Vous êtes sur la page 1sur 30

Extraction liquide- liquide technologie

Principe de l'extraction liquide-liquide: on cherche a extraire un


soluté contenu dans un mélange liquide homogène constitué de
soluté et de diluant, nommé charge.
On utilise pour cela une certaine quantité d'un solvant qui ne doit
pas être miscible avec le diluant, mais être miscible avec le soluté.
Les deux phases liquides charge + solvant sont mélangées
intimement (mélange non homogène) et le soluté se distribue dans
chacune des phases selon un équilibre physico-chimique (voir
courbes d'équilibre).
Le mélange non homogène est alors décanté en deux phases non
miscibles:
 l'extrait, contenant majoritairement du solvant et le soluté
extrait,
 le raffinat contenant majoritairement du diluant, ainsi que le
soluté non extrait.
Ce procédé est athermique et ne nécessite que très peu d'énergie
(agitation). Il remplace avantageusement la rectification en cas de
séparation difficile (azéotropes, volatilités relatives voisines, etc...). Il
est parfois combiné avec une rectification de l'extrait permettant la
récupération du solvant d'une part, et du soluté avec la pureté
voulue d'autre part.
Ce procédé peut être réalisé en discontinu (ampoule à décanter de
laboratoire par ex), ou en continu (mélangeurs décanteurs, colonnes
d'extraction, etc...)

1
Extraction liquide- liquide technologie

EXTRACTION A SIMPLE ETAGE

2
Extraction liquide- liquide technologie

EXTRACTION A COURANT CROISE :

Dans une extraction à courant croisés, ici à 3 étages, le solvant est


(équitablement) réparti pour réaliser 3 extractions successives, la première
sur la charge, la seconde sur le premier raffinat, la troisième sur le second
raffinat.

On obtient en fin d'opération un raffinat (ici R3) et 3 extraits à 3 compositions


différentes, le premier étant le plus concentré en soluté, le dernier le moins
concentré. Les extraits sont mélangés entre eux dans la majorité des cas.

On démontre que cette méthode donne un meilleur rendement qu'un


extraction à simple étage pour une même quantité de solvant S, ici égale à
S1+S2+S3.

On démontre également que l'optimum est obtenu pour S1=S2=S3, c'est à dire
une répartition équitable du solvant entre chaque extraction.
Ce procédé peut fonctionner en continu ou en discontinu.

3
Extraction liquide- liquide technologie

Dans cette représentation, on note les points suivants:


 Phase légère = solvant
 Extraits soutirés par débordement et regroupés
 Phase lourde = diluant
 Raffinats soutirés par garde hydraulique
 Mélangeurs à élévation décroissante pour écoulement gravitaire des
raffinats

4
Extraction liquide- liquide technologie

EXTRACTION A COTRE COURANT

Dans une extraction à contre-courant, ici à 3 étages, on réalise 3 extractions


successives en utilisant comme solvant l'extrait de l'étage suivant.

On obtient en fin d'opération un raffinat (ici R3 sortant de l'étage n°3)) et un


extrait (ici E1 sortant de l'étage n°1).

On démontre que cette méthode donne un meilleur rendement qu'une


extraction à simple étage ou à courant croisé avec le même nombre d'étages et
la même quantité de solvant.

5
Extraction liquide- liquide technologie

EXTRACTION PAR COLONNE


Ci-dessous sont représentées quatre colonnes d'extraction liquide-liquide à contre-courant.
Dans ces représentations, on note les points suivants:
Solvant = phase lourde (alimentation en haut)
Solvant = phase continue (interface en haut)

6
Extraction liquide- liquide technologie

Solvant = phase lourde (alimentation en haut)


Solvant = phase dispersée (interface en bas)

7
Extraction liquide- liquide technologie

Solvant = phase légère (alimentation en bas)


Solvant = phase dispersée (interface en haut)

8
Extraction liquide- liquide technologie

Solvant = phase légère (alimentation en bas)


Solvant = phase continue (interface en bas)

9
Extraction liquide- liquide technologie

TYPES DE COLONNES D’EXTRACTION L/L

Il existe différents types de colonnes d'extraction, notamment au niveau du système de mis


en contact des phases lourde et légère:
 colonne à garnissage (sans agitation mécanique autre que l'écoulement)
 colonne à plateaux, fixes ou mobiles (mouvements opposés 2 à 2),...
 colonne à disques rotatifs
 colonnes à compartiments agités (ex: khuni)
 colonnes pulsée (liquide mis en mouvement alternatif, internes fixes)
 etc...
Quelques exemples sont représentés ci-dessous.

