a ^ H b , H q des hauteurs et par les milieux des
segments [AH], [BH] et [CH].

S-+ R ép o n se 2 — Nombres complexes.


Présentation — Voici une jolie solution qui montrera que l’on sait traduire
l’orthogonalité en utilisant des affixes de points. En terme d ’affixes, la relation
d’Euler OH = ZOG s’écrit simplement h = a + 6+ c, puisque l’affixe du centre
de gravité est p = 5(0+ 6+ c), et l’idée consiste à parachuter le point H
d’affixe h = a + b + c, puis de démontrer qu’il s’agit de l’orthocentre. Il faudra
seulement prendre bien garde à placer le centre de notre repère orthonormal
(permettant d ’identifier le plan géométrique au plan complexe) en O, centre
du cercle circonscrit à ABC, ce qui permet de disposer des égalités |a| = |6| =
|c| = R (rayon du cercle circonscrit). Cerise sur le gâteau, cette méthode,
qui utilise les nombres complexes, permet aussi de simplifier la preuve de
l’existence du cercle des neuf points. Que du plaisir !
Preuve — Soit C le cercle circonscrit au triangle ABC. Soient O son centre,
R son rayon, et o, b, c les affixes de A, B, C dans un repère orthonormal d’ori­
gine O ( f i g . 4.7). Soit H le point d ’aifixe h = a-\-b+c. Dire que (AH) J. (BC)
revient à dire que :
{h —a) (c —6 ) G ¿]R,
et un calcul donne effectivement :

(h a) [c —b) = (6-I- c) (c - b)
= 6c - l - | c | ^ - | 6|^ bc
= bc — bc
= 2i Im (6c) G fiR.

On en déduit que H appartient à la hauteur issue de A, et l’on montrerait


de même que H appartient aux deux autres hauteurs. Le point H est donc
l’orthocentre de ABC.
Prolongement — D e h = a - |- 6-|-c = 3^ o n déduit OH = SOC et l’on
reconnaît la relation d’Euler. On a donc prouvé l’alignement des points O, H
et G. Si Q, désigne le milieu de [OH] ( f i g . 4.7), et si u>désigne l’aifixe de ü,
h a b c
^""2^ 2 ’
donc :
ü b c R
--------- CJ —
2 2 2’
88 CHAPITRE 4. TRIANGLES

F ig . 4.7 - Cercle d’Euler ou cercle des neuf points

ce qui montre que le milieu C du côté [AB] appartient au cercle F de centre iî


et de rayon R/2. On peut donc conclure que F passe par les milieux des côtés
du triangle ABC. Le milieu de [AH] a pour aifixe ;
û + (u + i) c) 2a + 6+ c

et le calcul
2û + b + c aR
----------------(jj
2 2
2
permet d ’affirmer que F passe par ce milieu. En conclusion :
Le cercle F passe par les milieux A', B ', C des côtés et par les
milieux des segments [AH], [BH] et [CH].
Malheureusement il n ’est pas facile de continuer à utiliser des affixes pour
démontrer que F passe par les pieds H a , H b , H q des hauteurs. Si on désire
néanmoins le vérifier à ce stade de notre développement, le plus simple est de
revenir sur une démonstration géométrique comme dans la Réponse 1, on en
préférant la variante suivante qui évite d’utiliser le Théorème de Pythagore :
- puisque {OA') et {AH a ) sont perpendiculaires à {BC), A! et H a sont les
projetés orthogonaux de O et i f sur la droite {BC).
- puisqu’une projection conserve les milieux, le milieu Î2 de [OH] se projette
sur le milieu U de [AlH/^ (fig . 4.7).
4.3. RÉPONSES 89

- la droite (iiU) est donc perpendiculaire au segment [A'Ha\ et passe par


son milieu U, il s’agit de la médiatrice de donc ÇIHa = OA' = R /2 et
Ha ^ T .

9-+ R ép o n se 3 — Parachutage de OH = ÔÂ + ÔB + ô ê .
Présentation — Voici une solution économique qui utilise des vecteurs, très
simple et très efficace pour répondre à l’oral.
Preuve — Soit H le point tel que OH = ô X + OB + OC, où O désigne le
centre du cercle circonscrit au triangle ABC. On a :

A H = ÔB + ÔC = 2ÔX!

donc {AH) est parallèle à {OA'), et comme {OA') est la médiatrice du côté
[BC], on en déduit que {AH) est perpendiculaire à {BC), donc que H appar­
tient à la hauteur issue de A.

F i g . 4.8 - Triangle médian

R ép o n se 4 — Triangle médian.
Présentation — Cette preuve a au moins trois avantages : pouvoir être
proposée en collège, être simple et être facile à retenir. On ne se privera donc
pas d’y avoir recours dès qu’on le désire.
Preuve — Sur la FIG. 4.8 on a tracé les parallèles aux côtés d ’un tri­
angle AB C passant par les sommets opposés. Ces parallèles se coupent en
des points distincts L, M et N , comme sur la figure (si l’on avait M = L,
on aurait {NM) = {NL) et {AC) serait parallèle à {AB), absurde). Il est
90 CHAPITRE 4. TRIANGLES

facile de voir que les hauteurs du triangle A B C sont les médiatrices du tri­
angle L M N : par construction, les quadrilatères M AC B et ALC B sont des
parallélogrammes, donc M A = B C = AL, et la hauteur ù^a du triangle A B C
issue de A sera aussi la perpendiculaire au segment [ML\ passant par son mi­
lieu, c’est-à-dire la médiatrice de [ML\. On conclut en rappelant que les trois
médiatrices d ’un triangle sont concourantes.

R ép o n se 5 — Identité de Stewart.
Présentation — Cette preuve est l’occasion de montrer que l’on connaît une
identité très jolie entre des vecteurs du plan, et que cette identité permet de
montrer l’existence de l’orthocentre en deux temps trois mouvements...
Preuve — Il n ’est pas diiRcile de vérifier, en utilisant la relation de Chasles,
que pour tous points M, A, B, C du plan :

Ma ^ +m b .c a +m c J b = (). {*)

On rappelle alors que deux hauteurs d ’un triangle sont toujours concourantes
(autrement elles seraient parallèles et les côtés sur lesquels tombent ces hau­
teurs seraient parallèles, et le triangle serait aplati, ce dont on ne veut pas).
Si M appartient aux hauteurs du triangle issues de A et B, l’identité (*) donne
M C .AB = 0 de sorte que M appartienne à la dernière hauteur.

F ig . 4.9 - Cocyclicités

9-» R ép o n se 6— Cocyclicité.
Présentation — Il est original d ’utiliser des cocyclicités pour démontrer
l’existence de l’orthocentre. Mais la preuve n ’est pas facile à retenir, ni donc à
restituer. E t à quoi cela peut-il servir à part proposer une application originale
4.3. RÉPONSES 91

du critère de cocyclicité ? On pourra se contenter de lire cette démonstration


sans essayer de la retenir : il s’agit d ’une curiosité mathématique. Cette preuve
utilisant la cocyclicité est extraite du document rédigé par la commission Ka-
hane [23].
Preuve — Soit H l’intersection des hauteurs {BB') et (C C ) sur la FiG. 4.9.
Sur cette figure, on remarque des cocyclités et on en déduit ces égalités d ’angles
de droites :

(B B ',B C ) = {C'B'.C'C) = {C'B',C'H ) = {AB', AH) (тг).


Par suite
{AH,BC) = (A H ,B B ') + {BB',BC )
= {AH ,BB') + {AB',AH)
= (А В ',В В ') = '^{ж),

donc H appartient à la dernière hauteur issue de A.

R ép o n se 4.10 Cette question a été posée dans la seconde composition


du CAPES interne 1993, et peut être demandée à n’importe quel moment à
l’oral d’un concours. Si AB C est un triangle dont les longueurs des côtés sont
a = BC, b = CA et c = AB, et si A désigne son angle géométrique en A (ou
si l’on préfère la mesure dans [0,тг] de cet angle géométrique), les propriétés
du produit scalaire permettent d’écrire :

= BCP' = ( b I + ÂÔ)'^
= BA^ + ACf^ + 2b 1 .J Ô
= }? + (? — 26ccos A.

R ép o n se 4.11 Voici le résultat :


T h éo rèm e — Soient a,b,c trois réels strictement positifs. On
peut construire un triangle A B C de longueurs de côtés a, b, c si et
seulement si ces nombres vérifient les trois inégalités triangulaires :
a< b + c
b < c +a (S)
c Q, b.

P reu v e — L’inégalité triangulaire montre que la condition (S) est nécessaire.


La réciproque n ’est pas évidente, et n’est jamais démontrée en collège où l’on
se contente de constructions et d ’observations.
92 CHAPITRE 4. TRIANGLES

Supposons que les trois inégalités de (S) soient vraies. S’il existait un triangle
A B C de longueurs de côtés o, 6, c, l’angle A vérifierait :

- - a?
cos .A = ----- —------- i*)
26c ^^
d’après le Théorème d ’Al Kashi. Puisque :

6^ + —0^
-1 < < 1 ^ (6—c)^ < < (6+ cŸ
26c
^ |6 —c | < o < 6 + c
^ (5),

nous pouvons affirmer qu’il existe au moins un angle A vérifiant la condi­


tion (*). Cela donne l’idée de la construction de ABC. On choisit un point A
dans le plan, et on construit deux demi-droites d’origine A faisant un angle A
entre elles. On place les points B ei C sur ces demi-droites, tels que AB = c
et AC = 6. Les côtés du triangle AB C mesurent alors a, 6et c puisque le
Théorème d ’Al Kashi et la condition (*) nous redonnent :

BC"^ = b'^ + c^-2 b cco sÂ


/ 62-Kc2- a 2\
- b ^+ c^-2 b c
V 26c )
= a

soit B C = a.

R em arq u e s — a ) On peut compléter le Théorème écrit précédemment


en ajoutant que l’une des inégalités (S) est une égalité si et seulement si le
triangle est aplati. Pour le voir, il suflît d ’utiliser la caractérisation métrique
d ’un segment. On sait, en effet, que le point C appartient au segment [AB]
si et seulement si A B = AC -I- CB (Question 1.11), c’est-à-dire c = a +b.
Appliqué à notre problème, cela nous permet d ’affirmer que le triangle ABC
est aplati si et seulement si A € [BC] ou R € [C'A] ou (7 G [AB], autrement
dit, si et seulement s ia = 6- | - c o u 6= c - | - o o u c = a-t- 6
.
¡5) On peut écrire la condition {S) sous la forme |6—c| < a < 6-1- c. Si o est
le plus grand des trois nombres a, 6 , c, on peut aussi remarquer que les trois
inégalités du système (5) reviennent à écrire la seule inégalité a < 6-H c.

R ép o n se 4.12 Soit A B C un triangle rectangle en A, et H le pied de la


hauteur issue de A.
4.3. RÉPONSES 93

(1) Comme  B .JÔ = (ÂH + H B ).( H + Ï Ïê ) = A lP + HB.HC, on peut


écrire les équivalences suivantes :

AH^ = BH .H C AB.AC = 0 A B C rectangle en A.

(2) De :
BA^ = b 1 .b 1
= b 1 .b Ô a b 1 .c 1
-- b h .b Ô + b 1 . c 1,

on déduit les équivalences :

BA^ = B ÏÎ x B C ^ BA^ = 'M .B C


4^ b 1 .c 1 = 0
AB C rectangle en A.

(3) Si A B C est un triangle quelconque tel que A H x BC = A B x AC,


notons K le projeté orthogonal de B sur la droite (AC).

En écrivant l’aire du triangle de deux façons différentes, on trouve :


AH x B C B K x AC

d’où B K X AC = AH X B C = A B x AC, et nécessairement B K = AB. Mais


B K est la distance minimale de S à un point de {AC), et l’on sait que cette
94 CHAPITRE 4. TRIANGLES

distance minimale est atteinte en un unique point de la droite {AC), à savoir


le point K. Donc A = K et\e triangle A B C est rectangle en A.

R ép o n se 4.13 La f i g . 4.10 montre qu’il ne suffit pas d ’avoir A B = CD


et {AB) / / {CD) pour pouvoir affirmer que le quadrilatère ABCD est un pa­
rallélogramme. L’affirmation proposée est donc fausse.

F ig . 4.10 - Deux cas de figure

- Si Л, R et C sont tracés, le point D vérifiera A B = CD et {AB) / / {CD)


si, et seulement si, il appartient à la parallèle à {AB) passant par C, et se
trouve à la distance A B de C. Il existe deux points D et D ' qui vérifient
ces conditions, situés de part et d’autre de C. On obtient donc deux tracés
possibles ( f i g . 4.10) et si l’un des quadrilatères obtenus est un parallélogramme
{ABCD sur la figure), l’autre est croisé et n’est donc pas un parallélogramme
{ABCD' sur la figure).
- On en déduit que l’affirmation sera vraie si l’on ajoute une hypothèse, par
exemple : « ABCD n ’est pas croisé », ou si l’on préfère : « les points A e i D
appartiennent au même demi-plan de frontière {BC) » (voir Question 4.14).

R ép o n se 4.14 Soit V a le demi-plan de frontière {BC) contenant A. La pa­


rallèle à {BC) issue de A coupe {CD) en un point D" (puisque {AB) et {CD)
sont parallèles). Par construction, le quadrilatère ABCD" est un parallélo­
gramme (ses côtés opposés sont parallèles), donc il est convexe et les points A
et D" sont dans le même demi-plan de frontière {BC). Ainsi D" € V a - Comme
on a aussi D Ç: V a -, on ea déduit que :

]CD) = ]CD") = {CD)r^VA■


Comme A B = CD = CD", et comme il existe un et seul point de la demi-
droite \CD) situé à la distance AB de C, on déduit D = D".
4.3. RÉPONSES 95

R ép o n se 4.15 Nous allons proposer deux réponses à cette question, mais


avant de commencer :
Avertissement — La configuration étudiée était proposée dans un
manuel de première S paru en 2011 dans une rubrique intitulée
Prendre des initiatives ([1] ex. 90 p. 221). Compte tenu de la dis­
parition de l’étude des homothéties dans toutes les sections scienti­
fiques du lycée (disparition achevée en terminale avec l’application
du programme 2012-13), la prise d ’initiative attendue ne pouvait
être que de se placer dans un repère particulier pour travailler avec
des coordonnées. Compte tenu de la baisse drastique des horaires
d ’enseignement en première scientifique dès l’année 2011-12, les ho­
raires passant de 6h à 4h hebdomadaires, rares seront les élèves et
les professeurs à avoir pu aborder ce type de problème dans l’an­
née, étant déjà placés dans l’impossibilité pratique de parcourir un
programme pourtant encore revu à la baisse. Comme nous avons
ici la chance de faire des mathématiques pour le plaisir et pour
rechercher une certaine maîtrise, je proposerai deux réponses à la
question a) et une démonstration de la généralisation demandée.

a) Première méthode (homothéties & Thalès) — Si les trois droites (AF),


(BM) et (XC) sont parallèles, il n ’y a rien à démontrer. Sinon deux droites
parmi ces trois sont sécantes, par exemple (AF) et (BM ) se coupent en O.
La FIG. 4.11 donne l’idée de la démonstration. L’homothétie hi de centre O
qui transforme A en F , transforme la droite (AD) en la parallèle à (AD)
passant par F , c’est-àrdire en (Î7F). De même, l’homothétie /12 de centre O
qui transforme M en B, transformera la droite (UV) en (BC).
La composée h = /12o hi de ces deux homothéties de même centre O est une
homothétie de centre O qui transforme (AD) en (BC). Mais alors :

X e { A D ) => h { X ) e { B C ) .

Comme X, O et h{X) sont alignés, h{X) sera à l’intersection de (BC) et


de {XO), et nous pourrons affirmer que O appartient à (XC) si nous mon­
trons que h{X) = C. Pour cela, nommons P l’intersection de (BM) et (AD),
et Q l’intersection de {BC) et (AF). L’homothétie h conserve les rapports de
mesures algébriques de points alignés, donc :

Qh{X) _ A X
QB AP
96 CHAPITRE 4. TRIANGLES

F ig . 4.11 - Utilisation d’homothéties

Nous démontrerons plus loin que :

QB AP ^^
ce qui permettra d ’écrire :
Qh{X) _ QC
QB QB
et de conclure à h{X) = C comme on le désire. Pour démontrer l’égalité (=t=)
on utilise le Théorème de Thalès dans un triangle partout où cela est possible
sur la FIG. 4.11. On peut ainsi écrire ;

QC VC VD + DC VD
QB AB AB ^"^Â B '
Mais :
VD _ M X _ P X
ÂB A B ~ 'TP
donc en remplaçant dans (Ij) :

2 £ = 1+ ^ AP + P X _ A X
QB AP ÂP ~ ÂP'
E t le tour est joué !
4.3. REPONSES 97

Seœnde méthode (analytique) — Les hypothèses et les résultats ne font


intervenir que des parallélismes et des concourances, donc nous pouvons tra­
vailler dans un repère affine quelconque. Choisissons de travailler dans le re­
père {A, AU, AD), et nommons les coordonnées des points qui nous intéressent
comme sur la FiG. 4.12.

F ig . 4.12 - Preuve analytique

Les équations des droites {AV), (BM ) et (XC) sont :


1 X
(A V ) -. =0
y 1
X-p 1-
(BM) : = 0 soit qx + (p — 1) y —pq = 0.
y q

(X C ):
X P = 0 soit {1 —q)x —py+ pq = 0.
y -q 1-
On cherche à résoudre le système linéaire de trois équations à deux inconnues :

' y=x
(S) i qx + ( p - 1 ) y - p q = 0
, ( l - q ) x - p y + pq = 0

qui équivaut à :
i y=x
\ (p + q - i ) x = pq,
d’où la discussion. Si p + q ^ 1, ce système admet un unique couple {x,y)
solution donné par ;
pq
y=x=
p+q -V
et dans ce cas les trois droites sont concourantes. Si p -H g = 1, l’équation
(p + q — l ) x = pq ne pourra jamais être satisfaite puisque p q ^ O (on suppose
98 CHAPITRE 4. TRIANGLES

par hypothèse que A ^ B et A ^ X ), donc les trois droites qui nous intéressent
seront parallèles.

b) La FIG. 4.13 montre une généralisation possible : les parallélismes ont


été changées en des concourances, mais les droites en pointillés continuent à
être concourantes (ou parallèles). Cela ne surprend pas quand on rappelle que
l’on peut toujours imaginer que deux droites parallèles se coupent à l’infini,
et qu’avec cette acceptation, deux droites quelconques du plan sont toujours
sécantes. Parler de droites parallèles ou de droites sécantes revient donc fon­
damentalement à la même chose.

F i g . 4.13 - Une généralisation

Dans la configuration étudiée, on pourra donc supposer que les deux triplets
de droites parallèles sont ou bien formés de droites parallèles, ou bien formés
de droites concourantes, ce qui donne quatre configuration possible à imaginer.
La FIG. 4.13 ne montre qu’une de ces configurations, et la figure donnée par
l’énoncé nous en donne une autre.

R em arq u e — Ce que l’on vient de dire reste bien intuitif, et ne peut être
validé rigoureusement sans faire l’effort d’une formalisation. Cette formalisa­
tion consiste à construire proprement un plan projectif, et à justifier qu’un
plan affine peut toujours être plongé dans un plan projectif. Ce travail, com­
plètement hors programme du CAPES, est explicité dans la solution de la
Question 148 du volume VI de la collection Acquisition des fondamentaux
pour les concours [17], et nécessite d ’avoir lu le livre Introduction à la géomé­
trie projective [12] pour être compris.
Chapitre 5

Bissectrices S z symétries

5.1 Minimum vital


Q u estio n 5.1 Etant données deux droites D et O' sécantes en O, trouver
toutes les réflexions sa Qui échangent ces deux droites, autrement dit, telles
que Sa {D) = D' et sa (-O') = D. Que peut-on dire ?

Q u estio n 5.2 Donner la définition d ’une bissectrice d ’un couple de demi-


droites {[OA),[OB)). Qu’appelle-t-on bissectrice intérieure (resp. extérieure)
de l’angle A d ’un triangle A B C ?

Q u estion 5.3 On définit les bissectrices d ’un couple {D,D') de droites sé­
cantes en O comme étant les axes des réflexions qui échangent ces droites.
Montrer qu’une droite A est une bissectrice du couple {D,D') si et seulement
si elle passe par O et vérifie (D,A) = (A, £)') (tt) (égalité d’angles orientés
de droites), puis que cela équivaut à 2 (D,A) = {D,D') (tt).

Q u estion 5.4 Montrer que l’ensemble des points équidistants de deux droites
sécantes D et D' est la réunion des bissectrices du couple {D, D’).

Q u estio n 5.5 Quel est l’ensemble des points du plan situés à égale distance
de deux demi-droites de même origine [Ox) et [Oy) ? Démontrez-le.

Q u estio n 5.6 Montrer que les bissectrices intérieures d’un triangle AB C


concourent en un point I (appelé centre du cercle inscrit au triangle). Quelles
sont les coordonnées barycentriques de I dans le repère affine {A, B, C) ? Que
peut-on en déduire ? Pouvez-vous énoncer des résultats analogues concernant le
concours d’une bissectrice intérieure et de deux bissectrices extérieures issues
de sommets différents ?

99
100 CHAPITRE 5. BISSECTRJCES к SYMÉTRIES

Q u estio n 5.7 Soit A B C un triangle non aplati.


a) Montrer que la bissectrice intérieure issue de A du triangle AB C coupe
(BC) en un point I a tel que :
TÂB _ AB
~UC ~ AC
b) Sous quelle condition la bissectrice extérieure issue de A du triangle AB C
coupe-t-elle {BC) en un point que l’on appellera J a ? Lorsque cette condition
est réalisée, montrer que :
Ja B AB
Ja C AC
c) Montrer que les pieds des bissectrices issues de A du triangle A B C sont
les points de la droite (BC) caractérisés par la relation :
MB AB , ,
MC ~ A C

5.2 Entraînement
Q u estio n 5.8 Soient D et D' deux droites distinctes du plan sécantes en un
point O, et non perpendiculaires. Soient u un vecteur directeur unitaire de D,
et v! un vecteur directeur unitaire de D'. Montrer que les bissectrices du couple
de droites {D, D') sont les droites passant par O et de vecteurs directeurs ü-\-v!
et U —u'.

PROJECTIONS & SYMETRIES

Disserter sur des bissectrices de couples de droites ou de demi-


droites impose de posséder la notion d’angle, une notion difficile
que nous toucherons au Chapitre 6, et d ’utiliser des symétries or­
thogonales par rapport à des droites, encore appelées réflexions
planes.
Les exercices suivants permettent de réviser un peu d ’algèbre li­
néaire au programme de CPGE en rappelant les définitions des
projections et symétries vectorielles, pour nous remémorer ensuite
ce que l’on entend par projection ou symétrie affine.

Q u estio n 5.9 Qu’est-ce qu’une projection vectorielle ? Enoncez cinq proprié­


tés concernant des projections vectorielles.

Q u estio n 5.10 Qu’est-ce qu’une symétrie vectorielle ? Enoncez cinq proprié­


tés concernant des symétries vectorielles.
5.2. ENTRAÎNEMENT 101

Q u estio n 5.11 Soient F et G devx sous-espaces vectoriels supplémentaires


d’un espace vectoriel E. Soitp la projection sur F parallèlement à G. Montrer
l’équivalence : ,
i
y=p{x) \ i y ^^
f
y-xeG .

Q u estio n 5.12 Soient F et G deux sous-espaces vectoriels supplémentaires


d’un espace vectoriel E. Soit s la symétrie par rapport à F, parallèlement à G.
Montrer l’équivalence :
[ x-i-yeF
j/ = s(æ) ^
[ X - y £ G.

Q u estio n 5.13 Soit E un espace vectoriel. Montrer qu’un endomorphisme p


est une projection si et seulement si p^ = p.

Q u estio n 5.14 Soit E un espace vectoriel sur un corps K de caractéristique


différente de 2. Montrer qu’un endomorphisme s est une symétrie si, et seule­
ment si, il est involutif.

Q u estion 5.15 Soit E un espace vectoriel sur un corps commutatif K. Mon­


trer qu’un endomorphisme de E commute avec un projecteur p si, et seulement
si, il laisse stable les sous-espaces vectoriels lm p et Kerp.

Après ce travail dans des espaces vectoriels, faisons appel au « côté


affine de la force ». Les exercices qui suivent sont à laisser de côté en
première lecture, mais permettent de réviser des points essentiels
concernant les définitions et premières propriétés des projections
et symétries affines.
Normalement, ces connaissances ont été acquises pendant les trois
années de licence, mais se serait se fourvoyer que de penser que
tout se passe toujours comme on l’imagine. Pour le CAPES, ces
questions, moins à la mode actuellement, peuvent néanmoins res­
surgir au détour d’un entretien à l’un des deux oraux, et peuvent
aider à comprendre une situation dans un écrit de concours qui
ferait appel à des symétries ou de projections. Profitez donc de ces
questions tirées du volume IV [16] :

Q u estio n 5.16 Définissez ce qu’on entend par « projection affine ». On s ’at­


tachera à montrer que la définition proposée a bien un sens.

Q u estio n 5.17 Caractérisez l’assertion suivante M ' est l’image de M par


la projection affine p sur F parallèlement à G.
102 CHAPITRE 5. BISSECTRICES & SYMÉTRIES

Q uestion 5.18 Dans l’espace affine de dimension 3 rapporté à un repère, on


considère le plan P d ’équation x+ y+ z = 1 et la droite D passant par le point A
de coordonnées (1,2,0) et de vecteur directeur l î (3,0,1). Donnez l’expression
analytique de la projection p sur P parallèlement à D. Quelle est la matrice
de l’application linéaire associée à p ?
Q uestion 5.19 Montrer qu’une projection affine est une application affine de
partie linéaire une projection vectorielle.
Q uestion 5.20 Montrer qu’une application affine de partie linéaire une pro­
jection vectorielle et possédant au moins un point invariant, est une projection
affine.
Question facultative : que dire d’une application affine de partie linéaire une
projection vectorielle et qui ne possède pas de point invariant ?
Q uestion 5.21 Montrer qu’une application affine p : E ^ E est une projec­
tion affine si et seulement si p^ = p (on pourra utiliser le résultat vectoriel
correspondant sans le démontrer).
Q uestion 5.22 Définissez ce qu’on entend par « symétrie affine ».
Q uestion 5.23 Caractérisez l’assertion suivante : M ' est l’image de M par
la symétrie affine s de base F de direction G .
Q uestion 5.24 Dans l’espace affine de dimension 3 rapporté à un repère, on
considère le plan P d ’équation x-\-y-\-z = 1 et la droite D passant par le point A
de coordonnées (1,2,0) et de vecteur directeur "u (3,0,1). Donnez l’expression
analytique de la symétrie s par rapport à P parallèlement à D. Quelle est la
matrice de l’application linéaire associée à s ?
Q uestion 5.25 Montrer qu’une symétrie affine est une application affine de
partie linéaire une symétrie vectorielle.
Q uestion 5.26 Montrer que toute application affine dont la partie linéaire
est une symétrie vectorielle et possédant au moins un point invariant, est une
symétrie affine.
Question facultative : que dire d ’une application affine de partie linéaire une
symétrie vectorielle et qui ne possède pas de point invariant ?
Q uestion 5.27 On travaille dans un espace affine E dont le corps K des
scalaires est de caractéristique différente de 2. Montrer qu’une application af­
fine s : E ^ E est une symétrie affine si et seulement si = Id. (Ind. : on
pourra utiliser le résultat vectoriel correspondant sans avoir à le démontrer).
5.3. RÉPONSES 103

5.3 Réponses
R ép o n se 5.1 Procédons par analyse et synthèse, et référons-nous à la
FIG. 5.1.

F ig . 5.1 - Configuration formée par 2 droites sécantes

Analyse — Si A est solution, conune sa est bijective :


SA {D n ly ) = SA {D) n SA (£>') = D'O D

et l’on aura sa {O) = O. Cela prouve que O appartient à A. Choisissons


un point A sur D, distinct de O. L’image sa (.A) appartiendra à D' et véri­
fiera OA = O sa (.4) puisqu’une réflexion conserve les distances. Si B et B'
désignent les deux points de D' situés à la distance OA de O, on obtient
Sa (-4) G {B, B'}, et A est soit la médiatrice Ai de [AB\, soit celle A 2 de
[AB'].
Synthèse — Il est facile de vérifler que s^^ et SA2 échangent bien les
droites D et D'. Par exemple :
SAi (D) = SAi ((O ^)) = (SAI (O) SAi (A)) = (OB) = Lf.

On constate que :
►Le point A appartient au cercle de diamètre [BB']^ donc le triangle A B B'
est rectangle en A. Les droites Ai et A 2sont donc perpendiculaires.
► La médiatrice Ai de [AB] est dirigée par le vecteur ô X -|- ÔB puisque
( Ô l + ÔB).ÂB = {ÔB + ÔÂ).(ÔB - Ô Â ) = ||ÔR||2 - ||Ô Î||2 = 0.
► De même, Aÿ est dirigée par OA + OB' = ÔA —OB.
En résumé :
104 CHAPITRE 5. BISSECTRICES & SYMÉTRIES

Il existe exactement deux réflexions d ’axes Ai et A 2échangeant


deux droites sécantes D et D'. A i et A 2sont appelées les bissec­
trices du couple de droites {D, D ') . Ce sont deux droites perpen­
diculaire^ qui passent par O et qui sont dirigées par les vecteurs
OA -|- OB et O ^ —OBf où A et B sont des points distincts de O,
appartenant à £> et à D', tels que OA = OB.
R em arq u es — 1) On a supposé que D et D' étaient sécantes au sens strict,
c’est-àrdire telles que DC\D' soit un singleton. Si D = D ', il existe une infinité
de réflexions qui transforment D en D' (ce sont les réflexions d ’axe D ou d ’axe
n’importe quelle perpendiculaire à, D). Ce genre d ’exception n ’existe plus si
l’on travaille dans un cadre vectoriel.
2) Si D et D' sont sécantes (au sens strict) et non perpendiculaires, les
bissectrices du couple {D, D') coïncident avec les axes de symétrie de la partie
DOD'.

R ép o n se 5.2 En procédant comme dans la Question 5.1, il est facile de


montrer qu’il existe une unique réflexion échangeant les demi-droites [0^4)
et [OB). L’axe A de cette réflexion contient O, et :
- Si [OA) et [OB) ne sont pas opposées, et si OA = OB, alors A admet
Ô l + OB comme vecteur directeur.
- Si [OA) et [OB) sont opposées, A est la perpendiculaire à {AB) passant
par O.
Par définition, A est la bissectrice du couple de demi-droites {[OA), [OB)).
On remarque que, si [OA) et [OB) ne sont pas opposées, la bissectrice du
couple {[OA),[OB)} est l’unique axe de symétrie de la partie [OA) U [OB). Par
ailleurs, on appelle bissectrice intérieure (resp. extérieure) de l’angle A d ’un
triangle A B C la bissectrice du couple de demi-droites {[AB), [AC)) (resp.
([j45), —[i4C))). On remarque que les bissectrices intérieures et extérieures
de l’angle A d ’un triangle AB C coïncident avec les bissectrices du couple de
droites {{AB), {AC)).

R ép o n se 5.3 On demande de démontrer la caractérisation angulaire des


bissectrices d ’un couple de droites. Une réflexion inverse les angles. Pour toute
droite A passant par O, et si l’on note ад la réflexion d’axe A,

A bissectrice de (D, D') D' = ад {D)


(А,£»') = (А .5 д (£>))
4^ (А ,Л ') = ( Д А ) .
5.3. RÉPONSES 105

F ig . 5.2 - Construction d ’une bissectrice

Il suffit alors d ’utiliser la relation de Chasles pour obtenir ;

{A,D')={D,A) (A,D) + {D,D') = {D,A)


^ {D,D') = 2 { D , A ) .

R ép o n se 5.4 On demande de démontrer la caractérisation métrique des


bissectrices d ’un couple de droites. Soient S l’ensemble des points équidistants
de i? et Z?', O le point d ’intersection de D et D' et H (resp. H') le projeté
orthogonal de M sur D (resp. D').

F ig . 5.3 - Caractérisation métrique des bissectrices

Le point O est à la fois dans £ et sur les bissectrices de {D, D'). Un point M
de (D U £>') \ {0} n ’est ni équidistant de D et D', ni sur une des bissectrices
de {D,iy). On élimine ces cas particuliers et l’on considère maintenant un
point M qui n’appartient pas à, DU D' ( f i g . 5.3).
• Si M € £, les triangles rectangles M H O et MH'O ont même hypoténuse
OM et vérifient M H = MH'. Le Théorème de Pythagore donne OH = OH'.
Ainsi O et M se trouvent chacun à égale distance des extrémités du segment
106 CHAPITRE 5. BISSECTRICES & SYMÉTRIES

[HH'], donc {OM) est la médiatrice de [HH'], et la réflexion s par rapport


à (OM) transforme la droite D = {OH) en D' = {OH'). Cela prouve que
(OM) est une bissectrice du couple {D,D').
• Supposons que M appartienne à l’une des bissectrices A de {D,D'). Par
conservation de l’orthogonalité, l’image de la perpendiculaire {MH) à D pas­
sant par M par la réflexion S(om ) s®ra la perpendiculaire k D' = s ^qm ) {D)
en M = S(OM) (-^)) c’est-à-dire {MH'). Par conséquent
H E D C {MH) ^ S(OM) {H) &D'C {MH')
^ s^OM){H) = H'.

On en déduit M H = M H' puisque S(ojw) conserve les distances.

R ép o n se 5.5 II y a un piège ! On sait que l’ensemble des points du plan


situés à égale distance de deux droites sécantes est la réunion des deux bissec­
trices de ce couple de droites (Question 5.4). La situation est différente si on
remplace nos deux droites sécantes par deux demi-droites [Ox), [Oy) de même
origine. La FIG. 5.4 montre l’ensemble cherché : c’est la réunion de la partie
hachurée et de la bissectrice A du couple de demi-droites ([Ox), [Oy)).

F ig . 5.4 - Un piège déjoué!

Pourquoi donc ? Simplement parce que la distance d ’un point M à une demi-
droite [Ox) n ’est pas égale à la distance de ce point à son projeté orthogonal Hx
sur le support (Ox) de la demi-droite. L’assertion est vraie si et seulement si Hx
appartient à [Ox), comme on s’en persuade en regardant la FIG. 5.5.
Sur cette FiGure, on a noté Dx la perpendiculaire à (Ox) passant par O.
Cette perpendiculaire partage le plan en deux demi-plans : un demi-plan ou­
vert hachuré ne contenant pas [Ox), et un demi-plan fermé non hachuré. On
note Hx le projeté orthogonal de M sur la droite (Ox). De deux choses l’une :
5.3. REPONSES 107

F ig . 5.5 - Distance d ’un point à une demi-droite

a) Si M appartient au demi-plan hachuré, la distance de M à la droite (Oæ)


est MHx, ce que l’on note d{M,{Ox)) = MHx. Par contre la plus petite
distance de M à un point N de la demi-droite [Ox) est MO, comme on le
vérifie en utilisant deux fois Pythagore :

MC>2 = MHl + НхО"^ < MHl + HxN^ = MN^.

Dans ce cas la distance de M à [Ox) est d (M, [Ox)) = MO.


b) Si M appartient au demi-plan qui n’est pas hachuré, Hx appartient à la
demi-droite [Ox), et les distances de M à {Ox) et à [Ox) coïncident.
► La FIG. 5.6 permet de comprendre la solution donnée par la FIG. 5.4. Les
droites Dx et Dy respectivement perpendiculaires à (Ox) et (Oy) et issues
de O, partagent le plan en quatre zones. Trois zones sont hachurées et la
dernière ne l’est pas.
On envisage quatre cas :
a) Si M appartient à la zone non hachurée, la distance de M à [Ox) (resp.
[Oy)) est égale à la distance MHx (resp. MHy) de M à son projeté ortho­
gonal sur (Ox) (resp. (Oy)). La Question 5.4 s’applique : M est solution si
et seulement si il appartient à la réunion des bissectrices du couple de droites
{(Ox), (Oy)). Comme on travaille dans la zone non hachurée, on ne retient que
la partie de A située dans cette zone.
b) Si le point M appartient à la zone hachurée verticalement,

d{M,[Ox)) = MO
tandis que d (M, [Oy)) = MHy, et l’on ne peut avoir l’égalité que si M appar­
tient à la frontière D„.
108 CHAPITRE 5. BISSECTRICES & SYMÉTRIES

c) Le cas où M appartient à la zone hachurée horizontalement se traite


comme au b).
d) Si M appartient à la zone hachurée obliquement, alors :

d (M, [Ox)) = MO = d (M, [Oy) ) ,

et M est toujours situé à égale distance des deux demi-droites.

II

i. H
H

O-

F ig . 5.6 - Quatre cas à envisager...

R ép o n se 5.6 ► La méthode la plus simple consiste à « parachuter » le


point I de coordonnées barycentriques (a, b, c) dans le repère (A, B, C), puis à
démontrer qu’il appartient aux trois bissectrices intérieures du triangle. On a :

AI = AB + AC.
ü b c O, b -\- c

Soient M et N définis par (f i g . 5.7) :

AM = AB et A N = ÂÔ.
Q, b -\- c Q b c

Le quadrilatère A M I N est un parallélogramme dont deux côtés consécutifs


sont égaux puisque :
A M = ---- ^ — = AN,
a + bPc
c’est donc un losange (pour retenir cette solution, il suffit de visualiser le lo­
sange A M I N de la f i g . 5.7 et l’utiliser), et la droite {AI) est l’axe de symétrie
du couple de demi-droites ([i4S), [AC)), donc, par définition, la bissectrice in­
térieure D a issue de A du triangle ABC. On montrerait de la même façon
5.3. REPONSES 109

que / appartient aux bissectrices intérieures D b et D e issues de B et C, et


donc :
{ /} C D a n n De.
Les droites D a , D b et D e concourent donc bien en I.

F ig . 5.7 - Un losange providentiel

En fait l’inclusion {/} C D a H D b n D e que l’on vient de prouver est une


égalité :
D a n D b n D e = {7}.
Pour s’en convaincre, il suffit de rappeler que deux bissectrices quelconques
d ’un triangle issues de deux sommets différents sont toujours sécantes. En
effet, si D a et D b désignent deux bissectrices d ’un triangle (intérieures ou
extérieures) A B C issues des sommets A et 5 , et si de façon générale s b
désigne la réflexion par rapport à une droite £), on sait par définition que sba
échange les droites {AB) et {AC), et que s b b échange les droites {B A) et
{BC). Par suite :
{AC) 3 4 {AB) 3 4 {B C ).
Si l’on suppose par l’absurde que D a et D b ne sont pas sécantes, alors elles
sont parallèles et la composée / = sbb ° ^Da translation. Comme
cette translation transforme la droite {AC) en {BC ) , on déduit que {AC) est
parallèle à {BC), donc que {AC) = {BC) puisque ces deux droites passent par
le même point C. Cela montre que les points A, B, C sont alignés, ce qui est
absurde puisque le triangle A B C est supposé non aplati.

