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Techniques de fluidisation

par Khalil SHAKOURZADEH


Docteur d’État ès sciences physiques
Enseignant-chercheur au département de génie des procédés industriels
de l’Université de technologie de Compiègne

1. Présentation générale............................................................................. J 3 390 - 2


2. Régimes de fluidisation.......................................................................... — 2
2.1 Phénomène de fluidisation ......................................................................... — 2
2.2 Effet des propriétés physico-chimiques des particules ............................ — 3
2.3 Classement selon la taille des particules et la vitesse de fluidisation..... — 3
3. Lits fluidisés bouillonnants ................................................................... — 4
3.1 Description générale d’une installation type............................................. — 4
3.2 Rôle de la grille de fluidisation, conception et critères à considérer ...... — 4
3.3 Expansion et bullage de la suspension ..................................................... — 6
3.4 Transfert de matière bulle/suspension....................................................... — 7
3.5 Entraînement et envol des particules......................................................... — 7
4. Fluidisation turbulente, lits transportés, lits circulants............... — 8
4.1 Lits circulants ............................................................................................... — 9
4.2 Lits transportés (risers) ............................................................................... — 9
4.3 Calculs de la concentration et du débit de la phase solide ...................... — 9
5. Transfert de chaleur en milieux fluidisés .......................................... — 10
5.1 Lit fluidisé en tant qu’échangeur ................................................................ — 10
5.2 Influence des paramètres du système sur le coefficient d’échange........ — 11
5.3 Estimation du coefficient d’échange .......................................................... — 11
6. Dispositifs périphériques....................................................................... — 11
6.1 Cyclones ....................................................................................................... — 11
6.2 Jambes de retour, siphons ......................................................................... — 12
7. Techniques particulières de mesures ................................................. — 13
7.1 Techniques optiques.................................................................................... — 13
7.2 Mesure de débit de circulation de la phase solide ................................... — 14
8. Applications industrielles............................................................................ — 15
8.1 Classement des procédés ........................................................................... — 15
8.2 Risques industriels et environnementaux ......................................... — 16
Notations et symboles .................................................................................... — 18
Références bibliographiques ......................................................................... — 20

a fluidisation consiste à faire passer une phase fluide (très souvent un gaz) à
L travers un lit de particules, supportées par une grille, pour les mettre en sus-
pension. Le terme fluidisation vient du fait que la suspension gaz/solide est ame-
née dans un état semblable à celui des fluides. Par exemple, si l’on inclinait le lit
fluidisé, la surface de la suspension reste horizontale et ne suivrait pas le mou-
vement du récipient. On peut aussi plonger un objet dans le lit fluide sans une
résistance particulière de la suspension, comme ce serait le cas pour un fluide.
Cet état est dû au fait que les forces de frottement particule/particule sont géné-
ralement négligeables (exception faite des poudres cohésives) bien que les par-
ticules soient relativement libres de leurs mouvements.

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TECHNIQUES DE FLUIDISATION ___________________________________________________________________________________________________________

1. Présentation générale 2. Régimes de fluidisation


Cette technique de mise en contact présente un certain nombre
d’avantages qui sont à la base de son véritable développement dans 2.1 Phénomène de fluidisation
les années qui ont suivi la Seconde Guerre mondiale. Les propriétés
les plus avantageuses de la fluidisation sont les suivantes :
— la phase solide est parfaitement mélangée au sein de la sus- Pour un lit de particules donné, l’état de la suspension change en
pension. De ce fait, le lit fluidisé est tout à fait homogène en tempé- fonction de la vitesse de fluidisation. En augmentant de façon pro-
rature. Cette homogénéité donne aux lits fluidisés un avantage gressive le débit de fluidisation (en pratique nous utiliserons la
indéniable par rapport aux lits fixes qui sont souvent soumis à un notion de vitesse de fluidisation qui correspond à la vitesse en fût
fort gradient de température ; vide), nous observons les phénomènes suivants (figure 1) :
— le coefficient de transfert de chaleur entre la suspension et — aux très faibles vitesses de gaz, les particules sont immobiles.
les tubes échangeurs est très élevé [couramment entre 200 et Aucune fluidisation ne se produit ;
600 W/(m2 · K)] et permet de chauffer ou de refroidir le matériel de — à une vitesse Umf que nous appellerons vitesse minimale de
façon efficace ; fluidisation, les particules bougent légèrement et se mettent en sus-
— le lit fluidisé peut fonctionner en mode opératoire discontinu pension. La suspension reste homogène et aucune bulle n’apparaît
(batch) ou continu (semi-batch ou ouvert). En effet, étant donné la sous cette condition ;
facilité de prélèvement et d’ajout de particules solides dans le lit flui- — à une vitesse légèrement supérieure à Umf des bulles apparais-
disé pendant sa marche, la phase solide peut être au besoin renou- sent. Nous l’appellerons la vitesse de bullage U°. Sauf pour les par-
velée continuellement ; ticules de grosse taille, cette vitesse est très proche de Umf et peut
— la vidange et le nettoyage des lits fluidisés se font très facile- être confondue avec celle-ci. En pratique industrielle, on considère
ment, comme pour un réservoir d’eau. que le bullage commence pratiquement au minimum de
fluidisation ;
Les avantages fournis par la technique de fluidisation ne sont pas — en augmentant la vitesse de fluidisation et sur une plage opé-
sans contrepartie. En effet, on peut relever un ou deux inconvé- ratoire relativement large, le lit reste fluidisé. Dans ce régime, les
nients majeurs à ce procédé : bulles ont une forme régulière, souvent sphérique mais avec une
— l’attrition des particules par un frottement permanent entre- calotte inférieure remplie de particules solides (la traînée). Ce
elles, qui cause une diminution progressive de la taille des particu- régime de fonctionnement est appelé la fluidisation bouillonnante
les d’une part, et la formation de fines particules susceptibles de et correspond à celui qui est le plus souvent utilisé ;
s’envoler facilement d’autre part ; — au fur et à mesure que la vitesse de fluidisation augmente, la
— comme nous le verrons au paragraphe 2.1, aux régimes opéra- taille et le nombre des bulles croissent progressivement et l’agita-
toires les plus intéressants, un phénomène de ségrégation se pro- tion de la suspension devient de plus en plus violente. Cette agita-
duit dans les lits fluidisés et des bulles apparaissent au sein de la tion est produite par l’ascension des bulles et par le fait qu’elles
suspension gaz/solide. Si le mouvement ascendant de ces bulles entraînent dans leur sillage une partie de la suspension. À des vites-
contribue largement à l’agitation et à l’homogénéisation de la sus- ses importantes, la forme des bulles devient irrégulière. On appelle
pension, par contre, il véhicule rapidement le gaz du bas vers le ce régime la fluidisation turbulente ;
haut du lit fluidisé et diminue le temps de contact gaz/solide. Ainsi, — quand on dépasse la vitesse terminale de chute libre des par-
le transfert de matière entre les bulles et la suspension devient sou- ticules (Ut), celles-ci quitte le lit fluidisé avec le courant gazeux. Si
vent une étape limite dans les procédés de transformation où le lit l’on empêche la vidange du lit en récupérant les particules dans des
fluidisé est employé en tant que « réacteur chimique » (se référer dispositifs annexes, pour les réintroduire dans le lit fluidisé, un nou-
aux articles [J 4 100] Calcul des réacteurs à lits fluidisés et [J 1 065] veau régime de fluidisation s’établit. On appelle ce régime le lit
Éléments de mécanique des fluides. Application aux milieux transporté. Le système avec recirculation est appelé couramment le
poreux). lit fluidisé circulant.

z (m)

hmf

P (kPa)

Fluide Fluide Fluide

a au minimum b lit bouillonnant c fluidisation


de fluidisation turbulente

Figure 1 – Changement d’état d’un lit de particules au fur et à mesure que la vitesse de fluidisation croît

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∆P (kPa)
104

ρs – ρf (kg/m3)
Lit fixe Lit bouillonnant Lit transporté
5 x 103 Fluidisation
B irrégulière
Fluidisation D
facile
2 x 103 A
Fluidisation
103 relativement
vement
facile
Umf Ut U (m/s)
5 x 102 C
Figure 2 – Évolution de la perte de charge totale d’un lit de particules
Cohésives
en fonction de la vitesse de fluidisation (fluidisation
2 x 102 difficile)

Un solide mis en suspension possède des propriétés d’écoule- 102


ment similaire à celles d’une phase liquide. Ainsi, le profil de pres- 10 20 50 100 200 500 1 000 2 000
sion suivant la hauteur de la suspension dans un lit fluidisé est en dP (µm)
général parfaitement linéaire (figure 1). Cette propriété permet de
définir le niveau de la surface du lit (pour un système fermé et opa-
que), par extrapolation de la droite du profil de pression. Figure 3 – Classement des particules selon le diagramme de Geldart

Si l’on étudie les variations du gradient total de la pression (entre


le fond et la surface du lit), en fonction de la vitesse de fluidisation,
on obtient le diagramme de la figure 2. On constate que ce gradient
de pression reste constant dans la plage des vitesses comprises
Particules groupe C Particules groupes A et B Particules groupe D
entre Umf et Ut . Ce phénomène est dû au fait que la pression néces-
saire pour maintenir le lit fluidisé en suspension correspond au
1
3

Vitesse
itesse terminale
Vitesse réduite U *

 µ ρρ ρ 
poids de la suspension par unité de surface du lit. des particules (Ut )
( s – f)

L’évolution de ∆P avant la vitesse Umf correspond à celle des lits


2
f

fixes (se référer à l’article traitant les Contacteurs gaz/solide). Quant


aux régimes des vitesses très élevées (lit transporté), le gradient de 10
g

pression diminue légèrement à cause d’une ségrégation importante Lits


U* = U

transportés
dans le système gaz/solide.