Colonne à plateaux fixes sans agitation

10
Extraction liquide- liquide technologie

Colonne pulsée à plateaux perforés


mise en mouvement alternatif du liquide via un piston plongeur

11
Extraction liquide- liquide technologie

Colonnes: phase lourde / phase légère / phase continue / phase dispersée.

Selon que le solvant est la phase lourde ou légère, et selon qu'il constitue la
phase continue ou la phase dispersée, les positions respectives des flux de
matière et de l'interface de séparation diffèrent et sont représentées sur les
schémas suivants.
Rq: la phase dispersée est en général la phase dont le débit est le plus faible. Il
peut arriver que l'on ne distingue pas de phase continue dans la colonne, il y
aura dans ce cas deux interfaces de démixion.

Solvant = phase lourde (alimentation en haut)


Solvant = phase continue (interface en haut)

12
Extraction liquide- liquide technologie

Solvant = phase lourde (alimentation en haut)


Solvant = phase dispersée (interface en bas)

13
Extraction liquide- liquide technologie

Solvant = phase légère (alimentation en bas)


Solvant = phase dispersée (interface en haut)

Solvant = phase légère (alimentation en bas)


Solvant = phase continue (interface en bas)

14
Extraction liquide- liquide technologie

15
Extraction liquide- liquide technologie

Niveau d'interface d'une colonne

Dans une colonne d'extraction, le niveau d'interface peut être réglée via la
hauteur h3 de soutirage de la phase lourde (ici le raffinat).
En effet, h1+h2 est la hauteur de soutirage phase légère, et fixée par
construction. En écrivant l'équation de l'hydrostatique sur les colonnes de
liquide h1+h2 et h3, on relie aisément la hauteur d'interface h1 à la hauteur
de soutirage phase lourde h3.

ρlégère g h1 + ρmixte g h2 = ρlourde g h3


d'ou:
h3 = (ρlégère h1 + ρmixte h2 )/ ρlourde

Souvent, ρmixte est assimilé à la masse volumique de la phase continue, ici


ρlourde.

Rq: pour plus de précision, on peut tenir compte des pertes de charge de la
ligne de soutirage phase lourde en écrivant l'équation de Bernouilli.

16
Extraction liquide- liquide technologie

17
Extraction liquide- liquide technologie

18
Extraction liquide- liquide technologie

Compartiment d'une colonne d'extraction liquide-liquide


avec plateaux perforés et turbines

(doc. Schott)
Colonne à plateaux perforés

19
Extraction liquide- liquide technologie

20
Extraction liquide- liquide technologie

Décanteur à assiettes Westfalia


Utilisation de la force centrifuge par mise en rotation du mélange
Alimentation par l'axe de rotation
Soutirage phase légère via turbine (en marron)
Soutirage phase lourde via turbine (en jaune)
Soutirage concentrats à la périphérie (si présence de solides)
Décanteur à assiettes (doc. Westfalia)

Décanteur à assiettes (doc. Westfalia)

21
Extraction liquide- liquide technologie

22
Extraction liquide- liquide technologie

extraction liquide-liquide: équations de bilan matière

 Bilan matière global: F + S = R


+E
 Bilan matière en soluté: F xF + S
yS = R xR + E yE

Dans le cas général, les équations de


bilan matière partiels doivent tenir
compte de la présence des trois
constituants dans chaque phase, et
notamment raffinat et extrait. Dans ce
cas, la résolution du bilan sera souvent
réalisée par détermination des
compositions des phases sur le
diagramme triangulaire équilatéral ou
rectangle, par exemple en utilisant la
règle des moments.

Dans le cas ou solvant et diluant sont


considérés comme immiscibles, les
équations de bilan matière partiel se
simplifient:
 Bilan en diluant: F (1-xF) = R
(1-xR)
 Bilan en solvant: S (1-yS) = E (1-
yE)

 Soluté cédé: F xF - R xR
 Soluté extrait: E yE - S yS
 Rendement de l'extration: (F xF
- R xR)/(F xF) ou (E yE - S yS)/(F
xF)

Remarque:
Lorsqu'un seul étage théorique
d'extraction est considéré, l'extrait et le
raffinat sont en équilibre, donc reliés
par une connodale ou situés sur la
courbe de partage si solvant et diluant
sont immiscibles.
Lorsqu'on a plusieurs étages
d'équilibres, une construction doit être
réalisée pour trouver une relation
suplémentaire permettant de résoudre le
problème.