► Que dire du point I ? Comme I est barycentre à coefficients positife de


A, B, C, on peut en déduire que I est situé à l’intérieur du triangle ABC.
110 CHAPITRE 5. BISSECTRICES & SYMÉTRIES

F ig . 5.8 - Centre d ’un cercle exinscrit

► La même méthode (utilisant d’autres losanges judicieux) permet de dé­


montrer qu’une bissectrice intérieure du triangle coupe les deux autres bissec­
trices extérieures en un point. On obtient trois nouveaux points de concours
qui ne sont autres que les centres des cercles exinscrits au triangle.
Les coordonnées barycentriques des centres des trois cercles exinscrits au tri­
angle A B C sont (—a , 6 ,c), (a,—b,c) et {a,b,—c) (pour plus de détails : [7],
Th. 166).
Sur la FIG. 5.8, le point J de coordonnées barycentriques (—a, 6 , c) est ainsi
sur la bissectrice intérieure issue de A et sur les bissectrices extérieures issues
de et 5 du triangle ABC.
R em arq u e — Savoir les coordonnées barycentriques des centres des cercles
exinscrits du triangle AB C dans le repère (^4, B ,C ) nous permet de situer
ceux-ci dans les bons secteurs angulaires formés par les droites {AB), {BC) et
{CA). Par exemple, le point J de la f i g . 5.8 est barycentre de A { —a), B {b),
(7(c), donc :
—a
BJ = -b 1 + -BC
Cl b -\- C Qj b c
et cette égalité vectorielle montre que J appartient au secteur angulaire saillant
[xBC\. Comme :
—a b
CJ = c  -I- CB,
a-{-b-\-c o, b c
5.3. REPONSES 111

on obtient aussi J G [BCy]. On montrerait aussi que J € [BAC\ (comme sur


la figure), si bien que J appartienne à [xBC\ П [BCy] П [BAC].

R ép o n se 5.7 Soit D a la bissectrice intérieure issue du sommet A du tri-


angle ABC. Notons a = BC, b = CA et c — AB.
Première méthode (barycentres) — On sait que le centre du cercle inscrit au
triangle AB C est le point I de concours des trois bissectrices intérieures. On
sait aussi que I est le barycentre de A (a), B (b), C (c) (Question 5.6).
Par associativité des barycentres, I est aussi le barycentre de A (a), g(b + c)
où g est le barycentre de B (b), C{c). On en déduit que les points / , A,
g d ’une part, et g, B, C d ’autre part, sont alignés. Le point g est donc à
l’intersection des droites (AI) et (BC), et l’on a gf = 7/i. En conclusion la
bissectrice intérieure D a coupe (BC) en un point I a qui est barycentre de
B {b), C (c). Donc bU B + cÜÔ = 0, ce qui s’écrit :

Ia B c AB
Ia C b AC'

Deuxième méthode (Thalès) — Par définition, la droite D a est l’axe de


l’unique réfiexion s qui échange les demi-droites [AB) et [AC), de sorte que
s (B) = B' € [AC) ( f i g . 5.9).
La droite D a partage le plan en deux demi-plans V b (contenant B) et V b >
(contenant B'). Comme A G D a , B' G V b ' et C G [Àr ') \ { j4}, on déduit
que C appartient à V b '- Puisque C G V b > et R G V b , le segment [BC]
coupe la firontière D a en un point I a (propriétés générales des demi-plans).
Nous venons de démontrer que la bissectrice intérieure D a coupe (BC) en
un point I a (et aussi, mais ce n ’est pas demandé, que ce point appartient au
segment [BC]).
Soit D'à la bissectrice extérieure issue de A du triangle ABC. Par définition,
D'j^ est l’axe de la réfiexion qui transforme la demi-droite [AC) en la demi-
droite opposée à [AB) ( f i g . 5.9). Le symétrique C" de C par rapport à
appartient donc à la droite {AB), et A est situé entre les points B et C". Les
droites D a et {CC") sont perpendiculaires à D'à , donc parallèles, et l’on peut
appliquer le Théorème de Thalès pour obtenir :

Ia B _AB
'UC ~ ÂC "'

Comme A G [BC], les mesures algébriques A B et AC" sont de signes contraire.


De plus AC" = AC puisque les segments [AC] et [AC] sont symétriques par
112 CHAPITRE 5. BISSECTRICES k SYMÉTRIES

F ig . 5.9 - Une conséquence du Théorème de Thalès !

rapport à D'j^. On en déduit que :

Ia B AB _ A B _ AB
7ÂÜ ~ ÂC" ~ AC" ~ A C

b) Notons D'a la bissectrice extérieure issue de A. Quelques dessins montrent


que D'j^ coupe (BC) si et seulement si A B C n ’est pas isocèle en A, ce que l’on
vérifie en établissant le lemme suivant :
L em m e — Les propriétés suivantes sont équivalentes :
( 1) Le triangle A B C est isocèle en A,
(2) La bissectrice intérieure D a en A est perpendiculaire à (BC ) ,
(3) La bissectrice extérieure est parallèle à (BC).
P re u v e — L’équivalence entre (2) et (3) est triviale puisque D a et sont
perpendiculaires. Si ( 1) est vrai, c’est-à-dire si ABC est isocèle en A, le sy­
métrique B' de B par rapport à D a est un point de la demi-droite [AC) tel
que AB' = A B = AC, donc B' = C et D a est la médiatrice de [BC]. Cela
prouve (2). Réciproquement, si (2) est vraie, le symétrique B' de B par rapport
à D a est un point de [AC) qui appartient à la droite (BC) (puisque celle-ci est
perpendiculaire à D a ). Donc B' G (BC) D (AC), ce qui montre que B' = C.
dans ce cas, le triangle A B C est isocèle en A. ■
Il nous reste à montrer que Donnons encore deux méthodes pos­
sibles :
Première méthode (barycentres) — On sait que le centre Oc du cercle exins­
crit au triangle ABC situé sur la bissectrice intérieure De issue de C est de co­
ordonnées barycentriques (a, b, —c) dans le repère (A, B, C). Par associativité
5.3. RÉPONSES 113

du barycentre, on en déduit que D a = (AOc) coupe (BC) en J a barycentre


de B (b), C (—c), d ’où blAB —cI a C = Ô^, et bien sûr :

JaB c AB
l C ~ b ~ A C
Deuxième méthode (Thalès) — Soit C le symétrique de C par rapport à Da
(f i g . 5.9). Le Théorème de Thalès donne :

JaB AB AB AB
JaC AC AC AC
c) De deux choses l’une :
- Si A B C est isocèle en A, il existe un et un seul point M de {BC) tel que
^ = 1 (le milieu de [BC]) et ce point ne peut être que le pied de la
bissectrice intérieure I a comme on l’a vu à la question 1).
- Si A B C n’est pas isocèle en A^ A B /A C ^ 1 et l’on sait qu’il existe exacte­
ment deux points M de (BC) tels que sont donc les points I a
et J A déjà trouvés.

R em arq u e — En effet, si fc 7^ 1, un point M de {BC) vérifie M B / M C = k


si et seulement si M B = ±kM C, c’est-à-dire M B kM C = 0, donc M est
soit le barycentre de B ( 1), C {k), soit celui de B ( 1), C {—k).

R ép o n se 5.8 Proposons deux solutions. La première privilégie l’aspect


vectoriel, ce qui est tout à fait normal quand on sait que la notion de bissec­
trices d ’un couple de droites (ou de demi-droites) est une notion essentiellement
vectorielle. La seconde solution, envisagée dans le cadre aflBne, exploite notre
bonne connaissance des losanges.
Première solution — Les bissectrices A q et Ai du couple {D,D') sont les
droites qui passent par O et ont pour directions les bissectrices A q et A i du
couple {D, D') formé par les directions de D et D '. On sait que A q et A i
sont les bases des deux réflexions qui échangent D et D'. Dire qu’une réflexion
vectorielle <7transforme D en D' revient à dire qu’elle transforme ü en û' ou en
—u', puisque cr conserve les normes et que les deux seuls vecteurs de norme 1
dans D' sont ±ü'. Ainsi :

(t {û) = ou cr {ü) = —vl.

Dans le premier cas cr{ü + v!) = ü+ v! donc A q = R {ü + uf), tandis que dans
le second cas on obtient (t {ü —v!) = u —m', donc A i = R{ü —iÎ).
114 CHAPITRE 5. BISSECTRICES & SYMÉTRIES

F ig . 5.10 - De précieux losanges

Seconde solution — Les bissectrices du couple {D,D') sont les bases des
deux réflexions affines qui échangent D et D'. Sur la FIG. 5.10 on a placé les
points /, J, K tels que 0 1 = Ü, O J = u' et OK = —u'. On a construit les
points L et M tels que :

J ÔL = u + u' = Ô/ + ÔJ
\ ÔM = Ü - Û ' = ÔI + ÔK.

Par construction, les quadrilatères 0 1 L J et OK M I sont des parallélogrammes


dont deux côtés consécutifs ont même longueur. Ce sont donc des losanges. Les
diagonales d ’un losange sont perpendiculaires et se coupent en leur milieu, donc
la droite (OL) est la médiatrice de [IJ], et donc aussi un axe de symétrie du
couple de droites {D, D'). Cela signifie que la réflexion de base (OL) échange D
et D', et donc que, par définition, (OL) est une bissectrice de {D, D'). On ferait
de même avec (OM). Pour conclure, il suffit de rappeler que û + vf et u —û'
dirigent respectivement les droites (OL) et {OM).

R ép o n se 5.9 • Pour parler de projection vectorielle, il faut déjà se donner


deux sous-espaces vectoriels supplémentaires dans E. Appelons-les F et G. On
a donc E = F®G, et tout vecteur x de E s’écrit de façon unique sous la forme
x = xi + X2 avec xi € F et X2 € G. L’application :

p: E = F®G E
X = X\-\-X2 • -> X\

qui k x € E associe l’unique vecteur xi de F intervenant dans la décomposition


de X dans la somme directe E = F®G,est appelée projection vectorielle sur F
parallèlement à G (ou de direction G). La FIG. 5.11 et le losange qu’elle fait
apparaître sont à retenir.
5.3. RÉPONSES 115

• Voici quelques propriétés de ces projections :


(1) P est linéaire.
(2) lm p = F , de sorte que p ne soit pas surjective (en tant qu’application
de E dans E).
(3) Kerp = G, et en particulier p n ’est pas injective.
(4) p est un projecteur, c’est-àrdire vérifie p^ = p. On dit aussi que p est
idempotente.
(5) La réciproque est vraie : tout endomorphisme p qui vérifie p^ = p est une
projection sur l’image lm p de p, parallèlement au noyau K erp de p. On peut
donc retenir que, dans £ (E), se donner un projecteur équivaut à se donner
une projection.
(6) On a cette caractérisation bien pratique :

y = p{x) ^

F ig . 5.11 - Une figure à bien photographier!

R ép o n se 5.10 • Etant donnés deux sous-espaces supplémentaires F et G


d’un espace vectoriel E, tout vecteur x G E s’exprime de façon unique sous la
forme x = x i + X 2 avec æi G F et X2 € G, et l’application :

s : E = F®G —>
■ E
X = Xi + X2 X \ — X2
116 CHAPITRE 5. BISSECTRICES & SYMETRIES

est appelée symétrie par rapport à F parallèlement à G (on dit aussi de base F
et de direction G). On se reportera à la FIG. 5.11.
• Voici quelques propriétés de ces symétries :
(1) s est linéaire.
(2) s est bijective, donc Im s = £? et K ers = {0}.
(3) s est diagonalisable et possède deux valeurs propres : 1 et —1, du moins
lorsqu’on se place dans le cas général où ni F, ni G, n ’est réduit à {0}. Evidem­
ment, Id est la projection sur E parallèlement à {0}, et —Id est la projection
sur {0} parallèlement à E, et ces deux applications ±Id n ’admettent qu’une
seule valeur propre (ce sont des homothéties vectorielles!).
(4) s est involutive, autrement dit = Id. On retrouve ici le fait que s est
bijective. Evidemment, = Id montre que s“ ^ = s.
(5) La réciproque est vraie : tout endomorphisme s vérifiant = Id est une
symétrie par rapport à Kex {s —Id) parallèlement à K er(s-t-/d). On peut
donc retenir que, dans C (E), une application est involutive si et seulement si
c’est une symétrie.
(6) On a cette caractérisation bien pratique :

y = s{x)

R ép o n se 5.11 En retournant à la définition d ’une projection, on vérifie


facilement que :
' y€F
y = p{x)
y - X eG.
En effet, la projection p sur F parallèlement à G est l’application :
p: E = F®G E
X = Xl + X2 1-^ Xi

où X = Xi + X2 est la décomposition de x dans la somme directe E = F ®G.


Si y = p{x) = Xl, alors y = Xl E F et y —X = X2 G. Réciproquement, si
y e F e t y —x e G, posons xi = y E F et X2 = y —x E G. On &x = Xi —X2
et p{x) = Xl = y par définition de p.

R ép onse 5.12 II suffit d’utiliser la définition d ’une symétrie pour démon-


trer que :
i x + yEF
y = s{x) ^ ^
x - y EG.
5.3. RÉPONSES 117

Vérifions-le très précisément. La symétrie s par rapport à F parallèlement à G


est, par définition, l’application :

s : E = F^G -»■ E
X = X1 + X 2 *->■ Xi — X2

où X = æi + æ2 est la décomposition de x dans la somme directe E = F ®G.


Si y = s (x) = xi —X2, alors :

X + y = 2xi G F et x —y = 2x2 € G.

Réciproquement, s ix + y G F e t x —y ç G , posons :

X\ = ^ { x +y)eF et X 2 = ^ (x - y) € G.

Alors X = xi + X2est la décomposition de x dans la somme E = F ® G, et


y = x \ - X 2 = s(x).

R ép o n se 5.13 (=^) Si p est la projection sur F parallèlement à C?, alors

p: E = F®G —^ E
X = X\+X2 1-^ Xi

où X = X1+X 2désigne la décomposition de x dans la somme directe E — F©G,


autrement dit avec xi G F et X2 G G. Par la définition même de p, on a
P (p (x)) = P (xi) = xi = P (x) pour tout X , donc p^ = p.
(<i=) Réciproquement, si p est un endomorphisme de E tel que j? = p,
montrons qu’il s’agit d’une projection. Plus précisément, montrons que p est
la projection sur lm p parallèlement à Kerp.
• Vérifions d ’abord que Invp = lm p, où Invp représente le sous-espace
vectoriel des vecteurs invariants par p. Si p(x) = x, alors x G lm p, donc
Invp C lmp. Réciproquement, si x G lm p il existe z tel que x = p{z)., et
l’on a p(x) = p^ (z) = p(z) = X , donc x G Invp. D’où l’inclusion réciproque
lm p C Invp.
• Montrons que E = lm p © Kerp. On a :

X G lm p n K e rp x G In v p 0 K erp => x = p ( x ) = 0

donc lm p n Kerp = {0}.


Pour conclure à la somme directe, il reste à démontrer que F = lm p -H Kerp.
Si tout vecteur x s’écrit x = xi + X2 avec xi G lm p et X2 G Kerp, alors
118 CHAPITRE 5. BISSECTRICES & SYMÉTRIES

nécessairement p{x) = p{xi) = xi et X2 - x — x\ - x — p{x). Il suffit


maintenant de constater que tout vecteur x de E s’écrit sous la forme :

X =p{x) + {x —p{x))

et que, dans cette décomposition, p(x) € lm p et (æ —p{x)) € Kerp (on a en


effet p(x —P (æ)) = p (x) —p^ (x) = 0) pour conclure è. E = lm p + Kerp.
• Finalement, si x = xi + X2avec x\ € lm p et X2€ Kerp, on peut écrire
p{x) = P (xi + X2) = P (xi) + p (X2) = xi, ce qui prouve que p est la projection
sur lm p parallèlement à Kerp.

R em arq u e — Pour prouver que E = lm p 0 Kerp, on peut éviter de dé­


montrer l’égalité Im pD K erp = {0}, puisque la recherche des vecteurs xi et X2
faite au cours de la démonstration précédente montre que ces vecteurs existent
et sont uniques.

R ép o n se 5.14 (=i>) La symétrie s par rapport à F parallèlement à G est


l’application :
s : E = F®G E
X = X\ + X2 Xl - X2.

Ainsi
'ix € E (x) = s (s (x)) = s (xi —X 2) = X l -f- X2 = X,

c’est-àrdire = Id.

(4=) Supposons que s vérifie = Id. Si s était une symétrie, ce serait la


symétrie par rapport à Inv s = Ker (s —Id) parallèlement à Ker (s + Id). C’est
ce que l’on se propose de démontrer.

• Montrons d ’abord que E = Inv s 0 Ker {s + Id). On a :

I 5 ( X] X
X e Inv s n Ker (s -b Id) 2x = 0,

et 2x = 0 entraîne x = 0 car le corps K est supposé de caractéristique différente


de 2. Ainsi Inv sDKer (s + Id) = {0}. Montrer que E = In v s0 K er (s -F Id) re­
vient maintenant à vérifier que tout vecteur x de F? se décompose sous la forme
X = Xl -t- X2 avec xi G Inv s et X2 € Ker (s -|- Id). Si une telle décomposition
existe, alors :
X = Xl -I- X2

{ S (x) = Xl - X2
5.3. REPONSES 119

donc :
xi = ^ ( x + s (æ)) et X2 = ^ { x - s (ж)), (*)

où le symbole 1/2 a un sens (voir remarque /3 à la fin de cette démonstra­


tion) puisque, K étant de caractéristique différente de 2, la division par 2 est
possible. Pour terminer, on note que tout vecteur ж s’écrit bien sous la forme :

ж = ^ (ж -f s (ж)) Ч- i (ж - 5 (ж)),

avec ^ (ж -b s (ж)) € Inv s et ^ (ж —s (ж)) € Ker (s + Id) puisque :

s (æ + s (æ))^ = ^ (s (æ) + (ж)) = ^ (s (ж) -h ж)

s (®- s (®))) = ^ (s (®) - (æ)) = -^ - « (®)) •


R em arq u es — a) On peut éviter de montrer que Inv s ПKer (s -Ь Id) = {0}
puisque la recherche des vecteurs xi et X2 tels que ж = жх -I- жз, жх G Inv s
et Ж2 € K er(s-l-/d), nous a montré que seuls les vecteurs obtenus en (*)
étaient susceptibles d ’être solutions (et le sont, en fait). Tout vecteur x de E
se décompose donc de façon unique comme somme d ’un vecteur de Inv s et
d’un vecteur de Ker (s + Id), et cela revient exactement à dire que l’on a la
somme directe E = Inv s Ф Ker (s + Id).
P) Le symbole 1/2 représente l’inverse dans K du nombre 2 = H - 1 qui n ’est
autre qu’un élément de K. Cet inverse est bien défini car 1+1 ф 0 dans K, cette
dernière assertion signifiant que K n ’est pas de caractéristique 2. Rappelons
que la caractéristique d ’un anneau unitaire A est nulle si l’unité 1a de A n ’est
pas d ’ordre additif fini, ou égale à l’ordre additif c de 1a si 1a est d ’ordre
additif fini. Dans ce dernier cas, c est le plus petit entier naturel non nul m
tel que ггА а = 0.

• Conclusion : si ж = жх + Ж2avec жх 6 Inv s et жз € Ker (s + Id),

s{x) = s (жх) + s (жз) = Жх - Жз

donc s est la symétrie par rapport à Inv s parallèlement à Ker (s + Id).

R ép o n se 5.15 II s’agit de prouver l’équivalence :

u(lm p)clm p (1)


uop = pou
u(K erp)cK erp (2)
120 CHAPITRE 5. BISSECTRICES & SYMÉTRIES

Le sens (=^) est facile, puisque si и о p = p о u, alors :

\/xeE u{p (x)) = p { u (æ)) G lm p

montre (1), et :

xGKerp (0) = U (p (æ)) = p (« (ж))


p{u (ж)) = 0
=> « (ж) G Kerp.

Montrons le sens (<i=). Supposons (1) et (2). Comme E = lm p© K erp, il suffit


de vérifier que u o p = p o u sur chacun des sous-espaces lm p et Kerp.
► Si ж G lm p, en notant ж = p (г ).

uo p {x) = u o p ^ { z ) = u o p { z ) = p { y ) où p G JS (d’après (1))


{ p Oад(ж) = p о ад о p (z) = p o p { y ) =p{y)

donc ад O p (ж) = p O ад (ж).


► Si ж G Kerp,

адор(ж) = ад(0) = 0
{ p о ад(ж) = о car ад(ж) G Kerp (d’après (2) )

donc адо p (ж) = p о ад (ж).

R ép o n se 5.16 Soient F et G deux sous-espaces affines de directions F


et G supplémentaires dans E (on a donc E = F ® G). La, projection affine
sur F parallèlement à G (ou à G) est l’application :

p: E —> E
M ^ M ' t e l q u e F n { M + 'â) = {M'}.

Cette définition a un sens parce que l’intersection F n (M -I- G) est bien un


singleton dès que £■ = F © G. Il s’agit d ’un théorème classique concernant les
applications affines, qui peut se retenir en deux parties (voir Question 1.6) :
(a) L’intersection F fl G de deux sous-espaces affines F et G est
soit vide, soit un sous-espace affine de direction F n G.
(b) Si F = .4 -|- F et G = F -H G, alors F n G n ’est pas vide si
et seulement si A B € F + G.
5.3. RÉPONSES 121

Ici, E = F ®G montre que que le point (b) est toujours vérifié ; et (a) permet
d ’affirmer que F n G est un sous-espace affine de direction F C\ G = {0}, c’est-
à-dire un singleton.

R ép o n se 5.17 Une caractérisation de l’image d’un point par une projec-


tion est :
{ M 'e F
M' = p{M) _
I M M ' G G.
R ép o n se 5.18 En notant (æ, y, z) et (x', y', z') les coordonnées d ’un point
M et de son image M' = p (M) par p, on écrit :

, ( M 'e P x' y' + z' = \


M '= p{M ) ^ ^
^ MM' e D . ( 3A G F M M ' = Xu

(où K désigne le corps des scalaires). Ainsi :

x' - X \ /3
y'-y = ^I 0
z' - z J \ 1

et en remplaçant, on trouve (x + 3A) -h y -h (^: -H A) = 1, soit :

A= -^(x +y +z -l).

Finalement :
x' = X + 3X = - (x —3y —3z + 3)
y' = y
z' = z + \ = - ^ { x + y - 3 z - l )

La matrice de l’application linéaire associée à p est alors :

1 -3
1
M= - 0 4 0
-1 -1 3

R ép o n se 5.19 Soit p une projection affine sur F parallèlement à G. En


primant les images par p et en utilisant la relation de Chasles, on obtient, pour
tous points M et N ( f i g . 5.12),

M 'N ' = M 'M 4- MN -I- N N'


122 CHAPITRE 5. BISSECTRICES & SYMÉTRIES

donc
M N = M 'N ' - {M'M + N N').
Comme M 'N ' G F et M 'M + N N' G G, on aura M 'N ' - it{MN) où tt
désigne la projection vectorielle sur F parallèlement à G. Cette égalité étant
vraie quels que soient les points M et N, on peut affirmer que p est affine de
partie linéaire tt.

F ig . 5.12 - Projection affine

R ép o n se 5.20 ► Soit p l’application affine de partie linéaire la projection


vectorielle tt sur F parallèlement à G, et ^4 un point invariant par p. Posons
F = A + F . Comme F = Inv tt = Im tt, on obtient :

F = A + Inv 7T= Invp et F = A + lm-n = lmp.

Si p était une projection affine, ce serait la projection sur F = Invp parallèle­


ment à G. Nous allons montrer que c’est bien le cas, et pour cela vérifier que
pour tout M,
{ M '€ F (1)
\ MM' G (2)
• (1) est vrai puisque M ' = p (M) G lm p = F ,
• On a :
(2) Tr(MM') = 0 M 'p (M ') = 0 ,
et la dernière égalité est vérifiée car M ' = p (M) appartient à lm p = F = Invp.
► Question facultative — Si p désigne maintenant une application affine de
partie linéaire une projection vectorielle tt sur F parallèlement à G, mais sans
point invariant, choisissons une point A et introduisons l’application pp = top,
composée de la translation t de vecteur p{A)A et de p.
5.3. RÉPONSES 123

PF est une application aiRne de partie linéaire la projection tt, et possède


au moins un point fixe puisque pp (^ ) = A. Il suffit d’appliquer le premier
point pour pouvoir affirmer que pp est une projection aflSne. En conclusion,
P = O P F est la composée d ’une translation est d ’une projection.

R ép o n se 5.21 Si p est une application affine, il s’agit de montrer l’équi-


valence :
p projection affine p^ =p.
(=>) Si P est une application affine sur F parallèlement à G, l’image p (M)
d ’un point M quelconque est, par définition, l’intersection de G et du sous-
espace M + G . Donc p (M) € G et en réitérant la construction : p (p (M )) = M.
Donc p^ = p.
(-i=) Si p est une application affine telle que = p, sa partie linéaire tt
vérifie 7T^ = ir. Un théorème d’algèbre linéaire nous montre alors que tt est une
projection vectorielle.
On a d ’autre part p(p (M )) = p (M ) quel que soit le point M, de sorte qu’il
existe au moins un point invariant par p.
Finalement p est une application affine de partie linéaire une projection vec­
torielle et possédant au moins un point invariant : c’est donc une projection
affine d ’après une caractérisation de cours bien connue ([7], Th. 49 ou Ques­
tion 5.20).

R ép o n se 5.22 Si F et G sont deux sous-espaces affines de directions F


et G supplémentaires dans E (donc tels que E = F © G), soit p la pro­
jection sur F parallèlement à G. On appelle symétrie affine par rapport à F
parallèlement à G l’application :

s: E — >• F
M I— > M ' tel que p (M) soit le milieu de [MM'].

On dit aussi que s est la symétrie affine de base F , de direction G . Une telle
symétrie est dite « gauche » pour rappeler qu’il ne s’agit pas (forcément)
d’une symétrie orthogonale.
La FIG. 5.13 montre l’image d ’un point M par une symétrie de base un plan
et de direction une droite.

R ép o n se 5.23 On a l’équivalence :

I
le milieu de [MM'] est dans F
M' = s (M) 4^
M M 'e G
124 CHAPITRE 5. BISSECTRICES <fe SYMETRIES

F ig . 5.13 - Symétrie affine

très pratique quand il s’agit de montrer qu’un point est le symétrique d ’un
autre (voir par exemple les réponses aux Questions 5.24 et 5.26).

R ép o n se 5.24 En notant {x, y, z) et (x', y', z') les coordonnées d ’un point
M et de son image M' = s (M) par s, on constate que :
le milieu I de [MM'] est dans P,
M' = s (M)
M M ' e D,
' x + x' y + y' z + z'
+ + = 1
{3XeK M M ' = Xu
(où K désigne le corps des scalaires). Ainsi :
X — X x' = x + Z\
y '-y =A soit y' = y
z —z z' = z -V \.
En remplaçant, on trouve {2x + 3A) + (2y) + (2z + A) = 2, soit

X= --{x + y + z-1)

Finalement
x' —X 3A — —n Sy + 3z —3)
y' = y ^
z' = z + X = - - { x + y - z - 1).
5.3. REPONSES 125

La matrice de l’application linéaire associée à s sera donc

1 /1 3 3
M= -- 0 -2 0
^ V1 1 -1

R ép o n se 5.25 Si s est la symétrie affine par rapport à F parallèlement


à G, considérons deux points M, N et leurs images M ', N' par s, et notons p
la projection sur F parallèlement à G. Par définition, p (M) et p (N) sont les
milieux de [MM'] et [NN'] et appartiennent à F, donc :

M 'N ' = M ' p { M ) + p { M ) p { N ) + p { N ) N '


= p { M ) M + p (M) p (N) + Np (N)
= ( p{M )M + M N + N p ( N ) ) + p { M ) p { N ) - M N
= 2p{M )p(N )-M N
= {27T-Id)(MN)

où TT désigne la projection vectorielle sur F parallèlement à G.


On reconnaît la symétrie vectorielle cr = 27t —7d de base F et de direction G.
L’application cr est linéaire, et :

VM,iV s {M ) s { N ) = a{MN),

donc s est affine de partie linéaire cr.

R ép onse 5.26 Soit s une application affine de partie linéaire la symétrie


vectorielle a par rapport à F parallèlement à G. On suppose qu’il existe A
tel que s (A) = A.
Si F = A + F, й s’agit de montrer que s est la symétrie affine par rapport à
F = A + Inv a = Inv s parallèlement à G , autrement dit que :

le milieu I de [Ms (M)] appartient à F, (1)

{ Ms{M) e ~â. (2)

• Montrer l’assertion (1) revient à montrer que s{I) = I (puisque l’on a


F = A + F = A + Inv a = Inv s). L’application s étant affine, elle conserve les
milieux des segments et :

I milieu de [Ms (M)] => s (I) milieu de [s (M) (M )].


126 CHAPITRE 5. BISSECTRICES k SYMÉTRIES

Mais = Id et s (j4) = A entraînent = Id, donc s (/) sera le milieu de


[s (M) M], donc «(/) = / comme on le désirait !
• Comme G = Ker (cr + Id), montrer (2) revient à prouver que :

(t { M s ( M ) ) = - M s ( M ) .

C’est le cas puisque : a{Ms (M)) = s (M) (M) = s (M) M.


► Question facultative — Si s est une application affine de partie linéaire
une symétrie vectorielle cr par rapport à F et parallèlement à C , et ne pos­
sède pas de point invariant, choisissons une point A quelconque et notons t
la translation de vecteur p{A)A. L’application sp = t o s est affine comme
composée d ’applications afiînes, et sa partie linéaire est la symétrie a. Comme
s P (A) = A par construction, le point précédent montre que sj? est une symé­
trie affine.
Par conséquent s = o sp est la composée d ’une translation est d’une symé­
trie (on dit que l’on a une symétrie glissée, ou encore une pseudo-symétrie).

R ép onse 5.27 Si s est une application affine de E dans E, il s’agit de


montrer l’équivalence :

s symétrie affine = Id.

(=>) Si s est la symétrie affine de base F et de direction G, notons p la


projection sur F parallèlement à G. Si M est un point quelconque, l’image
de M par s est le point M ' t e l le que p (M) soit le milieu de [MM']. De même
l’image de M' par s est le point M" tel le que p {M') soit le milieu de [M'M"].
Comme p{M) = p(M'), M" et M seront les symétriques de M' par rapport
au point p (M), donc M" = M. Par suite :

yM eE s^{M) = M

et = s. L’application s est bien involutive.


(<i=) Si s est une application affine involutive, sa partie linéaire a est in­
volutive : c’est donc une symétrie vectorielle d’après le résultat (RI) rappelé
un peu plus bas. Comme toute application affine, s transforme le milieu I de
[Ms{M)] en le milieu de [s{M)s^(M)] = [s{M)M], donc s ( / ) = / et s
admet au moins un point invariant. Il suffit d ’appliquer le résultat (R2) pour
conclure : s est bien une symétrie affine.
On a utilisé les deux résultats suivants :
5.3. REPONSES 127

(RI) : Un endomorphisme a d ’un espace vectoriel sur un corps K


de caractéristique différente de 2 est une symétrie si, et seulement
si, il est involutif.
(R2) : Une application s : E ^ E est une symétrie affine si,
et seulement si, c’est une application affine de partie linéaire une
symétrie vectorielle et possédant au moins un point invariant (voir
Question 5.26 ou [7], Th. 53).
128 CHAPITRE 5. BISSECTRICES & SYMÉTRIES
Chapitre 6

Applications orthogonales S z

eingles

6.1 Minimum vital


APPLICATIONS ORTHOGONALES

Q u estio n 6.1 Proposer quatre définitions équivalentes d ’une application or­


thogonale, et montrer que ces définitions sont bien équivalentes.
Q u estio n 6.2 Quand dit-on qu’une matrice est orthogonale ? Proposer deux
définitions et montrer que ces définitions sont équivalentes.
Q u estio n 6.3 Quelles sont les applications orthogonales du plan ? (On ne
demande pas de démontrer quoi que ce soit.)
Q u estio n 6.4 Quelles sont les applications orthogonales de l’espace de di­
mension S? (On ne demande pas de démontrer quoi que ce soit.)
Q u estio n 6.5 (Ecrit du CAPES externe 2007) Soit n € N*. L ’espace vecto­
riel R” est muni de sa structure euclidienne pour le produit scalaire usuel :
n
Vx = (o;i...,æ„) 6 R” Vy = € R” (x ,y ) = ^ X iy j.
i= l
Si a E R” \{0}, on définit l ’application Sa de R” dans R” par :
Vx E R” S a (x) = X — a.
IH r
a) Que représente l’application Sa ? Justifier.
b) S ia est un vecteur non nul de R" et si g> désigne une application ortho­
gonale de R*^, montrer que = (fosaO(p~^.

129
130 CHAPITRE 6. APPLICATIONS ORTHOGONALES & ANGLES

ANGLES

Q uestion 6.6 Qu’est-ce qu’un angle ?


Q uestion 6.7 Pouvez-vous définir très précisément ce que l’on entend quand
on parle d ’angles orientés 9
Q uestion 6.8 Pouvez-vous définir très précisément ce que l’on entend quand
on parle d ’angle géométrique ?
Q uestion 6.9 Comment fait-on pour orienter un Ж-espace vectoriel de di­
mension finie ? Définir très précisément ce que l’on entend quand on parle
d’espace vectoriel orienté.
Q uestion 6.10 Comment définissez-vous la mesure d’un angle orienté de vec­
teurs ?
Q uestion 6.11 Comment définissez-vous la mesure d ’un angle géométrique ?
Q uestion 6.12 Définir rigoureusement ce que l’on entend quand on parle de
secteur angulaire saillant. Et comment définit-on un secteur angulaire ren­
trant 9
Q uestion 6.13 Montrer que la somme des angles d ’un triangle vaut un angle
plat.
Q uestion 6.14 Proposez une activité que l’on pourrait utiliser dans une classe
de cinquième pour montrer que la somme des angles d’un triangle est égale à
un angle plat.
Q uestion 6.15 (Oral du CAPES 2012) Démontrer les formules qui donnent
les développements de cos (a ± b) et sin (o ± b) en utilisant uniquement des
outils de lycée.

6.2 Entraînement
APPLICATIONS ORTHOGONALES DU PLAN

Q uestion 6.16 Rechercher toutes les applications orthogonales du plan.

Q uestion 6.17 Dans le plan vectoriel euclidien, soient x et x' deux vecteurs
non nuis et de même norme. Montrer qu’il existe une et une seule rotation
(resp. réflexion) transformant x en x '.

Q uestion 6.18 Une rotation vectorielle en dimension 2 est-elle diagonali-


sable dans le plan euclidien 9 Et une réflexion 9
6.2. ENTRAÎNEMENT 131

APPLICATIONS ORTHOGONALES DE L’ESPACE

Q u estio n 6.19 Soit E un espace vectoriel euclidien de dimension 3. Dresser


rapidement le catalogue de toutes les applications orthogonales de E, puis uti­
liser ce catalogue pour vérifier le Théorème de Cartan-Dieudonné dans le cas
particulier où n = 3 (ce théorème énonce que le groupe orthogonal d’un espace
euclidien de dimension n > \ est engendré par les réfiexions).

Q u estio n 6.20 On se propose de déterminer toutes les applications orthogo­


nales d’un espace euclidien E de dimension 3. Pour cela, on choisit une base
orthonormale e — (ei, 62, 63) de E, on considère une application orthogonale u,
et l’on note M la matrice de u dans e.
a) Montrer que u admet toujours —1 ou 1 comme valeur propre.
b) En déduire que, dans une base adaptée à la situation, la matrice M de u
ne peut être prendre que quatre formes différentes.
c) Interpréter géométriquement chacune des formes de M obtenues à la
question précédente.

Q u estio n 6.21 Soitu une application orthogonale de l’espace vectoriel eucli­


dien E de dimension 3, distincte de —Id, et qui ne possède que le vecteur nul
comme vecteur invariant.
a) Montrer que u s ’écrit de façon unique sous la forme u = ro s = sor oûr
est une rotation d’axe D et s la réflexion par rapport au plan P orthogonale
à D. (Ind. : on pourra commencer par montrer que —1 est valeur propre de u,
puis utiliser des matrices.)
b) Réciproquement, si r est une rotation d ’axe D distincte de l’identité, et
si s est la réflexion de base P = £)-*-, montrer que l’application u = r o s est
orthogonale, s ’écrit aussi u = s o r , et ne possède pas de vecteurs invariants
autre que le vecteur nul.

Q u estio n 6.22 Démontrer que les systèmes suivants sont équivalents :

af + 02 + 03 = + 62 + &3 = Cl + =1
( 1)
o i6 i + 0262 + <*3^3 = bici + &2C2 + &3C3 = c i o i + C202 + 0303 = 0

( a l■ 1 + 61 + cf = 02 + 62 + C2 = O3 + 63 + C3 = 1
( 2)
\ aiO 1O 2 + 6162 + C 1C 2 = O 2O 3 + &2 Î >3 + C 2C 3 = O3O 1 + 6361 + C 3C 1 = 0,
(les inconnues a\, 0 2 , 03 sont des réels). Cette équivalence est-elle toujours
satisfaite si l’on remplace le 1 du dernier membre de droite des premières
équations par fi, oûl désigne un réel strictement positif quelconque 9
132 CHAPITRE 6. APPLICATIONS ORTHOGONALES & ANGLES

EN DIMENSION QUELCONQUE
Q uestion 6.23 Soient x et y deux vecteurs non nuis de R” . Montrer qu’il
conste une réflexion s qui échange x et y si et seulement si ||o;|| = ||y||, et que
dans ce cas et en supposant x ^ y , s est la réflexion par rapport à (R (æ —y))“*".
Q uestion 6.24 Soient F et G deux sous-espaces d’un espace vectoriel eucli­
dien E. On note sF et sa les symétries orthogonales par rapport à F et G.
Déterminer complètement la composée sp ° sq lorsque F et G sont perpendi­
culaires.
Q uestion 6.25 Soient F et G deux sous-espaces d’un espace vectoriel eucli­
dien E. On note sp et sa les symétries orthogonales par rapport à F et G.
Déterminer complètement la composée sp o sa lorsque F et G sont orthogo­
naux.
Q uestion 6.26 (Ecrit du CAPES externe 2007) On munit R” du produit
scalaire canonique, et l’on note O (R” ) le groupe des applications orthogonales
de R” . Pour tout (p G O (R” ) et tout sous-espace vectoriel V de R” , établir
que (q,{V))^ = p { V ^ ) .
Q uestion 6.27 Soit u un endomorphisme d^un espace vectoriel euclidien E
de dimension n > 2, de produit scalaire (.|.). Montrer que Vapplication suivante
est continue : ip : E \x (x\u{x)).
Q uestion 6.28 D iagonalisation des en d o m o rp h ism es sym étriq u es
Soit U un endomorphisme symétrique d^un espace vectoriel euclidien E de
dimension n > 2 , de produit scalaire (.|.). On pose S = {x e E / \\x\\ = 1}, et
Von considère Vapplication :
(p : S M
X f—> (æ K ® ))

a) Montrer qu’il existe xq Ç. S tel que (p{xo) = Supj.g_ 59


?(a:).
b) Soitxi € E tel que la famille {xq, x i ) soit orthonormale. En utilisant les
vecteurs cos9xo + sin ^x i lorsque ^ G R, montrer que (xi|u(æo)) = 0.
c) En déduire que xq est un vecteur propre de u.
d) Applications :
- Montrer que tout endomorphisme symétrique d’un espace euclidien est dia-
gonalisable dans une base orthonormale.
- Si A est une matrice réelle symétrique de taille n, montrer que la plus
grande valeur propre de A est :
*XAX
A = SupxeK»\{0} ||X |P ■
6.3. RÉPONSES 133

6.3 Réponses
R ép o n se 6.1 Soit E un espace vectoriel euclidien de dimension n. Une
application de E dans E est dite orthogonale (on dit aussi qu’il s’git d ’une iso­
métrie vectorielle) si l’une des propriétés équivalentes suivantes est satisfaite :
(1) U conserve le produit scalaire (i.e. Vx, y Ç. E u ( x ) . u(y) = x.y),
(2) U est linéaire et conserve la norme (i.e. \/x € E ||n (x)|| = ||x||),
(3) U est linéaire et transforme une base orthonormale en une base ortho­
normale,
(4) U est linéaire et transforme toute base orthonormale en une base ortho­
normale,
(5) U est linéaire et u*u = Id,
(6) U est un automorphisme de E et u* = u~^.
On a déjà vu dans le cours que ces définitions sont équivalentes. Il faut savoir
retrouver les démonstrations qui suivent :
(1) => (2) : La conservation de la norme est triviale. La linéarité s’obtient
en développant :

||u(x -h Xy) - u{x) - Xu{y) Ip = u{x -I- Xy).u{x + Xy) - u{x + Xy).u{x) — ...
= (x -f Xy). (x -1- Xy) - (x -t- Xy) .X - ...
= ll(x-l-Ay) - x -A y ||^ = 0.