2.2 Effet des propriétés Lits


physico-chimiques des particules 1 circulants
Lits
mobiles
La variété des installations industrielles utilisant la technique de Fluidisation
fluidisation est impressionnante. La taille des particules mises en Lits fluidisés
bouillonnants des grosses
fluidisation peut varier de 15 à 6 000 µm. Il est évident que la vitesse particules
nécessaire à la fluidisation de fines particules est nettement infé-
rieure à celle employée pour la fluidisation de grosses particules. 10–1
Par ailleurs, l’état de la fluidisation dépend fortement de la nature
des particules.
Afin de classer les particules de nature diverse selon leur aptitude Lits fixes
à la fluidisation, Geldart [1] propose un diagramme empirique dans
lequel les solides sont répartis en quatre catégories (figure 3) :
— poudres fines et cohésives, fluidisation difficile (catégorie C) ; 10–2
— particules fines à fluidisation relativement facile (catégorie A) ;
— particules à fluidisation très facile (du type sable – catégorie B) ; Minimum de fluidisation
— grosses particules dont la fluidisation nécessite une vitesse
relativement importante, avec des bulles d’une forme aplatie et irré-
gulière (catégorie D). 1 10 102
Diamètre réduit des particules d *
p

 
1
g ( ρs – ρf ) 3
2.3 Classement selon la taille d*
P = dP 2
µ
des particules et la vitesse
de fluidisation Figure 4 – Diagramme de Reh

Reh [2] propose un diagramme dont l’abscisse correspond à la


taille des particules et l’ordonnée à la vitesse de fluidisation (les en plusieurs zones correspondant chacune à un régime de fluidisa-
deux paramètres sont dimensionnés). Ainsi, il divise ce diagramme tion spécifique (figure 4).

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La zone de la fluidisation bouillonnante y est représentée sous


forme d’une large bande qui coupe le diagramme sur la diagonale Émission des
particules fines
faibles vitesses / particules fines, fortes vitesses / grosses particules.
Cette zone est délimitée par deux courbes. La première correspond
au minimum de fluidisation et la seconde à la vitesse terminale de
chute libre des particules. Cyclone
secondaire
Parmi les autres zones, celles des lits circulants et des lits trans-
Zone de désengagement
portés sont les plus remarquables. La première correspond à la flui- des particules
disation des particules relativement fines à des vitesses supérieures
à Ut . Une application industrielle remarquable de ce régime est
celle des réacteurs de combustion de charbon de certaines centrales
thermiques. Le terme lit circulant employé pour ce régime de fluidi- Pulvérisation
sation vient du fait que le solide quitte le lit fluidisé et que, par con-
Jambe de
séquent, il doit être récupéré et réintroduit dans le lit. Cette Alimentation retour des
opération est réalisée au moyen d’appareils périphériques (cyclo- en particules particules
nes, jambe de retour...) qui sont présentés au paragraphe 6.
Suspension
Juste au-dessus de la zone des lits circulants, se trouve une autre gaz /solide
zone dont le régime de fonctionnement correspond à des vitesses Échangeur de chaleur fluidisée
beaucoup plus élevées (environ 10 à 15 m/s). Ce régime est celui des
lits transportés, tels les risers pétroliers du procédé FCC (craquage Grille de
fluidisation
catalytique du pétrole à l’aide d’un catalyseur solide).
Alimentation en fluide
Il y a encore quelques régimes, délimités dans le diagramme de
Reh, en particulier celui des lits à jets. Ce régime est employé pour Récupération
particules
les grosses particules à fluidisation relativement difficile, comme
dans les procédés d’enrobage. Figure 5 – Lit fluidisé et périphériques les plus courants

3.2 Rôle de la grille de fluidisation,


3. Lits fluidisés bouillonnants conception et critères à considérer

La grille de fluidisation a pour fonction de distribuer uniformé-


Le régime de fluidisation bouillonnante est le plus courant dans
ment le fluide sur toute la section du lit fluidisé. Une grille de fluidi-
l’industrie chimique. Comme nous l’avons dit (§ 2.3), le régime
sation peut être une plaque poreuse ou encore une simple plaque
bouillonnant apparaît juste après la fluidisation minimale et couvre
perforée capable de supporter le poids des particules à l’arrêt.
une plage de vitesses assez importante. Il faut rappeler que, dans
Cependant, une utilisation industrielle de ce type de grilles pose
beaucoup de procédés utilisant cette technique (les réacteurs chimi-
quelques problèmes techniques, tels le colmatage des trous et,
ques par exemple), il est plus rentable de faire fonctionner le dispo-
éventuellement, en ce qui concerne les plaques perforées, le pas-
sitif à des vitesses les plus élevées possible. Cependant, cette sage de certaines particules dans la boîte à vent (terme utilisé pour
augmentation peut réduire l’efficacité de l’opération (par exemple le la partie d’arrivée du fluide).
taux de conversion pour une réaction chimique).
La figure 6 montre un certain nombre d’autres types de grilles uti-
Le bon fonctionnement du lit fluidisé dépend de plusieurs lisées dans l’industrie. Les grilles équipées de tuyères sont les plus
facteurs : distribution uniforme du fluide sur la section du lit fluidisé, courantes. L’avantage des tuyères est d’abord la possibilité de rem-
échange de matière entre les bulles et la suspension, transfert de placement en cas de bouchage ou d’abrasion de certaines d’entre
chaleur vers le lit fluidisé ou l’inverse, ou encore récupération des elles. De plus, les tuyères à trous horizontaux empêchent le passage
particules entraînées par le courant fluide et leur réintroduction des particules dans la boîte à vent, mais assurent aussi une
dans le lit. Chacune de ces étapes sera décrites séparément, ainsi répartition horizontale du gaz, pour éviter une montée trop rapide
que les critères de bon fonctionnement à appliquer. des bulles vers la surface du lit.
Pour obtenir une telle distribution, une perte de charge minimale
équivalant à 1/3 du poids du lit est nécessaire au niveau de la grille
de fluidisation. Cependant, cette perte de charge ne peut être infé-
rieure à 0,3 bar (3 400 Pa plus précisément). Ainsi, lorsque le diamè-
3.1 Description générale tre des orifices est choisi, le nombre de trous par mètre carré est fixé
d’une installation type de telle sorte que, à la vitesse opératoire du lit, la perte de charge de
la grille soit légèrement supérieure à 1/3 du poids du lit (ou à
3 400 Pa en choisissant la valeur la plus grande).
La figure 5 montre la configuration générale d’un lit fluidisé et ses La perte de charge de la grille n’est pas le seul critère de sa
périphériques les plus courants. Cette configuration peut changer conception. La vitesse et la longueur des jets formés au niveau des
en fonction de l’application industrielle. Par exemple, les cyclones orifices (plaques perforées ou plaques équipées de tuyères) est un
peuvent être placés à l’intérieur du lit fluidisé pour éviter la multipli- autre paramètre à vérifier. En effet, la vitesse de ces jets peut attein-
cation des raccordements ou encore l’alimentateur du solide peut dre des valeurs très importantes qui sont souvent à l’origine de
être absent dans le cas des réacteurs à lits catalytiques. Toutefois, sérieux problèmes d’abrasion des pièces. D’autre part, une lon-
ces modifications ne changent en rien le comportement général du gueur trop importante de jet peut avoir des effets néfastes :
lit fluidisé et la validité des recommandations données aux paragra- — si le jet est vertical (plaques perforées ou tuyères à un trou), il
phes 3.2, 3.3, 3.4 et 3.5. risque de « percer le lit », ce qui réduit considérablement le rende-

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L’ensemble des critères énoncés doit être pris en compte lors de


la conception d’une grille de fluidisation. L’encadré 1 rassemble les
équations utiles pour le dimensionnement de la grille. Il faut rappe-
ler que beaucoup d’ingénieurs ont tendance à oublier qu’une grille
est généralement dimensionnée pour un débit de fonctionnement
donné et que, si ce débit doit changer, il faut alors vérifier si la grille
est encore adaptée aux nouvelles conditions opératoires.
a avec des tuyères à trous horizontaux
Encadré 1 – Dimensionnement d’une grille de fluidisation

Ayant choisi le type de la grille, ajuster le nombre de tuyères


par m2 (nm) de telle sorte que les critères suivants soient
satisfaits :
b avec des tuyères à un trou vertical
■ Perte de charge grille > 3 400 Pa et > 1/3 poids du lit (considé-
rer la perte de charge la plus grande), sachant que [1] :

1 U j2
∆P grille ≈ --- ρ f ( U j2 – U m
2 ) + ρ -------
f
c avec deux plaques perforées superposées 2 4
où Uj et Um sont les vitesses au niveau du jet et au niveau de la
base des tuyères :

 πφ j  πφ m
2 2
d plaque perforée avec trous coniques  
U j  n j --------- = U m  n m ----------- = U = débit de fluidisation/m2
 4   4 
Figure 6 – Différents types de grilles (coupe)
de la section lit
■ Un jet ne doit toucher ni un autre jet, ni la paroi d’une tuyère
ment de l’installation. Par ailleurs, même si le jet ne perce pas la (jets horizontaux). Un jet ne doit pas percer le lit (jets verticaux).
couche fluidisée, comme la zone des jets est moins active que le Pour calculer la longueur d’un jet utiliser l’équation de Merry ou
reste du lit, le rendement est généralement affecté par la longueur d’autres corrélation de ce type [1] :
trop importante des jets ;
 ρf dp ρ f U j2 2 0 ,2

— si les jets sont horizontaux (tuyères avec plusieurs trous sur le L j = 5 ,2 φ  ------------ ---------------------------------------- 
 ρ s φ ρ s d p g ( 1 – ε mf ) 
côté), ils pourraient se toucher les uns sur les autres, ce qui provo-
que la formation de grosses bulles peu propices aux échanges de En général, si la longueur du jet devient comparable à la dis-
matière et de chaleur. Pour éviter ce problème, on peut placer les tance entre deux tuyères voisines ou à la hauteur de la suspen-
tuyères de telle sorte que les jets ne se trouvent pas en vis-à-vis sion, il faut soit changer le nombre de tuyères / m2 de la grille,
(figure 7). Toutefois, dans cette configuration, les jets peuvent tou- soit changer le type de tuyère pour obtenir de plus petits jets
cher la paroi des tuyères et les éroder. avec la perte de charge souhaitée.

