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LOI DE PROGRAMMATION 2018-2022 ET DE RÉFORME POUR LA JUSTICE
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La justice

Articles 1er et 2
change pour vous

Programmation financière 2018-2022

Pourquoi réformer ?
u  a programmation des emplois et des crédits sur 5 ans permet de donner de la visibilité sur les moyens accordés, afin de
L
prévoir les investissements dans la durée et de garantir des recrutements adaptés. Elle traduit la priorité accordée par le
gouvernement à la justice, seul budget avec celui de la Défense, à bénéficier d’une loi de programmation.

Que prévoit la loi ?


u  ne augmentation des moyens du ministère de 24 % (+1,6 Md€) entre 2017 et 2022
U

Milliard d’euros
2017 2018 2019 2020 2021 2022
courants

Crédits de la
6.7* 7.0 7.3 7.7 8.0 8.3
mission « Justice »
* 2017 retraité au format de 2018


u La création de 6 500 emplois équivalents temps plein sur la période 2018-2022

TOTAL
2018 2019 2020 2021 2022
2019 - 2023

Évolution des effectifs 1 100 1 300 1 620 1 260 1 220 6 500

u  es moyens supplémentaires permettront notamment :


C
– l’amélioration des conditions de travail dans les juridictions, par une résorption des vacances de postes, la constitution
d’équipes autour du magistrat, la dématérialisation des procédures et des moyens accrus pour rénover les tribunaux ;
– la construction de 15 000 places de prison dont 7 000 livrées d’ici 2022, l’amélioration de l’entretien du parc existant, le
renforcement de la sécurité des établissements et du renseignement pénitentiaire, le développement des alternatives
à l’incarcération, un meilleur accompagnement des personnes placées sous main de justice, et l’amélioration des conditions
de travail des personnels, notamment par une diminution des vacances de postes et une meilleure reconnaissance
professionnelle ;
– la construction de 20 centres éducatifs fermés de la protection judiciaire de la jeunesse et la diversification des modes de
prises en charge ;
– l’accompagnement des réformes de procédure et d’organisation par l’accès au droit et l’aide juridictionnelle pour un
service public de la justice accessible à tous les justiciables, et notamment aux plus démunis ;
– la remise à niveau des infrastructures informatiques et de télécommunications, et le déploiement de nouvelles applications
en vue d’une justice plus simple, plus efficace et plus proche des citoyens et de conditions de travail améliorées pour tous
les agents et partenaires du ministère.

 e Gouvernement rendra compte chaque année devant le Parlement de l’exécution de cette programmation
u L
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Article 3
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Développer les modes de règlement amiable des différends

Pourquoi réformer ?
u  arce que les solutions amiables sont plus facilement acceptées par les justiciables, qui ont contribué à leur élaboration,
P
trouver un accord est plus satisfaisant pour les parties qui sont acteurs de la décision.

 arce qu’une décision acceptée est plus facilement exécutée.


u P

 our que ne soient portées devant le juge que les affaires les plus contentieuses.
u P

Que prévoit la loi ?


u  compris en référé, lorsqu’il estime qu’une résolution amiable du différend est possible, le juge pourra enjoindre aux
Y
parties de rencontrer en tout état de la procédure un médiateur, afin qu’il les informe sur l’objet et le déroulement d’une
mesure de médiation.

 ’article 3 étend la tentative préalable obligatoire de résolution amiable, actuellement prévue pour les litiges devant le
u L
tribunal d’instance, aux litiges portés dorénavant devant le tribunal de grande instance lorsque la demande n’excède
pas un montant défini par décret en Conseil d’État ou lorsqu’elle a trait à un conflit de voisinage. Au choix des parties,
la tentative de résolution amiable consistera en une tentative de conciliation par un conciliateur de justice, une tentative
de médiation telle que définie à l’article 21 de la loi du 8 février 1995, ou une tentative de procédure participative, sous
peine d’irrecevabilité de la demande que le juge pourra relever d’office.

u Il organise la possibilité, pour le juge aux affaires familiales, d’ordonner une médiation dans la décision statuant
définitivement sur les modalités d’exercice de l’autorité parentale.

Date d’entrée en vigueur Textes d’application

Demande relative à un conflit


01/01/2020 Décret en Conseil d’État
de voisinage

Autres dispositions Immédiate Sans décret


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Article 4
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La certification des plateformes de résolution amiable des litiges

Pourquoi réformer ?
u  our sécuriser le cadre juridique de l’offre en ligne de résolution amiable des différends.
P

u  arce qu’aujourd’hui, de nombreux sites proposent en ligne des modes alternatifs de résolution des litiges, sans que l’on
P
puisse être certain de la qualité des services offerts.

Que prévoit la loi ?


u  ’article 4 crée une certification facultative des services en ligne de conciliation, de médiation et d’arbitrage délivrée par
L
des organismes certificateurs accrédités par le COFRAC sur la base d’un cahier des charges publié par arrêté du garde
des Sceaux. Ces services en ligne devront respecter un cadre garantissant la confidentialité et accomplir leur mission
avec compétence, diligence, indépendance et impartialité.


u  a certification ne pourra pas être accordée à des plateformes fonctionnant exclusivement grâce à des algorithmes,
L
l’intervention de l’humain restant consubstantielle aux modes de résolution amiable des différends.

Date d’entrée en vigueur Textes d’application

Décret en Conseil d’Ètat

Immédiate

Arrêté
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Article 5
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L’extension de la représentation obligatoire

Pourquoi réformer ?
u  arce que l’assistance des parties par un professionnel du droit est gage d’efficacité et de qualité de la justice rendue
P
en matière civile.

 arce que certains contentieux civils sont particulièrement techniques et nécessitent la présence d’un avocat aux cotés
u P
de la partie pour lui permettre de faire utilement valoir ses droits.

Que prévoit la loi ?


u  et article étend, pour les instances introduites à compter du 1er janvier 2020, la représentation obligatoire devant le
C
juge de l’exécution au-delà d’un montant qui sera fixé à 10 000 € par décret en Conseil d’État. Les demandes relatives
à l’expulsion resteront toutefois sans représentation obligatoire quel que soit leur montant.

 a représentation obligatoire est également introduite en matière de contentieux douanier pour les instances introduites
u L
à compter du 1er janvier 2020.

Date d’entrée en vigueur Textes d’application

01/01/2020 Décret en Conseil d’État


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Articles 9, 10, 11, 12, 29 et 30


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Simplifier la protection des personnes vulnérables

Pourquoi réformer ?
u  our favoriser les mécanismes plus souples que la tutelle et la curatelle de protection de la personne vulnérable :
P
l’habilitation familiale permet aujourd’hui à un proche du majeur hors d’état de manifester sa volonté, de le représenter
pour la réalisation d’actes relatifs à ses biens.

u  our alléger le contrôle du juge lorsqu’il n’est pas nécessaire : certains actes passés par le tuteur nécessitent une
P
autorisation préalable du juge. Or, parfois ceux-ci nécessitent l’intervention d’un professionnel (notaire ou professionnel
financier), déjà soumis à une obligation de conseil renforcée à l’égard d’une personne protégée. Pour ces actes le contrôle
du juge n’est donc pas nécessaire. S’agissant des actes de nature personnelle, le consentement personnel du majeur doit
être mieux pris en compte.

u  our renforcer la protection des personnes vulnérables. La remise de l’inventaire des biens des personnes protégées
P
n’est pas toujours effectuée à bonne date et le contrôle des comptes de gestion du tuteur ou du curateur n’est pas efficient.

u  our renforcer l’autonomie des personnes vulnérables ; la protection des personnes vulnérables ne doit pas aboutir à
P
la négation de leurs droits fondamentaux. Elles doivent être reconnues comme citoyens et exercer plus aisément leurs
droits personnels tels que le choix de se marier ou d’accepter une demande en divorce.

Que prévoit la loi ?


u  a primauté du mandat de protection future est réaffirmée : l’anticipation de sa propre vulnérabilité doit primer sur les
L
mesures de représentation légale ou judiciaire.

u  ’élargissement de l’habilitation familiale aux hypothèses d’assistance, et la création d’une passerelle pour permettre
L
au juge, en fonction de la situation de la personne vulnérable, de prononcer une habilitation familiale ou une mesure
plus contraignante au regard des besoins de la personne.

u  ne évaluation sociale préalable de la sphère d’autonomie de la personne à protéger devra accompagner, à peine
U
d’irrecevabilité, la saisine du juge des tutelles par le procureur de la République lorsqu’un signalement aura été fait au
parquet par toute personne qui n’est pas un proche du majeur.

u  a suppression de l’autorisation préalable du juge des tutelles pour passer certains actes, notamment en matière
L
bancaire, de succession, de souscription de contrat de gestion de valeurs mobilières, ou de souscription de conventions
obsèques.

u  a suppression de l’autorisation du juge des tutelles pour les actes médicaux en cas d’accord du tuteur et du majeur,
L
y compris pour les actes graves. Le gouvernement est habilité à procéder par voie d’ordonnance à l’harmonisation du
code civil avec le code de l’action sociale et des familles et le code de santé publique.

u  a restitution immédiate du droit de vote aux majeurs en tutelle. Ce droit pourra être exercé dès les élections
L
européennes du 26 mai 2019, sous réserve d’une inscription sur les listes électorales.

1/2
u  es autorisations préalables sollicitées auprès du juge des tutelles en matière de mariage ne seront plus
L
nécessaires. Au contrôle a priori exercé par le juge sera désormais substitué un droit d’opposition de la personne
chargée de la protection, après information systématique de celle-ci par le majeur protégé.

u  ’obligation de remise de l’inventaire est renforcée s’agissant des biens mobiliers meublants, le juge pouvant
L
désigner dès l’ouverture de la mesure ou en cas de carence du tuteur, un professionnel pour y procéder.
Un nouveau dispositif de contrôle des comptes de la personne protégée est mis en place, pour garantir
son effectivité, l’intervention du juge restant nécessaire en cas de difficultés. Le contrôle des comptes des
mineurs en tutelle n’est pas modifié.