(2) (1) : On utilise la forme polaire x.y = - ( ||x -t- y||^ —||x||^ —||y||^).
Zi
(3) (2) : Supposons que u transforme la base orthonormale e = ( e i,..., en)
en la base orthonormale e' = {e[, ...,e(j).Tout vecteur x de E s’exprime dans
la base e sous la forme x = XiCi, et par linéarité :

u (^) = ^ X i u { e i ) =
i=l i=l

Par conséquent x^ = X) = ||w(®) IP-


î=i
(1) ^ (4) =4> (3) sont des implications triviales.
(1) (5) puisque (1) entraîne la linéarité de u et que :

u*u = Id \!x,y £ E u*u{x).y = x.y


Vx, y Ç: E u{x). u{y) = x.y.
134 CHAPITRE 6. APPLICATIONS ORTHOGONALES ANGLES

(1) 4^ (6) : L’assertion (1) entraîne l’injectivité de u (u{x) = 0 implique


||x|| = ||u(a:)|| = 0 donc x = 0) donc aussi la bijectivité de u (puisque u est
un endomorphisme d ’un espace de dimension finie), et (5), qui équivaut à (1),
exprime l’égalité u* = u~^.

R ép o n se 6.2 Une matrice carrée M à coefficients dans K est dite ortho­


gonale si = M~^. Cela revient à dire que l’application u de matrice M
dans une base orthonormale de E est orthogonale.
En effet, si O (E) désigne le groupe des applications orthogonales de E, si e
est une base orthonormale de E et si M = Mat (u; e) représente la matrice
de u dans e, alors :
u £ 0 { E) ^ u*=u~^ =
La première équivalence écrite est justifiée par la Question 6.1, tandis que la
seconde provient du fait que la matrice de l’adjoint u* d ’un endomorphisme u
est la transposée de la matrice de u (quand on utilise des bases orthonormales).
R em arq u e — Une matrice carrée1réelle :

a n 012 • • • Û-ln \
Û21 022 ^2n
M =

\ ^nl On2 ^nn /


est orthogonale si et seulement si l’endomorphisme u de matrice M dans une
base orthonormale est orthogonal. Munissons R” de sa structure canonique
d ’espace euclidien pour laquelle la base canonique e = (e i,...,en) est une base
orthonormale. Alors u est orthogonal si et seulement si elle transforme la base
orthonormale e = ( e i , . . . , C n ) en une base orthonormale (Question 6.1), c’est-
à“Ciir© *
i Vj ^ A; Ya =i - 0
Iv j E ? = i 4 = i-
Ce système de seulement « + ( 2) = équations équivaut au système à
équations obtenu en écrivant l’égalité matricielle ‘M = M~^.

R ép o n se 6.3 Le groupe orthogonal du plan est formé de rotations et de


réflexions. L’identité est une rotation particulière. Dans une base orthonormale
du plan, les rotations ont des matrices de la forme Re tandis que les réflexions
ont des matrices de la forme 5^, où ^ G R et :
cos 9 —sin6 cos 9 sin 9
Re = ou Sg =
sin 6 cos 6 sin 9 —cos 9
6.3. RÉPONSES 135

On rappelle que S$ est involutive, c’est-à-dire vérifie Sg = I. C’est donc la


matrice d ’une symétrie orthogonale par rapport à une droite, et c’est bien ce
que l’on désigne en parlant de réfiexion du plan.
De faqon générale, dans un espace vectoriel de dimension finie n quelconque, on
rappelle qu’une réfiexion vectorielle est une symétrie vectorielle orthogonale
par rapport à un hyperplan. La recherche des applications orthogonales du
plan vectoriel euclidien est menée à la Question 6.16.

R ép o n se 6.4 Le groupe orthogonal de l’espace de dimension 3 est formé


de l’identité, de réflexions, de rotations d ’axes des droites vectorielles, et de
symétries-rotations (on appelle ainsi toute composées r os ou s o r de rotations
d ’axes D et de réflexions de bases D-*-). On peut classer les automorphismes
orthogonaux de l’espace de dimension 3 suivant la dimension du sous-espace
vectoriel Inv u des vecteurs invariants pour obtenir le tableau :

dim Inv U Nature de u


3 Id SO{E)
réflexion
2 0-{E)
(symétrie orthogonale par rapport à un plan)
rotation d’axe une droite D
1 SO{E)
(et distincte de l’identité)
composée r o s = s o r d ’une rotation d ’axe D et
0 d’une réflexion s par rapport au plan P = D-^ 0 -(E )
(symétrie-rotation)

SO {E) est le groupe des rotations (ou groupe des applications orthogonales
positives), tandis que les éléments de 0 “ {E) sont appelés des applications
orthogonales négatives.

R ép onse 6.5 a) Sa est la réflexion par rapport à l’hyperplan (Ra)-*- or­


thogonal à a. En effet, Sa est linéaire, vérifie :

Sa (a) = a —2-yv^^o = -a
a
et pour tout vecteur x orthogonal à a.
, . ^ (a, x)
Sa (æ) = X - 2 .. ..„a = x.

b) Première méthode — L’application / = iposaOip~^ étant linéaire comme


composée de trois applications linéaires (c’est même une application orthogo­
nale comme composée de trois applications orthogonales, mais nous n’avons
136 CHAPITRE 6. APPLICATIONS ORTHOGONALES & ANGLES

pas besoin de le savoir pour continuer la démonstration), montrer que / est


la réflexion s^(o) par rapport à l’hyperplan (R^(o))-‘- revient simplement à
vérifler que :
(a) / transforme ip{a) en son opposé,
(b) / laisse invariant tout vecteur de (M(/?(a))-*-.
(> Montrons (a) :
/ (<^(a)) = {<P°SaO 9
?-^) (yj(a)) = (f [sa (o)l = ^ ( - a ) = -<p ( a ) .
> Montrons (b) : Comme <p est une application orthogonale (et en utilisant
la propriété démontrée à la Question 6.26),
(M(^(o))-^ = (v’CMa))-^ = ¥?((Ra)-L).
Pour tout X G (M<p(a))-‘-, il existe donc y G (Ro)-*- tel que x = (p{y), et :
/ (x) = {<posaO (f-^) {(p{y)) = ip [sa (y)] = p{y) = X.
Seconde méthode — Un calcul direct donne aussi le résultat. En effet,
{(fOSaO (x) = (p [sa {(p~^ (a;))]

= ^ „ - ■ ( x ) - 2 <°’r . y ) g

{a, P ^{x))
= X —2 P {a)
l|o|P
{p{a),x)
= X —2 P (a) = 5(^(o) )
ll¥’ (a)IP
l’avant-dernière égalité étant vraie puisque p conserve le produit scalaire.

R ép o n se 6.6 Remarques préliminaires — Une réponse brève sera appré-


ciée dans un premier temps. On s’intéresse ici a priori aux angles orientés de
demi-droites dans un plan vectoriel euclidien, mais la question, très ouverte,
laisse au candidat le soin de répondre dans le cadre qu’il aura choisi. Cette
question peut servir de prétexte pour débuter toute une série de questions
enchaînées. Rappelons qu’il existe plusieurs sortes d’angles :
- des angles orientés de demi-droites (ou de vecteurs).
- des angles non orientés de demi-droites (ou de vecteurs). Ces angles sont
aussi appelés angles géométriques.
- des angles orientés de droites.
- des angles de dièdres (c’est-à-dire des angles formés par deux plans, un
dièdre étant une flgure formée par deux plans sécants).
Une réponse rapide — Plaçons-nous dans un plan vectoriel euclidien. La
réponse la plus simple consiste à dire que :
6.3. RÉPONSES 137

Un angle est une rotation.

Cette réponse est exacte et concise, et il ne faut pas se priver de l’employer


lorsqu’on répond à l’oral d ’un concours. Mais attention : elle demande de
savoir exactement de quoi l’on parle, et de pouvoir donner, le cas échéant, une
définition complète d ’un angle orienté de demi-droites utilisant une relation
d ’équivalence. On se référera à la réponse à la Question 6.7 où l’on définit
l’ensemble Л des angles orientés de demi-droites et où l’on vérifie que Л est un
groupe isomorphe au groupe SO (E) des rotations vectorielles du plan vectoriel
euclidien E.

R ép onse 6.7 Soit E un plan vectoriel euclidien. L’ensemble A des angles


orientés de demi-droites est égal à l’ensemble-quotient A / TZ où A = V d x V j,
est l’ensemble des couples de demi-droites vectorielles de E, et où 1Z est la
relation d’équivalence définie par :

(di, (¿2) É. ((¿3, ¿ 4) ^ 3r € SO (E) r (di) = d2et r (da) = d4.


On retient :
A = A /n .
La classe d ’équivalence du couple (di, d2) est notée di, d2(ou bien « i ,«2 si Ui
est le vecteur unitaire qui dirige dj), et s’appelle l’angle de (d i,d 2) (ou bien de
(ui,U2)). ____
Par définition, l’angle orienté u i , Ü2 de deux vecteurs non nuis est celui défini
par des vecteurs unitaires de même sens, c’est-à-dire en posant :

Щ U2
U l,U 2 =
«lll 1|И2|
On vérifie facilement que l’application :

SO (E) -

est une bijection du groupe des rotations SO (E) de E sur A. Cette bijection
permet de transporter la structure de groupe de (SO { E ) , o) sur A en posant :

\/a,beA a + b= ^C ^{a)oC^{b)). {*)

On construit ainsi un isomorphisme de groupes de SO {E) sur A qui permet


d’identifier SO (E) et A, et nous permet d ’affirmer rapidement qu’un angle
est une rotation. Sans faire d ’abus, on peut se contenter de dire que ^ (r) est
l’angle de la rotation r.
138 CHAPITRE 6. APPLICATIONS ORTHOGONALES & ANGLES

R em arq u e — Vérifions que ^ : SO (E) A est un isomorphisme de


groupes. ^ est bien définie car si r est une rotation, d, r (d) = d', r {d') quelles
que soient les demi-droites d et d'. L’application ^ est bijective car :

Î(r) = d ^ ' d ^ ) = d^'


^ 3 p € S O (E ) p{d) = r{d) = d!
r{d) = d',
et il existe une et une seule rotation amenant d sur d'. Enfin ^ est un morphisme
de groupes par construction, puisque la structure de groupe définie sur A a
été obtenue par transport de structure, grâce à la formule (*).

R ép o n se 6.8 Soit T>d l’ensemble des demi-droites d’un plan vectoriel P.


Un angle géométrique (on dit aussi « non orienté ») de deux demi-droites est
une classe d ’équivalence de A — Vd x Vd suivant la relation d’équivalence :

(di,d 2) Rg {d3,d 4} 0(P) p{d\) = ds et ^ (¿ 2) = CÎ4.


Notons Ag = A/TZg l’ensemble des angles géométriques de demi-droites, et
di,d 2 la classe d ’équivalence de (di,cÎ2) suivant la relation Rg. Par définition,
l’angle géométrique de deux vecteurs non nuis x\ et X2 est l’angle <¿1,^2 où
di = R+Xi (1 < i < 2).
Avec ces définitions, on a toujours di,d 2 = d2,di, et l’ordre des deux demi-
droites di et (¿2n’est pas important.

R em arq u es — a) Puisque l’orbite du couple (¿ 1,^ 2) sous l’action


de 0 { P ) est :
= {'> (*■ *)/ '’ s 0(?)},
on peut aussi dire qu’un angle géométrique de demi-droites est une orbite d ’un
couple de demi-droites sous l’action de 0(P*).
0) Personne ne nous empêche de préférer travailler dans un espace affine
plutôt que dans un espace vectoriel. Dans ce cas, pour parler d’angles de demi-
droites, il faut considérer l’ensemble A de tous les couples de demi-droites de
même origine (¿ 1,^ 2), et s’intéresser à des classes d ’équivalences pour une
relation d’équivalence R définie sur A. Si :
(di, £¿2) R {ds, dd) ^ (3 / G Is"''(P) f (di) = ds et / (¿2) = ¿ 4),
où Is"''(P) est le groupe des déplacements du plan affine P, alors l’ensemble-
quotient A / R est l’ensemble des angles orientés de demi-droites. Si :
(di, d2) R (da, d4) 4^ (3 / G Is(P) / (di) = da et / (da) = d4).
6.3. RÉPONSES 139

où Is(P ) désigne le groupe des isométries affines de P, alors l’ensemble-


quotient A/1Z est l’ensemble des angles non-orientés de demi-droites, encore
appelé ensemble des angles géométriques de demi-droites.
Cette dernière définition correspond exactement avec l’idée que l’on donne
des angles géométriques au collège, où l’on fait comprendre que deux couples
de demi-droites de même origine (¿ 1,^ 2) et définissent le même angle
géométrique si l’on peut copier le premier couple (di,cÎ2) sur un calque, puis
le faire glisser (translation), tourner (rotation) ou retourner sur lui-même (sy­
métrie) pour l’amener exactement « sur » le second couple {dz,d4). Cette
manipulation, effectuée en s’interdisant de retourner le calque sur lui-même
(c’est-àrdire en s’interdisant d ’utiliser des réflexions) permet de définir des
angles orientés.

R ép onse 6.9 Soit B l’ensemble de toutes les bases d ’un espace vectoriel E
de dimension finie n sur R. Si e = (e i,.., en) et é = (e^,.., e(j) désignent deux
bases de E, on note P® la matrice de passage de e vers e'. On définit un
relation K dans B en posant :

eTZe' detP® > 0 .

Alors 1Z est une relation d’équivalence :


- La relation TZ est réflexive car P® = I.
- La relation TZ est symétrique, car eTZe' entraîne detP®, = ( d e tP / ) “ ^ > 0
puisque l’on a P®/ = (P® )~^, et par conséquent e'TZe.
- Enfin, la relation TZ est transitive puisque :

e lZ é J detP®' > 0
e!lZé' 1 \ d e tP / > 0
det P f = det P®' det P / > 0
e'TZe".
L’ensemble quotient B/7Z contient exactement deux éléments (deux classes
d ’équivalence). En effet, si e = (e i,.., en) est une base de E, il est évident que
la base e' = (—61, 62, ..,€n) n ’est pas en relation avec e, et que par conséquent
la cardinal de B/'R est supérieur ou égal à 2. Si e" est une base qui n’est pas
en relation avec e, alors :

d e t P / = detP®, X detP®" > 0,

donc e''TZe". Il existe donc seulement deux éléments dans B /R : la classe de e,


et celle de e'.
140 CHAPITRE 6. APPLICATIONS ORTHOGONALES & ANGLES

On dit que deux bases e et e' sont de même orientation (resp. d ’orientations
contraires) si elZe' (resp. e^e'). Orienter l’espace vectoriel c’est choisir l’une
des deux classes d ’équivalence de B/R, c’est appeler directes (ou positives)
toutes les bases qu’elle contient, et indirectes (ou rétrogrades, ou négatives)
toutes celles qu’elle ne contient pas.
Cette définition de l’orientation généralise (heureusement) celle que l’on connaît
déjà pour une droite vectorielle. Orienter une droite revient à choisir une « sens
de parcourt » sur celle-ci (un sens positif), et cela revient bien évidemment à
choisir un vecteur directeur de cette droite et décider qu’il « donne le sens »
sur celle-ci.

R ép o n se 6.10 On connaît l’isomorphisme :

e: s o (S)
d,r{d).

entre le groupe des rotations du plan SO {E) et celui des angles orientés de
demi-droites A. On oriente le plan vectoriel euclidien E. Par définition :
- ^ (r) est l’angle de la rotation r,
- une mesure d’un angle о est une mesure de la rotation (a).
Il s’agit maintenant de définir ce que l’on entend par une « mesure de rota­
tion ». Pour tout réel e, les matrices :

cos в —sin 0 cos 9 sin 9


Re = sin в cos 9
et Se =
sin 9 —cos 9

sont orthogonales. R$ est la matrice d ’une rotation vectorielle dans une base
orthonormale, et Sg est celle d’une réflexion, toujours dans une base orthonor­
male du plan. Choisissons une base orthonormale e du plan E. L’application :

C: M/27tZ ^ SO(E)
9 r

qui à la classe 9 associe la rotation vectorielle r de matrice Mat (r; e) = Rg


dans la base e, est un isomorphisme de groupes puisque RgRg> = Rg^gi. Mais
cet isomorphisme n ’est pas canonique en ce sens qu’il dépend du choix de la
base e. Heureusement que nous avons ce résultat formidable :
La matrice Rg représentant une rotation dans une base orthonor­
male est la même dans n ’importe qu’elle base orthonormale de
même orientation.
6.3. REPONSES 141

Ce résultat est une conséquence du Théorème :


T h éo rèm e — Soit r une rotation de matrice Ro dans une base
orthonormale e du plan E. Soit e' une autre base orthonormale.
1) Si e et e' ont même orientation, alors Mat (r; e') = R$,
2) Si e et e' sont d ’orientations contraires, Mat (r;e') = R-$.
P re u v e — 1) La matrice de passage P^' est un matrice de rotation. Notons-la
Pg = Ra- On aura Mat (r; e') = R^^ReRa = Re puisque le groupe SO (2) est
commutatif.
2) Ici P / = «Sa, et :

Mat (r; ^RgSa — SaRe^a ~ {RaRe) Rg ^ ~ Rg ^ ~ R —g


puisque la matrice SaRe est celle d ’une réflexion. ■
Ainsi, dans le plan orienté E, l’isomorphisme ^ devient canonique si l’on décide
de n’employer que des bases orthonormales directes pour le déflnir. Si le plan E
est orienté, on déflnit ^ à l’aide d ’une base orthonormale directe quelconque
de E, et l’on appelle mesure d ’une rotation r tout réel в tel que в = (r).
R em arq u es — a) Le Théorème montre que changer l’orientation du plan
revient à changer la mesure в d ’une rotation r en son opposé —в.
0) On peut parler d ’angle orientés sans orienter le plan, mais l’orientation
de celui-ci est indispensable si l’on veut parler de mesures d’angles orientés.

R ép onse 6.11 Si u et v sont deux vecteurs non nuis d ’un espace vec­
toriel euclidien E, la mesure de l’angle géométrique ( u , v ) formé par ces
vecteurs est le réel 6 appartenant à l’intervalle [0, tt] tel que :

U .V
cos^ =
U

On dit aussi que 6 est l’écart angulaire entre les vecteurs l î et ~v. On notera
que cette déflnition est valide quelle que soit la dimension de E alors que la
définition d ’un angle orienté de vecteurs ne peut être donnée que dans un plan.

R ép o n se 6.12 Le secteur angulaire saillant délimité par les demi-droites


[AB) et [AC) est la partie, notée [BAC\ ou [[AR), [AC)], définie par :

[RÂC] = | м / 3 ( х , у ) ÂM = æ Zs-b x 5 } .
Il s’agit donc de l’intersection de deux demi-plans fermés : le demi-plan de
frontière {AB) contenant C, et le demi-plan de frontière (AC) contenant B.
142 CHAPITRE 6. APPLICATIONS ORTHOGONALES & ANGLES

Un secteur angulaire saillant est donc toujours convexe comme l’intersection


de deux convexes.
Le complémentaire du secteur saillant est un secteur rentrant.

R ép o n se 6.13 On a (CÂ, CB) = (Ââ, BC) (27t) ce qui permet d ’écrire,


en utilisant la relation de Chasles :

(ÂB,ÂC) + { B C , B l ) A { â k , ' ^ ) = {AB,ÂC)-\-(Bd,BA) + {AC,BÔ)


= {AB,ÂC) + (ÂÔ,BC) + {BC,BA)
= (Â B , b 1 ) = 7T (27t).

On peut aussi dessiner un triangle ABC, tracer la parallèle à {BC) passant


par A, et utiliser des angles alternes-internes (comme on le ferait en collège)
pour s’apercevoir que la somme des trois angles du triangle est égal à l’angle
{[Ax), [Ay)) formé par les demi-droites opposées [Ax) et \Ay) (voir FIG. 6.1).

F ig . 6.1 - Somme des angles d ’un triangle

R ép o n se 6.14 La classe de 5® est traditionnellement (depuis quelques


temps) celle de la symétrie centrale étudiée en liaison avec les propriétés du
parallélogramme, tout comme la classe de sixième est celle de la symétrie
axiale étudiée en liaison avec les propriétés du rectangle (et ce qui va avec :
les propriétés du carré, du losange, et les deux définitions équivalentes de la
médiatrice d ’un segment).
En cinquième, on peut démontrer que la sonune des angles d ’un triangle est
égale à un angle plat en utilisant la conservation des angles par symétrie
centrale. Je propose l’activité suivante :
6.3. REPONSES 143

ACTIVITE (classe de 5®) - Dessinez un triangle quelconque ABC.


Tracez le milieu I de [AB]., et le milieu J de [AC\. Tracez le
symétrique f/ de C par rapport à /, puis le symétrique V de 5
par rapport à J.
a) Que dire des points U, A et V I
b) Démontrez-le. ^ ^
c) Que devient l’angle A B C dans la symétrie par rapport à / ?
Quelle ^ a lité peut-on en déduire ? De la même façon, que devient
l’angle BC A dans la symétrie par rapport à J ? Qu’en déduire ?
e) Montrer que la somme des angles du triangle AB C vaut 180°.

F ig . 6 .2 - Somme des trois angles d ’un triangle

La FIG. 6.2 montre les tracés attendus. Le raisonnement demandé en b) est


complexe pour un élève de cinquième, mais accessible. Il s’agit de démontrer
que les quadrilatères AC BU et A B C V sont des parallélogrammes en notant
que leurs diagonales se coupent en leurs milieux, puis d ’en déduire que les
droites {UA) et {AV) sont parallèles à (BC), pour enfin achever le raisonne­
ment en utilisant le cinquième postulat d ’Euclide : par un point il ne passe
qu’une seule droite parallèle à une droite donnée, ici {UA) et {AV) sont pa­
rallèles à {BC) et passent toutes deux par A, donc sont confondues.
Si nécessaire, on peut proposer un énoncé avec plus d’indications : d ’abord
demander ce que sont les quadrilatères ACBU et ABCV, puis demander de
montrer le parallélisme entre les droites {UA), {AV) et {BC), pour pouvoir
conclure.
On peut aussi proposer l’énoncé tel quel en en faisant une activité ouverte où
toute la classe pourra s’investir, le professeur restant au tableau pour exploiter
les idées proposées et orienter la réflexion commune.
144 CHAPITRE 6. APPLICATIONS ORTHOGONALES & ANGLES

Finalement, la conservation des angles par une symétrie centrale montre que

A B C = UAB et BCA = C ^ ,

ce qui permet d ’écrire :

ABC + B 0 4 + = CÎAB + + CAB = 180°


puisque les points U, A, V sont alignés.

R ép o n se 6.15 Soit (C, i , j ) un repère orthonormal direct du plan.


Soient A et B les points de coordonnées (cosa,sino) et (cos6,sin6) dans ce
repère, comme sur la FIG. 6.3. Par définition :

{ OA = (cos a) i + (sin a) j
OB = (cos 6) i + (sin 6) j

donc OA.OB = cos a cos 6 + sin a sin b. Mais :

Ô Î.Ô B = I|Ô Î| 11|CB| I cos(Ô Î, ÔB) = cos {b - a)

comme on le voit en lisant l’angle {ÔÂ,ÔB) sur le cercle trigonométrique


associé au repère (C, i , j ). On en déduit que :

cos (b —a) = cos a cos 6 + sin a sin b.

Le développement de cos (a + b) s’obtient en remplaçant a par —a dans la for­


mule précédente. Les développements de sin (o ± b) sont obtenus en retournant
au cosinus. Par exemple :

sin {a + b) = cos ( ~

= cos —à j cos b -h sin sin b


= sin a cos 6 -Hsin i>cos a.
R ép o n se 6.16 Un endomorphisme u du plan vectoriel E est orthogonal si

et seulement si sa matrice M = ^ ^ ^ ^ (dans une base orthonormale de E)


est orthogonale, c’est-à-dire vérifie :

a2-H62 = l
c^ -I- ci^ = 1
ac + bd = 0.
6.3. REPONSES 145

F ig . 6.3 - cos (b —a) = cosaœsb + sinasin6

De + 6^ = 1 on déduit l’existence de 0 G M tel que a = cos 6 et b = sin0


([7], §. 7.7). La troisième équation devient cos$c-\-sin9d = 0, et signifie que
le vecteur-colonne (¿) appartient à la droite d ’équations cosôx -|- sin^a; = 0,
autrement dit qu’il existe e G R tel que De + cP = 1 on
déduit = 1, soit e = ±1.
On a montré que toute application orthogonale u du plan admettait une ma­
trice de la forme :

cos 6 —sin^ cos 9 sin 9


Re = ou Sq = ( 0GR)
sin 6 cos 9 sin^ —cos 9

dans une base orthogonale de E. La réciproque est évidente, puisqu’un endo­


morphisme de matrice R$ ou Sg est orthogonal : pour le vérifier, il suffit de
constater que les vecteurs-colonnes de ces matrices forment des bases ortho­
normales de R^ (où R^ est muni de sa structure d ’espace vectoriel euclidien
canonique).

R ép o n se 6.17 Les vecteurs x et x' étant non nuis et de même norme, on


peut les supposer unitaires sans restreindre la généralité du problème. Com­
plétons X pour obtenir une base orthonormale (æ, 62). Il existe un réel a tel
que x' = cosa.x -f sino:.e2. Si / est une rotation amenant x sur æ', la matrice
de / dans la base (æ, 62) est nécessairement de la forme :

cos a —sm o:
M =
sin a cos a

puisque la première colonne de cette matrice est imposée (ce sont les coordon­
nées de x' dans la base {x, 62)), et que la seconde colonne s’en déduit (puisqu’on
146 CHAPITRE 6. APPLICATIONS ORTHOGONALES Sc ANGLES

connaît la forme particulière des matrices de rotations !). L’unicité de / est dé­
montrée. Réciproquement, on vérifie que l’application linéaire / de matrice M
dans la base (x, 62) transforme x en x', et qu’il s’agit d ’une rotation.
La preuve de l’unicité et de l’existence est la même si l’on travaille avec une
réflexion à la place de notre rotation, le seul changement étant dans la forme
de la matrice d ’une réflexion qui sera alors :

cos a sm a
M =
sin a —cos a

R ép o n se 6.18 Une rotation vectorielle r du plan E 2 est un endomor­


phisme de E 2 qui admet une matrice de la forme :

cos 6 —sin 0
Re =
sin 6 cos 6

où 6 E R, dans une base orthonormale e = (61, 62) de E 2. Cette matrice


n’est pas diagonalisable dans M sauf si 0 = 0 (27t), c’est-à-dire si r = Id. Le
polynôme caractéristique de r est en effet :

cos 6 —X —sin 0
Xr(X) = = X 2 - 2 cos0 X -|-1
sin 6 cos 9 —X
= {X - é^){X - e~^^)

et les valeurs propres sont complexes non réelles si et seulement si 6 n’est


pas congru à 0 modulo 27t. Pîir contre une réflexion s du plan est une symétrie
orthogonale par rapport à une droite, et par définition même d ’une symétrie
([14], §.2.1), c’est une application diagonalisable dont les espaces propres sont
associés aux seules valeurs propres ±1 de s.

R ép o n se 6.19 Une application orthogonale d’un espace euclidien de di­


mension 3 est soit :
- l’identité,
- une réflexion sp par rapport à un plan P ,
- une rotation td d ’axe une droite D,
- une symétrie-rotation ro ° sp où P = D-^.
On sait qu’une rotation ro d ’axe D s’écrit toujours comme le produit de deux
réflexions par rapport à des plans contenant D (dont l’une peut être choisie
arbitrairement). Les rotations ro et les symétries-rotations r/josp du catalogue
précédent seront donc aussi des produits de réflexions. Et bien sûr, l’identité
est le produit d’une réflexion par elle-même !
6.3. REPONSES 147

R ép onse 6.20 a) Le polynôme caractéristique de u est du troisième degré


à coefficients réels, donc admet au moins une racine réelle A. Pour une telle
valeur propre réelle A, il existe x ^ O t e l que u (x) = Ax, d ’où ||u (æ)|| = |A| ||a:||.
Mais u conserve la norme, donc ||a;|| = |A| ||æ||, et nécessairement |A| = 1.
Nous venons de prouver que u admet toujours —1 ou 1 comme valeur propre.

b) Ainsi u admet A = ±1 comme valeur propre. Soit x un vecteur propre


(non nul) de u associé à cette valeur propre. Soit F = Rx la droite vectorielle
engendrée par x.
L’application orthogonale u laisse stable la droite F, donc laissera stable l’or­
thogonal F-*- de F. La restriction u|^± de u au plan F-*- sera une application
orthogonale du plan, donc une rotation ou une réflexion. Dans une base or­
thonormale e = (x /||x ||,e 2,e 3) de F , la matrice de u sera de l’une des formes
suivantes :

±1 0 0 ±10 0
Me = 0 cos 0 —sin ^ ou N$ = 0 cos 6 sin 6
VO sin 0 cos 6 0 sin0 — COS 0

Réciproquement, toute matrice de l’une de ces formes est clairement orthogo­


nale (puisque les vecteurs-colonnes de ces matrices forment des bases ortho­
normales).

c) • Les restrictions des automorphismes u de matrices N$ sont des


réflexions du plan F-*-. Il est donc possible de choisir une autre base ortho­
normale (62)^3) de F-*- formée de vecteurs propres de u\p±, et d ’obtenir une
matrice :
±1 0 0 \
0 1 0
0 0 -1 y
encore plus simple qui représente toujours u dans la base e' = (x /||x ||,e 2,e 3).
On reconnaît des matrices de symétries orthogonales : des réflexions s’il y
a un seul —1 dans la diagonale principale, des demi-tours (i.e. des rotations
d’axes A et d’angle plat) sinon.
• Les automorphismes u de matrices :

1 0 0
0 cos 6 —sin 0
0 sin 6 cos 6
148 CHAPITRE 6. APPLICATIONS ORTHOGONALES & ANGLES

sont appelées des rotations vectorielles d ’axe F. Ce sont des endomorphisme


qui coïncident avec l’identité sur la droite F, et avec une rotation plane dans
le plan F-*-.
• Enfin, les automorphismes u de matrices :

-1 0 0 \
M = 0 cos 9 — sin^
0 sin 0 cos 9 /
s’écrivent toujours comme des composées de rotations et de symétries puisque :

/1 0 0 \ 1 0 0
M = 0 cos 6 —sin 0 0 cosÔ —sin 0
y 0 sin 0 cos 6 0 sin 9 cos 6

s’interprète en écrivant « = r o s = s o r o ù r e s t une rotation d ’axe F


et s la réfiexion par rapport au plan F-*-. Ces applications u sont appelées
des symétries-rotations. On pourrait vérifier que cette décomposition d ’une
symétrie-rotation sous la forme u = ro s = so r est unique à partir du moment
où u 7^ —Id (Question 6.21).
Conclusion — On a pu très facilement décrire la nature des applications
orthogonales de l’espace en utilisant des matrices.

R ép o n se 6.21 a) Le polynôme caractéristique de l’endomorphisme u est


du troisième degré et à coefficients réels, donc admet au moins une racine
réelle A. Comme u G 0 ( F ) , cette racine ne peut être que ±1 (en effet : si x
est un vecteur propre non nul associé à A, ||a;|| = ||îi(a:)|| = |A| ||a;|| entraîne
|A| = 1). Mais u ne peut pas admettre 1 comme valeur propre, car l’espace
Invu de ses vecteurs invariants est réduit à {0}.
Il existe alors un vecteur non nul x tel que u (x) = —x, et la droite D = Vect (x)
engendrée par x est globalement invariante par u. Comme u est orthogonale,
cela entraîne que :
- le plan P = orthogonal à D est aussi globalement invariante par w,
- la restriction u\p de u à F est une application orthogonale de F, donc une
rotation ou une réflexion. Comme cela ne peut pas être une réflexion (puisque
Invu = {0}), ce sera une rotation.
Il est maintenant judicieux de travailler avec des matrices d’applications li­
néaires dans une base orthonormale e = (61, 62, 63) de F telle que ei G F et
6.3. RÉPONSES 149

62,63€ P. Dans une telle base, la matrice de u est de la forme :


/ - 1 0 0
M = I 0 cos^ —sin0
\ 0 sin^ cos^

où 0 G R. Comme :

1 0 0
M = ( 0 cos 6 —sinû
0 sin 0 cos^
1 0 0
0 cos û —sind
0 sin^ cos^

la matrice M apparaît comme le produit commutatif de la matrice d’une


rotation d ’axe D par celle de la réflexion de base P.
Il ne reste plus qu’à démontrer l’unicité de cette décomposition. Si nous avons
U = r Os = s or, alors = {r Os) O(s or) = est une rotation d ’axe D ou
l’identité.
Si r^ = Id , alors r est aussi une symétrie, donc c’est soit l’identité, soit un
demi-tour d ’axe D. Avoir r = Id est hors de questions (puisqu’alors u = s
posséderait des vecteurs invariants non nuis). E t si r est un demi-tour, alors
u = r o s = —Id, ce qui est contraire à notre hypothèse.
Donc est une rotation d’axe D parfaitement déflni, et cet axe est celui de la
rotation V?, donc ne dépend que de u. Le plan P = sera aussi parfaitement
déterminé par le choix de u, et il en sera de même de s, donc aussi de r = t i o s .
b) u = r Os est orthogonale comme composée de deux applications ortho­
gonales. On vérifle facilement que u = r o s = s o r c t Invu = {0} en utilisant
les matrices de la question précédente.

R ép onse 6.22 ► Introduisons la matrice (à coefficients dans

oi b\ Cl
M = \ O2 Î>
2 C2
«3 C3

Les coeflicients de M vérifient le système ( 1) si et seulement si les vecteurs-


colonnes de M forment une base orthonormale de R^ muni de sa structure
euclidienne canonique. On sait que cela équivaut à dire que M appartient au
150 CHAPITRE 6. APPLICATIONS ORTHOGONALES & ANGLES

groupe O (3) des matrices orthogonales de taille 3. On sait aussi que M G O (3)
si et seulement si M est inversible et = M~^. On peut donc écrire :

(1) M G 0 (3 ) ‘M = M - 1 (t)
De la même manière,
ai 02 0
3
*M= I bi b2 63
Cl C2 C3

et :
(2) ‘M g O(3) ‘(‘M) = ^M = M ~ \ (t)
car de façon générale *(iV“ ^) = {*N)~^ (ce qui revient à écrire (u~^)* = {u*)~^
pour tout endomorphisme u, et se vérifie en utilisant les propriétés usuelles
de la prise de l’adjointe et de la prise de l’inverse). Les équivalences (f) et (|)
montrent que (1) (2).
► L’équivalence est encore vraie si l’on remplace 1 par fi (où l G MÜj.). Pour
le voir, il suffit d ’appliquer le résultat du paragraphe précédent avec oi/Z, 02/Z,
C 3 /I.

R ép o n se 6.23 Si s existe, elle conserve les normes, donc ||a;|| = ||y||. Ré­
ciproquement, supposons que ||a;|| = ||î/||. Si x = y, n ’importe quelle réflexion
par rapport à un hyperplan qui contient x fait l’affaire. Supposons maintenant
que X ^ y . Si s désigne une réflexion par rapport à un hyperplan H, on peut
écrire :

x +y £ H x +ye H
SH (x) = y
X - y e H-^ [ H = {R{x-y))-^.

Comme (æ + y){x —y) = ||æ|p — ||y||^ = 0, la condition x + y e (R (x —y))^


est toujours satisfaite, donc :

s h {x) = y +> H = {R { x - y))-^ .

Il existe ainsi une et une seule réflexion échangeant x et y : c’est la réflexion


par rapport è. H = {R{x —y))-^ (on dit que H est l’hyperplan médiateur du
couple (x,y)).

R ép o n se 6.24 On dit que F et G sont perpendiculaires si F-*- C G (ce


qui équivaut aussi à G-*- C F ). Si F et G sont perpendiculaires, alors :

ap oaa = apriG
151
6.3. RÉPONSES

où désigne la symétrie orthogonale par rapport à F n G. Pour le


on vérîS que l'application linéaire o o c coïncide avec 1 identité sur FnG,

et avec —Id sur (F D C?)"*".


- Si æ € F n G, alors ap o aa (^) = ~
- Si X G {F n G)"*" = F"*" + G'^, on peut écrire x sous la forme x = xi + X2
avec X\ € F"*" et X2€ G"^, puis calculer .

(JF°^ g {^) = tTf o îtg (®i + 3


Î2)
' ^ ^ ^ ( ^ ,- 0:2) (car XI € F | c C?)
= -x i-a :2 ( c a r X2 G( 7 - Lc F)
= -X .

A u tre so lu tio n — On peut prouver que îtjp o crc = en utilisant des


matrices. On remarque d’abord que :

E = (F n (7) © (F n
= (F n G) © (F-L + G-^),

et que F ^ + G^ = F ^ ® G^ puisque F-^ n G-^ C G O G^ = {0} (faire un


dessin en dimension 3). Ainsi :

F = (F n G) © F-L © G^.