 

Pour éviter la coalescence rapide des bulles il faut :  > 2 Lj Pour éviter l’érosion des pièces il faut :  > Lj

a rangement en ++ b rangement en +x

Figure 7 – Disposition des tuyères à multiple trous horizontaux

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3.3 Expansion et bullage de la suspension

L’apparition des bulles dans le milieu fluidisé entraîne une expan-


sion de plus en plus forte du volume du lit. Les bulles, très petites et
uniformes au niveau de la grille, coalescent dans leur ascension et
grossissent jusqu’à une certaine taille Db max, puis ne changent plus.
La taille maximale des bulles dépend essentiellement des propriétés
physico-chimiques des particules et peut être estimée par l’équation
suivante :

U t*2
D b max = 2 ,2 ---------- (1)
g

avec U t* vitesse terminale de chute libre des particules


ayant une taille moyenne égale à 2,7 fois la taille
des particules constituant le lit (figure 8).
La porosité d’un lit fluidisé est définie par le volume de vide ε
(volume exempt de particules) par mètre cube de la suspension a coalescence des bulles et rétromélangeage de la suspension
bouillonnante. Au minimum de la fluidisation, cette fraction corres- par le mouvement des bulles
pond à la valeur minimale εmf . Comme la quantité du solide con-
tenu dans le lit fluidisé est le plus souvent constante et ne varie pas
en fonction de la vitesse de fluidisation, on peut alors écrire :

hmf A(1 − εmf ) = h A(1 − ε) (2)

Les valeurs de hmf et εmf étant généralement connues (valant


approximativement la hauteur et la porosité du lit au repos), cette
équation permet d’estimer la porosité ε du lit :

(1 − ε) = hmf (1 − εmf )/h (3)

Par ailleurs, on sait que l’expansion du lit, de hmf à h, est due à


l’apparition des bulles. On peut donc définir la fraction de volume
occupée par celles-ci :

εb = (h − hmf )/h = 1 − hmf /h (4)


b forme des bulles dans un lit bidimensionnel de sable de 250 m
(vue de face)
En combinant les équations (3) et (4), on peut relier les trois frac-
tions volumiques ε, εmf , εb :

1 − εb = (1 − ε)/(1 − εmf ) (5)

Un des modèles d’expansion des plus simples est celui des deux
phases [3]. Dans ce modèle, on considère que le volume véhiculé
par les bulles correspond à l’excédent de débit d’alimentation en
phase fluide par rapport au débit au minimum de fluidisation :

Ub εb = (U − Umf ) (6)

avec Ub vitesse moyenne d’ascension des bulles dans le


lit fluidisé,
U − Umf excédent de débit par rapport au minimum de
fluidisation (le bilan est écrit sur un m2 de section
du lit). c éclatement des bulles à la surface d’un lit d’alumine
de calcination de 150 m
Les équations (3), (5) et (6) sont des équations de bilan et présen-
tait l’avantage (par rapport aux corrélations) de n’être basées sur Figure 8 – Bullage dans les lits fluidisés
aucune hypothèse simplificatrice.
On retiendra donc que, pour calculer la principale caractéristique
du lit fluidisé : ε, il faudrait connaître les valeurs de Umf et Ub. En rélation de Darton [5] qui donne la taille des bulles en fonction de la
pratique, la précision avec laquelle on pourrait estimer Umf n’a pas hauteur du lit fluidisé :
beaucoup d’importance puisque, dans la plupart des conditions
industrielles, la valeur de U >> Umf est telle que : U b = U – U mf + 0 ,71 ( g D b ) (7)
U − Umf ≈ U 0 ,8
D b = 0 ,54 ( U – U mf ) 0 ,4 ( z + 4 s ° ) g – 0 ,2 (8)
Cependant, il existe un certain nombre de corrélations pour son
estimation [4]. Quant à la vitesse d’ascension des bulles Ub, elle L’équation de Darton n’est pas la seule de ce type. Il existe un cer-
peut être estimée en combinant l’équation de Davidson [3] à la cor- tain nombre d’autres corrélations pour l’estimation de la taille des

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bulles [6]. Cependant, elle a l’avantage de définir la taille des bulles Le coefficient de transfert de matière bulles/suspension kg a été
suivant la hauteur dans le lit fluidisé. Ainsi, le jeu d’équations (3) (4) étudié par un certain nombre de chercheurs [1]. L’équation suivante
(5) (6) (7) (8) permet de calculer l’ensemble des propriétés de la flui- semble être en accord avec l’ensemble des résultats obtenus [7] :
disation en fonction de la hauteur dans le lit. Les valeurs moyennes
de ε et εb peuvent être calculées en intégrant leurs variations sur la U mf  4D ε mf U b 1 / 2
hauteur. L’encadré 2 résume la méthodologie à appliquer pour k g = ---------- +  --------------------------- (9)
l’estimation des propriétés de fluidisation des lits bouillonnants. Il 3 πD b
faut noter qu’il existe, dans la littérature scientifique, un nombre
impressionnant de corrélations pour calculer directement certaines Le premier terme de cette expression correspond à la convection
propriétés comme la porosité ε. Toutefois, l’utilisation de ces corré- gazeuse, prédominante pour les lits de grosses particules. Le
lations peut parfois conduire à des erreurs difficilement visibles. En second terme représente l’effet de la diffusion moléculaire, autour
effet, il est difficile de porter un jugement sur le résultat des calculs de la bulle, et prend de l’importance dans les lits fluidisés employant
de porosité dont la valeur se trouve généralement entre 0,4 et 0,7. de petites particules.
Par contre, les erreurs éventuelles de calcul de taille des bulles sont
la plupart du temps très visibles. Ce point donne un avantage indé-
niable à la méthode de l’encadré 2 où la seule véritable corrélation
utilisée pour la taille des bulles, est celle de Darton. L’équation de
3.5 Entraînement et envol des particules
Davidson [équation (7)] est considérée comme une loi bien établie.
Arrivées à la surface de la couche fluidisée, les bulles éclatent en
Encadré 2 – Calculs des propriétés de bullage projetant vers le haut les particules qu’elles entraînent dans leur
et de l’expansion dans un lit fluidisé bouillonnant sillage. Une partie de ces particules projetées (en particulier les plus
grosses et celles qui forment des agglomérats) retombent dans le lit
Calculer la vitesse minimale de fluidisation par l’équation de fluidisé. D’autres, sont susceptibles de quitter le lit et doivent être
Wen et Yu [4] : récupérées par des dispositifs annexes tels que cyclones et filtres.
Ainsi, le flux de particules en mouvement vers le haut diminue en
Remf = (33,72 + 0,0408 Ar)0,5 − 33,7 fonction de la distance de la surface du lit. Cependant, à une certaine
hauteur TDH (Transport Disengaging Height), ce flux devient cons-
Calculer, selon la hauteur, la taille des bulles par l’équation de tant. Les particules arrivées à ce niveau sont celles qui seraient
Darton [5] : emportées par le courant gazeux. Il est avantageux de connaître la
0 ,8 hauteur TDH pour placer les cyclones de telle façon qu’ils reçoivent
D b = 0 ,54 ( U – U mf ) 0 ,4 ( z + 4 s ° ) g – 0 ,2 la plus petite quantité possible de solide. Le placement des cyclones
à une hauteur inférieure à la TDH pourrait causer un engorgement
puis la vitesse d’ascension des bulles par l’équation de David- de ceux-ci.
son [3] :
Le phénomène d’envol des particules est un des plus complexes
U b = 0 ,71 g D b + U – U mf du domaine de la fluidisation et beaucoup des corrélations propo-
sées pour le calcul du débit et de la granulométrie du courant
Ensuite, calculer la fraction volumique locale occupée par les d’envol, ainsi que celles préconisées pour le calcul de TDH, sont
bulles εb : imprécises dans les conditions de fonctionnement industriel (tem-
pératures élevées, lits de grand diamètre...). La figure 9 montre le
Ub εb = U − Umf diagramme de Zenz pour une estimation approximative de TDH
Calculer la porosité moyenne du lit en introduisant la valeur selon la taille des bulles à la surface de la suspension (pour calculer
moyenne de εb dans l’équation qui relie ε à εb et εm (voir aussi Db à la surface, utiliser l’équation de Darton, encadré 2 en posant
l’article [J 3 100] Criblage) : z = h).
Pour une vitesse de fluidisation donnée, le flux des particules de
h taille dpi, arrivant au-dessus de la TDH E i∞ est proportionnel à la