Date d’entrée en vigueur Textes d’application

Immédiate sauf pour le 9-4° Décret prévu pour le 01/01/2010


Habilitation familiale (évaluation sociale préalable) Ordonnance dans un délai d’un an
soumise à un décret pour l’article 9-4°

Autorisation préalable
Immédiate non soumise à décret
du juge des tutelles
d’application
en matière de mariage

Exercice du droit de vote Immédiate non soumise à décret


aux majeurs en tutelle d’application

Immédiate non soumise à décret Décret de coordination


Mandat de protection future
d’application de procédure

Obligation de remise de
Application soumise à un décret
l’inventaire et contrôle des
et au plus tard Décret
comptes de la personne
le 31/12/2023
protégée

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Article 13
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Décharger le greffe de certaines tâches liées à la régie

Pourquoi réformer ?
u  es greffes sont aujourd’hui surchargés par des missions qui n’entrent pas dans leur cœur de métier, parmi lesquelles
L
la gestion des fonds provenant de saisies des rémunérations ou des sommes versées par les parties à titre de provision
à valoir sur la rémunération de l’expert (consignation).

 écharger les greffiers de certaines tâches liées à la régie leur permettra de se recentrer sur leur cœur de métier et
u D
leurs principales missions : assister les magistrats dans leurs missions, authentifier les actes juridictionnels, renseigner,
orienter et accompagner les justiciables dans l’accomplissement des formalités ou procédures judiciaires.

Que prévoit la loi ?


u  ne habilitation du Gouvernement à légiférer par ordonnance pendant une durée de 12 mois pour confier à la Caisse
U
des dépôts et consignation, d’une part, la réception, la gestion et la répartition des fonds provenant des saisies des
rémunérations (en cas de pluralité de créanciers) et d’autre part, la réception et la restitution des sommes consignées
dans le cadre d’expertises ordonnées par le tribunal judiciaire ou par la cour d’appel.

Date d’entrée en vigueur Textes d’application

Ordonnance à prendre
Immédiate
dans un délai de 12 mois
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Article 14
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Plainte en ligne et constitution partie civile

Pourquoi réformer ?
 endre la justice pénale plus rapide et plus accessible aux victimes d’infractions pénales.
► R

► Améliorer le parcours judiciaire des victimes en facilitant leur indemnisation.

Que prévoit la loi ?


► La
création d’un dispositif de dépôt de plainte en ligne : les victimes pourront désormais déposer leur plainte par voie
électronique sans devoir se déplacer au commissariat ou en brigade de gendarmerie. Il ne s’agit que d’une nouvelle
faculté pour les victimes qui pourront toujours déposer plainte librement au commissariat ou en brigade de gendarmerie.
Les conditions de mise en œuvre de ce nouveau dispositif seront précisées par voie réglementaire.
► L’assouplissement du formalisme pour se constituer partie civile devant le tribunal : les victimes qui souhaitent
demander une réparation financière du préjudice subi devant le tribunal pourront désormais se constituer partie civile par
voie électronique. Quand bien même cette demande serait tardive, elle ne sera plus automatiquement irrecevable et le
tribunal pourra l’examiner s’il a pu en prendre connaissance avant les réquisitions du procureur.
► L’obligation de renvoyer l’affaire à une audience sur les intérêts civils pour statuer sur les demandes de réparation finan-
cière lorsque qu’il n’est pas établi que la victime a bien reçu l’avis d’audience au cours de laquelle le tribunal a statué sur
le volet pénal.

Date d’entrée en vigueur Textes d’application

Plainte en ligne :
Immédiate
décret simple – arrêté
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Articles 22 et 23
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Suppression de la requête en divorce et unification de la procédure

Pourquoi réformer ?
u  e parcours processuel des époux qui divorcent comprend actuellement deux phases : il faut d’abord saisir le juge par une
L
requête initiale, puis il est nécessaire de le saisir une seconde fois, par assignation

u  ertaines caractéristiques de la procédure actuelle ne sont plus en adéquation avec les évolutions de la société et du
C
rôle du juge. Ainsi, l’idée d’une tentative de conciliation sur le principe même du divorce est assez obsolète, de même
que la notion d’autorisation d’assigner en divorce avec un privilège offert au demandeur qui seul peut agir pendant trois
mois. La confidentialité et le caractère non-contradictoire des propos tenus par chacun des époux en conciliation en
dehors de la présence de leur avocat était aussi devenue inadaptée tout comme le déséquilibre lors de l’audience de
conciliation entre le demandeur, assisté par un avocat, et le défendeur, qui pouvait se présenter seul.

Que prévoit la loi ?


u  n seul acte de saisine et une seule phase procédurale : il n’y aura plus qu’un seul acte de saisine et une phase
U
procédurale. Dès le début de la procédure, le juge pourra prononcer les mesures provisoires demandées par les
époux (à moins qu’ils y aient renoncé d’un commun accord à l’audience), constater l’engagement des parties dans une
procédure participative ou fixer un calendrier de procédure. Les échanges des parties au fond pourront avoir lieu dès la
saisine ou juste après l’ordonnance sur mesures provisoires.

 es mesures provisoires et un accès au juge conservés : toutes les mesures qui peuvent aujourd’hui être prononcées
u D
au stade de l’ordonnance de non conciliation pourront l’être dans le nouveau cadre procédural peu après la saisine
du juge des affaires familiales (JAF) au cours d’une audience sur les mesures provisoires. Le rôle assigné au juge pour
concilier les parties, s’assurer du respect de l’intérêt supérieur des enfants et veiller à l’équilibre entre les intérêts des
époux est bien évidemment maintenu. Les parties pourront être physiquement présentes lors de l’audience et formuler
des demandes de manière orale.

u  e renforcement de la place accordée aux accords des parties et aux MARD : pour favoriser le recours à la procédure
L
de divorce fondée sur l’article 233 du code civil, il est instauré un procès-verbal d’acceptation du principe du divorce par
acte contresigné par avocats qui pourra même être établi avant la saisine du juge aux affaires familiales. L’intégration
de la procédure participative comme branche pouvant être choisie dans la procédure contentieuse pourra également
permettre de donner toute sa place à la recherche d’accords entre les parties.

u  a possibilité de saisir le JAF sans indiquer le fondement de la demande en divorce et la possibilité de faire évoluer
L
le fondement de sa demande : pour éviter une éventuelle « conflictualisation » liée à la présentation du fondement
du divorce dès la saisine du juge, le demandeur pourra attendre les premières conclusions au fond pour indiquer le
fondement de sa demande. Dans le cas d’un divorce pour faute, il lui sera même interdit de l’indiquer dans l’acte de
saisine, ce qui lui imposera un délai de réflexion jusqu’aux premières conclusions au fond dans l’esprit de la réforme de
2004. En tout état de cause, le cas échéant, les parties pourront signer avec le juge un procès-verbal d’acceptation du
principe du divorce lors de l’audience sur les mesures provisoires.

1/2
u  ’impact de l’unification procédurale sur le divorce pour altération définitive du lien conjugal (article 238) :
L
Tout d’abord, la loi de programmation a réduit le délai caractérisant l’altération définitive du lien conjugal de
deux ans à un an. De plus, compte tenu de la disparition de la requête en divorce et de la phase s’écoulant entre
l’ordonnance de non-conciliation et l’assignation, l’écoulement de ce délai d’un an de séparation s’appréciera
à la saisine si celle-ci indique que le divorce est demandé sur ce fondement et au moment du prononcé du
divorce si la saisine est faite sans fondement et qu’un des époux forme cette demande ultérieurement. Il
s’agit de permettre, comme actuellement, à un époux de saisir le juge d’une demande en divorce afin que des
mesures provisoires viennent rapidement organiser la séparation du couple s’il vit encore sous le même toit alors
même qu’une saisine conjointe ou pour faute ne peut être envisagée. Le demandeur placé dans cette situation
pourra ainsi demander le divorce sur ce fondement et le délai d’un an s’écoulera pendant la procédure. En
outre, si l’autre partie conclut aussi au prononcé du divorce, l’altération définitive du lien conjugal pourra être
retenue sans que le délai d’un an ne soit exigé. En effet, l’existence de deux demandes en divorce témoigne
suffisamment d’une volonté commune des époux de mettre fin à leur mariage, donc d’une altération définitive
du lien conjugal, sans qu’il soit nécessaire d’exiger au surplus que le temps ait fait son œuvre.

 e coût : cette nouvelle procédure n’entrainera pas d’augmentation du coût du divorce. Certains justiciables
u L
verront le coût de leur divorce diminuer, notamment dans les situations simples sans enjeux de patrimoine, ni
enfants mineurs, ou lorsqu’ils ne solliciteront pas de mesures provisoires. Dans tous les cas, il n’y aura qu’un seul
acte de saisine. Pour les services de greffe, les contraintes de saisie et de gestion des dossiers seront allégées.

Date d’entrée en vigueur Textes d’application

Application soumise à décret


Décret d’application
d’application au plus tard
de procédure
le 01/09/2020

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Article 26
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La procédure sans audience

Pourquoi réformer ?
u  a création de procédures sans audience répond à la nécessité d’adapter l’offre de justice à la demande des justiciables.
L

u  ujourd’hui, le tribunal doit tenir une audience et les parties doivent être présentes ou représentées par un avocat, même
A
si la demande est très simple et que les pièces sont fournies au tribunal. Par exemple, un étudiant qui déménage de
Dunkerque pour s’installer à Strasbourg devra revenir pour une audience à Dunkerque s’il est obligé d’agir en justice contre
son propriétaire qui ne lui a pas restitué son dépôt de garantie.

Que prévoit la loi ?


u  et article prévoit que devant le tribunal de grande instance, la procédure peut, avec l’accord exprès des parties et
C
même en présence d’avocats, se dérouler sans audience.

u  our les litiges du quotidien, les justiciables pourront obtenir une décision dans un délai raccourci grâce à des échanges
P
s’effectuant de manière complètement dématérialisée, via le portail de la justice. Le juge pourra décider de tenir une
audience s’il estime qu’il n’est pas possible de rendre une décision au regard des preuves écrites, ou à la demande d’une
partie.

u  a procédure sans audience nécessite l’accord initial des parties. Elle respectera le principe du contradictoire, c’est-
L
à-dire la possibilité pour le demandeur et le défendeur de faire valoir leurs arguments et de connaître ceux de leur
adversaire. Il est attendu de ces procédures simplicité, fluidité, réduction des coûts et célérité.

