Vous êtes sur la page 1sur 172

WHO/FCH/CAH/00.

12
DISTR.: GENERALE
ORIGINAL: ANGLAIS

MANUEL SUR LA

PCIME
La prise en charge
intégrée des maladies
de l’enfant

Organisation mondiale de la Santé


Département Santé et développement
de l’enfant et de l’adolescent (CAH)

avril 2001
© Organization mondiale de la Santé, 2000
Ce document n’est pas une publication officielle de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS)
et tous les droits y afférents sont réservés par l’Organisation. S’il peut être commenté, résumé ou cité
sans aucune restriction, il ne saurait cependant être reproduit ni traduit, partiellement
ou en totalité, pour la vente ou à des fins commerciales.
Les opinions exprimées dans les documents par des auteurs cités nommément n’engagent que lesdits auteurs.
Conception graphique par minimum graphics
Imprimé en Hong Kong
▼ iii

Comment adapter le modèle de manuel


sur la PCIME
Note : Ne pas inclure la présente partie dans le manuel sur la PCIME adapté

Les directives élaborées conjointement par l’OMS et l’UNICEF pour la prise en charge intégrée des
maladies de l’enfant (PCIME) proposent des méthodes simples et efficaces pour prévenir et soigner
les principales causes de maladies graves et de mortalité chez les jeunes enfants. Les directives
cliniques facilitent l’évaluation factuelle fondée sur l’analyse des syndromes et prévoient des
traitements comportant l’utilisation judicieuse de médicaments efficaces et d’un prix abordable.
Elles indiquent comment vérifier l’état nutritionnel et l’état vaccinal de l’enfant, apprendre à ses
parents à le soigner à domicile, évaluer l’alimentation de l’enfant et donner des conseils pour
résoudre les problèmes d’alimentation, et expliquer aux parents quand il faut revenir au centre
de santé. La démarche préconisée s’adresse aux dispensaires et établissements de soins ambula-
toires qui disposent d’un petit nombre d’instruments diagnostiques et de médicaments et qui ne
sont pas équipés pour effectuer des traitements cliniques compliqués.
Chaque pays adapte les directives cliniques concernant la PCIME :
■ Pour qu’elles s’appliquent aux maladies les plus graves dont souffrent la plupart des enfants
amenés dans les établissements de santé de premier niveau
■ Pour qu’elles soient conformes aux directives et autres mesures nationales en matière de
traitement, et
■ Pour que les services de santé et la famille qui soigne l’enfant à domicile puissent le suivre
sans difficultés.
Les tableaux de la PCIME et le matériel didactique fournis par l’OMS et l’UNICEF pour la formation
en cours de service ont un caractère “générique”. Le présent modèle de manuel est aussi généri-
que. Le département “Santé et développement de l’enfant et de l’adolescent” (CAH) a conçu le
manuel pour aider les établissements d’enseignement à inclure la PCIME dans les programmes
d’études de médecine ou de soins infirmiers.
Toutefois, avant d’utiliser le manuel, il convient de procéder à une double adaptation:
■ L’adaptation technique : Il faut examiner attentivement le texte, les tableaux et les illustra-
tions et, si nécessaire, les réviser pour qu’ils soient conformes aux directives pour la PCIME telles
qu’elles s’appliquent dans le pays.
■ L’adaptation pédagogique : Il faut modifier le modèle de manuel selon le mode d’enseigne-
ment et d’étude employé dans les établissements de formation. Ainsi, une faculté peut le
remanier, changer la présentation ou en insérer le contenu dans d’autres manuels ou documents.
Grâce à cette double adaptation, la teneur du manuel sera en harmonie avec les directives

nationales pour la PCIME et l’ouvrage aura un style et une présentation conformes au système
d’enseignement du pays.
iv ▼ MANUEL SUR LA PCIME

L’adaptation technique
Quand votre pays a adopté la PCIME, un groupe spécial national a adapté les directives génériques de
cette stratégie et les a transformées en outils de formation en cours de service. Ces outils comprennent,
normalement, le fascicule de tableaux, la carte d’information de la mère, une série de modules de
formation, un album de photographies, un film vidéo et des tableaux muraux. Il importe de se référer à
ces tableaux et modules lors de l’adaptation technique du présent manuel. Dans les pays qui ont adapté
les directives pour la PCIME, le matériel didactique s’obtient auprès du ministère de la santé. L’OMS* peut
fournir le modèle de manuel sur la PCIME sur des disquettes pour ordinateur.
Il convient d’adapter chaque partie du modèle de manuel sur la PCIME de la manière suivante:
■ Avant-propos : Inclure des informations ou des diagrammes concernant les principales causes de la
morbidité et de la mortalité infantiles dans le pays et expliquer comment la PCIME répond aux
besoins de la population.
■ Partie I : La prise en charge intégrée des maladies de l’enfant (PCIME). Cette partie du manuel
(chapitres 1 à 3) n’exige pas d’adaptation technique.
■ Partie II : Évaluer et classer l’enfant malade âgé de 2 mois à 5 ans. Veiller à ce que cette partie
du manuel (chapitres 4 à 13) s’accorde avec le module national de formation en PCIME qui porte le
même titre. Comme ce module, la partie II du manuel décrit les types et les combinaisons de signes
cliniques utilisés pour évaluer les principaux symptômes des maladies courantes de l’enfant et
contient une classification de chacun de ces symptômes qui détermine les mesures à prendre. Il est
probable que lors de l’adaptation des directives cliniques pour la PCIME, le groupe spécial national a
modifié la méthode d’évaluation et la classification de certains symptômes principaux. Il faudra donc
apporter quelques changements au manuel pour que tous les symptômes principaux, les signes
cliniques et la classification s’alignent sur ceux qui figurent dans les tableaux et les modules didacti-
ques nationaux de la PCIME. Il faudra peut-être surtout réviser le chapitre 9 qui porte sur la fièvre,
parce que les maladies courantes provoquant la fièvre varient d’un pays à l’autre. En plus de la révision
des textes, ajouter des tableaux ou diagrammes nationaux de la PCIME aux endroits indiqués dans le
modèle de manuel. Assurer la concordance entre la structure des fiches de prise en charge citées à
titre d’exemple avec celle des fiches employées dans la PCIME nationale.
■ Partie III: Évaluer et classer le nourrisson malade âgé de 1 semaine à 2 mois. Veiller à ce que
cette partie du manuel (chapitres 14 et 15) s’accorde avec le chapitre I du module national relatif à la
PCIME intitulé: Prise en charge du nourrisson malade âgé de 1 semaine à 2 mois. Il faudra donc apporter à
cette partie des changements semblables à ceux de la partie précédente pour que tous les symptô-
mes principaux, les signes cliniques et la classification s’alignent sur ceux qui figurent dans les
tableaux et les modules didactiques nationaux. Assurer la concordance entre la structure des fiches de
prise en charge citées à titre d’exemple avec celle des fiches employées pour les nourrissons dans la
PCIME nationale.
■ Partie IV : Déterminer le traitement. Faire concorder les directives techniques de cette partie
(chapitres 16 à 18) avec le module national de formation pour la PCIME qui porte sur ce sujet, ainsi

*Organisation mondiale de la santé, Département Santé et développement de l’enfant et de l’adolescent (CAH),


avenue Appia 20, CH-1211 Genève 27, Suisse. N° de télécopieur : +41 22 791 4853
COMMENT ADAPTER LE MODÈLE DE MANUEL SUR LA PCIME ▼ v

qu’avec le chapitre 2 du module intitulé: Prise en charge du nourrisson malade âgé de 1 semaine à
2 mois. Les désignations de la classification doivent être identiques à celles qui se trouvent
dans les tableaux nationaux de la PCIME. Si les directives nationales ne recommandent pas le
cotrimoxazole pour le traitement du PALUDISME et de la PNEUMONIE, supprimer le premier
point mentionné sous le titre “Les problèmes qui nécessitent une explication spéciale”
(chapitre 18 du manuel). Il importe de noter que le chapitre 20 (partie V) du modèle de
manuel décrit le traitement à donner à l’enfant avant son transfert d’urgence à l’hôpital, sujet
qui figure dans les chapitres 4 et 5 du module sur le traitement.
■ Partie V : Traiter l’enfant ou le nourrisson malade. Faire concorder les directives techni-
ques de cette partie (chapitres 19 à 24) avec le module national de formation en PCIME qui
porte sur ce sujet, ainsi qu’avec le chapitre 3 du module intitulé: Prise en charge du nourrisson
malade âgé de 1 semaine à 2 mois. Intitulé « L’hospitalisation d’urgence », le chapitre 20 du
modèle de manuel contient certains chapitres de trois modules différents qui portent sur la
détermination du traitement, le traitement de l’enfant et la prise en charge du nourrisson
malade âgé de 1 semaine à 2 mois. Si nécessaire, modifier les désignations de la classification,
les noms des médicaments et la posologie pour qu’ils correspondent à ceux qui figurent dans
les tableaux et les modules didactiques nationaux. Remarquer que les annexes C-1 à C-4 du
module sur le traitement de l’enfant sont reprises ensemble dans l’annexe A du modèle de
manuel intitulée “Traiter rapidement la déshydratation sévère”. Remarquer également que la
partie VI du présent manuel contient les informations qui se trouvent dans les modules de
formation sur la manière d’apprendre à une mère à soigner et nourrir son enfant.
■ Partie VI : Communiquer et conseiller. Faire concorder les directives techniques de cette
partie (chapitres 25 à 30) avec le module national de formation en PCIME qui porte sur ce
sujet, ainsi qu’avec les chapitres appropriés des modules intitulés: Traiter l’enfant et Prise en
charge du nourrisson malade âgé de 1 semaine à 2 mois. Si nécessaire, réviser les recommanda-
tions en matière d’alimentation que contient le chapitre 29 du modèle de manuel pour les
aligner sur les recommandations formulées dans les tableaux nationaux. Inscrire dans le
chapitre 29 sous “Déceler les problèmes d’alimentation” les problèmes fréquents qui existent
localement dans ce domaine et qui sont mentionnés dans les tableaux nationaux de la PCIME.
■ Partie VII : Assurer les soins de suivi. Faire concorder les directives techniques de cette
partie (chapitres 31 et 32) avec le module national de formation en PCIME qui porte sur ce
sujet. Aligner les désignations de la classification, le nombre de jours jusqu’à la consultation de
suivi et les directives pour chaque type d’examen de suivi sur les indications qui figurent dans
les tableaux et les modules nationaux de la PCIME.
■ Annexes. L’annexe A correspond aux annexes C–1 à C–4 du module de la PCIME sur le
traitement de l’enfant. Reproduire à l’annexe B les fiches de prise en charge du nourrisson
malade âgé de 1 semaine à 2 mois et de prise en charge de l’enfant malade âgé de 2 mois à 5 ans.
Ajouter éventuellement un exemplaire de la carte locale d’information de la mère en tant
qu’annexe C. Il est également recommandé d’annexer le glossaire contenu dans le module
intitulé “Introduction”, ainsi qu’un exemplaire du fascicule national de tableaux de la PCIME.

vi ▼ MANUEL SUR LA PCIME

L’adaptation pédagogique
Les établissements de formation décident de la manière d’inclure la PCIME dans leur programme
d’enseignement. Ce processus exigeant du temps et de la réflexion, plusieurs d’entre eux utilisent, à titre
provisoire, le manuel adapté techniquement, mais encore sous forme de projet. Ainsi, les professeurs ont
le temps d’acquérir de l’expérience dans l’enseignement de la PCIME, ce qui leur permet de modifier le
manuel selon leur méthode de travail et d’inclure des éléments du manuel dans d’autres outils didacti-
ques déjà utilisés.
Lors de l’adaptation pédagogique, on peut aussi étoffer ou réaménager les éléments du modèle de
manuel. Par exemple, une faculté peut ajouter des données scientifiques aux directives concernant la
PCIME. Dans ce cas, elle peut se référer à la partie du Guide d’adaptation de la PCIME intitulée Base technique
pour l’adaptation des directives cliniques, des recommandations alimentaires et des termes locaux (qui s’obtient
aussi auprès du CAH de l’OMS). Elle y trouvera les explications techniques sur lesquelles reposent les
directives génériques pour la PCIME. Pour faciliter la compréhension de ce sujet, certains établissements
ont élaboré, à l’intention des étudiants, des notes fondées sur le modèle de manuel pour la PCIME,
certains ont adapté des exercices figurant dans les modules de la PCIME destinés à former les agents de
santé sur le terrain, et d’autres ont conçu des exercices d’apprentissage par problème et des études de
cas pour la PCIME.
▼ vii

Table des matières

Avant-propos ix

Partie I : La prise en charge intégrée des maladies de l’enfant (PCIME) 1


1 La méthode de prise en charge des cas de maladie 3
2 Le choix des tableaux appropriés de prise en charge 6
3 L’utilisation des tableaux et des fiches de prise en charge 8

Partie II : Evaluer et classer l’enfant malade âgé de 2 mois à 5 ans 11


4 Evaluer et classer l’enfant malade 13
5 Quand un enfant est amené au dispensaire 14
6 Les signes généraux de danger 17
7 La toux ou les difficultés respiratoires 19
8 La diarrhée 25
9 La fièvre 32
10 L’affection de l’oreille 43
11 La malnutrition et l’anémie 47
12 L’état vaccinal 53
13 Les autres problèmes 56

Partie III : Évaluer et classer le nourrisson malade âgé de 1 semaine à 2 mois 57


14 Vue d’ensemble de l’évaluation et de la classification 59
15 Évaluer et classer le nourrisson malade 61

Partie IV : Déterminer le traitement 73


16 L’ordre de priorité des traitements 75
17 Déterminer le traitement pré-transfert urgent 78
18 Déterminer le traitement des patients qui n’ont pas besoin d’être hospitalisés d’urgence 80

Partie V : Traiter l’enfant ou le nourrisson malade 83


19 Aperçu des différents types de traitement 85
20 L’hospitalisation d’urgence 86
21 Les médicaments appropriés à administrer par voie orale 90
22 Le traitement des infections locales 94
viii ▼ MANUEL SUR LA PCIME

23 Le traitement de la diarrhée 95
24 Les vaccinations 101

Partie VI : Communiquer et conseiller 103


25 Savoir communiquer 105
26 Enseigner à administrer un médicament par voie orale à domicile 109
27 Enseigner à traiter les infections locales à domicile 112
28 Conseiller la mère en cas de problèmes d’allaitement au sein 116
29 Conseiller la mère au sujet de l’alimentation de son enfant 119
30 Indiquer à la mère quand il faut ramener l’enfant au dispensaire et comment elle doit
protéger sa propre santé 127

Partie VII : Assurer les soins de suivi 129


31 Les soins de suivi donnés à l’enfant malade 131
32 Les soins de suivi donnés au nourrisson malade 140

Annexe A : Plan C–Traiter rapidement la déshydratation sévère 143


Annexe B : Modèles de fiche de prise en charge 151
Annexe C : Exemple de “carte d’information de la mère” 155
Glossaire 157
▼ ix

Avant-propos

On estime que depuis les années 1970, le nombre annuel de décès d’enfants de moins de
5 ans a diminué de près d’un tiers. Mais cette réduction n’est pas du tout uniforme et, dans
certains pays, le taux de mortalité infantile augmente actuellement. En 1998, le taux de
mortalité infantile dépassait encore 100 par 1000 naissances d’enfants vivants dans plus de
50 pays.1 Au total, plus de 10 millions d’enfants meurent chaque année dans les pays en
développement avant leur cinquième anniversaire. Sept sur dix de ces décès sont provoqués
par des infections respiratoires aiguës (surtout la pneumonie), la diarrhée, la rougeole, le
paludisme ou la malnutrition—ou, souvent, par une combi-
naison de ces affections (figure 1).
Selon des projections fondées sur une analyse effectuée en FIGURE 1. CAUSES DE DÉCÈS DE 10,5 MILLIONS
1996 sous le titre The Global Burden of Disease (La charge de D’ENFANTS DE MOINS DE 5 ANS DANS TOUS LES
morbidité mondiale),2 ces affections demeureront les princi- PAYS EN DÉVELOPPEMENT EN 1999
pales causes de mortalité infantile jusqu’en 2020, à moins
d’une intensification considérable des efforts déployés pour Paludisme*
les éliminer. Chaque jour, des millions de parents amènent à 7%
Autres Rougeole*
l’hôpital, au dispensaire ou à un centre de santé de premier 8%
28%
niveau leur enfant souffrant d’une maladie potentiellement
mortelle. Dans certains pays, les cinq affections énumérées
ci-contre sont à l’origine de trois cas de maladies infantiles Diarrhée*
sur quatre. La plupart des enfants malades présentent des 15%
signes et symptômes de plus d’une d’entre elles, ce qui rend Malnutrition*
difficile, voire impossible un seul diagnostic. Le traitement 54%
est souvent compliqué parce qu’il doit combiner des théra-
pies pour plusieurs affections. Les études révèlent que, dans VIH/Sida
3%
de nombreux cas, la ou les maladies de l’enfant ne sont pas
évaluées et traitées correctement et les parents ne reçoivent
pas de conseils appropriés.3 Périnatales Pneumonie*
20% 19%
Dans la plupart des pays en développement, les établissements
de santé de premier niveau possèdent peu de moyens de po-
ser des diagnostics—tels que des appareils de radiologie et * Ces cinq affections provoquent, seules ou avec
d’autres, environ 70% de la mortalité infantile.
des laboratoires—ou n’en ont pas du tout; en outre, ils man-
quent aussi souvent de médicaments et d’équipement. Ce fait, D’après une étude intitulée The Global Burden of
ainsi que l’afflux irrégulier de patients ne permettent guère Disease, 1996, dirigée par C.J.L. Murray et A.D. Lopez
et des données épidémiologiques sur l’effet aggravant
au personnel de santé qui travaille à ce niveau de pratiquer de la malnutrition sur la mortalité infantile, D.L.
des actes cliniques compliqués. En général, il doit s’en remet- Pelletier, E.A. Frongillo et J.P. Habicht, American
tre aux antécédents, aux signes et aux symptômes pour déter- Journal of Public Health, 1993, 83: 1133-1139.
miner la prise en charge qui convient le mieux selon les
ressources disponibles.
Dans ces conditions, il est très difficile de bien soigner un enfant malade. Pour surmonter
ces obstacles, l’OMS et l’UNICEF ont mis au point une stratégie connue sous le nom de
“prise en charge intégrée des maladies de l’enfant” (PCIME). Même si cette stratégie a pour
but principal d’aider à fournir les soins curatifs nécessaires, elle porte aussi sur la nutrition,
la vaccination et d’autres activités importantes destinées à prévenir les maladies et promou-

1
Organisation mondiale de la santé: Rapport sur la Santé dans le Monde 1999—Pour un réel changement. Genève,
OMS 1999
2
Murray CJL et Lopez AD. The global burden of disease: a comprehensive assessment of mortality and disability from
diseases, injuries, and risk factors in 1990 and projected to 2020. Genève, Organisation mondiale de la santé, 1996
3
Organisation mondiale de la santé. Rapport de la division de la santé et du développement de l’enfant 1996-1997.
Genève, OMS, 1998
x ▼ MANUEL SUR LA PCIME

voir la santé. Elle vise à réduire la mortalité, ainsi que la fréquence et la gravité des maladies
et des invalidités et à contribuer à améliorer la croissance et le développement.
La PCIME a trois objectifs :
■ L’amélioration des compétences du personnel de santé grâce à des directives de prise en
charge intégrée des maladies de l’enfant adaptées aux circonstances locales et grâce à des
activités qui en encouragent l’application
■ L’amélioration du système de santé pour assurer la prise en charge efficace des maladies
de l’enfant
■ L’amélioration des pratiques familiales et communautaires.
La PCIME cherche essentiellement à assurer la prise en charge globale des maladies les plus
fréquentes de l’enfant et se concentre sur les principales causes de décès. Cependant, les
directives génériques ne sont pas destinées à s’appliquer telles quelles. Chaque pays doit
adapter les directives—et le matériel didactique qui les accompagne—en s’inspirant des re-
commandations de l’OMS et en fonction de sa situation épidémiologique, de ses besoins, de
ses ressources et de la capacité de ses services de santé.
Les directives cliniques, qui se fondent sur les avis d’experts et les résultats de recherches,
sont conçues pour la prise en charge d’enfants malades âgés de 1 semaine à 5 ans. Elles
encouragent les agents de santé à examiner les syndromes et choisir un traitement qui com-
porte le recours rationnel à des médicaments efficaces et de prix modique. Les directives
comprennent des méthodes servant à évaluer les signes qui révèlent une maladie grave, à
contrôler l’état nutritionnel, l’alimentation et l’état vaccinal de l’enfant, et à expliquer aux
parents quand il faut revenir au centre de santé. Les directives contiennent aussi des indica-
tions sur la manière de vérifier si les parents ont compris des conseils donnés et sur la façon
de leur montrer comment administrer la première dose de médicament.
La combinaison des différents signes constatés lors de l’examen de l’enfant malade conduit
à une classification dans une ou plusieurs catégories, plutôt qu’à un diagnostic. La classifica-
tion de la PCIME permet à l’agent de santé de déterminer s’il faut transférer l’enfant d’ur-
gence dans un autre établissement de santé, s’il peut être traité au centre de premier niveau
(par exemple, avec un antibiotique par voie orale, un antipaludéen, des sels de réhydratation
orale, etc.) ou si l’enfant peut être soigné sans danger à domicile.
Mise en œuvre correctement, la stratégie décrite dans le présent manuel garantit l’évalua-
tion complète des affections graves courantes, de l’état nutritionnel et de l’état vaccinal,
facilite des interventions rapides et peu coûteuses, améliore la façon de conseiller la per-
sonne qui s’occupe de l’enfant, renforce les services de prévention et aide les agents de la
santé à appliquer les directives nationales.
Partie I
○ ○ ○ ○ ○ ○ ○ ○ ○ ○ ○ ○ ○ ○

LA PRISE EN
CHARGE INTÉGRÉE
DES MALADIES DE
L’ENFANT (PCIME)
▼3

CHAPITRE 1
La méthode de prise en charge
des cas de maladie

La prise en charge intégrée s’effectue par la détection des affections fondée sur l’observation
de signes cliniques simples et par un traitement empirique. Elle comporte l’utilisation d’un
nombre de signes cliniques aussi limité que possible. Définis sur la base des avis d’experts et
des résultats de recherches, les signes correspondent à un équilibre attentif entre sensibilité et
spécificité (voir encadré 1). Les traitements sont déterminés selon une classification des cas
plutôt que selon un diagnostic précis. Ils sont prévus pour les maladies les plus probables
inclues dans chaque catégorie.
La PCIME peut être réalisée par des médecins, des infirmiers
et d’autres agents de santé qui soignent des nourrissons et des
enfants malades âgés de 1 semaine à 5 ans. Elle est conçue Encadré 1: La sensibilité et la spécificité1
pour les établissements de premier niveau, tels que les dispen- La sensibilité et la spécificité mesurent la jus-
saires, les centres de soins et les divisions ambulatoires des tesse du diagnostic d’un signe clinique par
hôpitaux. rapport à la norme idéale, dans laquelle, par
Les directives pour la PCIME décrivent la manière d’exami- définition, la sensibilité est de 100% et la
ner et de soigner un enfant amené à une consultation parce spécificité de 100%.
qu’il est malade ou pour une consultation de suivi destinée à La sensibilité mesure la proportion ou le
vérifier l’évolution de son état. Elles indiquent comment re- pourcentage des personnes souffrant de la
chercher systématiquement chez l’enfant les signes généraux maladie identifiées correctement par le
de danger (ou la possibilité d’infection bactérienne chez le nour- signe. En d’autres termes, elle mesure à quel
risson), les maladies courantes, la malnutrition et l’anémie, et point le signe permet de détecter la mala-
d’autres problèmes. En plus du traitement, les directives énu- die. (Sensibilité = vrais positifs / [vrais posi-
mèrent les mesures cruciales à prendre pour prévenir les affec- tifs + faux négatifs])
tions.
La spécificité mesure la proportion de per-
Le présent manuel doit aider l’agent de santé à apprendre à sonnes ne souffrant pas de la maladie que
utiliser les directives pour la PCIME afin qu’il sache obtenir le signe permet de qualifier correctement de
des informations de la personne qui s’occupe de l’enfant, re- “sans la maladie”. (spécificité = vrais négatifs
connaître les signes cliniques avec précision, choisir le traite- / [vrais négatifs + faux positifs])
ment approprié, conseiller et recommander des mesures
prophylactiques. Pour effectuer la prise en charge complète des
maladies de l’enfant, il faut accomplir les tâches suivantes:
■ évaluer l’état de l’enfant, en recherchant d’abord les signes de danger (ou la possibilité
d’infection bactérienne chez le nourrisson), posant des questions sur ses maladies précé-
dentes, examinant l’enfant et vérifiant son état nutritionnel et son état vaccinal, et contrô-
lant si l’enfant a d’autres problèmes de santé
■ classer la ou les maladies de l’enfant en employant un système de tri selon un code de
couleurs; de nombreux enfants souffrant de plus d’une affection, il faut classer chacune
d’elles, selon qu’elle exige:
— un traitement pré-transfert et une hospitalisation d’urgence (rose) ou
— un traitement médical spécifique et des conseils (jaune) ou
— des conseils simples sur les soins à donner à domicile (vert)
■ déterminer les traitements, après avoir classé toutes les affections; si un enfant doit être
hospitalisé d’urgence, il faut lui prodiguer le traitement indispensable avant le transfert; si
un enfant a besoin d’un traitement à domicile, il faut établir un plan général de soins et lui
donner la première dose de médicament au dispensaire; vacciner l’enfant, si nécessaire

1
R.K. Riegelman et R.P. Hirsch, Studying a Study and Testing a Test: How to Read the Health Science Literature, 3e
éd., Boston, Little, Vrown & Co, 1996.
4 ▼ MANUEL SUR LA PCIME

■ donner des instructions concernant le traitement, c’est-à-dire, notamment, apprendre à


la personne qui s’occupe de l’enfant à administrer un médicament par voie orale, à
alimenter et à faire boire l’enfant malade et à soigner les infections locales à domicile;
demander à cette personne de revenir pour une consultation de suivi à une certaine date
et lui enseigner à déceler les signes qui montrent qu’il faut ramener l’enfant d’urgence au
centre de santé
■ évaluer l’alimentation, y compris l’allaitement au sein; expliquer comment résoudre tout
problème d’alimentation constaté, puis donner à la mère des conseils concernant sa
propre santé
■ quand l’enfant est ramené au dispensaire, comme convenu, lui donner des soins de
suivi et, si nécessaire, réévaluer son état si de nouveaux problèmes sont apparus.
Les directives portent sur la plupart des principales raisons pour lesquelles un enfant ma-
lade est amené au dispensaire, mais non pas sur toutes les raisons. Un enfant revenant pour
des problèmes chroniques ou une maladie peu fréquente peut nécessiter des soins spéciaux
que le présent manuel n’énumère pas. Les directives ne décrivent pas la prise en charge des
traumas, ni des urgences aiguës dues à un accident ou des blessures.
Même si elles n’abordent pas spécifiquement le sida, les directives pour la PCIME s’appli-
quent aux raisons pour lesquelles les enfants séropositifs ont besoin de soins: la diarrhée et
les infections respiratoires. Quand un enfant, dont on pense qu’il est séropositif, souffre de
ces maladies courantes, il peut être traité de la même manière que tout enfant malade. Si la
maladie de l’enfant ne réagit pas au traitement usuel décrit dans le présent manuel, ou si un
enfant est gravement malnutri, ou s’il est ramené plusieurs fois au dispensaire, il faut l’hos-
pitaliser pour qu’il reçoive des soins spéciaux.
La prise en charge d’un enfant malade ne peut être efficace que si sa famille l’amène à un
agent de santé qualifié en temps opportun. Si elle attend qu’il soit extrêmement malade
pour l’amener au dispensaire ou si elle recourt à une personne non qualifiée, l’enfant risque
de mourir de sa maladie. Par conséquent, apprendre aux familles quand il faut se rendre
dans un centre de santé pour y faire soigner un enfant malade constitue un élément impor-
tant de la PCIME.
La prise en charge est présentée dans deux séries différentes de tableaux, l’une pour l’enfant
âgé de 2 mois à 5 ans, l’autre pour le nourrisson âgé de 1 semaine à 2 mois. Le chapitre 2
indique comment choisir la série de tableaux appropriée.
CHAPITRE 1. LA MÉTHODE DE PRISE EN CHARGE DES CAS DE MALADIE ▼ 5

RÉSUMÉ DU PROCESSUS DE PRISE EN CHARGE INTÉGRÉE

Pour chaque enfant malade âgé de 1 semaine à 5 ans amené à un établissement de santé de premier niveau.

ÉVALUER l’état de l’enfant: rechercher les signes de danger (ou la possibilité d’infection bactérienne), poser des questions sur les
principaux symptômes; étudier de manière approfondie tout symptôme important signalé; vérifier l’état nutritionnel et l’état vaccinal;
contrôler si l’enfant a d’autres problèmes de santé.

CLASSER les maladies de l’enfant en employant le système de tri selon un code de couleurs pour inscrire dans les catégories
appropriées les principaux symptômes de l’enfant et son état nutritionnel.

SI UNE HOSPITALISATION URGENTE SI UNE HOSPITALISATION URGENTE n’est pas


est nécessaire et possible. nécessaire ou possible

DÉTERMINER LES SOINS DÉTERMINER LE TRAITEMENT


PRÉ-TRANSFERT URGENTS nécessaire et/ou les conseils à donner selon
indispensables selon la classification. la classification

TRAITER L’ENFANT : prodiguer les soins urgents TRAITER L’ENFANT : donner la première dose de
indispensables avant le transfert. médicament par voie orale et expliquer à la personne
qui s’occupe de l’enfant comment lui administrer
un médicament par voie orale et comment traiter
les infections locales à domicile.
FAIRE HOSPITALISER L’ENFANT : expliquer à la Si nécessaire, vacciner l’enfant.
personne qui s’occupe de lui les raisons du transfert,
dissiper ses craintes et aider à résoudre les problèmes
qui se posent; rédiger une note d’hospitalisation ;
donner des instructions et fournir ce dont l’enfant a CONSEILLER LA MÈRE : évaluer l’alimentation, y
besoin pendant le transfert. compris l’allaitement au sein; expliquer comment
résoudre tout problème d’alimentation éventuel,
comment alimenter et faire boire l’enfant malade;
indiquer quand revenir au dispensaire; donner à la
mère des conseils concernant sa propre santé

ASSURER LES SOINS DE SUIVI : donner les soins de suivi quand l’enfant est ramené au dispensaire et, si nécessaire,
réévaluer l’état de l’enfant si de nouveaux problèmes sont apparus.
6▼

CHAPITRE 2
Le choix des tableaux appropriés
de prise en charge

POUR CHAQUE ENFANT MALADE âgé de 1 semaine à 5 ans amené au dispensaire

DEMANDER L’ÂGE DE L’ENFANT

Si l’enfant est âgé de 1 semaine à 2 mois Si l’enfant est âgé de 2 mois à 5 ans

UTILISER LES TABLEAUX INTITULÉS: UTILISER LES TABLEAUX INTITULÉS:


● ÉVALUER, CLASSER ET TRAITER LE NOURRISSON ● ÉVALUER ET CLASSER L’ENFANT MALADE
MALADE ● TRAITER L’ENFANT
● CONSEILLER LA MÈRE

La prise en charge intégrée des maladies de l’enfant est présentée sous forme d’un ensemble
de tableaux qui énumèrent les étapes successives à franchir et indiquent comment le faire.
Ces tableaux ont également été publiés en tant que fascicule dans le but d’aider l’agent de
santé à procéder à la prise en charge. Le fascicule contient trois groupes de tableaux pour la
prise en charge de l’enfant malade âgé de 2 mois à 5 ans et un groupe de tableaux séparé
pour la prise en charge du nourrisson malade âgé de 1 semaine à 2 mois.
La plupart des centres de santé ont une technique d’enregistrement des enfants qui précise
si ces derniers sont venus parce qu’ils sont malades ou pour une autre raison, telle que la
consultation d’un enfant bien portant, une vaccination ou une blessure. Quand une mère
amène son enfant parce que celui-ci est malade (mais pas parce qu’il a subi un traumatisme)
et quand c’est à vous de les recevoir, vous devez connaître l’âge de l’enfant pour pouvoir
choisir les tableaux appropriés de la PCIME et commencer l’évaluation.
Le nom et l’âge de l’enfant, ainsi que d’autres renseignements, comme l’adresse, sont peut-
être déjà inscrits sur une fiche, si la technique d’enregistrement des patients pratiquée par le
dispensaire le prévoit. Sinon, vous pouvez, tout d’abord, demander le nom et l’âge de l’en-
fant.
Placez l’enfant dans la classe d’âge qui convient:
— 1 semaine à 2 mois, ou
— 2 mois à 5 ans.
“À cinq ans” signifie que l’enfant n’a pas encore eu son cinquième anniversaire. Ainsi, cette
classe d’âge inclut l’enfant qui a 4 ans et 11 mois, mais non pas l’enfant qui a déjà 5 ans.
L’enfant qui a 2 mois appartient à la classe d’âge de 2 mois à 5 ans, non pas à la classe de 1
semaine à 2 mois.
La marche à suivre pour la prise en charge de l’enfant malade âgé de 2 mois à 5 ans est
décrite dans trois groupes de tableaux intitulés:
■ Évaluer et classer l’enfant malade
■ Traiter l’enfant
■ Conseiller la mère
CHAPITRE 2. LE CHOIX DES TABLEAUX APPROPRIÉS DE PRISE EN CHARGE ▼ 7

Si l’enfant n’a pas encore 2 mois, il est considéré comme un nourrisson. La prise en charge
du nourrisson âgé de 1 semaine à 2 mois diffère quelque peu de la prise en charge des
nourrissons âgés de 2 mois et plus et de celle des jeunes enfants. Elle est décrite dans un
autre groupe de tableaux qui porte le titre:
■ Évaluer, classer et traiter le nourrisson malade âgé de 1 semaine à 2 mois.
8▼

CHAPITRE 3
L’utilisation des tableaux et
des fiches de prise en charge

La PCIME comprend des tableaux et des fiches destinés à guider l’agent de santé dans
l’accomplissement des tâches suivantes:
■ l’évaluation de l’état de l’enfant ou du nourrisson malade
■ la classification de la maladie
■ la détermination du traitement
■ le traitement de l’enfant ou du nourrisson
■ les conseils adressés à la mère
■ les soins de suivi.
Ces tâches successives sont les mêmes pour tous les enfants malades âgés de 1 semaine à 5
ans. Cependant les signes, la classification, les traitements et les conseils étant différents
selon qu’il s’agit d’un nourrisson ou d’un jeune enfant, il faut obligatoirement commencer
par choisir l’ensemble de tableaux de prise en charge approprié (voir chapitre 2). Nous
décrivons brièvement ci-dessous les tableaux, diagrammes et fiches élaborés pour l’enfant
malade âgé de 2 mois à 5 ans.

3.1 L’évaluation et la classification


TABLEAU D’ÉVALUATION ET DE CLASSIFICATION

EVALUER ET CLASSER L’ENFANT MALADE


AGE DE 2 MOIS A 5 ANS
PRISE EN CHARGE DE L’ENFANT MALADE AGE DE 2 MOIS A 5 ANS
Nom: ______________________________________ Age: ________ Poids: ______ kg Température:____°C
EVALUER CLASSER DETERMINER Demander: Quels sont les problèmes du nourrison? _________________________ Première visite? _______ Visit de suivi? _______

(IDENTIFIER) EVALUER CLASSER


SIGNES GENERAUX DE DANGER
LE TRAITEMENT RECHERCHER LES SIGNES GENERAUX DE DANGER
TOUX OU DIFFICULTES RESPIRATOIRES SIGNES CLASSER TRAITEMENT

TOUX OU DIFFICULTES RESPIRATOIRES

DIARRHEE
DIARRHEE SIGNES CLASSER TRAITEMENT

FIEVRE

SIGNES CLASSER TRAITEMENT


FIEVRE

INFECTION DE L’OREILLE

ANEMIE

INFECTION A L’OREILLE SIGNES CLASSER TRAITEMENT


ETAT VACCINAL

ALIMENTATION
ANEMIE SIGNES CLASSER TRAITEMENT

ETAT VACCINAL
AUTRES PROBLEMES

AUTRES PROBLEMES

Le tableau montre comment évaluer l’état de l’enfant, classer sa ou ses maladies et détermi-
ner le ou les traitements. La colonne de gauche intitulée “évaluer” indique comment établir
l’anamnèse et effectuer l’examen physique. Vous y notez les principaux symptômes et signes
constatés pendant cet examen.
CHAPITRE 3. L’UTILISATION DES TABLEAUX ET DES FICHES DE PRISE EN CHARGE ▼ 9

La colonne intitulée “classer” contient la liste des signes cliniques de la maladie. “Classer”
signifie définir la gravité d’une maladie. Il faut choisir pour chacun des symptômes une
catégorie correspondant à la gravité de la maladie, puis l’inscrire dans la colonne de la fiche
de prise en charge.

3.2 La détermination du traitement


La colonne intitulée “déterminer (identifier) le traitement” aide à choisir rapidement les
soins à prodiguer selon la classification. Des traitements appropriés sont recommandés pour
chaque catégorie de maladie. Quand un enfant souffre de plusieurs affections, il faut cher-
cher les traitements nécessaires dans plus d’un tableau. Inscrivez les traitements nécessaires
au verso de la fiche de prise en charge.

TABLEAU D’ÉVALUATION ET DE CLASSIFICATION

EVALUER ET CLASSER L’ENFANT MALADE


AGE DE 2 MOIS A 5 ANS

EVALUER CLASSER DETERMINER 5 ANS


(IDENTIFIER) kg Température: _____ C
? ___ Visit de suivi? ___
SIGNES GENERAUX DE DANGER
LE TRAITEMENT
SIGNES CLASSER TRAITEMENT
CLASSIFY TRAITER
TOUX OU DIFFICULTES RESPIRATOIRES

Signes général de danger présent?


Oui___ Non ___
Ne pas oublier d’hospitaliser tout enfant qui présente un signe de
Ne pas oublier d’utiliser le signe de danger, même si sa maladie n’est pas classée comme grave en soi.
danger lors de la classification

DIARRHEE SIGNES CLASSER TRAITEMENT


PLI

SIGNES CLASSER TRAITEMENT


FIEVRE

INFECTION A L’OREILLE SIGNES CLASSER TRAITEMENT

ANEMIE SIGNES CLASSER TRAITEMENT

ETAT VACCINAL Revenir pour une visite de suivi dans: _______________________


Expliquer à la mère quand revenir immédiatement: ___________
Faire les vaccinations nécessaires aujourd’hui: _______________
Conseils relatifs à l’alimentation: ___________________________
AUTRES PROBLEMES

3.3 Le traitement de l’enfant


Le tableau de la PCIME intitulé « Traiter l’enfant » montre comment réaliser le traitement
inscrit dans le tableau d’évaluation et de classification. Traiter signifie prodiguer des soins à
l’enfant au dispensaire, prescrire les médicaments ou autres soins à donner à domicile et
apprendre à la personne qui s’occupe de l’enfant à effectuer le ou les traitements requis.

TABLEAU DU TRAITEMENT DE L’ENFANT (HAUT)


TRAITER L‘ENFANT
SUIVRE LES ETAPES DE TRAITEMENT INDIQUEES AU TABLEAU EVALUER ET CLASSER
APPRENDRE A LA MERE A DONNER LES MEDICAMENTS PAR VOIE ORALE A DOMICILE
Suivre les indications ci-dessous pour chaque médicament à donner par voie orale à
domicile. Suivre également les instructions du tableau de dosage de chaque médicament. ➤ Donner un antipaludéen par ➤ Donner de la vitamine A
➤ Déterminer les médicaments et doses appropriés selon l’âge ou le poids de l’enfant voie orale
➤ Expliquer à la mère pourquoi l’enfant a besoin du médicament
➤ Montrer comment mesurer une dose
➤ Observer la mère pendant qu’elle mesure une dose
➤ Demander à la mère de donner la première dose à l’enfant
➤ Expliquer en détails comment donner le médicament, puis envelopper le médicament
et inscrire le nom du médicament sur le paquet
➤ Donner du fer
➤ Si plusieurs médicaments sont donnés : rassembler, compter et mettre chaque
médicament dans des paquets différents
➤ Expliquer que tous les médicaments (comprimés ou sirops) doivent être pris jusqu’à
la fin du traitement et s’assurer que la mère a bien compris ➤ Donner du paracétamol pour
une fièvre élevée
➤ Donner un antibiotique approprié ➤ Donner du mébendazole
par voie orale

APPRENDRE A LA MERE A TRAITER LES INFECTIONS LOCALE


A DOMICILE
➤ Assécher l’oreille à l’aide
d’une mèche
10 ▼ MANUEL SUR LA PCIME

3.4 Les conseils adressés à la mère


Le tableau intitulé “Conseiller la mère” contient les recommandations relatives aux aliments
et liquides à donner à l’enfant et à la prochaine consultation. Dans de nombreux cas, il faut
évaluer l’alimentation de l’enfant malade et aider la mère à résoudre les problèmes d’ali-
mentation. Chaque fois que l’enfant malade sera soigné à domicile, précisez quels sont les
aliments et les liquides à lui donner et quand le ramener au centre de santé. Inscrivez les
résultats de l’évaluation de l’alimentation sur le bas de la fiche de prise en charge. Notez la
date de la consultation de suivi au verso de ce document. Il importe également de donner à
la mère des conseils concernant sa propre santé.

TABLEAU “CONSEILLER LA MÈRE”


PRISE EN CHARGE DE L’ENFANT MALADE AGE DE 2 MOIS A 5 ANS
Nom: ______________________________________ Age: ________ Poids: ______ kg Température:____°C

CONSEILLER LA MERE Demander: Quels sont les problèmes du nourrison? _________________________ Première visite? _______ Visit de suivi? _______

EVALUER CLASSER
LES ALIMENTS RECHERCHER LES SIGNES GENERAUX DE DANGER

➤Evaluer l’alimentation de l’enfant TOUX OU DIFFICULTES RESPIRATOIRES

Poser des questions sur l’alimentation habituelle de l’enfant et sur son alimentation durant cette maladie. Comparer les
DIARRHEE
réponses de la mère aux Recommandations pour l’alimentation selon l’âge de l’enfant dans le cadre ci-dessous.
DEMANDER ➤ Allaitez-vous l’enfant ? FIEVRE
— Combien de fois pendant la journée ?
— L’allaitez-vous aussi pendant la nuit ?
➤ Est-ce que l’enfant consomme d’autres aliments ou liquides ?
— Quels aliments ou liquides ?
— Combien de fois par jour ? INFECTION DE L’OREILLE
— Comment donnez-vous à manger à l’enfant ?
ANEMIE
— Si le poids de l’enfant est très faible pour son âge: Quelle quantité lui donnez-vous à chaque repas ?
L’enfant reçoit-il sa ration personnelle ? Qui nourrit l’enfant et comment le nourrisez vous ?
ETAT VACCINAL
➤ Pendant cette maladie, les habitudes alimentaires de l’enfant ont-elles changé ? Si oui, comment ?

ALIMENTATION

➤Recommandations pour l’alimentation de l’enfant malade et d l’enfant en bonne santé


AUTRES PROBLEMES

3.5 Les soins de suivi


Plusieurs traitements indiqués dans le “tableau d’évaluation et la classification” comportent
une consultation de suivi. La partie du tableau intitulé le “traitement de l’enfant” consacrée
aux soins de suivi décrit la méthode à appliquer lors de chaque type de consultation de
suivi. Les rubriques qui y figurent correspondent à la classification antérieure de l’enfant.

TABLEAU DU SUIVI DES SOINS

SUIVI DE SOINS ➤ PALUDISME ➤ INFECTION A L’OREILLE

➤ Soigner l'enfant ramené au dispensaire pour une consultation de suivi, en


utilisant toutes les indications ci-dessous pour la ou les catégories de maladie de
l'enfant.
➤ Si l'enfant présente un nouveau problème, évaluer, classer et traiter le nouveau
problème comme indiqué dans le tableau d'évaluation et de classification.

➤ PNEUMONIE ➤ PROBLEMES
D’ALIMENTION

➤ FIEVRE
PALUDISME PEU PROBABLE
➤ PALEUR

➤ DIARRHEE PERSISTENTE
Partie II
○ ○ ○ ○ ○ ○ ○ ○ ○ ○ ○ ○ ○ ○ ○

EVALUER ET CLASSER
L’ENFANT MALADE
ÂGÉ DE 2 MOIS
À 5 ANS
▼ 13

CHAPITRE 4
Evaluer et classer l’enfant malade

Une mère ou une autre personne qui s’occupe de l’enfant amène celui-ci au dispensaire
parce qu’il présente un problème ou un symptôme particulier. Si l’agent de santé se borne à
évaluer chez l’enfant ce problème ou ce symptôme, il risque de ne pas déceler d’autres
signes de maladie. L’enfant souffre peut-être de pneumonie, de diarrhée, de paludisme, de
rougeole ou de malnutrition. Si elles ne sont pas traitées, ces maladies peuvent causer la
mort du jeune enfant ou le rendre invalide.
Le tableau, intitulé “Évaluer et classer l’enfant malade âgé de 2 mois à 5 ans” indique comment
examiner et classer l’enfant malade en analysant tous les signes de maladie. Puis il aide à
déterminer les traitements appropriés pour chaque maladie. Conformément au tableau,
demandez à la mère quel est le problème de l’enfant et recherchez tous les signes généraux
de danger que l’enfant présente. Ensuite, renseignez-vous sur les quatre symptômes princi-
paux: la toux ou les difficultés respiratoires, la diarrhée, la fièvre et l’affection de l’oreille.
Un enfant qui présente un ou plusieurs des principaux symptômes peut avoir une maladie
grave. Quand vous constatez un symptôme important, posez des questions supplémentaires
pour pouvoir classer la maladie et déterminer le ou les traitements appropriés. Vérifier si
l’enfant est malnutri ou anémique. Contrôlez également son état vaccinal et évaluez les
autres problèmes mentionnés par la mère. Les chapitres suivants décrivent ces actes.

RÉSUMÉ DE L’ÉVALUATION ET DE LA CLASSIFICATION

Demander à la mère ou à la personne qui s’occupe de l’enfant quel est le problème de celui-ci

Si c’est la PREMIÈRE CONSULTATION pour ce problème, suivre les étapes indiquées ci-dessous.
(S’il s’agit d’une consultation de suivi, donner des soins de suivi selon la Partie VII)

Rechercher les signes généraux de danger

Demander à la mère ou à la personne qui s’occupe de lui, Quand il existe un tel symptôme:
si l’enfant présente les principaux symptômes: ● examiner attentivement chez l’enfant
● la toux ou les difficultés respiratoires, les signes liés à ce symptôme, et
● la diarrhée, ● classer la maladie selon la présence ou
● la fièvre l’absence des signes
● l’affection de l’oreille

Vérifier si l’enfant souffre de malnutrition ou d’anémie et classer son état nutritionnel

Contrôler l’état vaccinal de l’enfant et décider s’il faut le vacciner lors de la consultation

Évaluer tous les autres problèmes éventuels

Ensuite: déterminer le traitement (Partie IV), traiter l’enfant (Partie V)


et conseiller la mère (Partie VI)
14 ▼

CHAPITRE 5
Quand un enfant est amené au dispensaire

POUR CHAQUE ENFANT MALADE ÂGÉ DE 2 MOIS À 5 ANS AMENÉ AU DISPENSAIRE

SALUER la mère selon la coutume et Savoir communiquer


demander comment va son enfant. (voir chapitre 25)
VÉRIFIER si le poids et la température ● écouter attentivement ce qui dit la mère
de l’enfant ont été notés ● utiliser des mots que la mère comprend
● donner à la mère le temps de répondre aux questions
● poser des questions supplémentaires, quand la mère
ne sait pas exactement que répondre
DEMANDER à la mère quel est le problème de l’enfant Noter les informations importantes

VÉRIFIER s’il s’agit de la première consultation ou d’une consultation de suivi pour cette maladie

Si c’est la PREMIÈRE CONSULTATION Si c’est une CONSULTATION DE SUIVI

EVALUER ET CLASSER l’enfant selon les directives qui se DONNER DES SOINS DE SUIVI selon les directives qui
trouvent dans la présente partie du manuel (Partie II) se trouvent dans la Partie VII du manuel

Le tableau d’évaluation et de classification de l’enfant malade indique la marche à suivre


quand une mère amène son enfant au dispensaire parce qu’il est malade. Il ne faut pas
utiliser ce tableau pour l’enfant en bonne santé amené pour une vaccination ou l’enfant
blessé ou brûlé. Dans la plupart des dispensaires, quand un malade arrive, le personnel se
renseigne sur le motif de la consultation. Il pèse l’enfant et prend sa température, puis inscrit
les données sur la fiche du patient, sur un autre document ou sur une petite feuille de papier.
Ensuite, un agent de santé reçoit l’enfant et sa mère.
Le tableau d’évaluation et de classification montre, sous forme de résumé, comment évaluer
l’état de l’enfant, classer ses maladies et déterminer les traitements. La colonne de gauche
intitulée “évaluation” indique comment connaître l’anamnèse et effectuer l’examen physi-
que. Selon les instructions qui s’y trouvent, il faut d’abord demander à la mère quels sont les
problèmes de l’enfant (voir exemple 1).
CHAPITRE 5. QUAND UN ENFANT EST AMENÉ AU DISPENSAIRE ▼ 15

EXEMPLE 1 : HAUT DU TABLEAU D’ÉVALUATION ET DE CLASSIFICATION POUR UN ENFANT


ÂGÉ DE 2 MOIS À 5 ANS
ÉVALUER ET CLASSER L’ENFANT MALADE
ÂGÉ DE 2 MOIS À 5 ANS

ÉVALUER CLASSER IDENTIFIER


TRAITEMENT
DEMANDER À LA MÈRE QUELS SONT LES PROBLÈMES DE L’ENFANT
● Déterminer s’il s’agit d’une première consultation ou d’une consultation de suivi pour cet épisode
— S’il s’agit d’une consultation de suivi, utiliser les instructions de suivi décrites dans le tableau intitulé
TRAITER L’ENFANT
— S’il s’agit d’une première consultation, évaluer l’enfant comme suit :

Quand vous recevez la mère de l’enfant malade ou la personne qui s’occupe de lui, il faut:

▼ SALUER LA MÈRE SELON LA COUTUME ET DEMANDER COMMENT VA SON ENFANT.


▼ VÉRIFIER SI LE POIDS ET LA TEMPÉRATURE DE L’ENFANT ONT ÉTÉ NOTÉS
Contrôlez si l’enfant a été pesé, si sa température a été prise et si les données sont inscrites.
Dans la négative, pesez l’enfant et prenez sa température plus tard, au moment de l’examen
des principaux symptômes de l’enfant. Évitez de déshabiller l’enfant ou de le perturber au
commencement de la consultation.

▼ DEMANDER À LA MÈRE QUELS SONT LES PROBLÈMES DE L’ENFANT


Cette question est importante, car elle permet d’engager un dialogue avec la mère d’une
manière qui la rassure et lui inspire le sentiment que son enfant sera bien soigné. Dans une
phase ultérieure de la consultation, vous devrez enseigner à la mère à donner des soins à son
enfant malade à domicile. Il est donc important de pouvoir bien communiquer avec la mère
dès le début. A cette fin, il faut:
— Écouter attentivement ce que la mère vous dit; cela lui montre que vous prenez
ses préoccupations au sérieux
— Utiliser un vocabulaire que la mère comprend; si elle ne comprend pas les ques-
tions que vous lui posez, elle ne peut pas fournir les informations nécessaires pour que
vous puissiez évaluer et classer correctement l’enfant
— Laisser à la mère le temps de répondre aux questions, car elle doit peut-être
réfléchir avant d’affirmer que le signe que vous mentionnez est présent
— Poser des questions supplémentaires quand la mère ne sait pas exactement
que répondre; quand elle n’est pas certaine de la présence d’un symptôme ou d’un
signe clinique, posez des questions supplémentaires pour l’aider à fournir des répon-
ses claires.

▼ VÉRIFIER S’IL S’AGIT DE LA PREMIÈRE CONSULTATION OU D’UNE CONSULTATION DE SUIVI POUR


CETTE MALADIE
Si l’enfant n’a pas été amené antérieurement au dispensaire pour cet épisode de maladie, il
s’agit de la première consultation.
Si une consultation a eu lieu quelques jours plus tôt pour cette maladie, il s’agit d’une
consultation de suivi. La consultation de suivi n’a pas le même but que la première consul-
tation. Pendant la consultation de suivi, vous examinez l’enfant pour voir si le traitement
prescrit lors de la première consultation a été efficace. Si, après quelques jours, l’état de
l’enfant ne s’est pas amélioré ou s’il s’est aggravé, il faut transférer l’enfant dans un hôpital
ou changer de traitement.
La façon de savoir s’il s’agit de la première consultation ou d’une consultation de suivi
dépend de la manière dont le centre de santé enregistre les patients et note les motifs de leur
venue. Certains dispensaires donnent à la mère une carte sur laquelle figure la date de la
16 ▼ MANUEL SUR LA PCIME

consultation suivante. Dans d’autres dispensaires, l’agent de santé écrit l’indication néces-
saire sur la fiche du patient. Ou, quand la mère se présente avec l’enfant, elle informe la
réception de la raison de la consultation.
La Partie VII du présent manuel décrit la méthode à appliquer lors de la consultation de
suivi.
Votre entretien avec la personne qui s’occupe de l’enfant commence par les questions men-
tionnées ci-dessus. Si vous utilisez la fiche de la PCIME, inscrivez les réponses et faites une
marque (✔) à l’endroit approprié (voir exemple 2). Il existe deux types de fiches de prise en
charge, une pour les nourrissons âgés de 1 semaine à 2 mois, l’autre pour les enfants âgés de
2 mois à 5 ans. On trouve un exemplaire de chacune de ces fiches à la fin du fascicule de
tableaux de la PCIME et à l’annexe B du présent manuel.

EXEMPLE 2 : HAUT DE LA FICHE DE PRISE EN CHARGE

PRISE EN CHARGE INTÉGRÉE DES MALADIES DE L’ENFANT ÂGÉ DE 2 MOIS À 5 ANS

Nom: Fatima Age: 18 mois Poids: 11.5 kg Température: 37.5 °C


DEMANDER: Quels sont les problèmes du nourrisson? toux, difficultés respiratoires Première visite? ✔ Visite de suivi?

1er CAS: Fatima a 18 mois. Elle pèse 11,5 kg. Sa température est de 37,5 °C. À la question posée par l’agent de santé :
“Quels sont les problèmes de l’enfant ?”, la mère a répondu: “Fatima tousse depuis 6 jours et elle a de la peine à
respirer.” C’est la première consultation pour cette maladie.
▼ 17

CHAPITRE 6
Les signes généraux de danger

Pour CHAQUE enfant malade, demander à la mère quels sont les problèmes de l’enfant, puis
RECHERCHER LES SIGNES GÉNÉRAUX DE DANGER

RECHERCHER LES SIGNES GÉNÉRAUX DE DANGER Ordonner l’hospita-


lisation d’un enfant
qui présente un
DEMANDER: EXAMINER:
signe général de
● L’enfant est-il capable de boire ou de téter ? ● Observer si l’enfant est léthargique
danger,
● L’enfant vomit-il tout ce qu’il avale ? ou inconscient
après lui avoir
● L’enfant a-t-il des convulsions ?
prodigué les soins
d’urgence
Il faut soigner d’urgence un enfant qui présente un signe général de danger, achever immédiatement
indispensables.
l’évaluation et tout traitement pré-transfert, afin de ne pas retarder l’hospitalisation.

DEMANDER ensuite si l’enfant présente les principaux symptômes: toux et difficultés respiratoires, diarrhée, fièvre, affection de l’oreille.
VÉRIFIER si l’enfant souffre de malnutrition ou d’anémie, CONTRÔLER son état vaccinal et
vérifier s’il y a d’autres problèmes

Au-dessus des premières lignes, à gauche, le tableau d’évaluation et de classification con-


tient une case intitulée “Chercher les signes généraux de danger”. Posez les questions qui y sont
mentionnées et examinez l’enfant pour voir s’il présente les signes cliniques énumérés.
L’enfant qui présente un signe général de danger a un grave problème. Il a presque toujours
besoin d’être hospitalisé d’urgence. Pour le sauver, il faut peut-être lui donner un traitement
-tel que l’injection d’antibiotiques ou l’apport d’oxygène—qu’il ne peut pas recevoir dans
un établissement de santé de premier niveau. Achevez l’évaluation immédiatement. Les trai-
tements urgents préalables au transfert sont décrits dans les chapitres 17 et 20.
Lors de la recherche de signes généraux de danger:

▼ DEMANDER:L’ENFANT EST-IL CAPABLE DE BOIRE OU DE TÉTER ?


Le signe est que l’enfant “est incapable de boire ou de téter” quand il ne parvient pas à
aspirer le lait maternel ou à avaler la boisson qui lui est offerte.
Quand vous demandez à la mère si l’enfant est capable de boire, assurez-vous qu’elle com-
prend la question. Si elle répond que l’enfant ne peut pas boire ou téter, demandez-lui de
décrire ce qui se passe quand elle offre un liquide à l’enfant. Peut-il le prendre dans sa
bouche et l’avaler ? Si la réponse de la mère n’est pas assez claire, invitez-la à offrir le sein ou
de l’eau potable à l’enfant. Observez si l’enfant avale l’eau ou le lait.
L’enfant qui est allaité au sein peut avoir de la peine à téter quand il a le nez bouché. Dans
ce cas, mouchez-le. Si l’enfant peut téter quand il a le nez débouché, il n’a pas le signe de
danger “incapable de boire ou de téter”.

▼ DEMANDER: L’ENFANT VOMIT-IL TOUT CE QU’IL AVALE ?


Quand l’enfant ne peut rien ingérer, c’est le signe qu’il “vomit tout ce qu’il avale”. Ce qui
pénètre dans son estomac ressort. L’enfant qui vomit tout ce qu’il avale ne peut garder en lui
18 ▼ MANUEL SUR LA PCIME

ni aliment, ni liquide, ni médicament administré par voie orale. L’enfant qui vomit plusieurs
fois, mais qui réussit à absorber un peu de liquide ne présente pas ce signe général de dan-
ger.
Quand vous posez une question, utilisez des mots que la mère comprend. Accordez-lui assez
de temps pour répondre. Si elle n’est pas sûre que l’enfant vomit tout ce qu’il avale, aidez-la
à dire ce qu’elle pense. Par exemple, demandez-lui combien de fois il vomit et s’il vomit
chaque fois qu’il avale un aliment ou un liquide. Si les réponses de la mère ne semblent pas
concluantes, invitez-la à offrir une boisson à l’enfant. Observez s’il vomit.

▼ DEMANDER: L’ENFANT A-T-IL DES CONVULSIONS ?


Pendant une convulsion, les bras et les jambes de l’enfant se raidissent parce que les muscles
se contractent. L’enfant peut perdre conscience ou ne pas réagir à ce qu’on lui dit. Deman-
dez à la mère si l’enfant a eu des convulsions pendant la maladie actuelle. Utilisez des
mots que la mère comprend. Par exemple, elle connaît les termes “crise” ou “spasme” plutôt
que le mot “convulsion”.

