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infections nosocomiales

INTRODUCTION :

L’hôpital est un lieu où l’on traite mais c’est également un lieu où l’on peut contracter des maladies
infectieuses : ce sont les infections nosocomiales, rançon du progrès en matière de techniques
diagnostiques et thérapeutiques. En effet, la multiplication et la sophistication des techniques de
soin devenues de plus en plus invasives, mais aussi l’état d’immunodépression profonde de certains
patients, représentent des terrains propices à ces infections ; par ailleurs, l’émergence de souches
multi résistantes posant des problèmes d’impasses thérapeutiques, a compliqué la prise en charge de
bon nombre de ces infections acquises à l’hôpital. Les infections nosocomiales constituent donc un
sérieux problème de santé publique pour lequel l’impact en matière de morbidité et de surcoût est
aussi important , sinon plus , que celui en matière de mortalité. Si l’éradication des infections
nosocomiales est impossible du fait que le risque de contracter de telles infections ne peut jamais
être nul, la prévention quant à elle, est le créneau sur lequel il faut compter pour limiter ce fléau et
freiner sa progression.

DEFINITION :

„ Du grec nosos =maladie ,komein = soigner , nosokomeion =hôpital „

 Infections acquises au cours de l’hospitalisation et qui, par conséquent, ne sont lors de


l’admission, ni apparentes, ni en cours d’incubation (CDC Atlanta).
 Maladies infectieuses (bactériennes,virales, parasitaires,fongiques,à prions…) cliniquement
ou microbiologiquement identifiables,contractées dans une structure de soins,pouvant
concerner soit le malade,soit le personnel soignant du fait de son activité.
 Le caractère nosocomial est basé essentiellement sur le délai écoulé entre l’admission et le
début de l’infection. Ce délai doit être supérieur à la durée d’incubation de l’infection.
 L’infection nosocomiale survient donc : - Après les 48 premières heures d’hospitalisation : le
délai de 48h correspond à la durée d'incubation minimum d'une infection aiguë liée à une
bactérie à croissance rapide. - Dans les 30 jours après intervention chirurgicale (si chirurgie) .
- Dans l’année qui suit la mise en place de matériel chirurgical (implant ou prothèse…).
 L’infection peut se déclarer pendant le séjour à l’hôpital ou après la sortie de l’hôpital
.Exemple : Maladie de Creutzfeld-Jacob , pouvant se déclarer plus de 15 ans après
transplantation tissulaire ou injection d’hormone de croissance d’origine humaine.
 On ne distingue pas entre infection nosocomiale et infection iatrogène (iatros en grec=
médecin) qui est une infection acquise dans une unité de soin à la suite d'une faute ou d'un
accident imputable à un geste ou à une prescription (exemple d’infection iatrogène: infection
urinaire provoquée par un sondage vésical).
 A noter que le terme iatrogène ne s'applique pas qu'aux problèmes infectieux.
PRINCIPALES FORMES CLINIQUES :

On distingue cinq types d’Infections nosocomiales:

1- Infection urinaire :
 „ La plus fréquente.
 Souvent asymptomatique
 Principal facteur de risque : le sondage vésical +++ (le risque augmente en
fonction du type et de la durée du sondage).
 Germes les plus fréquents: Escherichia coli , entérocoque,Pseudomonas
aeruginosa, Klebsiella sp Enterobacter sp…
2- Pneumonie nosocomiale :
 1ère place en Réanimation ,1ère cause de décès dans ce service
 2ème infection nosocomiale la plus fréquence dans les études épidémiologiques
 Principal facteur de risque : la ventilation assistée.
 Mais également des facteurs liés au patient lui-même tels l’état de conscience
 Infection généralement pluri microbienne. (Pseudomonas sp, staphylocoques…).
 Prélèvements:Aspiration bronchique, lavage broncho-pulmonaire,Prélèvements
distaux protégés, Expectorations…
 Diagnostic: Signes cliniques + radiologiques + microbiologiques.
3- Infection du site opératoire :
 ISO = abcès de paroi (Infection du Site Opératoire)
 Présence de pus et/ou inflammation au niveau de l’incision, ou entre
l’aponévrose et la peau, ou en provenance du drain
 Germes : surtout Gram+; Staphylocoques, souvent association poly microbienne.
 Diagnostic avant tout clinique
 Bactériologie confirme (si le prélèvement est effectué!!!)

4- Infection sur cathéter :


 Inflammation et/ou suppuration au niveau du site d’insertion du cathéter (KT).
 Diagnostic microbiologique: Technique semi quantitative de MAKI ou
quantitative de BRUN- BUISSON
 Les signes locaux et généraux de l’infection disparaissent souvent lors de
l’ablation du KT.
 Germes responsables :Staphylocoque Coagulase- , entérobactéries,
Pseudomonas, Acinetobacter…
5- Bactériémies nosocomiales :
 „ Souvent suite à des infections de cathéters vasculaires
 Mais aussi par perfusion de solutions contaminées (seringues électriques)
 Peuvent se compliquer de sepsis.
 Bacilles à Gram négatif tels Entérobactéries ou Pyocyanique , Staphylococcus
coagulase
 Diagnostic microbiologique : Hémocultures.
Facteurs de risque des maladies nosocomiales :

 La désuétude de l’infrastructure hospitalière.


 Le nombre insuffisant de chambres privées pour les personnes infectées.
 Le manque d’installations sanitaires (toilettes partagées).
 Le manque de ressources humaines en soins infirmiers.
 L’insuffisance de l’entretien sanitaire.
 Le manque de matériel dédiéaux patient : thermomètres, tensiomètres, otoscopes, etc.
 L’utilisation de certaines classes d’antibiotiques.
 La réutilisation du matériel jetable.
 La prise en charge de malades plus atteints et plus âgés.
 L’utilisation de techniques de complexitécroissante.
 L’implantation de prothèses.
 Les greffes d’organes et l’utilisation des immunosuppresseurs.
 Les développements dans le domaine de la chimiothérapie.
 La résistance accrue aux antibiotiques.

la Prévention des Infections nosocomiales :

Le laboratoire de microbiologie est l’interlocuteur principal du CLIN. Parmi ses principales


préoccupations en matière de prévention des infections nosocomiales, il jour un rôle
essentiel dans la surveillance :
- Il réalise les techniques de contrôle microbiologique régulier de l’air des blocs opératoires,
de l’eau stérile à usage médical (Barboteurs d’oxygène, respirateurs, blocs opératoires).
- Il évalue les protocoles de décontamination des surfaces.
- Il assure le contrôle de stérilité du matériel (instruments chirurgicaux)
- Il dépiste le portage de BMR chez les patients colonisés et /ou infectés, à l’entrée des
services à risque.