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8.

Assemblages boulonnés

8.1. Composants d'un assemblage boulonné

8.1.1. Parties d'un assemblage


Un assemblage boulonné peut être composé des parties représentées dans la figure
8.1, soit:
− les couvre-joints, Couvre-joint
− les plaques de tête ou platine, Plaque de tête
− les raidisseurs, ou platine
− les goussets
Raidisseur
− les plaques de base,
Gousset

Figure 8.1

8.1.2. Boulons

8.1.2.1. Description

env. 0.7d longueur l épaisseur épaisseur


3 à 5 mm env. 0.8d
d

partie
filetée
tête (6 pans) tige

Boulon Rondelle Ecrou


Figure 8.2

Les boulons employés dans la construction métallique sont constitués d'une tige file-
tée sur une partie de sa longueur, d'une tête à six pans et d'un écrou.
Les boulons sont aussi munis d'une rondelle afin de
− s'assurer que la partie filetée de la tige est à l'extérieur des éléments reliés par
le boulon
− obtenir une meilleure répartition de l'effort de précontrainte dans les assembla-
ges précontraints

EIA-FR, GC
Construction en acier 8.1
C. Deschenaux
On distingue deux types de boulons, soit les boulons de charpente métallique et
ceux à haute résistance.
- Boulons de charpente métallique
Ceux-ci sont désignés par les lettres SBS qui signifient "Stahlbauschraube" et
sont constitués d'un acier dont la limite d'élasticité vaut 240 resp. 300 N/mm2. Les
boulons de charpente métallique s'emploient couramment pour réaliser les as-
semblages faiblement sollicités des halles et des bâtiments, pour autant que les
sollicitations restent principalement statiques.
- Boulons à haute résistance
L'acier des boulons à haute résistance, désignés par les lettres SHV (pour "Stahl-
bau hochfeste vorgespannte Schraube) possèdent une limite d'élasticité égale à
640 respectivement 900 N/mm2. Ils sont principalement employés dans les as-
semblages fortement sollicités, les ponts et les connections soumises à des ef-
forts dynamiques.

8.1.2.2. Acier
Les nuances d’acier les plus courantes sont les nuances 4.6 resp. 5.6 pour les bou-
lons de charpente métallique et 8.8, resp. 10.9 pour ceux à haute résistance.
f [N/mm2]
La signification de ces nombres est la 1000
suivante:
800

- le premier chiffre représente le cen-


600
tième de la résistance à la traction ex-
primée en N/mm2 400

- le deuxième chiffre équivaut à dix fois 200

le rapport obtenu en divisant la limite ε [%]

d'élasticité par la résistance à la trac- 5 10 15 20

tion. Figure 8.3

Ainsi, un boulon SBS 4.6 est constitué d'un acier dont la résistance à la traction vaut
fu=400 N/mm et sa limite d'élasticité est équivalente à fy=6/10x400=240 N/mm2.
La figure 8.4 ci-contre donne les diagrammes contrainte-déformation des différents
boulons employés dans la construction métallique en Suisse.

8.1.2.3. Autres caractéristiques


- La partie filetée des boulons devrait toujours être située à l'extérieur des tôles
qu'ils connectent. C'est pourquoi, leur longueur doit correspondre à l'épaisseur de
serrage désirée.
- La nuance d'acier utilisée pour la fabrication des boulons est généralement ins-
crite sur leur tête. Si cette inscription n'apparaît pas, les boulons sont en acier 4.6.
L'acier des écrous doit correspondre à celui des boulons.
- Pour éviter que l'écrou ne se dévisse sous l'influence des vibrations, on peut em-
ployer une des dispositions constructives données ci-dessous.
• double écrou (ceux-ci doivent alors être mis en place en appliquant un couple
de serrage opposé sur chacun d'eux),
• rondelles à ressort,
• détérioration locale du filet.
EIA-FR, GC
Construction en acier 8.2
C. Deschenaux
- On doit utiliser des boulons en acier inoxydables pour les assemblages de structu-
res faites de ce même acier. Ceux-ci ne doivent normalement pas être utilisés
pour les constructions en acier courant car un effet de pile pourrait se développer
et corroder ainsi les deux aciers de noblesse différente.