Il suffit maintenant d’écrire les matrices de ap, <^G et crpnG dans une base
adaptée à la décomposition en somme directe précédente. On obtient :

1 0 0
Mat(irip) = \ O - I O et Mat(iTG) =
0 0 1

d’où

Mat((7F O(Jg ) =

R ép onse 6.25 Deux sous-espaces F et G sont dits orthogonaux si l’on a


l’inclusion F C G"*", ce qui revient à écrire l’inclusion G C F-*-, ou encore à
152 CHAPITRE 6. APPLICATIONS ORTHOGONALES & ANGLES

dire que x.y = 0 quel que soit {x,y) appartenant è, F x G. Si F et G sont


orthogonaux, alors :

où désigne la symétrie orthogonale par rapport à (F©G)-*-. Pour


le voir, on vérifie que l’application linéaire erp ° coïncide avec l’identité
sur {F © G)"*", et avec —Id sur F ®G.
- Si X € (F © G)-*- = F-*- n G^, alors ap ooq ( x ) = erp {-x) = x.
-Si X 6 F © G,on écrit X sous la formex = xi + X2 avec xi G F et X2 G
puis on calcule :

ap OCG (x) = crpocTG (xi + X2)


= a p (—xi + X2) (car xi G F C G"*")
= - x i - X2 (car X2e G C F-*-)
= —X.

R ép o n se 6.26 Première solution (argument de dimensions)

j dim ip - dim V'^ = n —dim V


I dim {'р(У))^ = n —dim(/?(V) = n —dim V,

donc d im ^ (F-*-) = d im (^ (F ))‘‘". L’égalité annoncée sera donc assurée si l’on


prouve l’inclusion (p (F-*-) C (v^(F))"*". C’est facile : si x G F-*- et y G <^(F),
il existe Z G F tel que y = (p{z). Comme ip est orthogonale, elle conserve le
produit scalaire et {ip{x),y) = {(p{x),(p{z)) = (x, z) = 0. Donc :

Vx G F-*- Vy G (p{V) {(p{x),y) = 0,

e t c e la sig n ifie q u e p (F-*-) C (^(F))'^.


Deuxième solution (équivalences) — Comme p est bijective et conserve le
produit scalaire.

х £ р {У '^ ) ^ p ^ { x ) Ç . Vr±
^ V y G F { p - \ x ) , y ) = ti
^ Vy G F (x, p{y)) = 0
4Ф X G (< ^ (F ))-^ .
6.3. RÉPONSES 153

R ép o n se 6.27 Si x, xq e E, alors :

|(a:|u(x)) - (xok(a;o))| < |(æ|ti(x)) - (a:o|«(x))| + |( x o |m (x )) - (æo|u(a;o))|


< (|x - æo|w(æ))| + |(xo|«(x - a:o))|
< lia; - a;o|| |K a:)|| + ||xo|| ||«(a; - a;o)||

en utilisant l’inégalité de Cauchy-Schwarz. Donc :

|(a;|M(x)) - (a:o|u(xo))| < \\x - xo|| ||w|| ||x|| -I- ||xo|| ||n|| ||x - xo||
< IHI(||æ|| + ||xo||) X ||x - x o ||

où ||u|| désigne la norme opérateur de l’endomorphisme u. Si ||x —xo|| < 1,


alors ||x|| <1-1- ||xo|| et :

|(x|u(x)) - (xo|u(xo))| < M \ \ x - æoll

où M = ||u|| (1-1-2 ||xo||). Par suite :

Ve > 0 3?7 > 0 ||x-xo||<?7 \(p{x) —¡p{xq)\ < e {*)

comme on le voit en prenant r] = Min (1, e/M). On a bien M > 0 sinon M = 0


entraîne u = 0 et la continuité de p est triviale puisque c’est la fonction nulle.
L’assertion (*) montre la continuité de p en tout point xq de E.

Autre solution — Il n ’y a en fait aucune obligation à utiliser l’inégalité de


Cauchy-Schwarz pour conclure. Le résultat est beaucoup plus général : on peut
montrer que l’application p : x /(x , tt(x)) est continue sur E lorsque / est
une forme bilinéaire quelconque sur E. En effet, / est continue sur E x E
puisqu’on peut écrire :

f(x ,y ) = XI

où ( x i,..., Xn) et (j/i, ...,3/n) sont les coordonnées de x et y dans une base de E,
et où (oij) est la matrice de la forme bilinéaire / dans cette base, et puisque
chacune des applications (x, y) i-^ OijXiyj est polynomiale en les coordonnées
de X et y, donc continue sur E x E. L’application p : x\-^ /(x ,u (x )) est alors
continue comme composée des deux applications continues x ( x , u ( x ) ) et

/ : (æ,y) /(x ,y ).

R ép onse 6.28 Cet exercice, inspiré d ’un énoncé du livre de Monier [20],
permet de démontrer agréablement les deux applications de la question d) qui
154 CHAPITRE 6. APPLICATIONS ORTHOGONALES & ANGLES

ont été vues d ’une autre manière dans les Questions 152 et 153 du volume III
de cette collection [15].
a) L’application :
tp: S R
X (a;|ii(æ))
est continue sur le compact S, donc est bornée sur ce compact et atteint ses
bornes. On en déduit qu’il existe æq € 5 tel que <p{xo) = Sup^.^^ p{x).

R em arq u e — La sphère S est compacte puisque fermée bornée dans E de


dimension fini sur R. L’application p est continue comme on l’a vérifié à la
Question 6.27.

b) Si 0 € I I, le vecteur yg = cos^xo+ sin^xi est dans 5, donc р{ув) < p {xq).


On a :

4>{ye) = (cos^æo + sin^a;i|ii(cos0æo + sin^æi))


= (cos 0 æo + sin в x\ I cos в u {xq) + sin в и{х\))
= cos^ 9 (xo|u(xo)) + sin^cos^ (æi|u(æo))
+ cos^sin^ (xo|u(æi)) + sin^ 9 (æi|u(a;i).

Comme и est symétrique, (a:o|n(a:i)) = (æi|u(xo)) et :

ip{ye) = cos^^(æo|u(®o)) + 2sin^cos0 (iCi|u(æo)) + sin^^(a;i|u(xi).


L’inégalité р{ув) < p{xo) donne alors :
2sin0cos^(æi|u(a:o)) +sin^0(æ i|ti(xi) < sin^ 0 (xo|u(xo)).

Si0 G ]0, 7t[, sin0 > 0 donc 2cos^ (xi|u(xo))+sin0 (xi|u(xi) < sin0 (xo|u(xo)),
et l’on obtient (xi|u(xo)) < 0 en faisant tendre 9 vers 0 par valeurs supérieures.
Si 0 € ]—7Г, 0[, on obtient 2cos0 (xi|u(xo)) + sin0 (xi|u(xi) > sin0 (xolu(xo))
et l’on tire (xi|u(xo)) > 0 en faisant tendre 9 vers 0 par valeurs inférieures.
Ainsi (xi|u(xo)) est à la fois positif et négatif, donc (xi|u(xo)) = 0.

c) La question précédente montre que :

Vxi G E (xi|xo) = 0 = (xi|u(xo)) = 0

autrement dit (Rxo)"*" C (Ru(xo))"*‘, soit (Rxo)"*"*" D (Rw(xo))"*"*‘, ou encore


R«(xo) C R xq. Ainsi u(xo) € R xq et xo est un vecteur propre de u.

d) • Dans les questions précédentes, on a montré que tout endomorphisme


symétrique de E possédait au moins une valeur propre réelle. Raisonnons par
6.3. RÉPONSES 155

récurrence sur la dimension n de E. La propriété est triviale si n = 1. Si n > 1,


on choisit un vecteur propre xq de u de norme 1. Comme u est symétrique, et
comme sous-espace R æq est stable par u, l’hyperplan H = (Rxo)"*" sera stable
par u (voir remarque). L’hypothèse récurrente appliquée à u \h : H H
montre l’existence d’une base orthonormale ( e i , e ^ - i ) formée de vecteurs
propres de u \h , donc aussi de u. Il est alors évident que (ei, ...,e„_i,xo) est
une base orthonormale de E formée de vecteurs propres de u, et cela démontre
la propriété au rang n.

R em arq u e — De façon générale, si F est un sous-espace stable par u et


si u est symétrique, alors F-^ est stable par u. En effet, si æ G F-*-, pour tout
y^F,
(u (x) |y) = (æ|«(î/)) = 0
car u{y) G F, donc u (x) G F-*-, et l’on peut conclure à u (F-*-) c F-*-.

• Appelons u l’endomorphisme de matrice A dans une base orthonormale


donnée de E. Comme A est symétrique, l’endomorphisme u l’est aussi. Notons
toujours xo le vecteur de norme 1 obtenu à la question a), tel que :

ip{xo) = Supa.g5¥^(x).
On a démontré à la question c) que u(xo) = Ai Xq pour un certain scalaire Ai.
L’endomorphisme u laisse Rxo stable, donc laissera aussi stable l’hyperplan
H = (Rxo)-*-. La restriction u\h : H H est un endomorphisme symé­
trique de H, donc d ’après la point précédent il existe une base orthonormale
(e2,..., 6
n) de H formée de vecteurs propres de u. Finalement, si l’on pose
ei = Xq, on dispose d’une base orthonormale e = (ei, ...,Cn) de E formée de
vecteurs propres de u. Notons A» (1 < i < n) les valeurs propres de u associées
aux vecteurs propres Cj. On a :
Vi G [2,n] (ei|u(ei)) > {ei\u{ei))

et comme {ei\u{ei) = {ei\Xiei) — Xi \\ei\\^ = Xi pour tout i, on obtient :


Vi G[ 2, nl Ai >Ai .

Cela montre que Ai = Sup3 ,ç5(p{x) est la plus grande valeur propre de u, donc
aussi de A. Pour conclure, il suffit de remarquer que :
(x|tt(x)) „ ^XAX
Al = Supj.g5(xlu(x)) = SuPa,g£;\{0} ||^||2 = SupxeB"\{0} ||jf||2

où X = *(xi,..., Xn) représente les coordonnées de x dans la base orthonormale


e (fiif •••) 6
71).
156 CHAPITRE 6. APPLICATIONS ORTHOGONALES & ANGLES

6.4 Commentaires
Nous avons besoin de travailler les applications orthogonales et les angles pour
préparer l’écrit du CAPES, car ces notions sont enseignées en CPGE. Le pro­
gramme de Maths Sup sorti en 2013 [21] demande d ’étudier le groupe ortho­
gonal comme on s’en rend compte dans cet extrait du chapitre concernant les
espaces préhilbertiens réels :

g) Isom ét ries vectorielles d^int espace euclidien

Isom étrie vectorielle (ou autom orphism e orthogonal) ;


définition par la linéarité et la conservation des normes,
caractérisation p a r la conservation du produit scalaire,
caractérisation p a r l'image d 'une base orthonormale.
Symétrie orthogonale, réflexion.
Groupe orthogonal. Notation 0(Б).

h) M atrices orthogonales

Matrice orthogonale : définition ^AA= caractérisation


par le caractère orthonorm al de la famille des colonnes,
des lignes.
Groupe orthogonal. Notations 0 „ (il).0 (n ).
Lien entre les notions de base orthonoimale, isométrie et
matrice orthogonale.
D éterm inant d ’u n e m atrice ortliogonale, d 'u n e isom é­
trie. Matrice orthogonale positive, négative; isométrie
positive, négative.
Groupe spécial orthogonal. Notations SO(£), SO^ (R)> SO(n).

I) Isom étries vectorielles e n dim ension 2

D escription des m atrices orthogonales et orthogonales Lien entre les élém ents de $03(R) et les nom bres com ­
positives de taille 2. plexes de module t.
Rotation vectorielle d'im plan euclidien orienté. On introduira à cette occasion, sans soulever de difficulté
sur la notion d’angle, la notion de mesture d’m i angle
orienté de vecteurs.
^ SI : mécanique.
Classification des isométries d'un plan euclidien orienté.

Que de prérequis sont nécessaires pour bien comprendre tous les exercices
proposés dans ce chapitre sur les applications orthogonales et les angles !
Il faut connaître des passages importants d ’algèbre linéaire, être à l’aise dans
les espaces euclidiens, puis avoir lu un cours bien progressif et structuré qui
développe les arguments dans un ordre naturel. Un cours bien articulé permet
de mieux comprendre, d ’établir des liens entre les notions en jeu, et finalement
de mieux retenir. Pour qui veut bien travailler ces notions, je ne peux que
conseiller de lire les chapitres 7 et 8 du Cours de géométrie [7].
Pour le CAPES, une vision approximative d’un angle semble suffisante pour
commencer, et l’on peut a priori se contenter de la notion d’angles géométrique
présentée de façon intuitive au collège, puis des définitions peu rigoureuses des
angles orientés et des mesures d ’angles orientés données en classe de première
6.4. COMMENTAIRES 157

en enroulant une droite autour d ’un cercle, sans soulever de problèmes théo­
riques à ce sujet. Faire le lien entre la définition rigoureuse d ’un angle orienté
et les matrices des rotations constitue l’étape suivante réservée aux matheux.
L’étude des applications orthogonales continue d ’avoir toute sa plaee dans la
préparation à l’écrit du CAPES.
Il ne faudrait pas croire pour autant que ce travail est inutile pour préparer
les épreuves orales, car, pendant l’entretien, le jury essaie de déterminer le
plus exactement possible la carte des connaissances du candidat. Il s’agit de
déterminer ce que sait le candidat sur les isométries vectorielles ou affines, les
angles, les cercles, la cocyclicité, les nombres complexes...
Dans la pratique, on constate que préparer les écrits reste souvent la voie royale
pour accumuler des connaissances et les solliciter au moment d ’un entretien
avec un jury d’oral.
158 CHAPITRE 6. APPLICATIONS ORTHOGONALES & ANGLES
Chapitre 7

Cercles

7.1 Minimum vital


Q uestion 7.1 Montrez que, par trois points non alignés, on peut faire passer
un cercle et un seul.

Q uestion 7.2 Soient A, B, C trois points distincts et alignés. Montrer qu’il


n’existe pas de cercle qui passe par ces trois points.

Q uestion 7.3 (Oral du CAPES 2010) Montrer que deux cercles qui possèdent
deux points communs A et B, et une tangente commune en A, sont égaux.

Q uestion 7.4 Enoncez le résultat concernant l’intersection d’une droite et


d’un cercle. Démontrez-le.

Q uestion 7.5 Enoncez et démontrez le résultat concernant l’intersection de


deux cercles.

Q uestion 7.6 Soit C un cercle de centre O et de rayon r > 0. Soit M un


point du plan.
a) Combien peut-on abaisser de tangentes à C issues de M ? On envisagera
plusieurs cas suivant la position de M par rapport au cercle et on prendra soin
de montrer très précisément ce que l’on aura énoncé.
b) Lorsque OM > r, proposer une construction à la règle et au compas des
deux tangentes à C issues de M . On note N et N ' les points de contact de
ces tangentes sur C. Montrer que M N = M N ' et que {MO) est la bissectrice
intérieure du triangle M N N ' issue de M .

Q uestion 7.7 (Ecrit du CAPES externe 2005) Définissez la puissance d’un


point M par rapport à un cercle C. Quel est l’intérêt d ’une telle définition ?

159
160 CHAPITRE?. CERCLES

Q u estio n 7.8 Si D\ et D 2 sont deux droites du plan respectivement orthogo­


nales à deux autres droites D[ et D'2, montrer que (£>i,£>2) = { ^ 1, 02) (tt).

Q u estio n 7.9 Démontrez le Théorème de l’angle inscrit : si A, B et M dé­


signent trois points distincts d’un cercle C de centre O, et si Ta désigne la
tangente à C issue de A, alors (O À,Ô è) = 2{M A,M B) = 2 {Ta , AB) (27t).

7.2 Entraînement
Q u estio n 7.10 Montrez qu’un cercle admet un unique centre de symétrie.

Q u estio n 7.11 Soit C un cercle de centre O et de rayon r. Montrez qu’une


droite est un axe de symétrie de C si et seulement si elle contient O.

Q u estio n 7.12 Comment définir la tangente à un cercle C en un point A de


celui-ci ? La définition de cette tangente comme étant la droite passant par A et
perpendiculaire au rayon issu de A, est-elle en accord parfait avec la définition
générale de la tangente en un point d ’un arc paramétré ?

Q u estio n 7.13 Montrer qu’une tangente D à un cercle coupe celui-ci en un


seul point.

Q u estio n 7.14 (Ecrit du CAPES interne 2004) Soit C un cercle de centre O


et de rayon r > 0. Il est facile de construire un parallélogramme A B A 'B '
circonscrit à C (c’est-à-dire tel que les côtés du parallélogramme soient tangents
au cercle). Montrer que ce parallélogramme est un losange.

Q u estio n 7.15 (Ecrit du CAPES interne 2009) Soit A B C un triangle de


côtés a, b, c, d ’angles A, B et C, d’aire S. Soit R le rayon de son cercle
circonscrit. Démontrez la formule des sinus ;
a
sin À sin B sin c 25
Q u estio n 7.16 On demande de répondre aux questions suivantes comme on
le ferait dans une classe de seconde en 2014, en utilisant uniquement des outils
du collège et la notion de vecteur que les élèves viennent de découvrir. En par­
ticulier, on ne dispose pas de la notion de barycentre ni de celle d’homothétie.
Soient AB C un triangle non aplati et O le centre de son cercle circonscrit.
On note A ', B', C les milieux respectifs des côtés [BC\, [CA\, et [AB\.
a) Montrer qu’il existe un unique point G tel que GA + G B + GC = 0 .
b) Montrer que AG = ■
7.2. ENTRAÎNEMENT 161

En déduire que G appartient aux trois médianes du triangle ABC. Comment


appelle-t-on G ?
c) Soit H le point tel que OH = ÔÂ-\-OB-\-OC. Montrer que H appartient
à la hauteur issue de A du triangle ABC. En déduire que les trois hauteurs
du triangle concourent en H. Comment appelle-t-on H ?
d) Démontrer la relation d’Euler OH = 30G. Que peut-on dire des trois
points O, H et G ?
Q uestion 7.17 Soit a G R. Soient A, B deux points distincts du plan. On
appelle S le lieu des points M tels que {MA, M B ) = a (tt) (égalité entre angles
de droites).
1) Démontrer que :
(a) S ia = 0 (tt), S = {AB) \ {A, B ),
(b) Si a ^ 0 (tt), 5 est le cercle passant par A et B et admettant pour
tangente en A la droite Ta définie par {Ta , AB) — a (tt), privé des points A
et B.
2) En déduire le critère de cocyclicité en terme d ’angles de droites : « quatre
points distincts A, B, C, D du plan sont alignés ou cocycliques si et seulement
si {CÂ,CB) = (d  ,D B ) (tt) ».
Question 7.18 Soient A et B deux points distincts d ’un plan affine euclidien
orienté V. Soit a un nombre réel non congru à 0 modulo n. Rappeler sans
démonstration la nature de l’ensemble E = {M G V /{ M A ,M B ) = a (tt)},
où {MÀ, M B) désigne la mesure de l’angle orienté formé par les vecteurs M A
et M B. En déduire l’ensemble E' = {M e V / {MA, M B) = a (27t)}.
Question 7.19 Montrer que le symétrique de l’orthocentre H d ’un triangle
par rapport à l’un des côtés du triangle appartient au cercle circonscrit à ce
triangle.
Question 7.20 On note P, Q, R les projetés orthogonaux d ’un point M du
plan sur les côtés {AB), {BC) et {CA) d’un triangle ABC.
a) Montrer que P, Q, R sont alignés si et seulement si M appartient au
cercle circonscrit au triangle ABC.
b) Que dire des symétriques de M par rapport aux côtés du triangle ?
Q uestion 7.21 Si je dessine un cercle C, si je choisis deux points A et B sur
ce cercle, et si je place encore deux points M et N sur C tels que M et N
n’appartiennent pas au rnArne^ arcj,e cercle d ’extrémités A et B, les mesures
des angles géométriques A M B et A N B ne sont ni égales, ni égales nwdulo tt.
Pouvez-vous expliquer? Que peut-on dire des angles géométriques A M B et
AN B ?
162 CHAPITRE?. CERCLES

7.3 Réponses
R ép o n se 7.1 Soient A, B, C trois points non alignés. On raisonne par
analyse et synthèse.
Analyse — Si un cercle C passe par A, B et C, son centre O est à égale
distance de ces trois points, donc appartient aux médiatrices A^, A b et A c
des segments [BC\, [CA] et [AB]. La médiatrice A^ n ’est pas parallèle à A b ,
autrement les droites (BC) et {CA) seraient parallèles, donc confondues, et
comme elles passent par le même point C, elles seraient égales, ce qui est
impossible puisque B, C ne sont pas alignés. Donc coupe A b en un
point O qui ne peut être que le centre du cercle recherché. Le rayon de C est
alors r = OA. En conclusion, si le cercle C existe, il est unique puisque de
centre O et de rayon r = OA.
Synthèse — Soit C le cercle de centre O, intersection de A ^ et A b , et de
rayon r = OA. Par définition O G A a fl A b donc OB = OC et OC = OA.
Par conséquent r = OA = OB = OC, donc A, B ei C appartiennent à C.
On vient de montrer l’existence et l’unicité du cercle circonscrit à un triangle
non aplati.

R ép o n se 7.2 Si un tel cercle existait, son centre O appartiendrait aux


médiatrices des segments [AB] et [BC]. Mais ces médiatrices sont perpendicu­
laires à la même droite qui contient A, B et C, donc sont parallèles, et même
strictement parallèles (car A ^ C ) . Elles ne peuvent donc pas se couper en un
point O, et un tel cercle n ’existe pas.
Autre réponse — Si un tel cercle existait, la droite {ABC) le couperait en
trois points distincts, ce qui est impossible car on sait qu’une droite coupe un
cercle en au plus deux points !

R ép o n se 7.3 Si deux cercles C et C de centres respectifs O et O', passent


par deux points distincts A et B, et admettent la même tangente T en A, les
centres O et O' de ces cercles appartiennent à AfiZ) où A désigne la médiatrice
de [AB] et D la perpendiculaire à T issue de M.
Les droites A et Z? ne sont pas parallèles, sinon T et {AB) seraient parallèles
tout en passant par A, et l’on aurait T = {AB), absurde. On déduit que A n D
est un singleton. Comme O et O' appartiennent à A D D, on obtient O = O',
et les rayons OM et O'M de C et C' sont égaux. Finalement, les cercles C et C
ont même centre et même rayon, donc sont égaux.
7.3. REPONSES 163

R éponse 7.4 Voici le résultat


T h éo rèm e — Soient D une droite et C un cercle de centre O
et de rayon r > 0. Soit d la distance de O à £>, et i î le projeté
orthogonal de O sur D. L’intersection C D D est
a) l’ensemble vide si d > r,
b) le singleton {H} si d = r,
c) une paire si d < r.

d=r d< r

F ig . 7.1 - Trois cas de figures

P re u v e — On sait que d = OH est la distance du point O à la droite D


► Si C n D ^ 0, il existe un point M appartenant à l’intersection C D £), et
le Théorème de Pythagore donne OM “ ^ = OH^ + d ’où OH < OM, ou
encore d < r. On peut donc tout de suite affirmer que :

d> r C n D = 0.

► Si d = r, OH = r et H E C D D. Réciproquement, si M E C H D, alors
0M 2 = OH^ + MH^ entraîne M H = 0, d’où M = H. Dans ce cas, on a donc
C n D = {H}.
► Si d < r, le Théorème de Pythagore et sa réciproque permettent d ’écrire
(voir FIG. 7.1) :

OM = r
M e CDD ^
{ OM^ = OH^ + MH^
{ OM = r
164 CHAPITRE?. CERCLES

où Ml et M 2sont les deux points de la droite D situés à la distance y/r^ —d?


de H. En conclusion :
0 si d > r,

{ {H} si d = r,

{Ml, M 2} si d < r. ■

R em arq u e s — a) On aurait pu prouver le Théorème de façon analytique


en rapportant le plan à un repère orthonormal TZ = (O, i , j ) tel que i soit
orthogonal à D. En résolvant le système :

( + y^ = r^
1 a; = d

on obtient = r^ —d? et on retrouve les trois cas du Théorème.

P) Ce Théorème est important. Un candidat doit être capable de l’énoncer


et de le démontrer à l’occasion d ’une épreuve orale. L’étude de la leçon d ’oral 1
du CAPES externe sur le cercle est l’occasion idéale de réviser tout ce que l’on
doit connaître sur le cercle ([11], Chap. 7).
7) Par définition, une droite D telle que C D D = {M }est appelée tangente
en M au cercle C. Avec cette définition, on vérifie qu’une droite est tangente
en M à C si et seulement si elle passe par M en étant perpendiculaire au
rayon [OMj. En effet, si D est tangente à C, alors CC\D = {M} et le Théo­
rème 7.3 montre que M ne peut être que le projeté orthogonal de O sur D,
de sorte que (OM) LD. Réciproquement, si D est perpendiculaire à (OM) et
contient M, alors d = r et CC\D — {H} = {M} d ’après le Théorème 7.3.
R ép o n se 7.5 Voici le résultat :
T h éo rèm e — Soient C — C (O, r) etC' = C (O', r') deux cercles de
centres différents et de rayons strictement positifs. Soit d = 0 0 ' la
distance entre les centres de ces cercles. Alors C et C sont sécants
si et seulement si |r —r'| < d < r -h / . Plus précisément C c C est
une paire si les deux inégalités sont strictes, un singleton dans le
cas contraire.
Nous proposons deux démonstrations de ce résultat.
Preuve géométrique — • Les cercles C et C sont sécants si et seulement si on
peut construire au moins un point M tel que OM = r, O'M = r' et 0 0 ' = d.
D’après la Question 4.11, cela équivaut à |r —r'j < d < r -Hr'.
7.3. REPONSES 165

• Montrons que \CC\C'\ < 2, où \C H C'\ désigne le cardinal de C n C'. Pour


cela raisonnons par l’absurde en supposant que C et C' se coupent en plus de
trois points distincts A, B, C. Ces points ne peuvent pas être alignés car une
droite coupe un cercle en au plus deux points (Question 7.4). Il existe donc
un unique cercle circonscrit à ABC, ce qui entraîne C = C' en contradiction
avec l’hypothèse. On peut donc affirmer que deux cercles distincts se coupent
toujours en au plus deux points.
• Pour achever la preuve, il s’agit de monter l’équivalence :

\ r - r '\ < d < r + r' \CC\C'\=2.

(=>) Si |r —r'I < d < r + r', alors on peut construire un triangle non aplati
OO'M tel que OM = r, O'M = r ' et 0 0 ' = d (Question 4.11). Le point M
n ’appartient pas à {00'), et {0 0 ') est un axe de symétrie de C o C , donc le
symétrique M ' de M par rapport à {0 0 ') sera aussi dans C 0C. Cela montre
que |C n C'I > 2, et puisque |C D C'| < 2, on obtient \CnC'\ = 2.
(<i=) Si \C f\C'\ = 2, montrons que |r —r'| < d < r + r'. Raisonnons par
l’absurde en supposant que \r —r'\ = d ou d = r + r'. Dans ce cas il existe un
point M sur la droite {00') tel que OM = r, O'M = r' et 0 0 ' = d (Ques­
tion 4.11 et caractérisation métrique d ’un segment vue à la Question 1.11).
Comme |C fl C'| = 2il existe un autre point N dans C fl C, et ce point N ne
peut pas appartenir à {00') sinon [MN] serait un diamètre de C et de C,
et l’on aurait C = C en contradiction avec l’hypothèse. Donc N ^ {00'), et
le symétrique N ' de N par rapport à {00') sera aussi dans C o C puisque
{00') est un axe de symétrie de C et C . C’est impossible car dans ce cas C oC
contiendrait les trois points M , N et N'.

Preuve analytique — On considère le repère orthonormal TZ = {I, i , j )


d ’origine le milieu de [00'\ et tel que i soit colinéaire à {00'), et on résout
le système :

a: + 2 1 +
(S) <
+ _ /2

On obtient :

a; + - I -I- = r-2 x+ ^] +y'^ = r'^


{S) ^ ^ ^2_ ^/2
(x+l) X =
2d
166 CHAPITRE?. CERCLES

soit :
/ r - 2 - r '2 + ^ 2y
V
(S) ^
y.2_ J.I2
X=
2d
Le système (S) admet deux solutions si :

'- + S Ÿ < 4d^r^. {C)


On vérifie que

(CT) «■ —2dr < r^ —r'^ + d^ < 2dr


d^ + - 2dr < r'^ < + + 2dr
(d —rŸ < < (d + rŸ
\d —r \ < r '< d + r
\r —r'\ < d < r + r'.
En utilisant les mêmes calculs, on trouve que (S) admet une seule solution si
et seulement si |r —r'I = d ou d = r + r', puis que (S) n’admet pas de solution
si et seulement si l’on n’a pas |r —r'| < d < r + r'.

R ép o n se 7.6 a) Si une droite issue de M est tangente en N au cercle C,


le triangle M N O est rectangle en iV, donc N appartient à CCC^qm ] où C^om ]
désigne le cercle de diamètre [OM], Réciproquement, tout point N de Cf\C^oM\
permet de tracer une tangente (M N) à C issue de M.

F ig . 7.2 - Tangentes à une cercle issues d’un point

Trouver le nombre de tangentes à C issue de M revient donc à déterminer le


cardinal de C n C^oM\ •
7.3. REPONSES 167

On applique le résultat classique concernant les intersections de cercles ([7],


Th. 196). La distance entre les centres de C et CpM] étant O M / 2, et les rayons
de ces cercles étant r et OM/2., on peut affirmer que C fl C^oM] ®st :
OM OM OM
► de cardinal 2si —r < < — ---- \-r ( 1),
2 ~ 2 ' 2
OM OM OM OM
► de cardinal 1 si —r ou +r (2),

► l’ensemble vide dans tous les autres cas.


Comme r > 0,
OM OM
—r <
2
OM OM
( 1) ^ r— < ^ r < OM,
2 2
OM OM
- ir - <
et
OM OM
—r =
OM OM
(2) ^ ou r — r = OM.
OM OM
ou +r
2 2
En conclusion :
- Si r < OM, autrement dit si M est à l’extérieur du disque de frontière C,
il existe deux tangentes à C issues de M.
- Si r = OM, autrement dit si M € C, on ne peut construire qu’une seule
tangente à C issue de M.
- Si OM < r, autrement dit si M est à l’intérieur du disque de frontière C,
il n’existe aucune tangente à C issue de M.
b) La solution nous est donnée par la FIG. 7.2 : on trace le cercle C^oM\
de diamètre [OM\, puis les intersections N et N' de ce cercle avec C. Les
tangentes cherchées sont les droites (M N ) et {MN').
La droite (MO) relie les centres des cercles C ^ m \ et H s’agit donc d ’un axe
de symétrie de ces deux cercles, et l’on en déduit que les points N et N ' sont
symétriques par rapport à (MO) (^). Une symétrie orthogonale conserve les
distances, donc M N = M N '.
'Si s est la réflexion par rapport à {MO), s {C[o m ] fl C) = s (C[om|) fl s (C) = C[om \ G C,
donc s{{N, N'}) = {N, N'}. De plus s (N) ^ N autrement N appartiendrait à {OM), ce qui
est faux puisque le triangle M N O n’est pas aplati. Donc s {N) = N'.
168 CHAPITRE?. CERCLES

On en déduit aussi que les demi-droites [MN) et [MiV') sont symétriques


par rapport à (MO), et cela signifie que (MO) est la bissectrice intérieure du
triangle M N N ' issue de M.

R ép o n se 7.7 Soient M un point du plan et C un cercle de centre O et de


rayon r. Une droite D passant par M et sécante au cercle le coupera en deux
points A et B, éventuellement confondus si cette sécante est une tangente. On
a alors le résultat suivant :
T h éo rèm e — Le produit M A. M B est indépendant du choix de
la sécante, et vaut MO^ —r^.
P re u v e — Si >1 et R sont distincts, et si I désigne le milieu de [AB] (fig . 7.3),
le Théorème de Pythagore, utilisé deux fois, permet d ’écrire :

M AM B = (M î+ TA) { M î+ TB)
= M I^-IA ^
= (MO^ - 0 / 2) - (AO^ - 0 / 2)
= M O ^ -r ^ .

Si yl = R, la droite D est tangente au cercle en A, et le Théorème de Pythagore


donne immédiatement M A .M A = MA? = MO^ —r^. ■

F ig . 7.3 - Puissance de M par rapport à C

Par définition, le nombre MO^ — est appelé puissance de M par rapport


à C, et noté pc(M).
L’intérêt de cette définition est claire : pouvoir donner un nom au produit
M A .M B pour insister sur le fait qu’il reste constant quand la sécante D varie
(tout en continuant à passer par M). Cela nous offrira à l’occasion de belles
relations métriques...
7.3. RÉPONSES 169

Comme pc{M) = MO^ - r^, le signe de pc{M) nous informe immédiatement


sur la position de M par rapport au cercle ; M est à l’extérieur (resp. sur,
à l’intérieur) de C si et seulement si pc{M) est strictement positif (resp. nul,
strictement négatif).
Pour terminer, signalons une autre expression de pc{M) faisant intervenir le
point A' diamétralement opposé à A sur le cercle C. Comme A B A' est rectangle
en B, on peut toujours écrire pc{M) = M A .M B —M À .M B = M À.M A'.
R em arq u e — Le thème de la puissance d ’un point par rapport à un cercle
constituait toute la première partie de la seconde composition du CAPES
externe 2005 (épreuve annulée). La définition et les résultats précédents sont
donc à bien connaître.

R ép o n se 7.8 Voilà encore une conséquence de la relation de Chasles :

(Du D2) = (D„-D'i) + (i>i,iy2) + (C2.B2) W


= f+(c;,o'2)+f W
= {D'1, 0 '2) W -

R ép o n se 7.9 On se réfère à la FIG. 7.4. La somme des angles de chacun


des triangles isocèles MO A et MOB vaut tt, donc :

i 2(m 1 , MÔ) + (ÔM, Ô l) = ir (27t)


\ 2(m Ô, MB) + (ÔÊ, ÔM) = TT (27t) .

En additionnant ces égalités membre à membre, on obtient :

2(MA, MB) + (ÔB, Ô l ) = Q (27t)

soit 2{M À,M B) = (OA,OB) (27t). Si A désigne la médiatrice de [AS],


alors (OA) est perpendiculaire à, Ta , et (AB) est perpendiculaire à A, donc
{Ta , AB) = (OA, A) (tt). Comme A est la bissectrice du couple de demi-
droites ((OA), [OB)), on aura 2(OA, A) = {OÀ, OB) (27t), et la seconde éga­
lité est démontrée.

R ép onse 7.10 Soit C un cercle de centre O et de rayon r. La symétrie s q


par rapport à O conserve les distances et laisse le point O fixe, donc, en notant
M ' = so (M),

M eC OM = r => OM' = r ^ M 'e C ,


170 CHAPITRE?. CERCLES

B
B

F i g . 7 .4 - T h é o rè m e d e l ’a n g le in s c rit

et l’on a so(C) C C. L’involutivité de s q donne so(so (i^)) C so{C), d ’où


C C so (C), et l’on a bien so (C) = C. Cela montre que O est un centre de
symétrie de C. S’il existait un autre centre de symétrie O' de C, alors C serait
invariant par la translation t = so> ° so de vecteur 2 0 0 ', donc serait aussi
invariant par toutes les translations de vecteurs 2kOO' où A: G Z. C’est absurde
car C est borné.

R ép o n se 7.11 (<i=) Soit D une droite qui contient O. La réflexion sd de


base D est involutive, conserve les distance et laisse O fixe, donc :

M €C 4^ OM = r => OM' = r 4^ M ' €C

où l’on a posé M ' = so (M ). On vient de prouver l’inclusion so (C) C C.


En appliquant S£> des deux côtés de cette inclusion, on obtient C C S£>(C).
Finalement so{C) = C, et D est bien un axe de symétrie du cercle. Toute
droite passant par le centre d ’un cercle est donc un axe de symétrie de ce
cercle.
(=>) Raisonnons par l’absurde : supposons qu’une droite D' ne contienne
pas O et soit un axe de symétrie de C. Considérons la droite D passant par O
et parallèle à L>', et notons so et so> les réflexions par rapport à D et D'.
Ces réflexions laissent globalement invariant C, donc la composée t = so> ° $o
aussi, mais t est une translation de vecteur li non nul, et par composition,
on déduit que C sera invariant par toutes les translations de vecteurs k l î où
A: G Z. C’est impossible car C est borné.

R ép onse 7.12 Soit C un cercle de centre O et de rayon r. Soit A un point


de ce cercle. Fax définition, la tangente kC en A est la droite passant par A
7.3. REPONSES 171

et perpendiculaire au rayon issu de A. Cette définition est bien en accord


avec la définition générale d ’une tangente à un arc paramétré. En effet, une
paramétrisation régulière du cercle C est :
X (t) = rc o s i

{ y{t) = r sin t

où t parcourt M, et où {x{t),y{t)) désigne le couple des coordonnées d ’un


point M (t) du cercle dans un repère orthonormal d ’origine O. La tangente T
au cercle en M (t) est donc la droite qui passe par M (t), de vecteur directeur
(0 — (^) >y' (^))- Comme :
x'(t) = —r s in i

{ y'(t) = r c o ti,

on constate que le produit scalaire M (t) .M' (t) = x (t) x' (t) + y { t)y ' (t) est
nul, donc que T est orthogonale à la droite (OM). La tangente T est donc
bien la droite qui passe par M tout en étant perpendiculaire au rayon [OM].
R ép onse 7.13 Pour démontrer cette assertion, il faut définir clairement
ce qu’on entend par « tangente à un cercle ». Par définition, j ’appelle tangente
au cercle C (de centre O) toute droite passant par un point M de C et perpendi­
culaire au rayon [OM].
Cela étant, je suppose par l’absurde qu’une tangente D à C coupe le cercle en
au moins deux points : M (tel que [OM] soit un rayon de C) et N. Dans ce
cas, le triangle O M N est isocèle en O, et l’angle O M N est droit. Donc O N M
est aussi droit, et les droites (OM) et (ON), perpendiculaires à une même
troisième, sont parallèles. En fait (OM) et (ON) sont confondues puisque
passent par le même point O, et cela implique M = N, ce qui est absurde !

R ép onse 7.14 La situation est celle de la FiG. 7.5. Le parallélogramme


AB 'A 'B est circonscrit à C, et l’on a noté U, V, U', V' les points de contact du
cercle et des côtés du parallélogramme. Nécessairement (d’après les propriétés
des tangentes à un cercle issues d ’un point) :
AV = A V = a
B V = B U '= b
A'U' = A'U = c
B'U = B 'V = d.
Comme AB 'A 'B est un parallélogramme, A B ' = B A' et A B = A'B', donc
<x-\- d —b c
{ a + b = c + d.
172 CHAPITRE?. CERCLES

A'

F ig . 7.5 - Cercle inscrit dans un losange

En soustrayant membre à membre, on obtient d —b = b —d, soit 6= d. En


remplaçant on obtient a = c. Finalement

A B ' = A V + V B ' = a + d = c + b = UA' + B'U = A'B'


puisque V G [AB'] et U E [A'B'] (en effet, le cercle est inclus dans la bande
du plan de frontières {AB) et {A'B') donc V G [A5'], et de la même fa.çon
U G [A'B']). Le parallélogramme A B 'A 'B possède deux côtés consécutifs [AB'\
et \A'B'] de même longueur, c’est donc un losange.