1
ε b = --- ε b dz → 1 – ε = ( 1 – ε b ) ( 1 – ε mf ) fraction de particules de cette taille dans le lit. Cela se traduit par
h
0 l’équation suivante [1] [8] :

E i∞ = K i∞ A g ( i ) (10)

3.4 Transfert de matière bulle/suspension avec K i∞ [en kg/(m2 · s)] constante d’élutriation dépendant
des propriétés physico-chimiques
des particules et des conditions
opératoires du lit fluide.
Un des phénomènes limitant les performances des lits fluidisés
est l’échange de matière entre les bulles et la suspension. Ce phéno- Pour calculer les K i∞ :
mène est d’autant plus important que, pratiquement dans toutes les — utiliser l’équation de Zenz et Weil pour les particules apparte-
applications des lits fluidisés (exception faite de son utilisation en nant aux classes A, B ou C du classement de Geldart (les fines et les
tant qu’échangeur de chaleur), il y a un fort besoin d’échange de moyennes) :
matière bulles/suspension.
En effet, les applications les plus importantes de la fluidisation se U2
f = ------------------2- (11)
trouvent dans le domaine du séchage, d’une part, et dans le gd pi ρ s
domaine des réactions chimiques, d’autre part. Dans le cas du
séchage, l’humidité provient de la suspension contenant la matière K i∞
humide, et c’est l’air sec véhiculé par les bulles qui permet l’évacua- si f < 3 × 10 – 4 → -------- = 1 ,26 × 10 7 f –1 ,88
tion de cette humidité. Aussi, une réaction chimique se produit à la µU
surface des particules solides (qu’elle soit du type catalytique ou K i∞
solides consommables), alors que la majeure partie du réactif est en si f  3 × 10 – 4 → -------- = 4 ,31 × 10 4 f 1 ,18
phase bulles. µU

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La granulométrie de l’envol au-dessus de la TDH peut être calcu-


lée de la façon suivante :
6
TDH (m) E i∞
4 0c
m g i∞ = ------------------- (13)
Db 6 n
m
5c
m
∑ E i∞

c
Db4 cm

90
2 30 i=1

b =
Db
cm

D
15 Cette granulométrie (en valeur pondérale) correspond à celle qui
1 Db cm doit être prise en compte pour le dimensionnement des cyclones,
7,5 puisque ceux-là sont généralement placés au-dessus de la TDH.
D b
0,6
Exemple : un lit fluidisé d’une section de 0,25 m2 fonctionne avec
0,4 un mélange de particules dont la composition est la suivante :
— 35 % de fines,
— 50 % de particules de taille moyenne,
0,2
— 15 % de grosses particules.
Les coefficients d’entraînement ont été calculés pour les conditions
0,1 opératoire du lit fluidisé [équation (11)] :
cm
2,5 K 1∞ = 0 ,02 kg/ ( m 2 ⋅ s ) ;
Db
0,06 K 2∞ = 0 ,01 kg/ ( m 2 ⋅ s ) ;
0,04 K 3∞ = 0 ,003 kg/ ( m 2 ⋅ s ) .
Quelle est la granulométrie du mélange particulaire à l’entrée des
0,1 0,2 0,4 0,6 1 2 cyclones (au-dessus de la TDH) ?
U – Ufm (m/s)
E 1∞ = K 1∞ g 1 A = 0 ,02 × 0 ,35 × 0 ,25 = 0 ,00175 kg/s = 6 ,3 kg/h
Figure 9 – Diagramme de Zenz pour le calcul de la hauteur
de désengagement (TDH) E 2∞ = K 2∞ g 2 A = 0 ,01 × 0 ,50 × 0 ,25 = 0 ,00125 kg/s = 4 ,5 kg/h
E 3∞ = K 3∞ g 3 A = 0 ,003 × 0 ,15 × 0 ,25 = 1 ,125 × 10 – 4 kg/s
= 0 ,405 kg/h
— pour les particules de classe D (les plus grosses) utiliser l’équa-
tion de Tanaka et al. :
3

K i∞  ( U – Ut )2 
0 ,5 W s∞ = ∑ E i∞ = 11 ,2 kg/h
 ρ f d Pi U t  ρ s – ρ f 0 ,15
0 ,3
i=1
----------------------------- = 4 ,6 × 10 –2  ------------------------   ------------------- (12)
µ   ρ 
- ----------------
ρf ( U – Ut )  gd Pi  f
g 1∞ = 6 ,3 ⁄ 11 ,2 = 0 ,563 = 56 ,2 %
On notera que seules les particules ayant une vitesse terminale de
chute libre (Ut) inférieure à la vitesse de fluidisation sont suscepti- g 2∞ = 4 ,5 ⁄ 11 ,2 = 0 ,563 = 40 ,2 %
bles de s’envoler (encadré 3). Si le lit comporte un élargissement g 3∞ = 0 ,405 ⁄ 11 ,2 = 0 ,036 = 3 ,6 %
dans la zone des envols (figure 5), la vitesse Ut doit être comparée à
la vitesse en fût vide de cette zone. Cela représente un grand avan- On constate que, dans le courant particulaire arrivé au-dessus de la
tage, puisque l’élargissement permet de réduire la vitesse d’écoule- TDH, il y a beaucoup plus de fines particules (56,2 % au lieu de 35 %
ment gazeux et, par conséquent, de réduire sensiblement le nombre dans le lit fluidisé) et beaucoup moins de grosses particules (3,6 %
des particules pouvant quitter le lit. seulement au lieu de 15 % dans le lit fluidisé).

Encadré 3 – Calculs de la vitesse terminale de chute libre


des particules
4. Fluidisation turbulente, lits
4gd p ( ρ s – ρ f ) 1/2 transportés, lits circulants
U t = ------------------------------------
3 ρf Cd
où le coefficient de traînée de la particule Cd est calculé selon le Si l’on augmente la vitesse de fluidisation au-delà des valeurs
nombre de Reynolds : habituelles de fluidisation bouillonnante, il arrive un moment où les
dP U ρf bulles perdent leur forme régulière et forment des jets verticaux
Re P = ----------------- plus ou moins grands dans le lit fluidisé. Cette turbulence dans le lit
µ
fluidisé est telle que non seulement la formation et la coalescence
• Pour ReP < 0,4 : des bulles deviennent aléatoires, mais aussi qu’il devient difficile de
24 distinguer la surface du lit. Dans ces conditions, les concepts et les
C d = ---------- théories développés sur les lits fluidisés bouillonnants ne sont plus
Re P valables et ne peuvent correctement décrire le comportement du lit,
• Pour 0,4 < ReP < 500 : en particulier pour les transferts de matière bulle/suspension.
10 Beaucoup de travaux de recherche ont été consacrés à la défini-
C d = --------------
Re P tion de la vitesse limite de la fluidisation bouillonnante que l’on
appelle vitesse de transition. Toutefois, aucune théorie particulière
• Pour 500 < ReP < 200 000 : ne se dégage de ces travaux. En réalité, la transition de la fluidisa-
Cd = 0,43 tion bouillonnante à la fluidisation turbulente est progressive et ne
peut être identifiée comme telle.

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En augmentant la vitesse de fluidisation et en s’approchant de la Comme nous l’avons dit au paragraphe 3.5, ce régime de fluidisa-
vitesse terminale de chute libre des particules Ut, les particules quit- tion est caractérisé par une zone plus dense dans la partie inférieure
tent de plus en plus le lit fluide et la zone de désengagement au-des- et une zone plus diluée dans la partie supérieure. Par ailleurs, il a été
sus de la surface du lit devient peu à peu chargée, si bien qu’il démontré qu’une couche de particules retombe au voisinage immé-
devient difficile de distinguer le corps du lit de la partie supérieure. diat des parois, alors que le courant global reste ascendant [9]. Ce
Ce régime est appelé fluidisation rapide, en raison de fort débit de phénomène est dû à la concentration relativement importante du
solides qu’il faut obligatoirement récupérer et réintroduire dans lit. solide – comparée à celle des lits transportés – freiné par le contact
C’est pourquoi les lits sont souvent appelés lits circulants, dans ce des parois. Toutefois, il convient de rappeler que des paquets de par-
régime pour lequel la partie inférieure du lit est plus chargée que la
ticules sont aussi susceptibles de monter ou descendre dans la
partie supérieure.
région centrale de la colonne.
En augmentant encore la vitesse de fluidisation, la différence de
concentration entre la partie supérieure et la partie inférieure dispa- La zone dense – que l’on appelle aussi lit dense – alimente la zone
raît, alors que la concentration en solide décroît au fur et à mesure diluée supérieure. Cette zone est elle-même alimentée par les parti-
que la vitesse augmente. Ce régime, correspondant au procédé de cules captées par le cyclone et réintroduites au niveau inférieur du
craquage catalytique du pétrole, est celui des lits transportés. Ce lit par une jambe de retour et un siphon. Le rôle du siphon est sim-
type de lit est souvent appelé élévateur, ou par son équivalent en plement d’empêcher l’air d’alimentation de passer par la jambe de
anglais Riser. retour.
En utilisant la vitesse de glissement Ur (la différence entre la
Afin que le siphon soit efficace, il faut qu’il produise une perte de
vitesse réelle du fluide U/ε et la vitesse moyenne des particules Us),
charge supérieure à celle du lit fluidisé. Par ailleurs, pour que la
certains chercheurs ont développé un diagramme où l’on peut dis-
tinguer les différents régimes de fonctionnement (figure 10). Sur ce recirculation soit assurée dans le siphon, son contenu en particules
diagramme, on note que la transition lit bouillonnant / lit turbulent solides est fluidisé au moyen d’une injection à la base du siphon.
n’est pas discernable. Par contre, le début du régime de fluidisation Parfois, on ajoute même quelques injections supplémentaires, sur la
rapide (les lits circulants) est relativement net. Ce régime coïncide partie descendant vers le lit, pour éviter un bouchage accidentel du
avec un phénomène d’envol de la majeure partie des particules, siphon.
captées au moyen d’un cyclone et renvoyées vers le lit par une
conduite de retour. Le régime des lits transportés se place dans les Dans la configuration la plus courante des LFC, dédiés à la
plages de vitesses plus élevées où la concentration en particules est combustion, l’air est distribué à deux niveaux : une partie à la base
très faible. du lit fluidisé, une autre à quelques mètres de hauteur pour un lit de
quelques dizaines de mètres de hauteur. Cela permet d’éviter une
concentration importante d’oxygène dans la zone inférieure et, par
conséquent, de réduire la formation des oxydes d’azote.
4.1 Lits circulants