8.2. Détails de construction

8.2.1. Diamètre des boulons


Pour des raisons pratiques, on veillera à ne choisir qu'un seul diamètre de boulons
pour un même assemblage et on proscrira tout emploi de classe de qualité diffé-
rente.
Le diamètre d des boulons doit être choisi en fonction de l'épaisseur minimale tmin
des plaques assemblées. Les règles constructives suivantes se sont révélées judi-
cieuses
Epaisseur min des plaques [mm] 4-6 5-10 7-14 10-20 13-25
tmin
Diamètre des boulons d [mm] 12 16 20 24 27

Tableau 8.1

8.2.2. Dimensions des trous de boulons


Le diamètre (do) des trous est déterminé en fonction du diamètre (d) des boulons et
vaut [N7] :
do=d+2 mm pour d≤24 mm (8.1a)
do=d+3 mm pour d≥27 mm (8.1b)
Dans les joints de dilatation ou pour des raisons constructives, on peut prévoir des
trous oblongs, perpendiculaires ou parallèles à la direction de l'effort. Ces trous doi-
vent normalement être recouverts par des plaques de recouvrement de dimensions
et d'épaisseurs appropriées.

8.2.3. Positionnement des trous de boulons >p 1

Définitions e p 2 e 2 2

La pince e est la distance entre l'axe d'un boulon p 1


p
et le bord d'extrémité qui lui est adjacent. L'en- e 1
1

traxe p est la distance entre les axes des bou-


lons. Ces deux grandeurs p et e sont caractéri-
sées par les indices 1 si elles sont mesurées
dans la direction de l'effort ou 2 si elles lui sont
perpendiculaires (cf. fig. 8.4). Figure 8.4
On appelle ligne de trusquinage les axes parallè-
les au bord longitudinal des ailes d'un profilé laminé sur lesquels il faut, dans la me-
sure du possible, placer les boulons. Celles-ci sont données dans les tabelles [5]
sous la dénomination w.
Disposition
On veillera à disposer les boulons en respectant les valeurs limite prescrites par la
norme.

EIA-FR, GC
Construction en acier 8.3
C. Deschenaux
Les distances minimales ont été fixées en fonction de l'outillage (dimension des
clefs) et pour éviter la rupture prématurée des tôles.
Afin d'éviter tout bâillement des tôles et réduire ainsi les risques de corrosion, il est
conseillé de respecter les écartements maximums prescrits par les Eurocodes et
schématisés dans les deux dessins ci-dessous (cf. fig. 8.5). En cas de compression,
s'il y a risque de voilement des éléments boulonnés, des écartements plus faibles
peuvent être nécessaires.

p1<14t et <200 mm (compression)


Assemblages à l'abri Assemblages soumis aux intempéries

p2<21t et <300 mm (traction


e2<12t et <150 mm
e2<40 mm + 4t

p2<14t et <200 mm
e1<40 mm + 4t e1<12t et <150 mm

..

p1<14t et <200 mm p1<21t et <300 mm (traction)


p1<14t et <200 mm (compression)
t: épaisseur du plat extérieur le plus mince

Figure 8.5
8.3. Résistance des boulons

8.3.1. Modes de transmission des forces en cisaillement dans les assemblages


boulonnés non précontraints
On peut utiliser des boulons de qualité normale ou à haute résistance pour de tels
assemblages.
La figure 8.6a montre schématiquement la position des plaques à l'état chargé. La
force F agissant dans la plaque centrale est transmise dans les plaques extérieures
au moyen du boulon, exerçant ainsi de fortes pressions au droit des surfaces de
contact (fig. b). Bien que ce ne soit pas le cas, on peut admettre que ces pressions,
appelées pressions latérales, soient uniformément réparties pour le calcul.
réelle
admise