▼ OBSERVER SI L’ENFANT EST LÉTHARGIQUE OU INCONSCIENT


L’enfant léthargique n’est pas éveillé et vif comme il devrait l’être. Il est somnolent et ne
s’intéresse pas à ce qui se passe autour de lui. En général, l’enfant léthargique ne regarde ni
sa mère, ni votre visage quand vous parlez. Il a un regard fixe et vide et ne semble pas
remarquer ce qui l’entoure. L’enfant inconscient ne peut pas être réveillé. Il ne réagit pas
quand on le touche, le secoue ou lui parle.
Demandez à la mère si l’enfant paraît anormalement somnolent ou si elle ne peut pas le
réveiller. Observez si l’enfant se réveille quand sa mère lui parle ou le secoue ou quand vous
battez des mains.
Note: Si l’enfant dort et tousse ou respire difficilement, comptez le nombre de ses respirations avant
d’essayer de le réveiller (voir le chapitre 7).
Sur la fiche de prise en charge, entourez tout signe général de danger constaté et marquez
d’un ✔ la case appropriée dans la colonne intitulée “classer” (voir exemple 3).

EXEMPLE 3: PARTIE DE LA FICHE DE PRISE EN CHARGE CONCERNANT LES SIGNES GÉNÉRAUX DE DANGER
PRISE EN CHARGE INTÉGRÉE DES MALADIES DE L’ENFANT ÂGÉ DE 2 MOIS À 5 ANS

Nom: Fatima Age: 18 mois Poids: 11.5 kg Température: 37.5 °C


DEMANDER: Quels sont les problèmes du nourrisson? toux, difficultés respiratoires Première visite? ✔ Visite de suivi?
EVALUER (entourer tous les signes présents) CLASSER

CHECK FOR GENERAL DANGER SIGNS Signe général de danger présent?


INCAPABLE DE BOIRE OU DE TÉTER LÉTHARGIIQUE OU INCONSCIENT
✔ Non ___
Oui ___
Ne pas oublier d'utiliser le signe de
VOMIT TOUT CE QU’IL AVALE
danger lors de la classification
CONVULSIONS

1er CAS: Fatima a 18 mois. Elle pèse 11,5 kg. Sa température est de 37,5 °C. À la question de l’agent de santé :“Quels sont
les problèmes de l’enfant ?”, la mère répond:“Fatima tousse depuis 6 jours et elle a de la peine à respirer.” C’est la
première consultation pour cette maladie.
L’agent de santé recherche les signes généraux de danger chez Fatima. La mère dit que
Fatima peut boire et qu’elle n’a pas vomi. Elle n’a pas eu de convulsions pendant cette
maladie. L’agent de santé demande : “Fatima semble-t-elle anormalement somnolente ?” La
mère répond: “Oui”. L’agent de santé bat des mains. Il prie la mère de secouer l’enfant.
Fatima ouvre les yeux, mais ne regarde pas autour d’elle. L’agent de santé parle à Fatima,
mais celle-ci ne regarde pas son visage. Elle a un regard fixe et vide et ne paraît pas remar-
quer ce qui se passe autour d’elle.
IL FAUT SOIGNER D’URGENCE L’ENFANT QUI PRÉSENTE UN SIGNE GÉNÉRAL DE
DANGER, ACHEVER L’ÉVALUATION IMMÉDIATEMENT. L’ENFANT EST GRAVEMENT
MALADE. IL FAUT LE TRAITER SANS RETARD.
▼ 19

CHAPITRE 7
La toux ou les difficultés respiratoires

Pour CHAQUE enfant malade, demander à la mère quels sont les problèmes de l’enfant, rechercher les signes généraux de danger,
puis
DEMANDER : L’ENFANT TOUSSE-T-IL OU A-T-IL DES DIFFICULTÉS RESPIRATOIRES ?

NON OUI

SI LA RÉPONSE EST OUI, OBSERVER, ÉCOUTER, Classer


LA TOUX et les
DEMANDER:
● Depuis combien
de temps ?
PALPER :
● Compter les respirations
par minute
● Observer si l’enfant a un
} L’ENFANT DOIT
ÊTRE CALME
DIFFICULTÉS
RESPIRATOIRES

tirage sous-costal Si l’enfant a : La respiration est


● Écouter si l’enfant a un stridor rapide à partir de :
de 2 mois à 50 respirations
12 mois par minute
de 12 mois 40 respirations
à 5 ans par minute

CLASSER la toux et les difficultés respiratoires de l’enfant selon le code de couleurs

DEMANDER alors si l’enfant présente les autres principaux symptômes: diarrhée, fièvre, affection de l’oreille.
VÉRIFIER si l’enfant souffre de malnutrition ou d’anémie, CONTRÔLER son état vaccinal et vérifier s’il y a d’autres problèmes.

L’infection peut toucher n’importe quelle partie des voies respiratoires: le nez, la gorge, le
larynx, la trachée, les bronches et les poumons. L’enfant qui tousse ou respire difficilement,
souffre peut-être de pneumonie ou d’une autre grave maladie respiratoire. La pneumonie
est une infection des poumons causée soit par des bactéries, soit par des virus. Dans les pays
en développement, la pneumonie est souvent due à des bactéries dont les plus communes
sont le Streptococcus pneumoniae et l’Hémophilus influenzae. Les enfants atteints d’une pneu-
monie bactérienne peuvent mourir d’hypoxie (manque d’oxygène) ou de septicémie (infec-
tion généralisée).
Mais les enfants amenés au dispensaire ont souvent des infections respiratoires moins
graves. La plupart des enfants qui toussent ou respirent avec peine n’ont qu’une infection
bénigne. Par exemple, l’enfant qui a un rhume peut tousser parce que les sécrétions nasales
coulent au fond de sa gorge. Ou l’enfant peut souffrir d’une infection virale des bronches
appelée “bronchite”. Ces enfants ne sont pas gravement malades. Ils n’ont pas besoin de
traitement aux antibiotiques. Leur famille peut les soigner à domicile.
Vous devez repérer les quelques enfants très malades qui toussent ou respirent difficilement
et ont besoin d’un traitement aux antibiotiques. Heureusement, il est possible de déceler
presque tous les cas de pneumonie par l’observation des deux signes cliniques suivants: la
respiration rapide et le tirage sous-costal.
20 ▼ MANUEL SUR LA PCIME

Quand un enfant contracte une pneumonie, ses poumons se durcissent. L’une des réactions
du corps à la rigidité des poumons et à l’hypoxie (manque d’oxygène) est la respiration
rapide. Plus la pneumonie s’aggrave, plus le poumon perd sa souplesse. Il peut en résulter
un tirage sous-costal. Le tirage sous-costal est le signe d’une pneumonie grave.

7.1 Comment évaluer l’enfant qui tousse ou a des difficultés respiratoires ?


La suite du tableau d’évaluation et de classification porte sur les principaux symptômes.
Chaque page se compose de deux parties: la partie de gauche concerne l’évaluation et la
partie de droite contient le tableau de classification par couleur. La partie consacrée à l’éva-
luation énumère les questions et les signes cliniques placés respectivement sous les titres:
“demander” et “observer et écouter” ou “observer et palper”.
Demandez si l’enfant a le symptôme indiqué dans le tableau. Par exemple, demandez: “L’en-
fant a-t-il une toux ou des difficultés respiratoires ?”. Si la réponse est “non”, passez à la
page suivante. Si la réponse est “oui”, posez les questions et recherchez les signes cliniques
indiqués dans la partie relative à l’évaluation. Puis suivez la flèche qui conduit à la classifica-
tion.
Pour chaque enfant malade:

▼ DEMANDER: L’ENFANT TOUSSE-T-IL OU A-T-IL DES DIFFICULTÉS RESPIRATOIRES ?


Les difficultés respiratoires correspondent à une façon inhabituelle de respirer, ce que la
mère décrit à sa manière. Elle peut dire que l’enfant respire “rapidement” ou “bruyamment”
ou “avec des interruptions”.
Si la réponse de la mère est négative, observez l’enfant pour voir si vous estimez qu’il tousse
ou qu’il respire avec peine. Si l’enfant ne tousse pas et respire sans difficulté, passez au
symptôme suivant : la diarrhée. Ne recherchez pas chez l’enfant d’autres signes liés à la toux
ou aux difficultés respiratoires.
Si la réponse de la mère est positive, posez la question suivante.

▼ DEMANDER: DEPUIS COMBIEN DE TEMPS ?


L’enfant qui tousse ou respire difficilement depuis plus de 30 jours a une toux chronique,
qui peut être un signe de tuberculose, d’asthme, de coqueluche ou d’une autre maladie.

▼ COMPTER LES RESPIRATIONS PAR MINUTE


Pour savoir si l’enfant respire rapidement, il faut compter combien de fois il respire par
minute. L’enfant doit être calme et tranquille pendant que vous écoutez sa respiration. Si
l’enfant a peur, pleure ou est irrité, il n’est pas possible de compter ses respirations avec
précision.
Annoncez à la mère que vous voulez compter les respirations de son enfant. Demandez-lui
de faire en sorte que l’enfant reste calme. Si l’enfant dort, ne le réveillez pas. Pour compter
le nombre de respirations par minute, utilisez une montre avec une aiguille qui indique les
secondes ou une montre à affichage numérique. Observez les mouvements que la respira-
tion imprime au thorax ou à l’abdomen.
En général, on peut voir les mouvements de la respiration, même quand l’enfant est habillé.
S’il n’est pas facile de voir ces mouvements, priez la mère de lever la chemise de l’enfant. Si
l’enfant se met à pleurer, priez la mère de le calmer avant de commencer à compter. Si
vous n’êtes pas sûr d’avoir pu compter correctement (par exemple, si l’enfant bougeait, ce
qui empêchait de bien observer sa poitrine, ou s’il était irrité ou s’il pleurait), comptez à
nouveau.
Le rythme à partir duquel la fréquence respiratoire est considérée comme étant rapide dé-
pend de l’âge de l’enfant. Le rythme respiratoire normal est plus élevé chez les enfants âgés
de 2 mois à 12 mois que chez les enfants de 12 mois à 5 ans. Par conséquent, le nombre de
respirations par minute qui détermine si un enfant respire rapidement est plus élevé chez les
enfants de 2 à 12 mois que chez les enfants de 12 mois à 5 ans.
CHAPITRE 7. LA TOUX OU LES DIFFICULTÉS RESPIRATOIRES ▼ 21

Si l’enfant a : La respiration est rapide à partir de :


de 2 mois à 12 mois 50 respirations par minute
de 12 mois à 5 ans 40 respirations par minute
Note : L’enfant qui a exactement 12 mois respire rapidement si vous comptez 40 respirations ou plus
par minute.
Avant de chercher les deux signes suivants—le tirage sous-costal et le stridor—observez
l’enfant pour voir quand il inspire et quand il expire.

▼ RECHERCHER UN TIRAGE SOUS-COSTAL


Si la mère n’a pas dû lever la chemise de l’enfant quand vous comptiez les respirations,
priez-la de le faire maintenant.
Observez si l’enfant a un tirage sous-costal quand il
inspire. Regardez la paroi thoracique inférieure (les
côtes inférieures). L’enfant a un tirage sous-costal si
la paroi thoracique inférieure s’enfonce quand il ins-
pire. Le tirage sous-costal se produit quand l’effort
que l’enfant fait pour inspirer est beaucoup plus
grand que normalement. Lors d’une respiration nor-
male, toute la paroi thoracique (supérieure et infé-
rieure) et l’abdomen sont poussés vers l’extérieur
quand l’enfant inspire. Quand il y a un tirage sous-
costal, la paroi thoracique inférieure s’enfonce au
moment où l’enfant aspire.
Si vous n’êtes pas certain qu’un tirage sous-costal se
produit, observez à nouveau. Si le corps de l’enfant
est courbé à la taille, il est difficile de voir le mouve-
ment de la paroi thoracique inférieure. Priez la mère
de modifier la position de l’enfant et de le mettre à
plat sur ses genoux. Si vous ne voyez toujours pas la
paroi thoracique s’enfoncer quand l’enfant aspire,
L’enfant aspirant L’enfant aspirant
celui-ci n’a pas de tirage sous-costal. Le tirage sous- SANS tirage sous-costal AVEC un tirage sous-costal
costal est présent quand il est clairement visi-
ble et existe constamment. Si vous ne voyez un
tirage sous-costal que quand l’enfant pleure ou s’alimente, l’enfant n’a pas de tirage sous-
costal.
Si seul le tissu mou situé entre les côtes s’enfonce quand l’enfant aspire (ce qu’on appelle
“tirage intercostal” ou “rétractions inter-costales”), l’enfant n’a pas de tirage sous-costal. Le
signe à reconnaître est la dépression de la paroi thoracique inférieure ou “rétraction sous-
costale”. Il ne s’agit pas du tirage intercostal.

▼ ÉCOUTER SI L’ENFANT A UN STRIDOR


Le stridor est un bruit aigu fait par l’enfant à l’inspiration. Il se produit quand le larynx, la
trachée ou l’épiglotte sont enflés, ce que l’on appelle souvent une “laryngite suffocante”
(croup). Cette tuméfaction gêne l’amenée d’air vers les poumons. Elle peut menacer la vie
de l’enfant quand elle obstrue les voies respiratoires. Le stridor chez l’enfant calme révèle
une affection dangereuse.
Observez l’enfant quand il aspire. Placez votre oreille près de la bouche de l’enfant, car il est
parfois difficile d’entendre le stridor. Quelquefois l’enfant émet un bruit avec le nez, quand
celui-ci est bouché. Mouchez-le et écoutez à nouveau. L’enfant qui n’est pas très malade
peut avoir un stridor, mais seulement quand il pleure ou est agité. Il faut absolument vérifier
si l’enfant a un stridor quand il est calme.
Parfois l’enfant émet un sifflement quand il expire. Ce n’est pas un stridor.
22 ▼ MANUEL SUR LA PCIME

7.2 Comment classer la toux et les difficultés respiratoires


“Classer” signifie définir la gravité de la maladie. Il faut placer chacun des principaux symp-
tômes constatés chez l’enfant dans une catégorie correspondant à la gravité de la maladie.
Classer ne signifie pas poser un diagnostic précis. Inscrire la maladie dans une catégorie sert
à déterminer les mesures à prendre et les soins à donner à l’enfant.
Le tableau d’évaluation et de classification qui se trouve dans le fascicule de la PCIME
énumère les signes cliniques des maladies et les catégories auxquelles ils correspondent. Il
comprend trois colonnes intitulées “signes”, “classer” et “traitement”. La plupart des classi-
fications se divisent aussi en trois rangs. Quand le tableau est en couleur, ces rangs sont roses,
jaunes ou verts, selon la gravité de la maladie.
Pour utiliser ce tableau de classification, commencez par la colonne de gauche intitulée
“Signes”. Parcourez cette colonne de haut en bas. Arrêtez-vous quand vous arrivez à un
signe que vous avez constaté chez l’enfant. Classez l’état de l’enfant dans ce rang. Ainsi vous
placez toujours l’enfant dans la catégorie de gravité appropriée, en commençant par la
gravité maximale.

EXEMPLE 4: TABLEAU DE CLASSIFICATION POUR LA TOUX ET LES DIFFICULTÉS RESPIRATOIRES


Signes Classer Traitement
(Les traitements urgents pré-transfert sont en caractère gras)

● Tout signe général de danger ➤ Donner la première dose d’antibiotique approprié.


OU PNEUMONIE GRAVE OU ➤ Transférer d’URGENCE à l’hôpital.
● Tirage sous-costal ou MALADIE TRÈS GRAVE
● Stridor chez un enfant calme.

● Respiration rapide. ➤ Donner un antibiotique approprié pendant 5 jours.


➤ Calmer le mal de gorge et la toux avec un remède inoffensif.
PNEUMONIE ➤ Expliquer à la mère quand revenir immédiatement.
➤ Revoir dans 2 jours.

➤ Si la toux dure depuis plus de 30 jours, référer le malade pour


Pas de signe de pneumonie ou bilan.
de maladie très grave. PAS DE PNEUMONIE: ➤ Calmer le mal de gorge et la toux avec un remède inoffensif.
TOUX OU RHUME ➤ Expliquer à la mère quand revenir immédiatement.
➤ Revoir dans 5 jours s’il n’y a pas d’amélioration.

Il existe trois catégories dans lesquelles classer un enfant qui tousse ou respire difficilement:
Pneumonie grave ou maladie très grave, Pneumonie et Pas de pneumonie: toux ou rhume (voir
exemple 4). Pour classer la toux ou les difficultés respiratoires:
1. Recherchez les signes figurant dans le rang rose (ou rang supérieur). L’enfant présente-t-
il un signe général de danger ? L’enfant a-t-il un tirage sous-costal ou un stridor quand il
est calme ? Si l’enfant présente un signe général de danger ou un autre signe indiqué dans
le rang rose, classez-le dans la première catégorie: Pneumonie grave ou maladie très grave.
2. Si l’enfant n’appartient pas à la première catégorie, regardez le rang jaune (ou deuxième
rang). L’enfant respire-t-il rapidement ? Si l’enfant respire rapidement—signe indiqué
dans le rang jaune—et s’il n’appartient pas à la catégorie précédente, classez-le dans le
rang jaune: Pneumonie.
3. Si l’enfant ne présente pas les signes du rang rose ou jaune, passez au rang vert (dernier
rang) et classez sa maladie dans la catégorie: Pas de pneumonie: toux ou rhume.
La classification de la toux et des difficultés respiratoires contient les catégories suivantes:
CHAPITRE 7. LA TOUX OU LES DIFFICULTÉS RESPIRATOIRES ▼ 23

LA PNEUMONIE GRAVE OU MALADIE TRÈS GRAVE


L’enfant qui a la toux ou des difficultés respiratoires et qui présente l’un quelconque des
signes suivants—tout signe général de danger, un tirage sous-costal ou un stridor quand il
est calme—est classé comme ayant une pneumonie grave ou maladie très grave.
L’enfant qui a un tirage sous-costal souffre, en général, d’une pneumonie grave. Il peut aussi
avoir une autre infection aiguë grave des voies respiratoires inférieures telle que la bronchite,
la coqueluche ou l’asthme. Le tirage sous-costal apparaît quand les poumons se durcissent.
L’effort que l’enfant fait pour inspirer est beaucoup plus grand que normalement.
L’enfant qui a un tirage sous-costal risque davantage de mourir de la pneumonie que l’en-
fant qui respire rapidement mais n’a pas de tirage sous-costal. Si l’enfant est fatigué et si
l’effort qu’il doit faire pour gonfler ses poumons rigides est trop grand, il ralentit sa respira-
tion. Par conséquent, l’enfant qui a un tirage sous-costal peut ne pas respirer rapidement. Le
tirage sous-costal peut être le seul signe de pneumonie grave.
L’enfant classé comme ayant une pneumonie grave ou une maladie très grave est très ma-
lade. Il doit être transféré d’urgence à l’hôpital pour un traitement par oxygène,
bronchodilateur ou antibiotiques injectables. Avant le départ de l’enfant, il faut lui donner la
première dose d’un antibiotique approprié qui empêche l’aggravation de la pneumonie.
L’antibiotique aide aussi à lutter contre d’autres infections bactériennes graves comme la
septicémie et la méningite. Les Parties IV et V du présent manuel indiquent comment
déterminer et donner les traitements urgents pré-transfert requis.

LA PNEUMONIE
L’enfant qui tousse ou respire difficilement et qui respire rapidement, mais ne présente pas
de signe général de danger, ni de tirage sous-costal ni de stridor quand il est calme est classé
comme ayant une pneumonie.
L’enfant atteint d’une pneumonie a besoin d’être traité avec un antibiotique approprié. Les
Parties IV, V et VI du présent manuel indiquent comment choisir et donner l’antibiotique
approprié et comment apprendre à la personne qui s’occupe de l’enfant à le soigner à domi-
cile.

PAS DE PNEUMONIE: TOUX OU RHUME


L’enfant qui tousse ou respire difficilement, mais ne présente pas de signe général de danger,
ni de tirage sous-costal, ni de stridor quand il est calme et ne respire pas rapidement est
classé dans la catégorie: pas de pneumonie: toux ou rhume.
L’enfant qui n’a pas de pneumonie, mais a la toux ou un rhume n’a pas besoin d’antibioti-
que, car ce médicament n’atténuera pas ses symptômes et n’empêchera pas le rhume de se
transformer en pneumonie. Il faut plutôt indiquer à la mère quels soins lui donner à domi-
cile.
L’état de l’enfant enrhumé s’améliore normalement au bout d’une à deux semaines. Toute-
fois, l’enfant qui a une toux chronique (toux durant plus de 30 jours) a peut-être la tubercu-
lose, de l’asthme, la coqueluche ou une autre affection. Il faut hospitaliser l’enfant qui a une
toux chronique pour effectuer un examen plus approfondi.
Sur la fiche de prise en charge, entourez les signes concernant la toux ou les difficultés
respiratoires constatées et inscrivez la catégorie à laquelle ils correspondent dans la colonne
intitulée “Classer” (voir exemple 5)
24 ▼ MANUEL SUR LA PCIME

EXEMPLE 5: PARTIE DE LA FICHE DE PRISE EN CHARGE CONCERNANT LA TOUX OU LES DIFFICULTÉS RESPIRATOIRES EN
TANT QUE SYMPTÔME PRINCIPAL

PRISE EN CHARGE INTÉGRÉE DES MALADIES DE L’ENFANT ÂGÉ DE 2 MOIS À 5 ANS

Nom: Fatima Age: 18 mois Poids: 11.5 kg Température: 37.5 °C


DEMANDER: Quels sont les problèmes du nourrisson? toux, difficultés respiratoires Première visite? ✔ Visite de suivi?
EVALUER (entourer tous les signes présents) CLASSER

CHECK FOR GENERAL DANGER SIGNS Signe général de danger présent?


INCAPABLE DE BOIRE OU DE TÉTER LÉTHARGIIQUE OU INCONSCIENT
✔Non ___
Oui ___
Ne pas oublier d'utiliser le signe de
VOMIT TOUT CE QU’IL AVALE
danger lors de la classification
CONVULSIONS

L'ENFANT TOUSSE-T-IL OU A-T-IL DES DIFFICULTÉS RESPIRATOIRES ? ✔ Non ___


Oui ___
● 6 jours
Depuis combien de temps? _____ ● Compter les respirations par minute Pneumonie grave ou
41 respirations par minute. Respiration rapide ?
_____
● Observer si l'enfant a un tirage sous-costal Maladie très grave
● Écouter si l'enfant a un stridor

1er CAS: Fatima a 18 mois. Elle pèse 11,5 kg. Sa température est de 37,5 °C. À la question de l’agent de santé :“Quels sont
les problèmes de l’enfant ?”, la mère répond:“Fatima tousse depuis 6 jours et elle a de la peine à respirer”. C’est la
première consultation pour cette maladie.
L’agent de santé recherche les signes généraux de danger chez Fatima. La mère dit que Fatima peut boire et
qu’elle n’a pas vomi. Elle n’a pas eu de convulsions pendant cette maladie. L’agent de santé demande : “Fatima
semble-t-elle anormalement somnolente ?” La mère répond:“Oui”. L’agent de santé bat des mains. Il prie la mère
de secouer l’enfant. Fatima ouvre les yeux, mais ne regarde pas autour d’elle. L’agent de santé parle à Fatima,
mais celle-ci ne regarde pas son visage. Elle a un regard fixe et vide et ne paraît pas remarquer ce qui se passe
autour d’elle.
L’agent de santé prie la mère de lever la chemise de l’enfant. Puis il compte le nombre de respirations de Fatima
par minute. Il en compte 41. Il n’observe pas de tirage sous-costal et n’entend pas de stridor.
▼ 25

CHAPITRE 8
La diarrhée

Pour CHAQUE enfant malade, demander à la mère quels sont les problèmes de l’enfant,
rechercher les signes généraux de danger, demander si l’enfant tousse ou a des difficultés respiratoires, puis
DEMANDER: L’ENFANT A-T-IL LA DIARRHÉE ?

NON OUI

L’enfant a-t-il la diarrhée?


SI OUI, DEMANDER : OBSERVER ET PALPER :
● Depuis combien ● Observer l’état général de l’enfant:
de temps? Léthargique ou inconscient?
Agité et irritable?
● Y a-t-il du sang
dans les selles? ● Regarder si les yeux de l’enfant sont
enfoncés.

● Offrir à boire à l’enfant. L’enfant :


Est-il capable de boire ou boit-il
difficilement? Classer la
Boit-il avidement, est-il assoiffé? DIARRHÉE
● Pincer la peau de l’abdomen.
Le pli cutané s’efface-t-il:
Très lentement (plus de 2 secondes)?
Lentement?

Classer la maladie de l’enfant selon le code de couleurs

DEMANDER alors si l’enfant présente les autres principaux symptômes: fièvre, affection de l’oreille et VÉRIFIER si l’enfant souffre de
malnutrition ou d’anémie, CONTRÔLER son état vaccinal et VÉRIFIER s’il y a d’autres problèmes.

La diarrhée survient quand les selles contiennent plus d’eau que normalement. On l’appelle
aussi “courante” ou “colique”. Elle est fréquente chez les enfants, surtout quand ils ont
entre 6 mois et 2 ans. Chez les bébés de moins de 6 mois, elle est plus fréquente s’ils boivent
du lait de vache ou du lait maternisé. L’émission de selles normales plusieurs fois par jour
n’est pas la diarrhée. Le nombre de selles émises normalement par jour varie selon l’alimen-
tation et l’âge de l’enfant. Dans maintes régions, on définit la diarrhée comme l’émission de
selles liquides ou pâteuses trois fois ou plus par période de 24 heures.
En général, la mère sait quand son enfant a la diarrhée. Elle explique peut-être que celui-ci
a des selles liquides ou pâteuses ou elle utilise un mot local pour désigner la diarrhée. Les
bébés nourris exclusivement au sein ont souvent des selles molles, mais il ne s’agit pas de
diarrhée. La mère du nourrisson qu’elle allaite reconnaît la diarrhée parce que la consis-
tance ou la fréquence des selles ne sont pas normales.
26 ▼ MANUEL SUR LA PCIME

Quels sont les types de diarrhée ?


La plupart des diarrhées qui provoquent la déshydratation sont liquides ou pâteuses. Le
choléra est l’une des maladies qui causent la diarrhée. Mais seul un petit nombre de toutes
les diarrhées liquides ou pâteuses résultent du choléra.
Si un épisode de diarrhée dure pendant moins de 14 jours, la diarrhée est aiguë. La diarrhée
liquide aiguë entraîne la déshydratation et est un facteur de malnutrition. La mort d’un
enfant qui souffre d’une diarrhée aiguë est due, en général, à la déshydratation.
Si la diarrhée dure pendant 14 jours ou plus, c’est une diarrhée persistante. Jusqu’à 20% des
épisodes de diarrhée deviennent persistants. La diarrhée persistante conduit souvent à des
problèmes nutritionnels qui figurent parmi les raisons du décès des enfants diarrhéiques.
Quand il y a du sang dans les selles d’une personne qui a la diarrhée—avec ou sans muco-
sité—il s’agit d’une dysenterie. La cause la plus usuelle de la dysenterie est la bactérie
Shigella. Chez les jeunes enfants, la dysenterie est rarement causée par des amibes. Un en-
fant peut avoir à la fois une diarrhée liquide et la dysenterie.

8.1 Comment évaluer l’état d’un enfant qui a la diarrhée


Il faut poser pour chaque enfant des questions concernant la diarrhée.

▼ DEMANDER: L’ENFANT A-T-IL LA DIARRHÉE ?


Utilisez pour “diarrhée” un mot que la mère comprend. Si la réponse est négative, passez au
symptôme suivant, la fièvre. Il n’est pas nécessaire de chercher davantage, chez l’enfant, des
signes liés à la diarrhée.
Si la mère répond “Oui”, ou si elle a déjà dit précédemment qu’elle amenait son enfant au
dispensaire parce qu’il a la diarrhée, notez la réponse. Ensuite, évaluez chez l’enfant les
signes de déshydratation, de diarrhée persistante et de dysenterie.

▼ DEMANDER: DEPUIS COMBIEN DE TEMPS ?


Une diarrhée qui dure depuis 14 jours ou plus est une diarrhée persistante. Donnez à la
mère le temps de répondre à la question. Elle doit peut-être réfléchir pour se souvenir du
nombre exact de jours.

▼ DEMANDER: Y A-T-IL DU SANG DANS LES SELLES ?


Demandez à la mère si elle a vu du sang dans les selles de l’enfant à un moment quelconque
de l’épisode de diarrhée.
Puis recherchez les signes de déshydratation. Quand l’enfant se déshydrate, il est d’abord
agité et irritable. Si la déshydratation s’aggrave, il devient léthargique ou inconscient. Quand
le corps perd ses liquides hydriques, les yeux peuvent paraître enfoncés. Si on pince la peau
de l’enfant déshydraté, le pli s’efface lentement ou très lentement.

▼ EXAMINER L’ÉTAT GÉNÉRAL DE L’ENFANT


En recherchant les signes généraux de danger, vous avez vérifié si l’enfant était léthargique
ou inconscient. Si l’enfant est léthargique ou inconscient, il présente un signe général de
danger. N’oubliez pas de tenir compte de ce signe général de danger quand vous classez la
diarrhée de l’enfant.
L’enfant entre dans la catégorie “agité et irritable”, s’il est agité et irritable constamment
ou chaque fois qu’on le touche. Si le nourrisson ou l’enfant est calme quand sa mère l’allaite,
mais redevient agité et irritable quand il cesse de téter, il faut le considérer comme “agité et
irritable”. De nombreux enfants sont désorientés simplement parce qu’ils se trouvent au
dispensaire. En général, on peut les rassurer et les calmer. Ils ne présentent pas le signe
“agité et irritable”.
CHAPITRE 8. LA DIARRHÉE ▼ 27

▼ REGARDER SI LES YEUX DE L’ENFANT SONT ENFONCÉS


Les yeux d’un enfant déshydraté peuvent paraître enfoncés. Estimez si les yeux sont enfon-
cés. Puis demandez à la mère si elle pense qu’il y a quelque chose de changé dans les yeux de
son enfant. Son opinion vous aide à déterminer si les yeux sont enfoncés.
Note: Chez l’enfant gravement malnutri qui est visiblement émacié (c’est-à-dire qui souffre de
marasme), les yeux ont toujours l’air enfoncés, même s’il n’est pas déshydraté. Quoique le signe
“yeux enfoncés” soit moins fiable chez un enfant visiblement émacié, il faut quand même l’utiliser
pour classer la déshydratation de l’enfant.

▼ OFFRIR À BOIRE À L’ENFANT


Priez la mère d’offrir à son enfant un peu d’eau dans une tasse ou une cuillère. Observez la
réaction de l’enfant.
Un enfant est incapable de boire, s’il ne réussit pas à prendre du liquide dans sa bouche et
à l’avaler. Par exemple, l’enfant est incapable de boire s’il est léthargique ou inconscient. Ou
il n’est pas capable de téter ou d’avaler.
Un enfant boit difficilement, s’il est faible et ne peut pas boire sans aide. Peut-être ne
parvient-il à boire que si le liquide est mis dans sa bouche.
L’enfant boit avidement, est assoiffé, s’il est évident qu’il veut boire. Regardez si l’enfant
tend la main pour prendre la tasse ou la cuillère quand on lui offre de l’eau, s’il est malheu-
reux quand on lui enlève l’eau, parce qu’il voudrait encore boire.
Si l’enfant n’avale du liquide que parce qu’on l’y encourage et n’en redemande pas, il “ne
boit pas avidement et n’est pas assoiffé”.

▼ PINCER LA PEAU DE L’ABDOMEN


Priez la mère de poser l’enfant sur la table d’examen, afin qu’il soit allongé sur le dos, les
bras le long du corps (non pas au-dessus de la tête) et les jambes droites. Ou priez la mère de
tenir l’enfant à plat sur ses genoux.
Choisissez un endroit de l’abdomen de l’enfant
situé entre l’ombilic et le côté de l’abdomen, puis
pincez la peau avec le pouce et l’index. N’utilisez
pas le bout des doigts, car un tel pincement est
douloureux. Votre main doit être placée de telle
manière que, quand la peau est pincée, le pli cu-
tané aille dans le sens de la longueur du corps de
l’enfant et non pas en travers de celui-ci. Il im-
porte de saisir fermement toutes les couches de
peau et le tissu sous-cutané pendant une seconde,
puis de les relâcher. Observez alors si le pli cutané
s’efface:
— très lentement (pendant plus de 2 secondes)
— lentement (le pli reste marqué même pen-
dant un bref instant)
— immédiatement.
Si le pli reste marqué, même pendant un bref instant après avoir été relâché, considérez que
le pli cutané s’efface lentement.
Note: Chez l’enfant souffrant de marasme (malnutrition grave), il se peut que le pli cutané s’efface
lentement, même si l’enfant n’est pas déshydraté. Chez l’enfant qui a un excès de poids ou un œdème,
le pli peut s’effacer immédiatement, même si l’enfant est déshydraté. Quoique le test du pli cutané soit
moins fiable chez ces enfants, il faut y recourir pour classer leur déshydratation.
28 ▼ MANUEL SUR LA PCIME

8.2 Comment classer la diarrhée


Dans le tableau d’évaluation et de classification, certains symptômes se retrouvent dans
plusieurs catégories. Par exemple, si un enfant présente la diarrhée comme symptôme prin-
cipal, il peut être classé comme souffrant de déshydratation, de diarrhée persistante et de
dysenterie. Quand un enfant a la diarrhée:
■ il faut le classer dans l’une des trois catégories de la déshydratation
■ s’il a la diarrhée depuis 14 jours ou plus, il faut le classer dans la catégorie de la diarrhée
persistante
■ s’il y a du sang dans ses selles, il faut classer l’enfant dans la catégorie de la dysenterie.

8.2.1 La classification de la déshydratation


On peut classer la déshydratation chez un enfant diarrhéique de trois manières: la déshydra-
tation sévère, les signes évidents de déshydratation (ou déshydratation modérée) et pas de
déshydratation (voir exemple 6). Les Parties IV, V et VI du présent manuel indiquent com-
ment déterminer le traitement et comment soigner les enfants appartenant à ces trois caté-
gories.

EXEMPLE 6: TABLEAU DE LA CLASSIFICATION DE LA DÉSHYDRATATION


Signes Classer Traitement
(Les traitements urgents pré-transfert sont en caractère gras)

Deux des signes suivants: ➤ Si l’enfant n’a pas, d’autre classification grave:
● Léthargique ou inconscient — Donner des liquides pour déshydratation sévère (Plan C).
● Yeux enfoncés DÉSHYDRATATION OU
● Incapable de boire ou boit SÉVÈRE Si l’enfant a une autre classification grave:
difficilement — Transférer d’URGENCE à l’hôpital, la mère donnant
● Pli cutané s’efface très fréquemment des gorgées de SRO en cours de route.
lentement Conseiller à la mère de continuer l’allaitement au sein.
➤ Si l’enfant a 2 ans ou plus et si une épidémie de choléra sévit
dans la région, donner un antibiotique pour le choléra.

Deux des signes suivants: ➤ Donner liquides et aliments pour signes évidents de
● Agité, irritable déshydratation (Plan B).
● Yeux enfoncés
SIGNES ÉVIDENTS
DE DÉSHYDRATATION ➤ Si l’enfant a une autre classification grave:
● Boit avidement, assoiffé
— Transférer d’URGENCE à l’hôpital, la mère donnant
● Pli cutané s’efface
fréquemment des gorgées de SRO en cours de route.
lentement.
Conseiller à la mère de continuer l’allaitement au sein.
➤ Expliquer à la mère quand revenir immédiatement.
➤ Revoir dans 5 jours s’il n’y a pas d’amélioration.

Pas assez de signes pour ➤ Donner liquides et aliments pour traiter la diarrhée à domicile
PAS DE
classer comme signes évidents (Plan A).
DÉSHYDRATATION
de déshydratation ou ➤ Expliquer à la mère quand revenir immédiatement.
déshydratation sévère. ➤ Revoir dans 5 jours s’il n’y pas d’amélioration.

LA DÉSHYDRATATION SÉVÈRE
Si l’enfant présente deux ou plusieurs des signes suivants: léthargie ou inconscience, incapa-
cité de boire ou difficulté de boire, yeux enfoncés, effacement très lent du pli cutané—il faut
le classer dans la catégorie de la déshydratation sévère.
Tout enfant déshydraté a besoin d’un apport supplémentaire de liquide. L’enfant victime
d’une déshydratation sévère doit être réhydraté rapidement, si possible par une perfusion
intraveineuse (IV). Le Plan C du fascicule de tableaux intitulé “Traiter rapidement la déshy-
dratation sévère” indique comment assurer l’apport de liquide indispensable à l’enfant
gravement déshydraté.
CHAPITRE 8. LA DIARRHÉE ▼ 29

LES SIGNES ÉVIDENTS DE DÉSHYDRATATION


Si l’enfant ne présente pas les signes de la déshydratation sévère, passez au rang suivant du
tableau. Si l’enfant présente une combinaison de deux au moins des signes suivants: s’il est
agité ou irritable, boit avidement et est assoiffé, a les yeux enfoncés, si le pli cutané s’efface
lentement, placez-le dans la catégorie des signes évidents de déshydratation.
Si l’enfant présente un signe du rang rose (supérieur) et un signe du rang jaune
(moyen), classez-le dans la catégorie jaune (“signes évidents de déshydratation”).
L’enfant qui est modérément déshydraté a besoin de liquide et d’aliments. Traitez-le avec
une solution de SRO. Il faut continuer d’allaiter les nourrissons. Les autres enfants
devraient recevoir une tasse de leur lait habituel ainsi qu’un aliment nutritif après 4 heures
de traitement avec des SRO. La technique à suivre est décrite dans le Plan B intitulé “Traiter
les signes évidents de déshydratation avec une solution de SRO”.

PAS DE DÉSHYDRATATION
L’enfant qui ne présente pas deux ou plusieurs des signes énumérés dans les rangs rose ou
jaune est classé dans la catégorie “pas de déshydratation”.
Cet enfant a besoin de liquide supplémentaire et d’aliments pour prévenir la déshydratation.
Les trois règles du traitement à domicile sont: 1) donner à l’enfant plus de liquide que
d’habitude, 2) continuer de le nourrir, et 3) le ramener immédiatement au dispensaire si des
signes de danger apparaissent. Le Plan A, intitulé “Traiter la diarrhée à domicile”, indique
ce qu’il faut expliquer et apprendre à la mère à ce sujet. L’enfant qui a la diarrhée, mais n’est
pas déshydraté, a aussi besoin d’aliments.

8.2.2 La classification de la diarrhée persistante


Après avoir classé la déshydratation de l’enfant, il faut analyser le caractère de la diarrhée
qui est qualifiée de “persistante” si elle dure depuis 14 jours ou plus. Il y a deux catégories de
diarrhée persistante: la diarrhée persistante sévère et la diarrhée persistante (voir exemple
7). Les Parties IV, V et VI du présent manuel indiquent comment déterminer le traitement
et comment soigner les enfants inclus dans ces catégories.

EXEMPLE 7: TABLEAU DE CLASSIFICATION DE LA DIARRHÉE PERSISTANTES


Signes Classer Traitement
(Les traitements urgents pré-transfert sont en caractère gras)

● Déshydratation présente. DIARRHÉE ➤ Traiter la déshydratation avant de transférer, à moins que


PERSISTANTE l’enfant n’ait une autre classification grave.
SÉVÈRE ➤ Transférer à l’hôpital.

● Pas de déshydratation. DIARRHÉE ➤ Expliquer à la mère comment nourrir un enfant qui a une
PERSISTANTE DIARRHÉE PERSISTANTE
➤ Revoir dans 5 jours.

LA DIARRHÉE PERSISTANTE SÉVÈRE


Si l’enfant a la diarrhée depuis 14 jours ou plus et souffre aussi de déshydratation sévère ou
moyenne, classez sa maladie dans la catégorie “diarrhée persistante sévère”. Il faut hospitaliser
cet enfant, car il a besoin de soins spéciaux pour prévenir la perte de liquides. Il faut peut-
être également modifier son alimentation et effectuer des examens de laboratoire pour dé-
terminer la cause de la diarrhée.
Traitez l’enfant avant son transfert, à moins qu’il ne souffre d’une autre maladie grave. Il est
parfois difficile de réhydrater un enfant qui a une autre maladie grave. Cet enfant doit être
traité à l’hôpital.
30 ▼ MANUEL SUR LA PCIME

LA DIARRHÉE PERSISTANTE
Si l’enfant a la diarrhée depuis 14 jours ou plus et ne présente pas de signe de déshydrata-
tion, classez sa maladie dans la catégorie “diarrhée persistante”. Une alimentation spéciale est
le moyen le plus important de traiter la diarrhée persistante. Les recommandations en la
matière figurent dans le chapitre 29.

8.2.3 La classification de la dysenterie


Il n’y a qu’une catégorie de classification pour la dysenterie: “dysenterie” (voir exemple 8).
Les Parties IV, V et VI du présent manuel indiquent comment déterminer le traitement et
comment soigner les enfants appartenant à cette catégorie.

EXEMPLE 8: TABLEAU DE CLASSIFICATION DE LA DYSENTERIE


Signes Classer Traitement
(Les traitements urgents pré-transfert sont en caractère gras)

● Sang dans les selles. DYSENTERIE ➤ Traiter pendant 5 jours avec un antibiotique par voie orale,
recommandé pour la shigellose dans votre région.
➤ Revoir dans 2 jours.

LA DYSENTERIE
Classez la maladie de l’enfant qui a la diarrhée et du sang dans les selles dans la catégorie
“dysenterie”. Cet enfant doit recevoir un traitement contre la déshydratation. Donnez-lui
également un antibiotique recommandé dans votre région pour lutter contre la shigellose.
Vous pouvez supposer que la dysenterie est due à la Shigella, parce que:
— cette bactérie est responsable d’environ 60% des cas de dysenterie constatés dans les
dispensaires
— elle cause presque tous les cas de dysenterie mortelle
— pour trouver la cause précise de la dysenterie il faut procéder à une culture de selles et
attendre pendant au moins 2 jours les résultats du laboratoire.
Sur la fiche de prise en charge, entourez les signes constatés et inscrivez la catégorie à
laquelle ils correspondent dans la colonne intitulée “classer” (voir exemple 9)
CHAPITRE 8. LA DIARRHÉE ▼ 31

EXEMPLE 9: PARTIE DE LA FICHE DE PRISE EN CHARGE CONCERNANT LA DIARRHÉE EN TANT QUE SYMPTÔME PRINCIPAL
PRISE EN CHARGE INTÉGRÉE DES MALADIES DE L’ENFANT ÂGÉ DE 2 MOIS À 5 ANS

Nom: Fatima Age: 18 mois Poids: 11.5 kg Température: 37.5 °C


DEMANDER: Quels sont les problèmes du nourrisson? toux, difficultés respiratoires Première visite? ✔ Visite de suivi?
EVALUER (entourer tous les signes présents) CLASSER

CHECK FOR GENERAL DANGER SIGNS Signe général de danger présent?


INCAPABLE DE BOIRE OU DE TÉTER LÉTHARGIIQUE OU INCONSCIENT
✔Non ___
Oui ___
Ne pas oublier d'utiliser le signe de
VOMIT TOUT CE QU’IL AVALE
danger lors de la classification
CONVULSIONS

L'ENFANT TOUSSE-T-IL OU A-T-IL DES DIFFICULTÉS RESPIRATOIRES ? ✔ Non ___


Oui ___
● 6 jours
Depuis combien de temps? _____ ● Compter les respirations par minute Pneumonie grave ou
41 respirations par minute. Respiration rapide ?
_____
● Observer si l'enfant a un tirage sous-costal Maladie très grave
● Écouter si l'enfant a un stridor

L'ENFANT A-T-IL LA DIARRHÉE ? ✔ Non ___


Oui ___
● Depuis combien de temps ? _____3 jours ● Évaluer l'état général de l'enfant. L'enfant est-il
● Ses selles contiennent-elles du sang ? léthargique ou inconscient ?
agité ou irritable ?
● Regarder si les yeux sont enfoncés Désydratation sévère
● Offrir à boire à l'enfant. L'enfant
est-il incapable de boire ou boit-il difficilement ?
est-il assoiffé, boit-il avidement ?
● Pincer la peau de l'abdomen de l'enfant. Le pli s'efface-t-il
très lentement (plus de 2 secondes) ?
lentement ?

1er CAS: Fatima a 18 mois. Elle pèse 11,5 kg. Sa température est de 37,5 °C. À la question de l’agent de santé: “Quels sont
les problèmes de l’enfant ?”, la mère répond:“Fatima tousse depuis 6 jours et elle a de la peine à respirer”. C’est la
première consultation pour cette maladie.
L’agent de santé recherche les signes généraux de danger chez Fatima. La mère dit que Fatima peut boire et
qu’elle n’a pas vomi. Elle n’a pas eu de convulsions pendant cette maladie. L’agent de santé demande : “Fatima
semble-t-elle avoir anormalement sommeil ?” La mère répond: “Oui”. L’agent de santé bat des mains. Il prie la
mère de secouer l’enfant. Fatima ouvre les yeux, mais ne regarde pas autour d’elle. L’agent de santé parle à
Fatima, mais celle-ci ne regarde pas son visage. Elle a un regard fixe et vide et ne paraît pas remarquer ce qui se
passe autour d’elle.
L’agent de santé prie la mère de lever la chemise de l’enfant. Puis il compte le nombre de respirations de Fatima
par minute. Il en compte 41. Il n’observe pas de tirage sous-costal et n’entend pas de stridor.
L’agent de santé demande: “Fatima a-t-elle la diarrhée ?” La mère répond: “Oui, depuis 3 jours.” Il n’y a pas de
sang dans ses selles. Les yeux de Fatima paraissent enfoncés. L’agent de santé demande : “Pensez-vous qu’il y a
quelque chose de changé dans les yeux de votre enfant?” La mère répond:“Oui”. Il donne à la mère un peu d’eau
potable dans une tasse et la prie de l’offrir à Fatima. L’enfant ne boit pas. Lorsqu’il pince la peau de l’abdomen de
Fatima, le pli s’efface lentement.
32 ▼

CHAPITRE 9
La fièvre

Pour CHAQUE enfant malade, demander à la mère quels sont les problèmes de l’enfant,
rechercher les signes généraux de danger, demander si l’enfant tousse ou a des difficultés respiratoires, s’il a la diarrhée, puis
DEMANDER : L’ENFANT A-T-IL LA FIÈVRE ?

NON OUI

L’enfant a-t-il de la fièvre?


(antécédents ou chaud au toucher ou température de 37.5 °C** ou plus)

SI OUI :
Déterminer le risque de paludisme: Elevé ou faible

ENSUITE, DEMANDER : OBSERVER ET CHERCHER :


● Depuis combien de temps? ● Observer et rechercher une
raideur de nuque.
● Si depuis plus de 7 jours, la fièvre
a-t-elle été présente tous les jours? ● Regarder si le nez coule.

● L’enfant a-t-il eu la rougeole Rechercher des signes de ROUGEOLE


au cours des 3 derniers mois?
● Eruption généralisée et

● L’un des signes suivants: toux,


écoulement nasal ou yeux rouges.

Si l’enfant a actuellement la ● Regarder s’il y a des ulcérations


rougeole ou l’a eue au cours des au niveau de la bouche. Sont-elles
3 derniers mois: profondes et étendues?
● Regarder s’il y a du pus qui coule
des yeux.
● Regarder s’il existe une opacité de
la cornée.

CLASSER la maladie de l’enfant selon le code de couleurs.

DEMANDER alors si l’enfant présente le symptôme principal suivant: affection de l’oreille et VÉRIFIER si l’enfant souffre de malnutri-
tion ou d’anémie, CONTRÔLER son état vaccinal et vérifier s’il y a d’autres problèmes

L’enfant qui a de la fièvre peut souffrir du paludisme, de la rougeole ou d’une autre maladie
grave. Ou il peut simplement avoir la toux, le rhume ou une autre infection virale.

Le paludisme
Le paludisme est causé par des parasites dans le sang appelés “plasmodia”. Ces parasites se
transmettent par la piqûre d’un moustique: l’anophèle. Quatre espèces de plasmodia peu-
vent causer le paludisme, mais le plus dangereux est Plasmodium falciparum.
CHAPITRE 9. LA FIÈVRE ▼ 33

La fièvre est le principal symptôme du paludisme. Elle peut être présente constamment ou
disparaître et revenir à des intervalles réguliers. Les autres signes du paludisme falciparum
sont les frissons, la transpiration et les vomissements. Il arrive aussi que chez un enfant
atteint de paludisme le seul signe de cette maladie soit l’anémie chronique (sans fièvre).
Les signes du paludisme peuvent coexister avec les signes d’autres maladies. Par exemple,
un enfant peut avoir le paludisme ainsi que la toux et une respiration rapide qui révèlent une
pneumonie. Cet enfant doit être traité pour le paludisme et pour la pneumonie. Un enfant
impaludé peut aussi avoir la diarrhée. Il faut lui donner un médicament antipaludéen et un
traitement contre la diarrhée.
Dans les régions où les cas de paludisme sont très nombreux, cette maladie est l’une des
premières causes de mortalité infantile. Une attaque de paludisme sans complication peut
se transformer en un paludisme grave 24 heures déjà après l’apparition de la fièvre. Le
paludisme est surtout dangereux quand il comporte des complications comme le neuro-
paludisme ou l’anémie grave. Si l’enfant n’est pas traité immédiatement, il risque de mourir.

La rougeole
La fièvre et une éruption généralisée sont les principaux signes de la rougeole. C’est une
maladie très infectieuse. Les anticorps maternels protègent le nourrisson contre la rougeole
durant environ les six premiers mois de sa vie. Puis cette protection disparaît peu à peu. La
plupart des cas de rougeole se produisent chez les enfants âgés de 6 mois à 2 ans. Le surpeuple-
ment et le logement insalubre augmentent le risque que l’enfant très jeune attrape la rougeole.
La rougeole est causée par un virus qui infecte la peau et la couche de cellules qui tapisse les
poumons, l’intestin, les yeux, la bouche et la gorge. Ce virus affaiblit le système immunitaire
pendant plusieurs semaines après l’apparition de la rougeole. L’enfant risque donc d’être
victime d’autres infections.
Les complications de la rougeole se produisent dans approximativement 30% de tous les
cas. Les plus importantes de ces complications sont:
— la diarrhée (y compris la dysenterie et la diarrhée persistante)
— la pneumonie
— le stridor
— les ulcérations buccales
— l’infection de l’oreille et
— une infection oculaire grave (susceptible de provoquer une ulcération de la cornée et
la cécité).
L’encéphalite (infection du cerveau) se produit dans environ un cas sur mille. L’enfant qui
souffre d’encéphalite peut présenter un signe général de danger comme les convulsions, la
léthargie ou la perte de conscience.
La rougeole aggrave la malnutrition parce qu’elle cause la diarrhée, une fièvre élevée et des
ulcérations dans la bouche, ce qui gêne l’alimentation. Les enfants malnutris—surtout ceux
qui ont une carence en vitamine A—courent plus que les autres le risque d’avoir de graves
complications liées à la rougeole. Sur dix enfants gravement malnutris qui ont la rougeole,
un mourra. Voilà pourquoi il est très important d’aider la mère à continuer à nourrir son
enfant pendant cette maladie.

9.1 Comment évaluer l’enfant qui a de la fièvre


Le tableau d’évaluation de la fièvre comprend deux parties. La partie supérieure (au-dessus
de la ligne en pointillé) décrit la manière d’examiner l’enfant pour déceler les signes de
paludisme, de rougeole, de méningite ou d’autres causes de la fièvre. La partie inférieure
montre comment évaluer des signes de complications de la rougeole chez l’enfant qui a cette
maladie actuellement ou qui l’a eue au cours des trois derniers mois.
Demandez (ou prenez) la température de chaque enfant malade.

▼ DEMANDER: L’ENFANT A-T-IL DE LA FIÈVRE ?


Vérifiez si l’enfant a des antécédents de fièvre, est chaud au toucher ou a une température de
37,5 °C ou plus.
34 ▼ MANUEL SUR LA PCIME

L’enfant a des antécédents de fièvre, s’il a eu de la fièvre à un moment quelconque de sa


maladie. Utilisez pour “fièvre” des mots que la mère comprend. Assurez-vous qu’elle com-
prend ce qu’est la fièvre. Demandez-lui, par exemple, si le corps de son enfant lui a semblé
particulièrement chaud.
Touchez l’estomac ou l’aisselle de l’enfant pour estimer si son corps est chaud. Regardez si
la température de l’enfant a été mesurée le jour de la consultation et inscrite sur la fiche de
prise en charge. Si l’enfant a une température de 37,5 °C ou plus, il a de la fièvre. Si la
température de l’enfant n’a pas été mesurée et si vous avez un thermomètre, prenez la tem-
pérature de l’enfant.
Si l’enfant n’a pas de fièvre (selon les antécédents, le toucher ou l’indication du thermomètre
qui est au-dessous de 37,5 °C), renseignez-vous sur le symptôme suivant: l’affection de
l’oreille. Ne cherchez pas d’autre signe lié à la fièvre.
Si l’enfant a de la fièvre (selon les antécédents, le toucher ou l’indication du thermomètre qui
atteint ou dépasse 37,5 C°), examinez s’il y a d’autres signes liés à la fièvre. Un antécédent
de fièvre suffit pour considérer que l’enfant a de la fièvre, même si sa température n’atteint
pas 37,5 °C ou s’il n’est pas chaud au toucher lors de la consultation.

▼ DÉFINIR LE RISQUE DE PALUDISME


Pour classer et traiter l’enfant qui a de la fièvre, vous devez connaître le risque de paludisme
dans votre région.
■ Il y a un risque élevé de paludisme quand plus de 5% des maladies fébriles chez les enfants
sont dues au paludisme.
■ Le risque de paludisme est faible quand 5% ou moins de 5% des maladies fébriles chez les
enfants sont dues au paludisme.
■ Il n’y a pas de risque de paludisme dans les régions où la transmission du paludisme ne se
produit pas.
Le risque de paludisme peut varier d’une saison à l’autre. Pendant la saison sèche, la repro-
duction des moustiques est nulle ou limitée. Donc, pendant la saison sèche, le risque de
paludisme est, en général, faible. Les régions où des cas de paludisme surviennent, mais
rarement, sont également considérées comme des régions où le risque de paludisme est faible.
Par exemple, en Gambie, les conditions qui existent pendant la saison des pluies favorisent
la reproduction des moustiques. Le risque de paludisme pendant cette saison est élevé. De
nombreux enfants sont victimes de cette maladie. Ils ont de la fièvre, sont anémiques et
présentent des signes de neuropaludisme. Pendant la saison sèche, par contre, il n’y a pres-
que aucun cas de paludisme. Par conséquent, pendant la saison sèche le risque de paludisme
est faible.
Dans certaines parties de l’Afrique, le paludisme sévit pendant toute l’année ou presque. Le
risque de paludisme y est donc élevé toute l’année.
Informez-vous sur le risque de paludisme dans votre région. Si le risque change selon la
saison, vous devez savoir quand il est élevé et quand il est faible. Si vous n’avez pas de
données indiquant que le risque de paludisme est faible dans votre région, partez de l’idée que
les enfants âgés de moins de 5 ans qui ont de la fièvre souffrent probablement du paludisme.
Si l’enfant vit dans une région où le risque de paludisme est faible ou inexistant, il est con-
seillé de poser la question supplémentaire suivante: “L’enfant a-t-il été dans d’autres régions
durant les deux dernières semaines ?” Si oui, demandez si l’enfant a été dans une région à
risque élevé ou faible de paludisme. Si l’enfant a été dans une région à risque élevé ou faible
de paludisme, vous devez évaluer sa maladie comme s’il vivait dans cette autre région.
Déterminez si le risque de paludisme est élevé, faible ou nul. Entourez le mot qui convient
sur la fiche de prise en charge. Cette information vous aidera à classer la fièvre de l’enfant.

▼ DEMANDER: DEPUIS COMBIEN DE TEMPS ? SI L’ENFANT A DE LA FIÈVRE DEPUIS PLUS DE


7 JOURS, A-T-IL EU DE LA FIÈVRE CHAQUE JOUR ?
Demandez à la mère depuis combien de temps l’enfant a de la fièvre. Si l’enfant a de la fièvre
depuis plus de 7 jours, a-t-il eu de la fièvre chaque jour ?
CHAPITRE 9. LA FIÈVRE ▼ 35

La plupart des fièvres provoquées par des maladies virales ne durent pas plus de quelques
jours. Une fièvre présente chaque jour pendant plus de 7 jours peut signifier que l’enfant est
atteint d’une maladie grave, comme la fièvre typhoïde.

▼ DEMANDER: L’ENFANT A-T-IL EU LA ROUGEOLE AU COURS DES TROIS DERNIERS MOIS ?


La rougeole endommage le système immunitaire de l’enfant et le rend vulnérable à d’autres
infections pendant plusieurs semaines. L’enfant fébrile qui a eu la rougeole au cours des 3
mois précédents a peut-être une infection de l’œil, par exemple, due à des complications
découlant de la rougeole. Dans les régions où la prévalence de la rougeole est élevée, la
plupart des mères savent reconnaître cette maladie.

▼ OBSERVER OU RECHERCHER UNE RAIDEUR DE NUQUE


L’enfant fébrile dont la nuque est raide a peut-être la méningite. L’enfant qui a une ménin-
gite doit être traité d’urgence avec un antibiotique injectable et hospitalisé.
Tout en parlant avec la mère pendant la consultation, observez si l’enfant bouge et courbe la
tête sans difficulté tandis qu’il regarde autour de lui. Si l’enfant bouge et courbe la tête, il ne
souffre pas de raideur de nuque.
Si vous ne constatez pas de tels mouvements ou si vous n’en êtes pas sûr, attirez l’attention
de l’enfant sur son ombilic ou ses orteils. Par exemple, pour l’inciter à baisser la tête, vous
pouvez diriger la lumière d’une lampe de poche sur son ombilic ou ses orteils ou chatouiller
ces derniers. Observez si l’enfant peut plier la nuque quand il regarde son ombilic ou ses orteils.
Si vous n’avez pas vu l’enfant baisser la tête par ses propres moyens, priez la mère de vous
aider à coucher l’enfant sur le dos. Penchez-vous sur l’enfant et soutenez-lui délicatement le
dos et les épaules d’une main. Tenez sa tête de l’autre main, puis courbez-la avec douceur
vers son thorax. Si la nuque se plie sans peine, l’enfant n’a pas de raideur de nuque. Si vous
sentez que la nuque est raide et résiste à votre mouvement, l’enfant a une raideur de nuque.
Souvent, l’enfant qui a une raideur de nuque pleure quand vous essayez de lui courber la tête.

▼ REGARDER SI LE NEZ COULE


Le nez qui coule chez un enfant fébrile peut signifier que l’enfant a un simple rhume. Si
l’enfant a un écoulement nasal, demandez à sa mère si le nez ne coule que depuis qu’il est
malade. Si elle n’en est pas sûre, posez des questions pour savoir si l’enfant a un écoulement
nasal aigu ou chronique. Quand le risque de paludisme est faible ou nul, l’enfant fébrile
dont le nez coule n’a pas besoin de médicament antipaludéen. Sa fièvre est probablement
due à un simple rhume.

▼ RECHERCHER LES SIGNES DE LA ROUGEOLE


Examinez l’enfant fébrile pour découvrir d’éventuels signes qui révèlent qu’il a la rougeole.
Vérifiez s’il a une éruption généralisée et l’un des signes suivants: toux, écoulement nasal ou
rougeur des yeux.
36 ▼ MANUEL SUR LA PCIME

L’éruption généralisée
Lors de la rougeole, de petites taches rouges peu saillantes apparaissent d’abord derrière les
oreilles et sur le cou. Elles se répandent sur le visage. Le jour suivant, l’éruption s’étend au
reste du corps, y compris aux bras et aux jambes. Après 4 ou 5 jours, les taches commencent
à s’effacer et, parfois, la peau pèle. Chez l’enfant où cette maladie est grave l’éruption peut
recouvrir une grande partie du corps. Les taches se décolorent davantage (elles deviennent
brun foncé ou noirâtres) et la peau pèle beaucoup.
L’éruption due à la rougeole ne comporte pas de vésicules cutanées ni de pustules. Elle ne
démange pas. Il ne faut pas confondre la rougeole avec les autres maladies infantiles couran-
tes—comme la varicelle, la gale ou la miliaire cutanée. (La varicelle déclenche une éruption
généralisée sous forme de vésicules. La gale touche les mains, les pieds, les chevilles, les
coudes, les fesses et les aisselles. Elle démange. La miliaire—qui survient à la suite de trans-
pirations abondantes—peut être une éruption généralisée sous forme de petites vésicules
qui démangent. L’enfant qui a une miliaire cutanée n’est pas malade.) Vous reconnaissez la
rougeole plus facilement pendant une période où d’autres cas de cette infection se produi-
sent dans la population locale.

