Vous êtes sur la page 1sur 6

Document téléchargé depuis www.cairn.info - univ_paris1 -

- 194.214.29.29 - 03/06/2012 19h15. © Centre Sèvres

Document téléchargé depuis www.cairn.info - univ_paris1 -

- 194.214.29.29 - 03/06/2012 19h15. © Centre Sèvres

RENCONTRES ITALIENNES

Paul Olivier

19h15. © Centre Sèvres RENCONTRES ITALIENNES Paul Olivier Centre Sèvres | Recherches de Science Religieuse 2005/1

Centre Sèvres | Recherches de Science Religieuse

2005/1 - Tome 93 pages 77 à 81

ISSN 0034-1258

Article disponible en ligne à l'adresse:

--------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

http://www.cairn.info/revue-recherches-de-science-religieuse-2005-1-page-77.htm

--------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Pour citer cet article :

--------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Olivier Paul, « Rencontres italiennes »,

Recherches de Science Religieuse, 2005/1 Tome 93, p. 77-81.

--------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Distribution électronique Cairn.info pour Centre Sèvres.

© Centre Sèvres. Tous droits réservés pour tous pays.

La reproduction ou représentation de cet article, notamment par photocopie, n'est autorisée que dans les limites des conditions générales d'utilisation du site ou, le cas échéant, des conditions générales de la licence souscrite par votre établissement. Toute autre reproduction ou représentation, en tout ou partie, sous quelque forme et de quelque manière que ce soit, est interdite sauf accord préalable et écrit de l'éditeur, en dehors des cas prévus par la législation en vigueur en France. Il est précisé que son stockage dans une base de données est également interdit.

Document téléchargé depuis www.cairn.info - univ_paris1 -

- 194.214.29.29 - 03/06/2012 19h15. © Centre Sèvres

Document téléchargé depuis www.cairn.info - univ_paris1 -

- 194.214.29.29 - 03/06/2012 19h15. © Centre Sèvres

R ECENSIONS

RENCONTRES ITALIENNES

par Paul OLIVIER

1. Marta FATTORI, — Linguaggio e Filosofia nel Seicento Europeo, Lessico Intellettuale Europeo, Leo S. Olschki Editore, Firenze, 2000, 430 p.

Ce volume rassemble quatorze essais différents, publiés de 1983 à 1997. Bien que chacun des essais constitue un chapitre se suffisant à lui-même, ils participent tous d’une problématique commune qui donne son unité à l’ensemble. En se mon- trant attentive aux rapports du lan- gage et des philosophies au moment où se constitue un vocabulaire philo- sophique propre aux langues verna- culaires, alors que le latin demeure la langue scientifique par excellence, l’auteur est particulièrement fidèle à l’inspiration de la collection dans la- quelle le volume est publié, en liant étroitement histoire des idées et his- toire des signes linguistiques. L’intro- duction, qui insiste sur l’importance des traductions, sur la recherche d’une langue commune et d’un voca- bulaire commun, en même temps que sur les évolutions sémantiques, sur l’ouverture de l’esprit à des observa- tions nouvelles, à de nouvelles mé- thodes, à de nouvelles philosophies, qui renouvellent le rapport des an- ciens aux modernes, de la culture livresque à la connaissance de la nature, montre, en une large syn- thèse maîtrisée, comment s’institue un commercium mentis et rerum, où s’unissent vérité et utilité, aspect théorique et aspect opératoire de la