P/2
P
P/2

(a) Boulon cisaillé (b) Pression latérale (c) Effort tranchant


dans le boulon
Figure 8.6
La vérification de la résistance doit inclure celle du boulon et des plaques.
Pour vérifier la résistance du boulon, il suffit alors de l'isoler et de déterminer les ef-
forts intérieurs qui le sollicitent (fig. c). Pour autant que les pièces soient plaquées
les unes contre les autres, on peut négliger le moment de flexion et ne prendre en

EIA-FR, GC
Construction en acier 8.4
C. Deschenaux
considération que l'effort tranchant qui est toujours maximum à l'endroit où les pla-
ques se touchent.
Il faut s'assurer de plus que les plaques puissent supporter les pressions latérales
auxquelles elles sont soumises.

8.3.2. Résistance au cisaillement

La résistance au cisaillement d'un


boulon est directement proportion-
nelle à la surface de cisaillement qui
peut se situer soit dans la section
de la tige ( A = π d 2 / 4 ) , soit dans la
section du filetage. Dans ce dernier
cas, qui doit être évité dans la me-
sure du possible, la section qu'il faut Figure 8.7
introduire dans le calcul est la sec-
tion résistante (As) du boulon. Celle-
ci est égale à l'aire d'un cylindre
lisse offrant la même résistance à la
rupture que la partie filetée du bou-
lon.
La valeur de calcul de la résistance
d’un boulon vaut pour chaque plan
de cisaillement (Fv,Rd) :
Cisaillement dans la tige: Fv , Rd = 0.6 f ub A / γ M 2 (8.3a)
Cisaillement dans le filetage: Fv , Rd = 0.6 f ub As / γ M 2 (aciers 4.6 / 5.6 / 8.8) (8.3b)
Fv , Rd = 0.5 f ub As / γ M 2 (acier 10.9) (8.3c)
avec f ub : résistance à la traction de l'acier du boulon
A : section de la tige du boulon
As : section résistante (As : Cf. [N6], tableau 16)
Remarques
Il sera toujours important de bien vérifier, lors du
calcul d'un assemblage, le nombre de surfaces ci-
saillées (cf. fig. 8.8)
La résistance au cisaillement d'un boulon HR reste Sections cisaillées

la même, qu'il soit précontraint ou non.

e1 p1 p1 p1 e1

Figure 8.8

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Construction en acier 8.5
C. Deschenaux
8.3.3. Pression latérale
Pour ce contrôle, on admet que la pression latérale se répartit uniformément sur les
tôles (cf. fig. 8.9).

LR

Figure 8.9

La résistance à la pression latérale est influencée par


- la résistance à la traction des tôles,
- l'épaisseur des tôles,
- les pinces e1 et entraxes p1.
Si la distance entre les boulons mesurée perpendiculairement à la direction des ef-
forts répond aux conditions suivantes :
e2 ≥ 1.0d 0 et p2 ≥ 2.0d 0

la valeur de calcul de la résistance à la pression latérale vaut, pour chaque boulon,


fu
Fb,Rd = α dt (8.4a)
γM2

⎧⎪ e1 ⎛ p 1⎞ ⎫⎪
avec α = min ⎨0.85 ; 0.85 ⎜ 1 − ⎟ ; 2.4 ⎬
⎪⎩ d0 ⎝ d0 2 ⎠ ⎭⎪

e1 : pince dans la direction de l'effort,


p1 : entraxe des boulons dans la direction de l'effort,
d : diamètre de la tige du boulon,
fu : résistance à la traction des tôles,
t : épaisseur déterminante des tôles.

Remarque:
La pression de contact qui agit sur la tige du boulon n'est pas déterminante car le
boulon se ruine toujours par cisaillement.