La toux, l’écoulement nasal ou la rougeur des yeux


Pour classer un enfant comme ayant la rougeole, il faut qu’il ait de la fièvre et l’un des signes
suivants: toux, écoulement nasal ou rougeur des yeux. L’enfant a “les yeux rouges” s’il y a du
rouge dans la partie blanche de ses yeux. Quand l’œil est sain, sa partie blanche est claire-
ment blanche, sans décoloration.
Si l’enfant a la rougeole le jour de la consultation ou l’a eue au cours des 3 derniers
mois: Examinez l’enfant pour voir s’il a des complications buccales ou oculaires. Nous
avons déjà décrit dans les chapitres précédents les autres complications de la rougeole, telles
que le stridor chez un enfant calme, la pneumonie et la diarrhée. Nous aborderons plus tard
la malnutrition et l’affection de l’oreille.

▼ REGARDER SI L’ENFANT A DES ULCÈRES BUCCAUX. SONT-ILS PROFONDS ET ÉTENDUS ?


Examinez l’intérieur de la bouche de l’enfant pour découvrir s’il a une ulcération. Les ulcè-
res sont des plaies douloureuses dans la bouche, sur les lèvres ou la langue. Ils peuvent être
rouges ou recouverts d’une substance blanche. Dans les cas graves, ils sont profonds et
étendus. Quand l’enfant qui a la rougeole a des ulcères buccaux, il boit et mange avec peine.
L’ulcération buccale diffère des taches dites “taches de Koplik” qui se forment dans la bou-
che, à l’intérieur des joues pendant les premières phases de la rougeole. Il s’agit de petites
taches irrégulières rouge vif dont le centre est occupé par un point blanc. Elles ne gênent pas
la consommation de boissons ou d’aliments. Elles n’exigent pas de traitement.

▼ REGARDER SI DU PUS COULE DES YEUX


L’écoulement de pus dans les yeux est un signe de conjonctivite. La conjonctivite est une
infection de la conjonctive, muqueuse qui recouvre la face intérieure des paupières et la
partie blanche de l’œil. Si vous ne remarquez pas d’écoulement de pus sortant de l’œil,
vérifiez s’il y a du pus sur la conjonctive ou les paupières.
Souvent le pus forme une croûte pendant que l’enfant dort et maintient l’œil fermé. Vous
pouvez ouvrir délicatement celui-ci avec des mains propres. Lavez-vous les mains après avoir
examiné les yeux d’un enfant qui a un écoulement de pus.

▼ REGARDER S’IL EXISTE UNE OPACITÉ DE LA CORNÉE


La conjonctive tapisse les paupières et couvre la partie blanche de l’œil. L’iris est la partie
colorée de l’œil. La cornée normale (sorte de “fenêtre” de l’œil) est brillante et transparente.
Elle recouvre l’iris et la pupille ronde qui se trouve au centre. La cornée normale est claire et
permet de voir nettement la couleur de l’iris. La pupille est noire.
Quand la cornée devient opaque, elle perd sa transparence. Examinez attentivement l’œil
pour y déceler ce changement. La cornée se trouble et peut apparaître comme un verre
CHAPITRE 9. LA FIÈVRE ▼ 37

d’eau dans lequel on a versé quelques gouttes de lait. L’opacité La conjonctive tapisse les
peut se produire dans un seul œil ou dans les deux yeux. paupières et couvre la partie
iris blanche de l’œil
L’opacité de la cornée est une affection grave. Elle peut est pro-
voquée par une carence en vitamine A que la rougeole a aggra-
vée. Si l’opacité de la cornée n’est pas traitée, la cornée peut
subir une ulcération qui entraîne la cécité. L’enfant dont la cor-
née devient opaque a besoin d’un traitement d’urgence avec de
la vitamine A.
L’enfant qui souffre d’une opacité de la cornée garde peut-être
les yeux fermés et les paupières serrées quand il est exposé à la
lumière, car la lumière peut causer une irritation ou une douleur pupille La cornée est la couche
dans ses yeux. Pour examiner ses yeux, attendez que l’enfant les transparente qui recouvre la
ouvre. Ou abaissez délicatement la paupière inférieure pour pupille et l’iris
vérifier s’il existe une opacité.
Si vous constatez une opacité de la cornée, demandez à la mère depuis combien de temps
cette opacité est présente. Si la mère est certaine que l’opacité existe depuis quelque temps,
demandez-lui si l’opacité a déjà été évaluée et traitée à l’hôpital. Si la réponse est positive, il
n’est pas nécessaire d’hospitaliser de nouveau l’enfant pour l’opacité de sa cornée.

9.2 Comment classer la fièvre


Si l’enfant a de la fièvre, mais aucun signe de rougeole, classez son état dans la catégorie de
la fièvre. Si l’enfant a de la fièvre et des signes de rougeole, classez-le dans la catégorie de la
fièvre et dans celle de la rougeole.
Le tableau d’évaluation et de classification comprend plusieurs parties pour la classification
de la fièvre: quand le risque de paludisme est élevé, quand ce risque est faible ou nul. Pour
classer la fièvre, il faut savoir si le risque de paludisme est élevé, faible ou nul. Il faut aussi
savoir si l’enfant a voyagé dans une autre région durant les 2 dernières semaines, puis choisir
la catégorie de classification appropriée.

9.2.1 Le risque élevé de paludisme


Dans une région à risque élevé de paludisme, il y a deux catégories pour classer la fièvre:
maladie fébrile très grave et paludisme (voir exemple 10). Les Parties IV, V et VI du présent
manuel indiquent comment déterminer le traitement et comment soigner les enfants appar-
tenant à ces catégories.

EXEMPLE 10: TABLEAU DE LA CLASSIFICATION EN CAS DE RISQUE ÉLEVÉ DE PALUDISME


Signes Classer Traitement
(Les traitements urgents pré-transfert sont en caractère gras)

● Tout signe général de danger MALADIE FÉBRILE ➤ Donner de la quinine pour paludisme sévère (première dose).
ou TRÈS GRAVE ➤ Donner la première dose d’antibiotique approprié.
● Raideur de nuque. ➤ Traiter l’enfant pour éviter l’hypoglycémie.
➤ Administrer, au dispensaire, une dose de paracétamol si la
fièvre est élevée (38.5 °C ou plus).
➤ Transférer d’URGENCE à l’hôpital.

● Fièvre (antécédents ou chaud PALUDISME ➤ Si PAS de toux avec respiration rapide, traiter avec un
au toucher ou température antipaludéen oral,
37.5 °C** ou plus). OU
Si toux avec respiration rapide, traiter au cotrimoxazole
pendant 5 jours.
➤ Administrer, au dispensaire, une dose de paracétamol si la
fièvre est élevée (38.5°C ou plus).
➤ Expliquer à la mère quand revenir immédiatement.
➤ Revoir l’enfant dans 2 jours si la fièvre persiste.
➤ Si la fièvre a été présente tous les jours depuis plus de 7 jours,
référer pour bilan.
** Température axillaire
38 ▼ MANUEL SUR LA PCIME

LA MALADIE FÉBRILE TRÈS GRAVE


Si l’enfant qui a de la fièvre présente un signe général de danger ou une raideur de nuque,
classez-le dans la catégorie maladie fébrile très grave.
L’enfant fébrile qui présente un signe général de danger ou une raideur de nuque peut avoir
une méningite, un paludisme grave (y compris le neuropaludisme) ou une septicémie. Il
n’est pas possible de distinguer entre ces maladies graves sans examens de laboratoire. Un
enfant classé comme ayant une maladie fébrile très grave doit être traité d’urgence et hospi-
talisé. Avant le transfert à l’hôpital, donnez-lui plusieurs soins pour combattre les graves
maladies qu’il peut avoir.

LE PALUDISME
Si l’enfant ne présente pas de signe général de danger ou de raideur de nuque, placez-le dans
la catégorie jaune.
Dans une région à risque élevé de paludisme, il faut classer l’enfant qui a de la fièvre
(selon les antécédents, le toucher ou l’indication du thermomètre qui atteint ou dépasse
37,5 °C) comme ayant le paludisme. Quand le risque de paludisme est élevé, il y a une forte
probabilité que la fièvre de l’enfant soit due au paludisme.
La plupart des infections virales durent moins d’une semaine. Une fièvre présente chaque
jour pendant plus de 7 jours peut signifier que l’enfant souffre de la fièvre typhoïde ou d’une
autre maladie grave. Si l’enfant a une fièvre qui persiste depuis plus de 7 jours, il faut le
transférer à l’hôpital pour un examen plus approfondi.
Donnez un antipaludéen par voie orale à l’enfant classé comme ayant le paludisme. Si, en
plus, l’enfant tousse et respire rapidement, il peut avoir le paludisme ou une pneumonie ou
les deux à la fois. Il n’est pas possible de savoir si l’enfant a le paludisme ou une pneumonie
sans examens de laboratoire. Le cotrimoxazole est efficace comme antibiotique et comme
antipaludéen.

9.2.2 Le risque faible de paludisme


Dans une région à risque faible de paludisme, il y a trois catégories possibles pour la
classification de la fièvre: maladie fébrile très grave, paludisme et fièvre—paludisme peu probable
(voir exemple 11). Il se peut que des familles qui vivent dans une région à risque faible de
paludisme aient effectué un séjour dans une région à risque élevé. Si la mère ou la personne
qui s’occupe de l’enfant vous informe que celui-ci a été dans une région dont vous savez
qu’elle comporte un risque élevé de paludisme, classez la maladie de l’enfant selon le ta-
bleau correspondant à un risque élevé de paludisme. Les Parties IV, V et VI du présent
manuel indiquent comment déterminer le traitement et comment soigner les enfants appar-
tenant à ces catégories.

LA MALADIE FÉBRILE TRÈS GRAVE


Si l’enfant qui a de la fièvre présente un signe général de danger ou une raideur de nuque,
classez-le dans la catégorie maladie fébrile très grave (voir le point 9.2.1 ci-dessus).

LE PALUDISME
Quand le risque de paludisme est faible, l’enfant qui a de la fièvre, mais n’a pas d’écoule-
ment nasal, pas la rougeole ni d’autre cause de fièvre, est classé comme ayant le paludisme.
Il est peu probable que la fièvre de l’enfant soit due au paludisme, surtout si l’enfant pré-
sente les signes d’une autre infection susceptible de provoquer de la fièvre. Par exemple, la
fièvre peut être due à un simple rhume (comme le laisse supposer l’écoulement nasal), à la
rougeole ou à une autre cause évidente comme la cellulite, un abcès ou l’infection de l’oreille.
Toutefois, quand les signes d’une autre infection ne sont pas présents, classez et traitez la
maladie en tant que paludisme.
Donnez un antipaludéen par voie orale à l’enfant classé comme ayant le paludisme. Si, en
plus, l’enfant tousse et respire rapidement, il peut avoir le paludisme ou une pneumonie ou
les deux à la fois.
CHAPITRE 9. LA FIÈVRE ▼ 39

EXEMPLE 11: TABLEAU DE LA CLASSIFICATION EN CAS DE RISQUE FAIBLE DE PALUDISME ET SANS VOYAGE DANS
UNE ZONE À RISQUE ÉLEVÉ
Signes Classer Traitement
(Les traitements urgents pré-transfert sont en caractère gras)

● Tout signe général de MALADIE FÉBRILE ➤ Donner de la quinine pour paludisme sévère (première dose).
danger ou TRÈS GRAVE ➤ Donner la première dose d’antibiotique approprié.
● Raideur de nuque. ➤ Traiter l’enfant pour éviter l’hypoglycémie.
➤ Administrer, au dispensaire, une dose de paracétamol si la
fièvre est élevée (38.5 °C ou plus).
➤ Transférer d’URGENCE à l’hôpital.

● PAS d’écoulement nasal et PALUDISME ➤ Si PAS de toux avec respiration rapide, traiter avec un
● PAS de rougeole et antipaludéen oral,
● PAS d’autre cause de fièvre. OU
Si toux avec respiration rapide, traiter au cotrimoxazole
pendant 5 jours.
➤ Administrer, au dispensaire, une dose de paracétamol si la
fièvre est élevée (38.5 °C ou plus).
➤ Expliquer à la mère quand revenir immédiatement.
➤ Revoir l’enfant dans 2 jours si la fièvre persiste.
➤ Si la fièvre a été présente tous les jours depuis plus de 7 jours,
référer pour bilan.

● PRÉSENCE d’écoulement FIÈVRE—PALUDISME ➤ Administrer, au dispensaire, une dose de paracétamol si la


nasal ou PEU PROBABLE fièvre est élevée (38.5 °C ou plus).
● PRÉSENCE de rougeole ou ➤ Expliquer à la mère quand revenir immédiatement.
● PRÉSENCE d’une autre cause ➤ Revoir l’enfant dans 2 jours si la fièvre persiste.
de la fièvre ➤ Si la fièvre a été présente tous les jours depuis plus de 7 jours,
référer pour bilan.

Si l’enfant a de la fièvre chaque jour depuis plus de 7 jours, il faut l’hospitaliser pour un
examen plus approfondi.

LA FIÈVRE—PALUDISME PEU PROBABLE


Si l’enfant ne présente pas les signes d’une maladie fébrile très grave ou du paludisme,
regardez la dernière catégorie de la classification. Quand le risque de paludisme est faible
et l’enfant a les signes d’un rhume, de la rougeole ou d’une autre cause de fièvre, placez-le
dans la catégorie fièvre—paludisme peu probable. La possibilité que la fièvre de l’enfant soit
due au paludisme est très limitée. Vous pouvez sans crainte ne pas traiter l’enfant avec un
antipaludéen pendant cette consultation. Si l’enfant a beaucoup de fièvre, donnez-lui du
paracétamol.
Si l’enfant a de la fièvre chaque jour depuis plus de 7 jours, faites-le hospitaliser pour un
examen approfondi.

9.2.3 Aucun risque de paludisme


Dans une région où il n’y a aucun risque de paludisme, on peut classer la fièvre dans
deux catégories: maladie fébrile très grave et fièvre—paludisme peu probable (voir exemple 12).
Il se peut que des familles aient effectué un déplacement dans une région à risque élevé ou
faible de paludisme. Si la mère ou la personne qui s’occupe de l’enfant vous informe que
l’enfant a été dans une région dont vous savez qu’elle comporte un risque élevé ou faible de
paludisme, classez la maladie de l’enfant selon le tableau correspondant au risque de la
région dans laquelle l’enfant a été. Les Parties IV, V et VI du présent manuel indiquent
comment déterminer le traitement et comment soigner les enfants appartenant à ces catégo-
ries.

LA MALADIE FÉBRILE TRÈS GRAVE


Si l’enfant qui a de la fièvre présente un signe général de danger ou une raideur de nuque,
classez-le dans la catégorie maladie fébrile très grave (voir point 9.2.1 ci-dessus).
40 ▼ MANUEL SUR LA PCIME

EXEMPLE 12: TABLEAU DE LA CLASSIFICATION EN CAS DE RISQUE NUL DE PALUDISME ET SANS VOYAGE DANS UNE ZONE À
RISQUE DE PALUDISME
Signes Classer Traitement
(Les traitements urgents pré-transfert sont en caractère gras)

● Tout signe général de MALADIE FÉBRILE


danger ou TRÈS GRAVE
● Raideur de nuque.

● Pas de signe général de


danger
● Pas de raideur de nuque FIÈVRE—PALUDISME PEU
PROBABLE

LA FIÈVRE—PALUDISME PEU PROBABLE


Dans une région sans risque de paludisme, si l’enfant n’a pas séjourné dans une région à
risque élevé ou faible de paludisme durant les deux semaines précédentes et s’il ne présente
pas les signes d’une maladie fébrile très grave, classez l’enfant qui n’a ni signe général de
danger, ni raideur de nuque comme ayant la fièvre—paludisme peu probable. Recherchez d’autres
causes possibles de fièvre. Si la température de l’enfant est élevée, donnez-lui du paracéta-
mol. Si l’enfant a de la fièvre chaque jour depuis plus de 7 jours, faites-le hospitaliser pour
un examen approfondi.

9.3 Comment classer la rougeole


Il faut classer l’enfant dont le principal symptôme est la fièvre et qui a la rougeole (ou qui l’a
eue au cours des trois mois précédents) tant pour la fièvre que pour la rougeole. Classez
d’abord la fièvre de l’enfant. Ensuite classez la rougeole. Si l’enfant ne présente pas de signe
de rougeole ou n’a pas eu cette maladie au cours des trois mois précédents, ne le classez pas
dans les catégories de la rougeole.
Chez l’enfant, la rougeole peut comporter de graves complications, notamment le stridor
chez un enfant calme, la pneumonie grave, la déshydratation sévère ou la malnutrition grave.
Ces maladies sont classées dans d’autres tableaux. Il convient de les traiter chez l’enfant
rougeoleux.
Certaines complications sont dues à des infections bactériennes. D’autres sont dues au virus
de la rougeole qui s’attaque aux voies respiratoires et à l’intestin. L’avitaminose A provoque
certaines complications, comme l’ulcération de la cornée. Toute avitaminose A est aggravée
par la rougeole. Les complications déclenchées par la rougeole peuvent provoquer de graves
maladies et causer la mort.
Il y a trois catégories dans la classification de la rougeole: rougeole grave et compliquée, rougeole
avec complications oculaires ou buccales et rougeole (voir exemple 13). Les Parties IV, V et VI
du présent manuel indiquent comment déterminer le traitement et comment soigner les
enfants appartenant à ces catégories.
CHAPITRE 9. LA FIÈVRE ▼ 41

EXEMPLE 13: TABLEAU DE LA CLASSIFICATION DE LA ROUGEOLE (SI L’ENFANT A LA ROUGEOLE OU L’A EUE AU COURS
DES 3 MOIS PRÉCÉDENTS)
Signes Classer Traitement
(Les traitements urgents pré-transfert sont en caractère gras)

● Tout signe général de danger ROUGEOLE GRAVE ET ➤ Donner de la Vitamine A.


ou COMPLIQUÉE*** ➤ Donner la première dose d’un antibiotique approprié.
● Opacité de la cornée ou ➤ Si opacité de la cornée ou écoulement de pus au niveau des
● Ulcérations profondes ou yeux, appliquer pommade ophtalmique à la tétracycline.
étendues dans la bouches ➤ Transférer d’URGENCE à l’hôpital.

● Ecoulement oculaire de pus ROUGEOLE AVEC ➤ Donner de la Vitamine A.


ou COMPLICATIONS*** ➤ Si écoulement oculaire de pus, appliquer pommade
● Ulcérations dans la bouche. AUX YEUX OU À LA BOUCHE ophtalmique à la tétracycline.
➤ En cas d’ulcération à la bouche, traiter au violet de gentiane.
➤ Revoir l’enfant dans 2 jours.

● Rougeole actuelle ou au ROUGEOLE ➤ Donner de la Vitamine A.


cours des 3 derniers mois.

*** D’autres complications graves de la rougeole (pneumonie, stridor, diarrhée, infection de l’oreille, malnutrition) sont classées dans d’autres
tableaux.

LA ROUGEOLE GRAVE ET COMPLIQUÉE


L’enfant qui présente un signe général de danger, une opacité de la cornée ou des ulcéra-
tions profondes ou étendues dans la bouche, doit être classé comme ayant une rougeole grave
et compliquée. Il faut le traiter d’urgence et le transférer à l’hôpital.
Si vous observez une opacité de la cornée ou un écoulement oculaire de pus, appliquez de la
pommade contenant de la tétracycline. Si elle n’est pas traitée, l’opacité de la cornée peut
provoquer la cécité. Demandez à la mère si cette opacité est présente depuis quelque temps.
Renseignez-vous pour savoir si l’opacité a déjà été évaluée et traitée à l’hôpital. Si la réponse
est positive, il n’est pas nécessaire d’hospitaliser de nouveau l’enfant pour ce symptôme.

LA ROUGEOLE AVEC DES COMPLICATIONS OCULAIRES OU BUCCALES


Si l’enfant a un écoulement oculaire de pus ou des ulcères buccaux qui ne sont ni profonds,
ni étendus, classez son état dans la catégorie rougeole avec complications oculaires ou buccales
(ou “complications aux yeux ou à la bouche”). Il n’est pas nécessaire d’hospitaliser cet
enfant.
Reconnaître et soigner les complications de la rougeole au début de l’infection permet de
sauver beaucoup de vies. Traitez l’enfant avec la vitamine A pour combattre l’avitaminose A
et amoindrir la gravité des complications. Enseignez à la mère à soigner l’infection oculaire
ou les ulcérations buccales de son enfant à domicile. Le traitement des ulcères buccaux aide
l’enfant à reprendre son alimentation normale.

LA ROUGEOLE
Si l’enfant a la rougeole ou l’a eue au cours des 3 derniers mois et ne présente aucune des
complications énumérées dans les rangs rose (supérieur) ou jaune (moyen), classez sa mala-
die comme étant la rougeole. Donnez-lui de la vitamine A pour éviter des complications. Tous
les enfants qui ont la rougeole devraient recevoir de la vitamine A.
Sur la fiche de prise en charge, entourez les signes constatés et inscrivez la catégorie à la-
quelle ils correspondent dans la colonne intitulée “Classer” (voir exemple 14)
42 ▼ MANUEL SUR LA PCIME

EXEMPLE 14: PARTIE DE LA FICHE DE PRISE EN CHARGE CONCERNANT LA FIÈVRE EN TANT QUE SYMPTÔME PRINCIPAL
PRISE EN CHARGE INTÉGRÉE DES MALADIES DE L’ENFANT ÂGÉ DE 2 MOIS À 5 ANS

Nom: Fatima Age: 18 mois Poids: 11.5 kg Température: 37.5 °C


DEMANDER: Quels sont les problèmes du nourrisson? toux, difficultés respiratoires Première visite? ✔ Visite de suivi?
EVALUER (entourer tous les signes présents) CLASSER

CHECK FOR GENERAL DANGER SIGNS Signe général de danger présent?


INCAPABLE DE BOIRE OU DE TÉTER LÉTHARGIIQUE OU INCONSCIENT
✔Non ___
Oui ___
Ne pas oublier d'utiliser le signe de
VOMIT TOUT CE QU’IL AVALE
danger lors de la classification
CONVULSIONS

L'ENFANT TOUSSE-T-IL OU A-T-IL DES DIFFICULTÉS RESPIRATOIRES ? ✔ Non ___


Oui ___
● 6 jours
Depuis combien de temps? _____ ● Compter les respirations par minute Pneumonie grave ou
41 respirations par minute. Respiration rapide ?
_____
● Observer si l'enfant a un tirage sous-costal Maladie très grave
● Écouter si l'enfant a un stridor

L'ENFANT A-T-IL LA DIARRHÉE ? ✔ Non ___


Oui ___
● Depuis combien de temps ? _____3 jours ● Évaluer l'état général de l'enfant. L'enfant est-il
● Ses selles contiennent-elles du sang ? léthargique ou inconscient ?
agité ou irritable ?
● Regarder si les yeux sont enfoncés Désydratation sévère
● Offrir à boire à l'enfant. L'enfant
est-il incapable de boire ou boit-il difficilement ?
est-il assoiffé, boit-il avidement ?
● Pincer la peau de l'abdomen de l'enfant. Le pli s'efface-t-il
très lentement (plus de 2 secondes) ?
lentement ?

✔ Non ___
L'ENFANT A-T-IL DE LA FIÈVRE ? (antécédents/chaud au toucher/température de 37,5 °C ou plus) Oui ___
Evaluer le risque de paludisme: élevé faible Maladie fébrile
● Depuis combien de temps ? _____ 2 jours ● Observer et rechercher une raideur de nuque
● Si depuis plus de 7 jours, la fièvre ● Regarder si le nez coule très grave
a-t-elle été présente tous les jours ? Rechercher les signes de ROUGEOLE :
● L'enfant a-t-il eu la rougeole au ● éruption généralisée et
cours des 3 derniers mois ? ● l'un de ces signes: toux, écoulement nasal ou yeux rouges

Si l'enfant a actuellement la rougeole ● Regarder dans la bouche pour détecter les ulcérations
ou l'a eue au cours des 3 derniers mois: si elle sont présentes, sont-elles profondes et étendues?
● Regarder si du pus coule des yeux
● Regarder s'il existe une opacité de la cornée

1er CAS: Fatima a 18 mois. Elle pèse 11,5 kg. Sa température est de 37,5 °C. À la question de l’agent de santé: “Quels sont
les problèmes de l’enfant ?”, la mère répond:“Fatima tousse depuis 6 jours et elle a de la peine à respirer”. C’est la
première consultation pour cette maladie.
L’agent de santé recherche les signes généraux de danger chez Fatima. La mère dit que Fatima peut boire et
qu’elle n’a pas vomi. Elle n’a pas eu de convulsions pendant cette maladie. L’agent de santé demande : “Fatima
semble-t-elle avoir anormalement sommeil ?” La mère répond: “Oui”. L’agent de santé bat des mains. Il prie la
mère de secouer l’enfant. Fatima ouvre les yeux, mais ne regarde pas autour d’elle. L’agent de santé parle à
Fatima, mais celle-ci ne regarde pas son visage. Elle a un regard fixe et vide et ne paraît pas remarquer ce qui se
passe autour d’elle.
L’agent de santé prie la mère de lever la chemise de l’enfant. Puis il compte le nombre de respirations de Fatima
par minute. Il en compte 41. Il n’observe pas de tirage sous-costal et n’entend pas de stridor.
L’agent de santé demande: “Fatima a-t-elle la diarrhée ?” La mère répond: “Oui, depuis 3 jours.” Il n’y a pas de
sang dans ses selles. Les yeux de Fatima paraissent enfoncés. L’agent de santé demande : “Pensez-vous qu’il y a
quelque chose de changé dans les yeux de votre enfant?” La mère répond:“Oui”. Il donne à la mère un peu d’eau
potable dans une tasse et la prie de l’offrir à Fatima. L’enfant ne boit pas. Lorsqu’il pince la peau de l’abdomen de
Fatima, le pli s’efface lentement.
Comme le corps de Fatima est chaud et que sa température atteint 37,5 °C, l’agent de santé examine l’enfant
pour déceler d’autres signes liés à la fièvre. La mère indique que la fièvre a commencé deux jours plus tôt. C’est
la saison sèche et le risque de paludisme est faible. La mère dit que Fatima est restée dans sa région pendant les
deux dernières semaines. Fatima n’a pas eu la rougeole au cours des trois mois précédents et ne présente pas de
signe de rougeole. Sa nuque n’est pas raide. L’agent de santé remarque que l’enfant a un écoulement nasal.
▼ 43

CHAPITRE 10
L’affection de l’oreille

Pour CHAQUE enfant malade, demander à la mère quels sont les problèmes de l’enfant, rechercher les signes généraux de danger,
demander si l’enfant tousse ou a des difficultés respiratoires, s’il a la diarrhée, de la fièvre, puis
DEMANDER: L’ENFANT A-T-IL UN PROBLÈME D’OREILLE ?

NON OUI

L’enfant a-t-il un problème d’oreille ?

DEMANDER : OBSERVER ET PALPER :


● A-t-il mal aux oreilles ? ● Regarder si du pus coule d’une oreille.

● Y a-t-il un écoulement ? ● Rechercher un gonflement douloureux


Si oui, depuis combien de temps ? derrière l’oreille.

CLASSER la maladie de l’enfant selon le code de couleurs.

VÉRIFIER alors si l’enfant souffre de malnutrition ou d’anémie, CONTRÔLER son état vaccinal et vérifier s’il y a d’autres problèmes.

L’enfant qui a un problème d’oreille peut souffrir d’une infection de l’oreille.


Quand l’enfant a une infection de l’oreille, le pus s’accumule derrière le tympan et provoque
des douleurs et, souvent, de la fièvre. Si l’infection n’est pas traitée, le tympan peut éclater.
Le pus s’écoule et la douleur que ressent l’enfant s’atténue. La fièvre et les autres symptô-
mes disparaissent peut-être, mais l’enfant entend mal parce qu’il a un trou dans le tympan.
En général, le tympan guérit tout seul. Parfois, l’écoulement continue, le tympan ne se cica-
trise pas et l’enfant devient sourd de cette oreille.
Il arrive que l’infection s’étende de l’oreille à une partie de l’os situé derrière l’oreille (l’apo-
physe mastoïde), ce qui déclenche une mastoïdite. L’infection peut aussi se transmettre de
l’oreille au cerveau, causant une méningite. Ce sont des maladies graves. Il faut les traiter
d’urgence et hospitaliser l’enfant.
L’infection de l’oreille entraîne rarement la mort. Toutefois, elle peut rendre l’enfant malade
pendant de nombreux jours. Elle est l’une des principales causes de surdité dans les pays en
développement. La surdité gêne l’enfant dans sa scolarité. Le tableau d’évaluation et de
classification vous aide à reconnaître le problème d’oreille dû à une infection auriculaire.

10.1 Comment évaluer l’enfant qui a une affection de l’oreille


Recherchez une affection de l’oreille chez chaque enfant malade.
44 ▼ MANUEL SUR LA PCIME

▼ DEMANDER : L’ENFANT A-T-IL UN PROBLÈME D’OREILLE ?


Si la mère répond “non”, notez sa réponse. Ne recherchez pas d’affection de l’oreille. Passez
à la case suivante et vérifiez si l’enfant souffre de malnutrition et d’anémie.
Si la mère répond “oui”, posez les questions suivantes.

▼ DEMANDER : L’ENFANT A-T-IL MAL AUX OREILLES ?


Si l’enfant a mal aux oreilles, cela peut signifier qu’il a une infection de l’oreille. Si la mère
n’est pas sûre que l’enfant a mal, demandez-lui si l’enfant est irritable et se frotte l’oreille.

▼ DEMANDER : Y A-T-IL UN ÉCOULEMENT ? SI OUI, DEPUIS COMBIEN DE TEMPS ?


L’écoulement est également un signe d’infection. Quand vous posez des questions à ce sujet,
utilisez des mots que la mère comprend. Si l’enfant a un écoulement, demandez depuis
combien de temps. Laissez à la mère le temps de répondre, car elle doit peut-être réfléchir
pour se rappeler quand l’écoulement a commencé.
Il faut classer et traiter l’affection de l’oreille selon la durée de l’écoulement.
— Si l’écoulement dure depuis 2 semaines ou plus (quand on voit le pus sortir de l’oreille),
il s’agit d’une infection chronique de l’oreille.
— Si l’écoulement dure depuis moins de 2 semaines (quand on voit le pus sortir de l’oreille),
il s’agit d’une infection aiguë de l’oreille.
Il n’est pas nécessaire d’obtenir des informations plus précises sur la durée de l’écoulement.

▼ REGARDER SI DU PUS S’ÉCOULE D’UNE OREILLE


L’écoulement de pus est un signe d’infection, même si l’enfant n’éprouve plus de douleur.
Examinez l’intérieur de l’oreille de l’enfant pour voir si du pus s’y trouve.

▼ RECHERCHER UN GONFLEMENT DOULOUREUX DERRIÈRE L’OREILLE


Palpez le crâne derrière chacune des oreilles. Comparez les deux parties pour déterminer s’il
y a un gonflement douloureux de l’apophyse mastoïde. Chez les nourrissons, ce gonflement
peut également se produire au-dessus de l’oreille. Il faut qu’il y ait un gonflement et que
celui-ci soit douloureux pour classer la maladie comme étant la mastoïdite, une infection
profonde de l’os qu’il ne faut pas confondre avec une inflammation des ganglions lymphati-
ques.

10.2 Comment classer l’affection de l’oreille


Il existe quatre catégories de problèmes d’oreille: la mastoïdite, l’infection aiguë de l’oreille,
l’infection chronique de l’oreille et pas d’infection de l’oreille (voir exemple 15). Les Parties IV, V
et VI du présent manuel indiquent comment déterminer le traitement et comment soigner
les enfants appartenant à ces catégories.

LA MASTOÏDITE
Si l’enfant a un gonflement douloureux derrière l’oreille, classez-le comme ayant une mas-
toïdite. Hospitalisez-le d’urgence. L’enfant a besoin d’un traitement aux antibiotiques injec-
tables. Il faudra peut-être aussi l’opérer. Avant le transfert de l’enfant, donnez-lui la première
dose d’un antibiotique approprié.

L’INFECTION AIGUË DE L’OREILLE


Si vous voyez un écoulement de pus de l’oreille et apprenez que cet écoulement a commencé
il y a moins de deux semaines, ou si l’enfant a mal à l’oreille, classez son état dans la catégo-
CHAPITRE 10. L’AFFECTION DE L’OREILLE ▼ 45

EXEMPLE 15: TABLEAU DE LA CLASSIFICATION DE L’AFFECTION DE L’OREILLE


Signes Classer Traitement
(Les traitements urgents pré-transfert sont en caractère gras)

● Gonflement douloureux MASTOÏDITE ➤ Donner la première dose d’antibiotique approprié.


derrière l’oreille. ➤ Donner la première dose de paracétamol pour calmer la
douleur.
➤ Transférer d’URGENCE à l’hôpital.

● Ecoulement de pus visible INFECTION AIGUË ➤ Donner un antibiotique pendant 5 jours.


depuis moins de 14 jours ou DE l’OREILLE ➤ Donner du paracétamol pour calmer la douleur.
● Douleur à l’oreille. ➤ Assécher l’oreille à l’aide d’une mèche.
➤ Revoir l’enfant dans 5 jours.

● Ecoulement de pus visible INFECTION CHRONIQUE ➤ Assécher l’oreille à l’aide d’une mèche.
depuis 14 jours ou plus. DE L’OREILLE ➤ Revoir l’enfant dans 5 jours.

● Pas de douleur à l’oreille et PAS D’INFECTION Pas de traitement supplémentaire.


Pas d’écoulement de pus D’OREILLE
visible.

rie infection aiguë de l’oreille. Donnez à l’enfant un antibiotique approprié. Les antibiotiques
employés pour traiter la pneumonie sont efficaces contre les bactéries qui causent la plupart
des infections de l’oreille. Donnez du paracétamol pour calmer la douleur (ou faire baisser la
fièvre). Si du pus coule de l’oreille, asséchez celle-ci à l’aide d’une mèche.

L’INFECTION CHRONIQUE DE L’OREILLE


Si vous constatez un écoulement de pus de l’oreille et si cet écoulement se produit depuis
deux semaines ou plus, classez la maladie de l’enfant dans la catégorie infection chronique de
l’oreille. La plupart des bactéries qui causent une telle infection sont différentes de celles qui
provoquent une infection aiguë de l’oreille. Par conséquent, les antibiotiques par voie orale
ne sont, en général, pas efficaces contre les infections chroniques. Ne prévoyez donc pas une
série de traitements aux antibiotiques pour guérir l’écoulement de pus de l’oreille.

PAS D’INFECTION DE L’OREILLE


Si l’enfant ne ressent pas de douleur dans l’oreille et s’il n’y a pas d’écoulement de pus de
l’oreille, classez l’état de l’enfant dans la catégorie pas d’infection de l’oreille. L’enfant n’a pas
besoin de traitement pour l’oreille.
Sur la fiche de prise en charge, entourez les signes constatés et inscrivez la catégorie à la-
quelle ils correspondent dans la colonne intitulée “classer” (voir exemple 16).

EXEMPLE 16: PARTIE DE LA FICHE DE PRISE EN CHARGE CONCERNANT L’AFFECTION DE L’OREILLE


PRISE EN CHARGE INTÉGRÉE DES MALADIES DE L’ENFANT ÂGÉ DE 2 MOIS À 5 ANS

Nom: Mbira Age: 3 ans Poids: 13 kg Température: 37.5 °C


DEMANDER: Quels sont les problèmes du nourrisson? fièvre et douleurs d’oreille Première visite? ✔ Visite de suivi?
EVALUER (entourer tous les signes présents) CLASSER

L’ENFANT A-T-IL UN PROBLÈME D'OREILLE ? ✔ Non ___


Oui ___
● A-t-il des douleurs d'oreille ? ● Regarder si du pus coule d'une oreille Infection aiguë
● Y a-t-il un écoulement de l'oreille ? ● Palper le crâne derrière l'oreille pour détecter un de l’oreille
Si oui, depuis combien de temps ? _____ jours gonflement douloureux
46 ▼ MANUEL SUR LA PCIME

2e CAS: FMbira a 3 ans. Elle pèse 13 kg. Sa température est de 37,5 °C. Sa mère l’a amenée au dispensaire parce que
depuis deux jours le corps de l’enfant est plus chaud que d’habitude. La nuit précédente, elle a pleuré et s’est
plainte qu’elle avait mal à l’oreille. L’agent de santé examine Mbira et ne trouve pas de signe général de danger.
Mbira ne tousse pas et n’a pas de difficultés respiratoires. Elle n’a pas la diarrhée. Le risque de paludisme est
élevé. La fièvre est classée comme paludisme.
Ensuite l’agent de santé demande si Mbira a un problème d’oreille. La mère répond qu’elle est sûre que sa fille a
mal à l’oreille. L’enfant a pleuré une grande partie de la nuit à cause de cette douleur. Il n’y a pas eu d’écoulement
de l’oreille. L’agent de santé ne constate pas d’écoulement de pus de l’oreille. Il palpe le crâne de l’enfant, der-
rière les oreilles, et ne sent pas de gonflement.
▼ 47

CHAPITRE 11
La malnutrition et l’anémie

Pour CHAQUE enfant malade, demander à la mère quels sont les problèmes de l’enfant, rechercher les signes généraux de danger,
demander si l’enfant tousse ou a des difficultés respiratoires, s’il a la diarrhée, de la fièvre, un problème d’oreille, puis
VÉRIFIER SI L’ENFANT SOUFFRE DE MALNUTRITION OU D’ANÉMIE

ENSUITE, VÉRIFIER L’ÉTAT NUTRITIONNEL ET


RECHERCHER L’ANÉMIE
OBSERVER ET PALPER:
Classer
● Rechercher un amaigrissement visible et sévère.
l’ÉTAT
● Rechercher la pâleur palmaire. Est-elle: NUTRITIONNEL
Sévère?
Légère?
● Rechercher des oedèmes au niveau des deux pieds.
● Déterminer le poids pour l’âge.

CLASSER l’état de l’enfant selon le code de couleurs

CONTRÔLER l’état vaccinal et VÉRIFIER s’il y a d’autres problèmes.

Une mère peut amener son enfant au dispensaire parce que l’enfant souffre d’une maladie
aiguë. L’enfant ne présente peut-être pas les signes qui révèlent la malnutrition ou l’anémie.
L’enfant malade peut être victime de malnutrition, mais ni l’agent de santé, ni la famille ne
le remarquent. L’enfant malnutri est particulièrement vulnérable à plusieurs types de mala-
dies qui peuvent provoquer sa mort. Même l’enfant atteint d’une malnutrition moyenne ou
modérée court un risque accru de mourir.
Déceler et traiter la malnutrition chez les enfants contribue à prévenir de nombreuses mala-
dies graves et à réduire le taux de mortalité infantile. Certains cas de malnutrition peuvent
être traités à domicile. Les enfants gravement touchés doivent être hospitalisés pour recevoir
les soins nécessaires, tels qu’une alimentation spéciale, une transfusion sanguine ou le traite-
ment spécifique de la maladie qui aggrave la malnutrition (comme la tuberculose).

Les causes de la malnutrition


La malnutrition est due à plusieurs causes, qui varient d’un pays à l’autre. Il y a la malnutri-
tion résultant d’un manque de protéines et de calories, qui apparaît quand la nourriture que
consomme l’enfant ne contient pas suffisamment de protéines ou d’aliments énergétiques
pour satisfaire ses besoins nutritionnels. La malnutrition protéino-calorique peut aussi se
développer chez l’enfant qui est souvent malade. L’enfant perd l’appétit et son corps
n’utilise pas efficacement la nourriture qu’il mange. Quand l’enfant a une carence protéino-
calorique:
48 ▼ MANUEL SUR LA PCIME

■ Il peut devenir très émacié, signe de marasme


■ Il peut souffrir d’œdèmes, signe de kwashiorkor
■ Il peut ne pas grandir normalement et devenir chétif.
L’enfant dont le régime alimentaire ne comprend pas les quantités recommandées
de vitamines et de minéraux indispensables peut souffrir de malnutrition. Il n’a pas un
apport suffisant de certaines vitamines (telles que la vitamine A) ou de minéraux (comme le
fer).
— Si l’enfant ne mange pas d’aliments contenant de la vitamine A, il peut subir une
avitaminose A. Cet enfant peut mourir de la rougeole ou de la diarrhée. Il risque aussi
de devenir aveugle.
— Si l’enfant ne mange pas d’aliments contenant du fer, il peut souffrir d’une carence de
fer et d’anémie. L’anémie se caractérise par la diminution du nombre des globules
rouges ou, plus exactement, la diminution de la quantité d’hémoglobine contenue
dans chaque globule rouge. Un enfant peut devenir anémique à cause:
✔ d’infections
✔ de la présence de parasites—comme l’ankylostome ou le trichocéphale—qui peu-
vent entraîner des saignements des intestins
✔ du paludisme capable de détruire rapidement les globules rouges; un enfant peut
devenir anémique s’il a des épisodes répétés de paludisme ou si le paludisme n’a
pas été bien traité. L’anémie peut s’installer lentement. Souvent, l’anémie est due,
chez cet enfant, à la fois à la malnutrition et au paludisme.

11.1 Comment vérifier si un enfant souffre de malnutrition et d’anémie


Il faut rechercher les signes de malnutrition et d’anémie chez chaque enfant malade.

▼ RECHERCHER UN AMAIGRISSEMENT VISIBLE ET SÉVÈRE


L’enfant qui est extrêmement maigre souffre de
marasme, une forme de malnutrition sévère. Cet
enfant semble n’avoir que la peau et les os. Certains
enfants sont maigres, mais ne présentent pas de signes
visibles d’émaciation. La présente phase de l’évaluation
vous aide à reconnaître les enfants visiblement et
sévèrement amaigris qui ont besoin d’un traitement
urgent et qu’il faut hospitaliser.
Il convient de déshabiller l’enfant et d’examiner les
muscles de ses épaules, bras, fesses et jambes. Regardez
si les côtes de l’enfant se dessinent nettement sous la
peau. Regardez les hanches de l’enfant qui peuvent pa-
raître plus étroites que le thorax ou l’abdomen. Obser-
vez l’enfant latéralement pour voir si ses cuisses sont
maigres. En cas d’émaciation extrême, la peau des
fesses et des cuisses est très ridée et forme une sorte de
“culotte de cheval”.
Le visage de l’enfant gravement amaigri peut sembler
encore normal. L’abdomen de l’enfant est souvent gonflé
ou distendu.

▼ RECHERCHER LA PÂLEUR PALMAIRE


La pâleur est un signe d’anémie qui se manifeste par la couleur exceptionnellement claire de
la peau. Pour la déceler, il faut regarder la paume de l’enfant. Ouvrez délicatement la main
de l’enfant. Ne tirez pas les doigts vers l’arrière, car ce geste peut empêcher l’apport de
sang, ce qui cause une pâleur.
CHAPITRE 11. LA MALNUTRITION ET L’ANÉMIE ▼ 49

Comparez la couleur de la palme de l’enfant avec celle de votre propre paume et celle des
palmes d’autres enfants. Si la peau de l’enfant est particulièrement claire, l’enfant a une
pâleur palmaire. Si la peau est blême ou si pâle qu’elle semble blanche, l’enfant a une pâleur
palmaire sévère.

▼ RECHERCHER DES ŒDÈMES SUR LES DEUX PIEDS


L’enfant qui a des œdèmes aux deux pieds peut souffrir de kwashiorkor, autre forme de
malnutrition sévère. Les autres signes usuels de cette maladie sont: des cheveux fins, clairse-
més et clairs qui tombent facilement, la peau sèche et squameuse surtout sur les bras et les
jambes, et le visage bouffi ou “rond comme la lune”. L’œdème se produit quand une quan-
tité exceptionnellement grande de liquide se rassemble dans les tissus qui gonflent. Palpez
les deux pieds de l’enfant pour y détecter des œdèmes. Appuyez délicatement avec le pouce
pendant quelques secondes sur la partie supérieure de chaque pied. L’enfant a un œdème si
un creux reste marqué sur son pied après que vous avez enlevé votre pouce.

▼ DÉTERMINER LE POIDS PAR RAPPORT À L’ÂGE


Il s’agit de comparer le poids de l’enfant avec le poids d’autres enfants qui ont le même âge
que lui. Il faut découvrir si le poids de l’enfant se situe au-dessous de la courbe inférieure du
diagramme poids/âge. Dans ce cas, l’enfant a un poids très faible pour son âge. L’enfant
dont le poids se trouve sur cette ligne inférieure ou au-dessus peut, lui aussi, souffrir de
malnutrition. Mais l’enfant dont le poids se situe au-dessous de la courbe inférieure a un
poids très faible et a besoin d’une alimentation spéciale.
Prenez le diagramme poids/âge que contient le fascicule de tableaux de la PCIME. Pour
déterminer le poids selon l’âge:
1. Calculez l’âge de l’enfant en mois.
2. Pesez l’enfant s’il n’a pas été pesé en arrivant au dispensaire.
Utilisez une balance dont vous savez qu’elle est précise et exacte.
Il faut que l’enfant soit habillé légèrement quand on le pèse.
Priez la mère d’enlever le manteau, le chandail ou les chaussu-
res, si l’enfant en porte.

▲ ▲

3
Point d’intersection entre
1 2 les lignes de l’âge et du poids.
Cette ligne indique Cette ligne indique Ce point se situant au-dessous de la
le poids de l’enfant: l’âge de l’enfant: courbe inférieure, l’enfant a un
8,0 kg. 27 mois poids très faible pour son âge.
50 ▼ MANUEL SUR LA PCIME

3. Utilisez le diagramme poids/âge pour déterminer le poids selon l’âge:


— Cherchez, sur l’axe vertical, la ligne correspondant au poids de l’enfant.
— Cherchez sur l’axe horizontal la ligne correspondant à l’âge de l’enfant calculé en
mois.
— Cherchez, sur le diagramme, le point d’intersection entre la ligne du poids et la ligne
de l’âge de l’enfant.
4. Examinez si ce point se situe sur la courbe inférieure, au-dessus ou au-dessous de celle-ci:
— Si le point se situe au-dessous de la ligne inférieure, l’enfant a un poids très faible pour
son âge.
— Si le point se situe au-dessus de la ligne inférieure ou sur cette ligne, l’enfant n’a pas un
poids très faible pour son âge.

11.2 Comment classer l’état nutritionnel


Il existe trois catégories dans la classification de l’état nutritionnel d’un enfant: malnutrition
sévère ou anémie grave, anémie ou poids très faible et pas d’anémie et pas de poids très faible (voir
exemple 17). Les Parties IV, V et VI du présent manuel indiquent comment déterminer le
traitement et comment soigner les enfants appartenant à ces catégories.

EXEMPLE 17 : TABLEAU DE CLASSIFICATION DE LA MALNUTRITION ET DE L’ANÉMIE


Signes Classer Traitement
(Les traitements urgents pré-transfert sont en caractère gras)

● Amaigrissement visible et MALNUTRITION SÉVÈRE ➤ Donner de la vitamine A.


sévère ou OU ANÉMIE GRAVE ➤ Transférer d’URGENCE à l’hôpital.
● Pâleur palmaire sévère ou
● Oedèmes des deux pieds.

● Pâleur palmaire légère ou ANÉMIE OU POIDS ➤ Evaluer l’alimentation de l’enfant et conseiller à la mère de
● Poids très faible pour l’âge. TRÈS FAIBLE nourrir l’enfant comme décrit dans le cadre ALIMENTS du
tableau CONSEILLER LA MÈRE.
— Si problème d’alimentation, revoir l’enfant dans 5 jours.
➤ En cas de pâleur:
— Donner du fer.
— Donner un antipaludéen oral si risque élevé de paludisme.
— Donner du mébendazole si l’enfant a 2 ans ou plus et s’il n’en
a pas reçu pendant les 6 mois précédents..
➤ Expliquer à la mère quand revenir immédiatement.
➤ En cas de pâleur, revoir l’enfant dans 5 jours.
Si le poids est très faible pour l’âge, revoir l’enfant dans 30 jours.

● Pas de poids très faible pour PAS D’ANÉMIE ET PAS DE ➤ Si l’enfant a moins de 2 ans, évaluer l’alimentation de l’enfant et
l’âge et pas d’autre signe de POIDS TRÈS FAIBLE conseiller à la mère de nourrir l’enfant comme décrit dans le
malnutrition. cadre ALIMENTS du tableau CONSEILLER LA MÈRE.
— Si problème d’alimentation, revoir l’enfant dans 5 jours.
➤ Expliquer à la mère quand revenir immédiatement.

Renseignez-vous sur l’alimentation de l’enfant


■ qui est classé dans la catégorie anémie ou poids très faible, ou
■ qui a moins de deux ans.
Le chapitre 29 intitulé “Conseiller la mère au sujet de l’alimentation de son enfant”
indique comment évaluer l’alimentation de l’enfant et donner à sa mère des conseils sur son
alimentation.
CHAPITRE 11. LA MALNUTRITION ET L’ANÉMIE ▼ 51

LA MALNUTRITION SÉVÈRE OU L’ANÉMIE GRAVE


Si l’enfant est visiblement émacié, a une pâleur palmaire sévère ou un œdème à chaque pied,
classez-le dans la catégorie malnutrition sévère ou anémie grave. L’enfant qui a des œdèmes
aux deux pieds peut souffrir d’autres maladies, telles que le syndrome néphrotique. Il n’est
pas nécessaire que vous distinguiez entre ces affections et le kwashiorkor, car chacun de ces
cas exige l’hospitalisation de l’enfant.
L’enfant classé dans cette catégorie risque de mourir d’une pneumonie, de la diarrhée, de la
rougeole ou d’une autre maladie grave. Il faut le transférer d’urgence à l’hôpital, où il faut
surveiller attentivement l’évolution de son état. Il peut avoir besoin d’une alimentation spé-
ciale, d’antibiotiques ou de transfusions sanguines. Donnez-lui une dose de vitamine A avant
son transfert à l’hôpital.

L’ANÉMIE OU LE POIDS TRÈS FAIBLE


Si l’enfant a un poids très bas pour son âge ou s’il a une légère pâleur palmaire, classez-le
dans la catégorie anémie ou poids très faible. Cet enfant risque de contracter une maladie
grave. Quand vous notez son état dans la colonne de la classification, vous pouvez écrire
simplement “anémie” si l’enfant ne présente qu’une pâleur palmaire ou “poids très faible”,
si l’enfant a uniquement un poids très bas pour son âge.
Evaluez l’alimentation de l’enfant et donnez à sa mère des conseils sur son alimentation
selon les instructions et recommandations figurant dans la case du fascicule de la PCIME
qui porte le titre “Conseiller la mère” et dans le chapitre 29 du présent manuel.
L’enfant qui a une légère pâleur palmaire peut être anémique. Traitez-le avec du fer. L’ané-
mie peut être due au paludisme, à l’ankylostome ou au trichocéphale. Quand le risque de
paludisme est élevé, administrez un antipaludéen à l’enfant anémique. Les infections cau-
sées par l’ankylostome ou le trichocéphale contribuent à l’anémie, parce que le saignement
intestinal provoque une carence en fer. Ne donnez à l’enfant du mébendazole que si ces
deux parasites sévissent dans la région et si l’enfant anémique a au moins 2 ans et n’a pas
reçu de dose de mébendazole durant les 6 mois précédents.

PAS D’ANÉMIE ET PAS DE POIDS TRÈS FAIBLE


Si l’enfant n’a pas un poids très bas et s’il ne présente pas d’autres signes de malnutrition,
classez-le dans la catégorie pas d’anémie et pas de poids très faible. Les enfants de moins de
2 ans risquent davantage que les enfants plus âgés d’être victimes de problèmes d’alimenta-
tion ou de malnutrition. Si l’enfant a moins de 2 ans, évaluez son alimentation. Donnez à sa
mère des conseils sur son alimentation selon les instructions et recommandations figurant
dans la case du fascicule de la PCIME qui porte le titre “Conseiller la mère” et dans le
chapitre 29 du présent manuel.
Sur la fiche de prise en charge, entourez les signes constatés et inscrivez la catégorie à la-
quelle ils correspondent dans la colonne intitulée “classer” (voir exemple 18).
52 ▼ MANUEL SUR LA PCIME

EXEMPLE 18: PARTIE DE LA FICHE DE PRISE EN CHARGE CONCERNANT LA MALNUTRITION ET L’ANÉMIE


PRISE EN CHARGE INTÉGRÉE DES MALADIES DE L’ENFANT ÂGÉ DE 2 MOIS À 5 ANS

Nom: Alulu Age: 9 mois Poids: 7 kg Température: 36,8 °C


DEMANDER: Quels sont les problèmes du nourrisson? Dairrhée Première visite? ✔ Visite de suivi?
EVALUER (entourer tous les signes présents) CLASSER

PUIS RECHERCHER LES SIGNES DE MALNUTRITION ET D'ANÉMIE


● Rechercher les signes d'amaigrissement visible et sévère
● Rechercher la pâleur palmaire
Pâleur palmaire sévère ? Légère ? Anémie
● Rechercher les œdèmes sur les deux pieds
● Déterminer le poids par rapport à l'âge

Très faible _____ Pas très faible _____

3e CAS: Alulu a 9 mois. Il pèse 7 kg. Sa température est de 36,8 °C. Sa mère et son père l’ont amené à la clinique parce que
la diarrhée de leur fils les inquiète. L’enfant ne présente pas de signes généraux de danger. Il ne tousse pas et n’a
pas de difficultés respiratoires. Il a la diarrhée depuis 5 jours; il est classé comme ayant la diarrhée avec une
légère déshydratation. Il n’a pas de fièvre et n’a pas de problème d’oreille.
L’agent de santé vérifie ensuite les signes de malnutrition et d’anémie. L’enfant n’est pas visiblement et sévère-
ment amaigri. Il a une légère pâleur palmaire. Il n’a pas d’œdème aux pieds. L’agent de santé utilise le diagramme
du poids selon l’âge pour y situer le poids d’Alulu (7 kg) par rapport à son âge (9 mois).
▼ 53

CHAPITRE 12
L’état vaccinal

Pour CHAQUE enfant malade, demander à la mère quels sont les problèmes de l’enfant, rechercher les signes généraux de danger,
demander si l’enfant tousse ou a des difficultés respiratoires, s’il a la diarrhée, de la fièvre, un problème d’oreille, vérifier si l’enfant
souffre de malnutrition ou d’anémie, et CONTRÔLER L’ÉTAT VACCINAL

ENSUITE VÉRIFIER L’ÉTAT VACCINAL DE L’ENFANT


AGE VACCINS
CALENDRIER DE VACCINATION: Naissance BCG Polio-0
6 semaines DTC-1 Polio-1
10 semaines DTC-2 Polio-2
14 semaines DTC-3 Polio-3
9 mois Antirougeoleux

DÉCIDER s’il faut vacciner l’enfant le jour même ou dire à la mère de ramener l’enfant
ultérieurement pour un vaccin.
Note: N’oubliez pas qu’il n’y a pas de contre-indication de la vaccination d’un enfant malade,
si l’enfant est assez bien pour rentrer chez lui.

Puis VÉRIFIER s’il y a d’autres problèmes

Contrôlez l’état vaccinal de chaque enfant malade.

▼ UTILISER LE CALENDRIER DE VACCINATION RECOMMANDÉ


Quand vous vérifiez l’état vaccinal de l’enfant, utilisez le calendrier de vaccination recom-
mandé dans votre pays. Référez-vous aussi au calendrier de vaccination qui se trouve dans le
fascicule de tableaux de la PCIME.
N’inoculez l’enfant avec la dose prescrite du vaccin recommandé que quand il a l’âge appro-
prié. Si l’enfant est vacciné quand il est trop jeune, son corps ne réussira pas à combattre la
maladie efficacement. Par contre, si l’enfant n’est pas vacciné dès qu’il atteint l’âge indiqué
dans le calendrier, il court davantage de risques de contracter la maladie.
Dans des circonstances exceptionnelles, quand la morbidité et la mortalité dues à la rou-
geole sont considérables avant le 9e mois (plus de 15% des cas de maladies et de décès), il
faut donner une dose supplémentaire de vaccin antirougeoleux à l’enfant âgé de 6 mois.
Puis il faut le revacciner avec la dose prévue dès que possible après son neuvième mois. Ce
calendrier est également recommandé pour les groupes qui risquent particulièrement de
mourir de la rougeole—notamment les nourrissons vivant dans un camp de réfugiés, les
nourrissons hospitalisés, les nourrissons victimes de catastrophe—ou pendant une épidé-
mie.
54 ▼ MANUEL SUR LA PCIME

Chaque enfant doit être inoculé avec tous les vaccins recommandés avant son 1er anniver-
saire. S’il n’est pas vacciné à l’âge recommandé, il faut le vacciner après qu’il a atteint cet
âge. Pour chaque vaccin, donnez les doses restantes à intervalles d’au moins 4 semaines. Il
n’est pas nécessaire de reprendre dès le début.

▼ RESPECTER LES CONTRE-INDICATIONS DE LA VACCINATION


Naguère, certains agents de santé croyaient que les maladies bénignes constituaient une
contre-indication de la vaccination, c’est-à-dire une raison de ne pas vacciner l’enfant. Ils
renvoyaient l’enfant chez lui et disaient à la mère de le ramener au dispensaire quand il serait
guéri. C’était une mauvaise méthode, car elle retardait la vaccination. La mère parcourt
parfois un long chemin pour amener son enfant malade au dispensaire et il lui sera difficile
de revenir plus tard avec l’enfant pour le faire vacciner. L’enfant risque d’attraper la rou-
geole, la polio, la diphtérie, la coqueluche, le tétanos ou la tuberculose. Or, il est très impor-
tant de vacciner les enfants malades et malnutris contre ces maladies.
Il n’existe des contre-indications de la vaccination que dans trois cas:
■ Ne pas injecter le BCG à un enfant dont on sait qu’il a le sida
■ Ne pas injecter le DTC-2 ou DTC-3 à l’enfant qui a eu des convulsions ou une commo-
tion à un moment ou à un autre pendant les 3 jours suivant la dose la plus récente
■ Ne pas injecter le DTC à l’enfant qui souffre de convulsions récurrentes ou d’une autre
maladie neurologique active du système nerveux central.
Dans tous les autres cas, la meilleure règle à appliquer est la suivante: Il n’y a pas de
contre-indication de la vaccination d’un enfant malade, si l’enfant est assez bien
pour rentrer chez lui.
Si l’enfant doit être hospitalisé, ne le vaccinez pas avant son transfert, pour ne pas retarder
son départ pour l’hôpital. Le personnel de l’établissement qui l’accueillera devra décider des
vaccins à effectuer.
Lors de la consultation, il faut donner une dose de vaccin antipoliomyélitique oral (VPO) à
l’enfant diarrhéique qui, selon le calendrier, doit être inoculé avec ce vaccin. Toutefois, ne
tenez pas compte de cette dose. Quand l’enfant est ramené à la date prévue pour la dose
suivante de VPO, il faut lui en administrer une double dose.
Informez la mère qu’il est indispensable de s’assurer que ses autres enfants sont aussi vacci-
nés. Si nécessaire, donnez à la mère de la tétracycline.