Date d’entrée en vigueur Textes d’application

Procédure sans audience


Immédiate Décret en Conseil d’État
devant le TGI

Procédure dématérialisée Au plus tard le 01/01/2022 Décret en Conseil d’État


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Article 27
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La juridiction nationale de traitement dématérialisé des injonctions de payer

Pourquoi réformer ?
 a procédure d’injonction de payer est une procédure rapide et simplifiée qui permet à un créancier de demander au
u L
tribunal la condamnation sans audience de son débiteur à lui payer une somme d’argent. Le tribunal rend une décision
(ordonnance) après examen des pièces adressées par le créancier. Si celle-ci lui convient, le créancier confie à un huissier
de justice le soin de porter l’ordonnance à la connaissance du débiteur. Ce dernier peut former un recours appelé
opposition.

 rès de 500 000 procédures d’injonction de payer sont traitées en France chaque année.
u P

 insi que le préconise le rapport d’amélioration et de simplification de la procédure civile remis à la garde des Sceaux,
u A
ministre de la justice, le 15 janvier 2018, le regroupement de ce contentieux facilitera la dématérialisation et le traitement
rapide des procédures.

Que prévoit la loi ?


 et article prévoit que la procédure sera entièrement dématérialisée, et traitée par un tribunal de grande instance
u C
à compétence nationale.

 es personnes physiques n’agissant pas à des fins professionnelles et non représentées par un mandataire, ainsi que
u L
les requérants en matière d’injonction de payer européenne pourront néanmoins saisir cette juridiction par voie papier.

 n cas de contestation de l’ordonnance par le débiteur (opposition), le recours sera examiné par le tribunal de grande
u E
instance territorialement compétent.

Date d’entrée en vigueur Textes d’application

Juridiction compétente Décret

Au plus tard le 01/01/2021

Procédure Décret en Conseil d’État


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Article 31
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Exécution des décisions en matière familiale

Pourquoi réformer ?
 es pensions alimentaires impayées, ou payées seulement pour partie, ou tardivement, sont trop nombreuses. Plusieurs
u L
dispositifs récents, notamment les garanties contre les impayés de pension alimentaire proposées par les CAF (et MSA) et
la création de l’Agence de recouvrement des impayés de pensions alimentaires, améliorent la récupération des sommes
dues. Mais face aux situations matérielles dramatiques des parents qui assument la charge quotidienne de leurs enfants
sans recevoir la pension due, il faut utiliser tous les moyens possibles.
u  ar ailleurs, actuellement, notre droit ne connaît pas de mesure d’exécution forcée des décisions du juge aux affaires
P
familiales portant sur la résidence de l’enfant, le droit de visite et d’hébergement ou les autres mesures non financières
relatives aux enfants. Le recours au droit pénal ne règle pas la difficulté.
u Il est donc apparu nécessaire de mieux garantir l’exécution des décisions rendues en matière familiale.

Que prévoit la loi ?


 ne nouvelle possibilité de médiation familiale pour l’avenir : lorsque les parents ne sont plus dans l’attente de la
u U
décision judiciaire, mais se trouvent face à cette décision, qui peut ne satisfaire pleinement ni l’un ni l’autre, ils peuvent
être plus enclins à discuter pour parvenir à l’exécution volontaire, acceptable par tous, de cette décision. La loi lève les
obstacles juridiques qui empêchaient le juge aux affaires familiales d’ordonner une médiation pour l’avenir ou d’enjoindre
aux parents de rencontrer un médiateur pour recevoir une information sur ce qu’est une médiation.

u  es sanctions financières :
D
- Astreinte : pour inciter le parent qui doit exécuter à le faire, le juge peut prévoir une astreinte, c’est-à-dire l’avertir que,
s’il n’exécute pas la décision dans les délais fixés, il devra payer à l’autre une certaine somme pour chaque période
de retard. Par exemple, lorsque la décision condamne un parent à payer une pension alimentaire avant le 5e jour de
chaque mois, le juge pourra, s’il pense que c’est utile dans une affaire donnée, prévoir une astreinte de 10 € par jour
de retard dans le paiement. L’astreinte peut aussi assortir la décision portant sur le transfert de résidence de l’enfant,
ou sur le droit de visite et d’hébergement, ou la remise d’un document à l’autre parent (carte nationale d’identité de
l’enfant, carnet de santé…), etc.
- Amende civile : comme l’astreinte, l’amende civile a pour objectif d’inciter le parent qui doit exécuter à le faire.
Contrairement à l’astreinte, dont le montant évolue en fonction de la durée de l’inexécution, le montant de l’amende
civile est fixé tout de suite dans la décision, à 10 000 € maximum. L’amende civile n’est pas versée à l’autre parent mais
au Trésor public parce que c’est le non-respect de la décision de justice qui est sanctionné.

u  e recours exceptionnel à la force publique : en dernier recours, lorsque ni la pédagogie ni la médiation d’une part, ni la
L
menace ou le prononcé d’une sanction financière d’autre part, ne peuvent permettre l’exécution des dispositions d’une
décision relatives aux modalités d’exercice de l’autorité parentale, l’usage de la force publique pourra être demandée
au Procureur de la République qui appréciera, en fonction des circonstances particulières de l’affaire, si cette mesure
est appropriée.

Date d’entrée en vigueur Textes d’application

Décret de coordination
Immédiate
pour la médiation pour l’avenir
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Article 33
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Diffusion des décisions de justice

Pourquoi réformer ?
Le développement de la diffusion des décisions de justice sur internet et la mise en œuvre prochaine des dispositions
relatives à l’open data des décisions de justice de la loi n° 2016-1320 du 7 octobre 2016 pour une République numérique
imposent d’assurer l’accès de tous aux décisions de justice, tout en veillant à la sécurité des personnes et au respect de leur
vie privée.
Les régimes de diffusion des décisions de justice en ligne et de délivrance des copies par les greffes doivent être clarifiés
et mis en cohérence.
L’essentiel des décisions de justice ayant désormais vocation à être diffusées en ligne, il convient de mettre un terme
aux demandes massives de délivrance de décisions de justice et de permettre aux greffes de refuser les demandes de
décisions par les tiers.

Que prévoit la loi ?


La loi prévoit que, dans le cadre de la diffusion en open data,, les nom et prénom des personnes physiques qui sont parties
ou tiers seront occultés. Par ailleurs, il est prévu l’occultation de tout autre élément permettant d’identifier ces personnes
ainsi que des magistrats et membres de greffe en cas de risque d’atteinte à leur sécurité et au respect de leur vie privée.
Sera également prohibée la réutilisation des données d’identité des magistrats et greffiers dans un but de classement,
d’évaluation, de comparaison ou de profilage de manière plus large. Cette interdiction est assortie d’une sanction pénale.
Les tiers pourront également solliciter au greffe des juridictions la copie de décision, sous réserve des demandes non
abusives. Les éléments permettant d’identifier les parties et les tiers pourront être occultés en cas de risque d’atteinte
à leur sécurité et au respect de leur vie privée.
Ces règles s’appliquent tant à la justice administrative qu’à la justice judiciaire.

Date d’entrée en vigueur Textes d’application

Immédiate Décret en Conseil d’État


Ministère de la Justice

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Article 42
change pour vous

Agrément des associations d’aide aux victimes

Pourquoi réformer ?
►  arce que l’accompagnement par un professionnel de l’aide aux victimes est gage d’effectivité et de qualité dans
P
l’accès des victimes à leurs droits.

►  arce qu’un agrément pour les associations qui déploient la politique publique d’aide aux victimes apportera une
P
clarification pour les victimes et l’ensemble des partenaires, en structurant leur réseau et en s’appuyant sur un référentiel
national de bonnes pratiques en faveur des victimes.

Que prévoit la loi ?


►  a loi prévoit que les associations d’aide aux victimes dont le rôle est reconnu par le code de procédure pénale seront
L
désormais agréées.

Date d’entrée en vigueur Textes d’application

Au plus tard un an Décret simple


après la publication de la loi Arrêté
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Articles 44, 48 et 49
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Simplification et amélioration de l’enquête

Pourquoi réformer ?
►  méliorer la qualité et l’efficacité des enquêtes effectuées sous le contrôle de l’autorité judiciaire :
A
– en adaptant l’enquête de flagrance à la réalité et aux besoins du terrain ;
– en étendant les actes pouvant être réalisés lors de l’enquête, y compris dans le cadre préliminaire.

►  enforcer le rôle du parquet dans la direction de l’enquête et de la police judiciaire et revaloriser la fonction d’officier de
R
police judiciaire.


►  ecentrer les missions des enquêteurs et du parquet sur leurs prérogatives essentielles par la simplification des règles
R
procédurales applicables et l’assouplissement de certaines formalités.

Que prévoit la loi ?


► L’extension des pouvoirs d’enquête lors de l’enquête préliminaire :
– le juge des libertés et de la détention pourra autoriser des perquisitions sans l’assentiment des personnes concernées
si la peine encourue est d’au moins 3 ans, au lieu de 5 ans ; en contrepartie, il pourra annuler des perquisitions à la
demande des tiers non poursuivis.

► L’extension des actes pouvant être réalisés lors de l’enquête, qu’elle soit en flagrance ou en préliminaire :
– le parquet ou le juge pourront autoriser une géolocalisation pour toutes les infractions punies de 3 ans d’emprisonnement,
et non plus uniquement, s’agissant des atteintes aux biens, pour les seules infractions punies de 5 ans1 ;
– les officiers de police judiciaire pourront désormais procéder à la fouille des navires de la même façon qu’ils peuvent
procéder à la fouille des véhicules.

► La simplification de certaines dispositions relatives à la garde à vue permettant sa prolongation en vue du seul
défèrement (sauf si existe un « petit dépôt »), limitant l’obligation d’informer l’avocat lors du transport d’une personne
en garde à vue aux seuls lieux dans lesquels seront réalisés des actes nécessitant sa présence (audition, reconstitution
ou tapissage).

1/2
► L’assouplissement des modalités de prolongation de la garde à vue par le procureur à l’issue de la première période
de vingt-quatre heures : la présentation du gardé à vue sera facultative1.

► L’avis obligatoire au curateur/tuteur lors du placement en garde à vue ou de l’audition libre d’une personne protégée

Date d’entrée en vigueur Textes d’application

GAV immédiat Circulaire

1er jour du troisième mois suivant


Actes de l’enquête Circulaire
la publication soit le 01/06/2019

Immédiat
concernant les enquêtes initiées
et les perquisitions et visites
Perquisitions Circulaire
domiciliaires intervenues
à compter du lendemain
de la publication de la loi

1 Les dispositions relatives à la garde à vue, aux écoutes, à la géolocalisation et à la garde à vue seront également applicables à l’instruction. 2/2
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Article 50
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Procédure pénale numérique

Pourquoi réformer ?
►  arce qu’il est nécessaire de rendre la justice pénale plus efficace en la modernisant grâce à la dématérialisation de
P
l’ensemble du dossier de procédure et des échanges qui y sont liés.