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Construction en acier 8.6
C. Deschenaux
8.3.4. Résistance à la traction
Dans les assemblages sollicités en traction, les for-
ces se transmettent d'un élément à l'autre directe-
ment pas l'intermédiaire des boulons dont la résis-
tance ultime des dépend uniquement de leur résis- T/2 T/2
tance à la traction fu,b.
La résistance ultime à la traction d'un boulon (cf. fig. T/2 T/2
8.10) est directement proportionnelle à la résistance
à la traction fu,b du matériau du boulon et à l'aire de
la section résistante As.
Figure 8.10
La valeur de calcul de la résistance en traction d’un
boulon vaut:
fub As
Ft , Rd = 0.9 (8.5a)
γM2
L'utilisation des boulons précontraints est fortement recommandée pour tous les as-
semblages sollicités à la traction et obligatoire pour les assemblages soumis à des
charges de traction répétées en raison de la sensibilité élevée à la fatigue de ces as-
semblages ([N6] & 6.2.2.3). De cette façon, la précontrainte réduit la différence de
contrainte dans les boulons.

8.3.5. Résistance au cisaillement et à la traction


La résistance ultime d'un boulon sollicité si-
Fv,Ed/Fv,Rd multanément au cisaillement et à la traction
est dictée par une loi d'interaction faisant in-
1 tervenir les résistances au cisaillement pur et
à la traction pure des boulons. La vérification
de la sécurité structurale d'un tel boulon s'ef-
fectue selon la formule (8.6 ) ci-dessous.
2 2
⎛ Fv , Ed ⎞ ⎛ Ft , E d ⎞
Ft,Ed/Ft,Rd ⎜⎜ ⎟⎟ + ⎜⎜ ⎟⎟ ≤ 1 (8.6)
1 ⎝ Fv , Rd ⎠ ⎝ Ft , Rd ⎠
Figure 8.11

Cette dernière relation représente le cercle schématisé dans la figure 8.11.


De plus, on contrôlera toujours la pression latérale des pièces assemblées.

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Construction en acier 8.7
C. Deschenaux
8.4. Résistance des moyens d’assemblage

8.4.1. Transmission d’un effort au moyen de couvre-joints


Les forces dans les boulons dues à un moment sollicitant un assemblage cisaillés
sont égales à :
M ⋅ ri M ⋅ zi M ⋅ yi
Fi = Fxi = Fzi = (8.7)
∑ ri2 ∑(x 2
i +z 2
i ) ∑(x 2
i + zi2 )
Les boulons les plus sollicités seront ceux qui se trouvent à la plus grande distance
du centre de gravité des boulons.

Fi Fxi x
M ri z
Fzi

Figure 8.12
Les forces dans les boulons provenant d’une force Q agissant au centre de gravité
des boulons valent, quant à elles :
Q Q Q
Fi = Fxi = cosα Fzi = sinα (8.8)
n n n
Fxi
Fi
α Fzi

Figure 8.13
L’analyse d’une force excentrée agissant sur un ensemble de boulons caractérisé
par un centre de rotation libre peut être faite de la façon indiquée ci-dessous.
La force excentrée Q peut être remplacée par un système force-couple ( Q / M = Q ⋅ e )
agissant au centre de gravité des boulons. Les forces agissant sur les boulons résul-
tent de la sommation des charges dues au moment M et les charges provenant de
F. La résultante agissant sur chaque boulon peut être déterminée à partir des com-
posantes selon x et z provenant de l’effort M et de Q.
Q

Fx = Fx ( Q ) + Fx ( M ) α
M=Qe
Fz = Fz ( Q ) + Fz ( M ) (8.9) e Q
Ftot = F + F
x
2
z
2

Figure 8.14

EIA-FR, GC
Construction en acier 8.8
C. Deschenaux
8.4.2. Transmission d’un effort au moyen de platines

8.4.2.1. Transmission d’un effort de traction


La résistance de calcul d’une semelle de tronçon de T (fi-
gure 8.15) à la traction doit être prise égale à la plus petite
des valeurs correspondant aux trois modes possibles de
ruine