LES CONTRE-INDICATIONS DE LA VACCINATION


DTC ■ Ne pas injecter de DTC-2 ni de DTC-3 à un enfant qui a eu des convulsions, une
commotion ou une autre réaction négative après la dernière dose de DTC. On peut
injecter un DT au lieu du DTC.
■ Ne pas injecter de DTC à un enfant qui a des convulsions récurrentes ou une autre
maladie neurologique active du système nerveux central.
VPO ■ Donner à l’enfant qui a la diarrhée une dose de VPO, mais ne pas la prendre en compte.
Demander à la mère de revenir dans 4 semaines pour redonner cette dose.

12.1 Comment décider s’il faut vacciner l’enfant lors de la consultation


Il est possible soit de vacciner l’enfant pendant la consultation, soit de demander à la per-
sonne qui s’occupe de lui de le ramener à une date précise pour la vaccination, soit, si
l’enfant est hospitalisé, d’indiquer dans la note d’accompagnement qu’une vaccination est
nécessaire. Il vous incombe de décider quand l’enfant doit être vacciné.

▼ REGARDER L’ÂGE DE L’ENFANT INSCRIT SUR LA FICHE DE PRISE EN CHARGE


Si vous ne savez pas quel âge a l’enfant, demandez-le à sa mère.
CHAPITRE 12. L’ÉTAT VACCINAL ▼ 55

▼ DEMANDER À LA MÈRE SI L’ENFANT A UNE CARTE DE VACCINATION


Si elle répond “oui”, demandez-lui si elle a amené cette carte avec elle.
Si la mère a la carte, priez-la de vous la montrer:
■ Comparez les dates des vaccins précédents avec le calendrier vaccinal recommandé. Véri-
fiez si l’enfant a eu tous les vaccins recommandés pour son âge.
■ Inscrivez sur la fiche de prise en charge tous les vaccins que l’enfant a déjà eus. Précisez la
date de la vaccination la plus récente. Entourez le nom des vaccins à administrer lors de la
consultation.
■ Si l’enfant n’est pas hospitalisé, expliquez à la mère qu’il faut vacciner l’enfant pendant la
consultation.
Si la mère n’a pas amené la carte de vaccination:
■ Demandez-lui quels vaccins l’enfant a eus.
■ Si vous n’êtes pas certain que les informations fournies par la mère sont exactes, inoculez
à l’enfant, selon son âge, les vaccins VPO, DTC et antirougeoleux.
■ Donnez une carte de vaccination à la mère et priez-la de la prendre chaque fois qu’elle
amène son enfant au dispensaire.
Lors du contrôle de l’état vaccinal, utilisez la fiche de prise en charge pour vérifier les vacci-
nations déjà effectuées et entourez les vaccins à administrer pendant la consultation. Si
l’enfant doit revenir pour un vaccin, indiquez la date dans la colonne de la classification (voir
exemple 19).

EXEMPLE 19: PARTIE DE LA FICHE DE PRISE EN CHARGE CONCERNANT L’ÉTAT VACCINAL


PRISE EN CHARGE INTÉGRÉE DES MALADIES DE L’ENFANT ÂGÉ DE 2 MOIS À 5 ANS

Nom: Salim Age: 4 mois Poids: 5.5 kg Température: 36 °C


DEMANDER: Quels sont les problèmes du nourrisson? Dairrhée Première visite? ✔ Visite de suivi?
EVALUER (entourer tous les signes présents) CLASSER

VÉRIFIER L'ÉTAT VACCINAL Entourer les vaccins nécessaires lors de la consultation Ramener l'enfant pour
la prochaine vaccination le

_____ ✔
______ ✔
______ ______
BCG DTC1 DTC2 DTC3

_______ ✔
_______ ✔
______ ______ ________ VPO 3 (12 mai)
VPO 0 VPO 1 VPO 2 VPO 3 Antirougeoleux (Date)

4e CAS: Salim a 4 mois. Il ne présente pas de signe général de danger. Il est classé dans la catégorie “diarrhée sans
déshydratation”. Sa carte de vaccination montre qu’il a eu les vaccins suivants: BCG, VPO-0, VPO-1, VPO-2,
DTC-1 et DTC-2.
56 ▼

CHAPITRE 13
Les autres problèmes

Pour CHAQUE enfant malade, demander à la mère quels sont les problèmes de l’enfant, rechercher les signes généraux de danger,
demander si l’enfant tousse ou a des difficultés respiratoires, s’il a la diarrhée, de la fièvre, un problème d’oreille, vérifier si l’enfant
souffre de malnutrition ou d’anémie, contrôler l’état vaccinal et

VÉRIFIER S’IL Y A D’AUTRES PROBLÈMES

TRAITER tout autre problème selon les connaissances et l’expérience professionnelles


acquises et selon la politique du dispensaire.
HOSPITALISER l’enfant quand il n’est pas possible de le soigner au dispensaire ou à domicile.

Le tableau d’évaluation et de classification rappelle qu’il faut évaluer les autres problèmes
éventuels de l’enfant. Comme ce tableau ne mentionne pas tous les problèmes de santé
qu’un enfant peut avoir, il importe d’examiner les problèmes que la mère indique—par
exemple une infection de la peau, des démangeaisons ou des ganglions cervicaux enflés. Ou
peut-être avez-vous constaté un autre problème vous-même pendant l’évaluation de l’état
de l’enfant. Évaluez et traitez tout autre problème selon votre formation et votre expérience
professionnelles, ainsi que selon la politique du dispensaire. Hospitalisez l’enfant quand il
n’est pas possible de le soigner au dispensaire.
La dernière case du tableau d’évaluation et de classification contient une mise en garde
importante, à savoir:

Veiller à ce que l’enfant présentant un signe quelconque de danger soit transféré après l’administration de
la première dose d’antibiotique approprié et les autres traitements urgents.
Exception La réhydratation de l’enfant effectuée selon le Plan C peut éliminer les signes de danger, si bien que
le transfert n’est plus nécessaire.

Exceptionnellement, il arrive qu’un enfant présente un signe général de danger, sans toute-
fois que sa maladie ne soit classée comme “grave” selon les principaux symptômes. La note
figurant ci-dessus vous rappelle que l’enfant qui présente un signe général de danger doit
être traité d’urgence et hospitalisé.
Partie III
○ ○ ○ ○ ○ ○ ○ ○ ○ ○ ○ ○ ○ ○ ○ ○ ○

ÉVALUER ET
CLASSER
LE NOURRISSON
MALADE ÂGÉ
DE 1 SEMAINE
À 2 MOIS
▼ 59

CHAPITRE 14
Vue d’ensemble de l’évaluation
et de la classification

Les deux chapitres qui suivent montrent comment évaluer et classer l’état du nourrisson
malade âgé de 1 semaine à 2 mois. La méthode ressemble beaucoup à celle que vous avez
appris à appliquer à l’enfant malade âgé de 2 mois à 5 ans. La série de tableaux intitulée
“Évaluer, classer et traiter le nourrisson malade” qui se trouve dans le fascicule de la PCIME
en décrit les étapes successives.
Demandez à la mère quels sont les problèmes du nourrisson. Vérifiez s’il s’agit d’une pre-
mière consultation ou d’une consultation de suivi pour ces problèmes. Si c’est une consulta-
tion de suivi, il faut prendre en charge le nourrisson selon les instructions spéciales prévues
à cet effet et énumérées dans les deux pages du fascicule de la PCIME sous le titre “Suivi des
soins du nourrisson malade”, ainsi que dans le chapitre 30 du présent manuel.

RÉSUMÉ DE LA MÉTHODE D’ÉVALUATION ET DE CLASSIFICATION


Demander à la mère ou à la personne qui s’occupe du nourrisson quels sont les problèmes de celui-ci

Si c’est la première consultation pour cette maladie, suivre les étapes indiquées ci-dessous.
(Si c’est une consultation de suivi, donner les soins préconisés dans la Partie VII)

Rechercher une infection bactérienne possible et classer la maladie

Demander si le nourrisson a la diarrhée S’il a la diarrhée


● examiner attentivement les signes
liés à la diarrhée, et
● classer la maladie selon les signes
présents ou absents

Vérifier si le nourrisson a un problème d’alimentation ou une insuffisance pondérale et classer son état nutritionnel

Contrôler l’état vaccinal du nourrisson et décider s’il faut le vacciner lors de la consultation

Évaluer tout autre problème

Puis: déterminer le traitement (Partie IV), traiter le nourrisson (Partie V) et


conseiller la mère (Partie VI)
60 ▼ MANUEL SUR LA PCIME

Le nourrisson a une vulnérabilité particulière qu’il faut prendre en considération lors de la


classification de ses maladies. Il peut attraper une infection bactérienne grave et en mourir
très rapidement. Souvent, il ne présente que des signes généraux comme une motilité ré-
duite, la fièvre ou une température corporelle basse. Un léger tirage sous-costal est normal
chez le nourrisson, à cause de la mollesse de sa paroi thoracique. Par conséquent, la prise en
charge des nourrissons diffère partiellement de celle des jeunes enfants. La série de tableaux
intitulée “Évaluer, classer et traiter le nourrisson malade” qui se trouve dans le fascicule de
la PCIME précise les signes particuliers à évaluer, les catégories de classification et les trai-
tements à administrer aux nourrissons.
Les directives énoncées dans le fascicule ne s’appliquent pas au traitement d’un nouveau-né
malade de moins de 1 semaine. Pendant la première semaine de leur vie, les nourrissons
sont souvent malades à cause des conditions du travail et de l’accouchement ou ont une
infection qui exige une prise en charge spéciale. Les nouveau-nés souffrent parfois soit d’as-
phyxie, d’une septicémie due à la rupture prématurée des membranes ou d’une autre infec-
tion intra-utérine, soit d’un traumatisme survenu à la naissance. Ou ils ont des difficultés
respiratoires provoquées par la maturation pulmonaire incomplète. La jaunisse nécessite
aussi un traitement spécial pendant la première semaine de vie. Pour ces diverses raisons, la
prise en charge d’un nouveau-né malade n’est pas identique à la prise en charge d’un nour-
risson âgé de 1 semaine à 2 mois.
Les connaissances concernant la prise en charge d’enfants malades âgés de 2 mois à 5 ans
que vous avez acquises vous sont utiles quand vous vous occupez de nourrissons. Le chapi-
tre suivant porte sur les informations et les compétences nouvelles dont vous avez besoin
pour la prise en charge des nourrissons. Il existe une fiche de prise en charge spéciale pour
les nourrissons (voir annexe B) qui ressemble, dans sa structure, à la fiche conçue pour les
jeunes enfants. Elle énumère les signes à évaluer chez le nourrisson.
▼ 61

CHAPITRE 15
Évaluer et classer le nourrisson malade

Le présent chapitre décrit les étapes de l’évaluation et de la classification d’un nourrisson


malade lors de la première consultation, à savoir:
■ Rechercher les signes d’une infection bactérienne possible. Ensuite classer l’état du nour-
risson selon les signes cliniques constatés.
■ Demander si le nourrisson a la diarrhée. Si la réponse est positive, évaluer les signes liés à
la diarrhée. Vérifier si le nourrisson souffre de déshydratation. Si nécessaire, le classer
dans la catégorie “diarrhée persistante” ou “dysenterie”.
■ Vérifier si le nourrisson a un problème d’alimentation ou un poids faible—cette tâche
comprend l’évaluation de l’allaitement au sein—puis classer l’alimentation.
■ Contrôler l’état vaccinal du nourrisson.
■ Vérifier s’il a d’autres problèmes.
Si vous trouvez une raison de faire hospitaliser d’urgence le nourrisson, continuez l’examen,
mais sans la phase de l’allaitement, parce que cette évaluation peut exiger du temps.

15.1 COMMENT RECHERCHER L’INFECTION BACTÉRIENNE CHEZ LE NOURRISSON

Chez CHAQUE nourrisson malade, rechercher les signes d’une infection bactérienne possible

RECHERCHER LES INFECTION BACTÉRIENNES POSSIBLES


DEMANDER: OBSERVER, ÉCOUTER, PALPER:
● Le nourrisson a-t-il ● Compter les respirations par minute.
eu des convulsions?



Recommencer si le nombre est élevé.
Rechercher un tirage sous-costal grave.
Rechercher un battement des ailes du nez.
Regarder et écouter un geignement expiratoire.
} LE NOURRISSON
DOIT ÊTRE AU
CALME

● Regarder et palper une fontanelle bombée.


● Regarder si du pus s’écoule des oreilles.
● Regarder l’ombilic. Est-il rouge ou suintant de pus?
La rougeur s’étend-elle à la peau?
● Prendre la température (ou toucher: le nourrisson a-t-il de la fièvre
ou est-il hypothermique).
● Rechercher les pustules cutanées. Sont-elles nombreuses ou sévères?
● Regarder si le nourrisson est léthargique ou inconscient.
● Regarder les mouvements du nourrisson.
Bouge-t-il moins que la normale?

CLASSER la maladie du nourrisson selon le code de couleurs du tableau relatif aux infections bactériennes

Puis DEMANDER si le nourrisson a la diarrhée. VÉRIFIER s’il a des problèmes d’alimentation ou une insuffisance pondérale,
CONTRÔLER l’état vaccinal et VÉRIFIER s’il a d’autres problèmes.
62 ▼ MANUEL SUR LA PCIME

Il faut vérifier chez chaque nourrisson malade s’il présente les signes d’une infection bacté-
rienne, surtout d’une infection grave. Le nourrisson peut contracter une infection bacté-
rienne grave—comme la pneumonie, la septicémie ou la méningite—et en mourir rapidement.
Il importe d’évaluer les signes dans l’ordre indiqué dans le tableau et de veiller à ce que le
nourrisson reste calme. Il peut même dormir pendant que vous évaluez les quatre premiers
signes: le nombre de respirations, le tirage sous-costal, le battement des ailes du nez et le
geignement.
Pour évaluer les quelques signes suivants, il faut déshabiller le nourrisson, examiner la peau
de tout son corps et prendre sa température, ce qui le réveillera probablement. Vous pouvez
voir alors s’il est léthargique ou inconscient et observer ses mouvements.
Recherchez, chez chaque nourrisson, une infection bactérienne possible.

▼ DEMANDER: LE NOURRISSON A-T-IL EU DES CONVULSIONS ?


Posez cette question à la mère.

▼ COMPTER LES RESPIRATIONS PAR MINUTE; SI LEUR NOMBRE EST ÉLEVÉ, COMPTER À NOUVEAU
Mesurez le rythme respiratoire, comme vous le faites chez les jeunes enfants. Les nourris-
sons respirent normalement plus rapidement que ces derniers. En général, le rythme respi-
ratoire d’un nourrisson en bonne santé dépasse 50 respirations par minute. Par conséquent,
60 respirations ou plus par minute signifient que le nourrisson respire rapidement.
Si vous comptez 60 respirations ou plus par minute, recomptez. C’est important, parce que
le rythme respiratoire du nourrisson est souvent irrégulier. Il arrive que le nourrisson s’ar-
rête de respirer pendant quelques secondes, puis respire rapidement durant un instant. Si
vous comptez à nouveau 60 respirations ou plus par minute, le nourrisson a une respiration
rapide.

▼ RECHERCHER UN TIRAGE SOUS-COSTAL GRAVE


Recherchez un tirage sous-costal de la même façon que vous le faites quand vous examinez
un jeune enfant. Toutefois, un léger tirage sous-costal est normal chez le nourrisson puisque
sa paroi thoracique est encore molle. Le tirage sous-costal grave est très marqué et facile à
voir. C’est un signe de pneumonie, maladie dangereuse pour le nourrisson.

▼ RECHERCHER UN BATTEMENT DES AILES DU NEZ


Le battement des ailes du nez est l’élargissement des narines quand le nourrisson inspire.

Position normale des narines Battement des ailes du nez quand le nourrisson inspire
CHAPITRE 15. ÉVALUER ET CLASSER LE NOURRISSON MALADE ▼ 63

▼ ÉCOUTER SI LE NOURRISSON ÉMET UN GEIGNEMENT


Le geignement est un bruit sourd et bref que fait le nourrisson à l’expiration, quand il a des
difficultés respiratoires.

▼ PALPER LA FONTANELLE POUR SENTIR SI ELLE EST BOMBÉE


La fontanelle est un espace membraneux de la voûte crânienne avant son ossification com-
plète. Tenez le nourrisson—qui ne doit pas pleurer—en position verticale. Regardez et pal-
pez le sommet de sa tête. Si la fontanelle est bombée plutôt que plate, cela peut signifier que
le nourrisson a une méningite.

▼ REGARDER S’IL Y A UN ÉCOULEMENT DE PUS DE L’OREILLE


L’écoulement de pus de l’oreille est un signe d’infection. Examinez l’intérieur des oreilles du
nourrisson pour voir si du pus s’en écoule.

▼ REGARDER SI L’OMBILIC EST ROUGE OU SUINTANT DE PUS, SI LA ROUGEUR S’ÉTEND À LA PEAU


Le bout de l’ombilic est peut-être rouge ou du pus suinte de l’ombilic. (En général, le cor-
don ombilical tombe quand le nourrisson a environ une semaine). La profondeur de la
rougeur de l’ombilic dépend de la gravité de l’infection. Si la rougeur s’étend à la peau de la
paroi abdominale, elle signale une infection grave.

▼ MESURER LA TEMPÉRATURE
La fièvre (température axillaire dépassant 37,5 °C ou rectale supérieure à 38 °C) est peu
fréquente pendant les deux premiers mois de vie. La fièvre chez un nourrisson peut révéler
une infection bactérienne grave. Elle est peut-être l’unique signe de cette infection. Le nour-
risson peut aussi réagir à une infection par l’abaissement de sa température corporelle au-
dessous de 35,5 °C (36 °C rectale). La température corporelle basse s’appelle “hypothermie”.
Si vous n’avez pas de thermomètre, touchez l’estomac ou l’aisselle du nourrisson pour dé-
terminer si sa température est trop élevée ou anormalement basse.

▼ REGARDER SI LE NOURRISSON A DES PUSTULES CUTANÉES NOMBREUSES OU SÉVÈRES


Examinez la peau de tout le corps du nourrisson. Les pustules cutanées sont des taches
rouges ou des cloques contenant du pus. Si le nourrisson a des pustules, en a-t-il quelques-
unes ou sont-elles nombreuses ? Une pustule est une lésion cutanée grave quand elle est
grande ou quand elle est entourée d’une rougeur. Des pustules nombreuses et sévères an-
noncent une infection grave.

▼ OBSERVER SI LE NOURRISSON EST LÉTHARGIQUE OU INCONSCIENT


La plupart des nourrissons dorment presque tout le temps, mais ce n’est pas un signe de
maladie. Même quand il est en bonne santé, le nourrisson ne regarde guère sa mère et
l’agent de santé quand ils parlent, comme le ferait un jeune enfant.
Le nourrisson léthargique n’est pas éveillé et vif quand il devrait l’être. Il est somnolent et se
rendort après avoir été dérangé dans son sommeil. Si le nourrisson ne se réveille pas pendant
l’examen clinique, priez sa mère de le réveiller. Observez s’il ouvre les yeux quand sa mère
lui parle ou le secoue gentiment ou quand vous battez des mains. Observez s’il reste éveillé.
Il n’est absolument pas possible de réveiller le nourrisson inconscient qui ne réagit pas quand
on le touche ou on lui parle.

▼ REGARDER SI LE NOURRISSON NE BOUGE PAS ASSEZ


Normalement, quand il est éveillé, le nourrisson bouge les bras et les jambes et, si vous
l’observez attentivement, vous remarquez qu’il tourne la tête plusieurs fois par minute. Sur-
veillez les mouvements de l’enfant pendant l’évaluation.
64 ▼ MANUEL SUR LA PCIME

15.2 Comment classer l’infection bactérienne


Incluez chaque nourrisson malade dans une catégorie d’infection bactérienne. Choisissez la
catégorie qui convient après avoir comparé les signes que présente le nourrisson aux signes
énumérés dans le tableau coloré. Il y a deux catégories d’infection bactérienne: possibilité
d’infection bactérienne grave et infection bactérienne locale (voir exemple 20). Les Parties
IV, V et VI du présent manuel indiquent comment déterminer le traitement et comment
soigner les nourrissons appartenant à ces catégories.

EXEMPLE 20 TABLEAU DE LA CLASSIFICATION CONCERNANT LES INFECTIONS BACTÉRIENNES POSSIBLES


Signes Classer Traitement
(Les traitements urgents pré-transfert sont en caractère gras)

● Convulsions ou ➤ Donner la première dose d’antibiotique en intramusculaire.


● Respiration rapide (60 respirations
par minute ou plus) ou ➤ Traiter pour éviter l’hypoglycémie.
● Tirage sous-costal grave ou
● Battement des ailes du nez ou ➤ Expliquer à la mère comment veiller à ce que le nourrisson
● Geignement expiratoire ou POSSIBILITÉ n’ait pas froid sur le chemin de l’hôpital.
● Fontanelle bombée ou D’INFECTION
● Ecoulement de pus de l’oreille ou BACTÉRIENNE GRAVE ➤ Transférer d’URGENCE à l’hôpital.
● Rougeur ombilicale gagnant la
peau ou
● Fièvre (37.5°C* ou plus, ou corps
chaud au toucher), ou
hypothermie (en-dessous de
35.5°C* ou froid au toucher) ou
● Pistules cutanées nombreuses ou
sévères ou
● Léthargique ou inconscient, ou
● Mouvements inférieurs à la
normale.

● Ombilic rouge ou suintant de pus ➤ Donner un antibiotique approprié par voie orale.
ou INFECTION BACTÉRIENNE ➤ Apprendre à la mère à traiter les infections locales à domicile.
● Pistules cutanées. LOCALE ➤ Expliquer à la mère comment soigner le nourrisson à domicile.
➤ Revoir après 2 jours.

*Ces seuils sont basés sur la température axillaire. Les seuils de température rectale sont plus élevés d’environ 0,5 °C.

LA POSSIBILITÉ D’INFECTION BACTÉRIENNE GRAVE


Le nourrisson qui présente les signes de cette catégorie peut avoir une maladie grave et
courir un risque considérable de mourir. Il peut souffrir d’une pneumonie, d’une septicémie
ou d’une méningite. Il est difficile de distinguer entre ces infections chez le nourrisson.
Heureusement, il n’est pas nécessaire d’établir cette distinction.
Il faut hospitaliser d’urgence le nourrisson qui présente un signe d’infection bactérienne
grave possible. Avant le transfert, administrez-lui une première dose d’antibiotique intra-
musculaire et traitez-le pour éviter l’hypoglycémie. Le paludisme frappe rarement les nour-
rissons aussi jeunes; par conséquent, ne le traitez pas pour un paludisme grave éventuel.
Recommandez à la mère de bien envelopper son enfant. Les nourrissons ont de la peine à
maintenir leur température corporelle au niveau requis. La baisse de sa température à elle
seule peut causer la mort du nourrisson.

L’INFECTION BACTÉRIENNE LOCALE


Le nourrisson appartenant à cette catégorie a une infection de l’ombilic ou de la peau.
Pour le guérir, il faut lui donner un antibiotique approprié par voie orale, pendant cinq
jours, à domicile. Les chapitres ultérieurs du présent manuel portent sur le traitement du
nourrisson et sur les conseils à donner à la mère.
CHAPITRE 15. ÉVALUER ET CLASSER LE NOURRISSON MALADE ▼ 65

15.3 Comment évaluer et classer la diarrhée chez le nourrisson


Chez CHAQUE nourrisson malade, rechercher les signes d’une infection bactérienne possible,
puis: demander si le nourrisson a la diarrhée.

SI LA RÉPONSE EST “OUI”, ÉVALUER ET CLASSER la diarrhée du nourrisson selon le tableau de la PCIME relatif à la diarrhée chez
le nourrisson. La technique ressemble beaucoup à celle qui est préconisée pour l’enfant malade (voir chapitre 8).

Ensuite, VÉRIFIER s’il a des problèmes d’alimentation ou une insuffisance pondérale, CONTRÔLER son état vaccinal et
VÉRIFIER s’il a d’autres problèmes.

Si la mère dit que son nourrisson a la diarrhée, évaluez et classez ce problème. Les bébés
nourris exclusivement au sein ont normalement des selles molles et fréquentes, mais il ne
s’agit pas de diarrhée. La mère du nourrisson qu’elle allaite reconnaît la diarrhée parce que
la consistance ou la fréquence des selles ne sont pas normales. L’évaluation de la diarrhée
s’effectue de manière semblable chez le nourrisson et chez le jeune enfant; cependant, dans
le premier cas, on recherche moins de signes. Ainsi, on n’évalue pas la soif, parce qu’il est
impossible de distinguer la soif de la faim chez le nourrisson.
On classe la diarrhée du nourrisson de la même manière que celle de l’enfant âgé de 2 mois
à 5 ans. Il faut comparer les signes constatés chez le nourrisson aux signes énumérés dans le
tableau pour déterminer le type de déshydratation. Inscrivez le nourrisson aussi dans une
autre catégorie s’il a la diarrhée depuis 14 jours ou plus ou s’il a du sang dans les selles.
Note: Il n’existe qu’une catégorie de diarrhée persistante chez le nourrisson, parce que le nourrisson
qui a une diarrhée persistante en souffre pendant une grande partie de sa vie et doit être hospitalisé.

15.4 Comment vérifier si le nourrisson a un problème d’alimentation ou une


insuffisance pondérale
Le nourrisson a absolument besoin d’une alimentation appropriée pour grandir et se déve-
lopper. Une alimentation inadéquate pendant la petite enfance peut avoir des conséquences
qui se font sentir pendant toute la vie. Pour évaluer la croissance du nourrisson, il faut
calculer son poids par rapport à son âge. Il est important d’évaluer l’alimentation et le poids
du nourrisson, afin d’améliorer son alimentation, si celle-ci n’est pas appropriée.
Allaiter un nourrisson exclusivement au sein est la meilleure façon de le nourrir. Cela signi-
fie que le nourrisson ne consomme que du lait maternel, sans aucun autre aliment, ni eau, ni
autre liquide. (Les médicaments et les vitamines constituent l’exception.)
Le nourrisson allaité uniquement au sein reçoit la meilleure nutrition possible et la meilleure
protection contre les maladies. Si la mère comprend qu’en nourrissant son enfant exclusive-
ment de son lait, elle lui donne les meilleures chances de grandir et de se développer, elle
acceptera volontiers de l’allaiter. Elle agira ainsi pour donner à son enfant un bon départ
dans la vie, malgré les raisons sociales ou personnelles qui rendent l’allaitement difficile ou
peu souhaitable.
L’évaluation de l’alimentation comprend deux phases. D’abord, vous posez des questions à
la mère pour savoir: si elle éprouve des difficultés à nourrir son enfant, ce que le nourrisson
mange et combien de fois il mange. Vous calculez aussi le poids du nourrisson par rapport à
son âge.
Ensuite, s’il existe un problème d’alimentation ou si le nourrisson a un poids faible pour son
âge, vous évaluez la manière dont d’allaitement s’effectue.
66 ▼ MANUEL SUR LA PCIME

Chez CHAQUE nourrisson malade, rechercher les signes d’une infection bactérienne possible, demander si le nourrisson a la diarrhée,
puis VÉRIFIER S’IL A DES PROBLÈMES D’ALIMENTATION OU UNE INSUFFISANCE PONDÉRALE

PUIS ÉVALUER LES PROBLÈMES D’ALIMENTATION OU


D’INSUFFISANCE PONDÉRALE
DEMANDER: OBSERVER, ÉCOUTER, PALPER:
● Le nourrisson a-t-il des difficultés à se nourrir? ● Déterminer le poids pour l’âge.
● Le nourrisson est-il nourri au sein? Si oui, combien
de fois en 24 heures?
● Le nourrisson reçoit-il d’habitude d’autres aliments
ou d’autres boissons? Si oui, combien de fois?
● Comment donnez-vous à manger au nourrisson?

SI UN NOURRISSON: A des difficultés à se nourrir,


Est allaité au sein moins de 8 fois en 24 heures,
Consomme d’autres aliments ou d’autres liquides, ou
Est de poids faible pour son âge, ET
Ne présente aucun signe justifiant le transfert d’urgence à l’hôpital:

EVALUER L’ALLAITEMENT AU SEIN:


● Le nourrisson a-t-il été Si le nourrisson n’a pas été allaité au sein durant l’heure précédente,
nourri au sein durant demander à la mère de mettre le nourrisson au sein. Observer
l’heure précédente? l’allaitement pendant 4 minutes
(Si le nourrisson a été allaité durant l’heure précédente, demander à la
mère si elle peut attendre et vous dire quand le nourrisson réclamera
le sein de nouveau.)

● Le nourrisson peut-il bien prendre le sein?


pas de prise du sein mauvaise prise du sein bonne prise du sein

POUR VÉRIFIER LA PRISE DU SEIN, REGARDER SI:


— Le menton touche le sein
— La bouche est grande ouverte
— La lèvre inférieure est éversée vers l’extérieur
— L’aréole est plus visible au-dessus qu’au-dessous de la bouche
(Tous ces signes doivent être présents pour que la prise du sein soit bonne)

● Est-ce que le nourrisson tète efficacement (c’est-à-dire par


succions profondes et lentes entrecoupées de pauses?
pas de succion du tout succion non efficace succion efficace

Désobstruer le nez du nourrisson s’il est bouché et gêne l’allaitement.

● Regarder la bouche pour détecter des ulcérations ou plaques


blanches (muguet).

CLASSER l’état nutritionnel du nourrisson selon le tableau de la PCIME relatif aux problèmes d’alimentation ou d’insuffisance pondérale

Ensuite, CONTRÔLER son état vaccinal et VÉRIFIER s’il a d’autres problèmes.

15.4.1 Comment évaluer l’alimentation et vérifier si le poids correspond à l’âge


▼ DEMANDER: LE NOURRISSON A-T-IL DES DIFFICULTÉS À SE NOURRIR ?
Toute difficulté mentionnée par la mère est importante. La mère a peut-être besoin de con-
seils ou d’une aide particulière pour résoudre le problème.1 Si la mère affirme que son
enfant est incapable de se nourrir, regardez-la allaiter le nourrisson ou essayer de lui offrir
1
La mère peut dire qu’il y a des difficultés, par exemple, pour les raisons suivantes: son enfant se nourrit trop
souvent ou pas assez souvent, elle n’a pas assez de lait, ses mamelons sont douloureux, plats ou ombiliqués ou
l’enfant ne veut pas téter.
CHAPITRE 15. ÉVALUER ET CLASSER LE NOURRISSON MALADE ▼ 67

du lait dans une tasse pour comprendre ce qu’elle veut dire. Le nourrisson qui est incapa-
ble de se nourrir peut avoir une infection grave ou une autre maladie mortelle. Il faut
l’hospitaliser d’urgence.

▼ DEMANDER: LE NOURRISSON EST-IL NOURRI AU SEIN ? SI OUI, COMBIEN DE FOIS EN 24 HEURES ?


Il est recommandé d’allaiter au sein le nourrisson aussi souvent et aussi longtemps que
celui-ci le réclame, le jour et la nuit, au moins huit fois en 24 heures.

▼ DEMANDER: LE NOURRISSON REÇOIT-IL D’HABITUDE D’AUTRES ALIMENTS OU BOISSONS ? SI


OUI, COMBIEN DE FOIS ?
Durant les premiers mois, le nourrisson devrait être uniquement allaité au sein. Demandez
si le nourrisson consomme d’autres aliments et boissons tels que du lait, du jus de fruit, des
infusions, de la bouillie, des céréales diluées ou même de l’eau. Demandez combien de fois
il en consomme et en quelles quantités. Il faut savoir si le nourrisson est nourri surtout avec
du lait maternel ou surtout avec d’autres aliments.

▼ DEMANDER: COMMENT NOURRISSEZ-VOUS L’ENFANT ?


Si le nourrisson n’est pas uniquement allaité au sein, demandez à la mère si elle utilise un
biberon ou une tasse.

▼ VÉRIFIER SI LE POIDS CORRESPOND À L’ÂGE


Utilisez le diagramme poids/âge pour vérifier si le poids du nourrisson est bas pour son âge.
Notez que pour le nourrisson il faut utiliser la courbe du “poids faible pour l’âge”,
et non la courbe du “poids très faible pour l’âge” qui est utilisée pour les jeunes enfants.
N’oubliez pas que l’âge du nourrisson est généralement indiqué en semaines, alors
que l’axe horizontal du diagramme est divisé en mois. Certains nourrissons dont le
poids est faible pour l’âge avaient déjà une insuffisance pondérale à la naissance. D’autres ne
prennent pas assez de poids après leur naissance.

Cette courbe indique le poids


du nourrisson: 3 kg



Point d’intersection entre la courbe de
l’âge et celle du poids. Ce point se situant
Le nourrisson a 6 semaines. au-dessous de la courbe du poids faible
L’agent de santé place son âge pour l’âge, le nourrisson a une
entre les lignes correspondant insuffisance pondérale.
à 1 mois et à 2 mois.
68 ▼ MANUEL SUR LA PCIME

15.4.2 Comment évaluer l’allaitement au sein


Il faut d’abord décider s’il est nécessaire d’évaluer l’allaitement au sein. Ne procédez pas à
cette évaluation:
■ si le nourrisson est allaité exclusivement au sein sans difficulté et n’a pas un poids bas
pour son âge
■ si le nourrisson n’est pas allaité au sein du tout
■ si le nourrisson a un problème grave qui exige une hospitalisation urgente.
Dans ces cas, classez l’alimentation sur la base des informations reçues.
Si les réponses de la mère ou le poids du nourrisson signalent qu’il y a un problème, obser-
vez l’allaitement au sein selon les indications figurant ci-dessous. L’insuffisance pondérale
s’explique souvent par un poids bas à la naissance. Les nourrissons dont le poids est petit à
la naissance risquent, plus que les autres, d’avoir un problème d’alimentation. Il faut obser-
ver attentivement l’allaitement au sein pour pouvoir l’évaluer.

▼ DEMANDER: LE NOURRISSON A-T-IL ÉTÉ ALLAITÉ AU SEIN DURANT L’HEURE PRÉCÉDENTE ?


Si la mère répond “oui”, priez-la d’attendre et de vous avertir quand le nourrisson a de
nouveau envie de se nourrir. Dans l’intervalle, poursuivez l’évaluation par le contrôle de
l’état vaccinal. Vous pouvez également commencer à soigner le nourrisson, par exemple en
lui donnant un antibiotique pour une infection bactérienne locale ou une solution de sels de
réhydratation orale (SRO), s’il en a besoin.
Si le nourrisson n’a pas été alimenté depuis une heure, il a peut-être envie d’être allaité.
Priez la mère de lui offrir le sein. Observez tout l’allaitement, si possible, en tout cas pendant
au moins 4 minutes. Restez assis tranquillement et regardez comment l’enfant se nourrit.

▼ OBSERVER SI LA PRISE DU SEIN EST BONNE


Le nourrisson a une bonne prise du sein, si les quatre signes suivants sont présents:
— le menton touche le sein ou le touche presque
— la bouche est grande ouverte
— la lèvre inférieure est éversée vers l’extérieur, et
— l’aréole est plus visible au-dessus qu’au-dessous de la bouche.

Le nourrisson a une mauvaise prise du sein, si l’un des quatre signes suivants est présent:
— le menton ne touche pas le sein
— la bouche n’est pas grande ouverte, les lèvres s’avancent
— la lèvre inférieure est éversée vers l’intérieur, ou
— l’aréole est plus visible—ou autant visible—au-dessous qu’au-dessus de la bouche.
Si le nourrisson très malade ne réussit pas à prendre le mamelon dans sa bouche et à le
garder dans sa bouche pour téter, il n’a pas de prise du sein. Il ne peut donc pas s’allaiter.

Bonne prise du sein Mauvaise prise du sein


CHAPITRE 15. ÉVALUER ET CLASSER LE NOURRISSON MALADE ▼ 69

Si la prise du sein est mauvaise, elle peut endolorir ou abîmer les mamelons. Ou le nourris-
son ne parvient pas à aspirer le lait efficacement, ce qui peut causer un engorgement du sein.
Le nourrisson a encore faim après la tétée et réclame des allaitements fréquents ou de très
longue durée. Le nourrisson absorbe trop peu de lait et ne prend pas de poids ou le lait
maternel se tarit. L’amélioration de la prise du sein permet de résoudre tous ces problèmes.

▼ OBSERVER SI LE NOURRISSON TÈTE EFFICACEMENT


Le nourrisson tète efficacement, si la succion est lente et profonde, avec des pauses. Vous
pouvez voir ou entendre le nourrisson avaler. Si vous pouvez attendre jusqu’à la fin de l’allai-
tement, regardez si le nourrisson est satisfait. Quand il est satisfait, le nourrisson lâche le
sein spontanément (c’est-à-dire que la mère ne le pousse d’aucune manière à arrêter de
téter). Le nourrisson semble détendu, sur le point de s’endormir et ne s’intéresse plus au
sein de sa mère.
Le nourrisson ne tète pas efficacement, si la succion est rapide et peu profonde. Parfois
ses joues se creusent. Vous ne pouvez pas voir ou entendre le nourrisson avaler. À la fin de la
tétée, il n’est pas satisfait et peut se montrer agité. Il pleure ou tente de reprendre le sein, ou
il continue à téter pendant longtemps.
Le nourrisson qui ne tète pas du tout ne parvient pas à prendre du lait dans sa bouche et
à l’avaler. Il ne peut donc absolument pas s’allaiter. Si le nourrisson a de la peine à téter
parce qu’il a le nez bouché, mouchez-le, puis vérifiez si la succion devient plus efficace.

▼ REGARDER SI LE NOURRISSON A DES ULCÉRATIONS OU DES PLAQUES BLANCHES


DANS LA BOUCHE (MUGUET)
Regardez la langue et l’intérieur des joues du nourrisson. Le muguet ressemble à du lait
caillé déposé à l’intérieur des joues ou recouvrant la langue en une couche épaisse. Essayez
d’essuyer délicatement ces plaques. Si elles sont causées par le muguet, elles ne partent pas.

15.5 Comment classer les problèmes d’alimentation ou


l’insuffisance pondérale
Comparez les signes que présente le nourrisson aux signes énumérés dans chaque rang du
tableau de classification coloré et choisissez la catégorie appropriée. Il existe trois catégories
pour les problèmes d’alimentation et l’insuffisance pondérale: incapable de se nourrir—
possibilité d’infection bactérienne grave, problème d’alimentation ou poids faible pour l’âge et pas de
problème d’alimentation (voir exemple 21).
Les Parties IV, V et VI du présent manuel indiquent comment déterminer le traitement et
comment soigner les nourrissons appartenant aux deux premières catégories.

L’INCAPACITÉ DE SE NOURRIR—LA POSSIBILITÉ D’INFECTION BACTÉRIENNE GRAVE


Le nourrisson qui ne réussit pas à se nourrir a une maladie qui peut être mortelle,1 causée,
par exemple, par une infection bactérienne. Il a besoin de soins immédiats. Le traitement est
le même que celui qui est prévu pour la catégorie possibilité d’infection bactérienne grave qui
figure dans le premier tableau de cette série. Hospitalisez le nourrisson d’urgence.

LE PROBLÈME D’ALIMENTATION OU L’INSUFFISANCE PONDÉRALE


Cette catégorie comprend les nourrissons qui ont un poids faible pour leur âge et les nour-
rissons qui présentent un signe ou, le plus souvent, des signes indiquant qu’il faut améliorer
leur alimentation. Conseillez à la mère du nourrisson qui appartient à cette catégorie d’allai-
ter son enfant aussi souvent et aussi fréquemment que celui-ci le souhaite, le jour et la nuit.
Un allaitement bref explique parfois pourquoi un nourrisson ne consomme pas assez de lait
maternel. Le nourrisson doit pouvoir téter jusqu’à ce qu’il n’ait plus faim. Expliquez à la
1
Le nourrisson atteint de tétanos néonatal qui ne peut plus se nourrir et souffre de rigidité doit être hospitalisé
pour cette maladie.
70 ▼ MANUEL SUR LA PCIME

EXEMPLE 21: TABLEAU DE LA CLASSIFICATION CONCERNANT LES INFECTIONS BACTÉRIENNES POSSIBLES


Signes Classer Traitement
(Les traitements urgents pré-transfert sont en caractère gras)

● Incapable de se nourrir INCAPABLE DE ➤ Donner la première dose d’antibiotique en intramusculaire.


● Pas de prise du sein, ou SE NOURRIR ➤ Traiter pour éviter l’hypogiycémie.
● Pas de succion du tout. POSSIBILITÉ D’UNE ➤ Expliquer à la mère comment veiller à ce que le nourrisson
INFECTION BACTÉRIENNE n’ait pas froid sur le chemin de l’hôpital.
GRAVE ➤ Transférer d’URGENCE à l’hôpital.

● Mauvaise prise du sein, ou PROBLÈME ➤ Conseiller à la mère d’allaiter le nourrisson au sein aussi souvent
● Succion non efficace, ou D’ALIMENTATION et aussi longtemps que le nourrisson réclame, jour et nuit.
● Moins de 8 tétées en 24 OU POIDS FAIBLE ● Si la prise du sein est mauvaise ou si la succion n’est pas
heures, ou POUR L’AGE efficace, expliquer la bonne position et la bonne prise du sein.
● Reçoit d’autres aliments ou ● Si la mère allaite au sein moins de 8 fois en 24 heures, lui
liquides, ou PAS DE PROBLÈME conseiller d’allaiter plus souvent.
● Poids faible pour l’âge, ou D’ALIMENTATION ➤ Si le nourrisson reçoit d’autres aliments ou liquides, conseiller à
● Muguet (ulcérations ou la mère d’allaiter davantage, de réduire les autres aliments et
plaques blanches dans la liquides, et d’utiliser une tasse.
bouche). ● Si pas d’allaitement au sein:
— Référer pour conseils sur l’allaitement au sein et
éventuellement la relactation.
— Apprendre à la mère à préparer correctement un substitut
au lait maternel et à utiliser une tasse.
➤ En cas de muguet, apprendre à la mère à le traiter à domicile.
➤ Apprendre à la mère à soigner le nourrisson à domicile.
➤ Revoir tout problème d’alimentation ou de muguet après 2 jours.
Revoir tout problème de poids faible pour l’âge après 14 jours.

● Pas de poids faible pour l’âge ➤ Apprendre à soigner le nourrisson à domicile.


et aucun autre signe ➤ Féliciter la mère pour la bonne alimentation du nourrisson.
d’alimentation inadéquate.

mère comment satisfaire son enfant, notamment en améliorant la position du nourrisson ou


sa prise du sein, ou en soignant le muguet.

PAS DE PROBLÈME D’ALIMENTATION


Inscrivez dans cette catégorie le nourrisson nourri exclusivement et fréquemment au sein.
Son poids pour son âge ne doit pas être inférieur à la courbe “poids faible pour l’âge”. Le
nourrisson n’a pas forcément un poids normal ou satisfaisant pour son âge, mais il ne court
pas de risque important.

15.6 Comment contrôler l’état vaccinal du nourrisson


Le contrôle de l’état vaccinal s’effectue de la même façon pour le nourrisson que pour
l’enfant âgé de 2 mois à 5 ans (voir chapitre 12). Rappelez-vous qu’il ne faut pas donner un
VPO-0 au nourrisson âgé de plus de 14 jours. Par conséquent, si un nourrisson de 15 jours
n’a pas encore été vacciné contre la polio, il faut attendre qu’il ait 6 semaines pour lui
donner le VPO-1.

15.7 Comment évaluer les autres problèmes


Évaluez tout autre problème que la mère signale ou que vous avez décelé. Référez-vous à
d’autres directives pour administrer le traitement approprié. Si vous pensez que le nourris-
son a un problème grave ou si vous ne savez pas comment le soigner, hospitalisez-le.
CHAPITRE 15. ÉVALUER ET CLASSER LE NOURRISSON MALADE ▼ 71

15.8 La fiche de prise en charge du nourrisson


Durant l’examen du nourrisson, entourez, sur la fiche de prise en charge, tout signe observé
et inscrivez la conclusion dans la colonne de la classification (voir exemple 22). L’annexe B
du présent manuel contient un exemplaire de la fiche de prise en charge intégrée du nourris-
son malade âgé de 1 semaine à 2 mois.

EXEMPLE 22 : TROIS PREMIÈRES SECTIONS DE LA FICHE DE PRISE EN CHARGE DU NOURRISSON

PRISE EN CHARGE INTÉGRÉE DU NOURRISSON MALADE GÉ DE 1 SEMAINE À 2 MOIS

Nom: Jomli Age: 6 semaines Poids: 4.5 kg Température: 37 °C


DEMANDER: Quels sont les problèmes du nourrisson? diarrhée et éruption Première visite? ✔ Visite de suivi?
EVALUER (entourer tous les signes présents) CLASSER

RECHERCHER L’INFECTION BACTÉRIENNE ÉVENTUELLE


● Le nourrisson a-t-il eu des convulsions? ● Compter les respirations. _____ par minute Infection
55 Respiration rapide?
Recompter si le nombre de respirations est élevé. _____
● Rechercher un tirage sous-costal grave.
bactérienne
● Rechercher un battement des ailes du nez. local
● Regarder et écouter le geignement expiratoire.
● Regarder et palper la fontanelle pour savoir si elle est bombée.
● Regarder si du pus s’écoule des oreilles.
● Regarder l’ombilic. Est-il rouge ou suppurant?
La rougeur s’étend-elle à la peau?
● Fièvre (température 37.5 °C ou plus, ou le nourrisson est chaud au toucher) ou hypothermie
(au-dessous de 35.5 °C ou froid au toucher).
● Regarder la peau pour détecter les pustules. Sont-elles nombreuses ou sévères?
● Regarder si le nourrisson est léthargique ou inconscient.
● Observer les mouvements du nourrisson. Sont-ils moindres que la normale?

LE NOURRISSON A-T-IL LA DIARRHÉE? ✔ Non ______


Oui _____
● 3 Jours
Depuis combien de temps?__ ● Evaluer l’état général du nourrisson. Est-il: Signes
● Y a-t-il du sang dans les selles? Léthargique ou inconscient?
Agité et irritable? évidents de
● Regarder si ses yeux sont enfoncés. déshydratation
● Pincer la peau de l’abdomen. Le pli s’efface-t-il:
Très lentement (plus de 2 secondes)?
Lentement?

PUIS RECHERCHER LES PROBLÈMES D’ALIMENTATION OU D’INSUFFISANCE PONDÉRALE


● ✔● Déterminer le poids pour son âge. Faible ___ Normal ___
Existe-t-il des problèmes d’alimentation? Oui ___ Non ___ ✔
● ✔ Non ___
Le nourrisson est-il allaité au sein? Oui ___
● Si oui, combien de fois en 24 heures? ____5 fois
● Le nourrisson reçoit-il d’habitude d’autres aliments
✔ Non ___
ou liquides? Oui ___
Si oui, combien de fois? 1 biberon de lait de vache l‘après-midi, parfois aussi de l’eau
● Comment sont donnés les aliments? biberon

Se le nourrisson a des difficultés à se nourrir, est alimenté moins de 8 fois en 24 heures, consomme d’autres aliments ou
liquides, ou est d’un poids faible pour son âge ET ne présente aucun signe justifiant son transfert à l’hôpital:
Problème
EVALUER L’ALLAITEMENT AU SEIN: d’alimentation
● Le nourrisson a-t-il été allaité pendant l’heure précédente? Si le nourrisson n’a pas été allaité au sein pendant l’heure précédente, demander à la mère
de mettre le nourrisson au sein. Observer l’allaitement pendant 4 minutes. ou insuffisance
● Le nourrisson peut-il bien prendre le sein? Pour vérifier la bonne prise du sein, regarder si: pondérale
— Le menton touche le sein ✔
Oui ___ Non ___
— La bouche est grande ouverte ✔
Oui ___ Non ___
— La lèvre inférieure est éversée vers l’extérieur ✔
Oui ___ Non ___
— Plus d’aréole au-dessus qu’en-dessous ✔
Oui ___ Non ___

pas de prise de sein mauvaise prise du sein bonne prise du sein

● Est-ce que le nourrisson tête efficacement (c’est-à-dire succion lente et profonde,


avec pauses)?

pas de succion du tout succion non efficace succion efficace

● Regarder la bouche pour détecter des ulcération ou des plaques blanches (muguet).

5e CAS: Jomli est un nourrisson de 6 semaines. Il pèse 4,5 kg. Sa température axillaire est de 37 °C. Sa mère l’a amené au
dispensaire parce qu’il a la diarrhée et une éruption. C’est la première consultation pour cette maladie. L’agent
de santé vérifie si le nourrisson présente des signes d’infection bactérienne. La mère dit que Jomli n’a pas eu de
convulsions. L’agent de santé compte 55 respirations par minute. Il constate qu’il n’y a pas de tirage sous-costal,
72 ▼ MANUEL SUR LA PCIME

ni de battement des ailes du nez. Jomli ne geint pas à l’expiration. Sa fontanelle n’est pas bombée. Il n’a pas de
pus dans les oreilles. Son ombilic est normal. Sa température corporelle est normale. Le nourrisson a quelques
pustules cutanées. Il n’est ni léthargique, ni inconscient et ses mouvements sont normaux.
A la question de l’agent de santé concernant la diarrhée, la mère répond que celle-ci a commencé il y a trois jours
et qu’il n’y a pas de sang dans les selles. Jomli pleure. Il s’arrête de pleurer quand sa mère lui donne le sein. Il
recommence à pleurer après l’allaitement. Ses yeux paraissent normaux, non enfoncés. Lors du test du pli cu-
tané, le pli s’efface lentement.
La mère précise qu’il n’y a pas de difficulté d’alimentation. Elle l’allaite au sein environ 5 fois par 24 heures. Elle
lui donne d’autres aliments et boissons. Utilisant le diagramme poids/âge, l’agent de santé constate que le poids
de Jomli (4,5 kg) n’est pas bas pour son âge (6 semaines).
Jomli étant nourri moins de 8 fois en 24 heures et recevant d’autres aliments et boissons, l’agent de santé décide
d’évaluer l’allaitement au sein. La mère du nourrisson accepte d’essayer de l’allaiter. L’agent de santé observe
que le menton de Jomli touche le sein, que sa bouche est grande ouverte et que sa lèvre inférieure est éversée
vers l’extérieur. Il voit plus d’aréole au-dessus qu’au-dessous de la bouche du nourrisson; la succion est profonde
et lente. Quand Jomli arrête de téter, l’agent de santé examine sa bouche. Il n’y constate ni ulcérations, ni plaques
blanches.
Partie IV
○ ○ ○ ○ ○ ○ ○ ○ ○ ○ ○ ○ ○ ○ ○ ○ ○

DÉTERMINER
LE TRAITEMENT
▼ 75

CHAPITRE 16
L’ordre de priorité des traitements

Évaluer CHAQUE enfant ou nourrisson malade. Classer sa maladie selon le tableau de classification approprié, puis
DÉCIDER SI UNE HOSPITALISATION D’URGENCE EST NÉCESSAIRE

OUI NON

Déterminer le ou les traitements Déterminer le ou les traitements de l’enfant ou du


indispensables avant le transfert nourrisson qu’il ne faut pas hospitaliser d’urgence

Administrer le ou les traitements Traiter l’enfant ou le nourrisson malade


pré-transfert indispensables

Apprendre à la mère (ou à la personne qui s’occupe


Hospitaliser l’enfant ou le nourrisson de l’enfant ou du nourrisson) à le soigner à domicile

Conseiller la mère en ce qui concerne l’alimentation


et préciser quand revenir au dispensaire

DONNER LES SOINS DE SUIVI quand l’enfant ou le nourrisson est ramené au dispensaire et, si nécessaire,
évaluer les nouveaux problèmes (voir Partie VII)

Les parties précédentes du manuel vous ont appris à évaluer l’enfant malade âgé de 2 mois
à 5 ans et le nourrisson malade âgé de 1 semaine à 2 mois, ainsi qu’à classer leurs maladies.
L’étape suivante consiste à déterminer les traitements nécessaires. Dans certains cas, l’en-
fant ou le nourrisson très malade doit être transporté d’urgence à l’hôpital pour y recevoir
des soins spécialisés. Il faut alors commencer à le traiter avant son départ.
Pendant l’étude de la présente partie, il convient de vous référer aux colonnes des tableaux
d’évaluation et de classification intitulées “traitement”. Si l’état de l’enfant ou du nourrisson
n’est inscrit que dans une catégorie, il est facile de savoir comment le traiter. Toutefois, de
nombreux enfants et nourrissons ont plus d’une maladie. Par exemple, un enfant peut souf-
frir à la fois d’une pneumonie et d’une infection aiguë de l’oreille.
Quand l’enfant a plus d’une maladie, il faut tenir compte de plusieurs tableaux d’évaluation
et de classification pour savoir quels traitements appliquer. Les rangs colorés vous aident à
trouver rapidement les traitements requis.
76 ▼ MANUEL SUR LA PCIME

➤ La maladie classée dans le rang rose exige des soins urgents et l’hospitalisation, car elle est
grave.
➤ La maladie classée dans le rang jaune doit être soignée avec un médicament administré
par voie orale ou avec un autre traitement. Il faut aussi enseigner à la personne qui s’oc-
cupe de l’enfant à donner à ce dernier un médicament par voie orale ou à traiter les
infections locales à domicile. Vous devez également lui expliquer comment guérir l’enfant
et quand le ramener au dispensaire.
➤ La maladie classée dans le rang vert ne requiert pas de traitement médical spécifique, tel
qu’un antibiotique. Apprenez à la personne qui s’occupe de l’enfant comment protéger la
santé de celui-ci à domicile. Ainsi, vous pouvez lui donner des conseils sur l’alimentation
de l’enfant malade ou sur le moyen d’éviter la déshydratation quand l’enfant a la diarrhée.
En outre, il faut lui montrer comment détecter les signes qui indiquent que l’enfant doit
être ramené immédiatement à l’établissement de santé.
Certains traitements sont identiques pour différentes maladies. Par exemple, l’antibiotique
convient pour la pneumonie et l’infection de l’oreille. Vous devez remarquer quand le même
traitement peut être utilisé pour deux maladies et quand il faut des traitements différents.
Selon la colonne de droite du fascicule de tableaux de la PCIME, il faut “transférer d’UR-
GENCE à l’hôpital” l’enfant qui a besoin de certains traitements. Le terme “hôpital” signi-
fie un établissement de santé doté de lits, de l’équipement et du personnel spécialisé
indispensables pour soigner les enfants et les nourrissons gravement malades. Si le centre de
premier niveau constitue le service ambulatoire d’un hôpital, “transfert” peut signifier que
l’enfant est confié à un autre département du même établissement.
S’il faut hospitaliser un nourrisson ou un enfant d’urgence, vous devez décider du traite-
ment à lui donner avant le transfert. Certains soins (comme l’assèchement de l’oreille à
l’aide d’une mèche) ne sont pas nécessaires avant le transfert. Les directives figurant dans
les paragraphes suivants vous guideront dans cette décision.
Si l’hôpital se situe très loin, vous prendrez des décisions différentes de celles qui sont re-
commandées ci-dessous. Ne transférez l’enfant dans un hôpital que si vous pensez que l’en-
fant y recevra vraiment de meilleurs soins que ceux que vous pouvez lui prodiguer. Parfois,
il est préférable que vous soigniez l’enfant au mieux de vos capacités plutôt que de lui faire
parcourir une longue route pour atteindre un hôpital qui ne possédera peut-être ni l’équipe-
ment, ni le personnel spécialisé pour le traiter.
Si l’hospitalisation n’est pas possible ou si les parents refusent cette solution, vous devez
aider la famille à soigner l’enfant. L’enfant peut rester près du dispensaire où il recevra un
traitement plusieurs fois par jour. Ou un agent de santé peut visiter le malade à domicile
pour aider à administrer les médicaments selon la posologie et à alimenter l’enfant.

16.1 Comment décider si le nourrisson malade doit être hospitalisé


Si le nourrisson âgé de 1 semaine à 2 mois a une infection bactérienne grave possible, il faut
l’hospitaliser d’urgence.
Si le nourrisson a une déshydratation sévère (sans infection bactérienne grave possible), il faut
le réhydrater par voie intraveineuse selon le Plan C. Si le dispensaire possède l’équipement
nécessaire, le nourrisson peut y être traité, sinon il faut l’hospitaliser pour ce traitement.
Si le nourrisson souffre à la fois d’une déshydratation sévère et d’une infection bactérienne grave
possible, il faut l’hospitaliser d’urgence. La mère doit donner fréquemment des gorgées de
solution de SRO à boire à son enfant pendant le transport à l’hôpital.
Si le nourrisson est incapable de se nourrir et s’il y a une possibilité d’infection bactérienne grave,
il faut l’hospitaliser d’urgence.

16.2 Comment décider si l’enfant malade doit être hospitalisé


Toutes les maladies graves suivantes sont énumérées dans les rangs roses des tableaux
d’évaluation et de classification:
CHAPITRE 16. L’ORDRE DE PRIORITÉ DES TRAITEMENTS ▼ 77

Pneumonie grave ou maladie très grave


Déshydratation sévère
Diarrhée persistante sévère
Maladie fébrile très grave
Rougeole grave et compliquée
Mastoïdite
Malnutrition sévère ou anémie grave
Dans la colonne des traitements prévus pour ces maladies graves se trouve l’instruction:
“Transférer d’URGENCE à l’hôpital”, ce qui signifie qu’il faut transférer l’enfant immé-
diatement après lui avoir donné le ou les traitements indispensables. Évitez les traitements
qui peuvent s’effectuer ultérieurement et retarderaient le transfert.
Exception : Pour la diarrhée persistante sévère, il est simplement indiqué: “Transférer à l’hô-
pital”, ce qui signifie qu’une hospitalisation est requise, mais sans urgence, ce qui laisse le
temps de déterminer les traitements et de les administrer tous avant le départ pour l’hôpital.
Il y a une autre exception possible: Vous pouvez traiter au dispensaire—à condition que l’équi-
pement de celui-ci le permette—l’enfant qui appartient à une catégorie rose uniquement
parce qu’il souffre d’une déshydratation sévère. Cet enfant peut présenter un signe géné-
ral de danger dû à la déshydratation. Par exemple, il peut être léthargique, inconscient ou
incapable de boire parce qu’il est gravement déshydraté. S’il est atteint d’une maladie grave,
en plus de la déshydratation sévère, il faut l’hospitaliser d’urgence. Il faut posséder des con-
naissances et une compétence particulières pour le soigner, car un apport de liquide de
réhydratation trop rapide et trop abondant peut mettre en danger la vie de l’enfant.
La plupart des enfants qui présentent un signe général de danger sont également inclus
dans une catégorie de maladie grave. Il faut les hospitaliser pour cette maladie (ou les traiter
au dispensaire s’ils ne souffrent que de déshydratation sévère). Il arrive, rarement, qu’un
enfant présente un ou des signes généraux de danger sans que l’on décèle une maladie grave
à l’établissement de santé de premier niveau. Il faut l’hospitaliser d’urgence.
Les tableaux d’évaluation et de classification de la PCIME n’énumèrent pas toutes les ma-
ladies que l’enfant peut avoir. L’agent de santé doit reconnaître un autre problème grave—
comme de fortes douleurs abdominales—qui n’est pas mentionné dans les tableaux. Si vous
ne pouvez pas traiter ce problème, il faut transférer l’enfant à l’hôpital.
78 ▼

CHAPITRE 17
Déterminer le traitement pré-transfert urgent

Dans les tableaux d’évaluation et de classification, la colonne des traitements prévus pour
les maladies graves (rang rose) contient l’instruction: “Transférer d’URGENCE à l’hôpital”.
Quand il faut hospitaliser d’urgence un nourrisson ou un enfant, l’agent de santé doit déter-
miner rapidement les traitements à donner immédiatement et les administrer. Les traite-
ments urgents avant le transfert sont indiqués en caractère gras dans les tableaux. Vous
devez donner uniquement la première dose du médicament conseillé avant l’hospitalisation.
Des traitements appropriés sont recommandés pour chaque catégorie. Par exemple, l’enfant
classé comme ayant une maladie fébrile très grave peut avoir la méningite, le neuropaludisme
ou la septicémie. Les traitements énumérés ont été choisis parce qu’ils conviennent pour
combattre les maladies les plus fréquentes incluses dans cette catégorie.
Voici la liste des traitements urgents nécessaires avant l’hospitalisation des nourrissons
âgés de 1 semaine à 2 mois :
■ Donner la première dose d’antibiotique par voie orale ou intramusculaire
■ Expliquer à la mère comment éviter que le corps du nourrisson ne se refroidisse pendant
le transport à l’hôpital, notamment en le tenant enveloppé contre elle; il est très important
que le nourrisson malade soit gardé au chaud
■ Prévenir l’hypoglycémie
■ Prendre des dispositions pour que la mère puisse donner fréquemment des gorgées de
SRO pendant le trajet, lui conseiller de continuer d’allaiter son enfant au sein.
Voici la liste des traitements urgents nécessaires avant l’hospitalisation des enfants âgés de
2 mois à 5 ans :
■ Donner un antibiotique approprié
■ Donner de la quinine en cas de paludisme sévère
■ Donner de la vitamine A
■ Prévenir l’hypoglycémie
■ Donner un antipaludéen par voie orale
■ Donner du paracétamol en cas de fièvre élevée (38,5 °C) ou de douleur due à la mastoï-
dite
■ Appliquer une pommade ophtalmique à la tétracycline (en cas d’opacité de la cornée ou
d’écoulement de pus de l’œil)
■ Prendre des dispositions pour que la mère puisse donner fréquemment des gorgées de
SRO pendant le transport à l’hôpital.
Note : Les quatre premiers traitements mentionnés ci-dessus sont urgents, car ils peuvent empêcher
des conséquences néfastes, telles qu’une aggravation de la méningite bactérienne ou du neuropaludisme,
la rupture de la cornée causée par une carence en vitamine A ou une lésion cérébrale provoquée par
l’hypoglycémie. Les autres traitements de cette liste sont aussi importants pour éviter que la maladie
empire.
Ne retardez pas l’hospitalisation pour donner des traitements non urgents. Par exemple,
n’asséchez pas l’oreille avec une mèche ou ne donnez pas de fer par voie orale ou n’ensei-
gnez pas à la mère à traiter les infections locales. Si une vaccination est nécessaire, n’y pro-
cédez pas avant l’hospitalisation. Le personnel hospitalier choisira le moment approprié
pour la vaccination. Ainsi le transfert pourra se réaliser le plus tôt possible.
CHAPITRE 17. DÉTERMINER LE TRAITEMENT PRÉ-TRANSFERT URGENT ▼ 79

Inscrivez les traitements urgents effectués avant le transfert au verso de la fiche de prise en
charge (voir exemple 23).