connaissance, de sorte que, l’homme devenant progressivement le centre du rééquilibrage entre méthode in- ductive et méthode déductive, veritas essendi et veritas cognoscendi, ses facultés vont présider à une nouvelle classification des sciences, où l’ima- gination jouera un rôle central. Parmi les articles qui mettent en évidence ce qu’on pourrait appeler une stratégie de la communication, nous pouvons citer : Parole e storia della filosofia. Alcuni esempi del vo- cabolario filosofico del Seicento ; La sopravvivenza del latino come lingua filosofica nei secoli XVII e XVIII ; La strategia epistolare della République des Lettres. Pour l’importance recon- nue à l’imagination, on peut signaler en des sens divers : Sogni e tempe- ramenti, Profetismo e millenarismo in Jan Amos Komensky : Il labirinto de mondo (1623) ; « Phantasia » nella classificazione baconiana delle scienze ; « Ingenium » : Francis Ba- con e la poesia elisabettiana. L’unité du théorique et du pratique dans la connaissance, précise l’introduction, explique les croisements et les inter- sections entre traditions intellectuel- les diverses et la base commune (que l’on découvre et vérifie à travers le vocabulaire), qu’il faut rechercher dans le rôle nouveau et toujours plus autonome attribué aux potentialités de l’homme (p. XXXII). L’unité du volume est également assurée par l’importance des études dédiées à Francis Bacon et le rôle reconnu à Comenius. Le nombre

RSR 93/1 (2005) 77-81

Document téléchargé depuis www.cairn.info - univ_paris1 -

- 194.214.29.29 - 03/06/2012 19h15. © Centre Sèvres

Document téléchargé depuis www.cairn.info - univ_paris1 -

- 194.214.29.29 - 03/06/2012 19h15. © Centre Sèvres

78

RECENSIONS

élevé (7 sur 14) des études consa- crées, directement ou indirectement, à Francis Bacon, ne nous étonnera pas de la part de Marta Fattori, à laquelle on doit un très savant lexique de Bacon (Edizioni dell’Ateneo, Rome, 1980, 2 vol.). Ces chapitres sont respectivement consacrés à :

« Nature semplici » in Francesco Ba- cone ; « Phantasia » nella classifica- zione baconiana delle scienze ; Il vo- cabolario di Francis Bacon : alcuni esempi di terminologia inglese et la- tine ; Note su Francis Bacon a Napoli tra Seicento e Settecento ; Francis Bacon e René Descartes : la Préface (anonima) alle Passions de l’âme ; « Ingenium » : Francis Bacon e la poesia elisabettiana ; Fortin de La Hoguette tra Francis Bacon e Martin Mersenne. Intorno all’edizione fran- cese del De augmentis scientiarum (1624). L’autre auteur présent (3 étu- des sur 14) est J.A. Comenius : « Ex- perientia » ed « encyclopaedia » in J.A. Comenius ; Profetismo e millena- rismo in Jan Amos Komensky :il labi- rinto del mondo (1623) ; La filosofia del Rinascimento italiano in J.A. Comenius. Note su Campanella e Pa- trizi. Cet ensemble d’études, érudites et techniques, donne une idée de la fermentation du dix-septième siècle européen et constitue, en même temps, un excellent instrument de tra- vail qui restitue le portrait de person- nages ignorés ou trop longtemps lais- sés dans l’ombre, qui reconstitue des interactions et des influences entre auteurs européens, — personnages et interactions qui méritent toute notre attention à cause de leur importance dans l’histoire des idées. Le chapitre sur la présence de Francis Bacon à Naples entre le dix-septième et le dix-huitième siècles est particulière- ment significatif de la méthode et de l’érudition de l’auteur. Marta Fattori

non seulement reconstitue avec pré- cision le milieu intellectuel napolitain où Vico a vécu et enseigné, mais souligne avec pertinence l’impor- tance, longtemps sous-évaluée de Bacon, parmi les quatre auteurs en lesquels le philosophe de la Scienza nuova reconnaissait ses inspirateurs.

2. — Experientia. X Colloquio Interna- zionale, Roma, 4-6 Gennaio 2001. Atti a cura di Marco Veneziani, Leo S. Olschki Editore, Firenze, 2002, 546 p.