23
Extraction liquide- liquide technologie

Cours d'extraction liquide-liquide: représentation des équilibres d'un mélange ternaire

Diagramme triangulaire équilatéral


La représentation dans le diagramme
triangulaire équilatéral permet, en
plaçant un point M, de trouver les
compositions (en général le titre
massique) de chacun des constituants du
mélange ternaire.
Pour cela, il suffit de tracer à partir
du point M des segments de droites
parallèles aux bases et opposés aux
sommets, et de lire les titres sur les
axes formés par les bases.
Chaque sommet représente un
constituant pur du ternaire. Le
sommet inférieur droit représente le
solvant, le sommet supérieur
représente le soluté. Le dernier
sommet (inférieur gauche) représente
évidement le diluant.

Exemple de lecture pour le point M


représenté:
 titre en solvant 40% (base
inférieure)
 titre en soluté 30% (base côté
droit)
 titre en diluant 30% (base côté
gauche)

Rq: le titre en diluant est également le


complémentaire à 100% des titres en
solvant et soluté.

Sur ce diagramme, la courbe tracée à


l'intérieur du triangle représente la
limite de miscibilité des deux phases
liquides. En dessous de la courbe, le
mélange représenté par le point M est
hétérogène et décante en deux phases
liquides. Au dessus de la courbe, le
mélange représenté par le point M
serait homogène (le soluté solubilise
ensemble solvant et diluant,
normalement non totalement
miscibles entre eux).

24
Extraction liquide- liquide technologie

Pour représenter les équilibres du


soluté dans chaque phase liquide, il
convient de tracer dans la zone de
non-miscibilité des droites nommées
connodales, dont les extrémités
représentent chacune des phases
(points R et E, pour raffinat et
extrait).
Ainsi, le mélange non homogène
représenté par M décante en deux
phases liquides homogènes, l'une
représentée par le point R, riche en
diluant et nommée raffinat, l'autre
représentée par le point E, riche en
solvant et nommée extrait.

Ces diagrammes sont établis


expérimentalement pour un ternaire
donné. On peut par exemple, en
partant d'un mélange diluant+soluté
de composition connue, rajouter du
solvant jusqu'à apparition du point de
trouble, ce qui donne un des points de
la connodale.

Les points de la courbe de miscibilité


situés sur la base inférieure du
triangle donnent les miscibilités
réciproques du solvant et du diluant
(ici 5% de solvant dans le diluant et
5% de diluant dans le solvant). En cas
d'immiscibilité totale, la courbe de
miscibilité part des sommets
inférieurs du triangle.

25
Extraction liquide- liquide technologie

Diagramme triangulaire rectangle


Le diagramme
triangulaire rectangle
permet de représenter le
comportement d'un
mélange ternaire de la
même façon que le
diagramme triangulaire
équilatéral, dont il est
une projection. Il est
parfois plus pratique car
seuls deux axes
othogonaux sont tracés,
représentants
respectivement le solvant
(o,x) et le soluté (o,y).
La courbe de miscibilité
et les connodales
représentent les zones de
miscibilité ou de présence
de deux phases, et la
composition des phases
en équilibre.
Dans ce diagramme, la
composition en diluant
est déduite des
compositions en solvant
et soluté.

26
Extraction liquide- liquide technologie

On considère ici une


extraction à simple étage
entre une alimentation F
(40% de soluté, 60% de
diluant, 0% de solvant),
et une quantité S1 ou S2
(plus grande) de solvant
pur.
Le mélange de F et de S1
donnera le point M1,
situé sous la courbe de
miscibilité, et qui
décantera donc en deux
phases R1 raffinat et E1
extrait dont les
compositions peuvent
être déterminées
graphiquement.
Le mélange de la même
charge F avec une
quantité de solvant plus
importante S2 donnera le
point M2, également situé
sous la courbe de
miscibilité, et qui
décantera donc en deux
phases R2 raffinat et E2
extrait. On constate
qu'avec plus de solvant,
le raffinat sera moins
riche en soluté (plus de
soluté extrait), et que
l'extrait sera également
moins riche en soluté
(plus de soluté extrait
mais avec plus de solvant,
d'ou un extrait moins
concentré...)