EXEMPLE 23 : HAUT DE LA FICHE DE PRISE EN CHARGE (VERSO)

MOIS À 5 ANS

kg Température: 37.5 °C
➞ e? ✔ Visite de suivi?
PLI

CLASSER TRAITER
Signe général de danger présent?
✔ Non ___
Oui ___
Ne pas oublier d'utiliser le signe de Ne pas oublier d’hospitaliser tout enfant qui présente un signe de

➞ danger lors de la classification danger, même si sa maladie n’est pas classée comme grave en soi.

oooooooooooooooooooooooooooooooooooooo
Pneumonie grave 1ère dose d’antibiotique pour la pneumonie
ou maladie très grave oooooooooooooooooooooooooooooooooo
oooooooooooooooooooooooooooooooooooooo
Transférer d’urgence à l’hôpital

oooooooooooooooooooooooooooooooooooooo

Le chapitre 20 décrit les étapes de l’hospitalisation, y compris la manière de réaliser les


traitements urgents avant le transfert.
80 ▼

CHAPITRE 18
Déterminer le traitement des patients qui n’ont
pas besoin d’être hospitalisés d’urgence

Il faut inscrire, au verso de la fiche de prise en charge, un traitement pour chaque problème
noté dans la colonne de la classification. Quand le nourrisson ou l’enfant ne doit pas être
hospitalisé d’urgence, il faut consigner les traitements, les conseils à donner à la mère et la
date de la consultation de suivi.
Si l’enfant appartient à plusieurs catégories, déterminez le traitement pour chacune d’elles.
Certains traitements sont mentionnés pour plus d’une maladie. Par exemple, la vitamine A
convient tant pour la rougeole que pour la malnutrition sévère ou anémie grave. Si l’enfant a ces
deux affections, il suffit d’écrire “vitamine A” une fois sur la fiche.
Toutefois, si un antibiotique est requis pour soigner plus d’une maladie, il faut en préciser le
but, par exemple:
antibiotique pour la pneumonie
antibiotique pour la dysenterie à Shigella.
Quand le même antibiotique convient pour soigner deux maladies différentes, vous pouvez
administrer uniquement cet antibiotique. Cependant, il faut parfois deux antibiotiques
différents pour soigner deux maladies. Le chapitre 21 montre comment choisir les
antibiotiques appropriés.

18.1 Les problèmes qui nécessitent une explication spéciale


Il est facile de comprendre la plupart des instructions qui se trouvent dans les colonnes des
tableaux d’évaluation et de classification intitulées “traitement”. Mais une explication spé-
ciale s’impose dans certains cas:
■ Le paludisme : En général, on donne aux enfants l’antipaludéen de première intention
recommandé par les autorités sanitaires nationales. Néanmoins, si un enfant tousse et
respire rapidement (signes de pneumonie) ou a une autre maladie—telle que l’infection
aiguë de l’oreille—le cotrimoxazole sert aussi à traiter le paludisme.
■ L’anémie ou l’insuffisance pondérale : Il faut commencer à administrer du fer à l’enfant qui
présente une pâleur palmaire pour guérir son anémie. Si le risque de paludisme est élevé,
il faut aussi lui donner un antipaludéen par voie orale, même s’il n’a pas de fièvre. Si cet
enfant a 2 ans ou plus et n’a pas reçu de mébendazole durant les six mois précédents, il
faut également lui donner une dose de ce médicament pour éliminer d’éventuels ankylos-
tomes ou trichocéphales.

18.2 L’hospitalisation non urgente


Si le nourrisson ou l’enfant n’a pas besoin d’être hospitalisé d’urgence, vérifiez s’il faut
procéder à une hospitalisation non urgente pour approfondir l’évaluation clinique. Par exem-
ple, quand la toux dure depuis plus de 30 jours ou la fièvre dure depuis au moins 7 jours, il
faut prévoir une “hospitalisation pour examen complet”. Même si la mère doit amener son
enfant à l’hôpital rapidement, le transfert ne s’effectue pas en urgence. Tout autre traitement
nécessaire peut avoir lieu avant le transfert.

18.3 Quand ramener l’enfant immédiatement au dispensaire


Vous constatez que la fiche de prise en charge contient l’instruction: “Expliquer à la mère
quand revenir immédiatement”. Il est donc inutile de réécrire cette tâche. Il faut apprendre
CHAPITRE 18. DÉTERMINER LE TRAITEMENT DES PATIENTS QUI N’ONT PAS BESOIN D’ÊTRE HOSPITALISÉS D’URGENCE ▼ 81

à chaque mère à reconnaître les signes qui signifient qu’elle doit ramener son enfant immé-
diatement au dispensaire. Le chapitre 30 porte sur ce sujet.

18.4 Conseiller la mère en ce qui concerne l’alimentation


La Partie VI du présent manuel indique quels conseils il convient de fournir à la mère. S’il
est nécessaire d’évaluer l’alimentation, il est possible de le faire à un moment opportun de la
consultation, après s’être occupé des problèmes les plus pressants.

18.5 Les soins de suivi


N’oubliez pas d’assurer les soins de suivi. Il s’agit notamment de dire à la mère après
combien de jour il faut ramener l’enfant au centre de santé. La consultation de suivi est très
importante. Elle permet de voir si le traitement a été efficace ou s’il faut le modifier. Il suffit
d’écrire le nombre de jours après le mot: “suivi”.
Si plusieurs dates sont prévues pour le suivi, il faut préciser celle qui est définitive, c’est-à-
dire celle qui n’est pas accompagnée du mot “si”. Par exemple:
■ “suivi après 2 jours” indique quand la consultation de suivi aura lieu
■ “suivi après 2 jours si la fièvre persiste” n’est pas un rendez-vous définitif, puisque l’en-
fant ne devra être ramené au dispensaire que s’il a encore de la fièvre à ce moment-là.
Inscrivez la première date définitive fixée pour la consultation de suivi à l’endroit prévu à cet
effet sur la fiche de prise en charge. C’est la date que vous indiquerez à la mère ou à la
personne qui s’occupe de l’enfant. Dites-lui aussi que la consultation de suivi doit se dérou-
ler plus tôt, si l’état de l’enfant l’exige (par exemple, si la fièvre persiste). Ensuite, lors de la
consultation de suivi, vous pouvez recommander à la mère de revenir encore une ou plu-
sieurs fois, si nécessaire.
La consultation de suivi est surtout importante pour le nourrisson. Si vous constatez, à cette
occasion, que l’état du nourrisson s’est détérioré, hospitalisez-le. Il faut réexaminer après 2
jours le nourrisson traité aux antibiotiques pour une infection bactérienne locale ou la dy-
senterie, ainsi que le nourrisson qui a un problème d’alimentation ou le muguet. Il faut
réévaluer après 14 jours le nourrisson qui a une insuffisance pondérale.
Inscrivez au dos de la fiche de prise en charge les traitements déterminés pour chaque caté-
gorie de maladie (voir exemple 24).
82 ▼ MANUEL SUR LA PCIME

EXEMPLE 24 : VERSO DE LA FICHE DE PRISE EN CHARGE


MOIS À 5 ANS

kg Température: 37.5 °C
te? ✔ Visite de suivi?
CLASSER TRAITER
Signe général de danger présent?
✔ Non ___
Oui ___
Ne pas oublier d'utiliser le signe de Ne pas oublier d’hospitaliser tout enfant qui présente un signe de
danger, même si sa maladie n’est pas classée comme grave en soi.
danger lors de la classification

ooooooooooooooooooooooooooooooooooooooo
Pneumonie
ooooooooooooooooooooooooooooooooooo
Antibiotique pour la pneumonie, 5 jours
ooooooooooooooooooooooooooooooooooooooo
Apaiser le mal de gorge, calmer la toux avec un remède
ooooooooooooooooooooooooooooooooooooooo
inoffensif
ooooooooooooooooooooooooooooooooooooooo
Suivi: 2 jours
ooooooooooooooooooooooooooooooooooooooo
ooooooooooooooooooooooooooooooooooooooo
ooooooooooooooooooooooooooooooooooooooo
ooooooooooooooooooooooooooooooooooooooo
ooooooooooooooooooooooooooooooooooooooo
➞ ooooooooooooooooooooooooooooooooooooooo
PLI

ooooooooooooooooooooooooooooooooooooooo
ooooooooooooooooooooooooooooooooooooooo
Antibiotique pour l’infection de l’oreille, 5 jours
➞ ooooooooooooooooooooooooooooooooooooooo
Paracétamol pour atténuer la douleur
ooooooooooooooooooooooooooooooooooooooo
Assécher l’oreille avec une mèche
Infection aiguë ooooooooooooooooooooooooooooooooooooooo
Suivi: 5 jours
de l’oreille
ooooooooooooooooooooooooooooooooooooooo
ooooooooooooooooooooooooooooooooooooooo
L’enfant ayant moins de 2 ans, évaluer l’alimentation et
Pas d’anémie
conseiller la mère à ce sujet. En cas de problème, suivi:
ooooooooooooooooooooooooooooooooooooooo
Pas d’insuffisance
5 jours
ooooooooooooooooooooooooooooooooooooooo
pondérale

Ramener l'enfant pour


Revenir pour une visite de suivi dans: 2 jours
la prochaine vaccination le
Expliquer à la mère quand revenir immédiatement:

Faire les vaccinations nécessaires aujourd’hui: rougeole


(Date) ooooooooooooooooooooooooooooooooooooooo
Conseils relatifs à l’alimentation:
ooooooooooooooooooooooooooooooooooo
Problèmes d’alimentation:
ooooooooooooooooooooooooooooooooooooooo
ooooooooooooooooooooooooooooooooooooooo
Les instructions à ce sujet se
trouvent dans le chapitre 29
ooooooooooooooooooooooooooooooooooooooo

Les Parties V et VI expliquent comment administrer les traitements déterminés et com-


ment conseiller la mère ou la personne qui s’occupe de l’enfant.
Partie V
○ ○ ○ ○ ○ ○ ○ ○ ○ ○ ○ ○ ○ ○ ○

TRAITER
L’ENFANT OU
LE NOURRISSON
MALADE
▼ 85

CHAPITRE 19
Aperçu des différents types de traitement

La série de tableaux de la PCIME intitulée “Traiter l’enfant” indique comment procéder aux
traitements énumérés dans les tableaux d’évaluation et de classification. “Traiter” signifie
donner des soins au dispensaire, prescrire les médicaments à administrer et les autres mesu-
res à prendre à domicile, ainsi qu’enseigner à la mère ou à la personne qui s’occupe de
l’enfant à effectuer les traitements. Les tableaux indiquent comment:
➤ Donner des médicaments par voie orale
➤ Traiter les infections locales
➤ Administrer des traitements par voie intramusculaire
➤ Traiter l’enfant pour éviter l’hypoglycémie
➤ Donner davantage de liquide et continuer l’alimentation, en cas de diarrhée, et
➤ Assurer le suivi des soins.
Les tableaux d’évaluation et de classification consacrés au nourrisson malade âgé de 1 se-
maine à 2 mois contiennent des instructions semblables sous le titre “Traiter le nourrisson et
conseiller la mère”. Ces instructions sont conçues spécialement pour les nourrissons et ce
sont elles qu’il faut appliquer, plutôt que celles qui figurent dans les tableaux relatifs au
traitement des enfants. Par exemple, les antibiotiques et les doses recommandés pour les
nourrissons sont ceux qui conviennent le mieux à ces derniers. Seuls les plans de réhydrata-
tion A, B et C pour combattre la diarrhée et les directives élaborées pour éviter l’hypoglycé-
mie—inclus dans la série de tableaux relatifs au traitement de l’enfant—sont prévus tant
pour les nourrissons que pour les enfants âgés de 2 mois à 5 ans.
Les médicaments à administrer par voies orale ou intramusculaire et les autres traitements
inclus dans les tableaux de la PCIME—y compris les antibiotiques par voie orale et les
antipaludéens de première et de seconde intentions—sont recommandés aux établissements
de santé de premier niveau de votre pays. Les médicaments de première intention ont été
choisis parce qu’ils sont efficaces, faciles à donner et peu coûteux. Ne recourez à un médica-
ment de seconde intention que si le premier n’est pas disponible ou si la maladie de l’enfant
ne réagit pas au premier. Les chapitres suivants informent sur la manière d’administrer les
médicaments et les autres soins.
Le traitement à réaliser au dispensaire englobe les deux tâches suivantes:
➤ Apprendre à la mère ou à la personne qui s’occupe de l’enfant à donner des médica-
ments par voie orale et/ou à traiter des infections locales à domicile
➤ Conseiller la mère ou la personne qui s’occupe de l’enfant au sujet de l’alimentation et
indiquer quand revenir au dispensaire.
La Partie VI porte sur ces phases du traitement.
86 ▼

CHAPITRE 20
L’hospitalisation d’urgence

Les séries de tableaux de la PCIME intitulées “Traiter l’enfant” et “Traiter le nourrisson et


conseiller la mère” décrivent la manière de donner des traitements urgents avant l’hospitalisa-
tion. Ces traitements figurent en caractère gras dans les colonnes des tableaux d’évalua-
tion et de classification consacrées au “traitement”. Effectuez rapidement les traitements
pré-transfert nécessaires, puis faites hospitaliser le nourrisson ou l’enfant selon les directives
énoncées dans les paragraphes suivants.
Dans le fascicule de tableaux, vous trouvez sous le titre “Administrer les traitements ci-dessous
uniquement en dispensaire” un résumé des soins à donner avant l’hospitalisation d’urgence.
Les médicaments à injecter par voie intramusculaire sont les antibiotiques prévus pour les
enfants qui ne peuvent pas prendre de médicaments par voie orale, ainsi que la quinine
utilisée pour les enfants qui ont une maladie fébrile très grave. Ces tableaux contiennent
aussi la posologie pour le traitement au dispensaire des enfants gravement malades qu’il
n’est pas possible d’hospitaliser et un encadré indiquant comment “traiter l’enfant pour
éviter l’hypoglycémie”.

20.1 Administrer les traitements pré-transfert urgents


Avant le transfert du nourrisson ou de l’enfant à l’hôpital, vous pouvez lui donner, si néces-
saire, un ou plusieurs des traitements suivants:
■ Un antibiotique par voie intramusculaire si l’enfant ne peut pas prendre un antibiotique
par voie orale
■ De la quinine en cas de paludisme sévère
■ Du lait maternel ou de l’eau sucrée pour prévenir l’hypoglycémie.

20.1.1 Les antibiotiques injectés par voie intramusculaire au nourrisson malade


(âgé de 1 semaine à 2 mois)
Référez-vous à la posologie indiquée dans la série de tableaux intitulée “Traiter le nourrisson
et conseiller la mère”. Deux antibiotiques peuvent être injectés en intramusculaire au nourris-
son: la gentamicine et la benzylpénicilline. Les infections bactériennes graves sont souvent
provoquées, chez le nourrisson, par une plus grande gamme de bactéries que les infections
des jeunes enfants. La combinaison de gentamicine et de pénicilline est efficace contre l’en-
semble de ces bactéries.
L’utilisation de la gentamicine: Lisez les indications figurant sur le flacon de gentamicine
pour en connaître le titre. Vérifiez s’il faut l’injecter telle quelle ou la diluer avec de l’eau
stérile. Pour l’utilisation, la concentration doit être de 10 mg/ml. Déterminez la dose d’après
la ligne du tableau correspondant le plus au poids du nourrisson.
L’utilisation de la benzylpénicilline: Lisez les indications figurant sur le flacon de
benzylpénicilline pour en connaître le titre. La benzylpénicilline doit être mélangée avec de
l’eau stérile. Il est préférable de mélanger un flacon de 1 million d’unités en poudre avec 3,6
ml plutôt qu’avec 2,1 ml d’eau stérile, parce que cela permet de mesurer la dose de façon
plus exacte. Si le flacon contient une autre quantité de benzylpénicilline ou si vous employez
une autre quantité d’eau stérile, la posologie indiquée dans le tableau ne sera pas correcte.
Dans ce cas, suivez attentivement les instructions du fabricant concernant l’adjonction d’eau
stérile et recalculez les doses.
CHAPITRE 20. L’HOSPITALISATION D’URGENCE ▼ 87

20.1.2 Les antibiotiques injectés par voie intramusculaire à l’enfant malade


(âgé de 2 mois à 5 ans)
Il faut commencer le traitement de nombreuses maladies graves en donnant une première
dose d’antibiotique avant le transfert. Mais si l’enfant:
■ est incapable de boire ou de téter, ou
■ vomit tout ce qu’il avale, ou
■ a des convulsions, ou
■ est léthargique ou inconscient,
il ne peut pas absorber un antibiotique administré par voie orale. Il faut donc lui injecter, par
voie intramusculaire, une dose unique de chloramphénicol ou d’un autre antibiotique re-
commandé par le programme national. Les SRO ou des médicaments—comme le paracéta-
mol—lui seront donnés par voie orale à l’hôpital, quand l’enfant pourra les prendre. Ensuite
faites-le hospitaliser d’urgence.
Référez-vous à la posologie préconisée dans le fascicule de tableaux pour déterminer la dose
(voir exemple 25). Le chloramphénicol est fourni, en général, sous forme de poudre dans
des flacons de 1000 mg. Ajoutez 5 ml d’eau propre au contenu du flacon de chloramphénicol.
Vous obtenez ainsi une concentration de 5,6 ml à 180 mg/ml. Calculez la dose d’après la
ligne du tableau correspondant le plus au poids de l’enfant (ou à son âge si vous ne connais-
sez pas son poids).

EXEMPLE 25: POSOLOGIE POUR L’INJECTION DE CHLORAMPHÉNICOL EN INTRAMUSCULAIRE


➤ Donner un antibiotique en intramusculaire
POUR LES ENFANTS TRANSFÉRÉS D’URGENCE ET QUI NE PEUVENT PAS PRENDRE D’ANTIBIOTIQUES
PAR VOIE ORALE:
➤ Donner la première dose de chloramphénicol en intramusculaire et transférer d’urgence l’enfant à l’hôpital.

SI LE TRANSFERT EST IMPOSSIBLE:


➤ Répéter l’injection de chloramphénicol toutes les 12 heures pendant 5 jours.
Calendrier
d’injection
➞ ➤ Ensuite, remplacer le traitement par un antibiotique adapté par voie orale pour compléter
les 10 jours de traitement.
du chloram-
phénicol CHLORAMPHÉNICOL
Dose: 40 mg par kg Dosage
ÂGE ou POIDS Ajouter 5.0 ml d’eau stérilisée au flaconcontenantpour
1000 mg = 5.6 ml à 180 mg/ml un enfant
➞ de 4 à 9 mois
de 2 mois à 4 mois (4–< 6 kg) 1.0 ml = 180 mg (6–<8 kg)
de 4 mois à 9 mois (6–< 8 kg) 1.5 ml = 270 mg
de 9 mois à 12 mois (8–< 10 kg) 2.0 ml = 360 mg
de 12 mois à 3 ans (10–< 14 kg) 2.5 ml = 450 mg
de 3 ans à 5 ans (14–19 kg) 3.5 ml = 630 mg

20.1.3 L’administration de quinine en cas de paludisme sévère


L’enfant qui souffre d’une maladie fébrile très grave a peut-être un paludisme sévère. Pour
tuer les parasites du paludisme le plus vite possible, injectez-lui de la quinine avant l’hospi-
talisation. La quinine est l’antipaludéen recommandé parce qu’elle est efficace dans la plu-
part des régions du monde et agit rapidement. La quinine en intramusculaire est aussi plus
inoffensive que la chloroquine en intramusculaire.
Les effets secondaires éventuels de la quinine injectée sont une chute soudaine de la pres-
sion sanguine, des vertiges, un tintement d’oreille et la formation d’un abcès stérile. Si la
pression sanguine de l’enfant s’abaisse brusquement, ce phénomène ne dure pas plus de 15
à 20 minutes. Les vertiges, le tintement d’oreille et l’abcès revêtent peu d’importance quand
il faut soigner une maladie très grave. Calculez la dose d’après le tableau de la PCIME.
Utilisez le poids de l’enfant, s’il est possible de peser ce dernier.
88 ▼ MANUEL SUR LA PCIME

20.1.4 Éviter l’hypoglycémie


La prévention de l’hypoglycémie chez les enfants ayant une maladie fébrile très grave cons-
titue un traitement pré-transfert urgent. Les infections graves, telles que le paludisme
sévère ou la méningite, provoquent une diminution de la quantité de glucose contenue dans
le sang. L’hypoglycémie se produit aussi quand l’enfant n’a pas pu manger pendant de nom-
breuses heures. Elle est dangereuse, parce qu’elle peut causer des lésions cérébrales.
Le lait maternel, le substitut de lait maternel ou de l’eau sucrée fournissent à l’enfant du
glucose permettant d’éviter ou de traiter l’hypoglycémie. Il faut lui donner un tel liquide une
fois avant son transfert à l’hôpital. Si l’enfant ne parvient pas à avaler et si vous savez utiliser
une sonde nasogastrique, donnez-lui 50 ml de lait (lait maternel exprimé ou substitut de lait
maternel) ou de l’eau sucrée par ce moyen.

20.2 Comment effectuer une injection intramusculaire


La technique à appliquer lors de l’injection d’antibiotique ou de quinine par voie intramus-
culaire est la suivante:
1. Calculer la dose selon la posologie, veiller à lire le tableau correctement, selon la concen-
tration utilisée.
2. Mélanger soigneusement et secouer le flacon jusqu’à ce que le mélange soit clair (il n’est
pas nécessaire de diluer la quinine).
3. Utiliser une aiguille et une seringue stériles (pour les injections de quinine, utiliser une serin-
gue à gradation fine comme la seringue pour la tuberculine); mesurer la dose avec préci-
sion.
4. L’enfant doit être couché, surtout pour une injection de quinine, puisque la quinine peut
provoquer une chute soudaine de la pression sanguine.
5. Injecter le médicament profondément dans le muscle antérieur de la cuisse de l’enfant,
non pas dans la fesse (ne jamais injecter de la quinine par voie intraveineuse, c’est extrê-
mement dangereux).
6. Hospitaliser l’enfant d’urgence, après avoir pris les mesures énumérées ci-dessous. Veiller
à ce que l’enfant reste couché.

Injection de chloramphénicol: Voici le type de seringue à utiliser. Injection de quinine: Utiliser une seringue à gradation fine, telle
Mesurer la dose avec précision. qu’une seringue pour la tuberculine. Mesurer la dose avec précision.

20.3 Transférer le nourrisson ou l’enfant


Avant le départ du nourrisson ou de l’enfant pour l’hôpital, il faut accomplir les quatre
tâches suivantes:

1. Expliquez à la mère les raisons de l’hospitalisation de son enfant et obtenez son


consentement. S’il vous semble qu’elle ne souhaite pas cette hospitalisation, de-
mandez-lui pourquoi.
La mère peut avoir les motifs suivants:
➤ Elle croit que l’hôpital est un endroit où beaucoup de personnes meurent et craint que
son enfant y meure, lui aussi.
➤ Elle ne pense pas que l’hospitalisation sera utile pour son enfant.
CHAPITRE 20. L’HOSPITALISATION D’URGENCE ▼ 89

➤ Elle ne peut pas rester auprès de son enfant à l’hôpital, parce qu’elle doit s’occuper de
ses autres enfants ou elle doit effectuer des travaux agricoles ou elle risque de perdre
son emploi.
➤ Elle ne possède pas assez d’argent pour payer les frais de transport, les notes d’hôpital,
les médicaments ou pour s’acheter de la nourriture pendant le séjour à l’hôpital.

2. Apaisez les craintes de la mère et aidez-la à résoudre ses problèmes. Par exemple:
➤ Si la mère craint que son enfant meure à l’hôpital, assurez-la que l’hôpital a des méde-
cins et des appareils qui peuvent contribuer à guérir son enfant.
➤ Expliquez ce qui se passera à l’hôpital et comment cela sera bénéfique pour son en-
fant.
➤ Si la mère ne peut pas rester à l’hôpital avec son enfant, parce qu’il faut qu’elle soit à
la maison, demandez-lui si, par exemple, son mari, sa sœur ou sa mère ne pourrait pas
s’occuper des autres enfants et préparer les repas en son absence.
➤ Discutez avec la mère de la manière dont elle peut se rendre à l’hôpital. Si nécessaire,
aidez-la à trouver un moyen de transport.
➤ Vous ne réussirez peut-être pas à aider la mère à résoudre ses problèmes et à être sûr
qu’elle emmènera son enfant à l’hôpital. Toutefois, il est important de faire tout ce qui
est possible pour la soulager.

3. Écrivez une note pour l’hôpital et priez la mère de la transmettre à l’agent de


santé qui la recevra. Indiquez:
➤ le nom et l’âge du nourrisson ou de l’enfant
➤ la date et l’heure du transfert
➤ les problèmes de l’enfant
➤ le motif de l’hospitalisation (symptômes et signes révélant une maladie grave)
➤ le ou les traitements que vous avez administrés
➤ toute autre information que le personnel hospitalier doit connaître pour soigner l’en-
fant, comme le traitement précédent de la maladie ou les vaccins nécessaires
➤ votre nom et le nom du dispensaire.

4. Donnez à la mère les produits et les instructions nécessaires pour prendre soin
de l’enfant pendant le transfert.
➤ Si l’hôpital est loin, donnez à la mère des doses supplémentaires d’antibiotique et
dites-lui à quel moment les administrer pendant le transfert (selon la posologie figu-
rant dans le tableau). Si vous croyez que la mère n’ira pas à l’hôpital, donnez-lui toute
la série d’antibiotique prévue et enseignez-lui à les administrer.
➤ Montrez à la mère comment garder le jeune enfant au chaud pendant le trajet.
➤ Conseillez à la mère de continuer à allaiter son enfant au sein.
➤ Si l’enfant souffre de déshydratation grave ou moyenne et peut boire, donnez à la mère
une solution de SRO dont l’enfant pourra avaler fréquemment quelques gorgées pen-
dant le trajet.
90 ▼

CHAPITRE 21
Les médicaments appropriés à administrer
par voie orale

La Partie IV du présent manuel vous a appris à déterminer le traitement nécessaire pour


soigner les nourrissons et les enfants malades. Le traitement commence souvent au dispen-
saire et doit se poursuivre à domicile. Les séries de tableaux de la PCIME intitulées “Traiter
l’enfant” et “Traiter le nourrisson et conseiller la mère” indiquent comment procéder aux traite-
ments nécessaires. Utilisez ces informations pour choisir le médicament approprié et déci-
der du dosage et du calendrier de traitement.
Pour que le traitement à domicile réussisse, il faut que vous montriez à la mère ou à la
personne qui s’occupe de l’enfant comment l’administrer et qu’elle comprenne l’impor-
tance du traitement. La Partie VI est consacrée à la manière dont l’agent de santé doit
communiquer avec la mère ou la personne qui s’occupe de l’enfant et l’informer des soins à
prodiguer au nourrisson ou à l’enfant à domicile.
Il y a certains points à prendre en considération en ce qui concerne chaque médicament
administré par voie orale.

21.1 Les antibiotiques par voie orale


Les maladies énumérées ci-dessous se soignent avec un antibiotique par voie orale:
Pour les nourrissons malades âgés de 1 semaine à 2 mois:
■ les infections bactériennes locales
■ la dysenterie
Pour les enfants malades âgés de 2 mois à 5 ans:
■ la pneumonie grave ou maladie très grave
■ la pneumonie
■ la déshydratation sévère dans une région où sévit le choléra
■ la dysenterie
■ les maladies fébriles très graves
■ la rougeole grave et compliquée
■ la mastoïdite
■ l’infection aiguë de l’oreille.
De nombreux établissements de santé disposent de quelques types différents d’antibioti-
ques. Vous devez apprendre à choisir l’antibiotique le plus approprié pour lutter contre
la maladie de l’enfant. Si l’enfant est capable de boire, donnez-lui un antibiotique par voie
orale—de préférence, l’antibiotique “de première intention”, car il est efficace, facile à
administrer et peu coûteux. Il faut peut-être changer les antibiotiques de première et de
seconde intentions à cause de la résistance suscitée. Ne donnez l’antibiotique “ de seconde
intention” que si le premier n’est pas disponible ou ne parvient pas à soigner la maladie de
l’enfant.
Certains enfants souffrent de plus d’une maladie qu’il faut traiter avec un antibiotique.
Choisissez, si possible, un antibiotique qui convient pour soigner toutes les maladies de
l’enfant.
■ Parfois un antibiotique permet de traiter différentes maladies.
Par exemple, le même antibiotique peut soigner la pneumonie et l’infection aiguë de l’oreille.
La dysenterie et l’infection aiguë de l’oreille peuvent être traitées avec du cotrimoxazole, si
cet antibiotique de première intention pour l’infection aiguë de l’oreille est également un
antibiotique de première ou de seconde intention pour la dysenterie.
CHAPITRE 21. LES MÉDICAMENTS APPROPRIÉS À ADMINISTRER PAR VOIE ORALE ▼ 91

Quand vous utilisez un seul antibiotique pour soigner plus d’une maladie chez l’enfant,
ne doublez pas la dose et ne prolongez pas la durée du traitement.
■ Parfois plus d’un antibiotique doit être administrer pour traiter différentes
maladies.
Par exemple, les antibiotiques destinés à soigner la pneumonie ne sont peut-être pas effica-
ces contre la dysenterie dans votre pays. Dans ce cas, il faut donner deux antibiotiques
différents à l’enfant qui souffre de dysenterie et de pneumonie.
Les tableaux consacrés au traitement montrent quelle est la posologie pour les antibiotiques
à donner aux enfants âgés de 2 mois à 5 ans (exemple 26). Ils indiquent la durée et la fré-
quence de l’administration des antibiotiques. La plupart des antibiotiques sont donnés pen-
dant 5 jours. Seul le choléra se soigne avec un antibiotique pendant 3 jours. L’administration
quotidienne de l’antibiotique varie: elle s’effectue 2, 3 ou 4 fois par jour.
Pour calculer le dosage correct de l’antibiotique:
■ regardez la colonne qui signale la concentration dans les comprimés ou le sirop disponi-
bles au dispensaire
■ regardez le rang correspondant au poids ou à l’âge de l’enfant. Il est préférable de calculer
la dose selon le poids. Le dosage à administrer est celui qui se trouve à l’intersection de la
colonne et du rang.

EXEMPLE 26 : HAUT DU TABLEAU DE POSOLOGIE POUR L’ADMINISTRATION D’ANTIBIOTIQUES PAR VOIE ORALE

➤ Donner un antibiotique approprié par voie orale


➤ POUR LA PNEUMONIE, L’INFECTION AIGUE DE L’OREILLE OU MALADIE TRES GRAVE:
ANTIBIOTIQUE DE PREMIÈRE INTENTION : COTRIMOXAZOLE
ANTIBIOTIQUE DE SECONDE INTENTION : AMOXYCILLINE
Calendrier
d’administration du

COTRIMOXAZOLE AMOXYCILLINE
cotrimoxazole ➤ Donner 2 fois par jour pendant 5 jours ➤ Donner 3 fois par
jour pendant 5 jours

AGE ou POIDS
Dosage
COMPRIMÉ ADULTE COMPRIMÉ ENFANT SIROP/par 5 ml SIROP du sirop
80 mg triméthoprime 20 mg triméthoprime 40 mg triméthoprime pour
+ 400 mg + 100 mg + 200 mg 125 mgun enfant de
sulphaméthoxazole sulphaméthoxazole sulphaméthoxazole ➞ par 5 ml 2 à 12 mois
(4–10 kg)
De 2 mois à 12 mois 1/2 2 5 ml 5 ml
(4–< 10 kg)
De 12 mois à 5 ans 1 3 7,5 ml 10 ml
(10–<19 kg)

Note: Evitez de donner du cotrimoxazole à un nourrisson âgé de moins d’un mois qui est prématuré
ou a la jaunisse. Donnez-lui plutôt de l’amoxycilline ou de la benzylpénicilline.

21.2 Les antipaludéens par voie orale


Les antipaludéens par voie orale appropriés ne sont pas les mêmes partout. Plusieurs pays
utilisent la chloroquine et la sulfadoxine-pyriméthamine en tant qu’antipaludéens de pre-
mière et de seconde intentions. Le tableau sur le traitement du paludisme renseigne sur les
antipaludéens de première et de seconde intentions recommandés dans votre pays. Il se peut
que le dispensaire ne possède que l’antipaludéen de première intention.
Référez-vous à ce tableau pour déterminer le dosage et le calendrier prévus pour l’adminis-
tration d’un antipaludéen par voie orale. Il y a certains points à prendre en considération en
ce qui concerne ces médicaments:
92 ▼ MANUEL SUR LA PCIME

■ Avant de commencer à administrer de la chloroquine, assurez-vous que l’enfant n’a pas


déjà reçu ce médicament pour cet épisode de fièvre. Si la mère affirme que l’enfant a eu
un traitement à la chloroquine, mais que la fièvre continue, considérez qu’il s’agit d’une
consultation de suivi. Référez-vous aux instructions concernant le paludisme dans le ta-
bleau intitulé “suivi des soins” du fascicule de la PCIME.
■ Il faut donner de la chloroquine pendant 3 jours, en réduisant la dose le troisième jour, à
moins que l’enfant pèse moins de 10 kg et que vous donniez des comprimés de chloroquine
de 150 mg. Dans ce cas, l’enfant reçoit la même dose (1/2 comprimé) pendant chacun
des 3 jours.
■ Le cotrimoxazole peut être utilisé tant comme antibiotique que comme antipaludéen.
Administré pendant 5 jours, il est efficace contre le paludisme falciparum chez les enfants
de moins de 5 ans.
Note: L’amoxycilline et le chloramphénicol ne guérissent pas du paludisme. Dans de nombreux
pays, le cotrimoxazole est efficace parce que—comme la sulfadoxine-pyriméthamine—il se com-
pose de deux antifoliques qui luttent contre le parasite du paludisme appelé “falciparum”.
■ Avertissez la mère que la chloroquine peut provoquer une démangeaison comme effet
secondaire et que cela n’est pas dangereux. La mère doit continuer de donner le médica-
ment. Il n’est pas nécessaire de ramener l’enfant au dispensaire à cause de la démangeai-
son.

21.3 Le paracétamol pour amoindrir la fièvre (>38,5 °C) ou les douleurs


d’oreille
Le paracétamol abaisse la fièvre et calme les douleurs. Si l’enfant a beaucoup de fièvre,
donnez-lui une dose de paracétamol au dispensaire.
Si l’enfant a mal aux oreilles, remettez à la mère suffisamment de paracétamol pour 1 jour,
c’est-à-dire 4 doses. Dites-lui de donner une dose toutes les 6 heures ou jusqu’à ce que les
douleurs d’oreille aient disparu.

21.4 La vitamine A
Il faut donner de la vitamine A à l’enfant qui souffre de la rougeole ou d’une malnutrition
sévère. Ce médicament aide le corps à lutter contre le virus de la rougeole qui provoque une
infection dans les yeux et attaque la couche de cellules qui tapisse les poumons, l’intestin, la
bouche et la gorge. La vitamine A aide aussi le système immunitaire à prévenir d’autres
infections. L’opacité de la corné, signe d’avitaminose A, peut conduire à la cécité sans l’ap-
port de cette vitamine.
La vitamine A existe sous forme de gélules et de sirop. Calculez la dose selon l’âge de l’en-
fant. Prévoyez 2 doses. Donnez la première dose à l’enfant pendant la consultation. Remet-
tez la seconde dose à la mère, en lui recommandant de la donner à son enfant le lendemain.
Si le dispensaire dispose de vitamine A sous forme de gélules, veillez à ce que l’enfant en
avale une entièrement. S’il ne parvient pas à avaler toute la gélule ou ne doit en prendre
qu’une demie, ouvrez la gélule. Enlevez une partie de l’emballage gélatineux ou coupez ce
dernier avec un instrument propre. Si cela n’est pas possible, percez la gélule avec une aiguille.
Notez chaque fois la date d’administration de vitamine A. C’est important, car si l’enfant
reçoit plusieurs doses de vitamine A en peu de temps, il risque d’être victime d’une surdose.

21.5 Le fer
L’enfant qui présente une légère pâleur palmaire est peut-être anémique. L’enfant anémi-
que a besoin de fer.
Donnez du fer en sirop à l’enfant de moins de 12 mois. Si l’enfant est âgé de 12 mois ou
plus, donnez-lui des comprimés de fer. Remettez à la mère assez de fer pour un traitement
de 14 jours. Dites-lui de donner à son enfant une dose par jour pendant 14 jours. Priez-la de
revenir chercher du fer dans 14 jours. Avertissez-la aussi que le fer risque de rendre les selles
de l’enfant noirâtres.
CHAPITRE 21. LES MÉDICAMENTS APPROPRIÉS À ADMINISTRER PAR VOIE ORALE ▼ 93

Recommandez à la mère de garder le fer hors de la portée de l’enfant, car une surdose de fer
peut être mortelle ou causer une très grave maladie.
Si un enfant qui a une légère pâleur reçoit de la sulfadoxine-pyriméthamine (Fansidar)
comme antipaludéen, il ne faut pas lui donner de comprimés de fer/folate avant la consulta-
tion suivante qui doit avoir lieu après deux semaines. Le fer/folate peut gêner l’action de la
sulfadoxine-pyriméthamine qui contient un produit antifolique. L’enfant traité avec la
sulfadoxine-pyriméthamine peut recevoir du fer sous forme de sirop, si ce dernier ne con-
tient pas de folate.

21.6 Le mébendazole
Si l’ankylostome ou le trichocéphale sévit dans votre région, l’enfant anémique âgé de deux
ans ou plus a besoin de mébendazole pour traiter les infections causées par ces parasites. Ces
infections contribuent à l’anémie, car le saignement intestinal entraîne des pertes de fer.
Il faut lui donner 500 mg de mébendazole en une dose unique au dispensaire—soit un
comprimé de 500 mg, soit 5 comprimés de 100 mg.
94 ▼

CHAPITRE 22
Le traitement des infections locales

Les infections locales comprennent la toux, le mal de gorge, l’infection oculaire, les ulcères
buccaux, l’infection de l’oreille, l’infection de l’ombilic (rougeur ou écoulement de pus), les
pustules cutanées et le muguet. La Partie VI est consacrée à la manière dont l’agent de
santé doit communiquer avec la mère ou la personne qui s’occupe de l’enfant et lui ensei-
gner à soigner les infections locales à domicile.
Certains traitements des infections locales sont pénibles pour l’enfant qui, souvent, refuse
que l’on soigne ses yeux, ses oreilles ou sa bouche. Il est donc important de tenir l’enfant
pour qu’il reste tranquille et ne gêne pas le traitement. Néanmoins, il ne faut empêcher
l’enfant de bouger que pendant le traitement.

22.1 Le traitement du nourrisson (âgé de 1 semaine à 2 mois)


Il y a, chez le nourrisson, trois types d’infections locales que la mère ou la personne qui
s’occupe de lui peut traiter à domicile: la rougeur ou l’écoulement de pus de l’ombilic, les
pustules cutanées et le muguet. Ces infections locales se soignent avec du violet de gentiane
de la même manière que les ulcérations buccales des jeunes enfants.
Si le nourrisson n’est pas hospitalisé, appliquez les instructions contenues dans le chapitre
27 et référez-vous au tableau intitulé “Traiter le nourrisson et conseiller la mère” du fascicule de
la PCIME, pour expliquer comment traiter l’infection à domicile.

22.2 Le traitement de l’enfant (âgé de 2 mois à 5 ans)


Référez-vous aux recommandations et instructions figurant dans la série de tableaux intitu-
lée “Apprendre à la mère à traiter les infections locales à domicile” du fascicule. Si l’enfant ne doit
pas être hospitalisé et s’il souffre d’une infection oculaire, d’une infection de l’oreille, d’ulcé-
rations buccales, de la toux ou du mal de gorge, suivez les instructions contenues dans le
chapitre 27 et montrez à la mère ou à la personne qui s’occupe de l’enfant comment traiter
l’infection à domicile. Les instructions indiquent comment:
■ traiter une infection de l’œil avec une pommade ophtalmique à la tétracycline
■ assécher l’oreille à l’aide d’une mèche
■ traiter les ulcérations de la bouche au violet de gentiane
■ calmer la douleur de gorge et la toux avec un remède inoffensif.
Si l’enfant doit être hospitalisé et s’il a besoin d’un traitement avec une pommade ophtalmi-
que à la tétracycline, nettoyez-lui délicatement l’œil. Abaissez la paupière inférieure. Placez
la première dose de pommade—de la dimension d’un grain de riz—dans cette partie de
l’œil.
▼ 95

CHAPITRE 23
Le traitement de la diarrhée

Le chapitre 8 vous a appris à évaluer la diarrhée chez un enfant, à classer la déshydratation


et à choisir l’un des plans de traitement suivants:
Plan A : Traiter la diarrhée à domicile
Plan B : Traiter les signes évidents de déshydratation avec une solution de SRO
Plan C : Traiter rapidement la déshydratation sévère.
La série de tableaux de la PCIME intitulée “Traiter l’enfant” contient ces trois plans. Cha-
que plan vise à remplacer, dans le corps de l’enfant, l’eau et les sels que la diarrhée lui
enlève. Un excellent moyen de réhydrater l’enfant et de prévenir la déshydratation est de lui
donner une solution contenant des sels de réhydratation orale (SRO). La réhydratation par
perfusion intraveineuse (IV) ne doit s’effectuer que si l’enfant souffre d’une déshydratation
sévère.
Les antibiotiques ne sont pas efficaces contre la plupart des diarrhées. Ils ont rarement un
effet bénéfique et aggravent même parfois la maladie de l’enfant. Le recours à un antibioti-
que, quand celui-ci n’est pas nécessaire, risque d’augmenter la résistance de certains patho-
gènes. En outre, les antibiotiques coûtent cher. On gaspille souvent de l’argent en achetant
des traitements inefficaces. Par conséquent, n’utilisez pas automatiquement des antibioti-
ques. Ne les choisissez pour lutter contre la diarrhée que si cette maladie provoque une
déshydratation sévère et si le choléra sévit dans la région, ainsi que dans les cas de dysenterie.
Les antibiotiques prévus pour soigner le choléra et la dysenterie sont mentionnés dans le
chapitre 21.
Il ne faut jamais donner de médicaments antidiarrhéiques et anti-émétiques à des nourris-
sons et à des enfants. Ils arrêtent rarement la diarrhée et certains sont dangereux. Les médi-
caments dangereux comprennent les agents antimotilité (comme la codéine, la teinture
d’opium, le diphénoxylate et le lopéramide) ou des médicaments pour empêcher les vomis-
sements (comme la chlorpromazine). Certains de ces médicaments néfastes peuvent paraly-
ser l’intestin ou rendre l’enfant anormalement somnolent. Certains peuvent être mortels,
surtout s’ils sont donnés à des nourrissons. D’autres antidiarrhéiques, notamment les
adsorbants tels que le kaolin, l’attapulgite, le smectite et le charbon activé, quoique non
dangereux, n’apportent pas de bienfait à l’enfant. L’utilisation de médicaments
antidiarrhéiques peut retarder le traitement par réhydratation orale (TRO).

23.1 Le Plan A : Traiter la diarrhée à domicile


Traitez avec le Plan A l’enfant qui a la diarrhée, sans déshydratation. Les trois règles du
traitement à domicile sont:
1. Donner davantage de liquide (autant que l’enfant en accepte)
2. Continuer d’alimenter l’enfant
3. Savoir quand ramener l’enfant au dispensaire
Il faut appliquer le Plan A à l’enfant qui a la diarrhée sans déshydratation. L’enfant qui a une
déshydratation moyenne ou sévère doit être réhydraté selon le Plan B ou le Plan C, puis être
traité selon le Plan A. En fin de compte, tous les enfants diarrhéiques sont soignés confor-
mément au Plan A.
Pour que le Plan A puisse être exécuté, la mère ou la personne qui s’occupe de l’enfant doit
apprendre les trois règles du traitement à domicile. Donc, votre capacité à lui fournir des
conseils et des explications est très importante dans ce domaine.
96 ▼ MANUEL SUR LA PCIME

➤ 1ère RÈGLE: DONNER DAVANTAGE DE LIQUIDE


Expliquez à la mère ou à la personne qui s’occupe de l’enfant
qu’il faut donner à l’enfant autant de liquide que celui-ci accepte de boire. Il faut qu’il
absorbe plus de liquide que d’habitude pour remplacer la perte de liquide corporelle due à
la diarrhée et éviter ainsi la déshydratation. Cet apport supérieur de liquide est indispensa-
ble dès que la diarrhée commence.
Recommandez à la mère d’allaiter son enfant fréquemment et de prolonger la durée de la
tétée. Il faut aussi qu’elle lui donne d’autres liquides (dont une solution de SRO) qui cons-
tituent un traitement à domicile permettant de prévenir la déshydratation.
Si l’enfant est nourri uniquement au sein, il faut l’allaiter plus souvent que quand il est en
bonne santé. Il importe aussi de lui donner une solution de SRO ou de l’eau propre. Les
enfants de moins de 4 mois nourris au sein doivent pouvoir d’abord s’allaiter, puis recevoir
des SRO.
Il faut donner un ou plusieurs des produits suivants à l’enfant qui n’est pas nourri unique-
ment au sein:
— une solution de SRO
— des aliments liquides
— de l’eau propre.
Dans la plupart des cas, l’enfant qui ne souffre pas de déshydratation n’a pas vraiment
besoin de solution de SRO. Il faut qu’il absorbe des aliments liquides, tels que de la soupe,
de l’eau de riz et des boissons au yaourt, de préférence en même temps que des aliments
solides, et qu’il boive de l’eau propre. Le programme de lutte contre les maladies diarrhéi-
ques, élaboré dans votre pays, recommande peut-être plusieurs autres aliments liquides à
donner à l’enfant soigné à domicile.
Le Plan A mentionne les deux cas dans lesquels la mère doit donner une solution de SRO à
domicile:
1. L’enfant vient d’être traité au dispensaire selon le Plan B ou le Plan C. En d’autres termes,
l’enfant vient d’être réhydraté. S’il consomme une solution de SRO, il réussit mieux à
échapper à une nouvelle déshydratation.
2. L’enfant ne peut pas être ramené au dispensaire si sa diarrhée s’aggrave, par exemple parce que
sa famille habite loin ou que sa mère ne peut pas s’absenter de son travail.

Enseignez à la mère ou à la personne qui s’occupe de l’enfant à mélanger et administrer la


solution de SRO. Remettez-lui 2 sachets de SRO pour le traitement à domicile.
Quand vous remettez les SRO à la mère, montrez-lui comment les mélanger avec de l’eau et
comment les donner à son enfant. Priez-la de s’exercer à le faire devant vous.
La préparation de la solution de SRO s’effectue de la manière suivante:
■ Se laver les mains avec de l’eau et du savon.
■ Verser toute la poudre d’un sachet dans un récipient propre—bouteille, bol, pot, etc.
■ Mesurer un litre d’eau propre (ou la quantité requise si le sachet n’est pas plein). Il est
préférable de bouillir et de refroidir l’eau, mais si cette opération n’est pas réalisable,
utiliser de l’eau potable aussi propre que possible.
■ Verser l’eau dans le récipient. Bien mélanger jusqu’à ce que la poudre soit entièrement
dissoute
■ Boire une gorgée de la solution pour en connaître le goût.
Expliquez à la mère qu’il faut jeter la solution qui reste éventuellement de la veille, mélanger
une nouvelle solution de SRO chaque jour dans un récipient propre et couvrir le récipient.
Remettez à la mère 2 sachets de SRO—2 sachets pour un litre de solution chacun ou l’équi-
valent—pour le traitement à domicile.
CHAPITRE 23. LE TRAITEMENT DE LA DIARRHÉE ▼ 97

Montrez à la mère ou à la personne qui s’occupe de l’enfant combien de liquide il faut donner
en plus de la consommation habituelle.
Expliquez à la mère que son enfant doit boire autant qu’il boit normalement chaque jour et
encore plus. Montrez-lui quelle quantité supplémentaire de liquide il faut donner à l’enfant
après chaque selle liquide:
jusqu’à 2 ans 20 à 100 ml après chaque selle liquide
à partir de 2 ans 100 à 200 ml après chaque selle liquide
Annoncez à la mère que la diarrhée devrait bientôt cesser. La solution de SRO n’arrête pas
la diarrhée. Elle remplace le liquide et les sels que l’enfant perd à cause de la diarrhée et
l’empêche de devenir encore plus malade. Indiquez à la mère qu’elle doit:
■ donner fréquemment à boire par petites gorgées, à l’aide d’une tasse—ou d’une cuillère si
l’enfant est très jeune
■ si l’enfant vomit, attendre 10 minutes avant de lui redonner à boire, puis recommencer à
lui donner de la solution, mais plus lentement
■ continuer de donner davantage de liquide jusqu’à ce que la diarrhée cesse.

Utilisez une “carte d’information de la mère” et vérifiez si la mère a bien compris


Certains dispensaires utilisent une carte destinée à la mère qu’ils affichent ou qu’ils remet-
tent à la mère ou à la personne qui s’occupe de l’enfant. Cette carte contient un texte et des
illustrations pour rappeler des renseignements importants concernant, entre autres, les ty-
pes de liquides et d’aliments à donner à l’enfant. L’annexe B du présent manuel contient
un exemple d’une telle carte. Pour aider la mère à se remémorer quels liquides donner à
l’enfant, montrez-lui la partie de la carte consacrée à ce sujet.
— S’il faut donner des SRO à l’enfant, montrez ou marquez la case appropriée.
— Si l’enfant n’est pas nourri uniquement au sein, montrez ou marquez la case intitulée
“aliments liquides”. Les enfants nourris exclusivement au sein ne doivent pas recevoir
d’aliments liquides, tels que la soupe, l’eau de riz et les boissons au yaourt.
— Montrez ou marquez la case intitulée “eau propre”. Les enfants nourris exclusivement
au sein doivent être allaités plus fréquemment et peuvent boire de l’eau propre ou la
solution de SRO.
Avant que la mère ne parte, assurez-vous qu’elle a bien compris comment donner davantage
de liquide selon le Plan A. Posez-lui quelques questions, par exemple:
— Quel genre de liquide donnerez-vous à votre enfant?
— Quelle quantité de liquide lui donnerez-vous?
— Combien de fois donnerez-vous la solution de SRO à votre enfant ?
— Quelle quantité d’eau ajouterez-vous aux SRO ?
— Comment donnerez-vous les SRO à votre enfant ?
— Que ferez-vous si votre enfant vomit ?
Demandez à la mère quelles difficultés elle pense rencontrer quand elle donnera du liquide
à son enfant. Par exemple, si elle dit qu’elle n’aura pas le temps nécessaire, aidez-la à prévoir
d’enseigner à quelqu’un d’autre comment donner du liquide à l’enfant. Si elle dit qu’elle n’a
pas de récipient d’un litre pour mélanger les SRO, montrez-lui comment mesurer un litre en
employant un récipient plus petit. Ou montrez-lui comment mesurer un litre dans un réci-
pient plus grand et marquer la limite avec un outil approprié.

➤ 2e RÈGLE: CONTINUER D’ALIMENTER L’ENFANT


Le chapitre 29 indique quels conseils prodiguer à la mère en ce qui concerne l’alimenta-
tion. Si l’enfant est classé comme ayant une diarrhée persistante, il faut recommander à la
mère de lui donner certains aliments spéciaux.

➤ 3e RÈGLE: SAVOIR QUAND RAMENER L’ENFANT AU DISPENSAIRE


Expliquez à la mère qu’il faut ramener l’enfant malade au dispensaire:
■ si l’enfant est incapable de boire ou de téter
98 ▼ MANUEL SUR LA PCIME

■ si la maladie s’aggrave
■ si l’enfant a de la fièvre.
Quand l’enfant a la diarrhée, dites à la mère de revenir aussi:
■ s’il y a du sang dans les selles
■ si l’enfant boit ou tète difficilement.
La dernière indication est une combinaison de deux signes, car elle signifie aussi “si l’enfant
est incapable de boire ou de téter”. Il est peut-être plus simple de dire à la mère qu’il faut
ramener l’enfant, s’il “boit ou tète difficilement”. Le chapitre 30 contient plus de renseigne-
ments sur les conseils concernant le retour au dispensaire.

23.2 Le Plan B: Traiter les signes évidents de déshydratation avec des SRO
Il faut soigner l’enfant diarrhéique qui a une déshydratation moyenne ou modérée selon le
Plan B. Ce plan comprend un traitement initial au dispensaire pendant 4 heures. Durant
cette période, la mère ou la personne qui s’occupe de l’enfant donne lentement la quantité
recommandée de solution de SRO, à l’aide d’une tasse ou d’une cuillère.
L’enfant qui a une maladie grave et des signes évidents de déshydratation doit être hospitalisé
d’urgence. N’essayez pas de le réhydrater avant son transfert. Remettez rapidement un peu
de solution de SRO à la mère. Montrez-lui comment en donner fréquemment des gorgées à
l’enfant pendant le trajet. Il y a une exception: si l’enfant est classé uniquement dans la caté-
gorie de diarrhée persistante sévère. Il faut d’abord le réhydrater, puis le transférer à l’hôpital.
Si l’enfant qui présente des signes évidents de déshydratation a besoin de soins pour d’autres
problèmes, commencez par traiter la déshydratation, puis administrez les autres soins.
Après que l’enfant a reçu des SRO pendant 4 heures, réévaluez son état et classez-le selon le
tableau d’évaluation et de classification. Si les signes de déshydratation ont disparu, appli-
quez le Plan A. Si une déshydratation modérée demeure, répétez le Plan B. Si l’enfant souf-
fre d’une déshydratation sévère, recourez au plan C.

➤ Déterminer la quantité de SRO à administrer pendant les 4 premières heures


Pour déterminer la quantité de SRO requise, référez-vous au Plan B qui se trouve dans la
série de tableaux intitulée “Traiter l’enfant”. Vous y trouvez la posologie. Regardez quelle est
la quantité de SRO recommandée pour l’enfant selon son poids (ou son âge, si vous ne
connaissez pas son poids). Par exemple, un enfant de 5 kg a, en général, besoin de 200 à 400
ml de solution de SRO pendant les 4 premières heures.
Les quantités mentionnées dans le plan sont indicatives. L’âge ou le poids de l’enfant, la
gravité de la déshydratation et le nombre de selles pendant cette période influencent la
quantité nécessaire. En général, l’enfant boit autant qu’il en ressent le besoin. Si l’enfant
veut moins ou plus que la quantité estimée, donnez-lui ce qu’il veut.
Une autre façon de calculer la quantité de solution de SRO requise (en ml) est indiquée
dans le plan, sous l’encadré. Il faut multiplier le poids de l’enfant (en kilos) par 75. Ainsi
l’enfant qui pèse 8 kg a besoin de:
8 kg x 75 = 600 ml de solution de SRO en 4 heures.
Vous constatez que cette quantité correspond à la fourchette recommandée dans l’encadré,
qui vous évite de devoir effectuer ce calcul.
Le traitement aux SRO ne doit pas empêcher l’enfant nourri au sein de s’allaiter normale-
ment. Recommandez à la mère de suspendre le traitement, de donner le sein à l’enfant
quand celui-ci le réclame, puis de continuer le traitement. Si l’enfant de moins de 6 mois
n’est pas nourri au sein, sa mère doit lui donner 100 à 200 ml d’eau propre pendant les 4
premières heures en plus de la solution de SRO. Le lait maternel et l’eau empêchent
l’hypernatrémie chez le nourrisson.

➤ Enseigner à la mère à donner une solution de SRO


Montrez un endroit confortable dans le dispensaire où la mère peut s’installer avec son
enfant. Dites-lui quelle quantité de solution il faut donner pendant les 4 prochaines heures.
CHAPITRE 23. LE TRAITEMENT DE LA DIARRHÉE ▼ 99

Exprimez la quantité en unités de mesure utilisées dans la région. Si l’enfant a moins de 2


ans, montrez à la mère comment donner une cuillerée fréquemment. Si l’enfant a plus de 2
ans, montrez à la mère comment lui donner de fréquentes gorgées à l’aide d’une tasse.
Restez près d’elle pendant qu’elle donne les premières gorgées à l’enfant avec la tasse ou la
cuillère. Demandez-lui si elle a des questions.
Si l’enfant vomit, la mère doit attendre environ 10 minutes avant de lui redonner la solution,
plus lentement.
Encouragez la mère à interrompre le traitement pour allaiter son enfant chaque fois que
celui-ci le réclame. Quand la tétée est terminée, la mère doit continuer de donner la solution
de SRO. Il ne faut pas donner d’aliment à l’enfant pendant les premières 4 heures du traite-
ment aux SRO.
Indiquez à la mère où elle peut changer les langes de l’enfant ou où l’enfant peut utiliser des
toilettes ou un pot de chambre. Montrez-lui où se laver les mains et laver les mains de
l’enfant ensuite.
Allez voir la mère de temps en temps pour savoir si elle a un problème. Si l’enfant ne boit pas
bien la solution de SRO, essayez de l’administrer par une autre méthode. Vous pouvez em-
ployer, par exemple, un compte-gouttes ou une seringue sans aiguille.
Pendant les 4 heures durant lesquelles la mère donne la solution de SRO à son enfant, vous
disposez de beaucoup de temps pour lui apprendre à soigner son enfant. Cependant l’essen-
tiel est de réhydrater celui-ci. Quand l’état de l’enfant s’améliore manifestement, la mère
peut penser aux autres soins à lui prodiguer. Enseignez-lui à mélanger et à donner la solu-
tion à domicile, selon le Plan A. Il est souhaitable de lui remettre des informations écrites
qu’elle peut lire pendant qu’elle réhydrate son enfant. Elle peut aussi étudier les informa-
tions figurant sur des affiches placées sur le mur.