Les lits fluidisés circulants (LFC) ont connu un important dévelop- 4.2 Lits transportés (risers)
pement lié aux nouveaux procédés de combustion de charbon qui
utilisent cette technique (centrales thermiques – figure 11). L’avan-
cement de la recherche dans ce domaine, ainsi que des mesures
effectuées sur des unités industrielles, ont permis d’établir la struc- Les lits transportés fonctionnent généralement à des vitesses
ture de l’écoulement d’un point de vue qualitatif. beaucoup plus élevées que les LFC (de l’ordre de 10 m/s pour les
risers contre environ 3 m/s pour les LFC). De plus, les particules uti-
lisées dans ce type de procédé sont plutôt fines (inférieures à
100 µm). De ce fait, la vitesse de glissement gaz/ particules est faible
et la vitesse d’écoulement de la phase solide est très proche de celle
de la phase gazeuse.

Lit La structure de l’écoulement des lits transportés n’est pas très dif-
transporté férente de celle des lits fluidisés circulants, à ceci près que, pour les
(riser ) Lit circulant
vitesses élevées d’écoulement, aucune quantité notable de solides
Lit ne descend, ni au centre de la colonne, ni même à la paroi (ou alors
turbulent elle est minime). Cela n’empêche pas que, le profil radial de la
Vitesse de glissement

vitesse des particules ayant une forme plus ou moins parabolique,


la concentration en phase particulaire soit nettement plus élevée
Écoulements dilués

dans une couronne annulaire près de la paroi de la colonne que


Lit fluidisé dans la zone centrale. Cette structure a inspiré les chercheurs pour
bouillonnant
un modèle dit cœur – anneau, où le transfert de matière entre la
zone centrale (cœur) et la zone périphérique (anneau) est similaire
au transfert bulles/suspension des lits bouillonnants.

Transition lit
turbulent/lit transporté
Ut
Transition lit
Umf /εmf bouillonnant/lit turbulent
4.3 Calculs de la concentration
1–ε 1 – εmf
et du débit de la phase solide

Figure 10 – Classement des lits fluidisés selon la fraction du vide ε et


la vitesse de glissement Ces calculs s’appliquent aux lits transportés ou circulants.

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Cyclone
chargé

Échangeur
de chaleur

Lit
fluidisé

Jambe de Filtres céramique


retour et siphon

Échangeur
de chaleur

Soutirage
cendre

Figure 11 – Procédé de combustion de charbon en lit circulant Alstom

Dans les zones d’écoulement sans accélération, les bilans de force Rappelons que cette méthode est approximative puisque les par-
sur les phases fluide et solide permettent d’établir une relation entre ticules sont rarement seules et que la vitesse terminale de chute
la concentration en solide et la perte de charge de la colonne : libre d’une particule isolée (Ut) ne correspond pas exactement à
celle d’un paquet de particules en mouvement.
perte de charge = poids de gaz + poids de solide

∆P
------- = ε ρ f g + ( 1 – ε ) ρ s g (14)
L
5. Transfert de chaleur
Quand ρs >> ρf , le poids de la phase gazeuse devient négligeable
devant le poids des particules et nous avons : en milieux fluidisés
∆P
------- = ( 1 – ε ) ρ s g = α s g (15)
L
5.1 Lit fluidisé en tant qu’échangeur
Cette équation permet de calculer la concentration en solide à
partir de la perte de charge mesurée dans la colonne. En principe,
cette équation n’est applicable que dans les zones où l’accélération Comme nous l’avons précisé au début de l’article (§ 1), les lits flui-
est négligeable. Par ailleurs, la vitesse de glissement entre les deux disés sont d’excellents échangeurs de chaleur. Le coefficient
phases, étant approximativement égale à la vitesse terminale de d’échange entre la suspension et un réseau de tubes échangeurs
chute libre des particules, on peut écrire : dépend des propriétés physico-chimiques des phases fluide et
solide. Il se situe généralement entre 200 et 600 W/(m2 · K), ce qui
Us = U − U t (16) est nettement supérieur aux performances des échangeurs fluide/
fluide dont le coefficient est de l’ordre de 50 W/(m2 · K).
On peut donc estimer, par une première approximation, le débit
de circulation de la phase solide en employant l’équation de La raison d’une telle capacité se trouve dans le mouvement des
continuité : particules au sein du lit fluidisé. Chaque particule agit comme un
petit réservoir de chaleur, qui pompe facilement la chaleur et la
Ws = Us α s A (17) déplace au sein du lit fluide.

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5.2 Influence des paramètres du système En considérant que l’émissivité des tubes est très grande par rap-
port à celle de la suspension, cette expression a été simplifiée
sur le coefficient d’échange davantage et donne :

5 ,67 × 10 –8 ( 0 ,5 + 0 ,5 ε p ) ( T s4 – T w 4)
Parmi les nombreuses propriétés physico-chimiques des deux α r = ------------------------------------------------------------------------------------------- (23)
phases, la conductivité thermique de la phase gazeuse λf joue un ( Ts – Tw )
rôle prédominant. En effet, le coefficient d’échange de chaleur croît
fortement avec λf puisque, en général, il est nettement plus faible La valeur de αr est généralement négligeable pour les températures
que la conductivité thermique de la phase solide λs . La masse volu- inférieures à 400 ˚C. Elle doit être ajoutée, au besoin, à celle de αcd :
mique et la capacité thermique de la phase particulaire, ainsi que la
taille des particules jouent aussi un rôle significatif, mais qui reste αw = αcd + αr (24)
moins important. Le coefficient d’échange décroît en fonction de la Exemple : calculer le coefficient d’échange de chaleur dans un lit
taille des particules [10]. fluidisé de 2 m de diamètre. Le lit fonctionne avec du sable de 250 µm
Parmi les paramètres opérationnels, la vitesse de fluidisation est et de l’air. La température de fonctionnement est 450 ˚C et la porosité
celui qui modifie notablement le coefficient d’échange de chaleur. 0,423.
Malheureusement, les meilleurs coefficients s’obtiennent à faible En fait, la corrélation de Wender et Cooper n’a pas été testée pour
vitesse de fluidisation (1 à 3 fois Umf ). En pratique les lits fluidisés les lits d’un diamètre supérieur à 1,93 m. Toutefois, le dépassement de
industriels fonctionnent à des vitesses beaucoup plus importantes, cette limite est minime et la valeur fournie pour le coefficient
même si le coefficient d’échange y est nettement plus faible. d’échange serait acceptable.
Les propriétés physico-chimiques du sable et de l’air à 450 ˚C sont
estimées à :
— sable :
5.3 Estimation du coefficient d’échange
ρs = 2 650 kg/m3

Le transfert de chaleur entre la suspension et une paroi (tubes λs = 1,9 W/(m · K)


échangeurs ou paroi du lit fluidisé), dépend des trois composantes :
Cps = 1 411 J/(kg · K)
convection, conduction et rayonnement. La phase particulaire et la
phase gazeuse participent conjointement à l’échange. Toutefois, la — air :
convection est dominée par le gaz et la conduction par les
particules : ρf = 0,49 kg/m3

αw = α c + αd + αr (18) λf = 0,049 W/(m · K)

Certains chercheurs ont étudié chaque terme séparément. Par Cpf = 1 081 J/(kg . K)
exemple, le terme de conduction par contact particulaire peut être
estimé par la corrélation [11] : µ = 3,3 x 10−5 Pa . s
D’après l’équation (21) la constante αcd = 615 W/(m2 · K). Par
ailleurs, en supposant que la température externe des tubes est de
ρ s ( 1 – ε mf )C ps λ s 1/2
α d = ---------------------------------------------- (19) l’ordre de 400 ˚C, l’équation (23) nous permet de calculer le coefficient
1 – εb d’échange par rayonnement αr ≈ 55 W/(m2 · K), qui n’est pas négligeable.

