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City life (1995)

“Acte I”
Steve Reich (né en 1936)
)

I. Travail sur les timbres :

City Life apporte une innovation technologique : les bruits proviennent d'enregistrements effectués dans 
les rues de New York. Ils sont ensuite transférés dans un échantillonneur qui offre la possibilité de
manipuler ces échantillons.

Bruit
Instruments
« Check it out » Clarinette, flûte, hautbois
Métro : carillon + frein pneumatique Piano, alto violon, violoncelles
Voiture : antivol, klaxon, dérapage, Cymbales, grosse caisse, guiro 
moteur, claquement de porte tambour, vibraphone

cymbales Frein pneumatique
Les sons pré-enregistrés sont ensuite samplés et
grosse caisse claquement de porte
disposés sur un clavier électronique pour être
relayés, anticipés ou fondus dans les timbres roulement de tambour moteur de voiture
traditionnels. Certains instruments se substituent au guiro dérapage de pneu
échantillons : clarinette/hautbois klaxon de voiture,
trémolos de cordes. alarme d'antivol

II. Analyse du thème principal :

Interjection du camelot le thème principal n'est qu'un développement du motif générateur Check it out 


et tous les thèmes secondaires ne sont que des variations de celui­ci. Il se 
retrouve dans chaque variation, adapté à diverses tonalités, subissant des 
altérations mélodiques et rythmiques. 
Le thème principal, contenu dans un ambitus d'octave, est composé de deux périodes. La première, 
comprise à l'intérieur de deux mesures à 2/4, répète la cellule (sol/sib/do) en l'augmentant d'une note 
(sol/sib/do/mib) puis la reprend sous une forme inversée (sol/fa/ré). La deuxième période est une 
compression de la première contenue dans une seule mesure à 3/4. Elle s'en différencie de surcroît par la 
syncope centrale (mib/fa/sol). Des silences qui le morcellent lui donnent nervosité et instabilité

Le thème est présenté par les cordes et le piano couplé au vibraphone de manière scindée. Sa répétition en
canon rapproché (1/2 ton) rend le décompte difficile. De plus il subit des variations de hauteur, de durée,
d’intensité et de timbre.   

Exemple :  développer le thème en lui faisant subir une expansion pour en modifier la structure :

III. Analyse de la structure

Chaque phase de variation marque un crescendo (instrumentale, de tempo, de dramaturgie)

Structure :

Intro 1° phase 3 phases de variation Coda

0’ 0’38 1’57 - 2’33 - 3’53 5’04


Instrument à vents Présentation du thème Variation modale et Ralentissement +
employé comme un seul principal puis du canon rythmique. réapparition progressive
instrument (cf orgue) au ½ temps et des des accords du début sur
variations par extension Nouvelles variations les bruits urbains qui
Accords dont un pont finit par effacer le motif
homorythmiques de « check it out »
durée variable Allégement de la
texture, motif lesté Elle enchaine
immédiatement de son directement avec le II°
“inversus” approximatif acte
ponctué par une valeur
longue
IV. La dramaturgie

L'introduction majestueuse plante le décor: l'orgueilleuse Cité de verre aux multiples  gratte­ciel nous
apparaît dans toute son immensité.
Cet acte cherche à évoquer la vie trépidante de New York par le travail de variations du thème et par les
bruits enregistrés. Les répétitions des thèmes traduisent la vie stressante et répétitive des habitants des
grandes villes américaines. 
La dramaturgie est crée par une technique additive des timbres + un petit nombre de formules mélodico
rythmiques répétées avec de minimes variations et de légers décalages de phase.

Le regard que porte Reich, citoyen de Manhattan, sur sa ville dénote tout à la fois une certaine fascination
et une aversion que l'on pressent dans la progression dramatique de l'oeuvre. Du Check it out (Viens voir)
du camelot de Manhattan qui vante sa marchandise, le sentiment se teinte de déception ironique lorsque
les noirs scandent Its been a honeymoon (C'était une lune de miel) pour aboutir à l'avertissement Be
careful (Attention), dernier mot de la pièce, lancé par un pompier de New York lors de l’attentat du World
Trade Center (26 février 1993). «City Life se présente comme un reportage à chaud sur New York et
d’une façon plus générale, comme une interrogation sur les problèmes de cohabitation ethnique (acte 3),
de pollution sonore ou atmosphérique(acte 2 et 4) et sur la violence inhérente à toutes les grandes
mégalopoles (acte 5) ». Par sa suggestion musicale descriptive, il est le prolongement moderne du poème
symphonique.

Partant de bribes de phrases ou de bruits enregistrés, le compositeur expose un propos politique ou 
philosophique à travers une forme musicale qu'illustrent des sonorités puisées dans la vie quotidienne.

Ecoutes périphériques :

1. Dancer in the dark « Cvalda » Bjork : les bruits des machines engendrent la musique.

2. « J’ai rêvé New-York » Yves Simon : bruitage seulement à l’intro+ travail parler/chanté +
Chœur/soliste pour marquer le dynamisme de New-York
Evaluation sur le 5° mouvement de « City life »