➤ Après 4 heures
Après que l’enfant a reçu des SRO pendant 4 heures, réévaluez son état et classez-le selon le
tableau d’évaluation et de classification. Classez la déshydratation, puis choisissez le plan à
exécuter dans la poursuite du traitement.
Note : Réexaminez l’enfant avant la fin de la période, s’il n’avale pas la solution de SRO ou semble
aller plus mal.
Si l’état de l’enfant s’est amélioré et s’il n’y a pas de déshydratation, appliquez le Plan A.
Enseignez à la mère à prendre les mesures nécessaires, si vous ne l’avez pas fait pendant les
4 heures. Avant que la mère ne quitte le dispensaire, assurez-vous qu’elle a bien compris.
Aidez-la à résoudre les problèmes qu’elle peut rencontrer quand, de retour chez elle, elle
devra donner davantage de liquide à son enfant.
Note : Si les yeux de l’enfant sont bouffis, c’est le signe de la surhydratation. Ce n’est pas un signe de
danger, ni un signe d’hypernatrémie. C’est simplement la preuve que l’enfant a été réhydraté et n’a
plus besoin de solution de SRO pour le moment. Il faut lui donner de l’eau propre ou du lait mater-
nel. La mère doit lui donner la solution de SRO selon le Plan A, quand la bouffissure a disparu.
Si l’enfant continue d’avoir une déshydratation modérée, recommencez le Plan B. Il faut
d’abord nourrir l’enfant. Offrez-lui des aliments, du lait ou du jus. Après le repas, répétez le
traitement de 4 heures prévu dans le Plan B. Offrez à l’enfant des aliments, du lait ou du jus
toutes les 3 ou 4 heures. Si l’enfant est nourri au sein, il faut continuer de l’allaiter fréquem-
ment. Si le dispensaire ferme avant la fin du traitement, conseillez à la mère de continuer le
traitement à domicile.
Si l’état de l’enfant s’aggrave et la déshydratation devient sévère, il faut recourir au Plan C.

➤ Si la mère doit partir avant la fin du traitement


Il arrive que la mère doive quitter le dispensaire pendant que le Plan B est encore en cours
d’exécution, c’est-à-dire avant que son enfant ne soit réhydraté. Dans un tel cas, vous devez:
— Montrer à la mère comment préparer une solution de SRO à domicile, veiller à ce
qu’elle puisse s’exercer avant de partir
— Lui indiquer quelle quantité de solution il faut encore donner pour terminer le traite-
ment de 4 heures à domicile
100 ▼ MANUEL SUR LA PCIME

— Lui remettre suffisamment de sachets de SRO pour achever la réhydratation, et lui


remettre 2 sachets de plus pour appliquer le Plan A
— Lui expliquer les trois règles du traitement à domicile: 1.Donner davantage de liquide,
2. Continuer d’alimenter l’enfant, 3. Savoir quand ramener l’enfant au dispensaire
(d’après les instructions énoncées dans le Plan A).

23.3 Plan C: Traiter rapidement la déshydratation sévère


L’enfant sévèrement déshydraté a besoin d’un apport d’eau et de sels rapidement. On pro-
cède, en général, à la réhydratation par perfusion intraveineuse ou par sonde nasogastrique.
Soulignons que cette thérapie n’est recommandée que pour l’enfant qui souffre d’une déshy-
dratation sévère. Le traitement de l’enfant sévèrement déhydraté dépend:
■ du type d’équipement dont dispose votre dispensaire, un établissement de santé de pre-
mier niveau proche ou l’hôpital
■ de la formation que vous avez acquise
■ de la capacité ou de l’incapacité de l’enfant de boire.
Pour déterminer la manière de traiter un enfant qui a besoin du Plan C, référez-vous au
schéma qui se trouve dans la série de tableaux intitulée “Traiter l’enfant” du fascicule de la
PCIME. Puis suivez les instructions appropriées figurant à l’annexe A du présent manuel.

23.4 Le traitement du nourrisson diarrhéique


Dans le fascicule, le tableau à ce sujet renvoie aux instructions relatives à l’enfant âgé de 2
mois à 5 ans. Vous avez déjà appris à réaliser le Plan A pour traiter la diarrhée à domicile et
les Plans B et C pour réhydrater les enfants diarrhéiques. Lors de l’application de ces plans
à un nourrisson, il faut accorder une attention particulière à quelques points.

Le Plan A : Traiter la diarrhée à domicile


Tous les enfants et les nourrissons qui ont la diarrhée ont besoin d’absorber davantage de
liquide que d’habitude pour prévenir la déshydratation; il faut aussi continuer à les nourrir.
La meilleure solution pour donner à un nourrisson plus de liquide et continuer à le nourrir
est de l’allaiter au sein plus souvent et plus longtemps que quand le nourrisson n’a pas la
diarrhée. La mère peut aussi donner à son enfant, en plus, une solution de SRO et de l’eau
propre. Si l’enfant est nourri exclusivement au sein, il est important de ne pas commencer à
lui donner des aliments liquides.
Quand la mère doit donner une solution de SRO à son nourrisson à domicile, montrez-lui
quelle quantité de solution il faut lui donner après chaque selle liquide. Conseillez-lui d’of-
frir d’abord le sein, puis de donner la solution. Rappelez à la mère d’arrêter de donner la
solution de SRO après que la diarrhée a cessé.

Le Plan B: Traiter les signes évidents de déshydratation


Le nourrisson qui souffre d’une déshydratation moyenne ou modérée a besoin d’une solu-
tion de SRO qu’il faut administrer selon le Plan B. Encouragez la mère à interrompre le
traitement pour allaiter son enfant chaque fois que celui-ci le réclame, puis à redonner la
solution de SRO. Il faut donner au nourrisson qui n’est pas nourri au sein 100—200 ml
d’eau propre, en plus de la solution, pendant cette période de 4 heures.

23.5 Le traitement de la diarrhée persistante


Le traitement de la diarrhée persistante exige une alimentation spéciale. Donnez les conseils
nécessaires à ce sujet à la mère de l’enfant qui a une diarrhée persistante. Référez-vous aux
recommandations concernant l’alimentation d’un enfant qui a une diarrhée per-
sistante qui se trouvent dans la série de tableaux du fascicule intitulée “Conseiller la mère”,
ainsi que dans le chapitre 29 du présent manuel.
▼ 101

CHAPITRE 24
Les vaccinations

Dans le présent chapitre, nous partons de l’idée que vous savez vacciner. L’immunisation
des enfants avec le vaccin approprié au moment opportun permet de prévenir la rougeole, la
poliomyélite, la diphtérie, la coqueluche, le tétanos et la tuberculose. Les chapitres 12 et 15
vous ont appris à contrôler l’état vaccinal de chaque nourrisson ou enfant malade.

24.1 La préparation et la réalisation de la vaccination


Rappelons les bases de la préparation et la réalisation de la vaccination:
■ Si l’enfant est assez bien pour rentrer chez lui, faites-lui les vaccins dont il a besoin avant
qu’il ne quitte le dispensaire.
■ Utilisez une aiguille et une seringue stériles lors de chaque injection, pour prévenir la
transmission du virus du sida et du virus de l’hépatite B.
■ Si seul un enfant qui se trouve au dispensaire a besoin d’être immunisé, ouvrez le flacon
de vaccin et vaccinez l’enfant.
■ Jetez les flacons entamés de vaccins BCG et antirougeoleux à la fin de chaque série de
vaccinations. Vous pouvez garder les flacons de VPO et de DTC ouverts, à condition :
— qu’ils soient munis d’un bouchon de caoutchouc
— que le date d’expiration ne soit pas dépassée, et
— qu’ils soient étiquetés clairement et conservés de façon à ne pas interrompre la chaîne
du froid.
Les flacons entamés de VPO et de DTC peuvent être utilisés lors des séries de vaccina-
tions suivantes jusqu’à ce qu’ils soient vides.
■ Ne donnez pas de VPO-0 au nourrisson âgé de plus de 14 jours.
■ Inscrivez toutes les vaccinations effectuées sur la carte de vaccination de l’enfant, en indi-
quant la date de l’administration de chaque dose. Notez également ces informations dans
le registre des vaccinations ou la fiche de prise en charge de l’enfant, selon ce que vous
utilisez au dispensaire.
■ Si l’enfant diarrhéique a besoin du VPO, vaccinez-le, mais ne notez pas la dose sur la carte
de vaccination. Dites à la mère de ramener l’enfant après 4 semaines pour une dose sup-
plémentaire de VPO.
Quand l’enfant revient pour le rappel, considérez qu’il s’agit de la dose dont il avait be-
soin quand il avait la diarrhée. Notez la date du rappel sur la carte de vaccination et dans
le registre de vaccinations du dispensaire.

24.2 Les renseignements à fournir à la mère ou à la personne qui s’occupe


de l’enfant
Dites à la mère quel est le vaccin fait à son enfant lors de la consultation.
Avertissez-la des effets secondaires possibles. Voici la liste des effets secondaires de cha-
cun des vaccins:
■ BCG : une petite inflammation rouge douloureuse, puis une ulcération apparaît à cet
endroit après environ 2 semaines. Cette plaie guérit toute seule et laisse une petite cica-
trice.
102 ▼ MANUEL SUR LA PCIME

Avertissez la mère qu’une petite ulcération se produira et qu’il ne faut pas la couvrir, sauf
en cas de nécessité et uniquement avec un pansement sec.
■ VPO : pas d’effet secondaire
■ DTC : éventuellement, fièvre, irritabilité et endolorissement; ces effets secondaires ne
sont, en général, pas graves et n’exigent pas de traitement spécial. La fièvre prouve que le
vaccin a pris.
Expliquez à la mère que si l’enfant semble très chaud au toucher ou a mal, il faut lui
donner du paracétamol. Il ne faut pas couvrir ou habiller l’enfant plus que d’habitude.
■ Anti-rougeole : éventuellement, fièvre et légère éruption rougeoleuse. Une semaine après
la vaccination, l’enfant peut avoir de la fièvre pendant 1 à 3 jours, ce qui prouve que le
vaccin a pris.
Dites à la mère de donner du paracétamol, si la fièvre est forte.
Indiquez à la mère quand elle doit ramener l’enfant pour la vaccination suivante.
Partie VI
○ ○ ○ ○ ○ ○ ○ ○ ○ ○ ○ ○ ○ ○ ○ ○ ○

COMMUNIQUER
ET CONSEILLER
▼ 105

CHAPITRE 25
Savoir communiquer

Il est important de bien communiquer, dès le début de la consultation, avec la mère ou la


personne qui s’occupe de l’enfant. Ainsi l’agent de santé peut la rassurer et lui prouver que
son enfant sera bien soigné. Quand un nourrisson ou un enfant est amené dans un établisse-
ment de santé parce qu’il est malade, il faut que le traitement commencé au dispensaire
continue à domicile. Le succès du traitement à domicile dépend de la manière dont vous
communiquez avec la mère ou la personne qui s’occupe de l’enfant. Elle doit apprendre à
prodiguer les soins nécessaires. Elle doit aussi comprendre l’importance du traitement.
■ Posez des questions et écoutez les réponses pour connaître les problèmes de l’enfant
et les soins déjà donnés par la mère.
■ Félicitez la mère quand elle a donné de bons soins.
■ Conseillez-la quant aux soins à donner à l’enfant à domicile
■ Vérifiez si la mère a bien compris.

▼ POSER DES QUESTIONS ET ÉCOUTER LES RÉPONSES POUR CONNAÎTRE LES PROBLÈMES DE
L’ENFANT ET LES SOINS DÉJÀ DONNÉS PAR LA MÈRE.
Dans le chapitre 5, vous avez déjà appris qu’il est indispensable de poser des questions pour
évaluer les problèmes de l’enfant. Écoutez attentivement ce que dit la mère au sujet de ces
problèmes et des efforts qu’elle a déjà déployés pour les résoudre. Vous savez alors quelles
mesures elle a prises, si ces mesures sont appropriées ou s’il faut les modifier.

▼ FÉLICITER LA MÈRE QUAND ELLE A DONNÉ DE BONS SOINS.


Il est probable que la mère agit pour le bien de son enfant, par exemple, en l’allaitant au sein.
Complimentez-la de ce qu’elle accomplit d’utile pour l’enfant. Soyez sincère et n’applaudis-
sez que des actes qui sont vraiment bénéfiques pour l’enfant.

▼ CONSEILLER LA MÈRE QUANT AUX SOINS À DONNER À L’ENFANT À DOMICILE


Ne donnez que les conseils dont la mère a besoin à ce moment-là. Employez des mots
qu’elle comprend. Si possible, utilisez des images ou des objets. Par exemple, montrez la
quantité de liquide qu’il faut mettre dans une tasse.
Conseillez à la mère de ne plus faire des choses qui sont néfastes pour l’enfant. Exprimez-
vous clairement, tout en évitant des paroles qui poussent la mère à se sentir coupable ou
incompétente. Expliquez-lui pourquoi ce qu’elle fait nuit à l’enfant.
Parfois, le conseil à donner est simple. Par exemple, il suffit de dire à la mère de ramener
l’enfant au dispensaire après 2 jours pour une consultation de suivi. Parfois, il faut enseigner
à la mère à effectuer une tâche. Dans ce cas, il faut procéder par étapes.
Rappelez-vous comment vous avez appris à écrire, à cuisiner ou à acquérir une autre compé-
tence. On vous a sans doute d’abord donné des instructions. Puis vous avez observé quel-
qu’un d’autre. Enfin, vous avez essayé de le faire vous-même.
Quand vous enseignez à la mère à soigner son enfant, procédez en trois phases
1. L’information
2. La démonstration
3. La possibilité de s’exercer
106 ▼ MANUEL SUR LA PCIME

L’information: Expliquez à la mère comment accomplir la tâche, par exemple, comment:


— appliquer une pommade ophtalmique
— préparer une solution de SRO, ou
— soulager un mal de gorge.
La démonstration: Montrez comment accomplir la tâche, par exemple, comment:
— empêcher l’enfant de bouger et lui mettre de la pommade dans les yeux
— mélanger des SRO avec la quantité d’eau requise, ou
— préparer un médicament inoffensif qui soulage le mal de gorge
La possibilité de s’exercer: Priez la mère d’accomplir elle-même la tâche pendant que vous
l’observez; par exemple, priez-la
— d’appliquer de la pommade ophtalmique dans les yeux de son enfant
— de mélanger une solution de SRO, ou
— de décrire comment elle préparera, à domicile, un médicament inoffensif qui soulage
le mal de gorge
Il suffit parfois d’inviter la mère à décrire la manière dont elle accomplira la tâche requise à
domicile.
La partie la plus importante de l’enseignement est de permettre à la mère de s’exercer à
accomplir une tâche. Si vous l’observez pendant qu’elle accomplit cette tâche, vous pouvez
voir ce qu’elle a compris et ce qu’elle a de la peine à faire. Vous pouvez alors l’aider à mieux
réaliser ce qui est nécessaire. La mère se rappellera un acte qu’elle s’est exercée à exécuter
plus facilement que des recommandations qu’elle a entendues.
Quand vous enseignez à la mère à soigner son enfant:
■ Employez des mots qu’elle comprend
■ Utilisez des objets dont elle a l’habitude de se servir, tels qu’un pot pour mélanger la
solution de SRO
■ Commentez ce qu’elle fait pendant qu’elle s’exerce; félicitez-la ou montrez-lui comment
s’améliorer.
■ Permettez-lui de s’exercer à nouveau, si nécessaire.
■ Encouragez-la à poser des questions. Répondez à toutes ses questions.

▼ VÉRIFIER SI LA MÈRE A BIEN COMPRIS


Posez des questions à la mère pour vérifier ce qu’elle a compris et quelles explications sup-
plémentaires sont requises. Évitez de poser des questions suggérant la réponse et des ques-
tions auxquelles elle peut répondre simplement par oui ou non.
Voici des exemples de questions utiles: “Quels aliments donnerez-vous à votre enfant ?”
“Combien de fois les donnerez-vous ?” Si vous obtenez une réponse peu claire, posez une
autre question semblable. Félicitez la mère quand elle a bien compris ou fournissez-lui des
conseils plus précis, si nécessaire.
Après avoir enseigné à la mère à traiter son enfant, il faut lui poser des questions pour être
certain qu’elle sait bien ce qu’elle devra faire.
Il est important de poser les questions appropriées, au lieu de questions auxquelles la mère
peut répondre uniquement “oui” ou “non”. Elle doit prouver qu’elle sait pourquoi, com-
ment et quand administrer un traitement.
Vous pouvez conclure de ses réponses si elle a compris et appris ce que vous lui avez ensei-
gné. Si elle ne peut pas répondre correctement, informez-la de manière plus complète et
plus précise. Par exemple, vous enseignez à une mère à administrer un antibiotique. Ensuite,
vous demandez:
“Savez-vous comment donner ce médicament à votre enfant ?”.
La mère répondra probablement “oui”, qu’elle ait compris ou non. Elle est peut-être gênée
d’avouer qu’elle n’a pas compris. Mais si vous posez la question suivante:
CHAPITRE 25. SAVOIR COMMUNIQUER ▼ 107

“À quel moment donnez-vous le médicament à votre enfant ?”


“Combien de comprimés donnez-vous chaque fois ?”
“Pendant combien de jours lui donnez-vous les comprimés ?”
vous attendez de la mère qu’elle répète les instructions que vous lui avez fournies. Par de
telles questions, vous vérifiez ce que la mère a appris et retenu quant au traitement de son
enfant.
Les questions à poser, à ce moment de la consultation, sont donc celles qui permettent de
contrôler ce que la mère a compris. Demandez-lui pourquoi, comment, quand, com-
bien.
Les questions auxquelles il est possible de répondre “oui” ou “non” ne montrent pas ce que
la mère sait.
Après avoir posé une question, attendez. Laissez à la mère le temps de réfléchir, puis de
répondre. Ne répondez pas à sa place. Ne posez pas rapidement une question différente.
Il faut de la patience pour procéder à une telle vérification. La mère connaît peut-être la
réponse, mais s’exprime lentement. Elle est surprise que vous vouliez vraiment une réponse.
Elle redoute de se tromper dans sa réponse. Elle est peut-être intimidée de parler à un agent
de santé. Attendez sa réponse. Encouragez-la à parler.

QUESTIONS APPROPRIÉES MAUVAISES QUESTIONS

Comment préparez-vous la solution de SRO ? Vous rappelez-vous comment mélanger les SRO ?

Combien de fois devriez-vous allaiter Devriez-vous allaiter votre enfant au sein ?


votre enfant au sein ?

Dans quelle partie de l’œil mettez-vous Avez-vous déjà mis de la pommade dans les yeux de
la pommade ? votre enfant ?

Quelle quantité de liquide faut-il donner Savez-vous comment donner davantage de liquide ?
après chaque selle liquide ?

Pourquoi est-il important que vous Penserez-vous à vous laver les mains ?
vous laviez les mains ?

Si la mère donne une réponse fausse ou ne se souvient plus des conseils reçus, veillez à ne
pas l’embarrasser. Enseignez-lui à nouveau le traitement requis. Donnez-lui davantage d’in-
formation, de démonstration ou de possibilité de s’exercer. Puis, posez de nouveau les
questions appropriées.
Parfois, la mère comprend, mais dit qu’elle ne peut pas suivre vos conseils parce qu’elle a un
problème ou une objection. Le plus souvent, le problème est dû au manque de temps ou de
ressources nécessaires pour le traitement. La mère peut objecter qu’elle préfère que son
enfant malade soit soigné par une piqûre plutôt que par un médicament administré par voie
orale, ou par un remède préparé à la maison plutôt que par un médicament.
Aidez la mère à trouver une solution à son problème et répondez à l’objection qu’elle for-
mule. Par exemple:
Si vous demandez:
“Quand mettrez-vous la pommade ophtalmique dans les yeux de votre enfant ?”
la mère peut répondre qu’elle n’est pas à la maison pendant la journée et ne peut
soigner son enfant que le matin et le soir.
Demandez-lui si quelqu’un d’autre (grand-mère, sœur ou frère aîné) peut effectuer le
traitement requis à midi. Aidez-la à prévoir comment elle enseignera à cette personne
à donner le soin correctement.
Si vous demandez:
“Quel récipient utiliserez-vous pour mesurer 1 litre d’eau pour le mélange avec les SRO ?”
la mère peut répondre qu’elle ne possède pas de récipient d’un litre.
108 ▼ MANUEL SUR LA PCIME

Demandez-lui quel récipient elle possède chez elle. Montrez-lui comment mesurer un
litre dans un récipient plus grand et marquer la limite de manière appropriée ou com-
ment parvenir à 1 litre en utilisant plusieurs fois un récipient de petite capacité.
Si vous demandez:
“Comment soulagerez-vous le mal de gorge de votre enfant à la maison ?”
la mère peut répondre qu’elle n’aime pas le remède que vous recommandez et préfère
que vous fassiez une piqûre à son enfant ou que vous prescriviez des comprimés.
Il faut la convaincre qu’un remède sans danger convient mieux qu’un autre médica-
ment. Exposez avec clarté les raisons de votre choix, car elle devra peut-être fournir
des explications à ce sujet aux membres de sa famille qui s’attendent, eux aussi, à ce
que l’enfant soit soigné différemment.
Quand vous vérifiez si la mère a bien compris:
■ Demandez-lui d’expliquer comment, quand, pourquoi elle donnera tel soin. Posez des
questions auxquelles elle ne peut pas répondre simplement par oui ou non.
■ Accordez-lui suffisamment de temps pour réfléchir avant de répondre.
■ Félicitez-la des réponses correctes.
■ Si nécessaire, amplifiez l’information, la démonstration ou la possibilité de s’exercer.
▼ 109

CHAPITRE 26
Enseigner à administrer un médicament
par voie orale à domicile

Les médicaments par voie orale énumérés dans les tableaux de la PCIME sont prévus pour
différentes maladies, selon des posologies différentes. Cependant, la manière d’administrer
ces médicaments est toujours la même. Le présent chapitre indique comment enseigner à la
mère à donner un médicament par voie orale. Si la mère apprend à donner un médicament
correctement, l’enfant sera traité correctement. Voici la marche à suivre lorsque vous remet-
tez à la mère un médicament à donner par voie orale.

▼ DÉTERMINER LE MÉDICAMENT ET LE DOSAGE APPROPRIÉS POUR L’ÂGE OU LE POIDS DE L’ENFANT


Référez-vous à la série de tableaux intitulée “Traiter l’enfant” pour déterminer le médica-
ment et le dosage qui conviennent à l’enfant ou les tableaux correspondants pour le nourris-
son.

▼ EXPLIQUER À LA MÈRE LES RAISONS DU CHOIX DU MÉDICAMENT, NOTAMMENT:


— pourquoi vous conseillez d’administrer un médicament par voie orale à son enfant, et
— quelle maladie ce médicament traitera.

▼ MONTRER COMMENT MESURER UNE DOSE


Prenez une boite ou une bouteille du médicament et vérifiez la date d’expiration. N’utilisez
pas de médicament dont la date d’expiration est dépassée.
Si l’enfant doit prendre des comprimés:
Montrez à la mère combien de comprimés il faut donner à la fois. Si nécessaire, mon-
trez-lui comment diviser un comprimé. Si un comprimé doit être écrasé avant d’être
donné à l’enfant, ajoutez quelques gouttes d’eau propre et attendez environ une mi-
nute. L’eau adoucit le comprimé qui sera plus facile à écraser.
Si l’enfant doit prendre un sirop:
Montrez à la mère comment mesurer le nombre de millilitres (ml) nécessaires pour
une dose. Utilisez le bouchon de la bouteille ou une cuillère normale—comme une
petite cuillère qui sert à ajouter du sucre dans une tasse de thé ou de café. Montrez-lui
comment mesurer la dose correcte avec cette cuillère.

MILLILITRES CUILLÈRE(S)
1
1,25 ml /4
1
2,5 ml /2
5,0 ml 1
1
7,5 ml 1 /2
10,0 ml 2
15,ml 3

Adaptez les quantités indiquées ci-dessus à la contenance des cuillères utilisées dans votre
région.
110 ▼ MANUEL SUR LA PCIME

Si l’enfant doit prendre des gélules:


Montrez à la mère quelle quantité donner par dose. Si l’enfant doit prendre moins d’une
gélule entière de vitamine A (ou ne peut pas avaler toute la gélule), montrez à la mère
comment ouvrir la gélule et en verser une partie dans la bouche de l’enfant.

▼ OBSERVER LA MÈRE QUI S’EXERCE À MESURER UNE DOSE


Priez la mère de mesurer une dose elle-même. Si l’enfant doit prendre un comprimé et ne
peut pas l’avaler, conseillez à la mère d’écraser le médicament. Observez ce qu’elle fait.
Félicitez-la quand elle effectue la mesure correctement. Si elle se trompe, montrez-lui à
nouveau comment faire.

▼ PRIER LA MÈRE D’ADMINISTRER LA PREMIÈRE DOSE À SON ENFANT


Expliquez à la mère que si l’enfant vomit, il faut lui donner le médicament, même s’il risque
de ne pas l’absorber. Recommandez de surveiller l’enfant pendant 30 minutes. Si l’enfant
vomit pendant cette demi-heure (le comprimé ou le sirop se voit dans la vomissure), il faut
lui donner une autre dose. Si l’enfant est déshydraté et vomit, il faut attendre qu’il soit
réhydraté avant de lui redonner la dose.

▼ EXPLIQUER COMMENT ADMINISTRER LE MÉDICAMENT, PUIS PLACER CELUI-CI DANS UN EMBAL-


LAGE MUNI D’UNE ÉTIQUETTE
Indiquez à la mère quelle quantité de médicament il faut donner à son enfant. Précisez
combien de fois par jour et à quel moment (par exemple, tôt le matin, à midi, à la fin de la
journée, avant d’aller au lit) il faut donner le médicament, ainsi que pendant combien de
jours.
Inscrivez ces indications sur une étiquette apposée sur la boite ou la bouteille de médica-
ment, par exemple, selon ce modèle:

NOM: DATE:

MEDICAMENT: QUANTITE:

DOSAGE:

Voici la marche à suivre:


a. Écrire le nom complet du médicament et la quantité totale de comprimés, gélules ou
sirop nécessaire pour le traitement.
b. Écrire la dose à donner au patient (nombre de comprimés, de gélules, de cuillerées,
etc.). Noter le moment où il faut administrer le médicament (par exemple, tôt le ma-
tin, à midi, à la fin de la journée, avant d’aller au lit).
c. Écrire le dosage quotidien et la durée du traitement, par exemple
1
/2 comprimé deux fois par jour pendant 5 jours.
Écrivez les instructions clairement, afin qu’une personne alphabétisée puisse les lire et les
comprendre. Mettez la quantité totale de médicament dans une enveloppe, une petite boite,
une bouteille, etc. Veillez à ce que le médicament reste propre et utilisez un récipient propre.
CHAPITRE 26. ENSEIGNER À ADMINISTRER UN MÉDICAMENT PAR VOIE ORALE À DOMICILE ▼ 111

Après avoir emballé et étiqueté le médicament, remettez-le à la mère. Posez des questions
pour vérifier si elle a bien compris comment soigner son enfant.

▼ SI L’ENFANT A BESOIN DE PLUSIEURS MÉDICAMENTS, PLACER CHAQUE MÉDICAMENT DANS UN


EMBALLAGE ÉTIQUETÉ SÉPARÉ
Préparez un médicament à la fois. Écrivez les instructions sur l’étiquette. Prélevez la quan-
tité nécessaire. Mettez une quantité suffisante de médicament dans un emballage étiqueté.
Terminez la préparation d’un médicament, avant d’ouvrir la boîte ou la bouteille d’un autre
médicament.
Expliquez à la mère que son enfant doit prendre plus d’un médicament, parce qu’il souffre
de plus d’une maladie. Montrez à la mère les différents médicaments. Expliquez-lui com-
ment administrer chacun d’eux. Si nécessaire, établissez un calendrier de l’ensemble des
médicaments à donner chaque jour.

▼ EXPLIQUER QUE TOUS LES MÉDICAMENTS À ADMINISTRER PAR VOIE ORALE DOIVENT ÊTRE
DONNÉS, MÊME SI L’ÉTAT DE L’ENFANT S’AMÉLIORE AVANT LA FIN DU TRAITEMENT.
Expliquez à la mère qu’il faut continuer de soigner l’enfant, même si celui-ci semble aller
mieux. C’est important parce que les bactéries ou les parasites du paludisme peuvent être
encore présents, même si les signes de la maladie ont disparu.
Conseillez à la mère de garder tous les médicaments hors de la portée des enfants, et de les
conserver dans un endroit sec et à l’abri de la lumière, des souris et des insectes.

▼ VÉRIFIER SI LA MÈRE A BIEN COMPRIS AVANT QU’ELLE NE QUITTE LE DISPENSAIRE


Demandez, par exemple, à la mère:
“Quelle quantité de médicament donnerez-vous au moment prévu ?”
“Quand donnerez-vous le médicament ?” “Pendant combien de jours ?”
“Comment préparerez-vous le comprimé ?”
“Quel médicament donnerez-vous 3 fois par jour ?”
Si vous avez le sentiment que la mère éprouvera des difficultés à administrer le ou les médi-
caments à domicile, amplifiez l’information, la démonstration ou la possibilité de s’exer-
cer. Pour guérir, l’enfant doit être soigné correctement.
Dans certains dispensaires, un agent de santé a pour tâche spéciale d’enseigner à la mère à
soigner son enfant et à vérifier qu’elle a bien compris. S’il en est ainsi dans votre établisse-
ment, inculquez à cette personne les connaissances que vous avez acquises en étudiant le
présent chapitre.
112 ▼

CHAPITRE 27
Enseigner à traiter les infections locales
à domicile

Le présent chapitre décrit la manière d’enseigner à la mère ou à la personne qui s’occupe de


l’enfant à traiter les infections locales à domicile. Ces infections comprennent la toux, le mal
de gorge, l’infection oculaire, les ulcères buccaux, l’affection de l’oreille, la rougeur ou la
suppuration de l’ombilic, les pustules cutanées et le muguet.
Voici la marche à suivre:
■ Expliquer à la mère ou à la personne qui s’oc-
cupe de l’enfant en quoi consiste le traitement
et pourquoi il faut le donner.
■ Décrire les phases du traitement, telles qu’el-
les figurent dans les encadrés de la partie du
fascicule consacrée au traitement.
■ Observer la mère pendant qu’elle commence
à effectuer le traitement au dispensaire (sauf
en ce qui concerne les remèdes pour la toux
ou le mal de gorge).
■ Préciser combien de fois il faut donner ce soin
à domicile.
■ Si la mère en a besoin pour le traitement à
domicile, lui donner le tube de pommade à la
tétracycline ou une petite bouteille de violet
de gentiane.
■ S’assurer que la mère a bien compris avant
qu’elle ne quitte le dispensaire.
Certains traitements des infections locales sont
pénibles pour l’enfant, qui, souvent, refuse qu’on
soigne ses yeux, ses oreilles ou sa bouche. Il faut
donc veiller à ce que l’enfant ne bouge pas, afin
qu’il ne puisse pas gêner le traitement.
Le dessin ci-contre montre une bonne façon de
tenir l’enfant. Une personne incline la tête de celui-ci vers l’arrière quand il faut lui mettre
de la pommade dans les yeux ou badigeonner sa bouche. Elle lui incline la tête de côté pour
l’assèchement de l’oreille à l’aide d’une mèche.
Il ne faut essayer d’immobiliser l’enfant qu’immédiatement avant le soin.

27.1 Traiter une infection de l’œil avec une pommade ophtalmique à la


tétracycline
Si l’enfant doit être hospitalisé D’URGENCE, nettoyez-lui délicatement l’œil. Abaissez la
paupière inférieure. Placez la première dose de pommade—de la dimension d’un grain de
riz—dans cette partie de l’œil.
S’il ne faut pas hospitaliser l’enfant, enseignez à la mère à appliquer la pommade ophtalmi-
que. À l’aide du tableau intitulé “Traiter l’enfant”, fournissez à la mère les informations
suivantes:
Insistez sur la nécessité de traiter les deux yeux pour éviter des lésions oculaires. Avertissez-
la que la pommade piquera un peu les yeux de l’enfant. Indiquez-lui qu’il faut:
CHAPITRE 27. ENSEIGNER À TRAITER LES INFECTIONS LOCALES À DOMICILE ▼ 113

■ se laver les mains avant et après le traitement des yeux


■ essuyer les yeux de l’enfant avec un tissu propre immédiatement
avant l’application de la pommade
■ répéter le traitement (nettoyer les yeux et appliquer la pommade)
3 fois par jour, le matin, à midi et le soir.
Puis montrez à la mère comment soigner les yeux de son enfant.
N’oubliez pas de vous laver les mains.
■ Abaissez la paupière inférieure de votre œil. Indiquez à la mère
que c’est à l’intérieur de la paupière qu’il faut mettre la pom-
made. Dites-lui de veiller à ce que le tube ne touche ni l’œil, ni la paupière.
■ Chargez quelqu’un de tenir l’enfant immobile.
■ Essuyez l’un des yeux de l’enfant avec un tissu. Mettez de la pommade à l’intérieur de la
paupière inférieure, en vous assurant que la mère voit où il faut mettre la pommade et la
quantité à mettre (de la dimension d’un grain de riz).
Priez la mère de s’exercer à nettoyer l’autre œil de l’enfant et à y mettre la pommade.
Observez ce qu’elle fait et guidez ses gestes. Quand elle a fini, fournissez-lui les informations
supplémentaires suivantes:
■ Il faut traiter les deux yeux jusqu’à ce que la rougeur ait disparu de l’œil infecté.
Il y a une amélioration, quand il y a moins de pus dans l’œil ou quand les paupières ne
sont pas collées le matin.
■ Il ne faut pas recourir à d’autre pommade, collyre ou traitement ophtalmique pour soi-
gner les yeux de l’enfant. Ces substances peuvent être néfastes et causer des lésions ocu-
laires ou même la cécité.
■ Il faut ramener l’enfant au dispensaire après 2 jours s’il a encore du pus dans les yeux.
Puis remettez le tube de pommade à la mère pour qu’elle puisse l’utiliser à domicile. Remet-
tez-lui le tube que vous avez employé pour traiter l’enfant pendant la consultation. Avant
que la mère ne quitte le dispensaire, posez-lui des questions pour vérifier si elle a bien com-
pris comment soigner les yeux de son enfant. Demandez-lui, par exemple:
“Mettrez-vous de la pommade dans un œil ou dans les deux yeux ?”
“Montrez-moi quelle quantité de pommade vous mettrez dans chaque œil.”
“Combien de fois par jour effectuerez-vous le traitement ?”
“Quand vous laverez-vous les mains ?”

27.2 Assécher l’oreille à l’aide d’une mèche


Référez-vous au tableau intitulé “Traiter l’enfant”. Quand vous enseignez à une mère à
soigner les oreilles de son enfant, expliquez-lui d’abord que pour guérir, l’oreille infectée
doit être sèche. Puis, montrez-lui comment assécher l’oreille de l’enfant.
Dites à la mère que pour assécher l’oreille de son enfant, il faut:
■ tourner en une mèche du tissu de coton propre et absorbant ou un mouchoir
en papier, ne pas utiliser un coton-tige, un bâtonnet ou du papier mince qui
risque de se déchirer dans l’oreille
■ tourner délicatement la mèche dans l’oreille de l’enfant, la ressortir quand
elle est humide
■ remplacer la mèche humide par une mèche propre
■ recommencer jusqu’à ce que la mèche demeure sèche, ce qui prouve que l’oreille est
sèche.
Observez la mère pendant qu’elle s’exerce et guidez ses gestes. Quand elle a fini, four-
nissez-lui les informations supplémentaires suivantes:
■ assécher l’oreille 3 fois par jour
■ effectuer le traitement autant de jours qu’il faut jusqu’à ce que la mèche ne devienne
plus humide quand on la met dans l’oreille et que du pus ne s’écoule plus de l’oreille
114 ▼ MANUEL SUR LA PCIME

■ ne rien mettre dans l’oreille (huile, liquide ou autre substance) entre deux assèchements,
ne pas permettre à l’enfant de nager, éviter que de l’eau pénètre dans l’oreille.
Pour vérifier que la mère a bien compris, posez-lui des questions. Par exemple:
“Qu’utiliserez-vous pour fabriquer la mèche à domicile ?”
“Combien de fois par jour assécherez-vous l’oreille avec une mèche ?”
“Que mettrez-vous d’autre dans l’oreille de votre enfant ?”
Si la mère pense qu’elle aura des difficultés à assécher l’oreille de son enfant avec une mè-
che, aidez-la à les surmonter.

27.3 Traiter les ulcérations buccales au violet de gentiane


Le traitement des ulcérations buccales est un moyen de lutter contre l’infection et de per-
mettre à l’enfant de manger. Enseignez à la mère à traiter les ulcérations buccales avec du
violet de gentiane dilué de moitié. Pour un usage buccal, le violet de gentiane doit être à
0,25%, non pas à 0,5%. Fournissez à la mère les informations suivantes:
■ Après peu de temps, son enfant commencera à manger normalement, si elle lui badi-
geonne les ulcérations qu’il a dans la bouche. Il est crucial que son enfant mange.
■ Il faut nettoyer la bouche de l’enfant avec un tissu propre et doux enroulé autour du doigt
et imprégné d’eau salée.
■ Il faut utiliser un tissu propre ou un bâtonnet dont le bout est entouré d’ouate et y verser
quelques gouttes de violet de gentiane qui tue les microbes à l’origine des ulcérations. Il
ne faut pas que l’enfant absorbe du violet de gentiane.
■ Il faut traiter les ulcérations buccales 2 fois par jour, le matin et le soir.
■ Le traitement doit durer 5 jours.
Enroulez un tissu propre autour de votre doigt et trempez-le dans de l’eau salée. Montrez à
la mère comment nettoyer la bouche de son enfant. Puis badigeonnez la moitié de la bou-
che de celui-ci avec du violet de gentiane en solution de 0,25%.
Invitez la mère à s’exercer. Observez ses gestes quand elle nettoie l’autre partie de la
bouche de son enfant et badigeonne les ulcérations qui s’y trouvent. Si nécessaire, indiquez-
lui comment être plus efficace.
Remettez à la mère une bouteille de violet de gentiane dilué de moitié pour le traitement à
domicile. Recommandez-lui de ramener son enfant après 2 jours pour une consultation de
suivi ou auparavant si les ulcérations s’aggravent ou si l’enfant ne parvient pas à boire ou à
manger.
Avant que la mère ne quitte le dispensaire, posez-lui des questions pour vérifier si elle a
bien compris comment soigner la bouche de son enfant. Demandez-lui, par exemple:
“Comment nettoierez-vous la bouche de votre enfant ?”
“Quand vous laverez-vous les mains ?”
“Combien de fois par jour badigeonnerez-vous la bouche de votre enfant ?”
“Pendant combien de jours ?”
Si la mère pense qu’elle aura des difficultés à effectuer le traitement requis, aidez-la à les
surmonter.

27.4 Calmer le mal de gorge et la toux avec un remède inoffensif


Pour calmer le mal de gorge ou la toux, recourez à un remède inoffensif. Un tel remède peut
être préparé à domicile, obtenu au dispensaire ou acheté à la pharmacie. Il est indispensable
que ce remède soit sans danger. Les remèdes préparés à domicile sont aussi efficaces que
ceux qui se vendent dans le commerce.
La série de tableaux de la PCIME intitulée “Traiter l’enfant” énumère les remèdes inoffen-
sifs recommandés pour soigner la gorge ou la toux de l’enfant. Si l’enfant est exclusivement
allaité au sein, il ne faut lui donner aucun autre aliment ni remède. Le lait maternel est le
meilleur calmant pour l’enfant nourri uniquement au sein. Quand vous conseillez d’admi-
CHAPITRE 27. ENSEIGNER À TRAITER LES INFECTIONS LOCALES À DOMICILE ▼ 115

nistrer un remède inoffensif, il n’est pas nécessaire que la mère s’exerce à l’utiliser. Un
dosage exact n’est pas indispensable pour ce genre de médicaments.
Il se peut que des remèdes dangereux soient employés dans votre région. Dans ce cas, ils
sont inscrits dans l’encadré. Ne recourrez jamais à des remèdes qui contiennent des ingré-
dients néfastes, comme l’atropine, la codéine ou des dérivés de codéine, ou de l’alcool. De
telles substances peuvent avoir un effet sédatif, mais risquent de gêner l’alimentation de
l’enfant et de l’empêcher d’éliminer, en toussant, les sécrétions pulmonaires. Il est préféra-
ble de ne pas utiliser des gouttes nasales médicinales (c’est-à-dire des gouttes nasales qui
contiennent autre chose que du sel).

27.5 Traiter les infections locales du nourrisson


Il y a trois types d’infections locales chez le nourrisson que sa mère ou la personne qui
s’occupe de lui peut traiter à domicile: la rougeur ou la suppuration de l’ombilic, les pustules
cutanées et le muguet. Ces infections locales se soignent de la même manière que les ulcéra-
tions buccales de l’enfant âgé de 2 mois à 5 ans. Suivez les instructions qui figurent dans la
série de tableaux intitulée “Traiter le nourrisson et conseiller la mère” de la section consa-
crée au nourrisson. La mère doit nettoyer la partie infectée deux fois par jour, puis appliquer
du violet de gentiane. Enseignez à la mère à traiter ces infections et vérifiez si elle a bien
compris. Pour le traitement du muguet, remettez à la mère une bouteille de violet de genti-
ane dilué de moitié (0,25%). Quand il s’agit de traiter des pustules cutanées ou une infec-
tion ombilicale, remettez-lui une bouteille de violet de gentiane dilué à 0,5%.
116 ▼

CHAPITRE 28
Conseiller la mère en cas de problèmes
d’allaitement au sein

Le chapitre 15 vous a appris à vérifier si le nourrisson a un problème d’alimentation ou une


insuffisance pondérale. Si le nourrisson est allaité au sein et est classé comme ayant un
problème d’alimentation ou une insuffisance pondérale, vous devez aider la mère à résoudre tout
problème d’allaitement au sein que vous avez constaté lors de l’évaluation.
■ Si la mère allaite son enfant moins de 8 fois en 24 heures, conseillez-lui d’accroître la
fréquence de l’allaitement au sein et d’allaiter son enfant aussi souvent et aussi longtemps
que celui-ci le réclame, le jour et la nuit.
■ Si la mère donne au nourrisson d’autres aliments ou boissons, encouragez-la à l’allaiter
au sein davantage, à réduire et, si possible, à supprimer l’apport d’autres aliments ou
boissons. Conseillez-lui de donner au nourrisson toute autre boisson à l’aide d’une tasse
et non d’un biberon.
■ Si la mère n’allaite pas du tout le nourrisson au sein, proposez-lui de consulter un con-
seiller en allaitement au sein, en vue d’une reprise de l’allaitement. Si la mère est d’ac-
cord, elle pourra peut-être surmonter ainsi les difficultés auxquelles elle se heurte dans ce
domaine et reprendre l’allaitement au sein.
Indiquez à la mère qui n’allaite pas son enfant au sein comment choisir et préparer correc-
tement un aliment remplaçant le lait maternel (voir le chapitre 29). Conseillez-lui aussi de
nourrir le nourrisson avec une tasse et non avec un biberon.
Priez la mère de ramener le nourrisson pour une consultation de suivi après 2 jours. C’est
surtout important si vous recommandez un changement marqué dans l’alimentation du
nourrisson.

28.1 Enseigner à la mère à bien placer le nourrisson et assurer une bonne


prise du sein
Le chapitre 15 vous a également appris à évaluer l’allaitement au sein de l’enfant qui ne
doit pas être hospitalisé d’urgence et qui
■ s’alimente difficilement
■ est allaité au sein moins de 8 fois en 24 heures
■ consomme d’autres aliments ou boissons, ou
■ a une insuffisance pondérale.
Si vous constatez que le nourrisson n’a pas une prise de sein satisfaisante ou a de la peine à
téter, il faut enseigner à sa mère à le placer correctement et à veiller à ce que la prise du sein
soit bonne.

28.1.1 Les raisons d’une mauvaise prise du sein et d’une succion inefficace
Il y a plusieurs raisons pour lesquelles le nourrisson n’a pas une bonne prise du sein ou ne
réussit pas à téter efficacement. Il a peut-être été nourri au biberon, surtout pendant les
premiers jours après l’accouchement. La mère manque d’expérience. Elle éprouve des diffi-
cultés, mais ne sait pas à qui demander un conseil ou de l’aide. Le nourrisson était peut-être
petit et faible après la naissance, les mamelons de la mère sont plats ou l’allaitement au sein
a commencé avec du retard.
CHAPITRE 28. CONSEILLER LA MÈRE EN CAS DE PROBLÈMES D’ALLAITEMENT AU SEIN ▼ 117

28.1.2 L’amélioration de la position et de la prise du sein


La manière dont la mère tient son enfant pendant qu’elle l’allaite est importante, parce que
si la position du nourrisson est mauvaise, elle conduit à une mauvaise prise du sein, surtout
chez le jeune nourrisson. Si le nourrisson est bien placé, la prise du sein sera probablement
bonne.
On reconnaît la bonne position à l’ensemble des signes suivants:
— le cou du nourrisson est droit ou légèrement renversé vers l’arrière
— le corps du nourrisson est tourné vers la mère
— le corps du nourrisson est proche de la mère, et
— la mère soutient tout le corps du nourrisson de ses bras.
On reconnaît la mauvaise position à l’un des signes suivants:
— le cou du nourrisson est tordu ou penché en avant
— le corps du nourrisson n’est pas tourné vers la mère,
— le corps du nourrisson n’est pas proche de la mère, ou
— la mère ne soutient que la tête et la nuque de son enfant.

Le corps du nourrisson est proche, tourné vers le sein Le corps n’est pas proche, le cou est tordu

Si, lors de l’évaluation de l’allaitement au sein, vous observez une difficulté de prise du sein
ou de succion, aidez la mère à mieux placer son enfant et à assurer une bonne prise du sein.
Veillez à ce que la mère soit à l’aise et détendue, par exemple, assise, le dos droit, sur un siège
bas. Puis suivez les instructions ci-dessous (tirées de la série de tableaux intitulée “Traiter le
nourrisson et conseiller la mère”).

➤ Apprendre à bien positionner le nourrisson et à assurer une bonne prise du sein:


➤ montrer à la mère comment tenir le nourrisson
— la tête et le corps du nourrisson doivent être droits
— le nourrisson doit être tourné vers le sein, son nez en face du mamelon
— le corps du nourrisson doit être proche du corps de sa mère
— la mère doit soutenir tout le corps du nourrisson, non pas seulement sa nuque
et ses épaules
➤ Montrer à la mère que pour aider le nourrisson à prendre le sein, elle doit:
— toucher les lèvres du nourrisson avec son mamelon
— attendre que la bouche du nourrisson soit grande ouverte
— placer rapidement le nourrisson contre son sein, en veillant à ce que la lèvre inférieure
du nourrisson soit bien en-dessous du mamelon.
➤ Vérifier la prise du sein et l’efficacité de la succion. Si la prise du sein ou la succion ne sont
pas correctes, réessayer.
118 ▼ MANUEL SUR LA PCIME

Observez toujours comment la mère allaite son enfant, avant de la conseiller, afin de bien
comprendre une éventuelle difficulté. Ne vous hâtez pas de recommander un changement.
Si vous remarquez que la mère a besoin d’aide, prononcez d’abord des paroles d’encourage-
ment. Dites, par exemple:
“On voit que votre bébé a vraiment envie de boire votre lait.”
Puis expliquez-lui les améliorations à apporter et demandez-lui si elle souhaite que vous
l’aidiez. Vous pouvez lui dire:
“L’allaitement au sein sera plus agréable pour vous si votre bébé prend mieux le sein
dans sa bouche. Voulez-vous que je vous montre ce qu’il faut faire ?”
Si elle accepte, commencez à l’aider.

Quand vous montrez à la mère comment tenir son en-


fant, évitez d’imposer votre façon d’agir. Expliquez ce
qu’elle devrait faire, puis laissez-la tenir le nourrisson
contre elle et le mettre au sein.
Ensuite, regardez de nouveau si la prise de sein est bonne
et la succion efficace. S’il y a encore un problème, priez
la mère d’éloigner quelque peu l’enfant de son sein,
puis d’essayer à nouveau de l’allaiter.
Quand le nourrisson tète bien, expliquez à la mère qu’il
est important que chaque allaitement dure suffisam-
ment longtemps. Elle ne devrait pas arrêter de nourrir
son enfant, tant que celui-ci veut continuer.

Bonne prise du sein


▼ 119

CHAPITRE 29
Conseiller la mère au sujet de l’alimentation
de son enfant

Il faut évaluer l’alimentation de nombreux nourrissons et enfants malades et conseiller la


mère à ce sujet. La série de tableaux de la PCIME intitulée “Conseiller la mère” contient des
recommandations requises. Des recommandations supplémentaires se trouvent dans les ta-
bleaux consacrés au nourrisson.

29.1 Les recommandations en matière d’alimentation


La PCIME formule des “Recommandations pour l’alimentation (pour l’enfant malade et l’enfant
en bonne santé)” dans des colonnes correspondant aux différentes classes d’âge. Vous devez
comprendre toutes ces recommandations, mais vous ne devrez pas les expliquer toutes à
chaque mère. Posez d’abord des questions pour savoir comment l’enfant est nourri. Puis
donnez uniquement les conseils nécessaires en fonction de l’âge et de l’état de santé de
l’enfant.
Les recommandations de la PCIME sont conçues pour l’alimentation de l’enfant tant pen-
dant sa maladie que quand il jouit d’une bonne santé. L’enfant malade n’a sans doute pas
beaucoup d’appétit. Cependant, il faut lui offrir le type d’aliments recommandé pour son
âge, aussi souvent que prévu, même s’il mange peu à chaque repas. Après la maladie, une
bonne alimentation aide l’enfant à reprendre le poids perdu et évite la malnutrition. Elle
contribue aussi à prévenir de futures maladies.
Quand la mère amène son enfant malade au dispensaire, la consultation est une bonne
occasion de lui expliquer comment le nourrir pendant la maladie et après la guérison.

29.1.1 Les recommandations concernant l’alimentation du nourrisson jusqu’à 4 mois


La meilleure alimentation pour l’enfant, de la naissance jusqu’à au moins 4 mois, est l’allai-
tement au sein de façon exclusive, c’est-à-dire qu’il faut lui donner uniquement du lait
maternel, sans autres liquides ni aliments supplémentaires (excepté des médicaments et des
vitamines, si nécessaire). Il est souhaitable que l’enfant de cet âge soit allaité au sein aussi
souvent qu’il le réclame, le jour et la nuit, au moins 8 fois en 24 heures.
Voici les avantages de l’allaitement au sein:
Le lait maternel contient exactement les nutriments dont le nourrisson a besoin,
notamment: les protéines, la graisse, le lactose (sucre spécial du lait), les vitamines A et C et
du fer.
L’organisme du nourrisson absorbe ces nutriments plus facilement quand ils pro-
viennent du lait maternel que d’autres laits. Le lait maternel contient aussi des acides
gras essentiels indispensables à la croissance du cerveau, des yeux et des vaisseaux sanguins
de l’enfant et ne se trouvant pas dans les autres laits.
Le lait maternel fournit au nourrisson toute l’eau dont il a besoin, même dans un
climat très chaud et sec.
Le lait maternel protège le nourrisson contre les infections. Le nourrisson ne peut pas
lutter contre les infections aussi bien qu’un enfant plus âgé ou un adulte. Grâce au lait
maternel, il bénéficie de la capacité de sa mère de lutter contre les infections. Les nourris-
sons nourris exclusivement au sein risquent moins que les autres d’avoir la diarrhée et de
mourir de la diarrhée ou d’autres infections. Ils risquent aussi moins que les autres de con-
tracter la pneumonie, la méningite ou une infection de l’oreille.
L’allaitement au sein renforce le lien d’amour qui unit la mère et son bébé.
120 ▼ MANUEL SUR LA PCIME

L’allaitement au sein protège la santé de la mère. Il aide l’utérus à se réduire à sa taille


normale, après l’accouchement, ce qui atténue les saignements et prévient l’anémie. Il amoin-
drit aussi les risques que court la mère d’avoir un cancer des ovaires ou du sein.
Le mieux est de ne donner au nourrisson aucun lait ou aliment autre que le lait
maternel. Il ne faut donc pas lui donner du lait de vache ou de chèvre, du lait maternisé,
d’autres boissons telles que des infusions, des jus ou de l’eau, ni des céréales pour les raisons
suivantes:
— La consommation d’autres aliments ou liquides réduit la consommation de lait mater-
nel.
— Les autres aliments ou liquides peuvent contenir des microbes à cause de l’eau, du
biberon ou des ustensiles utilisés. Ces microbes provoquent des infections.
— Les autres aliments ou liquides peuvent être trop dilués, ce qui conduit à la malnutri-
tion du nourrisson.
— Les autres aliments ou liquides ne contiennent peut-être pas assez de vitamine A.
— L’organisme du nourrisson a de la peine à assimiler le fer contenu dans le lait de vache
ou de chèvre.
— Les autres aliments peuvent provoquer des allergies chez le nourrisson.
— Le nourrisson peut avoir de la peine à digérer le lait d’animal qui risque de provoquer
la diarrhée, des éruptions ou d’autres symptômes. La diarrhée peut devenir persis-
tante.
L’allaitement au sein exclusif donne au nourrisson la meilleure chance de se développer et de rester en
bonne santé.

29.1.2 Les recommandations concernant l’alimentation de l’enfant âgé de 4 à 6 mois


La plupart des bébés n’ont pas besoin d’aliments complémentaires avant leur 6e mois. Le
lait maternel demeure leur aliment le plus important. Toutefois, certains enfants âgés de 4 à
6 mois commencent à avoir besoin, en plus du lait maternel, d’aliments appelés “aliments
complémentaires” ou “aliments de sevrage”.
La mère ne doit commencer à offrir des aliments complémentaires que si l’enfant manifeste
de l’intérêt pour les aliments semi-liquides, semble avoir encore faim après l’allaitement au
sein ou ne prend pas suffisamment de poids. L’enfant peut essayer d’atteindre la nourriture
que mange sa mère ou ouvrir la bouche avec avidité quand on lui offre de la nourriture.
Quand il a 6 mois, l’enfant doit pouvoir manger un aliment complémentaire nutritif. Il est
important de continuer l’allaitement au sein aussi souvent qu’il le réclame, le jour et la nuit.
La mère devrait lui donner des aliments complémentaires 1 ou 2 fois par jour, après l’allai-
tement au sein, pour éviter qu’il n’ait plus d’appétit pour le lait maternel.

29.1.3 Les recommandations concernant l’alimentation de l’enfant âgé de 6 à 12 mois


La mère devrait continuer l’allaitement au sein aussi souvent que l’enfant le réclame. Ce-
pendant, à partir de 6 mois, l’enfant ne peut pas obtenir du lait maternel tout l’apport
énergétique dont il a besoin. Quand il a entre 6 et 12 mois, il faut augmenter peu à peu la
quantité d’aliments complémentaires offerte. Les aliments appropriés dans votre pays sont
énumérés dans le fascicule de la PCIME. Quand l’enfant a plus de 12 mois, les aliments
complémentaires constituent sa principale source de calories.
Si l’enfant est allaité au sein, il faut lui donner des aliments complémentaires 3 fois par jour.
S’il n’est pas allaité au sein, il faut lui donner ces aliments 5 fois par jour (en incluant, si
possible, du lait donné dans une tasse. Néanmoins, le lait de vache et les autres substituts de
lait maternel ne sont pas aussi bons pour les bébés que ce dernier.)
Il est important d’inciter l’enfant à manger, plutôt que de l’obliger à prendre de la nourri-
ture dans un plat commun, en rivalisant avec ses frères et sœurs aînés. Il faut qu’il ait sa
propre portion. Tant que l’enfant ne peut pas se nourrir tout seul, sa mère ou une autre
personne (comme son père, sa grand-mère, sa sœur ou son frère plus âgé) devrait s’asseoir à
côté de lui pendant les repas et l’aider à porter la cuillère à sa bouche.
La portion est suffisante quand l’enfant ne veut plus d’aliments, après avoir été encouragé à
manger.
CHAPITRE 29. CONSEILLER LA MÈRE AU SUJET DE L’ALIMENTATION DE SON ENFANT ▼ 121

Les bons aliments complémentaires


Les bons aliments complémentaires sont caloriques, nutritifs et se vendent sur le marché local à
des prix abordables. Il s’agit, par exemple de céréales additionnées d’huile ou de lait, de fruits, de
légumes, de viande, d’œufs, de poisson et de produits laitiers. Si l’enfant boit du lait de vache, du
lait maternisé ou d’autres boissons, il faut les lui donner dans une tasse, non pas dans un biberon.
Les aliments qui conviennent dans votre région sont énumérés dans l’encadré intitulé “Recomman-
dations pour l’alimentation” du fascicule de la PCIME.

29.1.4 Les recommandations concernant l’alimentation de l’enfant âgé


de 12 mois à 2 ans
Pendant cette période, la mère devrait continuer l’allaitement au sein aussi souvent que
l’enfant le réclame et lui donner aussi des aliments complémentaires nutritifs, de plus en
plus variés et en quantité croissante. Les aliments que consomme la famille doivent devenir
une partie importante de l’alimentation de l’enfant, mais il faut les couper en petits mor-
ceaux pour que celui-ci puisse les manger.
L’enfant doit consommer des aliments complémentaires ou la nourriture familiale 5 fois par
jour. Il faut continuer de veiller à lui donner des portions suffisantes et de l’inciter à manger.

29.1.5 Les recommandations concernant l’alimentation de l’enfant âgé de 2 ans et plus


À partir de 2 ans, l’enfant doit manger la nourriture familiale 3 fois par jour, ainsi que 2
collations supplémentaires, constituées de nourriture familiale ou d’autres aliments nutritifs
qui conviennent pour être pris entre les repas principaux. Des exemples figurent dans le
fascicule de la PCIME.

29.2 Les recommandations spéciales concernant l’alimentation de l’enfant


qui souffre de diarrhée persistante
Un encadré de la série de tableaux portant sur les conseils est consacré à l’alimentation de
l’enfant qui souffre de diarrhée persistante. L’enfant a peut-être de la peine à digérer du lait
autre que le lait maternel. Il faut réduire temporairement la quantité d’autre lait qu’on lui
donne, en compensant par davantage de lait maternel ou d’autres aliments.
Conseillez à la mère
■ qui allaite encore son enfant au sein de le nourrir plus fréquemment et plus long-
temps, le jour et la nuit,
■ qui donne à son enfant un autre lait,
— de le remplacer par du lait maternel ou
— de le remplacer par des produits laitiers fermentés, comme du yaourt ou
— d’en remplacer la moitié par un aliment semi-liquide nutritif.
■ Pour le reste de l’alimentation, il faut appliquer les recommandations concernant la classe
d’âge de l’enfant.
L’enfant qui a une diarrhée persistante doit être ramené au dispensaire après 5 jours pour
une consultation de suivi.