Ou encore, pour le coefficient de transfert par convection gazeuse Il existe, en dehors des corrélations classiques, des modèles de
[12] : calcul des coefficients d’échange thermique, basés sur des concepts
plus rigoureux. Le modèle de Martin [10] en est un des meilleurs
αc = 0,009 Ar1/2 Pr1/3 (20) exemples. Ces modèles sont un peu complexes et nécessitent sou-
vent le recours à l’informatique. Par contre, ils donnent des résultats
Les expressions (19) et (20) sont données à titre d’exemple et ne cohérents dans presque toutes les conditions opératoires.
sont pas préconisées pour une application industrielle. En pratique,
un coefficient global αcd (comprenant à la fois la conduction et la
convection) est directement corrélé aux paramètres du système.
On trouve un nombre impressionnant de corrélations de ce type, 6. Dispositifs périphériques
en particulier pour un échange entre le lit et un réseau de tubes
immergés. Beaucoup de ces corrélations ont été obtenues sur des
pilotes de laboratoire et donnent des résultats irréalistes dans les
conditions de fonctionnement industriel (vitesses et températures 6.1 Cyclones
élevées). Parmi les meilleures, on peut citer la corrélation de Wen-
der et Cooper [13] :
Parmi les différents dispositifs de dépoussiérage (voir l’article
[J 3 580] Dépoussiérage et dévésiculage), les cyclones sont les plus
α cd d p  λf   Ud p ρ f
0 ,23 C ps 0 ,8 ρ s 0 ,66
0 ,43
    utilisés dans le domaine de la fluidisation. Leur efficacité est très
-----------------------  --------------- = 3 ,5 × 10 – 4  ------------------  ---------  ---- (21)
ρf 
-
λf ( 1 – ε ) C pf ρ f µ C pf satisfaisante pour la capture des particules de plus d’une dizaine de
micromètres de diamètre et leur entretien simple.
En ce qui concerne la constante de transfert de chaleur par rayon- Le choix du « bon cyclone » est un critère déterminant pour son
nement, on trouve notamment une expression de Botterill [14] : efficacité. Le diamètre et la forme d’un cyclone doivent être choisis
en fonction des propriétés physico-chimiques des particules, de la
σ ( T s4 – T w 4) vitesse et la charge du courant gaz / solide. Ainsi, les cyclones utili-
α r = ---------------------------------------------------------------- (22) sés avec les lits circulants (courant très chargé en particules solides)
( Ew –1 + E –1 – 1 ) ( T – T )
s s w sont très différents de ceux utilisés avec un simple lit bouillonnant

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de nature abrasive comme le sable, elles peuvent « percer » la paroi


Vue de côté du cyclone en quelques mois de fonctionnement.
Dc / 2 d Afin d’éviter de tels problèmes, la vitesse d’entrée des cyclones
primaires est souvent limitée à 20 m/s (suivant la nature des particu-
Dc / 2 les). Pour les cyclones secondaires, où le courant est beaucoup
b moins chargé en particules, cette vitesse peut atteindre 30 m/s, voire
2D c h1
plus. Par ailleurs, comme la section de la lucarne d’entrée est fonc-
tion du diamètre du cyclone ( D c2 ⁄ 8 pour les cyclones standards), le
Dc débit à traiter par un cyclone est a priori déterminé par sa taille.
Il est à noter que la notion d’efficacité conduit quelquefois à une
2D c h2 erreur d’appréciation. En effet, les cyclones chargés, utilisés pour les
lits fluidisés, ont une très grande efficacité (> 99 %) alors que l’effica-
cité des cyclones standards est plus modeste (95 à 99 %). Pourtant,
le débit massique de particules s’échappant des cyclones standards
Dc /4 c est souvent nettement plus faible que celui des cyclones chargés. La
raison de cette différence est que le débit de solide arrivant dans les
cyclones chargés est plus grand que celui des cyclones peu
Vue de dessus chargés :
Dc /4 a S = ( 1 – η )W s∞ (25)

avec S émission (masse des particules non captées par


unité de temps),
η efficacité du cyclone,
Dc Dc1 W s∞ débit de solide à l’entrée du cyclone.

a le cyclone standard b le cyclone chargé


6.1.2 Disposition des cyclones
Le cyclone standard a est élancé (hauteur nettement supérieure au Les cyclones peuvent être installés en série ou en parallèle sui-
diamètre).
vant les contraintes du système. L’utilisation des cyclones en série
Le cyclone chargé b a un diamètre important par rapport à sa hauteur permet d’augmenter l’efficacité de capture (figure 13). L’efficacité
pour pouvoir accueillir plus de particules.
d’une batterie de cyclones en série est calculée par la formule
La géométrie des cyclones doit être choisie en fonction des conditions suivante :
opératoires.
(1 − ηtot) = (1 − η1)(1 − η2) ... (1 − ηn) (26)
Figure 12 – Comparaison entre les géométries des cyclones
standards (pour lits bouillonnants) et cyclones chargés avec ηtot efficacité globale,
(pour lits circulants) η1, η2, ... ηn efficacités des cyclones primaires, secondaires,
tertiaires, etc.
En pratique, on va rarement au-delà des cyclones tertiaires. Ainsi,
(courant peu chargé de particules solides). La figure 12 montre la on se rend compte que l’efficacité de deux cyclones en série d’un
forme de ces deux types de cyclones. En général, la cote des diffé- rendement de 99 % chacun est :
rentes parties d’un cyclone est donnée en fonction de son diamètre.
ηtot = 1 − (1 − 0,99)(1 − 0,99) = 0,9999 (27)
L’utilisation des cyclones en parallèle permet de diviser le débit
6.1.1 Efficacité des cyclones du courant poussiéreux en plusieurs petits débits. Cela conduit à
l’utilisation de plus petits cyclones et donc une performance accrue
Le calcul de l’efficacité de ces divers types de cyclones est diffé- (n’oublions pas que la vitesse d’entrée des cyclones est limitée, cf.
rent pour chaque cas [J 3 580], [15]. § 6.1.1). L’efficacité d’une batterie de cyclones disposés en parallèle
est égale à celle de chacun des cyclones :
L’efficacité d’un cyclone dépend essentiellement de la vitesse des
particules, à l’entrée du dispositif, et du diamètre du cyclone. Une ηtot = η1 = η2 = ... = ηn (28)
vitesse importante à l’entrée augmente les forces centrifuges et per-
met aux particules de toucher la paroi du cyclone dans leur des- Des combinaisons entre la disposition en sérié et la disposition en
cente. Les particules touchant la paroi perdent leur inertie et parallèle sont courantes. On peut, par exemple, disposer quatre
ruissellent le long de la paroi avant d’être captées. Par ailleurs, l’effi- cyclones primaires en parallèle suivis de deux cyclones secondaires
cacité d’un cyclone est d’autant plus grande que son diamètre est en série. Dans ce cas le diamètre des cyclones secondaires n’est pas
petit. Cela s’explique par le fait que les forces centrifuges sont inver- forcément le même que celui des cyclones primaires. Il doit être
sement proportionnelles au rayon de giration. En principe, il est plus choisi plutôt en fonction de la vitesse souhaitée à l’entrée des cyclo-
intéressant de choisir les cyclones aussi petits que possible. Toute- nes secondaires (30 m/s par exemple).
fois, deux problèmes s’opposent à ce choix :
— un trop petit cyclone peut « s’engorger » facilement. Le terme
« engorgement » est employé quand le cyclone contient beaucoup 6.2 Jambes de retour, siphons
trop de particules pour son volume et qu’il se remplit de celles-ci ;
— pour un débit de suspension donné, la vitesse d’entrée est
d’autant plus grande que le cyclone est petit. Or une trop grande Les cyclones peuvent être placés à l’intérieur ou à l’extérieur des
vitesse d’entrée peut causer une abrasion importante au niveau de lits fluidisés. L’avantage de la première configuration est de réduire,
l’arrivée des particules. Dans certains cas, quand les particules sont le plus que possible, le risque de fuite (cas des procédés mettant en

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Air

Aération
a avec siphon b avec clapet c vanne en « L »
anti-retour

Figure 15 – Divers types de jambes de retour pour les lits transportés


et circulants

Dans les lits circulants, les cyclones sont toujours placés à l’exté-
rieur. Par ailleurs, la densité de la suspension dans ce type de lit flui-
disée est souvent trop faible pour créer la perte de charge
nécessaire à l’équilibrage des pressions. Ainsi, le système doit être
équipé d’un dispositif particulier pour éviter le passage néfaste de la
phase gazeuse via la jambe de retour (figure 15). Parmi ces disposi-
tifs, les clapets antiretour sont à éviter autant que possible. En effet,
b deux cyclones en série
tout dispositif mécanique peut se gripper, en peu de temps, en
a deux cyclones en parallèle
(ici à l’intérieur de l’enceinte (ici à l’extérieur de l’enceinte milieu particulaire. Les siphons sont utilisés pour les lits circulants
du lit) du lit) d’incinération et de combustion de charbon. Ils sont très efficaces
mais ne permettent pas le contrôle du débit de circulation. Les van-
Figure 13 – Différentes dispositions des cyclones, en parallèle ou en nes en L sont plutôt utilisées pour les lits transportés, les risers
série, à l’intérieur ou à l’extérieur du lit fluidisé pétroliers..., où le débit de circulation peut être maîtrisé au moyen
du débit d’aération. Toutefois, ces dispositifs sont d’un fonctionne-
ment délicat.