Figure 8.15

Mode 1 : mécanisme plastique complet de la semelle


4M pl ,Rd
Ft ,Rd = (8.10)
m
Mode 2 : mécanisme par ruine des boulons et plastification de la semelle
2M pl ,Rd + n ∑ Bt ,Rd
Ft ,Rd = (8.11)
m+n
Mode 3 : Ruine des boulons seule

Ft ,Rd = ∑ Bt ,Rd (8.12)


Dans ces trois dernières formules,
M pl ,Rd : moment plastique de la plaque frontale
2
lt fy
M pl ,Rd == f

4 γ M1
Bt ,Rd : résistance de calcul à la traction d’un boulon uni-
que dans l’assemblage
∑ Bt ,Rd : sommation à tous les boulons en traction
n ≤ 1.25m : distance entre le bord latéral de la plaque et les
boulons n=emin, mais n ≤ 1.25m
M: distance entre les boulons et le congé, respecti-
vement la soudure
l: longueur effective de l’assemblage

Figure 8.16

EIA-FR, GC
Construction en acier 8.9
C. Deschenaux
Longueur effective lo
La longueur effective lo égale à la somme des longueurs effectives telles qu’indiques
dans la figure ci-dessous.

Figure 8.17 Figure 8.18

Il est possible de renforcer un assemblage en traction boulonné à l’aide de raidis-


seurs (figure 8.19) ou de cales (figure 8.20). qui transfèrent la force de traction de
l’aile du poteau à son âme sans que l’aile ne soit fléchie.

Figure 8.19 Figure 8.20

EIA-FR, GC
Construction en acier 8.10
C. Deschenaux
En cas de renfort, on peut,
selon [17], appliquer les rè-
gles simplificatrices suivan-
tes

a) Aucun renforcement ne
doit être prévu si
l’épaisseur de l’aile de la
colonne ne dépasse pas
les valeurs limites données
dans le tableau représenté
dans la figure 8.21.
b) Si l’épaisseur minimale tf
de l’aile de la colonne don-
née dans le tableau ci-
d : diamètre de la tige des boulons utilisés
dessus n’est pas respec-
tée, les mesures construc- Figure 8.21
tives ci-dessous doivent
être prises.
b1) Attaches calculées sans raidisseurs
Soudure de raidisseurs au niveau des ailes du sommier et contrôle des épais-
seurs come si l’attache était raidie
b2) Attaches raidies
Prévoir des cales supplémentaires selon la figure 8.22. Ces cales auront des
dimensions maximales, tout en tenant compte des cotes a1 et aF.

dp : épaisseur de la platine

Figure 8.22

EIA-FR, GC
Construction en acier 8.11
C. Deschenaux
8.4.2.2. Transmission d’un moment de flexion
Les systèmes statiques des assemblages sont ceux représentés dans la figure 8.23.
La transmission du moment de flexion peut se modéliser en admettant une force de
compression Fc transmise directement par contact, et des efforts de traction Ft sur
les boulons les plus proches de l'aile tendue (les autres boulons sont réservés à la
transmission d'un éventuel effort tranchant).

Figure 8.23

- La force de levier H agissant à l’extrémité de la plaque débordante vaut environ


30% de l’effort de rupture des boulons situés dans la zone débordante, dans le
cas des proportions géométriques des attaches normalisées. Aucune force de le-
vier ne se développe dans les plaques à fleur des profilés.
- Pour les plaques débordantes, la force traction agissant dans l’aile supérieure de
la traverse est reprise de façon égale par les boulons des deux rangées supé-
rieure.
- Les boulons situés du côté de la zone comprimée reprennent tout l’effort tran-
chant.

8.5. Introduction des forces concentrées

8.5.1. Données du problème


Le problème de l'introduction des forces concentrées est important en construction
métallique où l'on a en général des éléments formés de parois minces. Ces forces
concentrées peuvent être des réactions d'appui, des efforts de déviation, des char-
ges concentrées, etc. (fig. 8.24b)

Figure 8.24

EIA-FR, GC
Construction en acier 8.12
C. Deschenaux
En principe, les forces concentrées seront introduites dans les éléments porteurs à
parois minces par l'intermédiaire de raidisseurs. Toutefois, pour des raisons de coût,
il arrive que ces raidisseurs ne soient pas utilisés; l'âme est alors seule à résister et
la question de sa résistance ultime se pose.
Trois modes de ruine gouvernant la résistance d'une âme non raidie soumise à une
charge transversale ont été expérimentalement mis en évidence; ils sont explicités
dans la figure 8.25 ci-dessous.