Ce volume rassemble les com- munications présentées au X°colloque international du Lessico Intellettuale Europeo, tenu en janvier 2001 à Rome. Le Lessico Intellettuale Europeo suscite et coordonne les tra- vaux de différents intellectuels euro- péens, persuadés que l’histoire des idées est inséparable de l’histoire des signes linguistiques, comme le souli- gne Tullio Gregory dans sa présenta- tion que ne démentirait pas Vico. Le volume d’une très grande richesse et d’une grande diversité contient 21 communications en français et ita- lien, anglais et allemand. On pourrait regrouper avec prudence ces études selon que l’histoire des idées ou l’his- toire des signes y jouent le principal rôle. Ainsi, dans un premier groupe, on trouverait les communications les plus classiques, ce qui ne veut pas dire les moins intéressantes, qui s’at- tachent à préciser la pensée d’un auteur sans négliger bien sûr son vocabulaire : Experimentum mali. Saint Augustin sur la connaissance du mal de Jean Pépin ; L’esperienza del divino in Francesco d’Assisi de Claudio Leonardi ; Il tema dell’espe- rienza in Paracelso de Massimo Luigi Bianchi ; Il concetto di esperienza in Galilei e nella scuola galileiana de Giorgio Stabile ; The role of expe-

Document téléchargé depuis www.cairn.info - univ_paris1 -

- 194.214.29.29 - 03/06/2012 19h15. © Centre Sèvres

Document téléchargé depuis www.cairn.info - univ_paris1 -

- 194.214.29.29 - 03/06/2012 19h15. © Centre Sèvres

RECENSIONS

79

rience in Locke de Roland Hall ; Rai- son e experience nei Nouveaux Es- sais de Leibniz de Antonio Lamarra ; Vico e la scienza sperimentale de Marco Veneziani ; Experientia/ expe- rimentum nel Romanticismo de Fran- cesco Moiso ; Esperienza fenomeno- logica, esperimento, empiria ed empirismo in Hegel de Valerio Verra. Dans un second groupe, on placerait les études proprement lexicographi- ques : le remarquable Il costituirsi del tempo lessicale dell’esperienza in greco e in latino de Walter Belardi ; Experimentia/experimentum dans les lexiques médiévaux et dans les textes philosophiques antérieurs au 14 e siè- cle de Jacqueline Hamesse ; Expe- rienta, experimentalis, esperimentum, experior, inexperientia, inexpers

nell’Aquinate et negli altri autori cen-

siti dell’index thomisticus de Roberto

Busa ; Eµπειρια/experientia : modelli

di ‘prova’tra antichità, medioevo ed

età cartesiana de Giacinta Spinosa ; Expérience dans la base FRANTEXT

du 16 e à la fin du 18 e siècle de Gérard

Gorcy. Un troisième groupe s’attache plus particulièrement à un auteur pour en suivre le vocabulaire sans négliger le contenu de sa pensée (Experienza – experimentum : un confronta tra il corpus latino e inglese de Francis Bacon de Marta Fattori ; Sémantèse d’experientia/experimentum/ expé- rience dans le corpus cartésien de Jean-Robert Armogathe ; Expérience dans l’œuvre de Malebranche de An-

dré Robinet ; Experientia nella filoso-

fia di Spinoza de Pina Totaro ; Expé-

rience, experientia, experimentum in Leibniz dagli scritti giovanili alla Theo- dicée de Roberto Palaia ; Experientia/ Erfharung in Chr. Wolff e A.G. Bau- mgarten de Pietro Pimpinella ; Wandlungen in Kants Verständnis von Erfahrung de Norbert Hinske.