R ép onse 7.15 Si AB C est rectangle en A, a = BC = 2R et sin A = 1,


donc les égalités proposées sont triviales. On écarte ce cas dans la suite.
Première solution — Soit B' le point diamétralement opposé à B sur le
cercle circonscrit à A B C (f ig . 7.6). On a A = {AB, AC) = {B'B,B'C ) (tt)
d’après le Théorème de l’angle inscrit, et les relations trigonométriques dans
le triangle rectangle B B 'C donnent :
BC
s i n A = \sin{B'B,B'C)\ = ^

d’où les trois premières égalités. Par ailleurs, si H est le projeté orthogonal
de A sur [BC\,
b abc
S = \ a x A H = ^acsin R
2 2 sin R 2S'
Deuxième solution — Soit I le milieu de [BC\. D’après le Théorème de
l’angle inscrit, l’angle au centre est le double de l’angle inscrit qu’il intercepte,
soit {OB,OC) = 2{AB,AC) (27t). La droite (07) étant la bissectrice inté­
rieure de OBC issue de O (en effet, (07) est la médiatrice de [BC], donc la
7.3. RÉPONSES 173

F ig . 7.6 - Utilisation de B' diamétralement opposé à B

réflexion par rapport à (01) transforme la demi-droite [OB) en la demi-droite


[OC)), on peut écrire :

(ÔB,ÔI) = l (ÔB, ÔC) = (ÂB, AC) (tt) .


Zi
Les relations trigonométriques dans le triangle rectangle O B I donnent :

= I sin{ÔB, ÔI)\ = Isin(AB, ~Ââ)\ = sin A,


BO

d’où sinA = et —^ = 2R. Le reste de la preuve est sans


BO 2R sinÂ
changement.

Troisième solution (avec des angles géométriques) — On envisage les trois


cas de la fig . 7.7 :
Cas n°l - Si A < 7t/ 2 , BO C = 2A. Si H désigne le projeté orthogonal
de O sur (BC), (OH) est la médiatrice de [BC] mais c’est aussi la bissectrice
issue de O du triangle BOC, donc BOC = 2BOH = 2A donc BOH = A. En
utilisant le triangle rectangle BOH, on obtient :

BH a
sin A = sin BO H =
BO 2R

soit o / sin. = 2R.


Cas n °2 - Si A = 7t/ 2 , le triangle A B C est rectangle en A donc le cercle
circonscrit à ce triangle est le cercle de diamètre [BC\. Alors a = BC = 2R et
sin A = 1. La formule o /sin A = 2iî est triviale !
174 CHAPITRE?. CERCLES

Cas n°3 - Si Л > 7t / 2 , BO C = 2 тг — 2 A = 2BOH où H est le projeté


orthogonal de O sur (BC). Ainsi ВО Н = ir —A. On conclut comme dans le
cas n°l :
М ^ -А ) = Л а В д н = Щ = щ

d ’où sin A = a/2R et le résultat attendu. Le reste de la preuve est sans chan­
gement.

F ig . 7.7 - Inénarrables angles géométriques!

R em arq u e — L’utilisation d ’angles géométriques a le défaut de nous obli­


ger à envisager plusieurs cas de figure, puisque la mesure d’un angle géomé­
trique est toujours comprise entre 0et тг radians, et correspond à la mesure
du secteur angulaire saillant que l’on a dessiné !
L’angle BOC dans le triangle BOC dans le cas n°3 n ’est pas un angle géo­
métrique de mesure 2A comme on pourrait trop vite l’affirmer, mais plutôt de
mesure 2тг —2A. Le Théorème de l’angle inscrit n’est pas en défaut : l’angle
au centre vaut toujours deux fois l’angle inscrit, mais dans ce cas, l’angle au
centre est l’angle rentrant BOC, et c’est lui qu’on devrait mesurer...

R ép o n se 7.16 a) Si G existe, alors CÂ -b GB -I- GC = ~0, et la relation


de Chasles permet d ’utiliser un point O quelconque du plan pour écrire :

-\-ÔÂ) + (ÔÔ + ÔB) + ( ^ + ÔC) = ~0


3^ + Ô l + Ô B - \ - Ô ê = '^

soit :
Ô â = \ ( Ô Â + ÔB + Ôâ). {*)
O
7.3. REPONSES 175

Comme le vecteur "u = \(Ô X + O B + OC) est connu, on sait qu’il existe un
et un seul point G qui vérifie la relation (*). Réciproquement, si G désigne
le point qui vérifie l’égalité (*), on peut remonter les calculs précédents pour
obtenir ÛX + GB + GG = .

R em arq u e s — ce) On a raisonné par analyse-synthèse. Si l’on hésite à ce


sujet, ou si l’on est incapable d’expliquer très précisément à un jury d’oral en
quoi cela consiste, il est conseillé de se reporter au chapitre consacré à ce type
de raisonnement dans [19].
P) Si un jury d ’oral demande pourquoi on est certain que, étant donné "u,
il existe bien un seul point G tel que OG = lit, on peut répondre que cela
provient de la structure même d ’un espace affine (voir le cours de géométrie
ou la Question 4 de [16]) et ajouter qu’en seconde, c’est avec des dessins et
des activités que l’on finira par être certain qu’il existe un unique point G
tel que le vecteur OG d ’origine 0soit égal à Ht. On apprend à ce moment-là
qu’il existe toujours un unique représentant d’un vecteur Ht donné d ’origine
un point O donné.
Le sens de la phrase « il existe toujours un unique représentant d ’un vecteur Ht
donné d ’origine un point O donné » s’éclaire véritablement quand on connaît la
notion d ’équipollence qui permet de définir rigoureusement la notion de vecteur
dans une géométrie présentée à l’aide d ’une axiomatique de type Euclide-
Hilbert, comme c’est pratiquement le cas au collège où l’on travaille avec des
points avant de connaître les vecteurs.
Dans cette présentation, un vecteur est une classe d ’équivalence d ’un bipoint
{A, B) pour la relation d ’équipollence. Par définition, on dit que deux bipoints
{A, B) et {C,D) sont équipollents si le quadrilatère A B DG est un parallé­
logramme (au sens large, donc éventuellement aplati). On démontre que la
relation d ’équipollence est une relation d ’équivalence et un vecteur du plan
n’est autre qu’une classe d ’équivalence pour cette relation. Le lecteur intéressé
paj cette définition pourra se reporter à la Question 5 de [16].

b) Personne ne nous empêche de choisir le point O en A dans (*), pour


obtenir :
 â = \{ÂB + Ââ) = \ x 2ÂÀ' = ^AÀ'.
O O O
On en déduit que les points A, G et A' sont alignés, et donc que G appartient
à la médiane {AA!) issue de A du triangle ABG. On a aussi montré que G est
situé au tiers de la base de cette médiane. Le même raisonnement montrerait
que G appartient aussi aux deux autres médianes {BB') et {GG'), ce qui
176 CHAPITREZ. CERCLES

prouve que les trois médianes du triangle concourent en G. On dit que G est
le centre de gravité du triangle ABC.

c) On a :
A H = Ô H - Ô Â = ÔB + ÔC = 2 Ô l'
donc les droites (AH) et (OA') sont parallèles. Comme (OA') est la médiatrice
de [BC], elle est perpendiculaire à (BC), et l’on peut donc écrire :

(OA!) ± (BC)
(AH) ± (BC ) .
(O A) H (AH)
Cela montre que H appartient à la hauteur du triangle A B C issue de A. On
montrerait de la même façon que H appartient aux deux autres hauteurs, ce
qui nous permet d ’affirmer que les trois hauteurs du triangle concourent en H.
Le point H s’appelle l’orthocentre du triangle ABC.

R em arq u e — Une petite ombre au tableau : le raisonnement précédent est


correct tant que les droites (OA'), (OB'), (OC'), (AH), (BH) et (CH) sont
bien définies, donc tant que O est distinct de A , B' et C ', et tant que H est
différent de A, B et C.
On a O = si et seulement si le triangle AB C est rectangle en A, et dans ce
cas l’intersection des trois hauteurs de ce triangle ne fait aucun doute : c’est A.
Ces trois hauteurs sont encore concourantes. Les cas où O = B ' ou O = C" se
traitent de la même façon.
On Si A = H s\ et seulement si OA = ÔÂ + OB + OC, c’est-à-dire O est le
milieu de [BC\. Cela s’écrit O = A , et l’on retombe dans le cas particulier
que l’on vient de traiter. Le cas où H e {B, C} = H se traite de la même
façon. Le raisonnement donné au c) se complète donc facilement dans ces cas
particuliers.

d) On a OH = OA + OB + OC = 30G en utilisant la définition de H


doimée en c) et (h:). Cela montre que les trois points O, H et G sont alignés
sur une droite que l’on appelle la droite d ’Euler du triangle ABC.

R ép onse 7.17 1) L’affirmation (a) est triviale puisque (MA, M B) =


0 (tt) si et seulement si l’identité transforme la droite (MA) en la droite
(MB), et que cela revient à dire que M appartient à (AB) (tout en restant
distinct de et B pour que l’on puisse continuer à parler de l’angle de droite
((M A), (MB))).
Pour démontrer (b), appelons Ta la droite passant par A et faisant un angle
(Ta , AB) = a ( tt) avec (AB). Notons O l’intersection de la médiatrice A de
7.3. REPONSES 177

[AB] et de la perpendiculaire à Ta en ¿4, et C le cercle de centre O et de


rayon OA ( f ig . 7.8). Le cercle C passe par les points A et B, et admet la
droite T a pour tangente.

F ig . 7.8 - Lieu des points M tels que (MA, M B) = a (tt)

• Si M € C\ [A, 5}, le Théorème de l’angle inscrit donne :

(Ôl, ÔB) = 2(MA, MB) = 2 (Ta , AB) (2tt) ,

donc (MA, M B) = a (tt) et M G S. On vient de prouver l’inclusion C <ZS.


• Réciproquement, si M G S, les points M, A, B ne sont pas alignés et l’on
peut définir le cercle C' circonscrit au triangle M AB. Si O' désigne le centre
de C' et si représente la tangente à C' en A, le Théorème de l’angle inscrit
permet encore d’écrire :

(ÔM, = 2(m 1 , M B) = 2 {T'a , AB) (2ir),

d ’où (T'j^,AB) = a (tt). Par suite (T'^,AB) = (Ta , AB) et les droites Ta et
sont confondues. Les cercles C et C, qui passent par les points A et B et
admettent la même tangente en A, sont égaux, et M appartient à C\ {^4, B ).
2) • Montrons que la condition est nécessaire. Si les points A, B, C, D du
plan sont alignés, alors (CA, CB) = 0 = (DA, DB) (tt). S’ils sont cocycliques,
ils appartiennent à un même cercle C de centre O, et le Théorème de l’angle
inscrit donne :

(ÔA, ÔB) = 2(C1, CB) = 2(d 1 , DB) (27 t)

soit (Cl,CB) = (d 1 ,D B ) (tt) en divisant de part et d ’autre par 2.


178 CHAPITRE?. CERCLES

• Montrons que la condition est suffisante. Si {CA, CB) = (d  ,D B ) (tt),


la question précédente montre que C et D appartiennent au même ensemble £,
et que cet ensemble est une droite ou un cercle (privés des points A et B).

R ép o n se 7.18 On sait que £ est le cercle passant par A et B, et admettant


pour tangente en A la droite T telle que (T, AB) = a (tt) (en mesures d ’angles
de droites) (voir Question 7.17). Cela étant, on note que sino ÿé 0, et que
deux angles orientés de vecteurs sont égaux si, et seulement si, il sont égaux
modulo TT tout en ayant des sinus de même signe. Cela permet d’écrire :

I (M Â ,M B ) = a (tt)
M e£' ^
\ sin (M l,M B ). sin O > 0
J M e£
[ d et{M l,M B ) . sin a > 0

puisque :

s in (5 in ,j^ ) =
\\MA\\\\MB]\
dès que l’on calcule le déterminant dans une base orthonormale directe du
plan vectoriel associé. En faisant intervenir les coordonnées des points dans
un repère orthonormal direct du plan, on obtient :

det(iW^, M B) = d e t(M l, AB) = ^A. ^


VA-y VB-VA

de sorte que l’équation det{MÀ, M B) = 0 soit celle de la droite {AB).


L’inéquation det{MA, M B), sina > 0 est donc celle d ’un demi-plan II de fron­
tière {AB). Par suite £' est l’intersection du cercle £ et d ’un demi-plan H de
frontière {AB). £' est donc égal à l’un des deux arcs de cercles de £ d ’extré­
mités A et B.
R em arq u e — Construisons un point Tq tel que {AT q,^ÂB) = a {2ir).
Alors To appartient à la tangente T et :

—sm a
det(To>i, TqB). sin a = det(ToA, AB), sin a = < 0,
I№ ||||AR||
donc Tq ^ £'. Le demi-plan II de frontière {AB) est donc celui qui ne contient
pas Tq.
7.3. RÉPONSES 179

R ép o n se 7.19 Première solution — Sur la FiG. 7.9 (a), H' désigne le sy­
métrique de l’orthocentre H du triangle A B C par rapport à (BC), et l’on a
les égalités d ’angles de droites suivantes :
{B H \B C ) = (BC ,BH ) = {AH', AC) (tt) .
Donc (BH ',BC ) = {AH', AC) (tt) et les points R, A, C, H' sont cocycliques.
R em arq u e — On a {BH', BC) = {BC, BH ) (tt) car {BC) est une bissec­
trice du couple de droites {BH ',B H ). On a {BC,BH) = {AH', AC) (tt) car
{BC)L{AH') et {BH)P{AC).

F ig . 7.9 - Symétriques de l’orthocentre d ’un triangle

Deuxième solution — Sur la FIG. 7.9 (b), on a signalé plusieurs angles de


droites égaux. Tout d ’abord {AB, AC) = {HU,HV) (tt) puisque les points
A, U, H, V sont cocycliques (ils sont sur le cercle de diamètre [AH]). En­
suite {HU,HV) = ~{H B,H C ) (tt) car {HU) = {HC) et {HV) = {HB).
Enfin ~{H B,H C ) = {H'B, H'C) (tt) par symétrie par rapport à {BC). En
conclusion :
{AB, AC) = {H'B, H'C) (tt) ,
et cela montre que les points ^4, B, C, H' sont cocycliques.

Troisième solution — Soit C le cercle circonscrit au triangle ABC. Soient O


le centre de C, et A\ le symétrique de A par rapport à O, comme sur la
FIG. 7.9(c). Comme B et C appartiennent au cercle C de diamètre on
déduit que {AiB)±{AB) et {AiC)±{AC). Mais {CH)±{AB) et {BH)1{AC)
par définition de H, et deux droites perpendiculaires à une même troisième
sont parallèles, donc :
{AxB)//{CH) et {AxC)/l{BH).
180 CHAPITRE?. CERCLES

Cela montre que la quadrilatère B A \C H est un parallélogramme, et donc que


le milieu A' de [BC\ est aussi le milieu de [HA\\.
La réciproque du Théorème de Thalès appliqué dans le triangle H A \H ' (ou
le Théorème de la droite des milieux) montre alors que {BC) est parallèle à
{A\H'). Comme (BC) est perpendiculaire à (AH'), on en déduit que {AiH')
est aussi perpendiculaire à (AH'), et donc que le triangle A A \H ' est rectangle
en H '. Donc H' appartient au cercle de diamètre [AAi], c’est-à-dire à C.

R ép o n se 7.20 a) On envisage deux cas :

►Si M G {A, B, C}, on a clairement l’équivalence annoncée. Dans ce cas M


appartient à Cabc et les points P, Q, R sont bien alignés, deux d’entre eux
étant confondus avec l’un des sommets du triangle.

►Si M ^ {A, B, C}, les points P, Q, R sont deux à deux distincts (f i g . 7.10).
En effet, si l’on suppose par exemple que P = Q, oa obtient P = Q = B, et
dans ce cas la droite (MB) est perpendiculaire à la fois à (AB) et à (BC),
ce qui est absurde. Dans le raisonnement qui suit, on peut donc utiliser les
droites (RP), (RQ) et (PQ).

F ig . 7.10 - Théorème de Simson

Les points A, P, M , R d ’une part, et R, M, Q, C d ’autre part, sont cocycliques.


Cela nous permet d ’écrire (en utilisant des angles orientés de droites) :

(RP, RQ) = (RP, RM ) + (RM, RQ) = (AP, AM ) + (CM, CQ)


7.3. RÉPONSES 181

d ’où :

P, Q, R alignés {RP, RQ) = 0


{AP,AM ) = {CQ,CM)
4^ (A B ,A M ) = {CB,CM )
^ М еСлвс

en utilisant le critère de cocyclicité et en notant Cabc le cercle circonscrit au


triangle ABC.
R em arq u es — a) Dans les équivalences écrites, des angles de droites in­
terviennent et donc les points qui définissent ces droites doivent être distincts.
On a pris soin de travailler dans le cas où M ^ {A ,B ,C }, ce qui donne un
sens aux droites (AM), (BM ) et (CM). On a aussi pris soin de vérifier que
les points P, Q, R étaient distincts deux à deux, ce qui nous permet de parler
des droites (RP), (RQ) et (PQ). Mais on a aussi utilisé les angles (AP, AM )
et (CQ, CM), ce qui pose un problème si P = A ou C = Q. Que faire alors?
Il faut se rassurer et dire que ce qui a été écrit reste juste si l’on remplace,
par convention, la droite incriminée par la tangente au cercle passant par les
quatre points en question (qui ne sont plus que trois). Plus précisément, si
P = A, écrire (RP, RM ) = (AP, AM ) aura encore du sens si l’on considère
que la droite (AP) représente la tangente en A au cercle circonscrit à А Р М R,
c’est-à-dire au triangle A M R (puisqu’ici A = P). Comme cette tangente est
la droite (AB), on arrive encore à (RP, RM ) = (AP, AM ) = (AB, AM ), et
les équivalences écrites dans le cas général, où tous les points sont distincts,
sont encore vraies dans ce cas particulier.
^) Le résultat que l’on vient de démontrer est connu sous le nom de Théo­
rème de Simson. Le mathématicien écossais Robert Simson (1687-1768) fut
professeur de mathématiques à l’université de Glasgow de 1711 à 1762. Il étu­
dia les coniques où il développa des résultats de Desargues, et traduisit les
Eléments d ’Euclide en anglais en 1756 [5].

b) On peut énoncer le résultat suivant :


Les symétriques de M par rapport aux côtés du triangle sont ali­
gnés si et seulement si M appartient au cercle circonscrit au tri­
angle ABC.
En effet, si P', Q' et R! désignent les symétriques de M par rapport aux
droites (AB), (BC) et (CA), ces mêmes points P', Q' et R' apparaissent
comme les images respectives de P, Q, R par l’homothétie h de centre M et
182 CHAPITRE?. CERCLES

rapport de 2. Comme une homothétie transforme toute droite en une droite


(parallèle),

P', O', H alignés P, Q, R alignés 4^ M ÇlCa b c -

R em arq u es — a) Si M appartient au cercle circonscrit au triangle ABC,


les droites (PQR) et {P'Q'R') sont appelées les droites de Simson et de Steiner
de M relatives au triangle ABC. Ces droites sont parallèles.
/3) L’autodidacte suisse JaJrob Steiner (1796-1863) fut professeur à l’univer­
sité de Berlin, et travailla essentiellement sur une construction rigoureuse et
abstraite de la géométrie projective. Une droite et une surface portent son nom
(il s’agit de la surface d ’équation -f- xyz = 0possédant un
point triple à l’origine). On lui doit des résultats sur la géométrie du triangle
(par exemple ; « pour un périmètre donné, le triangle d ’aire maximale est
équilatéral », ou encore : « de toutes les figures planes ayant le même péri­
mètre, celle ayant la plus grande aire est le cercle ») et le célèbre Théorème
suivant lequel tout point constructible à la règle et au compas est constructible
à la règle à la seule condition qu’un cercle soit tracé au préalable dans le plan
de la figure [5].

R ép o n se 7.21 La condition de cocyclicité en terme d ’angles de droites


(que nous avons révisée à la Question 7.17) nous montre que les mesures des
angles orientés de vecteurs {MA, M B) et {NA, N B ) sont congrues modulo tt.
Ici, on peut même affirmer que :

{Nk, NB) = (m A, MB) + TT (27 t) (*)

puisque M et N n ’appartiennent pas au même arc de cercle d’extrémités A


et B (voir Question 7.18).
La relation (*) se voit bien sur la FIG. 7.11 (b). En utilisant les notations de
cette figure, on peut donc écrire :

{Nx, N B ) = (n 1 , N B ) - (NA, N x ) = (MÂ, M B) {2tt) .

Soit a la mesure dans [0, tt] de Tangle géométrique A M B. On écrira simple­


ment AM B = a, et Ton rappelle que a est la valeur absolue de la détermi­
nation principale de Tangle orienté (m À^M B) (^). Si Ton oriente le plan de

^Rappelons que la détermination principale de l’angle orienté (MÀ^ M B) est la mesure


de cet angle qui appartient à ] —tt, tt]. ___
a est la mesure du secteur saillant [MA, MB] telle qu’on la lit sur un rapporteur (sans
rajouter de signe).
7.3. REPONSES 183

F ig . 7.11 - Question 7.21

sorte que la base {MA, M B) soit directe, alors {MÀ, MB) = a (27t), et :

(N x , NB) = (m Â, M B) = a (27t)

avec a e [0, 7
t], donc xN B = a. Par suite A N B = A N x — x N B = tt — a.
Finalement AM B = a et A N B = tt —a, donc les angles A M B et A N B sont
supplémentaires.
184 CHAPITREZ. CERCLES
Chapitre 8

Compléments de géométrie

8.1 Minimum vital


Au niveau du minimum vital, on se contentera de réviser quelques
bases concernant les droites et les plans dans l’espace. En entraîne­
ment, on continuera ces révisions mais on abordera aussi d ’autres
thèmes géométriques qui peuvent tomber à l’écrit, comme les Ques­
tions 8.20à 8.24 extraites du CAPES 2014.

Q u estio n 8.1 Soit E un espace vectoriel (non nécessairement de dimension


finie). Soit H un sous-espace vectoriel de E. Montrer que les propriétés sui­
vantes sont équivalentes :
(i) H est le noyau d’une forme linéaire non nulle.
(a) Il existe une droite D telle que E = H ® D.
Comment appelle-t-on H dans ce cas ? Si E est de dimension finie, quelle est
la dimension de H ?

Q u estio n 8.2 Soit E un espace vectoriel sur le corps commutatif K , non


nécessairement de dimension finie. Si H est un hyperplan de E, montrer que
pour tout vecteur a n’appartenant pas à H, on a E = H ® Ka.

Q u estio n 8.3 On considère un espace vectoriel E. Montrer que deux formes


linéaires sur E définissent le même hyperplan si et seulement si elles sont
proportionnelles. On proposera une solution lorsque E est de dimension quel­
conque, éventuellement infinie, et une autre solution quand dim E = 3.

Q u estio n 8.4 On se place dans un espace affine de dimension 3. Comment


faire pour obtenir une équation cartésienne d’un plan ?

185
186 CHAPITRE 8. COMPLÉMENTS DE GÉOMÉTRIE

Q uestion 8.5 Dans un espace affine euclidien de dimension 3, montrez que


toute équation de la forme ax + by + cz + d = 0 avec {a, b, c) ^ (0, 0, 0) est bien
celle d’un plan.

Q uestion 8.6 On se place dans un espace affine de dimension 3. Que peut-on


dire si un même plan P admet deux équations cartésiennes ax+by+ cz+d = Q
et a'X + y y + cz' + d' = 0 différentes ? On démontrera ce que l’on affirmera.

Q uestion 8.7 Démontrer que deux plans affines non parallèles d ’un espace
de dimension 3 s ’interceptent toujours suivant une droite. Peut-on généraliser
ce résultat à un espace affine de dimension n ?

Q uestion 8.8 Dans l’espace de dimension trois, une droite D n’est pas pa­
rallèle à un plan P. Démontrer que D O P est un singleton.

Q uestion 8.9 Si deux points distincts A et B appartiennent à un même


plan P, expliquez pourquoi la droite entière (AB) est incluse dans ce plan.

Q uestion 8.10 On se place dans un espace de dimension trois. On demande


de montrer les deux propriétés suivantes :
a) Si deux plans P et Q sont parallèles et si P coupe un plan R suivant
une droite D, alors Q coupe R suivant une droite L parallèle à D.
b) Deux plans parallèles P et Q coupent deux autres plans parallèles R et S
suivant des droites D = P C \ R et A = Q n S . Montrer que D et A sont
parallèles.

Q uestion 8.11 Pouvez-vous démontrer le « théorème du toit » qui s ’énonce


ainsi : si deux plans strictement sécants sont parallèles à une même droite A,
alors leur droite d’intersection est parallèle à A.

Q uestion 8.12 (Ecrit du CAPLPA 2014) Dans l’espace de dimension 3 rap­


porté à un repère orthonormal, l’intersection des plans P : 3 x -2 y -\-z-\-l = 0
et Q : X + y 2z -h 2 = 0 est-elle une droite de représentation paramétrique :
X — —1 — t

y=-l-t teR?
N
z=t
Justifiez votre réponse.
8.2. ENTRAÎNEMENT 187

8.2 Entraînement
DROITES & PLANS DE L’ESPACE (SUITE)

Q u estio n 8.13 Soit E un espace vectoriel sur E de dimension 3 rapporté à


une certaine base B = (61, 62, 63). On considère les formes linéaires l et l'
définies par l (x, y,z) = ax + by + cz et V (x, y, z) = a'x + b'y + dz. Montrer
que l et V sont proportionnelles si et seulement si les suites (a, b, c) et (a', 1/, d)
le sont.

Q u estio n 8.14 (Oral du CAPES externe 2010) On considère les plans P et Q


d’équations x —y + 2z — 1 = 0 et —2x + 4y —4z + 1 = 0.
a) Montrer que ces plans se coupent suivant une droite D dont on détermi­
nera une équation paramétrique.
b) Donner un vecteur directeur de D sans passer par sa représentation pa­
ramétrique.

Q u estio n 8.15 Tracer la section du cube ci-dessous avec le plan II passant


par le milieu I de [AE] et parallèle au plan {ACH). Justifiez la construction.

H G

Q u estio n 8.16 (Ecrit du CAPLP 2015) Dans l’espace de dimension 3 rap­


porté à un repère orthonormé {O, i , j , k ), on considère la sphère S d ’équa­
tion x^ + = 9 ei le plan Q passant par le point A(l; —2; 1) et de
vecteur normal "n de coordonnées ( 1; 1; —2). Peut-on affirmer que la section
de la sphère S et du plan Q est un cercle de rayon R = -^15/2 ? Justifiez votre
réponse.

Q u estio n 8.17 ( Oral 2 du CAPES externe 2011) Soient ABC D A 'B 'C D ' un
cube, et I, J, K les milieux des arêtes [AB], [BB'] et [CC'\.
188 CHAPITRE 8. COMPLÉMENTS DE GÉOMÉTRIE

1) Indiquer pour chacune des affirmations suivantes si elle est vraie ou fausse
en justifiant votre réponse :
a) Les points I, J, K sont alignés.
b) Les droites {AC) et {A!K) sont sécantes.
c) Les droites {IJ) et {A'D') sont parallèles.
d) Les droites {AJ) et {DK) sont parallèles.
2) Commentez les réponses ci-dessous données par un élève :
a) Les points I, J, K ne sont pas alignés car ü n’appartiennent pas tous au
même plan.
b) Les droites {AC) et {A!K) sont sécantes car elles ne sont pas parallèles.
c) l y n’est pas sur la face AB A'B' donc les droites {IJ) et {A'D') ne peuvent
pas être parallèles.
d) Les droites sont parallèles car elles appartiennent à deux plans parallèles.
Q u estio n 8.18 Que représente la partie de l’espace définie par le système {S)
ci-dessous ? On proposera une vue de cette partie en perspective cavalière.
0 < X< 4
0<y<4
{S)
0<z<4
X -\-y Z < 8
Q u estio n 8.19 Dans l ’espace de dimension 3, on considère deux droites non
coplanaires D et D'. Montrer qu’il existe une et une seule droite A à la fois
orthogonale et sécante à D et à D '. En déduire que la distance entre D et D'
est donnée par la formule :
A (n n '\ = ^ ~^')l

oû {A, A!) E D X D' et o û l î et ~u' sont des vecteurs directeurs de D et ly .


8.2. ENTRAÎNEMENT 189

A U T R E S TH EM ES G EO M ETR IQ UE S

Q uestion 8.20 (E crit du C A P E S 2014) D é te rm in e r une condition nécessaire


et suffisante p o rta n t su r un triangle non aplati A B C pou r que les m édiatrices
des côtés [AB] et [AC\ so ien t perpendiculaires.

Q uestion 8.21 (E crit du C A P E S 201J.) M on trer que, dans un triangle A B C ,


les bissectrices in térieu res des angles B e t C ne peuvent pas être perpendicu­
laires.

Q uestion 8.22 (E crit du C A P E S 2014) D éterm in er une condition nécessaire


e t suffisante p o rta n t su r un triangle A B C pou r que les hauteurs de ce triangle
issues des so m m ets B et C so ien t perpendiculaires.

Q uestion 8.23 (E crit du C A P E S 2014) S o it V un plan. S o it / une bijection


de V dans V qui transform e tou te droite en une droite.
a) S i M e t N so n t deux poin ts d istin cts de V , m on trer que l ’im age p a r f
de la droite ( M N ) est la droite { f ( M ) f { N ) ) .
b) S i D et D ' son t des droites, m on trer que f ( D ) n f ( D ' ) = f ( D 0 D ').
c) M on trer que les droites f { D ) et f ( D ' ) so n t parallèles si et seulem ent si
les droites D et D ' son t parallèles.
d) S oien t M , N , P trois poin ts distin cts de V . M on trer que M , N et P
so n t alignés si et seulem ent si f ( M ) , f { N ) et f ( P ) so n t alignés.
e) S oien t M , N , P et Q quatre poin ts d istin cts de V . M on trer que M N P Q
est un parallélogram m e si et seulem ent si f { M ) f { N ) f ( P ) f { Q ) est un parallé­
logramme.

Q uestion 8.24 (E crit du C A P E S 2014) S o it GL 2 (K) l ’ensem ble des m atrices


2 x 2 inversibles à coefficients réels. S o it V un plan affine m uni d ’un repère
(O , I , J ) . Les coordonnées des poin ts de P dans ce repère so n t notées com m e
des m atrices-colonnes élém ents de A 42,i(R ). S i A e GL 2 (M) et B E A42,i (K),
on considère l ’application fA,B de V dans V qui X = *{x, y) associe le p oin t
AX-\-B.
a) M o n trer que / a ,b ^st bijective et d éterm in er son application réciproque.
b) S oien t M , N , P trois p o in ts d istin cts de V . M on trer que M , N , et P
so n t alignés si et seulem ent si f A , B( M) , f A, B( N) et f A, B{ P) son t alignés.
c) M on trer que ¡ a ,b transform e tou te droite D du plan en une droite f { D ) .
d) S oien t O ', P , J ' trois p o in ts non alignés. D ém on trer qu ’il existe une
m atrice A de GL 2 (K) et B € A l 2 ,i(K ) telles que fA b { 0 ) = O ', fA b {I) = I'
et fA,B{J) = J'.
190 CHAPITRE 8. COMPLÉMENTS DE GÉOMÉTRIE

8.3 Réponses
R ép o n se 8.1 • Soit K le corps des scalaires de E.
[(i) ii)] Si H = Ker l, où l est une forme linéaire non nulle, et si a € E \H ,
montrons que E = H ® Ka. Soit u Ç. E. Si u = h + \a avec h € H et X € K,
alors l{u) = AZ(o), donc A = l{u)/l{a) (ce qui a un sens puisque l{a) ^ 0, le
vecteur a n ’appartenant pas à H). On en déduit que :

l{u)
h. = U— 7^ 0.
l{a)
Si la décomposition de u dans la somme H + Ka existe, on vient de démontrer
qu’elle est unique et donnée par :
l(u) \ l(u)
u = IU— tV -t O 1+ tV -t O. (*)
l{a) J 1(a)

Pour conclure à l’existence d ’une telle décomposition, il ne reste plus qu’à


vérifier que la décomposition (*) est bien celle du vecteur u dans H + Ka.
C’est vrai puisque :

= l{u) - M i ( a ) = 0
1(a)

montre que u — € H, et que bien sûr l(ay € Ka.

[(ii) => i)] Si £? = où D = Ka est une droite vectorielle (a G Æ?\{0}),


l’application :
tp: D ^ K
Ae I—> A
est un isomorphisme d ’espaces vectoriels. La projection vectorielle tt sur D
parallèlement à i f est définie par :
tt: E = H®D E
u=h d •—^ d.
Alors l’application l = (poir: E —>K est linéaire comme composée de deux
applications linéaires, à valeur dans K, non nulle et de noyau H comme on le
désire. La FIG. 8.1 permet de visualiser ce raisonnement.

• Un sous-espace vectoriel H de E qui vérifie l’assertion (i) ou l’assertion


équivalente (ii), est appelé un hyperplan. Si E est de dimension finie, le Théo­
rème du rang donne :

dim E - dim Ker l + dim Im Z= dim i f -I-1


8.3. RÉPONSES 191

F ig . 8.1 - TVax;er des figures donne des idées !

puisque Im l est de dimension 1 (c’est un sous-espace vectoriel de K, donc de


dimension 0 ou 1, mais comme l n’est pas l’application nulle, dimImZ ^ 0).
Donc d im iî = dim£? —1.

R ép o n se 8.2 Par définition, un hyperplan de E est le noyau d ’une forme


linéaire non nulle définie sur E. Si H est un hyperplan de E, il existe donc
une forme linéaire l : E ^ K telle que H = Ker l. Soit a G E \H . Si u 6Æ? se
décompose sous la forme :
u = h + Xa
avec h E H et X E K, alors l{u) = Xl{a), donc A = l{u)/l{a) (ici l{a) ^ 0 car
a ^ H). Donc :
th — "LL _^ V C

l{a)
Si la décomposition de u dans la somme H + Ka existe, on vient de montrer
qu’elle est unique et donnée par :

f \ , Ku)

Il est facile de vérifier que cette dernière écriture est bien une décomposition
de U dans H + Ka, puisque ;

f ^ Ji \ \ n

montre que u — € H, et puisque le vecteur appartient évidemment


à Ka. En conclusion, tout vecteur u de E s’écrit de manière unique sous la
192 CHAPITRE 8. COMPLÉMENTS DE GÉOMÉTRIE

forme U = h + d avec h E H et d € D, ce que l’on exprime en disant que E


est somme directe de H et Ka, et en écrivant E = H ® Ka.

R éponse 8.3 On demande deux réponses, la première dans le cas général,


et la seconde quand dim E = Z. Soit K le corps des scalaires de E.
Première solution — Par définition, un hyperplan de l’espace vectoriel E
est le noyau d ’une forme linéaire non nulle. Supposons que l’hyperplan H
s’écrive H = K eri = KerZ' où l et l' sont des formes linéaires non nulles.
Choisissons un vecteur non nul a quelconque n’appartenant pas à H. On sait
que E = H ® K a (Question 8.2). Tout vecteur u d e E s’écrit donc de manière
unique sous la forme u = h-\-Xa avec h E H et X E K. Mais alors l (u) = XI(a)
et l' (u) = XI'(a), donc :

Vu e E l ' (u ) = (u ) ,
¿(a)
puisque 1(a) ^ 0. Cela montre que l' = XI avec A = l'(a)/l(a), et signifie que l
et V sont proportionnelles.
Réciproquement, si l et V sont proportionnelles, il existe un scalaire A tel que
l = XI', et comme A ^ 0,
l{u) = 0 ^ l' (u) = 0,
autrement dit H = Kerl = Kerl' et les formes linéaires l et l' définissent le
même hyperplan.

Seconde solution — Ici dim E = Z. Si H = Ker l = Ker l' où :


l: E ^ K et V: E K
u (x ,y ,z) I-» ax + by + cz u (x ,y ,z) a'x + b'y + d z
sont des formes linéaires non nulles, alors :
O X (—b) + 6x a + c x 0 = 0 => (—b, a, 0) € Ker l
{—b, a, 0) E Ker l'
=> a' X (—b) + b' X a = 0
donc
a a
= 0.
b V
Il suffit de recommencer en partant de o x 0 + 6x (—c) + c x 6= 0 et de
a X (—c) + 6 x 0 + c x o = 0, pour obtenir —b'c + (/6= 0 et —a'c + da = 0,
soit :
hb ub' cr. drJ
= 0.
c d a a'
8.3. RÉPONSES 193

Ainsi :
a a' b b' c d
= 0
b b' c d a a'
et cela montre que les suites (a, b, c) et (a', b', d) sont proportionnelles. Comme
{a', b', d) ^ (0,0,0), il existe donc un scalaire A tel que ;

(a, b, c) = X (a!, b', d)

d ’où :
l (x, y, z) = ax-i-by + cz
= X(a'x + b'y + dz)
= XI' {x, y, z)

pour tout {x, y, z) 6E, ce qui prouve que l = XI', autrement dit que les formes
linéaires l et l' sont proportionnelles. La réciproque se montre comme dans la
première solution.

R ép o n se 8.4 Un plan est un sous-espace affine de dimension 2, donc


admet une représentation paramétrique de la forme :

X = XA + Xa + na'
(S) y = VA+ XP + fj,l3' A, /XG M
^ z = ZA + Xj + /¿'Y

où A{xA,yA^ZA) est un point et où les vecteurs "u {a, fi,Y) et l ï


sont linéairement indépendants. On obtient une équation cartésienne du plan
de représentation paramétrique {S) en éliminant les paramètres A et /x de ces
équations. Forcément, l’un des trois déterminants :

a a a a 0 0'
OU
P 0' 7 y 7 y

n’est pas nul. Supposons par exemple a0' —0a' Y 0- Les deux premières lignes
du système (S) forment un système de Cramer dont les solutions sont données
par les formules de Cramer :

X — Xa ot' a X —XA \
y-VA 0' 0 y-yA
(A,m) =
a a' a a'
0 0' 0 0' /
194 CHAPITRE 8. COMPLÉMENTS DE GÉOMÉTRIE

Il suffit de remplacer dans la troisième équation de (S) pour obtenir :

a a X — XA oc a X —XA
{z - za ) 7+ 7
y-VA P' P y-VA

soit :

{P'y' - 7 /?') (æ - xa) + (7 a ' - 0 7 ') {y - va) + ~ Pot) {z - za) = 0. {*)

Il est clair que cette dernière égalité (*) équivaut à l’existence d’un couple (A, fj,)
solution de (S). Par ailleurs on constate que les coefficients de l’équation (*)
ne sont jamais simultanément nuis.

R ép o n se 8 .5 1 L’im des trois réels a, b, c n ’est pas nul. Supposons par


exemple que o ^ 0. En posant y = X et z = /j,, on constate que :

d b. c
X= --------- A -----y
a a a
ax + by + cz + d = 0 3A, /x 6R < y=x
[ z = y.

On reconnaît des équations paramétriques du plan passant par le point A


de coordonnées (—d/o, 0, 0), de direction le plan vectoriel engendré par les
vecteurs 7? et V de coordonnées respectives {—b/a, 1, 0) et (—c/o, 0, 1).
Autrement dit :

P = { M / 3 X ,y € R A M = Xli + y~v}
= A + VectÇu, 1?)

est bien un sous-espace affine de dimension 2, c’est-à-dire un plan.