Figure 8.25

8.5.2. Vérifications
a) Mesures constructives
La semelle sur laquelle la charge est appliquée doit, en principe, être latéralement
maintenue au droit du point d'application de la charge afin d'éviter tout risque de dé-
versement. Lorsque ceci n'est pas réalisé, une investigation spécifique eu égard à la
résistance au voilement doit être entreprise.

Figure 8.26
b) Répartition des efforts
L'analyse de l'état de contrainte au droit du point d'application d'une force concen-
trée est très complexe. La diffusion des efforts et la répartition des contraintes ne
sont pas linéaires. Pour le dimensionnement, on admet que la force se diffuse linéai-
rement dans la plaque selon une pente 1/5 dans les ailes, respectivement 1/1 dans
les plaques intermédiaires (fig. 8.27 et 8.28)
EIA-FR, GC
Construction en acier 8.13
C. Deschenaux
Sans plaques intermédiaires

Figure 8.27

Avec plaque intermédiaire

Figure 8.28

Si le point d’introduction des forces est situé à


l’extrémité de la poutre, la valeur de calcul de la ré-
sistance FRd doit être réduite de moitié (fig. 8.29); à
partir d’une distance h/2 de cette extrémité, on peut
admettre sa valeur totale. Pour les positions inter-
médiaires, on peut procéder à une interpolation li-
néaire entre les deux valeurs.

Figure 8.29

c) Vérification de la résistance de l'âme


On calcule la résistance ultime de la paroi en acceptant une répartition uniforme des
contraintes σz,Ed sur la largeur de diffusion
La valeur de calcul de la résistance ultime FRd est égale à l'effort que peut reprendre
la section utile de la paroi lorsqu'elle est totalement plastifiée ; elle vaut:

(8.13)
On contrôlera également que l'aile ou la plaque de tête soit suffisamment rigide afin
que la ruine ne se produise pas par flexion.

EIA-FR, GC
Construction en acier 8.14
C. Deschenaux
d) Vérification de la stabilité de l'âme
Si la force à introduire est une compression, on doit en plus
contrôler la stabilité de la paroi comprimée car la ruine peut se
produire par voilement local (fig. 8.30). Ce contrôle se fera se-
lon les indications données ci-dessous.

Figure 8.30

Forces agissant d’un seul côté, respectivement des deux côtés

Figure 8.31

(8.14)

EIA-FR, GC
Construction en acier 8.15
C. Deschenaux
8.6. Calcul d’assemblages types

8.6.1. Transmission d’un effort normal au moyen de couvre-joints

8.6.1.1. Contrôles
Les contrôles suivants devront être ef-
fectués pour ce type d’attache :
¾ Contrôle du cisaillement des bou-
lons (para 8.3.2)
¾ Contrôle de la pression latérale
(para. 8.3.3)
¾ Vérification de la section brute et
nette (para. 8.8.1.2)
¾ Introduction des forces dans le
gousset (para. 8.8.1.3)
De plus, on veillera à contrôler
l’influence d’éventuelles excentricités
des moyens d’assemblage.
Figure 8.32

8.6.1.2. Sections brutes et nettes


La résistance des sections brutes et nettes du profilé
et des couvre-joints doivent être vérifiées selon les
relations 8.14 ci-dessous.
La section nette est la section qui présente la plus
courte ligne de rupture (section 1-1, resp. 2-2 de la
figure 8.33). Elle est toujours inférieure à la section
brute A et dépend du nombre de trous et de leur dis-
position. Figure 8.33
⎧ fy 0.9 fu ⎫
FRd = min ⎨ Abrut , Anet ⎬ (8.14)
⎩ 1.05 1.25 ⎭