7. Techniques particulières
de mesures

7.1 Techniques optiques

Les mesures optiques, spécialement adaptées aux milieux parti-


culaires, sont utilisées de plus en plus. Ces techniques, initialement
employées dans le domaine de la recherche, sont aujourd’hui en
passe de trouver des applications industrielles. Différentes métho-
des doivent être appliquées selon la nature de l’écoulement particu-
a avec cône b coudée
laire. Les écoulements très peu chargés en particules (dilués)
peuvent être analysés par les techniques VLD (vélocimétrie laser à
Figure 14 – Deux types de jambes de retour pour les cyclones des lits
effet Doppler) ou par analyse d’images (vidéographie à haute fré-
bouillonnants
quence d’acquisition). Ces deux types de mesures ne peuvent être
utilisés dans les écoulements denses (ce qui est le cas des lits indus-
triels), opaques au passage de la lumière. Dans ce cas, les techni-
œuvre des produits dangereux). Quoi qu’il en soit, les particules ques de mesures locales à fibres optiques sont employée.
captées doivent être renvoyées au sein même du lit fluide en évitant
tout retour de gaz dans la jambe de retour des particules. Cela est
aussi valable pour les lits bouillonnants que les lits circulants. Pour 7.1.1 Vélocimétrie laser à effet Doppler
éviter ce phénomène, on utilise, suivant les cas, divers dispositifs
antiretour.
La vélocimétrie laser par effet Doppler (VLD) est couramment uti-
Dans les lits bouillonnants, la jambe de retour des particules peut lisée dans d’autres domaines en rapport avec la mécanique des flui-
être équipée d’un cône de rétention ou être simplement coudée des. En ce qui concerne la fluidisation, elle ne peut être appliquée
(figure 14). Cela suffit, généralement, pour éviter que le gaz passe que dans certaines zones d’écoulement très dilué telles que la zone
dans le cyclone depuis la jambe de retour des particules. Compte d’envol au-dessus de la surface des lits bouillonnants, les sorties
tenu de la perte de charge du cyclone, une réserve naturelle de par- cyclones et les lits transportés à faible débit de solide.
ticules se constitue en bas de la jambe. Cela permet un certain équi- Le principe de fonctionnement est le suivant. Deux faisceaux
librage naturel de la pression du système. laser, formant un certain angle, sont envoyés vers un écoulement

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ERGUN Vers l'acquisition


et l'interprétation
des signaux

Détecteur

Récepteur laser
Écoulement
des particules
Rayons
réfléchis

Source laser

Prisme

Figure 16 – Système de mesure de vitesse de particules par vélocimétrie laser à effet Doppler

particulaire. L’intersection de ces deux faisceaux forme un volume concentration locale de la phase solide peut être estimée par cette
dans lequel les particules sont en mouvement à une vitesse V. Les technique.
faisceaux réfléchis sur la surface des particules sont collectés par un
récepteur et analysés. La fréquence de la lumière réfléchie est modi- L’avantage majeur de ce type de mesure réside dans sa simplicité
fiée par le mouvement des particules (effet Doppler) et permet le cal- et sa robustesse. La mesure de la vitesse locale dans les écoule-
cul de leur vitesse locale instantanée. La figure 16 montre le schéma ments gaz-solide (lits circulants en particulier) est une technique très
simplifié du système de mesure VLD. appréciée. En ce qui concerne l’étude des propriétés du bullage, on
peut dire que l’application de cette technique est facile et promet-
L’avantage particulier de la VLD est qu’elle est non intrusive et ne teuse à l’échelle du laboratoire, mais encore pas tout à fait adaptée
perturbe pas l’écoulement. Ses inconvénients sont sa complexité, aux lits fluidisés industriels.
son coût et surtout le fait qu’elle ne soit applicable qu’aux écoule-
ments très peu chargés. Le principal inconvénient de cette technique réside dans son
caractère intrusif. En effet, la présence de la sonde peut influencer
l’écoulement et, par conséquent, perturber les mesures.
7.1.2 Mesures par fibres optiques

Les sondes équipées de fibres optiques peuvent être introduites


au sein même de l’écoulement. Elle sont, en principe, capables de 7.2 Mesure de débit de circulation
mesurer soit la vitesse des particules en mouvement, soit la concen- de la phase solide
tration locale de la phase solide [16]. Le principe de fonctionnement
de ce type de dispositif est très simple (figure 17). Un émetteur de
lumière envoie des rayons à l’aide d’une fibre optique. Les rayons
lumineux sont réfléchis sur des particules en mouvement et retour- Il convient de distinguer les mesures dans les conduites annexes
nent vers la même fibre vers un récepteur. Le signal ainsi obtenu (comme la jambe de retour des lits circulants) et celles à réaliser au
dépend de la concentration locale des particules et de leur structure sein d’un écoulement (la zone de transport au-dessus de la surface
spatiale. En disposant deux fibres écartées d’une petite distance d des lits fluidisés ou encore l’écoulement particulaire dans les lits
(de l’ordre du millimètre), on obtient deux signaux décalés dans le transportés).
temps. Ce décalage correspond au temps nécessaire à un même En ce qui concerne la mesure du débit du solide dans les condui-
paquet de particules pour passer d’une fibre à l’autre. En pratique, tes, la technique la plus utilisée est basée sur la corrélation de deux
seul un calcul portant sur plusieurs centaines de mesures instanta- signaux obtenus par deux colliers disposés à quelques centimètres
nées serait statistiquement valable. Ainsi, les signaux obtenus à de distance. Les signaux sont obtenus par la mesure de constante
l’aide des deux fibres optiques sont corrélés et la valeur moyenne diélectrique (ou de permittivité relative) de la suspension gaz /
du décalage ∆t est calculée sur un grand nombre de mesures. solide, qui varie en fonction de la concentration du solide au niveau
Par ailleurs, dans les systèmes où un étalonnage de l’intensité du des colliers. Un étalonnage préalable permet de mesurer la concen-
signal en fonction de la concentration en particules est possible, la tration de la phase solide et la corrélation des deux signaux fournit

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s1

Émetteur Fibre optique 1


Récepteur
d s2
Émetteur Fibre optique 2
Récepteur

∆ t = d /V
V = d/∆t

a mesure de la vitesse des paquets de particules


Intensité du signal

0 10
Concentration en particules (%)

b mesure de la concentration en particules

Figure 17 – Principe de fonctionnement des sondes de mesure à fibres optiques

la vitesse de l’écoulement. Le débit est alors calculé par l’équation


de continuité :
8. Applications industrielles
W s = A α s Us (29)
8.1 Classement des procédés
avec A section de la conduite.

La mesure locale du débit de la phase solide est aussi possible, Les procédés utilisant la technique de la fluidisation sont nom-
mais seulement dans le cas des écoulements réguliers comme ceux breux. Les lits fluidisés peuvent être utilisés pour les opérations tel-
les que : réactions chimiques, séchage, granulation, échange de
des lits transportés. Un tube est utilisé pour prélever les particules
chaleur et traitement surfacique des pièces.
qui se trouvent sur son chemin (figure 18). Les particules sont
ensuite collectées à l’aide d’un petit cyclone (ou un filtre). La masse
des particules récupérées par unité de temps donne le flux local de 8.1.1 Lit fluidisé en tant que réacteur chimique
solide.
Plusieurs types de réactions peuvent être mis en œuvre dans les
La difficulté majeure de ce type de mesure est de pouvoir l’effec- réacteurs à lit fluidisé (cf. article [J 4 100] Calculs des réacteurs à lits
tuer dans des conditions isocinétiques. Cela est parfois possible fluidisés) :
grâce à un système de tube de Pitot permettant de mesurer la — les réactions catalytiques : procédé de craquage catalytique
vitesse de l’écoulement gazeux, peu différente de celle des particules. (FCC) en lit transporté (figure 19), procédé de production d’acryloni-
Mais, en pratique, il est très difficile de créer ces conditions et, par trile, etc. ;
suite, la vitesse d’aspiration est souvent supérieure à la vitesse — les réactions à solides consommables : traitement de minerai
d’écoulement (pour assurer le transport des particules). Cela a pour de zinc (figure 20), incinération des déchets, chaudières à lits fluidi-
effet de surestimer le flux particulaire. Pour pallier ce problème, on sés circulants (figure 11), etc. ;
— les réactions de polymérisation : polymérisation d’éthylène
effectue une série de mesures dans le sens d’écoulement et une
par voie sèche, etc.
autre série dans le sens inverse. La différence entre les deux flux
mesurés est relativement indépendante de la vitesse d’aspiration et
correspond au flux net de l’écoulement [17]. 8.1.2 Séchage
L’avantage de cette technique est sa simplicité et son caractère Le caractère parfaitement mélangé de la suspension dans les lits
pragmatique. Par contre, elle ne peut être appliquée qu’aux écoule- fluidisés et sa parfaite homogénéité en température font de cette
ments verticaux avec une structure régulière, c’est-à-dire au cas des technique un dispositif idéal pour le séchage des granulés d’origines
lits transportés et des lits circulants. diverses. Comparé à beaucoup des réactions chimiques mises en

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œuvre dans les lits fluidisés, le séchage est un phénomène plutôt


lent. Cette lenteur relative donne le temps nécessaire à la phase
bulle d’effectuer facilement l’échange d’humidité entre la suspen-
sion (humide) et les bulles (plutôt sèches).
Riser Débimètre
Ainsi, le fonctionnement d’un lit fluidisé de séchage est fonda-
mentalement différent de celui d’un réacteur où une réaction rapide
est mise en œuvre. La taille des bulles, leur vitesse d’ascension et
V2
les autres propriétés de fluidisation – éléments clés d’un réacteur à
Sonde lit fluidisé – trouvent une importance plus faible dans le cas du
séchage. Toutefois, il ne faut pas oublier qu’une bonne fluidisation
Dispositif de
récupération
est tout de même nécessaire pour obtenir les qualités de mélange
V1
des particules parfait et d’homogénéité de la suspension.
Un certain nombre de dispositifs de séchage de ce type emploient
la fluidisation par couche où le produit à sécher effectue un parcours
Collecteur latéral, partant du point d’alimentation (sur un côté) et allant jusqu’à
la sortie (de l’autre côté). La figure 21 montre un exemple de ce type
Balance de dispositif de séchage.