29.3 L’évaluation de l’alimentation de l’enfant


L’agent de santé doit évaluer l’alimentation de l’enfant qui:
■ est classé comme ayant une anémie ou une insuffisance pondérale
■ a moins de 2 ans.
122 ▼ MANUEL SUR LA PCIME

Toutefois, si vous avez déjà donné à la mère de nombreuses instructions concernant le trai-
tement et si elle a le sentiment qu’elle doit déjà se rappeler beaucoup de recommandations,
vous pouvez décider d’effectuer l’évaluation de l’alimentation et de fournir des conseils à ce
sujet lors d’une consultation suivante.
Même si vous pensez être pressé, il est important que vous preniez le temps de fournir à la
mère des conseils complets et détaillés. Pour être bien compris, il faut communiquer avec la
mère selon la méthode décrite dans le chapitre 25.
Ainsi, posez des questions à la mère, pour savoir comment elle nourrit son enfant. Écoutez
attentivement ses réponses, pour pouvoir lui donner des conseils qu’elle peut suivre. Félici-
tez-la de ce qu’elle fait bien et proposez-lui de procéder aux changements requis. Exprimez-
vous avec des mots simples que la mère comprend. Enfin, vérifiez, par des questions
appropriées, que la mère sait comment agir pour le mieux de son enfant à domicile.
Pour évaluer l’alimentation, posez à la mère les questions qui se trouvent au début de la série
de tableaux intitulée “Conseiller la mère”, ainsi qu’au bas de la fiche de prise en charge de
l’enfant malade. Les réponses à ces questions vous permettront de connaître l’alimentation
habituelle de l’enfant et son alimentation pendant sa maladie:
■ Allaitez-vous votre enfant au sein ?
Si oui : Combien de fois pendant la journée ?
L’allaitez-vous aussi la nuit ?
■ L’enfant consomme-t-il d’autres aliments ou liquides ?
Si oui: Quels aliments ou liquides ?
Combien de fois par jour ?
Quel récipient utilisez-vous pour nourrir votre enfant ?
Si l’enfant a une grave insuffisance pondérale :
Quelle quantité lui donnez-vous à chaque repas ?
L’enfant reçoit-il sa portion personnelle ?
Qui donne à manger à l’enfant ? Comment lui donne-t-on à manger ?
■ L’alimentation de l’enfant a-t-elle changé depuis qu’il est malade ? Si oui, comment ?
Note : Ne posez certaines questions que si le poids de l’enfant est beaucoup trop faible pour son âge.
Dans ce cas, il est important de prendre le temps de se renseigner sur le volume des portions et sur la
manière de nourrir l’enfant.
Distinguez les pratiques alimentaires correctes appliquées par la mère de celles qu’il faut
modifier. Référez-vous à la colonne appropriée des “Recommandations pour l’alimentation
(pour l’enfant malade et l’enfant en bonne santé)”. Si une réponse manque de clarté, posez une
autre question. Par exemple, si la mère d’un enfant très maigre dit que les portions sont
“assez grandes”, demandez: “Après avoir mangé, l’enfant en voudrait-il encore ?”

29.4 Déceler les problèmes d’alimentation


Il est sage de terminer l’évaluation de l’alimentation et de déceler tous les problèmes d’ali-
mentation avant de donner des conseils. Compte tenu des réponses de la mère à vos ques-
tions, relevez les différences éventuelles entre l’alimentation de l’enfant et les recommandations
qui figurent dans le fascicule de la PCIME. Ces différences constituent des problèmes. Voici
quelques exemples de problèmes d’alimentation:

EXEMPLES DE PROBLÈMES D’ALIMENTATION


Alimentation effective de l’enfant Alimentation recommandée

On donne de l’eau sucrée à un enfant de L’enfant de 3 mois devrait être nourri exclusivement au sein,
3 mois en plus du lait maternel sans autres aliments ou liquides.

Un enfant de 2 ans est nourri seulement Il faut donner à l’enfant de 2 ans 2 collations en plus des
3 fois par jour 3 repas quotidiens

Un enfant de 8 mois continue d’être nourri Il faut donner à l’enfant de 8 mois allaité au sein une portion
exclusivement au sein. suffisante d’aliment complémentaire 3 fois par jour.
CHAPITRE 29. CONSEILLER LA MÈRE AU SUJET DE L’ALIMENTATION DE SON ENFANT ▼ 123

En plus des problèmes signalés ci-dessus, d’autres problèmes peuvent être mentionnés par
la mère. Le tableau du fascicule intitulé “Conseils sur les problèmes d’alimentation” porte
sur les principaux problèmes, tels que:

Les difficultés de l’allaitement au sein


La mère peut indiquer que l’allaitement au sein lui est pénible ou que son enfant semble
avoir de la peine à téter. Dans ce cas, il convient d’effectuer l’évaluation de l’allaitement au
sein, telle que décrite dans le tableau du fascicule concernant le nourrisson et dans le cha-
pitre 15 du présent manuel. Vous constaterez peut-être qu’il faut améliorer la position de
l’enfant et la prise du sein.

L’utilisation du biberon
Il ne faut pas utiliser de biberon. C’est une bouteille difficile à nettoyer dans laquelle les
microbes se multiplient facilement. On a tendance à ne pas la vider complètement et les
restes de liquide s’abîment ou tournent. L’enfant risque de les boire et de tomber malade.
En outre, après avoir tété le biberon, l’enfant peut perdre l’envie de s’allaiter au sein.

Le manque d’incitation à manger


Il faut souvent encourager et aider un jeune enfant à manger, surtout quand il a une insuffi-
sance pondérale considérable. Si l’enfant doit se débrouiller pour manger ou s’il doit rivali-
ser avec ses frères et sœurs pour obtenir de la nourriture, il risque de ne pas pouvoir manger
suffisamment. Les réponses à vos questions Qui donne à manger à l’enfant ? Comment lui
donne-t-on à manger ? montrent si on incite l’enfant à se nourrir.

Une alimentation non appropriée pendant la maladie


Quand il est malade, l’enfant mange peut-être moins ou consomme d’autres aliments que
d’habitude. Souvent, il n’a pas d’appétit. Cependant, il faut l’encourager à manger les ali-
ments recommandés pour son âge, autant de fois que prévu, même s’il en mange peu. Il faut
lui donner, si possible, ses aliments nutritifs favoris pour qu’il ait envie de se nourrir.
Pendant l’évaluation de l’alimentation de l’enfant, notez les réponses de la mère et inscrivez
tous les problèmes constatés sur la fiche de prise en charge (voir exemple 27).

EXEMPLE 27 : PARTIE DE LA FICHE DE PRISE EN CHARGE D’UN ENFANT DE 4 MOIS QUI EST CLASSÉ COMME N’AYANT NI
ANÉMIE, NI INSUFFISANCE PONDÉRALE GRAVE
EVALUER (entourer tous les signes présents) CLASSER

EVALUER L’ALIMENTATION de l’enfant si l’enfant est ANÉMIQUE OU DE POIDS TRÈS FAIBLE


ou a moins de 2 ans
Problèmes d’alimentation:
● ✔ Non _____
Allaitez-vous l’enfant au sein? Oui _____
Si oui, combien de fois en 24 heures? _____5 fois. Allaitez-vous ✔ Non _____
✔pendant la nuit? Oui _____
● L’enfant consomme-t-il d’autres aliments et liquides? Oui _____ Non _____ Allaitement au sein trop
lait de vache
Si oui, quels aliments ou quels liquides? ___________________________________________________________
_____________________________________________________________________________________
peu fréquent
Combien de fois par jour? _____ 3 Fois. Comment donnez-vous à manger à l’enfant? ___________________________
biberon
Si le poids de l’enfant est très faible pour son âge: Quelle quantité lui donnez-vous à chaque repas? _________________ Boit du lait de vache
L’enfant reçoit-il sa propre portion? _____ Qui fait manger l’enfant? Et comment? ____________________________
● Pendant sa maladie, l’alimentation de l’enfant a-t-elle changé? Oui _____ Non _____ ✔ Utilisation d’un biberon
Si oui, comment?
124 ▼ MANUEL SUR LA PCIME

29.5 Aider la mère à résoudre les problèmes d’alimentation


Après avoir détecté les problèmes d’alimentation, vous pouvez ne donner à la mère que les
conseils indispensables. N’oubliez pas d’appliquer les principes énoncés dans le chapitre
25 sur la communication. Pensez à:
■ Poser des questions et écouter les réponses pour connaître les problèmes de l’enfant
et les soins déjà donnés par la mère.
■ Féliciter la mère quand elle a donné de bons soins.
■ La conseiller quant aux soins à donner à l’enfant à domicile.
■ Vérifier si la mère a bien compris.
Si la mère applique les recommandations en matière d’alimentation et s’il n’y a pas de pro-
blème dans ce domaine, il faut l’en féliciter. Encouragez-la à continuer de nourrir son enfant
de cette manière quand il est malade et quand il est en bonne santé. Si l’enfant est sur le
point d’entrer dans la classe d’âge suivante pour laquelle les recommandations sont diffé-
rentes, expliquez ces nouvelles recommandations à la mère. Par exemple, si l’enfant a pres-
que 6 mois, attirez l’attention sur les bons aliments complémentaires, en précisant quand il
faut commencer à les donner.
Si les recommandations relatives à l’alimentation de l’enfant ne sont pas appliquées, expli-
quez-les à la mère. En outre, si vous observez un ou plusieurs des problèmes énumérés dans
le tableau du fascicule intitulé “Conseils sur les problèmes d’alimentation”, donnez à la
mère les conseils prévus:
➤ Si la mère signale des difficultés concernant l’allaitement au sein, évaluez l’al-
laitement. Si nécessaire, montrez-lui comment tenir l’enfant et assurer une bonne
prise du sein (voir la série de tableaux consacrée au nourrisson et le chapitre 28).
Dans les chapitres 15 et 28, vous avez appris à vérifier et améliorer l’allaitement au sein.
Si la mère se plaint de problèmes tels que l’engorgement des seins, des mamelons doulou-
reux ou une infection du sein, prévoyez le recours à un spécialiste de l’allaitement au sein
(quelqu’un qui a suivi des cours de formation en la matière) ou à une sage-femme qui a
une expérience dans la solution des problèmes d’allaitement au sein.
➤ Si l’enfant a moins de 4 mois et consomme des laits ou aliments autres que le lait
maternel:
Si on donne à l’enfant de moins de 4 mois des aliments ou des liquides autres que le lait
maternel, il faut essayer de revenir à un allaitement au sein sinon exclusif, du moins plus
important. Conseillez à la mère d’allaiter son enfant plus souvent, pendant plus long-
temps, le jour et la nuit, et de réduire peu à peu la consommation d’autres aliments ou
liquides. Comme il s’agit d’un changement marqué, dites à la mère de ramener l’enfant
pour une consultation de suivi après 5 jours.
Il arrive qu’il soit impossible de procéder à un allaitement au sein exclusif ou plus fré-
quent (par exemple, si la mère n’a jamais allaité son enfant au sein, si elle doit s’absenter
de son domicile pendant de longues périodes ou si elle ne l’allaite pas pour des raisons
personnelles). Dans ce cas il faut veiller à ce que la mère sache préparer le lait de vache ou
d’autres substituts de lait maternel et les donne à l’enfant dans un délai d’une heure, pour
éviter qu’ils se gâtent. Soulignez la nécessité de diluer le lait ou la poudre avec la quantité
correcte d’eau bouillie propre.
Pour préparer du lait de vache destiné à un nourrisson de moins de 3 mois, il faut mélan-
ger une demi-tasse (100 ml) de lait de vache entier bouilli avec un quart de tasse (50 ml)
d’eau bouillie et 2 cuillerées (2 x 5 grammes) de sucre. Une tasse contient généralement
200 ml. Il faut adapter la recette, si la capacité de la tasse ou de la cuillère est différente.
➤ Si la mère nourrit son enfant au biberon
La tasse est préférable au biberon. Elle est plus facile à nettoyer et ne gêne pas l’allaite-
ment au sein. Pour nourrir le bébé avec une tasse, il faut:
— Tenir sur les genoux l’enfant assis à moitié ou complètement
— Porter une petite tasse à sa bouche. Incliner la tasse afin que le liquide arrive juste
entre ses lèvres.
CHAPITRE 29. CONSEILLER LA MÈRE AU SUJET DE L’ALIMENTATION DE SON ENFANT ▼ 125

— Ce geste suscite l’attention de l’enfant qui ouvre la bouche et les yeux.


— L’enfant dont le poids était faible à la naissance aspire le lait dans sa bouche avec la
langue.
— L’enfant né à terme ou le prématuré après quelque temps suce le lait, dont un peu
coule parfois sur son menton.
— Il ne faut pas verser le lait dans la bouche de l’enfant. Il suffit de tenir la tasse contre
ses lèvres et le laisser prendre le liquide lui-même.
— Quand l’enfant a assez mangé, il ferme la bouche et refuse de continuer le repas.
➤ Si l’enfant n’est pas incité à manger:
Conseillez à la mère de s’asseoir près de lui et de l’encourager à manger, après lui avoir
servi une portion suffisante dans une assiette ou un bol séparé.
➤ Si l’enfant ne mange pas bien pendant sa maladie:
Même si l’enfant perd souvent l’appétit quand il est malade, il faut l’inciter à manger les
aliments recommandés pour son âge, autant de fois que prévu. Pour l’encourager à man-
ger, il faut lui offrir ses aliments nutritifs favoris, en petites quantités et fréquemment.
Après la maladie, une bonne alimentation aide à récupérer le poids perdu et prévient la
malnutrition.
Notez les conseils alimentaires que vous donnez au verso de la fiche de prise en charge.

29.6 Utiliser la carte d’information de la mère


Il convient de montrer ou de remettre à chaque mère une carte d’information pour l’aider à
se souvenir des aliments et liquides appropriés et à savoir quand ramener l’enfant au dispen-
saire. L’annexe C contient un modèle de carte, qui doit comporter un texte et des illustra-
tions qui résument les principaux conseils.
Cette carte d’information est utile pour plusieurs raisons :
— Elle vous rappelle les points importants à mentionner quand vous conseillez la mère
au sujet de l’alimentation et de la consultation suivante.
— Elle rappelle à la mère ce qu’il faut faire quand elle arrive à la maison.
— La mère peut montrer cette carte aux autres membres de la famille et aux voisins, ce
qui permet à beaucoup de personnes d’apprendre à protéger la santé des enfants.
— La mère est contente de recevoir quelque chose lors de la consultation.
— Des cartes conçues pour une série de consultations permettent de noter les traite-
ments et les vaccinations.
Quand vous montrez la carte d’information à la mère:
1. Tenez-la pour que la mère voie facilement les illustrations ou laissez la mère la tenir.
2. Expliquez chaque illustration en la montrant, ce qui aidera la mère à se souvenir de ce que
l’image représente.
3. Entourez ou notez les points qui intéressent particulièrement la mère, par exemple les
conseils relatifs à l’alimentation pour la classe d’âge à laquelle appartient son enfant.
Entourez les signes qui indiquent qu’il faut ramener l’enfant immédiatement au dispen-
saire. Si l’enfant a la diarrhée, marquez le ou les liquides à lui donner. Inscrivez la date
prévue pour la prochaine vaccination.
4. Observez la mère pour voir si elle semble inquiète ou surprise. Dans l’affirmative, encou-
ragez-la à poser des questions.
5. Priez la mère de vous dire, à sa façon, ce qu’elle devra faire à domicile. Conseillez-lui
d’utiliser la carte pour mieux se souvenir.
6. Remettez-lui la carte. Suggérez-lui de la montrer à ses proches.
Si vous ne pouvez pas obtenir suffisamment de cartes pour en remettre une à chaque mère,
gardez-en plusieurs au dispensaire pour pouvoir les montrer.
126 ▼ MANUEL SUR LA PCIME

29.7 Conseiller à la mère de donner davantage de liquide à l’enfant malade


Pendant sa maladie, le nourrisson ou le jeune enfant perd du liquide à cause de la fièvre, de
la respiration rapide ou de la diarrhée. Pour que l’enfant se sente mieux et conserve ses
forces, il faut qu’il absorbe plus de liquide, ce qui permet de prévenir la déshydratation. Un
allaitement au sein fréquent donne au nourrisson un aliment indispensable et assure son
hydratation.
L’absorption de davantage de liquide est surtout importante pour l’enfant qui a la diarrhée.
Il faut le soigner selon les plans de réhydratation A ou B, décrits dans le tableau sur le
traitement. La mère qui allaite son enfant doit lui offrir souvent le sein.
Les recommandations concernant les liquides sont résumées dans un tableau de la série
intitulée “Conseiller la mère”, ainsi que dans un tableau de la série intitulée “Traiter le
nourrisson et conseiller la mère” du fascicule de la PCIME. Adressez de telles recommanda-
tions à chaque mère qui rentre chez elle avec son enfant, à moins qu’elle ait déjà reçu beau-
coup d’instructions et risque de ne plus se rappeler ce qu’elle doit faire ou qu’elle ait déjà
appris à appliquer le Plan A.
▼ 127

CHAPITRE 30
Indiquer à la mère quand il faut ramener
l’enfant au dispensaire et comment elle doit
protéger sa propre santé
Il faut indiquer à chaque mère qui retourne à la maison avec son enfant malade quand elle
doit le ramener au centre de santé pour la consultation de suivi et lui enseigner à déceler les
signes qui signifient que l’enfant a besoin immédiatement de nouveaux soins.
La mère ou la personne qui s’occupe de l’enfant doit ramener celui-ci au dispensaire:
1. pour une consultation de suivi après un nombre précis de jours (par exemple, quand il
est nécessaire de vérifier l’efficacité d’un antibiotique)
2. immédiatement, si des signes révélant une aggravation de la maladie apparaissent
3. pour la vaccination suivante (quand l’enfant est bien portant).

30.1 Indiquer quand ramener l’enfant pour la consultation de suivi


Certaines maladies exigent des soins de suivi après un certain nombre de jours. Par exemple,
il faut que l’agent de santé s’assure de l’efficacité de l’antibiotique prescrit contre la pneu-
monie, la dysenterie ou une infection aiguë de l’oreille. Le suivi pour la diarrhée persistante
vise à vérifier si le changement d’alimentation a un effet bénéfique. Pour d’autres affec-
tions—comme la fièvre ou l’écoulement de pus de l’oreille—une consultation de suivi est
requise uniquement si l’état de l’enfant reste stationnaire ou s’aggrave.
À la fin de la consultation, indiquez à la mère quand il faut ramener l’enfant pour le suivi. Si
l’enfant souffre de plusieurs maladies, il faut fixer le délai le plus court parmi les délais
prévus. Précisez que si un problème—tel que la fièvre—persiste, il faut ramener l’enfant au
dispensaire avant la date fixée.
Les tableaux du fascicule concernant les conseils à fournir à la mère et concernant le nour-
risson mentionnent les délais nécessaires pour les différentes maladies.
Il convient de noter qu’il y a divers délais pour la consultation de suivi relative à l’état nutri-
tionnel:
— Si un enfant a un problème d’alimentation et vous avez recommandé un changement
d’alimentation, il faut revoir l’enfant après 5 jours pour vérifier si le changement a été
opéré, et fournir des conseils supplémentaires, si nécessaire.
— Si l’enfant présente une pâleur palmaire, le suivi s’effectue après 14 jours, quand vous
remettez de nouveau du fer à la mère pour le soigner.
— Si l’enfant a un poids très faible, la consultation de suivi doit avoir lieu après 30 jours. Il
faut alors peser l’enfant, réévaluer son alimentation et formuler éventuellement de
nouvelles recommandations sur la base du tableau intitulé “Conseiller la mère”.
Si le dispensaire organise régulièrement une réunion d’information sur l’alimentation, pré-
voyez la consultation de suivi à cette occasion. Sinon, prenez des mesures pour que la mère
puisse discuter de l’alimentation avec un agent de santé. Ce dernier doit connaître les
problèmes d’alimentation, les changements recommandés et le poids de l’enfant. De tels
renseignements peuvent être inscrits sur la fiche de prise en charge du patient ou sur une
note spéciale relative au suivi.

30.2 Indiquer quand ramener l’enfant immédiatement


Il faut indiquer à chaque mère qui retourne chez elle avec son enfant malade quand il faut le
ramener immédiatement au centre de santé. Par conséquent, enseignez à la mère ou à la
personne qui s’occupe de l’enfant à reconnaître les signes qui montrent que l’enfant a be-
soin de nouveaux soins tout de suite. Ces signes sont décrits dans les sections intitulées
“Quand revenir” des séries de tableaux “Conseiller la mère” et “Traiter le nourrisson et
conseiller la mère”. N’oubliez pas que ces sections revêtent la plus grande importance.
128 ▼ MANUEL SUR LA PCIME

En ce qui concerne le nourrisson âgé de 1 semaine à 2 mois, référez-vous à l’encadré du


fascicule à ce sujet et enseignez à la mère à surveiller les signes suivants:

QUAND RAMENER LE NOURRISSON IMMÉDIATEMENT


Conseiller à la mère de ramener immédiatement le nourrisson qui
présente l’un des signes suivants:
Difficulté à téter ou boire
Aggravation de la maladie
Apparition de la fièvre
Respiration rapide
Respiration difficile
Sang dans les selles

De plus, recommandez à la mère de veiller à ce que le nourrisson n’ait jamais froid. Il


est indispensable que le nourrisson malade soit tenu au chaud (mais sans excès), car
il risque de mourir pour la seule raison que sa température est basse.

En ce qui concerne l’enfant âgé de 2 mois à 5 ans, référez-vous à l’encadré du fascicule à ce


sujet et enseignez à la mère à surveiller les signes suivants:

QUAND RAMENER L’ENFANT IMMÉDIATEMENT


Conseiller à la mère de ramener immédiatement l’enfant qui présente l’un des signes suivants:
Pour tout enfant malade ● incapacité de boire ou de téter
● aggravation de la maladie
● apparition de la fièvre

Pour l’enfant classé comme n’ayant pas de pneumonie, ● respiration rapide


toux ou rhume ● respiration difficile

Pour l’enfant qui a la diarrhée ● sang dans les selles


● difficulté à boire

Exceptions: Si l’enfant est déjà fébrile, ne conseillez pas à la mère de le ramener immédiatement à cause de la
fièvre. Si l’enfant a déjà du sang dans les selles, dites à la mère de le ramener immédiatement seulement s’il
boit difficilement.

Il est extrêmement important de surveiller les signes énumérés ci-dessus. Utilisez la carte
d’information de la mère pour lui expliquer les signes et l’aider à s’en souvenir (voir Annexe
C). Cette carte présente les signes par un texte et par des illustrations. Entourez les signes
que la mère doit rechercher. Utilisez les termes locaux qu’elle connaît bien. Posez-lui des
questions pour vérifier si elle a compris.

30.3 Indiquer quand ramener l’enfant pour la vaccination suivante


Signalez à la mère la date de la prochaine vaccination, à moins que vous ayez déjà formulé
beaucoup de recommandations et qu’elle doive de toute façon ramener l’enfant bientôt. Par
exemple, si la mère doit se rappeler l’horaire de l’administration d’un antibiotique, com-
ment soigner à domicile une autre affection et la date de la consultation de suivi prévue
après 2 jours, ne lui parlez pas de la vaccination qui sera nécessaire dans un mois. Cepen-
dant, notez la date de la prochaine vaccination sur la carte d’information de la mère.

30.4 Donner des conseils à la mère sur sa propre santé


Quand la mère amène son enfant malade au dispensaire, elle évoquera peut-être ses propres
problèmes de santé. Soignez-la ou conseillez-lui de s’adresser à un agent de santé qui pourra
l’aider.
Partie VII
○ ○ ○ ○ ○ ○ ○ ○ ○ ○ ○ ○ ○ ○ ○ ○ ○ ○

ASSURER
LES SOINS
DE SUIVI
▼ 131

CHAPITRE 31
Les soins de suivi donnés à l’enfant malade

Souvent, l’enfant malade doit recevoir des soins de suivi au dispensaire. L’agent de santé
indique à la mère quand elle doit ramener l’enfant pour la consultation de suivi (par exem-
ple: après 2 jours ou après 14 jours). Lors de cette consultation, l’agent de santé peut vérifier
si le médicament ou les autres traitements prescrits ont amélioré l’état de l’enfant. Il arrive
qu’un enfant ne réagisse pas à un certain antibiotique ou antipaludéen. Dans ce cas, il faut
changer de médicament. Il faut réexaminer l’enfant qui avait une diarrhée persistante pour
s’assurer que la diarrhée a cessé. Il est aussi indispensable de réévaluer l’enfant qui a de la
fièvre ou une infection de l’œil, si son état ne s’améliore pas. La consultation de suivi revêt
une importance particulière pour l’enfant qui a un problème d’alimentation, car il faut être
certain qu’il est nourri de manière appropriée et prend du poids.
Puisque le suivi est important, vous devez prendre des mesures pour que la consultation ait
lieu à un moment qui convient à la mère. Évitez, si possible, qu’elle doive attendre son tour
parmi les personnes qui n’ont pas de rendez-vous. Une façon d’encourager la mère à venir à
la consultation de suivi est de ne pas faire payer celle-ci. Certains dispensaires utilisent un
système qui permet de trouver facilement les fiches des enfants attendus pour des soins de
suivi.
La consultation de suivi comprend des étapes différentes de la première consultation pour
un problème. Souvent les traitements donnés sont, eux aussi, différents.

Quelles sont les parties du fascicule de tableaux de la PCIME qui traitent


des soins de suivi ?
La colonne “Traitement” des tableaux d’évaluation et de classification prévoit, pour certai-
nes maladies, une consultation de suivi. La série de tableaux intitulée “Conseiller la mère”
contient un résumé des calendriers des soins de suivi.

TABLEAU DES CONSULTATIONS DE SUIVI DE LA PCIME


CONSULTATION DE SUIVI
Recommander à la mère de revenir pour une consultation de suivi dans le délai mentionné,
et, si plusieurs délais sont prévus pour différentes maladies, dans le plus court des délais
mentionnés

Si l’enfant a: Revenir pour une


visite de suivi dans:
PNEUMONIE 2 jours
DYSENTERIE
PALUDISME, si la fièvre persiste
FIÈVRE-PALUDISME PEU PROBABLE, si la fièvre persiste
ROUGEOLE AVEC COMPLICATIONS AUX YEUX OU À LA BOUCHE
DIARRHÉE PERSISTANTE 5 jours
INFECTION AIGUË DE L’OREILLE
INFECTION CHRONIQUE DE L’OREILLE
PROBLÈME D’ALIMENTATION
AUTRE MALADIE, s’il n’y a pas d’amélioratio
PALEUR 14 jours
POIDS TRÈS FAIBLE POUR L’AGE 30 jours
132 ▼ MANUEL SUR LA PCIME

Les instructions spécifiques relatives aux soins de suivi se trouvent dans la dernière partie de
la série de tableaux intitulée “Traiter l’enfant”. Chaque encadré porte le titre d’une des
maladies énumérées dans les tableaux d’évaluation et de classification. Il indique comment
réévaluer et traiter l’enfant. Les informations détaillées concernant les traitements, tels que
les dosages pour les antibiotiques et antipaludéens de seconde intention, figurent dans les
pages précédentes du fascicule qui décrivent les traitements.
Les instructions portant sur les soins de suivi du nourrisson sont énoncées dans la série de
tableaux consacrée au nourrisson, ainsi que dans le chapitre 32 du présent manuel.

31.1 La prise en charge de l’enfant amené à une consultation de suivi


Comme chaque fois que vous recevez une mère et son enfant, demandez quel est le pro-
blème de ce dernier. Vérifiez s’il s’agit d’une première consultation ou d’une consultation de
suivi pour cet épisode. La façon de savoir s’il s’agit de la première consultation ou d’une
consultation de suivi dépend de la manière dont le centre de santé enregistre les patients et
note les motifs de leur venue.
Ainsi, la mère peut dire à la réception ou à vous qu’on lui a conseillé de revenir pour effec-
tuer le suivi d’une affection. Si la mère a reçu, lors de la consultation précédente, une petite
carte lui indiquant quand ramener l’enfant, priez-la de vous montrer cette carte. Si le dis-
pensaire a une fiche pour chaque patient, vous pouvez y lire que l’enfant a été examiné
quelques jours plus tôt pour cette maladie.
Quand vous savez qu’il s’agit d’une consultation de suivi, demandez à la mère si l’enfant a
de nouveaux problèmes, en plus de sa maladie. Par exemple, si l’enfant est venu pour le
suivi de la pneumonie, mais a maintenant la diarrhée, il a un nouveau problème. Il faut
procéder à une évaluation complète de son état. Recherchez des signes généraux de danger
et évaluez tous les principaux symptômes, ainsi que l’état nutritionnel. Classez et traitez la
diarrhée (le nouveau problème), comme vous le feriez lors d’une première consultation.
Réévaluez et traitez la pneumonie selon l’encadré du fascicule.
Si l’enfant n’a pas de nouveau problème, appliquez les directives concernant le suivi de sa
maladie.
■ Examinez l’enfant conformément aux instructions pertinentes. Celles-ci prévoient peut-
être l’évaluation d’un des principaux symptômes mentionnés dans le tableau d’évaluation
et de classification ou l’évaluation de signes supplémentaires.
Note : N’employez pas le tableau de classification pour classer un symptôme important. Sautez les
colonnes “Classer” et “Traitement” pour éviter de redonner à l’enfant des médicaments qui n’ont
pas été efficaces. Il existe une seule exception: si l’enfant a la diarrhée—quelle qu’elle soit—classez
et traitez la déshydratation comme lors d’une première consultation.
■ Utilisez les informations concernant les signes que présente l’enfant pour choisir le traite-
ment approprié.
■ Traitez l’enfant.
Dans certains cas, l’enfant doit être ramené plusieurs fois au dispensaire parce qu’il souffre
d’une maladie chronique que le traitement entrepris ne parvient pas à guérir. Par exemple,
l’enfant malade du SIDA peut avoir une diarrhée persistante ou des épisodes successifs de
pneumonie. Cet enfant ne réagit guère au traitement de la pneumonie et a peut-être des
infections opportunistes. Il faut l’hospitaliser, si son état ne s’améliore pas. L’enfant qui a
une infection due au VIH, mais n’est pas sidéen, ne se distingue pas de l’enfant qui n’est pas
victime du VIH. Quand il contracte une pneumonie, il réagit bien au traitement usuel.
Important: Si vous constatez, lors de la consultation de suivi, que l’enfant a plusieurs pro-
blèmes et que son état empire, hospitalisez-le. Transférez également l’enfant à l’hôpital, si le
médicament de seconde intention n’est pas disponible, si l’état de l’enfant vous inquiète ou
si vous ne savez pas comment le soigner. Si le traitement n’améliore pas l’état de l’enfant, ce
dernier a peut-être une maladie autre que celle qu’indique le tableau. Dans ce cas, il lui faut
peut-être un autre traitement.
CHAPITRE 31. LES SOINS DE SUIVI DONNÉS À L’ENFANT MALADE ▼ 133

Ne pas oublier:
Si l’enfant a un nouveau problème, il faut l’évaluer comme lors de la
première consultation.

31.2 La consultation de suivi pour la pneumonie


Quand l’enfant soigné avec un antibiotique pour guérir une pneumonie est ramené au dis-
pensaire 2 jours après la première consultation, il faut agir comme suit:
Référez-vous à l’encadré concernant cette maladie. Il y est écrit qu’il faut rechercher les
signes généraux de danger et évaluer la toux et les difficultés respiratoires de l’enfant. L’en-
cadré renvoie au tableau d’évaluation et de classification, ce qui signifie qu’il faut évaluer les
signes généraux de danger et la toux—symptôme principal—conformément aux instruc-
tions qui se trouvent dans ce tableau. Puis, procédez à quelques vérifications supplémentai-
res:
Demandez:
— L’enfant respire-t-il plus lentement ?
— La fièvre est-elle moins élevée ?
— L’enfant mange-t-il mieux ?
Après avoir évalué l’état de l’enfant, il faut choisir le traitement approprié sur la base des
signes que présente l’enfant.
➤ Si l’enfant présente un tirage sous-costal ou un signe général de danger (incapacité
de boire ou de téter, vomissement de toute la nourriture, convulsions, léthargie ou
inconscience), son état se dégrade. Il doit être transféré D’URGENCE à l’hôpital. Comme
la maladie a empiré malgré l’antibiotique de première intention recommandé pour la
pneumonie, administrez la première dose d’un antibiotique de seconde intention (s’il est
disponible) ou injectez du chloramphénicol en intramusculaire avant le transfert.
➤ Si le rythme respiratoire, la fièvre et la consommation d’aliments sont les
mêmes que deux jours plus tôt, donnez à l’enfant l’antibiotique de seconde intention
pour la pneumonie. (Les signes ne sont peut-être pas exactement les mêmes que ceux qui
sont apparus lors de la consultation précédente, mais l’état de l’enfant est stationnaire.
L’enfant continue de respirer rapidement, d’avoir de la fièvre et de manger trop peu.)
Toutefois, avant de recourir à l’antibiotique de seconde intention, demandez à la mère si
l’enfant a pris l’antibiotique pendant les deux jours précédents.
a) Il y a peut-être eu un problème à cause duquel l’enfant n’a pas été soigné avec l’anti-
biotique ou a reçu des doses trop petites ou trop peu fréquentes. Dans ce cas, traitez
l’enfant de nouveau avec le même antibiotique. Donnez-lui une dose au dispensaire et
assurez-vous que la mère sait comment administrer le médicament à domicile. Aidez-
la à résoudre le problème en lui montrant, par exemple, comment encourager l’enfant
à prendre le médicament s’il le refuse.
b) Si l’enfant a reçu l’antibiotique, utilisez l’antibiotique de seconde intention pour la
pneumonie, si le dispensaire en possède. Le traitement doit durer 5 jours. Par exem-
ple:
— si l’enfant prenait du cotrimoxazole, donnez-lui de l’amoxycilline
— si l’enfant prenait de l’amoxycilline, donnez-lui du cotrimoxazole.
Administrez la première dose au dispensaire. Expliquez à la mère comment et quand
donner ce médicament. Recommandez-lui de ramener l’enfant de nouveau après
2 jours.
c) Si l’enfant a été soigné avec l’antibiotique et s’il n’y a pas d’autre antibiotique appro-
prié disponible, hospitalisez l’enfant.
Si l’enfant qui souffre de pneumonie a eu la rougeole durant les 3 mois précédents,
hospitalisez-le.
134 ▼ MANUEL SUR LA PCIME

➤ Si l’enfant respire plus lentement, a moins de fièvre (ou n’en a plus du tout) et
mange davantage, son état s’améliore. Il tousse peut-être, mais la plupart des enfants
dont la santé s’améliore n’ont plus une respiration rapide. Dites à la mère qu’il faut con-
tinuer de lui donner l’antibiotique, en lui faisant comprendre combien il est important
d’aller jusqu’au bout du traitement de 5 jours.

31.3 La consultation de suivi pour la diarrhée persistante


Quand l’enfant soigné pour une diarrhée persistante est ramené au dispensaire 5 jours après la
première consultation, il faut agir comme suit:
Référez-vous à l’encadré des soins de suivi concernant cette maladie.
Demandez si la diarrhée a cessé et combien l’enfant a de selles par jour.
➤ Si la diarrhée n’a pas cessé (l’enfant a encore 3 selles liquides ou plus par jour),
effectuez une réévaluation complète, en suivant la méthode décrite dans le tableau d’éva-
luation et de classification. Décelez et traitez tout problème qui exige des soins immé-
diats, comme la déshydratation. Puis, transférez l’enfant à l’hôpital.
➤ Si la diarrhée a cessé (l’enfant a moins de 3 selles liquides par jour), conseillez à la
mère d’appliquer les recommandations relatives à l’alimentation de l’enfant, compte tenu
de l’âge de ce dernier. Si l’enfant est nourri différemment, expliquez à la mère la significa-
tion de ces recommandations, qui se trouvent dans le tableau intitulé “Conseiller la mère”.

31.4 La consultation de suivi pour la dysenterie


Quand l’enfant classé comme ayant une dysenterie est ramené au dispensaire 2 jours après
la première consultation, il faut agir comme suit:
Référez-vous à l’encadré concernant cette maladie. Réévaluez la diarrhée de l’enfant confor-
mément au tableau d’évaluation et de classification. Posez à la mère les questions supplé-
mentaires mentionnées dans l’encadré, pour savoir si l’état de l’enfant s’améliore. Selon les
réponses, concluez si son état est stationnaire, plus grave ou moins grave. Choisissez le trai-
tement approprié:
➤ Si l’enfant souffre de déshydratation lors de la consultation de suivi, utilisez le tableau
de classification pour classer la déshydratation. Exécutez le plan de réhydratation appro-
prié.
➤ Si le nombre de selles, la quantité de sang dans les selles, la fièvre, les douleurs
abdominales ou l’alimentation sont les mêmes ou pires que lors de la consultation
précédente, remplacez l’antibiotique de première intention par l’antibiotique de seconde
intention pour la shigellose. (Cet antibiotique est indiqué dans le tableau relatif au traite-
ment.). L’absence d’amélioration s’explique peut-être par la résistance de la Shigella au
premier antibiotique utilisé.
— Donnez la première dose du nouvel antibiotique au dispensaire.
— Expliquez à la mère comment et quand donner l’antibiotique et aidez-la à planifier le
traitement de 5 jours.
— Recommandez à la mère de ramener l’enfant de nouveau après 2 jours.
Si après un traitement de 2 jours avec l’antibiotique de seconde intention, l’état de
l’enfant ne s’améliore toujours pas, celui-ci souffre peut-être d’une amibiase. Il peut être
soigné avec du métronidazole (si le dispensaire en possède ou si la famille réussit à en
obtenir) ou transféré à l’hôpital. Il n’est possible de diagnostiquer l’amibiase avec certi-
tude que si on peut voir, dans un échantillon de selles récentes, des trophozoïtes
d’E. histolytica contenant des globules rouges.
Cependant, si l’enfant — a moins de 12 mois ou
— était déshydraté lors de la première consultation ou
— a eu la rougeole au cours des 3 mois précédents,
il court un grave danger. Il faut l’hospitaliser.
CHAPITRE 31. LES SOINS DE SUIVI DONNÉS À L’ENFANT MALADE ▼ 135

➤ Si l’enfant a moins de selles, moins de sang dans les selles, moins de fièvre, moins
de douleurs abdominales et mange mieux, son état s’améliore grâce à l’antibiotique.
En général, tous ces signes s’atténuent si l’antibiotique est efficace. Si seuls quelques
signes ont diminué en intensité, il vous incombe d’estimer si la maladie devient moins
grave. Dites à la mère qu’il faut continuer de donner l’antibiotique, en lui faisant com-
prendre combien il est important d’aller jusqu’au bout du traitement de 5 jours.

31.5 la consultation de suivi pour le paludisme (risque de paludisme faible


ou élevé)
Tout enfant classé comme ayant le paludisme (quel que soit le risque de paludisme dans la
région) doit être ramené pour une consultation de suivi, si la fièvre persiste après 2 jours. S’il
a encore de la fièvre après 2 jours ou s’il en a de nouveau dans un délai de 14 jours, cela peut
signifier qu’il est infecté par un parasite qui résiste à l’antipaludéen de première intention, ce
qui provoque la persistance de la fièvre.
Si l’enfant souffrait aussi de la rougeole lors de la première consultation, la fièvre est peut-être
due à cette maladie. Il arrive très souvent que la fièvre liée à la rougeole dure pendant
plusieurs jours. Par conséquent, la fièvre persistante peut être due à la rougeole plutôt qu’à
un agent paludéen résistant.
Il existe une seule technique à appliquer lors de la consultation de suivi d’un enfant classé
comme ayant le paludisme, que le risque de paludisme soit faible ou élevé. Référez-vous à
l’encadré concernant le paludisme dans la partie sur le “suivi des soins” de la série de
tableaux intitulée “Traiter l’enfant”.
Effectuez une réévaluation complète de l’enfant, conformément au tableau d’évaluation et
de classification. Recherchez la cause de la fièvre—qui peut être la pneumonie, la méningite,
la rougeole, l’infection de l’oreille ou la dysenterie. Vérifiez aussi si l’enfant a une autre
affection susceptible de provoquer la fièvre, comme la tuberculose, l’infection des voies uri-
naires, l’ostéomyélite ou un abcès. Au lieu d’utiliser le tableau d’évaluation et de classifica-
tion pour classer la fièvre de l’enfant, choisissez le traitement approprié parmi ceux qui
figurent dans l’encadré consacré au suivi des soins. Si vous pensez que le paludisme n’est
peut-être pas la cause de la fièvre, évaluez l’affection de manière plus approfondie, si néces-
saire, et référez-vous aux directives portant sur le traitement de cette affection.
➤ Si l’enfant présente un signe général de danger ou une raideur de nuque, prévoyez le
traitement indiqué dans le tableau d’évaluation et de classification pour une maladie
fébrile très grave, notamment l’administration de quinine, d’une première dose d’antibioti-
que et d’une dose de paracétamol. Prenez également les mesures requises pour prévenir
l’hypoglycémie et hospitalisez l’enfant d’urgence. Si l’enfant a déjà reçu un antibiotique,
l’aggravation de son état signifie qu’il a peut-être une infection bactérienne que cet anti-
biotique ne guérit pas. Donnez-lui une première dose de l’antibiotique de seconde inten-
tion ou du chloramphénicol par voie intramusculaire. Si l’enfant ne peut pas absorber un
antibiotique par voie orale parce qu’il vomit de façon répétée, est léthargique ou incons-
cient ou est incapable de boire, injectez-lui du chloramphénicol en intramusculaire. Don-
nez-lui aussi du chloramphénicol en intramusculaire s’il a une raideur de nuque.
➤ Si la fièvre est due à une cause autre que le paludisme, traitez cette cause qui peut
être une infection de l’oreille. Hospitalisez l’enfant s’il s’agit, par exemple, d’une infection
des voies urinaires ou d’un abcès.
➤ Si le paludisme est la seule cause manifeste de la fièvre:
— Administrez un antipaludéen de seconde intention par voie orale et recommandez à la
mère de ramener l’enfant après 2 jours, si la fièvre persiste. Si le dispensaire n’a pas le
médicament nécessaire, transférez l’enfant à l’hôpital.
— Si la fièvre est présente chaque jour depuis 7 jours ou plus, hospitalisez l’enfant pour
une évaluation plus approfondie. L’enfant a peut-être la fièvre typhoïde ou une autre
infection grave qui exige un examen supplémentaire et un traitement spécial.
Note : Si l’enfant a reçu du cotrimoxazole parce qu’en plus de la fièvre, il toussait et respirait
rapidement (signes de pneumonie), donnez-lui un antipaludéen de seconde intention, à moins que
ce soit la sulfadoxine-pyriméthamine. Le cotrimoxazole (triméthoprime-sulfaméthoxazole) et la
sulfadoxine-pyriméthamine étant des médicaments de la même famille, il ne faut pas les prescrire
136 ▼ MANUEL SUR LA PCIME

ensemble. Si le cotrimoxazole n’a pas atténué le paludisme, la sulfadoxine-pyriméthamine ne sera


pas efficace non plus. Il faut hospitaliser l’enfant.
Continuez à donner du cotrimoxazole à l’enfant s’il guérit peu à peu de sa pneumonie.
Sinon, recourez à un antibiotique de seconde intention, comme indiqué au point 31.2.

31.6 La consultation de suivi pour la fièvre—paludisme peu probable (risque


faible ou nul de paludisme)
Quand l’enfant classé dans la catégorie “fièvre—paludisme peu probable” est ramené au dis-
pensaire 2 jours après la première consultation, parce que la fièvre persiste, il faut agir comme
suit:
Référez-vous à l’encadré concernant cette catégorie. Quand l’enfant vit dans une région à
risque faible ou nul de paludisme et continue d’avoir de la fièvre après 2 jours de traitement,
sa fièvre est peut-être due à une cause qui n’a pas été décelée lors de la première consulta-
tion. Procédez à une réévaluation complète de l’enfant, conformément au tableau d’évalua-
tion et de classification. Recherchez la cause de la fièvre, en pensant qu’elle peut être la
tuberculose, l’infection des voies urinaires, l’ostéomyélite ou un abcès. Puis déterminez le
traitement approprié.
➤ Si l’enfant présente un signe général de danger ou une raideur de nuque, appliquez
le traitement prévu pour une maladie fébrile très grave.
➤ Si vous constatez une cause de fièvre autre que le paludisme, soignez cette cause ou
hospitalisez l’enfant.
➤ Si le paludisme est la seule cause manifeste de la fièvre, administrez un antipaludéen
de première intention préconisé dans la politique nationale pour soigner le paludisme
éventuel. Recommandez à la mère de ramener l’enfant après 2 jours, si la fièvre persiste.
Si la fièvre est présente chaque jour depuis 7 jours, hospitalisez l’enfant, car un examen plus
approfondi est nécessaire pour diagnostiquer la cause de cette fièvre persistante.

31.7 La consultation de suivi pour la rougeole avec complications oculaires


ou buccales
Quand l’enfant classé comme ayant la rougeole avec complications oculaires ou buccales est
ramené au dispensaire 2 jours après la première consultation, il faut agir comme suit:
Référez-vous à l’encadré concernant cette maladie. Pour évaluer l’état de l’enfant, examinez
ses yeux et sa bouche. Choisissez le traitement selon les signes que présente l’enfant.

Le traitement de l’infection oculaire:


➤ Si du pus s’écoule encore d’un œil ou des deux yeux, priez la mère de décrire et de
montrer comment elle a traité l’infection oculaire. Si elle a amené le tube de pommade,
vous pouvez voir si elle l’a utilisé. La mère a peut-être eu des difficultés à effectuer le
traitement correctement. Elle n’a peut-être pas mis la pommade trois fois par jour ou elle
n’a pas nettoyé l’œil avant d’appliquer la pommade ou l’enfant s’est débattu de sorte qu’il
n’a pas été possible de lui mettre la pommade dans les yeux.
— Si la mère a traité correctement l’infection oculaire pendant 2 jours et si du pus s’écoule
encore des yeux, hospitalisez l’enfant.
— Si la mère n’a pas effectué le traitement correctement, demandez-lui quel a été le
problème. Enseignez-lui la partie du traitement qu’elle ne semble pas connaître. Dis-
cutez avec elle de la manière de surmonter les difficultés auxquelles elle se heurte.
Enfin, expliquez-lui l’importance du traitement. Recommandez-lui de ramener son
enfant, si ses yeux ne vont pas mieux. Toutefois, si vous pensez que la mère ne parvien-
dra pas à soigner les yeux correctement, prenez les mesures requises pour que les yeux
de l’enfant soient soignés chaque jour au dispensaire ou hospitalisez l’enfant.
CHAPITRE 31. LES SOINS DE SUIVI DONNÉS À L’ENFANT MALADE ▼ 137

➤ Si la suppuration a cessé, mais les yeux sont encore rouges, poursuivez le traite-
ment. Montrez à la mère qu’il est efficace et encouragez-la à continuer de l’administrer
jusqu’à ce que la rougeur ait disparu.
➤ S’il n’y a plus ni pus, ni rougeur, arrêtez le traitement. Félicitez la mère d’avoir bien
soigné les yeux de son enfant et annoncez-lui que l’infection est guérie.

Le traitement des ulcérations buccales


➤ Si les ulcérations buccales ont empiré et si une très mauvaise odeur se dégage de
la bouche, optez pour l’hospitalisation. L’affection buccale peut empêcher l’enfant de
manger et de boire et risque de devenir dangereuse. Une très mauvaise odeur est le signe
d’une infection grave. Les complications buccales provoquées par la rougeole peuvent
être aggravées par le muguet ou l’herpès labial.
➤ Si les ulcérations buccales n’ont pas changé ou s’atténuent, conseillez à la mère de
poursuivre le traitement au violet de gentiane dilué de moitié, pendant une durée totale
de 5 jours.
La mère doit continuer d’alimenter son enfant de manière appropriée pour compenser la
perte de poids survenue pendant la phase aiguë de la maladie et prévenir la malnutrition.
Parlez avec la mère de la suite des soins et de l’alimentation, selon les directives contenues
dans le tableau intitulé “Conseiller la mère”. Avertissez-la qu’il faut accorder une attention
particulière à l’alimentation, puisque la rougeole risque de conduire à la malnutrition.
L’enfant qui a eu la rougeole demeure très vulnérable aux maladies pendant des mois. Il est
donc important que la mère reconnaisse les signes qui indiquent qu’il faut ramener l’enfant
au dispensaire. L’enfant qui a la rougeole risque d’être victime de complications ou d’une
nouvelle affection parce que son système immunitaire est affaibli pendant et après la rou-
geole.

31.8 La consultation de suivi pour l’infection de l’oreille


Quand l’enfant classé comme ayant une infection de l’oreille est ramené au dispensaire 5 jours
après la première consultation, il faut agir comme suit, que l’infection soit aiguë ou chroni-
que:
Référez-vous à l’encadré concernant cette maladie. Évaluez l’évolution de l’infection de
l’oreille et mesurez la température de l’enfant (ou sentez s’il a de la fièvre). Puis déterminez
le traitement en fonction des signes que présente l’enfant.
➤ Si vous constatez un gonflement douloureux derrière une oreille comparé à l’autre
côté, l’enfant a peut-être contracté une mastoïdite. Si l’enfant a beaucoup de fièvre
(température axillaire de 38,5° C ou plus), il souffre peut-être d’une grave infection. L’en-
fant dont le gonflement derrière l’oreille ou la fièvre empirent doit être hospitalisé.
➤ L’infection aiguë de l’oreille: Si la douleur de l’oreille ou l’écoulement de pus de
l’oreille continuent après un traitement avec un antibiotique pendant 5 jours, poursui-
vez le traitement pendant 5 jours encore avec le même antibiotique. Recommandez à la
mère de ramener l’enfant après cette seconde période de 5 jours pour que vous puissiez
vérifier comment évolue l’infection.
Si l’écoulement n’a pas cessé ou a commencé après la première consultation, montrez à la
mère comment assécher l’oreille avec une mèche. Expliquez-lui combien il est important
que l’oreille reste sèche pour guérir.
➤ L’infection chronique de l’oreille: Pour vous assurer que la mère assèche correcte-
ment l’oreille avec une mèche, priez-la de vous décrire ou de vous montrer comment elle
le fait. Demandez-lui combien de fois elle effectue ce geste. Informez-vous des difficultés
qu’elle rencontre quand elle tente d’assécher l’oreille et aidez-la à les surmonter. Encou-
ragez-la à continuer d’assécher l’oreille, en lui expliquant que c’est le seul traitement
efficace en cas de suppuration de l’oreille. Sans assèchement, l’acuité auditive de l’enfant
risque de diminuer.
138 ▼ MANUEL SUR LA PCIME

➤ Si l’enfant ne ressent plus de douleur et l’écoulement s’est arrêté, félicitez la mère


d’avoir donné les soins nécessaires. Demandez-lui si l’enfant a pris l’antibiotique pendant
5 jours. Si la réponse est négative, recommandez-lui de poursuivre le traitement jusqu’à la
fin.

31.9 La consultation de suivi pour un problème d’alimentation


Quand l’enfant classé comme ayant un problème d’alimentation est ramené au dispensaire 5
jours après la première consultation, il faut agir comme suit:
Référez-vous à l’encadré concernant ce sujet. Réévaluez l’alimentation de l’enfant en posant
les questions inscrites dans la première partie de la série de tableaux intitulée “Conseiller la
mère”. Lisez la description du problème d’alimentation constaté lors de la première consul-
tation et les recommandations formulées à cette occasion qui sont inscrites sur la fiche de
prise en charge de l’enfant ou la note concernant les soins de suivi. Demandez à la mère
comment elle applique les recommandations. Par exemple, s’il était recommandé d’inciter
davantage l’enfant à manger, demandez qui nourrit l’enfant à chaque repas et comment
cette personne le fait.
➤ Analysez avec la mère tout problème d’alimentation nouveau ou persistant. Si elle a de la
peine à nourrir son enfant, cherchez des solutions avec elle.
Par exemple, si la mère n’a pas assez de temps pour inciter son enfant à manger, considérez
avec elle le moyen de réorganiser l’horaire des repas.
➤ Si l’enfant a un poids très faible pour son âge, recommandez à la mère de le ramener 30
jours après la première consultation. Á cette occasion, un agent de santé calculera l’aug-
mentation du poids de l’enfant pour savoir si les changements apportés à l’alimentation
ont été bénéfiques pour l’enfant.
Exemple:
Lors de la première consultation, la mère d’un nourrisson de 2 mois indique qu’elle le
nourrit plusieurs fois par jour au sein et lui donne 2 ou 3 biberons de lait. L’agent de santé
lui conseille d’allaiter son enfant plus fréquemment et plus longtemps et de diminuer gra-
duellement la consommation de lait et d’autres aliments.
Lors de la consultation de suivi, l’agent de santé pose des questions à la mère pour savoir
combien de fois elle donne d’autres aliments au nourrisson et combien de fois et pendant
combien de temps elle l’allaite. La mère répond qu’elle ne donne plus qu’un biberon de lait
par jour et l’allaite 6 fois ou plus en 24 heures. L’agent de santé la félicite. Il lui recommande
ensuite d’arrêter complètement de donner le biberon et d’allaiter son enfant 8 fois ou plus
en 24 heures. Comme il s’agit d’un changement d’alimentation important, il prie la mère de
ramener l’enfant. Lors de la consultation suivante, il vérifiera si le nourrisson est nourri
assez fréquemment et encouragera la mère à continuer ainsi.

31.10 La consultation de suivi pour l’anémie


Quand l’enfant qui présentait une pâleur palmaire est ramené au dispensaire 14 jours après la
première consultation, il faut agir comme suit:
Référez-vous à l’encadré concernant cette maladie.
➤ Donnez de nouveau à la mère du fer pour l’enfant et recommandez-lui de revenir après
14 jours.
➤ Continuez de donner du fer pour l’enfant quand la mère le ramène tous les 14 jours
pendant une période de 2 mois.
➤ Si, après 2 mois, l’enfant présente encore une pâleur palmaire, hospitalisez-le pour un
examen approfondi.
CHAPITRE 31. LES SOINS DE SUIVI DONNÉS À L’ENFANT MALADE ▼ 139

31.11 La consultation de suivi pour un poids très faible


L’enfant classé comme ayant un poids très faible doit être ramené au dispensaire 30 jours
après la première consultation (il doit être ramené plus tôt s’il a aussi un problème d’alimen-
tation). Certains dispensaires organisent régulièrement une réunion spéciale consacrée aux
conseils nutritionnels et recommandent à la mère d’un enfant malnutri de venir à cette
occasion pour la consultation de suivi. Une telle réunion permet à l’agent de santé de discu-
ter d’alimentation avec plusieurs mères et, éventuellement, de leur montrer des aliments
bénéfiques pour leur enfant.
Référez-vous à l’encadré concernant “le poids très faible”. Les instructions ci-dessous vous
guideront lors de la consultation de suivi d’un enfant qui a un poids très faible.
Pesez l’enfant, pour savoir si son poids demeure très bas pour son âge. Réévaluez aussi
l’alimentation en posant les questions inscrites dans la première partie de la série de ta-
bleaux intitulée “Conseiller la mère”.
➤ Si l’enfant n’a plus un poids très faible pour son âge, félicitez la mère. Les change-
ments apportés à l’alimentation de l’enfant sont utiles. Encouragez la mère à continuer de
nourrir son enfant selon les recommandations prévues pour l’âge de celui-ci.
➤ Si l’enfant a encore un poids très faible pour son âge, discutez avec la mère de tout
problème d’alimentation constaté. Il faut également enseigner à la mère à donner à l’en-
fant des aliments convenant à son âge et à le nourrir assez souvent. Apprenez-lui aussi à
inciter l’enfant à manger.
➤ Recommandez à la mère de ramener l’enfant au dispensaire après un mois. Il est impor-
tant de revoir l’enfant chaque mois pour conseiller et encourager la mère jusqu’à ce que
l’enfant soit bien alimenté et prenne du poids régulièrement ou n’ait plus un poids très
faible. Si l’enfant continue de maigrir et si l’alimentation ne change pas, hospitalisez-le ou
faites-le participer à un programme alimentaire.
140 ▼

CHAPITRE 32
Les soins de suivi donnés au nourrisson malade

Les consultations de suivi sont recommandées pour les nourrissons classés comme ayant
une infection bactérienne locale, la dysenterie, un problème d’alimentation ou une insuffi-
sance pondérale (y compris le muguet). La série de tableaux consacrée au nourrisson dans le
fascicule de la PCIME contient les instructions concernant le “suivi des soins du nourrisson
malade” âgé de 1 semaine à 2 mois.
Comme c’est le cas pour l’enfant malade, l’évaluation du nourrisson malade ne s’effectue
pas de la même manière lors de la première consultation et lors de la consultation de suivi.
Quand vous savez que le nourrisson a été amené au dispensaire pour des soins de suivi,
demandez s’il y a de nouveaux problèmes. Si le nourrisson a un nouveau problème, il faut
réaliser une évaluation complète comme s’il s’agissait d’une première consultation.
Si le nourrisson n’a pas de nouveau problème, recherchez dans le fascicule les pages portant
sur le “suivi des soins du nourrisson malade” âgé de 1 semaine à 2 mois. Référez-vous à
l’encadré relatif à la catégorie dans laquelle le nourrisson a été classé.
Cet encadré énumère les instructions à appliquer lors de la consultation de suivi. Il montre
également quel est le traitement de suivi approprié. N’employez pas le tableau de classifica-
tion pour classer les signes que présente le nourrisson et déterminer le traitement. Il existe
une seule exception: si le nourrisson a la dysenterie, classez et traitez la déshydratation comme
lors d’une première consultation.

32.1 La consultation de suivi pour la dysenterie


Quand le nourrisson classé comme ayant la dysenterie est ramené au dispensaire 2 jours
après la première consultation, appliquez les instructions énumérées dans l’encadré sur cette
maladie.
Réévaluez la diarrhée du nourrisson conformément au tableau intitulé “Le nourrisson a-t-il
la diarrhée ?”. Posez également les questions qui y sont mentionnées pour savoir si l’état du
nourrisson s’améliore.
➤ Si le nourrisson souffre de déshydratation, classez celle-ci et choisissez un plan de réhy-
dratation selon le tableau de classification approprié.
➤ Si les signes sont identiques ou plus marqués, hospitalisez le nourrisson. Si ce dernier a de
la fièvre, injectez-lui un antibiotique en intramusculaire avant le transfert, car il y a une
possibilité d’infection bactérienne grave.
➤ Si l’état du nourrisson s’améliore, recommandez à la mère de continuer à lui donner
l’antibiotique. Veillez à ce qu’elle comprenne bien qu’il est indispensable de terminer le
traitement de 5 jours.

32.2 La consultation de suivi pour l’infection bactérienne locale


Quand le nourrisson classé comme ayant une infection bactérienne locale est ramené au dis-
pensaire 2 jours après la première consultation, appliquez les instructions figurant dans
l’encadré relatif à cette catégorie.
Examinez l’ombilic et la peau du nourrisson, puis déterminez le traitement nécessaire.
➤ Si la rougeur ou la suppuration n’ont pas changé ou se sont aggravées, hospitalisez
le nourrisson. Hospitalisez-le aussi s’il a davantage de pustules que 2 jours plus tôt.
CHAPITRE 32. LES SOINS DE SUIVI DONNÉS AU NOURRISSON MALADE ▼ 141

➤ Si la rougeur ou la suppuration s’atténuent, recommandez à la mère de poursuivre le


traitement à l’antibiotique commencé lors de la première consultation. L’amélioration
signifie qu’il y a moins de pus et qu’il sèche. La rougeur a aussi diminué. Soulignez qu’il
faut continuer de donner l’antibiotique, même après une amélioration. Dites aussi à la
mère de poursuivre le traitement de l’infection locale à domicile, en nettoyant les pustules
cutanées ou l’ombilic et en appliquant le violet de gentiane.