Il est inutile de préciser que les communications, très techniques, du

second groupe constituent d’excel- lents instruments de travail, de même que celles du troisième groupe propo- sent d’utiles repérages ; il est difficile, dans ce compte-rendu, d’aller au-delà de ces appréciations générales et d’entrer dans des discussions plus détaillées. En revanche, en présen- tant deux articles du premier groupe, qui, pour des raisons diverses, nous ont particulièrement intéressé, nous donnerons un aperçu de la richesse et de la diversité de ce travail collec- tif : il s’agit de l’étude de Marco Vene- ziani consacrée à Vico et de celle de Francesco Moiso consacrée au Ro- mantisme. F. Moiso, qui propose une lecture synthétique et pose des jalons pour une analyse ultérieure plus ap- profondie, à partir des manuels et lexiques scientifiques (F.A.C.Gren, G.C. Lichtenberg, J. S. T. Gehler) et des modèles chimiques et physiques de l’expérience (Kant et Richter, Ber- thollet et Laplace), rencontre succes- sivement les thèmes suivants : la lo- gicisation de la nature chez Kant et Fichte, mathématiques et expérience chez Novalis, les expérimentateurs romantiques (Ritter, Oersted et Ar- nim), expérience et spéculation chez Schelling, expérience chez Goethe, avant de considérer l’expérience dans le romantisme tardif et le temps de la dissolution. Cet article bien in- formé et bien écrit souligne le para- doxe d’un romantisme qui, caracté- risé d’abord par des aspects empiristes et même baconniens, finit par tomber dans l’apriorisme radical d’une métaphysique organiciste et vi- taliste, où la science perd son auto- nomie. Marco Veneziani, auquel on doit une savante édition du De Nostri Temporis Studiorum Ratione chez le même éditeur en 2000, dont nous avons rendu compte dans un précé- dent numéro des RSR (Octobre- Décembre 2001, Tome 89/4), nous

Document téléchargé depuis www.cairn.info - univ_paris1 -

- 194.214.29.29 - 03/06/2012 19h15. © Centre Sèvres

Document téléchargé depuis www.cairn.info - univ_paris1 -

- 194.214.29.29 - 03/06/2012 19h15. © Centre Sèvres

80

RECENSIONS

permet de revenir sur le génial napo- litain. Il se propose, une fois reconnue la sensibilité de Vico aux résultats et aux méthodes des sciences naturel- les, d’en préciser la portée chez un auteur qui n’a ni la formation ni les instruments culturels d’un homme de sciences (empiriques). Marco Vene- ziani n’ira pas au-delà du De Italorum Sapientia et des polémiques qui sui- vent, mais il proposera quelques conclusions intéressantes. Le plato- nisme de Vico, fondement d’une criti- que antidogmatique, le conduit à comprendre, dans le cadre d’une mé- taphysique prudente qui donne les raisons tandis que la physique s’en tient aux apparences, la science mo- derne et l’expérience humaine en gé- néral comme l’imitation ingénieuse de la nature, unique base sur laquelle la réflexion peut légitimement s’exercer. Cette solution provisoire, réintégrant dans le savoir scientifique le vraisem- blable et le certain, ouvre la voie à une tentative ambitieuse d’imiter la nature non dans tel ou tel de ses aspects particuliers, mais nella sua legge fondamentale, che è l’unifor- mità e regolarità dei fenomeni (p. 366). C’est ce que fera plus tard Vico, avec le thème de la constance du savant, dans un cadre orienté en- tièrement vers l’homme et les choses, en recherchant una scienza dei fatti ormai lontana da ogni formalismo me- todologico. Lecture stimulante de la genèse d’une pensée.

3. — L’Uomo e le Macchine, a cura di Mimma Bresciani Califano, Fonda- zione Carlo Marchi, Quaderni 15, Leo S. Olschki, 2002, 218 p.

La Fondation Carlo Marchi publie, avec ce volume, son troisième cycle de conférences, consacrées au thème de l’homme et des machines. Présenté par Mimma Bresciani Cali-