8.6.1.3. Introduction des forces


L’introduction des forces dans un gousset doit être
contrôlée selon le modèle de la défaillance par effet
combiné de cisaillement et d’arrachement. Pour cela, il
faut vérifier que
0.9fu ⋅ At + 2τ y ⋅ Av ,brut
NEd ≤ (8.15)
γ M2
Figure 8.34
At et Av sont directement tirés de la figure 8.34 ci-
contre.
On peut noter que si l’attache ne se fait qu’au moyen
d’une seule rangée de boulons dans la direction de
l’effort, ce contrôle n’est jamais déterminant par rap-
port à celui de la pression diamétrale.

EIA-FR, GC
Construction en acier 8.16
C. Deschenaux
8.6.1.4. Assemblages des cornières
Pour les assemblages impliquant une cornière simple fixée par une seule rangée de
boulons (Figure 8.35), la valeur de calcul de la résistance ultime de l’assemblage
Nu,Rd est limitée par le critère de défaillance ci-dessous
0.9 fu At + f y / 3 Av ,brut
N eff , Rd = (8.16)
γM2

Figure 8.35

Pour les assemblages avec un seul boulon, la valeur de calcul de la résistance ul-
time de l’assemblage est limitée, en raison de l’excentricité, à la valeur :
0.9fu ( 2e2 − d 0 ) t
Neff ,Rd = (8.17)
γ M2

8.6.2. Assemblage par plaques frontales

8.6.2.1. Types d’assemblages


Un joint de poutre transmettant un moment de flexion peut se faire à l'aide d'une pla-
que frontale non débordante ou débordante (Figure 8.36). Ces assemblages sont
normalisés et leurs géométries sont données dans des tabelles de dimensionne-
ment.

Plaque frontale débordante Plaque frontale à fleur du profilé


Figure 8.36

Les proportions géométriques, les épaisseurs de plaques frontales et des cordons


de soudure des attaches normalisée sont choisies de façon à ce que la ruine de
l’attache sous la sollicitation de flexion soit produite par la rupture des voulons HR
sollicités à la traction. Cet assemblage se calcule selon la théorie exposée dans le
paragraphe 8.6.2.

EIA-FR, GC
Construction en acier 8.17
C. Deschenaux
8.6.3. Assemblage poutre-colonne
La figure 8.37 donne quelques exemples d’assemblages conçus pour ne transmettre
qu’un seul effort tranchant entre une poutre et une colonne.

Figure 8.37
Pour le dimensionnement des assemblages (a) et (b), on peut assumer que les bou-
lons ne reprenne qu’un seul effort tranchant.
Le dimensionnement de la connexion sur la colonne (c), respectivement sur la pou-
tre (d) doit prendre en considération l’influence du moment de flexion car la distance
entre les centres de gravité des groupes de boulons est trop grande pour être igno-
rée. Le choix de l’endroit où se trouve la rotule (figures 8.29c et d) détermine quel
groupe de boulons doit être dimensionné pour reprendre le moment de flexion.
Exemple
En plus des boulons de l’assemblage représenté dans la figure 8.37b, il faut vérifier
la résistance à l’effort tranchant de l’âme à la hauteur de l’assemblage et celle des
plaques de tête.
La résistance à l’effort tranchant de l’âme du profil ne dépassera pas
fy
VEd ≤ ( hp − tf ) tw
1
(8.18)
3 γ M1
Pour les platines de tête, les contrôles suivants doivent être effectués:
τy fyd 1
Section brute: VEd ≤ 2 ⋅ hp ⋅ t p = 2 ⋅ hp ⋅ t p (8.19)
γ M1 3 γ M1

VEd ≤ 2 ⋅ ( hp − 2d0 ) ⋅ t p
0.9 f u 1
Section nette: (8.20)
3 γM2

Attache par cornières (tiré de [1])


EIA-FR, GC
Construction en acier 8.18
C. Deschenaux
La liaison poutre-colonne réalisée à l'aide de cornières (Figure 8.38) mérite une at-
tention particulière car l’excentricité des boulons provoque des efforts secondaires
non négligeables. Ces assemblages sont normalisés et leur résistance sont données
sou forme de tabelles (par exemple [17].