R ép onse 8.6 Si ax + by + cz + d = 0 et a'x -f bfy + cz' + d' = Qsont deux


équations cartésiennes de P dans le même repère ( 0 ,i,j,k ) , alors les listes
(a,b,c,d) et {a',b',cf,d') sont proportionnelles. Vérifions-le :
Première solution — Notons E l’espace affine de dimension 3 (supposé être
un espace vectoriel sur R), E sa direction, et définissons le produit scalaire
sur E pour lequel la base { i , j , k ) est orthonormale. Les vecteurs l î et ~v
de coordonnées (a, b, c) et {a', b', d) sont alors respectivement orthogonaux aux
plans vectoriels P : ax + by + cz = 0 et P ' : a'x + b'y -H = 0 qui ne sont
autre que les directions de P et P'. Comme P = P', on aura P = P ' donc
8.3. RÉPONSES 195

P-*- = P'-*-, ce qui s’écrit encore = RI?. Cela montre l’existence d ’un
réel k tel que (a', b', d) = k (a, h, c). Si A {x a , va , za ) appartient à. P = P \

axA + byA + CZA + d = 0

d ’où d' = kd.


{ k {axA + byA + cz a ) + d' = 0

Seconde solution — Il est naturel de refuser d ’introduire un produit scalaire


pour démontrer ce résultat affine. Pour cela, on peut rappeler que deux formes
linéaires non nulles déterminent le même plan vectoriel si et seulement si elles
sont proportionnelles ([7], Th. 21). Ici, les plans vectoriels :

P : ax+ by + cz = 0 et P' : a'x + b'y + d z = 0

sont égaux et définis par les formes linéaires ;

l: E R et i' ; E
Il (ж, y, z) ax + by + C Z 11 (æ, y, z) a'x + b'y + d z,

donc il existe fe 6 R* tel que l' = kl, et les suites (a,b,c) et {a',b',d) sont
proportionnelles. On termine la preuve comme dans la première solution.

R ép o n se 8.7 Si les plans affines P et P' ne sont pas parallèles, leurs


directions sont distinctes, donc :
P+ P = E .

En effet, P Ф P' donc il existe un vecteur 1? qui appartient à l’un des plans
sans appartenir à l’autre, par exemple l î € P '\ P , et l’on sait d ’après le cours
que (Question 8.2ou [7], Th. 20) :

P = P 0 R I? C P + P ',

d’où P = P + P '. De P = P + P ' on déduit que P П P ' 7^ 0 et que P П P '


est un sous-espace affine de direction P П Р ' (Question 1.6). Il suffit d ’écrire :

dim (P + P') = dim P -h dim P ' —dim (P П P'),

pour obtenir 3 = 2-1-2—d im (P n P '), soit d im (P n P ') = 1. Les plans P et P ' se


coupent bien suivant une droite. Cette méthode convient si l’on travaille dans
un espace de dimension n et si l’on remplace les plans par des hyperplans.
196 CHAPITRE 8. COMPLÉMENTS DE GÉOMÉTRIE

On démontre alors que l’intersection de deux hyperplans non parallèles est


toujours un sous-espace aiBne de dimension n —2.

R ép o n se 8.8 Soient la droite D = D{A, u ) et le plan P = P{B, ~v, w),


qui ont pour directions respectives :

( D = Ml?
\ P = Vect(l?, vj).

On & D Ç P puisque D n’est pas parallèle à P , donc l’espace ambiant E


est somme directe de P et P d ’après une propriété classique des hyperplans
vectoriels :
P = P © P.
Des résultats connus concernant les sous-espaces affines (voir Question 1.6)
montrent que :
- P D P 7^ 0 (puisque A B € D ® P );
- P n P est un sous-espace affine de direction P D P = { 0 }, c’est-à-dire
un point.

R ép o n se 8.9 Soit P un plan de direction P = V e c t(u ,l;). Si A et P


appartiennent à P , il existe des scalaires A, /i tels que :

AB = Xu + n~v.

Un point M appartient à {AB'j si, et seulement si, il existe u G tel que


A M = UAB, et dans ce cas AM = v \ u + i/fxv € P donc M € P.

R ép o n se 8.10 La f ig . 8.2 permet de suivre les raisonnements.


a) Première solution (lycée) — Par hypothèse P = P H P est une droite.
Si Q n P n ’en était pas une, cela voudrait dire que Q et R sont parallèles (au
sens large), mais alors, la relation de parallélisme étant transitive, les plans P,
Q, R seraient tous parallèles entre eux, ce qui est impossible puisque P n P
est une droite.
Donc L = Q n P est une droite.
Les droites D et L sont coplanaires, puisqu’incluses dans le plan P. Si elles
n’étaient pas parallèles, elles seraient sécantes (au sens large) et il existerait
un point M appartenant à P n L , donc aussi a fortiori à PflQ. Comme P//Q,
on aurait P = Q, donc D = P n R = Q r \R = L, ce qui est absurde car P
et L sont supposées non parallèles. En conclusion, D et L seront parallèles.
8.3. REPONSES 197

F ig . 8.2 - Une propriété des intersections de plans

Deuxième solution (université) — Notons avec des flèches les directions des
sous-espaces affines qui interviennent. Par hypothèse P//Q et D = P D R e s t
une droite, donc P = Q e t D = P r \ R . Par suite :

D = PnÆ Æ

donc Q et_R ne_son^as parallèles et s’intercepteront suivant une droite L de


direction L = Q n R. De L = Q n R = D on déduit que les droites D et L
seront parallèles.

R em arq u e — Cette seconde solution se généralise à un espace affine de


dimension finie quelconque n > 2si l’on remplace les plans par des hyperplans,
et les droites par des sous-espaces affines de dimension n —2.

b) Première solution (lycée) — Soit L = QC\R. D’après la question précé­


dente, L est une droite et :

PHQ
D = P D R l => D //L
L = Q C\ R ^

SUR \
A = 5nQ > A//L.
L= RnQ j
De D //L et L //A on déduit que D //A par transitivité de la relation de paral­
lélisme entre les droites de l’espace.
198 CHAPITRE 8. COMPLEMENTS DE GEOMETRIE

Deuxième solution (université) — On sait que l’intersection de deux sous-


espaces affines est soit vide, soit un espace affine de direction l’intersection
des directions de ces plans. Ici on suppose que 0 = P n i î e t A = ( 5 n 5 n e
sont pas vides et sont des droites. Donc D = P D i2 est la droite de direction
D = P f\ R , intersection des directions P et R des plans P et R. De même,
avec des notations triviales, A = Q D 5 . Par hypothèse P = Q et R = S
donc :
D = P n P = 5 o ^ = ^
et cela prouve que Z) et A sont parallèles.

R em arq u e — Cette seconde solution reste valide en dimension finie quel­


conque n > 2 en remplaçant les plans par des hyperplans, et les droites par
des sous-espaces affines de dimension n —2.

R ép onse 8.11 Donnons trois réponses différentes. La première est la plus


simple quand on a étudié les espaces affines de manière générale dans le cadre
d’une axiomatique « espaces vectoriels - espaces affines ». Les deux autres
réponses sont sans doute celles que le programme de terminale S (2012) suggère
de donner pour démontrer ce résultat en utilisant des faits connus concernant
les droites et les plans de l’espace, ce qui revient à dire que l’on se place dans
le cadre d’une axiomatique de type Euclide-Hilbert.
Dans tous les cas, on considère deux plans P et Q sécants suivant une droite d,
et l’on considère une droite A parallèle à P et à Q. Il s’agit de montrer que A
et d sont parallèles.
Première réponse — Par hypothèse P C\Q = d donc P D Q = d . Par
hypothèse A C P et A C Q , donc A c P r i ( 5 = d , e t nécessairement
A = d puisque A et d sont des droites vectorielles. Donc A est parallèle
à d.
Deuxième réponse (f ig . 8.3 (a)) — Dire que A est parallèle à P et à Q
revient à dire qu’il existe des points (distincts) A et B dans P, mais aussi D
et E dans Q, tels que les droites (AB) et {DE) soient parallèles à A, donc
parallèles entre elles. On peut choisir un point I dans P n Q, et l’on constate
que la droite d'passant par I et parallèle à A est à la fois dans P et dans Q.
En effet :
- d 'c P car d'passe par I € P en étant parallèle à (AB) où (AB) c P ,
- d'C Q car d ' passe par I e Q en étant parallèle à (DE) où (DE) C Q.
Ainsi d'C P r\Q = d, d ’où d' = d puisque d et d'so n t des droites. La droite d
sera bien parallèle aux droites A, {AB) et {DE).
8.3. RÉPONSES 199

F ig . 8.3 - Théorème du toit

Troisième réponse (f ig . 8.3(b)) — On commence comme dans la réponse


précédente en affirmant l’existence de deux droites {AB) et {DE) parallèles
à A, respectivement incluses dans P et Q. On introduit un point F du plan Q
non aligné avec D et E. On a donc Q = {DEF).
Si la droite {DF) était parallèle au plan P , deux droites sécantes de Q seraient
parallèles à P (les droites {DE) et {DF)), donc P et Q seraient des plans
parallèles, ce qui est absurde. Donc {DF) coupe P en un point I. Le point I
appartient à Q (puisque dans {DF)) mais aussi à P (par définition), donc
appartient à P D Q = d. On conclut comme dans la deuxième réponse : la
droite df passant par I et parallèle à A est incluse dans P O Q = d, donc
d' = d, et finalement les droites d, A, {AB) et {DE) sont parallèles.

Rem zirque — Le Théorème du toit énonce que le faîte d ’un toit est toujours
parallèle aux bords soutenus par les murs, comme sur la FIG. 8.4.

F ig . 8.4 - Une maison avec un toit !


200 CHAPITRE 8. COMPLÉMENTS DE GÉOMÉTRIE

R ép o n se 8.12 C’est vrai. Le point A de coordonnées (—1, —1, 0) appar­


tient à P n Q car ses coordonnées vérifient les équations de P et Q. La direction
du sous-espace affine P flQ est l’intersection P DQ des directions, donc admet
les équations cartésiennes :

J 3x —2y + Z = 0
y x + y-\-2z = 0

et il est facile de voir que les coordonnées (—1, —1, 1) d ’un vecteur que nous
appellerons 1?, qui dirige D, vérifie ces équations :

i 3 (-l)-2 (-l)-M = 0
\ (-1 )-H (-1 )-F 2 = 0.

Cela montre que la droite D d’équations paramétriques :


X = —1 —i
y = —1 —t î €R
Z= t

est incluse dans Pf)Q. Comme P et Q ne sont pas parallèles (cm les coefficients
de X , y et 2dans les équations de P et Q ne sont pas proportionnels), P n Q
est une droite, et de P C P n Q on déduit D = PD Q.

Autre solution — En remplaçant x = —1 —t, y = —l —t et z = t dans les


équations de P et Q, on obtient :

( 3 { -l-t)-2 { -l-t) +t + l = 0
I { - l - t ) + i - l - t ) + 2t + 2 = 0

donc P C P n Q. Les plans P et Q ne sont pas parallèles car admettent pour


vecteurs orthogonaux respectifs les vecteurs "u (3, —2, 1) et ( 1,1,2) qui ne
sont pas colinéaires. Cela montre que P n Q est une droite, et l’inclusion
D C P n Q implique P C Q = P .

R ép o n se 8.13 Si (o, 6, c) = (0,0,0), c’est-à-dire si l est la forme linéaire


nulle, l’équivalence annoncée est évidente car l = 01' et (a, b,c) = 0 x
Dans toute la suite, on peut donc supposer que (o, b, c) ^ (0,0,0).
(=>) Si l et l' sont proportionnelles, il existe A G R tel que l' = XI, donc pour
tout (x, y, 2:) G R^ :
a'x + b'y + c'Z = A(ax -\-by-\-cz).
8.3. REPONSES 201

Il suffit de remplacer {x, y, z) successivement par (1,0,0), puis (0,1,0), et enfin


(0,0,1), pour obtenir a' = Ao, h' = \b et d = Ac, d ’où (o', 6 ', d) = \ (a, b, c).

(<i=) S’il existe A € R tel que (o', b', d) = X (a, b, c), alors :

V (x, y, z) e R^ l' (x, y, z) = a'x + b'y + dz


= A(ox + by + cz)
= XI (æ, y, z)
donc l' = XI, et les formes linéaires l et V sont proportionnelles.

R em arq u e — Une autre façon de répondre à la question consiste à noter


qu’avoir l (x, y,z) = ax + by + cz pour tout (x, y, z) G R^ revient à écrire
l — ae\ + bel + ces oû (61, 62, 63) désigne la base duale de B = (e i, 62, 63).
Le triplet (o, b, c) est donc égal au triplet des coordonnées du vecteur l dans
la base (6 ^, 62, 63) de l’espace dual E* de E. Il est alors bien connu que deux
vecteurs l et l' de E* seront colinéaires si et seulement si les deux suites (o, b, c)
et (o', b', d) de leurs coordonnées dans une même base sont proportionnelles.
Pour vérifier que l = oej + bel + il suffit de remarquer que pour tout
U = X6i + yc2+ ^:6 3G E,
3) = xeî(ei) + yci(e 2) + ze^es) = x
6Î (u) = 6Î (x6i + yc2+ Z6

puisque e*(ej) = Sij (symbole de Kronecker), et que l’on a de même el (u) = y


et 63(u) = z. Cela permet d ’écrire pour tout u = xei + yc2+ ze$ G R^ :
l(u) = ax + b y+ CZ
= ael (u) + 6
62(u) + cel (u)
= (ael + bel + ^^3) (“ )
et de déduire que l = ae\ + bel + ^ 3-

R ép o n se 8.14 a) Un point M (x, y, z) appartient à P n Q si et seulement


SI
X —y = — 2 z + 1
(S)
2x —4y = — 4 z + 1
On trouve —2y = —1 en soustrayant deux fois la première égalité de la seconde,
d ’où y = 1/2 et X = —2z + 3/2. La réciproque étant triviale :

' x = 3 /2 - 2 A
P = 1/2
(S) « ^ < y = 1/2
X = —2 z + 3/2
z = X.
202 CHAPITRE 8. COMPLÉMENTS DE GÉOMÉTRIE

On reconnaît des équations paramétriques de la droite passant par le point


A (3/2,1/2,0) et de vecteur directeur ~u (—2,0,1).
b) Première solution — Un vecteur directeur de £> = P n Q est un vecteur
de coordonnées æ, y, z qui vérifient :

{ X - y + 2z = 0 , , , f x - y + 2z = Q
< c est-à-dire le système : (S ) <
y 2x —Ay + ^z = t) ^ ' y X —2y + 2z = 0.

Il suffit de proposer un triplet {x, y, z) non nul solution du système (S') pour
obtenir un vecteur directeur de D. Prenons par exemple z = —1/2, et rem­
plaçons dans (S'). On obtient :

d ’où (x,y) = (1,0). Le vecteur de coordonnées (1,0, —1/2) dirige alors D.


Deuxième solution — Les vecteurs l?p (1, —1,2) et IÎ q (—1,2, —2) sont res­
pectivement orthogonaux k P et Q. Un vecteur directeur de l’intersection
D = PD Q sera alors donné par le produit vectoriel :

u p A UQ

Cette solution se justifie en remarquant que P = (Wup)-^ et Q = (R'uq )-*-,


donc que la direction P n Q de la droite affine D = PC\Q s’écrit :

P O Q = (W u p )-^
\± =
n (K'uq )-'' (W u p -I- M'uq )-'- = M.{ljtp A 'uq ).

R ép o n se 8.15 La construction de la section du cube par le plan H est


donnée par l’hexagone régulier IJ K L M N dessiné sur la fig . 8.5.
Pour le voir, il faut d ’abord s’intéresser à la trace du plan II sur le plan
(ADHE) contenant la face A D H E du cube. Les deux plans II et (ACH)
étant parallèles, ils couperont le plan {ADHE) suivant deux droites parallèles
(Question 8.10), donc II n {ADHE) sera la droite passant par I et parallèle à
{AH). Sur la FIG. 8.5, nous avons tracé le point J de [EH] tel que {IJ) // {AH),
de sorte que [IJ] soit la trace de II sur la face A D H E du cube.
La trace de II sur la face EFG H sera incluse dans une droite parallèle à {AC)
parce que deux plans parallèles coupent toujours deux autres plans parallèles
8.3. RÉPONSES 203

H K G

F ig . 8.5 - Le plan (IJK L M N ) est parallèle au plan (ACH)

en deux droites parallèles. Ici les plans (EFGH) et (ABCD) sont parallèles,
donc les plans parallèles II et {ACH) les couperont suivant deux droites pa­
rallèles, à savoir une droite passant par J , et la droite {AC). Cela montre que
TLn{EFCH) est la droite passant par J et parallèle à {AC), qui coupe {HC)
en K.
On raisonne de cette façon jusqu’au bout :
- n coupe {DCCH) en une droite passant par K , parallèle à {HC), d ’où L,
- n coupe {BCCF) en une droite passant par L et parallèle à {AH), d’où M,
- n coupe {ABCD) en une droite passant par M et parallèle à {AC), d’où N.
Le Théorème de Thalès montre que les sommets de l’hexagone IJ K L M N sont
les milieux des arêtes du cube, de sorte que tous les côtés de l’hexagone soient
de même longueur égale à la moitié de la diagonale d’une face du cube. Si O
désigne le centre du cube, on déduit aussi que 0 1 = OJ = ... = ON de sorte
que l’hexagone soit inscrit dans un cercle. Il s’agit donc bien d ’un hexagone
régulier. La section du plan II sur le cube est exactement l’intérieur de cet
hexagone régulier.

R ép o n se 8.16 VRAI. Le dessin ci-dessous permet d ’imaginer l’intersec-


tion de la sphère «5 et du plan Q. Comme S est de rayon 3, cette intersection
est un cercle C de rayon r = y/3^ —5^ où ô désigne la distance du centre O
de S au plan Q, comme on le voit en utilisant le Théorème de Pythagore.
Une équation de Q est 1 x (æ —1) -H l{y + 2) —2{z —1) = 0, soit :

Q: æ-l-y —2^-1-3 = 0.
204 CHAPITRE 8. COMPLÉMENTS DE GÉOMÉTRIE

D’après le cours, la distance d’un point M q ( x o , yo, zq) de l’espace à un plan P


d ’équation ax + by + cz + d = 0 est :
|axo + Ьуо + czQ + d\
d{Mo,P) =
Va? + 1^ +
Ici 0(0 ,0,0), donc :

|3|
ô = d{0,Q) =
y i2 + 12 + (-2)2 “ ч/б “ 2

et l’on trouve bien :

r=
\
R ép onse 8.17 l.a) FAUX - J et K appartiennent au plan {BCC'B'),
donc la droite (JK ) est incluse dans ce plan. Si les points I, J, K étaient
alignés, I appartiendrait à {JK), donc aussi au plan {BCC'B'), ce qui est
absurde (en effet, comme I se projette orthogonalement sur le plan {BCC'B')
en B, si I appartient à {BCC'B'), alors I = B, ce qui est absurde).
l.b) VRAI - Les droites {AC) et {A'K) sont coplanaires puisque les droites
{AA') et {CK) sont parallèles. Etant coplanaires, elles ne peuvent qu’être
sécantes ou parallèles. Il est facile de voir que ACC'A' est un rectangle (en
effet, {AA') est perpendiculaire k V = {ABCD), donc à la droite {AC) qui est
incluse dans ce plan, et ÂÀ' = C C donc ACC'A' est un parallélogramme qui
possède un angle droit, c’est-à-dire un rectangle). Si {AC) et {A'K) étaient
parallèles, on aurait donc K = C , ce qui est faux. Conclusion : {AC) et {A'K)
sont sécantes.
8.3. REPONSES 205

l.c) FAUX - Les points A', I, J sont coplanaires car ils appartiennent au
plan {ABB'A'). Si les droites {IJ) et {A'D') étaient parallèles, le point £>'
appartiendrait au plan {ABB'A'), ce qui est absurde.
1. d) VRAI - Par hypothèse AD = B C = JK , donc A D K J est un parallé­
logramme. On en déduit que les droites {AJ) et {DK) sont parallèles.

2. a) L’élève confond alignement et coplanarité. De plus il ne réalise pas que


trois points quelconques de l’espace sont toujours coplanaires.
2.b) L’élève applique un résultat vrai en géométrie plane, mais qui devient
caduque dans l’espace de dimension 3. Il faudra lui rappeler que, dans l’espace,
il existe des droites qui ne sont pas parallèles et qui ne s’interceptent pas.
2.c) Le raisonnement est juste. L’élève sous-entend seulement qu’il utilise
un raisonnement pas l’absurde (matérialisé par la contraposée de l’affirma­
tion qu’il énonce), et il serait intéressant de voir ce qu’il répondrait si on lui
demandait de préciser sa démonstration.
2.d) L’élève fait une grave erreur : il faudra lui montrer que, dans l’espace,
deux droites qui appartiennent à des plans parallèles ne sont pas forcément
parallèles.

R ép onse 8.18 La FIG. 8.6 représente le cube C = U IV O K H JW défini


par les trois inégalités 0 < x ,y ,z < A, ainsi que le plan {ABC) d ’équation
a: -I-y-I- 2= 8, où A (8,0,0), 5 (0,8,0) et C (0,0,8). Les traces du plan {ABC)
sur les faces du cube sont les segments [IJ], [JK] et [Kl] où I (4,4,0), J (0,4,4)
et K (4,0,4). Le plan {ABC) coupe donc le cube suivant le triangle hachuré
IJ K . Le demi-espace d’équation æ -f y -h < 8 est limité par le plan {ABC)
et contient l’origine O du repère. Le solide défini par le système {S) est donc
la partie du cube C situé dans le demi-espace d ’équation x -|- y -H ^ < 8. C’est
le cube C privé de la pyramide à base triangulaire I J K H où H (4,4,4).

R ép o n se 8.19 a) Proposons deux méthodes pour montrer l’existence et


unicité de A :
Première méthode — Sur la FiG. 8.7 on a dessiiré deux d ro ite s ^ et D ' non
coplanaires. Soit A la droite orthogonale au plan P = Yect{DUD') = £>©£)'
engendré par D U D'.
Analyse — Unej)erpendiculaire commune A à £> et D ' a pour direction la
droite vectorielle A, et intercepte D et D', donc est incluse dans le plan Il£)
contenant D et de direction D © A, et dans le plan Il£)/ contenant D' et de
direction £)' © A.
206 CHAPITRE 8. COMPLEMENTS DE GEOMETRIE

F ig . 8.6 - Cube tronqué

Si les plans Il£) et II/j/ étaient parallèles ,Jes droites 1 ^ D' et A seraient
coplanaires, et l’on pourrait écrire A = P-*- C D ® D' = P , ce qui est
absurde. Donc Il£) et Il£)/ ne sont pas parallèles et se coupent suivant une
droite. Comme A C Il£» n H/)/, on obtient A = Il£» n Hp/.

Synthèse — La droite A = ri£) fl Il£)/ est de direction E d n n^»/ = A,


donc est orthogonale à D et D'. Les droites A et D sont coplanaires (puisque
incluses dans E^)) et orthogonales, donc se coupent en un point, donc sont
perpendiculaires. On montre de même que A et D' sont perpendiculaires.
Finalement, la droite A = E /j 0 Ep/ est une solution de notre problème, et
c’est la seule.

Seconde méthode — Posons D = A + K l? et D' = A! + W u '. Trouver une


perpendiculaire commune {IJ) à. D et D' revient à trouver un couple de point
(/, J) € D X D' tel que I J . l î = / J . l ? ' = 0 ou, ce qui revient au même, des
réels X et fi qui vérifient le système :

A I = Xu (1)
(S) ^ B J = fiu ' (2)
^ I j .u = 0. (3)
8.3. REPONSES 207

F ig . 8.7 - Perpendiculaire commune

Les équations (3) s’écrivent :

i ( ï l + Â B + B J ).u = 0
\ ( ï l + ÂB + B J ) .u ' = 0

ou encore, en développant et en utilisant les relations (1) et (2) :

soit :
I —AH'« Ip + A B .li + n Ç u .lt') = 0
—XÇu.li') + A B .li' + /i||lx '|p = 0

A|| "u Ip —fxÇu.lP) = AB.~u


(S')
■'{ X {lî.lî')-|л \\lî'\\‘^ = ÂB.lt'.
Le déterminant du système (S') est :

Comme l î et iP ne sont pas colinéaires, l’inégalité de Cauchy-Schwarz est


stricte et l’on aura |‘u .'u '| < ||li || x ||'u '|l ([7], Th. 86). Le système {S') est
donc un système de Cramer qui admettra un unique couple-solution (A,/u).
L’existence et l’unicité des points I et J , et donc de la perpendiculaire com­
mune {IJ), est ainsi démontrée.

R em arq u es — La droite A est appelée perpendiculaire commune à D


et 1У, et le résultat que nous venons de démontrer est connu sous le nom de
Théorème de la perpendiculaire commune.
208 CHAPITRE 8. COMPLÉMENTS DE GÉOMÉTRIE

Cette dénomination de Д prête à confusion puisque deux droites de l’espace ne


peuvent jamais être perpendiculaires si l’on se réfère aux définitions générales
de l’orthogonalité et de la perpendicularité en usage en dimension quelconque
([7], Définition 53). Mais historiquement, l’usage est de dire que deux droites
sont perpendiculaires si elles sont à la fois orthogonales et sécantes. De cette
manière, on continue à employer le langage de la géométrie plane où les notions
de droites perpendiculaires et orthogonales coïncident.
Il n’est donc pas faux de parler de droites perpendiculaires en ce sens, mais il
faut être averti. Cette façon de parler est naturelle dès que l’on décide d ’étudier
l’espace en généralisant ce que l’on sait du plan.
Le Théorème de la perpendiculaire commune est un résultat classique qu’il
faut connaître pour les concours. La question a d ’ailleurs été posée dans la
seconde composition du CAPES externe 2000 (question I.4.a) en ces termes :
« Soient (AB) et (CD) deux droites non coplanaires de l’espace affine euclidien
de dimension 3. Montrer qu’il existe un unique point I de (AB) et un unique
point J de (CD) tels que la droite (IJ) soit orthogonale à (AB) et à {CD). »

b) Recherche de d{D, D')


Si, comme dans la FIG. 8.7, la perpendiculaire commune A k D et 1У coupe D
en I et D' en J , il est facile de montrer que / J est la plus petite distance
possible entre un point de D et un point de D', ce que l’on note :

I J = M in { M N /M € D et iV € D'} .

En effet, si M E D et N G D', le Théorème de Pythagore donne :

Miv2 = \\M i + 7 j + jîv|p = \\M i + Jiv|p + l|7j|p, (*)


de sorte que :
\/M € D ViV € d ' M N > IJ.
Le minimum de M N , lorsque М et N décrivent respectivement D et D ', est
donc atteint lorsque (M ,N ) = (I,J ). La distance I J est, par définition, la
distance entre les droites D et D', et on la note d {D, D').
On peut facilement exprimer d {D, D') en fonction de A, de A', et du produit
vectoriel li A ~u'. En effet, si p désigne la projection vectorielle orthogonale
sur ^ = {'D ® D ')^,

AA'.Çu A 11')
I J = p{AA') = - ^ „ U A U
U Л u' r
8.3. RÉPONSES 209

(d’après une formule classique sur les projections orthogonales, cf. [7], Th. 91
ou [15]), d ’où : __

^ ' Ui A « '

R em arq u e — La distance minimum I J entre les droites D et D' n ’est pas


atteinte ailleurs qu’en I et J. En effet, si :

M N = I J = M in { M N / M e D e t N e D ' j ,

alors (*) montre que ||M / + = 0, donc que M I + J N = ce qui


impose d ’avoir M I = J N = 0 puisque M I est colinéaire à "u tandis que J N
est colinéaire à lî', et que Ç u ,li') est une famille libre. On en déduit que
(M ,N ) = {I,J).

R ép o n se 8.20 Notons K et J les milieux de [^45] et \AC]. Dans un tri-


angle non aplati, les médiatrices des côtés concourent en un point O qui est le
centre du cercle circonscrit au triangle.
Si les médiatrices des côtés [AB] et [AC] sont perpendiculaires, alors le qua­
drilatère A K O J possède trois angles droits et c’est donc un rectangle. En effet
l’angle en O est droit paj hypothèse, et les angles en J et i f sont droits puisque
la médiatrice d ’un segment est une droite perpendiculaire à ce segment. Ici par
exemple, {OJ) est la médiatrice de [AG], donc {OJ) ± {AC), donc l’angle J
est droit ( f ig . 8.8).

F ig . 8.8 - Analyse

On en déduit que (AB) est perpendiculaire à (AC), et donc que le triangle


A B C est rectangle en A.
210 CHAPITRE 8. COMPLÉMENTS DE GÉOMÉTRIE

Réciproquement, si le triangle ABC est rectangle en A, et si l’on note Ag


et A c les médiatrices respectives de [AC\ et [AB], alors :

{A C )L{A B )
A c ± {AB)
A b -L {AC)
} ù,cH (A C )
A b -L A c

et ces deux médiatrices sont perpendiculaires.


En conclusion, les médiatrices des côtés [AB] et [AC] d ’un triangle A B C sont
perpendiculaires si et seulement si ce triangle est rectangle en A,

R ép o n se 8.21 En situation de concours, on se contentera d ’une méthode.


En situation d ’entrainement, on pourra en chercher plusieurs. En voici trois.
Première méthode — Notons D b et D e les bissectrices intérieures du tri­
angle A B C issues de B e t C, comme sur la F I G . 8.9. Par définition, la droite
{BC) est l’image de la droite {AB) par la réflexion par rapport à D b , ce
qu’on note :
sdA{AB)) = {BC).

Avec des notations évidentes, on a aussi = (AC), donc :


(SDC Os d ,) (( A B )) = sd J ( B C ) ) = (.40).
Si D b et D e sont orthogonales, on sait d’après le cours que la composée
sdc ° ^Db est égale à la symétrie sj paj: rapport au point d’intersection I
de D e et D b - Mais alors sj{{AB)) = {AC), donc, en utilisant le fait que sj
est une bijection du plan dans lui-même :
s/({ ^ } ) = si{{A B )n{A C ))
= sj{{A B ))nsi{{A C ))
= {AC) O {AB) = {A ),
donc Si {A) = A. On en déduit que A = I et que D b = {BI) = {BA). C’est
absurde cax alors sd b {{AB)) = {BA) = {BC), et les points A, B, C seraient
alignés. On peut donc affirmer que les droites D b et De ne seront jamais
orthogonales.

Deuxième méthode — On suppose paj l’absurde que le triangle existe. On


note ex, /0 et 7 les mesures dans angles indiqués sur la FIG. 8.9. La somme des
angles d ’un triangle est égale à un angle plat, donc dans le triangle B IC on
obtient ;0-|-7-l-7r/2 = 7r, soit ¿0-H7 = Tr/2. Dans le triangle A B C on aura :

ex -I- 2y 0 -H 27 = TT
8.3. RÉPONSES 211

F ig . 8.9 - Une figure impossible

d ’où :
7T
Q! = 7r —2(;0 + 7 )= 7 r —2 — = 0
Zi
ce qui est impossible.

Troisième méthode — Notons D b et D e les bissectrices intérieures du


triangle ABC issues de B et C, et supposons par l’absurde que D b ED c
( f ig . 8.9). Le symétrique C de C par rapport à D b appartient alors à la per­
pendiculaire à D b issue de C, c’est-à-dire à {CI). Comme C 6 {BC) et comme
les droites {BC) et {AB) sont symétriques par rapport à £>b , on déduit que
C G {AB). Ainsi :
C G {AB) n {CI)
et C I = i C . On peut démontrer de même que B I = IB ' où B ' G {AC) est
le symétrique de B par rapport à De. Le quadrilatère B C B 'C possède alors
des diagonales qui se coupent en leur milieu, c’est donc un parallélogramme,
et l’on peut affirmer que les droites {BC ) et {B'C) sont parallèles, c’est-à-dire
que {AB) et {AC) sont parallèles. C’est absurde car elles se coupent en A et
ne sont pas confondues.

R ép onse 8.22 Soient H b et He les pieds des hauteurs issues de B et C.


Notons H l’intersection de ces hauteurs, comme sur la FIG. 8.10. Si les hau­
teurs { B H b ) et {CHe) sont perpendiculaires, alors les droites {BHe) et {BH)
sont perpendiculaires à la même droite {CHe), donc sont parallèles. Comme
{BHe) = {-^ B ) et {BH) = { B H b ) sont parallèles, et comme { B H b ) est per­
pendiculaire à {AC), on déduit que {AB) est aussi perpendiculaire à {AC).
Cela montre que le triangle A B C est rectangle en A.
212 CHAPITRE 8. COMPLÉMENTS DE GÉOMÉTRIE

F ig . 8.10 - Hauteurs perpendiculaires?

Réciproquement, si le triangle ABC est rectangle en A, les hauteurs issues


de H et C sont les droites {AB) et (AC), et ces hauteurs sont évidemment
perpendiculaires. En conclusion :
Les hauteurs issues des sommets B et C d ’un triangle A B C sont
perpendiculaires si et seulement si ce triangle est rectangle en A.

R ép o n se 8.23 a) Par hypothèse, l’image f {{MN)) de la


par / est une droite, et cette droite passe par f {M) et f{N). L’application /
est bijective donc /(M ) 7^ f{N), et comme par deux points distincts /(M ) et
f {N) il passe une et une seule droite, on peut affirmer que la droite f {{MN))
est égale à la droite (/(M )/(iV )), soit :
f ü M N ) ) = {f{M)f{N)).

b) L’inclusion f {D n D') C f{D) n f(D ') est triviale, puisque dire que M
appartient à f{D n £>') revient à dire qu’il existe un point N de D n D' tel
que M = f (N), et donc par définition de l’image directe d ’une droite :

M = f{N)ef{D)nf{D').

Réciproquement, si M € f{D) D /(£>'). ü existe deux points A e D et B e D'


tels que M = f {A) = / {B). Mais / est bijective, donc cela entraîne que
A = B. Finalement le point A appartient k D C D' et M - f {A), ce qui
prouve que M G f {Di ] O'). Nous venons de montrer l’inclusion réciproque
f{D) n /(£>') c f { D n L>'). En conclusion f{D) n /(£>') = f { D n D').

R em arq u e Cette question fait partie d’un ensemble de questions plus


générales qu il faut absolument avoir assimilées avant de passer les écrits des
concours. Il s’agit des Questions 12à 23 du volume I de la collection Acquisition
des fondamentaux pour les concours [13].
8.3. RÉPONSES 213

c) On travaille dans un plan. On sait donc que deux droites sont strictement
parallèles si, et seulement si, elles sont d ’intersection vide. On sait aussi que
deux droites sont parallèles si, et seulement si, elles sont égales ou strictement
parallèles. Comme / est bijective, on sait aussi de façon générale que, si A
et B sont deux parties du plan :

f { A) = f { B ) 4^ f - H H A ) ) = r \ f (B)) 44 A = B.

Tout cela, et la question précédente, nous autorise à écrire les équivalences


suivantes où l’écriture D //D ' signifie que D et T>' sont parallèles :

f{D) = f{D ')


D //D ' 44 ou
f{DnD') = 0

m = f{D')
44 ou
nD)nf(D') = 0

«■ n m /iiy ).

d) Il s’agit de montrer l’équivalence :

M, N, P alignés /(M ), f{N), f{P) alignés.

Sous l’hypothèse M = N, cette équivalence est évidente puisque deux points


sont toujours alignés ! Il reste donc seulement à démontrer que cette équiva­
lence reste vraie lorsque M ^ N. Dans ce cas on peut parler de la droite
(MN), et écrire :

M, N, P alignés 44 P G ( MN)
f{P) € (car / bijective)
f (P) ^ (d’après la question a)
^ / ( M ) , / ( i V ) , / ( P ) alignés.

R em arq u e Nous avons démontré cette équivalence en envisageant une


disjonction de cas. Cette façon de procéder permet de bien comprendre ce que
l’on fait et de rédiger plus clairement. On a choisi deux hypothèses de travail,
et dans chacune d ’elle on a démontré l’équivalence demandée. Le raisonnement
par disjonction de cas est décortiqué au §.3.2 de [19].
214 CHAPITRE 8. COMPLÉMENTS DE GÉOMÉTRIE

e) Je suppose que l’énoncé évoque de « vrais » parallélogrammes, c’est-


à-dire des parallélogrammes non aplatis, pour pouvoir appliquer la défini­
tion d ’un parallélogramme faisant intervenir le parallélisme des côtés opposés.
Considérons quatre points distincts M , N, P et Q.
On remarque d ’abord que :
M N P Q non aplati «t» f {M) f {N) f {P) f {Q) non aplati.
En effet, le quadrilatère M N PQ est aplati si, et seulement si, il existe une
droite D qui contient ses quatre sommets M , N , P et Q. Mais comme / est
bijective et comme f{D) est une droite par hypothèse :
M N P Q aplati 3 droite D M ,N ,P ,Q € D
^ 3 droite P f { M ) , f i N ) J { P ) , f { Q ) e f { D )
^ 3 droite Zy f { M ) J { N ) , f { P ) , f { Q ) e D '
^ f {M) f {N) f {P) f {Q) aplati.
Maintenant que nous sommes assurés d ’avoir affaire à des quadrilatères M N P Q
et f { M) f { N) f ( P) f { Q) non aplatis, la propriété annoncée découle des ques­
tions précédentes :
(MN)// {PQ)
MNPQ parallélogramme
{MQ)//{NP)
f{{MN))//f{(PQ))
d ’après c)
f{{MQ))//f{{NP))
{f{M)f{N))//{f{P)f{Q))
O d’après a)
(/(M )/(Q ))//(/(iV )/(P ))

^ f{M)f{N)f{P)f{Q) parallélogramme.
R em arq u e — On peut dire qu’un quadrilatère MNPQ est un parallélo­
gramme au sens large si ses diagonales [MP] et [iVÇ] se coupent en leur mi­
lieu. Cette définition permet de considérer n’importe quel quadrilatère aplati
MNPQ comme un parallélogramme au sens large à partir du moment où le
milieu I de [MP] est aussi le milieu de [ATQ].
Si / est bijective et transforme toute droite en une droite, on vient de montrer
qu’elle transforme tout parallélogramme non aplati en un parallélogramme non
aplati, et cela entraîne que / conserve les milieux. En effet, si I est le milieu
de [AB], on peut toujours construire un parallélogramme non aplati AUBV
de sorte que I soit l’intersection de (AB) et (UV). Dans ce cas :
f (I) e /((AB)) n /((UV)) = (/(A)/(B)) n (/(U)/(V)),
8.3. RÉPONSES 215

et cela montre que / (7) se trouve à l’intersection des diagonales du pa­


rallélogramme f {A) f {U) f {B)f {V). On en déduit que / ( / ) est le milieu de
[f{A)f{B)]. Ainsi :

I milieu de [AB] ^ / ( / ) milieu de [f{A)f{B)].

Cette conservation des milieux par / permet de déduire que / transforme tout
parallélogramme au sens large en un parallélogramme au sens large, ce qui est
rassurant. Mais ce n ’était pas demandé.

R ép o n se 8.24 a) Par définition, A est une matrice inversible, donc

fA,B{X) = Y AX + B = Y
AX = Y - B
X = A -\Y -B ).