32.3 La consultation de suivi pour un problème d’alimentation


Quand le nourrisson qui a un problème d’alimentation est ramené au dispensaire 2 jours après
la première consultation, appliquez les instructions figurant dans l’encadré relatif à cette
catégorie. Réévaluez l’alimentation. Posez les questions mentionnées dans le tableau intitulé
“Évaluer les problèmes d’alimentation ou d’insuffisance pondérale”. Évaluez l’allaitement
au sein, si le nourrisson est nourri ainsi.
Lisez la description du problème d’alimentation constaté lors de la première consultation et
les recommandations formulées à cette occasion qui sont inscrites sur la fiche de prise en
charge de l’enfant ou la note concernant les soins de suivi. Demandez à la mère si elle a
réussi à appliquer les recommandations ou si elle a rencontré des difficultés à cet égard.
➤ Aidez la mère à résoudre des problèmes d’alimentation nouveaux ou persistants. Référez-
vous aux directives contenues dans le tableau intitulé “Conseils sur les problèmes d’ali-
mentation” de la série “Conseiller la mère” et dans l’encadré intitulé “Apprendre à la
mère comment bien positionner le nourrisson et assurer une bonne prise du sein” de la
série de tableaux consacrés au nourrisson.
Par exemple, vous avez peut-être recommandé à la mère de ne plus donner, à son enfant,
d’eau ou de jus dans un biberon et de l’allaiter plus fréquemment et pendant plus long-
temps. Demandez-lui combien de fois elle allaite le nourrisson en 24 heures et si elle a cessé
de lui donner le biberon. Puis, si nécessaire, conseillez-la et encouragez-la.
➤ Si le poids du nourrisson est toujours bas pour son âge, recommandez à la mère de reve-
nir 14 jours après la première consultation. À ce moment-là, vous réévaluez le poids du
nourrisson. Il faut vérifier le poids du nourrisson plus fréquemment que celui de l’enfant
âgé de 2 mois à 5 ans, parce que la croissance du nourrisson doit être plus rapide et parce
qu’il court plus de risques que les jeunes enfants s’il ne prend pas de poids.

32.4 La consultation de suivi pour l’insuffisance pondérale


Quand le nourrisson qui a été classé comme ayant une insuffisance pondérale est ramené au
dispensaire 14 jours après la première consultation, appliquez les instructions figurant dans
l’encadré relatif à cette catégorie.
Vérifiez si le poids du nourrisson est encore trop bas pour son âge. Réévaluez aussi son
alimentation, en posant les questions mentionnées au tableau intitulé “Évaluer les problè-
mes d’alimentation ou d’insuffisance pondérale”. Évaluez l’allaitement au sein, si le nourris-
son est nourri ainsi.
➤ Si le nourrisson n’a plus d’insuffisance pondérale, félicitez la mère d’avoir bien nourri
son enfant. Encouragez-la à continuer à le nourrir ainsi, éventuellement en lui conseillant
quelques améliorations.
➤ Si le nourrisson a encore une insuffisance pondérale, mais est bien alimenté, félici-
tez la mère. Priez-la de faire peser le nourrisson dans un mois ou quand elle le ramène au
dispensaire pour une vaccination. Vous vous assurerez que le nourrisson continue d’être
bien alimenté et de prendre du poids. De nombreux nourrissons qui avaient un poids
petit à la naissance conservent leur insuffisance pondérale, mais ils s’alimentent et pren-
nent du poids de manière satisfaisante.
➤ Si le nourrisson a encore une insuffisance pondérale et un problème d’alimenta-
tion, expliquez à la mère comment résoudre ce problème. Recommandez-lui de ramener
le nourrisson après 14 jours. Continuez de voir le nourrisson toutes les quelques semai-
nes, jusqu’à ce que vous soyez sûr qu’il est bien nourri, prend du poids régulièrement ou
n’a plus d’insuffisance pondérale.
142 ▼ MANUEL SUR LA PCIME

32.5 La consultation de suivi pour le muguet


Quand le nourrisson qui avait le muguet est ramené au dispensaire 2 jours après la première
consultation, appliquez les instructions figurant dans l’encadré relatif à cette affection.
Vérifiez si le muguet est toujours présent et réévaluez l’alimentation du nourrisson.
➤ Si le muguet a empiré ou si le nourrisson ne parvient pas à prendre le sein et à téter de
façon efficace, hospitalisez-le. Il est indispensable de le traiter pour qu’il puisse bien se
nourrir le plus tôt possible.
➤ Si le muguet n’a pas changé ou guérit et si le nourrisson se nourrit bien, recommandez à
la mère de poursuivre le traitement au violet de gentiane dilué de moitié, pendant une
durée totale de 5 jours.
▼ 143

ANNEXE A : PLAN C—TRAITER RAPIDEMENT LA DÉSHYDRATATION SÉVÈRE

1. Si le traitement par voie intraveineuse (IV) peut s’effectuer au dispensaire


Si vous pouvez réaliser une perfusion intraveineuse au dispensaire et si vous disposez de
solutions appropriées, telles que la solution de Ringer-lactate ou le sérum physiologique,
injectez cette solution par voie intraveineuse à l’enfant qui souffre de déshydratation sévère.1
Les paragraphes suivants décrivent les phases de la réhydratation de l’enfant par voie intra-
veineuse. Ils indiquent la quantité de liquide à utiliser, selon l’âge et le poids de l’enfant.
Étudiez-les avec attention.

● Commencer la réhydratation immédiatement. Si l’enfant peut boire,


donner une solution de SRO, pendant la mise en place de la perfu-
sion. Utiliser 100ml/kg de solution de Ringer-lactate (ou, s’il n’y en a
pas, de sérum physiologique) de la manière suivante:

Âge Donner d’abord Puis donner


30 ml/kg en: 70 ml/kg en:

Nourrisson 1 heure* 5 heures


(moins de 12 mois)

Enfant 30 minutes* 2 1/2 heures


(12 mois à 5 ans)

*Répéter une fois si le pouls radial est encore très faible ou imperceptible

● Réévaluer l’état d’hydratation du patient toutes les 1 à 2 heures. S’il


ne s’améliore pas, accélérer le débit.
● Donner également une solution de SRO (environ 5ml/kg/heure) dès
que le patient peut boire, en général après 3–4 heures (nourrisson)
ou 1–2 heures (enfant).
● Réévaluer l’état du nourrisson après 6 heures et celui de l’enfant
après 3 heures. Classer la déshydratation. Ensuite, choisir le plan
approprié (A, B ou C) pour la suite du traitement.

Note:
● Garder le patient sous observation au moins 6 heures après la
réhydratation pour être sûr que sa mère peut continuer l’hydratation
en lui donnant une solution de SRO par voie orale.

Voici quelques explications concernant les termes employés dans cette partie du plan:
■ Le “débit” signifie le nombre de gouttes de liquide introduit par minute dans l’organisme
■ “Pendant la mise en place de la perfusion” signifie pendant que l’agent de santé prépare
l’équipement, la solution et introduit l’aiguille dans la veine du patient.
■ L’”état d’hydratation” montre si le nourrisson ou l’enfant est hydraté normalement ou
déshydraté et indique le degré de déshydratation. La catégorie “pas de déshydratation”
signifie que l’organisme n’a pas perdu assez d’eau pour montrer des signes de déshydrata-
tion. Les catégories “signes évidents de déshydratation” et “déshydratation sévère” signifient
que l’organisme ne contient pas assez de liquide.

1
La présente annexe n’enseigne pas à traiter un patient par voie intraveineuse.
144 ▼ MANUEL SUR LA PCIME

■ Pour évaluer l’état d’hydratation du nourrisson ou de l’enfant, utilisez les signes énumé-
rés dans le tableau d’évaluation et de classification.
■ Le “pouls radial” est le battement de l’artère radiale, principal vaisseau sanguin du poi-
gnet, du côté du pouce.

Le traitement de la déshydratation sévère par voie intraveineuse


La thérapie intraveineuse destinée à soigner la déshydratation sévère consiste à donner rapide-
ment au nourrisson ou à l’enfant une grande quantité de liquide, pour remplacer la perte
considérable de liquide de son organisme.
Commencez le plus tôt possible le traitement décrit dans le Plan C. Si le patient peut boire,
administrez-lui une solution de SRO jusqu’à ce que la perfusion fonctionne. Puis donnez la
première portion de solution (30 ml/kg) très vite (en 60 minutes pour le nourrisson, en 30
minutes pour l’enfant).Cet apport de liquide rétablit le volume sanguin indispensable et
évite une commotion mortelle. Donnez ensuite 70 ml/kg plus lentement pour terminer la
réhydratation.
Pendant ce traitement, il faut réévaluer le patient toutes les 1-2 heures, pour vérifier s’il
reçoit une quantité suffisante de liquide par voie intraveineuse.

Surveiller la quantité de liquide administré par perfusion et l’état d’hydratation du


patient
Pendant la réhydratation du nourrisson ou de l’enfant qui souffre d’une déshydratation
sévère, il faut surveiller la quantité de liquide introduite dans l’organisme par perfusion. On
peut utiliser, à cette fin, un relevé tel que celui-ci:

Heure Volume (ML) Volume restant Volume reçu


au commencement* estimé (en ml) (en ml)

*de la première bouteille/poche et des suivantes

Les quatre colonnes permettent de noter la quantité de liquide donnée à un patient pendant
une certaine période de temps.
1. Heure : Consigner l’heure à laquelle on vérifie la progression de la perfusion
Pour le nourrisson: (moins de 12 mois) Pour un enfant: (de 12 mois à 5 ans)
* après la première demi-heure * après la première demi-heure
(30 minutes) (30 minutes)
* chaque heure pendant les 5 heures * chaque heure pendant les 2 heures
suivantes suivantes
ANNEXE A : PLAN C—TRAITER RAPIDEMENT LA DÉSHYDRATATION SÉVÈRE ▼ 145

2. Volume au commencement: Au moment de commencer la perfusion, noter la quantité


de liquide qui se trouve dans la bouteille ou la poche. Le chiffre devrait figurer sur le
récipient. Lors de chaque remplacement de la bouteille ou la poche par une autre, ne pas
oublier de noter la quantité et l’heure du changement.
3. Volume restant estimé: Vérifier la quantité de liquide qui reste dans la bouteille ou la
poche. S’il n’est pas possible de connaître le chiffre précis, il faut l’estimer aux 10 ml les
plus proches (par exemple: 220 ml, 230 ml, 240 ml, etc.). Inscrire ce chiffre sur le relevé.
4. Volume reçu: Calculer la quantité de liquide que le nourrisson ou l’enfant a reçue au
moment de la vérification, en soustrayant le “volume restant” du “volume au commence-
ment”. Inscrire ce chiffre sur le relevé.
Il est utile de faire une marque sur la bouteille ou la poche de perfusion avec un stylo ou du
sparadrap pour montrer le niveau qu’il faut atteindre après un certain temps. Marquez, par
exemple, le niveau à atteindre après les 30 ou 60 premières minutes, après chaque heure ou
après 3 ou 6 heures. Ainsi, il est plus facile de fixer le débit du goutte-à-goutte. Déterminez
le nombre de gouttes par minute pour donner la quantité appropriée de liquide par heure.
Le relevé ci-dessous montre la quantité de liquide donnée par perfusion à un enfant de 16
mois (10 kg) qui est classé comme ayant une déshydratation sévère. L’agent de santé a appli-
qué le Plan C. Il a donné à l’enfant 300 ml (30 ml x 10 kg) pendant les 30 premières
minutes. Ensuite, il lui a donné 700 ml (70ml x 10 kg) pendant 2 heures et demie (soit
environ 300 ml par heure).

EXEMPLE DE RELEVÉ DE PERFUSION


Heure Volume (ML) Volume restant Volume reçu
au commencement* estimé (en ml) (en ml)

12.00 h 1000 ml
12:30 h 700 ml 300 ml
13:30 h 400 ml 600 ml
14:30 h 100 ml 900 ml
15:00 h 0 ml 1000 ml

*de la première bouteille/poche et des suivantes

Il faut veiller à ce que la perfusion s’effectue correctement et à ce que le patient reçoive la


quantité appropriée de liquide. Pour s’assurer que le débit est suffisant, réévaluez la déshy-
dratation toutes les 1 à 2 heures. Si la déshydratation et la diarrhée empirent ou ne s’amélio-
rent pas, accélérez le débit et augmentez la quantité de liquide donnée. Accélérez aussi le
débit si l’enfant vomit. Si l’état du nourrisson ou de l’enfant s’améliore, continuez la perfu-
sion à la même vitesse.
Pendant la perfusion, n’oubliez pas de donner également au patient de petites gorgées de
solution de SRO, dès qu’il est capable de boire. Donnez-lui environ 5 ml de solution par
kilogramme de poids corporel par heure.

Réévaluer la déshydratation et choisir le plan de traitement approprié


Évaluez les signes de déshydratation après 6 heures chez le nourrisson et après 3 heures chez
l’enfant. Classez la déshydratation. Choisissez le traitement nécessaire (Plan A, B ou C)
pour poursuivre la thérapie.
146 ▼ MANUEL SUR LA PCIME

Quand le patient est complètement réhydraté et ne présente plus de signe de déshydratation,


gardez-le, si possible, encore pendant 6 heures au dispensaire. Pendant cette période, la
mère doit lui donner du liquide selon le Plan A. Assurez-vous qu’elle peut donner suffisam-
ment de liquide pour remplacer tout le liquide perdu tant que la diarrhée dure. Il faut éga-
lement nourrir le patient. Contrôlez celui-ci régulièrement pour détecter tout signe de nouvelle
déshydratation.

2. Si le traitement par voie intraveineuse (IV) peut s’effectuer dans un


établissement proche
Si vous ne pouvez pas procéder à une perfusion au dispensaire, mais si un tel traitement peut
se réaliser dans un dispensaire ou un hôpital proche (à environ 30 minutes de route), voici
les mesures à prendre:

● Transférer le nourrisson ou l’enfant D’URGENCE dans cet établissement pour une perfu-
sion.
● Si le patient peut boire, remettre à sa mère une solution de SRO et lui montrer comment
donner de fréquentes gorgées pendant le trajet.

Faites transporter immédiatement le nourrisson ou l’enfant déshydraté à l’hôpital ou à l’autre


dispensaire. S’il peut boire, montrez à sa mère comment lui donner des gorgées de solution
de SRO. Conseillez-lui d’encourager son enfant à boire pendant le trajet.

3. Si vous avez appris à utiliser une sonde nasogastrique


S’il n’est pas possible d’effectuer une perfusion intraveineuse au dispensaire et s’il n’y a pas
d’établissement de santé proche fournissant de tels soins, il faut réhydrater le nourrisson ou
l’enfant en lui donnant une solution de SRO par sonde nasogastrique, si vous avez appris
cette technique.1 La partie du Plan C reproduite ci-dessous décrit la méthode de réhydrata-
tion d’un nourrisson ou d’un enfant par sonde nasogastrique.2

● Commencer la réhydratation avec une solution de SRO à l’aide d’une


sonde (ou par voie orale): administrer 20 ml/kg/heure pendant 6 heures
(soit 120 ml/kg au total).
● Réévaluer l’état du patient toutes les 1 à 2 heures:
— En cas de vomissements répétés ou de distension abdominale
accrue, administrer le liquide plus lentement.
— Si l’état d’hydratation ne s’améliore pas après 3 heures, transférer le
patient pour une perfusion intraveineuse.
● Après 6 heures, réévaluer l’état du patient. Classer la déshydratation.
Ensuite, choisir le plan approprié (A, B ou C) pour la suite du traitement.

Note:
● Garder, si possible, le patient encore pendant 6 heures au dispensaire,
après la réhydratation, pour être sûr que sa mère réussit à éviter une
nouvelle déshydratation en lui donnant une solution de SRO par voie
orale.

Voici quelques explications concernant les termes employés dans cette partie du plan:
■ La “distension abdominale” signifie l’augmentation de volume de l’abdomen, dont la
peau est tendue.

1
La présente annexe n’enseigne pas à traiter un patient par sonde nasogastrique.
2
Selon le Plan C, les étapes de réhydratation d’un nourrisson ou d’un enfant sont les mêmes par sonde nasogastrique
et par voie orale.
ANNEXE A : PLAN C—TRAITER RAPIDEMENT LA DÉSHYDRATATION SÉVÈRE ▼ 147

■ L’”état d’hydratation” montre si le nourrisson ou l’enfant est hydraté normalement ou


déshydraté et indique le degré de déshydratation. La catégorie “pas de déshydratation”
signifie que l’organisme n’a pas perdu assez d’eau pour montrer des signes de déshydrata-
tion. Les catégories “signes évidents de déshydratation” et “déshydratation sévère” signifient
que l’organisme ne contient pas assez de liquide.
Pour évaluer l’état d’hydratation du nourrisson ou de l’enfant, vérifiez s’il présente les signes
énumérés dans le tableau d’évaluation et de classification.

Surveiller la quantité de liquide administrée par sonde nasogastrique et l’état


d’hydratation du patient
Pendant la réhydratation du nourrisson ou de l’enfant qui souffre d’une déshydratation
sévère, il faut surveiller la quantité de liquide introduite dans l’organisme par sonde
nasogastrique pendant la période de 6 heures. On peut utiliser, à cette fin, un relevé tel que
celui-ci:

Heure Volume (ML) Volume restant Volume reçu


au commencement* estimé (en ml) (en ml)

*de la première bouteille/poche et des suivantes

Les quatre colonnes permettent de noter la quantité de liquide donnée à un patient pendant
une certaine période de temps.
1. Heure : Consigner l’heure à laquelle on vérifie la progression du traitement par sonde
nasogastrique. Cette vérification doit avoir lieu toutes les heures pendant 6 heures.
2. Volume au commencement : Au moment de commencer la réhydratation par sonde
nasogastrique, noter la quantité de liquide qui se trouve dans la bouteille ou la poche. Le
chiffre devrait figurer sur le récipient. Lors de chaque remplacement de la bouteille ou la
poche par une autre, noter la quantité et l’heure du changement.
3. Volume restant estimé : Vérifier la quantité de liquide qui reste dans la bouteille ou la
poche. S’il n’est pas possible de connaître le chiffre précis, il faut l’estimer aux 10 ml les
plus proches (par exemple: 220 ml, 230 ml, 240 ml, etc.). Inscrire ce chiffre sur le relevé.
4. Volume reçu : Calculer la quantité de liquide que le nourrisson ou l’enfant a reçue au
moment de la vérification, en soustrayant le “volume restant” du “volume au commence-
ment”. Inscrire ce chiffre sur le relevé.
Il est utile de faire une marque sur la bouteille ou la poche de perfusion avec un stylo ou du
sparadrap pour montrer le niveau qu’il faut atteindre après un certain temps. Marquez, par
exemple, le niveau à atteindre après les 30 ou 60 premières minutes, après chaque heure ou
après 3 ou 6 heures. Ainsi, il est plus facile de fixer le débit du goutte-à-goutte. Déterminez
le nombre de gouttes par minute pour donner la quantité appropriée de liquide par heure.
148 ▼ MANUEL SUR LA PCIME

Le relevé ci-dessous montre la quantité de liquide administrée à un enfant pendant 6 heures


de traitement au dispensaire. L’agent de santé a commencé de lui donner 200 ml de solution
de SRO par sonde nasogastrique (20ml x 10 kg) à 11 heures.

EXEMPLE DE RELEVÉ DE RÉHYDRATATION


Heure Volume (ML) Volume restant Volume reçu
au commencement* estimé (en ml) (en ml)

11 h 1000 ml
12 h — 800 ml 200 ml
13 h — 600 ml 400 ml
14 h — 400 ml 600 ml
15 h — 200 ml 800 ml
16 h 1000 ml 0 ml 1000 ml
17 h 800 ml 1200 ml

*de la première bouteille/poche et des suivantes

Réévaluer l’état d’hydratation du patient toutes les 1 à 2 heures:


■ En cas de vomissements répétés ou de distension abdominale accrue, administrer le li-
quide plus lentement.
■ Si l’état d’hydratation ne s’améliore pas après 3 heures, transférer le patient pour une
perfusion intraveineuse.
■ Si l’état du patient s’améliore, continuer le traitement de réhydratation par sonde
nasogastrique pendant 6 heures au total.

Réévaluer la déshydratation et choisir le plan de traitement approprié


Évaluez les signes de déshydratation après 6 heures de traitement par sonde nasogastrique.
Classez la déshydratation. Choisissez le traitement nécessaire (Plan A, B ou C) pour pour-
suivre la thérapie.
Quand le nourrisson ou l’enfant est complètement réhydraté et ne présente plus de signe de
déshydratation, gardez-le, si possible, encore pendant 6 heures au dispensaire. Pendant cette
période, la mère doit lui donner du liquide selon le Plan A. Assurez-vous qu’elle peut donner
suffisamment de liquide pour remplacer tout le liquide perdu tant que la diarrhée dure. Il
faut également nourrir le patient. Contrôlez celui-ci régulièrement pour détecter tout signe
de nouvelle déshydratation.

4. Si vous ne pouvez appliquer le Plan C que par voie orale


S’il n’est pas possible d’effectuer une perfusion intraveineuse au dispensaire, s’il n’y a pas
d’établissement de santé proche fournissant de tels soins, si vous ne pouvez par réhydrater le
nourrisson ou l’enfant à l’aide d’une sonde nasogastrique, il faut lui donner une solution de
SRO par voie orale.
Étudiez attentivement la dernière partie de la présente annexe qui décrit la manière d’exécu-
ter le Plan C par voie orale.
ANNEXE A : PLAN C—TRAITER RAPIDEMENT LA DÉSHYDRATATION SÉVÈRE ▼ 149

● Commencer la réhydratation avec une solution de SRO à l’aide d’une


sonde (ou par voie orale): administrer 20 ml/kg/heure pendant 6 heures
(soit 120 ml/kg au total).
● Réévaluer l’état d’hydratation du patient toutes les 1 à 2 heures:
— En cas de vomissements répétés ou de distension abdominale
accrue, administrer le liquide plus lentement.
— Si l’état d’hydratation ne s’améliore pas après 3 heures, transférer le
patient pour une perfusion intraveineuse.
● Après 6 heures, réévaluer l’état du patient. Classer la déshydratation.
Ensuite, choisir le plan approprié (A, B ou C) pour la suite du traitement.

Note:
● Garder, si possible, le patient encore pendant 6 heures au dispensaire,
après la réhydratation, pour être sûr que sa mère réussit à éviter une
nouvelle déshydratation en lui donnant une solution de SRO par voie
orale.

Si un nourrisson ou un enfant souffrant de déshydratation sévère est amené au dispensaire et


si vous ne pouvez le traiter ni par perfusion ni par sonde nasogastrique, vérifiez s’il est capa-
ble de boire.
➤ Si le nourrisson ou l’enfant est capable de boire, vous pouvez essayer de le
réhydrater par voie orale.
➤ Si le nourrisson ou l’enfant est incapable de boire, transférez-le d’urgence dans
le dispensaire ou l’hôpital le plus proche où il peut être traité par voie intravei-
neuse ou par sonde nasogastrique. Si le patient ne reçoit pas de liquide, il mourra.
Voici quelques explications concernant les termes employés dans cette partie du plan:
■ La “distension abdominale” signifie l’augmentation de volume de l’abdomen, dont la
peau est tendue.
■ L’“état d’hydratation” montre si le nourrisson ou l’enfant est hydraté normalement ou
déshydraté et indique le degré de déshydratation. La catégorie “pas de déshydratation”
signifie que l’organisme n’a pas perdu assez d’eau pour montrer des signes de déshydrata-
tion. Les catégories “signes évidents de déshydratation” et “déshydratation sévère” signifient
que l’organisme ne contient pas assez de liquide.
Pour évaluer l’état d’hydratation du nourrisson ou de l’enfant, vérifiez s’il présente les signes
énumérés dans le tableau d’évaluation et de classification.

Surveiller la quantité de solution de SRO administrée par voie orale


Si vous réhydratez un nourrisson ou un enfant par voie orale, surveillez la quantité de solu-
tion de SRO que vous lui donnez. Administrez 20 ml par kilogramme de poids corporel par
heure pendant 6 heures. À la fin de ces 6 heures, le patient aura reçu au total 120 ml de
solution par kilogramme de son poids.
Réévaluer l’état d’hydratation du patient toutes les 1 à 2 heures:
■ En cas de vomissements répétés ou de distension abdominale accrue, administrer le li-
quide plus lentement.
■ Si l’état d’hydratation ne s’améliore pas après 3 heures, transférer le patient pour une
perfusion intraveineuse.

Réévaluer la déshydratation et choisir le plan de traitement approprié


Évaluez les signes de déshydratation après 6 heures de traitement par voie orale. Classez la
déshydratation. Choisissez le traitement nécessaire (Plan A, B ou C) pour poursuivre la
thérapie.
Quand le nourrisson ou l’enfant est réhydraté et ne présente plus de signe de déshydrata-
tion, gardez-le, si possible, encore pendant 6 heures au dispensaire. Pendant cette période,
encouragez la mère à lui donner du liquide selon le Plan A. Assurez-vous qu’elle peut don-
150 ▼ MANUEL SUR LA PCIME

ner suffisamment de liquide pour remplacer tout le liquide perdu tant que la diarrhée dure.
Il faut également nourrir le patient. Contrôlez celui-ci régulièrement pour détecter tout
signe de nouvelle déshydratation.

Ne pas oublier:
Si le nourrisson ou l’enfant est incapable de boire, il faut le transférer d’urgence
dans le dispensaire ou l’hôpital le plus proche où il peut être traité par voie intra-
veineuse ou par sonde nasogastrique.
Si le patient ne reçoit pas de liquide, il mourra.
▼ 151

ANNEXE B : MODÈLES DE FICHE DE PRISE EN CHARGE

PRISE EN CHARGE INTÉGRÉE DU NOURRISSON MALADE GÉ DE 1 SEMAINE À 2 MOIS

Nom: Age: Poids: kg Température: °C


DEMANDER: Quels sont les problèmes du nourrisson? Première visite? Visite de suivi?
EVALUER (entourer tous les signes présents) CLASSER

RECHERCHER L’INFECTION BACTÉRIENNE ÉVENTUELLE


● Le nourrisson a-t-il eu des convulsions? ● Compter les respirations. _____ par minute
Recompter si le nombre de respirations est élevé. _____ Respiration rapide?
● Rechercher un tirage sous-costal grave.
● Rechercher un battement des ailes du nez.
● Regarder et écouter le geignement expiratoire.
● Regarder et palper la fontanelle pour savoir si elle est bombée.
● Regarder si du pus s’écoule des oreilles.
● Regarder l’ombilic. Est-il rouge ou suppurant?
La rougeur s’étend-elle à la peau?
● Fièvre (température 37.5 °C ou plus, ou le nourrisson est chaud au toucher) ou hypothermie
(au-dessous de 35.5 °C ou froid au toucher).
● Regarder la peau pour détecter les pustules. Sont-elles nombreuses ou sévères?
● Regarder si le nourrisson est léthargique ou inconscient.
● Observer les mouvements du nourrisson. Sont-ils moindres que la normale?

LE NOURRISSON A-T-IL LA DIARRHÉE? Oui _____ Non ______


● Depuis combien de temps?__ Jours ● Evaluer l’état général du nourrisson. Est-il:
● Y a-t-il du sang dans les selles? Léthargique ou inconscient?
Agité et irritable?
● Regarder si ses yeux sont enfoncés.
● Pincer la peau de l’abdomen. Le pli s’efface-t-il:
Très lentement (plus de 2 secondes)?
Lentement?

PUIS RECHERCHER LES PROBLÈMES D’ALIMENTATION OU D’INSUFFISANCE PONDÉRALE


● Existe-t-il des problèmes d’alimentation? Oui ___ Non ___ ● Déterminer le poids pour son âge. Faible ___ Normal ___
● Le nourrisson est-il allaité au sein? Oui ___ Non ___
● Si oui, combien de fois en 24 heures? ____ fois
● Le nourrisson reçoit-il d’habitude d’autres aliments
ou liquides? Oui ___ Non ___
Si oui, combien de fois?
● Comment sont donnés les aliments?

Se le nourrisson a des difficultés à se nourrir, est alimenté moins de 8 fois en 24 heures, consomme d’autres aliments ou
liquides, ou est d’un poids faible pour son âge ET ne présente aucun signe justifiant son transfert à l’hôpital:

EVALUER L’ALLAITEMENT AU SEIN:


● Le nourrisson a-t-il été allaité pendant l’heure précédente? Si le nourrisson n’a pas été allaité au sein pendant l’heure précédente, demander à la mère
de mettre le nourrisson au sein. Observer l’allaitement pendant 4 minutes.

● Le nourrisson peut-il bien prendre le sein? Pour vérifier la bonne prise du sein, regarder si:
— Le menton touche le sein Oui ___ Non ___
— La bouche est grande ouverte Oui ___ Non ___
— La lèvre inférieure est éversée vers l’extérieur Oui ___ Non ___
— Plus d’aréole au-dessus qu’en-dessous Oui ___ Non ___

pas de prise de sein mauvaise prise du sein bonne prise du sein

● Est-ce que le nourrisson tête efficacement (c’est-à-dire succion lente et profonde,


avec pauses)?

pas de succion du tout succion non efficace succion efficace

● Regarder la bouche pour détecter des ulcération ou des plaques blanches (muguet).

VÉRIFIER L’ÉTAT VACCINAL Entourer les vaccins nécessaires lors de la consultation Ramener l'enfant
pour la prochaine
vaccination le

BCG DTC1 DTC2

VPO 0 VPO 1 VPO 2


(Date)

EVALUER D’AUTRES PROBLÈMES:


152 ▼ MANUEL SUR LA PCIME

TRAITER

oooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooo
oooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooo
oooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooo
oooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooo
oooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooo
oooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooo
oooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooo
oooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooo
oooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooo
oooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooo
oooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooo
oooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooo
oooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooo
oooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooo
oooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooo
oooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooo
oooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooo
oooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooo
oooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooo
oooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooo
oooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooo
oooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooo
oooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooo
oooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooo
oooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooo

Revenir pour une visite de suivi dans:

Faire les vaccinations nécessaires aujourd’hui:


ANNEXE B : MODÈLES DE FICHE DE PRISE EN CHARGE ▼ 153

PRISE EN CHARGE INTÉGRÉE DES MALADIES DE L’ENFANT ÂGÉ DE 2 MOIS À 5 ANS

Nom: Age: Poids: kg Température: °C


DEMANDER: Quels sont les problèmes du nourrisson? Première visite? Visite de suivi?
EVALUER (entourer tous les signes présents) CLASSER

CHECK FOR GENERAL DANGER SIGNS Signe général de danger présent?


Oui ___ Non ___
INCAPABLE DE BOIRE OU DE TÉTER LÉTHARGIIQUE OU INCONSCIENT
Ne pas oublier d'utiliser le signe de
VOMIT TOUT CE QU’IL AVALE
danger lors de la classification
CONVULSIONS

L'ENFANT TOUSSE-T-IL OU A-T-IL DES DIFFICULTÉS RESPIRATOIRES ? Oui ___ Non ___
● Depuis combien de temps? _____ jours ● Compter les respirations par minute
_____ respirations par minute. Respiration rapide ?
● Observer si l'enfant a un tirage sous-costal
● Écouter si l'enfant a un stridor

L'ENFANT A-T-IL LA DIARRHÉE ? Oui ___ Non ___


● Depuis combien de temps ? _____ jours ● Évaluer l'état général de l'enfant. L'enfant est-il
● Ses selles contiennent-elles du sang ? léthargique ou inconscient ?
agité ou irritable ?
● Regarder si les yeux sont enfoncés
● Offrir à boire à l'enfant. L'enfant
est-il incapable de boire ou boit-il difficilement ?
est-il assoiffé, boit-il avidement ?
● Pincer la peau de l'abdomen de l'enfant. Le pli s'efface-t-il
très lentement (plus de 2 secondes) ?
lentement ?

L'ENFANT A-T-IL DE LA FIÈVRE ? (antécédents/chaud au toucher/température de 37,5 °C ou plus) Oui ___ Non ___
Evaluer le risque de paludisme: élevé faible
● Depuis combien de temps ? _____ jours ● Observer et rechercher une raideur de nuque
● Si depuis plus de 7 jours, la fièvre ● Regarder si le nez coule
a-t-elle été présente tous les jours ? Rechercher les signes de ROUGEOLE :
● L'enfant a-t-il eu la rougeole au ● éruption généralisée et
cours des 3 derniers mois ? ● l'un de ces signes: toux, écoulement nasal ou yeux rouges

Si l'enfant a actuellement la rougeole ● Regarder dans la bouche pour détecter les ulcérations
ou l'a eue au cours des 3 derniers mois: si elle sont présentes, sont-elles profondes et étendues?
● Regarder si du pus coule des yeux
● Regarder s'il existe une opacité de la cornée

L’ENFANT A-T-IL UN PROBLÈME D'OREILLE ? Oui ___ Non ___


● A-t-il des douleurs d'oreille ? ● Regarder si du pus coule d'une oreille
● Y a-t-il un écoulement de l'oreille ? ● Palper le crâne derrière l'oreille pour détecter un
Si oui, depuis combien de temps ? _____ jours gonflement douloureux

PUIS RECHERCHER LES SIGNES DE MALNUTRITION ET D'ANÉMIE


● Rechercher les signes d'amaigrissement visible et sévère
● Rechercher la pâleur palmaire
Pâleur palmaire sévère ? Légère ?
● Rechercher les œdèmes sur les deux pieds
● Déterminer le poids par rapport à l'âge
Très faible _____ Pas très faible _____

VÉRIFIER L'ÉTAT VACCINAL Entourer les vaccins nécessaires lors de la consultation Ramener l'enfant pour
la prochaine vaccination le
_____ ______ ______ ______
BCG DTC1 DTC2 DTC3

_______ _______ ______ ______ ________


VPO 0 VPO 1 VPO 2 VPO 3 Antirougeoleux (Date)
EVALUER L’ALIMENTATION de l’enfant si l’enfant est ANÉMIQUE OU DE POIDS TRÈS FAIBLE
ou a moins de 2 ans
Problèmes d’alimentation:
● Allaitez-vous l’enfant au sein? Oui _____ Non _____
Si oui, combien de fois en 24 heures? _____ fois. Allaitez-vous pendant la nuit? Oui _____ Non _____
● L’enfant consomme-t-il d’autres aliments et liquides? Oui _____ Non _____
Si oui, quels aliments ou quels liquides? ___________________________________________________________
_____________________________________________________________________________________
Combien de fois par jour? _____ Fois. Comment donnez-vous à manger à l’enfant? ___________________________
Si le poids de l’enfant est très faible pour son âge: Quelle quantité lui donnez-vous à chaque repas? _________________
L’enfant reçoit-il sa propre portion? _____ Qui fait manger l’enfant? Et comment? ____________________________
● Pendant sa maladie, l’alimentation de l’enfant a-t-elle changé? Oui _____ Non _____
Si oui, comment?

EVALUER D’AUTRES PROBLÈMES:


154 ▼ MANUEL SUR LA PCIME

TRAITER

Ne pas oublier d’hospitaliser tout enfant qui présente un signe de


danger, même si sa maladie n’est pas classée comme grave en soi.

ooooooooooooooooooooooooooooooooooooooo
ooooooooooooooooooooooooooooooooooo
ooooooooooooooooooooooooooooooooooooooo
ooooooooooooooooooooooooooooooooooooooo
ooooooooooooooooooooooooooooooooooooooo
ooooooooooooooooooooooooooooooooooooooo
ooooooooooooooooooooooooooooooooooooooo
ooooooooooooooooooooooooooooooooooooooo
ooooooooooooooooooooooooooooooooooooooo
ooooooooooooooooooooooooooooooooooooooo
ooooooooooooooooooooooooooooooooooooooo
ooooooooooooooooooooooooooooooooooooooo
ooooooooooooooooooooooooooooooooooooooo
ooooooooooooooooooooooooooooooooooooooo
ooooooooooooooooooooooooooooooooooooooo
ooooooooooooooooooooooooooooooooooooooo
ooooooooooooooooooooooooooooooooooooooo
ooooooooooooooooooooooooooooooooooooooo
ooooooooooooooooooooooooooooooooooooooo
ooooooooooooooooooooooooooooooooooooooo

Revenir pour une visite de suivi dans:

Expliquer à la mère quand revenir immédiatement:

Faire les vaccinations nécessaires aujourd’hui:

ooooooooooooooooooooooooooooooooooooooo
Conseils relatifs à l’alimentation:
ooooooooooooooooooooooooooooooooooo
ooooooooooooooooooooooooooooooooooooooo
ooooooooooooooooooooooooooooooooooooooo
ooooooooooooooooooooooooooooooooooooooo
Carte de conseils pour la mère
Nom M/F Date de naissance
QUAND REVENIR Adresse
IMMEDIATEMENT Toujours apporter cette carte au dispensaire

LIQUIDES
POUR TOUT ENFANT POUR L’ENFANT QUI
AMENEZ UN ENFANT MALADE MALADE A LA DIARRHÉE
● Allaiter au sein plus L’administration des liquides
fréquemment et pendant supplémentaires peut sauver la vie de
plus longtemps l’enfant qui a la diarrhée.

● Augmenter les liquides. ● Donner ces liquides supplémentaires


Donner de la soupe, de l’eau autant que l’enfant en prendra suivant le
de riz, des yaourts liquides ou plan A ou B selon le cas. Ces liquides
S’il est incapable de S’il devient S’il développe de l’eau propre. peuvent être
boire ou de téter plus malade de la fièvre
■ Solution de SRO orale
■ Aliments liquides: soupe, eau de riz,
AMENEZ UN ENFANT QUI A LA DIARRHÉE yaourt liquide
■ Eau propre

● Allaiter au sein plus fréquemment et


pendant plus longtemps

● Continuer à donner davantage de


liquides jusqu’à l’arrêt de la diarrhée
ANNEXE C: EXEMPLE DE ‘CARTE D’INFORMATION DE LA MERE’

S’il y a du sang S’il boit


dans les selles difficilement

AMENEZ UN ENFANT QUI TOUSSE VACCINATIONS (notez la date de vaccination)

BCG DTC 1 DTC 2 DTC 3


AMENEZ UN NOURRISSON (< 2 mois)

VPO 0 VPO 1 VPO 2 VPO 3 ANTIROUGEOLEUX

S’il respire S’il respire Inviter la mère à ramener l’enfant pour la prochaine vaccination à la date due:
difficilement rapidement

S’il présente n’importe lequel S’il a des difficultés


des signes indiqués ci-dessus à téter ou à boire
▼ 155
Recommandations alimentaires pour les enfants malades et en bonne santé
156 ▼ MANUEL SUR LA PCIME

Jusqu’à 4 mois De 4 à 6 mois De 6 à 12 mois De 12 mois à 2 ans À partir de 2 ans


● Allaitez aussi souvent ● Allaitez aussi souvent ● Allaitez aussi souvent ● Allaitez aussi souvent ● Donnez les plats
que l’enfant le souhaite, que l’enfant le souhaite, que l’enfant le souhaite. que l’enfant le souhaite. familiaux en 3 repas
jour et nuit, au moins 8 jour et nuit, au moins 8 quotidiens et 2
● Donnez une ration ● Donnez une ration
fois par 24 heures. fois par 24 heures. collations par jour
suffisante des aliments suffisante des aliments
d’aliments nourrissants,
● Ne donnez pas d’autres ● Ne donnez des aliments suivants: suivants
par exemple:
aliments ni boissons. complémen-taires (voir
la liste pour les 6–12
mois) que si l’enfant:
— semble avoir envie
d’aliments semi-
liquides ou
— semble avoir faim — 3 fois par jour si le ou des plats familiaux 5
après la tétée ou bébé est allaité fois par jour
— ne prend pas — 5 fois par jour s’il ne
suffisamment de l’est pas
poids
Donnez-les 1 ou 2 fois par
jour après la tétée.

* Une bonne alimentation quotidienne doit être suffisante en quantité et comprendre des aliments riches en énergie : bouillie de céréales épaisse avec de l’huile, viande, poisson, œufs ou
légumineuses, fruits et légumes.
▼ 157

Glossaire

Assimiler : absorber, transformer en sa propre substance


Abcès : collection de pus constituée au sein d’un tissu
Abcès stérile : abcès qui ne contient pas de bactéries
Abdomen : partie du corps contenant notamment l’estomac et les intestins (syn. : ventre)
Abdominal : dans l’abdomen
Acides gras essentiels : graisses indispensables à la croissance des yeux et du cerveau de
l’enfant; ces acides ne se trouvent pas dans le lait de vache ni dans la plupart des prépara-
tions pour bébés
Aliments complémentaires : aliments donnés à l’enfant à partir de 4 à 6 mois, en plus du
lait maternel. À 6 mois, tous les enfants devraient recevoir des aliments complémentaires
solides nutritifs, comme des céréales mélangées avec de l’huile et des morceaux de viande,
de légumes ou de poisson. Les aliments complémentaires sont parfois appelés “aliments
de sevrage”.
Aliments de sevrage : autre terme pour désigner les aliments complémentaires, donnés en
plus du lait maternel à l’enfant à partir de 4 à 6 mois.
Aliment semi-solide : aliment en partie solide et en partie liquide, comme une semoule
Allergies : troubles—tels qu’éternuements, éruption ou difficultés respiratoires—qu’éprou-
vent certaines personnes quand elles respirent, mangent, touchent certaines substances
ou quand une de ces substances leur est injectée.
Ambulatoire : désigne la consultation, les soins, etc. effectués dans un établissement de
santé où le patient ne passe pas la nuit
Amibiase : dysenterie amibienne: dysenterie causée par l’amibe E. histolytica
Ankylostome : petit vers qui peut vivre en tant que parasite dans les intestins de l’être
humain et suce le sang, d’où une perte de sang qui peut conduire à l’anémie
Antiémétique : médicament destiné à lutter contre les vomissements
Appétit : envie de manger
Aréole : disque pigmenté qui entoure le mamelon du sein
Artère fémorale : principale artère de la jambe dont le pouls se sent à l’aine (sommet de la
partie antérieure de la cuisse)
Aspiration : action d’inhaler un liquide dans les bronches
Avitaminose A : carence en vitamine A dans l’organisme
BCG : (Bacille Calmette-Guérin) vaccin destiné à prévenir la tuberculose, administré à la
naissance
Biberon : petite bouteille munie d’une tétine et servant à l’allaitement artificiel des nourris-
sons. Il ne faut pas utiliser de biberon
Calorique : contenant des ingrédients qui donnent de l’énergie (ou des calories), comme
l’amidon ou l’huile
Cancer des ovaires : tumeur maligne qui commence dans les ovaires (glandes génitales
femelles qui produisent les ovules)
Cancer du sein : tumeur maligne qui commence dans le sein
158 ▼ MANUEL SUR LA PCIME

Carence : absence ou présence en quantité insuffisante d’une substance indispensable à


l’organisme
Chronique : de longue durée ou à récurrence fréquente
Classer : dans le sens utilisé dans le présent manuel, inclure dans une catégorie de maladies
et de gravité en fonction des signes et symptômes
Collation : léger repas
Commotion : affection dangereuse marquée par une grande faiblesse, la léthargie ou la
perte de connaissance, des extrémités froides et un pouls rapide et faible. Elle peut être
causée par la diarrhée accompagnée de déshydratation grave, l’hémorragie, les brûlures
ou le sepsis.
Complications de la rougeole : problèmes ou infections qui se produisent pendant ou
après la rougeole, comme la diarrhée, la pneumonie, le stridor, les ulcérations buccales,
l’affection de l’oreille et l’infection de l’œil. Une complication peu fréquente est l’encépha-
lite, c’est-à-dire l’inflammation du cerveau.
Consultation de suivi : consultation prévue par l’agent de santé pour vérifier si le traite-
ment est efficace ou s’il faut le modifier ou procéder à une hospitalisation (Syn. dans le
fascicule de tableaux : visite de suivi)
Contre-indication : circonstances, troubles ou état particulier de l’organisme qui s’oppo-
sent à la réalisation d’un acte médical ou à l’utilisation d’un certain traitement ou médi-
cament
Convulsions récurrentes : spasmes ou crises qui se répètent
Déshydratation : perte d’une quantité importante d’eau et de sels de l’organisme
Diagnostic : détermination de la nature d’une maladie d’après les renseignements concer-
nant le malade, l’étude de ses signes et symptômes, les résultats des épreuves de labora-
toire, etc.
Digérer : transformer les aliments pour qu’ils puissent être absorbés et utilisés par l’orga-
nisme
Dispensaire : tout établissement de santé de premier niveau, tel qu’un centre de consulta-
tion et de soin en zone rurale, un centre de santé ou le département ambulatoire d’un
hôpital
DTC : vaccin destiné à prévenir la diphtérie, le tétanos et la coqueluche. Pour assurer la
protection complète de l’enfant, il faut le vacciner 3 fois, à 6 semaines, 10 semaines et 14
semaines
En intramusculaire, par voie intramusculaire : injection d’un médicament dans un
muscle, en général de la cuisse
Engorgement : accumulation de lait dans les seins qui augmentent de volume et devien-
nent durs et douloureux
Épisode : présence d’une maladie
Établissement de santé de premier niveau : établissement—tel qu’un centre de santé,
un dispensaire, une agence rurale de santé ou le département ambulatoire d’un hôpital—
qui est le premier endroit du système de santé où les gens se rendent pour obtenir des
soins. Dans le présent manuel, le mot “dispensaire” est utilisé pour signifier tout établis-
sement de santé de premier niveau.
État nutritionnel : la présence ou non, chez l’enfant, de signes de malnutrition ou d’ané-
mie ou de poids faible. Dans le présent manuel, l’état nutritionnel est classé en malnutri-
tion sévère ou anémie grave, anémie ou poids très faible ou pas d’anémie et pas de poids très
faible.
État vaccinal : comparaison entre les vaccins faits à l’enfant et le calendrier de vaccinations
conseillé. L’état vaccinal indique si l’enfant a reçu les vaccins recommandés pour son âge
et, s’il ne les a pas reçus, quels vaccins sont nécessaires au moment de la consultation.
Évaluation de l’alimentation : méthode qui consiste à poser des questions sur l’alimenta-
tion de l’enfant en bonne santé et pendant sa maladie (les questions sont énumérées dans
la série de tableaux intitulée “Conseiller la mère”)
GLOSSAIRE ▼ 159

Évaluer : déterminer la valeur, l’importance de quelque chose. Terme utilisé dans le présent
manuel pour signifier “examiner l’enfant et reconnaître les signes de maladie”
Fascicule : ensemble de tableaux pour la prise en charge des maladies de l’enfant (PCIME)
Fébrile : qui a la fièvre ou qui concerne la fièvre
Fièvre : dans le présent manuel, ce terme signifie:
— des antécédents de fièvre (selon les informations fournies par la mère)
— chaud au toucher
— une température axillaire de 37,5 °C ou plus, ou une température rectale de 38 °C ou
plus
Folate : sel dérivé de l’acide folique, vitamine utilisée dans le traitement de l’anémie nutri-
tionnelle
Fontanelle : espace membraneux, non encore ossifié du crâne du nouveau-né
Geignement : bruit faible et bref que fait un nourrisson à l’expiration, quand il a de la peine
à respirer
Glucose : sucre utilisé dans les sels de réhydratation orale et dans les liquides injectés par
perfusion
Hémoglobine : protéine contenant du fer qui transporte l’oxygène et donne sa couleur
rouge au sang
Hôpital : désigne, dans le présent manuel, un établissement de santé doté de lits, d’équipe-
ment et d’un personnel compétent pour traiter l’enfant très malade
Hospitalisation d’urgence : transfert immédiat d’un patient à un hôpital pour qu’il y
reçoive des soins
Hygiène : pratique visant à éviter les microbes, notamment en se lavant les mains et en
utilisant des ustensiles propres
Hypernatrémie : excès de sodium dans le sang
Hypoglycémie : diminution de la concentration de sucre dans le sang
Hypothermie : température corporelle basse (température axillaire inférieure à 35,5 °C ou
rectale inférieure à 36 °C)
Hypoxie : manque d’oxygène dans les organes du corps
Immunosuppression : (Syn.: déficit immunitaire, immunodéficience) affaiblissement du
système immunitaire qui rend l’organisme peu résistant à la maladie
Inciter à manger : encourager l’enfant à manger, par exemple, en s’asseyant à côté de lui et
en l’aidant à porter la cuillère à sa bouche
Incompétent : incapable de faire quelque chose ou n’ayant pas appris à le faire
Infections locales : infections situées dans un endroit précis du corps, tel que l’œil ou la
bouche
Infections opportunistes : infections causées par des micro-organismes que le système
immunitaire du corps peut normalement éliminer. Quand le système immunitaire est
affaibli, comme chez les malades du SIDA, les infections opportunistes s’imposent. Par
exemple, une personne en bonne santé a des micro-organismes dans la bouche qui, nor-
malement, ne causent pas d’infection; par contre, chez une personne dont le système
immunitaire est affaibli, ces micro-organismes peuvent causer le muguet.
Insuffisance pondérale : poids trop faible pour l’âge
Jaunisse : coloration jaune plus ou moins intense des yeux et de la peau
Kwashiorkor : sorte de malnutrition protéino-calorique due à une carence en protéines
dans l’alimentation; l’enfant souffrant de cette maladie a des œdèmes qui font enfler ses
jambes, des cheveux clairsemés et la peau sèche et squameuse.
Lactose : sucre présent dans le lait
Lait maternisé : lait de vache modifié industriellement pour avoir une composition la plus
proche possible de celle du lait maternel
160 ▼ MANUEL SUR LA PCIME

Maladie : tel qu’employé dans le présent manuel, ce terme signifie une maladie ou un
groupe de maladies spécifiques, classées sur la base de signes et de symptômes, par exem-
ple “maladie fébrile très grave”; cette catégorie comprend plusieurs maladies comme la
méningite, le neuropaludisme et la septicémie
Maladie neurologique active du système nerveux central : épilepsie et autres maladies
du cerveau et de la moelle épinière. Les affections neurologiques permanentes dues à la
paralysie cérébrale, à la poliomyélite ou à des blessures ne font pas partie de cette catégo-
rie.
Malin : (fém. maligne) tendant à s’amplifier et conduisant à la mort
Malnutri : atteint de malnutrition
Malnutrition : état de nutrition insatisfaisant résultant d’une sous-alimentation, d’une su-
ralimentation ou d’une alimentation mal équilibrée
Malnutrition protéino-calorique : affection causée par l’insuffisance de protéines et de
calories dans l’alimentation ou par des maladies fréquentes
Marasme : type de malnutrition protéino-calorique due à l’insuffisance des apports énergé-
tiques et protéiniques. L’enfant souffrant de marasme n’a plus que “la peau et les os”.
Mastoïde : partie de l’os temporal, située en arrière de l’oreille (Syn. apophyse mastoïde)
Médicaments antidiarrhéiques : médicaments censés atténuer ou arrêter la diarrhée, tels
que les médicaments antimotilité. Ces médicaments ne sont pas utiles pour les enfants
qui ont la diarrhée. Certains sont même dangereux.
Médicaments antifoliques : médicaments qui agissent contre le folate. Tant le cotrimoxazole
(thriméthoprime-sulfaméthoxazole) que l’antipaludéen sulfadoxine-pyriméthamine
(Fansidar) sont des médicaments antifoliques.
Médicaments antimotilité : médicaments qui ralentissent le mouvement du contenu de
l’intestin en réduisant l’activité musculaire de cet organe
Méningite : dangereuse infection touchant les membranes qui entourent le cerveau et le
liquide rachidien
Méthode de prise en charge intégrée : méthode de traitement des patients qui inclut la
prise en considération de tous leurs symptômes
Montre à affichage numérique : montre sur laquelle l’heure est indiquée par des chiffres
et non par des aiguilles
Muguet : ulcérations ou plaques blanches à l’intérieur de la bouche et sur la langue, causées
par une levure
Né à terme : signifie que l’enfant est né après une grossesse de 37 semaines
Neuropaludisme : paludisme à falciparum attaquant le cerveau
Nourri exclusivement au sein : enfant alimenté que par du lait maternel, et ne consom-
mant pas d’aliments complémentaires, d’eau ou d’autres boissons (à l’exception de médi-
caments et de vitamines, si nécessaire) (Syn.: nourri uniquement au sein)
Nourrisson : dans le présent manuel, bébé âgé de 1 semaine à 2 mois; excepté en ce qui
concerne la réhydratation où “nourrisson” signifie bébé âgé de 1 semaine à 12 mois et
l’alimentation où le “nourrisson” a jusqu’à 4 mois
Nutriments : substances contenues dans les aliments qui favorisent la croissance et la santé,
comme les protéines, les minéraux et les vitamines
Nutritif : qui contient en abondance des nutriments, c’est-à-dire des protéines, des miné-
raux et des vitamines
Œdème : accumulation anormale de liquide sous la peau provoquant un gonflement et se
produisant surtout dans la partie inférieure de la jambe et les pieds, parfois ailleurs
Paludisme à falciparum : paludisme causé par le parasite Plasmodium falciparum
Par voie intraveineuse : injection directement dans une veine
Parasite : organisme vivant à l’intérieur ou à la surface d’un autre organisme et le pertur-
bant
GLOSSAIRE ▼ 161

Pathogène : organisme ou micro-organisme qui provoque une maladie


Perfusion : introduction continue et lente d’un liquide dans une veine
Persister : rester ou continuer
Poids faible (bas, petit) à la naissance : dû soit à une croissance insuffisante dans l’uté-
rus, soit à la prématurité (naissance avant terme). Les enfants qui pèsent moins de 2,5 kg
à la naissance ont un poids faible.
Pouls radial : battement de l’artère radiale, principal vaisseau sanguin du poignet du côté
du pouce
Prématuré : né avant terme, soit avant la fin de 37 semaines de grossesse
Première consultation : première fois qu’un nourrisson ou un enfant est examiné par un
agent de santé pour un épisode de maladie ou un problème (Syn. dans le fascicule de
tableaux : première visite)
Pré-transfert : avant l’hospitalisation
Principaux symptômes : ce terme signifie, dans le présent manuel, les symptômes au sujet
desquels l’agent de santé pose des questions à la mère quand il examine l’enfant. Les
quatre principaux symptômes énumérés dans le tableau d’évaluation et de classification
sont: la toux ou la difficulté respiratoire, la diarrhée, la fièvre et l’affection de l’oreille.
Problèmes d’alimentation : différences entre l’alimentation effective de l’enfant et l’ali-
mentation recommandée dans la série de tableaux intitulée “Conseiller la mère” et autres
problèmes tels que la difficulté d’allaitement au sein, l’utilisation d’un biberon, l’absence
d’incitation à manger ou l’alimentation insuffisante pendant la maladie
Protéine : substance alimentaire constituée d’une chaîne d’acides aminés nécessaire à la
croissance. La viande, le poisson, les œufs, le lait et les haricots sont des aliments qui
contiennent des protéines.
Pustule : petite cloque (vésicule) cutanée rougeâtre contenant du pus
Recommander : donner un conseil, des instructions qui devraient être suivis
Réévaluation : terme utilisé dans le présent manuel pour signifier : nouvel examen de
l’enfant pour rechercher les signes d’une certaine maladie, pour savoir si son état s’amé-
liore
Réévaluation complète : examen total tel que préconisé dans le tableau d’évaluation et de
classification, pour vérifier si l’enfant guérit et pour déceler et classer tout nouveau pro-
blème
Rupture de la cornée : déchirure de la cornée, couche antérieure transparente de l’œil
Sage-femme : praticienne qui aide les femmes à accoucher et fournit parfois aussi d’autres
soins de santé (masculin: maïeuticien)
Sels de réhydratation orale (SRO) : mélange de glucose et de sels préparé conformément
à la formule recommandée par l’OMS (en grammes par litre): chlorure de sodium 3,5,
citrate de trisodium, dihydrate 2,9 ou bicarbonate de sodium 2,5, chlorure de potassium
1,5 et glucose 20.
Semoule : aliment composé de fragments de grains de céréales ou de légumes cuits dans du
lait ou de l’eau; la semoule peut être épaisse ou liquide. Pour l’alimentation complémen-
taire, la semoule doit être épaisse.
Septicémie : infection du sang, appelée aussi “sepsis”
SIDA : syndrome immunodéficitaire acquis, provoqué par le virus de l’immunodéficience
humaine (VIH). Le SIDA est la phase ultime et la plus grave de l’infection due au VIH,
quand les défenses immunitaires de l’organisme sont détruites et le patient présente di-
vers symptômes et souffre de différentes maladies (notamment la diarrhée, la fièvre, l’amai-
grissement, la pneumonie).
Signe : signifie, dans le présent manuel, la preuve physique d’un problème de santé que
l’agent de santé observe en regardant, écoutant ou palpant, par exemple, la respiration
rapide, le tirage sous-costal, les yeux enfoncés, la raideur de nuque, l’écoulement de pus
de l’oreille, etc.
162 ▼ MANUEL SUR LA PCIME

Sonde nasogastrique : sonde insérée dans le nez du patient pour atteindre son estomac.
Une sonde nasogastrique peut servir à administrer une solution de SRO à un enfant ou
nourrisson gravement déshydraté, quand une thérapie par perfusion n’est pas réalisable,
ou pour nourrir un enfant gravement malnutri qui ne peut pas manger.
Stationnaire : stable, sans aggravation ni amélioration
Stridor : bruit aigu provoqué à l’inspiration par une obstruction partielle du larynx ou de la
trachée
Substitut du lait maternel : Lait ou préparation pour nourrisson donné au lieu de ou en
plus du lait maternel. Par exemple du lait de vache préparé comme suit: mélanger une
demi-tasse (100 ml) de lait de vache entier bouilli avec un quart de tasse (50 ml) d’eau
bouillie et 2 cuillerées (10 grammes) de sucre
Symptôme : signifie, dans le présent manuel, un problème de santé annoncé par la mère—
comme la toux, la diarrhée ou des douleurs dans les oreilles
Système immunitaire : système qui aide l’organisme à résister à la maladie en produisant
des anticorps ou des cellules spéciales qui luttent contre les agents pathogènes
Taches de Koplik : taches qui apparaissent dans la bouche, à l’intérieur des joues, au début
de la rougeole. Ce sont de petites taches rouges irrégulières dont le centre est occupé par
un point blanc. Elles ne gênent pas la consommation d’aliments ou de boissons et n’exi-
gent pas de traitement.
Température axillaire : température mesurée sous l’aisselle
Tirage sous-costal : mouvement vers l’intérieur de la structure osseuse de la paroi thoraci-
que (côtes inférieures) à l’inspiration. Si le tirage sous-costal est visiblement et constam-
ment présent chez l’enfant âgé de 2 mois à 5 ans, pendant toute la durée de l’examen,
c’est un signe de pneumonie grave ou de maladie très grave
Tirage sous-costal grave : tirage sous-costal très marqué et facile à voir. Chez le nourris-
son, un léger tirage sous-costal est normal, mais un tirage sous-costal grave est le signe
d’une maladie grave.
Trichocéphale : petit ver parasite de l’intestin de l’être humain dont il suce le sang. Cette
perte de sang peut provoquer l’anémie et la diarrhée.
Trophozoïte : étape dans l’évolution d’un protozoaire, tel que le Fiardia lamblia ou
l’E. histolytica, qui cause des lésions aux tissus
Ulcération : plaie ouverte douloureuse
Ulcérations buccales : plaies à l’intérieur de la bouche, sur les lèvre et la langue; elles
peuvent être liées à la rougeole et être rouges ou blanchâtres et gêner la consommation
d’aliments et de boissons.
Urgent : exigeant des soins immédiats et indispensables pour sauver la vie de l’enfant
Utérus : organe creux de l’appareil génital de la femme destiné à accueillir l’œuf fécondé
pendant son évolution jusqu’à la naissance
Veine fémorale : principale veine de la jambe située en avant de l’artère fémorale
Virus de l’hépatite B : l’un des nombreux virus qui causent l’hépatite; ce virus peut aussi
provoquer le cancer du foie; il se transmet facilement par le sang, par conséquent les
aiguilles et les seringues doivent être stériles.
VPO : vaccin contre la poliomyélite administré par voie buccale, en 4 doses: à la naissance,
à 6 semaines, 10 semaines et 14 semaines
Vulnérable : fragile, susceptible de tomber malade