Figure 18 – Système de mesure du débit de solide par prélèvement,


appliqué aux écoulements à structure régulière comme ceux des lits
8.1.3 Granulation et polymérisation
transportés
La particularité de ce type de procédé est que les granulés gros-
sissent au fur et à mesure de leur séjour dans le lit fluidisé. Étant
donné la taille relativement grosse des particules (couramment de
Produit final : la classe D de Geldart), on utilise souvent une forme conique pour la
essence + gaz partie inférieure du lit. Cette forme particulière a pour effet :
— d’éviter la formation des zones mortes (les endroits où se for-
meraient un amas immobile de particules) et d’accélérer le mouve-
Décanteur du ment des particules au voisinage des jets formés au niveau de la
Fumées catalyseur usé grille ;
— de favoriser l’arrosage des plus petites particules qui, dans ces
conditions, remontent à la surface où la vitesse de fluidisation est
plus faible.
La figure 22 montre un exemple de procédé granulation/séchage
où le liquide est pulvérisé au sein même du lit fluide.

Lit fluidisé de
8.1.4 Traitements surfaciques et échanges
régénération du de chaleur
catalyseur usé
La qualité exceptionnelle des lits fluidisé en tant qu’échangeurs
de chaleur a déjà été exposée (au § 5). Les lits fluidisés bouillon-
nants sont utilisés pour chauffer ou refroidir soit à l’aide d’un réseau
de tubes échangeurs, soit en y plongeant directement des pièces
métalliques.
Le procédé le plus courant consiste à plonger des pièces moulées
à la fonderie, comportant des résidus carbonés, dans un lit de sable.
Cette opération permet à la fois de refroidir la pièce et de lui enlever
les résidus carbonés. Elle peut aussi servir, en utilisant le caractère
abrasif des particules de sable, au polissage des pièces. Par ailleurs,
Sens de l’écoulement

Air de le sable noirci peut être nettoyé dans un lit fluidisé annexe où le
combustion Préchauffage
résidu carboné, contenu dans le sable, est brûlé.

catalyseur
régénéré et
chaud
8.2 Risques industriels
et environnementaux

Les principaux risques industriels de l’utilisation des lits fluidisés


sont :
Buse d’injection — les risques d’explosion liés à la manipulation de particules très
fines. Ces risques, bien que réels, sont limités à un très petit nombre
Vapeur d’eau de procédés manipulant des poudres très fines (comme dans le
Pétrole brut domaine des cosmétiques). Ils ne font pas réellement partie des ris-
ques de fluidisation, mais de ceux dus au caractère explosif des
Figure 19 – Procédé de craquage catalytique du pétrole brut en lit poussières constituées de particules fines qui peuvent se charger
transporté facilement d’électricité statique ;

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Filtres céramiques

Mouillage Échangeur de chaleur

Minerai

Lit fluidisé de
calcination
Réglage de
température
Cyclones

Souffleur
d’air

Convoyeur du minerai calciné

Figure 20 – Procédé de calcination du minerai de zinc (ZnS) en lit fluidisé

— les risques de fuite des produits dangereux (produits chimi-


ques, catalyseurs, etc.). Afin de limiter ces risques, les cyclones peu-
Cyclones vent être placés à l’intérieur du lit fluide (cela coûte plus cher, mais
réduit le nombre de conduites et de jointures). Les lits fluidisés des
procédés manipulant des produits dangereux (acrylonitrile, grillage
de sulfure de zinc...) fonctionnent en légère dépression, ce qui per-
met d’éliminer tout risque de fuite vers l’extérieur ;
Granulés
humides — les risques environnementaux qui sont ceux de n’importe
quelle autre technique de ce genre. Ces risques sont plus grands à
la sortie des cyclones, particulièrement pour les procédés dont le
produit gazeux est rejeté dans l’atmosphère (combustion de char-
bon, échangeurs de chaleur...). Dans ce cas, une filtration des cou-
Air rants gazeux quittant les cyclones est obligatoire pour éliminer le
risque de rejet malencontreux de particules fines dans l’atmo-
Fioul sphère. Il ne faut pas oublier que, même si le régime normal du
Produit sec Air fonctionnement des cyclones permet d’obtenir un rendement très
Préchauffeur élevé d’élimination des particules, ils ne sont pas à l’abri d’un dys-
fonctionnement (un engorgement par exemple) qui pourrait entraî-
Figure 21 – Séchage de granulés en couche fluidisée ner, en absence de filtre, de sérieuses difficultés.

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Alimentation
en poudre

Sortie air chargé

Sortie eau

Alimentation Condenseur
en solution

Cyclone

Entrée eau
froide

Lit fluidisé Jambe Entrée


de retour d’air frais
Entrée
d’air chaud

Entrée
d’air frais
Échangeur
de chaleur

Soutirage Condensation
granulé vapeurs

Figure 22 – Lit fluidisé de granulation de GEA Weigand

Notations et symboles
Symbole Unité Définition
A m2 Section du lit fluidisé
Cpf J/(kg · K) Capacité thermique à pression constante de la phase fluide
Cps J/(kg · K) Capacité thermique à pression constante de la phase solide
Db m Diamètre d’une sphère ayant le même volume que la bulle
Dc m Diamètre du cyclone
D m2/s Coefficient de diffusion de la phase gazeuse
d m Distance séparant les fibres optiques
dp m Taille moyenne des particules
dpi m Taille des particules de la tranche i
E i∞ kg/(m2 · s) Flux d’envol des particules de taille dpi au-dessus de la hauteur de désengagement
Es kg/(m2 · s) Émissivité de la phase solide (les particules)
Ew kg/(m2 · s) Émissivité de la paroi des tubes
g m/s2 Constante de gravitation (g = 9,81 m/s2)
gi – Fraction massique des particules de la tranche i dans le lit fluidisé
g i∞ – Fraction massique des particules de la tranche i au-dessus de la hauteur de désengagement

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Notations et symboles (suite)


Symbole Unité Définition
h m Hauteur de la suspension à la vitesse opératoire
hmf m Hauteur de la suspension à la vitesse minimale de la fluidisation
K i∞ s−1 Constante d’élutriation (envol des fines) des particules de la tranche i
kg m/s Coefficient de transfert de matière bulles / suspension
L m Hauteur totale de la suspension dans le lit fluidisé
M kg Masse de la phase solide dans le lit fluidisé
nj m−2 Nombre de jets par m2 de la grille de fluidisation (nj = nm × nombre de jets par tuyère)
nm m−2 Nombre de trous par m2 de la grille de fluidisation (nm = nombre de tuyères/m2 de la grille)
P Pa Pression au sein de la suspension (variable selon la hauteur)
S kg/s Émission (fuite) de particules à la sortie des cyclones
s° m2 Surface de la grille occupée par un seul jet (= surface grille/nj )
T K Température
TDH m Hauteur limite de désengagement des particules (de l’anglais : Transport Disengaging Height)
Ts K Température de la phase solide (particules)
Tw K Température de la paroi (tubes)
t s Temps
U° m/s Vitesse d’apparition des premières bulles
Ub m/s Vitesse moyenne d’ascension des bulles
Uj m/s Vitesse du gaz au niveau du jet (à la sortie des tuyères)
Um m/s Vitesse du gaz à la base des tuyères
Umf m/s Vitesse minimale de la fluidisation
Ur m/s Vitesse relative gaz /particules
Us m/s Vitesse moyenne d’écoulement des particules
Ut m/s Vitesse terminale de chute libre des particules
U t* m/s Vitesse terminale de chute libre des particules de taille 2,7 dp
U m/s Vitesse de fluidisation
V m/s Vitesse moyenne d’écoulement particulaire calculée par la sonde
Ws kg/s Débit de circulation de la phase solide
W s° kg/s Débit massique d’alimentation en solide
W s∞ kg/s Débit massique total des particules envolées
W s∞, i kg/s Débit massique des particules envolées de la taille dpi
z m hauteur par rapport à la grille de fluidisation
αc W/(m2 · K) Constante de transfert de chaleur par convection gazeuse
αd W/(m2 · K) Constante de transfert de chaleur par conduction particulaire
αcd W/(m2 · K) Constante de transfert de chaleur incluant la convection gazeuse et la conduction particulaire
αr W/(m2 · K) Constante de transfert de chaleur par rayonnement
αs kg/m3 Masse des particules par unité de volume du lit
αw W/(m2 · K) Constante globale de transfert de chaleur à la parois des tubes échangeurs
ε m3/m3 fraction de vide dans le lit fluidisé
εb m3/m3 fraction volumique des bulles dans le lit fluidisé
εmf m3/m3 fraction de vide dans le lit fluidisé au minimum de fluidisation
εp – Émissivité de la particule
φi m Diamètre des trous au niveau du jet (à la sortie de la tuyère)
φm m Diamètre des trous au niveau de la plaque (à la base de la tuyère)
λf W/(m · K) Coefficient de transfert de chaleur par conduction (phase gaz)
λs W/(m · K) Coefficient de transfert de chaleur par conduction (phase solide)
µ N · s/m2 Viscosité
ρf kg/m3 Masse volumique de la phase fluide
ρs kg/m3 Masse volumique de la phase solide
σ W/(m2 · K4) Constante de Stefan-Boltzmann

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Notations et symboles (suite)


Symbole Unité Définition
η – Efficacité du cyclone
d p3 ρ f ( ρ s – ρ f )g
Ar nombre d’Archimède Ar = ---------------------------------------
µ2
C pf µ
Pr – nombre de Prandtl Pr = -------------
λf
ρ f U mf d p
Remf – nombre de Reynolds au minimum de fluidisation Re mf = -------------------------
µ
ρf U dp
Rep – nombre de Reynolds particulaire Re p = -------------------
µ

Références bibliographiques
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