► Parce qu’une procédure pénale totalement numérique est gage de simplification, d’efficience, de qualité et de sécurité
pour toutes les personnes concernées (justiciable, enquêteur, magistrat, greffier, avocat, conseiller d’insertion et de pro-
bation, éducateur…).

Que prévoit la loi ?


►  a consécration dans le code de procédure pénale du dossier de procédure numérique, composé à la fois des pièces
L
numérisées (c’est-à-dire scannées) et des pièces nativement numériques (c’est-à-dire générées sans impression) per-
mettra aux professionnels comme aux justiciables de bénéficier de tous les gains du numérique (moteur de recherche,
tri des données, consultation à distance, intégration de contenu multimédia), tout en les dispensant du maintien d’un
support papier et donc de ses inconvénients (tâches de reprographie, stockage physique des dossiers, altération dans le
temps des supports).

►  e dossier de procédure numérique apportera de nouvelles garanties, jusqu’alors inaccessibles, telles que l’apposition
C
d’une signature électronique qui certifiera l’identité de l’auteur de l’acte, le moment de sa signature et l’absence de toute
altération depuis. La consultation du dossier par les personnes autorisées, tout comme sa transmission, sa conservation
ou son archivage seront facilités tout en étant sécurisés.

►  ertaines formalités, obsolètes à l’ère du numérique et qui pèsent sur les professionnels, seront levées telles que l’obli-
C
gation de signature page par page ou mention par mention, l’apposition d’un sceau pour certains actes, l’obligation de
conserver un original papier alors même que celui-ci a été numérisé, la distinction entre actes originaux et copies et donc
l’obligation de certification conforme, ou encore l’obligation de placer sous scellé physique des documents ou contenus
multimédia utiles à la manifestation de la vérité.

Date d’entrée en vigueur Textes d’application

Différé/envisagé
Décret simple
pour le 04/2019
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Article 53, 54, 56


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Amélioration de l’instruction (inclus la visioconférence)

Pourquoi réformer ?
► Renforcer l’efficacité de l’instruction :
• en réduisant les délais de l’instruction, et par conséquent, la durée de la détention provisoire ;
• en garantissant la continuité des investigations entre l’enquête et l’instruction.

 aciliter le travail de l’ensemble des acteurs de la chaîne pénale par la suppression de formalités inutiles, l’assouplisse-
► F
ment de formalités trop rigides ou la simplification des règles applicables.


► Recentrer le juge d’instruction sur son cœur de métier.

Que prévoit la loi ?


► L’ouverture de l’information (art. 53) :
• le parquet pourra autoriser la poursuite de certains actes d’investigation (écoutes, géolocalisation et techniques
spéciales d’enquête) pendant quarante-huit heures maximum, le juge pouvant à tout moment y mettre fin ;
• les plaintes avec constitution de partie civile seront encadrées de façon plus pertinente :
– le procureur de la République pourra demander au juge d’instruction un délai supplémentaire de trois mois afin de
poursuivre l’enquête ;
– lorsque les faits reprochés par la victime sont de nature délictuelle et mettent en cause une personne majeure, le
juge d’instruction pourra, sur réquisitions du procureur de la République, rendre une ordonnance de refus d’infor-
mer, dès lors que toutes les investigations utiles à la manifestation de la vérité auront déjà été réalisées et que la
partie civile peut directement citer la personne mise en cause devant le tribunal correctionnel.


► Le déroulement de l’instruction (art. 54) :
• les avocats pourront, même lorsqu’ils résident dans le ressort de la juridiction, déposer leurs demandes par lettre
recommandée avec accusé de réception, sans avoir à se déplacer au greffe ;
• la mise en examen du directeur de publication pour les délits de diffamation sera possible par courrier, le juge ne
pouvant en cette matière, examiner le fond de la plainte.

► La clôture et le contrôle de l’instruction (art. 56) :


• la rigidité du mécanisme de règlement contradictoire est assouplie : les délais systématiquement applicables sauf
renonciation des parties deviennent applicables à la demande des parties ;
• le renvoi en comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité est facilité et simplifié ;
• les délais d’appel du parquet et des parties sont uniformisés ;
• la compétence du président de la chambre de l’instruction statuant à juge unique est étendue.

Date d’entrée en vigueur Textes d’application

Article 53 Immédiat Circulaire

Immédiat/1er jour du troisième


Article 54 Arrêté/circulaire
mois suivant la publication

Immédiat/1er jour du troisième


Article 55 Circulaire
mois suivant la publication
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Article 54
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Assignation à résidence sous surveillance électronique (ARSE)

Pourquoi réformer ?
►  our promouvoir l’assignation à résidence sous surveillance électronique qui permet de maintenir la personne en
P
attente de jugement dans un cadre contenant.

►  our lutter contre le phénomène de surpopulation carcérale des maisons d’arrêt et prévenir l’effet désocialisant de la
P
détention provisoire, sans nuire aux nécessités de l’information.

Que prévoit la loi ?


► Elle élargit les possibilités du prononcé de l’assignation à résidence sous surveillance électronique.

►  ’ARSE peut être prononcée sans l’accord préalable de la personne, son accord n’étant nécessaire qu’au moment de la
L
mise en place du dispositif.

►  ’ARSE peut être décidée par le juge d’instruction ou le juge des libertés et de la détention au cours d’un débat contradic-
L
toire ou au vu des réquisitions écrites du procureur de la République mais après avoir entendu les observations de la
personne mise en examen et celles de son avocat. Actuellement, seul le débat contradictoire est prévu.

►  ’ARSE peut être décidée sans recueil préalable des observations de la personne et de son avocat, par ordonnance
L
décidant d’une mise en liberté d’office. Il n’est actuellement pas possible de se dispenser du recueil de ces observations..

► L’étude de faisabilité technique de l’ARSE est réalisée par le service pénitentiaire d’insertion et de probation (SPIP) à tout
moment de l’instruction et devient obligatoire, en matière correctionnelle, si elle est demandée par la personne détenue
ou par son avocat un mois avant la date à laquelle la détention peut être prolongée, sauf décision de refus spécialement
motivée du juge d’instruction.

► E
 n cas de renvoi devant le tribunal correctionnel ou la cour d’assises et de maintien sous ARSE, il n’est plus nécessaire
d’en ordonner la prolongation tous les six mois. L’intéressé conserve la faculté d’en demander la mainlevée et la durée
totale de la mesure, compte tenu de celle exécutée au cours de l’instruction, ne peut excéder deux ans.


►  a juridiction de jugement, qui ajourne le prononcé de la peine peut ordonner le placement sous ARSE de la personne
L
jusqu’à la date de renvoi. Actuellement, cette possibilité n’est pas prévue par les textes.

Date d’entrée en vigueur Textes d’application

1er jour du troisième mois suivant


Décret/circulaire
la publication soit le 01/06/2019
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Article 58
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Clarification et extension de la procédure de l’amende forfaitaire

Pourquoi réformer ?
►  our étendre à certains délits la procédure d’amende forfaitaire délictuelle, instituée par la loi du 18 novembre 2016 de
P
modernisation de la justice du XXIe siècle (J21), dont le mécanisme est largement inspiré de celui prévu pour les contra-
ventions. En l’état du droit actuel, sont seuls concernés les délits de conduite sans permis et de conduite sans assurance.

►  our apporter une réponse pénale complémentaire, simplifiée, rapide, efficace et homogène à certains délits tout en
P
maintenant une répression de nature délictuelle de ces faits. En effet, l’amende forfaitaire fixée par la loi, dont le montant
est inférieur au maximum légal encouru, ne constitue qu’une proposition de transaction (qui, si la personne paie l’amende,
éteint l’action publique), proposition que la personne peut toujours refuser si elle conteste les faits devant le tribunal cor-
rectionnel.

► Pour permettre d’alléger significativement la charge des juridictions. Cette nouvelle option s’inscrira dans le cadre de la
politique pénale des parquets qui pourront préciser les conditions dans lesquelles le recours à l’amende forfaitaire devra
être privilégié. Ainsi, en matière d’usage de stupéfiants, la volonté de donner une orientation sanitaire pourra conduire
à privilégier un autre mode de poursuite.

Que prévoit la loi ?


►  ne extension de la procédure de l’amende forfaitaire délictuelle, y compris en cas de récidive, aux délits de vente
U
d’alcool dans un débit temporaire, de vente d’alcool à des mineurs, d’usage illicite de stupéfiants, de vente à la sau-
vette, d’occupation illicite de parties communes d’un immeuble collectif d’habitation et de transport routier avec usage
non conforme de la carte de conducteur, ainsi que la fixation du montant des amendes forfaitaires, des amendes for-
faitaires minorées et des amendes forfaitaires majorées pour chacun de ces délits.
►  our les délits de vente d’alcool dans un débit temporaire, d’usage de stupéfiants et d’occupation illicite de hall d’immeuble,
P
l’amende forfaitaire sera de 200 €, l’amende forfaitaire minorée de 150 € et l’amende forfaitaire majorée de 450 €.
►  our les délits de vente d’alcool à mineur et de vente à la sauvette, l’amende forfaitaire sera de 300 €, l’amende forfaitaire
P
minorée de 250 € et l’amende forfaitaire majorée de 600 €.
►  our le délit de non-respect des règles relatives à l’usage du chronotachygraphe, l’amende forfaitaire sera de 800 €,
P
l’amende forfaitaire minorée de 640 € et l’amende forfaitaire majorée de 1600 €.
►  ne inscription au casier judiciaire du paiement des amendes forfaitaires délictuelles et des contraventions de cinquième
U
classe, indispensable pour connaître les antécédents judiciaires de la personne.
► L a possibilité de recourir aux mesures administratives de rétention, suspension du permis de conduire ou d’immobilisa-
tion du véhicule prévues par le code de la route, même en cas de recours à l’amende forfaitaire.