27
Extraction liquide- liquide technologie

Courbe de partage (solvant et diluant immiscibles)


Lorsque le solvant et le diluant peuvent
être considérés comme totalement
immiscibles, ce qui est souvent le cas
lorsque les titres en solutés restent faibles,
beaucoup de choses peuvent être
simplifiées. Tout d'abord, il n'est plus
nécessaire de représenter chaque phase
par les compositions en chacun des trois
constituants puisque il n'y a pas de
solvant dans les phases diluant (charge et
raffinat), et qu'il n'y a pas de diluant dans
les phases solvant (solvant et extraits).

En conséquence, on trace alors la répartition du


soluté dans chaque phase en utilisant
uniquement le titre massique (ou rapport
massique) en soluté dans cette phase. Le titre
en diluant ou en solvant, selon la nature de la
phase considérée, est alors le complémentaire à
100% du titre en soluté.
Afin de distinguer les titres de chaque
phase, on note x les titres en soluté dans
les phases diluant (axe o,x), et y les titres
en soluté dans les phases solvant (axe oy).
L'équilibre (ou partage) du soluté entre
chaque phase est ainsi représenté par une
courbe nommée courbe de partage.
Lorsque cette courbe peut être assimilée à
une droite, son coefficient directeur
est appelé coefficient de partage et noté m.
L'équilibre entre les phases est alors
traduit par l'expression y = m x.

Pour différentes raisons que nous


n'évoquerons pas ici, on utilise
préférablement les courbes d'équilibre ou
de partage tracées en rapports massiques
X et Y et non en titres massiques x et y.
Le rapport massique en soluté dans une
phase diluant X (resp. Y dans une phase
solvant) est le rapport entre la masse de
soluté et la masse de diluant (resp.
rapport entre la masse de soluté et la
masse de solvant). On a ainsi les relations
entre titres et rapports massiques
suivantes:

 X=x/(1-x)
 Y=y/(1-y)
ou:
 x=X/(1+X)
 y=Y/(1+Y)

28
Extraction liquide- liquide technologie

On considère ici une extraction à simple


étage entre une alimentation F de rapport
massique XF et une quantité S1 ou S2
(plus grande) de solvant contenant un peu
de soluté (rapport massique YS).
Le mélange de F et de S1 donnera le point
de coordonnées XR1 et YE1, représentant
les compositions des deux phases raffinat
R1 et extrait E1.
Le mélange de la même charge F avec une
quantité de solvant plus importante S2
donnera le point de coordonnées XR2 et
YE2, représentant les compositions des
deux phases raffinat R2 et extrait E2. On
constate qu'avec plus de solvant, le
raffinat sera moins riche en soluté (plus
de soluté extrait), et que l'extrait sera
également moins riche en soluté (plus de
soluté extrait mais avec plus de solvant,
d'ou un extrait moins concentré...).

Le point bleu représente charge et solvant


avant mélange. Il n'est pas sur la courbe
de partage, donc lorsqu'on mélange les
deux phases, la composition de celle-ci
migre selon le segment vert. Si l'on atteint
l'équilibre (agitation et temps de séjour
suffisant), le point final obtenu est sur la
courbe d'équilibre (point vert).
La droite verte représente ainsi le chemin
parcouru par les deux phases en cours
d'extraction. Cette droite est appelée
droite opératoire. On démontre que dans
la représentation courbe de partage en
rapport massique, sa pente est négative et
égale au rapport - (Diluant pur / Solvant
pur).
Quand on augmente la quantité (ou le
débit) de solvant, cette droite se
rapproche de l'horizontale

29
Extraction liquide- liquide technologie

Cette construction dite de McCabe et


Thiele permet de déterminer le nombre
d'étages d'équilibres réalisés par une
installation, ou de déterminer le nombre
d'étages d'équilibre nécessaire pour
réaliser une séparation donnée.

Elle se démontre en rapport massique, et


peut être réalisée avec une approximation
suffisante en titre massique à condition
que ceux-ci restent faibles (<10%).

La construction consiste à tracer deux


points représentant chacun les deux
extrémités de l'appareil:
l'un de coordonnées (XR,YS) représentant
la sortie raffinat et l'entrée solvant,
l'autre de coordonnées (XF,YE)
représentant l'entrée de la charge et la
sortie de l'extrait.

On relie ensuite ces deux points selon une


droite, nommée droite opératoire, dont on
démontre que la pente est égale au
rapport (Diluant pur / Solvant pur).

On trace enfin des marches d'escaliers


entre la droite opératoire et la courbe
d'équilibre, en partant d'un des points
(haut ou bas de colonne) et jusqu'à
dépasser l'autre. Le nombre de marches
détermine le nombre d'étages d'équilibre
ou le NET (pour nombre d'étages
théoriques) de la colonne.

30