Dans ces équivalences, et dans la suite, nous identifierons les points du plan V
et les coordonnées de ces points dans le repère ( 0 , 7, J ) tant que cela ne prête
pas à confusion. Un point est donc identifié à un vecteur-colonne de E^, ce qui
explique la notation Y —B.
Nous avons montré que tout point Y du plan possédait un et un seul antécédent
pour la fonction à savoir le point X = A~^{Y — B). Cela montre que
ÎA,b est une bijection du plan dans lui-même, et que l’application réciproque
de / est donnée par :

/ a !b - 'P V
X A-\X-B)

donc ^ —/ a - ^ - a -^ b -

R em arq u e — On remarque que / a ,b est l’application affine de P dans V


de partie linéaire A qui transforme O = *(0,0) en B. On sait d ’après le cours
qu’une application affine bijective transforme une droite en une droite, ce qui
permet immédiatement d ’affirmer que / vérifie la condition des droites, et
donc de conclure aux questions b) et c).
Mais en 2014 et jusqu’au prochain changement de programmes, la mode n’est
plus aux applications affines en CPGE, ni en BTS. Nous conserverons donc
cette remarque pour nous-même en étant bien certains qu’elle pourra guider
nos pas si nous nous perdons à présenter nos raisonnements en n ’utilisant que
des matrices et des vecteurs-colonnes de R^.
216 CHAPITRE 8. COMPLÉMENTS DE GÉOMÉTRIE

b) On suppose M, N, P distincts, de sorte que les images fA,B{M), fA,B{N)


et fA,B{P) soient aussi distinctes puisque / a ,b est bijective. Dans ce cas, dire
que M, N et P sont alignés revient à dire que P € {MN), et l’on peut dire la
même chose des images. On peut alors écrire :

M, N, P alignés
^ P€{MN)
^ 3A eM P - M = X { N - M )
^ 3 \ € R A{P - M) = XA{N - M)
^ 3X e R {A{P) + B ) ~ {A{M) + B) = X [{A{N) + B) - {A{M) + B)]
3A GM /A B (P ) -A ,B ( M ) = A [/A ,fî(iV )-/^,B(M )]
ÎaM P ) e { Î A ,B { M ) f A ,B m
^ Î a ,b {M), î a ,b {N), fA,B(P) alignés.

c) Soit D une droite. Soient deux points M et N distincts sur D. Les équi­
valences ;

P GD M , N, P alignés (0 )
^ Î a ,b {M), î a ,b {N), î a ,b {P) alignés (d’après b)
^ Î a M P ) e {fA ,B {M )fA ,B m

montrent l’inclusion :

f A M iM N ) ) C { f A , B m f A , B m . (b)

En a), on a vu que l’application réciproque était de la même forme


que / a ,B- La question b) s’applique donc à et permet de démontrer,
exactement comme on vient de le faire ci-dessus, que :

c (/Z,‘b (^)/Z , b («))

quels que soient les points distincts A et B. En prenant A = fA,B{M) et


B = / a,b (^ )) on obtient :

/Â,fî((/A,B(M)/^,B(iV))) c {MN)

et en appliquant / a,b des deux côtés :

{fA,B{M)fA,B{N)) c f AMi MN) ) . (Il)


8.3. RÉPONSES 217

De (b) et (11) on tire fA,B{{MN)) = ( / a,s (M )/ a,b (^ )), ce qui prouve que
fA,B{D) est une droite, et permet de conclure.

R em arq u e — On prendra bien conscience du piège assez subtil dans lequel


on peut tomber. Prouver l’équivalence :
P€D ^ fA,B{P) e (A , b (M )/ a,b (AT))
ne permet pas de déduire directement l’égalité fA,B{D) = {fA,B{^)fA,B{N)).
Bien sûr, l’inclusion (b) est acquise. Mais l’inclusion (tl) sera montrée seulement
si l’on prouve que :
w € ifAMM)fA, B{N)) ^ e /A,B((MiV)).
Ce n’est pas exactement contenu dans les équivalences 9 . Pour réutiliser néan­
moins ces équivalences O, on pourrait rédiger ainsi : rappeler que / a ,b est
bijective pour déduire l’existence d ’un point P tel que / a ,B (P) = W, puis dire
que les équivalences O montrent que P E D ,e t donc que W = fA,B(P) appar­
tient à fA,B{D), c’est-à-dire à fA,B(iM N)). Nous possédons là une seconde
solution possible.
On a déjà rencontré cette difficulté pour démontrer que l’image d ’un seg­
ment par une isométrie est un segment dans la question 382 du volume IV
d’Acquisition des fondamentaux [16]. La rédaction doit montrer clairement au
correcteur qu’on a déjoué ce piège, d ’une façon ou d ’une autre.

d) Tout revient à montrer qu’il existe A € GL2(M) et B E A^2,i(K) tels


que :
A0 + B = 0'

{ AI + B = r
A J + B = J'.
Comme O — ‘(0,0) est l’origine du repère, la première équation équivaut à
B = O', et tout revient à déterminer A telle que :

« {tr.;';.
De façon générale, si Î7 et V désignent deux points de V identifié à lui-même
identifié à A^2,i(R)) notons [U,V] la matrice carrée de A^2(1R) de première
colonne U et de seconde colonne V. Alors :
A I = r - O'
{S') ^ , A [7, J] = [AI, AJ] = [I' - a , J' - O']
AJ = J '- O
A=[I'-0',J'-O']
218 CHAPITRE 8. COMPLÉMENTS DE GÉOMÉTRIE

1 0
puisque [/, J] = est la matrice identité de A^2(K)- Finalement :
0 1

B = 0'
(S)
A = \r -o ',j' -a ]
et cela prouve qu’il existe une et une seule application qui transforme
les points O, I J en trois points O', I' J' donnés. La matrice A est inversible
car le ran^ de ses vecteurs-colonnes est 2, comme on le voit en rappelant que
{O'V, O'J') est, par hypothèse, une base du plan vectoriel associé à V.

R em arq u e — Nous venons de redémontrer une propriété classique des ap­


plications affines ([16], Question 328) en adoptant un « emballage » matriciel
adapté à ce problème et aux nouveaux choix en CPGE. Dans cette présen­
tation, le danger est de finir par traiter les points, les vecteurs, les vecteurs-
colonnes dans et les matrices de la même façon, ce qui soulèvera certaines
difficultés de compréhension pour les élèves, difficultés quasi inexistantes dans
une présentation un peu plus abstraite des espaces affines et des applications
affines.
Chapitre 9

Isométries

9.1 Minimum vital


Q u estio n 9.1 Soit f une application d ’un plan affine euclidien E dans lui-
même. On suppose que f conserve les distances. S a n s avoir recours à la no­
tion d’application affine, donc en utilisant uniquement la conservation des
distances, démontrer que :
a) f est injective.
h) f transforme un segment en un segment, une demi-droite en une demi-
droite, et une droite en une droite,
c) f est hijective.
Q u estio n 9.2 Quelle est la nature de la composée f = sdi o s d de deux ré­
flexions affines planes par rapport à des droites O' et D parallèles ? Construire
les éléments géométriques qui caractérisent f . Enoncer et démontrer une ré­
ciproque.
Q u estio n 9.3 Quelle est la nature de la composée f = sd ' ° sd de deux
réflexions affines planes par rapport à des droites D' et D sécantes en un
point il ? Construire les éléments géométriques qui caractérisent f . Enoncer
et démontrer une réciproque.
Q u estio n 9.4 Enoncer le Théorème fondamental concernant les isométries
affines d’un espace affine euclidien (on ne demande pas de le démontrer).
Q u estio n 9.5 Donnez le catalogue de t o u t e s les isométries affines du plan.
On ne demande pas de démonstration, mais on veut disposer d ’une description
géométrique complète de ces isométries.
Q u estio n 9.6 Décrire géométriquement toutes les isométries affines d’un es­
pace affine euclidien de dimension 3.

219
220 CHAPITRE 9. ISOMÉTRIES

9.2 Entraînement
Q u estio n 9.7 (Oral du CAPES externe 2008) Dans un plan affine euclidien,
on considère une symétrie s par rapport à une droite D parallèlement à une
droite A. Montrer que s conserve les distances si et seulement si D est ortho­
gonale à A.

L’étude des nombres complexes n ’est plus beaucoup développée en


TS depuis la réforme 2010, mais le programme de Maths sup de
2013 [21], et donc aussi celui des écrits du CAPES, demande d ’étu­
dier l’interprétation géométrique des nombres complexes, d ’inter­
préter le module et l’argument de >de connaître des CNS d ’ali­
gnement et d ’orthogonalité. On demande aussi d ’interpréter géo­
métriquement les applications s az b et z z. On touche
là aux similitudes directes, et en particulier aux translations, ho-
mothéties et rotations. Voici quelques exercices pour orienter nos
révisions :

Q u estio n 9.8 Soient A, B, M trois points d’affixes a, b et z. Montrer que :


a) A, B, M alignés {z —a) [z —b) E R.
b) {AM) ± {BM) ^ { z - a) ( J ^ ) G ¿R.

Q u estio n 9.9 On se donne deux points M\ et M 2 d ’affixes zi et Z2- On de­


mande de construire le point M d’affixe z = z\Z2 à la règle et au compas.

Q u estio n 9.10 (Ecrit du CAPES externe 2009)


1) Montrer qu’un triangle A B C est équilatéral si et seulement si les affixes a,
b, c de ses sommets vérifient a? b"^ -\- = ab-\-bc-t- ca.
2) Soit f (X) G C [X] un polynôme unitaire de degré 3. Soient A, B, C
les points du plan dont les affixes sont les racines de f . Montrer que f (X)
possède une racine double u) si et seulement si le triangle A B C est équilatéral,
et que, dans ce cas, lo est l’affixe du centre de gravité du triangle.

Q u estio n 9.11 Soit V un plan affine euclidien. Un utilisant uniquement le


fait qu’une similitude de V est une application de V dans V qui conserve les
rapports de distance, et qu’une similitude est directe si elle conserve les angles
orientés de vecteurs, démontrer que :
/ : P —>P est une similitude directe si et seulement si son écriture
complexe est de la forme f {z) = az +b oû (a, 6) G C* x C.
Enoncer (sans démonstration) le résultat similaire dans le cas indirect.
9.3. REPONSES 221

9.3 Réponses
R ép o n se 9.1 a) La conservation des distances permet de montrer que /
est injective. Il suffit d” écrire

f { A) = f { B) ^ f{A)f{B) = 0 ^ AB = 0 ^ A = B.

b) • Pour montrer que / transforme un segment en un segment, on va utiliser


la caractérisation métrique d ’un segment. Celle-ci nous permet d ’écrire :

M e [AB] ^ A M + M B = AB
^ A'M ' + M 'B ' = A'B'
M 'e [A'B'] (*)

et d ’en déduire l’inclusion f {[AB]) c [A!B'].


Réciproquement, si A/’ G [A'B'],

A! N + N B ' = A 'B'

et N se trouve parfaitement déterminé, sur le segment [A'B'], par la seule


donnée de la distance A!N. Introduisons donc l’unique point M de [AB] tel
que AM = A!N (ce point existe puisque A!N < AB). Les équivalences (*)
montrent alors que M ' G [A'B'] et A!M' = A M = A!N. Ces conditions
imposent d ’avoir M ' = N. En conclusion f {[AB]) = [A'B'].

M B

• On considère la droite {AB) et les notations de la figure ci-dessus, ainsi que


la droite {A!B') avec ces mêmes notations primées. L’égalité / ([Ax)) = [A'x')
est obtenue comme dans le cas du segment en remarquant cette fois-ci que
M G [Ax) si et seulement si A G [MB]. Les équivalences :

Me[Ax) ^ MA + AB = MB
^ M 'A' + A'B' = M 'B '
^ M ' e [A!x')

montrent encore l’inclusion /([ylx)) C [A'x'). Réciproquement, si N est un


point de la demi-droite [A'x'), il vérifie N A ' + A!B' = N B , Si M désigne
l’unique point de [Ax) tel que M A = N A ', alors M ' G [A'x') d ’après l’inclusion
déjà démontrée, et il suffit de rappeler les égalités M 'A' = MA = N A ' pour
en déduire M ' = N.
222 CHAPITRE 9. ISOMÉTRIES

• On démontrerait comme précédemment que / {[By)) = [B'y'), et les trois


égalités démontrées donnent / {{AB)) = {A'B').
c) Seule la surjectivité reste à démontrer. Donnons deux réponses possibles.
Première solution — Soient A, B, C trois points non alignés de E, et A ',
B', C leurs images respectives par / ( f ig . 9.1). Le triangle A 'B 'C n ’est pas
aplati, autrement on aurait une égalité du type A'B' + B 'C = A 'C , et l’on
en déduirait A B + B C = AC et l’alignement des points A, B, C, ce qui est
absurde.
Soit N un point quelconque de E. On choisit une droite A qui passe par N et
coupe {A'B') et {A'C) en deux points distincts U' et V .
D’après les questions précédentes, f {{AB)) = {A'B') et f {{AC)) = {A'C'),
donc U' et V' appartiennent à f {E) . Mais alors f {{UV)) = {U'V') et l’on
aura {U'V') C / {E). On en déduit que N e f {E).

F ig . 9.1 - En utilisant des alignements

Seconde solution — Soit N e E. Fixons deux points A et B distincts de E


et notons A', B' leurs images par / . Si / (>1) = N ou f {B) = N, c’est terminé.
Sinon les cercles^ C {A', A'N) et C {B', B 'N ) se coupent en un ou deux points
dont N , et l’injectivité de / (alliée à la conservation des distances) permet
d ’écrire :

/ {C {A, A'N ) n C {B, B 'N )) = f{C {A, A 'N )) n f { C {B, B' N) )


= C (A', A'N) n C {B', B 'N ) . {*)

De deux choses l’une :


- Si C {A', A'N)nC {B', B'N ) = {N}, alors C {A, A'N)f]C {B, B'N ) = {M}
et {*) montre que / (M) = N.
*De façon générale, je note C (O, r) le cercle de centre O et de rayon r.
9.3. RÉPONSES 223

- Si C {A', A'N) n C {B \ B 'N ) = {N, T}, C {A, A'N) D C {B, B 'N ) est une
paire. Il existe deux points distincts Mi et M 2 tels que :

C {A, A'N ) n C {B, B 'N ) = {Ml, M 2} .

On a / ({Ml, M 2}) C [N, T) , mais cette inclusion est en fait une égalité
puisque / est injective. Par suite / ({Mi, M 2}) = [N, T} et N € f (E).

R ép o n se 9.2 Ce résultat est rappelé tout au début de l’exposé-type de


la leçon sur les isométries d’un quadrilatère, dans le volume I de VEpreuve
d’exposé :
T h éo rèm e — {[6], Th. 73} La composée S£>/ o sd de deux ré­
flexions d’axes D et D' parallèles est une translation de vecteur
üf = 2ST où S est un point quelconque de D et T le projeté ortho­
gonal de S sur D'. Réciproquement, toute translation % s’exprime
comme la composée de deux réflexions d ’axes parallèles de direction
perpendiculaire à Ht, dont l’un peut être choisi arbitrairement.
Je recopie ici la preuve donnée en [6] :
• Soit S un point de D, et T son projeté orthogonal sur V ( f ig . 9.2). Si M
est un point quelconque du plan, notons Mi son image par sp, et M ' son
image par / = sp/ o sp.

D'

M'

F ig . 9.2 - Composée de deux réflexions d’axes parallèles

On a :
M M i = 2M J et M iM ' = 2Mi J
où J et J désignent les milieux respectifs de [MMi] et [MiM']. Le quadrilatère
S U T possède des côtés opposés parallèles deux à deux, et un angle droit. C’est
224 CHAPITRE 9. ISOMETRIES

donc un rectangle. On en déduit I J = ST, d’où :

M M ' = M M i + M iM ' = 2 M I + 2 M i J = 2 IJ = 2ST.

Ainsi :
yM eE M f{ M ) = 2ST,
et cela signifie que / est la translation de vecteur 2ST.
• Réciproquement, si la translation est donnée, il suffit de construire
deux points S et T tels que "u = 2ST, puis les droites D et D ' passant par S
et T et perpendiculaires à la direction donnée par le vecteur "u, pour pouvoir
appliquer le sens direct et déduire sd ' o sd = ^2ST ~
On remarque que dans la décomposition de sous la forme = S£>>o sd ,
on peut choisir l’une des droites D ou arbitrairement à partir du moment
où on la prend orthogonale à la direction R"« .

R ép o n se 9.3 Ce résultat est rappelé tout au début de l’exposé-type de


la leçon sur les isométries d ’un quadrilatère, dans le volume I de VEpreuve
d’exposé :
T h éo rèm e — {[6], Th. 74} La composée sp/ o s£> de deux ré­
flexions d ’axes D et D'sécants en iî est une rotation de centre ù et
d ’angle 2 {D, D'). Réciproquement, toute rotation s’exprime comme
la composée de deux réflexions d’axes sécants passant par son
centre, dont l’un peut être choisi arbitrairement.
Je recopie ici la preuve donnée en [6
]:

F ig . 9.3 - Composée de deux réflexions d’axes sécants


9.3. RÉPONSES 225

• La composée / = s/j/ o de deux réflexions d ’axes D et D' sécants en Çl


conserve les distances. C’est donc une isométrie, et :

yM eE ÜM = Of{M).
Soit û (resp. ü') un vecteur directeur de D (resp. D') (f ig . 9.3). Pour tout point
M du plan, l’inversion des angles orientés par une réflexion permet d’écrire :

(QM, 1?) = (1/ ,iîsp (M )) et (ÎÎS£)(M), "î?') = Çït',ÜSD'isDiM)))

ou encore :

{ Ü M , ü s d {M)) = 2 { u ,Ü s d {M)) et (î 2sd (M ), î î /(M ))) = 2{ü sd { M ) , 1 i ').

Par suite :

(i7M ,iî/(M ))) = { ÜM, ÜS D{ M) ) + { Ü S D { M ) , n f { M ) ) )


= 2Çu ,Çî s d { M ) ) + 2 { i l s ü { M ) , ' u ' )
= ua
2 ( , !).

Puisqu’en angles de droites, {D, D') = («, v!) (tt), on peut écrire :

M MeE \ __ ,
\ (i2M,iî/(M))) = 2(D,r>') (27t),
et cela signifle que / est la rotation de centre Î2 et d ’angle 2 (L>, D').
• Réciproquement, donnons-nous une rotation rçi^ de centre fi et d’angle 6.
Il est facile de construire deux droites D et D' passant par fî et faisant un
angle {D, D') = 6/2 entre elles, l’une de ces droites pouvant même être choisie
arbitrairement. Le sens direct montre alors que S£»/ o sp est la rotation de
centre fî et d ’angle 2(L>, O') = 0, autrement dit rçi^.

R ép o n se 9.4 Soit E un espace affine euclidien. Le Théorème fondamental


concernant les isométries affines est le suivant :
T h éo rèm e — {[6], [7]} Toute isométrie affine f de E s’écrit de
façon unique f = o g = g o t - ^ où i t appartient à l’ensemble
des invariants de la partie linéaire de / , et où g est une isométrie
possédant au moins un point fixe.
Le tableau de la FIG. 9.4 montre comment ce Théorème, allié à une définition
classique des isométries affines et à la connaissance des applications orthogo­
nales d ’un espace vectoriel euclidien, permet de déduire la nature géométrique
de toutes les isométries affines d’un espace affine euclidien.
226 CHAPITRE 9. ISOMÉTRIES

R ép o n se 9.5 On retrouve toutes les isométries affines du plan en utili­


sant le Théorème fondamental (Question 9.4) et en suivant la démarche de la
FIG. 9.4. Les isométries affines planes sont décrites dans la FiG. 9.5.

R ép o n se 9.6 On retrouve toutes les isométries affines de l’espace de di-


mension 3 en utilisant l e Théorème fondamental (Question 9.4) et en suivant
l a démarche de la f i g . 9.4. Les isométries affines de l’espace sont décrites dans

la F I G . 9.6.

c Isométries affines
SAVOIR utiliser les 2 résultats fondamentaux
J
1. Théorème fondamental : « Toute isométrie f de E s'écrit de
façon unique f = t o g où t est une translation dont le vecteur
appartient à Invl (où 1est ta partie linéaire de f) et g est une
isométrie ayant au moins un point invariant. »

&
« Une application f de E dans E est une isométrie ssi elle est affine
Irde partie linéaire une application orthogonale. »
)
connais toutes les applications orthogonales, donc je peux
en déduire toutes les isométries affines...

Tar exemple, en dimension 3, et les retrouver facilement ^


la partie linéaire de f sera de l'un Iau brouillon en étant certain de
des types suivants : y no pas en oublier.
a) identité,
b) réflexion,
c) rotation,
d) symétrie-rotation.

F ig . 9.4 - Ecriture canonique d’une isométrie affine


9.3. RÉPONSES 227

c Isométries affines du plan :


RETROUVER
J

iso m é tr ie vectorielle 1^ Isométrie affine f

t ^ aucun point invariant ,


( Identité Id ► : translation ..
SI u non nul, sinon l a , '

/ vraie réflexion glissée


_____________ I si U non nul, sans
réflexion s ► réflexiotTglissée ' Î 2l<rtinyaj;iant____
(symétrie orthogonale,^ t»os„ ------------ —
par rapport à une droite D) ^ I réflexion par rapport^
M' I à une droite D si u = 0,
^ alors Invf = D

rotation affine j un seul point invariant


rotation vectorielle de centre O et j® le centre de la rotation
d'angle 0 !
M'

-¿M

F ig . 9.5 - Isométries affines planes


228 CHAPITRE 9. ISOMETRIES

c Isométries affines de l'espace :


RETROUVER
J
Isométrie vectorielle I IsométriP affina f
translation U ^ aucun point invarTan?
Identité Id ► U SI Unon nul, sinon Id|.
, M’ "
vraie réflexion g lis sé e
U
■ si non nul, sans
réflexion s ►par /réflexion glissée ^ p o in t invariant

rapport à un plan P t ►O s„
réflexion par rapport
à un plan P si ïï = 0,
alors Invf = P

vrai vissage sans point


invariant si u non nul
vissage t ►O r^^
rotation P d'axe D (ou déplacement
hélieoïdal) rotation d'axe D si u = i,
M' alors Invf = D

symétrie-rotation symétrie-rotation Un seul point


vectorielle, i.e. affine r^
composée r►o Sp- DOPs„ où rD invariant
est une rotation d'axe M'
d'une rotation d'axe D et Spune réflexion
D et d'une réflexion
de base P, avec^D de base P, avec D
orthogonale à P. orthogonale à P.

y V

F ig . 9.6 - Isométries aflSnes de l’espace


9.3. REPONSES 229

R ép onse 9.7 Première méthode — On peut toujours utiliser la partie


linéaire de s et proposer la méthode donnée à la Question 400 de [16] qui
convient en dimension quelconque, pour une symétrie quelconque.

F ig . 9.7 - Quand une symétrie conserve-t-elle les distances?

Deuxième méthode — On peut démontrer ce résultat directement en dimen­


sion 2 en utilisant un peu de géométrie élémentaire. Il s’agit de montrer les
deux implications :
(=>) Si s conserve les distances, pour tout point M n ’appartenant ni à D,
ni à A, en notant O l’intersection de D et A, M ' = s (M) et m le milieu de
[MM'], on obtient la FIG. 9.7(a). Par hypothèse OM = OM', donc OM M '
est isocèle en O, et la médiane (Om) est aussi la médiatrice de [MM']. Par
suite {MM') est orthogonal à D, donc AAD.
{<=) Réciproquement, si A ±D , considérons deux points A, B et leurs sy­
métriques s (A) = .A' et s {B) = B '. Notons I et J les projetés orthogonaux
de A et R sur D. Supposons que A I < B J (ce qui est toujours possible quitte
à changer de notations). De deux choses l’une :
► Si A et S se projettent orthogonalement sur D sur le même point I,
c’est-à-dire si I = J, alors :
- Si A et S sont dans le même demi-plan de frontière D, A' et B' aussi et
l’on obtient AB = B I - A I = B 'I - A 'I = A'B'.
- Si A et 5 ne sont pas dans le même demi-plan de frontière D, il en est de
même de A' et B', et l’on obtient :AB = B I + A I = B 'I + A 'I = A'B'.
► Sinon I ^ J et l’on envisage plusieurs cas ;
- Si A ^ on est dans le cas de la FiG. 9.7 (b). Notons H et H' les projetés
orthogonaux de A et A! sur {B B'). Le quadrilatère A H H 'A' est un parallélo­
gramme (côtés opposés parallèles deux à deux) qui possède au moins un angle
230 CHAPITRE 9. ISOMÉTRIES

droit (il en possède en H et H ') , c’est donc un rectangle. De la même manière,


les quadrilatères A H J I et A 'H 'J I sont des rectangles. On a donc :

JH = IA = A 'I = H 'J

et comme A I < B J, on aura H € [BJ\ et H' e [B'J\. Par suite :

B H = B J - H J = B 'J - H 'J = B'H'.

Il suffit d’appliquer le Théorème de Pythagore dans les triangles rectangles


A B H et A 'B'H ' pour obtenir :

AB^ = AH^ + HB"^ = A'H'^ + H'B'^ = A'B'^

d ’où A B = A'B'.
- ^\ A e D ei B ^ D on applique directement le Théorème de P 3 d;hagore
pour obtenir ABJ' = AJ'^+JB'^ = AJ^-\-JB'^ = A B '“
^, donc encore A B = A'B'
puisque A' = A.
- Si A G D et B E D, on n A' = A et B' = B, donc A B = A'B'.
Finalement A B = A'B' quels que soient les points A et B, dons s conserve les
distances. C’est bien une isométrie.

R ép o n se 9.8 Le plan d’Argand-Cauchy est rapporté à une repère or­


thonormal direct (O, i , j ). On peut supposer que les points A, B, M sont
distincts entre exix deux à deux, autrement les équivalences proposées sont
évidentes. Dans ce cas :

a) (z —a) (z —6
) €R ^ arg (z —o) (z —&) = 0(tt)
arg (z —o) —arg (z —6
) = 0(tt)
{ i , A M ) - { i , B M )=0 (n)
^ ( B M ,J m ) = 0 (tt)
4^ A, B, M alignés.

b) On recommence comme ci-dessus :

(z —o) (z —6) € zR arg (z —a) {z —h) = 7t/ 2 ( tt)


4^ ( B M , Â M ) = n / 2 (tt)
(AM) ± (B M ) .
9.3. RÉPONSES 231

R em arq u e — On aurait pu s’intéresser au produit zz', où z = x + iy et


z' = x' -\- iy' sont les affixes de deux vecteurs "u et et noter que :

zz' = (x + iy) {x' —iy')


= {xx' + yy') + i{x'y - y'x)
= ("u. if) —idetC u, V ).

De cette manière

{ ("u, ~v) lié


Ht.'v = 0
zz' e M.
zz' € ¿M

R ép o n se 9.9 La construction est faite à la FIG. 9.8. M appartient à la


demi-droite [Ou) d ’angle polaire O1 + 62, et au cercle C de centre O et de rayon
le produit des modules \zi\ x | Z2\. Il est facile de construire C en utilisant le
Théorème de Thalès. En effet, r = \ z \ \ x \ Z2\ s’écrit aussi bien :
1 ^2|
kil
On suppose bien sûr que z\Z2 0, sinon le résultat est trivial.
Si A désigne l’intersection de la demi-droite [OM\) et du cercle de centre O
et de rayon 1, et si R désigne l’intersection de {OM 2) et de la parallèle à
{AM 2) issue de M\ (je suppose ici que je suis dans le cas général où les droites
(OM 2) et {AM 2) ne sont pas parallèles, autrement dit que M 2 n ’appartient
pas à (OMi), ce qui s’exprime encore en disant que les arguments de zi et Z2
ne sont p as égaux à un multiple de tt près. Dans la cas contraire, l’utilisation
d ’une droite auxiliaire passant par O permet de ramener la construction au
cas général que nous traitons.), on obtient :

OA OM 2
OMi OB
soit OB = r = l^il X I 22 ]. Ainsi C est le cercle de centre O passant par B.

R ép onse 9.10 1) Si A B C est équilatéral, il existe 9 G {± 7


r / 3} tel que :

a —b b —c
= e^ =
c —b a —c'
a —b b —c
(voir FIG. 9.9) d ’où , et cela s’écrit justement :
C —b a —c
+ b“
^ + c^ = ab + bc + ca. (R)
232 CHAPITRE 9. ISOMÉTRIES

F ig . 9.8 - Construction du point M d ’affixe z = Z\Z2.

Pour montrer que, réciproquement, la condition {R) implique que A B C est


équilatéral, on essaie de remonter les calculs, et l’on s’aperçoit que l’on peut
écrire des équivalences^ :
a —b b —c
(R) «■
c —b a —c
( A B x A C = BC^
\ (вё,в1) = (с1,св) (2тг)
J A B x A C = BC^
I A B C isocèle en A
A B = AC = B C
A B C équilatéral.
2) On a :
f{X) = [X -a){X -b){X -c)
= —(û + 6+ c^X*^ + (û6+ 6
c+ ccl) X — abc
donc f {X) = SX^ —2{a + b + c)X + {ab + bc + cà). Le discriminant réduit de
ce trinôme est A' = (a + 6+ c)^ —3(a6 + 6
c+ ca) = a^ + 6
^ + c ^ - a 6- 6
c - a c . Il
^L ’équivalence écrite à la seconde ligne exprim e que deux nombres com plexes sont égaux
si, et seulem ent si, ils ont m êm e m odule et m êm e argument.
9.3. RÉPONSES 233

F ig. 9.9 - Le cas d ’un triangle équilatéral direct

est nul si et seulement si la relation (R) est satisfaite, et l’on a vu à la question


précédente que cela revenait à dire que A B C était équilatéral.
Si AB C est équilatéral, la racine double de f (X) est w = | (a + è + c), et
l’on reconnaît l’aifixe du centre de gravité du triangle.

R ép onse 9.11 • Soit (a, 6


) € C* x C. Si / est la transformation dans le
plan d’Argand-Cauchy définie par z f (z) = az + b, alors :

V p,,ec
q-p
donc :

yp ,q eC p ^q \fÍQ )-fÍp)\
\q-p\ = ^ ■

Cela signifie que :

VP,Qg P p ^ q
f{P )f{Q ) = |a| et {PQJ{P)f{Q)) = arga (27t)
PQ
et prouve que / conserve les rapports de distances et les angles orientés de
vecteurs, donc que / est une similitude directe. En effet, si nous primons les
images par / , dire que les rapports P'Q '/PQ et les angles (PQ, P 'O') restent
constants quand P et Q varient revient à dire que pour tous points distincts P,
Q, R du plan :
P'Q' _ P'R!
et (P ^ , P ^ ) = ( P R ,P ^ ') (2Tr)
PQ ~ P R
c’est-à-dire :

^ ^ et ( P ^ . M ) = { P V . V g ) (27t) ,
234 CHAPITRE 9. ISOMETRIES

et cette dernière écriture exprime exactement ce que l’on entend quand on dit
q u e ./ conserve les rapports et conserve les angles orientés de vecteurs.

• Réciproquement, si / est une similitude directe, pour tous P, Q, R € V


distincts :

P 'Q '
= ^P Q et (PQ,PR) = {P'Q ',P 'IÎ) {2„)

d ’où :
^ ^ et ( Щ , Р ^ ) = ( Ш , ^ ) (2ж)
PQ PR
et il existe p € et 0€ M tels que :

VP ,Q €P P+Q et (PQ,P'Q') = e (2ж).

Cela montre que :

\/p,qeC p^q W -P '\ = P et arg q' -p' = в (2тг),


\q-p\ q-p
ce qui signifie que :

yp,qeC p^q
q-p

Il suffit de poser a = pe^ et b = p' —ap pour obtenir :

Vp, g G C q' = a ( q - p ) + p ' = aq +b,

et constater que la forme complexe de / est bien / (z) = az +b.

• Le cas indirect se traiterait de la même façon, et l’on montrerait que


f -.V est une similitude indirecte si et seulement si son écriture complexe
est de la forme f {z) = az + b où (a, 6 ) G C* x C.
Chapitre 10

Constructions

10.1 Minimum vital


Q uestion 10.1 Tracez la médiatrice d’un segment à la règle et au compas.
Justifiez votre construction.

Q uestion 10.2 Tracez la perpendiculaire à une droite D donnée passant par


un point M donné en utilisant uniquement la règle et le compas. Justifiez votre
construction.

Q uestion 10.3 Tracez la parallèle à une droite D donnée passant par un


point M donné en utilisant uniquement la règle et le compas. Justifiez votre
construction.

Question 10.4 Tracez les bissectrices d ’un couple de droites sécantes à la


règle et au compas. Justifiez votre construction.

Question 10.5 Tracer les tangentes à un cercle C issues d ’un point M exté­
rieur à ce cercle en utilisant uniquement la règle et le compas.

Question 10.6 A partir de trois segments de longueurs 1, a et b, on demande


de construire un segment de longueur ab à la règle et au compas. Expliquez.

Q uestion 10.7 A partir de trois segments de longueurs 1 , a et b, on demande


de construire un segment de longueur a/b à la règle et au compas. Expliquez.

Q uestion 10.8 A partir de trois segments de longueurs 1 , a et b, on demande


de construire un segment de longueur \/oh à la règle et au compas. Expliquez.

Q uestion 10.9 Construire un segment de longueur (\/7 —l)/5 à la règle et


au compas.

235
236 CHAPITRE 10, CONSTRUCTIONS

Q u estio n 10.10 On demande de tracer les triangles rectangles AB C suivants


en tenant compte des longueurs imposées et des angles droits signalés. Les
constructions doivent pouvoir être réalisées à la règle et au compas.

(a) (b) (c)

B2H CB2H 4 C B2H

Q u estio n 10.11 [17] Tracer un cercle C de centre O, et un point P n’appar­


tenant pas à C. Choisir un point M sur C. Tracer le projeté orthogonal H
de O sur la droite (M P ) . Quelle est le lieu décrit par les points H quand M
parcourt C ?

Q u estio n 10.12 [17] (Oral du CAPES externe 2012)


Tracer un cercle de centre O, et placer un point A à l’intérieur du disque ainsi
défini. Choisir un point M sur le cercle, et construire le symétrique M ' de A
par rapport à M . Que fait M ' quand M parcourt le cercle ?
Proposer une solution au niveau du collège. [Indication : on pourra construire
le symétrique de A par rapport à O.]

Q u estio n 10.13 Dans l’espace de dimension 3, on considère deux droites A


et D non coplanaires. Déterminer le lieu des milieux des segments [MN]
quand M et N décrivent respectivement A et D ?

10.2 Entraînement
Les Questions 10.14 et 10.16 proposent de montrer deux relations
métriques dont le théorème de la médiane qui sera exploité à la
Question 10.15 dans la construction du projeté d’un sommet d’un
cube sur une diagonale de celui-ci. Il s’agit d ’une question assez
difficile du CAPES 2014, qui demande d ’être inventif et de se re­
présenter la situation en dimension 3.
Chose n’est pas coutume, nous terminons avec un petit problème
extrait du CAPLP 2013 et bien dans l’air du temps. L’énoncé a
été modifié et adapté, mais l’objectif du problème reste le même :
savoir si le candidat est capable de réinvestir ses connaissances en
géométrie analytique pour répondre à des questions originales met­
tant en scène une ellipse vue sur un oscilloscope ! Si l’on peut de
10.2. ENTRAINEMENT 237

prime abord être surpris, on doit rapidement reprendre ses esprits


et raisonner calmement sur des questions intéressantes qui méritent
largement d ’être travaillées. En avant !

Q uestion 10.14 (E crit du C A P E S 2014) T h é o r è m e d e la m é d ia n e


S o it A B C un triangle non aplati. S o it I le m ilieu de [B C \. D ém on trer que

BC^
AB^ + AC^ = 2AI^ +

Q uestion 10.15 (E crit du C A P E S 2014) a) S o it A B C un triangle non aplati.


On pose B C = a, C A = b et A B = c et l ’on n ote I , J e t K les m ilieux
respectifs des côtés [BC], [CA\ e t [AB]. D ’après le théorèm e de la m édiane,
on sa it que :
a“
c^ + b^ = 2AD + ^

E n déduire que les m édianes issu es de B et C son t perpendiculaires si et seule­


m en t si + b^ = 5a^.

b) On considère le cube A B C D E F G H dessiné plxis bas. E n u tilisan t le ré­


su ltat de la question précédente, expliquer com m ent, su r la figure ci-dessous,
on peut construire uniquem ent à l ’aide de la règle le p o in t A ' p ro jeté orthogo­
nal du p o in t A su r la droite { B H ) .

Q uestion 10.16 La figure ci-dessous m on tre trois cercles tangents « posés »


su r une droite D ( c ’est-à-dire tangents à cette droite) et tangents entre eux.
Les n o tation s éta n t celles de la figure, on pose d = A A ', et l ’on appelle R" le
rayon du cercle C". M on trer que :

a) cP = A R .R '.
J _
^ V r '^ VR!'
238 CHAPITRE 10. CONSTRUCTIONS

Q u estio n 10.17 (CAPLP externe 2013) Oscilloscope en mode X Y


Cette question est en fait un problème comportant plusieurs parties.
On s ’intéresse aux courbes que l’on peut visualiser sur un oscilloscope utilisé
en mode X Y quand on applique deux tensions de même pulsation co (u > 1)
présentant entre elles un décalage de phase, exprimé en radians et noté q>, avec
0 < y> < 7 t/ 2. Les tensions, exprimées en volts, appliquées sur les entrées X
et Y sont :
U\ (t) = v\ coswi et U2 (i) = V2cos{uit — (f), t G [0,27r/w[.
Dans tout le problème, on se place dans un repère 1Z = (O, li, If) orthonormal
et l’on appelle Fy, la courbe de représentation paramétrique :

X = Vl cos u>t
r^ : t G [0, 27t/ w [,
y = V2 COs{u)t — (p)

où vi,V 2 sont des constantes strictement positives. Pour t G [0,27r/a;[, on note


M{t) le point de coordonnées (uj cosu)t,V2 Cos{ajt —<p)).

P artie I
Dans cette partie que </? = 0.
1 . Montrer que, dans le repère TZ, la courbe F q a pour équation cartésienne :
^2 x e^ r- v i . ü i 1.
y = — x,
Vl
2. Quelle est la nature de la courbe F q ? Tracer Fq lorsque v\ = 4 et V2 = 3.
P artie I I

On suppose désormais que tp = tt/ 2. On appelle (E) la courbe d ’équation :

- + ^ = 1
Vf
10.2. ENTRAÎNEMENT 239

dans le repère TZ.


1. Démontrer que T^/2= (^)-
2. a. Soit M {x, y) appartenant à r ^ / 2- Montrer que les axes (Oy)
sont des axes de symétrie de r ^ / 2- En déduire que le centre O du repère est
un centre de symétrie de T^/2-
2.b. Soit {E') la courbe d ’équation :

O “T n i.) æ > 0; y > 0.