fano, qui, face aux défis du monde technique, invite les philosophes à chercher, entre le refus pessimiste et l’enthousiasme millénariste, une troi- sième voie, faite d’autolimitation vo- lontaire, de sens des responsabilités et de contrôle du destin, ce volume comprend 11 conférences. Paolo Possi (I Filosofi e le macchine) pro- pose un rapide panorama historique avant de dénoncer le « parrocchia- lismo » (l’esprit de chapelle) des phi- losophes qui, les mettant prétentieu- sement à part de l’humanité commune, les empêche de penser les nouveautés de notre monde ; les ambiguïtés de la technique une fois reconnues, il faut, contre les illusions progressistes d’une philosophie de la domination et les risques primitivistes d’une soumission absolue à la nature, accepter une éthique de la responsa- bilité qui se tient à égale distance du refus de toute intervention et d’un interventionnisme incontrôlé. Tomàs Maldonado (Gli occhiali, presi sul se- rio) se sert d’un exemple simple (l’in- vention différée de lentilles pour myo- pes et pour presbytes) afin de penser les rapports complexes de la science, de la technique et de la société, avant de conclure sur la difficulté de distin- guer en ce domaine la cause et l’effet. Antonello La Vergata (Darwin tra le Macchine) permet de découvrir l’œu- vre de Samuel Butler, ce touche-à- tout des lettres, des sciences et des arts, traduit en français par Valéry Larbaud, dont l’anti-mécanicisme et le vitalisme, pour n’être point absolu- ment originaux, ont une signification historique certaine. Giuseppe Longo (Lo spazio, i fondamenti della mate- matica e la resistibile ascesa della metafora : il cervelle è un calcolatore digitale) s’appuie sur une analyse des fondements des mathématiques et une critique du formalisme pour met- tre en question la pertinence des mo-

Document téléchargé depuis www.cairn.info - univ_paris1 -

- 194.214.29.29 - 03/06/2012 19h15. © Centre Sèvres

Document téléchargé depuis www.cairn.info - univ_paris1 -

- 194.214.29.29 - 03/06/2012 19h15. © Centre Sèvres

RECENSIONS

81

dèles formels pour comprendre aussi bien les mathématiques que le fonc- tionnement du vivant, cet article d’un grand intérêt donne une bibliographie sélective et utile, Giulio Peruzzi (Cos- truire gli oggetti della Fisica), exami- nant la construction des objets de la physique, entend souligner combien cette construction n’est pas réductible

a costrutti sociali vincolati a un certo

contesto culturale. Franco Volpi (Ni-

chilismo della tecnica e responsabilità etico-politica) souligne la nécessité d’une anthropologie philosophique à la mesure de la technique pour résou- dre les contradictions de notre idéolo- gie. Mimma Bresciani Califano (Tec- nolgia e dimensione etica : Faussone

e la chiave a stella) suit l’œuvre de

Primo Levi, chimiste et écrivain, en particulier La chiave a stella et la figure mythique de Faussone, pour fonder une éthique de la responsabi- lité, qui concilie puissance technique et responsabilité morale, sur une conception de l’homme comme cen- tauro, groviglio di carne et di mente, di alito divino e di polvere. Attilio Brilli (L’automobile, le chiave di un mito) ne manque pas d’esprit, lorsqu’il se de- mande si l’unique voyage aujourd’hui possible ne serait pas celui que nous effectuons sur les traces d’un autre, voyageur impénitent, curieux de pay- sage ou peintre de cité ; l’automobile, en tous cas, est non seulement moyen de locomotion mais instru- ment culturel. Gilberto Sacerdoti

(Shakespeare e la macchina del Mondo) nous invite à admirer la ma- nière dont l’imagination poétique peut répondre aux bouleversements de la vision du monde. Daniele Lombardi (In Principio fu l’Armonia) parcourt à grands traits l’histoire des rapports de l’imaginaire humain et de la machine pour nous conduire à la révolution électronique où la machine devient transparente, invisible, ayant comme disparu aux yeux de celui qui agit, mais entretenant, à la manière des futuristes, le mythe de la machine comme chemin vers la simultanéité. Daniel Pick (Nevrosi di guerra) souli- gne les conséquences importantes de la guerre de 14-18 sur les théories psychiatrique et psychologique des traumatismes, sur les publications de Freud par exemple. L’impression que laisse cet ensem- ble est assez mitigée ; certes le sé- rieux des auteurs n’est pas en cause, mais la méthode purement historique, qui nous impose des rappels très généraux, et le manque d’originalité d’une pensée critique, qui s’en tient souvent à des banalités dont le bon sens ne suffit pas à garantir l’intérêt, nous ont souvent déçu. Il est signifi- catif que les textes les plus intéres- sants soient ceux qui étudient des auteurs à la limite de la littérature et de la philosophie ou dont l’érudition éveille notre curiosité.

Paul OLIVIER