Date d’entrée en vigueur Textes d’application

Différé/date sera fixée par arrêté,


Champ d’application prévu pour juin 2019 notamment Décret simple/circulaire
pour l’usage de stupéfiants

Inscription au CIN Différé/report au 01/07/2021 Décret en Conseil d’État


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Article 59
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Les alternatives aux poursuites et la comparution sur reconnaissance


préalable de culpabilité

Pourquoi réformer ?
►  our simplifier et rendre ainsi plus lisible l’architecture générale des alternatives aux poursuites.
P

►  our favoriser une réponse pénale plus rapide, plus diversifiée et mieux individualisée.
P
– en élargissant les possibilités de recourir à certaines alternatives ;
– en élargissant le panel des mesures ou des peines pouvant être proposées.

 our valoriser la justice dans sa dimension transactionnelle et pédagogique, en favorisant notamment les échanges
► P
entre les magistrats et les avocats.

Que prévoit la loi ?


► La simplification et l’extension des alternatives aux poursuites ainsi que de la composition pénale
– La suppression de la procédure de transaction pénale, très peu pratiquée en raison de ses similitudes avec la procédure
de composition pénale mieux connue des professionnels.
– L’extension de la mesure de composition pénale, qui pourra désormais être proposée par le procureur de la République
pour les personnes morales.
– La suppression de la validation de la composition pénale par le juge pour les délits punis d’une peine inférieure ou
égale à 3 ans et quand est uniquement proposée une amende de moins de 3000 euros ou la remise de la chose qui
a servi ou était destinée à commettre l’infraction ou qui en est le produit, à la condition également que sa valeur n’excède
pas 3000 euros.
– L’extension de l’interdiction de paraître dans certains lieux qui pourra désormais être prononcée dans le cadre des
alternatives aux poursuites pour une durée qui ne saurait excéder six mois, dans l’esprit des engagements pris lors de
la compagne présidentielle visant à étendre les possibilités d’interdire à un individu causant du trouble la fréquentation
d’un lieu durant un certain temps. Cette interdiction pourra être également prononcée dans le cadre d’une composition
pénale.

► L’amélioration de la procédure de comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité


– Afin de renforcer le contradictoire et d’améliorer les chances de succès de la procédure, l’échange préalable avec
le barreau déjà pratiqué dans de nombreux parquets sera consacré dans le texte sous la forme d’une faculté pour le
procureur de la République d’informer par tout moyen la personne ou son avocat des propositions qu’il envisage de
formuler avant l’audience.
– Le procureur de la République pourra proposer des peines jusqu’à trois ans d’emprisonnement toujours dans la limite
de la moitié de la peine encourue, ainsi que la révocation des sursis antérieurs mais également le relèvement d’une
interdiction, déchéance ou incapacité, ou encore l’exclusion du bulletin n° 2.

Date d’entrée en vigueur Textes d’application

GAV immédiat Circulaire


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Article 61
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Le jugement unique et l’ordonnance pénale

Pourquoi réformer ?
►  our simplifier le droit, rendre les textes plus lisibles et plus cohérents par un travail de réécriture et de redéfinition du
P
champ d’application de ces différentes procédures.


►  our élargir, dans l’objectif recherché d’une justice pénale plus efficace et rendue dans des délais plus raisonnables, le
P
champ des contentieux pouvant être jugés par une formation statuant à juge unique, en première instance comme en
appel.


►  our offrir davantage de souplesse et de latitude au procureur de la République dans sa prise de décision sur l’action
P
publique en lui permettant de recourir plus fréquemment à la procédure simplifiée de l’ordonnance pénale, qui connaît
déjà un très vif succès en ce qu’elle permet une réponse pénale rapide dans des contentieux peu complexes.

Que prévoit la loi ?


► La clarification et l’extension de la compétence du juge unique :
– par la fixation d’un seuil maximal de peine encourue de cinq ans d’emprisonnement comme critère commun à toutes
les infractions relevant de la compétence du juge unique ;
–p
 ar la désignation explicite des délits concernés dans un souci de meilleure lisibilité et de meilleure compréhension
des textes ;
–p
 ar l’extension de la compétence du juge unique à de nouveaux délits tels que la cession de stupéfiants pour
consommation personnelle, certaines atteintes à la vie privée et à l’exercice de l’autorité parentale, certains faux et
usages de faux, ce qui représentera environ 12 000 affaires supplémentaires par an relevant du juge unique ;
–p
 ar l’examen à juge unique des appels portant sur un jugement rendu à juge unique, ce qui représente une part
significative des décisions rendues en appel chaque année.

 ’extension du champ et du contenu de l’ordonnance pénale : environ 160 000 procédures d’ordonnance pénale
 ► L
sont décidées chaque année par les parquets. Cette procédure simplifiée permet au procureur de la République, pour
des faits simples et établis, de communiquer la procédure écrite et ses réquisitions au tribunal, qui statue sans débat
contradictoire préalable et peut condamner la personne par ordonnance au paiement d’une amende ainsi qu’à une ou
plusieurs des peines complémentaires encourues. La loi cherche à encourager le recours à cette procédure :
–p
 ar l’extension de la possibilité de recourir à cette procédure à tous les délits relevant du juge unique, à l’exception
des atteintes volontaires et involontaires à l’intégrité des personnes. Cette procédure sera également applicable aux
délits de diffamation et d’injure hors cas où le régime de responsabilité en cascade est applicable ;
–p
 ar la possibilité d’y recourir y compris lorsque le prévenu est en récidive légale ;
–p
 ar l’élargissement des peines pouvant être prononcées dans le cadre d’une ordonnance pénale aux peines de travail
d’intérêt général et de jours-amende.

Date d’entrée en vigueur Textes d’application

01/09/2019 Circulaire
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Article 63
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Le jugement des crimes :


la réforme de la cour d’assises et l’expérimentation d’une cour criminelle

Pourquoi réformer ?
►  our répondre à la demande des professionnels d’une simplification et d’un assouplissement du cadre procédural, afin de
P
mieux anticiper la durée prévisible des débats devant la cour d’assises et de remédier à certaines causes d’allongement
inutile des débats ou de report de l’audience.

►  our rechercher des solutions innovantes, pertinentes et respectueuses des grands principes constitutionnels à la
P
problématique d’engorgement chronique de nombreuses cours d’assises, source de délais de jugements déraisonnables
et de remises en liberté résultant de l’impossibilité de juger certains crimes1.

►  our assurer une égalité de traitement et renforcer l’effectivité de l’application de la loi en limitant les correctionnalisations
P
de certains faits criminels.

Que prévoit la loi ?


►  a simplification et l’assouplissement de la procédure de jugement devant la cour d’assises :
L
– Les délais pour faire connaître la liste des témoins avant l’audience seront plus encadrés ;
– une copie du dossier sera mise à la disposition des assesseurs avant l’audience ;
– le président pourra interrompre les déclarations d’un témoin ou lui poser directement des questions sans attendre la fin
de sa déposition ;
– la cour d’assises pourra renvoyer l’examen des intérêts civils devant le président de la cour d’assises siégeant seul à la
cour d’appel, les parties pouvant toutefois solliciter le bénéfice de la collégialité ;
– l’appel formé par l’accusé pourra se limiter à la décision sur la peine, le déroulement de l’audience en appel étant alors
simplifiée ;
– la cour d’assises spéciale pourra délibérer en étant en possession de l’entier dossier de la procédure ;
– la peine prononcée par la cour d’assises devra désormais être motivée.

►  ’expérimentation d’une cour criminelle (en première instance – ne concerne pas l’appel qui relèvera systématiquement
L
d’une cour d’assises) :
– Caractère expérimental de la réforme : pour une durée de trois ans, dans deux à dix départements désignés par arrêté.
– Composition : la cour criminelle sera composée de 5 magistrats professionnels dont, le cas échéant, un maximum de
deux magistrats honoraires juridictionnels ou exerçant à titre temporaire.
– Compétence : la cour criminelle jugera en première instance les crimes punis de quinze ou vingt ans de réclusion par
des majeurs, sans récidive, soit environ 57 % des affaires jugées correspondant à plus de 1000 affaires par an. Cette
cour est compétente pour le jugement des délits connexes mais n’est en revanche pas compétente dès lors qu’un ou
plusieurs co-accusés ne répondent pas aux conditions susmentionnées.

1 La durée d’écoulement du stock criminel est passée de 9,2 mois en 2001 à 13 mois en 2016. 1/2
–P
 rocédure : l’oralité des débats et par conséquent la durée des audiences seront allégées puisque tous les membres
du tribunal auront accès au dossier ; cela permettra notamment à la cour criminelle de juger des crimes actuellement
correctionnalisés.
–S
 iège : la cour criminelle siège au siège de la cour d’assises.
–D
 élai : La cour criminelle devra juger les personnes dans un délai d’un an au plus tard après la fin de l’instruction (au
lieu de 2 ans pour la cour d’assises).

Date d’entrée en vigueur Textes d’application

01/06/2019
Dispositions
(sauf motivation des peines :
concernant la cour d’assises
01/03/2019)

Expérimentation Dates prévisibles :


Arrêté
d’une cour criminelle 09/2019 – 09/ 2022

Rémunération des magistrats


Dates prévisibles :
honoraires désignés Arrêté
09/2019 – 09/2022
comme assesseurs

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Article 64
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Création du juge de l’indemnisation des victimes d’actes de terrorisme (JIVAT)

Pourquoi réformer ?
Les victimes d’actes de terrorisme, déjà dramatiquement éprouvées, étaient jusqu’à présent confrontées à un parcours
procédural complexe lorsqu’elles sollicitaient la réparation des préjudices subis, ce parcours s’inscrivant souvent dans le
sillage de la procédure pénale et faisant intervenir de multiples acteurs.
Il est apparu nécessaire de simplifier ce parcours tout en favorisant leur égalité de traitement.

Que prévoit la loi ?


Il donne compétence exclusive à la formation civile du tribunal de grande instance de Paris pour connaître l’ensemble
des litiges liés à la réparation des préjudices des victimes d’actes de terrorisme, qu’il s’agisse de recours contre les
décisions du Fonds de garantie des victimes des actes de terrorisme et d’autres infractions (FGTI) relatives notamment
à la reconnaissance du droit à indemnisation, à l’examen médical ou au versement de la provision, ou de demandes en
réparation dirigées contre les auteurs, au fond comme en référé. Ainsi ce contentieux particulièrement technique sera
traité par des spécialistes de la réparation du préjudice corporel.
Cette compétence exclusive a pour corollaire l’incompétence des juridictions pénales pour connaître de l’action civile
en réparation du dommage causé par une infraction constituant un acte de terrorisme. La dissociation de la réparation
civile de l’instance pénale permettra d’éviter que la dimension indemnitaire de la procédure ne retarde le déroulement
de l’information judiciaire et la tenue du procès pénal. Les victimes d’un acte de terrorisme conserveront néanmoins la
possibilité de se constituer parties civiles devant les juridictions pénales afin de mettre en mouvement ou de soutenir
l’action publique et de se voir reconnaître la qualité de victimes. À cette fin, elles pourront toujours avoir accès au dossier
de la procédure et formuler toute demande d’acte utile à la manifestation de la vérité.
Dans la phase amiable, il est également prévu de renforcer les garanties offertes aux victimes de terrorisme, en imposant
le choix par le FGTI du médecin chargé de procéder à l’examen médical des victimes sur les listes d’experts dressées
par les cours d’appel et de conférer au FGTI des pouvoirs d’auditions et d’investigations en vue de faciliter et d’accélérer
l’indemnisation.