Figure 8.38

8.6.4. Assemblage sommier-solive


La figure 8.39 représente quelques types
d’assemblages de poutres à des sommiers. Si
l’on considère que la rigidité des sommiers à la
torsion est très faible (sections ouvertes à pa-
rois minces), on peut assumer que la ligne
d’action de l’effort tranchant se situe au droit de
l’âme du sommier. Le calcul des boulons se fe-
ra toujours en respectant cette condition.
Si l’aile supérieure des deux poutres doit se
trouver à la même hauteur, et s’il faut garder les
excentricités flexionnelles aussi faibles que
possible, il sera nécessaire d’échancrer la so-
Figure 8.39
live. De plus, si les solives et les sommiers sont
de même hauteur, il faudra entreprendre ce tra-
vail sur les ailes supérieure et inférieure.
Les sections d’une solive
échancrée est affaiblie et doit
être vérifiée spécialement. La
figure 8.40 indique les deux
sections qui peuvent être criti-
ques.
La section brute II-II doit être Figure 8.40
vérifiée sous l’interaction de
l’effort tranchant et du moment.
La section nette I-I doit résister à l’arrachement. La résistance réduite au cisaillement
Veff,Rd par l’affaiblissement dû aux trous, doit être déterminée selon les deux critères
de défaillance suivants:

EIA-FR, GC
Construction en acier 8.19
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a) Défaillance par cisaillement dans la section nette (Figure 8.41)
0.9 fu
Veff , Rd = Av ,net (8.21)
γM2 3

Figure 8.41

b) Défaillance par effet combiné de cisaillement et d’arrachement » (Figure 8.42)

0.9 f u At + f y / 3 Av ,brut
Veff , Rd = (8.22)
γM2

Figure 8.42

8.6.5. Assemblage poutre-poutre

8.6.5.1. Rotule
Les couvre-joints sont utilisés non seulement pour trans-
mettre un effort normal, mais aussi pour transférer un effort
tranchant d’une partie de poutre à l’autre. Il s’agit dans ce
cas d’une rotule et seule l’âme du profil doit être reliée.
La figure 8.43 donne deux possibilités. L’assemblage (a)
est le plus commun. Puisque les deux groupes de boulons
présente la même rigidité, il est logique de situer l’endroit
où le moment est égal à zéro à mi-distance des couvre-
joints. C’est pourquoi les deux groupes de boulons sont sol-
licités par l’effort tranchant V et le moment dû à
l’excentricité V ⋅ a . Le calcul des forces dans les boulons se
fera selon la théorie décrite sous 8.4.1.

Figure 8.43

EIA-FR, GC
Construction en acier 8.20
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8.6.5.2. Transmission d’un effort tranchant et d’un moment
Cet assemblage de poutres consiste à relier
l’âme et les ailes des deux parties de la pou-
tre au moyen de couvre-joints (figure 8.44).
On peut assumer dans cet exemple que tout
le moment est repris par les ailes alors que
l’âme ne reprend que l’effort tranchant. Le
côté droit de l’assemblage est le plus sollici-
té et, en cet endroit, les composants de
l’assemblage doivent pouvoir reprendre
l’effort tranchant V et le moment de flexion
M +V ⋅ a .

Figure 8.44

L’effort normal dans les ailes Nfl vaut (Equation 8.28)


M st
M fl = M st → N fl = (8.23)
h −tf
Les boulons et les couvre-joints de l’âme sont calculés selon la théorie présentée
dans le paragraphe 8.6.2. Ils doivent pouvoir reprendre les efforts suivants (Equation
8.24)
Vw = V et M w = V ⋅ a (8.24)

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