V Vo
Indiquer, sans justifier, par quelles transformations géométriques simples on
obtient l’intégralité de la courbe T^/2 à partir de la courbe {E').
3. Montrer que {E’) est la courbe représentative de la fonction f définie sur
[0, vi] par : ______
/(®) =
S.a. Démontrer que f est dérivable sur [0,ui[ et calculer f'{ x) pour x ap­
partenant à [0,tii[.
S.b. Montrer que la courbe {E') admet une tangente verticale en v\,
S.c. Dresser le tableau de variation de la fonction f , puis tracer {E'), puis
r ^/2 dans le repère TZ lorsque ui = 4 ei «2= 3.
4. Un oscilloscope, utilisé en mode X Y , fournit l’image ci-dessous. Les axes
de l’écran sont gradués en volts. On a appliqué sur les entrées X et Y respec­
tivement deux tensions U\ et U2 de même pulsation u, présentant entre elles
un décalage de phase (p, 0 < q> < -ïï/ 2. Ces tensions sont définies en fonction
du temps respectivement par U\ (t) = v\ coscvt et U2 (i) = V2 cos{u>t —q>), avec
t G [0, 2‘k/ u)[.
240 CHAPITRE 10. CONSTRUCTIONS

On admet que les valeurs maximales des tensions U\ et U2 exprimées en volts


sont entières et que le point A de coordonnées (0; 1,4) appartient au tracé
fourni par l’oscilloscope.
4.a. Lire sur le graphique les valeurs de vi et de V2-
4.b. Calculer une valeur approchée de (p au degré près (on pourra utiliser le
fait que le point A appartient au tracé et déterminer siiK^j.

P a rtie I I I

L ’objectif de cette partie est d’étudier quelques propriétés géométriques de la


courbe r d’équation cartésienne dans le repère TZ :

- - 1- ^ = 1
16 9
1. Soit M{x, y) appartenant à la courbe F et soient F ( \/ 7,0) et F' (—\/7,0)
deux points de l’axe {Ox).

l.a. Montrer que MF"^ = ( — x —4 ) .

1. b. En déduire que tout point M de T vérifie M F + M F ’ = 8.

2. Réciproquement, on cherche à déterminer l’ensemble (E) des points du


plan qui vérifient M F + M F ' = 8.
2.a. Soit M{x,y) un point du plan. Calculer M F^ —MF'^ et M F^ + MF'^.
2.b. Montrer que si M appartient à (E), alors :
/7
M F - M F' = - \ x .

2.C. En déduire que tout point de (E) appartient à F.


10.3. RÉPONSES 241

10.3 Réponses
R ép o n se 10.1 Sur la FIG. 10.1, la médiatrice A du segment [AB] est la
droite joignant les points U ei V obtenus comme les intersections de deux
cercles de même rayon centrés sur A et B. Par construction les points U et V
que l’on vient de construire sont à égale distance des extrémités ^4 et R du
segment [AB], donc appartiennent à la médiatrice A. Comme on sait que A
est une droite, on en déduit que A = {UV).

F ig . 10.1 - Médiatrice de [AB]

R em arq u es — a ) La question est simple, mais attention : si un jury d ’oral


demande de justifier cette construction, il ne faut pas rester les bras ballants
en se demandant sur quelle planète on a atterri. Le jury attend que l’on ex­
plique complètement pourquoi on a effectivement tracé la médiatrice du seg­
ment [АВ]. Le moment est venu de dire ce que l’on sait d ’une médiatrice :
que c’est une droite, et que celle qui nous intéresse passe par U et V parce que
ces deux points sont à égale distauce des extrémités de [AB], donc que cette
droite est la droite iUV). Qu’est-ce qui sous-tend cette démonstration? Les
deux définitions équivalentes de la médiatrice, bien sûr, et il faut montrer au
jury que l’on a l’esprit très clair à ce sujet !
0) On peut changer l’ouverture du compas pour dessiner U et V. Autrement
dit on peut choisir une longueur r, tracer U à l’intersection des cercles de
centres A et B et de rayon r. Puis choisir une autre longueur r', et tracer V à
l’intersection des cercles de centres A et B et de rayon r'. Les points U et V
restent à égale distance de A et B, donc on a toujours A = (UV).
7) La construction que l’on vient de décrire permet de tracer le milieu de
[AB], puisqu’il s’agit simplement de l’intersection de A et de (AB).
242 CHAPITRE 10. CONSTRUCTIONS

R ép o n se 1 0 .2 Les deux dessins de gauche de la FIG. 10.2 montrent deux


façons de construire la perpendiculaire à une droite D passant par un point M
donné à l’extérieur de D. Le dessin de droite s’intéresse au cas où M e D.

\
A il_ M
' if
\\
1 /
\ . y

F ig . 10.2 - Perpendiculaire à (AB) passant par M

Figure de gauche — On choisit deux points A et B sur D. On trace les points


d ’intersection du cercle de centre A passant par M et du cercle de centre B
passant par M : la perpendiculaire cherchée est la droite qui joint ces deux
points. La justification est simple. Par construction, la droite D qui relie les
centres A et B des deux cercles est un axe de symétrie de la réunion de ces
deux cercles, donc les points d ’intersection des deux cercles sont symétriques
par rapport à D, donc appartiennent à la perpendiculaire à D issue de M.
Figure centrale — Un cercle de centre M et de rayon quelconque, mais
suffisamment grand, coupe la droite D en deux points .4 et R. Il suffit de
tracer la médiatrice de [AB] pour obtenir notre perpendiculaire.
Figure de droite — Si M G L>, la solution précédente fonctionne encore
parfaitement : un cercle de centre M coupe D en deux points A et B, et la
médiatrice de [AB] est perpendiculaire à D et passe par M.

R ép o n se 10.3 On sait évidemment tracer la parallèle à une droite D issue


d’un point M si l’on sait tracer deux perpendiculaires : on peut donc utiliser
deux fois la méthode de la Question 10.2. Mais il est plus simple de compléter
un parallélogramme comme sur la FIG. 10.3.
On choisit deux points distincts A et B sur D, puis on trace C à l’intersection
du cercle de centre B et de rayon AM, et du cercle de centre M et de rayon
AB, en prenant garde de ne pas obtenir un quadrilatère A B C M croisé. On
10.3. REPONSES 243

F ig . 10.3 - Construction d ’une parallèle à une droite

peut alors affirmer que A B C M est un parallélogramme, et donc que {MC)


est parallèle à {AB).

R em arq u e — Dans les explications précédentes, on a expliqué comme on


le fait en général, c’est-à-dire en supposant évident que le quadrilatère A B C M
est un parallélogramme à partir du moment où l’on sait qu’il n ’est pas croisé
et que ses côtés opposés sont égaux deux à deux. Que faire si l’on demande de
prouver ce résultat « évident » ? On peut répondre comme à la Question 131
du volume VII Acquisition des fondamentaux [18].

R ép onse 10.4 jPar définition, les bissectrices d’un couple de droites {D, £)')
sont les axes des réfiexions qui échangent ces droites. Pour les obtenir, il suffit
de construire un losange bien plaoé dans la figure.
Soit O l’intersection de D et D'. Sur la FIG. 10.4, on a tracé deux points A
et B appartenant aux droites D et O', et situés à la même distance de O.

F ig . 10.4 - Bissectrices

Au compas, il est facile de tracer le point X distinct de O, situé à égale


distance de A et B. Par construction, le quadrilatère O A X B possède quatre
côtés égaux, c’est donc un losange. Les points O et X sont à égale distance
de A et B, donc appartiennent à la médiatrice de [AB\. La médiatrice de
244 CHAPITRE 10. CONSTRUCTIONS

[AB\ est donc la droite {OX), ce qui signifie que A et B sont symétriques par
rapport à (OX).
Une réflexion transforme une demi-droite (resp. une droite) en une demi-droite
(resp. une droite), donc la réflexion de base (OX), qui transforme O en O et
A en B, transformera [OA) en [OB), et (OA) en {OB). Cela prouve que (OX)
est la bissectrice du couple de demi-droites {[Ox), [Oy)), et aussi l’une des
bissectrices du couple de droites {D, D'). L’autre bissectrice du couple {D, D')
est la perpendiculaire à {OX) issue de O (que l’on pourrait bien sûr tracer de
la même manière en construisant un autre losange).

R ép o n se 10.5 La construction est donnée pax la FIG. 10.5.

F ig . 10.5 - Tangentes à un cercle issues d’un point M


Les points de contact des tangentes issues de M sur le cercle C sont les points U
et V tels que les triangles OUM et O V M soient rectangles en С/ et U. Ces
points U et V appartiendront donc au cercle C^mo ] de diamètre [MO]. Il suffit
de tracer les intersections de C^mo ] e* POur obtenir ces points de contact, et
tracer les tangentes (MU) et {MV).

R em arq u e — On n ’a pas demandé de discuter du nombre de tangentes


que l’on peut abaisser de M sur C, ce qui nous aurait amené à discuter du
cardinal de C[mo ] O C suivant la position de M par rapport au cercle. Cette
question a été traitée dans le volume IV ([16] Q170).

R ép o n se 10.6 Le Théorème de Thalès permet de construire le nombre


X = ah h partir des nombres a et 6, et de l’unité. La FiG. 10.6 montre deux
demi-droites d, d ' de même origine O où l’on a tracé des points U, V, W tels
que OU = 1 , OV = b, OW = a] U,V e D et W e d'. La parallèle à (UW)
issue de V coupe d ' en T tel que :
OT OV , ^ OT b
Ô W = O Ü ' ' “ ‘■'"''.re — =
10.3. RÉPONSES 245

d ’où OT = ab.

F ig . 10.6 - Construction de x = a 6

Une autre façon de construire un segment de longueur ab consiste à dessiner


trois points B, I, C alignés dans cet ordre, tels que B I = a et I C = b, comme
sur la FIG. 10.6, puis un point A non aligné avec B et C, tel que A I = 1. La
droite (AI) recoupe le cercle C circonscrit au triangle A B C en un point W tel
que :
I A x I W = I B x IC,
comme on le voit en écrivant la puissance de I par rapport au cercle C de deux
façons différentes. On obtient I W = ab.

F ig . 10.7 - I W = ab

R ép o n se 10.7 Traçons deux demi-droites d, d ' de même origine O comme


sur la FIG. 10.8, puis deux points U et V sur d tels que OU = b et OV = a.
Traçons aussi un point W sur d ' tel que OW = 1. La parallèle à iJJW) passant
par V coupe d! en T tel que :
OT OV , , . J. OT a
----- = ------, c est-a-dire — = —,
OW OU' 1 b'
246 CHAPITRE 10. CONSTRUCTIONS

soit o r = a/b.

F ig . 10.8

R ép o n se 10.8 Pour tracer un segment de longueur h = \/ctb à partir de


deux segments de longueurs a et 6données, on peut par exemple utiliser une
relation métrique dans un triangle rectangle ou la puissance d ’un point par
rapport à un cercle.

Première solution (Relations dans un triangle rectangle) — Sur le dessin


de gauche de la figure précédente, on a tracé un triangle rectangle A B C et
le pied H de la hauteur de ce triangle issue de A, de façon à avoir B H = a
et H C = b. C’est facile : il suffit de placer des points B, H, C dans cet
ordre sur une droite, avec B H = a et HC = b, puis de tracer l’intersection A
du cercle de diamètre [BC\ et de la perpendiculaire à (BC) issue de H. Une
relation bien connue dans le triangle rectangle donne A H “
^ = B H x HC, d ’où
A H = Vâb.
Deuxième solution (Puissance d’un point par rapport à un cercle) — Pour
construire un segment de longueur h = Vâb, il suffit de placer trois points M,
10.3. RÉPONSES 247

A, B alignés tels que M A = a, M B = b {a < b) et M ^ [^B], comme sur le


dessin de gauche de la figure précédente. Il suffit ensuite de tracer un cercle
quelconque Ca b passant par A et 5 , donc centré en un point O de la médiatrice
de [AB], puis de construire l’un des points d ’intersection U de Ca b et du cercle
de diamètre [MO]. Dans ce cas U est le point de contact de l’une des tangentes
à Ca b issues de M (car (MU) est orthogonale à (UO) par construction), et
la puissance de M par rapport au cercle Ca b s’écrit indifféremment M l P ou
M A X MB.
Par suite MU"^ - M A x M B, et MU = \ZÔ6.

R ép onse 10.9 On demande de construire un segment de longueur (\/7 —


l)/5 à la règle et au compas. La question est volontairement courte et peut
désorienter un candidat non averti, car quoi? On demande de construire ce
segment à partir de quelles données ?
Un nombre a est constructible si on peut partir d ’un segment de
longueur 1, une unité, puis construire, à partir de ce segment, un
segment de longueur a en n ’utilisant qu’une règle non graduée et
un compas.
On aurait pu choquer encore plus le candidat en lui demandant :

Le nombre \/5 /7 est-il constructible? Pourquoi donc?

La réponse est simple, et il ne faut pas hésiter à la donner. On sait construire


un segment de longueur \/7, on sait lui retrancher 1, et on sait partager un
segment en 5 parties égales en utilisant le Théorème de Thalès. On sait aussi
reporter des longueurs avec le compas. On dispose donc de tous les outils né­
cessaires pour construire des sommes et différences de produits et de quotients
où interviennent des racines carrées d ’entiers et des entiers.
Sur la FIG. 10.9, on a choisi une unité que l’on a reporté 8fois sur une droite
pour obtenir les points L, H et M. La perpendiculaire à (LM) issue de H coupe
le cercle de diamètre [LM] en deux points. On appelle N l’un de ces points
d’intersection, et les relations métriques dans un triangle rectajigle montrent
que HN^ = LH x HM, d ’où H N = ^/7.
Il ne reste plus qu’à soustraire une unité à. H N pour obtenir le segment [AB]
de longueur \/7 —1. On a reporté ce segment [AB] avec le compas, pour obtenir
un segment [A!B'] de même longueur, puis on a tracé une droite passant par A'
(sur le dessin elle est verticale, mais ce n ’est pas important), et l’on a reporté 5
unités sur cette droite, pour obtenir le point C de la FIG. 10.9. Le Théorème
de Thalès montre alors que la parallèle à {B'C) issue de G coupe {A!B') en
un point U tel que :
248 CHAPITRE 10. CONSTRUCTIONS

F ig . 10.9 - Une construction de (\/7 —l)/5

Mu = MB' V7-1

R ép o n se 10.10 On se réfère à la f ig . 10. 10.


(a) On trace un segment [BH] de longueur 2(le compas permet de reporter
deux fois l’unité sur une droite). La perpendiculaire à la droite {BH) passant
par H coupe le cercle de centre B et de rayon 3 en deux points A et M. Il suffit
de tracer la perpendiculaire à (AB) passant par A, puis l’intersection C de
cette perpendiculaire et de (BH), pour obtenir un triangle A B C qui répond
à la question.

(b) On trace des points B, H, C alignés dans cet ordre, tels que B H = 2et
HC = 4. La perpendiculaire à la droite {BH) passant par H coupe le cercle
de diamètre [BC\ en deux points : on en choisit un que l’on appelle A. Le
triangle AB C est alors rectangle en A, puisque A appartient par construction
au cercle de diamètre [BC\, et vérifie les conditions demandées.

(c) Si le triangle rectangle A B C est constructible, nécessairement :


CA^ = CH X CB
d ’après une formule métrique bien connue dans les triangles rectangles ([16],
Question 136). Donc :
25 = C H x {CH + 2)
CH^ + 2CH - 25 = 0
10.3. REPONSES 249

Ak..... .X (b)
'/ i X

‘* x “N
f \
X5 \

Br
B:\ 2 H ;;C \ 2 H s /2 6 -l j
• \ •

Unité : ----

F ig . 10.10 - Trois tracés fort sympathiques

et CH = —1 ± \/26. Comme CH est une distance, c’est un réel positif et


CH = — 1 ~ 4 , 1. On sait construire la longueur \ / ^ — 1 à la règle
et au compas (Question 10.8), donc on sait construire un segment [BH] de
longueur 2, puis un point C de la droite {BH) situé à la distance —1
de H, tel que B et C soient de part et d ’autre de H, comme sur la FIG. 10.10.
Il suffit de reprendre la construction décrite au (b) pour obtenir le sommet A.

R ép o nse 10.11 Soit £ l’ensemble cherché. Si H E £, le triangle OHP est


rectangle en H, donc H appartient au cercle C^op\ de diamètre [OP\. Donc
£ C C[op] ( f ig . 10.11).
Réciproquement, si iV € C[op\i pour que N soit bien dans 5, il faut et il
suffit que la droite {PN) coupe C en un point M puisqu’alors H sera bien
le projeté orthogonal de O sur (MP) (par convention si N — P, la notation
(PN) désignera la tangente à C[op] issue de P.). De deux choses l’une :
- Si iV est dans le disque fermé T>de frontière C, la droite (PN) coupe C, et
l’on a bien N E £.
- Si iV ^ I>, la droite {PN) ne coupe pas C puisque d (0 , {PN)) = ON > r
(où r désigne le rayon de C), donc N ^ £.
En conclusion £ = C[op] n V, comme on le voit sur les deux dessins de la
FIG. 10.11.

R em arq u e — Dans cet exercice, le grand danger serait de s’arrêter en


oubliant d ’envisager la réciproque, c’est-à-dire en ayant seulement démontré
l’inclusion £ C C[op] - Un jury d ’oral attend le candidat au détour pour décou­
vrir s’il raisonne correctement ou s’il est habitué à produire des raisonnements
tronqués. Il faut donc bien méditer sur cet exercice et y penser chaque fois que
l’on doit résoudre un problème de lieux géométriques.
250 CHAPITRE 10. CONSTRUCTIONS

F ig . 10.11 - Deux cas à envisager

R ép o n se 10.12 On demande de chercher le lieu des points M ' lorsque M


parcourt le cercle C de centre O et de rayon r en utilisant des moyens dispo­
nibles au collège. Les vecteurs ne sont plus étudiés dans les programmes 2008
du collège, mais on dispose encore du Théorème de la droite des milieux en
quatrième, et du Théorème de Thalès et sa réciproque en troisième.
Soit O' le symétrique de A par rapport à O. Si M 6C, construisons le symé­
trique M ' de A par rapport à M comme sur la f ig . 10.12.
Comme O est le milieu de [AO'\, et M le milieu de [AM'\, le Théorème de
la droite des milieux montre que O 'M ' = 2 0 M = 2r, donc M ' appartient au
cercle C de centre O' et de rayon 2r. Si E désigne l’ensemble cherché, on vient
de montrer l’inclusion E C C .

M'

F ig . 10.12 - Une histoire de cercles

Il faut maintenant montrer que C C E. Si N est un point de C , traçons le


milieu M de [.AiV]. Le Théorème de la droite des milieux appliqué dans le
10.3. RÉPONSES 251

triangle AO 'N montre que :

donc que M appartient à C. Ainsi N est le symétrique de A par rapport à M,


avec M € C, donc AT € 5. Cela montre que C C £, et nous permet d ’affirmer
que l’ensemble € cherché est le cercle C en entier.

R em arq u es — a) La preuve que l’on vient de donner passe sous silence


un cas particulier embêtant dont on se gardera de parler en collège pour ne
pas embrouiller les esprits : si M, appartenant à C, est aligné avec O et A,
le triangle AO'M' est aplati et l’on ne peut plus appliquer le Théorème de
la droite des milieux. Cela montre les limites de ce raisonnement, et pourrait
constituer une question d ’un jury d ’oral qui nous demanderait comment faire
pour traiter ce cas particulier.
On peut répondre en proposant une autre méthode, par exemple en utilisant
des vecteurs, puisque de :

f ÂM ' = 2ÂM
\ Â Ô ' = 2ÂÔ

on tire O'M' = 20M par soustraction, d ’où O'M' = 20M, ce qui montre que
M' € C. Cela prouve l’inclusion £ C C dans tous les cas de figure, et l’on
ferait de même pour l’inclusion C C £.
/0) Pour maîtriser cet exercice au tableau, le candidat doit bien remarquer
que l’on s’intéresse aux images de M par l’homothétie h de centre A et de
rapport 2, et donc que l’on est en train de chercher l’ensemble £ = h{C), image
d’un cercle par une homothétie ! Un théorème classique (à savoir redémontrer
si besoin) affirme que h{C) est le cercle de centre h (O) et de rayon 2r, ce qui
explique pourquoi l’énoncé nous incite à utiliser le point O' = h (O).
7) Dans cet exercice, il est primordial de ne pas oublier de traiter la réci­
proque. L’oublier serait extrêmement pénalisant dans le cadre d’un concours
où le jury est tenu de tester notre capacité à raisonner rigoureusement.
5) Cette question, extraite d’un exercice d ’un dossier d’oral 2de la session
2012du CAPES externe, a été réécrite pour ne conserver que l’aspect principal
de l’exercice, celui qu’il ne faut pas « rater » sous peine de souffrir à l’oral.
Les autres aspects pédagogiques sont faciles à imaginer : on peut penser à un
« scénario permettant d’engager les élèves dans une démarche d ’investigation
252 CHAPITRE 10. CONSTRUCTIONS

prenant appui sur cet exercice » en utilisant un logiciel de géométrie dyna­


mique comme Geogebra ; ou encore trouver dans des manuels d’autres exercices
de ce type pouvant servir de support à une démarche d ’investigation.

R ép o n se 10.13 Solution analytique — Nous pouvons travailler analyti­


quement en utilisant des équations paramétriques. Nous sommes entièrement
libres de choisir le repère cartésien poin: que nos calculs soient simplifiés. Choi­
sissons donc un repère cartésien (O, i , j , k ) dont l’origine est sur la droite A,
tel que i dirige A. Les représentations paramétriques des droites A et sont
de la forme :
x =u
2/ = 0 U e D t€
z=0
où {a,b,c) G et (a,l3,'y) G R®\{(0,0,0)}. Le vecteur u{a,/3,'y) dirige la
droite Dy donc 7 7^ 0 puisque A et ne sont pas coplanaires. Le lieu cherché
est l’ensemble des points de coordonnées :
w -I- ( a -I- ta) a, 1
O
X=
= 2 + 2' + 2“
b -)-1^
y= 2 2 2
C-I-Î7
Z = = ^ + ^t
2 2
quand i et « décrivent R. Comme les vecteurs 1j {af 2, ^ f 2y7/ 2) et 'w{l/ 2, 0,0)
ne sont pas colinéaires, on reconnaît une représentation paramétrique du plan
passant paj j4(o/2, 6/ 2, c / 2), de vecteurs directeurs ~v et tv.

Solution géométrique — Choisissons un point M q sur A, un point N q sur Z),


et traçons le milieu I q du segment [MoN q]. Notons II le plan passant par I q et
tel que A et £> soient faiblement parallèles à H. On peut donc écrire avec des
notations usuelles :
n = /0-f- ( A 0 D).
Soient P a et Pd les plans contenant respectivement A et D, et parallèles à H
( f i g . 10.13). Soit S le lieu des points que l’on cherche. Si I appartient à £, il

existe M £ A et N £ D tels que / soit le milieu de [MiV], mais alors les droites
(MoN q) et (MN) coupent les plans parallèles P ai H et Pd respectivement en
Mo, I q, N o et M, J, N.
Le Théorème de Thalès dans l’espace montre que :
MJ M qI q 1
M N ~ Môivô “ 2
10.3. RÉPONSES 253

1 Г
_____

Z _ ______ i iL . N “ "

F ig . 10.13 - Rapprochement avec la situation de Thalès

de sorte que J soit le milieu de [MN] et que l’on ait J = I. Ainsi I = J e U ,


et l’on vient de démontrer l’inclusion 5 C П.
Réciproquement, si / € П, le plan Q contenant Д et / coupe la droite D en
un point N. Les droites (NI) et Д sont coplanaires sans être parallèles, donc
se coupent en un point M. Les points M , I, N sont alignés comme sur la
FIG. 10.13, et le Théorème de Thalès dans l’espace donne :

M I __ M qI o 1
MN ~ ЩЩ 2'
Cela prouve que I est le milieu de [MN], donc que I appartient à l’ensemble
cherché £. Ainsi H C 5 et compte tenu de l’inclusion déjà démontrée, on
obtient £ = T[.

R ép o n se 10.14 En utilisant le produit scalaire ;

AB'^+ AC^ = (â i + I bÿ + (â î + Jcÿ


= 2AI^-{-2ÂÎ.(ÏB + IC) + IB ^ + IC^.

Comme I est le milieu de [BC\, on a, l Ê + IC = ^ et IB = IC — B C / 2.


Ainsi :
+ л е я = 2Л / Н ^
254 CHAPITRE 10. CONSTRUCTIONS

R ép o n se 10.15 a) Soit G le centre de gravité du triangle ABC. Les mé-


dianes issues de R et C sont perpendiculaires si et seulement si le triangle
BCG est rectangle en G (faire un dessin), ce qui, en utilisant le Théorème de
Pythagore et sa réciproque, revient à dire que :

BC^ = BG^ + GC^.

Cette égalité s’écrit :

ou encore :
a 2= - ( 5 + C K ^ ). {*)
D’après le Théorème de la médiane

AC^
BÂ^ + BC^ = 2 5 J 2+
2
AB^
CB^ + CA^ = 2CK^ +

soit :
c2 + o2 = 2 5 ^
¿à

a 2+ = 2C5T2 +

En additionnant membre à membre, on obtient :

2a2 + c2 + 6
^ = 2 (5 + CK^) + — + —
^ 2 2
soit
2 (5 J2 + CK^) = 2a^ + ^ + ~ .
2 2
L’égalité (*) est donc équivalente à :

62

ce qui s’écrit :
C2+ 6
2= 5o2
En conclusion, les médianes issues de 5 et C sont perpendiculaires si et seule­
ment si c2-t- 6
2= 5o2.
10.3. RÉPONSES 255

b) Soit W la symétrique de A par rapport à B. Soit I le milieu de [HW]


comme sur la FIG. 10.14 (a). Les droites {AI) et {HB) sont deux médianes du
triangle AHW, et l’on peut vérifier que :

AW^ + HW^ = 5 X AH"^. (t)


En effet, si a désigne la longueur d ’une arête du cube, on a A W = 2A B = 2a,
puis d ’après le Théorème de Pythagore :

AH^ = AD^ + DH^ = 2a^.

Enfin si l’on se place dans le repère orthonormal {A,AB,AD,ÂE), les coor­


données de Я et W sont :

et W

donc = (2a)^ -I- -H = 6o^. On a donc :

AW^ + HW^ = (2o)2 -F 6a^ = lOa^ = 5 x 20^ = 5 x AH^

ce qui montre (f). La question c) montre alors que les médianes (AI) et {HB)
sont perpendiculaires. Le centre de gravité A' du triangle A H W coïncide donc
avec le projeté orthogonal de A sur {BH). Pour tracer A! à la règle, il suffit
donc de tracer deux médianes du triangle AH W, et le point A' sera à leur
intersection.

Construction — Sur la f ig . 10.14 (b) on a tracé l’intersection I des segments


[FC\ et [BG], puis l’intersection A' des droites (AI) et {HB).

R em arq u es — Par convention, une construction à la règle signifie que l’on


n’a pas le droit d’utiliser une règle graduée. On peut seulement tracer tous
les segments et toutes les droites possibles à partir des données du problème.
C’est ce que nous avons fait.
Le milieu I de [HW] est bien égal au point d ’intersection des diagonales du
carré BCGF, car le Théorème de la droite des milieux, appliqué avec les
milieux / et VP de [HW] et [dVP], montre que {BI) est parallèle à {AH), et
que B I = AH/ 2.
Comme A B = HG, le quadrilatère ABG H est un parallélogramme, donc {BG)
est aussi parallèle à {AH). Les droites {BI) et {BG) sont donc parallèles et
passent par le même point B, donc sont confondues. Les points B, I, G sont
256 CHAPITRE 10. CONSTRUCTIONS

F ig . 10.14 - Construction de A!

donc alignés, et comme B I = AH /2 = 3 0 /2 , on peut affirmer que I est le


milieu de [BG\, c’est-à-dire l’intersection des diagonales du carré BCGF.

R éponse 10.16 a) On rappelle que d = AA!. On note K le projeté ortho­


gonal de O' sur (OA)., comme sur la FIG. 10.15.

F ig . 10.15 - Des tracés pour appliquer Pythagore

Le Théorème de Pythagore appliqué au triangle OKO' et l’hypothèse suivant


laquelle les cercles C et C sont tangents permettent d’écrire :

( 0 0 ' = R + R!
[ 0 0 ' 2 = OK^ + KO'^ = { R - R 'Ÿ +

d ’où ¿2 = (Д + B ! f - { R - R')^ = ARR'.


b) On trace les projetés orthogonaux H et H' du centre O" du dernier
cercle C" sur les droites (OA) et {O'A'). Le Théorème de Pythagore dans le
10.3. REPONSES 257

triangle ОНО" donne :


ЯО"2 = (Я + R " f - { R - R " f = 4ЯЯ".

On trouverait de même H'O"^ = 4R'R", de sorte que :

d = H H ' = HO" + O" H' = 2VRR" + 2VR'R".


Comme d = 2^/RR', on obtient \/R R ' = VRR" + VR'R" et la relation de­
mandée en divisant les deux membres par VRR'R".
R em arq u e — L’article de Annick Horiuchi [4] sur la géométrie au Japon
propose quelques problèmes inspirés de Sangaku, dont ce problème classique
des mathématiques japonaises que l’on trouve dans de nombreux manuels et
d’anciennes tablettes de mathématiques.

R ép o n se 10.17 I.l. Si <^ = 0, la courbe Го admet la représentation para^


métrique :
X = v i cos u>t
{ t € [0,2я/ш[.
y - V2COSU)t

Si M € Го, ses coordonnées (x,y) vérifient :


X V2
y = V2 cos wi = V2— = — X
V\ V\

et —v\ < x = v\ cos u)t<v\. Réciproquement si :


V2
y = —x et xe[-vi,v\] (t)
V\

alors x/vi G [—1,1] donc il existe un réel t tel que u>t G [0,2тг[ et x/v\ = coswi.
Dans ce cas x = v\ cos u)t, puis :
V2
y = — V \ cos u t = V2 COSu t
Vl

avec t G [0,27r/ij[, ce qui prouve que M appartient à Го. La courbe Го est


donc bien définie par les conditions (f).

1.2. (f) montre que Го est un segment inclus dans la droite de pente V2/V 1
passant par l’origine du repère. Si = 4 et V2 = 3, le segment y = (3/4)x
avec —4 < X < 4 est représenté sur la FIG. 10.16.

II. 1. Par définition

^ж/2
1 X = V\ COSu t
y = V2 COS{ut —7
t/ 2) = V2 siniJÎ
t G [0, 27t/ w [.
258 CHAPITRE 10. CONSTRUCTIONS

F ig . 10.16 - Question 1.3

Si M (i) est un point de r ^ / 2>ses coordonnées x, y vérifient :


y2
+ cos^ u)t + sin^ wi = 1
Vf

donc M (t) G (E). On a donc l’inclusion F ^/2 C (E). Réciproquement, si


M (x,y) G (E), posons U = xjv\ et u = yjv^- Alors :
Ji. , y,,2 1
U
2 , 2 ^
-\-v — —P H— ô — 1
Vf

donc le point de coordonnée {u,v) appartient au cercle trigonométrique de


centre O et de rayon 1. Cela montre l’existence d ’un réel 9 compris entre 0
et 27T tel que :
j u = cos 0
I U = sin 0.
Posons t = 0/u. On obtient

U = coswi
V = sinwi

avec t G [0,27r/o;[, de sorte que :

X = v \ cos u i t

{ y = V2 sinwi = 7 2)
V2 COs{ut — t/

et que M appartienne à F^/ 2- On vient de montrer que (E) c P^/ 2- On peut


donc conclure à F^/ 2 = La courbe dessinée par l’oscilloscope est donc une
ellipse.
10.3. RÉPONSES 259

II. 2.a. • On a :
M {x ,y) e r ^/2 ^ + ^ = 1
Vf v |
(-æ )

=4> M '(-æ ,y ) € r ^ / 2-

Le point M' {—X, y) est le symétrique de M (æ, y) par rapport à l’axe (Oy), et
l’on vient de voir que :

M eV^/2 ^ M 'er„/2.

Si s est la réflexion par rapport à {Oy), on a s (r^ / 2) C r ^ / 2) soit aussi


s^(r,r/ 2) = r ^/2 C s (r^ / 2) en appliquant s à nouveau des deux côtés et en
utilisant l’involutivité de s. En conclusion s (r^ / 2) = r ^/2 et (Oy) est un axe
de symétrie de T^/2-
• La réflexion par rapport à (Ox) est l’application cr qui à M {x, y) fait
correspondre le point M' {x, —y). Les implications :
^ 7/2
M {x, y) G r ^/2 OI = 1
Vo
X" i - y y
—ô + =1

M {x, y) G r ^/2

montrent l’inclusion <r(r^/2) C T^/2, donc aussi l’égalité cr(r^/ 2) = T^/2


puisque a est involutive (même preuve que dans la question précédente). L’axe
des X est donc un autre un axe de symétrie de F^/ 2 -
• La composée cr o s des deux réflexions s et <r d’axes perpendiculaires {Oy)
et {Ox) est la rotation de centre O et d ’angle plat. C’est donc la symétrie sq
par rapport à O. Comme T^/2est globalement invariant par s et cr, T^/2sera
encore globalement invariant par s q , autrement dit :

S o ( r ,r / 2 ) = {cros) ( r ^ / 2)) = [s (r ^ / 2 )] = 0 -(r^/2) = ï'n/2-

Cela prouve que O est un centre de symétrie de F^/ 2-

II.2.b. {E') est la partie de l’ellipse {E) située dans le premier quart de
plan {æ > 0;y > 0}. On obtient {E) à partir de {E') en complétant {E') par
symétrie par rapport à {Oy), puis par symétrie par rapport à {Ox), puis par
symétrie par rapport à O. En effet :
260 CHAPITRE 10. CONSTRUCTIONS

(E) = {E') U s ((Æ;')) U cr((E')) U 5o ((£^') .

R em arq u e — On peut préférer compléter {E') par symétrie par rapport à


(Oy), puis compléter la figure obtenue (c’est-à-dire (£?')Us((Æ^'))) par symétrie
par rapport à (Ox). Cela correspond à l’égalité :
(E) = ir((Æ ;')U s((£^))).

II.3. Si l’on se restreint aux points M de coordonnées x, y positives, on peut


écrire :

x2
= 1
Vf
2 2f x2\
y — V2 (
vV
V2 / 2 9
y= Vl V
) f — X^ i

donc {E') coïncide avec la courbe représentative de / .

11.3.a. L’application x i-> définie et dérivable sur [0,vi[, et reste


strictement positive sur [0,ui[. Comme la fonction racine carrée x i-^
est définie et dérivable sur on peut affirmer que la fonction composée
X I—> \Jv\ —x^ sera définie et dérivable sur [0, v\ [. Il en sera de même de / qui
est le produit de cette dernière fonction par la constante V2/v\. La formule de
dérivation des fonctions composées donne :

f 'U ) = ^ - 2x —V2X
Vx € [0,ui[
Vi X-“

П.З.Ь. Comme :

lim ¿ М л Л а ) = lim V2 - x^ _ -U 2'Jvx + ж _


— ,— = —oo
X — Ui Vi X — Vl X-W i- Vi ^/Vl X

la courbe {E') adm ettra une tangente verticale en v i .

C o m m en taire — On vient en effet de démontrer que la limite de la pente


d’une sécante à {E’') passant par le point A (ui, 0) et un point M (x, / (x)) de
(E'), existe quand M tend vers A, et est égale —oo. Cela prouve que cette
sécante tend vers une position limite que l’on appelle « tangente en à la
courbe {E') », et il s’agit ici de la verticale passant par A.
10.3. RÉPONSES 261

II.3.C. La dérivée f reste strictement négative sur [0, vi [ donc / est stricte­
ment décroissante sur [0, ui]. Voici son tableau de variations :

X 0 v\
f'{x) 0 — —00
f{x) U2 \ 0

Comme /'( 0 ) = 0, {E') admet une tangente horizontale au point (0, ^2)- La
FIG. 10.17 montre la représentation graphique de / quand ui = 4 et U2= 3..

F ig . 10.17 - Ellipse d ’équation fg + ^ = 1

II.4.a. L’ellipse tracée sur l’oscilloscope admet les équations paramétriques :

X = vi cos U)t
t G [0,27r/o;[
y = v<2cos(wi —(f)

donc —v\ < X < ui et —V2 < y < «2- Sur la photographie de l’énoncé, l’abscisse
la plus grande d’un point de l’ellipse est 3 et l’ordonnée la plus grande d ’un
point de l’ellipse est 2, donc Ui = 3 et t >
2= 2.
II.4.b. Comme A (0; 1,4) appartient à l’ellipse, il existe t G [0,27r/w[ tel que :

0= coswi

d’où
{ 1,4 = 2cos(a>i —(fi)

TT
ut = — + kn fc G Z.
262 CHAPITRE 10. CONSTRUCTIONS

Mais u)t G [0, 27t[ donc tôt sera égal à tt/2 ou 37t/ 2.
• Si wi = 7t/ 2 , c o s (7 t/ 2 —(f) = 0,7 s’écrit sin(^ = 0,7 donc :

(p = arcsin 0,7 ~ 0,775 40 radians

puisque (f doit appartenir à [0, tt/ 2]. Comme :


180
0,77540 X ------ ~ 44,427
TT
l’angle (fi sera égal à 44° au degré près.
• Si wi = 37 t/ 2 ,

c o s ( 37 t/ 2 —(p) = 0,7 ^ —c o s ( 7t/ 2 —(p) = 0,7


^ sin 9
? = —0,7

ce qui est à rejeter car on doit avoir sine/? > 0puisque 0 <(p < 'ïïj’l.

Ill.l.a. On a :

M F^ = {x - V ï)^ +

= (x-,/7f + 9 ( l - g )

= —2\/7x + 10
16

=(i-)’
III. 1.b. Calculons :

MF'^ = {x +

(a; + V7)2 + 9 ( l - ^ j

+ 2 ^ x + 16
16

Ainsi
M F + M F' = — x - 4 + ^ x + 4
4
10.3. REPONSES 263

Comme —4 < x < 4 on déduit que :

V7 V7
^x -4 < \/7 -4 < 0 et ^ x + 4 > -^/7 + A>0

et l’on peut écrire :

M F + MF' = - i ^ x - 4 j + ( ^ x + 4 j = 8 .

III.2.a. On calcule
M F2 - M F'2 = {x - a/ 7)2 + y2 _ ((a; + ^ ) 2 + ^
M F2 + M F'2 = (x - V^)2 + y2 + (a, + ^ ) 2 4
. y2 ^ 2x2 + 2y2 + 14.
{

III.2.b. MF^ - MF'^ = {MF + M F'){MF - MF') = -A s/lx. Si M € (E),


M F + M F ' = 8donc :

M F - M F' = ^ ^ x =
O 2
III.2.C. En résolvant
M F + M F' = 8
M F - M F ' = -^ /7 x /2

on trouve :

MF = \ ( s - ^ x j = 4 - ^ x et M F ' = ^8 + ^ x j = 4 + ^ x

et on peut remplacer dans MF^ + MF'^ = 2x^ + 2j/2+ 14pour obtenir :

^4 - + ^4 + + 2y^ + 14

32 + |x ^ = 2x^ + 2y2 + 14
8
et après simplifications :
— + yl = i
16 9
Cela démontre que tout point de (F) appartient à F.
264 CHAPITRE 10. CONSTRUCTIONS
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