Date d’entrée en vigueur Textes d’application

Application soumise au seul décret


Décret d’application organisant
d’application organisant
la procédure de renvoi
la procédure de renvoi
du juge pénal vers le JIVAT
du juge pénal vers le JIVAT

18 mois après publication Décret devant renforcer


de la loi pour le choix par le FGTI les garanties de l’examen médical
des experts sur les listes de CA diligenté par le FGTI
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Article 69
change pour vous

Le parquet national antiterroriste (PNAT)

Pourquoi réformer ?
►  our disposer d’une véritable force de frappe judiciaire antiterroriste en créant un ministère public dédié à la lutte contre
❖❖P
le terrorisme qui aura toute la disponibilité pour se consacrer à ce contentieux extrêmement spécifique, dans un contexte
de multiplication des projets terroristes sur le territoire national et d’augmentation du nombre de procédures liées aux
départs ou aux retours de ressortissants français sur ou depuis la zone irako-syrienne ;

► ❖❖Pour offrir à ce procureur une visibilité institutionnelle sur le plan national comme international, dès lors qu’il sera nom-
mé spécifiquement pour lutter contre le terrorisme ;

► ❖❖Pour permettre réciproquement au procureur de la République de Paris de recentrer son activité sur les contentieux,
lourds et nombreux, qui relèvent de son champ de compétence.

Que prévoit la loi ?


► La création d’une structure autonome, dédiée et spécialisée, dotée d’un réseau sur le territoire
➢- Le procureur de la République antiterroriste sera positionné, à l’instar du procureur de la République financier, près le
tribunal de grande instance de Paris. Il exercera les fonctions du ministère public, pour les affaires entrant dans son
champ de compétence, dans le cadre des enquêtes, des informations judiciaires, du jugement (tribunal correctionnel,
assises en première instance), de l’exécution et de l’application des peines.
➢- Le parquet national antiterroriste aura vocation à réunir environ vingt-cinq magistrats sous la direction du procureur de
la République antiterroriste. Ces magistrats seront assistés d’assistants spécialisés.
➢- Son champ de compétence recouvrera les infractions terroristes1, les infractions relatives à la prolifération d’armes de
destruction massive et leurs vecteurs2, les crimes contre l’humanité, les crimes et délits de guerre, et les crimes de
tortures et de disparitions forcées commises par les autorités étatiques.
➢- Le maintien de la compétence concurrente permettra de conserver un dispositif souple.
➢- Le procureur de la République antiterroriste pourra s’appuyer sur un réseau de référents désignés dans les parquets
dont les ressorts sont particulièrement exposés à la montée de l’extrémisme violent, qui auront vocation à jouer un rôle
majeur en matière de prévention de la radicalisation violente.

► Le maintien d’une capacité de mobilisation opérationnelle :


➢- Le mécanisme de la délégation judiciaire permettra au procureur de la République antiterroriste d’associer les parquets
locaux aux enquêtes qu’il dirigera, notamment en cas d’attentat de grande ampleur.
➢- Outre les dispositions du code de l’organisation judiciaire qui prévoient que le procureur général peut renforcer les
effectifs d’un parquet en cas de nécessité, la loi prévoit la création d’une réserve opérationnelle de magistrats du par-
quet de Paris à laquelle le procureur de la République antiterroriste pourra recourir en cas de crise (nouvel article
L. 217-5 du COJ).

Date d’entrée en vigueur Textes d’application

Différé/au plus tard


Décret
le 01/01/2020

1 Les infractions terroristes sont mentionnées à l’article 706-16 du code de procédure pénale.
2 Ces infractions sont mentionnées à l’article 706-167 du code de procédure pénale.
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Article 71
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L’extension des possibilités de prononcer un travail d’intérêt général

Qu’est-ce que le travail d’intérêt général ?


Le travail d’intérêt général (TIG) consiste en l’exécution d’un travail non rémunéré au profit d’une collectivité publique, d’un
établissement public, d’une personne morale de droit privé chargée d’une mission de service public ou d’une association
habilitée. Son inexécution constitue un délit.

Pourquoi réformer ?
u  our élargir le public concerné : le TIG ne peut actuellement bénéficier qu’aux personnes comparantes lors de l’audience
P
ou qui, bien qu’absentes, sont représentées par un avocat et ont fait connaitre leur accord par écrit.
u  our permettre l’accroissement de l’offre de TIG : mesure permettant la sanction de la personne condamnée tout en
P
participant directement à sa réinsertion par l’exécution d’une peine utile pour la société, son succès suppose une offre
suffisante et diversifiée de postes d’accueil.
 our encourager le prononcé de TIG d’une durée plus longue lorsque la nature des faits et la personnalité du condamné
u P
l’exigent.

Que prévoit la loi ?


►  e tribunal pourra désormais prononcer un TIG d’une durée maximale de 400 heures, au lieu de 280 heures aujourd’hui.
L

►  utre son prononcé comme peine alternative à l’emprisonnement, le TIG pourra également être exécuté dans le cadre
O
de tout aménagement de peine ou comme obligation du sursis probatoire.

►  es possibilités de prononcer un TIG en l’absence de la personne lors de l’audience seront étendues. Ainsi l’accord du
L
condamné à l’exécution de cette peine pourra être recueilli de façon différée par le juge de l’application des peines. En
cas de refus du condamné, le juge pourra alors mettre à exécution tout ou partie de l’emprisonnement ou de l’amende
fixée par la juridiction de condamnation.

► Il pourra être prononcé à l’encontre d’un mineur âgé de seize à dix-huit ans au moment de la décision dès lors qu’il était
âgé d’au moins 13 ans à la date de la commission de l’infraction.

►  titre expérimental et pour une durée de trois ans, le TIG pourra être effectué au profit d’une personne morale de droit
À
privé engagée dans l’économie sociale et solidaire et poursuivant un but d’utilité sociale ainsi qu’au profit d’une société
dont les statuts définissent une mission assignant la poursuite d’objectifs sociaux et environnementaux.
 ► Pour son application en Nouvelle Calédonie, l’habilitation des institutions de droit coutumier pour la mise en œuvre
des TIG.

Date d’entrée en vigueur Textes d’application

71-X, expérimentation Différé Décret en Conseil d’État

71-IV, absence du condamné


Immédiate
et 400 heures
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Articles 71, 73, 74, 80, 81 et 82


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Échelle des peines et nouvelles conditions de prononcé


des peines d’emprisonnement

Pourquoi réformer ?
►  our éviter le prononcé de très courtes peines d’emprisonnement, qui n’empêchent pas la récidive et peuvent être très
P
désocialisantes.

►  our assurer une meilleure compréhension de la peine : la juridiction de condamnation décide, s’il y a lieu, des modalités
P
d’exécution de la peine prononcée, en fonction des faits et de la personnalité de la personne condamnée.

 our favoriser l’exécution des peines inférieures à un an « hors les murs » afin d’éviter la désocialisation due à
► P
l’incarcération et de mieux lutter contre la récidive.

 our renforcer l’individualisation et l’adaptation de la peine : en offrant au tribunal une palette de peines plus large
► P
permettant à ce dernier de prononcer une peine mieux adaptée à la situation de la personne condamnée et donc plus
efficace.

Que prévoit la loi ?


►  ’interdiction de prononcer des peines d’emprisonnement ferme inférieures ou égales à un mois.
L

►  es peines comprises entre un et six mois s’exécuteront, par principe, sous la forme d’une détention à domicile
L
sous surveillance électronique, d’une semi-liberté ou d’un placement extérieur, sauf impossibilité résultant de la
personnalité ou de la situation du condamné.
La détention à domicile sous surveillance électronique, nouvelle peine autonome et deuxième peine dans l’échelle des peines
correctionnelles, emportera pour la personne condamnée l’obligation de demeurer dans son domicile ou dans un autre
lieu désigné par le juge, en portant un dispositif électronique permettant de vérifier qu’elle la respecte. La personne ne sera
autorisée à s’absenter que le temps nécessaire à l’exercice d’une activité professionnelle, au suivi d’un enseignement, d’un
stage, d’une formation ou d’un traitement médical, à la recherche d’un emploi, à la participation à la vie de famille ou à tout
projet d’insertion ou de réinsertion, selon des modalités fixées par la juridiction ou le juge de l’application des peines. En cas
d’inobservation des obligations fixées, de nouvelle condamnation ou d’inconduite notoire, le juge de l’application des peines
pourra limiter les autorisations d’absence de la personne de son domicile ou ordonner son emprisonnement pour la durée de
peine restant à exécuter.

►  es peines comprises entre 6 mois et un an devront aussi être aménagées, si la personnalité et la situation du condamné
L
le permettent et sauf impossibilité matérielle.
Le service pénitentiaire d’insertion et de probation (SPIP) ou le service de la protection judiciaire de la jeunesse pourront être
saisis au même titre que les personnes habilitées, aux fins de procéder à des enquêtes présententielles permettant de vérifier
la situation matérielle, familiale et sociale de la personne et la faisabilité technique de certaines peines ou aménagements de
peine.

►  i le tribunal ne possède pas les éléments lui permettant de déterminer la mesure d’aménagement la plus adaptée,
S
il pourra ordonner que la personne condamnée soit convoquée devant le juge de l’application des peines afin qu’il
envisage cet aménagement, si la peine est inférieure ou égale à un an.

►  ’il estime qu’une peine d’au moins six mois ne doit pas être aménagée, il pourra décerner un mandat de dépôt à effet
S
différé, la personne condamnée étant alors convoquée dans le mois suivant devant le procureur de la République afin
que ce dernier fixe la date d’incarcération (elle ne sera pas convoquée devant le JAP en vue d’un aménagement comme
actuellement).

1/2
►  st créé le sursis probatoire, qui reprend le régime du sursis avec mise à l’épreuve et du sursis avec obligation d’effectuer
E
un TIG, et pourra également comprendre les obligations et interdictions actuellement prévues dans le cadre de la
contrainte pénale (TIG, injonction de soins), ainsi que l’obligation d’accomplir l’un des stages prévus à l’article 131-5-1
du code pénal. Les juridictions de jugement et, tout au long de la peine, le juge de l’application des peines, pourront
adapter la nature du suivi à la nature des faits commis, à la situation de la personne condamnée et à son évolution. Si
un accompagnement socio-éducatif soutenu est nécessaire, le sursis probatoire pourra consister en un suivi renforcé.
En cas de non-respect des obligations ou de condamnation pour une nouvelle infraction, le sursis probatoire pourra être
révoqué en tout ou partie.
►Stage existantes, et leur régime sera harmonisé : délai d’exécution (< 6 mois) ; durée du stage (< 1 mois), point de départ
de l’exécution, coût à la charge du condamné (< 450€) sauf décision contraire.

Date d’entrée en vigueur Textes d’application

74-1 et 74-2
Un an
(peine de moins d’un mois
après la publication de la loi
et aménagement par le tribunal)

71-III (stage), 74-II (DDSE) 74-III un an


(mandat de dépôt différé), après la publication de la loi Décret CE et décret simple
80 & 81 (sursis probatoire) 24/03/2020

2/2
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Article 83
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La libération sous contrainte

Qu’est-ce que la libération sous contrainte ?


La libération sous contrainte (LSC) s’inscrit dans le cadre d’un retour progressif à la liberté. Ses modalités de mise en œuvre
et sa conception se distinguent de la libération conditionnelle au sens où elle ne constitue pas un aménagement « octroyé »
en fonction des « efforts » effectués par la personne condamnée, mais une étape normale et nécessaire de l’exécution
d’une peine, destinée à encadrer et accompagner une personne condamnée à une courte ou moyenne peine, sortant
de détention.
Il s’agit d’une mesure pouvant être octroyée par le juge de l’application des peines suite à un examen systématique en
commission de l’application des peines (CAP) de la situation pénale de toutes les personnes exécutant une ou plusieurs
peines privatives de liberté d’une durée totale inférieure ou égale à 5 ans dans la perspective d’un octroi aux deux tiers
de leur peine.
La libération sous contrainte met fin à l’incarcération de la personne et la place sous le régime de la libération conditionnelle,
de la détention à domicile sous surveillance électronique, du placement à l’extérieur ou de la semi-liberté, pour une durée
égale à la durée de l’emprisonnement restant à subir.

Pourquoi réformer ?
►  our une meilleure efficacité de la mesure afin de favoriser les sorties de détention anticipées et encadrées, et d’éviter les
P
sorties « sèches » sans accompagnement.

►  our alléger le travail de la commission d’application des peines en supprimant l’examen inutile de certaines situations.
P

Que prévoit la loi ?


►  n octroi par principe de la libération sous contrainte. Le juge de l’application des peines ne pourra désormais refuser
U
l’octroi de la mesure qu’en constatant, par ordonnance spécialement motivée, qu’il est impossible de la mettre en
œuvre.

►  n examen anticipé de la situation de la personne, afin que sa libération puisse effectivement intervenir lorsque la
U
durée de la peine accomplie est au moins égale au double de la durée de la peine restant à subir.

►  a commission d’application des peines ne sera plus tenue d’examiner la situation des personnes condamnées qui
L
auront préalablement refusé la libération sous contrainte ou pour lesquelles une requête en aménagement de peine
est pendante devant la juridiction de l’application des peines.

Date d’entrée en vigueur Textes d’application

3 mois après la publication


Art.83 Décret simple
01/06/2019
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Article 87
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Vote par correspondance des détenus

Pourquoi réformer ?
►  arce que les modalités de vote traditionnelles que sont le vote à l’urne et la procuration sont souvent inaccessibles aux
P
personnes détenues pour des raisons tant pratiques que juridiques.

►  arce que l’exercice de leur droit de vote par les personnes détenues leur permet de retrouver leur identité de citoyen et
P
constitue un vecteur d’insertion dans leur parcours d’exécution de la peine.

►  arce que la création d’une nouvelle modalité de vote pour les détenus nécessite la mise en place d’une procédure
P
sécurisée garantissant le caractère personnel et secret du vote.

Que prévoit la loi ?


►  a loi permet aux personnes détenues de voter par correspondance pour les élections européennes du 26 mai 2019 et
L
institue pour cela une commission électorale nationale et indépendante.

►  oute personne incarcérée pourra, avant le 5 avril 2019, choisir de voter par correspondance sous pli fermé pour le
T
scrutin du 26 mai 2019 ; ce choix est irrévocable.

►  ’Institut national de la statistiques et des études économiques (INSEE) vérifiera que les personnes détenues qui ont
L
choisi de voter par correspondance sont bien inscrites sur les listes électorales.

►  a commission électorale déclarera admises à voter par correspondance les personnes détenues ayant fait ce choix et
L
qui sont effectivement inscrites sur les listes électorales.

►  es personnes admises à voter par correspondance pourront, quelques jours avant le 26 mai 2019, effectuer leur choix
L
au sein de leur établissement pénitentiaire ; les enveloppes contenant leur bulletin de vote seront acheminées depuis
les établissements jusqu’à la commission électorale de façon sécurisée.

►  e 26 mai 2019, la commission électorale procèdera au dépouillement des votes reçus de l’ensemble des établissements
L
pénitentiaires et au recensement des votes.

Date d’entrée en vigueur Textes d’application

Décret en Conseil d’État

Application immédiate

Arrêté du ministre de l’intérieur


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Article 90
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Faciliter la construction de nouvelles prisons

Pourquoi réformer ?
Pour faire face à l’urgence de réduire la surpopulation carcérale, qui dégrade les conditions de travail des personnels et la
prise en charge des détenus, 7 000 places de prison doivent être livrées d’ici 2022 et 8 000 autres lancées à la même date
dont la livraison s’échelonne jusqu’en 2027. Pour y parvenir, il est nécessaire de pouvoir accélérer les délais de construction
des nouveaux établissements pénitentiaires si nécessaire.

Que prévoit la loi ?


La loi instaure, pour les opérations initiées avant fin 2022, quatre mesures dérogatoires destinées à réduire les délais à
chaque étape importante du processus de construction :

u  ans le cadre de l’évaluation environnementale des projets, il sera possible de substituer à l’enquête publique classique
d
la procédure de participation du public par voie électronique prévue par le code de l’environnement. La synthèse des
observations formulées sera réalisée par un garant nommé par la commission nationale du débat public ;

u la mobilisation de terrains pourra nécessiter des expropriations, même si les acquisitions amiables seront privilégiées. Le
texte permet de recourir à la procédure d’expropriation d’extrême urgence en cas d’apparition de difficultés susceptibles
de retarder une opération de construction ;

u l’implantation de nouveaux établissements nécessite fréquemment l’adaptation des documents d’urbanisme. Afin de
mettre en compatibilité simultanément plusieurs documents sans devoir recourir à des procédures de révision longues
et complexes, il pourra être fait usage de la procédure intégrée prévue par le code de l’urbanisme ;

u  our faciliter l’implantation d’un établissement pénitentiaire sur leur territoire, les collectivités territoriales, leurs
p
établissements publics ou leurs groupements pourront céder un terrain à l’État gratuitement ou avec décote.

Date d’entrée en vigueur

Application immédiate
sauf pour le II
(prise de possession par décret pris sur
l’avis conforme du Conseil d’état)
31/12/2022
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Article 93
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Réforme de l’ordonnance du 2 fevrier 1945 relative a l’enfance délinquante

Pourquoi réformer ?
La justice des mineurs entend se doter de nouvelles réponses éducatives à disposition des magistrats face aux actes de
délinquance commis par les mineurs. Des dispositifs sont ainsi créés afin de répondre à plusieurs objectifs :

►  ne meilleure adaptabilité des modes de prise en charge susceptibles de répondre à la situation individuelle et aux
u
besoins de chacun des mineurs concernés,

►  ne prévention plus efficace de la récidive,


u

►  ne réinsertion favorisée des mineurs,


u

►  n accompagnement des mineurs renforcé et continu,


u

►  ne lutte accrue contre les ruptures de parcours qui font obstacle à la sortie de délinquance.
u

Que prévoit la loi ?


►  a création à titre expérimental d’un nouveau mode de prise en charge : la mesure éducative d’accueil de jour, troisième
L
voie entre le milieu ouvert et le placement, afin :
• d’assurer, dans un cadre collectif, la prise en charge pluridisciplinaire, intensive et contenante d’un mineur à partir d’un
emploi du temps individuel, structuré, adapté aux besoins spécifiques de ce mineur afin de répondre aux difficultés des
mineurs les plus éloignés d’un rythme de vie adapté à leur insertion sociale et de proposer des solutions pour résoudre
l’inactivité ou l’absence de projet de certains d’entre eux ;
• de remobiliser le mineur à partir d’un projet éducatif global intégrant des objectifs d’insertion sociale, scolaire et
professionnelle, et vise à le rapprocher des dispositifs du droit commun, gage essentiel au processus de sortie de la
délinquance.

►  ’accueil temporaire dans le cadre d’un placement en centre éducatif permettant au juge d’ordonner, un accueil du
L
mineur dans d’autres lieux (établissement éducatif plus ouvert, famille d’accueil, foyer de jeunes travailleurs…)
• cet accueil permet de préparer au mieux la sortie du centre éducatif fermé et notamment le retour en famille, ou dans
une structure moins contraignante afin d’en atténuer les effets déstabilisants, de prévenir plus efficacement la récidive,
de favoriser la réinsertion des mineurs, et de garantir pour ces derniers un accompagnement renforcé et continu ;
• si le mineur ne respecte pas les obligations qui lui ont été judiciairement fixées pendant cette période, il encourt la
révocation de la mesure de sureté ou de la peine, ou bien le retrait de l’aménagement dans le cadre duquel il est placé
en centre éducatif fermé.

►  ’instauration de droit de visite et d’hébergement dans le cadre d’un placement pénal, afin de pallier au silence de
L
l’ordonnance du 2 février 1945 sur ce point :
• l’octroi progressif de droits de visite et d’hébergement aux parents permet de préparer le retour du mineur dans sa
famille au terme du placement ;
• cela permettra également de donner une base légale au dispositif innovant de placement avec large présence
à domicile.
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Article 94
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Diversification des modes de prise en charge des mineurs


auteurs d’infractions pénales

Pouquoi réformer ?
► Pour personnaliser la réponse judiciaire aux actes de délinquance commis par des mineurs.

► Pour favoriser leur insertion personnelle, familiale et sociale.

► Pour prévenir la récidive.

Que prévoit le projet ?


►  a création à titre expérimental d’un nouveau mode de prise en charge : la mesure éducative d’accueil de jour, troi-
L
sième voie entre le milieu ouvert et le placement, afin d’assurer l’accueil collectif de mineurs déscolarisés et sans projet,
selon un emploi du temps adapté individuellement.

 ’accueil temporaire dans le cadre d’un placement en centre éducatif fermé permettant au juge d’ordonner, un accueil
 ► L
du mineur dans d’autres lieux (établissement éducatif plus ouvert, famille d’accueil, foyer de jeunes travailleurs…) afin de
préparer la sortie du centre éducatif fermé ou de gérer une situation de crise.
Si le mineur ne respecte pas les obligations qui lui ont été judiciairement fixées pendant cette période, il encourt la révo-
cation de la mesure de sureté ou de la peine, ou bien le retrait de l’aménagement dans le cadre duquel il est placé en
centre éducatif fermé.

► L
 ’instauration de droit de visite et d’hébergement dans le cadre d’un placement pénal, afin de pallier le silence de
l’ordonnance du 2 février 1945 sur ce point :
• l’octroi progressif de droits de visite et d’hébergement aux parents permet de préparer le retour du mineur dans sa
famille au terme du placement ;
• il donne également une base légale au dispositif innovant de placement avec large présence à domicile.

►  ’encadrement de l’autorité parentale en cas de placement du mineur au pénal, pour permettre au juge des enfants
L
d’autoriser ponctuellement le service gardien auquel le mineur est confié au titre de l’ordonnance du 2 février 1945
à exercer un acte relevant de l’autorité parentale :
• cette autorisation permet de pallier les difficultés engendrées par les carences des titulaires de l’autorité parentale
ou leur opposition contraire à l’intérêt du mineur ;
• elle permet aussi de répondre aux difficultés rencontrées dans la prise en charge des mineurs non accompagnés,
dépourvus de représentant légal.

Date d’entrée en vigueur Textes d’application

Immédiate

31/08/2019 au plus tard


Arrêté
(mesure d’accueil de jour)
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Article 94
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Encadrement des dispositions relatives aux mesures de sûreté

Pouquoi réformer ?
► Parce que les mineurs doivent bénéficier de procédures adaptées à leur âge.

►  arce que les plus jeunes ne saisissent pas toujours les enjeux d’un contrôle judiciaire, notamment à l’occasion d’un
P
placement en centre éducatif fermé.

Que prévoit le projet ?


►  a précision des conditions de révocation du contrôle judiciaire des mineurs âgés de 13 à 15 ans, afin de tenir compte
L
de l’immaturité des plus jeunes. Ainsi, une simple fugue ne permettra plus d’incarcérer un mineur de 13 à 15 ans :
• La révocation du contrôle judiciaire des mineurs de 13 à 15 ans et le placement en détention provisoire ne
peuvent dorénavant être ordonnées qu’en cas de violations répétées ou de violation d’une particulière gravité
des obligations imposées au mineur et lorsque le rappel ou l’aggravation de ces obligations n’est pas suffisante
pour lui permettre de se reprendre.


►  a réduction de la durée du maintien en détention provisoire des mineurs de 13 à 15 ans en matière délictuelle, afin de
L
limiter la détention provisoire lorsque la procédure est en état d’être jugée, développer les alternatives à l’incarcération
et juger plus rapidement ces affaires :
• Pour les mineurs de 13 à 15 ans, en matière délictuelle, la durée de détention provisoire entre l’ordonnance de
renvoi et le jugement du mineur ne peut plus dépasser deux mois, renouvelable une fois pour une durée d’un
mois.
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Article 95
change pour vous

La fusion des tribunaux d’instance et des tribunaux de grande instance

Pourquoi réformer ?
L’organisation des juridictions civiles de première instance est complexe pour le justiciable : tribunal de commerce, conseil
des prud’hommes, tribunal de grande instance, tribunal d’instance se partagent les contentieux.

S’agissant des tribunaux de grande instance et des tribunaux d’instance, aux règles essentielles de répartition des
contentieux entre ces deux juridictions, notamment fondées sur le montant du litige, se sont ajoutées une liste importante
de compétences particulières issues d’une pluralité de codes et de textes.

La fusion des tribunaux de grande instance et des tribunaux d’instance doit permettre de restaurer la lisibilité de la première
instance pour le justiciable, qui pourra ainsi s’adresser à une juridiction unique.

Que prévoit la loi ?


Elle prévoit la fusion du tribunal de grande instance et du tribunal d’instance. Lorsque le tribunal de grande instance I et
le tribunal d’instance sont situés dans la même ville, ils deviennent une juridiction unique, située sur un ou plusieurs sites,
dénommée tribunal judiciaire. Lorsque le tribunal d’instance n’est pas situé dans la même ville que le tribunal d’instance, il
devient une chambre de proximité du tribunal judiciaire, dénommée tribunal de proximité.

Les compétences de cette chambre de proximité, qui seront celles des actuels tribunaux d’instance, seront déterminées
par décret.

Au-delà de ce socle de compétences, des compétences supplémentaires pourront être attribuées aux tribunaux de
proximité par les chefs de cour, après avis des chefs de juridiction, en fonction du besoin de justice sur un territoire donné.

Le maillage judiciaire existant est maintenu dans sa complétude.

Les affectations des magistrats et des fonctionnaires se feront directement au sein des tribunaux de proximité: ils y seront
statutairement attachés, et leur nomination ne pourra pas être remise en cause. Il s’agit là d’une garantie aussi bien pour
les magistrats et fonctionnaires que pour l’indépendance de la justice.

Ces dispositions entreront en vigueur le 1er janvier 2020.

Date d’entrée en vigueur Textes d’application

Décret en Conseil d’État

01/01/2020

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Article 95 I 17°
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La création de pôles spécialisés au sein des TGI dans un même département

Pourquoi réformer ?
Lorsqu’il existe plusieurs tribunaux judiciaires dans un même département, l’éparpillement du traitement de certains
contentieux techniques en matière civile ou pénale est un frein à la spécialisation des magistrats, gage de qualité et
d’efficacité.

Que prévoit la loi ?


Elle permet, lorsqu’il existe plusieurs tribunaux judiciaires dans un département, que l’un d’entre eux soit désigné par
décret, sur proposition des chefs de cour après avis des chefs de juridiction et consultation des conseils de juridiction, pour
connaître pour l’ensemble du département de certaines matières définies par décret en Conseil d’État.

Cette disposition ne concerne que les départements dans lesquels il existe plusieurs tribunaux judiciaires. Dans 37 dépar-
tements il y a deux tribunaux judiciaires et 11 en comptent au moins trois.

Cette disposition vise à améliorer la qualité des décisions rendues, harmoniser la réponse judiciaire au sein d’un même
département et renforcer les échanges avec les partenaires.

La spécialisation de certains tribunaux judiciaires dans le ressort d’un même département concernera les contentieux
civil ou pénal, de grande technicité et de faible volumétrie. Pour les délits, cette spécialisation ne pourra concerner les
infractions à juge unique, sauf cas limitativement prévus par la loi.

Date d’entrée en vigueur Textes d’application

01/01/2020 Décret en Conseil d’État


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Article 97
change pour vous

Coordination des parquets dans un département

Pourquoi réformer ?
Pour améliorer l’efficacité et la lisibilité de la conduite de la politique partenariale dans les départements dans lesquels
plusieurs tribunaux de grande instance sont implantés, actuellement rendue complexe par la multiplication des interlocuteurs
judiciaires vis-à-vis des autres services et administrations de l’État.

Que prévoit la loi ?


Dans les départements comprenant plusieurs tribunaux judiciaires, le procureur général pourra confier à l’un des procureurs
de la République un rôle de coordination dans la mise en œuvre d’une politique partenariale définie, civile ou pénale.

Ce procureur de la République pourra représenter, sous l’autorité du procureur général, l’ensemble des parquets dans le
cadre de leurs relations avec les autorités administratives du département.

Il tiendra les autres procureurs informés de ses diligences et rendra compte au procureur général.

Date d’entrée en vigueur Textes d’application

Liste des matières pouvant faire


Décret en Conseil d’État
l’objet d’une coordination
01/01/2020

Fixation des tribunaux Décret


Ministère de la Justice

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20
22
LOI DE PROGRAMMATION 2018-2022 ET DE RÉFORME POUR LA JUSTICE
ic
Just

La justice

Article 106
change pour vous

Expérimentation dans deux régions d’une nouvelle organisation


des cours d’appel

Pourquoi réformer ?
Les cours d’appel sont en interaction avec de nombreuses administrations de l’État qui ont adapté leur organisation à la
réforme territoriale des régions administratives. Ainsi, une région peut comporter en son sein jusqu’à 5 sièges de cour
d’appel. La multiplicité des interlocuteurs judiciaires au sein d’une même région peut nuire à la cohérence de leur action.

Sur le plan juridictionnel, certaines matières relevant des cours d’appel sont de plus en plus techniques et nécessitent que
des magistrats soient spécialisés. Or de nombreuses cours d’appel ne connaissent que d’un trop faible nombre d’affaires sur
ces matières très techniques.

Que prévoit la loi ?


La loi prévoit une expérimentation pour une durée de trois ans dans deux régions, selon deux modalités :

►  a possibilité de conférer à des chefs de cour d’appel des fonctions d’animation et de coordination sur un territoire qui
L
s’étend aux ressorts des cours d’appel situées dans une même région. L’objectif est d’améliorer l’accès au service public
de la justice et d’en favoriser la qualité ainsi que d’assurer la cohérence de son action, notamment vis-à-vis des services
et administrations de l’État et des collectivités territoriales.

►  a possibilité de spécialiser une cour d’appel dans certains contentieux civils pour un territoire s’étendant aux ressorts
L
des cours d’appel d’une même région, selon des critères de volume et de technicité,

Date d’entrée en vigueur Textes d’application

Durée de 3 ans à partir


Décret
du lendemain de la publication